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Dobzhansky, T. (1978). Le droit à l’intelligence: Génétique et égalité M. Reisinger, Trans. Bruxelles: Éditions Complexe.  
Added by: Dominique Meeùs 2009-08-22 06:19:05 Pop. 0%
      Nous avons déjà cité le travail de Heber (1968). Il décrit une expérience faite avec des enfants du ghetto dont les mères avaient un QI inférieur à 70. Certains de ces enfants ont reçu des soins et une éducation spéciale, tandis que les autres servaient de groupe témoin. Quatre ans après la période d’éducation, le QI moyen des enfants entraînés était de 127, et celui des autres de 90, ce qui donne une différence spectaculaire de 37 points. Le fait que les enfants du groupe contrôle détenaient une supériorité de 20 points sur leur mère n’est pas surprenant. Le QI de leur père n’est pas connu, et pouvait être supérieur à celui de leur mère. De plus une telle supériorité peut provenir d’un phénomène génétique bien connu, à savoir la régression vers la moyenne : les enfants dont les parents sont supérieurs à la moyenne de la population n’obtiennent généralement pas des résultats aussi élevés que leurs parents, tandis que ceux dont les parents sont en-dessous de la moyenne dépassent en général les résultats de leurs parents.
Gouyon, P.-H., Henry, J.-P., & Arnould, J. (1997). Les avatars du gène: La théorie néo-darwinienne de l’évolution. Paris: Belin.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2012-11-11 11:49:16 Pop. 0%
      L’eugénique est une discipline apparue au cours des années 1910, dans les pays anglo-saxons pour l’essentiel (Allemagne comprise), ainsi qu’en France. Le terme est employé dès 1883 par Francis Galton pour désigner « l’étude des éléments contrôlables socialement qui peuvent améliorer ou détériorer les qualités raciales des futures générations, physiquement ou mentalement ». Pourquoi un tel intérêt chez Galton ? L’ historien Bernard Norton se rallie à l’hypothèse émise par Ray Fancher et Daniel Kevles : reconnu par les siens comme un génie, le jeune Galton échoue à l’Université de Cambridge ; « cet échec fit naître une curiosité passionnée pour l’origine du succès intellectuel et un désir non moins passionné d’expliquer son propre insuccès ». Après avoir lu L’Origine des espèces, il décide que « tous les caractères humains, et, par exemple, les capacités intellectuelles, [sont] déterminés par l’hérédité plutôt que par le milieu. Ceci explique limites de sa propre capacité » tout en ouvrant une nouvelle vision du monde. Nous laissons à Norton la responsabilité de l’hypothèse. Toujours est-il que le projet de Galton est d’imiter la nature à l’égard de l’espèce humaine, de faire sortir la société de l’âge du christianisme pour la faire entrer dans un âge post-darwinien, celui de la «bonne naissance» et de l’amélioration dirigée, autrement dit l’âge de l’eugénique. Dans cet esprit est créée en 1907 la Société d’éducation eugénique dont l’un des directeurs est le fils de Charles Darwin, Léonard Darwin ; elle publie la Revue d’Eugénique (Eugenics Review).
Pinker, S. (1999). L’instinct du langage M.-F. Desjeux, Trans. Paris: Éditions Odile Jacob.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2009-08-15 18:07:54 Pop. 0%
      La plupart des gens instruits ont déjà leur opinion sur le langage. Ils savent que c’est l’invention culturelle la plus importante de l’homme, la quintessence de sa capacité à utiliser des symboles et que ce phénomène sans précédent le distingue irrévocablement des autres animaux. Ils savent que le langage s’infiltre dans la pensée, des langages différents amenant leurs locuteurs à construire la réalité de façon différente. Ils savent que les enfants apprennent à parler avec des personnes qui représentent des modèles de rôles et avec celles qui s’occupent d’eux. Ils savent qu’autrefois on cultivait la complexité grammaticale dans les écoles, mais que la détérioration de l’éducation et l’effondrement de la culture populaire ont entraîné un effroyable déclin dans l’aptitude du sujet moyen à construire une phrase grammaticale. Ils savent aussi que l’anglais est une langue extravagante qui défie la logique. Ils savent que George Bernard Shaw se plaignait de ce que fish pourrait tout aussi bien s’écrire ghoti (avec gh comme dans tough, o comme dans women, et ti comme dans nation), et que seule l’inertie des institutions empêche qu’on adopte un système plus rationnel, où l’on pourrait dire plus souvent « ça s’écrit comme ça se prononce ».
     Dans les pages qui suivent, je vais essayer de vous convaincre que chacune de ces idées est fausse ! Et elles sont toutes fausses pour une seule et unique raison. Le langage n’est pas un produit culturel qui s’apprend comme on apprend comment dire l’heure ou comment fonctionne le gouvernement de son pays. Au contraire, c’est une partie distincte de la structure biologique de notre cerveau. Le langage est un savoir-faire complexe et spécifique qui se développe spontanément chez l’enfant, sans effort conscient et sans apprentissage formel, qui s’articule sans qu’il en connaisse la logique sous-jacente, qui est qualitativement le même chez tous les individus et qui est distinct d’aptitudes plus générales pour traiter les informations ou se comporter avec intelligence. C’est ainsi que certains spécialistes de sciences cognitives ont décrit le langage comme une faculté psychologique, un organe mental, un système de neurones et un module de traitement de données, mais je préfère le terme, archaïque je l’admets, d’instinct. Il rend l’idée que les gens savent parler plus ou moins dans le sens où les araignées savent tisser leur toile. Le tissage de la toile d’araignée n’a pas été inventé par quelque araignée géniale et restée inconnue. Il ne dépend pas d’un enseignement approprié ni d’un talent en architecture ou d’un savoir-faire en matière de construction. Bien plutôt, les araignées construisent des toiles parce qu’elles ont des cerveaux d’araignées qui les poussent à tisser et leur donnent la compétence pour y réussir. Bien qu’il existe des différences entre les toiles d’araignées et les mots, vous devriez considérer le langage de cette manière. Cela permettra de comprendre le phénomène que nous allons explorer.
     Si l’on pense au langage en terme d’instinct, on va à l’encontre de la sagesse populaire, en particulier parce qu’elle a été modelée par les règles des sciences humaines et sociales. Le langage n’est pas plus une création culturelle que la station verticale. Ce n’est pas la manifestation d’une capacité générale à utiliser des symboles : un enfant de trois ans, comme nous le verrons, est un génie en grammaire, mais il est totalement incompétent dans les arts visuels, l’iconographie religieuse, les panneaux de signalisation et autres éléments représentatifs de la sémiotique. Bien que le langage soit une aptitude merveilleuse exclusivement réservée à Homo sapiens entre tous les êtres vivants, cela ne justifie pas qu’on exclue l’étude de l’homme du domaine de la biologie, car la possession d’une aptitude merveilleuse et unique chez une espèce vivante est loin d’être un phénomène singulier dans le règne animal. Certains types de chauves-souris se dirigent tout droit sur des insectes grâce au sonar Doppler. Certains types d’oiseaux migrateurs naviguent sur des milliers de kilomètres en calibrant la position des constellations sur le moment du jour et de l’année. Dans le spectacle des merveilles de la nature, nous ne sommes qu’une espèce de primates, qui joue son rôle avec le talent qui lui est propre, celui de communiquer des informations sur qui a fait quoi et à qui, en modulant les sons que nous produisons en soufflant.
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