<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0" xmlns:svg="http://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude" xmlns:xsl="http://www.w3.org/1999/XSL/Transform" xml:lang="fr-BE">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Lecture de textes classiques du marxisme</title>
        <author>Dominique Meeùs</author>
      </titleStmt>
      <editionStmt>
        <edition>
          <date>1999-today</date>
        </edition>
        <respStmt>
          <resp>auteur</resp>
          <name xml:id="dm">Dominique Meeùs</name>
        </respStmt>
      </editionStmt>
      <publicationStmt>
        <p>
          Destiné à la transformation en HTML, avec éclatement en pages séparées
          et création d’index, pour publication sur mon site https://d-meeus.be
        </p>
      </publicationStmt>
      <sourceDesc>
        <p>
          Texte composé par moi (avec d’abondantes citations des auteurs lus)
          peut-être en traitement de texte dans un premier temps et certainement en HTML.
          Converti ensuite en TEI (été 2011) et, à partir de ce moment rédigé directement dans ce format.
        </p>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
    <encodingDesc>
      <p>
        Le 4-1-2023 (change 1.185beta2), j’introduis pour l’élément change l’usage de l’attribut status.
        La valeur "nonpub" veut dire travail non publié.
        Jusqu’ici, les numéros correspondent aux versions annoncées dans le document.
        Je me propose de numéroter les changements non publiés comme variante beta de la version suivante
        et de ne pas modifier le numéro de version pour ces états en construction, non publiés.
        (Je me propose cependant de toujours htmliser,
        pour les vérifications XML et TEI et pour pouvoir me relire en HTML.)
      </p>
      <tagsDecl partial="true">
        <!-- <rendition xml:id="publie" scheme="css">
          background-color: #dddddd;
          margin-top: 5px;
          padding-top: 5px;
          padding-bottom: 5px;
          margin-bottom: 5px;
          text-indent: 30px;
        </rendition> -->
        <!-- <rendition xml:id="clefs" scheme="css">
          background-color: #eeffff;
          margin-top: 5px;
          padding-top: 5px;
          padding-bottom: 5px;
          margin-bottom: 5px;
          text-indent: 30px;
        </rendition> -->
        <namespace name="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
          <tagUsage gi="cit">
            Pour les citations en bloc et en particulier les citations juxtaposées en plusieurs langues,
            voir <ref target="../../linux/citjuxta.html">une page extérieure sur mon site</ref>.
          </tagUsage>
          <tagUsage gi="quote">
            Voir <ref target="../../linux/citjuxta.html">une page extérieure sur mon site</ref>.
          </tagUsage>
        </namespace>
      </tagsDecl>
      <editorialDecl>
        <normalization>
          <p>
            J’avais commencé par donner en note en marge des indications de page, éventuellement
            de groupe de pages. Je décide d’utiliser plus systématiquement l’élément <gi>pb</gi> (ou rien).
            Je le mets à sa place dans le texte, avec une identité correspondante. Au début d’une
            citation qui ne commence pas en haut de page, cela pourrait créer un conflit d’identités
            et j’utilise alors un numéro de page fractionnaire, comme le numéro de page 565 ¾ avec
            l’identité CapI565trois4. (D.M., 2 mai 2013.) Cependant on voudrait parfois pointer le paquet
            de mots-clefs qui sert comme de titre au passage, alors que l’identité de genre
            CapI565trois4 est déjà prise par le texte cité lui-même. J’adopte alors, pour les
            mots-clefs qui précèdent, un dérivé de cette identité de type CapI565trois4clefs.
          </p>
        </normalization>
        <normalization>
          <p>
            La <att>rendition</att> publie est l’héritage de styles ecrit et OEuvres de mes notes
            de lecture antérieures en HTML. Je pensais difficile d’avoir un fichier CSS
            propre à chaque projet. Maintenant, j’ai systématiquement des CSS de projet
            et il n’y a de toute manière pas d’inconvénient à mettre ces styles dans montei.css.
            La <att>rendition</att> clefs a été adoptée dans la foulée de l’autre. Je vais graduellement
            remplacer <code>rendition="#</code> par <code>rend="</code>. (D.M., 18-3-2013.)
          </p>
          <p>
            La technique en <att>rendition</att> est beaucoup moins élégante que celle de rend avec
            feuille de style, parce que la <att>rendition</att> répète le même code CSS local dans
            chacune des centaines de pages. En outre du CSS peut être commun à plusieurs projets.
          </p>
          <p>
            Ensuite, il s’agit d’indications bibliographiques libres. L’élément <gi>bibl</gi> est donc
            plus approprié que <gi>p</gi> que j’ai longtemps utilisé. Je vais corriger graduellement.
            (D.M., 11-6-2013.)
          </p>
        </normalization>
        <normalization>
          <p>
            Je décide de supprimer les ligatures typographiques non orthographiques. Elles
            ne seront jamais systématiques, puisqu’elles peuvent apparaître parfois en OCR
            et autant dire jamais en encodage humain. Cela gène la recherche et d’autres
            traitements éventuels. (Je vois cependant que sur Google, chercher efficacité
            ou eﬃcacité donne les mêmes résultats.) Je pense à ﬀ, ﬁ, ﬂ, ﬃ, ﬄ, ﬅ.
            Je ne me souviens pas avoir rencontré ﬆ, mais ça peut arriver. Je devrais supprimer
            aussi du dictionnaire personnel de Bluefish, pour les détecter et les corriger,
            certains mots avec ligatures que j’y ai enregistrés.
          </p>
        </normalization>
        <normalization>
          <p>
            Hésitation entre tabuler par deux espaces ou par un TAB affiché comme deux espaces.
          </p>
          <p>
            Dans la guerre de religion « Tabs versus Spaces » (ou le contraire, je choisirais
            les espaces pour une raison pragmatique : je travaille dans Bluefish. Je veux
            absolument afficher les espaces insécables. Il n’y a pas d’option affichant
            les espaces mais pas les tabulations. Les tabulations, affichées en rouge, sont
            trop voyantes et compromettent la lisibilité du texte. On pourrait changer la couleur,
            mais de tous les espaces et si les tabulations deviennent ainsi peu voyantes, les
            espaces insécables le seraient trop peu. En outre, plus ou moins visibles, des signes
            devant le texte me semblent gêner toujours la lecture.
          </p>
          <p>
            Cependant l’avantage des tabulations est que Bluefish fait ça par défaut et
            n’enregistre pas l’option contraire (bug dans la version 2.0.3 ?).
          </p>
          <p>
            Je pourrais quand même essayer quelques jours avec un vert moyen #00AA00. Il faut
            peut-être s’habituer. Le remplacement de nombreux doubles espaces par une tabulation,
            ou le contraire, est extrêmement lent en Bluefish. Il faut donc faire
            <eg>sed -i "s/  /\t/g" lectures.xml&gt;]]&lt;/eg&gt;
          &lt;/p&gt;
          &lt;p&gt;
            Je constate déjà que ça impose de changer ma manière de reporter à la ligne suivante
            des mots qui dépassent ma limite souhaitée de 90.
          &lt;/p&gt;
          &lt;p&gt;
            Si j’indente par des tabulations, ces tabulations peuvent passer dans le code HTML.
            Dans un visionneur de code qui ne permet pas le réglage du nombre d’espaces rendant
            les tabulations, mais donnant toujours huit espaces, le code HTML en devient illisible.
            Je retourne donc (par la commande sed inverse &lt;eg&gt;&lt;![CDATA[sed -i "s/\t/  /g" somefile.xml&gt;]]&lt;/eg&gt;)
            aux espaces, préférence que Bluefish, entre-temps passé à 2.2.1, semble mémoriser.
          &lt;/p&gt;
        &lt;/normalization&gt;
        &lt;normalization&gt;
          &lt;p&gt;
            Il serait fastidieux de m’écrire à moi même toutes mes pratiques d’indentation.
            D’oXygen, j’ai appris qu’on pouvait couper au signe de fin d’élément,
            ce qui est pratique dans les longs URL.
          &lt;/p&gt;
          &lt;p&gt;
            Pour rendre le texte principal plus lisible, je m’efforce d’isoler l’intérieur
            des éléments note. (L’intérieur, parce que les balises sont souvent attachées.)
          &lt;/p&gt;
        &lt;/normalization&gt;
        &lt;normalization&gt;
          &lt;p&gt;
            Profondeur de division. (On ne peut s’empêcher de faire certains choix TEI en fonction
            de la publication.) J’ai réglé le découpage en pages HTML des divisions de niveau 0, 1,
            2 et 3. (&lt;eg&gt;&lt;![CDATA[&lt;xsl:param name="splitLevel"&gt;3&lt;/xsl:param&gt;</eg>.)
            Il faut donc s’abstenir de divisions de type level2 ou level3 ridiculement petites.
            Par contre, on peut impunément créer des divisions level4 et en dessous.
          </p>
          <p>
            Cependant, tout apparaît dans la table des matières principale. On pourrait se retenir
            de créer des divisions level4 et en dessous dont on trouverait qu’elles n’ont pas leur
            place dans la table.
          </p>
        </normalization>
      </editorialDecl><!--
      <classDecl>
        <taxonomy>
          <category xml:id="cotxg"><catDesc>co-texte, gauche</catDesc></category>
          <category xml:id="pivot"><catDesc>pivot, le terme édudié</catDesc></category>
          <category xml:id="cotxd"><catDesc>co-texte, droit</catDesc></category>
          <category xml:id="MEGA" ><catDesc>MEGA², volume</catDesc></category>
          <category xml:id="S-Z"  ><catDesc>MEGA², page, ligne</catDesc></category>
          <category xml:id="MEcW" ><catDesc>MEW ou MECW, volume</catDesc></category>
          <category xml:id="page" ><catDesc>MEW ou MECW, page</catDesc></category>
          <category xml:id="doc"  ><catDesc>document</catDesc></category>
        </taxonomy>
        Mon intention (comme pour la documentation électorale) était de marquer le rôle des cellules,
        mais c’est assez clair avec la valeur d’attribut rend spécifique de ce rôle.
      </classDecl> -->
      <tagsDecl>
        <rendition xml:id="NoteLarge" scheme="css">width: 30%; font-style: normal;</rendition>
      </tagsDecl>
    </encodingDesc>
    <revisionDesc>

  <change n="1.229" when="2026-05-17" who="#dm">
    Concordance.
  </change>
  <change n="1.228" when="2026-05-09" who="#dm">
    Salaire prix et profit, plus de références
    et ajout de l’allemand pour une citation.
    Travail salarié et capital, type de formation sociale.
  </change>
  <change n="1.227" when="2026-04-28" who="#dm">
    Je souligne le parallèle entre seuil chez Marx pour un capital
    et chez Engels (Anti-Dühring) pour utiliser un esclave.
  </change>
  <change n="1.227beta2" status="nonpub" when="2026-04-22" who="#dm">
    Famille dans l'Idéologie allemande, d'abord premier, ensuite subordonné.
  </change>
  <change n="1.227beta1" status="nonpub" when="2026-04-19" who="#dm">
    Je tente d’avancer sur l’histoire.
  </change>
  <change n="1.226" when="2026-04-17" who="#dm">
    Sur la loi de quantité et qualité au chap. 9 du Capital,
    je donne le texte de 1867.
  </change>
  <change n="1.225" when="2026-04-07" who="#dm">
    Quelques modifications mineures sur l’Idéologie allemande
    (version originale en allemand d’un passage
    que je citais en français seulement).
    Manifeste, traduction Macfarlane et autres éditions ;
    quelques remarques de fond.
  </change>
  <change n="1.224" when="2026-03-15" who="#dm">
    Je découvre et je note que l’avant-propos signé Lafargue
    de Socialisme utopique… est de Marx.
  </change>
  <change n="1.224beta1" status="nonpub" when="2026-01-28" who="#dm">
    Lénine sur l’opium du peuple
    (dans Len15 De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion).
  </change>
  <change n="1.223" when="2025-11-30" who="#dm">
    Quelques corrections de mon essai sur le féminisme.
    Teyssandier 2025 (d’il y a quelques jours).
  </change>
  <change n="1.222" when="2025-11-01" who="#dm">
    Outre tout ce que je n’ai pas noté depuis la mi-septembre,
    édition 1938 (par Dona Torr) du livre I du Capital en anglais.
  </change>
  <change n="1.222beta3" status="nonpub" when="2025-09-12" who="#dm">
    Origine de la famille.
  </change>
  <change n="1.222beta2" status="nonpub" when="2025-08-24" who="#dm">
    Additions à l’Idéologie allemande.
    Lettre de Marx à Engels, 25-9-1857.
    Lettre d’Engels à Conrad Schmidt, 27-10-1890.
  </change>
  <change n="1.222beta1" status="nonpub" when="2025-08-03" who="#dm">
    Capital I, corrections et additions mineures.
    Additions au chapitre 24.
  </change>
  <change n="1.221" when="2025-06-08" who="#dm">
    Quelques précisions sur les éditions du Livre I du Capital
    (Kautsky, Riazanov, Eden et Cedar Paul, Fowkes…)
  </change>
  <change n="1.220" when="2025-06-01" who="#dm">
    Importante lettre de Marx du 8 janvier 1868.
    Du coup aussi sa lettre de Hanovre (30 avril 1867)
    à Sigfrid Meyer à New York sur le plan du Capital.
  </change>
  <change n="1.219" when="2025-04-10" who="#dm">
    Misère de la philosophie (moulin). Rôle des humains.
  </change>
  <change n="1.218" when="2025-03-03" who="#dm">
    D’un important extrait sur la machinerie dans les Grundrisse,
    j’ajoute la traduction en néerlandais.
    Peu avant, dans les Grundrisse, capital fixé,
    que je rapproche du Livre II
    et je revois là l’indexation de capital productif, et cetera.
    Pour un passage des Grundrisse, j’ajoute dans mes lectures du Capital
    quelque chose de la discussion du travail nécessaire
    menée surtout dans Vogel 2013.
  </change>
  <change n="1.217" when="2025-02-23" who="#dm">
    Dans la comparaison des tables des matières,
    j’ajoute des titres (1983) et des numéros de page (1872)
    et je fignole l’ensemble.
    Dans les années 40, une note d’Engels sur Feuerbach et le sexe.
  </change>
  <change n="1.216" when="2025-02-18" who="#dm">
    Je retravaille encore mon essai sur la dialectique.
    Entre autres, références à Misère de la philosophie.
  </change>
  <change n="1.215" when="2025-02-15" who="#dm">
    Je retravaille encore mon essai sur la dialectique.
    Je le remonte avant l’essai sur l’histoire.
  </change>
  <change n="1.214" when="2025-02-14" who="#dm">
    Engels sur l’histoire dans La Sainte Famille
    et mention de ce passage par Lénine
    dans son résumé de La Sainte Famille.
  </change>
  <change n="1.213" when="2025-02-10" who="#dm">
    De DMdialectique, je publie une version encore améliorable,
    mais lisible comme telle.
  </change>
  <change n="1.213beta2" status="nonpub" when="2025-02-08" who="#dm">
    Bien avancé dans la réécriture de DMdialectique.
  </change>
  <change n="1.213beta1" status="nonpub" when="2025-02-02" who="#dm">
    Réécriture de DMdialectique.
  </change>
  <change n="1.212" when="2025-02-01" who="#dm">
    Engels, Feuerbach, les titres de chapitre.
  </change>
  <change n="1.211" when="2025-01-26" who="#dm">
    Ce que sont les « amis du peuple », début fascicule I, histoire.
  </change>
  <change n="1.210" when="2025-01-20" who="#dm">
    Corrections et améliorations diverses dans DMdialectique et à propos.
    Indexations diverses.
  </change>
  <change n="1.209" when="2025-01-12" who="#dm">
    Corrections et améliorations diverses dans DMdialectique et à propos.
    Indexations diverses.
  </change>
  <change n="1.208" when="2024-12-27" who="#dm">
    Opposer matérialisme dialectique à conception matérialiste de l’histoire,
    ça ne tient pas.
    Il y a un usage légitime de matérialisme historique
    pour de la bonne histoire matérialiste
    et on ne corrige pas un usage.
    Je distingue le matérialisme historique doctrinaire.
  </change>
  <change n="1.208beta1" status="nonpub" when="2024-12-26" who="#dm">
    À la fin de DMdialectique,
    j’ajoute les règles de Levins et Lewontin.
  </change>
  <change n="1.207" when="2024-12-25" who="#dm">
    J’achève (provisoirement)
    et je publie le nouveau texte de DMdialectique.
  </change>
  <change n="1.207beta3" status="nonpub" when="2024-12-24" who="#dm">
    Note 205 du Livre I avec un fermier capitaliste.
    Je date la Dialectique de la nature de 1886 au lieu de 1883.
    Précisions éditoriales sur le Feuerbach et divers.
    Je retrouve quatre occurrences
    de historischen Materialismus chez Engels (#DMmathist).
  </change>
  <change n="1.207beta2" status="nonpub" when="2024-12-05" who="#dm">
    Wittig et autres 1970 me fait allonger une citation
    de l’Origine sur les hommes et les femmes.
  </change>
  <change n="1.207beta1" status="nonpub" when="2024-11-26" who="#dm">
    Dans les tables, la correspondance en 1867 (S.728) du 24.Kapitel § 5.
    Quelques meilleures correspondances de 1867 sur la valeur.
    Je remonte cette division après éditions et versions,
    mais avant l’examen critique de certaines.
  </change>
  <change n="1.206" when="2024-11-05" who="#dm">
    Dans DMfemmarx, je souligne que Vogel 2013 est presque aussi long.
  </change>
  <change n="1.205" when="2024-11-04" who="#dm">
    J’achève (provisoirement) et je publie le nouveau texte de DMfemmarx.
  </change>
  <change n="1.205beta3" status="nonpub" when="2024-01-03" who="#dm">
    Mon essai de féminisme marxiste DMfemmarx.
  </change>
  <change n="1.205beta2" status="nonpub" when="2024-01-02" who="#dm">
    Mon essai de féminisme marxiste DMfemmarx.
  </change>
  <change n="1.205beta1" status="nonpub" when="2024-11-01" who="#dm">
    Introduction d’un nouveau texte de DMfemmarx.
    J’ajoute la colonne en anglais au début de la préface de Capital I.
  </change>
  <change n="1.204" when="2024-09-19" who="#dm">
    Nouvelle édition 2024 du Livre I du Capital en anglais.
  </change>
  <change n="1.203" when="2024-09-09" who="#dm">
    À la note sur Ernest Solvay à propos du Livre II,
    j’ajoute, en note de la note, le lien Maitron pour Vanderrydt.
  </change>
  <change n="1.202" when="2024-08-19" who="#dm">
    J’avais mis le Livre I en 1872, parce que la deuxième édition est plus achevée,
    mais je le remets là où tout le monde s’attend à le trouver, en 1867.
    J’avais voulu mettre les Livre II et Livre III du Capital
    au moment de leur rédaction que je supposais entre 1860 et 1865.
    Je décide de les positionner selon l’année de leur publication, 1885 et 1894.
    Je remets dans le corps du texte du Livre II la note sur Ernest Solvay.
    (Une note par xi:include ne peut servir qu’une fois si elle a une identité.)
  </change>
  <change n="1.201" when="2024-08-11" who="#dm">
    Réécriture de mon essai sur la conception matérialiste de l’histoire.
    Pour l’Idéologie allemande, je ramène au début
    des références que j’avais mises sous I. Feuerbach.
  </change>
  <change n="1.201beta3" when="2024-06-13" who="#dm" status="nonpub">
    Encore mon essai sur la conception matérialiste de l’histoire.
  </change>
  <change n="1.201beta1" when="2024-06-08" who="#dm" status="nonpub">
    Meilleure indexation dans quelques fichiers.
  </change>
  <change n="1.201beta1" when="2024-06-03" who="#dm" status="nonpub">
    Un peu de féminisme marxiste.
  </change>
  <change n="1.200" when="2024-05-30" who="#dm">
    Lettre d’Engels à Ernst sur la méthode matérialiste en histoire.
    Encore quelques détails sur les Grundrisse.
    Surtout une version profondément retravaillée
    de mon essai sur la conception matérialiste de l’histoire
  </change>
  <change n="1.199" when="2024-05-27" who="#dm">
    Conclusion sur la préface de 1859.
    Quelques précisions bibliographiques sur les Grundrisse.
  </change>
  <change n="1.199beta4" when="2024-05-06" who="#dm" status="nonpub">
    Retour à Hegel dans les lettres de 1858.
  </change>
  <change n="1.199beta3" when="2024-02-12" who="#dm" status="nonpub">
    Manuscrits de 1844. Mieux structuré et indexé.
  </change>
  <change n="1.199beta2" when="2024-02-11" who="#dm" status="nonpub">
    L’Idéologie allemande,
    critique de présupposé dans la juxta
    et correction dans ce que j’en cite.
  </change>
  <change n="1.199beta1" when="2024-02-10" who="#dm" status="nonpub">
    Je me distancie de l’expression « matérialisme historique »
    dans mon essai que je rebaptise en
    conception matérialiste de l’histoire.
  </change>
  <change n="1.198" when="2024-02-05" who="#dm">
    Grundrisse, mention des dits Fragments sur les machines.
    Remplacement là d’une mauvaise traduction.
  </change>
  <change n="1.197" when="2024-01-29" who="#dm">
    Capital I, chapitre 13, fin, ruinant… la terre et le travailleur.
  </change>
  <change n="1.197beta7" when="2024-01-28" who="#dm" status="nonpub">
    Engels : État, joue une classe, ou un ordre, contre l’autre
  </change>
  <change n="1.197beta6" when="2023-12-29" who="#dm" status="nonpub">
    Quelques liens internes, quelques corrections.
  </change>
  <change n="1.197beta5" when="2023-12-16" who="#dm">
    J’aborde la question du travail ménager.
  </change>
  <change n="1.197beta4" when="2023-12-11" who="#dm">
    Quelques corrections, quelques références, dans le féminisme marxiste.
  </change>
  <change n="1.197beta3" when="2023-12-10" who="#dm">
    Parce que le 8 j’ai commencé à voir où je vais, que j’ai avancé le 9,
    je crée ce dimanche 10 une toute nouvelle note féminisme marxiste,
    XML valide, qui débloque le reste, et je peux republier.
  </change>
  <change n="1.197beta2" when="2023-12-08" who="#dm" status="nonpub">
    Parce que je rame sur le patriarcat,
    je désactive temporairement la note féminisme
    qui, XML non valide, bloque le reste.
  </change>
  <change n="1.197beta1" when="2023-08-06" who="#dm" status="nonpub">
    Je restructure avec une note féminisme marxiste au même niveau
    que matérialisme historique, etc.
  </change>
  <change n="1.196" when="2023-07-29" who="#dm">
    Encore superstructure dans ma note sur le matérialisme historique
    et dans les textes, en assurant l’indexation.
  </change>
  <change n="1.195" when="2023-07-27" who="#dm">
    – Grundrisse, passage sur la liberté et l’égalité bourgeoises.
    – Je décide de remonter les Divers années xx,
    ce titre fonctionnant alors comme titre à la décennie dans la table des matières.
    – Décisions de principe, travail entamé, à suivre :
      –– La date n’a pas sa place dans le titre affiché.
      (Elle est donnée juste après, en référence bibliographique.)
      Je l’encode cependant en segment invisible pour la faire apparaître
      dans les tables des matières et dans l’index où elle a bien lieu d’être.
      –– Le style rend="publie" est souvenir d’un très lointain passé
      de notes écrites directement en HTML. Je supprime ça
      (mais je préfère ne pas actualiser tous les timestamps pour ce changement purement formel) :
        grep -l ’rend="publie"’ *.xml | while read -r rendpublie ; \
        do echo "$rendpublie" ; \
          tstamp=$(stat -c %y "$rendpublie") ; \
          sed -i ’s/ rend="publie"//g’ "$rendpublie" ; \
          touch -d "$tstamp" "$rendpublie" ; \
        done
      Dans montei.css, j’ajoute alors cependant un retrait de première ligne au style "biblfree".
  </change>
  <change n="1.194" when="2023-07-19" who="#dm">
    Je trouve Überbau dans l’Idéologie allemande.
  </change>
  <change n="1.193" when="2023-07-16" who="#dm">
    J’ai récrit de fond en comble
    mes considérations sur le matérialisme historique.
  </change>
  <change n="1.192" when="2023-07-09" who="#dm">
    Je reviens sur le matérialisme historique.
  </change>
  <change n="1.191" when="2023-05-30" who="#dm">
    Instinct sexuel des ouvriers au chapitre 21 du Livre I du Capital.
    Je l’indexe. J’y renvoie du chapitre [voir].
  </change>
  <change n="1.190" when="2023-05-06" who="#dm">
    Introduction anglaise à Socialisme utopique en 1892
    et sa publication en allemand dans Neue Zeit.
  </change>
  <change n="1.189" when="2023-04-30" who="#dm">
    Je trouve sur la dialectique et la fin de la philosophie
    des choses qui m’avaient échappé jusqu’ici
    dans ce que j’avais pourtant lu et commenté.
  </change>
  <change n="1.188" when="2023-04-23" who="#dm">
    Retravaillant la valeur de la force de travail (DM-FT-val),
    je rencontre une insuffisance de la version 2A
    que j’ajoute au tableau Capital-Icomparechap1_2A-4bref.
    Je note que le titre Die deutsche Ideologie est de Marx lui-même.
  </change>
  <change n="1.187" when="2023-04-15" who="#dm">
    Martin Nicolaus sur la préface de 1859.
    Je crée une division de niveau document
    pour les Manuscrits de 1857-1858
    et j’y inclus l’Introduction de 1857 et les Grundrisse
    Divers.
  </change>
  <change n="1.186" when="2023-03-14" who="#dm">
    Engels, Classe laborieuse en Angleterre.
    Théories sur la plus-value, meilleures cibles d’indexation.
  </change>
  <change n="1.185" when="2023-03-13" who="#dm">
    Arbeitsgeber, etc.
  </change>
  <change n="1.185beta5" when="2023-01-17" who="#dm" status="nonpub">
    Je complète la comparaison des tables des matières pour 1867.
  </change>
  <change n="1.185beta4" when="2023-01-11" who="#dm" status="nonpub">
    Je revois Misère de la philosophie en partant de l’original de 1847.
  </change>
  <change n="1.185beta3" when="2023-01-08" who="#dm" status="nonpub">
    Je reprends en encodingDesc mon commentaire ci-dessous
    sur l’encodage des éléments change.
  </change>
  <change n="1.185beta2" when="2023-01-04" who="#dm" status="nonpub">
    Ueber den Verfall des Feudalismus, dans les années 80
    J’introduis l’usage ici de l’attribut status.
    La valeur "nonpub" veut dire travail non publié.
    Je me propose de toujours htmliser,
    pour les vérifications XML et TEI et pour pouvoir me relire en HTML.
    Jusqu’ici, les numéros correspondent
    aux versions annoncées dans le document.
    Je me propose de numéroter les changements non publiés
    comme variante beta de la version suivante.
  </change>
  <change n="1.185beta1" when="2023-01-02" who="#dm" status="nonpub">
    divers depuis fin octobre
    homme et Homme dans la traduction de l’Idéologie allemande
  </change>
  <change n="1.184" when="2022-10-23" who="#dm">
    einfache Warenproduktion, Engels à Kautsky 1884.
  </change>
  <change n="1.183" when="2022-10-21" who="#dm">
    Livre III, chapitre 10, Marx historique aussi sur la valeur.
  </change>
  <change n="1.182" when="2022-10-16" who="#dm">
    La question analytique versus historique posée
    par le supplément d’Engels au Livre III
    me fait remonter les Livre II et III aux années soixante
    (comme les Théories sur la plus-value).
    [Je pense après coup (à voir la date du dernier état de colophon.xml)
    que c’est à cette date que j’introduis
    dans les « Indications sur ces notes »
    un avertissement sur les mots homme, man en anglais.]
  </change>
  <change n="1.181" when="2022-10-11" who="#dm">
    Difficulté au Livre III du Capital sur l’interprétation historique
    par Engels d’une société de production marchande simple.
  </change>
  <change n="1.180" when="2022-10-01" who="#dm">
    Édition française des Grundrisse et divers.
    Style d’indexation, passim.
  </change>
  <change n="1.179" when="2022-09-04" who="#dm">
    Merdier économique (lettre 2 avril 1851).
    Anti-Dühring et Socialisme utopique, Hegel, histoire.
    Anti-Dühring, style d’indexation, passim.
  </change>
  <change n="1.178" when="2022-07-24" who="#dm">
    De ma note sur production de la force de travail
    dans la perspective du travail domestique et du féminisme,
    j’extrais la partie sur le matérialisme historique
    où je voudrais parler de bien d’autres choses.
    De fil en aiguille, je suis amené à revoir (à cause d’un lien croisé)
    La Sainte Famille et L’Idéologie allemande
    et à ajouter dans cette dernière page une longue citation
    sur la conception matérialiste de l’histoire.
  </change>
  <change n="1.177" when="2022-06-27" who="#dm">
    Anti-Dühring, chapitre 14.
    Style d’indexation, passim.
  </change>
  <change n="1.176" when="2022-06-26" who="#dm">
    Indexation de Werknehmer, etc.
    Marx sur moteur électrique et perspective de train, années 50.
  </change>
  <change n="1.175" when="2022-05-20" who="#dm">
    Quelques additions à l’Origine de la famille.
  </change>
  <change n="1.174" when="2022-04-03" who="#dm">
    Gesellschaftsformation dans le paragraphe du caractère fétichiste.
  </change>
  <change n="1.173" when="2022-02-26" who="#dm">
    Belgian Massacres 1869, note Eichhoff.
  </change>
  <change n="1.172" when="2022-02-24" who="#dm">
    Belgian Massacres 1869.
  </change>
  <change n="1.171" when="2021-12-25" who="#dm">
    Dans la comparaison des tables des matières du Livre I,
    renvois à mes pages.
  </change>
  <change n="1.170" when="2021-12-08" who="#dm">
    Plus sur les manuscrits de 1844. Communisme pensé… … réel.
  </change>
  <change n="1.169" when="2021-11-27" who="#dm">
    Salaire, prix et profit.
  </change>
  <change n="1.168" when="2021-11-22" who="#dm">
    Revu ma page sur l’Idéologie allemande
    à la lumière de l’édition de 2014
  </change>
  <change n="1.167" when="2021-10-30" who="#dm">
    Le capital, tel un vampire.
  </change>
  <change n="1.166" when="2021-10-16" who="#dm">
    « Dans un palais, on pense autrement que dans une chaumière. »
    Feuerbach cité par Engels.
  </change>

  <change n="1.165" when="2021-10-10" who="#dm">
    Sous-titres (au lieu de mots-clefs)
    et indexation avec un segment invisible dans l’Introduction
    à la Contribution à la philosophie du droit de Hegel.
  </change>

  <change n="1.164" when="2021-10-03" who="#dm">
    Indexation Engelslettre1890-09-21Bloch.
  </change>

  <change n="1.163" when="2021-08-26" who="#dm">
    À ma discussion de mars de la préface à la Contribution,
    j’ajoute en note une référence à Tariq Ali 2018 à propos de Lénine.
  </change>

  <change n="1.162" when="2021-07-25" who="#dm">
    J’ai comparé dans les extraits de Marx et Engels
    les versions sur la force de travail.
    J’y renvoie au chapitre 4, paragraphe 3.
  </change>

  <change n="1.161" when="2021-05-17" who="#dm">
    À ma discussion de mars de la préface à la Contribution,
    j’ajoute les citations de Marx en anglais
    et une référence à Ellen Meiksins Wood.
  </change>

  <change n="1.160" when="2021-05-02" who="#dm">
    Marx, Capital I, chap. 24, commentaire sur le titre.
  </change>

  <change n="1.159" when="2021-04-16" who="#dm">
    Marx, Capital III, chap. 20, clothiers, en néerlandais.
  </change>

  <change n="1.158" when="2021-04-12" who="#dm">
    Mao sur l’huile et le sel en 1934.
  </change>

  <change n="1.157" when="2021-04-08" who="#dm">
    En Capital-Ichap1para1, notes sur Segal et sur le Manuel.
  </change>

  <change n="1.156" when="2021-04-07" who="#dm">
    Je sors un commentaire inclus par erreur dans la citation de L’origine…
    sur la femme prolétaire de son mari bourgeois.
  </change>

  <change n="1.155" when="2021-04-03" who="#dm">
    Lénine, Un pas en avant…, éditions en néerlandais.
  </change>

  <change n="1.154" when="2021-04-02" who="#dm">
    Plus sur les manuscrits de 1844.
  </change>

  <change n="1.153" when="2021-03-18" who="#dm">
    Liens entre préface à la Contribution (1859) et Manifeste (1848)
    sur la contradiction entre forces productives et rapports de production.
  </change>

  <change n="1.152" when="2021-03-07" who="#dm">
    J’achève provisoirement ma discussion de la préface à la Contribution.
  </change>

  <change n="1.151" when="2021-03-06" who="#dm">
    Double changement dans l’accumulation initiale :
    paysans → prolétaires, mais aussi
    seigneurs féodaux → propriétaires fonciers.
    Discussion de la préface à la Contribution.
  </change>

  <change n="1.150" when="2021-02-24" who="#dm">
    Remarque sur le titre Chapitre VI (inédit)
  </change>

  <change n="1.149" when="2021-02-19" who="#dm">
    Idéologie allemande, gravitation
  </change>

  <change n="1.148" when="2021-02-09" who="#dm">
    Force de travail et sa valeur, meilleure indexation
  </change>

  <change n="1.147" when="2021-01-17" who="#dm">
    Base et superstructure dans l’Idéologie allemande
  </change>

  <change n="1.146" when="2021-01-03" who="#dm">
    Capital-I,
    correction de la table des matières comparée
    (pour le caractère fétiche en 1867)
  </change>

  <change n="1.145" when="2020-12-30" who="#dm">
    sur la dissolution du mariage ouvrier et la perspective d’avenir
    (Capital-I, chapitre 13, paragraphe 9)
  </change>

  <change n="1.145" when="2020-12-25" who="#dm">
    Engels : femme, joue le rôle du prolétariat
    et pas mal de maintenance, surtout des point d’ancrage d’indexation
  </change>

  <change n="1.144" when="2020-12-23" who="#dm">
    Lénine félicite les travailleurs de la santé,
    un siècle avant la covid-19
  </change>

  <change n="1.143" when="2020-12-22" who="#dm">
    dans les citations problématiques,
    citation (probablement inventée) de Lénine sur le fascisme
  </change>

  <change n="1.142" when="2020-12-22" who="#dm">
    reformulation sur l’évolution depuis l’animalité
  </change>

  <change n="1.141" when="2020-11-29" who="#dm">
    différence entre humain et mâle dans le rapport
    de l’homme à la femme dans les manuscrits de 1844
  </change>

  <change n="1.140" when="2020-11-29" who="#dm">
    Capital I, chap. 13 [15], § 9 sur la famille.
    Marx, ethnological notes (1880-1882), Krader ed.
  </change>

  <change n="1.139" when="2020-11-27" who="#dm">
    Oups !
    Le miroir chez Catbull de la Marxists Internet Archive n’existe plus.
    Je le découvre ce soir. Je corrige tout (automatiquement avec sed).
  </change>

  <change n="1.138" when="2020-11-20" who="#dm">
    Capital I, chap. 23, § 3
  </change>

  <change n="1.137" when="2020-11-07" who="#dm">
    rapport de l’homme à la femme dans les manuscrits de 1844
  </change>

  <change n="1.136" when="2020-10-22" who="#dm">
    échange de travail domestique contre travail social
    Capital I chapitre 13.
  </change>

  <change n="1.135" when="2020-10-14" who="#dm">
    « valeur tout court » chez Lénine, tome 21:54, Karl Marx.
    Use one’s brains, avec les cinq économistes.
    <title>Capital</title> I, chapitre 2, valeur et extérieur.
  </change>

  <change n="1.134" when="2020-10-03" who="#dm">
    Éditions de l’<title>Idéologie allemande</title>.
    Encore note sur la force de travail.
  </change>

  <change n="1.133" when="2020-09-30" who="#dm">
    La formule générale du capital, comparaison des versions.
  </change>

  <change n="1.132" when="2020-09-26" who="#dm">
    Dans la note sur la force de travail,
    je resserre (en logique, pas nécessairement en brièveté)
    la soi-disant expropriation du travail domestique.
  </change>

  <change n="1.131" when="2020-09-14" who="#dm">
    Dans la note sur la force de travail, avancée vers le féminisme.
  </change>

  <change n="1.130" when="2020-09-08" who="#dm">
    Retravail de la page Manifeste
    et nouveau marquage des notions à indexer.
  </change>

  <change n="1.129" when="2020-09-06" who="#dm">
    Encore note sur la force de travail.
  </change>

  <change n="1.128" when="2020-09-04" who="#dm">
    Encore note sur la force de travail.
  </change>

  <change n="1.127" when="2020-09-01" who="#dm">
    Ma note sur la force de travail.
    Je commence par le matérialisme historique
    (avec des subdivisions autonomie de la superstructure, de la politique).
    J’ajoute du contenu.
    Ajouté en vitesse quelques phrases du Manifeste.
  </change>

  <change n="1.126" when="2020-08-09" who="#dm">
    Ma note sur la force de travail.
    Je change les identités XML des subdivisions (et des notes).
    J’ajoute au contenu.
  </change>

  <change n="1.125" when="2020-08-01" who="#dm">
    Reproduction, Capital I, chap. 7, temps de travail nécessaire.
  </change>

  <change n="1.124" when="2020-07-28" who="#dm">
    Reproduction, Capital I, chap. 21, Capital II, chap. 10.
  </change>

  <change n="1.123" when="2020-07-16" who="#dm">
    Engels, Situation de la classe ouvrière en Angleterre.
  </change>

  <change n="1.122" when="2020-05-31" who="#dm">
    Sur la religion, au chapitre de la marchandise.
  </change>

  <change n="1.121" when="2020-05-29" who="#dm">
    DMnature, renvoi à seigneurs de la nature
    dans l’Anti-Dühring et dans Socialisme utopique et scientifique.
  </change>

  <change n="1.120" when="2020-05-15" who="#dm">
    En exergue de DMdialectique,
    Lénine, sur la nécessité de réviser Engels.
  </change>

  <change n="1.119" when="2020-05-10" who="#dm">
    Dans les éditions du Livre I du Capital,
    réédition en 2020 du résumé de 1935.
  </change>

  <change n="1.118" when="2020-04-25" who="#dm">
    Engels (Origine…) sur le mariage sous le socialisme.
  </change>

  <change n="1.117" when="2020-03-23" who="#dm">
    Essai en défense du mot plus-value.
    Encore sur la force de travail familiale.
    Lénine, tome 12, sur les lettres de Marx à Kugelmann.
  </change>

  <change n="1.116" when="2020-03-21" who="#dm">
    Plus sur la plus-value.
  </change>

  <change n="1.115" when="2020-02-27" who="#dm">
    Lénine, tome 5, note dans Que Faire ?
  </change>

  <change n="1.114" when="2020-02-26" who="#dm">
    Dialectique (deux ou trois placards d’imprimerie)
        → accessible au sens commun.
  </change>

  <change n="1.113" when="2020-02-05" who="#dm">
    Sainte Famille, sur les circonstances… citées par Saramago.
  </change>

  <change n="1.112" when="2020-01-29" who="#dm">
    Manuscrits de 44, fusion d’une sous-division des divers, années 40
    et d’une division propre crée probablement le 4-7-2019
    en perdant de vue les divers, années 40.
    Manuscrits de 44, corps non organique.
  </change>

  <change n="1.111" when="2020-01-27" who="#dm">
    Lénine tome 25, monopole capitaliste d’État vers le socialisme.
  </change>

  <change n="1.110" when="2019-12-25" who="#dm">
    Plus de notes sur le chapitre 4 du Capital I.
  </change>

  <change n="1.109" when="2019-12-18" who="#dm">
    Simplifié la structure de cette note.
  </change>

  <change n="1.108" when="2019-12-17" who="#dm">
    Note de synthèse sur la valeur de la force de travail
    et la reproduction.
  </change>

  <change n="1.107" when="2019-12-11" who="#dm">
    Valeur de la force de travail. Uniformisation du taux de profit.
  </change>

  <change n="1.106" when="2019-12-02" who="#dm">
    Bien avancé ces dernier jours.
    J’arrive à quelque chose de publiable sur la critique des éditions.
  </change>

  <change n="1.105" when="2019-11-26" who="#dm">
    Mais il faut parler assez de la v. 2 aussi.
  </change>

  <change n="1.104" when="2019-11-23" who="#dm">
    J’essaie d’achever (provisoirement) la page sur la v. 2A.
  </change>

  <change n="1.103" when="2019-11-17" who="#dm">
    Depuis fin juillet, je veux restructurer
    et réécrire la discussion des versions du Livre I.
    Étant bien avancé, le moment est venu
    de créer les nouveaux chapitres pour continuer,
    mais je suis en panne de publication
    parce qu’il faut les revoir encore.
  </change>

  <change n="1.102" when="2019-10-31" who="#dm">
    Je neutralise l’appareil critique du 7-10
    en attendant un progrès par rapport aux bugs.
  </change>

  <change n="1.101" when="2019-10-22" who="#dm">
    Je réalise que les cinq noms, dans le titre,
    c’est trop pour un site devenu grand public.
    (Les discussions à ne mener que dans des circonstances avantageuses.)
  </change>

  <change n="1.100" when="2019-10-17" who="#dm">
    Genèse de la forme monnaie et non origine (Haug 2017).
  </change>

  <change n="1.099" when="2019-10-16" who="#dm">
    Je donne les éditions avant les versions
    (dont j’ai diminué l’importance ces derniers jours).
  </change>

  <change n="1.098" when="2019-10-07" who="#dm">
    Homme animal de nature social, Capital I, chapitre 11.
  </change>

  <change n="1.097" when="2019-10-07" who="#dm">
    J’inaugure dans le paragraphe mentionné ci-dessous
    les éléments d’appareil critique.
  </change>

  <change n="1.096" when="2019-10-06" who="#dm">
    Divergences d’éditions :
    Tendance historique de l’accumulation capitaliste
  </change>

  <change n="1.095" when="2019-09-30" who="#dm">
    Plus sur les versions et éditions et les tables des matières.
  </change>

  <change n="1.094" when="2019-09-08" who="#dm">
    Plus de précisions et de nuances concernant Solvay
    à propos du contrat de Laura Marx pour Capital II et III.
  </change>

  <change n="1.093" when="2019-07-29" who="#dm">
    Il y avait une page critique de la v. 2.A,
    mais il faut une page critique de la v. 4.
    Cela commence à faire beaucoup.
    Le niveau de la page #Capital-Iedit est parfaitement justifié logiquement,
    mais ajoute un niveau de profondeur à tout son contenu,
    dans une région où il y a déjà beaucoup de profondeur.
    (J’ai déplacé aussi différentes divisions,
    parfois à un autre niveau de profondeur.)
    Je décide de reprendre les alinéas de cette page
    en introduction de #Capital-Iversions et de supprimer #Capital-Iedit.
    Je mets cette identité de l’ancienne page au premier de ces alinéas,
    pour les renvois internes éventuels.
    Cela suppose un éclatement des divisions
    de l’ancien fichier #Capital-Iedit en fichiers distincts
    à cause d’XInclude qui exige des documents XML,
    donc un seul élément au plus haut niveau.
    (Je ne dois pas oublier de mettre sur mon site une redirection
    de l’ancienne page Capital-Iedit.html
    vers Capital-Iversions.html#Capital-Iedit.)
    <!-- Oublié. Je renvoie le 18-5-2023 à Capital-Ieditions.html#Capital-Ieditions-fr
         à cause d’un lien dans le Manuel (en français) pour le Livre I. -->
    ? ai-je maintenu problèmes divers ?
  </change>

  <change n="1.092" when="2019-07-28" who="#dm">
    Compléments et systématisation des versions et éditions.
  </change>

  <change n="1.091" when="2019-07-22" who="#dm">
    Amélioration de la question du pluriel des marchandises
    pour la valeur d’échange dans différentes éditions et traductions.
  </change>

  <change n="1.090" when="2019-07-04" who="#dm">
    Troisième manuscrit de 44, communisme, homme, nature.
  </change>

  <change n="1.089" when="2019-04-14" who="#dm">
    Un alinéa de plus sur le mouvement dans l’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="1.088" when="2019-02-15" who="#dm">
    Meilleure indexation de Liebig.
  </change>

  <change n="1.087" when="2019-01-14" who="#dm">
    Réécriture des versions et éditions
    à la lumière de la NTA et de karlmarx-lu.
  </change>

  <change n="1.086" when="2018-12-08" who="#dm">
    Lettre circulaire de 1879.
  </change>

  <change n="1.085" when="2018-12-04" who="#dm">
    Liberté, Égalité, Propriété et Bentham.
  </change>

  <change n="1.084" when="2018-12-02" who="#dm">
    Religion, se combat par la lutte sociale, pas directement.
  </change>

  <change n="1.083" when="2018-11-18" who="#dm">
    Capital I, date (1872-1873) de l’édition dite 1872.
  </change>

  <change n="1.082" when="2018-11-14" who="#dm">
    Divers Capital I sur travail (gratuit) et force de travail (payée).
  </change>

  <change n="1.081" when="2018-09-23" who="#dm">
    Préface de 1991 de L’origine… contre le dogmatisme,
    avec référence à Darmangeat 2012.
  </change>

  <change n="1.080" when="2018-08-27" who="#dm">
    Je compose en tableaux et plus en liste flottante
    les citations des notes sur Wagner.
  </change>

  <change n="1.079" when="2018-06-28" who="#dm">
    Lénine tome 26, poster de Makarychev cuisinière 1925.
  </change>

  <change n="1.078" when="2018-06-21" who="#dm">
    Lénine tome 26, manœuvre, cuisinière, gestion de l’État.
  </change>

  <change n="1.077" when="2018-06-02" who="#dm">
    Irlande, préjugé, octobre 1869.
  </change>

  <change n="1.076" when="2018-04-11" who="#dm">
    Capital I, plus sur la durée de la journée de travail
    aux chapitres 4 et 8.
  </change>

  <change n="1.075" when="2018-02-04" who="#dm">
    Capital I, chapitre 13, paragraphe 1.
  </change>

  <change n="1.074" when="2018-01-30" who="#dm">
    Éditions du Manifeste.
  </change>

  <change n="1.073" when="2018-01-23" who="#dm">
    Segui il tuo corso, et lascia dir le genti !
  </change>

  <change n="1.072" when="2018-01-22" who="#dm">
    Something rotten.
  </change>

  <change n="1.071" when="2018-01-21" who="#dm">
    Marx à Meyer et à Vogt sur l’Irlande en 1870.
  </change>

  <change n="1.070" when="2018-01-08" who="#dm">
    Marx à Annenkov (en français), décembre 1946.
  </change>

  <change n="1.069" when="2017-12-19" who="#dm">
    Tordre dans l’autre sens une barre tordue, Lénine 6:515.
  </change>

  <change n="1.068" when="2017-12-12" who="#dm">
    Livre III sur la valeur comme instrument comptable
    du temps de travail et de son affectation.
  </change>

  <change n="1.067" when="2017-09-19" who="#dm">
    Misère de la Philosophie
    (en relation avec la lutte contre les suppôts de Malm).
  </change>

  <change n="1.066" when="2017-09-03" who="#dm">
    Encore Engels à Bloch 1890.
  </change>

  <change n="1.065" when="2017-08-10" who="#dm">
    Cycle du capital-argent au Livre II, formule,
    concept de capital productif P comme état du capital.
  </change>

  <change n="1.064" when="2017-06-25" who="#dm">
    Meilleure indexation du noyau rationnel et de l’enveloppe mystique.
  </change>

  <change n="1.063" when="2017-06-21" who="#dm">
    Lien villes à la fin du Gotha.
  </change>

  <change n="1.062" when="2017-06-15" who="#dm">
    Eleanor Marx.
  </change>

  <change n="1.061" when="2017-05-10" who="#dm">
    Considérants des statuts de la première internationale.
  </change>

  <change n="1.060" when="2017-05-04" who="#dm">
    Diverses mentions de Mary Burns.
  </change>

  <change n="1.059" when="2017-04-11" who="#dm">
    Transformation de soi dans la 3e thèse sur Feuerbach.
  </change>

  <change n="1.058" when="2017-03-22" who="#dm">
    Engels à Bloch en 1890 sur les hommes font l’histoire, mais…
  </change>

  <change n="1.057" when="2017-03-14" who="#dm">
    Je corrige comme 2016 une édition « 2014 » du Livre I
    qui ne semble pas exister.
  </change>

  <change n="1.056" when="2017-01-20" who="#dm">
    César De Paepe.
  </change>

  <change n="1.055" when="2017-01-20" who="#dm">
    Plus de détails sur le contrat de Laura Marx avec Solvay
    pour Capital II et III.
  </change>

  <change n="1.054" when="2017-01-18" who="#dm">
    Quelques liens à des éditions anciennes de Das Kapital en ligne.
  </change>

  <change n="1.053" when="2017-01-01" who="#dm">
    Marx sur la subjectivité des capitalistes.
  </change>

  <change n="1.052" when="2016-12-06" who="#dm">
    Volksdrukkerij pour Kapitaal I.
    Note Solvay pour Capital II et III.
  </change>

  <change n="1.051" when="2016-11-23" who="#dm">
    Differencia specifica des modes du production,
    dans une note du chapitre 3.
  </change>

  <change n="1.050" when="2016-11-21" who="#dm">
    La traduction Molitor du Capital en 1930 est une v. 4.
  </change>

  <change n="1.049" when="2016-09-06" who="#dm">
    Dialectique dans La Révolution chinoise
    et le Parti communiste chinois, Mao, tome 2.
  </change>

  <change n="1.048" when="2016-08-28" who="#dm">
    Nouvelle division pour la section 2 du Livre I du Capital,
    avec la valeur de la force de travail
    (qui comprend des services, comme l’enseignement).
  </change>

  <change n="1.047" when="2016-08-26" who="#dm">
    Pluriel des marchandises quand on parle des valeurs d’échange :
    parmi les remarques de traduction.
  </change>

  <change n="1.046" when="2016-07-17" who="#dm">
    Indexation des services en vue de l’étude du travail productif.
  </change>

  <change n="1.045" when="2016-04-16" who="#dm">
    Expression « selon ses capacités » en allemand dans la critique de Gotha.
    Introduction de l’encodage en table des citations côte à côte.
  </change>

  <change n="1.044" when="2016-02-14" who="#dm">
    Accumulation primitive
  </change>

  <change n="1.043." when="2016-02-11" who="#dm">
    Plus au Livre III, section 5, sur le capital en titres.
  </change>

  <change n="1.042" when="2015-12-29" who="#dm">
    Smith, confusion valeur d’échange et coût de production.
  </change>

  <change n="1.041" when="2015-11-22" who="#dm">
    J’introduis l’Introduction de 1857.
  </change>

  <change n="1.040" when="2015-11-17" who="#dm">
    Encore. Aussi valeur d’usage.
  </change>

  <change n="1.039" when="2015-10-29" who="#dm">
    Plus sur la valeur, pas la valeur d’échange.
  </change>

  <change n="1.038" when="2015-10-29" who="#dm">
    J’éclate en sections par XInclude le Livre I devenant trop long.
  </change>

  <change n="1.037" when="2015-10-23" who="#dm">
    Dans la ligne des notes sur Wagner,
    précision de la distinction entre valeur d’échange
    et valeur au début du Livre I.
  </change>

  <change n="1.036" when="2015-09-13" who="#dm">
    Notes sur l’économie politique de Wagner.
    Encore sur le procès de travail,
    du point de vue de la relation avec la nature.
  </change>

  <change n="1.035" when="2015-08-14" who="#dm">
    Encore sur agriculture, fertilisation artificielle.
  </change>

  <change n="1.034" when="2015-08-08" who="#dm">
    Lénine sur la réduction de l’opposition entre ville et campagne.
  </change>

  <change n="1.033" when="2015-07-02" who="#dm">
    Encore sur la nature, à propos de l’accumulation initiale.
  </change>

  <change n="1.032" when="2015-06-30" who="#dm">
    À propos de ce qui précède,
    note sur les effets de la fluctuation des prix agricoles.
  </change>

  <change n="1.031" when="2015-06-25" who="#dm">
    Outre quelques corrections ou additions de détail depuis un mois et demi,
    ce jour dans ma note de synthèse sur la nature,
    plus sur la vision de progrès de Marx.
  </change>

  <change n="1.030" when="2015-05-01" who="#dm">
    Lénine sur l’impérialisme au tome 24.
  </change>

  <change n="1.029" when="2014-12-26" who="#dm">
    Encore un peu de baisse tendancielle du taux de profit
    en relation avec la crise, au Livre III.
  </change>

  <change n="1.028" when="2014-12-18" who="#dm">
    Lénine, tome 29, aux ouvriers de Hongrie.
  </change>

  <change n="1.027" when="2014-12-14" who="#dm">
    Marx sur la presse en 1842.
  </change>

  <change n="1.026" when="2014-12-10" who="#dm">
    Idéologie de la classe dominante dans le Manifeste.
  </change>

  <change n="1.025" when="2014-12-06" who="#dm">
    Article sur les citations problématiques,
    je reprends ce que j’ai mis par erreur dans un autre fichier.
  </change>

  <change n="1.024" when="2014-12-02" who="#dm">
    « le vrai mot d’ordre », meilleures sources
    et mentionné dans les citations à problèmes.
  </change>

  <change n="1.023" when="2014-12-02" who="#dm">
    Ayant trouvé le « Rôle du travail… » en néerlandais,
    j’en rends multilingues toutes mes citations.
  </change>

  <change n="1.022" when="2014-11-27" who="#dm">
    Capital III sur le contrôle de la nature.
  </change>

  <change n="1.021" when="2014-11-09" who="#dm">
    Engels, lettre de juin 1853 sur étatisme et irrigation en Orient.
  </change>

  <change n="1.020" when="2014-11-09" who="#dm">
    Travail salarié et capital.
  </change>

  <change n="1.019" when="2014-11-06" who="#dm">
    Marx sur la peine de mort, 1853.
  </change>

  <change n="1.018" when="2014-11-05" who="#dm">
    Guerre civile en France.
  </change>

  <change n="1.017" when="2014-11-04" who="#dm">
    Article sur les citations problématiques.
  </change>

  <change n="1.016" when="2014-10-28" who="#dm">
    Idéologie de la classe dominante, dans l’Idéologie allemande.
    Les hommes font l’histoire, dans le 18-Brumaire.
  </change>

  <change n="1.015" when="2014-10-27" who="#dm">
    Extrait (cité par Lénine dans Que Faire ?)
    de la deuxième préface à la Guerre des paysans d’Engels.
  </change>

  <change n="1.014" when="2014-10-23" who="#dm">
    Révolution anglaise dans Socialisme utopique/scientifique, introduction.
    Reprise d’une étude de Que faire ?
  </change>

  <change n="1.013" when="2014-10-18" who="#dm">
    Un peu plus de Critique de Gotha.
  </change>

  <change n="1.012" when="2014-10-06" who="#dm">
    Analyse concrète d’une situation concrète au t. 31.
  </change>

  <change n="1.011" when="2014-09-11" who="#dm">
    Dans ma note de synthèse sur la dialectique,
    je modère et je mets au conditionnel des considérations
    trop simplistes sur Hegel que je ne connais pas.
  </change>

  <change n="1.010" when="2014-07-05" who="#dm">
    Quelques mots de plus sur la MEGA.
  </change>

  <change n="1.009" when="2014-07-04" who="#dm">
    Plusieurs lettres reprises de Baksi.
    Les MEW en ligne dans les ressources.
  </change>

  <change n="1.008" when="2014-06-29" who="#dm">
    Plus sur Laurent et Gerhardt.
    Industrie et nature dans les manuscrits de 44.
    (J’imagine aussi avoir oublié de noter quelques changements depuis janvier.)
  </change>

  <change n="1.007" when="2014-01-17" who="#dm">
    Engels, guerre mondiale, Allemagne, Prusse.
  </change>

  <change n="1.006" when="2013-12-28" who="#dm">
    Gotha, socialisme, communisme.
  </change>

  <change n="1.005" when="2013-12-22" who="#dm">
    Famille et système de parenté.
  </change>

  <change n="1.004" when="2013-12-22" who="#dm">
    Len14, on peut parfois réviser Engels.
  </change>

  <change n="1.003" when="2013-12-21" who="#dm">
    Grundrisse.
  </change>

  <change n="1.002" when="2013-12-21" who="#dm">
    Validation vis-à-vis de TEI_allPlus et corrections.
  </change>

  <change n="1.001" when="2013-12-07" who="#dm">
    Récupération de Marx et autres révolutionnaires, Len25.
  </change>

  <change n="1.000" when="2013-12-06" who="#dm">
    Épuisé l’ancienne liste de thèmes dans l’indexation ;
    j’ai ainsi récupéré et les textes et les thèmes de mes anciennes notes,
    ce que je m’était fixé comme objectif
    pour parler de version 1 des nouvelles notes en TEI.
  </change>

  <change n="0.990.45" when="2013-12-05" who="#dm">
    Réduction de l’ancienne liste de thèmes et indexation ;
    Marx, chapitre VI (inédit du Livre I du Capital)
  </change>

  <change n="0.990.44" when="2013-12-03" who="#dm">
    Réduction de l’ancienne liste de thèmes et indexation.
  </change>

  <change n="0.990.43" when="2013-12-01" who="#dm">
    Finition du tableau de comparaison des tables du Livre I.
  </change>

  <change n="0.990.42" when="2013-11-29" who="#dm">
    Réduction de l’ancienne liste de thèmes et indexation.
  </change>

  <change n="0.990.41" when="2013-11-27" who="#dm">
    Édition des liens dans ma note sur la nature.
  </change>

  <change n="0.990.40" when="2013-11-08" who="#dm">
    Crise, dans les Livre II et Livre III.
  </change>

  <change when="2013-11-01" who="#dm">
    Dans une série de changements entre le 11 octobre et le 27 novembre,
    j’ai perdu de vue cette rubrique de revisionDesc.
  </change>

  <change n="0.990.39" when="2013-10-11" who="#dm">
    Anti-Dühring, encore mort thermique
    et quelques autres améliorations mineures.
  </change>

  <change n="0.990.38" when="2013-09-17" who="#dm">
    Plus d’Anti-Dühring, relativité.
  </change>

  <change n="0.990.37" when="2013-09-16" who="#dm">
    Plus d’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="0.990.36" when="2013-09-06" who="#dm">
    Sorti des divers tous les textes importants.
  </change>

  <change n="0.990.35" when="2013-08-15" who="#dm">
    Sorti le Manifeste des divers années 40.
    Machine à vapeur.
  </change>

  <change n="0.990.34" when="2013-07-26" who="#dm">
    Idiotismus dans le Manifeste.
  </change>

  <change n="0.990.33" when="2013-07-19" who="#dm">
    Promotion des notes de synthèse
  </change>

  <change n="0.990.32" when="2013-07-18" who="#dm">
    Papier de Manchester
  </change>

  <change n="0.990.31" when="2013-07-17" who="#dm">
    Lénine (Empiriocriticisme) la physique engendre la dialectique
  </change>

  <change n="0.990.30" when="2013-07-16" who="#dm">
    Des indications éditoriales sur l’Anti-Dühring
    me font commencer un Who’s who.
  </change>

  <change n="0.990.29" when="2013-07-15" who="#dm">
    Engels, ce que la dialectique n’est pas.
  </change>

  <change n="0.990.28" when="2013-07-14" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.27" when="2013-07-13" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.26" when="2013-07-11" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.25" when="2013-07-10" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.24" when="2013-07-04" who="#dm">
    J’intègre ma note sur la nature
    (transformée d’Open Document Format avec l’aide d’OxGarage).
  </change>

  <change n="0.990.23" when="2013-06-28" who="#dm">
    Encore un peu de multilingue et diverses précisions.
  </change>

  <change n="0.990.22" when="2013-06-23" who="#dm">
    Encore un peu de multilingue et diverses précisions.
  </change>

  <change n="0.990.21" when="2013-06-13" who="#dm">
    Rubrique pour les notes de synthèse,
    comme sur la dialectique et sur la nature.
  </change>

  <change n="0.990.20" when="2013-06-11" who="#dm">
    J’inaugure l’usage d’un bibl de style publie au lieu d’un p.
  </change>

  <change n="0.990.19" when="2013-06-10" who="#dm">
    Précisions sur la citation par Lénine
    de la lettre de Marx à Ruge en septembre 1943
    et diverses autres améliorations.
  </change>

  <change n="0.990.18" when="2013-06-03" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.17" when="2013-05-22" who="#dm">
    Engels, chômeur et crime.
  </change>

  <change n="0.990.16" when="2013-05-03" who="#dm">
    Métabolisme comme loi, en quatre langues.
  </change>

  <change n="0.990.15" when="2013-05-02" who="#dm">
    Sauts de page dans Capital I.
    Voir plus haut un élément normalization à ce sujet.
  </change>

  <change n="0.990.14" when="2013-05-01" who="#dm">
    Métabolisme en allemand dans Zur Kritik…
  </change>

  <change n="0.990.13" when="2013-04-09" who="#dm">
    Ma lecture de la dialectique, suite.
  </change>

  <change n="0.990.12" when="2013-04-08" who="#dm">
    Suppression complète des renditions.
  </change>

  <change n="0.990.11" when="2013-04-07" who="#dm">
    Complété une citation du Manifeste sur la contradiction
    entre forces productives et rapports sociaux.
    Unification de l’indexation de cette contradiction.
  </change>

  <change n="0.990.10" when="2013-04-05" who="#dm">
    Aligné Gotha sur la traduction Geme.
  </change>

  <change n="0.990.9" when="2013-04-04" who="#dm">
    Sur les générations futures.
  </change>

  <change n="0.990.8" when="2013-03-20" who="#dm">
    Au tome 25 L’État et la révolution, qui était par erreur en 24.
  </change>

  <change n="0.990.7" when="2013-03-18" who="#dm">
    Ma lecture de la dialectique, suite.
  </change>

  <change n="0.990.6" when="2013-03-18" who="#dm">
    Je change (graduellement) ma politique de renditions.
    Voir sous normalization.
  </change>

  <change n="0.990.5" when="2013-03-17" who="#dm">
    Ma lecture de la dialectique. (En construction. Pas encore en ligne.)
  </change>

  <change n="0.990.4" when="2013-03-16" who="#dm">
    J’inaugure, avec la discussion de la physionomie,
    les citations multilingues en liste côte à côte.
  </change>

  <change n="0.990.3" when="2013-02-27" who="#dm">
    Élucidation du retrait de textes de l’AD pour la DN.
  </change>

  <change n="0.990.2" when="2013-02-26" who="#dm">
    Systématiser Darwin dans l’AD et la DN.
  </change>

  <change n="0.990.1" when="2013-02-16" who="#dm">
    futur.
  </change>

  <change n="0.990" when="2013-02-15" who="#dm">
    Complété Engels de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.989" when="2013-02-14" who="#dm">
    Complété Engels de l’Anti-Dühring (chap. 7).
  </change>

  <change n="0.988" when="2013-02-06" who="#dm">
    Encore plus d’Engels de l’Anti-Dühring
    (chap. 7, *** je dois y revenir ***)
    et de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.987" when="2013-02-05" who="#dm">
    Supprimé l’unique (et donc inutile) sous-division du tome 14 de Lénine.
  </change>

  <change n="0.986" when="2013-02-03" who="#dm">
    Un peu d’Engels de l’Anti-Dühring ou de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.985" when="2013-01-30" who="#dm">
    Engels à Lavrov, 1975, réf. en anglais.
  </change>

  <change n="0.984" when="2013-01-20" who="#dm">
    J’ai renommé inclusions le répertoire des fichiers inclus.
    Je réalise qu’il est dangereux d’utiliser comme identifiant CSS
    .smaller qui est un nom CSS.
    J’adopte .pluspetit.
  </change>

  <change n="0.983" when="2013-01-06" who="#dm">
    Je fais de l’index une division donc une page séparée
  </change>

  <change n="0.982" when="2012-12-22" who="#dm">
    Loi de la valeur
  </change>

  <change n="0.981" when="2012-12-01" who="#dm">
    Immobilisations longues sous le communisme dans le Livre II
  </change>

  <change n="0.980" when="2012-11-21" who="#dm">
    Référence pour Roubine dans les années 60
  </change>

  <change n="0.979" when="2012-11-11" who="#dm">
    Marx sur matière et pensée chez Hobbes
  </change>

  <change n="0.978" when="2012-09-16" who="#dm">
    Considérations sur les éditions et les ressources en ligne.
  </change>

  <change n="0.977" when="2012-07-31" who="#dm">
    Négation de la négation dans les manuscrits de l’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="0.976" when="2012-07-12" who="#dm">
    Engels, Un salaire équitable
  </change>

  <change n="0.975" when="2012-07-12" who="#dm">
    Un peu plus de Gotha
  </change>

  <change n="0.974" when="2012-06-28" who="#dm">
    Encore sur les deux sources, de la Contibution…
  </change>

  <change n="0.973" when="2012-06-28" who="#dm">
    Esquisse… d’Engels
  </change>

  <change n="0.972" when="2012-06-27" who="#dm">
    Sur la loi de la valeur et la répartition du travail social.
  </change>

  <change n="0.971" when="2012-06-26" who="#dm">
    De l’Idéologie je fais un livre. Quelques citations.
    J’adopte le miroir allemand des Archives.
  </change>

  <change n="0.970" when="2012-06-26" who="#dm">
    Une citation de l’Idéologie allemande signalée par Magdoff.
  </change>

  <change n="0.969" when="2012-06-19" who="#dm">
    Lénine sur le socialisme.
  </change>

  <change n="0.968" when="2012-06-18" who="#dm">
    Marx, plus sur la crise, à partir de passages mentionnés par Bublex.
  </change>

  <change n="0.967" when="2012-06-17" who="#dm">
    Marx, répartition selon le travail, dans le fétichisme de la marchandise.
  </change>

  <change n="0.966" when="2012-06-16" who="#dm">
    Citations suivant Foster, Une révolution écologique.
  </change>

  <change n="0.965" when="2012-06-10" who="#dm">
    Reprise de mots-clefs des Thèmes.
  </change>

  <change n="0.964" when="2012-05-12" who="#dm">
    À la discussion de l’effet de seuil pour qu’une somme devienne un capital
    j’ajoute la question du petit patron,
    qui n’est pas vraiment un capitaliste.
  </change>

  <change n="0.963" when="2012-05-06" who="#dm">
    Marx sur les salariés commerciaux.
  </change>

  <change n="0.962" when="2012-04-12" who="#dm">
    Liens au Capital en anglais sur the Online Library of Liberty.
  </change>

  <change n="0.961" when="2012-03-06" who="#dm">
    J’avais écrasé, probablement depuis 0.926 d’octobre,
    la page de départ dialnat.html par la note de lecture dialnat.html.
    J’ai retrouvé la première dans les archives d’un ancien site
    et l’ai renommée dialnatindex.html.
    J’ai corrigé ici le renvoi (il y a quelques jours).
    Liebig et le guano au chapitre 8 du Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.960" when="2012-01-31" who="#dm">
    Staline sur la planification dans les cinq conversations.
  </change>

  <change n="0.959" when="2012-01-15" who="#dm">
    Labouring poors et les sarcasmes sur Burke.
  </change>

  <change n="0.958" when="2012-01-04" who="#dm">
    Introduit les tomes 1, 2, 3 et 5 de Mao Tsé-toung.
  </change>

  <change n="0.957" when="2012-01-03" who="#dm">
    Science, apparence, essence au Livre III (voir index).
  </change>

  <change n="0.956" when="2012-01-03" who="#dm">
    Dette publique au chapitre 24 paragraphe 6 du Livre I (voir index).
  </change>

  <change n="0.955" when="2012-01-01" who="#dm">
    Je mets 2012 dans l’editionSmt.
    Éloge d’Épicure dans les années 40.
  </change>

  <change n="0.954" when="2011-12-29" who="#dm">
    Je retire la discussion de l’affaire Dunning de la note de lecture
    et je la mets (sous forme d’include)
    dans la nouvelle division des considérations diverses
    sur l’édition du Livre I, après la physionomie.
  </change>

  <change n="0.953" when="2011-12-29" who="#dm">
    J’isole en include la table de comparaison de tables des matières
    et la table des faiblesses de la 2A.
    Je remonte la comparaison des tables des matières immédiatement
    après les versions et les éditions,
    donc avant la discussion de la version 2A et des problèmes divers
    et j’ajoute là, en inclusion, avant les tables des matières,
    un schéma en SVG de la filiation des contenus.
  </change>

  <change n="0.952" when="2011-12-28" who="#dm">
    Quelques modifications à propos des éditions néerlandaises
    (une mystérieuse van der Goes en 1894)
    et image des pages de titre de 1910.
  </change>

  <change n="0.951" when="2011-12-28" who="#dm">
    Je retire la discussion de la « physionomie »
    de la note de lecture de la postface
    et je la mets (sous forme d’inclusion)
    dans une nouvelle division des considérations sur l’édition du Livre I.
  </change>

  <change n="0.950" when="2011-12-26" who="#dm">
    Ajouté le passage Qui vaincra du tome 33 de Lénine.
    Surtout repris entièrement la rédaction de la discussion Dunning.
    (J’ai fait de ce passage une inclusion pour en faciliter l’édition.)
  </change>

  <change n="0.949" when="2011-12-23" who="#dm">
    Terminé les tomes de Lénine. (Mais il reste à y mettre des mots-clefs.)
  </change>

  <change n="0.948" when="2011-12-22" who="#dm">
    Encore quelques tomes de Lénine.
  </change>

  <change n="0.947" when="2011-12-21" who="#dm">
    Mis dans des include le Lénine déjà repris en TEI
    et début d’exploitation du reste.
    Je reviens à tabuler par deux espaces, parce que sinon le code HTML
    peut être illisible dans certaines vues (comme le Ctrl+U de Firefox).
  </change>

  <change n="0.946" when="2011-12-21" who="#dm">
    Repris ces derniers jours tout le reste de la dialectique de la nature.
    Arrangé ce matin un problème de CSS pour les notes de marge avec bibl.
    Fait un fichier d’inclusion pour les années 90,
    ce qui termine la reprise de notes Marx-Engels.
  </change>

  <change n="0.945" when="2011-12-19" who="#dm">
    Mes indications de niveau en [1] et cetera sont illégales
    en valeur de genre Name attendue par l’attribut type.
    Je remplace partout par des level1_ et cetera.
  </change>

  <change n="0.944" when="2011-12-19" who="#dm">
    Ajout du titre, oublié, du chapitre 15.
    Corrections d’id en 15 dans le chapitre 13
    (héritage sans doute de la version 2a).
    Hyperlien à l’index en page de titre.
  </change>

  <change n="0.943" when="2011-12-18" who="#dm">
    Encore sur la nature.
    Nouvelle discussion de l’affaire Dunning.
    Les textes de Marx et Engels en dizaines d’années sont titrés Divers
    et placés en suite des textes principaux de cette dizaine.
  </change>

  <change n="0.942" when="2011-12-17" who="#dm">
    Mécanisation, emploi, allègement du travail, maîtrise des forces naturelles.
  </change>

  <change n="0.941" when="2011-12-16" who="#dm">
    Encore sur le procès de production et la nature.
  </change>

  <change n="0.940" when="2011-12-16" who="#dm">
    Encore du procès de production.
    Un peu plus de byline en page de titre pour indiquer l’existence d’un index.
  </change>

  <change n="0.939" when="2011-12-14" who="#dm">
    Encore un peu de métabolisme.
  </change>

  <change n="0.938" when="2011-11-08" who="#dm">
    Comparaison des textes des versions 2A et 4 du Livre I sur le chapitre 1.
    Encore un peu de liens aux versions pour les éditions anglaises.
  </change>

  <change n="0.937" when="2011-11-08" who="#dm">
    Raffinement des versions anglaises du Livre I du Capital
    après la version 3A en 3A4 et 4A.
    Identification de 2A, 3A, 3A4 et 4A dans le tableau.
    Note dans ce tableau sur une anomalie de la Penguin de 1976.
  </change>

  <change n="0.936" when="2011-11-07" who="#dm">
    Introduction du concept de version 3A du Livre I du Capital.
    Ajout d’identités aux versions et éditions pour pouvoir y faire des renvois.
  </change>

  <change n="0.935" when="2011-11-07" who="#dm">
    J’introduis la technique des inclusions par XInclude.
    Le fichier lectincl.xml est écrit avec des appels d’inclusions ;
    la résultante de la résolution des inclusions est lectures.xml
    qui est alors transformé par XSLT en pages XHTML.
  </change>

  <change n="0.934" when="2011-11-03" who="#dm">
    Mention de l’édition Demopolis du Livre I.
  </change>

  <change n="0.933" when="2011-10-29" who="#dm">
    Je découpe en plusieurs pages
    les indications de versions et d’éditions du Livre I,
    avec quelques adaptations du texte.
  </change>

  <change n="0.932" when="2011-10-22" who="#dm">
    Un passage du chapitre 12 du Livre I sur la concurrence
    référant implicitement à Hobbes et à Darwin.
  </change>

  <change n="0.931" when="2011-10-19" who="#dm">
    Quelques corrections dans les indications d’éditions du Livre I.
  </change>

  <change n="0.930" when="2011-10-18" who="#dm">
    Mention des éditions anglaises de 1970 et de 1976 du Livre I du Capital.
    Je mentionne la thèse de Marx sur Épicure pour la référence bibliographique.
  </change>

  <change n="0.929" when="2011-10-17" who="#dm">
    Je revois la citation de la Question juive
    d’après la traduction de Marianna Simon
    et d’après les images de Wikisource pour l’emphase.
  </change>

  <change n="0.928" when="2011-10-17" who="#dm">
    Indications de sources et d’éditions.
  </change>

  <change n="0.927" when="2011-10-16" who="#dm">
    Ajout d’une critique des droits de l’homme dans la Question juive.
  </change>

  <change n="0.926" when="2011-10-13" who="#dm">
    Reprise de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.925" when="2011-10-12" who="#dm">
    Reprise du Feuerbach.
  </change>

  <change n="0.924" when="2011-10-11" who="#dm">
    Essai d’indenter par des tabulations.
    Reprise de Socialisme utopique.
  </change>

  <change n="0.923" when="2011-10-08" who="#dm">
    Troisième partie de l’Anti-Dühring et un extrait des manuscrits,
    ce qui le termine.
  </change>

  <change n="0.922" when="2011-10-06" who="#dm">
    Je n’avais pas lu l’ « Avis au lecteur de Marx »,
    disant que l’édition française est une version améliorée de la version 2.
    Je retourne donc à l’appeler 2A.
    Je revois et je restructure toute la rédaction
    de la discussion où il y avait trop de répétitions.
    Je constitue une table de correspondance des sections et chapitres.
  </change>

  <change n="0.921" when="2011-10-05" who="#dm">
    Quelques mentions de Lauderdale. Je sépare de la liste des éditions l’évaluation
    de l’édition française de 1875.
  </change>

  <change n="0.920" when="2011-10-04" who="#dm">
    Fin de l’actualisation à v4 du Livre I.
    La traduction Roy, c’est lui faire trop d’honneur que de la qualifier de 2A ;
    je la rebaptise 1A.
  </change>

  <change n="0.919" when="2011-10-03" who="#dm">
    Quelques phrases d’introduction.
  </change>

  <change n="0.918" when="2011-10-03" who="#dm">
    Discussion de la critique de la dialectique
    à propos de <title>Misère de la philosophie</title>
    et plus de mots-clefs à ce sujet.
    Actualisation v4 du passage du Livre I
    sur la chimie moléculaire et sa discussion.
  </change>

  <change n="0.917" when="2011-10-02" who="#dm">
    Quelques mots-clefs.
    Indications sur les éditions du Livre IV.
  </change>

  <change n="0.916" when="2011-10-01" who="#dm">
    Remplacement de ligatures typographiques (ﬁ en fi, etc.)
    — pas orthographiques (comme œil) bien sûr !
    Quelques mots-clefs.
    Indications sur les éditions des Livre II et Livre III.
    Corrections d’orthographe.
  </change>

  <change n="0.915" when="2011-10-01" who="#dm">
    Encore quelques mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.914" when="2011-09-30" who="#dm">
    Correction de contenus du chapitre 5 du Livre I.
  </change>

  <change n="0.913" when="2011-09-29" who="#dm">
    Encore discussion des versions du Livre I.
  </change>

  <change n="0.912" when="2011-09-28" who="#dm">
    Correction de contenus du chapitre 5 du Livre I.
    Discussion des versions.
  </change>

  <change n="0.911" when="2011-09-27" who="#dm">
    Problèmes quant à l’édition de référence, pour le Livre I.
    Changement du chapitre 7 en chapitre 5 et début de correction de contenus.
  </change>

  <change n="0.910" when="2011-09-26" who="#dm">
    Indications éditoriales et division du chapitre du Livre IV.
    Précisions sur l’édition en huit volumes des trois premiers livres.
    Indications de pages dans le Livre III.
    Encore quelques mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.909" when="2011-09-25" who="#dm">
    Introduit quelques mots clefs pour les Livre III et Livre IV.
  </change>

  <change n="0.908" when="2011-09-24" who="#dm">
    Terminé cette reprise de notes des Livre III et Livre IV
    initialement en DocBook, mais sans encore choisir de mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.907" when="2011-09-21" who="#dm">
    Encore Marx sur la nature, reprise de notes initialement en DocBook.
    Partie du Livre III
  </change>

  <change n="0.906" when="2011-09-20" who="#dm">
    Encore Marx sur la nature, reprise de notes initialement en DocBook.
  </change>

  <change n="0.905" when="2011-09-19" who="#dm">
    Marx sur la nature, transformation et reprise de notes en DocBook.
  </change>

  <change n="0.904" when="2011-09-18" who="#dm">
    Encore Anti-Dühring chapitre 13. (Reste à faire : ma conclusion de ce chapitre).
    Remplacement des points-virgule après mots-clefs par des Aldus leafs devant.
    Laissé parfois le point en fin de ligne.
  </change>

  <change n="0.903" when="2011-09-15" who="#dm">
    Introduction de faux titres sans division
    dans les indications sur les éditions du Capital.
    Reprise de l’Anti-Dühring jusqu’au début du chapitre 13,
    avec quelques interventions rédactionnelles sur le fond.
  </change>

  <change n="0.902" when="2011-09-14" who="#dm">
    Je réalise en continuant à travailler sur l’Anti-Dühring
    et en butant sur des problèmes de profondeur de chunking
    qui se posaient déjà pour le Capital, qu’il était imprudent
    (impatience enfantine de montrer mon travail) de publier déjà.
    Je décide de relever de 2 à 3
    le paramètre splitLevel de profondeur d’éclatement en pages
    (ce qui n’est pas à proprement parler un « change » du présent fichier).
  </change>

  <change n="0.901" when="2011-09-13" who="#dm">
    Reprise d’Engels, deuxième préface de l’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="0.9" when="2011-09-12" who="#dm">
    Mise en ligne. J’appelle ça 0.9 parce que c’est publiable,
    mais encore très incomplet par rapport au matériel existant à convertir.
  </change>

  <change n="0.818" when="2011-09-12" who="#dm">
    Reprise d’Engels.
  </change>

  <change n="0.817" when="2011-09-11" who="#dm">
    Terminé la reprise des Livres II et III.
    Marquage de mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.816" when="2011-09-11" who="#dm">
    Marquage de mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.815" when="2011-09-10" who="#dm">
    Reprise du reste des notes sur le Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.814" when="2011-09-09" who="#dm">
    Reprise de contenus du Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.813" when="2011-09-08" who="#dm">
    Reprise de l’historique des éditions du Capital.
  </change>

  <change n="0.812" when="2011-09-08" who="#dm">
    Ajout à l’essai de Byline à quelques lettres. À faire éditions en main.
  </change>

  <change n="0.812" when="2011-09-08" who="#dm">
    Renvoi de « Mots-clefs » à une ancre pour l’index.
    Malheureusement ça ne marche pas avec une ancre dans Back matter.
  </change>

  <change n="0.811" when="2011-09-07" who="#dm">
    Indexation des deux préface et postface du Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.810" when="2011-09-06" who="#dm">
    Suite de la conversion du brouillon.
    Intégration des deux préface et postface du Capital.
  </change>

  <change n="0.8O9" when="2011-09-05" who="#dm">
    Indexation de quelques termes.
    Terminé lME.
    Constitution d’un gigantesque brouillon pour la conversion
    du reste des notes de lecture existantes en HTML
    et début de conversion en TEI.
  </change>

  <change n="0.8O8" when="2011-09-02" who="#dm">
    Indexation de quelques termes.
    Fait Gotha.
    Surtout introduction de la technique de rendition
    pour les indications de publication (publie) et pour les mots-clefs (clefs).
  </change>

  <change n="0.8O7" when="2011-09-01" who="#dm">
    Indexation de quelques termes. Fait 1873.
  </change>

  <change n="0.8O6" when="2011-08-31" who="#dm">
    Indexation de nombreux termes.
    Systématisation de leur formulation.
  </change>

  <change n="0.8O5" when="2011-08-28" who="#dm">
    Indexation de plus de termes.
  </change>

  <change n="0.8O4" when="2011-08-28" who="#dm">
    Indexation de plus de termes.
  </change>

  <change n="0.8O3" when="2011-08-25" who="#dm">
    Indexation de plus de termes.
    Systématisation de deuxièmes niveaux.
  </change>

  <change n="0.8O2" when="2011-08-24" who="#dm">
    Indexation de deuxième niveau, simple, explicite (philosophie, fin de la —).
    (L’indexation encastrée ne donne rien avec les feuilles XSL actuelles.)
  </change>

  <change n="0.8O1" when="2011-08-23" who="#dm">
    Corrections diverses. Indexation de plus de termes.
    Titres courts pour l’encombrement de l’index.
  </change>

  <change n="0.8O" when="2011-08-21" who="#dm">
    En une semaine, environ, incorporé tout lME
    avec une conversion relativement satisfaisante
    et quelques améliorations comme la reprise du bandeau du site
    avec du JavaScript compatible XML
    (agissant sur l’arbre DOM plutôt que d’écrire sauvagement du code HTML).
    J’appelle ça 0.8 parce que c’est pratiquement publiable.
  </change>

  <change n="0.1" when="2011-07-10" who="#dm">
    Quelques textes à l’essai.
    <name>Dominique Meeùs</name>
    <date>2011-07-10T20:49:37</date>
  </change>
</revisionDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <front>
      <titlePage>
        <docTitle>
          <titlePart type="main">
            Notes de lectures de textes classiques du marxisme
          </titlePart>
          <titlePart type="sub">
            Marx, Engels, Lénine…
          </titlePart>
        </docTitle>
        <docAuthor>
          Dominique Meeùs
        </docAuthor>

        <docEdition>
          version 1.229, du dimanche 17 mai 2026
        </docEdition>

        <argument>
          <p rend="alinea pluspetit">
            On a une table plus synthétique en cliquant le nom d’un auteur.
          </p>
          <p rend="alinea pluspetit">
            Outre la table ci-dessous,
            voyez l’<ref target="#TEIindex">index</ref> des notions, par ordre alphabétique.
          </p>
        </argument>
      </titlePage>
      <div xml:id="colophon">
        <head>Indications sur ces notes</head>

        <p rend="publie">
          Voir dans le bandeau, à droite, la date d’édition des fichiers de cette version.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Mon but est de m’y retrouver dans les textes, de me rappeler ce qu’on y dit, où on le dit et dans quel contexte.
          (Je m’efforce d’ailleurs de maintenir <ref target="#TEIindex">un index des notions</ref>.)
          Cela peut prendre différentes formes, allant plus ou moins en profondeur :
          — parfois simples tables des matières, ou même indications bibliographiques seulement
          — parfois citations, résumés — mais parfois aussi avec discussion, commentaires personnels.
          Parfois les citations, résumés ou commentaires sont intégrés dans une table des matières pour les situer.
        </p>
        <p rend="alinea">
          De Marx et Engels, j’ai choisi de mettre les textes dans l’ordre chronologique de leur rédaction
          (autant que possible) et non de leur publication.
          Ainsi, dans <ref target="lectures.html">la table des matières</ref>,
          les <title>Théories sur la plus-value</title> et,
          du <title>Capital</title>, les Livre II et Livre III, viennent avant le Livre I.
          (Et celui-ci, comme c’est de là que date ce qu’on lit aujourd’hui, en 1872 et non 1867.)
        </p>
        <p rend="alinea">
          Je cite le plus souvent le Livre I du <title>Capital</title> en français
          d’après <ref target="#CapIfr1983">la traduction de Jean-Pierre Lefebvre et de son groupe</ref>.
          Dans ce que je cite, je décide de corriger <term>survaleur</term> en <term>plus-value</term>
          et je m’en explique dans <ref target="#DMplus-value">un essai à ce sujet</ref>.
        </p>
        <p rend="alinea">
          J’écris ceci pour moi et les textes abordés sont le résultat de l’histoire des mes études et de mes préoccupations.
          Mes considérations sont strictement personnelles.
          Certaines choses sont liées à l’âge :
          l’allusion à Suzanne (de <title>Desperately Seeking Susan</title>)
          à propos d’<ref target="#ADZenon">une recherche que je juge désespérée</ref>
          n’est compréhensible qu’à des gens aussi cultivés et jeunes d’esprit que moi
          (mais pas <emph>trop</emph> jeunes quand même).
        </p>
        <p rend="alinea">
          Cela étant dit, il se peut que ce soit quand même utile à d’autres et je mets donc tout ce bazar en ligne.
        </p>
        <p rend="alinea">
          À part ces notes de lecture, j’ai <ref target="extraits.html">une série où j’examine des textes</ref> en tant que textes,
          surtout en cas de <ref target="#Capital-Iversions">discordance entre les différentes versions du Livre I</ref> du <title>Capital</title>.
        </p>

        <div xml:id="humains">
          <head>
            Avertissement : humains (femmes et hommes) et autres problèmes du masculin en français
            — Warning : humans (women and men) and other problems of the masculine in English.
          </head>
          <p rend="alinea">
            Dans les <ref target="#manuscrits44"><title>Manuscrits de 44</title></ref>, on trouve,
            rapprochées, des considérations sur les rapports entre les hommes et les femmes, avec,
            parfois dans la même phrase, d’autres hommes, dans le sens d’êtres humains en général.
            L’allemand a pour cela deux mots différents : Man, le mâle de notre espèce,
            et Mensch, l’être humain en général, femelle ou mâle. (Il en est de même en néerlandais.)
            En français et en anglais, un seul mot sert aux deux et le contexte est supposé suffisant pour différencier.
            Cependant, quand je lis dans mon exemplaire de 1962 aux Éditions sociales <ref target="#manuscrits44p86-87">la phrase</ref> :
            « Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de l’homme à l’homme est le rapport de l’homme à la femme »,
            je ne sais de l’absurdité et du ridicule lequel l’emporte.
          </p>
          <p rend="alinea">
            En français, <term>humain</term> n’est pas seulement un adjectif (qu’on pourrait utiliser substantivement),
            c’est un substantif bien établi. Il semble qu’il en est de même de <term xml:lang="en">human</term> en anglais.
            Dans le passage où on trouve la phrase, j’ai corrigé en <term rend="fluo">humain</term> mis en évidence
            les occurrences litigieuses d’<term>homme</term> dans la traduction originale.
            Je n’ai pas osé corriger l’anglais. Je me suis contenté de souligner
            les <term xml:lang="">man</term> qui veulent dire <term xml:lang="">human</term>.
            (Je ne suis pas sûr de pouvoir toujours substituer l’un à l’autre, sans parfois devoir modifier la phrase.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            See <ref target="#manuscrits44p86-87">a piece from the <title>1844 Manuscripts</title></ref>.
            A possible confusion between <term xml:lang="en">man</term>, as any human being,
            and <term xml:lang="en">man</term> as male is avoided by the use of <term xml:lang="en">person</term> in
            « The direct, natural, and necessary relation of person to person is the relation of man to woman. »
            But then the text goes on using <term xml:lang="en">man</term> for person.
            I did not correct (as I did in French),
            but did emphasize by a background colour the problematic occurrences of <term xml:lang="en">man</term>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            J’hésite à corriger de même tout ce que j’ai noté des <title>Manuscrits de 44</title>.
            J’hésite aussi à corriger tout de ce que j’ai noté de tous les classiques du marxisme.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il y a des exemples, non sans conséquences, où on a pris pour argent comptant
            un masculin qui n’était que grammatical.
            Dans son papier fameux, « The Political Economy of Women’s Liberation »
            (de 1969, mais dont une ébauche au moins aurait circulé depuis 1967),
            Margaret Benston est la première à tenter une analyse de la situation de la femme
            en s’appuyant formellement sur l’analyse que Marx fait du capitalisme.
            Elle cite Ernest Mandel (qu’elle suppose représentant fiable du marxisme) disant
            « The appearance of commodity production and its subsequent regularization and generalization
            have radically transformed the way men labor and how they organize society<note xml:id="humains-not1" n="1" place="bottom">
              <p rend="alinea">
                Ernest Mandel,
                <title>An Introduction to Marxist Economic Theory</title>,
                Merit Publishers, New York, 1967, pp. 10-11.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Dans la version française (1964), on lit :
                « L’apparition, puis la régularisation et la généralisation de la production de marchandises
                a transformé radicalement la manière dont les hommes travaillent et dont ils organisent la société »
                avec le même problème des « hommes ». En néerlandais (1964), on a :
                « Het ontstaan en later de regulering en veralgemening van de warenproductie
                heeft een radicale verandering teweeggebracht in de manier waarop de mensen werken en de maatschappij organiseren »,
                où il s’agit bien de « mensen », les gens, les humains, en non « mannen » pour les seuls mâles de l’espèce.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Je trouve qu’on pouvait le deviner en anglais et en français,
                mais Margaret Benston n’a pas fait la même lecture que moi
                (et pouvait difficilement comparer avec le néerlandais).
              </p>
            </note> »,
            et, prenant <term xml:lang="en">men</term> dans le sens d’humains mâles, elle en déduit que les femmes ne sont pas concernées.
            Tout son système part de cette erreur grammaticale
            et cela influencera une bonne partie des réflexions se voulant marxistes sur la question des femmes.
            Or elle aurait bien sûr pu trouver une telle forme grammaticale
            dans une traduction en anglais du <title>Capital</title> de Marx.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="changelog">
          <head>Journal des modifications</head>
          <p rend="alinea">
            On trouvera ci-dessous comme journal des modifications une copie de l’élément /TEI/teiHeader/revisionDesc.
          </p>
          <!-- <revisionGen/> -->
          <!-- <egXML xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
            Je rêve d’obtenir ici xsl:value-of select "/TEI/teiHeader/revisionDesc"/
          </egXML> -->
          <egXML xmlns="http://www.tei-c.org/ns/Examples" xml:space="preserve">
<revisionDesc xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">

  <change n="1.229" when="2026-05-17" who="#dm">
    Concordance.
  </change>
  <change n="1.228" when="2026-05-09" who="#dm">
    Salaire prix et profit, plus de références
    et ajout de l’allemand pour une citation.
    Travail salarié et capital, type de formation sociale.
  </change>
  <change n="1.227" when="2026-04-28" who="#dm">
    Je souligne le parallèle entre seuil chez Marx pour un capital
    et chez Engels (Anti-Dühring) pour utiliser un esclave.
  </change>
  <change n="1.227beta2" status="nonpub" when="2026-04-22" who="#dm">
    Famille dans l'Idéologie allemande, d'abord premier, ensuite subordonné.
  </change>
  <change n="1.227beta1" status="nonpub" when="2026-04-19" who="#dm">
    Je tente d’avancer sur l’histoire.
  </change>
  <change n="1.226" when="2026-04-17" who="#dm">
    Sur la loi de quantité et qualité au chap. 9 du Capital,
    je donne le texte de 1867.
  </change>
  <change n="1.225" when="2026-04-07" who="#dm">
    Quelques modifications mineures sur l’Idéologie allemande
    (version originale en allemand d’un passage
    que je citais en français seulement).
    Manifeste, traduction Macfarlane et autres éditions ;
    quelques remarques de fond.
  </change>
  <change n="1.224" when="2026-03-15" who="#dm">
    Je découvre et je note que l’avant-propos signé Lafargue
    de Socialisme utopique… est de Marx.
  </change>
  <change n="1.224beta1" status="nonpub" when="2026-01-28" who="#dm">
    Lénine sur l’opium du peuple
    (dans Len15 De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion).
  </change>
  <change n="1.223" when="2025-11-30" who="#dm">
    Quelques corrections de mon essai sur le féminisme.
    Teyssandier 2025 (d’il y a quelques jours).
  </change>
  <change n="1.222" when="2025-11-01" who="#dm">
    Outre tout ce que je n’ai pas noté depuis la mi-septembre,
    édition 1938 (par Dona Torr) du livre I du Capital en anglais.
  </change>
  <change n="1.222beta3" status="nonpub" when="2025-09-12" who="#dm">
    Origine de la famille.
  </change>
  <change n="1.222beta2" status="nonpub" when="2025-08-24" who="#dm">
    Additions à l’Idéologie allemande.
    Lettre de Marx à Engels, 25-9-1857.
    Lettre d’Engels à Conrad Schmidt, 27-10-1890.
  </change>
  <change n="1.222beta1" status="nonpub" when="2025-08-03" who="#dm">
    Capital I, corrections et additions mineures.
    Additions au chapitre 24.
  </change>
  <change n="1.221" when="2025-06-08" who="#dm">
    Quelques précisions sur les éditions du Livre I du Capital
    (Kautsky, Riazanov, Eden et Cedar Paul, Fowkes…)
  </change>
  <change n="1.220" when="2025-06-01" who="#dm">
    Importante lettre de Marx du 8 janvier 1868.
    Du coup aussi sa lettre de Hanovre (30 avril 1867)
    à Sigfrid Meyer à New York sur le plan du Capital.
  </change>
  <change n="1.219" when="2025-04-10" who="#dm">
    Misère de la philosophie (moulin). Rôle des humains.
  </change>
  <change n="1.218" when="2025-03-03" who="#dm">
    D’un important extrait sur la machinerie dans les Grundrisse,
    j’ajoute la traduction en néerlandais.
    Peu avant, dans les Grundrisse, capital fixé,
    que je rapproche du Livre II
    et je revois là l’indexation de capital productif, et cetera.
    Pour un passage des Grundrisse, j’ajoute dans mes lectures du Capital
    quelque chose de la discussion du travail nécessaire
    menée surtout dans Vogel 2013.
  </change>
  <change n="1.217" when="2025-02-23" who="#dm">
    Dans la comparaison des tables des matières,
    j’ajoute des titres (1983) et des numéros de page (1872)
    et je fignole l’ensemble.
    Dans les années 40, une note d’Engels sur Feuerbach et le sexe.
  </change>
  <change n="1.216" when="2025-02-18" who="#dm">
    Je retravaille encore mon essai sur la dialectique.
    Entre autres, références à Misère de la philosophie.
  </change>
  <change n="1.215" when="2025-02-15" who="#dm">
    Je retravaille encore mon essai sur la dialectique.
    Je le remonte avant l’essai sur l’histoire.
  </change>
  <change n="1.214" when="2025-02-14" who="#dm">
    Engels sur l’histoire dans La Sainte Famille
    et mention de ce passage par Lénine
    dans son résumé de La Sainte Famille.
  </change>
  <change n="1.213" when="2025-02-10" who="#dm">
    De DMdialectique, je publie une version encore améliorable,
    mais lisible comme telle.
  </change>
  <change n="1.213beta2" status="nonpub" when="2025-02-08" who="#dm">
    Bien avancé dans la réécriture de DMdialectique.
  </change>
  <change n="1.213beta1" status="nonpub" when="2025-02-02" who="#dm">
    Réécriture de DMdialectique.
  </change>
  <change n="1.212" when="2025-02-01" who="#dm">
    Engels, Feuerbach, les titres de chapitre.
  </change>
  <change n="1.211" when="2025-01-26" who="#dm">
    Ce que sont les « amis du peuple », début fascicule I, histoire.
  </change>
  <change n="1.210" when="2025-01-20" who="#dm">
    Corrections et améliorations diverses dans DMdialectique et à propos.
    Indexations diverses.
  </change>
  <change n="1.209" when="2025-01-12" who="#dm">
    Corrections et améliorations diverses dans DMdialectique et à propos.
    Indexations diverses.
  </change>
  <change n="1.208" when="2024-12-27" who="#dm">
    Opposer matérialisme dialectique à conception matérialiste de l’histoire,
    ça ne tient pas.
    Il y a un usage légitime de matérialisme historique
    pour de la bonne histoire matérialiste
    et on ne corrige pas un usage.
    Je distingue le matérialisme historique doctrinaire.
  </change>
  <change n="1.208beta1" status="nonpub" when="2024-12-26" who="#dm">
    À la fin de DMdialectique,
    j’ajoute les règles de Levins et Lewontin.
  </change>
  <change n="1.207" when="2024-12-25" who="#dm">
    J’achève (provisoirement)
    et je publie le nouveau texte de DMdialectique.
  </change>
  <change n="1.207beta3" status="nonpub" when="2024-12-24" who="#dm">
    Note 205 du Livre I avec un fermier capitaliste.
    Je date la Dialectique de la nature de 1886 au lieu de 1883.
    Précisions éditoriales sur le Feuerbach et divers.
    Je retrouve quatre occurrences
    de historischen Materialismus chez Engels (#DMmathist).
  </change>
  <change n="1.207beta2" status="nonpub" when="2024-12-05" who="#dm">
    Wittig et autres 1970 me fait allonger une citation
    de l’Origine sur les hommes et les femmes.
  </change>
  <change n="1.207beta1" status="nonpub" when="2024-11-26" who="#dm">
    Dans les tables, la correspondance en 1867 (S.728) du 24.Kapitel § 5.
    Quelques meilleures correspondances de 1867 sur la valeur.
    Je remonte cette division après éditions et versions,
    mais avant l’examen critique de certaines.
  </change>
  <change n="1.206" when="2024-11-05" who="#dm">
    Dans DMfemmarx, je souligne que Vogel 2013 est presque aussi long.
  </change>
  <change n="1.205" when="2024-11-04" who="#dm">
    J’achève (provisoirement) et je publie le nouveau texte de DMfemmarx.
  </change>
  <change n="1.205beta3" status="nonpub" when="2024-01-03" who="#dm">
    Mon essai de féminisme marxiste DMfemmarx.
  </change>
  <change n="1.205beta2" status="nonpub" when="2024-01-02" who="#dm">
    Mon essai de féminisme marxiste DMfemmarx.
  </change>
  <change n="1.205beta1" status="nonpub" when="2024-11-01" who="#dm">
    Introduction d’un nouveau texte de DMfemmarx.
    J’ajoute la colonne en anglais au début de la préface de Capital I.
  </change>
  <change n="1.204" when="2024-09-19" who="#dm">
    Nouvelle édition 2024 du Livre I du Capital en anglais.
  </change>
  <change n="1.203" when="2024-09-09" who="#dm">
    À la note sur Ernest Solvay à propos du Livre II,
    j’ajoute, en note de la note, le lien Maitron pour Vanderrydt.
  </change>
  <change n="1.202" when="2024-08-19" who="#dm">
    J’avais mis le Livre I en 1872, parce que la deuxième édition est plus achevée,
    mais je le remets là où tout le monde s’attend à le trouver, en 1867.
    J’avais voulu mettre les Livre II et Livre III du Capital
    au moment de leur rédaction que je supposais entre 1860 et 1865.
    Je décide de les positionner selon l’année de leur publication, 1885 et 1894.
    Je remets dans le corps du texte du Livre II la note sur Ernest Solvay.
    (Une note par xi:include ne peut servir qu’une fois si elle a une identité.)
  </change>
  <change n="1.201" when="2024-08-11" who="#dm">
    Réécriture de mon essai sur la conception matérialiste de l’histoire.
    Pour l’Idéologie allemande, je ramène au début
    des références que j’avais mises sous I. Feuerbach.
  </change>
  <change n="1.201beta3" when="2024-06-13" who="#dm" status="nonpub">
    Encore mon essai sur la conception matérialiste de l’histoire.
  </change>
  <change n="1.201beta1" when="2024-06-08" who="#dm" status="nonpub">
    Meilleure indexation dans quelques fichiers.
  </change>
  <change n="1.201beta1" when="2024-06-03" who="#dm" status="nonpub">
    Un peu de féminisme marxiste.
  </change>
  <change n="1.200" when="2024-05-30" who="#dm">
    Lettre d’Engels à Ernst sur la méthode matérialiste en histoire.
    Encore quelques détails sur les Grundrisse.
    Surtout une version profondément retravaillée
    de mon essai sur la conception matérialiste de l’histoire
  </change>
  <change n="1.199" when="2024-05-27" who="#dm">
    Conclusion sur la préface de 1859.
    Quelques précisions bibliographiques sur les Grundrisse.
  </change>
  <change n="1.199beta4" when="2024-05-06" who="#dm" status="nonpub">
    Retour à Hegel dans les lettres de 1858.
  </change>
  <change n="1.199beta3" when="2024-02-12" who="#dm" status="nonpub">
    Manuscrits de 1844. Mieux structuré et indexé.
  </change>
  <change n="1.199beta2" when="2024-02-11" who="#dm" status="nonpub">
    L’Idéologie allemande,
    critique de présupposé dans la juxta
    et correction dans ce que j’en cite.
  </change>
  <change n="1.199beta1" when="2024-02-10" who="#dm" status="nonpub">
    Je me distancie de l’expression « matérialisme historique »
    dans mon essai que je rebaptise en
    conception matérialiste de l’histoire.
  </change>
  <change n="1.198" when="2024-02-05" who="#dm">
    Grundrisse, mention des dits Fragments sur les machines.
    Remplacement là d’une mauvaise traduction.
  </change>
  <change n="1.197" when="2024-01-29" who="#dm">
    Capital I, chapitre 13, fin, ruinant… la terre et le travailleur.
  </change>
  <change n="1.197beta7" when="2024-01-28" who="#dm" status="nonpub">
    Engels : État, joue une classe, ou un ordre, contre l’autre
  </change>
  <change n="1.197beta6" when="2023-12-29" who="#dm" status="nonpub">
    Quelques liens internes, quelques corrections.
  </change>
  <change n="1.197beta5" when="2023-12-16" who="#dm">
    J’aborde la question du travail ménager.
  </change>
  <change n="1.197beta4" when="2023-12-11" who="#dm">
    Quelques corrections, quelques références, dans le féminisme marxiste.
  </change>
  <change n="1.197beta3" when="2023-12-10" who="#dm">
    Parce que le 8 j’ai commencé à voir où je vais, que j’ai avancé le 9,
    je crée ce dimanche 10 une toute nouvelle note féminisme marxiste,
    XML valide, qui débloque le reste, et je peux republier.
  </change>
  <change n="1.197beta2" when="2023-12-08" who="#dm" status="nonpub">
    Parce que je rame sur le patriarcat,
    je désactive temporairement la note féminisme
    qui, XML non valide, bloque le reste.
  </change>
  <change n="1.197beta1" when="2023-08-06" who="#dm" status="nonpub">
    Je restructure avec une note féminisme marxiste au même niveau
    que matérialisme historique, etc.
  </change>
  <change n="1.196" when="2023-07-29" who="#dm">
    Encore superstructure dans ma note sur le matérialisme historique
    et dans les textes, en assurant l’indexation.
  </change>
  <change n="1.195" when="2023-07-27" who="#dm">
    – Grundrisse, passage sur la liberté et l’égalité bourgeoises.
    – Je décide de remonter les Divers années xx,
    ce titre fonctionnant alors comme titre à la décennie dans la table des matières.
    – Décisions de principe, travail entamé, à suivre :
      –– La date n’a pas sa place dans le titre affiché.
      (Elle est donnée juste après, en référence bibliographique.)
      Je l’encode cependant en segment invisible pour la faire apparaître
      dans les tables des matières et dans l’index où elle a bien lieu d’être.
      –– Le style rend="publie" est souvenir d’un très lointain passé
      de notes écrites directement en HTML. Je supprime ça
      (mais je préfère ne pas actualiser tous les timestamps pour ce changement purement formel) :
        grep -l ’rend="publie"’ *.xml | while read -r rendpublie ; \
        do echo "$rendpublie" ; \
          tstamp=$(stat -c %y "$rendpublie") ; \
          sed -i ’s/ rend="publie"//g’ "$rendpublie" ; \
          touch -d "$tstamp" "$rendpublie" ; \
        done
      Dans montei.css, j’ajoute alors cependant un retrait de première ligne au style "biblfree".
  </change>
  <change n="1.194" when="2023-07-19" who="#dm">
    Je trouve Überbau dans l’Idéologie allemande.
  </change>
  <change n="1.193" when="2023-07-16" who="#dm">
    J’ai récrit de fond en comble
    mes considérations sur le matérialisme historique.
  </change>
  <change n="1.192" when="2023-07-09" who="#dm">
    Je reviens sur le matérialisme historique.
  </change>
  <change n="1.191" when="2023-05-30" who="#dm">
    Instinct sexuel des ouvriers au chapitre 21 du Livre I du Capital.
    Je l’indexe. J’y renvoie du chapitre [voir].
  </change>
  <change n="1.190" when="2023-05-06" who="#dm">
    Introduction anglaise à Socialisme utopique en 1892
    et sa publication en allemand dans Neue Zeit.
  </change>
  <change n="1.189" when="2023-04-30" who="#dm">
    Je trouve sur la dialectique et la fin de la philosophie
    des choses qui m’avaient échappé jusqu’ici
    dans ce que j’avais pourtant lu et commenté.
  </change>
  <change n="1.188" when="2023-04-23" who="#dm">
    Retravaillant la valeur de la force de travail (DM-FT-val),
    je rencontre une insuffisance de la version 2A
    que j’ajoute au tableau Capital-Icomparechap1_2A-4bref.
    Je note que le titre Die deutsche Ideologie est de Marx lui-même.
  </change>
  <change n="1.187" when="2023-04-15" who="#dm">
    Martin Nicolaus sur la préface de 1859.
    Je crée une division de niveau document
    pour les Manuscrits de 1857-1858
    et j’y inclus l’Introduction de 1857 et les Grundrisse
    Divers.
  </change>
  <change n="1.186" when="2023-03-14" who="#dm">
    Engels, Classe laborieuse en Angleterre.
    Théories sur la plus-value, meilleures cibles d’indexation.
  </change>
  <change n="1.185" when="2023-03-13" who="#dm">
    Arbeitsgeber, etc.
  </change>
  <change n="1.185beta5" when="2023-01-17" who="#dm" status="nonpub">
    Je complète la comparaison des tables des matières pour 1867.
  </change>
  <change n="1.185beta4" when="2023-01-11" who="#dm" status="nonpub">
    Je revois Misère de la philosophie en partant de l’original de 1847.
  </change>
  <change n="1.185beta3" when="2023-01-08" who="#dm" status="nonpub">
    Je reprends en encodingDesc mon commentaire ci-dessous
    sur l’encodage des éléments change.
  </change>
  <change n="1.185beta2" when="2023-01-04" who="#dm" status="nonpub">
    Ueber den Verfall des Feudalismus, dans les années 80
    J’introduis l’usage ici de l’attribut status.
    La valeur "nonpub" veut dire travail non publié.
    Je me propose de toujours htmliser,
    pour les vérifications XML et TEI et pour pouvoir me relire en HTML.
    Jusqu’ici, les numéros correspondent
    aux versions annoncées dans le document.
    Je me propose de numéroter les changements non publiés
    comme variante beta de la version suivante.
  </change>
  <change n="1.185beta1" when="2023-01-02" who="#dm" status="nonpub">
    divers depuis fin octobre
    homme et Homme dans la traduction de l’Idéologie allemande
  </change>
  <change n="1.184" when="2022-10-23" who="#dm">
    einfache Warenproduktion, Engels à Kautsky 1884.
  </change>
  <change n="1.183" when="2022-10-21" who="#dm">
    Livre III, chapitre 10, Marx historique aussi sur la valeur.
  </change>
  <change n="1.182" when="2022-10-16" who="#dm">
    La question analytique versus historique posée
    par le supplément d’Engels au Livre III
    me fait remonter les Livre II et III aux années soixante
    (comme les Théories sur la plus-value).
    [Je pense après coup (à voir la date du dernier état de colophon.xml)
    que c’est à cette date que j’introduis
    dans les « Indications sur ces notes »
    un avertissement sur les mots homme, man en anglais.]
  </change>
  <change n="1.181" when="2022-10-11" who="#dm">
    Difficulté au Livre III du Capital sur l’interprétation historique
    par Engels d’une société de production marchande simple.
  </change>
  <change n="1.180" when="2022-10-01" who="#dm">
    Édition française des Grundrisse et divers.
    Style d’indexation, passim.
  </change>
  <change n="1.179" when="2022-09-04" who="#dm">
    Merdier économique (lettre 2 avril 1851).
    Anti-Dühring et Socialisme utopique, Hegel, histoire.
    Anti-Dühring, style d’indexation, passim.
  </change>
  <change n="1.178" when="2022-07-24" who="#dm">
    De ma note sur production de la force de travail
    dans la perspective du travail domestique et du féminisme,
    j’extrais la partie sur le matérialisme historique
    où je voudrais parler de bien d’autres choses.
    De fil en aiguille, je suis amené à revoir (à cause d’un lien croisé)
    La Sainte Famille et L’Idéologie allemande
    et à ajouter dans cette dernière page une longue citation
    sur la conception matérialiste de l’histoire.
  </change>
  <change n="1.177" when="2022-06-27" who="#dm">
    Anti-Dühring, chapitre 14.
    Style d’indexation, passim.
  </change>
  <change n="1.176" when="2022-06-26" who="#dm">
    Indexation de Werknehmer, etc.
    Marx sur moteur électrique et perspective de train, années 50.
  </change>
  <change n="1.175" when="2022-05-20" who="#dm">
    Quelques additions à l’Origine de la famille.
  </change>
  <change n="1.174" when="2022-04-03" who="#dm">
    Gesellschaftsformation dans le paragraphe du caractère fétichiste.
  </change>
  <change n="1.173" when="2022-02-26" who="#dm">
    Belgian Massacres 1869, note Eichhoff.
  </change>
  <change n="1.172" when="2022-02-24" who="#dm">
    Belgian Massacres 1869.
  </change>
  <change n="1.171" when="2021-12-25" who="#dm">
    Dans la comparaison des tables des matières du Livre I,
    renvois à mes pages.
  </change>
  <change n="1.170" when="2021-12-08" who="#dm">
    Plus sur les manuscrits de 1844. Communisme pensé… … réel.
  </change>
  <change n="1.169" when="2021-11-27" who="#dm">
    Salaire, prix et profit.
  </change>
  <change n="1.168" when="2021-11-22" who="#dm">
    Revu ma page sur l’Idéologie allemande
    à la lumière de l’édition de 2014
  </change>
  <change n="1.167" when="2021-10-30" who="#dm">
    Le capital, tel un vampire.
  </change>
  <change n="1.166" when="2021-10-16" who="#dm">
    « Dans un palais, on pense autrement que dans une chaumière. »
    Feuerbach cité par Engels.
  </change>

  <change n="1.165" when="2021-10-10" who="#dm">
    Sous-titres (au lieu de mots-clefs)
    et indexation avec un segment invisible dans l’Introduction
    à la Contribution à la philosophie du droit de Hegel.
  </change>

  <change n="1.164" when="2021-10-03" who="#dm">
    Indexation Engelslettre1890-09-21Bloch.
  </change>

  <change n="1.163" when="2021-08-26" who="#dm">
    À ma discussion de mars de la préface à la Contribution,
    j’ajoute en note une référence à Tariq Ali 2018 à propos de Lénine.
  </change>

  <change n="1.162" when="2021-07-25" who="#dm">
    J’ai comparé dans les extraits de Marx et Engels
    les versions sur la force de travail.
    J’y renvoie au chapitre 4, paragraphe 3.
  </change>

  <change n="1.161" when="2021-05-17" who="#dm">
    À ma discussion de mars de la préface à la Contribution,
    j’ajoute les citations de Marx en anglais
    et une référence à Ellen Meiksins Wood.
  </change>

  <change n="1.160" when="2021-05-02" who="#dm">
    Marx, Capital I, chap. 24, commentaire sur le titre.
  </change>

  <change n="1.159" when="2021-04-16" who="#dm">
    Marx, Capital III, chap. 20, clothiers, en néerlandais.
  </change>

  <change n="1.158" when="2021-04-12" who="#dm">
    Mao sur l’huile et le sel en 1934.
  </change>

  <change n="1.157" when="2021-04-08" who="#dm">
    En Capital-Ichap1para1, notes sur Segal et sur le Manuel.
  </change>

  <change n="1.156" when="2021-04-07" who="#dm">
    Je sors un commentaire inclus par erreur dans la citation de L’origine…
    sur la femme prolétaire de son mari bourgeois.
  </change>

  <change n="1.155" when="2021-04-03" who="#dm">
    Lénine, Un pas en avant…, éditions en néerlandais.
  </change>

  <change n="1.154" when="2021-04-02" who="#dm">
    Plus sur les manuscrits de 1844.
  </change>

  <change n="1.153" when="2021-03-18" who="#dm">
    Liens entre préface à la Contribution (1859) et Manifeste (1848)
    sur la contradiction entre forces productives et rapports de production.
  </change>

  <change n="1.152" when="2021-03-07" who="#dm">
    J’achève provisoirement ma discussion de la préface à la Contribution.
  </change>

  <change n="1.151" when="2021-03-06" who="#dm">
    Double changement dans l’accumulation initiale :
    paysans → prolétaires, mais aussi
    seigneurs féodaux → propriétaires fonciers.
    Discussion de la préface à la Contribution.
  </change>

  <change n="1.150" when="2021-02-24" who="#dm">
    Remarque sur le titre Chapitre VI (inédit)
  </change>

  <change n="1.149" when="2021-02-19" who="#dm">
    Idéologie allemande, gravitation
  </change>

  <change n="1.148" when="2021-02-09" who="#dm">
    Force de travail et sa valeur, meilleure indexation
  </change>

  <change n="1.147" when="2021-01-17" who="#dm">
    Base et superstructure dans l’Idéologie allemande
  </change>

  <change n="1.146" when="2021-01-03" who="#dm">
    Capital-I,
    correction de la table des matières comparée
    (pour le caractère fétiche en 1867)
  </change>

  <change n="1.145" when="2020-12-30" who="#dm">
    sur la dissolution du mariage ouvrier et la perspective d’avenir
    (Capital-I, chapitre 13, paragraphe 9)
  </change>

  <change n="1.145" when="2020-12-25" who="#dm">
    Engels : femme, joue le rôle du prolétariat
    et pas mal de maintenance, surtout des point d’ancrage d’indexation
  </change>

  <change n="1.144" when="2020-12-23" who="#dm">
    Lénine félicite les travailleurs de la santé,
    un siècle avant la covid-19
  </change>

  <change n="1.143" when="2020-12-22" who="#dm">
    dans les citations problématiques,
    citation (probablement inventée) de Lénine sur le fascisme
  </change>

  <change n="1.142" when="2020-12-22" who="#dm">
    reformulation sur l’évolution depuis l’animalité
  </change>

  <change n="1.141" when="2020-11-29" who="#dm">
    différence entre humain et mâle dans le rapport
    de l’homme à la femme dans les manuscrits de 1844
  </change>

  <change n="1.140" when="2020-11-29" who="#dm">
    Capital I, chap. 13 [15], § 9 sur la famille.
    Marx, ethnological notes (1880-1882), Krader ed.
  </change>

  <change n="1.139" when="2020-11-27" who="#dm">
    Oups !
    Le miroir chez Catbull de la Marxists Internet Archive n’existe plus.
    Je le découvre ce soir. Je corrige tout (automatiquement avec sed).
  </change>

  <change n="1.138" when="2020-11-20" who="#dm">
    Capital I, chap. 23, § 3
  </change>

  <change n="1.137" when="2020-11-07" who="#dm">
    rapport de l’homme à la femme dans les manuscrits de 1844
  </change>

  <change n="1.136" when="2020-10-22" who="#dm">
    échange de travail domestique contre travail social
    Capital I chapitre 13.
  </change>

  <change n="1.135" when="2020-10-14" who="#dm">
    « valeur tout court » chez Lénine, tome 21:54, Karl Marx.
    Use one’s brains, avec les cinq économistes.
    <title>Capital</title> I, chapitre 2, valeur et extérieur.
  </change>

  <change n="1.134" when="2020-10-03" who="#dm">
    Éditions de l’<title>Idéologie allemande</title>.
    Encore note sur la force de travail.
  </change>

  <change n="1.133" when="2020-09-30" who="#dm">
    La formule générale du capital, comparaison des versions.
  </change>

  <change n="1.132" when="2020-09-26" who="#dm">
    Dans la note sur la force de travail,
    je resserre (en logique, pas nécessairement en brièveté)
    la soi-disant expropriation du travail domestique.
  </change>

  <change n="1.131" when="2020-09-14" who="#dm">
    Dans la note sur la force de travail, avancée vers le féminisme.
  </change>

  <change n="1.130" when="2020-09-08" who="#dm">
    Retravail de la page Manifeste
    et nouveau marquage des notions à indexer.
  </change>

  <change n="1.129" when="2020-09-06" who="#dm">
    Encore note sur la force de travail.
  </change>

  <change n="1.128" when="2020-09-04" who="#dm">
    Encore note sur la force de travail.
  </change>

  <change n="1.127" when="2020-09-01" who="#dm">
    Ma note sur la force de travail.
    Je commence par le matérialisme historique
    (avec des subdivisions autonomie de la superstructure, de la politique).
    J’ajoute du contenu.
    Ajouté en vitesse quelques phrases du Manifeste.
  </change>

  <change n="1.126" when="2020-08-09" who="#dm">
    Ma note sur la force de travail.
    Je change les identités XML des subdivisions (et des notes).
    J’ajoute au contenu.
  </change>

  <change n="1.125" when="2020-08-01" who="#dm">
    Reproduction, Capital I, chap. 7, temps de travail nécessaire.
  </change>

  <change n="1.124" when="2020-07-28" who="#dm">
    Reproduction, Capital I, chap. 21, Capital II, chap. 10.
  </change>

  <change n="1.123" when="2020-07-16" who="#dm">
    Engels, Situation de la classe ouvrière en Angleterre.
  </change>

  <change n="1.122" when="2020-05-31" who="#dm">
    Sur la religion, au chapitre de la marchandise.
  </change>

  <change n="1.121" when="2020-05-29" who="#dm">
    DMnature, renvoi à seigneurs de la nature
    dans l’Anti-Dühring et dans Socialisme utopique et scientifique.
  </change>

  <change n="1.120" when="2020-05-15" who="#dm">
    En exergue de DMdialectique,
    Lénine, sur la nécessité de réviser Engels.
  </change>

  <change n="1.119" when="2020-05-10" who="#dm">
    Dans les éditions du Livre I du Capital,
    réédition en 2020 du résumé de 1935.
  </change>

  <change n="1.118" when="2020-04-25" who="#dm">
    Engels (Origine…) sur le mariage sous le socialisme.
  </change>

  <change n="1.117" when="2020-03-23" who="#dm">
    Essai en défense du mot plus-value.
    Encore sur la force de travail familiale.
    Lénine, tome 12, sur les lettres de Marx à Kugelmann.
  </change>

  <change n="1.116" when="2020-03-21" who="#dm">
    Plus sur la plus-value.
  </change>

  <change n="1.115" when="2020-02-27" who="#dm">
    Lénine, tome 5, note dans Que Faire ?
  </change>

  <change n="1.114" when="2020-02-26" who="#dm">
    Dialectique (deux ou trois placards d’imprimerie)
        → accessible au sens commun.
  </change>

  <change n="1.113" when="2020-02-05" who="#dm">
    Sainte Famille, sur les circonstances… citées par Saramago.
  </change>

  <change n="1.112" when="2020-01-29" who="#dm">
    Manuscrits de 44, fusion d’une sous-division des divers, années 40
    et d’une division propre crée probablement le 4-7-2019
    en perdant de vue les divers, années 40.
    Manuscrits de 44, corps non organique.
  </change>

  <change n="1.111" when="2020-01-27" who="#dm">
    Lénine tome 25, monopole capitaliste d’État vers le socialisme.
  </change>

  <change n="1.110" when="2019-12-25" who="#dm">
    Plus de notes sur le chapitre 4 du Capital I.
  </change>

  <change n="1.109" when="2019-12-18" who="#dm">
    Simplifié la structure de cette note.
  </change>

  <change n="1.108" when="2019-12-17" who="#dm">
    Note de synthèse sur la valeur de la force de travail
    et la reproduction.
  </change>

  <change n="1.107" when="2019-12-11" who="#dm">
    Valeur de la force de travail. Uniformisation du taux de profit.
  </change>

  <change n="1.106" when="2019-12-02" who="#dm">
    Bien avancé ces dernier jours.
    J’arrive à quelque chose de publiable sur la critique des éditions.
  </change>

  <change n="1.105" when="2019-11-26" who="#dm">
    Mais il faut parler assez de la v. 2 aussi.
  </change>

  <change n="1.104" when="2019-11-23" who="#dm">
    J’essaie d’achever (provisoirement) la page sur la v. 2A.
  </change>

  <change n="1.103" when="2019-11-17" who="#dm">
    Depuis fin juillet, je veux restructurer
    et réécrire la discussion des versions du Livre I.
    Étant bien avancé, le moment est venu
    de créer les nouveaux chapitres pour continuer,
    mais je suis en panne de publication
    parce qu’il faut les revoir encore.
  </change>

  <change n="1.102" when="2019-10-31" who="#dm">
    Je neutralise l’appareil critique du 7-10
    en attendant un progrès par rapport aux bugs.
  </change>

  <change n="1.101" when="2019-10-22" who="#dm">
    Je réalise que les cinq noms, dans le titre,
    c’est trop pour un site devenu grand public.
    (Les discussions à ne mener que dans des circonstances avantageuses.)
  </change>

  <change n="1.100" when="2019-10-17" who="#dm">
    Genèse de la forme monnaie et non origine (Haug 2017).
  </change>

  <change n="1.099" when="2019-10-16" who="#dm">
    Je donne les éditions avant les versions
    (dont j’ai diminué l’importance ces derniers jours).
  </change>

  <change n="1.098" when="2019-10-07" who="#dm">
    Homme animal de nature social, Capital I, chapitre 11.
  </change>

  <change n="1.097" when="2019-10-07" who="#dm">
    J’inaugure dans le paragraphe mentionné ci-dessous
    les éléments d’appareil critique.
  </change>

  <change n="1.096" when="2019-10-06" who="#dm">
    Divergences d’éditions :
    Tendance historique de l’accumulation capitaliste
  </change>

  <change n="1.095" when="2019-09-30" who="#dm">
    Plus sur les versions et éditions et les tables des matières.
  </change>

  <change n="1.094" when="2019-09-08" who="#dm">
    Plus de précisions et de nuances concernant Solvay
    à propos du contrat de Laura Marx pour Capital II et III.
  </change>

  <change n="1.093" when="2019-07-29" who="#dm">
    Il y avait une page critique de la v. 2.A,
    mais il faut une page critique de la v. 4.
    Cela commence à faire beaucoup.
    Le niveau de la page #Capital-Iedit est parfaitement justifié logiquement,
    mais ajoute un niveau de profondeur à tout son contenu,
    dans une région où il y a déjà beaucoup de profondeur.
    (J’ai déplacé aussi différentes divisions,
    parfois à un autre niveau de profondeur.)
    Je décide de reprendre les alinéas de cette page
    en introduction de #Capital-Iversions et de supprimer #Capital-Iedit.
    Je mets cette identité de l’ancienne page au premier de ces alinéas,
    pour les renvois internes éventuels.
    Cela suppose un éclatement des divisions
    de l’ancien fichier #Capital-Iedit en fichiers distincts
    à cause d’XInclude qui exige des documents XML,
    donc un seul élément au plus haut niveau.
    (Je ne dois pas oublier de mettre sur mon site une redirection
    de l’ancienne page Capital-Iedit.html
    vers Capital-Iversions.html#Capital-Iedit.)
    <!-- Oublié. Je renvoie le 18-5-2023 à Capital-Ieditions.html#Capital-Ieditions-fr
         à cause d’un lien dans le Manuel (en français) pour le Livre I. -->
    ? ai-je maintenu problèmes divers ?
  </change>

  <change n="1.092" when="2019-07-28" who="#dm">
    Compléments et systématisation des versions et éditions.
  </change>

  <change n="1.091" when="2019-07-22" who="#dm">
    Amélioration de la question du pluriel des marchandises
    pour la valeur d’échange dans différentes éditions et traductions.
  </change>

  <change n="1.090" when="2019-07-04" who="#dm">
    Troisième manuscrit de 44, communisme, homme, nature.
  </change>

  <change n="1.089" when="2019-04-14" who="#dm">
    Un alinéa de plus sur le mouvement dans l’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="1.088" when="2019-02-15" who="#dm">
    Meilleure indexation de Liebig.
  </change>

  <change n="1.087" when="2019-01-14" who="#dm">
    Réécriture des versions et éditions
    à la lumière de la NTA et de karlmarx-lu.
  </change>

  <change n="1.086" when="2018-12-08" who="#dm">
    Lettre circulaire de 1879.
  </change>

  <change n="1.085" when="2018-12-04" who="#dm">
    Liberté, Égalité, Propriété et Bentham.
  </change>

  <change n="1.084" when="2018-12-02" who="#dm">
    Religion, se combat par la lutte sociale, pas directement.
  </change>

  <change n="1.083" when="2018-11-18" who="#dm">
    Capital I, date (1872-1873) de l’édition dite 1872.
  </change>

  <change n="1.082" when="2018-11-14" who="#dm">
    Divers Capital I sur travail (gratuit) et force de travail (payée).
  </change>

  <change n="1.081" when="2018-09-23" who="#dm">
    Préface de 1991 de L’origine… contre le dogmatisme,
    avec référence à Darmangeat 2012.
  </change>

  <change n="1.080" when="2018-08-27" who="#dm">
    Je compose en tableaux et plus en liste flottante
    les citations des notes sur Wagner.
  </change>

  <change n="1.079" when="2018-06-28" who="#dm">
    Lénine tome 26, poster de Makarychev cuisinière 1925.
  </change>

  <change n="1.078" when="2018-06-21" who="#dm">
    Lénine tome 26, manœuvre, cuisinière, gestion de l’État.
  </change>

  <change n="1.077" when="2018-06-02" who="#dm">
    Irlande, préjugé, octobre 1869.
  </change>

  <change n="1.076" when="2018-04-11" who="#dm">
    Capital I, plus sur la durée de la journée de travail
    aux chapitres 4 et 8.
  </change>

  <change n="1.075" when="2018-02-04" who="#dm">
    Capital I, chapitre 13, paragraphe 1.
  </change>

  <change n="1.074" when="2018-01-30" who="#dm">
    Éditions du Manifeste.
  </change>

  <change n="1.073" when="2018-01-23" who="#dm">
    Segui il tuo corso, et lascia dir le genti !
  </change>

  <change n="1.072" when="2018-01-22" who="#dm">
    Something rotten.
  </change>

  <change n="1.071" when="2018-01-21" who="#dm">
    Marx à Meyer et à Vogt sur l’Irlande en 1870.
  </change>

  <change n="1.070" when="2018-01-08" who="#dm">
    Marx à Annenkov (en français), décembre 1946.
  </change>

  <change n="1.069" when="2017-12-19" who="#dm">
    Tordre dans l’autre sens une barre tordue, Lénine 6:515.
  </change>

  <change n="1.068" when="2017-12-12" who="#dm">
    Livre III sur la valeur comme instrument comptable
    du temps de travail et de son affectation.
  </change>

  <change n="1.067" when="2017-09-19" who="#dm">
    Misère de la Philosophie
    (en relation avec la lutte contre les suppôts de Malm).
  </change>

  <change n="1.066" when="2017-09-03" who="#dm">
    Encore Engels à Bloch 1890.
  </change>

  <change n="1.065" when="2017-08-10" who="#dm">
    Cycle du capital-argent au Livre II, formule,
    concept de capital productif P comme état du capital.
  </change>

  <change n="1.064" when="2017-06-25" who="#dm">
    Meilleure indexation du noyau rationnel et de l’enveloppe mystique.
  </change>

  <change n="1.063" when="2017-06-21" who="#dm">
    Lien villes à la fin du Gotha.
  </change>

  <change n="1.062" when="2017-06-15" who="#dm">
    Eleanor Marx.
  </change>

  <change n="1.061" when="2017-05-10" who="#dm">
    Considérants des statuts de la première internationale.
  </change>

  <change n="1.060" when="2017-05-04" who="#dm">
    Diverses mentions de Mary Burns.
  </change>

  <change n="1.059" when="2017-04-11" who="#dm">
    Transformation de soi dans la 3e thèse sur Feuerbach.
  </change>

  <change n="1.058" when="2017-03-22" who="#dm">
    Engels à Bloch en 1890 sur les hommes font l’histoire, mais…
  </change>

  <change n="1.057" when="2017-03-14" who="#dm">
    Je corrige comme 2016 une édition « 2014 » du Livre I
    qui ne semble pas exister.
  </change>

  <change n="1.056" when="2017-01-20" who="#dm">
    César De Paepe.
  </change>

  <change n="1.055" when="2017-01-20" who="#dm">
    Plus de détails sur le contrat de Laura Marx avec Solvay
    pour Capital II et III.
  </change>

  <change n="1.054" when="2017-01-18" who="#dm">
    Quelques liens à des éditions anciennes de Das Kapital en ligne.
  </change>

  <change n="1.053" when="2017-01-01" who="#dm">
    Marx sur la subjectivité des capitalistes.
  </change>

  <change n="1.052" when="2016-12-06" who="#dm">
    Volksdrukkerij pour Kapitaal I.
    Note Solvay pour Capital II et III.
  </change>

  <change n="1.051" when="2016-11-23" who="#dm">
    Differencia specifica des modes du production,
    dans une note du chapitre 3.
  </change>

  <change n="1.050" when="2016-11-21" who="#dm">
    La traduction Molitor du Capital en 1930 est une v. 4.
  </change>

  <change n="1.049" when="2016-09-06" who="#dm">
    Dialectique dans La Révolution chinoise
    et le Parti communiste chinois, Mao, tome 2.
  </change>

  <change n="1.048" when="2016-08-28" who="#dm">
    Nouvelle division pour la section 2 du Livre I du Capital,
    avec la valeur de la force de travail
    (qui comprend des services, comme l’enseignement).
  </change>

  <change n="1.047" when="2016-08-26" who="#dm">
    Pluriel des marchandises quand on parle des valeurs d’échange :
    parmi les remarques de traduction.
  </change>

  <change n="1.046" when="2016-07-17" who="#dm">
    Indexation des services en vue de l’étude du travail productif.
  </change>

  <change n="1.045" when="2016-04-16" who="#dm">
    Expression « selon ses capacités » en allemand dans la critique de Gotha.
    Introduction de l’encodage en table des citations côte à côte.
  </change>

  <change n="1.044" when="2016-02-14" who="#dm">
    Accumulation primitive
  </change>

  <change n="1.043." when="2016-02-11" who="#dm">
    Plus au Livre III, section 5, sur le capital en titres.
  </change>

  <change n="1.042" when="2015-12-29" who="#dm">
    Smith, confusion valeur d’échange et coût de production.
  </change>

  <change n="1.041" when="2015-11-22" who="#dm">
    J’introduis l’Introduction de 1857.
  </change>

  <change n="1.040" when="2015-11-17" who="#dm">
    Encore. Aussi valeur d’usage.
  </change>

  <change n="1.039" when="2015-10-29" who="#dm">
    Plus sur la valeur, pas la valeur d’échange.
  </change>

  <change n="1.038" when="2015-10-29" who="#dm">
    J’éclate en sections par XInclude le Livre I devenant trop long.
  </change>

  <change n="1.037" when="2015-10-23" who="#dm">
    Dans la ligne des notes sur Wagner,
    précision de la distinction entre valeur d’échange
    et valeur au début du Livre I.
  </change>

  <change n="1.036" when="2015-09-13" who="#dm">
    Notes sur l’économie politique de Wagner.
    Encore sur le procès de travail,
    du point de vue de la relation avec la nature.
  </change>

  <change n="1.035" when="2015-08-14" who="#dm">
    Encore sur agriculture, fertilisation artificielle.
  </change>

  <change n="1.034" when="2015-08-08" who="#dm">
    Lénine sur la réduction de l’opposition entre ville et campagne.
  </change>

  <change n="1.033" when="2015-07-02" who="#dm">
    Encore sur la nature, à propos de l’accumulation initiale.
  </change>

  <change n="1.032" when="2015-06-30" who="#dm">
    À propos de ce qui précède,
    note sur les effets de la fluctuation des prix agricoles.
  </change>

  <change n="1.031" when="2015-06-25" who="#dm">
    Outre quelques corrections ou additions de détail depuis un mois et demi,
    ce jour dans ma note de synthèse sur la nature,
    plus sur la vision de progrès de Marx.
  </change>

  <change n="1.030" when="2015-05-01" who="#dm">
    Lénine sur l’impérialisme au tome 24.
  </change>

  <change n="1.029" when="2014-12-26" who="#dm">
    Encore un peu de baisse tendancielle du taux de profit
    en relation avec la crise, au Livre III.
  </change>

  <change n="1.028" when="2014-12-18" who="#dm">
    Lénine, tome 29, aux ouvriers de Hongrie.
  </change>

  <change n="1.027" when="2014-12-14" who="#dm">
    Marx sur la presse en 1842.
  </change>

  <change n="1.026" when="2014-12-10" who="#dm">
    Idéologie de la classe dominante dans le Manifeste.
  </change>

  <change n="1.025" when="2014-12-06" who="#dm">
    Article sur les citations problématiques,
    je reprends ce que j’ai mis par erreur dans un autre fichier.
  </change>

  <change n="1.024" when="2014-12-02" who="#dm">
    « le vrai mot d’ordre », meilleures sources
    et mentionné dans les citations à problèmes.
  </change>

  <change n="1.023" when="2014-12-02" who="#dm">
    Ayant trouvé le « Rôle du travail… » en néerlandais,
    j’en rends multilingues toutes mes citations.
  </change>

  <change n="1.022" when="2014-11-27" who="#dm">
    Capital III sur le contrôle de la nature.
  </change>

  <change n="1.021" when="2014-11-09" who="#dm">
    Engels, lettre de juin 1853 sur étatisme et irrigation en Orient.
  </change>

  <change n="1.020" when="2014-11-09" who="#dm">
    Travail salarié et capital.
  </change>

  <change n="1.019" when="2014-11-06" who="#dm">
    Marx sur la peine de mort, 1853.
  </change>

  <change n="1.018" when="2014-11-05" who="#dm">
    Guerre civile en France.
  </change>

  <change n="1.017" when="2014-11-04" who="#dm">
    Article sur les citations problématiques.
  </change>

  <change n="1.016" when="2014-10-28" who="#dm">
    Idéologie de la classe dominante, dans l’Idéologie allemande.
    Les hommes font l’histoire, dans le 18-Brumaire.
  </change>

  <change n="1.015" when="2014-10-27" who="#dm">
    Extrait (cité par Lénine dans Que Faire ?)
    de la deuxième préface à la Guerre des paysans d’Engels.
  </change>

  <change n="1.014" when="2014-10-23" who="#dm">
    Révolution anglaise dans Socialisme utopique/scientifique, introduction.
    Reprise d’une étude de Que faire ?
  </change>

  <change n="1.013" when="2014-10-18" who="#dm">
    Un peu plus de Critique de Gotha.
  </change>

  <change n="1.012" when="2014-10-06" who="#dm">
    Analyse concrète d’une situation concrète au t. 31.
  </change>

  <change n="1.011" when="2014-09-11" who="#dm">
    Dans ma note de synthèse sur la dialectique,
    je modère et je mets au conditionnel des considérations
    trop simplistes sur Hegel que je ne connais pas.
  </change>

  <change n="1.010" when="2014-07-05" who="#dm">
    Quelques mots de plus sur la MEGA.
  </change>

  <change n="1.009" when="2014-07-04" who="#dm">
    Plusieurs lettres reprises de Baksi.
    Les MEW en ligne dans les ressources.
  </change>

  <change n="1.008" when="2014-06-29" who="#dm">
    Plus sur Laurent et Gerhardt.
    Industrie et nature dans les manuscrits de 44.
    (J’imagine aussi avoir oublié de noter quelques changements depuis janvier.)
  </change>

  <change n="1.007" when="2014-01-17" who="#dm">
    Engels, guerre mondiale, Allemagne, Prusse.
  </change>

  <change n="1.006" when="2013-12-28" who="#dm">
    Gotha, socialisme, communisme.
  </change>

  <change n="1.005" when="2013-12-22" who="#dm">
    Famille et système de parenté.
  </change>

  <change n="1.004" when="2013-12-22" who="#dm">
    Len14, on peut parfois réviser Engels.
  </change>

  <change n="1.003" when="2013-12-21" who="#dm">
    Grundrisse.
  </change>

  <change n="1.002" when="2013-12-21" who="#dm">
    Validation vis-à-vis de TEI_allPlus et corrections.
  </change>

  <change n="1.001" when="2013-12-07" who="#dm">
    Récupération de Marx et autres révolutionnaires, Len25.
  </change>

  <change n="1.000" when="2013-12-06" who="#dm">
    Épuisé l’ancienne liste de thèmes dans l’indexation ;
    j’ai ainsi récupéré et les textes et les thèmes de mes anciennes notes,
    ce que je m’était fixé comme objectif
    pour parler de version 1 des nouvelles notes en TEI.
  </change>

  <change n="0.990.45" when="2013-12-05" who="#dm">
    Réduction de l’ancienne liste de thèmes et indexation ;
    Marx, chapitre VI (inédit du Livre I du Capital)
  </change>

  <change n="0.990.44" when="2013-12-03" who="#dm">
    Réduction de l’ancienne liste de thèmes et indexation.
  </change>

  <change n="0.990.43" when="2013-12-01" who="#dm">
    Finition du tableau de comparaison des tables du Livre I.
  </change>

  <change n="0.990.42" when="2013-11-29" who="#dm">
    Réduction de l’ancienne liste de thèmes et indexation.
  </change>

  <change n="0.990.41" when="2013-11-27" who="#dm">
    Édition des liens dans ma note sur la nature.
  </change>

  <change n="0.990.40" when="2013-11-08" who="#dm">
    Crise, dans les Livre II et Livre III.
  </change>

  <change when="2013-11-01" who="#dm">
    Dans une série de changements entre le 11 octobre et le 27 novembre,
    j’ai perdu de vue cette rubrique de revisionDesc.
  </change>

  <change n="0.990.39" when="2013-10-11" who="#dm">
    Anti-Dühring, encore mort thermique
    et quelques autres améliorations mineures.
  </change>

  <change n="0.990.38" when="2013-09-17" who="#dm">
    Plus d’Anti-Dühring, relativité.
  </change>

  <change n="0.990.37" when="2013-09-16" who="#dm">
    Plus d’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="0.990.36" when="2013-09-06" who="#dm">
    Sorti des divers tous les textes importants.
  </change>

  <change n="0.990.35" when="2013-08-15" who="#dm">
    Sorti le Manifeste des divers années 40.
    Machine à vapeur.
  </change>

  <change n="0.990.34" when="2013-07-26" who="#dm">
    Idiotismus dans le Manifeste.
  </change>

  <change n="0.990.33" when="2013-07-19" who="#dm">
    Promotion des notes de synthèse
  </change>

  <change n="0.990.32" when="2013-07-18" who="#dm">
    Papier de Manchester
  </change>

  <change n="0.990.31" when="2013-07-17" who="#dm">
    Lénine (Empiriocriticisme) la physique engendre la dialectique
  </change>

  <change n="0.990.30" when="2013-07-16" who="#dm">
    Des indications éditoriales sur l’Anti-Dühring
    me font commencer un Who’s who.
  </change>

  <change n="0.990.29" when="2013-07-15" who="#dm">
    Engels, ce que la dialectique n’est pas.
  </change>

  <change n="0.990.28" when="2013-07-14" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.27" when="2013-07-13" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.26" when="2013-07-11" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.25" when="2013-07-10" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.24" when="2013-07-04" who="#dm">
    J’intègre ma note sur la nature
    (transformée d’Open Document Format avec l’aide d’OxGarage).
  </change>

  <change n="0.990.23" when="2013-06-28" who="#dm">
    Encore un peu de multilingue et diverses précisions.
  </change>

  <change n="0.990.22" when="2013-06-23" who="#dm">
    Encore un peu de multilingue et diverses précisions.
  </change>

  <change n="0.990.21" when="2013-06-13" who="#dm">
    Rubrique pour les notes de synthèse,
    comme sur la dialectique et sur la nature.
  </change>

  <change n="0.990.20" when="2013-06-11" who="#dm">
    J’inaugure l’usage d’un bibl de style publie au lieu d’un p.
  </change>

  <change n="0.990.19" when="2013-06-10" who="#dm">
    Précisions sur la citation par Lénine
    de la lettre de Marx à Ruge en septembre 1943
    et diverses autres améliorations.
  </change>

  <change n="0.990.18" when="2013-06-03" who="#dm">
    Engels, plus de multilingue en vue de Manchester.
  </change>

  <change n="0.990.17" when="2013-05-22" who="#dm">
    Engels, chômeur et crime.
  </change>

  <change n="0.990.16" when="2013-05-03" who="#dm">
    Métabolisme comme loi, en quatre langues.
  </change>

  <change n="0.990.15" when="2013-05-02" who="#dm">
    Sauts de page dans Capital I.
    Voir plus haut un élément normalization à ce sujet.
  </change>

  <change n="0.990.14" when="2013-05-01" who="#dm">
    Métabolisme en allemand dans Zur Kritik…
  </change>

  <change n="0.990.13" when="2013-04-09" who="#dm">
    Ma lecture de la dialectique, suite.
  </change>

  <change n="0.990.12" when="2013-04-08" who="#dm">
    Suppression complète des renditions.
  </change>

  <change n="0.990.11" when="2013-04-07" who="#dm">
    Complété une citation du Manifeste sur la contradiction
    entre forces productives et rapports sociaux.
    Unification de l’indexation de cette contradiction.
  </change>

  <change n="0.990.10" when="2013-04-05" who="#dm">
    Aligné Gotha sur la traduction Geme.
  </change>

  <change n="0.990.9" when="2013-04-04" who="#dm">
    Sur les générations futures.
  </change>

  <change n="0.990.8" when="2013-03-20" who="#dm">
    Au tome 25 L’État et la révolution, qui était par erreur en 24.
  </change>

  <change n="0.990.7" when="2013-03-18" who="#dm">
    Ma lecture de la dialectique, suite.
  </change>

  <change n="0.990.6" when="2013-03-18" who="#dm">
    Je change (graduellement) ma politique de renditions.
    Voir sous normalization.
  </change>

  <change n="0.990.5" when="2013-03-17" who="#dm">
    Ma lecture de la dialectique. (En construction. Pas encore en ligne.)
  </change>

  <change n="0.990.4" when="2013-03-16" who="#dm">
    J’inaugure, avec la discussion de la physionomie,
    les citations multilingues en liste côte à côte.
  </change>

  <change n="0.990.3" when="2013-02-27" who="#dm">
    Élucidation du retrait de textes de l’AD pour la DN.
  </change>

  <change n="0.990.2" when="2013-02-26" who="#dm">
    Systématiser Darwin dans l’AD et la DN.
  </change>

  <change n="0.990.1" when="2013-02-16" who="#dm">
    futur.
  </change>

  <change n="0.990" when="2013-02-15" who="#dm">
    Complété Engels de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.989" when="2013-02-14" who="#dm">
    Complété Engels de l’Anti-Dühring (chap. 7).
  </change>

  <change n="0.988" when="2013-02-06" who="#dm">
    Encore plus d’Engels de l’Anti-Dühring
    (chap. 7, *** je dois y revenir ***)
    et de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.987" when="2013-02-05" who="#dm">
    Supprimé l’unique (et donc inutile) sous-division du tome 14 de Lénine.
  </change>

  <change n="0.986" when="2013-02-03" who="#dm">
    Un peu d’Engels de l’Anti-Dühring ou de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.985" when="2013-01-30" who="#dm">
    Engels à Lavrov, 1975, réf. en anglais.
  </change>

  <change n="0.984" when="2013-01-20" who="#dm">
    J’ai renommé inclusions le répertoire des fichiers inclus.
    Je réalise qu’il est dangereux d’utiliser comme identifiant CSS
    .smaller qui est un nom CSS.
    J’adopte .pluspetit.
  </change>

  <change n="0.983" when="2013-01-06" who="#dm">
    Je fais de l’index une division donc une page séparée
  </change>

  <change n="0.982" when="2012-12-22" who="#dm">
    Loi de la valeur
  </change>

  <change n="0.981" when="2012-12-01" who="#dm">
    Immobilisations longues sous le communisme dans le Livre II
  </change>

  <change n="0.980" when="2012-11-21" who="#dm">
    Référence pour Roubine dans les années 60
  </change>

  <change n="0.979" when="2012-11-11" who="#dm">
    Marx sur matière et pensée chez Hobbes
  </change>

  <change n="0.978" when="2012-09-16" who="#dm">
    Considérations sur les éditions et les ressources en ligne.
  </change>

  <change n="0.977" when="2012-07-31" who="#dm">
    Négation de la négation dans les manuscrits de l’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="0.976" when="2012-07-12" who="#dm">
    Engels, Un salaire équitable
  </change>

  <change n="0.975" when="2012-07-12" who="#dm">
    Un peu plus de Gotha
  </change>

  <change n="0.974" when="2012-06-28" who="#dm">
    Encore sur les deux sources, de la Contibution…
  </change>

  <change n="0.973" when="2012-06-28" who="#dm">
    Esquisse… d’Engels
  </change>

  <change n="0.972" when="2012-06-27" who="#dm">
    Sur la loi de la valeur et la répartition du travail social.
  </change>

  <change n="0.971" when="2012-06-26" who="#dm">
    De l’Idéologie je fais un livre. Quelques citations.
    J’adopte le miroir allemand des Archives.
  </change>

  <change n="0.970" when="2012-06-26" who="#dm">
    Une citation de l’Idéologie allemande signalée par Magdoff.
  </change>

  <change n="0.969" when="2012-06-19" who="#dm">
    Lénine sur le socialisme.
  </change>

  <change n="0.968" when="2012-06-18" who="#dm">
    Marx, plus sur la crise, à partir de passages mentionnés par Bublex.
  </change>

  <change n="0.967" when="2012-06-17" who="#dm">
    Marx, répartition selon le travail, dans le fétichisme de la marchandise.
  </change>

  <change n="0.966" when="2012-06-16" who="#dm">
    Citations suivant Foster, Une révolution écologique.
  </change>

  <change n="0.965" when="2012-06-10" who="#dm">
    Reprise de mots-clefs des Thèmes.
  </change>

  <change n="0.964" when="2012-05-12" who="#dm">
    À la discussion de l’effet de seuil pour qu’une somme devienne un capital
    j’ajoute la question du petit patron,
    qui n’est pas vraiment un capitaliste.
  </change>

  <change n="0.963" when="2012-05-06" who="#dm">
    Marx sur les salariés commerciaux.
  </change>

  <change n="0.962" when="2012-04-12" who="#dm">
    Liens au Capital en anglais sur the Online Library of Liberty.
  </change>

  <change n="0.961" when="2012-03-06" who="#dm">
    J’avais écrasé, probablement depuis 0.926 d’octobre,
    la page de départ dialnat.html par la note de lecture dialnat.html.
    J’ai retrouvé la première dans les archives d’un ancien site
    et l’ai renommée dialnatindex.html.
    J’ai corrigé ici le renvoi (il y a quelques jours).
    Liebig et le guano au chapitre 8 du Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.960" when="2012-01-31" who="#dm">
    Staline sur la planification dans les cinq conversations.
  </change>

  <change n="0.959" when="2012-01-15" who="#dm">
    Labouring poors et les sarcasmes sur Burke.
  </change>

  <change n="0.958" when="2012-01-04" who="#dm">
    Introduit les tomes 1, 2, 3 et 5 de Mao Tsé-toung.
  </change>

  <change n="0.957" when="2012-01-03" who="#dm">
    Science, apparence, essence au Livre III (voir index).
  </change>

  <change n="0.956" when="2012-01-03" who="#dm">
    Dette publique au chapitre 24 paragraphe 6 du Livre I (voir index).
  </change>

  <change n="0.955" when="2012-01-01" who="#dm">
    Je mets 2012 dans l’editionSmt.
    Éloge d’Épicure dans les années 40.
  </change>

  <change n="0.954" when="2011-12-29" who="#dm">
    Je retire la discussion de l’affaire Dunning de la note de lecture
    et je la mets (sous forme d’include)
    dans la nouvelle division des considérations diverses
    sur l’édition du Livre I, après la physionomie.
  </change>

  <change n="0.953" when="2011-12-29" who="#dm">
    J’isole en include la table de comparaison de tables des matières
    et la table des faiblesses de la 2A.
    Je remonte la comparaison des tables des matières immédiatement
    après les versions et les éditions,
    donc avant la discussion de la version 2A et des problèmes divers
    et j’ajoute là, en inclusion, avant les tables des matières,
    un schéma en SVG de la filiation des contenus.
  </change>

  <change n="0.952" when="2011-12-28" who="#dm">
    Quelques modifications à propos des éditions néerlandaises
    (une mystérieuse van der Goes en 1894)
    et image des pages de titre de 1910.
  </change>

  <change n="0.951" when="2011-12-28" who="#dm">
    Je retire la discussion de la « physionomie »
    de la note de lecture de la postface
    et je la mets (sous forme d’inclusion)
    dans une nouvelle division des considérations sur l’édition du Livre I.
  </change>

  <change n="0.950" when="2011-12-26" who="#dm">
    Ajouté le passage Qui vaincra du tome 33 de Lénine.
    Surtout repris entièrement la rédaction de la discussion Dunning.
    (J’ai fait de ce passage une inclusion pour en faciliter l’édition.)
  </change>

  <change n="0.949" when="2011-12-23" who="#dm">
    Terminé les tomes de Lénine. (Mais il reste à y mettre des mots-clefs.)
  </change>

  <change n="0.948" when="2011-12-22" who="#dm">
    Encore quelques tomes de Lénine.
  </change>

  <change n="0.947" when="2011-12-21" who="#dm">
    Mis dans des include le Lénine déjà repris en TEI
    et début d’exploitation du reste.
    Je reviens à tabuler par deux espaces, parce que sinon le code HTML
    peut être illisible dans certaines vues (comme le Ctrl+U de Firefox).
  </change>

  <change n="0.946" when="2011-12-21" who="#dm">
    Repris ces derniers jours tout le reste de la dialectique de la nature.
    Arrangé ce matin un problème de CSS pour les notes de marge avec bibl.
    Fait un fichier d’inclusion pour les années 90,
    ce qui termine la reprise de notes Marx-Engels.
  </change>

  <change n="0.945" when="2011-12-19" who="#dm">
    Mes indications de niveau en [1] et cetera sont illégales
    en valeur de genre Name attendue par l’attribut type.
    Je remplace partout par des level1_ et cetera.
  </change>

  <change n="0.944" when="2011-12-19" who="#dm">
    Ajout du titre, oublié, du chapitre 15.
    Corrections d’id en 15 dans le chapitre 13
    (héritage sans doute de la version 2a).
    Hyperlien à l’index en page de titre.
  </change>

  <change n="0.943" when="2011-12-18" who="#dm">
    Encore sur la nature.
    Nouvelle discussion de l’affaire Dunning.
    Les textes de Marx et Engels en dizaines d’années sont titrés Divers
    et placés en suite des textes principaux de cette dizaine.
  </change>

  <change n="0.942" when="2011-12-17" who="#dm">
    Mécanisation, emploi, allègement du travail, maîtrise des forces naturelles.
  </change>

  <change n="0.941" when="2011-12-16" who="#dm">
    Encore sur le procès de production et la nature.
  </change>

  <change n="0.940" when="2011-12-16" who="#dm">
    Encore du procès de production.
    Un peu plus de byline en page de titre pour indiquer l’existence d’un index.
  </change>

  <change n="0.939" when="2011-12-14" who="#dm">
    Encore un peu de métabolisme.
  </change>

  <change n="0.938" when="2011-11-08" who="#dm">
    Comparaison des textes des versions 2A et 4 du Livre I sur le chapitre 1.
    Encore un peu de liens aux versions pour les éditions anglaises.
  </change>

  <change n="0.937" when="2011-11-08" who="#dm">
    Raffinement des versions anglaises du Livre I du Capital
    après la version 3A en 3A4 et 4A.
    Identification de 2A, 3A, 3A4 et 4A dans le tableau.
    Note dans ce tableau sur une anomalie de la Penguin de 1976.
  </change>

  <change n="0.936" when="2011-11-07" who="#dm">
    Introduction du concept de version 3A du Livre I du Capital.
    Ajout d’identités aux versions et éditions pour pouvoir y faire des renvois.
  </change>

  <change n="0.935" when="2011-11-07" who="#dm">
    J’introduis la technique des inclusions par XInclude.
    Le fichier lectincl.xml est écrit avec des appels d’inclusions ;
    la résultante de la résolution des inclusions est lectures.xml
    qui est alors transformé par XSLT en pages XHTML.
  </change>

  <change n="0.934" when="2011-11-03" who="#dm">
    Mention de l’édition Demopolis du Livre I.
  </change>

  <change n="0.933" when="2011-10-29" who="#dm">
    Je découpe en plusieurs pages
    les indications de versions et d’éditions du Livre I,
    avec quelques adaptations du texte.
  </change>

  <change n="0.932" when="2011-10-22" who="#dm">
    Un passage du chapitre 12 du Livre I sur la concurrence
    référant implicitement à Hobbes et à Darwin.
  </change>

  <change n="0.931" when="2011-10-19" who="#dm">
    Quelques corrections dans les indications d’éditions du Livre I.
  </change>

  <change n="0.930" when="2011-10-18" who="#dm">
    Mention des éditions anglaises de 1970 et de 1976 du Livre I du Capital.
    Je mentionne la thèse de Marx sur Épicure pour la référence bibliographique.
  </change>

  <change n="0.929" when="2011-10-17" who="#dm">
    Je revois la citation de la Question juive
    d’après la traduction de Marianna Simon
    et d’après les images de Wikisource pour l’emphase.
  </change>

  <change n="0.928" when="2011-10-17" who="#dm">
    Indications de sources et d’éditions.
  </change>

  <change n="0.927" when="2011-10-16" who="#dm">
    Ajout d’une critique des droits de l’homme dans la Question juive.
  </change>

  <change n="0.926" when="2011-10-13" who="#dm">
    Reprise de la Dialectique de la nature.
  </change>

  <change n="0.925" when="2011-10-12" who="#dm">
    Reprise du Feuerbach.
  </change>

  <change n="0.924" when="2011-10-11" who="#dm">
    Essai d’indenter par des tabulations.
    Reprise de Socialisme utopique.
  </change>

  <change n="0.923" when="2011-10-08" who="#dm">
    Troisième partie de l’Anti-Dühring et un extrait des manuscrits,
    ce qui le termine.
  </change>

  <change n="0.922" when="2011-10-06" who="#dm">
    Je n’avais pas lu l’ « Avis au lecteur de Marx »,
    disant que l’édition française est une version améliorée de la version 2.
    Je retourne donc à l’appeler 2A.
    Je revois et je restructure toute la rédaction
    de la discussion où il y avait trop de répétitions.
    Je constitue une table de correspondance des sections et chapitres.
  </change>

  <change n="0.921" when="2011-10-05" who="#dm">
    Quelques mentions de Lauderdale. Je sépare de la liste des éditions l’évaluation
    de l’édition française de 1875.
  </change>

  <change n="0.920" when="2011-10-04" who="#dm">
    Fin de l’actualisation à v4 du Livre I.
    La traduction Roy, c’est lui faire trop d’honneur que de la qualifier de 2A ;
    je la rebaptise 1A.
  </change>

  <change n="0.919" when="2011-10-03" who="#dm">
    Quelques phrases d’introduction.
  </change>

  <change n="0.918" when="2011-10-03" who="#dm">
    Discussion de la critique de la dialectique
    à propos de <title>Misère de la philosophie</title>
    et plus de mots-clefs à ce sujet.
    Actualisation v4 du passage du Livre I
    sur la chimie moléculaire et sa discussion.
  </change>

  <change n="0.917" when="2011-10-02" who="#dm">
    Quelques mots-clefs.
    Indications sur les éditions du Livre IV.
  </change>

  <change n="0.916" when="2011-10-01" who="#dm">
    Remplacement de ligatures typographiques (ﬁ en fi, etc.)
    — pas orthographiques (comme œil) bien sûr !
    Quelques mots-clefs.
    Indications sur les éditions des Livre II et Livre III.
    Corrections d’orthographe.
  </change>

  <change n="0.915" when="2011-10-01" who="#dm">
    Encore quelques mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.914" when="2011-09-30" who="#dm">
    Correction de contenus du chapitre 5 du Livre I.
  </change>

  <change n="0.913" when="2011-09-29" who="#dm">
    Encore discussion des versions du Livre I.
  </change>

  <change n="0.912" when="2011-09-28" who="#dm">
    Correction de contenus du chapitre 5 du Livre I.
    Discussion des versions.
  </change>

  <change n="0.911" when="2011-09-27" who="#dm">
    Problèmes quant à l’édition de référence, pour le Livre I.
    Changement du chapitre 7 en chapitre 5 et début de correction de contenus.
  </change>

  <change n="0.910" when="2011-09-26" who="#dm">
    Indications éditoriales et division du chapitre du Livre IV.
    Précisions sur l’édition en huit volumes des trois premiers livres.
    Indications de pages dans le Livre III.
    Encore quelques mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.909" when="2011-09-25" who="#dm">
    Introduit quelques mots clefs pour les Livre III et Livre IV.
  </change>

  <change n="0.908" when="2011-09-24" who="#dm">
    Terminé cette reprise de notes des Livre III et Livre IV
    initialement en DocBook, mais sans encore choisir de mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.907" when="2011-09-21" who="#dm">
    Encore Marx sur la nature, reprise de notes initialement en DocBook.
    Partie du Livre III
  </change>

  <change n="0.906" when="2011-09-20" who="#dm">
    Encore Marx sur la nature, reprise de notes initialement en DocBook.
  </change>

  <change n="0.905" when="2011-09-19" who="#dm">
    Marx sur la nature, transformation et reprise de notes en DocBook.
  </change>

  <change n="0.904" when="2011-09-18" who="#dm">
    Encore Anti-Dühring chapitre 13. (Reste à faire : ma conclusion de ce chapitre).
    Remplacement des points-virgule après mots-clefs par des Aldus leafs devant.
    Laissé parfois le point en fin de ligne.
  </change>

  <change n="0.903" when="2011-09-15" who="#dm">
    Introduction de faux titres sans division
    dans les indications sur les éditions du Capital.
    Reprise de l’Anti-Dühring jusqu’au début du chapitre 13,
    avec quelques interventions rédactionnelles sur le fond.
  </change>

  <change n="0.902" when="2011-09-14" who="#dm">
    Je réalise en continuant à travailler sur l’Anti-Dühring
    et en butant sur des problèmes de profondeur de chunking
    qui se posaient déjà pour le Capital, qu’il était imprudent
    (impatience enfantine de montrer mon travail) de publier déjà.
    Je décide de relever de 2 à 3
    le paramètre splitLevel de profondeur d’éclatement en pages
    (ce qui n’est pas à proprement parler un « change » du présent fichier).
  </change>

  <change n="0.901" when="2011-09-13" who="#dm">
    Reprise d’Engels, deuxième préface de l’Anti-Dühring.
  </change>

  <change n="0.9" when="2011-09-12" who="#dm">
    Mise en ligne. J’appelle ça 0.9 parce que c’est publiable,
    mais encore très incomplet par rapport au matériel existant à convertir.
  </change>

  <change n="0.818" when="2011-09-12" who="#dm">
    Reprise d’Engels.
  </change>

  <change n="0.817" when="2011-09-11" who="#dm">
    Terminé la reprise des Livres II et III.
    Marquage de mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.816" when="2011-09-11" who="#dm">
    Marquage de mots-clefs.
  </change>

  <change n="0.815" when="2011-09-10" who="#dm">
    Reprise du reste des notes sur le Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.814" when="2011-09-09" who="#dm">
    Reprise de contenus du Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.813" when="2011-09-08" who="#dm">
    Reprise de l’historique des éditions du Capital.
  </change>

  <change n="0.812" when="2011-09-08" who="#dm">
    Ajout à l’essai de Byline à quelques lettres. À faire éditions en main.
  </change>

  <change n="0.812" when="2011-09-08" who="#dm">
    Renvoi de « Mots-clefs » à une ancre pour l’index.
    Malheureusement ça ne marche pas avec une ancre dans Back matter.
  </change>

  <change n="0.811" when="2011-09-07" who="#dm">
    Indexation des deux préface et postface du Livre I du Capital.
  </change>

  <change n="0.810" when="2011-09-06" who="#dm">
    Suite de la conversion du brouillon.
    Intégration des deux préface et postface du Capital.
  </change>

  <change n="0.8O9" when="2011-09-05" who="#dm">
    Indexation de quelques termes.
    Terminé lME.
    Constitution d’un gigantesque brouillon pour la conversion
    du reste des notes de lecture existantes en HTML
    et début de conversion en TEI.
  </change>

  <change n="0.8O8" when="2011-09-02" who="#dm">
    Indexation de quelques termes.
    Fait Gotha.
    Surtout introduction de la technique de rendition
    pour les indications de publication (publie) et pour les mots-clefs (clefs).
  </change>

  <change n="0.8O7" when="2011-09-01" who="#dm">
    Indexation de quelques termes. Fait 1873.
  </change>

  <change n="0.8O6" when="2011-08-31" who="#dm">
    Indexation de nombreux termes.
    Systématisation de leur formulation.
  </change>

  <change n="0.8O5" when="2011-08-28" who="#dm">
    Indexation de plus de termes.
  </change>

  <change n="0.8O4" when="2011-08-28" who="#dm">
    Indexation de plus de termes.
  </change>

  <change n="0.8O3" when="2011-08-25" who="#dm">
    Indexation de plus de termes.
    Systématisation de deuxièmes niveaux.
  </change>

  <change n="0.8O2" when="2011-08-24" who="#dm">
    Indexation de deuxième niveau, simple, explicite (philosophie, fin de la —).
    (L’indexation encastrée ne donne rien avec les feuilles XSL actuelles.)
  </change>

  <change n="0.8O1" when="2011-08-23" who="#dm">
    Corrections diverses. Indexation de plus de termes.
    Titres courts pour l’encombrement de l’index.
  </change>

  <change n="0.8O" when="2011-08-21" who="#dm">
    En une semaine, environ, incorporé tout lME
    avec une conversion relativement satisfaisante
    et quelques améliorations comme la reprise du bandeau du site
    avec du JavaScript compatible XML
    (agissant sur l’arbre DOM plutôt que d’écrire sauvagement du code HTML).
    J’appelle ça 0.8 parce que c’est pratiquement publiable.
  </change>

  <change n="0.1" when="2011-07-10" who="#dm">
    Quelques textes à l’essai.
    <name>Dominique Meeùs</name>
    <date>2011-07-10T20:49:37</date>
  </change>
</revisionDesc>
          </egXML><!-- parse="text" ne suffisait pas à obtenir le maintien du formatage, mais je l’ai obtenu en CSS (classe pre dans montei)  -->
        </div>
      </div>
      <div xml:id="ressources">
        <head>
          Ressources à propos des œuvres marxistes et de leurs auteurs
        </head>
        <p rend="alinea">
          Sur Marx :
          Jean Stengers, référencé dans <ref target="#manifestenot1">une note</ref> de ma page sur le <title>Manifeste</title>.
          Dans ma bibliographie :
          <ref target="../../biblio/Gabriel2011.html">Gabriel 2011</ref>,
          <ref target="../../biblio/DeMaesschalck2005.html">De Maesschalck 2005</ref>.
        </p>
        <p rend="alinea">
         Sur Engels, dans ma bibliographie :
         <ref target="../../biblio/Hunt2010.html">Hunt 2010</ref>,
         <ref target="../../biblio/Dash2013.html">Dash 2013</ref>.
        </p>
        <div xml:id="ressourcesspec">
          <head>
            Textes, sources spécialisées
          </head>

          <p rend="alinea">
            (Voir aussi <ref target="#editions">la page sur les éditions</ref>.)
          </p>
          <p xml:id="MIA" rend="alinea">
            En ligne, une source très abondante, en anglais mais aussi en beaucoup d’autres langues, dont le français,
            c’est la <ref target="https://www.marxists.org/">Marxists Internet Archive</ref><note xml:id="ressourcesspec-not1" n="1" place="bottom">
              Pour ne pas surcharger le site en www.marxists.org,
              j’ai longtemps pointé mes liens vers un site miroir chez Catbull,
              qu’en outre je trouvais plus rapide, mais je découvre à l’instant (27-11-2020) que ce miroir a disparu.
              Il y a aussi un miroir français, mais le site principal, maintenant en Allemagne, est plus rapide.
              (J’ai donc instantanément corrigé dans toutes mes pages marxists.catbull.com en www.marxists.org.)
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            L’édition utilisée est le plus souvent indiquée, mais pas toujours.
            En français, les pages sont très pauvres en indications bibliographiques sur le texte proposé,
            mais beaucoup vient des Classiques des Sciences sociales (ci-dessous).
            Si on suit les liens des documents au format Word ou PDF, on peut aboutir à des documents
            indiquant plus ou moins correctement l’édition exploitée.
            Au contraire, il y a dans la Marxists Internet Archive en anglais des indications éditoriales.
            La version néerlandaise, la <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/index.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>,
            est également très soignée de ce point de vue.
          </p>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p rend="alinea" xml:id="Chicoutimi">
            En français, une partie de l’<ref target="https://www.marxists.org/francais/">Archive
            Internet des marxistes</ref> se base sur des travaux de digitalisation des <ref target="http://classiques.uqac.ca/">Classiques des Sciences sociales</ref><note xml:id="not-classcisoc" n="2" place="bottom">
              L’ancien URL de ces Classiques des Sciences sociales était
              http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html, que
              l’on peut retrouver encore aujourd’hui dans de nombreux documents, entre autres ceux
              des Classiques des Sciences sociales eux-mêmes. Il faut penser à corriger en <ref target="http://classiques.uqac.ca/">http://classiques.uqac.ca/index.html</ref>.
            </note>.
            Voir en particulier
            <ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_friedrich/engels_friedrich.html">Engels</ref>,
            <ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/marx_karl.html">Marx</ref> et
            <ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/engels_marx.html">Engels et Marx</ref>.
            Les Classiques sont hébergés à l’<ref target="http://www.uqac.ca/">Université du Québec à Chicoutimi (UQAC)</ref>.
            Les textes ne sont pas affichés en HTML, mais à télécharger en format du Word (97) de Microsoft,
            en RTF ou en PDF (en dimension de papier lettre US de 8,5 × 11″).
            L’Archive Internet des marxistes donne aussi en HTML les textes qu’elle en reprend.
          </p>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="pasMEOCfr" rend="alinea">
            Il n’y a pas en français d’édition canonique de Marx et Engels se voulant complète, mais
            il y a eu des tentatives, comme aux éditions Costes dans les années 1920. Les Éditions
            sociales ont publié beaucoup.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il faut ranger à part l’édition de Marx par Maximilien
            Rubel dans la collection de la Pléiade de Gallimard. Rubel est, au nom de ses préjugés
            personnels et de sa fidélité à Marx, à la fois antimarxiste et anticommuniste. Son
            édition est très critiquée et critiquable. Voir, entre autres Aude Le Moullec-Rieu,
            <title>Maximilien Rubel, éditeur de Marx dans la Bibliothèque de la Pléiade (1955-1968)</title>,
            2015, <ref target="http://theses.enc.sorbonne.fr/2015/lemoullecrieu">dans les thèses de
            l’École des Chartes</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Une nouvelle tentative sous le nom de <ref target="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_%C3%89dition_de_Marx_et_d%27Engels">GEME</ref> semble assez faible.
            Son site <ref target="http://www.gememarxengels.org/index.php">www.gememarxengels.org</ref> un temps disparu, existe cependant de nouveau.
            Elle a <ref target="https://geme.hypotheses.org/">une page de présentation sur le site hyptotheses.org</ref>.
            Quoi qu’il en soit, la GEME a déjà publié plusieurs œuvres et les travaux continuent.
            On a élaboré le cadre de la GEME, <ref target="http://pandor.u-bourgogne.fr/ead.html?id=FRMSH021_00004">un catalogue critique
            de textes de Marx et d’Engels parus en français</ref> avec des œuvres accessibles en ligne.
          </p>
          <p rend="alinea">
            La question des éditions du <title>Capital</title> de Marx, dans les différentes langues,
            sur papier et en ligne, est discutée pour chacun des livres (<ref target="#Capital-Iedit">Livre I</ref>, <ref target="#Capital-IIedit">Livre II</ref>, <ref target="#Capital-IIIedit">Livre III</ref> et <ref target="#Capital-IVedit">« Livre IV »</ref>)<note xml:id="not-qualCap-enligne" n="3" place="bottom">
              Du <title>Capital</title> on peut trouver en ligne en français des traductions qui
              laissent à désirer. Pour le Livre I, on ne trouve pas en ligne, à ma connaissance,
              <ref target="#CapIv4">la dernière version</ref>.
            </note>.
          </p>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p rend="alinea">
            Certains textes plus rares ne se trouvent que sur divers petits sites (parfois éphémères).
            Les éditions sur lesquelles la digitalisation s’est faite ne sont pas nécessairement les meilleures,
            soit qu’on soit parti du livre qu’on avait sous la main, soit qu’il y ait des problèmes de droits.
          </p>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p rend="alinea" xml:id="Stimmen">
            En allemand, à côté de <ref target="https://www.marxists.org/deutsch/">la partie
            allemande des Marxists Internet Archives</ref>, il y a le site <ref target="http://www.mlwerke.de/">Stimmen der proletarischen Revolution</ref> (voix — au
            pluriel — de la révolution prolétarienne), anciennement Klassiker des
            Marxismus-Leninismus<note xml:id="KlassikerderML" n="4" place="bottom">
              <ref target="https://www.marxists.org/deutsch/archiv/admin/mlwerke.htm">Les
              Archives expliquent</ref> que le site des <foreign xml:lang="de">Klassiker…</foreign>,
              travail personnel d’une personne non identifiée, a disparu début 2000. Quelqu’un
              avait une grande partie du contenu. On a alors pu racheter le nom de domaine et
              remettre le contenu en ligne (sous le titre des <foreign xml:lang="de">Stimmen…</foreign>).
              Il semble que longtemps le site a été conservé mais pas entretenu : il a longtemps
              affiché une dernière indexation en 2001, et une dernière « nouveauté » en 2009. Mais
              il a tout a fait repris vie depuis.
            </note>,
            avec un outil de recherche sur les deux sites.
          </p>

          <p rend="alinea" xml:id="wirklich">
            Pour Marx et Engels, il peut être intéressant de retourner à la langue originale quand il y a un doute sur la traduction.
            Les <ref target="http://www.mlwerke.de/">Stimmen…</ref> sont très riches mais pas complètes.
            Il est donc précieux de savoir que <ref target="http://marx-wirklich-studieren.net/marx-engels-werke-als-pdf-zum-download/">marx-wirklich-studieren.net/marx-engels-werke-als-pdf-zum-download/</ref> donne
            des <title>Werke</title> de Marx et Engels toute l’édition Dietz à Berlin dans les années 70,
            plus les index, en PDF avec couche texte (du PDF dont on peut copier-coller le texte).
            C’est très important, non seulement pour le retour au texte allemand, mais pour la qualité du texte :
            le texte et l’image de cette édition permettent de contrôler d’éventuelles erreurs de reconnaissance de caractère,
            ou de l’édition en HTML de la <ref target="https://www.marxists.org/deutsch/">Marxists’ Internet Archive en allemand</ref>
            ou des <ref target="http://www.mlwerke.de/">Stimmen…</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea" xml:id="MEW-dearchiv">
            On trouve les Marx, Engels <title>Werke</title> aussi en ligne, en <ref target="http://www.dearchiv.de/">Das Elektronische Archiv</ref>.
            Malheureusement, le texte est justifié par des césures marquées de traits d’union
            — on peut ne pas trouver un mot qu’on recherche, parce qu’il est coupé.
            Je n’ai pas tout lu… mais cela semble complet.
          </p>
          <p rend="alinea">
            La <ref target="http://monoskop.org/Karl_Marx">page Karl Marx du wiki Monoskop</ref>
            donne une bibliographie très riche avec des liens.
          </p>

          <p rend="alinea">
            On peut mentionner une série de sites plus petits (et d’orientations diverses) comme
            <ref target="http://www.marxisme.fr/telecharger_musiques_mp3_livres_communistes.htm">Communisme et bolchevisme</ref>, <ref target="http://www.marx2mao.net/">From Marx to
            Mao</ref>, <ref target="http://www.karlmarx.fr/">Karl Marx</ref>…
          </p>
          <p rend="alinea">
            L’exemple du site <foreign xml:lang="de">Klassiker/Stimmen</foreign> montre que le
            problème se pose de la permanence, de la conservation de ces digitalisations et de la
            permanence de leur publication en ligne. L’Archive Internet des marxistes a un certain
            nombre de miroirs dans le monde, parfois dans des universités, et on peut donc penser
            que tout ça ne va pas disparaître du jour au lendemain. Par contre d’autres sites sont,
            comme le mien, des initiatives privées ou de petits groupes. Ils peuvent disparaître
            du jour au lendemain comme les <foreign xml:lang="de">Klassiker/Stimmen</foreign>.
            Ce n’est pas un problème simple. S’emparer de tout ce travail de nombreux bénévoles
            n’est pas très correct vis-à-vis d’eux et publier leur travail pose le problème qu’ils
            ne se sont pas nécessairement préoccupés de savoir si leurs publications étaient libres
            de droits.
          </p>
          <p rend="alinea">
            En ce qui concerne les sites disparus, ne pas perdre de vue qu’on en trouve parfois
            une version conservée dans la <ref target="https://archive.org/web/">Wayback Machine</ref>.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="ressourcesgen">
          <head>
            Textes, sources généralistes
          </head>
          <p rend="alinea">
            Il y a une tendance forte à digitaliser les bibliothèques, avec ou sans l’intervention
            de Google. Il ne faut donc pas négliger pour le marxisme les ressources généralistes.
          </p>

          <p rend="alinea" xml:id="openlibrary">
            [<hi rend="gras">Attention</hi>, à la mi-juillet 2015, le site d’Internet Archive a été
            modernisé et beaucoup de liens de l’Open Library ne fontionnent plus. Il seront, je
            suppose, actualisés prochainement. En attendant, il faut chercher directement dans
            <ref target="https://archive.org/">Internet Archive</ref>.]
            L’<ref target="http://openlibrary.org/">Open Library</ref> (<ref target="http://openlibrary.org/">openlibrary.org</ref>) se veut un catalogue en ligne universel
            de toutes les œuvres publiées, dans leurs différentes versions et éditions dans toutes
            les langues, avec pour certaines le lien à des versions digitales. C’est le résultat de
            la convergence des efforts de contributeurs individuels (comme dans Wikipédia) et de
            robots qui explorent systématiquement l’offre des bibliothèques. Il peut donc y avoir
            des erreurs, mais l’information bibliographique peut être cependant meilleure ou plus
            complète que sur les sites spécialisés dans le marxisme. Les ressources digitales qui
            nous intéressent ici sont répertoriées dans un projet associé, la <ref target="http://archive.org/details/texts">partie textes d’Internet Archive</ref> (<ref target="http://archive.org/">archive.org</ref>), mais je trouve plus facile de rechercher
            même les seules ressources digitales par l’<ref target="http://openlibrary.org/">Open
            Library</ref>. Dans ces ressources, on a la possibilité de consulter un livre (au sens
            physique, dans une édition particulière) dans un rendu visuel (ce qui permet d’en noter
            et d’en citer les numéros de page) et en <foreign xml:lang="en">streaming</foreign> ce
            qui permet d’obtenir cette vue sans télécharger tout le livre en DjVu ou en PDF.
          </p>

          <p rend="alinea">
            Il y a beaucoup de <ref target="http://www.zeno.org/Philosophie/M/Marx,+Karl">Marx en
            allemand dans la bibliothèque en ligne Zeno.org</ref>, d’<ref target="http://www.zeno.org/Philosophie/M/Engels,+Friedrich">Engels aussi</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            On peut mentionner d’autres projets comme le <ref target="http://www.gutenberg.net/">Projet Gutenberg</ref>, <ref target="http://wikisource.org/">Wikisource</ref>…<note xml:id="ressourcesgen-not1" n="1" place="bottom">
              La <ref target="http://www.wdl.org/fr/">Bibliothèque numérique mondiale</ref> semble
              avoir une vocation plutôt muséale et l’<ref target="http://www.ulib.org/">Universal
              Digital Library</ref>, projet américain ambitieux, collaborant avec l’Inde et la Chine,
              entre autres, en est toujours à essuyer les plâtres (« we consider passing from TIFF
              to PDF in the future » ; « one or our servers may be down, come back in a few hours » ;
              « The following stats are current as of November 24 2007 [consulté le 5 juillet 2014].
              They will be updated regularly. »)…. En fin de compte, le domaine ulib.org n’a même plus
              de site, si ce n’est la page de redirection à <ref target="http://ulib.isri.cmu.edu/">ulib.isri.cmu.edu</ref> et ses sites miroirs chinois et indien ont disparu. On
              peut <ref target="https://archive.org/details/universallibrary&amp;tab=collection">accéder à cette collection par l’Internet Archive</ref>, mais les documents sont
              souvent des liens, qui fonctionnent ou non, à des bibliothèques. Il est donc peu
              probable que ça puisse aider pour le marxisme.
            </note>
          </p>
        </div>
      </div>
      <div xml:id="editions">
      <!-- Attention ! Un ersatz d’apostrophe dans un lien Wikipédia. Ne pas remplacer tout. -->
        <head>
          Éditions
        </head>
        <p rend="h2">
          Marx et Engels :
        </p>
        <p rend="alinea italique">
          Pour le <title>Capital</title>, je donne des indications au début de la section
          correspondante, <ref target="#Capital-Iedit">en particulier pour le Livre 1</ref>
          qui a une histoire plus longue donc plus complexe.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Des travaux d’édition des textes de Marx et Engels sous le nom de MEGA (parfois MEGA2)
          sont le travail de l’<ref target="http://www.iisg.nl/~imes/">IMES</ref>, Internationale
          Marx-Engels Stiftung, fondation créée à l’initiative de l’<ref target="http://www.iisg.nl/">IISG</ref>, Internationaal instituut voor sociale geschiedenis,
          Amsterdam. Ils reprennent l’héritage de l’édition MEGA (Marx-Engels-Gesamtausgabe)
          commencée depuis les années soixante en URSS et en RDA. Voir sur leur site la présentation
          <ref target="http://www.iisg.nl/imes/intromega.php">Marx-Engels-Gesamtausgabe</ref> du
          travail moderne. <!-- L’article <ref target=
          "http://sdonline.org/37/comparing-two-editions-of-marx-engels-collected-works/"
          >« Comparing Two Editions… »</ref> explique bien la spécificité du projet par comparaison
          avec d’autres éditions d’œuvres plus ou moins complètes. --> Il faut retenir la division
          en parties pour comprendre des références à, par exemple, « MEGA IV ».
        </p>
        <list>
          <item>
            MEGA I, tous les textes achevés, sauf le <title>Capital</title>, et leurs tenants
            et aboutissants.
          </item>
          <item>
            MEGA II, le <title>Capital</title>, et ses tenants et aboutissants.
          </item>
          <item>
            MEGA III, les lettres.
          </item>
          <item>
            MEGA IV, les notes personnelles (notes de lecture, etc.)
          </item>
        </list>
        <p rend="alinea">
          La GEME (Grande édition Marx Engels) travaille à une édition en français.
          Le projet a <ref target="https://geme.hypotheses.org/">depuis 2019 un carnet</ref>
          (en franglais, on dit un <term xml:lang="en">blog</term>).
          Il est présenté dans Wikipédia : <ref target="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_%C3%89dition_de_Marx_et_d'Engels">Grande Édition de Marx et d’Engels</ref>.
          Certains des documents qui servent de base aux travaux peuvent être trouvés
          en <ref target="http://pandor.u-bourgogne.fr/ead.html?id=FRMSH021_00004">pandor.u-bourgogne.fr/ead.html?id=FRMSH021_00004</ref>.
        </p>
        <p rend="alinea">
          En français, beaucoup a été publié par divers éditeurs liés au PCF, d’abord le Bureau
          d’éditions et les Éditions sociales internationales, devenues Éditions sociales en 1944,
          puis Messidor-Éditions sociales de 1973 à 1992. Le fonds des Éditions sociales est alors
          repris par La Dispute et une partie de celui de Messidor par Le Temps des Cerises.<!--
          http://fondscommunismemartigues.blogspot.com/p/les-editions-communistes-kezako.html
           --> Les droits de Marx, Engels, Lénine… sont éteints, mais pas nécessairement ceux des
           traducteurs.
         </p>
        <p rend="alinea">
          Pour Marx en français, il y a eu dans les années vingt, trente et quarante une tentative
          de publication des œuvres complètes chez Alfred Costes à Paris, dans une traduction de
          J. Molitor.
        </p>
        <p rend="alinea">
        Les Éditions en langues étrangères ou les Éditions du Progrès à Moscou ont publié aussi
        de nombreux textes marxistes en français, parfois, comme pour les <title>Œuvres</title>
        de Lénine, en coédition avec les Éditions sociales. Dans les années soixante et dans
        la foulée de Mai 68, le marxisme est très à la mode et divers textes apparaissent chez
        Maspero et d’autres éditeurs. De petits éditeurs militants (ou des commerçants opportunistes)
        reprennent des choses comme Staline que le PCF ne publie plus. À cette époque aussi,
        le Parti communiste chinois, très prosélyte, fait publier en langues étrangères des éditions
        de qualité et très bon marché, dont en particulier Staline qu’on ne publie plus à Moscou.
        </p>
      </div>
      <!-- début de fichier inclus problemquotes.xml --><div xml:id="problemquotes" type="div1">
        <head>
          Citations problématiques
        </head>
        <p rend="invisible">
          Mots-clefs :
          <index><term>citations problématiques</term></index>❦ citations problématiques
        </p>
        <p rend="alinea">
          Quelques citations assez répandues (et d’autres plus confidentielles),
          attribuées à Marx ou autres, appellent certaines réserves et précisions.
          — Un problème proche est celui des citations vraies, mais dans des traductions contestables ;
          voir à ce sujet l’examen critique <ref target="#Capital-Iversion2A">de la version 2A</ref>
          et <ref target="#Capital-Iversion3A">de la version 3A</ref> du Livre I du <title>Capital</title>.
          Voir aussi <ref target="#Marx1859PopCrimePaupernotFagel">l’inversion en néerlandais (et de là en français)
          d’une phrase</ref> que Marx avait clairement voulue shakespearienne.
        </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <list rend="horiz">
          <item style="width: 33%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  wir wollen dir die wahre Parole des Kampfes zuschrein
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                MEW, Band 1, p. 345 <foreign xml:lang="latin">in fine</foreign>.
                <lb/>En ligne :
                <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me01/me01_337.htm">mlwerke.de</ref>.
              </bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 33%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:id="Parole">
                  nous allons te crier le vrai mot d’ordre du combat
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <title>Correspondance Marx-Engels</title>,
                tome 1, lettre 77, p. 297, Éditions sociales.
              </bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  we will give you the true slogan of struggle
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1843/letters/43_09.htm">Marxists Internet Archive</ref>
              </bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>
        <p rend="alinea">
          Dans une <ref target="#Marxlettre1843-09Ruge">lettre à Arnold Ruge de septembre 1843</ref>,
          Marx déclare qu’il ne lui convient pas de jouer au donneur de leçon
          dans les <title>Deutsch-französische Jahrbücher</title>.
          Les mots cités ici ne représentent pas un message que Marx adresse au monde,
          mais précisément ce qu’il a résolu de <emph>ne pas dire</emph>.
          Souvent on les cite d’après Lénine, en leur donnant un sens positif, c’est à dire,
          du fait d’un <ref target="#Lent1p201un2">contresens</ref> de Lénine,
          le contraire de l’intention de Marx.
        </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


        <!-- <p rend="invisible">
          Mots-clefs :
          <index>
            <term>travail, père de la richesse (et la nature sa mère)</term>
          </index>❦ travail, père de la richesse (et la nature sa mère)
          <index><term>père, le travail — de la richesse (et la nature sa mère)</term></index>
          <index><term>nature, mère de la richesse (et le travail son père)</term></index>
          <index><term>terre, mère de la richesse (et le travail son père)</term></index>
          <index><term>mère, la nature — de la richesse (et le travail son père)</term></index>
        </p> -->
        <!-- La recherche de ces mots-clefs doit conduire le lecteur directement au bon endroit,
        sans passer par ici. -->
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea" xml:id="problemquotes-Petty">
              La richesse matérielle a pour père le travail et pour mère la terre.
            </p>
          </quote>
          <bibl rend="publie">
            W. Petty, <title>A Treatise of Taxes and Contributions</title>, Londres, 1667, p. 47.
          </bibl>
        </cit>

        <p rend="alinea">
          Ce n’est pas de Marx, mais de William Petty, cité par Marx (<ref target="#chap1CritiqueEcoPol">dans la <title>Contribution…</title></ref> de 1859 et <ref target="#doublecaract">dans le <title>Capital</title></ref>. Comme Marx le cite approbativement,
          l’attribuer à Marx est incorrect comme citation, mais pas un contre-sens. De plus Marx
          reprend cette idée à son compte dans la <ref target="#Gotha-Gloses-I"><title>Critique du
          programme de Gotha</title></ref>.
        </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


        <!-- <p rend="invisible">
          Mots-clefs :
          <index>
            <term>capital, a horreur de l’absence de profit comme la nature a horreur du vide</term>
          </index>❦ capital, a horreur de l’absence de profit comme la nature a horreur du vide
          <index><term>potence, </term></index>
        </p> -->
        <!-- La recherche de ces mots-clefs doit conduire le lecteur directement au bon endroit,
        sans passer par ici. -->
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Das Kapital hat einen horror vor Abwesenheit von Profit oder sehr kleinem Profit,
                  wie die Natur vor der Leere. Mit entsprechendem Profit wird Kapital kühn. Zehn
                  Procent sicher, und man kann es überall anwenden ; 20 Procent, es wird lebhaft ;
                  50 Procent, positiv waghalsig ; für 100 Procent stampft es alle menschlichen
                  Gesetze unter seinen Fuss ; 300 Procent, und es existirt kein Verbrechen, das es
                  nicht riskirt, selbst auf Gefahr des Galgens.
                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:id="problemquotes-Duning">
                  Le capital a horreur de l’absence de profit ou des très petits profits comme
                  la nature a horreur du vide. Quand le profit est adéquat, le capital devient
                  audacieux. Garantissez-lui 10 pour cent, et on pourra l’employer partout ; à
                  20 pour cent, il s’anime, à 50 pour cent, il devient carrément téméraire ; à
                  100 pour cent, il foulera aux pieds toutes les lois humaines ; à 300 pour cent,
                  il n’est pas de crime qu’il n’osera commettre, même s’il encourt la potence.
                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Het kapitaal is bang voor afwezigheid van winst of voor kleine winst, gelijk de
                  natuur voor het ledige. Met behoorlijke winst wordt het kapitaal dapper : 10 %
                  vast en men kan het overal gebruiken ; 20 %, wordt het opgewekt ; 50 %, bepaald
                  roekeloos ; voor 100 % treedt het alle menselijke wetten met den voet ; 300 %,
                  en er is geen misdaad die het niet waagt, zelf op gevaar van de galg.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <title>Het Kapitaal, Eerste Deel</title>, De Maatschappij voor Goede en
                Goedkope Lectuur, Amsterdam, 1923, vol. 3, p. 271, note 250.
              </bibl>
            </cit>
          </item>
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Capital eschews no profit, or very small profit, just as Nature was formerly said
                  to abhor a vacuum. With adequate profit, capital is very bold. A certain 10 per
                  cent. will ensure its employment anywhere ; 20 per cent. certain will produce
                  eagerness ; 50 per cent., positive audacity ; 100 per cent. will make it ready
                  to trample on all human laws ; 300 per cent., and there is not a crime at which
                  it will scruple, nor a risk it will not run, even to the chance of its owner
                  being hanged.
                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
          </item>
        </list>

        <p rend="alinea">
          Ce n’est pas de Marx, mais de Dunning, <ref target="#l1t3p202">cité par Marx</ref>.
          L’erreur vient d’un mauvais emploi des guillemets dans un certain nombre d’éditions du <title>Capital</title>,
          ce que <ref target="#affaireDunning">j’explique ailleurs</ref>.
          Comme Marx le cite approbativement, l’attribuer à Marx est incorrect, mais pas un contre-sens.
        </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <list rend="horiz"><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item style="width: 50%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea barre" xml:id="problemquotes-crise">
                  La baisse des salaires et donc la limitation de la consommation de la population
                  se heurte à la tendance de la capacité de production capitaliste à toujours
                  grandir. C’est la véritable raison de la crise de surproduction. […] Finalement
                  il se crée non seulement une surproduction mais aussi une suraccumulation de
                  capital. (Karl Marx en 1867.)
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                « Ce qu’en disaient Marx et Engels »,
                <title>Solidaire</title>, 38<hi rend="ordinal">e</hi> année,
                n<hi rend="ordinal">o</hi> 38, 16 octobre 2008, encadré au bas de la page 8.
                <!--  En ligne : « Crise : Ce qu’en disaient Marx et Engels », <ref target=
                "http://www.solidaire.org/index.php?id=1340&amp;L=1&amp;tx_ttnews%5Btt_news%5D=8597&amp;cHash=e9231d94b0f9c96ed159b165047de9c4"
                >www.solidaire.org/index.php?id=1340&amp;L=1&amp;tx_ttnews%5Btt_news%5D=8597&amp;cHash=e9231d94b0f9c96ed159b165047de9c4</ref>
                [n’existe plus] ainsi que <ref target=
                "http://archive.ptb.be/nieuws/artikel/article/crise-ce-quen-disaient-marx-et-engels.html"
                >archive.ptb.be/nieuws/artikel/article/crise-ce-quen-disaient-marx-et-engels.html</ref> [n’existe plus] . -->
              </bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 50%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea barre" xml:id="problemquotesdaling">
                  De daling van de lonen en dus de beperking van de consumptie van de bevolking
                  botst met de neiging van de kapitalistische productiecapaciteit voortdurend te
                  groeien. Dat is de echte reden van de crisis van overproductie. […] Uiteindelijk
                  ontstaat er niet alleen overproductie, maar ook overaccumulatie van kapitaal.
                  (Karl Marx in 1867.)
              </p>
              </quote>
              <bibl>
                « Wat Marx en Engels over de crisis vertelden »,
                <title>Solidair</title>, 38<hi rend="ordinal">e</hi> jaargang, nr. 38,
                16 oktober 2008, kader onder pagina 8.
              </bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
        </list>

        <p rend="alinea">
          Il ne s’agit pas d’un article à proprement parler, mais d’un encadré accompagnant un article d’Henri Houben.
          L’encadré n’est cependant pas d’Henri Houben et on ne sait pas de qui<note xml:id="problemquotesdaling-not1" n="1" place="bottom">
            L’article de <title>Solidaire</title> est repris comme
            Henri Houben,
            « Derrière la crise financière, une véritable crise du système »,
            en <ref target="http://northstarcompass.org/french/nscfr65/houben.htm">northstarcompass.org/french/nscfr65/houben.htm</ref>,
            mais cette édition ne sépare plus du texte d’Henri la mystérieuse addition.
          </note>.
          On trouve ce texte cité, rarement,
          sans doute à des dates postérieures à celle de la parution dans <title>Solidaire</title>,
          qui apparaît donc (mais rien n’est moins sûr) comme la source originale.
          On ne sait pas du français et du néerlandais lequel est l’original,
          mais on retrouve ça peut-être plus souvent en néerlandais<note xml:id="problemquotesdaling-not2" n="2" place="bottom">
            Un forum du Vlaamse Geschiedkundige Kring sur un serveur de l’université de Gand qui
            n’est plus en ligne, mais qu’on peut retrouver par la Wayback machine
            (http://fkserv.ugent.be/vgkflwi/vgkforum/viewtopic.php?f=64&amp;t=5957&amp;start=15)
            donnait le 17 octobre 2008 une contribution de Dirk Van Duppen
            dont on dit qu’elle a été publiée comme <foreign xml:lang="nl">opiniestuk</foreign>
            dans <title>De Morgen</title>, donc sans doute le 16 octobre 2008 ou avant.
            On y lit :
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  “De daling van de lonen en dus de beperking van de consumptie van de bevolking
                  botst met de neiging van de kapitalistische productiecapaciteit voortdurend te groeien.
                  Dat is de echte reden van de crisis van overproductie”,
                  schreef Karl Marx in 1867.
                  Verder schreef hij ook:
                  “Uiteindelijk ontstaat er niet alleen overproductie, maar ook overaccumulatie van kapitaal”.
                </p>
              </quote>
            </cit>
            Il n’est donc pas impossible que Dirk Van Duppen se trouve en amont de <title>Solidaire</title> ;
            cependant lui-même pourrait ne pas avoir fabriqué la phrase, mais l’avoir trouvée ailleurs.
            C’est aussi la diapositive 7 de
            Dirk Van Duppen,
            « De actuele economische crisis »,
            <ref target="http://slideplayer.nl/slide/2077167/">slideplayer.nl/slide/2077167/</ref>.
            Cela se retrouve encore en 2010
            en diapositive 36 de
            <title>Recht op gezondheid en een goede samenleving : Visietekst</title>,
            2010, GVHV,
            <ref target="http://slideplayer.nl/slide/2235166/">slideplayer.nl/slide/2235166/</ref>.
            Plus tard la « citation » se retrouve dans un forum en 2015 : <ref target="http://civilisation-change.forumactif.org/t136p90-economie-politique-quand-tu-nous-tiens-et-la-crise-nouvelle-restructuration-du-capitalisme">civilisation-change.forumactif.org/t136p90-economie-politique-quand-tu-nous-tiens-et-la-crise-nouvelle-restructuration-du-capitalisme</ref>.
            C’est repris de <title>Solidaire</title> 2008,
            parce qu’on y reprend aussi la fameuse citation de Dunning cité par Marx que <title>Solidaire</title> donnait ensuite.
          </note>.
          La date de 1867 renverrait à la première édition du <title>Livre I</title><note xml:id="problemquotesdaling-not3" n="3" place="bottom">
            Plus d’une fois j’ai vu, sinon citer, du moins « invoquer » l’autorité de Marx en matière de capitalisme
            en se référant comme ici à « Marx 1867 ».
            Mais le <title>Capital</title>, c’est trois livres (quatre avec les <title>Théories sur la plus-value</title>)
            donc seul le premier est de 1867 ;
            ensuite même le premier, peu de gens l’ont lu dans l’édition de 1867,
            et plus personne après l’édition de 1872.
            Écrire « Marx 1867 » sans plus, c’est de la fausse érudition et de la vraie négligence
            (<emph>quand ce n’est pas de la malhonnêteté</emph>).
          </note>,
          mais on n’y trouve rien de semblable, ni dans aucune autre édition d’ailleurs.
          En fait les mots <term>suraccumulation</term> et <term xml:lang="nl">overaccumulatie</term>
          n’apparaissent nulle part dans les traductions du <title>Capital</title> I en français ou en néerlandais<note xml:id="problemquotesdaling-not4" n="4" place="bottom">
            En anglais, <term xml:lang="en">overaccumulation</term> n'intervient que deux fois
            dans <emph>toute</emph> l'œuvre publiée de Marx, les deux fois au Livre III du <title>Capital</title>.
          </note>.
          C’est dire la valeur de cette citation !
          Il est curieux, dans un faux, qu’on se donne la peine d’introduire des […], comme pour faire sérieux.
          (Mais les […] ont pu être mis de bonne foi par les éditeurs de <title>Solidaire</title>,
          abrégeant ce qu’il ne savaient pas être un faux.)
          Ce qui dans Marx se rapproche le plus de cette mystérieuse « citation » se trouve au
          <title>Livre III</title> :
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 33%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Der letzte Grund aller wirklichen Krisen bleibt immer die Armut und
                  Konsumtionsbeschränkung der Massen gegenüber dem Trieb der kapitalistischen
                  Produktion, die Produktivkräfte so zu entwickeln, als ob nur die absolute
                  Konsumtionsfähigkeit der Gesellschaft ihre Grenze bilde.
                </p>
              </quote>
              <bibl><ref target="http://www.mlwerke.de/me/me25/me25_493.htm">mlwerke.de</ref></bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 33%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  La raison ultime de toute véritable crise demeure toujours la pauvreté et la
                  la limitation de la consommation des masses, en face de la tendance de la
                  production capitaliste à développer les forces productives comme si elles
                  n’avaient pour limite que la capacité de consommation absolue de la société.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Voir mes notes sur le
                <ref target="#Capital-IIIchap30">Capital, Livre III, chap. 30</ref>.
              </bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  The ultimate reason for all real crises always remains the poverty and
                  restricted consumption of the masses as opposed to the drive of capitalist
                  production to develop the productive forces as though only the absolute
                consuming power of society constituted their limit.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch30.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
              </bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>

        <!-- <cit><floatingText><body><table rend="citquote">
          <row>
            <cell xml:lang="fr" rend="milargeur">
              <p rend="alinea">
                Au bout du compte, la cause de chaque crise réside toujours dans la pauvreté et la
                la limitation de la consommation des gens face à la production débridée
                du capitalisme. (Marx, Le Capital.)
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="nl" rend="milargeur">
              <p rend="alinea">
                De uiteindelijke oorzaak van elke crisis ligt altijd in de armoede en de beperkte
                consumptie van de mensen tegenover de ongebreidelde kapitalistische productie.
                (Karl Marx, Het Kapitaal.)
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row rend="publie">
            <cell xml:lang="fr">
              <bibl>
                (Paraphrase du passage réel du Livre III, peut-être traduction du néerlandais.)
              </bibl>
            </cell>
            <cell xml:lang="nl">
              <bibl>
                (Paraphrase du passage réel du Livre III.)
              </bibl>
            </cell>
          </row>
          <row rend="publie">
            <cell xml:lang="fr">
              <bibl>
                Solidaire, no 35, 22 septembre 2011, p. 17.
              </bibl>
            </cell>
            <cell xml:lang="nl">
              <bibl>
                Solidair, nr. 35, 22 september 2011, p. 17.
              </bibl>
            </cell>
          </row>
        </table></body></floatingText></cit> -->

        <p rend="firstalinea">
          mais c’est trop différent pour qu’on puisse se contenter de l’hypothèse d’une traduction
          approximative en néerlandais. (On pourrait parler tout au plus d’une tentative maladroite
          de paraphrase.) La première moitié seulement de la fausse citation ressemble. En outre
          cette ressemblance est trompeuse, la <emph>pauvreté</emph> de Marx est devenue la <emph>
          baisse des salaires</emph> dans l’imitation, ce qui est abusif. Ce qui est très curieux,
          c’est que la suspension […] fait penser qu’on a un extrait d’un texte existant. Il se
          pourrait que <title>Solidaire</title> cite de bonne foi un faux antérieur plus long,
          raccourci par […].
        </p>
        <p rend="alinea">
          Quel que soit le niveau des salaires et quel que soit le sens de leur évolution, à la
          baisse ou à la hausse, la
          classe ouvrière est trop « pauvre » dans l’absolu du fait de l’exploitation. Cela est vrai
          même si les salaires augmentent et Marx, dans un passage du <ref target="#Capital-IIchap20para4">chapitre 20 du Livre II</ref> (qu’il faut lire entièrement pour
          bien comprendre ceci), met explicitement en garde contre la confusion entre pauvreté et
          baisse des salaires et contre l’explication de la crise par la baisse des salaires ; au
          contraire : « les crises sont chaque fois préparées justement par une période de hausse
          générale des salaires », alors que, selon le « “simple” (!) bon sens » (comme dans la
          théorie simpliste de la fausse citation considérée), une hausse des salaires « devrait au
          contraire éloigner la crise ».
        </p>
        <p rend="alinea">
          Cette « citation » fabriquée déforme la pensée de Marx et peut conduire à des erreurs
          regrettables.
        </p>
        <p rend="alinea">
          C’est au fond un très bel exemple de négation de la démarche scientifique, l’opposé de la
          méthode de Marx. Sur base de notions théoriques fragmentaires, on fabrique une explication
          spéculative ; parce que ça se tient à première vue et parce que ça a des accents de
          scientificité, on l’affirme comme une vérité. Ce qui est vrai, ce n’est pas ce qui nous
          semble logique, mais ce qui se passe dans le monde réel. Marx n’avance jamais rien qui ne
          s’appuie sur une analyse concrète de la réalité. Sur la méthode, voir <ref target="#definitionDialectique">la postface de la deuxième édition allemande</ref>.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Quant à la malhonnêteté de mettre « Karl Marx en 1867 » derrière une spéculation
          personnelle erronée, je ne trouve pas de mots assez forts pour dire ma réprobation.
        </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <p rend="alinea" xml:id="problemquotes-Lenin-fascism">
          Lénine aurait-il vraiment dit ou écrit ce qui suit ?
          (Ça circule dans le Web.)
          Je pense plutôt que non.
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea barre">
              Fascism is capitalisme in decay.
            </p>
          </quote>
          <bibl>Vladimir Lenin.</bibl>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Lénine a utilisé cette expression pour l’impérialisme <ref target="#Len22ImperialismeStadeSupreme">dans son livre de 1917</ref>.
          Le titre du chapitre 8 est « Le parasitisme et la putréfaction du capitalisme ».
          En anglais, cette putréfaction est traduite par <term xml:lang="en">decay</term>
          (<ref target="https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1916/imp-hsc/ch08.htm">https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1916/imp-hsc/ch08.htm</ref>).
          Dans ce chapitre en anglais, on trouve, en dehors du titre, trois autres fois le mot <term xml:lang="en">decay</term>,
          plus l’expression « a state of parasitic, decaying capitalism ».
        </p>
        <p rend="alinea">
          Lénine meurt en 1924
          et le mot fascisme est associé d’abord au mouvement de Mussolini
          qui n’arrive au pouvoir qu’en 1922.
          Je ne sais pas dans quelle mesure le fascisme était déjà alors une grande préoccupation.
        </p>
        <p rend="alinea"><!--
          On suppose que c’est Dutt qui aurait repris de Lénine (parlant de l’impérialisme)
          le mot <term xml:lang="en">decay</term> pour l’associer au fascisme. -->
          R. Palme Dutt se réfère au livre <title>Impérialisme</title> de Lénine
          dans son article «The Question of Fascism and Capitalist Decay»
          au deuxième alinéa (le point 1. en retrait en
          <ref target="https://www.marxists.org/archive/dutt/articles/1935/question_of_fascism.htm">https://www.marxists.org/archive/dutt/articles/1935/question_of_fascism.htm</ref>).
          Ça ne veut pas dire qu’il soit l’auteur de la phrase attribuée à Lénine ci-dessus.
          Cela montre seulement qu’il y avait à l’époque un débat sur le fascisme
          à la lumière de ce que Lénine disait de la putréfaction du capitalisme dans l’impérialisme.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Je pense que cette phrase n’est pas une bonne idée, parce que putréfaction a une connotation d’irréversibilité.
          Une poire blette ne va pas redevenir dure.
          Or, si l’impérialisme est une évolution historique profonde et irréversible,
          le fascisme est une modalité politique de la dictature de la bourgeoisie, de la domination capitaliste.
          En « temps normal », le capitalisme préfère la démocratie.
          En cas de crise, si la démocratie ne suffit plus, on recourt au fascisme.
          L’orage passé, la domination capitaliste peut redevenir démocratique.
          (Démocratie pouvant par ailleurs être plus ou moins autoritaire.)
          Bref, je pense que cette phrase est mauvaise.
          (Et j’espère ne pas me tromper en supposant que Lénine n’a jamais écrit ça.)
        </p>


        <!-- <p rend="centralign plusgrand rouge gras">
              ⁂
        </p>
        <p rend="invisible">
          Mots-clefs :
          <index>
            <term>The Society of Friends, le CPUSA, le PTB et l’abolition de la peine de mort</term>
          </index>❦ The Society of Friends, le CPUSA, le PTB et l’abolition de la peine de mort
          <index>
            <term>Society of Friends, le CPUSA, le PTB et l’abolition de la peine de mort</term>
          </index>
          <index>
            <term>CPUSA, The Society of Friends et l’abolition de la peine de mort</term>
          </index>
          <index>
            <term>abolition de la peine de mort, The Society of Friends, le CPUSA et le PTB</term>
          </index>
          <index><term>peine de mort, abolition pour The Society of Friends, le CPUSA et le PTB</term></index>
        </p>
        <list> -->
          <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
            <cit>
              <quote xml:lang="de">
                <p rend="alinea"></p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <!-- <item rend="enligne milargeur">
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea barre">
                  L’abolition de la peine de mort est un des fondements d’une société civilisée et
                  ne peut en aucun cas être laissée de côté. Lorsque l’État prend une vie humaine
                  comme sanction, cela a un effet délétère sur toute la société et le danger existe
                  que l’État provoque précisément cette brutalité qu’on entend prévenir. Une société
                  socialiste doit abolir la peine de mort, tout comme la torture.
                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item>
          <item rend="enligne milargeur">
            <cit>
              <quote xml:lang="nl">
                <p rend="alinea barre">
                  Het beëindigen van de doodstraf is één van de fundamenten van een beschaafde
                  samenleving en kan in geen enkel geval worden opzij gezet. Wanneer de staat een
                  menselijk leven neemt als sanctionering, heeft dat een vernederend effect op de
                  hele gemeenschap, en bestaat het gevaar dat de staat net die brutaliteit
                  produceert, die men beoogt te voorkomen. Een socialistische samenleving moet de
                  doodstraf afschaffen, net zoals foltering.
                </p>
              </quote>
              <bibl rend="barre">
                Karl Marx, <title>New York Daily Tribune</title>, februari 18, 1853
              </bibl>
              <bibl>
                Wouter Van Damme, « Geen enkel misverstand mogelijk: de PVDA is tegenstander van de
                doodstraf », PTB Anvers, 24 février 2013, en ligne : <ref target=
                "http://antwerpen.pvda.be/artikels/geen-enkel-misverstand-mogelijk-de-pvda-tegenstander-van-de-doodstraf"
                >antwerpen.pvda.be/artikels/geen-enkel-misverstand-mogelijk-de-pvda-tegenstander-van-de-doodstraf
                </ref>.
              </bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
            <cit>
              <quote xml:lang="en">
                <p rend="alinea"></p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
        <!-- </list>
        <ab rend="clear"/>
        <p rend="alinea">
          En fait la faute de Wouter Van Damme est surtout d’avoir fait confiance, sans contrôler,
          au CPUSA. Ils ont en effet écrit ce qui suit :
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Whereas, ending the death penalty is one of the fundamentals of a civilized society
              and can in no circumstances be set aside. Our concern, therefore, is for all victims
              of violence, not only the murderer but also those who suffer by his/her act; and,
            </p><p rend="alinea">
              Whereas, the sanctioning by the state of the taking of human life has a debasing
              effect on the community and tends to produce the very brutality that it seeks to
              prevent. We realize that many people are sincerely afraid of the consequences if the
              death penalty is abolished, but we are convinced that their fears are unjustified;
              and,
            </p><p rend="alinea">
              Whereas, a socialist society should abolish the death penalty not to mention torture.
            </p><p rend="alinea">
              Whereas, it would be difficult, if not altogether impossible, to establish any
              principle upon which the justice of expediency of capital punishment could be founded
              in a society glorying in its civilization. (Karl Marx, <title>New York Daily Tribune
              </title>, February 18, 1853);
            </p><p rend="alinea">
              Therefore be it resolved, that we declare our unwavering opposition to capital
              punishment.
            </p>
          </quote>
          <bibl>
            Juillet 2005, <ref target=
            "http://cpusa.org/communist-party-usa-resolution-on-capital-punishment/"
            >cpusa.org/communist-party-usa-resolution-on-capital-punishment/</ref>.
          </bibl>
        </cit>
        <p rend="firstalinea">
          où l’absence de guillemets peut faire penser que tout ce qui précède la parenthèse est
          de Marx. En réalité, seule est de Marx la <emph>phrase</emph> qui précède immédiatement
          la parenthèse, comme on peut s’en convaincre en consultant <ref target=
          "https://www.marxists.org/archive/marx/works/1853/02/18.htm"
          >www.marxists.org/archive/marx/works/1853/02/18.htm</ref>.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Ce qui est amusant, c’est l’origine non marxiste du début du texte. Un marquage correct
          des références par des guillemets dans ce texte, et en mettant les citations en évidence
          serait :
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Whereas, ending the death penalty [<emph>/Quaker original : the sanctity of human life</emph>]
              “<emph>is one of the fundamentals of a civilized [/Quaker original : Christian] society and
              can in no circumstances be set aside. Our concern, therefore, is for all victims
              of violence, not only the murderer but also those who suffer by his/her act</emph>;” and,
            </p><p rend="alinea">
              Whereas, “<emph>the sanctioning by the state of the taking of human life has a debasing
              effect on the community and tends to produce the very brutality that it seeks to
              prevent</emph>.” (The Society of Friends, <title>Proceedings of the Yearly Meeting</title>
              1956, minute 39.) We realize that many people are sincerely afraid of the
              consequences if the death penalty is abolished, but we are convinced that their fears
              are unjustified; and,
            </p><p rend="alinea">
              Whereas, a socialist society should abolish the death penalty not to mention torture.
            </p><p rend="alinea">
              Whereas, “<emph>it would be difficult, if not altogether impossible, to establish any
              principle upon which the justice of expediency of capital punishment could be founded
              in a society glorying in its civilization</emph>.” (Karl Marx, <title>New York Daily Tribune
              </title>, February 18, 1853);
            </p><p rend="alinea">
              Therefore be it resolved, that we declare our unwavering opposition to capital
              punishment.
            </p>
          </quote>
          <bibl></bibl>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          La Society of Friends est une secte Quaker britannique. J’ai trouvé leur phrase dans
          N. H. Twitchell, <title>The Politics of the Rope : The Campaign to Abolish Capital
          Punishment in Britain</title>, 1955-1969, Arena Books, 2012. Twitchell cite avec des […]
          et moi-même je n’ai vu qu’un aperçu du livre de Twitchell avec Google Books. Je ne sais
          donc pas de manière certaine si les guillemets dans le premier alinéa doivent suivre
          <foreign xml:lang="en">act</foreign> ou plutôt <foreign xml:lang="en">aside</foreign>,
          ou après <foreign xml:lang="en">unjustified</foreign> plutôt que <foreign xml:lang=
          "en">prevent</foreign> dans le deuxième alinéa. On peut se demander pourquoi le CPUSA
          tire son inspiration des Quakers plus encore que de Marx, mais c’est une autre question.
          Cependant en corrigeant la <foreign xml:lang="en">Christian society</foreign> des Quakers
          en <foreign xml:lang="en">civilized society</foreign>, le CPUSA se rapproche de Marx qui
          interpelle « a society glorying in its civilization ».
        </p>
        <p rend="alinea">
          Malencontreusement, la partie reprise par la section d’Anvers du PTB est dans la partie
          Quaker pour l’argumentation et dans la partie CPUSA pour la conclusion, et pas de Marx.
          Or <ref target="#NYDailyTrib18feb1853">le point de Marx dans son article de 1853</ref>
          n’est pas tant que c’est inacceptable de la part d’une société qui se prétend respectable,
          mais — et cela brille par son absence ci-dessus — c’est qu’on devrait s’interroger sur les
          conditions sociales qui suscitent ces crimes. Voir <ref target="#MEOC2vol2p563cinq8">la
          presque disparition de la criminalité du temps de la Commune</ref>.
        </p> -->
      </div>
    </front>
    <body>

      <divGen type="toc"/>

      <div xml:id="MEsyntheses"> <!-- ME parce que d’abord Marx et Engels -->
        <head>
          Dominique Meeùs, Notes de synthèse
        </head>

        <div xml:id="Concordance" type="div1">
        <!-- début de fichier inclus Concordance.xml -->
          <head>
            Concordance multilingue Marx et Engels
          </head>
          <p rend="alinea">
            En mai 2026, j’ai appris un nouveau mot : <term>concordance</term>.
            Ça m’a inspiré ce travail, au moment où j’éprouvais le besoin,
            pour <ref target="#DMmathist">mon travail sur l’histoire</ref>,
            d’examiner dans le vocabulaire de Marx et Engels des notions candidates
            à fonctionner comme concepts dans une approche scientifique.
          </p>
          <p rend="alinea">
            J’ai adopté une disposition de type KWAC, <term xml:lang="en">keyword and context</term> :
            le texte en trois colonnes isolant au centre le terme examiné (dit <term>pivot</term>),
            suivi de la référence<note xml:id="Concordance-not1" n="1" place="bottom">
              <p rend="alinea">
                J’ai travaillé avec la commande <code>pdfgrep</code> sur une collection
                comme les Marx, Engels Werke (MEW). Une commande comme
                <eg xml:space="preserve">pdfgrep Gesellschaftsordnung --page-number=label *.pdf &gt; Search/Gesellschaftsordnung</eg>
                sur le dossier des fichiers PDF des MEW me donne
                (en 70 secondes environ sur une cinquantaine de PDF)
                une liste de lignes de la forme
                <eg xml:space="preserve">MEW Band 01.pdf:490:worin er die alte Gesellschaftsordnung kritisierte und die Grundzüge einer</eg>
                Si on lui donne une telle liste, LibreOffice Calc peut la découper en trois colonnes
                en séparant au signe <code>:</code> en fichier, page, texte.
                En reportant à la fin les deux premières colonnes, j’ai le texte
                (qu’il faut alors lui-même répartir sur trois colonnes), suivi de sa référence.
                (Il y a en fait plus de colonnes parce que parfois
                j’ai travaillé aussi sur les fichiers PDF de la MEGA²
                et parfois sur les deux.)
                Cela explique la forme particulière de mes références présentées en cinq colonnes.
              </p>
              <p rend="alinea">
                On trouve aussi une collection des œuvres de Marx et Engels en anglais.
                C’est plus difficile en français où il faudrait consulter toute sorte de sources différentes.
                <!-- (Peut-être télécharger une copie de l’Archive Internet des marxistes sur Marx et Engels.) -->
              </p>
              <p rend="alinea">
                J’ai écrit en XSLT un filtre d’exportation qui me permet d’enregistrer la table de LibreOffice Calc
                dans le code d’une table dans <ref target="../../linux/balisage.html">le balisage XML de la TEI</ref>,
                que j’utilise pour encoder les présentes notes de lecture du marxisme.
                C’est cette table qui m’a servi de point de départ pour composer la présente concordance.
              </p>
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Après <term xml:lang="de">Gesellschaftsform</term>, etc., je pourrais attaquer
            <term xml:lang="de">Produktionsverhältnisse</term>, <term xml:lang="">Produktionsweise</term>…
            C’est un travail de bénédictin, que je ne suis pas sûr de poursuivre,
            mais je le laisse en ligne au moins comme <term xml:lang="en">proof of concept</term>.
          </p>
          <div xml:id="Gesellschaftsform">
            <head>Gesellschaftsordnung, Gesellschaftsform, Gesellschaftsformation…</head>
            <!-- Le titre (<head> doit rester dans la largeur parente (en 900),
            pour rester dans la largeur de la table des matières.
            C’est la table seulement qui doit être élargie (en 1200)
            dans le style "concordance". -->
            <table rend="concordance grid">
              <row role="label">
                <cell>co-texte</cell>
                <cell>pivot</cell>
                <cell>co-texte</cell>
                <cell>MEGA²</cell>
                <cell>page<lb/>(ligne)</cell>
                <cell>MEW<lb/>MECW</cell>
                <cell>page</cell>
                <cell>document</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>
                  in allen bisherigen, auf dem Unterschied und Gegensatz
                  von Kasten, Stämmen , Ständen, Klassen u.s.w. beruhnden
                </cell>
                <cell>Gesellschaftsordnungen.</cell>
                <cell/>
                <cell>IV.8</cell>
                <cell>231 (38)<!-- PDF 238 --></cell>
                <cell/>
                <cell/>
                <cell>Marx, <title>Londoner Hefte 1850-1853</title>, Heft VII, Reflection</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>in all hitherto existing</cell>
                <cell>social formations</cell>
                <cell>
                  which were based on separation and contradiction
                  between castes, tribes, social estates, classes, etc.
                </cell>
                <cell/>
                <cell/>
                <cell>MECW10</cell>
                <cell>589</cell>
                <cell>Marx, <title>London Notebook</title> VII, Reflexions (March 1851)</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>daß dieß eine Glied aller bisherigen</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung</cell>
                <cell>fähig ist, fortzuleben in einem Zustand,</cell>
                <cell>IV.8</cell>
                <cell>232 (4)</cell>
                <cell/>
                <cell/>
                <cell>Marx, <title>Londoner Hefte 1850-1853</title>, Heft VII, Reflection</cell>
              </row>
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                <cell>this particular element present in all</cell>
                <cell>social formations</cell>
                <cell>
                  up to now will be able to survive in a situation
                  that negates all hitherto existing social formations.
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                <cell>ibid.</cell>
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              <row rend="KWAC">
                <cell>der alle bisherige</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung</cell>
                <cell>verneint.</cell>
                <cell>IV.8</cell>
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                <cell>that negates all hitherto existing</cell>
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                <cell>ibid.</cell>
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                <cell>
                  Er beweist ferner, daß Arbeit und Vergnügen identisch sind,
                  und zeigt die Vernunftwidrigkeit der gegenwärtigen
                </cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung,</cell>
                <cell>die beide voneinander trennt, aus der Arbeit eine Plackerei […] macht</cell>
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                  Engels, <title>Fortschritte der Sozialreform auf dem Kontinent</title> (1843)
                </cell>
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                <cell>
                  He goes on proving the identity of labour and enjoyment,
                  and shows the irrationality of the present
                </cell>
                <cell>social system</cell>
                <cell>which separates them, making labour a toil,</cell>
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                <cell>Engels, <title>Progress of Social Reform on the Continent</title> (1843)</cell>
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                <cell>worin er die alte</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung</cell>
                <cell>kritisierte und die Grundzüge einer neuen umriß.</cell>
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                <cell>ibid.</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>in which he gave a review of the old</cell>
                <cell>social system</cell>
                <cell>and the outlines of a new one.</cell>
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                <cell>daß die heutige</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung</cell>
                <cell>die „Masse, wie sie ist“, organisiere und also deren Organisation sei.</cell>
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                <cell><title>Die heilige Familie</title> (1845), Marx, VI. Kapitel</cell>
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                <cell>that the present</cell>
                <cell>social system</cell>
                <cell>organises the “mass as it is” and is therefore its organisation.</cell>
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                <cell><title>The Holy Family</title>, Marx, chap. VI, 3.e</cell>
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                <cell>gegen die bestehende</cell>
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                <cell>Engels, <title>Lage der arbeitenden Klasse in England</title>, (1845)</cell>
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                <cell>could protest against the existing</cell>
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                <cell>Engels, <title>The Condition of the Working-Class in England</title> (1845)</cell>
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                <cell>Da sie gleich von vornherein als ein vollkommenes Muster der neuen</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung</cell>
                <cell>eingerichtet werden sollte, so war ein bedeutendes Kapital dazu nötig,</cell>
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                <cell>
                  Engels,
                  <title>Beschreibung der in neuerer Zeit entstandenen und noch bestehenden kommunistischen Ansiedlungen</title>
                  (1845)
                </cell>
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                <cell>As it was to be set up from the start as a perfect model for the new</cell>
                <cell>order of society,</cell>
                <cell>considerable capital was required for this,</cell>
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                <cell>Engels, <title>Description of Recently Founded Communist Colonies</title> (1845)</cell>
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              <row rend="KWAC">
                <cell>einer bestimmten</cell>
                <cell>Gesellschaftsform</cell>
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                <cell>7</cell>
                <cell>Marx, <title>Thesen über Feuerbach</title>, These 7 (1845)</cell>
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              <row rend="KWAC">
                <cell>
                  Man sieht hier sogleich.
                  Diese Naturreligion od. dies bestimmte Verhalten zur Natur ist bedingt durch die
                </cell>
                <cell>Gesellschaftsform</cell>
                <cell>u. umgekehrt.</cell>
                <cell>Jahrbuch<lb/>2003<lb/>Appar.</cell>
                <cell>17</cell>
                <cell>Band 03</cell>
                <cell>31</cell>
                <cell>Marx und Engels, <title>Die deutsche Ideologie</title> (1845-1846), I Feuerbach</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>wie dies beim Proletariat der Fall ist, die Aufhebung der ganzen alten</cell>
                <cell>Gesellschaftsform</cell>
                <cell>und der Herrschaft überhaupt bedingt,</cell>
                <cell>Jahrbuch<lb/>2003<lb/>Appar.</cell>
                <cell>20</cell>
                <cell>Band 03</cell>
                <cell>34</cell>
                <cell>ibid.</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>wie bestimmte industrielle und Verkehrsverhältnisse notwendig mit einer bestimmten</cell>
                <cell>Gesellschaftsform,</cell>
                <cell>
                  damit einer bestimmten Staatsform,
                  und damit einer bestimmten Form des religiösen Bewußtseins verbunden sind.
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                <cell>137</cell>
                <cell>
                  Marx und Engels, <title>Die deutsche Ideologie</title> (1845-1846),
                  Das Leipziger Konzil, III Sankt Max
                </cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell rend="barre">
                  welche unter allen Verhältnissen existieren und nur der Form und Richtung
                  nach von verschiedenen gesellschaftlichen Verhältnissen verändert werden,
                  wird auch unter dieser
                </cell>
                <cell rend="barre">Gesellschaftsform</cell>
                <cell rend="barre">nur verändert, indem ihnen die Mittel zur normalen Entwicklung gegeben werden;</cell>
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                <cell>ibid.</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell rend="barre">
                  ein anderer Teil dagegen, diejenigen Begierden nämlich, die ihren Ursprung nur einer bestimm[ten]
                </cell>
                <cell rend="barre">Gesellschaftsform,</cell>
                <cell rend="barre">bestimmten Pro[duktions]- und Verkehrsbedingungen verdanken,</cell>
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                <cell>ibid.</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>das er zu seinem großen Verdruß in allen bisher existierenden und projektierten</cell>
                <cell>Gesellschaftsformen</cell>
                <cell>entdeckte.</cell>
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                <cell>374</cell>
                <cell>ibid.</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>
                  „Die Kommunisten waren besonders stark in der Aufstellung von Systemen oder gleich fertigen
                </cell>
                <cell>Gesellschaftsordnungen</cell>
                <cell>(Cabets Ikarien, ,La Felicite‘, Weitling). … “</cell>
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                <cell>Marx und Engels, <title>Die deutsche Ideologie</title> (1846) (Zitat)</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>
                  Die Phrasen über die Gesellschaft,
                  die den Einzelnen als beschränkende Macht gegenübertritt usw.,
                  passen daher auch auf alle
                </cell>
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                <cell>463</cell>
                <cell>
                  Marx und Engels, <title>Die deutsche Ideologie</title> (1845-1846),
                  „Die Rheinischen Jahrbücher“ oder Die Philosophie des wahren Sozialismus
                  B), Erster Baustein
                </cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>
                  Aus der Auffassung der Gesellschaft als Spiegelbild der Natur folgt,
                  daß in allen bisherigen
                </cell>
                <cell>Gesellschaftsformen,</cell>
                <cell>
                  die gegenwärtige eingeschlossen, diese Lebensäußerungen
                  zu ihrer vollständigen Entwicklung kamen
                  und in ihrer Berechtigung anerkannt wurden.
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                <cell>ibid.</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>
                  Leider aber spricht Saint-Simon an der fraglichen Stelle gar nicht,
                  wie Herr Grün meint, von Unterschieden in einer zukünftigen
                </cell>
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                <cell>487</cell>
                <cell>Marx und Engels, <title>Die deutsche Ideologie</title> (1846), Saint-Simonismus</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>Es lebe die neue</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung,</cell>
                <cell>welche wir nach Babeuf verbessert in 14 Kapitel und 63 Kriegsartikel gebracht haben!</cell>
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                <cell>Engels,</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>Und daß es „beste politische</cell>
                <cell>Gesellschaftsformen“</cell>
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                <cell>Marx,</cell>
              </row>
              <row rend="KWAC">
                <cell>1. daß von jetzt an alle diese Übel nur der für die Verhältnisse nicht mehr passenden</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung</cell>
                <cell>zuzuschreiben sind</cell>
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                <cell>Engels, Grundsätze des Kommunismus (1847)</cell>
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                <cell>Für die Manufaktur und für die erste Entwicklungsstufe der großen Industrie war aber keine andere Eigentumsform möglich als das Privateigentum, keine andre</cell>
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                <cell>Dieser Irrtum stammt daher, daß der Bourgeois-Mensch für sie die einzig mögliche Grundlage aller Gesellschaft ist, daß sie sich keine</cell>
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                <cell>Jedoch liegt wieder eine ganze Reihe ökonomischer Systeme zwischen der modernen Welt, worin der Tauschwert die Produktion in ihrer ganzen Tiefe und Breite beherrscht, und den</cell>
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                <cell>Yet a whole series of economic systems lies between the modern world, in which exchange value dominates production in its entire depth and width, and the</cell>
                <cell>social formations</cell>
                <cell>whose basis is decomposed communal property, without however […]</cell>
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                <cell>geht nie unter, bevor alle Produktivkräfte entwickelt sind, für die sie weit genug ist, und neue höhere Produktionsverhältnisse treten nie an die Stelle, bevor die materiellen Existenzbedingungen derselben im Schoß der alten Gesellschaft selbst ausgebrütet worden sind.</cell>
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                <cell>The prehistory of human society accordingly closes with this</cell>
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                <cell>— zieht er sich selbst den Boden unter den Füssen weg, auf dem allein theils die ideologischen Bestandtheile der herrschenden Klasse, theils die freie geistige Production dieser gegebnen Gesellschaftsformation</cell>
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                <cell>begriffen werden kann.</cell>
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                <cell>sten Hirnschädel heraus eine neue utopische Gesellschaftsordnung fabri-</cell>
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                <cell>dukte, die Grundlage aller Gesellschaftsordnung ist; daß in jeder geschieht^</cell>
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                <cell>Die bestehende Gesellschaftsordnung - das ist nun so ziemlich all-</cell>
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                <cell>zerstörende Wirkung dieser kapitalistischen Gesellschaftsordnung selbst zu</cell>
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                <cell>eingeführten Gesellschaftsordnung zusammenfällt ... [Band 19, S. 196.]</cell>
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                <cell>seitigt werden, er kann beseitigt werden. Eine neue Gesellschaftsordnung</cell>
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                <cell>diese neue Gesellschaftsordnung zu erkämpfen, davon wird Zeugnis ab-</cell>
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                <cell>„Die Einführung einer bessern Gesellschaftsordnung wird in Westeuropa überaus er-</cell>
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                <cell>Untergangs der kapitalistischen Gesellschaftsordnung und ihrer Ablösung durch die</cell>
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                <cell>zu ihrem Dasein keineswegs die capitalistische Productionsweise voraussetzen, vielmehr, wie ich früher schon auseinandergesetzt, auch "vorbürgerlichen</cell>
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                <cell>angehört“.</cell>
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                <cell>The production and circulation of commodities […], as I have already demonstrated, they also "exist in pre-bourgeois</cell>
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                <cell>Marx, Economic manuscripts of 1861-1863, Capital I, chap. 6</cell>
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                <cell>das dem Arbeitsproceß, unabhängig von allen bestimmten</cell>
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                <cell>als einem ewigen Processe zwischen Mensch und Natur überhaupt zukommt.</cell>
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                <cell>an element which is attributable to the labour process, independently of all specific</cell>
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                <cell>die gegensätzliche Form der capitalistischen Productionsweise aufbebenden Productionsweise, und so die materielle Basis eines neu gestalteten gesell- schaftlichen Lebensprocesses und damit einer neuen</cell>
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                <cell>it creates the real conditions for a new mode of production, superseding the antagonistic form of the capitalist mode of production, and thus lays the material basis for a newly shaped social life process and therewith a new</cell>
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                <cell>Weniger als jeder andere kann mein Standpunkt, der die Entwicklung der ökonomischen</cell>
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                <cell>Gesellschaftsformation angehören, worin der Produktionsprozeß die Men-</cell>
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                <cell>artigsten ökonomischen Gesellschaftsformationen angehört, ist die manu-</cell>
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                <cell>In den verschiedensten ökonomischen Gesellschaftsformationen findet</cell>
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                <cell>Aber das Mittelalter hatte zwei verschiedne Formen des Kapitals überliefert, die in den verschiedensten ökonomischen</cell>
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                <cell>reifen und, vor der Ära der kapitalistischen Produktionsweise, als Kapital quand meme gelten — das Wucherkapital und das Kaufmannskapital.</cell>
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                <cell>But the Middle Ages had handed down two distinct forms of capital, which mature in the most different economic</cell>
                <cell>social formations,</cell>
                <cell>and which, before the era of the capitalist mode of production, are considered as capital quand même — usurer’s capital and merchant’s capital.</cell>
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                <cell>Marx, Capital I, Chapter 31, Genesis of the industrial capitalist</cell>
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                <cell>in seinem dicken Buch über „Sozialismus und kapitalistische</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung“,</cell>
                <cell>neben dem Italiener!</cell>
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                <cell>den antediluvianischen Formen des Kapitals, die der kapitalistischen Produktionsweise lange vorhergehn und sich inden verschiedensten ökonomischen</cell>
                <cell>Gesellschaftsformationen</cell>
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                <cell>und diese Vorstellung - die juristische Vorstellung des freien Privatgrundeigentums — tritt in der alten Welt nur ein zur Zeit der Auflösung der organischen</cell>
                <cell>Gesellschaftsordnung,</cell>
                <cell>und in der modernen Welt nur mit der Entwicklung der kapitalistischen Produktion.</cell>
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                <cell>Vom Standpunkt einer höhern ökonomischen</cell>
                <cell>Gesellschaftsformation</cell>
                <cell>wird das Privateigentum einzelner Individuen am Erdball ganz so abgeschmackt erscheinen,</cell>
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                <cell>In</cell>
                <cell>Gesellschaftsformen</cell>
                <cell>also, wo es noch nicht das Kapital ist, das die Funktion vollzieht, alle Mehrarbeit zu erzwingen und allen Mehrwert in erster Hand sich selbst anzueignen,</cell>
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                <cell>die eine der Arbeit, das andre des monopolisierten Erdballs, und zwar sind sie beide, dem Kapital entsprechende, und derselben ökonomischen</cell>
                <cell>Gesellschaftsformation</cell>
                <cell>angehörende Formen.</cell>
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                <cell>Produktion dieser gegebnen Gesellschaftsformation begriffen werden kann.</cell>
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                <cell>einer Wirkung der Gesellschaftsordnung, ist die Bildung allen Leuten versagt, die ohne</cell>
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                <cell>Gesellschaftsformation, wozu sie nur den Übergang bildet.[U2] 11139||</cell>
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                <cell>gegenwärtige Gesellschaftsordnung nicht begriffen hat, noch weniger im-</cell>
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                <cell>schen Gesellschaftsordnung der Staat sich von selbst auflöst und verschwin-</cell>
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                <cell>die Konstruktion der zukünftigen Gesellschaftsordnung gelegt haben. Als</cell>
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                <cell>alten Gesellschaftsordnung neue Stützen verleihen und dadurch die end-</cell>
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                <cell>Theorie des Kapitals, d. h. der modernen Gesellschaftsordnung. Beginnend</cell>
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                <cell>einer höheren Gesellschaftsordnung Platz machen. Wir stellen überall eine</cell>
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                <cell>Zusammenbruchs der neuen Gesellschaftsordnung vermeiden können, so</cell>
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                <cell>Zersetzung der herrschenden Gesellschaftsordnung und die durch die alten</cell>
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                <cell>Daseinsbedingungen der verschiednen Gesellschaftsformationen müssen im</cell>
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                <cell>Gesellschaftsordnung, ins Auge zu fassen und sie vor dem Verlumpen mög-</cell>
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                <cell>erschöpft sein ... Aber in der Gesellschaftsordnung hat der Reichtum die Eigenschaft</cell>
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                <cell>der ökonomischen Gesellschaftsformation, die bereits das Resultat einer lan-</cell>
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                <cell>wendig hinabstürzen muß ... Es sieht nicht so aus in den</cell>
                <cell>Gesellschaftsformationen,</cell>
                <cell>die</cell>
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                <cell>301</cell>
                <cell>Marx, Ökonomisches Manuskript 1861-1863, Teil I, Zur Kritik der politischen Ökonomie, Drittes Kapitel-Das Kapital im allgemeinen, 3. Der relative Mehrwert, b) Teilung der Arbeit</cell>
              </row>
            </table>

          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus Concordance.xml -->
        <!-- début de fichier inclus DMdialectique.xml --><div xml:id="DMdialectique" type="level1_comment">
        <head>
          <seg rend="invisible">(D. M.)</seg>
          Essai sur la dialectique, chez Marx et Engels, et ensuite
        </head>

<!-- Identité des subdivisions : grep -nF "<div xml:id=" inclusions/DMdialectique.xml -->

        <epigraph>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Il est évident pour tous que le centre de gravité dans l’argumentation d’Engels,
                c’est que les matérialistes doivent exposer avec exactitude et précision le véritable processus historique ;
                que l’insistance sur la dialectique, le choix des exemples prouvant l’exactitude de la triade,
                ne sont que des vestiges de l’hégélianisme d’où est sorti le socialisme scientifique,
                des vestiges de sa façon de s’exprimer.
                En effet, une fois qu’on a déclaré catégoriquement que « prouver » une chose à l’aide de triades
                est absurde et que personne n’y a jamais songé,
                quelle signification peuvent avoir des exemples de processus « dialectiques » ?
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              Lénine, <ref target="#Len1AmisDuPeuple-fascI">« Ce que sont les “amis du peuple” et comment ils luttent contre les social-démocrates »</ref>,
              <title>Œuvres</title>, tome 1, p. 180.
            </bibl>
          </cit>
        </epigraph>

        <epigraph>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Engels dit explicitement :
                « avec chaque découverte qui fait époque dans le domaine des sciences naturelles »
                (à plus forte raison dans l’histoire de l’humanité),
                « le matérialisme doit modifier sa forme »
                (<title><ref target="#Fe2sciencephilo">Ludwig Feuerbach</ref></title>).
                Ainsi, la révision de la « forme » du matérialisme d’Engels,
                la révision de ses principes de philosophie naturelle,
                n’a rien de « révisionniste » au sens consacré du mot ;
                le marxisme l’exige au contraire.
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              Lénine,
              <title>Matérialisme et empiriocriticisme</title>,
              <ref target="#Len14MEchap5">Chapitre V</ref>.
              <title>Œuvres</title>, tome 14, p. 261-262.
            </bibl>
          </cit>
        </epigraph>

        <epigraph>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 46%;">
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Dialectical materialism is not, and never has been,
                    a programmatic method for the solution of particular physical problems.
                    Rather, dialectical analysis provides us with an overview and a set of warning signs
                    against particular forms of dogmatism and narrowness of thought.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Richard C. Lewontin &amp; Richard Levins,
                  Chapitre 3. Science as a Social Product and the Social Product of Science,
                  § 7. <ref target="https://d-meeus.be/wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=549">« The problem of lysenkoism »</ref>, p. 191-192
                  in Hillary Rose &amp; Steven Rose (eds.) <ref target="https://d-meeus.be/wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=548"><title>The Radicalizaton of Science</title></ref>, 1976.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Le matérialisme dialectique n’est pas, et n’a jamais été,
                    une méthode systématique pour la solution de problèmes physiques particuliers.
                    L’analyse dialectique nous donne plutôt une vue d’ensemble et une série de signaux
                    qui nous avertissent contre des formes particulières de dogmatisme et d’étroitesse de la pensée.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Ma traduction.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
        </epigraph>

        <epigraph>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 49%;">
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    With all the misinformation conveyed about dialectics, it may be useful
                    to start by saying what it is not. Dialectics is not a rock-ribbed triad
                    of thesis-antithesis-synthesis that serves as an all-purpose explanation ;
                    nor does it provide a formula that enables us to prove or predict anything ;
                    not is it the motor force of history. The dialectic, as such, explains nothing,
                    proves nothing, predicts nothing, and causes nothing to happen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Bertell Ollman,
                  <title>Dance of the Dialectic : Steps in Marx’s Method</title>,
                  University of Illinois Press, Urbana and Chicago, 2003, p. 12.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item><!--  style="width: 55%;" -->
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Face à toute la mésinformation qui circule sur la dialectique, il est
                    peut-être utile de commencer en précisant <emph>ce qu’elle n’est pas</emph>.
                    La dialectique n’est pas cette triade d’airain thèse-antithèse-synthèse censée
                    tout expliquer ; elle ne fournit pas de formule apte à prouver ou prédire quoi
                    que ce soit ; elle n’est pas non plus la force motrice de l’histoire. La
                    dialectique, en tant que telle, n’explique rien, ne prouve rien, ne prédit rien
                    et n’est la cause de rien.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Bertell Ollman,
                  <title>La dialectique mise en œuvre : Le processus d’abstraction dans la méthode de Marx</title>,
                  Éditions Syllepse, Paris, 2005, p. 23.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
        </epigraph>

        <p rend="alinea">
          Ce problème me préoccupe depuis une vingtaine d’années sans doute.
          <!-- Il me semble que la dernière version de mon cours d’économie est celle de 2002.
          On m’aurait donc confié la philosophie en 2003. -->
          Après <ref target="#DMsciencedial">mon intervention à Manchester</ref> en juillet 2013
          au 24th International Congress of History of Science, Technology and Medicine (ICHSTM),
          j’ai pensé pouvoir en dire quelque chose, mais j’ai encore ramé plus de dix ans.
          Ces derniers temps (fin 2024, début 2025), j’essaie de conclure.
          Début février, j’améliore encore le plan et je complète des références.<!--
          Mi-février, je durcis ma critique. -->
        </p>
        <figure>
          <ab type="caption">En construction.</ab>
          <svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" class="beta" viewBox="0 0 288 250" width="70" height="60">
            <g transform="translate(24,28)"> <!-- translation de départ pour l’épaisseur du triangle rouge -->
              <polygon points="120 0, 240 208, 0 208" fill="none" stroke="red" stroke-width="24"/><!-- triangle rouge -->
              <polygon points=" 45 0,  90  78, 0  78" fill="black" transform="translate(129.4 118)"/><!-- talus -->
              <g transform="translate(105,110) rotate(30)"><!-- travailleur -->
                <circle cx="9" cy="-12" r="9"/><!-- tête -->
                <rect x="0" y="0" width="18" height="32" rx="3" ry="3" fill="black"/><!-- torse -->
                <g transform="translate(-20,18)"><!-- pelle -->
                  <rect x="0" y="0" width="80" height="4" fill="black" transform="translate(0,4)"/><!-- manche -->
                  <rect x="0" y="0" width="15" height="12" fill="black" transform="translate(75,0)"/><!-- fer -->
                </g>
                <rect x="0" y="0" width="6" height="40" rx="3" ry="3" fill="black" transform="translate( 2,-1) rotate( 30)"/><!-- bras -->
                <rect x="0" y="0" width="6" height="40" rx="3" ry="3" fill="black" transform="translate(11,2) rotate(-30)"/><!-- bras -->
                <rect x="0" y="0" width="12" height="62" rx="4" ry="4" fill="black" transform="translate(-1,32) rotate(0)"/><!-- jambe -->
                <rect x="0" y="0" width="12" height="30" rx="4" ry="4" fill="black" transform="translate(10,32) rotate(-55)"/><!-- haut jambe -->
                <rect x="0" y="0" width="12" height="30" rx="4" ry="4" fill="black" transform="translate(32,46) rotate(-30)"/><!-- bas jambe -->
              </g>
            </g><!-- Plus beau que ça, tu meurs. -->
          </svg>
          <ab type="caption">En construction.</ab>
          <p>En construction.</p>
          <head>En construction.</head>
          <figDesc>En construction.</figDesc>
          <span>En construction.</span>
          <trailer>En construction.</trailer>
        </figure>

        <index>
          <term>noyau rationnel et enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term>
        </index>
        <index>
          <term>fonds rationnel et enveloppe mystique de la logique hégélienne</term>
        </index>
        <index><term>rationnel, noyau de la dialectique hégélienne</term></index>
        <index><term>enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>
        <index><term>mystique, enveloppe de la dialectique hégélienne</term></index>
        <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>
         <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
        <index><term>dialectique hégélienne, noyau rationnel de la —</term></index>
        <index><term>dialectique hégélienne, enveloppe mystique de la —</term></index>
        <index><term>dialectique de Marx, projet de l’écrire</term></index>

        <p rend="alinea">
          Marx et Engels ont rejeté Hegel dans leur jeunesse et longtemps se sont peu préoccupés explicitement de dialectique.
          Ils utilisent les mots <foreign xml:lang="de">Dialektik</foreign>,
          <foreign xml:lang="de">dialektisch</foreign> dans un sens banal.
          Jamais, à ma connaissance, dans leurs écrits pendant près de vingt ans,
          ils ne discutent de la dialectique hégélienne en tant que système,
          si ce n’est en 1847 <ref target="#MiserePhiloIIpara1obs1">dans la <title>Misère de la philosophie</title>
          où</ref> Marx se moque de la connaissance très relative qu’a Proudhon de la philosophie de Hegel,
          critique l’usage que Proudhon en fait en économie, mais, au-delà,
          critique très sévèrement la dialectique hégélienne elle-même.
          Jamais, à ma connaissance, dans leurs écrits pendant près de vingt ans,
          ils ne fondent quoi que ce soit sur la dialectique de Hegel.
          <!-- Dans l’Idéologie allemande (1846), le mot ne se trouve qu’une fois (Jahrbuch 2003, p. 102)
          et pas d’eux, mais en citant quelqu’un (chercher dans la traduction française). -->
          Par la suite, à partir de 1858<!--  (la lettre que je mentionne plus loin) -->,
          ils se sont dit qu’il ne fallait pas jeter le bébé avec l’eau du bain<note xml:id="DMdialectique-not1" n="1" place="bottom"><!-- xml:id="DMdialectique-not3" --><anchor xml:id="MEeaudubain"/>
            Comme on dit maintenant en français. L’expression française traduit l’anglais
            <foreign xml:lang="en-uk">to throw out the baby with the bath water</foreign>,
            elle-même reprise par Thomas Carlyle en 1849 de l’allemand
            <foreign xml:lang="de">das Kind mit dem Bade ausschütten</foreign>, attesté depuis 1512.
            Marx et Engels auraient donc pu l’utiliser en allemand ou même en anglais.
          </note>
          et ils tentent un retournement<!-- pointeur ? --> matérialiste de la dialectique de Hegel.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Là-dessus, on a peu de Marx ;
          on en a plus d’Engels dans l’<ref target="#AntiDuhring"><title>Anti-Dühring</title></ref>
          et dans les manuscrits réunis sous le titre de <ref target="#dialnat"><title>Dialectique de la nature</title></ref>.
          Plus encore que pour « matérialisme historique »,
          on ne trouve aucune mention de « matérialisme dialectique » sous la plume de Marx ou d’Engels<note xml:id="DMdialectique-not2" n="2" place="bottom">
            On trouve cependant l’expression chez Dietzgen, qui en serait le créateur,
            dans une œuvre tardive, en 1887. (Marx décède en 1883.)
            Je le mentionne au début de <ref target="#Feuerbach-IV">ma page sur Feuerbach IV</ref>.
          </note>.
          C’est une doctrine philosophique créée a posteriori
          sur la base de ce qu’ils ont dit de la dialectique hégélienne et de son retournement.
        </p>

        <div xml:id="DMdial-inventaire" type="level2">
          <head>
            Inventaire des textes mentionnant une dialectique comme système et ses « lois »
          </head>
          <p rend="alinea">
            J’avais pensé faire l’inventaire des occurrences de <term>dialectique</term> sous la plume de Marx et Engels,
            mais ce serait fastidieux si le plus souvent il ne s’agit pas de la dialectique de Hegel en tant que système.
            Je vais plutôt faire l’inventaire des passages qui invoquent bien une dialectique comme système,
            celle de Hegel ou cette dialectique qu’ils assument eux-mêmes après l’avoir « remise sur ses pieds ».
          </p>
          <list>
            <item xml:id="DMdial-MPhil1847">
              <label rend="fakehead h2">
                Marx, <title>Misère de la Philosophie</title> (1847),
                Chapitre II. La métaphysique de l’économie politique.
                § Ier. La méthode.
                <ref target="#MiserePhiloII">Première observation</ref>.
              </label>
              <p rend="alinea">
                Critique de la minceur de la culture hégélienne de Proudhon,
                mais, au-delà, critique féroce de la dialectique hégélienne elle-même.
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-Marx1858-01-16Eng">
              <label rend="fakehead h2">
                Marx, <ref target="#Marxlettre1858-01-16Engels">lettre à Engels, vers le 16 janvier 1858</ref>
              </label>
              <p rend="alinea">
                Point de départ de l’affaire du retournement. Il en dit très peu :
                « ce qu’il y a de <emph>rationnel</emph> à la méthode que H a découverte, mais en même temps mystifiée ».
                C’est cependant très affirmatif : derrière la mystification, il y aurait une « découverte » de Hegel.
                (Mais ce serait une méthode, pas un édifice théorique.)
              </p>
              <p rend="alinea">
                C’est là qu’il dit la première fois son désir d’écrire quelque chose là-dessus
                — quand le temps reviendra pour ce genre de choses —,
                intention qu’<ref target="#DMdial-Marx1868-05-09Dietz">il répète dix ans après en écrivant à Dietzgen</ref>.
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-Marx1858-02-01Eng">
              <label rend="fakehead h2">
                Marx, <ref target="#Marxlettre1858-02-01Engels">lettre à Engels, le 1<hi rend="ordinal">er</hi> février 1858</ref>
              </label>
              <p rend="alinea">
                Se moquant des prétentions hégéliennes de Lassalle, Marx dit qu’il ratiocine
                en accord avec les <term xml:lang="fr">formes sacramentales</term>.
                (MEW 29:274. MECW 40:259.)
                (Je note cette expression parce qu’après Marx et Engels,
                beaucoup se contenteront de répéter les « formules sacramentelles ».
                — Une des raisons de la présente note est <ref target="#DMdial-matdial">la critique de ce courant</ref>.)
                Marx fait la distinction entre amener une science au point où elle est susceptible de présentation dialectique
                et, à l’inverse, appliquer un système de logique abstrait, prêt à l’emploi.
                (MEW 29:275. MECW 40:261.)
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-Marx1858-05-31">
              <label rend="fakehead h2">
                Marx, <ref target="#Marxlettre1858-05-31Lassalle">lettre à Lassalle, le 31 mai 1958</ref>
              </label>
              <p rend="alinea">
                Regrette que Lassalle dans son livre ne soit pas montré plus critique à l’égard de la dialectique de Hegel.
                Cette dialectique est bien sûr le fin mot de la philosophie<!-- TO DO sur la philosophie -->,
                mais il est donc d’autant plus important de la débarrasser de l’aura mystique que lui donne Hegel.
                (MEW 29:561. MECW 40:316)
              </p>
            </item>
            <item xml:id="DMdial-Engels1867-06-16Marx">
              <label rend="fakehead h2">
                Engels, <ref target="#Engelslettre1867-06-16Marx">lettre à Marx, le 16 juin 1867</ref>
              </label>
              <p rend="alinea">
                Avec des considérations douteuses sur l’inexistence des atomes (à propos d’un livre de Hofmann),
                Hegel sur le changement qualitatif :
                « the infinite progression of subdivisions, which does not terminate it, but marks a qualitative change ».
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-Marx1867-06-22Eng">
              <label rend="fakehead h2">
                Marx, <ref target="#Marxlettre1867-06-22Engels">lettre à Engels, le 22 juin 1867</ref>
              </label>
              <p rend="alinea">
                Marx parle du Livre I du <title>Capital</title> (alors enfin en voie d’achèvement)
                et de « la transformation du maître-artisan en capitaliste
                — à la suite de changements purement quantitatifs » (!)<note xml:id="DMdial-invent-not1" n="1" place="bottom">
                  Curieusement, ce n’est pas du tout ça qui est écrit dans le <title>Capital</title>.
                  Il n’y est pas question de transformation (à la suite de changements purement quantitatifs !)
                  d’un maître-artisan en capitaliste, mais du seuil en capital nécessaire pour que ce soit possible.
                  Il n’y a là non plus aucune référence directe à une loi de Hegel, pas un mot de quantité qui devient qualité.
                  <lb/>
                  Curieusement, comme s’il avait pu lire cette lettre à Engels,
                  Dühring attaque Marx sur l’invocation de la loi de Hegel,
                  qui ne se trouve qu’ici et pas dans le <title>Capital</title>.
                  Marx aurait-il écrit ces bêtises hégéliennes à d’autres qu’Engels ?
                </note>.
                Marx mentionne :
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      la loi de la brusque commutation du changement purement quantitatif en changement qualitatif
                      […] également vérifiée en histoire et dans les sciences de la nature.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
                Il annonce aussi une note (ci-après) dans le <title>Capital</title> sur la chimie
                (« je parle de Laurent, de Gerhardt et de Wurtz »),
                écrite à « l’époque où j’assistais aux cours de Hofmann ».
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-Marx1867-CapIchap9">
              <label rend="fakehead h2">Marx, <title>Capital</title>, Livre I, 1867</label>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 49%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Die in der modernen Chemie angewandte, von Laurent und Gerhardt angebahnte,
                        von Prof. Würtz zu Paris zuerst wissenschaftlich entwiekelte Molekulartheorie
                        beruht auf keinein anderen Gesetze.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="#CapI346note205a"><title>Das Kapital</title>, 1867:288, Note 205a)</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La théorie moléculaire utilisée en chimie moderne, initiée par Laurent et Gerhardt,
                        développée pour la première fois scientifiquement par le professeur Würtz à Paris,
                        ne repose sur aucune autre loi.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Ma traduction.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Dans la deuxième édition du Livre I du <title>Capital</title>, Marx retire le nom de Würtz.
                Dans les troisième et quatrième éditions, Engels explique ce à quoi Marx fait allusion :
                l’addition successive de radicaux CH<hi rend="indice">2</hi> donne des corps chaque fois qualitativement différents.
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-Marx1868-05-09Dietz">
              <label rend="fakehead h2">
                Marx, <ref target="#Marxlettre1868-05-09Dietzgen">lettre à Joseph Dietzgen, le 9 mai 1868</ref>
              </label>
              <p rend="alinea">
                Il répète simplement <ref target="#DMdial-Marx1858-01-16Eng">son intention de janvier 1858</ref>.
                En 1958 cependant, la dialectique hégélienne n’était qu’une méthode.
                Ici Marx estime pouvoir parler de « lois correctes de la dialectique »
                comme d’une chose indiscutable, qu’on est sensé connaître,
                pour les dire ensuite déjà présentes chez Hegel.
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-post1873">
              <label rend="fakehead h2">
                Marx, <ref target="#retournementDialectique">Retournement dialectique dans la postface</ref> (1873)
                de la deuxième édition allemande du Livre I du <title>Capital</title>
              </label>
              <p rend="alinea">
                De la dialectique, Hegel a été « le premier à en exposer
                les formes générales de mouvement (<term xml:lang="de">Bewegungsformen</term>) de façon globale et consciente ».
                <!-- (Je ne comprends pas ce que peut vouloir dire « formes de mouvement » de la dialectique.
                Dans la <title>Dialectique de la nature</title>, c’est l’opposé :
                au lieu de formes de mouvement de la dialectique, on a une dialectique des formes de mouvement.) -->
                <!-- Sans doute dans un cas comme dans l’autre, les formes de mouvement dont traite la dialectique. -->
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-dialNat">
              <label rend="fakehead h2">
                Engels, <title>Dialectique de la nature</title> (1872… 1883), [Chapitres],
                <ref target="#DNp69debut">La dialectique</ref>.
              </label>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    … les lois de la dialectique.
                    […]
                    Elles se réduisent pour l’essentiel aux trois lois suivantes :
                    <list>
                      <item>la loi du passage de la quantité à la qualité et inversement ;</item>
                      <item>la loi de l’interpénétration des contraires ;</item>
                      <item>la loi de la négation de la négation.</item>
                    </list>
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                (Marx décède le 14 mars 1883. Engels abandonne alors la <title>Dialectique de la nature</title>
                pour sortir rapidement une troisième édition, attendue, du Livre I du <title>Capital</title>,
                puis consacrer des années aux Livre II et Livre III.)
              </p>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-preAD1885">
              <label rend="fakehead h2">
                Engels, <title>Anti-Dühring</title>, <ref target="#AD40undemi">préface à la deuxième édition</ref> (1885)
              </label>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    […] dans la nature s’imposent, à travers la confusion des modifications sans nombre,
                    les mêmes lois dialectiques du mouvement qui, dans l’histoire aussi, régissent
                    l’apparente contingence des événements […] avec toute leur simplicité et leur
                    universalité.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>

            <item xml:id="DMdial-Feuer1886">
              <label rend="fakehead h2">
                Engels, Feuerbach (1886), I<!-- . [<ref target="#sauverHegel">De Hegel à Feuerbach</ref>] -->
              </label>
              <p rend="alinea">
                Là, Engels proclame une fois de plus la fin de la philosophie, mais, de la philosophie de Hegel,
                il faut « en sauver le contenu nouveau qu’elle avait acquis ».
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p xml:id="DMsauverHegel" rend="alinea">
                    Mais on ne vient pas à bout d’une philosophie en se contentant de la déclarer fausse.
                    Et une œuvre aussi puissante que la philosophie de Hegel, une œuvre qui a exercé une
                    influence aussi considérable sur le développement intellectuel de la nation, on ne
                    pouvait pas s’en débarrasser en l’ignorant purement et simplement. Il fallait la
                    « dépasser » au sens où elle l’entend, c’est-à-dire en détruire la forme au moyen de
                    la critique, mais en sauvant le contenu nouveau qu’elle avait acquis. Nous verrons
                    plus loin comment cela se fit.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Engels, <title>Feuerbach</title>, I<!-- . [ De Hegel à Feuerbach ] --> <ref target="#sauverHegel">(plus)</ref>.
                </bibl>
              </cit>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    C’était cette interversion idéologique qu’il s’agissait d’éliminer.
                    Nous conçûmes à nouveau, d’un point de vue matérialiste,
                    les idées de notre cerveau comme étant les reflets des objets,
                    au lieu de considérer les objets réels comme les reflets de tel ou tel degré de l’Idée absolue.
                    De ce fait, la dialectique se réduisait à la science des lois générales du mouvement,
                    tant du monde extérieur que de la pensée humaine […].
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Engels, <title>Feuerbach</title>, IV<!-- . [ Dialectique ] --> <ref target="#sauverHegel">(plus)</ref>
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
        </div>

