Dominique Meeùs

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3. Offensive contre les koulaks. Le groupe Boukharine-Rykov de lutte contre le Parti. Adoption du premier plan quinquennal. Emulation socialiste. Début du mouvement kolkhozien de masse.

L’agitation du bloc trotskiste-zinoviéviste contre la politique du Parti, contre la construction du socialisme, contre la collectivisation et de même l’agitation des boukhariniens disant que l’entreprise des kolkhoz ne réussirait pas, qu’il ne fallait pas toucher aux koulaks attendu qu’ils « s’intégreraient » d’eux-mêmes au socialisme, que l’enrichissement de la bourgeoisie ne constituait pas un danger pour le socialisme, toute cette agitation avait eu du retentissement parmi les éléments capitalistes du pays et, avant tout, parmi les koulaks. Ceux-ci savaient maintenant par les réactions de la presse qu’ils n’étaient pas isolés, qu’ils avaient des p. 323défenseurs et des intercesseurs en la personne de Trotski, Zinoviev, Kaménev, Boukharine, Rykov et autres. On comprend que cette circonstance ne pouvait manquer de stimuler la résistance des koulaks à la politique du gouvernement des Soviets. Et en effet, les koulaks opposaient une résistance de plus en plus énergique. Ils refusaient en masse de vendre à l’État soviétique les excédents de blé qu’ils avaient accumules en quantité. Ils pratiquaient la terreur contre les kolkhoziens, contre les militants du Parti et des institutions soviétiques à la campagne ; ils incendiaient les kolkhoz ainsi que les centres publics de stockage.

Le Parti comprit que tant qu’on n’aurait pas brisé la résistance des koulaks, tant qu’ils n’auraient pas été battus dans un combat ouvertement affronté, sous les yeux de la paysannerie, la classe ouvrière et l’Armée rouge auraient à souffrir du manque de blé et le mouvement kolkhozien ne pourrait pas prendre un caractère de masse.

En application des directives du XVe congrès, le Parti entreprit une offensive résolue contre les koulaks sous le mot d’ordre : s’appuyer solidement sur les paysans pauvres et consolider l’alliance avec les paysans moyens pour engager la lutte décisive contre les koulaks. En réponse au refus des koulaks de vendre à l’État leurs excédents de blé aux prix fermes, le Parti et le gouvernement prirent contre eux une série de mesures d’exception ; ils firent jouer l’article 107 du Code criminel, portant confiscation par autorité de justice des excédents de blé des koulaks et des spéculateurs en cas de refus de vendre à l’État ces excédents aux prix fermes. D’autre part, on accorda aux paysans pauvres des avantages en vertu desquels ils purent disposer de 25 % du blé confisqué aux koulaks.

Ces mesures d’exception produisirent leur effet : les paysans pauvres et moyens se joignirent à la lutte décisive contre les koulaks. Ceux-ci se trouvèrent isolés. La résistance des koulaks et des spéculateurs fut brisée. Dès la fin de 1928 l’État soviétique disposa de réserves de blé suffisantes et le mouvement de collectivisation progressa avec plus d’assurance.

La même année, on découvrit une importante organisation de saboteurs parmi les spécialistes bourgeois de Chakhty, dans le bassin du Donetz. Les saboteurs étaient étroitement liés aux anciens propriétaires des entreprises, — capitalistes russes et étrangers, — et aux services d’espionnage militaires de l’étranger. Leur but était de faire échec au développement de l’industrie socialiste et de favoriser la restauration du capitalisme en U.R.S.S. p. 324Les saboteurs conduisaient de façon anormale l’exploitation des mines, en s’employant à diminuer les extractions de charbon. Ils détérioraient l’outillage et la ventilation, ils organisaient des éboulements et des explosions ; ils incendiaient les mines, les usines, les centrales électriques. Ils freinaient à dessein l’amélioration des conditions matérielles des ouvriers et ils violaient les lois soviétiques sur la protection du travail.

Les saboteurs furent déférés en justice et châtiés comme ils le méritaient.

