En contraste avec les sociétés et les États du mode de production asiatique, Marx a fait ressortir le caractère très particulier de l’histoire de l’Occident, qui a commencé en Grèce avec l’apparition des Cités-États, au sein desquelles s’est développée la propriété privée du sol, séparé de l’ager publicus, de la terre de l’État, c’est-à-dire de la communauté des citoyens, des hommes libres nés dans la cité. C’est dans ce cadre que l’usage des esclaves pour la production de marchandises a pris une grande importance. La position de Marx sur l’esclavage et le servage est claire et a peu de chose à voir avec ce qui est devenu la vulgate marxiste. Pour lui, esclavage et servage existent, et même coexistent dans de nombreuses sociétés, y compris celles du mode de production asiatique, et ce à différentes périodes de l’histoire. Il faut, à ses yeux, des circonstances spécifiques pour que l’esclavage ou le servage deviennent l’élément principal d’un mode de production fondé sur l’exploitation du travail d’autrui. |