Dominique Meeùs

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722.
La situation de classe

En ce qui concerne la situation de classe que la direction syndicale occupe objectivement, une distinction doit être faite entre le large groupe des secrétaires qui relèvent du « cadre intermédiaire » et le noyau limité des dirigeants au sommet. Sur base des critères employés, on peut réaliser en gros traits la classification suivante.

* Le large groupe de l’appareil (environ 2000 cadres) appartient à la petite-bourgeoisie, à l’aristocratie ouvrière, à la bureaucratie ouvrière ou à la classe ouvrière. Les patrons, le PSC-CVP et le PS-SP exercent une forte pression idéologique sur l’ensemble des cadres du syndicat, pression à laquelle la petite bourgeoisie et l’aristocratie ouvrière sont plus sensibles. L’expérience enseigne qu’il faut dans ces positions une sérieuse formation et éducation communiste pour résister aux chants de sirènes réformistes. Plus haut on grimpe, plus la sélection est forte, de même que la pression idéologique.

* L’analyse de la situation de classe et de l’expérience historique montre que la direction au sommet est étroitement liée à la bourgeoisie monopoliste et à la bourgeoisie d’État. Ils ont lié leur sort à celui de l’impérialisme dont ils désirent « l’humanisation », mais qu’ils veulent surtout maintenir. Dans les directions nationales (50 personnes au sommet dans chaque syndicat dont les représentants nationaux, régionaux et responsables de centrales) siègent des permanents qui relèvent de la bourgeoisie, de la petite-bourgeoisie et de l’aristocratie ouvrière.

Une petite partie de la direction au sommet appartient à la bourgeoisie. Nous l’affirmons parce que tout indique que celle-ci participe à la gérance de l’appareil d’État et que, par son attitude et ses agissements, elle est co-impliquée dans la conduite et la sauvegarde du système. Nous pensons particulièrement ici aux « dirigeants syndicaux-hommes d’État », tellement exaltés par la bourgeoisie. Ils se distinguent par leurs liens fermes avec les partis qui étayent l’appareil d’État, par leurs liens fermes avec les patrons et par leur collaboration permanente avec les services de sécurité.