Le Comité central du Parti invita toutes ses organisations à tirer de l’affaire de Chakhty les enseignements qui s’imposaient. Le camarade Staline indiqua que les bolchéviks dirigeant les entreprises devaient eux-mêmes s’assimiler la technique de la production pour que les saboteurs figurant parmi les anciens spécialistes bourgeois ne pussent plus les tromper ; qu’il fallait hâter la formation de nouveaux cadres techniques recrutés au sein de la classe ouvrière.

Par décision du Comité central, on perfectionna la formation des jeunes spécialistes dans les écoles supérieures d enseignement technique. On mobilisa pour les études des milliers de membres du Parti, d’adhérents des Jeunesses communistes et de sans-parti dévoués à la cause de la classe ouvrière.

Avant l’offensive du Parti contre les koulaks, tant que le Parti était occupé à liquider le bloc trotskiste-zinoviéviste, le groupe Boukharine-Rykov, formant la réserve des forces hostiles au Parti, s’était tenu plus ou moins tranquille. Il n’avait pas osé soutenir ouvertement les trotskistes ; parfois même, il s’était élevé avec le Parti contre les trotskistes. Mais une fois l’offensive engagée par le Parti contre les koulaks et les mesures d’exception prises contre eux, le groupe Boukharine-Rykov, jetant le masque, s’attaqua ouvertement à la politique du Parti. L’âme koulak du groupe Boukharine-Rykov n’y tint plus ; désormais ses partisans prenaient ouvertement la défense des koulaks. Ils exigeaient l’abolition des mesures d’exception ; dans le cas contraire, disaient-ils pour faire peur aux naïfs, la « dégradation » de l’agriculture pouvait commencer, elle avait déjà commencé. Ils ne remarquaient pas la montée des kolkhoz et des sovkhoz, ces formes supérieures de l’agriculture ; voyant s’effondrer l’économie koulak, ils voulaient faire passer la dégradation de celle-ci pour la dégradation de l’agriculture. Afin de se donner un appui théorique, ils confectionnèrent une théorie ridicule dite « théorie de l’extinction de la lutte de classes ». En vertu de cette théorie, ils p. 325affirmaient que plus le socialisme enregistrerait de succès dans sa lutte contre les éléments capitalistes et plus s’atténuerait la lutte de classes ; que la lutte de classes s’éteindrait bientôt tout à fait et que l’ennemi de classe livrerait toutes ses positions sans résistance ; que, par conséquent, il était inutile d’entreprendre une offensive contre les koulaks. C’est ainsi qu’ils cherchaient à restaurer leur théorie bourgeoise passablement rebattue sur l’intégration pacifique des koulaks dans le socialisme et foulaient aux pieds la thèse célèbre du léninisme selon laquelle la résistance de l’ennemi de classe prend des formes d’autant plus aiguës qu’il sent davantage le terrain se dérober sous ses pieds et que le socialisme remporte plus de succès, thèse selon laquelle la lutte de classes ne peut « s’éteindre » qu’après l’anéantissement de l’ennemi de classe.

Il n’était pas difficile de comprendre que le groupe Boukharine-Rykov était un groupe opportuniste de droite, qui ne se distinguait du bloc trotskiste-zinoviéviste que par la forme, par le seul fait que les trotskistes et les zinoviévistes avaient eu quelque possibilité de masquer leur fond capitulard avec des phrases gauchistes, avec de tapageuses phrases faussement révolutionnaires sur la « révolution permanente » ; au contraire, le groupe Boukharine-Rykov, qui se dressait contre le Parti au moment où celui-ci passait à l’offensive contre les koulaks, ne pouvait plus masquer son visage de capitulard ; il se voyait donc obligé de défendre les forces réactionnaires de notre pays et avant tout les koulaks, ouvertement, sans fard, sans masque.

Le Parti comprenait que le groupe Boukharine-Rykov devait tôt ou tard tendre la main aux débris du bloc trotskiste-zinoviéviste, en vue d’engager la lutte en commun contre le Parti.

Parallèlement à son action politique, le groupe Boukharine-Rykov faisait un « travail » d’organisation, en vue de rassembler ses partisans. Par l’intermédiaire de Boukharine, il ramassait la jeunesse bourgeoise dans le genre de Slepkov, Maretski, Eichenwald, Goldenberg et autres ; par l’intermédiaire de Tomski, les dirigeants bureaucratisés des syndicats (Melnitchanski, Dogadov, d’autres encore) ; par l’intermédiaire de Rykov, les chefs dégénérés d’administrations soviétiques (A. Smirnov, Eismont, V. Schmidt, etc.). On voyait se rallier volontiers à ce groupe les gens qui étaient politiquement décomposés et ne faisaient pas mystère de leur esprit de capitulation.

