Le temps qu’il fait à Bruxelles   Le temps de Bruxelles :

Dominique Meeùs
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Sharon Smith, Women and Socialism, 2015

Sharon Smith , Women and Socialism : Class, Race, and Capital (fully revised and updated edition of Smith 2005), Haymarket Books, Chicago , 2015, xiv + 250 pages, ISBN : 978-1-60846-180-6.

Excellent exposé des divers courants du socialisme marxiste. Sur de nombreux points, je ne suis pas d’accord, mais ça ne diminue pas l’intérêt du livre pour moi. Par rapport à la première édition, elle a amplifié sur la social reproduction theory.

Dans le livre, les nombreuses notes sont numérotées par chapitre. (Outre le contenu, une grande richesse du livre, c'est une bonne vingtaine de pages de références bibliographiques.) Quand je reprends certaines notes dans les citations ou dans mon commentaire, je les reprends avec leur numéro dans le livre et je place les notes d’un chapitre à la fin du chapitre.

Preface

I was a bit too young to participate in the social upheavals of the late 1960s but old enough to have become radicalized by them. Growing up in a low-income, blue-collar family in Providence, Rhode Island, where Dad missed no opportunity to assert his status as “king of the castle,” I supported the goals of the womens Liberation movement instinctively. My sister and I refused to do any housework (and urged our mom to do the same) on August 26, 1970 — the date of the “Women’s Strike for Equality” called by the National Organization for Women (NOW). We had heard about it on the radio that blared every morning in our kitchen.

I considered myself a committed feminist when I entered college in the mid-1970s. That college was Brown University, and I was there on a full scholarship. I had looked forward to attending my first meeting of the campus feminist group but was immediately disappointed. They were snobs, it turned out. Shortly into the meeting, some began complaining bitterly that college-educated women earned less than “some stupid janitor.” At that time, both my parents’ jobs involved cleaning toilets at a private school. I was keenly aware that their earnings fell far below those of typical college graduates. The fact that my mom was also a woman contradicted the Brown feminists’ assumption that all janitors were men. I left the meeting, without voicing my outrage at their ignorance.

P. vii.

Elle se sent alors étrangère au mouvement féministe et se consacre au travail syndical (p. vii). Elle découvre le marxisme dans le mouvement contre l’apartheid en Afrique du Sud et devient membre de l’International Socialist Organization (ISO) jusqu’au bout (p. viii). (L’ISO s’est sabordée en mars 2019.)

Elle voit (p. viii) chez les féministes marxistes du 19e siècle et du début du 20e l'opposition forte aux mouvements féministes bourgeois de l'époque. Pour elle, le marxisme apporte un fondement théorique solide pour comprendre la racine de l’oppression des femmes, mais la théorie doit être développée plus avant (p. x).

Chapter 1
Women’s Liberation : The Marxist Tradition

En exergue de ce chapitre elle cite Inessa Armand :

If women’s liberation is unthinkable without communism, then communism is unthinkable without women’s liberation.

Russian revolutionary Inessa Armand1.
P. 1.

et cette phrase est souvent citée, mais ou bien sans référence, ou bien renvoyant au livre de Clements. Je n’en trouve pas de référence plus directe.

Marx and Engels located the root of women's oppression in women's role within the family in class societies. They understood that women's role as biological “reproducers” results in their subordinate status inside the family and, consequently, throughout society. In capitalist societies, women in property-holding families reproduce heirs ; women in working-class families reproduce generations of workers for the system.

The capitalist class has become dependent on this method of “privatized reproduction” within the working-class family because it lessens capitalists’ own financial responsibility for the reproduction of labor power, which is instead largely supplied by unpaid domestic labor performed primarily by women. The precondition for women's liberation thus requires an end to their unpaid labor inside the family. This, in turn, necessitates a socialist transformation of society, which cannot be achieved gradually but only through a process of social revolution, in a decisive battle between classes.

