Dominique Meeùs

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5. L’Union Soviétique à la fin de la période de rétablissement. Le problème de la construction socialiste et de la victoire du socialisme dans notre pays. La « nouvelle opposition » Zinoviev-Kaménev. XIVe congrès du Parti. Orientation vers l’industrialisation socialiste du pays.

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Il s’était écoulé plus de quatre années de travail tenace du Parti bolchévik et de la classe ouvrière dans la voie de la nouvelle politique économique. Le travail héroïque accompli en vue de rétablir l’économie nationale touchait à sa fin. On voyait grandir de plus en plus la puissance économique et politique de l’U.R.S.S.

La situation internationale s’était modifiée vers cette époque. Le capitalisme avait résisté au premier assaut révolutionnaire des masses après la guerre impérialiste. Le mouvement révolutionnaire d’Allemagne, d’Italie, de Bulgarie, de Pologne et d’une série d’autres pays avait été écrasé. Dans cette besogne, la bourgeoisie avait été secondée par les chefs des partis conciliateurs social-démocrates. On assistait à un reflux momentané de la révolution. Et ce fut la stabilisation temporaire, partielle, du capitalisme en Europe occidentale, la consolidation partielle de ses positions. Mais la stabilisation du capitalisme n’avait pas supprimé les contradictions fondamentales qui déchirent la société capitaliste. Au contraire : la stabilisation partielle aggrava les antagonismes entre les ouvriers et les capitalistes, entre l’impérialisme et les peuples coloniaux, entre les groupes impérialistes des divers pays. La stabilisation prépara une nouvelle explosion d’antagonismes, des crises nouvelles dans les pays du capitalisme.

Parallèlement à la stabilisation du capitalisme s’opérait la stabilisation de l’Union soviétique. Toutefois, ces deux stabilisations se distinguaient foncièrement l’une de l’autre. La stabilisation capitaliste annonçait une nouvelle crise du capitalisme. La stabilisation de l’Union soviétique signifiait un nouveau progrès de la puissance économique et politique du pays du socialisme.

Malgré la défaite de la révolution en Occident, la situation internationale de l’Union soviétique continuait de se consolider, à un rythme moins rapide il est vrai.

En 1922, l’Union soviétique fut invitée à une conférence économique internationale tenue à Gênes, en Italie. À cette conférence, les gouvernements impérialistes encouragés par la défaite de la révolution dans les pays du capitalisme, essayèrent d’exercer une nouvelle pression sur la République des Soviets, cette fois p. 300sous la forme diplomatique. Les impérialistes présentèrent au pays des Soviets des exigences scandaleuses. Ils demandaient que les fabriques et les usines nationalisées par la Révolution d’Octobre fussent restituées aux capitalistes étrangers et que fussent payées toutes les dettes du gouvernement tsariste. C’est à ces conditions que les États impérialistes promettaient à l’État soviétique des emprunts, insignifiants d’ailleurs.

L’Union soviétique repoussa ces exigences.

Les résultats de la conférence de Gênes furent nuls.

La menace d’une nouvelle intervention armée, sous la forme d’un ultimatum du ministre des Affaires étrangères anglais Curzon, en 1923, fait de même repoussée comme elle le méritait.

Après avoir éprouvé la solidité du pouvoir des Soviets et s’être convaincus de sa stabilité, les États capitalistes commencèrent à rétablir, l’un après l’autre, les relations diplomatiques avec notre pays. Au cours de l’année 1924, les relations diplomatiques furent rétablies avec l’Angleterre, la France, le Japon et l’Italie.

Il fut évident que le pays des Soviets était parvenu à s’assurer toute une période de trêve.

