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Clarke, R. (1980). Naissance de l’homme. Paris: Éditions du Seuil.  
Added by: admin 2009-04-20 05:49:51 Pop. 0%
      En fait, l’homme d’il y a un million d’années ne tarde pas à envahir le monde entier, à l’exception des grandes forêts tropicales et équatoriales de l’Amérique et de l’Australie. Partout ailleurs, on retrouvera sa trace. Le Pithécanthrope a été le premier grand voyageur.
     Ces migrations ont conduit les hommes dans des environnements très différents, où chaque groupe a évolué séparément. On retrouve donc des différences sensibles, dans les divers fossiles, au reste peu nombreux, découverts çà et là. C’est ce qui a fait penser que c’est peut-être à cette époque lointaine que se sont différenciées les races humaines actuelles.
     Rien ne prouve cependant que les races diverses de Pithécanthropes aient été les mêmes que celles des hommes d’aujourd’hui. En outre les biologistes contestent de plus en plus cette notion de race, qu'ils souhaiteraient, dans leur majorité, remplacer par celle de « population ».
Dobzhansky, T. (1978). Le droit à l’intelligence: Génétique et égalité M. Reisinger, Trans. Bruxelles: Éditions Complexe.  
Added by: Dominique Meeùs 2009-08-22 06:19:05 Pop. 0%
      « Mon but n’est pas de décrire ce qu’on appelle les races humaines, mais de rechercher la valeur des différences classificatoires établies entre elles, et comment elles sont nées». C’est une phrase de Darwin (1871), qui ouvre le chapitre « Sur les races humaines » dans La descendance de l’homme. Un siècle plus tard, cette phrase convient toujours pour entamer une discussion sur les races humaines, du point de vue génétique. Les problèmes qui occupaient Darwin restent d’actualité, malgré l’énorme accroissement des données sur les variations raciales chez l’homme et d’autres organismes. En un sens, l’incertitude est même plus grande. Un groupe de chercheurs restreint, mais bruyant, soutient que l’humanité n’est pas divisée en races. Si cette position est justifiée — ce que je ne crois pas — le problème ne disparaît pas pour autant. Car même s’il n’existe pas de races humaines, l’humanité n’est pas homogène, ni uniforme. Il faut donc décrire, étudier et expliquer cette diversité.
      L’humanité n’est pas une population panmictique où chaque individu a les mêmes chances d’épouser n’importe quel individu de sexe opposé et d’âge adéquat. Il y a plus de chances qu’un garçon né au Canada épouse une Canadienne qu’une Chinoise ou une Ougandaise. Tout comme de nombreuses espèces animales et végétales à reproduction sexuée, l’humanité est géographiquement divisée en sous-populations mendéliennes ; les intermariages au sein de ces sous-populations sont plus fréquents qu’entre elles. D’autres facteurs humains engendrent des discontinuités de la trame des intermariages, tels que les divisions économiques, sociales, linguistiques, religieuses, etc.
     L’humanité, en tant qu’espèce biologique, représente la population mendélienne globale. Au sein de celle-ci, on trouve une hiérarchie de sous-populations mendéliennes, partiellement isolées les unes des autres, au point de vue géographique et social. Seules les plus petites subdivisions, comme les habitants de certains villages ou des groupes de statut social équivalent au sein de petites villes peuvent être approximativement considérés comme panmictiques (*). Les races constituent des sous-populations mendéliennes au sein de l’espèce. Elles ne forment pas des types idéaux ou statistiques, ni des ensembles d’individus génétiquement identiques, ni des subdivisions primitives de l’humanité diluées par une misségénation prolongée. Elles représentent des populations mendéliennes qui diffèrent par l’incidence de certains gènes dans leur pool.
(*) Panmixie : situation d’un groupe où les couples se forment au hasard, sans qu’interviennent des critères préférentiels. (N.d.t.)
      Les sous-populations mendéliennes au sein de l’espèce humaine et chez les autres organismes sexués ne sont jamais complètement séparées. Elles s’interpénètrent par des échanges de gènes. Souvent, on ne peut pas dire où l’une finit et où l’autre commence. Même pour ce qui est des grandes races humaines (jaune, blanche, noire et rouge), il existe des populations intermédiaires qui ne rentrent pas parfaitement dans une de ces cases. (Les tribus turques d’Asie Centrale, par exemple, sont-elles jaunes ou blanches ?) Dans le cadre des subdivisions géographiques, linguistiques et économiques les plus fines, les limites des sous-populations mendéliennes sont encore plus brouillées, car les intermariages et les échanges de gènes sont de plus en plus fréquents.
     L’absence de limites nettes entre les sous-populations mendéliennes humaines déroute certains esprits ordonnés. Comment peut-on faire d’une chose aussi mal définie l’unité de base des études biologiques et anthropologiques ? Il y a deux remarques à faire à ce propos. Tout d’abord, les complexités de la nature ne doivent pas être éludées. Deuxièmement, la seule façon de simplifier la nature est de l’étudier telle qu’elle est, et pas comme nous voudrions qu’elle soit.
      Existe-t-il des différences qualitatives entre les populations humaines, en ce sens que certains allèles seraient absents chez certaines, et présents à 100 % chez d’autres ? Comme le remarquait Darwin, « la couleur de la peau est, parmi toutes les différences entre les races humaines, la plus évidente et une des plus marquées ». En effet, à part les cas d’albinisme, aucun natif d’Afrique subsaharienne n’a la peau aussi peu colorée que celle des Européens, et aucun Européen n’est aussi foncé que les Africains. Cependant, cette différence de couleur de peau résulte de l’effet cumulé d’au moins trois, et peut-être six, paires de gènes récessifs. Les variations héréditaires de couleur de peau existent autant chez les Européens que chez les Africains. On conçoit parfaitement que la coloration de la peau puisse être considérablement accentuée par des croisements sélectifs, au sein d’une population européenne, et réduite au sein d’une population africaine. On n’est pas certain, cependant, que les variations de pigmentation intraraciales soient dues aux mêmes gènes que les différences interraciales. […]
     Notre conclusion provisoire, qui sera peut-être modifiée par de futures découvertes, est qu’il n’existe pas de différences qualitatives entre les populations humaines, au sens défini plus haut.
