| Nous sommes devant un paradoxe : d’une part nous avons l’intime conviction que nos pensées determinent nos actes, ce qui sous-entend qu’elles agiraient sur l’activité de notre cerveau pour la modifier et produire les mouvements nécessaires ; et d’autre part nous réalisons que ces choix conscients, cette volonté, sont la conséquence et non pas la cause de l’activité de notre cerveau. L’activité du cerveau précède notre état mental de vouloir, et non l’inverse. Ce que nous croyons sur notre fonctionnement mental ne correspond donc pas nécessairement à ce qui se passe réellement. Ces croyances font partie de notre être conscient parce qu’elles semblent corroborer des intuitions que nous avons sur les mécanismes qui régissent notre comportement. Mais ces intuitions sont fausses. Certes, lorsque nous exécutons une action consciemment, cette pensée consciente et l’action elle-méme coincident dans le temps, et ce n’est qu’en mesurant avec précision les différents événements qui se succèdent que l’on s’apercoit que l’activité cérébrale précède effectivement la prise de conscience, d’une demi-seconde environ. |