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Aristote. (2000). Metaphysique: Tome1, livres α — ζ J. Tricot, Trans. Vol. 1. Paris: Librairie philosophique J. Vrin.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2013-07-13 13:08:29 Pop. 0%
      (Livre Δ, 4, 1015a) Ἐκ δὴ τῶν εἰρημένων ἡ πρώτη φύσις καὶ κυρίως λεγομένη ἐστὶν ἡ οὐσία ἡ τῶν ἐχόντων [15] ἀρχὴν κινήσεως ἐν αὑτοῖς ᾗ αὐτά.
Changeux, J.-P. (2002). L’homme de vérité M. Kirsch, Trans. Paris: Éditions Odile Jacob.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2016-05-30 21:00:01 Pop. 0%
      Cette analyse ne met pas fin au débat entre nature et culture, mais elle le replace dans une perspective nouvelle. On ne peut plus désormais parler d’inné et d’acquis sans prendre en compte à la fois les données du génome, leur mode d’expression au cours du développement, l’évolution épigénétique de la connectivité sous ses aspects anatomiques, physiologiques et comportementaux. Cela peut paraître très difficile, voire presque impossible, surtout dans le cas du cerveau humain. Pourtant, cette conception du gène et de son expression, à la fois multidimensionnelle, non linéaire et hautement contextualisée, remet en cause des formulations qui ont un impact social très fort : comme les « gènes du bonheur » ou, au contraire, de « la nature strictement constructive du développement mental », dans le premier cas, on omet l’épigenèse, dans le second, la génétique.
     Le développement du cerveau humain se caractérise fondamentalement par cette « ouverture de l’enveloppe génétique » à la variabilité épigénétique et à l’évolution par sélection, celles-ci étant rendues possibles par l’incorporation dans le développement synaptique d’une composante aléatoire au sein des enchaînements de croissance synaptique en cascade qui vont des débuts de l’embryogenèse jusqu’à la puberté.
     Chaque « vague » successive de connexions, dont le type et la chronologie sont encadrés par l’enveloppe génétique, est sans doute en corrélation avec l’acquisition de savoir-faire et de connaissances particuliers, mais aussi avec la perte de compétences […] Le savoir inné et l’apprentissage épigénétique se trouvent étroitement entrelacés au cours du développement pré- et postnatal, où se manifestent l’acquisition de savoir-faire et de connaissances, l’entrée en action de la conscience réflexive et de la « théorie de l’esprit », l’apprentissage du langage, des « règles épigénétiques » et des conventions sociales. L’épigenèse rend possibles le développement de la culture, sa diversification, sa transmission, son évolution. Une bonne éducation devrait tendre à accorder ces schémas de développement avec le matériel pédagogique approprié que l’enfant doit apprendre et expérimenter. Petit à petit se met en place ce que Pierre Bourdieu appelle l’« habitus » de chaque individu, qui varie avec l’environnement social et culturel, mais aussi avec l’histoire particulière de chacun. Le caractère unique de chaque personne se construit ainsi comme une synthèse singulière de son héritage génétique, des conditions de son développement et de son expérience personnelle dans l’environnement social et culturel qui lui est propre.
     Du point de vue plus général de l’acquisition des connaissances, le savoir inné et la plupart des dispositions innées à acquérir des connaissances et à en mettre à l’épreuve leur vérité de manière consciente se sont développés à travers l’évolution des espèces au niveau de l’enveloppe génétique. Par ailleurs, la durée exceptionnellement longue de l’évolution épigénétique dont dispose le cerveau humain a permis une « incorporation » dans le cerveau de caractéristiques du monde extérieur sous forme de « savoir épigénétique ». Inversement, c’est aussi ce qui a rendu possible la production d’une mémoire culturelle qui ne dépende pas directement des limites intrinsèques du cerveau humain et puisse être transmise de manière épigénétique au niveau du groupe social.
Duhem, P. (1908). Σώζειν τὰ φαινόμενα (sauver les phénomènes): Essai sur la notion de théorie physique de platon à galilée. Paris: Librairie scientifique A. Hermann et fils.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2009-12-01 00:15:39 Pop. 0%
      Hipparque a prouvé, en effet, que l’on pouvait également représenter la marche du Soleil ou bien en supposant que cet astre décrivît un cercle excentrique au Monde, ou bien en admettant qu’il fût porté par un cercle épicycle, pourvu que la révolution de cet épicycle s’effectuât précisément dans le temps que son centre parcourait un cercle concentrique au Monde.
