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Dawkins, R. (2003). Le gène égoïste L. Ovion, Trans. Paris: Éditions Odile Jacob.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2010-10-04 06:36:35 Pop. 0%
      […] ce livre […] va explorer les conséquences de la théorie de l’évolution sur un sujet bien précis. Mon but est d’examiner la biologie de l’égoïsme et de l’altruisme.
Lewontin, R. C., Rose, S., & Kamin, L. J. (1985). Nous ne sommes pas programmés: Génétique, hérédité, idéologie M. Blanc, R. Forest & J. Ayats, Trans. Paris: Éditions La Découverte.  
Added by: admin 2008-06-14 17:29:04 Pop. 0%
      La description habituelle de la nature humaine figurant dans les écrits sociobiologiques signifie que les sociobiologistes n’ont pas réussi à faire face aux problèmes fondamentaux de l’analyse du comportement. Ils traitent des catégories telles que l’esclavage, l’esprit d’entreprise, la dominance, l’agression, le tribalisme et la territorialité comme si c’étaient des objets naturels ayant une réalité concrète, et ne s’aperçoivent pas qu’il s’agit de constructions idéologiquement et historiquement conditionnées. Toute théorie de l’évolution de, disons, « l’esprit d’entreprise » dépend de manière critique de savoir si ce concept a une quelconque réalité en dehors de la tête des chercheurs en histoire moderne et en économie politique.
      Une affirmation centrale de la sociobiologie est la suivante : le comportement social humain est, d’une certaine façon, codé dans les gènes. Cependant, comme nous l’avons expliqué à propos du QI, personne jusqu’ici n’a été capable de mettre en rapport tel aspect du comportement social humain avec tel ensemble de gènes, personne n’a jamais suggéré d’y parvenir avec quelque programme expérimental que ce soit. Ainsi, toutes les déclarations au sujet des bases génétiques des comportements sociaux humains sont nécessairement de pures spéculations, quel que soit par ailleurs leur caractère séduisant dans certains cas.
      Il y a un problème encore plus fondamental auquel doivent faire face les théoriciens de la nature humaine biologique. Supposons que la biologie du développement soit capable de dire quelle réponse développementale à l’environnement va donner tel génotype humain, par rapport à tel comportement. Dans ces conditions, les caractéristiques d’un individu pourraient être prédites, étant donné tel environnement. Or, celui-ci est de nature sociale. Et qu’est-ce qui déterminera l’environnement social ? D’une façon ou d’une autre, les caractéristiques des individus jouent, quoiqu’elles ne soient pas déterminantes. Il y a aussi un rapport dialectique entre l’individu et la société, chacun étant la condition du développement et de la détermination de l’autre. La théorie de ce rapport dialectique, où les individus à la fois font et sont faits par la société, relève d’un thème social, pas biologique. Les lois qui gouvernent les rapports de génotype individuel à phénotype individuel ne peuvent pas elles-mêmes fournir ces lois du développement de la société. En outre, il doit y avoir des lois qui relient les natures individuelles à la nature de la collectivité. Ces problèmes de la théorie sociale disparaissent dans la vision réductionniste du monde parce que, pour un réductionniste, la société est déterminée par les individus, sans qu’il y ait d’action en retour.
      Une dernière caractéristique de l’argumentation sociobiologiste est de reconstruire une histoire plausible de la genèse de traits sociaux humains sous l’action de la sélection naturelle. Classiquement, ce raisonnement consiste à supposer que, dans le passé évolutif de l’espèce, il existait une variation génétique pour un certain trait, mais que les génotypes déterminant une forme particulière de comportement laissèrent d’une façon ou d’une autre plus de descendants. En conséquence, ces génotypes augmentèrent leur fréquence au sein de l’espèce et en vinrent finalement à la caractériser.
    […]
    La combinaison de la sélection directe, de la sélection de parentèle et de l’altruisme réciproque fournit aux sociobiologistes toute une gamme de possibilités de spéculations qui garantit toujours une explication pour chaque cas envisagé. Ce système est imbattable parce qu’il est à l’abri de toute possibilité de se voir contredit par les faits. Si l’on peut inventer des gènes ayant des effets aussi complexes que l’on veut sur le phénotype, et ensuite inventer des histoires adaptatives à propos d’un passé invérifiable de l’histoire humaine, il n’est pas de phénomènes réels et imaginaires qui ne puissent être expliqués. Même les plus réductionnistes des sociobiologistes finissent parfois par se rendre compte du fait que les histoires adaptatives pourraient être plutôt du domaine de la fable que des sciences naturelles. Dawkins [1979] confesse qu’ « il n’y a pas de limites aux fascinantes spéculations que la notion d’altruisme réciproque engendre lorsqu’on l’applique à notre propre espèce. Aussi tentant que cela soit, je n’excelle pas plus qu’un autre à ce genre d’exercice, et je laisse le lecteur libre de s’amuser à en imaginer lui-même. »
      Le monde réductionniste intégral tel qu’il apparaît dans les écrits sociobiologiques d’un E. O. Wilson (Sociobiology : The New Synthesis), ou d’un Richard Dawkins (Le gène égoïste) se fonde explicitement sur le dogme central de la biologie moléculaire : le gène prime ontologiquement sur l’individu et l’individu sur la société (*). Mais il se fonde tout aussi explicitement sur un ensemble de concepts économiques de gestion, en vogue dans les années soixante et soixante-dix : analyse des coûts, coûts marginaux des investissements, théorie des jeux, ingénierie et communication. Tout cela est transféré sans complexe par Wilson ou Dawkins dans le domaine naturel. En fait, ce réductionnisme intégral met en jeu un double mouvement : la vision du monde sociobiologique est tirée de l’observation de l’ordre social existant, puis, comme on peut s’y attendre et comme il est également arrivé à la théorie darwinienne de l’évolution avec le darwinisme social, elle est appliquée en retour à l’ordre social pour le légitimer […]
(*) Pour Jaques Monod [Hudson 1977:212] : « On a une équivalence logique exacte entre famille et cellules. Tout ceci est entièrement écrit dans la structure des protéines qui est elle-même inscrite dans l’ADN. »
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