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Bacon, F. (1945). Essais E. Rocart, Trans. Bruxelles: Éditions La Boétie.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2010-08-16 06:30:35 Pop. 0%
      J’aimerais mieux croire à toutes les fables et légendes, au Talmud et au Coran, que penser que cet assemblage de l’Univers est un corps sans âme. Si Dieu n’a jamais opéré de miracle pour convaincre les athées, son œuvre est la plus convaincante des démonstrations. Il est exact qu’un peu de philosophie incline les esprits vers l’athéisme, mais une étude plus approfondie les ramène à la religion, car tant que l’homme médite sur les causes secondes, il peut s’y arrêter parfois sans aller plus loin ; mais lorqu’il considère la chaîne indissoluble qui lie et réunit ces causes, il doit nécessairement s’élever jusqu’à la Providence et la Divinité. Bien plus, l’école-type de l’athéisme, celle de Leucippe, de Démocrite et d’Épicure, est la meilleure démonstration de l’existence de Dieu. Car il est mille fois plus juste que quatre éléments variables avec une cinquième essence, immuable, convenablement placée, peuvent se passer de Dieu, que de penser qu’un nombre infini de petites parcelles ou molécules éparses aient pu sans la direction d’une suprême intelligence produire tant d’ordre et de beauté.
Bunge, M. (2008). Le matérialisme scientifique S. Ayache, P. Deleporte, É. Guinet & J. Rodriguez Carvajal, Trans. Paris: Éditions Syllepse.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2017-04-01 21:24:07 Pop. 0%
      Le dualisme psychophysique, ou la thèse selon laquelle il y a des esprits à côté des corps, est probablement la plus ancienne philosophie de l’esprit. Elle fait partie intégrante de la plupart des religions et a été introduite en philosophie par Platon. Descartes lui a donné une nouvelle tournure en expulsant tous les esprits du corps et en offrant ce dernier à la science — tout en conservant à la théologie et à la philosophie leurs droits sur l’âme. Beaucoup de philosophes modernes, ainsi qu’un certain nombre de scientifiques dans leurs moments philosophiques, ont adopté un dualisme d’une forme ou d’une autre, certains explicitement, la plupart de manière tacite. Des écoles de pensée entières l’ont endossé, par exemple la psychanalyse qui nous parle d’entités immatérielles habitant le corps, et les anthropologues et les historiens qui nous parlent d’une superstructure spirituelle chevauchant l’infrastructure matérielle. Toutefois, le sort du dualisme psychophysique a commencé à décliner depuis à peu près trois décennies sous l’action non concertée de la philosophie et de la psychologie. Je m’explique.
     Il y a au moins trois manières de saper la doctrine de l’immatérialité de l’esprit. L’une d’elles est de montrer qu’elle est défectueuse dans ses concepts, une autre est de montrer qu’elle est en désaccord avec la science, et une troisième consiste à proposer une meilleure alternative. Abordons les deux premières maintenant, en laissant la troisième pour le chapitre 5. [Voir aussi (Bunge, 1980).]
     Le défaut conceptuel le plus criant du dualisme psychophysique, c’est son imprécision : il n’énonce pas clairement ce qu’est l’esprit parce qu’il n’offre ni une théorie ni une définition de l’esprit. Tout ce que nous donne le dualisme, ce sont des exemples d’états mentaux ou d’événements mentaux : il ne nous dit pas ce qui se trouve dans ces états ni ce qui subit ces changements — excepté bien sûr l’esprit lui-même, de telle sorte que le dualisme est circulaire. Un second défaut capital du dualisme, c’est qu’il disjoint les états et les événements mentaux des choses qui pourraient être dans de tels états ou qui pourraient être l’objet de tels changements. Cette manière de concevoir des états et des changements va à l’encontre de la nature de la science : en fait dans toute science les états sont des états d’entités matérielles et les événements sont des modifications de ces états. La psychophysiologie remplit cette condition, mais pas le dualisme psychophysique. Un troisième défaut grave du dualisme, c’est qu’il est compatible avec le créationnisme mais pas avec l’évolutionnisme : en fait, si l’esprit est immatériel, alors il est au-dessus des vicissitudes de la matière vivante, c’est-à-dire de la mutation et de la sélection naturelle. En revanche, selon le matérialisme, l’esprit évolue en même temps que le cerveau (cf chap. 6).