P. 1-2.

Elle se réfère à Marx et Engels en général. Elle ne donne pas ici de référence. C'est une introduction à des choses qui seront développées plus avant dans le livre. Mais seul le début peut être attribué à Marx et Engels : le mariage bourgeois, qui garantit à un homme fortuné que son héritage n'ira pas à des batards. Pour la reproduction de la classe ouvrière, Marx se contente de remarquer que les capitalistes n'ont pas à s'en occuper ; ils peuvent compter sur la tendance de l'espèce à se reproduire. Le reste ici (« capitalist class has become dependent », « lessens capitalists’ own financial responsibility », etc.) ce sont les élucubrations habituelles de la social reproduction theory échafaudées sur une lecture simpliste du Livre I du Capital.

Social Class and Women’s Oppression → 5

Kollontaï (p. 5) insiste sur la position de classe (le monde des femmes est divisé en deux). Zetkin (p. 6) rappelle cependant que toutes les femmes (aussi celles de la classe supérieure) ont le statut inférieur de femme. Leurs revendications démocratiques sont justifiées.

The Right to Birth Control → 9

Elle mentionne (p. 10) Antoinette Konikow, médecin qui s'est dévouée au contrôle des naissances. (Et aussi Margaret Sanger, mais dans un autre genre, que le contrôle des naissances a menée à l'eugénisme. Smith ajoute raciste, mais je vois que c'est un point très discuté.)

The First “Women’s Day” → 10

Grève de 1909-1910 à New York dans la confection. (Surtout des femmes, surtout immigrées et très jeunes.) Il y avait une tradition de lutte des femmes et le Socialist Party a organisé un Women’s Day dès 1909. C'est ce Women’s Day qui a inspiré à Clara Zetkin de proposer une Journée internationale des femmes. Je ne sais pas dans quelle mesure Clara Zetkin pensait particulièrement à la grève de la confection.

Revolutionary Russia and the Challenges to Realizing Women’s Liberation → 12

Elle cite (p. 13) Lénine (dans une conversation avec Clara Zetkin) disant que les hommes doivent faire un effort et que ce problème n'a pas disparu avec la révolution.

Organizing Among Women in the Great Depression :
The 1936-1937 Flint Strike → 15

Dans l’hiver 1936-1937, grève à General Motors, Flint, Michigan (p. 15). Le groupe de choc de femmes Flint Women’s Emergency Brigade38 contribue à la victoire de la grève.

1.
Quoted in Barbara Evans Clements, Bolshevik Feminist : The Life of Alexandra Kollontai, (Bloomington : University of Indiana Press, 1979), 155
38.
Janice Hassett, “Never Again Just a Woman : Women of the Auxiliary and Emergency Brigade in the General Motors Sit-Down Strike of 1937”, American Socialist Collection of Sol Dollinger, March 11, 1994, www.marxists.org/history/etol/newspape/amersocialist/neveragain.htm.

Chapter 2
The Origin of Women’s Oppression

Elle donne en exergue du chapitre un passage d’Engels, dans l’Origine de la famille… sur le mariage et la sexualité dans une société d’après révolution.

On a considéré que cette oppression était naturelle et éternelle.

As historian Gerda Lerner explains, “Traditionalists, whether working within a religious or a ‘scientific’ framework, have regarded women’ subordination as universal, God-given, or natural, hence immutable. Thus, it need not be questioned.”2

P. 25.
Prejudices and Distortions in the Field of Anthropology → 25

Cela pose le problème des biais sexistes en anthropologie (p. 25-28). Sharon Smith n’est pas à l’abri des biais sexistes inverses. Elle déplore avec Stephanie Coontz et Peta Henderson3 qu’on ait minimisé le rôle de la reine chez les Ashantis (p. 26). Mais je crains qu’avec Coontz et Henderson elle n’en exagère l’importance. Les chefs Ashanti ont toujours été des hommes. Cela ne diminue bien sûr en rien le biais sexiste masculin et elle cite une phrase amusante de Robin Fox (cité par Eleanor Burke Leacock4) qui écrit « nous », entre hommes, dans un livre, comme si aucune femme ne pouvait le lire.

