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Salles, C. (2005). 73 av. j.-c., spartacus et la révolte des gladiateurs. Bruxelles: Éditions Complexe. 
Added by: Dominique Meeùs (2011-06-16 21:50:35)   
Resource type: Book
ID no. (ISBN etc.): ISBN : 978-2-8048-0053-9
BibTeX citation key: Salles1990
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Categories: Histoire
Keywords: Antiquité, esclavage
Creators: Salles
Publisher: Éditions Complexe (Bruxelles)
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Quotes
pp.31-33   [Marcus Licinius] Crassus [− 115 à − 53] appartenait à la vieille noblesse sénatoriale. Son père avait été censeur et, dans sa famille, on continuait à respecter les mœurs patriarcales en honneur dans l’ancienne Rome. Crassus n’était pas dépourvu des qualités qui faisaient un bon homme politique : cultivé et très bon orateur, il était capable de générosité à l’égard de ses amis, et la cordialité de son accueil était proverbiale. Mais ces mérites étaient occultés par deux vices invétérés, son amour des richesses et son ambition politique:
     « Cet homme, par ailleurs très intègre et indifférent aux plaisirs, ne connaissait aucune mesure dans son désir de l’argent et de la gloire (Velleius Paterculus, Histoire de Rome, II, 46) ».
     Tout lui était bon pour accroître sa fortune qui, estimée à trois cents talents au début de sa carrière, atteignait à sa mort sept mille cinq cents talents. Sénateur par sa famille et sa carrière, Crassus, par son don de la spéculation, était en fait plus proche des milieux d’affaires romains et de l’ordre équestre. En clair, aristocrate de naissance, il était plus proche dans ses manières d’agir et de penser, de la grosse « bourgeoisie ».
     Il aurait mis tout en œuvre pour augmenter son patrimoine, et sa fortune était « tirée du feu et de la guerre (Plutarque, Crassus, 2, 4: ὲκ πυρὸς καἱ πολὲμον) ». La dictature de Sylla et les proscriptions concomitantes lui avaient permis d’acheter à très bas prix les propriétés des condamnés. Il n’avait certes pas été le seul à profiter de cette période trouble, mais son avidité en la circonstance l’avait désigné comme un des profiteurs les plus impitoyables de la guerre civile. L’immense fortune ainsi rapidement amassée_lui avait permis de faire des placements judicieux. Il trouva son bonheur dans la spéculation immobilière. Les insulae des quartiers populaires de Rome, où s’entassaient les plébéiens les plus impécunieux, étaient fréquemment la proie des flammes ou s’effondraient en raison de leurs multiples vices de construction. Dès qu’il entendait dire qu’un de ces immeubles avait été victime d’un sinistre, Crassus l’achetait sur le champ à très bas prix, ainsi que les bâtiments voisins dont les propriétaires étaient trop heureux de se débarrasser. Par ailleurs, il avait constitué une véritable « entreprise de travaux publics » composée de cinq cents esclaves spécialisés dans les métiers du bâtiment, depuis les architectes jusqu’aux maçons. Ces ouvriers étaient chargés de reconstruire rapidement les insulae remises ensuite en location. Plutarque précise que, par ces tractations, Crassus était devenu le plus important propriétaire immobilier de Rome.
     La fortune de Crassus était donc fondée sur les deux sources de richesses essentielles de la noblesse romaine. D’une part ses propriétés foncières et immobilières à Rome et en Italie étaient d’un rapport constant. D’autre part ses esclaves lui fournissaient une main-d’œuvre considérable très rentable. Outre ses ouvriers du bâtiment et ceux qui travaillaient dans les mines d’argent qu’i1 possédait aussi, il en instruisait une multitude dans sa demeure, formés à tous les métiers de luxe : certains (lecteurs, secrétaires, argentiers) étaient compétents dans le domaine intellectuel, d’autres (intendants, maîtres d’hôtel) s’y entendaient dans la gestion de la maison. Cette domesticité n’était pas réservée à son usage personnel, car Crassus menait une vie simple et son train de maison s’apparentait à celui d’un plébéien. Elle était louée aux riches Romains, et Crassus en tirait de substantiels bénéfices. Tous les détails donnés par Plutarque dans sa Vie de Crassus mettent bien en évidence la véritable boulimie de richesses de cet homme, excellent financier sans scrupule et qui, à l’encontre de beaucoup de nobles, n’hésitait pas à faire fructifier ses biens par l’investissement et la spéculation.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   bourgeoisie Crassus esclave incendie insula mine d’argent noblesse sénatoriale ordre équestre propriété foncière propriété immobilière Rome Sénat spéculation
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