Dominique Meeùs
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Auteurs : A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z,
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Agrarian Class Structure and Economic Development in Pre-Industrial Europe, Past and Present, Oxford University Press, no. 70 (February 1976, p. 30-75.
This paper was originally presented at the Annual Convention of the American Historical Association, December 1974. An earlier version was given at the Social Science Seminar of the Institute for Advanced Study, Princeton, New Jersey, April 1974.
Certaines choses, je les note en vrac pour y revenir (?) plus tard.
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Page 40, note 24 : je devrais rechercher R. H. Hilton, The Decline of Serfdom in Medieval England (London, 1969)
Avec la fin du servage, le seigneur, lord of the land, le landlord devient plutôt propriétaire foncier mais garde le même nom landlord en anglais. Au lieu que les serfs paient, en travail, en nature ou en monnaie ce qu'ils doivent au seigneur et tant que rente féodale, les tenanciers paient un loyer au même, devenu propriétaire, mais en anglais, ce loyer se dit encore rent. Il n'est pas facile quand on lit en anglais de savoir quand une formation sociale cesse de pouvoir être considérée comme féodalisme. (En lisant les pages 40-41.)
Les free tenants constituent « a significant section of the population » au 13e siècle.
Au moment où les paysans ne sont plus serfs, ils sont dans divers statuts de tenure et sans doute que « customary rent » (page 41) témoigne de ce que la plupart n'ont pas un contrat de location mentionnant le montant du loyer.
La fin du servage ne se fait pas partout en même temps. Certaines régions de France changent plus tardivement. Cependant, en fin de compte « in most of Western Europe serfdom was dead by the early sixteenth century », tandis qu'au contraire le servage s'intensifie dans l'est de l'Europe.
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Robert Brenner passe en revue les tentatives d’explication de l’apparition du capitalisme en Europe. On à invoqué surtout des « forces » économiques, telles que les fluctuations démographiques ou le développement du marché.
Mais les explications générales butent sur la difficulté que les mêmes causes produisent des effets différents selon les pays. L’augmentation de la population (pages 41-42) conduit en France, aux seizième et dix-septième siècles, à la fragmentation des tenures et à la baisse de la productivité, tandis que dans la même circonstance démographique, c'est le contraire en Angleterre.
De même, le développement du marché peut donner des conséquences en sens divers. (De nouveau différentes à l'ouest et à l'est de l'Europe.) Robert Brenner souligne (page 43) que ce qui est vraiment caractéristique du servage, c’est le contrôle du seigneur sur la personne des paysans. Que la rente soit en nature, en travail ou en argent n’y change rien.
What therefore had to be eliminated to bring about the end of serfdom was the type of “unequal exchange” which was manifested in the direct, forceful, extra-economic controls exerted by the lord over the peasant. Since the essence of serfdom was the lord’s ability to bring extra-market pressure to bear upon the peasants in determining the level of rent, in particular by preventing peasant mobility and thus a “free market in tenants”, it is hardly surprising that fluctuations in trade, indeed of market factors of any type, were not in themselves enough to determine the dissolution of serfdom. Serfdom was a relationship of power which could be reversed, as it were, only in its own terms, through a change in the balance of class forces.
On observe des mouvements opposés, de fragmentation ou de consolidation des terres. Les paysans français réussissent assez bien à défendre leur droit sur leur lopin de terre, à l’opposé de l’Angleterre (page 46), ce qui a pour effet une longue arriération de la France. Ces petits propriétaires, tenus non seulement à la rente de leur seigneur local, mais aussi à la taxation du pouvoir central, ne pouvaient investir dans le développement.
Il ne suffit pas d’opposer l’explication démographique à la faiblesse des explications commerciales.
… both Postan and Le Roy Ladurie have chosen to construct new models largely by substituting a different objective variable, population, for the old, discredited one, commerce. Because, in my view, they have failed to place the development of class structure and its effects at the centre of their analyses, their own cyclical malthusian models encounter, as we have seen, precisely the same sorts of difficulties in the face of comparative history that they themselves criticized in the trade-centred unilineal approaches.
Il faut être en mesure d’expliquer comment on a une intensification du servage dans l’est de l’Europe. Comment même là où le servage disparaît, on a d’une part en France une économie stagnante de petits propriétaires, mais d’autre part en Angleterre un capitalisme agricole et une croissance de la productivité.
On a invoqué le développement des villes comme différence entre l’est et l’ouest de l’Europe. Mais des villes, même relativement développées, n’accueillent pas volontiers des paysans en fuite (page 54), parce qu’elles ne peuvent accueillir une grande population et que des des paysans n’ont pas de compétences qui puissent être utiles à la ville.
Dans l’ouest de l’Europe au milieu du 15e siècle, les paysans réussissent à se libérer de la domination des seigneurs. Mais en baisse démographique, les seigneurs ont pu s’approprier des terres abandonnées. Ils ont ainsi pu devenir, de seigneurs, propriétaires de terres, mais cette possibilité leur était moins accessible en France (page 62). Faute de pouvoir s’approprier le surplus de paysans libres, les seigneurs ont essayé de leur imposer des taxes (page 62). Les paysans ont lutté avec succès contre les taxes au 15e.
Cependant, à la fin du 17e en Angleterre, les seigneurs, devenus landlords, propriétaires, contrôlent 70 à 75 % des terres (page 63). De l’avis de Robert Brenner, c’est à partir de là qu’on a le développement du capitalisme à la campagne, le landlords louant ses terres à des fermiers capitalistes utilisant du travail salarié, ce qui permet le développement agricole, une augmentation de productivité. On a (page 64) une alliance entre landlords et fermiers (face aux travailleurs salariés d’autre part) qui permet des investissements en capital dans l’agriculture. Le progrès ne vient pas automatiquement de plus grandes surfaces, mais de ce modus vivendi entre landlords et fermiers (page 65) plus profitable aux deux que l’extorsion maximum de surplus par un seigneur féodal.
Ce progrès de l’agriculture a conduit à une stabilité des prix de l’alimentation et a libéré, fin 17e, 40 % de la population, la rendant disponible pour l’industrie (page 66). En France et en Italie, l’insuffisance de la production alimentaire et la montée des prix freinent l’industrie (66-67).
Brenner revient (page 68) sur l’effet négatif en France du succès de la petite propriété paysanne. Cela tiendrait à une particularité de la monarchie française qui procède à sa propre extorsion de surplus, à côté de l’extorsion féodale et en compétition avec elle. (Situation comparable avec les petits monarques allemands.) Il continue dans les pages suivantes à comparer France et Angleterre sur la monarchie et l’articulation entre monarchie et seigneurs féodaux. (Avec la difficulté de l’ambiguïté du mot anglais landlord.)