     […]
     Il n’y a assurément qu'une seule hypothèse qui soit conforme à la nature des choses (κατὰ φύσιν). Toute hypothèse astronomique qui sauve les phénomènes concorde avec celle-là en toutes les conséquences qui peuvent être comparées aux observations ; c’est ce que les Grecs entendaient en disant de diverses hypothèses qui engendrent le même mouvement résultant qu’elles s'accordent entre elles par accident (κατὰ συμβεβηκὸς).
      Le but de l’Astronomie est ici défini avec une extrême netteté ; cette science combine des mouvements circulaires et uniformes destinés à fournir un mouvement résultant semblable au mouvement des astres ; lorsque ses constructions géométriques assignent à chaque planète une marche conforme à celle que révèlent les observations, son but est atteint, car ses hypothèses ont sauvé les apparences.
     […]
     Si l’astronome doit se déclarer pleinement satisfait lorsque les hypothèses qu’il a combinées ont sauvé les apparences, l’esprit humain n’est-il pas en droit d’exiger autre chose ? Ne peut-il découvrir et analyser quelques caractères de la nature des corps célestes ? Ces caractères ne peuvent-ils lui servir à marquer certains types auxquels les hypothèses astronomiques devront nécessairement se conformer ? […]
     À côté de la méthode de l’astronome, si nettement définie par Platon, Aristote admet l’existence et la légitimité d’une telle méthode ; il la nomme méthode du physicien.
      Au cours de l’Antiquité et du Moyen-Âge, la Physique nous présente deux parties si distinctes l’une de l’autre qu’elles sont, pour ainsi dire, opposées l’une à l’autre ; d’un côté se trouve la Physique des choses célestes et impérissables, de l’autre la Physique des choses sublunaires, soumises à la génération et à la corruption.
     Les êtres dont traite la première des deux Physiques sont réputés d’une nature infiniment plus élevée que ceux dont s’occupe la seconde ; on en conclut que la première est incomparablement plus difficile que la seconde ; Proclus enseigne que la Physique sublunaire est accessible à l’homme, tandis que la Physique céleste le passe et est réservée à l’intelligence divine ; Maïmonide partage cette opinion de Proclus ; la Physique céleste est, selon lui, pleine de mystères dont Dieu s’est réservé la connaissance, tandis que la Physique terrestre se trouve, tout organisée, en l’œuvre d’Aristote.
     Au contraire de ce que pensaient les hommes de l’Antiquité et du Moyen-Âge, la Physique céleste qu’ils avaient construite était singulièrement plus avancée que leur Physique terrestre.
     Dès l’époque de Platon et d’Aristote, la science des astres était organisée sur le plan que nous imposons aujourd’hui encore à l’étude de la Nature. D’une part, était l’Astronomie ; des géomètres, comme Eudoxe et Calippe, combinaient des théories mathématiques au moyen desquelles les mouvements célestes pouvaient être décrits et prévus, tandis que des observateurs appréciaient le degré de concordance entre les prévisions des calculs et les phénomènes naturels. D’autre part, était la Physique proprement dite ou, pour parler le langage moderne, la Cosmologie céleste ; des penseurs, comme Platon et Aristote, méditaient sur la nature des astres et sur la cause de leurs mouvements. […]
     Il s’en faut bien que la Physique des choses sublunaires soit parvenue d’aussi bonne heure à ce degré de différenciation et d’organisation. […]
     […] La Physique sublunaire ne connaissait guère les théories mathématiques. Deux chapitres de cette physique, l’Optique ou Perspective, et la Statique ou Scientia de ponderibus, avaient seuls revêtu cette forme […] Hors ces deux chapitres, l’analyse des lois qui président aux phénomènes demeurait peu précise, purement qualitative ; elle ne s’était pas encore dégagée de la Cosmologie.
