Dominique Meeùs
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II. La famille

4. La famille monogamique

Qualifier l’assujettissement des femmes par les hommes d’ « inconnu jusque-là dans toute la préhistoire » n’est pas un aveu d’ignorance, pas une précaution scientifique. Ici « inconnu » n’est pas la négation de connu, mais une assertion positive d’inexistence. Engels décide, sur la base de Morgan et en faveur de la théorie qu’il développe, que cela n’a pas existé. (Sur la préhistoire, voir la note 1 à la préface de 1891.) Il sollicite l’Idéologie allemande (littéralement : « la division du travail qui n’était primitivement pas autre chose que la division du travail dans l’acte sexuel ») où on ne dit absolument pas que cette division du travail était primitivement un asservissement (ni qu’elle ne l’était pas).

On cite souvent du passage suivant, la seconde phrase seule. Il faut la prendre avec prudence. Il me semble que la restriction « au moins dans les classes possédantes » sur la première phrase, entraine la même restriction sur la deuxième. C’est le propre de la famille bourgeoise et si ça semble se manifester souvent aussi dans la famille prolétarienne, ce ne serait pas fondamentalement, mais seulement par imitation.

De nos jours, l’homme, dans la grande majorité des cas, doit être le soutien de la famille et doit la nourrir, au moins dans les classes possédantes ; et ceci lui donne une autorité souveraine qu’aucun privilège juridique n’a besoin d’appuyer. Dans la famille, l’homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat. On peut donc dire aussi que le « modèle de l’homme gagne-pain » n’est pas un modèle de mariage ouvrier nécessaire au capitalisme, mais l’influence d’une certaine idéologie bourgeoise, qui n’a rien d’essentielle dans l’exploitation.

Engels se risque à des considérations sur le mariage et la sexualité dans une autre société.