Dominique Meeùs

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2. La discussion dans le Parti sur les syndicats. Le Xe congrès du parti. Défaite de l’opposition. Nouvelle politique économique (Nep).

Le Comité central du Parti, sa majorité léniniste, se rendait nettement compte qu’après la liquidation de la guerre et le passage à l’œuvre pacifique de construction de l’économie, il n’y avait plus de raison de maintenir le dur régime du communisme de guerre, imposé par la guerre et le blocus.

Il se rendait compte que la nécessité des prélèvements ne s’imposait plus ; qu’il fallait les remplacer par l’impôt en nature, pour permettre aux paysans d’employer à leur guise la majeure partie des excédents de leur production. Le Comité central comprenait qu’une telle mesure permettrait de ranimer l’agriculture, d’élargir la production des céréales et des cultures nécessaires au développement de l’industrie, de stimuler dans le pays la circulation des marchandises, d’améliorer le ravitaillement des villes, de donner une base nouvelle, une base économique, à l’alliance des ouvriers et des paysans.

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Le Comité central se rendait également compte que la reprise de l’industrie était une tâche primordiale ; mais il estimait impossible de ranimer l’industrie sans le concours de la classe ouvrière et de ses syndicats ; il estimait que l’on pouvait y intéresser les ouvriers en leur faisant comprendre que la ruine économique était, pour le peuple, un ennemi aussi dangereux que l’intervention et le blocus ; que le Parti et les syndicats sauraient certainement s’acquitter de cette tâche s’ils agissaient à l’égard de la classe ouvrière, non par des ordres militaires, comme cela avait été le cas sur le front, où de pareils ordres sont réellement nécessaires, mais par la persuasion.

Or tous les membres du Parti ne pensaient pas comme le Comité central. Les petits groupes d’opposition : trotskistes, « opposition ouvrière », « communistes de gauche », « centralistes démocrates », etc., étaient désorientés ; ils hésitaient devant les difficultés qui allaient surgir au seuil de la construction pacifique de l’économie. Il y avait dans le Parti bon nombre d’anciens menchéviks, d’anciens socialistes-révolutionnaires, d’anciens bundistes, d’anciens borotbistes1 et toute sorte de semi-nationalistes des régions périphériques de la Russie. Ils appartenaient pour la plupart à tel ou tel groupuscule d’opposition. Faute d’être des marxistes véritables, de connaître les lois du développement économique, d’avoir une trempe léniniste, ces gens ne faisaient qu’aggraver le désarroi et les hésitations de ces petits groupes d’opposition. Parmi eux, les uns pensaient qu’il ne fallait pas affaiblir le dur régime du communisme de guerre : qu’au contraire, il fallait « serrer encore la vis ». D’autres pensaient que le Parti et l’État devaient se tenir a l’écart de l’œuvre de rétablissement de l’économie nationale ; que ce travail devait être entièrement confié aux syndicats.

Il était clair que devant ce désarroi dans certains milieux du Parti, il se trouverait des gens, des amateurs de discussion, des « leaders » d’opposition de toute sorte qui s’efforceraient d’imposer une discussion au Parti.

C’est en effet ce qui se produisit.

La discussion s’engagea d’abord à propos du rôle des syndicats, encore que la question des syndicats ne fût pas alors la question essentielle dans la politique du Parti.

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Le promoteur de la discussion et de la lutte contre Lénine, contre la majorité léniniste du Comité central, fut Trotski, Désireux d’aggraver la situation, il prit la parole à une séance des délégués communistes de la Ve conférence des syndicats de Russie, au début de novembre 1920 et formula des mots d’ordre douteux qui parlaient de « serrer la vis » et de « secouer les syndicats ». Trotski exigeait qu’il fût immédiatement procédé à l’ « étatisation des syndicats ». Il était contre la méthode de persuasion envers les masses ouvrières. Il entendait transposer la méthode militaire dans les syndicats. Trotski était contre le développement de la démocratie dans les syndicats, contre l’élection des organismes syndicaux.

