Bibliographie générale

List Resources

Displaying 1 - 2 of 2 (Bibliography: WIKINDX Master Bibliography)
Order by:

Ascending
Descending
Use all checked: 
Use all displayed: 
Use all in list: 
de Duve, C. (1996). Poussière de vie: Une histoire du vivant A. Bucher & J.-M. Luccioni, Trans. Paris: Fayard.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2013-12-01 13:57:32 Pop. 0%
      En revanche, les savanes, étendues à ciel ouvert qui gagnaient sur les anciens espaces boisés, avaient bien des richesses à offrir à des créatures susceptibles de s’y adapter. Le bipédisme, auquel les ancêtres voisins du chimpanzé s’étaient déjà essayés, fit l’affaire. Il permettait à ces animaux de rester en position debout et d’acquérir ainsi une meilleure vision de leurs proies et de leurs ennemis à travers les herbes hautes ; et surtout, il libérait les mains.
     Observez les chimpanzés aujourd’hui, et vous comprendrez tout ce que les ancêtres que nous partageons avec eux avaient probablement réussi à faire avec leurs mains : porter leurs petits, se toiletter, ouvrir leur chemin à travers les fourrés, ramasser la nourriture, cueillir les baies et autres friandises, éplucher les bananes, porter les aliments à leur bouche, saisir leurs partenaires en amour, combattre leurs ennemis et leurs rivaux, chasser, faire des gestes, émettre des signaux et même utiliser des pierres et des bâtons comme armes ou comme moyen de se procurer la nourriture. Observez leurs yeux attentifs, leurs sourcils froncés, la moue de leurs lèvres lorsque leurs mains sont occupées à réaliser quelque opération délicate et manifestement réfléchie, et vous pourrez, avec un peu d’imagination, apercevoir les rouages d’une pensée en action sous ce front oblique. Ce qui s’est passé dans la jungle africaine il y a six millions d’années a joué un rôle essentiel dans l’apparition de la pensée humaine. Du cerveau à la main et, en retour, de la main au cerveau, ainsi s’initia un va-et-vient d'impulsions, s’amplifiant de lui-même, qui allait changer le monde.
Gould, S. J. (1979). Darwin et les grandes énigmes de la vie D. Lemoine, Trans. Paris: Pygmalion/Gérard Watelet.  
Added by: admin 2015-09-15 12:52:21 Pop. 0%
      En revanche, les savanes, étendues à ciel ouvert qui gagnaient sur les anciens espaces boisés, avaient bien des richesses à offrir à des créatures susceptibles de s’y adapter. Le bipédisme, auquel les ancêtres voisins du chimpanzé s’étaient déjà essayés, fit l'affaire. Il permettait à ces animaux de rester en position debout et d’acquérir ainsi une meilleure vision de leurs proies et de leurs ennemis à travers les herbes hautes ; et surtout, il libérait les mains.

Observez les chimpanzés aujourd’hui, et vous comprendrez tout ce que les ancêtres que nous partageons avec eux avaient probablement réussi à faire avec leurs mains : porter leurs petits, se toiletter, ouvrir leur chemin à travers les fourrés, ramasser la nourriture, cueillir les baies et autres friandises, éplucher les bananes, porter les aliments à leur bouche, saisir leurs partenaires en amour, combattre leurs ennemis et leurs rivaux, chasser, faire des gestes, émettre des signaux et même utiliser des pierres et des bâtons comme armes ou comme moyen de se procurer la nourriture. Observez leurs yeux attentifs, leurs sourcils froncés, la moue de leurs lèvres lorsque leurs mains sont occupées à réaliser quelque opération délicate et manifestement réfléchie, et vous pourrez, avec un peu d’imagination, apercevoir les rouages d’une pensée en action sous ce front oblique. Ce qui s’est passé dans la jungle africaine il y a six millions d’années a joué un rôle essentiel dans l’apparition de la pensée humaine. Du cerveau à la main et, en retour, de la main au cerveau, ainsi s’initia un va-et-vient d'impulsions, s’amplifiant de lui-même, qui allait changer le monde.
      En fait, nous devons au 19e siècle un exposé brillant, dont l’auteur surprendra sans doute beaucoup de lecteurs puisqu’i1 s’agit de Friedrich Engels. Engels a écrit en 1876, un traité intitulé le Rôle du travail dans le passage du singe à l’homme, qui ne fut publié qu’en 1896, après sa mort, et qui n’a malheureusement exercé aucune influence sur la science occidentale.
     Engels considère trois caractéristiques essentielles de l’évolution humaine : le langage, la taille du cerveau et la station debout. Il pense que la première étape a été la descente des arbres et que nos ancêtres, installés sur le sol, se sont progressivement redressés. « Ces singes, vivant sur le sol, perdirent l’habitude de se servir de leurs mains et adoptèrent une attitude de plus en plus droite. Ce fut une étape décisive du passage du singe à l’homme. » La position debout libérait les mains et permettait l’utilisation d’outils (c’est ce qu’Engels appelle le travail). Le développement de l’intelligence et le langage vinrent plus tard.
     « Ainsi, poursuit Engels, la main n’est pas seulement un outil de travail, c’est également le produit du travail. Ce n’est que par le travail, par l’adaptation à des opérations toujours nouvelles […], par l’utilisation toujours renouvelée des améliorations léguées par héritage dans des opérations nouvelles, de plus en plus complexes, que la main humaine a atteint le degré de perfection qui lui a permis de faire naître les peintures de Raphaël, les statues de Thorvaldsen, la musique de Paganini. »
wikindx 6.2.0 ©2003-2020 | Total resources: 1310 | Username: -- | Bibliography: WIKINDX Master Bibliography | Style: American Psychological Association (APA) | Database queries: 26 | DB execution: 0.01590 secs | Script execution: 0.08123 secs