     Mais le pire aspect du dualisme est qu’il bloque la recherche, parce qu’il est une réponse toute faite à tous les problèmes et qu’il refuse de regarder dans le cerveau pour découvrir l’esprit. (Il renforce ainsi la séparation entre la psychologie et la neurophysiologie, et en vertu de cela il favorise la psychothérapie verbale contre la psychothérapie comportementale ou médicamenteuse.) De la même façon, le dualisme entretient la superstition, en particulier la croyance en la télépathie, la psychokinésie, la voyance, la prévision de l’avenir, et les diverses entités immatérielles de la psychanalyse (le moi, le surmoi, le ça et la libido).
     En bref, le dualisme psychophysique n’est pas une théorie scientifique ni même une théorie : c’est seulement une partie des vieilles conceptions du monde magiques et religieuses : c’est de l’idéologie, ce n’est pas de la science. Il n’est pas étonnant qu’i1 soit remplacé par l’approche matérialiste selon laquelle l’esprit est un ensemble particulier de fonctions cérébrales. Nous développerons cela au chapitre 5.
Duhem, P. (1908). Σώζειν τὰ φαινόμενα (sauver les phénomènes): Essai sur la notion de théorie physique de platon à galilée. Paris: Librairie scientifique A. Hermann et fils.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2009-12-01 00:15:39 Pop. 0%
      Voici donc en quels termes se trouve formulée, au Commentaire de Simplicius, cette tradition platonicienne : « Platon admet en principe que les corps célestes se meuvent d’un mouvement circulaire, uniforme et constamment régulier (*) ; il pose alors aux mathématiciens problème : Quels sont les mouvements circulaires, uniformes et parfaitement réguliers qu’il convient de prendre pour hypothèses, afin que l’on puisse sauver les apparences présentées par les planètes ? Τίνων ὑποτεθέντων δι᾽ ὁμαλῶν καὶ ἐγκυκλιων καὶ τεταγμένων κινὴσεων δυνήσεται διασωθῆναι τὰ περὶ τοὺς πλανωμένους φαινόμενα ; »
(*) C’est-à-dire constamment de même sens.
      Hipparque a prouvé, en effet, que l’on pouvait également représenter la marche du Soleil ou bien en supposant que cet astre décrivît un cercle excentrique au Monde, ou bien en admettant qu’il fût porté par un cercle épicycle, pourvu que la révolution de cet épicycle s’effectuât précisément dans le temps que son centre parcourait un cercle concentrique au Monde.
     […]
     Il n’y a assurément qu'une seule hypothèse qui soit conforme à la nature des choses (κατὰ φύσιν). Toute hypothèse astronomique qui sauve les phénomènes concorde avec celle-là en toutes les conséquences qui peuvent être comparées aux observations ; c’est ce que les Grecs entendaient en disant de diverses hypothèses qui engendrent le même mouvement résultant qu’elles s'accordent entre elles par accident (κατὰ συμβεβηκὸς).
      Le but de l’Astronomie est ici défini avec une extrême netteté ; cette science combine des mouvements circulaires et uniformes destinés à fournir un mouvement résultant semblable au mouvement des astres ; lorsque ses constructions géométriques assignent à chaque planète une marche conforme à celle que révèlent les observations, son but est atteint, car ses hypothèses ont sauvé les apparences.
     […]
     Si l’astronome doit se déclarer pleinement satisfait lorsque les hypothèses qu’il a combinées ont sauvé les apparences, l’esprit humain n’est-il pas en droit d’exiger autre chose ? Ne peut-il découvrir et analyser quelques caractères de la nature des corps célestes ? Ces caractères ne peuvent-ils lui servir à marquer certains types auxquels les hypothèses astronomiques devront nécessairement se conformer ? […]
     À côté de la méthode de l’astronome, si nettement définie par Platon, Aristote admet l’existence et la légitimité d’une telle méthode ; il la nomme méthode du physicien.
de Duve, C. (2013). Sept vies en une: Mémoires d’un prix nobel. Paris: Éditions Odile Jacob.  