Au lieu de la méthode de persuasion sans laquelle l’activité des organisations ouvrières ne saurait se concevoir, les trotskistes offraient la méthode de contrainte pure et simple, de commandement tout court. Par leur politique, là où ils arrivaient à la direction du travail syndical, les trotskistes apportaient dans les syndicats conflits, scission et décomposition. Par leur politique, ils dressaient la masse des ouvriers sans-parti contre le Parti, ils scindaient la classe ouvrière.

En réalité, la discussion sur les syndicats dépassait de beaucoup le cadre de la question syndicale. Ainsi que l’a montré plus tard la résolution de l’Assemblée plénière du Comité central du Parti communiste russe (17 janvier 1925), le débat s’était institué en fait « sur l’attitude envers la paysannerie qui se dressait contre le communisme de guerre ; sur l’attitude envers la masse des ouvriers sans-parti ; en général, sur l’attitude du Parti envers la masse dans la période où la guerre civile touchait à sa fin ». (Le Parti communiste de l’U.R.S.S. dans ses résolutions, première partie, p. 651, éd. russe.)

À la suite de Trotski, on vit se manifester aussi les autres groupes de lutte contre le Parti : l’ « opposition ouvrière » (Chliapnikov, Medvédev, Kollontaï, d’autres encore), les « centralistes démocrates » (Sapronov, Drobnis, Bogousiavski, Ossinski, V. Smirnov, d’autres encore), les « communistes de gauche » (Boukharine, Préobrajenski).

L’« opposition ouvrière » formula le mot d’ordre de remise de la gestion de toute l’économie nationale au « congrès des producteurs de Russie ». Elle réduisait à rien le rôle du Parti, niait l’importance de la dictature du prolétariat dans la construction de l’économie. L’« opposition ouvrière » opposait les syndicats à l’État soviétique et au Parti communiste. Elle considérait comme p. 280forme suprême de l’organisation de la classe ouvrière, non pas le Parti, mais les syndicats. L’« opposition ouvrière » était en fait un groupe anarcho-syndicaliste de lutte contre le Parti.

Le groupe du « centralisme démocratique » réclamait la liberté complète des fractions et des groupements. Ces gens, tout comme les trotskistes, cherchaient à compromettre, le rôle dirigeant du Parti dans les Soviets et les syndicats. Lénine les qualifia de fraction des « plus forts braillards », et leur plate-forme, de plate-forme menchévico-socialiste-révolutionnaire.

Dans sa lutte contre Lénine et le Parti, Trotski était secondé par Boukharine. Boukharine, Préobrajenski, Sérébriakov et Sokoluikov avaient créé un groupe « tampon ». Ce groupe défendait et couvrait les pires fractionnistes, les trotskistes. Lénine qualifia la conduite de Boukharine de « comble de la déchéance idéologique ». Bientôt les boukhariniens s’allièrent ouvertement aux trotskistes contre Lénine.

Lénine et les léninistes dirigèrent leur coup principal contre les trotskistes, force essentielle des groupements de lutte contre le Parti. Ils convainquirent les trotskistes d’avoir confondu les syndicats avec des organisations militaires ; ils leur montrèrent qu’on ne saurait transplanter les méthodes des organisations militaires dans les syndicats. En contre-partie aux plates-formes des groupes d’opposition, Lénine et les léninistes formulèrent leur propre plate-forme. Celle-ci indiquait que les syndicats sont une école d’administration, une école de gestion économique, l’école du communisme. Tout leur travail doit reposer sur la méthode de persuasion. C’est à cette condition seulement qu’ils sauront mobiliser tous les ouvriers pour la lutte contre la ruine économique, qu’ils sauront les entraîner à l’édification socialiste.

Dans la lutte contre las groupes d’opposition, les organisations du Parti se rallièrent autour de Lénine. La bataille fut particulièrement ardente à Moscou. C’est là que l’opposition avait concentré le gros de ses forces, en visant à conquérir l’organisation communiste de la capitale. Mais les bolchéviks de Moscou repoussèrent résolument les menées des fractionnistes. Une lutte aiguë se développa également dans les organisations ukrainiennes du Parti. Sous la direction du camarade Molotov, alors secrétaire du Comité central du Parti communiste d’Ukraine, les bolchéviks d’Ukraine battirent les trotskistes et les partisans de Chliapnikov. Le Parti communiste d’Ukraine demeura le sûr rempart du Parti de Lénine. À Bakou, l’écrasement de l’opposition fut organisé sous la direction du camarade Ordjonikidze. En Asie centrale, c’est le p. 281camarade L. Kaganovitch qui dirigea la lutte contre les groupes ennemis du Parti.