La situation intérieure du pays avait changé, elle aussi. Le travail plein d’abnégation des ouvriers et des paysans dirigés par le Parti bolchévik portait ses fruits. On assistait au développement rapide de l’économie nationale. Pendant l’exercice 1924-1925, l’agriculture approchait du niveau d’avant-guerre, dont elle atteignait déjà 87 %. La grande industrie de l’U.R.S.S. fournit en 1925 près des trois quarts de la production industrielle d’avant-guerre. En 1924-1925, le pays des Soviets put déjà investir dans les grands travaux 385 000 000 de roubles. On exécutait avec succès le plan d’électrification du pays. Les postes de commandement du socialisme dans l’économie nationale se fortifiaient. De sérieux succès furent remportés au cours de la lutte contre le capital privé dans l’industrie et le commerce.

L’essor de l’économie entraînait une nouvelle amélioration de la situation des ouvriers et des paysans. Les effectifs de la classe ouvrière grandissaient à un rythme accéléré. Les salaires augmentaient, de même que la productivité du travail La situation matérielle des paysans accusait une amélioration sensible. L’État ouvrier et paysan put en 1924-1925, assigner jusqu’à 290 000 000 de roubles pour l’aide aux petits paysans. À la faveur du mieux-être des ouvriers et des paysans, l’activité politique des masses se développe fortement. La dictature du prolétariat se raffermit. Le Parti bolchévik voit grandir son autorité et son influence.

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Le rétablissement de l’économie nationale allait être achevé. Mais il ne suffisait pas au pays des Soviets, au pays du socialisme en construction, de rétablir simplement l’économie, d’atteindre simplement le niveau d’avant-guerre, qui était celui d’un pays arriéré. II fallait aller de l’avant. La trêve prolongée conquise par l’État soviétique assurait la possibilité de poursuivre l’œuvre constructive.

Mais ici se posait dans toute son ampleur la question des perspectives du caractère de notre développement, de notre construction, le problème des destinées du socialisme en Union soviétique. Dans quelle direction fallait-il orienter la construction économique en U.R.S.S. ? Dans le sens du socialisme ou dans quelque autre sens ? Devions-nous et pouvions-nous construire l’économie socialiste, ou bien le sort nous réservait-il le soin d’engraisser le terrain pour une autre économie, pour l’économie capitaliste ? Était-il possible d’une façon générale de construire l’économie socialiste en U.R.S.S. et si oui, était-il possible de la construire alors que la révolution tardait dans les pays capitalistes et que le capitalisme se stabilisait ? Était-il possible de construire l’économie socialiste en suivant la voie de la nouvelle politique économique qui, multipliant et étendant dans toute la mesure du possible les forces du socialisme dans le pays, accusait du même coup un progrès momentané du capitalisme ? Comment fallait-il construire l’économie socialiste et par quel bout commencer ?

Toutes ces questions se posaient au Parti à l’issue de la période de rétablissement, non plus comme des problèmes de théorie, mais comme des problèmes de pratique, des problèmes de la construction quotidienne de l’économie.

À toutes ces questions, il importait de donner des réponses claires et nettes, pour que les militants de notre Parti travaillant dans l’économie nationale où ils édifiaient l’industrie et l’agriculture, de même que le peuple tout entier, sachent de quel côté s’orienter, vers le socialisme ou vers le capitalisme.

Sans réponse claire à ces questions, tout notre travail pratique de construction aurait été privé de perspectives ; c’eût été travailler à l’aveuglette, travailler à vide.

À toutes ces questions, le Parti répondit de façon claire et précise.

