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Gould, S. J. (1991). La vie est belle: Les surprises de l’évolution M. Blanc, Trans. Paris: Éditions du Seuil. 
Added by: admin (2008-12-06 20:35:56)   Last edited by: Dominique Meeùs (2009-10-09 23:03:41)
Resource type: Book
ID no. (ISBN etc.): ISBN:2-02-012269-3
BibTeX citation key: Gould1991a
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Categories: Biologie
Creators: Blanc, Gould
Publisher: Éditions du Seuil (Paris)
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Abstract
Gould montre à partir du cas du schiste de Burgess que la diversité (et surtout la disparité des plans anatomiques) était très grande dès le précambrien et nettement plus grande qu'aujourd'hui. À partir de là, il conteste qu'il y ait une tendance à la complexité et au progrès.
Added by: admin  Last edited by: Dominique Meeùs
Quotes
p.48, Chapter 1. Iconographie d’un préjugé   Il me faut introduire ici une importante distinction qui devrait dissiper une confusion classique. Les biologistes utilisent le terme vernaculaire « diversité » dans de nombreux sens techniques différents. Ils peuvent parler de « diversité » à propos du nombre d’espèces distinctes au sein d’un groupe : chez les mammifères, la diversité au sein des rongeurs est élevée, puisque ceux-ci comprennent plus de 1 500 espèces distinctes ; la diversité des Équidés est faible, puisque les zèbres, les ânes et les chevaux représentent à eux tous moins d’une dizaine d’espèces. Mais les biologistes parlent également de « diversité » à propos des différences d’organisation anatomique. On ne peut dire d’une faune comprenant trois espèces distinctes de taupes qu’elle présente de la diversité ; mais une faune comprenant un éléphant, un escargot et une fourmi en présente incontestablement — et pourtant, il n’y a dans chaque cas que trois espèces.
     […]
     Plusieurs de mes collègues (Jaanusson, 1981 ; Runnegar, 1987) ont suggéré de dissiper la confusion régnant autour du mot diversité en restreignant ce terme vernaculaire à son premier sens : le nombre des espèces. Dans le second sens — relatif aux différences dans les plans d’organisation — il faudrait dire : « disparité ». Utilisant cette terminologie, nous pouvons alors définir comme suit l’un des faits les plus importants et surprenants de l’histoire de la vie : une réduction marquée de la disparité, suivie d’un remarquable accroissement de la diversité, étant donné le petit nombre des modèles survivants.   Added by: admin
p.50, Chapter 1. Iconographie d’un préjugé   Changez faiblement les événements initiaux, si faiblement que cela peut paraître sur le moment n’avoir qu’une minime importance, et l’évolution se déroulera selon une direction toute différente.
     Cette troisième alternative ne représente ni plus ni moins que l’essence de l’histoire, Elle a pour nom contingence — et la contingence est une chose en soi, et non la combinaison du déterminisme et du hasard. La science a été longue à prendre en compte des explications de type historique — et les interprétations formulées jusqu’ici ont souffert de cette omission. Elle a aussi tendu à dénigrer l’histoire, lorsqu’elle y a été confrontée, considérant toute invocation de la contingence comme moins élégante et moins signifiante que les explications basées directement sur des « lois de la nature » intemporelles.   Added by: admin
Comments:
La contingence est sans doute une chose en soi lorsqu’il s’agit des constantes fondamentales de la physique. La valeur de certaines deviendra peut-être nécessaire dans des progrès de la théorie tandis que d’autres sont sans doute purement et définitivement contingentes.
     Dans l’histoire, au contraire, il y a déterminisme en principe et la contingence historique n’est ni pure ni « chose en soi » mais la conséquence de l’impossibilité radicale de prendre en compte les innombrables facteurs en jeu alors que nous ne disposons que d’informations lacunaires. Si en plus la dépendance des conditions initiales (dont nous ignorons beaucoup) est très forte, nous ne pouvons presque rien expliquer.   Added by: admin  (2009-01-03 14:39:17)
pp.307-309, Chapter 4. Les conceptions de Walcott et la nature de l’histoire   De nombreuses expressions du langage courant véhiculent d’affreux stéréotypes au sujet de la science. Lorsque nos amis s’irritent d’un problème contrariant, nous les exhortons à une attitude « scientifique » — entendant par là de garder leur sang-froid et de faire preuve d’esprit d’analyse. Nous parlons de « méthode scientifique » et enseignons aux écoliers en quoi consiste cette démarche supposée unique et maximalement efficace pour atteindre à la connaissance des phénomènes de la nature, comme s’il n’y avait qu’une seule manière de percer les multiples secrets de la réalité empirique.
     La « méthode scientifique » ne demande pas seulement d’avoir l’esprit ouvert, comme on le dit classiquement, mais elle fait appel à un ensemble de concepts et de procédés qui s’accordent bien à l’image d’Épinal de l’homme en blouse blanche en train de surveiller ses cadrans dans un laboratoire. Ces concepts et procédés sont : l’expérimentation, la quantification, la répétition, la prédiction et la réduction de la complexité du monde matériel à un petit nombre de variables pouvant être contrôlées et manipulées.