Male Warriors and Male Supremacy → 27

Elle signale (p. 27, critiquant Harris7) que lorsqu’on parle de belligérance d’un peuple primitif (et de ses effets sur les rapports entre les hommes et les femmes), ça ne dit rien sur sa culture ancienne si on ne l’a observée qu’après que le peuple ait eu à faire la guerre pour se défendre contre des colonisateurs.

Feminists Debates on the Role of Biology → 28

Sharon Smith passe alors à la question d’une détermination biologique de l’inégalité entre les sexes (p. 28-29). Elle critique Ortner11 qui considère que le statut inférieur de la femme est lié au fait, biologique, de donner naissance. À l’appui de la critique d’Ortner, elle invoque encore Lerner12.

Moi, ce qui m’étonne le plus, c’est qu’on s’en étonne. La culture est quand même liée à la réalité matérielle et quelle réalité matérielle est plus réelle et matérielle que le fait que les femmes portent des enfants neuf mois, les mettent au monde et les allaitent ? En fait la résistance contre cette conclusion vient d’une confusion sur le sens et l’implication de ce qui est éternel. On craint que si on admet qu’une telle chose est réelle et naturelle, elle ne soit éternelle et, plus encore, que ses conséquences culturelles ne soient éternelles. Cela vient d’une représentation naïve du temps comme une droite infinie dans les deux sens. Par éternel, on veut dire non seulement ce qui existe depuis toujours, mais aussi ce qui existera toujours, qui ne peut pas changer. Quant au passé, c’est une erreur puisque le temps, probablement, comme l’espace, naît du Big Bang, surgit comme un effet du Big Bang, mais ça c’est une autre histoire. En ce qui nous concerne, le temps infini, éternel, dans le passé, c’est depuis l’origine du genre Homo, ou depuis l’origine de l’espèce Homo sapiens, comme on voudra. C’est une erreur de penser que ce qui est « éternel » dans le sens du passé doit l’être dans le futur. Il n’y a aucune logique à cela. On suppose le lien logique suivant, qui n’existe pas en réalité : telle chose existe depuis toujours, donc c’est dans son essence, donc ça existera toujours. Or qu’une chose existe depuis toujours, c’est juste un fait, rien ne dit que c’est dans son essence. Cette chose, elle peut changer ; en particulier, nous pouvons nous efforcer de la changer, rien ne prouve a priori que c’est impossible. Le féminisme semble avoir une véritable peur d’admettre que quelque chose soit biologique. (Est-ce une des raisons de toujours dire genre, même là où le vrai mot propre serai sexe ?) Nous sommes biologiquement sexués ; ça, on ne va peut-être pas le changer. Cette différenciation sexuelle a des effets dans la superstructure, depuis toujours. Depuis toujours ? Et après. La superstructure, ce n’est pas la biologie, elle n’est pas déterminée mécaniquement, nous pouvons la changer. Bref, le sexe, ça existe, c’est éternel dans le passé et dans le futur. Ça a toujours eu un effet fort sur le statut des femmes dans la société (sous des formes d’ailleurs variables, liées aux autres rapports sociaux), mais ce n’est pas pour ça que ce statut est éternel dans le futur.

If it can be shown that at least some human societies have not been based upon systematic gender inequality, then women’s oppression cannot be caused simply by biological gender differences. Thus, womens oppression must be the result of a set of social developments — which can be challenged and overturned.