      L’infinie variété des êtres vivants nous fascine et nous déroute à la fois. Il n’existe pas deux êtres humains identiques, pas plus que deux sapins, deux mouches Drosophiles ou deux infusoires identiques. Le langage humain rend maniable la variété fugitive de nos perceptions. La classification et la dénomination de groupes d’objets est peut-être l’activité scientifique primordiale. Il se peut qu’elle ait précédé l’apparition de l’Homo sapiens, et elle subsistera tant qu’un animal doué de la faculté symbolique existera. Les biologistes et les anthropologues décrivent et nomment les ensembles d’organismes qu’ils étudient, afin de les identifier pour eux-mêmes, et pour que les autres puissent savoir de quoi ils parlent.
     Les êtres humains que nous rencontrons et dont nous entendons parler sont nombreux et divers. Il faut que nous les classifions et mettions une étiquette sur les différents groupes. Ainsi nous distinguons ceux qui parlent Anglais, Russe, Swahili, ou d’autres langues ; les étudiants, les ouvriers et les paysans ; les intellectuels et la « majorité silencieuse », etc. Les gens qui étudient les variations physiques, physiologiques et génétiques de l’homme trouvent pratique de distinguer différentes races. On peut définir les races comme des populations mendéliennes faisant partie de la même espèce biologique, mais différant entre elles par l’incidence de certaines variables génétiques.
     On pose souvent la question suivante : les races représentent-elles des phénomènes naturels objectifs, ou bien sont-elles de simples concepts élaborés par les biologistes et les anthropologues pour des raisons pratiques ? C’est pourquoi il faut indiquer clairement la dualité du concept de race. D’une part il se rapporte à des différences génétiques objectives entre des populations mendéliennes. D’autre part il s’agit de catégories classificatoires qui ont pour rôle pragmatique de faciliter la communication. On peut spécifier la procédure opérationnelle par laquelle on démontre que deux populations font partie ou pas d’une même race. Ces populations renferment des ensembles de génotypes différents si elles n’appartiennent pas à la même race et des ensembles semblables si elles font partie de la même race.
      Chez les organismes à reproduction sexuée, chaque individu peut habituellement se classer dans une espèce et une seule, ou bien comme un hybride de deux espèces. Les partisans de la conception typologique des races pensaient que c’était également vrai pour les races. Chaque personne, sauf la progéniture des croisements interraciaux, pourrait se classer dans une certaine race. Ce n’est pas le cas, car les espèces sont génétiquement closes, tandis que les races constituent des systèmes génétiques ouverts. Il n’existe pas, par exemple, d’individu dont on puisse se demander s’il appartient à l’espèce humaine ou à l’espèce des chimpanzés. Ces deux espèces n’échangent pas de gènes. Par contre, il existe de nombreux peuples d’Asie du nord-ouest qui constituent des intermédiaires entre les races blanche et jaune, de même qu’il existe des intermédiaires entre les races blanche et noire en Afrique du nord. Ce qui ne veut pas dire que les individus faisant partie de ces populations intermédiaires ont nécessairement des parents qui appartiennent à des races « pures » différentes, blanche, noire ou jaune. Les populations entières constituent des intermédiaires. Quelquefois ceci est dû à des gradations secondaires (Mayr, 1963), c’est-à-dire au croisement de populations qui s’étaient différenciées génétiquement au cours d’un passé plus ou moins éloigné. C’est l’origine des « races hybrides locales » de Garn. Mais, le plus souvent, les populations intermédiaires sont autochtones ; les gradations primaires résultent de la diffusion des gènes qui se produit pendant que les races divergent, et après qu’elles se soient différenciées. Les gradients géniques résultent à la fois des gradations primaires et secondaires.
     Ces gradients géniques font qu’il est rarement possible de tracer sur les cartes une ligne qui divise les régions occupées par des races différentes. Les frontières raciales sont plus souvent brouillées que nettes. En outre, les gradients de fréquence de divers gènes et caractères peuvent correspondre assez mal, ou même pas du tout, à ces frontières. On observe cela sur des cartes qui indiquent la fréquence de divers caractères dans les populations humaines, tels que les antigènes sanguins, la pigmentation ou la taille (voir, par exemple, les cartes dans Lundman, 1967). Les races humaines ne sont pas ces unités discrètes imaginées par les typologistes. C’est pourquoi certains typologistes déçus ont préféré conclure à l’inexistence des races.
      Les différences engendrées par la sélection naturelle ont une signification biologique bien différente de celles qui sont dues à la dérive génétique aléatoire. La sélection naturelle rend les populations plus adaptées à leur milieu particulier. En d’autres termes, les différences raciales résultant de la sélection sont, ou furent, à un moment donné, des adaptations à des modes de vie différents. Ce qui n’est pas nécessairement le cas pour les différences provenant de la dérive génique. Au départ, diverses populations peuvent être équivalentes au point de vue adaptatif. La sélection agit alors sur des différences originellement neutres, qui deviendront des qualités adaptatives héréditaires. Sélection et dérive génétique peuvent donc interagir dans le cours de l’évolution.
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