Toutes les principales organisations locales du Parti se rallièrent à la plate-forme de Lénine.

Le 8 mars 1921 s’ouvrait le Xe congrès du Parti. À ce congrès assistaient 694 délégués avec voix délibérative et ils représentaient 732 521 membres du Parti. Il y avait 296 délégués avec voix consultative.

Le congrès dressa le bilan de la discussion sur les syndicats et approuva, à une écrasante majorité, la plate-forme de Lénine.

En ouvrant le congrès, Lénine déclara que la discussion avait été un luxe inadmissible. Il montra que les ennemis misaient sur la lutte intérieure et sur la scission dans le Parti communiste.

Devant le danger immense que représentait pour le Parti bolchévik et pour la dictature du prolétariat, l’existence de groupes de fraction, le Xe congrès accorda une attention spéciale au problème de l’unité du Parti. Lénine fit un rapport à ce sujet. Le congrès condamna tous les groupes d’opposition et indiqua qu’« en fait, ils aidaient les ennemis de classe de la révolution prolétarienne ».

Le congrès prescrivit la dissolution immédiate do toutes les fractions et chargea toutes les organisations de veiller strictement à ce qu’il n’y eût aucune action fractionnelle ; l’inexécution de la décision du congrès entraînait absolument l’exclusion immédiate du Parti. Pour le cas où la discipline serait violée, où l’action fractionnelle serait reprise ou tolérée par des membres du Comité central, le congrès mandatait le Comité central pour prendre toutes les sanctions qui s’imposeraient, jusques et y compris leur exclusion du Comité central et du Parti.

Toutes ces décisions ont été consignées dans une résolution spéciale proposée par Lénine et adoptée par le Congrès « Sur l’unité, du Parti ».

Dans cette résolution, le congrès attirait l’attention de tous les membres du Parti sur la nécessité de réaliser l’unité et la cohésion des rangs du Parti, l’unité de volonté de l’avant-garde du prolétariat, surtout dans un moment comme la période du Xe congrès, où un concours de circonstances avait renforcé les hésitations au sein de la population petite-bourgeoise du pays.

Cependant, était-il dit dans la résolution, dès avant la discussion générale du Parti sur les syndicats, il s’est manifesté dans le Parti certains indices d’activité de fraction, p. 282c’est-à-dire qu’on a vu apparaître des groupes avec leurs plates-formes particulières et avec une tendance à se replier jusqu’à un certain point sur eux-mêmes et à créer leur propre discipline de groupe. Il est nécessaire que tous les ouvriers conscients se rendent nettement compte de ce qu’il y a de nuisible et d’inadmissible dans quelque activité de fraction que ce soit, car cette activité, en fait, conduit inévitablement à affaiblir la bonne entente dans le travail et à renforcer de la part des ennemis qui se raccrochent au Parti gouvernemental, les tentatives réitérées d’approfondir la division [du Parti] et de l’exploiter aux lins de contre-révolution.

Le congrès poursuivait :

L’exploitation par les ennemis du prolétariat de toute espèce de déviations de la stricte ligne communiste a été illustrée de la façon la plus saisissante par l’émeute de Cronstadt, dans les circonstances où la contre-révolution bourgeoise et les gardes blancs de tous les pays du monde se sont aussitôt montrés prêts à accepter jusqu’aux mots d’ordre du régime soviétique, pourvu que fût renversée la dictature du prolétariat en Russie ; où les socialistes-révolutionnaires et, d’une façon générale, la contre-révolution bourgeoise ont utilisé à Cronstadt les mots d’ordre d’insurrection soi-disant au nom du pouvoir des Soviets contre le gouvernement soviétique en Russie. De tels faits prouvent suffisamment que les gardes blancs veulent et savent se camoufler en communistes et même « plus à gauche » qu’eux, à seule fin d’affaiblir et de renverser le rempart de la révolution prolétarienne en Russie. Les tracts menchéviks de Pétrograd, à la veille de l’émeute de Cronstadt, montrent également que les menchéviks ont exploité les divergences à l’intérieur du Parti communiste russe pour pousser et soutenir en fait les émeutiers de Cronstadt, socialistes-révolutionnaires et gardes blancs, en se donnant en paroles pour des adversaires des émeutes et pour des partisans du pouvoir des Soviets sauf quelques petites réserves, disaient-ils.