        <div xml:id="DMdial-dialectique" type="level2">
          <head>
            La dialectique hégélienne et son retournement
          </head>
          <p rend="alinea">
            Marx redécouvre Hegel en 1858 et <ref target="#Marxlettre1858-01-16Engels">mi-janvier,
            il en parle à Engels dans une lettre</ref>.
            Il voudrait écrire quelque chose là-dessus et il n’a pas oublié son projet dix ans après
            (<ref target="#Marxlettre1868-05-09Dietzgen">lettre à Dietzgen en 1868</ref>).
          </p>

          <label xml:id="DMdial-retourne" rend="fakehead h2">
            Le retournement de la dialectique
          </label>
          <p rend="alinea">
            De la dialectique, Marx dit en 1873 <ref target="#retournementDialectique">dans un passage fameux</ref>
            qu’ « il faut la retourner pour découvrir le noyau rationnel sous l’enveloppe mystique<note xml:id="DMdial-dialectique-not1" n="1" place="bottom"> <!-- xml:id="DMdialectique-not4" -->
            <anchor xml:id="not-retourne-mys-Roy"/>
              En français, <ref target="#retournementDialectique">ce passage sur le retournement</ref>
              de la postface de la deuxième édition allemande du Livre I du <hi rend="italic">Capital</hi>
              (postface reprise dans l’édition en français qui suit de peu)
              a malheureusement été massacré par Roy comme « la physionomie tout à fait raisonnable » ;
              voir <ref target="#physionomie">ailleurs</ref> la discussion.
            </note> ».
             Au lieu que l’Idée soit un « sujet autonome », « démiurge du réel »,
             c’est le réel qui <emph>informe</emph> les idées des gens.
             La dialectique n’est donc plus alors que la prise en compte, par les humains, du réel dans sa complexité.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Engels  reparle de ce retournement au début de son Feuerbach, en 1886,
            dans des termes proches de ceux de Marx en 1873.
            (Voir <ref target="#DMdial-Feuer1886">dans l’inventaire qui précède</ref>.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            C’est aussi ce qu’Engels semble vouloir dire à certains endroits
            comme dans <ref target="#dialnatIIIDialectique">l’article « Dialectique »</ref>
            de la <title>Dialectique de la nature</title> :
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  C’est donc de l’histoire de la nature et de celle de la société humaine
                  que sont abstraites les lois de la dialectique. […]
                  D’ailleurs quiconque connaît tant soit peu son Hegel sait bien que celui-ci,
                  dans des centaines de passages, s’entend à tirer de la nature et de l’histoire
                  les exemples les plus péremptoires à l’appui des lois dialectiques.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <title>Dialectique de la nature</title>, [Chapitres],
                <ref target="#dialnatIIdialectique">La dialectique</ref>.
              </bibl>
            </cit>
          </p>
          <p rend="alinea">
            Selon Engels, ayant pensé voir des traits communs entre des situations, des évènements vaguement comparables,
            Hegel les aurait abstraits dans ses lois de la dialectique.
            Mais pour le philosophe de l’Idée, dans laquelle il met ce qu’il veut, quelques exemples suffisent.
            Ce ne sont pas tant les exemples qui fondent les lois dialectiques
            que l’opinion de Hegel promue en Idée absolue.
            (Voir dans Feuerbach I le sarcasme d’Engels sur l’Idée de Hegel
            et <ref target="#Russel-blaspHegel">la note sur ce qu’en dit Bertrand Russell</ref>.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Engels croit pouvoir faire la même chose, mais d’un point de vue matérialiste.
            Le projet d’Engels, qui peut sembler à première vue raisonnable, est d’examiner le monde,
            d’y retrouver comme Hegel des régularités dans son mode de fonctionnement
            (mais sans plus les mettre au compte de l’Idée)
            et de rebaptiser <term>dialectique matérialiste</term>, un ensemble de tels traits récurrents.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Cette entreprise est évidemment vouée à l’échec.
            Jamais l’induction ne prouve quoi que ce soit.
            Elle est certainement utile en science.
            Pour imaginer une théorie scientifique, il faut partir de la connaissance existante.
            La théorie est bien dans une certaine mesure le fruit d’une induction.
            Mais la valeur de la théorie ne vient pas de l’induction seule.
            La théorie doit rendre compte non seulement des faits dont on l’aurait induite,
            mais de plus de faits, de faits nouveaux, de résultats obtenus dans l’expérimentation.
            (Tant que tout cela n’invalide pas la théorie.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Or Engels, non seulement se réclame d’une induction, mais son induction ne ressemble à rien.
            Pour, non pas fonder ses lois de la dialectique,
            mais seulement les rendre un tout petit peu plausibles, acceptables,
            il faudrait une foule d’exemples vraiment « péremptoires ».
            Or Engels ne nous propose que quelques exemples foireux disparates
            (que je critique en passant en revue les <ref target="#ADchap12">chapitre 12</ref>
            et <ref target="#ADchap13">chapitre 13</ref> de la première partie de l’<title>Anti-Dühring</title>),
            sans doute ceux de Hegel plus quelques uns de son cru,
            plus d’une fois même non pertinents par rapport aux lois qu’ils sont sensés confirmer.
            (J’y reviens dans ma <ref target="#DMdial-revue">Revue critique</ref> de ces lois.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il y a plus. La pensée de Hegel est assurément idéaliste, mais elle est subtile.
            L’Idée ne se fait pas nature comme elle se fait histoire.
            La dialiectique de Hegel ne fonctionne pas dans la nature comme dans l’histoire.
            En mettant sur le même pied des lois « de la nature et de la société »,
            Marx et Engels aplatissent la philosophie de Hegel et ça les conduit à des absurdités.
            Si la dialectique se fonde sur la reconnaissance de traits communs,
            il faut qu’il y ait vraiment une certaine ressemblance entre les situations comparées.
            Entre les deux exemples de Marx (somme d’argent et séries chimiques) repris à mon inventaire
            <ref target="#DMdial-Marx1867-06-22Eng">lettre du 22 juin</ref>
            et <ref target="#DMdial-Marx1867-CapIchap9">chapitre 9 du Livre I du <title>Capital</title></ref>,
            outre qu’ils sont tous deux non pertinents pour la soi-disant loi de quantité et de qualité,
            il n’y a rien qui ressemble sauf les mots quantité et qualité qu’on y plaque.
            (C’est en ce sens que plus d’une fois je dis disparates.)
            Hegel est un philosophe. Il peut se payer de mots.
            De Marx et Engels, ce n’est pas permis. Des marxistes encore moins.
          </p><!--
          <p rend="alinea">
            La situation est en fin de compte la suivante :
            Hegel abstrait sommairement du monde réel les lois de la dialectique qu’il croit y trouver,
            mais les intègre dans son système philosophique de l’Idée.
            Marx et Engels, séduits et même pris d’enthousiasme pour les lois de Hegel,
            les reprennent sans y changer beaucoup plus que de laisser tomber le détour par l’Idée,
            « sujet autonome », « démiurge du réel ».
            Le retournement n’est qu’une image.
            Les lois de la dialectique hégélienne restent inchangées pour l’essentiel.
            Marx et Engels ne font qu’expliciter l’induction qui chez Hegel était implicite.
            Mais résultat de cette induction est d’aussi peu de valeur chez eux que chez Hegel.
          </p> -->
          <p rend="alinea">
            Le problème du « matérialisme dialectique » se réduit donc à ceci : les « lois » de la dialectique
            chez Hegel, chez Marx et Engels et chez divers auteurs après eux, ne tiennent pas debout.
            Elles sont d’une généralité abusive<note xml:id="DMdial-dialectique-not2" n="2" place="bottom">
              Relire ce que Marx dit de l’abstraction dans la <title>Sainte Famille</title>
              au chapitre V, paragraphe « 2. Le mystère de la construction spéculative ».
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Le minéralogiste, dont toute la science se bornerait à déclarer
                    que tous les minéraux sont en fait le minéral,
                    ne serait minéralogiste… que dans son imagination.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              Parfois, la doctrine appelée « matérialisme dialectique » fait, entre autres, un peu penser à cela.
            </note>,
            non fondée.
            La soit-disant démarche d’induction est constituée d’une série d’éléments disparates tirés par les cheveux,
            d’exemples téléphonés, fabriqués de toute pièce, souvent non pertinents, qui ne fondent rien du tout.
            On ne voit pas comment à partir d’éléments disparates,
            entre lesquels il faut se forcer pour trouver une ressemblance,
            on peut prétendre constituer des lois générales.
          </p>
          <!-- TODO, critiquer science dans « la science des lois générales du mouvement » -->

          <label xml:id="DMdial-loiskesako" rend="fakehead h2">
            Des lois qui décrivent le monde ou des lois qui le gouvernent
          </label>
          <p rend="alinea">
            Dans le TLFi, à l’<ref target="https://www.cnrtl.fr/definition/loi">article <hi rend="gras petitescapitales">loi</hi><hi rend="ordinal">1</hi></ref>,
            vers la fin, sous II.A.1., on cite :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                La force d’attraction, c’est la mesure numérique du mouvement d’attraction
                en rapport avec les masses et les distances de ces masses.
                Cette mesure de l’attraction nous donne la loi,
                parce qu’elle nous fait prévoir ce qui arrivera quand nous aurons
                deux masses déterminées, à distances déterminées, dans des conditions déterminées.
                Mais, quant à la cause, nous ne la connaissons aucunement, comme dit Newton,
                et nous n’avons pas besoin de la connaître.
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              Claude Bernard, <title>Principes de médecine expérimentale</title>, 1878, p. 199.
            </bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            La citation est très intéressante en ce qu’elle va
            à l’encontre de la chosification populaire de l’<term>attraction universelle</term>.
            Sur la base des mesures de Tycho Brahe,
            beaucoup plus précises que celles dont l’humanité avait disposé jusque là,
            Kepler a pu montrer que les planètes décrivent une ellipse et non un cercle,
            et que le Soleil se trouve à un foyer de ces ellipses.
            Il a donné une relation entre la position de la planète sur l’ellipse et la vitesse.
            Personne ne peut comprendre les lois de Kepler autrement que comme purement descriptives.
            Elles n’expliquent en rien le mouvement dont elles parlent.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il en est en réalité de même de la force d’attraction chez Newton.
            Cette « force » n’a rien à voir avec le sens du mot en langage ordinaire.
            C’est un concept de mécanique comme branche de la physique.
            Son seul « effet », c’est de permettre d’en déduire mathématiquement le mouvement des masses.
            Son expression mathématique n’est pas une « attraction ».
            Mais comme cette « attraction », on la ressent, on la vit tous les jours
            quand on a les pieds sur terre et quand un objet tombe du bord de la table,
            la plupart des gens, s’ils ont un peu entendu parler de l’attraction universelle de Newton,
            pensent que c’est une <emph>chose</emph> agissante, qui appartient au monde réel,
            et ils continuent à en être persuadés s’ils n’ont pas creusé particulièrement la philosophie des sciences.
          </p>
          <p rend="alinea">
            L’attraction universelle, Newton, lui, n’y croyait pas.
            Il ne la prenait pas pour une <emph>chose</emph> réelle.
            C’est en ce sens qu’il a dit : <foreign xml:lang="la">hypotheses non fingo</foreign>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            On se trouve ainsi devant deux conceptions de ce que peut être une loi de la science, de la nature ou de la société.
            Il y a loi au sens ordinaire<!--  (le seul, en fait, pour le TLFi) des lois comme celles de Kepler -->,
            qui rendent compte d’un phénomène, de manière purement descriptive,
            et il y a loi un en sens fort de lois dont on pense qu’elles expliquent,
            qu’elles nous donnent la cause d’un phénomène, dont certains pensent,
            à la limite, qu’elles pourraient en être elles-mêmes la cause.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Bien sûr, il est difficile d’admettre, en matérialistes,
            que des phrases « gouvernent » le monde, que des « lois » soient « opérantes »,
            mais, comme on l’a vu pour l’attraction universelle, il faut être vigilant pour ne pas déraper,
            pour ne pas « chosifier » des concepts théoriques ou des lois.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Parfois Marx et Engels donnent l’impression de déraper dans ce sens.
            C’est certainement le cas de Marx en 1967, dans la lettre du 22 juin
            <ref target="#DMdial-Marx1867-06-22Eng">reprise à l’inventaire ci-dessus</ref>
            et dans le passage correspondant du <title>Capital</title>.
            Une théorie moléculaire « ne repose sur aucune autre loi ».
            On peut penser que c’est une maladresse d’expression.
          </p>
          <p rend="alinea">
            De même, Engels dit souvent « loi générale de développement de la nature, de l’histoire et de la pensée ».
            (Voir cette expression dans mon <ref target="#TEIindex">Index</ref> des notions.)
            <!-- (#Adnegpartic, #dialnatIIdialectique, #DnprototypeInfini). -->
            Dans <ref target="#DMdial-preAD1885">la phrase de la deuxième préface à
            l’<title>Anti-Dühring</title></ref> que je reprends à l’inventaire,
            « les mêmes lois dialectiques » « <emph>régissent</emph> » tant la nature que l’histoire.
            Faut-il comprendre que la loi <emph>commande</emph> et que la nature et l’histoire <emph>obéissent</emph> ?
            Une interprétation indulgente pour Engels serait que si la nature et l’histoire
            <emph>semblent se conformer</emph> à ces mêmes lois dialectiques,
            c’est que ces lois dialectiques correspondent bien à la nature et à l’histoire.
            Des textes, on ne peut pas affirmer de manière certaine qu’il croit que ces lois commandent au monde.
            Plus d’une fois, il dit même clairement que non.
            J’en reste à l’idée que (comme beaucoup, pour l’attraction universelle)
            il ne fait pas bien la différence, il doit la connaître mais l’oublier parfois.
          </p>

          <p rend="alinea">
            En science, il y a, on l’a dit, chez les usagers, une certaine ambiguïté du mot « loi ».
            Il se peut que Marx et Engels avaient compris que les lois ne commandent pas,
            mais, comme tout le monde, l’oubliaient parfois.
            Dans sa <ref target="#Marxlettre1858-01-16Engels">lettre à Engels de janvier 1858</ref>
            (<ref target="#DMdial-Marx1858-01-16Eng">reprise à l’inventaire</ref> qui précède),
            Marx ne parle que de « méthode d’exposition ».
            Ce retour à Hegel est très discret en même temps que critique :
            dans la <ref target="#Marxlettre1858-05-31Lassalle">lettre du 31 mai 1858</ref>
            (<ref target="#DMdial-Marx1858-05-31">reprise à l’inventaire</ref> qui précède),
            il reproche à Lassalle de l’avoir été trop peu.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Mais cela change du tout au tout <ref target="#Marxlettre1867-06-22Engels">en 1867 dans la lettre à Engels du 22 juin</ref>
            (<ref target="#DMdial-Marx1867-06-22Eng">reprise à l’inventaire</ref> qui précède)
            avec deux invocations de la loi hégélienne de transformation de la quantité en qualité :
          </p>
          <list>
            <item>
              La loi de Hegel transforme un maître-artisan en capitaliste
              « à la suite de changements purement quantitatifs » !
              (On peut penser que c’est, dans une lettre où il ne doit pas se surveiller,
              emporté par l’enthousiasme, une expression malheureuse.
              Cependant dans le <title>Capital</title>, sa formulation n’est pas tellement plus prudente.)
            </item>
            <item>
              Il annonce, dans le même sens un note sur la chimie dans le <title>Capital</title>.
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Dans <ref target="#Capital-Ichap9">le passage du <title>Capital</title> auquel il renvoie</ref> :
          </p>
          <list>
            <item>
              « Ici se confirme, comme dans les sciences de la nature,
              l’exactitude de la loi découverte et exposée par Hegel dans sa <title>Logique</title>,
              selon laquelle des changements purement quantitatifs, parvenus à un certain point,
              se renversent en différences qualitatives. »
            </item>
            <item>
              « La théorie moléculaire, en chimie moderne, ne repose sur aucune autre loi. »
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            J’y reviens <ref target="#DMdial-quant-diff">plus loin</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Engels a beaucoup plus écrit sur la dialectique,
            dans l’<title>Anti-Dühring</title> et dans la <title>Dialectique de la nature</title>.
            Dans le passage, <ref target="#DMdial-retourne">cité plus avant</ref>,
            sur l’induction par Hegel des lois de la dialectique à partir du réel,
            Engels continue comme suit :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                La faute [de Hegel] consiste en ce que ces lois sont imposées d’en haut
                à la nature et à l’histoire comme des lois de la pensée au lieu d’en être déduites.
                Il en résulte toute cette construction forcée, à faire souvent dresser les cheveux sur la tête :
                qu’il le veuille ou non, le monde doit se conformer à un système logique,
                qui n’est lui-même que le produit d’un certain stade de développement de la pensée humaine.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Ces lois, même induites, ne peuvent donc être imposées « d’en haut » à la nature.
            Mais ailleurs, on voit que ces lois, même induites,
            ne peuvent être « imposées » à la nature en aucune manière, ni d’en haut ni autrement.
            Dans l’<title>Anti-Dühring</title>, sur deux exemples dans le <title>Capital</title>,
            le <ref target="#seuilCapitalDuh">seuil pour qu’une somme devienne un capital</ref>
            et <ref target="#ADexpropriation">l’expropriation des expropriateurs</ref>,
            Engels conteste le caractère « opérant » des lois générales de la dialectique :
            Dühring se moque de Marx, qui aurait tiré des lois de Hegel des thèses économiques ou historiques.
            Engels répond que les thèses économiques ou historiques de Marx
            sont le fruit d’une recherche scientifique spécifique
            et absolument pas tirées d’une quelconque loi générale.
            Ce n’est qu’a posteriori qu’on y constate des traits dialectiques.
            (C’est à ça que Lénine se réfère dans les <title>Amis du peuple</title>,
            <ref target="#DMdialectique">premier passage en exergue du présent essai</ref>.)
            Engels dit ainsi sur deux exemples particuliers ce qu’Ollmann
            dit en général dans la citation en exergue (<ref target="#DMdialectique">ibidem</ref>).
            Il me semble qu’il le dit aussi en général, dans l’<title>Anti-Dühring</title>,
            <ref target="#ADp171deuxtiers">à propos de la négation de la négation</ref> :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Il va de soi que je ne dis rien du tout du processus de développement <emph>particulier</emph>
                suivi, par exemple, par le grain d’orge […] quand je dis qu’il est négation de la négation.
                En effet, comme le calcul différentiel est également négation de la négation,
                je ne ferais, en renversant la proposition, qu’affirmer ce non-sens
                que le processus biologique d’un brin d’orge est du calcul différentiel ou même, ma foi, du socialisme.
                Voila pourtant ce que les métaphysiciens mettent continuellement sur le dos de la dialectique.
                Si je dis de tous ces processus qu’ils sont négation de la négation,
                je les comprends tous ensemble sous cette loi unique du mouvement et, de ce fait,
                je ne tiens précisément pas compte des particularités de chaque processus spécial pris à part.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            On voit apparaître ici comme une division du travail entre science et philosophie.
            C’est à la science d’étudier le développement particulier du grain d’orge,
            c’est aux mathématiciens qu’il revient d’inventer le calcul différentiel.
            Le philosophe, venant ensuite, pourrait penser apercevoir (s’il est affreusement philosophe)
            dans le développement du grain d’orge et dans le calcul différentiel
            un trait, un motif commun, la négation de la négation,
            ce qui lui permettrait de les « comprendre tous ensemble sous cette loi unique du mouvement ».
            (Voir aussi de Marx 1er février 1858,
            que je mentionne <ref target="#DMdial-Marx1858-02-01Eng">dans l’inventaire</ref>,
            une distinction entre présentation dialectique de la science et logique a priori.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Par contre, lorsqu’il parle de la contradiction en prenant Dühring de haut
            au <ref target="#ADZenon">chapitre douzième</ref> de la première partie de l’<title>Anti-Dühring</title>,
            Engels tombe dans des élucubrations délirantes, comme sur le mouvement
            dit contradiction entre être ici et ailleurs à la fois,
            dont il tire que la contradiction est présente « dans les choses et les processus eux-mêmes »,
            qu’ « il y a une contradiction objectivement présente, qui, de surcroit,
            est une <emph>puissance de fait</emph>. » (C’est moi qui souligne.)
            Là, ce n’est même pas une loi de la science qui serait prise en un sens trop fort,
            c’est, bien pire encore, un concept philosophique (la contradiction) qui serait cause de tout !
            C’est dans la ligne des verbes <emph>autoritaires</emph> de la préface de l’<title>Anti-Dühring</title> :
            « dans la nature s’imposent », « dans l’histoire aussi, régissent ».
          </p>

          <label xml:id="DMdial-loishist" rend="fakehead h2">
            Des lois de l’histoire
          </label>
          <p rend="alinea">
            En aplatissant la dialectique de Hegel pour en tirer
            les mêmes lois dialectiques de la nature, de l’histoire et de la pensée,
            le problème n’est pas seulement d’énoncer des absurdités concernant la nature,
            mais c’est aussi, en disant que les mêmes lois valent pour l’histoire,
            d’avancer l’idée que dans l’histoire, il puisse y avoir des lois !
          </p>
          <p rend="alinea">
            On peut être aussi prudent qu’on veut sur le sens du mot loi,
            dire qu’on dispose de lois qui « régissent » l’histoire,
            même si ce n’était que décrire quelques traits récurrents de son mouvement,
            c’est nier la conception de l’histoire que Marx et Engels eux-mêmes défendent.
            On recommande de tourner sept fois sa langue dans la bouche ou sept fois sa plume dans l’encrier.
            Quand il écrit « les mêmes lois dialectiques du mouvement qui […] régissent
            l’apparente contingence des événements […] avec toute leur simplicité et leur universalité »,
            Engels<note xml:id="DMdial-dialectique-not3" n="3" place="bottom">
              Marx aurait relu l’<title>Anti-Dühring</title> et écrit lui-même certains chapitres,
              mais ceci est d’une nouvelle préface en 1885, deux ans après la mort de Marx.
            </note>
            s’est visiblement laissé emporter plus loin que sa pensée.
            Il est juste qu’en histoire, les évènements ne sont pas simplement contingents.
            Mais cela ne veut pas dire que les mouvements de l’histoire présentent des traits récurrents
            qu’on pourrait faire entrer dans des lois simples et universelles.
            Écrire ça, c’est nier l’histoire et tout ce que Marx et Engels ont écrit sur l’histoire.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il est arrivé plus d’une fois à Engels d’écrire une phrase imprudente.
            Le plus étonnant, c’est que des générations de marxistes prennent toujours au sérieux
            la possibilité de rendre compte de l’histoire dans des lois dialectiques simples et universelles.
            Ainsi, dans les mêmes formations, ils enseignent la conception de l’histoire de Marx et Engels
            depuis les <title>Manuscrits de 1844</title>, la <title>Sainte famille</title>
            et l’<title>Idéologie allemande</title>, et ils enseignent… son contraire.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMdial-matdial" type="level2">
          <head>Le « matérialisme dialectique » (et la conclusion)</head>
          <p rend="alinea">
            Plus encore que <ref target="#DMmathist-mathist-not1">pour « matérialisme historique »</ref>,
            on ne trouve aucune mention de « matérialisme dialectique » sous la plume de Marx ou d’Engels<note xml:id="DMdial-matdial-not1" n="1" place="bottom">
              On trouve cependant l’expression chez Dietzgen, qui en serait le créateur.
              Je le mentionne au début de <ref target="#Feuerbach-IV">ma page sur Feuerbach IV</ref>.
            </note>.
            C’est une doctrine philosophique créée a posteriori
            sur la base de ce qu’ils ont dit sur la dialectique hégélienne et son retournement.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Pour cette doctrine se pose, plus encore, la distinction entre lois au sens fort et au sens faible.
            Marx et Engels, on l’a vu, ont parfois écrit dans un sens fort, de lois qui commandent le monde,
            mais ce n’est peut-être que formulation imprudente.
            Cela pose au fond le problème du statut de la philosophie, de son rapport avec la science,
            des sciences de la nature comme des sciences de la société.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Marx et Engels baignent dans une culture philosophique.
            Ils ont voulu régler leur compte avec la philosophie,
            mais cela ne les a pas empêchés d’être séduits par la dialectique de Hegel.
            Ils ont eu un intérêt considérable pour la science et ils en ont beaucoup lu.
            Engels proclame parfois la fin de la philosophie, qui doit faire place à la science.
            [Encore à développer.]
          </p>
          <p rend="alinea">
            Mon jugement des « lois » de la dialectique ne me semble pas tellement plus sévère
            que ce qu’on en lit <ref target="#MEideall2014p301-303">dans l’Idéologie allemande</ref>,
            que les abstractions sur l’histoire sont tout au plus « un résumé des résultats les plus généraux »,
            elles ne fournissent pas « une recette ou un schéma ».
            Le plus sévère, c’est Marx quand
            <ref target="#MiserePhilo96-ndx">dans la <title>Misère de la philosophie</title></ref>, en 1847,
            il dénonce l’abstraction du mouvement chez Hegel.
            Bien sûr, chez Hegel, tout mouvement est en définitive le mouvement de l’Idée.
            Mais quand, plus tard, Marx et Engels,
            « retournent la dialectique » pour la fonder dans le monde réel plutôt que l’Idée,
            les lois restent avec toute l’absurdité que Marx dénonçait en 1847
            et l’illusion qu’on y a trouvé une base matérielle n’y change rien.
            Voir aussi, <ref target="#finPhilosophie">Engels dans l’<title>Anti-Dühring</title></ref> :
            « nous n’avons pas besoin de philosophie ».<!--
            (Je dois réécrire mon commentaire sévère en défense de la philosophie en ADchap13.html#ADnegfinphilo.) -->
            <ref target="#Feuerbach-I">Engels encore en Feuerbach, I</ref>.<!--
            (après le deuxième astérisme — je devrais y mettre des ancres d’indexation). -->
            <!-- Je vois d’horribles séparations de colonnes dans les thèses sur Feuerbach version Engels.
            Je dois revoir les citations en liste d’items flottants (enligne) que liste horizontale. -->
          </p>
          <p rend="alinea">
            Par contre, le même Engels fait parfois des considérations délirantes
            sur la philosophie comme venant au secours de la science
            dans la <title>Dialectique de la nature</title>,
            <ref target="#dialnatIIIsciNatPhil">[Science de la nature et philosophie]</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Je ne peux ici passer en revue tout ce qu’on a écrit au nom du « matérialisme dialectique »,
            mais j’ai gardé de formations à la dialectique,
            l’impression qu’on se laisse parfois aller à prendre à la lettre des formulations au sens fort.
            Ce doit être en particulier le cas de la contradiction comme moteur du monde<note xml:id="DMdial-matdial-not2" n="2" place="bottom">
              Dans <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">le petit pseudo-Politzer</ref> :
              « Voilà la troisième loi de la dialectique :
              Les choses changent parce qu’elles contiennent en elles-mêmes la contradiction. »
              Mais on peut faire de ça une lecture indulgente :
              Les choses changent pour des raisons concrètes, des facteurs en sens divers,
              qu’il revient aux différentes sciences d’étudier.
              On ne dirait donc pas vraiment que la contradiction est le moteur du changement,
              mais que, partout, le philosophe reconnaît, a posteriori,
              ce motif de facteurs agissant en sens divers, qu’il résume en « contradiction »,
              énonçant ainsi une loi seulement descriptive, sans prétention autre.
            </note>,
            suivant ce qu’Engels en dit dans l’<title>Anti-Dühring</title>.
            L’idée que des « lois », qui ne sont que philosophiques, puissent gouverner le monde,
            c’est pour moi d’un idéalisme qui me choque.
            On serait donc dans la contradiction (c’est le cas de le dire) où une « chose » philosophique
            (chose en tant que réellement existante dans la vision d’un idéalisme <term>réaliste</term>)
            serait le moteur du monde (idéalisme)
            et que ce serait prouvé par induction d’exemples pris dans le monde (matérialisme).
            Même si on ne donne à ces lois qu’un statut de lois descriptives,
            cela reste d’une généralité, d’un absolutisme délirants.
            Cette dérive, je propose donc de l’appeler dorénavant « idéalisme dialectique ».
          </p>
          <p rend="alinea">
            Nous ne sommes pas des philosophes allemands du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle.
            Que des intellectuels du 21<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
            suivant d’autres du 20<hi rend="ordinal">e</hi>,
            continuent à écrire des livres et à imposer aux travailleurs
            des formations d’idéalisme dialectique (dit « matérialisme dialectique »),
            les bras m’en tombent.
          </p>

          <label xml:id="DMdial-matdial-concl" rend="fakehead h2">
            Qu’en retenir ?
          </label>
          <p rend="alinea">
            Est-ce à dire qu’il n’y a rien à retenir de toute cette affaire de dialectique ?
            Que du contraire ! Le monde est changeant.
            Le changement résulte de l’interaction de nombreux facteurs,
            certains plus importants que d’autres, toujours spécifiques.
            On ne peut comprendre le fonctionnement de la société, et encore moins espérer la changer,
            avec une vision simpliste, mécaniste<note xml:id="DMdial-matdi-not3" n="3" place="bottom">
              Démarche que Hegel qualifie de <term>métaphysique</term>.
              Plus personne ne dit aujourd’hui <term>métaphysique</term>
              dans ce sens propre à Hegel il y a deux siècles,
              sauf les intellectuels que j’ai dénoncés plus haut,
              dans leurs livres et leur formations d’idéalisme dialectique.
              C’est en quelque sorte une <term xml:lang="en">private joke</term>,
              qui ne veut pas dire grand-chose, sauf pour les initiés.
              Ce sens particulier a été popularisé par Engels dans l’Anti-Dühring.
              <!-- Lalande I, p. 453. -->
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Deux scientifiques, Richard Levins et Richard Lewontin,
            qui comme moi rejetaient le « matérialisme dialectique » en tant que doctrine,
            trouvaient cependant la dialectique d’une grande importance pour leur travail.
            Rejetant les <emph>lois</emph> du « matérialisme dialectique »,
            ils en ont, par contre, tiré une série de règles <emph>méthodologiques</emph>,
            à garder à l’esprit dans la recherche<note xml:id="DMdial-matdi-not4" n="4" place="bottom">
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 40%;">
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p>
                        Dialectical materialism is not, and never has been,
                        a programmatic method for the solution of particular physical problems.
                        Rather, dialectical analysis provides us with an overview
                        and a set of warning signs against particular forms of dogmatism and narrowness of thought.
                        It tells us: “Remember that history may leave an important trace”;
                        “Remember that being and becoming are dual aspects of nature”;
                        “Remember that conditions change
                        and that the conditions necessary to the initiation of some processes
                        may be destroyed by the process itself”;
                        “Remember to pay attention to real objects in space and time
                        and not lose them utterly in idealised abstractions”;
                        “Remember that qualitative effects of context
                        and interaction may be lost when phenomena are isolated”,
                        and above all else,
                        “Remember that all the other caveats are only reminders and warning signs
                        whose application to different circumstances of the real world is contingent”.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <title>The dialectical biologist</title>, 1985, Harvard University Press, p. 191-192.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p>
                        (0) Le matérialisme dialectique n’est pas, et n’a jamais été,
                        une méthode systématique pour la solution de problèmes physiques particuliers.
                        L’analyse dialectique nous donne plutôt une vue d’ensemble et une série de signaux
                        qui nous avertissent contre des formes particulières de dogmatisme et d’étroitesse de la pensée.
                        Elle nous dit :
                        <lb/>
                        (1) « rappelez-vous que l’histoire peut laisser une marque importante » ;
                        <lb/>
                        (2) « rappelez-vous que l’être et le devenir sont des aspects duaux de la nature » ;
                        <lb/>
                        (3) « rappelez-vous que les conditions changent
                        et que les conditions nécessaires à l’enclenchement de certains processus
                        peuvent être détruites par le processus lui-même » ;
                        <lb/>
                        (4) « rappelez-vous de prêter attention aux objets réels dans l’espace et le temps
                        et de ne pas les perdre complètement dans des abstractions idéalisées » ;
                        <lb/>
                        (5) « rappelez-vous que des effets de contexte qualitatifs et l’interaction
                        peuvent être perdus quand on isole les phénomènes » ;
                        <lb/>
                        et par-dessus tout,
                        <lb/>
                        (6) « rappelez-vous, surtout, que toutes les autres mises en garde
                        ne sont que des rappels et des signaux d’avertissement
                        dont l’application aux différentes situations du monde réel est contingente ».
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>

            </note>,
            mais ils pensaient sans doute plus à la dialectique de la nature
            qu’à l’histoire et à la société.
          </p>

          <p rend="alinea">
            En fin de compte, la dialectique est un art (pas une doctrine philosophique).
            On devrait enseigner cet art sur la base d’expériences de luttes ouvrières
            menées avec adresse, avec une inelligence dialectique<note xml:id="DMdial-matdi-not5" n="5" place="bottom">
              Pour la Belgique, je pense par exemple à l’autobiographie de Jan Cap (1931-2018).
              Sous le titre <ref target="../../biblio/Cap1987.html"><title>In naam van mijn klasse</title></ref>,
              elle a été publiée dans sa langue, le néerlandais, chez EPO en 1987.
              On en trouve le texte en ligne en <ptr target="https://www.marxists.org/nederlands/cap/in_naam_klasse/index.htm"/>.
              Depuis, elle a été traduite en français : <ref target="../../biblio/Cap2019.html"><title>Au nom de ma classe</title></ref>, EPO, 2019, ISBN : 9789462671980.
              Je devrais la relire dans cet esprit, mais je suis convaincu qu’en sachant lire entre les lignes
              (et même dans les lignes), on y trouverait plein de dialectique,
              matière à d’excellentes formations à l’art de la dialectique.
              On devrait chercher d’autres livres ou documents du genre,
              sur lesquels se livrer au même exercice.
            </note>.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMdial-revue" type="level3">
          <head>
            Annexe —
            Revue critique des lois de la dialectique
          </head>
          <p rend="alinea">
            Il importe peu, sauf du point de vue de l’archéologie de la pensée de Marx et d’Engels,
            de savoir s’ils sont allés parfois jusqu’à penser que ces lois commandaient le monde.
            Ce qui importe plus, en effet, c’est de voir que ces lois sont assez creuses,
            ou même parfois tout à fait dépourvues de sens.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Une loi doit exprimer une régularité d’un niveau de généralité suffisante.
            Je me souviens de l’exemple entendu dans un séminaire de philosophie des sciences auquel je participais :
            il n’existe dans l’univers aucune sphère d’or pur d’un mètre de diamètre ou plus.
            C’est une assertion vraie.
            Les étoiles qui fusionnent des éléments lourds et les recrachent en mourant
            ne vont jamais recracher de l’or pur en grandes sphères.
            Des humains pourraient créer une telle sphère, mais personne n’a encore été assez fou pour le faire.
            Mais c’est contingent, pas une nécessité, et cela parle d’un non-fait singulier.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Une assertion doit dire une régularité suffisamment précise et régulière pour prétendre au titre de loi.
            L’assertion :
            « En Belgique, il y a des jours où il pleut et des jours où il ne pleut pas »
            est incontestablement vraie.
            Mais une telle platitude tautologique ne constitue pas une loi.
            Sinon, toute phrase bâtie sur la conjonction « ou » serait une loi.
            De même, on ne peut reconnaître la qualité, ou simplement la forme, de loi
            à une assertion contenant le mot « parfois ».
          </p>
          <p rend="alinea">
            Je passe les lois en revue selon la littérature dont je dispose en matière de dialectique doctrinale.
            Des exposés connus, un des premiers, je crois, est celui de Staline (en 1938),
            le paragraphe « 2. Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique »
            du chapitre IV de l’<title>Histoire du Parti communiste (bolchevik) de l’URSS</title>.
            Dans leurs <ref target="../../biblio/Besse-Caveing1954.html">Principes fondamentaux de philosophie</ref>
            de 1954, Guy Besse et Maurice Caveing se réfèrent à Staline et à sa présentation en quatre lois<note xml:id="DMdial-revue-not1" n="1" place="bottom">
              Sur la dialectique, Staline commence :
              « La méthode dialectique marxiste est caractérisée par les traits fondamentaux que voici »,
              non pas avec des « lois » du monde mais avec des « traits » d’une « méthode ».
              Cela fait de lui, sur la doctrine du « matérialisme dialectique »,
              curieusement, l’auteur le plus prudent, le moins dogmatique dans son expression.
              Mais plus loin, après le quatrième trait de sa méthode, il revient aux « lois ».
            </note>.
            Les <ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Entretiens sur le Matérialisme dialectique</ref>
            de Bob Claessens, dont je lis une réédition de 1973, mais qui remontent aux années 50,
            portent sur les mêmes lois dans le même ordre que chez Staline et que chez Besse et Caveing.
            Dans la formulation de ces derniers :
            <list rend="ordered">
              <item>
                Le premier trait de la dialectique : <hi rend="petitescapitales">tout se tient</hi>.
                (Loi de l’action réciproque et de la connexion universelle)
              </item>
              <item>
                Le deuxième trait de la dialectique : <hi rend="petitescapitales">tout se transforme</hi>.
                (Loi du changement universel et du développement incessant)
              </item>
              <item>
                Le troisième trait de la dialectique : <hi rend="petitescapitales">le changement qualitatif</hi>.
              </item>
              <item>
                Le quatrième trait de la dialectique : <hi rend="petitescapitales">la lutte des contraires</hi>.
              </item>
            </list>
            Par contre, <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">le petit Politzer apocryphe</ref>
            intervertit les deux premières lois, puis les deux dernières :
            changement, action réciproque ; contradiction, qualité.
            (<ref target="#DMdial-dialNat">Rappelons que Engels en donnait trois.</ref>)
            <!-- Les quatre viennent peut-être de la tradition stalinienne.
                 Rob Sewell (2022) reprend les trois d’Engels. -->
          </p>

          <div xml:id="DMdial-revue-ab">
            <head>Tout se tient et se transforme <seg rend="invisible">(1 et 2)</seg></head>
            <p rend="alinea">
              Je regroupe ici les deux premières des quatre lois, qui ont en commun
              d’être tellement générales et banales qu’elles en sont incontestables.
              Personne ne doute, sauf bien sûr les « métaphysiciens », que les choses changent.
              (Que des choses interagissent, personne n’en doute non plus,
              mais du moins c’est quelque chose qu’on peut parfois perdre de vue
              et il n’est sans doute pas mauvais de le rappeler.)
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-interaction" rend="fakehead h2">
              Le premier trait : <hi rend="petitescapitales">tout se tient</hi>
            </label>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  a) Contrairement à la métaphysique, la dialectique regarde la nature,
                  non comme une accumulation accidentelle d’objets, de phénomènes détachés les uns des autres,
                  isolés et indépendants les uns des autres,
                  mais comme un tout uni, cohérent, où les objets les phénomènes sont liés organiquement entre eux,
                  dépendent les uns des autres et se conditionnent réciproquement.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  C’est pourquoi la méthode dialectique considère qu’aucun phénomène de la nature ne peut être compris
                  si on l’envisage isolément, en dehors des phénomènes environnants ;
                  car n’importe quel phénomène dans n’importe quel domaine de la nature
                  peut être converti en un non-sens si on le considère en dehors des conditions environnantes,
                  si on le détache des ces conditions ;
                  au contraire, n’importe quel phénomène peut être compris et justifié,
                  si on le considère sous l’angle de sa liaison indissoluble avec les phénomènes environnants,
                  si on le considère tel qu’il est conditionné par les phénomènes qui l’environnent.
                </p>
              </quote>
              <bibl>Staline, op. cit.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Cette loi de la dialectique n’a pas mobilisé de nombreux exemples « péremptoires »
              (selon l’expression d’Engels) pour expliquer ou pour convaincre le lecteur.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Besse et Caveing prennent l’exemple, raisonnable, des pétitions, que l’on pourrait penser inefficaces
              si on ne les pense pas en lien avec toutes les autres actions de tout plein d’autres sur le même thème.
              Il abordent aussi comme exemple la question de l’usage qu’on peut faire la science
              et de la nécessité de prendre en compte des questions de société pour en juger.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le premier exemple du petit Politzer apocryphe est du genre tiré par les cheveux :
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    L’étude de la pomme nous conduit à l’étude des origines et des destinées de l’arbre.
                    D’où vient l’arbre ? De la pomme.
                    Il vient d’une pomme qui est tombée, qui a pourri en terre pour donner naissance à une pousse,
                    et cela nous conduit à étudier le terrain,
                    les conditions dans lesquelles les pépins de la pomme ont pu donner une pousse,
                    les influences de l’air, du soleil, etc.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="../../biblio/Politzer1970.html">Politzer 1970</ref>, p. 162.</bibl>
              </cit>
              On remarque aussi que le prolétariat naît du capitalisme.
              De ces deux exemples « péremptoires », on conclut, sans rire, que
              « cela nous démontre que tout influe sur tout. C’est la loi de l’action réciproque. »
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-change" rend="fakehead h2">
              Le deuxième trait : <hi rend="petitescapitales">tout se transforme</hi>
            </label>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  b) Contrairement à la métaphysique, la dialectique regarde la nature,
                  non comme un état de repos et d’immobilité, de stagnation et d’immuabilité,
                  mais comme un état de mouvement et de changement perpétuels, de renouvellement et de développement incessants,
                  où toujours quelque chose naît et se développe, quelque chose se désagrège et disparaît.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  C’est pourquoi la méthode dialectique veut que les phénomènes soient considérés
                  non seulement du point de vue de leurs relations et de leur conditionnement réciproques,
                  mais aussi du point de vue de leur mouvement, de leur changement, de leur développement,
                  du point de vue de leur apparition et de leur disparition.
                </p>
              </quote>
              <bibl>Staline, op. cit.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Comme la première, cette loi est formulée en termes tellement généraux qu’elle en devient incontestable.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Mais c’est oublier les métaphysiciens (tous les autres que les tenants de cette dialectique)
              qui ne comprennent jamais rien à rien. Pour convaincre, on donne donc un exemple simpliste :
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Cette pomme sur la table est immobile. Mais le dialecticien dira :
                    cette pomme immobile est pourtant mouvement ;
                    dans dix jours elle ne sera plus ce qu’elle est aujourd’hui.
                    Elle fut fleur avant que d’être pomme verte ;
                    avec le temps elle se décomposera, libèrera ses pépins.
                    Confiés au jardinier, ces pépins donneront un arbre d’où tomberont de nombreuses pommes.
                    Nous avions une pomme au départ ; et maintenant nous en avons un grand nombre.
                    Il est donc bien vrai que l’univers, malgré les apparences, ne se répète pas.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Besse et Caveing, 1954, p. 48</bibl>
              </cit>
            </p>
            <p rend="alinea">
              Avec cet exemple, à ceux qui disent :
              « Rien de nouveau sous le soleil », « Il y aura toujours des riches et des pauvres »,
              « Il y aura toujours des exploiteurs et des exploités », « La guerre est éternelle », etc.,
              on aura beau jeu de rétorquer que toujours le monde change.
              (À en juger par le petit Politzer apocryphe, dans son cours des années trente,
              Georges Politzer, <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">Politzer 1970</ref>, p. 154,
              parlait déjà aussi, entre autres, de la pomme, dans des termes semblables
              et passait à la même leçon contre le « point de vue métaphysique »
              du « toujours des riches et des pauvres », page 155, etc.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le plus problématique de ces deux premières lois n’est pas dans les lois elles-mêmes,
              mais d’en faire une grande découverte de Marx et Engels après Hegel.
              C’est une simplification particulière aux textes de ce genre (depuis l’<title>Anti-Dühring</title>),
              de considérer qu’avant cela tout le monde était trop idiot (trop « métaphysique »)
              pour voir que les choses interagissent et changent.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Engels rappelle historiquement que pour voir l’interconnexion entre deux choses,
              il fallu passer par l’étape d’identifier ces deux choses, donc de les séparer.
              Mais il considère qu’avant Hegel et lui-même, on a eu tendance à en rester là :
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Mais cette méthode nous a également légué l’habitude
                    d’appréhender les objets et les processus naturels dans leur isolement,
                    en dehors de la grande connexion d’ensemble,
                    par conséquent non dans leur mouvement, mais dans leur repos ;
                    comme des éléments non essentiellement variables, mais fixes ;
                    non dans leur vie, mais dans leur mort.
                    Et quand, grâce à Bacon et à Locke, cette manière de voir
                    passa de la science de la nature à la philosophie,
                    elle produisit l’étroitesse d’esprit spécifique des derniers siècles, le mode de pensée métaphysique.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Engels, Anti-Dühring, Introduction, chapitre I, Généralités.</bibl>
              </cit>
              C’est un peu méprisant pour Bacon. Il est vrai qu’<ref target="#DMsciencedial">Engels avait eu le mérite de voir que l’univers aussi a une histoire</ref>,
              mais il serait injuste de classer tous les savants dans la « métaphysique ».
              Si Engels le voit, c’est qu’il l’a lu chez d’autres.
              Son mérite, c’est d’en bien voir l’importance.

              <!-- Engels s’est beaucoup intéressé à la science et de manière intelligente,
              mais souvent, il prend les scientifiques de haut, du haut de sa dialectique,
              de manière assez prétentieuse. --><!-- Ici, il parle de philosophie. -->
            </p>
          </div>

          <div xml:id="DMdial-revue-quantqual">
            <head>
              La quantité se transforme en qualité <seg rend="invisible">(3)</seg>
            </head>
            <p rend="alinea">
              Des différentes lois qu’on invoque à la suite de Marx et d’Engels,
              celle de quantité et qualité a sur les autres l’avantage de sembler dire
              quelque chose d’un peu plus concret.
              L’idée est que dans certains processus où il y a un développement continu,
              on aurait tort de croire que ça peut continuer indéfiniment.
              En effet, on peut arriver à un point de basculement :
              le développement (une augmentation en quantité) ne continue pas,
              mais quelque chose d’autre se passe (un changement qualitatif).
              C’est ce qu’on appelle transformation de la quantité en qualité.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Bob Claessens (<ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Claessens 1973</ref>,
              p. 70-71), est très catégorique : pas d’accumulation quantitative sans bond,
              jamais de bond qui ne soit « préparé par une lente accumulation quantitative ».
              Dans le monde réel, c’est seulement une possibilité, dans certains cas disparates non précisés.
              Appeler ça une loi, c’est abusif,
              mais on peut observer des choses de ce genre et on a raison d’envisager cette possibilité.
              On aurait tort de la négliger dans certains cas.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Certains pourraient dire que malgré l’accumulation des mécontentements et des luttes,
              on n’aboutit à rien. À cela, on pourrait répondre : attention, ça peut mener à un point de basculement.
              (Exemples de ce genre :
              <ref target="../../biblio/Besse-Caveing1954.html">Besse et Caveing 1954</ref>, p. 72-73, p. 75-77 ;
              <ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Claessens 1973</ref>, p. 75.
              Bob Claessens parle de la révolution pages 77 et 78, contre le pessimisme et contre le blanquisme.
              Il y revient longuement pages 81 et suivantes.
              Dans <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">le cours qu’on a reconstitué</ref>, p. 195-196,
              Georges Politzer commence par la révolution d’Octobre et continue avec l’exemple
              des guerres, de la Révolution française, du nazisme et de la prise du pouvoir d’Hitler.)
              Pourtant, la révolution ne va jamais sortir d’une loi dialectique hégélienne.
              La perspective de révolution deviendrait-elle plus claire
              si l’on pense à l’eau bouillante<note xml:id="DMdial-revue-quantqual-not1" n="1" place="bottom">
                Je caricature, bien sûr. Aucun « dialecticien » ne prétend <emph>prouver</emph>
                avec l’eau bouillante le nécessaire avènement de la révolution.
                Cependant, l’<emph>insistance</emph> sur la loi de quantité et de qualité, le bond,
                l’importance qu’on lui accorde, sont certainement motivées par la question de la révolution,
                tandis que la « preuve » de cette loi, chez tout le monde,
                repose entre autres sur l’eau bouillante.
              </note> ?
              Je commence donc par ce grand exemple « péremptoire ».
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-quant-eau" rend="fakehead h2">
              L’eau bout à 100 °C
            </label>
            <p rend="alinea">
              C’est le premier exemple donné, p. 63,
              par <ref target="../../biblio/Besse-Caveing1954.html">Besse et Caveing</ref>
              et, p. 71, par <ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Bob Claessens</ref>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Dans la présentation habituelle, on chauffe l’eau petit à petit,
              puis à 100 °C, ça s’arrête: subitement l’eau se transforme en vapeur.
              Il est juste qu’il y a là un point de basculement, mais les choses ne font que commencer.
              Ce qui se passe « subitement », c’est que, très lentement, l’eau se vaporiser.
            </p>
            <p>
              <figure>
                <svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 840 300" width="100%">
                  <defs>
                    <style type="text/css">text {font-size: 14px;}</style>
                    <marker id="pointe" viewBox="0 0 10 10" refX="1" refY="5" markerUnits="strokeWidth" orient="auto" markerWidth="10" markerHeight="10">
                      <polyline points="0,0 10,5 0,10 3,5" fill="black"/>
                    </marker>
                    <!-- exemple de flèche -->
                    <!-- <line id="arrow" x1="210" y1="70" x2="210" y2="120"
                    style="stroke:black; stroke-width:1;" marker-end="url(#pointe)"/> -->
                  </defs>
                  <!-- <rect x="1" y="1" width="839" height="299" fill="none" style="stroke:blue; stroke-width:1;" /> -->
                  <!-- rectangle de contrôle des limites -->
                  <g id="eau-temp" transform="translate(60,120)">
                    <text transform="translate(40,-100)" style="text-anchor: left; font-weight: bold;">Dans le monde de la dialectique</text>
                    <line id="abscis1" x1="0" y1="0" x2="700" y2="0" style="stroke:black; stroke-width:1;" marker-end="url(#pointe)"/>
                    <text transform="translate(0,15)" style="text-anchor: middle;">0</text>
                    <text transform="translate(720,15)" style="text-anchor: middle;">temps</text>
                    <line id="ordonn1" x1="0" y1="0" x2="0" y2="-100" style="stroke:black; stroke-width:1;" marker-end="url(#pointe)"/>
                    <text transform="translate(-25,5)" style="text-anchor: middle;">20</text>
                    <text transform="translate(-25,-75)" style="text-anchor: middle;">100</text>
                    <line id="ord1-100" x1="0" y1="-80" x2="-5" y2="-80" style="stroke:black; stroke-width:1;"/>
                    <text transform="translate(15,-75)" style="text-anchor: middle;">°C</text>
                    <line id="temper1" x1="0" y1="0" x2="80" y2="-80" style="stroke:black; stroke-width:1;"/>
                    <text transform="translate(40,-55)" style="text-anchor: middle;">Je porte
                    <tspan x="0" dy="20">un litre d’eau</tspan>
                    <tspan x="0" dy="20">à cent degrés.</tspan>
                    </text>
                    <line id="bascul1" x1="80" y1="-80" x2="80" y2="0" style="stroke:black; stroke-width:1;" stroke-dasharray="5,5"/>
                    <text transform="translate(90,-55)" style="text-anchor: left;">Boum ! Fini. Conformément à la loi de Hegel
                    <tspan x="0" dy="20">cette quantité se transforme ici en qualité.</tspan>
                    <tspan x="0" dy="20">(Subitement, l’eau se transforme en vapeur.)</tspan>
                    </text>
                  </g>

                  <g id="eau-chal" transform="translate(60,280)">
                    <text transform="translate(40,-100)" style="text-anchor: left; font-weight: bold;">Dans le monde réel</text>
                    <line id="abscis2" x1="0" y1="0" x2="700" y2="0" style="stroke:black; stroke-width:1;" marker-end="url(#pointe)"/>
                    <text transform="translate(0,15)" style="text-anchor: middle;">0</text>
                    <text transform="translate(720,-7)" style="text-anchor: middle;">temps</text>
                    <text transform="translate(720,15)" style="text-anchor: middle;">kilojoules</text>
                    <!-- Il faut 4,18 kJ/kg par °C, donc 4,18 * 80 = 334,4 kJ --><!-- Il faut 2250 KJ pour évaporer 1 kg d’eau. -->
                    <!-- Si je veux répartir 334,4 2250 334,4 sur mon abscisse de 700, ça vient en 80 620 700 -->
                    <text transform="translate(80,15)" style="text-anchor: middle;">334,4</text>
                    <line id="ordonn2" x1="0" y1="0" x2="0" y2="-120" style="stroke:black; stroke-width:1;" marker-end="url(#pointe)"/>
                    <text transform="translate(-25,5)" style="text-anchor: middle;">20</text>
                    <text transform="translate(-25,-75)" style="text-anchor: middle;">100</text>
                    <line id="ord2-100" x1="0" y1="-80" x2="-5" y2="-80" style="stroke:black; stroke-width:1;"/>
                    <text transform="translate(15,-75)" style="text-anchor: middle;">°C</text>
                    <line id="tempe1a" x1="0" y1="0" x2="80" y2="-80" style="stroke:black; stroke-width:1;"/>
                    <text transform="translate(40,-55)" style="text-anchor: middle;">Je porte
                    <tspan x="0" dy="20">un litre d’eau</tspan>
                    <tspan x="0" dy="20">à cent degrés.</tspan>
                    </text>
                    <line id="phase1" x1="80" y1="-80" x2="80" y2="0" style="stroke:black; stroke-width:1;" stroke-dasharray="5,5"/>
                    <line id="temper2" x1="80" y1="-80" x2="620" y2="-80" style="stroke:black; stroke-width:1;"/>
                    <text transform="translate(90,-55)" style="text-anchor: left;">Pour chauffer 1 kg d’eau de 20 à 100 °C,
                    j’ai dû lui apporter 334,4 kilojoules d’énergie.
                    <tspan x="0" dy="20">Je continue à augmenter la quantité pour évaporer l’eau (toujours à 100 °C).</tspan>
                    <tspan x="0" dy="20">Pour tout transformer en vapeur, il faudra 2250 kilojoules de plus.</tspan>
                    </text>
                    <text transform="translate(620,15)" style="text-anchor: middle;">2584,4</text>
                    <line id="phase2" x1="620" y1="-80" x2="620" y2="0" style="stroke:black; stroke-width:1;" stroke-dasharray="5,5"/>
                    <line id="temper3" x1="620" y1="-80" x2="660" y2="-120" style="stroke:black; stroke-width:1;"/>
                    <text transform="translate(630,-110)" style="text-anchor: left;">On peut encore
                    <tspan x="0" dy="20">ajouter des kJ,</tspan>
                    <tspan x="0" dy="20">pour chauffer</tspan>
                    <tspan x="0" dy="20">la vapeur.</tspan>
                    </text>
                  </g>
                </svg>
              </figure>
            </p>
            <p rend="alinea">
              La quantité qui augmente, le processus continu, c’est l’apport de chaleur.
              Il y a bien un premier point de basculement quand on arrive à 100 °C,
              mais l’histoire ne fait que commencer.
              Évaporer l’eau va prendre un temps beaucoup plus long.
              En outre, second point de basculement, la température recommence à augmenter :
              on peut chauffer la vapeur<note xml:id="DMdial-revue-quantqual-not2" n="2" place="bottom">
                Ouvrier dans la sidérurgie au début des années 70,
                je travaillais à des chaudières à haute pression pour produire de la vapeur
                dite <term>surchauffée</term>. La chaudière portait l’eau à ébullition,
                mais continuait à chauffer la vapeur produite, bien au-dessus de 100 °C.
                C’est nécessaire partout où la vapeur sert à actionner une turbine.
              </note>
              (si on l’a recueillie).
            </p>
            <p rend="alinea">
              On pourrait dire que c’est un exemple à moitié bon,
              mais il y manque le « bond » qualitatif de la formulation canonique de la loi.
              Dire ici « transformation » de quantité en qualité, c’est tout au plus une image poétique.
              (Il est vrai qu’au passage l’eau liquide est devenue gazeuse.
              Cependant, la quantité de chaleur a augmenté continument avant, pendant et après.)
              Mais après tout, une « loi » philosophique, n’est-ce pas toujours de la poésie ?
            </p>
            <p rend="alinea">
              Bob Claessens
              (<ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Claessens 1973</ref>, p. 71)
              mentionne deux points de basculement dans le cas du fer : fusion, puis ébullition.
              (Là, j’en mettrais plutôt quatre :
              chauffer du fer -1- le fondre -2- chauffer le fer liquide -3- l’évaporer -4- chauffer la vapeur.)
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-quant-bio" rend="fakehead h2">
              Exemples biologiques
            </label>
            <p rend="alinea">
              Bob Claessens donne aussi en exemple
              (<ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Claessens 1973</ref>, p. 72)
              le ver blanc qui grossit (quantitativement)
              au point de devenir un jour (bond qualitatif) chrysalide
              et de même la chrysalide qui mûrit pour devenir un beau jour hanneton.
              De même la chenille qui mange le chou pour, un beau jour, devenir papillon.
              De même, p. 72-73, l’ovule qui bénéficie de la loi dialectique de l’interaction : être fécondé par un spermatozoïde.
              Alors accumulation : divisions successives. Bond qualitatif : elles se différencient.
              Nouveau bond, la naissance. Plus tard, autre bond, la mort.
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-quant-diff" rend="fakehead h2">
              Comparaison de choses d’emblée différentes
            </label>
            <p rend="alinea">
              On peut comparer des choses différentes, avec, entre autres, des différences en dimension.
              Comparons dans une rue des maisons différentes.
              Elles sont différentes de mille manières, mais, entre autres, elles diffèrent en dimension :
              il y en a de plus hautes ou plus basses, de plus larges ou plus étroites, avec plus ou moins de fenêtres…
              Mais on ne peut réduire leurs différences à la dimension<note xml:id="DMdial-revue-quantqual-not3" n="3" place="bottom">
                Après avoir écrit ça, je retrouve une critique semblable chez Marx
                <ref target="#MiserePhilo85-86-ndx">dans <title>Misère de la philosophie</title></ref> :
                on ne peut réduire l’individualité d’une maison
                « en faisant abstraction des matériaux dont elle se compose, de la forme… »
                jusqu’à « ne plus avoir que la quantité toute pure… ».
              </note>
              et parler de <emph>transformation</emph> de quantité en qualité serait parfaitement idiot.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Bien sûr, j’ai pris un cas extrême.
              Si un poussin sort d’un œuf, on peut parler de changement qualitatif
              en ce qu’un œuf et un poussin sont deux <emph>choses différentes</emph>.
              Pour nos philosophes de la dialectique, « qualitatif » et « qualité »
              visent l’<term>essence</term>, la nature de la chose.
              Une belle maison et une moins belle sont de qualité différente,
              mais pas au sens de deux choses de nature différente.
              Aucun « dialecticien » n’a prétendu que la comparaison de <emph>mêmes</emph> choses pouvait fonder la loi.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Reformulons donc mon argument avec des choses différentes :
              comparons un patin à roulettes, une trottinette, un vélo, une moto, une auto, un camion.
              Ce sont bien des choses différentes, des véhicules de plus en plus grands.
              Mais parler de transformation de quantité en qualité serait tout aussi idiot.
              Ils ne se transforment pas l’un en l’autre.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Marx et Engels sont tombés les premiers dans cette erreur avec l’exemple
              invoqué par Marx en chimie (Laurent et Gerhardt)
              <ref target="#CapI-1867-not205a">en note 205a de son <title>Capital</title> de 1867</ref>
              et <ref target="#LaurentGerhardt">explicité par Engels</ref> dans les éditions du Livre I qu’il a revues.
              <figure rend="floatright margegauche">
                <graphic url="Hofmann-model-methane.jpeg"/><!--
                <figDesc>
                  <ref target="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Molecular_Model_of_Methane_Hofmann.jpg">Henry Rzepa</ref>,
                  <ref target="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0">CC BY-SA 4.0</ref>, via Wikimedia Commons.
                </figDesc> -->
              </figure>
              Il s’agit de séries de corps dont la formule présente une certaine régularité,
              par exemple la série des alcanes C<hi rend="indice">n</hi>H<hi rend="indice">2n + 2</hi>
              (les paraffines mentionnées par Engels) : méthane, éthane, propane, butane, pentane.
              On passe d’une formule à la suivante en ajoutant une « brique » CH<hi rend="indice">2</hi>,
              « simple ajout quantitatif », dit Engels.
              Mais il ne s’agit pas d’un processus où quelque chose augmente.
              Il s’agit de molécules, d’édifices à trois dimensions<note xml:id="DMdial-revue-quantqual-not4" n="4" place="bottom">
                Les deux premières années à l’université, j’ai eu cours de chimie.
                Je ne sais plus si on insistait sur la géométrie des substances,
                l’aspect édifice à trois dimensions.
                Je pense que je n’en ai compris l’importance que quarante ans plus tard,
                en m’intéressant à la biologie (à travers des livres de vulgarisation).
                Si on met du sucre dans une tasse de café, on a du café sucré.
                Mais un hydrocarbure, ce n’est pas mélanger un peu de carbone dans de l’hydrogène.
                C’est une construction dans l’espace. (Pensez à l’Atomium à Bruxelles.)
              </note>
              assez différents.
              Ce n’est qu’entre leurs formules qu’apparait une progression.
              Or la formule n’est pas la substance.
              La même formule C<hi rend="indice">4</hi>H<hi rend="indice">10</hi>
              correspond à deux édifices qui ne se ressemblent pas du tout : le butane et l’isobutane.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En 1865, August von Hofmann (dont Marx suivait les conférences)
              avait présenté un modèle déjà géométrique du méthane, bien que, à tort, plan au lieu de tétraédrique.
              (Photo <ref target="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Molecular_Model_of_Methane_Hofmann.jpg">Henry Rzepa</ref>,
              <ref target="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0">CC BY-SA 4.0</ref>, via Wikimedia Commons.)
              Ce n’est que plus tard qu’on a compris l’importance de la tridimensionnalité des molécules.
              <!-- https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_molecular_theory#19th_century -->
              Bref, on ne peut en vouloir à Marx et Engels de s’y être trompé.
              Mon point est que leur exemple n’est pas pertinent pour cette histoire de quantité et de qualité.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Ils ne parlent d’ailleurs pas de changement, d’une augmentation qui se fait.
              Ils ne font que comparer des dimensions différentes.
              Par contre, quand Bob Claessens parle
              (<ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Claessens 1973</ref>, p. 75)
              de la transformation d’azote en oxygène par le choc d’une particule alpha,
              il y a bien une transformation d’une chose en une autre,
              mais ce qu’il y a de quantitatif, c’est l’acquisition de deux protons.
              Il est difficile de considérer cette augmentation brutale comme un lent processus quantitatif.
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-quant-class" rend="fakehead h2">
              Classement de choses différentes
            </label>
            <p rend="alinea">
              Une erreur dans la ligne de la précédente (simple comparaison) est celle du classement
              — comme le tableau périodique des éléments de Mendeleïev — de choses différentes.
              Cet exemple est cité dans <ref target="../../biblio/Besse-Caveing1954.html">Besse et Caveing 1954</ref>, p. 68
              et par <ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Bob Claessens</ref>, p. 75.
              Ils disent eux-mêmes « cette classification <emph>quantitative</emph> », très justement…
              C’est seulement la <emph>classification</emph> qui est quantitative.
              Il n’y a pas dans le tableau et encore moins dans la nature un processus quantitatif
              qui ferait surgir des choses qualitativement différentes.
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-quant-fixe" rend="fakehead h2">
              Transformation en qualité… d’une quantité fixe
            </label>
            <p rend="alinea">
              L’affaire des hydrocarbures, ci-dessus, est en note de la page du <title>Capital</title>
              où Marx parle du seuil pour qu’une somme d’argent puisse servir comme capital.
              J’explique <ref target="#Capital-Ichap9">là</ref> en quoi ce n’est pas une transformation de quantité en qualité.
              (La somme d’argent considérée satisfait à la condition ou elle n’y satisfait pas.
              Ce n’est pas une somme <emph>en devenir</emph>.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Marx souligne que pour une richesse en argent <emph>puisse</emph> fonctionner comme capital,
              il faut qu’elle dépasse un certain seuil.
              Ce n’est qu’une <emph>condition</emph> de possibilité.
              Pour qu’une fortune, supposée suffisante, devienne capital,
              il faut encore que son détenteur <emph>choisisse</emph> de l’investir en tant que capital.
              Il est donc tout à fait faux que, comme dans <ref target="#DMdial-Marx1867-06-22Eng">la lettre de 1867 reprise à l’inventaire</ref>
              et dans une certaine mesure aussi dans le <title>Capital</title>,
              la quantité, d’elle-même, se transforme en qualité.
              Parce qu’elle se trouve être au-dessus d’un certain seuil,
              la quantité d’argent ne transforme pas d’elle-même son détenteur en capitaliste.
              Elle lui <emph>permet</emph> de se transformer, <emph>pour autant qu’il le désire</emph>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Bob Claessens insiste sur le changement progressif suivi d’un bond soudain
              (<ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Claessens 1973</ref>, p. 70-71).
              Le changement progressif conduit à passer un seuil, où le bond à lieu.
              Mais, comme pour une somme d’argent ci-dessus, on peut, en dehors d’un changement progressif,
              examiner si on est en dessous ou au-dessus du seuil.
              Quand on examine une valeur fixe, sans question de transformation,
              ce n’est pas un exemple de transformation de quantité en qualité.
              Bob Claessens fait cette erreur page 76 sur le seuil de perception visuelle
              ou, page 77, sur le seuil pour être élu.
              Le seuil pour être élu est mentionné aussi dans le cours de Politzer,
              <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">1970</ref>, p. 198,
              et dans <ref target="../../biblio/Besse-Caveing1954.html">Besse et Caveing 1954</ref>, p. 65.
            </p>

            <label xml:id="DMdial-revue-quant-divers" rend="fakehead h2">
              Des exemples disparates ne sont pas constitutifs d’une loi
            </label>
            <p rend="alinea">
              On sent chez les auteurs la volonté de prouver à tout prix, en faisant flèche de tout bois.
              Citons encore chez Bob Claessens (<ref target="../../biblio/Claessens1973.html">Claessens 1973</ref>, p. 79),
              l’apprentissage par un enfant d’un mot comme table,
              acquis d’un bond à la suite d’une répétition pavlovienne,
              suivi d’un deuxième bond, le passage de telle table particulière au concept de table.
              (Sur le passage de la pratique continuée au bond conceptuel, Claessens, page 80,
              cite <title>De la pratique</title> de Mao Tsé-toung.)
              Autre exemple de psychologie dans le cours de Politzer,
              <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">1970</ref>, p. 198 (sans rire) :
              le rire chez l’enfant, dans une excitation nerveuse croissante, se transforme en crise de larmes.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Je reviens sur le mot disparate que j’ai utilisé plus d’une fois.
              Les exemples sont tellement disparates, sans rapport entre eux, tirés par les cheveux
              (et souvent non pertinents) qu’on se demande comment
              Marx, Engels ou personne ont jamais pu penser
              que ce soit constitutif d’une loi générale de la nature et de la société,
              même rien qu’au sens le plus prudent de loi descriptive.
              Bob Claessens le pense certainement et dit (page 81)
              avoir dans ses exemples volontairement sauté du coq à l’âne
              pour convaincre ses auditeurs de la valeur universelle de la loi :
              « <hi rend="gras">tout</hi> processus,
              quel qu’il soit et quel que soit le domaine où il se situe, obéit à cette loi ».
              (C’est lui qui souligne grassement.)
            </p>
          </div>

          <div xml:id="DMdial-revue-negneg">
            <head>
              La négation de la négation et l’interpénétration des contraires <seg rend="invisible">(4)</seg>
            </head>
            <p rend="alinea">
              Un objet peut tomber de la table (il obéit à la « loi » que tout change)
              parce qu’on l’a poussé (conformément à la « loi » que tout est en interaction).
              Mais on aurait tort de ne penser qu’à des causes externes de changement.
              Une souris peut mourir parce qu’on lui a fait manger de la mort aux rats,
              mais elle peut aussi mourir d’elle-même, de vieillesse.
              La quatrième loi de la dialectique met en garde contre une tendance à ne voir que des causes extérieures.
              Avec le caractère excessif qui sied à une « loi » de la dialectique,
              elle nous dit qu’il faut <emph>toujours</emph>
              trouver une cause interne au changement de quelque chose que ce soit.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Mais la cause interne est supposée aussi toujours interaction entre facteurs internes.
              Il faut qu’en toute chose, il y ait toujours des aspects opposés,
              dont l’opposition est facteur de changement.
              C’est la <term>contradiction</term> dialectique, la <term>lutte des contraires</term>.
              Ce quatrième trait de la dialectique, la lutte des contraires, Besse et Caveing (<ref target="../../biblio/Besse-Caveing1954.html">Besse et Caveing 1954</ref>, p. 81)
              le qualifient de « loi fondamentale de la dialectique ».
              Le chapitre 12 de la première partie de l’<title>Anti-Dühring</title>
              est intitulé « Quantité et qualité », mais commence en fait pas la contradiction.
              La plupart des exemples donnés par Engels sont idiots ou peu pertinents.
              Je renvoie pour cela à <ref target="#ADchap12">la page où je discute ce texte</ref>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Chez Besse et Caveing, pages 81-82, par exemple,
              « le <emph>moteur</emph> de mon étude » [du « matérialisme dialectique »],
              « la <emph>condition absolue</emph> du progrès dans l’étude »
              (pour un dialecticien, l’absolu ne coûte pas cher),
              « c’est la lutte entre mon ignorance et mon désir de la surmonter… »
            </p>
            <p rend="alinea">
              Dans le genre, il y a aussi la triade hégélienne connue comme thèse-antithèse-synthèse.
              Si on qualifie de négation (pour un dialecticien le sens des mots c’est très libre et flou)
              le passage de la thèse à la synthèse et de la synthèse à l’antithèse,
              la deuxième peut être dite : négation de la négation.
              Chez Marx, on trouve l’exemple (dont Marx dit [mais pas dans le <title>Capital</title>] qu’il confirme la loi de Hegel)
              de <ref target="#Capital-Ichap24para7">l’expropriation des expropriateurs</ref> dans le <title>Capital</title>.
              Si c’étaient les mêmes (mais ils sont morts depuis longtemps),
              on serait tenté de dire : « bien fait pour eux, juste retour des choses… »,
              mais une satisfaction morale de ce genre ne constitue pas une loi.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Mais en même temps qu’on oppose différents aspects internes, on en affirme l’unité.
              Rappelons-nous que la dialectique, pour montrer son incontestable supériorité,
              a toujours sous la main un épouvantail : le « métaphysicien ».
              Celui-là, dit le cours de Politzer, <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">1970</ref>, p. 174,
              considère à part la vie et la mort « en disant : la vie, c’est la vie ; et la mort, c’est la mort ».
              Il ne voit pas l’unité de la vie et de la mort<note xml:id="DMdial-revue-negneg-not1" n="1" place="bottom">
                Je pense que les chimpanzés confrontés à un des leurs devenu cadavre, refroidi et raide,
                ont conscience que leur camarade était bien vivant quelques jours avant.
                La « métaphysique » serait donc une affection exclusivement humaine.
                La pensée est naturellement dialectique depuis le tronc commun aux grands singes,
                mais elle a connu, quelques siècles seulement, une triste régression scientiste, « métaphysique »,
                jusqu’à ce que, heureusement, Hegel, Politzer, Besse, Caveing et tutti quanti y mettent bon ordre.
              </note>.
              C’est la vie qui ouvre la possibilité de la mort et la décomposition des cadavres nourrit la vie :
              la vie se transforme en mort et la mort en vie.
              La vérité peut devenir erreur :
              parfois on n’a pas fini de dire « il pleut » que déjà la pluie s’arrête.
              (Une philosophie dialectique d’une telle profondeur, parfois ça me donne le vertige.)
            </p><!--
            <p rend="alinea">
              Je ne peux que renvoyer aux divers commentaires que j’ai fait déjà des textes eux-mêmes.
              [Liste de renvois encore à faire, en corps de texte, en note de bas de page ?]
            </p> -->
            <p rend="alinea">
              C’est le moment de relire Marx dans <ref target="#MiserePhilo96-ndx">dans la <title>Misère de la philosophie</title></ref>
              quand il rigole sur le mouvement qui consiste
              « à se poser, à s’opposer, à se composer, à se formuler comme thèse, antithèse, synthèse,
              ou bien encore à s’affirmer, à se nier, à nier sa négation ».
              Au fond, il tourne là à la rigolade tout le « matérialisme dialectique ».
            </p>
          </div>
        </div>
      </div>
        <div xml:id="DMmathist" type="div1">
      <!-- a été, type div2, DMforcetravreprod3 puis DM-FT-mathist, et j’en oublie peut-être -->

<!-- Identité des subdivisions : grep -nF "<div xml:id=" inclusions/DMmathist.xml -->

        <head>
         <seg rend="invisible">(D. M.)</seg>
         Essai sur le marxisme et la conception matérialiste de l’histoire
        </head>
        <p rend="alinea">
          Le point de vue matérialiste sur l’histoire, le point de départ, la première condition,
          c’est que les êtres humains<note xml:id="DMmathist-not1" place="bottom" n="1">
            Problème de français (comme en anglais et quelques autres langues) :
            le même mot « homme » peut désigner soit un individu quelconque de l’espèce humaine, soit le mâle de l’espèce.
            Écrivant en allemand, Marx dispose de deux mots :,
            <term xml:lang="de">Mensch</term> pour l’humain, <term xml:lang="de">Mann</term> pour le mâle
            (comme en néerlandais, <term xml:lang="nl">mens</term> et <term xml:lang="nl">man</term>).
            S’agissant de reproduction, ça peut donner des phrases bizarres en français
            (pour se reproduire, les hommes devraient être deux).
            Ayant pris conscience de ça, ça me dérange et,
            pour ne pas chaque fois répéter <term>être humain</term> en deux mots,
            j’utilise substantivement l’adjectif <term>humain</term> chaque fois qu’il ne s’agit pas d’un homme, mâle.
            Je vais m’efforcer d’écrire ainsi, mais aussi de corriger dans ce que je cite en traduction française.
          </note>,
          comme tous les autres animaux, doivent vivre et se reproduire.
          Les animaux ont besoin d’eau et d’énergie.
          Il ne peut y avoir de reproduction si tous les individus meurent d’inanition avant l’âge de procréer.
          Boire et manger, etc. est donc tout aussi fondamental que se reproduire, l’un ne va pas sans l’autre.
          (C’est la question classique — et c’est ici bien le cas de le dire — de la poule et l’œuf.)
          L’animal humain se distingue d’autres animaux par la <term>production</term> de moyens d’existence.
          À de nombreuses reprises dans l’<title>Idéologie allemande</title> (1846), Marx et Engels parlent de produire :
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 49%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Wir müssen […] damit anfangen,
                  daß wir die erste Voraussetzung aller menschlichen Existenz, also auch aller Geschichte constatiren,
                  nämlich die Voraussetzung daß die Menschen im Stande sein müssen zu leben, um „Geschichte machen“ zu können.
                  Zum Leben aber gehört vor Allem Essen &amp; Trinken, Wohnung, Kleidung &amp; noch einiges Andere.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <ref target="#MEideallBedurfnisse"><title>Jahrbuch 2003</title></ref>:12,
                <ref target="#MEideallBedurfnisse">Éditions Sociales 2014</ref>:60.
              </bibl>
            </cit>
          </item>
          <item>
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  […] il nous faut commencer par
                  constater le premier prérequis de toute existence humaine, donc de toute histoire,
                  c’est-à-dire le prérequis que, pour pouvoir « faire l’histoire »,
                  il faut que les humains soient en mesure de vivre.
                  Font partie de la vie surtout boire et manger, le logement, les vêtements et quelques autres choses encore.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                2014:61. Traduction corrigée par moi (<ref target="#MEideall-I-Voraussetzung">prérequis</ref>).
              </bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 49%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Die erste geschichtliche That ist also die Erzeugung der Mittel zur Befriedigung dieser Bedürfnisse,
                  die Produktion des materiellen Lebens selbst, &amp; zwar ist dies eine geschichtliche That,
                  eine Grundbedingung aller Geschichte, die noch heute, wie vor Jahrtausenden, täglich &amp; stündlich
                  erfüllt werden muß, um die Menschen nur am Leben zu erhalten.
                </p>
              </quote>
              <bibl>2003:12, 2014:60.</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item>
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Le premier acte historique est donc l’engendrement des moyens permettant de satisfaire ces besoins,
                  la production de la vie matérielle elle-même, et c’est là un acte historique,
                  une condition fondamentale de toute histoire qui doit nécessairement être remplie
                  aussi bien qu’il y a des millénaires, chaque jour et à chaque heure,
                  afin simplement de maintenir les humains en vie.
                </p>
              </quote>
              <bibl>2014:61.</bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>
        <p rend="alinea">
          et de se reproduire<note xml:id="DMmathist-not2" place="bottom" n="2">
            On a là un problème de langage.
            On dit reproduction pour différentes choses : pour la reproduction de l’espèce,
            pour la reproduction de la force de travail, pour la reproduction du capital,
            pour la reproduction des rapports sociaux capitalistes.
            On a bien en français <term>procréer</term> et <term>procréation</term>, mais ça ne convient pas partout.
            Les langues germaniques ont un terme spécifique : le substantif <term xml:lang="nl">voortplanting</term>
            (verbe <term xml:lang="nl">voortplanten</term>) en néerlandais,
            où on reconnaît la racine du verbe planter (littéralement se replanter),
            <term xml:lang="de">fortzupflanzen</term> en allemand.
            Mais j’en trouve une seule occurrence dans le <title>Jahrbuch</title> (2003:14).
            (Seize occurrences dans l’ensemble des <title>MEW</title>.)
            Marx lui-même utilise le verbe <term xml:lang="de">reproduzieren</term>, avec les difficultés que cela comporte.
          </note> :
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              … les humains, qui renouvellent quotidiennement leur propre vie,
              commencent à faire d’autres humains, à se reproduire
              — le rapport entre homme et femme, parents et enfants, la famille.
            </p>
          </quote>
          <bibl><title>Idéologie allemande</title>, 2014:65-67.</bibl>
        </cit>

        <div xml:id="DMmathist-rappsoc" type="div2">
          <head>
            Rapports sociaux de reproduction de la vie et rapports sociaux de production
          </head>
          <p rend="alinea">
            Les animaux doivent manger et ils savent comment on fait.
            Pour Marx, dans l’<title>Idéologie allemande</title>,
            c’est dans « leur organisation physique » et il en est de même pour les humains.
            Certains animaux trouvent la nourriture individuellement, d’autres collectivement.
            Comme d’autres grands singes, l’<term xml:lang="la">Homo sapiens</term> est un animal particulièrement social.
            Les humains ont dans « leur organisation physique » le fait de produire
          (<title>Idéologie allemande</title>, <ref target="#MEideall1975p42">2014:271-275</ref>)
          — pas seulement ramasser — et de le faire « sous un mode déterminé »
          (<title>Idéologie allemande</title>, <ref target="#MEideall1975p62">2014:67-69</ref>) : socialement.
           Comme d’autres grands singes, l’<term xml:lang="la">Homo sapiens</term> est un animal particulièrement social.
           Il l’est, dans la production, plus que ses cousins.
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                La production de la vie,
                aussi bien de sa propre vie dans le travail que de celle d’un ou d’une autre dans la procréation,
                apparaît donc déjà dès maintenant comme un rapport double
                — d’une part comme un rapport naturel, d’autre part comme un rapport social…
              </p>
            </quote>
            <bibl><title>Idéologie allemande</title>, 2014:65-67.</bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Pour Marx et Engels, ce sont les rapports sociaux de production
            qui caractérisent une société, qui lui donnent son caractère particulier,
            qui la font entrer dans une catégorie souvent dite <term>mode de production</term>.
          </p>

          <p rend="alinea">
            Une difficulté de cette conception matérialiste de l’histoire, c’est l’imbrication des divers aspects :
            dans la reproduction de la vie et la production des moyens d’existence,
            il faut distinguer (le « double » du « rapport double » ci-dessus)
            d’une part les rapport des humains à la nature
            et d’autre part les rapports entre eux : les rapports sociaux.
            Mais dans les rapports sociaux s’introduit une deuxième distinction
            (« aussi bien de sa propre vie… que de celle d’un ou d’une autre »).
            On connaît surtout les rapports sociaux de production,
            mais dans la reproduction de la vie, il y a d’<emph>autres</emph> rapports sociaux.
            Je reviens ici sur la phrase de Marx sur laquelle je terminais mon introduction :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                … les humains, qui renouvellent quotidiennement leur propre vie,
                commencent à faire d’autres humains, à se reproduire
                — le rapport entre homme et femme, parents et enfants, la famille.
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              <ref target="#MEideall-I-1975p61"><title>Idéologie allemande</title>, 2014:65.</ref>
            </bibl>
          </cit>

          <p rend="alinea">
            En 1884, un an après la mort de Marx, presque quarante ans après l’<title>Idéologie allemande</title>,
            dans un regard rétrospectif sur leur conception de l’histoire, Engels reprend toujours les deux aspects :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Selon la conception matérialiste, le facteur déterminant, en dernier ressort, dans l’histoire,
                c’est la production et la reproduction de la vie immédiate.
                Mais, à son tour, cette production a une double nature.
                D’une part, la production de moyens d’existence, d’objets servant à la nourriture,
                à l’habillement, au logement, et des outils qu’ils nécessitent ;
                d’autre part, la production des humains mêmes, la propagation de l’espèce.
                Les institutions sociales sous lesquelles vivent les humains d’une certaine époque historique et d’un certain pays
                sont déterminées par ces deux sortes de production :
                par le stade de développement où se trouvent d’une part le travail, et d’autre part la famille.
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              Engels, préface de la première édition de <ref target="#FamilleProprieteEtat">l’<title>Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État</title></ref>.
            </bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Il répète « production et reproduction de la vie »
            dans <ref target="#Engelslettre1890-09-21Bloch">la lettre à Bloch de 1890</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Ces rapports ne sont pas indépendants.
            Les rapports sociaux de production commandent toute l’organisation de la société.
            Le passage cité ci-dessus de l’<title>Idéologie allemande</title> continue :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Cette famille, qui au commencement est l’unique rapport social, devient ensuite,
                là où l’accroissement des besoins engendre de nouveaux rapports sociaux
                et où l’accroissement de la population engendre de nouveaux besoins,
                un rapport subordonné…
              </p>
            </quote>
            <bibl>Ibid.</bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Ainsi les rapports sociaux de production<!-- ,
            qui pour Marx et Engels caractérisent une société -->,
            conditionnent les rapports entre les femmes et les hommes, la famille,
            mais le lien n’est pas évident et a été peu étudié.
            (De manière assez fruste, par Engels dans <ref target="#FamilleProprieteEtat">l’<title>Origine…</title></ref>.)
            J’insiste ici sur cette distinction et cette interdépendance
            parce que c’est une difficulté qu’on rencontre quand on veut,
            comme je le fais <ref target="#DMfemmarx">dans un autre essai</ref>,
            étudier l’histoire des rapports entre les femmes et les hommes,
            dans l’histoire en général et dans l’histoire présente.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMmathist-idees" type="div2">
          <head>
            Les idées ne tombent pas du ciel
          </head>
          <p rend="alinea">
            Par ailleurs, nous, humains, matériels, dans le monde matériel, nous avons des idées.
            Outre la matérialité du monde<note xml:id="DMmathist-idees-not1" place="bottom" n="1">
              Dans l’expression <term>conception matérialiste de l’histoire</term>, il y a <term>matérialiste</term>.
              Tout ceci se passe dans un monde qui existe réellement, qui n’est pas le rêve d’un pur esprit.
              Marx affirme surtout la primauté du monde réel sur les idées qu’on s’en fait.
              Rares sont les gens qui mettent en doute l’existence même du monde.
              Ce n’était sans doute pas un problème prioritaire pour Marx. Ce l’est devenu bien après, pour Lénine.
              Dans <title>Matérialisme et empiriocriticisme</title>, contre des idéalistes subjectifs,
              il doit réaffirmer un autre aspect du matérialisme : oui, il existe vraiment un monde matériel.
              Certains philosophes préfèrent, dans ce sens, le terme <term>réalisme</term>.
              Serait-ce que matérialisme est trop connoté marxisme ? Que cela ferait penser à communisme ? (Lequel n’a pas bonne presse.)
              <term>Matérialisme</term>, c’est plus que <term>réalisme</term>. Platon est réaliste.
              Les idées dont il parle, pour lui, existent réellement, pas seulement dans sa tête. C’est une réalité.
              (Il est un idéaliste objectif, pas un des, très rares, idéalistes subjectifs.)
              Pour lui, le monde de la vie de tous les jours n’est qu’un pâle reflet, très imparfait, du monde, réel à ses yeux, des idées.
              Pour les matérialistes, le monde, non seulement existe (comme Platon le disait des idées), mais il n’est pas fait d’idées ;
              il est matériel au sens qu’on peut le toucher. Certaines choses sont dures, on peut les cogner.
              (Nous savons maintenant que l’air est de même nature, même si on passe au travers.)
              Depuis que les espèces du buisson évolutif conduisant à l’<term xml:lang="la">Homo sapiens</term>
              ont un cerveau assez gros pour se poser la question, ils ont pu et dû se forger une conviction matérialiste
              en collectant, en chassant, en mangeant et buvant, en taillant des silex.
              Ça ne demande pas d’avoir une définition absolue de <term>matière</term> en philosophie ou en physique théorique.
              (Encore que les progrès de la physique, de la chimie, de la biologie nous encouragent, s’il en était besoin,
              dans la conviction de l’existence et de l’unité de la matière.)
            </note>,
            un élément important d’une conception matérialiste, concernant les idées, c’est que les idées ne tombent pas du ciel.
            <ref target="#MEideall2014p299-301">« Ce n’est pas la conscience qui… »</ref>,
            écrit Marx dès 1845 ou 1846 dans l’<title>Idéologie allemande</title>
            (et <ref target="#cenestpaslaConscience">il le reprend en 1859</ref> dans la fameuse <title>Préface…</title>).
            Les idées sont avant tout les représentations qu’on se fait de ces réalités matérielles
            que sont les différentes pratiques, en particulier de production,
            et, plus encore, des rapports sociaux dans lesquels ces pratiques s’exercent.
          </p>
          <p rend="alinea">
            En ce qui concerne l’histoire, on est en droit de dire que les idées changent le monde.
            L’histoire de l’humanité, c’est ce que les humains font
            et, pour faire, il faut qu’ils aient l’idée de le faire.
            Une conception matérialiste de l’histoire impose cependant
            de prendre en compte que ces idées ne sont pas arbitraires, caprice ou trait de génie,
            que le changement historique n’est
            « nullement le résultat d’une certaine doctrine qui partait d’un principe théorique déterminé ».
            (<ref target="#CritiqueMoraliste">« Die moralisierende Kritik… »,1847</ref>.)
            Les idées ne sont pas premières. Les idées des humains leur sont inspirées par la réalité qu’ils vivent.
            En gros, schématiquement, ce sont les circonstances qui font les idées, même si, bien sûr,
            les idées ont une action en retour sur les circonstances.
            (<ref target="#stefamille-VI-3d-clefs2">Dans La Sainte famille</ref>, Marx en tire des conséquences éthiques :
            « … il ne faut pas châtier le crime dans l’individu, mais détruire les foyers antisociaux du crime. […]
            Si l’homme est formé par les circonstances, il faut former les circonstances humainement. »<note xml:id="DMmathist-idees-not2" place="bottom" n="2">
              Cette phrase est parfois, <ref target="#stefamille-not3">à tort, attribuée à Saramago</ref>.
              <!-- Pas Samarago ! (https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Saramago) -->
            </note>)
          </p>
          <label xml:id="DMmathist-basesupstruct" rend="fakehead h2">Base et superstructure</label>
          <p rend="alinea">
            Parce que c’est ce qui compte d’abord dans cette relation entre les circonstances et les idées,
            Marx appelle <term>base</term><note xml:id="DMmathist-idees-not3" place="bottom" n="3">
              En allemand, <term xml:lang="de">Basis</term> ou parfois <term xml:lang="de">Grundlage</term>.
              Ce sont bien sûr des mots très généraux, qui,
              dans les œuvres de Marx et Engels, interviennent aussi dans de tout autres contextes,
              ce qui rend difficile de rechercher le nombre d’occurrences de chacun dans le contexte qui nous occupe.
            </note>
            la production et la reproduction, et surtout  les relations sociales dans lesquelles elles se font<note xml:id="DMmathist-idees-not4" place="bottom" n="4">
              Attention que la base, ce n’est pas la production et la reproduction seules,
              mais d’abord les relations sociales.
              On pourrait dire mieux : la base, c’est les relations sociales
              (dans lesquelles se font la production et la reproduction).
              <lb/>
              En français, on dit aussi parfois <term>infrastructure</term>, que je n’aime pas
              parce que ça se dit d’abord des canaux, des routes, des ponts, des voies ferrées.
              Ce sens premier, conduit, quand on dit infrastructure pour base au sens marxiste,
              à perdre de vue les rapports sociaux.
            </note>.
            Par rapport à cela, les idées qui en émanent sont situées dans la <term>superstructure</term><note xml:id="DMmathist-idees-not5" place="bottom" n="5">
              En allemand, <term xml:lang="de">Überbau</term>.
              On compte sur les doigts d’une seule main les occurrences de <term xml:lang="de">Superstruktur</term>
              dans l’ensemble des œuvres de Marx et Engels.
            </note>.
          </p>
          <p xml:id="DMmathist-basesupstruct-pol" rend="alinea">
            Cela se fait jour <ref target="#MEideall2003p92">dès <title>L’Idéologie allemande</title></ref> :
            « l’organisation sociale qui se développe immédiatement à partir de la production et du commerce,
            organisation qui forme de tout temps la base de l’État et du reste de la superstructure idéaliste ».
            (Il y a donc dans la superstructure aussi l’État, la politique.)
            La superstructure est liée à la base, mais pas seulement à la base <emph>présente</emph> :
            dans le <ref target="#Brum-18">18-Brumaire</ref>,
            Marx introduit l’idée de rémanence d’éléments superstructurels hérités du passé.
          </p>
          <p rend="alinea">
            On connait surtout la systématisation <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-basesuper">de la Préface de 1859</ref>
            et, dans <ref target="#CapitalI-1983-p93n33">une note du Livre I</ref>  du <title>Capital</title>,
            Marx défend sa catégorie de base contre l’idée qu’elle ne serait applicable qu’au capitalisme.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Pour boucler la boucle, Engels résume ça dans <ref target="#Engelslettre1890-09-21Bloch">une lettre à Joseph Bloch en 1890</ref>
            et dans <ref target="#Engelslettre1894-01-25Borgius">une autre à Borgius en 1894</ref>.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMmathist-catcapital" type="div2">
          <head>
            Les catégories du capitalisme
          </head>
          <p rend="alinea">
            Marx a exercé sa pensée surtout sur le capitalisme, parce que c’était la société dans laquelle il vivait
            et parce que c’était le but qu’il s’était donné dans son travail.
            Dans une théorie un peu élaborée, on a des concepts. Sinon ce sont des notions, des idées, des catégories.
          </p>
          <p rend="alinea">
            La valeur, la plus-value sont des concepts bien développés dans la deuxième édition<note xml:id="DMmathist-catcapital-not1" place="bottom" n="1">
              Dans un premier temps, Marx a simplement opposé valeur d’échange à valeur d’usage.
              C’est dans la deuxième édition du Livre I du <title>Capital</title>,
              qu’il explicite <ref target="#CapI-valeurconcept">la distinction</ref>
              entre <emph>la</emph> valeur d’une marchandise
              et <emph>les</emph> valeurs d’échange des marchandises entre elles<!--
              Dominique Meeùs2024-08-09T13:44:47.962582031DM
              Il pourrait avoir eu cette idée en tête au moins depuis les Grundrisse, mais ce n’est pas ici le lieu d’en discuter.
              « The value of commodities determined by labour time is only their average value » MECW 28:75,
              aussi « real value » et « labour-time » MECW 28:76,
              mais c’est dans la critique de l’idée d’une monnaie temps de travail (« labour-time » avec trait d’union).
              Mieux « the determinateness of its exchange value » MECW28:104.
              Opposition du singulier et du pluriel « to all other values (commodities) » MECW28:123,
              mais « The circumstances in which a relationship is first encountered, however,
              never show us this relationship either in its purity or in its totality. » MECW28:140.
              « Commodities … as such are values. » MECW28:186.
              Aussi « real and effective value » MECW28:224. -->.
            </note>
            du Livre I du <title>Capital</title>.
            On peut alors se demander si la catégorie de plus-value est utilisable dans l’histoire en général,
            ou, plus raisonnablement, dans l’économie d’Athènes du temps de Périclès.
            Peut-être, mais nous n’avons pas de théorie achevée de l’économie d’Athènes alors.
            Il faut parler de catégorie.
            La question de savoir dans quelle mesure, en étudiant des époques passées,
            on peut projeter des catégories du capitalisme,
            Marx la pose explicitement dans l’<title>Introduction de 1857</title>,
            dans le passage sur <ref target="#Intro1857-3method">la méthode de l’économie politique</ref>
            et même <ref target="#Intro1857prod-stade-hist">déjà avant</ref>.
            (Je vois que Marx lui-même dit là  des catégories (<term xml:lang="de">Kategorien</term>).)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Une critique fondamentale que Marx fait de l’économie politique,
            c’est sa tendance à penser que les concepts qu’elle avance sont universels et éternels,
            valables pour toute l’humanité à tout moment de son histoire.
            Marx, au contraire, insiste sur tout ce qui est spécifique au capitalisme<note xml:id="DMmathist-catcapital-not2" place="bottom" n="2">
              Cela vaut aussi pour la première section, sur la marchandise et la monnaie, du Livre I du <title>Capital</title>.
              Il ne s’agit pas de la théorie d’un hypothétique mode production marchand précapitaliste
              dit parfois <term>petite production simple</term>.
              Même si l’exploitation capitaliste n’est introduite qu’à la deuxième section,
              la première section parle de la marchandise capitaliste.
              Engels s’y trompe le premier (il me semble, dans son <ref target="#Capital-IIIsup">Complément et supplément au Livre III</ref> du <title>Capital</title>)
              et on retrouve ça dans une annexe sur la valeur
              chez Marta Harnecker (<ref target="#DMmathist-reduct-not1">1974</ref>).
            </note>.
            Le même problème se pose pour les concepts qu’on avance pour la théorie (?) dite <term>matérialisme historique</term>
            dont je parle <ref target="#DMmathist-mathist">ensuite</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Dans la doctrine communément admise du matérialisme historique et comme déjà chez Marx,
            on (<ref target="#DMmathist-basesupstruct-pol">déjà Marx</ref>) place dans la superstructure,
            non seulement les idées que les gens se font des rapports sociaux, de la base,
            mais aussi la politique, les institutions étatiques et un certain nombre de règles de vie en société (les lois).
          </p>
          <p rend="alinea">
            Dans le capitalisme, il y a une claire séparation entre l’économique et le politique<note xml:id="DMmathist-catcapital-not3" place="bottom" n="3">
              Ellen Meiksins Wood,
              « The Separation of the Economic and the Political in Capitalism »,
              <title>NLR</title> I-127.
            </note> :
            il est clair que l’État est second par rapport à l’exploitation.
            Le rapport social de production qui fait le capitalisme,
            c’est le rapport entre capitalistes et prolétaires.
            La position de force des capitalistes vient de ce qu’ils ont les moyens de production
            face à des prolétaires qui —  c’est la définition —  n’en ont pas.
            Les capitalistes ne tirent pas de l’État cette position de force.
            (Même s’il est parfois utile qu’une police et une justice rappellent aux gens le respect de la propriété privée.)
            Le rapport social d’exploitation capitaliste et l’État capitaliste,
            ce sont des domaines différents<note xml:id="DMmathist-catcapital-not4" n="4" place="bottom">
              On parle parfois de « niveaux » (en hauteur), d’ « étages »,
              de « spatialité<!-- L’espace s’écrit avec t en latin. --> », de distance « spatiale ».
              On qualifie les catégories de base et superstructure de « métaphore spatiale ».
            </note>.
            Mais qu’en est-il dans la féodalité ? Est-ce que l’État féodal,
            ce n’est pas la toile des rapports de vassalité des seigneurs féodaux
            avec leurs fonctions, pouvoirs, privilèges,
            dont celui de prélever le surplus du travail social fourni par les paysans ?
            La base, sous la féodalité, c’est ce rapport social de prélèvement <emph>de droit</emph> du surplus.
            Y a-t-il là une vraie séparation « spatiale » ?
            Si c’est à la base qu’il y a un prélèvement <emph>de droit</emph>,
            que vaut pour le Droit la métaphore spatiale de superstructure ?
            Dans d’autres civilisations, c’est l’État qui prélève directement le surplus du travail des paysans.
            Un couche privilégiée profite de ce surplus, mais seulement en tant que fonctionnaire de l’État.
            On a donc à la base ce rapport d’exploitation des paysans par l’État et ses agents,
            État qu’on peut donc difficilement reléguer dans une superstructure.
          </p>
          <p rend="alinea">
            La question se pose ainsi de savoir dans quelle mesure on peut, prudemment,
            étendre à d’autres époques des concepts appropriés au  capitalisme.
            <!-- Mais dans le cas de ce qu’on appelle  matérialisme historique, doctrine mais non théorie,
            il n’y a pas de concepts, seulement des notions, des catégories. -->
            Si base et superstructure, par exemple, sont des catégories éclairantes pour le capitalisme,
            il n’est pas du tout certain que la métaphore topologique de superstructure,
            en tant qu’incluant le politique et pas seulement l’idéologique,
            soit utile, ni même seulement fasse sens, pour d’autre sociétés à d’autres époques.
            (On pourrait dire que dans la <ref target="#CapitalI-1983-p93n33">note du Livre I</ref> du <title>Capital</title>
            dont je parle dans <ref target="#DMmathist-basesupstruct">la section sur base et superstructure</ref>,
            Marx défend surtout l’importance de la base.)
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMmathist-mathist" type="div2">
          <head>
            Le matérialisme historique
          </head>
          <p rend="alinea">
            Marx et Engels ont bien inauguré cette vision matérialiste de l’histoire, mais ne sont pas allés beaucoup plus loin.
            Marx a passé sa vie à élucider le mode de production capitaliste et Engels à aider Marx tout en agissant en politique.
            Ils avaient lu dans leur jeunesse et ils ont lu encore beaucoup en histoire ;
            ils ont fait sur l’histoire des considérations matérialistes ; ils n’ont pas fait œuvre d’historien.
            Ils ont encore moins fait la science de l’histoire ou la théorie du « matérialisme historique »<note xml:id="DMmathist-mathist-not1" place="bottom" n="1">
              Quand Marta Harnecker (<ref target="#DMmathist-reduct-not1">1974</ref>), mentionne
              « le terme matérialisme utilisé par Marx pour désigner la science nouvelle de l’histoire »
              en renvoyant à <title>Lénine et la philosophie</title> d’Althusser (1969:26) (ou 1972:21-22), elle a lu trop vite :
              c’est Althusser qui dit que ça s’appelle comme ça, selon la rumeur publique, pas selon Marx.
              Si, dans toute l’œuvre écrite connue de Marx et Engels,
              on cherche l’expression <term xml:lang="de">historischen Materialismus</term>,
              on ne la trouve jamais chez Marx, mais quatre fois, je le concède, chez Engels, seulement tardivement,
              pas lorsque Marx et Engels développent leur conception matérialiste de l’histoire,
              mais quand Engels en reparle après coup :
              <lb/>
              – dans la <ref target="#Engelslettre1890-08-05Schmidt">lettre du 5 août 1890 à Conrad Schmidt</ref>
              (MEW 37:437), mais comme <foreign xml:lang="de">einfache Phrase</foreign>
              (dans un sens ironique ou péjoratif, qu’on a traduit <term>a mere cliché</term> en anglais)
              dont de jeunes allemands abusent pour se faire valoir ;
              <lb/>
              – dans la <ref target="#Engelslettre1890-09-21Bloch">lettre du 21 septembre 1890 à Joseph Bloch</ref>
              (MEW 37:464, dernière ligne) ;
              <lb/>
              – en anglais, dans l’introduction de 1892 à l’édition anglaise
              du <title>Socialisme utopique et scientifique</title> (MECW 27:283, MEW 22:292) ;
              <lb/>
              – dans une lettre à Wladimir Jakowlewitsch Schmuilow le 7 février 1893 (MEW 39:25).
            </note><note xml:id="DMmathist-mathist-not2" place="bottom" n="2">
              Mais si, mais si, diront certains :
              dans la fameuse <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">Préface de 1859</ref>.
              Marx a exposé là, diront-ils, la théorie achevée du matérialisme historique.
              <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-C">Je conteste</ref>.
              D’une part, Marx dit qu’il jette sur le papier des considérations qui lui viennent à l’esprit à ce stade
              et qu’il va garder en tête dans la suite de son travail (donc à propos du capitalisme).
              Il ne dit pas que cela constitue une théorie achevée de l’histoire.
              D’autre part, il est difficile de penser que la théorie complète
              de quelque chose d’aussi complexe que le matérialisme historique tienne en une ou deux pages.
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Dans une lettre (<ref target="#Otech-zapiski">à l’éditeur des <title>Отечественные записки</title>, 1877</ref>),
            Marx conteste l’idée qu’on puisse faire entrer de force l’histoire dans une théorie.
            Engels le dit très explicitement dans deux lettres de 1890 :
            « Sinon [ce] serait, ma foi, plus facile que la résolution d’une simple équation du premier degré »
            (<ref target="#Engelslettre1890-09-21Bloch">à Bloch</ref>)
            et non seulement ce serait trop facile, mais c’est même l’opposé du matérialisme en histoire :
            « on transforme la méthode matérialiste en son contraire quand on ne la traite pas comme fil conducteur dans une étude historique,
            mais comme un modèle prêt à l’emploi selon lequel on découpe les faits historiques »
            (<ref target="#Engelslettre1890-06-05Ernst">à Ernst</ref>).
            En fin de compte, la conception matérialiste de l’histoire, ce n’est pas une théorie,
            ce sont quelques principes qu’il faut garder à l’esprit quand on réfléchit à l’histoire,
            qui peuvent jeter une lumière sur ce qui a conduit à des changements dans l’histoire.
          </p>

          <label xml:id="DMmathist-mathist-mathist" rend="fakehead h2">
            On en est amené ainsi à distinguer deux acceptions de « matérialisme historique »
          </label><!--
          <list rend="ordered UnDeux">
            <item>
              On peut faire de l’histoire d’un point de vue matérialiste,
              c’est-à-dire d’abord chercher à savoir ce qui s’est réellement passé ;
              ensuite chercher à le comprendre et à l’expliquer
              dans la ligne de la conception matérialiste de l’histoire de Marx et Engels.
              C’est quelque chose qu’il serait légitime d’appeler « matérialisme historique ».
            </item>
            <item>
              Il y a par contre, sous le même nom de « matérialisme historique »
              une <emph>construction doctrinaire</emph> et c’est cela que je veux critiquer ici.
              (Critique que j’annonce et que j’entame déjà d’ailleurs dans les pages précédentes.)
              Je pense à une construction doctrinaire de marxistes après Marx et Engels,
              se voulant fidèles à leur conception matérialiste de l’histoire,
              mais faisant fi de leurs avertissements, que je viens de rappeler ci-dessus,
              contre une théorisation abusive, simpliste.
            </item>
          </list> -->
          <!-- Je n’arrive pas à une liste personnalisé de style Un, Deux… -->
          <p rend="alinea">
            Un — On peut faire de l’histoire d’un point de vue matérialiste,
            c’est-à-dire d’abord chercher à savoir ce qui s’est réellement passé ;
            ensuite chercher à le comprendre et à l’expliquer
            dans la ligne de la conception matérialiste de l’histoire de Marx et Engels.
            C’est quelque chose qu’il serait légitime d’appeler « matérialisme historique ».
          </p>
          <p rend="alinea UnDeux">
            Deux — Il y a par contre, sous le même nom de « matérialisme historique »
            une <emph>construction doctrinaire</emph> et c’est cela que je veux critiquer ici.
            (Critique que j’annonce et que j’entame déjà d’ailleurs dans les pages précédentes.)
            Je pense à une construction doctrinaire de marxistes après Marx et Engels,
            se voulant fidèles à leur conception matérialiste de l’histoire,
            mais faisant fi de leurs avertissements, que je viens de rappeler ci-dessus,
            contre une théorisation abusive, simpliste.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Marx et Engels ont beaucoup lu, mais on eu peu de temps à consacrer à l’histoire pour elle-même.
            Tout le monde a en tête la belle envolée historique
            qui commence le <ref target="#manifeste"><title>Manifeste</title></ref>.
            (« L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes.
            Homme libre et esclave, … »). Dans l’<title>Origine de la famille</title>,
            Engels propose un narratif des stades par où est passée <emph>la</emph> société humaine
            avant le capitalisme : communauté primitive, esclavage, féodalité.
            Mais ce ne peut être qu’une piste de réflexion, puisque ça ne repose que sur son sentiment,
            où l’esclavage, par exemple, <emph>lui apparaît</emph> comme un développement <emph>naturel</emph>
            à un certain stade à la suite de l’agriculture et de l’élevage.
            Dans la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">préface de 1859</ref>,
            Marx avance un certain nombre de concepts et de relations comme un programme de recherche.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Dans un esprit scientifique, il faudrait acquérir une meilleure connaissance des faits
            et se demander, sur cette base,
            où et quand des esclaves et des hommes libres auraient formé deux classes en lutte ;
            si toutes <emph>les</emph> sociétés humaines (au pluriel) ont connu l’esclavage ;
            si les concepts de 1859 sont applicables à toutes les sociétés connues
            et si les lois proposées en 1859 sont confirmées par l’histoire.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Malheureusement beaucoup de marxistes ne font pas ça du tout.
            La plupart se contentent de répéter « ce qu’on a toujours dit ».
            Certains ont voulu élaborer les concepts de 1859,
            en faire un édifice supposé utile à une analyse marxiste de l’histoire.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Les althussériens ont beaucoup élaboré les concepts.
            Comme ils étaient aussi lacaniens que marxistes,
            ils ont choisi d’écrire une langue que personne ne peut comprendre.
            Mais il se peut qu’en creusant, on y trouve certaines idées intéressantes.
            Ils ont apporté parfois une précision bienvenue<note xml:id="DMmathist-mathist-not6" place="bottom" n="6">
              Si on veut exposer dans des formations l’essentiel du Livre I du <title>Capital</title> de Marx,
              il est bon d’être clair sur le sens des termes qu’on utilise.
              <ref target="#DMmathist-reduct-not1">Un livre comme celui de Marta Harnecker</ref> présente une utilité certaine
              pour distinguer matière première, moyens de travail… et d’autres choses encore, mais qu’on aurait trouvées ailleurs.
              Quand les althussériens abordent des concepts plus importants, on ne sait jamais jusqu’où on peut les suivre.
              Cela dit, ils ont sûrement exploré des pistes intéressantes, qu’on ne peut pas juger en une note de bas de page.
            </note>.
            Tout en affirmant que Marx avec découvert le continent histoire,
            ils se sont aussi peu que possible intéressés à l’histoire<note xml:id="DMmathist-mathist-not5" place="bottom" n="5">
              Voir la critique féroce de E. P. Thompson,
              <ref target="../../biblio/Thompson1978.html"><title>The Poverty of Philosophy</title></ref>, en 1978.
            </note>.
            Tout le temps, on sent la tentation de la généralité, d’une généralité abusive,
            étendant à l’histoire en général les concepts développés pour le capitalisme.
            (Comme la « petite production simple »
            dont question <ref target="#DMmathist-catcapital-not2">dans une note</ref>.)
            Souvent, les concepts althussériens ne sont plus des abstractions de l’histoire,
            mais d’une construction elle-même abstraite de l’histoire.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Les écrits althussériens sont à ce point obscurs que Gerald Cohen
            a conclu qu’ils étaient tout simplement dépourvus de sens
            — ce qu’il a qualifié de <term xml:lang="en">bullshit</term>.
            Il a alors prétendu sauver le matérialisme dialectique
            en affinant lui aussi les concepts à la manière de la philosophie analytique.
            Mais lui aussi ne se pose jamais la question de savoir
            si cette belle construction s’applique à la réalité.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Mais de savantes constructions conceptuelles sans références à des faits historiques,
            avec des <term>notions</term> candidates seulement au statut de <term>concept</term>,
            dont on ne sait pas si elles sont fécondes ou applicables
            à ce qui s’est réellement passé dans l’histoire en général,
            pas seulement au capitalisme ou au passage au socialisme<note xml:id="DMmathist-mathist-not3" place="bottom" n="3">
              Il faudrait examiner comment et à quel point les concepts de ce matérialisme historique
              — cette systématisation apocryphe de la conception matérialiste de l’histoire de Marx,
              à partir surtout de son ébauche dans la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">Préface de 1859</ref> —
              s’appliquent, sont utiles pour le fonctionnement de la société dans la Grèce antique,
              dans la Rome antique, pour la chute de l’Empire romain, dans la transition de la féodalité au capitalisme.
              Mais je ne suis pas compétent et je renvoie pour cela, par exemple,
              à la controverse entre Dobb et Sweezy, au Brenner debate, à Ellen Meiksins Wood et beaucoup d’autres.
            </note>, agiter ainsi seulement des idées,
            cela devrait s’appeler mieux <term>idéalisme historique</term><note xml:id="DMmathist-mathist-not4" place="bottom" n="4">
              Le même problème se pose pour ce qu’on appelle matérialisme dialectique.
              Il devrait y être question de l’art, dans les luttes, en politique, de tenir compte de la complexité et du changement.
              Les considérations sur les lois de Hegel, sans références au monde réel ou seulement par des exemples ad hoc,
              fabriqués de toutes pièces, et l’articulation de concepts mal définis,
              cela devrait s’appeler <ref target="#DMdial-matdial"><term>idéalisme dialectique</term></ref>.
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Quand bien même on aurait une théorie acceptable de l’histoire,
            elle ne peut faire que jeter une lumière sur les faits historiques.
            Comme le dit Engels, il ne peut être question de forcer les faits historiques à entrer dans le moule de la théorie.
            C’est malheureusement ce que le soi-disant matérialisme historique fait plus d’une fois sous couvert de marxisme.
          </p>
          <p rend="alinea">
            <index><term>communauté primitive, esclavage, féodalité, capitalisme</term></index>
            <index><term>esclavage, passage obligé</term></index>
            Un exemple fameux (et critiqué), c’est le passage forcé
            de toutes les sociétés humaines par la communauté primitive, l’esclavage, la féodalité, le capitalisme,
            avant le socialisme et le communisme<note xml:id="DMmathist-mathist-not7" place="bottom" n="7">
              Le narratif d’Engels sur la famille dans l’<title>Origine…</title>, son essai sur la société à partir de la préhistoire
              (quelques années avant les lettres de 1890 que je cite), fait apparaître l’esclavage comme un développement naturel
              à un certain stade à la suite de l’agriculture et de l’élevage.
              (« Car l’esclavage aussi, était inventé… »
              C’est quelques pages avant « la grande défaite historique du sexe féminin ».)
              C’est peut-être de là qu’on aurait fait du « passage obligé » un point de dogme du « matérialisme historique ».
              Mais Engels utilise surtout les catégories d’état sauvage et de barbarie.
              Parfois, on assouplit la série ci-dessus en y admettant la variante « mode de production asiatique ».
              Le <title>Manuel d’économie politique</title> de l’Académie des sciences de l’URSS est prudent :
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Pourtant l’histoire atteste qu’il n’est nullement obligatoire
                    que chaque peuple parcoure successivement toutes les étapes de l’évolution sociale.
                    Beaucoup de peuples se trouvent placés dans des conditions
                    qui leur permettent d’éviter telle ou telle phase du développement
                    et de passer d’emblée à un stade supérieur.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="../manuel/chap03sect01.html">Chapitre 3, section 1, L’avènement de la féodalité</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </note>.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMmathist-reduct" type="div2">
          <head>
            Matérialisme historique réductionniste, simpliste
          </head>
          <p rend="alinea">
            Les textes importants de Marx des années quarante de son siècle, que j’ai mentionnés en commençant, ne sont pas les plus lus ;
            dans l’<title>Idéologie allemande</title>, il faut extraire les considérations sur une conception matérialiste de l’histoire
            de toute sorte de critiques de la philosophie de Hegel et des nouveaux hégéliens.
            La plupart des nouveaux venus au marxisme commencent par les sources secondaires<anchor xml:id="id_DMmathist-not11_return"/>
            de ce matérialisme historique que je critique dans la section précédente<note xml:id="DMmathist-reduct-not1" place="bottom" n="1">
              Dans mon cas, c’était <title>Los conceptos elementales del materialismo histórico</title> de Marta Harnecker.
              À Louvain dans la fin des années soixante,
              un étudiant latino-américain en avait passé à notre groupe une copie ronéotée (sans nom d’auteur),
              que nous avons immédiatement traduite, collectivement, en français.
              C’est en lisant des dizaines d’années plus tard le livre de Marta Harnecker dans la traduction de 1974
              par Jaques Gouverneur et Solange Delaunois, aux éditions Contradictions, que je me suis dit :
              « J’ai déjà lu ça quelque part » et, bingo, j’ai retrouvé dans le fond d’une armoire
              un exemplaire ronéoté de notre traduction sauvage de cet ouvrage pour nous jusqu’alors anonyme.
            </note> ;
            certains liront tout au plus le passage mille fois cité
            de la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">préface à la <title>Contribution…</title> de 1859</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">Il en résulte souvent un réductionnisme à plusieurs niveaux :</p>
          <p xml:id="id_DMmathist-reduct1" rend="alinea">
            Il y a d’abord la réduction de l’histoire au seul capitalisme.
            On sait bien sûr qu’il y a une histoire, mais l’histoire est conçue comme une suite de boîtes étanches.
            On admet qu’il y a un passage de l’une à l’autre.
            Le capitalisme, en particulier, est issu de l’Ancien Régime, de l’époque féodale.
            Mais ce qui est fait est fait. On a quitté la boîte féodalité ; on est maintenant dans la boîte capitalisme.
            Puisqu’on en est au capitalisme, il faut que tout s’explique à l’intérieur de cette boîte dans laquelle nous nous trouvons
            (et pas une autre<note xml:id="DMmathist-reduct-not2" place="bottom" n="2">
              On pourrait aussi rapprocher ça d’<ref target="#DMdial-matdial">une certaine conception de la dialectique</ref>
              qui veut que tout ait pour moteur la contradiction, ou quelque autre moteur interne.
              Dans cette conception, toute considération de cause externe est suspecte.
              En particulier, tout ce qui se passe sous le capitalisme
              ne peut s’expliquer que par les contradictions internes au capitalisme.
              On en revient à l’erreur de la boîte étanche.
            </note>),
            donc par le capitalisme.
            Sous le capitalisme, si quelque chose ne va pas, ce ne peut être que de la faute des capitalistes.</p>
          <p xml:id="id_DMmathist-reduct2" rend="alinea">
            À cela s’ajoute une conception schématique de la société comme  « mode de production »
            et celui-ci comme base et superstructure
            (avec détermination par une  base où on ignore les rapports sociaux entre les hommes et les femmes) ;
            un réductionnisme selon lequel tout devrait être en fin de compte économique.
            (Erreur qu’Engels dénonce dans <ref target="#Engelslettre1890-09-21Bloch">sa lettre de 1890 à Joseph Bloch</ref>.)
            Puisque la superstructure serait  « déterminée » par cette  base partielle,
            il faut que tout s’explique en termes de valeur, de plus-value, etc.
          </p>
          <p rend="alinea">
            On pourrait dire que c’est en fait deux fois le même réductionnisme.
            Il est juste de chercher à lier la superstructure aux conditions matérielles.
            Le second réductionnisme, la réduction à l’économie capitaliste, vient en grande partie du premier,
            la négligence de la dimension historique, de ce qu’on n’envisage pas la possibilité que dans une société
            certains éléments soient hérités du passé,
            n’entrent pas dans la systématisation en base et superstructure du « mode de production » du présent.
            Marx souligne le poids dans la superstructure de l’héritage du passé <ref target="#Brum-18">dans deux passages du 18-Brumaire</ref><note xml:id="DMmathist-reduct-not3" place="bottom" n="3">
              Quant à moi, je pense ici à la « question des femmes ».
              (Je développe ça <ref target="#DMfemmarx">dans un essai suivant</ref>.)
              Des hommes et des femmes ont aujourd’hui de leur rapports entre eux (et dans la société) des conceptions qui viennent de loin.
              Le patriarcat ou la suprématie masculine,
              cela n’est pas déterminé, ni même « déterminé en dernière instance », par le mode de production capitaliste.
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Je me suis rappelé que dans les années 60 et 70<note xml:id="DMmathist-reduct-not4" place="bottom" n="4">
              Je vois que je suis né le même jour que Mariarosa Dalla Costa.
            </note>,
            beaucoup de jeunes devenaient rapidement marxistes, et parfois communistes, avec une formation des plus rudimentaires<note xml:id="DMmathist-reduct-not5" place="bottom" n="5">
              Moi-même, je suis devenu communiste l’été 1967, à vingt-quatre ans, en choisissant mon camp
              sur la base de quelques idées du rôle des classes dans l’histoire et de la supériorité du socialisme.
              J’ai bien compris le mécanisme de l’exploitation capitaliste (valeur de la force de travail, plus-value)
              en étudiant <ref target="#salprixprof"><title>Salaire, prix et profit</title></ref> un an ou deux après.
              J’ai acheté à Paris le samedi 7 juin 1969 les trois Livres du <title>Capital</title>, en huit volumes aux Éditions sociales,
              mais je n’ai vraiment <emph>ouvert</emph> le <title>Capital</title> que longtemps après.
              J’ai dû apprendre les mots base et superstructure à la fin des années 60 en traduisant Marta Harnecker pour l’étudier
              (comme je le raconte dans <ref target="#DMmathist-reduct-not1">la note 1 ci-dessus</ref>).
            </note>.
            Je pense que beaucoup de jeunes de l’époque ne connaissaient Marx, sans l’avoir lu,
            qu’à travers des formations élémentaires et des textes de vulgarisation,
            en particulier sur les concepts de base du Livre I du <title>Capital</title> (valeur, plus-value),
            mais sans <emph>lire</emph> le <title>Capital</title>.
            Il en résulte que beaucoup d’écrits théoriques écrits par des jeunes à cette époque souffrent de cette limitation<note xml:id="DMmathist-reduct-not6" place="bottom" n="6">
              Cela m’a frappé d’abord en lisant <ref target="../../biblio/Benston1969b.html">la tentative de Margaret Benston</ref>
              de situer la femme par rapport à ce qu’elle connaissait du Livre I du <title>Capital</title> de Marx.
              C’est le cas en particulier de tout le mouvement du salaire au travail ménager (Mariarosa Della Costa, Sylvia Federici)
              et encore aujourd’hui de la plus grande partie de ce qu’on appelle <term xml:lang="en">social reproduction theory</term>.
            </note>.
          </p>
        </div>
      </div>
        <!-- <xi:include href="inclusions/DMforcetravreprod.xml">
          Valeur de la force de travail et sa reproduction
        </xi:include> -->
        <div xml:id="DMfemmarx" type="div1">
        <!-- div1 en col7, balises de son contenu en col9, contenu en col11-->
        <head>
          <seg rend="invisible">(D. M.)</seg>
          Essai de féminisme marxiste
        </head>

        <p rend="alinea">
          Je mets cette note ici
          — plutôt qu’avec diverses notes de lecture sur le féminisme que je mentionne ci-après —
          parce qu’il s’agit spécifiquement de féminisme marxiste, une tentative de travail théorique
          s’appuyant sur <ref target="#DMmathist">mon essai — qui précède</ref> — sur une conception marxiste de l’histoire,
          ainsi que sur mes notes de lecture — qui suivent — sur le marxisme en général.
        </p>
        <p rend="alinea">
          J’insiste sur le mot théorique. Ce qu’on appelait au 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
          la « question des femmes<note xml:id="DMfemmarx-not1" n="1" place="bottom">
            On devrait peut-être l’appeler aussi « question des hommes », dans le sens de mettre les hommes en question,
            dans la mesure où la « question des hommes », c’est la question du patriarcat, de la suprématie masculine,
            la question de pourquoi les femmes en sont victimes.
            On dit « question des femmes » parce qu’on met en question la position où la société les relègue.
          </note> »,
          c’est aujourd’hui, mille questions, des problèmes innombrables,
          vécus différemment par des femmes de classes différentes dans des situations différentes,
          dans des formations sociales différentes dans l’ensemble du monde.
          Il s’agit de la question des femmes dans l’histoire et de son aboutissement dans le capitalisme
          et, pour des raisons de méthode<note xml:id="DMfemmarx-not2" n="2" place="bottom">
            Homme ayant toujours vécu en Europe,
            je ne peux sans doute éviter tout à fait des biais masculins et eurocentriques.
            Mais le choix du capitalisme développé n’est pas un tel biais.
            On ne peut faire la théorie de tout à la fois.
            Comme le capitalisme domine le monde, il faut quelques éléments stables de théorie pour le capitalisme
            — en ce qui me concerne, dans ce travail, le féminisme marxiste —,
            avant de théoriser sur d’autres problèmes de société dans l’ensemble du monde.
            C’est ainsi, que Marx écrit
            (<ref target="#Capital-Ipref1de"><title>Capital</title>, Livre I, préface</ref>) :
            « l’objet de ma recherche, c’est le mode de production capitaliste »
            et, parce que « sa localisation classique est l’Angleterre »,
            « ce pays sert d’illustration principale dans tout mon développement théorique ».
          </note>,
          je me limite au capitalisme développé dans les pays riches.
        </p>

        <p>
          En construction
          <figure>
            <svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" class="beta" viewBox="0 0 288 250" width="70" height="60">
              <g transform="translate(24,28)"> <!-- translation de départ pour l’épaisseur du triangle rouge -->
                <polygon points="120 0, 240 208, 0 208" fill="none" stroke="red" stroke-width="24"/><!-- triangle rouge -->
                <polygon points=" 45 0,  90  78, 0  78" fill="black" transform="translate(129.4 118)"/><!-- talus -->
                <g transform="translate(105,110) rotate(30)"><!-- travailleur -->
                  <circle cx="9" cy="-12" r="9"/><!-- tête -->
                  <rect x="0" y="0" width="18" height="32" rx="3" ry="3" fill="black"/><!-- torse -->
                  <g transform="translate(-20,18)"><!-- pelle -->
                    <rect x="0" y="0" width="80" height="4" fill="black" transform="translate(0,4)"/><!-- manche -->
                    <rect x="0" y="0" width="15" height="12" fill="black" transform="translate(75,0)"/><!-- fer -->
                  </g>
                  <rect x="0" y="0" width="6" height="40" rx="3" ry="3" fill="black" transform="translate( 2,-1) rotate( 30)"/><!-- bras -->
                  <rect x="0" y="0" width="6" height="40" rx="3" ry="3" fill="black" transform="translate(11,2) rotate(-30)"/><!-- bras -->
                  <rect x="0" y="0" width="12" height="62" rx="4" ry="4" fill="black" transform="translate(-1,32) rotate(0)"/><!-- jambe -->
                  <rect x="0" y="0" width="12" height="30" rx="4" ry="4" fill="black" transform="translate(10,32) rotate(-55)"/><!-- haut jambe -->
                  <rect x="0" y="0" width="12" height="30" rx="4" ry="4" fill="black" transform="translate(32,46) rotate(-30)"/><!-- bas jambe -->
                </g>
              </g><!-- Plus beau que ça, tu meurs. -->
            </svg>
          </figure>
        </p>

        <p rend="alinea">
          Ces dernières années<note xml:id="DMfemmarx-not3" n="3" place="bottom">
            Quand, en mars 2018 dans mes notes de lecture, je critique férocement
            <ref target="../../biblio/Foster-Clark2018a.html">Foster &amp; Clark 2018a</ref>,
            <!-- Un mauvais article de Foster sur le travail dans Lava 3 fin décembre 2017
            me fait remonter à son original dans Monthly Review où je trouve l’article sur les femmes de début janvier. -->
            <!-- Dans la critique de Foster &amp; Clark, je cite Arruzza 2016.
            Cependant, selon revisiondesc,
            l’essentiel de ma lecture de la littérature féministe en anglais vient plus tard. -->
            je dois être conscient depuis quelque temps de la difficulté d’une théorisation marxiste de la question des femmes.
            J’avais eu la chance de trouver dans une brocante et de lire fin 2013,
            <ref target="../../biblio/Mitchell1974-fr.html">en traduction française</ref>,
            le <ref target="../../biblio/Mitchell1971.html">Women’s Estate</ref> de Juliett Mitchell
            et cela  m’avait aidé à suivre, immédiatement après, un cours d’Eva Palomo
            dans une Université marxiste d’hiver à Bruxelles.
            <!-- Dans Lava, il y a alors eu seulement un article sur les grossesses pour autrui
            qui ne parle pas beaucoup de théorie et deux articles sur le plafond de verre qui n’en parlent pas du tout.
            Une série d’articles sur le féminisme, mauvais du point de vue marxiste, apparaissent dans Lava 5 -->
            J’avais rencontré ensuite diverses tentatives maladroites, schématiques
            comme de <ref target="../../biblio/Vertommen-Barbagallo2017-fr.html">Siggie Vertommen et Camille Barbagallo
            dans <title>Lava</title> en 2017</ref>.
            Il y avait eu, par contre, dans une Université marxiste de l’été 2017 des conférences de Christophe Darmangeat,
            dont j’ai alors lu <ref target="../../biblio/ChristopheDarmangeat.html">les livres</ref>,
            qui resituait le travail d’Engels.
            (En octobre 2017, j’avais entrepris l’édition digitale du <ref target="../../femmes/fem-rue/index.html">Féminisme est dans la rue</ref>. Là aussi, j’étais dans le féminisme, même si ce n’est pas du marxisme.)
          </note>,
          j’ai beaucoup lu,<!-- deux virgules parce que ce n’est pas lu-et-accumulé -->
          et accumulé beaucoup dans <ref target="../../biblio/index.html">mes notes de lecture</ref>,
          sur le féminisme marxiste.
          (Voir <term xml:lang="en">marxist feminism</term> ou <term>féminisme marxiste</term>
          dans <ref target="../../biblio/TEIindex.html">l’index des notions</ref>
          de mes notes de lecture en général. Voir là aussi, avant les notes de lecture,
          <ref target="../../biblio/ThMarxfem20.html">un survol de la littérature de la seconde vague</ref>.)
          Plus d’une fois, on y soulève la question de la reproduction de la classe ouvrière,
          ce qui impose de réfléchir à <ref target="#DMfm-valforcetrav">la valeur de la force de travail</ref>.
          J’ai voulu écrire quelque chose là-dessus et, après plusieurs tentatives de rédaction, très fragmentaires, inabouties,
          j’ai pensé en décembre 2019 être arrivé à quelque chose qui commençait à prendre forme,
          chose que j’ai alors commencé à publier ici — et, insatisfait, à retravailler.
        </p>
        <p rend="alinea">
          De 2019 à 2024, ceci est la énième tentative (du début novembre 2024) et l’avenir dira si ce sera la bonne.
          C’est du moins un nouveau départ. (Quelques corrections fin novembre 2025.)
        </p>



        <div xml:id="DMfm-capital" type="div2">
        <!-- div2 en col9, balises de son contenu en col11, contenu en col13 -->
          <head>Le capitalisme brise le patriarcat</head>

          <p rend="alinea">
            Si on prend au sérieux le <ref target="#manifeste"><title>Manifeste du parti communiste</title></ref> de Marx et Engels<note xml:id="DMfm-capital-not1" n="1" place="bottom">
              Je n’ai en rien le point de vue (néfaste) du respect des « écritures saintes » du marxisme.
              (Je suis, au contraire, plutôt contestataire, voir <ref target="#DMdialectique">ce que je pense du matérialisme historique</ref> et <ref target="#DMmathist">du matérialisme dialectique</ref>.)
              Je veux dire : si, lisant le <title>Manifeste</title>, on estime que ça tient la route.
            </note>,
            le capitalisme, c’est le commencement de la fin de la suprématie masculine.
            Le capitalisme casse tout.
            « La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire »,
            dit le <title>Manifeste</title>.
            Je prétends que le capitalisme casse le patriarcat aussi, même si, pendant deux siècles
            (disons de 1775 à 1975 pour simplifier), ça ne s’est pas tellement vu.
          </p>

          <!-- <divGen type="toc"/> -->
          <!-- Ceci ne donne pas une table des subdivisions de la division parente,
               mais la table complète de mes lectures de marxisme. -->
          <div xml:id="DMfm-capitalherit" type="div3">
          <!-- div3 en col11, balises de son contenu en col13, contenu en col15 -->
            <head>Héritage du passé</head>

            <p rend="alinea">
              La suprématie masculine prend bien sûr des formes variées, différentes, à différentes époques historiques.
              Je prétends que sous le capitalisme, le patriarcat n’est pas beaucoup plus qu’un héritage du passé,
              fondamentalement étranger au capitalisme<note xml:id="DMfm-capitalherit-not1" n="1" place="bottom">
                Je n’ai pas trouvé ça tout seul et je ne suis pas le seul à le dire :
                1988 Ellen Meiksins Wood, « Capitalism and Human Emancipation »,
                <title>New Left Review</title> I/167, Jan/Feb 1988.
              </note>.
              C’est le patriarcat du passé, sous des formes propres à l’époque actuelle<note xml:id="DMfm-capitalherit-not2" n="2" place="bottom">
                <ref target="../../biblio/DelphyLeger1976.html">Cristine Delphy et Danièle Léger en 1976</ref>
                sont d’accord entre elles que c’est un héritage du passé,
                mais Danièle Léger s’efforce alors d’y voir comme un patriarcat nouveau,
                créé par le capitalisme sur la base de l’ancien.
              </note>.
<!-- To do, voir où -->
              (Comme l’idéal du mariage et de la famille.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              La suprématie masculine, c’est un statut des hommes et des femmes.
              Dans beaucoup de sociétés, on a une étiquette collée sur le dos.
              (Autant dire dans toutes, avant le capitalisme.)
              On peut citer les castes en Inde ; les <term>états</term><note xml:id="DMfm-capitalherit-not3" n="3" place="bottom">
                D’où les <term>États généraux</term> convoqués alors.
              </note>
              dans la France d’avant la Révolution. Homme et femme sont des statuts dans le patriarcat.
              Un homme est un homme. Une femme est une femme. Ce sont deux statuts différents, inamovibles.
              Tout homme est, en un sens, supérieur à toute femme, juste parce qu’il est un homme et qu’elle n’est « qu’une » femme.
              C’est comme ça. C’est un statut. Chacun sa place.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pour le capitalisme, il n’y a aucun statut.
              Tous les statuts sont effacés (sauf les persistances du passé dans la culture).
              Il n’y a qu’une situation de fait.
              Ou bien on n’a pas de moyens d’existence : on est un prolétaire.
              Ou bien on a des capitaux suffisants pour faire travailler des prolétaires : on est un capitaliste.
              (À côté de ceux-là, quelques uns ont certains moyens qui leur permettent
              d’être producteurs indépendants de biens ou de services et de pouvoir à leur propre existence.)
              Il n’est interdit à personne de devenir capitaliste
              (même si une situation privilégiée au départ, ça aide énormément).
              Ce ne sont pas des statuts.
              Les prolétaires, les indépendants, les capitalistes peuvent être hommes ou femmes.
              Homme ou femme <emph>ne sont pas des statuts du capitalisme</emph>.
            </p>

            <label xml:id="DMfm-capitalherit-onetwo" rend="fakehead h3">
            Un système, deux systèmes
            </label>
            <p rend="alinea">
              Il y a toute une littérature sur la question « un système, deux systèmes ? »
              Sylvia Walby (<ref target="../../biblio/Walby1986.html">Walby 1986</ref>)
              présente sous forme de liste les positions qu'elle distingue dans cette discussion.
              Je considère qu'il n'est pas antimarxiste d'admettre que le capitalisme
              hérite de préjugés patriarcaux.
              Dans la conception matérialiste de l'histoire de Marx,
              les idées ne tombent pas du ciel,
              elles sont inspirées par ce que les gens vivent, surtout par les relations sociales.
              Mais cela n'exclut pas l'héritage d'idées correspondant à des relations sociales passées.
              Certaines et certains voudraient que sous le capitalisme,
              tout s'explique par la relation d'exploitation du capitalisme.
              Il s'agit en quelque sorte d'une réduction du marxisme à des connaissances,
              parfois de seconde main, des concepts de base du Livre I du <title>Capital</title>.
              Jetant un regard rétrospectif sur la discussion,
            </p>

            <label xml:id="DMfm-capitalherit-opportunist" rend="fakehead h3">
              Le capitaliste fait un usage opportuniste des préjugés patriarcaux
            </label>
            <p rend="alinea">
              Bien sûr, le capitalisme profite de tout ce qui divise et affaiblit les travailleurs<!-- <note
              xml:id="DMfm-capitalherit-not4" n="4" place="bottom">
                À titre de comparaison : la religion est totalement étrangère au capitalisme ;
                le capitalisme est agnostique.
                Cependant le capitalisme, héritant des religions passées, peut les instrumentaliser
                (et Althusser peut même appeler ça appareil idéologique d’État).
                Appareil peut-être, mais ça n’en reste pas moins inessentiel au sens étymologique :
                non essentiel, même si c’est, peut-être, très important.
              </note> Repris plus loin. -->.
              Le fait qu’au départ les ouvriers étaient de préférence des hommes,
              en tout cas pour des travaux lourds<note xml:id="DMfm-capitalherit-not4" n="4" place="bottom">
                Quand j’écris « le fait », ça appelle une étude concrète
                des différentes époques du capitalisme et des différents secteurs d’industrie.
                Judith Brown (<ref target="#DMfm-JudithKBrown">voir une section précédente</ref>) parlait de la préhistoire,
                mais on pourrait revoir à la lumière de son argument, mutatis mutandis,
                la répartition du travail selon le sexe dans l’histoire du capitalisme.
              </note>,
              fait renforcé par l’idéologie (bourgeoise) du chef de famille gagne-pain de toute la famille (ou supposé tel),
              a permis de faire entrer des ouvrières dans la production capitaliste pour un « salaire d’appoint ».
              (Cela a permis de diminuer d’autant le salaire masculin.
              Voir <ref target="#DMfm-valforcetrav">plus loin sur la valeur de la force de travail</ref>.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il est faux de dire que le capitalisme aurait « inventé » ce modèle familial de l’homme gagne-pain,
              dans son intérêt, pour soumettre la femme ou « exploiter » son travail ménager gratuit.
              Il y a eu dans le capitalisme toujours coexistence de situations diverses,
              tant de chefs de famille gagne-pain que de ménages à deux salaires, selon les secteurs d’industrie.
              L’idée qu’il y aurait une périodisation<note xml:id="DMfm-capitalherit-not5" n="5" place="bottom">
                <ref target="../../biblio/Fraser2016.html">Nancy Fraser 2016</ref> en est un bel exemple :
                trois « régimes » successifs du capitalisme (régime en traduction française ou néerlandaise, mais déjà en anglais),
                avec chaque fois modèle familial adapté.
              </note>
              est une illusion<note xml:id="DMfm-capitalherit-not6" n="6" place="bottom">
                <ref target="../../biblio/Barrett1980.html">Michèle Barrett (1980)</ref> souligne
                qu’il y a une grande distance entre les histoires de « modèle de la femme au foyer » et d’armée de réserve,
                les tentatives de périodisation et les chiffres réels de l’emploi féminin
                (page 230, entre autres, dans <ref target="../../biblio/Barrett2014.html">l’édition 2014 que je lis</ref>).
                Les femmes ont pu chômer plus dans la crise de l’entre-deux-guerres
                et ont clairement été très mobilisées dans l’industrie pendant la Seconde Guerre mondiale.
                Dans la simplification historique consacrée, il va de soi qu’elles ont été « renvoyées au foyer » une fois la guerre finie.
                Mais l’histoire n’obéit pas aux évidences simplistes ; en réalité l’emploi a peu diminué.
                Il est important de réunir des chiffres d’emploi féminin à différentes périodes
                dans les principaux pays capitalistes développés.
                (Comme le fait Sylvia Walby dans <ref target="../../biblio/Walby1990.html">Walby 1990</ref>.)
                Il faut distinguer la réalité de l’emploi féminin
                de l’image de « ménage idéal » du film hollywoodien des années 50 avec femme au foyer et homme gagne-pain
                (dans une belle et grande maison, détachée, pelouse devant, jardin derrière et garage sur le côté).
              </note>
              et la spécificité de l’emploi réel des femmes oblige à relativiser l’idée
              qu’elles constituent une « armée de réserve » qu’on peut mobiliser et renvoyer comme on veut.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il est vrai que l’inégalité de statut est inscrite dans des lois et des pratiques.
              Or « le gouvernement moderne n’est qu’un comité
              qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière » (<title>Manifeste</title>).
              Ça, c’est l’État dans son principe. L’État, c’est la domination de la classe dominante.
            </p>
            <p rend="alinea">
              L’État en pratique, c’est aussi un appareil d’État, avec différentes facettes,
              ce qui permet de dire aussi (comme Althusser) appareils d’État au pluriel.
              Il ne faut pas penser que l’appareil d’État, ce serait le bureau exécutif du comité central de l’organisation des capitalistes,
              organisation qui tout simplement n’existe pas. (Ce serait de l’ordre de la théorie du complot.)
              Le gouvernement, ce sont des politiciens gérant une formation sociale capitaliste.
              Les mécanismes de liaison entre base et idéologie (et de confortables indemnités de fonction)
              assurent que beaucoup de politiciens ont suffisamment intégré l’idéologie capitaliste pour gouverner en faveur du capital
              sans que les capitalistes doivent à chaque instant leur souffler à l’oreille ce qu’ils ont à faire.
              Vu la pesanteur du patriarcat dont le capitalisme hérite du passé,
              ces politiciens n’ont pas seulement intégré à divers degrés l’idéologie capitaliste,
              ils ont intégré en plus, à différent degré selon les familles politiques, la conception patriarcale ancestrale.
              De même, certains conservent, et d’autres pas, diverses idéologies religieuses elles-mêmes patriarcales.
              Les lois et pratiques culturelles patriarcales institutionnalisées sous le capitalisme<note xml:id="DMfm-capitalherit-not7" n="7" place="bottom">
                On a considéré dans le passé que la stabilité des familles est bénéfique pour la stabilité de la société
                et il se peut que ça le soit pour la société capitaliste aussi.
                Cependant, le détail des lois sur le mariage, comme le mariage ou non des homosexuels,
                les lois sur l’avortement, le régime fiscal des couples non mariés…
                tout ça est lié aux préjugés des divers courants politiques et non à l’intérêt des capitalistes.
              </note>
              ne prouvent en rien que le patriarcat serait une dimension essentielle du capitalisme<note xml:id="DMfm-capitalherit-not8" n="8" place="bottom">
                Comparaison : Althusser qualifie les religions d’appareil idéologique d’État.
                Le capitalisme peut trouver les religions utiles pour entretenir le respect de l’autorité,
                mais les religions n’appartiennent pas au capitalisme et si elles n’existaient pas, ou se perdaient,
                le capitalisme continuerait bien sans.
              </note>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il y a longtemps que dans des sociétés fondamentalement agricoles
              avec des voies directes d’affectation du produit, il y a aussi des échanges marchands.
              Cependant, le capitalisme est la première forme de société massivement marchande
              et donc la première dans laquelle le marché atteint sa pleine maturité.
              Les gens échangent des choses concrètes, des valeurs d’usage,
              mais la généralisation de l’échange efface, écrase, aplatit, en valeur, tout ce qui est travail concret.
              En valeur (pas au sens moral, mais au sens économique marxiste<note xml:id="DMfm-capitalherit-not9" n="9" place="bottom">
                Au sens introduit par Karl Marx,
                <ref target="#CapI-valeurconcept"><title>Capital</title>, Livre I, chapitre 1, § 1</ref>.
              </note>),
              à cause de l’universalité de l’échange marchand,
              il ne reste que du <ref target="#CapI-valeurconcept">travail abstrait</ref>.
              Le travail abstrait n’a pas de sexe<note xml:id="DMfm-capitalherit-not10" n="10" place="bottom">
                Christophe Darmangeat (<ref target="../../biblio/Darmangeat2012.html#Darmangeat2012p309-310">Darmangeat 2012</ref>) aussi mentionne explicitement le travail abstrait et son caractère asexué.
                Je n’y avais peut-être pas pensé avant de l’entendre de lui ou de le lire chez lui.
              </note>.
              Ouvrières et ouvriers sont fondus dans le <term xml:lang="en">melting pot</term> du travail abstrait<note xml:id="DMfm-capitalherit-not11" n="11" place="bottom">
                Et le travail abstrait, d’ailleurs, c’est Marx, théoriquement, qui le met en lumière,
                mais ce n’est pas que théorique : pas une abstraction pour simplifier, pour clarifier la situation,
                un moyen utile dans la tête du penseur de la société,
                c’est surtout une abstraction <emph>réellement réalisée</emph> par le marché.
                Ce sont les échanges à valeur égale qui gomment les différences qu’on le veuille ou non, qu’on le pense ou non.
                Le marché capitaliste gomme effectivement, entre autres, la différence de sexe des ouvrières et ouvriers.
                (On dit que l’argent n’a pas d’odeur. C’est le cas de dire : l’argent n’a pas de sexe.)
              </note>.
              Ceci est tout à fait étranger au patriarcat.
            </p>
            <p rend="alinea">
              L’intervention commune d’ouvrières et d’ouvriers dans la production capitaliste
              en fait des camarades de travail, et c’est un début d’effritement du patriarcat.
              Depuis les débuts de l’humanité, les hommes et les femmes ont un statut absolument différent.
              Dans l’usine, ce statut persiste dans la tête des gens et dans l’autorité de chefs masculins,
              mais il est mis en cause dans la coopération des ouvrières et ouvriers à la production commune.
              Comme ils le sont théoriquement dans le travail abstrait,
              les ouvrières et ouvriers sont fondus pratiquement dans le travailleur collectif
              et <ref target="#CapitalI-1872frp211-212">Marx souligne explicitement le caractère novateur et fondateur de ce fait</ref>.
              En outre, il y a la lutte de classes où les hommes sont amenés à prendre conscience
              que les femmes sont camarades de lutte aussi<note xml:id="DMfm-capitalherit-not12" n="12" place="bottom">
                Les membres du travailleur collectif prennent conscience de leur unité
                dans le travail mais plus encore dans les luttes.
                Dans la fameuse grève des femmes de Herstal, les hommes, sans doute distants, réservés,
                si pas hostiles dans un premier temps, ont été impressionnés par la combativité et la détermination des femmes.
                Ce sera le cas aussi, plus tard, dans la grève des femmes à Ford Daghenham, grève plus petite,
                mais paralysant une usine bien plus grande et popularisée par un beau film :
                <title>We Want Sex Equality (Made in Dagenham)</title>, 2010.
                Sur ce point, voir le travail d’Eleanor Marx pour organiser syndicalement des ouvrières
                et pour faire accepter ces organisations dans les fédérations syndicales dominées par les hommes.
                (Chushichi Tsuzuki, <ref target="../../biblio/Tsuzuki1967.html">The Life of Eleanor Marx, 1855-98, 1967</ref>,
                Yvonne Kapp, <ref target="../../biblio/Kapp1977b.html">Eleanor Marx, volume two, 1977</ref>,
                Rachel Holmes, <ref target="../../biblio/Holmes2014.html">Eleanor Marx, 2014</ref>,
                Mary Gabriel, <ref target="../../biblio/Gabriel2011.html">Love and Capital, 2011</ref>.)
                Avant cela, les femmes dans la Commune de Paris.
                Les femmes déclenchant la Révolution russe au début de 1917.
              </note>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              La pesanteur de l’idéologie patriarcale chez les ouvriers (masculins) est grande.
              Le changement des mentalités est lent.
              Cependant, dans les statuts solides du patriarcat à toutes les époques historiques antérieures,
              il ne peut être question de changement de mentalités, sauf tout à fait marginal.
              Au contraire, à partir du capitalisme, ces statuts ne sont plus qu’héritage des époques antérieures ;
              ils sont ébranlés et, pour la première fois de l’histoire, un réel changement de mentalité est possible.
              Ce changement est lent mais observable.
              <ref target="#DMfm-evolvisible">J’y reviens en fin de ce chapitre</ref> sur le capitalisme.
            </p>
          </div><!-- fin de DMfm-capitalherit -->

          <div xml:id="DMfm-valforcetrav" type="div3">
          <!-- div3 en col11, balises de son contenu en col13, contenu en col15 -->
            <head>Valeur de la force de travail, sa reproduction et le travail ménager</head>

            <div xml:id="DMfm-viepriv" type="div4">
              <head>Production sociale et vie privée</head>
            <!-- <label xml:id="" rend="fakehead h3"></label> -->
              <p rend="alinea">
                Les prolétaires, par définition, n’ont pas les moyens de vivre.
                La relation entre capital et prolétariat, c’est que le prolétaire accepte librement de mettre,
                un temps déterminé, sa force de travail à la disposition d’un capitaliste,
                en contrepartie de quoi le capitaliste prendra financièrement en charge les moyens de sa survie.
                Cette prise en charge financière, le salaire, couvre en principe la valeur de la force de travail,
                à savoir la valeur des moyens de survivre.
                Il s’agit de survie au sens large.
                Il ne s’agit pas seulement d’un toit protégeant un lit pour dormir
                et de la nourriture pour reconstituer ses forces pour revenir travailler le lendemain,
                il s’agit aussi de faire des enfants de prolétaires et de les éduquer pour que le système se perpétue.
                Le contrat de travail lie un capitaliste avec un ouvrier ou une ouvrière en particulier,
                mais la disparité des situations<note xml:id="DMfm-valforcetrav-not1" n="1" place="bottom">
                  Marx fait remarquer : « un ouvrier est marié, l’autre non ; l’un a plus d’enfants que l’autre, etc., etc. »,
                  <ptr target="#Gotha-Gloses-I"/>.
                </note>
                face à la nécessité de la reproduction du prolétariat
                fait que la valeur de la force de travail ne peut pas être individuelle ;
                la valeur de la force de travail d’un individu n’est qu’une fraction individuelle d’un tout
                qui doit être au minimum familial<note xml:id="DMfm-valforcetrav-not2" n="2" place="bottom">
                  Quand j’ai voulu creuser la réflexion sur la reproduction du prolétariat
                  à la lumière de la valeur de la force de travail<!-- voir ce que ça devient
                  (<ptr target="http://d-meeus.be/marxisme/classiques/DMforcetravreprod.html"/>) -->,
                  cette conclusion s’est imposée à moi,
                  mais j’aurais été plus rassuré de savoir que Marx l’avait pensé aussi, avant moi.
                  J’ai vainement cherché, jusqu’à ce que <ref target="../../biblio/Boussedra2018.html">la thèse de Saliha Boussedra</ref>
                  (Deuxième partie, chapitre 4, II.1) me l’indique :
                  c’est en <ref target="#Capital-Ichap13para3">Capital, Livre I, 4<hi rend="ordinal">e</hi> section, chap. 13, § 3</ref>.
                </note>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                En fin de compte, l’ensemble des capitalistes supporte financièrement
                l’ensemble des moyens de la reproduction du prolétariat,
                que ce soit par l’emploi seulement du chef de famille gagne-pain
                ou par l’emploi des hommes et des femmes (et des enfants).
                La valeur totale ne change pas. Les capitalistes prennent en charge les moyens de vivre des prolétaires
                (à un niveau variable dans l’histoire, dépendant des rapports de force),
                mais ils ne vont pas la prendre en charge deux fois.
                Pour la même valeur, c’est tout à l’avantage des capitalistes
                d’avoir dans les usines les hommes et les femmes (et les enfants) plutôt que les hommes seuls.
                d’avoir dans les usines les hommes et les femmes (et les enfants) plutôt que les hommes seuls.
                Dire que le capitalisme serait attaché au modèle du chef de famille gagne-pain,
                pire : qu’il l’aurait inventé, c’est de la blague.
                (Il y a bien un problème pour la femme au foyer avec un chef de famille gagne-pain :
                le capitalisme prend financièrement en charge la reproduction de ce ménage,
                mais cet argent va dans la poche de son homme.)
                Les capitalistes apprécient les occasions de diviser pour régner, mais, à part cela,
                l’égalité des salaires entre hommes et femmes ne compromettrait pas le principe de l’exploitation.
                Globalement, ça ne change pas la valeur de la force de travail.
              </p>
            </div>
          </div><!--

          <div xml:id="DM-FT-reproforcetra" type="div3">
            <head>Reproduction de la force de travail et travail ménager</head> --><!--
          <label xml:id="DM-FT-reproforcetra" rend="fakehead h2">
            Reproduction de la force de travail et travail ménager
          </label> -->
          <div xml:id="DMfm-reproforcetra" type="div3">
            <head>Reproduction de la force de travail et travail ménager</head>
            <p rend="alinea">
              La force de travail est une marchandise. Cette marchandise est produite.
              Sa valeur est constituée de la somme des valeurs des moyens d’existence des prolétaires,
              parce que c’est ce qu’il en coûte de produire la force de travail.
              Cela pose différents problèmes mal compris.
            </p>

            <div xml:id="DMfm-negligeforcetrav" type="div4">
              <head>Les capitalistes négligeraient la reproduction de la force de travail</head>
            <!-- <label xml:id="DMfm-negligeforcetrav" rend="fakehead h3">
              Les capitalistes négligeraient la reproduction de la force de travail
            </label> -->
              <p rend="alinea">
                Considérons un ménage paysan disposant de moyens de production : de la terre et de l’équipement.
                Supposons que ces paysans produisent des pommes de terre pour le marché.
                S’ils veulent manger de leurs pommes de terre,
                il leur faut non seulement les produire, mais encore les peler, les laver, les cuire.
                Un ménage d’indépendants, autre qu’un ménage de paysans,
                a des moyens de production avec lesquels il produit pour le marché.
                Ils n’ont pas directement de moyens de subsistance (comme le ménage paysan, qui peut manger une partie de sa production),
                mais la vente de leurs produits leur donne l’argent nécessaire pour les acquérir.
                S’ils achètent des pommes de terre, il leur faudra aussi encore les peler, les laver, les cuire.
                Un ménage prolétaire n’a, par définition, pas de moyens de production.
                Mais en vendant la force de travail d’une ou plusieurs personnes, ce ménage a, comme le ménage d’indépendants,
                l’argent nécessaire pour acquérir ses moyens de subsistance.
                S’ils achètent des pommes de terre, il leur faudra aussi encore les peler, les laver, les cuire.
                On peut faire les mêmes considérations sur tous autres aspects du travail domestique.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Les prolétaires se distinguent totalement des paysans et des indépendants en ce qu’ils n’ont pas de moyen de production.
                Mais une fois qu’ils vendent de la force de travail, ils obtiennent de l’argent comme moyen d’existence
                et, sur ce plan-là, leur situation devient identique à celle des indépendants.
                Ce point est très important.
                Tout le courant du travail au salaire ménager et tout le courant de la soi-disant social reproduction theory
                hurlent qu’on ne vit pas seulement d’argent, encore faut-il peler, laver, cuire les pommes de terre.
                C’est juste, sauf que… les capitalistes n’ont rien à voir là-dedans,
                pas plus pour les prolétaires que pour les indépendants, paysans ou non.
              </p>
              <p rend="alinea">
                On peut faire les mêmes considérations sur le fait de faire, ou non, des enfants.
                (Ce qui implique, bien sûr, de les élever et de les éduquer.)
                Les ménages paysans, les ménages indépendants, les ménages prolétaires font des enfants librement,
                pour de bonnes raisons ou sans raison. On fait aussi parfois des enfants sans l’avoir voulu.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Toutes les espèces animales font ça et l’espèce humaine n’y fait pas exception,
                sinon nous ne serions pas là pour le dire. Ce n’est pas une bizarrerie qui n’apparaît qu’avec le capitalisme.
                Marx parle de l’achat et de la vente de la force de travail
                au <ref target="#Capital-Ichap4para3">paragraphe 3 du chapitre 4 du Livre I du <title>Capital</title></ref>.
                Beaucoup de marxistes l’ont lu ou ont reçu une formation qui en donne l’essentiel.
                Mais Marx à écrit aussi sur <ref target="#Capital-Ichap21-1983p642">la reproduction du capital et de la force de travail, au chapitre 21</ref><note xml:id="DMfm-valforcetrav-not3" n="3" place="bottom">
                  Ce peut être chapitre 23 dans des éditions obsolètes en français
                  et ce sera 23 aussi dans toutes les éditions en anglais.
                </note>
                et il faut lire ça aussi.
                Le rôle des capitalistes s’arrête à la fourniture, en argent, des moyens d’existence.
                L’utilisation de ces moyens d’existence, manger, faire des enfants,
                c’est du domaine de la vie privée des ménages prolétaires, pas du capitalisme.
                Les prolétaires ne sont pas un bétail qui appartiendrait aux capitalistes
                et que les capitalistes devraient donc élever en s’occupant de leur reproduction<note xml:id="DMfm-valforcetrav-not4" n="4" place="bottom">
                  Je ne sais si j’ai l’air ici d’enfoncer une porte ouverte.
                  Je trouve cette précision importante parce que,
                  dans des textes qui parlent de reproduction de la force de travail et de travail ménager,
                  on souligne que l’existence d’une force de travail est prérequis absolu pour que le capitalisme existe
                  et on s’étonne alors que le capitalisme « ne prenne pas sa responsabilité »
                  dans la reproduction de cette force de travail.
                  On présente aussi le travail ménager comme un complot capitaliste contre les femmes.
                  (La championne de cette théorie du complot —
                  championne, à vrai dire, hors concours, de toutes les dérives du genre —,
                  c’est bien sûr Silvia Federici, comme dans <ref target="../../biblio/Federici1975.html">son pamphlet de 1975</ref>.)
                  C’est en gros le courant de la soi-disant <term xml:lang="en">social reproduction theory</term>.
                  Voir l’entrée <term xml:lang="en">social reproduction theory</term>
                  dans l’<ref target="../../biblio/TEIindex.html">index des notions</ref> de mes notes de lecture générales.
                </note>.
                Quand Marx dit (au chapitre 21) que le capitaliste
                « peut faire confiance à l’instinct de conservation et à l’instinct sexuel des ouvriers »,
                on peut trouver à ça le ton d’une boutade, mais c’est à la base de sa conception matérialiste de l’histoire.
                Nous sommes un animal à reproduction sexuée et ce depuis bien avant le capitalisme..
              </p>
            </div>

            <div xml:id="DMfm-travmenagernonpaye" type="div4">
              <head>Les capitalistes profiteraient d’un travail ménager qu’ils ne paient pas</head>
              <!-- <label xml:id="DMfm-travmenagernonpaye" rend="fakehead h3">
                Les capitalistes profiteraient d’un travail ménager qu’ils ne paient pas
              </label> -->
              <p rend="alinea">
                Non seulement le capital ne s’occupe pas de reproduire la force de travail
                (il abandonne ça au ménage), mais, dit-on, il ne paie pas le travail ménager,
                lequel est pourtant essentiel au fonctionnement du capitalisme, puisqu’il produit la force de travail.
                C’est ne pas comprendre que sous le capitalisme, jamais aucun travail n’est payé.
                Ce que les capitalistes paient, c’est la force de travail,
                et ils la paient en moyens d’existence (en salaire qui permet de les acheter).
                Comme la valeur de la force de travail, ce sont les moyens d’existence du ménage et de sa reproduction
                (pas seulement la reproduction quotidienne de la force de la travailleuse ou du travailleur),
                le travail ménager est tout aussi payé que le travail à l’usine.
                (Il est payé ni plus ni moins indirectement que le travail à l’usine :
                il est payé par les moyens d’existence du ménage, sous forme de salaire permettant de les acheter.)
                Les capitalistes prennent entièrement en charge (bien ou mal, c’est une autre question)
                les moyens d’existence du ménage, en échange de la force de travail.
                Exiger que le travail ménager soit payé au même titre que le travail à l’usine
                revient à demander que les capitalistes paient en double les moyens d’existence du ménage<note xml:id="DMfm-valforcetrav-not5" n="5" place="bottom">
                  C’est le problème posé par le courant du salaire au travail ménager
                  qui survit dans la soi-disant <term xml:lang="en">social reproduction theory</term>.
                  Voir dans l’<ref target="../../biblio/TEIindex.html">index des notions</ref> de mes notes de lecture générales,
                  les entrées <term>salaire au travail ménager</term> et <term xml:lang="en">social reproduction theory</term>.
                  Voir aussi le côté droit de mon <ref target="../../biblio/ThMarxfem20.html">schéma de la littérature de la seconde vague du féminisme</ref>.
                  Je ne conteste pas que la femme au foyer, qui ne travaille pas à l’extérieur,
                  se trouve dans la situation difficile de n’être pas payée,
                  au sens qu’aucune somme d’argent ne lui est payée en reconnaissance directe du gros travail qu’elle fait.
                  Mais le problème n’est pas que son travail n’est pas payé, le problème, pour elle,
                  est qu’il est payé dans les mains de son époux
                  (le salaire qui assure les moyens d’existence du ménage, d’elle et de lui).
                </note>.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="DM-FM-travmenagerprod" type="div4">
              <head>Le travail ménager serait un prolongement négligé, oublié de la production</head>
            <!-- <label xml:id="DMfm-travmenagerprod" rend="fakehead h3"><
              Le travail ménager serait un prolongement négligé, oublié de la production
            </label> -->
              <p rend="alinea">
                Pour prendre une distance momentanée avec « le travail non payé des femmes »,
                supposons un travailleur masculin logé, nourri, blanchi dans une pension de famille, qu’il paie avec son salaire.
                « Ah, mais, dira-t-il, c’est pas tout ça. L’agent n’est pas tout.
                Il faut encore le matin que je me lave les dents et que je m’habille, et, ça, le capitaliste l’oublie.
                Il ne prend pas entièrement sa responsabilité dans la reproduction de la force de travail.
                Il m’en laisse une partie sur le dos sans compensation. »
                Pensez-vous que ce type exagère, qu’il est fou ?
                Je ne sais ce que vous en pensez, mais c’est certainement mon opinion sur Sivia Federici et autres.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Il faut lier à cela la question de savoir si ce travail crée de la valeur.
                [Ici, je dois encore développer et faire le lien à l’abondante littérature là-dessus.]
                L’essai le plus poussé, à mes yeux le plus sérieux théoriquement,
                le plus inventif, le plus élégant — bien que complètement dans l’erreur —,
                me semble celui que Lise Vogel, en 1983,
                tente de fonder sur la notion de <term>travail nécessaire</term> chez Marx.
                J’ai fait <ref target="../../biblio/Vogel2013.html">de cet essai de Lise Vogel dans son livre de 1993
                (réédité en 2013) une recension</ref> exceptionnellement longue, détaillée, argumentée,
                que je ne vais pas reprendre ici, mais qu’il faut aller lire,
                en particulier sur <ref target="../../biblio/Vogel2013.html#Vogel2013-domestic">le travail domestique</ref>.
                Cette discussion de la tentative de Vogel est <emph>presque aussi longue
                que le présent essai</emph> sur le féminisme marxiste.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="DMfm-vasescomm" type="div4">
              <head>
                Travail ménager et valeur de la force de travail
              </head>
              <p rend="alinea">
                Le volume de travail ménager et la valeur de la force de travail sont en quelque sorte
                en situation de vases communicants.
                Plus exactement, il faudrait lier volume de travail ménager
                à la quantité et à la qualité <emph>de valeurs d’usage</emph>
                que l’on peut obtenir avec le salaire qui paie la valeur de la force de travail.
                L’augmentation de la valeur de la force de travail,
                ou l’augmentation de productivité qui permet, à valeur égale, d’acquérir plus de valeurs d’usage,
                ou les deux augmentations réunies, donnent au ménage <emph>plus de moyens</emph>,
                moyens qui peuvent alléger le travail ménager.
                Je pense au travail ménager au sens large, à la reproduction de la force de travail,
                y compris faire des enfants. Si on touche plus de salaire,
                on peut payer avec son salaire net plus de services marchands, comme une crèche.
                Si le salaire augmente, plus de salaire indirect peut aller à des services publics qui allègent le travail ménager.
                En fin de compte, la lutte pour un travail ménager allégé,
                plus facile à concilier avec le travail à l’extérieur de l’homme et de la femme,
                grâce à plus de biens et services marchands et non marchands,
                c’est une lutte pour <emph>revaloriser</emph> la force de travail, c’est une lutte salariale.
              </p>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="DMfm-evolvisible" type="div3">
            <head>Évolution visible</head>
            <!--<label xml:id="DM-FM-evolvisible" rend="fakehead h3">
              Évolution visible
            </label> -->
            <p rend="alinea">
              Depuis, le début du capitalisme, des femmes ont lutté pour l’égalité des droits.
              Certaines ont réussi au 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, dans certains pays, à se faire admettre à l’université.
              Certaines ont lutté, et, après une longue lutte, réussi à se faire accepter comme médecin ou comme avocate.
              Au 20<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, les femmes ont obtenu le droit de vote.
              Ces minces résultats ont été lents et on a pu considérer que c’étaient des exceptions qui confirment la règle,
              que le capitalisme reste intrinsèquement lié au patriarcat.
            </p>
            <p rend="alinea">
              La seconde vague du féminisme a relancé les luttes avec une ampleur plus grande.
              Cependant l’image qu’on pouvait avoir alors, c’est justement l’image ci-dessus, que rien ne change.
              Par contre en 2020, cinquante ans après 1970,
              il faut prendre conscience de ce que les changements ont été énormes
              par comparaison avec la presque fixité des deux siècles précédents.
              Il reste pour les femmes plein de problèmes non ou mal résolus,
              mais certaines choses au moins qui sont plus ou moins acquises aujourd’hui étaient impensables auparavant.
            </p>
            <p rend="alinea">
              C’est la preuve pragmatique de ce que le capitalisme se fout du patriarcat.
              Tant que les préjugés patriarcaux persistent, le capitalisme en profite de diverses manières.
              Si le patriarcat est en voie de disparition, ce n’est pas dramatique pour le capitalisme,
              ça ne l’empêche en rien de continuer à exploiter le prolétariat autant et même plus<note xml:id="DMfm-evolvisible-not1" n="1" place="bottom">
                Il faut garder à l’esprit aussi des formes importantes d’inégalités entre hommes et femmes,
                d’oppression et d’exploitation des femmes dans le tiers monde et dans les relations entre pays riches et pays pauvres.
                Dans la présente ébauche, comme je l’ai dit en commençant,
                je me suis limité à un examen du capitalisme dans les pays capitalistes avancés.
              </note>.
            </p>
          </div>
          <!-- div2 Et après 829→893 -->
          <!-- Je ne sais s’il vaut mieux reprendre et améliorer le XML ou récrire d’abord un LibreOffice Writer.
               Un compromis serait de reprendre en XML et d’améliorer en LibreOffice Writer
               en enregistrant les modifications pour corriger le XML. -->

        </div>

        <div xml:id="DMfm-capitensuite" type="div2">
          <head>Capitalisme et ensuite</head>
          <!-- div2 en col9, balises de son contenu en col11, contenu en col13-->

          <label xml:id="DMfm-luttesdem" rend="fakehead h2"><!--  type="div3" -->
            Luttes démocratiques
          </label>
          <p rend="alinea">
            Dans le capitalisme, la contradiction principale est celle de l’exploitation,
            contradiction de classes entre bourgeoisie et prolétariat.
            Pour le prolétariat et pour les communistes, c’est la lutte principale.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il y a d’autres luttes à mener, qu’on pourrait qualifier de démocratiques.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Voir Lénine dans <title>Que Faire ?</title><note xml:id="DMfm-capitensuite-not1" n="1" place="bottom">
              <ref target="#Len5QueFaire-III">Dans III Politique trade-unioniste et politique social-démocrate</ref>,
              surtout sous c) et e).
            </note>
            Voir Lénine sur le divorce<note xml:id="DMfm-capitensuite-not2" n="2" place="bottom">
              Dans <ref target="#Len23CaricatureDuMarxisme">Une caricature du marxisme et à propos de l’ « économisme impérialiste »</ref>,
              sous 6. Les autres questions politiques…
            </note>.
          </p>

          <label xml:id="DMfm-socialisme" rend="fakehead h2"><!--  type="div3" -->
            Socialisme
          </label>
          <p rend="alinea">
            Il faut retenir de ce qui précède que le capitalisme casse le patriarcat.
            C’est un tournant dans l’histoire de l’humanité.
            Le capitalisme crée les conditions où la contestation du patriarcat et son recul sont possibles.
            En outre, ce recul a effectivement commencé et est tout à fait visible sur les cinquante dernières années.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Cependant, un grand nombre d’injustices et de préjugés persistent.
            Même si le patriarcat lui est fondamentalement étranger,
            le capitalisme ne va pas non plus le combattre ni combattre les forces qui veulent le maintenir.
            Tous les acquis peuvent être remis en question.
          </p>
          <p rend="alinea">
            En particulier, le capitalisme, en temps normal, maintient sa domination par la démocratie bourgeoise.
            En cas de crise grave, il peut parier sur un autre cheval, comme le fascisme<note xml:id="DMfm-capitensuite-not3" n="3" place="bottom">
              Le fascisme n’est pas l’opposé de la démocratie bourgeoisie,
              comme la démocratie bourgeoise voudrait le faire croire ;
              on pourrait dire plutôt l’autre face d’une même médaille.
            </note>
            en Italie et en Allemagne dans l’entre-deux-guerres.
            C’est un danger qui se dessine actuellement dans divers pays dont le nôtre et qui va s’aggraver avec la crise économique,
            sans parler des bouleversements auxquels on doit s’attendre avec la dégénérescence du climat.
            Le fascisme n’est pas particulièrement favorable aux femmes.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Même si c’est le capitalisme qui constitue le commencement de la fin du patriarcat,
            ce n’est que sous le socialisme que les femmes et les hommes peuvent mener à bien
            de manière complète et définitive — ça ne se fera pas tout seul —
            l’élimination du patriarcat entamée sous le capitalisme.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMfm-patriarcat" type="div2">
        <!-- div2 en col9, balises de son contenu en col11, contenu en col13 -->
          <head>
          Annexe 1
          <lb/>
          Préhistoire du patriarcat
          </head>

          <p rend="alinea">
            Il y a <emph>depuis très longtemps</emph> dans l’ordre social une <term>suprématie masculine</term>.
            Le mot suprématie convient particulièrement bien ici en ce qu’il a
            deux sens <ref target="https://www.cnrtl.fr/definition/suprématie">selon le TLFi</ref> :
            A. Supériorité de puissance ; B. Supériorité de valeur
            — ce qui couvre raisonnablement bien à la fois ce qu’on appelle parfois « domination masculine<note xml:id="DMfm-patriarcat-not1" n="1" place="bottom">
              La « domination masculine » est un singulier générique un peu risqué
              si chaque homme ne domine pas vraiment, ou au même degré, toutes les femmes.
              Certains hommes sont dans une position de domination plus générale.
              Les autres hommes dominent les femmes de leur entourage.
            </note> »
            et ce qu’on appelle parfois « chauvinisme mâle<note xml:id="DMfm-patriarcat-not2" n="2" place="bottom">
              Le « chauvinisme mâle » est de même un singulier dont il faut voir le caractère collectif.
              C’est le chauvinisme de chaque homme,
              mais la conception de supériorité de valeur des mâles dans une société patriarcale
              est plus que la somme des opinions des individus, c’est aussi l’idéologie de la société.
            </note> »,
            et tout ce qu’on peut voir entre les deux.
            Le tableau général est le suivant : les hommes sont considérés comme supérieurs aux femmes
            (plus intelligents, plus capables, plus entreprenants…) et se considèrent comme tels.
            La société leur réserve les fonctions de pouvoir, dans l’État, dans les institutions ou dans les entreprises.
            La société confère aussi aux hommes en général une autorité sur les femmes.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Aussi loin qu’on remonte dans l’histoire, les femmes ont eu une position inférieure, dans la société et dans la vie privée.
            La suprématie prend des accents différents dans des sociétés différentes.
            Il s’agit d’un ordre social qui a changé au cours des millénaires.
            C’est bien connu dans le cas de la Grèce antique, de la Rome antique, mais c’est bien plus ancien
            comme le montre <ref target="../../biblio/Lerner1987.html">l’étude de Gerda Lerner, 1986</ref>.
            C’est le cas de la féodalité européenne et ensuite, sans parler du reste du monde.
            Depuis longtemps, cela comporte une relégation des femmes au foyer.
            (Xénophon a théorisé cela dans son <title>Économique</title><note xml:id="DMfm-patriarcat-not3" n="3" place="bottom">
              Et <ref target="../../biblio/Pomeroy1994.html">Sarah Pomeroy (1994)</ref>
              examine l’<title>Économique</title> d’un point de vue féministe.
              (Trois siècles avant Xénophon,
              Hésiode défend au contraire le point de vue que la femme ne sert à rien, n’est qu’un fardeau.)
            </note>.)
            Dans le passé récent de l’Occident (disons des 19e et 20e siècles),
            cet aspect du patriarcat a pris la forme d’un certain idéal bourgeois du mariage et de la famille :
            le mari (chef de famille et gagne-pain) assure par son activité les moyens d’existence de la famille.
            L’épouse n’a pas d’emploi extérieur (« elle ne travaille pas », dit-on),
            parce que cela ne convient pas à une femme et parce que son rôle est de s’occuper du foyer.
            (Si, par nécessité, elle devait « aller travailler » ce serait déshonorant pour son mari,
            révélant qu’il n’est pas à la hauteur, pas tout à fait capable comme gagne-pain.)
            Au 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, des femmes se sont battues pour être admises à l’université.
            Avec un diplôme, elles ont dû se battre pour accéder à certaines professions.
            Au 20<hi rend="ordinal">e</hi>, elles ont obtenu le droit de vote, mais cela n’a pas changé grand-chose et,
            pour celles qui ont participé à la seconde vague du féminisme, le progrès était si mince et si lent que c’en était désespérant.
            (Et depuis, c’est loin d’être gagné.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            C’est dans ce sens que la seconde vague du féminisme a popularisé le terme patriarcat,
            au sens moderne<note xml:id="DMfm-patriarcat-not4" n="4" place="bottom">
              Il faut admettre deux sens au mot patriarcat :
              <list rend="ordered">
                <item>
                  Le mot patriarcat est un terme utilisé par les anthropologues et les historiens
                  pour qualifier certains groupes sociaux sous la direction d’un vieil ascendant mâle (le patriarche).
                </item>
                <item>
                  Dans <ref target="../../biblio/Millett1970b.html"><title>Sexual Politics</title> en 1970</ref>,
                  Kate Millett le fait passer de l’anthropologie à la sociologie et au langage courant,
                  dans le sens nouveau qu’on utilise le plus souvent aujourd’hui,
                  qui n’est pas celui, différent, plus limité, de l’anthropologie.
                  (Juliet Mitchell fait cette attribution à Kate Millett dans The Woman Estate, p. 64.
                  C’est le cas encore dans la page Wikipedia Patriarchy.)
                  Ce deuxième sens n’est pas limité à notre époque.
                  On peut dire patriarcat et patriarcal dans ce sens de toute société présente ou passée,
                  y compris dans la préhistoire.
                </item>
              </list>
              Ce n’est pas la première fois qu’un terme utilisé par des scientifiques
              est repris dans le langage courant avec un sens un peu différent.
              (C’est une chose qu’Emmanuel Todd (<ref target="../../biblio/Todd2022.html">Todd 2022</ref>) ne veut pas comprendre.)
              Je choisis d’utiliser dans le présent texte,
              le mot patriarcat dans le sens moderne que tout le monde utilise depuis Kate Millett.
              <lb/>
              Et même avant. Si c’est Kate Millett qui le popularise, « The concept of patriarchy […] is not new.
              It has a history within feminist thought, having been used by earlier feminists like Virginia Woolf,
              the Fabian Women’s Group and Vera Brittain, for example (Beechey 1979). »
              Veronica Beechey remercie Sally Alexander de le lui avoir signalé,
              mais (1) ça ne me donne pas une référence aux textes ;
              (2) ça ne me dit pas si c’est le mot même qu’on trouve là (patriarchal, patriarchy)
              ou seulement l’idée d’une suprématie masculine.
            </note>.
            « What goes largely unexamined, often even unacknowledged (yet is institutionalized nonetheless)
            in our social order, is the birthright priority whereby males rule females. »
            (<ref target="../../biblio/Millett1970b.html">Millett 1970b</ref>, p. 25, haut.
            Elle détaille et affine cela dans tout ce chapitre.)
            Dans une édition en français : « L’un des éléments de notre ordre social qui échappe à l’étude
            et passe même souvent inaperçu (ce qui ne l’empêche pas d’être institutionnalisé),
            c’est le droit de naissance prioritaire grâce auquel le mâle domine la femelle. »
            (<ref target="../../biblio/Millett1983-fr.html">Millett 1983</ref>, p. 38, bas.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Le patriarcat date d’aussi loin qu’on remonte dans l’histoire.
            On l’observe par ailleurs, à divers degré de dureté,
            chez tous les collecteurs-chasseurs<note xml:id="DMfm-patriarcat-not5" n="5" place="bottom">
              Je prends le parti d’écrire collecteurs-chasseurs, plutôt que chasseurs-collecteurs (ou chasseurs-cueilleurs),
              dans la mesure où on peut considérer la collecte comme première, à laquelle la chasse vient s’ajouter.
              Il est établi (<ref target="../../biblio/Teyssandier2025.html#Teyssandier2025-p107">Teyssandier 2025:107</ref>)
              que les <term xml:lang="la">Homo</term> sont carnivores depuis toujours,
              à la différence de leurs cousins grands singes.
              (Les chimpanzés sont cependant carnivores à l’occasion.)
              Attraper un petit animal à l’occasion, ce n’est pas de la chasse, c’est encore de la collecte.
              L’étape suivante est de disputer des carcasses à d’autres grands prédateurs carnivores.
              La chasse vient ensuite.
            </note>
            observés<note xml:id="DMfm-patriarcat-not6" n="6" place="bottom">
              Voir, entre autres, Christophe Darmangeat (<ref target="../../biblio/Darmangeat2012.html#Darmangeat2012-not1_return">Darmangeat 2012</ref>).
            </note>.
            On est donc en droit<note xml:id="DMfm-patriarcat-not7" n="7" place="bottom">
              Nos prédécesseurs dans la préhistoire étaient collecteurs-chasseurs.
              Les collecteurs-chasseurs qu’on a pu observer sont aussi loin de la préhistoire que nous.
              Ils ont eu une aussi longue histoire culturelle. Ils ne sont en rien une persistance de la préhistoire.
              Cependant des similitudes de situation et de mode de vie
              peuvent au moins nous donner des indications sur de possibles cultures de la préhistoire.
              On retrouve des silex taillés il y a des millions d’années,
              mais les huttes, les outils en bois, les vêtements, les paniers ne fossilisent pas.
              On retrouve des sépultures et des peintures murales de dizaines de milliers d’années.
              On n’a pas grand-chose d’autre sur les cultures préhistoriques
              et la comparaison avec les collecteurs-chasseurs observés est donc légitime,
              à condition de ne pas prétendre en tirer des preuves.
            </note>
            de supposer que le patriarcat remonte à la préhistoire.
            La question se pose même de savoir s’il serait phylogénétique, inscrit dans les gènes du genre humain
            (<term xml:lang="la">Homo</term>, deux millions d’années<note xml:id="DMfm-patriarcat-not8" n="8" place="bottom">
              Du temps de Marx et d’Engels sans doute, et pour moi encore à l’école au milieu du 20<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
              la préhistoire, ça voulait dire la civilisation d’êtres humains taillant des silex comme outils.
              (À l’école, c’étaient les hommes des cavernes en raison de leur habitat sous nos latitudes.
              Je revois aussi des images de cités lacustres, sans doute sous des cieux plus cléments.)
              On en connaît aujourd’hui, malgré les difficultés, beaucoup plus qu’au 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle.
              (Voir <ref target="../../science/lineage.svg">lineage.svg</ref>.)
            </note>)
            et déjà de ses prédécesseurs.
            Il y a chez les humains un dimorphisme sexuel physique comme chez d’autres animaux.
            Pourquoi pas, comme chez d’autres animaux,
            un certain dimorphisme sexuel de comportement<note xml:id="DMfm-patriarcat-not9" n="9" place="bottom">
              Ma question peut paraître politiquement incorrecte.
              Le patriarcat cherche des justifications à la discrimination des femmes en invoquant,
              au-delà du fait que les femmes font des enfants et pas les hommes, des dispositions différentes.
              Saliha Boussedra (<ref target="../../biblio/Boussedra2024.html">Boussedra 2024</ref>) rappelle comment très vite dans la Révolution française,
              on a remis les femmes à leur place avec de tels arguments.
              Le féminisme combat donc ce naturalisme.
              Il peut y avoir entre hommes et femmes des différences autres que seulement physiques, culturelles certainement,
              mais peut-être en partie phylogénétiques aussi.
              Le refus de discrimination n’est pas une réponse à la question de fait.
              Margaret Mead suppose aux femmes des qualités particulières, mais leur recommande
              (<ref target="../../biblio/Mead1975.html#Mead1975-chap13">Mead 1975</ref>)
              de ne pas chercher à concurrencer les hommes.
              On peut, comme Eleanor Burke Leacock (<ref target="../../biblio/Leacock1952.html">Leacock 1972</ref>), critiquer sa recommandation,
              mais elle pourrait avoir raison sur le fait de qualités particulières.
            </note> ?
            Il se pourrait que la suprématie masculine soit génétique.
            Mais il se peut tout aussi bien qu’elle soit seulement un acquis culturel,
            dans le cours de l’évolution des cultures chez nos prédécesseurs.
            Il est intéressant de commencer par examiner une question apparentée, celle de la division du travail selon le sexe.
          </p>

          <div xml:id="DMfm-divtravsexe" type="div3">
          <!-- div3 en col11, balises de son contenu en col13, contenu en col15 -->
            <head>La division du travail selon le sexe</head>

            <index><term>division du travail selon le sexe</term></index>
            <index><term>chasse, chez les chimpanzés</term></index>
            <index><term>chimpanzés, chasse organisée</term></index>
            <index><term>chasse, en plus de la collecte</term></index>
            <index><term>chasse, division du travail selon le sexe</term></index>
            <p rend="alinea">
              La nourriture n’est pas que végétale ;
              les collecteurs mangent aussi les petits animaux dont ils peuvent se saisir,
              ainsi que la chair d’animaux plus gros trouvés morts.
              Une évolution culturelle conduit de la collecte à la chasse, comme entreprise systématique,
              et sans doute souvent collective, de poursuite d’animaux plus gros pour les tuer.
              Cela suppose un savoir-faire (donc un apprentissage) et un armement.
              Les autres grands singes sont plus végétariens que les humains,
              mais eux aussi mangent de la viande quand l’occasion se présente.
              Certaines populations de chimpanzés ont mis au point des techniques de chasse collective,
              organisée<note xml:id="DMfm-divtravsexe-not1" n="1" place="bottom">
                Voir Christophe Boesch, « Cooperative hunting roles among taï chimpanzees », <title>Human Nature</title>,
                Vol. 13, No. 1, pp. 27–46, March 2002, doi: <idno type="DOI">10.1007/s12110-002-1013-6</idno>.
                Cela peut paraître surprenant, mais, c’est depuis, largement confirmé.
                Pour ceux que surprend l’idée que des chimpanzés aient une culture,
                voir Willam McGrew, <title>The Cultured Chimpanzee : Reflections on Cultural Primatology</title>,
                Cambridge University Press, 2004, ISBN : <idno type="ISBN">0-521-53543-3</idno> (<idno type="ISBN">978-0-521-53543-4</idno>)
                en couverture souple ; <idno type="ISBN">0-521-82841-4</idno> en dur.
              </note>.
              Ce qui caractérise le buisson de lignées évolutives qui se séparent de celles qui mènent aux chimpanzés pour mener à nous,
              c’est, outre la bipédie, l’augmentation du cerveau, lequel réclame plus de protéines.
              On sait (voir la <ref target="#DMfm-patriarcat-not5">note d’une page précédente</ref>)
              que le genre <term xml:lang="la">Homo</term> est carnivore.
              On est donc en droit de penser que la chasse systématique<note xml:id="DMfm-divtravsexe-not2" n="2" place="bottom">
                La chasse observée chez les chimpanzés, c’est bien une technique élaborée, mais sans armes, à mains nues.
                Pour les différentes sociétés préhumaines, on a pu chasser sans armes aussi,
                ainsi d’ailleurs que de manière plus individuelle. (La frontière avec la collecte est alors plus floue.)
                Des préhumains ont taillé des silex depuis trois millions d’années,
                mais on peut chasser avec d’autres outils,
                comme des bois pointus qui ne laissent pas de traces fossiles.
              </note>
              a dû apparaître très tôt dans notre lignée évolutive.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Ainsi, de nombreuses bandes d’individus préhumains ou humains ont ajouté la chasse à la collecte
              à des moments différents, sans doute très tôt, dans des environnements différents.
              Il y a une grande variété de chasses, individuelles ou collectives, d’armes de chasse ou de chasse sans armes.
              On ne chasse pas le mammouth comme l’ours, l’antilope ou le lapin.
              Il y a aussi la pêche, et il faut distinguer là aussi de nombreuses variétés de pêche en mer ou en rivière.
              Un article comme « What’s a Mother to Do? » (<ref target="../../biblio/Kuhn-Stiner2006.html">Kuhn-Stiner 2006</ref>)
              entre beaucoup plus dans le concret, en particulier sur le fait que la proportion de viande dans l’alimentation
              (et donc l’importance de la chasse dans la vie du groupe) augmente avec la latitude.
              Les environnements chauds offrent des nourritures végétales riches,
              tandis que plus au nord et dans des périodes froides, on dépend plus de la viande.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En ce qui concerne la chasse, on observe chez les collecteurs-chasseurs une division du travail selon le sexe
              qui pose la même question que celle que j’ai posée pour le patriarcat :
              y aurait-il un dimorphisme sexuel phylogénétique qui fait que les femmes seraient sensiblement moins douées
              (physiquement ? psychologiquement ?) que les hommes pour la chasse,
              qu’il serait donc naturel que ce soient les hommes qui chassent et pas les femmes ?
              Ou bien cette division du travail selon le sexe serait-elle un acquis culturel,
              dans le cours de l’évolution des cultures chez nos prédécesseurs ?
            </p>
            <p rend="alinea">
              L’anthropologie traditionnelle (massivement masculine)
              projette sur le passé préhistorique son idéal, patriarcal, bourgeois
              de la femme au foyer avec un mari qui va ailleurs « gagner son pain », le <term>gagne-pain</term> de la famille.
              Pour le courant <term xml:lang="en">man the hunter</term><note xml:id="DMfm-divtravsexe-not3" n="3" place="bottom">
                En disant <emph>courant man the hunter</emph>, je vise l’aspect le plus masculiniste, absolu,
                de cette conception de la suprématie, dans sa variante moderne, projetée sur les collecteurs-chasseurs.
                Il y a eu sous ce nom une importante conférence en 1966
                et les interventions ont été publiées en livre sous le même titre en 1968.
                On y trouvait toujours les biais masculins de l’anthropologie de l’époque,
                mais des critiques ont souligné l’importance dans l’alimentation de la nourriture non carnée
                et de la collecte des femmes comme des hommes.
              </note>,
              « depuis toujours », par nature, c’est l’homme qui nourrit la famille en allant chasser
              tandis que son épouse l’attend « à la maison », « à ne rien faire », sauf garder les enfants,
              pour ensuite préparer le repas avec la viande apportée par son homme.
              Mais chez des collecteurs-chasseurs, la collecte (végétaux et petits animaux)
              est le fait des hommes et des femmes et fournit une bonne partie de la nourriture.
              Les hommes prennent alors parfois congé de cette collecte pour aller à la chasse,
              tandis que les femmes continuent la collecte.
              La chasse est certainement importante, pour un plus grand apport de protéines,
              mais pas toujours la plus importante comme source de nourriture en général.
              La chasse étant aléatoire, il en résulte souvent que,
              contrairement à la conception <term xml:lang="en">man the hunter</term>,
              dans bon nombre de sociétés, ce sont les femmes qui fournissent la plus grande partie de la nourriture.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="DMfm-JudithKBrown" type="div3">
          <!-- div3 en col11, balises de son contenu en col13, contenu en col15 -->
            <head>L’hypothèse de Judith Brown</head>

            <index><term>Brown, Judith, division du travail selon le sexe</term></index>
            <index><term>Judith Brown, division du travail selon le sexe</term></index>
            <index><term>division du travail selon le sexe, hypothèse de Judith Brown</term></index>
            <p rend="alinea">
              <ref target="../../biblio/Brown1970b.html">Judith K. Brown (1970b)</ref> introduit l’idée intéressante
              que ce qui est certainement dans la nature des hommes et des femmes,
              c’est que les femmes font des enfants et les allaitent, ce que les hommes ne peuvent pas faire.
              La chasse est un exercice difficile (pour les hommes comme pour les femmes).
              Il n’est pas raisonnable de suivre, peut-être plusieurs jours, un animal dangereux,
              silencieusement pour le surprendre, avec un enfant au sein ou un enfant qui pleure.
              Sans enfant, une femme peut parfaitement chasser.
              (Il y a bien un dimorphisme sexuel dans l’espèce humaine, mais il n’est pas très accusé et pas déterminant ici.)
              Cependant, la plupart des femmes ayant des enfants, ce n’est pas raisonnable.
              En outre, la chasse suppose un apprentissage et,
              pour des adolescentes qui peuvent s’attendre à avoir plus tard des enfants, ce serait un apprentissage pour rien.
              Il serait donc évident, pour des humains ou préhumains raisonnables, que, sauf exception,
              ce sont les hommes qui délaissent parfois la collecte pour la chasse,
              et pas les femmes (et même pas les femmes jeunes).
              Il faut bien voir que l’argument de Judith Brown n’est en rien <term>essentialiste</term>.
              Il n’est pas « écrit dans le ciel », ni dans les gènes, que les femmes ne peuvent pas chasser.
              Ce serait simplement une question <emph>pratique</emph>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              On a donc là <emph>le principe général</emph> d’une explication,
              une hypothèse explicative de la division du travail selon le sexe dans les sociétés primitives.
              (Comme je l’ai dit dans la section précédente, il y a en matière de chasse, une très grande variété.
              L’argument de Judith Brown est donc de force variable selon les environnements.)
            </p>
          </div>

          <div xml:id="DMfm-patriar-cult" type="div3">
          <!-- div3 en col11, balises de son contenu en col13, contenu en col15 -->
            <head>Le patriarcat et la division sexuelle du travail seraient culturels</head>

            <p rend="alinea">
              Outre qu’on peut trouver convaincante l’hypothèse culturelle de Judith Brown,
              l’extrême variété des degrés de patriarcat dans les civilisations observées
              montre qu’avec ou sans composante phylogénétique, le patriarcat est culturel.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Dès <ref target="#MEideall"><title>L’Idéologie allemande</title></ref>,
              Marx et Engels ont insisté sur le caractère historique de la culture, des relations sociales,
              en liaison avec les conditions d’existence.
              Engels y revient dans <ref target="#FamilleProprieteEtat"><title>L’Origine de la famille…</title></ref>.
              Des anthropologues femmes et féministes, souvent marxistes
              (comme <ref target="../../biblio/EleanorBurkeLeacock.html">Eleanor Burke Leacock</ref>)
              ont remis en question le dogme de l’anthropologie établie.
              Elles n’ont pas suivi Engels dans le détail (elles en ont montré les limites),
              mais en ont retenu la conception historique, évolutionniste.
              Dans leur travail de terrain et en relisant les études et observations existantes de collecteurs-chasseurs,
              elles ont montré que la suprématie masculine est très variable.
              Tous les peuples de collecteurs-chasseurs observés<note xml:id="DMfm-patriar-cult-not1" n="1" place="bottom">
                Certains en ont fait l’inventaire. Je ne l’ai pas noté.
              </note>
              présentent une certaine suprématie masculine, encore qu’à des degrés très divers.
              Certains de ces peuples présentent un égalitarisme relatif.
              On spécule sur les sociétés de collecteurs-chasseurs préhistoriques
              par analogie avec les peuples collecteurs-chasseurs qu’on a pu observer<note xml:id="DMfm-patriar-cult-not2" n="2" place="bottom">
                Je trouve chez <ref target="../../biblio/Sacks1974.html">Karen Sacks (1974)</ref> une étape intermédiaire.
                Les collecteurs-chasseurs qu’on observe sont, au minimum, « contaminés » par le contact avec l’observateur.
                Ils peuvent avoir des échanges commerciaux avec des sociétés plus avancées, agricoles, de classe…
                Il peuvent être en contact avec la colonisation, l’impérialisme.
                Au lieu d’extrapoler directement de leur observation à la préhistoire,
                l’étape intermédiaire consiste à reconstituer, en les interrogeant sur le passé, en analysant leur culture,
                comment c’était « avant ».
                C’est cet « avant », moins contaminé, qui peut alors servir de base à des hypothèses sur des peuples de la préhistoire.
                (Je me demande si je n’ai pas vu passer la même idée chez Eleanor Burke Leacock. Je devrais rechercher.)
              </note>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              On peut penser que dans des bandes d’humains (ou de pré-humains) collecteurs,
              tous les membres de la bande recherchaient de la nourriture pour eux-mêmes et contribuaient à la recherche de nourriture commune ;
              qu’à ce titre tous avaient voix au chapitre quand il s’agissait de prendre des décisions.
              Différents anthropologues estiment qu’il a existé des groupes humains relativement égalitaires,
              sans suprématie marquée d’un sexe sur l’autre.
              On fait remarquer aussi qu’il peut y avoir relative autorité, partielle, variable, dans tel ou tel domaine<note xml:id="DMfm-patriar-cult-not3" n="3" place="bottom">
                Référence souhaitée. (J’ai lu ça quelque part, mais où ?)
                Voir là aussi Karen Sacks (<ref target="../../biblio/Sacks1974.html"> Sacks 1974</ref>).
              </note>,
              des hommes à certains moments, des femmes à d’autres, donc aucune nette suprématie d’un sexe.
              La suprématie masculine ne serait donc pas « de nature » ni « depuis toujours », « éternelle »,
              mais quelque chose qui apparaît pour différentes raisons dans l’histoire de différents peuples,
              pré-humains ou humains, dans différents environnements, etc.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="DMfm-patriar-orig" type="div3">
          <!-- div3 en col11, balises de son contenu en col13, contenu en col15 -->
            <head>On ne connaît pas l’origine du patriarcat</head>

            <p rend="alinea">
              Aux questions rappelées ci-dessus, je soutiens la réponse
              que la suprématie masculine et la division sexuelle du travail sont fondamentalement historiques.
              Cela conduit à une autre question.
              Si la suprématie masculine est historique, comment, pourquoi apparaît-elle ? Quelle est son origine ?
            </p>
            <p rend="alinea">
              Les auteurs et autrices qui, sur la division du travail selon le sexe, citent Judith Brown
              (ou, sans la citer, reprennent à leur compte son hypothèse)
              et adoptent son point de vue continuent souvent en disant :
              nous savons maintenant l’origine de la suprématie masculine<note xml:id="DMfm-patriar-orig-not1" n="1" place="bottom">
                <ref target="../../biblio/Heritier1984.html">Françoise Héritier (1984)</ref>,
                <ref target="../../biblio/Nikolski2023.html">Véra Nikolski (2023)</ref> et beaucoup d’autres.
                Si l’on cherche celles et ceux qui citent cet article de Judith Brown,
                on trouvera sans doute souvent encore le même raccourci, court-circuit logique.
              </note>.
              Ce n’est pas juste. Division du travail et suprématie, ce n’est pas la même chose.
              Je trouve personnellement très convaincante l’hypothèse de Judith Brown,
              mais cette division du travail n’entraîne pas <emph>logiquement</emph> le patriarcat.
              On peut bien se partager le travail, surtout si c’est pour des raisons purement pratiques,
              sans que ça n’entraîne une hiérarchie sociale.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Sur l’origine de la suprématie masculine, on ne peut que spéculer.
              Une hypothèse généralement avancée est que, par la chasse, les hommes ont le monopole des armes.
              Que pour les mêmes raisons que la chasse, ce sont eux qui font la guerre (avec plus ou moins les mêmes armes).
              Que, peut-être, ça finirait par entraîner leur suprématie dans la société<note xml:id="DMfm-patriar-orig-not2" n="2" place="bottom">
                Alain Testart a émis aussi une hypothèse basée sur le tabou du sang menstruel.
                Certains [mentionner] trouvent cela convaincant.
                Cependant, je suis loin d’être le seul à trouver que ça ne nous aide pas beaucoup.
                Savoir comment les humains de la longue préhistoire dans de nombreuses sociétés différentes
                ressentaient le sang menstruel est infiniment plus difficile que la question de l’origine du patriarcat.
              </note>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En bref, on a de Judith Brown une hypothèse vraiment convaincante
              sur la raison de la division du travail selon le sexe dans des sociétés primitives
              et on n’a rien de certain, que des spéculations, sur l’origine de la suprématie masculine.
              Dans différents peuples pré-humains ou humains, dans différents environnements, dans différentes circonstances,
              une relative suprématie mâle est apparue, peut-être en relation avec la chasse (et la guerre).
            </p>
            <p rend="alinea">
              Par ailleurs, la question est sans doute mal posée.
              Il est légitime de se demander comment, pourquoi la suprématie apparaît. (Et on n’a pas vraiment de réponse.)
              Par contre, rechercher une origine, <emph>au singulier</emph>,
              c’est risquer de récréer un universel, comme le serait une réponse génétique.
              Les anthropologues qui défendent le caractère historique, évolutif de la suprématie masculine
              soutiennent généralement Engels pour avoir un des premiers défendu cette historicité,
              mais n’en retiennent pas l’idée de <term>grande défaite historique du sexe féminin</term><note xml:id="DMfm-patriar-orig-not3" n="3" place="bottom">
                Un autre problème de cette « défaite historique » chez Engels, c’est qu’elle semble chez lui trop tardive.
                Engels partait de l’égalité supposée chez les Iroquois et cherchait l’apparition du patriarcat
                après le passage à l’agriculture et à l’élevage, avec la propriété, etc.
                Mais comme on trouve du patriarcat à divers degrés chez les collecteurs-chasseurs,
                il faut supposer que là où il apparaît, c’est à un stade très antérieur à celui considéré par Engels.
              </note>.
              Il semble bien y avoir dans les faits historiques une tendance à la suprématie masculine,
              certainement un renforcement et une institutionnalisation de cette suprématie dans les sociétés de classe,
              avec un État, mais il n’y a pas un évènement singulier
              — cela n’aurait pas de sens dans l’évolution de millions d’années d’une pré-humanité
              formée de nombreux groupes différents sur toute la planète.
              Il faudrait alors concevoir cette grande défaite comme un <term>passage obligé</term> pour toutes les sociétés,
              mais une telle « loi de l’histoire »<note xml:id="DMfm-patriar-orig-not4" n="4" place="bottom">
                Je conteste (<ref target="#DMmathist-mathist">dans mon essai sur la conception marxiste de l’histoire</ref>)
                qu’il y puisse y avoir des « lois » de l’histoire.
              </note>,
              ce serait retomber sur un universel anti-historique.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="DMfm-prodreprod" type="div3">
          <!-- div3 en col11, balises de son contenu en col13, contenu en col15 -->
            <head>Rapports de reproduction et de production</head>

            <p rend="alinea">
              Un rapport entre hommes et femmes comme le patriarcat porte bien sûr entre autres sur la reproduction de l’espèce.
              Il me semble que c’est toujours aussi un rapport de production.
              Il est lié sans doute, on l’a vu, à la division du travail selon le sexe
              des collecteurs-chasseurs en matière de chasse et de collecte, avec parfois horticulture.
              Mais chez des collecteurs-chasseurs observés,
              on peut trouver d’autres divisions du travail entre hommes et femmes, dans le textile, la poterie…
            </p>
            <p rend="alinea">
              Avec les classes et l’État, on entre plus ou moins dans « l’histoire »
              au sens particulier de l’histoire de sociétés à partir du moment où on a pour elles des traces écrites.
              Il est intéressant de voir comment, dans cette histoire (du temps de l’écriture),
              la suprématie masculine se généralise, se renforce et s’institutionnalise.
              À ce stade aussi, le patriarcat comporte une division du travail selon le sexe.
              Les femmes de l’Athènes classique, exclues de la politique, géraient la maison,
              en un temps où la production de textile devait se partager
              entre une production domestique et une industrie artisanale<note xml:id="DMfm-prodreprod-not1" n="1" place="bottom">
                Cela soulève la question de la séparation graduelle d’une production privée et d’une production sociale.
                Une production privée soulève la question de l’apparition du ménage réduit dans l’histoire.
                Je n’ai pas encore trouvé d’histoire et d’analyse de la formation de couples pour la reproduction.
                (Couples stables ou non, fidèles ou supposés tels.)
                Une société pourrait être organisée en couples pour la reproduction seulement,
                pratiquer collectivement la collecte et la chasse et en traiter collectivement le produit.
                Le ménage, en tant qu’unité économique, est autre chose que le couple reproducteur.
                Je n’ai pas encore trouvé d’histoire et d’analyse du passage à des unités relativement autonomes
                (couples ou familles plus étendues) logeant à part… faisant cuisine à part.
                Il me semble que c’est là que se dessine la distinction
                entre des activités privées à usage interne de la famille, et la production sociale.
                Voir plus clair dans tout ça clarifierait la question des activités domestiques sous le capitalisme.
              </note>.
              Tout ça est à creuser, avec le livre de Gerda Lerner (<ref target="../../biblio/Lerner1987.html">Lerner 1986</ref>)
              déjà citée plus haut et d’autres.
            </p>
            <p rend="alinea">
              On voudrait suivre la piste d’une analyse de la société en rapports de production et de reproduction
              articulés entre eux, suggérée par Marx et Engels dans l’<title>Idéologie allemande</title>,
              mais ni eux ni personne ne l’a fait.
              Michèle Barrett situe le patriarcat dans l’idéologie, donc dans la superstructure.
              Mais si on suit Marx et Engels dans l’<title>Idéologie allemande</title>,
              les rapports de production et de reproduction constituent ensemble la base<note xml:id="DMfm-prodreprod-not2" n="2" place="bottom">
                C’est sans doute que la métaphore spatiale de base et superstructure,
                assez parlante dans le cas du capitalisme (société de séparation entre l’économique et le politique),
                s’étend difficilement aux sociétés antérieures et, peut-être, n’y a parfois tout simplement pas de sens.
              </note>.
              On a beaucoup écrit sur les rapports de production
              comme déterminant dans une certaine mesure le type de société,
              mais l’articulation proposée par Marx et Engels n’a pas été creusée.
            </p>
            <p rend="alinea">
              On arriverait sans doute à conclure qu’il y a aussi toujours
              une autonomie relative du patriarcat et du mode de production.
              Karen Sacks (<ref target="../../biblio/Sacks1974.html"> Sacks 1974</ref>:218),
              en observant diverses sociétés de classe,
              fait remarquer que les femmes de classe supérieure sont cependant toujours considérées,
              en tant que femmes, comme d’un sexe subordonné et, dans l’histoire européenne,
              elle rappelle qu’une reine comme la reine Victoria en Angleterre
              est l’exception qui confirme la règle.
            </p>
          </div>
        </div>

        <div xml:id="DMfm-partriarchy" type="div2">
        <!-- div2 en col9, balises de son contenu en col11, contenu en col13 -->
          <head>
          Annexe 1
          <lb/>
          Tentatives de théories du patriarcat
          </head>
          <p rend="alinea">
            Lorem ipsum…
          </p>
        </div>


      </div>
        <!-- début de fichier inclus DMsciencedial.xml --><div xml:id="DMsciencedial" type="div1">
        <head>
          <seg rend="invisible">(D. M.)</seg>
          Friedrich Engels and the unveiling of the historical dimension of the physical world :
          <lb/>science and dialectics
        </head>

        <p rend="alinea">
          This paper was presented on Wednesday 24 July 2013 in the <ref target="http://www.ichstm2013.com/programme/guide/s/S031.html">symposium S031, The contribution
          of Friedrich Engels in the history of science and technology</ref> at the <ref target="http://www.icohtec.org/annual-meeting-2013.html">24th International Congress of History of Science,
          Technology and Medicine</ref> (ICHSTM) at the University of Manchester. You may <ref target="DMsciencedial.pdf">download this paper in PDF here</ref>. <note xml:id="DMsciencedial-not1" n="1" place="bottom">
            At the congress <ref target="DMscidialoutline.html">a version with quotations only
            </ref> was displayed on the screen, in separate pages for each section.
          </note>
          It was afterwards published in <ref target="http://www.hpdst.gr/publications/almagest">
          <title>Almagest</title></ref>, <ref target="http://www.hpdst.gr/publications/almagest/issues/5-1">vol. 5, issue 1</ref>, 2014, pp. 4-13 (DOI: 10.1484/J.ALMAGEST.5.102470).
          (The editors helped me to improve somewhat my English for the publication.
          Some of their suggested corrections were then introduced in this web page also.)
        </p>

        <p rend="tm1">
          Abstract
        </p>
        <p rend="alinea">
          Marx and Engels showed that the history of the human world is not static, nor even cyclic,
          but is a forward movement, that can be explained and, to a certain extent, predicted
          (<title>Communist Manifesto</title>). This history cannot be understood without considering
          the necessity for the human animal to provide the means of existence for itself by work
          (production) within the context of particular social relations. Marx untangled an unsolved
          problem of classical political economy, namely the origin of wealth under capitalism,
          by attaching it to the difference (surplus value) between the work done by a worker and
          the work necessary to provide his or her means of existence. Engels may be associated with
          this breakthrough.
        </p>
        <p rend="alinea">
          As far as the physical world is concerned, Newtonian mechanics had proved extremely
          fruitful but its very success could induce a mechanistic, static view of the world.
          Engels is remarkable for having seen in some of the advances of science in his time the
          sign that the physical world too has a history. Already in the Newtonian heritage, there
          were hints alluding to that direction, like the origin of celestial bodies or the
          deceleration of the Earth’s rotation due to the tides (Laplace, Kant…). Engels felt the
          importance of the conservation and transformation of energy, of biological evolution
          (geology, Lamarck, Darwin…), of the unity of the biological world based on the cell.
          Observing the advances of organic chemistry, he stressed the unity of the whole, along
          with its evolutionary character, from inanimate matter to life, to mind and to society.
        </p>
        <p rend="alinea">
          The relation between dialectics and science has far-reaching consequences for dialectics.
          Dialectics does not prove anything and, thus, one should not rely on dialectics to decide
          what is true or not.
        </p>

        <p rend="tm1">Hegel and History</p>
        <p rend="alinea">In the case of History in the usual sense, history of mankind, Hegel
        (<title>Reason in History</title>) wanted to go further than “the events following on”
        “the destinies, passions, and energies of nations”. (My <ref target="#ADbousculade">notes
        about the <title>Anti-Dühring</title></ref>.
        He gave history a meaning, as an evolutionary process following “the moving Spirit”.
        Engels acknowledged this:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">[…] the history of mankind no longer appeared as a wild whirl
            of senseless deeds of violence, […], but as the process of evolution of man himself.</p>
          </quote>
          <bibl><ref target="#AD55un2"><title>Anti-Dühring</title>, Introduction, General</ref>.</bibl></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">But for Hegel (<ref target="#ADbousculade"><title>ibid.</title></ref>)
        the motor of History “is the spirit of the events themselves, the moving spirit within them,
        for this is the true Mercury, the leader of nations.”
        Marx and Engels replaced that idealistic philosophy of History with a materialist science of History
        (that was later to be called historical materialism).</p>

        <p rend="tm1">Hegel denies history to the physical world</p>
        <p rend="alinea">With the progress of the bourgeoisie and the development of science came
        a materialist world view, mechanical, periodical at first. Celestial bodies turn round and round forever.
        Kepler’s laws are only kinematic, about position and speed. Newton introduced a completely new point of view,
        dynamics, in which he derived  movement from a force. This was already, to a certain extent an historical view of time.
        The huge difference between statics and dynamics was obvious for Newton <note xml:id="DMsciencedial-not2" place="bottom" n="2">As Newton demonstrated, his mechanics entails Kepler laws
          but the converse is not true.</note>
        and later scientists. But philosophers and the general educated public kept a rather mechanical
        materialist world view (if they were materialists at all).</p>
        <p rend="alinea">Anyway, Engels conceded, an analytical approach was needed as a first step to collecting facts
        from which to build up a more synthetic outlook. More on this in Engels’ <title>Anti-Dühring</title>,
        Introduction, General.</p>
        <p rend="alinea">Hegel, the very philosopher who attempted to give History a meaning, denied history to nature.
        For him:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">The changes that take place in Nature —how infinitely manifold soever they may be—
            exhibit only a perpetually self-repeating cycle ; in Nature there happens “ nothing new under the sun,”
            and the multiform play of its phenomena so far induces a feeling of <foreign xml:lang="fr">ennui</foreign> ;
            only in those changes which take place in the region of Spirit does anything new arise.
            </p>
          </quote>
          <bibl>Hegel, <title>Philosophy of History</title> (rev. edition), The Colonial Press, New York, 1899, p. 54.
            Reprint : Dover, 1965, p. 104.</bibl></body></floatingText>
        </cit>

        <p rend="tm1">Change and interaction</p>
        <p rend="alinea">From Hegel, Engels inherited the view that the world was constantly changing.
        He hinted at it in a <ref target="#Engelslettre1873-05-30Marx">letter to Marx, on May 30, 1873</ref>,
        announcing the dialectics of nature:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">In bed this morning the following dialectical ideas on the natural sciences
            came into my head:</p>
            <p rend="alinea">The subject of natural science — moving matter, bodies. Bodies cannot be
            separated from motion, their forms and kinds can only be known through motion, of bodies
            apart from motion, apart from any relation to other bodies, nothing can be asserted.
            Only in motion does a body reveal what it is. Natural science therefore knows bodies
            by considering them in their relation to one another, in motion.
            The knowledge of the different forms of motion is the knowledge of bodies.
            The investigation of these different forms of motion is therefore the chief subject of natural science.</p>
          </quote></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">The letter shows further that for him “these different forms of motion” involve change,
        transformations. In <ref target="#ADchap6">chapter 6 of the first part</ref> of the <title>Anti-Dühring</title>:
        “Motion is the mode of existence of matter” <note xml:id="DMsciencedial-not3" place="bottom" n="3">This idea can be traced back to Aristotle, Metaphysics (1015a):
          Ἐκ δὴ τῶν εἰρημένων ἡ πρώτη φύσις καὶ κυρίως λεγομένη ἐστὶν ἡ οὐσία ἡ τῶν ἐχόντων ἀρχὴν κινήσεως
          ἐν αὑτοῖς ᾗ αὐτά. (From what has been said, then, the primary and proper sense of “nature”
          is the essence of those things which contain in themselves as such a source of motion.)</note>
        (here motion includes changes) and it comes back in some other places, as in <ref target="#dialnatIIformFondMouv"><title>Dialectics of Nature</title></ref>.</p>
        <p rend="alinea">As we have seen, for Hegel (because nature is not the realm of Spirit)
        motion and change in nature are meaningless, to the point of being “boring”.
        From his readings on natural science Engels on the contrary found plenty of interesting
        and meaningful things in nature.</p>
        <p rend="alinea">Different manifestations of energy appear to be merely a unique energy under different forms.
        These forms change into each other but the total energy is conserved <note xml:id="DMsciencedial-not4" place="bottom" n="4">Engels seems to have overlooked the fact
          that quantitatively equivalent energies are not equivalently interesting
          and that all transformations are not always possible. He does not like the idea that the world
          should come to an end. In the Introduction to the <title>Dialectics of Nature</title> look for
          the quotation “all that comes into being deserves to perish” <!-- dialnat10.html#sdfootnote23anc -->
          from the <title>Faust</title> of Goethe and the pages that follow, to the end of the Introduction.
          It is not clear whether he does not understand the second law of thermodynamics, or rather
          whether he considers on philosophical grounds (“the indestructibility of motion”)
          that it cannot be true of the Universe as a whole.
          <lb/>The second law of thermodynamics can be expressed approximately as:
          <lb/>(1) energy spontaneously disperses from being localised to becoming spread out
          if it is not hindered from doing so,
          <lb/>(2) “quality” of energy degrades over time.</note>.
        Joule <note xml:id="DMsciencedial-not5" place="bottom" n="5">James Prescott Joule. Some had doubts about the possibility of measuring
          small fractions of a degree of temperature. They overlooked the fact that as a brewer,
          Joule had great experience of precise measures of crucial temperatures and densities.</note>
        showed the quantitative relation between work and heat by experiment. Engels mentions this already in 1858
        in a <ref target="#Engelslettre1858-07-14Marx">letter to Marx (July 14)</ref>. <note xml:id="DMsciencedial-not6" place="bottom" n="6">More in the <title>Anti-Dühring</title> and
          in the <title>Dialectics of Nature</title>.</note>
        </p>
        <p rend="alinea">In the <title>Dialectics of Nature</title> (<ref target="#dialnatIIintro">Introduction</ref>
        and <ref target="#fragFeuer">fragment for <title>Feuerbach</title></ref>), Engels also stresses
        the importance of the discovery of the cell, building block of life.</p>
        <p rend="alinea">Thus in physics and in biology, there appears to be a great unity of the world.</p>
        <p rend="alinea">If all living beings are made of similar cells, it is not surprising that
        they are likely to be branches of one big family. In the meanwhile, chemistry was able to produce
        molecules that were supposedly peculiar to life (and therefore called “organic”).
        The path from organic chemistry (no longer foreign to ordinary chemistry) to the living cell,
        and from the cell to all living organisms opened the way to a fully materialistic account of life,
        where vitalism was no longer needed.</p>
        <p rend="tm1">The historical character of the physical world</p>
        <!-- Voir aussi AD p. 42 sur le déni par Hegel d’une histoire à la nature -->
        <p rend="alinea">This brings us to the title of this talk. Hegel denied history to nature.
        But Engels made a better reading of natural sciences, and benefited from recent progress in science.</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">Kant began his career by resolving the stable solar system of Newton and its eternal duration,
        after the famous initial impulse had once been given, into the result of a historic process,
        the formation of the Sun and all the planets out of a rotating nebulous mass.</p>
          </quote>
          <bibl><title>Anti-Dühring</title>, <ref target="#ADchap1">Introduction, General</ref>.</bibl></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">In <ref target="#ADchap6">chapter 6 (part 1)</ref> he stresses the meaning of this:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">The Kantian theory of the origin of all existing celestial bodies
            from rotating nebular masses was the greatest advance made by astronomy since Copernicus.
            For the first time the conception that nature had no history in time began to be shaken.
            Until then the celestial bodies were believed to have been always, from the very beginning,
            in the same states and always to have followed the same courses; and even though individual
            organisms on the various celestial bodies died out, nevertheless genera and species were
            held to be immutable. It is true that nature was obviously in constant motion,
            but this motion appeared as an incessant repetition of the same processes.
            Kant made the first breach in this conception, which corresponded exactly
            to the metaphysical mode of thought…<note xml:id="DMsciencedial-not7" place="bottom" n="7">Also in <title>Dialectics of Nature</title>,
              <ref target="#dialnatIIintro">Introduction</ref>. Kant’s theory of the nebula was similar
              to the one of Thomas Wright (1711-1786) and was mathematically elaborated by Laplace.
              Objections have been made against it. Today, there is agreement on a modern revision
              of the theory of Laplace as Solar Nebular Disk Model (SNDM).</note>
            </p>
          </quote></body></floatingText>
        </cit>
         <p rend="alinea">In the <title>Dialectics of Nature</title>, <ref target="#dialnatIIfrottement">here</ref>,
         Engels also credits Kant (1724-1804) with the view that the rotation of the Earth is retarded by tidal friction.</p>
        <p rend="alinea">Geology had shown that events in the history of the Earth had left different geological strata
        with fossils of known and unknown species. Lamarck proposed a first theory of evolution of species,
        by inheritance of acquired characteristics. The cell as basic “atomic” constituent of life
        opened the door to evolution. But the real breakthrough was made by Charles Darwin who gathered
        a lot of observations and proposed a convincing theory of evolution. <title>The Origin of Species</title>
        was published on 24 November 1859 and two weeks later Engels wrote to Marx:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p>[Manchester, 11 or 12 December 1859]</p>
            <p>Dear Moor,</p>
            <p rend="alinea">[…]</p>
            <p rend="alinea">Darwin, by the way, whom I’m reading just now, is absolutely splendid.
            There was one aspect of teleology that had yet to be demolished, and that has now been done.
            Never before has so grandiose an attempt been made to demonstrate historical evolution in Nature,
            and certainly never to such good effect. […]</p>
            <p rend="alinea">Warm regards to your wife and children.</p>
            <p>Your F. E.</p>
          </quote></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">Of all scientific discoveries and theories that Engels mentions as important,
        Darwin’s theory of evolution is certainly one of the most important, because it proposes
        a materialist explanation instead of a religious one. He comes back on this many times
        in the <title>Anti-Dühring</title>, in the <title>Dialectics of Nature</title> and in his <title>Feuerbach</title>.
        This is also a most striking confirmation of the historical character of the physical world.</p>

        <p rend="tm1">Dialectical materialism</p>
        <p rend="alinea">I have chosen to show how Engels unveiled the historical character of the physical world.
        This is interesting, I hope, but not extremely original since he says so himself very explicitly more than once.
        I would like to conclude with a more personal consideration.</p>
        <p rend="alinea">Against a mechanistic materialism, Marx and Engels developed a new materialism,
        that we may call <emph>dialectical</emph>, that</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">comprehends things and their representations, ideas, in their essential connection,
            concatenation, motion, origin, and ending</p>
          </quote>
          <bibl><title>Anti-Dühring</title>, <ref target="#ADchap1">Introduction, General</ref>.</bibl></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">a materialism of motion, of change, of interconnection and history.
        Engels said a lot of different things about dialectics, but this is the most general definition of it.</p>

        <p rend="tm1">Materialism, dialectics and science</p>
        <p rend="alinea">For Marx and Engels, the basis of their materialism is science. Only science can tell us
        how the world is functioning (nature and society). In the <ref target="#postface2allemande">afterword
        to the second German edition</ref> of <title>Capital</title>, Marx quotes a critic: the question is
        “to find the law of the phenomena with whose investigation he [Marx] is concerned” and
        “to show, by rigid scientific investigation, the necessity of successive determinate orders of social conditions,
        and to establish, as impartially as possible, the facts that serve him for fundamental starting-points”.
        In <ref target="#Otech-zapiski">a letter to Mikhaïlovski</ref>, Marx says that one has to study
        different concrete historical processes and compare them, not apply some general philosophy of history.</p>
        <p rend="alinea">In the afterword, Marx goes on proposing to turn the dialectic “right side up again”,
        which means to rely on the Nature, known to us by science, instead of the Spirit.</p>
        <p rend="alinea">Engels goes on (quotation above, in the previous section) saying:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">Nature is the proof of dialectics, and it must be said for modern science
            that it has furnished this proof with very rich materials increasing daily, and thus has shown that,
            in the last resort, nature works dialectically and not metaphysically.</p>
          </quote></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">It is not dialectics that decides what the world is, it is nature and science
        that tell dialectics what the world is <note xml:id="DMsciencedial-not8" place="bottom" n="8">For Lenin, “modern physics … is giving birth to dialectical materialism.”
          <title>Materialism and Empiriocriticism</title>, <ref target="#Len14MEchap5para8">chap. 5,§ 8</ref>.</note>.
        This is what is meant by turning dialectics “right side up again” (Marx, <title>Capital</title> I,
        “Afterword…” and a lot of different places in Marx and in Engels.) The consequences are far reaching.</p>
        <p rend="alinea">One could be tempted to think that after being “turned right side up again”
        and “proven” by science, dialectics, now materialistic and no more idealistic, becomes something solid you could
        <emph>rely</emph> on for <emph>knowledge</emph>. Is it so? The answer is no. Dialectics gives you
        a deep and general idea of how the world is — that it is motion, change, interconnection and history.
        But dialectics <emph>cannot decide</emph> about anything, <emph>cannot prove</emph> anything.
        There are texts where Engels is very enthusiastic about dialectics, but he is very clear on its limits.</p>
        <p rend="alinea">Dühring makes fun of Marx for proclaiming, he says, that a certain amount of money
        becomes capital only by virtue of some Hegelian miracle. Not so, says Engels:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">Marx, on the basis of his previous examination of constant and variable capital
            and surplus-value, draws the conclusion that “not every sum of money, or of value, is at pleasure
            transformable into capital. To effect this transformation, in fact, a certain minimum of money
            or of exchange-value must be presupposed in the hands of the individual possessor of money or
            commodities.”</p>
          </quote>
          <bibl><title>Anti-Dühring</title>, <ref target="#seuilCapitalDuh">part one, chapter 12</ref>.</bibl></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">This threshold effect on money, for it to become capital, is not true or untrue
        because of the dialectics, but is a result of a scientific enquiry on money, capital and surplus-value.
        That this happens to show a nicely Hegelian pattern of quantity turning into quality is an <foreign xml:lang="latin">a posteriori</foreign> remark. The same argument holds for the expropriation of the expropriators
        (<title>Anti-Dühring</title>, part one, chapter 13), which Marx bases on science only,
        on historical and economic considerations (<title>Capital</title> I, chap. 32 <note xml:id="DMsciencedial-not9" place="bottom" n="9">Chapter 32 in the peculiar English numbering of chapters, inherited from
          an obsolete French edition, but maintained up to this day — in Marx’ <title>Kapital</title>,
          this is chap. 24, § 7. See <ref target="#Capital-Itables">comparison of tables</ref>.</note>).
        That this happens to show a nicely Hegelian pattern of negation of the negation is an <foreign xml:lang="latin">a posteriori</foreign> remark.</p>
        <p rend="alinea">Maybe the best conclusion on this comes, again, from Engels himself,
        <ref target="#ADnegpartic">at the end of that chapter 13</ref>:</p>
        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">It is obvious that I do not say anything concerning the particular process
            of development of, for example, a grain of barley from germination to the death of the fruit-bearing plant,
            if I say it is a negation of the negation. For, as the integral calculus is also a negation of the negation,
            if I said anything of the sort I should only be making the nonsensical statement that the life-process
            of a barley plant was integral calculus or for that matter that it was socialism. […]
            When I say that all these processes are a negation of the negation, I bring them all together
            under this one law of motion, and for this very reason I leave out of account the specific
            peculiarities of each individual process. Dialectics, however, is nothing more than the science
            of the general laws of motion and development of nature, human society and thought.</p>
          </quote></body></floatingText>
        </cit>
        <p rend="alinea">If you want to <emph>know</emph> something (apart from general dialectical patterns)
        about barley or calculus, if you have to <emph>decide</emph> what is true or what is not true,
        you should rely <emph>not</emph> on dialectics, but on the specific science concerned.
        Here in the last sentence, Engels once more attempts to say what the dialectics is,
        but he says also that it is “<emph>nothing more</emph>” than this!</p>
        <p rend="alinea">
          These limits of dialectics have not always been clearly understood. <note xml:id="DMsciencedial-not10" place="bottom" n="10">To me it seems that Mao Zedong understood this view of
            Engels particularly clearly as is shown by his insistence on “the particularity and
            relativity of contradiction” in his essay <title>On Contradiction</title>. That was at
            the time poorly understood by some Soviet philosophers supporting Lysenko.
          </note>
          Indeed, in certain circumstances, some people allowed themselves to decide about
          scientific matters mainly on dogmatic dialectical considerations and this certainly had
          quite unfortunate implications.
        </p>
      </div><!-- fin de fichier inclus DMsciencedial.xml -->
        <!-- début de fichier inclus DMnature.xml --><div xml:id="DMnature" type="div1">
        <head>
          <seg rend="invisible">(D. M.)</seg>
          Sur la conception marxiste de la nature
        </head>
        <p>
          Dominique Meeùs, 6 février 2013 (dernière révision, 2 juillet 2015)
        </p>

        <div xml:id="DMnatureUniv" type="div1">
          <head>
            La nature, au sens de l’univers dans son ensemble
          </head>
          <p rend="alinea">
            Marx et Engels ont accordé une grande importance au développement des sciences de la
            nature et ils ont été les témoins de l’apparition de nouvelles idées. Engels, en
            particulier, en a souligné l’importance en plusieurs passages (voir ma <ref target="#DMdialectique">note sur la dialectique</ref> et <ref target="#DMsciencedial">ma
            communication du 24 juillet 2013</ref> au congrès d’histoire des sciences à Manchester).
            Pour Engels, l’évolution des idées philosophiques et la conception qu’on a du
            matérialisme lui-même sont sous la dépendance de l’apport des sciences dans leur
            développement. (<title>Feuerbach</title>, <ref target="#Feuerbach-II">chapitre II à
            la fin</ref>.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Le développement de la bourgeoisie (et du prolétariat) en Europe conduit, surtout
            après l’apparition de l’imprimerie à la Renaissance et suite à sa généralisation, à un
            grand développement des sciences avec un point culminant dans le système de Newton.
            Le système de Newton n’est bien sûr pas un point final mais au contraire le départ
            d’un développement fulgurant.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Cependant, dans un premier temps, cela donne du monde une image de stabilité, de fixité
            (Engels, <title>Dialectique de la nature</title>, <ref target="#DN32troisquarts">dans
            l’Introduction</ref> et dans les <ref target="#dialnatIIIelemHistSci">éléments de
            l’histoire de la science</ref>) : les planètes tournent pour l’éternité autour du
            soleil sur les ellipses découvertes et étudiées par Kepler (sur base des observations
            de Tycho Brahé <note xml:id="DMnatFtnBrahe" n="1" place="bottom">À l’époque de Tycho Brahé, en français on francisait
              même les noms propres. Le français moderne a donc hérité de tels noms francisés.
              On trouve aussi en français l’orthographe Brahe. Il s’appelait Thyge Ottesen Brahe
              en danois, latinisé en Tycho Brahe.
            </note>)
            et plus généralement, les corps célestes se meuvent (et les pommes tombent, ainsi
            d’ailleurs que les boulets de canon) selon les lois de Newton. Linné classe de manière
            savante l’immense variété des espèces végétales et animales créées par Dieu le sixième
            jour.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Cette belle harmonie immuable est mise en question par l’hypothèse de Swedenborg et
            Kant sur la création du système solaire à partir d’une nébuleuse, système qui se
            trouverait ainsi avoir une origine historique ; ainsi que sur l’hypothèse que les
            marées freinent la Terre, dont le mouvement ne serait donc pas éternel. Ces idées
            seront reprises et précisées par divers mathématiciens et physiciens (dont Laplace).
            Les géologues voient dans le sol des couches qui témoignent de bouleversements
            successifs dans le temps et y trouvent des fossiles d’espèces qui semblent aussi
            s’inscrire dans le temps, y compris d’espèces disparues. La constatation des géologues
            impose pratiquement le fait de l’évolution et Lamarck propose de l’expliquer par une
            force de progrès vers des organismes supérieurs plus complexes avec de possibles
            variations dues à l’hérédité de caractères acquis. Contemporain de Marx et Engels,
            Darwin renforce encore l’idée que l’évolution est un fait incontestable en en proposant
            une explication convaincante et basée sur de nombreuses observations : la sélection
            naturelle. Engels observe dans la science « la conception naissante d’une nature qui
            n’<emph>est</emph> pas, mais <emph>devient</emph> et <emph>périt</emph> »
            (<title>Dialectique de la nature</title>, <ref target="#DN35undemi">dans un passage de
            l’Introduction</ref>) et en tire la leçon que « la nature ne se meut pas dans l’éternelle
            monotonie d’un cycle sans cesse répété » (Engels, <title>Anti-Dühring</title>, <ref target="#AD54troisquarts">dans le chapitre 1</ref>. Voir aussi sur le passage d’une
            conception fixiste à celle du caractère historique du monde physique : <title>Dialectique
            de la nature</title>, <ref target="#DN34undemi">dans ce passage de l’Introduction</ref>
            et la suite ; aussi dans les <ref target="#dialnatIIIelemHistSci">éléments de l’histoire
            de la science</ref> et dans le <ref target="#AD89deuxtiers">chapitre 6 de la première
            partie</ref> de l’<title>Anti-Dühring</title>).
          </p>
          <p rend="alinea">
            En même temps que la science dégage l’idée que le monde physique a, comme la société,
            une histoire et que Engels voit l’importance de cette nouvelle conception du monde,
            la chimie organique et la biologie se tendent la main pour réduire la distance entre
            l’inanimé et l’animé. Engels encore souligne l’unité du monde, l’unité d’une seule
            matière organisée à divers niveaux de complexité, de l’atome à la vie et de la vie à
            la conscience : les diverses formes d’énergie se transforment l’une dans l’autre
            (<title>Dialectique de la nature</title>, dans un passage de l’<ref target="#DN36undemi">Introduction</ref> et au <ref target="#dialnatIIchaleur">chapitre de la
            chaleur</ref>), toute la vie est basée sur la cellule…
          </p>
          <p rend="alinea">
            On peut dire que ce qui constitue la différence, la rupture entre le matérialisme
            mécaniste antérieur (que les marxistes ont qualifié de « métaphysique ») et le
            matérialisme moderne, dialectique, de Marx et Engels, c’est la conception du monde comme
            fait d’une matière unique, en interconnexion (<title>Dialectique de la nature</title>,
            au <ref target="#dialnatIIdialectique">chapitre de la dialectique</ref>) et en perpétuel
            changement : « Le mouvement est le mode d’existence de la matière. » (Cette phrase
            d’Engels au <ref target="#AD6p92">chapitre 6 de la première partie</ref> de l’<title>
            Anti-Dühring</title> est citée (par personne interposée) par Lénine à la <ref target="#Len14MEchap5">deuxième page du chapitre 5</ref> de <title>Matérialisme et
            empiriocriticisme</title>. Aussi <title>Dialectique de la nature</title>, au <ref target="#dialnatIIformFondMouv">chapitre des formes fondamentales du mouvement</ref>.
            Ici, comme ailleurs chez Engels, le mot « mouvement » couvre tant le changement que le
            mouvement au sens ordinaire.) Par ailleurs, le matérialisme dialectique est une rupture
            avec la dialectique hégélienne (le « retournement »), mais <ref target="#DMdialectique">de cela je parle ailleurs</ref>.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="DMnatureEnviron" type="div1">
          <head>
            La nature, au sens de notre environnement
          </head>
          <p rend="alinea">
            Notre vie est bien sûr liée à l’évolution d’ensemble de l’univers, mais notre environnement
            immédiat, c’est beaucoup plus modeste : c’est une couche mince à la surface de la Terre
            avec quelques kilomètres au-dessus et en dessous du sol. Quand on pense aux problèmes
            environnementaux, c’est ça qu’on veut dire en parlant de « la nature », ou parfois de
            « la planète ».
          </p>
          <p rend="alinea">
            On vient de dire l’importance que Marx et Engels accordaient au fait de l’évolution et
            à la théorie de Darwin. L’évolution des espèces ne s’observe bien sûr que dans le temps
            long <note xml:id="DMnaturegrippe" n="1" place="bottom">
              Encore que les virus et les bactéries évoluent assez vite pour observer leur
              évolution au laboratoire (et pour rendre difficile la prévention de la grippe).
              C’est même le cas des insectes et c’est une des raisons pour lesquelles les
              biologistes aiment tant la mouche drosophile.
            </note>.
            Cependant même à l’échelle de temps qui est la nôtre, souligne Engels, la nature n’est
            ni harmonieuse ni stable. Les animaux peuvent détruire la végétation et créer des
            situations difficilement réversibles ; les animaux prédateurs, « au contraire du
            chasseur », n’hésitent pas à tuer pour la manger une femelle qui porte des petits
            (« <ref target="#DN176trois8es">Rôle du travail…</ref> »). L’homme se distingue des
            autres animaux parce qu’il recourt au travail pour assurer ses moyens d’existence
            (<ref target="#DN195troisquarts">éléments de l’histoire de la science</ref>). Pour
            Marx : « Activité systématique en vue de s’approprier les produits de la nature sous
            une forme ou une autre, le travail est la condition naturelle de l’existence humaine,
            la condition — indépendante de toute forme sociale — de l’échange de substances entre
            l’homme et la nature <note xml:id="DMnaturetradStoffw" n="2" place="bottom">
                Cet « échange de substances » est le <foreign xml:lang="de">Stoffwechsel</foreign>
                qui est généralement traduit par <foreign xml:lang="en">metabolism</foreign> en
                anglais et métabolisme dans certaines traductions modernes du français. Voir ces
                mots dans l’<ref target="#TEIindex">index</ref>.
              </note>. »
            (<title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>, <ref target="#chap1CritiqueEcoPol">chapitre 1</ref>.) Ou encore : « Le procès de travail […] est
            l’appropriation de l’élément naturel en fonction des besoins humains. » (<title>Capital
            </title>, Livre I, <ref target="#Capital-Ichap5-207">chapitre 5, p. 207</ref>.) Ce sont
            les besoins humains qu’il met en avant. C’est le propre de l’homme de dominer la nature
            (Engels, <ref target="#DN180un4e">« Rôle du travail… »</ref>). Pour Marx, « la
            domination et la domestication de la nature par la société » est une condition du
            progrès (<ref target="#histaccumul"><title>Capital I</title>, chap. 24, § 7</ref>).
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il est donc illusoire de considérer la nature comme une situation d’équilibre
            harmonieux que l’homme seul perturberait et qu’il devrait autant que possible se
            retenir de perturber. Tous les animaux interagissent avec l’environnement dont ils font
            eux-même partie : ils dépendent de leur environnement et le transforment. L’homme ne
            fait pas autre chose, mais il le fait consciemment et rationnellement. Si l’on excepte
            le poisson, encore en bonne partie sauvage, il n’y a rien dans ce que nous mangeons
            aujourd’hui qui soit encore tel que la nature l’aurait fait par sélection naturelle ;
            tout ce que nous mangeons est le résultat d’une modification génétique (même si on ne
            connaissait pas les gènes) par des centaines et des milliers d’années de sélection
            volontaire (et il en est de même de végétaux d’ornementation et d’animaux domestiques
            que nous ne mangeons pas). (Engels, <ref target="#DN178bas">« Rôle du travail… »</ref>.)
            Marx dit aussi <ref target="#prodvalusage">au chapitre 5</ref> du Livre I du <title>
            Capital</title> : « Les animaux et les plantes, qu’on a coutume de considérer comme des
            produits de la nature, sont en fait non seulement des produits du travail, peut-être de
            l’année écoulée mais, dans leur forme actuelle, les produits d’une transformation
            poursuivie à travers de nombreuses générations, sous le contrôle de l’homme et grâce à
            la médiation du travail humain. » Marx parle de la « nécessité de contrôler socialement
            une force naturelle, de la gérer, de se l’approprier et de la rendre docile à grande
            échelle par des œuvres de la main humaine » et cite l’exemple historique de grands
            travaux d’irrigation qui ont profondément transformé l’environnement pour l’homme
            (<title>Capital</title>, Livre I, <ref target="#Capital-Ichap14">au chapitre 14</ref>).
            Tous les sols agricoles sont le résultat de longs travaux d’amélioration, d’élimination
            des pierres… <note xml:id="DMnaturesols" n="3" place="bottom">
              Il en parle aussi, au passage, vers la fin du <ref target="#Capital-IIIchap45">chapitre 45 du Livre III</ref> sur la rente foncière absolue.
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            <index><term>Stoffwechsel zwischen Mensch und Erde</term></index>
            <index><term>métabolisme (Stoffwechsel) entre l’homme et la terre</term></index>
            <index><term>stofwisseling tussen mens en aarde</term></index>
            <index><term>metabolic interaction between man and the earth</term></index>
            <index><term>domination, de l’homme sur la nature</term></index>
            <index><term>empire, de l’homme sur la nature</term></index>
            <index><term>nature, domination de l’homme sur la —</term></index>
            <index><term>seigneur de la nature, homme</term></index> <index><term>maître de la nature, homme</term></index>
            Marx parle de « métabolisme » (« Stoffwechsel », « stofwisseling », « metabolic
            interaction ») <ref target="#Capital-Ichap13para10">au § 10 du chapitre 13</ref>)
            du Livre I du <title>Capital</title>. Un certain métabolisme naturel est rompu
            par la vie en ville et le mode de production capitaliste rassemble dans les
            villes des masses toujours plus grandes de travailleurs dont il compromet la santé,
            tandis qu’un grand nombre de paysans en sont réduits à devenir ouvriers agricoles
            ou à rejoindre en ville la masse des prolétaires. Cependant pour Marx dans ce passage,
            dans l’esprit du <title>Manifeste</title> vingt ans avant, c’est un développement
            révolutionnaire qui met fin à un mode de production « le plus routinier et le plus
            irrationnel <note xml:id="DMnatureagrirrat" n="4" place="bottom">Dans <ref target="#CapIIIt1p138deu3">un passage du Livre III,
              chapitre 6, section 2</ref>, Marx, à l’irrationalité de l’agriculture capitaliste,
              oppose la rationalité de l’agriculture des paysans et des producteurs associés,
              mais c’est à la fin d’une discussion sur les fluctuations extrêmes de prix en
              relation avec les investissements et sur leur effet sur le profit ; il ne s’agit pas
              là du rapport à l’environnement. Plus loin, dans une note au début du <ref target="#Capital-IIIchap37">chapitre 37</ref>, il revient sur les conséquences de la
              fluctuation des prix agricoles, qui détermine des investissements étrangers aux
              besoins vitaux.
            </note> »,
            qui ouvre l’agriculture à la science et à la technologie et qui consacre « l’association
            de l’agriculture et de l’industrie ». Marx ne prône pas le retour à l’agriculture
            traditionnelle et au métabolisme naturel de la vie à la campagne. En brisant ce lien
            naturel, le capitalisme nous met devant le défi d’introduire volontairement le
            métabolisme entre humanité et nature comme « loi régulatrice de la production sociale ».
            (Comme ce n’est pas quelque chose que le capitalisme peut faire, il faut entendre qu’il
            vise ici implicitement le socialisme, mais c’est aussi un objectif de lutte en attendant.)
            Ainsi le métabolisme naturel perdu renaît comme un métabolisme géré par l’humanité.
            Cela veut dire que non seulement l’homme peut dominer la nature, mais qu’il est tenu
            de le faire, que son avenir est de la dominer plus encore et mieux.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Engels dit la même chose au <ref target="#ADIIIchap2">chapitre des Notions théoriques</ref>
            de la troisième partie, Socialisme de l’<title>Anti-Dühring</title>
            (et il le reprend textuellement
            <ref target="#utosci-III">vers la fin de <title>Socialisme utopique et socialisme scientifique</title></ref>).
            Avec le socialisme, les hommes dépassent leur animalité et
            « deviennent consciemment de véritables <ref target="#ADIIIchap2-HerrenderNatur">seigneurs de la nature</ref> ».
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il peut bien sûr arriver, et il est arrivé, que l’homme modifie l’environnement de manière négative.
            Engels nous en avertit dans le <ref target="#dialnatp180undemi">« Rôle du travail… »</ref>.
            (Mais certains marxistes plus verts que rouges ne manquent pas ce citer cet avertissement de manière consciemment malhonnête,
            en omettant le contexte, sans dire que Marx et Engels sont avant tout <emph>pour</emph> la domination de la nature.)
            La solution n’est pas de s’abstenir, de s’incliner devant la nature, mais d’exercer sur
            la nature une domination qui tient compte des conséquences futures (<ref target="#dialnatp181unhuitieme">« Rôle du travail… »</ref>) grâce à liberté que donne la
            connaissance scientifique de la nécessité (<title>Anti-Dühring</title>, <ref target="#ADchap11">au chapitre 11 de la première partie</ref>).
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il est d’ailleurs illusoire aussi de distinguer conceptuellement l’action de l’homme
            de celle de la nature. Engels a souligné que le progrès de la chimie permettait (en son
            temps déjà) de synthétiser des composés organiques
            <!-- (comme l’aniline, <title>Capital</title>, Livre III, préface d’Engels (aniline)) -->
            dont on croyait que seule la nature pouvait les produire. (<title>Dialectique de la
            nature</title>, <ref target="#dialnatIIchimique">Introduction</ref>, <ref target="#dialnatIIIelemHistSci">Éléments d’histoire de la science</ref>,  <ref target="#fragFeuer">Fragment retranché du <title>Feuerbach</title></ref> et <title>Feuerbach
            </title>, <ref target="#fe2alizarine">II. [ Idéalisme et matérialisme ]</ref>.)
            Opposer ce qui est « naturel » à ce qui est « chimique » n’a pas de sens.
          </p>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus DMnature.xml -->
        <div xml:id="DMplus-value" type="div1">
        <head>
          <seg rend="invisible">(D. M.)</seg>
          Essai en défense du mot <term>plus-value</term>
        </head>

        <p rend="alinea">
          Quelqu’un achète un bien (ou un titre, une valeur mobilière) à une certaine valeur A.
          Il peut se faire que, pour des raisons extérieures,
          dans lesquelles le possesseur n’intervient pas, sans aucun mérite de sa part,
          le bien ait par la suite sur le marché une valeur A′ plus grande que A.
          En revendant alors, le possesseur <term>réalise</term> cette différence A′ − A, laquelle,
          lorsqu’elle est réalisée, est dite en français <term>plus-value</term>.
          On dit <term xml:lang="en">capital gain</term> en anglais, <term xml:lang="nl">vermogenswinst</term> en néerlandais.
          (L’<ref target="https://de.wikipedia.org/wiki/Privates_Ver%C3%A4u%C3%9Ferungsgesch%C3%A4ft">article
          Wikipédia correspondant en allemand</ref> est trop compliqué pour moi.
          De là, vous pouvez retourner à d’autres langues.)
        </p>
        <p rend="alinea">
          Pour Marx, le capitaliste <ref target="#Capital-Ichap4para3">achète une force de travail</ref>
          à une valeur <hi rend="variable">v</hi>
          (<hi rend="variable">v</hi> comme capital <term>variable</term>, dont c’est ici une portion,
          correspondant aux frais de reproduction du prolétariat à concurrence d’une personne pour un jour).
          Ensuite, cette force de travail, il la consomme (il la met au travail) pendant une journée
          et cela lui vaut une valeur, disons <hi rend="variable">V</hi>, nettement supérieure à <hi rend="variable">v</hi>.
          Il empoche donc une différence <hi rend="variable">V</hi> − <hi rend="variable">v</hi>.
          Marx appelle cela en allemand <term xml:lang="de">Mehrwerth</term> (dans son orthographe d’alors, en 1867)
          dans le Livre I de <title>Das Kapital</title>, page 112.
        </p>
        <p rend="alinea">
          En 1872, il s’agit de traduire ça en français.
          Le traducteur, Joseph Roy adopte <term>plus-value</term>
          et Marx, qui corrige, ne le désapprouve pas.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Je trouve ça assez bien venu.
          Dans le cas de A′ et de A, il s’agit de la valeur d’un même bien à deux moments différents,
          tandis que dans le cas de <hi rend="variable">V</hi> et <hi rend="variable">v</hi>,
          il s’agit de deux choses bien différentes.
          Mais réaliser la plus-value A′ − A, c’est un peu comme gagner à la loterie.
          Il n’y a aucun mérite à ça. C’est dû à un concours de circonstances.
          Alors on peut dire que pour le capitaliste, c’est un peu la même chose.
          Il n’a aucun mérite à réaliser la différence <hi rend="variable">V</hi> − <hi rend="variable">v</hi>.
          Il profite de sa situation privilégiée, de sa position de force, en face d’un prolétaire qui n’a pas le choix.
          La différence ne tient ni à l’un ni à l’autre, mais à cette situation extérieure à l’un et à l’autre.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Bien sûr, la plus-value dans le sens que Roy introduit pour rendre le concept de Marx, c’est un nouveau sens de plus-value.
          C’est bien ce qu’enregistrent les dictionnaires,
          comme le <title>Trésor de la langue française</title> ou le <title>Petit Robert</title>
          qui distinguent explicitement ces deux sens à l’article <term>plus-value</term>.
          Il est tout à fait courant qu’on recycle des mots existants pour de nouveaux concepts.
          Les langues en sont pleines d’exemples.
          (Comme <term>force</term>, <term>travail</term> ou <term>champ</term> en physique
          et plein d’autres mots, en physique ou dans d’autres sciences.)
          Ça fait partie de la vie de la langue.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Depuis 1872, tous les marxistes apprennent en français ces deux sens de <term>plus-value</term> :
          le premier sens lorsqu’ils lisent le journal ; le deuxième lorsqu’il s’agit d’économie marxiste.
          Comme c’est le cas aussi pour des homonymes, ça ne demande aucun effort conscient.
          Le cerveau fait très bien tout seul la différence selon le contexte une fois qu’il l’a apprise.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Cependant, à commencer de <ref target="#CapIfr1965rubel">Maximilien Rubel dans la Pléiade</ref>,
          d’aucuns veulent imposer, pour la plus-value au sens marxiste, le néologisme <term>survaleur</term>.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Un premier argument, linguistique, est qu’on ne peut dire plus-value dans le sens de Marx
          parce que ce mot avait déjà un autre sens en français.
          Je viens de dire que c’est une chose courante, parfaitement acceptable en général,
          et tout à fait acceptée en particulier dans le cas qui nous occupe.
          C’est donc, des tenants de la survaleur, un argument linguistique qui illustre seulement
          la pauvreté de leur conception de la langue, leur ignorance linguistique.
          En outre, il faut aussi une grande naïveté linguistique pour penser devoir et pouvoir,
          après plus d’un siècle, réécrire l’histoire d’une langue.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Un deuxième argument est que <term>survaleur</term> s’alignerait sur <term>surtravail</term>.
          Mais la plus-value est un concept central, tandis que le surtravail est secondaire
          et je ne trouve pas une bonne idée d’aligner un concept sur une forme dérivée.
          La plus-value, c’est la différence de valeur entre deux choses absolument différentes,
          intervenant à des moments différents :
          l’achat de la force travail pour la valeur <hi rend="variable">v</hi>
          et, par la suite, la consommation de cette force de travail, d’où sort la valeur que j’ai dite <hi rend="variable">V</hi>.
          Cela étant, on peut considérer l’étalement dans le temps de la création de valeur <hi rend="variable">V</hi>
          et dire qu’une partie de ce temps est <term>nécessaire</term>
          pour que le capitaliste réalise au moins la valeur <hi rend="variable">v</hi>, pour ne pas être en perte.
          Mais il faut qu’on aie déjà le concept de plus-value
          (le concept de la différence entre valeurs différentes de deux choses différentes
          <hi rend="variable">v</hi> d’un côté et <hi rend="variable">V</hi> de l’autre)
          pour plaquer ce concept sur le déroulement de la journée de travail et en sortir les notions dérivées
          de <term>temps de travail nécessaire</term> puis, dans ce temps, de <term>travail nécessaire</term>,
          le reste étant <term>surtravail</term>.
          Le concept de plus-value étant acquis, la notion de surtravail intervient par après, bien après,
          comme notion dérivée, dans la discussion des facteurs qui affectent le taux de plus-value ;
          dans le <title>Kapital</title> de 1867,
          c’est <term xml:lang="de">Mehrarbeit</term> (<term xml:lang="en">surplus labour</term>),
          page 184, ce qui est bien loin après la page 112.
          Au moment où on prétend dire survaleur sur le modèle surtravail, le surtravail n’existe pas encore comme concept.
          Je serais bien sûr tout à fait heureux que surtravail se calque sur survaleur, si Roy avait choisi de créer survaleur.
          Mais vouloir calquer le nom du concept de plus-value sur celui de la notion dérivée de surtravail,
          c’est en un sens inverser la relation entre le concept fondamental et la notion dérivée.
        </p>
        <p rend="alinea">
          J’ai ainsi passé en revue trois arguments :
        </p>
        <list>
          <item>
            positivement, une certaine parenté du concept marxiste avec le sens premier de plus-value en français,
            comme gain en capital sans mérite ;
          </item>
          <item>
            négativement, parce que les deux sens sont maintenant habituels,
            qu’il n’y a pas lieu de revenir sur plus d’un siècle d’histoire de la langue ;
          </item>
          <item>
            négativement — même si on peut regretter qu’il n’y ait pas ressemblance de famille
            de survaleur avec surtravail (et avec surproduit) —
            que c’est le concept de plus-value qui est premier et pas le contraire.
          </item>
        </list>
        <p rend="alinea">
          Pour ces raisons, je choisis de continuer à utiliser <term>plus-value</term>.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Je cite le plus souvent le Livre I du <title>Capital</title> en français
          d’après <ref target="#CapIfr1983">la traduction de Jean-Pierre Lefebvre et de son groupe</ref>,
          parce qu’elle traduit l’œuvre dans un état plus achevé qu’elle ne l’était en 1872-1876.
          Dans ce que je cite, je décide de corriger <term>survaleur</term> en <term>plus-value</term>.
        </p>
      </div>
        <!-- Pas DMcitations ici, parce que ce n’est pas réellement personnel, mais problemquotes plus haut -->
      </div>

      <!--
      Marx et Engels
       -->
      <div xml:id="MarxEngels" type="level0_auteur">
        <head>
          Karl Marx et Friedrich Engels
          <lb/>
          <figure rend="centralign">
            <graphic url="Marx, Engels, tandem.jpeg"/>
          </figure>
        </head>
        <p rend="alinea">
          Les textes principaux sont donnés par ordre chronologique.
          Cependant, pour éviter une longue table des matières non structurée d’un seul tenant,
          je regroupe sous « Divers » par dizaines d’années les textes plus petits
          (ou sur lesquels j’ai peu de notes).
          Les <title>Théories sur la plus-value</title> précèdent le Livre I.
          (Elles lui sont en une certaine manière antérieures,
          bien que <ref target="#Capital-IVedit">baptisées parfois Livre IV</ref>.)
          Le Livre I, dont pratiquement personne aujourd’hui n’a jamais vu l’édition,
          très différente, de 1867, je le mets en 1872.
          La <title>Dialectique de la nature</title>, annoncée en 1873, commencée en 1875
          et mise de côté à la mort de Marx (1883) pour continuer à éditer le <title>Capital</title>,
          je l’ai placée avant le Livre II et les divers années 80.
        </p>
        <!-- début de fichier inclus annees40.xml --><div xml:id="annees40" type="level1_dizaine">
          <head>
            Divers, années 40
          </head>
          <!-- <p>
            J’ai retiré des divers, années 40, les <ref target="#manuscrits44">Manuscrits de 44</ref>.
          </p> -->

          <div xml:id="Verhandl6rheinLand">
            <head>
              Die Verhandlungen des 6. rheinischen Landtags
              <seg rend="invisible">(Marx, 1842)</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Den Artikel „Die Verhandlungen des 6. rheinischen Landtags“ schrieb Marx zwischen dem
              26. März und 26. April 1842. […] Erstmalig abgedruckt wurde Marx’ Artikel in der
              <title>Rheinischen Zeitung</title> Nr. 125 vom 5. Mai 1842, Nr. 128 vom 8. Mai 1842,
              Nr. 130 vom 10. Mai 1842, Nr. 132 vom 12. Mai 1842, Nr. 135 vom 15. Mai 1842 und
              Nr. 139 vom 19. Mai 1842. (<title>MEW</title>, Band 1. Anm. 16.)
            </bibl>
            <!-- Den Artikel „Die Verhandlungen des 6. rheinischen Landtags" schrieb Marx zwischen
                 dem 26. März und 26. April 1842. Mit ihm begann seine Mitarbeit an der „Rheinischen
                 Zeitung". Marx beabsichtigte, die Debatten des 6. Rheinischen Provinziallandtags,
                 der vom 23. Mai bis 25. Juli 1841 in Düsseldorf getagt hatte, in vier Artikeln zu
                 analysieren : über die Fragen der Pressefreiheit, über den Konflikt zwischen dem
                 preußischen Staat und der katholischen Kirche wegen der Verhaftung des Erzbischofs
                 von Köln (siehe Anm. 12), über den Entwurf des Holzdiebstahlsgesetzes und über den
                 Gesetzentwurf zur Beschränkung der Parzellierung des Grundbesitzes in der
                 Rheinprovinz. In der „Rheinischen Zeitung" wurde» nur der vorliegende erste und
                 der dritte Artikel (siehe vorl. Band, S. 109-147) veröffentlicht. Den Artikel über
                 die Kölner Wirren unterdrückte die Zensur, und ob Marx einen vierten Artikel
                 geschrieben hat, ist nicht bekannt.
                 …
                 Erstmalig abgedruckt wurde Marx’ Artikel in der „Rheinischen Zeitung" Nr. 125 vom
                 5. Mai 1842 (vorl. Band, S. 28-33), Nr. 128 vom 8. Mai 1842 (vorl. Band, S. 33-41),
                 Nr. 130 vom 10. Mai 1842 (vorl. Band, S. 41-50), Nr. 132 vom 12. Mai 1842 (vorl.
                 Band, S. 50-60), Nr. 135 vom 15. Mai 1842 (vorl. Band, S. 60-66) und Nr. 139 vom
                 19. Mai 1842 (vorl. Band, S. 66-77). (MEW, Band 1. Anm. 16.)-->
            <index><term>Freiheit, wesentlichen Charakter</term></index>
            <index><term>Freiheit der Presse, kein Gewerbe</term></index>
            <index><term>Presse, Freiheit, kein Gewerbe</term></index>
            <index><term>Schriftsteller, muß allerdings erwerben</term></index>
            <index><term>vrijheid van de pers, vrij van de handel</term></index>
            <index><term>pers, vrijheid, vrij van de handel</term></index>
            <index><term>schrijver, moet geld verdienen om te leven</term></index>
            <index><term>freedom, essential character</term></index>
            <index><term>freedom of the press, not being a trade</term></index>
            <index><term>press, freedom, not being a trade</term></index>
            <index><term>writer, must earn in order to be able to live</term></index>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Um die Freiheit einer Sphäre zu verteidigen und selbst zu begreifen,
                      muß ich sie in ihrem wesentlichen Charakter, nicht in äußerlichen Beziehungen fassen.
                      Ist aber die Presse ihrem Charakter treu, handelt sie dem Adel ihrer Natur gemäß,
                      <emph>ist die Presse frei</emph>, die sich zum <emph>Gewerbe</emph> herabwürdigt ?
                      Der Schriftsteller muß allerdings erwerben, um existieren und schreiben zu können,
                      aber er muß keineswegs existieren und schreiben, um zu erwerben.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]successeurs modernes
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <emph>Die erste Freiheit der Presse besteht darin, kein Gewerbe zu sein.</emph>
                      Dem Schriftsteller, der sie zum materiellen Mittel herabsetzt,
                      gebührt als Strafe dieser inneren Unfreiheit die äußere, die Zensur,
                      oder vielmehr ist schon seine Existenz seine Strafe.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Allerdings existiert die Presse auch als Gewerbe,
                      aber dann ist sie keine Angelegenheit der Schriftsteller, sondern der Buchdrucker und Buch händler.
                      Es handelt sich hier aber nicht um die Gewerbefreiheit der Buchdrucker und Buchhändler,
                      sondern um die Preßfreiheit.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <title>Rheinischen Zeitung</title>,
                    Nr. 139 vom 19. Mai 1842.
                    MEW, Band 1. S. 71.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Pour défendre la liberté d’une sphère et même la comprendre,
                      il me faut la saisir dans son caractère essentiel, non dans ses rapports extérieurs.
                      Mais est-elle fidèle à son caractère, agit-elle conformément à la noblesse de sa nature,
                      <emph>est-elle libre, la presse</emph> qui se ravale au rang d’<emph>industrie</emph> ?
                      Il faut évidemment que l’écrivain gagne de l’argent pour pouvoir vivre et écrire,
                      mais il ne faut à aucun titre qu’il vive et écrive pour gagner de l’argent.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <emph>La première liberté consiste pour la presse à ne pas être une industrie.</emph>
                      L’écrivain qui ravale la presse jusqu’à en faire un moyen matériel
                      mérite comme peine de ce manque de liberté intérieure le manque de liberté extérieure, c’est-à-dire la censure.
                      Disons mieux, sa seule existence constitue déjà pour lui une peine.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Certes, la presse existe également comme industrie ;
                      mais ce n’est plus alors l’affaire des écrivains, c’est l’affaire des imprimeurs et des éditeurs.
                      Or, ce dont il s’agit ici, ce n’est pas la liberté industrielle des imprimeurs et des éditeurs,
                      mais la liberté de la presse.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                     « Débats sur la liberté de la presse et publications des discussions de la diète »,
                     <title>Œuvres complètes de Karl Marx</title>,
                     <title>Œuvres philosophiques</title> (traduit par J. Molitor),
                     tome 5, p. 80-81.
                     Alfred Costes, éditeur, Paris, 1937.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 24.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <seg rend="nonvisible">Um die Freiheit einer Sphäre zu verteidigen und selbst zu begreifen,
                      muß ich sie in ihrem wesentlichen Charakter, nicht in äußerlichen Beziehungen fassen.
                      Ist aber die Presse ihrem Charakter treu, handelt sie dem Adel ihrer Natur gemäß,</seg>
                      <emph>is een pers</emph> die zichzelf tot een <emph>handelsproduct</emph> verlaagt, vrij ?
                      Een schrijver moet zeker geld verdienen om te leven en te schijven,
                      maar moet niet leven en schijven om geld te verdienen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <emph>De eerste vrijheid van de pers moet zijn, dat zij bevrijd wordt van de handel.</emph>
                      <seg rend="nonvisible">Dem Schriftsteller, der sie zum materiellen Mittel herabsetzt,
                      gebührt als Strafe dieser inneren Unfreiheit die äußere, die Zensur,
                      oder vielmehr ist schon seine Existenz seine Strafe.</seg>
                    </p>
                    <p rend="alinea nonvisible">
                      Allerdings existiert die Presse auch als Gewerbe,
                      aber dann ist sie keine Angelegenheit der Schriftsteller, sondern der Buchdrucker und Buch händler.
                      Es handelt sich hier aber nicht um die Gewerbefreiheit der Buchdrucker und Buchhändler,
                      sondern um die Preßfreiheit.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Cité par Ron Blom dans
                    <title>Frank van der Goes, 1859-1939 : Journalist, literator en pionier van het socialisme</title>,
                    Eburon, Delft, 2012, note 234, p. 430.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      In order to defend, and even to understand, the freedom of a particular sphere,
                      I must proceed from its essential character and not its external relations.
                      But is the press true to its character, does it act in accordance with the nobility of its nature,
                      <emph>is the press free</emph> which degrades itself to the level of a <emph>trade</emph> ?
                      The writer, of course, must earn in order to be able to live and write,
                      but he must by no means live and write to earn.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      The primary freedom of the press lies in not being a trade.
                      The writer who degrades the press into being a material means
                      deserves as punishment for this internal unfreedom the external unfreedom of censorship,
                      or rather his very existence is his punishment.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Of course, the press exists also as a trade,
                      but then it is not the affair of writers, but of printers and booksellers.
                      However, we are concerned here not with the freedom of trade of printers and booksellers,
                      but with freedom of the press.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW, vol. 1
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Engels1842condition">
            <head>
              The Condition of the Working Class in England
              <seg rend="invisible">(Engels, 1842)</seg>
            </head>
            <bibl>
              <title>Rheinische Zeitung</title> No. 359, December 25, 1842.
            </bibl>
            <bibl>
              MECW 2:378-379.
            </bibl>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1843-09Ruge" type="level2_document">
            <head>
              Marx à Arnold Ruge<seg rend="invisible">, septembre 1843</seg>
            </head>

