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Edelman, G. M., & Tononi, G. (2000). Comment la matière devient conscience J.-L. Fidel, Trans. Paris: Éditions Odile Jacob.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2016-05-30 19:22:45 Pop. 0%
      Le cortex et le thalamus sont traditionnellement divisés en un grand nombre d’aires distinctes du point de vue fonctionnel. On le voit à différents niveaux dans l’espace. Par exemple, l’arrière du système thalamocortical est en gros dédié à la perception, alors que le devant l’est à l’action et à la planification. La plupart de ces aires corticales sont assemblées pour former des cartes : les neurones voisins d’une aire sont connectés avec les neurones voisins d’une autre aire. Différentes aires du cortex cérébral ainsi que leurs noyaux thalamiques associés sont spécialisés : certaines aires traitent des stimuli visuels, par exemple, tandis que d’autres traitent des stimuli acoustiques et d’autres encore des stimuli tactiles. Dans le système visuel, par exemple, différentes aires traitent de différentes sous-modalités : certaines de la forme visuelle, d’autres de la couleur, d’autre du mouvement, et ainsi de suite. Au sein de chaque aire, différents groupes de neurones traitent de façon préférentielle les aspects spécifiques d’un stimulus : des groupes voisins de neurones traitent, par exemple, des différentes orientations d’un stimulus visuel.
     Cependant, la ségrégation anatomique n’est qu’un aspect. L’autre est l’intégration anatomique : la plupart de ces groupes de neurones sont connectés de façon réciproque pour former certaines structures. Les neurones du même groupe situés en un endroit donné sont intimement reliés ensemble, de sorte que beaucoup d’entre eux répondent de façon simultanée lorsque le bon stimulus survient. Les groupes de neurones situés en différents endroits, mais ayant des spécificités semblables, sont de préférence connectés ensemble — par exemple, les groupes de neurones qui répondent à des arêtes verticales sont liés par des connexions réciproques de façon bien plus serrée que les groupes de neurones qui répondent à des arêtes orientées différemment. Les groupes de neurones qui répondent à des positions proches dans le champ visuel sont connectés plus fortement que les groupes qui répondent à des positions éloignées. Dès lors, lorsqu’on présente à l’œil un contour ou une ligne longue, ces groupes liés ensemble s’éveillent de façon simultanée. Les mêmes règles semblent s’appliquer à d’autres aires du cortex, qu’elles soient dédiées à la perception ou à l’action. À une échelle encore plus importante, les aires corticales contenant un grand nombre de groupes de neurones sont elles-mêmes liées par des connexions réciproques convergentes ou divergentes, qui connectent des aires dispersées à une aire locale et vice versa. Ces voies qui vont d’une aire à une autre sont souvent appelées « projections ». Par exemple, il existe au moins trois douzaines d’aires visuelles dans le système visuel des singes (et probablement davantage chez les êtres humains). Ces aires sont reliées par plus de trois cent cinq voies de connexion (certaines comptant des millions de fibres axonales), 80 % d’entre elles ayant des fibres qui vont dans les deux directions. En d’autres termes, les aires distinctes du point de vue fonctionnel sont en majeure partie connectées de façon réciproque. Ces voies constituent le principal moyen permettant l’intégration des fonctions cérébrales. Elles fournissent une base structurale importante à la réentrée. Il s’agit d’un processus de signalisation aller et retour passant par les connexions réciproques. Comme nous le verrons, c’est la clé permettant de résoudre le problème de l’intégration des propriétés d’aires du cerveau variées et distinctes du point de vue fonctionnel en l’absence d’aire centrale chargée de la coordination.
      La réentrée […] consiste dans le passage permanent de signaux dans des aires du cerveau parallèles, mais connectées de façon réciproque. C’est elle qui coordonne en permanence l’activité de leurs cartographies dans le temps et dans l’espace. Cette circulation, à la différence d’un feed-back, implique beaucoup de voies parallèles, mais aucune fonction spécifique définissant des erreurs. Elle agit plutôt sur les événements sélectifs et les corrélations des signaux entre les aires, et est essentielle à la synchronisation et à la coordination de leurs fonctions mutuelles.
     La réentrée a pour conséquence étonnante l’émergence d’une synchronisation généralisée de l’activité des différents groupes de neurones actifs dispersés dans de nombreuses aires du cerveau différemment spécialisées du point de vue fonctionnel. Cet éveil synchrone de neurones très dispersés et cependant connectés de façon réentrante est le fondement même de l’intégration des processus perceptifs et moteurs. L’intégration donne au bout du compte lieu à la catégorisation perceptive, à la capacité à discriminer un objet ou un événement dans son contexte dans un but d’adaptation. Si les voies réentrantes connectant les aires corticales sont déconnectées, ces processus d’intégration cessent. […] c’est la réentrée qui permet l’unité de la perception et du comportement, lesquels autrement seraient impossibles, vu l’absence dans le cerveau d’un processus central unique, à l’image de ce qu’on trouve dans les ordinateurs, muni d’instructions détaillées ou de calculs algorithmiques servant à coordonner des aires distinctes du point de vue fonctionnel.
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