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Changeux, J.-P. (2002). L’homme de vérité M. Kirsch, Trans. Paris: Éditions Odile Jacob. 
Added by: Dominique Meeùs (2009-10-21 07:47:09)   Last edited by: Dominique Meeùs (2016-05-30 21:00:01)
Resource type: Book
Languages: Français
ID no. (ISBN etc.): ISBN:2-7381-1119-X
BibTeX citation key: Changeux2002
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Categories: Biologie, Psychologie
Keywords: conscience, mensonge, réalité, sciences cognitives, vérité
Creators: Changeux, Kirsch
Publisher: Éditions Odile Jacob (Paris)
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Librairie    L’Art de lire, rue des Arts, Gange
Added by: Dominique Meeùs  
Date d’achat    vendredi 16 octobre 2009
Added by: Dominique Meeùs  
Quotes
p.20, Chapter 1. La matière pensante   Nous avons pris nos distances avec le « matérialisme naïf » de jadis qui était la cible trop facile des philosophes idéalistes. Nous sommes entrés dans l’ère du « matérialisme instruit » […]
     La physique et la chimie contemporaines constituent en effet des mondes en perpétuel changement, triomphes du rationalisme progressif.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   idéalisme matérialisme matérialisme dialectique matérialisme mécaniste
Comments:
Marx et Engels ont voulu fonder un matérialisme nouveau, dépassant les rigidités du matérialisme ancien. On a appelé ça matérialisme dialectique. L’expression « matérialisme instruit » est intéressante en ce qu’elle met en avant l’apport du développement de la science. (Le contexte indique qu’il emploie ici « rationalisme » dans un sens matérialiste.)   Added by: Dominique Meeùs  (2009-11-07 07:38:26)
pp.20-21   Si énigmes et problèmes subsistent […] cela ne devrait pas nous dissuader de nous intéresser en particulier à ce que Voltaire appelait la « matière pensante ». Bien au contraire. Car la chimie du cerveau ne présente guère d’ambiguïté à cet égard. Elle est constituée des mêmes éléments que la matière inorganique, et ceux-ci sont assemblés de façon à former des molécules organiques.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   Voltaire cerveau esprit matérialisme matière matière pensante pensée réduction réductionnisme
p.23, Section 1. Les briques élémentaires du cerveau   Dans le cerveau humain, on compte environ cent milliards de neurones et de l’ordre de un million de milliards de connexions entre neurones.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   cellule cerveau connexion nerveuse connexion synaptique ordre de grandeur synapse
Comments:
Les ordres de grandeur sont donc :
     10 exposant 11 pour le nombre de neurones,
     10 exposant   4 pour le nombre moyen de connexions de chaque neurone,
     10 exposant 15 pour le nombre total de connexions nerveuses dans le cerveau.
La page Connectome de Wikipedia donne pour le seul cortex humain un ordre de grandeur en dessous : au moins 10 exposant 14 connexions de 10 exposant 10 neurones. À titre de comparaison, il y aurait 10 exposant 14 cellules dans un corps humain selon la page Cell (biology).   Added by: Dominique Meeùs  (2010-12-31 11:35:20)
p.37   En premier lieu, le neurone se caractérise par la propriété de conserver une forme stable avec une topologie définie du soma, des dendrites, de l’axone et des synapses. Cette forme est due essentiellement à un ensemble complexe de tubules et de filaments relativement rigide appelé « cytosquelette ». Les microtubules, par exemple, sont creux et issus de l’assemblage supra-macromoléculaire d’une protéine, la tubuline, et d’un ensemble de protéines associées […] Ces tubules rigides sont les principaux facteurs déteminant la morphologie de la cellule et ils servent également de voie de circulation de « moteurs moléculaires » qui assurent des déplacements rapides entre le corps du neurone et les extrémités de ses prolongements. Les autres filaments du cytosquelette sont fort nombreux et de composition variée. Certains d’entre eux contiennent des protéines contractiles comme l’actine, ainsi que des protéines qui les réunissent en faisceaux et interviennent dans des mouvements internes à la cellule et aussi au niveau des terminaisons nerveuses.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   tubuline actine cellule cytosquelette mouvement neurone
p.40   Des composants chimiques élémentaires aux assemblées supra-macromoléculaires, la cellule nerveuse se construit. De proche en proche et d’un niveau à l’autre, sa matière s’organise, du niveau moléculaire aux niveaux supérieurs cognitifs.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   cellule complexité macromolécule matière molécule neurone niveau d’organisation supra-macromoléculaire