Oui, répondit le Parti, on peut et on doit construire une économie socialiste dans notre pays, puisque nous avons tout ce qui est nécessaire pour construire cette économie, pour construire la société socialiste intégrale. En octobre 1917, la classe ouvrière a p. 302triomphé du capitalisme politiquement, en instaurant sa dictature politique. Depuis lors, le pouvoir des Soviets a pris toutes mesures utiles afin de briser la puissance économique du capitalisme et de créer les conditions nécessaires pour construire l’économie socialiste. L’expropriation des capitalistes et des grands propriétaires fonciers ; la transformation de la terre, des fabriques, des usines, des voies de communication, des banques en propriété nationale ; l’institution de la nouvelle politique économique ; la construction d’une industrie socialiste d’État ; la mise en application du plan de coopération établi par Lénine, telles ont été les mesures en question Maintenant la tâche essentielle consiste à déployer à travers le pays la construction d’une économie nouvelle, socialiste et à donner par là le coup de grâce au capitalisme sur le terrain économique également. Tout notre travail pratique, tous nos actes doivent être subordonnés à l’exécution de cette tâche primordiale. La classe ouvrière peut s’acquitter de cette tâche et elle s’en acquittera. Il faut commencer l’exécution de cette tâche grandiose par l’industrialisation du pays. L’industrialisation socialiste du pays, tel est le maillon essentiel dont il faut partir pour déployer la construction de l’économie socialiste. Ni le retard de la révolution en Occident ni la stabilisation partielle du capitalisme dans les pays non soviétiques ne peuvent arrêter notre marche en avant vers le socialisme. La nouvelle politique économique ne peut que faciliter notre tâche, puisqu’elle a été instituée par le Parti justement pour faciliter la construction des fondements socialistes de notre économie nationale.

Telle fut la réponse faite par le Parti à la question de la- victoire de la construction socialiste dans notre pays.

Mais le Parti savait bien que ce n’était pas là épuiser le problème de la victoire du socialisme dans un seul pays. La construction du socialisme en U.R.S.S. marque un tournant prodigieux dans l’histoire de l’humanité ; elle marque de la part de la classe ouvrière et de la paysannerie de ce pays une victoire d’une portée historique universelle. Mais cette construction représente toutefois une œuvre intérieure de l’U.R.S.S., elle ne constitue qu’une partie du problème de la victoire du socialisme. L’autre partie du problème, c’est son côté international. En soutenant la thèse de la victoire du socialisme dans un seul pays, le camarade Staline a maintes fois indiqué qu’il convient de distinguer deux aspects de cette question, le côté intérieur et le côté international. En ce qui concerne le côté intérieur du problème, c’est-à-dire les rapports des classes à l’intérieur du pays, la classe ouvrière et la paysannerie de p. 303l’U.R.S.S. peuvent parfaitement vaincre économiquement leur propre bourgeoisie et construire une société socialiste intégrale. Mais il y a aussi le côté international du problème, c’est-à-dire le domaine des rapports extérieurs, celui des rapports entre le pays des Soviets et les pays capitalistes, entre le peuple soviétique et la bourgeoisie internationale qui exècre le régime soviétique et cherche une occasion d’entreprendre une nouvelle intervention armée contre le pays des Soviets, de faire de nouvelles tentatives de restauration du capitalisme en U.R.S.S. Étant donné que l’U.R.S.S, est pour le moment le seul pays du socialisme et que les autres pays demeurent capitalistes, l’encerclement capitaliste existe toujours autour de l’U.R.S.S. et crée le danger d’une intervention capitaliste. Il est évident que tant que subsistera l’encerclement capitaliste, subsistera le danger d’une intervention capitaliste. Le peuple soviétique peut-il, par ses seules forces, écarter ce danger extérieur, le danger dune intervention capitaliste contre l’U.R.S.S. ? Évidemment non. Parce que pour supprimer le danger d’une intervention capitaliste, il faut supprimer l’encerclement capitaliste. Or, on ne peut supprimer l’encerclement capitaliste qu’à la suite d’une révolution prolétarienne victorieuse au moins, dans plusieurs pays. Il s’ensuit donc que la victoire du socialisme en U.R.S.S., qui se traduit par la liquidation du système capitaliste de l’économie et par la construction du système socialiste de l’économie ne peut toutefois pas être considérée comme une victoire définitive, pour autant que le danger d’une intervention armée de l’étranger et de tentatives de restauration du capitalisme demeure entier ; pour autant que le pays du socialisme n’est pas garanti contre un tel danger. Pour supprimer le danger d’une intervention capitaliste étrangère, il faut supprimer l’encerclement capitaliste.

