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Cohen, I. B. (1962). Les origines de la physique moderne: De copernic à newton J. Métadier, Trans. Paris: Éditions Payot.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2009-08-15 18:25:29 Pop. 0%
      La méthode employée par Galilée, telle que nous l’avons décrite, ressemble à celle utilisée par les hommes de science les meilleurs ; pourtant elle diffère radicalement de celle communément décrite dans les manuels élémentaires et présentée comme « la méthode scientifique ». La première chose à faire, explique-t-on dans les manuels, c’est de « rassembler toutes les informations pertinentes », etc. La façon habituelle de procéder, nous dit-on, consiste donc à collecter un grand nombre d’observations, ou de faire une série d’expériences, puis de mettre en ordre les résultats, de les généraliser, de chercher une relation mathématique pouvant les exprimer et, finalement, de trouver une loi. Mais Galilée procède différemment : il s’assoit à son bureau, prend une feuille de papier et un crayon, médite et crée des idées. Il commence par s’appuyer sur la conviction primordiale que la nature est simple et que l’on peut ainsi spéculer sur des abstractions naturelles ; puis il cherche une relation simple du premier degré, plutôt que d’un degré plus élevé, et trouve la relation la plus simple n’impliquant pas contradiction.
Feyerabend, P. K. (1996). Tuer le temps: Une autobiographie B. Jurdant, Trans. Paris: Éditions du Seuil.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2009-10-09 11:41:02 Pop. 0%
      Tout cela [les explications simples de Popper] était plus facile à comprendre et plus plausible que les diverses formes de la logique inductive que j’avais trouvées chez Mill et Jørgensen. L’argument qui m’a finalement convaincu que l’induction était une escroquerie et que Popper a présenté au cours d’un séminaire de la British Society for the Philosophy of Science (c’est un argument de Duhem — mais Popper n’en dit rien) était que les lois de niveau supérieur (comme la loi de la gravitation de Newton) se trouvent souvent en conflit avec celles de niveau inférieur (comme les lois de Kepler) et que donc elles ne pouvaient pas en être dérivées, quel que soit le nombre d’hypothèses que l’on rajoutât aux prémisses. Le falsificationnisme semblait alors être une véritable alternative et j’ai craqué pour ça. Parfois je me sentais quelque peu mal à l’aise, en particulier quand je parlais avec Walter Hollitscher ; il semblait qu’il y ait un grain de sable dans la machine. Pourtant, j’utilisais la procédure dans divers domaines et j’en fis le point central de mes cours quand je commençai à enseigner.
     Aujourd’hui je vois cet épisode comme une illustration parfaite des dangers du raisonnement abstrait. Il y a beaucoup de philosophies dangereuses qui se promènent. Pourquoi dangereuses ? Parce qu’elles contiennent des éléments qui paralysent notre jugement. Le rationalisme, qu’il soit dogmatique ou critique, ne fait pas exception. Pire même : la cohérence interne de ses produits, la dimension apparemment raisonnable de ses principes, la promesse d’une méthode qui permettrait aux individus de se libérer des préjugés et le succès des sciences qui semblent être l’exploit principal du rationalisme lui confèrent une autorité presque surhumaine. Popper a non seulement fait usage de ces éléments, mais il y a encore ajouté un ingrédient paralysant de son propre cru — la simplicité. Donc, qu’est-ce qui cloche dans une philosophie cohérente qui explique ses principes d’une façon simple et directe ? Le fait qu’elle peut perdre le contact avec la réalité, ce qui veut dire, dans le cas d’une philosophie des sciences, avec la pratique scientifique. Une philosophie, après tout, n’est pas comme un morceau de musique qui peut donner du plaisir par lui-même. Elle est censée nous guider dans la confusion et peut-être nous fournir un programme pour changer. Popper savait qu’un guide ou une carte peuvent être simples, cohérents, « rationnels », tout en ne traitant de rien. Tout comme Kraft, Reichenbach et Herschel avant lui, il a alors fait une distinction entre la pratique des sciences et les normes de l’excellence scientifique et a déclaré que l’épistémologie n’avait affaire qu’à ces dernières : le monde (de la science, et du savoir en général) doit s’adapter à la carte, et non l’inverse. Pendant un certain temps j’ai raisonné de la même manière. C’était drôle de couvrir de mépris des traditions vénérables en prouvant qu’elles n’avaient « aucun sens sur le plan cognitif ». C’était même encore plus drôle de critiquer des théories scientifiques respectables en levant la baguette magique de la falsifiabilité. Je ne me rendis pas compte que j’acceptais une hypothèse importante et pas du tout évidente. Je croyais que les normes « rationnelles », dès qu’elles étaient appliquées rigoureusement et sans exceptions, pouvaient conduire à une pratique aussi flexible, riche, stimulante et technologiquement efficace que celle des sciences que nous connaissons déjà, que nous acceptons et que nous admirons. Mais l’hypothèse est fausse. Pratiqué avec détermination et sans concession, le falsificationnisme balaierait la science telle que nous la connaissons.
