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Omnès, R. (1994). Philosphie de la science contemporaine. Paris: Éditions Gallimard. 
Added by: admin (2008-07-28 20:34:21)   Last edited by: admin (2008-08-14 21:46:47)
Resource type: Book
ID no. (ISBN etc.): 2-07-032857-0, 9 782070 328574
BibTeX citation key: Omnes1994
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Categories: Philosophie, Physique
Creators: Omnès
Publisher: Éditions Gallimard (Paris)
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Abstract
    Omnès passe en revue les points essentiels et significatifs de l’histoire de la logique, de la physique et des mathématiques classiques et des positions philosophiques les concernant. Il examine ensuite comment les mathématiques et la physique ont pris une orientation de plus en plus formelle.
    Il faut dire ici que le titre est trompeur. On aurait dû dire Philosophie de la physique contemporaine. Toutes les sciences ne sont pas aussi formelles que les mathématiques et la physique et Omnès dit explicitement qu’il va se limiter à la physique comme exemple le plus avancé. C’est un choix légitime.
    Plus curieux est qu’après avoir introduit (très bien) la relativité, il estime que toute la science (physique) est unifiée par la physique quantique, comme théorie la plus moderne. Mais — outre le fait que son point de vue semble être celui de la quantique non relativiste — jamais il ne dit qu’au contraire on n’a pas encore réussi a unifier les théories quantique et de la gravitation.
    Sur les mathématiques, sans peut-être vraiment prendre position, il estime que le point de vue réaliste platonicien est le plus satisfaisant. Il insiste sur le fait que la physique est devenue très formelle, mais il ne dit pas explicitement adopter en physique un réalisme platonicien. Il défend en tous cas l’objectivité de la réalité physique contre toutes les dérives subjectivistes sur le rôle de l’observateur dans les mesures quantiques.
    Au total, que l’on soit tout à fait, un peu ou pas du tout d’accord avec lui, c’est une très bonne présentation de la science et des problèmes philosophiques qu’elle pose.
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Quotes
p.183, Chapter 6. La philosophie des mathématiques       Bertrand Russell, qui n’était certes pas naïf en philosophie, n’en exprimait pas moins la même idée en écrivant : « Le nombre 2 doit être en tout état de cause une entité, qui aurait une réalité ontologique, même si elle n’est dans aucun esprit […]. En bref, toute connaissance doit être reconnaissance, sous peine d’être pure illusion. L’arithmétique doit être découverte tout juste dans le même sens que Colomb a découvert les Indes occidentales, et nous ne créons pas plus les nombres qu’il n’a créé les Indiens. Le nombre 2 n’est pas une chose purement mentale ; mais c’est une entité qui peut devenir objet de pensée. Tout ce qui peut être pensé a une réalité ontologique, et sa réalité est la condition préalable, non le résultat, du fait qu’elle sera pensée. Eu égard à l’existence d’un objet de pensée, cependant, rien ne peut être conclu du fait qu’il est pensé, puisqu’il n’existe certainement pas dans la pensée qui le pense. Par conséquent et en fin de compte, aucun genre spécial de réalité n’appartient aux objets de notre représentation comme tels. » (Russell, Principes de mathématiques.)   Added by: admin
Comments:
    Je n’ai retrouvé dans Google Books qu'un fragment de la citation de Russell (1938) (1903), dont une partie est disponible en ligne (http://fair-use.org/bertrand-russell/the-principles-of-mathematics/, mais pas celle-ci.
    Cet argument d’autorité d’Omnès en faveur du réalisme en mathématiques est très faible dans la mesure où Russell lui-même a abandonné ce platonisme assez vite.

Russell, B. (1938). The principles of mathematics 2nd ed. Cambridge: Cambridge University Press.   Added by: admin  (2008-07-29 23:45:23)
pp.301-302, Chapter 11. Des mesures à la démesure       On voit bien où le bât blesse, s’il devait en être ainsi [le chat de Schrödinger à la fois mort et vivant et ce genre de choses] : aucun fait ne pourrait jamais être définitivement avéré. La notion même de fait, bien qu’elle soit à la base de toute science, serait en opposition manifeste et grinçante avec la théorie. […] Certains parlent d’univers parallèles et proclament comme aussi vrai que le nôtre le monde où Jules César est né fille de Marius. D’autres supposent que l’intervention de la conscience humaine peut seule briser les sommes de fonctions d’onde. D’autres vont encore plus loin, en inversant le processus : si c’est la conscience qui sépare les réalités possibles, alors l’esprit peut agir sur la matière, et la parapsychologie est théoriquement démontrée. Pour d’autres encore, la science n’est plus qu’un ensemble vague où tout est possible, et l’eau a une mémoire dont le vin seul apporte l’oubli. Certains se veulent plus prudents, et ils se retranchent derrière des positions qu’ils jugent sages : la physique ne serait qu’une convention entre les hommes et n’atteint jamais la réalité ; la fonction d’onde n’est que l’expression de ce que moi, je me trouve connaître. Ajouterons·nous d’autres commentateurs, qui bâtissent sur ces galimatias non seulement des philosophies, mais une psychologie, et même, dit-on, des théologies où Dieu contemple tous les univers simultanés qui sont son œuvre indécise ?
    Bohr tenta toujours de maintenir contre vents et marées le caractère objectif de la science qu’il avait contribué à fonder, et, comme on le verra, il avait bien raison de le faire. Pour le reste, qu’on se le dise, ce ne sont que billevesées, coquecigrues, sornettes et calembredaines (j’ai aussi en réserve quelques mots plus forts). La sagesse était de dire au moins, avec l’honnêteté d’un Feynman ou le doute d’un Einstein : « Il y a quelque chose qu’on ne comprend pas. »   Added by: admin
Keywords:   chat de Schrödinger
p.316, Chapter 11       […] il existe des propriétés d’un système quantique que l’on peut concevoir mais qui ne peuvent jamais être tranchées conformément à la vérité par aucun moyen logique convenable.
    Une autre conséquence remarquable de cela est que l’apparence holistique et hautement non locale du monde quantique, dont on nous a longtemps rebattu les oreilles, se révèle le fruit d’une inconséquence logique, et qu’elle s’évanouit en même temps que les éléments de réalité. On voit par là tout ce que l’on gagne à bien comprendre les conséquences d’une science formelle, car le formel permet seul de cerner pleinement la nature trop subtile du monde quantique, sur lequel le sens commun vient inévitablement se briser.   Added by: admin
Keywords:   non-localité
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