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Jacob, F. (1970). La logique du vivant: Une histoire de l'hérédité. Paris: Éditions Gallimard. 
Added by: Dominique Meeùs (2013-05-24 07:16:23)   
Resource type: Book
BibTeX citation key: Jacob1970
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Categories: Biologie
Creators: Jacob
Publisher: Éditions Gallimard (Paris)
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pp.132-133   Pour l’œil armé du microscope, tout être vivant finit ainsi par se résoudre en une collection d’unités juxtaposées. C’est la conclusion à laquelle parviennent la plupart des histologistes et que généralisent Schleiden pour les végétaux et Schwann pour les animaux, sous forme d’une « théorie cellulaire ». Mais la théorie cellulaire ne se limite pas à ce problème de structure. Avec Schwann, la position et le rôle de la cellule se retournent en quelque sorte. La cellule ne constitue plus seulement le terme ultime de l’analyse des êtres vivants. Elle devient à la fois l’unité du vivant, c’est-à-dire l’individualité qui en détient toutes les propriétés, et le point de départ de tout organisme. « Les parties élémentaires des tissus, dit Schwann, sont formées de cellules selon des modalités semblables quoique très diversifiées, de sorte que l’on peut dire qu’il existe un principe universel de développement pour les parties élémentaires des organismes et que ce principe est la formation des cellules. » Ce qui importe ici, ce n’est plus tellement qu’on trouve des cellules dans tous les tissus ou même que tous les organismes soient constitués de cellules ; c’est que la cellule possède elle-même tous les attributs du vivant, qu’elle représente la source nécessaire de tout corps organisé.
     Par là même, la théorie cellulaire donne un premier coup d’arrêt au vitalisme qui avait présidé à la fondation de la biologie et dont elle rejette l’une des exigences fondamentales. Car, pour distinguer le vivant de l’inanimé, il avait fallu voir dans chaque être une totalité indivisible. Pour les zoologistes, pour les anatomistes ou les chimistes, la vie devait résider dans l’organisme pris dans son entier, et non dans tel organe, ou telle partie, ou telle molécule. Ne pouvant se réduire à des éléments d’ordre simple, elle restait inaccessible à l’analyse dont elle transcendait toute interprétation. D’où cette exigence, dans la structure intime des êtres, d’une continuité sur quoi se fondaient pour Bichat la texture des tissus et pour Oken la fusion des cellules en une « masse infusoriale » où s’immergeait l’individualité de chaque élément. Ce sont précisément ces idées de totalité et de continuité que conteste Schwann en considérant, non plus la composition élémentaire des êtres vivants, mais les causes régissant deux de leurs propriétés principales : la nutrition et la croissance. Si l’on adopte le point de vue vitaliste, il faut placer les causes de ces deux phénomènes dans l’ensemble de l’organisme. Par la combinaison des molécules en un tout, comme se trouve l’organisme à chaque étape de son développement, s’engendre une force qui donne à l’être la capacité de prélever les matériaux alentour et d’en tirer les constituants nécessaires à la croissance de toutes ses parties. Aucune de celles-ci prise isolément ne détient alors les pouvoirs de se nourrir et de croître. Mais on peut tout aussi bien considérer que, dans chacune des cellules, les molécules sont agencées de manière à permettre à la cellule d’attirer d’autres molécules et de croître par elle-même. Les propriétés du vivant ne peuvent plus alors être attribuées au tout, mais à chaque partie, à chaque cellule, qui possède en quelque sorte une « vie indépendante ».
     Pour Schwann, toutes les observations faites sur les plantes ou les animaux justifient cette seconde manière de voir. Qu’est-ce que l’œuf des animaux, sinon une cellule capable de croître et de se multiplier par elle-même ? Et plus particulièrement l’œuf de ces femelles qui se reproduisent par parthénogénèse puisqu’on ne peut évoquer là aucune force mystérieuse qu’apporterait la fécondation.   Added by: Dominique Meeùs
Keywords:   cellule Schwann vitalisme vivant
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