Certes, le peuple soviétique et son Armée rouge, — étant donné la politique juste du pouvoir des Soviets, — sauront infliger la riposte méritée à une nouvelle intervention capitaliste de l’étranger, de même qu’ils l’ont fait pour la première intervention capitaliste en 1918-1920. Mais le danger de nouvelles interventions capitalistes n’en sera pas écarté pour autant. La défaite de la première intervention n’a pas écarté le danger d’une nouvelle intervention, puisque la source du danger d’intervention, — l’encerclement capitaliste, — existe toujours La défaite d’une nouvelle intervention n’écarterait pas non plus le danger d’intervention, si l’encerclement capitaliste demeure.

Il suit de là que les travailleurs de l’U.R.S.S. ont un intérêt p. 304vital à la victoire de la révolution prolétarienne dans les pays capitalistes.

Tel était le point de vue du Parti en ce qui concerne la victoire du socialisme dans notre pays.

Le Comité central insista pour que ce point de vue fût discuté à la XIVe conférence du Parti à la veille de laquelle on se trouvait, pour qu’il fût approuvé et adopté comme l’orientation du Parti, comme la loi du Parti, obligatoire pour tous ses membres.

Cette orientation eut un effet ahurissant sur l’opposition. Avant tout parce que le Parti conférait à cette orientation un caractère pratique et concret, la rattachait au plan pratique d’industrialisation socialiste du pays et demandait qu’elle fût revêtue de la forme d’une loi du Parti, de la forme d’une résolution de la XIVe conférence, résolution qui serait obligatoire pour tous les membres du Parti.

Les trotskistes s’élevèrent contre cette orientation, en lui opposant une théorie menchévique dite « théorie de la révolution permanente », qui ne pouvait être que par dérision appelée théorie marxiste et qui niait la possibilité de la victoire de la construction socialiste en U.R.S.S.

Les boukhariniens n’avaient pas osé se dresser ouvertement contre l’orientation du Parti. Mais ils ne lui en opposèrent pas moins, sournoisement, leur « théorie » de l’intégration pacifique de la bourgeoisie dans le socialisme, en la complétant d’un mot d’ordre « nouveau » : « Enrichissez-vous ! » Selon les boukhariniens, la victoire du socialisme signifiait non pas liquider la bourgeoisie, mais stimuler son développement et l’enrichir.

Zinoviev et Kaménev s’étaient hasardés, pendant un temps, à déclarer que la victoire du socialisme dans l’U.R.S.S. était impossible pas suite de son retard économique et technique ; mais ils durent par la suite rentrer dans leur trou.

La XIVe conférence du Parti (avril 1925) condamna toutes ces « théories » de capitulation, formulées par les membres, déclarés ou masqués, de l’opposition et elle confirma par une résolution appropriée l’orientation du Parti vers la victoire du socialisme en U.R.S.S.

Mis au pied du mur, Zinoviev et Kaménev préférèrent voter pour la résolution. Mais le Parti savait qu’ils n’avaient fait qu ajourner leur lutte, en se réservant de « livrer bataille au Parti » à son XIVe congrès. Ils rassemblèrent leurs partisans à Léningrad et formèrent ce qu’on appela la « nouvelle opposition ».

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En décembre 1925 s’ouvrit le XIVe congrès.

L’atmosphère était tendue au sein du Parti. Depuis qu’il existait, on n’avait jamais vu une délégation d’un grand centre du Parti, comme Léningrad, se préparer à intervenir contre son Comité central.

Au congrès assistaient 665 délégués avec voix délibérative et 641 avec voix consultative ; ils représentaient 643 000 membres du Parti et 445 000 stagiaires, c’est-à-dire un peu moins qu’au congrès précédent : résultat de l’épuration partielle des cellules des écoles supérieures et des administrations, qui s’étaient révélées encombrées d’éléments hostiles au Parti.