            <bibl rend="publie">
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Arnold Ruge,
              <date>septembre 1843</date>.
              <title>Correspondance Marx-Engels</title>,
              tome 1, lettre 77, p. 297, Éditions sociales.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              MEW 1:343-346. MECW 3:141-145.
            </bibl>

            <p rend="alinea">
              Vers la fin de la lettre…
            </p>
            <index><term>traduction, remarque</term></index>
            <index><term>doctrine</term></index>
            <index><term>lutte, parole, slogan, devise, mot d’ordre</term></index>
            <index><term>combat, parole, slogan, devise, mot d’ordre</term></index>
            <index><term>mot d’ordre, de la lutte, du combat</term></index>
            <index><term>devise, de la lutte, du combat</term></index>
            <index><term>parole, de la lutte, du combat</term></index>
            <index><term>slogan, de la lutte, du combat</term></index>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Wir treten dann nicht der Welt doktrinär mit einem neuen Prinzip entgegen :
                      Hier ist die Wahrheit, hier kniee nieder ! Wir entwickeln der Welt aus den
                      Prinzipien der Welt neue Prinzipien. Wir sagen ihr nicht : Laß ab von deinen
                      Kämpfen, sie sind dummes Zeug ; wir wollen dir die wahre Parole des Kampfes
                      zuschrein. Wir zeigen ihr nur, warum sie eigentlich kämpft, und das
                      Bewußtsein ist eine Sache, die sie sich aneignen <emph>muß</emph>, wenn
                      sie auch nicht will.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MEW, Band 1, p. 345 <foreign xml:lang="latin">in fine</foreign>. En ligne :
                    <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me01/me01_337.htm">ML werke</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 35%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="MECorrIp299sept8" n="299⅞"/>Nous
                      ne nous présentons pas au monde en doctrinaires avec un principe nouveau :
                      « voici la vérité, à genoux devant elle ! »
                      Nous apportons au monde les principes que le monde a lui-même développés dans son sein.
                      Nous ne lui disons pas :
                      « laisse-là tes combats, ce sont des fadaises ;
                      nous allons te crier le vrai mot <pb n="300"/>d’ordre du combat ».
                      Nous lui montrons seulement <emph>pourquoi</emph> il combat exactement,
                      et la conscience de lui-même est une chose qu’il <emph>devra</emph> acquérir, qu’il le veuille on non.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    C’est moi qui ajoute des guillemets pour délimiter les deux phrases <emph>non</emph> dites.
                  </bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      In that case we do not confront the world in a doctrinaire way with a new
                      principle : Here is the truth, kneel down before it ! We develop new
                      principles for the world out of the world’s own principles. We do not say
                      to the world : Cease your struggles, they are foolish ; we will give you
                      the true slogan of struggle. We merely show the world what it is really
                      fighting for, and consciousness is something that it has to acquire, even
                      if it does not want to.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 3:144. <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1843/letters/43_09.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              Je le donne en trois langues parce qu’on le cite parfois d’après
              <title>Ce que sont les « Amis du peuple »…</title> dans les <title>Œuvres</title> de Lénine
              où <ref target="#Lent1p201un2">il y a un contresens</ref>.
              Le sens est clairement « nous ne sommes pas des donneurs de leçons »
              et toute la double phrase (qu’en français j’ai mise entre guillemets) est rejetée.
              On ne peut en aucun cas interpréter positivement « le vrai mot d’ordre »
              (chez Lénine, « la vraie parole de la lutte ») comme quelque chose que « nous » affirmons,
              c’est au contraire une chose que « nous » ne disons pas, que « nous » nous abstenons volontairement de dire.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue qu’on est en 1843, que Marx ne parle pas
              ici comme communiste, comme dirigeant en vue de la Première Internationale (1864).
              Marx donne ici à Ruge sa conception du rôle que peuvent jouer les
              <title>Deutsch-französische Jahrbücher</title> (annales franco-allemandes)
              et du ton, non doctrinaire, non dogmatique, qu’elles devraient prendre.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="adFeuerbach" type="level2_document">
            <head>
              1)
              <foreign xml:lang="latin">ad Feuerbach</foreign>
              [Thèses]
              <seg rend="invisible">(Marx, 1845)</seg>
            </head>

            <bibl rend="publie">
              <author>Marx</author>, <title>« <foreign xml:lang="latin">ad Feuerbach</foreign> »</title>,
              Bruxelles, probablement <date>avril 1845</date>.
              Il y en a deux versions : on dispose de l’original de Marx dans son carnet de notes
              1844-47, sous le titre ci-dessus ; Engels a édité les thèses, en les reformulant parfois
              légèrement, sous le titre <ref target="#thesesFeuerbach">« Thèses sur Feuerbach »</ref>,
              en annexe de son <ref target="#Feuerbach">Feuerbach</ref>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Karl Marx u. Friedrich Engels, <title>Werke</title>, Bd. 3, Berlin, 1978, p. 5-7,
              <ref target="https://www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1845/thesen/thesfeue-or.htm">www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1845/thesen/thesfeue-or.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              En français, je trouve <ref target="https://sites.cvm.qc.ca/encephi/contenu/textes/Marx.htm">sites.cvm.qc.ca/encephi/contenu/textes/Marx.htm</ref>
              qui me semble bien être une traduction de l’original.
              Je reprends ça en le confrontant avec l’allemand.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Karl Marx &amp; Friedrich Engels,
              <title>De duitse idelologie, deel I: Feuerbach</title>,
              SUN, Socialistiese Uitgeverij Nijmegen, 1972, derde druk 1974, p. 5-9.
              Online: <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/1845feuerbach.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/1845feuerbach.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              In English, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1845/theses/original.htm">https://www.marxists.org/archive/marx/works/1845/theses/original.htm</ref>
            </bibl>
            <!-- <bibl rend="publie">
              Publié en 1898 en annexe du <title>Feuerbach</title> d’Engels.
              <author>Karl Marx</author> et <author>Friedrich Engels</author>,
              <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>, Éditions du Progrès, Moscou,
              s. d. (conforme à l’édition russe de 1955), t. 2, p. 439.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Karl Marx, Thesen über Feuerbach, p. 61-63 in <author>Friedrich Engels</author>,
              <title>Ludwig Feuerbach und der Ausgang der klassischen deutschen Philosophie</title>,
              Dietz Verlag, Berlin, 1957. Aussi Marx-Engels, <title>Werke</title>,
              Band 3, Seite 533 ff. Dietz Verlag Berlin, 1969, <ref target=
              "http://www.mlwerke.de/me/me03/me03_533.htm">www.mlwerke.de/me/me03/me03_533.htm</ref>.
            </bibl> -->

            <index><term>transformation du monde</term></index>
            <index><term>philosophie, fin de la —</term></index> <index><term>fin de la philosophie</term></index>
            <index><term>prolétariat, la philosophie comme arme intellectuelle du —</term></index>
            <index><term>classe ouvrière, la philosophie comme arme intellectuelle de la —</term></index>
            <index><term>philosophie, arme intellectuelle du prolétariat</term></index>

            <p rend="alinea">
              Il est intéressant de retourner à cette version originale de Marx,
              ce pourquoi j’en reprends ici le texte intégral.
              On parle de la « transformation de soi » chez Marx.
              La recherche me conduit au deuxième alinéa de la thèse 3, mais seulement dans cette version originale.
            </p>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-01"/>
                1.
              </head>

              <item style="width: 25.8%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Der Hauptmangel alles bisherigen Materialismus
                      (den Feuerbachschen mit eingerechnet) ist, daß der Gegenstand, die Wirklichkeit,
                      Sinnlichkeit nur unter der Form des <emph>Objekts oder der Anschauung</emph> gefaßt wird ;
                      nicht aber als <emph>sinnlich menschliche Tätigkeit, Praxis</emph> ; nicht subjektiv.
                      Daher die <emph>tätige</emph> Seite abstrakt im Gegensatz zu dem Materialismus von dem Idealismus
                      – der natürlich die wirkliche, sinnliche Tätigkeit als solche nicht kennt –
                      entwickelt. <!-- Ce point manque dans l’édition en ligne. Corrigé à partir du PDF de Dietz. -->
                      Feuerbach will sinnliche – von den Gedankenobjekten wirklich unterschiedne Objekte :
                      aber er faßt die menschliche Tätigkeit selbst nicht als <emph>gegenständliche</emph> Tätigkeit.
                      Er betrachtet daher im <title>Wesen des Christenthum</title> nur das theoretische Verhalten
                      als das echt menschliche, während die Praxis
                      nur in ihrer schmutzig jüdischen Erscheinungsform gefaßt und fixiert wird.
                      Er begreift daher nicht die Bedeutung der „revolutionären“, der „praktisch-kritischen“ Tätigkeit.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.8%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Le principal défaut de tout matérialisme jusqu’ici (y compris celui de Feuerbach)
                      est que l’objet extérieur, la réalité, le sensible ne sont saisis
                      que sous la forme <emph>d’objet ou d’intuition</emph>, mais non en tant qu’<emph>activité humaine sensible</emph>,
                      en tant que <emph>pratique</emph>, de façon subjective.
                      C’est pourquoi en opposition au matérialisme l’aspect actif fut développé de façon abstraite
                      par l’idéalisme, qui ne connaît naturellement pas l’activité réelle, sensible, comme telle.
                      Feuerbach veut des objets sensibles, réellement distincts des objets de la pensée :
                      mais il ne saisit pas l’activité humaine elle-même en tant qu’activité <emph>objective</emph>.
                      C’est pourquoi dans <title>L’Essence du christianisme</title>
                      il ne considère comme authentiquement humaine que l’attitude théorique,
                      tandis que la pratique n’est saisie et fixée par lui que dans sa manifestation juive sordide.
                      C’est pourquoi il ne comprend pas l’importance de l’activité « révolutionnaire »,
                      de l’activité « pratiquement-critique ».
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26.4%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Het voornaamste gebrek van alle materialisme tot nu toe
                      (dat van Feuerbach inbegrepen)
                      is dat het voorwerp, de werkelijkheid, de zintuiglijkheid slechts in de vorm
                      van het <emph>object of van de aanschouwing</emph> opgevat wordt,
                      maar niet als <emph>zintuiglijk-menselijke activiteit</emph>, <emph>niet als praktijk</emph>,
                      niet subjectief. Vandaar dat de <emph>actieve</emph> kant in tegenstelling tot het materialisme
                      abstract werd ontwikkeld door het idealisme — dat natuurlijk de werkelijke, zintuiglijke activiteit
                      als zodanig niet kent. Feuerbach wil zintuiglijke objecten die werkelijk van de denkobjecten zijn onderscheiden,
                      maar hij vat de menselijke activiteit zelf niet als <emph>objectieve</emph> activiteit op.
                      Vandaar dat hij in <title>Das Wesen des Christentums</title> alleen het theoretische gedrag
                      als het echt menselijke beschouwt, terwijl de praktijk slechts in haar smerig-joodse verschijningsvorm
                      opgevat en gefixeerd wordt. Vandaar dat hij niet de betekenis van de ‘revolutionaire’,
                      de ‘praktisch-kritische’ activiteit begrijpt.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The chief defect of all previous materialism (that of Feuerbach included)
                      is that things, reality, sensuousness are conceived only in the form
                      of the <emph>object, or of contemplation</emph>,
                      but not as <emph>sensuous human activity, practic</emph>e, not subjectively.
                      Hence, in contradistinction to materialism, the active side was set forth abstractly by idealism
                      — which, of course, does not know real, sensuous activity as such.
                      Feuerbach wants sensuous objects, really distinct from conceptual objects,
                      but he does not conceive human activity itself as <emph>objective</emph> activity.
                      In <title>Das Wesen des Christenthums</title>, he therefore regards the theoretical attitude
                      as the only genuinely human attitude, while practice is conceived and defined only
                      in its dirty-Jewish form of appearance. Hence he does not grasp the significance
                      of “revolutionary”, of “practical-critical”, activity.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-02"/>
                2.
              </head>

              <item style="width: 25.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Die Frage, ob dem menschlichen Denken gegenständliche Wahrheit zukomme
                      – ist keine Frage der Theorie, sondern eine <emph>praktische</emph> Frage.
                      In der Praxis muß der Mensch die Wahrheit, i.e. Wirklichkeit und Macht,
                      Diesseitigkeit seines Denkens beweisen. Der Streit über die Wirklichkeit
                      oder Nichtwirklichkeit des Denkens – das von der Praxis isoliert ist –
                      ist eine rein <emph>scholastische</emph> Frage.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La question de l’attribution à la pensée humaine d’une vérité objective
                      n’est pas une question de théorie, mais une question <emph>pratique</emph>.
                      C’est dans la pratique que l’homme a à faire la preuve de la vérité,
                      c’est-à-dire de la réalité et de la puissance de sa pensée, la preuve qu’elle est de ce monde.
                      Le débat sur la réalité ou l’irréalité de la pensée isolée de la pratique
                      est une question purement <emph>scolastique</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      De vraag of aan het menselijk denken objectieve waarheid mag worden toegekend,
                      is geen theoretische, maar een <emph>praktische</emph> vraag.
                      De mens moet de waarheid, d.w.z. de werkelijkheid en de macht,
                      het aardse karakter van zijn denken in de praktijk bewijzen.
                      De strijd over de werkelijkheid of niet-werkelijkheid van het denken,
                      dat volledig losstaat van de praktijk, is een zuiver <emph>scholastische</emph> kwestie.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The question whether objective truth can be attributed to human thinking
                      is not a question of theory but is a <emph>practical</emph> question.
                      Man must prove the truth, i.e., the reality and power,
                      the this-worldliness of his thinking in practice.
                      The dispute over the reality or non-reality of thinking which is isolated from practice
                      is a purely <emph>scholastic</emph> question.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-03"/>
                3.
              </head>

              <item style="width: 25.4%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Die materialistische Lehre von der Veränderung der Umstände
                      und der Erziehung vergißt, daß die Umstände von den Menschen verändert
                      und der Erzieher selbst erzogen werden muß. Sie muß daher die Gesellschaft in zwei Teile
                      – von denen der eine über ihr erhaben ist – sondieren.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Das Zusammenfallen des Ändern[s] der Umstände
                      und der menschlichen Tätigkeit oder Selbstveränderung kann nur
                      als <emph>revolutionäre Praxis</emph> gefaßt und rationell verstanden werden.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.9%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La doctrine matérialiste de la transformation des circonstances et de l’éducation
                      oublie qu’il faut les hommes pour transformer les circonstances
                      et que l’éducateur a lui-même besoin d’être éduqué.
                      C’est pourquoi il lui faut diviser la société en deux parties
                      — dont l’une est élevée au-dessus d’elle.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La coïncidence du changement des circonstances et de l’activité humaine
                      ou transformation de soi ne peut être saisie et rationnellement comprise
                      qu’en tant que <emph>pratique révolutionnaire</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.9%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      De materialistische leer over de verandering van de omstandigheden en de opvoeding
                      vergeet dat de omstandigheden door de mensen worden veranderd en de opvoeder zelf opgevoed moet worden.
                      Deze leer moet daarom de maatschappij in twee delen splitsen,
                      waarvan het ene deel boven het andere verheven is.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Het samenvallen van het veranderen van de omstandigheden met de menselijke activiteit
                      oftewel zelfverandering kan enkel als <emph>revolutionaire praktijk</emph> worden opgevat
                      en rationeel begrepen.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The materialist doctrine concerning the changing of circumstances
                      and upbringing forgets that circumstances are changed by men and that the educator
                      must himself be educated. This doctrine must, therefore, divide society into two parts,
                      one of which is superior to society.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      The coincidence of the changing of circumstances and of human activity or self-change
                      can be conceived and rationally understood only as <emph>revolutionary practice</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-04"/>
                4.
              </head>

              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach geht von dem Faktum der religiösen Selbstentfremdung,
                      der Verdopplung der Welt in eine religiöse und eine weltliche aus.
                      Seine Arbeit besteht darin, die religiöse Welt in ihre weltliche Grundlage aufzulösen.
                      Aber daß die weltliche Grundlage sich von sich selbst abhebt
                      und sich ein selbständiges Reich in den Wolken fixiert,
                      ist nur aus der Selbstzerrissenheit und Sichselbstwidersprechen dieser weltlichen Grundlage zu erklären.
                      Diese selbst muß also in sich selbst sowohl in ihrem Widerspruch verstanden als praktisch revolutioniert werden.
                      Also nachdem z.B. die irdische Familie als das Geheimnis der heiligen Familie entdeckt ist,
                      muß nun erstere selbst theoretisch und praktisch vernichtet werden.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach part du fait de l’aliénation religieuse de soi,
                      du dédoublement du monde en un monde religieux et un monde profane.
                      Son travail consiste à résoudre le monde religieux en sa base profane.
                      Mais le fait que la base profane se détache d’elle-même pour aller se constituer dans les nuages
                      en royaume autonome ne peut s’expliquer que par le déchirement intime et la contradiction interne
                      de cette base profane. Il faut donc tout à la fois comprendre celle-ci dans sa contradiction
                      et la révolutionner pratiquement. Ainsi, une fois qu’on a découvert par exemple
                      que la famille terrestre est le secret de la sainte famille,
                      c’est la première elle-même qu’il faut alors réduire théoriquement et pratiquement à néant.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach gaat uit van het feit van de religieuze zelfvervreemding,
                      van de verdubbeling van de wereld in een religieuze en een wereldlijke wereld.
                      Zijn werk bestaat erin de religieuze wereld tot haar wereldlijke grondslag te herleiden.
                      Maar het feit dat de wereldlijke grondslag zich van zichzelf losmaakt
                      en voor zich een zelfstandig rijk in de wolken vestigt,
                      is slechts te verklaren door de innerlijke verscheurdheid en tegenstrijdigheid van deze wereldlijke grondslag zelf.
                      Deze moet dus zelf vanuit haarzelf zowel in haar contradictie worden begrepen als praktisch radicaal worden veranderd.
                      Zo moet bijvoorbeeld, nadat het aardse gezin als het mysterie van de heilige familie ontdekt is,
                      dit aardse gezin nu ook zelf theoretisch en praktisch worden vernietigd.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach starts out from the fact of religious self-estrangement,
                      of the duplication of the world into a religious world and a secular one.
                      His work consists in resolving the religious world into its secular basis.
                      But that the secular basis lifts off from itself and establishes itself
                      as an independent realm in the clouds
                      can only be explained by the inner strife and intrinsic contradictoriness of this secular basis.
                      The latter must, therefore, itself be both understood in its contradiction
                      and revolutionised in practice.
                      Thus, for instance, once the earthly family is discovered to be the secret of the holy family,
                      the former must then itself be destroyed in theory and in practice.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-05"/>
                5.
              </head>

              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, mit dem <emph>abstrakten Denken</emph> nicht zufrieden,
                      will die <emph>Anschauung</emph> ; aber er faßt die Sinnlichkeit nicht
                      als <emph>praktische</emph> menschlich-sinnliche Tätigkeit.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, que ne satisfait pas la <emph>pensée abstraite</emph>, veut l’<emph>intuition</emph> ;
                      mais il ne saisit pas le sensible en tant qu’activité sensible <emph>pratique</emph> de l’homme.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, die zich met het <emph>abstracte denken</emph> niet tevreden stelt,
                      wil de <emph>aanschouwing</emph>; maar hij vat de zintuiglijkheid niet op
                      als <emph>praktische</emph>, menselijk-zintuiglijke activiteit.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, not satisfied with <emph>abstract thinking</emph>, wants <emph>contemplation</emph> ;
                      but he does not conceive sensuousness as <emph>practical</emph>, human-sensuous activity.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-06"/>
                6.
              </head>

              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach löst das religiöse Wesen in das <emph>menschliche</emph> Wesen auf.
                      Aber das menschliche Wesen ist kein dem einzelnen Individuum inwohnendes Abstraktum.
                      In seiner Wirklichkeit ist es das ensemble der gesellschaftlichen Verhältnisse.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, der auf die Kritik dieses wirklichen Wesens nicht eingeht,
                      ist daher gezwungen :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      1. von dem geschichtlichen Verlauf zu abstrahieren
                      und das religiöse Gemüt für sich zu fixieren, und ein abstrakt – <emph>isoliert</emph> –
                      menschliches Individuum vorauszusetzen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      2. Das Wesen kann daher nur als „Gattung“, als innere, stumme,
                      die vielen Individuen natürlich verbindende Allgemeinheit gefaßt werden.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach résout l’essence religieuse en l’essence <emph>humaine</emph>.
                      Mais l’essence humaine n’est pas une abstraction inhérente à l’individu singulier.
                      Dans sa réalité, c’est l’ensemble des rapports sociaux.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, qui n’entreprend pas la critique de cette essence réelle,
                      est par conséquent contraint :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      1. de faire abstraction du cours de l’histoire
                      et de traiter le sentiment religieux comme une réalité en soi,
                      en présupposant un individu humain abstrait, <emph>isolé</emph>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      2. L’essence ne peut plus dès lors être saisie qu’en tant que « genre »,
                      universalité interne, muette, liant de façon naturelle les multiples individus.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach lost het religieuze wezen in het <emph>menselijke</emph> wezen op.
                      Maar het menselijke wezen is geen abstractie die in het afzonderlijke individu huist.
                      In zijn werkelijkheid is het het geheel van de maatschappelijke verhoudingen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, die zich niet inlaat met de kritiek van dit werkelijke wezen,
                      is daarom gedwongen :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      1. te abstraheren van het historische proces
                      en het godsdienstig gemoed <!-- original ? -->een onveranderlijk zelfstandig bestaan toe te schrijven,
                      en van een abstract — <emph>geïsoleerd</emph> — menselijk individu uit te gaan.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      2. Het wezen kan dan ook slechts als ‘soort’ opgevat worden,
                      als een innerlijke, stilzwijgende algemeenheid,
                      die de vele individuen op een natuurlijke wijze verbindt.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach resolves the essence of religion into the essence of <emph>man</emph>.
                      But the essence of man is no abstraction inherent in each single individual.
                      In its reality it is the ensemble of the social relations.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, who does not enter upon a criticism of this real essence,
                      is hence obliged :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      1. to abstract from the historical process
                      and to define the religious sentiment by itself, and to presuppose an abstract
                      — <emph>isolated</emph> — human individual.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      2. Essence, therefore, can be regarded only as “species”,
                      as an inner, mute, general character which unites the many individuals <emph>in a natural way</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-07"/>
                7.
              </head>

              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach sieht daher nicht, daß das „religiöse Gemüt“ selbst
                      ein gesellschaftliches Produkt ist und daß das abstrakte Individuum, das er analysiert,
                      einer bestimmten Gesellschaftsform angehört.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      C’est pourquoi Feuerbach ne voit pas que le « sentiment religieux »
                      est lui-même un produit social et que l’individu abstrait qu’il analyse
                      appartient à une forme sociale déterminée.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach ziet daarom niet dat het ‘godsdienstig gemoed’ zelf
                      een maatschappelijk product is en dat het abstracte individu dat hij analyseert
                      tot een bepaalde maatschappijvorm behoort.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Feuerbach, consequently, does not see that the “religious sentiment”
                      is itself a social product, and that the abstract individual which he analyses
                      belongs to a particular form of society.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-08"/>
                8.
              </head>

              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Alles gesellschaftliche Leben ist wesentlich <emph>praktisch</emph>.
                      Alle Mysterien, welche die Theorie zum Mystizism[us] veranlassen,
                      finden ihre rationelle Lösung in der menschlichen Praxis
                      und in dem Begreifen dieser Praxis.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Toute vie sociale est essentiellement <emph>pratique</emph>.
                      Tous les mystères qui portent la théorie vers le mysticisme
                      trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine
                      et dans la compréhension de cette pratique.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Al het maatschappelijke leven is in wezen <emph>praktisch</emph>.
                      Alle mysteries die de theorie tot mysticisme verleiden,
                      vinden hun rationele oplossing in de menselijke praktijk
                      en in het begrijpen van deze praktijk.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      All social life is essentially <emph>practical</emph>.
                      All mysteries which lead theory to mysticism find their rational solution in human practice
                      and in the comprehension of this practice.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-09"/>
                9.
              </head>

              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Das Höchste, wozu der anschauende Materialismus kommt,
                      d.h. der Materialismus, der die Sinnlichkeit nicht als praktische Tätigkeit begreift,
                      ist die Anschauung der einzelnen Individuen und der bürgerlichen Gesellschaft.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Le plus haut point auquel arrive le matérialisme intuitif,
                      c’est-à-dire le matérialisme qui ne conçoit pas le sensible comme activité pratique,
                      c’est l’intuition des individus singuliers et de la société civile.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Het hoogste punt dat het aanschouwende materialisme bereikt heeft,
                      d.w.z. het materialisme dat de zintuiglijke waarneming niet als praktische aktiviteit begrijpt,
                      is de beschouwing van de afzonderlijke individuen en de burgerlijke maatschappij.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The highest point reached by contemplative materialism,
                      that is, materialism which does not comprehend sensuousness as practical activity,
                      is the contemplation of single individuals and of civil society.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-10"/>
                10.
              </head>

              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Der Standpunkt des alten Materialismus ist die bürgerliche Gesellschaft,
                      der Standpunkt des neuen die menschliche Gesellschaft oder die gesellschaftliche Menschheit.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Le point de vue de l’ancien matérialisme est la société civile,
                      le point de vue du nouveau est la société humaine ou l’humanité sociale.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Het oude materialisme staat op het standpunt van de burgerlijke maatschappij ;
                      het nieuwe op dat van de menselijke maatschappij of de maatschappelijke mensheid.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The standpoint of the old materialism is civil society ;
                      the standpoint of the new is human society, or social humanity.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <head>
                <anchor xml:id="adFeuerbach-11"/>
                11.
              </head>

              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Die Philosophen haben die Welt nur verschieden <emph>interpretiert</emph> ;
                      es kommt aber darauf an, sie zu <emph>verändern</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Les philosophes n’ont fait qu’<emph>interpréter</emph> diversement le monde,
                      mais il s’agit de le <emph>transformer</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 27%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      De filosofen hebben de wereld slechts verschillend <emph>geïnterpreteerd</emph> ;
                      het komt er op aan haar te <emph>veranderen</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The philosophers have only <emph>interpreted</emph> the world in various ways ;
                      the point is to <emph>change</emph> it.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              Cela devrait être vu en liaison avec la problématique de la fin de la philosophie chez Marx et Engels.
            </p>
          </div>
          <div xml:id="Engels1845Feuerbach">
            <head>Friedrich Engels, Feuerbach</head>
            <bibl>
              Automne 1865.
              MEW 3:541-543.
              MECW 5:11-14.
              Donné en annexe de l’<title>Idéologie allemande</title> aux Éditions sociales, 1968.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  These notes were evidently intended by Engels
                  for Chapter I of the first volume of <title>The German Ideology</title>.
                  They were first published in the language of the original
                  by the Institute of Marxism-Leninism of the Central Committee of the C.P.S.U. in 1932
                  (<title>Marx/Engels Gesamtausgabe</title>, Erste Abteilung, Band 5);
                  in English they were published for the first time in
                  Karl Marx and Frederick Engels, <title>The German Ideology</title>, Progress Publishers, Moscow, 1964.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 5, note 3, p. 585</bibl>
            </cit>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>Geschlechtsunterschied</term></index>
                          <index><term>Geschlechtsakt</term></index> <index><term>Gattungsakt</term></index>
                          <index><term>Erzeugung</term></index>
                          Soweit kommt die Philosophie, daß sie die triviale Tatsache über die Unentbehrlichkeit
                          des Verkehrs zwischen den Menschen, ohne deren Erkenntnis die zweite Menschengeneration,
                          die überhaupt existierte, nie erzeugt worden wäre,
                          die überhaupt schon im Geschlechtsunterschied liegt,
                          als das größte Resultat am Ende ihrer ganzen Karriere hinstellt.
                          Und noch dazu in der mysteriösen Form der „Einheit von Ich und Du“.
                          Diese Phrase wäre gar nicht möglich, wenn Feuerbach nicht an den Geschlechtsakt,
                          den Gattungsakt, die Gemeinschaft von Ich und Du κατ’ έξόχήν
                          <note xml:id="MEW3-542-not1" n="1" place="bottom">
                            schlechthin
                          </note>
                          gedacht hätte<note xml:id="MEW3-542-notstar" n="*" place="bottom">
                            Nämlich da <emph>der</emph> Mensch = Kopf + Herz ist
                            und zwei dazu nötig sind, um <emph>den</emph> Menschen darzustellen,
                            so tritt Einer als <emph>Kopf</emph>,
                            der andre als <emph>Herz</emph> auf in ihrem Verkehr — <emph>Mann</emph> und <emph>Weib</emph>.
                            Sonst nicht abzusehen, weshalb <emph>Zwei</emph> menschlicher sind als Einer.
                            Das saint-simonistische Individuum.
                          </note>.
                          Und soweit seine Gemeinschaft <emph>praktisch</emph> wird,
                          beschränkt sie sich auch auf den Geschlechtsakt
                          und die Verständigung über philosophische Gedanken und Probleme,
                          die „wahre Dialektik“, § 64, den Dialog,
                          auf „die <emph>Erzeugung</emph> des Menschen, des geistigen so gut wie des physischen“, p. 67.
                          Was dieser „<emph>erzeugte</emph>“ Mensch nachher tut,
                           außer daß er wieder „geistig" und „physisch" „Menschen erzeugt", davon ist keine Rede.
                           Feuerbach kennt auch nur den Verkehr zwischen <emph>Zweien</emph>,
                        </p>
                        <cit>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              die Wahrheit, daß kein Wesen für sich allein ein wahres, ein vollkommenes,
                              ein absolutes Wesen, daß die Wahrheit und Vollkommenheit nur ist die Verbindung,
                              die Einheit von <emph>zwei</emph> sich wesensgleichen Wesen.
                            </p>
                          </quote>
                          <bibl>P. 83, 84.</bibl>
                        </cit>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 3:541-542.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>acte sexuel</term></index> <index><term>sexuel, acte</term></index>
                          <index><term>procréation</term></index>
                          <index><term>différence des sexes</term></index> <index><term>sexe, différence</term></index>
                          La philosophie en est arrivée au point de présenter un fait banal
                          comme le couronnement de toute sa carrière,
                          le résultat le plus remarquable qu’elle ait obtenu :
                          l’intelligence du caractère indis­pensable du commerce des humains,
                          sans lequel la deuxième géné­ration humaine n’aurait jamais vu le jour
                          et qui réside déjà dans la simple différence des sexes.
                          Et, de surcroît, on la présente sous la forme mystérieuse de « l’unité du Moi et du Toi ».
                          Pareille phrase serait impossible si Feuerbach n’avait songé à l’acte sexuel,
                          l’acte générique, la communauté du Moi et du Toi<note xml:id="IA1968-p605-not1" n="1" place="bottom">
                            Puisque l’humain = tête + cœur
                            et qu’il faut deux êtres pour repré­senter l’humain,
                            l’un se présente comme la <emph>tête</emph>, l’autre comme le <emph>cœur</emph>
                            dans leur commerce — <emph>homme</emph> et <emph>femme</emph>.
                            Sinon, on ne voit pas pourquoi <emph>Deux</emph> seraient plus humains qu’un seul
                            L’individu saint-simonien.
                          </note>
                          κατ’ έξόχήν<note xml:id="IA1968-p605-not2" n="2" place="bottom">
                            par excellence
                          </note>.
                          Et, dans la mesure où cette communauté devient <emph>pratique</emph>,
                          elle se limite à l’acte sexuel et à l’accord sur des idées et des problèmes philosophiques,
                          à la « vraie dialectique » § 64, au dialogue,
                          ou encore « à l’<emph>engendrement</emph> de l’humain, l’humain moral comme l’humain phy­sique » (p. 67).
                          Quant à savoir ce que cet humain « engendré » va faire,
                          à part qu’il « crée » à son tour « des humains », « moralement » et « physiquement », là-dessus pas un mot.
                          Feuerbach, d’ailleurs, ne connaît que le commerce entre <emph>deux personnes</emph>.
                        </p>
                        <cit>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              La vérité, qu’aucun être pour soi n’est seul un être vrai, un être parfait, un être absolu ;
                              que la vérité et perfection n’est que l’amalgame, l’unité de <emph>deux</emph> êtres similaires.
                            </p>
                          </quote>
                          <bibl>P. 83, 84.</bibl>
                        </cit>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>
                    L’Idéologie allemande, Éditions sociales, 1968, annexes, p. 605.
                    <hi rend="pluspetit">(Comme on parle aussi d’homme et de femme,
                    j’ai mis humain là où il y avait <term>homme</term> pour un membre de l’espèce. D. M.)</hi>
                  </bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>sexual act</term></index> <index><term>conjugal act</term></index>
                          <index><term>procreation</term></index>
                          Philosophy has reached a point when the trivial fact
                          of the necessity of intercourse between human beings
                          — a fact without a knowledge of which
                          the second generation that ever existed would never have been produced,
                          a fact already involved in the sexual difference —
                          is presented by philosophy at the end of its entire development as the greatest result.
                          And presented, moreover, in the mysterious form of “the unity of I and you”.
                          This phrase would have been quite impossible had Feuerbach κατ’ έξόχήν<note xml:id="MECW5-12-nota" n="a" place="bottom">
                            mainly
                          </note>
                          thought of the sexual act, the conjugal act, the community of I and you.<note xml:id="MECW5-12-not-star" n="*" place="bottom">
                            For, since the human being = brain + heart,
                            and two are necessary to represent the human being,
                            one of them personifies the brain in their intercourse,
                            the other the heart — man and woman.
                            Otherwise it would be impossible to understand why two persons are more human than one<note xml:id="MECW5-12-notb" n="b" place="bottom">
                              Cf. Ludwig Feuerbach, <title>Grundsätze der Philosophie der Zukunft</title>, § 58.
                            </note>.
                            Saint-Simonist individual<note xml:id="MECW5-12-not4" n="4" place="bottom">
                              According to the doctrine of the Saint-Simonists,
                              every individual is endowed with love, intellect and physical activity.
                              Hence he should receive moral, mental and physical education
                              (cf. <title>Doctrine de Saint-Simon. Exposition. Première année</title>, 9th lecture).
                            </note>.
                          </note>
                          And insofar as his community becomes <emph>real</emph> it is moreover limited to the sexual act
                          and to arriving at an understanding about philosophical ideas and problems,
                          to "true dialectics" (§ 64), to dialogue,
                          to "the <emph>procreation</emph> of man, both spiritual and physical man" (p. 67).
                          What this "<emph>procreated</emph>’ man does afterwards,
                          apart from again "spiritually" and "physically" "procreating men", is not mentioned.
                          Feuerbach only knows intercourse between <emph>two beings</emph>,
                        </p>
                        <cit>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              the truth that no being on its own is a true, perfect, absolute being,
                              that truth and perfection is only the association,
                              the unity of <emph>two</emph> beings that are essentially alike.
                            </p>
                          </quote>
                          <bibl>P. 83, 84.</bibl>
                        </cit>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 5:12.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1846-04-03Blank" type="level2_document">
            <head>
              Friedrich Engels à Emil Blank<seg rend="invisible">, le 3 avril 1846</seg>
            </head>


            <index><term>Mary Burns, à Bruxelles</term></index> <index><term>Burns, Mary, à Bruxelles</term></index>
            <index><term>Mary Burns, ménage avec Engels</term></index>
            <!-- <index><term>Friedrich Engels, avec Mary Burns à Bruxelles</term></index> -->
            <index><term>Engels, avec Mary Burns à Bruxelles</term></index>
            <index><term>rue de l’Alliance, 7,  Saint-Josse-ten-Noode, Engels avec Mary Burns</term></index>
            <index><term>Saint-Josse-ten-Noode, Engels avec Mary Burns 7 rue de l’Alliance</term></index>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Engels an Emil Blank in London
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      7, rue de l’Alliance St. Josse-ten-Noode
                      <lb/>Brux[elles] le 3 Avril 1846
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] Der ganze Dreck kommt daher, daß ich diesen ganzen Winter mit meiner
                      Schriftstellerei fast keinen Heller verdient habe und daher mit meiner Frau fast
                      ausschließlich von dem Gelde leben mußte, das ich von Haus bekam, und das war so
                      viel nicht.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 27, p. 440.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>Engelslettre1846
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Engels to Emil Blank in London
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Brussels, 3 April 1846
                      <lb/>7, rue de l’Alliance, St. Josse-ten-Noode
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] The whole mess is due to the fact that throughout this winter I have hardly
                      earned a farthing from my writing and hence my wife and I have had to live
                      almost exclusively on the money I was receiving from home, and that wasn’t so
                      very much.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 38, p. 37.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Cette phrase témoigne du fait qu’Engels considérait Mary Burns comme sa femme
              et la présentait comme telle à ses amis, bien qu’ils n’aient jamais été mariés.
              Emil Blank, commerçant allemand à Londres, est l’époux depuis 1845 de la sœur de Friedrich Engels, Marie (1824-1901).
            </p>
            <p rend="alinea">
              Marx habitait dans la même rue, au n<hi rend="ordinal">o</hi> 5.
              C’est là qu’est née Laura, le 26 septembre 1945.
              (<ref target="../../biblio/Gabriel2011.html">Mary Gabriel, 2011</ref>, p. 94.)
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1846-12-28Annenkov">
            <head>
              Karl Marx à Annenkov<seg rend="invisible">, 28 décembre 1946</seg>
            </head>

            <bibl rend="publie">
              <author>Karl Marx</author>,
              <title>lettre à P. W. Annenkov</title>,
              <date>28 décembre 1846</date>.
            </bibl>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea gras">
                      Karl Marx an P. W. Annenkow
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Brüssel, 28. Dezember [1846]
                      <lb/>Rue d’Orléans 42, Fbg. Namur<note xml:id="Marxlettre1846-12-28AnnenkovOrleans" n="1" place="bottom">
                        La rue d’Orléans à Ixelles
                        (alors faubourg de Bruxelles, en dehors de la porte de Namur),
                        tracée en 1838 et ainsi nommée en hommage
                        à la première reine des Belges, Louise-Marie d’Orléans,
                        a été rebaptisée en 1921 rue Jean d’Ardenne,
                        nom de plume d’un journaliste qui y a vécu le dernier quart
                        du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle et le début du 20<hi rend="ordinal">e</hi>.
                      </note>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW, Band. 4, S. 547-557.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 23.25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea gras">
                      Lettre à Annenkov, Karl Marx
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Bruxelles, le 28 décembre [1846]
                      <lb/>42, rue d’Orléans, Fbg. Namur
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1846/12/kmfe18461228.htm">Archive Internet des marxistes</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 27.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea gras">
                      Brief aan Annenkow
                      <lb/> 
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Brussel, 28 december 1846<seg rend="nonvisible">
                      <lb/>42, rue d’Orléans, <lb/>Fbg. Namur</seg>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                      <title>Tirade</title>, jaargang 6, november 1962, <ref target="http://www.dbnl.org/tekst/_tir001196201_01/_tir001196201_01_0064.php">en ligne à la dbnl</ref>.
                    </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea gras">
                      Marx to Pavel Vasilyevich Annenkov
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Brussels, 28 December [1846]
                      <lb/>rue d’Orléans, 42, Faubourg Namur
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 38:95-106.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Marx dit en P.S. de la lettre qu’il choisit d’écrire en français
              parce qu’il parle du livre, en français, de Proudhon.
              Mazette ! Il écrit vraiment bien le français.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Was ist die Gesellschaft, welches immer auch ihre Form sei ?
                      Das Produkt des wechselseitigen Handelns der Menschen.
                      Steht es den Menschen frei, diese oder jene Gesellschaftsform zu wählen ?
                      Keineswegs. Setzen Sie einen bestimmten Entwicklungsstand
                      der Produktivkräfte der Menschen voraus, und Sie erhalten eine bestimmte Form des
                      Verkehrs [<term xml:lang="fr">commerce</term>] und der Konsumtion.
                      Setzen Sie bestimmte Stufen der Entwicklung der Produktion,
                      des Verkehrs und der Konsumtion voraus, und Sie erhalten eine
                      entsprechende soziale Ordnung, eine entsprechende Organisation der Familie, der
                      Stände oder der Klassen, mit einem Wort, eine entsprechende Gesellschaft [société
                      civile]. Setzen Sie eine solche Gesellschaft voraus, und Sie erhalten eine
                      entsprechende politische Ordnung [<term xml:lang="fr">état politique</term>], die nur der offizielle Ausdruck
                      der Gesellschaft ist. Das wird Herr Proudhon nie verstehen, denn er glaubt, etwas
                      Großes zu tun, wenn er vom Staat [<term xml:lang="fr">État</term>] an die Gesellschaft, d.h. von dem offiziellen
                      Resümee der Gesellschaft an die offizielle Gesellschaft appelliert.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Man braucht nicht hinzuzufügen, daß die Menschen ihre <term xml:lang="de">Produktivkräfte</term>
                      — die Basis ihrer ganzen Geschichte - nicht frei wählen; denn jede Produktivkraft ist eine
                      erworbene Kraft, das Produkt früherer Tätigkeit. Die Produktivkräfte sind also das
                      Resultat der angewandten Energie der Menschen, doch diese Energie selbst ist
                      begrenzt durch die Umstände, in welche die Menschen sich versetzt finden, durch
                      die bereits erworbenen Produktivkräfte, durch die Gesellschaftsform, die vor ihnen
                      da ist, die sie nicht schaffen, die das Produkt der vorhergehenden Generation ist.
                      Dank der einfachen Tatsache, daß jede neue Generation die von der alten Generation
                      erworbenen Produktivkräfte vorfindet, die ihr als Rohmaterial für neue Produktion
                      dienen, entsteht ein Zusammenhang in der Geschichte der Menschen, entsteht die
                      Geschichte der Menschheit, die um so mehr Geschichte der Menschheit ist, je mehr
                      die Produktivkräfte der Menschen und infolgedessen ihre gesellschaftlichen
                      Beziehungen wachsen. Die notwendige Folge : Die soziale Geschichte der Menschen
                      ist stets nur die Geschichte ihrer individuellen Entwicklung, ob sie sich dessen
                      bewußt sind oder nicht. Ihre materiellen Verhältnisse sind die Basis aller ihrer
                      Verhältnisse. Diese materiellen Verhältnisse sind nichts anderes als die
                      notwendigen Formen, in denen ihre materielle und individuelle Tätigkeit sich
                      realisiert.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] Die Menschen verzichten nie auf das, was sie gewonnen haben,
                      aber das bedeutet nicht, daß sie nie auf die Gesellschaftsform verzichten,
                      in der sie bestimmte Produktivkräfte erworben haben. Ganz im Gegenteil.
                      Um des erzielten Resultats nicht verlustig zu gehen,
                      um die Früchte der Zivilisation nicht zu verlieren, sind die Menschen gezwungen,
                      sobald die Art und Weise ihres Verkehrs [<term xml:lang="fr">commerce</term>]
                      den erworbenen Produktivkräften nicht mehr entspricht,
                      alle ihre überkommenen Gesellschaftsformen zu ändern.
                      - Ich nehme das Wort commerce hier in dem weitesten Sinn,
                      den es im Deutschen hat: <term xml:lang="de">Verkehr</term>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW, Band. 4, S. 548-549.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 23.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Qu’est-ce que la société, quelle que soit sa forme ?
                      Le produit de l’action réciproque des hommes.
                      Les hommes sont-ils libres de choisir telle ou telle forme sociale ? Pas du tout.
                      Posez un certain état de développement des facultés productives des hommes
                      et vous aurez telle forme de commerce et de consommation.
                      Posez certains degrés de développement de la production, du commerce, de la consommation,
                      et vous aurez telle forme de constitution sociale, telle organisation de la famille,
                      des ordres ou des classes, en un mot telle société civile.
                      Posez telle société civile et vous aurez tel état politique,
                      qui n’est que l’expression officielle de la société civile.
                      Voilà ce que M. Proudhon ne comprendra jamais,
                      car il croit faire grande chose, quand il en appelle de l’État à la société civile,
                      c’est-à-dire du résumé officiel de la société à la société officielle.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                       Il n’est pas nécessaire d’ajouter que les hommes ne sont pas les libres arbitres
                       de leurs forces productives — qui sont la base de toute leur histoire — car toute
                       force productive est une force acquise, le produit d’une activité antérieure.
                       Ainsi les forces productives sont le résultat de l’énergie pratique des hommes,
                       mais cette énergie elle-même est circonscrite par les conditions dans lesquelles
                       les hommes se trouvent placés, par les forces productives déjà acquises, par la
                       forme sociale qui existe avant eux, qu’ils ne créent pas, qui est le produit de
                       la génération antérieure. Par ce simple fait que toute génération postérieure
                       trouve des forces productives acquises par la génération antérieure, qui lui
                       servent comme matière première pour de nouvelles productions, il se forme une
                       connexité dans l’histoire des hommes, il se forme une histoire de l’humanité, qui
                       est d’autant plus l’histoire de l’humanité que les forces productives des hommes
                       et, en conséquence, leurs rapports sociaux, ont grandi. Conséquence nécessaire :
                       l’histoire sociale des hommes n’est jamais que l’histoire de leur développement
                       individuel, qu’ils en aient la conscience ou qu’ils ne l’aient pas. Leurs rapports
                       matériels forment la base de tous leurs rapports. Ces rapports matériels ne sont
                       que les formes nécessaires dans lesquelles leur activité matérielle et individuelle
                       se réalise.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] Les hommes ne renoncent jamais à ce qu’ils ont gagné,
                      mais cela ne vient pas à dire, qu’ils ne renoncent jamais à la forme sociale
                      dans laquelle ils ont acquis certaines forces productives.
                      Tout au contraire. Pour ne pas être privés du résultat obtenu,
                      pour ne pas perdre les fruits de la civilisation,
                      les hommes sont forcés, du moment où le mode de leur commerce
                      ne correspond plus aux forces productives acquises,
                      de changer toutes leurs formes sociales traditionnelles.
                      — Je prends le mot commerce ici dans le sens le plus général
                      comme nous disons en Allemand : <term xml:lang="de">Verkehr</term>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1846/12/kmfe18461228.htm">Archive Internet des marxistes</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 27.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Wat is de samenleving, in wat voor vorm ze zich ook vertoont? Het produkt van
                      wederzijdse menselijke aktiviteit. Is de mens vrij om een bepaalde vorm van
                      samenleving te kiezen? Niet in het minst. Laten we een bepaald niveau van
                      ontwikkeling der produktiekrachten aannemen, dan krijgt u een vorm van verkeer en
                      konsumptie, die daarmee in overeenstemming is. Laten we bepaalde trappen van
                      ontwikkeling van produktie, verkeer en konsumptie veronderstellen, u krijgt een
                      dienovereenkomstige sociale struktuur, een dienovereenkomstige organisatie van het
                      gezin, van de standen of klassen, kortom, een dienovereenkomstige burgerlijke
                      samenleving. Laten we zulk een samenleving als gegeven veronderstellen en u krijgt
                      een dienovereenkomstige politieke struktuur, die slechts de officiële uitdrukking
                      van deze samenleving is. Dat zal de heer Proudhon nooit begrijpen, want hij denkt
                      iets heel opzienbarends te doen als hij uit naam van de staat een beroep doet op
                      de samenleving, dus uit naam van de officiële uitdrukking van de samenleving op de
                      officiële samenleving zelf.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Men hoeft er niet aan toe te voegen, dat de mensen niet vrij over hun
                      produktiekrachten — de basis van hun hele geschiedenis — beschikken, want elke
                      produktiekracht is een verworven kracht, het produkt van een vroegere inspanning.
                      De produktiekrachten zijn dus het resultaat van de toegepaste menselijke energie,
                      maar deze energie zelf is begrensd door de omstandigheden waarin de mensen verkeren,
                      door de reeds verworven produktiekrachten, door de vorm van samenleving, waarin ze
                      toevallig geboren zijn, die ze niet zelf bepalen en die het produkt is van de
                      vorige generatie. Dank zij het simpele feit, dat elke volgende generatie de
                      produktiekrachten van de vorige aantreft, die haar als materiaal voor nieuwe
                      produktie ter beschikking staat, ontstaat er een verband in de geschiedenis van de
                      mensheid, ontstaat de geschiedenis, die des te meer geschiedenis der mensheid wordt,
                      naarmate haar produktiekrachten en haar sociale relaties zich verder ontwikkelen.
                      Het noodzakelijke gevolg: de sociale geschiedenis van de mens is steeds slechts de
                      geschiedenis van zijn individuele ontwikkeling, of de mens zich dat nu bewust is
                      of niet. Zijn materiële omstandigheden vormen de grondslag voor al zijn relaties.
                      Deze materiële omstandigheden zijn niet anders dan de noodzakelijke vormen, waarin
                      de materiële en de individuële werkzaamheid van de mensheid zich realiseert.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] De mensen doen nooit afstand van datgene, wat ze verworven hebben.
                      Maar dat betekent niet, dat ze nooit afstand doen van de maatschappelijke vorm,
                      waarin ze bepaalde produktiekrachten verworven hebben. In tegendeel.
                      Om het verworven resultaat niet ongedaan te maken,
                      om de voordelen van de technologische vooruitgang ten volle te benutten,
                      zijn de mensen gedwongen, vanaf het ogenblik,
                      dat de vorm van hun maatschappelijk verkeer
                      niet meer aan de verworven produktiekrachten beantwoordt,
                      al hun traditionele maatschappelijke vormen te veranderen.
                      Ik gebruik het woord verkeer hier in de meest omvattende betekenis.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                      <title>Tirade</title>, jaargang 6, november 1962, <ref target="https://www.dbnl.org/tekst/_tir001196201_01/_tir001196201_01_0064.php">en ligne à la dbnl</ref>.
                    </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      What is society, irrespective of its form ? The product of man’s interaction upon
                      man. Is man free to choose this or that form of society ? By no means. If you
                      assume a given state of development of man’s productive faculties, you will have a
                      corresponding form of commerce and consumption. If you assume given stages of
                      development in production, commerce or consumption, you will have a corresponding
                      form of social constitution, a corresponding organisation, whether of the family,
                      of the estates or of the classes — in a word, a corresponding civil society. If
                      you assume this or that civil society, you will have this or that political system,
                      which is but the official expression of civil society. This is something Mr Proudhon
                      will never understand, for he imagines he’s doing something great when he appeals
                      from the state to civil society, i. e. to official society from the official
                      epitome of society.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Needless to say, man is not free to choose his productive forces — upon which his
                      whole history is based — for every productive force is an acquired force, the
                      product of previous activity. Thus the productive forces are the result of man’s
                      practical energy, but that energy is in turn circumscribed by the conditions in
                      which man is placed by the productive forces already acquired, by the form of
                      society which exists before him, which he does not create, which is the product of
                      the preceding generation. The simple fact that every succeeding generation finds
                      productive forces acquired by the preceding generation and which serve it as the
                      raw material of further production, engenders a relatedness in the history of man,
                      engenders a history of mankind, which is all the more a history of mankind as man’s
                      productive forces, and hence his social relations, have expanded. From this it can
                      only be concluded that the social history of man is never anything else than the
                      history of his individual development, whether he is conscious of this or not. His
                      material relations form the basis of all his relations. These material relations
                      are but the necessary forms in which his material and individual activity is
                      realised.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] Man never renounces what he has gained,
                      but this does not mean that he never renounces the form of society
                      in which he has acquired certain productive forces.
                      On the contrary. If he is not to be deprived of the results obtained
                      or to forfeit the fruits of civilisation,
                      man is compelled to change all his traditional social forms
                      as soon as the mode of commerce ceases to correspond to the productive forces acquired.
                      Here I use the word commerce in its widest sense
                      — as we would say <term xml:lang="de">Verkehr</term> in German.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 38:96-97.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="CritiqueMoraliste" type="level2_document">
            <head>
              Critique moraliste et moralisme critique
              <seg rend="invisible">(Marx, 1847)</seg>
            </head>

            <bibl rend="publie">
              « Die moralisierende Kritik und die kritisierende Moral »,
              <title>Deutsche-Brüsseler-Zeitung</title> Nr. 86 vom 28. Oktober 1847,
              in Karl Marx und Friedrich Engels, <title>Werke</title>, Band 4, S. 331-359, Dietz Verlag, Berlin/DDR 1972,
              <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me04/me04_331.htm">www.mlwerke.de/me/me04/me04_331.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <author>Karl Marx</author>, <title>Œuvres choisies 1</title>,
              Idées 41, <emph>nrf</emph> Gallimard, Paris, 1963, p. 223.
              Dans d’autres éditions<!--  (comme sur un site dans le domaine disparu communisme-bolchevisme.net) -->,
              on trouve le titre « Critique moralisante et morale critique ».
              Littéralement, ce pourrait être « La critique moralisante et la morale critiquante ».
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              « Moralising Criticism and Critical Morality :
              A Contribution to German Cultural History, Contra Karl Heinzen »,
              MECW Volume 6, p. 312,
              <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1847/10/31.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1847/10/31.htm</ref>.
            </bibl>

            <index><term>bourgeoisie, prémisse de la monarchie absolue</term></index>
            <index><term>monarchie absolue, associée à la montée de la bourgeoisie</term></index>
            <index><term>transition, dans la féodalité</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">L’historiographie moderne a démontré que la monarchie absolue
                fait son apparition dans les périodes de transition,
                où les vieux ordres féodaux déclinent et où l’ordre des bourgeois, le <foreign xml:lang="de">Bürgerstand</foreign>,
                se transforme progressivement en classe bourgeoise moderne, devient la <foreign xml:lang="de">Bourgeoisklasse</foreign>,
                sans qu’un des partis en lutte ait encore pu venir à bout de l’autre.
                Les éléments sur lesquels s’édifie la monarchie absolue ne sont, par conséquent, nullement son produit ;
                ils en constituent plutôt la prémisse sociale dont la genèse historique est trop connue pour qu’on la redise ici.</p>
              </quote>
            </cit>

            <index><term>révolution bourgeoise, condition de l’unité et de la victoire du prolétariat</term></index>
            <index><term>bourgeoise, démocratie, condition de l’unité et de la victoire du prolétariat</term></index>
            <index><term>démocratie bourgeoise, condition de l’unité et de la victoire du prolétariat</term></index>
            <index><term>liberté démocratique, les —, condition de l’unité et de la victoire du</term></index>
            <index><term>classe ouvrière, unité de la —, condition de sa victoire</term></index>
            <index><term>unité de la classe ouvrière, condition de sa victoire</term></index>
            <index><term>Vereinigung der Arbeiterklasse, Erfordernis ihres Siegs</term></index>
            <index><term>uniting of the working class, requirement for its victory</term></index>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 33.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb n="352"/>Die Arbeiter wissen sehr wohl, daß die Bourgeoisie
                      nicht nur politisch ihnen breitere Konzessionen machen muß als die absolute Monarchie,
                      sondern daß sie im Dienst ihres Handels und ihrer Industrie wider ihren Willen
                      die Bedingungen zur Vereinigung der Arbeiterklasse hervorruft,
                      und die Vereinigung der Arbeiter ist das erste Erfordernis ihres Siegs.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 33.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Les ouvriers savent très bien que non seulement la bourgeoisie devra
                      leur faire de plus larges concessions politiques que la monarchie absolue,
                      mais encore qu’au service de son commerce et de son industrie elle fera naître malgré elle
                      les conditions favorables à l’union de la classe ouvrière,
                      et cette union des ouvriers est la première exigence de leur victoire.<!-- Les
                      travailleurs savent fort bien que la bourgeoisie est obligée non seulement
                      de leur faire des concessions politiques plus larges que ne le fait la monarchie absolue,
                      mais qu’au service de son commerce et de son industrie, elle fait naître, contre son gré,
                      les conditions favorables à l’union de la classe laborieuse, et cette union des travailleurs
                      est la première condition de leur victoire. (communisme-bolchevisme.net) -->
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The workers know very well that it is not just politically that the bourgeoisie
                      will have to make broader concessions to them than the absolute monarchy,
                      but that in serving the interests of its trade and industry it will create, willy-nilly,
                      the conditions for the uniting of the working class,
                      and the uniting of the workers is the first requirement for their victory.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Bien que Marx ici n’utilise pas les mots démocratie ou libertés démocratiques,
              on pourrait y penser comme une de ces concessions que la monarchie absolue n’aurait pas faites.
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <index><term>matérialisme historique, « ce n’est pas la conscience… »</term></index>
            <index><term>conscience, « ce n’est pas… »</term></index>
            <index><term>conditions d’existence, déterminent la conscience</term></index>
            <index><term>vie, détermine la conscience</term></index>
            <index><term>
              transition de la féodalité au capitalisme,
              pas le résultat d’une certaine doctrine, un principe déterminé
            </term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Étant donné que, par exemple, la propriété privée n’est pas un simple rapport,
                  et encore moins une notion abstraite, un principe, mais qu’elle réside dans
                  l’ensemble des rapports de propriété bourgeois — car il ne s’agit pas
                  de la propriété privée subordonnée, périmée, mais de la propriété privée
                  bourgeoise existante —, étant donné que tous ces rapports de production bourgeois
                  sont des rapports de classe,
                  vérité que n’importe quel écolier doit avoir apprise chez son Smith ou Ricardo :
                  il s’ensuit que la transformation, voire la suppression de ces rapports
                  ne peut naturellement résulter que d’une transformation de ces classes
                  et de leur relation réciproque. Or, un changement dans la relation de classes
                  est… un changement historique, un produit de l’ensemble de l’activité sociale,
                  en un mot : le produit d’un « mouvement historique » déterminé. L’écrivain peut,
                  certes, servir d’organe à un mouvement historique, mais il va de soi
                  qu’il ne peut pas créer ce mouvement.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Pour expliquer, par exemple, l’abolition des rapports de propriété féodaux,
                  les historiens modernes ont dû analyser le mouvement dans lequel la bourgeoisie
                  s’est élevée jusqu’au point où ses conditions d’existence ont été suffisamment
                  développées pour qu’elle pût supprimer tous les ordres féodaux et son propre
                  mode d’existence féodal, et partant les rapports de production féodaux au sein
                  desquels ces ordres féodaux produisaient.
                  L’abolition des rapports de propriété féodaux et la création de la société bourgeoise moderne
                  ne furent donc nullement le résultat d’une certaine doctrine qui partait
                  d’un principe théorique déterminé en guise de noyau et qui en tirait d’autres conséquences.
                  Tout au contraire, les principes et les théories que les écrivains de la bourgeoisie
                  établirent au cours de sa lutte contre le féodalisme ne furent que l’expression théorique
                  du mouvement pratique, et il est même possible de voir, dans le détail,
                  comment cette expression fut plus ou moins utopique, dogmatique, doctrinaire,
                  suivant qu’elle appartenait à une phase plus ou moins évoluée du mouvement réel.
                </p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Engels-principes">
            <head>
              Principes du communisme
              <seg rend="invisible">(Engels, 1847)</seg>
            </head>

            <bibl rend="publie">
              Rédigé par Engels fin octobre-novembre 1847, avant le <title>Manifeste</title>.
              Publié en brochure en 1914.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <title>Grundsätze des Kommunismus</title>, in
              Marx-Engels <title>Werke</title>, Band 4, Seite 361-380, Dietz Verlag, Berlin, 1974,
              <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me04/me04_361.htm">www.mlwerke.de/me/me04/me04_361.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Frédéric Engels, <title>Principes du communisme</title>, traduction et préface de
              Marcel Olivier, Bureau d’éditions, de diffusion et de publicité, Paris, s.d.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Engels, <title>Textes</title>, Éditions sociales, Paris, 1968.
              Les Éditions sociales ont laissé tomber la question 25, parce que liée aux partis
              politiques de l’époque. Pour un texte complet, il faut préférer les autres éditions.
              En ligne (avec question 25 rétablie), <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/47-pdc.htm">www.marxists.org/francais/marx/47-pdc.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <title>Principes du communisme</title>, dans Karl Marx et Friedrich Engels,
              <title>Œuvres choisies en trois volumes</title>, Éditions du Progrès, Moscou, 1976,
              tome 1<hi rend="ordinal">er</hi>, p. 82-99.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              F. Engels, <title>Principes du communisme</title>, Éditions en langues étrangères,
              Pékin, 1979.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <title>Beginselen van het Communisme</title>, « aangepast naar nieuwe spelling » donc
              à partir d’une édition de la première moitié du vingtième siècle,
              <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1847/1847beginselen.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1847/1847beginselen.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Friedrich Engels, <title>De Beginselen van het Communisme</title>, zesde verbeterde
              druk, Uigeverij Pegasus, Amsterdam, 1976, sur base de l’édition Dietz.
            </bibl>
            <bibl rend="publie"><title>The Principles of Communism</title> (translated by Paul Sweezy),
            in <title>Selected Works</title>, vol. 1, p. 81-97, Progress Publishers, Moscow, 1969,
            <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1847/11/prin-com.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1847/11/prin-com.htm</ref></bibl>

            <p rend="invisible">
              <index>
                <term>prolétariat, issu de la révolution industrielle</term>
              </index>
              <index><term>Proletariat, entstanden durch die industrielle Revolution</term></index>
              <index><term>proletariaat, ontstaan door de industriële revolutie</term></index>
              <index><term>proletariat, originated in the industrial revolution</term></index>
              <index>
                <term>révolution industrielle, avec la machine à vapeur et autres machines</term>
              </index>
              <index><term>industrielle Revolution, herbeigeführt durch die Dampfmaschine e.a.</term></index>
              <index><term>industriële revolutie, met de stoommachine e.a.</term></index>
              <index><term>industrial revolution, with the steam engine e.a.</term></index>
              <index>
                <term>révolution industrielle, en Angleterre au 18e</term>
              </index>
              <index><term>Angleterre, révolution industrielle  au 18e</term></index>
              <index>
                <term>machine à vapeur, révolution industrielle</term>
              </index>
              <index><term>Dampfmaschine, industriellen Revolution</term></index>
              <index><term>steam engine,  industrial revolution</term></index>
              <index><term>stoommachine,  industriële revolutie</term></index>
              <index>
                <term>machine à filer et métier à tisser, à l’origine de la révolution industrielle</term>
              </index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      4. Das Proletariat ist entstanden durch die industrielle Revolution,
                      welche in der letzten Hälfte des vorigen Jahrhunderts [18.] in England vor sich ging
                      und welche sich seitdem in allen zivilisierten Ländern der Welt wiederholt hat.
                      Diese industrielle Revolution wurde herbeigeführt durch die Erfindung der Dampfmaschine,
                      der verschiedenen Spinnmaschinen, des mechanischen Webstuhls und einer ganzen Reihe
                      anderer mechanischer Vorrichtungen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      4. Le prolétariat est apparu à la suite de la révolution industrielle, qui
                      s’est produite en Angleterre au cours de la seconde moitié du dernier siècle
                      [18<hi rend="ordinal">e</hi>] et qui s’est répétée depuis dans tous les pays
                      civilisés du monde. Cette révolution industrielle a été provoquée par
                      l’invention de la machine à vapeur, des différentes machines à filer, du métier
                      à tisser mécanique et de toute une série d’autres appareils mécaniques.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      4. Het proletariaat is ontstaan door de industriële revolutie,
                      die zich in de laatste helft van de vorige eeuw [18<hi rend="ordinal">e</hi>] in
                      Engeland voltrok en die zich sindsdien in alle beschaafde landen ter wereld heeft
                      herhaald. Deze industriële revolutie werd teweeggebracht door het uitvinden van
                      de stoommachine, de verschillende spinmachines, het mechanische weefgetouw en een
                      gehele reeks andere mechanische toestellen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The Proletariat originated in the industrial revolution, which
                      took place in England in the last half of the last (18th) century, and which has
                      since then been repeated in all the civilized countries of the world. This
                      industrial revolution was precipitated by the discovery of the steam engine,
                      various spinning machines, the mechanical loom, and a whole series of other
                      mechanical devices.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              La datation de la révolution industrielle est une question difficile
              et les questions de causalité plus encore.
              <!-- (La formulation retenue dans le <title>Manifeste</title> est plus dialectique.) -->
              Le prolétariat est bien sûr antérieur à la révolution industrielle,
              puisqu’il en est une des conditions de possibilité,
              mais on pourrait dire que la révolution industrielle est
              ce qui constitue le prolétariat en classe ouvrière.
              La machine de Newcomen peut être considérée comme contemporaine de la révolution industrielle ;
              le machinisme a commencé avec des moulins à eau
              (ce qui explique qu’usine se disait alors <term xml:lang="en">mill</term> en anglais) ;
              la machine de Watt n’est devenue prédominante qu’ensuite,
              conduisant la révolution industrielle à son plein développement.
              À la fois donc, elle n’intervient que dans un deuxième temps
              et elle est cependant paradigmatique de la révolution industrielle.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il faut rappeler qu’Engels est un des premiers à écrire <term>révolution industrielle</term> en allemand,
              dans l’<ref target="#SitCla-Intro">introduction</ref>
              à son livre <title>Die Lage der arbeitenden Klasse in England</title> de 1845.
            </p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="diffdemocritepicur" type="level2_document">
  <head>
    Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure
    <seg rend="invisible">(Marx, 1841)</seg>
  </head>

  <bibl>
    Karl Marx [1841],
    <title>Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure</title>,
    thèse de doctorat à l’université d’Iéna,
    reçue le 15 avril 1841 <foreign xml:lang="la">in absentia</foreign>.
    Marx a eu l’intention de la publier mais ça n’a pas abouti.
    On publie ce qu’on a retrouvé des manuscrits.
  </bibl>
  <bibl>
    Dans <title>Œuvres philosophiques</title>, tome 1, Alfred Costes, Paris, 1952.
  </bibl>
  <bibl>
    En allemand
    <title>Differenz der demokritischen und epikureischen Naturphilosophie</title>,
    dans la Karl Marx, Friedrich Engels Gesamtausgabe(MEGA), vol. 2 :
    <title>Werke, Artikel, literarische Versuche bis März 1843</title>, Dietz, 1975
    (partiellement visible en <ptr target="http://books.google.be/books?id=ICMIfIC_6FEC"/>).
    Texte intégral en <ptr target="http://www.zeno.org/nid/20009214429"/>.
  </bibl>

  <p rend="invisible">
    <index><term>Épicure</term></index>
    <index><term>Lucrèce</term></index>
    <index><term>religion, renversée par Épicure</term></index>
  </p>
  <cit>
    <quote>
      <p rend="alinea">
        Épicure est par conséquent le plus grand des rationalistes grecs,
        et c’est à lui que revient l’éloge de Lucrèce :
      </p>
      <cit>
        <quote>
          <p rend="alinea">
              Alors qu’aux yeux de tous,
              l’humanité traînait sur terre une vie abjecte,
              écrasée sous le poids d’une religion dont le visage,
              se montrant du haut des régions célestes,
              menaçait les mortels de son aspect horrible,
              le premier un Grec, un homme osa lever ses yeux mortels contre elle,
              et contre elle se dresser.
              Ni la réputation des dieux, ni les coups de foudre, ni le ciel avec son grondement menaçant, ne l’arrêtèrent, […]
              Et par là, la religion est à son tour renversée et foulée aux pieds,
              et nous, sa victoire nous fait les égaux des cieux.
            </p>
              <!-- La traduction donnée dans Molitor est abominable -->
              <!-- <l>L’homme traînait sa vie abjecte et malheureuse</l>
                <l>Sous le genou pesant de la religion,</l>
                <l>Qui, des hauteurs du ciel penchant sa tête affreuse,</l>
                <l>Le tenait dans l’horreur de son obsession.</l>
                <l>Un Grec fut le premier qui, redressant la face,</l>
                <l>Affronta le fantôme avec des yeux mortels.</l>
                <l>Foudre, ni ciel tonnant, ni prestige d’autels,</l>
                <l>Ne l’ébranle… …</l>
                <l>Sur la religion un pied vainqueur se pose,</l>
                <l>L’écrase ; et sa victoire est notre apothéose !</l> -->
        </quote>
      </cit>
    </quote>
    <bibl>
      La citation de Lucrèce est extraite du <title>De Rerum novarum</title> I, 62-79.
      Marx le cite en latin.
      Je me suis écarté de la traduction vieillotte donnée par Molitor.
      Celle ci-dessus est en partie celle d’Alfred Ernout en 1924.
    </bibl>
  </cit>
  <p rend="alinea">
    Sur la thèse de Marx, il y a, entre autres, Denis Collin, <ref target="http://denis-collin.viabloga.com/news/marx-et-epicure">« Marx et Épicure :
    La thèse de doctorat dans la formation de la pensée de Karl Marx »</ref>, 1995.
  </p>
</div>
        <!-- début de fichier inclus critphildroitHegel-global.xml --><div xml:id="critphildroitHegel-global" type="level2_document">
        <head>
          Critique de la <title>Philosophie du droit</title> de Hegel
          <seg rend="invisible">(Marx, 1843-1844)</seg>
        </head>
        <p rend="alinea">
          La critique porte sur les
          <title>Grundlinien der Philosophie des Rechts, oder Naturrecht und Staatswissenschaft im Grundrisse</title>
          de Hegel.
          Marx annonce son intention de travailler là-dessus dans une lettre de 1842 où il annonce un article.
          (Article non publié, non retrouvé et probablement jamais écrit ;
          cela a entraîné parfois une datation erronée de 1842 pour l’<ref target="#critdroitpolhegel">Introduction</ref> de 1844.)
          Il a commencé à y travailler en 1843 dans l’idée d’un livre que l’article de 1844 annonce,
          mais jamais achevé.
          Tout ce qui existe est le manuscrit de 1843 auquel on a donné le titre
          <title>Kritik des Hegeischen Staatsrechts</title>,
          où Marx fait une analyse détaillée des § 261 à 313 de l’ouvrage de Hegel.
        </p>

        <div xml:id="critdroitpolhegel">
          <head>
            Critique du droit politique hégélien
            <seg rend="invisible">(1843)</seg>
          </head>
          <bibl>
            <author>Karl Marx</author>,
            <title>Kritik des Hegeischen Staatsrechts</title>
          </bibl>
        </div>

        <div xml:id="critphildroitHegel">
          <head>
            Contribution à la critique de la <title>Philosophie du droit</title> de Hegel
            — Introduction
            <seg rend="invisible">(1844)</seg>
          </head>
          <bibl>
            <author>Karl Marx</author>,
            « Zur Kritik der Hegelschen Rechtsphilosophie », Einleitung (1843-1844),
            <title>Deutsch-Französische Jahrbücher</title>, Paris, 1844.
            <title>MEW</title>, Band 1. En ligne : <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me01/me01_378.htm">www.mlwerke.de/me/me01/me01_378.htm</ref>.
            On trouve la transcription de cet unique numéro des <title>Deutsch-Französische Jahrbücher</title> en <ref target="http://de.wikisource.org/wiki/Deutsch-Franz%C3%B6sische_Jahrb%C3%BCcher">de.wikisource.org/wiki/Deutsch-Französische_Jahrbücher</ref>
            et on peut en obtenir gratuitement de Google un facsimilé : <ref target="http://books.google.be/books?id=TdFcAAAAcAAJ">books.google.be/books?id=TdFcAAAAcAAJ</ref>.
          </bibl>
          <bibl>
            « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel », Introduction.
            En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm</ref>
            (traduction de Jules Molitor, Éditions Allia 1998).
            Aussi en annexe de la <title>Critique du droit politique hégélien</title>, Éditions sociales.
          </bibl>
          <bibl rend="publie pluspetit">
            Aussi <ref target="http://marx.engels.free.fr/marx/txt/1843critiqueh.htm">http://marx.engels.free.fr/marx/txt/1843critiqueh.htm</ref>,
            Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel
          </bibl>
          <bibl>
            « Bijdrage tot de kritiek op Hegels Rechtsfilosofie », Inleiding.
            <title>Kerngedachten van Karl Marx</title>, Uitgeverij De Nederlandse Boekhandel,
            Antwerpen/Amsterdam. En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1843/1843-44inleiding.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1843/1843-44inleiding.htm</ref>.
          </bibl>
          <bibl>
            « A Contribution to the Critique of Hegel’s Philosophy of Right », Introduction.
            En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1843/critique-hpr/intro.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1843/critique-hpr/intro.htm</ref>.
          </bibl>

          <p rend="alinea" xml:id="opiumpeuple"><label rend="invisible">« Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel », Introduction</label>
            <index>
              <term>opium du peuple, Opium des Volkes, opium van het volk, opium of the people</term>
            </index>
            <index>
              <term>religion, opium du peuple, Opium des Volkes, opium of the people</term>
            </index>
            <index><term>religie, opium van het volk</term></index>
          </p>
          <label rend="fakehead h2">
            (D.M.) Opium des Volkes, opium du peuple, opium van het volk, opium of the people
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item>
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Das <emph>religiöse</emph> Elend ist in einem der <emph>Ausdruck</emph> des
                    wirklichen Elendes und in einem die <emph>Protestation</emph> gegen das wirkliche
                    Elend. Die Religion ist der Seufzer der bedrängten Kreatur, das Gemüt einer
                    herzlosen Welt, wie sie der Geist geistloser Zustände ist. Sie ist das
                    <emph>Opium</emph> des Volkes.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Die Aufhebung der Religion als des <emph>illusorischen</emph> Glücks des Volkes
                    ist die Forderung seines <emph>wirklichen</emph> Glücks. Die Forderung, die
                    Illusionen über seinen Zustand aufzugeben, ist die <emph>Forderung, einen Zustand
                    aufzugeben, der der Illusionen bedarf</emph>. Die Kritik der Religion ist also im
                    <emph>Keim</emph> die <emph>Kritik des Jammertales, dessen Heiligenschein die
                    Religion ist</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  MEW, Band 1., S. 378-379.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 20.5%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La misère <emph>religieuse</emph> est, d’une part, l’<emph>expression</emph> de la
                    misère réelle, et, d’autre part, la <emph>protestation</emph> contre la misère
                    réelle. La religion est le soupir de la créature accablée par le malheur, l’âme
                    d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’une époque sans esprit. C’est
                    l’<emph>opium</emph> du peuple.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Le <emph>véritable</emph> bonheur du peuple exige que la religion soit supprimée
                    en tant que bonheur <emph>illusoire</emph> du peuple. Exiger qu’il soit renoncé
                    aux illusions concernant notre propre situation, c’est <emph>exiger qu’il soit
                    renoncé à une situation qui a besoin d’illusions</emph>. La critique de la religion
                    est donc, en <emph>germe</emph>, la <emph>critique de cette vallée de larmes, dont
                    la religion est l’auréole</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Traduction Molitor, au début.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La misère <emph>religieuse</emph> est d’une part l’<emph>expression</emph> de la
                    misère effective et de l’autre la <emph>protestation</emph> contre la misère
                    effective. La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde
                    sans cœur comme c’est l’esprit de situations sans esprit. Elle est
                    l’<emph>opium</emph> du peuple.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    L’abolition de la religion comme bonheur <emph>illusoire</emph> des gens est
                    la revendication de leur bonheur <emph>véritable</emph>. Leur demander d’abandonner les
                    illusions sur leur condition, c’est <emph>leur demander d’abandonner une condition
                    qui exige les illusions</emph>. La critique de la religion est ainsi en
                    <emph>germe</emph> la <emph>critique de cette vallée de larmes, dont la religion
                    est l’auréole</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Ma traduction, avec l’aide de
                  <ref target="https://www.deepl.com/translator">DeepL translator</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 20%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De <emph>religieuze</emph> ellende is tegelijkertijd de <emph>uitdrukking</emph>
                    van de werkelijke ellende en het <emph>protest</emph> tegen de werkelijke ellende.
                    De religie is de verzuchting van het verdrukte schepsel, het gemoed van een
                    harteloze wereld, zoals ze ook de geest van geestloze toestanden is. Zij is het
                    <emph>opium</emph> van het volk.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    De opheffing van de religie als <emph>illusorisch</emph> geluk van het volk is de
                    vereiste voor zijn <emph>werkelijk</emph> geluk. De eis om de illusies over zijn
                    toestand op te geven is de <emph>eis om een toestand op te geven die illusies
                    nodig heeft</emph>. De kritiek van de religie is dus in <emph>kiem</emph> de
                    <emph>kritiek van het tranendal, waarvan de religie het aureool is</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Marxistisch Internet-Archief
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <emph>Religious</emph> suffering is, at one and the same time, the <emph>expression</emph>
                    of real suffering and a <emph>protest</emph> against real suffering. Religion is
                    the sigh of the oppressed creature, the heart of a heartless world, and the soul
                    of soulless conditions. It is the <emph>opium</emph> of the people.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    The abolition of religion as the <emph>illusory</emph> happiness of the people is
                    the demand for their <emph>real</emph> happiness. To call on them to give up their
                    illusions about their condition is to <emph>call on them to give up a condition
                    that requires illusions</emph>. The criticism of religion is, therefore, in
                    <emph>embryo</emph>, the <emph>criticism of that vale of tears of which religion
                    is the halo</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Marxists Internet Archive
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="alinea">
            <index><term>religion, se combat par la lutte sociale, pas directement</term></index>
            Qui demande quoi à qui ? Il me semble que « seinen » dans  « Illusionen über seinen
            Zustand aufzugeben » indique que chez Marx la demande s’adresse aux gens. Dans ma
            traduction de l’allemand, j’ai ainsi adopté l’interprétation de la traduction anglaise
            lorsqu’elle dit « them ». (J’ai adopté « les gens » pour pouvoir continuer au pluriel.)
            Si c’est bien ça que Marx veut dire, il faudrait encourager les gens à se battre pour
            que la situation change — ce qui pourrait rendre la religion inutile. Engager les gens
            dans la lutte serait ainsi le bon moyen de s’attaquer à la religion, et non attaquer les
            gens sur leur religion.
          </p>

          <p rend="alinea" xml:id="revbourgprol"><label rend="invisible">« Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel », Introduction</label>
            <index><term>révolution bourgeoise, partielle, simplement politique</term></index>
            <index><term>révolution partielle, simplement politique</term></index>
            <index><term>partielle, révolution simplement politique</term></index>
            <index><term>émancipation, prolétariat</term></index>
            <index><term>prolétariat, émancipe toutes les autres sphères de la société</term></index>
            <index><term>prolétariat, négation de la propriété privée</term></index>
            <index><term>négation de la propriété privée, prolétariat</term></index>
            <index><term>propriété privée, négation par le prolétariat</term></index>
          </p>
          <label rend="fakehead h2">(D.M.) révolution bourgeoise, révolution prolétarienne</label>

          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Ce qui est, pour l’Allemagne, un rêve utopique, ce n’est pas la révolution
                <emph>radicale</emph>, l’émancipation générale et humaine, c’est plutôt la révolution
                partielle, <emph>simplement</emph> politique, la révolution qui laisse debout les
                piliers de la maison. Sur quoi repose une révolution partielle, simplement politique ?
                Sur ceci : une <emph>fraction de la société bourgeoise</emph> s’émancipe et accapare
                la suprématie générale, une classe déterminée entreprend, en partant de sa
                <emph>situation particulière</emph>, l’émancipation générale de la société. Cette
                classe émancipe la société tout entière, mais uniquement dans l’hypothèse que la
                société tout entière se trouve dans la situation de cette classe, qu’elle possède
                donc ou puisse se procurer à sa convenance par exemple l’argent ou la culture.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
          <p rend="alinea">C’est la critique, l’exposé des limites de la révolution bourgeoise. La
          vraie révolution ne peut venir que du prolétariat :</p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Où donc est la possibilité <emph>positive</emph> de l’émancipation allemande ?
              </p>
              <p rend="alinea">
                Voici notre réponse. Il faut former une classe avec des <emph>chaînes radicales</emph>,
                une classe de la société bourgeoise qui ne soit pas une classe de la société
                bourgeoise, <hi rend="gras">une classe qui soit la dissolution de toutes les classes</hi>,
                une sphère qui ait un caractère universel par ses souffrances universelles et ne
                revendique pas de <emph>droit particulier</emph>, parce qu’on ne lui a pas fait de
                <emph>tort particulier</emph>, mais un <emph>tort en soi</emph>, une sphère qui ne
                puisse plus s’en rapporter à un titre <emph>historique</emph>, mais simplement au
                titre <emph>humain</emph>, une sphère qui ne soit pas en une opposition particulière
                avec les conséquences, mais en une opposition générale avec toutes les suppositions
                du système politique allemand, une sphère enfin qui ne puisse s’émanciper, sans
                s’émanciper de toutes les autres sphères de la société et sans, par conséquent, les
                émanciper toutes, qui soit, en un mot, la <emph>perte complète</emph> de l’homme, et
                ne puisse donc se reconquérir elle-même que par le <emph>regain complet</emph> de
                l’homme. La décomposition de la société en tant que classe particulière, c’est le
                <emph>prolétariat</emph>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Le prolétariat ne commence à se constituer en Allemagne que grâce au mouvement
                <emph>industriel</emph> qui s’annonce partout. En effet, ce qui forme le prolétariat,
                ce n’est pas la <emph>pauvreté naturellement existante</emph>, mais la <hi rend="gras">pauvreté produite artificiellement</hi> ; ce n’est pas <emph>la masse
                machinalement opprimée par le poids de la société, mais la masse résultant de la
                décomposition aiguë de la société, et surtout de la </emph>décomposition<emph> aiguë
                de la classe moyenne</emph>. <emph>Ce qui n’empêche pas, cela va de soi, la pauvreté
                naturelle et le servage germano-chrétien de grossir peu à peu les rangs du
                prolétariat.</emph>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Lorsque le prolétariat annonce la <emph>dissolution de l’ordre social actuel</emph>,
                il ne fait qu’énoncer le <emph>secret de sa propre existence</emph>, car il
                <emph>constitue</emph> lui-même la dissolution <emph>effective</emph> de cet ordre
                social. Lorsque le prolétariat réclame la <emph>négation de la propriété privée</emph>,
                il ne fait qu’établir en <emph>principe de la société</emph> ce que la société a
                établi en principe <emph>du prolétariat</emph>, ce que celui-ci, sans qu’il y soit
                pour rien, <emph>personnifie</emph> déjà comme résultat négatif de la société.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Il semble bien que c’est ici, par ce texte, que le prolétariat, avec sa mission historique,
            fait son entrée dans l’œuvre de Marx.
          </p>

          <p rend="alinea" xml:id="philoarmprol"><label rend="invisible">« Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel », Introduction</label>
            <index><term>prolétariat, la philosophie comme arme intellectuelle du —</term></index>
            <index><term>classe ouvrière, la philosophie comme arme intellectuelle de la —</term></index>
            <index><term>philosophie, arme intellectuelle du prolétariat</term></index>
          </p>
          <label rend="fakehead h2">(D.M.) philosophie, arme intellectuelle du prolétariat</label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Wie die Philosophie im Proletariat ihre <emph>materiellen</emph>,
                    so findet das Proletariat in der Philosophie seine <emph>geistigen</emph> Waffen…
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De même que la philosophie trouve dans le prolétariat ses armes <emph>matérielles</emph>,
                    le prolétariat trouve dans la philosophie ses armes <emph>intellectuelles</emph>…
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Zoals de filosofie in het proletariaat haar <emph>materiële</emph> wapens vindt,
                    zo vindt het proletariaat in de filosofie zijn <emph>geestelijke</emph> wapens…
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    As philosophy finds its <emph>material</emph> weapon in the proletariat,
                    so the proletariat finds its <emph>spiritual</emph> weapon in philosophy.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
          </list>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus critphildroitHegel-global.xml -->
        <div xml:id="manuscrits44" type="div1">
      <!-- début de fichier inclus thisTEIdiv.xml -->
        <head>
          Manuscrits économiques et philosophiques
          <seg rend="invisible">(Marx, 1844)</seg>
        </head>
        <bibl>
          <author>Karl Marx</author>,
          <title xml:lang="de-DE">Ökonomisch-philosophische Manuskripte aus dem Jahre 1844</title>,
          <title>Marx-Engels-Gesamtausgabe</title>,
          Erste Abteilung, Band 3 (Berlin, 1932).
        </bibl>
        <bibl>
          Aussi dans<!--  le second volume de --> :
          <author>Karl Marx</author>,
          <title xml:lang="de-DE">Der historische Materialismus. Die Frühschriften</title>,
          hrsg. von S. Landshut und J. P. Mayer, unter Mitwirkung von F. Salomon,
          Alfred Kröner, Leipzig, 1932.
        </bibl>
        <bibl>
          <author>Karl Marx</author>,
          <title xml:lang="de-DE">Ökonomisch-philosophische Manuskripte aus dem Jahre 1844</title>,
          <title>Marx-Engels Werke</title>, vol. 40, p. 465-588.
          <lb/>
          Geschrieben von April bis August 1844 (MEW 40:466).
        </bibl>
        <bibl>
          <author>Karl Marx</author>,
          <title>Economic and Philosophical Manuscripts of 1844</title>,
          MECW, vol. 3, p. 229-246.
        </bibl>
        <bibl>
          En ligne,
          <title>Economic and Philosophical Manuscripts of 1844</title>, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/preface.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/preface.htm</ref>.
        </bibl>
        <bibl>
          <author>Karl Marx</author>,
          <title>Manuscrits de 1844 (Économie politique et philosophie)</title>,
          présentation (p. <hi rend="petitescapitales">vii</hi>-<hi rend="petitescapitales">lxix</hi>),
          traduction et notes d’Émile Bottigelli,
          Éditions sociales, 1962.
        </bibl>
        <p rend="alinea">
          Dans sa longue présentation (plus de soixante pages) de cette édition,
          Émile Bottigelli explique la portée du texte et les interprétations abusives qu’on a voulu en faire.
        </p>
        <bibl>
          En ligne (traduction Botigelli) : <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/index.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/index.htm</ref>.
        </bibl>
        <bibl>
          « Critique de l’économie politique (Manuscrits de 1844) »,
          dans <author>Marx</author>, <title>Critique de l’économie politique</title>,
          10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 667, Union générale d’éditions, Paris, 1972,
          p. 65-301 (traduction et présentation par Kostas Papaioannou).
        </bibl>
        <p rend="alinea">
          Il ne s’agit pas d’un livre achevé
          et les manuscrits retrouvés en 1920 dans les archives du SPD sont incomplets.
          Dans certaines parties Marx traite différents sujets en parallèle dans des colonnes
          et parfois même glisse d’une colonne à l’autre.
          On ne peut donc savoir de manière certaine l’ordre de succession des passages.
          Toute édition est une reconstitution.
          L’édition de Kostas Papaioannou est cependant particulière.
          Le texte de Marx est reconstruit dans un certain plan,
          mais Kostas Papaioannou ne s’explique pas sur ses intentions.
          (La très courte présentation ne dit rien de cela.)
          En outre, il indique de manière insuffisante d’où sortent les passages qu’il met ainsi dans son plan.
        </p>

        <div xml:id="manuscrits44-1">
          <head>
            Manuscrits de 44
            — Premier manuscrit
          </head>
          <bibl>
            Éditions sociales, 1962:5-70.
          </bibl>

          <p rend="alinea">
            Une grande partie du premier manuscrit est consacrée à la critique de l’économie politique.
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 34%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <label rend="fakehead h3">[Die entfremdete Arbeit]</label>
                  <p rend="alinea">|| XXII ||</p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    Die Nationalökonomie geht vom Faktum des Privateigentums aus. Sie erklärt uns dasselbe nicht.
                    Sie faßt den <emph>materiellen</emph> Prozeß des Privateigentums, den es in der Wirklichkeit durchmacht,
                     in allgemeine, abstrakte Formeln, die ihr dann als <emph>Gesetze</emph> gelten.
                     Sie <emph>begreift</emph> diese Gesetze nicht, d.h., sie zeigt nicht nach,
                     wie sie aus dem Wesen des Privateigentums hervorgehn.
                     Die Nationalökonomie gibt uns keinen Aufschluß über den Grund der Teilung von Arbeit und Kapital, von Kapital und Erde.
                     Wenn sie z. B. das Verhältnis des Arbeitslohns zum Profit des Kapitals bestimmt,
                     so gilt ihr als letzter Grund das Interesse der Kapitalisten;
                     d.h., sie unterstellt, was sie entwickeln soll.
                     Ebenso kömmt überall die Konkurrenz hinein. Sie wird aus äußeren Umständen erklärt.
                     Inwiefern diese äußeren, scheinbar zufälligen Umstände nur der Ausdruck einer notwendigen Entwicklung sind,
                     darüber lehrt uns die Nationalökonomie nichts.
                     Wir haben gesehn, wie ihr der Austausch selbst als ein zufälliges Faktum erscheint.
                     Die einzigen Räder, die der Nationalökonom in Bewegung setzt, sind die <emph>Habsucht</emph>
                     und der <emph>Krieg unter den Habsüchtigen</emph>, <emph>die Konkurrenz</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:510-511.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 34%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <label rend="fakehead h3">[Le travail aliéné]</label>
                  <p rend="alinea">|| XXII ||</p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    L’économie politique part du fait de la propriété privée. Elle ne nous l’explique pas.
                    Elle exprime le processus <emph>matériel</emph> que décrit en réalité la propriété privée,
                    en formules générales et abstraites, qui ont ensuite pour elle valeur de <emph>lois</emph>.
                    Elle ne <emph>comprend</emph> pas ces lois, c’est-à-dire qu’elle ne montre pas comment elles résultent de l’essence de la propriété privée.
                    L’éco­nomie politique ne nous fournit aucune explication sur la raison de la séparation du travail et du capital, du capital et de la terre.
                    Quand elle détermine par exemple le rapport du salaire au profit du capital, ce qui est pour elle la raison dernière,
                    c’est l’intérêt des capitalistes c’est-à-dire qu’elle suppose donné ce qui doit être le résultat de son développement.
                    De même la concurrence intervient partout. Elle est expliquée par des circonstances extérieures.
                    Dans quelle mesure ces circonstances extérieures, apparemment contingentes,
                    ne sont que l’expression d’un développement nécessaire, l’économie politique ne nous l’apprend pas.
                    Nous avons vu comment l’échange lui-même lui apparaît comme un fait du hasard.
                    Les seuls mobiles qu’elle mette en mouvement sont la <emph>soif de richesses</emph> et la <emph>guerre entre convoitises</emph>, la <emph>concurrence</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Éd. soc. 1962, p. 55-56.</bibl>
              </cit>
            </item><!--
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> -->
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <label rend="fakehead h3">[Estranged labour]</label>
                  <p rend="alinea">|| XXII ||</p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    Political economy starts with the fact of private property; it does not explain it to us.
                    It expresses in general, abstract formulas the <emph>material</emph> process through which private property actually passes,
                    and these formulas it then takes for <emph>laws</emph>.
                    It does not <emph>comprehend</emph> these laws, i.e., it does not demonstrate how they arise from the very nature of private property.
                    Political economy throws no light on the cause of the division between labour and capital, and between capital and land.
                    When, for example, it defines the relationship of wages to profit, it takes the interest of the capitalists to be the ultimate cause,
                    i.e., it takes for granted what it is supposed to explain.
                    Similarly, competition comes in everywhere. It is explained from external circumstances.
                    As to how far these external and apparently accidental circumstances
                    are but the expression of a necessary course of development, political economy teaches us nothing.
                    We have seen how exchange itself appears to it as an accidental fact.
                    The only wheels which political economy sets in motion are <emph>greed</emph>
                    and the <emph>war amongst the greedy</emph> — <emph>competition</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 3:270-271.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <!-- Cité en
          https://international.ptb-pvda.be/fr/articles/le-plus-grand-mensonge-est-de-pretendre-que-le-virus-touche-tout-le-monde-de-la-meme
          https://international.ptb-pvda.be/articles/biggest-lie-2020-virus-affects-everyone-equally
          Solidaire, papier, p. 16, 2e col. « Les seuls rouages que l’économie politique sait mettre en mouvement sont la soif de profit, la cupidité et la guerre entre les individus cupides. »
          Solidair, papier, « De enige raderen die de politieke economie in beweging zetten, zijn de hebzucht en de oorlog tussen de hebzuchtigen. »
           -->

          <p rend="alinea">
            <hi rend="gras">Attention</hi>,
            Marx utilise deux fois l’expression <term>corps non organique</term>
            (<term xml:lang="de">unorganische Leib</term>),
            dans deux contextes assez différents.
          </p>

          <label xml:id="manuscrits44-1rentefonc" rend="fakehead h3">
            [Rente foncière]
          </label>
          <p rend="alinea">
            Parlant de la propriété foncière, sous XVII, dernier alinéa :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 35%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Schon im Feudalgrundbesitz liegt die Herrschaft der Erde als einer
                    fremden Macht über die Menschen. Der Leibeigene ist das Akzidens der
                    Erde. Ebenso gehört der Majoratsherr, der erstgeborene Sohn, der Erde.
                    Sie erbt ihn. Überhaupt fängt mit dem Grundbesitz die Herrschaft des
                    Privateigentums an, er ist seine Basis. Aber im feudalen Grundbesitz
                    <emph>scheint</emph> wenigstens der Herr als König des Grundbesitzes. Ebenso existiert
                    noch der Schein eines innigem Verhältnisses zwischen dem Besitzer und
                    der Erde, als das des bloßen <emph>sachlichen</emph> Reichtums ist. Das Grundstück
                    individualisiert sich mit seinem Herrn, es hat seinen Rang, ist freiherrlich
                    oder gräflich mit ihm, hat seine Privilegien, seine Gerichtsbarkeit, sein
                    politisches Verhältnis etc. Es erscheint als der unorganische Leib seines
                    Herrn. Daher das Sprichwort: <foreign xml:lang="fr">nulle terre sans maître</foreign>, worin das Verwachsen-
                    sein der Herrlichkeit und des Grundbesitzes ausgesprochen ist. Ebenso
                    erscheint die Herrschaft des Grundeigentums nicht unmittelbar als Herr-
                    schaft des bloßen Kapitals. Seine Zugehörigen stehn mehr zu ihm im
                    Verhältnis ihres Vaterlandes. Es ist eine engbrüstige Art von Nationalität.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:505-506.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 34%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Déjà la propriété féodale comporte la domination de la terre sur les hommes en tant que puissance qui leur est étrangère.
                    Le serf est l’accessoire de la terre.
                    De même le majorataire, le fils aîné appartient à la terre.
                    C’est elle qui le reçoit en héritage.
                    D’une manière générale, le règne de la propriété privée commence avec la propriété foncière, elle en est le fondement.
                    Mais dans la propriété foncière féodale, le seigneur <emph>apparaît</emph> tout au moins comme le roi de la propriété.
                    De même il existe encore l’apparence d’un rapport plus intime
                    que celui de la simple richesse <emph>matérielle</emph> entre le possesseur et la terre.
                    La terre s’individualise avec son maître, eue a son rang, elle est baronnie ou comtat avec lui,
                    elle a ses privilèges, sa juridiction, ses relations politiques, etc.
                    Elle apparaît comme le corps non organique de son maître.
                    D’où le proverbe : « <foreign xml:lang="fr">nulle terre sans maître</foreign> »
                    qui exprime la soudure entre la seigneurie et la propriété foncière.
                    De même le règne de la propriété foncière n’apparaît pas directement comme le règne du simple capital.
                    Ses ressortissante sont plutôt, vis-à-vis d’elle, comme vis-à-vis de leur patrie.
                    C’est un type étroit de nationalité.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Éditions sociales, 1962:50-51.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The domination of the land as an alien power over men is
                    already inherent in feudal landed property. The serf is the
                    adjunct of the land. Likewise, the lord of an entailed estate, the
                    first-born son, belongs to the land. It inherits him. Indeed, the
                    dominion of private property begins with property in land — that
                    is its basis. But in feudal landed property the lord at least <emph>appears</emph>
                    as the king of the estate. Similarly, there still exists the semblance
                    of a more intimate connection between the proprietor and the
                    land than that of mere <emph>material</emph> wealth. The estate is individualised
                    with its lord: it has his rank, is baronial or ducal with him, has his
                    privileges, his jurisdiction, his political position, etc. It appears as
                    the inorganic body of its lord. Hence the proverb <foreign xml:lang="fr">nulle terre sans
                    maître</foreign>, which expresses the fusion of nobility and landed property.
                    Similarly, the rule of landed property does not appear directly as
                    the rule of mere capital. For those belonging to it, the estate is
                    more like their fatherland. It is a constricted sort of nationality.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 3:266.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            La terre qui intéresse l’homme, c’est un sol avec assez de minéraux pour que les plantes puissent pousser.
            <!-- (Encore mieux avec divers micro-organismes et des vers de terre.) -->
            Pour le propriétaire aussi, en fin de compte, pour que ça lui rapporte quelque chose,
            mais ce n’est pas de ça dont Marx parle ci-dessus.
            Pour le popriétaire, <emph>sa</emph> terre, c’est d’abord le domaine, qui est comme le prolongement de lui-même.
            C’est un statut, un titre, sa carte de visite.
            (Parfois un seigneur féodal et son domaine partagent un même nom propre.)
          </p>

          <p xml:id="manuscrits44-1travalien-indx"><label rend="invisible">Manuscrits de 1844,
Troisième, [Le travail aliéné], Ed. Soc. 1962:87</label>
            <index><term>nature, corps non organique de l’homme</term></index>
            <index><term>corps non organique de l’homme, la nature</term></index>
            <index><term>non organique, la nature est le corps — de l’homme</term></index>
            <index><term>organique, la nature est le corps non — de l’homme</term></index>
            <index><term>homme, nature comme son corps non organique</term></index>
          </p>
          <label xml:id="manuscrits44-1travalien" rend="fakehead h3">
            [Le travail aliéné]
          </label>
          <p rend="alinea">
            Mais plus loin, sous XXIV, il s’agit bien de la relation de l’homme à la nature :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Das Gattungsleben, sowohl beim Menschen als beim Tier, besteht
                    physisch einmal darin, dass der Mensch (wie das Tier) von der unorganischen Natur lebt,
                    und um so universeller der Mensch als das Tier, um so
                    universeller ist der Bereich der unorganischen Natur, von der er lebt.
                    Wie Pflanzen, Tiere, Steine, Luft, Licht etc. theoretisch einen Teil des
                    menschlichen Bewusstseins, teils als Gegenstände der Naturwissenschaft, teils als
                    Gegenstände der Kunst bilden — seine geistige unorganische Natur, geistige
                    Lebensmittel, die er erst zubereiten muss zum Genuss und zur Verdauung —
                    so bilden sie auch praktisch einen Teil des menschlichen Lebens und der
                    menschlichen Tätigkeit. Physisch lebt der Mensch nur von diesen Naturprodukten,
                    mögen sie nun in der Form der Nahrung, Heizung, Kleidung, Wohnung etc. erscheinen.
                    Die Universalität des Menschen erscheint
                    praktisch eben in der Universalität, die die ganze Natur zu seinem
                    <emph>unorganischen</emph> Körper macht,
                    sowohl insofern sie 1. ein unmittelbares Lebensmittel,
                    als inwiefern sie [2.] die Materie, der Gegenstand und das Werkzeug
                    seiner Lebenstätigkeit ist. Die Natur ist der <emph>unorganische Leib</emph> des Menschen,
                    nämlich die Natur, soweit sie nicht selbst menschlicher Körper ist. Der
                    Mensch <emph>lebt</emph> von der Natur, heißt: Die Natur ist sein <emph>Leib</emph>, mit dem er in
                    beständigem Prozess bleiben muss, um nicht zu sterben. Dass das physische
                    und geistige Leben des Menschen mit der Natur zusammenhängt, hat
                    keinen andren Sinn, als dass die Natur mit sich selbst zusammenhängt,
                    denn der Mensch ist ein Teil der Natur.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:515-516.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La vie générique tant chez l’homme que chez l’animal consiste d’abord, au point de vue physique,
                    dans le fait que l’homme (comme l’animal) vit de la nature non organique,
                    et plus l’homme est universel par rapport à l’animal,
                    plus est universel le champ de la nature non organique dont il vit.
                    De même que les plantes, les animaux, les pierres, l’air, la lumière, etc.,
                    constituent du point de vue théorique une partie de la conscience humaine,
                    soit en tant qu’objets des sciences de la nature, soit en tant qu’objets de l’art
                    — qu’ils constituent sa nature intellectuelle non organique,
                    qu’ils sont des moyens de subsistance intellectuelle que l’homme doit d’abord apprêter pour en jouir et les digérer
                    — de même ils constituent aussi au point de vue pratique une partie de la vie humaine et de l’activité humaine.
                    Physiquement, l’homme ne vit que de ces produits naturels,
                    qu’ils apparaissent sous forme de nourriture, de chauffage, de vêtements, d’habitation, etc.
                    L’universalité de l’homme apparaît en pratique précisément dans l’universalité
                    qui fait de la nature entière son corps <emph>non organique</emph>,
                    aussi bien dans la mesure où, 1<hi rend="ordinal">o</hi>, elle est un moyen de subsistance immédiat
                    que dans celle où, [2<hi rend="ordinal">o</hi>], elle est la matière, l’objet et l’outil de son activité vitale.
                    La nature, c’est-à-dire la nature qui n’est pas elle-même le corps humain,
                    est le <emph>corps non organique</emph> de l’homme.
                    L’homme <emph>vit</emph> de la nature signifie :
                    la nature est son <emph>corps</emph> avec lequel il doit maintenir un processus constant pour ne pas mourir.
                    Dire que la vie physique et intellectuelle de l’homme est indissolublement liée à la nature
                    ne signifie pas autre chose sinon que la nature est indissolublement liée avec elle-même,
                    car l’homme est une partie de la nature.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Éditions sociales, 1962:61-62.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Het soortelijk leven, bij de mens zowel als bij het dier,
                    heeft zijn fysieke basis in het feit dat de mens (evenals het dier) van de anorganische natuur leeft,
                    en hoe universeler de mens ten opzichte van het dier is,
                    des te universeler is het gebied van de anorganische natuur waarvan hij leeft.
                    Planten, dieren, stenen, lucht, licht enz. vormen niet alleen theoretisch een deel van het menselijke bewustzijn,
                    enerzijds als objecten van natuurwetenschap, anderzijds als objecten van kunst
                    (men zou ze zijn geestelijke anorganische natuur kunnen noemen:
                    geestelijke levensmiddelen die hij eerst moet toebereiden om ervan te kunnen genieten en ze innerlijk te verwerken),
                    maar ook praktisch vormen zij een deel van het menselijke leven en de menselijke activiteit.
                    Fysiek leeft de mens alleen van deze natuurproducten,
                    hetzij in de vorm van voedsel, hetzij in de vorm van verwarming, kleding, woning enz.
                    De universaliteit van de mens openbaart zich praktisch juist
                    in de universaliteit die de hele natuur tot zijn <emph>anorganisch</emph> lichaam maakt,
                    en wel 1. rechtstreeks, als middel om te kunnen leven,
                    en [2.] als materie, d.w.z. object en werktuig van zijn levensactiviteit.
                    De natuur is het <emph>anorganische lichaam</emph> van de mens,
                    de natuur namelijk voor zover zij niet zelf menselijk lichaam is.
                    ‘De mens <emph>leeft</emph> van de natuur’ betekent:
                    de natuur is zijn <emph>lichaam</emph>, waarmee hij in voortdurende wisselwerking moet blijven om niet te sterven.
                    Dat het fysieke en geestelijke leven van de mens in wisselwerking met de natuur staat
                    betekent niet anders dan dat de natuur in wisselwerking met zichzelf staat,
                    want de mens is een deel van de natuur.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1844/manuscripten/1.htm">Marxist Internet Archief</ref>
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The life of the species, both in man and in animals, consists
                    physically in the fact that man (like the animal) lives on inorganic
                    nature; and the more universal man (or the animal) is, the more
                    universal is the sphere of inorganic nature on which he lives. Just as
                    plants, animals, stones, air, light, etc., constitute theoretically a part
                    of human consciousness, partly as objects of natural science, partly as
                    objects of art — his spiritual inorganic nature, spiritual nourishment
                    which he must first prepare to make palatable and digestible — so
                    also in the realm of practice they constitute a part of human life and
                    human activity. Physically man lives only on these products of
                    nature, whether they appear in the form of food, heating, clothes, a
                    dwelling, etc. The universality of man appears in practice precisely in
                    the universality which makes all nature his <emph>inorganic</emph> body — both
                    inasmuch as nature is (1) his direct means of life, and [(2)] the
                    material, the object, and the instrument of his life activity. Nature is
                    man’s <emph>inorganic body</emph> — nature, that is, insofar as it is not itself human
                    body. Man <emph>lives</emph> on nature — means that nature is his <emph>body</emph>, with which
                    he must remain in continuous interchange if he is not to die. That
                    man’s physical and spiritual life is linked to nature means simply that
                    nature is linked to itself, for man is a part of nature.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 3:275-276.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Seuls les Allemands peuvent comprendre la nuance entre unorganischen <term>Körper</term>
            et unorganischen <term>Leib</term>. Voir les articles
            <ref target="https://de.wiktionary.org/wiki/K%C3%B6rper">de.wiktionary.org/wiki/Körper</ref>
            et <ref target="https://de.wiktionary.org/wiki/Leib">de.wiktionary.org/wiki/Leib</ref>.
            Les auteurs du deuxième estiment que <term>Leib</term> est intraduisible<note xml:id="manuscrits44-1-not1" n="1" place="bottom">
              La traduction par DeepL de la remarque préalable
              de l’article <ref target="https://de.wiktionary.org/wiki/Leib">de.wiktionary.org/wiki/Leib</ref>
              est très amusante : on y apprend que <term>corps</term> ne veut pas dire corps
              et que la <term>corporéité</term> n’est pas la même chose que la corporéité.
            </note>,
            qu’aucune langue autre que l’allemand ne possède un tel mot.
            Ainsi l’homme en allemand a aussi un troisième corps, <term xml:lang="de">unorganisch</term>.
            Comme il est étonnant de dire de la nature qu’elle n’est pas organique,
            je me demande s’il ne faut pas comprendre
            — non pas que la nature ne serait pas vivante, ou que la nature n’intéresse Marx que minérale,
            — mais qu’il s’agit d’un prolongement du corps de l’homme <term xml:lang="de">unorganisch</term>,
            non organique, au sens d’au-delà de son organisme, extérieur, prolongement.
            (De même que la main est au bout du bras, et l’outil aussi, mais prolongement du corps,
            non plus, comme la main, partie du corps.)
          </p>
        </div>

        <div xml:id="manuscrits44-3">
          <head>
            Manuscrits de 44
            — Troisième manuscrit
          </head>

          <label xml:id="manuscrits44-3comm" rend="h3">
            [Propriété privée et communisme.
            Stades de développement des conceptions communistes.
            Le communisme grossier et égalitaire.
            Le communisme en tant que socialisme.]
          </label>

          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Le <term>communisme</term>, enfin, est l’expression <emph>positive</emph> de la propriété privée abolie,
                et en premier lieu la propriété privée <emph>générale</emph>.
                En saisissant ce rapport dans son universalité, le communisme
              </p>
              <p rend="alinea">
                1. n’est sous sa première forme…
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              Éd. sociales, 1962, p. 85.
            </bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Ce qui suit n’est évidemment pas ce que Marx nous propose comme communisme
            et encore moins sa conception des rapports entre les hommes et les femmes,
            mais sa critique d’un certain communisme (« 1. n’est sous sa première forme… »),
            de Saint-Simon et autres, après Fourier.
        </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <p rend="alinea">
                        endlich spricht sich diese Bewegung,
                        dem Privateigentum das allgemeine Privateigentum entgegenzustellen,
                        in der tierischen Form aus, daß der <term>Ehe</term>
                        (welche allerdings eine Form des exklusiven Privateigentums ist)
                        die <term>Weibergemeinschaft</term>,
                        wo also das Weib zu einem <term>gemeinschaftlichen</term> und <term>gemeinen</term> Eigentum wird,
                        entgegengestellt wird.
                        Man darf sagen, daß dieser Gedanke der <term>Weibergemeinschaft</term>
                        das <term>ausgesprochne Geheimnis</term> dieses noch ganz rohen und gedankenlosen Kommunismus ist.
                        Wie das Weib aus der Ehe in die allgemeine Prostitution<note xml:id="manuscrits44-3de-not1" n="1" place="bottom">
                          Die Prostitution nur ein <emph>besondrer</emph> Ausdruck
                          der <emph>allgemeinen</emph> Prostitution des <emph>Arbeiters</emph>,
                          und da die Prostitution ein Verhältnis ist, worin nicht nur der Prostituierte,
                          sondern auch der Prostituierende fällt — dessen Niedertracht noch größer ist in diese Kategorie.
                        </note>,
                        so tritt die ganze Welt des Reichtums, d. h. des gegenständlichen Wesens des Menschen,
                        aus dem Verhältnis der exklusiven Ehe mit dem Privateigentümer
                        in das Verhältnis der universellen Prostitution mit der Gemeinschaft.
                      </p>
                    </body>
                  </floatingText>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:534, note en 40:538.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24.25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <p rend="alinea">
                        Enfin, ce mouve­ment qui consiste à opposer à la propriété privée la propriété privée générale
                        s’exprime sous cette forme bestiale qu’au <term>mariage</term>
                        (qui est certes une forme de la <term>propriété privée exclusive</term>)
                        on oppose la <term>communauté des femmes</term>,
                        dans laquelle la femme devient donc une propriété <term>collective et commune</term>.
                        On peut dire que cette idée de la <term>communauté des femmes</term>
                        constitue le <term>secret révélé</term> de ce communisme encore très grossier et très irréfléchi.
                        De même que la femme passe du mariage à la prostitution générale<note xml:id="manuscrits44-3comm-notstar" n="*" place="bottom">
                          La prostitution n’est qu’une expression <emph>particulière</emph>
                          de la prostitution <emph>générale</emph> de l’<emph>ouvrier</emph>
                          et comme la prostitution est un rapport où entrent non seulement le prostitué
                          mais aussi celui qui prostitue — dont l’abjection est plus grande encore — le capitaliste, etc.,
                          tombe aussi dans cette catégorie.
                        </note>,
                        de même tout le monde de la richesse,
                        c’est-à-dire de l’essence objective de <hi rend="fluo">l’humain</hi>,
                        passe du rapport du mariage exclusif avec le propriétaire privé
                        à celui de la prostitution universelle avec la communauté.
                      </p>
                    </body>
                  </floatingText>
                </quote>
                <bibl>
                  Éd. sociales, 1962, p. 85.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.75%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Tenslotte wordt deze tendens om tegenover de particuliere eigendom
                    de algemene particuliere eigendom te stellen in een dierlijke vorm uitgedrukt;
                    tegenover het <term>huwelijk</term> (dat inderdaad een <term>vorm van exclusief particulier bezit</term> is)
                    wordt de <term>vrouwengemeenschap</term> gesteld,
                    waarbij de vrouw dus tot <emph>gemeenschappelijk</emph> en <emph>publiek</emph> bezit wordt.
                    Men kan wel zeggen dat deze gedachte van de <term>vrouwengemeenschap</term>
                    het <term>geopenbaarde geheim</term> van dit nog geheel grove en gedachteloze communisme is.
                    Zoals de vrouwen van het huwelijk naar de algemene prostitutie overgaan,
                    zo gaat de hele wereld van de rijkdom — d.w.z. het objectieve wezen van de mens —
                    uit de verhouding van het exclusieve huwelijk met de particuliere bezitter over
                    naar de verhouding van universele prostitutie met de gemeenschap.
                    <seg rend="nonvisible">
                      La prostitution n’est qu’une expression <emph>particulière</emph>
                      de la prostitution <emph>générale</emph> de l’<emph>ouvrier</emph>
                      et comme la prostitution est un rapport où entrent non seulement le prostitué
                      mais aussi celui qui prostitue — dont l’abjection est plus grande encore — le capitaliste, etc.,
                    </seg>
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1844/manuscripten/3.htm#eigendom">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <p rend="alinea">
                        Finally, this movement of opposing universal private property to private property
                        finds expression in the brutish form of opposing to <term>marriage</term>
                        (certainly a form of exclusive private property) the <term>community of women</term>,
                        in which a woman becomes a piece of <term>communal</term> and <term>common</term> property.
                        It may be said that this idea of the <term>community of women</term>
                        <term>gives away the secret</term> of this as yet completely crude and thoughtless communism.
                        Just as woman passes from marriage to general prostitution,<note xml:id="manuscrits44-3comm-notstaren" n="*" place="bottom">
                          Prostitution is only a <emph>specific</emph> expression
                          of the general prostitution of the <emph>labourer</emph>,
                          and since it is a relationship in which falls not the prostitute alone,
                          but also the one who prostitutes — and the latter’s abomination is still greater —
                          the capitalist, etc., also comes under this head.
                        </note>
                        so the entire world of wealth (that is, of <hi rend="fluorouge">man</hi>’s objective substance)
                        passes from the relationship of exclusive marriage with the owner of private property
                        to a state of universal prostitution with the community.
                      </p>
                    </body>
                  </floatingText>
                </quote>
                <bibl>MECW 3:294-295</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In dem Verhältnis zum <emph>Weib</emph>,
                    als dem <emph>Raub</emph> und der Magd der gemeinschaftlichen Wollust,
                    ist die unendliche Degradation ausgesprochen, in welcher der Mensch für sich selbst existiert,
                    denn das Geheimnis dieses Verhältnisses hat seinen <emph>unzweideutigen</emph>,
                    entschiednen, <emph>offenbaren</emph>, enthüllten Ausdruck
                    in dem Verhältnisse des <emph>Mannes</emph> zum <emph>Weibe</emph>
                    und in der Weise, wie das <emph>unmittelbare</emph>,
                    <emph>natürliche</emph> Gattungsverhältnis gefaßt wird.
                    Das unmittelbare, natürliche, notwendige Verhältnis des Menschen zum Menschen
                    ist das <emph>Verhältnis</emph> des <emph>Mannes</emph> zum <emph>Weibe</emph>.
                    In diesem <emph>natürlichen</emph> Gattungsverhältnis
                    ist das Verhältnis des Menschen zur Natur unmittelbar sein Verhältnis zum Menschen,
                    wie das Verhältnis zum Menschen unmittelbar sein Verhältnis zur Natur,
                    seine eigne <emph>natürliche</emph> Bestimmung ist.
                    In diesem Verhältnis <emph>erscheint</emph> also <emph>sinnlich</emph>,
                    auf ein anschaubares <emph>Faktum</emph> reduziert,
                    inwieweit dem Menschen das menschliche Wesen zur Natur
                    oder die Natur zum menschlichen Wesen des Menschen geworden ist.
                    Aus diesem Verhältnis kann man also die ganze Bildungsstufe des Menschen beurteilen.
                    Aus dem Charakter dieses Verhältnisses folgt,
                    inwieweit der <emph>Mensch</emph> als <emph>Gattungswesen</emph>,
                    als <emph>Mensch</emph> sich geworden ist und erfaßt hat;
                    das Verhältnis des Mannes zum Weib ist das <emph>natürlichste</emph> Verhältnis des Menschen zum Menschen.
                    In ihm zeigt sich also, in[wie]weit das <emph>natürliche</emph> Verhalten des Menschen <emph>menschlich</emph>
                    oder inwieweit das <emph>menschliche</emph> Wesen ihm zum <emph>natürlichen</emph> Wesen,
                    inwieweit seine <emph>menschliche Natur</emph> ihm zur <emph>Natur</emph> geworden ist.
                    In diesem Verhältnis zeigt sich auch,
                    in[wie]weit das <emph>Bedürfnis</emph> des Menschen zum <emph>menschlichen</emph> Bedürfnis,
                    inwieweit ihm also der <emph>andre</emph> Mensch als Mensch zum Bedürfnis geworden ist,
                    inwieweit er in seinem individuellsten Dasein zugleich Gemeinwesen ist.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:535-536</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea"><!-- <label rend="invisible">Manuscrits de 1844,
                  Troisième, Propriété privée et communisme, Ed. Soc. 1962:86-87</label> -->
                    <index><term>rapport de l’homme à la femme</term></index>
                    <index><term>femme, rapport de l’homme à la —</term></index>
                    <index><term>rapport de l’humain à la nature et à l’humain</term></index>
                    <index><term>nature, rapport de l’humain à la — et à l’humain</term></index>
                    Dans le rapport à <!-- l’égard de  -->la <emph>femme</emph>, <emph>proie</emph> et servante de la volupté collective,
                    s’exprime l’infinie dégradation dans laquelle <hi rend="fluo">l’humain</hi> existe pour soi-même,
                    car le secret de ce rapport trouve son expression <emph>non-équivoque</emph>, décisive, <emph>manifeste</emph>,
                    dévoilée dans le rapport de l’<emph>homme</emph> à la <emph>femme</emph>
                    et dans la manière dont est saisi le rapport générique <emph>naturel et immédiat</emph>.
                    Le rapport immédiat, naturel, nécessaire de <hi rend="fluo">l’humain</hi> à <hi rend="fluo">l’humain</hi>
                    est le <emph>rapport</emph> de l’<emph>homme</emph> à la <emph>femme</emph>.
                    Dans ce rapport générique <emph>naturel</emph>,
                    le rapport de <hi rend="fluo">l’humain</hi> à la nature est immédiatement son rapport à <hi rend="fluo">l’humain</hi>,
                    de même que le rapport à <hi rend="fluo">l’humain</hi> est directement son rapport à la nature, sa propre détermination <emph>naturelle</emph>.
                    Dans ce rapport <emph>apparaît</emph> donc de façon <emph>sensible</emph>, réduite à un <emph>fait</emph> concret
                    la mesure dans laquelle, pour <hi rend="fluo">l’humain</hi>, l’essence humaine est devenue la nature,
                    ou celle dans laquelle la nature est devenue l’essence humaine de <hi rend="fluo">l’humain</hi>.
                    En partant de ce rapport, on peut donc juger tout le niveau de culture de <hi rend="fluo">l’humain</hi>.
                    Du caractère de ce rapport résulte
                    la mesure dans laquelle <emph><hi rend="fluo">l’humain</hi></emph> est devenu pour lui-même <emph>être générique</emph>,
                    un <emph><hi rend="fluo">humain</hi></emph>, et s’est saisi comme tel ;
                    le rapport de l’homme à la femme est le rapport le <emph>plus naturel</emph> de <hi rend="fluo">l’humain</hi> à <hi rend="fluo">l’humain</hi>.
                    En celui-ci apparaît donc dans quelle mesure le comportement <emph>naturel</emph> de <hi rend="fluo">l’humain</hi> est devenu <emph>humain</emph>
                    ou dans quelle mesure l’essence <emph>humaine</emph> est devenue pour lui l’essence <emph>naturelle</emph>,
                    dans quelle mesure sa <emph>nature humaine</emph> est devenue pour lui la <emph>nature</emph>.
                    Dans ce rapport apparaît aussi dans quelle mesure le <emph>besoin</emph> de <hi rend="fluo">l’humain</hi> est devenu un besoin <emph>humain</emph>,
                    donc dans quelle mesure <hi rend="fluo">l’humain</hi> <emph>autre</emph> en tant qu’<hi rend="fluo">humain</hi> est devenu pour lui un besoin,
                    dans quelle mesure, dans son existence la plus individuelle, il est en même temps un être social.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Éd. sociales, 1962, p. 86-87.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.2%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In de verhouding tot de <emph>vrouw</emph>, als de prooi en dienstmaagd van de gemeenschappelijke wellust,
                    wordt de oneindige degradatie uitgesproken waarin de mens voor zichzelf existeert,
                    want het geheim van deze verhouding vindt zijn <emph>ondubbelzinnige</emph>,
                    onweerlegbare, <emph>openlijke</emph> en onverhulde uitdrukking
                    in de verhouding van <emph>man</emph> tot <emph>vrouw</emph>
                    en in de manier waarop de <emph>directe</emph> en natuurlijke verhouding binnen de soort wordt opgevat.
                    De directe, natuurlijke en noodzakelijke verhouding van mens tot mens
                    is de <emph>verhouding</emph> van <emph>man</emph> tot <emph>vrouw</emph>.
                    In deze <emph>natuurlijke</emph> verhouding binnen de soort
                    is de verhouding van de mens tot de natuur onmiddellijk zijn verhouding tot de mens
                    en zijn verhouding tot de mens zijn verhouding tot de natuur, tot zijn eigen <emph>natuurlijke</emph> bestemming.
                    In deze verhouding <emph>manifesteert zich</emph> dus <emph>zinnelijk</emph>,
                    tot een aanschouwelijk <emph>feit</emph> gereduceerd,
                    in hoeverre de menselijke natuur voor de mens tot natuur is geworden en de natuur voor hem tot menselijke natuur.
                    Uit deze verhouding kan men daarom het hele ontwikkelingsniveau van de mens beoordelen.
                    Uit het karakter van deze verhouding blijkt in hoeverre de <emph>mens</emph> als <emph>soortbewust wezen</emph>,
                    als <emph>mens</emph>, zichzelf geworden is en zichzelf begrepen heeft.
                    De verhouding van man tot vrouw is de <emph>natuurlijkste</emph> verhouding van mens tot mens.
                    Daarin toont zich dus in hoeverre het <emph>natuurlijke</emph> gedrag van de mens <emph>menselijk</emph> is geworden
                    en in hoeverre hem zijn <emph>menselijk</emph> wezen tot een <emph>natuurlijk</emph> wezen is geworden,
                    in hoeverre zijn menselijke natuur voor hem tot natuur is geworden.
                    Uit deze verhouding blijkt ook in hoeverre de <emph>behoefte</emph> van de mens tot <emph>menselijke</emph> behoefte,
                    in hoeverre dus de <emph>andere</emph> mens hem als mens tot behoefte is geworden,
                    in hoeverre hij in zijn meest individuele existentie tegelijk sociaal wezen is.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1844/manuscripten/3.htm#eigendom">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In the approach to <emph>woman</emph> as the <emph>spoil</emph> and handmaid of communal lust
                    is expressed the infinite degradation in which <hi rend="fluorouge">man</hi> exists for <hi rend="fluorouge">him</hi>self,
                    for the secret of this approach has its <emph>unambiguous</emph>, decisive, <emph>plain</emph> and undisguised expression
                    in the relation of <emph>man</emph> to <emph>woman</emph>
                    and in the manner in which the <emph>direct</emph> and <emph>natural</emph> species-relationship is conceived.
                    The direct, natural, and necessary relation of person to person is the <emph>relation of man to woman</emph>.
                    In this natural species-relationship <hi rend="fluorouge">man</hi>’s relation to nature
                    is immediately <hi rend="fluorouge">his</hi> relation to <hi rend="fluorouge">man</hi>,unorganisch
                    just as <hi rend="fluorouge">his</hi> relation to <hi rend="fluorouge">man</hi> is immediately
                    <hi rend="fluorouge">his</hi> relation to nature — <hi rend="fluorouge">his</hi> own natural destination.
                    In this relationship, therefore, is <emph>sensuously manifested</emph>,
                    reduced to an observable <emph>fact</emph>,
                    the extent to which the human essence has become nature to <hi rend="fluorouge">man</hi>,
                    or to which nature to <hi rend="fluorouge">him</hi> has become the human essence of <hi rend="fluorouge">man</hi>.
                    From this relationship one can therefore judge <hi rend="fluorouge">man</hi>’s whole level of development.
                    From the character of this relationship follows how much
                    <emph><hi rend="fluorouge">man</hi></emph> as a <emph>species-being</emph>, as <hi rend="fluorouge">man</hi>,
                    has come to be <hi rend="fluorouge">him</hi>self and to comprehend <hi rend="fluorouge">him</hi>self;
                    the relation of man to woman is the <emph>most natural</emph> relation of human being to human being.
                    It therefore reveals the extent to which <hi rend="fluorouge">man</hi>’s <emph>natural</emph> behaviour
                    has become <emph>human</emph>,
                    or the extent to which the <emph>human</emph> essence in <hi rend="fluorouge">him</hi>
                    has become a <emph>natural</emph> essence
                    — the extent to which <hi rend="fluorouge">his</hi> <emph>human nature</emph>
                    has come to be <emph>natural</emph> to <hi rend="fluorouge">him</hi>.
                    This relationship also reveals the extent to which <hi rend="fluorouge">man</hi>’s <emph>need</emph>
                    has become a <emph>human</emph> need;
                    the extent to which, therefore, the <emph>other</emph> person as a person has become for <hi rend="fluorouge">him</hi> a need
                    — the extent to which <hi rend="fluorouge">he</hi> in <hi rend="fluorouge">his</hi> individual existence is at the same time a social being.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  MECW 3:295-296;
                  also <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/comm.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            En français, je corrige (ici ainsi que plus loin) « homme » en « <hi rend="fluo">humain</hi> »
            quand, selon l’allemand, c’est l’être humain en général et pas le seul mâle.
            Ce n’est pas très élégant, mais sans cela, dans le texte des Éditions sociales, ce passage est incompréhensible.
            L’anglais présente le même problème que le français.
            Je ne corrige pas, mais je marque en rouge le masculin utilisé non comme mâle mais comme « neutre »,
            c’est-à-dire ces occurrences grammaticalement correctes mais trompeuses.
            Il arrive régulièrement qu’on accuse Marx, injustement, de masculinisme, alors qu’il s’agit seulement
            d’un masculin grammatical (comme « l’ouvrier » face « au capitaliste ») ou,
            comme ici en français et en anglais, d’une pauvreté de la traduction
            (à cause d’une pauvreté du français et de l’anglais comparés à l’allemand et au néerlandais).
          </p>
          <p rend="alinea">
            Passage très « philosophique », donc difficile pour moi,
            sur cette relation primordiale pour nous, entre les hommes et les femmes,
            sur la nature et notre nature<note xml:id="manuscrits44-3-not1" n="1" place="bottom">
              Selon Heather Brown (<ref target="../../biblio/Brown2012.html#Brown2012p28">Brown 2012:28</ref>),
              naturel veut dire ici tantôt seulement biologique,
              tantôt ordinaire, habituel — y compris la dimension culturelle.
            </note>.
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 24.5%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die erste positive Aufhebung des Privateigentums, der <emph>rohe</emph> Kommunismus,
                    ist also nur eine <emph>Erscheinungsform</emph> von der Niedertracht des Privateigentums,
                    das sich als das <emph>positive Gemeinwesen</emph> setzen wil
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:536</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La première abolition positive de la propriété privée, le communisme <emph>grossier</emph>,
                    n’est donc qu’une <emph>forme sous laquelle apparaît</emph> l’ignominie de la propriété privée
                    qui veut se poser comme la <emph>communauté positive</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Éd. sociales, 1962, p. 87.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.5%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De eerste positieve opheffing van de particuliere eigendom, het <emph>grove</emph> communisme,
                    is dus slechts een <emph>verschijningsvorm</emph> van het infame karakter van de particuliere eigendom
                    die zichzelf als <emph>positieve gemeenschap</emph> tracht voor te doen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1844/manuscripten/3.htm#eigendom">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The first positive annulment of private property — <emph>crude</emph> communism —
                    is thus merely a <emph>manifestation</emph> of the vileness of private property,
                    which wants to set itself up as the <emph>positive community system</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  MECW 3:296;
                  also <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/comm.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p rend="alinea">
            2. Le communisme α) encore de nature politique, démocratique ou despotique ;
            <lb/>
            β) avec suppression de l'État, mais en même temps encore inachevé…
            <lb/>
            […]
          </p>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="manuscrits44p87-indx"><label rend="invisible">Manuscrits de 1844,
Troisième, [Propriété privée et communisme] 3, Ed. Soc. 1962:87</label>
            <index><term>communisme, solution de l’antagonisme entre l’homme et la nature</term></index>
            <index><term>nature, communisme, solution de l’antagonisme entre l’homme et la —</term></index>
          </p>
          <p rend="alinea">
            3. Le communisme, abolition positive de la propriété privée…
            <lb/>
            […]
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25.75%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Dieser Kommunismus ist als vollendeter Naturalismus = Humanismus,
                    als vollendeter Humanismus = Naturalismus,
                    er ist die <emph>wahrhafte</emph> Auflösung des Widerstreites zwischen dem Menschen mit der Natur
                    und mit dem Menschen, die wahre Auflösung des Streits zwischen Existenz und Wesen,
                    zwischen Vergegenständlichung und Selbstbestätigung,
                    zwischen Freiheit und Notwendigkeit, zwischen Individuum und Gattung.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:536</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 23.5%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="manuscrits44p87">
                    Ce communisme en tant que naturalisme achevé = humanisme,
                    en tant qu’humanisme achevé = naturalisme ;
                    il est la <emph>vraie</emph> solution de l’antagonisme entre <hi rend="fluo">l’humain</hi> et la nature,
                    entre <hi rend="fluo">l’humain</hi> et <hi rend="fluo">l’humain</hi>,
                    la vraie solution de la lutte entre existence et essence,
                    entre objectivation et affirmation de soi,
                    entre liberté et nécessité, entre individu et genre.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Éd. sociales, 1962, p. 87.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 23.5%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Dit communisme is als volmaakt naturalisme = humanisme,
                    als volmaakt humanisme = naturalisme;
                    het is de <emph>definitieve</emph> oplossing van het antagonisme tussen mens en natuur
                    en tussen mens en mens, de ware oplossing van het conflict tussen existentie en wezen,
                    tussen objectivering en zelfbevestiging, tussen vrijheid en noodzaak, tussen individu en soort.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1844/manuscripten/3.htm#eigendom">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    This communism, as fully developed naturalism, equals humanism,
                    and as fully developed humanism equals naturalism;
                    it is the <emph>genuine</emph> resolution of the conflict between man and nature
                    and between man and man
                    – the true resolution of the strife between existence and essence,
                    between objectification and self-confirmation,
                    between freedom and necessity, between the individual and the species.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  MECW 3:296;
                  also <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1844/manuscripts/comm.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>


          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="Manuscritsde44p95-indx"><label rend="invisible">Manuscrits de 1844,
Troisième, sur les sciences de la nature, Ed. Soc. 1962:95</label>
            <index><term>industrie, intervention des sciences de la nature</term></index>
            <index><term>sciences de la nature, interviennent par le moyen de l’industrie</term></index>
            <index><term>industrie, rapport historique réel de la nature avec l’homme</term></index>
            <index><term>nature, l’industrie est le rapport historique réel de la — avec l’homme</term></index>
            <index><term>une seule science, de la nature et de l’homme</term></index>
            <index><term>science, une seule, de la nature et de l’homme</term></index>
            <index><term>réalité sociale de la nature</term></index>
            <index><term>nature, réalité sociale</term></index>
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                <pb xml:id="Manuscritsde44p95" n="95"/>Les <emph>sciences de la nature</emph>
                ont déployé une énorme activité et ont fait leur un matériel qui va grandissant.
                Cependant la philosophie leur est restée tout aussi étrangères qu’elles sont
                restées étrangères à la philosophie. […] Les historiens eux-mêmes ne se réfèrent
                aux sciences de la nature qu’en passant, comme à un moment du développement des
                lumières, d’utilité, qu’illustrent quelques grandes découvertes. Mais par
                le moyen de l’industrie, les sciences de la nature sont intervenues d’autant
                plus <emph>pratiquement</emph> dans la vie humaine et l’ont transformée et ont
                préparé l’émancipation humaine, bien qu’elles aient dû parachever directement
                la déshumanisation. L’<emph>industrie</emph> est le rapport historique
                <emph>réel</emph> de la nature, et par suite des sciences de la nature, avec
                l’homme ; si donc on la saisit comme une révélation <emph>exotérique</emph>
                des <emph>forces essentielles</emph> de l’homme, on comprend aussi l’essence
                <emph>humaine</emph> de la nature ou l’essence <emph>naturelle</emph> de
                l’homme ; en conséquence les sciences de la nature perdront leur orientation
                abstraitement matérielle ou plutôt idéaliste et deviendront la base de
                la science <emph>humaine</emph>, comme elles sont déjà devenues — quoique
                sous une forme aliénée — la base de la vie réellement humaine ; dire qu’il
                y a <emph>une</emph> base pour la vie et une autre pour la <emph>science</emph>
                est de prime abord un mensonge. […] L’histoire elle-même est une
                partie <emph>réelle</emph> de l’<emph>histoire de la nature</emph>, de
                la transformation de la nature en homme. Les sciences de la nature comprendront
                plus tard aussi bien la science de l’homme, que la science de l’homme englobera
                les sciences de la nature : il y aura une <emph>seule science</emph>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                 L’<emph>homme</emph> est l’objet immédiat des sciences de la nature ; car
                 la <emph>nature sensible</emph> immédiate pour l’homme est directement
                 le monde sensible humain (expression identique) ; elle est immédiatement
                 l’homme autre qui existe concrètement pour lui ; car son propre monde
                 sensible n’est que grâce à <emph>l’autre</emph> homme monde sensible humain
                 pour lui-même. Mais la <emph>nature</emph> est l’objet immédiat de
                 la <emph>science de l’homme</emph>. Le premier objet de l’homme — l’homme —
                 est nature, monde sensible, et les forces essentielles particulières
                 et concrètes de l’homme, ne trouvant leur réalisation objective que dans
                 les <emph>objets naturels</emph>, ne peuvent parvenir à la connaissance
                 de soi que dans la science de la nature en général. L’élément de la pensée
                 elle-même, l’élément de la manifestation vitale de la pensée,
                 le <emph>langage</emph> est de nature concrète. La réalité <emph>sociale</emph>
                 de la nature et les sciences naturelles <emph>humaines</emph> ou
                 les <emph>sciences naturelles de l’homme</emph> sont des expressions identiques.
              </p>
            </quote>
          </cit>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="Manuscritsde44p97-indx"><label rend="invisible">Manuscrits de 1844,
Troisième, sur le créationnisme, Ed. Soc. 1962:97</label>
            <index><term>créationnisme, dans la conscience populaire</term></index>
            <index><term>conscience populaire, du créationnisme</term></index>
            <index><term>géognosie, réfute le créationnisme</term></index>
            <index><term>géologie, réfute le créationnisme</term></index>
            <index><term>créationnisme, réfuté par la géognosie</term></index>
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                <pb xml:id="Manuscritsde44p97" n="97"/>Un <emph>être</emph> ne commence à
                se tenir pour indépendant que dès qu’il est son propre maître, et il n’est
                son propre maître que lorsqu’il doit son <emph>existence</emph> à soi-même.
                Un homme qui vit de la grâce d’un autre se considère comme un être dépendant.
                Mais je vis entièrement de la grâce d’un autre, si non seulement je lui dois
                l’entretien de ma vie, mais encore si en outre il a <emph>créé</emph> ma
                <emph>vie</emph>, s’il en est la <emph>source</emph>, et ma vie a nécessairement
                un semblable fondement en dehors d’elle si elle n’est pas ma propre création.
                C’est pourquoi la <emph>création</emph> est une idée très difficile à chasser
                de la conscience populaire. Le fait que la nature et l’homme sont par eux-mêmes
                lui est <emph>incompréhensible</emph>, parce qu’il contredit toutes les
                <emph>évidences</emph> de la vie pratique.
              </p>
              <p rend="alinea">
                <pb xml:id="Manuscritsde44p98" n="98"/>La création de <emph>la terre</emph>
                a été puissamment ébranlée par la <emph>géognosie</emph>, c’est-à-dire par
                la science qui représente la formation du globe, le devenir de la terre,
                comme un processus, un auto-engendrement. La génération spontanée est la seule
                réfutation pratique de la théorie de la création.
              </p>
            </quote>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            À propos de géognosie, l’édition de Moscou en anglais donne la note :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                This expression apparently refers to the theory of the English geologist
                Sir Charles Lyell who, in his three-volume work <title>The Principles of
                Geology</title> (1830-33), proved the evolution of the earth’s crust and
                refuted the popular theory of cataclysms. Lyell used the term “historical
                geology” for his theory. The term “geognosy” was introduced by the 18th-century
                German scientist Abraham Werner, a specialist in mineralogy, and it was used
                also by Alexander Humboldt.
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              <author>Marx</author>, <title>Economic and Philosophic Manuscripts of 1844</title>,
              Progress Publishers, Moscow 1959.
            </bibl>
          </cit>


          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="Manuscritsde44manu3besoins-indx"><label rend="invisible">Manuscrits de 1844,
Troisième, [Besoins… richesse], Ed. Soc. 1962:100</label>
            <index><term>économie politique classique</term></index>
            <index><term>consommation de luxe</term></index>
            <index><term>épargne</term></index>
            <index><term>travail</term></index>
            <index><term>richesse</term></index>
            <index><term>Lauderdale</term></index>
            <index><term>Malthus</term></index>
            <index><term>Say</term></index>
            <index><term>Ricardo</term></index>
          </p>
          <label xml:id="Manuscritsde44manu3besoins" rend="h3">
            [Signification des besoins humains dans le régime de la propriété privée et sous
            le socialisme. Différence entre la richesse dissipatrice et la richesse industrielle,
            division du travail dans la société bourgeoise.]
          </label>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Certes il s’élève maintenant une controverse sur le terrain économique.
                Les uns (Lauderdale, Malthus, etc.) recommandent le <emph>luxe</emph> et maudissent l’épargne ;
                les autres (Say, Ricardo, etc.) recommandent l’épargne et maudissent le luxe.
                Mais les premiers avouent qu’ils veulent le luxe pour
                produire le <emph>travail</emph> (c’est-à-dire l’épargne absolue) ;
                les autres avouent qu’ils recommandent l’épargne pour produire la <emph>richesse</emph>,
                c’est-à-dire le luxe.
              </p>
            </quote>
            <bibl>1962:103</bibl>
          </cit>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26.75%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Um den <emph>Gedanken</emph> des
                    Privateigentums aufzuheben, dazu reicht der <emph>gedachte</emph> Kommunismus
                    vollständig aus. Um das wirkliche Privateigentum aufzuheben, dazu gehört eine
                    <emph>wirkliche</emph> kommunistische Aktion. Die Geschichte wird sie bringen, und
                    jene Bewegung, die wir <emph>in Gedanken</emph> schon als eine sich selbst aufhebende
                    wissen, wird in der Wirklichkeit einen sehr rauhen und weitläufigen Prozeß
                    durchmachen. Als einen wirklichen Fortschritt müssen wir es aber betrachten,
                    daß wir von vornherein sowohl von der Beschränktheit als dem Ziel der
                    geschichtlichen Bewegung, und ein sie überbietendes Bewußtsein erworben haben.—
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Wenn die kommunistischen <emph>Handwerker</emph> sich vereinen, so gilt ihnen
                    zunächst die Lehre, Propaganda etc. als Zweck. Aber zugleich eignen sie sich
                    dadurch ein neues Bedürfnis, das Bedürfnis der Gesellschaft an, und was
                    als Mittel erscheint, ist zum Zweck geworden. Diese praktische Bewegung
                    kann man in ihren glänzendsten Resultaten anschauen, wenn man sozialistische
                    französische ouvriers vereinigt sieht. Rauchen, Trinken, Essen etc. sind
                    nicht mehr da als Mittel der Verbindung oder als verbindende Mittel. Die
                    Gesellschaft, der Verein, die Unterhaltung, die wieder die Gesellschaft zum
                    Zweck hat, reicht ihnen hin, die Brüderlichkeit der Menschen ist keine
                    Phrase, sondern Wahrheit bei ihnen, und der Adel der Menschheit leuchtet
                    uns aus den von der Arbeit verhärteten Gestalten entgegen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW40:553-554</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 22.75%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p xml:id="manuscrits44p107-108" rend="alinea">
                    Pour abolir l’<emph>idée</emph> de la propriété privée, le communisme <emph>pensé</emph> suffit entièrement.
                    Pour abolir la propriété privée réelle, il faut une action communiste <emph>réelle</emph>.
                    L’histoire l’apportera et ce mouvement, dont nous savons déjà <emph>en pensée</emph> qu’il s’abolit lui-même,
                    passera dans la réalité par un processus très rude et très étendu.
                    Mais nous devons considérer comme un progrès réel que, de prime abord,
                    nous ayons acquis une conscience tant de la limitation que du but du mouvement historique, et une conscience qui le dépasse.—
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Lorsque les <emph>ouvriers</emph> communistes se réunissent,
                    c’est d’abord la doctrine, la propagande, etc., qui est leur but.
                    Mais en même temps ils s’approprient par là un besoin nouveau, le besoin de la société,
                    et ce qui semble être le moyen est devenu le but.
                    On peut observer les plus brillants résultats de ce mouvement pratique,
                    lorsque l’on voit réunis des ouvriers socialistes français.
                    Fumer, boire, manger, etc., ne sont plus là comme des prétextes à réunion ou des moyens d’union.
                    L’assemblée, l’association la conversation qui à son tour a la société pour but leur suffisent,
                    la fraternité humaine n’est pas chez eux une phrase vide, mais une vérité,
                    et la noblesse de l’humanité brille sur ces figures endurcies par le travail.—
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1962:107-108</bibl><!-- https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/00/km18440000/km18440000_5.htm -->
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26.75%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Om de <emph>idee</emph> van de particuliere eigendom op te heffen
                    is het communisme <emph>als idee</emph> ruimschoots voldoende;
                    maar om de reële particuliere eigendom op te heffen, heeft men een <emph>reële</emph> communistische actie nodig.
                    Die zal de geschiedenis brengen, en de beweging waarvan wij <emph>ideëel</emph> reeds weten
                    dat het een zichzelf-opheffende beweging zal zijn, zal in de realiteit nog een zeer zwaar en langdurig proces moeten doormaken.
                    Niettemin moeten wij het als een werkelijke vooruitgang beschouwen dat wij inzicht gekregen hebben
                    zowel in de beperktheid als in het doel van de historische beweging, en dat wij bovendien in staat zijn verder te zien.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Wanneer de communistische <emph>handarbeiders</emph> zich in een bond verenigingen,
                    zien zij in eerste instantie de leer, de propaganda enz. als doel.
                    Maar tegelijk kweken zij daardoor bij zichzelf een nieuwe behoefte aan, de behoefte aan gezelschap,
                    en wat zich als middel voordoet is tot doel geworden.
                    De schitterendste resultaten van deze ontwikkeling kan men gadeslaan wanneer men socialistische Franse ouvriers bijeen ziet.
                    Roken, drinken, eten enz. zijn geen middelen meer om mensen bijeen te binden, het zijn geen bindmiddelen meer.
                    De samenleving, de bond, de conversatie die wederom op de samenleving gericht is, is voor hen genoeg,
                    de broederschap der mensen is bij hen geen frase maar waarheid,
                    en de adel der mensheid straalt ons uit hun door arbeid geharde gestalten tegemoet.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1844/manuscripten/3.htm#behoefte">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In order to abolish the <emph>idea</emph> of private property, the <emph>idea</emph> of
                    communism is quite sufficient. It takes <emph>actual</emph> communist action to
                    abolish actual private property. History will lead to it; and this
                    movement, which <emph>in theory</emph> we already know to be a self-transcending
                    movement, will constitute in actual fact a very rough
                    and protracted process. But we must regard it as a real advance to
                    have at the outset gained a consciousness of the limited character
                    as well as of the goal of this historical movement — and a
                    consciousness which reaches out beyond it.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    When communist <emph>artisans</emph> associate with one another, theory,
                    propaganda, etc., is their first end. But at the same time, as a
                    result of this association, they acquire a new need — the need for
                    society — and what appears as a means becomes an end. In this
                    practical process the most splendid results are to be observed
                    whenever French socialist workers [<foreign xml:lang="fr">ouvriers</foreign>, in French] are seen together.
                    Such things as smoking, drinking, eating, etc., are no longer means of contact
                    or means that bring them together. Association, society and
                    conversation, which again has association as its end, are enough
                    for them; the brotherhood of man is no mere phrase with them,
                    but a fact of life, and the nobility of man shines upon us from
                    their work-hardened bodies.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW3:313</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <label rend="fakehead h3">
            [Geld] — [The power of money]
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25.6%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="MEW40p567">
                    Setze den <emph>Menschen</emph> als <emph>Menschen</emph> und sein Verhältnis zur Welt als ein menschliches voraus,
                    so kannst du Liebe nur gegen Liebe austauschen, Vertrauen nur gegen Vertrauen etc.
                    Wenn du die Kunst genießen willst, mußt du ein künstlerisch gebildeter Mensch sein;
                    wenn du Einfluß auf andre Menschen ausüben willst,
                    mußt du ein wirklich anregend und fördernd auf andere Menschen wirkender Mensch sein.
                    Jedes deiner Verhältnisse zum Menschen — und zu der Natur — muß eine <emph>bestimmte</emph>,
                    dem Gegenstand deines Willens entsprechende <emph>Äußrung</emph> deines <emph>wirklichen individuellen</emph> Lebens sein.
                    Wenn du liebst, ohne Gegenliebe hervorzurufen, d.h.,
                    wenn dein Lieben als Lieben nicht die Gegenliebe produziert,
                    wenn du durch deine <emph>Lebensäußrung</emph> als liebender Mensch dich nicht zum <emph>geliebten Menschen</emph> machst,
                    so ist deine Liebe ohnmächtig, ein Unglück.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 40:567</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Si tu supposes <emph>l’humain</emph> en tant qu’<emph>humain</emph>
                    et son rapport au monde comme un rapport humain,
                    tu ne peux échanger que l’amour contre l’amour, la confiance contre la confiance, etc.
                    Si tu veux jouir de l’art, il faut que tu sois une personne ayant une culture artistique ;
                    si tu veux exercer de l’influence sur d’autres personnes,
                    il faut que tu sois une personne
                    qui ait une action réellement animatrice et stimulante sur les autres personnes.
                    Chacun de tes rapports à l’humain — et à la nature — doit être une <emph>manifestation déterminée</emph>,
                    répondant à l’objet de ta volonté, de ta vie <emph>individuelle réelle</emph>.
                    Si tu aimes sans provoquer d’amour réciproque,
                    c’est-à-dire si ton amour, en tant qu’amour, ne provoque pas l’amour réciproque,
                    si par ta <emph>manifestation vitale</emph> en tant que personne aimante
                    tu ne te transformes pas en <emph>personne aimée</emph>,
                    ton amour est impuissant et c’est un malheur.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1962:123.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Wanneer je van de <emph>mens</emph> als <emph>mens</emph> uitgaat
                    en van zijn verhouding tot de wereld als een menselijke verhouding,
                    dan kun je liefde alleen inruilen tegen liefde, vertrouwen tegen vertrouwen etc.
                    Wanneer je genieten wilt van kunst, moet je een artistiek gevormd mens zijn;
                    wanneer je invloed op andere mensen wilt uitoefenen,
                    moet je een mens zijn die een werkelijk stimulerend en aan moedigend effect op anderen heeft.
                    Elke relatie die je met andere mensen — en met de natuur — hebt
                    moet een <emph>specifieke uitdrukking</emph> van je <emph>werkelijke individuele</emph> leven zijn,
                    die overeenstemt met het object van je wil.
                    Wanneer je lief hebt zonder wederliefde op te wekken,
                    d.w.z. wanneer je liefde als liefde geen wederliefde produceert,
                    wanneer je je niet door een <emph>manifestatie</emph> als liefhebbend mens tot <emph>geliefd mens</emph> kunt maken,
                    dan is je liefde onmachtig, een ongeluk.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1844/manuscripten/3.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Assume <emph>man</emph> [human] to be <emph>man</emph> [human] and his relationship to the world to be a human one:
                    then you can exchange love only for love, trust for trust, etc.
                    If you want to enjoy art, you must be an artistically cultivated person;
                    if you want to exercise influence over other people,
                    you must be a person with a stimulating and encouraging effect on other people.
                    Every one of your relations to man [human] — and to nature — must be a <emph>specific expression</emph>,
                    corresponding to the object of your will, of your <emph>real individual</emph> life.
                    If you love without evoking love in return — that is, if your loving as loving does not produce reciprocal love;
                    if through a <emph>living expression</emph> of yourself as a loving person you do not make yourself a <emph>beloved one</emph>,
                    then your love is impotent — a misfortune.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 3:326.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            De nouveau, on bute sur la pauvreté du français et de l’anglais
            où homme et <foreign xml:lang="en">man</foreign> peuvent désigner un être humain en général
            ou seulement le mâle de l’espèce.
            En anglais, on a parfois contourné la difficulté avec <foreign xml:lang="en">person</foreign>.
            J’adopte cela pour corriger (ici sans marquer ma correction) le français des Éditions sociales.
          </p>

          <p xml:id="manuscrits44-3dialHegel-indx"><label rend="invisible">Manuscrits de 1844,
Troisième, [Critique de la dialectique de Hegel], Ed. Soc. 1962:147</label>
            <index><term>nature, rien pour l’homme, selon Hegel</term></index>
            <index><term>dialectique de Hegel, nature</term></index>
            <index><term>Hegel, dialectique, nature</term></index>
          </p>
          <label xml:id="manuscrits44-3dialHegel" rend="fakehead h2">
            [Critique de la dialectique de Hegel et de sa philosophie en général]
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Aber auch die <emph>Natur</emph>, abstrakt genommen, für sich, in den
                    Trennung vom Menschen fixiert, ist für den Menschen <emph>nichts</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 35%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="Manuscritsde44p147" n="147"/>Mais même la <emph>nature</emph>,
                    prise abstraitement, isolée, fixée dans la séparation de l’homme, n’est
                    <emph>rien</emph> pour lui.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1962:147</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    But <emph>nature</emph> too, taken abstractly, for itself — nature fixed
                    in isolation from man — is <emph>nothing</emph> for man.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
          </list>
        </div>
      </div>
        <!-- début de fichier inclus qujuive.xml --><div xml:id="qujuive" type="level2_document">
        <head>
          Sur la question juive
          <seg rend="invisible">(Marx, 1844)</seg>
        </head>

        <bibl>
          Karl Marx [1943], « Zur Judenfrage »,
          <title>Deutsch-Französischen Jahrbücher</title>, 1844, p. 182-214.
          (En ligne dans <ref target="https://de.wikisource.org/wiki/Deutsch-Franz%C3%B6sische_Jahrb%C3%BCcher">Wikisource</ref>.)
        </bibl>
        <bibl>
          « La question juive »,
          <title>Œuvres philosophiques</title> (traduction J. Molitor),
          Alfred Costes, Paris.
          <lb/>
          <title>La question juive</title>
          (nouvelle traduction par Jean-Michel Palmier
          — à en juger par la communauté de fautes et d’omissions, il a surtout copié celle de Molitor
          et c’est à se demander s’il a eu le texte allemand en mains),
          10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 412, 1969.
          (En ligne sur <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430001c.htm">Marxists.org</ref>.)
          <lb/>
          <title>La question juive</title>
          (édition bilingue, traduction de Marianna Simon),
          Aubier Montaigne, 1971.
          <lb/>
          <title>Sur la question juive</title>
          (traduction de Jean-François Poirier), La Fabrique, Paris, 2006.
        </bibl>

        <div xml:id="qujuiveI" type="level3_section">
          <head>
            I. Bruno Bauer : <title>La question juive</title>, Braunschweig, 1843.
          </head>
          <bibl><title>Deutsch-Französischen Jahrbücher</title>, 1844,
          p. 201-207. Parti de la traduction de pauvre qualité donnée sur <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430001c.htm">Marxists.org</ref>,
          j’ai corrigé en m'inspirant de la traduction de Marianna Simon
          (voir <ref target="#qujuive">les indications sur les éditions</ref>),
          avec une ou deux améliorations de mon cru.
          Cette traduction m’a paru la plus fidèle
          et il est particulièrement facile de pouvoir suivre l’allemand dans une édition juxtaposée.
          Je me suis basé sur l’<ref target="http://de.wikisource.org/wiki/Deutsch-Franz%C3%B6sische_Jahrb%C3%BCcher">image Wikisource des <title>Deutsch-Französischen Jahrbücher</title></ref>
          pour élaguer l’hémorragie de mots soulignés en italiques dans les éditions françaises.
          Il a dû circuler une version allemande d’un annotateur fou.
          (C’est le cas aussi sur <ref target="http://www.mlwerke.de/">www.mlwerke.de</ref>.)
          Marx ne met à proprement parler d’emphase sur pratiquement aucun mot.
          La plupart des italiques désignent des mots en français dans le texte, ce que je marque par [fr].
          Je ne marque cependant pas les citations de textes à l’évidence français
          (toutes données par Marx en français).</bibl>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea"><!-- DFJ201 -->Avant tout nous constatons le fait que
              les droits dits de l’homme, les <foreign xml:lang="fr">droits de
              l’homme</foreign> [fr] par opposition aux <foreign xml:lang="fr">droits
              du citoyen</foreign> [fr], ne sont rien d’autre que les droits du membre
              de la société bourgeoise, c’est-à-dire de l’homme égoïste, de l’homme
              séparé de l’homme et de la communauté. La constitution la plus radicale,
              celle de 1793, peut énoncer :</p>
              <cit>
                <bibl>Déclar. des droits de l’homme et du citoyen.</bibl>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Art. 2. Ces droits etc. (les droits naturels et
                  imprescriptibles) sont : l’<emph>égalité</emph>, la
                  <emph>liberté</emph>, la <emph>sûreté</emph>, la
                  <emph>propriété</emph>.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">En quoi consiste la liberté ?</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Art. 6. La liberté est le pouvoir qui appartient à
                  l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux droits d’autrui.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">ou encore, d’après la Déclaration des droits de l’homme
              de 1791 :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne
                  nuit pas à autrui.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">La liberté est donc le droit de faire et d’entreprendre
              tout ce qui ne
              nuit pas à aucun autre. La frontière à l’intérieur de laquelle chacun
              peut se mouvoir sans être nuisible à autrui est définie par
              la loi, de même que la limite de deux champs est déterminée par le
              palis. Il s’agit de la liberté de l’homme en tant que monade isolée,
              repliée sur elle-même.</p>
              <p rend="alinea">[…]</p>
              <p rend="alinea">Mais le droit humain à la liberté n’est pas fondé sur
              la relation de l’homme à l’homme, mais au contraire sur la séparation de
              l’homme d’avec l’homme. Il est le droit à cette séparation,
              le droit de l’individu limité, limité à lui-même.</p>
              <p rend="alinea">L’application pratique du droit à la liberté est le
              droit humain à la propriété privée.</p>
              <p rend="alinea">En quoi consiste le droit de l’homme à la propriété
              privée ?</p>
              <cit>
                <bibl>Const. de 1793.</bibl>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><!-- DFJ202 -->Article 16. Le droit de
                  <emph>propriété</emph> est celui qui appartient à tout citoyen de
                  jouir et de disposer à <emph>son gré</emph> de ses biens, de ses
                  revenus, du fruit de son travail et de son industrie.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Le droit de l’homme à la propriété privée est donc le
              droit de jouir et de disposer de sa fortune arbitrairement (« à son gré »),
              sans égard à d’autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme.
              Cette liberté individuelle-là, de même que son application, constituent
              le fondement de la société bourgeoise. À chaque homme elle fait trouver
              en l’autre homme, non la réalisation, mais au contraire la limite de sa
              liberté. Mais elle proclame avant tout le droit</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">de jouir et de disposer <emph>à son gré</emph> de
                  ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son
                  industrie.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il reste encore les autres droits de l’homme, l’égalité
              et la sûreté.</p>
              <p rend="alinea">L’égalité, prise ici dans sa signification apolitique,
              n’est que l’égalité de la <foreign xml:lang="fr">liberté</foreign> [fr]
              décrite plus haut, savoir que chaque homme est considéré de façon
              équivalente comme une telle monade reposant sur elle-même. La Const.
              de 1795 définit le concept de cette égalité, conformément à son
              importance, de la manière suivante :</p>
              <cit>
                <bibl>Const. de 1795.</bibl>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Art. 3. L’égalité consiste en ce que la loi est la
                  même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Et la sûreté ?</p>
              <cit>
                <bibl>Constitution de 1793</bibl>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Art. 8. La sûreté consiste dans la protection
                  accordée par la société à chacun de ses membres pour la conservation
                  de sa personne, de ses droits et de ses propriétés.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">La sûreté est le concept social suprême de la société
              bourgeoise, le concept de la police, selon lequel toute la société n’est
              là que pour garantir à chacun de ses membres la conservation de sa
              personne, de ses droits et de ses propriétés. En ce sens, Hegel appelle
              la société bourgeoise « l’État de la nécessité et de l’entendement ».
              </p>
              <p rend="alinea">Par le concept de sûreté la société bourgeoise ne
              s’élève pas au-dessus de son égoïsme. La sûreté est au contraire la
              garantie de son égoïsme.</p>
              <p rend="alinea">Aucun des droits dits de l’homme ne dépasse donc
              l’homme égoïste, l’homme tel qu’il est comme membre de la société
              bourgeoise, c’est-à-dire un individu replié sur lui-même, sur son
              intérêt privé et son bon plaisir privé, et séparé de la communauté. Loin
              qu’en eux l’homme <!-- DFJ203 -->soit conçu comme un être générique, la
              vie générique, la société apparaît au contraire comme un cadre extérieur
              aux individus, comme une limitation de leur autonomie primitive. Le seul
              lien qui les unit, c’est la nécessité naturelle, le besoin et l’intérêt
              privé, la conservation de leur propriété et de leur personne égoïste.
              </p>
              <p rend="alinea">Il est déjà énigmatique qu’un peuple, qui commence tout
              juste à se libérer, à abattre les barrières entre les différents membres
              du peuple, à fonder une communauté politique, qu’un tel peuple proclame
              solennellement la légitimité de l’homme égoïste, de l’homme séparé de
              son semblable et de la communauté (décl. de 1791), mieux : qu’il réitère
              cette proclamation au moment où seul le dévouement le plus héroïque peut
              seul sauver la nation et s’impose donc impérativement, en un moment où
              le sacrifice de tous les intérêts de la société bourgeoise doit être mis
              à l’ordre du jour et l’égoïsme puni comme un crime. (Décl. des droits de
              l’homme etc. de 1793). Ce fait devient encore plus énigmatique quand
              nous voyons que la citoyenneté, la communauté politique sont ravalées
              par les émancipateurs politiques au rang de simple moyen pour la
              conservation de ces prétendus droits de l’homme, que donc le citoyen est
              déclaré serviteur de l’homme égoïste, que la sphère où l’homme se
              comporte en d’être collectif est dégradée et placée plus bas que la
              sphère où il se conduit en être partiel, qu’enfin ce n’est pas l’homme
              comme citoyen, mais l’homme comme bourgeois, qui est pris pour l’homme
              authentique et vrai.</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Le <emph>but</emph> de toute <emph>association
                  politique</emph> est la <emph>conservation</emph> des droits
                  natu­rels et imprescriptible de l’homme.</p>
                </quote>
                <bibl>Décl. des droits etc. de 1791 art. 2.</bibl>
              </cit>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Le <emph>gouvernement</emph> est institué pour
                  garantir à l’homme la jouissance de ses droits naturels et
                  imprescriptibles.</p>
                </quote>
                <bibl>Décl. etc. de 1793 art. 1.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">Ainsi, même dans les moments de son enthousiasme encore
              juvénile et poussé à l’extrême par la pression des circonstances, la vie
              politique se déclare un simple moyen, dont la fin est la vie de la
              société bourgeoise. Certes sa pratique révolutionnaire se trouve en
              contradiction flagrante avec sa théorie. Tandis que par exemple la
              sûreté est déclarée droit de l’homme, la violation du secret de la
              correspondance est mise ouvertement à l’ordre du jour. Tandis que la
              « liberté <emph>indéfinie</emph> <!-- DFJ204 -->de la presse » [fr]
              (Const. de 1793 art. 122) est garantie comme la conséquence du droit de
              l’homme, de la liberté individuelle, la liberté de presse est
              complètement anéantie, car « la liberté de la presse ne doit pas être
              permise lorsqu’elle compromet la liberté publique » (Robespierre jeune,
              <title>Hist. parlem. de la Rév. franç.</title> par Buchez et Roux,
              t. 28, p. 135.), ce qui veut dire : le droit de l’homme à la liberté
              cesse d’être un droit dès qu’il entre en conflit avec la vie politique
              — alors que, d’après la théorie, la vie politique n’est que la garantie
              des droits de l’homme, des droits de l’homme individuel —, qu’elle doit
               être abandonnée dès qu’elle contredit à sa fin, à ces droits de
               l’homme. Mais la pratique n’est que l’exception, et la théorie est la
              règle. Cependant, si l’on veut considérer même la pratique
              révolutionnaire comme la position exacte du rapport, il reste encore
              toujours à résoudre cette énigme : pourquoi, le rapport est-il mis sens
              dessus dessous dans la conscience des émancipateurs politiques, et
              pourquoi la fin se présente-t-elle comme moyen, le moyen comme fin ?
              Cette illusion d’optique de leur conscience resterait toujours la même
              énigme, bien que ce soit une énigme psychologique, théorique.</p>
              <p rend="alinea">La solution de ce problème est simple.</p>
              <p rend="alinea">L’émancipation politique est en même temps la
              dissolution de la société ancienne, sur laquelle repose l’essence de
              l’État devenu étranger au peuple, le pouvoir de domination. La
              révolution politique est la révolution de la société bourgeoise. Quel
              était le caractère de la société ancienne ? Un mot le caractérise. La
              féodalité. L’ancienne société civile avait d’emblée un caractère
              politique, c’est-à-dire que les éléments de la vie civile comme par
              exemple la propriété ou la famille ou la façon de travailler, étaient
              élevés au rang d’élément de la vie de l’État, sous la forme de la
              seigneurie, de la classe et de la corporation. Ils déterminaient sous
              cette forme la relation de l’individu particulier au tout de l’État,
              c’est-à-dire sa relation politique, c’est-à-dire sa relation de
              séparation et d’exclusion à l’égard des autres parties constitutives de
              la société. Car cette organisation-là de la vie du peuple n’a pas donné
              à la propriété ou au travail la dignité d’éléments sociaux, mais a au
              contraire fini de les séparer du tout de l’État et les a constitués en
              sociétés particulières au sein de la société. Ainsi les fonctions
              vitales et les conditions de vie de la société civile étaient néanmoins
              encore toujours politiques, même dans le cas où politique est pris au
              sens de féodalité ; <!-- DFJ205 -->c’est-à-dire qu’elles coupaient
              l’individu de l’ensemble de l’État, elles transformaient la relation
              particulière de sa corporation au tout de l’État en sa relation propre
              et générale avec la vie du peuple, de même que son activité et sa
              situation dans la société civile en son activité et sa situation
              générales. Comme conséquence de cette organisation, l’unité de l’État,
              de même que la conscience, la volonté et l’activité de cette unité, le
              pouvoir général de l’État, apparaissent également comme l’affaire
              particulière d’un maître séparé de son peuple, et de ses serviteurs.</p>
              <p rend="alinea">La révolution politique, qui renversa cette autorité
              souveraine, et érigea les affaires de l’État en affaires du peuple, qui
              constitua l’État politique en chose d’intérêt général, c’est-à-dire en
              État véritable, mit nécessairement en pièces toutes les classes, les
              corporations, tous les corps de métier, tous les privilèges, qui étaient
              autant d’expressions de la séparation du peuple d’avec sa communauté. Ce
              faisant, la révolution politique abolit le caractère politique de la
              société civile. Elle fit éclater la société civile en ses éléments
              simples, d’une part les individus, d’autre part les éléments matériels
              et spirituels qui forment le contenu de la vie, la situation dans la
              société civile de ces individus. Elle dégagea de ses liens l’esprit
              politique, qui était en quelque sorte démembré, dépecé, dilué dans les
              diverses impasses de la société féodale. Elle mit fin à cette dispersion
              en le rassemblant, le libéra de son alliage avec la vie civile et le
              constitua en sphère de la communauté, de ce qui concerne le peuple en
              général, dans une indépendance idéale à l’égard de ces éléments
              particuliers de la vie civile. L’activité déterminée et la situation
              déterminée dans l’existence tombèrent au niveau d’une signification
              simplement individuelle. Elles ne formèrent plus la relation générale de
              l’individu avec le tout de l’État. La cause publique comme telle devint
              au contraire la cause générale de chaque individu, et la fonction
              politique sa fonction générale.</p>
              <p rend="alinea">Pourtant la perfection de l’idéalisme de l’État était
              en même temps la perfection du matérialisme de la société bourgeoise.
              Secouer le joug politique, c’était en même temps secouer les liens qui
              tenaient enchaîné l’esprit égoïste de la société bourgeoise.
              L’émancipation politique était en même temps l’émancipation de la
              société bourgeoise à l’égard de la politique, de l’apparence même d’un
              contenu général.</p>
              <p rend="alinea"><!-- DFJ206 -->La société féodale était réduite à son
              fondement, l’homme. Mais l’homme qui était vraiment son fondement,
              l’homme égoïste.</p>
              <p rend="alinea">Cet homme, le membre de la société bourgeoise, est
              maintenant la base, la condition de l’État politique. Il est reconnu par
              lui comme une telle base dans les droits de l’homme.</p>
              <p rend="alinea">Mais la liberté de l’homme égoïste et la reconnaissance
              de cette liberté est au contraire la reconnaissance de la liberté sans
              frein des éléments spirituels et matériels, qui forment le contenu de
              son existence.</p>
              <p rend="alinea">C’est pourquoi l’homme n’a pas été délivré de la
              religion, il a obtenu la liberté de religion. Il n’a pas été libéré de
              la propriété. Il a obtenu la liberté de posséder. Il n’a pas été libéré
              de l’égoïsme du métier, il a obtenu la liberté d’exercer un métier.</p>
              <p rend="alinea">La constitution de l’État politique et la dissolution
              de la société civile en individus indépendants — dont les rapports sont
              le droit, comme le rapport entre les hommes des classes et des
              corporations était le privilège — s’accomplissent en un seul et même
              acte. L’homme tel qu’il est comme membre de la société bourgeoise,
              l’homme apolitique, apparaît cependant nécessairement comme l’homme
              naturel. Les <foreign xml:lang="fr">droits de l’homme</foreign> [fr]
              apparaissent comme des <foreign xml:lang="fr">droits
              naturels</foreign> [fr], car l’activité consciente d’elle-même se
              concentre sur l’acte politique. L’homme égoïste est le résultat passif,
              simplement donné de la société dissoute, objet de la certitude immédiate,
              donc objet naturel. La révolution politique décompose la vie civile en
              ses éléments, sans révolutionner ces éléments eux-mêmes et les soumettre
              à la critique. Elle se rapporte à la société bourgeoise, au monde des
              besoins, du travail, des intérêts privés, du droit privé, comme au
              fondement de son existence, comme à une condition qui n’est pas
              davantage fondée, donc comme à sa base naturelle. Enfin l’homme en tant
              que membre de la société bourgeoise passe pour l’homme authentique, pour
              l’<foreign xml:lang="fr">homme</foreign> [fr] par opposition au
              <foreign xml:lang="fr">citoyen</foreign> [fr], parce qu’il est l’homme
              dans son existence immédiate, sensible et individuelle, alors que
              l’homme politique n’est que l’homme abstrait, artificiel, l’homme comme
              personne allégorique, morale. L’homme réel n’est reconnu que sous la
              forme de l’individu égoïste, l’homme vrai seulement sous la forme du
              <foreign xml:lang="fr">citoyen</foreign> [fr] abstrait.</p>
              <p rend="alinea"><!-- DFJ207 -->Rousseau décrit très justement ainsi
              l’abstraction de l’homme politique :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Celui qui ose entreprendre d’instituer un peuple
                  doit se sentir en état de <emph>changer</emph>, pour ainsi dire, la
                  <emph>nature humaine</emph>, de <emph>transformer</emph> chaque
                  individu, qui par lui-même est un tout parfait et solidaire, en
                  <emph>partie</emph> d’un plus grand tout dont cet individu reçoive
                  en quelque sorte sa vie et son être, de substituer une
                  <emph>existence partielle</emph> et <emph>morale</emph> à
                  l’existence physique et indépendante. Il faut qu’il ôte à
                  <emph>l’homme ses forces propres</emph> pour lui en donner qui lui
                  soient étrangères et dont il ne puisse faire usage sans le secours
                  d’autrui.</p>
                </quote>
                <bibl><title>Contr. soc.</title>, liv. II, Londres 1757, p. 67.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">Toute émancipation consiste à ramener le monde humain,
              les conditions de vie, à l’homme lui-même.</p>
              <p rend="alinea">L’émancipation politique est la réduction de l’homme
              d’une part au membre de la société bourgeoise, à l’individu égoïste et
              indépendant, d’autre part au citoyen, à la personne morale.</p>
              <p rend="alinea">C’est seulement une fois que l’homme réel et individuel
              a ramené dans son être le citoyen abstrait et que, comme homme
              individuel dans son existence empirique, dans son travail individuel,
              dans sa situation individuelle, il est devenu un être générique — c’est
              seulement quand l’homme a reconnu et organisé ses « <foreign xml:lang="fr">forces propres</foreign> » [fr] comme forces sociales, et par suite
              ne sépare plus de soi la force sociale sous la forme de la force
              politique — c’est alors seulement que l’émancipation humaine est
              consommée.</p>
            </quote>
          </cit>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus qujuive.xml -->
        <!-- début de fichier inclus EnEsqcritecopol.xml --><div xml:id="EnEsqcritecopol" type="level2_document">
        <head>
          Esquisse d’une critique de l’économie politique <seg rend="invisible">(Engels, 1844)</seg>
        </head>
        <bibl rend="publie">
          Friedrich Engels, <title>Esquisse d’une critique de l’économie politique</title>.
          « Umrisse zu einer Kritik der Nationalökonomie »,
          <title>Deutsch-Französischen Jahrbücher</title>, 1844, p. 86-114
          (<ref target="http://de.wikisource.org/wiki/Deutsch-Franz%C3%B6sische_Jahrb%C3%BCcher">de.wikisource.org/wiki/Deutsch-Franz%C3%B6sische_Jahrb%C3%BCcher</ref>).
          Rédigé fin 43, début 44. (Engels avait 23 ans.)
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          Friedrich Engels, <title>Esquisse d’une critique de l’économie politique</title>,
          Aubier, 1974 (et réimpressions). ISBN : <idno type="ISBN">2-7007-1873-9</idno>.
          (Traduit par Henri Alexis Baatsch, préface Henri Chambre.)
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          « Esquisse d’une critique de l’économie politique », dans Marx,
          <title>
            Critique de l’économie politique<note xml:id="EnEsqcritecopol-not1" n="1" place="bottom">
              Sous ce titre, on a d’Engels l’article de 1844 et de Marx, les manuscrits de 1844.
              Rien à voir avec la <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title> de 1859.
            </note>
          </title>,
          10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 667, Union générale d’éditions, Paris, 1972, p. 29‑64.
          (Traduction et présentation par Kostas Papaioannou.)
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          Friedrich Engels, <title>Esquisse d’une critique de l’économie politique</title>,
          Editions Allia, 1998. ISBN : <idno type="ISBN">2-911188-88-8</idno>.
          (Traduction et présentation par Kostas Papaioannou.)
        </bibl>
        <p rend="alinea">
          Engels a écrit cet article d’une trentaine de pages à 23 ans. Il avait pris connaissance des
          idées essentielles de Smith, Ricardo, Malthus. Ce travail remarquable a une grande importance
          historique en ce que sa lecture a certainement fait prendre conscience à Marx de l’intérêt
          d’étudier de plus près l’économie.
        </p>
        <cit>
          <floatingText>
            <body>
              <quote>
                <p rend="tm1"><pb xml:id="Critiqecopol1018p42un3" n="42⅓"/>
                  Les facteurs de la production et la science
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>Justus von Liebig, chimie agricole</term></index>
                  <index><term>Liebig, chimie agricole</term></index>
                  <index><term>chimie agricole, Liebig</term></index>
                  <index><term>agriculture, chimie, Liebig</term></index>
                  Suivant les économistes, le coût de production d’une marchandise se compose de trois
                  éléments : la rente foncière, tirée du sol, nécessaire a la production de la matière
                  première ; puis le capital, le bénéfice y compris, enfin le salaire du travail
                  indispensable à la production et à la finition. Mais on voit immédiatement que capital
                  et travail sont identiques : les économistes avouent eux-mêmes que le capital est du
                  « travail accumulé ». Il ne nous reste donc plus que deux éléments : l’élément naturel
                  et objectif, le sol, et l’élément humain et subjectif, le travail, qui comprend
                  d’abord le capital, et, outre ce dernier, un troisième élément auquel ne pense pas
                  l’économiste, j’entends l’élément intellectuel, l’invention, la pensée qui est
                  distincte du travail simple. Mais en quoi l’esprit d’invention importe-t-il à
                  l’économiste ? Toutes les découvertes n’ont-elles pas pris leur essor sans son aide ?
                  L’une d’elles. lui a-t~elle coûté la moindre peine ? Pourquoi s’en inquiéter dans son
                  calcul du coût de production ? Pour lui, la terre, le capital, le travail sont les
                  conditions de la richesse. Cela lui suffit. La science ne l’intéresse pas. Grâce à
                  Berthollet, à Davy, à Liebig, à Watt, à Cartwright, etc., elle l’a comblé de présents
                  qui augmentent la production à l’infini. En quoi cela le touche-t-il ? Il est
                  incapable d’en parler. Les progrès de la science dépassent ses chiffres. Mais
                  qu’existe un état social conforme a la raison, exempt de cette séparation des intérêts
                  qu’on rencontre chez les économistes, l’élément <pb n="43"/>intellectuel entrera dans
                  les éléments de la production. 11 trouvera sa place dans l’économie au nombre des
                  coûts de production. C’est une satisfaction que de savoir que le progrès de la science
                  entraîne aussi sa récompense matérielle et qu’un seul des fruits de la science, la
                  machine à vapeur de James Watt, dans les cinquante premières années de son existence,
                  a rapporté davantage à l’univers que celui-ci n’a, dés l’origine, dépensé en faveur
                  du progrès scientifique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Deux éléments de production sont donc en présence : la nature et l’homme, et, dans ce
                  dernier, nous distinguons encore l’activité intellectuelle et l’activité physique.
                  Nous pouvons maintenant revenir à notre économiste et a son coût de production.
                </p>
              </quote>
            </body>
          </floatingText>
        </cit>
        <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>crise de surproduction</term></index>❦ crise de surproduction
                <index><term>surproduction, crise de —</term></index>
                <index><term>surpopulation</term></index>❦ surpopulation
                <index><term>Malthus</term></index>❦ Malthus
                <index><term>contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>❦ contradiction entre forces productives et rapports de production
                <index><term>rapports sociaux de production, contradiction avec les forces productives</term></index>
                <index><term>forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
                <index><term>développement des forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
              </p>
        <cit>
          <floatingText>
            <body>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="Critiqecopol1018p51un2" n="51½"/>La lutte du capital
                    contre le capital, du travail contre le travail, du sol contre le sol,
                    rend la production fiévreuse. Tous les rapports de la nature et de la
                    raison s’en trouvent inversés. Aucun capital ne peut soutenir la
                    concurrence d’un autre, si son activité n’est pas portée au plus haut
                    point. Aucun bien foncier ne peut être cultivé avec profit si sa
                    productivité ne s’accroît pas constamment. Aucun travailleur ne peut
                    l’emporter sur ses concurrents, s’il ne consacre pas toutes ses forces au
                    travail. En général, on ne peut se maintenir dans la lutte de la
                    concurrence  qu’au prix du maximum de l’effort, par le sacrifice de tous
                    les buts vraiment humains. Cette tension excessive va nécessairement de
                    pair avec l’atrophie des autres facultés. Quand les oscillations de la
                    concurrence sont faibles, quand l’offre et la demande, la production et la
                    consommation se balancent, ou presque, l’évolution de la production
                    traverse nécessairement un stade particulier : la surabondance des forces
                    productives est si grande que la majorité de la nation ne peut vivre. Le
                    superflu fait mourir le peuple de <pb xml:id="Critiqecopol1018p52" n="52"/>faim. Depuis longtemps déjà, l’Angleterre
                    se trouve dans cette situation insensée, absurde. Mais, la conséquence
                    fatale d’une telle situation est une oscillation plus forte de
                    la production : alors nous voyons se succéder prospérité et crise,
                    surproduction et marasme. Jamais l’économiste n’a pu s’expliquer cette
                    situation absurde. Il a inventé, il est vrai, la théorie de la population :
                    elle est tout aussi folle, davantage même, que cette contradiction de la
                    richesse et de la pauvreté. L’économiste <emph>n’avait pas le droit</emph>
                    de voir la vérité, il n’avait pas le droit de voir que cette contradiction
                    est une simple conséquence de la concurrence, car s’il la voyait, tout son
                    système tomberait en ruines.
                  </p>
                <p rend="alinea">
                    Pour nous, l’explication est facile. La force de
                    production dont dispose l’humanité est immense. On peut pousser à
                    l’infini la capacité de rendement du sol en y appliquant le capital, le
                    travail et la science. D’après les calculs des économistes et des
                    statisticiens les plus éminents (cf. Alison : <title>Principle of
                    population</title>, t. I., chap. 1 et 2), la Grande-Bretagne  «surpeuplée »
                    peut, en dix ans, être mise en état de produire suffisamment de blé pour
                    le sextuple de sa population actuelle. Le capital s’accroît journellement ;
                    la force de travail augmente avec la population et la science met chaque
                    jour davantage les forces de la nature au service de l’homme. Utilisée
                    rationnellement et au profit de tous, cette incommensurable capacité de
                    production ne tarderait pas à réduire à un minimum le travail imparti à
                    l’humanité. Livrée à la concurrence, elle aboutit au même résultat, mais
                    d’une façon contradictoire. Une partie du sol est cultivée le mieux du
                    monde, une autre — 30 millions d’acres de bonnes terres en Irlande et en
                    Grande-Bretagne — reste en friches. Une partie du capital circule avec une
                    extraordinaire rapidité, l’autre dort dans les caisses. Une partie des
                    ouvriers travaille quatorze et seize heures par jour, l’autre reste oisive,
                    inactive et meurt de faim. Ou bien encore il n’y a plus simultanéité.
                    Aujourd’hui, le commerce est prospère, la demande est très importante,
                    tout est en activité, le capital circule avec une rapidité merveilleuse,
                    l’agriculture est florissante, l’ouvrier travaille à en tomber malade —
                    demain, c’est le marasme, l’agriculture ne vous paie pas de vos peines,
                    des espaces entiers restent en friches, le capital s’immobilise, les
                    <pb xml:id="Critiqecopol1018p53" n="53"/>ouvriers n’ont pas d’emploi et
                    tout le pays souffre de sa richesse excessive et de sa population surabondante.
                  </p>
                <p rend="alinea">
                    L’économiste s’interdit de reconnaître l’exactitude de
                    cette exposition. S’il le faisait, il lui faudrait, comme nous l’avons dit,
                    abandonner tout son système fondé sur la concurrence. Il lui faudrait
                    admettre la nullité de ses oppositions, production et consommation,
                    population surabondante et richesse excessive. Comme ces faits ne sont pas
                    niables, on inventa la théorie de la population pour les mettre d’accord
                    avec la doctrine.
                  </p>
              </quote>
            </body>
          </floatingText>
        </cit>
        <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>amélioration du sol, suite au progrès de la science et de l’industrie</term></index>❦ amélioration du sol, suite au progrès de la science et de l’industrie
                <index><term>sol, amélioration suite au progrès de la science et de l’industrie</term></index>
                <!-- <index>
                  <term>improvement of the soil, as a result of the progress of science and industry</term>
                </index>
                <index>
                  <term>soil, improvement as a result of the progress of science and industry</term>
                </index> -->
              </p>
        <p rend="alinea">
                À la thèse de Malthus que la population s’accroit plus vite que la production de
                nourriture répond qu’il faut considérer aussi le progrès de la science en matière
                agricole.
              </p>
              <cit>
                <floatingText>
                  <body>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <index><term>Justus von Liebig, chimie agricole</term></index>
                        <index><term>Liebig, chimie agricole</term></index>
                        <index><term>chimie agricole, Liebig</term></index>
                        <index><term>agriculture, chimie, Liebig</term></index>
                        <pb xml:id="Critiqecopol1018p57un5" n="57⅕"/>Ses progrès [de la science] sont aussi
                        infinis et, du moins, aussi rapides que ceux de la population. Quels avantages
                        l’agriculture de ce siècle ne doit-elle pas à la chimie, uniquement à deux hommes,
                        à sir Humphrey Davy et à Justus Liebig. La science progresse au moins autant que la
                        population.
                      </p>
                    </quote>
                  </body>
                </floatingText>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Marx abordant <ref target="#Marxlettre1851-01-07Engels">dans une lettre</ref> la question
                de l’amélioration scientifique du sol, Engels <ref target="#Engelslettre1851-01-29Marx">dans sa réponse</ref> lui rappelle le passage ci-dessus.
              </p>
      </div><!-- fin de fichier inclus EnEsqcritecopol.xml -->
        <!-- début de fichier inclus SitClassLabAngl.xml --><div xml:id="SitClassLabAngl" type="div1">
        <head>
          La situation de la classe laborieuse en Angleterre
          <seg rend="invisible">(Engels, 1845)</seg>
        </head>
        <bibl>
          Écrit en 1844-1845. (Engels a eu 24 ans le 28 novembre 1844.)
        </bibl>
        <bibl>
          <title>Die Lage der arbeitenden Klasse in England :
          Nach eigner Anschauung und authentischen Quellen</title>,
          Marx-Engels-Werke, Band 2, S. 225-506, Dietz Verlag, Berlin/DDR 1972,
          en ligne : <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me02/me02_225.htm">www.mlwerke.de/me/me02/me02_225.htm</ref>.
        </bibl>
        <bibl>
          <title>La situation de la classe laborieuse en Angleterre :
          d’après les observations de l’auteur et des sources authentiques</title>,
          traduction et notes par Gilbert Badia et Jean Frédéric,
          avant-propos de E. J. Hosbawn, Éditions sociales, 1973,
          <ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315.htm">www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315.htm</ref>.
        </bibl>
        <bibl>
          <title>De toestand van de arbeidersklasse in Engeland :
          Naar eigen aanschouwingen en authentieke bronnen</title>,
          Uitgeverij Progres, Moskou, 1976, <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/toestand/index.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/toestand/index.htm</ref>.
        </bibl>
        <bibl>
          <title>The Condition of the Working Class in England</title>,
          Panther Edition, 1969, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1845/condition-working-class/index.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1845/condition-working-class/index.htm</ref>.
          MECW, vol. 4, p. 295-596.
        </bibl>

        <div xml:id="SitCla-Intro">
          <head>Introduction</head>
          <p xml:id="SitCla-Intro-ndx"><label rend="invisible">La situation de la classe laborieuse en Angleterre, Introduction</label>
            <index><term>machine à vapeur, révolution industrielle</term></index>
            <index><term>Dampfmaschine, industriellen Revolution</term></index>
            <index><term>stoommachine,  industriële revolutie</term></index>
            <index><term>steam-engine,  industrial revolution</term></index>
            <index><term>révolution industrielle</term></index>
            <index><term>industriellen Revolution</term></index>
            <index><term>industriële revolutie</term></index>
            <index><term>industrial revolution</term></index>
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die Geschichte der arbeitenden Klasse in England beginnt mit der letzten Hälfte des vorigen Jahrhunderts,
                    mit der Erfindung der Dampfmaschine und der Maschinen zur Verarbeitung der Baumwolle.
                    Diese Erfindungen gaben bekanntlich den Anstoß zu einer industriellen Revolution,
                    einer Revolution, die zugleich die ganze bürgerliche Gesellschaft umwandelte
                    und deren weltgeschichtliche Bedeutung erst jetzt anfängt erkannt zu werden.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 2:237.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    L’histoire de la classe ouvrière en Angleterre commence dans la seconde moitié du siècle passé,
                    avec l’invention de la machine à vapeur et des machines destinées au travail du coton.
                    On sait que ces inventions déclenchèrent une révolution industrielle
                    qui, simultanément, transforma la société bourgeoise dans son ensemble
                    et dont on commence seulement maintenant à saisir l’importance dans l’histoire du monde.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De geschiedenis van de arbeidersklasse in Engeland begint met de laatste helft van de vorige eeuw,
                    met de uitvinding van de stoommachine en van de machines voor de bewerking van katoen.
                    Zoals bekend, gaven deze uitvindingen de stoot tot een industriële revolutie
                    die tegelijk de hele burgerlijke maatschappij veranderde
                    en waarvan de wereldhistorische betekenis eerst nu begint door te dringen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The history of the proletariat in England begins with the second half of the last century,
                    with the invention of the steam-engine and of machinery for working cotton.
                    These inventions gave rise, as is well known, to an industrial revolution,
                    a revolution which altered the whole civil society;
                    one, the historical importance of which is only now beginning to be recognised.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 4:307.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Engels, qui n’est pas l’inventeur de l’expression « révolution industrielle », est,
            écrivant en 1844 ce livre publié en 1845, parmi les premiers à l’utiliser en allemand.
            Il en donne dans cette Introduction un tableau saisissant.

          </p>
        </div>

        <div xml:id="SitCla-concurrence">
          <head>La concurrence</head>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Was bleibt diesen Leuten,
                    wenn sie keine Arbeit finden und sich nicht gegen die Gesellschaft
                    auflehnen wollen, anders übrig als zu betteln ? […]
                    Und wer von den Überflüssigen Mut und Leidenschaft genug hat,
                    sich der Gesellschaft offen zu widersetzen und auf den versteckten Krieg,
                    den die Bourgeoisie gegen ihn führt, mit dem offnen Krieg
                    gegen die Bourgeoisie zu antworten, der geht hin,
                    stiehlt und raubt und mordet.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Die Konkurrenz, p. 316-317.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24.5%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Que reste-t-il à ces gens,
                    quand ils ne trouvent pas de travail et ne veulent pas se révolter contre la société, sinon mendier ?
                    […] Et si l’un de ces « hommes en excédent » a assez de courage et de passion
                    pour entrer en conflit ouvert avec la société, pour répondre à la guerre camouflée que lui fait la bourgeoisie,
                    par une guerre <emph>ouverte</emph>, celui-là s’en va voler, piller et assassiner<note xml:id="SitCla-concurrence-not1" n="1" place="bottom">
                      Un traducteur qui pense politiquement correct (dans des textes choisis, en 10/18, en 1978)
                      n’a pas voulu admettre qu’un ouvrier puisse « voler, piller et assassiner »
                      (ou que Engels puisse en accuser des ouvriers) et a supposé que « voler, piller et assassiner »
                      était une allégation de la bourgeoisie pour criminaliser celui qui osait se révolter,
                      qu’il aurait fallu comprendre la fin de la phrase comme rendant au discours indirect ce que dit la bourgeoisie ;
                      dans sa version, il l’explicite : « celle-ci crie au vol, au pillage et à l’assassinat ».
                      Engels revient sur cette réaction désespérée au début du chapitre sur les mouvements ouvriers :
                      « La première forme, la plus brutale et la plus stérile, que revêtit cette révolte fut le crime. »
                      Il n’y a donc pas de raison de douter de son intention ci-dessus : il parle de « voler, piller et assassiner »
                      comme d’un fait, pas d’une accusation injuste. La traduction anglaise a même fait du révolté
                      aussi un incendiaire, mais ce peut être une amélioration introduite par Engels lui-même.
                    </note>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 27%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Wat rest deze mensen wanneer zij geen werk vinden
                    en wanneer zij niet tegen de maatschappij in opstand willen komen,
                    anders dan te gaan bedelen? […] En diegenen van de overtolligen
                    die moed en hartstocht genoeg hebben om zich openlijk te verzetten
                    tegen de maatschappij en om de verkapte oorlog die de bourgeoisie
                    tegen hen voert, te antwoorden met de openlijke oorlog tegen de bourgeoisie
                    — die gaan dan stelen, roven en moorden.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    When these people find no work
                    and will not rebel against society, what remains for them but to beg ? […]
                    And he among the “surplus” who has courage and passion enough openly to resist society,
                    to reply with declared war upon the bourgeoisie to the disguised war
                    which the bourgeoisie wages upon him, goes forth to rob, plunder, murder,
                    and burn !
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea"/>
        </div>

        <div xml:id="SitCla-diffBranches">
          <head>Les différentes branches d’industrie</head>
          <p xml:id="SitCla-diffBranches-ndx"><label rend="invisible">La situation de la classe laborieuse en Angleterre, Les différentes branches d’industrie</label>
            <index><term>femme, travail à l’usine</term></index>
            <index><term>homme au foyer</term></index>
            <index><term>travail ménager, hommes</term></index>
            <index><term>patriarcat, inhumain</term></index>
            <index><term>femme, domination de l’homme sur la —, inhumaine</term></index>
            <index><term>domination de l’homme sur la femme, inhumaine</term></index>
          </p>
          <list rend="horiz"><!--
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> -->
            <item style="width: 54%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Le résultat inévitable, c’est ce bouleversement de l’ordre social existant, qui,
                    précisément parce qu’il est imposé, a pour les ouvriers les conséquences les plus funestes.
                    Le travail des femmes surtout désagrège complètement la famille;
                    car quand la femme passe quotidiennement 12 ou 13 heures à l’usine
                    et que l’homme y travaille lui aussi là ou ailleurs, que deviennent les enfants ?
                    Ils poussent, livrés à eux-mêmes comme de la mauvaise herbe,
                    on les donne à garder au-dehors pour 1 ou 1 ½ shillings par semaine, et on imagine comment ils sont traités.
                    C’est pourquoi se multiplient d’une façon effrayante, dans les districts industriels,
                    les accidents dont les jeunes enfants sont victimes par manque de surveillance.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    […]
                    Les femmes reviennent souvent à l’usine 3 ou 4 jours après l’accouchement,
                    en laissant bien entendu leur nourrisson à la maison;
                    durant les heures de pause elles courent en hâte chez elles pour allaiter l’enfant et manger elles-même un peu;
                    mais dans quelles conditions a lieu cet allaitement, on peut facilement l’imaginer!
                  </p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    Dans bien des cas, la famille n’est pas tout à fait désagrégée par le travail de la femme
                    mais tout y est mis sens dessus dessous.
                    C’est la femme qui nourrit sa famille et l’homme qui reste à la maison, garde les enfants, balaye les pièces et fait la cuisine.
                    Ce cas est très, très fréquent;
                    à Manchester seulement, on pourrait dénombrer plusieurs centaines de ces hommes, condamnés aux travaux domestiques.
                    On peut aisément imaginer quelle légitime indignation cette castration de fait suscite chez les ouvriers,
                    et quel bouleversement de toute la vie de famille il en résulte, alors que les autres conditions sociales restent les mêmes.
                  </p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    Peut-on imaginer une situation plus absurde, plus insensée, que celle que décrit cette lettre ?
                    Et cependant, cette situation qui ôte à l’homme son caractère viril et à la femme sa féminité
                    sans être en mesure de donner à l’homme une réelle féminité et à la femme une réelle virilité,
                    cette situation qui dégrade de la façon la plus scandaleuse les deux sexes et ce qu’il y a d’humain en eux,
                    c’est la conséquence dernière de notre civilisation tant vantée,
                    l’ultime résultat de tous les efforts accomplis par des centaines de générations
                    pour améliorer leur vie et celle de leurs descendants !
                    Il nous faut ou bien désespérer tout à fait de l’humanité, de sa volonté et de sa marche en avant,
                    en voyant les résultats de notre peine et de notre travail tournés ainsi en dérision;
                    ou alors il nous faut admettre que la société humaine a fait fausse route jusqu’ici dans sa quête du bonheur;
                    il nous faut reconnaître qu’un bouleversement si complet de la situation sociale des deux sexes
                    ne peut que provenir du fait que leurs rapports ont été faussés dès le début.
                    Si la domination de la femme sur l’homme, que le système industriel a fatalement engendrée, est inhumaine,
                    la domination de l’homme sur la femme telle qu’elle existait auparavant est nécessairement inhumaine aussi.
                    Si la femme peut maintenant comme jadis l’homme, fonder sa domination
                    sur le fait qu’elle apporte le plus, et même tout, au fonds commun de la famille,
                    il s’ensuit nécessairement que cette communauté familiale n’est ni véritable, ni rationnelle
                    puisqu’un membre de la famille peut encore tirer vanité d’apporter la plus grande part à ce fonds.
                    Si la famille de la société actuelle se désagrège, cette désagrégation montre précisément
                    qu’au fond, ce n’est pas l’amour familial qui était le lien de la famille,
                    mais l’intérêt privé nécessairement conservé dans cette fausse communauté de biens.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item><!--
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> -->
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Hence follows of necessity that inversion of the existing social order which,
                    being forced upon them, has the most ruinous consequences for the workers.
                    The employment of women at once breaks up the family;
                    for when the wife spends twelve or thirteen hours every day in the mill,
                    and the husband works the same length of time there or elsewhere,
                    what becomes of the children? They grow up like wild weeds;
                    they are put out to nurse for a shilling or eighteenpence a week, and how they are treated may be imagined.
                    Hence the accidents to which little children fall victims multiply in the factory districts to a terrible extent.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    […]
                    Women often return to the mill three or four days after confinement, leaving the baby, of course;
                    in the dinner-hour they must hurry home to feed the child and eat something,
                    and what sort of suckling that can be is also evident.
                  </p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    In many cases the family is not wholly dissolved by the employment of the wife, but turned upside down.
                    The wife supports the family, the husband sits at home, tends the children, sweeps the room and cooks.
                    This case happens very frequently;
                    in Manchester alone, many hundred such men could be cited, condemned to domestic occupations.
                    It is easy to imagine the wrath aroused among the working-men by this reversal of all relations within the family,
                    while the other social conditions remain unchanged.
                  </p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    Can any one imagine a more insane state of things than that described in this letter?
                    And yet this condition, which unsexes the man and takes from the woman all womanliness
                    without being able to bestow upon the man true womanliness, or the woman true manliness
                    — this condition which degrades, in the most shameful way, both sexes, and, through them, Humanity,
                    is the last result of our much-praised civilisation,
                    the final achievement of all the efforts and struggles of hundreds of generations
                    to improve their own situation and that of their posterity.
                    We must either despair of mankind, and its aims and efforts, when we see all our labour and toil result in such a mockery,
                    or we must admit that human society has hitherto sought salvation in a false direction;
                    we must admit that so total a reversal of the position of the sexes can have come to pass
                    only because the sexes have been placed in a false position from the beginning.
                    If the reign of the wife over the husband, as inevitably brought about by the factory system, is inhuman,
                    the pristine rule of the husband over the wife must have been inhuman too.
                    If the wife can now base her supremacy upon the fact that she supplies the greater part, nay, the whole of the common possession,
                    the necessary inference is that this community of possession is no true and rational one,
                    since one member of the family boasts offensively of contributing the greater share.
                    If the family of our present society is being thus dissolved, this dissolution merely shows that,
                    at bottom, the binding tie of this family was not family affection,
                    but private interest lurking under the cloak of a pretended community of possessions.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 4:436… .</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Le dernier alinéa est particulièrement intéressant parce qu’Engels,
            qui semble d’abord déplorer la perte de statut de l’homme (mâle),
            dit en fait que tout ceci révèle combien la position de l’homme et de la femme n’a jamais été naturelle.
          </p>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus SitClassLabAngl.xml -->
        <!-- début de fichier inclus stefamille.xml --><div xml:id="stefamille" type="level2_document">
        <head>
          La Sainte Famille
        </head>
        <head type="sub" rend="pluspetit">
          ou Critique de la critique critique contre Bruno Bauer et consorts
          <seg rend="invisible">(Engels et Marx, 1845)</seg>
        </head>

        <bibl>
          <author>Friedrich Engels</author> und <author>Karl Marx</author>,
          <title>Die heilige Familie,
          oder Kritik der kritischen Kritik,
          Gegen Bruno Bauer und Konsorten</title>,
          Literarische Anstalt (J. Rütten), Frankfrurt a. M., 1845.
        </bibl>
        <bibl>MEW 2:3-224.</bibl>

        <bibl>
          <title>La Sainte famille</title>, <date>1844-45</date>.
          Publiée en février 1845.
          En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1844/09/kmfe18440900.htm</ref>.
        </bibl>

        <bibl>
          <title>The Holy Family,
          or Critique of Critical Criticism,
          against Bruno Bauer and Company</title>.
          Foreign Languages Publishing House, Moscow, 1956, disponible
          <ref target="http://www.archive.org/stream/holyfamily00marx">en liseuse</ref> d’Archive.org<!-- ,
          avec trois pages d’avant-propos From the Institute of Marxism-Leninism -->.
        </bibl>
        <bibl>MECW 4:3-211.</bibl>

        <label xml:id="stefamille-ap" rend="fakehead h1">Avant-propos</label>
        <label xml:id="stefamille-pre" rend="fakehead h1">Préface</label>
        <label xml:id="stefamille-I" rend="fakehead h1">
          I. « La Critique critique sous les traits d’un maître relieur »,
          ou la Critique critique personnifiée par M. Reichardt
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Engels</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-II" rend="fakehead h1">
          II. « La Critique critique sous les traits d’un minotier »,
          ou la Critique critique personnifiée par M. Jules Faucher
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Engels</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-III" rend="fakehead h1">
          III. « La profondeur de la Critique critique »,
          ou la Critique critique personnifiée par M. J. (Jungnitz ?)
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Engels</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-IV" rend="fakehead h1">
          IV. « La Critique critique sous les traits du calme de la connaissance »,
          ou la Critique critique personnifiée par M. Edgar
        </label>
        <label xml:id="stefamille-IV-1" rend="fakehead h2">1. L’ « Union Ouvrière » de Flora Tristan</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Engels</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-IV-2" rend="fakehead h2">2. Béraud à propos des filles de joie</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Engels</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-IV-3" rend="fakehead h2">3. L’Amour</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-IV-4" rend="fakehead h2">4. Proudhon</label>
         <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-V" rend="fakehead h1">
          V. « La Critique critique sous les traits du marchand de mystères »,
          ou la Critique critique personnifiée par M. Szeliga
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-V-1" rend="fakehead h2">
          1. « Le mystère de la barbarie dans la civilisation »
          et « le mystère de l’absence de droit dans l’État. »
        </label>
        <p xml:id="stefamille-V-2-clefs"><label rend="invisible">La Sainte Famille, chapitre V, 2. Le mystère de la construction spéculative.</label>
          <index><term>concept</term></index>
          <index><term>abstraction</term></index>
          <index><term>substance</term></index>
          <index><term>essence</term></index>
          <index><term>prototype</term></index>
          <index><term>paradigme</term></index>
          <index><term>idéalisme</term></index>
          <index><term>métaphysique</term></index>
          <index><term>mystique</term></index>
          <index><term>mysticisme</term></index>
          <index><term>Hegel</term></index>
          <index><term>loi de la dialectique</term></index>
          <index><term>unité</term></index>
          <index><term>diversité</term></index>
        </p>

        <label xml:id="stefamille-V-2" rend="fakehead h2">
          2. Le mystère de la construction spéculative.
        </label>
        <cit>
          <quote xml:id="SainteFamille-V-2-Fruit">
            <p rend="alinea">général
              Quand, opérant sur des réalités, pommes, poires, fraises, amandes,
              je me forme l’idée générale de « fruit » ;
              quand, allant plus loin, je m’imagine que mon idée abstraite « le fruit »,
              déduite des fruits réels, est un être qui existe en dehors de moi et,
              bien plus, constitue l’essence véritable de la poire, de la pomme, etc.,
              je déclare — en langage spéculatif — que « le fruit »
              est la « substance » de la poire, de la pomme, de l’amande, etc.
              Je dis donc que
              ce qu’il y a d’essentiel dans la poire ou la pomme,
              ce n’est pas d’être poire ou pomme.
              Ce qui est essentiel dans ces choses, ce n’est pas leur être réel, perceptible aux sens,
              mais l’essence que j’en ai abstraite et que je leur ai attribuée,
              l’essence de ma représentation : « le fruit ».
              Je déclare alors que la pomme, la poire, l’amande, etc.,
              sont de simples formes d’existence, des modes « du fruit ».
              Mon entendement fini, appuyé par mes sens, distingue, il est vrai,
              une pomme d’une poire et une poire d’une amande ;
              mais ma raison spéculative déclare que cette différence sensible est inessentielle et sans intérêt.
              Elle voit dans la pomme la même chose que dans la poire,
              et dans la poire la même chose que dans l’amande, c’est-à-dire « le fruit ».
              Les fruits particuliers réels ne sont plus que des fruits apparents,
              dont l’essence vraie est « la substance », « le fruit ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              On n’aboutit pas, de cette façon, à une particulière richesse de déterminations.
              Le minéralogiste, dont toute la science se bornerait à déclarer que tous les minéraux
              sont en fait le minéral, ne serait minéralogiste… que dans son imagination.
              Or en présence de tout minéral le minéralogiste spéculatif dit : « le minéral »,
              et sa science se borne à répéter ce mot autant de fois qu’il y a de minéraux réels.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Après avoir, des différents fruits réels, fait un « fruit » de l’abstraction
              — le « fruit » — la spéculation, pour arriver à l’apparence d’un contenu réel,
              doit donc essayer, d’une façon ou d’une autre, de revenir du « fruit », de la substance,
              aux réels fruits profanes de différentes espèces : la poire, la pomme, l’amande, etc.
              Or, autant il est facile, en partant des fruits réels,
              d’engendrer la représentation abstraite du « fruit »,
              autant il est difficile, en partant de l’idée abstraite du « fruit »,
              d’engendrer des fruits réels.
              Il est même impossible, à moins de renoncer à l’abstraction,
              de passer d’une abstraction au contraire de l’abstraction.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le philosophe spéculatif va donc renoncer à l’abstraction du « fruit »,
              mais il y renonce de façon spéculative, mystique, en ayant l’air de ne pas y renoncer.
              Aussi n’est-ce réellement qu’en apparence qu’il dépasse l’abstraction.
              Voici à peu près comment il raisonne :
            </p>
            <p rend="alinea">
              Si la pomme, la poire, l’amande, la fraise ne sont, en vérité, que « la substance », « le fruit »,
              comment se fait-il que « le fruit » m’apparaisse
              tantôt comme pomme, tantôt comme poire, tantôt comme amande ?
              D’où vient cette apparence de diversité,
              si manifestement contraire à mon intuition spéculative
              de l’unité, de « la substance », « du fruit » ?
            </p>
            <p rend="alinea">
              La raison en est, répond le philosophe spéculatif,
              que « le fruit » n’est pas un être mort, indifférencié, immobile,
              mais un être doué de mouvement et qui se différencie en soi.
              Cette diversité des fruits profanes est importante
              non seulement pour mon entendement sensible, mais pour « le fruit » lui-même,
              pour la raison spéculative.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Les divers fruits profanes sont diverses manifestations vivantes du « fruit unique » ;
              ce sont des cristallisations que forme « le fruit » lui-même.
              C’est ainsi, par exemple, que
              dans la pomme « le fruit » se donne une existence de pomme,
              dans la poire une existence de poire.
              Il ne faut donc plus dire, comme quand on considérait la substance :
              la poire est « le fruit », la pomme est « le fruit », l’amande est « le fruit » ;
              mais bien :
              « le fruit » se pose comme poire, «le fruit » se pose comme pomme, « le fruit » se pose comme amande,
              et les différences qui séparent pommes, poires, amandes,
              ce sont les autodifférenciations « du fruit »,
              et elles font des fruits particuliers des chaînons différents dans le procès vivant « du fruit ».
              « Le fruit » n’est donc plus une unité vide, indifférenciée ;
              il est l’unité en tant qu’universalité, en tant que « totalité »
              des fruits qui forment une « série organiquement articulée ».
              Dans chaque terme de cette série, « le fruit » se donne une existence plus développée, plus prononcée,
              pour finir, en tant que « récapitulation » de tous les fruits,
              par être en même temps l’unité vivante qui tout à la fois contient,
              dissout en elle-même chacun d’eux et les engendre,
              de la même façon que toutes les parties du corps se dissolvent sans cesse dans le sang
              et sont sans cesse engendrées à partir du sang.
            </p>
            <p rend="alinea">
              On le voit : alors que la religion chrétienne ne connaît qu’une incarnation de Dieu,
              la philosophie spéculative a autant d’incarnations qu’il y a de choses ;
              c’est ainsi qu’elle possède ici, dans chaque fruit, une incarnation de la substance, du fruit absolu.
              Pour le philosophe spéculatif, l’intérêt principal consiste donc à engendrer l’existence des fruits réels profanes
              et à dire d’un air de mystère qu’il y a des pommes, des poires, des amandes et des raisins de Corinthe.
              Mais les pommes, les poires, les amandes et les raisins de Corinthe que nous retrouvons dans le monde spéculatif,
              ne sont plus que des apparences de pommes, de poires, d’amandes et de raisins de Corinthe,
              puisque ce sont des moments de la vie « du fruit », cet être conceptuel abstrait ;
              ce sont donc eux-mêmes des êtres conceptuels abstraits.
              La joie spéculative consiste donc à retrouver tous les fruits réels,
              mais en tant que fruits ayant une signification mystique supérieure,
              sortis de l’éther de votre cerveau et non pas du sol matériel,
              incarnations « du fruit », du sujet absolu.
              En revenant donc de l’abstraction, de l’être conceptuel surnaturel, « du fruit », aux fruits naturels réels,
              vous donnez aussi en compensation aux fruits naturels une signification surnaturelle
              et vous les métamorphosez en autant d’abstractions.
              Votre intérêt principal, c’est précisément de démontrer l’unité « du fruit »
              dans toutes ces manifestations de sa vie, pomme, poire, amande,
              de démontrer par conséquent l’interdépendance mystique de ces fruits
              et comment, en chacun d’eux, « le fruit » se réalise graduellement
              et passe nécessairement, par exemple, de son existence en tant que raisin de Corinthe
              à son existence en tant qu’amande.
              La valeur des fruits profanes consiste donc non plus en leurs propriétés naturelles,
              mais en leur propriété spéculative, qui leur assigne une place déterminée dans le procès vital « du fruit absolu ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              L’homme du commun ne croit rien avancer d’extraordinaire, en disant qu’il existe des pommes et des poires.
              Mais le philosophe, en exprimant ces existences de façon spéculative, a dit quelque chose d’extraordinaire.
              Il a accompli un miracle : à partir de l’être conceptuel irréel, « du fruit »,
              il a engendré des êtres naturels réels : la pomme, la poire, etc.
              En d’autres termes : de son propre entendement abstrait,
              qu’il se représente comme un sujet absolu en dehors de lui-même, ici comme « le fruit »,
              il a tiré ces fruits, et chaque fois qu’il énonce une existence il accomplit un acte créateur.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le philosophe spéculatif, cela va de soi, ne peut
              accomplir cette création permanente qu’en ajoutant furtivement, comme
              déterminations de sa propre invention, des propriétés de la pomme, de la
              poire, etc., universellement connues et données dans l’intuition réelle,
              en attribuant les noms des choses réelles à ce que seul l’entendement
              abstrait peut créer, c’est-à-dire aux formules abstraites de
              l’entendement ; en déclarant enfin que sa propre activité, par laquelle
              il passe de l’idée de pomme à l’idée de poire, est l’activité autonome du
              sujet absolu, du « fruit ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              Cette opération, on l’appelle en langage spéculatif :
              concevoir la substance en tant que sujet, en tant que procès interne, en
              tant que personne absolue, et cette façon de concevoir les choses
              constitue le caractère essentiel de la méthode hégélienne.
            </p>
          </quote>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Il serait bon de relire les « lois » de la dialectique
          et les mots avec lesquels elles sont formulées
          (mouvement, qualité, contradiction…)
          pour se demander si ce ne sont pas des abstractions abusives comme celles que Marx condamne ici.
        </p>

        <label xml:id="stefamille-V-3" rend="fakehead h2">3. « Le mystère de la société cultivée.»</label>
        <label xml:id="stefamille-V-4" rend="fakehead h2">4. « Le mystère de l’honnêteté et de la dévotion »</label>
        <label xml:id="stefamille-V-5" rend="fakehead h2">5. « Le mystère est raillerie »</label>
        <label xml:id="stefamille-V-6" rend="fakehead h2">6. Rigolette</label>
        <label xml:id="stefamille-V-7" rend="fakehead h2">7. Le monde des « mystères de Paris »</label>

        <label xml:id="stefamille-VI" rend="fakehead h1">
          VI. « La Critique critique absolue »
          ou « la Critique critique » personnifiée par M. Bruno
        </label>
        <label xml:id="stefamille-VI-1" rend="fakehead h2">1. Première campagne de la critique absolue</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-VI-1a" rend="fakehead h3">a. L’« Esprit » et la « Masse »</label>
        <label xml:id="stefamille-VI-1b" rend="fakehead h3">
          b. La question juive n<hi rend="ordinal">o</hi> 1. Comment se posent les questions.
        </label>
        <label xml:id="stefamille-VI-1c" rend="fakehead h3">
          c. Hinrichs n<hi rend="ordinal">o</hi> 1. Mystérieuses allusions touchant à la politique, au socialisme et à la philosophie.
        </label>

        <label xml:id="stefamille-VI-2" rend="fakehead h2">2. Deuxième campagne de la critique absolue</label>
        <p xml:id="stefamille-VI-2andx"><label rend="invisible">La Sainte Famille (1845) VI. « La Critique critique absolue », 2. a. Hinrichs n°2</label>
          <index><term>histoire, n’est pas une personne à part, avec ses fins à elle</term></index>
          <index><term>humains, font leur propre histoire</term></index>
          <index><term>histoire, ce sont les humains qui la font</term></index>
        </p>
        <label xml:id="stefamille-VI-2a" rend="fakehead h3">
          a. Hinrichs n<hi rend="ordinal">o</hi> 2. La « Critique » et « Feuerbach ». Damnation de la philosophie
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Engels</author>)</bibl>
        <p rend="alinea">
          Les mérites que la Critique s’attribue (sans arriver à se libérer vraiment de Hegel),
          ces mérites sont ceux de Feuerbach, qui redonne une place à l’humain, « à la place du vieux fatras ».
          Mais la Critique remétamorphose l’humanité « en une catégorie et en principe de toute une série de catégories ».
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 37%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <term>Die Geschichte</term> tut <emph>nichts</emph>,
                  sie „besitzt <emph>keinen</emph> ungeheuren Reichtum", sie „kämpft <emph>keine</emph> Kämpfe"!
                  Es ist vielmehr <emph>der Mensch</emph>, der wirkliche, lebendige Mensch,
                  der das alles tut, besitzt und kämpft ;
                  es ist nicht etwa die „Geschichte", die den Menschen zum Mittel braucht,
                  um <emph>ihre</emph> — als ob sie eine aparte Person wäre — Zwecke durchzuarbeiten,
                  sondern sie ist <emph>nichts</emph> als die Tätigkeit des seine Zwecke verfolgenden Menschen.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW 2:98.</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 35%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <term>L’histoire</term> ne fait <emph>rien</emph>,
                  elle « ne possède <emph>aucune</emph> richesse énorme », elle « ne livre <emph>aucun</emph> combat » !
                  C’est bien <emph>l’être humain</emph>, l’humain réel, vivant
                  qui fait tout cela, qui possède et combat ;
                  ce n’est pas tout bonnement l’ « histoire » qui se sert de l’humain comme moyen,
                  — comme si elle était une personne à part —, pour réaliser <emph>ses</emph> fins à elle ;
                  elle n’est <emph>rien</emph> d’autre que l’action de l’humain qui poursuit ses propres fins.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                À partir d’une traduction française trouvée en ligne, je retraduis de l’allemand.
                (Avec <term>humain</term> pour <term xml:lang="de">Mensch</term>, pas le mâle de notre espèce.)
              </bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <term>History</term> does <emph>nothing</emph>,
                  it "possesses <emph>no</emph> immense wealth", it "wages <emph>no</emph> battles".
                  It is <emph>man</emph>, real, living man who does all that, who possesses and fights ;
                  "history" is not, as it were, a person apart,
                  using man as a means to achieve <emph>its own</emph> aims;
                  history is <emph>nothing but</emph> the activity of man pursuing his aims.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
              MECW 4, p. 93
              Moscow, 1956, p. 125.
              </bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>
        <p rend="alinea">
          Ce passage fameux est cité par Lénine
          dans <ref target="#Len38resumSteFam">son résumé de <title>La Sainte Famille</title></ref>.
          Lénine l’attribue à Engels, sans doute sur la foi d’indications des éditeurs.
          Curieusement, Marcello Musto (<ref target="../../biblio/Musto2007.html">Musto 2007</ref>),
          l’attribue à Marx personnellement (« who had already declared in his first work that… »).
        </p>

        <label xml:id="stefamille-VI-2b" rend="fakehead h3">
          b. La Question juive
          n<hi rend="ordinal">o</hi> 2. Découvertes critiques sur le socialisme,
          le droit et la politique (la nationalité)
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-VI-3" rend="fakehead h2">
          3. Troisième campagne de la critique absolue
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-VI-3a" rend="fakehead h3">
          a. Auto-apologie de la Critique absolue. Son passé « politique »
        </label>



        <label xml:id="stefamille-VI-3b" rend="fakehead h3">
          b. La question juive n<hi rend="ordinal">o</hi> 3
        </label>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 36%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  die <emph>weltliche, reale Grundlage</emph> dieses religiösen Wesens
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW 2:115.</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 32%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  le fondement séculier, réel de cette essence religieuse
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Éditions sociales, 1969.
                En ligne dans <ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/sainte_famille/sainte_famille.html">Les classiques des sciences sociales</ref>.
              </bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  the <emph>secular</emph>, <emph>real</emph> basis of that religious essence
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 4:109.</bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>
        <p xml:id="stefamille-VI-3b-clefs"><label rend="invisible">La Sainte Famille, chapitre VI, 2b, La question juive n<hi rend="ordinal">o</hi> 3.</label>
          <index><term>Grundlage (versus Basis)</term></index> <index><term>base (ou fondement)</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Il s’agit d’une question qui est « aussi une question religieuse »,
          mais dont le <term>fondement</term><note xml:id="stefamille-not1" n="1" place="bottom">
            On avait traduit « la base laïque » et c’est moi qui corrige.
            (En anglais aussi <term xml:lang="en">basis</term>. C’est à la traduction anglaise que j’emprunte l’adjectif.)
            S’agissant de religion, on peut y lire à bon droit une relation entre base et superstructure.
            Je ne sais pas à quel point Marx avait alors déjà conceptualisé le couple connu base, superstructure.
            Pour ne pas introduire un possible anachronisme, je préfère respecter son choix du mot <term xml:lang="de">Grundlage</term>.
            Souvent aussi, il utilise <term xml:lang="de">Basis</term>.
            Il faudrait voir combien il utilise l’un ou l’autre et comment.
            <!-- TO DO -->
            Je ne vois d’ailleurs pas pourquoi on ne pourrait pas mettre la superstructure en relation avec un fondement.
            Il me semble que <emph>traduire</emph> toujours <term xml:lang="de">Grundlage</term> par base quand c’est en relation avec la superstructure,
            c’est <emph>trahir</emph> la phrase de Marx au nom d’un jargon que la doctrine a figé postérieurement. (À creuser.)
          </note>
          est <emph>dans le monde</emph>.
        </p>


        <label xml:id="stefamille-VI-3c" rend="fakehead h3">c. Bataille critique contre la Révolution française</label>

        <p xml:id="stefamille-VI-3d-clefs"><label rend="invisible">La Sainte Famille, chapitre VI, 3d, Bataille critique contre le matérialisme français</label>
          <index><term>Descartes, physique, mécanique, métaphysique, matière</term></index>
          <index><term>physique, Descartes</term></index>
          <index><term>mécanique, Descartes</term></index>
          <index><term>métaphysique, Descartes</term></index>
          <index><term>matière, Descartes</term></index>
          <index><term>matérialisme mécaniste français</term></index>
          <index><term>Bacon, ancêtre du matérialisme anglais</term></index>
          <index><term>matérialisme anglais, Bacon, ancêtre du—</term></index>
          <index><term>Bacon, science de l’expérience</term></index>
          <index><term>expérience, dans la science, pour Bacon</term></index>
          <index><term>Hobbes, sur la matière et la pensée</term></index>
          <index><term>matière qui pense, chez Hobbes</term></index>
          <index><term>pensée et matière, chez Hobbes</term></index>
          <index><term>Marx, sur la matière et la pensée chez Hobbes</term></index>
        </p>
        <label xml:id="stefamille-VI-3d" rend="fakehead h3">d. Bataille critique contre le matérialisme français</label>

        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Dans sa <emph>physique</emph>, <emph>Descartes</emph> avait prêté à la matière
              une force créatrice spontanée et conçu le mouvement <emph>mécanique</emph>
              comme son acte vital. Il avait complètement séparé sa <emph>physique</emph>
              de sa <emph>métaphysique</emph>. À <emph>l’intérieur</emph> de sa physique,
              la <emph>matière</emph> est l’unique <emph>substance</emph>, le fondement
              unique de l’être et de la connaissance.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le matérialisme <emph>mécaniste</emph> français s’est rattaché à
              la <emph>physique</emph> de <emph>Descartes</emph>, par opposition à sa
              métaphysique. Ses disciples ont été <emph>antimétaphysiciens</emph> de profession,
              c’est-à-dire physiciens.
            </p>
          </quote>
        </cit>

        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Le matérialisme est le <emph>vrai</emph> fils de la <emph>Grande-Bretagne</emph>.
              Déjà son scolastique <emph>Duns Scot</emph> s’était demandé « <emph>si la matière ne pouvait pas penser</emph> ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pour opérer ce miracle, il eut recours à la toute-puissance de Dieu;
              autrement dit, il força la <emph>théologie</emph> elle-même à prêcher le <emph>matérialisme</emph>.
              Il était de surcroît <emph>nominaliste</emph>.
              Chez les matérialistes <emph>anglais</emph>, le nominalisme est un élément capital
              et il constitue d’une façon générale la <emph>première expression</emph> du matérialisme.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le véritable ancêtre du <emph>matérialisme anglais</emph> et de toute science
              <emph>expérimentale moderne</emph>, c’est <emph>Bacon</emph>. La science basée
              sur l’expérience de la nature constitue à ses yeux la vraie science, et
              la <emph>physique</emph> sensible en est la partie la plus noble. Il se réfère
              souvent à <emph>Anaxagore</emph> et ses <emph>homoioméries</emph>, ainsi
              qu’à <emph>Démocrite</emph> et ses atomes. D’après sa doctrine,
              les <emph>sens</emph> sont infaillibles et la <emph>source</emph> de toutes les
              connaissances. La science est la <emph>science de l’expérience</emph> et consiste
              dans l’application d’une <emph>méthode rationnelle</emph> au donné sensible.
              Induction, analyse, comparaison, observation, expérimentation, telles sont les
              conditions principales d’une méthode rationnelle. Parmi les propriétés innées
              de la <emph>matière</emph>, le <emph>mouvement</emph> est la première et la plus
              éminente, non seulement en tant que mouvement <emph>mécanique</emph>
              et <emph>mathématique</emph>, mais plus encore comme <emph>instinct</emph>,
              <emph>esprit vital</emph>, <emph>force expansive</emph>, <emph>tourment de la
              matière</emph> (pour employer l’expression de Jacob Boehme). Les formes
              primitives de la matière sont des <emph>forces essentielles</emph> vivantes,
              individualisantes, inhérentes à elle, et ce sont elles qui produisent les
              différences spécifiques.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Chez <emph>Bacon</emph>, son fondateur, le matérialisme recèle encore, de naïve façon, les germes d’un développement multiple.
              La matière sourit à l’homme total dans l’éclat de sa poétique sensualité;
              par contre, la doctrine aphoristique, elle, fourmille encore d’inconséquences théologiques.
            </p>
            <p xml:id="Hobbesmatierepensante" rend="alinea">
              Dans la suite de son évolution, le matérialisme devient <emph>étroit</emph>.
              C’est <emph>Hobbes</emph> qui <emph>systématise</emph> le matérialisme
              de <emph>Bacon</emph>. Le monde sensible perd son charme original et devient
              le sensible abstrait du <emph>géomètre</emph>. Le mouvement <emph>physique</emph>
              est sacrifié au mouvement <emph>mécanique</emph> ou <emph>mathématique</emph> ;
              la <emph>géométrie</emph> est proclamée science principale.
              Le matérialisme se fait <emph>misanthrope</emph>.
              Pour pouvoir battre sur son propre terrain l’esprit <emph>misanthrope, désincarné</emph>,
              le matérialisme est forcé de mortifier lui-même sa chair et de se faire <emph>ascète</emph>.
              Il se présente comme un <emph>être de raison</emph>,
              mais développe aussi bien la logique inexorable de l’entendement.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Partant de Bacon, Hobbes procède à la démonstration suivante :
              si leurs sens fournissent aux hommes toutes leurs connaissances,
              il en résulte que l’intuition, l’idée, la représentation, etc.,
              ne sont que les fantômes du monde corporel plus ou moins dépouillé de sa forme sensible.
              Tout ce que la science peut faire, c’est donner un <emph>nom</emph> à ces fantômes.
              Un seul et même nom peut être appliqué à plusieurs fantômes. Il peut même y avoir des noms de noms.
              Mais il serait contradictoire d’affirmer d’une part que toutes les idées ont leur origine dans le monde sensible
              et de soutenir d’autre part qu’un mot est plus qu’un mot
              et qu’en dehors des entités représentées, toujours singulières, il existe encore des entités universelles.
              Au contraire, une <emph>substance incorporelle</emph> est tout aussi contradictoire qu’un <emph>corps incorporel</emph>.
              <emph>Corps, être, substance</emph>, tout cela est une seule et même idée réelle.
              On ne peut séparer la pensée d’une matière, <emph>celle-là</emph> pense. Elle est le sujet de tous les changements.
              Le mot <emph>infini</emph> n’a <emph>pas de sens</emph>,
              à moins de signifier la capacité de notre esprit d’additionner sans fin.
              C’est parce que la matérialité seule peut faire l’objet de la perception et du savoir
              que nous ne savons <emph>rien</emph> de l’existence de Dieu.
              Seule est certaine ma propre existence.
              Toute passion humaine est un mouvement mécanique, qui finit ou commence.
              Les objets des instincts, voilà le bien. L’homme est soumis aux mêmes lois que la nature.
              Pouvoir et liberté sont identiques.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Hobbes avait systématisé Bacon, mais sans avoir fondé plus précisément son principe de base,
              aux termes duquel les connaissances et les idées ont leur origine dans le monde sensible.
            </p>
            <p rend="alinea">
              C’est Locke qui, dans son <title>Essai sur l’entendement humain</title>, a donné un fondement au principe de Bacon et de Hobbes.
            </p>
            <p rend="alinea">
              De même que Hobbes anéantissait les préjugés <emph>théistes</emph> du matérialisme baconien,
              de même Collins, Dodwell, Coward, Hartley, Priestley, etc.,
              firent tomber la dernière barrière théologique qui entourait le sensualisme de Locke.
              Pour le matérialiste tout au moins, le théisme n’est qu’un moyen commode et paresseux de se débarrasser de la religion.
            </p>
          </quote>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Attention, Marx fait l’historique de la conception des matérialistes sur les relations entre pensée et matière.
          C’est bien Marx qui écrit que la matière pense, mais il écrit pour Hobbes ;
          on ne peut citer les phrases de Hobbes que cite Marx Marx comme littéralement sa position à lui sur cette question.
          Il résume par ces mots l’étape Hobbes, qui n’est qu’un moment de l’évolution de cette conception.
          Engels cite ce passage dans l’<ref target="#utosci-intro">introduction à la première édition anglaise</ref>
          de <title><ref target="#utosci">Socialisme utopique et socialisme scientifique</ref></title>.
          Dans la citation par Engels en contexte, il est bien clair que c’est le point de vue
          de Hobbes<note xml:id="stefamille-not2" n="2" place="bottom">
             Staline, <ref target="diamat.html#dehors">dans
            <title>Le matérialisme dialectique et le matérialisme historique</title></ref> est
            un peu court quand il extrait de la citation par Engels le passage que j’ai repris
            ci-dessus et l’attribue à Marx.
          </note>,
          et Engels, pour que ce soit tout à fait clair, ajoute : « Voilà ce
          qu’écrivait Marx à propos de l’origine britannique du matérialisme moderne. »
        </p>

        <p xml:id="stefamille-VI-3d-clefs2"><label rend="invisible">La Sainte Famille, chapitre VI, 3d, Bataille critique contre le matérialisme français</label>
          <index><term>homme, par nature, sociable</term></index>
          <index><term>influence des circonstances extérieures sur l’homme</term></index>
          <index><term>circonstances extérieures, influence sur l’homme</term></index>
          <index><term>homme, influence des circonstances extérieures</term></index>
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p xml:id="stefamille-circ" rend="alinea"><label rend="invisible">La Sainte Famille, chapitre VI, 3d, Bataille critique… note 1</label>
              Quand on étudie les doctrines matérialistes de la bonté originelle et des dons intellectuels égaux des hommes,
              de la toute-puissance de l’expérience, de l’habitude, de l’éducation,
              de l’influence des circonstances extérieures sur l’homme,
              de la grande importance de l’industrie, de la légitimité de la jouissance, etc.,
              il n’est pas besoin d’une grande sagacité pour découvrir
              les liens qui le rattachent nécessairement au communisme et au socialisme.
              Si l’homme tire toute connaissance, sensation, etc., du monde sensible et de l’expérience au sein de ce monde,
              ce qui importe donc, c’est d’organiser le monde empirique
              de telle façon que l’homme y fasse l’expérience
              et y prenne l’habitude de ce qui est véritablement humain,
              qu’il y fasse l’expérience de sa qualité d’homme.
              Si l’intérêt bien compris est le principe de toute morale,
              ce qui importe, c’est que l’intérêt privé de l’homme se confonde avec l’intérêt humain.
              Si l’homme n’est pas libre au sens matérialiste,
              c’est-à-dire s’il est libre, non par la force négative d’éviter telle ou telle chose,
              mais par la force positive de faire valoir sa vraie individualité,
              il ne faut pas châtier le crime dans l’individu, mais détruire les foyers antisociaux du crime
              et donner à chacun l’espace social nécessaire à la manifestation essentielle de son être.
              Si l’homme est formé par les circonstances, il faut former les circonstances humainement<note xml:id="stefamille-not3" n="3" place="bottom"><anchor xml:id="SagradFamSaramago"/>
                <index><term>José  Saramago, citant La Sainte Famille</term></index>
                <index><term>Saramago, José, citant La Sainte Famille</term></index>
                Cette phrase sur l’homme formé par les circonstances a été citée par José Saramago.
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      A nossa grande tarefa está em conseguirmo-nos tornar mais humanos.
                      Marx e Engels, num livro intitulado <title>A Sagrada Família</title>,
                      têm uma frase que é essencial pôr em prática :
                      « Se o homem é formado pelas circunstâncias,
                      então é preciso formar as circunstâncias humanamente. »
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Mentionné en
                    <ptr target="https://www.josesaramago.org/folha-de-sala-da-exposicao-a-semente-e-os-frutos"/>,
                    comme Saramago, 1999, sans référence plus précise.
                    Mais il semble que Saramago aimait cette phrase et l’a citée plus d’une fois.
                    <!-- Chercher "grande tarefa" "Marx e Engels" "Sagrada Família" circunstâncias -->
                  </bibl>
                </cit>
                J’ai vu plusieurs fois cette phrase attribuée à Saramago lui-même.
                Pourtant, Saramago est tout à fait clair dans sa référence à <title>A Sagrada Família</title>.
                (Sont-ce des gens qui lisent Facebook beaucoup plus souvent que Saramago ou que Marx ?)
                <!--
                Dirk Van Duppen cite très souvent la phrase comme de Saramago.
                C’est dans les <title>Études marxistes</title> no 101 (2013), à propos d’un livre de Paul Verhaeghe
                Elle termine le livre <title>Supersamenwerker</title> (2016) et est répétée dans des interviews sur le livre.
                Si on cherche la phrase en lien avec Dirk, on s’aperçoit que Dirk la cite dans <title>Knack</title>,
                dans <title>De Wereld Morgen</title>, dans d’autres interviews dans la presse (une ou deux dizaines de fois ?),
                et d’autres organes de presse répercutent ça. (Ça devient des centaines.)
                C’est répété abondamment plus encore en 2020 après le décès de Dirk,
                par Ben Van Duppen, par le site du PTB, par tout le monde.
                Cependant, dans la présentation de Dirk pour 2019, ManiFiesta attribue correctement la phrase à Marx :
                https://www.facebook.com/manifiesta.be/photos/wij-als-mens-zijn-sociaal-maar-onze-maatschappelijke-structuur-is-asociaal-georg/3466689856675319/
                Ainsi (vu ManiFiesta), Dirk sait bien en 2019 que c’est Marx et Engels (d’autant plus que Saramago le précise toujours),
                mais ou bien il l’ignorait au début ou bien il a préféré Saramago pour la grande presse.
                Ceux qui sans vérifier se fondent sur Dirk font preuve de négligence.
                 -->
              </note>.
              Si l’homme est, par nature, sociable, il ne développera sa vraie nature que dans la société
              et le pouvoir de sa nature doit se mesurer non à la force de l’individu singulier,
              mais à la force de la société.
            </p>
          </quote>
          <bibl/>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Les circonstances qui font les humains, cela fait penser à
          <ref target="#MEideall-Jhb2003p28">une phrase de <title>L’Idéologie allemande</title></ref>.
          Ici dans la <title>Sainte Famille</title>, il s’agit d’améliorer les circonstances,
          tandis que dans la <title>L’Idéologie allemande</title>,
          c’est plus généralement la conception de l’histoire selon laquelle, dialectiquement
          « donc ce sont tout autant les circonstances qui font les hommes que les hommes qui font les circonstances ».
        </p>
        <p rend="alinea">
          C’est à rapprocher aussi d’<ref target="#lectures-pb-d40e17289">une phrase du <title>18 Brumaire</title></ref> :
          « Les humains font leur propre histoire, mais… »
        </p>

        <label xml:id="stefamille-VI-3e" rend="fakehead h3">e. Défaite finale du socialisme.</label>

        <p xml:id="stefamille-VI-3f-clefs"><label rend="invisible">La Sainte Famille, chapitre VI, 3f, Le cycle spéculatif de la Critique absolue</label>
          <index><term>Feuerbach, homme réel sur la base de la nature</term></index>
          <index><term>Feuerbach, critique de la religion</term></index>
          <index><term>religion, critique par Feuerbach</term></index>
        </p>
        <label xml:id="stefamille-VI-3f" rend="fakehead h3">
          f. Le cycle spéculatif de la Critique absolue et la philosophie de la Conscience de soi.
        </label>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Feuerbach, le premier, a parachevé et critiqué Hegel au point de vue hégélien
              en résolvant l’esprit absolu métaphysique en « l’homme réel sur la base de la
              nature » ; le premier, il a achevé la critique de la religion en esquissant
              en même temps de main de maître les grands principes de la critique de
              la spéculation hégélienne et, par suite, de toute métaphysique.
            </p>
          </quote>
        </cit>

        <label xml:id="stefamille-VII" rend="fakehead h1">VII. La correspondance de la Critique critique</label>

        <label xml:id="stefamille-VII-1" rend="fakehead h2">1. La Masse critique</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-VII-2" rend="fakehead h2">2. La « masse non critique » et la « Critique critique »</label>
        <label xml:id="stefamille-VII-2a" rend="fakehead h3">a. La Masse « entêtée » et la Masse « insatisfaite »</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-VII-2b" rend="fakehead h3">b. La Masse « au cœur sensible » et « qui a besoin de rédemption »</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Engels</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-VII-2c" rend="fakehead h3">c. L’irruption de la grâce dans la Masse</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-VII-3" rend="fakehead h2">3. La masse critique non-critique ou « la critique » et la « coterie berlinoise »</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>

        <label xml:id="stefamille-VIII" rend="fakehead h1">
          VIII. « Vie terrestre et transfiguration de la critique critique »,
          ou la critique critique personnifiée par Rodolphe, prince de Gerolstein
        </label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>
        <label xml:id="stefamille-VIII-1" rend="fakehead h2">1. Métamorphose critique d’un boucher en chien, ou le chourineur</label>

        <label xml:id="stefamille-VIII-2" rend="fakehead h2">2. Révélation du mystère de la religion critique, ou Fleur-de-Marie</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-2a" rend="fakehead h3">a. La « Fleur-de-Marie » spéculative</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-2b" rend="fakehead h3">b. Fleur-de-Marie</label>

        <label xml:id="stefamille-VIII-3" rend="fakehead h2">3. Révélation des mystères du Droit</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-3a" rend="fakehead h3">
          a. Le Maître d’école ou la nouvelle théorie pénale.
          Le mystère dévoilé du système cellulaire.
          Mystères médicaux
        </label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-3b" rend="fakehead h3">
          b. Récompense et châtiment. La double justice, avec tableau
        </label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-3c" rend="fakehead h3">
          c. Abolition de la barbarie au sein de la civilisation et de l’absence de droit dans l’État
        </label>

        <label xml:id="stefamille-VIII-4" rend="fakehead h2">4. Révélation du mystère du « point de vue »</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-5" rend="fakehead h2">5. Révélation du mystère de l’utilisation des instincts humains, ou Clémence d’Harville</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-6" rend="fakehead h2">6. Révélation du mystère de l’émancipation de la femme, ou Louise Morel</label>

        <label xml:id="stefamille-VIII-7" rend="fakehead h2">7. Révélation des mystères de l’économie politique</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-7a" rend="fakehead h3">a. Révélation théorique des mystères de l’économie politique</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-7b" rend="fakehead h3">b. « La Banque des pauvres »</label>
        <label xml:id="stefamille-VIII-7c" rend="fakehead h3">c. L’exploitation modèle de Bouqueval</label>

        <label xml:id="stefamille-VIII-8" rend="fakehead h2">8. Rodolphe, ou la révélation du mystère des mystères</label>

        <label xml:id="stefamille-IX" rend="fakehead h1">IX. Le jugement dernier critique.</label>
        <bibl rend="italique gris">(<author>Marx</author>)</bibl>
      </div><!-- fin de fichier inclus stefamille.xml -->
        <div xml:id="MEideall" type="level1_livre">
          <head type="main">
            L’Idéologie allemande<seg rend="invisible"> [1846] </seg>
          </head>
          <head type="sub" rend="petit">
            Critique de la philosophie allemande la plus récente
            dans la personne de ses représentants Feuerbach, B. Bauer et Stirner
            <lb/>
            et du socialisme allemand dans celle de ses différents prophètes
          </head>

          <bibl xml:id="MEideall-MEW3">
            Karl Marx, Friedrich Engels,
            <title>Die deutsche Ideologie :
            Kritik der neuesten deutschen Philosophie in ihren Repräsentanten Feuerbach, B. Bauer und Stirner,
            und des deutschen Sozialismus in seinen verschiedenen Propheten</title>.
            <lb/>
            MEW 3, p. 11-530.
            En ligne : <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me03/me03_009.htm">http://www.mlwerke.de/me/me03/me03_009.htm</ref>.
          </bibl>
          <p rend="alinea">
            Le lien ci-dessus s’ouvre sur une table des matières,
            donnant ainsi une vue d’ensemble du contenu.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Le manuscrit ne comporte pas de titre.
            Le titre et le sous-titre sont cependant bien de Marx,
            qui écrit dans un article de 1847 :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                … der von Fr[iedrich] Engels und mir gemeinschaftlich verfaßten Schrift
                über „Die deutsche Ideologie"
                (Kritik der neuesten deutschen Philosophie in ihren Repräsentanten, Feuerbach, B[runo] Bauer und Stirner,
                und des deutschen Sozialismus in seinen verschiedenen Propheten).
              </p>
            </quote>
            <bibl>
              <title>Deutsche-Brüsseler-Zeitung</title>,
              Nr. 28 vom 8. April 1847.
              MEW 4:38. En anglais MECW 6:73.
            </bibl>
          </cit>

          <bibl xml:id="MEideall-MECW5">
            Karl Marx and Frederick Engels,
            <title>The German Ideology:
            Critique of Modern German Philosophy According to its Representatives Feuerbach, B. Bauer and Stirner,
            and of German Socialism According to its Various Prophets</title>,
            <lb/>
            MECW 5, p. 19-450.
          </bibl>

          <p rend="alinea">
            Dans l’édition de l’idéologie allemande, il y a eu deux approches (en gros) :
            respecter l’ordre des parties du texte
            (selon les manuscrits ou des indications de Marx et Engels sur leur plan),
            ou bien restructurer du point de vue thématique le matériel disponible.
            Les éditions diffèrent aussi par le choix de publier tout ou partie
            et il n’est pas facile de savoir ce que les éditeurs ont choisi de publier ou non,
            dans quelle mesure une édition est complète<note xml:id="MEideall-not1" n="1" place="bottom">
              Diverses références sur l’histoire des éditions et leur contenu :
              <list>
                <item>
                  La page Wikipédia en allemand
                  <ref target="https://de.wikipedia.org/wiki/Die_deutsche_Ideologie">Die deutsche Ideologie</ref>.
                  Le titre de la section <ref target="https://de.wikipedia.org/wiki/Die_deutsche_Ideologie#Ausgaben_und_Teilausgaben">Ausgaben und Teilausgaben</ref>
                  semble montrer que les auteurs de la page ont renoncé à trancher.
                </item>
                <item>
                  <ref target="https://en.wikipedia.org/wiki/The_German_Ideology#Text">La section Text</ref>
                  de la page Wikipédia en anglais.
                </item>
                <item>
                  <ref target="https://marxandphilosophy.org.uk/reviews/16937_deutsche-ideologie-manuskripte-und-drucke-marx-engels-gesamtausgabe-mega-erste-abteilung-band-5-2-volumes-vol-1-text-vol-2-apparatus-by-karl-marx-and-friedrich-engelsdeutsche-ideologie/">Recension de deux éditions dans la Review of Books</ref> de Marx &amp; Philosophy.
                </item>
              </list>
            </note>.
            Le nombre de pages donne une certaine indication.
            On rencontre un certain nombre d’éditions de la seule partie dite Feuerbach.
            Je considère au début de la partie <ref target="#MEideall-I">I. Feuerbach</ref><!-- premier signet -->
            les problèmes que posent les différentes tentatives d’établissement du texte
          </p>

          <bibl xml:id="MEideall-MEGA1-5">
            <title>Die deutsche Ideologie :
            Kritik der neuesten deutschen Philosophie in ihren Repräsentanten, Feuerbach, B. Bauer und Stirner,
            und des deutschen Sozialismus in seinen verschiedenen propheten.
            1845-1846.</title>
            (Unveränderter Neudruck der Ausgabe Berlin 1932.)
            <lb/>
            Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA¹) Erste Abteilung, Band. 5,
            Verlag Detlev Auvermann KG,  Glashütten im Taunus, 1970.
            <!-- /home/dominiquem/Études/Marxistes/ME-de/MEGA/MEGA¹ I.5 - Karl Marx - Friedrich Engels - Die Deutsche Ideologie (1845-1846).pdf -->
            <!--
            Mehrere Stellen des Manuskripts der „Deutschen Ideologie“ sind beschädigt;
            nach den eigenen Worten von Marx haben sie unter der „nagenden Kritik der Mäuse“ gelitten,
            wie es auch das Faksimile der Seite aus dem Manuskript „III. Sankt Max“ erkennen läßt.
            In der vorliegenden Ausgabe wurden die beschädigten Stellen auf Grund der erhalten gebliebenen Satzteile in eckigen Klammern ergänzt.
            Die wenigen notwendigen Einfügungen der Redaktion erscheinen ebenfalls in eckigen Klammern.
            Auf Lücken im Manuskript sowie auf Abweichungen vom Text der Erstveröffentlichung in der Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA¹)
            wurde in Fußnoten hingewiesen.
            Die im Manuskript vorhandenen Randbemerkungen von Marx und Engels erscheinen in Form von Fußnoten,
            bleiben aber als Randbemerkungen gekennzeichnet.
            Ebenfalls als Fußnoten erscheinen solche Textstellen, die im Manuskript von Marx und Engels
            durch vertikale Streichungen ungültig gemacht wurden,
            jedoch aus zu Ende geführten Sätzen bestehen und so die Entwicklung bestimmter Gedanken erkennen lassen.
            Plusieurs passages du manuscrit de l’« Idéologie allemande » sont endommagés ;
            selon les propres termes de Marx, ils ont souffert de la « critique rongeante des souris »,
            comme on peut le voir sur le facsimilé de la page du manuscrit « III. Sankt Max ».
            Dans la présente édition, les sections endommagées ont été ajoutées entre crochets
            sur la base des parties de la phrase qui ont été conservées.
            Les quelques insertions nécessaires de la part de la rédaction sont également indiquées entre crochets.
            Les lacunes du manuscrit ainsi que les écarts par rapport au texte de la première publication dans le Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA¹)
            ont été signalés dans des notes de bas de page.
            Les notes marginales de Marx et Engels dans le manuscrit apparaissent sous forme de notes de bas de page,
            mais restent marquées comme des notes marginales.
            Figurent également en note de bas de page les passages du manuscrit de Marx et Engels
            qui ont été invalidés par des suppressions verticales,
            mais qui consistent en des phrases qui ont été complétées,
            indiquant ainsi le développement de certaines idées.
             -->
          </bibl>

          <bibl xml:id="MEideall-MEGA2-5">
            <title>Deutsche Ideologie: Manuskripte und Drucke</title>,
            Marx-Engels-Gesamtausgabe (MEGA) Erste Abteilung, Band 5., two volumes [vol. 1 text; vol. 2 apparatus].
            Ulrich Pagel, Gerald Hubmann and Christine Weckwerth (eds),
            De Gruyter, Akademie Forschung, Berlin, 2017, 1903 pp.
            <index><term>9783110485776</term></index>
            ISBN : <idno type="ISBN">ISBN 978-3-11-048577-6</idno>.
          </bibl>

          <bibl xml:id="MEideallJB2003">
            Karl Marx, Friedrich Engels, Joseph Weydemeyer,
            <title>Die deutsche Ideologie</title>,
            Artikel, Druckvorlagen, Entwürfe, Reinschriftenfragmente und Notizen
            zu <title>I. Feuerbach</title> und <title>II. Sankt Bruno</title>.
            <lb/>
            <title>Marx-Engels-Jahrbuch 2003</title>.<!--
            [<emph>Moins d’un quart du total, je pense !</emph>] -->
          </bibl>

          <bibl xml:id="MEideall1968">
            <author>Karl Marx</author> et <author>Friedrich Engels</author>,
            <date>1845-1846</date>.
            <title>L’Idéologie allemande :
            Critique de la philosophie allemande la plus récente
            dans la personne de ses représentants Feuerbach, B. Bauer et Stirner
            et du socialisme allemand dans celle de ses différents prophètes</title>
            (précédée des <title>Thèses sur Feuerbach</title>),
            présentée et annotée par Gilbert Badia,
            traduction de Henri Auger, Gilbert Badia, Jean Baudrillard, Renée Cartelle,
            Éditions sociales, Paris, 1968, 633 p.
            (L’exemplaire de l’édition de 1968 que j’ai consulté est marqué
            achevé d’imprimer le 30 avril 1971 par Leipziger Druckhaus à Leipzig (RDA.)
            <anchor xml:id="MEideall1976"/>
            Aussi Éditions sociales, Paris, 1976,
            xxx + 622 p.
          </bibl>
          <bibl xml:id="MEideall2014">
            Friedrich Engels, Karl Marx, Joseph Weydemeyer,
            <title>L’Idéologie allemande (1<hi rend="ordinal">er</hi> et 2<hi rend="ordinal">e</hi> chapitres)</title>,
            Éditions sociales, 2014, 504 pages.
            (Je le lis dans une réimpression de 2021.)
            Édition bilingue juxtaposée<note xml:id="MEideall-not2" n="2" place="bottom">
              Quand, adolescent, j’apprenais le grec et le latin,
              nous utilisions parfois des éditions bilingues,
              les deux langes en vis-à-vis, en pages paires et impaires,
              qui s’appelaient « éditions juxtaposées ».
              Nous disions « une juxta », « as-tu ta juxta ? »…
              Des vieux de mon âge me confirment que je n’ai pas rêvé,
              mais Google semble penser qu’aujourd’hui « édition juxtaposée » ne se dit presque plus.
            </note>,
            traduction de Jean Quétier et Guillaume Fondu, présentée par Jean Quétier.
            ISBN : 978-2-35367-017-8. Collection : GEME.
            Dans cette version juxtaposée,
            le texte allemand est un facsimilé du <title>Marx-Engels-Jahrbuch 2003</title>.
            (On voit les numéros de page et de ligne du <title>Jahrbuch 2003</title>
            dans les pages paires des Éditions sociales 2014.)
          </bibl>


          <bibl xml:id="MEideall1975">
            Karl Marx, Friedrich Engels,
            <title>L’idéologie allemande,</title>
            première partie, Feuerbach,
            précédée des <title>Thèses sur Feuerbach</title>,
            Éditions sociales, petit format, trois éditions (au moins) de couverture identique,
            mais légèrement différentes, 1970 (155 p.), 1974 (143 p.), 1975…
          </bibl>
          <p rend="alinea pluspetit">
            Les <ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_Marx/ideologie_allemande/ideologie_allemande.html">Classiques des Sciences sociales à Chicoutimi publient de cette version de poche</ref>
            un texte dit « traduction française de Renée Cartelle et Gilbert Badia, 1952 »,
            texte un peu différent (j’ai rencontré quelques différences mineures) puisque mon édition de 1975 dit,
            p. 21 : « La traduction est une version entièrement revue de celle […] parue en 1968… » et p. 22 :
            « la traduction française est à quelques révisions près celle qu’ont publiée les Éditions sociales en 1968.
            Elle est due à Renée Cartelle et Gilbert Badia… ». (Idem en 1974.)
            Il est curieux que les Classiques des Sciences sociales disent par ailleurs « Éditions sociales 1970 ».
            Il se peut qu’on ait publié en poche en 1970 encore la traduction de 1952 et seulement en 1974 celle de 1968.
          </p>
          <p rend="alinea pluspetit">
            C’est peut-être le même texte que celui de Chicoutimi qu’on trouve
            <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000.htm">dans l’Archive Internet des marxistes</ref>
            (comme toujours sans indication d’origine et sans explication du choix qui est fait).
          </p>


          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p rend="alinea">
            À cause des gros problèmes que pose ce qu’on a appelé « matérialisme dialectique »,
            <!-- To do : lien à mes considérations, et améliorer ces dernières. -->
            je me suis demandé quand Marx et Engels ont été tentés par un retour à Hegel.
            Ce n’est certainement pas dans l’<title>Idéologie allemande</title>.
            Il y a une seule occurrence de la famille du mot <term xml:lang="de">Dialektik</term>
            dans le <title>Jahrbuch 2003</title> (en dehors de l’introduction des éditeurs) :
            « die „wahre Dialektik“ », p. 102, où ils citent Feuerbach,
            c’est-à-dire que jamais d’eux-mêmes, ils ne parlent de dialectique dans cette partie.
            Je devrais étendre ma recherche aux MEW 3.
          </p>

          <div xml:id="MEideall-I">
            <head>I. Feuerbach</head>
            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alineasep">
              <title>L’Idéologie allemande</title> pose un problème particulier.
              On a retrouvé divers manuscrits et des parties imprimées.
              Marx et Engels y font d’intéressantes considérations,
              préconisant entre autres une approche matérialiste en histoire.
              C’est surtout le cas de cette partie « I. Feuerbach » (que souvent d’ailleurs on publie séparément).
              Les différents éditeurs à partir de 1932 ont cherché à structurer ce matériel
              de la meilleure manière pour en faire une référence utile sur la conception matérialiste de l’histoire,
              mais ce faisant ils y introduisent une structure qui est la leur et pas celle des auteurs
              (à partir sans doute d’une conception qui est la leur
              de <ref target="#DMmathist-mathist">ce qu’on a appelé « matérialisme historique »</ref>),
              avec des titres et sous-titres empruntés au corps du texte ou même à des textes extérieurs.
              Toutes les éditions<note xml:id="MEideall-I-not1" n="1" place="bottom">
                La première édition du volume 3 des <title>MEW</title> serait de 1958.
                Il y a peu d’indications éditoriales, mais ce devrait être proche de l’édition de 1932.
                <lb/>
                La première traduction en anglais est celle des Progress Publishers, Moscou, en 1964.
                Comme source de l’arrangement de la partie Feuerbach, le volume 5 des MECW donne (MECW 5:27-93) :
                Progress Publishers, Vol. I of
                <title>Karl Marx and Frederick Engels, Selected Works</title> (in three volumes), Moscou, 1969.
                Cette édition de 1969 reprenait l’arrangement adopté en russe
                dans <title>Voprosy Filosofii</title>, n<hi rend="ordinal">os</hi> 10 et 11, Moscou, 1965.
                En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1845/german-ideology/index.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1845/german-ideology/index.htm</ref>.
                <lb/>   
                Aux  Éditions sociales, l’édition de 1976 serait basée sur le meilleur état des connaissances à l’époque.
                <cit>
                  <quote>
                      Certains feuillets du manuscrit original ayant été retrouvés,
                      un texte de la première partie (I. Feuerbach), plus complet et plus justement ordonné,
                      a été publié en 1962 dans <title>International Review of Social History</title>, vol. 3, part. 1,
                      puis dans <title>Deutsche Zeitschrift für Philosophie</title>, Berlin, 1966, 10-14. Jahrgang, p. 1199-1251
                      et plus récemment encore dans le volume-test (<foreign xml:lang="de">Probeband</foreign>)
                      de la nouvelle <title>Marx-Engels Gesamtausgabe</title> (MEGA), Dietz Verlag, Berlin, 1972.
                  </quote>
                  <bibl>
                    P. <hi rend="petitescapitales">xxix</hi>, la dernière page de l’avant-propos de Gilbert Badia,
                    encore daté de décembre 1967, mais visiblement mis à jour sur ce point.
                  </bibl>
                </cit>
                La MEGA dans la parenthèse ci-dessus, c’est la MEGA²,
                mais sans doute dans la même perspective encore que depuis les années trente,
                qui ne semble avoir changé qu’avec l’édition de 2003 (<title>Marx-Engels-Jahrbuch 2003</title>).
                Il y a aussi sur la partie Feuerbach (1976:11-76) une « Note des éditeurs », plus détaillée, p. 8.
                Les Éditions sociales avaient publié déjà une édition de poche de ce début, sur Feuerbach.
                L’édition de 1975 de cette partie doit être proche du texte de l’édition de 1976 ou identique.
                <lb/>   
                On trouve des indications page 12 dans la préface de la juxta de 2014.
                <!-- <xi:include href="../../asterism.xml">astérisme</xi:include> -->
                <lb/>   
                La difficulté est qu’on se trouve ainsi devant divers arrangements différents de la partie Feuerbach.
                Outre que, comme on l’a dit,
                ces arrangements représentent la vision de l’éditeur, pas nécessairement celle de Marx et Engels,
                il est assez difficile de retrouver un passage d’une langue à l’autre.
                L’arrangement des Éditions sociales en 1976 et celui des MECW seraient plus modernes que celui des MEW,
                mais sont cependant parfois très différents.
                Les différentes versions aux Éditions sociales sont assez différentes entre elles.<!--
                Tel alinéa qui m’intéresse, au milieu d’un développement dans MEW 3,
                je le retrouve en français dans une toute autre partie. -->
                <!-- Basis, Superstruktur
                     MEW 3:36,
                     2003:93 S.18, S.20
                                → base, superstructure
                     1968:105,
                     1976:131. -->
              </note>
              avant celle de 2003, présentent différents arrangements qui sont ceux des éditeurs.
              L’édition de 2003, qui se veut apolitique, a cherché le meilleur texte quand au déchiffrement des manuscrits,
              mais aussi quant au respect de la pagination par les auteurs.
              Malheureusement, on n’a fait ce travail que pour les parties I et II,
              ce qui correspond aux pages 17-98 seulement des pages 11-521 dans les MEW 3.
              En outre, l’état des manuscrits fait qu’ici aussi, ce sont des choix parmi d’autres possibles.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En français, l’<ref target="#MEideall2014">édition de 2014</ref> présente (pour les chapitres publiés) l’avantage
              de fournir à la fois le texte allemand du <ref target="#MEideallJB2003"><title>Jahrbuch 2003</title></ref>
              et une nouvelle traduction souvent plus fidèle.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Cette meilleure traduction n’est cependant pas exempte de problèmes.
            </p>
            <list>
              <item xml:id="MEideall-I-Voraussetzung"><seg rend="invisible">Idéologie allemande, Voraussetzung, problème de traduction</seg>
                <label rend="fakehead h3">Voraussetzung</label>
                <index><term>Voraussetzung, prérequis, précondition</term></index>
                <p rend="alinea">
                  Le premier sens de <term xml:lang="de">Voraussetzung</term> est prérequis, précondition
                  (une condition qui doit être réalisée, dans les faits, pour qu’autre chose puisse se passer).
                  Présupposition (ce que qu’un sujet pensant doit supposer, avant de poser un acte ou de tirer une conclusion)
                  n’en est qu’un deuxième sens.
                  Les traducteurs ont choisi de traduire toujours par présupposition.
                  Dans leur Glossaire, ils expliquent, p. 470-471,
                  le sens du mot <term xml:lang="de">Voraussetzung</term> chez Hegel
                  et quel autre sens Marx et Engels lui donnent, selon eux, comme « ce qui ancre le savoir ».
                  Ils en parlent aussi en note en pages 19-20, où ils renvoient à Feuerbach,
                  dans un texte philosophique, p. 439.
                  Les traducteurs choisissent donc de rester sur le terrain de la pensée,
                  du savoir, de la logique, même si c’est autrement que Hegel,
                  tandis que visiblement Marx et Engels veulent le plus souvent dire <term>prérequis</term>.
                  Faire de boire, manger, etc. une « présupposition », c’est trahir la pensée de Marx et Engels
                  qui, qualifiant cette condition matérielle de <term xml:lang="de">Voraussetzung</term>,
                  le disent sûrement dans le sens premier de prérequis
                  et ils disent d’ailleurs <term xml:lang="de">Bedingung</term>, condition, quelques lignes plus loin.
                  De même, des circonstances historiques, condition nécessaire, ne sont en rien une « présupposition ».
                  Bref, de nombreux passages de la traduction sont incompréhensibles si on ne retraduit pas mentalement.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Mais la situation se complique parce qu’en français, le verbe présupposer a bien les deux sens
                  qu’a le substantif en allemand.
                  (A. et B. dans <ref target="https://www.cnrtl.fr/definition/pr%C3%A9supposer">l’article du TLFi</ref>.)
                  Ou bien (A.) le sujet de la phrase désigne une personne (un sujet pensant qui fait une supposition préalable)
                  ou bien une chose (B.) (qui peut nécessiter le préalable d’une autre chose
                  ou une circonstance, mais n’en pense rien, ne fait bien sûr aucune présupposition).
                  (On pourrait dire que <term>présupposition</term> correspond à <term>présupposer</term>-A.
                  La présupposition est toujours le fait d’un sujet pensant.)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Puisque <term xml:lang="de">Voraussetzung</term> a bien les deux sens en allemand,
                  Marx et Engels l’ont sans doute utilisé parfois dans le second sens.
                  Je comprends la difficulté pour les traducteurs de trancher à chaque occurrence<note xml:id="MEideall-I-not2" n="2" place="bottom">
                    <!--
                    Jahrbuch page du PDF (page du Jarbuch) … (page 2014)
                    40 (7-8) vorausgesetzte Harmonie (50-52, 53) Feuerbach présuppose-A
                    45 (12) voraussetzungslosen (60)
                    45 (12) die erste Voraussetzung (60) prérequis
                    45 (12) nämlich die Voraussetzung daß (60) prérequis
                    54 (21) der jezt bestehenden Voraussetzung (78d) circonstance déjà existante
                    54 (21) vorliegenden Voraussetzung in Frankreich (80g) circonstance se présentant en France
                    54 (21) unter zwei praktischen Voraussetzungen (80d) deux conditions pratiques
                    55 (22) — einen hohen Grad ihrer Entwicklung voraussezt, — (82d redoublé 83) présupposent-B.
                    55 (22) eine absolut nothwendige praktische Voraussetzung, (82d) prérequis pratique absolument nécessaire
                    56 (23) ihrer Voraussetzung &amp; Grundlage hat (84g) prérequis et fondement
                    56 (23) den mit ihnen zusammenhängenden Weltverkehr voraussezt. (84d) présuppose-B.
                    56 (23) Uebrigens sezt die Masse… die Concurrenz den Weltmarkt voraus  (84d) présuppose-B.
                    67 (34) aufzulösen, d. h. vorauszusetzen (108) les Allemands, présupposent-A
                    74-75 (41-42) setzt … vorauss (130-132, 131) présuppose-B.
                    75 (42) deren Voraussetzungen (132) prérequis
                    80 (47) ergibt sich die Voraussetzung (144) prérequis
                    80 (47) Der erste Fall setzt voraus (144) présuppose-B.
                    83 (50) von einer Masse materieller Voraussetzungen abhängt (150) conditions matérielles
                    89 (56) zu seiner historischen Voraussetzung (162) précondition
                    89 (56) den angegebenen Voraussetzungen (162) préconditions
                    89 (56) zur Voraussetzung (162) précondition
                    89 (56) voraussetze (162) présuppose-B.
                    103 (70) setzt die Entwicklung… voraus (190) présuppose-B.
                    103 (70) ein Satz der voraussetzt (190) présuppose-B.
                    111 (78) innerhalb der Voraussetzung der jetzt entwickelten Produktivkräfte (206) ce qui présuppose-B.
                    112 (79) alle naturwüchsigen Voraussetzungen zum ersten Mal mit Bewußtsein (208) peut-être Voraussetzungen-2
                    116 (83) keine andern naturwüchsigen Voraussetzungen (216) prérequis
                    121 (88) unter der Voraussetzung (226) à condition de
                    137 (104) ihre allgemein-philosophischen Voraussetzungen (260) vraiment Voraussetzungen-2
                    137 (104) vorausgesetzt (262) présupposé-A
                    140 (107) Die Voraussetzungen mit denen wir beginnen (270) conditions
                    140 (107) wirkliche Voraussetzungen (270) conditions
                    140 (107) Diese Voraussetzungen sind also (270) conditions
                    140 (107) Die erste Voraussetzung (272) la première condition
                    141 (108) Sie setz (274) présuppose-B
                    144 (111) Er setz (284) présuppose-B
                    148 (115) Voraussetzungen &amp; Bedingungen (296) conditions
                    149 (116) an materielle Voraussetzungen (300) conditions matérielles
                    149 (116) ist nicht voraussetzungslos (300) déconnecté des faits
                    149 (116) wirklichen Voraussetzungen (300) véritables conditions
                    149 (116) Ihre Voraussetzungen sind (300) préconditions
                    149 (116) durch Voraussetzungen bedingt (302) je doute

                     -->
                    J’ai cherché toutes les occurrences de <term xml:lang="de">Voraussetzung</term>
                    (ou des formes verbales) dans le <title>Jahrbuch 2003</title> et j’en trouve quarante-deux.
                    Dans quatre ou cinq cas seulement, il s’agit bien d’une vraie présupposition d’un sujet pensant.
                    Dans l’écrasante majorité des cas, il s’agit de conditions matérielles.
                    Même si on décompte les formes verbales en français
                    (puisque le verbe présupposer peut être légitimement utilisé comme factuel aussi),
                    ça fait beaucoup de traductions mauvaises ou très mauvaises.
                    (Souvent d’ailleurs un peu difficiles à comprendre.)<!--
                    Selon l’index des notions, p. 484, on trouve Voraussetzung sous la plume de Marx et Engels
                    aux pages 50, 60, 80, 82,     108,      132,      144, 150, 162, 190,
                     français 53, 61, 81, 83, 85, 109, 123, 131, 133, 145, 151, 163, 191,
                    206, 208, 216, 226, 260, 262, 270, 274, 284, 296, 300, 302, 348 et 350.
                    207, 209, 217, 227, 261, 263, 271, 275, 285, 297, 301, 303,        351. -->
                  </note>,
                  mais dans un ouvrage où Marx et Engels défendent une conception matérialiste de histoire,
                  c’est trahir leur pensée de ne pas écrire <term>prérequis</term> ou <term>condition</term>
                  lorsqu’il s’agit de la nécessité de conditions matérielles, de circonstances historiques.
                  Dans les citations que je donne ici, partout où ça m’a semblé nécessaire, j’ai corrigé.
                </p>
              </item>
              <item>
                <label xml:id="MEideall-I-Mensch" rend="fakehead h3">Mensch</label>
                <p rend="alinea">
                  <seg>
        Problème de français (comme en anglais et quelques autres langues) : le même mot <term>homme</term>
        peut désigner soit un individu quelconque de l’espèce humaine soit le mâle de l’espèce.
        Écrivant en allemand, Marx dispose de deux mots :
        <term xml:lang="de">Mensch</term> pour l’humain, <term xml:lang="de">Mann</term> pour le mâle
        (comme en néerlandais, <term xml:lang="nl">mens</term> et <term xml:lang="nl">man</term>).
        S’agissant de reproduction, ça peut donner des phrases bizarres en français
        (pour se reproduire, les hommes doivent être deux).
        Ayant pris conscience de ça, ça me dérange et, pour ne pas chaque fois répéter <term>être humain</term> en deux mots,
        j’utilise substantivement l’adjectif <term>humain</term> chaque fois qu’il ne s’agit pas d’un homme, mâle.
        Je vais m’efforcer d’écrire ainsi, mais aussi de corriger dans ce que je cite en français.
      </seg><!-- <xi:include href="seg-Mensch.xml">Mensch, Mann, humain, homme</xi:include> -->
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Parfois les traducteurs ont écrit <term>Homme</term> avec majuscule,
                  s’agissant de <term xml:lang="de">Mensch</term>,
                  mais malheureusement pas du tout systématiquement.
                  L’ambigüité demeure donc souvent sur le sens de leur mot <term>homme</term>.
                </p>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              En français, je donne comme référence la pagination de l’édition de 2014.
              (En allemand, j’indique les paginations de 2003 et de 2014.)
              Ayant travaillé d’abord avec ces autres éditions,
              je donne aussi parfois la pagination de l’<ref target="#MEideall1968">édition de 1976</ref>
              ou, pour la partie Feuerbach, de celle de l’<ref target="#MEideall1975">édition de 1975</ref>, ou les deux.
              D’autres éditions, je reprends aussi des passages raturés,
              qui sont en français dans l’édition de 2014,
              mais pas en allemand, ni dans le <title>Jahrbuch 2003</title>.
            </p>

            <p xml:id="MEideall-I-2014p49"><label rend="invisible">Marx, Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:48]</label>
              <index><term>transformation du monde</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h1">
              Feuerbach et histoire
              <lb/>Brouillon et notes
            </label>
            <bibl>Karl Marx, Friedrich Engels, fragment I/5-3</bibl>
            <!-- Citer p. 47, mule-jenny, etc. -->

            <p rend="alinea" xml:id="MEideallp24">
              « … il s’agit de révolutionner le monde existant… »
            </p>
            <list xml:id="MEideall-list2003p7" rend="horiz">
              <item xml:id="MEideall-item2003p7" style="width: 47%;">
                <cit xml:id="MEideall-cit2003p7" xml:lang="de">
                  <quote xml:id="MEideall-quote2003p7">
                    <p xml:id="MEideall2003p7" rend="alinea">
                      [...] |8| sich in Wirklichkeit &amp; für den <emph>praktischen</emph> Materialisten,
                      d. h. <emph>Kommunisten</emph>, darum handelt, die bestehende Welt zu revolutioniren,
                      die vorgefundnen Dinge praktisch anzugreifen &amp; zu verändern.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:7, 2014:48.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item><!--  style="width: 25%;" -->
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p xml:id="MEideall24" rend="alinea">
                      […] ||8| s’agit dans la réalité effective et pour le matérialiste <emph>pratique</emph>,
                      c’est-à-dire le <emph>communiste</emph>, il s’agit de révolutionner le monde existant,
                      de s’attaquer par la pratique aux choses qu’il trouve là avant lui et de les changer.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:49 (1976:24, 1975:55).</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p xml:id="MEideallBrillen" rend="alinea">
              Les choses telles qu’elles sont et telles qu’elles se sont passées, et les « lunettes » du philosophe.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 52%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          Um diese zu beseitigen,
                          muß er [Feuerbach] dann zu einer doppelten Anschauung seine Zuflucht nehmen,
                          zwischen einer profanen, die nur das „auf platter Hand Liegende“
                          &amp; einer höheren, philosophischen, die das „wahre Wesen“ der Dinge erschaut<note xml:id="ideAllJB2003-not-p8" n="NB." place="bottom">
                            Nicht daß F. das auf platter Hand liegende,
                            den sinnlichen <emph>Schein</emph> der durch genauere Untersuchung
                            des sinnlichen Thatbestandes constatirten sinnlichen Wirklichkeit unterordnet,
                            ist der Fehler, sondern daß er in letzter Instanz nicht mit der Sinnlichkeit fertig werden kann,
                            ohne sie mit den „Augen“, d. h. durch die „Brille“ des <emph>Philosophen</emph> zu betrachten.
                          </note>.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>2003:8, 2014:52.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item><!--  style="width: 25%;" -->
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea" xml:id="MEideall24deux5">
                          […] il [Feuerbach] lui faut avoir recours à une double intuition,
                          l’une profane qui n’aperçoit que « ce qui se trouve à portée de main »
                          et l’autre, supérieure, philosophique,
                          qui aperçoit la « vraie essence » des choses <note xml:id="ideAllnotEngels-p24" n="NB." place="bottom">
                            L’erreur n’est pas que F[euerbach] subordonne ce qui se trouve à portée de main,
                            l’<emph>apparence</emph> sensible, à la réalité effective sensible
                            constatée par un examen plus précis de l’état de fait sensible,
                            mais qu’en dernière instance il ne puisse pas venir à bout de la sensibilité
                            sans la considérer avec les « yeux », c’est-à-dire avec les « lunettes » du <emph>philosophe</emph>.
                            [Engels.]
                          </note>.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>2014:53 (1976:24, 1975:56).</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p xml:id="MEideall24trois4-ndx"><label rend="invisible">Marx, Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:53]</label>
              <index><term>contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 45%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Übrigens löst sich in dieser Auffassung der Dinge
                      wie sie wirklich sind &amp; geschehen sind,
                      wie sich weiter unten noch deutlicher zeigen wird,
                      jedes tiefsinnige philosophische Problem ganz einfach in ein empirisches Faktum auf.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:8-9, 2014:52-54.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item><!--  style="width: 25%;" -->
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p xml:id="MEideall24trois4" rend="alinea">
                      Du reste, dans cette conception des choses qui les appréhende
                      telles qu’effectivement elles sont et sont arrivées,
                      comme cela apparaîtra plus loin de façon encore plus claire,
                      tout problème philosophique profond se dissout tout simplement en un fait empirique.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                  2014:53-55 (1976:24, 1975:57), corrigé par moi.
                  <lb/>
                  (Les traducteurs de 2014 faisaient porter l’adverbe « effectivement » sur le deuxième verbe seulement !)
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              C’est particulièrement important dans une conception matérialiste de l’histoire.
              Si on ne parle pas de choses qui se sont passées, effectivement, ce n’est pas de l’histoire.
              Il faut appliquer ce filtre critique aux écrits de Marx et Engels aussi.
              C’est ainsi que j’estime que c’est à tort qu’on érige en loi de l’histoire la réflexion de Marx
              sur la <ref target="#prefCritEcoPol-sur3">contradiction entre forces productives et rapports sociaux</ref>
              sans même chercher quelques situations historiques où ce serait effectivement ce qui s’est passé.
              De même quand dans l’<ref target="#FamilleProprieteEtat">Origine de la famille…</ref>
              Engels explique <ref target="#FamilleProprieteEtat2-3clefs">la défaite historique des femmes</ref>,
              c’est qu’il veut <term xml:lang="la">a priori</term>
              que ça vienne des forces productives, des rapports de production, de la propriété privée,
              mais il n’avait en main autant dire rien sur les faits.
              Même si nous ne saurons jamais bien comment ça s’est effectivement passé,
              dans plein d’environnements différents à des époques différentes sur des millions d’années,
              ce n’est assurément pas l’évènement singulier qu’il construit de toutes pièces.
            </p>


            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p xml:id="MEideallBedurfnisse" rend="alinea">
              Les nécessités de l’existence.
            </p>
            <list rend="ordered">
              <item>Production des moyens d’existence</item>
              <item>C’est de l’histoire : la production, changeante, s’accompagne de nouveaux besoins… à produire…</item>
              <item>Reproduction des humains</item>
            </list>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 48.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Wir müssen […] damit anfangen, daß wir die erste Voraussetzung
                      aller menschlichen Existenz, also auch aller Geschichte constatiren,
                      nämlich die Voraussetzung daß
                      die Menschen im Stande sein müssen zu leben, um „Geschichte machen“ zu können.
                      Zum Leben aber gehört vor Allem Essen &amp; Trinken, Wohnung, Kleidung &amp; noch einiges Andere.
                      Die erste geschichtliche That ist also die Erzeugung der Mittel zur Befriedigung dieser Bedürfnisse,
                      die Produktion des materiellen Lebens selbst, &amp; zwar ist dies eine geschichtliche That,
                      eine Grundbedingung aller Geschichte, die noch heute, wie vor Jahrtausenden, täglich &amp; stündlich
                      erfüllt werden muß, um die Menschen nur am Leben zu erhalten.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:12 (2014:60).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item><!--  style="width: 25%;" -->
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      … il nous faut commencer par constater
                      le premier prérequis de toute existence humaine, donc de toute histoire,
                      c’est-à-dire le prérequis que, pour pouvoir « faire l’histoire »,
                      il faut que les humains soient en mesure de vivre.
                      Font partie de la vie surtout le fait de boire et de manger,
                      le logement, les vêtements et quelques autres choses encore.
                      Le premier acte historique est donc l’engendrement des moyens de satisfaire ces besoins,
                      la production de la vie matérielle elle-même, et c’est là un acte historique,
                      une condition fondamentale de toute histoire qui doit nécessairement être remplie,
                      aussi bien aujourd’hui qu’il y a des millénaires, chaque jour et à chaque heure,
                      afin simplement de maintenir les hommes en vie.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    2014:61 (1975:59-60).
                    Traduction fortement corrigée par moi (<ref target="#MEideall-I-Voraussetzung">prérequis</ref>).
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Das Zweite ist, daß das befriedigte erste Bedürfniß selbst,
                      die Aktion der Befriedigung &amp; das schon erworbene Instrument der Befriedigung
                      zu neuen Bedürfnissen führt
                      - &amp; diese Erzeugung neuer Bedürfnisse ist die erste geschichtliche That.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:13 (2014:62).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La deuxième chose, c’est que le premier besoin lui-même une fois satisfait,
                      l’action de le satisfaire et l’instrument de satisfaction déjà acquis
                      conduisent à de nouveaux besoins
                      — et cet engendrement de nouveaux besoins est le premier acte historique.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:63 (1975:60).</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p xml:id="MEideall-I-1975p61"><label rend="invisible">Marx, Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:64-65]</label>
              <index><term>partriarcat, subordonné au mode de production</term></index>
              <index><term>famille, rapport social de reproduction</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Das dritte Verhältniß was hier gleich von vorn herein in die geschichtliche Entwicklung eintritt,
                      ist das, daß die Menschen, die ihr eignes Leben täglich neu machen,
                      anfangen, andre Menschen zu machen, sich fortzupflanzen
                      — das Verhältniß zwischen Mann &amp; Weib, Eltern &amp; Kindern, die <term xml:lang="de">Familie</term>.
                      Diese Familie, die im Anfange das einzige soziale Verhältniß ist,
                      wird späterhin, wo die vermehrten Bedürfnisse neue gesellschaftliche Verhältnisse,
                      &amp; die vermehrte Menschenzahl neue Bedürfnisse erzeugen,
                      zu einem untergeordneten (ausgenommen in Deutschland),
                      &amp; muß alsdann nach den existirenden empirischen Daten, nicht nach dem „Begriff der Familie"
                      wie man in Deutschland zu thun pflegt, behandelt &amp; entwickelt werden.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:14 (2014:64).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Le troisième rapport qui entre ici d’emblée dans le développement historique,
                      c’est que les humains, qui renouvellent quotidiennement leur propre vie,
                      se mettent à faire d’autres humains, à se reproduire
                      — le rapport entre homme et femme, parents et enfants, la <term>famille</term>.
                      Cette famille, qui au commencement est l’unique rapport social,
                      devient ensuite, là où l’accroissement des besoins engendre de nouveaux rapports sociaux
                      et où l’accroissement de la population engendre de nouveaux besoins,
                      un rapport subordonné (sauf en Allemagne),
                      et il faut donc en traiter et lui consacrer des développements
                      en partant des données empiriques existantes
                      et non du « concept de la famille » comme on a coutume de le faire en Allemagne.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:65 (1975:61).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The third circumstance which, from the very outset, enters into historical development,
                      is that men, who daily re-create their own life, begin to make other men, to propagate their kind:
                      the relation between man and woman, parents and children, the family.
                      The family, which to begin with is the only social relation, becomes later,
                      when increased needs create new social relations and the increased population new needs,
                      a subordinate one (except in Germany),
                      and must then be treated and analysed according to the existing empirical data,
                      not according to "the concept of the family", as is the custom in Germany.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 5:42-43.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Considération importante, au détour d'une phrase :
              le rapport social <term>famille</term>, entre homme et femme, parents et enfants,
              celui qui intervient dans la reproduction de l'espèce,
              qui apparait ici en troisième lieu au niveau de l'exposé,
              est historiquement <emph>premier</emph>, le <emph>seul</emph> rapport social.
              (Marx et Engels ne sont pas anthropologues.
              Ce rapport pourrait être dit premier plus logiquement que chronologiquement.)
              Mais quand plus tard interviennent aussi des rapports de production
              (qui caractérisent une société en tant que mode de production),
              le rapport entre hommes et femmes devient subordonné au mode de production.
              Reste à étudier comment, dans diverses sociétés,
              le mode de production, informe le rapport entre les hommes et les femmes.
              (<ref target="#DMfm-capital">Je soupçonne</ref> que ce rapport reprend son indépendance sous le capitalisme.)
              Bref, ce passage introduit, sans utiliser le terme, la question du <term>patriarcat</term>.
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 51%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Die Produktion des Lebens,
                      sowohl des eignen in der Arbeit wie des fremden in der Zeugung
                      erscheint nun schon sogleich als ein doppeltes ||13| [V]erhältniß
                      - einerseits als ein natürliches, andrerseits als gesellschaftliches Verhältniß
                      - gesellschaftlich in dem Sinne als hierunter das Zusammenwirken mehrerer Individuen,
                      gleichviel unter welchen Bedingungen,
                      auf welcher Weise &amp; zu welchem Zweck verstanden wird.
                      Hieraus geht hervor, daß eine bestimmte Produktionsweise oder industrielle Stufe
                      stets mit einer bestimmten Weise des Zusammenwirkens
                      oder gesellschaftlichen Stufe vereinigt ist,
                      u. diese Weise de s Zusammenwirkens ist selbst eine „Proio ductivkraft"
                      daß die Menge der den Menschen zugänglichen Produktivkräfte
                      den gesellschaftlichen Zustand bedingt
                      &amp; also die „Geschichte der Menschheit“ stets im Zusammenhange
                      mit der Geschichte der Industrie &amp; des Austausches studirt &amp; bearbeitet werden muß.
                      […]
                      Es zeigt sich also schon von vorn herein
                      ein materialistischer Zusammenhang der Menschen unter einander
                      der durch die Bedürfnisse &amp; die Weise der Produktion bedingt
                      &amp; so alt ist wie die Menschen selbst
                      - ein Zusammenhang, der stets neue Formen annimmt &amp; also eine „Geschichte" darbietet,
                      auch ohne daß irgend ein politischer oder religiöser Nonsens existirt
                      der die Menschen noch extra zusammenhalte.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:14-15 (2014:64-66).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La production de la vie,
                      aussi bien de sa propre vie dans le travail que de celle d’un ou d’une
                      autre dans la procréation, apparaît donc déjà dès maintenant comme un rapport double
                      — d’une part comme un rapport naturel, d’autre part comme un rapport social,
                      — social où l’on comprend par là l’action collective de plusieurs individus,
                      peu importe quelles en sont les conditions, le mode et la finalité.
                      Il en résulte qu’un mode de production ou un stade industriel déterminés
                      sont toujours unis à un mode d’action collective ou à un stade social déterminés,
                      et que ce mode d’action collective est lui-même une « force productive » ;
                      que la quantité des forces productives accessibles aux humains conditionne l’état social,
                      et qu’il faut donc toujours étudier et élaborer « l’histoire de l’humanité »
                      en connexion avec l’histoire de l’industrie et de l’échange.
                      […]
                      Donc, d’emblée, une connexion matérialiste des humains entre eux se fait jour,
                      qui est conditionnée par les besoins et le mode de la production,
                      et qui est aussi vieille que les humains eux-mêmes
                      — une connexion qui prend sans cesse de nouvelles formes et qui présente donc une « histoire »,
                      même sans qu’existe encore quelque non-sens politique ou religieux que ce soit
                      permettant de maintenir les humains ensemble par surcroît.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:65-67 (1975:61-62).</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
            </list>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Ce caractère premier des nécessités de l’existence,
              c’est l’essentiel de la conception matérialiste de l’histoire,
              comme Engels le rappelle dans <ref target="#Engelslettre1890-09-21Bloch">une lettre à Joseph Bloch en 1890</ref>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              <!-- Mais tout de suite, surgit une difficulté : le saut de la procréation à la famille. -->
              Marx insiste sur la nécessité de partir des faits, « des données empiriques existantes »,
              dans la ligne des choses « telles qu’effectivement elles sont et sont arrivées »
              (<ref target="#MEideallBrillen">plus haut</ref>).
              Marx ne dispose pas de « données empiriques existantes »
              montrant dans quelle organisation, qu’on puisse appeler <term>famille</term>,
              les humains<!-- j’ai corrigé ce bizarre « commencent » --><!--  « commencent »<note
              xml:id="MEideall-I-not3" n="3" place="bottom">
                Les humains n’ont jamais « commencé », ils n’ont fait que continuer la reproduction sexuée
                qui remonte au premier eucaryote ancêtre commun, il y a quelque deux milliards d’années.
                Il n’y a ici de commencement que <emph>logique</emph> :
                le point où Marx, Engels et leurs lecteurs commencent à aborder la question.
              </note>
              à se reproduire --> se reproduisent,
              mais peut-être qu’il appelle famille tout cadre social de reproduction.