Vers ce temps, le groupe Boukharine-Rykov recevait l’appui du sommet de l’organisation de Moscou du Parti (Ouglanov, p. 326Kotov, Oukhanov, Rioutine, Iagoda, Polonski et autres). Notons qu’une partie de la droite restait camouflée, sans s’élever ouvertement contre la ligne du Parti. À Moscou, dans la presse du Parti et dans les réunions du Parti, on prêchait la nécessité de faire des concessions aux koulaks ; on disait qu’il n’était pas indiqué d’imposer les koulaks ; que l’industrialisation était un fardeau trop lourd pour le peuple ; qu’il était trop tôt pour édifier l’industrie lourde. Ouglanov s’éleva contre la construction de la centrale hydroélectrique du Dniepr ; il demandait que les ressources financières fussent transférées de l’industrie lourde à l’industrie légère. Ouglanov et les autres capitulards de droite assuraient que Moscou avait été et resterait la cité des cotonnades, qu’il était inutile d’y élever des usines de constructions mécaniques.

L’organisation de Moscou du Parti dénonça Ouglanov et ses partisans ; elle leur adressa une dernière mise en garde et se serra encore davantage autour du Comité central du Parti. En 1928, à l’Assemblée plénière du Comité de Moscou du P.C. de l’U.R S.S., le camarade Staline affirma la nécessité de mener la lutte sur les deux fronts en concentrant le feu sur la déviation de droite. Les droitiers, dit le camarade Staline, sont les agents des koulaks dans le Parti.

… La victoire de la déviation de droite dans notre Parti donnerait libre cours aux forces du capitalisme, minerait les positions révolutionnaires du prolétariat et augmenterait les chances de restauration du capitalisme dans notre pays, déclara le camarade Staline.

Les Questions du léninisme.

Au début de 1929, on apprend que Boukharine, mandaté par le groupe des capitulards de droite, a noué contact avec les trotskistes par l’intermédiaire de Kaménev et élabore un projet d’entente avec eux pour engager la lutte en commun contre le Parti. Le Comité central dénonce l’activité criminelle des capitulards de droite et avertit que cette affaire peut finir lamentablement pour Boukharine, Rykov, Tomski et les autres. Mais les capitulards de droite persistent. Ils interviennent au Comité central, ils y formulent une nouvelle plate-forme-déclaration, dirigée contre le Parti, et qui est condamnée par le Comité central. Celui-ci leur donne un nouvel avertissement, en leur rappelant le sort du bloc trotskiste-zinoviéviste. Malgré cela, le groupe Boukharine-Rykov poursuit son activité contre le Parti, Rykov, Tomski et Boukharine remettent au Comité central leur démission, pensant ainsi faire peur au Parti. Le Comité central condamne cette politique de p. 327démission, politique de sabotage. Enfin l’Assemblée plénière du Comité central de novembre 1929 proclame que la propagande des idées des opportunistes de droite est incompatible avec la qualité de membre du Parti ; elle propose d’exclure du Bureau politique du Comité central Boukharine, promoteur et dirigeant du groupe des capitulards de droite ; à Rykov, à Tomski et aux autres membres de l’opposition de droite, on adresse une sérieuse mise en garde.

Les meneurs des capitulards de droite, voyant que les choses prennent une fâcheuse tournure, reconnaissent, dans une déclaration écrite, leurs erreurs ainsi que la justesse de la ligne politique du Parti.

Les capitulards de droite ont décidé de reculer momentanément, pour sauver leurs cadres de l’écrasement.

Là se termine la première étape de la lutte du Parti contre les capitulards de droite.

