Dominique Meeùs
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John Duns Scot, dit le Docteur subtil, 1266-1308

Jean Duns, dit Scot parce qu’Écossais. Franciscain.

Formation initiale à Oxford dans les années 80. Université de Paris de 1293 à 1296 puis retour à Oxford où il enseigne à partir de 1300. Retour à Paris en 1302 pour y obtenir le grade de docteur. Quitte Paris en 1303 et y revient en 1304. Docteur en théologie de l’université de Paris en 1305. Quitte Paris en 1307 pour Cologne où il meurt en 1308.

Il laisse une œuvre importante mais inachevée, ce qui la rend plus difficile à comprendre. (Ce n’est pas pour rien qu’il est appelé le Docteur subtil.) Sa philosophie est subordonnée à sa théologie.

Dans sa métaphysique, l’être est « univoque ». Il conteste que la métaphysique puisse atteindre l’ipsum esse de Thomas d’Aquin parce que ces actes d’exister sont irréductiblement différents ce qui priverait la métaphysique d’un objet véritablement un.

La métaphysique ne s’occupe que de l’être en tant qu’être. Donc de Dieu en tant qu’être et pas de Dieu en tant que Dieu (théologie). Par ailleurs, l’homme ne connaît de l’être que ce qu’il peut tirer de sa connaissance du sensible. Nous ne pouvons donc pas concevoir l’être des immatériels tels que Dieu ou les anges.

Suivant Avicenne, les natures ne sont de soi ni universelles (elles sont nature de particuliers) ni singulières (elles le sont de plusieurs : equinitas est equinitas tantum). Duns Scot distingue les natures (genres, espèces pour lesquelles il est réaliste), qui sont du domaine de la métaphysique, des concepts (universaux pour lesquels il est nominaliste) qui relèvent de la logique. L’être du métaphysicien, même s’il est prédiqué universellement, n’est pas considéré en tant qu’universel logique mais en tant que réalité. Prédiqué de tout indifféremment, l’être est ce qu’il y a de plus vide en logique. Mais l’être du métaphysicien est une réalité, dont les virtualités sont très riches.

Un individu particulier ajoute à une natura communis une détermination supplémentaire qui le constitue en individu : l’eccéité.

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