     Il y a quelques épisodes qui semblent obéir au modèle falsificationniste (mon exemple favori était la transition entre la théorie de l’horreur du vide et les conceptions de Torricelli et Pascal — jusqu’à ce que j’en sache plus). Mais la grande majorité des épisodes, et plus particulièrement ceux qui, selon Popper, montrent la science sous son meilleur jour, se sont déroulés d’une manière complètement différente. Ce qui ne veut pas dire que la science est « irrationnelle » — on peut rendre compte de chacune de ses étapes (comme le font des historiens comme Shapin, Schaffer, Galison, Pickering, Rudwick, Gould, Hacking, Buchwald, Latour, Biagioli, Pera et d’autres). Néanmoins, les étapes prises ensemble ne constituent que rarement un modèle cohérent obéissant à des principes universels, et les cas qui confirment de tels principes ne sont pas plus fondamentaux que les autres.
     À ce niveau-là, les arts et les sciences deviennent assez semblables. Dans l’art byzantin les visages étaient peints d’une façon sévèrement schématique : trois cercles dont la base du nez était le centre. La longueur du nez était égale à la hauteur du front et à la partie inférieure du visage — et ainsi de suite, selon la description du Manuel du peintre du mont Athos. Ces règles produisent des visages — mais dans une seule attitude (de face), sans détails et sans personnalité. Elles se trouvent en conflit avec presque tout ce qui ne relève pas d’une école byzantine particulière. De la même manière, les règles de Popper peuvent produire une science byzantine ; elles ne sont pas totalement inefficaces. Mais leurs résultats n’ont que très peu de chose à voir avec la science de Newton, Faraday, Maxwell, Darwin, Einstein et Bohr (Otto Neurath, il y a bien longtemps déjà, avait adressé exactement les mêmes critiques à Popper).
Glashow, S. L. (1997). Le charme de la physique: La recherche des secrets de la matière O. Colardelle, Trans. Paris: Éditions Albin Michel.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2010-10-03 16:36:45 Pop. 0%
      Nous tentons d’appréhender la naissance, l’évolution et le destin de notre Univers. Nous voulons savoir pourquoi les choses doivent être exactement ce qu’elles sont. Nous voulons dévoiler la profonde simplicité de la Nature, car il est dans la nature des physiciens des particules (et de quelques autres) d’avoir foi dans la simplicité, et de croire contre toute raison qu’en fait les lois fondamentales de la physique, de la Nature ou de la réalité sont tout à fait élémentaires et compréhensibles. Cette foi s’est révélée jusqu’ici extraordinairement productive : ceux qui l’ont réussissent souvent, et ceux qui en manquent échouent toujours.
      […] je possède (et je ne suis sûrement pas le seul) une foi injustifiable en l’ultime simplicité, et en l’existence d’une théorie unique et véritable : foi injustifiable, mais toujours justifiée par les progrès remarquables de notre discipline [la physique des particules].
Weinberg, S. (1993). Dreams of a final theory: Search for the ultimate laws of nature. Londres: Hutchinson Radius.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2011-05-03 08:46:32 Pop. 0%
      Finally one can imagine a category of experiments that refute well-accepted theories, theories that have become part of the standard consensus of physics. Under this category I can find no examples whatever in the past one hundred years. There are of course many cases where theories have been found to have a narrower realm of application than had been thought. Newton’s theory of motion does not apply at high speeds. Parity, the symmetry between right and left, does not work in the weak forces — and so on. But in this century no theory that has been generally accepted as valid by the world of physics has turned out simply to be a mistake, the way that Ptolemy’s epicycle theory of planetary motion or the theory that heat is a fluid called caloric were mistakes. Yet in this century, as we have seen in the cases of general relativity and the electroweak theory, the consensus in favor of physical theories has often been reached on the basis of aesthetic judgments before the experimental evidence for these theories became really compelling. I see in this the remarkable power of the physicist’s sense of beauty acting in conjunction with and sometimes even in opposition to the weight of experimental evidence.
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