Le rapport politique du Comité central fut présenté par le camarade Staline. Il brossa un tableau saisissant du progrès de la puissance politique et économique de l’U.R.S.S. L’industrie comme l’agriculture, grâce aux avantages du système soviétique de l’économie, avaient été restaurées dans un délai relativement court et elles approchaient du niveau d’avant-guerre. Mais le camarade Staline invitait à ne pas s’en tenir là, les succès réalisés ne pouvant supprimer cette vérité que notre pays restait encore un pays arriéré, un pays agraire. Les deux tiers de la production globale étaient fournis par l’agriculture, un tiers seulement par l’industrie. Devant le Parti, disait le camarade Staline, se pose dans toute son ampleur le problème de la transformation de notre pays en un pays industriel, économiquement indépendant des pays capitalistes. On peut atteindre ce but et il faut l’atteindre. La tâche centrale du Parti devient la lutte pour l’industrialisation socialiste du pays, la lutte pour la victoire du socialisme.

Transformer notre pays de pays agraire en pays industriel, capable de produire par ses propres forces l’outillage nécessaire voilà le fond, la base de notre ligne générale, indiqua le camarade Staline.

L’industrialisation du pays assurait son indépendance économique, renforçait sa capacité de défense et créait les conditions nécessaires pour la victoire du socialisme en U.R.S.S.

Contre la ligne générale du Parti s’élevèrent les zinoviévistes. Au plan d’industrialisation socialiste de Staline, le zinoviéviste Sokolnikov opposa le plan bourgeois qui avait cours parmi les requins de l’impérialisme. D’après ce plan, l’U.R.S S. devait rester un pays agraire, produisant principalement des matières premières et des produits agricoles, les exportant à l’étranger et important en échange les machines qu’elle ne fabriquait pas ni ne fabriquerait. p. 306Dans les conditions de l’année 1925, ce plan apparaissait comme un plan d’asservissement économique de l’U.R.S.S. par les pays étrangers industriellement évolués, comme un plan de consécration du retard industriel de l’Union soviétique, bien fait pour plaire aux requins impérialistes des pays du capital.

Adopter ce plan revenait à transformer notre pays en un appendice agraire, appendice impuissant du monde capitaliste, à le laisser désarmé et débile face à l’encerclement capitaliste et, en dernière analyse, à enterrer la cause du socialisme en U.R.S.S.

Le congrès condamna le « plan » économique des zinovièvistes comme un plan d’asservissement de l’U.R.S.S.

La « nouvelle opposition » échoua également dans ses manœuvres telles que l’affirmation (à l’encontre de Lénine !) que notre industrie d’État n’était pas une industrie socialiste, ou la déclaration (également à l’encontre de Lénine !) que le paysan moyen ne pouvait pas être l’allié de la classe ouvrière dans l’œuvre de construction socialiste.

Le congrès condamna ces manœuvres de la « nouvelle opposition » comme antiléninistes.

Le camarade Staline dénonça la nature menchévico-trotskiste de la « nouvelle opposition ». Il montra que Zinoviev et Kaménev ne faisaient que reprendre les refrains des ennemis du Parti contre lesquels Lénine avait engagé en son temps une lutte implacable.

Il apparaissait de toute évidence que les zinoviévistes n’étaient que des trotskistes mal camouflés.