     En la Dynamique, par exemple, les lois de la chute libre des graves, entrevues dès le 14e siècle, les lois du mouvement des projectiles, vaguement soupçonnées au 16e siècle, demeuraient impliquées dans les discussions métaphysiques sur le mouvement local, sur le mouvement naturel et le mouvement violent, sur la coexistence du moteur et du mobile. Au temps de Galilée seulement, nous voyons la partie théorique, en même temps que sa forme mathématique se précise, se dégager de la partie cosmologique. […]
     D’autre part, l’antique distinction entre la Physique des corps célestes et la Physique des choses sublunaires s’était graduellement effacée. Après Nicolas de Cues, après Léonard de Vinci, Copernic avait osé assimiler la Terre aux planètes. Par l’étude de l’étoile qui avait apparu, puis disparu en 1572, Tycho Brahé avait montré que les astres pouvaient, eux aussi, s’engendrer et périr. En découvrant les taches du Soleil et les montagnes de la Lune, Galilée avait achevé de réunir les deux Physiques en une seule science.
     Dès lors, lorsqu’un Copernic, lorsqu’un Képler, lorsqu’un Galilée déclarait que l’Astronomie doit prendre pour hypothèses des propositions dont la vérité soit établie par la Physique, cette affirmation, une en apparence, renfermait en réalité deux propositions bien distinctes.
     Une telle affirmation, en effet, pouvait signifier que les hypothèses de l’Astronomie étaient des jugements sur la nature des choses célestes et sur leurs mouvements réels ; elle pouvait signifier qu’en contrôlant la justesse de ces hypothèses, la méthode expérimentale allait enrichir nos connaissances cosmologiques de nouvelles vérités. Ce premier sens se trouvait, pour ainsi dire, à la surface même de l’affirmation ; il apparaissait tout d’abord ; c’est ce sens-là que les grands astronomes du 16e siècle et du 17e siècle voyaient clairement, c’est celui qu’ils énonçaient d’une manière formelle, c’est enfin celui qui ravissait leur adhésion. Or, prise avec cette signification, leur affirmation était fausse et nuisible ; Osiander, Bellarmin et Urbain VIII la regardaient, à juste titre, comme contraire à la Logique […]
     Sous ce premier sens illogique, mais apparent et séduisant, l’affirmation des astronomes de la Renaissance en contenait un autre ; en exigeant que les hypothèses de l’Astronomie fussent d’accord avec les enseignements de la Physique, on exigeait que la théorie des mouvements célestes reposât sur des bases capables de porter également la théorie des mouvements que nous observons ici-bas ; on exigeait que le cours des astres, le flux et le reflux de la mer, le mouvement des projectiles, la chute des graves fussent sauvés à l’aide d’un même ensemble de postulats, formulés en la langue des Mathématiques. Or ce sens-là restait profondément caché ; ni Copernic, ni Képler, ni Galilée ne l’apercevaient nettement ; il demeurait, cependant, dissimulé, mais fécond, au-dessous du sens clair, mais erroné et dangereux, que ces astronomes saisissaient seul. Et tandis que la signification fausse et illogique qu’ils attribuaient à leur principe engendrait des polémiques et des querelles, c’est la signification vraie, mais cachée, de ce même principe qui donnait naissance aux essais scientifiques de ces inventeurs ; alors qu’ils s’efforçaient de soutenir l’exactitude du premier sens, c’est à établir la justesse du second sens qu’ils tendaient sans le savoir ; […] ils croyaient prouver, l’un et l’autre, que les hypothèses copernicaines ont leur fondement en la nature des choses ; mais la vérité qu’ils introduisaient peu à peu dans la Science, c’est qu’une même Dynamique doit, en un ensemble unique de formules mathématiques, représenter les mouvements des astres, les oscillations de l’Océan, la chute des graves ; ils croyaient renouveler Aristote; ils préparaient Newton.
     En dépit de Képler et de Galilée, nous croyons aujourd’hui, avec Osiander et Bellarmin, que les hypothèses de la Physique ne sont que des artifices mathématiques destinés à sauver les phénomènes ; mais grâce à Képler et à Galilée, nous leur demandons de sauver à la fois tous les phénomènes de l’Univers inanimé.
de Duve, C. (2013). Sept vies en une: Mémoires d’un prix nobel. Paris: Éditions Odile Jacob.  