            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


            <p rend="alinea">
              Ce n’est qu’après avoir considéré les nécessités de l’existence
              qu’on peut dire quelque chose de la conscience.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 49.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          — Jetzt erst, nachdem wir bereits vier Momente, vier Seiten
                          der ursprünglichen, geschichtlichen Verhältnisse betrachtet haben,
                          finden wir, daß der Mensch auch „Bewußtsein" hat<note xml:id="MEideall1975p62not1de" n="1" place="bottom">
                            Die Menschen haben Geschichte, weil sie ihr Leben <emph>produciren</emph> müssen,
                            u. zwar muß auf <emph>bestimmte</emph> Weise ;
                            dieß ist durch ihre physische Organisation gegeben ;
                            ebenso wie ihr Bewußtsein.
                          </note>.
                        </p>
                        <p rend="alinea pluspetit">
                          [2003:219, Variante :] … unter andern auch „Geist“ hat,
                          &amp; daß dieser „Geist“ sich als „Bewußtsein“ „äußert“.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>2003:15-16, 2014:66-68 (MEW 3:30).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea" xml:id="MEideall1975p62"><label xml:id="MEideall-I-2014p67" rend="invisible">Marx, Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:67]</label>
                          <index><term>complexion corporelle</term></index>
                          <index><term>conscience, et organisation physique de l’humain</term></index>
                          <index><term>conscience, expression de l’esprit</term></index>
                          <index><term>corporelle, physique, complexion, organisation</term></index>
                          <index><term>esprit, s’exprime en tant que conscience</term></index>
                          <index><term>organisation corporelle, physique</term></index>
                          <index><term>phylogénétique, conscience</term></index>
                          <index><term>phylogénétique, production</term></index>
                          <index><term>physique, corporelle, complexion, organisation</term></index>
                          <index><term>production, et organisation physique de l’humain</term></index>
                          — Ce n’est que maintenant seulement, après avoir déjà examiné quatre moments,
                          quatre côtés des rapports historiques originels,
                          que nous trouvons que l’humain a aussi de la « conscience »<note xml:id="MEideall1975p62not1" n="1" place="bottom">
                            Les humains ont une histoire, parce qu’il leur faut
                            <emph>produire</emph> leur vie et il le faut d’ailleurs d’une manière <emph>déterminée</emph> ;
                            cela est donné par leur organisation physique ; tout comme leur conscience.
                          </note>.
                        </p>
                        <p rend="alinea pluspetit">
                          [Variante :] … a, entre autres, également un « esprit »,
                          et que cet « esprit » « s’exprime » en tant que « conscience ».
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>2014: 67-69 (1975:62).</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 24.7%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Dieses Hammel- oder Stammbewußtsein erhält seine weitere Entwicklung &amp; Ausbildung
                      durch die gesteigerte Produktivität, die Vermehrung der Bedürfnisse
                      &amp; die Beiden zum Grunde liegende Vermehrung der Bevölkerung.
                      Damit entwickelt sich die Theilung der Arbeit,
                      die ursprünglich nichts war als die Theilung der Arbeit im Geschlechtsakt,
                      dann Theilung der Arbeit, die sich vermöge
                      der natürlichen Anlage (z. B. Körperkraft), Bedürfnisse, Zufälle &amp;c &amp;c
                      von selbst oder „naturwüchsig“ macht.
                      Die Theilung der Arbeit wird erst wirklich Theilung von dem Augenblicke an,
                      wo eine Theilung der materiellen &amp; geistigen Arbeit eintritt.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:17, 2014:70 (MEW 3:31).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.85%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="MEideall1975p64">
                      Cette conscience moutonnière ou tribale parvient à poursuivre son développement et sa formation
                      grâce à l’augmentation de la productivité, à l’accroissement des besoins
                      et à l’accroissement de la population qui est au fondement des deux.
                      Ainsi se développe la division du travail
                      qui originellement n’était rien d’autre que la division du travail dans l’acte sexuel,
                      avant de devenir la division du travail qui se fait d’elle-même ou de manière « naturelle-spontanée »
                      en vertu des dispositions naturelles (par ex. la force corporelle), des besoins, des hasards, etc., etc.
                      La division du travail ne devient effectivement division du travail
                      qu’à l’instant où entre en jeu une division du travail matériel et du travail intellectuel.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:71 (1975:64).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26.1%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Dit schapen- of stambewustzijn ontwikkelt en vervolmaakt zich
                      onder invloed van de stijging van de productiviteit, de toename van de behoeften,
                      en de aanwas van de bevolking die aan de twee eerste fenomenen ten grondslag ligt.
                      Daarmee ontwikkelt zich de arbeidsdeling,
                      die oorspronkelijk niets anders was dan de arbeidsdeling in de geslachtsdaad,
                      vervolgens de arbeidsdeling die op grond van natuurlijke aanleg (de lichaamskracht bijv.),
                      behoeften, toevallige omstandigheden enz. enz. vanzelf of ‘van nature’ tot stand komt.
                      De arbeidsdeling wordt pas werkelijk deling vanaf het moment,
                      dat er een deling van materiële en geestelijke arbeid ontstaat.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/duitse_ideologie/index.htm#Het_ontstaan_van_het_bewustzijn_en_de_">Marxist Internet-Archief</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      This sheep-like or tribal consciousness receives its further development and extension
                      through increased productivity, the increase of needs,
                      and, what is fundamental to both of these, the increase of population.
                      With these there develops the division of labour,
                      which was originally nothing but the division of labour in the sexual act,
                      then the division of labour which develops spontaneously or "naturally"
                      by virtue of natural predisposition (e.g., physical strength), needs, accidents, etc., etc.
                      Division of labour only becomes truly such
                      from the moment when a division of material and mental labour appears.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 5:44-45.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              La division du travail se développe avec le développement de l’humanité,
              mais le passage ci-dessus couvre un long développement :
            </p>
            <list>
              <item>
                La division du travail dans l’acte sexuel. Ça, c’est bien sûr aussi ancien que l’humanité<note xml:id="MEideall-I-not4" n="4" place="bottom">
                  Voir la note 3.
                </note>.
                À vrai dire, je n’y comprends rien.
                Je ne vois pas en quel sens Marx et Engels qualifient l’acte sexuel de travail,
                ni en quoi il y aurait là une division du travail<note xml:id="MEideall-I-not5" n="5" place="bottom">
                  C’est un travail en commun où, bien sûr, les apports sont différents et complémentaires :
                  l’une y fournit un ovule et l’autre des spermatozoïdes,
                  mais on est là sur le plan de la biologie, pas du travail.
                  Après, bien sûr, s’il y a fécondation, ce sont les femmes
                  qui assurent la gestation, l’accouchement, l’allaitement, etc., pas les hommes.
                  Nos auteurs ont-ils visé en réalité <emph>les suites</emph> de l’acte sexuel ?
                </note>.
                ()
              </item>
              <item>
                Ensuite la division qui se fait d’elle-même en raison des circonstances, naturellement<note xml:id="MEideall-I-not6" n="6" place="bottom">
                  Ils écrivent <foreign xml:lang="de">„naturwüchsig“</foreign> avec guillemets en prime pour bien dire
                  que ce n’est pas naturel au sens nature versus culture, pas biologique, pas phylogénétique,
                  mais dans le sens où l’on dit : « c’est tout naturel », « cela va de soi ».
                </note>.
                Ça me fait penser à la division du travail qui apparaît lorsqu’à la la seule collecte
                s’ajoute la chasse<note xml:id="MEideall-I-not7" n="7" place="bottom">
                  L’argument de Judith Brown que je mentionne
                  <ref target="#DMfm-JudithKBrown">dans mon Essai de féminisme marxiste</ref>
                  est précisément que la division du travail selon le sexe dans la chasse
                  est naturelle (au sens de <term xml:lang="de">naturwüchsig</term>).
                  Cette division est spontanée plutôt que raisonnée, mais tout observateur la trouverait raisonnable.
                </note>.
              </item>
              <item>
                Mais la division du travail qui compte vraiment, c’est celle du travail manuel et du travail intellectuel.
                Là, on très très loin des collecteurs-chasseurs du point précédent.
                Derrière cette expression prudente,
                il n’y a en réalité plus de division du travail à proprement parler,
                puisque c’est la division entre ceux qui travaillent
                et ceux qui se trouvent en situation de faire travailler les autres sans travailler eux-mêmes.
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Cette division entre travail manuel et intellectuel, qui revient encore,
              <!-- 2003:49-4 où ils passent à Stad &amp; Land -->
              ils la développent :
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Von diesem Augenblicke an kann sich das Bewußtsein wirklich einbilden,
                      etwas Andres als das Bewußtsein der bestehenden Praxis zu sein,
                      wirklich etwas vorzustellen, ohne etwas Wirkliches vorzustellen —
                      von diesem Augenblicke an ist das Bewußtsein im Stande,
                      sich von der Welt zu emanzipiren &amp; zur Bildung der „reinen“ Theorie,
                      Theologie Philosophie Moral &amp;c überzugehen.
                      Aber selbst wenn diese Theorie, Theologie, Philosophie, Moral &amp;c
                      in Widerspruch mit den bestehenden Verhältnissen treten,
                      so kann dies nur dadurch geschehen daß die bestehenden gesellschaftlichen Verhältnisse
                      mit der bestehenden Produktionskraft in Widerspruch getreten sind […]
                      <!-- la suite, intéressante, m’entraînerait trop loin ? -->
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:17-18.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
            </list>
            <p rend="alinea">
              Après avoir introduit ici la contradiction
              entre forces productives et rapports sociaux de production,
              <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">point essentiel de la préface de 1859</ref>,
              il ajoute la possibilité de décalage entre un pays et les autres.
              (Surtout quand cette nation est « la merde en soi et pour soi ».
              Critiquant l’idéologie allemande, parfois Marx et Engels vont très loin dans l’expression.)
            </p>



  <!--
  annonce du concept de dictature du prolétariat (sans le terme)
  2003:20 (PDF 53) bas, MEW 3:34
  … jede nach der Herrschaft strebende Klasse, wenn ihre Herrschaft auch,
  wie dies beim Proletariat der Fall ist,
  die Aufhebung der ganzen alten Gesellschaftsform u. der Herrschaft überhaupt bedingt,
  sich zuerst die politische Macht erobern muß, um ihr Interesse wieder als das Allgemeine,
  wozu sie im ersten Augenblick gezwungen ist, darzustellen.
   -->

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p xml:id="MEideall-Jhb2003p28" rend="alinea"><label xml:id="MEideall-I-2014p92" rend="invisible">Marx, Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:96]</label>
              <index><term>contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>
              <index><term>rapports sociaux de production, contradiction avec les forces productives</term></index>
              <index><term>forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
              <index><term>développement des forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>

              Une conception matérialiste de l’histoire et le passage du capitalisme au communisme.
              <!-- Juxta, 96-97 et ss. -->
              Attention que, contrairement à <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">la fameuse préface de 1859</ref> où c’est formulé comme une loi générale de l’histoire,
              ici, « il arrive un stade où… », c’est le stade <emph>particulier</emph> du capitalisme,
              puisque la sortie de cette situation, c’est le communisme.
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Schließlich erhalten wir noch folgende Resultate aus der entwickelten Geschichtsauffassung:
                      1) In der Entwicklung der Produktivkräfte tritt eine Stufe ein,
                      auf welcher Produktionskräfte &amp; Verkehrsmittel hervorgerufen werden,
                      welche unter den bestehenden Verhältnissen nur Unheil anrichten,
                      welche keine Produktionskräfte mehr sind, sondern Destruktionskräfte (Maschinerie &amp; Geld)
                      — &amp; was damit zusammenhängt daß eine Klasse hervorgerufen wird,
                      welche alle Lasten der Gesellschaft zu tragen hat ohne ihre Vortheile zu genießen,
                      welche aus der Gesellschaft heraus||23|gedrängt,
                      in den entschiedensten Gegensatz zu allen andern Klassen forcirt wird;
                      eine Klasse die die Majorität aller Gesellschaftsmitglieder bildet
                      &amp; von der das Bewußtsein über die Notwendigkeit einer gründlichen Revolution,
                      das kommunistische Bewußtsein aus geht, das sich natürlich
                      auch unter den andern Klassen vermöge der Anschauung der Stellung dieser Klasse bilden kann;
                      2) daß die Bedingungen innerhalb deren bestimmte Produktionskräfte angewandt werden können,
                      die Bedingungen der Herrschaft einer bestimmten Klasse der Gesellschaft sind,
                      deren soziale, aus ihrem Besitz hervorgehende Macht in der jedesmaligen Staatsform
                      ihren <emph>praktisch</emph>-idealistischm Ausdruck hat,
                      &amp; deßhalb jeder revolutionäre Kampf gegen eine Klasse, die bisher geherrscht hat, sich richtet;
                      3) daß in allen bisherigen Revolutionen die Art der Thätigkeit stets unangetastet blieb
                      &amp; es sich nur um eine andre Distribution dieser Thätigkeit,
                      um eine neue Vertheilung der Arbeit an andre Personen handelte,
                      während die kommunistische Revolution sich gegen die bisherige <emph>Art</emph> der Thätigkeit richtet,
                      die <emph>Arbeit</emph> beseitigt, &amp; die Herrschaft aller Klassen mit den Klassen selbst aufhebt,
                      weil sie durch die Klasse bewirkt wird, die in der Gesellschaft für keine Klasse mehr gilt,
                      nicht als Klasse anerkannt wird,
                      schon der Ausdruck der Auflösung aller Klassen, Nationalitäten &amp;c innerhalb der jetzigen Gesellschaft ist
                      &amp; 4) daß sowohl zur massenhaften Erzeugung dieses kommunistischen Bewußtseins,
                      wie zur Durchsetzung der Sache selbst eine massenhafte Veränderung der Menschen nöthig ist,
                      die nur in einer praktischen Bewegung, in einer <emph>Revolution</emph> vor sich gehen kann;
                      daß also die Revolution nicht nur nöthig ist,
                      weil die <emph>herrschende</emph> Klasse auf keine andre Weise gestürzt werden kann,
                      sondern auch, weil die <emph>stürzende</emph> Klasse nur in einer Revolution dahin kommen kann,
                      sich den ganzen alten Dreck vom Halse zu schaffen
                      &amp; zu einer neuen Begründung der Gesellschaft befähigt zu werden.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:27-28. 2014:92,94.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Finalement, la conception de l’histoire que nous avons de développée nous donne encore les résultats suivants :
                      1) dans le développement des forces productives,
                      il arrive un stade où naissent des forces de production et des moyens de commerce qui,
                      dans les rapports existants, n’entraînent que des dégâts
                      et qui ne sont plus des forces de production mais des forces de destruction (machinerie et argent)
                      — et, point qui est en connexion avec ce qui précède,
                      il naît une classe qui doit porter toutes les charges de la société sans jouir de ses avantages,
                      et qui, poussée en dehors de la société, ||23|
                      se retrouve forcée de s’opposer de la manière la plus résolue à toutes les autres classes ;
                      une classe constituée de la majorité des membres de la société
                      et d’où provient la conscience de la nécessité d’une révolution fondamentale, la conscience communiste,
                      laquelle peut naturellement se former aussi parmi les autres classes en vertu de l’intuition de la position de cette classe ;
                      2) les conditions à l’intérieur desquelles des forces de production déterminées peuvent être employées
                      sont les conditions de la domination d’une classe déterminée de la société,
                      dont la puissance sociale, qui est issue de ce qu’elle possède,
                      trouve son expression idéaliste <emph>pratique</emph> dans chaque forme d’État,
                      et c’est pourquoi toute lutte révolutionnaire est dirigée contre une classe qui, jusque là, a dominé ;
                      3) dans toutes les révolutions antérieures, le type d’activité est toujours demeuré intact,
                      et il ne s’agissait que d’une autre distribution de cette activité,
                      d’une nouvelle répartition du travail entre d’autres personnes,
                      alors que la révolution communiste est dirigée contre l’ancien <emph>type</emph> d’activité,
                      elle supprime le <emph>travail</emph> et abolit la domination de toutes les classes et les classes elles-mêmes,
                      parce qu’elle est effectuée par la classe qui dans la société, n’est plus considérée comme une classe,
                      qui n’est pas reconnue en tant que classe, et qui est déjà l’expression
                      de la dissolution de toutes les classes, nationalités, etc., à l’intérieur de la société actuelle
                      et 4) l’engendrement massif de cette conscience communiste ainsi que l’accomplissement de la chose elle-même
                      nécessitent un changement massif des hommes, le quel ne peut advenir que dans un mouvement pratique,
                      dans une <emph>révolution</emph> ;
                      la révolution n’est donc pas seulement nécessaire parce que la classe <emph>qui domine l’autre</emph>
                      ne peut être renversée sur aucun autre mode,
                      mais également parce que c’est seulement par une révolution que la classe <emph>qui renverse l’autre</emph>
                      peut arriver à se débarrasser de toute cette vieille saloperie et de devenir capable de refonder la société.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:93,95.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Tenslotte verkrijgen wij uit de hier geschetste geschiedenisopvatting nog de volgende resultaten:
                      (1) In de ontwikkeling van de productiekrachten breekt een fase aan,
                      waarin productiekrachten en verkeersmiddelen in het leven worden geroepen,
                      die onder de bestaande verhoudingen slechts onheil stichten en geen productieve maar destructieve krachten zijn (machinerie en geld);
                      en in samenhang daarmee ontstaat er een klasse die alle lasten van de maatschappij moet dragen zonder haar voordelen te genieten,
                      die uit de maatschappij verdreven en in de scherpste tegenstelling tot alle overige klassen wordt gedrongen;
                      een klasse die de meerderheid van alle leden van de maatschappij vormt
                      en waaruit het bewustzijn ontstaat van de noodzaak van een fundamentele revolutie, het communistisch bewustzijn,
                      dat zich natuurlijk ook onder de andere klassen kan ontwikkelen op grond van de aanschouwing van de positie van deze klasse.
                      (2) De voorwaarden waaronder bepaalde productiekrachten aangewend kunnen worden,
                      zijn die van de heerschappij van een bepaalde maatschappelijke klasse wier sociale macht, die op haar eigendom berust,
                      telkens zijn <emph>praktisch</emph>-idealistische uitdrukking in de staatsvorm vindt;
                      en daarom is iedere revolutionaire strijd tegen een klasse gericht, die tot dan toe aan de macht was.
                      (3) In alle revoluties tot dusver bleef de aard van de werkzaamheid altijd onaangetast
                      en ging het slechts om een andere verdeling van deze werkzaamheid, om een nieuwe verdeling van de arbeid aan andere personen,
                      terwijl de communistische revolutie gericht is tegen de <emph>wijze</emph> waarop de werkzaamheid tot dusver plaatsvindt:
                      zij schaft de <emph>arbeid</emph> af en heft de heerschappij van alle klassen met de klassen zelf op,
                      omdat zij tot stand gebracht wordt door die klasse, die in de maatschappij niet meer tot de klassen wordt gerekend,
                      niet als klasse erkend wordt en binnen de huidige maatschappij
                      reeds de uitdrukking van de ontbinding van alle klassen, nationaliteiten enz. is;
                      en (4) Zowel voor het ontstaan van het communistisch bewustzijn op massale schaal, als voor het welslagen van de zaak zelf
                      is een massale verandering van de mensen nodig, een verandering die alleen in een praktische beweging,
                      in een <emph>revolutie</emph> plaats kan vinden;
                      de revolutie is dus noodzakelijk, niet alleen omdat de <emph>heersende</emph> klasse op geen enkele andere manier omvergeworpen kan worden,
                      maar ook omdat de klasse <emph>die haar omverwerpt</emph> er alleen in een revolutie in kan slagen
                      zich van heel de oude troep te bevrijden en in staat kan zijn de maatschappij op een nieuwe grondslag te stellen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/duitse_ideologie/index.htm#Voorwaarden_voor_de_revolutie_">Marxist Internet-Archief</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Finally, from the conception of history set forth by us we obtain these further conclusions:
                      1) In the development of productive forces there comes a stage
                      when productive forces and means of intercourse are brought into being which, under the existing relations,
                      only cause mischief, and are no longer productive but destructive forces (machinery and money);
                      and connected with this a class is called forth which has to bear all the burdens of society without enjoying its advantages,
                      which is ousted from society and [23] forced into the sharpest contradiction to all other classes;
                      a class which forms the majority of all members of society,
                      and from which emanates the consciousness of the necessity of a fundamental revolution, the communist consciousness,
                      which may, of course, arise among the other classes too through the contemplation of the situation of this class.
                      2) The conditions under which definite productive forces can be applied
                      are the conditions of the rule of a definite class of society, whose social power, deriving from its property,
                      has its <emph>practical</emph>-idealistic expression in each case in the form of the state
                      and, therefore, every  revolutionary struggle is directed against a class which till then has been in power.
                      3) In all previous revolutions the mode of activity always remained unchanged
                      and it was only a question of a different distribution of this activity,
                      a new distribution of labour to other persons,
                      whilst the communist revolution is directed against the hitherto existing <emph>mode</emph> of activity,
                      does away with <emph>labour</emph>, and abolishes the rule of all classes with the classes themselves,
                      because it is carried through by the class which no longer counts as a class in society,
                      which is not recognised as a class, and is in itself the expression
                      of the dissolution of all classes, nationalities, etc., within present society;
                      and 4) Both for the production on a mass scale of this communist consciousness,
                      and for the success of the cause itself, the alteration of men on a mass scale is necessary,
                      an alteration which can only take place in a practical movement, a <emph>revolution</emph>;
                      the revolution is necessary, therefore,
                      not only because the <emph>ruling</emph> class cannot be overthrown in any other way,
                      but also because the class <emph>overthrowing it</emph> can only in a revolution succeed
                      in ridding itself of all the muck of ages and become fitted to found society anew.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 5:52-53.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Comme je l’ai écrit en introduisant le passage ci-dessus,
              les forces de production qui deviennent forces de destruction
              font penser bien sûr à <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">la préface de 1859</ref>,
              mais, je trouve, plus encore à <ref target="#SitClassLabAngl"><title>La situation de la classe laborieuse en Angleterre</title></ref> d’Engels
              l’année d’avant l’<title>Idéologie allemande</title>.
              En effet, on a ici plus l’expression d’une situation négative en soi
              que d’une contradiction avec les rapports de production.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Ci-dessus, on dit « les résultats suivants » que cette conception de l’histoire nous donne.
              Un peu plus loin, on revient sur cette conception de l’histoire elle-même :
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      /24/ Diese Geschichtsauffassung beruht also darauf, den wirklichen Produktionsprozeß,
                      &amp; zwar von der materiellen Produktion des <pb xml:id="p29" n="29"/>unmittelbaren Lebens ausgehend, zu entwickeln
                      &amp; die mit dieser Produktionsweise zusammenhängende &amp; von ihr erzeugte Verkehrsform,
                      also die bürgerliche Gesellschaft in ihren verschiedenen Stufen als Grundlage der ganzen Geschichte aufzufassen
                      &amp; sie sowohl in ihrer Aktion als Staat darzustellen,
                      wie die sämmtlichen verschiedenen theoretischen Erzeugnisse &amp; Formen des Bewußtseins,
                      Religion, Philosophie, Moral &amp;c &amp;c aus ihr zu erklären u. ihren Entstehungsprozeß aus ihnen zu verfolgen,
                      wo dann natürlich auch dịẹ<!-- U+1ECB U+1EB9 --> Sache in ihrer Totalität
                      (u. darum auch dịẹ<!-- U+1ECB U+1EB9 --> Wechselwirkung dieser verschiednen Seiten auf einander)
                      dargestellt werden kann.
                      Sie hat in jeder Periode nicht, wie die idealistische Geschichtsanschauung,
                      nach einer Kategorie zu suchen, sondern bleibt fortwährend auf dem wirklichen Geschichts<emph>boden</emph> stehen,
                      erklärt nicht die Praxis aus der Idee, erklärt die Ideenformationen aus der materiellen Praxis,
                      &amp; kommt demgemäß auch zu dem Resulat, daß alle Formen &amp; Produkte des Bewußtseins
                      nicht durch geistige Kritik, durch Auflösung ins „Selbstbewußtsein“
                      oder Verwandlung in „Spuk“, „Gespenster“, „Sparren“
                      &amp;c sondern nur durch den praktischen Umsturz der realen gesellschaftlichen Verhältnisse
                      aus denen diese idealistischen Flausen hervorgegangen sind, aufgelöst werden können
                      — daß nicht die Kritik, sondern die Revolution die treibende Kraft der Geschichte
                      auch der Religion, Philosophie &amp; sonstigen <pb xml:id="Jahrbuch2003-p30" n="30"/>Theorie ist.
                      Sie zeigt, daß die Geschichte nicht damit endigt, sich ins „Selbstbewußtsein“
                      als „Geist vom Geist“ aufzulösen, sondern daß in ihr auf jeder Stufe ein materielles Resultat,
                      eine Summe von Produktionskräften, ein historisch geschaffnes Verhältniß zur Natur
                      u. dẹṛ<!-- U+1EB9 U+1E5B --> Individuen zu einander sich vorfindet,
                      die jeder Generation von ihrer Vorgängerin überliefert wird,
                      eine Masse von Produktivkräften, Kapitalien &amp; Umständen,
                      die zwar einerseits von der neuen Generation modifizirt wird,
                      ihr aber auch andrerseits ihre eignen Lebensbedingungen vorschreibt
                      &amp; ihr eine bestimmte Entwicklung, einen specialen Charakter gibt
                      — daß also die Umstände ebensosehr ||25| die Menschen, wie die Menschen die Umstände machen.
                      Diese Summe von Produktionskräften, Kapitalien &amp; sozialen Verkehrsformen,
                      die jedes Individuum &amp; jede Generation als etwas Gegebenes vorfindet,
                      ist der reale Grund dessen, was sich die Philosophen als „Substanz“ &amp; „Wesen des Menschen“ vorgestellt,
                      was sie apotheosirt &amp; bekämpft haben, ein realer Grund der dadurch nicht im Mindesten in seinen Wirkungen
                      &amp; Einflüssen auf die Entwicklung der Menschen gestört wird,
                      daß diese Philosophen als „Selbstbewußtsein“ &amp; „Einzige“ dagegen rebelliren.
                      Diese vorgefundenen Lebensbedingungen der verschiedenen Generationen entscheiden auch,
                      ob die periodisch in der Geschichte wiederkehrende revolutionäre Erschütterung stark genug sein wird
                      oder nicht, die Basis <pb xml:id="Jahrbuch2003-p31" n="31"/>alles Bestehenden umzuwerfen,
                      &amp; wenn diese materiellen Elemente einer totalen Umwälzung nämlich einerseits die vorhandnen Productivkräfte,
                      andrerseits dịẹ<!-- U+1ECB U+1EB9 --> Bildung einer revolutionären Masse,
                      die nicht nur gegen einzelne Bedingungen dẹṛ<!-- U+1EB9 U+1E5B --> bisherigen Gesellschaft,
                      sondern gegen dịẹ<!-- U+1ECB U+1EB9 --> bisherige „Lebensproduktion“ io selbst,
                      — die „Gesammtthätigkeit“ worauf sie basirte, revolutionirt — nicht vorhanden sind,
                      so ist es ganz gleichgültig für die praktische Entwicklung,
                      ob die Idee dieser Umwälzung schon hundertmal ausgesprochen ist
                      — wie die Geschichte des Kommunismus dies beweist.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:28-31 (PDF 61:64), 2014:96-102.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Cette conception de l’histoire repose donc sur le fait de développer
                      le processus de production effectif, et ce à partir de la production matérielle de la vie immédiate,
                      <pb xml:id="juxta2014-p99" n="99"/>et sur le fait de concevoir la forme de commerce
                      qui est en connexion avec ce mode de production et qui est engendré par lui,
                      donc de concevoir la société civile à ses différents stades comme la base fondamentale de toute l’histoire,
                      et aussi bien de la présenter dans son action en tant qu’État
                      que d’expliquer à partir d’elle [l’ensemble des différentes productions théoriques et] formes de conscience,
                      la religion, la philosophie, la morale, etc., etc.
                      et de suivre à partir d’elles le processus de sa naissance
                      ce qui permet alors naturellement de présenter la chose dans sa totalité
                      (et ainsi également l’action réciproque de ces différents côtés les uns sur les autres).
                      Elle n’a pas à chercher une catégorie pour chaque période, comme le fait la vision idéaliste de l’histoire,
                      mais elle reste constamment sur le <emph>sol</emph> effectif de l’histoire,
                      elle n’explique pas la pratique par l’idée,
                      elle explique la formation des idées d’après la pratique matérielle,
                      et en conséquence elle en arrive également au résultat suivant :
                      toutes les formes et les produits de la conscience peuvent être dissous,
                      non pas par la critique spirituelle, par leur dissolution dans la « conscience de soi »
                      ou par leur transformation en « spectres », « fantômes », « grain [de folie] », etc.,
                      mais uniquement par le renversement pratique des rapports sociaux réels
                      d’où sont issu[e]s ces balivernes idéalistes — que n’est pas la critique mais la révolution
                      qui est la force motrice de l’histoire, mais aussi de la religion, de la philosophie et de toute autre théorie.
                      <pb xml:id="juxta2014-p101" n="101"/>Elle montre que l’histoire ne finit pas par se dissoudre
                      dans la « conscience de soi » en tant qu’ « esprit de l’esprit »,
                      mais qu’en elle à chaque stade, il se trouve déjà un résultat matériel,
                      une somme de forces de production, un rapport à la nature historiquement créé
                      ainsi qu’un rapport des individus entre eux que chaque génération reçoit de la précédente,
                      une masse de forces productives, de capitaux et de circonstances qui, d’une part,
                      est certes modifiée par la nouvelle génération mais qui, d’autre part,
                      lui prescrit ses propres conditions de vie et lui donne un développement déterminé, un caractère spécial
                      — que donc ce sont tout autant les circonstances qui font les hommes que les hommes qui font les circonstances.
                      Cette somme de forces de production, de capitaux, de formes sociales de commerce
                      que chaque individu et chaque génération trouvent déjà là comme quelque chose de donné
                      est le fondement réel de ce que les philosophes se sont représenté comme « substance » et « essence de l’homme »,
                      de ce dont ils ont fait l’apothéose et de ce contre quoi ils ont lutté,
                      un fondement réel qui n’est pas dérangé le moins du monde dans ses effets et ses influences
                      sur le développement des hommes quand ces philosophes se rebellent contre lui
                      en tant que « conscience de soi » et « Unique ».
                      Ces conditions de vie que les différentes générations trouvent déjà là décident également
                      si l’ébranlement révolutionnaire qui revient périodiquement dans l’histoire
                      sera assez fort ou non pour renverser la base <pb xml:id="juxta2014-p103" n="103"/>de tout ce qui existe ;
                      et si ne sont pas présents ces éléments matériels d’un bouleversement total,
                      à savoir d’une part les forces productives présentes,
                      d’autre part la formation d’une masse révolutionnaire qui ne fait pas seulement la révolution
                      contre des conditions singulières de la société passée,
                      mais contre la « production de la vie » passée elle-même,
                      contre « l’ensemble de l’activité » sur laquelle elle se base,
                      alors il est tout à fait indifférent pour le développement pratique
                      que l’<emph>idée</emph> de ce bouleversement ait déjà été exprimée  des centaines de fois
                      — comme l’histoire du communisme le prouve.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:97-103.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Deze geschiedenisopvatting berust dus hierop, dat men het werkelijke productieproces uiteenzet,
                      daarbij uitgaand van de materiële productie van het onmiddellijke leven en de verkeersvorm die met deze productiewijze samenhangt
                      en erdoor voortgebracht is (d.w.z. de burgerlijke maatschappij in haar verschillende fasen) als de basis van heel de geschiedenis opvat.
                      Dat men laat zien hoe deze handelt als staat, en alle verschillende theoretische producten en vormen van het bewustzijn,
                      godsdienst, filosofie, moraal enz. enz. uit deze grondslag verklaart én het ontstaansproces van die grondslag uit hen nagaat,
                      waarbij dan natuurlijk ook de zaak in haar totaliteit (en daarom ook de wisselwerking van deze verschillende zijden op elkaar) kan worden beschreven.
                      Zij moet niet, zoals de idealistische geschiedenisopvatting, in ieder tijdperk naar een categorie zoeken,
                      maar zij blijft steeds op de werkelijke bodem van de geschiedenis staan, verklaart de praktijk niet uit de idee,
                      maar verklaart de ideeënconstructies uit de materiële praktijk
                      en komt bijgevolg ook tot de slotsom dat alle bewustzijnsvormen en producten niet teniet gedaan kunnen worden door geestelijke kritiek,
                      die ze doet opgaan in het ‘Zelfbewustzijn’ of ze transformeert tot ‘spookbeelden’, ‘hersenschimmen’, ‘waandenkbeelden’ enz.,
                      maar alleen door de praktische omverwerping van de reële maatschappelijke verhoudingen,
                      waaruit deze idealistische humbug voortgekomen is.
                      Dat niet de kritiek, maar de revolutie de drijvende kracht van de geschiedenis is,
                      evenals van de godsdienst, de filosofie en iedere andere vorm van theorie.
                      Zij laat zien dat de geschiedenis niet eindigt door zichzelf als ‘geest des geestes’ in het ‘zelfbewustzijn’ op te lossen,
                      maar dat in iedere fase in de geschiedenis een materieel resultaat: een totaal aan productiekrachten,
                      een historisch geschapen verhouding tot de natuur en van de individuen tot elkaar aanwezig is,
                      die iedere generatie van de vorige krijgt overgeleverd.
                      Een massa van productiekrachten, kapitaal en omstandigheden die enerzijds weliswaar door de nieuwe generatie wordt gewijzigd,
                      maar haar anderzijds ook haar levenscondities voorschrijft en haar een bepaalde ontwikkeling, een bijzonder karakter geeft.
                      Met andere woorden, zij laat zien dat de omstandigheden evenzeer de mensen als de mensen de omstandigheden maken.
                      Dit totaal aan productiekrachten, kapitaal en vormen van sociaal verkeer, dat ieder individu en iedere generatie als een gegeven aantreft,
                      is de reële basis van wat de filosofen zich als ‘substantie’ en ‘wezen van de mens’ hebben voorgesteld, wat zij vergoddelijkt en bestreden hebben.
                      Een reële basis waarvan het effect en de invloed op de ontwikkeling van de mensen niet in het minst gestoord worden,
                      doordat deze filosofen er als ‘zelfbewustzijn’ en ‘enkeling’ tegen rebelleren.
                      Deze levenscondities die de verschillende generaties aantreffen, beslissen ook over de vraag
                      of de zich in de geschiedenis periodiek herhalende revolutionaire schokken al dan niet sterk genoeg zullen zijn
                      om de basis van al het bestaande omver te werpen.
                      En indien deze materiële elementen van een totale omwenteling niet aanwezig zijn
                      (t.w. aan de ene kant de bestaande productiekrachten, aan de andere kant de vorming van een revolutionaire massa,
                      die niet slechts tegen enkele voorwaarden der bestaande maatschappij, maar tegen de bestaande ‘productie van het leven’ zelf,
                      tegen de ‘totale activiteit’ waarop zij gebaseerd was, een revolutie ontketent),
                      dan is het voor de praktische ontwikkeling volmaakt onverschillig, of de idee van deze omwenteling reeds honderdmaal uitgesproken is
                      — zoals de geschiedenis van het communisme bewijst.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/duitse_ideologie/index.htm#Materialistische_en_idealistische_">Marxist Internet-Archief</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      This conception of history thus relies on expounding the real process of production
                      — starting from the material production of life itself —
                      and comprehending the form of intercourse connected with and created by this mode of production,
                      i.e., civil society in its various stages, as the basis of all history;
                      describing it in its action as the state, and also explaining how
                      all the different theoretical products and forms of consciousness,
                      religion, philosophy, morality, etc., etc., arise from it,
                      and tracing the process of their formation from that basis;
                      thus the whole thing can, of course, be depicted in its totality
                      (and therefore, too, the reciprocal action of these various sides on one another).
                      It has not, like the idealist view of history, to look for a category in every period,
                      but remains constantly on the real <emph>ground</emph> of history;
                      it does not explain practice from the idea but explains the formation of ideas from material practice,
                      and accordingly it comes to the conclusion that all forms and products of consciousness
                      cannot be dissolved by mental criticism, by resolution into “self-consciousness”
                      or transformation into “apparitions”, “spectres”, “whimsies”, etc.,
                      but only by the practical overthrow of the actual social relations
                      which gave rise to this idealistic humbug;
                      that not criticism but revolution is the driving force of history,
                      also of religion, of philosophy and all other kinds of theory.
                      It shows that history does not end by being resolved into “self-consciousness”
                      as “spirit of the spirit”, but that each stage contains a material result,
                      a sum of productive forces, a historically created relation to nature and of individuals to one another,
                      which is handed down to each generation from its predecessor;
                      a mass of productive forces, capital funds and circumstances,
                      which on the one hand is indeed modified by the new generation,
                      but on the other also prescribes for it its conditions of life
                      and gives it a definite development, a special character.
                      It shows that circumstances make men just as much as men make circumstances.
                      This sum of productive forces, capital funds and social forms of intercourse,
                      which every individual and every generation finds in existence as something given,
                      is the real basis of what the philosophers have conceived as “substance” and “essence of man”,
                      and what they have deified and attacked:
                      a real basis which is not in the least disturbed,
                      in its effect and influence on the development of men,
                      by the fact that these philosophers revolt against it as “self-consciousness” and the “unique”.
                      These conditions of life, which different generations find in existence,
                      determine also whether or not the revolutionary convulsion periodically recurring in history
                      will be strong enough to overthrow the basis of everything that exists.
                      And if these material elements of a complete revolution are not present
                      — namely, on the one hand the existing productive forces,
                      on the other the formation of a revolutionary mass,
                      which revolts not only against separate conditions of the existing society,
                      but against the existing “production of life” itself,
                      the “total activity” on which it was based —
                      then it is absolutely immaterial for practical development
                      whether the idea of this revolution has been expressed a hundred times already,
                      as the history of communism proves.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 5:53-54.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Comparer avec <ref target="#stefamille-circ">une phrase sur les circonstances qui font les hommes</ref>
              dans la <title>Sainte Famille</title>.
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="MEideall2003p92"><label rend="invisible">Marx, Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach (La société civile) [2003:92]</label>
            <index><term>base et superstructure</term></index> <index><term>superstructure</term></index>
          </p>
          <p rend="alinea">
              La société civile
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 35%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="MEideallCasisSuper36">
                      Die bürgerliche Gesellschaft umfaßt den gesammten materiellen Verkehr der Individuen
                      innerhalb einer bestimmten Entwicklungsstufe der Produktivkräfte.
                      Sie umfaßt das gesammte kommerzielle &amp; industrielle Leben einer Stufe
                      &amp; geht in so fern über den Staat &amp; die Nation hinaus,
                      obwohl sie andrerseits wieder nach Außen hin als Nationalität sich geltend machen,
                      nach Innen als Staat sich gliedern muß.
                      Das Wort bürgerliche Gesellschaft kam auf im achtzehnten Jahrhundert
                      als die Eigentumsverhältnisse bereits aus dem antiken &amp; mittelalterlichen Gemeinwesen sich herausgearbeitet hatten.
                      Die bürgerliche Gesellschaft als solche entwickelt sich erst mit der Bourgeoisie;
                      die unmittelbar aus der Produktion &amp; dem Verkehr sich entwickelnde gesellschaftliche Organisation,
                      die zu allen Zeiten die Basis des Staats &amp; der sonstigen idealistischen Superstruktur bildet,
                      ist indeß fortwährend mit demselben Namen bezeichnet worden.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:92-93, 2014:234-236 (MEW 3:36).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 32%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La société civile englobe tout le commerce matériel des individus
                      à l’intérieur d’un stade de développement déterminé des forces productives.
                      Elle englobe toute la vie commerciale et industrielle d’un stade
                      et, en cela, elle dépasse l’État et la nation, même si, d’autre part,
                      il lui faut de nouveau se faire valoir à l’extérieur en tant que nationalité
                      et s’articuler à l’intérieur en tant qu’État.
                      Le terme de société civile bourgeoise naquit au dix-huitième siècle,
                      lorsque les rapports de propriété se furent extraits de la communauté antique et médiévale.
                      La société civile bourgeoise en tant que telle ne se développe qu’avec la bourgeoisie ;
                      l’organisation sociale qui se développe immédiatement à partir de la production et du commerce,
                      organisation qui forme de tout temps la base de l’État et du reste de la superstructure idéaliste,
                      a toutefois été constamment désignée par le même nom.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    2014:235-237 (1968:104-105, 1975:130-131, peut-être aussi 1976:131).
                  </bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 24%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La société civile embrasse l’ensemble des rapports matériels des individus
                      à l’intérieur d’un stade de développement déterminé des forces productives.
                      Elle embrasse l’ensemble de la vie commerciale et industrielle d’une étape
                      et déborde par là même l’État et la nation,
                      bien qu’elle doive, par ailleurs,
                      s’affirmer à l’extérieur comme nationalité
                      et s’organiser à l’intérieur comme État.
                      Le terme de société civile apparut au XVIII<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                      dès que les rapports de propriété se furent dégagés de la communauté antique et médiévale.
                      La société civile en tant que telle ne se développe qu’avec la bourgeoisie ;
                      toutefois, l’organisation sociale issue directement de la production et du commerce,
                      et qui forme en tout temps la base de l’État et du reste de la superstructure idéaliste,
                      a été constamment désignée sous le même nom.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ah ! J’ai quand même fini par trouver : 1975:130.</bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Civil society embraces the whole material intercourse of individuals
                      within a definite stage of the development of productive forces.
                      It embraces the whole commercial and industrial life of a given stage
                      and, insofar, transcends the state and the nation,
                      though, on the other hand again,
                      it must assert itself in its external relations as nationality and internally must organise itself as state.
                      The term "civil society"<!--  35 --> emerged in the eighteenth century,
                      when property relations had already extricated themselves from the ancient and medieval community.
                      Civil society as such only develops with the bourgeoisie;
                      the social organisation evolving directly out of production and intercourse,
                      which in all ages forms the basis of the state and of the rest of the idealistic<!--  3 --> superstructure,
                      has, however, always been designated by the same name.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 5:89.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Marx dit <foreign xml:lang="de">bürgerliche Gesellschaft</foreign>, ce qui, littéralement est société bourgeoise,
              mais c’est aussi société civile<note xml:id="MEideall-I-not8" n="8" place="bottom">
                Je trouve des indications intéressantes dans
                Michaël Biziou,
                « De la société civile à la société civile mondiale »,
                <title>Cités</title>, 2004/1 (n<hi rend="ordinal">o</hi> 17), p. 13-23.
                DOI : 10.3917/cite.017.0013.
                En ligne en <ref target="https://www.cairn.info/revue-cites-2004-1-page-13.htm">https://www.cairn.info/revue-cites-2004-1-page-13.htm</ref>.
                La société civile remonte à Aristote avec κοινωνία πολιτική.
                (En latin <term xml:lang="la">societas civilis</term>, chez Cicéron, entre autres.)
                Mais chez Aristote, c’est une question d’échelle, la dimension de la société plutôt que celle du ménage.
                L’une et l’autre sont de nature pour Aristote.
                Plus tard, l’État est considéré comme souverain
                (de droit divin ou par l’effet d’un contrat social),
                donc extérieur en quelque sorte à la société, au-dessus d’elle.
                À l’époque des Lumières, la société civile n’est plus un état de nature, elle se constitue.
                Le concept se modernise avec Adam Smith et sa « main invisible ».
                Le gouvernement ne doit pas trop intervenir dans le fonctionnement autonome de la société civile.
                Hegel traduit société civile en <term xml:lang="de">bürgerliche Gesellschaft</term>,
                ce qui justifie qu’on traduise la <term xml:lang="de">bürgerliche Gesellschaft</term> par société civile.
                Cependant, <term xml:lang="de">bürgerliche Gesellschaft</term> est quand même aussi société bourgeoise
                et quand Marx écrit ça en allemand, il bénéficie de ce double sens,
                tantôt <term xml:lang="de">bürgerliche Gesellschaft</term> comme société des citoyens (civile),
                tantôt <term xml:lang="de">bürgerliche Gesellschaft</term> comme société des bourgeois (bourgeoise).
              </note>
              et c’est cette traduction qu’on retient souvent.
              Les traducteurs de l’édition de 2014, pour rendre le double sens de l’allemand,
              disent les deux : <term>société civile bourgeoise</term>.
            </p>

            <cit>
              <floatingText>
                <body>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="MEideall2014p75-77">
                      Avec la division du travail, dans laquelle toutes ces contradictions sont données,
                      et qui, à son tour, repose sur la division naturelle-spontanée du travail dans la famille
                      et sur la séparation de la société en familles singulières qui se font face,
                      — avec cette partition du travail est en même temps donnée
                      la <emph>ré</emph>partition du travail et de ses produits,
                      répartition <emph>inégale</emph> tant par la quantité que par la qualité,
                      donc la propriété, qui a déjà son germe, sa première forme, dans la famille,
                      où la femme et les enfants sont les esclaves de l’homme.
                      L’esclavage dans la famille, qui est certes encore très brut et latent, est la première propriété,
                      qui du reste correspond ici déjà parfaitement à la définition des économistes modernes,
                      selon laquelle elle consiste dans le fait de disposer de la force de travail d’autrui.
                      Du reste, la division du travail et la propriété privée sont des expressions identiques
                      — dans la première, on énonce, en relation avec l’activité,
                      la même chose que ce qu’on énonce dans l’autre concernant le produit de l’activité<note xml:id="MEideall2014p75-77notb" n="b" place="bottom">
                        C’est justement cette contradiction de l’intérêt particulier et de l’intérêt communautaire
                        qui fait que l’intérêt communautaire en tant qu’<term>État</term> adopte
                        une configuration autonome, séparée des intérêts singuliers et des intérêts d’ensemble effectifs
                        et présente en même temps une dimension communautaire illusoire,
                        mais toujours sur la base réelle des liens qui sont présents dans chaque conglomérat familial et de tribal,
                        comme les liens du sang, le langage, la division du travail à une plus grande échelle,
                        et sur la base d’autres intérêts — et particulièrement, comme nous le développerons plus tard,
                        les intérêts des classes déjà conditionnées par la division du travail,
                        lesquelles se différencient dès qu’on a affaire à pareil tas d’hommes et dont l’une domine toutes les autres.
                        Il s’ensuit que toutes les luttes à l’intérieur de l’État,
                        la lutte entre la démocratie, l’aristocratie et la monarchie, la lutte pour le droit de vote, etc., etc.
                        ne sont que les formes illusoires […] sous lesquelles sont menées
                        les luttes effectives des différentes classes entre elles
                        […],
                        et de plus, il s’ensuit que chaque classe qui aspire à la domination,
                        même si sa domination, comme c’est le cas pour le prolétariat,
                        est la condition de l’abolition de toute l’ancienne forme de société et de la domination en général,
                        doit nécessairement conquérir le pouvoir politique
                        pour, à son tour, présenter son intérêt comme l’intérêt universel,
                        ce à quoi elle est contrainte dans un premier temps.
                      </note>.
                      — De plus, avec la division du travail est en même temps donnée
                      la contradiction entre l’intérêt de l’individu singulier ou de la famille singulière
                      et l’intérêt communautaire de tous les individus qui ont commerce les uns avec les autres ;
                      c’est-à-dire que cet intérêt communautaire n’existe pas simplement
                      dans la représentation en tant qu’ « universel », mais d’abord dans la réalité effective
                      en tant que dépendance réciproque des individus entre lesquels le travail est divisé.
                    </p>
                  </quote>
                </body>
              </floatingText>
              <bibl>2014:75-79 (1975:66).</bibl><!-- Citer la suite sur la société communiste. -->
            </cit>

            <p rend="invisible">
              <index><term>conception de l’histoire</term></index>
              <index><term>nature, rapports entre les hommes et la —</term></index>
              <index><term>nature, opposition entre la — et l’histoire</term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:id="MEideall38">
                  Cette conception de l’histoire repose donc
                  sur le fait de développer le processus de production effectif,
                  et ce en partant de la production matérielle de la vie immédiate,
                  et sur le fait de concevoir la forme de commerce
                  qui est en connexion avec ce mode de production et qui est engendrée par lui,
                  donc de concevoir la société civile à ses différents stades comme la base fondamentale de toute l’histoire,
                  et aussi bien de la représenter dans son action en tant qu’État
                  que d’expliquer à partir d’elle toutes les formes de la conscience,
                  la religion, la philosophie, la morale, etc., etc.
                  et de suivre à partir d’elles le processus de sa naissance,
                  ce qui permet alors naturellement de représenter la chose dans sa totalité
                  (et d’examiner aussi l’action de ses différents côtés les uns sur les autres). […]
                </p>
                <p rend="alinea" xml:id="MEideall39sept8">
                  Toute l’ancienne conception de l’histoire a
                  soit laissé complètement de côté cette base effective de l’histoire,
                  soit ne l’a considérée que comme quelque chose de secondaire,
                  qui ne serait pas en connexion avec le cours de l’histoire.
                  Il faut donc toujours que l’histoire soit écrite d’après selon un critères qui lui est extérieur ;
                  la production effective de la vie apparaît comme quelque chose d’anhistorique,
                  tandis que ce l’historique apparaît comme séparé de la vie commune,
                  comme en dehors et au-dessus du monde. <!-- La phrase suivante est citée dans
                  https://d-meeus.be/wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=980
                  https://d-meeus.be/wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&id=980
                  --> Ce faisant, les rapport des hommes à la nature est exclu de l’histoire,
                  ce qui engendre l’opposition de la nature et de l’histoire.
                </p>
              </quote>
              <bibl>2014:97-99, 103.</bibl>
            </cit>

            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>Feuerbach</term></index>❦ Feuerbach
              <index><term>être, chez Feuerbach</term></index>❦ être, chez Feuerbach
              <index><term>essence, chez Feuerbach</term></index>❦ essence, chez Feuerbach
              <index><term>conditions d’existence</term></index>❦ conditions d’existence
              <index><term>anomalie, chez Feuerbach</term></index>❦ anomalie, chez Feuerbach
              <index>
                <term>mission historique du prolétariat</term>
              </index>❦ mission historique du prolétariat
              <index><term>prolétariat, mission historique</term></index>
              <index><term>révolution</term></index>❦ révolution
              <index><term>nature, chez Feuerbach</term></index>❦ nature, chez Feuerbach
              <index><term>poisson</term></index>❦ poisson
              <index><term>pollution des rivières</term></index>❦ pollution des rivières
              <index><term>rivière, pollution</term></index>
              <index><term>Stirner</term></index>❦ Stirner
              <index><term>indignation, chez Stirner</term></index>❦ indignation, chez Stirner
              <index><term>indignados</term></index>❦ indignados
              <index><term>Bruno</term></index>❦ Bruno
              <index><term>substance, chez Bruno</term></index>❦ substance, chez Bruno
              <index>
                <term>conscience de soi, chez Bruno</term>
              </index>❦ conscience de soi, chez Bruno
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:id="MEideall43trois8"><!-- 2003:37 S.23 -->
                  Comme exemple de cette reconnaissance qui est en même temps une méconnaissance de l’existant
                  et que Feuerbach partage encore avec nos adversaires,
                  rappelons ce passage de la <title>Philosophie de l’avenir</title>
                  dans lequel il développe l’idée que l’être d’une chose ou d’un homme est en même temps son essence,
                  que les rapports d’existence, le mode de vie ou l’activité déterminés
                  d’un individu animal ou humain sont ce en quoi son « essence » se sent satisfaite.
                  Toute exception y est explicitement conçue comme un hasard malheureux,
                  comme une anomalie qu’on ne peut modifier.
                  Donc, si des millions de prolétaires ne se sentent pas du tout satisfaits par les rapports qui régissent leur vie,
                  si leur « être » ne correspond pas le moins du monde à leur « essence »,
                  ce serait là, d’après le passage mentionné, un malheur inévitable
                  qu’il faudrait supporter avec sérénité.
                  Cependant, ces millions de prolétaires ou de communistes pensent tout autrement et le prouveront en leur temps
                  quand ils mettront en conformité leur « être » et leur « essence » dans la pratique par une révolution.
                  C’est pour cela que, dans de pareils cas, Feuerbach ne parle jamais du monde humain
                  mais se réfugie à chaque fois dans la nature extérieure,
                  c’est-à-dire dans <emph>la</emph> nature qui n’est pas encore tombée sous la domination de l’homme.
                  Mais chaque nouvelle découverte, chaque progrès de l’industrie lui font perdre un peu de terrain,
                  et le sol sur lequel croissent les exemples des phrases de Feuerbach rétrécit toujours d’avantage.
                  L’ « essence » du poisson est son « être », l’eau, pour en rester à une de ses phrases.
                  L’« essence » du poisson de rivière est l’eau d’une rivière.
                  Mais elle cesse d’être son « essence », elle devient un milieu d’existence qui ne lui convient plus
                  dès que cette rivière se voit assujettie à l’industrie, polluée par des colorants et autres déchets,
                  sillonnée par des bateaux à vapeur, dès que son eau est détournée dans des canaux
                  qui permettent de priver le poisson de son milieu d’existence par une simple vidange.
                  Déclarer que toutes les contradictions de ce genre sont une anomalie inévitable
                  ne diffère pas, au fond, de la consolation qu’offre saint Max Stirner aux insatisfaits
                  en leur disant que cette contradiction est leur propre contradiction,
                  que cette mauvaise situation est leur propre mauvaise situation
                  et qu’ils pourraient aussi bien se calmer, garder leur propre aversion pour eux
                  ou encore se révolter contre cette situation sur un mode fantaisiste
                  — et cela diffère tout aussi peu du reproche de saint Bruno
                  qui affirme que ces circonstances malheureuses proviennent du fait
                  que les personnes concernées sont restées embourbées dans cette saloperie de « substance »
                  et n’ont pas progressé jusqu’à la « conscience de soi absolue »,
                  et qu’ils n’ont pas pris connaissance de ces mauvais rapports comme de l’esprit de leur esprit.
                </p>
              </quote>
              <bibl>2014:115-119.</bibl>
            </cit>

            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index>
                <term>idéologie, de la classe dominante</term>
              </index>❦ idéologie, de la classe dominante
              <index><term>classe dominante, idéologie</term></index>
              <index>
                <term>idéologie, base matérielle</term>
              </index>❦ idéologie, base matérielle
              <index>
                <term>idéologie, systématisation de l’apparence</term>
              </index>❦ idéologie, systématisation de l’apparence
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:id="MEideall44un2">
                  Les pensées de la classe dominante sont aussi, à chaque époque, les pensées dominantes,
                  c’est-à-dire que la classe qui est la puissance <emph>matérielle</emph> dominante de la société
                  est en même temps la puissance <emph>spirituelle</emph> dominante de celle-ci.
                  La classe qui a à sa disposition les moyens de la production matérielle
                  dispose par la même occasion des moyens de la production spirituelle,
                  si bien qu’en moyenne les pensées de ceux à qui font défaut les moyens de la production spirituelle
                  sont soumises à cette classe.
                  Les pensées dominantes ne sont rien d’autre que l’expression idéelle des rapports matériels dominants,
                  que les rapports matériels dominants saisis en tant que pensées ;
                  donc l’expression des rapports qui font justement d’une classe la classe dominante,
                  donc les pensées de sa domination.<!-- Ça devient trop long. --><!--
                  Les individus qui constituent la classe dominante ont, entre autres, une conscience et, de ce fait, ils pensent ;
                  donc, dans la mesure où ils dominent en tant que classe et déterminent l’ampleur une époque historique,
                  il va de soi que cette domination se déploie dans toute son extension,
                  donc qu’ils dominent aussi, entre autres, en tant qu’individus qui pensent,
                  qui produisent des pensées et qui règlent la production et la distribution des pensées de leur temps ;
                  que donc leurs pensées sont les pensées dominantes de leur époque.
                  […]
                  La division du travail que nous avions déjà rencontrée plus haut p. [?]
                  comme une des principales puissances de l’histoire passée
                  s’exprime également à présent dans la classe dominante
                  en tant que division du travail intellectuel et du travail matériel,
                  si bien qu’à l’intérieur de cette classe,
                  la première partie se présente comme les penseurs de cette classe,
                  les idéologues de cette classe, actifs dans l’ordre du concept,
                  qui font de la formation de l’illusion que cette classe a d’elle-même leur principal moyen de subsistance,
                  tandis que les autres se rapportent à ces pensées et à ces illusions de façon plus passive et réceptive,
                  parce que, dans la réalité effective, ils sont les membres actifs de cette classe
                  et ont moins de temps à consacrer à se faire des illusions et des idées sur eux-mêmes.
                  Cette scission à l’intérieur de cette classe
                  peut même se développer en une opposition et une hostilité entre les deux parties
                  qui, toutefois, tombent d’elles-mêmes à chaque conflit pratique qui met en danger la classe elle-même,
                  ce qui fait aussi disparaître l’apparence que les pensées dominantes
                  ne seraient pas les pensées de la classe dominante
                  et qu’elles auraient une puissance distincte de la puissance de cette classe.
                  L’existence de pensées révolutionnaires à une époque déterminée
                  présuppose déjà l’existence d’une classe révolutionnaire ;
                  nous avons déjà dit plus haut (p. [?]) ce qui était nécessaire à propos de ces présuppositions. -->
                </p><!--
                <p rend="alinea">
                  Si l’on sépare, lorsqu’on conçoit le cours de l’histoire,
                  les pensées de la classe dominante de la classe dominante, si on les autonomise,
                  si l’on s’en tient au fait qu’à une époque ce sont telles ou telles idées ont dominé,
                  sans se préoccuper des conditions de leur production et de ceux qui les ont produites,
                  si on laisse donc de côté les individus et les états du monde qui se trouvent au fondement de ces pensées,
                  alors on peut dire p. ex. qu’au temps où dominait l’aristocratie,
                  se sont les concepts d’honneur, de fidélité, etc., qui dominaient
                  et que sous la domination de la bourgeoisie, c’étaient les concepts de liberté, d’égalité, etc.
                  <del>
                    En moyenne, la classe dominante elle même se représente que ce sont ses concepts qui dominent
                    et elle ne les distingue des représentations dominantes d’autres classes, d’époques antérieures,
                    que dans la mesure où elle de les représentent comme des vérités éternelles.
                    Ces « concepts dominants » auront une forme d’autant plus générale et englobante
                    que la classe dominante sera davantage forcée de présenter son intérêt
                    comme l’intérêt de tous les membres de la société.
                  </del>
                  C’est ce que s’imagine la classe dominante elle-même en moyenne.
                  Cette conception de l’histoire, qui commune à tous ceux qui écrivent l’histoire,
                  tout spécialement depuis le dix-huitième siècle, se heurtera nécessairement au phénomène suivant :
                  ce sont des pensées régnantes toujours plus abstraites qui dominent,
                  c’est-à-dire des pensées qui prennent toujours davantage la forme de l’universalité.
                  En effet, chaque nouvelle classe qui prend la place d’une autre qui dominait avant elle
                  doit nécessairement, ne serait-ce que pour arriver à ses fins, présenter son intérêt
                  comme l’intérêt communautaire de tous les membres de la société,
                  c’est-à-dire, exprimé de façon idéelle : donner à ses pensées la forme de l’universalité,
                  les présenter comme les uniques pensées rationnelles et universellement valables.
                  D’emblée, la classe qui fait la révolution, ne serait-ce que parce qu’elle fait face à une<emph>classe</emph>,
                  entre en scène non pas comme classe mais comme représentante de toute la société,
                  elle apparaît comme la masse entière de la société face à l’unique classe dominante.
                  Elle le peut parce qu’au début son intérêt est effectivement encore davantage en connexion
                  avec l’intérêt commun de toutes les autres classes non dominantes
                  et que, sous la pression des rapports antérieurs,
                  il n’a pas encore pu se développer comme intérêt particulier d’une classe particulière.
                  De ce fait, sa victoire profite également à beaucoup d’individus des autres classes
                  qui ne sont pas parvenues à la domination, mais seulement dans la mesure où
                  elle met ces individus en état de s’élever à la classe dominante.
                  Lorsque la bourgeoisie française renversa la domination de l’aristocratie,
                  elle a ce faisant rendu possible à de nombreux prolétaires de s’élever au-dessus du prolétariat,
                  mais seulement en ceci qu’ils sont devenus des bourgeois.
                  Chaque nouvelle classe ne parvient donc à établir sa domination
                  que sur une base plus large que la classe qui dominait précédemment,
                  mais ensuite se développe également, avec d’autant plus d’acuité et de profondeur,
                  l’opposition de la classe non dominante à la classe qui est à présent dominante.
                  Ces deux éléments conditionnent le fait que la lutte à mener contre cette nouvelle classe dominante
                  travaille à son tour à une négation plus résolue et plus radicale de l’état sociale antérieur
                  que ce que toutes les classes précédentes qui aspiraient à la domination avaient pu faire.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Toute cette apparence qui fait croire que la domination d’une classe déterminée
                  n’est que la domination de certaines pensées disparaît naturellement d’elle-même
                  dès que la domination des classes en général cesse d’être la forme de l’ordre social,
                  donc dès qu’il n’est plus nécessaire de présenter un intérêt particulier comme universel
                  ou « l’universel » comme dominant.
                </p> -->
              </quote>
              <bibl>2014:125-127.</bibl>
            </cit>

            <p xml:id="MEideall2003p111"><label rend="invisible">Idéologie allemande, I. Feuerbach, Fragment 1</label>
              <index><term>forces productives, degré de développement d'une nation</term></index>
              <index><term>division du travail, industriel et commercial, d'une part, agricole, d'autre part</term></index>
              <index><term>division du travail, industriel, d'une part, commercial, d'autre part</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      |3| Die Beziehungen verschiedener Nationen unter einander
                      hängen davon ab, wie weit jede von ihnen ihre Produktivkräfte,
                      die Theilung der Arbeit, &amp; den innern Verkehr entwickelt hat.
                      Dieser Satz ist allgemein anerkannt.
                      Aber nicht nur die Beziehung einer Nation zu anderen,
                      sondern auch die ganze innere Gliederung dieser Nation selbst
                      hängt von der Entwicklungsstufe ihrer Produktion &amp; ihres innern &amp; äußern Verkehrs ab.
                      Wie weit die Produktionskräfte einer Nation entwickelt sind,
                      zeigt am augenscheinlichsten der Grad, bis zu dem die Theilung der Arbeit entwickelt ist.
                      Jede neue Produktivkraft, sofern sie nicht eine bloß quantitative Ausdehnung
                      der bisher schon bekannten Produktivkräfte ist (z. B. Urbarmachung von Ländereien),
                      hat eine neue Ausbildung der Theilung der Arbeit zur Folge.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Die Theilung der Arbeit innerhalb einer Nation führt zunächst
                      die Trennung der industriellen &amp; commerziellen von der ackerbauenden Arbeit,
                      &amp; damit die Trennung von Stadt &amp; Land &amp; den Gegensatz der Interessen Beider herbei.
                      Ihre weitere Entwicklung führt zur Trennung der kommerziellen Arbeit von der industriellen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:111, 2014:282.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      ||3| Les rapports des différentes nations entre elles
                      dépendent du stade de développement où se trouve chacune d'elles
                      en ce qui concerne les forces productives, la division du travail et les relations intérieures.
                      Ce principe est universellement reconnu.
                      Cependant, non seulement les rapports d'une nation avec les autres nations,
                      mais aussi toute la structure interne de cette nation elle-même,
                      dépendent du niveau de développement de sa production et de ses relations intérieures et extérieures.
                      L'on reconnaît de la façon la plus manifeste le degré de développement
                      qu'ont atteint les forces productives d'une nation
                      au degré de développement qu'a atteint la division du travail.
                      Dans la mesure où elle n'est pas une simple extension quantitative des forces productives déjà connues jusqu'alors
                      (défrichement de terres par exemple),
                      toute force de production nouvelle a pour conséquence un nouveau perfectionnement de la division du travail.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La division du travail à l'intérieur d'une nation
                      entraîne d'abord la séparation du travail industriel et commercial, d'une part,
                      et du travail agricole, d'autre part;
                      et, de ce fait, la séparation de la ville et de la campagne et l'opposition de leurs intérêts.
                      Son développement ultérieur conduit à la séparation du travail commercial et du travail industriel.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:283.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      [sh.3| The relations of different nations among themselves
                      depend upon the extent to which each has developed its productive forces,
                      the division of labour and internal intercourse.
                      This proposition is generally recognised.
                      But not only the relation of one nation to others,
                      but also the whole internal structure of the nation itself
                      depends on the stage of development reached by its production
                      and its internal and external intercourse.
                      How far the productive forces of a nation are developed
                      is shown most manifestly by the degree to which the division of labour has been carried.
                      Each new productive force,
                      insofar as it is not merely a quantitative extension of productive forces already known
                      (for instance, the bringing into cultivation of fresh land),
                      causes a further development of the division of labour.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      The division of labour inside a nation leads at first
                      to the separation of industrial and commercial from agricultural labour,
                      and hence to the separation of town and country
                      and to the conflict of their interests.
                      Its further development leads to the separation of commercial from industrial labour.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW05:32.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index>
                <term>individu, développement de ses facultés dans la communauté</term>
              </index>❦ individu, développement de ses facultés dans la communauté
              <index><term>communauté, condition du développement des facultés de l’individu</term></index>
              <index><term>faculté, développement des — en communauté</term></index>
              <index><term>compétence, développement des — en communauté</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Erst in der Gemeinschaft existiren für jedes Individuum
                      die Mittel, seine Anlagen nach allen Seiten hin auszubilden,
                      erst in der Gemeinschaft wird also die persönliche Freiheit möglich.
                      <!-- Erst in der Gemeinschaft [mit Andern hat jedes] Individuum
                      die Mittel, seine Anlagen nach allen Seiten hin auszubilden ;
                      erst in der Gemeinschaft wird also die persönliche Freiheit möglich. -->
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:73, 2014:196 (<title>MEW</title>, Band. 3, p. 74).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Ce n’est que dans la communauté qu’existent pour chaque individu
                      les moyens de développer de tous côtés ses dispositions,
                      ce n’est donc que dans la communauté que la liberté personnelle devient possible.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    2014:197
                    (aussi <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000e.htm">Archive Internet des marxistes</ref>).
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Pas in de gemeenschap zijn voor ieder individu
                      de middelen voorhanden om zijn aanleg alzijdig te ontwikkelen.
                      Pas in de gemeenschap is daarom persoonlijke vrijheid mogelijk.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/duitse_ideologie/index.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Only in community [with others has each] individual
                      the means of cultivating his gifts in all directions ;
                      only in the community, therefore, is personal freedom possible.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1845/german-ideology/ch01d.htm#d1">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p xml:id="MEideall2014p261"><label rend="invisible">Marx et Engels, L’Idéologie allemande, I-Feuerbach [2014:261]</label>
              <index><term>critique de la philosophie allemande, hégélienne</term></index>
              <index><term>Hegel, critique de sa philosophie</term></index>
              <index><term>philosophie allemande, critique</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h1">
              I. Feuerbach
              <lb/>A. L’idéologie en général et notamment l’idéologie allemande
            </label>
            <bibl>Karl Marx, Friedrich Engels, fragment I/5-5</bibl>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <label xml:id="MEideall2003p104" rend="fakehead h2">
                      I. Feuerbach
                      <lb/>A. Die Ideologie überhaupt, namentlich die deutsche.
                    </label>
                    <p rend="alinea">
                      Die deutsche Kritik hat bis auf ihre neuesten Efforts
                      den Boden der Philosophie nicht verlassen.
                      Weit davon entfernt, ihre allgemein-philosophischen Voraussetzungen zu untersuchen,
                      sind ihre sämmtlichen Fragen sogar auf dem Boden
                      eines bestimmten philosophischen Systems, des Hegeischen, gewachsen.
                      Nicht nur in ihren Antworten, schon in den Fragen selbst lag eine Mystifikation.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:104, 2014:160.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <label rend="fakehead h2">
                      I. Feuerbach
                      <lb/>A. L’idéologie en général et notamment l’idéologie allemande
                    </label>
                    <p rend="alinea">
                      Jusque dans ses plus récents efforts,
                      la critique allemande n’a pas quitté le sol de la philosophie.
                      Bien loin d’examiner ses présuppositions philosophiques générales,
                      elle a même fait croître toutes ses questions sur le sol
                      d’un système philosophique déterminé, celui de Hegel.
                      Non seulement dans ses réponses, mais même dans ses questions
                      il y avait une mystification.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:261 (<seg xml:id="MEideall1975p39">1975:39</seg>, 1976:11).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <!-- <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <!-- <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
            </list>



            <p xml:id="MEideall2014p267-275"><label rend="invisible">Marx et Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:267-275]</label>
              <index><term>une seule science, histoire de la nature et de l’homme</term></index>
              <index><term>science, une seule, histoire de la nature et de l’homme</term></index>
              <index><term>histoire, science de l’—</term></index>
              <index><term>histoire de la nature et des hommes</term></index>
              <index><term>organisation corporelle, physique</term></index>
              <index><term>constitution corporelle, physique</term></index>
              <index><term>corporelle, physique, constitution, organisation</term></index>
              <index><term>physique, corporelle, constitution, organisation</term></index>
              <index><term>conditions d’existence, prérequis de toute histoire</term></index>
              <index><term>moyens de vivre, production, distingue des animaux</term></index>
              <index><term>production des moyens d’existence, distingue des animaux</term></index>
              <index><term>base naturelle de l’histoire</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h1">
              I. Feuerbach
              <lb/>1. L’idéologie en général et plus spécialement la philosophie allemande
            </label>
            <bibl>Karl Marx, Friedrich Engels, fragment I/5-6.</bibl>
            <p rend="alinea">
              Quelques pistes pour une science de l’histoire,
              avec le mode de production des moyens d’existence,
              les conditions d’existence comme prérequis de toute histoire :
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 49.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="MEW3p18">
                      <del>
                        |312| Wir kennen nur eine einzige Wissenschaft, die Wissenschaft der Geschichte.
                        Die Geschichte kann von zwei Seiten aus betrachtet,
                        in die Geschichte der Natur und die Geschichte der Menschen abgeteilt werden.
                        Beide Seiten sind indes nicht zu trennen;
                        solange Menschen existieren, bedingen sich Geschichte der Natur und Geschichte der Menschen gegenseitig.
                        Die Geschichte der Natur, die sogenannte Naturwissenschaft, geht uns hier nicht an;
                        auf die Geschichte der Menschen werden wir indes einzugehen haben, da fast die ganze Ideologie sich
                        entweder auf eine verdrehte Auffassung dieser Geschichte
                        oder auf eine gänzliche Abstraktion von ihr reduziert.
                        Die Ideologie selbst ist nur eine der Seiten dieser Geschichte.
                      </del>
                    </p>
                    <p rend="alinea" xml:id="Jbuch2003p107"><anchor xml:id="MEW3p20"/>
                      Die Voraussetzungen, mit denen wir beginnen, sind keine willkürlichen, keine Dogmen,
                      es sind wirkliche Voraussetzungen, von denen man nur in der Einbildung abstrahieren kann.
                      Es sind die wirklichen Individuen, ihre Aktion und ihre materiellen Lebensbedingungen,
                      sowohl die vorgefundenen wie die durch ihre eigne Aktion erzeugten.
                      Diese Voraussetzungen sind also || auf rein empirischem Wege konstatierbar.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Die erste Voraussetzung aller Menschengeschichte ist natürlich die Existenz lebendiger menschlicher Individuen.
                      <del>
                        Der erste <emph>geschichtliche</emph> Akt dieser Individuen, wodurch sie sich von den Tieren unterscheiden,
                        ist nicht, daß sie denken, sondern, daß sie anfangen, <emph>ihre Lebensmittel zu produziren</emph>.
                      </del>
                      Der erste zu konstatirende Thatbestand ist also die körperliche Organisation dieser Individuen
                      &amp; ihr dadurch gegebenes Verhältniß zur übrigen Natur.
                      Wir können hier natürlich weder auf die physische Beschaffenheit der Menschen selbst,
                      noch auf die von den Menschen vorgefundenen Naturbedingungen,
                      die geologischen, oro-hydrographischen, klimatischen und andern Verhältnisse, eingehen.
                      <del>
                        Diese Verhältnisse bedingen aber nicht nur die ursprüngliche, naturwüchsige Organisation der Menschen,
                        namentlich die Rassenunteschiede,
                        sondern auch ihre ganze weitere Entwicklung oder Nicht-Entwicklung bis auf den heutigen Tag.
                      </del>
                      Alle Geschichtschreibung muß von diesen natürlichen Grundlagen
                      &amp; ihrer Modifikation im Lauf der Geschichte durch die Aktion der Menschen ausgehen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Man kann die Menschen durch das Bewußtsein, durch die Religion, durch was man sonst will, von den Thieren unterscheiden.
                      Sie selbst fangen an, sich von den Thieren zu unterscheiden, sobald sie anfangen,
                      ihre Lebensmittel zu <emph>produziren</emph>, ein Schritt der durch ihre körperliche Organisation bedingt ist.
                      Indem die Menschen ihre Lebensmittel produziren, produziren sie indirekt ihr materielles Leben selbst.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Die Weise, in der die Menschen ihre Lebensmittel produzieren,
                      hängt zunächst von der Beschaffenheit der vorgefundenen &amp; zu reproducirenden Lebensmittel selbst ab. ||
                      Diese Weise der Produktion ist nicht bloß nach der Seite hin zu betrachten,
                      daß sie die Reproduktion der physischen Existenz der Individuen ist.
                      Sie ist vielmehr schon eine bestimmte Art der Thätigkeit dieser Individuen,
                      eine bestimmte Art, ihr Leben zu äußern, eine bestimmte <emph>Lebensweise</emph> derselben.
                      Wie die Individuen ihr Leben äußern, so sind sie.
                      Was sie sind, fällt also zusammen mit ihrer Produktion,
                      sowohl damit, <emph>was</emph> sie produziren,
                      als auch damit, <emph>wie</emph> sie produziren.
                      Was die Individuen also sind, das hängt ab von den materiellen Bedingungen ihrer Produktion.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Diese Produktion tritt erst ein mit der <emph>Vermehrung der Bevölkerung</emph>.
                      Sie setzt selbst wieder einen <emph>Verkehr</emph> der Individuen unter einander voraus.
                      Die Form dieses Verkehrs ist wieder durch die Produktion bedingt. |
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:107-108, 2014:270-274 (MEW 3:18, 20-21 pour les passages raturés.)</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item><!--  style="width: 25%;" -->
                <cit xml:lang="fr">
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea" xml:id="MEideall2014p271notb"><anchor xml:id="MEideall1975p42not1"/><anchor xml:id="MEideall14not3"/>
                          <del>
                            |312| Nous ne connaissons qu’une unique science, la science de l’histoire.
                            On peut considérer l’histoire de deux côtés,
                            elle peut être subdivisée en histoire de la nature et en histoire des hommes<!-- <note
                            xml:id="MEideall-I-not5" n="5" place="bottom">
                              <xi:include href="seg-Mensch.xml">Mensch, Mann. Homme, humain.</xi:include>
                            </note> -->.
                            Cependant, les deux côtés ne sont pas séparables ; tant que les hommes existent,
                            l’histoire de la nature et l’histoire des hommes se conditionnent réciproquement.
                            L’histoire de la nature, ce qu’on appelle la science de la nature, ne nous concerne pas ici ;
                            cependant, nous aurons à aborder l’histoire des hommes,
                            puisque presque toute l’idéologie se réduit soit à une conception déformée de cette histoire,
                            soit à une abstraction complète opérée à partir d’elle.
                            L’idéologie n’est elle même qu’un des côtés de cette histoire.
                          </del>
                        </p>
                        <p rend="alinea" xml:id="MEideall2014p271"><anchor xml:id="MEideall1975p42"/><anchor xml:id="MEideall14trois5"/>
                          Les prérequis par lesquels nous débutons ne sont pas arbitraires,
                          ce ne sont pas des dogmes mais des conditions effectives
                          dont on ne peut faire abstraction que dans l’imagination.
                          Ce sont les individus effectifs, leur action et leurs conditions de vie matérielles,
                          aussi bien celles qu’ils trouvent déjà là que celles qu’ils engendrent par leur propre action.
                          Ces conditions sont donc constatables par une voie purement empirique.
                        </p>
                        <p rend="alinea" xml:id="MEideall2014p273">
                          La première conditions de toute histoire humaine
                          est naturellement l’existence d’individus humains vivants.
                          <del xml:id="MEideall2014p273nota">
                            |313| Le premier acte <emph>historique</emph> de ces individus, par lequel ils se distinguent des animaux,
                            n’est pas qu’ils pensent mais qu’ils commencent à <emph>produire leurs moyens de vivre</emph>.
                          </del>
                          Le premier état de fait à constater est donc l’organisation corporelle de ces individus
                          ainsi que leur rapport, donné par là-même, au reste de la nature.
                          Nous ne pouvons naturellement ici nous occuper ni de la constitution physique des hommes eux-mêmes,
                          ni des conditions naturelles que les hommes trouvent là avant eux :
                          les rapports géologiques, oro-hydrographiques, climatiques et autres.
                          <del xml:id="MEideall2014p273notb">
                            |313| Mais ces rapports conditionnent non seulement l’organisation originelle,
                            naturelle-spontanée des hommes, notamment les différences de race,
                            mais également tout leur développement ou leur non-développement ultérieur jusqu’aujourd’hui.
                          </del>
                          Pour écrire l’histoire, il faut nécessairement partir de ces bases fondamentales naturelles
                          et de leur modification par l’action des hommes au cours de l’histoire.
                        </p>
                        <p rend="alinea" xml:id="MEideall1975p43">
                          On peut distinguer les hommes des animaux par la conscience, par la religion, ou par tout ce qu’on veut d’autre ;
                          eux-mêmes ne commencent à se distinguer des animaux qu’à partir du moment
                          où ils commencent à <emph>produire</emph> leurs moyens de vivre,
                          un pas en avant qui est conditionné par leur organisation corporelle.
                          En produisant leurs moyens de vivre, c’est indirectement leur vie matérielle elle-même que les hommes produisent.
                        </p>
                        <p xml:id="MEideall-modprod"><label rend="invisible">Marx et Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:273]</label>
                          <index><term>mode de production</term></index>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Le mode sous lequel les hommes produisent leurs moyens de vivre
                          dépend d’abord de la constitution même des moyens de vivre
                          qu’ils trouvent là avant eux et qu’il leur faut reproduire.
                          Ce mode de la production ne doit pas simplement être considéré du côté suivant,
                          à savoir qu’il est la reproduction de l’existence physique des individus.
                          Il est bien plus tôt un type déterminé d’activité de ces individus,
                          un type déterminé d’expression de leur vie, un <emph>mode de vie</emph> déterminé de ces individus.
                          La manière dont les individus expriment leur vie, c’est comme cela qu’ils sont<note xml:id="MEideall2014p273-not1" n="1" place="bottom">
                            <seg>
        Ici, je m’écarte un peu de la traduction donnée pour me rapprocher de l’allemand.
      </seg><!-- <xi:include href="seg-allemtrad.xml">Je me rapproche de l’allemand.</xi:include> -->
                          </note>.
                          |108| Ce qu’ils sont coïncide donc avec leur production,
                          aussi bien avec <emph>ce</emph> qu’ils produisent qu’avec <emph>la manière</emph> dont ils produisent.
                          Donc, ce que sont les individus dépend des conditions matérielles de leur production.
                        </p>
                        <p rend="alinea" xml:id="MEideall1975p44">
                          Cette production n’entre en scène qu’avec l’<emph>accroissement de la population</emph>.
                          Elle présuppose elle-même à son tout un <emph>commerce</emph> des individus entre eux.
                          <!-- Verkehr. Je ne crois pas que Marx vise ici un échange de biens.
                          Ce pourraient être les rapports sociaux en général.
                          On ne peut exclure qu’il pense aussi aux rapports sexuels.
                          Il est vrai qu’on utilise commerce dans un sens général, même si c’est un peu vieillot. -->
                          La forme de ce commerce est à son tour conditionnée par la production.
                        </p>
                      </quote>
                    </body>
                  </floatingText>
                  <bibl>2014:271-275 (1976:14-16, 1975:42-44).</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <!-- <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
            </list>

            <p xml:id="MEideall2014p299-301"><label xml:id="MEideallp20-21" rend="invisible">Marx et Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:299-301]</label>
              <index><term>conscience, « ce n’est pas… »</term></index>
              <index><term>conditions d’existence, déterminent la conscience</term></index>
              <index><term>vie, détermine la conscience</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h1">
              I. Feuerbach
              <lb/>Fragment 2
            </label>
            <bibl>Karl Marx, Friedrich Engels, fragment I/5-9</bibl>
            <p rend="alinea">
              « Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, c’est la vie qui détermine la conscience. »
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 48%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      | Ganz im Gegensatz zur deutschen Philosophie,
                      welche vom Himmel auf die Erde herabsteigt,
                      wird hier von der Erde zum Himmel gestiegen.
                      D. h. es wird nicht ausgegangen von dem was die Menschen sagen, sich einbilden, sich vorstellen,
                      auch nicht von den gesagten, gedachten, eingebildeten, vorgestellten Menschen,
                      um davon aus bei den leibhaftigen Menschen anzukommen;
                      es wird von den wirklich thätigen Menschen ausgegangen &amp; aus ihrem wirklichen Lebensprozeß
                      auch die Entwicklung der ideologischen Reflexe &amp; Echos dieses Lebensprozesses dargestellt.
                      Auch die Nebelbildungen im Gehirn der Menschen sind nothwendige Sublimate
                      ihres materiellen, empirisch konstatierbaren &amp; an materielle Voraussetzungen geknüpften Lebensprozesses.
                      Die Moral, Religion, Metaphysik &amp; sonstige Ideologie &amp; die ihnen entsprechenden Bewußtseinsformen
                      behalten hiermit nicht länger den Schein der Selbständigkeit.
                      Sie haben keine Geschichte, sie haben keine Entwicklung,
                      sondern die ihre materielle Produktion &amp; ihren materiellen Verkehr
                      entwickelnden Menschen ändern mit dieser ihrer Wirklichkeit auch ihr Denken &amp; die Produkte ihres Denkens.
                      Nicht das Bewußtsein bestimmt das Leben, sondern das Leben bestimmt das Bewußtsein.
                      In der ersten Betrachtungsweise geht man von dem Bewußtsein als dem lebendigen Individuum aus,
                      in der zweiten, dem wirklichen Leben entsprechenden,
                      von den wirklichen lebendigen Individuen selbst &amp; betrachtet das Bewußtsein
                      <!-- <del rend="nonvisible">
                        uniquement comme la conscience de ces individus qui s’activent dans la pratique
                      </del> -->
                      nur als <emph>ihr</emph> Bewußtsein.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:115-116, 2014:298-300 (MEW 3:26-27).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item><!--  style="width: 25%; -->
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Par opposition complète à la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre,
                      ici on monte de la terre vers le ciel.
                      C’est-à-dire qu’on ne part pas de ce que les hommes disent, s’imaginent, se représentent,
                      qu’on ne part pas non plus de ce qu’on dit, de ce qu’on pense, de ce qu’on s’imagine,
                      de ce qu’on se représente être les hommes pour en arriver aux hommes en chair et en os ;
                      on part des hommes effectivement actifs et, à partir de leur processus vital effectif,
                      on présente également le développement des reflets et des échos idéologiques de ce processus vital.
                      Même les représentations nébuleuses qui se forment dans le cerveau des hommes
                      <!-- Une note 2 au bas de la page 413 explique que la sublimation est le passage du solide au gaz. -->
                      sont des sublimés nécessaires de leur processus vital matériel,
                      empiriquement constatable et rattaché à des conditions matérielles.
                      Ce faisant, la morale, la religion, la métaphysique et le reste de l’idéologie,
                      ainsi que les formes de conscience qui leur correspondent,
                      cessent de conserver l’apparence de l’autonomie.
                      Elles n’ont pas d’histoire, elles n’ont pas de développement,
                      ce sont les hommes, en développant leur production matérielle et leur commerce matériel,
                      qui changent également, en même temps que cette réalité effective qui est la leur,
                      leur pensée et les produits de leur pensée.
                      Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, c’est la vie qui détermine la conscience.
                      Dans le premier mode de considération, on part de la conscience comprise comme individu
                      <del>agissant</del> vivant,
                      dans le second, qui correspond à la vie effective, on part des individus vivants effectifs eux-mêmes
                      et on ne considère la conscience que comme <emph>leur</emph> conscience
                      <del>
                        uniquement comme la conscience de ces individus qui s’activent dans la pratique
                      </del>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:299-301 (1976:20-21, 1975:51-52).</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
            </list>

            <p xml:id="MEideall2014p301-303"><label rend="invisible">Marx et Engels, L’Idéologie allemande, I Feuerbach [2014:301-303]</label>
              <index><term>matérialisme historique, ce qu’il n’est pas</term></index>
              <index><term>science</term></index>
              <index><term>philosophie, fin de la —</term></index> <index><term>fin de la philosophie</term></index>
              Une attitude scientifique suppose qu’on remplace les phrases de la philosophie concernant la conscience.
              En outre, les abstractions sur l’histoire sont tout au plus « un résumé des résultats les plus généraux »,
              elles ne fournissent pas « une recette ou un schéma ».
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Da wo die Spekulation aufhört, beim wirklichen Leben,
                      beginnt also die wirkliche, positive Wissenschaft,
                      die Darstellung der praktischen Bethätigung,
                      des praktischen Entwicklungsprozesses der Menschen.
                      Die Phrasen vom Bewußtsein hören auf, wirkliches Wissen muß an ihre Stelle treten.
                      Die selbstständige Philosophie verliert mit der Darstellung der Wirklichkeit ihr Existenzmedium.
                      An ihre Stelle kann höchstens eine Zusammenfassung der allgemeinsten Resultate treten,
                      die sich aus der Betrachtung der historischen Entwicklung der Menschen abstrahiren lassen.
                      Diese Abstraktionen haben für sich, getrennt von der wirklichen Geschichte, durchaus keinen Werth.
                      Sie können nur dazu dienen, die Ordnung des geschichtlichen Materials zu erleichtern,
                      die Reihenfolge seiner einzelnen Schichten anzudeuten.
                      Sie geben aber keineswegs, wie die Philosophie, ein Recept oder Schema,
                      wonach die geschichtlichen Epochen zurechtgestutzt werden können.
                      Die Schwierigkeit beginnt im Gegentheil erst da,
                      wo man sich an die Betrachtung &amp; Ordnung des Materials,
                      sei es einer vergangnen Epoche oder der Gegenwart, an die wirkliche Darstellung gibt.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2003:116, 2014:300-302.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <anchor xml:id="MEideall21un2"/>Là où cesse la spéculation, dans la vie effective,
                      débute donc la science effective et positive,
                      la présentation de l’activation pratique, du processus de développement pratique des humains.
                      Les formules concernant la conscience cessent, un savoir effectif doit nécessairement prendre leur place.
                      Avec la présentation de la réalité effective, la philosophie autonome perd son milieu d’existence.
                      À sa place, on peut tout au plus mettre un résumé des résultats les plus généraux,
                      que l’on peut abstraire de la considération du développement historique des hommes.
                      Ces abstractions n’ont absolument aucune valeur pour soi, séparées de l’histoire effective.
                      Elles ne peuvent servir qu’à faciliter la mise en ordre du matériau historique,
                      qu’à ébaucher la série de ses couches singulières.
                      Mais en aucun cas elles ne livrent, comme la philosophie,
                      une recette ou un schéma à partir desquels on puisse découper les époques historiques.
                      Au contraire, la difficulté commence seulement lorsque l’on se met à considérer
                      et à ordonner le matériau, que ce soit à propos d’une époque passée ou à propos du présent,
                      lorsqu’on s’attelle à la présentation effective.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>2014:301-303 (1976:21, 1975:52).</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
            </list>
            <p rend="alinea">
              Il n’y plus de « philosophie autonome ». Les abstractions de la philosophie
              ne peuvent plus prétendre qu’à contribuer à « un résumé des résultats les plus généraux »,
              à « faciliter la mise en ordre du matériau historique ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              (Mais <ref target="#Fe1finphilo">dans son Feuerbach</ref>, quarante ans plus tard,
              Engels semble accorder à la dialectique une place plus importante
              que celle d’humble servante de la science.)
            </p>

            <p xml:id="MEideall214p463"><label rend="invisible">Marx, L’Idéologie allemande, préface [2014:463]</label>
              <index><term>pesanteur, illusion</term></index>
              <index><term>Schwere, Illusion</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h1">
              Préface de l’<title>Idéologie allemande</title>
            </label>
            <bibl>Karl Marx, 1846</bibl>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 24.70%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Ein wackrer Mann bildete sich einmal ein, die Menschen ertränken nur im Wasser,
                      weil sie vom <term xml:lang="de">Gedanken der Schwere</term> besessen wären.
                      Schlügen sie sich diese Vorstellung aus dem Kopfe, etwa indem sie dieselbe
                      für eine abergläubige, für eine religiöse Vorstellung erklärten,
                      so seien sie über alle Wassersgefahr erhaben.
                      Sein Leben lang bekämpfte er die Illusion der Schwere,
                      von deren schädlichen Folgen jede Statistik ihm neue und zahlreiche Beweise lieferte.
                      Der wackre Mann war der Typus der neuen deutschen revolutionären Philosophen.
                      <del>Der deutsche Idealismus sondert sich durch keinen spezifischen Unterschied von der Ideologie aller andern Völker ab.
                      Auch diese betrachtet die Welt als durch Ideen beherrscht,
                      die Ideen u Begriffe als bestimmende Prinzipien, bestimmte Gedanken
                      als das den Philosophen zugängliche Mysterium der materiellen Welt.</del>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 3:13-14. (Cette préface n’est pas dans le <title>Jahrbuch 2003</title>.)</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26.2%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <anchor xml:id="MEideall1975p34"/>
                    <p xml:id="MEideall2014p463" rend="alinea">
                      Il était un brave homme s’imaginait que, si des gens se noyaient,
                      c’était simplement parce qu’ils étaient possédés par la <term>pensée de la pesanteur</term>.
                      Qu’ils s’ôtent cette représentation de la tête,
                      par exemple en la déclarant superstitieuse ou religieuse,
                      et les voici à l’abri de tout danger de noyade.
                      Il passa sa vie à lutter contre l’illusion de la pesanteur
                      dont les funestes conséquences trouvent en chaque statistique une nouvelle abondance de preuves.
                      Ce brave homme, c’était le prototype des nouveaux philosophes révolutionnaires allemands.
                      <del>Aucune différence spécifique ne distingue l’idéalisme allemand
                      de l’idéologie de tous les autres peuples.
                      Cette dernière considère, elle aussi, que le monde est dominé par des idées,
                      que les idées et les concepts sont des principes déterminants,
                      que des idées déterminées constituent le mystère du monde matériel accessible aux philosophes.</del>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>É.s.2014:463, 1975:34.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.15%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Er was eens een moedige man die er het denkbeeld op na hield,
                      dat de mensen in het water slechts verdronken
                      omdat zij van het idee van de zwaartekracht bezeten waren.
                      Als zij zich dit idee uit het hoofd zouden zetten,
                      door haar tot bijgeloof, tot een religieuze voorstelling te verklaren bijvoorbeeld,
                      dan zouden zij boven ieder verdrinkingsgevaar verheven zijn.
                      Zijn leven lang bestreed hij de illusie van de zwaartekracht,
                      van de schadelijke gevolgen waarvan hem iedere statistiek nieuwe en talrijke bewijzen leverde.
                      Deze moedige man was het type van de nieuwe revolutionaire filosofen in Duitsland.
                      <del>Er is geen enkel specifiek verschil tussen het Duitse idealisme
                      en de ideologie van alle andere volkeren.
                      Ook deze laatste ziet de wereld als beheerst door ideeën,
                      de ideeën en begrippen als bepalende beginselen, bepaalde gedachten
                      als het voor de filosofen toegankelijke mysterie van de materiële wereld.</del>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1845/duitse_ideologie/index.htm#Voorwoord_">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Once upon a time a valiant fellow had the idea
                      that men were drowned in water only because they were possessed with the <term xml:lang="en">idea of gravity</term>.
                      If they were to get this notion out of their heads, say by avowing it to be a superstitious, a religious concept,
                      they would be sublimely proof against any danger from water.
                      His whole life long he fought against the illusion of gravity,
                      of whose harmful consequences all statistics brought him new and manifold evidence.
                      This valiant fellow was the type of the new revolutionary philosophers in Germany.
                      <del>There is no specific difference between German idealism and the ideology of all the other nations.
                      The latter too regards the world as dominated by ideas, ideas and concepts as the determining principles,
                      and certain notions as the mystery of the material world accessible to the philosophers.</del>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 5:24.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

          </div>
<!--
          <div xml:id="MEideall-II">
            <head>II. Sankt Bruno</head>
          </div>
 -->
          <div xml:id="MEideall-III">
            <head>III. Sankt Max</head>
            <index><term>superstructure</term></index>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Alle diese „geheiligten Güter“ „darf“ Stirner in entwickelten Ländern zwar nicht „dem Menschen als solchen“,
                      aber doch den wirklichen Menschen nehmen, natürlich auf dem Wege und innerhalb der Bedingungen der Konkurrenz.
                      Die große Umwälzung der Gesellschaft durch die Konkurrenz,
                      die die Verhältnisse der Bourgeois untereinander und zu den Proletariern in reine Geldverhältnisse auflöste,
                      sämtliche obengenannte „geheiligte Güter“ in Handelsartikel verwandelte
                      und für die Proletarier alle naturwüchsigen und überkommenen,
                      z. B. Familien- und politische Verhältnisse nebst ihrem ganzen ideologischen Überbau zerstörte
                      — diese gewaltige Revolution ging allerdings nicht von Deutschland aus;
                      Deutschland spielte in ihr nur eine passive Rolle,
                      es ließ sich seine geheiligten Güter nehmen und bekam nicht einmal den kuranten Preis dafür.
                      Unser deutscher Kleinbürger kennt daher nur die heuchlerischen Beteuerungen der Bourgeois
                      über die moralischen Grenzen der Konkurrenz der Bourgeois, die die „geheiligten Güter“ der Proletarier,
                      ihre „Ehre“, „Schamgefühl“, „Freiheit der Person“ täglich mit Füßen treten
                      und ihnen selbst den Religionsunterricht entziehen.
                      Diese vorgeschützten „moralischen Grenzen“ gelten ihm für den wahren „Sinn" der Konkurrenz, und ihre Wirklichkeit existiert nicht für ihren Sinn.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Stirner « peut » prendre tous ces « biens sacrés » dans les pays développés, non pas « à l’homme en tant que tel »,
                      mais aux hommes réels, naturellement par la voie et dans les conditions de la concurrence.
                      Le grand bouleversement de la société par la concurrence,
                      qui a dissous les rapports des bourgeois entre eux et avec les prolétaires dans des rapports purement monétaires,
                      qui a transformé tous les « biens sacrés » susmentionnés en articles de commerce
                      et qui a supprimé pour les prolétaires toutes les conditions naturelles et héritées,
                      par exemple familiales et politiques, ainsi que toute leur superstructure idéologique
                      — cette immense révolution n’est cependant pas partie de l’Allemagne ;
                      l’Allemagne n’y a joué qu’un rôle passif,
                      elle s’est laissée dépouiller de ses biens sacrés et n’en a même pas reçu le prix.
                      Notre petit bourgeois allemand ne connaît donc que les affirmations hypocrites des bourgeois
                      sur les limites morales de la concurrence des bourgeois, qui foulent quotidiennement aux pieds les « biens sacrés » des prolétaires,
                      leur « honneur », leur « pudeur », leur « liberté de la personne »,
                      et leur retirent même l’enseignement religieux.
                      Ces « limites morales » préservées valent pour lui pour le véritable « sens » de la concurrence,
                      et sa réalité n’existe pas pour son sens.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
            </list>
          </div>
<!--
          <div xml:id="MEideall-IV">
            <head>IV. Karl Grün</head>
          </div>
 -->
        </div>
        <!-- début de fichier inclus MiserePhilo.xml --><div xml:id="MiserePhilo" type="level2_document">
        <head>
          Misère de la Philosophie<seg rend="invisible"> [1847]</seg>
        </head>
        <bibl rend="publie">
          <author>Karl Marx</author>,
          <title>Misère de la Philosophie : Réponse à la Philosophie de la misère de M. Proudhon</title>,
          chez A. Franck, 69 rue Richelieu à Paris et, en même temps,
          chez C. G. Vogler, 2 petite rue de la Madeleine à Bruxelles,
          <date>1847</date>, <hi rend="petitescapitales">vi</hi> + 178 pages.
          Un exemplaire de l’université de Gand est
          <ref target="https://archive.org/details/bub_gb_eCRQAAAAcAAJ">digitalisé dans l’Internet Archive</ref>.<!--
          (C’est cette édition que j’utilise.) -->
        </bibl>
        <p rend="alinea">
          Écrit à Bruxelles en 1846-1847.
          (Le <title>Système des contradictions économiques, ou Philosophie de la misère</title> de Proudhon
          est sorti en octobre 1846.)
        </p>

        <bibl rend="publie">
          <title>Das Elend der Philosophie : Antwort auf Proudhons „Philosophie des Elends“</title>,
          Deutsch von E. Bernstein und K. Kautsky, mit Vorwort und Noten von Friedrich Engels<note xml:id="MiserePhilo-not1" n="1" place="bottom">
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Engels nahm bei der Revision des Textes der deutschen Übersetzung eine Reihe vön Änderungen vor,
                  über die er in seinem Vorwort Auskunft gibt.
                  Diese Ände rungen waren von Engels auch für eine geplante neue französische Ausgabe vorgesehen.
                  Die Grundlage dafür bot ihm ein von Karl Marx
                  Frau Natalja Utina im Jahre 1876 gewidmetes Exemplar des französischen Originals
                  (in unseren Fußnoten kurz „Widmungsexemplar" genannt),
                  das eine Reihe von Marx vorgenommene Verbesserungen und Ergänzungen enthielt.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Außerdem existiert noch eine von Engels offenbar
                  für die schon 1884 geplante französische Ausgabe zusammengestellte Liste von „notes et changements“
                  [Anmerkungen und Abänderungen] (in unseren Fußnoten kurz mit „Liste von Engels“ bezeichnet),
                  die sich mit den Eintragungen in dem Widmungsexemplar größtenteils decken.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW 4:63.</bibl>
            </cit>
          </note>,
          1885.
        </bibl>

        <bibl rend="publie">
          Avec une préface de Friedrich Engels (signée Londres, 1884), V. Giard et E. Brière, Paris, 1896<note xml:id="MiserePhilo-not2" n="2" place="bottom">
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  L’exemplaire de Marx, qui, ainsi que ses autres livres,
                  a été donné par ses deux filles, Laura Lafargue et Eleanore Aveling, au Parti socialiste allemand,
                  pour former, avec les livres d’Engels, le fonds d’une bibliothèque du Parti,
                  porte quelques corrections de la main de l’auteur : elles ont été reproduites dans cette réédition.
                </p>
              </quote>
              <bibl>Note de l’Éditeur.</bibl>
            </cit>
            Je ne sais si on a tenu compte aussi des annotations de Marx pour Natalja Utina.
          </note>,
          <ref target="https://archive.org/details/misredelaphilo00marxuoft">digitalisée dans l’Internet Archive</ref>.
          Aussi <ref target="https://fr.wikisource.org/wiki/Mis%C3%A8re_de_la_philosophie">en Wikisource</ref>.
        </bibl>

        <bibl rend="publie">
          Avec la préface de Friedrich Engels, nouvelle édition, V. Giard et E. Brière, Paris, 1908,
          <ref target="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k932177g">digitalisée à la BnF</ref>.
        </bibl>

        <bibl rend="publie">
          Éditions sociales, Paris, 1946<note xml:id="MiserePhilo-not3" n="3" place="bottom">
            J’ai détecté aux Éditions sociales <ref target="#MiserePhilocapitalist-me">une curieuse « correction »</ref> du texte de Marx.
            C’est inquiétant dans la mesure où rien n’indique s’il y a d’autres interventions de ce genre
            ou si c’est seulement un <term xml:lang="la">lapsus calami</term>.
          </note>,
          aussi 1947, enfin 1977. En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1847/06/km18470615.htm</ref>.
        </bibl>

        <label xml:id="MiserePhiloI" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">3</seg><!-- PDF 10 -->
          Chapitre premier. Une découverte scientifique.
        </label>
        <label xml:id="MiserePhiloIpara1" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">3</seg>
          § I<hi rend="ordinal">er</hi>. Opposition de la valeur d’utilité et de la valeur d’échange.
        </label>

        <p xml:id="MiserePhiloI-ndx"><label rend="invisible">Misère de la Philosophie, I. Une découverte scientifique                  </label>
          <index><term>Proudhon</term></index>
          <index><term>économie politique classique</term></index>
          <index><term>Sismondi</term></index>
          <index><term>Lauderdale</term></index>
          <index><term>valeur d’usage</term></index>
          <index><term>valeur d’échange</term></index>
          <index><term>richesse nationale</term></index>
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              <pb xml:id="MiserePhilo34deux3" n="34 ⅔"/>Nous aussi nous commencerons par la fin,
              et pour disculper les économistes des accusations de M. Proudhon, nous laisserons
              parler deux économistes assez importants.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Sismondi :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  C’est l’opposition entre la valeur usuelle et la valeur échangeable à laquelle
                  le commerce a réduit toute chose, etc.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Sismondi : <title>Études</title>, tome II, page 162, édition de Bruxelles.
              </bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Lauderdale :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  En général, la richesse nationale [la valeur utile] diminue à proportion que
                  les fortunes individuelles s’accroissent par l’augmentation de la valeur vénale ;
                  et à mesure que celles-ci se réduisent par la diminution de cette valeur, la
                  première augmente généralement.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Lauderdale :
                <title>Recherches sur la nature et l’origine de la richesse publique</title> ;
                traduit par Largentie de Lavaïsse, Paris, 1808.
              </bibl>
            </cit>
          </quote>
        </cit>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


        <label xml:id="MiserePhiloIpara2" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">18</seg>
          § II. La valeur constituée ou la valeur synthétique.
        </label>


        <label xml:id="MiserePhiloIpara3" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">62</seg>
          § III. Application de la loi des proportionnalités de valeur.
        </label>
        <label xml:id="MiserePhiloIpara3A" rend="fakehead h3"><seg rend="floatright">62</seg>
          A) La monnaie.
        </label>
        <label xml:id="MiserePhiloIpara3B" rend="fakehead h3"><seg rend="floatright">75</seg>
          B) L’excédant du travail.
        </label>


        <label xml:id="MiserePhiloII" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">92</seg>
          Chapitre II. La métaphysique de l’économie politique.
        </label>


        <label xml:id="MiserePhiloIIpara1" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">92</seg>
          § I<hi rend="ordinal">er</hi>. La méthode.
        </label>


        <label xml:id="MiserePhiloIIpara1obs1" rend="fakehead h3"><seg rend="floatright">93</seg>
          Première observation.
        </label>

        <p xml:id="MiserePhiloIIpara1obs1-ndx"><label rend="invisible">Misère de la philosophie, II. Métaphysique, 1. Méthode, Première observation</label>
          <index><term>formule sacramentelle</term></index>
          <index><term>idéalisme</term></index>
          <index><term>thèse, antithèse, synthèse</term></index>
          <index><term>triade hégélienne</term></index>
          <index><term>négation de la négation</term></index>
          <index><term>Hegel, langage</term></index>
          <index><term>Proudhon</term></index>
        </p>
        <cit xml:lang="fr">
          <quote>
            <p rend="alinea"><!-- 94 2/3 -->
              Les matériaux des économistes, c’est la vie active et agissante des hommes ;
              les matériaux de M. Proudhon, ce sont les dogmes des économistes.
              Mais du moment qu’on ne poursuit pas le mouvement historique des rapports de la production,
              dont les catégories ne sont que l’expression théorique,
              du moment que l’on ne veut plus voir dans ces catégories que des idées,
              des pensées spontanées, indépendantes des rapports réels,
              on est bien forcé d’assigner comme origine à ces pensées le mouvement de la raison pure.
              Comment la raison pure, éternelle, impersonnelle fait-elle naitre ces pensées ?
              Comment procède-t-elle pour les produire ?
            </p>
            <p rend="alinea"><!-- 95 -->
             Si nous avions l’intrépidité de M. Proudhon en fait d’hégélianisme, nous dirions :
             Elle se distingue en elle-même d’elle-même. Qu’est-ce à dire ?
             La raison impersonnelle n’ayant en dehors d’elle ni terrain sur lequel elle puisse se poser,
             ni objet auquel elle puisse s’opposer, ni sujet avec lequel elle puisse composer,
             elle se voit forcée de faire la culbute en se posant, en s’opposant et en composant
             — position, opposition, composition.
             Pour parler grec, nous avons la thèse, l’antithèse et la synthèse.
             Quant à ceux qui ne connaissent pas le langage hégélien, nous leur dirons la formule sacramentelle :
             affirmation, négation, négation de la négation. Voilà ce que parler veut dire.
             Ce n’est certes pas de l’hébreu, n’en déplaise à M. Proudhon ;
             mais c’est le langage de cette raison si pure, séparée de l’individu.
             Au lieu de l’individu ordinaire, avec sa manière ordinaire de parler et de penser,
             nous n’avons autre chose que cette manière ordinaire toute pure, moins l’individu.
            </p>
          </quote>
          <bibl>P. 94-95.</bibl>
        </cit>
        <!-- J’ai voulu avoir sous les yeux la version allemande, par sécurité.
             (Pensant surtout à formule sacramentelle.)
             Mais j’oublie qu’il l’a écrit en français !
             Je reviens à la citation en français seul. -->

        <p rend="alinea">
          Ainsi, si on s’écarte du concret,
          ou d’une science qui a pour objet un certain niveau d’organisation du monde matériel,
          on ne peut plus que se payer de mots (« Voilà ce que parler veut dire »).
          J’apprécie beaucoup l’expression de « formule sacramentelle » de Marx ironisant sur la triade hégélienne.
          Je crains que souvent on utilise les soi-disant « lois de la dialectique » comme des « formules sacramentelles ».
          Après tout, non, on ne les utilise pas puisqu’elles ne peuvent mener à rien
          (qui a jamais vu <emph>utiliser</emph> une « loi de la dialectique » ?) ;
          on les commente, on les enseigne et on <emph>prétend les utiliser</emph> en tant que « formules sacramentelles ».
        </p>

        <p xml:id="MiserePhilo85-86-ndx"><label rend="invisible">Misère de la philosophie, II. Métaphysique, 1. Méthode, Première observation</label>
          <index><term>abstraction</term></index>
          <index><term>métaphysique</term></index>
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea"><!-- 95 1/2 -->
              Faut-il s’étonner que toute chose, en dernière abstraction,
              car il y a abstraction et non pas analyse,
              se présente à l’état de catégorie logique ?
              Faut-il s’étonner qu’en laissant tomber peu à peu tout ce qui constitue l’individualisme d’une maison,
              qu’en faisant abstraction des matériaux dont elle se compose, de la forme qui la distingue,
              vous arriviez à n’avoir plus qu’un corps,
              — qu’en faisant abstraction des limites de ce corps vous n’ayez bientôt plus qu’un espace,
              — qu’en faisant enfin abstraction des dimensions de cet espace,
              vous finissiez par ne plus avoir que la quantité toute pure, la catégorie logique.
              À force d’abstraire ainsi de tout sujet, tous les prétendus accidents, animés ou inanimés, hommes ou choses,
              nous avons raison de dire qu’en dernière abstraction on arrive à avoir comme substance les catégories logiques.
              Ainsi les métaphysiciens qui, en faisant ces abstractions, s’imaginent faire de l’analyse,
              et qui, à mesure qu’ils se détachent de plus en plus des objets,
              s’imaginent s’en approcher au point de les pénétrer,
              ces métaphysiciens ont à leur tour raison de dire que les choses d’ici-bas sont des broderies,
              dont les catégories logiques forment le canevas.
              Voilà ce qui distingue le philosophe du chrétien.
              Le chrétien n’a qu’une seule incarnation du <foreign xml:lang="gr">Logos</foreign>, en dépit de la logique ;
              le philosophe n’en finit pas avec les incarnations.
              Que tout ce qui existe, que tout ce qui vit sur la terre et sous l’eau, puisse,
              à force d’abstraction, être réduit à une catégorie logique ;
              que de cette façon le monde réel tout entier puisse se noyer dans le monde des abstractions,
              dans le monde des catégories logiques, qui s’en étonnera ?
            </p>
          </quote>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Il montre bien comment en « dernière abstraction » on perd tout contact avec le monde.
          Mais Marx lui-même recourt constamment à l’abstraction et le dit
          et <ref target="#Capital-Ipref1de-abstraction">s’en justifie</ref> :
          c’est son instrument de laboratoire, comme le microscope pour d’autres.
          Il faudrait donc bien étudier ce qui fait la différence
          entre une abstraction métaphysique et une abstraction légitime.
        </p>

        <p xml:id="MiserePhilo96-ndx"><label rend="invisible">Misère de la philosophie, II. Métaphysique, 1. Méthode, Première observation</label>
          <index><term>mouvement, purement formel</term></index>
          <index><term>mouvement de l’Idée</term></index>
          <index><term>métaphysique</term></index>
          <index><term>dialectique hégélienne, critique de la —</term></index>
          <index><term>méthode absolue, chez Hegel</term></index>
          <index><term>spécificité</term></index>
          <index><term>spécifique, caractère — du mouvement</term></index>
          <index><term>spécifique, caractère — de la contradiction</term></index>
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea"><!-- 96 1/2 -->
              Tout ce qui existe, tout ce qui vit sur la terre et sous l’eau, n’existe,
              ne vit que par un mouvement quelconque.
              Ainsi, le mouvement de l’histoire produit les rapports sociaux,
              le mouvement industriel nous donne les produits industriels, etc.
            </p>
          </quote>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Ainsi, tout est mouvement, mais il insiste immédiatement sur la spécificité du mouvement.
          De son point de vue, à cette époque,
          des « lois générales du mouvement de la matière, de la société et de la pensée »
          comme Engels l’écrira plus tard
          (voir loi générale du mouvement… dans <ref target="#TEIindex">mon index des notions</ref>),
          ce serait nécessairement une « formule sacramentelle ».
          Le « mouvement » même, pris dans l’absolu, serait une notion métaphysique.
          Marx ne dit pas « le mouvement » dans l’abstrait,
          mais pour chaque chose « un mouvement quelconque ». Il développe cette critique :
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea"><!-- 96 3/4 -->
              De même qu’à force d’abstraction nous avons transformé toute chose en catégorie logique,
              de même on n’a qu’à faire abstraction de tout caractère distinctif des différents mouvements,
              pour arriver au mouvement à l’état abstrait, au mouvement purement formel,
              à la formule purement logique du mouvement.
              Si l’on trouve dans les catégories logiques la substance de toute chose,
              on s’imagine trouver dans la formule logique du mouvement la <emph>méthode absolue</emph>,
              qui non-seulement explique toute chose, mais qui implique encore le mouvement de la chose.
            </p>
            <p rend="alinea"><!-- 97 -->
              C’est cette méthode absolue dont Hegel parle en ces termes :
              « La méthode est la force absolue, unique, suprême, infinie,
              à laquelle aucun objet ne saurait résister ;
              c’est la tendance de la raison à se reconnaître elle-même en toute chose. »
              (<title>Logique</title>, tome III.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              […]
            </p>
            <p rend="alinea"><!-- 97 1/2 -->
              Ainsi, qu’est-ce donc que cette méthode absolue ? L’abstraction du mouvement.
              Qu’est-ce que l’abstraction du mouvement ? Le mouvement à l’état abstrait.
              Qu’est-ce que le mouvement à l’état abstrait ?
              La formule purement logique du mouvement ou le mouvement de la raison pure.
              En quoi consiste le mouvement de la raison pure ?
              À se poser, à s’opposer, à se composer, à se formuler comme thèse, antithèse, synthèse,
              ou bien encore à s’affirmer, à se nier, à nier sa négation.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Comment fait-elle, la raison, pour s’affirmer, pour se poser en catégorie déterminée ?
              C’est l’affaire de la raison elle-même et de ses apologistes.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Mais une fois qu’elle est parvenue à se poser en thèse,
              cette thèse, cette pensée, opposée à elle-même, se dédouble en deux pensées contradictoires,
              le positif et le négatif, le oui et le non.
              La lutte de ces deux éléments antagonistes, renfermés dans l’antithèse, constitue le mouvement dialectique.
              Le oui devenant non, le non devenant oui, le oui devenant <!-- 98 --> à la fois oui et non,
              le non devenant à la fois non et oui, les contraires se balancent, se neutralisent, se paralysent.
              La fusion de ces deux pensées contradictoires constitue une pensée nouvelle, qui en est la synthèse.
              Cette pensée nouvelle se déroule encore en deux pensées contradictoires
              qui se fondent à leur tour en une nouvelle synthèse.
              De ce travail d’enfantement naît un groupe de pensées.
              Ce groupe de pensées suit le même mouvement dialectique qu’une catégorie simple,
              et a pour antithèse un groupe contradictoire.
              De ces deux groupes de pensées naît un nouveau groupe de pensées, qui en est la synthèse.
            </p>
            <p rend="alinea">
              De même que du mouvement dialectique des catégories simples naît le groupe,
              de même du mouvement dialectique des groupes naît la série,
              et du mouvement dialectique des séries naît le système tout entier.<!-- 98 1/2 -->
            </p>
          </quote>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          La critique est vraiment féroce, aussi sur la contradiction et la négation de la négation.
          Mais cela nous met devant une grande responsabilité.
          Plus tard, Marx a souligné qu’on ne pouvait pas jeter Hegel avec l’eau du bain.
          Pour Marx, la dialectique de Hegel était récupérable
          <ref target="#retournement">à condition de la remettre sur ses pieds</ref>.
          Ici la critique porte sur la contradiction et la négation de la négation
          qui n’ont leur origine que dans la dynamique de l’Idée.
          Y a-t-il contradiction ou négation de la négation dans la matière ?
          Cela nous impose de comprendre <emph>tout</emph> ce que Marx met dans le retournement.
          Je crains que certains ne croient que depuis que Marx a écrit avoir remis la dialectique de Hegel sur ses pieds,
          il suffit de se reposer sur le fait que Marx l’a dit (sans très bien savoir ce qu’il a voulu dire au juste)
          et qu’on peut impunément reprendre à la lettre, telle quelle, la dialectique de Hegel
          pourvu qu’on rappelle <emph>par ailleurs</emph> qu’on est matérialiste.
          L’ennui c’est qu’on ne fait alors que reprendre des « formules sacramentelles »,
          que ce n’est alors plus de la dialectique matérialiste mais de la dialectique idéaliste
          comme celle que Marx démolit ici.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Je pense que l’essentiel, c’est ce que Marx dit vers le début du passage que je cite,
          sur la spécificité du mouvement.
          Le mouvement des photons c’est une chose.
          La révolution des corps célestes c’en est une autre.
          La révolution sociale encore une autre.
          Non seulement le mouvement de la matière et le mouvement de la société sont deux choses différentes,
          mais les expressions le « mouvement de la matière » et « le mouvement de la société »,
          au singulier, sont illégitimes, à moins de les prendre comme un singulier générique, comme un pluriel :
          il faut étudier scientifiquement les différentes formes spécifiques du mouvement.
          Vouloir faire un usage effectif, direct
          des « lois les plus générales du mouvement de la matière, de la société et de la pensée »,
          c’est de la métaphysique hégélienne.
          (Voir ma <ref target="#DMdialectique">note sur la dialectique</ref>.)
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea"><!-- 99 1/5 -->
              […] Ainsi, pour Hegel, tout ce qui s’est passé et ce qui se passe encore
              est tout juste ce qui se passe dans son propre raisonnement.
              Ainsi la philosophie de l’histoire n’est plus que l’histoire de la philosophie, de sa philosophie à lui.
              Il n’y a plus « l’histoire selon l’ordre des temps »,
              il n’y a que « la succession des idées dans l’entendement ».
              Il croit construire le monde par le mouvement de la pensée,
              tandis qu’il ne fait que reconstruire systématiquement et ranger sous la méthode absolue,
              les pensées qui sont dans la tête de tout le monde.
            </p>
          </quote>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          « Ainsi, pour Hegel, tout ce qui s’est passé et ce qui se passe encore
          est tout juste ce qui se passe dans son propre raisonnement »
          et dans « l’histoire… de sa philosophie à lui » ;
          c’est un peu la critique qu’on retrouve <ref target="#RusselsblasphemousonHegel">chez Engels</ref> et <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=126">chez Russel</ref>.
        </p>

                                  <!-- ⁂ -->

        <p xml:id="MiserePhiloIIpara1obs2-ndx"><label rend="invisible">Misère de la philosophie, II. Métaphysique, 1. Méthode, Deuxième observation</label>
          <index>
            <term>forces productives et mode de production</term>
          </index>
          <index><term>forces productives, acquises par les humains</term></index>
          <index><term>mode de production, à partir des forces productives</term></index>
          <index><term>Produktivkräften und Produktionsweise</term></index>
          <index><term>Produktionsweise, Produktivkräften und —</term></index>
          <index><term>productiekrachten en productiewijze</term></index>
          <index><term>productiewijze, productiekrachten en —</term></index>
          <index><term>productive forces and mode of production</term></index>
          <index><term>mode of production, from productive forces</term></index>
          <index>
            <term>mode de production et rapports sociaux</term>
          </index>
          <index><term>rapports sociaux, mode de production et —</term></index>
          <index><term>Produktionsweise und gesellschaftlichen Verhältnisse</term></index>
          <index><term>gesellschaftlichen Verhältnisse, Produktionsweise und —</term></index>
          <index><term>Verhältnisse, Produktionsweise und gesellschaftlichen —</term></index>
          <index><term>productiewijze en maatschappelijke verhoudingen</term></index>
          <index><term>maatschappelijke verhoudingen, productiewijze en —</term></index>
          <index><term>verhoudingen, productiewijze en maatschappelijke —</term></index>
          <index><term>mode of production and social relations</term></index>
          <index><term>social relations, mode of production and —</term></index>
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 26.5%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="gras">Zweite Bemerkung</p>
                <p rend="alinea">[…]</p>
                <p rend="alinea">
                  Die sozialen Verhältnisse sind eng verknüpft mit den Produktivkräften. Mit der
                  Erwerbung neuer Produktivkräfte verändern die Menschen ihre Produktionsweise,
                  und mit der Veränderung der Produktionsweise, der Art, ihren Lebensunterhalt zu
                  gewinnen, verändern sie alle ihre gesellschaftlichen Verhältnisse. Die Handmühle
                  ergibt eine Gesellschaft mit Feudalherren, die Dampfmühle eine Gesellschaft mit
                  industriellen Kapitalisten.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW, Band. 4, S. 130</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 24.5%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="gras">Deuxième observation.</p><!-- 99 -->
                <p rend="alinea">[…]</p>
                <p rend="alinea"><!-- 99-100 -->
                  […] Les rapports sociaux sont intimement liés aux forces productives.
                  En acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changent leur mode de production,
                  et en changeant le mode de production, la manière de gagner leur vie,
                  ils changent tous leurs rapports sociaux.
                  Le moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain ;
                  le moulin à vapeur, la société avec le capitaliste industriel.
                </p>
              </quote>
              <bibl>1847, p. 99-100. 1896, p. 151. 1908, p. 155-156. (1946, p. 88.)</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 27.5%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="gras">Tweede kanttekening</p>
                <p rend="alinea">[…]</p>
                <p rend="alinea">
                  De sociale verhoudingen zijn nauw verbonden met de productiekrachten. Met het
                  verwerven van nieuwe productiekrachten veranderen de mensen hun productiewijze
                  en met de verandering van de productiewijze, de manier waarop ze in hun
                  levensonderhoud voorzien, veranderen ze al hun maatschappelijke verhoudingen.
                  De handmolen resulteert in een maatschappij met feodale heren, de stoommolen
                  in een maatschappij met industriële kapitalisten.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1847/armoede/2a.htm#a2">Marxistisch Internet-Archief</ref>
              </bibl>
            </cit>
          </item>
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="gras">Second Observation</p>
                <p rend="alinea">[…]</p>
                <p rend="alinea">
                  Social relations are closely bound up with productive forces. In acquiring new
                  productive forces men change their mode of production; and in changing their
                  mode of production, in changing the way of earning their living, they change all
                  their social relations. The hand-mill gives you society with the feudal lord;
                  the steam-mill, society with the industrial capitalist.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 6:165-166.</bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>
        <p rend="alinea" xml:id="MiserePhilocapitalist-me">
          Pour des raisons incompréhensibles, on trouve aux Éditions sociales à partir de 1946
          « le moulin à vapeur, la société avec le capitalis<emph>m</emph>e industriel » (p. 88).
          Selon l’édition de 1847, Marx a bien écrit « capitaliste ».
          C’est encore « capitaliste » dans l’édition de 1908.
          La « correction » des Éditions sociales est d’autant plus curieuse que, pour le reste,
          on n’y corrige pas le français de Marx dans le texte, mais dans de rares notes de bas de page.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Ce passage est important sur l’articulation que fait Marx entre forces productives,
          mode de production et rapports sociaux de production et sur le rôle des humains.
          Ce sont eux qui d’abord acquièrent de nouvelles forces productives, changeant par là tout le reste.
        </p>


        <label xml:id="MiserePhiloIIpara2" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">120</seg>
          2. La division du travail et les machines
        </label>


        <label xml:id="MiserePhiloIIpara3" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">142</seg>
          3. La concurrence et le monopole
        </label>


        <p xml:id="MiserePhiloIIpara4-ndx"><label rend="invisible">Misère de la philosophie, II. Métaphysique, § 4. La propriété ou la rente</label>
          <index><term>fertilité d’un terrain, change avec l’application de la chimie</term></index>
          <index><term>fertility of the land, changes with the application of chemistry</term></index>
          <index><term>chimie, application à la fertilité d’un terrain</term></index>
          <index><term>chemistry, changes the fertility of the land</term></index>
          <index><term>sol, la fertilité change avec l’application de la chimie</term></index>
          <index><term>soil, fertility changes with the application of chemistry</term></index>
          <index><term>fertilité d’un terrain, dépend des rapports sociaux</term></index>
          <index><term>fertility of the land, changes with the social relations</term></index>
          <index><term>sol, la fertilité dépend des rapports sociaux</term></index>
          <index><term>rapport social, influence sur la fertilité du sol</term></index>
          <index><term>social relation, influences the fertility of the land</term></index>
        </p>
        <label xml:id="MiserePhiloIIpara4" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">153</seg>
          4. La propriété ou la rente
        </label>

        <list rend="horiz"><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item style="width: 50%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea"><!-- P. 162, bas. -->
                  D’un autre côté, la rente ne saurait être l’indice constant du degré de fertilité d’un terrain,
                  puisque l’application moderne de la chimie vient à chaque instant changer la nature du terrain,
                  et que les connaissances géologiques commencent précisément de nos jours
                  à renverser toute l’ancienne estimation de la fertilité relative :
                  ce n’est que depuis vingt ans environ qu’on a défriché de vastes terrains
                  dans les comtés orientaux de l’Angleterre,
                  terrains qu’on laissait incultes faute d’avoir bien apprécié
                  les rapports entre l’humus et la composition de la couche inférieure.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ainsi l’histoire, loin de donner dans la rente un cadastre tout formé,
                  ne fait que changer, renverser totalement les cadastres déjà formés.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Enfin la fertilité n’est pas une qualité aussi naturelle qu’on pourrait bien le croire :
                  elle se rattache intimement aux rapports sociaux actuels.
                  Une terre peut être très fertile cultivée en blé, et cependant le prix du marché
                  pourra déterminer le cultivateur à la transformer en prairie artificielle et à la rendre ainsi infertile.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 162-163.</bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  On the other hand, rent could not be the invariable index of the degree of
                  fertility of the land, since every moment the modern application of chemistry
                  is changing the nature of the soil, and geological knowledge is just now, in
                  our days, beginning to revolutionise all the old estimates of relative
                  fertility. It is only about twenty years since vast lands in the eastern
                  counties of England were cleared; they had been left uncultivated due to the
                  lack of proper comprehension of the relation between the humus and the
                  composition of the sub-soil.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Thus history, far from supplying, in rent, a ready-made land valuation, does
                  nothing but change and turn topsy-turyy the land valuations already made.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Finally, fertility is not so natural a quality as might be thought ; it is
                  closely bound up with the social relations of the time. A piece of land may
                  be very fertile for corn growing, and yet the market price may induce the
                  cultivator to turn it into an artificial pastureland and thus render it
                  infertile.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW, vol. 6, p. 203-204.</bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>

        <label xml:id="MiserePhiloIIpara5" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">167</seg>
          § V. Les grèves et les coalitions des ouvriers.
        </label>
      </div><!-- fin de fichier inclus MiserePhilo.xml -->
        <!-- début de fichier inclus Travailsalar.xml --><div xml:id="Travailsalar" type="div1">
        <head>
          Travail salarié et capital (1847)
        </head>
        <bibl rend="publie">
          Conférences faites à Bruxelles du 14 au 30 décembre 1847, publiées dans la <title>Neue
          Reinische Zeitung</title> en avril 1849 et rééditées à plusieurs reprises en brochure
          jusque 1884.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          L’original, <title>Lohnarbeit und Kapital</title>, est dans le volume 6 des MEW,
          p. 397-423.
          Les MEW donnent en notes de bas de page les modifications de 1891 dont question ci-dessous.
          On le trouve traduit en français par Rubel et Évrard dans Marx,
          <title>Économie I</title> (p. 199-229), dans l’édition de la Pléiade.
          En anglais, <title>Wage Labour and Capital</title>,
          c’est dans le volume 9 des MECW, p. 197-228,
          avec également en notes les modifications de 1891.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          Réédité par Engels en 1891.
          Dans la préface à cette édition de 1891, Engels rappelle que Marx en 1847
          n’avait pas encore fait la distinction entre valeur du travail fourni et valeur de la force de travail.
          Dans cette nouvelle édition, Engels a corrigé sur ce point pour ne pas semer la confusion.
          C’est cela qu’on trouve en français aux Éditions sociales
          dans <title>Travail salarié et capital</title>, suivi de <title>Salaire, prix et profit</title>.
          Idem dans Marx et Engels, <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>, vol. I, p. 63-101.
          Idem dans la brochure des Éditions de Pékin, que reproduisent les Classiques des sciences sociales
          (<ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/Travail_salarie/Travail_salarie.html">classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/Travail_salarie/Travail_salarie.html</ref>, dont
          le travail est repris encore par l’Archive des marxistes (<ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230.htm</ref>).
          En anglais aussi, l’Archive des marxistes ne donne que la version d’Engels (<ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1847/wage-labour/index.htm">https://www.marxists.org/archive/marx/works/1847/wage-labour/index.htm</ref>),
          qualifiée d’ « original de 1891 », ce qui prête à confusion,
          mais que la lecture de la préface d’Engels rectifiera.
        </bibl>
        <p rend="alinea">
          Pour en faire un outil de formation largement répandu,
          Engels avait raison de rectifier en 1891 une conceptualisation encore approximative en 1847,
          mais si on veut voir l’évolution de la pensée de Marx entre <title>Travail salarié et capital</title>
          et <ref target="#salprixprof"><title>Salaire, prix et profit</title></ref>,
          il faut bien sûr retourner à l’original.
          Il faut donc savoir qu’en français,
          ce qu’on trouve le plus souvent c’est le texte modifié par Engels.
          Bien sûr, Engels n’a changé que ce qui faisait problème
          du point de vue des concepts de force de travail et de plus-value.
          Cela étant, il n’y a pas d’inconvénient à lire la version de 1891.
        </p>

        <cit>
          <floatingText><body><quote>
            <p rend="alinea">
              <index><term>esclave, vente</term></index>
              <index><term>esclave, force de travail</term></index>
              <index><term>force de travail, esclave</term></index>
              L’<emph>esclave</emph> ne vendait pas sa force de travail au possesseur d’esclaves,
              pas plus que le bœuf ne vend le produit de son travail au paysan. L’esclave est
              vendu, y compris sa force de travail, une fois pour toutes à son propriétaire.
            </p>
          </quote>
          <bibl>
            Marx et Engels, <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>, p. 76.
          </bibl></body></floatingText>
        </cit>

        <p xml:id="Travailsalar-rel-ndx"><label rend="invisible">Travail salarié et capital</label>
          <index><term>rapports sociaux de production</term></index>
          <index><term>mode de production</term></index>
          <index><term>formation sociale</term></index>
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 26.5%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Die gesellschaftlichen Verhältnisse, worin die Individuen produzieren,
                  <emph>die gesellschaftlichen Produktionsverhältnisse ändern sich also,
                  verwandeln sich mit der Veränderung und Entwickelung
                  der materiellen Produktionsmittel, der Produktionskräfte.
                  Die Produktionsverhältnisse in ihrer Gesamtheit bilden das,
                  was man die gesellschaftlichen Verhältnisse, die Gesellschaft</emph> nennt,
                  und zwar eine Gesellschaft auf <emph>bestimmter, geschichtlicher Entwicklungsstufe</emph>,
                  eine Gesellschaft mit eigentümlichem, unterscheidendem Charakter.
                  Die antike Gesellschaft, die feudale Gesellschaft, die bürgerliche Gesellschaft
                  sind solche Gesamtheiten von Produktionsverhältnissen,
                  deren jede zugleich eine besondere Entwicklungsstufe in der Geschichte der Menschheit bezeichnet.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW 6:408.</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 24%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Donc, les rapports sociaux suivant lesquels les individus produisent,
                  <emph>les rapports sociaux de production, changent, se transforment avec la modification
                  et le développement des moyens de production matériels, des forces de production.
                  Dans leur totalité, les rapports de production forment ce qu’on appelle les rapports sociaux,
                  la société, et, notamment, une société à un stade de développement historique déterminé</emph>,
                  une société à caractère distinctif original.
                  La société antique, la société féodale, la société bourgeoise
                  sont des ensembles de rapports de production de ce genre dont chacun caractérise
                  en même temps un stade particulier de développement dans l’histoire de l’humanité.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/12/km18471230-3.htm">Archive Internet des Marxistes.</ref>
              </bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 28%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  De maatschappelijke verhoudingen waaronder de afzonderlijke personen produceren,
                  <emph>de maatschappelijke productieverhoudingen worden dus anders, veranderen
                  met de verandering en de ontwikkeling van de materiële productiemiddelen, van de productiekrachten.
                  De productieverhoudingen in hun geheel vormen hetgeen men de maatschappelijke verhoudingen,
                  de maatschappij noemt, en wel een maatschappij op een bepaalde historische trap van ontwikkeling</emph>,
                  een maatschappij met een eigenaardig, kenmerkend karakter.
                  De antieke maatschappij, de feodale maatschappij, de burgerlijke maatschappij
                  zijn zulke totalen van productieverhoudingen, waarvan ieder tegelijkertijd
                  een bepaalde trap van ontwikkeling in de geschiedenis van de mensheid beduidt.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <ref target="https://marxists.architexturez.net/nederlands/marx-engels/1849/1849loonarbeid.htm#Loonarbeid_en_kapitaal_">Marxistisch Internet-Archief</ref>
              </bibl>
            </cit>
          </item>
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Thus the social relations within which individuals produce,
                  <emph>the social relations of production, change, are transformed,
                  with the change and development of the material means of production, the productive forces.
                  The relations of production in their totality constitute
                  what</emph> are called <emph>the social relations, society</emph>, and, specifically,
                  a society at <emph>a definite stage of historical development</emph>,
                  a society with a peculiar, distinctive character.
                  Ancient society, feudal society, bourgeois society
                  are such totalities of production relations,
                  each of which at the same time denotes a special stage of development in the history of mankind.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 9:212.</bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>
        <p rend="alinea">
          Les humains entrent en relation lorsqu’ils produisent à plusieurs.
          La coopération peut passer par la vente et l’achat, comme entre métiers.
          Mais, au-delà de ces relations sociales <emph>dans</emph> la production,
          Mais quand Marx parle des rapports de production <emph>dans leur totalité</emph>
          comme <emph>rapports sociaux</emph> ou <emph>relations sociales</emph>
          caractérisant une société, un stade de développement,
          lorsqu’il mentionne société antique, société féodale, société bourgeoise
          il s’agit de plus que de la production, il s’agit évidemment
          de qui s’approprie le surplus de la production de la société.
        </p>
        <p rend="alinea">
          C'est ce que parfois aussi on appelle
          <term>mode de production</term> ou <term>formation sociale</term>.
        </p>
      </div>
        <!-- début de fichier inclus manifeste.xml --><div xml:id="manifeste" type="level1_document">
          <head>
            Manifeste du parti communiste <seg rend="invisible">(1848)</seg>
          </head>

          <bibl>
            <author>Karl Marx</author> et <author>Friedrich Engels</author>,
            <title>Manifest der Kommunistischen Partei</title>, <date>février 1848</date>.
            (Marx avait 29 ans et Engels 27.)
          </bibl>
          <bibl>
            Karl Marx u. Friedrich Engels,
            <title>Werke</title>, Bd. 4, S. 459-493;
            Dietz Verlag Berlin, 1974 ;
            <ref target="https://www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1848/manifest/index.htm">www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1848/manifest/index.htm</ref>.
          </bibl>
          <bibl>
            <title>Manifeste du parti communiste</title>,
            nombreuses éditions, voir la liste qui suit.
            Je pars du texte de l’édition de 1895 (traduction de Laura Marx, revue par Friedrich Engels)
            vue à travers <ref target="#Manifest-fr-1983">celle de 1983</ref>.
            <emph>Je modifie cependant parfois le texte pour le rapprocher de l’allemand</emph>,
            à la lumière d’autres éditions françaises aussi, comme <ref target="#Manifest-fr-1978">celle de 1978</ref>.
          </bibl>
          <bibl>
            <title>Het Manifest van de Communistische Partij</title>,
            traduction par Herman Gorter, modernisée
            en <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/index.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/index.htm</ref><!-- Het Marxistisch Internet-Archief -->.
          </bibl>
          <bibl>
            <title>Manifesto of the Communist Party</title>,
            MECW vol. 6, p. 477-519.
          </bibl>

          <p rend="alinea">
            Le <title>Manifeste</title> a été écrit en allemand à Bruxelles<note xml:id="manifestenot42Orleans" n="1" place="bottom">
              Marx habitait alors 42 rue d’Orléans à Ixelles.
              (Il y a habité d’octobre 1846 à la mi-février 1848.)
              Cette maison a été démolie et son emplacement est celui de l’actuelle maison au 50 de la rue Jean d’Ardenne.
              Tout cela est détaillé dans Jean Stengers,
              « Ixelles dans la vie et l’œuvre de Karl Marx »,
               <title>Revue belge de Philologie et d’Histoire</title>, 2004, 82-1-2, p. 349-357, <ref target="https://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_2004_num_82_1_4830">www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_2004_num_82_1_4830</ref>.
            </note>
            en décembre 1847 et en janvier 1848,
            pour La Ligue des communistes de Londres (en allemand : Bund der Kommunisten).
            La Ligue avait bien une vocation internationale, mais ne regroupait alors
            que des cercles d’ouvriers allemands, à Bruxelles, à Londres et ailleurs.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Engels avait tenté le format de catéchisme du communisme, mais Marx et Engels
            sont tombés d’accord qu’il fallait quelque chose d’un autre format.
            Ils y ont travaillé encore à Londres vers la fin du congrès de la Ligue.
            Marx revient le 13 décembre à Bruxelles où Engels le rejoint le 17,
            avant de partir à Paris fin décembre.
            Marx et Engels ont ainsi travaillé à deux sur le <title>Manifeste</title>
            à Londres et à Bruxelles fin 1947. C’est en janvier 1948 à Bruxelles
            que Marx rédige alors, seul, le texte que nous connaissons<note xml:id="manifestenot2" n="2" place="bottom">
              Sur la rédaction du <title>Manifeste</title>,
              voir note 257 (appelée de la p. 477), p. 697-699 du vol. 6 des <title>MECW</title>.
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            La brochure a été publiée à Londres en allemand en février 1848.
            Elle aurait été, encore en 1848, traduite et publiée en polonais (?), danois, « flamand » et suédois.
            On en aurait fait aussi la même année des traductions en français, italien et espagnol,
            mais qui n’ont pas été publiées alors.
            Cependant Marx et Engels mentionnent une publication en français
            « peu de temps avant l’insurrection de juin 1848 », qu’on n’a pas retrouvée.
            Elle a été traduite et publiée <ref target="#Manifest-en-1850">en anglais en 1850</ref>
            et, à Genève, en russe en 1869.
            La <ref target="#Manifest-de-1872">réédition allemande de 1872</ref>
            mentionne pour la première fois (sauf la version anglaise de 1850)
            le nom des auteurs<note xml:id="manifestenot3" n="3" place="bottom">
              Sur la publication du <title>Manifeste</title>, voir note 297 (appelée de la p. 459),
              p. 648 du vol. 4 des <title>MEW</title>
              et la note 257 du vol. 6 des <title>MECW</title> mentionnée ci-dessus.
              <lb/>
              Voir aussi Eric Hobsbawm, « Introduction to the 2012 Edition », <ref target="https://www.versobooks.com/blogs/1137-eric-hobsbawm-s-introduction-to-the-2012-edition-of-marx-amp-engels-the-communist-manifesto">https://www.versobooks.com/blogs/1137-eric-hobsbawm-s-introduction-to-the-2012-edition-of-marx-amp-engels-the-communist-manifesto</ref>.
            </note>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Je note ici quelques éditions que je vois mentionnées :
          </p>
          <list rend="fakedivs">
            <item rend="fakediv">
              <label rend="fakehead">
                En allemand :
              </label>

              <list>
                <label xml:id="Manifest-de-1848">1848</label>
                <item>
                  Édition originale :  <title>Manifest der Kommunistischen Partei</title>
                  (sans nom d’auteur) (23 Seiten), veröffentlicht im Februar 1848,
                  Office der „Bildungs-Gesellschaft für Arbeiter“ von I. E. Burghard,
                  46 Liverpool Street, Bishopgate, London.
                  Disponible en ligne <ref target="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Manifest_der_kom_Partei_1848-1.djvu">en
                  DjVu dans Wikimedia Commons</ref> et en de nombreux autres formats dans de nombreux sites.
                  <!-- U. Basel https://www.e-rara.ch/bau_1/doi/10.3931/e-rara-70831 -->
                </item>
                <label xml:id="Manifest-de-1848b">1848b</label>
                <item>
                  <title>Manifest der Kommunistischen Partei</title> (sans nom d’auteur).
                  Londres, avril-mai 1848.
                  Quelques coquilles et fautes d’orthographe corrigées, 30 pages (MECW 6, p. 698).
                </item>
                <label xml:id="Manifest-de-1850">1850</label>
                <item>
                  <title>Manifest der Kommunistischen Partei</title>
                  (sans nom d’auteur) (30 Seiten),
                  édité par J. Creteux à l’imprimerie H. Beckers Druckerei, Köln, 1850/51.
                  Cette édition, différente de la première
                  (comme le montre le nombre de pages,
                  mais le texte n’est peut-être pas modifié — je n’ai pas comparé)
                  reproduit la page de titre de celle de Londres en 1848,
                  ce qui a fait penser à tort à une deuxième édition de Londres en 1848 encore.
                  Wikisource donne comme référence sur ce point : Vgl. hierzu <ref target="http://hsozkult.geschichte.hu-berlin.de/zeitschr/mega/mega.htm">H-SOZ-U-KULT</ref>
                  und <ref target="http://web.archive.org/web/20130702130514/http://www.bbaw.de/bbaw/Forschung/Forschungsprojekte/mega/de/blanko.2005-02-24.3264980076">MEGA-Studien, 1996/1, Wolfgang Meiser, "Das Manifest…"</ref>.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-de-1872">1872</label>
                <item>
                  <title>Das Kommunistische Manifest</title> :
                  Neue Ausgabe mit einem Vorwort der Verfassers.
                  Préface de Marx et Engels.
                  Leipzig, 1872.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-de-1883">1883</label>
                <item>
                  <title>Das Kommunistische Manifest</title>,
                  avec une préface d’Engels.
                </item>
              </list>
              <!-- <p>
                Wikisource propose plusieurs éditions
                du <ref target= "https://de.wikisource.org/wiki/Manifest_der_Kommunistischen_Partei"
                >Manifest der Kommunistischen Partei</ref>
              </p> -->
            </item>

            <item rend="fakediv">
              <label rend="fakehead">
                En anglais
                <seg rend="floatright margegauche separated">
                  <ref target="./MacfarlaneManifesto/index.html">
                    &gt;
                    <figure>
                      <graphic url="./MacfarlaneManifesto/1850RedRepublican21.jpeg"/>
                    </figure>
                    &gt;
                  </ref>
                </seg>
              </label>
              <!-- https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=pst.000055408905&seq=189 -->

              <list>
                <label xml:id="Manifest-en-1850">1850</label>
                <item>
                  Sous rubrique German Communism,
                  <title>Manifesto of the German Communist Party</title>,
                  Première traduction anglaise<note xml:id="manifestenot4" n="4" place="bottom">
                    Diverses mentions de cette traduction la disent « abrégée ».
                    Dans la préface à l’<ref target="#Manifest-de-1872">édition allemande de 1872</ref>,
                    Marx et Engels mentionnent cette édition, mais sans la dire abrégée.
                    J'ai trouvé les <ref target="./MacfarlaneManifesto/index.html">pages où <title>The Red Republican</title></ref>
                    publie le <title>Manifeste</title>.
                    La comparaison avec l’allemand de 1848 montre qu’il y a de fait quelques coupures,
                    mais ce n’est <emph>pas du tout</emph> ce qu’on appelle édition abrégée.
                  </note><!--
                  https://www.researchgate.net/publication/290675589_Manifesto_of_the_German_communist_party_18481_First_english_translation_abridged_by_Helen_Macfarlane_1850
                   -->,
                  par Helen Macfarlane<!--  (signant Howard Morton) --><!-- elle ne signe pas -->,
                  dans <title>The Red Republican</title>, No. 21 Vol. I, Saturday November 9, 1850
                  et numéros suivants jusqu’au 30 novembre.
                  Cette édition révèle pour la première fois le nom des auteurs :
                  « citizens <emph>Charles Marx</emph> and <emph>Frederick Engels</emph> ».
                </item>
                <label xml:id="Manifest-en-1871">1871</label>
                <item>
                  Première édition aux États-Unis, par <ref target="../../biblio/Gabriel1998.html">Virginia Woodhull</ref>,
                  dans le <title>Woodhull &amp; Claflin’s Weekly</title><note xml:id="manifestenot5" n="5" place="bottom">
                    Ce journal, édité par les sœurs féministes Victoria Woodhull et Tenessee Claflin
                    était l’organe de la 12<hi rend="ordinal">e</hi> section de l’Internationale aux États-Unis.
                    Des lettres de 1871 de Karl Marx et de sa fille Jenny à « Mesdames » du journal montrent
                    que les relations étaient alors cordiales.
                    Mais en 1872, l’Internationale supprime cette section.
                    (Voir en MECW 23, p. 124 les « Résolutions » rédigées par Karl Marx
                    et p. 177, « The International in America », une explication d’Engels,
                    ainsi que de Marx, « American Split », p. 636.)
                  </note>,
                  vol. 4, n<hi rend="ordinal">o</hi> 7 du 30 décembre 1871, p. 3-6.
                  Je donne ici <ref target="WoodhullClaflinsWeekly1871-12-30.pdf">une copie nettoyée, noir et blanc</ref>,
                  de 3 Mo, d’un fichier en ligne de 54 Mo : <ref target="https://litsdigital.hamilton.edu/collections/woodhull-claflins-weekly-vol-04-no-07-december-30-1871">https://litsdigital.hamilton.edu/collections/woodhull-claflins-weekly-vol-04-no-07-december-30-1871</ref>.
                  Virginia Woodhull<note xml:id="manifestenot6" n="6" place="bottom">
                    Sur Victoria Woodhull, <ref target="../../biblio/Gabriel1998.html">Gabriel 1998</ref>.
                    Mary Gabriel mentionne p. 156 la publication du <title>Manifeste</title>
                    (pour la première fois aux États-Unis).
                  </note>
                  et sa sœur reprennent sans le dire la <ref target="#Manifest-en-1850">traduction Macfarlane de 1850</ref><note xml:id="manifestenot7" n="7" place="bottom">
                    Victoria Woodhull et Tenessee Claflin n’ont jamais revendiqué la traduction.
                    Elles ont repris le texte anglais existant (le seul alors).
                    Elles reprennent du <title>Red Republican</title> aussi
                    le pré-titre « German Communism » et deux alinéas introductifs.
                    Elles ont modifié l’orthographe en anglais des États-Unis
                    (<foreign xml:lang="en-US">labor</foreign> au lieu de <foreign xml:lang="en-GB">labour</foreign>).
                    Je devrais examiner s’il y a d’éventuelles autres modifications ou omissions des deux sœurs.
                  </note>.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-en-1888">1888</label>
                <item>
                  Karl Marx and Frederick Engels,
                  <title>Manifesto of the Communist Party</title>,
                  traduction de Samuel Moore revue par Engels, 1988,
                  traduction de Samuel Moore revue par Engels, 1988,
                  chez William Reeves, 185 Fleet Street à Londres.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-en-US-1888">1888 (US)</label>
                <item>
                  <title>Communist Manifesto</title>,
                  traduction de Samuel Moore revue par Engels,
                  Charles H. Kerr &amp; Company, 341-349 East Ohio St., Chicago, Ill.
                  (Sans date, mais sans doute édition conjointe avec l’édition anglaise.)
                  En ligne en <ref target="https://en.wikisource.org/wiki/Manifesto_of_the_Communist_Party">Wikisource</ref>.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-en-1967">1967</label>
                <item>
                  Penguin Books, 1967.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-en-1969">1969</label>
                <item>
                  <title>Manifesto of the Communist Party</title>
                  P. 98-137 dans <title>Marx/Engels Selected Works</title>, Vol. One,
                  Progress Publishers, Moscou, 1969.
                  <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/index.htm">Texte en MIA</ref>.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-en-2002">2002</label>
                <item>
                  <title>The Communist Manifesto</title>,
                  With an Introduction and Notes by Gareth Stedman Jones,
                  Penguin Classics, 2002.
                </item>
              </list>
            </item>

            <item rend="fakediv">
              <label rend="fakehead">
               En français
              </label>

              <list>
                <label rend="gris" xml:id="Manifest-fr-1848">1848</label>
                <item rend="gris">
                  « Il a paru en français à Paris peu de temps avant l’insurrection de juin 1848 »,
                  écrivent Marx et Engels dans une préface de 1872
                  que reprend <ref target="#Manifest-fr-1983">l’édition Champ Libre de 1983</ref>
                  où les éditeurs ajoutent en note :
                  « Cette édition n’a pu être retrouvée.
                  Cf. Bert Andreas, <title>Le Manifeste de Marx et Engels</title>, Milan, 1962. »
                </item>

                <label xml:id="Manifest-fr-1885">1885</label>
                <item>
                  « Manifeste du parti communiste », traduit par Laura Marx (épouse Lafargue),
                  en plusieurs livraisons, dans <title>Le Socialiste</title>, Paris, 1885.
                </item>

                <label xml:id="Manifest-fr-1886">1886</label>
                <item>
                  <title>Manifeste du parti communiste</title>,
                  p. 296-345 dans Gabriel Terrail, <title>La France Socialiste</title>, 1886,
                  F. Fetscherin et Chuit, Éditeurs, à Paris, 18, rue de l’Ancienne-Comédie.
                  La traduction de Laura Marx de 1885, avec des corrections d’Engels.
                  <ref target="https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Mermeix">Texte dans Wikisource</ref>.
                </item>


                <label xml:id="Manifest-fr-1895">1895</label>
                <item>
                  Karl Marx &amp; Frédéric Engels,
                  <title>Manifeste du parti communiste</title>, 1895,
                  Ère nouvelle, à Paris, 9, rue Daubenton.
                  La traduction de Laura Marx de 1885, avec de nombreuses nouvelles corrections d’Engels.
                  (<ref target="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3163449">En ligne sur le site Gallica</ref> de la BnF.)
                </item>
                <label xml:id="Manifest-fr-1897">1897</label>
                <item>
                  <title>Manifeste du parti communiste</title>, 1897,
                  dans Antonio Labriola, <title>Essais sur la conception matérialiste de l’histoire</title>
                  V. Giard &amp; E. Brière, Paris.
                  <ref target="https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Lafargue">Texte dans Wikisource</ref>.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-fr-1901">1901</label>
                <item>
                  Karl Marx &amp; Frédéric Engels,
                  <title>Le Manifeste communiste</title>, 1901,
                  traduction nouvelle par Charles Andler,
                  avec les articles de F. Engels dans la <title>Réforme</title> (1847-1848),
                  Société nouvelle de librairie et d’édition, à Paris, rue Cujas, 17.
                  (<ref target="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k552462">En ligne sur le site Gallica</ref> de la BnF
                  et <ref target="https://fr.wikisource.org/wiki/Manifeste_du_parti_communiste/Andler">dans Wikisource</ref>.)
                </item>
                <label xml:id="Manifest-fr-1978">1978</label>
                <item>
                  K. Marx et F. Engels,
                  <title>Manifeste du parti communiste</title>,
                  Éditions du Progrès,
                  Moscou, 1978.
                  (Suivi des « Principes du communisme » de F. Engels.)
                </item>
                <label xml:id="Manifest-fr-1983">1983</label>
                <item>
                  Karl Marx, Friedrich Engels,
                  <title>Manifeste du parti communiste</title>,
                  Éditions Champ libre, Paris, 1983.
                  Traduction de l’allemand par Laura Lafargue [Laura Marx], revue et annotée par F. Engels.
                  (Après les pages de titre de Champ libre et un colophon qui renseigne aussi les éditions antérieures 1885 et 1886,
                  c’est le facsimilé de l’édition Ère nouvelle de 1895.)
                  Suivi d’un facsimilé de l’original allemand de 1848.
                  J’ai trouvé <ref target="https://bsstock.files.wordpress.com/2015/10/manifeste1848.pdf">cette édition en ligne</ref>.
                </item>
                <label xml:id="Manifest-fr-1998">1998</label>
                <item>
                  Karl Marx et Friedrich Engels,
                  <title>Manifeste du parti communiste</title>,
                  <title>Études marxistes</title> n<hi rend="ordinal">o</hi> 41, février-mars 1998.
                  Précédé de Ludo Martens, « Le <title>Manifeste</title>, jeune de 150 ans
                  dans une histoire qui compte en siècles ».
                </item>
              </list>
            </item>

            <item rend="fakediv">
              <label rend="fakehead">
                En néerlandais
              </label>

              <list>
                <label>1891</label>
                <item>
                  Marx, Engels,
                  <title>Manifest van de Communistische Partij</title>,
                  traduit par Christiaan Cornelissen.
                </item>
                <label>1904</label>
                <item>
                  Traduction par le poète Herman Gorter.
                  Nombreuses éditions, dont :
                  Karl Marx, Friedrich Engels,
                  <title>Het communistisch manifest</title>,
                  vertaald door H. Gorter,
                  3<hi rend="ordinal">e</hi> Hollandsche uitgave,
                  Brochurenhandel S.D.P., Amsterdam [ca. 1920].
                  En néerlandais modernisé en <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/index.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/index.htm</ref>
                  Encore réédité par Kritak, Louvain, 1978.
                </item>
                <label>2010</label>
                <item>
                  Karl Marx &amp; Friedrich Engels, <title>Het communistisch manifest</title>, vertaald
                  van het Duits door Hugo Franssen, EPO, Berchem, 2010, ISBN : 978-90-6445-533-9.
                </item>
              </list>
            </item>
          </list>


          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <!-- <p rend="invisible">Mots-clefs :
            <index><term>classe de producteurs, en tout temps</term></index>
            <index>
              <term>histoire, n’est que lutte de classes</term>
            </index>❦ histoire, n’est que lutte de classes
            <index>
              <term>lutte de classes, l’histoire n’est que —</term>
            </index>❦ lutte de classes, l’histoire n’est que —
            <index>
              <term>classe, une — en renverse une autre</term>
            </index>❦ classe, une — en renverse une autre
            <index><term>classe, lutte de —</term></index>
            <index><term>oppression</term></index>❦ oppression
            <index><term>révolution</term></index>❦ révolution
            <index><term>classe sociale</term></index>❦ classe sociale
            <index><term>bourgeoisie</term></index>❦ bourgeoisie
            <index><term>prolétariat</term></index>❦ prolétariat
            <index>
              <term>contradiction entre forces productives et rapports de production</term>
            </index>❦ contradiction entre forces productives et rapports de production
            <index><term>rapports de production, contradiction entre forces productives et —</term></index>
            <index><term>forces productives, contradiction entre — et rapports de production</term></index>
            <index><term>développement des forces productives, contradiction entre le — et les rapports de production</term></index>
            <index><term>crise</term></index>❦ crise
          </p> -->
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die Geschichte aller bisherigen Gesellschaft ist die Geschichte von Klassenkämpfen.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Freier und Sklave, Patrizier und Plebejer, Baron und Leibeigener, Zunftbürger und Gesell,
                    kurz, Unterdrücker und Unterdrückte standen in stetem Gegensatz zueinander,
                    führten einen ununterbrochenen, bald versteckten, bald offenen Kampf,
                    einen Kampf, der jedesmal mit einer revolutionären Umgestaltung der ganzen Gesellschaft endete
                    oder mit dem gemeinsamen Untergang der kämpfenden Klassen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:462.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;"><!-- les identités des tei:item ne passent pas aux html:li -->
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p28"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:28]</label>
                    <index><term>histoire, n’est que lutte de classes</term></index>
                    <index><term>lutte de classes, histoire de toute société</term></index>
                    L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire des luttes de classes.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Homme libre et esclave, patricien et plébéien, baron et serf, maître de jurande et compagnon,
                    en un mot, oppresseur et opprimé, en opposition constante,
                    ont mené une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée ;
                    une guerre qui finissait toujours ou par une transformation révolutionnaire de la société tout entière,
                    ou par la destruction des deux classes en lutte.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:28, 1978:33-34.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De geschiedenis van iedere maatschappij tot nu toe is de geschiedenis van de klassenstrijd.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Vrije en slaaf, patriciër en plebejer, baron en lijfeigene, gildemeester en gezel,
                    kortom onderdrukkers en onderdrukten stonden in voortdurende tegenstelling tot elkaar,
                    voerden een onafgebroken, nu eens bedekte dan weer open strijd,
                    een strijd die ieder keer eindigde met een revolutionaire omvorming van de gehele maatschappij
                    of met de gemeenschappelijke ondergang van de strijdende klassen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <floatingText>
                <body>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        The history of all hitherto existing society<note xml:id="manifesto1988-not2stars" n="**" place="bottom">
                          That is, all <emph>written</emph> history.
                          In 1847, the pre-history of society,
                          the social organisation existing previous to recorded history,
                          was all but unknown. […]
                          [Note by Engels to the English edition of 1888…]
                        </note>
                        is the history of class struggles.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Freeman and slave, patrician and plebeian, lord and serf, guild-master and journeyman,
                        in a word, oppressor and oppressed, stood in constant opposition to one another,
                        carried on an uninterrupted, now hidden, now open fight,
                        a fight that each time ended,
                        either in a revolutionary re-constitution of society at large,
                        or in the common ruin of the contending classes.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      MECW 6:482,
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </body>
              </floatingText>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Sur « l’histoire de toute société », Engels fait en note dans l’édition de 1888 en anglais
            la remarque importante qu’il s’agit d’histoire dans le sens d’histoire écrite.
            (Note page 7 dans l’édition William Reeves à Londres :
            « (b) That is, all <emph>written</emph> history. »
            Cette note a été introduite aussi en allemand à partir de l’édition de 1890.)
            Il explique qu’en 1847 la préhistoire était autant dire inconnue.
            Il faut garder cette remarque à l’esprit
            quand dans ce <title>Manifeste</title> on lit « toujours » et « partout ».
          </p>
          <p rend="alinea">
            Mais même avec cette réserve de l’histoire écrite, je suis très surpris
            par l’affirmation que le rapport entre les esclaves et leur propriétaires
            ait été « une guerre ininterrompue, tantôt ouverte, tantôt dissimulée ».
            La Grèce antique n’a connu autant dire aucune lutte, et encore moins « guerre », de ce genre.
            La République romaine a bien connu diverses révoltes d’esclaves
            dont la dernière et la plus connue est la révolte de Spartacus.
            Quelle que soit l’importance de ces révoltes, ce sont des évènements isolés,
            en rien « une guerre ininterrompue ».
          </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="MFrevolMao" rend="alinea">
            La lutte entre « oppresseurs et opprimés » se termine
            « ou par une transformation révolutionnaire de la société tout entière,
            ou par la destruction des deux classes en lutte ».
            On ne peut certainement pas dire ça des révolte d’esclaves dans la République romaine.
            Cela n’a pas empêché la République de se développer, puis de devenir Empire
            et ce ne sont pas les esclaves qui ont mis fin à l’Empire romain.
            Cependant, Marx et Engels ne disent pas ici que toujours les opprimés ont renversé les oppresseurs.
            On a connu au milieu du 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle une guerre civile
            où la bourgeoisie d’Angleterre a dans une certaine mesure imposé son pouvoir
            (même si c’est dans un compromis avec la royauté et l’aristocratie).
            Déjà au début du 17<hi rend="ordinal">e</hi>, les commerçants hollandais
            avaient profité de la trêve de 1609 avec l’Espagne pour imposer leur prépondérance dans les Provinces Unies.
            On ne peut pas dire que c’était clairement opprimés contre oppresseurs.
            L’intervention des opprimés est plus claire
            à la fin du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle en France dans une révolution violente.
            (Mais la révolution est plus encore ajustements entre ancien et nouveaux oppresseurs.)
            <!-- La bourgeoisie a alors pris le pouvoir en renversant la féodalité dans un pays après l’autre. -->
            Après Marx et Engels, en octobre 1917, le prolétariat de Russie a renversé la bourgeoisie.
            C’est cette histoire récente de révolutions que <ref target="lMao.html#gala">Mao résume</ref> par
            « une classe en renverse une autre ».
          </p>

          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p28-29"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:28-29]</label>
            <index><term>état, division hiérarchique de la société en différents —</term></index>
            Il y a toujours des classes, mais elles sont spécifiques à chaque époque :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In den früheren Epochen der Geschichte finden wir fast überall
                    eine vollständige Gliederung der Gesellschaft in verschiedene Stände,
                    eine mannigfaltige Abstufung der gesellschaftlichen Stellungen.
                    Im alten Rom haben wir Patrizier, Ritter, Plebejer, Sklaven;
                    im Mittelalter Feudalherren, Vasallen, Zunftbürger, Gesellen, Leibeigene,
                    und noch dazu in fast jeder dieser Klassen wieder besondere Abstufungen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:462-463</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Dans les époques historiques <!-- DM: -->antérieures,
                    nous constatons presque partout une division hiérarchique de la société en différents <!-- DM: -->états,
                    une échelle graduée de positions sociales.
                    Dans la Rome antique, nous trouvons des patriciens, des chevaliers, des plébéiens et des esclaves ;
                    au moyen âge, des seigneurs, des vassaux, des maîtres, des compagnons, des serfs ;
                    et, dans chacune de ces classes, encore en plus, des gradations spéciales.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:28-29, 1978:34.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26.5%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In de vroegere tijdperken van de geschiedenis
                    vinden wij bijna overal een volledige verdeling van de maatschappij in verschillende standen,
                    een veelvoudige trap van maatschappelijke rangen.
                    In het oude Rome hebben wij patriciërs, ridders, plebejers, slaven;
                    in de middeleeuwen leenheren, vazallen, gildemeesters, gezellen, lijfeigenen
                    en bovendien in bijna ieder van deze klassen nog bijzondere rangschikkingen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In the earlier epochs of history,
                    we find almost everywhere a complicated arrangement of society into various orders,
                    a manifold gradation of social rank.
                    In ancient Rome we have patricians, knights, plebeians, slaves;
                    in the Middle Ages, feudal lords, vassals, guild-masters, journeymen, apprentices, serfs;
                    in almost all of these classes, again, subordinate gradations.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  MECW 6:482, 485,
                  <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm#007">MIA</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Dans la première phrase, il s’agit d’états, de position sociales.
            Dans la deuxième phrase, ces positions sociales sont appelées classes.
            Il s’agit donc ici d’un usage assez libre du mot classes, pas encore d’un concept élaboré.
            Cela adoucit l’affirmation surprenante du début sur les esclaves comme classe.
          </p>

          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p29"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:29]</label>
            <index><term>classe, nouvelles dans la société bourgeoise</term></index>
            <index><term>classe, deux grandes — diamétralement opposées</term></index>
            La forme spécifique du capitalisme oppose comme classes la bourgeoisie<note xml:id="manifestenot8" n="8" place="bottom">
              Étymologiquement, un bourgeois, c’est l’habitant d’un bourg.
              Cependant, le terme <term>bourgeoisie</term> ne couvre pas tous les citadins,
              mais seulement les plus aisés, les notables.
              Aujourd’hui, le terme <term>bourgeoisie</term> continue
              à désigner simplement la catégorie sociale des gens assez aisés
              (comme des propriétaires, des membres de professions libérales).
              Il me semble que c’est seulement dans la littérature marxiste (ou sur le marxisme)
              que les termes bourgeois, bourgeoisie sont utilisés souvent
              pour désigner la classe sociale des capitalistes.
              (Le long <ref target="https://www.cnrtl.fr/definition/bourgeois">article <term>BOURGEOIS, OISE</term> du TLFi</ref> ne parle jamais de capital.)
              C’est le cas dans ce qui suit où « la société bourgeoise moderne »
              désigne sans ambiguïté la société capitaliste,
              où s’opposent « la bourgeoisie » et le prolétariat.
              Il faut en outre se rappeler que Marx et Engels écrivent en allemand.
              Ils utilisent quatre mille fois <term>Bourgeoisie</term>
              contre deux-cent-cinquante fois <term>Bürgertum</term>.
              Je n’ai pas le courage maintenant de lire l’entièreté de leurs œuvres en allemand
              pour y déceler la nuance qu’ils pourraient y mettre.
              Cependant, dans l’édition anglaise, au titre Bourgeois et prolétaires,
              Engels attache une note précisant qu’il faut comprendre la classe des capitalistes modernes.
              <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  By bourgeoisie is meant the class of modern Capitalists,
                  owners of the means of social production and employers of wage-labour.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <ref target="#Manifest-en-1888">Édition Reeves</ref>, bas de la page 7,
                <ref target="#Manifest-en-US-1888">Édition Kerr</ref>, bas de la page 12.
              </bibl>
            </cit>
            </note>
            au prolétariat :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die aus dem Untergang der feudalen Gesellschaft hervorgegangene moderne bürgerliche Gesellschaft
                    hat die Klassengegensätze nicht aufgehoben.
                    Sie hat nur neue Klassen, neue Bedingungen der Unterdrückung,
                    neue Gestaltungen des Kampfes an die Stelle der alten gesetzt.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Unsere Epoche, die Epoche der Bourgeoisie, zeichnet sich jedoch dadurch aus,
                    daß sie die Klassengegensätze vereinfacht hat.
                    Die ganze Gesellschaft spaltet sich mehr und mehr in zwei große feindliche Lager,
                    in zwei große, einander direkt gegenüberstehende Klassen:
                    Bourgeoisie und Proletariat.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:463.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La société bourgeoise moderne, élevée sur les ruines de la société féodale, n’a pas aboli les antagonismes de classes.
                    Elle n’a fait que substituer aux anciennes de nouvelles classes,
                    de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Cependant, le caractère distinctif de notre époque, de l’ère de la bourgeoisie,
                    est d’avoir simplifié les antagonismes de classes.
                    La société se divise de plus en plus en deux vastes camps ennemis,
                    en deux grandes classes diamétralement opposées :
                    la bourgeoisie et le prolétariat.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:29, 1978:34.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De uit de ondergang van de feodale maatschappij voortgekomen moderne burgerlijke maatschappij
                    heeft de klassentegenstellingen niet opgeheven.
                    Zij heeft slechts nieuwe klassen, nieuwe voorwaarden van onderdrukking,
                    nieuwe vormen van strijd in de plaats van de oude gesteld.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Ons tijdvak, het tijdvak van de bourgeoisie, kenmerkt zich evenwel hierdoor
                    dat het de klassentegenstellingen vereenvoudigd heeft.
                    De gehele maatschappij splitst zich meer en meer in twee grote vijandelijke kampen,
                    in twee grote lijnrecht tegenover elkaar staande klassen:
                    bourgeoisie en proletariaat.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The modern bourgeois society that has sprouted from the ruins of feudal society
                    has not done away with class antagonisms.
                    It has but established new classes, new conditions of oppression,
                    new forms of struggle in place of the old ones.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Our epoch, the epoch of the bourgeoisie, possesses, however, this distinct feature:
                    it has simplified class antagonisms.
                    Society as a whole is more and more splitting up into two great hostile camps,
                    into two great classes directly facing each other — Bourgeoisie and Proletariat.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm#007">MIA</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die moderne Staatsgewalt ist nur ein Ausschuß,
                    der die gemeinschaftlichen Geschäfte der ganzen Bourgeoisklasse verwaltet.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:464.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p30-31"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:30-31]</label>
                    <index><term>appareil d’État moderne, comité qui gère les affaires de la bourgeoisie</term></index>
                    <index><term>État moderne, comité qui gère les affaires de la bourgeoisie</term></index>
                    L’appareil d’État moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise dans son ensemble.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:30-31, 1978:36.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De moderne staatsmacht is slechts een comité
                    dat de gemeenschappelijke zaken van de gehele burgerklasse beheert.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The executive of the modern state is but a committee
                    for managing the common affairs of the whole bourgeoisie.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm#007">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p31"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:31]</label>
            <index><term>bourgeoisie, rôle éminemment révolutionnaire</term></index>
            <index><term>rôle éminemment révolutionnaire de la bourgeoisie</term></index>
            <index><term>révolutionnaire, rôle de la bourgeoisie</term></index>
            <index><term>féodale, relation détruite par la bourgeoisie</term></index>
            <index><term>idyllique, relation détruite par la bourgeoisie</term></index>
            <index><term>patriarcale, relation détruite par la bourgeoisie</term></index>
            <index><term>bourgeoisie, destruction des relations féodales, patriarcales et idylliques</term></index>
            <index><term>destruction par la bourgeoisie des relations féodales, patriarcales et idylliques</term></index>
            <index><term>relations féodales, patriarcales et idylliques, destruction par la bourgeoisie</term></index>
            Le capitalisme<note xml:id="manifestenot9" n="9" place="bottom">
              Marx écrit « la bourgeoisie », avec de nouveau toute l’ambiguïté du terme,
              surtout ici où « elle a conquis le pouvoir ».
              Il y a eu des révolutions qu’on peut qualifier de bourgeoises,
              mais qu’on peut difficilement considérer comme le moment du passage au capitalisme.
              (Question trop importante pour la traiter en note de bas de page.
              J’essaie d’en dire quelque choses dans <ref target="#DMmathist">mon essai sur la conception matérialiste de l’histoire</ref>.)
              La bourgeoisie introduit certainement de tout temps
              la froide prépondérance de l’intérêt, de l’argent.
              La rupture est bien plus radicale avec le capitalisme
              où ne compte plus rien que d’avoir ou non des moyens de production.
            </note>
            casse tout ce qui existait avant (même le patriarcat) :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 27%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die Bourgeoisie hat in der Geschichte eine höchst revolutionäre Rolle gespielt.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Die Bourgeoisie, wo sie zur Herrschaft gekommen, hat alle feudalen, patriarchalischen, idyllischen Verhältnisse zerstört.
                    Sie hat die buntscheckigen Feudalbande, die den Menschen an seinen natürlichen Vorgesetzten knüpften,
                    unbarmherzig zerrissen und kein anderes Band zwischen Mensch und Mensch übriggelassen
                    als das nackte Interesse, als die gefühllose „bare Zahlung“.
                    Sie hat die heiligen Schauer der frommen Schwärmerei, der ritterlichen Begeisterung,
                    der spießbürgerlichen Wehmut in dem eiskalten Wasser egoistischer Berechnung ertränkt.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:464-465.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire.
                  </p>
                  <p rend="alinea">Partout où elle a conquis le pouvoir,
                    elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques.
                    Tous les liens féodaux hétéroclites qui unissaient l’homme à ses supérieurs naturels,
                    elle les a impitoyablement déchirés pour ne laisser d’autre lien, entre l’homme et l’homme,
                    que l’intérêt nu, que l’argent comptant insensible.
                    Elle a noyé les saints épanchements d’extase religieuse, d’enthousiasme chevaleresque, de mélancolie philistine
                    dans les eaux glacées du calcul égoïste.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:31, 1978:36.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De bourgeoisie heeft in de geschiedenis een hoogst revolutionaire rol gespeeld.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    De bourgeoisie heeft, waar zij tot de heerschappij is gekomen,
                    alle feodale, aartsvaderlijke, idyllische verhoudingen vernield.
                    Zij heeft de bontgeschakeerde feodale banden, die de mens aan de van nature boven hem geplaatste verbonden,
                    onbarmhartig verscheurd en geen andere band tussen mens en mens overgelaten
                    dan het naakte eigenbelang, dan de gevoelloze ‘contante betaling’.
                    Zij heeft de heilige siddering van de vrome dweperij, van de ridderlijke geestdrift,
                    van de kleinburgerlijke weemoed in het ijskoude water van egoïstische berekening verdronken.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The bourgeoisie, historically, has played a most revolutionary part.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    The bourgeoisie, wherever it has got the upper hand, has put an end to all feudal, patriarchal, idyllic relations.
                    It has pitilessly torn asunder the motley feudal ties that bound man to his “natural superiors”,
                    and has left remaining no other nexus between man and man
                    than naked self-interest, than callous “cash payment”.
                    It has drowned the most heavenly ecstasies of religious fervour,
                    of chivalrous enthusiasm, of philistine sentimentalism,
                    in the icy water of egotistical calculation.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm#007">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p32"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:32]</label>
                Tous les rapports sociaux, traditionnels et figés, avec leur cortège de croyances et d’idées admises et vénérées se dissolvent ;
                celles qui les remplacent deviennent surannées avant de se cristalliser.
                Tout ce qui était solide et stable est ébranlé, tout ce qui était sacré est profané ;
                et les hommes sont forcés, enfin, d’envisager leurs conditions d’existence et leurs rapports réciproques avec des yeux dégrisés.
              </p>
            </quote>
            <bibl>1895:32</bibl>
          </cit>

          <p rend="alinea">
            Par ailleurs, le monde devient un village :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p33"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:33]</label>
                À la place de l’ancien isolement des nations se suffisant à elles-mêmes se développe un trafic universel, une interdépendance des nations.
                Et ce qui est vrai pour la production matérielle s’applique à la production intellectuelle.
                Les productions intellectuelles d’une nation deviennent la propriété commune de toutes.
                L’étroitesse et l’exclusivisme nationaux deviennent de jour en jour plus impossibles […]
              </p>
            </quote>
            <bibl>1895:33</bibl>
          </cit>

          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p36"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:36]</label>
            <index><term>prolétariat, se développe dans la même mesure que le capital, que la bourgeoisie</term></index>
            <index><term>classe ouvrière, se développe dans la même mesure que le capital, que la bourgeoisie</term></index>
            On pourrait dire que l’humanité avait été seulement dans l’enfance et (trois ou quatre derniers millénaires, peut-être) l’adolescence.
            Le capitalisme est le début de l’âge adulte de l’<term xml:lang="en">Homo sapiens</term>.
            Avant cela, un changement volontaire de la société ne pouvait être qu’utopie.
            Le capitalisme ouvre à l’humanité, pour la première fois, la possibilité de prendre son sort en main consciemment, « avec des yeux dégrisés ».
            Ceux qui peuvent le faire, ce sont les <term>prolétaires</term>.
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea nonvisible">
                    Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui doivent lui donner la mort :
                    elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes —— les ouvriers modernes, les <term>prolétaires</term>.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    In demselben Maße, worin sich die Bourgeoisie, d.h. das Kapital, entwickelt,
                    in demselben Maße entwickelt sich das Proletariat,
                    die Klasse der modernen Arbeiter, die nur so lange leben, als sie Arbeit finden,
                    und die nur so lange Arbeit finden, als ihre Arbeit das Kapital vermehrt.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:468.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui doivent lui donner la mort :
                    elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes —— les ouvriers modernes, les <term>prolétaires</term>.
                  </p><p rend="alinea">
                    À mesure que se développe la bourgeoisie, c’est-à-dire le capital,
                    se développe dans la même mesure le prolétariat,
                    la classe des ouvriers modernes qui ne survivent que tant qu’ils trouvent du travail
                    et qui n’en trouvent que tant que leur travail accroît le capital.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:36, 1978:40.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea nonvisible">
                    Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui doivent lui donner la mort :
                    elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes —— les ouvriers modernes, les <term>prolétaires</term>.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    In dezelfde mate waarin de bourgeoisie, d.i. het kapitaal,
                    zich ontwikkelt, in dezelfde mate ontwikkelt zich het proletariaat,
                    de klasse van de moderne arbeiders, die slechts zo lang leven als zij werk vinden,
                    en die slechts zo lang werk vinden, als hun werk het kapitaal vermeerdert.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea nonvisible">
                    Mais la bourgeoisie n’a pas seulement forgé les armes qui doivent lui donner la mort :
                    elle a produit aussi les hommes qui manieront ces armes —— les ouvriers modernes, les <term>prolétaires</term>.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    In proportion as the bourgeoisie, i.e., capital, is developed,
                    in the same proportion is the proletariat, the modern working class, developed
                    — a class of labourers, who live only so long as they find work,
                    and who find work only so long as their labour increases capital.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm#007">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>


          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p34"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:34]</label>
            <index><term>contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>rapports sociaux de production, contradiction avec les forces productives</term></index>
            <index><term>forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>développement des forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>révolution, contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>
            Les rapports sociaux de la féodalité ont cessé de correspondre aux forces productives :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Wir haben also gesehn:
                    Die Produktions- und Verkehrsmittel, auf deren Grundlage sich die Bourgeoisie heranbildete,
                    wurden in der feudalen Gesellschaft erzeugt.
                    Auf einer gewissen Stufe der Entwicklung dieser Produktions- und Verkehrsmittel
                    entsprachen die Verhältnisse, worin die feudale Gesellschaft produzierte und austauschte,
                    die feudale Organisation der Agrikultur und Manufaktur, mit einem Wort die feudalen Eigentumsverhältnisse
                    den schon entwickelten Produktivkräften nicht mehr.
                    Sie hemmten die Produktion, statt sie zu fördern.
                    Sie verwandelten sich in ebenso viele Fesseln. Sie mußten gesprengt werden, sie wurden gesprengt.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:467.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Voici donc ce que nous avons vu :
                    les moyens de production et d’échange qui ont servi de base au développement de la bourgeoisie
                    furent créés au sein de la société féodale.
                    À un certain degré du développement de ces moyens de production et d’échange,
                    les conditions dans lesquelles la société féodale produisait et échangeait,
                    l’organisation féodale de l’agriculture et de la manufacture, en un mot, les rapports féodaux de propriété,
                    cessèrent de correspondre aux forces productives nouvellement développées.
                    Ils entravaient la production au lieu de la favoriser.
                    Ils se transformèrent en autant de chaînes. Il fallait les briser. On les brisa.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:34, 1978:39.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    We hebben dus gezien:
                    De productie- en verkeersmiddelen, op welker grondslag de bourgeoisie zich ontwikkelde,
                    werden in de feodale maatschappij geschapen.
                    Op een zekere trap van de ontwikkeling van deze productie- en verkeersmiddelen stemden de verhoudingen,
                    waarin de feodale maatschappij produceerde en ruilde,
                    de feodale organisatie van landbouw en manufactuur, met één woord de feodale eigendomsverhoudingen,
                    niet meer overeen met de reeds ontwikkelde productiekrachten.
                    Zij hielden de productie tegen, in plaats van ze te bevorderen.
                    Zij veranderden in even zo vele boeien.
                    Zij moesten verscheurd worden, zij werden verscheurd.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    We see then:
                    the means of production and of exchange, on whose foundation the bourgeoisie built itself up,
                    were generated in feudal society.
                    At a certain stage in the development of these means of production and of exchange,
                    the conditions under which feudal society produced and exchanged,
                    the feudal organisation of agriculture and manufacturing industry,
                    in one word, the feudal relations of property
                    became no longer compatible with the already developed productive forces;
                    they became so many fetters. They had to be burst asunder; they were burst asunder.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm#007">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="alinea">
            Ces idées sont reprises (mais de manière encore plus elliptique, non développées)
            dans la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            <list type="bulleted">
              <item>
                Il n’est pas dit ici que la contradiction entre forces productives et rapports
                sociaux est la loi universelle de l’histoire ; c’est seulement, en 1848 du moins,
                « ce que nous avons vu » dans cette histoire concrète <emph>singulière</emph>
                qu’est le passage de la féodalité au capitalisme en Europe occidentale.
              </item>
              <item>
                Ensuite, ce ne sont pas les « forces productives nouvellement développées » qui ont,
                par elles-mêmes, brisé les rapports sociaux. Le tout petit « on » dans « on les
                brisa » est ici essentiel : ce sont des humains qui, face à cette entrave, ont
                résolu de briser les chaînes.
              </item>
              <item>
                « À un certain degré… cessèrent de correspondre… On les brisa. »
                Cela suggère un point de basculement, mais qui n’est pas daté.
                En fait, quand Marx écrit ceci, le capitalisme s’est développé graduellement en Angleterre
                depuis près de cinq siècles et la politique s’est adaptée graduellement.
                C’est une très longue transition, pas un évènement.
              </item>
            </list>
          </p>
          <p rend="alinea">
            On voit se dessiner une situation semblable où les rapports de production deviennent
            une entrave :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Sous nos yeux il se produit un phénomène analogue.
                La société bourgeoise moderne, qui a mis en mouvement de si puissants moyens de production et d’échange,
                ressemble au magicien qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées.
                Depuis trente ans au moins, l’histoire de l’industrie et du commerce
                n’est que l’histoire de la révolte des forces productives
                contre les rapports de propriété qui sont les conditions d’existence de la bourgeoisie et de son règne.
                Il suffit de mentionner les crises commerciales qui, par leur retour périodique,
                mettent de plus en plus en question l’existence de la société bourgeoise.
                Chaque crise détruit régulièrement non seulement une masse de produits déjà créés,
                mais encore une grande partie des forces productives elles-mêmes.
                Une épidémie qui, à toute autre époque, eût semblé un paradoxe s’abat sur la société — l’épidémie de la surproduction.
                La société se trouve subitement rejetée dans un état de barbarie momentanée ;
                on dirait qu’une famine, une guerre d’extermination lui coupent tous les moyens de subsistance ;
                l’industrie et le commerce semblent annihilés. Et pourquoi ?
                Parce que la société a trop de civilisation, trop de moyens de subsistance, trop d’industrie, trop de commerce.
                Les forces productives dont elle dispose ne favorisent plus le développement des conditions de la propriété bourgeoise ;
                au contraire, elles sont devenues trop puissantes pour ces conditions qui se tournent en entraves ;
                et toutes les fois que les forces productives sociales s’affranchissent de ces entraves,
                elles précipitent dans le désordre la société tout entière et menacent l’existence de la propriété bourgeoise.
                Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées dans son sein.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Comment la bourgeoisie surmonte-t-elle ces crises ?
                D’une part, par la destruction forcée d’une masse de forces productives ;
                d’autre part, par la conquête de nouveaux marchés et l’exploitation plus parfaite des anciens.
                C’est-à-dire qu’elle prépare des crises plus générales et plus formidables et diminue les moyens de les prévenir.
              </p>
            </quote>
            <bibl>1895:35-36, 1978:39-40.</bibl>
          </cit>

          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p33a"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:33]</label>
            <index><term>idiotisme de la vie des champs</term></index>
            Sur le rapport des villes et de la campagne :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25.75%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die Bourgeoisie hat das Land der Herrschaft der Stadt unterworfen.
                    Sie hat enorme Städte geschaffen, sie hat die Zahl der städtischen Bevölkerung
                    gegenüber der ländlichen in hohem Grade vermehrt und so einen bedeutenden Teil der Bevölkerung
                    dem Idiotismus des Landlebens entrissen. Wie sie das Land von der Stadt,
                    hat sie die barbarischen und halbbarbarischen Länder von den zivilisierten,
                    die Bauernvölker von den Bourgeoisvölkern, den Orient vom Okzident abhängig gemacht.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:466.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La bourgeoisie a soumis la campagne à la ville.
                    Elle a créé d’énormes cités ;
                    elle a prodigieusement augmenté la population des villes par rapport à celle des campagnes
                    et, par là, elle a préservé une grande partie de la population de l’idiotisme de la vie des champs.
                    De même qu’elle a subordonné la campagne à la ville, les nations barbares ou demi-civilisées aux nations civilisées,
                    elle a subordonné les peuples de paysans aux peuples de bourgeois, l’Orient à l’Occident.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:33, 1978:38.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.5%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De burgerij heeft het land aan de heerschappij van de stad onderworpen.
                    Zij heeft enorme steden geschapen; zij heeft de stedelijke bevolking sterk doen aangroeien
                    tegenover de plattelandsbevolking en zo een belangrijk deel van de bevolking
                    aan de afstomping van het landleven ontrukt. Zoals zij het land afhankelijk heeft gemaakt van de stad,
                    zo heeft zijn de barbaarse en halfbarbaarse landen van de beschaafde, de boerenvolken van de bourgeoisvolken,
                    het Oosten van het Westen afhankelijk gemaakt.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif1.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The bourgeoisie has subjected the country to the rule of the towns.
                    It has created enormous cities, has greatly increased the urban population as compared with the rural,
                    and has thus rescued a considerable part of the population from the idiocy of rural life.
                    Just as it has made the country dependent on the towns, so it has made barbarian and semi-barbarian countries
                    dependent on the civilised ones, nations of peasants on nations of bourgeois, the East on the West.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch01.htm#007">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="alinea">
            Ici se pose un problème d’interprétation. Il s’agit de comprendre ce que Marx et Engels
            ont voulu dire et accessoirement ce que les traducteurs ont compris et comment ils
            l’ont rendu, avec les mots (dans l’ordre des langues ci-dessus), « Idiotismus »,
            « idiotisme », « afstomping », « idiocy ». Certains commentateurs font remarquer
            que du point de vue de l’étymologie (du grec), idiot veut dire privé, isolé. Ce sens
            était encore vivant en allemand à l’époque, et plus encore dans l’esprit de Marx qui
            venait d’écrire une thèse sur un philosophe grec. On doit donc supposer que Marx et
            Engels visaient l’isolement des paysans (et l’étroitesse de vue inévitable dans un tel
            isolement) — mais non qu’ils méprisaient les paysans. Mon attention à été attirée
            là-dessus par Κώστας Σκορδούλης (Kostas Skordoulis) le 24 juillet 2013 dans un <ref target="http://www.ichstm2013.com/programme/guide/s/S031.html">symposium sur Engels et
            l’histoire des sciences</ref> au <ref target="http://www.ichstm2013.com/index.html">24th International Congress of History of Science, Technology and Medicine</ref> à
            Manchester. J’ai alors trouvé <ref target="http://monthlyreview.org/2003/10/01/3735">une note des éditeurs de <title>Monthly Review</title></ref> qui cite sur ce point une
            analyse de Hal Draper, <title>The Adventures of the Communist Manifesto</title>, Center
            for Socialist History, Berkeley, 1998. Pour l’étymologie d’ « idiot », <ref target="http://www.cnrtl.fr/definition/idiot">le TLFi donne</ref> :
          </p>
          <cit>
           <quote>
              <p rend="alinea">
                Empr. au lat. class. idiota ou idiotes (adj. en lat. chrét.) « homme qui n’est pas
                connaisseur, ignorant », gr. ἰδιώτης « simple particulier, homme étranger à
                telle ou telle spécialité », d’où « ignorant, homme sans éducation ».
              </p>
            </quote>
          </cit>

          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p52"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:52]</label>
            <index><term>idéologie, de la classe dominante</term></index>
            <index><term>classe dominante, idéologie</term></index>
            <index><term>idéologie, base matérielle</term></index>
            Au passage aussi une considération sur le caractère de classe de l’idéologie :
            (i) base matérielle ; (ii) de la classe dominante. C’était <ref target="#MEideall">déjà
            dans l’<title>Idéologie allemande</title>, plus longuement</ref>.
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Was beweist die Geschichte der Ideen anders,
                    als daß die geistige Produktion sich mit der materiellen umgestaltet?
                    Die herrschenden Ideen einer Zeit waren stets nur die Ideen der herrschenden Klasse.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:480.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Que démontre l’histoire des idées,
                    si ce n’est que la production spirituelle se transforme avec la production matérielle ?
                    Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:52, 1978:53.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Wat bewijst de geschiedenis van de ideeën anders
                    dan dat de geestelijke productie zich vervormt met de materiële?
                    De heersende ideeën van een tijd waren altijd slechts de ideeën van de heersende klasse.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif2.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    What else does the history of ideas prove,
                    than that intellectual production changes its character in proportion as material production is changed?
                    The ruling ideas of each age have ever been the ideas of its ruling class.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch02.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

<!--
MEW 4, xii
Im „Manifest der Kommunistischen Partei" haben Marx und Engels das
Proletariat mit dem wissenschaftlichen Beweis für die Unvermeidlichkeit des
Zusammenbruchs des Kapitalismus und des Triumphes der proletarischen
Revolution ausgerüstet und die Aufgaben und Ziele der revolutionären prole-
tarischen Bewegung definiert. Als roter Faden durchläuft die Idee der Diktatur
des Proletariats das ganze „Manifest", die W.I.Lenin als „eine der bedeut-
samsten und wichtigsten Ideen des Marxismus in der Frage des Staates" be-
zeichnet hat (W. I. Lenin: Werke, Bd. 25, S.414). Ohne schon den Ausdruck
„Diktatur des Proletariats" zu gebrauchen, formulieren Marx und Engels
sehr genau das Wesen dieser Grundthese des Marxismus. Sie weisen darauf
hin, daß die Eroberung der politischen Macht die notwendige Bedingung
für den Sieg der Arbeiterklasse ist, daß „der erste Schritt in der Arbeiter-
revolution die Erhebung des Proletariats zur herrschenden Klasse" ist (siehe
vorliegenden Band, S.481).
 -->


          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p53-55"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:53-55]</label>
            <index><term>dictature du prolétariat</term></index>
            Le programme de la révolution :
            pour en arriver au communisme, le prolétariat doit, dans une étape de transition,
            prendre le pouvoir et l’imposer, contre le droit bourgeois.
            C’est ce que plus tard
            (à partir d’<ref target="#Mlettre1852-03-05Weydemeyer">une lettre de 1852</ref> à Joseph Weydemeyer)
            Marx appellera <term rend="terme">dictature du prolétariat</term>.
            Cette nécessaire phase de dictature est donc bien le moyen,
            indispensable mais limité au temps nécessaire, de mettre fin à toute dictature.
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 50%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    … daß der erste Schritt in der Arbeiterrevolution
                    die Erhebung des Proletariats zur herrschenden Klasse,
                    die Erkämpfung der Demokratie ist.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Das Proletariat wird seine politische Herrschaft dazu benutzen,
                    der Bourgeoisie nach und nach alles Kapital zu entreißen,
                    alle Produktionsinstrumente in den Händen des Staats,
                    d.h. des als herrschende Klasse organisierten Proletariats,
                    zu zentralisieren und die Masse der Produktionskräfte möglichst rasch zu vermehren.
                  </p><p rend="alinea">
                    Es kann dies natürlich zunächst nur geschehn vermittelst despotischer Eingriffe
                    in das Eigentumsrecht und in die bürgerlichen Produktionsverhältnisse,
                    durch Maßregeln also, die ökonomisch unzureichend und unhaltbar erscheinen,
                    die aber im Lauf der Bewegung über sich selbst hinaustreiben und
                    als Mittel zur Umwälzung der ganzen Produktionsweise unvermeidlich sind.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    […]
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Sind im Laufe der Entwicklung die Klassenunterschiede verschwunden
                    und ist alle Produktion in den Händen der assoziierten Individuen konzentriert,
                    so verliert die öffentliche Gewalt den politischen Charakter.
                    Die politische Gewalt im eigentlichen Sinne
                    ist die organisierte Gewalt einer Klasse zur Unterdrückung einer andern.
                    Wenn das Proletariat im Kampfe gegen die Bourgeoisie sich notwendig zur Klasse vereint,
                    durch eine Revolution sich zur herrschenden Klasse macht
                    und als herrschende Klasse gewaltsam die alten Produktionsverhältnisse aufhebt,
                    so hebt es mit diesen Produktionsverhältnissen die Existenzbedingungen des Klassengegensatzes,
                    die Klassen überhaupt, und damit seine eigene Herrschaft als Klasse auf.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    An die Stelle der alten bürgerlichen Gesellschaft mit ihren Klassen und Klassengegensätzen
                    tritt eine Assoziation, worin die freie Entwicklung eines jeden
                    die Bedingung für die freie Entwicklung aller ist.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:481-82.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <!-- DeepL : ... que le premier pas dans la révolution ouvrière
            est l’élévation du prolétariat au rang de classe dirigeante, la conquête de la démocratie.
            Le prolétariat utilisera sa domination politique pour arracher peu à peu tout le capital à la bourgeoisie,
            pour centraliser tous les instruments de production dans les mains de l’Etat,
            c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe dominante,
            et pour augmenter le plus rapidement possible la masse des forces productives.
            Bien entendu, cela ne peut se faire tout d’abord que par des interventions despotiques
            dans le droit de propriété et dans les rapports de production bourgeois,
            donc par des mesures qui paraissent économiquement insuffisantes et insoutenables,
            mais qui, au cours du mouvement, se dépassent elles-mêmes
            et sont inévitables comme moyen de renverser tout le mode de production.
            Lorsque, au cours de l’évolution, les différences de classes ont disparu
            et que toute la production est concentrée entre les mains des individus associés,
            la violence publique perd son caractère politique.
            La violence politique au sens propre du terme est la violence organisée d’une classe pour en opprimer une autre.
            Lorsque le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, s’unit nécessairement en classe,
            se fait classe dominante par une révolution
            et, en tant que classe dominante, abolit par la force les anciens rapports de production,
            il abolit avec ces rapports de production les conditions d’existence de l’antagonisme de classe,
            les classes en général, et par là sa propre domination en tant que classe.
            A la place de l’ancienne société bourgeoise avec ses classes et ses oppositions de classes,
            on voit apparaître une association dans laquelle le libre développement de chacun
            est la condition du libre développement de tous. -->
            <item>
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    … la première étape dans la révolution ouvrière
                    est la constitution du prolétariat en classe <!-- DM: --> dominante,
                    la conquête <!-- DM: --> de la démocratie.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Le prolétariat se servira de sa suprématie politique
                    pour arracher petit à petit tout capital à la bourgeoisie,
                    pour centraliser tous les instruments de production entre les mains de l’État,
                    c’est-à-dire du prolétariat organisé en classe régnante,
                    et pour augmenter au plus vite la quantité de forces productives<!-- DM: -->.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Ceci naturellement ne pourra s’accomplir, au début, que par une <!-- DM: -->intervention despotique
                    dans les droits de propriété et dans les rapports de production bourgeois,
                    c’est-à-dire par des mesures qui paraissent économiquement insuffisantes et irréalisables,
                    mais qui, au cours du mouvement, se dépassent elles-mêmes et sont inévitables
                    comme moyen de révolutionner le mode de production tout entier.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    […]
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Les distinctions de classes une fois disparues dans le cours du développement,
                    et toute la production concentrée dans les mains des individus associés,
                    le pouvoir public perd son caractère politique.
                    Le pouvoir politique, à proprement parler, est
                    le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre.
                    Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie,
                    se constitue forcément en classe, s’il s’érige par une révolution en classe régnante
                    et, comme classe régnante, détruit violemment les anciens rapports de production,
                    il détruit, en même temps que ces rapports de production,
                    les conditions d’existence des antagonismes de classes ;
                    il détruit les classes elles-mêmes et, par là, sa propre domination comme classe.
                  </p><p rend="alinea">
                    À la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes,
                    surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement pour tous.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:53-55.</bibl>
              </cit>
            </item><!--
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> --><!--
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> -->
          </list>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p rend="alinea" xml:id="manifeste-p58-59"><label rend="invisible">Manifeste du parti communiste (1848) [1895:58-59]</label>
            <index><term>petite bourgeoisie, nouvelle, prolétarisation</term></index>
            <index><term>nouvelle petite bourgeoisie</term></index>
            Sur la petite bourgeoisie :
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In den Ländern, wo sich die moderne Zivilisation entwickelt hat,
                    hat sich eine neue Kleinbürgerschaft gebildet, die zwischen dem Proletariat und der Bourgeoisie schwebt
                    und als ergänzender Teil der bürgerlichen Gesellschaft stets von neuem sich bildet,
                    deren Mitglieder aber beständig durch die Konkurrenz ins Proletariat hinabgeschleudert werden,
                    ja selbst mit der Entwicklung der großen Industrie einen Zeitpunkt herannahen sehen,
                    wo sie als selbständiger Teil der modernen Gesellschaft gänzlich verschwinden
                    und im Handel, in der Manufaktur, in der Agrikultur
                    durch Arbeitsaufseher und Domestiken ersetzt werden.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 4:484.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 27%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Dans les pays où s’est développée la civilisation moderne,
                    il s’est formé une nouvelle classe de petits-bourgeois qui oscillent entre le prolétariat et la bourgeoisie ;
                    partie complémentaire de la société bourgeoise, elle se constitue toujours de nouveau.
                    Mais les individus qui la composent se voient sans cesse précipités dans le prolétariat, par suite de la concurrence,
                    et, qui plus est, avec la marche progressive de la grande production, ils voient approcher l’heure
                    où ils disparaîtront totalement comme fraction indépendante de la société moderne,
                    et où ils seront remplacés dans le commerce, dans la manufacture et dans l’agriculture
                    par des contremaîtres et des serviteurs.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1895:58-59, 1978:58-59.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In de landen waar de moderne beschaving zich ontwikkeld heeft,
                    heeft zich een nieuwe kleinburgerij gevormd, die tussen het proletariaat en de bourgeoisie zweeft
                    en als aanvullend gedeelte van de burgerlijke maatschappij zich steeds opnieuw vormt,
                    wier leden evenwel voortdurend door de concurrentie in het proletariaat worden geslingerd,
                    ja zelfs met de ontwikkeling van de grootindustrie een tijdstip zien naderen,
                    waarop zij als zelfstandig gedeelte van de moderne maatschappij verdwijnen
                    en in de handel in de manufactuur, in de landbouw door opzichters en bedienden worden vervangen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1848/manifest/manif3.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In countries where modern civilisation has become fully developed,
                    a new class of petty bourgeois has been formed, fluctuating between proletariat and bourgeoisie,
                    and ever renewing itself as a supplementary part of bourgeois society.
                    The individual members of this class, however,
                    are being constantly hurled down into the proletariat by the action of competition
                    and, as modern industry develops, they even see the moment approaching
                    when they will completely disappear as an independent section of modern society,
                    to be replaced in manufactures, agriculture and commerce, by overlookers, bailiffs and shopmen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1848/communist-manifesto/ch03.htm">MIA</ref>.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="alinea">
            La définition est elliptique.
            Cette « nouvelle » classe, ce seraient les successeurs modernes des petits-bourgeois et des petits paysans du Moyen Âge,
            c’est-à-dire encore des travailleurs indépendants.
          </p>
        </div><!-- fin de fichier inclus manifeste.xml -->
        <!-- début de fichier inclus annees50.xml --><div xml:id="annees50" type="level1_dizaine">
          <head>
            Divers, années 50
          </head>
          <p rend="alinea">
            <title>La guerre des paysans en Allemagne</title> est de 1850. Cet ouvrage a été réédité
            en 1870 avec une préface. Il est réédité encore en 1874 avec à cette préface <ref target="#AddPrefGuerrePaysans">une addition que j’ai mise dans les divers des années 70</ref>.
          </p>

          <div xml:id="Marxselon1850-07Liebknecht">
            <head>
              Marx cité par Liebknecht, juillet 1850
            </head>
            <index><term>moteur électrique</term></index>
            <index><term>électricité, moteur</term></index>
            <p rend="alinea">
              Marx venait de voir à Regent Street la présentation d’un moteur électrique capable
              de tirer un train. Liebknecht rapporte de lui la phrase suivante :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:lang="en">
                  The problem is now solved, and the consequences are unpredictable. The economic
                  revolution must necessarily be followed by a political revolution, for
                  the latter is but the expression of the former.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <title>Marx and Engels through the eyes of their contemporaries</title>,
                Institute of Marxism-Leninism, Progress, Moscow, 1978, pp. 64-65.
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:271.
              </bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il y a eu divers moteurs électriques à partir des années trente. Il est difficile
              de savoir quel moteur Marx a vu. Le moteur devait tourner sur batteries. Il n’y avait
              pas alors de distribution de courant. C’est l’invention de la dynamo de Gramme (1871)
              qui a ouvert aux moteurs électriques la voie entrevue alors par Marx. En fait
              la machine de Gramme pouvait servir de moteur si on l’alimentait par une autre
              dynamo (1873). Les moteurs industriels se développent vraiment dans les années
              80 et 90 du siècle de Marx.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1851-01-07Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, 7 janvier 1851</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>7 janvier 1851</date>.
            </bibl>
            <index><term>amélioration du sol, suite au progrès de la science et de l’industrie</term></index>
            <index><term>sol, amélioration suite au progrès de la science et de l’industrie</term></index>
            <index><term>improvement of the soil, as a result of the progress of science and industry</term></index>
            <index><term>soil, improvement as a result of the progress of science and industry</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  The increase in rent proves, according to his [Malthus] own exposition of his
                  theory, that :
                </p>
                <p rend="alinea">
                  1. Recourse is had to ever poorer types of soil, or that the same amount of
                  capital, successively employed on the same land, does not give the same yield.
                  In a word : the soil deteriorates in like proportion to the increasing demands
                  the population must make upon it. It becomes relatively less fertile. […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  2. […] 3. […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Now these 3 <hi rend="small-caps">propositions</hi> are everywhere refuted by
                  history.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  1. There is no doubt that, with the advance of civilisation, ever poorer types of
                  soil are brought under cultivation. But equally, there is no doubt that, as a
                  result of the progress of science and industry, these poorer types of soil are
                  relatively good as against those previously regarded as good.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  2. […] 3. […]
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW, vol. 38, p. 258.</bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1851-01-29Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 29 janvier 1851</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, Manchester, le 29 janvier 1851.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Anyhow, your new thing about land rent is absolutely right. The increasing
                  infertility of the land concomitant with an ever-increasing population in Ricardo
                  has always seemed to me implausible, nor have I ever been able to discover any
                  evidence in support of his ever-rising price of corn, but with my notorious sloth
                  <foreign xml:lang="fr">en fait de théorie</foreign>, I have silenced the inward
                  grumbling of my better self and have never gone to the root of the matter. There
                  can be no doubt that you have hit on the right solution, […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  I have never really been able to accept Ricardo’s simple proposition in which he
                  represents land rent as the difference in the productivity of various types of
                  land and, seeking to prove this proposition, 1) acknowledges no other factor than
                  the bringing under cultivation of ever poorer types of soil, 2) completely
                  ignores advances in agriculture and 3) finally abandons almost entirely the
                  bringing under cultivation of poorer types of soil, and instead continually
                  proceeds from the assumption that capital, employed successively on a particular
                  field, contributes less and less to the increase in the yield. Convincing as was
                  the proposition to be proved, the factors adduced in proof of that same
                  proposition were wholly alien to it. You will remember that, in the
                  <title>Deutsch-Französische Jahrbücher</title>, <ref target="#Critiqecopol1018p57un5">I already invoked the progress made by scientific
                  agriculture</ref> as against the theory of increasing infertility — of course
                  very <hi rend="small-caps">crude</hi> and not at all closely argued.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW, vol. 38, p. 270-271.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              <index><term>Justus von Liebig, chimie agricole</term></index>
              <index><term>Liebig, chimie agricole</term></index>
              <index><term>chimie agricole, Liebig</term></index>
              <index><term>agriculture, chimie, Liebig</term></index>
              Il avait alors déjà, en 1844, mentionné Liebig.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1851-04-02Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, à Manchester, Londres, 2 avril 1851</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>,
              lettre à Friedrich Engels à Manchester,
              Londres, le <date>2 avril 1851</date>.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              (Marx avait écrit mars par erreur.)
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>ökonomischen Scheiße</term></index> <index><term>Scheiße, ökonomischen</term></index>
                      Ich bin so weit, daß ich in 5 Wochen mit der ganzen ökonomischen Scheiße fertig bin.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 27:228  (p. 228-229, Marx an Engels in Manchester, [London] 2. April 1851)</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>merdier économique</term></index>
                      Je suis tellement avancé que j’en aurai fini de tout ce merdier économique dans cinq semaines.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ma traduction de Marx.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>economic shit</term></index> <index><term>shit, economic</term></index>
                      I am so far advanced that I will have finished with the whole economic stuff in 5 weeks’ time.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 38:325
                    (traduction euphémique pour <foreign xml:lang="en">economic shit</foreign>).
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1851-10-13Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, 13 octobre 1851</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>13 octobre 1851</date>.
            </bibl>
            <index><term>agronomie, Marx, lectures</term></index>
            <index><term>technologie, Marx, lectures</term></index>
            <index><term>Johnston, Liebig</term></index>
            <index><term>Liebig, Johnston</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Incidentally, during my recent visits to the library, which I continue to frequent,
                  I have been delving mainly into technology, the history thereof, and agronomy,
                  so that I can form at least some sort of an opinion on the stuff…
                </p>
                <p rend="alinea">
                  If you happen to come upon the following book : Johnston, <title>Notes on North
                  America</title>, 2 vols., 1851, you will find all manner of interesting information
                  in it. For this Johnston is the English Liebig. An atlas of physical geography
                  by “Johnston,” not to be confused with the above, may perhaps be had from one of
                  Manchester’s lending libraries. It is a compilation of all the most recent as well
                  as earlier research in this field.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:272-273.
              </bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="RevolutionEnAllemagne" type="level2_document">
            <head>
              Révolution et contre-révolution en Allemagne
              <seg rend="invisible">(Engels, 1851)</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Engels</author> (sous le nom de <author>Marx</author>),
              « Révolution et contre-révolution en Allemagne », <title>New York Tribune</title>,
              25 octobre 1851.
              <title>Œuvres choisies 1</title>, Idées 41, <emph>nrf</emph> Gallimard, Paris,
              1963, p. 281.
            </bibl>
            <index><term>bourgeoisie industrielle, progressiste</term></index>
            <index><term>prolétariat, autonomie</term></index>
            <index><term>classe ouvrière, autonomie</term></index> <index><term>autonomie, de la classe ouvrière</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">L’évolution des conditions d’existence d’un prolétariat
                nombreux, solide, concentré, intelligent va de pair avec le développement
                des conditions d’existence d’une bourgeoisie nombreuse, riche, concentrée
                et puissante. Le mouvement lui-même de la classe ouvrière n’est jamais
                autonome, n’a jamais un caractère exclusivement prolétarien tant que les
                diverses factions de la bourgeoisie et en particulier sa faction la plus
                progressive, les industriels, n’ont pas conquis le pouvoir politique et
                remodelé l’État conformément à leur besoins. (Traduction revue d’après
                l’original en anglais.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Cette idée doit remonter à <title>La situation…</title> Chercher.</p>
          </div>

          <div xml:id="Mlettre1852-03-05Weydemeyer" type="level2_document">
            <head>
              À Joseph Weydemeyer<seg rend="invisible">, le 5 mars 1852</seg>
            </head>
            <bibl>
            Karl Marx, lettre à Joseph Weydemeyer, Londres, le 5 mars 1852.
            Marx, Engels, <title>Correspondance</title>, tome 3,
            Éditions sociales, Paris, 1972, lettre 36, p. 76-81 (<ptr target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1852/03/km18520305.htm"/>).
            </bibl>
            <index><term>classe sociale, apport de Marx</term></index>
            <index><term>lutte de classes, mène à la dictature du prolétariat</term></index>
            <index><term>matérialisme historique, classes</term></index>
            <index><term>mode de production, classes spécifiques</term></index>
            <index><term>dictature du prolétariat, aboutissement nécessaire de la lutte de classes</term></index>
            <index><term>dictature du prolétariat, transition vers une société sans classes</term></index>
            <index><term>communisme, société sans classes</term></index>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p>
                      5. März 1852
                      <lb/>28, Dean Street, Soho, London
                    </p>
                    <p rend="alinea">[…]</p>
                    <p rend="alinea">
                      Was mich nun betrifft, so gebührt mir nicht das Verdienst,
                      weder die Existenz der Klassen in der modernen Gesellschaft
                      noch ihren Kampf unter sich entdeckt zu haben.
                      Bürgerliche Geschichtschreiber hatten längst vor mir
                      die historische Entwicklung dieses Kampfes der Klassen,
                      und bürgerliche Ökonomen die ökonomische Anatomie derselben dargestellt.
                      Was ich neu tat, war
                    </p>
                    <list rend="ordered">
                      <item>
                        nachzuweisen, daß die <emph>Existenz der Klassen</emph> bloß
                        an <emph>bestimmte historische Entwicklungsphasen der Produktion</emph> gebunden ist;
                      </item>
                      <item>
                        daß der Klassenkampf notwendig zur <term rend="terme">Diktatur des Proletariats</term> führt;
                      </item>
                      <item>
                        daß diese Diktatur selbst nur den Übergang
                        zur <emph>Aufhebung aller Klassen</emph>
                        und zu einer <emph>klassenlosen Gesellschaft</emph> bildet.
                      </item>
                    </list>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 28:503, 507-508. Marx numérote 1, 2, 3, mais c’est moi qui compose en liste.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p>Londres, le 5 mars 1852</p>
                    <p rend="alinea">[…]</p>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="MEcorrespT3p79" n="79…"/>Maintenant, en ce qui me concerne,
                      ce n’est pas à moi que revient le mérite d’avoir découvert l’existence des
                      classes dans la société moderne, pas plus que la lutte qu’elles s’y
                      livrent. Des historiens bourgeois avaient exposé bien avant moi l’évolution
                      historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en
                      avaient décrit l’anatomie économique. Ce que j’ai fait de nouveau, c’est
                    </p>
                    <list type="ordered">
                      <item>
                        démontrer que l’<emph>existence des classes</emph> n’est liée qu’à
                        <emph>des phases historiques déterminées du développement de la production</emph> ;
                      </item>
                      <item>
                        que la lutte des classes mène nécessairement à la <term rend="terme">dictature du prolétariat</term> ;
                      </item>
                      <item>
                      que cette dictature elle-­même ne représente qu’une transition
                      vers <emph>l’abolition de toutes les classes</emph>
                      et vers une <emph>société sans classes</emph>.
                      </item>
                    </list>
                  </quote>
                  <bibl>(Je me suis rapproché un peu de l’original.)</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p>
                      London, 5 March 1852
                      <lb/>28 Dean Street, Soho
                    </p>
                    <p rend="alinea">[…]</p>
                    <p rend="alinea">
                      Now as for myself,
                      I do not claim to have discovered either the existence of classes in modern society
                      or the struggle between them.
                      Long before me, bourgeois historians had described
                      the historical development of this struggle between the classes,
                      as had bourgeois economists their economic anatomy.
                      My own contribution was
                    </p>
                    <list rend="ordered">
                      <item>
                        to show that the <emph>existence of classes</emph> is merely bound up
                        with <emph>certain historical phases in the development of production</emph>;
                      </item>
                      <item>
                        that the class struggle necessarily leads
                        to the <term rend="terme">dictatorship of the proletariat</term>;
                      </item>
                      <item>
                        that this dictatorship itself constitutes no more than a transition
                        to the <emph>abolition of all classes</emph>
                        and to a <emph>classless society</emph>.
                      </item>
                    </list>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 39:60, 62, 65.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Le point 1 est formulé de manière plus prudente que <ref target="#manifeste-p28">le passage du <title>Manifeste</title>, sur L’histoire de toute société…</ref>,
              passage évidemment trop rapide.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="NYDailyTrib18feb1853">
            <head>
              Capital Punishment. — Mr. Cobden’s Pamphlet. — Regulations of the Bank of England
              <seg rend="invisible">(Marx, février 1853)</seg>
            </head>
            <bibl>
             <author>Karl Marx</author>, <title>New-York Daily Tribune</title>, 17-18 février 1853.
             En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1853/02/18.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1853/02/18.htm</ref>.
            </bibl>
            <index><term>peine capitale</term></index>
            <index><term>mort, peine de —</term></index>
            <index><term>pendaison</term></index>
            <index><term>potence</term></index>
            <index><term>capital punishment</term></index>
            <index><term>Quételet, sur la régularité statistique du crime</term></index>
            <index><term>crime, régularité statistique</term></index>
            <index><term>crime, conditions sociales</term></index>
            <p rend="alinea">Marx commente le fait que le <title>Times</title> fait l’apologie de
            la peine capitale par pendaison pour son aspect impressionnant. Il objecte :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="firstalinea">[…] it would be very difficult, if not altogether impossible,
                to establish any principle upon which the justice or expediency of capital
                punishment could be founded, in a society glorying in its civilization. Punishment
                in general has been defended as a means either of ameliorating or of intimidating.
                Now what right have you to punish me for the amelioration or intimidation of
                others ? And besides, there is history — there is such a thing as statistics —
                which prove with the most complete evidence that since Cain the world has neither
                been intimidated nor ameliorated by punishment. Quite the contrary.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              On ne voit aucun principe qui puisse justifier une telle peine (en particulier
              — <foreign xml:lang="latin">ad hominem</foreign>, si l’on peut dire ça d’une société —
              dans une société qui se veut respectable). Au contraire, (i) il n’est pas légitime,
              du point de vue du droit de la personne, de punir une personne pour intimider les
              autres ; (ii) l’expérience montre que c’est inefficace.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il invoque alors des statistiques de Quételet (savant réputé pour avoir introduit une
              approche quantitative en sciences humaines) qui montrent l’extrême régularité de la
              fréquence du crime selon l’âge dans deux environnements différents comme Philadelphie
              et la France (qui n’ont en commun que d’être au 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle et
              sous le capitalisme). Quételet en tire qu’il doit y avoir des causes physiques ou
              sociales et Marx remarque :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  That it is not so much the particular political institutions of a country as the
                  fundamental conditions of modern <emph>bourgeois</emph> society in general, which
                  produce an average amount of crime in a given national fraction of society […]
                </p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1853-06-06Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 6 juin 1853</seg>
            </head>
            <bibl>
            <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, Manchester, le 6 juin 1853.
            <author>Marx</author>, <author>Engels</author>, <title>Correspondance</title>, tome 3,
            lettre 178, Éditions sociales, Paris, 1975, p. 382-387.
            </bibl>
            <index><term>Orient, absence de propriété foncière</term></index>
            <index><term>propriété foncière, absente en Orient</term></index>
            <index><term>Orient, étatisme</term></index>
            <index><term>étatisme, Orient</term></index>
            <index><term>irrigation artificielle, collective, condition de l’agriculture</term></index>
            <index><term>agriculture, irrigation artificielle</term></index>
            <index><term>Indes, destruction de l’agriculture par la colonisation britannique</term></index>
            <index><term>agriculture, destruction par la colonisation britannique aux Indes</term></index>
            <index><term>colonisation, destruction de l’agriculture par la — britannique aux Indes</term></index>
            <index><term>libre concurrence, échec aux Indes</term></index>
            <index><term>concurrence, échec de la libre — aux Indes</term></index>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 32.75%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Die Abwesenheit des Grundeigentums ist in der Tat der Schlüssel zum ganzen
                      Orient. Darin liegt die politische und religiöse Geschichte. Aber woher
                      kommt es, daß die Orientalen nicht zum Grundeigentum kommen, nicht einmal
                      zum feudalen ? Ich glaube, es liegt hauptsächlich im Klima, verbunden mit
                      den Bodenverhältnissen, speziell mit den großen Wüstenstrichen, die sich
                      von der Sahara quer durch Arabien, Persien, Indien und die Tatarei bis ans
                      höchste asiatische Hochland durchziehn. Die künstliche Bewässerung ist hier
                      erste Bedingung des Ackerbaus, und diese ist Sache entweder der Kommunen,
                      Provinzen oder der Zentralregierung. Die Regierung im Orient hatte immer
                      auch nur drei Departements : Finanzen (Plünderung des Inlands), Krieg
                      (Plünderung des Inlands und des Auslands) und <foreign xml:lang="fr">travaux
                      publics</foreign>, Sorge für die Reproduktion. Die britische Regierung in
                      Indien hat Nr. 1 und 2 etwas philiströser geregelt und Nr. 3 ganz beseite
                      geworfen, und der indische Ackerbau geht zugrunde. Die freie Konkurrenz
                      blamiert sich dort vollständig. Diese künstliche Fruchtbarmachung des
                      Bodens, die sofort aufhörte, wenn die Wasserleitungen in Verfall kamen,
                      erklärt die sonst kuriose Tatsache, daß jetzt ganze Striche wüst und öde
                      sind, die früher brillant bebaut waren (…) ; sie erklärt die Tatsache, daß
                      ein einziger Verwüstungskrieg ein Land für Jahrhunderte entvölkern und
                      seiner ganzen Zivilisation entkleiden konnte.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 28, p. 259.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      L’absence de propriété foncière est en effet la clef de tout l’Orient. C’est
                      là-dessus que repose l’histoire politique et religieuse. Mais d’où vient que
                      les Orientaux n’arrivent pas à la propriété foncière, même pas sous forme
                      féodale ? Je crois que cela tient principalement au climat, allié aux
                      conditions du sol, surtout aux grandes étendues désertiques qui vont du
                      Sahara, à travers l’Arabie, la Perse, l’Inde et la Tatarie, jusqu’aux hauts
                      plateaux asiatiques. L’irrigation artificielle est ici la condition première
                      de l’agriculture ; or, celle-ci est l’affaire, ou bien des
                      communes, des provinces, ou bien du gouvernement central. En Orient, le
                      gouvernement n’avait jamais que trois départements ministériels : les
                      finances (pillage du pays), la guerre (pillage du pays et de l’étranger) et
                      les <foreign xml:lang="fr">travaux publics</foreign>, pour veiller à la
                      reproduction. Aux Indes, le gouvernement britannique a réglé les numéros 1
                      et 2 de manière assez philistine et jeté complètement par-dessus bord le
                      numéro 3 — et l’agriculture indienne va à sa perte. La libre concurrence
                      subit là-bas un échec complet. Cette fertilisation artificielle du sol, qui
                      cessa dès que les conduites d’eau se détériorèrent, explique le fait,
                      autrement bien étrange, que de vastes zones soient aujourd’hui désertes et
                      incultes, qui autrefois étaient magnifiquement cultivées (…) ; ceci explique
                      également qu’une seule guerre dévastatrice ait pu dépeupler un pays pour des
                      siècles et le dépouiller de toute sa civilisation.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 384-385.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The absence of landed property is indeed the key to the whole of the East.
                      Therein lies its political and religious history. But how to explain the
                      fact that orientals never reached the stage of landed property, not even
                      the feudal kind ? This is, I think, largely due to the climate, combined
                      with the nature of the land, more especially the great stretches of desert
                      extending from the Sahara right across Arabia, Persia, India and Tartary to
                      the highest of the Asiatic uplands. Here artificial irrigation is the first
                      prerequisite for agriculture, and this is the responsibility either of the
                      communes, the provinces or the central government. In the East, the
                      government has always consisted of 3 departments only : Finance (pillage at
                      home), War (pillage at home and abroad), and <foreign xml:lang="fr">travaux
                      publics</foreign>, provision for reproduction. The British government in
                      India has put a somewhat narrower interpretation on nos. 1 and 2 while
                      completely neglecting no. 3, so that Indian agriculture is going to wrack
                      and ruin. Free competition is proving an absolute fiasco there. The fact
                      that the land was made fertile by artificial means and immediately ceased
                      to be so when the conduits fell into disrepair, explains the otherwise
                      curious circumstance that vast expanses are now and wastes which once were
                      magnificently cultivated (…) ; it explains the fact that one single war of
                      devastation could depopulate and entirely strip a country of its
                      civilisation for centuries to come.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW Volume 39, p. 335+.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="BritishRuleIndia" type="level2_document">
            <head>
             The British Rule in India
             <seg rend="invisible">(Marx, juin 1853)</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, « The British Rule in India » (London, Friday, June 10,
              1853), <title>New-York Daily Tribune</title>, n<hi rend="ordinal">o</hi> 3804, samedi
              25 juin 1853.
            </bibl>
            <index><term>travaux publics, irrigation par un pouvoir central en Orient</term></index>
            <index><term>public works, irrigation in the Orient</term></index>
            <index><term>irrigation, nécessité de travaux publics par un pouvoir central</term></index>
            <index><term>irrigation, necessitates public works by a centralizing power</term></index>
            <index><term>sol, fertilisation artificielle par de grands travaux publics d’irrigation</term></index>
            <index><term>soil, artificial fertilisation by public works of irrigation</term></index>
            <index><term>fertilisation artificielle par de grands travaux publics d’irrigation</term></index>
            <index><term>artificiel, fertilisation — par de grands travaux publics d’irrigation</term></index>
            <index><term>artificial fertilisation by public works of irrigation</term></index>
            <index><term>agriculture, dépendance en Orient de grands travaux d’irrigation</term></index>
            <index><term>agriculture, necessitates public works of irrigation</term></index>
            <index><term>agriculture en Inde, deterioration par la colonisation britannique</term></index>
            <index><term>agriculture in India, deterioration under British rule</term></index>
            <index><term>Inde, deterioration de l’agriculture par la colonisation britannique</term></index>
            <index><term>India, deterioration of agriculture under British rule</term></index>

            <cit>
              <floatingText><body><quote>
                <p rend="alinea">
                  There have been in Asia, generally, from immemorial times, but three departments
                  of Government ; that of Finance, or the plunder of the interior ; that of War, or
                  the plunder of the exterior ; and, finally, the department of Public Works.
                  Climate and territorial conditions, especially the vast tracts of desert,
                  extending from the Sahara, through Arabia, Persia, India, and Tartary, to the
                  most elevated Asiatic highlands, constituted artificial irrigation by canals and
                  water-works the basis of Oriental agriculture. As in Egypt and India, inundations
                  are used for fertilizing the soil in Mesopotamia, Persia, &amp;c. ; advantage is
                  taken of a high level for feeding irrigative canals. This prime necessity of an
                  economical and common use of water, which, in the Occident, drove private
                  enterprise to voluntary association, as in Flanders and Italy, necessitated, in
                  the Orient where civilization was too low and the territorial extent too vast to
                  call into life voluntary association, the interference of the centralizing power
                  of Government. Hence an economical function devolved upon all Asiatic Governments,
                  the function of providing public works. This artificial fertilization of the soil,
                  dependent on a Central Government, and immediately decaying with the neglect of
                  irrigation and drainage, explains the otherwise strange fact that we now find
                  whole territories barren and desert that were once brilliantly cultivated, as
                  Palmyra, Petra, the ruins in Yemen, and large provinces of Egypt, Persia, and
                  Hindustan ; it also explains how a single war of devastation has been able to
                  depopulate a country for centuries, and to strip it of all its civilization.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Now, the British in East India accepted from their predecessors the department of
                  finance and of war, but they have neglected entirely that of public works. Hence
                  the deterioration of an agriculture which is not capable of being conducted on
                  the British principle of free competition, of <foreign xml:lang="fr">laissez-faire</foreign> and <foreign xml:lang="fr">laissez-aller</foreign>.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW, vol. 12, p. 127.</bibl></body></floatingText>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il continue en montrant comment cette destruction de l’agriculture n’est rien encore
              à côté de la destruction économique (et sociale).
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1853-10-05Cluss" type="level2_document">
            <head>
              À Adolf Cluss<seg rend="invisible">, le 5 octobre 1853</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Adolf Cluss, le <date>5 octobre 1853</date>.
            </bibl>
            <index><term>fertilité du sol, dépendance de la société</term></index>
            <index><term>fertilité du sol, dépendance de la chimie</term></index>
            <index><term>chimie, la fertilité du sol en dépend</term></index>
            <index><term>chimie, application à l’agronomie</term></index>
            <index><term>agronomie, dépendance de la chimie</term></index>

            <cit>
              <floatingText><body><quote>
                <p rend="alinea">
                  The <emph>fertility of the soil</emph>… is something purely relative. Changes
                  in soil’s fertility and its <emph>degree</emph> in relation to society, and that
                  is the only aspect of fertility with which we are concerned, depend on changes
                  in the science of chemistry and its application to agronomy.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:274.
              </bibl></body></floatingText>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1857-09-25Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, Londres, 25 septembre 1857</seg>
            </head>

            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, à Ryde,
              de Londres le <date>25 septembre 1857</date>.
              MECW 40, p. 186-187.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>mercenaire, travail salarié dans l’antiquité</term></index>
                  <index><term>travail salarié, mercenaires dans l’antiquité</term></index>
                  <index><term>army, as waged labour, in antiquity</term></index>
                  More graphically than anything else
                  the history of the <term><hi rend="petitescapitales">army</hi></term>
                  demonstrates the Tightness of our views
                  as to the connection between the productive forces and social relations.
                  Altogether, the <hi rend="petitescapitales">army</hi>
                  is of importance in economic development.
                  E.g. it was in the army of Antiquity that the <term xml:lang="fr">salaire</term>
                  was first fully developed.<note xml:id="Marxlettre1857-09-25Engels-not1" n="1" place="bottom">
                    C’est G. E. M. de Ste Croix,
                    <ref target="../../biblio/SteCroix1989.html#SteCroix1989-chapI-iv">dans <title>The Class Struggle…</title></ref>
                    qui attire mon attention sur ce passage.
                  </note>
                  <!-- J’avais pensé attacher la note à la citation, en tant qu’acte de citer,
                  donc à l’élément cit plutôt qu’au texte cité, mais l’appel de note est alors après,
                  dans le vide, aligné à gauche, ce qui ne ressemble à rien. -->
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 40, p. 186.</bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1858-01-16Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, vers le 16 janvier 1858</seg>
            </head>

            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, vers le
              <date>16 janvier 1858</date> <note xml:id="Marxlettre1858-01-16notwrongdate14" n="*" place="bottom">
                Marx a écrit « 14 », mais tout indique que la lettre serait du 16.
              </note>.
              Marx, Engels, <title>Correspondance</title>, tome 5, Éditions sociales, Paris, 1975,
              lettre 60, p. 115-118.
            </bibl>