P. 29.

Elle est bien ici dans la crainte d’une détermination biologique (elle appelle de ses vœux la découverte que ce n’est pas le cas), bien qu’elle fasse la différence entre biologie et superstructure. Même si toutes les sociétés ont connu une inégalité systématique de statut des sexes à cause (simply or not) de la différence sexuelle biologique — et c’est très probablement le cas —, ce statut est quand même toujours un statut, donc un développement social qui peut être remis en question.

Marx and Engels :
The Role of the Family in Women’s Oppression → 30

Elle passe à Marx et Engels, d’abord dans le Manifeste et dans l’Idéologie allemande.

The Origin of the Family, Private Property and the State → 31

Ensuite à l'Origine de la famille…

Engels used portions of Marx ethnological notebooks in writing Origin of the Family — primarily those discussing the anthropological data of nineteenth-century anthropologist Lewis Henry Morgan's 560-page volume Ancient Society, published in 1877. […] As Marxist historian Hal Draper argued in 1970, “There is a myth, widely accepted among the half-informed, that Morgan’s anthropological work is now simply ‘outmoded,’ like Ptolemaic astronomy, and is rejected by ‘modern anthropologists’… in this respect Darwin and Newton are outmoded as well.”27

Morgan discovered, through extensive interaction with Iroquois tribes in upstate New York, a kinship system of a completely different form than the modern family form. Within this kinship system, Iroquois people lived in relative equality, and women exercised substantial authority. This discovery inspired Morgan to study other societies and, in so doing, he learned that other Native American cultures located thousands of miles from the Iroquois had remarkably similar kinship structures. This led him to argue that human society had evolved through successive stages, based upon the development of the “successive arts of subsistence.”28

P. 32.

Morgan fait des observations intéressantes chez les Iroquois et chez d'autres. Mais on confond parfois matrilinéarité, matrilocalité… et matriarcat. Le patriarcat peut prendre des formes très différentes et il peut arriver que les femmes ait une position importante, même si en définitive les hommes et les femmes ont un statut différent et si le statut des hommes reste supérieur. Donc Harper a raison de maintenir que Morgan reste un savant important, mais ceux qui soulignent les limites du travail de Morgan (et de l'usage qu'Engels en fait) ont raison aussi. (Et Harper écrit en 1970. La science a progressé depuis.)

Que Smith insiste là-dessus et revienne sur la position de la femme chez les Iroquois est encore une manifestation chez elle de la crainte de ce qui serait « éternel ».

Engel’s Foresight → 33

While in this passage Engels describes the classic patriarchal family norm, domestic violence is not an archaic product of the Middle Ages, as is all too evident today. On the contrary, the right of husbands to beat their wives was legally established by law in early capitalism and continued far beyond that era. […] Not until 1911 did all US states (except Mississippi) outlaw wife beating.

P. 35.

Elle tient mordicus à ce qu'il y ait un patriarcat capitaliste essentiel, qui ne doive rien au passé. C'est idiot. Si a un certain moment, des lois ont autorisé de battre les épouses, c'est que c'était, par héritage du passé, considéré comme normal alors. Le fait que ce soit interdit en 1911 montre que ça n'a rien d'essentiel. Il y a bien sûr aujourd'hui encore beaucoup de violence faite aux femmes ; cette violence est due à la fois à une conception ancienne que le statut de la femme est inférieur et à diverses circonstances du capitalisme qui peuvent encourager la violence chez les hommes, mais elle ne montre pas, à part son affirmation a priori, en quoi ce serait spécifique.

The Limitations of Origin of the Family → 35

Alors que plus haut, elle semble défendre avec Harper le statut élevé de la femme iroquoise selon Morgan, elle cite ici (p. 35-36), dans la direction presque opposée, la lecture de Heather A. Brown des notes de Marx sur Morgan. Brown montre comment la vision de Marx est plus dialectique que celle d'Engels40. Brown cite aussi Marx notant que le statut de la femme était clairement inférieur à celui de l'homme, par exemple en ce que l'époux pouvait châtier sévèrement son épouse adultère, mais pas le contraire41.