Added by: Dominique Meeùs 2013-01-13 09:54:03 Pop. 0%
      La protection de l’environnement est une autre option que j’évoque pour prévenir les effets délétères de la sélection naturelle. Tout en me déclarant énergiquement en faveur d’une telle action, je ne puis m’empêcher de déplorer certaines dérives du mouvement écologique vers des objectifs politico-économiques qui n’y sont pas nécessairement liés, ainsi que vers une idéologie irrationnelle qui sacralise la nature et condamne, par principe, tout effort de la contrôler et de la modifier avec les moyens de la science. L’opposition inconditionnelle aux organismes génétiquement modifiés (OGM), qui domine surtout en Europe, appartient à cette attitude doctrinale qui fait fi du dialogue rationnel qui devrait accompagner chaque cas particulier.
Kenis, A., & Lievens, M. (2012). De mythe van de groene economie: Valstrik, verzet, alternatieven. Anvers & Utrecht: Uitgeverij EPO & Uitgeverij Jan Van Arkel.  
Added by: Dominique Meeùs 2013-06-13 13:57:59 Pop. 0%
       
Als de koopwaar de celvorm is van het kapitalisme, dan is het gemeengoed de celvorm van een maatschappij voorbij het kapitaal.” (Nick Dyer-Witheford)

     Wat hebben bewegingen van arme boeren, inheemse groepen, bepaalde jongerenculturen, stadstuiniers, hackers en andere informaticatechneuten gemeen? Meer dan je denkt: alle zijn ze op een of andere manier bezig met het voortbrengen van alternatieve vormen van eigendom, zoals commons of gemeengoed, of met praktijken die gebaseerd zijn op het principe van vruchtgebruik.
     Over de commons hadden we het al in hoofdstuk 3: toen legden we uit dat het kapitalisme is ontstaan op basis van de privatisering van de commons, in de eerste plaats de gemeenschappelijke gronden en later ook allerlei grondstoffen in de bodem en andere voortbrengselen van de natuur. We lieten zien hoe het kapitalisme de commons ondermijnt en ze vervangt door privé-eigendom. Doorheen heel de geschiedenis van het kapitalisme zien we hoe dat proces zich doorzet‚ tot op vandaag. Via emissiehandel wordt de lucht in zekere zin geprivatiseerd. Op basis van zaden die boeren gedurende vele jaren zorgvuldig selecteerden, ontwikkelen bedrijven nieuw zaaigoed waarop ze patenten nemen. Allerlei kennis en uitvindingen worden gepatenteerd en geprivatiseerd‚ hoewel geen enkele uitvinding eigenlijk het product is van één individu of een beperkte groep: elke uitvinder staat op de schouders van grote groepen mensen en vele generaties. […]
     Voortdurend vernietigt het kapitalisme de commons. En toch komen voortdurend nieuwe commons tot stand: zaken waartoe mensen toegang hebben zonder via de markt te moeten passeren. Denk maar aan de enorme hoeveelheid vrije software, muziek en filmpjes die je via het internet kunt downloaden. Of denk aan de productie van kennis: zodra een nieuw inzicht of idee is ontstaan, kan het in principe heel gemakkelijk gemeengoed worden voor de hele mensheid. Commons zijn niet iets uit een ver verleden: permanent worden er nieuwe gecreëerd.
     Het kernidee achter de commons is simpel: sommige vormen van rijkdom behoren ons allemaal toe, en dat soort gemeenschappelijke goederen moet actief worden beschermd en beheerd voor het nut van iedereen. De commons zijn noch privé-eigendom, noch eigendom van de staat in enge zin. Het zijn al die dingen die we samen creëren of erven van vorige generaties. Het gaat om giften van de natuur, zoals de lucht, de zee, grondstoffen, zuiver water, maar ook maatschappelijke creaties zoals publieke ruimtes, bibliotheken, wetenschappelijk onderzoek, creatieve werken, kunst, kennis of waarden. We zijn ons er niet altijd van bewust hoe belangrijk ze wel zijn, maar zonder de commons zou de maatschappij gewoonweg niet kunnen functioneren. Van stranden en bossen tot het internet‚ van filosofische inzichten tot Wikipedia en zelfs de taal: het zijn allemaal vormen van gemeengoed.