La résolution indiquait que la propagande du Parti doit expliquer à fond ce qu’il y a de nuisible et de dangereux dans l’activité de fraction du point de vue de l’unité du Parti et de la réalisation de la volonté unique de l’avant-garde du prolétariat, condition essentielle du succès de la dictature du prolétariat.

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D’autre part, était-il dit dans la résolution du congrès, la propagande du Parti doit expliquer ce qu’il y a de particulier dans les derniers procédés tactiques des ennemis du pouvoir des Soviets.

Ces ennemis, disait la résolution, convaincus désormais que la contre-révolution tentée ouvertement sous le drapeau des gardes blancs est condamnée, font tous leurs efforts pour exploiter les divergences à l’intérieur du P.C.R. et ainsi pousser en avant la contre-révolution, d’une façon ou d’une autre, en remettant le pouvoir à des groupements politiques qui, d’apparence, sont le plus près de reconnaître le pouvoir des Soviets.

Le Parti communiste de l’U.R.S.S. dans ses résolutions, première partie, pp. 373-374, éd. russe.

La résolution indiquait ensuite que la propagande du Parti « doit mettre aussi en lumière l’expérience des révolutions précédentes, où la contre-révolution appuyait les groupements petits-bourgeois les plus proches du parti révolutionnaire extrême afin d’ébranler et de renverser la dictature révolutionnaire, en frayant ainsi le chemin pour plus tard à la victoire complète de la contre-révolution, des capitalistes et des grands propriétaires fonciers ».

À la résolution « Sur l’unité du Parti » se trouva étroitement liée une autre : « Sur la déviation syndicaliste et anarchiste dans notre Parti », également proposée par Lénine et adoptée par le congrès. Dans cette résolution, le Xe congrès condamna l’opposition dite « opposition ouvrière ». Il déclara la propagande des idées à tendance anarcho-syndicaliste, incompatible avec l’appartenance au Parti communiste et il appela le Parti à combattre résolument cette déviation.

Le Xe congrès adopta une décision fort importante sur l’abandon du système des prélèvements et l’institution de l’impôt en nature, sur le passage à la nouvelle politique économique (Nep).

Dans ce tournant du communisme de guerre à la Nep s’est révélée toute la sagesse, toute la clairvoyance de la politique de Lénine.

La résolution du congrès parlait du remplacement des prélèvements par l’impôt en nature. L’impôt alimentaire en nature était moins élevé que les prélèvements. Le montant de l’impôt devait être rendu public dès avant les semailles de printemps. Les délais de livraison étaient exactement fixés. Une fois l’impôt livré, le paysan disposait de tout ce qui lui restait en plus ; il était libre de vendre ses excédents. La liberté du commerce, indiquait Lénine dans son rapport, aboutira au début à une certaine reprise du capitalisme dans le pays. Il nous faudra admettre le commerce privé et autoriser les patrons privés à ouvrir de petites entreprises. Mais il ne faut pas que cela nous fasse peur. Lénine estimait qu’une certaine liberté du commerce stimulerait l’intérêt du paysan pour son exploitation, relèverait la productivité de son travail et déterminerait un essor rapide de l’agriculture ; que sur cette base, l’industrie de l’État se rétablirait et le capital privé serait évincé ; qu’après avoir accumulé des forces et des ressources, on pourrait créer une industrie puissante, base économique du socialisme, et entreprendre ensuite une offensive énergique afin de détruire les vestiges du capitalisme dans le pays.

