Dominique Meeùs

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2. Le journal bolchévik Pravda. La fraction bolchévique à la IVe Douma d’État.

La Pravda [la Vérité], journal bolchévik quotidien qui paraissait à Pétersbourg, fut, dans les mains du Parti bolchévik, une arme puissante pour consolider ses organisations et conquérir l’influence sur les masses. Elle fut fondée d’après les indications de Lénine, sur l’initiative de Staline, Olminski et Polétaev. La Pravda, journal ouvrier de masse, naquit en même temps que commençait le nouvel essor du mouvement ouvrier. Le 22 avril 1912 (5 mai nouveau style) paraissait son premier numéro. Ce fut une véritable fête pour les ouvriers. Pour commémorer le lancement de la Pravda, le 5 mai a été proclamé jour de fête de la presse ouvrière.

Avant la Pravda paraissait un hebdomadaire bolchévik Zvezda, destiné aux ouvriers avancés. La Zvezda avait joué un grand rôle pendant les journées de la Lena. Elle publia une série d’ardents articles politiques de Lénine et de Staline, qui mobilisaient la classe ouvrière pour la lutte. Mais dans les conditions de l’essor révolutionnaire, le Parti bolchévik ne pouvait plus se contenter d’un journal hebdomadaire. Il lui fallait un quotidien politique de masse, destiné aux plus larges couches d’ouvriers. C’est la Pravda qui fut ce journal.

Pendant cette période, l’importance de la Pravda fut exceptionnelle. Elle gagnait au bolchévisme les grandes masses de la classe ouvrière. Dans l’atmosphère des incessantes persécutions policières, amendes et saisies, que lui valait l’insertion d’articles et de correspondances coupables d’avoir déplu à la censure, la Pravda p. 166ne pouvait exister qu’avec le soutien actif de dizaines de milliers d’ouvriers avancés. Elle ne pouvait payer les très fortes amendes dont elle était frappée, que grâce aux collectes massives effectuées parmi les ouvriers. Souvent, une grande partie des numéros interdits de la Pravda parvenaient quand même au lecteur, les ouvriers d’avant-garde venant la nuit à l’imprimerie pour emporter des paquets de journaux.

En deux ans et demi, le gouvernement tsariste interdit la Pravda [la Vérité] à huit reprises ; mais, soutenue par les ouvriers, elle reparaissait sous un nouveau titre qui rappelait le premier, par exemple : Pour la Vérité, le Chemin de la Vérité, la Vérité du Travail.

Alors que la Pravda était diffusée en moyenne à 40 000 exemplaires par jour, le tirage du quotidien menchévik Loutch [le Rayon de lumière] n’allait pas au delà de 15 à 16 000.

Les ouvriers considéraient la Pravda comme leur journal à eux ; ils lui témoignaient une grande confiance et se montraient très attentifs à tout ce qu’elle leur disait. Chaque exemplaire de la Pravda, en passant de main en main, était lu par des dizaines de personnes ; il formait leur conscience de classe, les éduquait, les organisait, les appelait à la lutte.

Que disait la Pravda ?

Chaque numéro contenait des dizaines de correspondances ouvrières, qui relataient la vie des ouvriers, l’exploitation féroce, les multiples brimades et vexations dont les ouvriers avaient à souffrir de la part des capitalistes, de leurs administrateurs et contremaîtres. Ces correspondances dressaient un réquisitoire âpre et cinglant contre le régime capitaliste. Il n’était pas rare de trouver dans la Pravda des notes annonçant le suicide de chômeurs affamés qui avaient perdu l’espoir de trouver du travail.