Magdoff, F. (2011). Ecological civilization. Monthly Review, 62(8), 1–25.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2011-02-22 15:16:13 Pop. 0%
      Capitalism is incompatible with a truly ecological civilization because it is a system that must continually expand, promoting consumption beyond human needs, while ignoring the limits of nonrenewable resources (the tap) and the earth’s waste assimilation capacity (the sink). As a system of possessive individualism it necessarily promotes greed, individualism, competitiveness, selfishness, and an Après moi le déluge philosophy. (*) Engels suggested that “real human freedom” can be achieved only in a society that exists “in harmony with the laws of nature.” (**)
     Although it is impossible to know what future civilizations will be like, we can at least outline characteristics of a just and ecologically based society. As a system changes, it is the history of the country and the process of the struggle that bring about a new reality. However, in order to be ecologically sound, a civilization must develop a new culture and ideology based on fundamental principles such as substantive equality. It must (1) provide a decent human existence for everyone: food, clean water, sanitation, health care, housing, clothing, education, and cultural and recreational possibilities; (2) eliminate the domination or control of humans by others; (3) develop worker and community control of factories, farms, and other workplaces; (4) promote easy recall of elected personnel; and (5) re-create the unity between humans and natural systems in all aspects of life, including agriculture, industry, transportation, and living conditions. An ecological society is one that will need to be the opposite of capitalism in essentially all aspects. It would: (l) stop growing when basic human needs are satisfied; (2) not entice people to consume more and more; (3) protect natural life support systems and respect the limits to natural resources, taking into account needs of future generations; (4) make decisions based on long-term societal/ecological needs, while not neglecting short-term needs of people; (5) run as much as possible on current (including recent past) energy instead of fossil fuels; (6) foster the human characteristics and a culture of cooperation, sharing reciprocity, and responsibility to neighbors and community; (7) make possible the full development of human potential; and (8) promote truly democratic political and economic decision making for local, regional and multiregional needs.

(*) Après-moi le déluge! is the watchword of every capitalist and every capitalist nation. Capital therefore takes no account of the health and length of life of the workers unless society forces it to do so. (Karl Marx, Capital, vol. 1, p. 381.)

(**) Frederick Engels, Anti-Dühring, in Marx and Engels, Collected Works, vol. 25, New York: International Publishers, 1975, p. 106.
Malinowski, B. (1980). Le mythe dans la psychologie primitive (S. Jankélévitch, Trans.). In Trois essais dur la vie sociale des primitifs (pp. 95–154). Paris: Éditions Payot.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2016-08-06 06:26:05 Pop. 0%
      J’ai essayé de résumer fidèlement et d’une façon plausible cette interprétation naturaliste des mythes, mais je suis obligé d’avouer qu’à mon avis cette théorie représente une des conceptions les plus extravagantes qui aient jamais été formulées par un anthropologue ou un humaniste, ce qui n’est pas peu dire. Elle a été réfutée d’une façon vraiment destructive par le grand psychologue Wundt et apparaît dépourvue de toute consistance lorsqu’on l‘examine à la lumière de certains ouvrages de Frazer. L’étude à laquelle je me suis livré personnellement sur les mythes qui survivent encore parmi les primitifs m’autorise à dire que l’homme primitif ne s’intéresse que dans une mesure très relative au côté artistique ou scientifique de la nature ; le symbolisme ne joue qu’un rôle très limité dans ses idées et ses mythes ; en fait, le mythe est moins une rhapsodie imaginée par un homme désœuvré, laissant libre cours à sa fantaisie, qu’une force culturelle extrêmement importante et dont le poids se fait durement sentir. Ignorant la fonction culturelle du mythe, la théorie naturaliste attribue à l’homme primitif un grand nombre d’intérêts imaginaires et se rend coupable d’une grave confusion en mettant sur le même plan des genres aussi distincts et faciles à distinguer que le conte populaire, la légende, la « saga » et la légende sacrée, ou mythe.