Les nouveaux désaccords dans le Parti n’échappent pas aux ennemis extérieurs de l’U.R.S.S. Persuadés que ces « nouvelles dissensions » sont autant d’indices de l’affaiblissement du Parti, ils tentent à nouveau d’entraîner l’U.R.S.S. à la guerre, afin de faire échec à l’œuvre encore fragile de l’industrialisation du pays. En été 1929, les impérialistes organisent le conflit de la Chine avec l’UR.S.S., l’occupation par les militaristes chinois du chemin de fer de l’Est-chinois (qui appartenait à l’U.R.S.S.) et l’agression des troupes de la réaction chinoise sur les frontières extrême-orientales de notre patrie. Mais le raid des militaristes chinois fut liquidé rapidement ; les militaristes battus par l’Armée rouge se replièrent et le conflit se termina par un accord avec les autorités mandchoues.

La politique de paix de l’U.R.S.S. triomphait une fois de plus, malgré tout, malgré les menées des ennemis extérieurs et les « dissensions » à l’intérieur du Parti.

Bientôt les relations diplomatiques et commerciales, rompues dans le passé par les conservateurs anglais, reprenaient entre l’U.R.S.S. et l’Angleterre.

Tout en repoussant avec succès les attaques des ennemis extérieurs et intérieurs, le Parti faisait un important travail pour déployer la construction de l’industrie lourde, pour organiser l’émulation socialiste, pour fonder sovkhoz et kolkhoz, enfin pour préparer les conditions nécessaires à l’adoption et à l’exécution du premier plan quinquennal de l’économie soviétique.

En avril 1929 se réunit la XVIe conférence du Parti. La p. 328question essentielle de son ordre du jour était le premier plan quinquennal. La conférence repoussa la variante « minima » défendue par les capitulards de droite, et adopta la variante « optima » du plan quinquennal comme obligatoire dans toutes les conditions.

C’est ainsi que le Parti adopta le célèbre premier plan quinquennal de construction du socialisme.

D’après ce plan, les investissements dans les grands travaux de l’économie nationale pour 1928-1933 étaient fixés à 64,6 milliards de roubles. Sur cette somme, on prévoyait pour l’industrie et l’électrification 19,5 milliards de roubles ; pour les transports, 10 milliards de roubles ; pour l’agriculture, 23,2 milliards de roubles.

C’était là un plan grandiose qui allait doter l’industrie et l’agriculture de l’U.R.S.S. d’une technique moderne.

La tâche essentielle du plan quinquennal, a dit le camarade Staline, était de créer dans notre pays une industrie capable de ré-outiller et de réorganiser sur la base du socialisme, non seulement l’industrie dans son ensemble, mais aussi les transports, mais aussi l’agriculture.

Staline : Le bilan du premier plan quinquennal. Voir Les Questions du léninisme.

Ce plan, tout grandiose qu’il fût, n’avait cependant rien d’inattendu ni de vertigineux pour les bolchéviks. Il avait été préparé par le cours du développement de l’industrialisation et de la collectivisation, préparé par l’élan de travail qui s’était emparé des ouvriers et des paysans et qui se traduisait dans l’émulation socialiste.

La XVIe conférence du Parti adressa à tous les travailleurs un appel sur le développement de ce mouvement.

L’émulation socialiste fournit d’admirables exemples de travail et de comportement nouveau à l’égard du travail. Dans un grand nombre d’entreprises, de kolkhoz et de sovkhoz, les ouvriers et les kolkhoziens établirent des contre-plans. On fit des prodiges d’héroïsme dans le travail. Non contents d’exécuter les plans d’édification socialiste arrêtés par le Parti et le gouvernement, on les dépassait. L’attitude des hommes envers le travail se modifiait. De labeur servile et écrasant qu’il était sous le capitalisme, le travail devenait « une affaire de dignité, une affaire de gloire, une affaire de vaillance et d’héroïsme » (Staline).

L’édification industrielle se poursuivait, immense, à travers le pays. Les travaux de construction de la centrale hydroélectrique p. 329du Dniepr battaient leur plein. Dans le bassin du Donetz, on édifiait les usines de Kramatorsk et de Gorlovka ; on reconstruisait l’usine de locomotives de Lougansk, Des hauts fourneaux neufs et de nouvelles mines apparaissaient. Dans l’Oural, on édifiait une usine de constructions mécaniques, des groupes d’usines chimiques à Bérezniki et Solikamsk. On élevait l’usine métallurgique de Magnitogorsk. La construction de grandes usines d’automobiles à Moscou et à Gorki était en train. On édifiait de géantes usines de tracteurs et de moissonneuses-batteuses, une usine monstre de machines agricoles à Rostov-sur-Don. La deuxième base houillère de l’Union soviétique, le bassin de Kouznetsk, prenait de l’extension. En onze mois, on avait vu surgir en pleine steppe, près de Stalingrad, une colossale usine de tracteurs. Sur les chantiers du Dnieproguès et de l’usine de tracteurs de Stalingrad, les ouvriers avaient battu les records mondiaux de productivité du travail.

