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Dobzhansky, T. (1978). Le droit à l’intelligence: Génétique et égalité M. Reisinger, Trans. Bruxelles: Éditions Complexe.  
Added by: Dominique Meeùs 2009-08-22 06:19:05 Pop. 0%
      L’humanité n’est pas une population panmictique où chaque individu a les mêmes chances d’épouser n’importe quel individu de sexe opposé et d’âge adéquat. Il y a plus de chances qu’un garçon né au Canada épouse une Canadienne qu’une Chinoise ou une Ougandaise. Tout comme de nombreuses espèces animales et végétales à reproduction sexuée, l’humanité est géographiquement divisée en sous-populations mendéliennes ; les intermariages au sein de ces sous-populations sont plus fréquents qu’entre elles. D’autres facteurs humains engendrent des discontinuités de la trame des intermariages, tels que les divisions économiques, sociales, linguistiques, religieuses, etc.
     L’humanité, en tant qu’espèce biologique, représente la population mendélienne globale. Au sein de celle-ci, on trouve une hiérarchie de sous-populations mendéliennes, partiellement isolées les unes des autres, au point de vue géographique et social. Seules les plus petites subdivisions, comme les habitants de certains villages ou des groupes de statut social équivalent au sein de petites villes peuvent être approximativement considérés comme panmictiques (*). Les races constituent des sous-populations mendéliennes au sein de l’espèce. Elles ne forment pas des types idéaux ou statistiques, ni des ensembles d’individus génétiquement identiques, ni des subdivisions primitives de l’humanité diluées par une misségénation prolongée. Elles représentent des populations mendéliennes qui diffèrent par l’incidence de certains gènes dans leur pool.
(*) Panmixie : situation d’un groupe où les couples se forment au hasard, sans qu’interviennent des critères préférentiels. (N.d.t.)
      Les sous-populations mendéliennes au sein de l’espèce humaine et chez les autres organismes sexués ne sont jamais complètement séparées. Elles s’interpénètrent par des échanges de gènes. Souvent, on ne peut pas dire où l’une finit et où l’autre commence. Même pour ce qui est des grandes races humaines (jaune, blanche, noire et rouge), il existe des populations intermédiaires qui ne rentrent pas parfaitement dans une de ces cases. (Les tribus turques d’Asie Centrale, par exemple, sont-elles jaunes ou blanches ?) Dans le cadre des subdivisions géographiques, linguistiques et économiques les plus fines, les limites des sous-populations mendéliennes sont encore plus brouillées, car les intermariages et les échanges de gènes sont de plus en plus fréquents.
     L’absence de limites nettes entre les sous-populations mendéliennes humaines déroute certains esprits ordonnés. Comment peut-on faire d’une chose aussi mal définie l’unité de base des études biologiques et anthropologiques ? Il y a deux remarques à faire à ce propos. Tout d’abord, les complexités de la nature ne doivent pas être éludées. Deuxièmement, la seule façon de simplifier la nature est de l’étudier telle qu’elle est, et pas comme nous voudrions qu’elle soit.
      L’infinie variété des êtres vivants nous fascine et nous déroute à la fois. Il n’existe pas deux êtres humains identiques, pas plus que deux sapins, deux mouches Drosophiles ou deux infusoires identiques. Le langage humain rend maniable la variété fugitive de nos perceptions. La classification et la dénomination de groupes d’objets est peut-être l’activité scientifique primordiale. Il se peut qu’elle ait précédé l’apparition de l’Homo sapiens, et elle subsistera tant qu’un animal doué de la faculté symbolique existera. Les biologistes et les anthropologues décrivent et nomment les ensembles d’organismes qu’ils étudient, afin de les identifier pour eux-mêmes, et pour que les autres puissent savoir de quoi ils parlent.
     Les êtres humains que nous rencontrons et dont nous entendons parler sont nombreux et divers. Il faut que nous les classifions et mettions une étiquette sur les différents groupes. Ainsi nous distinguons ceux qui parlent Anglais, Russe, Swahili, ou d’autres langues ; les étudiants, les ouvriers et les paysans ; les intellectuels et la « majorité silencieuse », etc. Les gens qui étudient les variations physiques, physiologiques et génétiques de l’homme trouvent pratique de distinguer différentes races. On peut définir les races comme des populations mendéliennes faisant partie de la même espèce biologique, mais différant entre elles par l’incidence de certaines variables génétiques.
     On pose souvent la question suivante : les races représentent-elles des phénomènes naturels objectifs, ou bien sont-elles de simples concepts élaborés par les biologistes et les anthropologues pour des raisons pratiques ? C’est pourquoi il faut indiquer clairement la dualité du concept de race. D’une part il se rapporte à des différences génétiques objectives entre des populations mendéliennes. D’autre part il s’agit de catégories classificatoires qui ont pour rôle pragmatique de faciliter la communication. On peut spécifier la procédure opérationnelle par laquelle on démontre que deux populations font partie ou pas d’une même race. Ces populations renferment des ensembles de génotypes différents si elles n’appartiennent pas à la même race et des ensembles semblables si elles font partie de la même race.
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