      Nous avons fait ressortir plus haut (chap. 1) l’inconsistance et l’insuffisance de deux théories, assez en faveur aujourd’hui, concernant la nature et l’origine des mythes : celle d’après laquelle le mythe serait une description rhapsodique des phénomènes de la nature, et la théorie d’Andrew Lang, qui voit surtout dans le mythe un effort d’explication, une sorte de science primitive. Il semble ressortir de ce que nous avons dit, dans les chapitres qui précèdent, que ni l'une ni l'autre de ces attitudes ne jouent un rôle considérable dans les civilisations primitives ; que ni l‘une ni l’autre ne sont de nature à nous fournir une explication des histoires sacrées des peuples primitifs, de leur contexte sociologique, de leur fonction culturelle. Mais dès l’instant où l’on admet que le mythe sert principalement à établir une charte sociologique, à justifier rétrospectivement un certain code de conduite morale, à attester la réalité du miracle primitif et suprême de la magie, il devient évident qu’on doit trouver dans les légendes sacrées aussi bien un effort d’explication que des manifestations d’un certain intérêt pour la nature.
Meulders, M. (2001). Helmholtz: Des lumières aux neurosciences. Paris: Éditions Odile Jacob.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2013-01-13 09:03:35 Pop. 0%
      La démonstration expérimentale, par exemple, est devenue inutile. Il y a en effet une harmonie préétablie quasi leibnizienne entre la pensée et la nature, par l’identité entre l’une et l’autre, ce qui avait permis à Novalis de dire que « si la théorie devait attendre la confirmation de l’expérience, elle ne viendrait jamais à bonne fin ». La physique expérimentale ne pourrait donc jamais être qu’une juxtaposition de travaux analytiques et dispersés, sans lien possible avec l’évidente unité de la nature et l’insertion de l’homme dans l’univers. Seule compte une physique spéculative qui permette de penser et de justifier une nature préexistant à l’homme et de lui donner un sens, comme la vision dit le sens de l’œil. Pour Schelling : « Nous ne connaissons pas la Nature, mais la Nature est a priori » ; il en résulte que la science naturelle s’est muée en philosophie déductive et démonstrative.
     La Naturphilosophie se situe donc à un niveau supérieur du savoir, à un niveau d’intelligibilité différent de celui des sciences empiriques, qui sont en porte-à-faux sur un abîme insondable.
     Il n’est pas étonnant, dès lors, que le rejet de l’expérimentation en tant que démonstration s’accompagne de l’exclusion des mathématiques. Non seulement Goethe, mais même Schopenhauer pour qui « là où commence le calcul, la compréhension cesse », partagent l’avis de Schelling déniant aux mathématiques une « voix au chapitre de la physique supérieure ». Par contre, l’arithmosophie a droit de cité, car la plupart des Naturphilosophen recherchent partout les mêmes structures de nombres dans les cristaux, les constellations, la circulation du sang, les périodes de la vie humaine.
     Enfin, il faut rappeler l’importance en Naturphilosophie du concept d’organisme, que Leibniz avait développé dans sa Monadologie, en affirmant que la diversité des monades d’un animal donné n’empêche en rien l’une d’entre elles de devenir dominante et de devenir ainsi l’âme de l’animal. L’organisme est un modèle en acte de « l’identité dans la différence » ; pour Schelling, il doit y avoir un principe qui se reproduise dans chaque partie de l’ensemble comme « une unité organique des choses… c’est l’âme du monde qui est le principe unissant la nature en un vaste organisme ».
Tubiana, M. (2012). Arrêtons d’avoir peur ! Insectcides, ogm, alimentation, pollution, radioactivité, énergie nucléaire, antenne de téléphones portables… ne croyez pas les nouvelles alarmistes. Neuilly-sur-Seine: Michel Lafon.  
Added by: Dominique Meeùs 2014-02-26 09:16:08 Pop. 0%
      Qu’est-ce qu’un OGM ?

En France, un site interministériel propose cette définition : « Organisme animal, végétal ou bactérie dont on a modifié le matériel génétique, c’est-à-dire l’ensemble des gènes, par une technique dite de génie biogénétique pour lui conférer une caractéristique nouvelle. »

La définition que donne Greenpeace n’est pas tout à fait semblable et mérite examen : « Un OGM est un organisme vivant, micro-organisme, plante ou animal dont on a modifié le patrimoine génétique afin de le doter de propriétés que la nature ne lui a pas attribuées. » On voit surgir la nature comme une sorte de divinité qui attribue ou n’attribue pas aux organismes certaines caractéristiques…

Les scientifiques disent plus simplement qu’une modification du génome entraîne une modification des propriétés biologiques. Nous n’avons pas de dieu Nature à respecter, pas de puissance occulte régnant en maître sur les êtres et les destins.

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