Dominique Meeùs
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74.
L’ensemble du syndicat appartient au front

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Un front est une alliance de forces qui réunit autant des forces révolutionnaires que des forces réformistes, sur base d’une plate-forme minimale autour de revendications concrètes. L’appel à la formation d’un front contre le capitalisme monopoliste et son pouvoir d’État, pour la démocratie, pour la paix et contre l’impérialisme s’adresse à l’ensemble du syndicat. Le syndicat est l’organisation de masse des travailleurs et il constitue la base d’un front populaire plus large, nécessaire pour battre le grand capital et ses complices. En tant que tel, l’ensemble de la direction de cette organisation de masse relève du front, abstraction faite de la situation de classe de chaque dirigeant en particulier. Dans ce front, inévitablement, il y a des forces progressistes, des forces de droite et un groupe intermédiaire. La fraction la plus à droite de la direction syndicale appartient à la bourgeoisie ; elle est d’un anticommunisme acharné, elle a des liens étroits avec la bourgeoisie monopoliste et la bourgeoisie d’État, sabote la lutte, travaille avec les services de sécurité et fait la chasse aux délégués combatifs. Elle appartient au front parce qu’elle dirige le syndicat, mais, comme expliqué précédemment, sa place n’est pas véritablement dans le syndicat. Cela n’exclut pourtant pas l’unité et des alliances sur certains points précis. Des adversaires résolus de la lutte de classe peuvent parfois prendre de bonnes positions pour la paix ou contre le racisme.

Les formes du front, son ampleur et sa largeur évolueront dans le courant de la lutte de classe et de la lutte pour le socialisme. Si une unité est possible entre les forces réformistes et révolutionnaires, cela ne veut pas dire pour autant que le chemin de la révolution et celui du réformisme sont conciliables. Ils sont intégralement opposés l’un à l’autre. L’idéologie réformiste est une idéologie bourgeoise, une idéologie antagoniste au marxisme ; cette contradiction n’est pas évacuée par l’unité autour de mots d’ordre ponctuels. Pour la plupart des membres du front, les divergences se clarifient et peuvent se résoudre au travers de l’unité et de la lutte dans le front. Ce qui n’exclut pas que certains d’entre eux se laissent totalement corrompre par la bourgeoisie sur le plan matériel ou idéologique. Ces démarcations se feront claires au fur et à mesure de la lutte de classe.

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