| Changeux, J.-P. (1984). L’homme neuronal 5th ed. Paris: Fayard. |
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| Last edited by: Dominique Meeùs 2011-01-02 15:35:12 |
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| Jusqu’à ce point du chapitre, sauf dans son introduction, le mot « neurone » n’est pas apparu sous forme écrite. Il n’a été question que de « machine cérébrale » et des calculs qu’elle effectue sur les objets mentaux. Comme leur nom l’indique, ces objets appartiennent au mental et se situent à un niveau d’organisation très supérieur à celui de la cellule nerveuse. Faut-il pour autant les considérer comme détachés de celle-ci ? La méthode suivie au cours des chapitres précédents nous conduit à adopter l’attitude exactement inverse. La machine cérébrale est un assemblage de neurones et notre problème consiste désormais à rechercher les mécanismes cellulaires qui permettent de passer d’un niveau à l’autre, de disséquer puis de reconstruire les « objets mentaux » à partir des activités élémentaires d’ensembles définis de neurones. |
| Thuillier, P. (1972). Qu’est-ce que l’émergence ? In Jeux et enjeux de la science (pp. 66–86). Paris: Éditions Robert Laffont. |
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| Added by: admin 2009-03-19 22:21:49 |
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Chaque science a en effet la responsabilité de l’organisation d’un « niveau épistémologique ». Ce concept de niveau possède un sens opératoire et se trouve au cœur des débats sur 1’unité des sciences. Un niveau épistémologique se définit par une échelle d’observation et un vocabulaire scientifique ; la science correspondante ne dépend, en droit, que d’el1e-même ; elle se juge en fonction de son aptitude à « mettre de 1’ordre », c’est-à-dire à découvrir des relations entre les phénomènes grâce à une conceptualisation et à une méthode efficaces. On ne connaît pas a priori la fécondité d’un niveau ; les responsables doivent l’aménager, y discerner des « êtres scientifiques » qui n’apparaissent pas d’emb1ée. Il faut procéder à une véritable construction des objets : l’objet « cyclone », l’objet « électron », l’objet « inconscient »… […] Envisager une réduction, ce n’est pas souhaiter la suppression de toutes les sciences sauf une, c’est seulement admettre comme légitime la possibilité d’établir entre elles des relations. |
L’étude objective des sciences ôte toute portée à l’émergentisme, qui par définition constitue une agression contre la démarche fondamentale de la science, à savoir l’effort pour relier X à Y par une loi. On relie d’abord les phénomènes d’un même niveau ; il est ensuite possible de relier entre eux des niveaux différents. Ainsi, la loi d’Ohm a été découverte à un certain niveau d’observation, puis mise en rapport avec des phénomènes relevant d’un autre niveau épistémologique (électrons, etc.) […] La notion de « réduction » […] si elle a un sens épistémologique, c’est essentiellement celui de « mise en relation d’une classe de phénomènes avec une ou plusieurs autres classes de phénomènes ». |