Le camarade Staline souligna que l congrèsa tâche la plus importante du Parti consistait à assurer l’alliance solide de la classe ouvrière avec le paysan moyen dans l’œuvre de construction du socialisme. Il signala les deux déviations qui existaient alors dans le Parti sur la question paysanne et qui représentaient un danger pour cette alliance. La première déviation consistait à sous-estimer et à diminuer le danger koulak ; la seconde, c’était la panique la peur du koulak et la sous-estimation du rôle du paysan moyen. À la question de savoir laquelle de ces déviations était la pire le camarade Staline répondit : « Elles sont pires toutes les deux, la première comme la seconde. Et si elles prennent de l’extension, elles sont capables de décomposer et de perdre le Parti. Par bonheur, nous avons dans le Parti des forces qui peuvent amputer la première déviation comme la seconde. »

En effet, le Parti a écrasé et amputé aussi bien la déviation « de gauche » que celle de droite.

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En dressant le bilan des débats sur la construction de l’économie, le XIVe congrès du Parti repoussa à l’unanimité les plans de capitulation formulés par l’opposition et il écrivit dans sa célèbre résolution :

Dans le domaine de la construction de l’économie, le congrès part de ce fait que notre pays, pays de la dictature du prolétariat, possède « tout ce qui est nécessaire pour construire la société socialiste intégrale » (Lénine). Le congrès estime que la lutte pour la victoire de la construction socialiste en U.R.S.S. est la tâche fondamentale de notre Parti.

Le XIVe congrès adopta les nouveaux statuts du Parti.

C’est à dater de ce congrès que notre Parti s’est appelé Parti communiste (bolchévik) de l’U.R.S.S. : P.C.(b) de l’U.R.S.S.

Les zinovièvistes, battus au congrès, refusèrent de se soumettre au Parti. Ils engagèrent la lutte contre les décisions du XIVe congrès. Aussitôt après, Zinoviev réunit le Comité des Jeunesses communistes de la région de Léningrad, dont la direction avait été éduquée par Zinoviev, Zaloutski, Bakaev, Evdokimov, Koukline, Safarov ainsi que par d’autres hommes à double face, dans la haine du Comité central léniniste du Parti. À cette réunion, le Comité des Jeunesses communistes de la région de Léningrad adopta une décision sans précédent dans l’histoire des J. C. léninistes de l’U.R.S.S. : celle de ne pas se conformer aux résolutions du XIVe congrès du Parti.

Mais la direction zinoviéviste des J. C. de Léningrad ne traduisait nullement l’état d’esprit des masses des Jeunesses communistes de cette ville. Aussi fut-elle facilement défaite ; et bientôt l’organisation des J. C. de Léningrad reprenait la place qui lui revenait dans les J. C.

Vers la fin des travaux du XIVe congrès, un groupe de délégués, les camarades Molotov, Kirov, Vorochilov, Kalinine, Andréev d’autres encore, furent envoyés à Léningrad. Il fallait éclairer les membres de l’organisation du Parti sur le caractère criminel, antibolchévik, de la position adoptée au congrès par la délégation de Léningrad, qui n’avait dû ses mandats qu’à la fraude. Les réunions de compte rendu du congrès furent orageuses. On réunit une conférence extraordinaire de l’organisation de Léningrad du Parti. La masse écrasante des membres de cette organisation (plus de 97 %) approuva entièrement et sans réserve les décisions du XIVe congrès du Parti ; elle condamna p. 308la « nouvelle opposition » zinoviéviste ennemie du Parti. Cette dernière ne représentait dès ce moment que des généraux sans armée !

Les bolchéviks de Leningrad demeuraient au premier rang du Parti de Lénine et de Staline.

En dressant le bilan des travaux du XIVe congrès du Parti, le camarade Staline écrivait :

L’importance historique du XIVe congrès du Parti communiste de l’U.R.S.S., c’est qu’il a su mettre à nu jusqu’à la racine les erreurs de la nouvelle opposition ; il a rejeté bien loin de lui le scepticisme et les lamentations de cette opposition ; il a tracé, claire et nette, la voie où la lutte se poursuivra pour le socialisme ; il a donné au Parti la perspective de la victoire et armé par là même le prolétariat d’une foi inébranlable en la victoire de la construction socialiste.

Staline : Questions du léninisme, chapitre VII.