Bibliographie générale

List Resources

Displaying 1 - 2 of 2 (Bibliography: WIKINDX Master Bibliography)
Order by:

Ascending
Descending
Use all checked: 
Use all displayed: 
Use all in list: 
Baran, P. A. (1967). Économie politique de la croissance L. Mozère, Trans. Paris: Librairie François Maspero.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2011-02-01 23:42:09 Pop. 0%
      Cette façade scintillante, attrayante, de prospérité économique et sociale, de cohésion politique et idéologique, est néanmoins fort trompeuse. Il semblerait en effet, à première vue, que le capitalisme est parvenu à résoudre les problèmes de surproduction et de sous-emploi — difficultés de base du régime capitaliste — et à assurer la stabilité et le fonctionnement normal du système.
     Une telle appréciation, toujours présente dans la pensée économique bourgeoise, est actuellement assumée par les keynésiens, promoteurs de la politique de plein emploi. Face à une accumulation excessive et à une insuffisance caractérisée de débouchés, les économistes keynésiens en viennent — s’étant approprié la théorie de la détermination à court terme des revenus — à proclamer que toute dépense favorise le développement de la prospérité, que n’importe quelle utilisation du surplus économique engendre le bien-être. Cela suffit à les rassurer. Présenter cette position comme étant la seule valable — alors qu’elle est peut-être seulement la moins mauvaise, ou même la plus mauvaise lorsque la demande porte sur la production d’armements — ne suffit pas à supprimer l’irrationalité qu’elle ne peut manquer de développer. Les économistes bourgeois, pour y échapper, ont recours à des arguments qui ont déjà fait leurs preuves, selon lesquels un accroissement du revenu national et de l’emploi — quelle qu’en soit l’origine — entraîne un gonflement de la demande globale, ce qui augmente la consommation globale et risque même, grâce à l’élargissement du marché, de créer un investissement additionnel. Voilà sans doute le meilleur exemple de la bêtise de cette « intelligence pragmatique » dont on nous rebat les oreilles ; en effet quelle peut être la valeur d’un raisonnement qui justifie le gaspillage d’une quantité considérable de ressources humaines et matérielles par l’existence possible (et secondaire) d’un certain accroissement de la consommation et d’une (incertaine) augmentation de l’investissement ?
Faure, P. (1973). La vie quotidienne en crète au temps de minos, 1500 av. j.-c; Paris: Hachette.  
Last edited by: Dominique Meeùs 2011-05-28 21:22:55 Pop. 0%
      Enfin, un fait humain pique constamment l’intérêt de nos campagnards : l’arrivée au village de gens qui ne sont ni des éleveurs ni des cultivateurs, mais des artisans spécialisés, ou des marchands, ou des guérisseurs, ou des devins, tous êtres éminemment mobiles, mais riches de nouveautés et excitateurs de besoins. Depuis que le tour rapide a remplacé le tour lent, la surproduction des vases est devenue telle que le potier d’un village, ou l’équipe de potiers à laquelle il appartient, a dû se promener de pays en pays pour proposer sa marchandise, contre de la nourriture d’abord, contre des objets façonnés ensuite. Cela suppose que la communauté ouverte à laquelle il s’adresse produit un surplus capable de le faire vivre. Cela suppose surtout des emplois différenciés au sein des villages minoens les plus évolués. À voir le caractère traditionnel de la profession de potier, tout le matériel et le savoir-faire enseigné qu’elle exige, on se dit qu’il existait en Crête, à l’époque du bronze déjà, des corporations de spécialistes et même des villages spécialisés dans la fabrication des grandes jarres, tels que ceux qui existent dans chacun des quatre départements actuels, Gra Lygia, Thrapsano, Margarites et Nokhia. Les équipes se mettent en route à la saison sèche en quête de sols argileux, d’eau et de bois, construisent leurs fours en pleine campagne, fabriquent leurs récipients, les chargent sur le dos des ânes ou des mulets et vont les proposer de porte en porte d’un département à l’autre. Les compagnons rentrent chez eux à l’automne et se partagent la recette selon les règles de leur contrat d’association. Mais que de curiosité […] Eux aussi opèrent mystérieusement, se cachent dans les gorges des montagnes, logent dans les cavernes, passent pour magiciens et jeteurs de sorts, connaissent l’avenir, dérobent les volailles des villages, mais fournissent à leur clientèle les outils et les ustensiles qui lui permettent de travailler et de vivre mieux. On les craint, mais on les respecte. Ce sont les seuls êtres libres du monde. Comme ils savent les secrets de l’art et de l’avenir, les grands leurs confient parfois leurs fils à former. Ces étrangers, la plupart du temps, ont été le plus puissant ferment de civilisation du monde méditerranéen, des sociétés tribales en particulier.
wikindx 6.2.0 ©2003-2020 | Total resources: 1310 | Username: -- | Bibliography: WIKINDX Master Bibliography | Style: American Psychological Association (APA) | Database queries: 25 | DB execution: 0.00746 secs | Script execution: 0.02308 secs