Dominique Meeùs
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043.
La sociale-démocratie comme gestionnaire du capitalisme et de l’impérialisme

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Un facteur très important dans le glissement à droite des dirigeants syndicaux est la complicité idéologique et pratique de la sociale-démocratie et des représentants du mouvement ouvrier chrétien, avec la politique menée.

En France, c’est le parti socialiste qui mène la bourgeoisie à travers les foudres de la crise et sa politique économique et sociale est à peine différente de celle des conservateurs britanniques ou allemands. Les socialistes belges ont, pendant sept ans (1982-1988), laissé les sales besognes aux partis libéraux et chrétiens en espérant une reprise internationale rapide. Pendant tout ce temps, les partis socialistes n’ont pas pu présenter une alternative fondamentalement différente. Ils ont dès lors essayé d’endiguer, tant que possible, la lutte des classes et ont fait pression sur les syndicats pour qu’il s’en tiennent à un programme « réaliste ». Au début, ceci a mené à une guerre ouverte entre la direction du PS (André Cools) et la direction syndicale socialiste (Georges Debunne). Mais avec le recul progressif des positions syndicales, la bonne entente entre la direction syndicale et celle du parti s’est rétablie. Les partis socialistes ont entraîné les directions syndicales dans leur virage à droite.

Lors de leur retour au gouvernement (1988), le PS et le SP ont profité d’une conjoncture relativement favorable. Néanmoins, ils n’ont procédé à aucune révision des mécanismes de démantèlement mis en place au cours des huit dernières années et ils continuent tranquillement la même politique « d’assainissement ».

Actuellement, les partis socialistes se présentent non seulement comme les promoteurs, mais encore comme les pionniers de « l’Europe concurrentielle », une course pour mieux positionner le grand capital européen sur les marchés internationaux. Inévitablement s’installe la spirale du dumping social. Le problème auquel les syndicats ont été confrontés durant huit ans au niveau national se pose maintenant au niveau international, au niveau européen. Là aussi, les partis réformistes essaient de persuader les syndicats de se rendre « à la raison et au réalisme » et d’accepter une logique fondamentalement procapitaliste.

La faillite idéologique de la sociale-démocratie est clairement apparue lors de la chute des régimes de l’Europe de l’Est. Elle s’est faite complice des monopoles, défenseur du capitalisme et de l’impérialisme, du marché libre et de la privatisation, avocat de « la démocratie » occidentale. Brandt et Mitterrand se sont faits les pionniers de la reconquête de l’Europe de l’Est et Jacques Attali, conseiller personnel de Mitterrand, dirige la Banque pour la « colonisation » de l’Est. Les dirigeants syndicaux doivent-ils placer leurs espoirs en de tels partis pour diriger la lutte vers le « socialisme » ?

Le rôle de la sociale-démocratie dans le développement d’une Europe grande, forte et capitaliste démontre bien que son idéologie est rongée jusqu’à la moelle par l’impérialisme.

Son attitude lors de la guerre du Golfe l’a confirmé une fois de plus. Dans ce premier grand conflit Nord-Sud, la sociale-démocratie s’est placée, à l’échelle internationale, aux avant-postes d’une campagne agressive et impérialiste. Ceci prouve qu’elle défend les intérêts des monopoles, de préférence les monopoles européens, et qu’elle ira, pour cela, jusqu’à l’agression armée.

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