Chez tous les sujets, écouter la langue maternelle active systématiquement le même ensemble d’aires, incluant en particulier le lobe temporal gauche. En revanche, l’écoute de la seconde langue mobilise des structures très variables selon les sujets, incluant aussi bien des aires temporales gauches et droites, que des aires frontales parfois limitées uniquement à l’hémisphère droit. Dans une autre série d’expériences, la même méthode a été employée avec des sujets bilingues, mais on leur demandait maintenant de produire sans les prononcer — donc de manière tacite — des phrases dans la première ou la deuxième langue. À nouveau, des territoires corticaux comme l’aire de Broca étaient activés de façon différente par la première et par la deuxième langue. Ces travaux apportent une démonstration anatomique claire de la trace neuronale « épigénétique » associée à l’apprentissage du langage, étant bien entendu que l’on ne parle pas une deuxième langue avec la même aisance que sa langue maternelle. |