            <p xml:id="Marxlettre1858-01-16Engels-indx"><label rend="invisible">Marx à Friedrich Engels, vers le 16 janvier 1858</label>
              <index><term>profit, théorie du —</term></index>
              <index><term>théorie du profit</term></index>
              <index><term>logique hégélienne comme méthode</term></index>
              <index><term>méthode, logique hégélienne</term></index>
              <index><term>Hegel, Logique</term></index>
              <index><term>fonds rationnel et enveloppe mystique de la logique hégélienne</term></index>
              <index><term>rationnel, fonds de la logique hégélienne</term></index>
              <index><term>Hegel, sauver sa philosophie en la dépassant</term></index>
              <!-- faire le lien avec d’autres passages sur le noyau rationnel de la dialectique -->
              <index><term>noyau rationnel et enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>rationnel, noyau de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>mystique, enveloppe de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>
               <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, noyau rationnel de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, enveloppe mystique de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, méthode</term></index>
              <index><term>dialectique de Marx, projet de l’écrire</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">
              On a beaucoup parlé du <term>retournement</term> de la dialectique.
              Marx l’annonce, mais jamais il n’a eu le temps de le faire.
              Marx et Engels en ont plus d’une fois reparlé.
              À force, Engels en parle comme d’une chose qui a été faite,
              qui est derrière nous, qui est bien connue,
              avec pour résultat qu’on ne sait toujours pas bien aujourd’hui ce que ça pourrait vouloir dire.
              La présente lettre est le point de départ de l’affaire du soi-disant retournement.
              C’est semble-t-il le moment où Marx et Engels retournent à Hegel.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 33.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Übrigens finde ich hübsche Entwicklungen. Z.B. die ganze Lehre vom Profit, wie
                      sie bisher war, habe ich über den Haufen geworfen. In der <emph>Methode</emph>
                      des Bearbeitens hat es mir großen Dienst geleistet, daß ich <foreign xml:lang="en">by mere accident</foreign> — Freiligrath fand einige, ursprünglich dem
                      Bakunin gehörige Bände Hegels und schickte sie mir als Präsent — Hegels
                      <title>Logik</title> wieder durchgeblättert hatte. Wenn je wieder Zeit für
                      solche Arbeiten kommt, hätte ich große Lust, in 2 oder 3 Druckbogen das
                      <emph>Rationelle</emph> an der Methode, die H[egel] entdeckt, aber zugleich
                      mystifiziert hat, dem gemeinen Menschenverstand zugänglich zu machen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW, Band. 29, S. 260.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>placard d’imprimerie, deux ou trois, sur la dialectique</term></index>
                      Je trouve d’ailleurs de jolis développements.
                      P. ex., j’ai flanqué en l’air toute la théorie du profit telle qu’elle existait jusqu’à présent.
                      Dans la <emph>méthode</emph> d’élaboration du sujet, quelque chose m’a rendu grand service :
                      <foreign xml:lang="en">by mere accident</foreign>,
                      j’avais refeuilleté la <title>Logique</title> de Hegel
                      — Feiligrath a trouvé quelques tomes de Hegel ayant appartenu à l’origine à Bakounine
                      et me les a envoyés en cadeau.
                      Si jamais me revient du temps pour ce genre de travaux,
                      j’aurais grand plaisir à rendre accessible aux hommes de sens commun,
                      en deux ou trois placards d’imprimerie, ce qu’il y a de <emph>rationnel</emph>
                      à la méthode que H a découverte, mais en même temps mystifiée.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 116-117. Je resserre la traduction à la lecture de l’allemand.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      I am, by the way, discovering some nice arguments. E.g. I have completely
                      demolished the theory of profit as hitherto propounded. What was of great use
                      to me as regards <emph>method</emph> of treatment was Hegel’s <title>Logic</title>
                      at which I had taken another look <foreign xml:lang="en">by mere accident</foreign>,
                      Freiligrath having found and made me a present of several volumes of Hegel,
                      originally the property of Bakunin. If ever the time comes when such work is
                      again possible, I should very much like to write 2 or 3 sheets making accessible
                      to the common reader the <emph>rational</emph> aspect of the method which Hegel
                      not only discovered but also mystified.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 40, p. 249.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              Cela pose la question de savoir
              (i) dans le particulier, qu’est-ce que la <title>Logique</title> de Hegel
              a apporté dans « la méthode d’élaboration » de la théorie du profit
              (et ce que veut dire dans ce cas particulier « la méthode d’élaboration ») ;
              (ii) ce qu’il considère comme fonds rationnel dans la méthode de Hegel.
              (Il semble avoir été rattrapé par la mort
              avant de trouver « de nouveau du temps pour ce genre de travaux », bien qu’il ne l’oublie pas :
              il <ref target="#Marxlettre1868-05-09Dietzgen">redira la même chose dix ans après à Dietzgen</ref>.)
              Il faut souligner qu’il ne parle ici que de méthode.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Les termes utilisés (« rationnel », « mystifiée ») sont à la
              lettre ceux du passage sur le « <ref target="#retournement">retournement</ref> »
              dans la fameuse postface de 1873 au <title>Capital</title>, écrite quinze ans plus tard.
            </p>
            <p rend="alinea">
              <index><term>dialectique, accessible au sens commun</term></index>
              <index><term>sens commun, et dialectique accessible</term></index>
              Il faut souligner sa volonté que ce soit « accessible aux hommes de sens commun »
              Comme il n’a pas trouvé le temps de le faire,
              d’autres ont prétendu expliquer ce qu’il aurait pu vouloir dire.
              C’est souvent plus hégélien que marxiste et très peu « accessible aux hommes de sens commun ».
              (De ma lecture de la dialectique chez Marx et Engels,
              j’ai fait <ref target="#DMdialectique">une tentative de synthèse</ref>.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              On trouve en 1867, dans une note sur la chimie dans le Livre I du Capital
              (sur laquelle Marx attire l'attention d'Engels
              dans une <ref target="#Marxlettre1867-06-22Engels">lettre du 22 juin 1867</ref>.)
              un exemple d' « application » de la dialectique hégélienne
              qui montre que Marx se fait des illusions sur le « noyau rationnel »,
              sur la profonde différence entre philosophie et science.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1858-02-01Engels" type="level2_document">
            <head>
              <seg rend="invisible">Marx, </seg>À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, 1<hi rend="ordinal">er</hi> février 1858</seg>
            </head>
            <index><term>dialectique, système de logique abstrait, prêt à l’emploi</term></index>
            <index><term>forme sacramentale, dialectique hégélienne</term></index>
            <index><term>formule sacramentelle, dialectique hégélienne</term></index>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels à Manchester,
              le 1<hi rend="ordinal">er</hi> février 1858,
              de Londres, 9 Grafton Terrace, Maitland Park, Haverstock Hill.
            </bibl>
            <bibl>MECW 40:258-261.</bibl>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Der „Herakleitos der Dunkle“ von Lassalle dem Hellen
                      ist <foreign xml:lang="fr">au fond</foreign> ein sehr läppisches Machwerk.
                      Bei jedem der vielen Bilder, worin Herakl[eitos] sich die Einheit von Affirmation und Negation herausarbeitet,
                      <foreign xml:lang="en">in steps</foreign> Lassalle und gibt uns bei der Gelegenheit
                      irgendeinen Abschnitt aus der Hegeischen „Logik“ zum besten,
                      die <foreign xml:lang="en">hardly</foreign> gewinnt durch diesen Prozeß,
                      immer in’ganzer Breite — wie ein Schulbub, der an einem Pensum den Beweis liefern soll,
                      daß er sein „Wesen“ und seine „Erscheinung“ und den „dialektischen Prozeß“ loshat.
                      Wenn der Schulbub sich derartiges anspekuliert hat, so kann man sicher sein,
                      daß er dennoch den Gedankenprozeß exakt nur nach dem vorgeschriebnen Rezept
                      und in den <foreign xml:lang="fr">formes sacramentales</foreign> vornehmen kann.
                      Exakt so unser Lass[alle].
                      Der Kerl scheint sich die Hegeische Logik an Heraklit klarzumachen gesucht haben
                      und gar nicht müde geworden zu sein, diesen Prozeß stets von neuem zu beginnen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 29:274.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <title>Heraclitus, the Dark Philosopher</title> by Lassalle the Luminous One
                      is, <foreign xml:lang="fr">au fond</foreign>, a very silly concoction.
                      Every time Heraclitus uses an image to demonstrate the unity
                      of <hi rend="petitescapitales">affirmation</hi> and <hi rend="petitescapitales">negation</hi>
                      — and this is often — <hi rend="petitescapitales">in steps</hi> Lassalle and makes the most of the occasion
                      by treating us to some passage from Hegel’s <title>Logic</title>
                      which is <hi rend="petitescapitales">hardly</hi> improved in the process;
                      always at great length too, like a schoolboy who must show in his essay
                      that he has thoroughly understood his ‘essence’ and ‘appearance’ as well as the ‘dialectical process’.
                      Once he has got this into his speculative noddle, one may be sure that the schoolboy
                      will nevertheless be able to carry out the process of ratiocination
                      only in strict accord with the prescribed formula and the <foreign xml:lang="fr">formes sacramentales</foreign>.
                      Just so our Lassalle.
                      The fellow seems to have tried to puzzle out Hegelian logic via Heraclitus,
                      nor ever to have tired of beginning the process all over again.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 40:259.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Ici Marx se moque du vernis hégélien d’un texte de Lassalle, mais,
              <ref target="#Marxlettre1867-06-22Engels">dans une lettre charnière, dix ans plus tard</ref>,
              on le verra lui-même redevenir trop hégélien, ainsi que Engels dans des écrits plus étendus,
              <ref target="#AntiDuhring"><title>Anti-Dühring</title></ref>
              et <ref target="#dialnat"><title>Dialectique de la nature</title></ref>, avec la conséquence
              que dans les générations futures, certains tomberont, sous couleur de « matérialisme dialectique »,
              dans l’exégèse des <foreign xml:lang="fr">formes sacramentales</foreign> d’Engels.
              (Voir <ref target="#DMdial-matdial">ma note critique sur ce courant</ref>.)
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      … daß es ein ganz andres Ding ist,
                      durch Kritik eine Wissenschaft erst auf den Punkt bringen,
                      um sie dialektisch darstellen zu können,
                      oder ein abstraktes, fertiges System der Logik
                      auf Ahnungen eben eines solchen Systems anzuwenden.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 29:275.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      … it is one thing for a critique to take a science
                      to the point at which it admits of a dialectical presentation,
                      and quite another to apply an abstract, ready-made system of logic
                      to vague presentiments of just such a system.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 40:261.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1858-05-31Lassalle">
            <head>À Ferdinand Lassalle à Berlin<seg rend="invisible">, le 31 mai 1858</seg></head>
            <bibl>
              Karl Marx, lettre à Ferdinand Lassalle à Berlin,
              de Londres le 31 mai 1858, 9 Grafton Terrace, Maitland Park, Haverstock Hill.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Regrette que Lassalle dans son livre ne soit pas montré plus critique à l’égard de la dialectique de Hegel.
              Cette dialectique est bien sûr le fin mot de la philosophie,
              mais il est donc d’autant plus important de la débarrasser de l’aura mystique que lui donne Hegel.
              (MEW 29:561. MECW 40:316)
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1858-07-14Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 14 juillet 1858</seg>
            </head>
            <bibl>
            <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx,
            Manchester, le 14 juillet 1858. <author>Marx</author>,
            <author>Engels</author>, <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>,
            Éditions sociales, Paris, 1973, lettre 3, p. 17-19.
            Aussi <author>Marx</author>, <author>Engels</author>, <title>Correspondance</title>,
            tome 5, Éditions sociales, Paris, 1975, lettre 108, p. 202-204.
            </bibl>
            <p>
              <index><term>traduction, remarque</term></index>
              <index><term>Joule</term></index>
              <index><term>énergie, transformation de l’—</term></index>
              <index><term>science et philosophie</term></index>
              <index><term>Hegel</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">
              Engels souligne deux avancées scientifiques importantes.
              À ce propos, il invoque Hegel<!-- , mais ce pourrait n’être ici qu’une boutade -->.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p>
                      Manchester, 14. Juli 1858
                    </p>
                    <p>
                      Lieber Mohr,
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] die Entdeckung der Zellen,
                      in der Pflanze durch Schleiden, im Tier durch Schwann (ca. 1836).
                      Alles ist Zelle.
                      Die Zelle ist das Hegeische Ansichsein
                      und geht in ihrer Entwicklung genau den Hegeischen Prozeß durch,
                      bis sich schließlich die „Idee“, der jedesmalige vollendete Organismus daraus entwickelt.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Ein andres Resultat, was den alten Hegel gefreut haben würde,
                      ist in der Physik die Korrelation der Kräfte oder das Gesetz, daß unter gegebnen Bedingungen
                      mechanische Bewegung, also mechanische Kraft (z.B. durch Reibung) in Wärme sich verwandelt,
                      Wärme in Licht, Licht in chemische Verwandtschaft, chemische Verwandtschaft (in der voltaischen
                      Säule z.B.) in Elektrizität, diese in Magnetismus. Diese Übergänge können sich auch anders,
                      vorwärts oder rückwärts machen. Es ist jetzt nachgewiesen durch einen Engländer, dessen Namen
                      mir nicht einfällt [Joule, DM],  daß diese Kräfte in ganz bestimmten quantitativen Verhältnissen
                      ineinander übergehn, so daß z.B. ein gewisses Quantum der einen, z.B. Elektrizität, einem gewissen
                      Quantum jeder andern, z.B. Magnetismus, Licht, Wärme, chemischer Verwandtschaft (positiver oder
                      negativer — verbindend oder lösend) und Bewegung entspricht. Die blödsinnige Theorie von der
                      latenten Wärme ist damit beseitigt. Ist das aber nicht eine famose, materielle Probe auf die Manier,
                      wie die Reflexionsbestimmungen ineinander aufgelöst werden?
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW, Band 29, S. 337-339.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 36.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p>
                      Manchester, le 14 juillet 1858
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Autre résultat qui aurait fait plaisir au vieil Hegel : dans le domaine de la physique,
                      la corrélation des forces, ou loi selon laquelle, dans des conditions données,
                      le mouvement mécanique, donc la force mécanique (par frottement p. ex.) se
                      transforme en chaleur, la chaleur en lumière, la lumière en affinité
                      chimique, l’affinité chimique (dans la pile de Volta p. ex.) en électricité,
                      et celle-ci en magnétisme. Ces mutations peuvent se réaliser différemment,
                      dans ce sens-ci ou dans le sens inverse. Il a été maintenant prouvé par
                      un Anglais, dont le nom m’échappe [James Prescott Joule], que ces forces
                      se muent l’une en l’autre selon des rapports quantitatifs très précis, de
                      sorte que, par exemple, un certain quantum de l’une, d’électricité par ex.,
                      correspond à un certain quantum d’une autre, par ex. de magnétisme, de
                      lumière, de chaleur, d’affinité chimique (positive ou négative — facteur de
                      combinaison ou de dissolution) et de mouvement. Ce qui élimine la théorie
                      stupide de la chaleur latente. N’y a-t-il pas là précisément une preuve
                      matérielle éclatante de la manière dont les déterminations-de-réflexion
                      [les <foreign xml:lang="de-DE">Reflexionsbestimmungen</foreign> de Hegel] se
                      dissolvent l’une dans l’autre ?
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    1973, p. 17-18, resp. 1975, p. 203-204.
                    Je conserve la traduction probablement plus littérale de l’édition de 1973
                    (avec force pour énergie). Celle de 1975 est modernisée au point d’en être anachronique.
                  </bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p>
                      Manchester, 14 July 1858
                    </p>
                    <p>
                      Dear Moor,
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] the discovery of the cell
                      — in plants by Schleiden and in animals by Schwann (about 1836).
                      Everything consists of cells.
                      The cell is Hegelian ‘being in itself’
                      and its development follows the Hegelian process step by step
                      right up to the final emergence of the ‘idea’ — i.e. each completed organism.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Another result that would have delighted old Hegel is the correlation of forces
                      in physics, or the law whereby mechanical motion, i.e. mechanical force (e.g. through friction),
                      is, in given conditions, converted into heat, heat into light, light into chemical affinity,
                      chemical affinity (e.g. in the voltaic pile) into electricity, the latter into magnetism.
                      These transitions may also take place differently, backwards or forwards. An Englishman
                      whose name I can’t recall [Joule] has now shown that these forces pass from one to the other
                      in quite specific quantitative proportions so that e.g. a certain quantity of one, e.g. electricity,
                      corresponds to a certain quantity of each of the others, e.g. magnetism, light, heat, chemical
                      affinity (positive or negative — combining or separating) and motion. The idiotic theory of latent
                      heat is thus disposed of. But isn’t this splendid material proof of how the reflex categories
                      dissolve one into the other?
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW, volume 40, p. 325. Also <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1858/letters/58_07_14.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              La cellule est une découverte fondamentale, mais ça n’ajoute rien d’y voir un <term>être en soi</term> hégélien.
            </p>
            <p rend="alinea">
              L’expérience décisive de Joule (roue à aubes entraînée par un poids) a été rendue publique en 1845,
              mais elle n’a eu que peu d’écho parce que Joule était un amateur et un provincial.
              En outre, elle s’opposait de front à la conception dominante de la chaleur
              et il a fallu des années pour qu’elle soit acceptée.
              Helmoltz dans son livre de 1847 sur la conservation de l’énergie mentionne les travaux de Joule.
              William Thomson, le futur Lord Kelvin, n’a été convaincu que progressivement dans la première moitié des années cinquante.
              Quand Engels en parle en 1858, c’est donc encore une idée relativement nouvelle et révolutionnaire.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il est remarquable qu’il ait entrevu l’extrême importance de la conversion
              de certaines formes d’énergie dans d’autres et il a raison de la souligner.
              Il est probable que le fait de rattacher cette conversion à quelque chose de sa culture hégélienne l’y a aidé.
              Il est cependant dangereux d’y voir la « preuve matérielle » d’une spéculation hégélienne
              parce que c’est mélanger le niveau scientifique et le niveau philosophique.
              L’association d’idée entre Joule et un concept de Hegel
              ne prouve en rien que ce concept est même seulement intéressant.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>
                  <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité</term></index>
                  <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —</term></index>
                  <index><term>homme, évolution</term></index>
                  Une chose est certaine : en faisant de la physiologie comparée,
                  on se met à concevoir un mépris extrême pour la conception idéaliste
                  qui situe l’homme bien au-dessus des autres animaux.
                  À chaque pas, on met le nez sur une concordance de structure
                  absolument parfaite entre l’homme et les autres mammifères ;
                  pour les traits fondamentaux, cette concordance se vérifie avec tous les vertébrés,
                  et même — de façon moins nette — chez des insectes, des crustacés, des vers plats, etc.
                  L’histoire hégélienne du saut qualitatif dans l’échelle quantitative
                  est très bien montrée dans ce domaine-là aussi.
                  Finalement c’est chez les infusoires les plus rudimentaires que l’on trouve
                  la forme première, la cellule simple et vivant de manière autonome,
                  mais qui à son tour ne se distingue par rien de perceptible de la plante la plus inférieure
                  (les champignons composés de cellules simples, comme le champignon
                  de la maladie de la pomme de terre ou de la vigne, etc.),
                  ni des embryons des stades de développement plus élevés,
                  jusqu’à l’ovule et au spermatozoïde humains inclusivement,
                  et qui a le même aspect que les cellules indépendantes de l’organisme vivant
                  (globules du sang, cellules de l’épiderme et des muqueuses, cellules sécrétoires des glandes, des reins, etc.)
                </p>
              </quote><bibl>1973, p. 19.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Toute avancée dans l’idée de l’unité du vivant est de la plus haute importance.
              Il faut un peu se forcer (un peu beaucoup) pour y voir une confirmation
              de l’ « histoire hégélienne du saut qualitatif dans l’échelle quantitative ».
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Engels1859MarxContrib">
            <head>
              Karl Marx, “A Contribution to the Critique of Political Economy”
              <seg rend="invisible">(Engels, août 1859)</seg>
            </head>
            <bibl>
              Friedrich Engels,
              <title>Karl Marx, „Zur Kritik der Politischen Ökonomie“</title>,
              „Das Volk“ Nr. 14 vom 6. August und Nr. 16 vom 20. August 1859.
              MEW 13, p. 468-477.
            </bibl>
            <bibl>
              <title>Karl Marx, “A Contribution to the Critique of Political Economy”</title>,
              MECW 16, p. 465-477.
            </bibl>
            <!-- MECW 16, p. 474-475, extraction du noyau rationnel de la dialectique de Hegel -->
            <p rend="alinea">
              <index><term>Engels, mépris des scientifiques</term></index>
              Après une période de domination des hégéliens de droite et de leurs phrases creuses
              (rien que des phrases « pure Phrasen », MEW 13:472, « empty phrases », MECW 16:473),
              c'est la science qui devient à la mode.
              Engels, qui pourtant s'est passionnément intéressé au développement des sciences,
              ne manque jamais d'exprimer son prodigieux mépris pour les scientifiques en vue
              (ici Wolff au 18<hi rend="ordinal">e</hi><!-- https://fr.wikipedia.org/wiki/Caspar_Friedrich_Wolff -->
              et les contemporains Büchner<!-- https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwig_B%C3%BCchner -->,
              Vogt<!-- https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Vogt -->,
              Moleschott<!-- https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacob_Moleschott -->),
              parce que trop peu <emph>dialectiques</emph> à son goût,
              c'est-à-dire « métaphysiques » (au sens hégélien du mot).
            </p>
            <p rend="alinea">
              La manière de penser de Hegel se distingue par sa dimension historique (MECW 16:474).
              Elle est inapplicable comme telle (du fait de son idéalisme),
              mais cette conception évolutive était ce dont on avait besoin
              pour une conception matérialiste de l'histoire.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Marx war und ist der einzige, der sich der Arbeit unterziehen konnte,
                      aus der Hegeischen Logik den Kern herauszuschälen,
                      der Hegels wirkliche Entdeckungen auf diesem Gebiet umfaßt,
                      und die dialektische Methode, entkleidet von ihren idealistischen Umhüllungen,
                      in der einfachen Gestalt herzustellen,
                      in der sie die allein richtige Form der Gedankenentwicklung wird.
                      Die Herausarbeitung der Methode,
                      die Marx' Kritik der politischen Ökonomie zugrunde liegt,
                      halten wir für ein Resultat,
                      das an Bedeutung kaum der materialistischen Grundanschauung nachsteht.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>474</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Marx was and is the only one who could undertake
                      the work of extracting from the Hegelian logic
                      the kernel containing Hegel's real discoveries in this field,
                      and of establishing the dialectical method, divested of its idealist wrappings,
                      in the simple form in which it becomes
                      the only correct mode of the development of thought.
                      The working out of the method which underlies Marx's critique of political economy
                      is, we think, a result hardly less significant than the basic materialist outlook.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 16:474-475.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              La critique de l'économie politique, on pouvait l'arranger de deux manières :
              historiquement ou logiquement (MECW 16:475).
              Pour Engels, l'approche d'abord logique s'impose.
              On part des marchandises (MECW 16:476), de l'échange,
              lequel conduit au besoin d'une monnaie ((MECW 16:477)
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Man sieht, wie bei dieser Methode
                      die logische Entwicklung durchaus nicht genötigt ist,
                      sich im rein abstrakten Gebiet zu halten.
                      Im Gegenteil, sie bedarf der historischen Illustration,
                      der fortwährenden Berührung mit der Wirklichkeit.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 13, p. 477.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      We see that with this method,
                      logical development need by no means be confined to the purely abstract sphere.
                      On the contrary, it requires historical illustration
                      and continuous contact with reality.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 16, p. 477.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <!-- MECW 16, p. 683, note 358 sur la troisième partie annoncée mais manquante -->
          </div>

          <div xml:id="Marx1859PopCrimePauper">
            <head>
              Population, crime and pauperism
              <seg rend="invisible">(Marx, septembre 1859)</seg>
            </head>
            <bibl>
              Karl Marx, « Population, crime and pauperism »,
              <title>New-York Daily Tribune</title>,
              n<hi rend="ordinal">o</hi> 5741 du 16 septembre 1859.
            </bibl>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 28%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Es muß doch etwas faul sein im Innersten eines Gesellschaftssystems, das seinen
                      Reichtum vermehrt, ohne sein Elend zu verringern, und in dem die Verbrechen sogar
                      rascher zunehmen als seine Bevölkerungszahl.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    « Bevölkerung, Verbrechen und Pauperismus » (aus dem Englischen), <title>MEW</title>, Band. 13, S. 492.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>quelque chose de pourri au cœur même d’un système social…</term></index>
                      <index><term>pourri, quelque chose de — au cœur même d’un système social…</term></index>
                      Il doit y avoir quelque chose de pourri au cœur même d’un système social
                      qui augmente sa richesse sans diminuer sa misère,
                      et augmente en crimes plus vite encore qu’en population.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ma traduction de l’anglais.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 23%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Er moet iets rot zĳn in de diepste kern van een samenleving
                      die in rĳkdom groeit zonder de armoede te laten afnemen […].
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Mon redressement de l’exergue du chapitre « Proloog: Londen 1851 » dans <ref target="../../biblio/Gabriel2012-nl.html">Gabriel 2012</ref> <note xml:id="Marx1859PopCrimePaupernotFagel" n="1" place="bottom">
                      Dans <ref target="../../biblio/Gabriel2011.html"><title>Love and Capital</title></ref> (2011),
                      Mary Gabriel cite, avec la référence,
                      « There must be something rotten in the very core of a social system
                      which increases its wealth without diminishing its misery ».
                      Pour <ref target="../../biblio/Gabriel2012-nl.html"><title>Liefde en Kapitaal</title></ref>,
                      le traducteur traduit en néerlandais :
                      « Een samenleving die groeit in rĳkdom zonder de armoede te laten afnemen
                      moet verrot zĳn tot in de diepste kern […]. »
                      <!-- Il n’a sans doute pas lu la phrase de Marx et ne voit pas que ce que Mary Gabriel
                      ne cite pas, c’est le deuxième terme de la conjonction. Comme il inverse la
                      phrase, les points de suspension en fin de phrase chez lui n’ont plus aucun sens.
                      Il aurait fallu « Een samenleving die groeit in rijkdom zonder de armoede te
                      laten afnemen […] moet verrot zijn tot in de diepste kern. » Par ailleurs, en -->
                      En inversant la phrase, il perd l’accent shakespearien.
                      (Et on ne voit absolument plus à quoi peuvent correspondre ses […] une fois qu’il a cassé la phrase.)
                      En outre la référence a disparu dans l’édition en néerlandais.
                      Certains, malheureusement, qui ne lisent pas souvent Marx lui-même,
                      ont ensuite traduit Marx de ce mauvais néerlandais en français
                      (contre toutes les règles qui imposent en traduction
                      de retourner autant que possible à l’original).
                    </note>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>rotten, There must be something — in the very core of a social system…</term></index>
                      <index><term>something rotten in the very core of a social system…</term></index>
                      There must be something rotten in the very core of a social system
                      which increases its wealth without diminishing its misery,
                      and increases in crimes even more rapidly than in numbers.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 16:489.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              <index><term>Something is rotten in the state of Denmark</term></index>
              <index><term>Hamlet, Shakespeare</term></index>
              <index><term>Shakespeare, Hamlet</term></index>
              Grand amateur de Shakespeare et écrivant, ici, en anglais, Marx fait évidemment écho à la phrase
              « Something is rotten in the state of Denmark » de Marcellus s’adressant à Horatio
              dans <title>Hamlet</title>, <ref target="https://en.wikisource.org/wiki/The_Tragedy_of_Hamlet,_Prince_of_Denmark/Act_1#Scene_4._The_platform.">acte 1, scène 4</ref>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              De cet article de Marx, j’ai trouvé aussi une traduction publiée en espagnol :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index>      <term>
                      podrido, Debe de haber algo — en el corazón mismo de un sistema social…
                    </term>
                  </index>
                  <index><term>algo podrido, en el corazón mismo de un sistema social</term></index>
                  Debe de haber algo podrido en el corazón mismo de un sistema social
                  que aumenta su riqueza sin disminuir su miseria,
                  y en el que los delitos aum entan más rápidam ente aún de lo que pued en recoger las estadísticas.
                </p>
              </quote>
              <!-- https://historiaycritica.files.wordpress.com/2015/03/karl-marx-escritos-periodisticos.pdf#page=124 -->
              <bibl>
                Karl Marx, <title>Artículos periodísticos</title>,
                Alba Editorial (colección Alba clásica), Barcelona, 2013,
                ISBN : <idno type="ISBN">978-84-8428-834-3</idno>,
                p. 124.
              </bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1859-12-11ou12Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, 11 ou 12 décembre 1859</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx,
              Manchester, 11 ou 12 décembre 1859. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, Éditions sociales,
              Paris, 1973, lettre 4, p. 19. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 5, Éditions sociales, Paris, 1975,
              lettre 248, p. 445. En anglais : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1859/letters/59_12_11.htm">https://www.marxists.org/archive/marx/works/1859/letters/59_12_11.htm</ref>.
            </bibl>
            <index><term>Darwin</term></index>
            <index><term>téléologie</term></index>
            <index><term>évolution</term></index>
            <index><term>histoire de la nature</term></index>
            <floatingText>
              <body>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 32.5%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p>
                          [Manchester, 11. oder 12.Dezember 1859]
                        </p>
                        <p>
                          Lieber Mohr,
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          […]
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Übrigens ist der Darwin, den ich jetzt grade lese<note xml:id="Engelslettre1859-12-11ou12Marx-notstar" n="*" place="bottom">
                            <title xml:lang="en-GB">
                              On the Origin of Species by means of natural selection, or the
                              preservation of favoured races in the struggle for life
                             </title>,
                             London, John Murray, 24-11-1859.
                           </note>,
                          ganz famos.
                          Die Teleologie war nach einer Seite hin noch nicht kaputt gemacht, das ist jetzt
                          geschehn. Dazu ist bisher noch nie ein so großartiger Versuch gemacht
                          worden, historische Entwicklung in der Natur nachzuweisen, und am
                          wenigsten mit solchem Glück. […]
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Grüß Deine Frau und Kinder herzlich.
                        </p>
                        <p>
                          Dein<lb/>F. E.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW Band 29, S. 524.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 35.5%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p>
                          [Manchester, le 11 ou le 12 décembre 1859]
                        </p>
                        <p>
                          Cher Maure,
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          […]
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Au demeurant ce Darwin, que je suis en train de lire <ref target="#Engelslettre1859-12-11ou12Marx-notstar">[*]</ref>, est tout à fait
                          sensationnel. Il y avait encore un côté par lequel la téléologie n’avait
                          pas été démolie : c’est maintenant chose faite. En outre, on n’avait jamais
                          fait une tentative d’une telle envergure pour démontrer qu’il y a un
                          développement historique dans la nature, du moins jamais avec un pareil
                          bonheur. […]
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Salutations chaleureuses à ta femme et à tes enfants.
                        </p>
                        <p>
                          Ton<lb/>F. E.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item><!--
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p>
                          [Manchester, 11 or 12 December 1859]
                        </p>
                        <p>
                          Dear Moor,
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          […]
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Darwin, by the way, whom I’m reading just now <ref target="#Engelslettre1859-12-11ou12Marx-notstar">[*]</ref>, is absolutely splendid.
                          There was one aspect of teleology that had yet to be demolished, and that has now been done.
                          Never before has so grandiose an attempt been made to demonstrate historical evolution in Nature,
                          and certainly never to such good effect. […]
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Warm regards to your wife and children.
                        </p>
                        <p>
                          Your<lb/>F. E.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
              </body>
            </floatingText>
            <p rend="alinea">La première édition est de novembre 1859. Engels l’a donc
            eue très vite en mains. Souligner que ça démolit la téléologie suppose qu’il
            a bien compris que la sélection agit sur des variations qui n’ont pas de but
            défini. L’autre idée est celle que le vivant prend une dimension
            historique.</p>
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus annees50.xml -->
        <!-- début de fichier inclus Brum-18.xml --><div xml:id="Brum-18" type="div1">
        <head>
          Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte <seg rend="invisible">(1852)</seg>
        </head>
        <bibl>
          Marx et Engels, <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>,
          Éditions du Progrès, Moscou, s.d., tome 1, p. 247-356.
          (D’après la traduction publiée par les Éditions sociales en 1948.)
        </bibl>

        <label xml:id="Brum-18-pref2e" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">247</seg>
          Préface de Karl Marx à la deuxième édition (1869)
        </label>

        <label xml:id="Brum-18-pref3e" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">249</seg>
          Préface de Friedrich Engels à la troisième édition allemande (1885)
        </label>

        <label xml:id="Brum-18-I" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">251</seg>
          I
        </label>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              <index><term>humains, font leur propre histoire</term></index>
              <index><term>histoire, ce sont les humains qui la font</term></index>
              <index><term>histoire, rémanence de la tradition</term></index>
              <index><term>tradition, rémanence</term></index>
              <index><term>idéologie, rémanence</term></index>
              <index><term>superstructure, rémanence</term></index>
              <index><term>rémanence de l’idéologie, de la superstructure</term></index>
              <index><term>persistance de l’idéologie, de la superstructure</term></index>
              <pb n="251"/>Les humains font leur propre histoire,
              mais ils ne la font pas arbitrairement, dans les conditions choisies par eux,
              ils la font dans des conditions directement données et héritées du passé.
              La tradition de toutes les générations mortes pèse d’un poids très lourd sur le cerveau des vivants.
            </p>
          </quote>
        </cit>

        <label xml:id="Brum-18-II" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">261</seg>
          II
        </label>

        <label xml:id="Brum-18-III" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">274</seg>
          III
        </label>
        <cit>
          <quote><!-- MECW 11:128 -->
            <p rend="alinea">
              <index><term>base et superstructure</term></index>
              <index><term>superstructure, illusion sur les raisons d’une action</term></index>
              <pb n="278"/>Sur les différentes formes de propriété, sur les conditions d’existence sociale
              s’élève toute une superstructure d’impressions, d’illusions,
              de façons de penser et de conceptions philosophiques particulières.
              La classe tout entière les crée et les forme
              sur la base de ces conditions matérielles et des rapports sociaux correspondants.
              L’individu qui les reçoit par la tradition ou par l’éducation
              peut s’imaginer qu’elles constituent les véritables raisons déterminantes
              et le point de départ de <pb n="279"/>son activité.
            </p>
          </quote>
        </cit>

        <label xml:id="Brum-18-IV" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">290</seg>
          IV
        </label>

        <label xml:id="Brum-18-V" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">301</seg>
          V
        </label>

        <label xml:id="Brum-18-VI" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">320</seg>
          VI
        </label>

        <label xml:id="Brum-18-VII" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">341</seg>
          VII
        </label>
      </div><!-- fin de fichier inclus Brum-18.xml -->
        <div xml:id="Manuscrits57-58" type="level2_document">
        <head>
          Manuscrits de 1857-1858 dits « Grundrisse »
        </head>
        <bibl>
          <title>Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie (Rohentwurf)</title>,
          Institut du marxisme-léninisme auprès du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique,
          1939-1941.
        </bibl>
        <bibl>
          <title>Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie (Rohentwurf)</title>
          (facsimilé du précédent),
          Dietz Verlag, Berlin, 1953.
        </bibl>

        <bibl>
          <title>Grundrisse: Foundations of the Critique of Political Economy (Rough Draft)</title>,
          translated with a Foreword by Martin Nicolaus,
          Penguin Books (in association with <title>New Left Review</title>) Harmondsworth 1973,
          Vintage Books, New York 1973.
          (Reissued as a Penguin Classic in 1993.)
        </bibl>
        <p rend="alinea">
          Cette traduction est critiquée dans <ref target="https://chrisarthur.net/a-guide-to-marxs-grundrisse-in-english-2008-christopher-j-arthur/"><title>A Guide to Marx’s Grundrisse in English</title></ref>, Christopher J. Arthur, 2008.
        </p>

        <bibl>
          <title>Marx-Engels Werke</title>, Band. 42, Dietz Verlag, Berlin, 1983.
        </bibl>

        <bibl>
          <title>Economic Manuscripts of 1857-58</title>,
          Karl Marx and Frederik Engels, <title>Collected Works</title>,
          MECW 28:5-537, MECW 29:5-389.
        </bibl>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              The translation was made by Ernst Wangermann (Lawrence and Wishart)
              and edited by Natalia Karmanova, Margarita Lopukhina and Victor Schnittke (Progress Publishers).
            </p>
          </quote>
          <bibl>MECW 28:<hi rend="petitescapitales">xxvii</hi>.</bibl>
        </cit>

        <bibl>
          Karl Marx,
          <title>Manuscrits de 1857-1858, dits « Grundrisse »</title>
          Éditions sociales, Paris, 1980,
          traduction de Jean-Pierre Lefebvre (dir.)
          avec Gilbert Badia, Etienne Balibar, Jacques Bidet &amp; al.,
          en deux volumes,
          ISBN : <idno type="ISBN">2-209-05335-8</idno> (broché), <idno type="ISBN">2-209-05342-0</idno> (relié)
          et <idno type="ISBN">2-209-05388-9</idno> (broché), <idno type="ISBN">2-209-05389-7</idno> (relié).
        </bibl>

        <bibl>
          Karl Marx,
          <title>Manuscrits de 1857-1858, dits « Grundrisse »</title>
          (réunion des deux volumes de 1980),
          Éditions sociales, Paris, 2011. (Réimpression en 2018, 2021.)
          ISBN : <idno type="ISBN">978-2-35367-006-2</idno>.
          (En réunissant les deux volumes, on a corrigé quelques coquilles et une vraie erreur, p. 7.)
        </bibl>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Ce manuscrit comporte en fait trois ensembles de longueur très inégale,
              que nous publions dans l'ordre chronologique :
              le bref essai sur <title>Bastiat et Carey</title>,
              la célèbre <title>Introduction de 1857</title> et
              les <title>Grundrisse</title> proprement dits.
            </p>
          </quote>
          <bibl>Éditions sociales, 2011, p. 11.</bibl>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          On est ainsi dans la difficulté que le même mot <term xml:lang="de">Grundrisse</term>
          désigne à la fois la partie (la troisième dans la table des matières ci-dessous) et le tout.
          J'ai repris comme intitulé de cette page le titre que les Éditions sociales ont adopté pour l'ensemble
        </p>
        <p rend="alinea">
          Cela constitue une difficulté bibliographique : un livre portant le titre <title>Grundrisse</title>
          peut publier la partie ou le tout.
          Il faut avoir accès à la table des matières pour en décider.
          Diverses éditions, traductions, je les mentionne dans ma page <ref target="#Grundrisse">Grundrisse</ref>
          par défaut, dans le doute.
          Certaines auraient peut-être plutôt leur place dans cette page-ci.
        </p>

        <div xml:id="BastiatCarey">
          <head>Bastiat : <title>Harmonies Économiques</title>, 2<hi rend="ordinal">e</hi> édit., Paris, 1851</head>
          <p>(Texte connu aussi sous le titre <title>Bastiat et Carey</title>.)</p>
          <p rend="alinea">
            Critique de proudhoniens. Après quelques pages, Marx abandonne :
            « Impossible d’aller plus loin dans ce tissu d’absurdités.
            <emph>Laissons donc tomber Mr. Bastiat</emph>. »
          </p>
        </div>

        <!-- début de fichier inclus Intro1857.xml --><div xml:id="Intro1857" type="level3">
      <!-- On pourrait respecter un ersatz d’apostrophe dans un titre repris de l’Archive des
      marxistes. -->
        <head>
          Introduction
          <lb/>
          (dite « de 1857 »)
        </head>
        <p>Dite aussi « Introduction à la critique de l’économie politique »<note xml:id="Intro1857-not1" n="1" place="bottom">
          <seg rend="alinea">
      <!-- début de fichier inclus noteIntro-Grund-Contrib.xml -->
      <!-- cet élément ne peut avoir d’identité, qui ne serait pas unique
           s’il est utilisé plusieurs fois -->
        Dans un Avertissement (<ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100a.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100a.htm</ref>)
        à la <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>,
        Émile Botigelli explique l’articulation, qui longtemps pour moi est restée un mystère,
        entre quatre titres proches au point qu’on les confondrait facilement :
        (1) l’<ref target="#Intro1857">Introduction, ébauche de 1857</ref>
        qui n’est <emph>pas</emph> l’introduction du livre (4) de 1859,
        mais parfois donnée en annexe des éditions de celui-ci ;
        (2) les <ref target="#Grundrisse"><title>Grundrisse</title></ref>
        (ou <title>Fondements</title> dans la traduction Dangeville),
        dans des carnets de notes de 1857-1858 qui contiennent aussi l’introduction (1) ;
        (3) la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">Préface</ref> de…
        (4) la <ref target="#Mcritecopol"><title>Contribution</title></ref> enfin publiée en 1859
        (avant le <title>Capital</title>, ébauches des Livre II et Livre III dans les années 1860
        et enfin le <ref target="#Capital-I">Livre I</ref>, publié en 1867).
      </seg><!-- fin de fichier inclus noteIntro-Grund-Contrib.xml -->
        </note>.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Dans la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">préface de 1859</ref> au livre
          <ref target="#Mcritecopol"><title>Contribution à la critique de l’économie politique</title></ref>,
          Marx parle d’une introduction qu’il renonce à publier.
          Certains éditeurs de ce livre donnent alors en complément cette introduction retrouvée dans les manuscrits.
          D’autres ou parfois les mêmes publient d’autre part cette introduction
          dans leur édition des <ref target="#Manuscrits57-58">Manuscrits de 1857-1858</ref>,
          avec les <ref target="#Grundrisse">Grundrisse</ref>.
          (Cela explique qu’on trouve l’introduction de 1857 d’abord à la fin du volume 13 des MEW
          qui contient la <ref target="#Mcritecopol"><title>Contribution à la critique de l’économie politique</title></ref>,
          mais aussi au début du volume 42 des <ref target="#Manuscrits57-58">Manuscrits de 1857-1858</ref>.)
        </p>
        <p rend="alinea">
          Voir donc aussi, pour cette « Introduction », les références que je donne de certaines éditions
          des <ref target="#Manuscrits57-58"><title>Manuscrits de 1857-1858</title></ref>.
        </p>
        <bibl rend="publie">
          « A.) Einleitung. », 1857. Dans le carnet M des manuscrits de 1857-1858.
        </bibl>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              « Diese Arbeit von Marx steht am Beginn seiner ökonomischen Handschriften aus den Jahren
              1857 und 1858, die vom Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der KPdSU 1939 unter dem
              Titel <title>Grundrisse der Kritik der Politischen Ökonomie (Rohentwurf)</title> in
              deutscher Sprache herausgegeben wurde. 1953 erschien ein Nachdruck im Dietz Verlag
              Berlin.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Die „Einleitung", an der Marx von Ende August bis Mitte September 1857 gearbeitet hat,
              stellt einen unvollendeten Entwurf einer „allgemeinen Einleitung" zu einer von ihm
              geplanten großen ökonomischen Arbeit dar, deren Hauptpunkte Marx bereits in der
              „Einleitung" aufführt. Im Verlauf weiterer Forschungen hat Marx seinen ursprünglichen
              Plan mehrmals verändert und es entstanden die Werke <title>Zur Kritik der Politischen
              Ökonomie</title> und <title>Das Kapital</title> " (siehe Anmerkungen, 1, s. 657).
            </p>
            <p rend="alinea">
              Die „Einleitung" wurde 1902 in Marx’ Papieren entdeckt und 1903 in der Zeitschrift
              <title>Die Neue Zeit</title> [Band. I, Nr. 23-25] erstmalig veröffentlicht. »
            </p>
          </quote>
          <bibl><title>MEW</title> Band 13, p. 707, note 402.</bibl>
        </cit>
        <bibl rend="publie">
          « A.) Einleitung. » en ligne dans l’édition MEGA : <ref target="http://telota.bbaw.de/mega/#?doc=MEGA_A2_B001-01_ETX.xml&amp;book=1&amp;part=1&amp;pageNr=21">telota.bbaw.de/mega/#?doc=MEGA_A2_B001-01_ETX.xml&amp;book=1&amp;part=1&amp;pageNr=21</ref>
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          <title>Einleitung [zur Kritik der politischen Ökonomie]</title>, <title>MEW</title>
          Band 13, p. 615-642.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          <title>Einleitung [zu den „Grundrissen der Kritik der politischen Okonomie“]</title>, <title>MEW</title>
          Band 42, p. 15-45.
        </bibl><!-- J’ai déjà dit ça plus haut.
        <p rend="alinea">
          Marx mentionne cette « Introduction » dans la préface de 1859 et c’est pourquoi on en donne le texte dans le volume 13.
          La même « Introduction » est reprise dans le volume 42 à sa place parmi les Manuscrits de 1857-1858.
        </p> -->

        <bibl rend="publie">
          « Introduction à la critique de l’économie politique », dans <title>Contribution à la
          critique de l’économie politique</title>, Éditions sociales, Paris, 1957, p. 147-175.
          Rééd. 1977, ISBN 2-209-02539-7, p. 147-176.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          « Introduction » (Cahier M), dans <title>Fondements de la critique de l’économie
          politique : Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie</title> (ébauche de 1857-1859),
          traduit par Roger Dangeville, Éditions Anthropos, Paris, 1969, p. 10-42.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          « Annexes : I. Karl Marx, Introduction », dans <title>Contribution à la critique de
          l’économie politique</title>, Éditions du Progrès, Moscou, 1975, p. 185-215, traduction
          des Éditions sociales en 1957. Rééd. 1978, p. 187-218, même traduction.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          « Introduction à la “Critique de l’économie politique” » (tirée des manuscrits
          économiques de 1857-1858), dans <title>Préface et Introduction à la « Critique de
          l’économie politique »</title>, Éditions en Langues étrangères, Beijing, 1980, p. 8-51.
        </bibl>
        <bibl>
          En ligne : 1859 (sic) « Introduction à la critique de l’économie politique », <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1857/08/km18570829.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1857/08/km18570829.htm</ref>, sans indication
          d’origine ; apparemment la traduction des Éditions sociales en 1957.
        </bibl>

        <bibl rend="publie"><!--
          « Inleiding tot de Bijdrage tot de politieke economie » (mais il est abusif de titrer ça
          comme si c’était l’introduction au <ref target="#Mcritecopol">livre de 1859</ref>), -->
          <title>Te Elfder Ure</title> 17, marxisme 3, het marxisties wetenschapsbegrip, 1974,
          21ste jaargang, en ligne : <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1857/bijdrage/inleiding.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1857/bijdrage/inleiding.htm</ref>.
        </bibl>

        <bibl rend="publie">
          « A) Introduction », MECW, vol. 28, p. 17-48.
        </bibl>

        <bibl>
          Je cite ici (texte et pagination) selon Éditions sociales, Paris, 2021. ISBN : <idno type="ISBN">978-2-35367-006-2</idno>.
        </bibl>

        <p rend="gras">
          Sommaire
        </p>
        <p>
          A. Introduction
        </p>
        <p rend="alinea">
          1<hi rend="ordinal">o</hi> La production en général
        </p>
        <p rend="alinea">
          2<hi rend="ordinal">o</hi> Rapport général entre production, distribution, échange et
          consommation
        </p>
        <p rend="alinea">
          3<hi rend="ordinal">o</hi> La méthode de l’économie politique
        </p>
        <p rend="alinea">
          4<hi rend="ordinal">o</hi> Moyens (forces) de production et rapports de production.
          Rapports de production et de circulation, etc.
        </p>
        <p rend="alinea">
          Dans le texte, les sous-titres ne constituent pas une hiérarchie cohérente.
          Ainsi aucun chiffre II ou 2 ne correspondent au I et 1 des premiers titres.
          Il y a sur la couverture du carnet M une sorte de sommaire (ci-dessus)
          probablement postérieur parce qu’il est mieux structuré.
          Je donne ci-dessous les titres du texte avec l’importance que leur donne
          <ref target="#Manuscrits57-58">l’édition de 2011 (réimpression 2021) aux Éditions sociales</ref>.
        </p>

        <label xml:id="Intro1857-I" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">39</seg>
          I. Production, consommation, distribution, échange (circulation)
        </label>
        <label xml:id="Intro1857-I1" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">39</seg>
          1. Production
        </label>
        <p rend="gras">
        </p>
        <p rend="gras">
        </p>
        <cit xml:id="Intro1857-I1alpha">
          <floatingText>
            <body>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  α) L’objet de cette étude est tout d’abord la <term>production matérielle</term>.
                  Le point de départ, évidemment, ce sont des individus produisant en société
                  — donc une production des individus qui est socialement déterminée.
                  Le chasseur et pêcheur singulier et singularisé<note xml:id="Intro1857-not3" n="3" place="bottom">
                    Jeu de mots sur <term xml:lang="de">einzeln</term> et <term xml:lang="de">vereinzelt</term>
                    qui vise à montrer que ce solitaire a été rendu tel (par les économistes),
                    qu’il n’existe pas spontanément.
                  </note>,
                  par lequel commencent Smith<note xml:id="Intro1857-not4" n="4" place="bottom">
                    Adam Sur : <title xml:lang="en">An inquiry into the nature and causes of the wealth of nations</title>,
                    vol. 1, Londres, 1835, p. 2.
                  </note>
                  et Ricardo<note xml:id="Intro1857-not5" n="5" place="bottom">
                    David Ricardo : <title xml:lang="en">On the principles of political economy</title>, Londres, 1821, p. 16-23.
                  </note>,
                  ressortit aux plates illusions des robinsonades du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                  lesquelles n’expriment nullement, comme se l’imaginent certains historiens de la civilisation<note xml:id="not6" n="6" place="bottom">
                    <term xml:lang="de">Kulturhistoriker</term> : ce terme est un peu péjoratif pour Marx.
                  </note>,
                  une simple réaction contre des excès de raffinement et un retour à l’état de nature mal compris.
                  Pas plus que le <title xml:lang="fr">Contrat social</title> de Rousseau,
                  qui établit par contrat des rapports et des liens entre des sujets indépendants par nature,
                  ne repose sur un tel naturalisme.
                  C’est une apparence, la simple apparence esthétique des petites et grandes robinsonades.
                  Il s’agit en réalité d’une anticipation de la « sociéte civile-bourgeoise »<note xml:id="Intro1857-not7" n="7" place="bottom">
                    « <term xml:lang="de">Bürgerliche Gesellschaft</term> ». Les guillemets mis par Marx
                    renvoient au concept de société civile des philosophes du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle.
                  </note>
                  qui se préparait depuis le 16<hi rend="ordinal">e</hi> siècle et qui,
                  au 18<hi rend="ordinal">e</hi>, fit des pas de géant vers sa maturité.
                  Dans cette société où règne la libre concurrence, l’individu paraît détaché des liens naturels, etc.,
                  qui font de lui à des époques historiques antérieures un accessoire d’un conglomérat humain déterminé et délimité.
                  Pour les prophètes du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                  — sur les épaules de qui reposent encore entièrement Smith et Ricardo —
                  cet individu du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, produit,
                  d’une part, de la décomposition des formes de sociétés féodales, d’autre part,
                  des forces productives nouvelles qui se sont développées depuis le 16<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                  apparaît comme un idéal dont l’existence remonterait au passé non comme un résultat historique,
                  mais comme le point de départ de l’histoire, parce qu’ils le considèrent comme un individu naturel,
                  conforme à leur représentation de la nature humaine, qui n’aurait pas sa source dans l’histoire,
                  mais qui serait posé par la nature.
                  Cette illusion a été jusqu’à maintenant partagée par toute époque nouvelle.
                  Steuart qui, à plus d’un égard, s’oppose au 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                  et qui, en sa qualité d’aristocrate, se tient davantage sur le terrain historique, a échappé à cette naïveté.
                </p>
              </quote>
            </body>
          </floatingText>
          <bibl>P. 39-40</bibl>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          (James Steuart (1712-1780) est un économiste écossais,
          auteur de l’<title xml:lang="en">Inquiry into the Principles of Political Economy</title> (1767).)
        </p>

        <p xml:id="Intro1857prod-stade-hist"><label rend="invisible">Introduction de 1857, I. Production, consommation, distribution, échange (circulation)</label>
          <index><term>production, abstraction</term></index>
          <index><term>production, à un stade déterminé du développement social</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Déjà dans ce passage, Marx aborde la question de l’universalisation, de la naturalisation d’un présent capitaliste
          et de sa projection sur le passé.
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Quand donc nous parlons de production,
              c’est toujours de la production à un stade déterminé du développement social qu’il s’agit
              — de la production d’individus sociaux. […]
              La production en général est une abstraction, mais une abstraction rationnelle,
              dans la mesure où elle souligne et précise effectivement les traits communs, nous évitant ainsi la répétition.
              Cependant cet Universel, ou ce caractère commun, isolé par comparaison,
              est lui-même un ensemble articulé complexe dont les membres divergent en déterminations différentes.
              Certains de ces éléments appartiennent à toutes les époques, d’autres sont communs à quelques-unes seulement.
              [Certaines] déterminations seront communes à l’époque la plus moderne et à la plus ancienne.
              […]
              Aussi faut-il bien distinguer les déterminations qui valent pour la production en général,
              afin que l’unité — qui découle déjà du fait que le sujet : l’humanité, et l’objet : la nature, sont identiques —
              ne fasse pas oublier la différence essentielle.
              C’est de cet oubli qu’est faite, par exemple, toute la sagesse des économistes modernes
              qui prétendent prouver l’éternité et l’harmonie des rapports sociaux existant actuellement.
              Par exemple, pas de production possible sans un instrument de production, cet instrument ne fût-il que la main.
              Pas de production possible sans travail passé, accumulé, ce travail ne fût-il que l’habileté
              que l’exercice répété ||3| a emmagasinée et concentrée dans la main du sauvage.
              Le capital est lui aussi, entre autres choses, un instrument de production,
              il est lui aussi du travail passé, objectivé.
              Donc le capital est un rapport naturel universel, éternel ;
              oui, mais à condition de négliger précisément l’élément spécifique,
              ce qui seul transforme en capital l’«instrument de production», le «travail accumulé ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              S’il n’y a pas de production en général, il n’y a pas non plus de production universelle.
              La production est toujours une branche particulière de la production […].
              Enfin, la production n’est pas non plus uniquement une production particulière :
              elle n’est jamais qu’un certain corps social, un sujet social
              qui exerce son activité dans une totalité de branches de la production plus où moins grande ou riche.
              […]
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il est de mode de placer en tête de l’économie politique une partie générale
              — celle précisément qui figure sous le titre de « Production » (cf., par exemple, J. St. Mill) —
              dans laquelle on traite des conditions générales de toute production.
              Cette partie générale comprend ou est censée comprendre :
              1) L’étude des conditions sans lesquelles la production n’est pas possible, […];
              2) L’étude des conditions qui favorisent plus ou moins le développement de la production,
              comme, par exemple, l’état de progrès et de stagnation de la société chez Adam Smith.
              […]
              Dans la conception générale, la réponse revient à cette généralité qu’un peuple industriel
              est à l’apogée de sa production au moment même où, d’une manière générale,
              il atteint son apogée historique.
              […]
              Ou bien aussi: que certaines races, certaines dispositions, certains climats,
              certaines conditions naturelles, comme la situation au bord de la mer, la fertilité du sol, etc.;
              sont plus favorables que d’autres à la production.
              Ce qui revient de nouveau à cette tautologie : la richesse se crée d’autant plus facilement que ses éléments,
              d’un point de vue subjectif et objectif, existent à un degré plus élevé.
            </p>
            <p rend="alinea">
              |14| Mais dans cette partie générale ce n’est pas de tout cela qu’il s’agit en réalité pour les économistes.
              Il s’agit bien plutôt — cf., par exemple, Mill —
              de représenter la production, à la différence de la distribution, etc.,
              comme enclose dans des lois naturelles éternelles, indépendantes de l’histoire,
              et à cette occasion de glisser en sous-main cette idée que les rapports bourgeois
              sont des lois naturelles immuables de la société conçue in abstracto.
              Tel est le but auquel tend plus ou moins consciemment tout ce procédé. […]
              Les deux principaux points que tous les économistes placent sous cette rubrique sont :
              1. propriété ;
              2. garantie de cette dernière par la justice, la police, etc.
              On peut répondre à cela très brièvement :
            </p>
            <p xml:id="Intro1857approprnature"><label rend="invisible">Introduction de 1857, I. Production, consommation, distribution, échange (circulation)</label>
              <index><term>propriété privée : postérieure à la forme primitive de propriété commune</term></index>
              <index><term>privée, propriété : postérieure à la forme primitive de propriété commune</term></index>
              <index><term>propriété commune : forme primitive antérieure à la propriété privée</term></index>
              <index><term>commune, propriété : forme primitive antérieure à la propriété privée</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">
              <foreign xml:lang="la">Ad 1.</foreign> Toute production est appropriation de la nature par l’individu
              dans le cadre et par l’intermédiaire d’une forme de société déterminée.
              En ce sens, c’est une tautologie de dire que la propriété (appropriation) est une condition de la production.
              Mais il est ridicule de partir de là pour passer d’un bond à une forme déterminée de la propriété,
              par exemple, à la propriété privée. (Ce qui, de plus, suppose également comme condition
              une forme opposée, la <emph>non-propriété</emph>.)
              L’histoire nous montre bien plutôt dans la propriété commune ([…]) la forme primitive,
              forme qui sous l’aspect de la propriété communale, jouera encore un rôle important
            </p>
            <p rend="alinea">
              <foreign xml:lang="la">Ad 2.</foreign> Mise en sûreté des biens acquis, etc.
              Si l’on réduit ces banalités à leur contenu réel, elles expriment beaucoup plus que ne s’en doutent ceux qui les prêchent.
              À savoir, que toute forme de production engendre ses propres rapports juridiques, sa propre forme de gouvernement, etc.
              Ce manque de finesse et de perspicacité consiste précisément à mettre en relation
              de manière contingente des choses qui ont entre eiles ||5|un lien organique,
              à ne les associer que dans le contexte d’une réflexion.
              C’est ainsi que les économistes bourgeois ont la simple impression que la production est plus facile avec la police moderne
              que, par exemple, à l’époque du droit de se faire justice.
              Ils oublient seulement que le droit de se faire justice est un droit lui aussi,
              et que le droit du plus fort survit sous une autre forme y compris dans leur « État de droit ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              Quand les conditions sociales répondant à un stade déterminé de la production
              sont seulement en voie de formation ou, au contraire, quand elles sont déjà en voie de disparition,
              des perturbations se produisent naturellement dans la production, bien qu’elles soient d’un degré et d’un effet variables.
            </p><p rend="alinea">
              Pour résumer : Tous les stades de la production ont des déterminations communes
              que la pensée fixe comme des déterminations universelles ;
              mais les prétendues conditions universelles de toute production ne sont rien d’autre
              que ces moments abstraits qui n’appréhendent aucun stade historique réel de la production.
            </p>
          </quote>
          <bibl>P. 41-44.</bibl>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Tout ceci prépare bien la section 3 sur la méthode de l’économie politique
        </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <label xml:id="Intro1857-3method" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">56</seg>
          3. La méthode de l’économie politique
        </label>
        <!-- <p rend="invisible">
          <index>
            <term>concret, synthèse de multiples déterminations, résultat, non point de départ</term>
          </index>
        </p> -->
        <p rend="alinea">
          Marx commence par des considérations philosophiques.
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 48.5%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Es scheint das richtige zu sein, mit dem Realen und Konkreten, der wirkliehen Voraussetzung zu beginnen,
                  also z.B. in der Ökonomie mit der Bevölkerung,
                  die die Grundlage und das Subjekt des ganzen gesellschaftlichen Produktionsakts ist.
                  Indes zeigt sich dies bei näherer Betrachtung [als] falsch.
                  Die Bevölkerung ist eine Abstraktion, wenn ich z.B. die Klassen, aus denen sie besteht, weglasse.
                  Diese Klassen sind wieder ein leeres Wort, wenn ich die Elemente nicht kenne, auf denen sie beruhn.
                  Z.B. Lohnarbeit, Kapital etc.
                  Diese unterstellen Austausch, Teilung der Arbeit, Preise etc.
                  Kapital z. B. ohne Lohnarbeit ist nichts, ohne Wert, Geld, Preis etc.
                  Finge ich also mit der Bevölkerung an, so wäre das eine chaotische Vorstellung des Ganzen,
                  und durch nähere Bestimmung würde ich analytisch immer mehr auf einfachere Begriffe kommen;
                  von dem vorgestellten Konkreten auf immer dünnere Abstrakta,
                  bis ich bei den einfachsten Bestimmungen angelangt wäre.
                  Von da wäre nun die Reise wieder rückwärts anzutreten, bis ich endlich wieder bei der Bevölkerung anlangte,
                  diesmal aber nicht als bei einer chaotischen Vorstellung eines Ganzen,
                  sondern als einer reichen Totalität von vielen Bestimmungen und Beziehungen.
                  […]
                  <!-- 35 2/3 -->
                  Das Konkrete ist konkret, weil es die Zusammenfassung vieler Bestimmungen ist, also Einheit des Mannigfaltigen.
                  Im Denken erscheint es daher als Prozeß der Zusammenfassung, als Resultat, nicht als Ausgangspunkt,
                  obgleich es der wirkliche Ausgangspunkt und daher auch der Ausgangspunkt der Anschauung und der Vorstellung ist.
                  Im ersten Weg wurde die volle Vorstellung zu abstrakter Bestimmung verflüchtigt;
                  im zweiten führen die abstrakten Bestimmungen zur Reproduktion des Konkreten im Weg des Denkens.
                  Hegel geriet daher auf die Illusion, das Reale als Resultat des sich in sich zusammenfassenden,
                  in sich vertiefenden und aus sich selbst sich bewegenden Denkens zu fassen, während die Methode,
                  vom Abstrakten zum Konkreten aufzusteigen, nur die Art für das Denken ist, sich das Konkrete anzueignen,
                  es als ein geistig Konkretes zu reproduzieren. Keineswegs aber der Entstehungsprozeß des Konkreten selbst.
                  Z.B. die einfachste ökonomische Kategorie, sage z. B. Tauschwert, unterstellt Bevölkerung,
                  Bevölkerung produzierend in bestimmten Verhältnissen;
                  <!-- 36 --> auch ||15| gewisse Sorte von Familien- oder Gemeinde- oder Staatswesen etc.
                  Er kann nie existieren außer als abstrakte, einseitige Beziehung eines schon gegebnen konkreten, lebendigen Ganzen.
                  Als Kategorie führt dagegen der Tauschwert ein antediluvianisches Dasein.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW 42:34-36.</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item>
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Il semble juste de commencer par le réel et le concret,
                  par le présupposé effectif, donc, par exemple, en économie politique par la population,
                  qui est la base et le sujet de l’acte social de production tout entier.
                  Cependant, à y regarder de plus près, on s’aperçoit que c’est là une erreur.
                  La population est une abstraction si je néglige, par exemple, les classes dont elle se compose.
                  Ces classes sont à leur tour un mot creux si j’ignore les éléments sur lesquels elles reposent,
                  par exemple, le travail salarié, le capital, etc.
                  Ceux-ci supposent l’échange, la division du travail, les prix, etc.
                  Le capital, par exemple, n’est rien sans le travail salarié, sans la valeur, l’argent, etc.
                  Si donc je commençais par la population, j’aurais une représentation chaotique du tout
                  et, par une détermination plus précise, j’aboutirais analytiquement à des concepts de plus en plus simples ;
                  du concret de la représentation, je passerais à des entités abstraites de plus en plus minces
                  jusqu’à ce que je sois arrivé aux déterminations les plus simples.
                  Partant de là, il faudrait refaire le chemin à rebours
                  jusqu’à ce qu’enfin j’arrive de nouveau à la population,
                  qui cette fois ne serait plus la représentation chaotique d’un tout,
                  mais une riche totalité de multiples déterminations et relations.
                  […]
                  <!-- P. 57 1/4. -->
                  Le concret est concret parce qu’il est le rassemblement de multiples déterminations, donc unité de la diversité.
                  C’est pourquoi il apparaît dans là pensée comme procès de rassemblement, comme résultat,
                  non comme point de départ, bien qu’il soit le point de départ réel et, par suite,
                  aussi le point de départ de l’intuition et de la représentation.
                  Dans la première démarche, la plénitude de la représentation a été volatilisée en une détermination abstraite ;
                  dans la seconde, ce sont les déterminations abstraites qui mènent à la reproduction du concret
                  au cours du cheminement de la pensée.
                  <!-- P. 57 1/2. -->
                  C’est pourquoi Hegel est tombé dans l’illusion qui consiste à concevoir le réel comme le résultat
                  de la pensée qui se rassemble en soi, s’approfondit en soi, se meut à partir de soi-même,
                  alors que la méthode qui consiste à s’élever de l’abstrait au concret n’est que la manière pour la pensée
                  de s’approprier le concret, de le reproduire en tant que concret de l’esprit.
                  Mais ce n’est nullement le procès de genèse du concret lui-même.
                  Par exemple, la catégorie économique la plus simple, mettons, par exemple, la valeur d’échange,
                  suppose la population, une population produisant dans des rapports déterminés ;
                  ||15| elle suppose aussi un certain genre de système familial, communal ou étatique, etc.
                  Elle ne peut jamais exister autrement que comme relation abstraite, unilatérale d’un tout concret, vivant, déjà donné.
                  Comme catégorie, par contre, la valeur d’échange a une existence antédiluvienne.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 56-57</bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> --><!--
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
        </list>

        <p rend="alinea">
          Après la philosophie, avec la valeur d’échange, on en revient à l’objectif de Marx, la critique de l’économie politique.
          Différents auteurs de l’économie politique classique ont parfois voulu trop vite universaliser
          certaines catégories qu’ils utilisaient dans l’analyse de l’économie capitaliste.
          C’est un des points sur lesquels porte la critique de Marx.
          Il est vrai qu’on peut parler de travail, d’argent, de valeur d’échange dans des sociétés très anciennes,
          mais ces catégories ne sont là pas identiques à ce qu’elles sont, pleinement développées, sous le capitalisme.
          Ainsi, sur l’argent :
        </p>
        <list rend="horiz"><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item>
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  […] quoique l’argent apparaisse très tôt et joue de tous côtés un rôle,
                  il n’en est pas moins dans l’antiquité, en tant qu’élément dominant,
                  l’apanage de de nations unilatéralement déterminées, de nations commerçantes.
                  Et même dans l’antiquité qui a atteint la plus haute culture, chez les Grecs et les Romains,
                  il n’atteint son complet développement, présupposé de la société bourgeoise moderne,
                  que dans la période de leur dissolution.
                  Cette catégorie pourtant toute simple n’apparaît donc historiquement avec toute sa vigueur
                  qu’aux stades les plus développés de la société.
                  Elle ne traverse aucunement tous les rapports économiques.
                  Dans l’Empire romain, par exemple, à l’époque de son plus grand développement,
                  la base demeurait l’impôt en nature et les prestations en nature.
                  Le système monétaire à proprement parler n’y était complètement développé que dans l’armée.
                  Il ne s’est jamais emparé non plus de la totalité du travail.
                  Ainsi, bien qu’historiquement la catégorie la plus simple puisse avoir existé avant la plus concrète,
                  elle peut appartenir, dans son complet développement, aussi bien intensif qu’extensif,
                  précisément à une forme de société complexe,
                  alors que la catégorie plus concrète se trouvait plus complètement développée
                  dans une forme de société qui, elle, l’était moins.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 59-60.</bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> --><!--
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
        </list>
        <p xml:id="Intro1857travailabstraitSmith"><label rend="invisible">(Grundrisse) Introduction de 1857, Méthode de l’économie politique</label>
          <index><term>travail abstrait, chez Adam Smith</term></index>
          <index><term>Smith, Adam, travail abstrait</term></index>
          <index><term>abstraction, sur base du concret le plus riche</term></index>
          <index><term>concret, le plus riche, base de l’abstraction</term></index>
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 48.5%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  |17| Es war ein ungeheurer Fortschritt von Ad. Smith,
                  jede Bestimmtheit der reichtumzeugenden Tätigkeit fortzuwerfen — Arbeit schlechthin, weder Manufaktur —
                  noch kommerzielle, noch Agrikulturarbeit, aber sowohl die eine wie die andre.
                  Mit der abstrakten Allgemeinheit der reichtumschaffenden Tätigkeit nun
                  auch die Allgemeinheit des als Reichtum bestimmten Gegenstandes,
                  Produkt überhaupt oder wieder Arbeit überhaupt, aber als vergangne, vergegenständlichte Arbeit.
                  Wie schwer und groß dieser Übergang, geht daraus hervor,
                  wie Ad. Smith selbst noch von Zeit zu Zeit wieder in das physiokratische System zurückfällt.
                  Nun könnte es scheinen, als ob damit nur der abstrakte Ausdruck für die einfachste und urälteste Beziehung gefunden,
                  worin die Menschen — sei es in welcher Gesellschaftsform immer — als produzierend auftreten.
                  Das ist nach einer Seite hin richtig. Nach der andren nicht.
                  Die Gleichgültigkeit gegen eine bestimmte Art der Arbeit setzt eine sehr entwickelte Totalität wirklicher Arbeitsarten voraus,
                  von denen keine mehr die alles beherrschende ist.
                  So entstehn die allgemeinsten Abstraktionen überhaupt nur bei der reichsten konkreten Entwicklung,
                  wo eines vielen gemeinsam erscheint, allen gemein.
                  Dann hört es auf, nur in besondrer Form gedacht werden zu können.
                  Andrerseits ist diese Abstraktion der Arbeit überhaupt nicht nur das geistige Resultat einer konkreten Totalität von Arbeiten.
                  Die Gleichgültigkeit gegen die bestimmte Arbeit entspricht einer Gesellschaftsform,
                  worin die Individuen mit Leichtigkeit aus einer Arbeit in die andre Übergehn
                  und die bestimmte Art der Arbeit ihnen zufällig, daher gleichgültig ist.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW 42:38</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item>
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Adam Smith a réalisé un énorme progrès en jetant au panier tout caractère déterminé
                  de l’activité créatrice de richesse : travail cout court,
                  qui n’est ni le travail manufacturier, ni le travail commercial, ni le travail agricole,
                  mais aussi bien l’un que l’autre.
                  Avec l’universalité abstraite de l’activité créatrice de richesse apparaît alors
                  également l’universalité de l’objet dans sa détermination de richesse, le produit en général,
                  ou encore le travail en général, mais en tant que travail passé, objectivé.
                  L’exemple d’Adam Smith, qui retombe lui-même de temps à autre dans le système des physiocrates,
                  montre à quel point était difficile et important le passage à cette conception nouvelle.
                  Il pourrait alors sembler que l’on eût par là simplement trouvé l’expression abstraite
                  de la relation la plus simple et la plus ancienne dans laquelle — en quelque forme de société que ce soit —
                  entrent les hommes en tant que producteurs. C’est juste en un sens. Dans l’autre, non.
                  L’indifférence à l’égard d’un genre déterminé de travail
                  présuppose l’existence d’une totalité très développée de genres réels de travail
                  dont aucun n’est plus absolument prédominant.
                  Ainsi, les abstractions les plus générales ne prennent au total naissance
                  qu’avec le développement concret le plus riche,
                  où un aspect apparaît comme appartenant à beaucoup, comme commun à tous.
                  On cesse alors de pouvoir le penser seulement sous une forme particulière.
                  D’autre part, cette abstraction du travail en général n’est pas seulement
                  le résultat dans la pensée d’une totalité concrète de travaux.
                  L’indifférence à l’égard du travail déterminé correspond à une forme de société
                  dans laquelle les individus passent avec facilité d’un travail à l’autre
                  et où le genre déterminé de travail est pour eux contingent, donc indifférent.<!--
                  Là le travail est devenu non seulement sur le plan des catégories, mais dans la réalité
                  même, un moyen de créer la richesse en général et a cessé, en tant que détermination,
                  de ne faire qu’un avec les individus, sous quelque aspect particulier. Cet état de
                  choses a atteint son plus haut degré de développement dans la forme d’existence la
                  plus moderne des sociétés bourgeoises, aux États-Unis. C’est donc là seulement que
                  l’abstraction de la catégorie « travail », « travail en général », travail « <foreign
                  xml:lang="fr">sans phrase</foreign> », point de départ de l’économie moderne, devient
                  vérité pratique. Ainsi l’abstraction la plus simple, que l’économie politique moderne
                  place au premier rang et qui exprime un rapport très ancien et valable pour toutes
                  les formes de société, n’apparaît pourtant sous cette forme abstraite comme vérité
                  pratique qu’en tant que catégorie de la société la plus moderne. -->
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 60-61.</bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> --><!--
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
        </list>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
            </p>
          </quote>
          <bibl>P. 60-61.</bibl>
        </cit>
        <p xml:id="Intro1857anatomiesinge"><label rend="invisible">(Grundrisse) Introduction de 1857, Méthode de l’économie politique</label>
          <index><term>L’anatomie de l’homme est une clef pour l’anatomie du singe</term></index>
          <index><term>anatomie de l’homme, clef pour l’anatomie du singe</term></index>
          <index><term>singe, l’anatomie de l’homme est une clef pour son anatomie</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Il faut une société développée comme le capitalisme pour que puisse surgir chez Adam Smith
          la catégorie de travail abstrait, abstraction qu’il ne crée pas,
          que réalise la multiplicité des travaux différents échangés l’un contre l’autre
          dans une société marchande très développée, ce qui n’est le cas que du capitalisme.
          On ne peut pas plaquer sur d’autres société une catégorie de travail abstrait qui n’existe que sous le capitalisme.
          Mais une fois cette catégorie acquise, elle éclaire la catégorie de travail
          sous toutes les formes que le travail a pris dans des sociétés différentes à des époques différentes.
        </p>
        <list rend="horiz">
          <item style="width: 33%;">
            <cit xml:lang="de">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  ||18| Dies Beispiel der Arbeit zeigt schlagend, wie selbst die abstraktesten Kategorien
                  trotz ihrer Gültigkeit — eben wegen ihrer Abstraktion — für alle Epochen
                  doch in der Bestimmtheit dieser Abstraktion selbst ebensosehr das Produkt historischer Verhältnisse sind
                  und ihre Vollgültigkeit nur für und innerhalb dieser Verhältnisse besitzen.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Die bürgerliche Gesellschaft ist die entwickeltste und mannigfaltigste historische Organisation der Produktion.
                  Die Kategorien, die ihre Verhältnisse ausdrücken, das Verständnis ihrer Gliederung
                  gewähren daher zugleich Einsicht in die Gliederung und die Produktionsverhältnisse
                  aller der untergegangnen Gesellschaftsformen, mit deren Trümmern und Elementen sie sich aufgebaut,
                  von denen teils noch unüberwundne Reste sich in ihr fortschleppen,
                  bloße Andeutungen sich zu ausgebildeten Bedeutungen entwickelt haben etc.
                  Die Anatomie des Menschen ist ein Schlüssel zur Anatomie des Affen.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MEW 42:39.</bibl>
            </cit>
          </item>
          <item style="width: 34%;">
            <cit xml:lang="fr">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  |18| Cet exemple du travail montre d’une façon frappante que même les catégories les plus abstraites,
                  bien que valables — précisément à cause de leur abstraction — pour toutes les époques, n’en sont pas moins,
                  sous la forme déterminée de cette abstraction même, le produit de rapports historiques
                  et n’ont leur entière validité que pour ces rapports et à l’intérieur de ceux-ci.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La société bourgeoise est l’organisation historique de la production la plus développée et la plus variée qui soit.
                  De ce fait, les catégories qui expriment les rapports de cette société, la compréhension de son articulation,
                  permettent en même temps de se rendre compte de l’articulation et des rapports de production
                  de toutes les formes de société disparues avec les débris et les éléments desquelles elle s’est édifiée,
                  dont certains vestiges non encore dépassés pour une part subsistent en elle,
                  où ce qui n’avait de sens qu’indicatif est devenu en se développant signification explicite, etc.
                  L’anatomie de l’homme est une clef pour l’anatomie du singe.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 61-62.</bibl>
            </cit>
          </item><!--
          <item style="width: 25%;">
            <cit xml:lang="nl">
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl></bibl>
            </cit>
          </item> -->
          <item>
            <cit xml:lang="en">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  [M-18] The example of labour strikingly demonstrates that even the most abstract categories,
                  despite their being valid — precisely because they are abstractions—for all epochs,
                  are, in the determinateness of their abstraction, just as much a product of historical conditions
                  and retain their full validity only for and within these conditions.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Bourgeois society is the most developed and many-faceted historical organisation of production.
                  The categories which express its relations, an understanding of its structure, therefore,
                  provide, at the same time, an insight into the structure and the relations of production
                  of all previous forms of society the ruins and components of which
                  were used in the creation of bourgeois society.
                  Some of these remains are still dragged along within bourgeois society unassimilated,
                  while elements which previously were barely indicated have developed and attained their full significance, etc.
                  The anatomy of man is a key to the anatomy of the ape.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 28:42.</bibl>
            </cit>
          </item>
        </list>

        <p rend="alinea">
          Cette dernière phrase est fameuse, sans doute pas tout à fait heureuse serais-je tenté de dire,
          et il ne faut pas lui faire dire plus que ce qui précède sur les catégories économiques.
          (Marx ne lira Darwin que fin 1860.)
        </p>
      </div><!-- fin de fichier inclus Intro1857.xml -->

        <!-- début de fichier inclus Grundrisse.xml, sudivision de #Manuscrits57-58 --><div xml:id="Grundrisse" type="level3">
           <!-- Une note de bas de page est en inclusion pour être récupérable ailleurs -->
        <head>
          Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie
        </head>
        <bibl>
          Karl Marx, <title>Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie</title><note xml:id="Grundrisse-not1" n="1" place="bottom">
            <seg rend="alinea">
      <!-- début de fichier inclus noteIntro-Grund-Contrib.xml -->
      <!-- cet élément ne peut avoir d’identité, qui ne serait pas unique
           s’il est utilisé plusieurs fois -->
        Dans un Avertissement (<ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100a.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100a.htm</ref>)
        à la <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>,
        Émile Botigelli explique l’articulation, qui longtemps pour moi est restée un mystère,
        entre quatre titres proches au point qu’on les confondrait facilement :
        (1) l’<ref target="#Intro1857">Introduction, ébauche de 1857</ref>
        qui n’est <emph>pas</emph> l’introduction du livre (4) de 1859,
        mais parfois donnée en annexe des éditions de celui-ci ;
        (2) les <ref target="#Grundrisse"><title>Grundrisse</title></ref>
        (ou <title>Fondements</title> dans la traduction Dangeville),
        dans des carnets de notes de 1857-1858 qui contiennent aussi l’introduction (1) ;
        (3) la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">Préface</ref> de…
        (4) la <ref target="#Mcritecopol"><title>Contribution</title></ref> enfin publiée en 1859
        (avant le <title>Capital</title>, ébauches des Livre II et Livre III dans les années 1860
        et enfin le <ref target="#Capital-I">Livre I</ref>, publié en 1867).
      </seg><!-- fin de fichier inclus noteIntro-Grund-Contrib.xml -->
          </note>
          (Oktober 1857 bis Mai 1858).
          <title>Marx-Engels Werke</title>, Band. 42, Dietz Verlag, Berlin, 1983, p. 47-768.
        </bibl>

        <bibl>
          Karl Marx,
          <title>Fondements de la critique de l’économie politique</title>
          (Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie),
          ébauche de 1857-1858,
          traduit par Roger Dangeville,
          Éditions Anthropos, Paris, 1968, en deux volumes ;
          aussi à partir de 1968 (et tirages ultérieurs) en collection 10/18 en cinq volumes :
          <lb/>Tome I Chapitre de l’Argent          (10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 732),
          <lb/>Tome II Chapitre du Capital          (10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 733),
          <lb/>Tome III Chapitre du Capital (suite) (10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 807),
          <lb/>Tome IV Plus value et profit         (10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 833),
          <lb/>Tome V Travaux annexes               (10/18 n<hi rend="ordinal">o</hi> 909).
        </bibl>

        <p rend="alinea">
          La traduction Dangeville aux Éditions Anthoropos, surtout parce que reprise en 10/18,
          a facilité l’accès des <title>Grundrisse</title> au public de langue française.
          On trouve cependant des critiques sévères de cette traduction :
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              La première traduction française, beaucoup plus diffusée
              et publiée en 1968 par Roger Dangeville, est absolument non-utilisable.
              Cette traduction est « en effet extrêmement contestable
              remarquent Jean-Marie Brohm et Catherine Colliot-Thélène,
              sacrifiant systématiquement la fidélité à l’original à l’élégance du français. […]
              Or, un des principaux défauts de la traduction de R. Dangeville,
              lorsqu’il rencontrait sous la plume de Marx la terminologie hégélienne,
              est de ne l’avoir pas reproduite
              selon le lexique généralement utilisé par les éditions de Hegel en langue française.
              […] cette traduction n’est pas l’instrument adéquat d’une étude approfondie »
              de l’œuvre de Marx.
              (Préface de Brohm et Colliot-Thélène au livre de Roman Rosdolsky,
              <title>La genèse du « Capital » chez Karl Marx</title>, François Maspero, 1976, p. 13-14.)
            </p>
          </quote>
          <bibl>
            Le blog <ref target="http://www.palim-psao.fr/article-traduire-c-est-trahir-sur-les-traductions-a-utiliser-pour-lire-marx-118473952.html">Palim Psao</ref>.
          </bibl>
        </cit>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              Roger Dangeville, communiste anti-stalinien, a ainsi proposé
              de nombreuses anthologies thématiques des œuvres de Marx (notamment chez 10/18)
              ainsi que la première traduction des <title>Manuscrits de 1857-58</title>
              (mais qui est malheureusement de médiocre qualité).
            </p>
          </quote>
          <bibl>
            Alexandre Féron et Guillaume Fondu, « Sur l’édition de Marx aujourd’hui »,
            <ref target="https://www.contretemps.eu/sur-ledition-de-marx-aujourdhui/">Contretemps</ref>.
          </bibl>
        </cit>

        <bibl>
          Karl Marx,
          <title>Outlines of the Critique of Political Economy</title> (Rough Draft of 1857-58),
          MECW 28:49-537, MECW 29:5-389.
        </bibl>

        <bibl>
          Karl Marx,
          <title>Grundrisse: Foundations of the Critique of Political Economy</title>, Penguin 1973,
          et cette édition en ligne : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/">www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse</ref>.
        </bibl>
        <bibl>
          Karl Marx,
          <title>Manuscrits de 1857-1858 dits « Grundrisse »</title>,
          aux Éditions sociales,
          voir <ref target="#Manuscrits57-58">page des Manuscrits</ref>.
        </bibl>


        <div xml:id="Grundrisse-II">
          <head>II. Das Kapitel vom Geld<!-- <seg rend="floatright"> MEW 42:49</seg> --></head>
          <p>

          </p>
        </div>

        <div xml:id="Grundrisse-III">
          <head>III. Das Kapitel vom Kapital</head>
          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p165" rend="fakehead h2">
            <seg rend="floatright">MEW 42:165</seg>
            [Erster Abschnitt: Der Produktionsprozeß des Kapitals]
          </label>
          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p165bis" rend="fakehead h3"><seg rend="floatright">MEW 42:165, ÉS 2011:201</seg>
            |8| Das Kapitel vom Geld als Kapital
            <lb/>[Verwandlung von Geld in Kapital]
          </label>
          <p rend="alinea">
            Ceux qui échangent satisfont chacun le besoin de l’autre,
            mais c’est dans leur intérêt égoïste de satisfaire leur propre besoin.
            Il y a là réciprocité, mais ce n’est pas le but.
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                … que cette réciprocité est un <term xml:lang="fr">fait</term> nécessaire, présupposé comme condition naturelle de l’échange,
                mais qu’elle est, en tant que telle, indifférente à chacun des deux sujets de l’échange,
                et que cette réciprocité n’a d’intérêt pour lui que dans la mesure où elle satisfait son intérêt
                en tant qu’il exclut celui de l’autre et n’en tient aucun compte.
                Ce qui veut dire que l’intérêt collectif, qui apparaît comme le motif de l’acte d’ensemble,
                est certes reconnu par les deux parties comme un <term xml:lang="fr">fait</term>, mais n’est pas en tant que tel motif,
                mais fait, pour ainsi dire, son chemin dans le dos des intérêts particuliers réfléchis en eux-mêmes,
                dans le dos de l’intérêt individuel qui s’oppose à celui d’autrui.
                Sous ce dernier aspect, l’individu peut tout au plus avoir encore la conscience réconfortante
                que la satisfaction de son intérêt individuel contradictoire réalise précisément
                le dépassement effectif de la contradiction, l’intérêt social universel.
              </p>
            </quote>
            <bibl>Éditions sociales 2011:206.</bibl>
          </cit>
          <p xml:id="Grundrisse2011p207"><label rend="invisible">Grundrisse, Le chapitre du capital, première section</label>
            <index><term>liberté, égalité et valeur d’échange</term></index>
            <index><term>égalité, liberté et valeur d’échange</term></index>
            <index><term>valeur d’échange, base réelle qui produit toute égalité et toute liberté</term></index>
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Si donc la forme économique, l’échange, pose de tous les côtés l’égalité des sujets,
                le contenu, la substance tant des individus que des choses pose leur liberté.
                Non seulement donc l’égalité et la liberté sont respectées dans l’échange qui repose sur des valeurs d’échange,
                mais l’échange de valeurs d’échange est la base réelle qui produit toute égalité et toute liberté.
                En tant qu’idées pures, elles n’en sont que des expressions idéalisées ;
                en tant qu’elles se développent en relations juridiques, politiques et sociales,
                elles ne sont que cette base à une autre puissance. Et ceci s’est aussi vérifié historiquement.
                L’égalité et la liberté avec cette extension sont le contraire direct de la liberté et de l’égalité antiques,
                qui n’avaient justement pas pour fondement la valeur d’échange développée,
                mais qu’au contraire son développement a fichues en l’air.
                Elles présupposent des rapports de production qui n’étaient pas encore réalisés dans le monde antique ; non plus qu’au moyen âge.
              </p>
            </quote>
            <bibl>Éditions sociales 2011:207.</bibl>
          </cit>

          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p315" rend="fakehead h2">
            <seg rend="floatright">MEW 42:315, ÉS 2011:363</seg>
            [Zweiter Abschnitt: Der Zirkulationsprozeß des Kapitals]
          </label>

          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p315h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">MEW 42:315, ÉS 2011:363</seg>
            [Reproduktion und Akkumulation des Kapitals]
          </label>

          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p371h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">MEW 42:371</seg>
            [Ursprüngliche Akkumulation des Kapitals]
          </label>

          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p383h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">MEW 42:383, ÉS 2011:432</seg>
            [Formen, die der kapitalistischen Produktion vorhergehen]
          </label>

          <p xml:id="Grundrisse-MEW42p395-396"><label rend="invisible">Karl Marx, Grundrisse, MEW Band. 42 S. 395-396</label>
            <index><term>menschlichen Herrschaft über die Naturkräfte</term></index>
            <index><term>Naturkräfte, menschlichen Herrschaft über die —</term></index>
            <index><term>human mastery over the forces of nature</term></index>
            <index><term>nature, human mastery over the forces of —</term></index>
            <index><term>nature, domination de l’homme sur la —</term></index>
          </p>
          <p rend="alinea">
            Marx remarque que dans l’Antiquité, la production est toujours vue comme une manière
            d’assurer ses moyens de subsistance plutôt que pour l’accumulation de richesse.
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 50%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    So erscheint die alte Anschauung, wo der Mensch, in welcher bornierten nationalen,
                    religiösen, politischen Bestimmung auch immer als Zweck der Produktion erscheint,
                    sehr erhaben zu sein gegen die moderne Welt, wo die Produktion
                    als Zweck des Menschen und der Reichtum als Zweck der Produktion erscheint.
                    In fact aber, wenn die bornierte bürgerliche Form <pb xml:id="MEW42p396" n="396"/>abgestreift wird,
                    was ist der Reichtum anders, als die im universellen Austausch erzeugte Universalität
                    der Bedürfnisse, Fähigkeiten, Genüsse, Produktivkräfte etc. der Individuen ?
                    Die volle Entwicklung der menschlichen Herrschaft über die Naturkräfte,
                    die der sog. Natur sowohl wie seiner eignen Natur ?
                    Das absolute Herausarbeiten seiner schöpferischen Anlagen,
                    ohne andre Voraussetzung als die vorhergegangne historische Entwicklung,
                    die diese Totalität der Entwicklung, d. h. der Entwicklung aller menschlichen Kräfte als solcher,
                    nicht gemessen an einem <emph>vorhergegebnen</emph> Maßstab, zum Selbstzweck macht ?
                    Wo er sich nicht reproduziert in einer Bestimmtheit, sondern seine Totalität produziert ?
                    Nicht irgend etwas Gewordnes zu bleiben sucht, sondern in der absoluten Bewegung des Werdens ist ?
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW, Band. 42, S. 395-396.</bibl>
              </cit>
            </item><!--
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> --><!--
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> -->
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In this way, the old view according to which man always appears
                    in however narrowly national, religious or political a determination
                    as the end of production,
                    seems very exalted when set against the modern world,
                    in which production is the end of man, and wealth the end of production.
                    In fact, however, if the narrow bourgeois form is peeled off,
                    what is wealth if not the universality of the individual’s needs, capacities, enjoyments,
                    productive forces, etc., produced in universal exchange;
                    what is it if not the full development of human control over the forces of nature
                    — over the forces of so-called Nature, as well as those of his own nature?
                    What is wealth if not the absolute unfolding of man’s creative abilities,
                    without any precondition other than the preceding historical development,
                    which makes the totality of this development
                    — i.e. the development of all human powers as such,
                    not measured by any <emph>previously given</emph> yardstick —
                    an end-in-itself, through which he does not reproduce himself in any specific character,
                    but produces his totality, and does not seek to remain something he has already become,
                    but is in the absolute movement of becoming?
                    <!-- Thus the old view, in which the human being appears as the aim of production,
                    regardless of his limited national, religious, political character, seems to be
                    very lofty when contrasted to the modern world, where production appears as the
                    aim of mankind and wealth as the aim of production. In fact, however, when the
                    limited bourgeois form is stripped away, what is wealth other than the universality
                    of individual needs, capacities, pleasures, productive forces etc., created through
                    universal exchange ? The full development of human mastery over the forces of nature,
                    those of so-called nature as well as of humanity’s own nature ? The absolute
                    working-out of his creative potentialities, with no presupposition other than the
                    previous historic development, which makes this totality of development, i.e. the
                    development of all human powers as such the end in itself, not as measured on a
                    <emph>predetermined</emph> yardstick ? Where he does not reproduce himself in one
                    specificity, but produces his totality ? Strives not to remain something he has
                    become, but is in the absolute movement of becoming ? -->
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  MECW 28:411-412.
                  Aussi Marxists Internet Archive <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/ch09.htm">1857/grundrisse/ch09.htm</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p421h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">MEW 42:421, ÉS 2011:475</seg>
            [Kreislauf des Kapitals]
          </label>
          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p454h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">MEW 42:454, ÉS 2011:510</seg>
            [Theorien über Mehrwert und Profit]
          </label>


          <p xml:id="Grundrisse-MEW42p519h3-ndx"><label rend="invisible">Karl Marx, Grundrisse, [Fixes und zirkulierendes Kapital]</label>
            <!-- <index><term>capital productif</term></index> <index><term>productif, capital</term></index> -->
            <index><term>capital fixé</term></index> <index><term>fixé, capital</term></index>
          </p>
          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p519h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">MEW 42:519, ÉS 2011:577</seg>
            [Fixes und zirkulierendes Kapital]
          </label>
          <p rend="alinea">
            À ce stade des Grundrisse, le capital est toujours circulant,
            mais il passe par différences phases.
            Il est dit <term xml:lang="fr">fixé</term> :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Aussi longtemps qu’il persiste dans l’une de ces phases
                — que cette phase n’apparaît pas elle-même comme un passage fluide —,
                et que chacune de ces phases à sa durée propre, il n’est pas circulant, il est fixé.
                Aussi longtemps qu’il persiste dans le procès de production,
                il est incapable de circuler, et virtuellement dévalorisé.
                Aussi longtemps qu’il persiste dans la circulation, il est incapable de produire…
              </p>
            </quote>
            <bibl>ÉS 2011:579-580.</bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            C’est proche, il me semble, du <ref target="#Capital-IIchap1"><term>capital productif</term></ref>
            du Livre II du <title>Capital</title>.
            Du <term>capital productif</term>, du capital occupé à la production, n’est pas vendable.
          </p>

          <p xml:id="Grundrisse-MEW42p590frag"><label rend="invisible">Karl Marx, Grundrisse, [Fixes Kapital und Entwicklung der Produktivkräfte der Gesellschaft]</label>
            <index><term>Fragment sur les machines</term></index> <index><term>machines, Fragment</term></index>
            <index><term>Fragment on Machines</term></index> <index><term>Frammento sulle macchine</term></index>
            <index><term>machinerie, sous le socialisme</term></index>
            <index><term>machinerie, plein développement du capitalisme</term></index>
          </p>
          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p590h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">MEW 42:590, ÉS 2011:650</seg>
            [Fixes Kapital und Entwicklung der Produktivkräfte der Gesellschaft]
          </label>
          <!-- https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0950017020958901 -->
          <!-- Appelé aussi Notes on machines (Brewster, 1972). -->
          <!-- The story begins with the fourth issue of the Quaderni Rossi, published in 1964.
               https://brill.com/display/book/edcoll/9789004231351/B9789004231351_017.xml -->
          <!-- The denomination ‘Fragment on Machines’, to define specifically notebooks 6 and 7 ofthe Grundrisse,
               became canonical due to the editorial choice of Raniero Panzieri,
               who published their translation under the title ‘Frammento sulle macchine’ in the 1964 issue of Quaderni Rossi,
               the journal of Italian operaismo.
               https://wiki.p2pfoundation.net/Fragments_on_the_Machines -->
          <p rend="alinea">
            Ce passage (à la charnière des carnets VI et VII de Marx) a enthousiasmé les milieux de l’operaïsmo italien.
            Raniero Panzieri en a publié une traduction sous le titre « Frammento sulle macchine »
            dans le quatrième numéro des <title>Quaderni Rossi</title> en 1964.
            En anglais, Ben Brewster a traduit ça comme « Marx’s Notes on Machines »
            dans <title>Sublation</title>, 1966<note xml:id="Grundrisse-III-not1" n="1" place="bottom">
             <title>Sublation</title> était un journal étudiant de l’université de Leicester
             (<ref target="https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0038038516648550">Towards a Figurational History of Leicester Sociology</ref>, 1954–1982),
             « a political magazine supported by the Leicester University Socialist and Marxist societies and Libertarians »,
             dit <ref target="https://mrc-catalogue.warwick.ac.uk/records/SMH/5/11">la bibliothèque de l’université de Warwick</ref>.
             J’ai trouvé <title>Sublation</title> n<hi rend="ordinal">o</hi> 1, 1966 comme référence pour les « Notes on Machines »,
             mais <ref target="https://search.worldcat.org/title/first-english-translation-of-marxs-notes-on-machines/oclc/955171">d’après WorldCat</ref>, il s’agirait d’une brochure (17 pages) éditée par <title>Sublation</title>,
             un numéro spécial de 1966. (Ce qui n’exclut pas que ça portait le numéro 1.)
            </note>.
            Mais le titre italien en « Frammento » l’a emporté,
            d’où les appellations « Fragment on machines » ou « Fragment sur les machines ».
            Aux Éditions sociales (1980, 2011), Jean-Pierre Lefebvre rappelle (2011, p. 18)
            que Marx utilise <term xml:lang="de">Maschinerie</term> au singulier
            pour l’ensemble de la machinerie d’une usine, le tout complexe de toutes les machines.
            En traduisant par le pluriel <term>machines</term>,
            on perd le sens que Marx donne au singulier <term xml:lang="de">Maschinerie</term>.
            Ce qu’on appelle « Fragment sur les machines » parle plutôt de <emph>la</emph> machinerie,
            ou, plus encore, des conséquences de l’introduction de la machinerie.
          </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


          <p rend="alinea">
            Il distingue (ÉS 2011:651) <term>matériau de travail</term> (qu’il préfère à matériau brut),
            <term>moyen de travail</term> et <term>travail vivant</term>.
            La forme nouvelle du moyen de travail, « la plus adéquate et la plus achevée » (ÉS 2011:652),
            c’est la machine — non, Marx se reprend : « le <term>système automatique de la machinerie</term> ».
            Le moyen de travail transmettait à l’objet l’activité de l’ouvrier.
            C’est maintenant la machinerie qui agit sur l’objet, avec l’ouvrier au service de la machine.
            Cela est longuement développé p. 653 et suivantes.
            C’est spécifique au capitalisme :
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Le développement du moyen de travail en machinerie n’est pas fortuit pour le capital,
                mais il est la réorganisation historique du moyen de travail traditionnel légué par le passé,
                qui se voit remodelé de manière adéquate au capital.
              </p>
            </quote>
            <bibl>ÉS 2011:654.</bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Le savoir, dans la machinerie, apparaît comme extérieur à l’ouvrier (ÉS 2011:655).
            <pb xml:id="pVII_I1" n="|VII_I1|"/>« Le plein développement du capital n’a donc lieu »
            que lorsque le capitalisme arrive à un tel stade de machinerie.
            Cela indique « le <term>degré</term> selon lequel le capital est développé comme capital ».
            (Plus loin, ÉS 2011:659, « l’indice du développement ».)
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Mais si le capital ne se donne sa figure adéquate
                que comme valeur d’usage à l’intérieur du procès de production,
                dans la machinerie et dans d’autres formes d’existence matérielles du <term>capital fixe</term>,
                […], cela ne signifie nullement pour autant que cette valeur d’usage
                — la machinerie en soi— soit du capital,
                ou que son existence de machinerie soit identique à son existence de capital ; […].
                La machinerie ne perdrait pas sa valeur d’usage à partir du moment où elle cesserait d’être du capital.
                Que la machinerie soit la forme la plus adéquate de la valeur d’usage du <term>capital fixe</term>
                n’implique nullement que la subsomption du capital sous le rapport social
                soit le meilleur rapport de production social, le plus adéquat pour l’utilisation de la machinerie.
              </p>
            </quote>
            <bibl>ÉS 2011:655-656.</bibl>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Si la « figure adéquate » du capitalisme suppose la machinerie,
            il ne s’en suit pas que la machinerie appartient en propre au capitalisme.
            Sa valeur d’usage de machinerie pourrait servir, mieux même, sous un autre rapport de production…
            — Et je suppose que Marx pense ici au socialisme.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Le travailleur individuel n’est plus rien que comme participant
            aux travaux communs basés sur ce <term>capital fixe</term> moderne. (ÉS 2011, milieu de la page 656.)
            Du <term>capital circulant</term> entre les mains de l’ouvrier comme salaire
            lie entre eux les ouvriers qui produisent les uns pour les autres des biens de subsistance divers,
            réalise l’échange entre ouvriers (dont aucun ne produit lui-même tout ce dont il a besoin). (ÉS 2011:656-657.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Le capital fixe contribue à la valeur (ÉS 2011:657) :
            1) en tant « que lui-même a de la valeur » (valeur qui entre dans la valeur du produit ;
            2) en tant qu’en améliorant la productivité (réduisant la valeur de la force de travail), il augmente la plus-value.
            Dans le capitalisme, le temps gagné par la machinerie n’est pas de temps gagné pour l’ouvrier,
            mais plus de temps à faire de la plus-value.
            « Ceci jouera en faveur du travail émancipé et est la condition de son émancipation. »
            — Et je suppose que Marx pense ici au socialisme.
          </p>
          <p rend="alinea">
            La machinerie ne répond pas à un manque de bras (ÉS 2011:657-658) ; c’est plutôt le contraire.
            « Le moyen de travail rend l’ouvrier indépendant — le pose comme propriétaire. » (ÉS 2011:658.)
            La machinerie, au contraire, le rend dépendant,
            mais <emph>ce n’est</emph> le cas <emph>qu’en tant qu</emph>’elle est capital fixe, que l’ouvrier est salarié.
            — Et je suppose que Marx pense ici au socialisme.
          </p>
          <p xml:id="Grundrisse-III-Hodgskin" rend="alinea">
            Pour Lauderdale et autres qui voudraient faire croire que le capital crée de la valeur,
            le rôle important du capital fixe est ce qui est le plus près de sembler leur donner raison.
            Contre cette erreur, Marx invoque (ÉS 2011:659) le livre <title>Labour defended</title>
            sans autre indication. (L’ouvrage était anonyme et je ne sais si Marx en connaissait l’auteur.)
            En note de bas de page, les traducteurs des Éditions sociales précisent : Thomas Hodgkin [sic],
            mais c’est une faute d’orthographe. Thomas Hodgkin (1798-1866) est un médecin à juste titre célèbre.
            L’économiste socialiste, critique du capitalisme, auteur en 1825
            de <title>Labour Defended against the Claims of Capital :
            <!-- https://avalon.law.yale.edu/19th_century/labdef.asp -->
            <!-- https://www.marxists.org/reference/subject/economics/hodgskin/labour-defended.htm -->
            Or, the Unproductiveness of Capital proved, by a Labourer
            (With Reference to the Present Combinations amongst Journeymen)</title>,
            publié anonymement, c’est Thomas Hodgskin (1787-1869).
            (Marx l’étudie dans les manuscrits réunis comme <title>Théories sur la Plus-Value</title>.)
          </p>
          <p rend="alinea">
            Le capital fixe, quand on le consomme, passe sa valeur au produit.
            C’est ça sa vraie valeur d’usage, qui n’existe plus sinon.
            (Marx dénonce implicitement, je suppose, l’erreur de ne voir que la valeur d’usage technique,
            comme pour un haut-fourneau, de réduire le minerai de fer,
            alors que c’est une machine à faire plus de valeur.)
            Il en résulte que « la constance du flux […] devient condition extérieurement contraignante ».
          </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p xml:id="Grundrisse-MEW42p600-602"><label rend="invisible">Karl Marx, Grundrisse, [Fixes Kapital und Entwicklung der Produktivkräfte der Gesellschaft]</label>
            <index><term>agriculture, science du métabolisme matériel de la nutrition</term></index>
            <index><term>métabolisme, agriculture comme science du —</term></index>
            <index><term>travailleur, maître de la nature</term></index>
            <index><term>nature, domination de l’homme sur la —</term></index>
            <index><term>réduction de la journée de travail, condition de l’épanouissement</term></index>
            <index><term>formation artistique, scientifique, etc., grâce au temps libéré</term></index>
            <index><term>temps libéré, formation artistique, scientifique, etc.</term></index>
          </p>
          <p rend="alinea">
            On passe alors à un passage, important, remarqué, difficile
            et qui prête à diverses interprétations.
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Der Austausch von lebendiger Arbeit gegen vergegenständlichte, d. h. das Setzen
                    der gesellschaftlichen Arbeit in der Form des Gegensatzes von Kapital und
                    Lohnarbeit — ist die letzte Entwicklung des <emph>Wertverhältnisses</emph> und
                    der auf dem Wert beruhenden Produktion. Ihre Voraussetzung ist und bleibt — die
                    Masse unmittelbarer Arbeitszeit, das Quantum angewandter Arbeit als der
                    entscheidende Faktor der Produktion des Reichtums. In dem Maße aber, wie
                    die große Industrie sich entwickelt, wird die Schöpfung des wirklichen
                    Reichtums abhängig weniger von der Arbeitszeit und dem Quantum an-
                    gewandter Arbeit als von der Macht der Agentien, die während der Arbeitszeit
                    in Bewegung gesetzt werden und die selbst wieder
                    — deren <term xml:lang="en">powerful effectiveness</term> —
                    selbst wieder in keinem Verhältnis steht zur unmittelbaren Arbeitszeit,
                    die ihre Produktion kostet, sondern vielmehr abhängt vom allgemeinen Stand
                    der Wissenschaft und dem Fortschritt der Technologie, oder der Anwendung
                    dieser Wissenschaft auf die Produktion. (Die Entwicklung dieser Wissenschaft,
                    besonders der Naturwissenschaft und mit ihr aller andren, steht selbst
                    wieder im Verhältnis zur Entwicklung der materiellen Produktion.) Die
                    Agrikultur z.B. wird bloße Anwendung der Wissenschaft des materiellen
                    <pb xml:id="MEW42p601" n="601"/>Stoffwechsels, wie er am vorteilhaftesten zu regulieren für den ganzen
                    Gesellschaftskörper. Der wirkliche Reichtum manifestiert sich vielmehr — und
                    dies enthüllt die große Industrie — im ungeheuren Mißverhältnis zwischen der
                    angewandten Arbeitszeit und ihrem Produkt wie ebenso im qualitativen
                    Mißverhältnis zwischen der auf eine reine Abstraktion reduzierten Arbeit und der
                    Gewalt des Produktionsprozesses, den sie bewacht. Die Arbeit erscheint nicht
                    mehr so sehr als in den Produktionsprozeß eingeschlossen, als sich der Mensch
                    vielmehr als Wächter und Regulator zum Produktionsprozeß selbst verhält.
                    (Was von der Maschinerie gilt ebenso von der Kombination der menschlichen
                    Tätigkeit und der Entwicklung des menschlichen Verkehrs.) Es ist nicht mehr
                    der Arbeiter, der modifizierten Naturgegenstand als Mittelglied zwischen das
                    Objekt und sich einschiebt; sondern den Naturprozeß, ||3| den er in einen
                    industriellen umwandelt, schiebt er als Mittel zwischen sich und die
                    unorganische Natur, deren er sich bemeistert. Er tritt neben den Produktionsprozeß,
                    statt sein Hauptagent zu sein. In dieser Umwandlung ist es weder die
                    unmittelbare Arbeit, die der Mensch selbst verrichtet, noch die Zeit, die er
                    arbeitet, sondern die Aneignung seiner eignen allgemeinen Produktivkraft, sein
                    Verständnis der Natur und die Beherrschung derselben durch sein Dasein als
                    Gesellschaftskörper — in einem Wort die Entwicklung des gesellschaftlichen
                    Individuums, die als der große Grundpfeiler der Produktion und des Reichtums
                    erscheint. Der <emph>Diebstahl an fremder Arbeitszeit, worauf der jetzige Reichtum
                    beruht</emph>, erscheint miserable Grundlage gegen diese neuentwickelte, durch die
                    große Industrie selbst geschaffne. Sobald die Arbeit in unmittelbarer Form
                    aufgehört hat, die große Quelle des Reichtums zu sein, hört und muß aufhören,
                    die Arbeitszeit sein Maß zu sein und daher der Tauschwert [das Maß] des
                    Gebrauchswerts. Die <emph>Surplusarbeit der Masse</emph> hat aufgehört, Bedingung
                    für die Entwicklung des allgemeinen Reichtums zu sein, ebenso wie die
                    <emph>Nichtarbeit der wenigen</emph> für die Entwicklung der allgemeinen Mächte
                    des menschlichen Kopfes. Damit bricht die auf dem Tauschwert ruhnde Produktion
                    zusammen, und der unmittelbare materielle Produktionsprozeß erhält selbst
                    die Form der Notdürftigkeit und Gegensätzlichkeit abgestreift. Die freie
                    Entwicklung der Individualitäten und daher nicht das Reduzieren der
                    notwendigen Arbeitszeit, um Surplusarbeit zu setzen, sondern überhaupt die
                    Reduktion der notwendigen Arbeit der Gesellschaft zu einem Minimum, der
                    dann die künstlerische, wissenschaftliche etc. Ausbildung der Individuen
                    durch die für sie alle freigewordne Zeit und geschaffnen Mittel entspricht.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Das Kapital ist selbst der prozessierende Widerspruch [dadurch], daß es
                    die Arbeitszeit auf ein Minimum zu reduzieren strebt, während es andrerseits
                    die Arbeitszeit als einziges Maß und Quelle des Reichtums setzt. Es vermindert
                    die Arbeitszeit daher in der Form der notwendigen, um sie zu vermehren
                    in der Form der überflüssigen; setzt daher die überflüssige in wachsendem Maß
                    als Bedingung — <term xml:lang="fr">question de vie ou de mort</term> — für die notwendige. Nach der
                    einen Seite hin ruft es also alle Mächte der Wissenschaft und der Natur wie
                    der gesellschaftlichen Kombination und des gesellschaftlichen Verkehrs ins
                    Leben, um die Schöpfung des Reichtums unabhängig (relativ) zu machen von
                    der auf sie angewandten Arbeitszeit. Nach der andren Seite will es diese so
                    geschaffnen riesigen Gesellschaftskräfte messen an der Arbeitszeit und sie
                    einbannen in die Grenzen, die erheischt sind, um den schon geschaffnen Wert
                    als Wert zu erhalten. Die Produktivkräfte und gesellschaftlichen Beziehungen
                    — beides verschiedne Seiten der Entwicklung des gesellschaftlichen
                    Individuums — erscheinen dem Kapital nur als Mittel und sind für es nur Mittel,
                    um von seiner bornierten Grundlage aus zu produzieren.
                    <term xml:lang="en">In fact</term> aber sind sie
                    die materiellen Bedingungen, um sie in die Luft zu sprengen.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24.5%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    L’échange de travail vivant contre du travail objectivé, c.-à-d. la
                    position du travail social sous la forme de l’opposition entre capital et travail salarié,
                    — est le dernier développement du <emph>rapport de valeur</emph>
                    et de la production reposant sur la valeur.
                    La condition implicite de celle-ci est et demeure :
                    la masse de temps de travail immédiat, le quantum de travail employé
                    comme facteur décisif de la production de la richesse.
                    Cependant, à mesure que se développe la grande industrie,
                    la création de la richesse réelle dépend moins du temps de travail et du quantum de travail employé
                    que de la puissance des agents mis en mouvement au cours du temps de travail,
                    laquelle à son tour — leur <term xml:lang="en">powerful effectiveness</term> —
                    n’a elle-même aucun rapport avec le temps de travail immédiatement dépensé pour les produire,
                    mais dépend bien plutôt du <!-- 661 -->niveau général de la science et du progrès de la technologie,
                    autrement dit de l’application de  cette science à la production.
                    (Le développement de cette science, en particulier de la science physique,
                    et avec elle de toutes les autres, est lui-même, à son tour,
                    en rapport avec le développement de la production matérielle.)
                    L’agriculture, p. ex., devient une simple application de la science du métabolisme matériel,
                    de la façon la plus avantageuse de le régler pour tout le corps social.
                    La richesse réelle se manifeste plutôt — et c’est ce que dévoile la grande industrie —
                    dans l’extraordinaire disproportion entre le temps de travail utilisé et son produit,
                    tout dans la discordance qualitative entre un travail réduit à une pure abstraction
                    et la force du procès de production qu’il contrôle.
                    Ce n’est plus tant le travail qui apparaît comme inclus dans le procès de production,
                    mais l’homme plutôt qui se comporte en surveillant et en régulateur du procès de production lui-même.
                    (Ce qui vaut pour la machinerie vaut aussi pour la combinaison des activités humaines
                    et pour le développement du commerce des humains.)
                    Ce n’est plus l’ouvrier qui intercale un objet naturel modifié comme moyen terme entre le matériau et lui ;
                    mais c’est le procès naturel ||3| — processus qu’il transforme en un processus industriel —
                    qu’il intercale comme moyen entre lui et la nature inorganique dont il se rend maître.
                    Il vient se mettre à côté du procès de production au lieu d’être son agent essentiel.
                    Dans cette mutation, ce n’est ni le travail immédiat effectué par l’homme lui-même, ni son temps de travail,
                    mais l’appropriation de sa propre force productive générale, sa compréhension et sa domination de la nature,
                    par son existence en tant que corps social, en un mot le développement de l’individu social,
                    qui apparaît comme le grand pilier fondamental de la production de la richesse.
                    Le <emph>vol du temps de travail d’autrui, sur quoi repose la richesse actuelle</emph>,
                    apparaît comme une base <term xml:lang="fr">misérable</term> comparée à celle, nouvellement développée,
                    qui a été créée par la grande industrie elle-même.
                    Dès lors que le travail sous sa forme immédiate a cessé d’être la grande source de la richesse,
                    le temps de travail cesse nécessairement d’être sa mesure et, par suite,
                    la valeur d’échange d’être la mesure de la valeur d’usage.
                    Le <emph>surtravail de la masse</emph> a cessé d’être la condition du développement de la richesse générale,
                    de même que le <emph>non-travail de quelques-uns</emph>
                    a cessé d’être la condition du développement des pouvoirs universels du cerveau humain.
                    Cela signifie l’écroulement de la production reposant sur la valeur d’échange,
                    et le procès de production matériel immédiat perd lui-même la forme de pénurie et de contradiction.
                    C’est le libre développement des individualités,
                    où l’on ne réduit donc pas le temps de travail nécessaire pour poser du surtravail,
                    mais où l’on réduit le travail nécessaire de la société à un minimum,
                    à quoi correspond la formation artistique, scientifique, etc., <!-- 662 -->des individus
                    grâce au temps libéré et aux moyens créés pour eux tous.
                    Le capital est lui même la contradiction en procès,
                    en ce qu’il s’efforce de réduire le temps de travail à un minimum,
                    tandis que d’un autre côté il pose le temps de travail comme seule mesure et source de la richesse.
                    C’est pourquoi il diminue le temps de travail sous la forme du travail nécessaire
                    pour l’augmenter sous la forme du travail superflu ;
                    et pose donc dans une mesure croissante le travail superflu comme condition
                    — <term xml:lang="fr">question de vie ou de mort</term> — pour le travail nécessaire.
                    D’un côté donc, il donne vie à toutes les puissances de la science et de la nature,
                    comme à celles de la combinaison et de la communication sociales,
                    pour rendre la création de la richesse indépendante (relativement) du temps de travail qui y est affecté.
                    De l’autre côté, il veut mesurer au temps de travail ces gigantesques forces sociales ainsi créées,
                    et les emprisonner dans les limites qui sont requises pour conserver comme valeur la valeur déjà créée.
                    Les forces productives et les relations sociales
                    — les unes et les autres étant deux côtés différents du développement de l’individu social —
                    n’apparaissent au capital que comme des moyens,
                    et ne sont pour lui que des moyens de produire à partir de la base bornée qui est la sienne.
                    <term xml:lang="en">In fact</term>, elles sont les conditions matérielles pour faire sauter cette base.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De ruil van levende arbeid tegen geobjectiveerde arbeid,
                    — d.w.z. het stellen van maatschappelijke arbeid
                    in de vorm van de tegenstelling tussen kapitaal en loonarbeid —
                    is de laatste ontwikkeling van de <emph>waardeverhouding</emph> en van de productie die op waarde berust.
                    De voorwaarde is — en blijft — de hoeveelheid directe arbeidstijd, de hoeveelheid gebruikte arbeid,
                    als de bepalende factor in de productie van rijkdom.
                    Maar naarmate de grootindustrie zich ontwikkelt zal de voortbrenging van echte rijkdom
                    minder afhangen van de arbeidstijd en de hoeveelheid gebruikte arbeid,
                    dan van het vermogen van de instellingen die in beweging gebracht worden tijdens de arbeidstijd,
                    wier <term xml:lang="en">powerful effectiveness</term> op hun beurt buiten iedere proportie staan
                    vergeleken met de directe arbeidstijd aan hun productie besteed,
                    maar hangt veeleer af van de algemene toestand van de wetenschap en de vooruitgang van de technologie,
                    of de toepassing van deze wetenschap op de productie.
                    (De ontwikkeling van deze wetenschap, vooral de natuurwetenschap, en alle andere met de laatste,
                    zijn zelf op hun beurt verbonden met de ontwikkeling van de materiële productie.)
                    De landbouw bv. wordt zuiver de toepassing van de wetenschap van het materiële metabolisme,
                    de regulering daarvan komt het meest ten goede aan het hele maatschappelijke systeem.
                    Echte rijkdom treedt aan de dag — en de grootindustrie bewijst dit —
                    zowel in de monsterlijke wanverhouding tussen de toegepaste arbeidstijd en het product daarvan,
                    als in het kwalitatieve gebrek aan evenwicht tussen de arbeid, die tot een pure abstractie is teruggebracht,
                    en de macht van het productieproces dat het controleert.
                    Arbeid ligt niet langer zozeer opgesloten in het productieproces;
                    maar de mens verhoudt zich tot het productieproces zelf, als bewaker en regelaar.
                    (Wat voor machinerieën geldt, geldt eveneens voor de combinatie van de menselijke activiteiten
                    en de ontwikkeling van menselijke omgang.)
                    Het is niet langer de arbeider die het gewijzigde natuurlijke object invoegt
                    als een middel tussen het object en hemzelf;
                    maar hij voegt het natuurlijke proces, dat hij omvormt tot een industrieel proces,
                    in als een middel tussen hemzelf en de anorganische natuur waarvan hij zich meester maakt.
                    Hij gaat naast het productieproces staan, in plaats van de belangrijkste bewerker te zijn.
                    In deze omvorming is het niet de directe menselijke arbeid, die hij verricht,
                    noch de tijdsduur van zijn arbeid, maar eerder de toe-eigening van zijn eigen algemene productievermogen,
                    zijn begrijpen van de natuur en het beheersen daarvan
                    door middel van zijn aanwezigheid als maatschappelijk persoon
                    — het is in één woord de ontwikkeling van het maatschappelijk individu
                    dat de belangrijkste eerste grondslag blijkt te zijn van productie en rijkdom.
                    De <emph>diefstal van de arbeidstijd van iemand anders, waarop de huidige rijkdom gebaseerd is</emph>,
                    lijkt een rampzalige grondslag tegenover deze nieuwe, die door de grootschalige industrie zelf is voortgebracht.
                    Zodra arbeid in zijn directe vorm niet langer de grote bron van rijkdom is,
                    is arbeidstijd niet langer de maatstaf daarvoor en mag het dat ook niet langer zijn,
                    en mag daardoor ruilwaarde niet langer de maatstaf zijn voor gebruikswaarde.
                    De <emph>surplusarbeid van de massa</emph> is niet langer de voorwaarde voor de ontwikkeling van de algemene welvaart,
                    juist zoals het <emph>niet-werken van enkelen</emph> voor de ontwikkeling van het algemene vermogen van het menselijk denken.
                    Daardoor valt de productie die op ruilwaarde gebaseerd is ineen, en het directe,
                    materiële productieproces wordt ontdaan van gebrek en tegenstelling.
                    De vrije ontwikkeling van individualiteiten en daardoor
                    niet het reduceren van de noodzakelijke arbeidstijd om surplusarbeid te hebben,
                    maar eerder de algemene reductie van de noodzakelijke arbeid van de maatschappij tot een minimum,
                    wat dan overeenstemt met de kunstzinnige, wetenschappelijke enz., ontwikkeling van de individuen in de vrijgemaakte tijd,
                    en met de middelen voor hen allen voortgebracht.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Het kapitaal is zelf een handelende [prozessierende] tegenstrijdigheid
                    [door] te streven naar een minimum aan arbeidstijd,
                    terwijl het aan de andere kant arbeidstijd als enige maatstaf en bron van rijkdom stelt.
                    Daarom vermindert ze de arbeidstijd noodzakelijkerwijze om de overtolligheid te doen toenemen;
                    daarom stelt ze het overtollige in groeiende mate als een noodzakelijke voorwaarde
                    — een <term xml:lang="fr">question de vie ou de mort</term>.
                    Enerzijds roept het dus alle krachten van wetenschap en natuur,
                    alsook van maatschappelijke combinatie en maatschappelijke omgang op,
                    om de creatie van rijkdom (relatief) onafhankelijk te maken van de arbeidstijd die ervoor wordt ingezet.
                    Anderzijds wil ze de arbeidstijd gebruiken als maatstaf
                    voor de gigantische maatschappelijke krachten die daardoor zijn voortgebracht,
                    en om hen beperkt te houden binnen de grenzen die nodig zijn om de al voortgebrachte waarde als waarde te handhaven.
                    Productiekrachten en maatschappelijke verhoudingen
                    — twee verschillende kanten aan de ontwikkeling van het maatschappelijk individu —
                    blijken voor het kapitaal enkel middelen te zijn,
                    en zijn enkel middelen voor haar om op die bekrompen basis te produceren.
                    <term xml:lang="en">In fact</term> zijn zij echter de materiële voorwaarden om ze te laten exploderen.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The exchange of living labour for objectified,
                    i.e. the positing of social labour in the form of the antithesis of capital and wage labour,
                    is the ultimate development of the <emph>value relationship</emph> and of production based on value.
                    Its presupposition is and remains the sheer volume of immediate labour time,
                    the quantity of labour employed, as the decisive factor in the production of wealth.
                    But in the degree in which large-scale industry develops,
                    the creation of real wealth becomes less dependent upon labour time and the quantity of labour employed
                    than upon the power of the agents set in motion during labour time.
                    And their power — their <term xml:lang="en">powerful effectiveness</term> —
                    in turn bears no relation to the immediate labour
                    time which their production costs, but depends, rather, upon the
                    general level of development of science and the progress of
                    technology, or on the application of science to production. (The
                    development of science itself, especially of natural science, and
                    with it of all the other sciences, is, in turn, related to the
                    development of material production.) E.g. agriculture becomes
                    mere application of the science of the exchange of matter — in
                    terms of how that exchange can be regulated to the maximum
                    advantage of the social body as a whole.
                          <!-- The exchange of living labour for objectified labour – i.e. the positing of social
                    labour in the form of the contradiction of capital and wage labour –
                    is the ultimate development of the value-relation and of production resting on value.
                    Its presupposition is – and remains – the mass of direct labour time,
                    the quantity of labour employed, as the determinant factor in the production of wealth.
                    But to the degree that large industry develops, the creation of real wealth
                    comes to depend less on labour time and on the amount of labour employed
                    than on the power of the agencies set in motion during labour time,
                    whose ‘powerful effectiveness’ is itself in turn out of all proportion
                    to the direct labour time spent on their production,
                    but depends rather on the general state of science and on the progress of technology,
                    or the application of this science to production. (The development of this science,
                    especially natural science, and all others with the latter,
                    is itself in turn related to the development of material production.)
                    Agriculture, e.g., becomes merely the application of the science of material metabolism,
                    its regulation for the greatest advantage of the entire body of society. -->
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Real wealth manifests itself rather
                    — and this is revealed by <pb xml:id="MECW29p91" n="91"/>large-scale industry —
                    in the immense disproportion between the
                    labour time employed and its product, and similarly in the
                    qualitative disproportion between labour reduced to a pure
                    abstraction and the power of the production process which it
                    oversees. Labour no longer appears so much as included in the
                    production process, but rather man relates himself to that process
                    as its overseer and regulator. (What is true of machinery is equally
                    true of the combination of human activities and the development
                    of human intercourse.) No longer does the worker interpose a
                    modified natural object as an intermediate element between the
                    object and himself; now he interposes the natural process, [VII-3]
                    which he transforms into an industrial one, as an intermediary
                    between himself and inorganic nature, which he makes himself
                    master of. He stands beside the production process, rather than
                    being its main agent.
                    <!-- Real wealth manifests itself, rather – and large industry reveals this –
                    in the monstrous disproportion between the labour time applied, and its product,
                    as well as in the qualitative imbalance between labour, reduced to a pure abstraction,
                    and the power of the production process it superintends.
                    Labour no longer appears so much to be included within the production process;
                    rather, the human being comes to relate more as watchman and regulator to the production process itself.
                    (What holds for machinery holds likewise for the combination of human activities
                    and the development of human intercourse.)
                    No longer does the worker insert a modified natural thing [Naturgegenstand]
                    as middle link between the object [Objekt] and himself; rather, he inserts the process of nature,
                    transformed into an industrial process, as a means between himself and inorganic nature, mastering it.
                    He steps to the side of the production process instead of being its chief actor. -->
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Once this transformation has taken place, it is neither the
                    immediate labour performed by man himself, nor the time for
                    which he works, but the appropriation of his own general
                    productive power, his comprehension of Nature and domination
                    of it by virtue of his being a social entity — in a word, the
                    development of the social individual
                    — that appears as the cornerstone of production and wealth. The <emph>theft of alien labour time, which
                    is the basis of present wealth</emph>, appears to be a miserable foundation
                    compared to this newly developed one, the foundation created by
                    large-scale industry itself. As soon as labour in its immediate form
                    has ceased to be the great source of wealth, labour time ceases and
                    must cease to be its measure, and therefore exchange value [must
                    cease to be the measure] of use value. The <emph>surplus labour of the
                    masses</emph> has ceased to be the condition for the development of
                    general wealth, just as the <emph>non-labour of a few</emph> has ceased to be the
                    condition for the development of the general powers of the
                    human mind. As a result, production based upon exchange value
                    collapses, and the immediate material production process itself is
                    stripped of its form of indigence and antagonism. Free develop-
                    ment of individualities, and hence not the reduction of necessary
                    labour time in order to posit surplus labour, but in general the
                    reduction of the necessary labour of society to a minimum, to
                    which then corresponds the artistic, scientific, etc., development of
                    individuals, made possible by the time thus set free and the means
                    produced for all of them.
                    <!-- In this transformation, it is neither the direct human labour he himself performs,
                    nor the time during which he works, but rather the appropriation of his own general productive power,
                    his understanding of nature and his mastery over it by virtue of his presence as a social body
                    – it is, in a word, the development of the social individual
                    which appears as the great foundation-stone of production and of wealth.
                    The theft of alien labour time, on which the present wealth is based,
                    appears a miserable foundation in face of this new one, created by large-scale industry itself.
                    As soon as labour in the direct form has ceased to be the great well-spring of wealth,
                    labour time ceases and must cease to be its measure, and hence exchange value
                    [must cease to be the measure] of use value.
                    The surplus labour of the mass has ceased to be the condition for the development of general wealth,
                    just as the non-labour of the few, for the development of the general powers of the human head.
                    With that, production based on exchange value breaks down,
                    and the direct, material production process is stripped of the form of penury and antithesis.
                    The free development of individualities, and hence not the reduction of necessary labour time
                    so as to posit surplus labour, but rather the general reduction of the necessary labour
                    of society to a minimum, which then corresponds to the artistic, scientific etc. development
                    of the individuals in the time set free, and with the means created, for all of them. -->
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    By striving to reduce labour time to a minimum, while, on the
                    other hand, positing labour time as the sole measure and source of
                    wealth, capital itself is a contradiction-in-process. It therefore
                    <pb xml:id="MECW29p92" n="92"/>diminishes labour time in the form of necessary labour time in
                    order to increase it in the form of superfluous labour time; it thus
                    posits superfluous labour time to an increasing degree as a
                    condition — <term xml:lang="fr">question de vie ou de mort</term> — for necessary labour time.
                    On the one hand, therefore, it calls into life all the powers of
                    science and Nature, and of social combination and social inter-
                    course, in order to make the creation of wealth (relatively)
                    independent of the labour time employed for that purpose. On
                    the other hand, it wishes the enormous social forces thus created
                    to be measured by labour time and to confine them within the
                    limits necessary to maintain as value the value already created.
                    The productive forces and social relations — two different aspects
                    of the development of the social individual — appear to capital
                    merely as the means, and are merely the means, for it to carry on
                    production on its restricted basis. <term xml:lang="en">In fact</term>, however, they are the
                    material conditions for exploding that basis.
                    <!-- Capital itself is the moving contradiction, [in] that it presses to reduce labour time to a minimum,
                    while it posits labour time, on the other side, as sole measure and source of wealth.
                    Hence it diminishes labour time in the necessary form so as to increase it in the superfluous form;
                    hence posits the superfluous in growing measure as a condition – question of life or death –
                    for the necessary. On the one side, then, it calls to life all the powers of science and of nature,
                    as of social combination and of social intercourse, in order to make the creation of wealth independent
                    (relatively) of the labour time employed on it. On the other side,
                    it wants to use labour time as the measuring rod for the giant social forces thereby created,
                    and to confine them within the limits required to maintain the already created value as value.
                    Forces of production and social relations – two different sides of the development
                    of the social individual – appear to capital as mere means, and are merely means
                    for it to produce on its limited foundation. In fact, however, they are the material conditions
                    to blow this foundation sky-high. -->
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <index><term>Dilke, Charles Wentworth</term></index>
                        Wahrhaft reich eine Nation, wenn statt 12 Stunden 6 gearbeitet werden.
                        Reichtum ist nicht Kommando von Surplusarbeitszeit [realer Reichtum],
                        sondern verfügbare Zeit außer der in der unmittelbaren Produktion gebrauchten
                        für jedes Individuum und die ganze Gesellschaft.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>The Source and Remedy etc.</title>, 1821, p. 6.</bibl>
                  </cit>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Une nation est véritablement riche si, au lieu de 12 heures, on en travaille 6.
                        La <emph>richesse</emph> n’est pas le commandement exercé sur du temps de surtravail [richesse réelle],
                        mais <emph>le temps disponible</emph>, en plus du temps nécessité dans la production immédiate,
                        pour <emph>chaque individu</emph> et la société tout entière.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>The Source and Remedy etc.</title>, 1821, p. 6.</bibl>
                  </cit>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Waarlijk rijk is een natie als de werkdag 6 uur in plaats van 12 uur duurt.
                        Rijkdom is niet het commando hebben over surplusarbeidstijd, (echte rijkdom),
                        maar eerder beschikbare tijd buiten de tijd die nodig is
                        voor de directe productie voor elk individu en de gehele maatschappij.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>The Source and Remedy etc.</title>, 1821, p. 6.</bibl>
                  </cit>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        A nation is truly rich if 6 instead of 12 hours are worked. WEALTH is not
                        command over surplus labour time [real wealth] but DISPOSABLE TIME, in addition
                        to that employed in immediate production, for every individual and for the whole
                        society
                        <!-- Truly wealthy a nation, when the working day is 6 rather than 12 hours.
                        Wealth is not command over surplus labour time [real wealth],
                        but rather, disposable time outside that needed in direct production,
                        for every individual and the whole society. -->
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <title>The Source and Remedy etc.</title><note xml:id="Grundrisse-III-not2" n="2" place="bottom">
                        <title>The Source and Remedy of the National Difficulties, Deduced from Principles
                        of Political Economy, in a Letter to Lord John Russell</title> serait de Charles
                        Wentworth Dilke (<ref target="https://www.marxists.org/reference/subject/economics/dilke/1821/sourceandremedy.htm">www.marxists.org/reference/subject/economics/dilke/1821/sourceandremedy.htm</ref>).
                        Marx paraphraserait il me semble le passage
                        <cit>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              When, however, it shall have arrived at this maximum, it would be ridiculous to suppose,
                              that society would still continue to exert its utmost productive power.
                              The next consequence therefore would be,
                              that where men heretofore laboured twelve hours they would now labour six,
                              and <emph>this</emph> is national wealth, this is national prosperity.
                              After all their idle sophistry, there is, thank God!
                              no means of adding to <emph>the wealth of a nation</emph>
                              but by adding to the facilities of living: so that wealth is liberty
                              — liberty to seek recreation — liberty to enjoy life — liberty to improve the mind:
                              it is disposable time, and nothing more.
                              Whenever a society shall have arrived at this point, whether the individuals that compose it,
                              shall, for these six hours, bask in the sun, or sleep in the shade, or idle, or play,
                              or invest their labour in things with which it perishes,
                              which last is a necessary consequence if they will labour at all,
                              <emph>ought to be</emph> in the election of every man individually.
                            </p>
                          </quote>
                        </cit>
                      </note>,
                      1821, p. 6.
                    </bibl>
                  </cit>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die Natur baut keine Maschinen, keine Lokomotiven, Eisenbahnen,
                    <term xml:lang="en">electric telegraphs</term>, <term xml:lang="en">selfacting mules</term> etc.
                    Sie sind Produkte der menschlichen Industrie ; natürliches
                    Material, verwandelt in Organe des menschlichen Willens über die Natur oder seiner
                    Betätigung in der Natur. Sie sind <emph>von der menschlichen Hand geschaffne Organe
                    des menschlichen Hirns</emph> ; vergegenständlichte Wissenskraft. Die Entwicklung
                    des <term xml:lang="fr">capital fixe</term> zeigt an, bis zu welchem Grade das allgemeine gesellschaftliche
                    Wissen, <term xml:lang="en">knowledge</term>, zur <emph>unmittelbaren Produktivkraft</emph> geworden ist und
                    daher die Bedingungen des gesellschaftlichen Lebensprozesses selbst unter die
                    Kontrolle des <term xml:lang="en">general intellect</term> gekommen und ihm gemäß umgeschaffen sind. Bis zu
                    welchem Grade die gesellschaftlichen Produktivkräfte produziert sind, nicht nur
                    in der Form des Wissens, sondern als unmittelbare Organe der gesellschaftlichen
                    Praxis ; des realen Lebensprozesses.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 42:600-602.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24.5%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La nature ne construit ni machines, ni locomotives, ni chemins de fer,
                    ni <term xml:lang="en">electric telegraphs</term>, ni <term xml:lang="en">self-acting mules</term>, etc.
                    Ce sont là des produits de l’industrie humaine : du matériau naturel,
                    transformé en organes de la volonté humaine sur la nature ou de son exercice dans la nature.
                    Ce sont <emph>des organes du cerveau humain crées par la main de l’homme</emph> :
                    de la force du savoir objectivée.
                    Le développement du <term xml:lang="fr">capital fixe</term> indique jusqu’à quel degré
                    le savoir social général, <term xml:lang="en">knowledge</term>,
                    est devenue <emph>force productive immédiate</emph>, et, par suite,
                    jusqu’à quel degré les conditions du processus vital de la société
                    sont elles-mêmes passées sous le contrôle du <term xml:lang="en">general intellect</term>,
                    et sont réorganisées conformément à lui.
                    Jusqu’à quel degré les forces productives sociales sont produites,
                    non seulement sous la forme du savoir,
                    mais comme organes immédiats de la pratique sociale ; du processus réel de la vie.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>2011:660-662.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 27%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De natuur bouwt geen machines, geen locomotieven, spoorwegen,
                    <term xml:lang="en">electric telegraphs</term>, <term xml:lang="en">self-acting mules</term>.
                    Dit zijn producten van de menselijke industrie, natuurlijk materiaal
                    omgevormd tot organen van de menselijke wil over de natuur of van het menselijk aandeel in de natuur.
                    Ze zijn <emph>organen van het menselijk brein, geschapen door menselijke handen</emph>;
                    de kracht van geobjectiveerde kennis.
                    De ontwikkeling van het <term xml:lang="fr">capital fixe</term> toont aan tot welke mate
                    algemene maatschappelijke kennis, <term xml:lang="en">knowledge</term>, een <emph>directe productiekracht</emph> is geworden,
                    en tot welke graad daardoor de voorwaarden van de vooruitgang van het maatschappelijk leven zelf
                    onder de controle van het <term xml:lang="en">general intellect</term> zijn komen te staan en overeenkomstig omgedraaid zijn.
                    Tot welke graad de mogelijkheden van de maatschappelijke productie geproduceerd zijn,
                    niet alleen in de vorm van kennis, maar ook als onmiddellijke organen van de maatschappelijke praktijk,
                    van het werkelijke levensproces.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1857/grundrisse/4f.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Nature builds no machines, no locomotives, railways,
                    <term xml:lang="en">electric telegraphs</term>, <term xml:lang="en">self-acting mules</term> etc.
                    These are products of human industry ; natural material transformed into
                    organs of the human will over nature, or of human participation in nature. They are
                    <emph>organs of the human brain, created by the human hand</emph> ; the power of
                    knowledge, objectified. The development of <term xml:lang="fr">capital fixe</term> indicates to what degree
                    general social <term xml:lang="en">knowledge</term> has become a <emph>direct force of production</emph>, and
                    to what degree, hence, the conditions of the process of social life itself have
                    come under the control of the general intellect and been transformed in accordance
                    with it. To what degree the powers of social production have been produced, not
                    only in the form of knowledge, but also as immediate organs of social practice, of
                    the real life process.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  MECW 29:90-92.
                  Aussi Marxists Internet Archive <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1857/grundrisse/ch14.htm">1857/grundrisse/ch14.htm</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Ce texte difficile de Marx est utilisé par Juliet Mitchell en 1971 dans <title>Women’s Estate</title>
            (Mitchell 1971:30-31, <ref target="../../biblio/Mitchell2015.html">Mitchell 2015</ref>:29-30,
            avec référence à la « Note on Machines » traduite par Ben Brewster en 1966)<!--
            dans <ref target= "../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=1196"><title>Women’s Estate</title></ref> -->
            pour dire, un peu rapidement je pense, que le travail tend à n’être plus que
            <emph>surveillance</emph> des machines (la meilleure illustration en étant les ordinateurs
            — écrivant son livre fin des années soixante, Mitchell est visionnaire).
            (En français, <title>L’âge de femme</title> (<ref target="../../biblio/Mitchell1974-fr.html">Mitchell 1974</ref>:31)<!--
            <ref target= "../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=1188"><title>L’âge de femme</title></ref>, p. 31 -->,
            où l’on se réfère à tort au <title>Capital</title>.)
            Marx semble bien dire ici quelque chose de ce genre ; cependant pas
            pour le capitalisme introduisant les ordinateurs dans la seconde moitié du vingtième siècle,
            mais pour un au-delà du capitalisme.
          </p>

          <label xml:id="Grundrisse-MEW42p610h3" rend="fakehead h3">
            <seg rend="floatright">610</seg>
            [Zirkulation und Reproduktion des fixen und des zirkulierenden Kapitals]
          </label>
        </div>


      </div><!-- fin de fichier inclus Grundrisse.xml -->

      </div>
        <!-- <xi:include href="inclusions/Intro1857.xml">
          Introduction de 1857, dite Introduction à la critique de l’économie politique
        </xi:include> Je l’ai intégrée dans les Manuscrits de 1857-1858. -->
        <!-- <xi:include href="inclusions/Grundrisse.xml">
          Grundrisse der Kritik der politischen Ökonomie (1857-1858)
        </xi:include> Intégré dans les Manuscrits de 1857-1858. -->
        <div xml:id="Mcritecopol" type="level2_document">
      <!-- début de fichier inclus Mcritecopol.xml -->

        <head>
          Contribution à la critique de l’économie politique
          <seg rend="invisible">(1859)</seg>
        </head>

        <bibl>
          <author>Karl Marx</author>, <title>Zur Kritik der Politischen Ökonomie</title>.
          Geschrieben August 1858 bis Januar 1859.
          Erschienen 1859 bei Franz Duncker, Berlin.
          <title>MEW</title> 13:3.
        </bibl>

        <bibl>
          <date>1859</date>.
          <author>Karl Marx</author>,
          <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>
          (traduit par Laura Lafargue sur la 2<hi rend="ordinal">e</hi> édition de Karl Kautsky),
          Giard &amp; Brière, Paris, 1909, <ref target="http://fr.wikisource.org/wiki/Contribution_%C3%A0_la_critique_de_l%E2%80%99%C3%A9conomie_politique">fr.wikisource.org/wiki/Contribution_%C3%A0_la_critique_de_l%E2%80%99%C3%A9conomie_politique</ref>
          (texte)
          ou <ref target="http://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Marx_-_Contribution_%C3%A0_la_critique_de_l%E2%80%99%C3%A9conomie_politique.djvu">fr.wikisource.org/wiki/Livre:Marx_-_Contribution_%C3%A0_la_critique_de_l%E2%80%99%C3%A9conomie_politique.djvu</ref>
          (texte en regard du facsimilé en djvu).
        </bibl>

        <bibl>
          Nouvelle traduction :
          <author>Karl Marx</author>,
          <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>
          (traduit par Maurice Husson et Gilbert Badia),
          Éditions sociales, 1957, xviii + 310 p,
          avec un « Avertissement » d’Émile Bottigelli, signé d’avril 1957.
          Aussi 1977, xvi + 310 p.
          La traduction de 1977 offre quelques améliorations ;
          la pagination des 300 dernières pages a été maintenue, mais il y a de petits décalages dans le début.
          J’adopte le texte et la pagination de 1977.
          (En ligne, mais sans le mot « Contribution » dans le titre, <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm</ref>,
          sans indication d’origine, comme d’habitude.
          On y voit le nom de Maurice Husson, mais on ne sait si c’est de 1957 ou de 1977.)
        </bibl>

        <bibl>
          <title>A Contribution to the Critique of Political Economy</title>, en ligne <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1859/critique-pol-economy/index.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1859/critique-pol-economy/index.htm</ref>.
          Aussi <title>MECW</title>, vol. 29, p. 257.
        </bibl>

        <div xml:id="prefaceCritiqueEcoPol">
          <head>
            Préface <seg rend="invisible">[de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)]</seg>
          </head>

          <index><term>matérialisme historique</term></index>

          <bibl>
            Londres, <date>janvier 1859</date>.
          </bibl>
          <bibl>
            En néerlandais, « Voorwoord tot de Bijdrage tot de kritiek op de politieke economie »,
            <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1859/1859voorwoordbijdrage.htm">https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1859/1859voorwoordbijdrage.htm</ref>.
          </bibl>

          <p rend="alinea">
            <index><term>critique rongeuse des souris</term></index> <index><term>souris, critique rongeuse</term></index>
            C’est à la fin de cette préface qu’il raconte comment Engels et lui-même ont abandonné
            l’<ref target="#MEideall"><title>Idéologie allemande</title></ref> « à la critique rongeuse des souris ».
            Mais commençons par le commencement :
          </p>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25.75%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Eine allgemeine Einleitung, die ich hingeworfen hatte, unterdrücke ich,
                    weil mir bei näherem Nachdenken jede Vorwegnahme erst zu beweisender Resultate störend scheint,
                    und der Leser, der mir überhaupt folgen will, sich entschließen muß, von dem einzelnen zum allgemeinen aufzusteigen.
                    Einige Andeutungen über den Gang meiner eignen politisch-ökonomischen Studien mögen dagegen hier am Platz scheinen.
                    <!-- Une introduction générale, que j’avais jetée [sur papier], je la supprime,
                    car, à bien y réfléchir, me paraît dérangeante toute anticipation de résultats qu’il faudrait permièrement prouver
                    et le lecteur, qui veut bien me suivre, doit résoudre à du particulier au général. -->
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 13:7.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 22.75%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Je supprime une introduction générale que j’avais ébauchée parce que, réflexion faite,
                    il me paraît qu’anticiper sur des résultats qu’il faut d’abord démontrer ne peut être que fâcheux
                    et le lecteur qui voudra bien me suivre devra se décider à s’élever du singulier au général.
                    Quelques indications, par contre, sur le cours de mes propres études d’économie politique
                    me semblent être ici à leur place.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26.25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Een algemene inleiding, die ik op papier gezet had, laat ik echter achterwege
                    omdat mij bij nadere overweging
                    elk vooruitlopen op resultaten die nog bewezen moeten worden storend lijkt,
                    en de lezer die mij wil volgen de bereidheid moet hebben
                    van het afzonderlijke naar het algemene op te stijgen.
                    Enkele aanduidingen daarentegen over het verloop van mijn eigen politiek-economische studies
                    lijken mij hier op hun plaats.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    A general introduction, which I had drafted, is omitted,
                    since on further consideration it seems to me confusing
                    to anticipate results which still have to be substantiated,
                    and the reader who really wishes to follow me
                    will have to decide to advance from the particular to the general.
                    A few brief remarks regarding the course of my study of political economy
                    may, however, be appropriate here.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 29:261</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Marx parle ci-dessus du <ref target="#Intro1857">texte, dit <title>Introduction…</title>, de 1857</ref>,
            qui n’est donc <emph>pas</emph> une introduction au présent livre <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>.
            Le texte de 1857 présente un intérêt propre et un certain nombre d’éditeurs,
            parce qu’il faut bien le caser quelque part, l’ont mis en annexe d’éditions de la <title>Contribution</title>.
            (On le trouve aussi, sans doute plus à sa place, dans certaines éditions des <ref target="#Manuscrits57-58"><title>Grundrisse</title></ref>.)
            Il y a donc un risque de confusion, par la parenté des titres,
            entre l’introduction de 1857 (indépendante de la <title>Contribution</title>)
            et la présente préface de la <title>Contribution</title>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            La confusion ne peut d’ailleurs se jouer qu’au niveau des titres.
            Il n’y a aucune comparaison entre un texte de pas loin de trente pages, comme l’<title>Introduction…</title> de 1857
            et une simple préface de quatre pages et demie comme celle-ci.
            Quand il dit dans la présente préface qu’il renonce à l’<title>Introduction…</title> de 1857,
            ce n’est pas que ç’aurait pu constituer une préface alternative ;
            ce qu’il dit ici, c’est qu’il renonce à inclure ce texte dans le contenu du présent livre.
          </p>


          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


          <p rend="alinea">
            Suit un des textes les plus connus et les plus cités de Marx, celui où l’on trouve, entre autres :
            « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement… »
          </p>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26.75%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die erste Arbeit, unternommen zur Lösung der Zweifel, die mich bestürmten,
                    war eine kritische Revision der Hegelschen Rechtsphilosophie, eine Arbeit,
                    wovon die Einleitung in den 1844 in Paris herausgegebenen <title>Deutsch-Französischen Jahrbüchern</title> erschien.
                    Meine Untersuchung mündete in dem Ergebnis, daß Rechtsverhältnisse wie Staatsformen weder aus sich selbst
                    zu begreifen sind noch aus der sogenannten allgemeinen Entwicklung des menschlichen Geistes,
                    sondern vielmehr in den materiellen Lebensverhältnissen wurzeln, deren Gesamtheit Hegel,
                    nach dem Vorgang der Engländer und Franzosen des 18. Jahrhunderts, unter dem Namen „bürgerliche Gesellschaft" zusammenfaßt,
                    daß aber die Anatomie der bürgerlichen Gesellschaft in der politischen Ökonomie zu suchen sei.
                    Die Erforschung der letztern, die ich in Paris begann, setzte ich fort zu Brüssel,
                    wohin ich infolge eines Ausweisungsbefehls des Herrn Guizot übergewandert war.
                    Das allgemeine Resultat, das sich mir ergab und, einmal gewonnen, meinen Studien zum Leitfaden diente,
                    kann kurz so formuliert werden:
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 23.75%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Le premier travail que j’entrepris pour résoudre les doutes qui m’assaillaient
                    fut une révision critique de la <title>Philosophie du droit</title>, de Hegel,
                    travail dont l’introduction parut dans les <title>Deutsch-Französiche Jahrbücher</title>,
                    publiés à Paris, en 1844.
                    Mes recherches aboutirent à ce résultat que les rapports juridiques — ainsi que les formes de l’État —
                    ne peuvent être compris ni par eux-mêmes, ni par la prétendue évolution générale de l’esprit humain,
                    mais qu’ils pren­nent au contraire leurs racines dans les conditions d’existence matérielles
                    dont Hegel, à l’exem­ple des Anglais et des Français du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                    comprend l’ensemble sous le nom de « société civile »,
                    et que l’anatomie de la société civile doit être cherchée à son tour dans l’éco­no­mie politique.
                    J’avais commencé l’étude de celle-ci à Paris et je la continuai à Bruxelles
                    où j’avais émigré à la suite d’un arrêté d’expulsion de M. Guizot.
                    <pb xml:id="Mcritecopol2trois4" n="2 ¾"/>Le résultat général auquel j’arrivai et
                    qui une fois acquis servit de fil conducteur à mes études, peut brièvement se formuler ainsi :
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.75%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Het eerste werk dat ik ondernam,
                    om klaarheid te scheppen in de twijfels die mij bestormden,
                    was een kritische toetsing van de Rechtsfilosofie van Hegel,
                    een werk waarvan de Inleiding verscheen in de ‘Duits-Franse Jaarboeken’,
                    gepubliceerd in 1844 in Parijs.
                    Mijn onderzoek leidde tot de conclusie, dat rechtsverhoudingen evenals staatsvormen
                    noch uit zichzelf begrepen kunnen worden
                    noch uit de zogenaamde universele ontwikkeling van de menselijke geest,
                    maar dat zij veeleer wortelen in de materiële levensverhoudingen,
                    die Hegel in navolging van de Engelsen en Fransen uit de achttiende eeuw,
                    in hun geheel samenvat onder de term ‘burgerlijke maatschappij’;
                    dat de anatomie van de burgerlijke maatschappij echter gezocht dient te worden in de politieke economie.
                    De studie van deze wetenschap, die ik in Parijs begon, zette ik voort te Brussel,
                    waarheen ik uitgeweken was tengevolge van een uitwijzingsbevel van de heer Guizot.
                    Het algemene resultaat waartoe ik kwam en dat mij, nadat het eenmaal was verkregen,
                    tot leidraad diende bij mijn studies, kan kort worden geformuleerd als volgt:
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The first work which I undertook to dispel the doubts assailing me
                    was a critical re-examination of the Hegelian philosophy of law ;
                    the introduction to this work being published in the
                    <title>Deutsch-Französische Jahrbücher</title> issued in Paris in 1844.
                    My inquiry led me to the conclusion that neither legal relations nor political forms
                    could be comprehended whether by themselves
                    or on the basis of a so-called general development of the human mind,
                    but that on the contrary they originate in the material conditions of life,
                    the totality of which Hegel,
                    following the example of English and French thinkers of the eighteenth century,
                    embraces within the term “civil society” ;
                    that the anatomy of this civil society, however, has to be sought in political economy.
                    The study of this, which I began in Paris, I continued in Brussels,
                    where I moved owing to an expulsion order issued by M. Guizot.
                    The general conclusion at which I arrived and which, once reached,
                    became the guiding principle of my studies can be summarised as follows.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p rend="alinea">
            Ce passage introductif pose déjà un problème.
            Il faut noter d’abord que c’est en traduction seulement que Marx « arrive » à un résultat
            (« auquel j’arrivai », « waartoe ik kwam », « at which I arrived »).
            Marx, quant à lui, dit seulement que ce résultat s’est présenté à lui (« sich mir ergab »).
            Il est pour le moins léger de comprendre dans l’expression « résultat général qui s’est présenté à moi »
            la déclaration du succès dans l’élaboration d’une théorie achevée du moteur de l’histoire.
          </p>
          <p rend="alinea">
            En outre, Marx vient de dire pourquoi ne pas publier son Introduction de 1857 :
            ne pas « anticiper sur des résultats qu’il faut d’abord démontrer ne peut être que fâcheux
            et le lecteur qui voudra bien me suivre devra se décider à s’élever du singulier au général ».
            Ci-après, Marx semble asséner le « général » a priori.
            Il donne ici sans démonstration « des résultats qu’il faut d’abord démontrer ».
            Après l’avertissement qu’il vient de faire contre un « général » qui s’élève pas d’un « singulier »,
            il n’est pas permis de prendre ce général-ci comme parole d’évangile sans se poser de question.
          </p>

          <p rend="alinea">
            Ce que je cite ici de Marx est chez lui exactement un alinéa entier, continu.
            Pour mieux l’analyser : <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-A">A. Je le divise</ref>,
            après le passage introductif ci-dessus, en six morceaux (subdivision, avec intertitres, de moi).
            <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-B">B. Je fais ensuite la critique</ref> des six morceaux, si on les prend à la lettre.
            (Ce faisant, je ne critique pas Marx, mais les marxistes dogmatiques qui prennent ce texte à la lettre.)
            <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-C">C. Enfin, j’essaie de situer</ref> ce texte, son statut.
          </p>

          <label xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-A" rend="fakehead h2">
            A. Découpage du texte de Marx
          </label><!--
          <p rend="alinea">
            (Les sous-titres (D.M.) en grisé sont de moi.)
          </p> --><!-- C’est visible. -->

          <p xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-basesuper"><label rend="invisible">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</label>
            <index><term>moyens d’existence, production</term></index>
            <index><term>production des moyens d’existence</term></index>
            <index><term>rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>forces productives, degré de développement</term></index>
            <index><term>structure économique</term></index>
            <index><term>base et superstructure</term></index>
            <index><term>superstructure</term></index>
          </p>
          <label rend="fakehead h3 gris"><!-- <seg rend="invisible">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</seg>
            <index><term>moyens d’existence, production</term></index>
            <index><term>production des moyens d’existence</term></index>
            <index><term>rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>forces productives, degré de développement</term></index>
            <index><term>structure économique</term></index>
            <index><term>base et superstructure</term></index>
            <index><term>superstructure</term></index>
            Ce segment et cette indexation sont conformes pour la TEI,
            mais la transformation en HTML ne rend pas le pointage au label parent
            (avec xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-basesuper"),
            sans doute parce que ça suppose un parent de type bloc. -->
            [1. (D.M.) Rapports de production (en correspondance avec les forces productives), la base]
          </label>

          <list rend="horiz">
          <!-- En allemand (et en néerlandais), les composés en -­verhältnisse
          sont trop longs pour les colonnes.
          J’y mets une césure conditionnelle U+00AD.
          Je vois que j’ai un snippet de Bluefish à cet effet.
          Ce signe est visible en LivreOffice Writer où on peut copier un fragment pour contrôle. -->
            <item style="width: 25.5%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In der gesellschaftlichen Produktion ihres Lebens gehen die Menschen
                    bestimmte, notwendige, von ihrem Willen unabhängige verhältnisse ein,
                    Produktions­verhältnisse, die einer bestimmten Entwicklungsstufe
                    ihrer materiellen Produktivkräfte entsprechen.
                    Die Gesamtheit dieser Produktions­verhältnisse
                    bildet die ökonomische Struktur der Gesellschaft,
                    die reale Basis, worauf sich ein juristischer und politischer Überbau erhebt,
                    und welcher bestimmte gesellschaftliche Bewußtseinsformen entsprechen.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24.1%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés,
                    nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production
                    qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles.
                    L’ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société,
                    la base concrète sur laquelle s’élève une superstructure juridique et politique
                    et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 27%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In de maatschappelijke productie van hun leven treden de mensen in bepaalde,
                    noodzakelijke van hun wil onafhankelijke verhoudingen, productie­verhoudingen;
                    deze productie­verhoudingen beantwoorden aan een bepaald ontwikkelings­niveau
                    van hun materiële productiekrachten.
                    Het geheel van deze productie­verhoudingen vormt de economische structuur van de maatschappij,
                    de materiële basis waarop zich een juridische en politieke bovenbouw verheft
                    en waaraan specifieke maatschappelijke vormen van bewustzijn beantwoorden.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In the social production of their existence, men inevitably enter into definite relations,
                    which are independent of their will, namely relations of production appropriate
                    to a given stage in the development of their material forces of production.
                    The totality of these relations of production constitutes the economic structure of society,
                    the real foundation, on which arises a legal and political superstructure
                    and to which correspond definite forms of social consciousness.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p xml:id="cenestpaslaConscience"><label rend="invisible">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</label>
            <index><term>conscience, ce n’est pas…</term></index>
            <index><term>être social, détermine la conscience</term></index>
            <index><term>idéologie, base matérielle</term></index>
            <index><term>mode de production</term></index>
          </p>
          <label rend="fakehead h3 gris">
            [2. (D.M.) La base conditionne la superstructure et la conscience]
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 24.5%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die Produktionsweise des materiellen Lebens bedingt den sozialen, politischen und geistigen Lebensprozeß überhaupt.
                    Es ist nicht das Bewußtsein der Menschen, das ihr Sein,
                    sondern umgekehrt ihr gesellschaftliches Sein, das ihr Bewußtsein bestimmt.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Le mode de production de la vie matérielle conditionne
                    <pb n="3"/>le processus de vie social, politique et intellectuel dans son ensemble.
                    Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ;
                    c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    De wijze waarop het materiële leven wordt geproduceerd,
                    is voorwaarde voor het sociale, politieke en geestelijke levensproces in het algemeen.
                    Het is niet het bewustzijn van de mensen dat hun zijn,
                    maar omgekeerd hun maatschappelijk zijn dat hun bewustzijn bepaalt.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The mode of production of material life conditions
                    the general process of social, political and intellectual life.
                    It is not the consciousness of men that determines their existence,
                    but their social existence that determines their consciousness.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports"><label rend="invisible">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</label>
            <index><term>contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>rapports sociaux de production, contradiction avec les forces productives</term></index>
            <index><term>forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>développement des forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
            <index><term>révolution, contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>
          </p>
          <label rend="fakehead h3 gris">
            [3. (D.M.) La contradiction entre les forces productives et les rapports de production]
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25.55%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Auf einer gewissen Stufe ihrer Entwicklung geraten die materiellen Produktivkräfte der Gesellschaft
                    in Widerspruch mit den vorhandenen Produktions­verhältnissen oder,
                    was nur ein juristischer Ausdruck dafür ist, mit den Eigentums­verhältnissen,
                    innerhalb deren sie sich bisher bewegt hatten.
                    Aus Entwicklungsformen der Produktivkräfte schlagen diese verhältnisse in Fesseln derselben um.
                    Es tritt dann eine Epoche sozialer Revolution ein.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24.75%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société
                    entrent en contradiction avec les rapports de production existants,
                    ou, ce qui n’en est que l’expression juridique,
                    avec les rapports de propriété au sein desquels elles s’étaient mues jusqu’alors.
                    De formes de développement des forces productives qu’ils étaient,
                    ces rapports en deviennent des entraves.
                    Alors s’ouvre une époque de révolution sociale.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Op een bepaalde trap van hun ontwikkeling
                    raken de materiële productiekrachten van de maatschappij in tegenspraak
                    met de bestaande productie­verhoudingen, of,
                    wat slechts een juridische uitdrukking voor hetzelfde is,
                    met de eigendoms­verhoudingen, waarin zij zich tot dusver hadden bewogen.
                    Van vormen waarin de productiekrachten tot ontwikkeling kwamen,
                    slaan deze verhoudingen om in ketenen daarvan.
                    Dan breekt een tijdperk van sociale revolutie aan.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    At a certain stage of development, the material productive forces of society
                    come into conflict with the existing relations of production or
                    – this merely expresses the same thing in legal terms –
                    with the property relations within the framework of which they have operated hitherto.
                    From forms of development of the productive forces these relations turn into their fetters.
                    Then begins an era of social revolution.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-superstruct"><label rend="invisible">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</label>
          </p>
          <label rend="fakehead h3 gris">
            [4. (D.M.) Un tel bouleversement doit examiné comme fait matériel et non jugé à partir de ce qu’en pensent les acteurs]
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26.25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Mit der Veränderung der ökonomischen Grundlage
                    wälzt sich der ganze ungeheure Uberbau langsamer oder rascher um.
                    In der Betrachtung solcher Umwälzungen muß man stets unterscheiden zwischen
                    der materiellen, naturwissenschaftlich treu zu konstatierenden
                    Umwälzung in den ökonomischen Produktionsbedingungen
                    und den juristischen, politischen, religiösen, künstlerischen
                    oder philosophischen, kurz, ideologischen Formen,
                    worin sich die Menschen dieses Konflikts bewußt werden und ihn ausfechten.
                    Sowenig man das, was ein Individuum ist, nach dem beurteilt, was es sich selbst dünkt,
                    ebensowenig kann man eine solche Umwälzungsepoche aus ihrem Bewußtsein beurteilen,
                    sondern muß vielmehr dies Bewußtsein aus den Widersprüchen des materiellen Lebens,
                    aus dem vorhandenen Konflikt zwischen gesellschaftlichen Produktivkräften
                    und Produktions­verhältnissen erklären.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 24%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La transformation dans la base économique bouleverse
                    plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure.
                    Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre
                    le bouleversement matériel des conditions de production économiques,
                    constaté avec la rigueur des sciences de la nature,
                    et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques,
                    bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes
                    prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout.
                    Pas plus qu’on ne juge un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même,
                    on ne saurait juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ;
                    il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle,
                    par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.75%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Met de verandering van de economische grondslag wentelt zich
                    — langzaam of snel — de gehele reusachtige bovenbouw om.
                    Wanneer men dergelijke omwentelingen onderzoekt,
                    moet men altijd onderscheid maken tussen de materiële omwenteling
                    in de economische voorwaarden van de productie,
                    die natuurwetenschappelijk exact kan worden vastgesteld,
                    en de juridische, politieke, godsdienstige, artistieke of filosofische,
                    kortom ideologische vormen,
                    waarin de mensen zich van dit conflict bewust worden en het uitvechten.
                    Zomin als men een individu beoordeelt naar wat het van zichzelf vindt,
                    zomin kan men een dergelijk tijdperk van omwenteling beoordelen vanuit zijn eigen bewustzijn;
                    men moet veeleer dit bewustzijn verklaren uit de tegenspraken van het materiële leven,
                    uit het bestaande conflict tussen maatschappelijke productiekrachten en productie­verhoudingen.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The changes in the economic foundation lead sooner or later
                    to the transformation of the whole immense superstructure.
                    In studying such transformations it is always necessary to distinguish
                    between the material transformation of the economic conditions of production,
                    which can be determined with the precision of natural science,
                    and the legal, political, religious, artistic or philosophic — in short, ideological forms
                    in which men become conscious of this conflict and fight it out.
                    Just as one does not judge an individual by what he thinks about himself,
                    so one cannot judge such a period of transformation by its consciousness,
                    but, on the contrary, this consciousness must be explained from the contradictions of material life,
                    from the conflict existing between the social forces of production and the relations of production.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-nieunterbevor"><label rend="invisible">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</label>
          </p>
          <label rend="fakehead h3 gris">
            [5. (D.M.) Plein développement des forces productives avant de nouveaux rapports de production]
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25.25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Eine Gesellschaftsformation geht nie unter, bevor alle Produktivkräfte entwickelt sind,
                    für die sie weit genug ist, und neue höhere Produktions­verhältnisse treten nie an die Stelle,
                    bevor die materiellen Existenzbedingungen derselben im Schoß der alten Gesellschaft selbst ausgebrütet worden sind.
                    Daher stellt sich die Menschheit immer nur Aufgaben, die sie lösen kann, denn genauer betrachtet wird sich stets finden,
                    daß die Aufgabe selbst nur entspringt,
                    wo die materiellen Bedingungen ihrer Lösung schon vorhanden oder wenigstens im Prozeß ihres Werdens begriffen sind.
                    In großen Umrissen können asiatische, antike, feudale und modern bürgerliche Produktionsweisen
                    als progressive Epochen der ökonomischen Gesellschaftsformation bezeichnet werden.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Une formation sociale ne disparaît jamais
                    avant que soient développées toutes les forces productives qu’elle est assez large pour contenir,
                    jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s’y substituent
                    avant que les conditions d’existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société.
                    C’est pourquoi l’humanité ne se propose jamais que des tâches qu’elle peut résoudre,
                    car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours que la tâche elle-même ne surgit
                    que là où les conditions matérielles pour la résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir.
                    À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne
                    peuvent être qualifiés d’époques progressives de la formation sociale économique.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Een maatschappijformatie gaat nooit onder,
                     voordat alle productiekrachten tot ontwikkeling gebracht zijn die zij kan omvatten,
                     en nieuwe, hogere productie­verhoudingen treden nooit in de plaats,
                     voordat de materiële bestaansvoorwaarden ervoor
                     in de schoot van de oude maatschappij zelf zijn uitgebroed.
                     Daarom stelt de mensheid zich altijd slechts taken, die zij kan volbrengen.
                     Want bij nader toezien zal steeds blijken, dat de taak zelf eerst opkomt,
                     waar de materiële voorwaarden voor haar volbrenging reeds aanwezig zijn
                     of althans in staat van wording verkeren.
                     In grote trekken kunnen Aziatische, antieke, feodale en modern burgerlijke productiewijzen
                     aangeduid worden als voortschrijdende tijdperken van de economische maatschappijformatie.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    No social order is ever destroyed
                    before all the productive forces for which it is sufficient have been developed,
                    and new superior relations of production never replace older ones
                    before the material conditions for their existence
                    have matured within the framework of the old society.
                    Mankind thus inevitably sets itself only such tasks as it is able to solve,
                    since closer examination will always show that the problem itself arises only when
                    the material conditions for its solution are already present
                    or at least in the course of formation.
                    In broad outline, the Asiatic, ancient, feudal and modern bourgeois modes of production
                    may be designated as epochs marking progress in the economic development of society.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <p xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-finprehist"><label rend="invisible">Préface de la Contribution à la critique de l’économie politique (1859)</label>
            <index><term>préhistoire de la société humaine, fin</term></index>
          </p>
          <label rend="fakehead h3 gris">
            [6. (D.M.) Dernière forme antagonique, sortie de la préhistoire de la société humaine]
          </label>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26.5%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Die bürgerlichen Produktions­verhältnisse sind die letzte antagonistische Form
                    des gesellschaftlichen Produktionsprozesses, antagonistisch nicht im Sinn von individuellem Antagonismus,
                    sondern eines aus den gesellschaftlichen Lebensbedingungen der Individuen hervorwachsenden Antagonismus,
                    aber die im Schoß der bürgerlichen Gesellschaft sich entwickelnden Produktivkräfte schaffen
                    zugleich die materiellen Bedingungen zur Lösung dieses Antagonismus.
                    Mit dieser Gesellschaftsformation schließt daher die Vorgeschichte der menschlichen Gesellschaft ab.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW 13:8-9.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 23.5%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Les rapports de production bourgeois sont la
                    dernière forme antagoniste du processus de production sociale, antagoniste non pas
                    dans le sens d’un antagonisme individuel, mais d’un antagonisme qui naît des
                    conditions d’existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui
                    se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions
                    matérielles pour résoudre cet antagonisme. Avec cette formation sociale s’achève
                    donc la préhistoire de la société humaine.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26.5%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                     De burgerlijke productie­verhoudingen zijn
                     de laatste antagonistische vorm van het maatschappelijke productieproces;
                     antagonistisch niet in de zin van individueel antagonisme, maar
                     van een antagonisme dat voortkomt uit de maatschappelijke levensvoorwaarden van de individuen.
                     Maar de productiekrachten die in de schoot van de burgerlijke maatschappij tot ontwikkeling komen,
                     scheppen tegelijk de materiële voorwaarden om dit antagonisme op te lossen.
                     Met deze maatschappijformatie eindigt daarom de voorgeschiedenis van de menselijke maatschappij.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    The bourgeois mode of production
                    is the last antagonistic form of the social process of production
                    — antagonistic not in the sense of individual antagonism
                    but of an antagonism that emanates from the individuals’ social conditions of existence —
                    but the productive forces developing within bourgeois society
                    create also the material conditions for a solution of this antagonism.
                    The prehistory of human society accordingly closes with this social formation.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 29:262-264</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>

          <label xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-B" rend="fakehead h2">
            B. Ma critique du texte pris littéralement
          </label>
          <label xml:id="prefCritEcoPol-sur1" rend="fakehead h3">
            Concernant <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-basesuper">[1. (D.M.) Rapports de production (en correspondance avec les forces productives), la base]</ref>
          </label>

          <p rend="alinea">
            Au mot <term>superstructure</term> on pourrait opposer celui d’<term>infrastructure</term><note xml:id="prefCritEcoPol-not1" n="1" place="bottom">
            <!-- Nom de la division raccourci pour les identités prefCritEcoPol-not et prefCritEcoPol-sur -->
              Certains auteurs disent infrastructure pour base dans un sens marxiste ;
              cela me semble de nature à encourager la confusion, une conception de la base comme matérielle au sens étroit.
            </note>
            qui désigne la base d’une construction importante (d’un « ouvrage d’art »)
            ou les équipements de base d’un pays comme les routes, chemins de fer, gares, canaux, ports.
            Ici la <term>base</term> concrète de Marx, cette <term>structure économique</term>,
            on pourrait légitimement la qualifier de matérielle aussi (ça existe vraiment),
            mais ce n’est ni l’infrastructure (au sens qu’on a dit), ni les forces productives, ni la production ;
            ce sont les <term>rapports sociaux de production</term>.
            La base économique est donc chez Marx le lieu où des classes se font face et s’opposent.
            Ce qui se trouve dans la superstructure, ce sont les organisations de classe, la conscience de classe…
            Si on entend <term>politique</term> au sens grec ancien de ce qui structure la πόλις
            (sens ancien mais qui survit dans <term>économie politique</term>),
            la politique, en ce sens premier, plus fondamental, ferait partie de la base.
            Ce qui se trouve dans la superstructure, ce sont les formes de la politique.
          </p>

          <label xml:id="prefCritEcoPol-sur2" rend="fakehead h3">
            Concernant <ref target="#cenestpaslaConscience">[2. (D.M.) La base conditionne la superstructure et la conscience]</ref>
          </label>
          <p rend="alinea">
            C’est un des passages les plus connus. La deuxième phrase ne me semble pas poser de problème.
            (Il y revient en <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-superstruct">[4.]</ref>.)
            Quand on lit la première, il ne faut pas oublier que le mode de production de la vie matérielle,
            ce n’est pas la production seulement, mais les rapports sociaux de production,
            comme je l’ai fait remarquer à propos du <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-basesuper">[1.]</ref>.
          </p>

          <label xml:id="prefCritEcoPol-sur3" rend="fakehead h3">
            Concernant <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">[3. (D.M.) La contradiction entre les forces productives et les rapports de production]</ref>
          </label>
          <p rend="alinea">
            Quand Marx écrit « Alors s’ouvre une époque de révolution sociale », il vise les agents humains.
            Ni les forces productives, ni les rapports sociaux (ou leur expression juridique)
            ne vont se mettre à faire eux-mêmes la révolution, qu’ils soient en contradiction ou non.
            Il revient donc à l’historien, en analysant tel ou tel tournant de l’histoire,
            à montrer dans le cas concret comment des difficultés entre les forces productives et les rapports sociaux
            ont conduit tel ou tel groupe social à mener une lutte qui transforme la société.
          </p>
          <p rend="alinea">
            J’ai un vrai problème avec la succession temporelle : « … deviennent des entraves. Alors s’ouvre… »
            (comprise souvent en outre comme causalité).
            Cela ne vaut à mon sens que pour le capitalisme.
            Les contradictions du capitalisme devraient conduire à faire la révolution socialiste.
            Pour le passage du féodalisme au capitalisme, ce serait absurde.
            L’industrialisation et le travail industriel salarié prennent vraiment forme quand,
            au tournant des 18<hi rend="ordinal">e</hi> et 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècles,
            la production textile est mécanisée et entraînée par une énergie non humaine (moulins à eau).
            Ce n’est pas « Alors » que les entraves de la féodalité ont été brisées par…
            la révolution anglaise du 17<hi rend="ordinal">e</hi>.
            Dans le <ref target="#manifeste-p34">Manifeste</ref>, il avait trouvé ce raccourci magnifique :
            « Ils se transformèrent en autant de chaînes. Il fallait les briser. On les brisa. »
            Il me semble qu’en 1859 comme en 1848, Marx se laisse entraîner, contre l’histoire, par la beauté de la formule.
            La rupture des entraves ne se fait pas suite au développement des forces productives,
            mais avant : c’en est le présupposé.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Il faut selon moi comprendre ce point comme un programme de recherche spécifiquement sur le capitalisme.
            Quand il écrit « fil conducteur à mes études », il ne faut pas oublier que ces études
            ne sont pas la théorie ultime de toute histoire, mais la critique de l’économie politique, l’étude du capitalisme.
          </p>

          <label xml:id="prefCritEcoPol-sur4" rend="fakehead h3">
            Concernant <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-superstruct">[4. (D.M.) Un tel bouleversement doit examiné comme fait matériel et non jugé à partir de ce qu’en pensent les acteurs]</ref>
          </label>
          <p rend="alinea">
            Prolongement du <ref target="#cenestpaslaConscience">[2.]</ref>,
            particulièrement pour les événements révolutionnaires.
          </p>

          <label xml:id="prefCritEcoPol-sur5" rend="fakehead h3">
            Concernant <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-nieunterbevor">[5. (D.M.) Plein développement des forces productives avant de nouveaux rapports de production]</ref>
          </label>
          <p rend="alinea">
            Cela prolonge le <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">[3.]</ref>
            Le passage [3.] dit qu’il y a révolution quand les relations sociales
            font entrave aux forces productives. Le [5.] dit que ça ne peut pas arriver avant.
            Cela appelle la même remarque que <ref target="#prefCritEcoPol-sur3">concernant [3.]</ref> :
            il n’existe pas de loi de l’histoire qu’on puisse appliquer a priori<note xml:id="prefCritEcoPol-not2" n="2" place="bottom">
              Tariq Ali (<ref target="../../biblio/Ali2018.html">Ali 2018</ref>:165) rapporte que
              les opposants aux thèses d’avril de Lénine en 1917 (c’est-à-dire presque tout le monde)
              n’avaient que cette phrase de Marx à la bouche (la première du <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-nieunterbevor">passage que j’ai marqué [5.]</ref>).
              Bel exemple de l’usage dogmatique imprudent de ce texte schématique de Marx.
            </note>,
            mais il y a des choses qu’il est bon d’avoir en tête en examinant l’histoire.
            En particulier, on ne peut avoir des rapports sociaux qui dépassent les possibilités techniques.
          </p>

          <label xml:id="prefCritEcoPol-sur6" rend="fakehead h3">
            Concernant <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-finprehist">[6. (D.M.) Dernière forme antagonique, sortie de la préhistoire de la société humaine]</ref>
          </label>
          <p rend="alinea">
            Très belle conclusion, qui rappelle le <title>Manifeste</title>.
            On sait que le capitalisme casse toutes les traditions paralysantes des sociétés précédentes
            et engendre la classe travailleuse qui mettra fin à ce mode de production.
            En attendant, il perfectionne les techniques, dont le socialisme pourra tirer avantage.
          </p>

          <label xml:id="prefaceCritiqueEcoPol-C" rend="fakehead h2">
            C. Comment faut-il alors lire ce texte ?
          </label><!--
            dont je ne sais pas
            si quelqu’un l’a jamais trouvé dans l’œuvre de Marx<note xml:id="prefCritEcoPol-not1" n="1" place="bottom">
              <ref target="../../biblio/Nicolaus1968.html">Martin Nicolaus en 1968</ref>,
              qui lui-même qualifie ça de « bold generalizations »,
              dit qu’on trouverait des éléments de réponse dans les <title>Grundrisse</title>.
            </note>. -->
          <p rend="alinea">
            <!-- <emph>En conclusion</emph>, c -->Ce texte est à lire avec prudence.
            On est dans une préface, le <emph>raccourci</emph> du
            « résultat général auquel j’arrivai et qui une fois acquis servit de fil conducteur à mes études ».
            Le point de départ est la critique de Hegel, qui le conduit à l’économie politique et à la critique de celle-ci.
            Ce qu’il a étudié de l’histoire lui a fait voir l’importance
            de la relation entre forces productives et rapports de production
            et il a résolu de toujours garder ça présent à l’esprit, comme fil conducteur, pour la suite.
            Marx n’est pas le genre de type qui prétend donner en trois phrases dans une préface
            le dernier mot d’une sorte de cause première de tous les grands tournants de l’histoire.
            <ref target="#Otech-zapiski">Ailleurs, il a écrit</ref> justement
            qu’on ne fait pas de l’histoire avec des principes philosophiques
            et là précisément, il invoque l’exemple de la Rome antique,
            dont le déclin n’est certainement pas réductible à quelques simples « lois de l’histoire ».
            On a tendance à présenter (dans des formations élémentaires au marxisme, par exemple)
            comme une loi universelle, comme le moteur de l’histoire,
            que les forces productives à un certain stade de leur développement
            butent sur les entraves que constituent des rapports sociaux dépassés
            et qu’alors, et alors seulement, on brise ces entraves, les rapports sociaux<note xml:id="prefCritEcoPol-not3" n="3" place="bottom">
              Parfois on va jusqu’à dire que les forces productives brisent les rapports sociaux.
              Marx dit que « s’ouvre une époque de révolution sociale »,
              qui est le fait des acteurs sociaux, pas des forces productives elles-mêmes.
              Dans le <ref target="#manifeste">Manifeste</ref>,
              sur les rapports sociaux de la féodalité : « Il fallait les briser. On les brisa. »
              Là, encore, « On », ce ne sont pas les forces productives.
            </note>.
            Je pense que c’est prendre ce passage trop à la lettre
            et que la fidélité à la lettre trahit l’esprit de Marx.
          </p>
          <!-- Manifeste, classes. Georges Sorel, Les illusions du progrès, Paris 1947. -->
          <p rend="alinea">
            En fin de compte, ce qui compte, ce sont les faits.
            Avant tout ceci, Marx écrit qu’on ne peut
            « anticiper sur des résultats qu’il faut d’abord démontrer ».
            Sur la thèse que j’ai marquée <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">[3.]</ref>
            de la « contradiction » entre forces productives et rapports sociaux de production,
            la question qui se pose est :
            Est-ce que Marx ou un autre ont observé ça dans l’histoire et ont dit où et quand ?
            À ma connaissance non<note xml:id="prefCritEcoPol-not4" n="4" place="bottom">
              Relisant cette préface en mars 2021,
              j’ai été étonné par le ton catégorique de ces phrases archiconnues
              en particulier sur la « contradiction » entre forces productives et rapports sociaux de production
              (ce que j’ai marqué <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">[3.]</ref>).
              Deux mois plus tard, je découvre que d’autres avant moi se sont fait cette réflexion,
              comme Ellen Meiksins Wood dans <ref target="../../biblio/Wood2016.html">son livre de 1995</ref>
              (et peut-être avant)
              et <ref target="../../biblio/Wood2002a.html">dans un article de 2002 sur la contradiction</ref>.
              Elle répond là à des <ref target="#prefaceCritiqueEcoPoljenesais">questions que je me posais en mars</ref> :
              non, Marx n’a jamais développé ailleurs cette idée pour l’histoire en général ;
              non, ni Marx ni aucun historien n’a montré d’exemple de son fonctionnement dans le passé ;
              cependant, c’est bien une contradiction dans le capitalisme, un trait spécifique au capitalisme.
              (Le capitalisme donne à réfléchir sur le
              <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-nieunterbevor">passage que j’ai marqué [5.]</ref>. :
              la libre entreprise favorise le développement des forces productives,
              mais cette anarchie devient d’autant plus un obstacle au développement des forces productives
              que la production se mondialise.
              Le frein dont question <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">en [3.]</ref>
              n’est pas un terme qui annonce la révolution.
              Non seulement, il est présent dès le début dans le principe,
              mais très tôt il se fait sentir comme entrave.
              Cependant, les forces productives, certainement les techniques,
              connaissent toujours un développement et ça peut continuer un certain temps,
              et même un temps certain.)
            </note>.
            La civilisation athénienne n’a pas été victime du développement de ses forces productives,
            mais d’Alexandre de Macédoine puis des Romains.
            À leur tour, la République romaine puis l’Empire
            n’ont pas été victimes du développement des forces productives.
            Quand en janvier 1649 en Angleterre les tenants du parlement
            ont condamné à mort le roi Charles I<hi rend="ordinal">er</hi> et lui ont coupé le cou,
            on ne peut invoquer la thèse [3.] et, si c’était trop tôt pour la [3.],
            la révolution anglaise<note xml:id="prefCritEcoPol-not5" n="5" place="bottom">
              Le capitalisme, c’est aussi la libre entreprise.
              La multiplication de moulins à eau entraînant des machines textiles
              demandait sans doute une liberté politique et juridique
              que le régime de Charles I<hi rend="ordinal">er</hi> n’offrait pas.
              En écrivant les phrases que j’ai marquées
              <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">[3.]</ref>,
              Marx a une intuition juste qu’il y a une relation complexe
              entre forces productives et rapports sociaux de production,
              ainsi qu’avec le régime politique.
              Ce que je conteste, c’est la relation de causalité
              qu’a retenue une conception dogmatique, doctrinale du matérialisme historique marxiste.
            </note>
            serait une réfutation poppérienne de la thèse [5].
            On pourrait sans doute en dire autant de la Révolution française.
            Bref, il semble que personne n’a jamais vu la thèse [3.] se réaliser,
            jamais, nulle part dans l’histoire jusqu’au capitalisme.
          </p>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <p rend="alinea">
            J’ai retrouvé récemment (mai 2024) <ref target="../../biblio/Nicolaus1968.html">un article de 1968 de Martin Nicolaus</ref>
            qui renvoie pour cette question aux <title>Grundrisse</title>,
            à la contradiction entre rapports sociaux et forces productives <emph>sous le capitalisme</emph>.
            Cela confirme mon idée d’il y a trois ans, lorsqu’en mai 2021, j’ai trouvé
            les textes <ref target="../../biblio/Wood1995.html">Wood 1995</ref>
            et <ref target="../../biblio/Wood2002a.html">Wood 2002</ref> d’Ellen Meiksins Wood
            (que je mentionne <ref target="#prefCritEcoPol-not4">en note [4]</ref>).
            Encouragé par la lecture d’Ellen Meiksins Wood et de Martin Nicolaus (mais sous ma seule responsabilité), je conclus
            <emph>que Marx en 1859, pensant à la contradiction entre forces productives et rapports sociaux dans le capitalisme
            et à la perspective d’une révolution prolétarienne,
            s’est laissé entraîner à une formulation d’une généralité abusive, qui dépasse sa pensée</emph>.
          </p>

          <!-- <p rend="alinea">
           Les forces productives, c’est la technique mais aussi les hommes qui la mettent
           en œuvre et qui d’abord l’ont développée. Lorsque les rapports de production deviennent
           des entraves à un plus grand développement, ce sont des hommes (les classes sociales) qui
           réagissent, pas les forces productives dans l’abstrait. C’est la contradiction entre le
           développement des forces productives et les rapports de production qui donne à ces hommes
           l’idée d’agir, pas quelque trait de génie tombé du ciel ou tiré de leur seule raison pure.
           En ce sens, c’est bien la contradiction entre le développement des forces productives et
           les rapports de production qui est déterminante, mais il n’y a pas une mystérieuse action
           directe des forces productives par elles-mêmes sur les rapports de production, par dessus
           la tête des hommes. La contradiction ne produit le changement qu’en ce qu’elle inspire à
           des hommes la volonté de le faire et crée des conditions où ils pourront trouver les
           moyens matériels, intellectuels et politiques de le faire. Ce sont les hommes qui font
           l’histoire <note xml:id="notnotMcritecopolhomhist" place="bottom">
             Consulter l’<ref target="#TEIindex">index</ref> sous <ident>histoire, les hommes font
             leur propre —</ident>.
           </note>.
           Il est vrai qu’ils ne le font pas arbitrairement, selon leur caprice ; ils le font pas en
           suivant quelque génial utopiste, mais parce que la situation bloquée pose question et
           inspire une réponse, et, sans blocage, il n’y a pas de raison de changer ce qui
           fonctionne. Il n’y a donc de changement qu’en raison de cette contradiction, et en ce
           sens cette contradiction est bien un moteur, mais ce sont quand même les hommes qui font
           l’histoire, la contradiction ne peut agir qu’à travers eux. Plus encore : il y a là une
           situation historique concrète singulière, qu’on est en droit de qualifier de contradiction.
           Il ne s’agit pas d’un être mystérieux que d’aucuns appellent « la contradiction ».
          </p> -->
          <!-- <p rend="alinea">
            Par ailleurs, « la production sociale de leur existence », c’est aussi faire des enfants.
            Dans ce passage, Marx considère essentiellement « la structure économique de la société »,
            mais dans <ref target="#FamilleProprieteEtatPref1">la préface de l’<title>Origine de la famille…</title></ref>,
            Engels considère que les rapport sociaux liés au sexe conditionnent aussi la culture.
          </p> --><!-- Ailleurs Marx met en avant la reproduction, manger mais aussi faire des enfants. -->
        </div>

        <div xml:id="chap1CritiqueEcoPol">
          <head>
            <seg rend="invisible">Contribution à la critique de l’économie politique,</seg>
            Section première — Le capital en général
            <lb/>Chapitre premier — La marchandise
          </head>
          <table rend="citquote">
            <row>
              <cell xml:lang="de">
                <p rend="alinea">
                  Auf den ersten Blick erscheint der bürgerliche Reichtum als eine ungeheure
                  Warensammlung, die einzelne Ware als sein elementarisches Dasein. Jede Ware
                  aber stellt sich dar unter dem doppelten Gesichtspunkt von <emph>Gebrauchswert</emph>
                  und <emph>Tauschwert</emph>.
                </p>
              </cell>
              <cell xml:lang="fr">
                <p rend="alinea">
                  À première vue, la richesse bourgeoise apparaît comme une immense accumulation
                  de marchandises et la marchandise prise isolément comme la forme élémentaire de
                  cette richesse. Mais chaque marchandise se présente sous le double aspect de
                  valeur d’usage et de valeur d’échange.
                </p>
              </cell>
              <!-- <cell xml:lang="nl">
                <p rend="alinea">

                </p>
              </cell> -->
              <cell xml:lang="en">
                <p rend="alinea">
                  The wealth of bourgeois society, at first sight, presents itself as an immense
                  accumulation of commodities, its unit being a single commodity. Every commodity,
                  however, has a twofold aspect —<emph>use value</emph> and <emph>exchange value</emph>.
                </p>
              </cell>
            </row>
            <row>
              <cell xml:lang="de">
                <bibl>
                  MEW, Band. 13, S. 15.
                </bibl>
              </cell>
              <cell xml:lang="fr">
                <bibl>

                </bibl>
              </cell>
              <!-- <cell xml:lang="nl">
                <bibl>

                </bibl>
              </cell> -->
              <cell xml:lang="en">
                <bibl>
                  MECW 29, p. 269.
                </bibl>
              </cell>
            </row>
          </table>
          <ab rend="clear"/>
          <p rend="alinea">
            La <ref target="#deuxFacteurs">première phrase</ref> du <title>Capital</title> reprend
            cette idée en citant explicitement les mots « ungeheure Warensammlung », avec référence
            à la présente <title>Contribution</title>.
          </p>

          <index><term>valeur d’échange</term></index>
          <index><term>matière</term></index>
          <index><term>Petty, William</term></index>
          <index><term>père de la richesse (William Petty), le travail (et la terre sa mère)</term></index>
          <index><term>travail, père de la richesse, et la terre sa mère (William Petty)</term></index>
          <index><term>mère de la richesse (William Petty), la terre (et le travail son père)</term></index>
          <index><term>terre, mère de la richesse, et le travail son père (William Petty)</term></index>
          <index><term>nature, mère de la richesse, et le travail son père (William Petty)</term></index>
          <index><term>nature et travail, sources de la richesse</term></index>
          <index><term>matière, source de richesse</term></index>
          <index><term>deux sources de la richesse</term></index>
          <index><term>richesse, deux sources de la —</term></index>
          <index><term>source de la richesse : la terre et le travailleur</term></index>
          <index><term>valeur d’usage</term></index>
          <index><term>travail abstrait</term></index>
          <index><term>travail concret</term></index>
          <index><term>métabolisme (Stoffwechsel)</term></index>
          <index><term>metabolism</term></index>
          <index><term>Stoffwechsel</term></index>
          <index><term>travail, condition naturelle de l’existence humaine</term></index>
          <index><term>travail, condition de l’échange de substances entre l’homme et la nature</term></index>

          <list>
            <item rend="enligne milargeur">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb n="22 ¾"/>Indem der Tauschwert der Waren in der Tat nichts ist als
                    Beziehung der Arbeiten der einzelnen aufeinander als gleiche und allgemeine,
                    nichts als gegenständlicher Ausdruck einer spezifisch gesellschaftlichen Form
                    der Arbeit, ist es Tautologie, zu sagen, daß die Arbeit <emph>einzige</emph>
                    Quelle des Tauschwerts sei und daher des Reichtums, soweit er aus Tauschwerten
                    besteht. Es ist dieselbe Tautologie, daß der Naturstoff als solcher keinen
                    Tauschwert, weil keine Arbeit und der Tauschwert als solcher keinen Naturstoff
                    enthält. <pb n="23"/>Wenn aber William Petty  „die Arbeit den Vater und die
                    Erde die Mutter des Reichtums“ nennt, oder Bischof Berkeley fragt, „ob die vier
                    Elemente und des Menschen Arbeit darin nicht die wahre Quelle des Reichtums
                    seien“, oder wenn der Amerikaner Th. Cooper populär klarmacht : „Nimm von einem
                    Laib Brot die darauf verwandte Arbeit weg, die Arbeit von Bäcker, Müller,
                    Pächter usw., und was bleibt übrig ? Ein paar Graskörner, wildwach‎send und
                    unnütz für jeden menschlichen Gebrauch“, so handelt es sich in allen diesen
                    Anschauungen nicht von der abstrakten Arbeit, wie sie Quelle des Tauschwerts
                    ist, sondern von der konkreten Arbeit als einer Quelle stofflichen Reichtums,
                    kurz von der Arbeit, sofern sie Gebrauchswerte hervorbringt. Indem der
                    Gebrauchswert der Ware vorausgesetzt ist, ist die besondere Nützlichkeit, die
                    bestimmte Zweckmäßigkeit der in ihr aufgezehrten Arbeit vorausgesetzt, damit
                    aber vom Standpunkt der Ware aus zugleich alle Rücksicht auf die Arbeit als
                    nützliche Arbeit erschöpft. Am Brot als Gebrauchswert interessieren uns seine
                    Eigenschaften als Nahrungsmittel, keineswegs die Arbeiten von Pächter, Müller,
                    Bäcker usw. Wenn durch irgendeine Erfindung 19/20 dieser Arbeiten wegfielen,
                    würde das Laib denselben Dienst leisten wie zuvor. Wenn es fertig vom Himmel
                    fiele, würde es kein Atom seines Gebrauchswerts verlieren. Während sich die
                    Tauschwert setzende Arbeit in der Gleichheit der Waren als allgemeiner
                    Äquivalente verwirklicht, verwirklicht sich die Arbeit als zweckmäßige
                    produktive Tätigkeit in der unendlichen Mannigfaltigkeit ihrer Gebrauchswerte.
                    Während die Tauschwert setzende Arbeit <emph>abstrakt allgemeine</emph> und
                    <emph>gleiche</emph> Arbeit, ist die Gebrauchswert setzende Arbeit konkrete und
                    besondere Arbeit, die sich der Form und dem Stoff nach in unendlich verschiedene
                    Arbeitsweisen zerspaltet.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Von der Arbeit, soweit sie Gebrauchswerte hervorbringt, ist es falsch zu sagen,
                    daß sie <emph>einzige</emph> Quelle des von ihr hervorgebrachten, nämlich des
                    stofflichen Reichtums sei. Da sie die Tätigkeit ist, das Stoffliche für diesen
                    oder jenen Zweck anzueignen, bedarf sie des Stoffes als Voraussetzung. In
                    verschiedenen Gebrauchswerten ist die Proportion zwischen Arbeit und Naturstoff
                    sehr verschieden, aber stets enthält der Gebrauchswert ein natürliches Substrat.
                    Als zweckmäßige Tätigkeit zur Aneignung des Natürlichen in einer oder der
                    anderen Form ist die Arbeit Naturbedingung der menschlichen Existenz, eine von
                    allen sozialen Formen unabhängige Bedingung des Stoffwechsels <pb n="24"/>zwischen Mensch und Natur. Tauschwert setzende Arbeit ist dagegen eine
                    spezifisch gesellschaftliche Form der Arbeit. Schneiderarbeit z.B. in ihrer
                    stofflichen Bestimmtheit als besondere produktive Tätigkeit, produziert den
                    Rock, aber nicht den Tauschwert des Rocks. Letztern produziert sie nicht als
                    Schneiderarbeit, sondern als abstrakt allgemeine Arbeit, und diese gehört einem
                    Gesellschaftszusammenhang, den der Schneider nicht eingefädelt hat. So
                    produzierten in der antiken häuslichen Industrie Weiber den Rock, ohne den
                    Tauschwert des Rockes zu produzieren. Arbeit als eine Quelle von stofflichem
                    Reichtum war dem Gesetzgeber Moses sowohl bekannt wie dem Zollbeamten Adam
                    Smith.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <title>Zur Kritik der Politischen Ökonomie</title>, Erste Buch : Vom Kapital,
                  Abschnitt I : Das Kapital im allgemeinen, <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me13/me13_015.htm">Erstes Kapitel : Die Ware</ref>.
                  (<title>MEW</title> Band 13.)
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item rend="enligne milargeur">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="Mcritecopol14trois5" n="14 ⅗"/>La valeur d’échange des marchandises
                    n’étant, en fait, rien d’autre que le rapport entre les travaux des individus,
                    considérés comme du travail égal et général, rien d’autre que l’expression
                    objective d’une forme de travail spécifiquement sociale, c’est une tautologie de
                    dire que le travail est la source <emph>unique</emph> de la valeur d’échange et,
                    par suite, de la richesse, pour autant que celle-ci consiste en valeurs d’échange.
                    C’est la même tautologie de dire qu’en soi la matière à l’état naturel ne renferme
                    pas de valeur d’échange [*], puisqu’elle ne renferme pas de travail et que la
                    valeur d’échange en soi ne renferme pas de matière à l’état naturel. Mais quand
                    William Petty appelle « le travail, le père, et la terre, la mère de la richesse »,
                    quand l’évêque Berkeley demande « si les quatre éléments et le travail humain
                    qu’y s’y vient mêler ne sont pas la vraie source de la richesse » [**] ; ou
                    encore quand l’Américain Th. Cooper, explique sous forme populaire :
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb n="15"/>Otez à une miche de pain le travail qu’elle a coûté, le travail
                        du boulanger, du meunier, du fermier, etc., qu’est-ce qu’il reste ? Quelques
                        graines d’herbe folle impropres à tout usage humain [***],
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                  <p rend="firstalinea">
                    dans toutes ces manières de voir il s’agit non du travail abstrait, source de
                    la valeur d’échange, mais du travail concret, en tant qu’il est une source de
                    richesse matérielle, bref, du travail produisant des valeurs d’usage. En posant
                    la valeur d’usage de la marchandise, on suppose l’utilité particulière, le
                    caractère déterminé et systématique du travail qu’elle a absorbé ; mais, du
                    point de vue de la marchandise, ces considérations épuisent toute référence à ce
                    travail en tant que travail utile. Ce qui nous intéresse dans le pain en tant
                    que valeur d’usage, ce sont ses propriétés alimentaires, et nullement les
                    travaux du fermier, du meunier, du boulanger, etc. Si quelque invention faisait
                    disparaître les dix-neuf vingtièmes de ces travaux, la miche de pain rendrait les
                    mêmes services qu’avant. Si elle tombait du ciel toute cuite, elle n’en perdrait
                    pas pour autant un atome de sa valeur d’usage. Tandis que le travail créateur de
                    valeur d’échange se réalise dans l’égalité des marchandises en tant qu’équivalents
                    généraux, le travail en tant qu’activité productive systématique se réalise, lui,
                    dans l’infinie diversité des valeurs d’usage qu’il crée. Tandis que le travail
                    créateur de valeur d’échange est un travail <emph>général abstrait</emph> et
                    <emph>égal</emph>, le travail créateur de valeur d’usage est, lui, un travail
                    concret et particulier qui, suivant la forme et la matière, se divise en une
                    variété infinie de genres de travaux.
                  </p>
                  <p rend="alinea pluspetit" xml:id="Mcritecopol14not2">
                    [*] « Dans son état naturel… la matière est toujours destituée de valeur. » Mac
                    Culloch : <title>Discours sur l’origine de l’économie politique etc.</title>,
                    traduit par Prévost, Genève, 1825, p. 57. On voit combien même un Mac Culloch
                    s’élève au-dessus du fétichisme de « penseurs » allemands qui voient dans la
                    « matière » et dans une demi-douzaine d’autres choses, qui n’ont rien à voir avec
                    la valeur, des éléments de cette dernière. Voir, par exemple, L. Stein :
                    <title>System der Staatswissenschaft</title>, t. I, p. 170 [195].
                  </p>
                  <p rend="alinea pluspetit" xml:id="Mcritecopol14not3">
                    [**] Berkeley : <title>The Querist</title>, Londres, 1750 [p. 1]. « Whether the
                    four elements, and man’s labour therein, be not the true source of wealth ? »
                  </p>
                  <p rend="alinea pluspetit" xml:id="Mcritecopol15not1">
                    [***] Th. Cooper : <title>Lectures on the Elements of Political Economy</title>,
                    Londres, 1831 (Columbia, 1820), p. 99.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Du travail créateur de valeurs d’usage, il est inexact de dire qu’il est
                    l’<emph>unique</emph> source de la richesse qu’il produit, c’est-à-dire de la
                    richesse matérielle. Il est l’activité qui adapte la matière à telle ou telle
                    fin, il présuppose donc nécessairement la matière. Le rapport entre travail et
                    matière naturelle est très variable selon les différentes valeurs d’usage, mais
                    la valeur d’usage recèle toujours un substrat naturel. Activité systématique en
                    vue de s’approprier les produits de la nature sous une forme ou une autre, le
                    travail est la condition naturelle de l’existence humaine, la condition
                    — indépendante de toute forme sociale — de l’échange de substances entre l’homme
                    et la nature <note xml:id="Mcritecopolmetabol" n="1" place="bottom">
                      Cet « échange de substances » est le <foreign xml:lang="de">Stoffwechsel</foreign>
                      qui est généralement traduit par <foreign xml:lang="en">metabolism</foreign>
                      en anglais (mais pas toujours) et métabolisme dans certaines traductions
                      modernes du français. Voir ces mots dans l’<ref target="#TEIindex">index</ref>.
                    </note>.
                    Le travail créateur de valeur d’échange, au contraire, est une forme de travail
                    spécifiquement sociale. Dans sa détermination matérielle d’activité productive
                    particulière, le travail de tailleur, par exemple, produit l’habit, mais non la
                    valeur d’échange de l’habit. Ce n’est pas en sa qualité de travail de tailleur,
                    mais en tant que travail général abstrait, qu’il produit cette valeur, et ce
                    dernier fait partie d’un ensemble social à l’édification duquel l’aiguille du
                    tailleur n’a contribué en rien. C’est ainsi que dans l’industrie domestique
                    antique les femmes produisaient l’habit, <pb n="16"/>sans produire la valeur
                    d’échange de l’habit. Le travail, source de richesse matérielle, n’était pas
                    moins connu du législateur Moïse que du fonctionnaire de la douane Adam Smith [*].
                  </p>
                  <p rend="alinea pluspetit" xml:id="Mcritecopol16not1">
                    [*] F. List qui n’a jamais pu comprendre la différence entre le travail à l’aide
                    duquel est créé quelque chose d’utile, une valeur d’usage, et le travail créateur
                    d’une forme sociale déterminée de la richesse, la valeur d’échange — comprendre
                    était d’ailleurs, somme toute, chose étrangère à son intelligence pratique et
                    utilitaire — ne vit dans les économistes anglais modernes que les plagiaires
                    du Moïse de la vieille Égypte.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <ab rend="clear"/>

          <list rend="horiz">
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <floatingText>
                  <body>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        D'autre part, elles ne deviennent marchandises [les valeurs d'usage]
                        que dans les limites de leur valeur d'usage immédiate,
                        quoique distribuées de façon polaire,
                        les marchandises à échanger par leurs possesseurs
                        devant être valeur d'usage pour tous deux,
                        chacune cependant pour celui qui ne la possède pas.
                        À l'origine, en effet, le procès d'échange des marchandises
                        n'apparaît pas au sein même des communautés primitives<note xml:id="Mcritecopol-notAristot1" n="1" place="bottom">
                          Aristote fait la même remarque
                          au sujet de la famille privée considérée comme la communauté primitive.
                          Mais la forme primitive de la famille est elle-même la famille tribale,
                          et c'est seulement de son analyse historique que se dégage ta famille privée.
                          « Car, dans la communauté primitive [mais cela, c'est la famille],
                          il n'existait manifestement aucune espèce de nécessité pour celui-ci [pour l'échange]. »
                        </note>,
                        mais là où celles-ci s'arrêtent, à leurs frontières,
                        aux rares points où elles entrent en contact avec d'autres communautés.
                      </p>
                    </quote>
                  </body>
                </floatingText>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <p rend="alinea">

                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <p rend="alinea">
            Les communautés aux frontières desquelles l'échange à lieu sont dites ici <term>primitives</term>,
            mais <term>naturelles</term> <ref target="#Capital-I-1983p100">dans le Capital</ref>.
          </p>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus Mcritecopol.xml -->
        <!-- début de fichier inclus annees60.xml --><div xml:id="annees60" type="level1_dizaine">
          <head>
            Divers, années 60
          </head>

          <div xml:id="Marxlettre1860-11-23Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 23 novembre 1860</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,]
              le <date>23 novembre 1860</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, Éditions sociales,
              Paris, 1973, lettre 5, p. 19. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 6, Éditions sociales, Paris, 1978,
              lettre 132, p. 233-234.
            </bibl>
            <index><term>Marx, mathématiques</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Il est pratiquement <foreign xml:lang="en">out of question</foreign>
                que j’écrive des articles. La seule occupation qui me permette de conserver
                la <foreign xml:lang="en">quietness of mind</foreign> nécessaire, ce sont
                les mathématiques.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il a étudié les mathématiques et la comptabilité pour l’économie
            politique, mais il a aussi fait des mathématiques un hobby, il y trouve le repos
            (voir aussi la <ref target="#lettre1865-05-20">lettre du 20 mai 1865</ref>). Il s’est
            posé beaucoup de questions sur le calcul différentiel.</p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1860-12-23Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 23 décembre 1860</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,]
              le <date>23 déc[embre] 1860</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 6 (1860-61), Éditions sociales,
              Paris, 1978, lettre 114, p. 247-249.
            </bibl>
            <index><term>Darwin</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">[…] j’ai lu […] entre autres, le livre de Darwin sur la <foreign xml:lang="en-gb">Natural selection</foreign> [la sélection naturelle]. Malgré le manque de finesse
                bien anglais du développement, c’est là le livre qui contient, sur le plan de l’histoire
                naturelle, le fondement de notre conception.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1861-01-16Lasalle" type="level2_document">
            <head>
              À Ferdinand Lasalle<seg rend="invisible">, le 16 janvier 1861</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Ferdinand Lasalle, à Berlin ; de Londres,
              le <date>16 janvier 1861</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 6 (1860-61), Éditions sociales,
              Paris, 1978, lettre 154, p. 264-266.
            </bibl>
            <index><term>Darwin</term></index>
            <index><term>téléologie</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">L’ouvrage de Darwin est extrêmement important et me convient comme
                soubassement scientifique de la lutte des classes historique. Naturellement, il faut
                prendre son parti du manque de finesse typiquement anglais du développement. Mais,
                malgré toutes ses insuffisances, c’est dans cet ouvrage que, pour la première fois,
                non seulement un coup mortel est porté à la « téléologie » dans les sciences de la
                nature, mais, qu’en outre, le sens rationnel de celle-ci est exposé empiriquement.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Engelslettre1862-02-28Marx">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 28 février 1862</seg>
            </head>
            <index><term>Mary Burns, ménage avec Engels</term></index>
            <index><term>Burns, Mary, ménage avec Engels</term></index>
            <index><term>Friedrich Engels, ménage avec Mary Burns</term></index>
            <index><term>Engels, Friedrich, ménage avec Mary Burns</term></index>
            <index><term>Friedrich Engels, appartement de célibataire</term></index>
            <index><term>Engels, Friedrich, appartement de célibataire</term></index>
            <index><term>Thorncliffe Grove, Manchester, appartement d’Engels</term></index>
            <p rend="alinea">
              Il vit de fait avec Mary Burns, mais doit toujours avoir un appartement à lui pour
              sauver les apparences.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Engels an Marx in London
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Manchester, 28. Febr. 1862
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] im Lauf der nächsten Woche ein Jahr Miete in meiner Wohnung zahlen; ich ziehe
                      aus […]. Adressiere also nichts mehr nach Thorncliffe Grove. Ich lebe jetzt fast
                      ganz bei der Mary, um möglichst wenig Geld auszugeben; leider kann ich ohne
                      lodgings nicht abkommen, sonst zog’ ich ganz zu ihr. Ich habe noch keine neue
                      Wohnung und muß gehn, mir eine suchen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 30, p. 215.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Engels to Marx in London
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Manchester, 28 February 1862
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] next week there’s a year’s rent to be paid for my lodgings. I’m moving out […].
                      So, don’t address anything more to Thorncliffe Grove. I’m living with Mary nearly
                      all the time now so as to spend as little money as possible; unfortunately, I
                      can’t dispense with my lodgings, otherwise I should move in with her altogether.
                      I haven’t got any new lodgings as yet and shall have to go and look for some.
                  </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 41, p. 343-344.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1862-06-18Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 18 juin 1862</seg>
            </head>

            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,]
              le <date>18 juin [18]62</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 7 (1862-64), Éditions sociales,
              Paris, 1979, lettre 24, p. 50-52.
            </bibl>

            <index><term>Darwin</term></index>
            <index><term>Darwin, influence de Malthus</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">51</note>
                Ce qui m’amuse chez Darwin, que j’ai revu, c’est qu’il déclare
                appliquer <emph>aussi</emph> la théorie de « Malthus » aux plantes et aux animaux,
                comme si l’astuce chez monsieur Malthus ne consistait pas précisément en ceci que
                la théorie n<emph>’y est pas</emph> appliquée aux plantes et aux animaux, mais
                uniquement à l’homme — avec la progression géométrique — par opposition aux
                plantes et aux animaux. Il est remarquable de voir comment Darwin reconnaît
                chez les animaux <pb n="52"/>et les plantes sa propre société anglaise, avec sa
                division du travail, sa concurrence, ses ouvertures de nouveaux marchés, ses
                « inventions » et sa malthusienne « lutte pour la vie ». C’est le <foreign xml:lang="latin">bellum omnium contra omnes</foreign> [la guerre de tous contre tous] de Hobbes,
                et cela rappelle Hegel dans la <title>Phénoménologie</title>, où la société civile
                intervient en tant que « règne animal de l’esprit », tandis que chez Darwin,
                c’est le règne animal qui intervient en tant que société civile.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Engelslettre1863-01-07Marx">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 7 janvier 1863</seg>
            </head>
            <index><term>Mary Burns, décès</term></index>
            <index><term>Burns, Mary, décès</term></index>
            <p rend="alinea">
             Évènement tragique. À 42 ans, Engels perd sa compagne de toujours
             (dans <ref target="#Engelslettre1846-04-03Blank">une lettre à son beau-frère</ref>, il dit « ma femme »),
             Mary Burns, âgée de 41 ans (née le 29 septembre 1821).
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Engels an Marx in London
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Manchester, 7. Jan. 63
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Lieber Mohr,
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Mary ist tot.
                      Gestern Abend legte sie sich früh zu Bett,
                      als Lizzy sich gegen 12 Uhr schlafen legen wollte, war sie schon gestorben.
                      Ganz plötzlich, Herzleiden oder Schlagfluß.
                      Ich erfuhr es erst heute morgen, am Montag abend war sie noch ganz wohl.
                      Ich kann Dir gar nicht sagen, wie mir zumute ist.
                      Das arme Mädchen hat mich mit ihrem ganzen Herzen geliebt.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dein F. E.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 30, p. 309.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Engels à Marx, à Londres
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Manchester, le 7 jan[vier] [18]63
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Cher Maure,
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Mary est morte.
                      Elle s’était couchée tôt hier soir
                      et lorsque Lizzy voulut se mettre au lit vers minuit, elle était déjà morte.
                      Très brutalement, malaise cardiaque ou apoplexie.
                      Je ne l’ai appris que ce matin ; lundi soir elle se sentait encore tout à fait bien.
                      Je ne peux pas te dire ce que je ressens. La pauvre fille m’a aimé de tout son cœur.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Ton F. E.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Karl Marx, Friedrich Engels, <title>Correspondance</title>, tome 7 (1862-1864),
                    Éditions sociales, 1979, p. 119.
                  </bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Engels to Marx in London
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Manchester, 7 January 1863
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dear Moor,
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Mary is dead.
                      Last night she went to bed early and,
                      when Lizzy wanted to go to bed shortly before midnight, she found she had already died.
                      Quite suddenly. Heart failure or an apoplectic stroke.
                      I wasn’t told till this morning; on Monday evening she was still quite well.
                      I simply can’t convey what I feel. The poor girl loved me with all her heart.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Your F. E.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 41, p. 441.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              (Sous le coup de l’émotion, et comme il arrive souvent début janvier,
              il avait écrit 62 au lieu de 63.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Elle va tout à fait bien encore le soir du lundi 5 ;
              sa sœur Lizzy la trouve morte peu avant minuit le mardi 6 ;
              Engels écrit le mercredi 7 qu’il vient de l’apprendre.
              Il est possible que le décès n’ait été enregistré qu’à la date du 7.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Marx répond le 8. Il est dans des ennuis d’argent dramatiques.
              Il exprime dans une première phrase sa sympathie pour le deuil d’Engels.
              Suit une longue lettre sur ses propres besoins d’argent.
              Il termine par quelques considérations sur la mort, le stoïcisme et la perte de Mary.
              En réponse, Engels lui dit avoir été peiné de sa froideur
              et ils se raccommodent dans des lettres suivantes jusqu’à la fin janvier.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1863-01-28Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 28 janvier 1863</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>28 janvier 1863</date>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                   … I have re-read all my note-books (excerpts [from Poppe, Beckmann, and Ure])
                  on technology and am also attending a practical (purely experimental) course
                  for working men given by Prof. Willis (in Jermyn Street, the Institute of Geology,
                  where Huxley also lectured). For me, mechanics presents much the same problem
                  as languages. I understand the mathematical laws, but the simplest technical
                  reality that calls for ocular knowledge is more difficult than the most
                  complicated combinations.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  You may or may not know, for of itself the thing’s quite immaterial, that there
                  is considerable controversy as to what distinguishes a <emph>machine</emph> from
                  a <emph>tool</emph>. After its own crude fashion, English (mathematical)
                  mechanics calls a <hi rend="petitescapitales">tool</hi> <hi rend="petitescapitales">a simple machine</hi> and a <hi rend="petitescapitales">machine</hi> <hi rend="petitescapitales">a complicated tool</hi>. English
                  technologists, however, who take rather more account of economics, distinguish
                  the two (and so, accordingly, do many, if not most, English economists) in as
                  much as in one case the <hi rend="petitescapitales">motive power</hi> emanates
                  from man, in the other from <hi rend="petitescapitales">a natural force</hi>.
                  From this, the German jackasses, who are great on little matters like this, have
                  concluded that a <emph>plough</emph>, for instance, is a machine, and the most
                  complicated <hi rend="petitescapitales">jenny</hi> etc., in so far as it is moved by hand, is not.
                  However, if we take a look at the machine in its <emph>elementary</emph> form,
                  there can be no doubt that the industrial revolution originates, not from
                  <emph>motive power</emph>, but from that part of machinery called the <hi rend="petitescapitales">working machine</hi> by the English, i.e. not from, say, the
                  use of water or steam in place of the foot to move the spinning wheel, but from
                  the transformation of the actual spinning process itself, and the elimination of
                  that part of human labour that was not mere <hi rend="petitescapitales">exertion
                  of power</hi> (as in treadling a wheel), but was concerned with processing,
                  working directly on the material to be processed. Nor, on the other hand, can
                  there be any doubt that, once we turn our attention from the <emph>historical</emph>
                  development of machinery to machinery on the basis of the present mode of
                  production, the only decisive factor is the <emph>working machine</emph> (e.g.
                  in the case of the sewing-machine). For, as everyone knows today, once this
                  process is mechanised, the thing may be moved, according to size, either by hand,
                  water or a steam-engine.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  To those who are merely mathematicians, these questions are of no moment, but
                  they assume great importance when it comes to establishing a connection between
                  human social relations and the development of these material modes of production.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Re-reading my technological and historical excerpts has led me to the conclusion
                  that, aside from the invention of gunpowder, the compass and printing those
                  necessary prerequisites of bourgeois progress the two material bases upon which
                  the preparatory work for mechanised industry in the sphere of manufacturing was
                  done between the sixteenth and the mid-eighteenth century, i.e. the period during
                  which manufacturing evolved from a handicraft to big industry proper, were
                  the <emph>clock</emph> and the <emph>mill</emph> (initially the flour mill and,
                  more specifically, the water mill), both inherited from Antiquity. (The water
                  mill was brought to Rome from Asia Minor in Julius Caesar’s time.) The clock
                  was the first automatic device to be used for practical purposes, and from it
                  the whole theory of the <emph>production of regular motion</emph> evolved. By
                  its very nature, it is based on a combination of the artist-craftsman’s work and
                  direct theory. Cardan, for instance, wrote about clock-making (and provided
                  practical instructions). German sixteenth-century writers describe clock-making
                  as a “scientific (non-guild) handicraft,” and, from the development of the clock,
                  it could be shown how very different is the handicraft-based relation between
                  book-learning and practice from that, e.g., in big industry. Nor can there be
                  any doubt that it was the clock which, in the eighteenth century, first suggested
                  the application of automatic devices (in fact, actuated by springs) in production.
                  It is historically demonstrable that Vaucanson’s experiments in the field
                  stimulated the imagination of English inventors to a remarkable extent.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  In the case of the <emph>mill</emph>, on the other hand, the essential
                  distinctions in the organism of a machine were present from the outset,
                  i.e. as soon as the water mill made its appearance. Mechanical motive power.
                  <emph>Primo</emph>, the motor for which it had been waiting. The transmission
                  mechanism. Lastly, the working machine, which handles the material, each
                  existing independently of the others. It was upon the mill that the theory
                  of <emph>friction</emph> was based, and hence the study of the mathematical
                  forms of gear-wheels, cogs, etc. ; likewise, the first theory of measurement
                  of the degree of motive power, the best way of applying it, etc. Since the middle
                  of the seventeenth century almost all great mathematicians, in so far as they
                  have concerned themselves with the theory and practice of mechanics, have taken
                  the simple, water-driven flour mill as their point of departure. Indeed, this was
                  why the words <foreign xml:lang="de">Mühle</foreign> and <hi rend="petitescapitales">mill</hi>, which came to be used during the manufacturing
                  period, were applied to all driving mechanisms adopted for practical purposes.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  But in the case of the mill, as in that of the press, the forge, the plough, etc.,
                  the actual work of hammering, crushing, milling, tilling, etc., is done from the
                  outset <emph>without</emph> human labour, even though the <hi rend="petitescapitales">moving force</hi> be human or animal. Hence this type
                  of machinery is very old, at least in its origins, and, in its case, mechanical
                  propulsion proper was applied at an earlier date. Hence it is virtually the only
                  kind of machinery that occurs during the manufacturing period as well.
                  The <emph>industrial revolution</emph> began as soon as mechanical means were
                  employed in fields where, from time immemorial, the final result had called for
                  human labour and not therefore — as in the case of the above-mentioned tools —
                  where the actual material to be processed had <emph>never, within living
                  memory</emph>, been directly connected with the human hand ; where, by the
                  nature of things and from the outset, man has not functioned purely as <hi rend="petitescapitales">power</hi>. If, like the German jackasses, one insists that
                  the application of animal <hi rend="petitescapitales">powers</hi> (which is just
                  as much voluntary motion as the application of human powers) constitutes machinery,
                  then the application of this form of locomotor is far older than the simplest
                  of manual tools in any case.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:274-277.
                MECW 41, p. 449-451.
              </bibl>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1864-07-04Engels" type="level2_document">
            <head>À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 4 juillet 1864</seg></head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>4 juillet 1864</date>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  My nose, mouth etc., still bunged up with influenza so that I can neither smell
                  nor taste.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  During this time, being utterly incapable of work, have read Carpenter,
                  <title>Physiology</title> [1839], Lord, <foreign xml:lang="latin">ditto</foreign>
                  [1855], Kölliker, <title>Gewebelehre</title> [1863], Spurzheim, <title>The
                  Anatomy of the Brain and the Nervous System</title> [1826], and Schwann and
                  Schleiden, on the cells business [1847; 1850]. In Lord’s <title>Popular
                  Physiology</title>, there’s a good critique of phrenology, although the chap’s
                  religious. One passage recalls Hegel’s <title>Phenomenology</title>; it reads:
                </p>
                <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    They attempt to break up the mind into a number of supposed original faculties,
                    such as no metaphysician will, for a moment, admit ; and the brain into an
                    equal number of organs, which the anatomist in vain asks to be shown, and then
                    proceed to attach one of the former unadmitted suppositions as a mode of action
                    to one of the latter undemonstrated existences.
                  </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  As you know, 1. I’m always late off the mark with everything, and 2. I invariably
                  follow in your footsteps. So it’s probable that I shall now devote much of
                  my spare time to anatomy and <hi rend="petitescapitales">physiology</hi> and,
                  in addition, attend lectures (where there will be practical demonstrations and
                  dissection).
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>, p. 278.
                MECW 41, p. 546-547.
              </bibl>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="statInternat">
            <head>
              Statuts de l’Association internationale des travailleurs
              <seg rend="invisible">(Marx, 1864)</seg>
            </head>
            <index><term>internationalisme</term></index>
            <index><term>moyen de production, propriété privée des —</term></index>
            <index><term>privé, propriété des moyens de production</term></index>
            <index><term>propriété privée des moyens de production</term></index>
            <index><term>moyen de production, source de vie</term></index>
            <index><term>vie, et moyens de production</term></index>
            <p rend="alinea">
              Avant les statuts eux-mêmes, des considérants soulignent que le problème réside dans
              la propriété privée des moyens de production et que le mouvement est international.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <label rend="fakehead h2">Provisorische Statuten der Inter­na­tio­nalen Arbeiter-Assoziation</label>
                    <p rend="alinea">
                      <emph>In Erwägung</emph>,
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      daß die Emanzipation der Arbeiterklasse durch die Arbeiterklasse selbst
                      erobert werden muß ; daß der Kampf für die Emanzipation der Arbeiterklasse
                      kein Kampf für Klassenvorrechte und Monopole ist, sondern für gleiche
                      Rechte und Pflichten und für die Vernichtung aller Klassenherrschaft ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      daß die ökonomische Unterwerfung des Arbeiters unter den Aneigner der
                      Arbeitsmittel, d.h. der Lebensquellen, der Knechtschaft in allen ihren Formen
                      zugrunde liegt — allem gesellschaftlichen Elend, aller geistigen Verkümmerung
                      und politischen Abhängigkeit ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      daß die ökonomische Emanzipation der Arbeiterklasse daher der große Endzweck ist,
                      dem jede politische Bewegung, als Mittel, unterzuordnen ist ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      daß die Emanzipation der Arbeiterklasse weder eine lokale, noch eine nationale,
                      sondern eine soziale Aufgabe ist, welche alle Länder umfaßt […]
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      aus diesen Gründen haben die unterzeichneten Mitglieder […] die notwendigen
                      Schritte zur Gründung der Inter­na­tio­nalen Arbeiter-Assoziation getan.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 16, p. 14-16</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <label rend="fakehead h2">Statuts de l’Association internationale des travailleurs</label>
                    <p rend="alinea">
                      <emph>Considérant</emph> :
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      que l’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs
                      eux-mêmes ; que la lutte pour l’émancipation de la classe ouvrière n’est pas une
                      lutte pour des privilèges et des monopoles de classe, mais pour l’établissement
                      de droits et de devoirs égaux, et pour l’abolition de toute domination de classe ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      que l’assujettissement économique du travailleur au détenteur des moyens de
                      travail, c’est-à-dire des sources de la vie, est la cause première de la
                      servitude dans toutes ses formes, de la misère sociale, de l’avilissement
                      intellectuel et de la dépendance politique ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      que, par conséquent, l’émancipation économique de la classe ouvrière est le
                      grand but auquel tout mouvement politique doit être subordonné comme moyen ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      que l’émancipation du travail, n’étant un problème ni local ni national, mais
                      social, embrasse tous les pays […]
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      pour ces raisons, les membres soussignés […] ont pris les mesures nécessaires
                      à la fondation de l’Association internationale des travailleurs.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1864/00/18640000.htm">Archive Internet des Marxistes</ref>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 24.2%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <label rend="fakehead h2">Algemene Regels van de Inter­na­tio­nale Arbei­ders­ver­eni­ging</label>
                    <p rend="alinea">
                      <emph>In beschouwing genomen</emph>
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      dat de emancipatie van de werkende klassen veroverd moet worden door de werkende
                      klassen zelf ; dat de emancipatiestrijd van de werkende klassen geen strijd voor
                      klasse privileges en monopolies betekent, maar voor gelijke rechten en plichten
                      en de afschaffing van de klassendictatuur ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      dat de afhan­ke­lijk­heid van de arbeider van de monopolist van de arbeidsmiddelen
                      — d.w.z. de bron van het leven — de bron is van de slavernij in al zijn vormen,
                      van alle sociale ellende, geestelijke degradatie en politieke afhankelijkheid ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      dat de economische emancipatie van de werkende klassen daarom het grote doel is
                      waaraan elke politieke beweging als middel ondergeschikt aan moet zijn ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      dat de emancipatie van arbeid noch een lokale noch een nationale maar een sociaal
                      probleem is, dat alle landen omhelst […]
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      voor deze redenen hebben de ondertekende leden […] de nodige maatregelen genomen
                      voor de stichting van de Inter­na­tio­nale Arbei­ders­ver­eni­ging.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1864/1864regels.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <label rend="fakehead h2">Provisional rules of the Working Men’s International Association</label>
                    <p rend="alinea">
                      <emph>Considering</emph>,
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      that the emancipation of the working classes must be conquered by the working
                      classes themselves ; that the struggle for the emancipation of the working
                      classes means not a struggle for class privileges and monopolies, but for equal
                      rights and duties, and the abolition of all class rule ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      that the economical subjection of the man of labour to the monopoliser of the
                      means of labour, that is, the sources of life, lies at the bottom of servitude
                      in all its forms, of all social misery, mental degradation, and political
                      dependence ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      that the economical emancipation of the working classes is therefore the great
                      end to which every political movement ought to be subordinate as a means ;
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      that the emancipation of labour is neither a local nor a national, but a social
                      problem, embracing all countries […]
                    </p>
                    <p rend="alineasep">
                      for these reasons, the undersigned members […] have taken the steps necessary
                      for founding the Working Men’s International Association.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 20, p. 14-16</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              (En français et en néerlandais, je restitue la phrase finale (de fondation)
              dont l’Archive Internet ne donnait qu’une forme simplifiée.)
            </p>

            <p rend="alinea">
              L’homme est cet animal particulier qui produit, en société, ses moyens d’existence.
              Les moyens de productions, que monopolisent des propriétaires privés,
              sont donc aussi les « sources de la vie ».
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Engelslettre1865-03-29Lange" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Albert Lange<seg rend="invisible">, le 29 mars 1865</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Friedrich Albert Lange, Manchester,
              le <date>29 mars 1865</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, Éditions sociales,
              Paris, 1973, lettre 24, p. 35-36. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, Éditions sociales, Paris, 1981,
              lettre 46, p. 105-109.
            </bibl>
            <index><term>Darwin</term></index>
            <index><term>Malthus, chez Darwin</term></index>
            <index><term>Ricardo</term></index>
            <index><term>loi économique, caractère historique</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Moi aussi j’ai été frappé, à la première lecture de Darwin, par la ressemblance
                  <emph>frappante</emph> <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi>
                  entre sa présentation de la vie végétale et animale et la théorie de Malthus.
                  […] Pour nous, ce qu’on appelle les « lois économiques » ne sont pas
                  des lois éternelles de la nature, mais des lois historiques, qui naissent et
                  disparaissent, et le code de l’économie politique moderne, dans la mesure
                  où l’économie l’établit vraiment de façon objective, n’est pour nous que le
                  résumé de l’ensemble des lois et des conditions qui seules permettent à la
                  société bourgeoise moderne de continuer d’exister, en un mot : l’expression
                  abstraite et le résumé de ses conditions de production et d’échange.
                  C’est pourquoi, pour nous, aucune de ces lois, dans la mesure où elle exprime des
                  <emph>rapports sociaux purement bourgeois</emph>, n’est plus ancienne que
                  la société bourgeoise moderne ; celles qui ont rendu compte plus ou moins
                  valablement de toute l’histoire antérieure ne font précisément qu’exprimer
                  les rapports sociaux qui sont communs à toutes les situations sociales
                  reposant sur une domination et une exploitation de classe. La loi de
                  Ricardo, qui n’est valable ni pour le servage, ni pour l’esclavage antique,
                  fait partie des premières <note xml:id="Engelslettre1865-03-29Langenot01" n="1" place="bottom">
                    <p rend="alinea">
                      Voir <bibl><title>Le Capital</title>, Livre I, p. 613-614 (2016)</bibl>.
                      « … chaque mode de production historique particulier a effectivement ses lois
                      de population<surplus resp="#dm" reason="douteux">s</surplus> particulières,
                      dont la validité est historiquement déterminée. Il n’y a de loi de population
                      abstraite que pour les plantes et les animaux, et encore, pour autant que
                      l’homme n’intervienne pas historiquement. »
                    </p>
                  </note> ;
                  ce qu’il y a de consistant dans la théorie de Malthus fait partie des dernières.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 35, resp. 106-107.</bibl>
            </cit>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>Hegel, essence</term></index>❦ Hegel
              <index><term>essence, chez Hegel</term></index>❦ essence, chez Hegel
              <index><term>science et philosophie</term></index>❦ science et philosophie
              <index><term>énergie, transformation de l’—</term></index>❦ énergie, transformation de l’—
              <index><term>démonstration</term></index>❦ démonstration.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                <note place="margin">P. 36, resp. 108-109.</note>Je ne peux pas ne pas dire
                un mot de votre remarque sur le vieil Hegel à qui vous déniez une formation
                mathématique et scientifique approfondie. Hegel avait de telles
                connaissances mathématiques qu’aucun de ses élèves n’a été capable d’éditer
                les nombreux manuscrits mathématiques retrouvés dans ses papiers. Le seul
                homme, à ma connaissance, qui sache assez de mathématiques et de
                philosophie pour faire cela est Marx. Je vous accorde bien volontiers
                évidemment qu’il y a des bêtises dans le détail de la philosophie de la
                nature, mais sa vraie philosophie de la nature se trouve dans la deuxième
                partie de la Logique, dans la théorie de l’Essence, qui est le véritable
                noyau de toute la doctrine. La théorie scientifique [naturwissenschaftlich]
                moderne de l’interaction des forces naturelles (Grove,
                <title>Correlation of forces</title>, paru, je crois, pour la première fois
                en 1838) n’est pourtant ni plus ni moins qu’une formulation différente, ou
                même, bien plutôt, la démonstration positive du développement de Hegel sur
                la Cause, l’Effet, l’Interaction, la Force, etc. Je ne suis bien sûr plus
                un hégélien, mais j’ai toujours un profond sentiment de respect et
                d’attachement pour ce vieux colosse.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Je n’ai jamais entendu considérer Hegel comme un
            mathématicien. Qu’aucun de ses élèves n’ait pu éditer ses notes sur les
            mathématiques peut s’expliquer par le fait qu’aucun d’eux n’était
            mathématicien ou que ces notes n’étaient qu’élucubrations incompréhensibles
            ou les deux. Si Hegel avait écrit des choses de valeur sur les mathématiques,
            pourquoi ni lui ni personne ne les a publiées ?</p>
            <p rend="alinea">Marx n’est pas plus un mathématicien, mais il avait acquis
            par lui-même une certaine maîtrise du calcul différentiel, ce qui est tout à
            fait remarquable (lettre de fin 65, début 66). Aujourd’hui comme alors, peu
            de gens cultivés peuvent seulement dire ce que c’est s’ils n’ont pas fait des
            études orientées dans ce sens.</p>
            <p rend="alinea">Quelque « profond sentiment de respect et d’attachement pour
            ce vieux colosse » qu’on puisse avoir, on ne peut pas créditer Hegel, pour un
            développement <emph>philosophique</emph>, d’une quelconque antériorité sur une
            contribution <emph>scientifique</emph> de Grove (bien que celle-ci ne soit
            encore que qualitative) et la deuxième ne peut être en aucun sens une
            « démonstration positive » du premier. (Il s’agit du livre <title>On The
            Correlation of Physical Forces</title> de 1846.) C’est un exemple de la
            constante confusion d’Engels sur les rapports entre philosophie et science,
            où il est littéralement aveuglé par son « profond sentiment de respect et
            d’attachement pour ce vieux colosse ».</p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1865-05-20Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 20 mai 1865</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,] le
              <date>20 mai 1865</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, Éditions sociales,
              Paris, <date>1973</date>, lettre 25, p. 36. <author>Marx</author>,
              <author>Engels</author>, <title>Correspondance</title>, tome 8, Éditions
              sociales, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>, lettre 62, p. 131-133.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Marx, mathématiques</term></index>❦ Marx, mathématiques
              <index><term>calcul différentiel</term></index>❦ calcul différentiel.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                <note place="margin">P. 36, resp. 132.</note>Comme on ne peut pas toujours écrire, dans
                les intervalles, je fais des <emph>differential calculus</emph> dx/dy.
                Je n’ai pas la patience, à part ça, de lire quoi que ce soit. Toute autre
                lecture me ramène aussitôt à ma table de travail.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1865-08-19Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 19 août 1865</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,]
              le <date>19 août 1865</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>, lettre 26, p. 37-39.
              <author>Marx</author>, <author>Engels</author>, <title>Correspondance</title>,
              tome 8, <publisher>Éditions sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>,
              <date>1981</date>, lettre 74, p. 160-163.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Hegel</term></index>❦ Hegel
              <index><term>Newton</term></index>❦ Newton
              <index><term>Kepler</term></index>❦ Kepler
              <index><term>mouvement</term></index>❦ mouvement.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                <note place="margin">P. 39, resp. 162.</note>D’ailleurs, la polémique de Hegel tend,
                dans l’ensemble, à montrer, ce qu’on s’accorde à reconnaître
                aujourd’hui assez unanimement, je crois : par ses « preuves », Newton
                n’a rien ajouté à Kepler, qui avait [découvert] le « concept » du
                mouvement.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Je pense qu’il n’y avait unanimité sur la supériorité de
            Kepler par rapport à Newton que dans les milieux d’hégéliens convaincus ou
            d’Allemands chauvins. Kepler a trouvé des lois remarquables sur le mouvement
            des planètes du système solaire. Newton n’a pas fait qu’apporter de nouvelles
            preuves des lois de Kepler, il a fait cent fois mieux : il a développé une
            théorie générale de la gravitation (pour laquelle il a dû inventer le calcul
            différentiel) par laquelle on retrouve les lois de Kepler. En 1865, Marx
            n’avait pas une vue très claire de l’histoire des sciences et c’est sans
            doute la faute à la trop grande confiance qu’il faisait à Hegel.</p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1865-09-30Jung" type="level2_document">
            <head>
              Marx to Herman Jung in London<seg rend="invisible">, 30. Sept. 1865</seg>
            </head>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>César De Paepe, à dîner chez Marx</term></index>❦ César De Paepe, à dîner chez Marx
              <index><term>De Paepe, César, à dîner chez Marx</term></index>
            </p>
            <table rend="citquote">
            <row>
              <cell xml:lang="de">
                <p rend="rightalign">
                  [London] 30. Sept. [1865]
                </p>
                <p rend="firstalinea">
                  Lieber Jung,
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ich erwarte Sie morgen (Sonntag) zum <foreign xml:lang="en">dinner (a very frugal
                  one)</foreign>; ich habe auch De Paepe und Becker gebeten. Sie sind wohl so gut,
                  <emph>in meinem Namen</emph> den <emph>Kaub</emph> einzuladen. Ich bin diesen
                  Morgen <foreign xml:lang="en">so pressed by business of all kind that I cannot
                  afford to write two letters</foreign>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <foreign xml:lang="en">Yours fraternally</foreign>
                </p>
                <p rend="rightalign">
                  K.Marx
                </p>
              </cell>
              <!-- <cell xml:lang="fr">
                <p rend="alinea">

                </p>
              </cell> -->
              <!-- <cell xml:lang="nl">
                <p rend="alinea">

                </p>
              </cell> -->
              <cell xml:lang="en">
                <p rend="rightalign">
                  [London,] 30 September [1865]
                </p>
                <p rend="firstalinea">
                  Dear Jung,
                </p>
                <p rend="firstalinea">
                  I am expecting you tomorrow (Sunday) for dinner (a very frugal one).
                  I have also asked De Paepe and Becker/ Please be so kind
                  and invite Kaub in my name. This morning I am so pressed by business
                  of all kind that i cannot afford to write two letters.
                </p>
                <p rend="firstalinea">
                  Yours fraternally
                </p>
                <p rend="rightalign">
                  K. Marx
                </p>
              </cell>
            </row>
            <row>
              <cell xml:lang="de">
                <bibl>
                  MEW 31:483.
                </bibl>
              </cell>
              <!-- <cell xml:lang="fr">
                <bibl>

                </bibl>
              </cell> -->
              <!-- <cell xml:lang="nl">
                <bibl>

                </bibl>
              </cell> -->
              <cell xml:lang="en">
                <bibl>
                  MECW 42:191.
                </bibl>
              </cell>
            </row>
          </table>
          <p rend="alinea">
            Où l’on voit que César De Paepe était assez proche de Marx pour que celui-ci l’invite
            à dîner. Herman Jung, César De Paepe, Johann Philipp Becker et Karl Kaub étaient de
            l’Internationale. César De Paepe avait contribué peu avant à la fondation de la première
            section de l’Internationale en Belgique, le 17 juillet 1865.
          </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1865-1866Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, fin 1865-début 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,
              fin 1865-début 1866.] <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>,
              lettre 29, p. 40-42. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>,
              lettre 96, p. 188-190.
                </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>calcul différentiel</term></index>❦ calcul différentiel
              <index><term>infiniment petit</term></index>❦ infiniment petit
              <index><term>courbe</term></index>❦ courbe
              <index><term>tangente</term></index>❦ tangente
              <index><term>différentielle</term></index>❦ différentielle
              <index><term>dérivée</term></index>❦ dérivée.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Lors de mon dernier séjour à Manchester, tu m’as demandé
                une fois de t’expliquer le calcul différentiel. […]</p>
                <p rend="alinea">Suppose que la ligne nAo soit une courbe quelconque, dont
                nous ne connaissons pas la nature (parabole ou ellipse, etc.) […]</p>
                <p rend="alinea">[…] Suppose maintenant que le point n soit le point le
                plus infiniment voisin de m sur la courbe. […] np est égal à mP (ou Rp)
                augmenté d’un incrément infinitivement petit [nR], ou [nR] = dy
                (différentielle de y) […] Comme la partie mn de la tangente est infiniment
                petite, elle coïncide avec la partie correspondante de la courbe elle-même.
                […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il n’est pas nécessaire ici d’avoir la courbe sous les yeux.
            La question est que Marx raisonne avec des infiniment petits « actuels » qui
            témoignent de l’état de la question à l’époque.</p>
            <p rend="alinea">En outre, il a l’air de supposer que toute courbe doit avoir
            telle ou telle « nature », c’est à dire entrer dans une catégorie qui a un
            nom et une équation d’un type donné, et qu’une courbe quelconque est une
            courbe dont nous ignorons provisoirement la nature. Dans la suite de la
            lettre, il montre qu’il sait calculer une dérivée. On peut supposer qu’il a
            de la notion de différentiation l’idée un peu obscure qu’on s’en faisait
            alors mais qu’il peut faire du calcul différentiel.</p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1866-02-13Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 13 février 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>13 février 1866</date>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>Justus von Liebig, chimie agricole</term></index>
                  <index><term>Liebig, chimie agricole</term></index>
                  <index><term>chimie agricole, Liebig</term></index>
                  <index><term>agriculture, chimie, Liebig</term></index>
                  I have been going to the [British] Museum in the day-time and writing at night.
                  I had to plough through the new agricultural chemistry in Germany, in particular
                  Liebig and Schönbein, which is more important for [the theory of ground rent]
                  than all the economists put together, as well as the numerous amount of material
                  that the French have produced since I last dealt with this point.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:279.
              </bibl>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1866-02-20Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 20 février 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>20 février 1866</date>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>Justus von Liebig, engrais azoté</term></index>
                  <index><term>Liebig, engrais azoté</term></index>
                  <index><term>engrais azoté, Liebig</term></index>
                  <index><term>azote, engrais, Liebig</term></index>
                  The fact which Liebig had denounced and which prompted Schönbein’s investigations,
                  was this :
                </p>
                <p rend="alinea">
                  The <emph>upper</emph> layers of the soil always contain more ammonia than the
                  <emph>deeper</emph> ones, instead of containing less of it as they would have
                  to do if they had lost it through cultivation. The fact was recognised by every
                  chemist. Only the cause was <emph>unknown</emph>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Hitherto, decay was considered to be the sole source of ammonia. All chemists
                  (including Liebig) denied that the nitrogen in the air could serve as a nutrient
                  for plants.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Schönbein proved (by experiment) that any flame burning in the air converts
                  a certain quantity of the nitrogen in the air into ammonium nitrate, that every
                  process of decomposition gives rise to both nitric acid and ammonia, that the
                  mere evaporation of water is the means causing the formation of both plant
                  nutrients.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Finally, Liebig’s “jubilation” at this discovery :
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The combustion of a pound of coal or wood restores to the air not merely
                      the elements needed to reproduce this pound of wood or, under certain
                      conditions, coal, but the process of combustion in itself (note the Hegelian
                      category [Marx’s insertion]) transforms a certain quantity of nitrogen
                      in the air into a nutrient indispensable for the production of bread and meat.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Liebig, <!-- <title>Die Thierchemie, oder die organische Chemie in ihrer
                    Anwendung auf Physiologie und Pathologie</title>, Verlag Vieweg, Braunschweig,
                    1842 -->1862<!-- ? -->:77–8.
                  </bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="petitescapitales">I feel proud of the Germans. It is our duty
                  to emancipate this “deep” people.</hi>
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:279-280.
              </bibl>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Mlettre1866-08-07Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 7 août 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,]
              le <date>7 août 1866</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>,
              lettre 37, p. 47-49. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>, lettre 160, p. 303-305.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Trémaux</term></index>❦ Trémaux
              <index><term>Darwin</term></index>❦ Darwin
              <index><term>espèce</term></index>❦ espèce
              <index><term>nègre</term></index>❦ nègre
              <index><term>dégénérescence</term></index>❦ dégénérescence
              <index><term>Malthus</term></index>❦ Malthus
              <index><term>progrès</term></index>❦ progrès.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                <note place="margin">P. 47-48, resp. 304.</note>Il y a un ouvrage très
                important, que je t’enverrai (mais à la condition que tu me le retournes,
                car il ne m’appartient pas) dès que j’aurai pris les notes nécessaires :
                <title>Origine et Transformations de l’homme et des autres Êtres</title>
                de P. Trémaux <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi>,
                Paris, 1865. Malgré tous ses défauts, qui ne m’échappent pas, il
                représente un progrès <emph>très important</emph> par rapport à Darwin.
                Les deux principales propositions sont : que ce ne sont pas les
                <emph>croisements</emph> <hi rend="pluspetit">[en français dans le
                texte]</hi>qui, comme on le croit, produisent les différences, mais à
                l’inverse l’unité de type des <emph>espèces</emph> <hi rend="pluspetit">[en
                français dans le texte]</hi>. En revanche la formation de la Terre est,
                elle, une cause de <emph>différenciation</emph> (non pas la seule,
                mais la base principale). Le progrès, qui chez Darwin est purement
                accidentel, est présenté ici comme nécessaire sur la base des périodes
                de l’évolution du corps terrestre ; la  <emph>dégénérescence</emph>
                <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi>, que Darwin ne sait
                expliquer, est ici toute simple. Même chose pour l’extinction si rapide
                des simples formes de transition, comparativement à la lenteur de
                l’évolution du type de l’<emph>espèce</emph> <hi rend="pluspetit">[en
                français dans le texte]</hi>, de sorte que les lacunes de la paléontologie,
                qui embêtent tant Darwin, sont présentées ici comme nécessaires. De même
                est développée comme une loi nécessaire la fixité (abstraction faite de
                variations individuelles, etc.) de l’<emph>espèce</emph>
                <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi>une fois constituée.
                Ce que Darwin présente comme les difficultés de l’hybridation, ce sont ici
                à l’inverse autant de piliers du système, puisqu’il est démontré qu’une
                <emph>espèce</emph> <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi>
                n’est en fait constituée que lorsque le <emph>croisement</emph>
                <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi> avec d’autres cesse
                d’être fécond ou possible, etc.</p>
                <p rend="alinea">Dans les applications historiques et politiques c’est bien
                plus important et plus riche que Darwin. Pour certaines questions, telle
                celle de la nationalité, etc., on trouve ici une base uniquement naturelle.
                C’est ainsi, p. ex., qu’il corrige le Polonais Duchinski, tout en
                confirmant par ailleurs ce qu’il dit sur les différences géologiques entre
                la Russie et les Slaves occidentaux, en ceci que, contrairement à ce
                dernier qui pense que ce ne sont pas les Prusses qui seraient des Slaves,
                mais que ce seraient plutôt les Tartares, etc., il soutient que sur la base
                de la formation géologique prédominante en Russie, c’est le Slave qui se
                tartarise et se mongolise, de même qu’il démontre (il a vécu longtemps en
                Afrique) que le type nègre commun n’est que la dégénérescence d’un type
                bien supérieur.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il semblerait d’après plusieurs textes que Marx et Engels
            n’ont lu Darwin qu’un peu vite. Ils sont très enthousiastes de la dimension
            historique que ça donne au vivant et du pavé dans la mare de la religion. Ils
            n’aiment ni la référence à Malthus ni l’expression struggle for life. Il est
            possible qu’ils voient trop Darwin à travers les simplifications qu’en donnent
            la presse et tant certains défenseurs que les détracteurs.</p>
            <p rend="alinea">Alors qu’Engels s’était félicité que Darwin démolissait
            toute vision téléologique, Marx ici la regrette. Il déplore chez Darwin le
            progrès « accidentel » et est séduit par Trémaux du fait que chez ce dernier
            le progrès est « nécessaire ». Une explication géologique de la spéciation
            est à la fois matérialiste et causale, déterministe. L’ennui, c’est qu’il ne
            suffit pas à une théorie d’être matérialiste et causale pour être juste. Dans
            le darwinisme, il y a des difficultés réelles (des problèmes auxquels le
            darwinisme n’apporte pas de réponse) et des difficultés de compréhension du
            lecteur. Aucune de ces difficultés ne constitue un argument en faveur de
            Trémaux. Engels va le remettre à sa place <ref target="#Elettre1866-10-02Marx">par retour du courrier</ref> ou presque et
            <ref target="#Engelslettre1866-10-05Marx">encore dans une lettre
            ultérieure</ref>.</p>
          </div>


          <div xml:id="Elettre1866-10-02Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 2 octobre 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, Manchester,
              le <date>2 octobre 1866</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>,
              lettre 40, p. 50-51. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>, lettre 173, p. 318-319.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Trémaux</term></index>❦ Trémaux
              <index><term>nègre</term></index>❦ nègre
              <index><term>géologie</term></index>❦ géologie.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                <note place="margin">P. 50-51, resp. 318-319.</note>[…] je n’ai pas encore
                fini de lire ce dernier [Trémaux]<note place="margin"><ref target="#Mlettre1866-08-07Engels">Lettre de Marx</ref>, deux mois avant.</note>,
                mais je suis néanmoins parvenu à la
                conviction que toute sa théorie ne vaut rien, ne serait-ce, pour commencer,
                que parce qu’il ne comprend rien à la géologie et qu’il est incapable de la
                critique la plus ordinaire à l’égard de toute la littérature parue sur la
                question. Ses histoires du <emph>Nigger</emph> Santa Maria et de la
                transformation des Blancs en Noirs sont à mourir de rire. Notamment quand
                il écrit que les traditions des  <emph>Niggers</emph> du Sénégal méritent
                absolument qu’on leur accorde foi, <emph>précisément parce que ces types
                ne savent pas écrire</emph> ! En outre, il est bien joli d’attribuer les
                différences entre un Basque, un Français, un Breton et un Alsacien à la
                formation géologique, laquelle est aussi responsable naturellement de ce
                que ces gens parlent quatre langues différentes.</p>
                <p rend="alinea">Comment le bonhomme explique-t-il que nous autres Rhénans
                sur notre massif dévonien (que la mer n’a jamais plus recouvert depuis une
                époque très antérieure au Carbonifère) nous ne soyons pas devenus depuis
                longtemps des Crétins complets ou des <emph>Niggers</emph> ? Il nous
                l’expliquera peut-être dans le 2<hi rend="ordinal">e</hi> volume, à moins
                qu’il ne prétende que nous sommes effectivement de vrais
                <emph>Niggers</emph>.</p>
                <p rend="alinea">Ce livre ne vaut rien du tout ; c’est un montage pur et
                simple, en contradiction flagrante avec tous les faits ; chaque preuve
                qu’il avance requerrait à son tour une autre preuve préalable.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Mlettre1866-10-03Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 3 octobre 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,]
              le <date>3 octobre 1866</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>,
              lettre 41, p. 51-52. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>, lettre 174, p. 319-320.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Trémaux</term></index>❦ Trémaux
              <index><term>Cuvier</term></index>❦ Cuvier
              <index><term>Darwin</term></index>❦ Darwin
              <index><term>preuve</term></index>❦ preuve
              <index><term>science</term></index>❦ science.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                <note place="margin">P. 51-52, resp. 320.</note><emph>Ad vocem Trémaux</emph> :
                <ref target="#Elettre1866-10-02Marx">Le jugement que tu portes</ref>,
                à savoir « que toute sa <emph>théorie</emph> ne vaut rien parce qu’il ne
                comprend rien à la géologie et qu’il est incapable de la critique la plus
                ordinaire à l’égard de toute la littérature parue sur la question », tu
                peux le retrouver presque textuellement chez Cuvier, dans son
                <title>Discours sur les révolutions du globe</title> <hi rend="pluspetit">[en
                français dans le texte]</hi>, dirigé contre la doctrine de la variabilité
                des <emph>espèces</emph> <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi>,
                dans lequel il se gausse, entre autres, des fantasmagories allemandes sur
                la nature, dont les auteurs <emph>annonçaient</emph> intégralement l’idée
                fondamentale de Darwin, sans pouvoir le moins du monde la
                <emph>prouver</emph>. Cela n’a pas empêché pourtant que Cuvier, qui était
                un grand géologue et même, pour un naturaliste, un critique exceptionnel
                vis-à-vis de la littérature parue sur la question, ait tort, et que les
                gens qui énonçaient cette idée nouvelle aient raison. L’idée fondamentale
                de Trémaux sur l’<emph>influence du sol</emph> (même si, naturellement, il
                ne fait pas entrer en ligne de compte d’éventuelles modifications
                historiques de cette influence, parmi lesquelles je compte pour ma part
                également les changements chimiques provoqués dans les couches
                superficielles du sol par l’agriculture, etc., et plus largement les
                différentes influences qu’exercent sous des modes de production différents
                des choses comme les gisements de houille, etc.) est à mon avis une idée
                qui n’a besoin que d’être énoncée pour gagner définitivement droit de cité
                dans la science, et cela tout à fait indépendamment de l’exposé de Trémaux.</p>
            </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il n’écoute pas sérieusement les arguments d’Engels. Il dit
            seulement que puisque Cuvier s’est bien trompé dans une critique (dans une
            tout autre affaire), Engels peut se tromper dans sa critique de Trémaux.
            C’est faible (et Engels le relevait dans sa réponse).</p>
            <p rend="alinea">Que le sol ait une influence est indéniable. Il a une
            influence sur la vie des organismes, mais cela n’a rien à voir avec les
            espèces. Il a une influence sur l’évolution mais c’est par la sélection
            naturelle donc avec Darwin et pas contre lui.</p>
          </div>


          <div xml:id="Engelslettre1866-10-05Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 5 octobre 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, Manchester,
              le <date>5 octobre 1866</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>,
              lettre 42, p. 52-54. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>, lettre 175, p. 321-323.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Trémaux</term></index>❦ Trémaux
              <index><term>espèce</term></index>❦ espèce
              <index><term>Darwin</term></index>❦ Darwin
              <index><term>sol arable</term></index>❦ sol arable
              <index><term>géologie</term></index>❦ géologie
              <index><term>hypothèse</term></index>❦ hypothèse
              <index><term>preuve</term></index>❦ preuve
              <index><term>science</term></index>❦ science
              <index><term>Cuvier</term></index>❦ Cuvier.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 52-54,
                resp. 321-322.</note><emph>Ad vocem</emph>
                Trémaux. À vrai dire <ref target="#Elettre1866-10-02Marx">quand je t’ai
                écrit</ref>, je n’avais encore lu qu’un tiers du livre, à savoir le plus
                mauvais (au début). Le second tiers, la critique des écoles, est bien
                meilleur, le troisième, les conséquences, est de nouveau très
                mauvais. Cet homme a le mérite d’avoir fait ressortir plus qu’on ne l’avait
                fait jusqu’à présent l’influence du « sol » sur la formation des races et,
                aussi, par voie de conséquence, des espèces, et, deuxièmement, d’avoir
                développé sur l’effet du croisement des idées plus justes (encore qu’à mon
                avis, elles aussi très unilatérales) que ses prédécesseurs. Darwin a lui
                aussi, d’<emph>un</emph> côté, raison dans ce qu’il dit de l’influence
                modificatrice du croisement ; ce que Tr du reste reconnaît tacitement
                lorsqu’il traite, là où cela l’arrange, le croisement aussi comme un moyen
                de transformation, même si c’est dans le sens finalement de l’uniformisation.
                De la même façon, Darwin et d’autres n’ont jamais méconnu l’influence du
                sol, et s’ils ne l’ont pas fait spécialement ressortir, c’est parce qu’ils
                ne savaient pas <emph>comment</emph> ce sol agit — si ce n’est qu’il agit
                favorablement quand il est fertile et défavorablement quand il ne l’est pas.
                Tr non plus n’en sait guère davantage. L’hypothèse suivant laquelle le sol
                en général devient d’autant plus favorable au développement d’espèces
                supérieures qu’il appartient à des formations plus récentes a quelque chose
                d’extraordinairement plausible et peut être ou ne pas être juste, mais
                quand je vois les preuves ridicules qu’il apporte pour essayer d’appuyer
                cette hypothèse, preuves dont les 9/10 reposent sur des faits inexacts ou
                dénaturés, et dont le dernier 1/10 ne prouve rien, je ne peux m’empêcher de
                trouver fortement suspect l’auteur de cette hypothèse, et, partant de là,
                l’hypothèse elle-même. Mais quand, allant plus loin, il déclare que
                l’influence du sol, selon qu’il est plus récent ou plus ancien, corrigée
                par le croisement, est la cause <emph>unique</emph> des modifications dans
                les espèces organiques ou les races, je ne vois absolument aucune raison
                de le suivre aussi loin, et même au contraire de très nombreuses objections
                m’en dissuadent.</p>
                <p rend="alinea">Tu dis que Cuvier a également reproché leur ignorance de
                la géologie aux philosophes de la nature [<emph>Naturphilosophen</emph>]
                en Allemagne lorsqu’ils affirmaient la
                variabilité des espèces, et que ceux-ci pourtant avaient raison. Mais la
                question n’avait à cette époque rien à voir avec la géologie ; et lorsque
                quelqu’un établit une théorie de la transformation des espèces basée
                <emph>exclusivement sur la géologie</emph> et commet de pareilles bourdes
                géologiques,  <emph>falsifie</emph> la géologie de pays entiers (de l’Italie
                p. ex. et même de la France) et tire ses exemples précisément de pays dont
                nous ne connaissons pratiquement pas la géologie (Afrique, Asie centrale,
                etc.) c’est quand même tout à fait différent. En ce qui concerne tout
                spécialement les exemples ethnologiques, les seuls qui se rapportent à des
                pays et à des peuples connus sont quasiment tous faux, soit dans les
                prémisses géologiques, soit dans les conclusions qu’il en tire — quant aux
                exemples qui vont dans le sens contraire, il les laisse complètement
                tomber, par exemple les plaines alluviales de Sibérie intérieure, l’énorme
                bassin alluvial de l’Amazone, toute la zone alluviale qui part du sud de La
                Plata et va jusqu’à la pointe Sud de l’Amérique (à l’est des Cordillères).</p>
                <p rend="alinea">Qu’il y ait beaucoup de rapports entre la structure
                géologique du sol et le « sol » où il pousse quelque chose, cela n’est pas
                bien nouveau, <emph>idem</emph> que ce sol apte à la végétation exerce une
                influence sur les races végétales et animales qui y vivent. Il est également
                exact que cette influence n’a jusqu’à présent pratiquement pas été étudiée.
                Mais pour passer de ceci à la théorie de Trémaux il faut faire un bond
                colossal. Il a en tout cas le mérite d`avoir mis l’accent sur cet aspect
                jusqu’alors négligé. Et, je le répète, l’hypothèse de l’influence du sol
                comme facteur plus ou moins <emph>favorable</emph> à l’évolution selon
                son âge géologique est peut-être juste (ou fausse) à l’<emph>intérieur de
                certaines limites</emph>, mais toutes ses autres conclusions sont à mon
                avis soit totalement inexactes, soit terriblement exagérées dans un seul
                sens.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Engels répète et amplifie des critiques sérieuses et
            prudentes. Il explique en quoi la comparaison avec Cuvier n’est pas
            pertinente. Dans tout ça il montre qu’il en connaît lui-même un bon bout
            et qu’il est capable de rigueur.</p>
            <p rend="alinea">Au troisième alinéa, il introduit une distinction très juste
            entre la structure géologique et le sol arable.</p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1866-10-09Kugelmann" type="level2_document">
            <head>
              À Ludwig Kugelmann<seg rend="invisible">, le 9 octobre 1866</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Ludwig Kugelmann, Londres,
              le <date>9 octobre 1866</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>,
              lettre 43, p. 55. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>, lettre 176, p. 323-326.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Trémaux</term></index>❦ Trémaux
              <index><term>Darwin</term></index>❦ Darwin.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                <note place="margin">P. 55, resp. 325-326.</note>[…] Je vous recommande
                aussi Trémaux : <title>De l’Origine de tous les êtres</title>
                <hi rend="pluspetit">[en français dans le texte]</hi>, etc. Bien
                qu’écrit dans un style complètement négligé, plein de bourdes géologiques
                et très déficient dans sa critique de la littérature parue sur le sujet —
                <emph>with all that and all that</emph> — son contenu représente un progrès
                par rapport à Darwin.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il concède les objections géologiques d’Engels, mais il n’en
            admet pas pour autant le jugement d’ensemble d’Engels que ça ne vaut rien. Il
            maintient mordicus son opinion que Trémaux est supérieur à Darwin.</p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1867-04-30SigfridMeyer" type="level2_document">
            <head>
              Marx à Sigfrid Meyer<seg rend="invisible">, le 30 avril 1867</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Sigfrid Meyer à New York, Hannovre le <date>30 avril 1867</date>.
              <lb/>
              MECW 42:366-367.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Depuis le début des années 50, Marx a esquissé divers plans de son travail.
              On hésite, dans ces plans, à voir ce qu’on peut appeler Livre I, II, III, IV…
              et en particulier de savoir si on est <ref target="#Capital-IVedit">en droit de surtitrer « Livre IV du <title>Capital</title> »</ref>
              les <title>Théories sur la plus-value</title>.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Why then did I not answer you? Because I was the whole time at death’s door.
                  I thus had to make use of every moment when I was capable of work to complete my book,
                  to which I have sacrificed my health, happiness, and family.
                  I hope this explanation suffices.
                  I laugh at the so-called ’practical’ men and their wisdom.
                  If one wanted to be an ox, one could, of course,
                  turn one’s back on the sufferings of humanity
                  and look after one’s own hide.
                  But I should really have thought myself unpractical if I had pegged out
                  without finally completing my book, at least in manuscript.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  The <emph>first volume</emph> of the book will be published by Otto Meissner in Hamburg in a few weeks.
                  The title of the work is: <title>Capital. A Critique of Political Economy</title>.
                  I travelled to Germany to bring over the manuscript,
                  and I am spending a few days with a friend in Hanover on my way back to London.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <emph>Volume I</emph> comprises the ‘Process of Production of Capital’.
                  As well as setting out the general theory,
                  I examine in great detail the conditions of the English
                  — agricultural and industrial — proletariat <emph>over the last 20 years</emph>,
                  ditto the condition of <emph>Ireland</emph>,
                  basing myself on official sources that have never previously been used.
                  You will immediately realise that all this serves me
                  solely as an <foreign xml:lang="la">argumentum ad hominem</foreign>?
                  I hope that a year from now the whole work will have appeared.
                  <emph>Volume II</emph> contains the continuation and conclusion of the theory,
                  <emph>Volume III</emph> <emph>the history of political economy
                  from the middle of the 17<hi rend="ordinal">th</hi> th century</emph>.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 42:366-367.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Ici, on a une déclaration formelle d’un plan, actuel en 1867 :
            </p>
            <list>
              <item>
                Volume I : la partie, que nous appelons en français Livre I,
                publiée en 1867 et profondément revue en 1872.
              </item>
              <item>
                Volume II : tout le reste, à savoir ce qui a été édité et publié par Engels
                comme Livre II et Livre III.
              </item>
              <item>
                Volume III : une histoire de l’économie politique,
                ce qui correspond assez bien aux <title>Théories sur la plus-value</title>.
                Le Volume II ci-dessus ayant été divisé en deux, Livre II et Livre III,
                ce Volume III devrait s’appeler Livre IV.
              </item>
            </list>
          </div>


          <div xml:id="Engelslettre1867-06-16Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 16 juin 1867</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, le <date>16 juin 1867</date>.
            </bibl>
            <bibl>
              Engels to Marx, in London. Manchester, 16 June 1867.
              <lb/>
              MECW 42:381-382
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Dans la première moitié de la lettre, Engels parle du <title>Capital</title>,
              dont il lit les épreuves.
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <index><term>molécule</term></index>
            <index><term>Hofmann</term></index>
            <index><term>atome</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Have read Hofmann.
                  For all its faults, the latest chemical theory does represent
                  a great advance on the old atomistic theory.
                  The molecule as the smallest part of matter <emph>capable of independent existence</emph>
                  is a perfectly rational category, ‘a nodal point,’ as Hegel calls it,
                  in the infinite progression of subdivisions, which does not terminate it, but marks a qualitative change.
                  The atom — formerly represented as the limit of divisibility — is now but a <emph>state</emph>,
                  although Monsieur Hofmann himself is forever relapsing
                  into the old idea that indivisible atoms really exist.
                  For the rest, the advances in chemistry that this book records are truly enormous,
                  and Schorlemmer says that this revolution is still going on day by day,
                  so that new upheavals can be expected daily.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                MECW 42:382-383.
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:280.
              </bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Engels a lu beaucoup de science (comme Marx), il en a une certaine connaissance,
              mais, comme souvent, il prend de haut les scientifiques,
              sur la base de ses a priori à lui, plus philosophiques que scientifiques.
              Au milieu du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
              les chimistes savent que beaucoup de corps sont composés de substances élémentaires, d’où l’idée d’atome.
              Mais Engels, qui sait toujours tout mieux que tout le monde, se moque de Hoffmann,
              qui toujours retombe dans cette ornière de croire que des atomes indivisibles existeraient vraiment.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pour Engels, il faut, par je ne sais quel préjugé philosophique hégélien ou personnel,
              que tout se subdivise à l’infini (bien qu’en différents stades).
            </p>
            <p rend="alinea">
              D’autre part, il fait allusion ici à la « loi » de la quantité se transformant en qualité :
              la division continue conduirait à un saut qualitatif.
              Si on divise de plus en plus finement un tas de billes, on se trouvera bloqué
              quand on arrivera à seule bille, qu’on ne peut plus diviser (en tant que billes).
              Si on divise une certaine quantité d’une substance, arrivé à une seule molécule, on ne peut plus continuer.
              Il faut vraiment se forcer pour voir dans cette limite
              un exemple de la « loi » de Hegel sur la quantité et la qualité.
              Autre chose est de savoir que les substances sont constituées de molécules,
              et que les molécules sont constituée d’atomes.
              C’est un abus de confondre cette considération scientifique de différents niveaux d’organisation de la matière
              avec un processus de division.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1867-06-22Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 22 juin 1867</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, [Londres,] le <date>22 juin 1867</date>.
              <lb/>
              <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>, lettre 46, p. 56-57.
              <lb/>
              <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 8, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1981</date>, lettre 213, p. 388-392.
            </bibl>
            <index><term>Hofmann</term></index>
            <index><term>Le Capital</term></index>
            <index><term>capital, seuil pour pouvoir être un —</term></index>
            <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>
            <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité</term></index>
            <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —</term></index>
            <index><term>histoire, loi de l’—</term></index>
            <index><term>loi de la nature</term></index>
            <index><term>molécule</term></index>
            <index><term>chimie</term></index>
            <index><term>Laurent</term></index>
            <index><term>Gerhardt</term></index>
            <index><term>Wurtz</term></index>
            <index><term>Hegel</term></index>
            <index><term>motif récurrent</term></index>
            <index><term>loi de la dialectique, légalité des —</term></index>
            <index><term>loi de la dialectique</term></index>