Comments:
Les atomes s’assemblent en molécules. Celles qui se construisent sur base d’atomes de carbone sont dites organiques parce qu’elle constituent l’essentiel de la matière vivante. Dans le vivant on rencontre de très grosses molécules, dites macromolécules. Mais la cellule n’est pas qu’un sac de macromolécules flottant dans de l’eau, il y a des assemblages de macromolécules, comme les tubes du cytosquelette. Ainsi parmi les organes de la cellule, certains sont de niveau simplement macromoléculaire (le plus souvent des protéines), comme certains récepteurs ou certaines portes sur la membrane, ou les longues macromolécules du bagage génétique, mais beaucoup d’autres sont supra-macromoléculaires. C’est donc un niveau de complexité qu’il est intéressant d’identifier entre molécule et cellule.   Added by: Dominique Meeùs  (2009-10-22 07:37:06)
pp.40-41   Curieusement, la neuroscience a été imprégnée pendant des dizaines d’années par une philosophie empiriste tacite. Elle était déjà présente dans les premières recherches sur l’arc réflexe […] Pavlov produisait des réponses conditionnées […] Il affirmait ainsi que, pour construire un réflexe conditionné, le cerveau « devait être dégagé de toute autre activité nerveuse ». Jusqu’à une époque récente, les enregistrements électrophysiologiques standard consistaient le plus souvent en des réponses évoquées, c’est-à-dire provoquées par des stimuli issus du monde extérieur, chez des animaux anesthésiés.
     Ce modèle semble aujourd’hui bien naïf et certainement trop simple. En réalité, le cerveau se comporte naturellement comme un système autonome qui projette en permanence de l’information en direction du monde extérieur, au lieu de recevoir passivement son empreinte. […] L'activité intrinsèque spontanée du cerveau est l’une de ses composantes majeures.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   cerveau connaissance empirisme information Pavlov réflexe conditionné reflet stimulus
Comments:
L’acquisition de l’information n’est pas un simple reflet passif du monde sur les organes sensoriels et de là au cerveau. Elle implique une activité du cerveau. En plus d’éventuelles démarches volontaires conscientes, le cerveau a constamment une énorme activité spontanée.
     Il en est de même d’un ordinateur qui ne réagit aux événements extérieurs (comme un éventuel mouvement de la souris, une frappe au clavier, une information arrivant par le réseau et beaucoup d’autres) que parce qu’il a en permanence toutes sortes de programmes qui sont activement à l’écoute de ces événements. (Ce sont les daemons d’Unix et de Linux.)   Added by: Dominique Meeùs  (2009-10-22 08:08:17)
pp.52-53, Section 3. Un système auto-organisé « ouvert » et « motivé »   Il [le cerveau] ne fonctionne pas comme une machine traitant passivement des informations venues de l’extérieur. Il opère également dans le sens inverse, comme un producteur de représentations qu’il projette sur le monde extérieur. L’activité spontanée d’ensembles spécialisés de neurones pousse l’organisme à continuellement explorer et à tester l’environnement physique, social et culturel, à se saisir des réponses et à les confronter à ce qu’il possède en mémoire. En conséquence, le cerveau développe d’étonnantes capacités d’ « autoactivation » et, par là, d’auto-organisation. C’est dans ce sens que j’applique le terme « motivation » à un réseau de neurones. Système ouvert et motivé, le cerveau fonctionne en permanence sur le mode de l’exploration organisée. Voilà qui pourrait rappeler le Bergson de La Pensée et le Mouvant. Mais, ici, il n’est fait aucune référence à une quelconque métaphysique spiritualiste. Bien au contraire. Ces propriétés d’ouverture et de motivation relèvent sans ambiguïté de l’organisation matérielle et du fonctionnement du réseau neuronal.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   exploration cerveau reflet représentation
Comments:
Cela enrichit la conception de la connaissance comme « reflet ».   Added by: Dominique Meeùs  (2009-11-07 08:00:22)
p.76, Section 2. Les objets mentaux, Chapter 2. jeux cognitifs et sélection des connaissances   Certains auteurs ont contesté le concept même de représentation, en soulignant qu’aucun objet du monde extérieur n’a jamais été présent ou ne sera jamais re-présenté en nous sous quelque forme que ce soit. Ils soutiennent qu’il y aurait dans les significations communes et dans la connaissance en général quelque chose d’immatériel qui échapperait à jamais à l’explication scientifique.