L’Histoire n’avait jamais vu encore une construction industrielle d’une envergure aussi gigantesque, un pareil enthousiasme pour bâtir une œuvre nouvelle, un tel héroïsme au travail de la part des masses innombrables de la classe ouvrière.

C’était, dans la classe ouvrière, un véritable élan de travail, qui se déployait sur la base de l’émulation socialiste.

Les paysans, cette fois, emboîtaient le pas aux ouvriers. À la campagne aussi, l’élan de travail avait gagné les masses paysannes qui édifiaient les kolkhoz. La masse de la paysannerie s’orientait nettement vers les kolkhoz. Un rôle important revint ici aux sovkhoz et aux stations de tracteurs et de machines agricoles (S.M.T.), bien pourvues de matériel. Les paysans venaient en foule visiter les sovkhoz et les S.M.T. ; ils s’intéressaient au fonctionnement des tracteurs, des machines agricoles, ils exprimaient leur enthousiasme et, séance tenante, décidaient d’« aller au kolkhoz ». Divisés en petites et en minuscules exploitations individuelles, dépourvus d’un outillage et d’une force de traction tant soit peu convenables, privés de la possibilité de défricher les immenses étendues de terre vierge, privés de toute perspective d’améliorer leurs exploitations, écrasés par le besoin et l’isolement abandonnés à eux-mêmes, les paysans avaient enfin trouvé l’issue, le chemin d’une vie meilleure, grâce à l’union des petites exploitations en associations, en kolkhoz ; grâce aux tracteurs capables de labourer n’importe quelle « terre dure », n’importe quelle friche; grâce à l’aide que leur apportait l’État en machines, en argent, en hommes, en conseils ; grâce à la possibilité de se libérer du p. 330joug des koulaks que le gouvernement soviétique venait juste de battre, de terrasser à la grande joie des innombrables masses de paysans.

C’est sur cette base que commença et que se déploya ensuite le mouvement kolkhozien de masse ; devenu particulièrement vigoureux à la fin de 1929, il fut marqué par des rythmes d’augmentation des kolkhoz, rythmes inconnus même de notre industrie socialiste.

En 1928, la superficie ensemencée appartenant aux kolkhoz avait été de 1 390 000 hectares ; en 1929, elle fut de 4 262 000 hectares ; en 1930, les kolkhoz pouvaient déjà prévoir la mise en culture de 15 000 000 d’hectares.

Il faut reconnaître, disait le camarade Staline dans son article « L’année du grand tournant » (1929) à propos des rythmes d’augmentation des kolkhoz, que des rythmes de développement aussi impétueux sont inconnus même de notre grande industrie socialisée, dont les rythmes do développement se distinguent en général par une grande envergure.

Staline : Les Questions du léninisme.

Tel fut le tournant dans le développement du mouvement kolkhozien.

Tel fut le début du mouvement kolkhozien de masse.

Qu’y a-t-il de nouveau dans l’actuel mouvement des kolkhoz ? demandait le camarade Staline dans « L’année du grand tournant ».

Et il répondait :

Ce qu’il y a de nouveau et de décisif dans le mouvement actuel des kolkhoz, c’est que les paysans y entrent non par groupes isolés, comme cela se faisait auparavant, mais par villages, par cantons, par rayons, voire par arrondissements entiers. Qu’est-ce à dire ? C’est que le paysan moyen a pris le chemin des kolkhoz. Là est la base du tournant radical qui s est opéré dans le développement de l’agriculture et qui constitue une réalisation capitale entre toutes du pouvoir des Soviets…

En d’autres termes, la question de la liquidation des koulaks comme classe sur la base de la collectivisation intégrale venait à maturité ou était déjà mûre.