Le communisme de guerre avait été une tentative de prendre d’assaut, par une attaque de front, la forteresse des éléments capitalistes à la ville et à la campagne. Dans cette offensive le Parti s’était poussé loin en avant, risquant de se détacher de sa base. Maintenant, Lénine proposait de recoller un peu, de se replier pour un temps plus près de l’arrière, de passer de l’assaut à un siège plus prolongé de la forteresse, pour accumuler des forces et ensuite, reprendre l’offensive.

Les trotskistes et autres membres de l’opposition estimaient que la Nep était simplement un recul. Une pareille interprétation leur était avantageuse, puisqu’ils visaient à la restauration du capitalisme. C’était là une interprétation profondément pernicieuse, antiléniniste, de la Nep. En réalité, un an seulement après l’institution de la Nep, au XIe congrès du Parti, Lénine déclara que la retraite était terminée et lança le mot d’ordre : « Préparation de l’offensive contre le capital privé dans l’économie. » (Lénine, t. XXVII, p. 213, éd. russe.)

Les membres de l’opposition, qui étaient de mauvais marxistes et de fieffés ignorants en matière de politique bolchévique, ne comprenaient ni la nature de la Nep ni le caractère du recul entrepris au début de la Nep. De la nature de la Nep, nous avons déjà parlé plus haut. Quant au caractère du recul, il convient de dire que les reculs diffèrent. Il est des moments où le parti ou bien l’armée doivent se replier parce qu’ils ont subi une défaite. Dans ces cas-là, le parti ou l’armée recule pour rester sauf et sauvegarder ses cadres en vue de nouvelles batailles. Ce n’était point ce genre de recul que proposait Lénine lors de l’institution de la Nep, attendu que le Parti, loin d’essuyer une défaite et d’avoir été battu, avait lui-même battu les envahisseurs et les p. 285gardes blancs pendant la guerre civile. Mais il est des moments où le parti victorieux, ou l’armée, dans son offensive, prend trop les devants, sans s’assurer une base à l’arrière. De là résulte un sérieux danger. Dans ces cas-là, un parti expérimenté, ou une armée expérimentée, estime généralement nécessaire, pour ne pas se couper de sa base, de se replier un peu, en se rapprochant de son arrière, afin de se lier plus solidement avec sa base de l’arrière, de se munir de tout le nécessaire et de reprendre ensuite l’offensive avec plus d’assurance, avec les garanties du succès. C’est justement ce genre de recul momentané que réalisa Lénine sous la Nep. En exposant devant le IVe congrès de l’Internationale communiste les causes qui avaient déterminé l’institution de la Nep, Lénine déclara expressément : « Dans notre offensive économique nous avons trop pris les devants, sans nous être assuré une base suffisante » ; c’est pourquoi il était indispensable d’opérer un recul momentané vers un arrière sûr.

Le malheur de l’opposition fut que son ignorance ne lui permettait pas et ne lui a jamais permis de comprendre cette particularité du recul sous la Nep.

La décision du Xe congrès sur la Nep assurait une solide alliance économique de la classe ouvrière et de la paysannerie pour la construction du socialisme.

Cette tâche essentielle était servie encore par une autre décision du congrès, sur la question nationale. Le rapport fut présenté par le camarade Staline. Nous avons supprimé l’oppression nationale, dit le camarade Staline, mais cela ne suffit pas. La tâche consiste à supprimer le lourd héritage du passé, le retard économique, politique et culturel des peuples autrefois opprimés. Il faut les aider à rattraper à cet égard la Russie centrale.

Le camarade Staline signala ensuite deux déviations hostiles au Parti dans la question nationale : le chauvinisme impérialiste (grand-russe) et le nationalisme local. Le congrès condamna les deux déviations comme nuisibles et dangereuses pour le communisme et l’internationalisme prolétarien. Ce faisant, le congrès dirigea le coup le plus fort contre le chauvinisme grand-russe, qui constituait le danger principal, c’est-à-dire contre les restes et les survivances de l’attitude envers les nationalités analogue à celle que les chauvins grands-russes, au temps du tsarisme, adoptaient vis-à-vis des peuples non russes.

Notes
1.
Aile gauche du parti national-chauvin des socialistes-révolutionnaires ukrainiens. Publia jusqu’en 1918 son organe central Borotba (Lutte) N. des Trad.