            <list rend="horiz">
              <item xml:lang="de" style="width: 31%">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Mit Hofmann hast Du ganz recht.
                      Du wirst übrigens aus dem Schluß meines Kapitels III,
                      wo die Verwandlung des Handwerksmeisters in Kapitalist
                      — infolge bloß <emph>quantitativer</emph> Änderungen — angedeutet wird,
                      ersehn, daß ich dort <emph>im Text</emph> Hegels Entdeckung über
                      das <term>Gesetz des Umschlags der bloß quantitativen Änderung in qualitative</term> zitiere
                      als gleich bewährt in Geschichte und Naturwissenschaft.
                      In der <emph>Note</emph> zum Text (ich hörte damals grade den Hofmann)
                      erwähne ich die <emph>Molekulartheorie</emph>, aber nicht Hofmann,
                      der nichts in der Sache erfunden hat, außer den <emph>Strich</emph>,
                      sondern Laurent, Gerhardt und <emph>Wurtz</emph>,
                      welcher letztere der eigentliche Mann ist.
                      Infolge Deines Briefs erinnerte ich mich dunkel der Sache und sah daher mein Manuskript nach.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 31:306.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item xml:lang="fr" style="width: 36%">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="Marxlettre1867-06-22Engels-56" n="56[390]"/>Au sujet de Hofmann,
                      tu as tout à fait raison.
                      Tu verras d’ailleurs dans la fin de mon chapitre 3,
                      où est esquissée la transformation du maître-artisan en capitaliste
                      — à la suite de changements purement <emph>quantitatifs</emph> —,
                      que <ref target="#Capital-Ichap9-seuilcap">je cite là dans le texte</ref> la découverte
                      de Hegel sur la <term>loi de la <hi rend="barre">brusque</hi> commutation
                      du changement purement quantitatif en changement qualitatif</term>
                      comme étant également vérifiée en histoire et dans les sciences de la nature.
                      Dans une <emph>note</emph> ajoutée au texte
                      (c’était précisément l’époque où j’assistais aux cours de Hofmann),
                      je mentionne la théorie moléculaire, mais pas Hofmann,
                      qui n’a rien inventé en la matière, si ce n’est le trait dont il souligne la chose,
                      tandis que je parle de Laurent, de Gerhardt et de <emph>Wurtz</emph>,
                      ce dernier étant <emph>le véritable inventeur</emph>.
                      À la lecture de ta lettre je me suis obscurément souvenu de tout cela,
                      et je suis allé vérifier dans mon manuscrit.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    (C’est moi qui barre l’addition dans la traduction française de l’adjectif <term>brusque</term>
                    dont on ne trouve rien dans l’original.)
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <!-- <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea"></p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      You are quite right about Hofmann.
                      Incidentally, you will see from the conclusion to my Chapter III,
                      where I outline the transformation of the master of a trade into a capitalist
                      — as a result of purely <emph>quantitative</emph> changes —
                      that <emph>in the text</emph> there I quote Hegel’s discovery
                      of the <term>law of the transformation of a merely quantitative change into a qualitative one</term>
                      as being attested by history and natural science alike.
                      In the <emph>note</emph> to the text
                      (I was as it happened attending Hofmann’s lectures at that time)
                      I mention <emph>the molecular theory</emph>,
                      but not Hofmann, who has discovered <emph>nothing</emph> in the matter
                      except contributing general <emph>direction</emph> ;
                      instead I do mention Laurent, Gerhardt and <emph>Wurtz</emph>, the latter being <emph>the real man</emph>.
                      Your letter struck a faint chord in my memory, and I therefore, looked up my manuscript.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 42:385.
                    Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:280-281.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
            <p rend="alinea">
              C’est très formel :
              « la découverte de Hegel sur la loi de la commutation
              du changement purement quantitatif en changement qualitatif ».
              C’est une « loi » et cette « loi » est « découverte » par Hegel et Marx écrit ici,
              comme dans <ref target="#">son « chapitre 3 » (1867)</ref> du <title>Capital</title>,
              qu’elle se vérifie tant en histoire que dans les sciences de la nature.
              (Dans le Livre I du <title>Capital</title>, c’est à propos
              du <ref target="#Capital-Ichap9-seuilcap">seuil pour qu’une somme d’argent devienne capital</ref>.
              Dans l’édition de 1867 du Livre I du <title>Capital</title>, c’est dans le
              <foreign xml:lang="de">Drittes Kapitel — Die Produktion des absoluten Mehrwerths,
              § 5 Rate und Masse des Mehrwerths</foreign> (p. 281.),
              au bas de la page 286 : « Aus der bisherigen Betrachtung der Produktion des Mehrwertbs ergiebt sich,
              dass nicht jede beliebige Geld- oder Werthsumme in Kapital verwandelt werden kann… »)
              Ce serait une « loi de la nature », une « loi » du monde à tous ses niveaux de complexité.
              Ce serait donc aussi, entre autres, une « loi de l’histoire »,
              ce que dix ans plus tard Marx lui-même dénonce — ce que dans une lettre
              (<ref target="#Otech-zapiski">à l’éditeur des Отечественные записки, 1877</ref>), il appelle :
              « le passe-partout d’une théorie historico-philosophique générale,
              dont la suprême vertu consiste à être supra-historique ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              (Au fil des lectures sur la dialectique, j’ai fait diverses critiques.
              À force, en mettant tout ça ensemble, j’y vois plus clair
              et j’ai tenté <ref target="#DMdialectique">une synthèse</ref>.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pradip Baksi parle des rapports entre Marx et Hofmann et situe Laurent, Gerhardt et Wurtz
              dans son article <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">« Karl Marx’s Study of Science and Technology »</ref>
              dans <title>Nature, Society, and Thought</title>,
              vol. 9 (n<hi rend="ordinal">o</hi> 3, juillet 1996), pp. 261-295.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Engelslettre1867-06-24Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 24 juin 1867</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, le <date>24 juin 1867</date>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Regarding the molecular theory, Schorlemmer tells me that Gerhardt and Kekulé
                  [1861-67] are the chief figures involved, and that Wurtz has only popularised
                  and elaborated it. He is going to send you a book setting out the historical
                  development of the subject.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                MECW 42:387-388.
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:281.
              </bibl>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-01-03Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 3 janvier 1868</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>3 janvier 1868</date>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>Justus von Liebig, engrais azoté</term></index>
                  <index><term>Liebig, engrais azoté</term></index>
                  <index><term>engrais azoté, Liebig</term></index>
                  <index><term>azote, engrais, Liebig</term></index>
                  I would like to know from Schorlemmer what is the latest and best book (German) on agricultural chemistry.
                  Furthermore, what is the present state of argument between the mineral-fertiliser people and the nitrogen-fertiliser people ?
                  (Since I last looked into the subject, all sorts of new things have appeared in Germany.)
                  Does he know anything about the most recent Germans who have written <emph>against</emph> Liebig’s soil-exhaustion theory ?
                  Does he know about the alluvion theory of Munich agronomist Fraas (Professor at Munich University) ?
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                MECW 42:507.
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:281-282.
              </bibl>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-01-08Engels-a" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 8 janvier 1868</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>8 janvier 1868</date>.
            </bibl>
            <bibl>
              MECW 42:512-513.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Marx commence la lettre par la recension que Dühring a faite du <title>Capital</title>.
              Il y revient dans <ref target="#Marxlettre1868-01-08Engels-b">la lettre suivante</ref>, du même jour.
              Dans cette lettre-ci, à propos de Dühring, il parle de Stein et de la dialectique.
              C’est cela que Lénine vise dans son <title>Karl Marx</title> de 1914 quand il mentionne,
              à la fin du <ref target="#Len21Marxbio-dial">passage sur la dialectique</ref>
              (<title>Œuvres</title>, tome 21, p. 47) lettre du 8 janvier 1868, Stein et dialectique.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-01-08Engels-b" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 8 janvier 1868</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels à Manchester, [Londres] le <date>8 janvier 1868</date>.
            </bibl>
            <bibl>
              MEW 32:11-14, MECW 42:514-517.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Dans cette deuxième lettre du même jour,
              Marx revient sur la recension que Dühring a faite du <title>Capital</title>.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Sonderbar ist’s, daß der Kerl [Dühring]
                      die drei grundneuen Elemente des Buchs nicht herausfühlt,
                      1. daß im Gegensatz zu <emph>aller</emph> früheren Ökonomie,
                      die <emph>von vornherein</emph> die besondren Fragmente des Mehrwerts
                      mit ihren fixen Formen von Rente, Profit, Zins als gegeben behandelt,
                      von mir zunächst die allgemeine Form des Mehrwerts,
                      worin all das sich noch ungeschieden, sozusagen in Lösung befindet, behandelt wird;
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      2. daß den Ökonomen ohne Ausnahme das Einfache entging, daß,
                      wenn die Ware das Doppelte von Gebrauchswert und Tauschwert,
                      auch die in der Ware dargestellte Arbeit Doppelcharakter besitzen muß,
                      während die bloße Analyse auf Arbeit <foreign xml:lang="fr">sans phrase</foreign>
                      wie bei Smith, Ricardo etc. überall auf Unerklärliches stoßen muß.
                      Es ist dies in der Tat das ganze Geheimnis der kritischen Auffassung;
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      3. daß zum erstenmal der Arbeitslohn als irrationelle Erscheinungsform
                      eines dahinter versteckten Verhältnisses dargestellt
                      und dies genau an den beiden Formen des Arbeitslohns:
                      Zeitlohn und Stücklohn dargestellt wird.
                      (Daß in der höheren Mathematik sich öfter solche Formeln finden, war mir behülflich.)
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Was die von Herrn Dühring gemachten bescheidenen Einwendungen gegen die Wertbestimmung betrifft,
                      so wird er sich in Band II wundern,
                      wie wenig die Wertbestimmung „unmittelbar" in der bürgerlichen Gesellschaft gilt.
                      In der Tat, <emph>keine</emph> Gesellschafts<emph>form</emph> kann verhindern,
                      daß <foreign xml:lang="en">one way or another</foreign>
                      die disponible Arbeitszeit der Gesellschaft die Produktion regelt.
                      Aber, solange sich diese Reglung nicht
                      durch direkte bewußte Kontrolle der Gesellschaft über ihre Arbeitszeit
                      — was nur möglich bei Gemeineigentum —
                      vollzieht, sondern durch die Bewegung der Preise der Waren, bleibt es bei dem,
                      was <ref target="#EnEsqcritecopol">Du bereits
                      in den <title>Deutsch-Französischen Jahrbüchern</title> ganz zutreffend gesagt hast</ref>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 32:11-12</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>from the outset
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Curiously, the fellow [Dühring] has not detected
                      the three fundamentally new elements of the book:
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      1. that in contrast to <emph>all</emph> previous political economy,
                      which <emph>from the outset</emph> treated the particular fragments of surplus value
                      with their fixed forms of rent, profit and interest as already given,
                      I begin by dealing with the general form of surplus value, in which
                      all these elements are still undifferentiated, in solution as it were;
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      2. that the economists, without exception, have missed the simple fact that,
                      if the commodity has the double character of use value and exchange value,
                      then the labour represented in the commodity must also have a double character;
                      thus the bare analysis of labour <foreign xml:lang="fr">sans phrase</foreign>
                      as in Smith, Ricardo, etc., is bound to come up against the inexplicable everywhere.
                      This is, in fact, the whole secret of the critical conception;
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      3. that for the first time wages are shown as the irrational outward form of a hidden relationship,
                      and this is demonstrated exactly in both forms of wages: time wages and piece wages.
                      (It was a help to me that similar formulae are often found in higher mathematics.)
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      As for Mr Dühring’s modest objection to the determination of value,
                      he will be astonished when he sees in Volume II<!--
                      418 (p. 647) According to the arrangement with the publisher that Marx mentions in his letter,
                      he planned after the publication of Volume One of Capital (appeared in September 1867)
                      to publish Book Two and Book Three as Volume Two,
                      and Book Four, which contained a critical history of economic theories,
                      as a concluding Volume Three. -->
                      <!-- Mais la note a d’abord servi pour la lettre de Hanovre le 30 avril 1867
                      à Sigfrid Meyer à New York (p. 366) et c’est là (p. 366-367)
                      qu’il parle de l’éditeur et des volumes suivants. -->
                      how little the determination of value counts for ‘directly’ in bourgeois society.
                      Actually, <emph>no form</emph> of society can prevent the labour time at the disposal of society
                      from regulating production in <hi rend="petitescapitales">one way or another</hi>.
                      But so long as this regulation is not effected
                      through the direct and conscious control of society over its labour time
                      — which is only possible under common ownership —
                      but through the movement of commodity prices,
                      then things will remain <ref target="#EnEsqcritecopol">as you so aptly described them already
                      in</ref> the <title xml:lang="de">Deutsch-Französische Jahrbücher</title>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 42:514-515.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Ce <term>Volume II</term> qui <emph>surprendra</emph> Dühring, ce serait,
              selon <ref target="#Marxlettre1867-04-30SigfridMeyer">une lettre de 1867</ref>,
              <emph>l’ensemble</emph> de la suite du Volume I de 1867, donc
              <emph>l’ensemble</emph> de la suite de la critique de l’économie politique,
              suite qui est devenue non un mais deux volumes, en français Livre II et Livre III.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-03-06Kugelmann" type="level2_document">
            <head>
              À Ludwig Kugelmann<seg rend="invisible">, le 6 mars 1868</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Ludwig Kugelmann, Londres, le <date>6 mars
              1868</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>, <title>Lettres sur les
              sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>, lettre 51, p. 59-60.
              <author>Marx</author>, <author>Engels</author>, <title>Correspondance</title>, tome 9,
              <publisher>Messidor/Éditions sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>,
              <date>1982</date>, lettre 106, p. 178-179.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>Dühring</term></index>❦ Dühring
              <index><term>matérialisme</term></index>❦ matérialisme
              <index><term>idéalisme</term></index>❦ idéalisme
              <index><term>fonds rationnel et enveloppe mystique de la logique hégélienne</term></index>
              <index><term>noyau rationnel et enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>❦ noyau rationnel et enveloppe mystique de la dialectique hégélienne
              <index><term>rationnel, noyau de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>mystique, enveloppe de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>❦ retournement de la dialectique hégélienne
               <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, noyau rationnel de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, enveloppe mystique de la —</term></index>
              <index><term>méthode de Marx</term></index><index><term>Marx, méthode</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 32.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      […] Er [Dühring] hatte zweierlei getan. Erstens […] eine <title>Kritische
                      Grundlegung der Nationalökonomie</title> (<foreign xml:lang="en">about</foreign>
                      500 pages) und eine neue <title>Natürliche Dialektik</title> (gegen die
                      Hegelsche) veröffentlicht. Mein Buch hat ihn nach beiden Seiten hin beerdigt.
                      […] Übrigens begeht  er halb aus Absicht, halb aus Mangel an Einsicht
                      Betrügereien. Er weiß sehr wohl, daß meine Entwicklungsmethode <emph>nicht</emph>
                      die Hegelsche ist, da ich Materialist, Hegel Idealist. Hegels Dialektik ist
                      die Grundform aller Dialektik, aber nur <emph>nach</emph>  Abstreifung ihrer
                      mystischen Form, und dies gerade unterscheidet <emph>meine</emph> Methode.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <title>MEW</title>, Band 32, p. 538.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      […] Il [Dühring] avait publié deux choses : d’abord […] une <title xml:lang="de-DE">Kritische Grundlegung der Nationalökonomie</title> (<foreign xml:lang="en">about</foreign> 500 pages) et une nouvelle <title xml:lang="de-DE">Natürliche Dialektik</title> (dirigée contre la dialectique de
                      Hegel). Mon livre l’a coulé des deux côtés. […] D’ailleurs, moitié
                      intentionnellement, moitié par manque de discernement, il commet des
                      malhonnêtetés. Il sait très bien que ma méthode d’exposition <emph>n’est
                      pas</emph> celle de Hegel, puisque je suis matérialiste et Hegel idéaliste.
                      La dialectique de Hegel est la forme fondamentale de toute dialectique,
                      mais seulement <emph>une fois</emph> dépouillée de sa forme mystique, et
                      c’est précisément cela qui distingue <emph>ma</emph> méthode […]
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    P. 59-60, resp. 178.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <!-- <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea"></p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      […] He [Dühring] has done two things.
                      Firstly […] he published a <title>Kritische Grundlegung der Nationalökonomie</title> (about 500 pages)
                      and a new <title>Natürliche Dialektik</title> (against Hegelian dialectic).
                      My book has buried him in both respects. […]
                      Incidentally he practises deception, half intentionally and half from lack of insight.
                      He knows full well that my method of exposition is <emph>not</emph> Hegelian,
                      since I am a materialist, and Hegel an idealist.
                      Hegel’s dialectic is the basic form of all dialectic,
                      but only <emph>after</emph> being stripped of its mystical form,
                      and it is precisely this which distinguishes <emph>my</emph> method.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 42:544.
                    Aussi <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1868/letters/68_03_06-abs.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-03-25Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 25 mars 1868</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>25 mars 1868</date>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>agriculture and deforestation</term></index>❦ agriculture and deforestation
                  <index><term>deforestation by agriculture</term></index>
                  <index><term>steppe formation by agriculture</term></index>
                  <index><term>climate change in historical times</term></index>
                  <index><term>agriculture, consciously controlled</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Very interesting is the book by Fraas (1847):
                  <title>Klima und Pflanzenwelt in der Zeit, eine Geschichte beider</title>,
                  namely as proving that climate and flora change in <emph>historical</emph> times.
                  He is a Darwinist before Darwin, and admits even the <term xml:lang="la">species</term> developing in historical times.
                  But he is at the same time agronomist.
                  He claims that with cultivation — depending on its degree — the ‘moisture’ so beloved by the peasants gets lost
                  (hence also the plants migrate from south to north), and finally steppe formation occurs.
                  The first effect of cultivation is useful, but finally devastating through deforestation, etc.
                  The man is both a thoroughly learned philologist (he has written books in <emph>Greek</emph>) and a chemist, agronomist, etc.
                  The conclusion is that cultivation
                  — when it proceeds in natural growth and is not <emph>consciously controlled</emph>
                  (as a bourgeois he naturally does not reach this point) —
                  leaves deserts behind it, Persia, Mesopotamia, etc., Greece.
                  So once again an unconscious socialist tendency !
                </p>
                <p rend="alinea">
                  This Fraas is also interesting as a German case-study.
                  First Dr. med., then inspector and teacher of chemistry and technology.
                  At present head of Bavarian veterinary services, university professor, head of state agricultural experiments, etc.
                  In his latest writings you see his advanced age, but he is still a dashing fellow.
                  He has been around a lot in Greece, Asia Minor, Egypt !
                  His history of agriculture is also important.
                  He calls Fourier this “pious and humanist socialist.” […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  We must keep a close watch on the recent and very latest in agriculture.
                  The <emph>physical</emph> school is pitted against the <emph>chemical</emph>.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                MECW 42:558-559.
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:281-282.
              </bibl>
            </cit>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-04-11Laura" type="level2_document">
            <head>
              Marx to Laura and Paul Lafargue<seg rend="invisible"> in Paris, London, 11 April 1868</seg>
            </head>
            <bibl>Marx to Laura and Paul Lafargue in Paris, London, 11 April 1868.</bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>César De Paepe, Das Kapital</term></index>❦ César De Paepe, Das Kapital
              <index><term>De Paepe, César, Das Kapital</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Ich erwarte von Meißner 3 Exemplare meines Buchs. Wenn sie ankommen, werde ich
                      zwei an Cesar De Paepe schicken, eins für ihn selbst, das andere für Altmeyer.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 32:544.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      I am expecting, from Meissner, 3 copies of my book [Das Kapital I]. On their
                      arrival, I shall send two to Caesar de Paepe, one for himself, the other for
                      Altmayer [sic, Altmeyer].
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 43:9.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Intéressant en ce que ça montre la proximité entre Marx et César de Paepe et le fait
              que De Paepe est un des tout premiers en Belgique à avoir reçu <title>Das
              Kapital</title>. On a par ailleurs <ref target="#Marxlettre1873-12-07Engels">des
              indications</ref> qu’il s’est efforcé de le lire en allemand et que cela l’a intéressé
              au point de vouloir en propager les concepts (qu’il n’a peut-être pas toujours
              bien compris).
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-05-09Dietzgen" type="level2_document">
            <head>
              À Joseph Dietzgen<seg rend="invisible">, le 9 mai 1868</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Joseph Dietzgen, [Londres,
              le <date>9 mai 1868</date>.] Cité par <author>Dietzgen</author> dans le
              <title>Volkstaat</title> du <date>9 janvier 1976</date>.
              <author>Marx</author>, <author>Engels</author>, <title>Lettres sur les
              sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions sociales</publisher>,
              <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>, lettre 55, p. 64.
               <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Correspondance</title>, tome 9, <publisher>Messidor/Éditions
              sociales</publisher>, Paris, 1982, lettre 133, p. 229.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>fonds rationnel et enveloppe mystique de la logique hégélienne</term></index>
              <index><term>noyau rationnel et enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>❦ noyau rationnel et enveloppe mystique de la dialectique hégélienne
              <index><term>rationnel, noyau de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>mystique, enveloppe de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>❦ retournement de la dialectique hégélienne
               <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, noyau rationnel de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, enveloppe mystique de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, lois</term></index>
              <index><term>dialectique de Marx, projet de l’écrire</term></index>❦ dialectique de Marx, projet de l’écrire
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">[…] Quand je me serai débarrassé de mon fardeau
                économique, j’écrirai une « Dialectique ». Les lois correctes de la
                dialectique sont déjà contenues dans Hegel ; sous une forme, il est vrai,
                mystique. Il s’agit de la dépouiller de cette forme […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il garde en tête le projet qu’il <ref target="#Marxlettre1858-01-16Engels">annonçait déjà dix ans avant</ref>.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-07-11Kugelmann" type="level2_document">
            <head>
              À Ludwig Kugelmann<seg rend="invisible">, le 11 juillet 1868</seg>
            </head>

            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Ludwig Kugelmann, Londres,
              le <date>11 juillet 1868</date>. <title>Lettres à Kugelmann</title>,
              Éditions sociales, Paris, 1971, p. 103 (<ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1868/07/km18680711.htm">marxists.org/francais/marx/works/1868/07/km18680711.htm</ref>).
            </bibl>
            <bibl>
              Cité par Roubine dans ses <title><ref target="../../wikindx/index.php?action=list_LISTSOMERESOURCES_CORE&amp;method=creatorProcess&amp;id=1119">Essais sur la théorie de la valeur de Marx</ref></title>, 1928.
            </bibl>

            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>nécessité de la répartition du travail social en proportions déterminées</term></index>❦ nécessité de la répartition du travail social en proportions déterminées
              <index><term>répartition du travail social en proportions déterminées, nécessité de la —</term></index>
              <index><term>allocation du travail social en proportions déterminées, nécessité de l’—</term></index>
              <index><term>loi du développement harmonieux</term></index>❦ loi du développement harmonieux
              <index><term>Wertgesetz</term></index> <index><term>loi de la valeur</term></index>❦ loi de la valeur
              <index><term>loi naturelle de la société</term></index>❦ loi naturelle de la société
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">
                      <pb n="552¾"/>Daß jede Nation verrecken würde, die, ich will nicht sagen für ein Jahr,
                      sondern für ein paar Wochen die Arbeit einstellte, weiß jedes Kind.
                      Ebenso weiß es, daß die den verschiednen Bedürfnismassen entsprechenden Massen von Produkten
                      verschiedne und quantitativ bestimmte Massen der gesellschaftlichen Gesamtarbeit erheischen.
                      Daß diese <emph>Notwendigkeit</emph> der <emph>Verteilung</emph> der gesellschaftlichen Arbeit
                      in bestimmten Proportionen durchaus nicht durch die <pb n="553"/><emph>bestimmte Form</emph>
                      der gesellschaftlichen Produktion aufgehoben, sondern nur ihre <emph>Erscheinungsweise</emph> ändern kann,
                      ist <foreign xml:lang="en">self-evident</foreign>.
                      Naturgesetze können überhaupt nicht aufgehoben werden.
                      Was sich in historisch verschiednen Zuständen ändern kann, ist nur die Form, worin jene Gesetze sich durchsetzen.
                      Und die <emph>Form</emph>, worin sich diese proportioneile Verteilung der Arbeit
                      durchsetzt in einem Gesellschaftszustand, worin der Zusammenhang der
                      gesellschaftlichen Arbeit sich als <emph>Privataustausch</emph> der
                      individuellen Arbeitsprodukte geltend macht, ist eben der <emph>Tauschwert</emph>
                      dieser Produkte.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                       Die Wissenschaft besteht eben darin, zu entwickeln, <emph>wie</emph> das
                       Wertgesetz sich durchsetzt. Wollte man also von vornherein alle dem Gesetz
                       scheinbar widersprechenden Phänomene „erklären", so müßte man die
                       Wissenschaft <emph>vor</emph> der Wissenschaft liefern. Es ist grade der
                       Fehler Ricardos, daß er in seinem ersten Kapitel über den Wert [625] alle
                       möglichen Kategorien, die erst entwickelt werden sollen, <emph>als gegeben</emph>
                       voraussetzt, um ihr Adäquatsein mit dem Wertgesetz nachzuweisen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Allerdings beweist andrerseits, wie Sie richtig unterstellt haben, <emph>die
                      Geschichte der Theorie</emph>, daß die Auffassung des Wertverhältnisses <emph>stets dieselbe</emph> war, klarer oder unklarer, mit Illusionen verbrämter
                      oder wissenschaftlich bestimmter. Da der Denkprozeß selbst aus den
                      Verhältnissen herauswächst, selbst ein <emph>Naturprozeß</emph> ist, so kann
                      das wirklich begreifende Denken immer nur dasselbe sein, und nur graduell,
                      nach der Reife der Entwicklung, also auch des Organs, womit gedacht wird,
                      sich unterscheiden. Alles andre ist Faselei.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Der Vulgärökonom hat nicht die geringste Ahnung davon, daß die wirklichen,
                      täglichen Austauschverhältnisse und die Wertgrößen <emph>nicht unmittelbar</emph>
                      identisch sein können. Der Witz der bürgerlichen Gesellschaft besteht ja eben
                      darin, daß a priori keine bewußte gesellschaftliche Reglung der Produktion
                      stattfindet. Das Vernünftige und Naturnotwendige setzt sich nur als blind
                      wirkender Durchschnitt durch. Und dann glaubt der Vulgäre eine große
                      Entdeckung zu machen, wenn er der Enthüllung des inneren Zusammenhangs
                      gegenüber drauf pocht, daß die Sachen in der Erscheinung anders aussehn. In
                      der Tat, er pocht drauf, daß er an dem Schein festhält und ihn als Letztes
                      nimmt. Wozu dann überhaupt eine Wissenschaft ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Aber die Sache hat hier noch einen andren Hintergrund. Mit der Einsicht in
                      den Zusammenhang stürzt, vor dem praktischen Zusammensturz, aller
                      theoretische Glauben in die permanente Notwendigkeit der bestehenden <pb n="554"/>Zustände. Es ist also hier absolutes Interesse der herrschenden
                      Klassen, die gedankenlose Konfusion zu verewigen. Und wozu anders werden die
                      sykophantischen Schwätzer bezahlt, die keinen andern wissenschaftlichen
                      Trumpf auszuspielen wissen, als daß man in der politischen Ökonomie überhaupt
                      nicht denken darf !
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MEW, Band 32, S. 552-554.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="fr">
                    <p rend="alinea">
                      <pb n="103"/>Toute nation crèverait qui cesserait le travail,
                      je ne veux pas dire pour un an, mais ne fût-ce que pour quelques semaines
                      — n’importe quel enfant sait ça.
                      Il sait de même que les masses de produits correspondant aux différentes masses de besoins
                      exigent des masses différentes et quantitativement déterminées de l’ensemble du travail social.
                      La <emph>forme déterminée</emph> de la production sociale ne peut nullement supprimer
                      cette <emph>nécessité</emph> de la <emph>répartition</emph> du travail social en proportions déterminées :
                      mais peut seulement modifier la <emph>façon dont elle se manifeste</emph>
                      — c’est <foreign xml:lang="en">self-evident</foreign>.
                      Des lois naturelles ne peuvent absolument pas être abrogées.
                      Ce qui peut se modifier, dans des situations historiques différentes,
                      c’est uniquement la <emph>forme</emph> sous laquelle ces lois s’appliquent.
                      Et la <emph>forme</emph> sous laquelle cette répartition proportionnelle du travail se réalise,
                      dans une situation sociale où la cohérence du travail social
                      se manifeste comme <emph>échange privé</emph> des produits individuels du travail,
                      c’est précisément la <emph>valeur d’échange</emph> de ces produits.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La science consiste précisément à expliquer <emph>comment</emph> cette loi de la valeur s’impose.
                      Si l’on voulait donc a priori « expliquer » tous les phénomènes qui en apparence contredisent la loi,
                      il faudrait pouvoir fournir la science <emph>avant</emph> la science.
                      C’est justement l’erreur de Ricardo qui, dans son premier chapitre sur la valeur,
                      suppose <emph>données</emph> toutes les catégories possibles, alors qu’il faut commencer par les expliquer,
                      pour démontrer leur conformité à la loi de la valeur.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Il est vrai que <emph>l’histoire de la théorie</emph> prouve d’autre part, comme vous l’avez supposé avec raison,
                      que la conception du rapport de valeur a <emph>toujours été la même</emph>,
                      plus ou moins claire, tantôt entachée d’illusions, tantôt mieux définie scientifiquement.
                      Comme le processus de la pensée émane lui-même des circonstances,
                      et est, lui-même, un <emph>processus de la nature</emph>,
                      la pensée, en tant qu’elle appréhende réellement les choses, ne peut qu’être toujours identique,
                      et elle ne peut se différencier que graduellement, en fonction de la maturité atteinte par l’évolution,
                      et donc aussi de la maturité de l’organe qui sert à penser.
                      Tout le reste n’est que radotage.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      L’économiste vulgaire n’a pas la moindre idée de ce que les relations d’échange réelles, quotidiennes
                      et les grandeurs des valeurs ne peuvent être <emph>immédiatement</emph> identiques.
                      Ce qui est curieux dans la société bourgeoise, c’est justement ceci
                      que n’a lieu a priori aucune régulation sociale consciente de la production.
                      La rationalité et la nécessité naturelle ne s’imposent que sous la forme d’une moyenne fonctionnant de manière aveugle.
                      Et alors l’économiste vulgaire croit faire une grande découverte lorsque,
                      se trouvant devant la révélation de la structure interne des choses,
                      il se targue avec insistance que ces choses se montrent tout autres en apparence.
                      En fait, il se targue de s’en tenir fermement à l’apparence qu’il considère comme la vérité dernière.
                      Alors, à quoi bon encore une science ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Mais il y a dans cette affaire encore un autre arrière-plan.
                      Une fois qu’on a vu clair dans cette interconnexion, avant l’effondrement pratique,
                      toute croyance théorique à la nécessité permanente de l’état de choses actuel s’effondre.
                      Il y a donc ici un intérêt absolu des classes dominantes à perpétuer cette confusion et ce vide de pensée.
                      Et sinon pourquoi donc paierait-on ces sycophantes bavards, qui n’ont d’autre atout scientifique à jouer
                      que d’affirmer qu’en économie politique on n’oserait pas penser !
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Traduction rapprochée par moi de l’allemand.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      Every child knows that any nation
                      that stopped working, not for a year, but let us say, just for a few
                      weeks, would perish. And every child knows, too, that the amounts
                      of products corresponding to the differing amounts of needs
                      demand differing and quantitatively determined amounts of
                      society’s aggregate labour. It is <hi rend="petitescapitales">self-evident</hi> that this <emph>necessity</emph> of the
                      <emph>distribution</emph> of social labour in specific proportions is certainly not
                      abolished by the <emph>specific form</emph> of social production; it can only
                      change <emph>its form of manifestation</emph>. Natural laws cannot be abolished
                      at all. The only thing that can change, under historically differing
                      conditions, is the <emph>form</emph> in which those laws assert themselves. And
                      the form in which this proportional distribution of labour asserts
                      itself in a state of society in which the interconnection of social
                      labour expresses itself as the <emph>private exchange</emph> of the individual
                      products of labour, is precisely the <emph>exchange value</emph> of these
                      products.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Where science comes in is to show <emph>how</emph> the law of value asserts
                      itself. So, if one wanted to ‘explain’ from the outset all phenomena
                      that apparently contradict the law, one would have to provide the
                      science <emph>before</emph> the science. It is precisely Ricardo’s mistake that in
                      his first chapter, on value, all sorts of categories that still have to
                      be arrived at are assumed <emph>as given</emph>, in order to prove their
                      harmony with the law of value.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      On the other hand, as you correctly believe, <emph>the history of the
                      theory</emph> of course demonstrates that the understanding of the value
                      relation has <emph>always been the same</emph>, clearer or less clear, hedged with
                      illusions or scientifically more precise. Since the reasoning process
                      itself arises from the existing conditions and is itself a <emph>natural
                      process</emph>, really comprehending thinking can always only be the
                      same, and can vary only gradually, in accordance with the
                      maturity of development, hence also the maturity of the organ
                      that does the thinking. Anything else is drivel.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      The vulgar economist has not the slightest idea that the actual,
                      everyday exchange relations and the value magnitudes <emph>cannot be
                      directly identical</emph>. The point of bourgeois society is precisely that,
                      <emph>a priori</emph>, no conscious social regulation of production takes place.
                      What is reasonable and necessary by nature asserts itself only as a
                      blindly operating average. The vulgar economist thinks he has
                      made a great discovery when, faced with the disclosure of the
                      intrinsic interconnection, he insists that things look different in
                      appearance. In fact, he prides himself in his clinging to
                      appearances and believing them to be the ultimate. Why then have
                      science at all ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      But there is also something else behind it. Once interconnection
                      has been revealed, all theoretical belief in the perpetual necessity of
                      the existing conditions collapses, even before the collapse takes place
                      in practice. Here, therefore, it is completely in the interests of the
                      ruling classes to perpetuate the unthinking confusion. And for what
                      other reason are the sycophantic babblers paid who have no other
                      scientific trump to play except that, in political economy, one may
                      not think at all !
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 43:68-69.
                    Aussi <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1868/letters/68_07_11-abs.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              Il me semble que « cette nécessité de la répartition du travail social en proportions
              déterminées » dans tous les modes de production correspond étroitement à ce que le
              <ref target="../manuel/manuel.html"><title>Manuel d’économie politique</title></ref>
              appelle <ref target="../manuel/chap30.html">loi du développement
              harmonieux</ref>. Pour Marx comme pour les auteurs du <title>Manuel</title>, cette
              loi s’impose à toute société. Dans une société marchande, cette harmonie est imposée,
              cahin-caha, par la loi de la valeur.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Cette lettre est par ailleurs très importante sur les lois naturelles qui s’imposent
              à la société, sur la science, sur les limites de l’économie classique, sur l’idéologie
              de la classe dominante. D’un côté la science (ou l’idéologie) bourgeoise s’en tient à
              l’apparence (systématisation de l’apparence ; ériger l’apparence en système) ; elle
              est donc victime de ses limites ; son discours est crédible parce qu’il est dans une
              certaine mesure véridique : une vérité de surface. D’un autre côté c’est un mensonge,
              au moins un mensonge par omission si les économistes sont payés pour ne pas penser.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Marxlettre1868-11-18Engels" type="level2_document">
            <head>
              À Friedrich Engels<seg rend="invisible">, le 18 novembre 1868</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author>, lettre à Friedrich Engels, le <date>18 novembre 1868</date>.
            </bibl>
            <index><term>cellule, noyau</term></index>
            <index><term>noyau de la cellule</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Büchner’s clumsy work [1868] is of interest to me in as much as it quotes most
                  of the German research in the field of Darwinism — Prof. Jäger (Vienna) [1864]
                  and Prof. Haeckel [1866, 1868]. According to them the cell, has been abandoned
                  as the primaeval form ; instead a formless but contractile particle of albumen
                  is taken as <hi rend="petitescapitales"><foreign xml:lang="en">starting point</foreign></hi>.
                  This hypothesis was later confirmed by the discoveries in Canada (later also in Bavaria and
                  <hi rend="petitescapitales">some other places</hi>). The primaeval form must
                  naturally be traced down to the point at which it may be produced chemically.
                  And it appears that the way to this point has been found.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                MECW 43:192.
                Cité dans <ref target="../../biblio/Baksi1996.html">Baksi 1996</ref>:281-282.
              </bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Peut-être les premières approches des acides nucléiques, qui n’ont été isolés qu’en
              1869 (Friedrich Miescher). Dès 1866, Haeckel faisait l’hypothèse du rôle du noyau dans
              l’hérédité.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="Engelslettre1869-03-21Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 21 mars 1869</seg>
            </head>
            <bibl>
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, Manchester,
              le <date>21 mars 1869</date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>,
              <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions
              sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1973</date>,
              lettre 68, p. 71-72.
            </bibl>
            <index><term>Big Bang</term></index>
            <index><term>univers, refroidissement</term></index>
            <index><term>thermodynamique</term></index>
            <index><term>Laplace</term></index>
            <index><term>science et philosophie</term></index>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">[…] La mutation des forces naturelles, notamment de la
                chaleur en force mécanique, etc., a donné lieu en Allemagne à une théorie
                extrêmement insipide, qui découle du reste déjà avec une certaine nécessité
                de la vieille théorie de Laplace, mais que l’on avance maintenant avec des
                preuves quasiment mathématiques : à savoir que l’univers ne cesse de
                refroidir, que les températures à l’intérieur de l’univers tendent toujours
                plus à s’équilibrer, et qu’ainsi il arrive finalement un moment où toute
                vie devient impossible, où le monde entier n’est plus constitué que de
                planètes gelées tournant les unes autour des autres. Il n’y a qu’à attendre
                que les curés s’emparent de cette théorie comme du dernier mot du
                matérialisme. On ne peut rien imaginer de plus bête. Étant donné que
                d’après cette théorie il est toujours nécessairement transformé plus de
                chaleur en d’autres formes d’énergie qu’il n’est possible que d’autres
                formes d’énergie se transforment en chaleur, il s’ensuit naturellement que
                l’<emph>état de grande chaleur</emph> originel à partir duquel tout se
                refroidit est absolument inexplicable, et même que c’est une contradiction
                et que cela présuppose donc l’existence d’un Dieu. Le choc initial de
                Newton s’est transformé en échauffement initial. Et pourtant cette théorie
                passe pour être le fin du fin du matérialisme le plus accompli, ces
                messieurs préfèrent se construire un monde qui commence dans l’absurdité et
                s’achève dans l’absurdité, plutôt que de voir dans ces conséquences
                absurdes la preuve que jusqu’à présent ils ne connaissent qu’à moitié leur
                soi-disant loi naturelle. Mais en attendant cette théorie fait fureur en
                Allemagne […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">J’apprends ici qu’au milieu du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
            on envisageait déjà, du point de vue de la
            thermodynamique, un « état de grande chaleur originel ». On y est revenu au
            20<hi rend="ordinal">e</hi> à partir des équations d’Einstein et de
            l’observation de l’expansion de l’univers.</p>
            <p rend="alinea">Mais « ce monsieur » Engels fait passer son préjugé
            philosophique avant tout : « ce qui découle du reste déjà avec une certaine
            nécessité de la vieille théorie de Laplace » et « que l’on avance maintenant
            avec des preuves quasiment mathématiques » est cependant faux, absurde,
            intolérable parce que ça contrevient à sa « loi naturelle » à lui Engels,
            sans doute « loi » philosophique hégélienne. Pour Popper, une théorie est
            réfutée par un fait constituant un contre-exemple. Pour Engels, une théorie
            est réfutée quand elle s’oppose à son propre préjugé philosophique et ceux
            qui ont l’audace de ne pas s’incliner sont les derniers des idiots. Bien sûr,
            nul n’est sensé ignorer les préjugés d’Engels. Cette découverte scientifique
            est d’autant plus fausse qu’elle ne peut manquer de faire plaisir aux curés.
            (Engels n’est pas le seul à être aveuglé par ce genre de préjugé : au
            20<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, plusieurs ont refusé le Big Bang parce
            que ça pouvait faire penser à une création divine et que l’auteur en était un
            curé.) Voilà de bien curieux critères de vérité scientifique.</p>
          </div>




          <div xml:id="BelgianMassacres1869">
            <head>
              The Belgian Massacres
              <seg rend="invisible">(Marx, 1869)</seg>
            </head>
            <p rend="alinea" xml:id="BelgianMassacres1869-paradise"><label rend="invisible">Karl Marx, The Belgian Massacres, 1869 (address of the General Council of the International)</label>
              <index><term>paradis du propriétaire foncier, du capitaliste et du prêtre, la Belgique</term></index>
              <index><term>Belgique, paradis du capitaliste</term></index>
              <index><term>Seraing, tuerie des 9 au 12 avril 1869</term></index>
              <index><term>Frameries, tuerie d’avril 1869</term></index>
              <index><term>Eudore  Pirmez, ministre de l’Intérieur, tueries d’avril 1869</term></index>
              <index><term>Pirmez, Eudore, ministre de l’Intérieur, tueries d’avril 1869</term></index>
            </p>
            <bibl>
              Karl Marx, à la réunion du 4 mai 1869 du Conseil général de l’Internationale.
              <lb/>En brochure en anglais, à Londres le 12 mai 1869.
              <lb/>En français, en Belgique :
              <lb/>– dans <title>L’Internationale</title>, n<hi rend="ordinal">o</hi> 18, 15 mai 1869 ;
              <lb/>– dans <title>La Liberté</title>, 16 mai 1869.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea pluspetit">
                  Marx wrote this address to the workers of Europe and the United States
                  following the bloody events in Belgium in April 1869.
                  On April 20, the General Council heard the report of Eugen Hins,
                  representative of the Belgian Federal Council of the International,
                  who had been sent to the spot to investigate the details of the massacre in Seraing and Frameries.
                  Marx was commissioned to draw up an address on behalf of the General Council
                  to denounce the atrocities committed by the Belgian authorities.
                  He wrote it in English and French and read it out at the General Council meeting of May 4.
                  The Council approved the address and decided to have it printed and distributed.
                  In English it was published as a leaflet,
                  “The Belgian Massacres: To the Workmen of Europe and the United States”, in London on May 12, 1869.
                  A copy of the leaflet has been preserved in the Minute Book of the General Council.
                  Part of the leaflet was reproduced in <title>The Bee-Hive</title>, No. 395, May 8, 1869.
                  The French text was published in the Belgian newspapers <title>L’Internationale</title>, No. 18, May 15
                  and <title>La Liberté</title>, May 16, 1869.
                  The German translation by Eccarius was printed in <title>Der Social-Demokrat</title>, No. 58, May 21,
                  in the <title>Demokratisches Wochenblatt</title>, No. 21, May 22, 1869
                  and in other newspapers in Germany, Switzerland and France.
                  The address found a broad response among the people.
                  Read at a mass protest meeting in Brussels on May 16, it was met with tumultuous applause.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 21, note 67, p. 465-466.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Dans ce texte, Marx donne (ci-dessous) une très belle définition de la Belgique :
              « le petit paradis du propriétaire foncier, du capitaliste et du prêtre »<note xml:id="BelgianMassacres1869-not1" n="1" place="bottom">
                L’expression apparaît déjà l’année d’avant, venant probablement de Marx lui-même,
                dans une brochure de 1868 de Wilhelm Eichhoff,
                <title>Die Internationale Arbeiterassociation :
                Ihre Grundung, Organisation, politisch-sociale Thätigheit und Ausbreitung</title>,
                historique qu’Eichhoff a écrit avec l’aide de Marx et dont des passages peuvent être de Marx littéralement.
                (The International Working Men’s Association :
                its Establishment, Organisation, Political and Social Activity, and Growth,
                MECW 21, p. 322-380.
                En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/iwma/archive/eichhoff/iwma-history/index.htm">Marxists Internet Archive</ref>.)
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Belgium is a paradise for the bourgeoisie.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 21, p. 353.
                    C’est au chapitre  8
                    « The International Working Men’s Association, the Trades’ Unions, and the Strikes » (p. 343-361),
                    § 3
                    « The Bloody Conflict Between the Belgian Government and the Miners of Charleroi (March 1868) » (p. 353-361).
                  </bibl>
                </cit>
              </note>,
              où le gouvernement procède à sa tuerie annuelle de travailleurs
              avec autant de régularité que la Terre tournant autour du Soleil en un an.
            </p>
            <floatingText>
              <body>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      There exists but one country in the civilised world where every strike is eagerly and joyously
                      turned into a pretext for the official massacre of the Working Class.
                      That country of single blessedness is Belgium ! the model state of continental constitutionalism,
                      the snug, well-hedged, little paradise of the landlord, the capitalist, and the priest.
                      The earth performs not more surely its yearly revolution
                      than the Belgian Government its yearly Working Men’s massacre.
                      The massacre of this year does not differ from last year’s massacre,<note xml:id="BelgianMassacres1868-nota" n="a" place="bottom">
                        Marx refers to the events in Charleroi (Belgium) in March 1868.
                        See this volume, pp. 14-15. [Ed.]
                      </note>
                      but by the ghastlier number of its victims,
                      the more hideous ferocity of an otherwise ridiculous army,
                      the noiser jubilation of the clerical and capitalist press,
                      and the intensified frivolity of the pretexts put forward by the Governmental butchers.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 21, p. 47.</bibl>
                </cit>
              </body>
            </floatingText>
            <p rend="alinea">
             La note de base de page appelée dans ce texte,
             se réfère au « last year’s massacre », le massacre de l’année d’avant, à Charleroi en 1868.
             À la page suivante, Marx détaille les événements de 1869 :
             <!-- See "Moralités de l’affaire de Seraing" and "Episodes de troubles de Seraing
             et du Borinage", L’Internationale, Nos. 14 and 15, April 18 and 25, 1869.— Ed. -->
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  … the quite legitimate strike of the puddlers in the Cockerill Ironworks, of Seraing,
                  was only converted into a riot by a strong posse of cavalry and gendarmerie
                  suddenly launched upon that place in order to provoke the people.
                  From the 9th to the 12th of April these stout warriors
                  not only recklessly charged with sabre and bayonet the unarmed workmen,
                  they indiscriminately killed and wounded harmless passers-by,
                  forcibly broke into private houses, and even amused themselves
                  with repeated furious onslaughts on the travellers pent up in the Seraing Railway Station.
                  When these days of horror had passed away, it became bruited about that Mr. Kamp,
                  the mayor of Seraing, was an agent of the Cockerill Joint Stock Company,
                  that the Belgian Home Minister, a certain Mr. Pirmez,
                  was the largest shareholder in a neighbouring colliery also on strike,
                  and that His Royal Highness the Prince of Flanders
                  had invested 1 500 000 francs in the Cockerill concern.
                  Hence people jump to the truly strange conclusion
                  that the Seraing massacre was a sort of joint stock company coup d’État,
                  quietly plotted between the firm Cockerill and the Belgian Home Minister,
                  for the simple purpose of striking terror unto their disaffected subjects.
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                MECW 21, p. 47.
                En ligne, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/iwma/documents/1869/belgian-massacre.htm">Marx-Engels Archive</ref>, Marxists Internet Archive.
              </bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Mais, dit Marx avec ironie, les évènements ont prouvé que c’est une calomnie
              d’accuser le ministre de l’Intérieur Eudore Pirmez
              (<ref target="https://fr.wikipedia.org/wiki/Eudore_Pirmez">1830-1890, Wikipédia</ref>)
              d’avoir organisé la tuerie de Seraing dans son intérêt propre.
              En effet, le même Pirmez a ensuite organisé une tuerie à Frameries,
              où il ne semble pas avoir d’intérêts, ce qui montre bien son désintéressement :
              il est injuste de l’accuser de tuer seulement pour son fric personnel.
            </p>
          </div>


          <div xml:id="IstInternationalOctNov1869">
            <head>
              On the Refusal by the English Press to take Notice
              of the Growth of Sympathy with Ireland among English Workers
              <seg rend="invisible">(Marx, 1869)</seg>
            </head>
            <bibl>
              On the Refusal by the English Press to take Notice of the Growth of Sympathy with
              Ireland among English Workers and on the Opening of the Debate on the Irish Question,
              Documents of the First International 1869, Record of the Speech and Content of the Letter.
              From the Minutes of the General Council Meetings of October 26 and November 9, 1869.
              In <title>Marx and Engels on Ireland</title>, Progress Publishers, Moscow 1971.
              Online <ref target="https://www.marxists.org/history/international/iwma/documents/1869/sympathy-irish.htm">in the Marx-Engels Archive</ref>, Marxists Internet Archive.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>division de la classe ouvrière, ouvriers anglais et irlandais</term></index>
                  <index><term>irlandais, ouvrier, et préjugé de l’ouvrier anglais</term></index>
                  <index><term>préjugé, de l’ouvrier anglais envers l’ouvrier irlandais</term></index>
                  Marx said the principal thing was whatever was passed would be suppressed by
                  the London press. The main feature of the demonstration had been ignored, it was
                  that at least a part of the English working class had lost their prejudice against
                  the Irish.
                </p>s
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              La manifestation en question est rapportée par Yvonne Kapp dans <ref target="../../biblio/Kapp1977a.html#Kapp1977a-p117-118">Kapp 1977a, p. 117</ref>. Elle y cite
              aussi ce jugement de Marx, p. 117-118. Idem dans <ref target="../../biblio/Holmes2014.html#Holmes2014p98">Holmes 2014, p. 98</ref>. Cela tempère
              dans une certaine mesure le jugement plus général dans <ref target="Marxlettre1870-04-09MeyerVogt.html">la lettre à Meyer et à Vogt</ref> six mois plus tard.
            </p>

          </div>
        </div>
        <div xml:id="Capital-IV" type="level1_Livre">
          <head>
            Théories sur la plus-value (1861-1863)<!--
            <lb />(<title>Le Capital</title>, Livre quatrième) -->
          </head>

          <div xml:id="Capital-IVedit" type="level2_">
            <head>
              Indications sur les éditions des <title>Théories sur la plus-value</title>
            </head>

            <p rend="alinea">
              Les <title>Théories sur la plus-value</title> ont parfois
              été présentées comme le Livre IV du <title>Capital</title>,
              ce que d’autres contestent<note xml:id="Capital-IVedit-not1" n="1" place="bottom">
                Michael Heinrich, par exemple, considère (<ref target="../../biblio/Heinrich2021.html">Heinrich 2021</ref>:365)
                que le Livre IV manque et que les <title>Théories sur la plus-value</title>, c’est autre chose.
              </note>.
              <!-- À un moment, Marx annonce que son <title>Capital</title> comportera quatre Livres.
              En retrouvant les manuscrits des <title>Théories sur la plus-value</title>,
              on a conclu, peut-être un peu vite, qu’après les trois Livres connus,
              cela constituait le Livre IV. -->
            </p>
            <p rend="alinea">
              Dans le long chemin qui mène à la publication du Livre I en 1867,
              Marx esquisse différents plans.
              Dans une lettre à Lassalle le 2 février 1858, par exemple, Marx donne
              un plan en six parties du travail qu’il projette sur l’économie politique,
              mais « la critique et l’histoire de l’économie politique et du socialisme
              devraient faire l’objet d’un autre travail ».
              Dans le plan en six parties ci-dessus, le capital n’en est que la première,
              elle même divisée en quatre (lettre à Engels du 2 avril 1858) sections,
              dont aucune ne correspond aux <title>Théories sur la plus-value</title>.
              Mais il y a beaucoup d’autres plans que je n’ai pas étudiés.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Bref, dans l’éclairage de 1858, ces <title>Théories sur la plus-value</title>,
              pourraient être cet « autre travail » dit dans la lettre à Lassalle,
              plutôt qu’un Livre IV du <title>Capital</title>.
              Mais, par contre, <ref target="#Marxlettre1867-04-30SigfridMeyer">une lettre de 1867</ref>,
              à l’occasion de la parution du Livre I,
              apporte une nouvelle légitimité à l’étiquette Livre IV aux <title>Théories sur la plus-value</title>.
            </p>
            <!-- Faire un jour l’inventaire des plans successifs ?
                 Mais je ne vais pas passer à vie à de telles controverses,
                 futiles sauf si elles permettent de mieux comprendre le développement de sa pensée. -->

            <label xml:id="Capital-IVedit-de" rend="fakehead h2">En allemand :</label>
            <p rend="alinea">
              Manuscrit de Marx de 1861-1863.
            </p>
            <p rend="alinea">
              <index><term>Kautsky, édition des Théories sur la plus-value</term></index>
              <index><term>Théories sur la plus-value, Kautsky</term></index>
              <index><term>Theorien über den Mehrwert, Kautsky</term></index>
              Les <title>Theorien über den Mehrwert</title> seront éditées par Kautsky de 1905 à 1910.
              Kautsky a voulu rendre le texte compréhensible
              et gommer ce qui avait trop caractère de manuscrit inachevé.
              En particulier, il a réorganisé le matériel selon un plan à lui.
              En 1956, au contraire, l’édition de l’Institut du marxisme-léninisme de Berlin
              tend à rendre le mieux possible l’original.
              Cette édition est reprise, encore revue, dans les <title>Marx-Engels Werke</title>
              (<title>MEW</title>), Band 26.1, Band 26.2, Band 26.3.
            </p>

            <label xml:id="Capital-IVedit-fr" rend="fakehead h2">En français :</label>
            <p rend="alinea">
              <bibl>
                <title>Théories sur la plus-value</title>
                ( Livre IV du <title>Capital</title>),
                <publisher>Éditions sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>,
                en deux volumes, tome 1, 1974 ; tome 2, 1975.
              </bibl>
              Publié sous la direction de Gilbert Badia, texte français établi par Gilbert Badia,
              Jean-Pierre Briand, Georges Hadju-Villa, Félix Kreissler, Pierre Lefranc,
              Claude Mainfroy, Brigitte Pätzold, Claude Ravel, Jean Tailleur, Liliane Volery.
            </p>
            <p rend="alinea">
              C’est de l’édition française de 1974 que je reprends les textes
              et que je donne des numéros de tomes et de pages.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IVchap10" type="level2_chap">
            <head>
              Chapitre 10
              — Théorie de Ricardo et de Smith sur le coût de production (réfutation)
            </head>
            <bibl>T. 2, p. 179-271.</bibl>

            <div xml:id="Capital-IVchap10B">
              <head>
                [B. La théorie de coût de production chez Smith]
              </head>
              <bibl>T. 2, p. 246-271.</bibl>
              <div xml:id="Capital-IVchap10Bpara1">
                <head>
                  [1. Faux présupposé de Smith pour sa théorie des coûts de production.
                  Inconséquence de Ricardo qui maintient l’identification faite par Smith de la
                  valeur au coût de production]
                </head>
                <bibl>T. 2, p. 246-252.</bibl>
                <p xml:id="Capital-IVchap10Bpara1-ndx"><label rend="invisible">Théories sur la plus-value, chapitre 10, B. § 1.</label>
                  <index><term>valeur d’échange, confusion par Smith avec le prix de production</term></index>
                  <index><term>prix de production, confusion par Smith avec la valeur d’échange</term></index>
                  <index><term>salaire, profit et rente, confusion par Smith avec la valeur d’échange</term></index>
                  <index><term>profit, rente et salaire, confusion par Smith avec la valeur d’échange</term></index>
                  <index><term>rente, profit et salaire, confusion par Smith avec la valeur d’échange</term></index>
                  <index><term>Tauschwert, bei Smith, Schein, Kostenpreis (Salair, Profit und Rente)</term></index>
                  <index><term>Kostenpreis, bei Smith, und Tauschwert</term></index>
                </p>
                <list>
                  <item rend="enligne milargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="de">
                        <!-- <p rend="alinea">
                          ||XI-549| Zunächst bei A. Smith zu bemerken, daß auch nach ihm
                        </p>
                        <cit>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              es immer einige Waren gibt, deren Preis sich nur in zwei Teile
                              aufspaltet, nämlich in die Arbeitslöhne und die Kapitalprofite.
                            </p>
                          </quote>
                          <bibl>
                            [<title>Recherches sur la nature et les causes de la richesse des
                            nations</title>, Paris 1802], l. I, ch. VI, v. I., p. 103.
                          </bibl>
                        </cit>
                        <p rend="alinea">
                          Also <emph>diese</emph> Differenz mit Ricardo kann hier ganz
                          unberücksichtigt bleiben.
                        </p> -->
                        <p rend="alinea">
                          Nachdem Smith erst entwickelt, daß die <foreign xml:lang="fr">valeur
                          échangeable</foreign> sich in Arbeitsquantum auflöst, daß der in der
                          <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign> enthaltne Wert, nach
                          Abzug von Rohstoff etc., sich in den Teil Arbeit auflöst, der dem
                          Arbeiter bezahlt wird, und in den Teil, der ihm nicht bezahlt wird,
                          welcher letztre Teil sich in Profit und Rente (der Profit wieder
                          möglicherweise in Profit und Zins) auflöst, schlägt er plötzlich um, und
                          statt die <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign> in Salair,
                          Profit und Rente aufzulösen, macht er vielmehr letztre zu den Bildern der
                          <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign>, läßt sie als
                          selbständige <foreign xml:lang="fr">valeurs échangeables</foreign> die
                          <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign> des Produkts bilden,
                          setzt die <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign> der Ware
                          zusammen aus den selbständig und von ihr unabhängig bestimmten <foreign xml:lang="fr">valeur</foreign> der <foreign xml:lang="fr">salaire</foreign>,
                          <foreign xml:lang="fr">profit</foreign> und <foreign xml:lang="fr">rente</foreign>. Statt daß die <foreign xml:lang="fr">valeur</foreign>
                          ihre Quelle, werden sie die Quelle der <foreign xml:lang="fr">valeur</foreign>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW 26-2:214-215</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item rend="enligne milargeur">
                    <cit>
                      <quote>
                        <!-- <p rend="alinea">
                          ||XI-549| Il faut d’abord remarquer chez A. Smith que, pour lui aussi,
                        </p>
                        <cit>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              il y a toujours quelques marchandises dont le prix se résout en deux
                              parties seulement ; les salaires du travail et les proﬁts des fonds.
                            </p>
                          </quote>
                          <bibl>
                            [<title>Recherches sur la nature et les causes de la richesse des
                            nations</title>, Paris 1802], l. I, ch. VI, v. I., p. 103.
                          </bibl>
                        </cit>
                        <p rend="alinea">
                          On peut donc négliger totalement ici cette différence avec Ricardo.
                        </p> -->
                        <p rend="alinea">
                          Après que Smith ait tout d’abord exposé que la <foreign xml:lang="fr">valeur
                          échangeable</foreign> se résout en quantum de travail et que la valeur
                          contenue dans la <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign> se
                          résout en une portion du travail qui est payée à l’ouvrier, après
                          déduction de la matière première, etc., et en une fraction qui ne lui est
                          pas payée, cette dernière à son tour se résolvant en proﬁt et rente (le
                          proﬁt éventuellement en proﬁt et intérêts), il bifurque brusquement et au
                          lieu de résoudre la <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign>
                          en salaire, proﬁt et rente, il fait au contraire de ces derniers les
                          constituants de la <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign>,
                          leur fait constituer la <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign>
                          du produit en tant que <foreign xml:lang="fr">valeurs échangeables</foreign>
                          autonomes ; il compose la <foreign xml:lang="fr">valeur échangeable</foreign>
                          de la marchandise des valeurs du <foreign xml:lang="fr">salaire</foreign>,
                          <foreign xml:lang="fr">profit</foreign> et <foreign xml:lang="fr">rente</foreign>, déterminées de façon autonome, sans qu’elles
                          dépendent de celle-là. Au lieu que la <foreign xml:lang="fr">valeur</foreign>
                          en soit la source, ce sont eux qui deviennent la source de la
                          <foreign xml:lang="fr">valeur</foreign>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 246.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="nl">
                        <p rend="alinea"></p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                  <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="en">
                        <p rend="alinea"></p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                </list>
                <ab rend="clear"/>
                <p rend="alinea">
                  Et un peu plus loin :
                </p>
                <list>
                  <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="de">
                        <p rend="alinea">
                          … als Smith seine tiefere Ansicht vergißt und bei der falschen aus dem
                          <emph>Schein</emph> der Oberfläche geschöpften stehnbleibt, daß die
                          <foreign xml:lang="fr">échangeable</foreign> <foreign xml:lang="en">value</foreign>
                          der <foreign xml:lang="en">commodities</foreign> gebildet wird durch die
                          Komposition der selbständig bestimmten <foreign xml:lang="en">values of
                          wages, profit and rent</foreign>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 215.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          … dans la mesure où Smith oublie son idée plus profonde, en s’en tenant à
                          la fausse conception déduite de l’<emph>apparence</emph> de ce qui se voit
                          à la surface, selon laquelle l’<foreign xml:lang="fr">échangeable</foreign>
                          <foreign xml:lang="en">value</foreign> des <foreign xml:lang="en">commodities</foreign>
                          est constituée en composant les <foreign xml:lang="en">values of wages,
                          profit and rent</foreign> déterminées de façon autonome.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 247.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="nl">
                        <p rend="alinea"></p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item>
                   -->
                   <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="en">
                        <p rend="alinea"></p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                </list>
                <ab rend="clear"/>
              </div>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IVchap17" type="level2_chap">
            <head>
              Chapitre 17— Théorie de l’accumulation de Ricardo.
                              <lb/>Critique de cette dernière
                              <lb/>(développement des crises à partir
                              <lb/>de la forme fondamentale du capital)
            </head>
            <bibl>T. 2, p. 563-652.</bibl>

            <div xml:id="Capital-IVchap17para6" type="level3_para">
              <head>
                [6. Problème des crises (remarques introductives).
                <lb/>Destruction du capital par des crises]
              </head>
              <bibl>T. 2, p. 587-592.</bibl>
              <p xml:id="Capital-IVchap17para6-ndx"><label rend="invisible">Théories sur la plus-value, chapitre 17, § 6.</label>
                <index><term>répartition du capital en proportions déterminées entre secteurs, crise</term></index>
                <index><term>capital, disproportion de la répartition entre secteurs, crise</term></index>
                <index><term>crise, disproportion de la répartition du capital entre secteurs</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIVt2p587" n="587"/>En prenant pour hypothèse une
                    <emph>surproduction</emph> de capital constant […]
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    La mesure de cette surproduction, c’est le <emph>capital</emph> lui-même,
                    l’échelle existante des conditions de production et l’appétit effréné
                    d’enrichissement et de capitalisation des capitalistes, mais ce n’est nullement
                    la <emph>consommation</emph>, qui est entravée d’entrée de jeu, étant donné que
                    la plus grande partie de la population, la population ouvrière, ne peut élargir
                    sa consommation que dans des limites très étroites et que, d’autre part, la
                    demande de travail diminue <emph>relativement</emph> dans la mesure même où le
                    capitalisme se développe, bien qu’elle augmente <emph>absolument</emph>. Il s’y
                    ajoute que les péréquations sont toutes <emph>fortuites</emph> et que si la
                    proportion dans laquelle les capitaux sont employés dans les différentes
                    sphères fait l’objet, par un procès permanent, d’une péréquation, la permanence
                    même de ce procès présuppose aussi la permanente disproportion qu’il doit
                    égaliser en permanence, souvent violemment.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                C’est donc une contradiction fondamentale du capitalisme, de la libre entreprise.
                L’affectation du capital ne se faisant pas de manière rationnelle, mais en
                « permanente disproportion », doit être en permanence ajustée (péréquation), ce qui
                se fait « souvent violemment ». C’est à garder à l’esprit dans toute réflexion sur
                la crise.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IVchap17para7" type="level3_para">
              <head>
                [7. Négation inepte de la surproduction de marchandises
                <lb/>alors qu’est admise la pléthore de capital]
              </head>
              <bibl>T. 2, p. 592-595.</bibl>
              <p xml:id="Capital-IVchap17para7-ndx"><label rend="invisible">Théories sur la plus-value, chapitre 17, § 7.</label>
                <index><term>crise, des — permanentes, ça n’existe pas</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Il faut ici distinguer. Lorsque Smith explique la baisse du taux de profit par
                    la superabundance of capital, accumulation of capital, il veut parler d’un
                    effet <emph>permanent</emph>, ce qui est faux. Par contre superabundance of
                    capital transitoire, surproduction, crise, c’est quelque chose de tout à fait
                    différent. Des crises permanentes, ça n’existe pas.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Note en bas de p. 592.</bibl>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IVchap17para8" type="level3_para">
              <head>
                [8. Négation de la surproduction générale par Ricardo.
                <lb/>La possibilité de la crise résulte des contradictions internes
                <lb/>de la marchandise et de l’argent]
              </head>
              <bibl>Livre IV, t. 2, p. 595-603.</bibl>
              <p xml:id="Capital-IVchap17para8-ndx"><label rend="invisible">Théories sur la plus-value, chapitre 17, § 8.</label>
                <index><term>loi de Say</term></index>
                <index><term>Say, loi de —</term></index>
                <index><term>Ricardo, et loi de Say</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Nul, dit Ric, ne produit si ce n’est dans l’intention de consommer
                        <emph>ou</emph> de <emph>vendre</emph>, et il ne vend jamais si ce n’est
                        pour <emph>acheter</emph> une autre marchandise qui puisse lui être utile,
                        ou bien puisse contribuer à la <emph>production future</emph>. […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIVt2p599trois4" n="599"/>Ce sont là les bavardages puérils d’un
                    Say qui ne sont pas dignes de Ric.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              <p xml:id="Capital-IVchap17para8-ndx2"><label rend="invisible">Théories sur la plus-value, chapitre 17, § 8.</label>
                <index><term>Sweezy sur Keynes, Ricardo et Say</term></index>
                <index><term>Keynes, néoclassique vu par Sweezy, à propos de la loi de Say</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Dans une communication sous le titre « John Maynard Keynes », à l’occasion du décès de ce dernier
                (<title>Science &amp; Society</title>, vol. 10, n<hi rend="ordinal">o</hi> 4, automne 1946, p. 398-405),
                Paul M. Sweezy souligne que la plus grande partie de l’économie néoclassique
                est fondée explicitement ou implicitement sur la loi de Say,
                que la production génère les revenus qui permettent de la consommer,
                ce qui fait qu’il ne peut jamais y avoir ni surproduction ni crise.
                Cette loi est inscrite en dur dans le cerveau de tous les économistes néoclassiques.
                S’il y quand même, parfois, des crises, ce doivent être des accidents ;
                en théorie, il ne peut pas y avoir de crises.
                Selon Sweezy, Keynes est un néoclassique qui a l’indépendance d’esprit et l’intelligence
                — mais sans jamais sortir du néoclassicisme et du point de vue de classe de cette théorie —
                de dire qu’on ne peut pas à ce point nier la réalité.
                Keynes entreprend de passer en revue toute la théorie néoclassique
                pour voir ce qui repose vraiment sur la loi de Say et ce qui, indépendant de la loi de Say, peut être conservé.
                Sweezy cite en note 9 de la page 403 la phrase de Marx ci-dessus.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IVchap17para12" type="level3_para">
              <head>
                [12. Contradictions entre la production et la consommation
                <lb/>dans les conditions du capitalisme.
                <lb/>Transformation de la surproduction
                <lb/>d’articles de consommation pilotes en surproduction générale]
              </head>
              <bibl>Livre IV, t. 2, p. 616-623.</bibl>
              <p xml:id="Capital-IVchap17para12-ndx"><label rend="invisible">Théories sur la plus-value, chapitre 17, § 12.</label>
                <index><term>surtravail</term></index>
                <index>
                  <term>accaparement du surtravail</term>
                </index>
                <index><term>temps de travail</term></index>
                <index>
                  <term>travail nécessaire, réduction par la productivité</term>
                </index>
                <index>
                  <term>travail présent, rapport au capital</term>
                </index>
                <index>
                  <term>production sur une grande échelle</term>
                </index>
                <index><term>surproduction</term></index>
                <index><term>limites du marché</term></index>
                <index><term>marché, limites du —</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIVt2p621un4" n="621"/>En étudiant le procès de production,
                    nous avons vu que toute la tendance, tout l’effort de la production capitaliste
                    consiste à accaparer le plus possible de surtravail,
                    donc à matérialiser le plus possible de temps de travail immédiat avec un capital donné,
                    que ce soit par l’allongement du temps de travail ou par le raccourcissement
                    du temps de travail nécessaire en développant la force productive du travail,
                    en employant la coopération, la division du travail, le machinisme, etc.,
                    bref par la production sur une grande échelle, donc la production de masse.
                    L’essence de la production capitaliste implique donc une production
                    qui ne tienne pas compte des limites du marché.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </div>
          </div>
        </div>
        <!-- début de fichier inclus Capital-IchapVI.xml --><div xml:id="Capital-IchapVI" type="div1">
        <head>
          Chapitre VI (1864, inédit) du <title>Capital</title>, Livre I
        </head>

        <bibl>
          Ökonomische Manuskripte 1863–1867,
          <ref target="http://telota.bbaw.de/mega/#">[Das Kapital] <hi rend="petitescapitales">Erstes Buch</hi>. Der Productionsproceß des Capitals.
          <hi rend="petitescapitales">Sechstes Kapitel</hi>. Resultate des unmittelbaren Productionsprocesses.</ref>.
        </bibl>
        <bibl>Economic manuscripts of 1863–1867</bibl>
        <bibl>
          <author>Karl Marx</author>,
          <title>
            (Manuscrits de 1863-1867, Le Capital, Livre I),
            Le Chapitre VI
          </title>,
          Éditions sociales, Paris, 2010.
        </bibl>
        <p rend="alineasep">
          Attention de ne pas se méprendre sur le mot « chapitre » dans le titre de ce texte.
          On aurait tort de chercher où il aurait bien pu se placer dans le Livre I,
          quelque part dans les dix premiers chapitres que nous connaissons aujourd’hui.
          On verra dans <ref target="#Capital-Itables">la table des matières comparée</ref>
          de diverses éditions du Livre I du <title>Capital</title>
          que ce qui était <term xml:lang="de">Kapitel</term> (chapitre) en 1867 est devenu, à partir de 1872,
          <term xml:lang="de">Abschnitt</term> (section), ces sections étant alors elles-mêmes divisées en chapitres.
          Ceci était le dernier « chapitre » après cinq autres dans un certain état du travail, vers 1864.
          Entre ce moment et 1867, les cinq autres sont devenus six.
          Celui-ci, « chapitre 6 », serait donc devenu chapitre 7 s’il avait été maintenu, mais Marx y a renoncé.
          Comme nous ne connaissons plus que des éditions du <title>Capital</title> en sections au niveau des chapitres de 1867,
          il serait plus clair de donner à ceci comme titre :
          <title>Dernière section (1864, inédite) du <title>Capital</title>, Livre I</title> ;
          à quoi on pourrait cependant objecter que section serait anachronique au regard de la mention 1864.
        </p>

        <label xml:id="Capital-IchapVI-valFT" rend="fakehead h2">
          Valeur de la force de travail
        </label>
        <p rend="alinea">
          <index><term>valeur de la force de travail, avant Marx</term></index>
          <index><term>force de travail, valeur, avant Marx</term></index>
          Une série de citations (dont je reprends la dernière) données en note par Marx sont
          intéressantes parce qu’elles montrent que le concept de valeur de la force de travail
          était déjà vivant bien avant lui.
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              La <emph>valeur d’échange</emph> de la capacité de travail… [53]
            </p>
            <p rend="alinea">
              53 [Citations…]
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Le prix naturel de tout article est… établi en fonction de sa production… Son
                  prix naturel [du travail]… consiste dans la quantité de choses nécessaires et de
                  confort de vie, correspondant à la nature du climat et des coutumes du pays, et
                  qui sont nécessaires à l’entretien de l’ouvrier et pour lui permettre d’élever
                  une famille et de la préserver, <emph>dans le marché</emph>…
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                R. Torrens, An Essay on the External Corn Trade,
                Londres, 1815, p. 55-65 <foreign xml:lang="latin">passim</foreign>.
              </bibl>
            </cit>
          </quote>
          <bibl>
            Pages 38-39.
          </bibl>
        </cit>

        <p xml:id="Capital-IchapVI-subsompt"><seg rend="invisible">Manuscrits économiques de 1863-1867, Le Chapitre VI du Capital (Livre I)</seg>
          <index><term>agriculture de subsistance</term></index>
          <index><term>subsistance, agriculture</term></index>
          <index><term>amélioration du sol</term></index>
          <index><term>sol, amélioration</term></index>
          <index><term>subsomption réelle du travail sous le capital</term></index>
        </p>
        <label rend="fakehead h2">
          Subsomption réelle du travail sous le capital
        </label>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              La caractéristique universelle de la <emph>subsomption formelle</emph> demeure,
              savoir <emph>la subordination directe au capital du procès de travail</emph>,
              quel que soit son mode du point de vue technologique.
              Mais sur cette base s’élève un <emph>mode de production spécifique</emph> sous les rapports technologiques et autres,
              qui <emph>transforme la nature réelle du procès de travail</emph>, ainsi que ses conditions réelles
              — le <emph>mode capitaliste de production</emph>.
              C’est seulement lorsque celui-ci intervient qu’a lieu la <emph>subsomption réelle du travail sous le capital</emph>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              « <emph>Agriculture de subsistance</emph> ... transformée en <emph>agriculture de
              commercialisation</emph> … l’<emph>amendement du territoire national</emph> ... en
              fonction de cette <emph>transformation</emph>. »
              (A. Joung, <title>Politic. Aritmetic.</title>, Lond. 1774, p. 49, note.)
            </p>
          </quote>
          <bibl>Page 204.</bibl>
        </cit>

        <p rend="invisible">
          Mots-clefs :
          <index>
            <term>travailleur productif,  manuel, intellectuel ou cadre</term>
          </index>❦ travailleur productif,  manuel, intellectuel ou cadre
          <index><term>productif, travailleur manuel, intellectuel ou cadre</term></index>
          <index><term>manuel, travailleur productif</term></index>
          <index><term>employé de bureau, travailleur productif</term></index>
          <index><term>cadre, travailleur productif</term></index>
          <index>
            <term>travailleur salarié, une des déterminations du travailleur productif</term>
          </index>❦ travailleur salarié, une des déterminations du travailleur productif
          <index><term>salarié, une des déterminations du travailleur productif</term></index>
          <index><term>service, travail productif ou improductif</term></index>
        </p>
        <cit>
          <quote>
            <p rend="alinea">
              <pb xml:id="CapIchapVI212trois8" n="212 ⅜"/>En résultent aussitôt deux choses :
            </p>
            <p rend="alinea">
              <emph>Premièrement</emph> :
              dès lors qu’avec le développement de la <emph>subsomption réelle du travail sous le capital</emph>,
              autrement dit du mode <emph>spécifiquement capitaliste de production</emph>,
              ce n’est plus le travailleur pris à part
              mais de plus en plus une <emph>capacité de travail socialement combinée</emph>
              qui <emph>fait effectivement fonctionner</emph> le procès global de travail,
              et que les diverses capacités de travail qui s’assemblent pour former la machine productive en son ensemble
              participent sous des modes très variés au procès <pb n="213"/>immédiat de la marchandise
              — ou mieux ici : à la fabrication du produit,
              l’un travaillant davantage avec la main, l’autre davantage avec la tête,
              l’un comme directeur, ingénieur, spécialiste technique, etc., l’autre comme contremaître,
              le troisième comme travailleur manuel direct, ou même simple manœuvre,
              ils deviennent de plus en plus des <emph>fonctions de la capacité de travail</emph>
              sous le concept immédiat du <emph>travail productif</emph>
              et ses porteurs sous celui des <emph>travailleurs productifs</emph>,
              à ranger de façon générale comme travailleurs directement exploités par le capital
              et <emph>subordonnés</emph> à son procès de valorisation et production.
              À considérer le <emph>travailleur collectif</emph> en quoi consiste l’atelier,
              son <emph>activité combinée</emph> se réalise <foreign xml:lang="latin">materialiter</foreign>
              de façon immédiate en un <emph>produit collectif</emph>
              qui est en même temps une <emph>masse collective de marchandises</emph>,
              où il est parfaitement indifférent de savoir si la fonction du travailleur pris à part,
              lequel n’est qu’un élément de ce travailleur collectif,
              est plus proche ou plus éloignée du travail manuel immédiat.
              Et par suite : l’activité de cette capacité collective de travail est son <emph>immédiate consommation productive par le capital</emph>,
              ce qui veut donc dire procès d’autovalorisation du capital, production immédiate de plus-value,
              et par là, comme on aura à le développer plus loin, <emph>sa transformation immédiate en capital</emph>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              <emph>Deuxièmement</emph> :
              les déterminations plus précises du travail productif
              résultent par elles-mêmes <pb n="214"/>des traits caractéristiques du procès de production capitaliste.
              <emph>En premier lieu</emph> le possesseur de la capacité de travail
              fait face au capital, au capitaliste en tant que <emph>vendeur</emph> de cette capacité,
              et pour user d’une expression dont nous avons vu qu’elle est irrationnelle,
              en tant que vendeur direct de <emph>travail vivant, non de marchandise</emph>.
              C’est là un <emph>travailleur salarié</emph>.
              Là est la <emph>première présupposition</emph>.
              Mais en second lieu, introduits par ce procès provisoire qui relève de la circulation,
              sa capacité de travail et son travail sont incorporés de façon immédiate au capital
              en tant que <emph>facteur vivant</emph> de sa  production,
              ils deviennent eux-mêmes l’une de ses <emph>parties constitutives</emph>,
              partie <emph>variable</emph> qui en vérité
              non seulement pour une part conserve les valeurs du capital avancé,
              pour une part les reproduit, mais en même temps les <emph>augmente</emph>
              et par le seul fait de créer de la plus-value, se transforme en valeur valorisante, en capital.
              Ce travail s’<emph>objectalise</emph> immédiatement dans le procès de production en tant que <emph>grandeur fluente de valeur</emph>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              D’un côté, la <emph>première condition peut être remplie sans la seconde</emph>.
              Un travailleur peut être <emph>salarié</emph>, journalier, etc.
              C’est toujours possible, lors même que fait défaut le second moment.
              Tout travailleur productif est salarié, mais pour autant tout salarié n’est pas travailleur productif.
              Toutes les fois que le travail est acheté pour être employé comme <emph>valeur d’usage</emph>, comme <emph>service</emph>,
              et non pas pour être mis à la place de la valeur du capital variable en tant que <emph>facteur vivant</emph>,
              pour être incorporé au procès de production capitaliste,
              le travail n’est pas un travail productif ni le salarié un travailleur productif.
              Son travail étant alors <emph>posé</emph> en raison de sa <emph>valeur d’usage</emph>, non comme <emph>valeur d’échange</emph>,
              il est consommé de manière <emph>improductive</emph> et non pas productive.
              De ce fait, le capitaliste ne lui fait pas face en tant que capitaliste, en tant que représentant du capital.
              Il échange contre lui son argent en tant que <emph>revenu</emph>, non en tant que <emph>capital</emph>.
              De sa consommation résulte non pas A—M—A′ mais M—A—M
              (ce dernier terme étant le <emph>travail</emph> ou le <emph>service</emph> lui-même).
              Ici l’argent ne fonctionne que comme moyen de circulation, non comme capital.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pas plus que les <emph>marchandises</emph> achetées par le capitaliste pour sa consommation privée
              ne sont consommées productivement ni ne deviennent des <emph>facteurs du capital</emph>,
              pas davantage les <emph>services</emph> qu’en raison de leur valeur d’usage il achète pour ses besoins,
              que ce soit de façon libre ou forcée (par l’État, etc.).
              Rien n’en devient facteur du capital.
              Ce ne sont donc pas des travaux productifs, ni leur porteurs des <emph>travailleurs productifs</emph>.
            </p>
          </quote>
          <bibl/>
        </cit>
        <p rend="alinea">
          Ce passage est d’une importance considérable parce que beaucoup des <ref target="../classeO/classeO-travprod.html">discuteurs de « travailleur productif »</ref>
          le font à partir d’une lecture étroite d’autres passages du <title>Capital</title> et n’ont sans doute pas lu ceci.
          On pourrait discuter des travailleurs de secteurs purement financiers, comme les employés de banque,
          ou de certains fonctionnaires de l’État.
          Poulantzas avait bien lu ça :
          dans sa « nouvelle bourgeoisie », il met des travailleurs de la circulation, banques, publicité…
          Mais dans les entreprises qui produisent des biens marchands, tous les salariés sont productifs pour Marx.
          Dans une usine, un employé de bureau est un travailleur productif et non un petit-bourgeois.
        </p>
        <p rend="alinea">
          (Cela laisse peut-être ouverte la question des travailleurs d’un capitaliste qui vend des services qui ne sont pas des objets matériels.)
          <!-- Ce qui est exclu ici, c’est ce qui est acheté pour la consommation du capitaliste (ou de tout autre consommateur),
          mais les marchandises alors tout aussi bien que les services. -->
          <!-- On doit en retenir au moins que productif doit être compris comme productif de plus-value. --><!--
          En effet, dans M—A—M, le M final, marchandise, est un service. -->
        </p>
      </div><!-- fin de fichier inclus Capital-IchapVI.xml -->
        <div xml:id="salprixprof" type="div1">
          <head>
            Salaire, prix et profit<seg rend="invisible"> (1865)</seg>
          </head>
          <bibl rend="publie">
            Marx’s report read at the Central Council meetings the 20th and the 27th of June 1865.
            MECW vol. 20, p. 101-149.
            <title>Value, Price and Profit</title> (Eleanor Marx, ed.), 1898.
            (Also known as <title>Wages, Price and Profit</title>.
            See note 87, MECW20:466-467.)
          </bibl>
          <bibl>
            <title>Lohn, Preis und Profit</title>,
            MEW Band. 16, S. 101-152.
            Traduction du manuscrit de Marx en anglais en mai-juin 1865.
            (Publié pour la première fois en allemand dans <title>Die Neue Zeit</title> en 1898,
            selon la note 87, MECW20:466-467.)
          </bibl>

          <!-- <list rend="horiz">
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="en">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-00en" rend="fakehead h1">[Preliminary]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 34%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-00fr" rend="fakehead h1">[Avant-propos]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-00nl" rend="fakehead h1">[Inleiding]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
          </list> -->

          <!-- <list rend="horiz">
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="en">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-01en" rend="fakehead h1">1. [Production and wages]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 34%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-01fr" rend="fakehead h1">1. [Production et salaire]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-01nl" rend="fakehead h1">1. [Productie en lonen]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
          </list> -->

          <!-- <list rend="horiz">
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="en">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-02en" rend="fakehead h1">2. [Production, wages, profit]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 34%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-02fr" rend="fakehead h1">2. [Production, salaire, profit]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-02nl" rend="fakehead h1">2. [Productie, loon, winst]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
          </list> -->

          <!-- <list rend="horiz">
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="en">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-03en" rend="fakehead h1">3. [Wages and currency]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 34%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-03fr" rend="fakehead h1">3. [Salaire et circulation monétaire]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 33%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote><p rend="sansmarges"><label xml:id="salprixprof-03nl" rend="fakehead h1">3. [Lonen en geldcirculatie]</label></p></quote>
              </cit>
            </item>
          </list> -->

          <p xml:id="salprixprof-loisir"><label rend="invisible">Marx, Salaire, prix et profit, § 13, Principaux exemples de lutte</label>
            <index><term>temps,  développement humain</term></index>
            <index><term>loisir, développement humain</term></index>
            <index><term>développement humain, temps, loisir</term></index>
            <index><term>travailleur, bête de somme</term></index>
            <index><term>bête de somme, travailleur</term></index>
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 26.75%;">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <label xml:id="salprixprof-13de" rend="fakehead h1">
                    13. Die hauptsächlichsten Versuche, den Arbeitslohn zu heben
                    oder seinem Sinken entgegenzuwirken
                  </label>
                  <p rend="alinea">
                    Zeit ist der Raum zu menschlicher Entwicklung.
                    Ein Mensch, der nicht über freie Zeit verfügt, dessen ganze Lebenszeit
                    — abgesehn von rein physischen Unterbrechungen durch Schlaf, Mahlzeiten usw. —
                    von seiner Arbeit für den Kapitalisten verschlungen wird,
                    ist weniger als ein Lasttier.
                    Er ist eine bloße Maschine zur Produktion von fremdem Reichtum,
                    körperlich gebrochen und geistig verroht.
                    Dennoch zeigt die ganze Geschichte der modernen Industrie, daß das Kapital,
                    wenn ihm nicht Einhalt geboten wird,
                    ohne Gnade und Barmherzigkeit darauf aus ist,
                    die ganze Arbeiterklasse in diesen Zustand äußerster Degradation zu stürzen.
                  </p>
                  <bibl>
                    MEW 16:144-145.
                  </bibl>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 25.25%;">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <label xml:id="salprixprof-13fr" rend="fakehead h1">
                    13. Principaux exemples de lutte
                    pour une augmentation ou contre une réduction du salaire
                  </label>
                  <p rend="alinea">
                    Le temps est le champ du développement humain.
                    Un homme qui ne dispose d’aucun loisir, dont la vie tout entière,
                    en dehors des simples interruptions purement physiques pour le sommeil, les repas, etc.,
                    est accaparée par son travail pour le capitaliste, est moins qu’une bête de somme.
                    C’est une simple machine à produire de la richesse pour autrui,
                    écrasée physiquement et abrutie intellectuellement.
                    Et pourtant, toute l’histoire de l’industrie moderne montre que le capital,
                    si on n’y met pas obstacle,
                    travaille sans égard ni pitié à abaisser toute la classe ouvrière à ce niveau d’extrême dégradation.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 26.75%;">
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <label xml:id="salprixprof-13nl" rend="fakehead h1">
                    13. De belangrijkste gevallen van strijd
                    voor loonsverhoging of van verzet tegen verlaging
                  </label>
                  <p rend="alinea">
                    Tijd is de ruimte voor de ontwikkeling van de mens.
                    Een mens, die niet over vrije tijd beschikt, wiens gehele leven
                    — afgezien van zuiver fysieke onderbrekingen voor slaap, maaltijden enz. —
                    opgeslokt wordt door zijn arbeid voor de kapitalist, is minder dan een lastdier.
                    Hij is niet meer dan een machine voor het produceren van andermans rijkdom,
                    lichamelijk gebroken en geestelijk verruwd.
                    Desondanks toont de gehele geschiedenis van de moderne industrie aan dat het kapitaal,
                    wanneer het niet binnen de perken wordt gehouden,
                    er genadeloos en zonder erbarmen op uit is
                    de gehele arbeidersklasse in de toestand van diepste verwording te storten.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1865/1865loonprijs.htm#a13">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="en">
                <quote>
                  <label xml:id="salprixprof-13en" rend="fakehead h1">
                    13. Main cases of attempts at raising wages or resisting their fall
                  </label>
                  <p rend="alinea">
                    Time is the room of human development.
                    A man who has no free time to dispose of, whose whole lifetime,
                    apart from the mere physical interruptions by sleep, meals, and so forth,
                    is absorbed by his labour for the capitalist, is less than a beast of burden.
                    He is a mere machine for producing Foreign Wealth,
                    broken in body and brutalised in mind.
                    Yet the whole history of modern industry shows that capital, if not checked,
                    will recklessly and ruthlessly work to cast down the whole working class to the utmost state of degradation.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 20:142.</bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
        </div>
        <!-- début de fichier inclus Capital-I.xml --><div xml:id="Capital-I" type="level1_Livre">
             <!-- Ce fichier inclus en appelle d’autres,
                  d’abord toute la discussion des éditions et de leur contenu,
                  en fin, les sections du Livre I.
                  Dans le présent fichier, avant résolution des inclusions,
                  on ne trouve que les préfaces et postfaces. -->
          <head>
            Le Capital,
            <lb/>
            Livre premier : Le développement de la production capitaliste [1867] (1872…)
          </head>
          <p rend="alinea">
            Je le titre comme de 1872 et le classe à cette date dans la table des matières,
            parce que ce que nous lisons est assez différent de l’édition de 1867.
            Ce qu’on lit, c’est en fait la quatrième édition, de 1890.
          </p>

          <!-- <xi:include xmlns:xi="http://www.w3.org/2001/XInclude" href="Capital-Iedit.xml"/> change n="1.093" -->
          <div xml:id="Capital-Ieditions" type="level3_">
              <head>
                Éditions du Livre I
              </head>

              <index><term>Capital, Livre I, éditions en allemand, français, néerlandais, anglais</term></index>
              <index><term>édition, du Livre I du Capital de Marx en allemand, français, néerlandais, anglais</term></index>
              <index><term>Livre I du Capital de Marx, éditions en allemand, français, néerlandais, anglais</term></index>

              <p>
                En <ref target="#Capital-Ieditions-de">allemand</ref>.
                En <ref target="#Capital-Ieditions-ru">russe</ref>.
                En <ref target="#Capital-Ieditions-fr">français</ref>.
                En <ref target="#Capital-Ieditions-nl">néerlandais</ref>.
                En <ref target="#Capital-Ieditions-en">anglais</ref>.
              </p>

              <list rend="fakedivs">
                <label xml:id="Capital-Ieditions-de">
                  En allemand :
                </label>
                <item>
                  <list>
                    <label xml:id="CapIde1867"><hi rend="gras">1867</hi>, <ref target="#CapIv1">version 1</ref></label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital : Kritik der politischen Oekonomie</title>,
                      Erster Band. Buch I :
                      <title>Der Produktionsprocess des Kapitals</title>,
                      Verlag von Otto Meissner, Hambourg
                      (et L. W. Schmidt, New York),
                      septembre 1867, xii + 784 pages.
                      C’est l’édition constitutive de la version 1.
                      En ligne, en de nombreux formats visuels et textuels : <ref target="https://archive.org/details/daskapitalkritik67marx">archive.org/details/daskapitalkritik67marx</ref>.
                      L’exemplaire personnel de Marx annoté de sa main a été inscrit
                      (ainsi qu’une page du manuscrit du <title>Manifeste</title>) au <ref target="http://www.unesco.org/new/fr/communication-and-information/flagship-project-activities/memory-of-the-world/register/full-list-of-registered-heritage/registered-heritage-page-5/manifest-der-kommunistischen-partei-draft-manuscript-page-and-das-kapital-erster-band-karl-marxs-personal-annotated-copy/">Registre de la Mémoire du monde</ref> de l’Unesco en 2013.
                      (Le site de l’Unesco donne <ref target="http://www.unesco.org/new/en/communication-and-information/resources/multimedia/photo-galleries/preservation-of-documentary-heritage/memory-of-the-world-nominations-2012/the-netherlands-and-germany-manifest-der-kommunistischen-partei-draft-manuscript-page-and-das-kapital-erster-band-karl-marxs-personal-annotated-copy/">quelques photos</ref>.)
                      Cet exemplaire annoté est un des éléments du travail de Marx pour la deuxième édition.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1872"><hi rend="gras">1872</hi>-1873, 1873 en livre, <ref target="#CapIv2">version 2</ref></label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital : Kritik der politischen Œkonomie</title>,
                      Erster Band. Buch I :
                      <title>Der Produktionsprocess des Kapitals</title>,
                      Zweite verbesserte Auflage,
                      Verlag von Otto Meissner, Hambourg, 1872
                      (et L. W. Schmidt, New York), 828 pages.
                      C’est l’édition constitutive de la version 2.
                      En ligne, en de nombreux formats visuels et textuels : <ref target="https://archive.org/details/bub_gb_xCMpAAAAYAAJ">archive.org/details/bub_gb_xCMpAAAAYAAJ</ref>,
                      ou le même en Google Play en <ref target="https://play.google.com/books/reader?id=xCMpAAAAYAAJ">play.google.com/books/reader?id=xCMpAAAAYAAJ</ref>.
                      Cette édition est sortie en neuf livraisons de juillet 1872 à avril 1873
                      et en livre en juin seulement, mais le livre est daté 1872 par l’éditeur<note xml:id="Capital-Ieditions-not1" n="1" place="bottom">
                        <cit>
                          <quote>
                                  145. The second German edition of Volume I of <title>Capital</title>
                            appeared between July 1872 and April 1873 in nine separate instalments,
                            and in June 1873 it was published as a book. While preparing this edition
                            Marx partly revised the text and introduced some changes in its structure.
                          </quote>
                          <bibl rend="publie">MECW 44, notes, p. 607.</bibl>
                        </cit>
                        <p rend="alinea">
                          Meissner a choisi de dater de son début en 1872
                          la publication en juin 1873 de l’ensemble des cahiers.
                          Cela explique qu’un ouvrage avec Hambourg 1872 sur la page de titre
                          contienne p. 813-822 la <ref target="#Capital-Ipost2de">postface</ref> connue et souvent citée,
                          signée Karl Marx, London, 24. Januar 1873.
                        </p>
                      </note>
                      et donc forcément toujours <emph>dit</emph> de 1872
                      (entre autres par Marx lui-même quand il y renvoie dans ses <ref target="#NotescritEcopolWagner">notes sur Wagner</ref>).
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1883"><hi rend="gras"> 1883</hi>, <ref target="#CapIv3">version 3</ref></label>
                    <item>
                      Dritte vermehrte Auflage, Verlag von Otto Meissner, Hamburg, 1883.
                      C’est l’édition constitutive de la version 3.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1890"><hi rend="gras">1890</hi> <ref target="#CapIv4">version 4</ref></label>
                    <item>
                      4., durchges. Aufl. Hrsg. von Friedrich Engels,
                      Verlag von Otto Meissner, Hambourg,
                      xxxii + 739 pages (un peu plus de deux millions de signes, espaces compris).
                      C’est l’édition constitutive de la version 4.
                      En ligne, en de nombreux formats visuels et textuels : <ref target="https://archive.org/details/bub_gb_Tns7AAAAMAAJ">archive.org/details/bub_gb_Tns7AAAAMAAJ</ref> ou bub_gb_xdYDAAAAMAAJ.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1903"><hi rend="gras">1903</hi> (<ref target="#CapIv4">v. 4</ref>)</label>
                    <item>
                      Fünftes Auflage. Herausgegeben von Friedrich Engels,
                      Verlag von Otto Meissner, Hambourg
                      (<ref target="https://archive.org/details/bub_gb_oe0TAAAAIAAJ">archive.org/details/bub_gb_oe0TAAAAIAAJ</ref>).
                      Réédition ordinaire, je suppose.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1914"><hi rend="gras">1914</hi>, version SPD</label>
                    <item>
                      Karl Marx, <title>Das Kapital, Volksausgabe</title>,
                      édité par Karl Kautsky<note xml:id="Capital-Ieditions-not2" n="2" place="bottom">
                        <ref target="https://www.marxists.org/archive/riazanov/1929/04/new-translation.htm">Riazanov considère ça comme la meilleure édition</ref>,
                        mais n’en dit pas grand chose, à part qu’il a collaboré.
                        <ref target="https://www.marxists.org/archive/riazanov/1929/07/translation-critique.htm">Selon Eden et Cedar Paul</ref>,
                        Kautsky corrige ce qu’il juge être des erreurs dans l’édition de 1890,
                        mais reprend aussi semble-t-il ce qu’il juge meilleur
                        dans <ref target="#CapIfr1872">la version française de 1872</ref>.
                        Cette version SPD, la Volksausgabe, préfigurerait en ce sens
                        la <ref target="#CapIde2017">Neue Textausgabe</ref> de Thomas Kuczynski,
                        si ce n’est que Kautsy et Riazanov partent de la 4<hi rend="ordinal">e</hi> édition par Engels,
                        tandis que Kuczynski veut retourner à la 2<hi rend="ordinal">e</hi> édition,
                        avant toute intervention d’Engels.
                      </note>,
                      Dietz Verlag, Stuttgart.
                      Édition constitutive de ce qu’on pourrait appeler version SPD.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1919bor">1919</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris"><title>Das Kapital</title> « Gemeinverständliche Ausgabe »,
                      résumé du <title>Capital</title> par Julian Borchardt,
                      donc pas vraiment une édition du Livre I.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1921"><hi rend="gras">1921</hi> (<ref target="#CapIde1921">v. SPD</ref>)</label>
                    <item>
                      Karl Marx, <title>Das Kapital, Volksausgabe</title>,
                      édité par Karl Kautsky,
                      Dietz Verlag, Stuttgart, vierde druk (de 1914), 1921
                      <!-- Dominique Meeùs2019-01-07T20:03:56.335495977DM Il y avait « [], p. XXII »,
                      mais je ne sais pas ce que j’avais voulu écrire ni d’où vient ce no de page. -->
                      Une des rééditions de la version SPD. Reprise encore chez d’autres éditeurs.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1922"><hi rend="gras">1922</hi> (<ref target="#CapIv4">v. 4</ref>)</label>
                    <item>
                      Zehnte Auflage. Herausgegeben von Friedrich Engels,
                      Verlag von Otto Meissner, Hambourg
                      (<ref target="https://archive.org/details/bub_gb_oe0TAAAAIAAJ">archive.org/details/bub_gb_oe0TAAAAIAAJ</ref>).
                      Réédition ordinaire, je suppose.
                      <seg>
                On peut lire en ligne (avec de bons yeux et un grand écran) un microfilm du
                <title>Capital</title> complet, les trois livres. C’est :
                <ref target="https://archive.org/details/daskapitalkritik01marx">archive.org/details/daskapitalkritik01marx</ref>.
              </seg><note xml:id="Capital-Ieditions-not3" n="3" place="bottom">
                        <seg>
                On a photographié le livre ouvert, donc deux pages.
                (Comme la liseuse d’archive.org présente toujours aussi deux pages de livre ouvert,
                elle présente deux pages du microfilm, donc quatre pages de livre !)
                On peut télécharger le microfilm en Djvu (qui est parfaitement lisible) ou en PDF.
                Dans la pagination de la copie Djvu du microfilm, on trouve une
                page de séparation Volume 1 en page 8. Ce Livre I est un volume de Columbia
                University (p. 10) dont les premières pages sont écornées. La page de titre manque
                et on n’a donc pas la date, mais c’est en version 4 d’après les préfaces. La
                première page visible (p. 11) est celle de la dédicace à Wolff. La table des
                matières du Livre I vient en p. 24. Les Livre II et Livre III sont tous deux de 1922
                chez Meissner. Le Livre I pourrait être de la même réédition. Page de séparation
                Volume 2 en page 423. Page de titre du Livre II en p. 425, table des matières p. 437.
                Page de séparation Volume 3 en page 692. Page de titre du premier volume du Livre III
                en p. 695, table des matières p. 708 (chapitres 1 à 28). Ce qui précède est toujours
                de Columbia. Le deuxième volume du Livre III est de Syracuse University (p. 937).
                Page de titre p. 938, table des matières p. 939 (chapitres 29 à 42). Le texte de Marx
                qui se termine en p. 1152 est complet.
              </seg>
                      </note>
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1929BenK">1929</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris"><title>Das Kapital : Kritik der politischen Ökonomie</title>.
                      Im Zusammenhang ausgewählt und eingeleitet von Benedikt Kautsky.
                      Si je comprends bien, une sélection d’extraits commentés.
                      Alfred Kröner,
                      et rééditions 1957, 1965, 1969… comme ISBN : <idno type="ISBN">3-520-06406-5</idno>
                      et <idno type="ISBN">978-3-520-06406-6</idno>
                      et 2011 comme <idno type="ISBN">978-3-520-06407-3</idno>.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1932I"><hi rend="gras">1932</hi>, version IMEL (<ref target="#CapIv4">v. 4</ref>)</label>
                    <item>
                      Karl Marx, <title>Das Kapital : Kritik der politischen Ökonomie</title>.
                      Erster Band Buch I: Der Produktionsprozess des Kapitals,
                      herausgegeben von Friedrich Engels,
                      Volksausgabe besorgt vom Marx-Engels-Lenin-Institut Moskau.
                      Verlag für Literatur und Politik (Dr. Johannes Wertheim), Wien-Berlin.
                      Vorbereitung und Zusammenstellung: Karl Schmidt.
                      Édition constitutive de ce qu’on pourrait appeler version IMEL.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1932K"><hi rend="gras">1932</hi>, version Korsch</label>
                    <item>
                      Karl Marx, <title>Das Kapital : Kritik der politischen Ökonomie</title>,
                      Ungekürzte Ausgabe nach der zweiten Auflage von 1872,
                      édité par Karl Korsch, Gustav Kiepenheuer Verlag AG, Berlin, 1932.
                      Édition constitutive de ce qu’on pourrait appeler version Korsch.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1962"><hi rend="gras">1962</hi> (<ref target="#CapIv4">v. 4</ref>)</label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital : Kritik der politischen Ökonomie</title>,
                      Erster Band,
                      Dietz Verlag, Berlin, 1962,
                      comme tome 23 des <title>Karl Marx-Friedrich Engels-Werke</title> (MEW),
                      956 pages.
                      En ligne : <ptr target="http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_000.htm"/>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde1962LK"><hi rend="gras">1962</hi></label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital : Kritik der politischen Ökonomie</title>,
                      Erster Band,
                      herausgegeben von Hans-Joachim Lieber und Benedikt Kautsky,
                      Cotta-Verlag, Stuttgart, 1962.
                      <!-- De Wikipedia, traduit de l’allemand avec DeepL. -->
                      <!--
                      Hans-Joachim Lieber commença ses études à la mi-avril 1942, qu’il dut abandonner
                      à la fin du mois de mai car il était appelé à rejoindre les troupes de montagne à Innsbruck.
                      En 1941, il a été champion des jeunes de Berlin en ski de fond et a remporté la médaille d’argent
                      avec l’équipe aux championnats d’Allemagne des jeunes. Mais à cause d’un raidissement articulaire,
                      il a été renvoyé à Berlin par le médecin militaire pour étudier.

                      Sur les conseils de son professeur d’école secondaire, Karl Kanning, il a étudié la philosophie,
                      bien que la tradition familiale aurait suggéré une carrière d’officier ou de fonctionnaire.
                      En même temps, il étudie la sociologie, bien qu’Alfred Vierkandt ait déjà pris sa retraite,
                      Richard Thurnwald et Wilhelm Emil Mühlmann ne lisent que des sujets ethnologiques particuliers.
                      Après tout, il a pu se faire examiner en sociologie par Max Weber.
                      Son doctorat portait principalement sur la philosophie, qu’il a étudiée avec Nicolai Hartmann
                      et Eduard Spranger du semestre d’été 1942 au semestre d’hiver 1944/45.
                      Il a pu établir un contact personnel avec Spranger avec l’aide du Dr Kanners.
                      Spranger, qui avait été libéré de prison au début du semestre d’hiver 44/45,
                      a suggéré d’avancer le début de la thèse afin d’éviter un rappel possible,
                      et a préconisé que le doctorat soit admis au sixième semestre.
                      La thèse portait sur la théorie des sciences humaines de Dilthey,
                      le certificat de doctorat a été remis par le doyen le 2 Mars 1945.
                      Lieber était encore en mesure de combler le poste d’assistant offert par Spranger le 1er avril 1945.
                      Wilhelm Heise, membre du conseil municipal du district de Steglitz
                      chargé de l’éducation populaire immédiatement après la fin de la guerre,
                      a permis à Lieber de rester à son poste d’assistant après la fin de la guerre
                      malgré son appartenance à l’organisation nazie de jeunesse et au NSDAP.

                      Jusqu’en 1948, il a enseigné comme assistant au séminaire philosophique de l’Université Humboldt.
                      C’est ainsi qu’il a gagné le contact et la confiance de certains étudiants membres fondateurs de la Freie Universität Berlin,
                      tels que Jürgen Fijalkowski, Klaus Heinrich et Georg Kotowski,
                      qu’il a également supervisé pendant leurs études doctorales,
                      pour finalement devenir lui-même membre de ce comité fondateur.
                      Il a finalement soumis sa thèse d’habilitation en sociologie de la connaissance
                      à la Faculté de philosophie de la Freie Universität
                      et a obtenu une licence d’enseignement en philosophie et sociologie.
                      Après que le marxisme sous sa forme alors représentée
                      fut réduit à une détermination indifférenciée de la superstructure de base,
                      Lieber s’intéressa de plus en plus aux problèmes philosophiques et sociologiques
                      entourant un concept idéologique non dogmatique,
                      comme le montrent certaines publications postdoctorales.
                      L’accent principal était mis sur la juxtaposition du potentiel socialement critique dans la pensée du jeune Marx (aliénation)
                      avec le marxisme-léninisme comme idéologie de domination.
                      Cela a finalement conduit à l’édition critique des plus importants écrits de Marx en 1959.

                      De 1955 à 1972, Lieber a été professeur de philosophie et de sociologie.
                      Ses conférences ont donné lieu à des thèses de Karl Berger[1], Günter W. Remmling, Peter Christian Ludz,
                      Marlies Krüger, Harald Kerber, René Ahlberg, Helmuth G. Bütow, Klaus Meschkat, Gerd Ritter et autres.
                      Un autre sujet était le national-socialisme et le fascisme, où Jürgen Fijalkowski a étudié Carl Schmitt,
                      Peter Furth a analysé le Parti socialiste du Reich
                      et Theodor Strohm a fait un examen critique idéologique de la théologie de Friedrich Gogarten.

                      En 1965, Lieber a été élu recteur de la FU.
                      En 1972, il a été nommé professeur de philosophie à la Deutsche Sporthochschule Köln,
                      où il a été recteur de 1974 à 1982 et dont il est docteur honoris causa depuis 1993.
                      En 1988, il est devenu professeur émérite.
                       -->
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde2000"><hi rend="gras">2000</hi> (<ref target="#CapIde1932K">v. Korsch</ref>)</label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital: Ungekürzte Ausgabe nach der zweiten Auflage von 1872</title>,
                      Voltmedia Verlag, ISBN : <idno type="ISBN">978-3-937229-34-8</idno><note xml:id="Capital-Ieditions-not4" n="4" place="bottom">
                        Ceci est bien le <title>Capital</title> de Marx,
                        mais le même petit éditeur avait publié en 1995 un roman
                        sous le même ISBN (<idno type="ISBN">3-937229-34-5</idno>) !
                        Comme les Amazon et autres fonctionnent à l’ISBN, ils mélangent les deux.
                      </note>,
                      701 p.
                      Le sous-titre parlant de 1872 identifie en fait l’édition Korsch de 1932.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde2009"><hi rend="gras">2009</hi> (<ref target="#CapIde1932K">v. Korsch</ref>)</label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital: Ungekürzte Ausgabe nach der zweiten Auflage von 1872</title>.
                      Mit einem Geleitwort von Karl Korsch aus dem Jahre 1932,
                      Anaconda, ISBN : <idno type="ISBN">978-3-86647-325-6</idno>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde2011"><hi rend="gras">2011</hi> (<ref target="#CapIde1932Kh">v. Korsch</ref>)</label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital: Ungekürzte Ausgabe nach der zweiten Auflage von 1872</title>,
                      Nikol Verlag, 768 p., ISBN : <idno type="ISBN">978-3-86820-243-4</idno>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIde2017"><hi rend="gras">2017</hi>, dite NTA</label>
                    <item>
                      <title>Das Kapital : Kritik der politischen Ökonomie</title>,
                      Erster Band, Buch I :
                      <title>Der Produktionsprozess des Kapitals</title>,
                      Neue Textausgabe, bearbeitet und herausgegeben von Thomas Kuczynski,
                      VSA: Verlag, Hamburg, 800 p., ISBN : <idno type="ISBN">978-3-89965-777-7</idno>.
                      L’édition est accompagnée d’un appareil critique de 944 pages en PDF.
                    </item>
                  </list>

                  <p rend="sepalinea gris">
                    Attention que d’autres Marx ont écrit leur <title>Das Kapital</title>. Ce qu’on
                    trouve par exemple chez Pattloch en 2008 (ISBN : <idno type="ISBN">978-3-629-02155-7</idno>),
                    Knaur TB en 2010 (<idno type="ISBN">978-3-426-78360-3</idno>) et Weltbild
                    en 2009 (<idno type="ISBN">978-3-8289-5055-9</idno>) et 2011
                    (<idno type="ISBN">978-3-8289-5054-2</idno>), ce n’est pas de Karl Marx, mais ce
                    sont les considérations humanitaires d’un évêque à la retraite, Reinhard Marx.
                  </p>
                </item>

                <label xml:id="Capital-Ieditions-ru">
                  En russe :
                </label>
                <item>
                  <list>
                    <label xml:id="CapIru1872"><hi rend="gras">1872</hi></label>
                    <item>Première traduction russe du Livre I.</item>
                  </list>
                </item>

                <label xml:id="Capital-Ieditions-fr">
                  En français :
                </label>
                <item>
                  <list>
                    <label xml:id="CapIfr1872">
                      <hi rend="gras">1872</hi>-<seg xml:id="CapIfr1875">1875</seg>, 1876 en livre,
                      <ref target="#CapIv2A">version 2A</ref>
                    </label>
                    <item>
                      Août 1872<!-- selon Rubel, p. 539 --> en cahiers, jusque mai 1875,
                      traduction française du Livre I (trad. Joseph Roy).
                      <title>Le Capital</title> par Karl Marx.
                      Traduction de M. J. Roy, entièrement revisée par l’auteur.
                      Paris. Éditeurs, Maurice Lachâtre et Cie, 38, boulevard de Sébastopol.
                      Imprimé par la typographie Lahure (1872-1875).
                      Un volume in 4<hi rend="ordinal">o</hi>, 352 p. (en deux colonnes).
                      On peut consulter l’original en ligne en <ref target="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1232830/f3.image">gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1232830/f3.image</ref>.
                      <ref target="https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Marx_-_Le_Capital,_Lach%C3%A2tre,_1872.djvu">Wikisource
                      le donne aussi</ref>, sur la base de facsimilés (en djvu) d’un exemplaire de la bibliothèque bodléienne
                      Le livre est publié sans date d’édition mais la BnF le classe comme de 1872.
                      Il est généralement catalogué ou bien comme sans date, ou bien comme 1872
                      et il faut je crois s’en tenir à cette date qui est celle du début de l’édition,
                      même si, en livre, il ne sort en réalité que début 1876 (<ref target="#CapIfr2016">2016</ref>:xl).
                      Après les cahiers sont ajoutés l’Avis au lecteur (Londres, 28 avril 1875)
                      et un extrait de la postface de 1873 à la <ref target="#CapIde1872">deuxième édition allemande dite de 1872</ref>.
                      C’est l’édition constitutive de ce que j’ai appelé version 2A.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1883deville">1883</label>
                    <item>[<hi rend="gris">Résumé en français par Gabriel Deville à la demande de Marx.</hi>]</item>

                    <label xml:id="CapIfr1930"><hi rend="gras">1930</hi> (<ref target="#CapIv4">version 4</ref>)</label>
                    <item>
                      Traduction française de l’ensemble du <title>Capital</title> par J. Molitor
                      chez Alfred Costes, Paris, en treize tomes. Le Livre I occupe les tomes I à IV.
                      Longue introduction de Karl Kautsky sur le marxisme en général.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1935bor">1935</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">« Édition populaire (résumé, extraits) »,
                      traduction française du résumé de 1919 de Julien (sic) Borchardt,
                      texte français établi par J.P. Samson.
                      Presses universitaires de France, Paris
                      <lb/>(<ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/capital_borchardt/borchardt_preface_1919.html">classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/capital_borchardt/borchardt_preface_1919.html</ref>),
                      donc pas vraiment une édition du <title>Capital</title>.
                      Il me semble que là où <ref target="#CapIde1919bor">Borchardt
                      en 1919 en allemand</ref> citait littéralement Marx,
                      Samson, traduisant Borchardt en 1935, reprenait la <ref target="#CapIfr1930">version Molitor</ref>.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1939"><hi rend="gras">1939</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      Bureau d’éditions, Paris, 1939. Cette édition est le <ref target="http://pandor.u-bourgogne.fr/ead.html?id=FRMSH021_00004&amp;c=FRMSH021_00004_FRMSH021_00004_GEME34">document 34</ref> du corpus de <ref target="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_%C3%89dition_de_Marx_et_d’Engels">la
                      GEME en gestation</ref><note xml:id="Capital-Ieditions-not5" n="5" place="bottom">
                        On peut le feuilleter en ligne en cliquant l’image de la couverture. Dans la liseuse,
                        on ne peut pas sélectionner du texte dans l’image pour le copier, mais un bouton
                        <ident>TXT</ident> en haut vers la droite fournit le texte de toute la page affichée.
                      </note>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1948"><hi rend="gras">1948</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      <title>Le Capital</title> (les trois livres), Éditions sociales, Paris,
                      en huit volumes, différentes années de la fin des années quarante (1948 ?<note xml:id="Capital-Ieditions-notedate1948" n="6" place="bottom">
                        J’ai un doute sur 1948 parce qu’on trouve du tome I des exemplaires sans date.
                        <seg xml:id="EShuitvol">Plutôt que <title>Capital</title> I, 1948,
                        je pourrais m’y référer comme <title>Capital</title> I, É.S. (en 8 vol.).</seg>
                      </note>)
                      aux années soixante.
                      Pour le Livre I, donné dans les tomes I, II et III, c’est la traduction Roy, v. 2A.
                      (Pour le Livre I, je cite plutôt les éditions
                      <ref target="#CapIfr1983">de 1983</ref> et <ref target="#CapIfr2016">de 2016</ref>.
                      Cela reste mon édition de référence pour les livres II et III.)
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1965rubel"><hi rend="gras">1965</hi>, version Rubel</label>
                    <!-- Remplacer partout #CapIvRubel par #CapIfr1965rubel. -->
                    <item>
                      Le Livre I est repris dans le volume <title>Œuvres I — Économie I</title>
                      des œuvres de Marx dans la collection La Pléiade, Gallimard, Paris, dans une
                      révision par Maximilien Rubel de la traduction <ref target="#CapIfr1872">Roy v. 2A</ref>.
                      (C’est cette version qui est reprise dans <ref target="#CapIfr2008">la Folio de 2008</ref>.)
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1969"><hi rend="gras">1969</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      Édition de poche, Texte intégral 213, Garnier-Flammarion, Paris,
                      avec chronologie et avertissement de Louis Althusser.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1976GF"><hi rend="gras">1976</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      Édition de poche, Garnier-Flammarion, Paris, 707 pages,
                      traduction de J. Roy, avec chronologie et avertissement de Louis Althusser.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1976"><hi rend="gras">1976</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      Éditions sociales.
                      (Volume 1 d’un <title>Capital</title> en trois volumes, un par Livre.)
                    </item>

                    <label xml:id="CapI-1fr1977"><hi rend="gras">1977</hi> (chapitre 1 seulement)</label>
                    <item>
                      <hi rend="gris">Paul-Dominique Dognin
                      <title>
                        Les « sentiers escarpés » de Karl Marx :
                        Le livre I du <title>Capital</title> traduit et commenté dans trois rédactions successives<note xml:id="Capital-Ieditions-not7" n="7" place="bottom">
                          Le <ref target="https://www.persee.fr/doc/phlou_0035-3841_1979_num_77_36_6076_t1_0575_0000_2">compte-rendu de Jean-Dominique Robert</ref> dans
                          la <title>Revue philosophique de Louvain</title>, 30 (1979), p. 575-576,
                          souligne l’importance de cette comparaison de rédactions successives
                          pour la maturation de <ref target="#CapI-valeurconcept">la distinction entre</ref>
                          <term>valeur</term> et <term>valeur d’échange</term>.
                        </note>
                      </title>,
                      tome 1 (230 pages) Textes (français en regard de l’allemand) ;
                      tome 2 (128 pages) Notes explicatives et critiques,
                      Paris, éditions du Cerf, 1977.</hi>
                      <!--  -->
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1982"><hi rend="gras">1982</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      Éditions du Progrès, Moscou,
                      © 1976 Éditions sociales,
                      © 1982 Éditions du Progrès pour la présentation et les notes.
                      (Volume 1 d’un <title>Capital</title> en trois volumes, un par Livre.)
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1983"><hi rend="gras">1983</hi> (<ref target="#CapIv4">v. 4</ref> en français)</label>
                    <item>
                      <title>Le Capital : Critique de l’économie politique</title>,
                      Livre premier : <title>Le procès de production du capital</title>.
                      ISBN : <idno type="ISBN">2-209-05521-0</idno>, chez Messidor/Éditions sociales
                      (ensuite La Dispute/Éditions sociales),
                      traduction nouvelle, à partir de la quatrième édition allemande,
                      par vingt traducteurs sous la direction de Jean-Pierre Lefebvre.
                      (Voir aussi son <ref target="#CapIfr1993">facsimilé des PUF ci-après</ref>.
                      La traduction a encore été <ref target="#CapIfr2016">revue en 2016</ref>.)<note xml:id="Capital-Ieditions-not8" n="8" place="bottom">
                        Souvent les instituteurs enseignent d’abord, pour faire simple, que si, dans une phrase,
                        une parenthèse vient en fin de phrase, le point final de la phrase vient en dehors de la parenthèse.
                        Plus vieux, on apprend que si, par contre, la parenthèse constitue une phrase indépendante,
                        elle a son point final… en fin de phrase, donc dans la parenthèse.
                        Ici des dizaines de traducteurs, relecteurs, typographes, en sont restés au stade de l’école primaire,
                        en 1983, dans les nombreuses réédition et encore dans la révision de 2016 :
                        aucune phrase indépendante entre parenthèses n’est ponctuée correctement.
                        Cela n’a bien sûr rien à voir avec le marxisme,
                        mais c’est tellement surprenant que je ne peux m’empêcher de le souligner.
                      </note>
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1985"><hi rend="gras">1985</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      Édition de poche, dans la collection Champs chez Flammarion, Paris.
                      Sans doute une réédition de <ref target="#CapIfr1969">l’édition de 1969</ref>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr1993"><hi rend="gras">1993</hi> (<ref target="#CapIv4">v. 4</ref> en français)</label>
                    <item>
                      ISBN : <idno type="ISBN">2-13-045124-1</idno>,
                      collection Quadrige, PUF, Paris<!-- Dominique Meeùs2019-01-13T17:36:00.468836919DM
                      J’ai vu cette l’édition en PDF en
                      <ref target="http://digamo.free.fr/capital63.pdf">digamo.free.fr/capital63.pdf</ref>,
                      mais ce n’est sans doute pas libre de droits. -->,
                      facsimilé (corrigé des errata) préservant la
                      pagination de la <ref target="#CapIfr1983">traduction Lefebvre, Messidor/Éditions
                      sociales de 1983</ref>, sauf pour page de titre, avant-propos, etc.
                      2006, deuxième édition Quadrige, PUF.
                    2009, troisième édition Quadrige, PUF, ISBN : <idno type="ISBN">978-2-13-057689-1</idno>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr2008"><hi rend="gras"><seg xml:id="CapIfr2008rubel">2008</seg></hi> (version Rubel)</label>
                    <item>
                      « Intégrale » du Capital en coffret de deux volumes
                      (Livre I — Livres II et III), Folio Essais 500 et 501, Gallimard, Paris.
                      C’est une reprise de l’<ref target="#CapIfr1965rubel">édition de la Pléiade de 1965</ref>,
                      donc avec toutes ses particularités.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr2010demo">2010</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">Pas vraiment une édition du <title>Capital</title>, mais
                      Karl Marx,
                      <title>Qu’est-ce que le capitalisme, Volume 1 : Les mystères de la plus-value</title>,
                      Éditions Demopolis, Paris, 139 pages, ISBN : <idno type="ISBN">978-2-35457-038-5</idno>.
                      C’est la traduction par Jacques Hebenstreit
                      des chapitres 4 et 5 de la <ref target="#CapIv4">version 4</ref>
                      (dans l’<ref target="#CapIde1962">édition Dietz de 1962</ref>)
                      (cela correspondrait donc aux chapitres 4 à 7 de <ref target="#CapIv2A">la v. 2A</ref>).
                      Il manque cependant les dernières pages (p. 209-213 de 1962), on se demande pourquoi
                      (et on peut alors craindre d’autres coupures inavouées<note xml:id="Capital-Ieditions-notDemopolis" n="9" place="bottom">
                        <index><term>Éditions Demopolis, limite de l’arnaque</term></index>
                        <index><term>Demopolis, Éditions, limite de l’arnaque</term></index>
                        Les Éditions Demopolis semblent cultiver l’art de jouer sur les mots à la limite de l’arnaque.
                        Outre ce morceau du <title>Capital</title>, raccourci sans le dire,
                        ils publient de Karl Marx aussi, <title>Les crises du capitalisme</title>
                        (2009, ISBN : <idno type="ISBN">978-2-35457-031-6</idno>),
                        avec sur la couverture « Texte inédit ».
                        En page 4 de couverture :
                        « Ce texte inédit est issu de ses notes préparatoires pour <title>Le Capital</title>. »
                        Auraient-ils les premiers exhumé un texte de Karl Marx jamais encore édité ? Pas du tout.
                        C’est un chapitre des <title>Théories sur la plus-value</title> (une petite centaine de pages aérées).
                        C’est donc un texte archiconnu, en allemand d’abord,
                        par l’édition de Kautsky au début du vingtième siècle,
                        en français ensuite aux Éditions sociales dans les années 70.
                        Ce qui est nouveau seulement dans cette édition Demopolis,
                        c’est que c’est une traduction nouvelle, de Jacques Hebenstreit.
                        Ni pour l’extrait du Livre I (2010), ni pour cet extrait du des <title>Théories sur la plus-value</title> (2009),
                        ils n’expliquent pourquoi ils ont jugé utile de retraduire.
                        Un autre livre encore de Marx, <title>Le capital financier</title>
                        (2012, ISBN : <idno type="ISBN">978-2-35457-031-6</idno>),
                        je ne l’ai pas eu en mains, mais il doit être du même tonneau.
                        « Volume 1 » dans le titre de 2010 semble indiquer l’intention
                        de débiter Marx en petits morceaux pour vendre plus de livres,
                        mais il n’y a pas à ce jour (fin 2019) de « Qu’est-ce que le capitalisme, Volume 2 ».
                      </note>).
                      Il y a en fin de volume une intéressante note (p. 111) sur le <title>Capital</title>
                      de Marx, ses éditions et les choix de cette édition-ci.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr2013"><hi rend="gras">2013</hi> (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>)</label>
                    <item>
                      Édition de poche, Flammarion, ISBN : <idno type="ISBN">978-2-08-130763-6</idno>.
                      Sans doute une réédition de <ref target="#CapIfr1985">l’édition de 1985</ref>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr2016"><hi rend="gras">2016</hi> (<ref target="#CapIv4">v. 4</ref> en français)</label>
                    <!-- http://www.editionssociales.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=503
                         consultée le 14 mars 2017 -->
                    <item>
                      Les Éditions sociales, Paris, 2016
                      (traduction entièrement revue par Jean-Pierre Lefebvre,
                      qui a dirigé <ref target="#CapIfr1983">la traduction de 1983</ref>),
                      944 pages, ISBN : <idno type="ISBN">978-2-35367-012-3</idno>.
                      Un nouvel avant-propos de 2016 discute la traduction.
                      Reprend l’introduction de 1983 sur les versions du Livre I.
                      La pagination n’est plus celle de 1983, mais celle-ci est rappelée
                      en bas de page pour pouvoir s’orienter d’une édition à l’autre.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIfr2020bor"><hi rend="gras">2020</hi> (<ref target="#CapIfr1935bor">Borchardt</ref>)</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">Édition française abrégée établie par Julien Borchardt et J.-P. Samson.
                      (Attention, parce que c’est présenté comme <title>Capital</title> sur la couverture
                      et vendu comme <title>Capital</title> sur des sites de commerce en ligne,
                      ce n’est pas du tout réellement une édition du Livre I du <title>Capital</title>
                      — et encore moins des trois livres.)
                      Texte révisé et annoté suivi d’une biographie de Karl Marx,
                      EPUB, ISBN : <idno type="ISBN">978-2-8249-0543-3</idno>.
                      (Le prénom francisé Julien et le nom de Samson montrent
                      qu’il s’agit d’une reprise de <ref target="#CapIfr1935bor">l’édition de 1935</ref>.
                      Borchardt et Samson ayant d’ailleurs disparu depuis longtemps,
                      ceci ne pouvait pas être en 2020 autre chose que le recylage d’un texte ancien.)</hi>]
                    </item>
                  </list>
                </item>

                <label xml:id="Capital-Ieditions-nl">
                  En néerlandais :
                </label>
                <item>
                  <list>
                    <label xml:id="CapInl1881">1881</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">(Résumé) Ferdinand Domela Nieuwenhuis, Kapitaal en arbeid, résumé du Livre I du Capital de Marx.
                      (Voir <ref target="http://www.tijdschrift-filter.nl/jaargangen/2011/182/het-fetisjkarakter-van-de-vertaling-en-zijn-geheim-11-21.aspx">www.tijdschrift-filter.nl/jaargangen/2011/182/het-fetisjkarakter-van-de-vertaling-en-zijn-geheim-11-21.aspx</ref>.)</hi>]
                     </item>

                    <label xml:id="CapInl1894">1894</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">Première traduction néerlandaise (incomplète<note xml:id="Capital-Ieditions-notVdGvolledig" n="10" place="bottom">
                        Dans l’avertissement de l’<ref target="#CapInl1910">édition de 1910</ref> :
                        « Tot heden waren enkel de eerste acht hoofdstukken in onze taal verkrijgbaar. »
                      </note>)
                      de la 4<hi rend="ordinal">e</hi> édition allemande du Livre I, <title>Het
                      kapitaal : kritiek van de staathuishoudkunde</title> par Franc van der Goes et
                      Maurits Triebels (<ref target="http://books.google.be/books/about/Het_kapitaal.html?id=d-oPHQAACAAJ">books.google.be/books/about/Het_kapitaal.html?id=d-oPHQAACAAJ</ref> ou <ref target="http://opac.amsab.be/Record/Boeken_47444">opac.amsab.be/Record/Boeken_47444</ref> ; voir
                      aussi <ref target="http://www.iisg.nl/bwsa/bios/goes.html">G<hi rend="petitescapitales">oes</hi>, Franc van der</ref> in <title>Biographisch
                      Woordenboek van het Socialisme en de Arbeidersbeweging in Nederland</title> et
                      <ref target="http://www.vno-ncw.nl/over_vnoncw/geschiedenis/maurits_triebels/Pages/default.aspx">www.vno-ncw.nl/over_vnoncw/geschiedenis/maurits_triebels/Pages/default.aspx</ref>).</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl1901">1901</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">Sauf erreur de ma part, réédition de celle de 1894 (donc incomplète<note xml:id="Capital-Ieditions-notVdGvolledig2" n="11" place="bottom">
                        Elle contient XXIII + [3] + 258 + [4 advert.] pages,
                        ce qui est évidemment trop peu pour le Livre I.
                        Elle laisse tomber la mention de Triebels.
                        Elle annonce neuf chapitres mais n’en contiendrait toujours que huit selon <ref target="http://nl.wikipedia.org/wiki/Het_Kapitaal">nl.wikipedia.org/wiki/Het_Kapitaal</ref>.
                        Je n’arrive pas encore à déterminer si cette édition est plus achevée que la précédente.
                        <!-- Voir aussi http://www.tijdschrift-filter.nl/jaargangen/2011/182/het-fetisjkarakter-van-de-vertaling-en-zijn-geheim-11-21.aspx -->
                      </note>)
                      de la 4<hi rend="ordinal">e</hi> édition allemande du Livre I
                      par Franc van der Goes chez S. L. van Looy, Amsterdam (<ref target="http://nl.wikipedia.org/wiki/Het_Kapitaal">nl.wikipedia.org/wiki/Het_Kapitaal</ref>).</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl1902">1902</label>
                    <item>
                    [<hi rend="gris">Réédition ? ou <foreign xml:lang="la">lapsus calami</foreign> de <ref target="http://nl.wikipedia.org/wiki/Het_Kapitaal">Wikipedia</ref> pour 1901 ?</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl1910"><hi rend="gras">1910-1912</hi></label>
                    <item>
                      Traduction néerlandaise de la <ref target="#CapIv4">version 4</ref> du Livre I
                      par Franc van der Goes dans la collection Wereld Bibliotheek de la
                      Maatschappij voor Goede en Goedkope Lectuur, Amsterdam. Le Livre I est fractionné
                      en trois petits volumes qu’on peut mettre en poche : tome 1, sections 1 à 3
                      (chapitres 1 à 9) ; tome 2, sections 4-5 (chapitres 10 à 16) ; tome 3, sections
                      6-7 (chapitres 17 à 25) ; ce troisième tome annoncé en 1910 comme à paraître en
                      1912 (rappelons qu’il s’agit de numérotation v. 4, voir la <ref target="#Capital-Itables">table de concordance</ref>). Je n’ai pas résisté au plaisir
                      de donner la très belle image art nouveau des pages de titre (ici le tome 3).
                      <p rend="centralign">
                        <figure>
                          <graphic url="Kapitaal-I_6-7_1910.png"/>
                        </figure>
                      </p>
                  </item>

                    <label xml:id="CapInl1911-13">1911-1913</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris"><title>Het Kapitaal : Kritiek der staatshuishoudkunde</title>,
                      Eerste boek : Het voortbrengingsproces van het kapitaal,
                      traduit ? édité ? par Avanti,
                      Volksdrukkerij Vrijzinnige Werkmansbibliotheek, Gand,
                      en quatre brochures dans la collection Abonnement Germinal<note xml:id="Capital-Ieditions-notAvanti" n="12" place="bottom">
                        Avanti est un auteur de la première moitié du vingtième siècle
                        que je vois toujours mentionné sans prénom.
                        Sans doute un pseudonyme, peut-être un collectif.
                        Quant aux brochures de la collection Germinal,
                        je trouve <ref target="http://opac.amsab.be/Record/Boeken_17126">à l’Amsab à Gand</ref>
                        <!-- http://opac.amsab.be/export/json.php?id=Boeken_17126&format=json
                             http://opac.amsab.be/export/json.php?id=Boeken_130161&format=json
                             http://opac.amsab.be/export/json.php?id=Boeken_130163&format=json
                             http://opac.amsab.be/export/json.php?id=Boeken_130162&format=json
                         -->
                        les références 8(1911-1912)03 (1911), 8(1911-1912) (1912),
                        9(1912-1913) (1912) et 10(1913-1914)07 (1913)
                        avec 82 + 18 + 84 + 46 = 230 pages,
                        donc trop peu pour être le Livre I du <title>Capital</title> de Marx.
                        Il se peut que ce soit une traduction du <ref target="#CapIfr1883deville">résumé de Deville</ref>,
                        mais ce dernier fait lui-même plutôt 330 pages.
                        Il se peut que ce soit une traduction inachevée de Marx.
                        Faudra que j’aille voir à Gand.
                      </note>.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl1934bor">1934</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">« Populaire bewerking »,
                      traduction néerlandaise par A. S. de Levita chez De Arbeiderspers
                      du résumé en allemand de Julian Borchardt en 1919,
                      donc pas vraiment une édition du <title>Capital</title>.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl1967"><hi rend="gras">1967</hi></label>
                    <item>
                      Nouvelle traduction néerlandaise<note xml:id="Capital-Ieditions-not13" n="13" place="bottom">
                        Elle présente une régression par rapport à celle de Franc van der Goes
                        sur la question subtile de <ref target="#affaireDunning">l’affaire Dunning</ref>.
                        Par contre, Lipschits donne <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/0.htm#top9v">une
                        liste de faiblesses de traduction</ref>, parfois de contre-sens, de van der Goes.
                      </note>
                      de la 4<hi rend="ordinal">e</hi> édition allemande du Livre I
                      par Isaac Lipschits, chez C. de Boer &amp; Paul Brand, Hilversum &amp; Antwerpen
                      — c’est cette traduction qui est donnée sur <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/index.htm">marxists.org</ref>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl1972"><hi rend="gras">1972</hi></label>
                    <item>
                      Réédition de la traduction Lipschits de 1967 chez De Haan, Bussum,
                      ISBN : <idno type="ISBN">90-228-3507-3</idno>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl2010"><hi rend="gras">2010</hi></label>
                    <item>
                      Révision<note xml:id="Capital-Ieditions-notprefGoesDriessen" n="14" place="bottom">
                        Driessen n’a pas corrigé Lipschits dans l’erreur classique
                        (que n’avait pas faite van der Goes)
                        sur <ref target="#affaireDunning">l’affaire Dunning</ref>.
                      </note>
                      par Hans Driessen de la traduction Lipschits de 1967,
                      d’après une édition Dietz de 1991,
                      Uitegeverij Boom, Amsterdam, 2010,
                      ISBN : <idno type="ISBN">978-90-8506-839-6</idno>.
                      — C’est cette édition que je cite, sauf indication contraire,
                      quand je cite en néerlandais en donnant un numéro de page.
                    </item>

                    <label xml:id="CapInl2011manga">2011</label>
                    <item>
                    [<hi rend="gris"><title>Het Kapitaal</title>, Deel I, traduit par Nele Noppe,
                    EPO, Anvers (Berchem),
                    mais c’est une manga traduite du japonais.</hi>]
                    </item>
                  </list>
                </item>

                <label xml:id="Capital-Ieditions-en">
                  En anglais :
                </label>
                <item>
                  <list>
                    <label xml:id="CapIen1887"><hi rend="gras">1887</hi> <ref target="#CapIv3A">v. 3A</ref></label>
                    <item>
                      <title>Capital : A Critical Analysis of Capitalist Production</title><note xml:id="Capital-Ieditions-not15" n="15" place="bottom">
                        En allemand (en 1867 comme en 1872), il y a deux titres, celui du <title>Capital</title>,
                        comme projet d’ensemble (en trois ou quatre livres) et celui de son Livre I :
                        <title>Das Kapital : Kritik der politischen Œkonomie</title>,
                        Erster Band. Buch I : <title>Der Produktionsprocess des Kapitals</title>.
                        (En français, en 1872, c’est seulement <title>Le Capital</title>.)
                        En anglais, avant qu’il soit question des Livre II et Livre III,
                        Engels aura voulu présenter ceci comme un ouvrage autonome
                        et pour cela fusionner en quelque sorte les deux titres.
                        Il en résulte, de manière quand même assez surprenante,
                        qu’il n’est plus question de <term>critique de l’économie politique</term>.
                      </note>.
                      Première traduction anglaise du Livre I, par Samuel Moore et Edward Bibbins Aveling
                      sous la supervision d’Engels, chez Swan Sonnenschein &amp; Co, Londres.
                      Elle est basée sur la <ref target="#CapIv3">v. 3</ref>, mais avec quelques
                      différences examinées au <ref target="#Capital-Iversion3A">chapitre ad hoc</ref>.
                      C’est la traduction donnée par <ref target="http://en.wikisource.org/wiki/Das_Kapital">Wikisource</ref>, sans dire
                      quelle édition, la reprenant d’ailleurs apparemment simplement de marxists.org.
                      Les nombreuses éditions Sonnenschein successives resteront en <ref target="#CapIv3A">version 3A</ref>. En ligne : 1887 <ref target="http://openlibrary.org/works/OL15200689W/Das_Kapital">openlibrary.org/works/OL15200689W/Das_Kapital</ref>, 1889 <ref target="http://openlibrary.org/books/OL7063348M/Capital">openlibrary.org/books/OL7063348M/Capital</ref>, 1904 <ref target="http://openlibrary.org/books/OL13998706M/Capital">openlibrary.org/books/OL13998706M/Capital</ref>, <ref target="http://openlibrary.org/books/OL7229382M/Capital">openlibrary.org/books/OL7229382M/Capital</ref>.
                    </item>

                  <!-- <label xml:id="CapIen1891">1891 (v. 3A)</label>
                  <item>4<hi rend="ordinal">e</hi> édition Sonnenschein du Livre I en anglais. ()</item> -->

                    <label xml:id="CapIen1906untermann"><hi rend="gras">1906</hi></label>
                    <item>
                      Traduction anglaise (américaine) du Livre I
                      (trad. Moore-Aveling <ref target="#CapIv3A">v. 3A</ref>,
                      mais revue et complétée <ref target="http://www.econlib.org/library/YPDBooks/Marx/mrxCpA0.html">par
                      Ernest Untermann selon la 4<hi rend="ordinal">e</hi> édition allemande),
                      chez Charles H. Kerr and Co., Chicago</ref>, aussi The Modern Library, New York.
                      En ligne : <ref target="https://archive.org/details/capitalcritiqueo00marxuoft">archive.org/details/capitalcritiqueo00marxuoft</ref>,
                      <ref target="http://www.econlib.org/library/YPDBooks/Marx/mrxCpACover.html">www.econlib.org/library/YPDBooks/Marx/mrxCpACover.html</ref>, <ref target="http://openlibrary.org/books/OL13519152M/Capital_a_critique_of_political_economy">openlibrary.org/books/OL13519152M/Capital_a_critique_of_political_economy</ref>,
                      <ref target="http://openlibrary.org/books/OL20505074M/Capital">openlibrary.org/books/OL20505074M/Capital</ref>, 1908 <ref target="http://openlibrary.org/works/OL15200689W/Das_Kapital">openlibrary.org/works/OL15200689W/Das_Kapital</ref> et 1909 <ref target="http://oll.libertyfund.org/title/965">oll.libertyfund.org/title/965</ref>.
                      Encore 1926 <ref target="https://archive.org/details/capitalacritique01marxuoft">archive.org/details/capitalacritique01marxuoft</ref>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1919">1919</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">Policital Economy Club, Vancouver.
                      Édition incomplète (sélection des chapitres 1 à 8 et 32). En ligne : <ref target="http://openlibrary.org/books/OL23339987M/Capital">openlibrary.org/books/OL23339987M/Capital</ref>.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1928"><hi rend="gras">1928</hi></label>
                    <item>
                      Traduction anglaise de la <ref target="#CapIv4">version 4</ref> du Livre I
                      par Eden et Cedar Paul<note xml:id="Capital-Ieditions-not16" n="16" place="bottom">
                        C’est l’édition que <ref target="https://www.marxists.org/archive/riazanov/1929/04/new-translation.htm">David Riazanov critique</ref> en 1929 et <ref target="https://www.marxists.org/archive/riazanov/1929/07/translation-critique.htm">les traducteurs lui répondent</ref>.
                      </note>,
                      chez George Allen &amp; Unwin, Ltd (« based on the Fourth and Definitive Edition »).
                      Les traducteurs précisent dans leur préface que leur table des matières
                      compte « seven parts and twenty-five chapters » comme en allemand,
                      au lieu de la table habituelle en anglais
                      des versions <ref target="#CapIv3A">v. 3A</ref> et <ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>.
                      Cette traduction a été rééditée, au moins <ref target="#CapIen1934">en 1934</ref>
                      et <ref target="#CapIen1972">en 1972</ref>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1934"><hi rend="gras">1934</hi></label>
                    <item>
                      Réédition de la traduction Eden et Cedar Paul de 1928,
                      Everyman’s Library, J.M. Dent &amp; Sons, Londres et Toronto ;
                      E.P. Dutton &amp; Co., New York.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1938"><hi rend="gras">1938</hi></label>
                    <item>
                      <title>Capital : a critical analysis of capitalist production</title>, by Karl Marx.
                      Translated from the third German edition by Samuel Moore &amp; Edward Aveling
                      and edited by Frederick Engels.
                      A Photographic reprint of the sterotyped edition of 1889,
                      with a supplement including changes made by Engels in the fourth German edition,
                      Engels’ preface to the fourth German edition, with notes,
                      Marx’s preface to the French edition, notes on the English edition.
                      Edited and translated by Dona Torr.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1967"><anchor xml:id="CapIen1970"/><hi rend="gras">1967</hi></label>
                    <item>
                      Progress Publishers, Moscou, s.d. (1967 ?).
                      C’est littéralement la traduction Moore-Aveling de 1887, l’édition « officielle »
                      sous la direction d’Engels, donc <ref target="#CapIv3A">v. 3A</ref>, mais
                      complétée des additions de la <ref target="#CapIv4">v. 4</ref>. C’est
                      semble-t-il la même chose que publient (avec la date de 1967, à l’occasion du
                      100<hi rend="ordinal">e</hi> anniversaire de la première édition allemande)
                      International Publishers, New York, qu’on trouve en ligne dans un tirage
                      de 1983 : <ref target="https://archive.org/details/capitalcritiqueo00marx">archive.org/details/capitalcritiqueo00marx</ref>.
                      Voir aussi dans la même veine le <ref target="#CapIen1996">volume 35 des
                      <title>MECW</title></ref> paru en 1996.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1972"><hi rend="gras">1972</hi></label>
                    <item>
                      Réédition de la <ref target="#CapIen1928">traduction Eden et Cedar Paul de 1928</ref>,
                      chez Dent à Londres et Dutton à New York.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1976"><hi rend="gras">1976</hi></label>
                    <item>
                      <title>Capital : A Critique of Political Economy</title>, Volume One.
                      Introduced by Ernest Mandel. Translated by Ben Fowkes<!-- ,
                      traduction nouvelle, à partir de la quatrième édition allemande. -->.
                      <!-- Je retire ce qui précède. Je ne sais pas d’où j’avais tiré ça,
                      peut-être confusion avec le cas d’Eden et Cedar Paul en 1928.
                      Le dimanche 8 juin 2025, j’ajoute la note. --><note xml:id="Capital-Ieditions-not17" n="17" place="bottom">
                        Après l’<term xml:lang="en">Introdution</term> d’Ernest Mandel (p. 11-86), on a une page
                        et quelques lignes (p. 87-88) de <term xml:lang="en">Preface</term> du traducteur.
                        Le traducteur note certains compromis d’Engels,
                        dans la <ref target="#CapIen1887">traduction de 1887</ref>,
                        s’inspirant parfois de la <ref target="#CapIfr1872">version française de 1872</ref>
                        et « sentences omitted by Engels can be restored ».
                        Curieusement, pour une entreprise aussi audacieuse
                        qu’une nouvelle traduction du <title>Capital</title>,
                        ni les éditeurs ni le traducteur ne se donnent la peine de nous dire
                        <list>
                          <item>
                            en quoi les traductions existantes, après celle de 1887
                            (comme <ref target="#CapIen1928">celle d’Eden et Cedar Paul en 1928</ref>,
                            où <ref target="#CapIen1967">celle des éditions de Moscou</ref>),
                            ne pouvaient faire l’affaire ;
                          </item>
                          <item>
                            sur quels textes se base cette traduction de 1976,
                            avec quelle méthode, quels critères de choix.
                          </item>
                        </list>
                        Je trouve dans <ref target="https://marxandphilosophy.org.uk/reviews/22000_capital-critique-of-political-economy-volume-1-by-karl-marx-reviewed-by-meade-mccloughan/">la recension d’une nouvelle traduction encore, de 2024</ref>,
                        d’assez sérieuses réserves sur la traduction Fowkes :
                        <cit>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              … based on a mish-mash of the 1883 third German edition (edited by Engels),
                              the 1872-75 French translation (which Marx supervised)
                              and the 1890 fourth German edition (edited by Engels).
                              As is evident to a careful reader of Fowkes’s version,
                              he does not for the most part directly translate Marx;
                              instead, he modifies the 1887 English translation by Samuel Moore and Edward Aveling
                              in the light of the 1890 German text.
                            </p>
                          </quote>
                        </cit>
                        C’est important dans la mesure où, en langue anglaise, même chez les meilleurs auteurs,
                        le Livre I du <title>Capital</title> de Marx,
                        ça veut dire le plus souvent Penguin 1976, sans discussion.
                        On trouve aussi des <ref target="https://www.lrb.co.uk/the-paper/v47/n06/peter-e.-gordon/hair-splitting">critiques de Fowkes dans la recension</ref>
                        de <ref target="#CapIen2024">la nouvelle traduction de 2024</ref>.
                      </note>,
                      Penguin (Pelican) et New Left Review.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1982"><hi rend="gras">1982</hi></label>
                    <item>
                      <title>Capital : A Critique of Political Economy</title>, Volume 1
                      — <title>The Process of Capitalist Production</title>,
                      International Publishers, 807 p., ISBN: <idno type="ISBN">0-7178-0017-2</idno>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1995">1995</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris"><title>Capital : A new abridgement</title>,
                      Oxford World’s Classics, Oxford University Press.
                      (David Mclellan editor.)
                      Une grande partie du Livre I avec quelques extraits du Livre III :
                      « This is the only abridged edition to take account of the whole work.
                      It offers virtually all of Volume 1,
                      excerpts from a new translation of “The Result of the Immediate Process of Production”,
                      and a selection of key chapters from Volume 3. »</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1996"><hi rend="gras">1996</hi></label>
                    <item>
                      <title>MECW</title> (Karl Marx, Frederick Engels : <title>Collected Works</title>),
                      vol. 35, chez Lawrence &amp; Wishart à Londres.
                      (ISBN : <idno type="ISBN">0-7178-0536-0</idno>.)
                      Ici encore, c’est le texte de la première traduction <ref target="#CapIv3A">version 3A</ref>, mais avec des indications sur les discordances avec
                      la version allemande et sur les additions de la <ref target="#CapIv4">version 4</ref>.
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen1999">1999</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris"><title>Capital : An Abridged Edition</title>, Oxford World’s Classics,
                      Oxford University Press, ISBN : <idno type="ISBN">0-19-283872-5</idno>.
                      La même chose, je pense que <ref target="#CapIen1995">l’édition de 1995</ref>.</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen2003"><hi rend="gras">2003</hi></label>
                    <item>
                      Lawrence &amp; Wishart, ISBN : <idno type="ISBN">0-85315-979-3</idno>.
                      Une <ref target="#CapI34">version 3A</ref> améliorée.
                      (La même que <ref target="#CapIen1996">1996</ref>?)
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen2008">2008</label>
                    <item>
                      [<hi rend="gris">Karl Marx, <title>Capital : A new abridgement</title>,
                      Oxford University Press, ISBN : <idno type="ISBN">978-0-19-953570-5</idno>.
                      (Sans doute réédition de celles de 1995 et 1999.)</hi>]
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen2010Nabu"><hi rend="gras">2010</hi></label>
                    <item>
                      <hi rend="gris"><title>Capital : A Critique Of Political Economy</title>, Nabu Press,
                      ISBN : <idno type="ISBN">978-1-174-17236-6</idno>, 880 p.
                      Outre Karl Marx, on mentionne Engels, Aveling, Moore et Untermann,
                      donc probablement un facsimilé, imprimé à la demande,
                      de <ref target="#CapIen1906">l’édition Untermann de 1906
                      chez Charles H. Kerr and Co. à Chicago</ref>.</hi>
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen2011Nabu"><hi rend="gras">2011</hi></label>
                    <item>
                      <hi rend="gris"><title>Capital : A Critique Of Political Economy</title>, Nabu Press,
                      ISBN : <idno type="ISBN">978-1-175-05624-5</idno>, 876 p.</hi>
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen2011Maple"><hi rend="gras">2011</hi></label>
                    <item>
                      <hi rend="gris"><title>Capital</title>, Maple Press (India), 846 p.,
                      ISBN : <idno type="ISBN">978-93-5033-097-5</idno>.</hi>
                    </item>

                    <label xml:id="CapIen2024"><hi rend="gras">2024</hi>, <ref target="#CapIv2">v. 2</ref></label>
                    <item>
                      <title>Capital : Critique of Political Economy</title>, Volume 1.
                      Translated by Paul Reitter
                      (« the only [translation] based on the last German edition revised by Marx himself »
                      où il faut je crois comprendre la <ref target="#CapIde1872">2<hi rend="ordinal">e</hi> édition de1872</ref>.
                      Edited by Paul North and Paul Reitter,
                      with foreword by Wendy Brown and afterword by William Clare Roberts.
                      Princeton University Press, 944 p., ISBN: <idno type="ISBN">978-0-691-19007-5</idno>.
                    </item>
                  </list>
                </item>
              </list>
            </div>
          <div xml:id="Capital-Iversions" type="level3_">
              <head>
                Les différentes versions du Livre I
              </head>

              <index><term>Capital, Livre I, versions</term></index>
              <index><term>Livre I du Capital de Marx, versions</term></index>
              <index><term>version, du Livre I du Capital de Marx</term></index>
              <p xml:id="Capital-Iedit" rend="alinea">
                Les <ref target="#Capital-II">Livre II</ref> et <ref target="#Capital-III">Livre III</ref>
                ont été publiés une fois, par Engels.
                On peut en avoir ensuite diverses éditions plus ou moins scientifiques
                (et traductions de plus ou moins bonne qualité),
                certains critiquent le travail d’Engels<!--
                sur la critique d’Engels en général,
                voir Monthly Review Vol. 72, No. 01 (May 2020) Engels vs. Marx?
                https://monthlyreview.org/articles/engels-vs-marx-two-hundred-years-of-frederick-engels/ -->,
                mais il n’y a essentiellement qu’une version.
                (Le « <ref target="#Capital-IV">Livre IV</ref> » constitue un problème spécifique.)
              </p>
              <p rend="alinea">
                Par contre, du Livre I, Marx et Engels ont publié des versions<note xml:id="Capital-Iversions-2011" n="1" place="bottom">
                  C’est en 2011 que j’ai commencé à inventorier et à caractériser les éditions du Livre I.
                  (Je n’avais jamais lu le Livre I que dans la version française que j’appelle <ref target="#CapIv2A">version 2A</ref>.
                  C’est en tombant sur <ref target="#CapIfr1983">la traduction française de la version 4</ref>
                  que j’ai pris conscience de ce qu’il y avait du Livre I plusieurs versions.)
                  Certaines éditions ne font que reproduire un texte existant,
                  sauf pour la page de titre et l’une ou l’autre préface ou postface.
                  Par contre, l’auteur ou d’autres peuvent retravailler le texte.
                  (On dit parfois édition revue et augmentée.)
                  D’autres encore le traduisent.
                  Certains de ces textes modifiés plus en profondeur, je les ai alors appelés
                  <term>versions</term> (comme on le dit d’un programme informatique),
                  pour les distinguer d’<term>éditions</term> qui reproduisent un texte sans changements autres que de détail<note xml:id="Capital-Iversions-not2" place="bottom" n="2">
                    <!-- <p rend="alinea"> -->
                      Comme monsieur Jourdain faisant de la prose, j’adoptais ainsi sans le savoir une
                      partie des entités du groupe 1 du modèle conceptuel des <ref target="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cifications_fonctionnelles_des_notices_bibliographiques">FRBR</ref>, mes <term>versions</term>
                      correspondant aux <term>expressions</term> FRBR et mes <term>éditions</term> aux
                      <term>manifestations</term> FRBR. Les FRBR (Functional Requirements for Bibliographic
                      Records) modélisent en quatre niveaux (WEMI, <term xml:lang="en">work</term>, <term xml:lang="en">expression</term>, <term xml:lang="en">manifestation</term>,
                      <term xml:lang="en">item</term>) les entités dont on parle dans un
                      catalogue : l’œuvre (par exemple le Livre I du <title>Capital</title> de Marx),
                      l’<term>expression</term> (par exemple la deuxième édition allemande ou la traduction
                      française de Roy — ce que j’appelle <term>version</term>), la <term>manifestation</term>
                      (par exemple une des nombreuses éditions de la traduction Roy) et l’<term>item</term>
                      (par exemple l’exemplaire que j’ai en mains). Les praticiens des FRBR admettent qu’il
                      n’est pas simple en pratique de distinguer expression et manifestation et d’établir
                      les relations entre elles. Début 2019, voulant préciser encore, je réalise que c’est
                      plus complexe que je ne le pensais. Une excellente page Wikipedia <ref target="https://en.wikipedia.org/wiki/Edition_(book)">Edition</ref> en anglais illustre
                      cette complexité, le flou des distinctions.
                    <!-- </p> -->
                    <p rend="alinea">
                      Avec <ref target="https://sparontologies.github.io/fabio/current/fabio.html">FaBiO,
                      the FRBR-aligned Bibliographic Ontology</ref>, on a introduit de nouvelles relations
                      entre entités FRBR.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Christopher A. Plaisance, dans <ref target="../../biblio/Plaisance2019.html">une
                      approche philosophique de l’ontologie des entités textuelles (Plaisance 2019)</ref>
                      donne une bonne présentation des entités de différents niveaux (paragraphe « 3.
                      Working Ontology », p. 29) indépendamment des formalisations.
                    </p>
                  </note>.
                  Mais par changement qui ne serait de détail, il faudrait entendre seulement
                  la correction de coquilles — et une coquille peut être l’enjeu d’une différence de fond,
                  comme pour <ref target="#val-ech-pluriel-traduc">le pluriel des marchandises</ref>.
                  Mon concept de version est donc très informel et je ne suis plus tellement convaincu
                  qu’il soit utile. Dès qu’on veut une discussion sérieuse des variantes du texte,
                  il faut se référer à une édition précise. Il est à peine plus court de dire que la
                  traduction Lefebvre de 1983 se base « sur <ref target="#CapIv4">la version 4</ref> »
                  que « sur <ref target="#CapIde1890">la quatrième édition allemande</ref> »,
                  et les deux expressions sont insatisfaisantes : la première parce qu’elle est vague ;
                  la deuxième, plus inexacte que vague : Lefebvre ne traduit pas l’édition de 1890
                  mais <ref target="#CapIde1962">le tome 23 des MEW</ref>, dont le texte n’est pas exactement celui de 1890.
                </note>
                successives.
                En particulier, Marx a publié plus ou moins en même temps une <ref target="#CapIde1872">deuxième édition allemande</ref> et <ref target="#CapIfr1872">une traduction
                française revue par lui</ref>, qui divergent dans certaines formulations et dans
                certains développements. Les éditions suivantes (troisième et quatrième) du Livre I
                sont d’Engels et on y a encore travaillé après son décès. Il est donc difficile de
                dire ce qu’on peut appeler version définitive du Livre I de <title>Das Kapital</title>.
                Je reprends cette discussion <ref target="#Capital-Icrit">plus bas</ref>, après ma liste des versions.
                <!-- (<ref target="#Capital-Icrit">J’examine dans une page séparée</ref> les différences effectives entre versions.) -->
              </p>
              <p rend="alinea">
                En outre, si toute traduction est une nouvelle version, certaines,
                parce qu’elles ne correspondent pas exactement à une des versions allemandes,
                constituent plus encore une version à part. Il est important de prendre conscience de
                ce que tout le monde ne lit pas le même Livre I du <title>Capital</title> et de savoir
                quelle version du Livre I telle ou telle édition, réédition ou traduction nous donne,
                quelle version tel ou tel commentateur cite.
                On voudrait bien sûr disposer de tout ce que Marx a voulu mettre dans le Livre I,
                mais, on va le voir, ce n’est pas facile.
                Par ailleurs, les différentes versions se définissent par des textes et des plans différents.
                Il faut donc savoir aussi que lorsqu’on parle de tel ou tel chapitre du Livre I,
                cela n’a de sens que si on dit aussi de quelle version. J’ai articulé ces versions,
                avec les principales éditions, dans un <ref target="#capInum">schéma</ref> et construit
                une <ref target="#Capital-Itables">table de correspondance</ref> des différentes
                tables des matières.
              </p>

              <p xml:id="Capital-Iversions-enum" rend="alinea">
                Je définis quand même, malgré le flou et l'arbitraire de cette notion, quelques <term>versions</term> du Livre I.
                Les <ref target="#Capital-Ieditions">éditions</ref> ultérieures,
                je vais, quand je le peux, les rattacher à ces versions ou les situer par rapport à elles.
                Je suis aidé en cela par la postface de la <ref target="#CapIde2017">NTA</ref> de 2017
                ainsi que par ma découverte début 2019 de l’intéressante bibliothèque privée
                <ref target="http://karlmarx.lu/">Karl Marx Memorial Library Luxembourg</ref>
                dont le site donne de précieuses indications sur les éditions.
              </p>
              <list>
                <label xml:id="CapIv1" rend="gras">Version 1 (1867)</label>
                <item>
                  Constituée<note xml:id="Capital-Iversions-not3" place="bottom" n="3">
                    Pour les FRBR, une <term>manifestation</term>
                    est fille d’une <term>expression</term> (<term>version</term>). Mais il me semble
                    qu’inversement, une <term>expression</term> n’existe (à moins qu’on ne dispose
                    d’un manuscrit satisfaisant) qu’à travers sa première <term>manifestation</term>.
                    Je retrouve chez Plaisance, cité plus haut, un point de vue semblable.
                  </note>
                  par la <ref target="#CapIde1867">première édition allemande</ref>.
                  Elle a été peu lue et ne l’est plus jamais aujourd’hui<note xml:id="Capital-Iversions-not4" n="4" place="bottom">
                    Je n’ai trouvé personne qui dise que dans les éditions suivantes on a perdu des idées
                    ou des formulations meilleures, irremplaçables, de la version 1 de 1867.
                    Les idées essentielles du Livre I sont bien sûr présentes dès la première édition,
                    dont la publication reste donc un événement d’une importance considérable,
                    mais les versions de 1872 nous dispensent d’y retourner.
                  </note>.
                  On ne lit en allemand que la v. 2 ou une des éditions de la v. 4 ou dérivées.
                </item>

                <label xml:id="CapIv2" rend="gras">Version 2 (1872)</label>
                <item>
                  Constituée par
                  <ref target="#CapIde1872">la deuxième édition allemande, <emph>datée</emph> 1872</ref>, de Marx.
                </item>

                <label xml:id="CapIv2A" rend="gras">Version 2A (1872)</label>
                <item>
                  Constituée par <ref target="#CapIfr1872">l’édition <emph>datée</emph> 1872</ref>
                  de la traduction française de la version 2 par Joseph Roy, révisée par Marx.
                </item>

                <label xml:id="CapIv3" rend="gras">Version 3 (1883)</label>
                <item>
                  Constituée par
                  <ref target="#CapIde1883">la troisième édition allemande de novembre 1883</ref>.
                  (Marx est décédé le 14 mars.)
                  C’est en quelque sorte une version transitoire. Elle servira de base à la v. 3A, mais
                  pour le reste, comme version allemande, on ne considère plus que les versions 2 et 4.
                </item>

                <label xml:id="CapIv3A" rend="gras">Version 3A (1887)</label>
                <item>
                  Constituée par
                  <ref target="#CapIen1887">la première traduction anglaise en 1887</ref>
                  de la 3e édition allemande,
                  par Samuel Moore et Edward Bibbins Aveling sous la supervision d’Engels.
                  (Le dr Aveling était le compagnon d’Eleanor Marx.)
                  Eleanor a fait un gros travail de retour à l’original anglais d’un certain nombre de citations.
                  Par ailleurs, la numérotation des sections et des chapitres n’est pas celle de la
                  <ref target="#CapIv3">v. 3</ref>, mais essentiellement celle de la
                  <ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref><note xml:id="Capital-Iversions-not5" place="bottom" n="5">
                    Si Marx s’est écarté de la structuration de la <ref target="#CapIv2">version 2</ref>,
                    c’est qu’il trouvait celle-ci (celle de la <ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>) meilleure.
                    Il a proposé de l’adopter à l’avenir.
                    Engels avait d’autant plus de raison de suivre cette instruction pour la v. 3A
                    qu’entre 1872 et 1887, les lecteurs anglophones ont dû lire la version 2A,
                    plus souvent que la v. 2, et s’y référer. Engels ne l’avait pas fait pour la v. 3,
                    sans doute par manque de temps, mais aussi peut-être parce qu’il a voulu de même
                    respecter en allemand les habitudes des lecteurs de la version 2.
                  </note>.
                  On a donc le texte, <foreign xml:lang="la">mutatis mutandis</foreign>, de la v. 3,
                  coulé dans la table des matières de la v. 2A.
                  Tout le travail éditorial en fait plus qu’une simple traduction. Je considère
                  ça (un peu comme la traduction Roy revue par Marx) comme une version spécifique<note xml:id="Capital-Iversions-not6" place="bottom" n="6">Toute traduction est une
                    nouvelle <term>expression</term> FRBR, mais je veux dire qu’ici il y a en outre
                    des écarts volontaires. Selon Ben Fowkes, le traducteur de l’<ref target="#CapIen1976">édition Penguin et New Left Review de 1976</ref>, Engels aurait,
                    comme Marx peut-être pour la v. 2A, toléré ou encouragé des simplifications pour
                    ne pas rebuter le lecteur anglais. <foreign xml:lang="en">By the way</foreign>,
                    d’aucuns contestent les versions 3 et 4 d’Engels, entre autres sur le point qu’il
                    n’aurait pas assez repris de la v. 2A.

                    <!-- À déplacer vers la critique des versions et éditions. -->

                    La traduction de Fowkes est à son tour critiquée
                    sur deux points : (i) qu’il fait confiance aveugle à la v. 4 ; (ii) que lui-même
                    ne comprend pas toujours la subtilité de la pensée de Marx et en donne alors
                    parfois une traduction déficiente : lui aussi, il simplifie. (Voir l’<ref target="#Capital-Icrit">approche critique des versions et éditions</ref>.)
                  </note>,
                  que j’appelle version 3A.
                </item>

                <label xml:id="CapIv4" rend="gras">Version 4 (1890)</label>
                <item>
                  Constituée par
                  <ref target="#CapIde1890">la quatrième édition allemande du Livre I</ref>, par Engels.
                  Engels a encore récupéré quelques apports de la <ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>
                  et corrigé des citations et des références sur base du travail d’Eleanor Marx
                  pour la traduction anglaise (<ref target="#CapIv3A">v. 3A</ref>)
                  de la <ref target="#CapIv3">version 3</ref>.
                  Cette édition a été reprise et améliorée <ref target="#CapIde1932I">à Moscou (IMEL, 1932)</ref>
                  et <ref target="#CapIde1962">à Berlin (MEW, 1962 et rééditions)</ref>.
                  En ce sens, la version 4, plus que les autres, c'est une grande famille d'éditions (qui font confiance à Engels).
                  (Plus encore avec les traductions qui se basent sur MEW 23.)
                </item>
              </list>

              <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

              <list>
              <head>Deux problèmes se posent alors :</head>
              <label>A. La divergence des versions 2 et 2A</label>
              <item>
                Au début des années 70 de son siècle, Marx travaille plus ou moins en parallèle
                à une deuxième édition allemande et à une traduction française, les versions 2 et 2A.
                L’ennui de ce parallèle, c’est que ces deux versions sont légèrement différentes
                et qu’on ne peut aucunement en considérer l’une comme postérieure à l’autre,
                ou supérieure, ou plus définitive, quoi qu'on pense que Marx en ait dit.
                Voir <ref target="#Capital-Iversion2A">Examen critique des relations entre versions 2 et 2A</ref>.
              </item>
              <label>B. Les versions 3 et 4</label>
              <item>
                Elles sont la suite donnée par Engels à la préparation par Marx d’une version 3,
                à partir des versions 2 et 2A et des indications laissées par Marx pour d’autres modifications.
                Certains posent la question de savoir si Engels aurait pu faire mieux
                ou si on peut le faire encore avec les documents disponibles après la mort d’Engels (1995).
                Voir <ref target="#Capital-Iversions3et4">Examen critique des versions 3 et 4</ref>.
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              En français, les traductions tenant compte ou non de la version 4
              sont traités <ref target="#Capital-Iversion2A">au chapitre discutant les versions 2 et 2A</ref>.
              En anglais, c’est dans <ref target="#Capital-Iversion3A">le chapitre suivant, sur la version 3A</ref>.
              En néerlandais, on a d’emblée traduit la quatrième édition allemande.
              Je ne commente pas autrement les traductions en néerlandais
              que par les notes de bas de page appelées à la mention
              des éditions <ref target="#CapInl1967">de 1967</ref> et <ref target="#CapInl2010">de 2010</ref>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il ne faut cependant pas attendre que tous ces problèmes soient résolus pour lire
              le Livre I du <title>Capital</title> et apprendre au moins ce qu’est la valeur d’une marchandise
              et de là ce qu’est la plus-value (dite aussi survaleur), donc l’exploitation.
              Toutes les versions, dans quelque langue que ce soit, valent mieux que de ne pas le lire du tout.
            </p>




              <!-- <p rend="alinea">
                Dans tout ce brouillard, je serais assez tenté de considérer la <ref target=
                "#CapIde2017">Neue Textausgabe (NTA)</ref> comme « la dernière édition allemande »,
                dans le double sens qu’elle serait à la fois la plus récente et la plus achevée.
                Elle est accompagnée d’un deuxième volume (en PDF) seulement, d’appareil critique
                présentant les différences entres les différentes versions, entre lesquelles un
                choix a été fait pour le texte de la NTA. Je donne ici le code que Kuczynski
                utilise pour les différentes éditions :
              </p>
              <listBibl xml:id="NTAapp">
                <bibl xml:id="NTAappA">
                  A.
                  <title>Das Kapital</title> I, <ref target="#CapIde1867">1<hi rend="ordinal">re</hi> ed. 1867</ref>,
                  constitutif de ma <ref target="#CapIv1">v. 1</ref>.
                </bibl>
                <bibl xml:id="NTAappB">
                  B.
                  <title>Das Kapital</title> I, <ref target="#CapIde1872">2<hi rend="ordinal">e</hi> ed. 1872</ref>,
                  constitutive de ma <ref target="#CapIv2">v. 2</ref>.
                </bibl>
                <bibl xml:id="NTAappC">
                  C.
                  <title>Das Kapital</title> I, <ref target="#CapIde1883">3<hi rend="ordinal">e</hi> ed. 1883</ref>,
                  constitutive de ma <ref target="#CapIv3">v. 3</ref>.
                </bibl>
                <bibl xml:id="NTAappD">
                  D.
                  <title>Das Kapital</title> I, <ref target="#CapIde1890">4<hi rend="ordinal">e</hi> ed. 1890</ref>,
                  constitutive de ma <ref target="#CapIv4">v. 4</ref>.
                </bibl>
                <bibl xml:id="NTAappE">
                  E.
                  <title>Capital</title> I, <ref target="#CapIen1887">1<hi rend="ordinal">re</hi> trad anglaise. 1887</ref>,
                  par Moore et Aveling sous la direction d’Engels,
                  constitutive de ma <ref target="#CapIv3A">v. 3A</ref>.
                </bibl>
                <bibl xml:id="NTAappF">
                  F.
                  <title>Le Capital</title> I, <ref target="#CapIen1875">1<hi rend="ordinal">re</hi> trad française. 1875</ref>,
                  de Roy, revue et corrigée par Marx,
                  constitutive de ma <ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>.
                </bibl>
                <bibl xml:id="NTAappM">
                  M.
                  <title>Das Kapital</title> I. Kuczynski désigne par là les quatre éditions allemandes A, B, C et D
                  quand elles concordent.
                </bibl>
              </listBibl> -->
            </div>

          <div xml:id="Capital-Itables" type="level3_">
            <head>
              Table de correspondance des sections et chapitres des différentes versions du Livre I
            </head>

            <index>
              <term>
                table de correspondance des sections et chapitres des différentes versions du Livre I du Capital
              </term>
            </index>
            <index>
              <term>
                correspondance des sections et chapitres des différentes versions du Livre I du Capital
              </term>
            </index>
            <index>
              <term>
                Livre I du Capital de Marx, correspondance des sections et chapitres des différentes versions
              </term>
            </index>
            <index>
              <term>
                Capital, Livre I, correspondance des sections et chapitres des différentes versions
              </term>
            </index>

            <p rend="alinea">
              La version 1 a été assez bien retravaillée pour les versions 2 et 2A.
              Elle a une table des matières différente.
              Les versions 2, 3 et 4 garderont exactement la même structure.
              La version 2A a fondamentalement la même, mais dans des sections et des chapitres
              numérotés différemment, ce qui peut dérouter devant des citations dans d’autres langues.
              Des décalages importants naissent à la <ref target="#ZweiterAbschnitt">deuxième section</ref> de la 2A, avec le chapitre 4,
              puis encore à la <ref target="#HuitiemeSection">huitième section</ref> avec
              les chapitres 26 et suivants, jusque 33 alors que le Livre I du
              <title>Capital</title> n’a que 25 chapitres en allemand. Je donne un schéma
              de la généalogie des contenus des principales <ref target="#Capital-Iversions">versions</ref> et <ref target="#Capital-Ieditions">éditions</ref> dans les deux grands styles de
              numérotation. (Je donne immédiatement après <ref target="#Capital-Itablesmat">les tables de matières juxtaposées</ref>.)
            </p>
            <p xml:id="capInum" rend="centralign">
              <figure>
                <svg xmlns="http://www.w3.org/2000/svg" viewBox="0 0 700 600" width="100%">
                    <defs>
                      <style type="text/css">text {font-size: 14px;}</style>
                      <marker id="capInum-pointe" viewBox="0 0 10 10" refX="1" refY="5" markerUnits="strokeWidth" orient="auto" markerWidth="10" markerHeight="10">
                        <polyline points="0,0 10,5 0,10 3,5" fill="black"/>
                      </marker>
                    </defs>
                    <!-- <rect x="1" y="1" width="700" height="600" fill="none" stroke="blue" stroke-width="1"/> -->
                    <!-- rectangle de contrôle des limites -->
                    <g id="capInum-ancien" transform="translate(10,10)">
                      <rect x="0" y="0" width="400" height="70" fill="none" stroke="black" stroke-width="2"/>
                      <text transform="translate(200,20)" style="text-anchor: middle;">Numérotation première</text>
                      <g id="capInum-1867" transform="translate(125,30)">
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role1867" transform="translate(75,20)" style="text-anchor: middle;">Marx, v. 1, 1867</text>
                      </g>
                    </g>

                    <g id="capInum-all2" transform="translate(10,100)">
                      <rect x="0" y="0" width="400" height="490" fill="none" stroke="black" stroke-width="2"/>
                      <text transform="translate(200,20)" style="text-anchor: middle;">Numérotation allemande</text>
                      <g id="capInum-1872" transform="translate(125,30)">
                        <line id="capInum-1867-1872" x1="75" y1="-60" x2="75" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role1872" transform="translate(75,20)" style="text-anchor: middle;">Marx, v. 2, 1872-1873</text>
                      </g>
                      <g id="capInum-1883" transform="translate(100,130)">
                        <line id="capInum-1872-1883" x1="100" y1="-70" x2="100" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="200" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role1883" transform="translate(100,20)" style="text-anchor: middle;">Marx, Engels, v. 3, 1883</text>
                      </g>
                      <g id="capInum-1890" transform="translate(125,250)">
                        <line id="capInum-1883-1890" x1="75" y1="-90" x2="75" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role1890" transform="translate(75,20)" style="text-anchor: middle;">Engels, v. 4, 1890</text>
                      </g>
                      <g id="capInum-1894" transform="translate(10,330)">
                        <line id="capInum-1890-1894" x1="140" y1="-50" x2="85" y2="-8" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="35" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role1894" transform="translate(75,15)" style="text-anchor: middle;">van der Goes,</text>
                        <text id="capInum-role1894a" transform="translate(75,30)" style="text-anchor: middle;">1894…1910 (v. 4)</text>
                      </g>
                      <g id="capInum-1967" transform="translate(10,390)">
                        <line id="capInum-1910-1967" x1="75" y1="-25" x2="75" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role1967" transform="translate(75,20)" style="text-anchor: middle;">Lipschits, 1967 (v. 4)</text>
                      </g>
                      <g id="capInum-1983" transform="translate(240,410)">
                        <line id="capInum-1890-1983" x1="10" y1="-130" x2="75" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role1983" transform="translate(75,20)" style="text-anchor: middle;">Lefebvre, 1983 (v. 4)</text>
                      </g>
                      <g id="capInum-2010" transform="translate(10,445)">
                        <line id="capInum-1967-2000" x1="75" y1="-25" x2="75" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <text id="capInum-role2010" transform="translate(75,20)" style="text-anchor: middle;">Driessen, 2010 (v. 4)</text>
                      </g>
                    </g>

                    <g id="capInum-Roy" transform="translate(430,100)">
                      <rect x="0" y="0" width="260" height="490" fill="none" stroke="black" stroke-width="2"/>
                      <text transform="translate(130,20)" style="text-anchor: middle;">Numérotation Roy</text>
                      <g id="capInum-1875" transform="translate(30,80)">
                        <rect x="0" y="0" width="200" height="30" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <line id="capInum-1872-1875" x1="-175" y1="-25" x2="-10" y2="5" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <text id="capInum-role1875" transform="translate(100,20)" style="text-anchor: middle;">Roy, Marx, v. 2A, 1872-1875</text>
                        <line id="capInum-1875-1883" x2="-140" y2="55" x1="0" y1="25" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                      </g>
                      <g id="capInum-1887" transform="translate(30,180)">
                        <line id="capInum-1875-1887" x1="100" y1="-70" x2="100" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="200" height="50" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <line id="capInum-1883-1887" x1="-150" y1="-25" x2="-10" y2="5" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <text id="capInum-role1887" transform="translate(100,20)" style="text-anchor: middle;">Moore, Aveling, Engels,</text>
                        <text id="capInum-role1887a" transform="translate(100,40)" style="text-anchor: middle;">Eleanor Marx, v. 3A, 1887</text>
                        <line id="capInum-1887-1890" x2="-165" y2="75" x1="0" y1="45" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <!-- was                     x1="310" y1="255" x2="520" y2="285"
                                                     x2="295" y2="375" x1="530" y1="340" -->
                      </g>
                      <g id="capInum-divers" transform="translate(55,320)">
                        <line id="capInum-1887-else" x1="75" y1="-90" x2="75" y2="-10" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <rect x="0" y="0" width="150" height="90" fill="none" stroke="black" stroke-width="2" rx="10" ry="10"/>
                        <line id="capInum-1890-divers" x1="-200" y1="-45" x2="-10" y2="5" style="stroke:black; stroke-width:1" marker-end="url(#capInum-pointe)"/>
                        <text id="capInum-roledivers" transform="translate(75,20)" style="text-anchor: middle;">diverses</text>
                        <text id="capInum-rolediversa" transform="translate(75,40)" style="text-anchor: middle;">autres</text>
                        <text id="capInum-rolediversb" transform="translate(75,60)" style="text-anchor: middle;">éditions</text>
                        <text id="capInum-rolediversc" transform="translate(75,80)" style="text-anchor: middle;">en anglais</text>
                      </g>
                    </g>

                    <g id="arrows" transform="translate(0,0)">
                    </g>
                  </svg>
              </figure>
            </p>
            <p rend="alinea">Dans ce schéma, les flèches marquent la filiation des
            contenus et les cadres, après la structuration plus simple de la première
            version, les deux grands systèmes de numérotation : la numérotation que Marx
            a donnée à la version 2 et qu’Engels a conservée dans les versions 3 et 4 ;
            celle que Roy a introduite dans la version 2A et que les anglais ont reprise.
            En néerlandais, on a traduit d’emblée la seule version 4 (avec sa numérotation)
            et on a enfin en français, avec un siècle de retard, une traduction du
            Livre I dans sa version finale (également avec la numérotation allemande).
            </p>
            <p rend="alinea">Je compare les tables des matières des versions 1, 2A et 2.
            La structuration de la version 1 est très différente, mais personne ne la lit plus.
            Les éditions en anglais, qu’elles partent de la v. 3A ou de la v. 4,
            ont une numérotation des chapitres semblable à celle de la v. 2A ;
            les versions 3 et 4 allemandes gardent la structure de la v. 2.
            La structuration de la NTA est semblable à celle de la v. 2A, mais pas tout à fait.</p>

            <!-- <p xml:id="Capital-Itablesmat">--><table xml:id="Capital-Itablesmat" rend="grid separated topaligned pleinelargeur"><!-- xml:id="Capital-Itablesmat-table" -->
                       <!-- anciennement "correspversionsLI" -->
                       <!-- table appelée dans la division Capital-Itables,
                            actuellement dans le fichier CapitalI.xml -->
                  <row role="label"><cell ana="#v1">Version 1</cell><!--  style="width: 20%;" -->
                    <cell ana="#v2">Versions 2 à 4</cell>
                    <cell ana="#v2A">Version 2A</cell>
                    <cell ana="#1983">Version 4(fr)</cell>
                    <cell ana="#NTA">Version NTA</cell>
                    <cell ana="#v3A">Version 3A </cell>
                    <cell ana="#Fowkes">Penguin</cell>
                  </row>
  <!-- Pour certaines discussions, on voudrait retrouver ce qui remonte, ou non, à 1867.
       Les numéros de page dans la table des matières, c’est déjà pas mal.
       Pour comparer le texte lui-même, il est fatiguant de lire deux fenêtres.
       J’ai été tenté d’imprimer 1867, puis de le confronter à la NTA (papier ou écran).
       Dans ma copie de 1867, je pourrais écrire des notes en marge,
       pour marquer des mots communs comme repère, pour souligner des évolutions…
       Mais pour tout le livre, le jeu n’en vaut pas la chandelle.
       On ne peut le faire que pour un passage, sur une question précise. -->
  <!-- J’y ai pensé pour le chapitre 1 dont, en 1867, une partie est en annexe, ce qui est plus difficile à suivre. -->
                  <row>
                    <cell ana="#v1"><ref target="#CapIde1867">Original de 1867</ref></cell>
                    <cell ana="#v2"><ref target="#CapIde1872">2<hi rend="ordinal">e</hi> édition, 1872</ref><!-- + 2 pages dans le PDF -->
                                  <lb/>[<ref target="#CapIde1872">4<hi rend="ordinal">e</hi>, 1890</ref>]</cell>
                    <cell ana="#v2A"><ref target="#CapIfr1872">1872, v. 2A</ref>
                                  <lb/><hi rend="pluspetit">col. gauche g, droite d</hi>
                                  <lb/>[<ref target="#CapIfr1948">Éd. soc. en 8 vol.</ref>]</cell>
                    <cell ana="#1983"><ref target="#CapIfr1983">Éd. soc. 1983</ref></cell>
                    <cell ana="#NTA"><ref target="#CapIde2017">NTA 2017</ref>
                                                             <lb/>Zeile (Seite)</cell>
                    <cell ana="#v3A"><ref target="#CapIen1887">1887</ref></cell>
                    <cell ana="#Fowkes"><ref target="#CapIen1976">1976</ref></cell>
                  </row>


                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm1">Erstes Kapitel.<lb/>Waare und Geld
                      <lb/>→ 1</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm1">Erster Abschnitt.<lb/>Waare und Geld
                      <lb/>→ 9<!-- + 2 pages dans le PDF --> [1]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm1">Première Section<lb/>Marchandise et Monnaie
                      <lb/>→ 13 [I.51]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm1"><ref target="#Capital-Isect1" xml:id="Kap-I-Abs1">Première Section<lb/>Marchandise et Monnaie</ref>
                      <lb/>→ 39</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm1">Erster Abschnitt
                      <lb/>→ 176(14)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm1">Part I
                      <lb/>→ 1</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm1">Part One
                      <lb/>→ 123</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm2">1)<lb/>Die Waare
                      <lb/>→ 1</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Erstes Kapitel.<lb/>Die Waare
                      <lb/>→ 9 [1]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre premier<lb/>La marchandise
                      <lb/>→ 13 [I.51]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S1</hi>
                                              <lb/><ref target="#Capital-Ichap1" xml:id="Kap-I-Abs1-Kapit1">Chapitre premier<lb/>La Marchandise</ref>
                      <lb/>→ 39</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel I
                      <lb/>→ 177(14)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter I
                      <lb/>→ 1</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter 1
                      <lb/>→ 125</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Der Reichthum der Gesellschaften,
                                                   in welchen kapitalistische Produktionsweise herrscht,… »
                      <lb/>→ 1</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">1) Die zwei Faktoren der Waare:
                                                   Gebrauchswerth und Werth (Werthsubstanz, Werthgrösse)
                      <lb/>→ 9 [1]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">I<lb/>Les deux facteurs de la marchandise :
                                                   Valeur d’usage et valeur d’échange ou valeur proprement dite
                                                   (Substance de la valeur. Grandeur de la valeur)
                      <lb/>→ 13 [I.51]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S1 Ch1</hi>
                                              <lb/><ref target="#Ichap1para1" xml:id="Kap-I-Abs1-Kapit1-Para1">I. Les deux facteurs de la marchandise :
                                                   valeur d’usage et valeur (substance de la valeur, grandeur de la valeur)</ref>
                      <lb/>→ 39</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">1.
                      <lb/>→ 180(14)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 1
                      <lb/>→ 1</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">I.
                      <lb/>→ 125</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Ursprünglich erschien uns die Waare als ein Zwieschlächtiges,… »
                      <lb/>→ 7</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">2) Doppelcharakter der in den Waaren dargestellten Arbeit
                      <lb/>→ 16 [7]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">II<lb/>Double caractère du travail présenté par la marchandise
                      <lb/>→ 16g [I.56]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S1 Ch1</hi>
                                              <lb/><ref target="#doublecaract" xml:id="Kap-I-Abs1-Kapit1-Para2">2. Le double caractère du travail représenté dans les marchandises</ref>
                      <lb/>→ 47</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">2.
                      <lb/>→ 384(20)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 2
                      <lb/>→ 8</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">2.
                      <lb/>→ 131</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3"><anchor xml:id="Anhang1867"/>
                                                   <hi rend="petitescapitales gras">Anhang zu Kapitel I</hi>, 1.
                                              <lb/>Die Werthform
                      <lb/>→ 764</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">3) Die Werthform oder der Tauschwerth.
                      <lb/>→ 22 [14]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">III<lb/>Forme de la Valeur
                      <lb/>→ 18d [I.62]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S1 Ch1</hi>
                                              <lb/><ref target="#formeval" xml:id="Kap-I-Abs1-Kapit1-Para3">3. La forme-valeur ou la valeur d’échange</ref>
                      <lb/>→ 53</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 599(25)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 3
                      <lb/>→ 14</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 131</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">I. Einfache Werthform
                      <lb/>→ 764</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">A) Einfache oder einzelne Werthform.
                      <lb/>→ 23 [15]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">A. Forme simple ou accidentelle de la valeur.
                      <lb/>→ 19g [I.63]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S1 Ch1 §3</hi>
                                              <lb/><ref target="#formvalsimple" xml:id="Kap-I-Abs1-Kapit1-Para3A">A) Forme-valeur simple, singulière ou contingente</ref>
                      <lb/>→ 55</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">a)
                      <lb/>→ 631(26)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">A.
                      <lb/>→ 16</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm4">(a)
                      <lb/>→ 139</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 1. Die beiden Pole des Werthausdrucks:
                      <lb/>                        Relative Werthform und Aequivalentform.
                      <lb/>→ 764</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm5">1) Die beiden Pole des Werthausdrucks:<anchor xml:id="Kap-I-Kapit1-3A1"/>
                      <lb/>                        Relative Werthform und Aequivalentform.
                      <lb/>→ 23 [15]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm5">a) — Les deux pôles de l’expression de la valeur :
                      <lb/>                        sa forme relative et sa forme équivalente.
                      <lb/>→ 19g [I.63]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm5"><hi rend="filArianne">S1 Ch1 §3 A)</hi>
                                              <lb/>1. Les deux pôles de l’expression de valeur :
                                                   forme-valeur relative et forme-équivalent
                      <lb/>→ 55</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm5">A)
                      <lb/>→ 637(26)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm5">1.
                      <lb/>→ 16</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm5">(1)
                      <lb/>→ 139</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">a) Die Unzertrennlichkeit der beiden Formen.
                      <lb/>→ 765</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6">« Relative Werthform und Aequivalentform sind zu einander gehörige… »
                      <lb/>→ 23</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm6">« La forme relative et la forme équivalente sont
                                                   deux aspects corrélatifs, inséparables,… »
                      <lb/>→ 19g</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm6"><lb/>→ </cell>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">b) Die Polarität der beiden Formen.
                      <lb/>→ 765</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6">« Andrerseits, diese andre Waare, die als Aequivalent figurirt,… »
                      <lb/>→ 24</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm6">« D’un autre côté, la marchandise qui figure comme <term>équivalent</term>… »
                    <lb/>→ 19g</cell>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">c) Relativer Werth und Aequivalent sind nur Formen des Werths.
                      <lb/>→ 766</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6">« Ob eine Waare sich nun in relativer Werthform befindet… »
                      <lb/>→ 24</cell>
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                  </row>

                  <row xml:id="Kap-I-Kapit1-3A2"><cell ana="#v1" rend="tm5">§. 2. Die relative Werthform.
                      <lb/>→ 766</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm5">2) Die relative Werthform.
                      <lb/>→ 24 [16]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm5">b) La forme relative de la valeur.
                      <lb/>→ 19d [I.64]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm5"><hi rend="filArianne">S1 Ch1 §3 A)</hi>
                                              <lb/>2. La forme-valeur relative
                      <lb/>→ 56</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm5">B)
                      <lb/>→ 670(27)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm5">2.
                      <lb/>→ 17</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm5">(2)
                      <lb/>→ 140</cell>
                  </row>

                  <row xml:id="Kap-I-Kapit1-3A2a"><cell ana="#v1" rend="tm6">a) Gleichheitsverhältniss
                      <lb/>→ 766</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6">a) Gehalt der relativen Werthform
                      <lb/>→ 24 [16]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm6">α) Contenu de cette forme.
                      <!-- Il y a là c), mais qui ne correspond pas à b).
                           C’est en réalité (je corrige) un α correspondant au β suivant. -->
                      <lb/>→ 19d [I.64]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm6"><hi rend="filArianne">S1 Ch1 §3 A) 2.</hi>
                                              <lb/>a) Teneur de la forme-valeur relative
                      <lb/>→ 56</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm6">α)
                      <lb/>→ 671(27)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm6">(a.)
                      <lb/>→ 17</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm6">(i)
                      <lb/>→ 140</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">b) Werthverhältniss
                      <lb/>→ 767</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6"/>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">c) Qualitativer Gehalt der im Werthverhältniss
                                                   enthaltenen relativen Werthform
                      <lb/>→ 767</cell>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">d) Quantitative Bestimmtheit der im Werthverhältniss
                                                   enthaltenen relativen Werthform
                      <lb/>→ 767</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6">b) Quantitative Bestimmtheit der relativen Werthform
                      <lb/>→ 28 [19]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm6">β) Détermination quantitative de la forme de valeur relative.
                      <lb/>→ 20 [I.67]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm6"><hi rend="filArianne">S1 Ch1 §3 A) 2.</hi>
                                              <lb/>b) Déterminité quantitative de la forme-valeur relative
                      <lb/>→ 60</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm6">β)
                      <lb/>→ 796(30)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm6">(b.)
                      <lb/>→ 21</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm6">(ii)
                      <lb/>→ 144</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">e) Das Ganze der relativen Werthform
                      <lb/>→ 767</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6"/>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 3. Die Aequivalentform
                      <lb/>→ 768</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm5">3) Die Aequivalentform
                      <lb/>→ 31 [22]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm5">c) La forme d’équivalent<anchor xml:id="Kap-I-Kapit1-3A3"/>
                                                   et ses particularités
                      <lb/>→ 21 [I.69]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm5"><hi rend="filArianne">S1 Ch1 §3 A)</hi>
                                              <lb/>3. La forme-équivalent
                      <lb/>→ 63</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm5">C) Die Aequivalentform und ihre Eigenthümlichkeiten
                      <lb/>→ 879(32)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm5">3.
                      <lb/>→ 24</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm6">(iii)
                      <lb/>→ 147</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">a) Die Form der unumittelbaren Austanschbarkeit
                      <lb/>→ 768</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6"/>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">b) Quantitative Bestimmtheit ist nicht enthalten in der Aequivalentform
                      <lb/>→ 768</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6"/>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm6">c) Die Eigenthümlichkeiten der Aequivalentform
                                              <lb/>α) Erste Eigenthümlichkeit der Aequivalentform:
                      <lb/>→ 768</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm6"><lb/> <lb/>Die erste Eigentümlichkeit, [… …], ist diese:
                      <lb/>→ 32</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm6"><lb/> <lb/>Première particularité de la forme équivalent
                      <lb/>→ 22 [I.70] </cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm6"><lb/> <lb/>La première caractéristique qu’on remarque
                      <lb/>→ 64</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm6"><lb/> <lb/>Erste Eigenthümlichkeit der Aequivalentform:
                      <lb/>→ 925(33)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm6"><lb/>→ </cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm6"><lb/>→ </cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1"/>
                    <cell ana="#v2" rend="tm5">4. Das Ganze der einfachen Werthform
                      <lb/>→ 36 [27]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm5">d) Ensemble de la forme valeur simple
                      <lb/>→ 23 [I.74]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm5"><hi rend="filArianne">S1 Ch1 §3 A)</hi>
                                              <lb/><ref target="#ensformvalsimple" xml:id="Kap-I-Kapit1-3A4">4. L’ensemble de la forme valeur simple</ref>
                      <lb/>→ 69</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm5">D)
                      <lb/>→ 1055(36)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm5">4.
                      <lb/>→ 29</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm6">(iv)
                      <lb/>→ 152</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 4. Sobald der Werth selbstständig erscheint,
                                                         hat er die Form von Tauschwerth
                      <lb/>→ 775</cell>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 5. Die einfache Werthform der Waare
                                  ist die einfache Erscheinungsform
                                  der in ihr enthaltenen Gegensätze von Gebrauchswerth und Tauschwerth
                      <lb/>→ 775</cell>
                    <cell ana="#v2"/>
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                    <cell ana="#Fowkes"/>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 6. Die einfache Werthform der Waare
                                                   ist die einfache Waarenform des Arbeitsprodukts
                      <lb/>→ 776</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 3. Gleichmässiges Entwicklungsverhältniss
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                    <cell ana="#v2" rend="tm5">2. Entwicklungsverhältniss
                                                   von relativer Werthform und Aequivalentform
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm5">b) Rapport de développement
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                    <cell ana="#v2" rend="tm5">3. Uebergang aus der allgemeinen Werthform zur Geldform
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm5">c) Transition de la forme valeur générale à la forme argent
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                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 1. Verschiedenheit des Uebergangs der allgemeinen Werthform
                                                   zur Geldform von des früheren Entwicklungsübergängen
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                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 2. Verwandlung
                                                   der allgemeinen relativen Werthform in Preisform
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                    <cell ana="#v1" rend="tm5">§. 3. Die einfache Waarenform ist das Geheimniss der Geldform
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                    <cell ana="#v1" rend="tm5">« Eine Waare scheint auf den ersten Blick
                                                   ein selbstverständliches, triviales Ding. »
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                    <cell ana="#v2" rend="tm5"><ref target="#fetiche">4. Der Fetischcharakter der Waare und sein Geheimniss</ref>
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IV. Le caractère fétiche de la marchandise et son secret
                      <lb/>→ 28 [I.83]</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2">2)<lb/>Der Austauschprozess der Waaren
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                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Zweites Kapitel.<lb/>Der Austauschprocess
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre II.<lb/>Des échanges
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                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S1</hi>
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">b). Cours de la monnaie
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">c). Le numéraire ou les espèces
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Das Kapital… hat die Mehrarbeit nicht erfunden. »
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">II. Le capital affamé de surtravail. — Boyard et Fabricant
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Den Trieb nach Verlängerung des Arbeitstags,… »
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                    <cell ana="#v2" rend="tm3">3. Englische Industriezweige ohne legale Schranke der Exploitation
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">III. La journée de travail dans les branches de l’industrie anglaise
                                                   où l’exploitation n’est pas limitée par la loi
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Das konstante Kapital, die Produktionsmittel, sind,… »
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                    <cell ana="#v2" rend="tm3">4. Tag- und Nachtarbeit. Das Ablösungssystem
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IV. Travail de jour et de nuit. — Le système des relais
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« „Was ist ein Arbeitstag ?“ Wie gross ist die Zeit,… »
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                    <cell ana="#v2" rend="tm3">5. Der Kampf um den Normalarbeitstag.
                                                   Zwangsgesetze zur Verlängerung des Arbeitstags
                                                   von Mitte des 14. bis zu Ende des 17. Jahrhunderts
                      <lb/>→ 262 [226]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">V. [La lutte pour la journée de travail normale]
                                                   Lois coercitives pour la prolongation de la journée de travail
                                                   depuis le milieu du quatorzième jusqu’à la fin du dix-septième siècle
                      <lb/>→ 113 [I.259]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S3 Ch8</hi>
                                              <lb/>5. La lutte pour la journée de travail normale.
                                                   Les lois coercitives pour la prolongation de la journée de travail
                                                   du milieu du XIV<hi rend="ordinal">e</hi> à la fin du XVII<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                      <lb/>→ 295</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">5. Zwangsgesetze…
                      <lb/>→ 8025(220)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 5
                      <lb/>→ 249</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">5.
                      <lb/>→ 375</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Nachdem das Kapital Jahrhunderte gebraucht,… »
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                    <cell ana="#v2" rend="tm3">6. Der Kampf um den Normalarbeitstag.
                                                   Zwangsgesetzliche Beschränkungen der Arbeitszeit.
                                                   Die englische Fabrikgesetzgebung von 1833–1864
                      <lb/>→ 278 [240]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">VI. Lutte pour la journée de travail normale.
                                                   — Limitation légale coercitive du temps de travail.
                                                   — La législation manufacturière anglaise de 1833 à 1864
                      <lb/>→ 119 [I.271]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S3 Ch8</hi>
                                              <lb/>6. La lutte pour la journée de travail normale.
                                                   Limitation légale obligatoire du temps de travail.
                                                   La législation de fabrique en Angleterre de 1833 à 1864
                      <lb/>→ 310</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">6. … von 1833 bis 1864.
                      <lb/>→ 8519(234)</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 6
                      <lb/>→ 263</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">6.
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Der Leser erinnert sich dass die Produktion von Mehrwerth… »
                      <lb/>→ 275</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">7. Der Kampf um den Normalarbeitstag.
                                                   Rückwirkung der englischen Fabrikgesetzgebung auf andre Länder
                      <lb/>→ 302 [261]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">VII. La lutte pour la journée de travail normale. —
                                                   Contre-coup de la législation anglaise sur les autres pays
                      <lb/>→ 128 [I.291]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S3 Ch8</hi>
                                              <lb/>7. La lutte pour la journée de travail normale.
                                                   Rétroaction de la législation anglaise
                                                   sur les fabriques dans les autres pays
                      <lb/>→ 333</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">7.
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 7
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm2">5)<lb/>Rate und Masse des Mehrwerths
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                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Neuntes Kapitel.<lb/>Rate und Masse des Mehrwerths
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XI.<lb/>Taux et masse de la plus-value
                      <lb/>→ 131 [I.297]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S3</hi>
                                              <lb/><ref target="#Capital-Ichap9" xml:id="Kap-I-Abs3-Kapit9">Chapitre IX  <lb/>Taux et Masse de survaleur</ref>
                      <lb/>→ 339</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel IX
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                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>11
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                  <row xml:id="VierterAbschnitt"><cell ana="#v1" rend="tm1">Viertes Kapitel.<lb/>Die Produktion des relativen Mehrwerths
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                    <cell ana="#v2" rend="tm1">Vierter Abschnitt.<lb/>Die Produktion des relativen Mehrwerths
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2">1)<lb/>Begriff des relativen Mehrwerths
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                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Zehntes Kapitel.<lb/>Begriff des relativen Mehrwerths
                      <lb/>→ 318 [276]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XII.<lb/>La plus-value relative
                      <lb/>→ 135 [II.7]</cell>
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                                                   Chapitre X <lb/>Le Concept de survaleur relative
                      <lb/>→ 351</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel X
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XII
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2"><ref target="#Capital-Ichap11">2)<lb/>Cooperation</ref>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2">3)<lb/>Theilung der Arbeit und Manufaktur
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                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Zwölftes Kapitel. <lb/>Theilung der Arbeit und Manufaktur
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Gehn wir nun näher auf das Einzelne ein, so ist… »
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                    <cell ana="#v2" rend="tm3">2. Der Theilarbeiter und sein Werkzeug
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">II. Le travailleur parcellaire et son outil
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                                              <lb/>2. Le travailleur partiel et son outil
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Die Gliederung der Manufaktur besitzt zwei Grundformen,… »
                      <lb/>→ 324</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">3. Die beiden Grundformen der Manufaktur —
                                                       Heterogene Manufaktur und organische Manufaktur
                      <lb/>→ 352 [306]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">III. Mécanisme général de la manufacture.
                                                   Ses deux formes fondamentales :
                                                   Manufacture hétérogène et manufacture sérielle
                      <lb/>→ 143 [II.33]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch12</hi>
                                              <lb/>3. Les deux formes fondamentales de la manufacture :
                                                   manufacture hétérogène et manufacture organique
                      <lb/>→ 384</cell>
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 3
                      <lb/>→ 333</cell>
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                      <lb/>→ 461</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Wir betrachteten erst den Ursprung der Manufaktur… »
                      <lb/>→ 335</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">4. Theilung der Arbeit innerhalb der Manufaktur
                                                   und Theilung der Arbeit innerhalb der Gesellschaft
                      <lb/>→ 362 [315]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IV. Division du travail dans la manufacture et dans la société
                      <lb/>→ 152 [II.41]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch12</hi>
                                              <lb/>4. Division du travail dans la manufacture
                                                   et division du travail dans la société
                      <lb/>→ 395</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">4.
                      <lb/>→ 11104</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 4
                      <lb/>→ 343</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Eine grössere Arbeiteranzahl unter dem Kommando… »
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                    <cell ana="#v2" rend="tm3">5. Der kapitalistische Charakter der Manufaktur
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">V. Caractère capitaliste de la manufacture
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                                              <lb/>5. Le caractère capitaliste de la manufacture
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 5
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2"><ref target="#Capital-Ichap13">4)<lb/>Maschinerie und grosse Industrie</ref>
                      <lb/>→ 355</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2"><ref target="#Capital-Ichap13">Dreizehntes Kapitel <lb/>Maschinerie und grosse Industrie</ref>
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm2"><ref target="#Capital-Ichap13">Chapitre XV <lb/>Machinisme et grande industrie</ref>
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                                              <lb/><ref target="#Capital-Ichap13" xml:id="Kap-I-Abs4-Kapit13">Chapitre XIII<lb/>La Machinerie et la grande industrie</ref>
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                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XIII
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« John Stuart Mill sagt… »
                      <lb/>→ 355</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">1. Entwicklung der Maschinerie
                      <lb/>→ 384 [334]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">I. Développement des machines et de la production mécanique
                      <lb/>→ 161 [II.58]</cell>
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                                              <lb/>1. Le développement de la machinerie
                      <lb/>→ 416</cell>
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                      <lb/>→ 11769</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 1
                      <lb/>→ 365</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Man sah, dass die aus der Cooperation und… »
                      <lb/>→ 373</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">2. Werthabgabe der Maschinerie an das Produkt
                      <lb/>→ 402 [350]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">II. Valeur transmise par la machine au produit
                      <lb/>→ 167 [II.71]</cell>
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                                              <lb/>2. Valeur cédée par la machinerie au produit
                      <lb/>→ 433</cell>
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                      <lb/>→ 12344</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 2
                      <lb/>→ 382</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">2.
                      <lb/>→ 508</cell>
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Den Ausgangspunkt der grossen Industrie bildet,… »
                      <lb/>→ 382</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">3. Nächste Wirkungen des maschinenmässigen Betriebs auf den Arbeiter
                      <lb/>→ 411 [358]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">III. Réaction immédiate de l’industrie mécanique sur le travailleur
                      <lb/>→ 170 [II.78]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch13</hi>
                                              <lb/>3. Les effets immédiats de l’exploitation mécanisée sur l’ouvrier
                      <lb/>→ 443</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 12625</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 3
                      <lb/>→ 391</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 517</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Sofern die Maschinerie Muskelkraft entbehrlich macht,… »
                      <lb/>→ 382</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">a) Aneignung zuschüssiger Arbeitskräfte durch das Kapital.
                                              <lb/>Weiber- und Kinderarbeit
                      <lb/>→ 411 [358]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">a) Appropriation des forces de travail supplémentaires
                                                   Travail des femmes et des enfants
                      <lb/>→ 171 [II.78]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §3</hi>
                                              <lb/>a) Appropriation par le capital de forces de travail supplémentaires.
                                                   Le travail des femmes et des enfants
                      <lb/>→ 443</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">a)
                      <lb/>→ 12632</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">a.
                      <lb/>→ 391</cell>
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                      <lb/>→ 517</cell>
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Wenn die Maschinerie das gewaltigste Mittel ist,… »
                      <lb/>→ 391</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">b) Verlängerung des Arbeitstags
                      <lb/>→ 421 [367]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">b) Prolongation de la journée de travail
                      <lb/>→ 174 [II.86]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §3</hi>
                                              <lb/>b) Prolongation de la journée de travail
                      <lb/>→ 452</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">b)
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Die masslose Verlängerung des Arbeitstags,… »
                      <lb/>→ 399</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">c) Intensifikation der Arbeit
                      <lb/>→ 428 [373]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">c) Intensification du travail
                      <lb/>→ 177 [II.91]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §3</hi>
                                              <lb/>c) L’intensification du travail
                      <lb/>→ 459</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">c)
                      <lb/>→ 13162</cell>
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                      <lb/>→ 533</cell>
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Wir betrachteten im Beginn dieses Kapitels… »
                      <lb/>→ 410</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">4. Die Fabrik
                      <lb/>→ 440 [384]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IV. La fabrique
                      <lb/>→ 180 [II.100]</cell>
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                                              <lb/>4. La fabrique
                      <lb/>→ 470</cell>
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 4
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Der Kampf zwischen Kapitalist und Lohnarbeiter… »
                      <lb/>→ 419</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">5. Kampf zwischen Arbeiter und Maschine
                      <lb/>→ 449 [392]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">V. Lutte entre travailleur et machine
                      <lb/>→ 184 [II.108]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch13</hi>
                                              <lb/>5. La lutte entre l’ouvrier et la machin
                      <lb/>→ 479</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">5.
                      <lb/>→ 13832</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 5
                      <lb/>→ 427</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">5.
                      <lb/>→ 553</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Eine ganze Reihe bürgerlicher Oekonomen,… »
                      <lb/>→ 429</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">6. Die Kompensationstheorie bezüglich
                                                           der durch Maschinerie verdrängten Arbeiter
                      <lb/>→ 459 [403]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">VI. Théorie de la compensation
                      <lb/>→ 189 [II.119]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch13</hi>
                                              <lb/>6. La théorie de la compensation
                                                   pour les ouvriers chassés par la machinerie
                      <lb/>→ 491</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">6.
                      <lb/>→ 14199</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 6
                      <lb/>→ 438</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">6.
                      <lb/>→ 565</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Alle zurechnungsfähigen Repräsentanten der politischen Öekonomie… »
                      <lb/>→ 437</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">7. Repulsion und Attraktion von Arbeitern mit Entwicklung des Maschinenbetriebs.
                                                              Krisen der Baumwollindustrie
                      <lb/>→ 469 [412]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">VII. Répulsion et attraction des ouvriers par la fabrique.
                                                   Crises de l’industrie cotonnière
                      <lb/>→ 193 [II.127]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch13</hi>
                                              <lb/>7. Phénomènes de répulsion et d’attraction agissant sur les ouvriers
                                                   à mesure que se développe l’exploitation mécanisée.
                                                   Crises de l’industrie du coton
                      <lb/>→ 502</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">7.
                      <lb/>→ 14538</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 7
                      <lb/>→ 449</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">7.
                      <lb/>→ 575</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Man hat gesehn, wie die Maschinerie die auf dem Handwerk… »
                      <lb/>→ 449</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">8. Revolutionirung von Manufaktur,
                                                   Handwerk und Hausarbeit durch die grosse Industrie
                      <lb/>→ 481 [425]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">VIII. Révolution opérée dans la manufacture, le métier et le travail à domicile
                                                   par la grande industrie
                      <lb/>→ 198 [II.139]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch13</hi>
                                              <lb/>8. La grande industrie révolutionne la manufacture,
                                                   les métiers de l’artisanat et le travail à domicile
                      <lb/>→ 516</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">8.
                      <lb/>→ 14954</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 8
                      <lb/>→ 462</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">8.
                      <lb/>→ 588</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Man hat gesehn, wie die Maschinerie die auf dem Handwerk… »
                      <lb/>→ 449</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">a) Aufhebung der auf Handwerk und Theilung der Arbeit
                                                   beruhenden Kooperation
                      <lb/>→ 481 [425]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">a) Suppression de la coopération fondée sur le métier
                                                   et la division du travail
                      <lb/>→ 198 [II.139]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §8</hi>
                                              <lb/>a) Suppression de la coopération basée sur les métiers
                                                   et la division du travail
                      <lb/>→ 516</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">a)
                      <lb/>→ 14956</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">a.
                      <lb/>→ 462</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm4">(a)
                      <lb/>→ 588</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Mit der Entwicklung des Fabrikwesens… »
                      <lb/>→ 452</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">b) Rückwirkung des Fabrikwesens
                                                   auf Manufaktur und Hausarbeit
                      <lb/>→ 483 [426]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">2. Réaction de la fabrique
                                                   sur la manufacture et le travail à domicile
                      <lb/>→ 199 [II.141]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §8</hi>
                                              <lb/>b) Répercussions du système de la fabrique
                                                   sur la manufacture et le travail à domicile
                      <lb/>→ 517</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">b)
                      <lb/>→ 15009</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">b.
                      <lb/>→ 464</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm4">(b)
                      <lb/>→ 590</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Ich will nun an einigen Beispielen… »
                      <lb/>→ 453</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">c) Die moderne Manufaktur
                      <lb/>→ 485 [428]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">c) La manufacture moderne
                      <lb/>→ 200 [II.142]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §8</hi>
                                              <lb/>c) La manufacture moderne
                      <lb/>→ 519</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">c)
                      <lb/>→ 15058</cell>
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                      <lb/>→ 592</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Ich wende mich jetzt zur s. g. Hausarbeit. »
                      <lb/>→ 457</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">d) Die moderne Hausarbeit
                      <lb/>→ 489 [431]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">d). Le travail moderne à domicile.
                      <lb/>→ 201 [II.145]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §8</hi>
                                              <lb/>d) Le travail à domicile moderne
                      <lb/>→ 523</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">d)
                      <lb/>→ 15163</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">d.
                      <lb/>→ 469</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm4">(d)
                      <lb/>→ 595</cell>
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">« Die Verwohlfeilerung der Arbeitskraft durch… »
                      <lb/>→ 461</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">e) Uebergang der modernen Manufaktur und Hausarbeit zur grossen Industrie.
                                                  Beschleunigung dieser Revolution durch Anwendung der Fabrikgesetze
                                                  auf jene Betriebsweisen
                      <lb/>→ 493 [435]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">e) Passage de la manufacture moderne et du travail à domicile
                                                               à la grande industrie
                      <lb/>→ 203 [II.149]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S4 Ch13 §8</hi>
                                              <lb/>e) Passage de la manufacture et du travail à domicile modernes à la grande industrie.
                                                   Comment cette révolution est accélérée
                                                   par l’application des Lois sur les fabriques à ces modes d’exploitation
                      <lb/>→ 528</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">e)
                      <lb/>→ 15297</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">e.
                      <lb/>→ 474</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm4">(e)
                      <lb/>→ 599</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Die Fabrikgesetzgebung, diese erste bewusste und planmässige… »
                      <lb/>→ 472</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">9. Fabrikgesetzgebung.
                                                   (Gesundheits- und Erziehungsklauseln.)
                      <lb/>→ 506 [446]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IX. Législation de fabrique
                      <lb/>→ 208 [II.159]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch13</hi>
                                              <lb/>9. Législation sur les fabriques.
                                                   (Clauses concernant l’hygiène et l’éducation.)
                                                   Sa généralisation en Angleterre
                      <lb/>→ 540</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">9. Fabrikgesetzgebung.
                                                   (Gesundheits- und Erziehungsklauseln.)
                                                   Ihre Verallgemeinerung in England
                      <lb/>→ 15674</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 9
                      <lb/>→ 485</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">9.
                      <lb/>→ 610</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">« Die Revolution, welche die grosse Industrie im Ackerbau… »
                      <lb/>→ 493</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">10. Grosse Industrie und Agrikultur
                      <lb/>→ 526 [469]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">X. Grande industrie et agriculture
                      <lb/>→ 217 [II.179]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S4 Ch13</hi>
                                              <lb/>10. Grande industrie et agriculture
                      <lb/>→ 564</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">10.
                      <lb/>→ 16456</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 10
                      <lb/>→ 512</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">10.
                      <lb/>→ 636</cell>
                  </row>

                  <row xml:id="FünfterAbschnitt">
                    <cell ana="#v1" rend="tm1">Fünftes Kapitel.
                                              <lb/>Weitere Untersuchungen über die Produktion des absoluten und relativen Mehrwerths
                      <lb/>→ 496</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm1">Fünfter Abschnitt.
                                              <lb/>Die Produktion des absoluten und relativen Mehrwerths
                      <lb/>→ 530 [472]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm1">Cinquième section.
                                              <lb/>Recherches ultérieures sur la production de la plus-value
                      <lb/>→ 219 [II.183]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm1">Cinquième Section
                                              <lb/>La Production de la survaleur absolue et relative
                      <lb/>→ 569</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm1">Fünfter Abschnitt.
                                              <lb/>Weitere Untersuchungen über die Produktion des Mehrwerths
                      <lb/>→ 16557</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm1">Part V
                      <lb/>→ 516</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm1">Part Five
                      <lb/>→ 641</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm2">1)<lb/>Absoluter und relativer Mehrwerth
                      <lb/>→ 496</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Vierzehntes Kapitel.<lb/>Absoluter und relativer Mehrwerth
                      <lb/>→ 530 [472]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XVI.
                                              <lb/>Plus-value absolue et plus-value relative
                      <lb/>→ 219 [II.183]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S5</hi>
                                              <lb/>Chapitre XIV
                                              <lb/>Survaleur absolue et relative
                      <lb/>→ 569</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XIV
                      <lb/>→ 16559</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XVI
                      <lb/>→ 516</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>16
                      <lb/>→ 643</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm2">2)<lb/>Grössenwechsel von Preis der Arbeitskraft und Mehrwerth
                      <lb/>→ 505</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Fünfzehntes Kapitel.
                                              <lb/>Grössenwechsel von Preis der Arbeitskraft und Mehrwerth
                      <lb/>→ 539 [482]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XVII.
                                              <lb/>Variations dans le rapport de grandeur
                                                   entre la plus-value et la valeur de la force de travail
                      <lb/>→ 224 [II.192]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S5</hi>
                                              <lb/>Chapitre XV
                                              <lb/>Variations de la grandeur respective
                                                   du prix de la force de travail et de la survaleur
                      <lb/>→ 581</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XV.
                                              <lb/>Größenwechsel von Werth der Arbeitskraft und Mehrwerth
                      <lb/>→ 16938</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XVII
                      <lb/>→ 527</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>17
                      <lb/>→ 655</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">A) Grösse des Arbeitstags und Intensivität der Arbeit constant (gegeben),
                                                   Produktivkraft der Arbeit variabel
                      <lb/>→ 506</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">A) Grösse des Arbeitstags und Intensität der Arbeit konstant (gegeben),
                                                   Produktivkraft der Arbeit variabel
                      <lb/>→ 540 [483]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">I<lb/>Données : Durée et intensité du travail constantes.
                                                   Productivité variable
                      <lb/>→ 224 [II.192]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S5 Ch15</hi>
                                              <lb/>1. Grandeur de la journée de travail et intensité du travail constantes (données),
                                                   force productive du travail variable
                      <lb/>→ 582</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">1. Dauer und Intensivität der Arbeit konstant,
                                                   Produktivkraft der Arbeit variabel
                      <lb/>→ 16697</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">1.
                      <lb/>→ 528</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">I.
                      <lb/>→ 656</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">B) Constanter Arbeitstag, constante Produktivkraft der Arbeit,
                                                   Intensivität der Arbeit variabel
                      <lb/>→ 510</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">B) Konstanter Arbeitstag, konstante Produktivkraft der Arbeit,
                                                   Intensivität der Arbeit variabel
                      <lb/>→ 544 [487]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">II<lb/>Données : Durée et productivité du travail constantes.
                                                   Intensité variable
                      <lb/>→ 226 [II.196]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S5 Ch15</hi>
                                              <lb/>2. Journée de travail constante, force productive du travail constante,
                                                   intensité du travail variable
                      <lb/>→ 586</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">2. Dauer und Produktivkraft der Arbeit konstant,
                                                   Intensivität der Arbeit variabel
                      <lb/>→ 17115</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">II.
                      <lb/>→ 533</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">2.
                      <lb/>→ 660</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">C. Produktivkraft und Intensivität der Arbeit constant,
                                                   Arbeitstag variabel
                      <lb/>→ 511</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">C) Produktivkraft und Intensivität der Arbeit konstant,
                                                   Arbeitstag variabel
                      <lb/>→ 545 [489]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">III<lb/>Données : Productivité et intensité du travail constantes.
                                                   Durée du travail variable
                      <lb/>→ 226 [II.197]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S5 Ch15</hi>
                                              <lb/>3. Force productive et intensité du travail constantes,
                                                   journée de travail variable
                      <lb/>→ 588</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">3. Produktivkraft und Intensivität der Arbeit konstant,
                                                   Dauer der Arbeit variabel</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">III.
                      <lb/>→ 535</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 662</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">D. Gleichzeitige Variationen in Länge des Arbeitstags,
                                                   Produktivkraft und Intensivität der Arbeit
                      <lb/>→ 513</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">D) Gleichzeitige Variationen in Dauer,
                                                   Produktivkraft und Intensivität der Arbeit
                      <lb/>→ 547 [490]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IV<lb/>Données : Variations simultanées dans la durée,
                                                   la productivité et l’intensité du travail
                      <lb/>→ 227 [II.198]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S5 Ch15</hi>
                                              <lb/>4. Variations simultanées de la durée, de l’intensité
                                                    et de la force productive du travail
                      <lb/>→ 590</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">4.
                      <lb/>→ 17235</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">IV.
                      <lb/>→ 537</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">4.
                      <lb/>→ 664</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Abnehmende Produktivkraft der Arbeit
                                                   mit gleichzeitiger Verlängerung des Arbeitstags
                      <lb/>→ 513</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">Abnehmende Produktivkraft der Arbeit
                                                   mit gleichzeitiger Verlängerung des Arbeitstags
                      <lb/>→ 547 [490]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">Diminution de la productivité du travail
                                                   et prolongation simultanée de sa durée
                      <lb/>→ 227 [II.199]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S5 Ch15 §4</hi>
                                              <lb/>1) Force productive qui diminue simultanément
                                                   à un allongement de la journée de travail
                      <lb/>→ 590</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">Abnehmende Produktivkraft der Arbeit
                                                   mit gleichzeitiger Verlängerung ihrer Dauer
                      <lb/>→ 17235</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">(1).
                      <lb/>→ 537</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm4">(1)
                      <lb/>→ 664</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Zunehmende Intensivität und Produktivkraft der Arbeit
                                                   bei gleichzeitiger Verkürzung des Arbeitstags
                      <lb/>→ 515</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">Zunehmende Intensivität und Produktivkraft der Arbeit
                                                   bei gleichzeitiger Verkürzung des Arbeitstags
                      <lb/>→ 549 [492]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">Augmentation de l’intensité et de la productivité du travail
                                                   avec raccourcissement simultané de sa durée
                      <lb/>→ 228 [II.200]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm4"><hi rend="filArianne">S5 Ch15 §4</hi>
                                              <lb/>2) Augmentation de l’intensité et de la force productive du travail,
                                                   simultanément à un raccourcissement de la journée de travail
                      <lb/>→ 592</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">Zunehmende Intensivität und Produktivkraft der Arbeit
                                                   bei gleichzeitiger Verkürzung ihrer Dauer
                      <lb/>→ 17235</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm4">(2).
                      <lb/>→ 539</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm4">(2)
                      <lb/>→ 666</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm2">3)
                                              <lb/>Verschiedne Formeln für die Rate des Mehrwerths
                      <lb/>→ 516</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Sechzehntes Kapitel.
                                              <lb/>Verschiedne Formeln für die Rate des Mehrwerths
                      <lb/>→ 551 [493]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXXIII.
                                              <lb/>Formules diverses pour le taux de la plus-value
                      <lb/>→ 229 [II.202]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S5</hi>
                                              <lb/>Chapitre XVI
                                              <lb/>Diverses formules du taux de survaleur
                      <lb/>→ 594</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XVI
                      <lb/>→ 17348</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXXIII
                      <lb/>→ 541</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>18
                      <lb/>→ 668</cell>
                  </row>

                  <row xml:id="SechsterAbschnitt">
                    <cell ana="#v1" rows="2" rend="tm2">4)
                                              <lb/>Werth, resp. Preis der Arbeitskraft in der verwandelten Form des Arbeitslohns
                      <lb/>→ 520</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm1">Sechster Abschnitt.<lb/>Der Arbeitslohn
                      <lb/>→ 555 [497]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm1">Sixième section.<lb/>Le salaire
                      <lb/>→ 231 [II.206]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm1">Sixième Section <lb/>Le salaire
                      <lb/>→ 599</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm1">Sechster Abschnitt
                      <lb/>→ 17452</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm1">Part VI
                      <lb/>→ 545</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm1">Part Six
                      <lb/>→ 545</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <!-- <cell ana="#v1"></cell> -->
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Siebzehntes Kapitel.
                                              <lb/>Verwandlung von Werth resp. Preis der Arbeitskraft in Arbeitslohn
                      <lb/>→ 555 [497]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XIX.
                                              <lb/>Transformation de la valeur ou du prix de la force de travail en salaire
                      <lb/>→ 231 [II.206]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S6</hi>
                                              <lb/>Chapitre XVII
                                              <lb/>Transformation de la valeur ou du prix de la force de travail en salaire
                      <lb/>→ 599</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XVII
                      <lb/>→ 17454</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XIX
                      <lb/>→ 545</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>19
                      <lb/>→ 675</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">a) Die Formverwandlung
                      <lb/>→ 520</cell>
                    <cell ana="#v2"/>
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">b)
                                                   Die beiden Grundformen des Arbeitslohns : Zeitlohn und Stücklohn
                      <lb/>→ 529</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Achtzehntes Kapitel.<lb/>Der Zeitlohn
                      <lb/>→ 564 [505]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XX.<lb/>Le salaire au temps
                      <lb/>→ 235 [II.214]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S6</hi>
                                              <lb/>Chapitre XVIII <lb/>Le Salaire au temps
                      <lb/>→ 608</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XVIII
                      <lb/>→ 17752</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XX
                      <lb/>→ 553</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>20
                      <lb/>→ 683</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Der Stücklohn ist nichts als eine verwandelte Form des Zeitlohns…
                      <lb/>→ 538</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Neunzehntes Kapitel.<lb/>Der Stücklohn
                      <lb/>→ 573 [513]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXI.<lb/>Le salaire aux pièces
                      <lb/>→ 239 [II.222]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S6</hi>
                                              <lb/>Chapitre XIX <lb/>Le Salaire aux pièces
                      <lb/>→ 617</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XIX
                      <lb/>→ 18032</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXI
                      <lb/>→ 561</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>21
                      <lb/>→ 692</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Im zweiten Abschnitt dieses Kapitels beschäftigten uns…
                      <lb/>→ 547</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Zwanzigstes Kapitel.
                                              <lb/>Nationale Verschiedenheit der Arbeitslöhne
                      <lb/>→ 583 [521]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXII.
                                              <lb/>Différence dans le taux des salaires nationaux
                      <lb/>→ 243 [II.230]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S6</hi>
                                              <lb/>Chapitre XX
                                              <lb/>Disparité entre les salaires des différentes nations
                      <lb/>→ 627</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XX.
                                              <lb/>Verschiedenheit der nationalen Arbeitslöhne
                      <lb/>→ 18333</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXII
                      <lb/>→ 570</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>22
                      <lb/>→ 701</cell>
                  </row>

                  <row xml:id="SiebenterAbschnitt">
                    <cell ana="#v1" rend="tm1">Sechstes Kapitel.
                                                   <lb/>Der Accumulationsprozess des Kapitals
                      <lb/>→ 551</cell>
                    <cell ana="#v2" rows="2" rend="tm1">Siebenter Abschnitt.<lb/>Der Akkumulationsprocess des Kapitals
                      <lb/>→ 586 [527]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm1">Septième section.<lb/>Accumulation du capital
                      <lb/>→ 246 [III.7]</cell>
                    <cell ana="#1983" rows="2" rend="tm1">Septième Section
                                                     <lb/>Le Procès d’accumulation du capital
                      <lb/>→ 633</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm1">Siebenter Abschnitt.<lb/>Die kapitalistische Akkumulation
                      <lb/>→ 18513</cell>
                    <cell ana="#v3A" rows="2" rend="tm1">Part VII
                      <lb/>→ 576</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rows="2" rend="tm1">Part Seven
                      <lb/>→ 707</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm2">1) <lb/>Die kapitalistische Accumulation
                      <lb/>→ 552</cell>
                    <!-- <cell ana="#v2"></cell> -->
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">Introduction
                      <lb/>→ 246 [III.7]</cell>
                    <!-- <cell ana="#1983"></cell> -->
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">Einleitung
                      <lb/>→ 18514</cell>
                    <!-- <cell ana="#v3A"></cell> -->
                    <!-- <cell ana="#Fowkes"></cell> -->
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">a) Einfache Reproduktion
                      <lb/>→ 552</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Einundzwanzigstes Kapitel.<lb/>Einfache Reproduktion
                      <lb/>→ 588 [527]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXIII.<lb/>Reproduction simple
                      <lb/>→ 247 [III.9]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S7</hi>
                                              <lb/>Chapitre XXI <lb/>Reproduction simple
                      <lb/>→ 635</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XXI
                      <lb/>→ 18556</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXIII
                      <lb/>→ 577</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>23
                      <lb/>→ 711</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">b) Verwandlung von Mehrwerth in Kapital
                      <lb/>→ 567</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Zweiundzwanzigstes Kapitel.<lb/>Verwandlung von Mehrwerth in Kapital
                      <lb/>→ 603 [542]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXIV.<lb/>Transformation de la plus-value en capital
                      <lb/>→ 254 [III.21]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S7</hi>
                                              <lb/>Chapitre XXII <lb/>Transformation de la survaleur en capital
                      <lb/>→ 649</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XXII
                      <lb/>→ 19048</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXIV
                      <lb/>→ 592</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>24
                      <lb/>→ 725</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Früher hatten wir zu betrachten…
                      <lb/>→ 567</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">1. Kapitalistischer Produktionsprocess auf erweiterter Stufenleiter.
                                                   Umschlag der Eigenthumsgesetze der Waarenproduktion
                                                   in Gesetze der kapitalistischen Aneignung
                      <lb/>→ 603 [542]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">I<lb/>Reproduction sur une échelle progressive.
                                                   — Comment le droit de propriété de la production marchande
                                                   devient le droit d’appropriation capitaliste
                      <lb/>→ 254 [III.21]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch22</hi>
                                              <lb/>1. Le procès de production capitaliste à une échelle élargie.
                                                   Renversement des lois de propriété de la production marchande
                                                   en lois de l’appropriation capitaliste
                      <lb/>→ 649</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">1. Kapitalistischer Produktionsprocess auf erweiterter Stufenleiter.
                                                   Umschlag des Eigenthumsgesetzes der Waarenproduktion
                                                   in das Gesetz der kapitalistischen Aneignung
                      <lb/>→ 19051</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 1
                      <lb/>→ 592</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">1.
                      <lb/>→ 725</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Bevor wir nun aufeinige nähere Bestimmungen der Acenmulation
                      <lb/>→ 572</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">2. Irrige Auffassung der Reproduktion auf erweiterter Stufenleiter
                                                              seitens der politischen Ökonomie
                      <lb/>→ 609 [551]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">II<lb/>Fausse interprétation de la reproduction
                                                              sur une échelle progressive
                      <lb/>→ 257 [III.28]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch22</hi>
                                              <lb/>2. Conception erronée de la reproduction élargie
                                                              dans l’économie politique
                      <lb/>→ 659</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">2.
                      <lb/>→ 19354</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 2
                      <lb/>→ 598</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">2.
                      <lb/>→ 734</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Im ersten Abschnitt dieses Kapitels betrachteten wir den ganzen Mehrwerth,
                      <lb/>→ 575</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">3. Theilung des Mehrwerths in Kapital und Revenue.
                                                    —  Die Abstinenztheorie
                      <lb/>→ 612 [554]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">III<lb/>Division de la plus-value en capital et en revenu.
                                                   — Théorie de l’abstinence
                      <lb/>→ 259 [III.31]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch22</hi>
                                              <lb/>3. Partage de la survaleur en capital et en revenu.
                                                   La théorie de l’abstinence
                      <lb/>→ 662</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 19481</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 3
                      <lb/>→ 602</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 738</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Wir betrachteten bisher die Masse des Mehrwerths als gesebne Grösse.
                      <lb/>→ 584</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">4. Umstände, welche unabhängig von der proportionellen Theilung
                                                   des Mehrwerths in Kapital und Revenue den Umfang der Akkumulation bestimmen:
                                                   Exploitationsgrad der Arbeitskraft.
                                                   — Produktivkraft der Arbeit.
                                                   — Wachsende Differenz zwischen angewandtem und konsumirtem Kapital.
                                                   — Grösse des vorgeschossenen Kapitals
                      <lb/>→ 622 [562]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IV<lb/>Circonstances qui, indépendamment de la division proportionnelle
                                                   de la plus-value en capital et en revenu, déterminent l’étendue de l’accumulation.
                                                   — Degré d’exploitation de la force ouvrière. — La productivité du travail.
                                                   — Différence croissante entre le capital employé et le capital consommé.
                                                   — La grandeur du capital avancé
                      <lb/>→ 262 [III.40]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch22</hi>
                                              <lb/>4. Facteurs déterminants du volume de l’accumulation,
                                                   indépendamment des proportions de la répartition de la survaleur en capital et revenu :
                                                   degré d’exploitation de la force de travail — force productive du travail
                                                   — différence croissante entre capital mis en œuvre et capital consommé
                                                   — grandeur du capital avancé
                      <lb/>→ 671</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">4.
                      <lb/>→ 19755</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 4
                      <lb/>→ 610</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">4.
                      <lb/>→ 747</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Man hat im Verlauf dieses Abschnitts gesehn, …
                      <lb/>→ 596</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">5. Der sogenannte Arbeitsfonds
                      <lb/>→ 633 [573]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">V<lb/>Le prétendu fonds du travail (labour-fund)
                      <lb/>→ 267 [III.49]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch22</hi>
                                              <lb/>5. Le soi-disant « fonds de travail »
                      <lb/>→ 682</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">5.
                      <lb/>→ 20149</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 5
                      <lb/>→ 621</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">5.
                      <lb/>→ 758</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm2">c)
                                              <lb/>Das allgemeine Gesetz der kapitalistischen Accumulation
                      <lb/>→ 599</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Dreiundzwanzigstes Kapitel.
                                              <lb/>Das allgemeine Gesetz der kapitalistischen Akkumulation
                      <lb/>→ 637 [576]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXV.
                                              <lb/>Loi générale de l’accumulation capitaliste
                      <lb/>→ 269 [III.54]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S7</hi>
                                              <lb/>Chapitre XXIII
                                              <lb/>La loi générale de l’accumulation capitaliste
                      <lb/>→ 686</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XXIII
                      <lb/>→ 20316</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXV
                      <lb/>→ 625</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>25
                      <lb/>→ 762</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Wachsthum des Kapitals schliesst Wachsthum seines variablen…
                      <lb/>→ 599</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">1. Wachsende Nachfrage nach Arbeitskraft mit der Akkumulation,
                                                   bei gleichbleibender Zusammensetzung des Kapitals
                      <lb/>→ 637 [576]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">I<lb/>La composition du capital restant la même,
                                                   le progrès de l’accumulation tend à faire monter le taux des salaires
                      <lb/>→ 269 [III.54]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch23</hi>
                                              <lb/>1. Demande croissante en force de travail au fur et à mesure de l’accumulation,
                                                   à composition constante du capital
                      <lb/>→ 686</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">1.
                      <lb/>→ 20318</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 1
                      <lb/>→ 625</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">1.
                      <lb/>→ 762</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Das bisher Entwickelte gilt unter der Voraussetzung, …
                      <lb/>→ 608</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">2. Relative Abnahme des variablen Kapitaltheils
                                                   im Fortgang der Akkumulation und der sie begleitenden Konzentration
                      <lb/>→ 646 [585]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">II<lb/>Changements successifs de la composition du capital
                                                   dans le progrès de l’accumulation et diminution relative
                                                   de cette partie du capital qui s’échange contre la force ouvrière
                      <lb/>→ 273 [III.62]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch23</hi>
                                              <lb/>2. Diminution relative de la part de capital variable
                                                   à mesure des progrès de l’accumulation et de la concentration qui l’accompagne
                      <lb/>→ 696</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">2. Allmähliche Veränderungen in der Zusammensetzung des Kapitals
                                                   im Fortgang der Akkumulation und relative Abnahme des variablen Kapitaltheils
                      <lb/>→ 20666</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 2
                      <lb/>→ 635</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">2.
                      <lb/>→ 772</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Die Accumulation des Kapitals, …
                      <lb/>→ 614</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">3. Progressive Produktion einer relativen Uebervölkerung
                                                   oder industriellen Reservearmee
                      <lb/>→ 653 [593]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">III<lb/>Production croissante d’une surpopulation relative
                                                   ou d’une armée industrielle de réserve
                      <lb/>→ 276 [III.70]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch23</hi>
                                              <lb/>3. Production progressive d’une surpopulation relative
                                                   ou d’une armée industrielle de réserve
                      <lb/>→ 705</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 21022</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 3
                      <lb/>→ 642</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">3.
                      <lb/>→ 781</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Die relative Surpluspopulation existirt…
                      <lb/>→ 627</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">4. Verschiedene Existenzformen der relativen Uebervölkerung.
                                                   Das allgemeine Gesetz der kapitalistischen Akkumulation
                      <lb/>→ 666 [606]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">IV<lb/>Formes d’existence de la surpopulation relative.
                                                   — La loi générale de l’accumulation capitaliste
                      <lb/>→ 283 [III.83]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch23</hi>
                                              <lb/>4. Les diverses formes d’existence de la surpopulation relative.
                                                   La loi générale de l’accumulation capitaliste
                      <lb/>→ 719</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">4.
                      <lb/>→ 21628</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 4
                      <lb/>→ 655</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">4.
                      <lb/>→ 794</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Keine Periode der modernen Gesellschaft ist so günstig…
                      <lb/>→ 635</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">5. Illustration des allgemeinen Gesetzes
                                                   der kapitalistischen Akkumulation
                      <lb/>→ 674 [513]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm3">V Illustration de la loi générale
                                                   de l’accumulation capitaliste
                      <lb/>→ 286 [III.91]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch23</hi>
                                              <lb/>5. Illustration de la loi générale
                                                   de l’accumulation capitaliste
                      <lb/>→ 727</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">5.
                      <lb/>→ 21896</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm3">Section 5
                      <lb/>→ 664</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">5.
                      <lb/>→ 802</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Keine Periode der modernen Gesellschaft ist so günstig…
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                    <cell ana="#v2" rend="tm4">a) England von 1846–1866
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">a) L’Angleterre de 1846 à 1866
                      <lb/>→ 286 [III.91]</cell>
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                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">a) England von 1846 bis 1866
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                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Wenden wir uns jetzt zu den schlechtbezahlten Schichten…
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                    <cell ana="#v2" rend="tm4">b) Die schlechtbezahlten Schichten
                                                   der britischen industriellen Arbeiterklasse
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">b) Les couches industrielles mal payées
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                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Wir wenden uns nun zu einer Wandervölkerung, …
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                    <cell ana="#v2" rend="tm4">c) Das Wandervolk
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">c) La population nomade. — Les mineurs.
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                    <cell ana="#NTA" rend="tm4">c) Das Wandervolk. – Die Bergarbeiter
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                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Bevor ich zu den eigentlichen Agrikulturarbeitern übergehe, …
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                    <cell ana="#v2" rend="tm4">d) Wirkung der Krisen auf den bestbezahlten Theil der Arbeiterklasse
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">d) Effet des crises sur la partie la mieux payée de la classe ouvrière
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                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Der antagonistische Charakter der kapitalistischen Produktion…
                      <lb/>→ 661</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm4">e) Das britische Ackerbauproletariat
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">e) Le prolétariat agricole anglais.
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">[table] Consommation hebdomadaire moyenne de carbone et d’azote
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                    <cell ana="#v1" rend="tm4">Zum Schluss dieses Abschnitts müssen wir noch einen Augenblick…
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                    <cell ana="#v2" rend="tm4">f) Irland
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm4">f) L’Irlande
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                  <row xml:id="HuitiemeSection">
                    <cell ana="#v1" rows="2" rend="tm2">2)<lb/>Die s. g. ursprüngliche Accumulation
                      <lb/>→ 699</cell>
                    <cell ana="#v2" rows="2" rend="tm2">24. Vierundzwanzigstes Kapitel.
                                                   <lb/>Die sog. ursprüngliche Akkumulation
                      <lb/>→ 742 [679]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rows="2" rend="tm1">Huitième section.<lb/>L’accumulation primitive
                      <lb/>→ 314 [III.153]</cell>
                    <cell ana="#1983" rows="2" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S7</hi>
                                                   <lb/>Chapitre XXIV<lb/>La prétendue « accumulation initiale »→ 803</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm1">Achter Abschnitt.<lb/>Die ursprüngliche Akkumulation
                      <lb/>→ 24062</cell>
                    <cell ana="#v3A" rows="2" rend="tm1">Part VIII
                      <lb/>→ 736</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rows="2" rend="tm1">Part Eight
                      <lb/>→ 871</cell>
                  </row>

                  <row>
                    <!-- <cell ana="#v1" rows="2" rend="tm2">2)<lb/>Die s. g. ursprüngliche Accumulation
                      <lb/>→ 699</cell> -->
                    <!-- <cell ana="#v2" rows="2" rend="tm2">24. Vierundzwanzigstes Kapitel.<lb/>Die sog. ursprüngliche Akkumulation
                      <lb/>→ 742 [679]</cell> -->
                    <!-- <cell ana="#v2A"></cell> -->
                    <!-- <cell ana="#1983" rows="2" rend="tm2">Section 7.<lb/>Chapitre 24
                      <lb/>→ 803</cell> -->
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XXIV.<lb/>Die ursprüngliche Akkumulation
                      <lb/>→ 24064</cell>
                    <!-- <cell ana="#v3A"></cell> -->
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                  </row>

                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Man hat gesehn, wie Geld in Kapital verwandelt, …
                      <lb/>→ 699</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">1. Das Geheimnis der ursprünglichen Akkumulation
                      <lb/>→ 742 [679]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXVI
                                              <lb/>Le secret de l’accumulation primitive
                      <lb/>→ 314 [III.153]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch24</hi>
                                              <lb/>1. Le secret de l’accumulation initiale
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">In England war die Leibeigenschaft…
                      <lb/>→ 702</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">2. Expropriation des Landvolks von Grund und Boden
                      <lb/>→ 745 [682]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXVII
                                              <lb/>L’expropriation de la population campagnarde
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                                              <lb/>2. Expropriation de la population rurale
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Die durch Auflösung der feudalen Gefolgschaften…
                      <lb/>→ 719</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">3. Blutgesetzgebung gegen die Expropriirten
                                                   seit Ende des 15. Jahrhunderts.
                                                   Gesetze zur Herabdrückung des Arbeitslohns
                      <lb/>→ 764 [699]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXVIII
                                              <lb/>Législation sanguinaire contre les expropriés
                                                   à partir de la fin du quinzième siècle.
                                                   — Lois sur les salaires
                      <lb/>→ 325 [III.175]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch24</hi>
                                              <lb/>3. Législations draconiennes frappant les expropriés
                                                   à partir de la fin du XV<hi rend="ordinal">e</hi> siècle.
                                                   Lois visant à faire baisser le salaire
                      <lb/>→ 825</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">3.
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXVIII
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                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter<lb/>28
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Nachdem wir die gewaltsame Schöpfung vogelfreier Proletarier betrachtet
                      <lb/>→ 726</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">4. Genesis der kapitalistischen Pächter
                      <lb/>→ 773 [708]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXIX<lb/>Genèse du fermier capitaliste
                      <lb/>→ 330 [III.184]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch24</hi>
                                              <lb/>4. Genèse du fermier capitaliste
                      <lb/>→ 834</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">4.
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter XXIX
                      <lb/>→ 766</cell>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Chapter 29
                      <lb/>→ 905</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Die stossweise und stets erneuerte Expropriation…
                      <lb/>→ 728</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">5. Rückwirkung der agrikolen Revolution auf die Industrie.
                                                   Herstellung des innern Markts für das industrielle Kapital
                      <lb/>→ 776 [710]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXX
                                              <lb/>Contre-coup de la révolution agricole sur l’industrie.
                                                   Établissement du marché intérieur pour le capital industriel
                      <lb/>→ 332 [III.187]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch24</hi>
                                              <lb/>5. Répercussion de la révolution agricole sur l’industrie.
                                                   Création du marché intérieur pour le capital industriel
                      <lb/>→ 837</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm3">5.
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXX
                      <lb/>→ 769</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Die Genesis des industriellen Kapitalisten…
                      <lb/>→ 733</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">6. Genesis des industriellen Kapitalisten
                      <lb/>→ 781 [714]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXXI
                                              <lb/>Genèse du capitaliste industriel
                      <lb/>→ 335 [III.192]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch24</hi>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm3">Worauf kömmt die ursprüngliche Aceumulation des Kapitals,
                                                  d. h. seine historische Genesis, hinaus ?
                      <lb/>→ 742</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm3">7. Geschichtliche Tendenz der kapitalistischen Akkumulation
                      <lb/>→ 791 [726]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXXII
                                              <lb/>Tendance historique de l’accumulation capitaliste
                      <lb/>→ 341 [III.203]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm3"><hi rend="filArianne">S7 Ch24</hi>
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                                              <lb/>Die moderne Kolonisationstheorie
                      <lb/>→ 745</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Fünfundzwanzigstes Kapitel.
                                              <lb/>Die moderne Kolonisationstheorie
                      <lb/>→ 794 [729]</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Chapitre XXXIII
                                              <lb/>La théorie moderne de la colonisation
                      <lb/>→ 243 [III.206]</cell>
                    <cell ana="#1983" rend="tm2"><hi rend="filArianne">S7</hi>
                                              <lb/>Chapitre XXV
                                              <lb/>La théorie moderne de la colonisation
                      <lb/>→ 858</cell>
                    <cell ana="#NTA" rend="tm2">Kapitel XXV
                      <lb/>→ 25957</cell>
                    <cell ana="#v3A" rend="tm2">Chapter<lb/>XXXIII
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Avis au lecteur
                      <lb/>→ 348 [I.47]</cell>
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                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Nachwort
                      <lb/>→ 813</cell>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Extraits de la postface de la seconde édition allemande
                      <lb/>→ 348 [I.22]</cell>
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2">Nachtrag zu den Noten des ersten Buchs
                      <lb/>→ 757</cell>
                    <cell ana="#v2" rend="tm2">Nachtrag zum              ersten Buchs
                      <lb/>→ 805</cell>
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                    <cell ana="#v3A" rend="tm1">Works and authors quoted in “Capital”
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2">Störende Druckfehler
                      <lb/>→ 784</cell>
                    <cell ana="#v2"/>
                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Errata
                      <lb/>→ 361</cell>
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                  <row>
                    <cell ana="#v1" rend="tm1">Anhang zu Kapitel I.
                      <lb/>1. Die Werthform
                      <lb/>→ 764-784
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                    <cell ana="#v1" rend="tm2">Störende Druckfehler
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                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm1">Appendix
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Le <title>Capital</title> par Friedrich Engels
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                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm3">[Introduction]
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Correspondance sur le <title>Capital</title>
                      entre Karl Marx et Friedrich Engels
                      et trois lettres de Marx à Kugelman
                      sur le même sujet.
                      <lb/>→ [III.226]</cell>
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                    <cell ana="#v3A"/>
                    <cell ana="#Fowkes" rend="tm2">Appendix:
                      <lb/>Results of the Immediate Process of Production
                      <lb/>→ 948</cell>
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                    <cell ana="#v2A" rend="tm2">Notes marginales pour le Traité d’économie politique d’Adolphe Wagner
                      par Karl Marx
                      <lb/>→ [III.241]</cell>
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                    <cell ana="#v1"     rend="tm2"><lb/>→ 745</cell>
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                  </row> -->

                </table>
          </div>

          <div xml:id="Capital-Iversion2A" type="level3_">
              <head>
                Examen critique des relations entre versions 2 et 2A
              </head>
              <index><term>Capital, Livre I, traduction Roy, comparaison</term></index>
              <index><term>Roy, traduction du Livre I du Capital, comparaison</term></index>
              <index><term>Livre I du Capital de Marx, traduction Roy, comparaison</term></index>
              <index><term>traduction Roy du Livre I du Capital de Marx, comparaison</term></index>
              <index><term>comparaison, traduction Roy du Livre I du Capital de Marx</term></index>

              <p rend="alinea">
                La version 2A, <ref target="#CapIfr1972">traduction française de Joseph Roy</ref>,
                est dérivée de la <ref target="#CapIde1972">version 2</ref> allemande.
                Elle en diffère plus qu’une traduction ordinaire.
                Quand Roy se met à la traduction, la v. 2 n’est pas encore publiée.
                En décembre 1871, Marx lui envoie un manuscrit du début.
                Par la suite Roy aura reçu des épreuves de cahiers de la v. 2, puis des cahiers imprimés.
                Il faut garder à l’esprit que les deux éditions ont paru plus ou moins en même temps au début.
                (L’édition allemande de juillet 1872 à avril 1873, l’édition française d’août 1872 à mai 1975.)
                D’une part, en revoyant la traduction, Marx a reformulé en version 2A certains passages
                et a même ajouté des développements nouveaux, surtout à la fin<!-- réf. souhaitée -->, trop tard pour la v. 2.
                D’autre part, certaines améliorations de la version 2 ne sont jamais passées en v. 2A :
                tant Roy que Marx le corrigeant ont travaillé peut-être avant certaines modifications
                que Marx allait encore faire en allemand ;
                ou, d’une manière ou d’une autre, n’ont pas été en mesure de les reprendre en français.
                (Outre l’impossibilité chronologique pour certains passages,
                on ne peut exclure que Marx ait perdu de vue certains autres, ou n’ait pas eu le temps,
                ou les ait jugés trop « allemands » pour le lecteur français.)
                On a ainsi des divergences dans les deux sens — il faut donc se garder de penser la traduction Roy
                comme postérieure dans le temps et « postérieure » logiquement, à la v. 2 allemande.
                Cette double divergence complique le jugement sur les versions allemandes ultérieures.
                Dans <ref target="#Capital-Iversions3et4">la discussion des versions allemandes</ref>,
                ainsi que dans <ref target="#Capital-Iversion3A">la discussion de la traduction anglaise</ref>,
                on trouve certaines indications sur cette double divergence.
              </p>

              <p rend="alinea">
                Marx déclare dans plusieurs lettres<note xml:id="Capital-Iversion2A-not1" n="1" place="bottom">
                  Certaines de ces lettres sont bien connues. D’autres peut-être moins.
                  Lors d’une vente organisée par la maison Ader (Nordmann et Dominique) à Paris le 11 décembre 2018,
                  on a vendu, avec le contrat entre Marx et son éditeur Lachâtre,
                  une vingtaine de de Marx lettres qui étaient restées dans la famille de l’éditeur.
                  Selon l’expert et les commissaires-priseurs, Thierry Bodin, David Nordmann et Xavier Dominique,
                  ces lettres, non publiées, connues seulement de quelques spécialistes,
                  confirment que Marx aurait complètement retraduit lui-même le chapitre 1 de ce Livre I du <title>Capital</title>.
                  <!-- Cela me semble exagéré, vu la supériorité de la v. 2. -->
                  Certains articles de presse disent aussi « découverte importante »,
                  sans qu’on sache si ce sont les mots du journal ou des experts.
                  Je ne sais donc qu’en penser :
                  (i) ça dépasse le mot « confirment », si c’est bien ça que Bodin a dit ;
                  (ii) on ne pourrait faire une découverte nouvelle de ce genre qu’avec des lettres inconnues ;
                  si des spécialistes les connaissaient, ces derniers seraient intervenus dans la discussion
                  de l’étendue des interventions de Marx dans le texte français et la vente des lettres n’ajouterait rien.
                  Mais il se peut que les spécialistes ne connaissaient que l’existence de ces lettres,
                  sans avoir eu l’occasion d’entrer dans leur contenu, et qu’on découvre donc bien
                  une intervention de Marx plus importante qu’on n’avait cru.
                </note>
                avoir beaucoup travaillé et avoir en plus d’un endroit fait œuvre originale.
                À la fin du travail d’édition, en avril 1875, il recommande, même au lecteur qui peut lire en allemand,
                de consulter cette version pour ce qu’elle a de nouveau par rapport à la version 2.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Ayant une fois entrepris ce travail de révision, j’ai été conduit à l’appliquer
                    aussi au fond du texte original (la seconde édition allemande), à simplifier
                    quelques développements, à en compléter d’autres, à donner des matériaux
                    historiques ou statistiques additionnels, à ajouter des aperçus critiques, etc.
                    Quelles que soient donc les imperfections littéraires de cette édition française,
                    elle possède une valeur scientifique indépendante de l’original et doit être
                    consultée même par les lecteurs familiers avec la langue allemande.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Avis au lecteur, Londres, le 28 avril 1875. <title>Capital</title>, Livre I (1983), p. 20.
                </bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Il y a une tendance à vouloir en faire dire trop à cet avis.
                D’abord, Marx recommande de « consulter » cette version 2A pour ce qu’elle apporterait en plus,
                il ne dit absolument pas qu’elle rend obsolète la version 2 (allemande), il ne dit pas qu’elle la remplace ;
                en aucune manière il ne dit là qu’il ne faut plus lire <emph>que</emph> la v. 2A.
                Il est vrai que Marx a reformulé certaines choses. (« Simplifier » peut vouloir dire
                qu’il a éclairci des choses qui dans la version allemande étaient embrouillées ;
                ça peut vouloir dire qu’il a cru devoir épargner au lecteur français
                toute la rigueur scientifique qu’il avait mis dans sa publication de 1867
                et plus encore dans sa deuxième version allemande de 1872.) Il en a ajouté surtout à la fin<!-- réf. souhaitée -->.
                Par ailleurs, ce qu’il y avait de meilleur dans la version française a été, en partie, repéré
                et intégré par les éditeurs des versions allemandes ultérieures à commencer par Engels.
                Ainsi cet avis reste important, mais il importe d’en évaluer avec prudence la portée aujourd’hui.
                (Certains, <ref target="#Capital-Iversions3et4">on le verra</ref>, veulent l’utiliser contre Engels.)
              </p>
              <p rend="alinea">
                Par ailleurs, cet avis en fin d’édition française ne doit pas faire oublier que de même
                Marx avait mis en 1873 une postface en fin d’édition allemande.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Enfin des changements dans le texte proprement dit, dont je résume ici l’essentiel :
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Au chapitre 1<hi rend="ordinal">er</hi>, 1, la déduction de la valeur par l’analyse des  équations
                    dans lesquelles s’exprime toute valeur d’échange est conduite ici avec une plus grande rigueur scientifique.
                    De même, le lien, simplement évoqué dans la première édition, entre la substance de la valeur
                    et la détermination de la grandeur de la valeur par le temps de travail social nécessaire
                    est souligné ici de manière explicite. Le chapitre 1<hi rend="ordinal">er</hi>, 3. « La forme valeur… »
                    a été complètement remanié : le double exposé de la première édition l’imposait. […]
                    La dernière section du premier chapitre, 4. « Le caractère fétiche de la marchandise », est très largement modifiée.
                    Le chapitre 3, 1. « Mesure des valeurs » a été soigneusement revu : dans la première édition en effet,
                    cette section avait été traitée négligemment, par un simple renvoi à l’exposé correspondant
                    de la <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>, Berlin 1859.
                    Le chapitre 7 (en particulier la deuxième partie) a été remanié dans des proportions importantes.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Il serait inutile d’entrer dans le détail des modifications opérées çà et là dans le texte :
                    elles sont souvent d’ordre purement stylistique, et il y en a d’un bout à l’autre du livre.
                    Je trouve pourtant, en révisant la traduction française qui paraît en ce moment à Paris,
                    que certaines parties de l’original allemand auraient mérité ici un remaniement plus approfondi,
                    là une correction stylistique plus importante, ou encore une relecture plus soigneuse
                    afin d’éliminer les erreurs qui ont pu m’échapper. Mais je n’ai pas eu le temps de faire tout cela, […]
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1983, p. 9 et 10.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                On voit que les changements principaux en allemand se situent au début du livre,
                là précisément où ils ont le moins de chance d’avoir été bien repris en français.
                En définitive, chacune des deux éditions présente certains avantages sur l’autre<note xml:id="Capital-Iversion2A-not2" n="2" place="bottom">
                  Kevin Anderson, dans <ref target="../../biblio/Anderson1983.html">Anderson 1983</ref>,
                  est carrément de mauvaise foi.
                  (Parce qu’il connaît bien le <title>Capital</title>, on ne peut penser à une simple erreur.)
                  Il fusionne les avantages de la v. 2 et de la v. 2A mentionnés ci-dessus et les donne
                  comme ce que Marx aurait avancé comme supériorité de la v. 2A.
                  Il prétend lire dans l’avis de 1875 (pour le français)
                  ce que Marx donne en réalité (pour l’allemand) dans la postface de 1873.
                </note>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Les divisions du texte de la v. 2A sont les mêmes que celles des versions allemandes 2 à 4,
                mais leur niveau hiérarchique est différent, ce qui provoque un important décalage de numérotation,
                à partir du chapitre 4 et encore à partir du chapitre 24
                (huitième section dans la version 2A, section qui n’est pas nommée comme telle dans les versions allemandes).
                En définitive, le Livre I compte 25 chapitres dans la version 4, mais 33 dans la version 2A.
                (La structure de la version 1 était assez différente.
                Voir <ref target="#Capital-Itablesmat">la table de correspondance</ref>.)
                Ce que la version 2A avait de nouveau a souvent été intégré dans la v. 3,
                par Marx lui-même dans la préparation ou par Engels dans l’édition.
                (Voir à ce sujet <ref target="#Capital-Iversions3et4">le chapitre suivant</ref>.)
                <!-- Il suffit de lire attentivement en version 4 le très important chapitre 1 sur la marchandise
                pour y trouver <ref target="#Capital-Icompare2A-4bref">de nombreux passages qui ne sont pas dans la 2A</ref>.
                Cependant la 2A contient aussi quelques phrases importantes qui n’ont pas trouvé leur chemin vers les versions 3 et 4. -->
              </p>

              <p rend="alinea">
                Dans le domaine français, la traduction Roy (v. 2A) est restée pratiquement sans concurrence
                jusqu’à <ref target="#CapIfr1965">la révision par Rubel en 1965</ref>.
                Elle est auréolée du prestige d’avoir été revue par Marx et recommandée par lui en 1875 comme version en soi et,
                parce que ça compte aussi pour les éditeurs, elle doit être maintenant dans le domaine public, exempte de droits.
                Il y a pourtant eu une traduction française nouvelle, celle <ref target="#CapIfr1930">de Molitor de 1930</ref>.
                Il y a surtout <ref target="#CapIfr1983">la nouvelle traduction de la v. 4 en 1983</ref>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Ce qui compte d’abord, c’est le contenu.
                La traduction Roy est typique de la conception des traductions dans le passé :
                elle sacrifie plus d’une fois la logique rigoureuse du texte allemand de Marx à l’élégance du français.
                La version 2A est en définitive souvent inférieure aux versions suivantes et travailler sur cette version,
                c’est mépriser les huit ans de travail de Marx de 1875 à 1883
                et le travail éditorial d’Engels de 1883 à 1890.
                Une fois qu’on peut disposer en français de la version 4 (<ref target="#CapIfr1930">1930</ref>
                ou <ref target="#CapIfr1983">1983</ref><note xml:id="Capital-Iversion2A-not3" n="3" place="bottom">
                  Ce n’est que fin septembre 2011 que j’ai découvert <ref target="#CapIfr1983">une v 4 en français</ref>
                  et que j’ai pris conscience des problèmes que posent ces différences de version.
                  J’ai alors revu mes notes selon l’édition Messidor/Éditions sociales de 1983 du Livre I.
                  (Je me suis par ailleurs offert un exemplaire de 2009 du <ref target="#CapIfr1993">facsimilé des PUF</ref>
                  et plus tard un exemplaire de l’édition revue en 2016.)
                </note>),
                qu’on soit tout à fait heureux de sa traduction ou non, il serait absurde de continuer à se limiter à la v. 2A.
                Les éditeurs continuent à publier massivement la v. 2A
                (ou sa variante <ref target="#CapIfr1965rubel">Rubel</ref>, chez Gallimard, en Folio par exemple)
                et il vaut mieux que des lecteurs lisent ça plutôt que rien,
                mais le marxiste conscient, le chercheur doivent faire attention de n’utiliser <emph>que</emph> la v. 4.
                (Je n’utilise, sauf indication contraire, que la pagination de cette édition de 1983
                — et donc des facsimilés PUF
                — ou de la nouvelle édition de 2016.)
              </p>
              <p rend="alinea">
                Cependant, dire de préférer la version 4 ne résout pas entièrement le problème.
                Il reste des éléments de la version 2A qui n'y ont pas été repris.
              </p>

              <p rend="alinea">
                Quant à la traduction, on peut mentionner aussi <ref target="#physionomie">la « physionomie » de la dialectique</ref>.
              </p>

              <div xml:id="CapitalIfr-autres">
                <head>Autres traductions françaises</head>

                <list rend="fakedivs">
                  <label><ref target="#CapIfr1965rubel">Rubel</ref> introduit des changements de terminologie significatifs,</label>
                  <item>
                    <p rend="alinea">
                      … comme <term>survaleur</term> pour <term>plus-value</term>.
                      En publiant dans la Bibliothèque de La Pléiade sa propre version d’œuvres de Marx,
                      Gallimard veut sans doute concurrencer commercialement les Éditions sociales,
                      mais, ce faisant, la maison d’édition offre au « marxologue » Maximilien Rubel une tribune
                      pour son point de vue « marxien » alternatif, en rupture du mouvement communiste.
                      Pour le Livre I, Rubel se contente de corriger le texte de Roy et de Marx,
                      mais il en modifie le plan en rejetant en annexe ce qu’il juge moins important.
                      L’appareil critique peut être intéressant pour détecter les différences entre les différentes versions du Livre I
                      (et peut être révélateur des orientations « marxiennes » plutôt que communistes de Rubel).
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Chez Roy, le <term>surtravail</term> de l’ouvrier constitue la <term>plus-value</term> du capitaliste.
                      L’inconvénient est que le mot <term>plus-value</term> existait déjà en français dans un tout autre sens
                      et qu’il est toujours utilisé dans cet <emph>autre</emph> sens en économie et en comptabilité
                      et quotidiennement dans les rubriques économique ou boursière des journaux.
                      Cependant les marxistes de langue française, suivant Roy, l’ont adopté pour le concept marxiste.
                      C’est donc <term>plus-value</term> qu’on utilise dans tous les exposés sur les concepts de base de l’économie marxiste,
                      y compris le <ref target="../manuel"><title>Manuel d’économie politique</title></ref>.
                      <ref target="#CapIfr1965rubel">Rubel améliorant Roy</ref>,
                      puis <ref target="#CapIfr1983">les traducteurs de 1983</ref> (version 4)
                      ont introduit <term>survaleur</term>, sur le modèle de <term>surtravail</term>,
                      qui est peut-être un meilleur choix en principe,
                      mais qui a le défaut de rompre avec une tradition qui s’est établie sur un bon siècle.
                      (Les mots et les langues ont une histoire, bonne ou mauvaise,
                      et c’est être très mauvais linguiste de « purifier » l’histoire d’un mot.)
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      C’est une question difficile, mais c’est une tout autre question, de savoir si on va maintenant enseigner
                      <term>plus-value</term> ou <term>survaleur</term> dans des formations sur le <title>Capital</title> ;
                      cela ne change rien à l’impératif de n’utiliser dans toutes les langues aucune autre version que la version 4.
                      Si, en français, on n’aime pas <term>survaleur</term> au lieu de <term>plus-value</term>
                      (ou <term>accumulation initiale</term> au lieu de <term>primitive</term>),
                      on n’a qu’à corriger mentalement (et oralement dans les cours).
                    </p>
                  </item>

                  <label><ref target="#CapIfr1930">Molitor</ref> ne dit pas de quelle édition allemande il traduit le Livre I,</label>
                  <item>
                    <p rend="alinea">
                      … mais il ne s’agit certainement pas d’une simple amélioration de la v. 2A ;
                      c’est une traduction nouvelle et, logiquement pour l’époque (1930), pas simplement de la v. 2,
                      comme le montre <ref target="MEexCapIchap1para1.html#MEexCapIchap1para1-segC">le passage que j’appelle [C] dans une comparaison</ref>,
                      passage qui n’appartient ni à la v. 2A ni à la v. 2.
                      Molitor donne (et il la donne intégralement) la postface de la deuxième édition allemande (Londres, 24 janvier 1873),
                      mais pas celles des troisième et quatrième qu’on devrait trouver dans une traduction de la v. 4.
                      L’absence des préfaces d’Engels, jointe au fait que l’éditeur donne une longue introduction de Kautsky,
                      me donne à penser qu’on est devant une traduction de l’<ref target="#CapIde1914">édition Kautsky de 1914, dite version SPD</ref>.
                      Je ne vérifie pas parce que je n’ai pas la version SPD ni le temps de rechercher des divergences d’avec la v. 4
                      de cette traduction dont on dit par ailleurs qu’elle comporte des erreurs.<note xml:id="CapitalIfr-autres-not1" n="1" place="bottom">
                        Outre la question importante de savoir si c’est, comme je le suppose, la version SPD
                        et les conséquences que ça peut avoir sur le fond,
                        il y a des avertissements que la traduction ne serait pas fiable.
                        Dans <title>Le marxisme de Marx</title>, Éditions de Fallois, 2002, p. 123,
                        Raymond Aron émet des réserves sur la traduction.
                        Dans un article de <title>La Critique sociale</title> en 1931,
                        Lucien Laurat relève tout une série de fautes et de contre-sens.
                      </note>.
                      Ces questions n’ont plus beaucoup d’intérêt dans la mesure où on a maintenant
                      <ref target="#CapIfr1983">la traduction basée sur la v. 4 de l’équipe de Jean-Pierre Lefebvre en 1983</ref>,
                      ci-après.
                    </p>
                  </item>
                  <label><ref target="#CapIfr1983">Lefebvre, 1983</ref> dit traduire le texte tel qu’il est donné au volume 23 des MEW.</label>
                  <item>
                    <p rend="alinea">
                      Adopte comme Rubel le mot survaleur.
                      La traduction a encore été <ref target="#CapIfr2016">revue en 2016</ref>.
                      Dans l’introduction, Lefebvre s’étend longuement et de manière intéressante
                      sur les péripéties de la traduction v. 2A et sur ses insuffisances linguistiques.
                      Il juge
                      (<ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. <hi n="46" rend="petitescapitales">xlvi</hi>,
                      <ref target="#CapIfr2016">2016</ref>, p. <hi n="55" rend="petitescapitales">lv</hi>)
                      peu importantes les différences quant au fond (manques dans la 2 A ou ajouts).
                    </p>
                  </item>
                  <label>Dans la nouvelle édition de 2016, il y a sans doute quelques corrections ou améliorations réelles.</label>
                  <item>
                    <p rend="alinea">
                      Il y a aussi des choix douteux, comme de dire systématiquement <term>monnaie</term>
                      là où tout le monde depuis toujours dit <term>argent</term> (dans le sens du fric, pas du métal).
                      C'est du purisme linguistique, de l'hypercorrection,
                      qui témoigne plutôt d'une incompréhension de ce qu'est une langue.
                      Résultat, là où tout le monde à l'habitude de M→A→M (jusque dans l'édition de 1983),
                      on doit maintenant se farcir Ma→Mo→Ma.
                      L'annonce de ce choix est en page <num value="9" rend="petitescapitales">ix</num>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Par ailleurs on annonce à la même page <num value="9" rend="petitescapitales">ix</num>
                      que l'<term xml:lang="de">arbeiter</term>, <term>ouvrier</term>, est devenu <term>travailleur</term>,
                      mais que l'on a conservé la <term>classe ouvrière</term>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Changer quelques mots, meilleurs ou moins bon, ne change pas beaucoup le texte,
                      mais comme le format a changé, il n'était plus possible de maintenir la pagination
                      comme on l'avait maintenue de 1983 à 2009 au moins.
                      Cependant, les Éditions sociales sont devenues trop pauvres pour refaire les index.
                      On a donc dans cette édition de 2016, en fin de volume, les index renvoyant aux pages de 1983 !
                      L'excuse bidon est que l'édition 1983 est plus connue.
                      Mais ceux qui ont une édition de 1983 (ou équivalente) consultent bien les index de leur exemplaire,
                      tandis que ceux qui lisent l'édition de 2016 n'ont en fait pas d'index.
                      (Les index de 1983, « plus connus », ça leur fait une belle jambe s'il n'ont pas eux-mêmes d'exemplaire de 1983.)
                      En outre l'avertissement est (p. 748) avant tous les index
                      (publications, œuvres citées, débats parlementaires et publications officielles, journaux et revues, noms propres, matières).
                      En consultant l'index des matières page 785, on peut s'arracher longtemps les cheveux
                      en lisant des pages qui ont l'air sans rapport avec la matière,
                      en se demandant s'il y a une erreur, puis pourquoi il y a beaucoup d'erreurs,
                      avant de trouver l'avertissement page 748 que les index sont inutilisables.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Je concède qu'en traduction, il y a des choix difficiles,
                      mais il me semble quand même que c'est rarement une bonne idée de casser des habitudes
                      et que certains choix sont discutables (après celui de survaleur, voir plus haut).
                      On a en outre le gros défaut des index bidons.
                      Il faudrait voir combien d'erreurs sérieuses de 1983 sont corrigées en 2016.
                      À moins d'en trouver beaucoup, il faut conclure que l'édition de 1983 (et assimilées) est supérieure
                      et qu'il ne faut citer celle de 2016 que pour une vraie erreur corrigée.
                    </p>
                  </item>
                  <label>En fin de compte,</label>
                  <item>
                    … je vais citer le texte et les numéros de page de l'édition de 1983,
                    avec de légères corrections ou améliorations du texte chaque fois que nécessaire
                    (par exemple en comparant à l'allemand).
                  </item>
                </list>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Icompare2A-4bref">
                <head>Rapide comparaison du contenu des versions 2A et 4</head>