     Je défends ici la thèse opposée : on devrait pouvoir identifier dans le cerveau cet « élément commun » qui conduit selon Wittgenstein des individus à se comporter de la même manière. Dans un chapitre suivant (chapitre 6), je rouvrirai le débat à propos du fait que les connexions entre neurones peuvent varier considérablement d’un cerveau à l’autre, même dans le cas de vrais jumeaux. Il reste que ces systèmes de connexion différents peuvent produire les mêmes relations entre entrée et sortie, ou encore conduire aux mêmes actions sur le monde. Le problème se pose donc de savoir comment s’établissent des cartographies communes, ou des « constantes » partagées, pour les mêmes significations ou les mêmes connaissances, dans des cerveaux individuels très variables.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   cerveau diversité idéalisme représentation science Wittgenstein
p.303   […] l’ensemble des résultats obtenus à ce jour sur divers modèles animaux démontrent que, si un nombre important de structures cérébrales sont préformées ou innées, l’activité spontanée et/ou évoquée du système nerveux en cours de développement est nécessaire à leur évolution ultérieure.
     Les principales caractéristiques de l’organisation cérébrale propres à l’espèce sont déterminées par une enveloppe génétique qui commande la migration et la différenciation des catégories de cellules, la croissance et la formation étendue de connexions, le comportement des processus nerveux en cours de croissance, la reconnaissance de cellules cibles et le démarrage de l’activité spontanée. Cette enveloppe détermine également la structure des molécules qui entrent dans l’architecture des synapses, les règles régissant leur assemblage ainsi que le contrôle de leur évolution, par l’activité du réseau. Néanmoins, au sein de cette enveloppe génétique, des processus « épigénétiques » se manifestent dans le réseau en développement, comme l’attestent tant les phénomènes régressifs que les processus de croissance des connexions que je viens de mentionner.
     Au cours de périodes sensibles du développement, on peut donc assister temporairement à une diversification exubérante de contacts svnaptiques, suivie de la stabilisation sélective de certains de ces contacts labiles et de l’élimination (ou de la rétraction) des autres. Concurremment, des phénomènes de croissance et de régénération des connexions peuvent se poursuivre à l’échelon local. Ces « allées et venues » des contacts synaptiques se maintiennent chez l’adulte. Mais l’équilibre se déplace au cours du vieillissement, et la régression finit par l’emporter avant la mort.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   épigénétique épigenèse connexion nerveuse connexion synaptique génétique inné synapse
p.310, Section 7. Épigenèse et acquisition du savoir, Chapter 6. Épigenèse neuronale et évolution culturelle   Noam Chomsky (1995) allait encore plus loin et émettait des doutes sur l’ensemble de l’entreprise d’investigation naturaliste du langage. pour lui, « en raison des limites biologiques » de notre cerveau, le langage et sa générativité relèveraient probablement de « secrets ultimes de la nature » qui « demeureront à jamais » dans l’ « obscurité ».

Chomsky, N. (1995). Language and nature. Mind, 104, 1–61.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   cerveau Chomsky idéalisme langage matérialisme obscurantisme réductibilité réduction réductionnisme
p.315   Chez tous les sujets, écouter la langue maternelle active systématiquement le même ensemble d’aires, incluant en particulier le lobe temporal gauche. En revanche, l’écoute de la seconde langue mobilise des structures très variables selon les sujets, incluant aussi bien des aires temporales gauches et droites, que des aires frontales parfois limitées uniquement à l’hémisphère droit.
