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L'aide aux Petites et Moyennes Entreprises (PME)

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Depuis qu’il y a crise : crise dans les affaires, dans les idées, crise de confiance dans l’avenir, l’attention se tourne vers les PME. Il y a dix ans à peine, ce n’étaient que fusions, extensions, rachats et développements. Aujourd’hui, le remède miracle ou plutôt le seul lieu de travail solide et serein serait la petite entreprise. Qu’en est-il dans la réalité ?

Tout d’abord, la petite entreprise n’échappe pas plus que les grosses aux effets de la crise économique. Les faillites ne se comptent plus et leur liste fait penser à la fin du monde. Simplement, celles-ci ne sont pas l’occasion de grands mouvements d’opinion parce qu’elles ne concernent chaque fois qu’un petit nombre de personnes.

D’autre part, de nouvelles entreprises continuent à naître, preuve de la confiance et du dynamisme humains. Cette brave petite preuve sert de consolation à tous et c’est ce qui fait se dire un peu trop vite : la petite ou moyenne entreprise se porte bien.

Quelques caractéristiques de la P.M.E.

La petite entreprise est souvent une affaire familiale. Parfois une association, plus rarement une société coopérative. Elle commence, en général, sur base d’un très petit capital financier. Son réel atout, c’est la volonté de réussir, c’est le courage au travail, l’esprit d’invention et d’adaptation de ses créateurs.

Plus l’entreprise est petite, ou récente, plus la patronne ou le patron doit assumer en même temps la direction de l’atelier, la recherche d’un marché pour le produit fabriqué, la gestion de l’affaire, les rapports avec le personnel, etc. Charge très lourde, où tout repose sur une seule personne, souvent aidée par le conjoint ou par une « personne de confiance ». La comptabilité, le calcul de la TVA, des cotisations à l’ONSS s’ajoutent à mille besognes plus concrètes et plus urgentes.

Les travailleurs sont amenés à y travailler davantage que dans la grande entreprise plus anonyme. Cette situation crée un conflit permanent entre patrons et syndicats. La plupart des ouvriers ne sont d’ailleurs pas syndiqués. Ils savent que les règles syndicales pourraient difficilement être appliquées. Ils décident de mesurer eux-mêmes l’ampleur de leur exploitation. Exploitation en temps et en salaire, mais qui peut-être compensée par plus de considération pour le travail réalisé, par une sorte d’attachement à l’entreprise dont on se sent réellement la cheville ouvrière.

Si la petite entreprise est souple, capable de s’adapter à la fabrication de produits variables, suivant la demande, capable de se transformer, de faire face à des périodes de surcharge de travail, suivies de périodes creuses dont il faut rapidement trouver l’issue, cette entreprise sera qualifiée de saine, bien gérée, bien dirigée.

Les conditions de la réussite restent précaires. Les lois du marché sont extrêmement dures. Un apport extérieur est parfois indispensable pour ne pas sombrer.

L’aide de l’État.

En période d’extension du marché, il s’agissait surtout de grandir, de se développer. Actuellement, on parlera plutôt de se transformer, d’innover pour s’ouvrir à une demande différente, plus spécialisée, plus choisie.

Tout changement exige un apport de capital. Les financiers privés n’ont guère, à part quelques originaux, le goût du risque. D’autre part, le risque augmentant avec la crise, le taux d’intérêt de l’argent prêté ne fait qu’augmenter : 11 % aujourd’hui. Encore faut-il offrir des garanties suffisantes pour pouvoir emprunter. L’État a voulu rencontrer les difficultés propres aux P.M.E. Il propose une série d’aides variées, plus ou moins substantielles, dont nous ne pouvons donner ici qu’un aperçu.

1. Aide au paiement de l’intérêt de la somme empruntée
Si l’on a pu réaliser un emprunt privé, l’État rembourse, dans certaines conditions, jusqu’à 7 % de l’intérêt de l’emprunt.
2. Fonds de garantie
Se basant sur les garanties de sérieux et d’avenir qu’offre l’entreprise, l’État offre la garantie du capital emprunté. Cette garantie est limitée.
3. Le capital à risques
L’État prend une participation à l’entreprise en lui achetant des actions ou des parts. Celles-ci sont à tout moment rachetables par l’entreprise.
4. Promotion de l’emploi
Les primes à l’emploi et les remises de cotisation à l’ONSS sont toutefois conditionnées par les derniers règlements concernant l’emploi. Par exemple : le travail ne doit pas dépasser les 38 heures.
5. Autres aides fiscales, notamment l’établissement des comptes

L’ensemble des aides de l’État est expliqué dans la brochure La nouvelle politique de promotion des P.M.E. publiée par le Ministère des classes moyennes (W.T.C. tour no 2, bd E. Jacqmain 162, bte 54, 1000 Bruxelles)

La Fédération des entreprises de Belgique publie également une brochure à ce sujet (rue Ravenstein 4, 1000 Bruxelles).

Ces deux organismes proposent leur aide pour faciliter l’établissement d’un dossier en vue de l’octroi d’une subvention. L’acheminement des dossiers et la prise de décision restent très lents, alors que le besoin est évidemment urgent. Il faut aussi savoir qu’en Belgique, un appui politique est presque indispensable. La Belgique est quadrillée de telle façon que sans le soutien d’un parti, d’un syndicat, d’un groupe de pression… on a peu de chance d’aboutir. De sorte que l’entreprise éprouve parfois le sentiment que, de la proposition à la réalisation de l’aide, la marge est trop grande, le chemin à parcourir trop long et que son appel n’est finalement pas perçu.

M.D.

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