La Pravda exposait les besoins et les revendications des ouvriers des diverses usines et industries ; elle disait la lutte des ouvriers pour leurs revendications. Presque chaque numéro évoquait les grèves déclenchées dans les différentes entreprises. Lorsque éclataient des grèves importantes, de longue durée, le journal organisait l’aide aux grévistes en lançant des souscriptions parmi les ouvriers des autres entreprises et industries. Parfois les fonds de grève atteignaient des dizaines de milliers de roubles, somme énorme pour l’époque, si l’on tient compte que la majorité des ouvriers ne gagnaient que de 70 à 80 kopecks par jour. C’est ainsi que les ouvriers étaient éduqués dans l’esprit de la solidarité prolétarienne et de la communauté de leurs intérêts.

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À chaque événement politique, à chaque victoire ou chaque défaite, les ouvriers réagissaient en envoyant à la Pravda des lettres, des adresses, des protestations, etc. Dans ses articles, la Pravda éclairait les objectifs du mouvement ouvrier d’un point de vue bolchévik conséquent. Étant légal, le journal ne pouvait appeler ouvertement à renverser le tsarisme. Force lui était de procéder par allusions ; mais les ouvriers conscients comprenaient fort bien ces allusions et les expliquaient aux masses. Lorsque, par exemple, la Pravda parlait des « revendications complètes et intégrales de 1905 », les ouvriers comprenaient qu’il s’agissait des mots d’ordre révolutionnaires des bolchéviks : renversement du tsarisme, république démocratique, confiscation de la terre des grands propriétaires fonciers, journée de huit heures.

C’est la Pravda qui organisa les ouvriers d’avant-garde au moment des élections à la IVe Douma. Elle dénonça l’attitude de trahison des menchéviks, partisans d’une entente avec la bourgeoisie libérale, partisans du « parti ouvrier de Stolypine ». La Pravda appela les ouvriers à voter pour les partisans des « revendications intégrales de 1905 », c’est-à-dire pour les bolchéviks. Les élections se faisaient à plusieurs degrés. D’abord, les réunions ouvrières élisaient des délégataires ; ceux-ci élisaient des « électeurs » ; ces derniers, enfin, participaient à l’élection du député ouvrier à la Douma. Le jour des élections, la Pravda publia la liste des bolchéviks désignés comme électeurs, en recommandant aux ouvriers de voter pour elle. Cette liste, on n’avait pu la publier d’avance, pour ne pas exposer les candidats au danger d’une arrestation.

La Pravda aidait à organiser l’action du prolétariat. Au cours d’un grand lockout à Pétersbourg, au printemps de 1914, à un moment où il n’eût pas été opportun de déclarer une grève de masse, la Pravda appela les ouvriers à pratiquer d’autres formes de lutte : meetings de masse dans les usines, manifestations de rue. On ne pouvait en parler ouvertement dans le journal. Mais l’appel fut compris des ouvriers conscients qui avaient lu l’article de Lénine paru sous le modeste titre : « Des formes du mouvement ouvrier ». Il y était dit qu’à l’heure présente, il fallait remplacer la grève par une forme supérieure du mouvement ouvrier, ce qui signifiait un appel à l’organisation de meetings et de manifestations.

C’est ainsi que l’activité révolutionnaire illégale des bolchéviks s’alliait à l’agitation légale et à l’organisation des masses ouvrières par la Pravda.

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Le journal ne parlait pas simplement de la vie ouvrière, des grèves et des manifestations. Il éclairait méthodiquement la vie des paysans, les disettes qui les frappaient, l’exploitation que leur faisaient subir les féodaux, la mise au pillage des meilleures terres paysannes par les fermiers koulaks, conséquences de la « réforme » de Stolypine. La Pravda montrait aux ouvriers conscients quelle énorme quantité de matières inflammables était accumulée dans les campagnes. Elle expliquait au prolétariat que les tâches de la révolution de 1905 n’étaient pas accomplies et qu’une nouvelle révolution était imminente. La Pravda disait que dans cette deuxième révolution, le prolétariat devait agir comme le véritable chef, comme le dirigeant du peuple et que dans cette révolution, il aurait cet allié puissant qu’est la paysannerie révolutionnaire.