Elle compare ensuite (p. 37-38) les conceptions de Marx et d'Engels sur le futur de la monogamie. Là aussi, elle semble trouver Marx plus dialectique. « Here, Engels seems to accept the Victorian morality of his time. » Mais du futur, Engels dit surtout quelles sont les circonstances qui vont disparaître et que ce sont les gens dans la société future qui décideront de ce que seront les relations sexuelles. Cela étant dit, l'opinion de Marx et Engels sur le futur est surtout intéressante pour ce qu'ils disent du passé et de leur présent.

Dans la préface de 1884 de L'Origine…, Engels considère et la production des moyens d'existence et la reproduction des humains. Smith cite Vogel52 se demandant si Engels introduit là une approche en « deux systèmes ». Mais ça ne reflète que la conception à courte vue du matérialisme historique de Vogel et de beaucoup d'autres avec pour résultat une question de « un ou deux systèmes » mal posée, dépourvue de sens. Engels considère à la base la survie de l'espèce animale Homo sapiens, où on peut voir deux volets : faire des enfants et produire ses moyens d'existence. (Il le dit explicitement : « … le facteur déterminant [au singulier] […], c’est la production et la reproduction de la vie immédiate. Mais, à son tour, cette production a une double nature. ») Sur cette base se développe une superstructure dans les relations sociales et dans les représentations. La vision d’Engels est tout à fait unitaire (en même temps que dialectique). Il n'y a pas « deux systèmes » : d'une part une base économique (la production) avec sa propre superstructure et d'autre part une base biologique avec sa propre superstructure indépendante. Des sociétés humaines diffèrent selon les lieux et évoluent dans le temps par des chemins différents. Toutes ont, entre autres, un caractère patriarcal. Le capitalisme lui-même hérite de ce patriarcat éternel (éternel dans la direction du passé !). Ça ne constitue pas « deux systèmes », capitalisme et patriarcat. Le « système » capitaliste est « un ». On trouve dans sa superstructure la trace encore assez vivante d'un patriarcat hérité.

The Evolution of Human Society → 39

Before class society, the idea of a strictly monogamous pairing of males and females living with their offspring — the nuclear family — was unknown to humans. For more than a hundred thousand years, humans lived in groups made up of people who were mostly related by blood, knowing only who their mothers were, in conditions of relative equality.

P. 40.

Ici, il s'agit de nouveau de l'orthodoxie morgano-engelsienne. Je ne sais pas ce qu'on sait aujourd'hui des débuts de notre espèce.

2.
Gerda Lerner, The Creation of Partiarchy (New York : International Publishers, 1972), 139.
3.
Stephanie Coontz and Peta Henderson, eds., Women’s Work, Men’s Property: The Origins of Gender and Class (New York and London : Verso, 1986), 23.
4.
Eleanor Burke Leacock, Myths of Male Dominance : Collected Articles on Women Cross-Cuturally, (New York : Monthly Review Press, 1981), 17.
7.
Marvin Harris, Cannibals and Kings (New York : Vintage Books, 1991), 71-72.
11.
Sherry B. Ortner, “Is Female to Male as Nature is to Culture”, in Woman, Culture and Society, eds. Michelle Zimbalist Rosaldo and Louise Lamphere (Standford, CA : Standford University Press, 1974), 69-70.
12.
Lerner, The Creation of Partiarchy (voir note 2), 25.
27.
Hal Draper, Marx and Engels on Women’s Liberation, International Socialism 44 (July/August 1970), www.marxists.org/archive/draper/1970/07/women.htm#nf.
28.
Quoted in Eleanor Burke-Leacock’s introduction to Engels, Origin of the Family, 10.
40.
Brown, Marx on Gender, 134.
41.
Ibid., 160.
52.
Lise Vogel, Marxism and the Oppression of Women (Chicago : Haymarket Books, 2014), 128.