                <p rend="alinea">
                  Ceci n’est donc pas à proprement parler une comparaison entre versions 2A et 2.
                  Il est évidemment plus facile pour moi de comparer deux textes français.
                  Mais on a ainsi une piste : lorsqu’il y a un plus dans la v. 4. en français,
                  on peut alors aller voir dans la v. 2 allemande si cela s’y trouvait déjà
                  ou bien si c’est une addition plus tardive de Marx pour la v. 3
                  ou une correction d’Engels dans les v. 3 ou v. 4.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  J’ai procédé à un sondage superficiel sur le chapitre 1 du Livre I
                  en comparant la <ref target="#CapIv2A">version 2A</ref>
                  dans l’<ref target="#CapIfr1948">édition en huit volumes (1948…) des Éditions sociales</ref>
                  à la <ref target="#CapIv4">version 4</ref> dans mon <ref target="#CapIfr1993">facsimilé de 2009</ref>
                  de l’<ref target="#CapIfr1983">édition de 1983 de Messidor/Éditions sociales</ref>.
                  J’ai repris dans la table qui suit quelques différences visibles.
                  Je ne prétend pas discuter ici la question de savoir si ces différences sont importantes
                  pour la compréhension du <title>Capital</title>
                  (et encore moins la question de savoir si une traduction est meilleure que l’autre).
                  Je veux seulement montrer qu’il y a des différences substantielles.
                  (Par exemple en fin de ce chapitre, sur le caractère fétiche de la marchandise.)
                  Pour aller plus loin, il serait confortable de disposer en forme de tableau comme ceci
                  une présentation juxtaposée de ce chapitre 1 dans les textes français des v. 2A et v. 4
                  et dans les textes allemands de la v. 4 et de la NTA.
                  Voilà une distraction à envisager pour des longues soirées d’hiver.
                  Je n’imagine pas une édition juxta de trois fois le Livre I entier.
                  C’est déjà un assez gros bouquin dans une langue.
                </p>

                <table rend="grid separated" xml:id="Capital-Icomparechap1_2A-4bref">
                <row role="label">
                  <cell style="width: 30%;">
                    Version 2A dans l’édition en huit volumes (1948…) des
                    Éditions sociales, vol. 1
                  </cell>
                  <cell>
                    Version 4 dans l’édition de 1983 de Messidor/Éditions
                    sociales
                  </cell>
                </row>

                <row>
                  <cell cols="2">
                    <hi rend="h1">Chapitre 1. La marchandise</hi>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell cols="2">
                    <hi rend="h2">1. Les deux facteurs…</hi>
                    — <ref target="MEexCapIchap1para1.html">voir Extraits</ref> et deux points mineurs ci-dessous.
                  </cell>
                </row>

                <!-- <row>
                  <cell>
                    P. 53. Une marchandise particulière… (6 lignes).
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 41. Une marchandise donnée… (14 lignes).
                  </cell>
                </row> -->
                <!-- <row>
                  <cell>
                    P. 53. Comme valeurs d’usage, les marchandises sont
                    avant tout de qualité différente ; comme valeurs d’échange, elles ne
                    peuvent être que de différente quantité.
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 42. En tant que valeurs d’usage, les marchandises
                    sont principalement de qualité différente, en tant que valeurs
                    d’échange, elles ne peuvent être que de différente quantité<hi rend=
                    "rouge">, et ne contiennent donc pas un atome de valeur d’usage</hi>.
                  </cell>
                </row> -->
                <!-- <row>
                  <cell>
                    P. 54. Avec les caractères utiles particuliers des produits du travail
                    disparaissent en même temps, et le caractère utile des travaux qui y sont
                    contenus, et les formes concrètes diverses qui distinguent une espèce de travail
                    d’une autre espèce.
                    Il ne reste donc plus que le caractère commun de ces travaux ; ils sont tous
                    ramenés au même travail humain, à une <hi rend="rouge">dépense de force humaine de travail sans
                    égard à la forme particulière sous laquelle cette force a été dépensée</hi>.
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 43. En même temps que les caractères utiles des produits du travail,
                    disparaissent ceux des travaux présents dans ces produits, et par là même les
                    différentes formes concrètes de ces travaux, qui cessent d’être distincts les
                    uns des autres, mais se confondent tous ensemble,
                    se réduisent à du travail humain identique, à du travail humain <hi rend="rouge">abstrait</hi>.
                  </cell>
                </row> -->
                <!-- <row>
                  <cell>
                    P. 54. En tant que cristaux de cette substance sociale commune,
                    ils sont réputés valeurs.
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 43. C’est en tant que cristallisation de cette substance
                    sociale qui leur est commune, qu’elles sont des valeurs<hi rend="rouge"> : des
                    valeurs marchandes</hi>.
                  </cell>
                </row> -->
                <!-- <row>
                  <cell>
                    P. 54. Le quelque chose de commun qui se montre dans le rapport d’échange… ;
                    et une valeur d’usage, ou un article quelconque, n’a une valeur…
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 43.
                    <hi rend="rouge">Dans le rapport d’échange des marchandises proprement dit,
                    leur valeur d’échange nous apparaissait déjà comme quelque chose de tout à fait indépendant de leurs valeurs d’usage.
                    Si l’on fait maintenant réellement abstraction de la valeur d’usage des produits du travail,
                    on obtient leur valeur, telle qu’elle avait précisément été déterminée.</hi>
                    Ce qu’il y a donc de commun, qui s’expose …
                    <hi rend="rouge">Toute la suite de notre recherche nous ramènera à la valeur d’échange
                    comme mode d’expression ou comme forme phénoménale nécessaire de la valeur,
                    laquelle doit cependant être d’abord examinée indépendamment de cette forme.</hi>
                    Une valeur d’usage, une denrée, n’a donc une valeur…
                  </cell>
                </row> -->
                <row>
                  <cell>
                    P. 55. La valeur d’une marchandise… temps de travail nécessaire
                    à la production de l’autre.
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 45. Le rapport de la valeur… temps de travail nécessaire
                    pour produire l’autre. <hi rend="rouge">« En tant que valeurs, toutes les
                    marchandises ne sont que des mesures déterminées de
                    temps de travail coagulé. » (K. Marx,
                    Contribution…)</hi>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    P. 56. Nous connaissons maintenant la substance… (3 lignes)
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 46. Nous connaissons maintenant <hi rend="T2">la
                    substance</hi>… (5 lignes en note)
                  </cell>
                </row>

                <row>
                  <cell>
                    <hi rend="h2">3. Forme <hi rend="rouge">de la</hi> valeur.</hi>
                  </cell>
                  <cell>
                    <hi rend="h2">3. La forme valeur…</hi>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    P. 64. (0 lignes)
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 56. <hi rend="rouge">Quant à savoir… (6 lignes)</hi>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    P. 65. L’habit étant posé… Cette équation exprime donc le
                    caractère spécifique du travail qui constitue la valeur de la toile.
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 57-58. En posant par exemple l’habit…  <hi rend="rouge">C’est seulement l’expression de l’équivalence de
                    marchandises d’espèce différente qui met en évidence le
                    caractère spécifique du travail constitutif de valeur,
                    en réduisant effectivement les différentes sortes de travail contenues
                    dans les différentes sortes de marchandises à ce qui leur
                    est commun, à du travail humain tout court.</hi>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    P. 67. En vertu du rapport de valeur… (deux phrases en
                    5 lignes)
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 60. Grâce au rapport de valeur… (<hi rend="rouge">une phrase supplémentaire de 3 lignes intercalée,
                    </hi>9 lignes)
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    P. 69. En tant que valeurs… (5 lignes) Une marchandise est
                    immédiatement échangeable… (9 lignes)
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 63. (0 lignes)
                  </cell>
                </row>

                <row>
                  <cell cols="2">
                    <hi rend="h2">4. Le caractère fétiche…</hi> — voir <ref target="MEexCapIchap1para4.html">Extraits</ref>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    P. 85. …un rapport social des produits du travail. Voilà
                    pourquoi ces produits se convertissent en marchandises…
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 83 …un rapport social entre les produits du travail.
                    <hi rend="rouge">Ce qu’il y a de mystérieux dans la
                    forme marchandise consiste donc simplement en ceci
                    qu’elle renvoie aux hommes l’image des caractères sociaux de
                    leur propre travail comme des caractères objectifs des produits du
                    travail eux-mêmes, comme des qualités sociales que ces
                    choses posséderaient par nature : elle leur renvoie
                    ainsi l’image sociale du rapport des producteurs au
                    travail global, comme un rapport social existant en
                    dehors d’eux, entre des objets.</hi> C’est ce quiproquo qui fait que les
                    produits du travail deviennent des marchandises…
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    P. 85. (0 lignes)
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 83. <hi rend="rouge">Ce caractère fétiche du monde des
                    marchandises… (3 lignes)</hi>
                  </cell>
                </row>

                <row>
                  <cell cols="2">
                    <hi rend="h1">Chapitre 12. Division du travail et Manufacture</hi>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    (Chapitre 14.)
                  </cell>
                  <cell>
                     
                  </cell>
                </row>

                <row>
                  <cell>
                    <hi rend="h2">3. Le mécanisme général de la manufacture : Ses deux formes…</hi>
                  </cell>
                  <cell>
                    <hi rend="h2">3. Les deux formes fondamentales de la manufacture…</hi>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell>
                    Tome 2, p. 40. 1872, p. 152, col. g. : Les fonctions diverses du travailleur collectif
                    étant plus ou moins simples ou complexes, inférieures ou élevées ;
                    ses organes, c’est-à-dire les forces de travail individuelles,
                    <hi rend="rouge">doivent aussi être plus ou moins simples ou complexes</hi> ;
                    elles possèdent par conséquent des valeurs différentes.
                  </cell>
                  <cell>
                    P. 393. Étant donné que les différentes fonctions du travailleur global
                    sont plus ou moins complexes, plus ou moins rudimentaires,
                    ses organes, les forces de travail individuelles,
                    <hi rend="rouge">requièrent des degrés de formation très différents</hi>
                    et possèdent de ce fait des valeurs très différentes.
                    (<hi rend="rouge">Or la formation était bien présente déjà
                    dans l’<ref target="#CapIde1867">édition originale de 1867</ref>, p. 333 :
                    « sehr verschiedne Grade der Ausbildung und besitzen daher sehr verschiedne Werthe ».
                    Ça n’a pas beaucoup de sens de dire qu’un travailleur est simple ou complexe,
                    alors que la phrase allemande est très claire et facile à traduire.
                    Pour que ça joue en outre sur la valeur, il ne suffit pas d’un jugement,
                    il faut introduire une dépense, comme la formation.</hi>)
                  </cell>
                </row>
              </table>

                <p rend="alinea">
                  Il faudrait une liste plus complète des différences, pas seulement dans le chapitre 1.
                  Je l’ébauche ici, provisoirement réduite à un seul item.
                </p>

                <list>
                  <item>
                    Au <ref target="#Capital-Ichap24para7diverg">paragraphe 7 du chapitre 24</ref>, sur
                    l’accumulation initiale et le travailleur propriétaire de ses moyens dans la petite
                    industrie.
                  </item>
                </list>
              </div>

              <div xml:id="affaireDunning" type="level3_para">
                <head>
                  Qui cite qui, entre Marx, Dunning et la <title>Quarterly Review</title> ?
                </head>
                <index><term>édition, remarque</term></index>
                <index><term>édition, guillemets dans la citation de Dunning</term></index>
                <index><term>Dunning</term></index>
                <index><term>Quarterly Review</term></index>


                <p rend="alinea">
                  <!-- <note place="margin">P. 853-854</note> -->
                  <!-- t. 3, p. 202 (1948) -->
                  On cite souvent <ref target="#l1t3p202">la note 250 de Marx qui termine le
                  paragraphe 6 du chapitre 24</ref> du Livre I du <title>Capital</title> (qui
                  termine le chapitre 31 dans la <ref target="#Capital-Itables">numérotation
                  alternative</ref>).
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>Marie Augier</term></index> <index><term>Augier, Marie</term></index>
                          Si l’argent, comme dit Marie Augier,
                          « vient au monde avec des taches de sang naturelles sur une joue »<note xml:id="CapI853not249" n="249" place="bottom">
                            Marie Augier,
                            <title>Du crédit public et de son histoire depuis les temps anciens jusqu’à nos jours</title>,
                            Guillaumin,
                            Paris, 1842, p. 265.
                          </note>,
                          le capital quant à lui vient au monde dégoulinant de sang et de saleté par
                          tous ses pores, de la tête aux pieds<note xml:id="CapI853note250" n="250" place="bottom">
                            « “Le capital”, dit le Quarterly Reviewer, “fuit le tumulte et les
                            conflits. Il est peureux de nature.” Cela est très vrai, mais n’est pourtant
                            pas toute la vérité. Le capital a horreur de l’absence de profit ou des très
                            <pb xml:id="CapI854note" n="854"/>petits profits comme la nature a horreur du
                            vide. Quand le profit est adéquat, le capital devient audacieux. Garantissez-lui
                            10 pour cent, et on pourra l’employer partout ; à 20 pour cent, il s’anime,
                            à 50 pour cent, il devient carrément téméraire ; à 100 pour cent, il foulera
                            aux pieds toutes les lois humaines ; à 300 pour cent, il n’est pas de crime
                            qu’il n’osera commettre, même s’il encourt la potence. Si le tumulte et les
                            conflits rapportent du profit, il les encouragera l’un et l’autre. La preuve :
                            la contrebande et la traite des esclaves. »
                            (T. J. Dunning,
                            <title>Trades’ Unions and Strikes : their Philosophy and Intention</title>,
                            Londres, 1860, p. 35, 36.)
                          </note>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Capital, Livre I, p. 853-854 (1983).</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit><note xml:id="CapI853notDM1" n="1" place="bottom">
                  Je me demandais qui était cette femme qui, au début du 19<hi rend="ordinal">e</hi>,
                  écrivait sur le crédit public.
                  Il semble que ce soit un homme de prénom Marie,
                  M. Marie Augier (<ref target="https://archive.org/details/bub_gb_4H4rLe4gmsAC/page/n5">page de titre</ref>). (D. M.)
                </note>

                <p rend="alinea clear">
                  La très belle phrase de la note 250 est souvent citée, mais souvent aussi attribuée
                  à Marx alors qu’elle est de Dunning. On la trouve correctement attribuée et citée
                  à <ref target="http://fr.wikiquote.org/wiki/Capital">l’article <title>Capital</title>
                  dans Wikiquote en français</ref>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Une difficulté résulte aussi de ce que non seulement Marx cite Dunning, mais qu’à
                  l’intérieur de la citation de Dunning par Marx, c’est Dunning (et non Marx) qui
                  cite la <title>Quarterly Review</title>. La plupart des éditions allemandes,
                  françaises et néerlandaises ont à un certain stade introduit des guillemets erronés
                  (ci-dessus, je les ai corrigés) qui donnent à penser que Marx citerait la
                  <title>Quarterly Review</title>, comme suit :
                </p>

                <cit xml:id="l1t3p202err">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" style=" text;">
                      250. « Le capital », dit le Quarterly Reviewer, « fuit le tumulte et
                      les conflits. Il est peureux de nature. Cela est très vrai, mais n’est
                      pourtant pas toute la vérité. Le capital […] esclaves. » (T. J. Dunning,
                      <title>op. cit.</title> [<title>Trade’s [sic] Unions and Strikes : their
                      Philosophy and Intention</title>, Londres, 1860], p. 35, 36.)
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIfr1983">Édition de 1983</ref>, p. 853-854 ;
                    ce sera corrigé <ref target="#CapIfr2016">en 2016</ref>, p. 733.
                  </bibl>
                </cit>

                <p rend="firstalinea">
                  ce qui est absurde : on a une double attribution de la citation, à moins de
                  supposer que Dunning soit aussi le <foreign xml:lang="en">Quarterly Reviewer</foreign>,
                  ce qui n’est pas le cas. Dunning (secrétaire du syndicat des relieurs) n’est pas
                  un collaborateur de la <title>Quarterly Review</title> (conservatrice), mais il
                  répond dans sa brochure à un contributeur de la revue. En fait, Dunning a écrit :
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:lang="en-GB">
                      Capital is said by this reviewer to fly turbulence and strife, and to be timid,
                      which is very true ; but this is very incompletely stating the question.
                      Capital eschews no profit, or very small profit, just as Nature was formerly said to abhor a vacuum.
                      With adequate profit, capital is very bold.
                      A certain 10 per cent. will ensure its employment anywhere ;
                      20 per cent. certain will produce eagerness ;
                      50 per cent. positive audacity ;
                      100 per cent. will make it ready to trample on all human laws ;
                      300 per cent., and there is not a crime at which it will scruple nor a risk it will not run,
                      even to the chance of its owner being hanged.
                      If turbulence and strife will bring a profit, it will freely encourage both.
                      Smuggling and the slave trade has amply proved all that is here stated ; […]
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>J’ai consulté et je reproduis ici l’original de Dunning en 1860, p. 35-36.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Il faut comprendre que Dunning cite en discours indirect, donc sans guillemets,
                  jusqu’au mot « <foreign xml:lang="en">timid</foreign> ».
                  Il reprend par « <foreign xml:lang="en">which</foreign> » ce qu’il vient de citer
                  et affecte alors, ironiquement, de concéder que c’est vrai
                  (« <foreign xml:lang="en">which is very true</foreign> »),
                  pour mieux attaquer ensuite son contradicteur en complétant cette vérité incomplète <note xml:id="notDunningCyranno" place="bottom" n="1">
                    D’une manière qui fait penser au « c’est un peu court, jeune homme ! On pouvait
                    dire… Oh ! Dieu !… bien des choses en somme… » de Cyranno.
                  </note>.
                  Dunning situe son contradicteur « reviewer » avec un adjectif démonstratif
                  « <foreign xml:lang="en">this</foreign> » qui renvoie sans doute à du contexte hors citation.
                  Marx tourne cette difficulté de contextualisation en éliminant l’adjectif référentiel ;
                  il fabrique pour l’auteur critiqué une appellation qui reprend le nom de la revue et il cite au discours direct :
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:lang="de">
                      <hi rend="ordinal">250</hi>)
                      „Kapital, sagt der Quarterly Reviewer, flieht Tumult und Streit und ist ängstlicher Natur.
                      Das ist sehr wahr, aber doch nicht die ganze Wahrheit.
                      Das Kapital hat einen horror vor Abwesenheit von Profit oder sehr kleinem Profit, wie die Natur vor der Leere.
                      Mit entsprechendem Profit wird Kapital kühn.
                      Zehn Procent sicher, und man kann es überall anwenden ;
                      20 Procent, es wird lebhaft ;
                      50 Procent, positiv waghalsig ;
                      für 100 Procent stampft es alle menschlichen Gesetze unter seinen Fuss ;
                      300 Procent, und es existirt kein Verbrechen, das es nicht riskirt, selbst auf Gefahr des Galgens.
                      Wenn Tumult und Streit Profit tragen, wird es sie beide encouragiren.
                      Beweis: Schmuggel und Sklavenhandel.‟
                      (T. J. Dunning, l. c., p. 36.)
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="firstalinea">
                  <ref target="http://www.archive.org/stream/daskapitalkritik67marx#page/742/mode/2up">comme on peut le voir page 742</ref> (note 250) de l’<ref target="#CapIde1867">édition originale</ref>.
                  En discours direct, la citation par Dunning de la <title>Quarterly Review</title>
                  est marquée par l’incise et se termine au premier point
                  (ce qui est encore plus clair que chez Dunning).
                  C’est alors Dunning qui prend la parole.
                  On peut dire que Marx fait une citation aussi correcte que possible
                  en offrant une solution élégante au problème de l’adjectif démonstratif.
                  L’ensemble est correctement marqué par des guillemets.
                  L’original de la traduction Roy revue par Marx (<ref target="#CapIv2A">v. 2A</ref>), page 340,
                  reprend exactement l’allemand de l’édition originale, comme on le voit
                  en <ref target="http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1232830/f339.image">gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1232830/f339.image</ref>.
                  (Il s’y introduit cependant une erreur d’initiale pour Dunning et de numéro de page.)
                  La <ref target="#CapIfr2016">révision de 2016</ref> de l’<ref target="#CapIfr1983">édition de 1983</ref>
                  a dû prendre conscience du problème.
                  On a supprimé (p. 733) les guillemets qui faisaient ressortir l’incise.
                  Dans <ref target="#CapIde2017">la NTA</ref>, Kuczynski est retourné à l’original anglais que je donne plus haut
                  et le traduit littéralement en allemand, avec « dieser Rezensent » (NTA:25838)
                  au lieu du « Quarterly Reviewer » de Marx ;
                  Kuczynski explique alors le référent de « dieser » en note 2400.
                  Dans les éditions anglaises du <title>Capital</title>
                  (original v. 3A de 1887, p. 786 ;
                  <ref target="#CapIen1970">Moscou 1970</ref>, p. 712 ;
                  <ref target="#CapIen1976">Penguin et New Left Review 1976</ref>, p. 926)
                  on trouve :
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:lang="en-GB">
                      « Capital is said by a Quarterly Reviewer to fly turbulence and strife, and to
                      be timid, which is very true ; but this is very incompletely stating the
                      question. Capital eschews no profit, or very small profit, just as Nature was
                      formerly said to abhor a vacuum. With adequate profit, capital is very bold.
                      A certain 10 per cent. will ensure its employment anywhere ; 20 per cent.
                      certain will produce eagerness; 50 per cent., positive audacity ; 100 per cent.
                      will make it ready to trample on all human laws ; 300 per cent., and there is
                      not a crime at which it will scruple, nor a risk it will not run, even to the
                      chance of its owner being hanged. If turbulence and strife will bring a profit,
                      it will freely encourage both. Smuggling and the slave-trade have amply proved
                      all that is here stated. »
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="firstalinea">
                  Engels et les traducteurs, sans doute avec Eleanor Marx, sont retournés au texte
                  de Dunning (reprenant seulement de Marx l’appellation Quarterly Reviewer).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Cependant la deuxième édition allemande (<ref target="#CapIv2">v. 2</ref>) de 1872,
                  ajoutant des guillemets, en fait sortir l’incise, rendant la citation
                  incompréhensible. Ni Marx, ni Engels n’ont vu la confusion créée par ces
                  guillemets, puisque l’erreur se maintient dans les versions v. 3 et v. 4.
                  (Et Engels ne l’a pas vue dans le travail d’édition de la traduction anglaise.)
                  La différence n’est pas mince et la discussion n’est pas futile. Par ce jeu des
                  guillemets, l’incise de Dunning, à l’intérieur de la première phrase du texte que
                  Marx cite de Dunning, devient une incise de Marx dans l’ensemble, comme dans la
                  version française erronnée <ref target="#l1t3p202err">ci-dessus</ref>.
                  Cette erreur a alors été fidèlement reprise par les rééditions ultérieures
                  en allemand et en français.
                  (Mais pas dans la NTA et c’est rectifié dans l’édition française de 2016.)
                  Je ne sais pas ce qu’il en sera dans l’édition MEGA<hi rend="exposant">2</hi>.
                  En néerlandais, <ref target="#CapInl1910">Franc van der Goes</ref> n’était pas tombé
                  dans le panneau en 1910. Comme il travaillait sur la version 4 qui comporte l’erreur,
                  il faut penser qu’il avait senti qu’il y avait un problème et l’avait correctement analysé.
                  Mais par la suite, <ref target="#CapInl1967">Isaac Lipschits (1967)</ref>
                  puis <ref target="#CapInl2010">Hans Driessen (2010)</ref>,
                  sont revenus de manière non critique à la version erronée de la v. 4.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  J’avais toujours eu beaucoup de mal à comprendre qui Marx citait (ou si Dunning
                  était le « reviewer »), jusqu’à tomber dans Wikipedia sur une longue analyse
                  critique de l’origine et des avatars de cette citation : <ptr target="http://de.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:Zedler-Preis/Zedler-Medaille_2008/Selbst_auf_die_Gefahr_des_Galgens"/>.
                  Accessoirement, l’auteur discute l’image de la potence, <foreign xml:lang="de">Galgen</foreign>, utilisée par Marx pour rendre « being hanged ».
                </p>
              </div>
            </div>
          <div xml:id="Capital-Iversions3et4" type="level3_">
              <head>
                Examen critique des versions 3 et 4<!-- , par rapport aux versions 2 et 2A -->
              </head>


            <p rend="alinea">
              Après la publication de la <ref target="#CapIde1872">deuxième édition allemande de 1872</ref>,
              constitutive de ce que j’ai appelé <ref target="#CapIv2">version 2</ref>,
              et terminant en 1875 la <ref target="#CapIfr1875">publication de la traduction française de Roy</ref>
              revue par lui-même, constitutive de ce que j’ai appelé <ref target="#CapIv2A">version 2A</ref>
              (dont j’examine le lien à la version 2 à la<ref target="#Capital-Iversion2A">page précédente</ref>),
              Marx annote son exemplaire de travail de la deuxième édition allemande
              ainsi que son exemplaire de travail de la traduction française.
              D’autres améliorations du texte allemand, trop longues pour les marges, il les couche dans des notes.
              Sur cette base et sur la base de lettres diverses, Engels a publié les <ref target="#CapIde1883">troisième</ref>
              et <ref target="#CapIde1890">quatrième</ref> éditions allemandes,
              cette dernière constitutive de ce que j’ai appelé <ref target="#CapIv4">version 4</ref>.
            </p>

            <p rend="alinea">
              Engels n’avait certainement pas toutes les informations en mains ;
              il a travaillé dans l’urgence (il a publié la version 3 très vite après la mort de Marx)
              et a dû faire certains choix.<!--
              On aurait d’ailleurs tort, je pense, de tout prendre pour des choix ; il travaillait
              sans ordinateur personnel et sans les logiciels qui vont avec. -->
              En avertissement de la troisième édition, de 1883, il dit ceci<note xml:id="Capital-Iversions3et4-not1" n="1" place="bottom">
                <anchor xml:id="Capital-Iversions3et4-Arbeitnehmer"/>En passant,
                ceci aussi, sur le vocabulaire allemand, qui peut intéresser le néerlandais :
                <index><term>Arbeitgeber, Arbeitnehmer, donneur de travail, receveur de travail, employeur, demandeur d’emploi</term></index>
                <index><term>werkgever, werknemer, donneur de travail, receveur de travail, employeur, demandeur d’emploi</term></index>
                <index><term>emploi, demandeur, donneur, offreur, Arbeitgeber, Arbeitnehmer</term></index>
                <index><term>offre d’emploi, demandeur, donneur, Arbeitgeber, Arbeitnehmer</term></index>
                <index><term>demandeur d’emploi, donneur, offreur, Arbeitgeber, Arbeitnehmer</term></index>
                <index><term>travail, demandeur, donneur, offreur, Arbeitgeber, Arbeitnehmer</term></index>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 34.5%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Es konnte mir nicht in den Sinn kommen, in das <title>Kapital</title> den landläufigen Jargon einzuführen,
                          in Welchem deutsche Oekonomen sich auszudrücken pflegen, jenes Kauderwälsch,
                          worin z. B. derjenige, der sich für baare Zahlung von andern ihre Arbeit geben lässt, der Arbeit<emph>geber</emph> heisst,
                          und Arbeit<emph>nehmer</emph> derjenige, dessen Arbeit ihm für Lohn abgenommen wird.
                          Auch im Französischen wird <foreign xml:lang="fr">travail</foreign> im gewöhnlichen Leben im Sinn von „Beschäftigung“ gebraucht.
                          Mit Recht aber würden die Franzosen den Oekonomen für verrückt halten,
                          der den Kapitalisten <foreign xml:lang="fr">donneur de travail</foreign>,
                          und den Arbeiter <foreign xml:lang="fr">receveur de travail</foreign> nennen wollte.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><title>Das Kapital</title> I, 1883:xi-xii.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 33.5%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Il était hors de question pour moi d’introduire dans le <title>Capital</title> le jargon
                          dans lequel les économistes allemands ont coutume de s’exprimer,
                          où l’on donne par exemple le nom de « donneur de travail », <foreign xml:lang="de">Arbeitgeber</foreign>, à celui qui se fait donner par les
                          autres leur travail contre un paiement comptant, et le nom de « preneur
                          de travail », <foreign xml:lang="de">Arbeitnehmer</foreign>, à celui dont
                          on prend le travail contre le salaire. En français aussi, le mot travail
                          est utilisé, dans la vie courante, dans le sens d’ « emploi ». Mais les
                          Français seraient en droit de traiter de fou l’économiste qui voudrait
                          appeler le capitaliste « donneur », et l’ouvrier « preneur » de travail.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><title>Le Capital</title> I, 1983:22.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Het zou niet bij me opgekomen zijn in <title>Het Kapitaal</title> het gangbare jargon te gebruiken,
                          waarin de Duitse economen zich plegen uit te drukken, het koeterwaals
                          waarin bijvoorbeeld degene, die zich tegen contante betaling de arbeid van anderen verschaft, werk<emph>gever</emph> wordt genoemd
                          en degene, wiens arbeid hem tegen loon wordt afgenomen, werk<emph>nemer</emph>.
                          In het Frans is het woord ‘travail’ in het dagelijkse leven ook in de betekenis van ‘baan’ gebruikt,
                          maar terecht zouden de Fransen de economen voor gek verklaren die
                          de kapitalisten <foreign xml:lang="fr">donneurs de travail</foreign>
                          en de arbeiders <foreign xml:lang="fr">receveurs de travail</foreign> zouden willen noemen.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                En français, on dit aujourd’hui demandeur d’emploi plutôt que receveur de travail.
                On dit cependant de l’employeur qu’il donne « du travail » en voulant dire un emploi,
                alors que c'est bien sûr le travailleur employé qui fournit le travail .
              </note> :
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50.25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Marx hatte Anfangs vor, den Text des ersten Bandes grossentheils umzuarbeiten,
                      manche theoretischen Punkte schärfer zu fassen, neue einzufügen,
                      das geschichtliche und statistische Material bis auf die neueste Zeit zu ergänzen.
                      Sein Krankheitszustand und der Drang, zur Schlussredaktion des zweiten Bandes zu kommen, ließen ihn hierauf verzichten.
                      Nur das Nöthigste sollte geändert, nur die Zusätze eingefügt werden,
                      die die inzwischen erschienene französische Ausgabe (<title>Le Capital</title>, par Karl Marx, Paris, Lachâtre, 1873) schon enthielt.
                    </p><p rend="alinea">
                      Im Nachlass fand sich denn auch ein deutsches Exemplar,
                      das von ihm stellenweise korrigirt und mit Hinweisen auf die französische Ausgabe versehen war ;
                      ebenso ein französisches, worin er die zu benutzenden Stellen genau bezeichnet hatte.
                      Diese Aenderungen und Zusätze beschränken sich, mit wenigen Ausnahmen,
                      auf den letzten Theil des Buchs, den Abschnitt: der Akkumulationsprocess des Kapitals. […]
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><title>Das Kapital</title> I, 1883:xi-xii.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Marx avait l’intention initialement de remanier très largement le texte du premier Livre,
                      de cerner avec plus de précision certains points théoriques, d’en introduire de nouveaux
                      et de compléter tout le matériau historique et statistique en le mettant à jour jusqu’à la période la plus récente.
                      Mais sa maladie et le désir d’achever la rédaction du deuxième Livre l’ont contraint d’abandonner ce projet.
                      Seules devaient être faites les modifications les plus nécessaires,
                      ainsi que les ajouts que contenait l’édition française (<title>Le Capital</title>, par Karl Marx, Paris, Lachâtre, 1873) parue entre-temps.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dans les papiers de Marx se trouvait un exemplaire allemand du <title>Capital</title>
                      qu’il avait corrigé par endroits et muni de renvois à l’édition française,
                      ainsi qu’une édition française où il avait repéré très exactement les passages qu’il fallait utiliser.
                      À quelques exceptions près, ces modifications et ces ajouts se limitent
                      à la dernière partie, à la section intitulée : « Le procès d’accumulation du capital ». […]
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><title>Le Capital</title> I, 1983:21</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Il y a donc des « modifications les plus nécessaires » autres que les reprises de la version 2A.
              <!-- (J’en ai <ref target="#Capital-Icomparechap1_2A-4bref">observé quelques unes</ref>.) -->
              <!-- Ici, il faut voir ce qui a trait à la version 2 et ce qui est proprement apport de Marx spécifique à la version 3. -->
            </p>
            <p rend="alinea">
              Engels donne encore des indications sur l’édition du Livre I
              dans la <ref target="#Capital-Iversion3A">préface de 1886 à la traduction anglaise de 1887</ref>.
              Ce texte-là se situe entre les troisième (1883) et quatrième (1890) éditions allemandes.
              On voit là que les annotations de Marx dans ses exemplaires de travail des
              versions 2 et 2A et les autres indications ne sont pas toujours sans ambiguïté.
              En outre, certaines indications portent tantôt sur la future (pour Marx) troisième édition
              allemande, tantôt sur des projets de traduction aux État-Unis.
              Quand des instructions semblent contradictoires, Engels dit ci-dessus avoir privilégié les plus récentes.
              Il reprend de la v. 2A dans la v. 3A des choses qu’on ne retrouve pas dans la v. 4.
              Il faudrait en faire l’inventaire<note xml:id="Capital-Iversions3et4-not2" n="2" place="bottom">
                Pour un exemple, chercher le mot <term>pépinière</term>
                au <ref target="#Capital-Ichap24para7">paragraphe 7 du chapitre 24</ref>.
                De la v. 2A, la v. 3A reprend <foreign xml:lang="en">whether agricultural, manufacturing, or both</foreign>,
                mais pas la pépinière ni l’école. La V. 4 ne reprend ni l’un ni l’autre
                et, parce qu’il s’en tient de manière non critique à la v. 4,
                Fowkes est ici en recul sur Engels qu’il se permet de critiquer.
              </note>.
              Mais c’est peut-être tout simplement qu’il les avait perdues de vue.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il y a depuis sa mort toute une littérature critique de la valeur de ce travail d’Engels :
              (i) dans quelle mesure certaines formulations sont-elles de lui plus que de Marx ?
              (ii) a-t-il bien repris de la traduction française tout ce qu’il y avait lieu de reprendre ?
              À la question (i), Engels répond lui-même qu’il a été très prudent et qu’il a toujours signé ses interventions.
              (Voir son <ref target="#Capital-IAvert1883">avertissement à la troisième édition</ref>
              et sa <ref target="#Capital-INote1890">note sur la quatrième</ref>.)
              Ceux qui le contestent (voir ci-dessous, Kuczynski) devraient apporter la preuve du contraire.
              Quant à (ii), il faut faire l’inventaire des apports de la v. 2A.
              Toutes les éditions dérivées de sa quatrième édition ou s’en positionnant comme concurrentes
              sont manifestation de ce débat<note xml:id="Capital-Iversions3et4-not3" n="3" place="bottom">
                Dans l’examen des divergences entre versions, j’ai examiné en particulier les
                passages signalés dans <ref target="../../biblio/Anderson1983.html">Anderson 1983</ref>
                et dans <ref target="../../biblio/Haug2017.html">Haug 2017</ref>.
              </note>.
              Une difficulté supplémentaire est que les éditeurs ne disent pas toujours
              explicitement où ils se sont écartés de l’édition de 1890 ; que les critiques ou
              traducteurs ne disent pas toujours clairement de quelle édition ils parlent.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Après Engels, certains éditeurs sont restés fidèles à la version 4 en y faisant cependant quelques corrections
              et en indiquant parfois des passages de la v. 2A qu’Engels n’avait pas repris.
              C’est le cas des éditions de Moscou en 1932 et du volume 23 des MEW, qu’on peut considérer,
              malgré ces quelques modifications, comme encore de la famille de la v. 4.
              Sont de cette famille aussi diverses traductions de la quatrième édition de 1890 ou,
              plus souvent pour les traductions modernes, du volume 23 des MEW.
              <!-- J’avais un temps défini une version IMEL.
                   C’est certainement une importante édition,
                   mais cela reste une v. 4 améliorée,
                   que je classe maintenant comme telle,
                   comme je le fais de l’édition MEW. -->
            </p>
            <p rend="alinea">
              D’autres ont voulu refaire ce travail à leur manière en repartant des versions 2 et 2A de Marx
              en exploitant d’autres matériaux, en faisant d’autres choix.
              Le choix est donc, plutôt d’améliorer ces éditions 3 et 4 laissées par Engels,
              de reprendre à zéro le travail à zéro à partir de la mort de Marx.
              C’est certainement le cas de l’édition dite SPD de Kautsky en 1914 et de celle de Korsch en 1932.
              Ces éditions constituent donc des versions à part. Des deux que je viens de citer, il faut rapprocher la récente NTA.
              Il me semble qu’en général ces éditions témoignent d’une méfiance à l’égard d’Engels
              (ou parfois, plus tard, de Moscou).
              Encore très récemment, Kuczynski dans sa NTA rejette un passage de Marx dans la troisième édition
              (<ref target="MEexCapIchap1para1.html">à propos des Deux facteurs…,
              <foreign xml:lang="de">Die zwei Faktoren der Waare</foreign></ref>)
              en prétendant, contre toute évidence, qu’il est d’Engels et pas de Marx.
              <!-- Méfiance contre Engels ? -->
            </p>
              <!-- <list>
                <label xml:id="CapIvSPD" rend="gras">Version SPD (1914)</label>
                <item>
                  Kautsky repart de la <ref target="#CapIv2">version 2</ref> avec d’autres choix que
                  ceux d’Engels pour les versions 3 et 4. Il établit pour le SPD une édition grand
                  public, qui se veut lisible pour les travailleurs. Dans ce but, il reprend plus de
                  la <ref target="#CapIv2A">version 2A</ref>.
                </item>
                <label xml:id="CapIvIMEL" rend="gras">Version IMEL (1932)</label>
                <item>
                  Version grand public de l’Institut Marx Engels Lénine à Moscou sur la base de la
                  <ref target="#CapIv4">version 4</ref>, avec la volonté de rectifier les déviations
                  révisionnistes que Kautsky aurait introduites dans l’édition de 1914. (« Prudemment »
                  dans le Livre I, de manière plus éhontée dans les Livres II (1926) et III (1929).)
                </item>
                <label xml:id="CapIvKorsch" rend="gras">Version Korsch (1932)</label>
                <item>
                  Karl Korsch se serait voulu plus fidèle à la <ref target="#CapIv2">version 2</ref>.
                  C’est un intellectuel marxiste en rupture<note
                    xml:id="Capital-Iversions-not6" place="bottom" n="6">
                    Schématiquement, il avait une perspective gauchiste volontariste selon laquelle
                    il n’était pas besoin de circonstances historiques particulières pour qu’une
                    révolution soit possible, mais seulement de l’éducation marxiste des ouvriers.
                    Cela restait très théorique dans la mesure où il était un intellectuel peu lié à
                    la classe ouvrière. Il a été exclu du KPD en 1926.
                  </note>.
                  Je ne sais si ça affecte, dans le sens opposé à celui de <ref target=
                  "#CapIfr1965rubel">Rubel</ref>, sa présentation du <title>Capital</title>.
                </item>

                <label xml:id="CapIvNTA" rend="gras">Version NTA (2017)</label>
                <item>
                  Constituée par la <ref target="#CapIde2017">Neue Textausgabe</ref>,
                  bearbeitet und herausgegeben von Thomas Kuczynski.
                  En raison des limites réelles ou supposées des <ref target="#CapIv3">versions 3</ref>
                  <ref target="#CapIv4">et 4</ref> publiées par Engels (et des éditions officielles
                  successives) par rapport aux intentions de Marx pour une troisième édition, Thomas
                  Kuczynski repart de la <ref target="#CapIv2">version 2</ref> de Marx avec d’autres
                  choix que ceux d’Engels et en exploitant des sources dont Engels ne disposait pas<note
                    xml:id="Capital-Iversions-not7" place="bottom" n="7">
                    Kuczynski s’en explique dans une postface. Il n’y a pratiquement
                    (en septembre 2018, été 2019 encore)
                    aucun écho de cette importante nouvelle édition de 2017.
                    Je peux mentionner seulement :
                    William Outhwaite,
                    « Book review »,
                    <title>Journal of Classical Sociology</title>,
                    2019, vol. 19(1), p. 105-107,
                    DOI: 10.1177/1468795X18810581.
                  </note>.
                  Il entend en particulier mieux reprendre les améliorations de Marx dans la <ref
                  target="#CapIv2A">version 2A</ref>. Son plan est reste cependant celui de la v. 2,
                  mais pas complètement.
                </item>
              </list> -->

              <!-- Quant aux traductions, j’abandonne l’idée d’en faire des versions.
                   Ni Fowkes, ni Lefebvre ne font de reprise originale de matériel des v. 2, v. 2A et v. 3A.
                   L’un et l’autre semblent coller de très près au volume 23 des MEW, soit v. 4.
                   Si les Paul (1928) ont éprouvé le besoin donner une autre traduction que la v. 3A,
                   c’est probablement aussi une v. 4. (Je la dis même v. 4 dans les éditions, mais je
                   n’ai malheureusement pas noté ma source.) Même si ce n’était pas le cas, ils ont
                   des rééditions, pas une filiation. -->
              <!--
              <p rend="alinea">
                On peut hésiter entre le concept de version et celui d’édition. Faut-il rattacher les
                traductions à la version allemande sur laquelle elles se basent ? Je qualifie de
                version l’édition Penguin parce qu’elle est la plus souvent citée dans les travaux
                modernes en anglais sur le <title>Capital</title><note
                  xml:id="Capital-Iversions-not10" n="10" place="bottom">
                  Il y a eu en anglais d’autres tentatives
                  soit d’améliorer la version 3A,
                  soit de traduire à partir de la v. 4.
                  J’avais tenté un temps de distinguer deux versions anglaises postérieures à la <ref target="#CapIv3A">v. 3A</ref> :
                  j’appelais <hi xml:id="CapIv3A4" rend="gras">v. 3A4</hi> les éditions
                  où au texte de la v. 3A on ajoute ou on mentionne en note des additions de la <ref target="#CapIv4">v. 4</ref> ;
                  j’appelais <hi xml:id="CapIv4A" rend="gras">v. 4A</hi> les traductions repartant directement de la v. 4.
                  Mais ce sont deux démarches, pas deux versions,
                  dans la mesure où on peut trouver dans chacune des textes différents,
                  qui ne constituent pas une version.
                  (J’abandonne ces catégories, mais je n’ai peut-être pas corrigé toutes les pages où elles interviendraient.)
                </note>
                et aussi parce qu’elle est visée dans les discussions sur les avantages respectifs de la v. 2A et de la v. 4.
                Je fais de même pour la traduction Lefebvre de 1983 en français,
                moins citée, mais qui compte déjà une réédition (2016)
                et qu’il faut considérer aussi dans la comparaison de la v. 2A et de la v. 4.
              </p>
              <list>
                <label xml:id="CapIv4-en" rend="gras">Version Fowkes (1976)</label>
                <item>
                  Constituée par
                  <ref target="#CapIen1976">la traduction anglaise par Ben Fowkes</ref>
                  d’une <ref target="#CapIv4">version 4 allemande</ref> :
                  <title>Capital : A Critique of Political Economy</title>, Volume One,
                  Pelican Books and New Left Review.
                </item>
                <label xml:id="CapIv4-fr" rend="gras">Version Lefebvre (1983)</label>
                <item>
                  Constituée par
                  <ref target="#CapIfr1983">la traduction française de 1983</ref>
                  d’une <ref target="#CapIv4">version 4 allemande</ref> et sa version revue en 2016.
                </item>
              </list>
               -->

            <div xml:id="val-ech-pluriel-traduc">
              <head>
                Le pluriel essentiel des marchandises quand on parle de valeurs d’échange.
              </head>
              <p rend="alinea">
                Dans ses <ref target="#NotescritEcopolWagner">notes sur le livre de Wagner</ref>,
                Marx insiste sur le fait que, pour échanger, il faut qu’il y ait plusieurs marchandises :
                « <emph>la valeur d’échange</emph>, s’il n’y en a au moins deux, ça n’existe pas ».
                Quand il s’agit de la notion de valeur d’échange (on peut admettre le singulier pour la notion),
                il faut nécessairement des marchandises au pluriel.
                Marx cite alors un passage de la p. 13 de sa deuxième édition, dont la phrase suivante :
              </p>

              <list rend="horiz">
                <item>
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Das Gemeinsame was sich
                        im Austauschverhältniss oder Tauschwerth der Waaren darstellt,
                        ist also ihr Werth.
                        <lb/>
                        [Das Gemeinsame, was…]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Hamburg 1872, p. 13. En se citant lui-même dans les notes sur Wagner,
                    Marx souligne <emph>ihr Werth</emph>.
                    [NTA, p. 17, Zeile 293, avec une virgule en plus.]</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <!--
                  Il y a un accord simple en nombre (singulier) de ihr avec Werth, comme leur avec valeur.
                  Il y a un accord en genre (féminin) dans le choix de ihr (et non sein),
                  mais pas en nombre avec les possesseurs Waaren,
                  tandis qu’en français on a un accord en nombre (leur plutôt que sa) mais pas en genre.
                 -->
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Le quelque chose de commun qui se montre dans le rapport d’échange
                        ou dans la valeur d’échange des marchandises
                        est par conséquent leur valeur.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Éd. sociales 1948, p. 54.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Het gemeenschappelijke element van de waren
                        in de ruilverhouding of ruilwaarde
                        is dus hun waarde.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Dans la <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/1.htm">Marxists Internet Archive, Nederlandstalig</ref>,
                      qui déclare reprendre la traduction d’I. Lipschits.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Therefore, the common substance that manifests itself
                        in the exchange value of commodities,
                        whenever they are exchanged,
                        is their value.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1887, p. 5. <title>MECW</title>, vol. 35, p. 55.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="alinea">
                Ces diverses versions maintiennent au moins le pluriel <foreign xml:lang="de">Waaren</foreign>,
                y compris Kuczinski en allemand, parce qu’il repart de la version 2 et non de la version 4 et qu’il
                confronte au français.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Je constate une faiblesse de la traduction en néerlandais qui a cru pouvoir
                laisser tomber <foreign xml:lang="de">sich… darstellt</foreign> dont l’importance
                est fondamentale ici s’agissant d’une « forme phénoménale ». Par contre les
                <foreign xml:lang="nl">ruilverhouding</foreign> et <foreign xml:lang="nl">ruilwaarde</foreign>
                sont évidemment les plus proches de l’allemand. La traduction anglaise est un peu
                faible aussi : le <foreign xml:lang="de">oder</foreign> de Marx, qui identifie la
                valeur d’échange à une proportion (<foreign xml:lang="de">Verhältniss</foreign>)
                devient une circonstance <foreign xml:lang="en">whenever</foreign> et la proportion
                est absente, à moins que ce soit ce que veut dire <foreign xml:lang="en">relation</foreign>.
                Est-ce qu’en français, rapport est là pour proportion ? On aurait pu écrire :
                « Le quelque chose de commun qui se montre dans la proportion de l’échange ou valeur
                d’échange des marchandises est ainsi leur valeur. »
              </p>


              <p rend="alinea">
                En 1883 (v. 3) apparaît le masculin <foreign xml:lang="de">Waare</foreign> dans la phrase.
                Je suis tenté de penser à un <foreign xml:lang="la">lapsus calami</foreign>, parce
                que Marx a dû montrer à Engels ses notes de 1879-1881 contre Wagner et qu’Engels ne
                peut l’avoir oublié deux ans plus tard<note xml:id="val-ech-pluriel-traduc-not1" n="1" place="bottom">
                  Je ne trouve pas de lettre, mais Engels avait pris sa retraite (1869) et habitait
                  Londres (depuis la fin de l’été 1870). Ils se voyaient tous les jours et n’avaient
                  plus le même besoin de s’écrire. Il est impossible que Marx, furieux des déformations
                  et des accusations injustes de Wagner, ait pu ne pas en parler en long et en large.
                </note>.
                En outre, on retrouve le pluriel en anglais en 1887 (v. 3A).
                Les éditeurs des MEW n’ont pas vu la divergence par rapport à 1872 (v. 2).
                Je ne sais ce qu’il en est des autres éditions allemandes entre 1890 et les MEW.
                Fowkes (1976), se fiant aux MEW, traduit avec l’erreur,
                qui ne se trouvait pourtant pas dans l’édition de 1887 (v. 3A) qu’il critique !
                (Par ailleurs, il simplifie abusivement en laissant tomber <foreign xml:lang="en">that manifests itself</foreign>.)
                Lefebvre (1983) aussi, se fiant aux MEW, adopte de manière non critique le singulier malencontreux.
                (Cela semble indiquer qu’ayant fait le choix de suivre les MEW,
                son équipe n’a pas consacré trop d’efforts à la confrontation à la traduction Roy-Marx, plus correcte sur ce point.
                L’erreur n’est pas corrigée dans l’édition de 2016.)
              </p>

              <list rend="horiz">
                <item>
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Das Gemeinsame, was sich im Austauschverhältnis oder Tauschwerth der Waare
                        darstellt, ist also ihr Werth.
                        <lb/>
                        [Tauschwert … Wert.]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>V. 3, 1883, p. 5. V. 4, 1890, p. 5. [<title>MEW</title>, Band. 23, p. 53.]</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Ce qu’il y a donc de commun, qui s’expose dans le rapport d’échange ou dans
                        la valeur d’échange de la marchandise, c’est sa valeur.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1983, p. 43 (2016, p. 42).</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item>
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        The common factor in the exchange relation,
                        or in the exchange-value of the commodity,
                        is therefore its value.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Penguin 1976, p. 128.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
            </div>

          </div>
          <div xml:id="Capital-Iversion3A" type="level3_">
              <head>
                Examen critique de la version 3A et d’autres traductions anglaises
              </head>

              <p rend="alinea">
                Dans la préface à la traduction anglaise, Engels mentionne des
                instructions en vue d’un premier projet de traduction en anglais, mais aussi des
                « instructions finales pour la troisième édition ».
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <floatingText>
                      <body>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            The third German edition, which has been made the basis of our work
                            throughout, was prepared by me, in 1883, with the assistance of notes left
                            by the author, indicating the passages of the second edition to be replaced
                            by designated passages from the French text published in 1873.<note xml:id="CapI1887ed-pref-not1" n="1" place="bottom">
                              <title>Le Capital</title>, par Karl Marx. Traduction de M. J. Roy,
                              entièrement revisée par l’auteur. Paris. Lachâtre. This translation, especially
                              in the latter part of the book, contains considerable alterations in and
                              additions to the text of the second German edition.
                            </note>
                            The alterations thus effected in the text of the second edition generally
                            coincided with changes prescribed by Marx in a set of MS. instructions for
                            an English translation that was planned, about ten years ago, in America,
                            but abandoned chiefly for want of a fit and proper translator. This MS. was
                            placed at our disposal by our old friend Mr. F. A. Sorge of Hoboken N. J.
                            It designates some further interpolations from the French edition ; but,
                            being so many years older than the final instructions for the third edition,
                            I did not consider myself at liberty to make use of it otherwise than
                            sparingly, and chiefly in cases where it helped us over difficulties.
                          </p>
                        </quote>
                        <bibl>
                          « Editor’s Preface »
                          (Frederick Engels, November 5, 1886.),
                          Capital I, 1887,
                          p. <hi n="10" rend="petitescapitales">x</hi>-<hi n="11" rend="petitescapitales">xi</hi>.
                        </bibl>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La troisième édition allemande, sur laquelle nous nous sommes fondés pour
                        notre traduction, a été préparée par moi, en 1883, à l’aide de notes laissées
                        par l’auteur, qui indiquaient les passages de la seconde édition qu’il fallait
                        remplacer par des passages correspondants du texte français, publié en 1873.
                        Les changements ainsi effectués dans le texte de la seconde édition
                        coïncidaient généralement avec des changements prescrits par Marx dans une
                        série d’instructions manuscrites pour une traduction anglaise, qui avait été
                        projetée, il y a environ dix ans, en Amérique, mais abandonnée ensuite, faute
                        surtout de pouvoir trouver un traducteur capable et à la hauteur de la tâche.
                        Ce manuscrit a été mis à notre disposition par notre vieil ami, M. F. A. Sorge,
                        à Hoboken, New Jersey. On y trouvait énumérées quelques nouvelles interpolations
                        empruntées à l’édition française. Mais comme ces instructions avaient été
                        données bien des années avant les instructions finales pour la troisième
                        édition, j’estimai que je n’avais le droit de m’en servir qu’avec discrétion,
                        et, avant tout, là où elles nous aideraient à surmonter des difficultés.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Ce texte se situe entre les troisième (1883) et quatrième (1890) éditions allemandes,
                mais concerne aussi le travail d’établissement du texte de la troisième.
                On voit ainsi que les annotations de Marx dans ses exemplaires de travail des versions 2 et 2A
                et les autres indications ne sont pas toujours sans ambiguïté.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Il reprend de la v. 2A dans la v. 3A des choses qu’on ne retrouve pas dans la v. 4.
                J’en donne <ref target="#Capital-Iversions3et4-not2">un exemple</ref>,
                dans la page sur les versions allemandes 3 et 4.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Fowkes explique (« Translator’s preface », p. 87-88)
                pourquoi les insuffisances à ses yeux de la v. 3A justifient une nouvelle traduction…
                Il dit (p. 88) que pour des notes il s’est aidé de l’édition MEW.
                Il ne traduit donc pas la v. 4 de 1890, mais le volume 23 des MEW, qui en est un avatar récent.
                C’est confirmé par des différences concrètes, comme la note p. 786
                reprenant un alinéa de la v. 2A qui n’est pas dans la v. 4.
                À ce sujet, Anderson (<ref target="../../biblio/Anderson1983.html">1983</ref>:72)
                reproche à Fowkes qu’il « follows Engels slavishly and acts
                as if the task were to restore “whole sentences omitted by Engels (Marx 1976: 87)” » ;
                plus précisément, il lui reproche de suivre aveuglément la v. 4 (sous sa forme MEW 23)
                sans aller voir lui-même ce qu’il y aurait de plus ou de mieux dans la v. 2A<note xml:id="Capital-Iversion3A-not1" n="1" place="bottom">
                  Ce que j’ai moi-même relevé, <ref target="#Capital-Iversions3et4-not2">dans une note</ref>
                  de la page sur les versions allemandes 3 et 4.
                </note>.
                <!-- How to start? First, on which English translation should we rely?
                The attractions of the 1976 Penguin edition are that it is readily available for less than $40,
                offers the most scholarly apparatus
                and alone includes the 150-page Appendix on the ‘Results of the Immediate Process of Production’.
                No translation can be pitch perfect;
                for instance, on page 160 the Penguin gives Gegensatz (p. 82) as ‘antagonism’ when it would better be as ‘contrast’;
                on page 274, n. 4, we find ‘universal’ rather than ‘generalised’ for Verallgemeinert (p. 184, n.41);
                the German for ‘swindle’ in the Penguin’s ‘If we can perform the swindle of converting …’. (p. 221, n.31)
                is Verschwindlet (p. 138, n. 80) which means ‘to make disappear’,
                so that Marx is not suggesting financial fraud but rather a magician’s trick;[2]
                finally, ‘alienated’ is used repeatedly for Verausserung[3] when the sense is merely ‘sold’,
                not estranged, Entfremdung.
                The M-M and the M-C-M on page 256 should be M-M’ and M-C-M’.
                Hence, it is reckless to hang an interpretation or objection on a term or phrase in any English version
                unless you have checked it against the German.
                For instance, Produktionserhaltnisse is usually given as the ‘relations’ of production but occasionally as ‘mode’.
                https://www.surplusvalue.org.au/McQueen/marxism/marx_capital_word_by_word.htm. -->
              </p>
            </div>

          <div xml:id="Capital-Ipref1de" type="level2_"><!--  xml:id="preface1allemande" -->
            <head>
              Préface de la première édition allemande
            </head>

            <bibl>
              Londres, 25 juillet 1867.
            </bibl>

            <p xml:id="Capital-Ipref1de-abstraction"><label rend="invisible">Le Capital, Livre I, Préface de la première édition allemande</label>
              <!-- abstraction -->
              <index><term>abstraction, outil d’analyse en économie</term></index>
              <index><term>capitalisme, lois naturelles</term></index>
              <index><term>loi naturelle, du capitalisme</term></index>
              <index><term>économie</term></index>
              <index><term>microscope, instrument scientifique</term></index>
              <index><term>instrument scientifique</term></index>
              <index><term>analyse</term></index>
              <index><term>système isolé</term></index>
              <index><term>chimie</term></index>
              <index><term>physique</term></index>
              <index><term>mode de production capitaliste</term></index>
              <index><term>rapports sociaux de production et d’échange</term></index>
              <index><term>paradigme du capitalisme, Angleterre, pour Marx</term></index>
              <index><term>Angleterre, Marx, paradigme du capitalisme</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">
              Quand dans cette préface de 1867 il parle de son « premier chapitre », c’est devenu,
              dans <ref target="#Capital-Itablesmat">les tables des matières de toutes les éditions et traduction ultérieures</ref>,
              la première section (<term xml:lang="de">Abschnitt</term>), divisée en chapitres 1 à 3.
            </p>

            <p rend="alinea">
              Il est question ici de « lois naturelles », « qui agissent et s’imposent avec une
              nécessité de fer ». Comment les étudier ? On étudie la cellule avec un microscope ;
              on analyse les formes économiques avec l’instrument de l’<emph>abstraction</emph>.
              En physique, on étudie les phénomènes sous leur forme la plus accusée,
              ou dans des conditions expérimentales ;
              Marx étudie le mode de production capitaliste et ses rapports de production
              à partir de l’observation du cas particulier de l’Angleterre.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;"><!--  -->
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">
                      Die  Werthform,  deren  fertige  Gestalt  die  Geldform,
                      ist sehr inhaltslos und einfach. Dennoch hat der Menschengeist
                      sie seit mehr als 2000 Jahren vergeblich zu ergründen gesucht,
                      während andrerseits die Analyse viel inhaltsvollerer und komplicirterer
                      Formen wenigstens annähernd gelang. Warum ? Weil
                      der ausgebildete Körper leichter zu studiren ist als die Körperzelle.
                      Bei der Analyse der ökonomischen Formen kann ausserdem
                      weder das Mikroskop dienen noch chemische Reagentien.
                      Die Abstraktionskraft muss beide ersetzen. Für die bürgerliche
                      Gesellschaft ist aber die Waarenform des Arbeitsprodukts oder
                      die Werthform der Waare die ökonomische Zellenform.
                      Dem Ungebildeten scheint sich ihre Analyse in blossen
                      Spitzfindigkeiten herumzutreiben. Es handelt sich dabei
                      in der That um Spitzfindigkeiten, aber nur so wie es sich
                      in der mikrologischen Anatomie darum handelt.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Mit Ausnahme des Abschnitts über die Wertform wird
                      man daher diess Buch nicht wegen Schwerverständlichkeit
                      anklagen können. Ich unterstelle natürlich Leser, die etwas Neues
                      lernen, also auch selbst denken wollen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Der Physiker beobachtet Naturprozesse entweder dort, wo
                      sie in der prägnantesten Form und von störenden Einflüssen
                      mindest getrübt erscheinen, oder, wo möglich, macht er Experimente
                      unter Bedingungen, welche den reinen Vorgang des Prozesses
                      sichern. Was ich in diesem Werk zu erforschen habe, ist die
                      kapitalistische   Produktionsweise   und   die   ihr
                      entsprechenden Produktions- und Verkehrsverhältnisse.
                      Ihre klassische Stätte ist bis jetzt England. Diess der Grund,
                      warum es zur Hauptillustration meiner theoretischen Entwicklung
                      dient. […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      An und für sich handelt es sich nicht um den höheren oder
                      niedrigeren Entwicklungsgrad der gesellschaftlichen Antagonismen,
                      welche aus den Naturgesetzen der kapitalistischen Produktion
                      entspringen. Es handelt sich um diese Gesetze selbst,
                      um diese mit eherner Notwendigkeit wirkenden und sich
                      durchsetzenden Tendenzen. Das industriell entwickeltere Land
                      zeigt dem minder entwickelten nur das Bild der eignen Zukunft !
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIde1867">Kapital I, 1867</ref>, p. <hi rend="petitescapitales">viii-ix</hi>,
                    <ref target="#CapIde1872">1872</ref>,            p. 3-5,
                    <ref target="#CapIde1883">1883</ref>,            p. <hi rend="petitescapitales">vi-vii</hi>,
                    <ref target="#CapIde1890">1890</ref>,            p. <hi rend="petitescapitales">v-vii</hi>,
                    <ref target="#CapIde1962">MEW 23</ref>,          p. 11-12,
                    <ref target="#CapIde2017">NTA</ref>,             p. 8-9.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La <term>forme de la valeur</term> réalisée dans la <term>forme monnaie</term>
                      est quelque chose de très-simple <seg rend="rouge">[et de peu de contenu]</seg>.
                      Cependant l’esprit humain a vainement cherché depuis plus de deux mille ans à en pénétrer le secret,
                      tandis qu’il est parvenu à analyser, du moins approximativement, des formes bien plus complexes et
                      cachant un sens plus profond. Pourquoi ? Parce que le corps organisé est plus facile à étudier que la
                      cellule qui en est l’élément. D’un autre côté, l’analyse des formes économiques ne peut s’aider du
                      microscope ou des réactifs fournis par la chimie ; l’abstraction est la seule force qui puisse lui servir
                      d’instrument. Or, pour la société bourgeoise actuelle, la <term>forme marchandise</term> du produit du travail, ou
                      la forme valeur de la marchandise, est la <term>forme cellulaire économique</term>. Pour l’homme peu cultivé
                      l’analyse de cette forme paraît se perdre dans des <emph>minuties</emph> ; ce sont en effet et nécessairement des
                      <emph>minuties</emph>, mais comme il s’en trouve dans l’<term>anatomie micrologique</term>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      À part ce qui regarde la <term>forme de la valeur</term>, la lecture de ce livre ne présentera pas de difficultés.
                      Je suppose naturellement des lecteurs qui veulent apprendre quelque chose de neuf et, par conséquent,
                      aussi penser par eux-mêmes.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Le physicien pour se rendre compte des procédés de la nature, ou bien étudie les phénomènes
                      lorsqu’ils se présentent sous la forme la plus accusée et la moins obscurcie par des influences
                      perturbatrices, ou bien il expérimente dans des conditions qui assurent autant que possible la
                      régularité de leur marche. J’étudie dans cet ouvrage le <term>mode de production capitaliste</term> et les
                      <term>rapports de production et d’échange</term> qui lui correspondent. L’Angleterre est le lieu classique
                      de cette production. Voilà pourquoi j’emprunte à ce pays les faits et les exemples principaux qui servent
                      d’illustration au développement de mes théories. […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Il ne s’agit point ici du développement plus ou moins complet des antagonismes sociaux
                      qu’engendrent les lois naturelles de la production capitaliste, mais de ces <emph>lois elles-mêmes</emph>, des
                      <emph>tendances</emph> qui se manifestent et se réalisent avec une nécessité de fer. Le pays le plus développé
                      industriellement ne fait que montrer à ceux qui le suivent sur l’échelle industrielle l’image de leur
                      propre avenir.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIfr1872">Capital I, 1872</ref>,      p. 9-10,
                    <ref target="#CapIfr1948">É.S. (en 8 vol.)</ref>t. 1, p. 17-18.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La forme-valeur, qui a pour figure achevée la forme-monnaie, est à la fois très simple et
                      dépourvue de contenu. Pourtant, il y a plus de 2 000 ans que l’esprit humain
                      s’évertue à percer son secret, alors qu’il a, par ailleurs, réussi au moins
                      approximativement l’analyse de formes beaucoup plus complexes et plus riches
                      de contenu. Pourquoi cela ? Parce qu’il est plus facile d’étudier l’organisme
                      développé que la cellule vivante. L’analyse des formes économiques ne peut,
                      en outre, s’aider ni du microscope, ni d’aucun réactif chimique. Il faut les
                      remplacer par la force d’abstraction. Or, pour la société bourgeoise, c’est
                      la forme-marchandise du produit du travail ou la forme-valeur de la
                      marchandise qui est la forme économique cellulaire. L’homme non cultivé aura
                      l’impression que l’analyse de cette forme se débat sans fin dans une succession
                      de subtilités. Et il s’agit bien effectivement de subtilités ; mais au sens
                      où justement l’anatomie microscopique relève également de cette même subtilité.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Ainsi donc, exception faite de la section sur la forme-valeur, on ne pourra
                      pas accuser ce livre d’être difficile et peu compréhensible.
                      <seg rend="rouge pluspetit">[Ici une phrase, inchangée dans les quatre éditions allemandes,
                      est omise sans explication dans cette traduction.]</seg>
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Il y a, pour le physicien, deux manières d’observer les processus naturels :
                      ou bien il les observe là où ils apparaissent sous la forme la plus typée et
                      où ils sont le moins perturbés par des influences extérieures, ou bien, si
                      cela est possible, il fait des expériences dans des conditions qui garantissent
                      la pureté du déroulement du processus en question. Dans ce livre, l’objet de
                      ma recherche c’est le mode de production capitaliste et les rapports de
                      production et d’échange afférents. Jusqu’à présent sa localisation classique
                      est l’Angleterre. C’est la raison pour laquelle ce pays sert d’illustration
                      principale dans tout mon développement théorique. […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      En fait, il n’est pas question dans ce livre des
                      degrés de développement plus ou moins élevés atteints par les antagonismes
                      sociaux qu’engendrent les lois naturelles de la production capitaliste. Il
                      s’agit de ces lois elles-mêmes, de ces tendances profondes qui agissent et
                      s’imposent avec une nécessité de fer. Le pays le plus développé
                      industriellement ne fait que montrer ici aux pays moins développés l’image
                      de leur propre avenir.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 3-5,
                    <ref target="#CapIfr2016">2016</ref>,            p. 3-4.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The value form, whose fully developed shape is the money form, is very elementary and simple.
                      Nevertheless, the human mind has for more than 2,000 years sought in vain to get to the bottom of it,
                      whilst on the other hand, to the successful analysis of much more composite and complex forms,
                      there has been at least an approximation.
                      Why? Because the body, as an organic whole, is more easy of study than are the cells of that body.
                      In the analysis of economic forms, moreover, neither microscopes nor chemical reagents are of use.
                      The force of abstraction must replace both.
                      But in bourgeois society the commodity form of the product of labour
                      — or the value form of the commodity — is the economic cell form.
                      To the superficial observer, the analysis of these forms seems to turn upon minutiae.
                      It does in fact deal with minutiae, but they are of the same order as those dealt with in microscopic anatomy.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      With the exception of the section on value form, therefore,
                      this volume cannot stand accused on the score of difficulty.
                      I presuppose, of course, a reader who is willing to learn something new and therefore to think for himself.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      The physicist either observes physical phenomena where they occur
                      in their most typical form and most free from disturbing influence, or, wherever possible,
                      he makes experiments under conditions that assure the occurrence of the phenomenon in its normality.
                      In this work I have to examine the capitalist mode of production,
                      and the conditions of production and exchange corresponding to that mode.
                      Up to the present time, their classic ground is England.
                      That is the reason why England is used as the chief illustration in the development of my theoretical ideas.
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Intrinsically, it is not a question of the higher or lower degree of development
                      of the social antagonisms that result from the natural laws of capitalist production.
                      It is a question of these laws themselves,
                      of these tendencies working with iron necessity towards inevitable results.
                      The country that is more developed industrially only shows, to the less developed, the image of its own future.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 35:8-9.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p xml:id="Capital-Ipref1de-subjcap"><label rend="invisible">Le Capital, Livre I, Préface de la première édition allemande</label>
              <!-- Subjectivité du capitaliste -->
              <index><term>subjectivité, du capitaliste</term></index>
              <index><term>capitaliste, rouage du système, quelle que soit sa subjectivité</term></index>
              <index><term>traduction Roy, faiblesse</term></index>
            </p>

            <p rend="alinea">
              Marx souligne que le capitaliste est lui-même prisonnier de ce système et le reste
              même si, subjectivement, il arrivait dans une certaine mesure à s’en distancier.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Zur Vermeidung möglicher Missverständnisse ein Wort. Die Gestalten von Kapitalist
                      und Grundeigenthümer zeichne ich keineswegs in rosigem Licht. Aber es handelt sich
                      hier um die Personen nur, soweit sie die Personifikation ökonomischer Kategorien
                      sind, Träger von bestimmten Klassenverhältnissen und Interessen. Weniger als jeder
                      andre kann mein Standpunkt, der die Entwicklung der ökonomischen
                      Gesellschaftsformation als einen naturgeschichtlichen Prozess auffasst, den
                      Einzelnen verantwortlich machen für Verhältnisse, deren Geschöpf er social bleibt,
                      so sehr er sich auch subjektiv über sie erheben mag.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIde1867">Kapital I, 1867</ref>, p. <hi rend="petitescapitales">xi</hi>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Un mot encore pour éviter d’éventuels malentendus. Je ne peins pas en rose, loin
                          s’en faut, le personnage du capitaliste et du propriétaire foncier. Mais ces
                          personnes n’interviennent ici que comme personnification de catégories économiques,
                          comme porteurs de rapports de classe et d’intérêts déterminés. Moins que toute
                          autre encore, ma perspective, qui consiste à appréhender le développement de la
                          formation économico-sociale comme un processus historique naturel, ne saurait
                          rendre un individu singulier responsable de rapports et de conditions dont il
                          demeure socialement le produit, quand bien même il parviendrait à s’élever,
                          subjectivement, au-dessus de ceux-ci <note xml:id="CapIp6subjcapnotRoy" n="*" place="bottom">
                            Roy traduit négligemment « quoi qu’il puisse faire pour s’en dégager », perdant
                            ainsi la distinction dialectique de Marx entre objectif et subjectif. (D. M.)
                          </note>.
                        </p>
                      </quote>
                    </body>
                  </floatingText>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 6,
                    <ref target="#CapIfr2016">2016</ref>, p. 6.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Ter vermijding van mogelijke misverstanden het volgende. De figuren van kapitalist
                          en grondbezitter worden door mij geenszins rooskleurig geschetst. Het gaat hier
                          echter slechts om personen voor zover zij de personificatie zijn van economische
                          categorieën, dragers van bepaalde klassenverhoudingen en belangen. Uitgaande van
                          mijn standpunt, volgens welke de ontwikkeling van de economische vorming van de
                          maatschappij als een natuurhistorisch proces moet worden gezien, kan men waarlijk
                          de enkeling niet verantwoordelijk stellen voor verhoudingen, waarvan hij het
                          maatschappelijke voortbrengsel blijft, hoezeer hij zich er zelf ook boven verheven
                          mag achten <note xml:id="notKapIvoorwoord1subj" n="*" place="bottom">
                            Van der Goes termine ce passage en « hoe hoog hij zich er voor zichzelf ook boven
                            verheffen mag », où « voor zichzelf » pourrait rendre le « subjektiv » de Marx.
                            C’est aussi ce que rend le « zelf… mag achten » de Lipschits.
                            <ref target="#CapInl2010">Driessen</ref> est moins bon,
                            qui croit devoir remplacer « achten » par « voelen ».
                            La dialectique de l’objectif et du subjectif n’est pas simple question de sentiment. (D. M.)
                          </note>.
                        </p>
                      </quote>
                    </body>
                  </floatingText>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/0.htm">Voorwoord bij de eerste druk</ref> in het Marxistisch Internet-Archief.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      To prevent possible misunderstanding, a word. I paint the capitalist and the
                      landlord in no sense <foreign xml:lang="fr">couleur de rose</foreign>. But here
                      individuals are dealt with only in so far as they are the personifications of
                      economic categories, embodiments of particular class-relations and class-interests.
                      My stand-point, from which the evolution of the economic formation of society is
                      viewed as a process of natural history, can less than any other make the individual
                      responsible for relations whose creature he socially remains, however much he may
                      subjectively raise himself above them.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIen1887">Capital I, 1887</ref>,
                    p. <hi n="19" rend="petitescapitales">xix</hi>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p xml:id="Capital-Ipref1de-lasciadir"><label rend="invisible">Le Capital, Livre I, Préface de la première édition allemande</label>
              <index><term>Segui il tuo corso</term></index>
              <index><term>lascia dir le genti</term></index>
              <index><term>préjugé de l’ « opinion publique »</term></index>
              <index><term>opinion publique, préjugés</term></index>
              <index><term>Dante, La Divine Comédie</term></index>
              <index><term>La Divine Comédie, Dante</term></index>
              <index><term>Divine Comédie, Dante</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Gegenüber den Vorurteilen der sog. öffentlichen Meinung, der ich nie Konzessionen
                      gemacht habe, gilt mir nach wie vor der Wahlspruch des großen Florentiners:
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea"><foreign xml:lang="it">Segui il tuo corso, e lascia dir le genti!</foreign></p>
                        </quote>
                        <bibl>
                          Geh deinen Weg, und laß die Leute reden!
                          — abgewandeltes Zitat aus Dante,
                          <title>Die göttliche Komödie</title>, „Das Fegefeuer", 5. Gesang.
                        </bibl>
                      </cit>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIde1962">Kapital I, MEW 23</ref>, p. 17, et note p. 846.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Face aux préjugés de l’ « opinion publique », à laquelle je n’ai jamais fait de
                      concessions, je continue à faire mienne la devise du grand Florentin :
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea"><foreign xml:lang="it">Segui il tuo corso, e lascia dir le genti!</foreign></p>
                        </quote>
                        <bibl>
                          Va ton chemin, et laisse dire les gens !
                          Dante, <title>La Divine Comédie</title>, le Purgatoire, V<hi rend="ordinal">e</hi> Chant.
                        </bibl>
                      </cit>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 8. (2016, p. 7.)</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>Ga je eigen weg</term></index>
                      <index><term>laat de mensen maar praten</term></index>
                      Wat betreft de vooroordelen van de zogenaamde openbare mening, waaraan ik nooit
                      enige concessie heb gedaan, geldt ook nu weer de zinspreuk van de grote Florentijn:
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea"><foreign xml:lang="it">Segui il tuo corso, e lascia dir le genti!</foreign></p>
                        </quote>
                        <bibl>
                          Ga je eigen weg en laat de mensen maar praten!
                          Dante Alighieri, <title>La divina commedia</title>, ‘Del purgatorio’, canto V, 13.
                          Eigenlijk: ‘Vien dietro a me, e lascia dir le genti.’
                        </bibl>
                      </cit>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapInl2010">Kapitaal I, 2010</ref>, p. 16.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      As to the prejudices of so-called public opinion, to which I have never made
                      concessions, now as aforetime the maxim of the great Florentine is mine:
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea"><foreign xml:lang="it">Segui il tuo corso, e lascia dir le genti!</foreign></p>
                        </quote>
                        <bibl>
                          “Follow your own course, and let people talk”
                          — Marx paraphrased Dante’s words from
                          the <title>Divine Comedy</title> (“Purgatory”, Canto V, line 13):
                          “Vien di retro a me…” (“Follow me…”).
                        </bibl>
                      </cit>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 35, p. 11, et note p. 767.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              On néglige dans l’édition française de dire, comme dans les autres éditions, que c’est une paraphrase,
              pas une citation, du seizième vers : « Vien dietro a me, e lascia dir le genti: » <ref target="https://it.wikisource.org/wiki/Divina_Commedia/Purgatorio/Canto_V">du chant V du « Purgatoire »</ref>.
              Les éditions autres que l’édition française, en traduisant l’italien de Marx,
              introduisent <foreign xml:lang="de">deinen</foreign>, <foreign xml:lang="nl">eigen</foreign>,
              <foreign xml:lang="en">own</foreign>, à raison, je pense.
              Je crois qu’en s’écartant de Dante, Marx marque qu’il ne s’agit pas, banalement, de continuer la route (comme : « passe ton chemin »),
              mais de suivre sa <emph>propre</emph> voie, de manière indépendante.
              Il est curieux qu’il donne ça comme « devise » de Dante,
              alors que le vers est assez différent et certainement pas une devise.
              Il est possible que quelqu’un en a fait une devise très répandue du temps de Marx
              et que Marx, sachant pertinemment que c’est une paraphrase, suppose que tout le monde à son époque le sait aussi.
              Il est possible que ce soit Marx qui fait la transformation en devise,
              en supposant que le lecteur cultivé corrigera de lui-même.
              Il est possible aussi qu’il cite de mémoire en enjolivant involontairement la phrase.
            </p>
          </div> <!-- préface 1 -->

          <div xml:id="Capital-Ipost2de" type="level2_"><!--  xml:id="postface2allemande" -->
            <head>
              Postface de la deuxième édition allemande
            </head>

            <bibl>
              Londres, 24 janvier 1873.
              Livre I, p. 9-18.<!-- 65-74 du PDF -->
              En ligne, extraits (!) en <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-post.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-post.htm</ref>.
              Texte intégral en allemand en <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_018.htm">www.mlwerke.de/me/me23/me23_018.htm</ref>
              et <title>MEW</title> 23:18.
            </bibl>

            <p rend="alinea">
              C’est Marx lui-même qui, pour l’<ref target="#CapIfr1872">édition de la traduction
              Roy</ref>, a extrait de la postface de la deuxième édition allemande ce qui lui
              semblait intéresser le lecteur français. Dans l’<ref target="#CapIde1890">édition allemande
              de 1890</ref>, Engels ne donnait pas non plus les quatre premiers alinéas,
              mais ils ont été rétablis dans des éditions ultérieures.
            </p>
            <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Je donne ci-dessous les parties de la postface de la deuxième édition allemande
                    qui ont trait au développement de l’économie politique en Allemagne et à la
                    méthode employée dans cet ouvrage.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Avis au lecteur, <ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>:20.</bibl>
              </cit>
            <p rend="alinea">
              Cela explique que dans toutes les rééditions françaises de ce que j’ai appelé la <ref target="#CapIv2A">version 2A</ref>, on ne trouve pas la postface complète, mais seulement cet extrait.
              On trouve bien sûr la postface dans les éditions en d’autres langues
              et en français dans la traduction de la <ref target="#CapIv4">version 4</ref>
              <ref target="#CapIfr1983">aux Éditions sociales en 1983</ref>
              (et <ref target="#CapIfr1993">à partir de 1993 aux PUF</ref>) et en 2016.
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alinea" xml:id="refoulementEcoPol"><label rend="invisible">Le Capital, Livre I, Postface de la deuxième édition allemande</label>
              <index><term>économie politique classique</term></index>
              <index><term>refoulement de l’économie bourgeoise scientifique</term></index>
              <index><term>économie politique, comme science</term></index>
              <index><term>lutte de classes</term></index>
              <index><term>Ricardo</term></index>
              <index><term>Sismondi</term></index>
              <index><term>révolution bourgeoise</term></index>
              <index><term>John Stuart Mill</term></index>
              <index><term>économie bourgeoise, faillite de l’—</term></index>
              <index><term>Tschernishewsky</term></index>
              Au début du capitalisme moderne, il y a encore une économie classique bourgeoise scientifique.
              Dès que la lutte de classe se développe, il y a refoulement
              (pour prendre un terme freudien) :
              la bourgeoisie devient incapable de science économique (p. 11-13).
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p xml:id="l1t1p11bas" rend="alinea"><pb xml:id="CapI11" n="11"/>À
                partir de 1848, la production capitaliste a connu un développement
                très rapide en Allemagne, et elle en est déjà aux
                floraisons factices. Mais le sort n’en a pas moins continué d‘être
                défavorable à nos spécialistes. Tout le temps où ils purent
                pratiquer leur économie politique en toute ingénuité, c’étaient les
                rapports économiques modernes qui n’existaient pas dans la
                réalité allemande. Et maintenant que ces rapports ont vu le
                jour, c’est dans des circonstances telles qu’il ne leur est plus
                loisible de poursuivre leurs belles études comme avant, au sein
                même de la vision bourgeoise des choses.</p>
                <p rend="alinea">Dans la mesure même où elle est bourgeoise, c’est-à-dire
                où, au lieu de concevoir l’ordre capitaliste comme un stade
                de développement historiquement transitoire, elle en fait au
                contraire la figure absolue et ultime de la production sociale,
                l’économie politique ne peut demeurer une science qu’aussi
                longtemps que la lutte des classes demeure latente, ou ne se
                révèle que dans des manifestations isolées.</p>
                <p rend="alinea">Prenons l’Angleterre. L’économie politique classique y
                coïncide avec la période où la lutte des classes n’est pas développée.
                (C’est Ricardo, son dernier grand représentant, qui fait enfin
                consciemment de l’opposition des intérêts de classe, du salaire
                et du profit, du profit et de la rente foncière, le tremplin de
                ses recherches, en concevant naïvement cette opposition comme
                une loi naturelle de la société. Mais la science bourgeoise de
                l’économie avait touché là sa limite infranchissable. Du vivant
                même de Ricardo, et contre lui, on vit la critique se dresser
                devant elle, en la personne de Sismondi.</p>
                <p rend="alinea" xml:id="pouvoirBourgeoisie1830"><pb xml:id="CapI12un2" n="12"/>[…]
                L’année 1830<note place="bottom" xml:id="pouvoirBourgeoisie1830not1" n="1">
                  Si je comprends bien (D. M.) : la révolution bourgeoise
                  commence au milieu du 17<hi rend="ordinal">e</hi> en Angleterre
                  et fin du 18<hi rend="ordinal">e</hi> en France,
                  mais la bourgeoisie n’a vraiment le pouvoir politique qu’en 1830.
                </note>
                enfin vit éclater la crise vraiment décisive.</p>
                <p rend="alinea">La bourgeoisie avait conquis le pouvoir politique en
                France et en Angleterre. La lutte de classe prit alors, dans la pratique
                et dans la théorie, des formes de plus en plus explicites et menaçantes.
                Elle sonna le glas de l’économie bourgeoise scientifique.
                La question n’était plus de savoir si tel ou tel théorème était
                vrai, mais s’il était utile ou nuisible au capital, s’il lui causait
                de l’agrément ou du désagrément, s’il était contraire ou non
                aux règlements de police. La recherche désintéressée fit place
                au mercenariat, à l’innocente investigation scientifique succédèrent
                la mauvaise conscience et les mauvaises intentions des
                apologistes. […]</p>
                <p rend="alinea">La révolution continentale de 1848 retentit également
                sur l’Angleterre. Un certain nombre d’économistes, qui prétendaient
                <pb xml:id="CapI13" n="13"/>encore à l’importance scientifique et voulaient être plus que
                de simples sophistes et sycophantes des classes dominantes
                s’efforcèrent de mettre en harmonie l’économie politique du
                capital et plusieurs revendications du prolétariat qu’il n’était
                plus possible d’ignorer plus longtemps. D’où un syncrétisme
                plat, dont John Stuart Mill est le meilleur représentant. En
                réalité, c’était une vraie déclaration de faillite de l’économie
                « bourgeoise », ainsi que l’a magistralement mis en lumière
                le grand savant et critique russe N. Tchernychevsky dans
                son <title>Tableau de l’Économie politique après Mill</title>.</p>
                <p rend="alinea">Le mode de production capitaliste est donc parvenu à
                maturité en Allemagne après qu’il eut déjà bruyamment manifesté
                son caractère antagonique en France et en Angleterre à la
                suite de luttes historiques, alors que le prolétariat allemand
                avait déjà une conscience de classe théorique bien plus résolue
                que celle de la bourgeoisie allemande. En sorte qu’à peine une
                science bourgeoise de l’économie politique semblait être enfin
                possible ici, qu’elle était déjà redevenue impossible.</p>
              </quote>
            </cit>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alinea" xml:id="definitionDialectique"><label rend="invisible">Le Capital, Livre I, Postface de la deuxième édition allemande</label>
              <index><term>écrivain russe</term></index>
              <index><term>dialectique, comme méthode</term></index>
              <index><term>méthode dialectique</term></index>
              <index><term>loi de développement</term></index>
              <index><term>loi du changement</term></index>
              <index><term>matérialisme historique</term></index>
              <index><term>recherche scientifique</term></index>
              <index><term>rapports sociaux</term></index>
              <index><term>conscience</term></index>
              <index><term>loi générale de l’économie, n’existent pas</term></index>
              <index><term>interdépendance</term></index>
              <index><term>Kaufmann, I. I.</term></index>
              Pour définir la méthode dialectique, Marx fait appel à la citation d’un critique <note xml:id="CapI15trois4note2aa" place="bottom" n="2">
                Marx donne le journal — russe — (traduit en français comme <title>Messager européen</title>)
                mais pas le nom du critique.
                Le nom est mentionné sans plus en note 2**, p. 15, dans la <ref target="#CapIfr1983">traduction Lefevre</ref> du <title>Capital</title>.
                J’ai d’abord trouvé le nom p. 108 dans Rosenthal, <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=493"><title>Les problèmes de la dialectique dans <title>Le Capital</title> de Marx</title></ref>.
                Lénine en parle aussi, dans <title>Ce que sont les « amis du peuple »…</title>, p. 182
                et les éditeurs des <title>Œuvres</title> ont mis la référence en note 40, p. 558.
                Il s’agit de I. I. Kaufmann (écrit parfois J. J. Kaufmann en français),
                « Le point du vue de la critique de l’économie politique chez K. Marx », <title>Вестник Европы</title>
                (Vestnik Evropy, Messager européen, de Saint-Pétersbourg), n<hi rend="ordinal">o</hi> 5 (1872), p. 427-436.
              </note>.
              (Dans la citation de « cet auteur », les notes flottant à droite sont de moi.)
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">Ich kann dem Herrn Verfasser nicht besser antworten
                    als durch einige Auszüge aus seiner eignen Kritik, die zudem manchen meiner Leser
                    […] interessieren mögen.</p>
                    <p rend="alinea">[…] fährt der Herr Verfasser fort:</p>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">"Für Marx ist nur eins wichtig: das Gesetz der Phänomene zu finden,
                        mit deren Untersuchung er sich beschäftigt. Und ihm ist nicht nur das Gesetz wichtig,
                        das sie beherrscht, soweit sie eine fertige Form haben und in einem Zusammenhang stehn,
                        wie er in einer gegebnen Zeitperiode beobachtet wird. Für ihn ist noch vor allem wichtig
                        <pb n="26"/>das Gesetz ihrer Veränderung, ihrer Entwicklung, d.h. der Übergang
                        aus einer Form in die andre, aus einer Ordnung des Zusamenhangs in eine andre.
                        Sobald er einmal dies Gesetz entdeckt hat, untersucht er im Detail die Folgen,
                        worin es sich im gesellschaftlichen Leben kundgibt … Demzufolge bemüht sich Marx nur um eins:
                        durch genaue wissenschaftliche Untersuchung die Notwendigkeit bestimmter Ordnungen
                        der gesellschaftlichen Verhältnisse nachzuweisen und soviel als möglich untadelhaft
                        die Tatsachen zu konstatieren, die ihm zu Ausgangs- und Stützpunkten dienen.
                        Hierzu ist vollständig hinreichend, wenn er mit der Notwendigkeit der gegenwärtigen Ordnung
                        zugleich die Notwendigkeit einer andren Ordnung nachweist, worin die erste unvermeidlich
                        übergehn muß, ganz gleichgültig, ob die Menschen das glauben oder nicht glauben,
                        ob sie sich dessen bewußt oder nicht bewußt sind. Marx betrachtet die gesellschaftliche Bewegung
                        als einen naturgeschichtlichen Prozeß, den Gesetze lenken, die nicht nur von dem Willen,
                        dem Bewußtsein und der Absicht der Menschen unabhängig sind, sondern vielmehr umgekehrt
                        deren Wollen, Bewußtsein und Absichten bestimmen … Wenn das bewußte Element
                        in der Kulturgeschichte eine so untergeordnete Rolle spielt, dann versteht es sich von selbst,
                        daß die Kritik, deren Gegenstand die Kultur selbst ist, weniger als irgend etwas andres,
                        irgendeine Form oder irgendein Resultat des Bewußtseins zur Grundlage haben kann.
                        Das heißt, nicht die Idee, sondern nur die äußere Erscheinung kann ihr als Ausgangspunkt dienen.
                        Die Kritik wird sich beschränken auf die Vergleichung und Konfrontierung einer Tatsache
                        nicht mit der Idee, sondern mit der andren Tatsache. Für sie ist es nur wichtig,
                        daß beide Tatsachen möglichst genau untersucht werden und wirklich die eine gegenüber
                        der andren verschiedene Entwicklungsmomente bilden, vor allem aber wichtig,
                        daß nicht minder genau die Serie der Ordnungen erforscht wird, die Aufeinanderfolge und Verbindung,
                        worin die Entwicklungsstufen erscheinen. Aber, wird man sagen, die allgemeinen Gesetze
                        des ökonomischen Lebens sind ein und dieselben; ganz gleichgültig, ob man sie auf Gegenwart
                        oder Vergangenheit anwendet. Grade das leugnet Marx. Nach ihm existieren solche abstrakte
                        Gesetze nicht … Nach seiner Meinung besitzt im Gegenteil jede historische Periode ihre
                        eignen Gesetze … Sobald das Leben eine gegebene Entwicklungsperiode überlebt hat,
                        aus einem gegebnen Stadium in ein andres übertritt, beginnt es auch durch andre Gesetze
                        gelenkt zu werden. Mit einem Wort, das ökonomische Leben bietet uns eine der Entwicklungsgeschichte
                        auf andren Gebieten der Biologie analoge Erscheinung … Die alten Ökonomen verkannten
                        die Natur ökonomischer Gesetze, als sie dieselben mit den Gesetzen der Physik und Chemie
                        verglichen … Eine tiefere Analyse der Erscheinungen bewies, daß soziale Organismen
                        sich voneinander ebenso gründlich unterscheiden als Pflanzen- und Tierorganismen … Ja,
                        eine und dieselbe Erscheinung unterliegt ganz und gar verschiednen Gesetzen infolge
                        des verschiednen Gesamtbaus jener Organismen, der Abweichung ihrer einzelnen Organe,
                        des Unterschieds der Bedingungen, worin sie funktionieren usw. Marx leugnet z.B.,
                        daß das Bevölkerungsgesetz dasselbe ist zu allen Zeiten und an allen Orten.
                        Er versichert im Gegenteil, daß jede Entwicklungsstufe ihr eignes Bevölkerungsgesetz hat …
                        Mit der verschiednen Entwicklung der Produktivkraft ändern sich die Verhältnisse
                        und die sie regelnden Gesetze. Indem sich Marx das Ziel stellt, von diesem
                        <pb n="27"/>Gesichtspunkt aus die kapitalistische Wirtschaftsordnung zu erforschen
                        und zu erklären, formuliert er nur streng wissenschaftlich das Ziel, welches jede genaue
                        Untersuchung des ökonomischen Lebens haben muß … Der wissenschaftliche Wert solcher Forschung
                        liegt in der Aufklärung der besondren Gesetze, welche Entstehung, Existenz, Entwicklung,
                        Tod eines gegebenen gesellschaftlichen Organismus und seinen Ersatz durch einen andren,
                        höheren regeln. Und diesen Wert hat in der Tat das Buch von Marx."</p>
                      </quote>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">Indem der Herr Verfasser das, was er meine wirkliche Methode nennt,
                    so treffend und, soweit meine persönliche Anwendung derselben in Betracht kommt,
                    so wohlwollend schildert, was andres hat er geschildert als die dialektische Methode?</p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 23:25-27.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.2%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><pb xml:id="CapI15trois4" n="15¾"/>Je ne saurais mieux répondre à cet auteur
                    qu’en citant quelques extraits de sa propre critique, qui peuvent d’ailleurs intéresser
                    plus d’un lecteur […].</p>
                    <p rend="alinea">[…] l’auteur continue ainsi :</p>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Une seule chose importe à Marx : trouver la loi des phénomènes qui font
                          l’objet de sa recherche. Et l’important pour lui n’est pas seulement la loi qui les régit dans la
                          mesure où ils ont une forme arrêtée et conservent entre eux une connexion
                          qu’on a pu observer pendant un laps de temps donné.<note place="margin">
                            Considérer les choses dans leur évolution
                          </note>
                          Ce qui lui importe encore, par-dessus tout, c’est la loi de leur changement, de leur
                          développement, c’est-à-dire le passage d’une forme à l’autre, d’un ordre
                          de connexion à un autre. Une fois qu’il a découvert <pb xml:id="CapI16" n="16"/>cette loi, il examine en détail les effets par lesquels elle se
                          manifeste dans la vie sociale… <note place="margin">
                            Recherche scientifique
                          </note>
                          <index><term>conscience, « ce n’est pas… »</term></index>
                          <index><term>conditions d’existence, déterminent la conscience</term></index>
                          <index><term>vie, détermine la conscience</term></index>
                          Ainsi donc, Marx ne s’inquiète que d’une chose : démontrer par une
                          recherche scientifique rigoureuse la nécessité d’ordres déterminés
                          des rapports sociaux, et constater de manière aussi irréprochable
                          <!-- que  -->les faits qui lui servent de point de départ et de point
                          d’appui. Pour cela il est entièrement suffisant qu’il démontre, en même
                          temps que la nécessité de l’ordre actuel, la nécessité d’un autre ordre
                          dans lequel le premier doit inévitablement se transformer, que les hommes
                          y croient ou non, qu’ils en soient conscients non. <note place="margin">
                            <ref target="#cenestpaslaConscience">Citation fameuse</ref> :
                            « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être… »
                          </note>
                          Marx considère le mouvement social comme un procès historico-naturel régi par des lois
                          qui non seulement sont indépendantes de la volonté, de la conscience et du dessein des hommes,
                          mais même à l’inverse, déterminent leur volonté, leur conscience et leurs desseins…
                          Si l’élément conscient joue un rôle aussi subordonné dans l’histoire de la civilisation,
                          il va de soi que la critique dont l’objet est la civilisation elle-même peut moins que toute autre
                          avoir pour fondement une forme quelconque ou un résultat quelconque de la conscience.
                          Ce qui signifie que ce n’est pas l’idée,
                          mais le phénomène extérieur seulement qui peut lui servir de point de départ.
                          La critique se bornera à comparer et à confronter un fait, non avec l’idée, mais avec un autre fait.
                          Pour elle il importe seulement que les deux faits aient été étudiés aussi exactement que possible,
                          et que dans la réalité ils constituent, l’un par rapport à l’autre, deux
                          phases de développement différentes ; il importe par-dessus tout que la
                          série des ordres, la succession et la liaison au sein desquelles
                          apparaissent les stades de développement soient étudiés avec non moins
                          de rigueur. Mais, dira-t-on, les lois générales de la vie économique sont unes et
                          toujours les mêmes ; il est parfaitement indifférent qu’on les applique
                          au présent ou au passé. C’est précisément ce que Marx conteste.<note xml:id="post2all-loisécon" place="margin">
                            Pas de lois intemporelles
                          </note>
                          Selon lui de telles lois abstraites n’existent pas… Chaque période historique a au
                          contraire ses propres lois… Dès que la vie  a dépassé une période de
                          développement donnée, dès qu’elle passe d’un stade à un autre, elle
                          commence aussi à être régie par d’autres lois. En un mot, la vie
                          économique nous propose un phénomène analogue à l’histoire de l’évolution
                          dans d’autres domaines de la biologie… Les vieux économistes
                          méconnaissaient la nature des lois économiques lorsqu’ils les mettaient
                          en parallèle avec les lois de la physique et de la chimie… Une analyse
                          plus approfondie des phénomènes a montré que les organismes sociaux ont
                          entre eux des différences aussi fondamentales que ceux des végétaux et
                          des animaux…<note place="margin">
                            Considérer les choses dans leurs relations
                          </note>
                          Bien plus, un seul et même phénomène obéit à des lois absolument
                          différentes en fonction des différences de structure d’ensemble de ces
                          organismes, de la variation de leurs organes singuliers, de la différence
                          des conditions dans lesquelles ils fonctionnent, etc. Marx nie par
                          exemple que la loi de la population soit la même en tout temps et en tout
                          lieu. Il affirme au contraire que chaque stade de développement a sa
                          propre loi de population… Avec le développement différent de la force
                          productive se modifient les rapports et les lois qui les régissent. En se
                          fixant pour but d’analyser et d’expliquer dans cette <pb xml:id="CapI17" n="17"/>perspective l’ordre économique capitaliste, Marx ne fait que
                          formuler d’une façon strictement scientifique le but qui doit être celui
                          de toute étude exacte de la vie économique…<note place="margin">
                            Des lois particulières
                          </note>
                          La valeur scientifique d’une telle recherche tient à ce qu’elle éclaire
                          les lois particulières qui régissent la naissance, la vie, le
                          développement, la mort d’un organisme social donné et son remplacement
                          par un autre qui lui est supérieur. Et c’est bien cette valeur que possède
                          le livre de Marx.
                        </p>
                      </quote>
                    </cit>
                    <p rend="alinea"><pb xml:id="CapI17un5" n="17 ⅕"/>En décrivant ce qu’il
                    appelle ma méthode réelle avec tant de justesse et, pour autant qu’entre
                    en ligne de compte l’application que j’en ai faite personnellement, avec
                    tant de bienveillance, qu’est-ce donc que l’auteur a décrit, si ce n’est
                    la méthode dialectique ? […]</p>
                  </quote>
                  <bibl>1983:15-17.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26.3%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">Ik kan de weledele schrijver van dit artikel niet beter beantwoorden
                    dan met enkele citaten uit zijn eigen kritiek, die bovendien mijn lezers […] zouden kunnen interesseren.</p>
                    <p rend="alinea">[…] vervolgt de weledele schrijver:</p>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Voor Marx is slechts één zaak van belang: de wet te vinden van de verschijnselen,
                        die het onderwerp van zijn onderzoek vormen. En voor hem is niet slechts van belang de wet,
                        die die verschijnselen beheerst voor zover zij een voltooide vorm bezitten en onderling tot elkaar
                        in een bepaald verband staan, zoals in een gegeven periode kan worden waargenomen.
                        Voor hem is in de allereerste plaats van belang de wet van de verandering van die verschijnselen,
                        van hun ontwikkeling, dat wil zeggen van de overgang van de ene vorm in de andere,
                        van de ene ordening van hun verband in de andere. Heeft hij eenmaal deze wet ontdekt,
                        dan onderzoekt hij tot in de bijzonderheden de gevolgen, waarin deze wet zich
                        in het maatschappelijk leven uit… Dientengevolge geeft Marx zich slechts moeite
                        voor een enkele zaak: door een nauwkeurig wetenschappelijk onderzoek de noodzakelijkheid
                        aantonen van bepaalde ordeningen van maatschappelijke verhoudingen en zo juist mogelijk
                        de feiten te constateren, die hem dienen als uitgangspunt en als steunpunt.
                        Hiervoor is het geheel en al voldoende wanneer hij met de noodzakelijkheid
                        van de huidige ordening tegelijkertijd de noodzakelijkheid van een andere ordening aantoont,
                        waarin de eerste onvermijdelijk moet overgaan, onverschillig of de mensen
                        dit al dan niet geloven, zich hiervan al dan niet bewust zijn.
                        Marx ziet de maatschappelijke beweging als een natuurhistorisch proces,
                        beheerst door wetten die onafhankelijk zijn van de wil, van het bewustzijn
                        en van het voornemen van de mensen, maar die eerder omgekeerd hun wil,
                        hun bewustzijn en hun voornemens bepalen… Wanneer het bewuste element
                        in de cultuurgeschiedenis zulk een ondergeschikte rol speelt, dan spreekt het vanzelf
                        dat de kritiek, die de cultuur zelve tot thema heeft, minder dan iets anders een bepaalde vorm
                        of een bepaald resultaat van het bewustzijn tot grondslag kan hebben.
                        Dat wil zeggen dat niet de idee, maar slechts het uiterlijke verschijnsel haar
                        tot uitgangspunt kan dienen. De kritiek zal zich beperken tot de vergelijking
                        en de confrontatie van een feit niet met de idee, maar het andere feit.
                        Voor haar is slechts van belang dat beide feiten zo nauwkeurig mogelijk worden
                        onderzocht en, vergeleken met elkaar, werkelijk verschillende momenten van ontwikkeling vormen;
                        van het grootste belang is echter dat de reeks van ordeningen, de opeenvolging en de relatie,
                        waarin de ontwikkelingsstadia verschijnen, op niet minder nauwkeurige wijze worden nagevorst.
                        Maar, zal men zeggen, de algemene wetten van het economisch leven blijven dezelfde,
                        ongeacht of men ze op het heden of op het verleden toepast. Maar dat is nu net wat Marx ontkent.
                        Volgens hem bestaan zulke abstracte wetten niet… Naar zijn mening bezit integendeel
                        iedere historische periode zijn eigen wetten… Zodra het leven een bepaalde
                        ontwikkelingsperiode achter de rug heeft, uit het ene stadium in het andere is overgegaan,
                        zal het ook door andere wetten worden beheerst. Anders gezegd: het economisch leven
                        toont ons een aan de ontwikkelingsgeschiedenis op andere gebieden van de biologie
                        analoog verschijnsel… De oude economen miskenden de aard van de economische wetten
                        toen zij deze vergeleken met de wetten uit de natuurkunde en uit de chemie…
                        Een diepere analyse van de verschijnselen bewees dat sociale organismen zich van elkaar
                        evenzeer onderscheiden als de organismen van planten en dieren… Ja,
                        één en hetzelfde verschijnsel is, ten gevolge van de verschillende samenstelling
                        van zijn organismen, van het verschil in hun afzonderlijke organen, van het verschil
                        in de voorwaarden waaronder zij functioneren, enzovoort, aan totaal verschillende wetten
                        onderworpen. Marx ontkent bijvoorbeeld dat de bevolkingswet voor alle tijden
                        en voor alle plaatsen dezelfde is. Integendeel, hij stelt dat iedere ontwikkelingstrap
                        zijn eigen bevolkingswet heeft… Met de verschillende ontwikkeling van de productiekrachten
                        veranderen de verhoudingen en de wetten, welke die verhoudingen regelen.
                        Terwijl Marx zich tot doel stelt van dit gezichtspunt uit het kapitalistisch
                        economisch stelsel te onderzoeken en te verklaren, formuleert hij slechts
                        op streng wetenschappelijke wijze het doel dat ieder nauwkeurig onderzoek
                        van het economisch leven dient te bezitten… De wetenschappelijke waarde
                        van een dergelijk onderzoek ligt in het aangeven van de bijzondere wetten,
                        waardoor het ontstaan, het bestaan, de ontwikkeling en de dood van een bepaald
                        maatschappelijk organisme wordt beheerst en die de vervanging van dit organisme
                        door een ander, hoger ontwikkeld organisme regelen. En deze waarde bezit het boek
                        van Marx inderdaad.</p>
                      </quote>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">Terwijl de weledele schrijver hetgeen hij mijn werkelijke methode noemt
                    op zulk een treffende, en voor zover mijn eigen toepassing er van in aanmerking komt,
                    op zulk een welwillende wijze beschrijft, wat anders heeft hij beschreven dan de dialectische methode?</p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">I cannot answer the writer better than by aid of a few extracts from his own criticism,
                    which may interest some of my readers […]</p>
                    <p rend="alinea">[…] the writer goes on:</p>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">The one thing which is of moment to Marx, is to find the law of the phenomena
                        with whose investigation he is concerned; and not only is that law of moment to him,
                        which governs these phenomena, in so far as they have a definite form and mutual connexion
                        within a given historical period. Of still greater moment to him is the law of their variation,
                        of their development, i.e., of their transition from one form into another, from one series
                        of connexions into a different one. This law once discovered, he investigates in detail
                        the effects in which it manifests itself in social life. Consequently, Marx only troubles
                        himself about one thing: to show, by rigid scientific investigation, the necessity
                        of successive determinate orders of social conditions, and to establish, as impartially
                        as possible, the facts that serve him for fundamental starting-points.
                        For this it is quite enough, if he proves, at the same time, both the necessity
                        of the present order of things, and the necessity of another order into which the first
                        must inevitably pass over; and this all the same, whether men believe or do not believe it,
                        whether they are conscious or unconscious of it. Marx treats the social movement
                        as a process of natural history, governed by laws not only independent of human will,
                        consciousness and intelligence, but rather, on the contrary, determining that will,
                        consciousness and intelligence. … If in the history of civilisation the conscious element
                        plays a part so subordinate, then it is self-evident that a critical inquiry
                        whose subject-matter is civilisation, can, less than anything else, have for its basis
                        any form of, or any result of, consciousness. That is to say, that not the idea,
                        but the material phenomenon alone can serve as its starting-point.
                        Such an inquiry will confine itself to the confrontation and the comparison of a fact,
                        not with ideas, but with another fact. For this inquiry, the one thing of moment is,
                        that both facts be investigated as accurately as possible, and that they actually form,
                        each with respect to the other, different momenta of an evolution; but most important of all
                        is the rigid analysis of the series of successions, of the sequences and concatenations
                        in which the different stages of such an evolution present themselves. But it will be said,
                        the general laws of economic life are one and the same, no matter whether they are applied
                        to the present or the past. This Marx directly denies. According to him, such abstract laws
                        do not exist. On the contrary, in his opinion every historical period has laws of its own.
                        … As soon as society has outlived a given period of development, and is passing over
                        from one given stage to another, it begins to be subject also to other laws. In a word,
                        economic life offers us a phenomenon analogous to the history of evolution in other
                        branches of biology. The old economists misunderstood the nature of economic laws
                        when they likened them to the laws of physics and chemistry. A more thorough analysis
                        of phenomena shows that social organisms differ among themselves as fundamentally
                        as plants or animals. Nay, one and the same phenomenon falls under quite different laws
                        in consequence of the different structure of those organisms as a whole, of the variations
                        of their individual organs, of the different conditions in which those organs function, &amp;c.
                        Marx, e.g., denies that the law of population is the same at all times and in all places.
                        He asserts, on the contrary, that every stage of development has its own law of population.
                        … With the varying degree of development of productive power, social conditions
                        and the laws governing them vary too. Whilst Marx sets himself the task of following
                        and explaining from this point of view the economic system established by the sway of capital,
                        he is only formulating, in a strictly scientific manner, the aim that every accurate
                        investigation into economic life must have. The scientific value of such an inquiry
                        lies in the disclosing of the special laws that regulate the origin, existence, development,
                        death of a given social organism and its replacement by another and higher one.
                        And it is this value that, in point of fact, Marx’s book has.</p>
                      </quote>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">Whilst the writer pictures what he takes to be actually my method,
                    in this striking and [as far as concerns my own application of it] generous way,
                    what else is he picturing but the dialectic method?</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              « Mais, dira-t-on, les lois générales de la vie économique sont unes et toujours les
              mêmes ; […] C’est précisément ce que Marx conteste. Selon lui de telles lois abstraites
              n’existent pas… » C’est à rapprocher de ce que Marx <ref target="#Otech-zapiski">
              rétorque à Mikhaïlovski</ref> : qu’on ne fait pas de l’histoire avec une théorie
              philosophique. C’est à rapprocher aussi de ce que Lénine dit de « <ref target="#Len31LeCommunisme">l’analyse concrète d’une situation concrète</ref> ».
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alinea" xml:id="Capital-Ipost2de-Meinedial"><label rend="invisible">Le Capital, Livre I, Postface de la deuxième édition allemande</label>
              Marx situe alors sa méthode dialectique par rapport à la dialectique chez Hegel.
              <index><term>mouvement de la pensée</term></index>
              <index><term>reflet, transposé et traduit</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, méthode</term></index>
              <index><term>méthode de Marx</term></index><index><term>Marx, méthode</term></index>
              <index><term>dialectique, critique et révolutionnaire</term></index>
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 24.3%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><pb n="27"/>Meine dialektische Methode
                    ist der Grundlage nach von der Hegelschen nicht nur verschieden, sondern ihr direktes Gegenteil.
                    Für Hegel ist der Denkprozeß, den er sogar unter dem Namen Idee in ein selbständiges Subjekt verwandelt,
                    der Demiurg des wirklichen, das nur seine äußere Erscheinung bildet.
                    Bei mir ist umgekehrt das Ideelle nichts andres als das im Menschenkopf umgesetzte und übersetzte Materielle.</p>
                    <p rend="alinea">Die mystifizierende Seite der Hegelschen Dialektik habe ich vor beinah 30 Jahren,
                    zu einer Zeit kritisiert, wo sie noch Tagesmode war. […] Die Mystifikation,
                    welche die Dialektik in Hegels Händen erleidet, verhindert in keiner Weise,
                    daß er ihre allgemeinen Bewegungsformen zuerst in umfassender und bewußter Weise dargestellt hat.
                    Sie steht bei ihm auf dem Kopf. Man muß sie umstülpen,
                    um den rationellen Kern in der mystischen Hülle zu entdecken.</p>
                    <p rend="alinea">In ihrer mystifizierten Form ward die Dialektik deutsche Mode,
                    weil sie das Bestehende zu verklären schien. In ihrer rationellen Gestalt ist sie
                    <pb n="28"/>dem Bürgertum und seinen doktrinären Wortführern ein Ärgernis und ein Greuel,
                    weil sie in dem positiven Verständnis des Bestehenden zugleich auch das Verständnis seiner Negation,
                    seines notwendigen Untergangs einschließt, jede gewordne Form im Flusse der Bewegung,
                    also auch nach ihrer vergänglichen Seite auffaßt, sich durch nichts imponieren läßt,
                    ihrem Wesen nach kritisch und revolutionär ist.</p>
                  </quote>
                  <bibl>Dietz Verlag, 1968, <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_018.htm">www.mlwerke.de</ref> vol. 23.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 24.6%;">
                <cit>
                  <quote xml:id="retournement">
                    <p xml:id="l1t1p17undemi" rend="alinea"><pb xml:id="CapI17un2" n="17 ½"/>Dans
                    son fondement, ma méthode dialectique n’est pas seulement
                    différente de celle de Hegel, elle est son contraire direct. Pour Hegel,
                    le procès de la pensée, dont il va jusqu’à faire sous le nom d’Idée, un
                    sujet autonome, est le démiurge du réel, qui n’en constitue que la
                    manifestation extérieure. Chez moi, à l’inverse, l’idéel n’est rien
                    d’autre que le matériel<note xml:id="notretournementnotRoy" place="bottom" n="3">
                      Chez <ref target="#CapIv2A">Roy</ref> (<ref target="#CapIfr1948">aux Éd.
                      sociales</ref>, tome 1, p. 29) « le mouvement de la pensée n’est que la
                      réflexion du mouvement du réel ».
                    </note>
                    transposé<note xml:id="retournementnot1" place="bottom" n="4">
                      <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=493">Rosenthal</ref>, p. 260, insiste sur le mot « transposé ». La pensée n’est pas simple
                      reflet du monde, c’est une représentation du monde basée sur le reflet.
                    </note>
                    et traduit dans la tête de l’homme.</p>
                    <p xml:id="retournementDialectique" rend="alinea">
                      J’ai critiqué le côté mystificateur de la dialectique hégélienne il y a près de
                      trente ans, à une époque où elle était encore à la mode. […] La mystification
                      que la dialectique subit entre les mains de Hegel n’empêche aucunement qu’il
                      ait été le premier à en exposer les formes générales de mouvement de façon
                      globale et consciente. Chez lui, elle est sur la tête. <pb xml:id="CapI18" n="18"/>Il faut la retourner pour découvrir le noyau rationnel sous
                      l’enveloppe mystique.
                    </p>
                    <p rend="alinea" xml:id="critiquerevol">Dans sa forme mystifiée, la
                    dialectique devint une mode allemande, parce qu’elle semblait glorifier
                    l’état de choses existant. Dans sa configuration rationnelle, elle est
                    un scandale et une abomination pour les bourgeois et leurs porte-parole
                    doctrinaires, parce que dans l’intelligence positive de l’état
                    de choses existant elle inclut du même coup l’intelligence de sa
                    négation, de sa destruction nécessaire, parce qu’elle saisit
                    toute forme faite dans le flux du mouvement et donc aussi
                    sous son aspect périssable, parce que rien ne peut lui en imposer,
                    parce qu’elle est, dans son essence, critique et révolutionnaire.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 24.6%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">Mijn dialectische methode is in wezen niet slechts verschillend van de Hegeliaanse,
                    maar staat er lijnrecht mee in tegenstelling. Voor Hegel is het denkproces,
                    dat hij onder de naam van Idee zelfs tot een zelfstandig subject herleidt,
                    de schepper van het werkelijke, welke slechts het uiterlijke verschijnsel van dit proces vormt.
                    Daarentegen is bij mij het ideële niets anders dan het in het menselijke brein
                    getransponeerde en vertaalde materiële.</p>
                    <p rend="alinea">Op het mystificerende element van de Hegeliaanse dialectiek heb ik
                    reeds dertig jaar geleden, in een periode toen deze nog volop in de mode was, kritiek geoefend.
                    […] De mystificatie, waaronder de dialectiek  bij Hegel te lijden heeft, neemt geenszins weg
                    dat hij de eerste was die volledig en bewust haar algemene bewegingsvormen uiteenzette.
                    Zij staat bij hem op de kop. Men moet haar ondersteboven keren
                    om in het mystieke hulsel de rationele kern te vinden.</p>
                    <p rend="alinea">In haar mystieke vorm werd de dialectiek een Duitse mode,
                    omdat zij het bestaande scheen te verheerlijken. In haar rationele gedaante is de dialectiek
                    voor de burgerij en voor haar doctrinaire woordvoerders een ergernis en een gruwel,
                    omdat zij met het positieve begrip van het bestaande tegelijk ook het begrip van de negatie,
                    van de noodzakelijke ondergang ervan omvat, iedere ontstane vorm beschouwt
                    in het verloop van zijn ontwikkeling, dus ook naar het wezen van zijn vergankelijkheid,
                    zich door niets laat overbluffen en naar haar aard kritisch en revolutionair is.</p>
                  </quote>
                  <bibl>Traduction Lipschits modernisée, <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/0.htm">Marxistisch Internet Archief</ref>.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">My dialectic method is not only different from the Hegelian,
                    but is its direct opposite. To Hegel, the life process of the human brain,
                    i.e., the process of thinking, which, under the name of “the Idea,”
                    he even transforms into an independent subject, is the demiurgos of the real world,
                    and the real world is only the external, phenomenal form of “the Idea.”
                    With me, on the contrary, the ideal is nothing else than the material world
                    reflected by the human mind, and translated into forms of thought.</p>
                    <p rend="alinea">The mystifying side of Hegelian dialectic I criticised nearly thirty years ago,
                    at a time when it was still the fashion. […] The mystification which dialectic suffers in Hegel’s hands,
                    by no means prevents him from being the first to present its general form of working
                    in a comprehensive and conscious manner. With him it is standing on its head.
                    It must be turned right side up again,
                    if you would discover the rational kernel within the mystical shell.</p>
                    <p rend="alinea">In its mystified form, dialectic became the fashion in Germany,
                    because it seemed to transfigure and to glorify the existing state of things.
                    In its rational form it is a scandal and abomination to bourgeoisdom and its doctrinaire professors,
                    because it includes in its comprehension and affirmative recognition of the existing state of things,
                    at the same time also, the recognition of the negation of that state, of its inevitable breaking up ;
                    because it regards every historically developed social form as in fluid movement,
                    and therefore takes into account its transient nature not less than its momentary existence ;
                    because it lets nothing impose upon it, and is in its essence critical and revolutionary.</p>
                  </quote>
                  <bibl>Moore-Aveling, v. 3A4, Progress Publishers, Moscow, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1867-c1/p3.htm">Marxists Internet Archive</ref>.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              Il joue un peu sur les mots pour accuser la symétrie inverse entre Hegel et lui-même.
              L’Idée qui, chez Hegel, « est le démiurge du réel », et chez lui sa transposition, n’est pas la même idée.
              En d’autre termes, en même temps que s’inverse le rapport entre idée et réel,
              le contenu du mot idée a changé aussi. Chez Hegel, l’Idée est « un sujet autonome » ;
              chez Marx, il s’agit des idées que les humains ont de la réalité qui les entoure,
              idées qu’ils tirent de cette réalité.
              Chez Marx, ce n’est pas l’Idée, comme sujet autonome, qui fait la révolution,
              ce sont les humains avec leurs idées.
              Dans un esprit critique, dans une vision dialectique, c’est-à-dire prenant mieux en compte la complexité,
              on peut mieux apercevoir dans la situation présente la perspective d’un changement :
              « dans l’intelligence positive de l’état de choses existant…
              l’intelligence de sa négation, de sa destruction nécessaire ».
            </p>

            <p xml:id="physionomie" rend="alinea"><label rend="invisible">Le Capital, Livre I, Postface de la deuxième édition allemande</label>
              <index><term>dialectique de Marx, projet de l’écrire</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, enveloppe mystique de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, la remettre sur les pieds</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, noyau rationnel de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, « physionomie tout à fait raisonnable »</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
              <index><term>enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>fonds rationnel et enveloppe mystique de la logique hégélienne</term></index>
              <index><term>Lucien Sève</term></index>
              <index><term>mystique, enveloppe de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>noyau rationnel et enveloppe mystique de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>rationnel, noyau de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>Roy, traduction, faiblesse</term></index>
              <index><term>traduction, remarque</term></index>
              <index><term>traduction Roy, faiblesse</term></index>
              À la fin du deuxième des trois alinéas cités ci-dessus, on trouve dans certaines éditions la phrase :
              « Chez lui [Hegel] elle [la dialectique] marche sur la tête ;
              il suffit de la remettre sur les pieds pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable. »
              C’est une fantaisie de la traduction Roy.
              Ce défaut est corrigé dans la traduction de 1983 de la version 4.
            </p>
            <p rend="alinea">
              On voit en allemand ci-dessus ou dans une traduction plus littérale que la phrase sur le retournement
              fait écho à la « mystification » de la phrase qui précède et à la « forme mystifiée » de la phrase qui suit.
              Cet écho est perdu avec « la physionomie tout à fait raisonnable » de la traduction Roy.
              Ce n’est qu’en découvrant une traduction autre que celle de Roy que j’ai pu découvrir
              qu’Engels reprend littéralement la formulation de Marx lorsqu’il parle de « dégager de cette
              enveloppe mystique » dans la préface de la deuxième édition de l’<title>Anti-Dühring</title>,
              <ref target="#AD41deuxcinquiemes">p. 41</ref>. Ce n’est qu’alors aussi que j’ai vu que
              c’est à la même phrase de Marx que Staline se réfère au tout début de <ref target="diamat.html">Matérialisme dialectique et matérialisme historique</ref> en parlant
              de « noyau rationnel ».
              (En fait Marx utilisait déjà le même vocabulaire dans <ref target="#Marxlettre1858-01-16Engels">une lettre de 1858</ref>, quinze ans avant.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pas innocente non plus l’expression « il suffit de… ».
              La question du retournement est des plus difficiles<note xml:id="postface2allemande-not1" n="5" place="bottom">
                C’est <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=446"><title>Une introduction à la philosophie marxiste</title></ref> de Lucien Sève
                (note 35, p. 595, appelée p. 66) qui m’a alerté sur la faiblesse de la traduction Roy. Dans
                cette note, Sève renvoie à son chapitre 6 où il développe « les malentendus
                auxquels cette traduction a donné lieu » et où il tente longuement, dans une
                analyse très fouillée, de résoudre ce problème non trivial sur lequel Marx a
                donné aussi peu d’indications que possible.
              </note>.
              (Je suis plutôt d’avis qu’elle n’a jamais été résolue, ni par Marx, ni par ses commentateurs.)
              Cette phrase en il-n’y-a-qu’à désinvolte a pu contribuer à l’illusion que ce serait
              chose simple. Autre chose est de dire « Man muß… », « Il faut… »
            </p>
            <p rend="alinea">
              On trouve déjà chez Feuerbach une idée de retournement de l’idéalisme de Hegel :
              « Nous n’avons qu’à faire du prédicat le sujet, et de ce sujet l’objet et le principe,
              nous n’avons donc qu’à renverser la philosophie spéculative pour avoir la vérité dévoilée,
              la vérité toute nue. » (Cité par Isabelle Garo dans <title><ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=78">Marx, une critique de la philosophie</ref></title>, p. 34-35.)</p>
            <p rend="alinea">
              (De ma lecture de la dialectique chez Marx et Engels, j’ai fait <ref target="#DMdialectique">une tentative de synthèse</ref>.)
            </p>
          </div> <!-- fin Postface 2 -->

          <div xml:id="Capital-IAvert1883">
            <head>Avertissement de la troisième édition allemande (Engels)</head>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Il n’y a donc pas un seul mot dans cette troisième édition qui n’ait été changé
                  sans que j’aie eu la certitude que l’auteur lui-même l’aurait aussi changé.
                </p>
              </quote>
              <bibl>Londres, le 7 novembre 1883, Friedrich Engels. (<ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>:21.)</bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Capital-INote1890">
            <head>Note sur la quatrième édition allemande (Engels)</head>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Par ailleurs, j’ai rédigé quelques notes explicatives supplémentaires,
                  notamment aux endroits où cela me semblait rendu nécessaire
                  par les changements intervenus dans la réalité historique.
                  Toutes ces notes supplémentaires sont mises entre crochets
                  et signées de mes initiales ou de la mention « Note de l’Ed. ».
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                Londres, le 25 juin 1890, Friedrich Engels. (<ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>:29.)
              </bibl>
            </cit>
          </div>

          <!-- début de fichier inclus Capital-Isect1.xml --><div xml:id="Capital-Isect1" type="level2_section">
            <head>
              Première section — Marchandise et monnaie
            </head>

            <div xml:id="Capital-Ichap1" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre premier — La marchandise
              </head>

              <div xml:id="Capital-Ichap1para1" type="level4_para">
                <head xml:id="deuxFacteurs">
                  1. Les deux facteurs de la marchandise : valeur d’usage et valeur
                  (substance de la valeur, grandeur de la valeur)
                </head>
                <bibl>
                  Livre I, p. 39 (<ref target="#CapIfr1983">1983</ref>) et suivantes.
                  En ligne <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-I-1.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-I-1.htm</ref>.
                </bibl>

                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          1) Die zwei Faktoren der Waare:
                          Gebrauchswerth und Werth
                          (Werthsubstanz, Werthgrosse)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="#CapIde1872">1872</ref>, p. 9.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          1. Les deux facteurs de la marchandise :
                          valeur d’usage et valeur d’échange
                          ou valeur proprement dite
                          (substance de la valeur, grandeur de la valeur)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="#CapIv2A">Traduction Roy</ref>, p. 51 (1948).</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          I. De twee Faktoren der Waar :
                          Gebruikswaarde en Waarde
                          (Waardegehalte en Waardegrootte)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="#CapInl1910">Trad. Franc van der Goes, 1910</ref>, p. 3.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Section 1.— The two factors of a commodity :
                          use value and value
                          (the substance of value and the magnitude of value)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="#CapIen1887">Engels, Moore, Aveling, 1887</ref>, p. 1.
                        MECW 35, p. 45.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          1. Die zwei Faktoren der Ware:
                          Gebrauchswert und Wert
                          (Wertsubstanz, Wertgröße)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW, Band. 23, p. 49. NTA, Zeilen 179-180.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          1. Les deux facteurs de la marchandise :
                          valeur d’usage et valeur
                          (substance de la valeur, grandeur de la valeur)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 39 (<ref target="#CapIfr1983">1983</ref>).</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          1. De twee factoren van de waar :
                          gebruikswaarde en waarde
                          (waardesubstantie en waardegrootte)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/1.htm">www.marxists.org/­nederlands/­marx-engels/­1867/­kapitaal/­1.htm</ref>.
                        P. 7(<ref target="#CapInl2010">2010</ref>).
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          I. The two factors of the commodity :
                          use-value and value
                          (substance of value, magnitude of value)
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="#CapIen1976">Fowkes, Penguin</ref>, p. 125.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Il y a déjà un problème potentiel dans le titre de la traduction Roy, bien que revue par Marx.
                  En 1867, Marx ne distinguait pas clairement valeur d’échange et valeur.
                  En 1867, <term>valeur</term> tout court, c’est seulement
                  un <ref target="./MEexCapIchap1para1.html#MEexCapI-1867p4-not9">raccourci</ref> pour <term>valeur d’échange</term>.
                  Cela change en 1872 : dans le premier paragraphe (au sens de subdivision) du chapitre 1 (de 1872),
                  Marx considère deux aspects de la marchandise, valeur d’usage d’un côté et <term>valeur</term> de l’autre.
                  Du côté de la valeur, il considère d’abord les valeurs d’échange
                  pour en arriver à la <term>valeur</term> (proprement dite).
                  Marx explique <ref target="#CapI42trois5">plus loin</ref> que ce sont deux niveaux différents de réalité
                  et, pour ceux qui ne voudraient pas comprendre,
                  il y insiste lourdement <ref target="#NotescritEcopolWagner-Tauschwert">dans ses notes sur Wagner</ref><!--
                  (d’abord sur <ref target="#NotescritEcopolWagner-Tauschwert">la différence entre les deux notions</ref>,
                  ensuite sur <ref target="#NotescritEcopolWagner-usage">leur articulation avec la valeur d’usage</ref> -->.
                  Depuis, on ne peut donc plus maintenir
                  (comme dans ce titre de Roy et comme l’ont fait et le font aujourd’hui encore certains vulgarisateurs<note xml:id="Capital-Ichap1-not1" n="1" place="bottom">
                    Segal est exemplaire sur cette question, qu’il aborde en sept étapes successives
                    qu’il sépare clairement sous forme de sept très courts paragraphes<note xml:id="not1a" n="1a" place="bottom">
                      <seg>
          J’utilise ici le mot français <term>paragraphe</term> dans son sens français
          de subdivision d’une division d’un texte, généralement d’un chapitre.
          (<ref target="https://www.cnrtl.fr/definition/paragraphe">Article paragraphe</ref> du Trésor de la langue française informatisé, TLFi.)
          Les paragraphes peuvent être numérotés
          et il existe un signe particulier, §, à mettre devant le numéro si on le désire.
          Le Livre I du <title>Capital</title> de Marx, par exemple, est divisé (à partir de 1872)
          en sections (<term xml:lang="de">Abschnitt</term>)
          et celles-ci en chapitres (<term xml:lang="">Kapitel</term>),
          et ceux-ci peuvent avoir des subdivisions numérotées.
          Pour moi, la division en dessous de chapitre, je l’appelle <term>paragraphe</term>.
          [Le <term xml:lang="en">paragraphe</term> anglais est l’<term>alinéa</term> du français
          (que l’on appelle aussi — abusivement, dit le TLFi — <term>paragraphe</term> en français)
          et le <term>paragraphe</term> du français est en anglais plutôt <term xml:lang="en">section</term>.
          Les sections du Livre I du <title>Capital</title> sont <term xml:lang="en">parts</term> en anglais.
          Le signe Unicode U+00A7 § est appelé
          <ref target="https://www.unicode.org/charts/PDF/U0080.pdf#page=3">SECTION SIGN, paragraph sign in some European usage</ref>.
          Malheureusement les premiers traducteurs de programmes de traitement de texte
          ont paresseusement repris en français le mot anglais.
          Il en résulte qu’aujourd’hui la plupart des gens
          ne connaissent plus le sens ordinaire, premier, de <term>paragraphe</term>
          et ne disent plus paragraphe que pour le mot <term>alinéa</term>, dont ils ont oublié jusqu’à l’existence.]
        </seg><!-- <xi:include href="../../paragraphe.xml">note sur le mot paragraphe</xi:include> -->
                    </note>.
                    Dans la <ref target="../Segal/paragraphes/chap02sec01.html">section sur la marchandise</ref>,
                    <list>
                      <item>
                        après un paragraphe (1) sur la valeur d’usage,
                      </item>
                      <item>
                        dans un paragraphe (2) sur l’échange,
                        il constate que les marchandises s’échangent dans des quantités déterminées ;
                      </item>
                      <item>
                        dans le suivant (3), il appelle <term>valeur d’échange</term> ce rapport en quantité
                        et souligne que la seule chose qu’elles ont en commun est de venir du travail ;
                      </item>
                      <item>
                        le paragraphe suivant (4) introduit la distinction
                        entre travail <term>concret</term> et <term>abstrait</term> ;
                      </item>
                      <item>
                        c’est alors (5) qu’il en arrive enfin au paragraphe sur la <term>valeur</term>.
                        (Avec comme chez Marx, la marchandise « est à la fois une valeur d’usage et une valeur ».)
                      </item>
                      <item>
                        Ce qui compte (6) n’est pas la productivité individuelle,
                        mais le <term>travail socialement nécessaire</term> ;
                      </item>
                      <item>
                        par contre (7), un progrès général de productivité a pour résultat une valeur moindre.
                      </item>
                    </list>
                    Le <title>Manuel</title> est moins clair.
                    La <term>valeur d’échange</term> y est bien donnée
                    (<ref target="../manuel/chap04sect02.html">au chapitre 4, p. 76</ref>)
                    comme d’abord un rapport de quantités,
                    mais à la page suivante, le <emph>double</emph> caractère :
                    1<hi rend="ordinal">o</hi> usage et 2<hi rend="ordinal">o</hi> échange,
                    c’est <ref target="#ensformvalsimple">la phrase que Marx déplore</ref>.
                    On conclut bien p. 78 que le <term>travail abstrait</term> forme la valeur,
                    mais le terme valeur, lui, n’est même pas souligné comme définition d’un nouveau concept.
                  </note>)
                  l’idée que valeur d’échange est synonyme de valeur tout court,
                  que valeur d’échange est la « valeur proprement dite ».
                  Il faut remarquer que la parenthèse « (substance de la valeur, grandeur de la valeur) »
                  n’a de sens que pour la valeur ;
                  elle ne porte pas sur la valeur d’échange.
                  <!--
                  <ref target="#CapI42trois5">Plus loin</ref>, Marx insiste sur le fait que la
                  valeur proprement dite, c’est la valeur tout court, autre chose que la valeur
                  d’échange, laquelle n’est que « mode d’expression » ou « forme phénoménale » de la
                  valeur.
                   -->
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 46.75%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Der Reichtum der Gesellschaften, in welchen kapitalistische Produktionsweise
                          herrscht, erscheint als eine „ungeheure Warensammlung“, die einzelne Ware
                          als seine Elementarform. Unsere Untersuchung beginnt daher mit der Analyse
                          der Ware.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW, Band 23, p. 49. NTA, Zeilen 181-184.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production
                          capitaliste apparaît comme une « gigantesque collection de marchandises »,
                          dont la marchandise individuelle serait la forme élémentaire. C’est
                          pourquoi notre recherche commence par l’analyse de la marchandise.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 39 (1983).</bibl>
                    </cit>
                  </item><!--
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> --><!--
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                </list>

                <p rend="alinea">
                   Dans cette phrase qui ouvre <title>Le Capital</title>, Marx cite, entre guillemets,
                   <ref target="#chap1CritiqueEcoPol">la première phrase</ref> de sa propre
                   <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>.
                </p>

                <!-- <xi:include href="../../asterism.xml">astérisme</xi:include> -->
                <label rend="fakehead h3">[La valeur d’usage (D.M.)]</label>

                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.39"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 1 (1983:39). La marchandise est d’abord un objet extérieur,</label>
                  La marchandise est une chose utile,
                  mais la valeur d’usage de Marx n’est pas quantifiable ;
                  ce n’est pas l’utilité néoclassique
                  <index><term>valeur d’usage</term></index>
                  <index><term>utilité néoclassique</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La marchandise est d’abord un objet extérieur, une chose, qui satisfait, grâce
                      à ses qualités propres, des besoins humains d’une espèce quelconque. […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Le caractère utile d’une chose en fait une valeur d’usage. Mais cette utilité
                      n’est pas suspendue dans les airs. Elle est conditionnée par les propriétés
                      de la marchandise en tant que corps et n’existe pas sans ce corps. C’est donc
                      le corps même de la marchandise, fer, blé, diamant, etc., qui est une valeur
                      d’usage ou un bien.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 39, 40.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  La valeur d’usage est historique et sociale. Il n’est pas question de valeur
                  d’usage dans le monde qui précède l’apparition de l’homme. Ensuite, elle peut
                  changer dans l’histoire. Elle a cependant un caractère objectif. Il s’agit de
                  l’utilité en soi de la chose pour les hommes (en un lieu et un temps considérés),
                  en ce qu’elle répond à un besoin (y compris le plaisir, les besoins de
                  l’imagination…) ; une chose peut n’être utile qu’à une minorité, mais il ne
                  s’agit pas du désir subjectif de tel ou tel homme et encore moins du degré de ce
                  désir, comme l’ « utilité » (linéaire, scalaire, supposée quantifiable) de
                  l’économie néoclassique.
                </p>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.40"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 1 (1983:40). Les valeurs d’usage constituent le contenu matériel</label>
                      Les valeurs d’usage constituent le contenu matériel de la richesse,
                      quelle que soit par ailleurs sa forme sociale.
                      <index><term>valeur d’usage, contenu matériel de la richesse</term></index>
                      <index><term>richesse, ce sont les valeurs d’usage</term></index>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 40</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Quand on étudie l’économie du capitalisme, société marchande, on s’intéresse aux
                  échanges et aux valeurs d’échange, à la monnaie et aux sommes d’argent qui
                  constituent du capital. L’importance de la valeur est inhérente au sujet étudié.
                  Ce n’est pas que Marx « sous-estime », comme certains l’en accusent, la valeur
                  d’usage. Au contraire la vraie richesse pour lui ce sont les valeurs d’usage, pas
                  la valeur ou le capital. C’est important quant à la place de la nature dans cette
                  réflexion. Voir à ce sujet <ref target="#naturesourcerich">un passage de la
                  critique du programme de Gotha</ref> et la même idée revient sous sa plume à plus
                  d’un endroit : voir l’entrée « nature, source de richesse » dans l’<ref target="#TEIindex">index des notions</ref>.
                </p>

                <!-- <xi:include href="../../asterism.xml">astérisme</xi:include> -->
                <label rend="fakehead h3">[Les valeurs d’échange (D.M.)]</label>


                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.41"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 1 (1983:41). La valeur d’échange apparaît d’abord comme</label>
                  Les différentes valeurs d’usage s’échangent
                  dans certaines proportions déterminées qui sont leurs valeurs d’échange.
                  (Nécessairement au pluriel, pour qu’on puisse parler d’échange).
                  <index><term>valeur d’échange, contingentes</term></index>
                  <index><term>Zufällig, Tauschwert</term></index>
                  <index><term>Tauschwert, Zufällig</term></index>
                  <index><term>valeur d’échange, les valeurs d’échange sont nécessairement plurielles</term></index>
                  <index><term>valeur d’échange, pas synonyme de valeur</term></index>
                  <index><term>valeur d’échange, forme phénoménale de la valeur</term></index>
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 22%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Der Tauschwert erscheint zunächst als das quantitative Verhältnis, die Proportion,
                          worin sich Gebrauchswerte einer Art gegen Gebrauchswerte anderer Art austauschen,
                          ein Verhältnis, das beständig mit Zeit und Ort wechselt.
                          Der Tauschwert scheint daher etwas Zufälliges und rein Relatives,
                          ein der Ware innerlicher, immanenter Tauschwert
                          (<foreign xml:lang="fr">valeur intrinsèque</foreign>)
                          also eine <foreign xml:lang="latin">contradictio in adjecto</foreign>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW 23, p. 50.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 28%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          La valeur d’échange apparaît d’abord comme le rapport quantitatif, comme
                          la proportion dans laquelle des valeurs d’usage d’une espèce donnée
                          s’échangent contre des valeurs d’usage d’une autre espèce, rapport qui
                          varie constamment selon le lieu et l’époque. C’est pourquoi la valeur
                          d’échange semble être quelque chose de contingent et de purement relatif ;
                          une valeur d’échange immanente, intérieure à la marchandise (<foreign xml:lang="fr">valeur intrinsèque</foreign>) semble en conséquence une
                          <foreign xml:lang="latin">contradictio in adjecto</foreign>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 41, mais j’ai adopté une traduction un peu plus littérale.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 26%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          De ruilwaarde doet zich in de eerste plaats voor als de kwantitatieve verhouding,
                          de evenredigheid waarin gebruikswaarden van de ene soort
                          worden geruild tegen gebruikswaarden van de andere soort,
                          een verhouding die voortdurend naar tijd en plaats verandert.
                          De ruilwaarde heeft daardoor de schijn iets toevalligs en louter relatiefs te zijn,
                          een aan de waar innerlijk en immanent gebonden ruilwaarde
                          (<foreign xml:lang="fr">valeur intrinsèque</foreign>) lijkt dus
                          een <foreign xml:lang="latin">contradictio in adjecto</foreign>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/1.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Exchange value, at first sight, presents itself as a quantitative relation,
                          as the proportion in which values in use
                          of one sort are exchanged for those of another sort,
                          a relation constantly changing with time and place.
                          Hence exchange value appears to be something accidental and purely relative,
                          and consequently an intrinsic value, i.e., an exchange value
                          that is inseparably connected with, inherent in commodities,
                          seems a contradiction in terms.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1867-c1/ch01.htm#S4">Marxists Internet Archive</ref>. Aussi
                        MECW 35, p. 46.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <p rend="alinea">
                  Comme la valeur d’usage, les valeurs d’échange varient dans l’histoire.
                  Comme <ref target="#CapI86">plus loin</ref>, il les qualifie de contingentes,
                  mais ici il s’agit de leur apparence, qui réclame explication.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  On ne quantifie pas l’utilité, qui ne constitue pas la base de la valeur.
                  Cependant on quantifie bien les valeurs d’usage en un sens, pas au sens de valeur mais au sens de biens :
                  c’est ce qui s’appelle compter en volume (même si ce « volume» c’est en kilos, en pièces…).
                  La valeur d’échange est donc un rapport quantitatif, entre valeurs d’usage dont on précise la quantité en volume.
                </p>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Une marchandise donnée, un quarter de blé par exemple, s’échange contre
                      une quantité x de cirage, y de soie, z d’or, etc., bref contre d’autres
                      marchandises selon des proportions extrêmement diverses. Le blé a donc, non
                      pas une seule, mais de multiples valeurs d’échange. Mais comme une quantité x
                      de cirage, y de soie, aussi bien qu’une quantité z d’or, etc., sont la
                      valeur d’échange d’un quarter de blé, il faut donc que les quantités x de
                      cirage, y de soie, z d’or, etc. soient des valeurs d’échange remplaçables
                      l’une par l’autre, ou encore de grandeur égale. Il s’ensuit premièrement :
                      que les valeurs d’échange reconnues de la même marchandise expriment quelque
                      chose d’égal. Mais aussi, deuxièmement: que la valeur d’échange ne peut être
                      en tout état de cause que le mode d’expression, la « forme phénoménale »
                      d’un contenu dissociable d’elle.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 41.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Ainsi :
                  <list rend="zero">
                    <item>Une marchandise n’a pas une mais plusieurs valeurs d’échange.</item>
                    <item>Les différences valeurs d’échange d’une marchandise expriment quelque
                    chose d’égal (la valeur).</item>
                    <item>Ce quelque chose d’égal, le contenu (la valeur) est dissociable des
                    valeurs d’échange qui n’en sont que la forme phénoménale, et non un synonyme.</item>
                  </list>
                  Ce passage important n’est cependant pas dans la deuxième édition (1872). <ref target="MEexCapIchap1para1.html">La comparaison des textes</ref> montre
                  que ça a été ajouté par Marx dans sa préparation en vue de la troisième édition.
                  Cependant l’idée de pluriel des marchandises, à propos de valeur d’échange,
                  est bien présente déjà en 1872, comme le verra plus loin dans la phrase
                  « Ce qu’il y a donc de commun, qui s’expose dans le rapport d’échange ou valeur d’échange des marchandises… »
                </p>

                <p xml:id="CapI-valeurconcept"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 1 (1983:42-43). En tant que valeurs d’usage, les marchandises</label>
                  <index><term>valeur, dont les valeurs d’échange sont formes phénoménales</term></index>
                  <!-- <index><term>abstraction de la valeur</term></index> -->
                  <!-- <index><term>valeur, abstraction de la —</term></index> elle n’est pas directement abstraite des échanges -->
                </p>
                <label rend="fakehead h3">[La valeur (D.M.)]</label>

                <p rend="alinea">
                  La marchandise a, pourrait-on dire, deux « attributs » : la valeur d’usage et la valeur.
                  La valeur d’usage est assez évidente. La valeur est plus cachée.
                  On peut y être amené par l’observation des valeurs d’échange des marchandises ;
                  non pas que la valeur provienne de la valeur d’échange, que du contraire.
                  La valeur ne résulte pas de la valeur d’échange mais seulement du travail.
                  Une fois arrivé à la valeur, on peut enfin étudier et comprendre vraiment la valeur d’échange, comme forme de la valeur.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Certains exposés élémentaires des concepts de base de l’économie marxiste présentent valeur et valeur d’échange comme synonymes.
                  C’est une simplification abusive. Ce n’est pas une aide à la compréhension, mais plutôt un obstacle.
                  La distinction est clairement marquée à la fin du passage ci-dessous :
                  les valeurs d’échange sont formes phénoménales de la <term>valeur</term>,
                  laquelle doit « être d’abord examinée indépendamment ».
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="CapI42trois5" n="42⅗"/>En tant que valeurs d’usage,
                      les marchandises sont principalement de qualité différente,
                      en tant que valeurs d’échange elles ne peuvent être que de quantité différente,
                      et ne contiennent donc pas un atome de valeur d’usage.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Si l’on fait maintenant abstraction de la valeur d’usage du corps des marchandises,
                      il ne leur reste plus qu’une seule propriété, celle d’être des produits du travail.
                      Mais, même dans ce cas, ce produit du travail s’est déjà transformé dans nos mains.
                      En faisant abstraction de sa valeur d’usage,
                      nous faisons du même coup abstraction des composantes corporelles et des formes qui en font une valeur d’usage.
                      Il cesse d’être table, maison ou fil, ou quelque autre chose utile que ce soit.
                      Tous ses caractères sensibles sont effacés.
                      Il cesse également d’être <pb xml:id="CapI43" n="43"/>le produit du travail du menuisier,
                      du maçon, du ﬁleur, bref, d’un quelconque travail productif déterminé.
                      En même temps que les caractères utiles des produits du travail,
                      disparaissent ceux des travaux présents dans ces produits,
                      et par là même les différentes formes concrètes de ces travaux,
                      qui cessent d’être distincts les uns des autres,
                      mais se confondent tous ensemble, se réduisent à du travail humain identique, à du travail humain abstrait.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Considérons maintenant ce résidu des produits du travail.
                      Il n’en subsiste rien d’autre que cette même objectivité fantomatique, qu’une simple gelée de travail humain indifférencié,
                      c.-à-d. de dépense de force de travail humaine, indifférente à la forme dans laquelle elle est dépensée.
                      Tout ce qui est encore visible dans ces choses,
                      c’est que pour les produire on a dépensé de la force de travail humaine, accumulé du travail humain.
                      C’est en tant que cristallisations de cette substance sociale, qui leur est commune,
                      qu’elles sont des valeurs : des valeurs marchandes.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dans le rapport d’échange des marchandises proprement dit,
                      leur valeur d’échange nous apparaissait déjà comme quelque chose de tout à fait indépendant de leurs valeurs d’usage.
                      Si l’on fait maintenant réellement abstraction de la valeur d’usage des produits du travail,
                      on obtient leur valeur, telle qu’elle avait précisément été déterminée.
                      Ce qu’il y a donc de commun, qui s’expose dans le rapport d’échange ou valeur d’échange des marchandises,
                      c’est leur valeur.
                      Toute la suite de notre recherche nous ramènera à la valeur d’échange
                      comme mode d’expression ou comme forme phénoménale nécessaire de la valeur,
                      laquelle doit cependant être d’abord examinée indépendamment de cette forme.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    P. 42-43. (<ref target="#val-ech-pluriel-traduc">Ma traduction plus littérale
                    d’une phrase</ref> dans le dernier alinéa.)
                  </bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  L’expression travail abstrait à la fin du deuxième alinéa ci-dessus n’est pas de 1867 ;
                  elle n’apparaît à cet endroit que dans l’édition de 1872 en allemand — et pas explicitement en français.
                  (Voir <ref target="MEexCapIchap1para1.html#MEexCapIchap1para1DasGemeinsame">les extraits comparés de ce passage</ref>.)
                  En français, il s’agit là de « force humaine de travail sans égard à la forme particulière »,
                  où on retrouve bien l’abstraction (« sans égard »).<!--  Dans la version Roy, le travail abstrait -->
                </p>
                <list rend="horiz"><!--  xml:id="Capital-Ichap1para1physio" -->
                  <item style="width: 26.25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <floatingText>
                          <body>
                            <p rend="alinea">
                              Betrachten wir nun das Residuum der Arbeitsprodukte.
                              Es ist nichts von ihnen übrig geblieben als dieselbe gespenstige Gegenständlichkeit,
                              eine blosse Gallerte unterschiedsloser menschlicher Arbeit,
                              d. h. der Verausgabung menschlicher Arbeitskraft ohne Rücksicht auf die Form ihrer Verausgabung.
                              Diese Dinge stellen nur noch dar,
                              dass in ihrer Produktion menschliche Arbeitskraft verausgabt, menschliche Arbeit aufgehäuft ist.
                              Als Krystalle dieser ihnen gemeinschaftlichen gesellschaftlichen Substanz
                              sind sie — Werthe, Waarenwerthe<note xml:id="Capital-Ichap1para1physio-not1" n="1" place="bottom">
                               On a encore en 1883:5 la même fin d’alinéa qu’en 1872:13 : « …sind sie — Werthe »
                               et de même en français « … ils sont réputés valeurs » (1872fr:15, haut de la col. de gauche).
                               En 1890:4, cela devient « …  sind sie Werthe — Waarenwerthe. »
                               Dans l’appareil de la NTA (p. 16, 289), Kuczynski explique qu’on trouve le mot <foreign xml:lang="de">Waarenwerthe</foreign>
                               ajouté dans un exemplaire de travail de Marx de l’édition de 1872 (RGASPI à Moscou).
                              </note>.
                            </p>
                          </body>
                        </floatingText>
                      </quote>
                      <bibl>NTA:17, ligne 289.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 24.75%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Considérons maintenant ce résidu des produits du travail.
                          Il n’en subsiste rien d’autre que cette même objectivité fantomatique,
                          qu’une simple gelée de travail humain indifférencié,
                          c.-à-d. de dépense de force de travail humaine, indifférente à la forme dans laquelle elle est dépensée.
                          Tout ce qui est encore visible dans ces choses,
                          c’est que pour les produire on a dépensé de la force de travail humaine, accumulé du travail humain.
                          C’est en tant que cristallisations de cette substance sociale, qui leur est commune, qu’elles sont des valeurs :
                          des valeurs marchandes.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 43.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25.85%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Laten wij nu het residu van de arbeidsproducten eens bekijken.
                          Er is niets anders overgebleven dan dezelfde spookachtige inhoud,
                          een loutere gelei van niet van elkaar te onderscheiden menselijke arbeid,
                          dat wil zeggen besteding van menselijke arbeidskracht zonder dat wordt gelet op de vorm van die besteding.
                          De dingen geven nog slechts aan dat aan hun productie menselijke arbeidskracht is besteed,
                          dat er menselijke arbeid in is opgehoopt.
                          Als kristallen van deze maatschappelijke substantie, die zij allen gemeen hebben, zijn zij waarden — warenwaarden.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/1.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <!-- Let us now consider the residue of each of these products ;
                          it consists of the same unsubstantial reality in each, a mere congelation of homogeneous human labour,
                          of labour-power expended without regard to the mode of its expenditure.
                          All that these things now tell us is, that human labour power has been expended in their production,
                          that human labour is embodied in them.
                          When looked at as crystals of this social substance, common to them all, they are — Values. -->
                          Let us now look at the residue of the products of labour.
                          There is nothing left of them in each case but the same phantom-like objectivity ;
                          they are merely congealed quantities of homogeneous human labour,
                          i.e. of human labour-power expended without regard to the form of its expenditure.
                          All these things now tell us is that human labour-power has been expended to produce them,
                          human labour is accumulated in them.
                          As crystals of this social substance, which is common to them all, they are values - com­modity values.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Penguin 1976:128 (1887:5) (MECW35:48)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Parfois Marx parle en termes physiologiques du travail qui fonde la valeur.
                  Mais c’est surtout une réalité sociale :
                  c’est, bien sûr, ci-dessus, « de la force de travail humaine », plus loin « du travail humain »,
                  mais on peut comprendre force de travail dans un sens déjà abstrait
                  et cela devient, en fin d’alinéa, « cette substance sociale ».
                  C’est bien sûr physiologique (et Marx rappellera que c’est <ref target="#CapI199quatre5">une force naturelle</ref>),
                  mais le travail est vu ici surtout à un niveau plus abstrait comme partie de travail social.
                </p>
                <p rend="alinea">
                </p>
                <p rend="alinea">
                  En disant ce « qui <emph>s’expose</emph> dans le rapport d’échange ou valeur d’échange des marchandises, c’est leur valeur »,
                  Marx dit bien
                  <list>
                    <item>
                      que la valeur est autre chose que la valeur d’échange ;
                    </item>
                    <item>
                      que la valeur d’échange n’est pas <emph>qualité d’une</emph> marchandise,
                      mais <emph>rapport entre</emph> marchandises.
                    </item>
                  </list>
                  Un rapport entre marchandises n’a de sens qu’avec marchandises au pluriel,
                  mais le pluriel dans la phrase citée s’est perdu dans une réédition
                  et <ref target="#val-ech-pluriel-traduc">manque encore dans certaines éditions récentes</ref>.
                  Il me semble qu’en disant que la valeur d’échange est la « forme phénoménale <emph>nécessaire</emph> de la valeur »,
                  Marx exprime aussi que la valeur est <emph>nécessairement</emph> cachée.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans « apparaissait déjà », et l’imparfait, et le mot « déjà » indiquent qu’on va
                  maintenant parler d’autre chose : non plus de la valeur d’échange, mais de la
                  valeur. Qu’il n’est momentanément plus question de valeur d’échange, mais de
                  valeur, ressort aussi du fait que la valeur d’échange, on y reviendra plus tard :
                  c’est <ref target="#formeval">au paragraphe 3</ref> qu’il revient (« toute la
                  suite de notre recherche nous ramènera… ») à la valeur d’échange (ainsi qu’au
                  fond à travers tout le <title>Capital</title>). Il continue alors sur la valeur
                  qui « doit cependant être d’abord examinée indépendamment de » la valeur
                  d’échange. Que ce renvoi à plus tard par Marx de l’étude de la valeur d’échange
                  marque la distinction qu’il importe de faire entre valeur et valeur d’échange, ce
                  n’est pas moi qui l’invente. C’est Marx lui-même qui donne à ce renvoi cette
                  signification dans <ref target="#NotescritEcopolWagner">ses notes sur le livre de
                  Wagner</ref>. Il n’y a pas que l’analyse pragmatique (par lui-même) de la
                  signification de ce renvoi. Il le dit aussi <ref target="#ensformvalsimple">très
                  explicitement plus loin</ref>.
                </p><!--
                <p rend="alinea">
                  J’observe la mise en œuvre par Marx de l’abstraction dans la définition de la valeur
                  <ref target="../philo/cours3.html#valeur">dans la leçon sur la dialectique</ref> de
                  mon cours de philo.
                </p> -->
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Une valeur d’usage, une denrée, n’a donc une valeur que parce qu’en elle est
                      objectivé ou matérialisé du travail humain abstrait. Comment alors mesurer la
                      grandeur de sa valeur ? Par le quantum de « substance constitutive de valeur »
                      qu’elle contient, par le quantum de travail. La quantité de travail elle-même
                      se mesure a sa durée dans le temps, et le temps de travail possède a son tour
                      son étalon, en l’espèce de certaines fractions du temps : l’heure, la journée,
                      etc.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 43.</bibl>
                </cit>

                <p xml:id="travsocnec" rend="alinea"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 2 (1983:43-45). On pourrait croire que, puisque la valeur</label>
                  Il ne s’agit cependant pas d’un temps de travail individuel,
                  mais du <term>temps de travail socialement nécessaire</term>.
                  <index><term>travail socialement nécessaire</term></index>
                  <index><term>temps de travail socialement nécessaire</term></index>
                  <index><term>socialement nécessaire, travail</term></index>
                  <index><term>nécessaire, travail socialement —</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      On pourrait croire que, puisque la valeur d’une marchandise est déterminée par
                      le quantum de travail dépensé au cours de sa production, plus un homme sera
                      fainéant ou malhabile, plus sa marchandise aura de valeur, étant donné qu’il
                      lui faudra <pb n="44"/>d’autant plus de temps pour la fabriquer. Mais en réalité,
                      le travail qui constitue la substance des valeurs est du travail humain identique
                      [<foreign xml:lang="de">Gleiche menschliche Arbeit</foreign>], dépense de la même
                      force de travail humaine. La force de travail globale de la société, qui s’expose
                      dans les valeurs du monde des marchandises, est prise ici pour une seule et même
                      force de travail humaine, bien qu’elle soit constituée d‘innombrables forces de
                      travail individuelles. Chacune de ces forces de travail individuelles est une
                      force de travail identique aux autres, dans la mesure ou elle a le caractère
                      d’une force de travail sociale moyenne, opère en tant que telle, et ne requiert
                      donc dans la production d’une marchandise que le temps de travail nécessaire en
                      moyenne, ou temps de travail socialement nécessaire. Le temps de travail
                      socialement nécessaire est le temps de travail qu’il faut pour faire apparaître
                      une valeur d’usage quelconque dans les conditions de production normales d’une
                      société donnée et avec le degré social moyen d’habileté et d’intensité du travail.
                      Après l’introduction du métier à tisser à vapeur, en Angleterre, il ne fallait
                      plus peut-être que la moitié du travail qu’il fallait auparavant pour transformer
                      une quantité de ﬁl donnée en tissu. En fait, le tisserand anglais avait toujours
                      besoin du même temps de travail qu’avant pour effectuer cette transformation,
                      mais le produit de son heure de travail individuelle ne représentait plus
                      désormais qu’une demi-heure de travail social et tombait du même coup à la
                      moitié de sa valeur antérieure.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      C’est donc seulement la quantité de travail socialement nécessaire
                      ou le temps de travail socialement nécessaire à la fabrication d’une valeur d’usage
                      qui détermine la grandeur de sa valeur.
                      La marchandise singulière ne vaut ici tout bonnement que comme échantillon moyen de son espèce.
                      Les marchandises qui contiennent des quantités de travail égales,
                      ou qui peuvent être fabriquées dans le même temps de travail,
                      <pb n="45"/>ont donc la même grandeur de valeur.
                      Le rapport de la valeur d’une marchandise à la valeur de n’importe quelle autre marchandise
                      est donc celui du temps de travail nécessaire pour produire l’une
                      au temps de travail nécessaire pour produire l’autre.
                      « En tant que valeurs, toutes les marchandises ne sont que des mesures déterminées
                      de temps de travail coagulé. » [Marx, <title>Contribution…</title>.]
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 43-45.</bibl>
                </cit>
                <p xml:id="valeurproductivite" rend="alinea">
                  La valeur change avec la productivité (en volume par rapport au temps de travail).
                  (Elle diminue si la productivité augmente.)
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La grandeur de la valeur d’une marchandise demeurerait donc constante si le
                      temps de travail requis pour la produire était constant. Or ce dernier change
                      dès qu’il y a un changement dans la force productive du travail. La force
                      productive du travail est déterminée par de multiples circonstances, entre
                      autres par le degré moyen d’habileté des ouvriers, par le niveau de
                      développement de la science et de ses possibilités d’application technologique,
                      par la combinaison sociale du procès de production, par l’ampleur et la capacité
                      opérative des moyens de production, et par des données naturelles. […]
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 45.</bibl>
                </cit>
                <p xml:id="valeur-sans" rend="alinea">
                  Les choses données par la nature n’ont pas de valeur. Les choses que quelqu’un
                  produit pour son usage personnel ne sont pas des marchandises.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Une chose peut être une valeur d’usage sans être une valeur. C’est le cas quand
                      l’homme n’a pas besoin de la médiation du travail pour en faire usage. Par
                      exemple : l‘air, les terres vierges, les prairies naturelles, le bois poussant
                      de manière sauvage, etc. Une chose peut être futile et être le produit du travail
                      humain, sans être une marchandise. Celui qui satisfait son besoin par le produit
                      de son travail crée certes de la valeur d’usage, mais pas de marchandise. Pour
                      produire de la marchandise, il faut non seulement qu’il produise de la valeur
                      d’usage, mais que ce soit de la valeur d’usage pour d’autres, de la valeur
                      d’usage sociale. [Et pas seulement de la valeur d’usage pour d’autres en général.
                      Le paysan du Moyen Âge produisait le blé de l’impôt pour le seigneur féodal, le
                      blé de la dîme pour les curés. Mais le fait d’avoir été produits pour d’autres
                      ne faisait pas pour autant du blé de la dime, ni de l’autre, des marchandises.
                      Pour devenir marchandise, il faut que le produit soit transmis par la voie de
                      l’échange à celui qui s’en sert comme valeur d’usage. (Engels.)] Aucune chose
                      ﬁnalement ne peut être valeur sans être objet d’usage. Si elle n’a pas d’utilité,
                      c’est que le travail qu’elle contient est sans utilité, ne compte pas comme
                      travail et et constitue donc pas de valeur.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 46.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="doublecaract" type="level4_para">
                <head>
                  2. Le double caractère du travail représenté dans les marchandises
                </head>
                <bibl>
                  Livre I, p. 47 et suivantes.
                </bibl>

                <cit xml:id="bifide">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La marchandise nous est apparue à l’origine comme une chose bifide :
                      valeur d’usage et valeur d’échange.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 47.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Elle nous <emph>est « apparue »</emph> telle,
                  mais ce n’est qu’une manière de parler, conforme aux apparences.
                  Elle <emph>est</emph> valeur d’usage et <emph>valeur</emph>.
                  Dire que la marchandise est valeur d’usage et <emph>valeur d’échange</emph>,
                  « à la lettre, il est faux de [le] dire »,
                  dira Marx <ref target="#ensformvalsimple">au point A-4 du paragraphe 3</ref> de ce chapitre.
                </p>

                <label rend="fakehead h3">[Richesse (D.M.)]</label>

                <cit>
                  <quote xml:id="Capl1t1p58">
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p48"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 2 (1983:42). Mais l’existence de l’habit, de la toile</label>
                          <pb xml:id="CapI48trois4" n="48 ¾"/>Mais l’existence de l’habit, de la toile
                          et de tout élément de la richesse matérielle non présent dans la nature a
                          toujours requis la médiation nécessaire d’une activité productive adéquate
                          spéciale qui assimile les matériaux naturels particuliers à des besoins humains
                          particuliers. C’est pourquoi le travail en tant que formateur de valeurs
                          d’usage, en tant que travail utile, est pour l’homme une condition d’existence
                          indépendante de toutes les formes de société, une nécessité naturelle éternelle,
                          médiation indispensable au métabolisme qui se produit entre l’homme et la
                          nature, et donc à la vie humaine.
                          <index><term>ressource naturelle</term></index>
                          <index><term>nature, source de richesse</term></index>
                          <index><term>valeur d’usage, source des —</term></index>
                          <index><term>travail, appropriation de la nature</term></index>
                          <index><term>travail, nécessité naturelle</term></index>
                          <index><term>Stoffwechsel</term></index>
                          <index><term>stofwisseling</term></index>
                          <index><term>metabolism</term></index>
                          <index><term>métabolisme (Stoffwechsel)</term></index>
                          <index><term>substrat matériel naturel</term></index>
                          <index><term>Petty, William</term></index>
                          <index><term>père de la richesse (William Petty), le travail (et la terre sa mère)</term></index>
                          <index><term>travail, père de la richesse, et la terre sa mère (William Petty)</term></index>
                          <index><term>mère de la richesse (William Petty), la terre (et le travail son père)</term></index>
                          <index><term>terre, mère de la richesse, et le travail son père (William Petty)</term></index>
                          <index><term>nature, mère de la richesse, et le travail son père</term></index>
                          <index><term>marchandise, en tant que corps</term></index>
                          <index><term>corps, de la marchandise</term></index>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Les valeurs d’usage habit, toile, etc., bref ces marchandises en tant que corps
                          sont des combinaisons de deux éléments : <pb xml:id="CapI49" n="49"/>matière
                          naturelle et travail. Si l’on soustrait la somme de tous les travaux utiles
                          divers qu’il y a dans l’habit, dans la toile, etc., il reste toujours un
                          substrat matériel qui est là du fait de la nature, sans que l’homme intervienne.
                          L’homme ne peut procéder dans sa production que comme la nature elle-même : il
                          ne peut que modifier les formes des matières. Plus même. Dans ce travail de
                          mise en forme proprement dit, il est constamment soutenu par des forces
                          naturelles. Le travail n’est donc pas la source unique des valeurs d’usage
                          qu’il produit, de la richesse matérielle. Comme le dit Petty, celle-ci a pour
                          père le travail et pour mère la terre<note xml:id="CapIsect1not13" n="13" place="bottom">
                            W. Petty,
                            <title>A Treatise of Taxes and Contributions</title>,
                            Londres, 1667, p. 47.
                          </note>.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>P. 48-49.</bibl>
                </cit>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p53"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 2 (1983:53). Tout travail est pour une part dépense de force</label>
                      <pb xml:id="CapI53" n="53"/>Tout travail est
                      pour une part dépense de force de travail humaine au sens physiologique,
                      et c’est en cette qualité de travail humain identique,
                      ou encore de travail abstraitement humain, qu’il constitue la valeur marchande.
                      D’un autre côté, tout travail est dépense de force de travail humaine
                      sous une forme particulière déterminée par une finalité, et c’est en cette qualité
                      de travail utile concret qu’il produit des valeurs d’usage.
                      <index><term>force de travail humaine au sens physiologique</term></index>
                      <index><term>physiologique, force de travail humaine</term></index>
                      <index><term>travail, dépense de force physiologique</term></index>
                      <index><term>caractère double du travail, concret, abstrait</term></index>
                      <index><term>travail abstrait</term></index>
                      <index><term>abstrait, travail</term></index>
                      <index><term>travail concret</term></index>
                      <index><term>concret, travail</term></index>
                      <index><term>valeur marchande</term></index>
                      <index><term>valeur d’usage</term></index>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 53.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="formeval" type="level4_para"><!-- chap. 1 § 3 -->
                <head>
                  3. La forme-valeur ou la valeur d’échange
                </head>
                <bibl>
                  Livre I, p. 53 et suivantes.
                </bibl>

                <cit>
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          Les marchandises viennent au monde sous la forme de valeurs d’usage où de
                          denrées matérielles telles que le fer, la toile, le blé, etc. C’est leur
                          forme naturelle banale. Elles, ne sont cependant marchandises que parce
                          qu’elles sont quelque chose <pb xml:id="CapI54" n="54"/>de double, à la fois
                          objets d’usage et porteurs de valeur. Elles n’apparaissent donc comme
                          marchandises, ou ne possèdent la forme de marchandises que dans la mesure où
                          elles possèdent une double forme : forme naturelle et forme—valeur.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          L’objectivité de la valeur des marchandises se distingue en ceci de la veuve
                          Quickly, qu’on ne sait pas où la trouver<note xml:id="CapIsect1not16" n="16" place="bottom">
                            Shakespeare, <title>Henri IV</title>, acte 3, sc. 3.
                          </note>.
                          À l’opposé complet de l’épaisse objectivité sensible des
                          denrées matérielles, il n’entre pas le moindre atome de matière naturelle
                          dans leur objectivité de valeur. On aura donc beau tourner et retourner une
                          marchandise singulière dans tous les sens qu’on voudra, elle demeurera
                          insaisissable en tant que chose-valeur. Mais si l’on se souvient que les
                          marchandises n’ont d’objectivité de valeur que dans la mesure où elles sont
                          les expressions d’une même unité sociale, le travail humain, et que leur
                          objectivité de valeur est donc purement sociale, il va dès lors également de
                          soi que celle-ci ne peut apparaître que dans le rapport social de marchandise
                          à marchandise. Nous sommes effectivement partis de la valeur d‘échange ou du
                          rapport d’échange des marchandises pour trouver la trace de leur valeur
                          enfouie dans ce rapport. Il faut maintenant que nous revenions à cette forme
                          phénoménale de la valeur.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>P. 53-54</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  La dernière phrase (« il faut maintenant que nous revenions à… ») répond à
                  <ref target="#CapI43">l’annonce faite page 43 au milieu du paragraphe 1
                  (« toute la suite de notre recherche nous ramènera à… »)</ref>.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Jedermann weiß, wenn er auch sonst nichts weiß, dass die Waaren eine mit den
                          bunten Naturalformen ihrer Gebrauchswerthe höchst frappant kontrastirende,
                          gemeinsame Werthform besitzen – die Geldform. Hier gilt es jedoch zu leisten,
                          was die bürgerliche Oekonomie nicht einmal versucht hat, nämlich die Genesis
                          dieser Geldform nachzuweisen, also die Entwicklung des im Werthverhältniss der
                          Waaren enthaltenen Werthausdrucks von seiner einfachsten unscheinbarsten
                          Gestalt bis zur blendenden Geldform zu verfolgen. Damit wird das Geldräthsel
                          gelöst und verschwindet zugleich.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>NTA, Z. 618-625, S. 25-26</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Chacun sait, quand bien même il ne connaîtrait rien par
                          ailleurs, que les marchandises possèdent une forme valeur
                          qui leur est commune et qui contraste de manière extrêmement
                          frappante avec la très grande variété des formes naturelles
                          de leurs valeurs d’usage : la forme argent. Mais ce qu’il s’agit
                          de faire ici, et c’est ce que l’économie bourgeoise n’a même pas
                          essayé, c’est de montrer la genèse de cette forme argent, et
                          donc de suivre le développement de l’expression de valeur
                          contenue dans le rapport de valeur des marchandises, depuis
                          sa figure la plus inapparente et la plus simple jusqu’à son
                          aveuglante forme argent. Et c’est, par la même occasion, ce
                          qui lèvera l’énigme de la monnaie.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:54</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Everyone knows, if he knows nothing else, that commodities
                          have a value form common to them all, and presenting a
                          marked contrast with the varied bodily forms of their use-values.
                          I mean their money form. Here, however, a task is set us,
                          the performance of which has never yet even been attempted
                          by bourgeois economy, the task of tracing the genesis of this
                          money form, of developing the expression of value implied in
                          the value relation of commodities, from its simplest, almost
                          imperceptible outline, to the dazzling money form. By doing
                          this we shall, at the same time, solve the riddle presented by
                          money.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1887:15</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Everyone knows, if nothing else, that commodities have a
                          common value-form which contrasts in the most striking manner
                          with the motley natural forms of their use-values. I refer to the
                          money-form. Now, however, we have to perform a task never even
                          attempted by bourgeois economics. That is, we have to show the
                          origin of this money-form, we have to trace the development of
                          the expression of value contained in the value-relation of
                          commodities from its simplest, almost imperceptible outline to the
                          dazzling money-form. When this has been done, the mystery of
                          money will immediately disappear.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Penguin, 1976:139.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Concernant ce passage, Wolfgang Fritz Haug (<ref target="../../biblio/Haug2017.html">Haug 2017</ref>)
                  critique Fowkes pour sa traduction « origin of this money-form »
                  pour ce qui s’appelle genèse dans toute les langues, y compris dans la version anglaise de 1887.
                  Marx dit bien qu’il va suivre le développement de l’expression de la valeur dans ses différentes formes.
                  La forme monnaie est donc aboutissement et il est trompeur de parler ici de son « origine ».
                </p>

                <div xml:id="formvalsimple" type="level5"><!-- chap. 1 § 3 A) -->
                  <head>
                    A) Forme-valeur simple, singulière ou contingente
                  </head>

                  <div xml:id="ensformvalsimple"><!-- chap. 1 § 3 A) 4 -->
                    <head>
                    4. L’ensemble de la forme valeur simple
                    </head>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          À la lettre, il est faux de dire, <ref target="#doublecaract">comme nous
                          l’avons fait au début de ce chapitre pour parler de manière courante</ref>,
                          que la marchandise est valeur d’usage et valeur d’échange.
                          La marchandise est valeur d’usage, ou objet d’usage, et « valeur ».
                          Elle se présente comme cette entité double qu’elle est
                          dès lors que sa valeur possède une forme phénoménale propre distincte de sa forme naturelle,
                          qui est la forme de valeur d’échange,
                          et elle ne possède jamais cette forme si on la considère isolément,
                          mais uniquement dans son rapport de valeur ou d’échange à une deuxième marchandise, d’espèce différente.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 69.</bibl>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">
                      Il souligne bien que ce qui compte, c’est la valeur
                      et qu’on ne peut parler de valeur d’échange que par rapport à une autre marchandise.
                      Il fait des réserves sur la phrase qu’il a écrite au début et il est dommage qu’il n’ait pas jugé utile de la corriger
                      parce qu’on cite abondamment cette phrase qu’il déplore<note xml:id="Capital-Ichap1not2" n="2" place="bottom">
                        Elle est citée dans le <title>Manuel</title>, voir note ci-dessus.
                      </note>
                      tandis que peu de gens ont lu et compris la réserve ci-dessus.
                    </p>
                  </div>
                </div>
              </div>

              <div xml:id="fetiche" type="level4_para"><!-- chap. 1 § 4 -->
                <head>
                  4. Le caractère fétiche de la marchandise et son secret
                </head>
                <bibl>
                  Livre I, p. 81 et suivantes.
                </bibl>

                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 20%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Was die Produktenaustauscher zunächst praktisch interessiert, ist die
                          Frage, wieviel fremde Produkte sie für das eigne Produkt erhalten,
                          in welchen Proportionen sich also die Produkte austauschen. Sobald
                          diese Proportionen zu einer gewissen gewohnheitsmäßigen Festigkeit
                          herangereift sind, scheinen sie aus der Natur der Arbeitsprodukte zu
                          entspringen, so daß z.B. eine Tonne Eisen und 2 Unzen Gold gleichwertig,
                          wie ein Pfund Gold und ein Pfund Eisen trotz ihrer verschiednen
                          physikalischen und chemischen Eigenschaften gleich schwer sind. In der
                          Tat befestigt sich der Wertcharakter der Arbeitsprodukte erst durch ihre
                          Betätigung als Wertgrößen. Die letzteren wechseln beständig, unabhängig
                          vom Willen, Vorwissen und Tun der Austauschenden. Ihre eigne
                          gesellschaftliche Bewegung besitzt für sie die Form einer Bewegung von
                          Sachen, unter deren Kontrolle sie stehen, statt sie zu kontrollieren. Es
                          bedarf vollständig entwickelter Warenproduktion, bevor aus der Erfahrung
                          selbst die wissenschaftliche Einsicht herauswächst, daß die unabhängig
                          voneinander betriebenen, aber als naturwüchsige Glieder der
                          gesellschaftlichen Teilung der Arbeit allseitig voneinander abhängigen
                          Privatarbeiten fortwährend auf ihr gesellschaftlich proportionelles Maß
                          reduziert werden, weil sich in den zufälligen und stets schwankenden
                          Austauschverhältnissen ihrer Produkte die zu deren Produktion
                          gesellschaftlich notwendige Arbeitszeit als regelndes Naturgesetz
                          gewaltsam durchsetzt, wie etwa das Gesetz der Schwere, wenn einem das
                          Haus über dem Kopf zusammenpurzelt. Die Bestimmung der Wertgröße durch
                          die Arbeitszeit ist daher ein unter den erscheinenden Bewegungen der
                          relativen Warenwerte verstecktes Geheimnis. Seine Entdeckung hebt den
                          Schein der bloß zufälligen Bestimmung der Wertgrößen der Arbeitsprodukte
                          auf, aber keineswegs ihre sachliche Form.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW 23, p. 89.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 26%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p85"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 4 (1983:85-86). Ce qui intéresse d’abord pratiquement les gens</label>
                          Ce qui intéresse d’abord pratiquement les gens qui échangent leurs produits,
                          c’est de savoir combien de produits d’autrui ils obtiendront en échange de leur propre produit,
                          donc dans quelles proportions s’échangeront les produits.
                          Une fois que ces proportions sont parvenues à une certaine stabilité mûrie par l’habitude,
                          elles semblent venir de la nature des produits :
                          par exemple une tonne de fer et deux onces d’or seront de même valeur,
                          au même titre qu’une livre d’or et une livre de fer pèsent le même poids en dépit de leurs propriétés physiques et chimiques différentes.
                          En fait, le caractère valeur des produits du travail ne s’établit fermement
                          qu’une fois que ceux-ci sont pratiqués comme grandeurs de valeur.
                          Or ces grandeurs changent constamment, indépendamment de la volonté,
                          des prévisions et des actes des gens qui échangent. Leur mouvement social
                          propre a pour les échangistes la forme d’un mouvement de choses qu’ils ne
                          contrôlent pas, mais dont ils subissent au contraire le contrôle. Il faut
                          attendre un développement complet de la production marchande avant que
                          l’expérience même fasse germer l’intelligence scientifique de la chose :
                          on comprend alors que ces travaux privés, menés indépendamment les uns
                          des autres, mais mutuellement interdépendants par tous les côtés en tant
                          que branches naturelles de la division sociale du travail, sont réduits
                          en permanence à leur mesure sociale proportionnelle, parce que dans la
                          contingence et les oscillations constantes des rapports dans lesquels
                          s’échangent leurs produits le temps de travail socialement nécessaire à
                          leur production s’impose par la force comme loi naturelle régulatrice, au
                          même titre que la loi de la pesanteur s’impose quand quelqu’un prend sa
                          maison sur le coin de la figure. La détermination de la grandeur de valeur
                          par le temps de travail est donc un secret caché sous la phénoménalité des
                          mouvements des valeurs relatives des marchandises. En découvrant ce secret,
                          on lève l’apparence d’une détermination purement aléatoire des grandeurs
                          de valeur des produits du travail, mais on ne supprime nullement leur
                          forme de choses.
                          <index><term>temps de travail socialement nécessaire, comme loi naturelle</term></index>
                          <index><term>loi naturelle, le temps de travail socialement nécessaire comme —</term></index>
                          <index><term>loi de la valeur</term></index>
                          <index><term>valeur d’échange, — fluctuantes, contingentes</term></index>
                          <index><term>contingence, des valeurs d’échange</term></index>
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 85-86.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Wat in de praktijk de personen die producten ruilen allereerst
                          interesseert is de vraag, hoeveel andere producten zij voor het eigen
                          product krijgen, dat wil zeggen de verhouding waarin de producten tegen
                          elkaar geruild worden. Zodra deze verhoudingen door de gewoonte een
                          zekere stabiliteit hebben gekregen, schijnen zij uit de aard van de
                          arbeidsproducten voort te vloeien, zodat bijvoorbeeld 1 ton ijzer en
                          2 ons goud een gelijke waarde bezitten zoals 1 pond goud en 1 pond ijzer
                          — ondanks het verschil in natuurkundige en chemische eigenschappen — van
                          gelijk gewicht zijn. Door het optreden als waardegrootten krijgt het
                          waardekarakter van de arbeidsproducten inderdaad pas vastheid. Deze
                          grootten veranderen voortdurend, onafhankelijk van de wil, de voorkennis
                          en de activiteiten van de ruilende personen. Hun eigen maatschappelijke
                          beweging bezit voor hen de vorm van een beweging van zaken, zaken die
                          hen controleren in plaats van dat zij die zaken controleren. Pas wanneer
                          de warenproductie volledig ontwikkeld is, kan uit de ervaring het
                          wetenschappelijk inzicht ontstaan dat de onafhankelijk van elkaar
                          uitgeoefende, maar als natuurlijke takken van de maatschappelijke
                          arbeidsverdeling algemeen van elkaar afhankelijke individuele soorten van
                          arbeid, voortdurend worden herleid tot hun maatschappelijk proportionele
                          maat, omdat in de toevallige en steeds wisselende ruilverhoudingen van
                          hun producten de maatschappelijk noodzakelijke arbeidstijd als een
                          regulerende natuurwet gewelddadig optreedt, ongeveer zoals de wet van de
                          zwaartekracht bij het ineenstorten van iemands huis boven zijn hoofd.
                          De bepaling van de waardegrootte door middel van de arbeidstijd is dus
                          een achter de waarneembare bewegingen van de relatieve warenwaarde
                          schuilgaand geheim. De ontdekking van dit geheim maakt een einde aan de
                          schijn van de louter toevallige bepaling van de waardegrootte van het
                          arbeidsproduct, maar niet aan de zakelijke vorm van die bepaling.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/1.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          What, first of all, practically concerns producers when they make an
                          exchange, is the question, how much of some other product they get for
                          their own ? In what proportions the products are exchangeable ? When
                          these proportions have, by custom, attained a certain stability, they
                          appear to result from the nature of the products, so that, for instance,
                          one ton of iron and two ounces of gold appear as naturally to be of equal
                          value as a pound of gold and a pound of iron in spite of their different
                          physical and chemical qualities appear to be of equal weight. The
                          character of having value, when once impressed upon products, obtains
                          fixity only by reason of their acting and reacting upon each other as
                          quantities of value. These quantities vary continually, independently of
                          the will, foresight and action of the producers. To them, their own
                          social action takes the form of the action of objects, which rule the
                          producers instead of being ruled by them. It requires a fully developed
                          production of commodities before, from accumulated experience alone, the
                          scientific conviction springs up, that all the different kinds of private
                          labour, which are carried on independently of each other, and yet as
                          spontaneously developed branches of the social division of labour, are
                          continually being reduced to the quantitative proportions in which
                          society requires them. And why ? Because, in the midst of all the
                          accidental and ever fluctuating exchange relations between the products,
                          the labour time socially necessary for their production forcibly asserts
                          itself like an overriding law of Nature. The law of gravity thus asserts
                          itself when a house falls about our ears. The determination of the
                          magnitude of value by labour time is therefore a secret, hidden under
                          the apparent fluctuations in the relative values of commodities. Its
                          discovery, while removing all appearance of mere accidentality from the
                          determination of the magnitude of the values of products, yet in no way
                          alters the mode in which that determination takes place.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1867-c1/ch01.htm#S4">Marxists Internet Archive</ref>.
                        Aussi
                        MECW 35, p. 85-86.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <p rend="alinea">
                  La phrase allemande « In der Tat befestigt sich der Wertcharakter der
                  Arbeitsprodukte erst durch ihre Betätigung als Wertgrößen » a dû demander un
                  effort aux traducteurs : elle est toujours plus longue en traduction <note xml:id="Capital-Ichap1-not3" n="3" place="bottom">
                    Pour 105 caractères en allemand, on en a 141 en français, 110 en néerlandais et
                    164 en anglais.
                  </note> ;
                  en anglais, on brode : « when once impressed upon products », « acting and
                  reacting upon each other ».
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Il me semble que dans cette action ou mise en action des produits comme grandeur
                  de valeur, il faut voir un renvoi à <ref target="#formeval">la discussion de la
                  forme-valeur de la marchandise</ref>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La tradition marxiste, entre autres le <title><ref target="../manuel/index.html">Manuel d’économie politique</ref></title>, parle abondamment de loi de la valeur,
                  expression que Marx a peu utilisée. (Voir <ref target="#Marxlettre1868-07-11Kugelmann">une lettre à Kugelmann du 11 juillet 1968</ref>.)
                  On pourrait considérer que c’est la « loi naturelle » dont question ici. La
                  <term>loi de la valeur</term> s’énonce alors : « le temps de travail socialement
                  nécessaire à leur production s’impose par la force comme loi naturelle régulatrice ».
                </p>

                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 24%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Setzen wir nun an die Stelle Robinson’s einen Verein freier Menschen,
                          die mit gemeinschaftlichen Produktionsmitteln arbeiten
                          und ihre vielen individuellen Arbeitskräfte selbstbewusst als eine gesellschaftliche Arbeitskraft verausgaben.
                          […] Das Gesammtprodukt des Vereins ist ein gesellschaftliches Produkt.
                          Ein Theil dieses Produkts dient wieder als Produktionsmittel. Er bleibt gesellschaftlich.
                          Aber ein anderer Theil wird als Lebensmittel von den Vereinsgliedern verzehrt.
                          Er muss daher unter sie vertheilt werden.
                          Die Art dieser Vertheilung wird wechseln mit der besondern Art des gesellschaftlichen Produktionsorganismus selbst
                          und der entsprechenden geschichtlichen Entwicklungshöhe der Produzenten.
                          Nur zur Parallele mit der Waarenproduktion setzen wir voraus,
                          der Antheil jedes Produzenten an den Lebensmitteln sei bestimmt durch seine Arbeitszeit.
                          Die Arbeitszeit würde also eine doppelte Rolle spielen.
                          Ihre gesellschaftlich planmässige Vertheilung regelt
                          die richtige Proportion der verschiednen Arbeitsfunktionen zu den verschiednen Bedürfnissen.
                          Andrerseits dient die Arbeitszeit zugleich als Mass des individuellen Antheils des Produzenten an der Gemeinarbeit
                          und daher auch an dem individuell verzehrbaren Theil des Gemeinprodukts.
                          Die gesellschaftlichen Beziehungen der Menschen zu ihren Arbeiten und ihren Arbeitsprodukte
                          blieben hier durchsichtig einfach, in der Produktion sowohl als in der Distribution.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1867:37 (1872:56)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 24.5%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p90"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 4 (1983:90). Représentons-nous enfin, pour changer, une</label>
                          <pb xml:id="CapI90haut" n="90…"/>Représentons-nous enfin, pour changer, une association d’hommes libres,
                          travaillant avec des moyens de production collectifs
                          et dépensant consciemment leurs nombreuses forces de travail individuelles comme une seule force de travail sociale.
                          […]
                          Le produit global de l’association est un produit social.
                          Une partie de ce produit ressert comme moyen de production.
                          Elle demeure sociale.
                          Mais une autre partie est consommée comme moyen de
                          subsistance par les membres de l’association. Elle doit être
                          partagée entre eux. Ce partage se fera selon une modalité qui
                          change avec chaque modalité particulière de l’organisme de
                          production sociale lui-même, et avec le niveau de développement
                          historique correspondant atteint par les producteurs. Supposons,
                          simplement pour établir le parallèle avec la production marchande,
                          que la part de moyens de subsistance qui revient à chaque
                          producteur soit déterminée par son temps de travail. Le temps
                          de travail jouerait alors un rôle double. D’un côté, sa répartition
                          socialement planifiée règle la juste proportion des diverses
                          fonctions de travail sur les différents besoins. D’autre part, le
                          temps de travail sert en même temps à mesurer la participation
                          individuelle du producteur au travail commun, et aussi, par
                          voie de conséquence, à la part individuellement consommable
                          du produit commun. Les relations sociales existant entre les
                          hommes et leurs travaux, entre les hommes et les produits
                          de leurs travaux, demeurent ici d’une simplicité transparente
                          tant dans la production que dans la distribution.
                          <index><term>salaire, selon sa contribution sous le socialisme</term></index>
                          <index><term>socialisme, salaire selon sa contribution</term></index>
                          <index><term>répartition selon le travail sous le socialisme</term></index>
                          <index><term>socialisme, répartition selon le travail</term></index>
                          <index><term>allocation du travail social sous le socialisme</term></index>
                          <index><term>travail social, allocation sous le socialisme</term></index>
                          <index><term>socialisme, allocation du travail social</term></index>
                          <index><term>répartition du travail social sous le socialisme</term></index>
                          <index><term>travail social, répartition sous le socialisme</term></index>
                          <index><term>socialisme, répartition du du travail social</term></index>
                          <index><term>Robinson et robinsonades</term></index> <index><term>robinsonade</term></index>
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:90</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 27%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Laten wij ons ten slotte, voor de verandering, een vereniging van vrije mensen voorstellen,
                          die met gemeenschappelijke productiemiddelen werken en die hun veelsoortige individuele arbeidskrachten
                          zelfbewust als een enkele maatschappelijke arbeidskracht besteden.
                          […]
                          Het totale product van de door ons veronderstelde vereniging is een maatschappelijk product.
                          Een deel van dit product doet weer dienst als productiemiddel en blijft dan ook maatschappelijk.
                          Maar een ander deel wordt door de leden van de vereniging als bestaansmiddelen verbruikt;
                          dit deel moet dus onder hen verdeeld worden.
                          De wijze waarop deze verdeling plaatsvindt zal verschillen al
                          naar gelang de bijzondere aard van het maatschappelijk productieorganisme zelf
                          en al naar gelang het daarmee corresponderende stadium van historische ontwikkeling van de producenten.
                          Laten wij, ter vergelijking met de warenproductie, veronderstellen
                          dat voor iedere producent het aandeel in de bestaansmiddelen bepaald wordt door zijn arbeidstijd.
                          De arbeidstijd vervult dan een dubbele taak.
                          Enerzijds regelt de maatschappelijke planmatige verdeling van de arbeidstijd
                          de juiste verhouding tussen de verschillende soorten arbeid en de verschillende behoeften.
                          Anderzijds doet de arbeidstijd tegelijkertijd dienst als maat
                          voor het individuele aandeel van de producenten in de gemeenschappelijke arbeid
                          en derhalve ook voor het individuele aandeel in het te verteren deel van het gemeenschappelijke product.
                          De maatschappelijke betrekkingen van de mensen tot hun arbeid en tot de producten van hun arbeid
                          blijven hier zowel in de productie als in de verdeling duidelijk en eenvoudig.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/1.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Let us finally imagine, for a change, an association of free men,
                          working with the means of production held in common, and expending
                          their many different forms of labour-power in full self-awareness
                          as one single social labour force. […]
                          The total product of our imagined association is a social product.
                          One part of this product serves as fresh means of production and remains social.
                          But another part is consumed by the members of the
                          association as means of subsistence. This part must therefore be
                          divided amongst them. The way this division is made will vary
                          with the particular kind of social organization of production and
                          the corresponding level of social development attained by the producers.
                          We shall assume, but only for the sake of a parallel with
                          the production of commodities, that the share of each individual
                          producer in the means of subsistence is determined by his labour-time.
                          Labour-time would in that case _play a double part.
                          Its apportionment in accordance with a definite social plan maintains the
                          correct proportion between the different functions of labour and
                          the various needs of the associations. On the other hand, labour-time
                          also serves as a measure of the part taken by each individual
                          in the common labour, and of his share in the part of the total
                          product destined for individual consumption. The social relations
                          of the individual producers, both towards their labour and the
                          products of their labour, are here transparent in their simplicity,
                          in production as well as in distribution.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Penguin 1976:171-172 (1887:50) (MECW 35:89-90.)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Lénine <ref target="#Len1AmisDuPeuple-fascI">cite le début de ceci</ref>
                  dans <title>Ce que sont les Amis du peuple…</title>
                  (<title>Œuvres</title>, tome 1, p. 187)
                  après la discussion de l’expropriation des expropriateurs.
                  Quand Lénine écrit là « page 56 (éd. russe, p. 30) »,
                  c’est qu’il lit ça en allemand, page 56 de la deuxième édition du Livre I du <title>Capital</title>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  On voit au passage le nom de Robinson en allemand.
                  C’est que Marx vient de discuter les robinsonades (et en parle encore là où j’ai raccourci en […]).
                  (C’est aussi une répétition en 1867, qui n’est pas reprise en 1872.)
                  Voir alinéa marqué [W] dans un <ref target="MEexCapIchap1para4.html">extrait en langues comparées</ref>.
                </p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p91"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 4 (1983:91). Le reflet religieux du monde réel ne peut</label>
                      Le reflet religieux du monde réel ne peut disparaître de manière générale
                      qu’une fois que les rapports de la vie pratique des travaux et des jours représentent pour les hommes,
                      de manière quotidienne et transparente, des relations rationnelles entre eux et avec la nature.
                      La configuration du procès social d’existence, c’est-à-dire du procès de production matérielle,
                      ne se débarrasse de son nébuleux voile mystique,
                      qu’une fois qu’elle est là comme produit d’hommes qui se sont librement mis en société,
                      sous leur propre contrôle conscient et selon leur plan délibéré.
                      Mais cela requiert pour la société une autre base matérielle,
                      c’est-à-dire toute une série de conditions matérielles d’existence
                      qui sont elles-mêmes à leur tour le produit naturel d’un long et douloureux développement historique.
                      <index><term>religion, disparition avec le socialisme</term></index>
                      <index><term>relations rationnelles des hommes entre eux et avec la nature, socialisme</term></index>
                      <index><term>nature, relations rationnelles des hommes entre eux et avec la — sous le socialisme</term></index>
                      <index><term>socialisme, disparition de la religion</term></index>
                      <index><term>socialisme, relations rationnelles des hommes entre eux et avec la nature</term></index>
                      <index><term>socialisme, contrôle conscient et plan délibéré</term></index>
                      <index><term>plan délibéré, socialisme</term></index>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 91</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Ce passage sur la religion est à rapprocher
                  d’une part du fameux <ref target="#critphildroitHegel">passage sur l’opium du peuple</ref>,
                  et d’autre part du passage où Engels parle de « <ref target="#ADIIIchap2-HerrenderNatur">seigneurs de la nature</ref> »
                  au <ref target="#ADIIIchap2">chapitre des Notions théoriques</ref> de la troisième partie, Socialisme, de l’<title>Anti-Dühring</title>.
                </p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p xml:id="CapitalI-1983-p93"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 4. Des formules qui … appartiennent à une formation sociale</label>
                  <index><term>Gesellschaftsformation</term></index>
                  <index><term>formation sociale</term></index> <index><term>social formation</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Marx met en garde contre l’application au passé de notions propres à une formation sociale moderne.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 20%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Formeln, denen es auf der Stirn geschrieben steht,
                          dass sie einer Gesellschaftsformation angehören,
                          worin der Produktionsprocess die Menschen,
                          der Mensch noch nicht den Produktionsprocess bemeistert, […]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1872:58-59. (1867:41-42.)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 20%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Des formules qui portent inscrit au front
                          qu’elles appartiennent à une formation sociale
                          où c’est le procès de production qui maîtrise les humains,
                          et pas encore l’humanité qui maîtrise le procès de production, […]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 93, mais je me rapproche de l’allemand.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 20%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Formules, waaruit men zonder moeite kan aflezen
                          dat zij behoren tot een periode van de maatschappelijke ontwikkeling
                          waarin het productieproces de mens,
                          de mens nog niet het productieproces in zijn macht heeft, […]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/1.htm#top32">Marxistisch Internet-archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 20%;">
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          These formulæ, which bear stamped upon them in unmistakeable letters,
                          that they belong to a state of society,
                          in which the process of production has the mastery over man,
                          instead of being controlled by him, […]

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1887:52-53. MECW 35:91-92.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          These formulas, which bear the unmistakable stamp of
                          belonging to a social formation
                          in which the process of production has mastery over man
                          instead of the opposite, […]

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Penguin 174-175.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Marx a choisi ici de dire <term>formation sociale</term>, <term xml:lang="de">Gesellschaftsformation</term>
                  et non <term>mode de production</term>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Curieusement, la <term>formation</term> devient <foreign xml:lang="nl">periode van ontwikkeling</foreign>
                  en néerlandais comme dans la traduction de Roy de 1872.
                  L’équipe réunie par Engels pour traduire en anglais, là aussi suit Roy.
                  Par contre, Ben Fowkes adopte le terme <term xml:lang="en">social formation</term>.
                  Il est vrai qu’on peut comprendre en allemand comme en français, en langage ordinaire,
                  formation comme développement, et de là période ou stade de développement.
                  Marx semble l’utiliser ici comme notion d’un certain type de société.
                </p>


                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 50%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          … — Ich ergreife diese Gelegenheit, um einen Einwand,
                          der mir beim Erscheinen meiner Schrift „Zur Kritik der Pol. Oekonomie“, 1859,
                          von einem deutsch-amerikanischen Blatte gemacht wurde, kurz abzuweisen.
                          Es sagte, meine Ansicht, daß die bestimmte Produktionsweise
                          und die ihr jedesmal entsprechenden Produktionsverhältnisse,
                          kurz „die ökonomische Struktur der Gesellschaft die reale Basis sei,
                          worauf sich ein juristischer und politischer Überbau erhebe
                          und welcher bestimmte gesellschaftliche Bewußtseinsformen entsprächen“,
                          daß „die Produktionsweise des materiellen Lebens den sozialen, politischen
                          und geistigen Lebensprozeß überhaupt bedinge“,
                          — alles dies sei zwar richtig für die heutige Welt, wo die materiellen Interessen,
                          aber weder für das Mittelalter, wo der Katholizismus,
                          noch für Athen und Rom, wo die Politik herrschte.
                          Zunächst ist es befremdlich, daß jemand vorauszusetzen beliebt,
                          diese weltbekannten Redensarten über Mittelalter und antike Welt seien irgend jemand unbekannt gebliegen.
                          Soviel ist klar, daß das Mittelalter nicht vom Katholizismus
                          und die antike Welt nicht von der Politik leben konnte.
                          Die Art und Weise, wie sie ihr Leben gewannen, erklärt umgekehrt,
                          warum dort die Politik, hier der Katholizismus die Hauptrolle spielte.
                          Es gehört übrigens wenig Bekanntschaft z.B. mit der Geschichte der römischen Republik dazu,
                          um zu wissen, daß die Geschichte des Grundeigentums ihre Geheimgeschichte bildet.
                          Andrerseits hat schon Don Quixote den Irrtum gebüßt,
                          daß er die fahrende Ritterschaft mit allen ökonomischen Formen der Gesellschaft gleich verträglich wähnte.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Note 28, 1867:42-43.
                        Note 33, 1872:59-60, MEW 23:96.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p93n33"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 1, § 4, note 33. Je saisis cette occasion pour réfuter</label>
                          <pb xml:id="CapI93note33" n="93 note 33"/>… — Je saisis cette occasion
                          pour réfuter brièvement une objection qui m’a été faite par un journal germano-américain
                          lors de la parution de ma <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>, en 1859.
                          Selon lui, mon idée que le mode de production déterminé et les rapports de production à chaque fois correspondants,
                          bref que<note xml:id="Capital-Ichap1-not4" n="4" place="bottom">
                            <p rend="alinea">
                              Un usage audacieux des guillemets par Marx (guillemets inchangés depuis 1867:42)
                              peut rendre la phrase allemande difficile à comprendre.
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              Il faut comprendre selon moi que le critique conteste <emph>deux</emph> choses :
                              <list type="gloss">
                                <label rend="gras">daß</label>
                                <item>
                                  <list type="gloss">
                                    <label>[sujet]</label>
                                    <item>
                                      die bestimmte Produktionsweise
                                      und die ihr jedesmal entsprechenden Produktionsverhältnisse,
                                      kurz „die ökonomische Struktur der Gesellschaft
                                    </item>
                                    <label>[verbe]</label>
                                    <item>
                                       sei
                                    </item>
                                    <label>[complément]</label>
                                    <item>
                                      die reale Basis [sei],
                                      worauf sich ein juristischer und politischer Überbau erhebe
                                      und welcher bestimmte gesellschaftliche Bewußtseinsformen entsprächen“,
                                    </item>
                                  </list>
                                </item>
                                <label rend="gras">daß</label>
                                <item>
                                  <list type="gloss">
                                    <label>[sujet]</label>
                                    <item>
                                      „die Produktionsweise des materiellen Lebens
                                    </item>
                                    <label>[verbe]</label>
                                    <item>
                                      bedinge
                                    </item>
                                    <label>[complément]</label>
                                    <item>
                                      den sozialen, politischen
                                      und geistigen Lebensprozeß überhaupt [bedinge]“
                                    </item>
                                  </list>
                                </item>
                              </list>
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              Pour moi, le mot <term xml:lang="de">kurz</term> dans le premier sujet,
                              introduit le résumé par le critique de la formulation de Marx.
                              On a, dans ce sujet de la première assertion, la formulation longue de Marx
                              suivie de la formulation <term xml:lang="de">kurz</term> du critique.
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              Mais les traducteurs, au lieu de mettre là simplement <term>bref</term> entre deux versions du sujet,
                              ont écrit <term>bref que</term>, ce qui rend, je trouve, le passage plus difficile à comprendre :
                              là où en allemand, Marx a deux assertions en <term xml:lang="de">daß</term>,
                              les traducteurs ont trois <term>que</term>.
                              Ils créent ainsi l’apparence d’une première assertion qui tombe à plat, dont cherche vainement le verbe.
                              Tombant dans le piège de cette première assertion dont je ne trouvais pas le verbe,
                              j’ai consulté Marx en allemand.
                              Avec un peu d’effort, j’ai réussi à comprendre la logique du passage chez Marx,
                              tandis qu’en français, je n’y avais compris que dalle même avec de grands efforts.
                              J’ai pensé d’abord que les traducteurs n’avaient rien compris. (J’ai un sale caractère.)
                              Mais après avoir analysé et compris la phrase allemande, j’ai pu analyser celle en français et la comprendre.
                              Il faut y lire le deuxième <term>que</term> comme une reprise du premier,
                              non pas comme terminant une première assertion pour en commencer une nouvelle,
                              mais pour relancer la première au milieu du sujet :
                              que [première formulation du sujet[, bref que, résumé du sujet,]] [verbe et complément].
                              La virgule entre sujet et verbe m’avait surpris aussi à première lecture.
                              Mais c’est qu’on encadre entre deux virgules la reprise du sujet,
                              ce que je fais ressortir en mettant des parenthèses à la place des virgules.
                              Maintenant que j’ai tout compris, je trouve que Marx aurait pu mettre là la virgule aussi.
                            </p>
                            <list rend="horiz">
                              <item style="width: 50%;">
                                <cit xml:lang="de">
                                  <quote>
                                    <p rend="alinea">
                                      … daß die bestimmte Produktionsweise
                                      und die ihr jedesmal entsprechenden Produktionsverhältnisse
                                      (kurz „die ökonomische Struktur der Gesellschaft) die reale Basis sei,
                                      worauf sich ein juristischer und politischer Überbau erhebe
                                      und welcher bestimmte gesellschaftliche Bewußtseinsformen entsprächen“ …
                                    </p>
                                  </quote>
                                </cit>
                              </item>
                              <item>
                                <cit xml:lang="fr">
                                  <quote>
                                    <p rend="alinea">
                                      que le mode de production déterminé
                                      et les rapports de production à chaque fois correspondants
                                      (bref que « la structure économique de la société)
                                      est la base réelle sur laquelle s’édifie une superstructure
                                      et à laquelle correspondent des formes de conscience sociale déterminée » …
                                    </p>
                                  </quote>
                                </cit>
                              </item><!--
                              <item style="width: 25%;">
                                <cit xml:lang="nl">
                                  <quote>
                                    <p rend="alinea">

                                    </p>
                                  </quote>
                                  <bibl></bibl>
                                </cit>
                              </item> --><!--
                              <item>
                                <cit xml:lang="en">
                                  <quote>
                                    <p rend="alinea">

                                    </p>
                                  </quote>
                                  <bibl></bibl>
                                </cit>
                              </item> -->
                            </list>
                          </note>
                          « la structure économique de la société, est la base réelle sur laquelle s’édifie une superstructure
                          et à laquelle correspondent des formes de conscience sociale déterminée »,
                          et que « le mode de production de la vie matérielle conditionne le procès de vie social, politique et spirituel en général »,
                          — tout ceci serait effectivement exact pour le monde d’aujourd’hui, où dominent les intérêts matériels,
                          mais pas pour le Moyen Age, où dominait le catholicisme,
                          ni pour Athènes et Rome, où dominait <pb xml:id="CapI94note" n="94 note"/>la politique.
                          En premier lieu, il est étrange qu’il plaise à quelqu’un de supposer que
                          ces formules universellement connues sur le Moyen Âge et l’Antiquité soient restées inconnues de qui que ce soit.
                          Il est aussi clair que ni le Moyen Âge, ni l’Antiquité ne pouvaient vivre l’un du catholicisme, l’autre de la politique.
                          C’est la façon dont ils gagnaient leur vie qui explique, au contraire, pourquoi
                          c’est là le politique et ici le catholicisme qui jouaient le rôle principal<note xml:id="Capital-Ichap1-not5" n="5" place="bottom">
                            J’ai corrigé. Il y avait là une phrase difficile à comprendre,
                            ou qui ne rend pas vraiment ce que dit Marx :
                            « Mais inversement la façon dont ils gagnaient leur vie explique pourquoi
                            c’est là le politique et ici le catholicisme qui jouaient le rôle principal. »
                            Étonnamment, la traduction de Joseph Roy, ici, était bonne.
                            (Éditions sociales en huit volumes, volume I, page 93, note 1 commençant p. 92.)
                            Je ne vois pas pourquoi on a voulu, en 1983, formuler mal ce qui l’était déjà bien.
                          </note>.
                          Il suffit d’ailleurs d’un peu de familiarité avec l’histoire de la République romaine
                          pour savoir que l’histoire de la propriété foncière constitue son histoire secrète.
                          D’un autre côté, Don Quichotte a déjà payé cher l’erreur de s’être imaginé
                          que la chevalerie errante était également compatible avec toutes les formes économiques de la société.
                          <index><term>mode de production</term></index>
                          <index><term>rapports sociaux de production</term></index>
                          <index><term>base et superstructure</term></index>
                          <index><term>superstructure</term></index>
                          <index><term>Antiquité</term></index>
                          <index><term>Moyen Âge</term></index>
                          <index><term>République romaine</term></index>
                          <index><term>propriété foncière</term></index>
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Dans la note 33, p. 93-94.</bibl>
                    </cit>
                  </item><!--
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> --><!--
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                </list>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p94"><label rend="invisible">Capital I, chap. 1, § 4 (1983:94). La querelle insipide et ennuyeuse sur le</label>
                      <pb xml:id="CapI94" n="94"/>La querelle insipide et ennuyeuse
                      sur le rôle de la nature dans la constitution de la valeur d’échange, montre bien entre autres
                      à quel point une partie des économistes s’est laissé abuser par le fétichisme qui adhère au monde des marchandises,
                      ou par l’apparence objective des déterminations sociales du travail.
                      Puisque la valeur d’échange est une façon sociale déterminée d’exprimer le travail employé à fabriquer une chose,
                      elle ne peut guère contenir plus de matière naturelle que, par exemple, le cours des changes.
                      <index><term>fétichisme, des marchandises</term></index>
                      <index><term>nature, n’intervient pas dans la valeur</term></index>
                      <index><term>valeur d’échange, la nature n’entre pas en compte</term></index>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 94.</bibl>
                </cit>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap2" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 2 —
                Le procès d’échange
              </head>
              <bibl>Livre I, p. 96 et suivantes.</bibl>

              <p rend="alinea" xml:id="Capital-I-1983p100"><label rend="invisible">Capital I, chap 2 (1983:100). L’échange de marchandises commence là où se terminent</label>
                Historiquement, l’échange de marchandises est d’abord extérieur.
                <index><term>valeur, et commerce extérieur</term></index>
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Les choses sont par définition extérieures à l'homme, et donc aliénables.
                        Pour que cette aliénation [<foreign xml:lang="de">Veräusserung</foreign>] soit réciproque,
                        il suffit que les hommes se fassent implicitement face
                        comme les propriétaires privés de ces choses aliénables et par là même
                        précisément comme des personnes indépendantes les unes des autres.
                        Mais un tel rapport d'étrangeté réciproque n'existe pas pour les membres
                        d'une communauté naturelle, qu'elle ait la forme d'une famille patriarcale,
                        d'une commune de l'Inde antique, ou d'un État inca, etc.
                        L’échange de marchandises commence là où se terminent les communautés,
                        à leurs points de contact avec des communautés étrangères
                        ou avec des membres de communautés étrangères.
                        Mais une fois que certaines choses ont commencé d’être des marchandises à l’extérieur,
                        elles le deviennent aussitôt, par contre coup, dans la vie intérieure des communautés.
                        Leur rapport d’échange quantitatif est d’abord tout à fait aléatoire.
                        Elles sont échangeables du fait de l’acte de volonté de leurs possesseurs,
                        quand il veulent les aliéner réciproquement.
                        Cependant le besoin d’objets d’usage étrangers s’établit peu à peu.
                        La répétition continuelle de l’échange en fait un procès social régulier.
                        À la longue, une partie au moins des produits du travail doit donc être produite au départ en vue de l’échange.
                        Et à partir de ce moment, d’une part, la scission entre l’utilité des choses pour le besoin immédiat
                        et leur utilité pour l’échange se confirme.
                        Leur valeur d’usage se sépare de leur valeur d’échange.
                        Et d’autre part, le rapport quantitatif selon lequel elles s’échangent
                        devient dépendant de leur production elle-même.
                        L’habitude les fixe comme grandeurs de valeur.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1983:100.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Cela me fait penser à la question de la valeur sous le socialisme.
                L’État socialiste a des relations d’échange avec le monde extérieur, encore en partie capitaliste.
                En outre, dans la transition, il reste des propriétaires privés :
                de petites et moyennes entreprises, des paysans indépendants, des coopératives…
                Le secteur étatisé, planifié, pourrait fonctionner sans valeur,
                en planifiant directement l’affectation de ressources matérielles, de ressources humaines.
                Mais le secteur étatisé échange avec le secteur privé.
                Des biens sont donc des marchandises, qui ont une valeur.
                Il en est de même du fait du commerce extérieur.
                Cela fait que la valeur persiste sous le socialisme.<!--
                Je trouve ici une certaine analogie : -->
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap3" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 3 —
                La monnaie ou la circulation des marchandises
              </head>
              <bibl>Livre I, p. 107 et suivantes.</bibl>

              <p rend="invisible">
                <index><term>différence spécifique des modes de production</term></index>
                <index><term>differentia specifica, des modes de production</term></index>
                <index><term>modes de production, differentia specifica</term></index>
                <index><term>production et circulation des marchandises, dans des modes de production divers</term></index>
                <index><term>circulation et production des marchandises, dans des modes de production divers</term></index>
                <index><term>abstraction abusive, de la diversité des modes de production</term></index>
                <index><term>J. B. Say,  lieux communs</term></index>
                <index><term>Say, J. B., lieux communs</term></index>
                <index><term>catégorie abstraite, circulation dans des modes de production différents</term></index>
                <index><term>abstraite, catégorie, circulation dans des modes de production différents</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                On ne peut pas penser en catégories abstraites :
              </p>

              <list rend="horiz">
                <item style="width: 26.05%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        57) Vergleiche meine Bemerkungen über James Mill : „Zur Kritik etc.“
                        p. 74-76. Zwei Punkte sind hier charakteristisch für die Methode der
                        ökonomistischen Apologetik. Erstens die Identifieirung von Waarencirculation
                        und unmittelbarem Produktenaustausch durch einfache Abstraktion
                        von ihren Unterschieden. Zweitens der Versuch, die Widersprüche des
                        kapitalistischen Produktionsprozesses wegzuleugnen, indem man die
                        Verhältnisse seiner Produktionsagenten in die einfachen Beziehungen auflöst,
                        die aus der Waarencirculation entspringen. Waarenproduktion und Waarencirculation
                        sind aber Phänomene, die den verschiedensten Produktionsweisen angehören, wenn
                        auch in verschiednem Umfang und Tragweite. Man weiss also noch nichts von
                        der differentia specifica dieser Produktionsweisen und kann sie daher nicht
                        beurtheilen, wenn man nur die ihnen gemeinschaftlichen abstrakten Kategorien der
                        Waarencirculation kennt. In keiner andern Wissenschaft ausser der politischen
                        Oekonomie herrscht ähnliche Wichtigthuerei mit elementarischer Gemeinplätzlichkeit.
                        Z. B. J. B. Say nimmt sich heraus, über die Krisen abzuurtheilen,
                        weil er weiss, dass die Waare Produkt ist.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <title>Das Kapital</title> I, Hamburg, Verlag von Otto Meissner, 1867, S. 74.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 26.05%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        73) Vergleiche meine Bemerkungen über James Mill : „Zur Kritik etc.“
                        p. 74-76. Zwei Punkte sind hier charakteristisch für die Methode der
                        ökonomistischen Apologetik. Erstens die Identifieirung von Waarencirkulation
                        und unmittelbarem Produktenaustausch durch einfache Abstraktion
                        von ihren Unterschieden. Zweitens der Versuch, die Widersprüche des
                        kapitalistischen Produktionsprozesses wegzuleugnen, indem man die
                        Verhältnisse seiner Produktionsagenten in die einfachen Beziehungen auflöst,
                        die aus der Waarencirkulation entspringen. Waarenproduktion und Waarencirkulation
                        sind aber Phänomene, die den verschiedensten Produktionsweisen angehören, wenn
                        auch in verschiednem Umfang und Tragweite. Man weiss also noch nichts von
                        der differentia specifica dieser Produktionsweisen und kann sie daher nicht
                        beurtheilen, wenn man nur die ihnen gemeinschaftlichen abstrakten Kategorien der
                        Waarencirkulation kennt. In keiner Wissenschaft ausser der politischen
                        Oekonomie herrscht so grosse Wichtigthuerei mit elementarischer Gemeinplätzlichkeit.
                        Z. B. J. B. Say nimmt sich heraus, über die Krisen abzuurtheilen,
                        weil er weiss, dass die Waare Produkt ist.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <title>Das Kapital</title> I (Zweite verbesserte Auflage), Hamburg, Verlag von
                      Otto Meissner, 1872, S. 93-94.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 24.55%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        1. V. mes remarques sur James Mill, <title>Zur Kritik</title>, p. 74-76. Deux
                      points principaux caractérisent à ce sujet la méthode apologétique des économistes.
                      D’abord, ils identifient la circulation des marchandises et l’échange immédiat
                      des produits, en faisant tout simplement abstraction de leurs différences. En
                      second lieu, ils essaient d’effacer les contradictions de la <emph>production
                      capitaliste</emph> en réduisant les rapports de ses agents aux rapports simples
                      qui résultent de la circulation des marchandises. Or, circulation des marchandises
                      et production des marchandises sont des phénomènes qui appartiennent aux modes
                      de production les plus différents, quoique dans une mesure et une portée qui ne
                      sont pas les mêmes. On ne sait donc encore rien de la différence spécifique des
                      modes de production, et on ne peut les juger, si on ne connaît que les catégories
                      abstraites de la circulation des marchandises qui leur sont communes. Il n’est pas
                      de science où, avec des lieux communs élémentaires, l’on fasse autant l’important
                      que dans l’économie politique. J. B. Say, par exemple, se fait fort de juger les
                      crises, parce qu’il sait que la marchandise est un produit.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <title>Le Capital</title>, Livre premier (trad. Roy), Éditions sociales, Paris,
                      vol. 1, s. d. (réimp. 1969), p. 122.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        1 See my observations on James Mill in <title>Zur Kritik</title>, &amp;c., pp. 74-76.
                        With regard to this subject, we may notice two methods characteristic of apologetic economy.
                        The first is the identification of the circulation of commodities with the direct barter of products,
                        by simple abstraction from their points of difference ;
                        the second is, the attempt to explain away the contradictions of capitalist production,
                        by reducing the relations between the persons engaged in that mode of production,
                        to the simple relations arising out of the circulation of commodities.
                        The production and circulation of commodities are, however, phenomena that occur
                        to a greater or less extent in modes of production the most diverse.
                        If we are acquainted with nothing but the abstract categories of circulation,
                        which are common to all these modes of production,
                        we cannot possibly know anything of the specific points of difference of those modes,
                        nor pronounce any judgment upon them.
                        In no science is such a big fuss made with commonplace truisms as in political economy.
                        For instance, J. B. Say sets himself up as a judge of crises,
                        because, forsooth, he knows that a commodity is a product.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Capital I, 1887:88.
                      (<title>MECW</title>, vol. 35, p. 124.)
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.6%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <hi rend="ordinal">73</hi> Vergleiche meine Bemerkungen über James Mill, „Zur Kritik etc.“, p.74-76.
                        Zwei Punkte sind hier charakteristisch für die Methode der ökonomistischen Apologetik.
                        Erstens die Identifizierung von Warenzirkulation und unmittelbarem Produktenaustausch
                        durch einfache Abstraktion von ihren Unterschieden. Zweitens der Versuch,
                        die Widersprüche des kapitalistischen Produktionsprozesses wegzuleugnen, indem man
                        die Verhältnisse seiner Produktionsagenten in die einfachen Beziehungen auflöst, die
                        aus der Warenzirkulation entspringen. Warenproduktion und Warenzirkulation sind
                        aber Phänomene, die den verschiedensten Produktionsweisen angehören, wenn auch
                        in verschiednem Umfang und Tragweite. Man weiß also noch nichts von der differentia
                        specifica dieser Produktionsweisen und kann sie daher nicht beurteilen, wenn
                        man nur die ihnen gemeinschaftlichen, abstrakten Kategorien der Warenzirkulation
                        kennt. In keiner Wissenschaft außer der politischen Ökonomie herrscht so große
                        Wichtigtuerei mit elementarischer Gemeinplätzlichkeit. Z. B. J. B. Say nimmt sich
                        heraus, über die Krisen abzuurteilen, weil er weiß, daß die Ware Produkt ist.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>MEW</title>, Band. 23, S. 128.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 24.6%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        73. Voir mes notes sur James Mill, <title>Contribution, etc.</title>, p. 74-76.
                        On a ici deux aspects caractéristiques de la méthode de l’apologie économiste.
                        Premièrement, l’identification de la circulation des marchandises et de
                        l’échange immédiat de produits par simple abstraction de leurs différences.
                        Deuxièmement, la tentative de supprimer, par dénégation, les contradictions du
                        procès de production capitaliste en réduisant les rapports de ses agents de
                        production à de simples relations issues de la circulation des marchandises.
                        Or production de marchandises et circulation de marchandises sont des
                        phénomènes appartenant aux modes de production les plus divers, bien que
                        d’étendue et de portée variables. On ne sait donc rien de la <foreign xml:lang="la">differentia specifica</foreign> de ces modes de production, et ne peut donc
                        porter aucun jugement sur eux, si l’on ne connait que les catégories abstraites
                        de la circulation des marchandises qui leur sont communes. Aucune autre
                        science que l’économie politique n’est dominée par une telle façon arrogante
                        d’exploiter les lieux communs les plus élémentaires. J.B. Say, par exemple,
                        se targue de pouvoir juger des crises, parce qu’il sait que la marchandise est
                        un produit !
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Capital</title>, Livre I, p. 129.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 24.7%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        73) Vergelijk mijne opmerkingen over James Mill : <title>Zur Kritik</title>, enz. bl. 74-76.
                        Twee punten zijn hier kenmerkend voor de methode van de economische apologetiek.
                        Ten eerste de gelijkstelling van warencirculatie en onmiddellijke productenruil
                        door eenvoudig de verschilpunten in het duister te laten. Vervolgens de poging
                        om de tegenstrijdigheden van het kapitalistische productieproces te ontkennen,
                        door de betrekkingen van zijne productie-agenten op te lossen in de eenvoudige
                        verhoudingen voortkomende uit de warencirculatie. Warenvoortbrenging en
                        warenomloop zijn echter verschijnselen welke bij de meest verschillende
                        productiestelsels behoren, ofschoon dan in verschillende omvang en draagwijdte.
                        Men weet dus nog niets van het specifieke onderscheid tussen deze stelsels
                        en kan dus niet beoordelen, wanneer men alleen de abstracte categorieën van
                        de warenproductie kent welke ze gemeen hebben. In geen wetenschap buiten de
                        staathuishoudkunde heerst zulk een druktemakerij met alledaagse gemeenplaatsen.
                        B. v. ontziet J. B. Say zich niet in een oordeel uit te spreken over de
                        crisissen enkel op grond van zijn wetenschap dat de waar een arbeidsproduct is.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Kapitaal I, 1923 (vertaald door van der Goes), vol. 1, bl. 93-94.
                      (Heb de spelling gemoderniseerd. — D. M.)
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        24. See my observations on James Mill in <title>Zur Kritik etc.</title>, pp. 74-6
                        [English translation, pp. 96-8]. There are two points here which are characteristic of the
                        method of the bourgeoisie’s economic apologists. The first is the identification
                        of the circulation of commodities with the direct exchange of products, achieved
                        simply by abstracting from their differences. The second is the attempt to
                        explain away the contradictions of the capitalist process of production by
                        dissolving the relations between persons engaged in that process of production
                        into the simple relations arising out of the circulation of commodities. The
                        production and circulation of commodities are however phenomena which are
                        to be found in the most diverse modes of production, even if they vary in extent
                        and importance. If we are only familiar with the abstract categories of
                        circulation, which are common to all of them, we cannot know anything of their
                        <foreign xml:lang="la">differentia specifica</foreign>, and we cannot therefore pronounce judgement on them.
                        In no science other than political economy does there prevail such a combination
                        of great self-importance with the mouthing of elementary commonplaces.
                        For instance, J. B. Say sets himself up as a judge of crises because he knows that a commodity is a product.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Penguin, p. 209-210.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="alinea">
                Dans l’édition de 1887 en anglais,
                « <foreign xml:lang="en">with regard to this subject</foreign> » au début
                me fait penser qu’on a traduit avec un œil sur le texte de Marx
                et l’autre sur celui de Roy (« à ce sujet »)
                et l’expression « apologetic economy » ne me semble pas très claire.
              </p>
            </div>
          </div><!-- fin de fichier inclus Capital-Isect1.xml -->
<!-- Ch1, La Marchandise. Ch2, Le procès d’échange. Ch3, La monnaie ou la circulation des marchandises. -->
          <div xml:id="Capital-Isect2" type="level2_sect">
          <!-- début de fichier inclus Capital-Isect2.xml -->
            <head>Deuxième section — La transformation de l’argent en capital</head>

            <div xml:id="Capital-Ichap4" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 4 — Transformation de l’argent en capital
              </head>
              <bibl>
                <ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 165 et suivantes.
                <!-- <ref target="#CapIfr2016">Capital I, 2016</ref>, p. 145 et suivantes. -->
              </bibl>

              <div xml:id="Capital-Ichap4para1" type="level3_para">
                <head>1. La formule générale du capital</head>
                <bibl>Livre I, p. 165 et suivantes.</bibl>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      L’argent en tant qu’argent et l’argent en tant que capital ne se distinguent d’abord
                      que par leur forme de circulation différente.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La forme immédiate de la circulation des marchandises est M—A—M,
                      transformation de marchandise en argent et retrans­formation d’argent en marchandise : vendre pour acheter.
                      Mais nous trouvons à côté de cette forme une deuxième forme spécifiquement différente,
                      la forme transformation d’argent en marchandise et retransformation de marchandise en argent : acheter pour vendre.
                      L’argent qui décrit dans son mouvement cette dernière circulation se transforme en capital,
                      devient capital, est déjà par sa destination capital.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>1983:166.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Par M—A—M, on échange une marchandise contre une autre.
                  Échanger dans A—M—A de l’argent contre autant d’argent serait absurde.
                  Cela n’a de sens que pour plus d’argent.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 28%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>Mehrwerth (surplus value)</term></index>
                          <index><term>surplus value (Mehrwerth)</term></index>
                          Die vollständige Form dieses Prozesses ist daher G — W — G′, wo G′ = G + ΔG,
                          d. h. gleich der ursprünglich vorgeschossenen Geldsumme plus einem Increment.
                          Diess Increment oder den Ueberschuss über den ursprünglichen Werth nenne ich Mehrwerth (surplus value).
                          Der ursprünglich vorgeschossene Werth erhält sich daher nicht nur in der Circulation,
                          sondern in ihr verändert er seine Werthgrösse, setzt einen Mehrwert zu, oder verwerthet sich.
                          Und diese Bewegung verwandelt ihn in Kapital.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1867:112 (1872:133, MEW23:165).</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>plus-value (en anglais surplus value)</term></index>
                          La forme complète de ce mouvement est donc A—M—A′, dans laquelle A′ = A + ΔA,
                          c’est-à-dire égale à la somme primitivement avancée plus un excédant.
                          Cet excédant ou ce surcroît, je l’appelle <term>plus-value</term> (en anglais <term xml:lang="en">surplus value</term>).
                          Non seulement donc la valeur avancée se conserve dans la circulation ;
                          mais elle y change encore sa grandeur, y ajoute un plus, se fait valoir davantage,
                          et c’est ce mouvement qui la transforme en capital.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1872:63 (É.S. 8 vol. p. 155). (1983:170.)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25.5%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>plus-value (en anglais surplus value)</term></index>
                          La forme complète de ce procès est donc A—M—A′, où A′ est = A + ΔA,
                          c’est-à-dire égal à la somme avancée à l’origine, plus un incrément.
                          Cet incrément, l’excédent qui dépasse la valeur primitive, je l’appelle : plus-value (<term xml:lang="en">surplus value</term>).
                          Par conséquent, non seulement la valeur avancée primitivement se conserve dans la circulation,
                          mais elle y change la grandeur de sa valeur, elle s’ajoute une plus-value, ou encore elle se valorise.
                          Et c’est ce mouvement qui la transforme en capital.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:170.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          The exact form of this process is therefore M—C—M′, where M′ = M + ΔM
                          = the original sum advanced, plus an increment.
                          This increment or excess over the original value I call “surplus-value.”
                          The value originally advanced, therefore, not only remains intact while in circulation,
                          but adds to itself a surplus-value or expands itself.
                          It is this movement that converts it into capital.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1887:128.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Die selbständigen Formen,
                          die Geldformen, welche der Werth der Waaren in der einfachen Cirkulation annimmt,
                          vermitteln nur ihren Austausch und verschwinden im Endresultat der Bewegung.
                          In der Cirkulation G — W — G funktionieren dagegen beide, Waare und Geld, nur als verschiedne <seg rend="fondgris">Existenzweisen</seg> des Werths selbst,
                          das Geld seine allgemeine, die Waare seine besondre, so zu sagen nur verkleidete <seg rend="fondgris">Existenzweise</seg>.
                          Er geht beständig aus der einen Form in die andre über, ohne sich in dieser Bewegung zu verlieren<seg rend="fondjaune">,
                          und verwandelt sich so in ein automatisches Subjekt</seg>.
                          Fixirt man die besondren <seg rend="fondgris">Erscheinungsformen</seg>,
                          welche der sich verwerthende Werth im Kreislauf seines Lebens abwechselnd annimmt,
                          so erhält man die Erklärungen : Kapital ist Geld, Kapital ist Waare.
                          In der That aber wird der Werth hier das <seg rend="fondjaune">Subjekt eines Processes</seg>,
                          worin er unter dem beständigen Wechsel der Formen von Geld und Waare seine Grösse selbst verändert,
                          sich als Mehrwerth von sich selbst als ursprünglichem Werth abstösst, sich selbst verwerthet.
                          Denn die Bewegung, worin er Mehrwerth zusetzt, ist seine eigne Bewegung, seine Verwerthung also Selbstverwerthung.
                          Er hat die okkulte Qualität erhalten, Werth zu setzen, weil er Werth ist.
                          Er wirft lebendige Junge oder legt wenigstens goldne Eier.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1872:138-139.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Les formes indépendantes,
                          c’est-à-dire les formes argent ou monnaie que revêt la valeur des marchandises dans la circulation simple,
                          servent seulement d’intermédiaire pour l’échange des produits et disparaissent dans le résultat final du mouvement.
                          Dans la circulation A — M — A′, au contraire,
                          marchandise et argent ne fonctionnent l’une et l’autre que comme des <seg rend="fondgris">formes [d’existence]</seg> différentes de la valeur elle-même,
                          de manière que l’un en est la forme<seg rend="fondgris"> [d’existence]</seg> générale,
                          l’autre la forme particulière, et, pour ainsi dire, dissimulée.
                          La valeur passe constamment d’une forme à l’autre sans se perdre dans ce mouvement.
                          Si l’on s’arrête soit à l’une soit à l’autre de ces <seg rend="fondgris">formes [d’apparition]</seg>,
                          dans lesquelles elle <seg rend="fondgris">[valeur autovalorisante]</seg> se manifeste tour à tour,
                          on arrive aux deux définitions : le capital est argent, le capital est marchandise ;
                          mais, en fait, la valeur se présente ici <seg rend="fondjaune">comme une substance automatique, douée d’une vie propre</seg>
                          qui tout en échangeant ses formes<seg rend="fondgris"> [argent et marchandise]</seg> sans cesse, change aussi de grandeur,
                          et spontanément, en tant que valeur mère, produit une pousse nouvelle, une plus-value,
                          et finalement s’accroît par sa propre vertu.
                          En un mot, la valeur semble avoir acquis la propriété occulte d’enfanter de la valeur parce qu’elle est valeur,
                          de faire des petits ou du moins de pondre des œufs d’or.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1872:64.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          De zelfstandige vormen,
                          de geldvormen, die de waarde van de waren in de eenvoudige circulatie aanneemt,
                          brengen slechts de ruil van de waren tot stand en verdwijnen in het eindresultaat vande beweging.
                          In de circulatie G — W — G daarentegen
                          functioneren zowel waar als geld slechts als verschillende <seg rend="fondgris">bestaansvormen</seg> van de waarde zelf,
                          het geld als zijn algemene <seg rend="fondgris">bestaansvorm</seg> en de waar als zijn bijzondere,
                          zo te zeggen slechts verklede <seg rend="fondgris">bestaansvorm</seg>.
                          De waarde gaat voortdurend van de ene vorm over in de andere, zonder in deze beweging verloren te gaan<seg rend="fondjaune">,
                          en verandert zich op die manier in een automatisch subject</seg>.
                          Beschouwt men afzonderlijk de verschillende <seg rend="fondgris">verschijningsvormen</seg>,
                          die de groeiende waarde in de kringloop van haar leven afwisselend aanneemt,
                          dan krijgt men de volgende verklaringen: ‘kapitaal is geld’ en ‘kapitaal is waar’.
                          In feite echter wordt de waarde hier <seg rend="fondjaune">het subject van een proces</seg>, waarbinnen zij
                          — bij een voortdurende vormverandering van geld en waar — haar eigen grootte verandert,
                          zich als meerwaarde losmaakt van haar oorspronkelijke waarde en zichzelf in waarde vergroot.
                          Want de beweging, waarin zij meerwaarde toevoegt, is haar eigen beweging,
                          haar bevruchting met meerwaarde, dus zelfbevruchting.
                          Zij bezit de verborgen kwaliteit waarde voort te brengen omdat zij zelf waarde is.
                          Zij werpt levende jongen of legt althans gouden eieren.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Marxists Internet Archief (vertaling Lipschits).</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          The independent form, i.e., the money-form,
                          which the value of commodities assumes in the case of simple circulation,
                          serves only one purpose, namely, their exchange, and vanishes in the final result of the movement.
                          On the other hand, in the circulation M—C—M,
                          both the money and the commodity represent only different <seg rend="fondgris">modes of existence</seg> of value itself,
                          the money its general mode<seg rend="fondgris"> [ of existence]</seg>,
                          and the commodity its particular, or, so to say, disguised mode.
                          It is constantly changing from one form to the other without thereby becoming lost,
                          and thus assumes <seg rend="fondjaune">an automatically active character</seg>.
                          If now we take in turn each of the two different <seg rend="fondgris">forms [             ]</seg>
                          which self-expanding value successively assumes in the course of its life,
                          we then arrive at these two propositions : Capital is money : Capital is commodities.
                          In truth, however, value is here <seg rend="fondjaune">the active factor in a process</seg>,
                          in which, while constantly assuming the form in turn of money and commodities,
                          it at the same time changes in magnitude,
                          differentiates itself by throwing off surplus-value from itself;
                          the original value, in other words, expands spontaneously.
                          For the movement, in the course of which it adds surplus value, is its own movement, its expansion,
                          therefore, is automatic expansion.
                          Because it is value, it has acquired the occult quality of being able to add value to itself.
                          It brings forth living offspring, or, at the least, lays golden eggs.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1887:131-132.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Tout ceci montre la difficulté de s’entendre
                  sur ce qu’est en fin de compte le vrai texte du Livre I du <title>Capital</title>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Cet alinéa a été réécrit en 1872, mais sans grande différence de l’original de 1867 (1867:115-116),
                  sauf la première phrase où l’on ne retrouve plus en 1872 le terme <term xml:lang="de">Gebrauchswerth</term>.
                  Sans doute Marx a-t-il été plus attentif en 1872 à faire la différence
                  entre les termes <term xml:lang="dr">Werth</term> et <term xml:lang="de">Gebrauchswerth</term>,
                  à ne pas utiliser l’un pour l’autre, enfin à ne pas utiliser <term xml:lang="de">Gebrauchswerth</term> sans raison.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La traduction Roy est plus concise (sauf le doublon « argent ou monnaie » au début), peut-être trop.
                  Roy aura sans doute jugé qu’<term xml:lang="de" rend="fondgris">Existenzweisen</term>
                  et <term xml:lang="de" rend="fondgris">Erscheinungsformen</term>,
                  c’était trop de philosophie allemande pour le lecteur français.
                  On ne saura jamais si Marx ne l’a pas vu, n’a pas eu le temps de corriger ou s’il a approuvé le choix de Roy.
                  La traduction en anglais de 1887 sous la direction d’Engels laisse tomber le deuxième terme aussi,
                  mais est dans l’ensemble beaucoup plus proche de l’allemand que du français de 1872.
                  De même Roy déplace <seg rend="fondjaune">une partie de phrase sur l’automate</seg> pour la fusionner
                  avec <seg rend="fondjaune">une partie de phrase sur le processus</seg> plus loin.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans la quatrième édition allemande ci-dessous, on a précisé « den Warenaustausch » au lieu de « ihren Austausch ».
                  Comme la troisième édition (1883:128-129) est la identique à la deuxième de 1872, je suppose que c’est une précision due à Engels.
                  Dans la NTA ensuite, on retrouve le texte allemand de 1872 à l’identique,
                  sauf, je ne sais pourquoi, la reformulation (sans conséquence sur le fond) d’un début de phrase.
                  La motivation de Thomas Kuczynski est de retrouver le meilleur texte de Marx.
                  Je ne comprends donc pas pourquoi ici il éprouve le besoin de mettre son propre grain de sel.
                  La traduction Penguin est raisonnablement proche de l’allemand de Marx
                  et peut-être légèrement meilleure que celle dirigée par Engels,
                  à condition de comprendre avec prudence le mot <term xml:lang="en">appearance</term>.
                  Il ne s’agit pas de formes « apparentes » dans le sens de virtuelles, irréelles,
                  mais au contraire de formes bien réelles, telles qu’elles nous apparaissent,
                  autrement dit telles qu’elles sont en réalité, visiblement.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Die selbständigen Formen, die Geldformen, welche der Werth der Waaren in der einfachen Cirkulation annimmt,
                          vermitteln nur <seg rend="fondrouge">den Warenaustausch</seg> und verschwinden im Endresultat der Bewegung.
                          In der Cirkulation G — W — G funktioniren dagegen beide, Waare und Geld,
                          nur als verschiedne Existenzweisen des Werths selbst, das Geld seine allgemeine,
                          die Waare seine besondre, so zu sagen nur verkleidete Existenzweise.
                          Er geht beständig aus der einen Form in die andre über, ohne sich in dieser Bewegung zu verlieren,
                          und verwandelt sich so in ein automatisches Subjekt.
                          Fixirt man die besondren Erscheinungsformen,
                          welche der sich verwerthende Werth im Kreislauf seines Lebens abwechselnd annimmt,
                          so erhält man die Erklärungen : Kapital ist Geld, Kapital ist Waare.
                          In der That aber wird der Werth hier das Subjekt eines Processes,
                          worin er unter dem beständigen Wechsel der Formen von Geld und Waare, seine Grösse selbst verändert,
                          sich als Mehrwerth von sich selbst als ursprünglichem Werth abstösst, sich selbst verwerthet.
                          Denn die Bewegung, worin er Mehrwerth zusetzt, ist seine eigne Bewegung,
                          seine Verwerthung also Selbstverwerthung.
                          Er hat die okkulte Qualität erhalten, Werth zu setzen, weil er Werth ist.
                          Er wirft lebendige Junge oder legt wenigstens goldne Eier.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1890:116-117 (MEW 23:168-169).</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Die selbstständigen Formen, die Geldformen, welche der Werth der Waaren in der einfachen Cirkulation annimmt,
                          vermitteln nur den Austausch der Waaren und verschwinden im Endresultat der Bewegung.
                          In der Cirkulation G ― W ― G funktioniren dagegen beide, Waare und Geld,
                          nur als verschiedne Existenzweisen des Werths selbst, das Geld seine allgemeine,
                          die Waare seine besondre, so zu sagen nur verkleidete Existenzweise.
                          Er geht beständig aus der einen Form in die andre über, ohne sich in dieser Bewegung zu verlieren,
                          und verwandelt sich so in ein automatisches Subjekt.
                          <seg rend="fondrouge">Wird eine der besondren Erscheinungsformen fixirt</seg>,
                          welche der sich verwerthende Werth im Kreislauf seines Lebens abwechselnd annimmt,
                          so gelangt man zu zwei Erklärungen: Kapital ist Geld, Kapital ist Waare.
                          In der That aber wird der Werth hier das Subjekt eines Processes,
                          worin er unter dem beständigen Wechsel der Formen von Geld und Waare, seine Größe selbst verändert,
                          sich als Mehrwerth von sich selbst als ursprünglichem Werth abstößt, sich selbst verwerthet.
                          Denn die Bewegung, worin er Mehrwerth zusetzt, ist seine eigne Bewegung, seine Verwerthung also Selbstverwerthung.
                          Er hat die okkulte Qualität erhalten, Werth zu setzen, weil er Werth ist.
                          Er wirft lebendige Junge oder legt wenigstens goldne Eier.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>NTA:122.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Les formes autonomes, les formes monétaires que prend la valeur des marchandises dans la circulation simple
                          ne font que médiatiser l’échange des marchandises, puis disparaissent dans le résultat final du mouvement.
                          Par contre, dans la circulation A—M—A, l’un et l’autre, la marchandise et l ’argent,
                          ne fonctionnent que comme <seg rend="fondgris">modes d’existence</seg> différents de la valeur elle-mème,
                          l’argent comme son mode d’existence général,
                          la marchandise comme son mode d’existence particulier, son simple déguisement, pour ainsi dire.
                          La valeur passe cons­tamment d’une forme dans l’autre, sans se perdre elle-même dans ce mouvement<seg rend="fondjaune">,
                          et elle se transforme ainsi en un sujet automate</seg>.
                          Si l’on fixe les <seg rend="fondgris">formes phénoménales</seg> particulières
                          que prend tour à tour la valeur qui se valorise dans le circuit de son exis­tence,
                          on obtient alors les explications suivantes : le capital est argent, le capital est marchandise.
                          Mais en fait la valeur devient ici <seg rend="fondjaune">le sujet d’un procès</seg> dans lequel,
                          à travers le changement constant des formes-argent et marchandise,
                          elle modifie sa grandeur elle-même, se détache en tant que plus-value d’elle­ même en tant que valeur initiale, se valorise elle-même.
                          Car le mouvement dans lequel elle s’ajoute de la survaleur est son propre mouvement, sa valorisation, donc une autovalo­risation.
                          Elle a reçu cette qualité occulte de poser de la valeur parce qu’elle est valeur.
                          Elle fait des petits vivants — ou, pour le moins, elle pond des œufs d’or.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:173-174.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          The independent form, i.e. the monetary form, which the value of commodities assumes in simple circulation,
                          does nothing but mediate the exchange of commodities, and it vanishes in the final result of the movement.
                          On the other hand, in the circulation M–C–M
                          both the money and the commodity function only as different modes of existence of value itself,
                          the money as its general mode of existence, the commodity as its particular or, so to speak, disguised mode.
                          It is constantly changing from one form into the other, without becoming lost in this movement ;
                          it thus becomes transformed into an automatic subject.
                          If we pin down the specific forms of appearance assumed in turn by self­-valorizing value in the course of its life,
                          we reach the following elucidation : capital is money, capital is commodities.
                          In truth, however, value is here the subject of a process in which,
                          while constantly assuming the form in turn of money and commodities, it changes its own magnitude,
                          throws off surplus-value from itself considered as original value, and thus valorizes itself independently.
                          For the movement in the course of which it adds surplus-value is its own movement,
                          its valorization is therefore self-valorization [Selbstverwertung].
                          By virtue of being value, it has acquired the occult ability to add value to itself.
                          It brings forth living offspring, or at least lays golden eggs.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Penguin, p. 255.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
              </div>
              <!-- <div xml:id="Capital-Ichap4para2" type="level3_para">
                <head>2. Les contradictions de la formule générale</head>
                <bibl>Livre I, p. 175 et suivantes.</bibl>
              </div> -->

              <div xml:id="Capital-Ichap4para3" type="level3_para">
                <head>
                  <!-- <seg rend="invisible">Capital I, chapitre 4, </seg> -->3. Achat et vente de la force de travail
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                </head>
                <bibl>
                  <ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 187 et suivantes.
                  <!-- <ref target="#CapIfr2016">Capital I, 2016</ref>, p. 163 et suivantes. -->
                </bibl>

                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.188"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, § 3. Et cette marchandise spécifique, le possesseur</label>
                  Acheter et vendre ne crée pas de valeur nouvelle.
                  Pour cela, il faut acheter et consommer une marchandise créatrice de valeur.
                  Il en existe une seule, c’est la <term>force de travail</term>.
                  <index><term>force de travail, marchandise créatrice de valeur</term></index>
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Und der Geldbesitzer findet auf dem Markt eine solche spezifische Waare vor
                          — das Arbeitsvermögen oder die Arbeitskraft.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Unter Arbeitskraft oder Arbeitsvermögen verstehn wir
                          den Inbegriff der physischen und geistigen Fähigkeiten,
                          die in der Leiblichkeit, der lebendigen Persönlichkeit eines Menschen existiren
                          und die er in Bewegung setzt, so oft er Gehrauchswerthe irgend einer Art producirt.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1867:129.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Et cette marchandise spécifique, le possesseur d’argent la trouve sur le marché :
                          c’est la capacité de travail, ou encore la force de travail.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Par force de travail ou capacité de travail nous entendons
                          le résumé de toutes les capacités physiques et intellectuelles qui
                          existent dans la corporéité, la personnalité vivante d’un être
                          humain, et qu’il met en mouvement chaque fois qu’il produit
                          des valeurs d’usage d’une espèce quelconque.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><!-- P. 164 (2016). --><ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 188.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <p rend="alinea">
                  Marx fait la différence entre le travail
                  (qui dans le processus de production ajoute de la valeur au capital constant, fixe et circulant)
                  et ce concept-clef qu’il introduit ici : la force de travail.
                </p>
                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.188-189"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, § 3 (1983:188-189). Pour que son possesseur puisse la vendre</label>
                  L’être humain dont c’est la force de travail en est aussi le vendeur.
                  Le vendeur et la vente ici présentent trois aspects essentiels :
                  <list rend="ordered">
                    <item>Le vendeur est un citoyen libre, libre de contracter.</item>
                    <item>Il est à ce point démuni (en particulier, démuni de moyens de production) qu’il n’a pas vraiment le choix.</item>
                    <item>Il ne vend que pour un temps déterminé.</item>
                  </list>
                  <index><term>prolétaire, libre de contracter</term></index>
                  <index><term>prolétaire, dépourvu de moyens d’existence et de moyens de production</term></index>
                  <index><term>vente de la force de travail, liberté de contracter, temps déterminé</term></index>
                  <index><term>valeur de la force de travail, durée</term></index>
                  <index><term>force de travail, liberté de contracter, vente pour un temps déterminé</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      [1.]
                      Pour que son possesseur puisse la vendre comme marchandise, il faut qu’il puisse en disposer,
                      qu’il soit donc le libre propriétaire de sa puissance de travail, de sa personne.
                      Lui et le possesseur d’argent se rencontrent sur le marché et entrent en rapport l’un avec l’autre,
                      avec leur parité de possesseur de marchandises
                      et cette seule distinction que l’un est acheteur, l’autre vendeur :
                      tous deux étant donc des personnes juridiquement égales.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 188.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  C’est rappelé plus bas sous Égalité !
                  dans <ref target="#Benthamlib">le passage Liberté, Égalité, Propriété et Bentham</ref>.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      [2.]
                      La deuxième condition essentielle
                      pour que le possesseur d’argent trouve la force de travail sur le marché comme une marchandise,
                      c’est que son possesseur,
                      au lieu de pouvoir vendre des marchandises dans lesquelles son travail se serait objectivé,
                      soit au contraire obligé de mettre en vente comme marchandise sa force de travail elle-même,
                      laquelle n’existe que dans son corps d’être vivant.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 189.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Il y revient, plus loin, à propos de la valeur de la force de travail.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Qui dit puissance de travail ne fait pas abstraction des vivres nécessaires à sa subsistance.
                      Au contraire, la valeur de ces moyens de subsistance est exprimée dans sa valeur.
                      Si elle n’est pas vendue, elle ne sert à rien au travailleur
                      et il ressent au contraire comme une cruauté de la nécessité naturelle
                      que sa puissance de travail ait exigé un quantum déterminé de moyens de subsistance pour sa production
                      et qu’elle l’exige sans cesse à nouveau pour sa reproduction.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 195.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Marx résume ces deux premiers points en disant que le travailleur est doublement libre :
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      [1 + 2.]
                      … libre en ce double sens que,
                      d’une part,
                      il dispose en personne libre de sa force de travail comme d’une marchandise lui appartenant
                      et que, d’autre part,
                      il n’ait pas d’autres marchandises à vendre,
                      soit complètement débarrassé,
                      libre de toutes les choses nécessaires à la réalisation de sa force de travail.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 189.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Il reprend textuellement « libres en ce double sens »
                  <ref target="#Capital-Ichap24para1-double">vers le début du chapitre 24</ref>.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          [3.]
                          Pour que ce rapport perdure,
                          il faut que le propriétaire de la force de travail ne la vende jamais que pour un temps déterminé,
                          car s’il la vend en bloc, une fois pour toutes,
                          il se vend lui-même et il se transforme alors d’être libre en esclave, de possesseur de marchandise en marchandise.
                          En tant que personne,
                          il faut qu’il se rapporte lui-même constamment à sa force de travail comme à sa propriété
                          et par conséquent comme à sa marchandise propre,
                          et cela, il ne le peut que dans la mesure où il ne la met jamais à la disposition de l’acheteur,
                          ne lui en laisse la jouissance que provisoirement,
                          pour un laps de temps déterminé, où donc il ne renonce pas en l’aliénant à sa propriété sur elle <note xml:id="CapIsect2not40" n="40" place="bottom">
                            C’est pour cette raison que diverses législations fixent un maximum
                            pour le contrat de travail. […]
                          </note>.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 188-189.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Dans la situation où le capitaliste est en position de force
                  et où le prolétaire n’a pas le choix (sinon de mourir de faim),
                  la durée de la journée de travail peut être poussée très loin par le capitaliste.
                  Cependant, non seulement la force de travail est vendue pour une durée déterminée,
                  mais, dans le principe, ce doit être une durée raisonnable. (<ref target="#Capital-Ichap8para1">Chapitre 8, § 1</ref>.)
                  Pour que cette durée soit définie et plus ou moins respectée,
                  il faut que l’État légifère sur la journée de travail, entre autres sous la pression du mouvement ouvrier.
                  L’histoire de cette détermination (et des abus des capitalistes)
                  fait l’objet de <ref target="#Capital-Ichap8para2">la suite du chapitre 8</ref>.
                </p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.190"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, § 3 (1983:190-191). Les catégories économiques que nous avons examinées plus haut</label>
                  La marchandisation de la force de travail est caractéristique du capitalisme,
                  mais les catégories de division du travail, de marchandise, de monnaie, de valeur d’échange
                  sont très anciennes, bien plus générales que le capitalisme.
                  <index><term>marchandise, histoire</term></index>
                  <index><term>monnaie, histoire</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p rend="alinea">
                          Les catégories économiques que nous avons examinées plus
                          haut portent également leur marque historique. L’existence du
                          produit comme marchandise recouvre des conditions historiques
                          déterminées. Pour devenir marchandise, il ne faut pas que le
                          produit soit produit comme moyen de subsistance immédiat
                          pour le producteur lui-même. Si nous avions poussé notre recherche
                          plus loin, en nous demandant dans quelles conditions la totalité
                          des produits, ou simplement le plus grand nombre d’entre-eux,
                          prennent la forme de marchandise, il se serait avéré que cela
                          n’arrive que sur la base d’un mode de production tout à fait
                          spécifique, le mode de production capitaliste. Mais cette étude
                          était très éloignée de l’analyse de la marchandise. Il peut y avoir
                          production et circulation de marchandises, même si l’écrasante
                          masse des produits immédiatement orientés vers les besoins
                          personnels ne se transforme pas en marchandise et donc bien
                          que le procès social de production ne soit pas encore, il s’en faut
                          de beaucoup, dominé dans toute son étendue et dans son fondement
                          par la valeur d’échange. La présentation du produit comme
                          marchandise implique une division du travail si développée
                          au sein de la société que la séparation entre valeur d’usage et
                          valeur d’échange, qui ne fait que s’esquisser dans le commerce
                          de troc immédiat, est alors achevée. Mais ce niveau de développement
                          est commun aux formations sociales économiques les
                          plus diverses du point de vue historique.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Ou encore, prenons l’argent: il présuppose un certain degré
                          d’échange des marchandises. Les formes monétaires particulières
                          de l’argent, simple équivalent marchand ou moyen de
                          circulation, ou moyen de paiement, trésor ou monnaie universelle,
                          renvoient, selon l’extension différente et la prédominance
                          relative de l’une ou de l’autre fonction, à des degrés très divers
                          du procès social de production. Néanmoins, l’expérience enseigne
                          qu’il suffit d’un développement faible de circulation marchande
                          pour que toutes ces formes se constituent. Il en va autrement pour
                          le capital. Ses conditions d’existence historiques ne sont
                          absolument pas données avec la seule circulation des marchandises
                          et de la monnaie. Il ne naît que là où le possesseur de moyens de
                          production et de subsistance trouve sur le marché le travailleur
                          libre, vendeur de sa force de travail, et cette unique condition
                          historique renferme une histoire universelle. C’est pourquoi,
                          d’entrée de jeu, le capital annonce une ère du procès social de
                          production <note xml:id="CapIsect2not41" n="41" place="bottom">
                            Ce qui caractérise donc l’époque capitaliste c’est que la force de
                            travail acquiert pour le travailleur lui-même la forme d’une marchandise
                            qui lui appartient et son travail, par là-même, la forme de travail salarié.
                            En outre, c’est seulement à partir de ce moment que se généralise la forme
                            marchandise des produits du travail.
                          </note>.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 190-191.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Ainsi, le capitalisme est quelque chose de tout à fait nouveau : la force de
                  travail devient marchandise et pratiquement tout devient marchandise. Cependant,
                  <emph>tout</emph> n’est pas nouveau. Il a longtemps que les sociétés ont connu un marché
                  où « la séparation entre valeur d’usage et valeur d’échange […] est […] achevée »,
                  même si ce marché n’est que marginal dans un mode de production massivement non
                  marchand.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Cette nouveauté économique (force de travail marchandise) et la liberté contractuelle dont on a palé plus haut
                  ne sont que la surface d'une nouveauté politique et sociale :
                  l'opposition de deux classes principales, ceux qui ont les moyens de production et ceux qui n'en n'ont aucun
                  et qui n'ont donc d'autre choix que de contracter (librement) avec un capitaliste.
                  C'est la détermination fondamentale du mode de production capitaliste.
                  Bien sûr, il y a aura ce qu'on peut appeler révolution industrielle,
                  il y aura le remplacement des moulins à eau par les machines de Watt, puis les moteurs électriques, puis mille autres choses,
                  mais la détermination fondamentale du capitalisme, ce n'est pas ça ; c'est un nouveau rapport social, dont le reste découle.
                  Cela <ref target="#Capital-Ichap24para1-double">revient dans le chapitre sur l'accumulation initiale</ref> :
                  « le procès historique de séparation du producteur d’avec les moyens de production ».
                </p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.191"><label rend="invisible">Capital I, chapitre 4, 3, 1983:191-193</label>
                  <index><term>valeur de la force de travail</term></index>
                  <index><term>force de travail, valeur</term></index>
                  <index><term>moyen de subsistance, dans la valeur de la force de travail</term></index>
                  <index><term>valeur de la force de travail, élément historique et moral</term></index>
                  <index><term>valeur de la force de travail, plus que le minimum vital</term></index>
                  <index><term>minimum vital, la valeur de la force de travail est supérieure au —</term></index>
                  Marx examine alors la valeur la force de travail.
                  (Il y a dans ce passage quelques problèmes de traduction.
                  Voir l’<ref target="MEexCapIchap4para3.html">analyse dans les extraits de Marx et Engels</ref>.)
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Il s’agit maintenant d’examiner de plus près cette marchandise singulière
                      qu’est la force de travail. Pareillement à toutes les autres marchandises,
                      elle possède une valeur. Comment celle-ci est-elle déterminée ?
                    </p>
                    <p xml:id="CapIfr1983p191bas" rend="alinea">
                      La valeur de la force de travail, pareillement à celle de tout autre
                      marchandise, est déterminée par le temps de travail
                      <pb xml:id="CapI192" n="192"/>nécessaire à la production donc à la reproduction de tel article
                      spécifique. Dans la mesure où elle est valeur, la force de travail proprement
                      dite ne représente qu’un quantum déterminé de travail social moyen objectivé
                      en elle. La force de travail existe uniquement comme une disposition de
                      l’individu vivant. Sa production présuppose donc l’existence de ce dernier.
                      L’existence de l’individu étant donnée, la production de la force de travail
                      consiste en sa propre reproduction de lui-même ou encore en sa conservation.
                      Pour se conserver, l’individu vivant a besoin d’une certaine somme de moyens
                      de subsistance. Le temps de travail nécessaire à la production de la force de
                      travail se résout donc dans le temps de travail nécessaire à la production de
                      ces moyens de subsistance, ou encore la valeur de la force de travail est la
                      valeur des moyens de subsistance nécessaires à la conservation de celui qui
                      la possède. Cependant, la force de travail ne se réalise que par son
                      extériorisation, elle n’est à l’œuvre que dans le travail. Or, sa mise en
                      œuvre, le travail, occasionne la dépense d’un quantum déterminé de muscles,
                      de nerfs, de cerveau humains, etc. qu’il faut de nouveau remplacer. Cette
                      dépense accrue entraîne un rendement accru. Si le propriétaire de la force de
                      travail a travaillé aujourd’hui, il faut que demain il puisse répéter le même
                      procès dans les mêmes conditions de force et de santé. Il faut donc que la
                      somme des moyens de subsistance suffise à maintenir dans son état de vie
                      normal l’individu qui travaille en tant qu’individu qui travaille. Les besoins
                      naturels proprement dits, nourriture, vêtements, chauffage, logement, etc.
                      diffèrent selon les caractéristiques climatiques et autres caractéristiques
                      naturelles d’un pays. D’autre part, l’ampleur des besoins dits nécessaires,
                      ainsi que la manière de les satisfaire, sont eux-mêmes un produit historique
                      et, du coup, dépendent en grande partie du degré de civilisation d’un pays,
                      entre autres notamment, et essentiellement, des conditions dans lesquelles
                      la classe des travailleurs libres s’est formée, et par conséquent de ses
                      habitudes et de ses exigences propres quant à ses conditions d’existence.
                      Par opposition aux autres <pb xml:id="CapI193" n="193"/>marchandises, la
                      détermination de la valeur de la force de travail contient donc un élément
                      historique et moral. Cependant, pour un pays déterminé, dans une période
                      déterminée, l’ensemble moyen des moyens de subsistance nécessaires est
                      globalement donné.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Le propriétaire de la force de travail est mortel.
                      Si par conséquent son apparition sur le marché est censée être continue
                      comme le présuppose la transformation continue d'argent en capital,
                      il faut que le vendeur de la force de travail se perpétue lui-même,
                      « comme se perpétue tout individu vivant, par la procréation ».
                      Il faut que les forces de travail retirées du marché par l'usure et la mort
                      soient remplacées constamment par un nombre au moins égal de nouvelles forces de travail.
                      La somme des moyens de subsistance nécessaires à la production de la force de travail
                      inclut donc les moyens de subsistance des remplaçants, c'est-à-dire des enfants des travailleurs,
                      en sorte que cette race de possesseurs de marchandises d'un type particulier se perpétue sur le marché.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="#CapIfr1983">1983</ref>:191-193.
                    <ref target="#CapIfr2016">2016</ref>:167-168.
                  </bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Le capital, dans son accumulation initiale, mais encore tous les jours, prolétarise des gens.
                  Le capitalisme est l’ « inventeur » du prolétariat, mais pas de la vie humaine.
                  « La force de travail existe uniquement comme une disposition de l’individu vivant.
                  Sa production présuppose donc l’existence de ce dernier. L’existence de l’individu étant donnée… ».
                  La vie même des travailleurs, comme toute ressource naturelle, est un donné.
                  C’est un don de la nature et, comme toute ressource naturelle,
                  c’est gratuit pour le capitaliste et pour tout le monde.
                  La force de travail ne l’est pas parce qu’elle fait l’objet d’un échange marchand.
                  (Il n’y a que dans l’esclavage que l’être humain vivant est une marchandise.)
                  Ensuite la vie doit être entretenue et ce n’est pas donné.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Il faut encore remarquer trois choses :
                  premièrement, il ne s’agit pas comme on le dit trop souvent du minimum vital ;
                  il ne suffit pas que les travailleur survivent,
                  il faut qu’ils soient en assez bonne forme pour fournir le travail que le capitaliste attend d’eux.
                  Dans le même souffle, Marx inclut les enfants qui constitueront le prolétariat de demain.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La limite extrême ou la limite minimale de la valeur de la force de travail
                      est constituée par la valeur d’une masse de marchandises sans l’apport journalier de laquelle
                      le porteur de la force de travail, l’homme, ne peut renouveler son processus vital,
                      donc par la valeur des moyens de subsistance physiquement indispensables.
                      Si le prix de la force de travail tombe à ce seuil minimum, il tombe en dessous de sa valeur,
                      car elle ne peut alors se conserver et se développer que sous une forme étiolée.
                      Or la valeur de toute marchandise est déterminée par le temps de travail exigé
                      pour qu’elle soit fournie avec une qualité normale.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 194.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Il y revient <ref target="#Capital-Ichap8para1">au chapitre 8, § 1</ref>, en ce qui concerne le temps de travail.
                  (Le contrat de vente porte sur une valeur raisonnable, mais aussi sur un temps raisonnable.)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Deuxièmement, ne sont pas « payés » les gestes des travailleurs dans la mise en œuvre des moyens d’existence.
                  (Les aliments sont payés mais pas l’acte de les cuisiner, sauf dans les plats préparés ou sauf à manger au restaurant.
                  Les dépenses relatives aux enfants sont prises en charge aussi, pas le temps que les travailleurs consacrent à leurs enfants.)
                  Mais aucun travail n’est payé sous le capitalisme :
                  Le travailleur se met à la disposition du capitaliste à l’usine et ce n’est pas ça qui est payé.
                  En contrepartie du travail à l’usine (qui n’est pas payé),
                  le capitaliste prend en charge (paye) les moyens d’existence.
                  Si on oppose au capitaliste qu’on travaille pour lui aussi en reproduisant la force de travail,
                  la compensation ne pourrait être, comme pour le travail à l’usine, que la prise en charge des moyens d’existence.
                  Eh bien ! précisément, la prise en charge des moyens d’existence, c’est déjà fait.
                  Bref, le rapport social du capitalisme, c’est : le capitaliste prend en charge les moyens d’existence des prolétaires
                  et, en contrepartie, les travailleuses et les travailleurs assurent la production à l’usine et leur propre reproduction.
                  La complainte du travail domestique « non payé »<note xml:id="Capital-Ichap4-not1" n="1" place="bottom">
                    Souvent ce sont les gestes de la femme, qu’elle-même travaille à l’extérieur ou non,
                    et c’est un point en discussion dans le féminisme, en particulier dans la <foreign xml:lang="en">social reproduction theory</foreign>.
                    On ne peut épuiser cette question ici, mais j’ai commencé un essai là-dessus :
                    <ref target="#DMforcetravreprod">Note sur la force de travail et sa reproduction</ref>.
                  </note>
                  n’a pas de sens vis-à-vis des capitalistes.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Troisièmement, la valeur de la force de travail a un caractère historique : elle
                  diffère d’un pays à l’autre et, dans un même pays, d’une époque à l’autre. Cela
                  résulte même pour partie de rapports de forces (« de ses exigences propres »).
                  Il ne s’ensuit pas que la valeur de la force de travail change à chaque instant
                  de la lutte de classes. Pour Marx la valeur de la force de travail, même avec
                  « un élément historique et moral », est quelque chose d’objectif : « pour un pays
                  déterminé, dans une période déterminée », c’est un « donné ». Quand un capitaliste,
                  dans une situation favorable pour lui, paie mal ses travailleurs, il n’abaisse
                  pas la valeur de la force de travail, il triche, il paie la force de travail en
                  dessous de sa valeur. Chaque péripétie de la lutte de classes ne modifie pas la
                  valeur de la force de travail, mais seulement à quel point la force de travail est
                  temporairement payée en dessous de sa valeur. On ne peut parler de changement de
                  valeur de la force de travail qu’entre des « périodes » différentes. (Cela pose
                  la question de ce qu’on appelle « une période déterminée ».) Ensuite, pour qu’entre
                  deux périodes déterminées il y ait une valeur différente de la force de travail,
                  il faut bien un glissement des salaires qui ne soit pas un écart entre prix et
                  valeur, mais une véritable évolution de la valeur de la force de travail. Par
                  exemple, dans la crise actuelle qui remonte à la fin des années 60 et devient
                  visible dans les années 70, les capitalistes ont voulu restaurer leur taux de
                  profit en attaquant les salaires. Chaque mesure d’austérité est une tricherie sur
                  la valeur de la force de travail, mais après ces dizaines d’années (et ce n’est
                  pas fini), on pourrait dire de l’ensemble de ces mesures qu’elles constituent un
                  recul historique de la valeur de la force de travail. (On « pourrait dire », mais
                  cela demanderait à être calculé.) (Il faut tenir compte aussi du progrès de la
                  productivité dans la production des moyens d’existence, qui en abaisse la valeur
                  et donc celle de la force de travail. C’est l’objet de la <ref target="#Capital-Isect4">quatrième section</ref> du Livre I.)
                </p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.193"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, § 3 (1983:193). Le propriétaire de la force de travail est mortel.</label>
                  Avant ces considérations historiques, Marx n’a donné qu’un aperçu rapide des
                  marchandises dont la valeur constitue la valeur de la force de travail. Il y
                  revient en élargissant la perspective.
                  <index> <term>reproduction (enfants), dans la valeur de la force de travail</term> </index>
                  <index><term>enfant, dans la valeur de la force de travail</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p xml:id="CapIfr1983p193un8" rend="alinea">
                      Le propriétaire de la force de travail est mortel. Si par conséquent son
                      apparition sur le marché est censée être continue comme le présuppose la
                      transformation continue d’argent en capital, il faut que le vendeur de la
                      force de travail se perpétue lui-même, « comme se perpétue tout individu
                      vivant, par la procréation » (Petty). Il faut que les forces de travail
                      retirées du marché par l’usure et la mort soient remplacées constamment par
                      un nombre au moins égal de nouvelles forces de travail. La somme des moyens
                      de subsistance nécessaires à la production de la force de travail inclut donc
                      les moyens de subsistance des remplaçants, c’est-à-dire des enfants des
                      travailleurs, en sorte que cette race de possesseurs de marchandises d’un
                      type particulier se perpétue sur le marché.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 193.</bibl>
                </cit>