Added by: Dominique Meeùs 2013-01-13 09:54:03 Pop. 0%
           Ce que je relate, avec mon vocabulaire à moi, c’est un cheminement intérieur strictement personnel, soutenu par l’art de raisonner que m’ont inculqué les pères jésuites, par le « doute méthodique » auquel m’a initié Descartes et par la démarche scientifique de Claude Bernard que j’ai apprise de mon maître Bouckaert.
     Le fruit principal de ce cheminement a été le refus de tout dualisme et une prise de position ferme en faveur du monisme, non par conviction doctrinale, mais pour des raisons de simple cohérence intellectuelle. Je refuse le dualisme cartésien « matière-esprit », « corps-âme », etc., parce que je pose la question de la nature du lien par lequel les deux communiquent : matière ? esprit ? ou les deux ? Descartes ne se prononce pas sur cette question à propos de ses « esprits animaux », dont la terminologie est presque contradictoire.
     L’autre dualisme que je rejette est celui qui voit dans l’univers existant l’œuvre d’un Créateur, Grand Architecte, Maître Horloger ou toute autre représentation anthropomorphique tirée de notre expérience journalière. Avec d’autres, je demande qui a créé le Créateur. Si on me répond : « Il n’a pas été créé ; Il est », je demande pourquoi on juge nécessaire de faire appel à lui. Pourquoi ne pas voir tout simplement le monde comme étant lui-même incréé, la seule réalité qui inclut tout, y compris nous-mêmes ? […]
     C’est de telles considérations qu’est née dans mon esprit, il y a une dizaine d’années, la notion d’Ultime Réalité, qui englobe tout ce qui existe, y compris moi-même et mes semblables, en une entité unique, mais présentant plusieurs facettes accessibles chacune à une part différente du cerveau humain : 1) la facette intelligible, révélée par la science ; 2) la facette sensible, source de l’émotion artistique ; et 3) la facette éthique, d’où naît la distinction entre le bien et le mal ; soit la célèbre triade retenue, notamment, par Einstein — le vrai, le beau et le bien — à laquelle j’ajoute l’amour, qui domine tout.

Un dernier virage
     J’allais conclure sur cette « profession de foi », lorsqu’une dernière autocritique m’a soudain fait changer d’avis. Je me suis rendu compte que cette notion d’Ultime Réalité, que j’ai énoncée il y a dix ans et réitérée depuis à plusieurs reprises, n’était pas le fruit d’une conviction raisonnée, mais bien un simple prolongement de ce fil conducteur issu du déisme de ma première enfance qui transparaît tout au long des citations qui précèdent. Il est enveloppé d’un « flou artistique » qui me permet de prendre mes distances à l’égard d’une croyance que mon cerveau rationnel rejette, tout en continuant de baigner dans le mysticisme romantique du boy-scout qui contemple le ciel étoilé. Suite à cette constatation, la notion d’Ultime Réalité a cessé d’emporter mon adhésion. Elle est devenue pour moi une cause d’embarras et de malentendu, que je me dois de dissiper tant que j’en ai encore le temps.
     En effet, cette notion évoque presque immanquablement celle d’une entité intemporelle dont nous ne faisons que découvrir l’existence et la nature. Entre mon Ultime Réalité et l’Être immanent des religions monothéistes, le pas est aisément franchi. je n’en voudrais pour preuve que l’accueil favorable que ma proposition a reçu d’un grand nombre de croyants. Pour ceux que j’induirais à franchir ce pas, je dois à l’honnêteté intellectuelle de préciser que telle n’est pas mon intention. Je ne puis plus, rationnellement, me rallier à ce concept d’un Être immanent.