     Dans une autre série d’expériences, la même méthode a été employée avec des sujets bilingues, mais on leur demandait maintenant de produire sans les prononcer — donc de manière tacite — des phrases dans la première ou la deuxième langue. À nouveau, des territoires corticaux comme l’aire de Broca étaient activés de façon différente par la première et par la deuxième langue. Ces travaux apportent une démonstration anatomique claire de la trace neuronale « épigénétique » associée à l’apprentissage du langage, étant bien entendu que l’on ne parle pas une deuxième langue avec la même aisance que sa langue maternelle.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   cerveau gauche première langue seconde langue langue maternelle épigenèse cerveau cerveau droit
pp.315-318   Le second exemple est celui de l’illettrisme […] Sur le plan comportemental, l’usage du langage parlé est très semblable chez les sujets illettrés et chez les sujets sachant lire et écrire. Pourtant, les illettrés présentent une particularité étonnante, qui concerne une tâche très particulière dans le traitement phonologique de la parole. S’ils répètent avec facilité des mots ayant un sens, ils éprouvent des difficultés considérables à le faire face à des mots qui en sont dépourvus, ou pseudo-mots. La tomographie par émission de positrons révèle des différences très nettes entre les cerveaux de personnes alphabétisées et de personnes illettrées à qui l’on demande de répéter des pseudo-mots, alors que les différences ne sont pas significatives lorsqu’on leur fait répéter des mots ayant un sens […] Parmi les territoires corticaux plus fortement activés par des mots réels que par des pseudo-mots chez les sujets alphabétisés par rapport aux illettrés, on compte notamment l’opercule frontal droit et l’insula antérieure, le cortex cingulaire antérieur gauche, le putamen/pallidum gauche, le thalamus antérieur et l’hypothalamus, ainsi que le cervelet médian.
     De même, le corps calleux, région de passage des fibres reliant un hémisphère à l’autre, paraît à certains niveaux plus mince chez les sujets illettrés. Le fait d’apprendre ou non à lire et à écrire au cours de l’enfance a donc un impact considérable sur l’organisation fonctionnelle du cerveau adulte.
     L’acquisition de la lecture et de l’écriture par l’enfant exploite les capacités épigénétiques du cerveau à mémoriser de nouvelles compétences au cours de son développement. L’étude des lésions, notamment, a permis de mettre en évidence une interaction forte entre le traitement, par l’adulte, du langage oral et du langage écrit. Tout se passe comme si l’acte d’écrire mobilisait de façon tacite les voies du langage oral. De même, la lecture mobilise les voies de traitement du langage oral et, parmi elles, celles qui sont concernées par le traitement phonologique de mots nouveaux. Fait intéressant, l’absence d’expérience de la lecture altère la « stabilisation sélective » de cette voie phonologique spécifique aux mots nouveaux. Apprendre à lire et à écrire laisse dans le cerveau de l’enfant des traces épigénétiques profondes qui persisteront jusqu’à l’âge adulte.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   illettrisme épigenèse cerveau
pp.318-319   Dans certains cas de cécité précoce, les techniques d’imagerie cérébrale révèlent une extension significative du cortex pariétal somato-sensoriel de l’hémisphère gauche, après un an d’entraînement intensif au braille. Cette aire est concernée en particulier par la perception tactile de l’espace. La trace est stable et persiste pendant plusieurs années. Mais l’imagerie fonctionnelle révèle également un phénomène inattendu : une forte activation des aires visuelles primaires et secondaires du cortex occipital, dont on sait qu’elles sont spécialisées dans la vision chez les sujets voyants. À la suite de l’acquisition du braille, les aires visuelles des sujets aveugles deviennent capables de recevoir et de traiter des informations tactiles. De plus, la stimulation magnétique transcrânienne, nouvelle technique utilisée pour inactiver de façon réversible des aires délimitées du cortex, perturbe considérablement la lecture en braille quand on l’applique au niveau du cortex somato-sensoriel et aussi au niveau du cortex visuel strié chez le malvoyant. Dans le premier cas, la détection des mots en braille est perturbée, quel que soit le sens des mots. Dans le second cas, les sujets détectent le braille, mais sont incapables de dire si le texte a un sens ou non. Dans les deux cas, l’apprentissage de l’écriture braille produit un changement caractéristique de la connectivité cérébrale. Le modèle le plus plausible, sinon le seul, pour rendre compte de ces résultats remarquables, pose qu’à la naissance des connexions fonctionnelles existent déjà entre les cortex somato-sensoriel et visuel ainsi qu’entre le thalamus non visuel et le thalamus visuel. L’apprentissage du braille aurait pour effet de sélectionner mais aussi d’amplifier par bourgeonnement les branchements terminaux des axones de ces voies préexistantes au bénéfice de la lecture tactile.