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Vygotski, L. S. (1985). Pensée et langage F. Sève, Trans. Paris: Messidor/Éditions sociales.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2012-05-28 00:55:41 Pop. 0%
      […] les concepts scientifiques de l’enfant, en tant que type le plus pur de concepts non spontanés, font apparaître au cours de l’étude non seulement des traits opposés à ceux des concepts spontanés que l’analyse nous a fait découvrir mais aussi des traits qui leur sont communs. La frontière séparant les uns et les autres s’avère au plus haut point fluctuante et dans le cours réel du développement elle est franchie de part et d’autre un nombre incalculable de fois. Le développement des concepts spontanés et celui des concepts scientifiques sont, nous devons le présumer, des processus étroitement liés, qui exercent l’un sur l’autre une influence constante. D’une part — tel est le prolongement que nous devons donner à nos hypothèses — le développement des concepts scientifiques doit immanquablement prendre appui sur un certain niveau de maturation des concepts spontanés, qui ne peuvent être dépourvus d’intérêt pour la formation des concepts scientifiques pour la seule raison déjà que, comme l’expérience immédiate nous l’enseigne, le développement des concepts scientifiques ne devient possible que lorsque les concepts spontanés de l’enfant ont atteint un niveau déterminé, caractéristique du début de l’âge scolaire. D’autre part, nous devons supposer que l’apparition des concepts de type supérieur, tels que les concepts scientifiques, ne peut manquer d’influer sur le niveau des concepts spontanés déjà formés, puisque dans la conscience de l’enfant les uns et les autres ne sont pas enfermés dans des capsules, ne sont pas séparés par une cloison étanche, ne suivent pas deux trajectoires distinctes mais qu’ils se trouvent dans un processus d’interaction constante, qui ne peut manquer d’avoir pour conséquence que les généralisations de structure supérieure, propres aux concepts scientifiques, provoquent obligatoirement des modifications dans la structure des concepts spontanés.
      Ainsi le fait qu’un concept scientifique le soit en raison de sa nature même implique qu’il occupe une certaine place dans le système des concepts, laquelle détermine son rapport avec les autres concepts. L’essence de tout concept scientifique est définie avec une extrême profondeur par Marx : « Toute science serait superflue si l’apparence et l’essence des choses se confondaient [*]. » C’est là l’essence du concept scientifique. Il serait superflu si, comme le concept empirique, il reflétait l’objet dans son apparence. Aussi suppose-t-il nécessairement un autre rapport à l’objet, qui n’est possible que dans le concept, et cet autre rapport à l’objet, contenu dans le concept scientifique, suppose nécessairement à son tour, comme nous l’avons montré plus haut, l’existence de rapports entre les concepts, c’est-à-dire un système de concepts. De ce point de vue nous pourrions dire que chaque concept doit être considéré avec tout le système de ses rapports de généralité, qui détermine sa propre mesure de généralité, tout comme la cellule doit être considérée avec toutes ses dendrites, grâce auxquelles elle s’insère dans le tissu général. On comprend du même coup que sous l’angle logique la délimitation entre concepts enfantins spontanés et concepts non spontanés coïncide avec la distinction entre concepts empiriques et concepts scientifiques.
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