     Il existe une autre conception, défendue en dehors de toute croyance par de nombreux scientifiques, selon laquelle les qualités que j’attribue à l’Ultime Réalité ne sont que des constructions du cerveau humain, de nature strictement utilitaire, dont il se fait qu’elles ont été retenues par la sélection naturelle parce que les individus et les groupes qui s’y conformaient survivaient mieux et produisaient plus de progéniture que ceux qui les ignoraient. Si nous respectons la vérité, ce n’est pas pour sa valeur intrinsèque, mais parce que, au cours du temps, le mensonge n’a pas été payant. En dernière analyse, la sélection naturelle n’a pas favorisé ceux qui refusaient de regarder la vérité en face. Nous aspirons à la beauté, non pas comme une conception abstraite, mais comme une qualité génératrice d’émotions qui, au travers de formes perpétuellement changeantes, ont renforcé les liens que les œuvres d’art ont tissés au sein des populations qui se sont groupées autour d’elles. Nous faisons appel à l’éthique, non pas en raison d’une supériorité existentielle du bien sur le mal, mais parce que les sociétés qui se donnaient des lois l’ont emporté sur les sociétés anarchiques. On doit souligner à ce propos que la sélection naturelle joue aussi un rôle dans le domaine culturel. Toutes les innovations qui contribuent au succès évolutif de leurs auteurs tendent à être automatiquement retenues.
     Vue sous cet angle, la réalité se présente comme une entité que nous ne faisons pas que découvrir, comme je le suggérais, mais que nous contribuons aussi à construire, dans un cadre où le temps joue un rôle majeur. Ainsi redéfinie, l’Ultime Réalité n’est pas l’entité intemporelle que son nom évoque, mais bien une conception de mon esprit qui ne me serait pas venue à l’idée si je n’avais pas subi un endoctrinement déiste au cours de ma première enfance. On peut se demander à ce propos si la « religiosité » d’Einstein, qui a fait couler tant d’encre, sinon d’eau bénite — le mot « Dieu » semble exercer sur lui une attraction presque obsessionnelle — ne trouve pas semblablement son origine dans une synagogue où il aurait reçu sa première éducation.
     Examinant mon revirement à la lueur des bribes qui subsistent de mes cours de philosophie, je constate que je n’ai fait que redécouvrir pour mon compte un dilemme qui préoccupe les philosophes depuis des millénaires et qui a opposé, notamment, Aristote à son ancien maître Platon : les notions abstraites appartiennent-elles, comme le pensait Platon, à un monde métaphysique qui existe en dehors de nous et que nous découvrons ? Ou bien sont-elles des créations de l’esprit humain ? Les mathématiciens se sont posé la même question à propos de leurs concepts. Pour ma part, j’ai commencé par me ranger avec les platoniciens, comme en témoigne ce passage d’À l’écoute du vivant : « Je ne puis qu’avouer un préjugé intuitif — ou est-ce une empreinte de ma première enfance ? — en faveur de la vision platonicienne. » Je suis passé depuis de l’autre côté.
     Cette nouvelle vision des choses débarrasse les attributs que j’assignais à l’Ultime Réalité de tout cadre métaphysique ou ésotérique. Pour autant, elle n’exclut pas la nécessité pour nous de nous donner des valeurs. Elle demande simplement une réorganisation de ces dernières.
Garaudy, R. (1953). La théorie matérialiste de la connaissance. Paris: Presses universitaires de France.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2010-11-28 12:02:45 Pop. 0%
      Le monde n’est rien d’autre que les sensations que j’en ai.
     Berkeley a formulé ici la thèse fondamentale de tout idéalisme.
Gorren, J. (1936). Précis de dialectique. Université ouvrière de Bruxelles.  
Added by: Dominique Meeùs 2010-11-24 15:28:02 Pop. 0%
      Platon voit les contradictions des choses et notamment des classes sociales. Il est un des premiers précurseurs du socialisme utopique. On lui doit aussi les premières notions du matérialisme historique, particulièrement celles des mobiles économiques et de la lutte des classes.