Les menchéviks auraient voulu que le prolétariat cessât de penser à la révolution. Ils cherchaient à suggérer aux ouvriers : Cessez de penser au peuple, aux disettes paysannes, à la domination des féodaux ultra-réactionnaires ! Ne luttez que pour la « liberté de coalition », et présentez à ce sujet des « pétitions » au gouvernement tsariste ! Les bolchéviks expliquaient aux ouvriers que cette propagande menchévique d’abandon de la révolution, d’abandon de l’alliance avec la paysannerie se faisait dans l’intérêt de la bourgeoisie ; que les ouvriers triompheraient à coup sûr du tsarisme s’ils attiraient de leur côté la paysannerie comme alliée, que les mauvais bergers du genre des menchéviks devaient être rejetés en tant qu’ennemis de la révolution.

Que disait la

dans sa rubrique « La vie des paysans » ?

Citons à titre d’exemple quelques correspondances de 1913.

Une correspondance intitulée « Questions agraires » annonçait de Samara que sur 45 paysans du village de Novokhasboulate, district de Bougoulminsk, accusés d’avoir opposé de la résistance à l’arpenteur lors de l’attribution d’une partie de la terre communale aux paysans qui se retiraient de la commune, un grand nombre avaient été condamnés à une longue peine de prison.

Une brève correspondance de la province de Pskov annonçait : « Les paysans du village de Psitsa (près de la station de chemin de fer Zavalié) ont opposé à la garde rurale une résistance armée. Il y a des blessés. Des malentendus agraires sont à l’origine du conflit. Des gardes ont été dépêchés à Psitsa. Le vice-gouverneur et le procureur se sont transportés sur les lieux. »

Une correspondance de la province d’Oufa annonçait la vente des lots de terre paysans ; elle expliquait que la disette et la loi p. 169autorisant les retraits de la communauté rurale, avaient augmenté le nombre des paysans sans terre. Voyez le hameau de Borissovka. Il compte 27 feux qui possèdent 543 déciatines de terre labourable. Pendant la disette, cinq paysans ont vendu à perpétuité 31 déciatines à raison de 25 à 33 roubles la déciatine [1,092 hectare], alors que la terre coûte trois et quatre fois plus cher. Dans la même localité, sept ménages ont hypothéqué 177 déciatines ; ils ont eu de 18 à 20 roubles par déciatine, à 6 ans, au taux de 12 %. Si l’on tient compte de l’appauvrissement de la population et du scandaleux taux d’intérêt, on peut dire en toute certitude que sur ces 177 déciatines, la moitié doit passer aux mains des usuriers ; il est peu probable que même la moitié des débiteurs puisse acquitter en six ans une somme aussi importante.

Dans son article « La grande propriété terrienne seigneuriale et la petite propriété paysanne en Russie », publié dans la Pravda, Lénine montrait clairement aux ouvriers et aux paysans quelles immenses richesses territoriales étaient détenues par les propriétaires parasites. 30 000 grands propriétaires fonciers possédaient à eux seuls environ 70 millions de déciatines de terre. Autant que 10 millions de familles paysannes. À chaque grand propriétaire, il revenait en moyenne 2 300 déciatines. Il en revenait 7 en moyenne à chaque famille paysanne, y compris les koulaks. Au surplus, 5 millions de familles de petits paysans, c’est-à-dire la moitié de toute la paysannerie, n’avaient pas plus d’une ou deux déciatines de terre par feu. Ces faits montraient de toute évidence que la cause première de la misère et des disettes paysannes résidait dans la grande propriété terrienne des seigneurs, dans les survivances du servage dont la paysannerie ne pouvait se défaire qu’au moyen d’une révolution dirigée par la classe ouvrière.Pravda Par les ouvriers qui avaient des attaches au village, la Pravda pénétrait dans les campagnes, éveillait à la lutte révolutionnaire les paysans d’avant-garde.