     Toutes ces démarches sont puissantes, mais ne permettent pas d’appréhender tous les aspects de la nature. Comment les scientifiques vont-ils s’y prendre pour expliquer les résultats de l’histoire, ces événements excessivement complexes qui peuvent ne se présenter qu’une fois dans leur état pleinement réalisé ? Dans de nombreux domaines — la cosmologie, la géologie, et l’évolution, entre autres —, les phénomènes naturels ne peuvent être élucidés qu’avec les outils de l’histoire. Les méthodes appropriées relèvent dans ce cas de la narration, et non pas de l’expérimentation.
     La traditionnelle « méthode scientifique » ne peut venir à bout des phénomènes historiques. Les lois de la nature sont définies par leur invariance dans l’espace et dans le temps. L’expérimentation dans des conditions contrôlées et la réduction de la complexité du monde matériel à un petit nombre de causes générales sont des procédés présupposant que toutes les périodes de temps peuvent être traitées de la même manière et simulées adéquatement en laboratoire. Le quartz du Cambrien est identique au quartz actuel — c’est un tétraèdre d’atomes de silicium et d’oxygène liés ensemble aux quatre coins. Déterminez les propriétés du quartz moderne dans des conditions contrôlées en laboratoire, et vous pourrez comprendre les grains de sable du grès cambrien de Potsdam.
     Mais supposez que vous vouliez savoir pourquoi les dinosaures ont disparu, ou pourquoi les mollusques se sont épanouis, tandis que Wiwaxia a péri ? Ce n’est pas que le recours au laboratoire ne soit pas pertinent ; en fait, il peut conduire, par analogie, à comprendre certains des phénomènes en cause. (On pourrait, par exemple, comprendre des choses intéressantes au sujet de l’extinction crétacée, en testant les tolérances physiologiques d’organismes modernes, ou même de « modèles de dinosaures », dans des conditions d’environnement analogues à celles qui ont été proposées par les diverses hypothèses explicatives de cette « mort en masse ».) Mais les procédés de la « méthode scientifique » ont leur limite, et ne peuvent atteindre le cœur de cet événement singulier qui concerna des organismes depuis longtemps disparus, habitant une Terre aux climats et aux continents très différents de ceux d’aujourd’hui. Pour comprendre l’histoire, il est nécessaire de reconstruire les événements du passé eux-mêmes, dans leurs propres termes, c’est-à-dire en relatant les phénomènes uniques en leur genre qui les ont constitués. Aucune loi ne permet de rendre compte de la disparition de Wiwaxia, mais un ensemble complexe d’événements a concouru à ce résultat — et nous pouvons découvrir certains d’entre eux si, par chance, des traces suffisantes ont été conservées dans nos archives géologiques éparses. (Par exemple, il y a dix ans, nous ne savions pas que l’extinction crétacée avait coïncidé dans le temps avec le probable impact d’un ou de plusieurs astéroïdes à la surface du globe — bien que la preuve, sous forme de trace chimique, ait toujours été là dans les roches datant de la fin du Crétacé.)
     Les explications historiques diffèrent des résultats expérimentaux de nombreuses façons. Il n’est pas question, dans ce cas, de vérification par répétition, puisqu’il s’agit de rendre compte du caractère unique de certains facteurs concourant à un événement. Et ces facteurs, étant donné les lois de la probabilité et celles de l’irréversibilité du temps, ne se représenteront plus jamais ensemble. On ne peut pas non plus tenter de ramener les événements complexes d’un récit à la simple mise en œuvre de lois de la nature ; bien sûr, les événements historiques ne violent aucun des principes fondamentaux régissant la matière et le mouvement, mais leur production relève du domaine de la contingence. (La loi de la gravité nous apprend que les pommes tombent, mais elle ne nous dit pas pourquoi telle pomme est tombée à tel moment, et pourquoi Newton se trouvait justement en dessous à ce moment-là, mûr pour une découverte.) Et la question de la prédiction, dont on fait grand cas dans la manière stéréotypée de présenter la science, ne peut pas être prise en considération dans le cadre des récits historiques. On peut expliquer un événement après qu’il s’est produit, mais, étant donné le rôle de la contingence, il est impossible qu’il se répète, même en reprenant le même point de départ. […]
     Toutes ces différences induisent à juger défavorablement les explications de type historique ou narratif, au regard des canons (stéréotypés et réducteurs) de la « méthode scientifique ». Les sciences qui veulent rendre compte de phénomènes historiques complexes ont donc un statut dévalué, et ne jouissent généralement que d’une faible estime chez les scientifiques professionnels. Il est bien connu que l’on range habituellement les sciences selon une hiérarchie de valeur, allant de la physique au sommet, en tant que science exacte, aux disciplines comme la psychologie ou la sociologie, à la base, en tant que sciences traitant du subjectif. Ces distinctions de statut entre les sciences sont passées dans le langage courant en tant qu’expressions ou métaphores — telles que « sciences dures » versus « sciences molles », ou « rigoureusement expérimentales » versus « simplement descriptives ».   Added by: admin
p.311, Chapter 4. Les conceptions de Walcott et la nature de l’histoire   Le grand philosophe des sciences du 19e siècle William Whewell forgea le terme « consilience », signifiant « sauter ensemble », pour désigner le type de démonstration qui apparaît lorsque de nombreuses sources indépendantes concourent à cerner un phénomène historique particulier. Il appela la stratégie consistant à coordonner les résultats disparates provenant de diverses sources la « consilience de l’induction ».   Added by: admin
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