Gould, S. J. (1979). Darwin et les grandes énigmes de la vie D. Lemoine, Trans. Paris: Pygmalion/Gérard Watelet.  
Added by: admin 2015-09-15 12:52:21 Pop. 0%
      L’importance de l’essai d’Engels ne réside pas dans ses conclusions elles-mêmes, mais dans l’analyse politique pénétrante par laquelle il montre que la science fondait son raisonnement sur une affirmation arbitraire : la primauté du cerveau.
     À mesure que les êtres humains maîtrisaient leur environnement matériel, continue Engels, de nouvelles techniques s’ajoutèrent à la chasse primitive : l’agriculture, le filage, la poterie, la navigation, les arts et les sciences, les lois et la politique puis, finalement, « le reflet grotesque des choses humaines dans l’esprit humain : la religion ». À mesure que la richesse augmentait, des groupes d’hommes s’emparèrent du pouvoir et contraignirent les autres à travailler pour eux. Le travail, source de toutes les richesses et premier moteur de l’évolution de l’homme, fut assimilé au statut de ceux qui travaillaient pour les dirigeants. Comme les dirigeants gouvernaient par leur volonté (c’est-à-dire par l’action de l’esprit), il apparut que le cerveau était lui-même le moyen du pouvoir. Les philosophes se mirent sous la protection de l’Église ou de l’État. Même si Platon n’avait pas consciemment l’intention de soutenir les privilèges des dirigeants à l’aide d’une philosophie prétendument abstraite, sa propre position sociale l’encourageait à insister sur la primauté, la domination de la pensée, considérée comme plus noble et plus importante que le travail qu’elle supervise. La tradition idéaliste a dominé la philosophie jusqu’à l’époque de Darwin. Son influence était si subtile et si pénétrante que même des matérialistes scientifiques, mais apolitiques, tels que Darwin n’y échappèrent pas. Il faut connaître un préjugé avant de le combattre. La primauté du cerveau semblait si évidente et si naturelle qu’on la tenait pour acquise, sans se douter qu’elle reflétait un préjugé social profondément ancré, lié à la position des penseurs professionnels et de leurs protecteurs dans la communauté. Et Engels conclut :
     « On a attribué tout le mérite des progrès rapides de la civilisation à l’esprit, au développement de l’activité du cerveau. Les hommes s’accoutumèrent à expliquer leurs actes par leurs pensées et non par leurs besoins. Ainsi, à mesure que le temps passait, une vision idéaliste du monde, en particulier depuis la disparition de l’ancien monde, s’est installée dans l’esprit des hommes. Elle s’exerce aujourd’hui encore à un degré tel que même les plus matérialistes des hommes de science, comme ceux de l’école de Darwin, sont incapables d’avoir une idée claire de l’origine de l’homme, parce que, soumis à cette idéologie, ils ne peuvent reconnaître le rôle joué par le travail. »
Haldane, J. B. S. (1946). La philosphie marxiste et les sciences É. Bottigelli, Trans. Paris: Éditions sociales.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2013-01-13 09:12:01 Pop. 0%
      À n’importe quelle étape du développement de la science, nous pouvons expliquer des contradictions qui embarrassaient nos ancêtres. Aujourd’hui, par exemple, au lieu de dire comme Platon qu’une table est à la fois dure et molle, nous pouvons vérifier par certaines mesures le degré de dureté du bois, sa résistance à la rupture, etc.
     Il y a un certain nombre de choses qui étaient paradoxales pour Platon et qui ne le sont plus pour nous. D’autre part, des contradictions nouvelles ont apparu de notre temps qui semblent nous embarrasser autant que les contradictions que nous trouvons futiles et qui embarrassaient Platon. Par exemple, les électrons semblent avoir en même temps des propriétés qui nous obligent à les considérer comme des particules, et d’autres propriétés qui ne s’expliquent que s’ils sont des systèmes ondulatoires. Dans deux mille ans d’ici, ces difficultés paraîtront certes très élémentaires, mais je pense que nos descendants rencontreront sans doute des contradictions inhérentes à la matière qu’ils trouveront très difficile de résoudre.
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