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Jancovici, J.-M. (2011). Changer le monde : Tout un programme ! Calmann-Lévy. 
Added by: Dominique Meeùs (2011-11-17 11:26:56)   
Resource type: Book
ID no. (ISBN etc.): 2702142141
BibTeX citation key: Jancovici2011
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Categories: Économie
Creators: Jancovici
Publisher: {Calmann-Lévy}
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pp.215-217   Si l’argent public doit désormais se concentrer massivement sur la réduction de la demande, il faudra quand même continuer à s’occuper un peu de production. Si nous voulons de moins en moins de combustibles fossiles, deux sources doivent gagner en importance : « les » nucléaires (car il y a plusieurs manières d’exploiter cette énergie) et les renouvelables. Quoi, encore du nucléaire, après ce qui vient de se passer au Japon ? Au risque de ne pas vraiment être politiquement correct, ce qui vient de se passer dans l’Empire du Soleil levant est paradoxalement plutôt une bonne nouvelle pour le nucléaire. Alors que le tsunami a tué de l’ordre de 10 000 personnes en détruisant immeubles, voitures et bateaux, qu’il a supprimé un quart des raffineries et plus d’une dizaine de centrales électriques au charbon et au gaz, les conséquences pour la population de la destruction de quelques réacteurs nucléaires seront marginales dans l’ensemble. Des centrales à « autre chose » placées au même endroit auraient aussi été détruites, évidemment, et la dissémination de radioactivité à l’extérieur du site ne posera que des problèmes sanitaires marginaux. Évidemment, si le postulat de départ est que le nucléaire ne doit jamais tuer personne, au Japon ou ailleurs, alors cette énergie sera disqualifiée quel que soit le raisonnement, mais si le postulat est qu’il ne doit pas être plus dangereux qu’une autre installation industrielle majeure placée dans les mêmes conditions, alors le tsunami japonais constitue un « stress test » d’autant plus intéressant qu’il s’appliquait à une centrale bien en-dessous des standards actuels de sécurité en Occident.
     Ce livre ne reviendra pas sur les conséquences de Tchernobyl, documentées par des milliers de publications médicales, elles-mêmes synthétisées par l’Organisation mondiale de la santé, une agence onusienne « cousine » du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, et qui élabore ses conclusions exactement dans les mêmes conditions. Dit autrement, si vous croyez que le rapport du GIEC dresse un constat fiable de l’influence de l’homme sur le climat, alors il n’y a aucune raison de penser que l’OMS ne fait pas de même en ce qui concerne l’influence des rayonnements ionisants sur la santé [*]. Donnons un chiffre : même mal évalué, le bilan de Tchernobyl se compte en milliers de victimes et centaines de morts, soit un ordre de grandeur en dessous de l’accident de l’usine chimique de Bhopal, en Inde, qui fit en 1984 plus de 3000 morts et dix fois plus de blessés.
     [*] Voir (Jancovici, 2002), prix Roberval de vulgarisation scientifique, 2002.
     De même que les accidents d’usines chimiques n’ont jamais disqualifié la chimie en tant que telle, les accidents de voiture ou de train (plus d’un million de morts par an dans le monde) n’ont jamais disqualifié le transport en tant que tel, les marées noires n’ont jamais disqualifié le pétrole en tant que tel, Fukushima ou Tchernobyl ne disqualifient pas le nucléaire en tant que tel. Ils disqualifient certains procédés techniques, certaines règles de sûreté, certains environnements économiques ou institutionnels, assurément, et du reste le retour d’expérience sera capital pour rendre les procédés encore plus sûrs et les vérifications plus pertinentes. Mais jeter le bébé avec l’eau du bain serait une grave erreur alors que l’ère de l’énergie facile s’achève : nous allons avoir besoin de toutes les marges de manœuvre pour nous sortir de la tenaille fossile, laquelle est à même d’engendrer un chaos économique et social planétaire dont le bilan pourrait se compter en centaines de millions de morts, voire plus encore. Refuser un risque qui vaut 1 alors qu’il permet de contribuer à éviter celui qui vaut 1 000, est-ce une bonne idée ?

Jancovici, J.-M. (2002). L’avenir climatique: Quel temps ferons-nous ? Paris: Éditions du Seuil.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   Fukushima Tchernobyl nucléaire civil tsunami Organisation mondiale de la santé centrale nucléaire
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