Pendant la période de création de la Pravda, les organisations social-démocrates illégales se trouvaient entièrement aux mains des bolchéviks. Quant aux formes légales d’organisation — fraction de la Douma, presse, caisses d’assurance, syndicats — elles n’avaient pas encore été complètement conquises sur les menchéviks. Il fallait une lutte résolue des bolchéviks pour chasser les liquidateurs des organisations légales de la classe ouvrière. C’est grâce à la Pravda que cette lutte fut couronnée de succès.

La Pravda était au centre de la lutte pour l’esprit du parti, pour la reconstitution d’un parti ouvrier révolutionnaire de masse. p. 170Elle groupait les organisations légales autour des foyers clandestins du Parti bolchévik et orientait le mouvement ouvrier vers un seul but bien déterminé, vers la préparation de la révolution.

La Pravda avait un nombre énorme de correspondants ouvriers. En une seule année, elle publia plus de 11 000 correspondances ouvrières. Mais ses relations avec les masses ouvrières, la Pravda ne les entretenait pas uniquement par des lettres et des correspondances. De nombreux ouvriers des entreprises se présentaient tous les jours aux bureaux de la rédaction. C’était là que se faisait une part considérable du travail d’organisation du Parti, là qu’avaient lieu les entrevues avec les représentants des cellules locales du Parti, là qu’arrivaient les informations sur le travail du Parti dans les fabriques et les usines. C’est de là qu’étaient transmises les directives du comité de Pétersbourg et du Comité central du Parti.

Deux années et demie d’une lutte opiniâtre contre les liquidateurs pour la reconstitution d’un parti ouvrier révolutionnaire de masse avaient permis aux bolchéviks, vers l’été 1914, de rallier autour du Parti bolchévik, autour de la tactique « pravdiste » les quatre cinquièmes des ouvriers actifs de Russie. Témoin, par exemple, le fait suivant : sur un total de 7 000 groupes ouvriers qui effectuèrent en 1914 le collectage de fonds pour les journaux ouvriers, 5 600 groupes ramassèrent des fonds pour la presse bolchévique et 1 400 groupes seulement pour la presse menchévique. En revanche, les menchéviks avaient beaucoup de « riches amis » parmi la bourgeoisie libérale et les intellectuels bourgeois et c’étaient eux qui fournissaient plus de la moitié des sommes nécessaires à l’entretien du journal menchévik.

On donnait alors aux bolchéviks le nom de « pravdistes » Avec la Pravda grandissait toute une génération de prolétaires révolutionnaires, futurs artisans de la révolution socialiste d’Octobre. Derrière la Pravda, les ouvriers se serraient par dizaines et par centaines de milliers. C’est ainsi que, dans les années d’essor révolutionnaire (1912-1914), on jeta les solides fondations d’un Parti bolchévik de masse, des fondations que n’ont pu détruire les persécutions du tsarisme pendant la guerre impérialiste.

La Pravda de 1912, ç’a été la pose des fondations de la victoire du bolchévisme en 1917.

Staline.

La fraction bolchévique de la IVe Douma d’État constituait un autre organe légal du Parti pour toute la Russie.

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En 1912 le gouvernement avait annoncé les élections à la IVe Douma. Notre Parti attachait une grandie importance à la participation à ces élections. La fraction social-démocrate de la Douma et le journal Pravda constituaient, à l’échelle de toute la Russie, les principaux points d’appui légaux grâce auxquels le Parti bolchévik faisait son travail révolutionnaire dans les masses.

Le Parti bolchévik participa aux élections de la Douma en toute indépendance, avec ses propres mots d’ordre, portant simultanément des coups aux partis du gouvernement et à la bourgeoisie libérale (cadets). Les bolchéviks firent la campagne électorale sur les mots d’ordre de république démocratique, journée de huit heures, confiscation de La terre des grands propriétaires fonciers.