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   braille cécité axone épigenèse cerveau connexion nerveuse synapse
pp.320-322, Section 8. L’habitus neuronal   Cette analyse ne met pas fin au débat entre nature et culture, mais elle le replace dans une perspective nouvelle. On ne peut plus désormais parler d’inné et d’acquis sans prendre en compte à la fois les données du génome, leur mode d’expression au cours du développement, l’évolution épigénétique de la connectivité sous ses aspects anatomiques, physiologiques et comportementaux. Cela peut paraître très difficile, voire presque impossible, surtout dans le cas du cerveau humain. Pourtant, cette conception du gène et de son expression, à la fois multidimensionnelle, non linéaire et hautement contextualisée, remet en cause des formulations qui ont un impact social très fort : comme les « gènes du bonheur » ou, au contraire, de « la nature strictement constructive du développement mental », dans le premier cas, on omet l’épigenèse, dans le second, la génétique.
     Le développement du cerveau humain se caractérise fondamentalement par cette « ouverture de l’enveloppe génétique » à la variabilité épigénétique et à l’évolution par sélection, celles-ci étant rendues possibles par l’incorporation dans le développement synaptique d’une composante aléatoire au sein des enchaînements de croissance synaptique en cascade qui vont des débuts de l’embryogenèse jusqu’à la puberté.
     Chaque « vague » successive de connexions, dont le type et la chronologie sont encadrés par l’enveloppe génétique, est sans doute en corrélation avec l’acquisition de savoir-faire et de connaissances particuliers, mais aussi avec la perte de compétences […] Le savoir inné et l’apprentissage épigénétique se trouvent étroitement entrelacés au cours du développement pré- et postnatal, où se manifestent l’acquisition de savoir-faire et de connaissances, l’entrée en action de la conscience réflexive et de la « théorie de l’esprit », l’apprentissage du langage, des « règles épigénétiques » et des conventions sociales. L’épigenèse rend possibles le développement de la culture, sa diversification, sa transmission, son évolution. Une bonne éducation devrait tendre à accorder ces schémas de développement avec le matériel pédagogique approprié que l’enfant doit apprendre et expérimenter. Petit à petit se met en place ce que Pierre Bourdieu appelle l’« habitus » de chaque individu, qui varie avec l’environnement social et culturel, mais aussi avec l’histoire particulière de chacun. Le caractère unique de chaque personne se construit ainsi comme une synthèse singulière de son héritage génétique, des conditions de son développement et de son expérience personnelle dans l’environnement social et culturel qui lui est propre.
     Du point de vue plus général de l’acquisition des connaissances, le savoir inné et la plupart des dispositions innées à acquérir des connaissances et à en mettre à l’épreuve leur vérité de manière consciente se sont développés à travers l’évolution des espèces au niveau de l’enveloppe génétique. Par ailleurs, la durée exceptionnellement longue de l’évolution épigénétique dont dispose le cerveau humain a permis une « incorporation » dans le cerveau de caractéristiques du monde extérieur sous forme de « savoir épigénétique ». Inversement, c’est aussi ce qui a rendu possible la production d’une mémoire culturelle qui ne dépende pas directement des limites intrinsèques du cerveau humain et puisse être transmise de manière épigénétique au niveau du groupe social.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   acquis épigénétique épigenèse évolution cerveau culture embryogenèse gène génétique génome inné nature personne sélection naturelle société synapse théorie de l’esprit
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