Chapter 6
Women and the Family :
The Domestic-Labor Debate

Capitalism and the Family

Elle cite Marx ironisant dans le Livre I du Capital2 sur le fait que les capitalistes peuvent compter sur l’instinct de survie des prolétaires pour se reproduire. Elle commente alors en disant :

This is not the case historically, however. The family structure of preclass societies did not seamlessly evolve into the family ideal appropriate to capitalism.

P. 114.

Je ne comprends pas. Je ne sais pas quelle structure avait la famille dans les sociétés sans classe. Mais la structure de la famille ne change rien à ce que l’animal Homo sapiens a toujours eu un instinct de survie, sinon l’espèce aurait eu peu de succès évolutif. On n’a pas attendu un « idéal familial approprié au capitalisme » pour penser à manger et à faire des enfants et dès que les prolétaires mangent et font des enfants, ils sont appropriés au capitalisme, même sans « idéal familial ».

Before the era of industrialization introduced laws regulating marriage norms for all classes in society, common law marriage was the custom. As socialist feminist Stephanie Coontz argues, “For most of Western history … marriage was a private contract between two families. … For 16 centuries, Christianity also defined the validity of a marriage on the basis of a couples wishes. If two people claimed they had exchanged marital vows —even out alone by the haystack— the Catholic Church accepted that they were validly married.”3 Historian Joseph Martos likewise describes, “Before the eleventh century there was no such thing as a Christian wedding ceremony in the Latin Church, and throughout the Middle Ages there was no single church ritual for solemnizing marriage between Christians.”4

The rise of capitalism prompted government regulation of marriage —and its prescribed family form. British Marxist Joan Smith wrote in the 1970s,

Because the class of free wage-laborers is the essential pre-condition for capitalism, all capitalists have sought to intervene in the reproduction of this class. The Family system under which this class is reproduced is one of the first and most important areas of State intervention. The formless common law marriage of England (established purely by consent) was ‘reformed’ in 1753 into a stipulated Church ceremony after the calling of banns on three successive Sundays, and then in 1836 the office of Superintendent Registrar was established. (Prior to this legislation marriage law was merely canon law.) From the beginning of Capitalism the organization of reproduction in the privatized Family is massively controlled by the laws, repressive apparatus and ideological structures of the State.5

>
P. 114.

Si on a jusque récemment refusé le mariage de gens du même sexe, c’est que le capitalisme s’appuie dans le mariage légal sur des rôles genrés définis. (P. 115.) Comme chacun sait, sous la féodalité, femmes et hommes partageaient joyeusement les tâches ménagères, tant les nobles que les paysans, et avaient toute liberté d’épouser quelqu’un du même sexe. Les capitalistes ont alors imaginé de légaliser le mariage pour imposer des « rigidly defined gender roles » sans doute considérés comme indispensables à la reproduction de la force de travail et donc du capital. J’ai sans doute mal étudié l’histoire, ainsi que le capitalisme. C’est une chose que j’ignorais. Blague à part, ça montre le danger de croire que le matérialisme historique, c’est dire toujours et partout : « c’est de la faute des capitalistes ». L’intérêt apparent et l’intention supposée des capitalistes seraient plus importants que les faits. C’est réduire le marxisme à une théorie du complot.

2.
MECW 35:572.
3.
Stephanie Coontz, « Taking Marriage Private », New York Times, November 26, 2007, https://www.nytimes.com/2007/11/26/opinion/26coontz.html.
4.
Quoted in Garry Wills, « The Myth about Marriage », Roving Thoughts and Provocations, New York Review of Books blog, May 9, 2012, https://www.nybooks.com/daily/2012/05/09/marriage-myth/.
5.
Joan Smith, « Women and the Family, Part 1 », International Socialism, 1st series, 100, July 1977, Encyclopedia of Trotskyism, Marxists’ Internet Archive https://www.marxists.org/history/etol/newspape/isj/1977/no100/smith.htm.
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