Les élections à la IVe Douma eurent lieu à l’automne de 1912. Au début d’octobre, le gouvernement, mécontent de la marche des élections à Pétersbourg, essaya dans maintes usines importantes de violer les droits électoraux des ouvriers. En réponse, le comité de Pétersbourg de notre Parti, sur la proposition du camarade Staline, appela les ouvriers des grandes entreprises à une grève de vingt-quatre heures. Placé dans une situation difficile, le gouvernement dut céder et les ouvriers eurent la possibilité d’élire qui ils voulaient. À une immense majorité, ils volèrent pour le « Mandat » aux délégataires et au député qui avait été rédigé par le camarade Staline. Le « Mandat des ouvriers de Pétersbourg à leur député ouvrier » rappelait les tâches de 1905 restées inaccomplies :

… Nous pensons, était-il dit dans le « Mandat », que la Russie est à la veille de mouvements de masse plus profonds peut-être que ceux de 1905… Le promoteur de ces mouvements sera, comme en 1905, la classe la plus avancée de la société russe, le prolétariat russe. Son allié ne peut être que la paysannerie martyre, qui a un intérêt vital à l’émancipation de la Russie.

Le « Mandat » déclarait que l’action future du peuple devait prendre la forme d’une lutte sur deux fronts : tant contre le gouvernement tsariste que contre la bourgeoisie libérale qui recherchait une entente avec le tsarisme.

Lénine attachait une grande importance au « Mandat », qui appelait les ouvriers à la lutte révolutionnaire. Et les ouvriers, dans leurs résolutions, répondirent à cet appel.

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Aux élections, ce furent les bolchéviks qui remportèrent la victoire et le camarade Badaev fut envoyé à la Douma par les ouvriers de Pétersbourg.

Les ouvriers avaient voté séparément des autres couches de la population (dans ce qu’on appelait la curie ouvrière). Sur neuf députés de cette curie, six étaient membres du Parti bolchévik : Badaev, Pétrovski, Mouranov, Samoïlov, Chagov et Malinovski (qui plus tard s’avéra agent provocateur). Les députés bolchéviks avaient été élus par les grands centres industriels, qui groupaient au moins les quatre cinquièmes de la classe ouvrière. Mais il y avait des liquidateurs élus en dehors de la curie ouvrière. C’est ainsi qu’il se trouva à la Douma sept liquidateurs contre six bolchéviks. Dans les premiers temps, bolchéviks et liquidateurs formèrent à la Douma une fraction social-démocrate commune. Mais après une lutte opiniâtre contre les liquidateurs qui entravaient Faction révolutionnaire des bolchéviks, les députés bolchéviks, en octobre 1913, sur l’indication du Comité central du Parti, se retirèrent de la fraction social-démocrate unifiée pour former une fraction bolchévique indépendante.

À la Douma, les députés bolchéviks prononçaient des discours révolutionnaires, dans lesquels ils dénonçaient le régime autocratique ; ils interpellaient le gouvernement sur la répression dont les ouvriers étaient victimes, sur l’exploitation inhumaine des ouvriers par les capitalistes.

Ils intervenaient également sur la question agraire et leurs discours appelaient les paysans à lutter contre les féodaux, dénonçaient le parti cadet qui s’affirmait contre la confiscation et la remise des terres seigneuriales aux paysans.

Les bolchéviks déposèrent à la Douma d’État une proposition de loi sur la journée de huit heures qui, bien entendu, fut repoussée par la Douma des Cent-Noirs, mais n’en eut pas moins une grande valeur d’agitation.

La fraction bolchévique à la Douma était en liaison étroite avec le Comité central du Parti, avec Lénine dont elle recevait des directives. C’était le camarade Staline qui en assumait la direction pratique durant son séjour à Pétersbourg.

Loin de se borner au travail dans la Douma, les députés bolchéviks déployaient une activité intense en dehors de l’assemblée. Ils se rendaient dans les fabriques et les usines ; ils visitaient les centres ouvriers du pays pour y faire des conférences et organisaient des réunions clandestines au cours desquelles ils expliquaient les décisions du Parti ; ils créaient de nouvelles organisations p. 173du Parti. Les députés alliaient judicieusement l’activité légale à l’activité illégale, clandestine.