                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-chap4para3servicemarch"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, $ 3.</label>
                  Élever des enfants, on conçoit bien qu’en valeur cela puisse se réduire
                  à la valeur d’autres marchandises, nourriture, langes, vêtements, logement…
                  La mise en œuvre de ces moyens pour élever ses enfants relève de la vie privée.
                  Voir <ref target="#Capital-Ichap21-1983p642">au chapitre 21 où il dit cette phrase fameuse</ref>
                  que « le capitaliste… peut faire confiance à l'instinct de conservation et à l'instinct sexuel de l'ouvrier ».
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Marx parle de la formation, qu’il réduit à encore d’autres marchandises<note xml:id="Capital-Ichap4-not2" n="2" place="bottom">
                    La réduction de la valeur de l’enseignement à la valeur d’autres marchandises est
                    plus délicate : l’enseignant ne fait pas partie du ménage du travailleur. Le
                    travailleur ne se rémunère pas lui-même et son épouse pour la préparation du repas,
                    mais il faut bien que, directement ou indirectement, il paie l’enseignant. Or, par
                    définition, les travailleurs n’ont pas d’autre revenu que le paiement de leur force de
                    travail et ne peuvent dépenser ni plus ni moins que ça. Donc tout ce qu’ils paient doit
                    être valeur sinon la définition s’écroule. Cela conduit à mon sens à reconsidérer
                    l’exclusion que certains font des services. Je prends ici le cas de l’enseignement
                    parce que Marx le mentionne, mais on pourrait faire la même considération pour la
                    coupe de cheveux. Si les cheveux ne sont pas coupés dans la famille, mais par un
                    coiffeur que les travailleur paient pour cela, la coupe de cheveux doit être une
                    marchandise, une valeur (pas seulement une valeur d’usage). Ce n’est pas le lieu
                    d’épuiser cette question, mais on ne pourra pas ne pas tenir compte de l’exigence
                    de cohérence de la définition de force de travail comme une marchandise qui a pour
                    valeur la somme des valeurs des marchandises qui servent à la produire.
                    <index><term>enseignement, dans la valeur de la force de travail, donc valeur</term></index>
                    <index><term>coupe de cheveux, dans la valeur de la force de travail, donc valeur</term></index>
                  </note>.
                </p>
                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-chap4para3vieux"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, $ 3.</label>
                  Comme de son temps, les ouvriers mouraient jeunes, Marx ne parle pratiquement pas des vieux,
                  mais il me semble qu’il faut théoriquement les prendre en considération aussi ;
                  pas seulement les enfants des travailleurs, mais aussi leurs parents âgés.
                  La valeur de la force de travail a une dimension historique.
                  Historiquement, il n’est pas dans les habitudes de laisser crever les vieux.
                  Il faut donc inclure dans la reproduction de la force de travail
                  les moyens d’existence des travailleurs trop âgés pour pouvoir travailler,
                  par exemple à charge de leurs enfants travailleurs.
                  <index><term>vieux, dans la valeur de la force de travail</term></index>
                  <index><term>valeur de la force de travail, prise en charge des personnes âgées</term></index>
                  <index><term>personnes âgées, dans la valeur de la force de travail</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-chap4para3pluriel"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, $ 3.</label>
                  Il faut donc se méfier du singulier dans la rencontre
                  entre le capitaliste qui achète la force de travail d’un individu et l’individu qui la vend.
                  (Marx lui-même passe du singulier au collectif au <ref target="#Capital-Ichap21-1983p642">chapitre 21</ref>
                  pour parler de la reproduction du prolétariat.)
                  C’est bien avec un individu libre que le capitaliste contracte
                  et c’est la force de travail d’un individu particulier que le capitaliste consomme quand il la met en œuvre.
                  Cependant, du point de vue de la valeur de la force de travail, c’est-à-dire de la reproduction de la force de travail,
                  la force de travail a un caractère collectif, au moins familial, pour ne pas dire plus.
                  Marx le dit <ref target="#Capital-Ichap13para3">au chapitre 13, § 3</ref>, a).
                  Le capitaliste peut acheter, en tant que valeur d’usage, une force de travail particulière,
                  mais il ne peut payer que <emph>de</emph> la force de travail (avec un <term>de</term> partitif),
                  pas une force de travail particulière, parce que celle-là n’a pas de valeur définissable.
                  Le salaire peut aller à un homme où à une femme isolés ;
                  à un homme ou à une femme, ou aux deux, d’un couple sans enfants ;
                  à un homme ou à une femme, ou aux deux, d’une famille sans enfants (et parfois aux enfants aussi) ;
                  aucun de ces salaires ne correspond bien à la valeur de la force de travail.
                  Ce n’est que globalement que les salaires correspondent à la force de travail
                  (quand on la suppose payée à sa valeur).
                  Marx le dit explicitement <ref target="#Capital-Ichap13para3">au chapitre 13, § 3, a</ref>.
                  Mais il faut alors, me semble-t-il, admettre que
                  <ref target="#DM-FT-valcoll">ces salaires peuvent venir de plusieurs capitalistes différents</ref>.
                  <index><term>valeur de la force de travail, collective (plusieurs travailleurs, plusieurs capitalistes)</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Par ailleurs, les dépenses s’étalent dans le temps.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Une partie des moyens de subsistance, par exemple la nourriture, le chauffage, etc.
                      sont consommés tous les jours et il faut chaque jour les remplacer par d’autres.
                      D’autres moyens de subsistance, comme les vêtements, les meubles, etc.
                      s’usent dans des intervalles plus longs et ne sont à remplacer qu’à de plus longs intervalles.
                      Certaines marchandises d’une espèce donnée doivent être achetées ou payées tous les jours,
                      d’autres toutes les semaines, tous les trimestres, etc.
                      Quelle que soit la répartition de la somme de ces dépenses sur l’année,
                      il faut qu’elle soit couverte bon an, mal an par le revenu moyen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 193-194.</bibl>
                </cit>


                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.193qual"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, § 3 (1983:193). Si l’on veut modifier la nature humaine générale</label>
                  Des forces de travail de différents niveaux de qualification ont une valeur différente.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Si l’on veut modifier la nature humaine générale de telle sorte qu’elle
                      acquière habileté et savoir faire dans une branche de travail déterminée,
                      qu’elle devienne une force de travail développée spécifique, il faut une
                      formation ou une éducation déterminée qui, à son tour, coûte une somme plus
                      ou moins grande d’équivalents marchandises. Selon le caractère plus ou moins
                      médiatisé de la force de travail, les coûts de sa formation sont différents.
                      Ces frais d’apprentissage qui tendent vers l’infiniment petit pour la force
                      de travail ordinaire, entrent donc dans la sphère des valeurs dépensées pour
                      sa production.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 193.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Cependant, il y a de nombreux besoins dans l’existence qui sont indépendants du niveau de formation.
                  Les besoins correspondant à la formation doivent peser peu dans le total.
                  Je soupçonne que les différences de salaire dépassent les différences de valeur en cette matière.
                </p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p rend="alinea">
                  Il y a un décalage temporel en trois moments.
                  <list>
                    <label>1. Force de travail</label>
                    <item>
                      La valeur de la force de travail, dans son aspect concret de la vie du travailleur,
                      ce sont des moyens d’existence qui doivent avoir existé avant, pour que cette force de travail existe :
                      « … car un quantum déterminé de travail social avait été dépensé pour produire la force de travail… »
                      (<ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 195).
                    </item>
                    <label>2. Vente de la force de travail</label>
                    <item>
                      Le travailleur, vendeur de sa force de travail, n’est le plus souvent payé qu’après que le travail ait eu lieu.
                      La vente, l’acte de vente, le contrat de travail écrit ou implicite, c’est avant le travail,
                      mais le salaire vient pratiquement toujours après la semaine, la quinzaine, le mois de travail.
                      Le capitaliste acheteur de la force de travail, au moment de l’achat, la paie… à crédit,
                      crédit que lui fait le travailleur qui vend sa force de travail.
                      (Le paiement réel du salaire intervient en fait comme un quatrième moment.)
                      Mais, pour comprendre le rapport d’exploitation, il faut ne pas tenir compte de ça.
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            Dans tous les pays à mode de production capitaliste,
                            la force de travail n’est payée qu’après avoir fonctionné pendant le temps fixé dans Je contrat de vente,
                            par exemple à la fin de chaque semaine.
                            Le travailleur fait donc partout au capitaliste l’avance de la valeur d’usage de sa force de travail ;
                            il la laisse consommer par l’acheteur avant d’en toucher le prix ;
                            le travailleur fait donc partout crédit au capitaliste.
                            […]
                            Le prix de la force de travail est fixé par contrat bien qu’il ne soit réalisé qu’après coup […].
                            La force de travail est vendue bien qu’elle ne soit payée qu’après coup.
                            Pour la compréhension pure du rapport il est néanmoins utile de présupposer provisoirement
                            que le possesseur de la force de travail reçoit également aussitôt,
                            chaque fois qu’il la vend, le prix stipulé par contrat.
                          </p>
                        </quote>
                        <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 196.</bibl>
                      </cit>
                    </item>
                    <label>3. Usage de la force de travail</label>
                    <item>
                      Ce n’est qu’après la vente que le capitaliste mettra à l’œuvre la force de travail qu’il a achetée.
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            La nature particulière de cette marchandise spécifique qu’est la force de travail
                            veut qu’avec la conclusion du contrat entre l’acheteur et le vendeur,
                            sa valeur d’usage ne soit pas encore véritablement passée aux mains de l’acheteur.
                          </p>
                        </quote>
                        <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 197.</bibl>
                      </cit>
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            Le procès de consommation de la force de travail
                            est simultanément le procès de production de marchandise et de plus-value.
                          </p>
                        </quote>
                        <bibl><ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 197.</bibl>
                      </cit>
                      Mais à ce moment-là, on a quitté le monde public du marché pour le monde secret de l’usine
                      à l’entrée de laquelle il est écrit : « <foreign xml:lang="en">No admittance except on business</foreign> ».
                    </item>
                  </list>
                </p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p xml:id="Benthamlib"><label rend="invisible">Capital I, chap. 4, § 3. Achat et vente de la force de travail</label>
                  <index><term>Bentham, Liberté, Égalité, Propriété et —</term></index>
                  <index><term>Liberté, Égalité, Propriété et Bentham</term></index>
                  <index><term>Éden des droits innés de l’homme</term></index>
                  <index><term>droits innés de l’homme</term></index>
                  <index><term>inné, droits innés de l’homme</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La vente de la force de travail se passe sur le marché, dans la circulation.
                  C’est un acte entre contractants libres.
                  (Étant entendu que l’un est en position de force et que l’autre — c’est la définition de prolétaire
                  — a la liberté de choisir entre contracter ou mourir.)
                  Ensuite, quand il s’agira de consommer cette force de travail,
                  on passera dans un tout autre monde, en dehors du marché, celui de la production.
                  Liberté et cetera, c’est pour le marché, dans son principe bourgeois.
                  Cela ne vaut pas pour l’usine.
                  (Encore que les États ont fini par légiférer aussi sur le travail.)
                  Marx annonce ainsi qu’en cette fin de chapitre 4 nous allons quitter le marché
                  pour attaquer au <ref target="#Capital-Ichap5">chapitre 5</ref> la production comme consommation de la force de travail.
                  Il revient à la production du point de vue du <ref target="#Capital-IIchap1">cycle du capital au Livre II</ref>.
                  Là, Marx présente explicitement la production comme une suspension hors marché.
                  Ô temps ! suspends ton vol : les machines, matières premières, forces de travail…
                  ce capital est retiré de la circulation, dans un ailleurs qu’est la production,
                  où il prend temporairement la forme particulière de <term>capital productif</term>,
                  lequel retournera au terme du processus, transformé, dans la circulation,
                  redeviendra du capital ordinaire sur le marché.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25.3%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <floatingText>
                        <body>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              Die Sphäre der Cirkulation oder des Waarenaustauschs, innerhalb deren
                              Schranken Kauf und Verkauf der Arbeitskraft sich bewegt, war in der That ein
                              wahres Eden der angebornen Menschenrechte. Was allein hier herrscht, ist
                              Freiheit, Gleichheit, Eigenthum, und Bentham. <emph>Freiheit!</emph> Denn Käufer und Ver-
                              käufer einer Waare, z.B. der Arbeitskraft, sind nur durch ihren freien Willen
                              bestimmt. Sie kontrahiren als freie, rechtlich ebenbürtige Personen. Der Kontrakt
                              ist das Endresultat, worin sich ihre Willen einen gemeinsamen Rechtsausdruck
                              geben. <emph>Gleichheit!</emph> Denn sie beziehen sich nur als Waarenbesitzer auf einander
                              und tauschen Aequivalent für Aequivalent. <emph>Eigenthum!</emph> Denn jeder verfügt nur
                              über das Seine. <emph>Bentham!</emph> Denn jedem von den beiden ist es nur um sich zu
                              thun. Die einzige Macht, die sie zusammen und in ein Verhältniss bringt, ist die
                              ihres Eigennutzes, ihres Sondervortheils, ihrer Privatinteressen. Und eben weil so
                              jeder nur für sich und keiner für den andren kehrt<note xml:id="CapI-kehrt" n="*" place="bottom">
                                D’aucuns supposent que Marx a écrit <foreign xml:lang="de">kehrt</foreign>
                                en pensant <foreign xml:lang="en">cares</foreign> en anglais.
                              </note>,
                              vollbringen alle, in Folge einer
                              prästabilirten Harmonie der Dinge, oder unter den Auspicien einer allpfiffigen
                              Vorsehung, nur das Werk ihres wechselseitigen Vortheils, des Gemeinnutzens,
                              des Gesammtinteresses.
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              Beim Scheiden von dieser Sphäre der einfachen Cirkulation oder des
                              Waarenaustauschs, woraus der Freihändler <foreign xml:lang="la">vulgaris</foreign> Anschauungen, Begriffe und
                              Maßstab für sein Urtheil über die Gesellschaft des Kapitals und der Lohnarbeit
                              entlehnt, verwandelt sich, so scheint es, schon in etwas die Physiognomie
                              unsrer <foreign xml:lang="la">dramatis personae</foreign>. Der ehemalige Geldbesitzer schreitet voran als Kapitalist,
                              der Arbeitskraftbesitzer folgt ihm nach als sein Arbeiter; der Eine bedeutungsvoll
                              schmunzelnd und geschäftseifrig, der Andre scheu, widerstrebsam, wie Jemand,
                              der seine eigne Haut zu Markt getragen und nun nichts andres zu erwarten hat als
                              die – Gerberei.
                            </p>
                          </quote>
                        </body>
                      </floatingText>
                      <bibl>
                        <ref target="#CapIde1872">Kapital I, 1872</ref>, p. 162-163. <ref target="#CapIde1962">NTA</ref>,  p. 142.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25.4%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          La sphère de la circulation ou de l’échange de marchandises, entre les
                          bornes de laquelle se meuvent achat et vente de la force de travail, était
                          en fait un véritable Éden des droits innés de l’homme. Ne règnent ici
                          que Liberté, Égalité, Propriété et Bentham. <emph>Liberté !</emph> Car l’acheteur
                          et le vendeur d’une marchandise, la force de travail par exemple, ne sont
                          déterminés que par leur libre volonté. Ils contractent entre personnes
                          libres, à parité de droits. Le contrat est le résultat final dans lequel
                          leurs volontés se donnent une expression juridique commune. <emph>Égalité !</emph> Car
                          ils n’ont de relation qu’en tant que possesseurs de marchandises et échangent
                          équivalent contre équivalent. <emph>Propriété !</emph> Car chacun ne dispose que de son
                          bien. <emph>Bentham !</emph> Car chacun d’eux ne se préoccupe que de lui-même. La seule
                          puissance qui les réunisse et les mette en rapport est celle de leur égoïsme,
                          de leur avantage personnel, de leurs intérêts privés. Et c’est justement
                          parce que chacun ne s’occupe de lui-même et que personne ne se préoccupe
                          d’autrui, que tous, sous l’effet d’une harmonie préétablie des choses
                          ou sous les auspices d’une providence futée à l’extrême, accomplissent
                          seulement l’œuvre de leur avantage réciproque, de l’utilité commune, et de
                          l’intérêt de tous.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Au moment où nous prenons congé de cette sphère de la circulation simple
                          ou de l’échange des marchandises, à laquelle le libre-échangiste <foreign xml:lang="la">vulgaris</foreign>
                          emprunte les conceptions, les notions et les normes du jugement qu’il porte
                          sur la société du capital et du travail salarié, il semble que la physionomie
                          de nos <foreign xml:lang="la">dramatis personae</foreign> se transforme déjà quelque peu. L’ancien possesseur
                          d’argent marche devant, dans le rôle du capitaliste, le possesseur de force
                          de travail le suit, dans celui de son ouvrier ; l’un a aux lèvres le sourire
                          des gens importants et brûle d’ardeur affairiste, l’autre est craintif, rétif
                          comme quelqu’un qui a porté sa propre peau au marché et qui, maintenant, n’a
                          plus rien à attendre… que le tannage.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="#CapIfr1983">1983</ref>, p. 197-198.
                        Je rapproche un peu la traduction de l’allemand.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <floatingText>
                        <body>
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              De sfeer van de circulatie of warenruil, waarbinnen koop en verkoop van
                              arbeidskracht tot stand komt, was inderdaad een echt paradijs van de
                              aangeboren mensenrechten. Hier heersen slechts vrijheid, gelijkheid, bezit
                              en Bentham. <emph>Vrijheid!</emph> Immers kopers en verkopers van een waar, bijvoorbeeld
                              de arbeidskracht, handelen slechts uit vrije wil. Als vrije personen, gelijk
                              voor de wet, sluiten zij contracten. Het contract is het eindresultaat,
                              waarin zij aan hun wil een gemeenschappelijke, juridische uitdrukking geven.
                              <emph>Gelijkheid!</emph> Want zij staan slechts als warenbezitters met elkaar in betrekking
                              en zij ruilen equivalent tegen equivalent. <emph>Bezit!</emph> Want een ieder beschikt
                              slechts over het zijne. <emph>Bentham!</emph> Want elk van hen is het slechts om zichzelve
                              te doen. De enige macht, die hen in een relatie samenbrengt, is hun eigenbaat,
                              hun eigen voordeel, hun particulier belang. En juist omdat een ieder zich
                              slechts om zichzelf en niemand zich om een ander bekommert<note xml:id="CapI-kehrt-NL" n="**" place="bottom">
                                Noot van de vertaler. In de inleiding tot de door hem verzorgde Volksausgabe van <title>Das Kapital</title>
                                (Stuttgart, Dietz Verlag, vierde druk, 1921 [], p. XXII)
                                schrijft Kautsky dat het woord kehrt een anglicisme is;
                                volgens hem komt dit van het Engelse werkwoord <foreign xml:lang="en">to care</foreign>.
                                Dit zou in ieder geval beter passen bij de verwijzing naar Bentham.
                                Ik heb deze interpretatie van Kautsky overgenomen.
                                De door Marx herziene Franse vertaling van Roy geeft:
                                ‘Chacun ne pense qu’à lui, personne ne s’inquiète de l’autre…’.
                                Van der Goes vertaalt het begin van deze als volgt:
                                ‘En juist wijl ieder slechts voor zichzelf en niemand voor den ander werkt…’
                              </note>,
                              werken allen —
                              dankzij een vooraf vastgestelde harmonie der dingen of onder toezicht van
                              een alwijze voorzienigheid — slechts tot wederzijds voordeel, tot algemeen
                              nut en in het algemeen belang.
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              Bij het verlaten van deze sfeer van de eenvoudige circulatie of warenruil
                              (aan welke sfeer de huis-, tuin- en keukenvrijhandelaar opvatting, begrip en maatstaf ontleent
                              voor zijn oordeel over de op kapitaal en loonarbeid gebaseerde samenleving),
                              lijkt het net of er al iets verandert in de fysionomie van onze <foreign xml:lang="la">dramatis personae</foreign>.
                              De vroegere geldbezitter schrijdt als kapitalist vooraan
                              en de bezitter van arbeidskracht volgt hem als zijn arbeider;
                              de ene veelbetekenend meesmuilend en gewichtig,
                              de ander schuw, schoorvoetend, als iemand die zijn eigen huid naar de markt heeft gebracht
                              en nu niets anders te verwachten heeft dan — gevild te worden.
                            </p>
                          </quote>
                        </body>
                      </floatingText>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/4.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          This sphere that we are deserting, within whose boundaries the sale and
                          purchase of labour power goes on, is in fact a very Eden of the innate
                          rights of man. There alone rule Freedom, Equality, Property and Bentham.
                          <emph>Freedom</emph>, because both buyer and seller of a commodity, say of labour power,
                          are constrained only by their own free will. They contract as free agents,
                          and the agreement they come to, is but the form in which they give legal
                          expression to their common will. <emph>Equality</emph>, because each enters into relation
                          with the other, as with a simple owner of commodities, and they exchange
                          equivalent for equivalent. <emph>Property</emph>, because each disposes only of what is
                          his own. And <emph>Bentham</emph>, because each looks only to himself. The only force
                          that brings them together and puts them in relation with each other, is the
                          selfishness, the gain and the private interests of each. Each looks to
                          himself only, and no one troubles himself about the rest, and just because
                          they do so, do they all, in accordance with the pre-established harmony of
                          things, or under the auspices of an all-shrewd providence, work together to
                          their mutual advantage, for the common weal and in the interest of all.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          On leaving this sphere of simple circulation or of exchange of commodities,
                          which furnishes the “Free-trader Vulgaris” with his views and ideas, and
                          with the standard by which he judges a society based on capital and wages,
                          we think we can perceive a change in the physiognomy of our <foreign xml:lang="la">dramatis personae</foreign>.
                          He, who before was the money owner, now strides in front as capitalist; the
                          possessor of labour power follows as his labourer. The one with an air of
                          importance, smirking, intent on business; the other, timid and holding back,
                          like one who is bringing his own hide to market and has nothing to expect but
                          — a hiding.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        MECW 35, p. 186.
                        <lb/>(Chapter 4 of Marx is chapter 6 in English.)
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  (C’est moi qui souligne la reprise de chacun des mots Liberté, Égalité, Propriété et Bentham.)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ainsi Marx nous emmène en voyage dans le processus de production avec, à la fin du
                  deuxième alinéa, le capitaliste (qui marche devant) et l’ouvrier (qui le suit).
                  Mais d’abord il souligne au début de cet alinéa que l’idéologie bourgeoise qu’il
                  a décrite dans le premier ne tombe pas du ciel, mais est suscitée par le marché
                  lui-même.
                </p>
              </div>
            </div>
          </div><!-- fin de fichier inclus Capital-Isect2.xml -->
<!-- Ch4, Transformation de l’argent en capital. -->
          <!-- début de fichier inclus Capital-Isect3.xml --><div xml:id="Capital-Isect3" type="level2_sect">
            <head>
              Troisième section — La production de la plus-value absolue
            </head>

            <div xml:id="Capital-Ichap5" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 5 — Processus de travail et processus de valorisation
              </head>

              <bibl>
                Livre I (<ref target="#CapIfr1983">1983</ref>), p. 199 et suivantes.
                Livre I (<ref target="#CapIfr2016">2016</ref>), p. 175 et suivantes.
                Attention, dans les éditions françaises obsolètes
                et dans, je crois toutes, les éditions en anglais,
                <ref target="#Capital-Itables">les chapitres ne sont pas numérotés comme chez Marx</ref>
                et celui-ci est alors le chapitre 7.
                <!-- (Livre I (1948), t. 1, p. 180 et suivantes.) -->
              </bibl>
              <bibl>
                <title>MEW</title>, vol. 23,
                Fünftes Kapitel. Arbeitsprozeß und Verwertungsprozeß, p. 192.
              </bibl>
              <bibl>
                <title>MECW</title>, vol. 35,
                Chapter VII, The labour process and the process of producing surplus value, p. 187.
              </bibl>

              <div xml:id="Capital-Ichap5para1" type="level4_para">
                <head xml:id="prodvalusage">
                  1. Processus de travail
                </head>
                <p xml:id="Capital-Ichap5para1-indx"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index> <term>travail, action sur la nature</term> </index>
                  <index><term>procès de travail, écologie et économie</term></index>
                  <index><term>écologie, le procès de travail comme métabolisme</term></index>
                  <index><term>domination, de l’homme sur la nature</term></index>
                  <index><term>empire, de l’homme sur la nature</term></index>
                  <index><term>nature, domination de l’homme sur la —</term></index>
                  <index><term>nature, empire de l’homme sur la —</term></index>
                  <index><term>travail, propre de l’homme</term></index>
                  <index><term>force de travail, ressource naturelle</term></index>
                  <index><term>ressource naturelle, force de travail</term></index>
                  <index><term>Stoffwechsel</term></index>
                  <index><term>stofwisseling</term></index>
                  <index><term>metabolism</term></index>
                  <index><term>métabolisme (Stoffwechsel), sous le contrôle de l’homme dans le travail</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Tous les êtres vivants, depuis la bactérie, sont en relation d’échange (<foreign xml:lang="de">Stoffwechsel</foreign>, métabolisme) avec leur environnement. Dans
                  le cas de l’espèce <foreign xml:lang="latin">Homo sapiens</foreign>, et plus
                  encore, dans son évolution culturelle, après le néolithique, la satisfaction des
                  besoins (à part l’air qu’on respire et quelques rares autres exceptions) prend la
                  forme du travail, de la production. (À ce stade, la relation à la nature de
                  l’animal <foreign xml:lang="latin">Homo sapiens</foreign> devient radicalement
                  différente de celle de tous les autres animaux.) Le procès de travail est donc à
                  la charnière de l’écologie et de l’économie.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 26%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Die Arbeit ist zunächst ein Prozeß zwischen Mensch und Natur, ein Prozeß,
                          worin der Mensch seinen Stoffwechsel mit der Natur durch seine eigne Tat vermittelt, regelt und kontrolliert.
                          Er tritt dem Naturstoff selbst als eine Naturmacht gegenüber.
                          Die seiner Leiblichkeit angehörigen Naturkräfte, Arme und Beine, Kopf und Hand, setzt er in Bewegung,
                          um sich den Naturstoff in einer für sein eignes Leben brauchbaren Form anzueignen.
                          Indem er durch diese Bewegung auf die Natur außer ihm wirkt und sie verändert,
                          verändert er zugleich seine eigne Natur.
                          Er entwickelt die in ihr schlummernden Potenzen und unterwirft das Spiel ihrer Kräfte seiner eignen Botmäßigkeit.
                          Wir haben es hier nicht mit den ersten tierartig instinktmäßigen Formen der Arbeit zu tun.
                          Dem Zustand, worin der Arbeiter als Verkäufer seiner eignen Arbeitskraft auf dem Warenmarkt auftritt,
                          ist in urzeitlichen Hintergrund der Zustand entrückt, worin die menschliche Arbeit
                          <pb xml:id="p193" n="193"/>ihre erste instinktartige Form noch nicht abgestreift hatte.
                          Wir unterstellen die Arbeit in einer Form, worin sie dem Menschen ausschließlich angehört.
                          Eine Spinne verrichtet Operationen, die denen des Webers ähneln,
                          und eine Biene beschämt durch den Bau ihrer Wachszellen manchen menschlichen Baumeister.
                          Was aber von vornherein den schlechtesten Baumeister vor der besten Biene auszeichnet, ist,
                          daß er die Zelle in seinem Kopf gebaut hat, bevor er sie in Wachs baut.
                          Am Ende des Arbeitsprozesses kommt ein Resultat heraus,
                          das beim Beginn desselben schon in der Vorstellung des Arbeiters,
                          also schon ideell vorhanden war.
                          Nicht daß er nur eine Formveränderung des Natürlichen bewirkt ;
                          er verwirklicht im Natürlichen zugleich seinen Zweck, den er weiß,
                          der die Art und Weise seines Tuns als Gesetz bestimmt und dem er seinen Willen unterordnen muß.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Erster Band, Dietz Verlag Berlin, 1962, p. 192. (MEW 23.)
                        En ligne : <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_192.htm">MLWerke</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25.5%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Le travail est d’abord un procès qui se passe entre l’homme et la nature,
                          un procès dans lequel l’homme règle et contrôle son métabolisme avec la nature par la médiation de sa propre action.
                          Il se présente face à la matière naturelle comme une puissance naturelle lui-même.
                          Il met en mouvement les forces naturelles de sa personne physique, ses bras et ses jambes, sa tête et ses mains
                          pour s’approprier la matière naturelle sous une forme utile à sa propre vie.
                          Mais en agissant sur la <pb xml:id="p200" n="200"/>nature extérieure et en la modifiant par ce mouvement,
                          il modifie aussi sa propre nature.
                          Il développe les potentialités qui y sont en sommeil et soumet à sa propre gouverne le jeu des forces qu’elle recèle.
                          Nous ne nous occupons pas ici des formes primitives du travail, qui relèvent encore de l’instinct animal.
                          Lorsque le travailleur se présente sur le marché comme vendeur de sa propre force de travail,
                          il a laissé derrière lui dans un passé archaïque l’époque
                          où le travail humain n’avait pas encore dépouillé sa première forme instinctuelle.
                          Nous supposons donc ici le travail sous une forme qui appartient exclusivement à l’homme.
                          Une araignée accomplit des opérations qui s’apparentent à celles du tisserand
                          et une abeille en remontre à maint architecte humain dans la construction de ses cellules.
                          Mais ce qui distingue d’emblée le plus mauvais architecte de la meilleure abeille,
                          c’est qu’il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la cire.
                          Le résultat auquel aboutit le procès de travail était déjà au commencement
                          dans l’imagination du travailleur, existait donc déjà en idée.
                          Non pas qu’il effectue simplement une modification dans la forme de la réalité naturelle :
                          il y réalise en même temps son propre but, qu’il connaît,
                          qui détermine comme une loi la modalité de son action, et auquel il doit subordonner sa volonté.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Capital I, 1983, p. 199-200.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 26.3%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          De arbeid is in de eerste plaats een proces, dat tussen mens en natuur plaatsvindt ;
                          een proces, waarbij de mens zijn stofwisseling met de natuur door middel van zijn eigen activiteit tot stand brengt,
                          regelt en controleert.
                          Hij treedt tegenover de natuurstof zelf als een natuurmacht op.
                          De bij zijn lichaam behorende natuurkrachten, armen en benen, hoofd en handen,
                          stelt hij in beweging om zich de natuurstof toe te eigenen in een vorm, die bruikbaar is voor zijn eigen leven.
                          Door zodoende de natuur rondom hem te bewerken en te veranderen, verandert hij tegelijkertijd zijn eigen aard.
                          Hij brengt de sluimerende, potentiële krachten tot ontwikkeling en hij onderwerpt het spel van deze krachten aan zijn eigen wil.
                          We houden ons hier niet bezig met de eerste dierlijke, instinctmatige vormen van arbeid.
                          Er ligt een onmetelijke lengte van dagen tussen de toestand,
                          waarin de arbeider op de warenmarkt optreedt als verkoper van zijn eigen arbeidskracht
                          en de toestand, waarin de menselijke arbeid zich nog niet ontdaan had van zijn eerste, instinctmatige vorm.
                          We gaan uit van een vorm van arbeid, zoals deze uitsluitend bij de mensen voorkomt.
                          Een spin verricht werkzaamheden, die lijken op die van een wever ;
                          een bij doet door het bouwen van zijn honingraat menig menselijke architect beschaamd staan.
                          De slechtste architect onderscheidt zich echter al direct van de beste bij
                          doordat hij de cellen in zijn gedachten heeft gebouwd voordat hij ze in werkelijkheid vormde.
                          Aan het einde van het arbeidsproces komt een resultaat te voorschijn,
                          dat van het begin af aan in de fantasie van de arbeider, dus ideëel reeds aanwezig was.
                          Niet alleen dat hij een vormverandering van het natuurlijke tot stand brengt,
                          hij realiseert in het natuurlijke tevens zijn doel, een doel dat hij kent,
                          dat als een wet zijn wijze van handelen bepaalt en waaraan hij zijn wil moet onderwerpen.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Traduction Lipschits,
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/5.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Labour is, in the first place, a process in which both man and Nature participate,
                          and in which man of his own accord starts, regulates, and controls the material reactions between himself and Nature.
                          He opposes himself to Nature as one of her own forces,
                          setting in motion arms and legs, head and hands, the natural forces of his body,
                          in order to appropriate Nature’s productions in a form adapted to his own wants.
                          By thus acting on the external world and changing it, he at the same time changes his own nature.
                          He develops his slumbering powers and compels them to act in obedience to his sway.
                          We are not now dealing with those primitive instinctive forms of labour that remind us of the mere animal.
                          An immeasurable interval of time separates
                          the state of things in which a man brings his labour power to market for sale as a commodity,
                          from that state in which human labour was still in its first instinctive stage.
                          We presuppose labour in a form that stamps it as exclusively human.
                          A spider conducts operations that resemble those of a weaver,
                          and a bee puts to shame many an architect in the construction of her cells.
                          But what distinguishes the worst architect from the best of bees is this,
                          that the architect raises his structure in imagination before he erects it in reality.
                          At the end of every labour process, we get a result that already existed in the imagination of the labourer at its commencement.
                          He not only effects a change of form in the material on which he works,
                          but he also realises a purpose of his own that gives the law to his modus operandi,
                          and to which he must subordinate his will.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MECW, vol. 35, p. 187-188.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <p rend="alinea">Marx utilise ici comme ailleurs le mot <foreign xml:lang="de">Stoffwechsel</foreign>, qui a été diversement traduit, mais qui est
                devenu <foreign xml:lang="en">metabolism</foreign> et métabolisme dans des
                traductions anglaises et françaises récentes, dont celle des Éditions
                sociales de 1983.</p>

                <p xml:id="Capital-Ichap5-201"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index><term>ressource naturelle, poisson</term></index>
                  <index><term>ressource naturelle, bois</term></index>
                  <index><term>ressource naturelle, minerai</term></index>
                  <index><term>objet de travail</term></index>
                  <index><term>nature, comme objet de travail</term></index>
                  <index><term>matériau brut</term></index>
                </p>
               <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Avant toute intervention de sa part, l’homme trouve l’objet universel de son
                          travail dans la terre (y compris, du point de vue économique, l’eau),
                          qui est sa pourvoyeuse originelle de nourriture, de moyens de
                          subsistance tout préparés. Toutes les choses que le travail n’a qu’à
                          détacher de leur liaison immédiate avec le tout terrestre sont des
                          objets de travail trouvés tels quels par nature. Ainsi du poisson
                          qu’on capture en le séparant de son élément vital, l’eau ; du bois
                          qu’on abat dans la forêt vierge ; du minerai qu’on extrait au pic de
                          son filon. Si par contre l’objet de travail lui-même est déjà en
                          quelque sorte filtré par un travail antérieur, nous l’appelons
                          matériau brut. Exemple : le minerai déjà extrait qu’on est maintenant
                          en train de laver. Tout matériau brut est donc  objet de travail,
                          mais tout objet de travail n’est pas matériau brut. L’objet de
                          travail n’est matériau brut qu’une fois qu’il a subi une première
                          modification par le travail.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 201 (1983).</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p xml:id="Capital-Ichap5-201-203"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index><term>moyen de travail</term></index><!--      -->
                  <index><term>nature, comme moyen de travail</term></index>
                  <index><term>moyen de travail, nature comme—</term></index>
                  <index><term>organe corporel</term></index>
                  <index><term>corporel, organe</term></index>
                  <index><term>terre, comme moyen de travail</term></index>
                  <index><term>moyen de travail, terre comme—</term></index>
                  <index><term>outil</term></index>
                  <index><term>outil, comme prolongement du corps</term></index>
                  <index><term>corps, prolongé par l’outil</term></index>
                  <index><term>homme, comme toolmaking animal</term></index>
                  <index><term>toolmaking animal, l’homme</term></index>
                  <index><term>Franklin, Benjamin</term></index>
                  <index><term>Benjamin Franklin</term></index>
                  <index><term>mode de production</term></index>
                  <index><term>moyen de travail, comme indicateur des rapports sociaux</term></index>
                  <index><term>rapports sociaux, indiqués par les moyens de travail</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Le moyen de travail est une chose ou un complexe de choses
                          que le travailleur insère entre son objet de travail et lui, et
                          qui lui servent de guide dans son action sur cet objet.
                          Il se sert des propriétés mécaniques, physiques et chimiques
                          des choses pour les faire agir comme des instruments de pouvoir
                          sur d’autres choses conformément à son but. Si nous faisons
                          abstraction des moyens de subsistance tout prêts, par exemple
                          les fruits, dont il se saisit en utilisant uniquement comme moyens
                          de travail ses propres organes corporels, l’objet dont le travailleur
                          s’empare immédiatement n’est pas l’objet de travail, mais
                          le moyen de travail. Ainsi l’élément naturel devient-il lui-même
                          un organe de son activité, un organe qu’il ajoute à ceux de son
                          propre corps et qui prolonge sa conformation naturelle, quoi
                          qu’en dise la Bible ! De même que la terre est son garde-manger
                          originel, elle est l’arsenal originel de ses moyens de travail.
                          C’est elle par exemple qui lui fournit la pierre qu’il lance, avec
                          laquelle il gratte, presse, découpe, etc.
                          La terre elle-même est un moyen de travail, mais pour servir ainsi
                          dans l’agriculture elle présuppose à son tour toute une série d’autres
                          moyens de travail et un développement déjà relativement élevé de la
                          force de travail. En règle générale, dès que le procès de travail
                          est un tant soit peu développé, il lui faut des moyens de
                          travail déjà élaborés. Dans les plus anciennes cavernes habitées
                          par l’homme, nous trouvons des outils et des armes de pierre.
                          À côté de la pierre, du bois, de l’os et des coquillages travaillés,
                          c’est l’animal domestiqué, donc déjà transformé par le travail,
                          sélectionné, qui joue le rôle de principal moyen de travail au
                          début de l’histoire de l’humanité. L’usage et la création de
                          moyens de travail, bien qu’ils soient déjà en germe le propre
                          de certaines espèces animales, caractérisent spécifiquement le
                          procès de travail humain, ce qui amène Franklin à définir
                          l’homme comme <foreign xml:lang="en">a toolmaking animal</foreign>,
                          un animal qui fabrique des
                          outils. Les vestiges d’anciens moyens de travail ont pour l’étude
                          des formations sociales économiques disparues la même importance
                          que la structure des ossements fossiles pour la connaissance
                          de l’organisation des lignées animales disparues. Ce qui distingue
                          les époques économiques entre elles, ce n’est pas ce que l’on y
                          fabrique, mais la manière dont on fabrique, les moyens de travail
                          dont on se sert. Les moyens de travail ne permettent pas
                          seulement de mesurer le degré de développement de la force
                          de travail humaine, ils sont l’indicateur des rapports sociaux
                          dans lesquels le travail a lieu. Parmi les moyens de travail eux-
                          mêmes, les moyens de travail mécaniques, dont l’ensemble peut
                          être appelé squelette et système musculaire de la production,
                          offrent beaucoup plus de traits distinctifs caractéristiques
                          d’une époque de la production sociale que ceux qui servent
                          seulement à conserver l’objet de travail, et dont on peut
                          désigner généralement l’ensemble comme le système vasculaire
                          de la production (canalisations, tonneaux, paniers, pots, etc.).
                          C’est seulement avec l’industrie chimique
                          que ceux-ci commencent à jouer un rôle significatif.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 201-203.</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p xml:id="Capital-Ichap5-203"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index><term>moyen de production</term></index>
                  <index><term>travail productif</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Si l’on considère l’ensemble de ce procès du point de vue de son résultat,
                          moyen de travail et objet de travail apparaissent alors l’un et l’autre comme des moyens de production,
                          et le travail proprement dit comme travail productif<note xml:id="Capital-Isect3-not7" n="7" place="bottom">
                            Cette définition du  travail productif,
                            que nous énonçons du point de vue du simple procès de travail,
                            est absolument insuffisante pour le procès de production capitaliste</note>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Bas de la p. 203.</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p xml:id="Capital-Ichap5-204"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index><term>matériau brut</term></index>
                  <index><term>nature, transformée par l’homme</term></index>
                  <index><term>animaux, produits du travail</term></index>
                  <index><term>végétaux, produits du travail</term></index>
                  <index><term>travail passé</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Exception faite de l’industrie extractive, c’est-à-dire les mines,
                          la chasse, la pêche, etc. (et l’agriculture, mais seulement
                          dans la mesure où elle défriche en première instance la terre
                          encore vierge), qui trouve son objet de travail tout prêt dans
                          la nature, toutes les branches d’industries traitent un objet
                          qui est un matériau brut, un objet de travail déjà filtré par le
                          travail, et qui est déjà lui-même un produit du travail (comme
                          la semence en agriculture). Les animaux et les plantes, qu’on
                          a coutume de considérer comme des produits de la nature,
                          sont en fait non seulement des produits du travail, peut-être
                          de l’année écoulée mais, dans leur forme actuelle, les produits
                          d’une transformation poursuivie à travers de nombreuses
                          générations, sous le contrôle de l’homme et grâce à la médiation
                          du travail humain. Mais pour ce qui est particulièrement des
                          moyens de travail, leur immense majorité offre au regard le
                          plus superficiel la trace du travail passé.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 204.</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p xml:id="Capital-Ichap5-206"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index><term>travail vivant, ressuscite le travail mort</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Une machine qui ne sert pas dans le procès de travail est
                      une machine inutile. Par ailleurs elle se détériore sous l’effet
                      destructeur des processus chimiques naturels. Le fer rouille,
                      le bois pourrit. Le ftl qui n’est pas tissé ou tricoté n’est que du
                      coton qui s’abîme. Pour faire de ces choses des valeurs d’usage
                      réelles, actives, et non pas simplement possibles, il faut que
                      le travail vivant s’en empare, les réveille d’entre les morts.
                      Bien sûr, quand les langues de feu du travail les lèchent, quand
                      il se les approprie comme ses organes vivants, quand il leur
                      insuffle l’esprit pour qu’elles remplissent dans son procès la
                      fonction adéquate à leur définition et à leur vocation, elles
                      sont tout aussi bien détruites : mais elles le sont en vue d’une
                      fin, comme éléments constitutifs de nouvelles valeurs d’usage,
                      de nouveaux produits susceptibles d’entrer dans la consommation
                      individuelle comme moyens de subsistance ou dans un
                      nouveau procès de travail comme moyens de production.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 206.</bibl>
                </cit>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Le travail consomme ses éléments matériels, objet et moyen,
                      il les mange, il est donc lui-même un procès de consommation.
                      Cette consommation productive se distingue de la consommation
                      individuelle en ceci que cette dernière consomme les produits
                      comme moyens de subsistance de l’individu vivant, tandis
                      que l’autre les consomme comme moyens de subsistance de
                      son travail, c’est-à-dire de sa force de travail en action. Le
                      produit de la consommation individuelle est donc le consommateur
                      lui-même, tandis que le résultat de la consommation productive
                      est un produit distinct du consommateur.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 206.</bibl>
                </cit>

                <p xml:id="Capital-Ichap5-207"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index><term>procès de travail</term></index>
                  <index><term>valeur d’usage</term></index>
                  <index><term>besoin humain, appropriation de la nature en fonction des —</term></index>
                  <index><term>nature, appropriation de la — en fonction des besoins humains</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Le procès de travail, tel que nous l’avons exposé dans ses
                          moments simples et abstraits, est une activité qui a pour fin
                          la fabrication de valeurs d’usage, il est l’appropriation de l’élément
                          naturel en fonction des besoins humains, il est la condition
                          générale du métabolisme entre l’homme et la nature, la condition
                          naturelle éternelle de la vie des hommes ; il est donc indépendant
                          de telle ou telle forme qu’elle revêt, mais au contraire
                          également commun à toutes ses formes sociales. Nous n’avions
                          donc pas besoin de présenter ici le travailleur dans son rapport
                          aux autres travailleurs. Il suffisait de l’homme et de son travail
                          d’un côté, de la nature et de ses matières de l’autre.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 207.</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p xml:id="Capital-Ichap5-208"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 5, § 1. Processus de travail    </label>
                  <index><term>travail, n’appartient en rien au salarié</term></index>
                  <index><term>produit du travail, n’appartient en rien au salarié</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Le processus de travail, tel qu’il se déroule en tant que processus de
                          consommation de la force de travail par le capitaliste, fait apparaître deux
                          phénomènes caractéristiques.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Le travailleur travaille sous le contrôle du capitaliste à qui son travail
                          appartient. Le capitaliste veille à ce que le travail avance comme il faut et
                          à ce que les moyens de production soient utilisés de façon adéquate, à ce
                          que le matériau brut ne soit donc pas gaspillé, et à ce qu’on épargne
                          l’instrument de travail, c’est-à-dire qu’il ne soit détruit que dans la mesure
                          où son usage pour le travail l’impose.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Mais deuxièmement : le produit est la propriété du capitaliste, et non
                          celle du producteur immédiat, du travailleur. Le capitaliste paye, par
                          exemple, la valeur journalière de la force de travail. Son usage lui appartient
                          donc pour la journée, comme celui de toute autre marchandise qu’il aurait
                          louée pour un jour (un cheval, par exemple). L’usage de la marchandise
                          appartient à son acheteur, et le possesseur de la force de travail, en
                          fournissant son travail, ne fournit que la valeur d’usage qu’il a vendue.
                          À partir du moment où il est entré dans les ateliers du capitaliste, la valeur
                          d’usage de sa force de travail a appartenu au capitaliste, et donc aussi son
                          usage, le travail. En achetant la force de travail, le capitaliste a incorporé
                          le travail proprement dit comme un ferment vivant aux constituants morts du
                          produit qui lui appartenaient également. De son point de vue, le processus de
                          travail n’est que la consommation de la marchandise force de travail qu’il a
                          achetée, mais qu’il ne peut consommer qu’en lui ajoutant des moyens de
                          production. Le processus de travail est un processus qui met en jeu des
                          choses que le capitaliste a achetées, des choses qui lui appartiennent. Le
                          produit de ce processus lui appartient donc tout autant que le produit de la
                          fermentation dans son cellier<note xml:id="Capital-Isect3not10" n="10" place="bottom">
                            « Les produits sont appropriés avant d’être convertis en capital, et cette conversion
                            ne les dégage pas de l’appropriation. »
                            (Cherbuliez, <title>Richesse ou pauvreté</title>, Paris 1841, p. 54.)
                            « Le prolétaire, en donnant son travail contre un approvisionnement déterminé… renonce
                            complètement à tout droit… sur les produits que son travail fera naître… L’attribution de ces
                            produits reste ce qu’elle était auparavant ; elle n’est en aucune façon modifiée par la convention
                            dont il s’agit. Les produits, en un mot, continuent d’appartenir exclusivement au capitaliste qui
                            a fourni les matières premières et l’approvisionnement. C’est là une conséquence rigoureuse
                            de la loi d’appropriation, de cette même loi dont le principe fondamental était l’attribution
                            exclusive à chaque travailleur des produits de son travail. » (<title>Ibid.</title>, p. 58.)
                            James Mill (<title>Éléments of Political Economy</title>, Londres 1821, p. 70-71) :
                            « Quand les travailleurs reçoivent un salaire pour leur travail… le capitaliste est propriétaire
                            non seulement du capital [c’est-à-dire des moyens de production] mais encore du travail
                            (<foreign xml:lang="en">of the labour also</foreign>). Si l’on comprend dans la
                            notion de capital, comme c’est l’usage, ce qui est payé comme salaires, il est absurde de parler
                            du travail en le séparant du capital. Le mot capital en ce sens inclut l’un et l’autre, capital et
                            travail. »
                          </note>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Livre I (2016), p. 182. Livre I (1983), p. 208.</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p rend="alinea">
                  Ceci d’abord en passant : Cherbuliez (note 10) aurait-il déjà fait la différence
                  entre payer le travail et louer la force de travail et conçu celle-ci ayant une
                  valeur définie comme valeur des moyens d’existence du travailleur (« contre un
                  approvisionnement déterminé… ») ?
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Mais ce que je voulais souligner, c’est que le travail et son produit appartiennent
                  entièrement au capitaliste. Bien sûr, il y a une contrepartie : il a payé (ou plus
                  exactement, il paiera à terme) les moyens d’existence du travailleur, valeur de la
                  force de travail. Mais cela étant, la force de travail lui appartient et il la
                  consomme et le produit en est entièrement à lui. Bref, <emph>rien</emph> du travail
                  n’est payé. Rien du produit n’appartient au travailleur.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Un peu plus loin <ref target="#Capital-I1983-217un2">au paragraphe suivant</ref>,
                  il expose de manière magistrale l’essence du contrat capitaliste avec le travailleur salarié.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap5para2" type="level4_para">
                <head>
                  2.
                  Procès de valorisation
                </head>

                <p rend="alinea">
                  Le procès de travail donne la marchandise. Mais ce n’est pas tant ça qui intéresse le capitaliste.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Pre­mièrement, il veut produire une valeur d’usage qui ait une valeur d’échange,
                      un article destiné à la vente, une marchandise.
                      Deuxièmement, il veut produire une marchandise dont la valeur soit supérieure
                      à la somme des valeurs des marchandises, des moyens de production et de la force de travail
                      nécessaires à sa production, pour lesquelles il a avancé son bon argent sur le marché.
                      Ce qu’il veut produire, ce n’est pas seulement une valeur d’usage mais une marchandise,
                      pas seulement de la valeur d’usage mais de la valeur,
                      et même, pas seulement de la valeur, mais de la plus-value.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      En fait, étant donné qu’il s’agit ici de production marchande,
                      nous n’avons manifestement considéré jusqu’à présent que l’un des côtés du procès.
                      De même que la marchandise proprement dite est l’unité de la valeur d’usage et de la valeur,
                      il faut que son procès de production soit l’unité du procès de travail et du procès de formation de valeur.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>1983:209.</bibl>
                </cit>
                <cit>
                  <quote>
                    <p xml:id="Capital-I1983-217un2" rend="alinea">
                      … le travail passé que contient la force de travail et le travail vivant
                      qu’elle peut fournir, autrement dit le coût journalier de son entretien et
                      sa dépense journalière, sont deux grandeurs tout à fait différentes. La première
                      détermine sa valeur d’échange, l’autre constitue sa valeur d’usage.
                      Qu’il faille une demi-journée de travail pour maintenir le travailleur en vie
                      pendant 24 heures ne l’empêche aucunement de travailler pendant une
                      journée entière. La valeur de la force de travail et sa valorisation dans le
                      processus de travail sont donc deux choses différentes. C’est cette différence
                      de valeur que le capitaliste avait en vue en achetant la force de travail.
                      La particularité utile qu’elle a de fabriquer des filés ou des chaussures
                      n’était qu’une condition sine qua non, tenant au fait que le travail doit être
                      dépensé sous une forme utile pour former de la valeur. En revanche, ce
                      qui était décisif, c’était la valeur d’usage spécifique de cette marchandise :
                      être source de valeur, et de plus de valeur qu’elle n’en possède elle-même.
                      Tel est le service spécifique que le capitaliste en attend. Et il procède ainsi
                      conformément aux lois éternelles de l’échange des marchandises. Quant
                      au vendeur de la force de travail, comme le vendeur de n’importe quelle
                      autre marchandise, il réalise effectivement sa valeur d’échange et aliène sa
                      valeur d’usage. Il ne peut pas obtenir l’une sans céder l’autre. La valeur
                      d’usage de la force de travail, c’est-à-dire le travail proprement dit,
                      n’appartient pas à son vendeur, pas plus que la valeur d’usage de l’huile
                      n’appartient au marchand d’huile qui la vend. Le possesseur de monnaie a payé
                      la valeur journalière de la force de travail ; c’est donc à lui qu’appartient
                      son usage pendant cette journée, à lui qu’appartient la journée de travail.
                      L’entretien quotidien de la force de travail ne coûte qu’une demi-journée
                      de travail alors que la force de travail peut être active, travailler une
                      journée entière, et que, par conséquent, la valeur créée par son usage durant
                      une journée est le double de sa propre valeur journalière : cette réalité est
                      une chance toute particulière pour l’acheteur, mais ne constitue en aucune
                      façon un tort causé au vendeur.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Livre I (2016), p. 190. Livre I (1983), p. 217-218.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  La transformation d’argent en capital commence dans la circulation (achat de la force de travail)
                  et continue en dehors (dans la production).
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Tout ce cycle, cette transformation de son argent en capital, a lieu dans la sphère de la circulation,
                      et en même temps il a lieu hors d’elle.
                      Par la médiation de la circulation, puisqu’il a pour condition la vente de la force de travail sur le marché.
                      Hors de la circulation, parce que celle-ci ne fait qu’introduire le procès de valorisation,
                      qui se déroule dans la sphère de la production.
                      Ainsi « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ».
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      En transformant l’argent en marchandises qui servent d’éléments matériels pour former un nouveau produit,
                      ou servent comme facteurs du procès de travail,
                      en incorporant la force de travail vivante à leur objectivité de choses mortes,
                      le capitaliste transforme de la valeur, c’est-à-dire du travail passé, objectivé, mort,
                      en capital, c’est-à-dire en valeur qui se valorise elle-même, en ce monstre animé,
                      qui se met à « travailler », comme s’il avait le diable au corps.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Si nous comparons maintenant le procès de formation de
                      valeur et le procès de valorisation, nous voyons que le procès
                      de valorisation n’est rien d ’autre qu’un procès de formation
                      de valeur prolongé au-delà d ’ un certain point. Si ce dernier
                      ne dure que j usqu’au point où la valeur de la force de travail
                      payée par le capital est remplacée par un nouvel équivalent,
                      il demeure un procès de formation de valeur simple. S’il se
                      prolonge au-delà de ce point, il devient procès de valorisation.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>1983:219</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  On a donc (dernier alinéa ci-dessus) création d’une valeur
                  dont une partie est l’équivalent de la valeur de la force de travail
                  et, au-dessus, de ça <term>valorisation</term>.
                </p>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap6" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 6 — Capital constant et capital variable
              </head>
              <bibl>Livre I 1983, p. 224 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">
                Le travailleur intervient doublement dans la valeur qui résulte du processus de travail.
                C’est par le caractère concret adapté de son travail,
                « en tant qu’activité productive conforme à un but » (p. 225),
                qu’il transfère au produit de la valeur de travail passé.
                (Des gestes inefficaces, inadaptés, ne donneraient pas cet effet. La valeur passée serait perdue.)
                C’est en tant que travail abstrait que son travail donne lieu à une valeur nouvelle, ajoutée à la valeur passée.
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Il ajoute donc cette valeur par son travail,
                      non en tant qu’il est tel travail de filage ou de menuiserie,
                      mais en tant qu’il est du travail social, abstrait, du travail en général ;
                      et s’il ajoute une grandeur de valeur déterminée,
                      ce n’est pas parce que son travail a un contenu utile particulier,
                      mais parce qu’il dure un temps déterminé.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>1983:225</bibl>
                </cit>
                Il y revient au chapitre 7 (p. 248).
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap7" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 7 —
                Le taux de plus-value
              </head>
              <bibl>Livre I, p. 237 et suivantes.</bibl>

              <label xml:id="Capital-Ichap7para1" rend="fakehead h2">
                1. Le degré d’exploitation de la force de travail
              </label>

              <list rend="horiz">
                <item style="width: 23.5%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Wir haben gesehn, dass der Arbeiter während eines Abschnitts des Arbeitsprozesses
                        nur den Werth seiner Arbeitskraft produzirt, d. h. den Werth seiner nothwendigen Lebensmittel.
                        Da er in einem auf gesellschaftlicher Theilung der Arbeit beruhenden Zustand produzirt,
                        produzirt er seine Lebensmittel nicht direkt, sondern, in Form einer besondern Waare, des Garns z. B.,
                        einen Werth dem seiner Lebensmittel, oder dem Geld, gleich womit Werth er sie kauft.
                        Der Theil seines Arbeitstags, den er hierzu verbraucht, ist grösser oder kleiner,
                        je nach dem Werth seiner durchschnittlichen täglichen Lebensmittel,
                        also der zu ihrer Produktion erheischten durchschnittlichen täglichen Arbeitszeit.
                        […]
                        Da er aber in dem Theil des Arbeitstags, worin er den Tageswerth der Arbeitskraft […], produzirt,
                        nur em Aequivalent für ihren vom Kapitalisten bereits gezahlten Werth produzirt,
                        also durch den neu geschaffnen Werth nur den vorgeschossenen variablen Kapitalwerth ersetzt,
                        erscheint diese Produktion von Werth als blosse Reproduktion.

                        <index><term>notwendige Arbeitszeit, notwendige Arbeit</term></index>
                        <index><term>Arbeitszeit, notwendige —</term></index>

                        Den Theil des Arbeitstags also, worin diese Reproduktion vorgeht,
                        nenne ich nothwendige Arbeitszeit, die während derselben verausgabte Arbeit nothwendige Arbeit.
                        Nothwendig für den Arbeiter, weil unabhängig von der gesellschaftlichen Form seiner Arbeit.
                        Nothwendig für das Kapital und seine Welt, weil das beständige Dasein des Arbeiters ihre Basis.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Die zweite Periode des Arbeitsprozesses, die der Arbeiter über die Grenzen der nothwendigen Arbeit hinausschanzt,
                        kostet ihm zwar Arbeit, Verausgabung von Arbeitskraft, bildet aber keinen Werth für ihn.
                        Sie bildet Mehrwerth, der den Kapitalisten mit allem Reiz einer Schöpfung aus Nichts anlacht.

                        <index><term>Surplusarbeitszeit, Mehrarbeit</term></index>
                        <index><term>Mehrarbeit</term></index> <index><term>suplus labour</term></index>

                        Diesen Theil des Arbeitstags nenne ich Surplusarbeitszeit,
                        und die in ihr verausgabte Arbeit: Mehrarbeit (suplus labour).
                        So entscheidend es für die Erkenntniss des Werths überhaupt,
                        ihn als blosse Gerinnung von Arbeitszeit, als bloss vergegenständlichte Arbeit,
                        so entscheidend für die Erkenntniss des Mehrwerths, ihn als blosse Gerinnung von Surplusarbeitszeit,
                        als bloss vergegenständlichte Mehrarbeit zu begreifen.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1867:183-184. (MEW 23:230-231.)</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 23.7%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Nous avons vu que, pendant toute une section du procès de travail,
                        l’ouvrier ne produit que la valeur de sa force de travail,
                        c’est-à-dire la valeur des moyens nécessaires à sa subsistance.
                        Comme il produit dans des conditions reposant sur une division sociale du travail,
                        il ne produit pas ses moyens de subsistance directement,
                        mais produit sous la forme d’une marchandise particulière, du fil par exemple,
                        une valeur égale à la valeur de ses moyens de subsistance ou de l’argent avec lequel il les achète.
                        La part de sa journée de travail qu’il y consomme est plus ou moins grande,
                        selon la valeur moyenne de ses moyens de subsistance quotidiens,
                        donc selon le temps de travail quotidien moyen requis pour leur production.
                        […]
                        Mais comme dans la partie de la journée de travail où il produit la valeur quotidienne de la force de travail […],
                        il ne produit qu’un équivalent de sa valeur déjà payée par le capitaliste,
                        et ne fait donc que remplacer la valeur variable de capital avancée par la valeur nouvellement créée,
                        cette production de valeur apparaît comme simple reproduction.

                        <index><term>temps de travail nécessaire</term></index> <index><term>travail nécessaire</term></index>

                        Cette partie de la journée de travail où s’accomplit cette reproduction,
                        je l’appelle <term>temps de travail nécessaire</term>,
                        et le travail dépensé pendant celui-ci, <term>travail nécessaire</term>.
                        Nécessaire pour l’ouvrier, parce qu’indépendant de la forme sociale de son travail.
                        Nécessaire pour le capital et pour son univers, parce qu’ils ont pour base que l’ouvrier existe bien là en permanence.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        La seconde période du procès de travail, pendant laquelle l’ouvrier trime au-delà des limites du travail nécessaire,
                        lui coûte certes du travail, une dépense de force de travail, mais ne constitue pas de valeur pour lui.
                        Elle forme une plus-value qui sourit au capitaliste de tous les charmes d’une création <foreign xml:lang="la">ex nihilo</foreign>.

                        <index><term>temps de travail en surplus</term></index> <index><term>surtravail</term></index>

                        Cette partie de la journée de travail, je l’appelle <term>temps de travail en surplus</term>,
                        et le travail dépensé pendant ce temps, <term>surtravail</term> (<term xml:lang="en">surplus labour</term>).
                        Autant il est décisif pour la connaissance de la valeur en général de la saisir
                        comme pure coagulation de temps de travail, comme pur travail objectivé,
                        autant il est décisif de saisir la plus-value comme pure coagulation de temps de travail en surplus,
                        comme pur surtravail objectivé.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>P. 241-243.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 26.7%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        We zagen dat gedurende een deel van het arbeidsproces
                        de arbeider slechts de waarde van zijn arbeidskracht produceert,
                        dat wil zeggen de waarde van zijn noodzakelijke bestaansmiddelen.
                        Aangezien hij produceert in een milieu dat gebaseerd is op een maatschappelijke arbeidsverdeling
                        produceert hij zijn bestaansmiddelen niet rechtstreeks,
                        maar produceert hij in de vorm van een of andere waar (bijvoorbeeld garen)
                        een waarde, die gelijk is aan zijn bestaansmiddelen of het geld, waarmee hij die bestaansmiddelen koopt.
                        Het deel van zijn arbeidsdag dat hij hiervoor gebruikt is groter of kleiner
                        al naar gelang de waarde van de gemiddelde hoeveelheid bestaansmiddelen, die hij dagelijks nodig heeft,
                        dus al naar gelang de gemiddelde dagelijkse arbeidstijd die voor de productie van die bestaansmiddelen noodzakelijk is.
                        […]
                        Aangezien hij echter gedurende het deel van de arbeidsdag, waarin hij de dagwaarde van de arbeidskracht […] voortbrengt,
                        slechts een equivalent van de waarde produceert, welke hem reeds door de kapitalist werd betaald,
                        dus door de nieuw voortgebrachte waarde slechts voorgeschoten variabele kapitaalwaarde vervangt,
                        verschijnt deze productie van waarde slechts als reproductie.

                        <index><term>noodzakelijke arbeidstijd, noodzakelijke arbeid</term></index>
                        <index><term>arbeidstijd, noodzakelijke —, meer-</term></index>

                        Het deel van de arbeidsdag, waarin deze reproductie plaatsvindt, noem ik de noodzakelijke arbeidstijd
                        en de arbeid, die gedurende deze tijd wordt besteed, noem ik de noodzakelijke arbeid.
                        Noodzakelijk voor de arbeider, omdat deze arbeid onafhankelijk is van de maatschappelijke vorm van zijn arbeid;
                        noodzakelijk voor het kapitaal en zijn wereld, omdat het kapitaal gebaseerd is op de voortdurende aanwezigheid van de arbeider.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Het tweede deel van het arbeidsproces, waarin de arbeider over de grenzen van de noodzakelijke arbeid wordt geduwd,
                        kost hem weliswaar arbeid, besteding van arbeidskracht, maar vormt voor hem geen waarde.
                        Dit deel vormt meerwaarde, welke de kapitalist toelacht met alle bekoring van een schepping uit het niets.

                        <index><term>meerarbeidstijd, meerarbeid</term></index>

                        Dit deel van de arbeidsdag noem ik meerarbeidstijd en de in die tijd bestede arbeid noem ik meerarbeid (surplus labour).
                        Zo belangrijk het is voor ons inzicht in de waarde in het algemeen
                        om haar slechts op te vatten als stolling van arbeidstijd, als louter verstoffelijkte arbeid,
                        zo belangrijk is het voor ons inzicht in de meerwaarde om haar slechts op te vatten
                        als stolling van meerarbeidstijd, als louter verstoffelijkte meerarbeid.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/7.htm">Marxistisch Internet Archief</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        We have seen that the labourer, during one portion of the labour-process,
                        produces only the value of his labour-power, that is, the value of his means of subsistence.
                        Now since his work forms part of a system, based on the social division of labour,
                        he does not directly produce the actual necessaries which he himself consumes;
                        he produces instead a particular commodity, yarn for example,
                        whose value is equal to the value of those necessaries or of the money with which they can be bought.
                        The portion of his day’s labour devoted to this purpose, will be greater or less,
                        in proportion to the value of the necessaries that he daily requires on an average,
                        or, what amounts to the same thing, in proportion to the labour time required on an average to produce them.
                        […]
                        But as we have seen, during that portion of his day’s labour in which he produces the value of his labour-power […],
                        he produces only an equivalent for the value of his labour-power already advanced by the capitalist;
                        the new value created only replaces the variable capital advanced.
                        It is owing to this fact, that the production of the new three shillings takes the semblance of a mere value of reproduction.

                        <index><term>necessary labour time, necessary labour</term></index>
                        <index><term>labour time, necessary —, surplus —</term></index>

                        That portion of the working day, then, during which this reproduction take place,
                        I call “necessary” labour-time, and the labour expended during that time I call “necessary” labour.
                        Necessary, as regards the labourer, because independent of the particular social form of his labour;
                        necessary, as regards capital, and the world of capitalists,
                        because on the continued existence of the labourer depends their existence also.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        During the second period of the labour-process, that in which his labour is no longer necessary labour,
                        the workman, it is true, labours, expends labour-power ;
                        but his labour, being no longer necessary labour, he creates no value for himself.
                        He creates surplus-value which, for the capitalist, has all the charms of a creation out of nothing.

                        <index><term>surplus labour time, surplus labour</term></index>

                        This portion of the working day, I name surplus labour-time,
                        and to the labour expended during that time, I give the name of surplus-labour.
                        It is every bit as important, for a correct understanding of surplus-value,
                        to conceive it as a mere congelation of surplus labour-time, as nothing but materialised surplus-labour,
                        as it is, for a proper comprehension of value,
                        to conceive it as a mere congelation of so many hours of labour, as nothing but materialised labour.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1887:199-200. (MECW 35:225-226.)</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Il faut lire attentivement, parce que souvent on simplifie tout cela en :
                « <hi rend="barre">Une partie de la journée, le travailleur travaille <emph>pour lui-même</emph> :
                il produit <emph>ses</emph> moyens d’existence.
                Cette partie de son travail, c’est le <term>travail nécessaire</term><note xml:id="Capital-Ichap7-not1" n="1" place="bottom">
                  Lise Vogel <ref target="../../biblio/Vogel2013.html#Vogel2013-p148">tente de construire sur la notion <term>travail nécessaire</term></ref>
                  (au sens où elle la comprend, dans le sens que je dénonce)
                  une théorie de la reproduction sociale.
                  Je discute là beaucoup plus longuement ce que j’en dis ici.
                </note>.</hi> »
              </p>
              <p rend="alinea">
                Première erreur : il produit <emph>autre chose</emph>. Du fil, dit Marx comme exemple.
                J’aime dire des rails (d’un travailleur au laminoir) pour que ce soit plus frappant :
                personne ne mange des rails, personne ne se tisse des vêtements en rails,
                personne ne se fait une maison avec des rails.
                Le fil, exemple de Marx, peut faire partie de la consommation d’un travailleur,
                mais il consommera bien d’autres choses, produites par des tas d’autres.
                Marx le dit très clairement :
                « il produit dans des conditions reposant sur une division sociale du travail »,
                et cetera.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Deuxième erreur : à aucun moment de la journée il ne travaille <emph>pour lui-même</emph>.
                Parce qu’il a vendu sa force de travail, tout son travail appartient au capitaliste.
                Aucune partie du fil, des rails… ne lui appartient.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Ce qu’on peut dire du travail d’une partie de la journée du travailleur, c’est :
                « il ne produit qu’un équivalent de sa valeur déjà payée par le capitaliste
                et ne fait donc que remplacer la valeur variable de capital avancée ».
                De toute la valeur créée dans la journée, une partie de la valeur,
                donc une partie du temps de cette journée, remplace la valeur de la force de travail.
                Ce temps est appelé <term>temps de travail nécessaire</term>.
                Le <term>travail nécessaire</term> n’est en rien un travail particulier,
                il n’a rien de spécifique,
                il ne diffère en rien du reste du travail de la journée,
                il n’est pas défini comme travail, par son contenu de travail ;
                il n’est défini que <emph>par ce temps</emph> dit <term>temps de travail nécessaire</term>,
                temps qui lui-même n’est que durée, pas un moment spécifique,
                qui n’est que considération comptable, en valeur.
              </p>

              <label xml:id="Capital-Ichap7para2" rend="fakehead h2">
                2. Présentation de la valeur du produit en parts proportionnelles du produit
              </label>

              <label xml:id="Capital-Ichap7para3" rend="fakehead h2">
                3. La « dernière heure » de Senior
              </label>

              <label xml:id="Capital-Ichap7para4" rend="fakehead h2">
                4. Le surproduit
              </label>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap8" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 8 —
                La journée de travail
              </head>
              <bibl>Livre I, p. 257 (1983) et suivantes.</bibl>

              <div xml:id="Capital-Ichap8para1" type="level3_para">
                <head>
                  1. Les limites de la journée de travail
                </head>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25.5%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p xml:id="Capital-Ichap8para1-vampyr" rend="alinea">
                          <index><term>vampyrmäßig, das Kapital</term></index>
                          Das Kapital ist verstorbene Arbeit,
                          die sich nur vampyrmässig belebt durch Einsaugung lebendiger Arbeit
                          und um so mehr lebt, je mehr sie davon einsaugt.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <title>Das Kapital</title>, Drittes Kapitel, 4) Der Arbeitstag, Hamburg, 1867, S. 200.
                        <lb/>(<title>Das Kapital</title>, I, Achtes Kapitel, Hamburg, 1872, S. 224.
                        <lb/><title>Das Kapital</title>, I, Achtes Kapitel,
                        <!-- Das Kapital ist verstorbne Arbeit,
                          die sich nur vampyrmäßig belebt durch Einsaugung lebendiger Arbeit
                          und um so mehr lebt, je mehr sie davon einsaugt. -->
                        MEW 23:247.)
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>vampire, le capital</term></index>
                          Le capital est du travail mort,
                          qui ne s’anime qu’en suçant tel un vampire du travail vivant,
                          et qui est d’autant plus vivant qu’il en suce davantage.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Capital I, chapitre 8, 1983:259.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 28.5%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Kapitaal is gestorven arbeid,
                          welke alleen tot nieuw leven kan komen
                          door als een vampier levende arbeid op te zuigen
                          en die des te langer leeft naarmate er meer van wordt opgezogen.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <title>Het Kapitaal</title> I, hoofdstuk 8,
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/8.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Capital is dead labour,
                          that, vampire-like, only lives by sucking living labour,
                          and lives the more, the more labour it sucks.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Capital I, chap 10.
                        MECW 35:241.
                        (Penguin, p. 342.)
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <cit>
                  <quote>
                    <p xml:id="CapI1983-261" rend="alinea">
                      Ce que tu gagnes ainsi en travail
                      [dit l’ouvrier au capitaliste « allongeant démesurément la journée de travail »],
                      je le perds en substance de travail.
                      Utiliser ma force et la piller sont deux choses complètement différentes.
                      Si l’espérance de vie moyenne d’un ouvrier moyen qui travaillerait dans la juste mesure est de 30 ans,
                      la valeur de la force de travail que tu me paies chaque jour est de
                      <formula>
                        <math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
                          <mrow>
                            <mfrac>
                             <mn>1</mn>
                             <mrow><mn>365</mn><mo>×</mo><mn>30</mn></mrow>
                            </mfrac>
                          </mrow>
                        </math>
                      </formula>
                      soit
                      <formula>
                        <math xmlns="http://www.w3.org/1998/Math/MathML">
                          <mrow>
                            <mfrac>
                             <mn>1</mn>
                             <mn>10950</mn>
                            </mfrac>
                          </mrow>
                        </math>
                      </formula>
                      de sa valeur totale.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 261.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Il me semble qu’il faut, dans la valeur de la force de travail, introduire différentes opérations d’abstraction.
                  Cette valeur est, me semble-t-il, au moins familiale, puisqu’il faut faire des enfants
                  (<ref target="#CapitalI-1983-p.193">Capital I, chap. 4, § 3. Le propriétaire de la force de travail est mortel…</ref>).
                  Marx en fait apparaître ici une autre : la valeur de la force de travail doit s’évaluer sur la vie entière.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap8para2" type="level3_para">
                <head>
                  2. La fringale de surtravail. Fabricant et boyard
                </head>
                <bibl>Livre I, p. 262 (1983) et suivantes.</bibl>

                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>surtravail, en général, avant le capitalisme</term>
                  </index>❦ surtravail, en général, avant le capitalisme
                  <index><term>surtravail, potentiellement sans limite avec l’accumulation</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Le capital n’a pas inventé le surtravail. Partout où une
                          partie de la société détient le monopole des moyens de production,
                          le travailleur, libre ou non libre, est forcé d’ajouter au
                          temps de travail nécessaire à son propre entretien un temps de
                          travail supplémentaire afin de produire les moyens de subsistance
                          de celui qui détient en propre les moyens de production,
                          que ce propriétaire soit un <foreign xml:lang="grc">καλὸς κ’ἀγαθός</foreign>
                          athénien, un théocrate étrusque, un <foreign xml:lang="la">civis
                          romanus</foreign>, un baron normand, un
                          maître d’esclaves américain, un boyard valaque, un landlord
                          ou un capitaliste modernes. Il est clair cependant que lorsque
                          dans une formation sociale, économiquement parlant, ce n’est
                          pas la valeur d’échange du produit qui est prépondérante, mais
                          sa valeur d’usage, le surtravail est limité par un cercle de
                          besoins plus ou moins large, mais qu’aucun besoin de surtravail
                          illimité ne découle du caractère même de la production. C’est
                          pour cela que dans l’Antiquité, le surtravail prend des allures
                          atroces là où il s’agit d’obtenir la valeur d’échange sous
                          sa figure monétaire autonome, dans la production d’or et
                          d’argent. La forme officielle du surtravail est ici le travail forcé
                          jusqu’à ce que mort s’ensuive. Lisons simplement sur ce point
                          Diodore de Sicile <note xml:id="CapIsect3not43" n="43" place="bottom">
                            «On ne peut, sans être ému, observer le sort lamentable de ces malheureux
                            (des mines d’or situées aux confins de l’Égypte, de l’Éthiopie et de
                            l’Arabie), «qui ne peuvent même pas entretenir la propreté de leur corps
                            ni couvrir leur nudité. Car il n’y a ici ni pitié ni égard pour les malades,
                            pour les infirmes, pour les vieillards, pour la faiblesse des femmes. Tous
                            sont contraints sous les coups de travailler sans trêve jusqu’à ce que la
                            mort mette un terme à leur tourments et à leur détresse ». (Diod(ore) de
                            Sic(ile), <title>Bibliothèque historique</title>, livre 3, chap. 13).
                          </note>.
                          Toutefois, ce sont là des exceptions dans
                          l’Antiquité. Mais dès que des peuples dont la production se
                          meut encore à l’intérieur de ces formes inférieures que sont le
                          travail des esclaves, la corvée féodale, etc., sont attirés dans un
                          marché mondial dominé par le mode de production capitaliste,
                          qui fait de la vente de leurs produits à l’étranger l’intérêt
                          prédominant, alors on voit, par-dessus les horreurs barbares de
                          l’esclavage, du servage, etc. se greffer l’horreur civilisée du
                          surtravail.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 262-263 (1983).</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p rend="alinea">
                  On verra dans la suite du chapitre que Marx n’exagère en rien en parlant, à propos
                  du capitalisme, d’ « horreur civilisée du surtravail » comparable aux « horreurs
                  barbares de l’esclavage, du servage » ou parfois pire, comme pour ce qui est du
                  travail des enfants.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La différence est qu’avant le capitalisme l’appropriation du surtravail était
                  limitée par la capacité de consommation des classes dominantes. Sous le capitalisme
                  il faut y ajouter un phénomène nouveau : l’accumulation capitaliste, pratiquement
                  illimitée (entre les crises), infiniment supérieure à la consommation des capitalistes.
                  À la périphérie, il peut y avoir un mode ancien d’appropriation du surtravail,
                  mais avec en plus le caractère illimité moderne du capitalisme.
                </p>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>guano</term></index>❦ guano
                  <index><term>engrais</term></index>❦ engrais
                  <index><term>sol, épuisement du —</term></index>
                  <index><term>épuisement du sol</term></index>❦ épuisement du sol
                  <index><term>régénération du sol</term></index>❦ régénération du sol
                  <index><term>sol, régénération du —</term></index>
                  <index><term>journée de travail, limitation de la —</term></index>
                  <index>
                    <term>limitation de la journée de travail</term>
                  </index>❦ limitation de la journée de travail
                  <index><term>temps de travail, limitation du —</term></index>
                  <index>
                    <term>limitation du temps de travail</term>
                  </index>❦ limitation du temps de travail
                  <index><term>force de travail, épuisement de la —</term></index>
                  <index>
                    <term>épuisement de la force de travail</term>
                  </index>❦ épuisement de la force de travail
                  <index><term>force de travail, reproduction de la —</term></index>
                  <index>
                    <term>reproduction de la force de travail</term>
                  </index>❦ reproduction de la force de travail
                  <index><term>taille des soldats</term></index>❦ taille des soldats
                  <index><term>taille des conscrits</term></index>❦ taille des conscrits
                  <index><term>taille des êtres vivants</term></index>❦ taille des êtres vivants
                  <index><term>Liebig, taille des individus</term></index>❦ Liebig, Justus von —
                  <index><term>Justus von Liebig, taille des individus</term></index>
                </p>

                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Si l’on fait abstraction d’un mouvement ouvrier dont
                          la montée se fait chaque jour plus menaçante, cette limitation du
                          travail de fabrique était dictée par la même nécessité que celle qui
                          répandait le guano sur les champs d’Angleterre. La même cupidité
                          aveugle qui dans un cas avait épuisé la terre avait dans l’autre
                          atteint à sa racine la force vitale de la nation. Les épidémies
                          périodiques étaient tout aussi parlantes en Angleterre que la baisse de
                          la taille des soldats en Allemagne et en France.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 267 (1983).</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p rend="alinea">
                  Dans une note (46) appelée après le mot France, il cite
                  longuement <title>Die Chemie in ihrer Anwendung auf Agrikultur und
                  Physiologie</title> de Liebig, sur la taille des individus dans une espèce
                  vivante en général, dans l’espèce humaine ensuite, et en particulier dans
                  l’espèce des conscrits.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le rapprochement est intéressant parce que, si la vie humaine est gratuite comme
                  toute autre ressource naturelle, son exploitation peut être destructrice, comme
                  il en est aussi d’autres ressources naturelles.
                </p>

                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>législation sociale, Angleterre, 19e siècle</term>
                  </index>❦ législation sociale, Angleterre, 19e siècle
                  <index><term>loi sur les fabriques de 1850</term></index>
                  <index><term>inspecteur de fabrique</term></index>❦ inspecteur de fabrique
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Avec la Loi sur les fabriques de 1850…
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Il est institué un
                          corps de gardiens chargés spécialement de surveiller l’application
                          de cette loi, les inspecteurs de fabrique, qui sont directement sous
                          la responsabilité du ministère de l’Intérieur, et dont les rapports
                          sont publiés chaque semestre par les soins du Parlement. Ils
                          fournissent donc une statistique permanente et officielle de la
                          fringale de surtravail dont sont atteints les capitalistes.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 267-268 (1983).</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap8para5" type="level3_para">
                <head>
                  5. La lutte pour la journée de travail normale.
                     Les lois coercitives pour la prolongation de la journée de travail du milieu du
                     14<hi rend="ordinal">e</hi> à la fin du 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                </head>
                <bibl>Livre I, p. 295 (1983) et suivantes.</bibl>

                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>reproduction de la force de travail, longueur de la journée</term>
                  </index>❦ reproduction de la force de travail, longueur de la journée
                  <index>
                    <term>longueur de la journée de travail, reproduction de la force de travail</term>
                  </index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La force de travail est une marchandise. En échange du salaire, le travailleur la
                  donne pour un certain temps. Comme la valeur, la détermination de la durée dépend
                  de divers facteurs historiques avec l’exigence. La valeur ne peut descendre en
                  dessous d’un certain minimum vital. Il en est de même du temps libre du travailleur,
                  temps nécessaire à son repos, à sa reproduction. Le capitaliste est en position de
                  monopole face à un vendeur obligé de vendre sous peine de mourir de faim. Au
                  départ, il peut imposer n’importe quelle durée de travail, au-delà de la limite.
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          […] le loup-garou
                          capital ne franchit pas seulement les bornes morales, mais aussi
                          les bornes extrêmes purement physiques de la journée de travail.
                          Il usurpe le temps qu’il faut pour la croissance, le développement
                          et le maintien du corps en bonne santé. Il vole le temps
                          qu’il faut pour respirer l’air libre et jouir de la lumière du soleil.
                          Il grignote sur le temps des repas et l’incorpore si possible
                          dans le procès de production proprement dit, si bien que le
                          travailleur, simple moyen de production, se voit fournir ses
                          repas comme on alimente en charbon la machine à vapeur,
                          ou en huile et suif les machines. Il réduit le temps du sain
                          sommeil réparateur nécessaire pour reconstituer, renouveler et
                          régénérer la force de travail, au minimum d’heures de torpeur
                          indispensables à la remise en marche d’un organisme totalement
                          épuisé. Au lieu que ce soit ici la conservation normale
                          de la force de travail qui détermine la limite de la journée de
                          travail, c’est à l’inverse le maximum de dépense de force de
                          travail possible en une journée, si traumatisante et pénible
                          soit-elle, qui fixe la limite du temps de répit de l’ouvrier. Le
                          capital ne se pose pas de questions sur le temps que vivra la
                          force de travail. Ce qui l’intéresse c’est uniquement et
                          exclusivement le maximum de force de travail qui peut être dégagé
                          en une journée de travail. Il atteint ce but en diminuant la
                          longévité de la force de travail, comme un agriculteur avide
                          obtient un rendement accru de son sol en le dépossédant de sa
                          fertilité.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          La production capitaliste qui est essentiellement production
                          de plus-value, absorption de surtravail, produit donc avec la
                          prolongation de la journée de travail non seulement l’amoindrissement
                          de la force de travail humaine, privée de ses conditions
                          normales de développement et d’activité physique et morale ;
                          mais aussi l’épuisement et la mort prématurée de cette force.
                          Elle allonge le temps de production du travailleur pendant
                          une période donnée en abrégeant son temps de vie.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Or dans la valeur de la force de travail est incluse la valeur
                          des marchandises requises pour la reproduction du travailleur
                          ou la perpétuation de la classe ouvrière. Si donc la prolongation
                          contre nature de la journée de travail, à laquelle le capital
                          tend nécessairement dans sa pulsion effrénée d’autovalorisation,
                          raccourcit la vie de chaque travailleur en particulier,
                          et par là-même réduit la durée de sa force de travail, il faut
                          remplacer plus rapidement celles qui sont usées, donc faire
                          entrer de plus grands frais d’usure dans la reproduction de la
                          force de travail, tout comme la part de valeur d’une machine
                          qui doit être reproduite chaque jour, est d’autant plus grande
                          qu’elle s’use plus vite. Il semble donc que dans son propre
                          intérêt le capital soit astreint à établir une journée de travail
                          normale.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 296-297 (1983).</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p rend="alinea">
                  Il me semble que lorsque Marx dit, au premier alinéa cité, « il usurpe le temps
                  […], il vole le temps[…], il grignote sur le temps[…], il réduit le temps… », il
                  faut le comprendre en valeur d’usage. Ce temps « volé » n’est pas à vendre et
                  n’a pas de valeur, même si ça rapporte de la valeur au capitaliste. La force de
                  travail est achetée pour une durée raisonnable. Le temps au-delà, c’est la vie
                  du travailleur, ce n’est pas une marchandise.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  De même qu’un sol doit être exploité de manière durable, de même qu’une machine
                  doit être amortie, il faut payer la force de travail à sa valeur et en respecter
                  la durée sous peine de ne plus en retrouver. Que le travailleur meure jeune n’était
                  pas un problème tant que des campagnes surpeuplées constituaient un vivier.
                  Un propriétaire d’esclaves devrait veiller à ne pas les user trop, sauf s’il peut
                  en acheter d’autres à bas prix ; la vie des esclaves devient alors abominable. Il
                  en était de même pour les ouvriers dans la mesure où il y avait des réserves de
                  paysans : « l’Irlande et les districts agricoles de l’Angleterre, de l’Écosse et
                  du Pays de Galles, […] l’Allemagne (p. 298) ».
                </p>

                <p xml:id="Capitall1chap8par5deluge"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 8, § 6. La lutte pour la journée de travail normale</label>
                  <index><term>après moi le déluge !</term></index>
                  <index><term>déluge, après moi le — !</term></index>
                  <index><term>devise de tout capitaliste</term></index>
                  <index><term>capitaliste, devise de tout —</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <foreign xml:lang="fr">Après moi le déluge <note xml:id="CapIsect3not112star" n="112*" place="bottom">
                            L’expression serait de la marquise de Pompadour, commentant
                            l’endettement public créé par les dépenses royales.
                          </note> !</foreign>
                          Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. Le
                          capital n’a donc aucun scrupule s’agissant de la santé et de l’espérance de
                          vie de l’ouvrier. S’il n’y est pas contraint par la société <note xml:id="CapIsect3not113" n="113" place="bottom">
                            « Bien que la santé de la population soit un élément si important
                            du capital national, nous craignons d’être bien forcés de reconnaître que les
                            capitalistes ne sont absolument pas disposés à sauvegarder ce trésor et à y
                            accorder de la valeur... Tous les égards que les fabricants peuvent avoir
                            pour la santé des travailleurs leur ont été imposés. » (<title>Times</title>,
                            5 novembre 1861).
                          </note>.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 301 (1983).</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p rend="alinea">
                  Tant que ça va bien (réserve de paysans…), non seulement « le capital n’a aucun
                  scrupule », mais il peut ne pas voir que c’est « dans son propre intérêt » (plus
                  haut). Même s’il avait conscience de scier la branche sur laquelle il est assis,
                  en concurrence, un capitaliste est prisonnier de l’intérêt à court terme. Historiquement,
                  ce sont la noblesse terrienne jalouse du capital, des bourgeois plus humanitaires
                  parce que non capitalistes et les ouvriers agissant collectivement qui ont amené
                  l’État à imposer aux capitalistes la législation sur la durée du travail… en fait
                  leur intérêt à long terme.
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>workhouse</term></index>
                          <index><term>maison de terreur</term></index> <index><term>terreur, maison</term></index>
                          <index><term>House of Terror</term></index> <index><term>terror, house</term></index>
                          C’est dans ce but, ainsi que « pour éliminer la flemmardise,
                          la luxure et les douces rêveries libertaires romantiques », autant
                          que « pour diminuer la taxe des pauvres, activer l’esprit d’industrie
                          et faire baisser le prix du travail dans les manufactures »,
                          que notre fidèle Eckart du capital propose le moyen imparable
                          qui consiste à enfermer les travailleurs qui sont à la charge de
                          la bienfaisance publique, en un mot, les pauvres, dans une
                          « maison de travail idéale (<foreign xml:lang="en">an ideal workhouse</foreign>) ».
                          « Il faut faire de cette maison une maison de terreur (<foreign xml:lang="en">house of terror</foreign>) » <note xml:id="CapIsect3not127" n="127" place="bottom">
                            <title>An Essay etc.</title> p. 242, 243. « Such ideal workhouse must be made
                            a “House of Terror” et non un asile où les pauvres recevraient abondamment
                            manger, où ils seraient habillés chaudement et convenablement et où
                            ds ne travailleraient pas beaucoup ».
                          </note> <note xml:id="CapIsect3notDM127" n="DM127" place="bottom">
                            <index><term>An essay on trade and commerce</term></index>
                            <index><term>Essay on trade and commerce</term></index>
                            <index><term>Cunningham</term></index>
                            <title>An essay on trade and commerce : Containing observations on taxes,
                            As they are supposed to affect The Price of Labour in our Manufactories :
                            together with Some interesting Reflections on the Importance of our trade to
                            America. To which is added the Out-Lines, or Sketch, of a Scheme For the
                            maintenance and employment of the poor, The Prevention of Vagrancy, and
                            Decrease of the poor’s rates. Humbly addressed to the Legislature of the
                            Kingdom, By the Author of Considerations on Taxes, &amp;c.</title> (anonyme,
                            souvent attribué à J. Cunningham), printed for S. Hooper, No. 25,
                            Ludgate-Hill, Londres, 1770, 302 pages.
                            <!-- https://searchworks.stanford.edu/view/9291696 -->
                            <!-- https://searchworks.stanford.edu/catalog?q=%22Cunningham%2C+J.+%22&search_field=search_author -->
                          </note>.
                          Dans cette « maison de terreur » cet idéal de <foreign xml:lang="en">workhouse</foreign>, on
                          doit travailler « 14 heures par jours en comptant toutefois
                          les repas de façon qu’il reste 12 heures de travail pleines »128.
                          Douze heures de travail par jour dans « le <foreign xml:lang="en">workhouse</foreign> idéal »,
                          dans la maison de terreur de 1770 ! Et 63 ans plus tard, en 1833,
                          quand le Parlement anglais réduisit la journée de travail
                          pour les enfants entre 13 et 18 ans à 12 heures de travail pleines,
                          on aurait cru que c’était l’apocalypse de l’industrie anglaise
                          qui commençait !
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>P. 308-309.</bibl>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>
                <!-- Foster mentionne la maison de terreur dans Foster 2017, mais en se référant à
                Lagargue, pas à ce passage du Capital. -->
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap9" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 9 — Taux et masse de plus-value
              </head>
              <bibl>Livre I, p. 339 et suivantes.</bibl>

              <p xml:id="Capital-Ichap9-seuilcap" rend="alinea"><label rend="invisible">Capital, Livre I, Chapitre 9 — Taux et masse de plus-value</label>
                <index><term>capital, seuil pour pouvoir être un —</term></index>
                <index><term>seuil pour pouvoir être un capital</term></index>
                <index><term>capital variable</term></index>
                <index><term>capital constant</term></index>
                <index><term>reproduction élargie</term></index>
                <index><term>patron</term></index>
                <index><term>petit patron</term></index>
                <index><term>petit maître</term></index>
                <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité, capital</term></index>
                <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité, capital</term></index>
                <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —, capital</term></index>
                <index><term>loi de la dialectique, confirmation</term></index>
                <index><term>loi de la dialectique, une — ne prouve rien</term></index>
                <index><term>dialectique, ne prouve rien</term></index>
                <!-- <index><term>traduction, remarque</term></index> -->
                <index><term>loi de la dialectique, les — sont induites</term></index>
                <index><term>induction, des lois de la dialectique</term></index>
              </p>
              <p xml:id="CapI344trois5" rend="alinea">
                Marx fait remarquer que pour qu’une somme puisse fonctionner comme capital,
                il faut, outre la valeur d’un peu de matière première et d’équipement (capital constant),
                du capital variable pour faire travailler au moins un ouvrier, et même plusieurs
                pour pouvoir en tirer au moins assez pour survivre lui-même, et pour chaque ouvrier en plus,
                de nouveau plus de capital constant. En fait, il en faut beaucoup plus encore (p. 345)
                parce que le but du capitaliste n’est pas de survivre mais d’accumuler toujours plus.
                À ce stade, gérer tout ça ne lui permettra plus de travailler lui-même à la production
                et on notera au passage qu’un travailleur indépendant n’est pas un capitaliste
                et qu’il n’en est toujours pas un même s’il emploie quelques ouvriers.
                Il n’est alors qu’un petit patron. Un capitaliste, un vrai, a un capital tel que
                non seulement il lui est possible de ne pas participer à la production,
                mais qu’il lui est même impossible de continuer à y participer.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 49%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <floatingText>
                      <body>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            Aus der bisherigen Betrachtung der Produktion des Mehrwerths ergiebt sich,
                            dass nicht jede beliebige Geld- oder Werthsumme in Kapital verwandelt werden kann,
                            sondern zu dieser Verwandlung vielmehr ein bestimmtes Minimum von Geld oder Tauschwerth
                            in der Hand des einzelnen Geld- oder Waarenbesitzers vorausgesetzt ist.
                            Das Minimum von variablem Kapital ist der Kostenpreis einer einzelnen Arbeitskraft,
                            die das ganze Jahr durch, Tag aus Tag ein, zur Gewinnung von Mehrwerth vernutzt wird.
                            Wäre dieser Arbeiter im Besitz seiner eignen Produktionsmittel,
                            und begnügte er sich als Arbeiter zu leben, so genügte ihm
                            die zur Reproduktion seiner Lebensmittel nothwendige Arbeitszeit, sage von 8 Stunden täglich.
                            Er bedürfte also auch nur Produktionsmittel für 8 Arbeitsstunden.
                            Der Kapitalist dagegen, der ihn ausser diesen 8 Stunden sage 4 Stunden Mehrarbeit verrichten lässt,
                            bedarf einer zusätzlichen Geldsumme zur Beschaffung der zusätzlichen Produktionsmittel.
                            Unter unserer Annahme jedoch müsste er schon zwei Arbeiter anwenden,
                            um von dem täglich angeeigneten Mehrwerth wie ein Arbeiter leben,
                            d. h. die notwendigen Bedürfnisse befriedigen zu können.
                            In diesem Fall wäre blosser Lebensunterhalt der Zweck seiner Produktion,
                            nicht Vermehrung des Reichthums, und das letztre ist unterstellt bei der kapitalistischen Produktion.
                            Damit er nur doppelt so gut lebe wie ein gewöhnlicher Arbeiter,
                            und die Hälfte des producirten Mehrwerths in Kapital zurückverwandle,
                            müsste er zugleich mit der Arbeiterzahl das Minimum des vorgeschossenen Kapitals um das Achtfache steigern.
                            Allerdings kann er selbst, gleich seinem Arbeiter, unmittelbar Hand im Produktionsprozesse anlegen,
                            aber ist dann auch nur ein Mittelding zwischen Kapitalist und Arbeiter, ein „kleiner Meister“.
                            Ein gewisser Höhegrad der kapitalistischen Produktion bedingt, dass der Kapitalist die ganze Zeit,
                            während deren er als Kapitalist, d. h. als personificirtes Kapital funktionirt,
                            zur Aneignung und daher Kontrole fremder Arbeit,
                            und zum Verkauf der Produkte dieser Arbeit verwenden könne<note xml:id="CapI-1867-not205" n="205)" place="bottom">
                               „The farmer cannot rely on his own labour ;
                               and if he does, I will maintain that he is a loser by it.
                               His employment should be, a general attention to the whole :
                               his thrasher must be watched, or he will soon lose his wages in corn not thrashed out ;
                               his mowers, reapers etc. must be looked after ; he must constantly go round his fences ;
                               he must see there is no neglect ; which would be the case if he was confined to any one spot.“
                               „An Enquiry into the Connection between the Price of Provisions, and the Size of Farms etc.
                               By a Farmer. London 1773“, p. 12.
                               Diese Schrift ist sehr interessant.
                               Man kann darin die Genesis des „capitalist farmer“ oder „merchant färmer“,
                               wie er ausdrücklich genannt wird, studiren und seiner Selbstverherrlichung gegenüber dem „small farmer“,
                               dem es wesentlich um die Subsistenz zu thun ist, zuhören.
                               „Die Kapitalistenklasse wird zuerst theilweise und schliesslich
                               ganz und gar entbunden von der Nothwendigkeit der Handarbeit.“
                               („Textbook of Lectures on the Polit. Economy of Nations.
                               By the Rev. Mr. Richard Jones. Hertford 1852.“ Lecture III.)
                            </note>.
                            Die Verwandlung des Handwerkmeisters in den Kapitalisten
                            suchte die zünftige Industrie des Mittelalters dadurch gewaltsam zu verhindern,
                            dass sie die Arbeiteranzahl, die ein einzelner Meister beschäftigen durfte,
                            auf ein sehr geringes Maximum beschränkte.
                            Der Geld- oder Waarenbesitzer verwandelt sich erst wirklich in einen Kapitalisten,
                            wo die für die Produktion vorgeschossene Minimalsumime weit über dem mittelaltrigen Maximum steht.
                            Hier, wie in der Naturwissenschaft, bewährt sich die Richtigkeit
                            des von Hegel in seiner Logik entdeckten Gesetzes,
                            dass bloss quantitative Veränderungen auf einem gewissen Punkt in qualitative Unterschiede umschlagen<note xml:id="CapI-1867-not205a" n="205a)" place="bottom">
                               Die in der modernen Chemie angewandte, von Laurent und Gerhardt angebahnte,
                               von Prof. Würtz zu Paris zuerst wissenschaftlich entwickelte Molekulartheorie
                               beruht auf keinem anderen Gesetze.
                            </note>.
                          </p>
                        </quote>
                      </body>
                    </floatingText>
                    <bibl>1867, p. 286-288.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <floatingText>
                      <body>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            Il résulte de notre examen de la production de la plus-value
                            que toute somme d’argent ou de valeur n’est pas à volonté transformable en capital,
                            mais que cette transformation présuppose au contraire un minimum déterminé d’argent
                            ou de valeur d’échange dans les mains du détenteur individuel d’argent ou de marchandises.
                            Le minimum de capital variable est le prix que coûte une force de travail individuelle
                            consommée dans l’usage d’une année, bon an mal an, pour gagner de la plus-value.
                            Si ce travailleur était en possession de ses propres moyens de production,
                            et s’il se contentait de sa vie de travailleur,
                            le temps de travail nécessaire à la reproduction de ses moyens de subsistance,
                            disons huit heures par jour, lui suffirait.
                            Il n’aurait donc plus besoin de moyens de production que pour huit heures de travail.
                            Le capitaliste, en revanche, qui lui fait faire, par exemple,
                            quatre heures de surtravail en plus de ces huit heures,
                            a besoin d’une somme d’argent supplémentaire pour se procurer les moyens de production supplémentaires.
                            Dans notre hypothèse, cependant, il serait déjà obligé d’employer deux travailleurs
                            pour vivre comme un travailleur de la plus-value qu’il s’approprie quotidiennement,
                            c’est-à-dire pour pouvoir satisfaire ses besoins nécessaires.
                            Dans ce cas, le but de sa production serait la simple conservation de son existence,
                            et non l’accroissement de la richesse, qui est inséparable de la production capitaliste.
                            Pour vivre seulement deux fois mieux qu’un travailleur ordinaire
                            et retransformer en capital la moitié de la plus-value produite,
                            il faudrait qu’il multiplie par huit à la fois le nombre des travailleurs et le minimum de capital avancé.
                            Il est vrai qu’il peut lui-même, comme son ouvrier, mettre la main à la pâte
                            et participer directement au procès de production,
                            mais il n’est déjà plus alors qu’un hybride de capitaliste et de travailleur, un « petit maître ».
                            Un certain niveau de production capitaliste suppose que le capitaliste
                            puisse utiliser tout le temps pendant lequel il fonctionne comme capitaliste,
                            c’est-à-dire comme capital personnifié, à s’approprier
                            et donc à contrôler le travail d’autrui et à vendre les produits de ce travail<note xml:id="CapI-1983-not205" n="205" place="bottom">
                              « Le fermier ne peut pas compter sur son propre travail ;
                              et s’il le fait, à mon avis, il y perdra.
                              Son activité devrait consister à surveiller l’ensemble :
                              il faut qu’il ait l’œil sur son batteur,
                              sinon il aura jeté par les fenêtres le salaire pour le grain qui n’aura pas été battu ;
                              de même, il faut qu’il surveille ses faucheurs, ses moissonneurs, etc. ;
                              qu’il fasse constamment le tour de ses clôtures, prenne garde que rien ne soit négligé,
                              ce qui serait le cas s’il s’occupait d’une seule chose. »
                              (J. <hi rend="petitescapitales">Arbuthnot</hi>,
                              <title>An Enquiry into the Conneetion between the Price of Provisions,
                              and the Size of the Farms</title> etc. By a Farmer, Londres 1773, p. 12.)
                              Cette étude est très intéressante.
                              On peut y étudier la genèse du <term xml:lang="en">capitalist farmer</term>
                              ou <term xml:lang="en">merchant farmer</term>, ainsi qu’il est appelé explicitement,
                              et l’entendre chanter ses propres louanges face au <term xml:lang="en">small farmer</term>,
                              essentiellement préoccupé de sa subsistance.
                              « La classe capitaliste est d’abord partiellement, puis finalement complètement
                              délivrée de la nécessité du travail manuel ».
                              (<title>Textbook of Lectures on the Polit. Economy of Nations</title>.
                              By the Rev. Richard Jones, Hertford 1852, lecture III, p. 39.)
                            </note>.
                            Les corporations médiévales ont cherché à empêcher par la force
                            la transformation du maître de métier en capitaliste,
                            en réduisant à un maximum très bas le nombre de travailleurs qu’un seul maître avait le droit d’employer.
                            Le détenteur d’argent ou de marchandises ne se transforme réellement en capitaliste
                            qu’à partir du moment où la somme minimale avancée pour la production
                            dépasse largement le maximum du Moyen Age.
                            Ici se confirme, comme dans les sciences de la nature, l’exactitude de la loi
                            découverte et exposée par Hegel dans sa Logique,
                            selon laquelle des changements purement quantitatifs, parvenus à un certain point,
                            se renversent en différences qualitatives<note xml:id="CapI-1983-not205a" n="205a" place="bottom">
                              La théorie moléculaire de la chimie moderne, que Laurent et Gerhardt
                              ont les premiers exposée scientifiquement, repose aussi sur cette loi.
                            </note>.
                          </p>
                        </quote>
                      </body>
                    </floatingText>
                    <bibl>P. 344-346. (Addition d’Engels à la troisième édition, voir plus bas.)</bibl>
                  </cit>
                </item><!--
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> --><!--
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
              </list>

              <p xml:id="seuilCapitaltraduc" rend="alinea">
                Roy (pages 301-302 de l’édition en huit volumes aux Éditions sociales)
                semble s’être autorisé un peu de fantaisie à la fin de la première phrase.
                Chez lui, « le détenteur individuel d’argent ou de marchandises »
                devient « postulant à la dignité de capitaliste ».
                Mais comme Marx a corrigé Roy, on peut se demander si ce n’est pas de Marx,
                une correction voulue, un enrichissement de l’expression « der Geld- oder Waarenbesitzer ».
              </p>
              <p rend="alinea">
                On ne peut pas devenir capitaliste sans le vouloir, sans en prendre l’initiative.
                Même si la richesse de quelqu’un atteint le seuil discuté ici,
                la personne ne se réveille pas un beau matin capitaliste sans l’avoir voulu,
                parce qu’une « loi » de Hegel en aurait décidé.
                En se sens, Marx se contredit lui-même en invoquant la loi de Hegel dans ce cas.
                Il répète ça <ref target="#Capital-Ichap11">au chapitre 11, Coopération</ref>
                (en se référant au passage ci-dessus).
              </p>
              <p rend="alinea">
                Marx souligne ainsi qu’il y a un effet de seuil :
                une somme ne peut pas fonctionner comme capital en dessous d’un certain seuil.
                Cela étant établi sur un plan purement économique, Marx croit pouvoir constater
                que se vérifie l’exactitude (<foreign xml:lang="de">bewährt sich die Richtigkeit</foreign>) de la loi de Hegel !
                Ce faisant, il exprime, comme dans la note 205a,
                une confiance injustifiée dans la logique de Hegel
                et il tend à Dühring un bâton pour se faire battre.
              </p>

              <!-- <bibl><ref target="http://ml-werke.de/marxengels/me23_321.htm#Z205">texte
              allemand</ref></bibl> -->

              <p rend="alinea">
                Engels <ref target="#seuilCapitalDuh">répond à
                Dühring sur ce passage</ref> au chapitre 12 de l’<title>Anti-Dühring</title>
                pour faire remarquer que la loi de la négation de la négation n’intervient qu’a posteriori,
                qu’elle ne fonctionne pas comme preuve.
                La phrase citée ci-dessus est de Marx une réflexion philosophique a posteriori,
                elle n’est pas intervenue dans son raisonnement économique.
                Sa considération d’un point d’économie peut servir de confirmation
                à « la loi découverte […] par Hegel », mais celle-ci ne lui a servi à rien.
                Elle aurait pu lui servir d’inspiration, mais, d’après ce qu’il en dit ici,
                cela ne semble même pas le cas.
              </p>
              <p xml:id="inductionHegel" rend="alinea">
                Dans la <title>Dialectique de la nature</title>,
                au chapitre « La dialectique », <ref target="#DNp69debut">p. 69</ref>.
                Engels attribue à Hegel une démarche inductive.
                C’est peut-être aussi la position de Marx quand il dit, de cette loi, la « découverte » de Hegel
                dans la <ref target="#Marxlettre1867-06-22Engels">lettre du 22 juin 1867</ref>
                où il signale à Engels qu’il a mis ça (avec la note sur la chimie) dans le <title>Capital</title>.
              </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

              <p rend="alinea">
                Je reprends la note 205, bien que, pour la question du seuil, elle soit seulement illustrative,
                parce qu’elle montre que Marx a bien en tête que, dans le capitalisme débutant,
                il y a aussi les fermiers capitalistes — contrairement à l’accent (à la Pirenne)
                qu’on met trop souvent sur les villes comme foyer du capitalisme.
              </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

              <p xml:id="CapI346note205a" rend="alinea"><label rend="invisible">Capital, Livre I, Chapitre 9 — Taux et masse de plus-value</label>
                <index><term>chimie, repose sur la loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>
                <index><term>Laurent, hydrocarbures, séries homologues</term></index>
                <index><term>Gerhardt, hydrocarbures, séries homologues</term></index>
                <index><term>molécule, géométrie</term></index>
                <index><term>hydrocarbures, séries homologues</term></index>
                <index><term>Schorlemmer</term></index>
                <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité, contrexemple</term></index>
                <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité, chimie</term></index>
                <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité, chimie</term></index>
                <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —, chimie</term></index>
                Sur la comparaison avec les sciences naturelles,
                je repends la note 205a avec un développement dû à Engels,
                à partir de la 3<hi rend="ordinal">e</hi> édition.
                (Malgré sa numérotation comme note intercalée, la note courte remonte bien à 1867 :
                « 205a <foreign xml:lang="de">Die in der modernen Chemie angewandte,
                von Laurent und Gerhardt angebahnte,
                von Prof. Würtz zu Paris zuerst wissenschaftlich entwickelte Molekulartheorie
                beruht auf keinem anderen Gesetze</foreign> (1867:288). »
                Elle est toujours courte en 1872.)
              </p>
              <list xml:id="LaurentGerhardt" rend="horiz"><!--
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Die in der modernen Chemie angewandte, von Laurent und Gerhardt angebahnte,
                        von Prof. Würtz zu Paris zuerst wissenschaftlich entwiekelte Molekulartheorie
                        beruht auf keinein anderen Gesetze.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      1867,
                      Drittes Kapitel — Die Produktion des absoluten Mehrwerths,
                      § 5) Rate und Masse des Mehrwerths,
                      p. 288, Note 205a.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item> --><!--
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Die in der modernen Chemie angewandte, von Laurent und Gerhardt
                        zuerst wissenschaftlich entwickelte Molekulartheorie
                        beruht auf keinem andren Gesetze.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1872:315, Note 205a.</bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item style="width: 27%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Die in der modernen Chemie angewandte, von Laurent und Gerhardt
                        zuerst wissenschaftlich entwickelte Molekulartheorie
                        beruht auf keinem andren Gesetze.
                        (Zusatz zur 3. Ausg. — Wir bemerken zur Erklärung dieser
                        für den Nichtchemiker ziemlich dunklen Anmerkung,
                        daß der Verfasser hier von den von C. Gerhardt 1843
                        zuerst so benannten „homologen Reihen“ von Kohlenwasserstoff­verbindungen spricht,
                        von denen jede eine eigne algebraische Zusammensetzungsformel hat.
                        So die Reihe der Paraffine : C<hi rend="indice">n</hi>, H<hi rend="indice">2n + 2</hi> ;
                        die der normalen Alkohole : C<hi rend="indice">n</hi>, H<hi rend="indice">2n + 2</hi>, O ;
                        die der normalen fetten Säuren C<hi rend="indice">n</hi>, H<hi rend="indice">2n</hi>, O<hi rend="indice">2</hi>
                        und viele andre.
                        In obigen Beispielen wird durch einfachen quantitativen Zusatz von C H<hi rend="indice">2</hi>
                        zur Molekularformel jedesmal ein qualitativ verschiedner Körper gebildet.
                        Ueber die, von Marx überschätzte, Theilnahme Laurent’s und Gerhardt’s
                        an der Feststellung dieser wichtigen Thatsache vgl.
                        Kopp, Entwicklung der Chemie, München 1873, S. 709 und 716,
                        und Schorlemmer, Rise and Progress of Organic Chemistry, London 1879, p. 54. — D. H.)
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1883:305-306, Note 205a.</bibl>
                  </cit>
                </item><!--
                <item>
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Die in der modernen Chemie angewandte, von Laurent und Gerhardt
                        zuerst wissenschaftlich entwickelte Molekulartheorie
                        beruht auf keinem andren Gesetze.
                        (Zusatz zur 3. Ausg. — Wir bemerken zur Erklärung dieser
                        für den Nichtchemiker ziemlich dunklen Anmerkung,
                        daß der Verfasser hier von den von C. Gerhardt 1843
                        zuerst so benannten „homologen Reihen“ von Kohlenwasserstoffverbindungen spricht,
                        von denen jede eine eigne algebraische Zusammensetzungsformel hat.
                        So die Reihe der Paraffine: C<hi rend="indice">n</hi>, H<hi rend="indice">2n + 2</hi>;
                        die der normalen Alkohole: C<hi rend="indice">n</hi>, H<hi rend="indice">2n + 2</hi>, O;
                        die der normalen fetten Säuren C<hi rend="indice">n</hi>, H<hi rend="indice">2n</hi>, O<hi rend="indice">2</hi>
                        und viele andre.
                        In obigen Beispielen wird durch einfachen quantitativen Zusatz von CH<hi rend="indice">2</hi>
                        zur Molekularformel jedesmal ein qualitativ verschiedner Körper gebildet.
                        Ueber die, von Marx überschätzte, Theilnahme Laurent’s und Gerhardt’s
                        an der Feststellung dieser wichtigen Thatsache vgl.
                        Kopp, „Entwicklung der Chemie, München 1873,“ S. 709 und 716,
                        und Schorlemmer, „Rise and Progress of Organic Chemistry, London 1879,“ p.54. — F. E.)
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1890:273, Note 205a.</bibl>
                  </cit>
                </item> --><!--
              </list>
              <list rend="horiz"> --><!--
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La théorie moléculaire de la chimie moderne,
                        développée pour la première fois scientifiquement par Laurent et Gerhardt,
                        a pour base cette loi.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1872:133, note 2 de la colonne de droite.</bibl>
                  </cit>
                </item> --><!--
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La théorie moléculaire de la chimie moderne,
                        développée pour la première fois scientifiquement par Laurent et Gerhardt,
                        a pour base cette loi.
                        — 3<hi rend="ordinal">e</hi> éd. :
                        Nous ajoutons afin d’expliquer cette note assez obscure pour le profane en chimie,
                        que l’auteur parle ici des « séries homologues » d’hydrocarbures,
                        ainsi dénommées, pour la première fois, par C. Gerhardt, en 1843,
                        et dont chacune a une formule algébrique de composition qui lui est particulière.
                        Ainsi la série des paraffines : C<hi rend="indice">n</hi>. H<hi rend="indice">2n + 2</hi>. ;
                        celle des alcools normaux : C<hi rend="indice">n</hi>. H<hi rend="indice">2n + 2</hi>. O ;
                        celle des acides gras normaux : C<hi rend="indice">n</hi>. H<hi rend="indice">2n</hi>O<hi rend="indice">2</hi>
                        et beaucoup d’autres.
                        Dans les exemples mentionnés, il se forme chaque fois par une addition simplement quantitative
                        de CH<hi rend="indice">2</hi> à la formation moléculaire,
                        un corps qualitativement différent.
                        Quant à la contribution de Laurent et Gerhardt dans la constatation de ce fait important,
                        — contribution surestimée par Marx —
                        voyez : Kopp, <title>Entwicklung der Chemie</title>, Munich 1873, p. 709 et 716,
                        et Schorlemmer, <title>Rise and Progress of Organic Chemistry</title>, Londres 1879, p. 54 (F. E.).
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Ed. Soc. en 8 vol., I, p. 302, note 2.</bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La théorie moléculaire de la chimie moderne
                        que Laurent et Ger­hardt ont les premiers exposée scientifiquement,
                        repose aussi sur cette loi.
                        — [ Additif à la troisième édition.]
                        Signalons pour expliquer cette note assez obscure pour des non-chimistes
                        que l’auteur parle ici de ce que C. Gerhardt a appelé pour la première fois en 1843
                        les « séries homologues » des liaisons moléculaires des hydrocarbures,
                        et dont chacune a une formule algébrique de composition qui lui est propre.
                        Ainsi la série de la paraffine : C<hi rend="indice">n</hi> H<hi rend="indice">2n + 2</hi> ;
                        celle des alcools normaux : C<hi rend="indice">n</hi>H<hi rend="indice">2n</hi> + H<hi rend="indice">2</hi>O ;
                        celle des acides gras : C<hi rend="indice">n</hi>H<hi rend="indice">2n</hi>O<hi rend="indice">2</hi>, etc.
                        Dans les exemples ci-dessus le simple ajout quanti­tatif de CH<hi rend="indice">2</hi> à la formule moléculaire
                        aboutit chaque fois à former un corps qualitativement différent.
                        Sur la contribution de Laurent et Gerhardt — surestimée par Marx —
                        à l’établissement de ces faits importants,
                        voir Kopp, <title>Entwicklung der Chemie</title>, Munich 1873, p. 709 et 716,
                        et Schorlemmer, <title>Rise and Progress of Organic Chemistry</title>, Londres 1879, p. 54.
                        Friedrich Engels.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1993:346, note 205a.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 24%;">
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        The molecular theory of modern chemistry first scientifically worked out by Laurent and Gerhardt
                        rests on no other law.
                        (Addition to 3rd Edition.) For the explanation of this statement,
                        which is not very clear to non-chemists,
                        we remark that the author speaks here of the homologous series of carbon compounds,
                        first so named by C. Gerhardt in 1848, each series of which has its own general algebraic formula.
                        Thus the series of paraffins : C<hi rend="exposant">n</hi> H<hi rend="exposant">2n + 2</hi>,
                        that of the normal alcohols : C<hi rend="exposant">n</hi> H<hi rend="exposant">2n + 2</hi>O;
                        of the normal fatty acids : C<hi rend="exposant">n</hi> H<hi rend="exposant">2n</hi> O<hi rend="exposant">2</hi>
                        and many others.
                        In the above examples, by the simply quantitative addition of C H<hi rend="exposant">2</hi>
                        to the molecular formula, a qualitatively different body is each time formed.
                        On the share (overestimated by Marx) of Laurent and Gerhardt in the determination of this important fact
                        see Kopp, “Entwicklung der Chemie.” München, 1878, pp. 709, 716,
                        and Schorlemmer, “Rise and Progress of Organic Chemistry.” London, 1879, p. 54. — Ed.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1887:296, note 1.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        The molecular theory of modem chemistry, first scientifically worked out by Laurent and Gerhardt,
                        rests on no other law.
                        [Addition to the third edition by Engels :]
                        For the explanation of this statement, which is not very clear to non-chemists,
                        we remark that the author speaks here of the homo­logous series of carbon compounds,
                        first so named by C. Gerhardt in 1843, each series of which has its own general algebraic formula.
                        Thus the series of paraffins : C<hi rend="indice">n</hi>H<hi rend="indice">2n + 2</hi><hi rend="barre">[O]</hi>,
                        that of the normal alcohols : C<hi rend="indice">n</hi>H<hi rend="indice">2n + 2</hi>O ;
                        of the normal fatty acids : C<hi rend="indice">n</hi>H<hi rend="indice">2n</hi>O<hi rend="indice">2</hi>,
                        and many others.
                        In the above examples, by the simply quantitative addition of CH<hi rend="indice">2n</hi> to the molecular formula,
                        a qualitatively different body is each time formed.
                        On the share (overestimated by Marx) of Laurent and Gerhardt in the determination of this important fact
                        see Kopp, <title>Entwickelung der Chemie</title>, Munich, 1873, pp. 709, 716,
                        and Schorlemmer, <title>The Rise and Development of Organic Chemistry</title>, London, 1879, p. 54.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1976:423-424, note 5.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea"><!--
                Je donne ce passage en long et en large dans les différentes éditions parce qu’il est important. -->
                Je ne suis pas convaincu (pour rester poli) que Laurent et Gerhardt ou d’autres aient basé
                « la théorie moléculaire de la chimie moderne » sur « la loi découverte et exposée par Hegel ».
                Or il dit littéralement que cette théorie moléculaire <emph>ne repose sur rien d’autre</emph>.
                (1867: « La théorie moléculaire appliquée en chimie moderne, initiée par Laurent et Gerhardt,
                et développée scientifiquement pour la première fois par le Prof. Würtz à Paris,
                ne repose sur aucune autre loi. »)
                Dans le seuil pour devenir un capital, Marx sait qu’il a fait d’abord un raisonnement économique
                et on pourrait penser qu’il y voit seulement une <emph>illustration</emph> de l’idée de Hegel
                (même s’il parle d’en vérifier l’exactitude).
                Par contre, s’agissant de la chimie,
                on voit que, même si Marx n’a pas développé une dialectique de la nature,
                il partage avec Engels les mêmes illusions sur une dialectique qui commanderait le monde.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Par ailleurs, la différence n’est que superficiellement quantitative
                (« simple ajout quantitatif de CH<hi rend="indice">2</hi> »).
                Elle est beaucoup plus profonde et d’emblée structurelle.
                C’est donc encore un mauvais exemple de « la loi découverte et exposée par Hegel ».
                Je développe <ref target="#DMdial-revue-quant-diff">ce point dans mon essai sur la dialectique</ref>.<!--
                Prenons par exemple deux maisons dont l’une est plus grande que l’autre, et de caractère assez différent.
                Tiens ! c’est curieux, je n’ai pourtant fait qu’ajouter des briques (par « simple ajout quantitatif »)
                et voilà que tout à coup j’obtiens une maison qualitativement différente.
                Il faut se forcer pour y voir un exemple de la « loi » de transformation de la quantité en qualité.
                Il n’y a pas un processus d’accroissement conduisant à un point de basculement,
                il y a une comparaison (en quantité) de choses différentes au départ. --><!--
                (J’en discute à propos de l’<title>Anti-Dühring</title>.) -->
              </p>
              <p rend="alinea">
                C’est Marx qui a attiré l’attention d’Engels sur la note 205a du <title>Capital</title>
                dans <ref target="#Marxlettre1867-06-22Engels">une lettre du 22 juin 1867</ref>.
                Je ne comprends pas pourquoi Engels trouve que Marx exagère l’importance de Laurent et Gerhardt.
                Ils ont joué un rôle révolutionnaire dans le développement de la chimie au 19<hi rend="ordinal">e</hi>
                et dans le renforcement de l’atomisme contre l’immobilisme de l’université française
                et la stérilité du positivisme.
                (Voir Jean Bernhardt, « <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=1235">Chimie et biologie au 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle</ref> », p. 78-82.)
                Que Marx et Engels connaissent leurs noms montre l’étendue de leur culture et de leur curiosité scientifiques.
              </p>
            </div>
          </div><!-- fin de fichier inclus Capital-Isect3.xml -->
<!-- Ch5, Procès de travail et procès de valorisation. Ch6, Capital constant et capital variable.
     Ch7, Le taux de plus-value. Ch8, La journée de travail. Ch9, Taux et masse de la plus-value. -->
          <!-- début de fichier inclus Capital-Isect4.xml --><div xml:id="Capital-Isect4" type="level2_sect">
            <head>
              Quatrième section —
              La production de la plus-value relative
            </head>

            <div xml:id="Capital-Ichap10" type="level3_chap">
              <head><!-- <seg rend="invisible"></seg> -->
                Chapitre 10 —
                Le concept de plus-value relative
              </head>

              <bibl>Livre I, p. 351 et suivantes.</bibl>
              <bibl rend="publie pluspetit">Livre I (1948), t. 2, p. 7 et suivantes.</bibl>

              <p xml:id="Capital-Ichap10-relat-ndx"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 10, Le concept de plus-value relative</label>
                <index><term>survaleur — voir plus-value</term></index>
                <index><term>absoluten Mehrwerth</term></index> <index><term>relativen Mehrwerth</term></index>
                <index><term>Mehrwerth, absoluten, relativen</term></index>
                <index><term>plus-value, absolue, relative</term></index>
                <index><term>absolue, plus-value</term></index> <index><term>relative, plus-value</term></index>
                <index><term>absolute meerwaarde</term></index> <index><term>relatieve meerwaarde</term></index>
                <index><term>meerwaarde, absolute, relatieve</term></index>
                <index><term>absolute surplus-value</term></index> <index><term>relative surplus-value</term></index>
                <index><term>surplus-value, absolute, relative</term></index>
              </p>

              <p rend="alinea">
                Pour la obtenir la valeur nouvelle créée dans une journée de travail,
                le capitaliste a dû avancer du capital constant pour acheter la force de travail.
                La plus-value est ce qui reste de valeur nouvelle créé après déduction du capital constant dépensé.
                La plus-value augmente évidemment si, à valeur égale de force de travail,
                on augmente la durée de la journée de travail.
                Cette plus-value augmentée par l’allongement de la journée de travail,
                c’est ce que Marx appelle la <term>plus-value absolue</term>.
                Si la valeur de la force de travail avait diminué,
                la partie de la valeur de journée de travail qui compense le capital constant diminue
                et le reste, la plus-value, augmente donc, sans allonger la journée.
                Cette plus-value augmentée par le changement de la proportion de capital variable,
                c’est ce que Marx appelle la <term>plus-value relative</term>.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 21%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="gras">
                        1)
                        <lb/>Begriff des relativen Mehrwerths
                      </p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea">
                        Durch <emph>Verlängerung</emph> des Arbeitstags producirten Mehrwerth
                        nenne ich <term xml:lang="de">absoluten Mehrwerth</term> ;
                        den Mehrwerth dagegen, der aus <emph>Verkürzung</emph> der nothwendigen Arbeitszeit
                        und entsprechender Veränderung im <emph>Grössenverhältniss</emph>
                        der beiden Bestandtheile des Arbeitstags entspringt,
                        — <term xml:lang="de">relativen Mehrwerth</term>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1867, p. 295.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 21.5%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="gras">
                        Chapitre XII
                        <lb/>La plus-value relative
                      </p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea">
                        Je nomme <term>plus-value absolue</term>
                        la plus-value produite par la simple prolongation de la journée de travail,
                        et <term>plus-value relative</term>
                        la plus-value qui provient au contraire de l’abréviation du temps de travail nécessaire
                        et du changement correspondant dans la grandeur relative
                        des deux parties dont se compose la journée.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1872, p. 136</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <index><term>plus-value, absolue, relative</term></index>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="gras">
                        Chapitre X
                        <lb/>Le Concept de survaleur relative
                      </p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea">
                        J’appelle survaleur absolue
                        la survaleur produite par allongement de la journée de travail ;
                        et survaleur relative, par contre,
                        la survaleur issue du raccourcissement du temps de travail nécessaire
                        et d’un changement corrélatif dans le rapport quantitatif
                        des deux composantes de la journée de travail.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1983, p. 354</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 23%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="gras">
                        Hoofdstuk 10
                        <lb/>Het begrip relatieve meerwaarde
                      </p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea">
                        De door de verlenging van de arbeidsdag geproduceerde meerwaarde
                        noem ik de absolute meerwaarde;
                        de meerwaarde, daarentegen,
                        die voortvloeit uit de verkorting van de noodzakelijke arbeidstijd
                        en de daarmee gepaard gaande
                        wijziging in de kwantitatieve verhouding van de beide bestanddelen van de arbeidsdag,
                        noem ik de relatieve meerwaarde.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/10.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 19%;">
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="gras">
                        Chapter XII
                        <lb/>The concept of relative surplus-value
                      </p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea">
                        The surplus-value produced by prolongation of the working day,
                        I call <term xml:lang="en">absolute surplus-value</term>.
                        On the other hand, the surplus-value arising
                        from the curtailment of the necessary labour-time,
                        and from the corresponding alteration
                        in the respective lengths of the two components of the working day,
                        I call <term xml:lang="en">relative surplus-value</term>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1887, p. 304.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

              <p xml:id="Capital-Ichap10-extra-ndx"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 10, Le concept de plus-value relative</label>
                <!-- <index><term>Extra-Mehrwerth</term></index> --> <index><term>Mehrwerth, extra</term></index>
                <index><term>plus-value extra</term></index> <!-- <index><term>extra, plus-value</term></index> -->
                <!-- <index><term>extra-meerwaarde</term></index> --> <index><term>meerwaarde, extra</term></index>
                <!-- <index><term>extra surplus-value</term></index> --> <index><term>surplus-value, extra</term></index>
                <index><term>extra, plus-value, Mehrwerth, meerwaarde, surplus-value</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                L’augmentation relative de plus-value dépend peu de ce que fait le capitaliste individuel.
                Elle vient de la baisse de la valeur de la force de travail,
                donc de la baisse de la valeur des biens de subsistance des vendeurs de la force de travail,
                de la hausse de productivité dans les secteurs qui les produisent
                (et donc dans les secteurs qui produisent les équipements pour les secteurs qui…).
                L’augmentation relative de plus-value est donc un effet d’ensemble,
                dont les capitalistes bénéficient tous, collectivement.
                Un capitaliste individuel, même du secteur des biens de subsistance,
                ne peut rien y faire. Son influence sur la valeur d’ensemble est négligeable.
                Il n’a donc aucune propension à améliorer sa productivité en vue d’obtenir de la plus-value relative.
                Son augmentation de productivité aurait une influence insensible sur la valeur de la force de travail.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Un capitaliste individuel <emph>a cependant bien intérêt</emph> à augmenter sa productivité :
                tant qu’il est le seul (ou qu’ils sont en petite minorité, s’ils sont plus d’un),
                il produit en un temps plus court que le temps socialement nécessaire déterminant la valeur,
                mais comme il n’affecte que marginalement (autant dire pas du tout)
                ce temps socialement nécessaire, donc la valeur de la marchandise,
                il obtient sur la journée, en produisant plus de ces marchandises,
                plus de valeur (nominalement inchangée) que les autres.
                C’est une forme de surplus que Marx appelle <term>plus-value extra</term>.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 23%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Der wirkliche Werth einer Waare ist aber nicht durch ihren <emph>individuellen</emph>,
                        sondern durch ihren <emph>gesellschaftlichen</emph> Werth bestimmt,
                        d, h. nicht durch die Arbeitszeit, die sie im einzelnen Fall dem Produzenten thatsächlich kostet,
                        sondern durch die gesellschaftlich zu ihrer Produktion erheischte Arheitszeit.
                        Verkauft also der Kapitalist, der die nene Methode anwendet,
                        seine Waare zu Ihren gesellschaftlichen Werth […],
                        so verkanft er sie […] über ihrem individnellen Werth
                        und realisirt so einen <term xml:lang="de">Extra-Mehrwerth</term> […].
                        […]
                        Diese Steigerung des Mehrwerths findet für ihn statt,
                        ob oder ob nicht seine Waare dem Umkreis der nothwendigen Lebensmittel angehört
                        und daher bestimmend in den allgemeinen Werth der Arbeitskraft eingeht.
                        Vom letztren Umstand abgesehn, existirt also für jeden einzelnen Kapitalisten
                        das Motiv die Waare durch erhöhte Produktivkraft der Arbeit zu verwohlfeilern.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1867, p. 297.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Or, valeur d’un article veut dire, non sa valeur individuelle, mais sa valeur sociale,
                        et celle-ci est déterminée par le temps de travail qu’il coûte,
                        non dans un cas particulier, mais en moyenne.
                        Si le capitaliste qui emploie la nouvelle méthode, vend la pièce à sa valeur sociale […],
                        il la vend […] au-dessus de sa valeur individuelle,
                        et réalise ainsi une <term>plus-value extra</term> […].
                        […]
                        Il attrape ce bénéfice,
                        que sa marchandise appartienne ou non au cercle des moyens de subsistance nécessaires
                        qui déterminent la valeur de la force de travail.
                        On voit donc qu’indépendamment de cette circonstance chaque capitaliste est poussé par son intérêt
                        à augmenter la productivité du travail pour faire baisser le prix des marchandises.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1872, p. 137, colonne de droite.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Or la valeur réelle d’une marchandise n’est pas sa valeur individuelle mais sa valeur sociale,
                        ce qui veut dire qu’elle n’est pas mesurée par le temps de travail
                        que la marchandise coûte effectivement au producteur dans un cas particulier,
                        mais par le temps de travail requis socialement pour sa production.
                        Si donc le capitaliste, qui emploie la nouvelle méthode,
                        vend sa marchandise à sa valeur sociale […],
                        il la vend […] au-dessus de sa valeur individuelle
                        et réalise ainsi une survaleur supplémentaire […].
                        […]
                        Cette augmentation de la survaleur intervient pour lui,
                        que sa marchandise appartienne ou non à la sphère des moyens de subsistance nécessaires,
                        qu’elle entre ainsi ou non de façon déterminante dans la valeur générale de la force de travail.
                        Indépendamment de ce dernier facteur,
                        il existe donc chez le capitaliste pris individuellement
                        une motivation à faire baisser le prix de la marchandise
                        par augmentation de la force productive du travail.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1983, p. 357.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        De werkelijke waarde van een waar is echter niet haar individuele, maar haar maatschappelijke waarde;
                        dat wil zeggen deze werkelijke waarde wordt niet gemeten
                        naar de arbeidstijd die zij in ieder afzonderlijk geval de producent in feite kost,
                        maar naar de maatschappelijk voor haar productie vereiste arbeidstijd.
                        Verkoopt de kapitalist, die volgens de nieuwe methode werkt,
                        zijn waar dus tegen de maatschappelijke waarde […],
                        dan verkoopt hij die waar […] boven haar individuele waarde
                        en realiseert hij dus een <term xml:lang="nl">extra-meerwaarde</term> […].
                        […]
                        Deze vergroting van de meerwaarde heeft voor hem plaats
                        ongeacht of zijn waar al dan niet tot de noodzakelijke bestaansmiddelen behoort
                        en daardoor medebepalend is voor de algemene waarde van de arbeidskracht.
                        Afgezien van de laatste omstandigheid bestaat dus voor iedere afzonderlijke kapitalist
                        de drijfveer om door opvoering van de arbeidsproductiviteit de waar goedkoper te maken.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/10.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 23%;">
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        The real value of a commodity is, however, not its individual value, but its social value;
                        that is to say, the real value is not measured
                        by the labour-time that the article in each individual case costs the producer,
                        but by the labour-time socially required for its production.
                        If therefore, the capitalist who applies the new method,
                        sells his commodity at its social value […], he sells it […] above its individual value,
                        and thus realises an <term xml:lang="en">extra surplus-value</term> […].
                        […]
                        This augmentation of surplus-value is pocketed by him, whether
                        his commodities belong or not to the class of necessary means of subsistence
                        that participate in determining the general value of labour-power.
                        Hence, independently of this latter circumstance,
                        there is a motive for each individual capitalist to cheapen his commodities,
                        by increasing the productiveness of labour.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1887, p. 306-307.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea pluspetit">
                (Dans les citations ci-dessus, c’est moi qui met en évidence les termes
                <term xml:lang="de">Extra-Mehrwerth</term>,
                <term>plus-value extra</term>,
                <term xml:lang="nl">extra-meerwaarde</term>,
                <term xml:lang="en">extra surplus-value</term>.)
              </p>
              <p rend="alinea">
                Ainsi, <emph>aucun</emph> capitaliste ne peut par lui-même obtenir une plus-value relative
                et ne peut donc avoir aucune propension à la rechercher, en tant que plus-value relative.
                <emph>Par contre</emph>, <emph>chaque</emph> capitaliste a une propension
                à se faire de la plus-value extra par augmentation de productivité.
                Lorsque le truc est éventé et le nouveau procédé généralisé,
                le capitaliste qui a introduit le nouveau procédé perd son avantage de plus-value extra ;
                la valeur du produit concerné diminue ; la valeur de la force de travail diminue
                (du moins si ce produit en est constitutif directement ou indirectement) ;
                <emph>tous</emph> les capitalistes engrangent de ce fait une plus-value relative
                qu’aucun d’entre eux n’a recherchée comme telle.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Ceci est une considération de Marx de la plus haute importance,
                mais qu’on peut ne pas apercevoir, perdue qu’elle est dans la discussion de la plus-value relative,
                au milieu de longues comparaisons en shillings et en pence (mes […] dans les citations ci-dessus).
                L’expression de Marx est <term>plus-value extra</term>,
                et toutes les traductions reprennent <term>extra</term>,
                qui en devient ainsi un concept reconnaissable, même s’il est un peu caché.
                (Malheureusement la traduction de 1983, avec « survaleur supplémentaire »,
                outre l’affaire de la survaleur (<ref target="#DMplus-value">que je discute ailleurs</ref>),
                n’éprouve ici encore aucun respect d’un usage bien établi.)
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap11" type="level3_chap">
              <head type="main">
                Chapitre 11 —
                Coopération
              </head>
              <bibl>
                <!-- Livre I (1948), t. 2, p. 16 et suivantes -->
                P. 362 et suivantes (1983).
              </bibl>

              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Quand des travailleurs ne peuvent absolument pas coordonner directement leurs travaux sans être ensemble
                    et que, par conséquent, leur agglomération en un lieu déterminé est la condition de leur coopération,
                    les travailleurs salariés ne peuvent coopérer sans que ce soit le même capital, le même capitaliste,
                    qui les emploie et donc achète en même temps toutes leurs forces de travail.
                    La valeur globale de ces forces de travail, ou encore la masse salariale journalière, hebdomadaire, etc.
                    des travailleurs doit donc être réunie dans la poche du capitaliste
                    avant que les forces de travail proprement dites soient réunies dans le procès de production. […]
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Et il en va du capital constant comme du capital variable. […]
                    À l’origine, une certaine grandeur minimale du capital individuel est apparue comme nécessaire
                    pour que le nombre des travailleurs exploités en même temps et donc la masse de plus-value produite
                    suffisent à délivrer du travail manuel l’employeur du travail proprement dit,
                    à transformer un petit maître en capitaliste et à instaurer ainsi, formellement, le rapport capitaliste.
                    Aujourd’hui elle apparaît comme condition matérielle de la transformation
                    d’un grand nombre de procès de travail individuels, disséminés et indépendants les uns des autres,
                    en un procès de travail social combiné.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1983:371-372.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                C’est le rappel de l’effet de seuil du <ref target="#Capital-Ichap9">chapitre 9</ref>,
                mais là du point de vue du capitaliste, ici du travail collectif.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Le travail collectif suppose aussi une direction.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    […] la coopération de nombreux salariés fait que le commandement du capital évolue
                    et devient une exigence de l’exécution du procès de travail proprement dit, une véritable condition de la production.
                    Les ordres donnés par le capitaliste sur le champ de production
                    sont devenus aussi indispensables que ceux du général sur le champ de bataille.
                    Tout le travail immédiatement social ou collectif à une assez grande échelle requiert peu ou prou une direction,
                    dont la médiation assure l’harmonie des activités individuelles,
                    et qui assume les fonctions générales nées du mouvement du corps productif global,
                    par opposition au mouvement de ses organes autonomes.
                    Un violoniste seul se dirige lui-même, un orchestre a besoin d’un chef.
                    Cette fonction de direction, de surveillance et de médiation
                    devient la fonction du capital dès que le travail qu’il a sous ses ordres devient coopératif.
                    En tant que fonction spécifique du capital,
                    la fonction de direction acquiert des caractéristiques spécifiques.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1983:372.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Mais cette nécessaire direction n’est pas que technique, elle est aussi disciplinaire, autoritaire.
              </p>
                <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La motivation et la finalité déterminante du procès de production capitaliste
                    est d’abord que le capital se valorise au maximum, c’est-à-dire qu’il y ait une production maximum de plus-value,
                    et donc une exploitation maximum de la force de travail par le capitaliste.
                    À mesure que s’accroît la masse des travailleurs employés en même temps,
                    leur résistance aussi s’accroît et donc, nécessairement, la pression du capital pour venir à bout de cette résistance.
                    La direction exercée par le capitaliste n’est pas seulement
                    une fonction particulière issue de la nature du procès de travail social et relevant de celui-ci,
                    c’est en même temps une fonction d’exploitation d’un procès de travail social,
                    déterminée donc par l’antagonisme inévitable de l’exploiteur et du matériau qu’il exploite.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1983:373-373.</bibl>
              </cit>

              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>Marx, homme de nature animal social</term></index>❦ Marx, homme de nature animal social
                <index><term>Aristote, homme de nature citoyen, animal politique</term></index>❦ Aristote, homme de nature animal politique
                <index><term>animal politique, homme, de nature, pour Aristote</term></index>
                <index><term>animal social, homme, de nature, pour Marx</term></index>
                <index><term>nature, </term></index>
                <!-- <index><term>Antiquité, citoyen</term></index> -->
                <!-- <index><term>citoyen, dans l’Antiquité</term></index> -->
                <!-- <index><term>ville</term></index>❦ ville -->
                <index><term>Franklin, toolmaking animal</term></index>❦ Franklin, homme fabricant d’outils
                <index><term>outil, homme fabricant d’— selon Franklin</term></index>
                <index><term>toolmaking animal, Franklin</term></index>
                <index><term>animal, toolmaking, Franklin</term></index>
                <index><term>Thomas O. Nitsch</term></index> <index><term>Nitsch, Thomas</term></index>
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea">
                            Diess rührt daher, dass der Mensch von Natur, wenn nicht, wie Aristoteles meint,
                            ein politisches<note xml:id="Capital-Ichap11-1867-not13" n="13)" place="bottom">
                              Aristoteles’ Definition ist eigentlich die, dass der Mensch von Natur Stadtbürger.
                              Sie ist ebenso charakteristisch für das klassische Alterthum, als Franklin’s
                              Definition, dass der Mensch von Natur Instrumentenmacher, für das Yankeethum.
                            </note>, jedenfalls ein gesellschaftliches Thier ist.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="#CapIde1867">Marx, 1867</ref>:307.
                      <ref target="#CapIde1872">En 1872</ref>:334, il déplace deux mots dans la note,
                      mais le texte se maintient pour le reste inchangé dans toutes les éditions allemandes
                      depuis la première de 1867.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea">
                            Cela vient de ce que l’homme est par nature, sinon un animal politique,
                            suivant l’opinion d’Aristote, mais dans tous les cas un animal social<note xml:id="Capital-Ichap11-1948-not15" n="15" place="bottom">
                              La définition d’Aristote est à proprement parler celle-ci, que l’homme est
                              par nature citoyen, c’est-à-dire habitant de ville. Elle caractérise
                              l’antiquité classique tout aussi bien que la définition de Franklin :
                              « L’homme est naturellement un fabricant d’outils », caractérise le Yankee.
                            </note>.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="#CapIfr1948">Traduction Roy (revue par Marx, 1875), 1948</ref>:19 (<ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-13.htm#ftnref6">aussi dans l’Archive Internet des marxistes</ref>).
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea">
                            Ceci provient du fait que si l’homme n’est pas par nature, comme le pense Aristote,
                            un animal politique<note xml:id="Capital-Ichap11-1983-not13" n="13" place="bottom">
                              La définition exacte d’Aristote est que l’homme est par nature citoyen
                              (<foreign xml:lang="de">Stadtbürger</foreign>). Elle est aussi caractéristique
                              de l’Antiquité classique que l’est de la mentalité yankee la définition
                              de Franklin selon laquelle l’homme est par nature fabricant d’instruments.
                            </note>,
                            il est en tout cas un animal social.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="#CapIfr1983">Traduction Lefebvre &amp; al., 1983</ref>:367.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea">
                            This originates from the fact that man, if not as Aristotle thought a political
                            animal,<note xml:id="Capital-Ichap11-1976-not7" n="7" place="bottom">
                              The real meaning of Aristotle’s definition is that man is by nature citizen
                              of a town.<note xml:id="Capital-Ichap11-1976-not7star" n="*" place="bottom">
                               ‘It is evident that the state (πόλις) is a creation of nature,
                               and that man is by nature a political animal (πολιτικὸν ζῷον)’
                               (Aristotle, Politics, Book I, 2).
                              </note> This is quite as characteristic of classical antiquity as Franklin’s
                              definition of man as a tool-making animal is characteristic of Yankeedom.
                            </note> is at all events a social animal.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="#CapIen1976">Traduction Fowkes, Penguin 1976</ref>:444. Aucune différence
                      fondamentale avec <ref target="#CapIen1887">la
                      traduction Moore-Aveling, sous la direction d’Engels, 1887</ref>:316.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Voici ce qu’écrit Aristote : Ἐκ τούτων οὖν φανερὸν ὅτι τῶν φύσει ἡ πόλις ἐστί,
                καὶ ὅτι ὁ ἄνθρωπος φύσει πολιτικὸν ζῷον, … dans <title>Politique</title>, Livre I,
                chapitre premier, § 9, tel que publié par Philippe Remacle en <ref target="http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/politique1.htm">http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/politique1.htm</ref>.
                <!-- Je crois comprendre « Il résulte de ce qui précède que l’État est un fait de nature,
                ainsi que l’homme par nature un animal politique. » -->
                Il y a dans la langue et dans la réalité de l’époque identité entre État et ville.
                Un animal politique, c’est donc aussi un citoyen et c’est ainsi que Marx utilise
                en note le mot <foreign xml:lang="de">Stadtbürger</foreign>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                L’analyse de la phrase de Marx est « … dass der Mensch von Natur,
                <list>
                  <item>wenn nicht, wie Aristoteles meint, ein politisches,</item>
                  <item>jedenfalls ein gesellschaftliches Thier</item>
                </list>
                ist ». Il y a un seul verbe être (en allemand tout à la fin) et une seule qualification
                de nature, portant tant sur l’homme social de Marx que sur l’homme politique d’Aristote.
                Il faut donc lire « … dass der Mensch,
                <list>
                  <item>wenn nicht, wie Aristoteles meint, ein von Natur politisches Thier ist,</item>
                  <item>jedenfalls ein von Natur gesellschaftliches Thier ist ».</item>
                </list>
                Il faut bien comprendre que pour Marx, l’homme est <emph>de nature</emph> social, tout
                comme il est <emph>de nature</emph> politique pour Aristote. Ce n’est pas du coupage
                de cheveux en quatre. Certains pourraient dire que l’homme est de nature un loup pour
                l’homme, mais qu’il s’est <emph>de culture</emph> socialisé. Marx est dialectique,
                donc bien sûr sensible au développement des rapports sociaux dans l’histoire,
                contre l’idée d’une « essence » immuable de l’homme (égoïste ou non). Mais Marx,
                matérialiste, n’oublie pas que l’homme est d’abord animal et il tient à affirmer
                que l’homme est un animal <emph>de nature</emph> social.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Pour éviter des colonnes trop étroites, je ne reprends pas d’édition en néerlandais.
                Elles donnent toutes une phrase identique à la phrase allemande et ne posent donc aucun problème.
                <!-- Van der Goes, 2e volume, p. 25. -->
              </p>
              <p rend="alinea">
                La phrase de Roy a la même structure que celle de Marx en allemand. Elle qualifie donc
                aussi <emph>de nature</emph> l’animal social. Le « sinon… mais » de Roy est sans doute
                d’assez mauvais français ; Lefebvre veut une plus belle phrase. Mais comme il
                introduit un deuxième verbe sans répéter « de nature », il trahit la pensée de Marx.
              </p>
              <p rend="alinea">
                En anglais, en 1887, Engels et ses traducteurs laissent purement et simplement tomber
                « de nature », pour Aristote comme pour Marx. (Mais le maintiennent pour Aristote dans
                la note.) Fowkes, qui prétend faire la leçon aux traducteurs de 1887 et affirme une
                fidélité absolue à la quatrième édition allemande, ne rétablit pas « de nature »,
                mais fait sienne la faiblesse de 1887. Thomas Nitsch (<ref target="../../biblio/Nitsch1992.html">Nitsch 1992</ref>) se demande si Engels n’a pas été
                gêné par l’apparence d’un accent métaphysique dans une « nature humaine ». Dans le
                cas de Fowkes, ce serait peut-être plutôt la tendance que lui reproche Wolfgang Fritz
                Haug (<ref target="../../biblio/Haug2017.html">Haug 2017</ref>) de laisser tomber
                tout ce qui est trop subtil. Il est curieux qu’Engels et Fowkes, travaillant
                indépendamment à un siècle de distance, décident, sans doute pour des raisons différentes,
                de censurer Marx en ce point.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Bref, retenons dans toutes les langues que pour Marx l’homme est <emph>par nature</emph>
                un animal social.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap12" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 12 — Division du travail et manufacture</head>
              <bibl>P. 378 et suivantes.</bibl>

              <div xml:id="Capital-Ichap12para3" type="level4_para">
                <head xml:id="formemanu">
                  3. Les deux formes fondamentales de la manufacture :
                  manufacture hétérogène et manufacture organique
                </head>
                <p><bibl>P. 384 et suivantes.</bibl></p>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>machinerie</term></index>❦ machinerie
                  <index><term>Adam Smith</term></index>❦ Adam Smith
                  <index><term>division du travail</term></index>❦ division du travail
                  <index>
                    <term>économie politique classique</term>
                  </index>❦ économie politique classique
                  <index>
                    <term>grande industrie, début de la —</term>
                  </index>❦ grande industrie, début de la —
                  <index><term>Lauderdale</term></index>❦ Lauderdale
                  <index>
                    <term>machines, invention des —</term>
                  </index>❦ machines, invention des —
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote>
                        <p rend="alinea"><!-- Livre I, (1948), t. 2, p. 39 -->
                          <pb xml:id="CapI392un4" n="392 ¼"/>En gros, cependant,
                          la machinerie joue [dans la période manufacturière] ce rôle secondaire
                          que lui assigne Adam Smith, à côté de la division du travail<note xml:id="Capital-Isect4-not44" n="44" place="bottom">
                            Comme on le verra plus précisément dans le quatrième livre de cet ouvrage,
                            A. Smith n’a pas formulé une seule proposition nouvelle sur la division du travail.
                            Mais ce qui le caractérise comme l’auteur le plus représentatif
                            de l’ensemble de l’économie politique de la période manufacturière,
                            c’est l’importance qu’il accorde à la division du travail.
                            Le rôle de second plan qu’il assigne à la machinerie lui vaut au début de la grande industrie
                            les polémiques de Lauderdale, puis celles de Ure,
                            quand la grande industrie s’est davantage développée.
                            Adam Smith confond aussi la différenciation des instruments
                            (où les travailleurs partiels de la manufacture elle-même jouaient un rôle très actif),
                            et l’invention des machines, où ce ne sont pas les travailleurs des manufactures,
                            mais des savants, des artisans, voire des paysans (Brindley), etc. qui jouent un rôle.
                          </note>.
                        </p>
                        <p rend="alinea pluspetit">[44] </p>
                      </quote>
                    </body>
                  </floatingText>
                </cit>

                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>formation, dans la valeur de la force de travail</term></index>❦ formation, dans la valeur de la force de travail
                  <index><term>qualification, dans la valeur de la force de travail</term></index>
                  <index><term>valeur de la force de travail, qualification</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Étant donné que les différentes fonctions du travailleur global
                      sont plus ou moins complexes, plus ou moins rudimentaires,
                      ses organes, les forces de travail individuelles, requièrent des degrés de formation très différents
                      et possèdent de ce fait des valeurs très différentes.
                      La manufacture développe ainsi une hiérarchie des forces de travail
                      à laquelle correspond une échelle des salaires.
                      Si, d’une part, le travailleur individuel est approprié et annexé à vie à une fonction unilatérale,
                      les différents travaux sont tout autant adaptés à cette hiérarchie des habiletés naturelles et acquises.
                      Chaque procès de production implique néanmoins un certain nombre de gestes simples
                      dont tout homme est aussi capable que de marcher ou de se tenir debout.
                      Désormais, même ces gestes sont détachés de leur liaison fluide et courante
                      avec les moments d’activité plus substantielle et figés en des fonctions exclusives.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Ainsi, la manufacture produit, dans chaque métier dont elle se saisit,
                      une classe d’ouvriers dits non qualifiés qui étaient rigoureusement exclus de l’industrie artisanale des métiers.
                      En transformant en virtuosité une spécialisation totalement unilatéralisée
                      aux dépens de l’ensemble de la puissance de travail,
                      elle commence à faire une spécialité du manque même de tout développement.
                      À côté de la classification hiérarchique apparaît la distinction simple des travailleurs
                      en deux catégories : qualifiés et non qualifiés.
                      Pour ces derniers, les frais d’apprentissage sont totalement supprimés,
                      pour les premiers, ils diminuent par rapport à ceux de l’artisan,
                      par suite de la simplification de la fonction.
                      Dans les deux cas, la valeur de la force de travail baisse.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 393-394.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="manusoc" type="level4_para">
                <head>4. Division du travail dans la manufacture et division du travail
                dans la société</head>
                <bibl>P. 395 et suivantes.</bibl>
                <p rend="alinea">
                  Marx reprend sur la division du travail entre ville et campagne
                  une idée qui apparait dans l'<title>Idéologie allemande</title>,
                  mais qu'il choisit de ne pas développer ici !
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 33%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Die Grundlage aller entwickelten und durch Waarenaustausch vermittelten
                          Theilung der Arbeit ist die Scheidung von Stadt und Land.
                          Man kann sagen, dass die ganze ökonomische Geschichte der Gesellschaft
                          sich in der Bewegung dieses Gegensatzes resümirt,
                          auf den wir jedoch hier nicht weiter eingehn.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1872:364. (MEW23:373.)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 33%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <index><term>division du travail, ville et campagne</term></index>
                          <index><term>ville et campagne, division du travail</term></index>
                          Le fondement de toute division du travail évoluée,
                          médiatisée par l'échange des marchandises,
                          est la séparation entre la ville et la campagne.
                          On peut dire que toute l'histoire économique de la société
                          se résume dans le mouvement de cette opposition,
                          sur laquelle, cependant, nous ne nous étendrons pas ici.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:396. (1872:153, col. gauche.)</bibl>
                    </cit><!--
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Toute division du travail développée
                          qui s’entretient par l'intermédiaire de l’échange des marchandises
                          a pour base fondamentale la séparation de la ville et de la campagne.
                          On peut dire que l’histoire économique de la société
                          roule sur le mouvement de cette antithèse,
                          à laquelle cependant nous ne nous arrêterons pas ici.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1872:153, col. gauche.</bibl>
                    </cit> -->
                  </item><!--
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          The foundation of every division of labour that is well developed,
                          and brought about by the exchange of commodities,
                          is the separation between town and country.
                          It may be said, that the whole economical history of society
                          is summed up in the movement of this antithesis.
                          We pass it over, however, for the present.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1887:345. (MECW35:357.)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>loi de la valeur</term></index>
                  <index><term>offre et demande</term></index>
                  <index><term>équilibre de l’offre et et de la demande</term></index>
                  <index><term>concurrence</term></index>
                  <index><term>Darwin</term></index>
                  <index><term>Hobbes</term></index>
                  <index><term>bellum omnium contra omnes</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Dans la manufacture, c’est la loi d’airain du nombre proportionnel ou de la
                      proportionnalité qui subsume des masses déterminées de travailleurs sous des
                      fonctions déterminées, au lieu de quoi, dans la société, c’est le hasard et
                      l’arbitraire qui mènent leur jeu bariolé dans la répartition des producteurs
                      de marchandises et de leurs moyens de production entre les différentes
                      branches sociales du travail. Les différentes sphères de production cherchent
                      certes constamment à parvenir à l’équilibre, dans la mesure où, d’une part,
                      chaque producteur de marchandise doit produire une valeur d’usage, donc
                      satisfaire un besoin social particulier, mais où par ailleurs l’ampleur de
                      ces besoins est quantitativement différente et où un lien interne relie ces
                      masses de besoins divers en un système naturel ; et, d’autre part, dans la
                      mesure où la loi de la valeur des marchandises détermine combien la société
                      peut dépenser de l’ensemble de son temps de travail disponible à la production
                      de chaque type particulier de marchandises. Mais cette tendance constante des
                      différentes sphères de production à rechercher cet équilibre ne se met en
                      œuvre que comme réaction à l’abolition permanente de cet équilibre. Cette
                      règle qui est respectée a priori et de façon planifiée dans la division du
                      travail au sein de l’atelier, ne fonctionne, dans la division du travail au
                      sein de la société, qu’<foreign xml:lang="latin">a posteriori</foreign>,
                      comme une nécessité naturelle interne, muette, qui se perçoit aux changements
                      barométriques des prix de marché, et submerge l’arbitraire sans règle des
                      producteurs de marchandises.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 400.</bibl>
                </cit>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 50%;">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">[…]
                        <lb/>
                        <lb/>[…] wie auch im Tierreich das <foreign xml:lang="latin">bellum omnium contra omnes</foreign>
                        die Existenzbedingungen aller Arten mehr oder minder erhält.</p>
                      </quote>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 50%;">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea"><pb xml:id="CapIun8" n="401 ⅛"/>[…]
                        la division sociale du travail met face à face des
                        producteurs de marchandises indépendants, qui ne reconnaissent d’autre
                        autorité que celle de la concurrence, de la contrainte que la pression
                        de leurs intérêts réciproques exerce sur eux, de la même manière que
                        dans le monde animal la « guerre de tous contre tous » maintient plus
                        ou moins en vie les conditions d’existence de toutes les espèces.</p>
                      </quote>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">Il y a sur la concurrence une référence implicite à
                Darwin, tout en utilisant la phrase connue de Hobbes, « bellum omnium
                contra omnes » dans le <title>De cive</title>, 1642 ou « … such warre, as
                is of every man, against every man », dans le <title>Leviathan</title>,
                1651. La comparaison de Marx me semble boiteuse dans la mesure ou dans le
                règne animal la concurrence gouverne la sélection des espèces et pas leur
                environnement. (Ou bien Marx veut dire tout autre chose que je ne
                comprends pas.) La traduction française ajoute sans aucune nécessité les
                mots « en vie » qui ne font qu’augmenter la confusion. En supprimant
                les mots « en vie », on aurait une traduction littérale.</p>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap13" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 13 — La machinerie et la grande industrie</head>
              <bibl>
                <!-- Livre I (1948), t. 2, p. 58 -->
                P. 416 et suivantes.
              </bibl>

              <div xml:id="Capital-Ichap13para1" type="level4_para">
                <head>1. Le développement de la machinerie</head>

                <p rend="alinea">
                  <index><term>pompe</term></index>
                  <index><term>soufflet</term></index>
                  <index><term>outil, différence d’avec machine</term></index>
                  <index><term>machine, différence d’avec outil</term></index>
                  <index><term>motorisation des machines</term></index>
                  Marx insiste (1983:417 et suivantes) sur la différence entre des outils
                  utilisés par l’homme dans certaines opérations
                  et des machines qui font l’opération à la place de l’homme,
                  même si c’est encore lui qui est le moteur.
                  Avec le rouet, l’homme est moteur en ce qu’il actionne la roue, mais c’est aussi lui qui file ;
                  c’est sa main qui file, ce n’est pas le rouet.
                  Quand on mécanise le filage, ce n’est plus l’homme, mais c’est la machine qui file,
                  même si c’est un homme qui en reste le moteur dans un premier temps.
                  Une telle machine est alors susceptible d’être motorisée, d’abord sans autre changement.
                  Ainsi une pompe ou un soufflet de forge sont, depuis le début, des machines et non des outils.
                  Dans un soufflet à main, c’est le soufflet qui souffle, pas l’homme.
                  Ce soufflet peut être motorisé si on a un moteur faisant le mouvement de va et vient de la main.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>machine-outil</term></index> <index><term>machine-tool</term></index>
                  <index><term>Werkzeugmaschine</term></index>
                  Ces machines, Marx les appelle <term>machine-outil</term> (<foreign xml:lang="de">Werkzeugmaschine</foreign>)
                  ou <term>machine de travail</term> (<foreign xml:lang="de">Arbeitsmaschine</foreign>).
                  C’est un peu surprenant parce que plus récemment on a réservé,
                  tant en allemand (<foreign xml:lang="de">Werkzeugmaschine</foreign>)
                  et en anglais (<foreign xml:lang="en">machine-tool</foreign>) qu’en français,
                  le terme de <term>machine-outil</term> à des machines qui usinent, ajustent, tournent, percent,
                  mettent en forme et cetera des pièces de matériaux relativement durs,
                  généralement pour fabriquer d’autres machines.
                  Aujourd’hui, on n’appelerait plus machine-outil une machine textile,
                  mais bien les machines qui fabriquent les composants des machines textiles.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les machines, susceptibles d’être motorisées, appellent la motorisation.
                  (Et en retour leur motorisation conduira à les perfectionner
                  et à les amener à des puissances impensables sans motorisation.)
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>machine à vapeur</term></index>
                      <index><term>vapeur, machine</term></index>
                      La machine à vapeur proprement dite, telle
                      qu’elle fut inventée à la fin du 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle pendant la
                      période manufacturière, et poursuivit son existence jusqu’au début de la huitième
                      décennie du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, n’a provoqué aucune révolution
                      industrielle. C’est à l’inverse beaucoup plus la création des machines-outils
                      qui a rendu nécessaire la révolution de la machine à vapeur.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 421 (1983) ou 367 (2016).</bibl>
                </cit>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>moulin à eau</term></index>
                      <index><term>énergie hydraulique, inconvénients</term></index>
                      <index><term>force hydraulique</term></index>
                      <index><term>roue hydraulique</term></index>
                      <index><term>roue à aubes</term></index>
                      <index><term>hydraulique, énergie, inconvénients</term></index>
                      <index><term>énergie hydraulique, antériorité</term></index>
                      <index><term>hydraulique, énergie, antériorité</term></index>
                      […] en Angleterre, pays natal de la grande industrie, l’utilisation de la
                      force hydraulique était déjà prédominante pendant la période manufacturière.
                      […] Les filatures à <term>métiers continus</term> d’Arkwright furent actionnées
                      hydrauliquement dès le début. Cependant l’emploi de la force hydraulique comme
                      force dominante allait de pair avec des facteurs qui rendaient les choses plus
                      difficiles. Il n’était pas possible de l’augmenter à volonté ni de suppléer à
                      son éventuelle insuffisance ; elle avait parfois des défaillances, et surtout
                      était de nature purement locale. C’est seulement avec la deuxième machine à
                      vapeur de Watt, dite à double effet, qu’on disposa d’un premier moteur produisant
                      lui-même sa force motrice à partir de l’ingestion de charbon et d’eau, et dont
                      le potentiel énergétique était entièrement sous le contrôle de l’homme. À la
                      fois mobile et moyen de locomotion, citadin et non assigné à la campagne comme
                      la roue hydraulique, il permet la concentration de la production dans les villes
                      au lieu de la disséminer dans les campagnes comme le fait la roue hydraulique.
                      Il est universel dans son application technologique, et son lieu d’implantation
                      dépend relativement peu des circonstances locales.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 422-424 (1983) ou 368-369 (2016).</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap13para2" type="level4_para">
                <head>
                  2.
                  Valeur cédée par la machinerie au produit
                </head>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 24.85%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          In England
                          werden gelegentlich statt der Pferde immer noch Weiber zum Ziehn u.s.w. bei den Kanalbooten verwandt,
                          weil die zur Produktion von Pferden und Maschinen erheischte Arbeit
                          ein mathematisch gegebenes Quantum,
                          die zur Erhaltung von Weibern der Surpluspopulation dagegen
                          unter aller Berechnung steht.
                          Man findet daher nirgendwo schamlosere Verschwendung von Menschenkraft für Lumpereien,
                          als grade in England, dem Land der Maschinen.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        1867:381-382
                        <lb/>(MEW 23:415-416).
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25.85%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.432"><label rend="invisible"><title>Capital</title> I, chapitre 13, 2, 1983:432</label>
                          <index><term>femmes, pour haler les péniches</term></index>
                          <index><term>chemin de halage, femmes halant les péniches</term></index>
                          <index><term>halage des péniches, utilisation de femmes</term></index>
                          <index><term>péniche, halage par des femmes</term></index>
                          En Angleterre,
                          on se sert encore à l’occasion de femmes en guise de chevaux pour haler, etc. les péniches,
                          ceci parce que le travail requis pour la production des chevaux et des machines
                          est un quantum mathématique donné,
                          alors que le travail requis pour l’entretien des femmes de l’excédent de population
                          est en dessous de toute estimation chiffrée.
                          Si bien qu’on ne trouve nulle part ailleurs qu’en Angleterre justement, au pays des machines,
                          un gaspillage plus éhonté de forces humaines employées à des broutilles.
                        </p>
                      </quote>
                  <bibl>1983:432.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 26.65%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          In Engeland
                          worden soms nog steeds vrouwen in plaats van paarden gebruikt bij het trekken van schuiten, enzovoort,
                          omdat de voor de productie van paarden en machines vereiste arbeid
                          een mathematisch gegeven hoeveelheid is,
                          terwijl de hoeveelheid arbeid, nodig voor de instandhouding van vrouwen, dankzij de overbevolking
                          buiten iedere berekening valt.
                          Daarom vindt men nergens zulk een schaamteloze verkwisting van menselijke kracht voor allerlei karweien
                          dan juist in Engeland, het land van de machines.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/13.htm#top119">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea"><!--
                          In England women are still occasionally used instead of horses for hauling canal boats,
                          because the labour required to produce horses and machines is an accurately known quantity,
                          while that required to maintain women of the surplus population is below all calculation.
                          Hence nowhere do we find a more shameful squandering of human labour-power for the most despicable purposes
                          than in England, the land of machinery. -->
                          In England women are still occasionally used instead of horses for hauling barges,
                          because the labour required to produce horses and machines is an accurately known quantity,
                          while that required to maintain the women of the surplus population is beneath all calculation.
                          Hence we nowhere find a more shameless squandering of human labour-power for despicable purposes
                          than in England, the land of machinery.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        (1887:391)
                        <lb/>1976:517.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Dans la traduction française (1872fr:170, col. de droite), Roy ajoute le « long des canaux »,
                  ce qu’on avait bien compris avec halage, mais qui ne fait pas de tort.
                  Par contre, il dit « les frais », alors qu’avec travail requis, Marx pense plutôt en valeur.
                  Surtout, il écrit pour ces femmes « lie de la population »,
                  passant à côté du concept choisi par Marx de surplus, sans connotation péjorative,
                  pouvant être armée de réserve d’emploi.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap13para3" type="level4_para">
                <head>
                  3.
                  Les effets immédiats de l’exploitation mécanisée sur l’ouvrier
                </head>

                <p xml:id="Capital-Ichap13para3-andx"><label rend="invisible">Capital I, chapitre 13, 3.a, Le travail des femmes et des enfants</label>
                  <index><term>valeur de la force de travail, dimension familiale</term></index>
                  <index><term>famille, et valeur de la force de travail</term></index>
                  <index><term>valeur de la force de travail, diminue avec l’emploi des femmes</term></index>
                  <index><term>emploi des femmes, diminue la valeur de la force de travail</term></index>
                  <index><term>travail domestique, diminue avec l’emploi des femmes</term></index>
                  <index><term>emploi des femmes, et diminution du travail domestique</term></index>
                  <index><term>travail domestique, diminution compensée par des biens et des services marchands</term></index>
                  <index><term>production domestique, diminution compensée par des biens et des services marchands</term></index>
                  <index><term>diminution du travail domestique, compensée par des biens et des services marchands</term></index>
                </p>
                <div xml:id="Capital-Ichap13para3-a">
                  <head>
                    a)
                    Appropriation par le capital de forces de travail supplémentaires.
                    Le travail des femmes et des enfants
                  </head>
                  <cit>
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1983-p.444"><label rend="invisible">Capital I, chapitre 13, 3.a, 1983:444</label>
                            La valeur de la force de travail était déterminée par le temps de travail nécessaire non seulement
                            à la conservation de l’ouvrier adulte individuel, mais aussi à la conservation de la famille ouvrière.
                            En jetant les membres de la famille ouvrière sur le marché du travail,
                            la machinerie répartit la valeur de la force de travail de l’homme sur toute sa famille.
                            Elle dévalue par conséquent sa force de travail.
                            L’achat d’une famille parcellisée, par exemple, en quatre forces de travail
                            coûte peut-être plus qu’autrefois l’achat de la force de travail du chef de famille,
                            mais, en contrepartie, quatre jours de travail prennent la place d’un seul
                            et son prix tombe dans la proportion de l’excédent du surtravail des quatre par rapport au surtravail d’un seul.
                            Il faut maintenant que quatre personnes fournissent non seulement du travail au capital,
                            mais aussi du surtravail, pour qu’une famille vive.
                            C’est ainsi que, d’emblée, la machinerie, en élargissant le matériau humain exploitable
                            qui est le champ d’exploitation le plus caractéristique du capital<note xml:id="Capital-I-1983-not121" n="121" place="bottom">
                              « Le nombre des ouvriers a beaucoup augmenté parce que
                              l’on remplace de plus en plus le travail des hommes par celui des femmes
                              et surtout celui des adultes par celui des enfants.
                              Trois fillettes de 13 ans, gagnant entre 6 et 8 sh. par semaine,
                              ont écarté un homme d’âge mur gagnant entre 18 et 45 sh. »
                              (Th. de Quincey,
                              <title>The Logic of Politic. Econ.</title>, Lond. 1844,
                              note de la p. 147).
                              Comme certaines fonctions familiales, telles que la grossesse et l’allaitement, etc. ne peuvent être totalement réprimées,
                              les mères de famille confisquées par le capital sont plus ou moins obligées d’engager des remplaçants.
                              Les travaux imposés par la consommation familiale, comme la couture, le raccommodage, etc.
                              doivent être remplacés par l’achat de produits finis.
                              À la diminution de la dépense de travail domestique correspond donc une augmentation de la dépense d’argent.
                              Les coûts de production de la famille ouvrière s’accroissent donc et compensent l’augmentation de recette.
                              Ajoutez à cela qu’il devient impossible de consommer et de préparer les moyens de subsistance de manière économique et rationnelle.
                              On trouvera d’abondantes indications sur ces faits tenus secrets par l’économie politique officielle
                              dans les <title>Reports</title> des inspecteurs de fabriques,
                              dans ceux de la Children’s Employment Commission
                              et surtout aussi dans les Reports on Public Health.
                            </note>,
                            élève en même temps le degré d’exploitation.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl>1983:444 (1867:382-383).</bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">
                    Je m’étais <ref target="#DM-FT-val">fait la réflexion que</ref>
                    la valeur de la force de travail peut difficilement être individualisée,
                    qu’il faut considérer au moins le niveau du ménage,
                    mais je cherchais vainement chez Marx quelque chose dans ce sens.
                    C’est <ref target="../../biblio/Boussedra2018.html">la thèse de doctorat de Saliha Boussedra</ref>
                    (non publiée, Deuxième partie, chapitre 4, II.1.1) qui, bingo ! me signale ce passage,
                    ainsi que (en II.3.1) la note sur le travail domestique.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    La conséquence est considérable.
                    La valeur de la force de travail de l’homme, dans le modèle de l’homme gagne-pain,
                    c’est de toute manière la reproduction de la famille.
                    Si tous travaillent, le capitaliste a, pour cette valeur inchangée, plus de travailleurs
                    et sur chacun d’eux une plus-value considérablement supérieure.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    La note de Marx est très importante aussi, parce qu’il souligne que l’entrée des femmes dans la main-d’œuvre
                    entraine un déplacement de l’équilibre, dans la production de la force de travail,
                    entre travail domestique (privé) et recours à des biens et services marchands, constitutifs de la valeur de la force de travail
                    et partie du produit social total qui va à la force de travail.
                    Connaissant les capitalistes, si le recours à plus de biens et services marchands
                    peut constituer une augmentation de la valeur de la force de travail à l’échelle de la famille,
                    ce devrait être largement compensé par la diminution qui résulte de l’emploi de plus de personnes pour le même prix ;
                    je veux dire que la résultante, en valeur de la force de travail d’une personne, reste une diminution.
                  </p>

                  <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                  <p rend="alinea">
                    Je note aussi, importante pour le matérialisme historique,
                    une demi-phrase qui fleure bon le <title>Manifeste</title> :
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <index><term>égalité des conditions d’exploitation du travail</term></index>
                        <index><term>capital, Leveller</term></index> <index><term>Leveller, capital</term></index>
                        <index><term>droits de l’homme, égalité des conditions d’exploitation</term></index>
                        <index><term>conditions d’exploitation, droits de l’homme, égalité</term></index>
                        Mais comme le capital est, de par sa nature, un <foreign xml:lang="en">Leveller</foreign><note xml:id="Capital-Ichap13-not1" n="1" place="bottom">
                          <index><term>marchandise, Leveller</term></index> <index><term>Leveller, marchandise</term></index>
                          <index><term>monnaie, Leveller</term></index> <index><term>Leveller, monnaie</term></index>
                          Il joue sur le nom du mouvement historique des Levellers (niveleurs)
                          dans la révolution anglaise de la moitié du 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                          (<ref target="https://en.wikipedia.org/wiki/Levellers">en.wikipedia.org/wiki/Levellers</ref>).
                          Dans le Livre I du <title>Capital</title>, je trouve encore ce mot à propos de la marchandise
                          « Leveller und Cyniker (1867:16) », « une grande égalisatrice cynique :
                          elle est toujours sur le point d’échanger… (1983:97, vers le début du chapitre 2) ».
                          Il parle encore de la monnaie « als radikaler Leveller (1867:93) », comme
                          « niveleuse radicale (1983:149, dans le chapitre 3) ».
                        </note>,
                        c’est-à-dire qu’il réclame comme ses droits de l’homme intrinsèques
                        l’égalité des conditions d’exploitation du travail dans toutes les sphères de production,
                        […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1983:466 (1867:385).</bibl>
                  </cit>
                </div>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap13para4" type="level4_para">
                <head>
                  4.
                  La fabrique
                </head>
                <bibl>P. 470 et suivantes.</bibl>

                <p xml:id="Capital-Ichap13para4-ndx"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chapitre 13 — 4. La fabrique</label>
                  <index><term>sécurité</term></index>
                  <index><term>force de travail, reproduction de la —</term></index>
                  <index><term>reproduction de la force de travail</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Marx cite le docteur Ure, présentant d'abord les travailleurs pilotant les machines,
                  ensuite les machines dominant les travailleurs.
                  Marx utilise ici le concept de travailleur collectif.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Diese beiden Ausdrücke sind keineswegs identisch.
                          In dem einen erscheint der kombinierte Gesamtarbeiter oder gesellschaftliche Arbeitskörper
                          als übergreifendes Subjekt und der mechanische Automat als Objekt;
                          in dem andren ist der Automat selbst das Subjekt,
                          und die Arbeiter sind nur als bewußte Organe seinen bewußtlosen Organen beigeordnet
                          und mit denselben der zentralen Bewegungskraft untergeordnet.
                          Der erstere Ausdruck gilt von jeder möglichen Anwendung der Maschinerie im großen,
                          der andre charakterisiert ihre kapitalistische Anwendung und daher das moderne Fabriksystem.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW 23:442.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Ces deux définitions ne sont nullement identiques.
                          Dans l'une, le travailleur collectif combiné, le corps social de travail
                          apparaît comme le sujet dominant et l'automate mécanique comme l'objet ;
                          dans l'autre, c'est l'automate lui­-même qui est le sujet,
                          tandis que les ouvriers, organes conscients, sont simplement adjoints à ses organes inconscients
                          et subor­donnés avec eux à la force motrice centrale.
                          La première défini­tion s'applique à n'importe quelle utilisation en grand de la machinerie,
                          la seconde caractérise son utilisation capitaliste et, par conséquent, le système moderne de la fabrique.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:470-471.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          These two descriptions are far from being identical.
                          In one, the collective labourer, or social body of labour,
                          appears as the dominant subject, and the mechanical automaton as the object;
                          in the other, the automaton itself is the subject,
                          and the workmen are merely conscious organs, co-ordinate with the unconscious organs of the automation,
                          and together with them, subordinated to the central moving-power.
                          The first description is applicable to every possible employment of machinery on a large scale,
                          the second is characteristic of its use by capital, and therefore of the modern factory system.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MECW 35:421-422</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>


                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><pb xml:id="CapI478" n="478"/>L’économie
                    des moyens sociaux de production, qui n’ont vraiment commencé à
                    mûrir comme en serre chaude qu’avec le système des fabriques, devient
                    en même temps, entre les mains du capital, un pillage systématique
                    des conditions de vie de l’ouvrier pendant son travail, pillage de
                    l’espace, de l’air, de la lumière et des moyens de protection
                    personnels qu’il a contre les conditions du procès de production,
                    qui mettent en danger et sa vie et sa santé, sans parler des
                    économies sur les dispositifs destinés à rendre moins durs le <pb xml:id="CapI479" n="479"/>travail de l’ouvrier.</p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>
              <div xml:id="Capital-Ichap13para6" type="level4_para">
                <head>6. La théorie de la compensation pour les ouvriers chassés par la
                machinerie</head>
                <bibl>P. 491 et suivantes.</bibl>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>restructuration</term></index>❦ restructuration
                  <index><term>chômage</term></index>❦ chômage
                  <index><term>mécanisation</term></index>❦ mécanisation
                  <index>
                    <term>mécanisation, destruction de l’emploi</term>
                  </index>❦ mécanisation, destruction de l’emploi
                  <index>
                    <term>mécanisation, allègement du travail</term>
                  </index>❦ mécanisation, allègement du travail
                  <index>
                    <term>mécanisation, domination des forces de la nature</term>
                  </index>❦ mécanisation, domination des forces de la nature
                  <index>
                    <term>mécanisation, rapports sociaux de production</term>
                  </index>❦ mécanisation, rapports sociaux de production
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><pb xml:id="CapI494un4" n="494 ¼"/>Les
                    faits réels travestis par l’optimisme des économistes
                    sont les suivants : les ouvriers refoulés par la machinerie se
                    voient jetés hors de l’atelier sur le marché du travail et viennent
                    y augmenter le nombre de forces de travail déjà disponibles pour
                    l’exploitation capitaliste. Nous verrons dans la septième section
                    que cet effet de la machinerie, présenté ici comme une compensation
                    pour la classe ouvrière, est au contraire le plus terrible
                    fléau qui puisse frapper l’ouvrier. Notons simplement ceci :
                    les ouvriers rejetés d’une branche d’industrie peuvent, il est
                    vrai, chercher un emploi dans n’importe quelle autre branche.
                    S’ils en trouvent un et s’ils renouent le lien entre eux-mêmes et
                    les moyens de subsistance libérés avec eux, c’est grâce à un
                    nouveau capital supplémentaire qui a soif d’être investi, mais
                    en aucun cas grâce au capital qui fonctionnait déjà auparavant
                    et qui a été maintenant converti en machinerie. Et encore, même
                    dans ce cas, leurs perspectives sont bien minces ! Estropiés par la
                    division du travail, ces pauvres diables valent si peu de chose
                    en dehors de leur ancienne sphère de travail qu’ils ne trouvent
                    accès que dans un petit nombre de branches de travail de basse
                    catégorie et donc constamment surchargées et sous-payées.
                    De plus, chaque branche d’industrie attire à elle tous les
                    ans une nouvelle vague d’hommes qui lui fournit le contingent
                    nécessaire à sa croissance et à son remplacement régulier. Dès
                    que la machinerie libère une partie des ouvriers employés
                    jusque-là dans une branche d’industrie déterminée, l’équipe de remplacement
                    <pb xml:id="CapI495" n="495"/>est également re-répartie et absorbée dans
                    d’autres branches industrielles, tandis que pour la plupart les premières
                    victimes dépérissent et s’étiolent pendant la période de transition.</p>
                    <p rend="alinea">Il est indubitable que ce n’est pas la machinerie en soi qui
                    est responsable du fait que les ouvriers sont « libérés » des moyens
                    de subsistance. Dans la branche dont elle s’empare, celle-ci rend
                    meilleur marché et augmente en quantité le produit sans modifier
                    dans un premier temps la masse des moyens de subsistance
                    produite dans d’autres branches industrielles. Après son introduction,
                    la société continue de posséder autant ou plus de moyens
                    de subsistance pour les ouvriers déplacés, sans parler de l’énorme
                    partie du produit annuel qui est gaspillée par ceux qui ne
                    travaillent pas. Et c’est là le fin mot de l’apologétique économique !
                    Les contradictions et les antagonismes inséparables de l’utilisation
                    capitaliste de la machinerie n’existent pas, parce que ce
                    n’est pas la machinerie qui les engendre, mais bien leur utilisation
                    capitaliste ! Puisque donc la machinerie en soi raccourcit
                    le temps de travail alors qu’elle prolonge la journée de travail
                    dans son utilisation capitaliste, puisqu’en soi elle soulage le
                    travail alors qu’elle accroît son intensité dans son utilisation
                    capitaliste, puisqu’elle est en soi une victoire de l’homme sur
                    les forces naturelles, alors que dans son utilisation capitaliste
                    elle asservit l’homme par l’intermédiaire des forces naturelles,
                    puisqu’en soi elle augmente la richesse du producteur alors
                    qu’elle l’appauvrit dans son utilisation capitaliste, etc., pour
                    toutes ces raisons l’économiste, bourgeois explique simplement
                    que le fait de considérer la machinerie en soi prouve de manière
                    éclatante que toutes ces contradictions tangibles ne sont que
                    pure apparence de la réalité vulgaire, mais qu’en soi, et donc
                    aussi en théorie, elles n’existent pas du tout. Plus besoin, donc,
                    de continuer à se casser la tête plus longtemps ; il se paie même
                    le luxe d’imputer à son adversaire la sottise de ne pas combattre
                    l’utilisation capitaliste de la machinerie, mais la machinerie
                    elle-même.</p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap13para9" type="level4_para">
                <head>
                  9. Législation sur les fabriques.
                  <lb/>(Clauses concernant l’hygiène et l’éducation.)
                  <lb/>Sa généralisation en Angleterre
                </head>
                <bibl>1983, p. 540 et suivantes.</bibl>
                <p rend="alinea">
                  Dans la discussion de la législation sur les fabriques, Marx montre comment le capitalisme,
                  en attaquant la famille, ouvre la perspective d’une famille différente.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  (Un rapport de commission sur le travail des enfants met en cause les parents
                  et qualifie ça d’abus du pouvoir parental. C’est à cela que Marx répond.
                  Le texte n’implique pas que Marx défendrait le patriarcat.)
                </p>

                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 28%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <floatingText>
                          <body>
                            <p rend="alinea" xml:id="CapitalI-1872frp211-212"><label rend="invisible"><title>Capital</title> I, ch. 13, 9, 1872fr:211-212</label>
                              <index><term>travailleur collectif, hommes et femmes</term></index>
                              <index><term>collectif, travailleur —, hommes et femmes</term></index>
                              <index><term>femmes et hommes dans le travailleur collectif</term></index>
                              Ce n’est pas cependant l’abus de l’autorité paternelle
                              qui a créé l’exploitation <seg rend="invisible">direkte oder indirekte</seg> de l’enfance,
                              c’est tout au contraire l’exploitation capitaliste qui a fait dégénérer<seg rend="invisible">,
                              durch Aufhebung der ihr entsprechenden ökonomischen Grundlage,</seg>
                              <!-- ces différences mineures doivent être montrées dans la discussion critique (extraits), pas ici -->
                              cette autorité en abus.
                              Du reste, la législation de fabrique, n’est-elle pas l’aveu officiel
                              que la grande industrie a fait de l’exploitation des femmes et des enfants par le capital,
                              de ce dissolvant radical de la famille ouvrière d’autrefois, une nécessité économique,
                              l’aveu qu’elle a converti l’autorité paternelle en un appareil du mécanisme social,
                              destiné à fournir, directement ou indirectement, au capitaliste les enfants du prolétaire
                              lequel, sous peine de mort, doit jouer son rôle d’entremetteur et de marchand d’esclaves ?
                              Aussi tous les efforts de cette législation ne prétendent-ils qu’à réprimer les excès de ce système d’esclavage.
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              Si terrible et si dégoûtante que paraisse dans le milieu actuel la dissolution des anciens liens de famille<note xml:id="Capital-I-1872frp212-not1" n="1" place="bottom">
                                V. F. Engels, <title>l.c.</title>
                                [<title>Die Lage der arbeitenden Masse in England</title>, von Friedrich Engels, Leipzig, 1845],
                                p. 162, 178-83.
                              </note>,
                              la grande industrie, grâce au rôle décisif qu’elle assigne aux femmes et aux enfants,
                              en dehors du cercle domestique, dans des procès de production socialement organisés,
                              n’en crée pas moins la nouvelle base économique
                              sur laquelle s’élèvera une forme supérieure de la famille et des relations entre les sexes.
                              Il est aussi absurde de considérer comme absolu et définitif le mode germano-chrétien de la famille
                              que ses modes oriental, grec et romain, lesquels forment d’ailleurs entre eux une série progressive.
                              Même la composition du travailleur collectif par individus de deux sexes et de tout âge,
                              cette source de corruption et d’esclavage sous le règne capitaliste,
                              porte en soi les germes d’une nouvelle évolution sociale<note xml:id="Capital-I-1872frp212-not2" n="2" place="bottom">
                                « Le travail de fabrique peut être pur et bienfaisant comme l’était jadis le travail à domicile,
                                et même à un plus haut degré. ».
                                (<title>Reports of Insp. of Fact.</title>,
                                31st Oct. 1865, p. 127.)
                              </note>.
                              Dans l’histoire, comme dans la nature, la pourriture est le laboratoire de la vie.
                            </p>
                          </body>
                        </floatingText>
                      </quote>
                      <bibl>
                        1872 en français, p. 211-212.
                        <lb/>Dans l’édition É.S. en huit volumes, c’est II:167-168.
                        <lb/>Comparer 1983:550-551 (le texte court).
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 36.5%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Het is echter niet het misbruik van de ouderlijke macht,
                          waardoor de directe of indirecte uitbuiting van onrijpe arbeidskrachten door het kapitaal ontstond,
                          maar omgekeerd is het de kapitalistische wijze van uitbuiting,
                          die door opheffing van de daarbij passende economische basis de ouderlijke macht heeft doen ontaarden in misbruik.
                          <seg rend="nonvisible">Im übrigen ist die Fabrikgesetzgebung das officielle Eingeständniss,
                          dass die große Industrie die Exploitation von Weibern und Kindern,
                          dies Radikalmittel zur Auflösung der einstigen Arbeiterfamilie, zu einer ökonomischen Nothwendigkeit gemacht hat,
                          das Eingeständniss, dass sie die elterliche Gewalt in ein Zubehör des gesellschaftlichen Organismus verwandelt hat,
                          das dazu bestimmt ist, dem Kapitalisten, direkt oder indirekt, die Proletarierkinder zu liefern,
                          und das, bei Strafe des eignen Untergangs, seine Rolle als Kuppler und Sklavenhändler zu spielen hat.
                          Darum sind auch alle Anstrengungen dieser Gesetzgebung nur darauf gerichtet,
                          die Excesse dieses Sklavensystems im Zaum zu halten.</seg>
                          Hoe vreselijk en weerzinwekkend de ontbinding van het oude gezinsleven binnen het kapitalistische systeem ook is,
                          toch legt de grootindustrie door de beslissende rol, die deze aan vrouwen, jonge personen en kinderen van beide geslachten
                          in het maatschappelijke georganiseerde productieproces buiten de sfeer van het gezinsleven toekent,
                          de nieuwe economische basis voor een hoger ontwikkelde vorm van het gezin en van de verhouding tussen de geslachten.
                          Het is natuurlijk even stompzinnig de christelijk-germaanse gezinsvorm als de absolute vorm te beschouwen,
                          als wanneer men de Oud-Romeinse vorm of de Oudgriekse of de Oosterse vorm
                          — die overigens onderling een historische ontwikkelingsreeks vormen — als de absolute vorm beschouwt.
                          Het is eveneens duidelijk dat de samenstelling van het gecombineerde personeel
                          uit personen van beiderlei geslacht en van de meest uiteenlopende leeftijden
                          — ofschoon deze in haar spontaan tot ontwikkeling gekomen brute, kapitalistische vorm,
                          waar de arbeider bestaat voor het productieproces en het productieproces niet voor de arbeider,
                          een verderfelijke bron is van ellende en slavernij — onder passende verhoudingen
                          omgekeerd wel een bron van menselijke vooruitgang moet worden.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/13.htm#top311">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea"><!-- Penguin 620-621 -->
                          It was not however the misuse of parental power that created
                          the direct or indirect exploitation of immature labour-powers by capital,
                          but rather the opposite, i.e. the capitalist mode of exploitation,
                          by sweeping away the economic foundation which corresponded to parental power,
                          made the use of parental power into its misuse.
                          <seg rend="nonvisible">Im übrigen ist die Fabrikgesetzgebung das officielle Eingeständniss,
                          dass die große Industrie die Exploitation von Weibern und Kindern,
                          dies Radikalmittel zur Auflösung der einstigen Arbeiterfamilie, zu einer ökonomischen Nothwendigkeit gemacht hat,
                          das Eingeständniss, dass sie die elterliche Gewalt in ein Zubehör des gesellschaftlichen Organismus verwandelt hat,
                          das dazu bestimmt ist, dem Kapitalisten, direkt oder indirekt, die Proletarierkinder zu liefern,
                          und das, bei Strafe des eignen Untergangs, seine Rolle als Kuppler und Sklavenhändler zu spielen hat.
                          Darum sind auch alle Anstrengungen dieser Gesetzgebung nur darauf gerichtet,
                          die Excesse dieses Sklavensystems im Zaum zu halten.</seg>
                          However terrible and disgusting the dissolution of the old family ties within the capitalist system may appear,
                          large-scale industry, by assigning an important part in socially organized processes of production,
                          outside the sphere of the domestic economy, to women, young persons and children of both sexes,
                          does nevertheless create a new economic foundation for a higher form of the family and of relations between the sexes.
                          It is of course just as absurd to regard the Christian-Germanic form of the family as absolute and final
                          as it would have been in the case of the ancient Roman, the ancient Greek or the Oriental forms,
                          which, moreover, form a series in historical development.
                          It is also obvious that the fact that the collective working group is composed of individuals of both sexes and all ages
                          must under the appropriate conditions turn into a source of humane development,
                          although in its spontaneously developed, brutal, capitalist form,
                          the system works in the opposite direction, and becomes a pestiferous source of corruption and slavery,
                          since here the worker exists for the process of production, and not the process of production for the worker.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Penguin 620-621
                        (aussi MECW 35:492-493).
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  C’est un exemple où il y a divergence entre le texte allemand de 1867
                  (non modifié par la suite, dans les deuxième, troisième et quatrième éditions allemandes)
                  — comme on le voit aux traductions en néerlandais et en anglais —
                  et le texte français de 1872.
                  Voir à ce sujet <ref target="MEexCapIchap13para9.html">mon examen critique de ces textes</ref>.
                  Marx a développé ce passage en français en insistant sur la dissolution de la famille ouvrière
                  et la perspective d’avenir.
                  (Avec en outre une phrase finale générale sur la pourriture comme moteur de l’histoire.)
                  La différence n’est cependant pas dramatique.
                  Quand on écrit sur le féminisme marxiste en anglais, on se réfère généralement à l’édition Penguin
                  et avec « a new economic foundation for a higher form of the family and of relations between the sexes »
                  on a l’essentiel du message, ce que Marx avait écrit dès 1867.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ce passage fournit un exemple concret où se vérifie, sur la question de la famille,
                  la thèse du <title>Manifeste</title> que <ref target="#manifeste-p31">le capitalisme détruit toutes les traditions</ref>.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap13para10" type="level4_para">
                <head>10. Grande industrie et agriculture</head>
                <bibl><!-- Livre I (1948), t. 2, p. 179 -->P. 564 et suivantes.</bibl>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>agriculture traditionnelle, irrationnelle</term></index>
                  <index><term>agriculture capitaliste, science et technique</term></index>
                  <index><term>urbanisation</term></index>❦ urbanisation
                  <index><term>forces productives</term></index>❦ forces productives
                  <index><term>santé des ouvriers</term></index>❦ santé des ouvriers
                  <index><term>régénération du sol</term></index>❦ régénération du sol
                  <index><term>sol, régénération du —</term></index>
                  <index><term>Stoffwechsel zwischen Mensch und Erde</term></index>
                  <index><term>métabolisme (Stoffwechsel) entre l’homme et la terre</term></index>
                  <index><term>stofwisseling tussen mens en aarde</term></index>
                  <index><term>metabolic interaction between man and the earth</term></index>
                  <index>
                    <term>métabolisme, comme loi régulatrice de la production</term>
                  </index>❦ métabolisme (Stoffwechsel), comme loi régulatrice de la production
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 24.5%;">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <pb xml:id="KapI528un8" n="528⅛"/>In der Sphäre der Agrikultur wirkt die
                          große Industrie insofern am revolutionärsten, als sie das Bollwerk der
                          alten Gesellschaft vernichtet, den "Bauer", und ihm den Lohnarbeiter
                          unterschiebt. Die sozialen Umwälzungsbedürfnisse und Gegensätze des
                          Landes werden so mit denen der Stadt ausgeglichen. An die Stelle des
                          gewohnheitsfaulsten und irrationellsten Betriebs tritt bewußte,
                          technologische Anwendung der Wissenschaft. Die Zerreißung des
                          ursprünglichen Familienbandes von Agrikultur und Manufaktur, welches
                          die kindlich unentwickelte Gestalt beider umschlang, wird durch die
                          kapitalistische Produktionsweise vollendet. Sie schafft aber zugleich
                          die materiellen Voraussetzungen einer neuen, höheren Synthese, des
                          Vereins von Agrikultur und Industrie, auf Grundlage ihrer gegensätzlich
                          ausgearbeiteten Gestalten. <anchor xml:id="KapI528un2"/>Mit dem
                          stets wachsenden Übergewicht der städtische Bevölkerung, die sie in
                          großen Zentren zusammenhäuft, häuft die kapitalistische Produktion
                          einerseits die geschichtliche Bewegungskraft der Gesellschaft, stört sie
                          andrerseits den Stoffwechsel zwischen Mensch und Erde, d.h. die Rückkehr
                          der vom Menschen in der Form von Nahrungs- und Kleidungsmitteln vernutzten
                          Bodenbestandteile zum Boden, also die ewige Naturbedingung dauernder
                          Bodenfruchtbarkeit. Sie zerstört damit zugleich die physische Gesundheit
                          der Stadtarbeiter und das geistige Leben der Landarbeiter. Aber sie zwingt
                          zugleich durch die Zerstörung der bloß naturwüchsig entstandnen Umstände
                          jenes Stoffwechsels, ihn systematisch als regelndes Gesetz der
                          gesellschaftlichen Produktion und in einer der vollen menschlichen
                          Entwicklung adäquaten Form herzustellen.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="#CapIde1962"><title>Werke</title>, Band 23</ref>,
                        Dietz Verlag, 1968:528 ;  <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me23/me23_483.htm#Kap_13_10">ML Werke, 23, Kap. 13</ref>
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 24%;">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <pb xml:id="CapI565trois8" n="565⅜"/>C’est dans la sphère de l’agriculture
                          que la grande industrie a l’effet le plus révolutionnaire, dans la mesure
                          où elle anéantit ce bastion de l’ancienne société qu’est le « paysan »
                          et lui substitue l’ouvrier salarié. Les besoins de bouleversement et les
                          oppositions au sein de la société rurale sont ainsi alignés sur ceux de
                          la ville. Le mode d’exploitation le plus routinier et le plus irrationnel
                          est remplacé par l’application technologique consciente de la science. Le
                          mode de production capitaliste consomme la rupture du lien de parenté qui
                          unissait initialement l’agriculture et la manufacture au stade infantile
                          et non développé de l’une et de l’autre. Mais cette rupture crée en même
                          temps les présupposés matériels d’une nouvelle synthèse à un niveau
                          supérieur, de l’association de l’agriculture et de l’industrie sur base
                          des configurations propres qu’elles se sont élaborées en opposition l’une
                          à l’autre. <!-- 180 (1948) --><anchor xml:id="CapI565trois4"/>Avec
                          la prépondérance toujours croissante de la population urbaine qu’elle
                          entasse dans de grands centres, la production capitaliste amasse d’un
                          côté la force motrice historique de la société et perturbe d’un autre
                          côté le métabolisme entre l’homme et la terre, c’est-à-dire le retour au
                          sol des composantes de celui-ci usées par l’homme sous forme de nourriture
                          et de vêtements, donc l’éternelle condition naturelle d’une fertilité
                          durable du sol. Elle détruit par là même à la fois la santé physique des
                          ouvriers des <pb xml:id="CapI566" n="566"/>villes et la vie intellectuelle
                          des ouvriers agricoles. Mais en détruisant les facteurs d’origine
                          simplement naturelle de ce métabolisme, elle oblige en même temps à
                          instituer systématiquement celui-ci en loi régulatrice de la production
                          sociale, sous une forme adéquate au plein développement de l’homme.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:565-566.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25.5%;">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <pb xml:id="CapInl1910vol2p237un2" n="237½"/>Op het terrein van de
                          landbouw heeft de grootindustrie in zo ver een meer revolutionaire
                          werking dan elders, als zij het bolwerk van de oude maatschappij, den
                          boer, aantast en hem door den loonarbeider verdringt. Aldus worden de
                          begeerte naar maatschappelijke veranderingen en de klassentegenstellingen
                          in stad en land gelijk gemaakt. In de plaats van het onredelijkste en
                          het meest aan sleur onderworpen bedrijf treedt de toepassing van een
                          wetenschap. De oorspronkelijke familieband tussen landbouw en
                          manufactuur, welke band de kinderlijk onontwikkelde gestalte van beide
                          omvatte, wordt door de kapitalistische productiewijze vernietigd. Zij
                          schept echter tegelijkertijd de stoffelijke voorwaarden tot een nieuwere
                          en hogere eenheid, tot vereniging van landbouw en industrie, op
                          grondslag van beider hogere, en aan elkander tegenovergestelde ontwikkeling.
                          <anchor xml:id="CapInl1910vol2p237infine"/>Met het steeds
                          <pb xml:id="CapInl1910vol2p238" n="238"/>groeiende overwicht van de stedelijke bevolking,
                          welke zij in grote centra opstapelt, versterkt de kapitalistische productie
                          de historische beweegkracht van de samenleving. Aan den anderen kant verstoort zij
                          de stofwisseling tussen mens en aarde, d.w.z. den terugkeer tot den grond
                          van de door den mens in den vorm van voedsel en kleding verbruikte
                          bestanddelen van den grond; zij verkracht zodoende de natuurlijke voorwaarde
                          van duurzame vruchtbaarheid van den grond. De kapitalistische productie tast
                          op die wijze tegelijkertijd het lichamelijk welzijn aan van de stadsarbeiders,
                          en het geestelijk welzijn van de landarbeiders. Evenwel noodzaakt zij tevens,
                          door de verstoring van de enkel natuurlijk ontstane vormen van die stofwisseling,
                          haar opzettelijk te herstellen als regelende wet der maatschappelijke productie,
                          en in een gedaante overeenkomstig de hogere ontwikkeling van het menselijk geslacht.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="#CapInl1910">Het Kapitaal</ref>, vol. 2 (1919), De Maatschappij
                      voor Goede en Goedkope Lectuur, Amsterdam. (Lichtjes gemoderniseerde spelling, D.M.)</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <pb xml:id="CapIen1976p637un3" n="637⅓"/>In the sphere of agriculture,
                          large-scale industry has a more revolutionary effect than elsewhere,
                          for the reason that it annihilates the bulwark of the old society, the
                          ‘peasant’, and substitutes for him the wage-labourer. Thus the need for
                          social transformation, and the antagonism of the classes, reaches the
                          same level in the countryside as it has attained in the towns. A
                          conscious, technological application of science replaces the previous
                          highly irrational and slothfully traditional way of working. The
                          capitalist mode of production completes the disintegration of the
                          primitive familial union which bound agriculture and manufacture
                          together when they were both at an undeveloped and childlike stage. But
                          at the same time it creates the material conditions for a new and higher
                          synthesis, a union of agriculture and industry on the basis of the forms
                          that have developed during the period of their antagonistic isolation.
                          <anchor xml:id="CapIen1976p637deux3"/>Capitalist production collects the
                          population together in great centres, and causes the urban population to
                          achieve an ever-growing preponderance. This has two results. On the one
                          hand it concentrates the historical motive power of society; on the other
                          hand, it disturbs the metabolic interaction between man and the earth,
                          i.e. it prevents the return to the soil of its constituent elements
                          consumed by man in the form of food and clothing; hence it hinders the
                          operation of the eternal natural condition for the lasting fertility of
                          the soil. Thus it destroys at the same time the physical health of the
                          urban worker and the intellectual life of the rural worker. But by
                          destroying the circumstances <pb xml:id="CapIen1976p638" n="638"/>surrounding that metabolism, which originated in a merely natural
                          and spontaneous fashion, it compels its systematic restoration as a
                          regulating law of social production, and in a form adequate to the full
                          development of the human race.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="#CapIen1976"><title>Capital</title> I,
                      Penguin et New Left Review</ref>, 1976.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  Dans le passage qui précède, Marx constate le remplacement de l’agriculture
                  traditionnelle, celle du « paysan », qualifiée, d’irrationnelle, d’infantile
                  (l’agriculture, pas le paysan, et au sens qu’il s’agit, comme la manufacture à
                  ses débuts, de l’enfance du progrès de la civilisation), par l’agriculture
                  capitaliste, liée à la grande industrie, et c’est « l’application technologique
                  consciente de la science » dans l’agriculture, en même temps qu’une catastrophe
                  sociale pour les travailleurs concernés. Le développement de l’industrie va de
                  pair avec le développement des villes qui rompt inévitablement le métabolisme
                  naturel entre l’humanité et la terre. Comme dans le cas de l’agriculture
                  traditionnelle, Marx n’exprime aucun regret de ce métabolisme naturel et ne
                  propose absolument pas d’y retourner. Ce métabolisme naturel appartient
                  définitivement et irrémédiablement au passé, mais cette rupture du métabolisme
                  par le capitalisme nous met devant un nouveau défi : remplacer le métabolisme
                  naturel par un métabolisme à incorporer dans la planification. (En attendant une
                  économie socialiste planifiée, c’est un objectif de lutte pour l’environnement
                  sous le capitalisme.) C’est encore une fois le point de vue marxiste que l’homme
                  peut et doit dominer la nature, sur la base de la connaissance de ses lois.
                </p>

                <p xml:id="sourcesvives-ndx"><label rend="invisible">Capital, Livre I, chap. 13, § 10 Grande industrie et agriculture</label>
                  <index><term>épuisement du sol</term></index>
                  <index><term>sol, épuisement du —</term></index>
                  <index><term>terre, épuisement de la —</term></index>
                  <index><term>agriculture capitaliste</term></index>
                  <index><term>exploitation</term></index>
                  <index><term>ressource naturelle, épuisement des —</term></index>
                  <index><term>Liebig, épuisement du sol</term></index>
                  <index><term>Justus von Liebig, épuisement du sol</term></index>
                  <index><term>Springquellen allen Reichthums: Die Erde und den Arbeiter</term></index>
                  <index><term>source de la richesse : la terre et le travailleur</term></index>
                  <index><term>nature et travail, sources de la richesse</term></index>
                  <index><term>deux sources de la richesse</term></index>
                  <index><term>richesse, deux sources de la —</term></index>
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          In der Agrikultur wie in der Manufaktur erscheint
                          die kapitalistische Umwandlung des Produktionsprozesses
                          zugleich als Martyrologie der Producenten, das Arbeitsmittel als Unterjochungsmittel,
                          Exploitationsmittel und Verarmungsmittel des Arbeiters,
                          die gesellschaftliche Kombination der Arbeitsprozesse als organisirte Unterdrückung
                          seiner individuellen Lebendigkeit, Freiheit und Selbstständigkeit.
                          Die Zerstreuung der Landarbeiter über grössere Flächen bricht zugleich ihre Widerstandskraft,
                          während Koncentration die der städtischen Arbeiter steigert.
                          Wie in der städtischen Industrie wird in der modernen Agrikultur die gesteigerte Produktivkraft
                          und grössere Flüssigmachung der Arbeit erkauft durch Verwüstung und Versiechung der Arbeitskraft selbst.
                          Und jeder Fortschritt der kapitalistischen Agrikultur ist nicht nur ein Fortschritt in der Kunst den Arbeiter,
                          sondern zugleich in der Kunst den Boden zu berauben,
                          jeder Fortschritt in Steigerung seiner Fruchtbarkeit für eine gegebne Zeitfrist
                          zugleich ein Fortschritt im Ruin der dauernden Quellen dieser Fruchtbarkeit.
                          Je mehr ein Land, wie die Vereinigten Staaten von Nordamerika z. B.,
                          von der grossen Industrie als dem Hintergrund seiner Entwicklung ausgeht,
                          desto rascher dieser Zerstörungsprozess.
                          Die kapitalistische Produktion entwickelt daher nur die Technik
                          und Kombination des gesellschaftlichen Produktionsprozesses,
                          indem sie zugleich die Springquellen allen Reichthums untergräbt: Die Erde und den Arbeiter.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1867:494-496 fin du chapitre 4.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Dans l’agriculture comme dans la manufacture la mutation capitaliste du procès de production
                          apparaît en même temps comme le martyrologue des producteurs,
                          le moyen de travail apparaît comme le moyen d’assujettir, d’exploiter et d’appauvrir le travailleur,
                          la combinaison sociale du procès de travail comme répression organisée
                          de sa vitalité, de sa liberté, et de son autonomie d’individu.
                          La dispersion des ouvriers agricoles sur de plus grandes surfaces
                          brise en même temps leur force de résistance,
                          tandis que la concentration accroît celle des ouvriers des villes.
                          Comme dans l’industrie urbaine, l’augmentation de la force productive
                          et le plus grand degré de fluidité du travail sont payés dans l’agriculture moderne
                          au prix du délabrement et des maladies qui minent la force de travail proprement dite.
                          <!-- <note place="margin">P. 566-567</note> -->
                          <!-- 181-182 (1948) -->Et tout progrès de l’agriculture capitaliste
                          est non seulement un progrès dans l’art de piller le travailleur,
                          mais aussi dans l’art de piller le sol ;
                          tout progrès dans l’accroissement de sa fertilité pour un laps de temps donné
                          est en même temps un progrès de la ruine des sources durables de cette fertilité.
                          Plus un pays, comme par exemple les États-Unis d’Amérique, part de la grande industrie
                          comme arrière-plan de son développement et plus ce processus de destruction est rapide.
                          Si bien que la <!-- <pb xml:id="CapI567" n="567"/> -->production capitaliste ne
                          développe la technique et la combinaison du procès de production social
                          qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse :
                          la terre et le travailleur.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:566-567.</bibl>
                    </cit>
                  </item><!--
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> --><!--
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">

                        </p>
                      </quote>
                      <bibl></bibl>
                    </cit>
                  </item> -->
                </list>
                <p rend="alinea">Dans la note 325, attachée à « plus ce processus de
                destruction est rapide », Marx crédite Liebig de la question du côté
                négatif de l’agriculture moderne.</p>
              </div>
            </div>
          </div><!-- fin de fichier inclus Capital-Isect4.xml -->
<!-- Ch10, Le concept de plus-value relative. Ch11, Coopération. Ch12, Division du travail et manufacture. Ch13, La machinerie et la grande industrie. -->
          <!-- début de fichier inclus Capital-Isect5.xml --><div xml:id="Capital-Isect5" type="level2_sect">
            <head>
              Cinquième section
              La production de la plus-value absolue et relative
            </head>

            <div xml:id="Capital-Ichap14" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 14 —
                Survaleur absolue et relative
              </head>
              <bibl rend="publie">
                <ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 569 et suivantes.
              </bibl>
              <bibl rend="publie pluspetit">
                <ref target="#CapIfr1948">Capital I, É.S. (en 8 vol.)</ref>, t. 2, chapitre 16, p. 183.
              </bibl>

              <p xml:id="Capital-Ichap14-ndx"><label rend="invisible">Capital, Livre I, Chapitre 14 — Survaleur absolue et relative</label>
                <index><term>productivité du travail, dépend des conditions naturelles</term></index>
                <index><term>ressources humaines</term></index>
                <index><term>ressource naturelle</term></index>
                <index><term>civilisation</term></index>
                <index><term>surplus</term></index>
                <index><term>travail nécessaire</term></index>
                <index><term>surtravail</term></index>
                <index><term>fertilité du sol</term></index>
                <index><term>climat</term></index>
                <index><term>Diodore de Sicile</term></index>
                <index><term>Égypte antique</term></index>
                <index><term>nécessité</term></index>
                <index><term>développement du capitalisme</term></index>
                <index><term>domination de l’homme sur la nature</term></index>
                <index><term>empire de l’homme sur la nature</term></index>
                <index><term>nature, domination de l’homme sur la —</term></index>
                <index><term>nature, empire de l’homme sur la —</term></index>
                <index><term>irrigation</term></index>
                <index><term>engrais minéraux</term></index>
                <index><term>irrigation, canaux</term></index>
                <index><term>temps de travail nécessaire, variation selon le pays</term></index>
                <index><term>extorsion du surtravail</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><!-- P. 186-189 (1948) -->
                    <pb xml:id="CapI574un5" n="574 ⅕"/>Indépendamment de la configuration
                    plus ou moins développée qu’a prise la production sociale,
                    la productivité du travail demeure cependant liée à des conditions naturelles.
                    Elles peuvent toutes être ramenées à la nature de l’homme lui-même,
                    à des facteurs tels que la race, etc. et à la nature qui l’entoure.
                    Les conditions naturelles extérieures se divisent, économiquement, en deux grandes classes :
                    richesse naturelle en moyens de subsistance, donc fertilité du sol, eaux poissonneuses, etc.
                    et richesse naturelle en moyens de travail, chutes d’eau abondantes,
                    rivières navigables, bois, métaux, charbon, etc.
                    Au début de l’ère civilisée, c’est le premier type de richesse naturelle qui déclenche les choses,
                    à un stade plus développé c’est le second.
                    On comparera, par exemple, l’Angleterre et l’Inde,
                    ou encore, au sein du monde antique,
                    Athènes et Corinthe, d’un côté,
                    et les pays riverains de la mer Noire de l’autre.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Plus bas est le nombre de besoins naturels qu’il faut absolument satisfaire,
                    plus sont grandes la fertilité naturelle du sol et la clémence du climat,
                    et moins il faut de temps de travail pour assurer la conservation et la reproduction du producteur.
                    Plus est grand aussi, par conséquent, l’excédent de travail qu’il peut consacrer à autrui
                    par-delà celui qu’il consacre à lui-même.
                    Diodore le remarque déjà, à propos des habitants de l’ancienne Égypte :
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        L’éducation de leurs enfants leur cause incroyablement peu de peine et de dépenses.
                        Ils leur préparent les premiers plats simples venus ;
                        ils leur donnent aussi à manger la partie inférieure du papyrus,
                        dans la mesure où l’on peut la faire rôtir au feu,
                        des racines et des tiges de roseau, soit crues, soit bouillies ou rôties.
                        La plupart des enfants vont sans chaussures et sans vêtements, tant l’air est doux.
                        Un enfant ne coûte ainsi guère plus de vingt drachmes à ses parents pour toute sa jeunesse,
                        et c’est <pb xml:id="CapI575" n="575"/>sans doute là qu’il faut voir
                        l’explication de la population si abondante de l’Égypte,
                        qui a permis d’entreprendre tant d’ouvrages monumentaux.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><author>Diodore</author>
                      [<author>Diodorus Siculus</author>],
                      <title>Historische Bibliothek</title>, L. I, chap. 80, p. 126.
                    </bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Les grandes œuvres monumentales de l’ancienne Égypte
                  sont cependant moins dues à l’ampleur même de sa population
                  qu’au fait qu’une large proportion de celle-ci était disponible.
                  De la même façon que le travailleur individuel peut fournir
                  d’autant plus de surtravail que son temps de travail nécessaire
                  est moins important, plus la portion de la population laborieuse
                  requise pour la production des moyens de subsistance nécessaires
                  est faible, et plus grande sera la partie disponible pour d’autres
                  types d’ouvrage.</p>
                  <p rend="alinea">Une fois présupposé le caractère capitaliste de la
                  production, et tous autres facteurs demeurant égaux par ailleurs, y
                  compris la longueur de la journée de travail, la grandeur du surtravail
                  variera en fonction des conditions naturelles du travail, notamment de
                  la fertilité du sol. Mais il ne s’ensuit nullement, à l’inverse, que le
                  sol le plus fertile est le plus adéquat à la croissance
                  du mode de production capitaliste. Celui-ci implique une domination de
                  l’homme sur la nature, et une nature trop dispendieuse de prodigalités
                  continuera à le « tenir en laisse comme
                  un enfant ». Elle ne fera pas de son propre développement
                  une nécessité naturelle. La terre nourricière du capital n’est
                  pas le climat tropical avec sa végétation luxuriante, mais la
                  zone tempérée. Ce n’est pas la fertilité absolue du sol, mais sa
                  diversification, la variété de ses produits naturels qui constitue
                  la base naturelle de la division sociale du travail, et agit comme
                  un aiguillon sur l’homme, par le changement des circonstances
                  <pb xml:id="CapI576" n="576"/>naturelles dans lesquelles il séjourne,
                  l’incitant à varier et à multiplier ses propres besoins, aptitudes,
                  moyens et modes de travail. C’est cette nécessité de contrôler socialement
                  une force naturelle, de la gérer, de se l’approprier et de la rendre
                  docile à grande échelle par des œuvres de la main humaine,
                  qui joue le rôle le plus décisif dans l’histoire de l’industrie.
                  C’est le cas, par exemple, de la régulation hydraulique en Égypte,
                  en Lombardie, en Hollande, etc. Ou en Inde, en Perse, etc.
                  où le ruissellement entretenu par des canaux artificiels non
                  seulement apporte au sol l’eau indispensable, mais lui amène
                  avec les boues des montagnes l’engrais minéral dont il a besoin.
                  Tout le secret de la prospérité industrielle de l’Espagne et de
                  la Sicile à l’époque de la domination arabe est dans les
                  canalisations.</p>
                  <p rend="alinea">Le caractère favorable des conditions naturelles ne
                  fournit jamais que la possibilité, et nullement la réalité du
                  surtravail, et donc de la plus-value ou du surproduit. La diversité des
                  conditions naturelles du travail a pour effet que la même quantité
                  de travail satisfera, dans différents pays, différentes masses de
                  besoins, et que par conséquent, dans des circonstances par <pb xml:id="CapI577" n="577"/>ailleurs analogues, le temps de travail nécessaire
                  sera différent. Ces conditions naturelles n’agissent sur le surtravail
                  que comme limite naturelle, en déterminant le point où commence le travail
                  pour autrui. Cette limite naturelle recule dans la mesure exacte
                  où l’industrie progresse. Dans la société ouest-européenne,
                  où le travailleur ne peut acheter que par du surtravail l’autorisation
                  de travailler pour subvenir à sa propre existence, on
                  s’imagine souvent que fournir un surplus de produit est une
                  qualité innée du travail humain. Mais prenons, par exemple,
                  les indigènes des îles orientales de l’archipel asiatique, où le
                  sagou pousse dans les forêts à l’état sauvage :</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Quand les habitants, après avoir percé un trou
                      dans l’arbre, ont acquis la conviction que le cœur était mûr,
                      l’arbre est abattu et débité en plusieurs morceaux, puis le cœur
                      est dégagé, mélangé à de l’eau, et enfin filtré : on a alors une
                      farine de sagou parfaitement utilisable. Un seul arbre en fournit
                      communément 300 livres et peut aller jusqu’à 400 ou 600 livres. Les
                      gens vont donc dans la forêt et se coupent leur pain comme on abat
                      du petit bois pour faire le feu.</p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <author>J. F. Schouw</author>,
                      <title>Die Erde, die Pflanzen und der Mensch</title>,
                      2<hi rend="ordinal">e</hi> édition,
                      <pubPlace>Leipzig</pubPlace>, <date>1854</date>, p. 148.
                    </bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Supposons qu’un coupeur de pain de cette espèce
                  extrême-orientale mette 12 heures de travail par semaine à satisfaire
                  tous ses besoins. Ce que la clémence de la nature lui donne
                  immédiatement, c’est une grande quantité de temps libre. Pour qu’il
                  utilise ce temps de manière productive pour lui-même, il faut
                  toute une série de facteurs historiques ; pour qu’il le dépense
                  en surtravail destiné à d’autres que lui, il faut une contrainte
                  extérieure. Si l’on introduisait la production capitaliste, notre
                  brave indigène travaillerait peut-être six jours par semaine
                  pour s’approprier finalement le produit d’une seule journée
                  de travail. Les prodigalités de la nature n’expliquent pas pourquoi
                  il doit travailler six jours par semaine et, là-dessus, fournir
                  cinq jours de surtravail. Elles expliquent seulement pourquoi
                  son temps de travail nécessaire est limité à une journée par
                  semaine. Mais en aucun cas son surproduit ne pourrait naître
                  d’une quelconque qualité occulte, innée au travail humain.</p>
                </quote>
              </cit>
            </div> <!-- fin de chapitre 14 -->


            <div xml:id="Capital-Ichap15" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 15. —
                Variations respectives du prix de la force de travail et de la plus-value
              </head>
              <bibl rend="publie">P. 581 et suivantes.</bibl>

              <div xml:id="varsimuldurinfo" type="level4_para">
                <head>
                  4. Variations simultanées de la durée,
                  de l’intensité et de la force productive du travail
                </head>
                <bibl rend="publie">
                  <ref target="#CapIfr1983">Capital I, 1983</ref>, p. 590 et suivantes.
                </bibl>
                <bibl rend="publie pluspetit">
                  <ref target="#CapIfr1948">Capital I, É.S. (en 8 vol.)</ref>, t. 2, chapitre 17, p. 198.
                </bibl>

                <p xml:id="Capital-Ichap15para4-ndx"><label rend="invisible">Capital I, chap. 14, §4. Variations simultanées de la durée, de l’intensité et de la force productive du travail</label>
                  <index><term>productivité</term></index>
                  <index><term>intensité</term></index>
                  <index><term>travail nécessaire</term></index>
                  <index><term>socialisme, amélioration des conditions d’existence</term></index>
                  <index><term>accumulation, sous le socialisme, dans le travail nécessaire</term></index>
                  <index><term>socialisme, accumulation, dans le travail nécessaire</term></index>
                  <index><term>reproduction élargie, sous le socialisme, dans le travail nécessaire</term></index>
                  <index><term>socialisme, reproduction élargie, dans le travail nécessaire</term></index>
                  <index><term>travail nécessaire, sous le socialisme, comprend la reproduction élargie</term></index>
                  <index><term>gaspillage</term></index>
                  <index><term>travailleur improductif</term></index>
                  <index><term>loisir, sous le socialisme</term></index>
                  <index><term>socialisme, augmentation du loisir</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="CapI592haut" n="592 haut"/>2. Augmentation
                      de l’intensité et de la, force productive du travail, simultanément
                      à un raccourcissement de la journée de travail :</p>
                      <p rend="alinea">D’un côté, l’élévation de la force productive du travail et
                      l’accroissement de son intensité agissent dans le même sens.
                      L’une et l’autre augmentent la masse de produit visée dans
                      chaque segment de temps, et raccourcissent donc la partie de
                      la journée de travail dont le travailleur a besoin pour produire
                      ses moyens de subsistance ou leur équivalent. La limite minimale
                      absolue de la journée de travail est constituée par cette
                      partie d’elle-même qui est nécessaire, mais contractable. Si toute
                      la journée de travail se rétrécissait jusqu’à ce niveau, le
                      surtravail disparaîtrait, ce qui, sous le régime du capital, est
                      impossible. L’élimination de la forme de production capitaliste
                      permet de restreindre la journée de travail au seul travail nécessaire.
                      Mais celui-ci, tous autres facteurs demeurant les mêmes par
                      ailleurs, étendrait alors son espace. D’une part, parce que les
                      conditions de vie du travailleur seraient plus opulentes et ses
                      attentes de l’existence plus ambitieuses. D’autre part, une partie
                      du surtravail actuel compterait dans le travail nécessaire, à savoir
                      la part de travail requise pour l’obtention d’un fonds social
                      de réserve et d’accumulation.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Le surtravail enrichit le capitaliste. Celui-ci en fait ce qu’il veut.
                  Il peut décider de ne pas tout consommer,
                  mais de consacrer une partie de la plus-value à élargir la reproduction.
                  Bien qu’historiquement cela ait amené une amélioration des conditions de vie des travailleurs,
                  le but du capitaliste est d’élargir la base de son exploitation.
                  Cela n’appartient donc pas aux travailleurs et ce n’est pas d’abord à leur avantage.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Au contraire, sous le socialisme, le progrès appartient aux travailleurs.
                  C’est une composante de salaire indirect qui donc,
                  pour Marx, « compterait dans le travail nécessaire ».
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Plus la force productive du travail s’accroît, plus on peut
                      raccourcir la journée de travail, et plus la journée de travail est
                      <pb xml:id="CapI593" n="593"/>abrégée, plus l’intensité du travail
                      peut s’accroître. Du point de vue social, la productivité du travail
                      augmente aussi avec l’économie qu’on en fait. Celle-ci n’implique pas
                      seulement qu’on économise les moyens de production, mais qu’on évite
                      toute espèce de travail inutile. Alors que le mode de production
                      capitaliste contraint à faire des économies dans toute entreprise
                      individuelle, son système de concurrence anarchique engendre
                      les plus immenses gaspillages de moyens sociaux de production
                      et de forces de travail, en même, temps qu’un nombre faramineux
                      de fonctions aujourd’hui indispensables, mais en soi totalement
                      superflues.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Sous le socialisme, « un nombre faramineux de fonctions aujourd’hui indispensables,
                  mais en soi totalement superflues » pourraient être supprimées
                  et libérer de la force de travail pour des activités plus utiles.
                  C’est une forme d’augmentation de la productivité.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  On remarque en passant que Marx est plus souple, plus ouvert d’esprit
                  que ceux qui ont discuté du travail productif dans les années 70
                  du 20<hi rend="ordinal">e</hi> siècle.
                  (Voir <ref target="../classeO/classeO-travprod.html">une note
                  sur le débat dans la revue <title>Contradictions</title></ref>.)
                  Chez Marx, il n’y a pas que l’arithmétique élémentaire
                  de la partie nécessaire ou non de la journée de travail
                  (à un niveau d’abstraction, de simplification extrême) ;
                  il y a aussi une vision sociale et historique.
                  Marx peut changer de niveau d’abstraction.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="CapI593un3" n="593 ⅓"/>À intensité
                      et force productive du travail données,
                      la partie de la journée de travail nécessaire à la production matérielle
                      est d’autant plus courte,
                      et donc la partie de temps conquise pour des occupations libres,
                      spirituelles et sociales des individus est d’autant plus grande
                      que le travail est plus uniformément réparti
                      entre tous les membres de la société en mesure de travailler
                      et qu’il est moins possible qu’une couche de la société
                      se défasse de la nécessité naturelle du travail
                      pour en accabler une autre couche sociale.
                      Dans cette perspective, la limite absolue du raccourcissement de la journée de travail
                      est la généralisation universelle du travail.
                      Tandis que dans la société capitaliste, on produit du temps libre pour une classe
                      en transformant tout le temps de vie des masses en temps de travail.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>
            </div> <!-- fin de chapitre 15 -->

          </div><!-- fin de fichier inclus Capital-Isect5.xml -->
<!-- Ch14, Survaleur absolue et relative. Ch15, Variations de la grandeur du prix de la force de travail et de la plus-value.
     Ch16, Diverses formules de taux de plus-value. -->
          <!-- début de fichier inclus Capital-Isect6.xml --><div xml:id="Capital-Isect6" type="level2_sect">
            <head>
              Sixième section —
              Le salaire
            </head>

            <div xml:id="Capital-Ichap17" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 17 —
                Transformation en salaire de la valeur ou du prix de la force de travail
              </head>
              <bibl rend="publie">
                1983:599 et suivantes.
              </bibl>
              <cit>
                <quote>
                  <p xml:id="CapI1983-603" rend="alinea">
                    Obsédés par la différence entre les prix de marché du travail et sa soi-disant valeur,
                    le rapport de cette valeur au taux de profit, aux valeurs-marchandises produites au moyen du travail, etc.
                    ils ne découvrirent jamais [les économistes classiques] que le cours même de l'analyse,
                    non seulement les avait menés des prix de marché du travail à sa valeur prétendue,
                    mais encore les avait amenés à résoudre à son tour cette valeur du travail dans la valeur de la force de travail.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1983:603</bibl>
              </cit>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Man weiss, dass der Tageswerth der Arbeitskraft berechnet ist auf eine gewisse Lebensdauer des Arbeiters,
                        welcher eine gewisse Länge des Arbeitstags entspricht.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1867:525. 1872:559. MEW23:561</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        On sait que la valeur journalière de la force de travail est calculée sur la base d'une durée de vie donnée du travailleur
                        à laquelle correspond une certaine durée de la journée de travail.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Cette idée est absente de la version française 2A (1872). 1983:603</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        We know that the daily value of the labour power is calculated upon a certain length of the worker's life,
                        and that this corresponds, in turn, to a certain length of the working day.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Fowkes:679.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1983:603</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                « Durée de vie » ! Dois-je comprendre qu'il considère ici que la valeur de la force de travail (valeur de moyens d'existence)
                ne peut s'évaluer correctement que sur toute la vie ?
              </p>

            </div>
          </div><!-- fin de fichier inclus Capital-Isect6.xml -->
<!-- Ch17, Transformation de la valeur ou du prix de la force de travail en salaire. Ch18, Le salaire au temps.
     Ch19, Le salaire aux pièces. Ch20, Disparité entre les salaires des différentes nations. -->
          <!-- début de fichier inclus Capital-Isect7.xml --><div xml:id="Capital-Isect7" type="level2_sect">
            <head>Septième section — Le procès d’accumulation du capital</head>

            <div xml:id="Capital-Ichap21" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 21 — Reproduction simple</head>
              <bibl>
                P. 635 et suivantes.
              </bibl>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="Capital-Isect7p635"><label rend="invisible">Capital I, chap. 21, Reproduction simple, 1983:635</label>
                    <index><term>reproduction sociale, tout procès de production</term></index>
                    Quelle que soit la forme sociale du procès de production,
                    il doit être continu ou reparcourir périodiquement les mêmes phases.
                    Une société ne peut pas plus cesser de produire qu’elle ne peut cesser de consommer.
                    Considéré dans son contexte permanent et dans le cours incessant de son renouvellement,
                    tout procès de production social est donc en même temps procès de reproduction.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Les conditions de la production sont en même temps les conditions de la reproduction.
                    Aucune société ne peut produire continuellement,
                    c’est-à-dire reproduire sans retransformer continuellement une partie de ses produits
                    en moyens de production ou en éléments de la nouvelle production.
                    Si tous les facteurs restent par ailleurs les mêmes, elle ne peut reproduire ou conserver sa richesse à la même échelle
                    qu’en remplaçant <foreign xml:lang="la">in natura</foreign> les moyens de production,
                    c’est-à-dire les moyens de travail, matériaux bruts et matières auxiliaires consommés pendant une année, par exemple,
                    par un quantum égal de nouveaux exemplaires retirés de la masse annuelle des produits et réincorporés au procès de production.
                    Il y a donc un quantum déterminé du produit annuel qui appartient à la production.
                    Destiné dès le départ à la consommation productive,
                    ce quantum existe en grande partie sous des formes naturelles qui excluent d’elles-mêmes la consommation individuelle.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Si la production a une forme capitaliste, la reproduction l’a aussi.
                    De même que dans le mode de production capitaliste le procès de travail
                    n’apparaît que comme un moyen du procès de valorisation,
                    la reproduction n’apparaît que comme un moyen de reproduire comme capital la valeur avancée,
                    c’est-à-dire comme valeur qui se valorise.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 635.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Considération introductive très importante.
                Le plus souvent, les sociétés ont dégagé un surplus, sinon nous n’en serions pas où nous en sommes aujourd’hui.
                Mais même si on s’en tient à une reproduction simple, « on ne peut pas tout manger »,
                « il faut mettre de côté » et on produit d’ailleurs des choses qui ne sont pas « mangeables »
                il faut au moins reproduire à l’identique les moyens de production.
              </p>
              <p rend="alinea" xml:id="Capital-Isect7p637"><label rend="invisible">Capital I, chap. 21, Reproduction simple, 1983:637</label>
                <index><term>reproduction sociale, pas individuelle</term></index>
                Il met en garde contre les illusions engendrées par la considération du dialogue singulier entre capitaliste et ouvrier.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    L’illusion engendrée par la forme-argent se dissipe aussitôt
                    qu’à la place du capitaliste individuel et de l’ouvrier individuel
                    on considère la classe capitaliste et la classe ouvrière.
                    La classe capitaliste donne constamment à la classe ouvrière, sous la forme-argent,
                    des assignations sur une partie du produit que cette dernière a produit et que la première s’est approprié.
                    Assignations que l’ouvrier restitue tout aussi constamment à la classe capitaliste,
                    lui retirant ce faisant la partie de son propre produit qui lui échoit à lui.
                    La forme-marchandise du produit et la forme-argent de la marchandise déguisent toute cette transaction.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 637.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                « Mais il faut bien pourtant que ce procès ait commencé quelque part… », p. 638.
                Pour commencer son entreprise, un nouveau capitaliste doit avoir un capital de départ
                qui ne vient pas de l’entreprise qui n’existe pas encore.
                Ce capital de départ est converti en moyens de production ou en biens de subsistance des travailleurs
                et reconstitué dans le processus d’exploitation de la force de travail en nouveau capital,
                transformé de capital initial (qui disparaît entièrement) en capital capitaliste.
                (Pour le capitalisme en général, historiquement, le capital initial,
                on le verra au <ref target="#Capital-Ichap24">chapitre 24</ref>,
                est généralement acquis par des moyens violents et immoraux,
                mais cet aspect n’intervient dans cette considération sur la reproduction simple.)
              </p>

              <label xml:id="Capital-Ichap21-MarxSRT" rend="fakehead h2">
                <seg rend="floatright"/>La théorie de la reproduction sociale de Marx (D.M.)
              </label>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 49.2%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Wir sahen <ref target="#Capital-Ichap4para3">im vierten Kapitel</ref>:
                        Um Geld in Kapital zu verwandeln,
                        <!-- 1872:593 Die ursprüngliche Voraussetzung für die Verwandlung von Geld in Kapital -->
                        <!-- En outre, le passage précédent
                             Beträgt der mit einem Kapital von 1000 Pfd. St. periodisch…
                             est amplifié de 1872:592 à 1890:532. -->
                        genügte nicht das Vorhandensein von Werthproduktion und Waarencirculation.
                        Es mussten erst, hier Besitzer von Werth oder Geld, dort Besitzer der werthschaffenden Substanz;
                        hier Besitzer von Produktions- und Lebensmitteln, dort Besitzer von nichts als Arbeitskraft,
                        einander als Käufer und Verkäufer gegenübertreten.
                        Scheidung zwischen dem Arbeitsprodukt und der Arbeit selbst,
                        zwischen den objektiven Arbeitsbedingungen und der subjektiven Arbeitskraft,
                        war also die thatsächlich gegebne Grundlage,
                        der Ausgangspunkt des kapitalistischen Produktionsprocesses.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Was aber Anfangs nur Ausgangspunkt war, wird vermittelst der
                        blossen Kontinuität des Processes, der einfachen Reproduktion, stets
                        aufs Neue producirt und verewigt […]<!-- als eignes Resultat der
                        kapitalistischen Produktion -->. Einerseits verwandelt der Produktionsprocess
                        fortwährend den stofflichen Reichthum in Kapital,
                        in Verwerthungs- und Genussmittel für den Kapitalisten. Andrerseits
                        kommt der Arbeiter beständig aus dem Process heraus, wie er in
                        ihn eintrat — persönliche Quelle des Reichthums, aber entblösst
                        von allen Mitteln, diesen Reichthum für sich zu verwirklichen.
                        […]<!-- Da vor seinem Eintritt in den Process seine eigne Arbeit ihm
                        selbst entfremdet, dem Kapitalisten angeeignet und dem Kapital
                        einverleibt ist, vergegenständlicht sie sich während des Processes
                        beständig in fremdem Produkt. --> Da der Produktionsprocess
                        zugleich der Konsumtionsprocess der Arbeitskraft durch den Kapitalisten,
                        verwandelt sich das Produkt des Arbeiters nicht nur fortwährend
                        in Waare […]<!-- , sondern in Kapital, Werth, der die werthschöpfende
                        Kraft aussaugt, Lebensmittel, die Personen kaufen,
                        Produktionsmittel, die den Producenten anwenden5) -->. Der Arbeiter
                        selbst producirt daher beständig den objektiven Reichthum als
                        Kapital, ihm fremde, ihn beherrschende und ausbeutende Macht,
                        und der Kapitalist producirt ebenso beständig die Arbeitskraft als
                        subjektive, von ihren eignen Vergegenständlichungs- und
                        Verwirklichungsmitteln getrennte, abstrakte, in der blossen Leiblichkeit
                        des Arbeiters existirende Reichthumsquelle, kurz den Arbeiter als
                        Lohnarbeiter. <hi rend="rouge">Diese beständige Reproduktion oder Verewigung
                        des Arbeiters ist das sine qua non der kapitalistischen Produktion</hi>.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Die Konsumtion des Arbeiters ist doppelter Art. In der Produktion
                        selbst konsumiert er durch seine Arbeit Produktionsmittel und verwandelt
                        sie in Produkte von höherem Wert als dem des vorgeschoßnen Kapitals.
                        Dies ist seine produktive Konsumtion. Sie ist gleichzeitig Konsumtion
                        seiner Arbeitskraft durch den Kapitalisten, der sie gekauft hat. Andrerseits
                        verwendet der Arbeiter das für den Kauf der Arbeitskraft gezahlte Geld in
                        Lebensmittel: dies ist seine individuelle Konsumtion. Die produktive und
                        die individuelle Konsumtion des Arbeiters sind also total verschieden. In
                        der ersten handelt er als bewegende Kraft des Kapitals und gehört dem
                        Kapitalisten; in der zweiten gehört er sich selbst und verrichtet Lebensfunktionell
                        außerhalb des Produktionsprozesses. Das Resultat der einen ist
                        das Leben des Kapitalisten, das der andern ist das Leben des Arbeiters selbst.
                      </p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea">
                        Anders sieht die Sache aus, sobald wir nicht den einzelnen Kapitalisten
                        und den einzelnen Arbeiter betrachten, sondern die Kapitalistenklasse und
                        die Arbeiterklasse, nicht den vereinzelten Produktionsprozeß der Ware,
                        sondern den kapitalistischen Produktionsprozeß in seinem Fluß und in
                        seinem gesellschaftlichen Umfang. - Wenn der Kapitalist einen Teil seines
                        Kapitals in Arbeitskraft umsetzt, verwertet er damit sein Gesamtkapital.
                        Er schlägt zwei Fliegen mit einer Klappe. Er profitiert nicht nur von dem,
                        was er vom Arbeiter empfängt, sondern auch von dem, was er ihm gibt.
                        Das im Austausch gegen Arbeitskraft veräußerte Kapital wird
                        in Lebensmittel verwandelt, deren Konsumtion dazu dient, Muskel, Nerven,
                        Knochen, Hirn vorhandner Arbeiter zu reproduzieren und neue Arbeiter zu
                        zeugen. Innerhalb der Grenzen des absolut Notwendigen ist daher die
                        individuelle Konsumtion der Arbeiterklasse Rückverwandlung der vom
                        Kapital gegen Arbeitskraft veräußerten Lebensmittel in vom Kapital neu
                        exploitierbare Arbeitskraft. Sie ist Produktion und Reproduktion des dem
                        Kapitalisten unentbehrlichsten Prodüktionsmittels, des Arbeiters selbst.
                        Die individuelle Konsumtion des Arbeiters bleibt also ein Moment der
                        Produktion und Reproduktion des Kapitals, ob sie innerhalb oder außerhalb
                        der Werkstatt, Fabrik usw., innerhalb oder aScheiduug zwischenußerhalb des Arbeitsprozesses
                        vorgeht, ganz wie die Reinigung der Maschine, ob sie während
                        des Arbeitsprozesses oder bestimmter Pausen desselben geschieht. Es tut
                        nichts zur Sache, daß der Arbeiter seine individuelle Konsumtion sich
                        selbst und nicht dem Kapitalisten zulieb vollzieht. So bleibt der Konsum
                        des Lastviehs nicht minder ein notwendiges Moment des Produktionsprozesses,
                        weil das Vieh selbst genießt, was es frißt.
                        Die beständige Erhaltung und Reproduktion der Arbeiterklasse
                        bleibt beständige Bedingung für die Reproduktion des Kapitals.
                        <!-- 1867:559½, 1872:595⅓, 1890:535 vers la fin -->
                        Der Kapitalist kann ihre Erfüllung getrost dem Selbsterhaltungs-
                        und Fortpflanzungstrieb der Arbeiter überlassen.
                        <!--  Er sorgt nur dafür, ihre individuelle Konsumtion möglichst auf das
                        Notwendige einzuschränken, und ist himmelweit entfernt von jener süd-amerikanischen Roheit,
                        die den Arbeiter zwingt, substantiellere statt weniger substantieller Nahrungsmittel einzunehmen. --> […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1890:533-535, MEW23:595-598.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Nous avons <ref target="#Capital-Ichap4para3">vu au chapitre quatre</ref>
                        que pour transformer de l’argent en capital,
                        il ne suffisait pas qu’il y ait production de marchandises et circulation de marchandises.
                        Il fallait d’abord quelqu’un qui possède de la valeur ou de l’argent,
                        et quelqu’un qui possède de la substance créatrice de valeur ;
                        un possesseur de moyens de subsistances et de moyens de production,
                        et un possesseur de force de travail (et de rien d’autre) ;
                        et il fallait qu’ils se trouvent l’un en face de l’autre,
                        l’un en tant qu’acheteur, l’autre en tant que vendeur.
                        C’est la séparation entre le produit du travail et le travail lui-même,
                        entre les conditions objectives du travail et la force de travail subjective,
                        qui était donc la base effective, le point de départ du procès de production capitaliste.
                      </p>
                      <p rend="alinea" xml:id="Capital-Ichap21-1983p640"><label rend="invisible">Capital I, chap. 21, Reproduction simple, 1983:640</label>
                        <index><term>reproduction du prolétaire comme prolétaire</term></index>
                        Mais ce qui n’était au début que le point de départ est constamment produit de nouveau
                        par la seule entremise de la continuité du procès, de la reproduction simple, et pérennisé […].
                        D’un côté, le procès de production ne cesse de transformer la richesse matérielle en capital,
                        en moyens de valorisation et de jouissance pour le capitaliste.
                        D’un autre côté, l’ouvrier ressort en permanence du procès comme il y était entré :
                        source personnelle de richesse, mais dépouillé de tous les moyens de réaliser cette richesse pour lui-même.
                        […]
                        comme le procès de production est en même temps le procès de consommation de la force de travail par le capitaliste,
                        le produit de l’ouvrier ne se transforme pas seulement continuellement en marchandise, mais en capital […].
                        L’ouvrier lui-même ne cesse de produire la richesse objective comme capital,
                        comme puissance qui lui est étrangère, qui le domine et qui l’exploite,
                        tandis que le capitaliste ne cesse pas davantage de produire la force de travail
                        comme source de richesse subjective, abstraite, séparée de ses propres moyens d’objectivation et de réalisation,
                        n’existant que dans la corporéité de l’ouvrier, en un mot, de produire l’ouvrier en tant qu’ouvrier salarié.
                        <hi rend="rouge">Cette reproduction ou perpétuation constante de l’ouvrier
                        est la condition <foreign xml:lang="la">sine qua non</foreign> de la production capitaliste.</hi>
                        [C’est moi qui souligne en rouge. D.M.]
                      </p>
                      <p rend="alinea" xml:id="Capital-Ichap21-1983p641"><label rend="invisible">Capital I, chap. 21, Reproduction simple, 1983:641</label>
                        <index><term>consommation productive</term></index> <index><term>consommation individuelle</term></index>
                        <index><term>consommation productive et individuelle, sont totalement différentes</term></index>
                        La consommation de l’ouvrier est de deux sortes.
                        Dans la production proprement dite, il consomme par son travail des moyens de production
                        et les transforme en produits d’une valeur supérieure à celle du capital avancé.
                        C’est sa consommation productive.
                        Celle-ci est simultanément consommation de sa force de travail par le capitaliste qui l’a achetée.
                        D’un autre côté, l’ouvrier emploie en moyens de subsistance l’argent payé pour l’achat de la force de travail :
                        c’est sa consommation individuelle.
                        La consommation productive et la consommation individuelle de l’ouvrier sont donc totalement différentes.
                        Dans la première, il agit comme force motrice du capital et appartient au capitaliste ;
                        dans la seconde, il s’appartient à lui-même et accomplit des fonctions vitales du procès de production.
                        Le résultat de l’une est la vie du capitaliste, celui de l’autre, la vie de l’ouvrier lui-même.
                      </p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea">[…]</p>
                      <p rend="alinea" xml:id="Capital-Ichap21-1983p642"><label rend="invisible">Capital I, chap. 21, Reproduction simple, 1983:642</label>
                        <index><term>instinct sexuel des ouvriers, le capitaliste peut lui faire confiance</term></index>
                        <index><term>instinct de conservation des ouvriers, le capitaliste peut lui faire confiance</term></index>
                        L’affaire change d’aspect dès lors que nous considérons
                        non plus le capitaliste individuel et l’ouvrier individuel, mais
                        la classe capitaliste et la classe ouvrière, non plus le procès
                        de production de la marchandise pris individuellement, mais
                        le procès de production capitaliste dans son déroulement et
                        dans son extension sociale. En convertissant une partie de
                        son capital en force de travail, le capitaliste valorise son capital
                        global. Il fait d’une pierre deux coups. Il ne profite pas seulement
                        de ce qu’il reçoit de l’ ouvrier, mais aussi de ce qu’il lui donne.
                        Le capital aliéné dans l’ échange contre de la force de travail
                        est transformé en moyens de subsistance dont la consommation
                        sert à reproduire les muscles, les nerfs, les os, le cerveau des
                        ouvriers qu’il a déjà et à engendrer de nouveaux ouvriers.
                        A l’intérieur même des limites de ce qui est absolument nécessaire,
                        la consommation individuelle de la classe ouvrière est donc
                        la retransformation des moyens de subsistance que le capital
                        a aliénés contre de la force de travail, en une force de travail
                        que le capital peut réexploiter. Elle est production et reproduction
                        du moyen de production le plus indispensable au capitaliste,
                        l’ouvrier lui-même. La consommation individuelle de l’ouvrier
                        demeure donc un moment de la production et de la reproduction
                        du capital, que cette consommation ait lieu à l’intérieur ou en
                        dehors de l’atelier, de la fabrique, etc., à l’intérieur ou en dehors
                        du procès de travail, tout comme le nettoyage de la machine
                        peut se faire pendant le procès de travail ou à certains moments
                        déterminés pendant lesquels il s’interrompt. Peu importe que
                        l’ouvrier accomplisse sa consommation individuelle pour lui-même
                        et non pour les beaux yeux du capitaliste. Les bêtes de
                        somme aiment bien ce qu’elles mangent, mais leur consommation
                        n’en demeure pas moins un élément nécessaire du procès
                        de production. La conservation et la reproduction constante
                        de la classe ouvrière demeurent une condition constante de la
                        reproduction du capital. Le capitaliste n’a pas de souci à se
                        faire : il peut faire confiance à l’instinct de conservation et à
                        l’instinct sexuel des ouvriers. […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1983:640-642.</bibl>
                  </cit>
                </item><!--
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> --><!--
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        We saw in chapter IV. that in order to convert money into capital
                        something more is required than the production and circulation of commodities.
                        We saw that on the one side the possessor of value or money,
                        on the other, the possessor of the value-creating substance;
                        on the one side, the possessor of the means of production and subsistence,
                        on the other, the possessor of nothing but labourpower,
                        must confront one another as buyer and seller.
                        The separation of labour from its product,
                        of subjective labour-power from the objective conditions of labour,
                        was therefore the real foundation in fact, and the starting point of capitalist production.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        But that which at first was but a starting point, becomes,
                        by the mere continuity of the process, by simple reproduction,
                        the peculiar result, constantly renewed and perpetuated, of capitalist production.
                        On the one hand, the process of production incessantly converts material wealth into capital,
                        into that which at first was but a starting point, becomes
                        the mere continuity of the process, by simple reproduction,
né peculiar result, constantly renewed and perpetuated, of
capitalist production.
On the one hand, the process of pro-
duction incessantly converts material wealth into capital, into
imeans. of creating more wealth and means of enjoyment for the
talist,
On the other hand the labourer, on quitting the
rocess, is what he was on entering it, a source of wealth, but
devoid of all means of making that wealth his own.
Since,
-before catering on the process, his own labour has already been
alienated from himself by the sale of his labour-power, has
been appropriated by the capitalist and incorporated with
capital, it must, during the process, be realised in a product
that does not belong to him.
Since the process of pro-
duction is also the process by which the capitalist consumes
labour-power, the product of the labourer is incessantly con-
werted, not only into commodities, but into capital, into value
that sucks up the value-creating power, into means of subgistence that buy the person of the labourer, into means of
* production that command the producers." The labourer there-
fore constantly produces material, objective wealth, but in the
form of capital, of an alien power that dominates and exploits
him; and the capitalist as constantly produces labour-power,
but in the form of asubjective source of wealth, separated from
_ the objects in and by which it can alone be realised ; in short he
produces the labourer, but as a wage-labourer.?
This incessant
imeans. of creating more wealth and means of enjoyment for the
talist,
On the other hand the labourer, on quitting the
rocess, is what he was on entering it, a source of wealth, but
devoid of all means of making that wealth his own.
Since,
-before catering on the process, his own labour has already been
alienated from himself by the sale of his labour-power, has
been appropriated by the capitalist and incorporated with
capital, it must, during the process, be realised in a product

that does not belong to him.
Since the process of pro-
duction is also the process by which the capitalist consumes
labour-power, the product of the labourer is incessantly con-
werted, not only into commodities, but into capital, into value
that sucks up the value-creating power, into means of subgistence that buy the person of the labourer, into means of
* production that command the producers." The labourer there-
fore constantly produces material, objective wealth, but in the
form of capital, of an alien power that dominates and exploits
him; and the capitalist as constantly produces labour-power,
but in the form of asubjective source of wealth, separated from
_ the objects in and by which it can alone be realised ; in short he
produces the labourer, but as a wage-labourer.?
This incessant -->

            <!-- Section 7. Chapitre 21 → 635 --><!-- We saw in chapter
IV. that in order to convert money into capital something more.
is required than the production and circulation of commodit
We saw that on the one side the possessor of value or mon
on the other, the possessor of the value-creating substance;
on the one side, the possessor of the means of production *
subsistence, on the other, the possessor of nothing but labour-: -->
            <!-- P. 641 Consommation --><!--
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
              </list>
              <p rend="alinea">
                Il fait référence à cet examen de la reproduction de la force de travail dans la reproduction du capital
                <ref target="#Capital-IIchap10">au chapitre 10 du Livre II</ref>.
              </p>

            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap22" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 22 — Transformation de la plus-value en capital</head>
              <bibl>
                <!-- Livre I (1948), t. 3, p. 21 --> P. 649 et suivantes.
              </bibl>

              <div xml:id="Capital-Ichap22para3" type="level4_para">
                <head xml:id="partageplus-value">
                  3. Partage de la plus-value en capital et en revenu. La théorie de l’abstinence
                </head>
                <bibl>P. 662 et suivantes.</bibl>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>accumulation, nécessité</term></index>❦ accumulation, nécessité
                  <index>
                    <term>concurrence, nécessité de l’accumulation</term>
                  </index>❦ concurrence, nécessité de l’accumulation
                  <index>
                    <term>loi du mode de production capitaliste</term>
                  </index>❦ loi du mode de production capitaliste
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><pb xml:id="CapI663infine" n="663 in fine"/>[…] le
                    développement de la production capitaliste fait de l’accroissement
                    constant du capital placé dans une entreprise industrielle une
                    nécessité, et la concurrence impose à chaque capitaliste individuel
                    de se soumettre à la contrainte extérieure <pb xml:id="CapI664" n="664"/>des lois immanentes du mode de production capitaliste.
                    Elle contraint à étendre dans cesse son capital pour le conserver,
                    et il ne peut l’étendre qu’au moyen d’une accumulation progressive.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>Moïse</term></index>❦ Moïse
                  <index><term>prophète</term></index>❦ prophète
                  <index><term>accumulation, nécessité</term></index>❦ accumulation, nécessité
                  <index>
                    <term>loi du mode de production capitaliste</term>
                  </index>❦ loi du mode de production capitaliste
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><pb xml:id="CapI666infine" n="666 in fine"/>Accumulez !
                    Accumulez ! C’est la loi, la parole de Moïse et des Prophètes !</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>Malthus, An Inquiry…</term>
                  </index>❦ Malthus, <title>An Inquiry…</title>
                  <index><term>surtravail</term></index>❦ surtravail
                  <index><term>surproduction</term></index>❦ surproduction
                  <index><term>glut</term></index>❦ <foreign xml:lang="de">glut</foreign>
                  <index>
                    <term>salaire, paiement en dessous de la valeur de la force de travail</term>
                  </index>❦ salaire, paiement en dessous de la valeur de la force de travail
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 668</note>[…] il ne lui [le
                    capitaliste] en paraît pas moins nécessaire de maintenir le salaire
                    de l’ouvrier, autant que faire se peut, au niveau le plus bas, « pour
                    qu’il reste laborieux ». Et il ne dissimule pas non plus un seul
                    instant que le secret pour faire du plus, c’est l’appropriation de
                    travail non payé.
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Une demande accrue des ouvriers signifie
                        uniquement qu’ils sont disposés à prendre moins de leur propre
                        produit pour eux-mêmes, et en laisser une plus grande part à
                        leurs utilisateurs ; et quand on dit qu’en diminuant la
                        consommation [chez les ouvriers] cela produit un <foreign xml:lang="de">glut</foreign> [encombrement du marché,
                        suproduction] je n’ai qu’une chose à répondre, c’est que
                        <foreign xml:lang="de">glut</foreign> est synonyme de profits
                        élevés.</p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <author>Malthus</author>,
                        <title>An Inquiry into those principles respecting the nature of Demand, etc.</title>,
                        p. 59.
                      </bibl>
                    </cit>
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap22para4" type="level4_para">
                <head xml:id="etendaccumul">4. Facteurs déterminants du volume de l’accumulation,
                indépendamment des proportions de la répartition de la plus-value en
                capital et en revenu : degré d’exploitation de la force de travail —
                force productive du travail — différence croissante entre capital mis en
                œuvre et capital consommé — grandeur du capital avancé</head>
                <bibl>
                  <!-- Livre I (1948), t. 3, p. 40 -->P. 671 et suivantes.
                </bibl>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>ressource naturelle</term></index>❦ ressource naturelle
                  <index>
                    <term>ressource naturelle, gratuité des —</term>
                  </index>❦ ressource naturelle, gratuité des —
                  <index>
                    <term>ressource naturelle, minerai</term>
                  </index>❦ ressource naturelle, minerai
                  <index>
                    <term>force de travail, ressource naturelle</term>
                  </index>❦ force de travail, ressource naturelle
                  <index>
                    <term>ressource naturelle, force de travail</term>
                  </index>❦ ressource naturelle, force de travail
                  <index>
                    <term>travail, source de richesse</term>
                  </index>❦ travail, source de richesse
                  <index>
                    <term>nature, source de richesse</term>
                  </index>❦ nature, source de richesse
                  <index><term>accumulation</term></index>❦ accumulation
                  <index><term>capital avancé</term></index>❦ capital avancé
                  <index><term>engrais</term></index>❦ engrais
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 676<!-- 44 (1948)
                    --></note>Dans l’industrie extractive, dans les mines par exemple,
                    les matières premières ne sont pas une composante de l’avance de
                    capital. L’objet du travail n’est pas ici le produit d’un travail
                    préalable, mais est un don gratuit de la nature. C’est le cas des
                    minerais métalliques, des minéraux, du charbon, de la pierre, etc.
                    […] Mais, tous autres facteurs demeurant les mêmes par ailleurs, la
                    masse et le volume du produit s’accroissent en proportion directe du
                    travail mis en œuvre.  Comme au premier jour de la production,
                    l’homme et la nature, les créateurs originels de produits, créateurs
                    donc aussi des éléments matériels du capital, agissent de concert.
                    Grâce à l’élasticité de la force de travail, le champ d’accumulation
                    s’est élargi sans agrandissement préalable du capital constant.</p>
                    <p rend="alinea">Dans l’agriculture, on ne peut pas étendre la surface cultivée
                    sans avancer un supplément de semences et d’engrais. Mais une
                    fois cette avance faite, c’est l’action purement mécanique du
                    travail du sol qui a elle-même un effet miraculeux sur le caractère
                    massif du produit obtenu. Ainsi, une quantité supérieure
                    de travail, fournie par le même nombre d’ouvriers qu’auparavant,
                    accroît la fertilité sans requérir une nouvelle avance de
                    moyens de travail. C’est de nouveau l’action directe de l’homme
                    sur la nature qui devient la source immédiate de l’augmentation
                    de l’accumulation sans intervention d’un nouveau capital.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>force de travail, ressource naturelle</term>
                  </index>❦ force de travail, ressource naturelle
                  <index><term>ressource naturelle, force de travail</term></index>
                  <index>
                    <term>travail, source de richesse</term>
                  </index>❦ travail, source de richesse
                  <index>
                    <term>nature, source de richesse</term>
                  </index>❦ nature, source de richesse
                  <index>
                    <term>terre, source de richesse</term>
                  </index>❦ terre, source de richesse
                  <index>
                    <term>capital, puissance d’expansion</term>
                  </index>❦ capital, puissance d’expansion
                  <index>
                    <term>capital, expansion sans limite</term>
                  </index>❦ capital, expansion sans limite
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 676<!-- 45 (1948) --></note>
                    Résultat général : en s’incorporant les deux créateurs primitifs de
                    la richesse, la force de travail et la terre, le capital acquiert une
                    force d’expansion qui lui permet d’étendre les éléments de son
                    accumulation au delà des limites apparemment fixées par sa
                    propre grandeur, par la valeur et la masse des moyens de production
                    déjà produits, dans lesquels il a son existence.</p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap22para5" type="level4_para">
                <head xml:id="fonds-travail">
                  5. Le « fonds de travail »
                </head>
                <bibl>
                  <!-- Livre I (1948), t. 3, p. 40 -->P. 682 et suivantes.
                </bibl>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>force de travail, science et terre, puissances élastiques du capital</term>
                  </index>❦ force de travail, science et terre, puissances élastiques du capital
                  <index><term>science, puissance élastique du capital</term></index>
                  <index><term>terre, puissance élastique du capital</term></index>
                  <index>
                    <term>objet de travail existant naturellement, puissance élastique du capital</term>
                  </index>
                  <index><term>terre, comme synonyme de nature</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Nous avons vu par ailleurs que, même pour une valeur donnée du capital
                      fonctionnant, la force de travail, la science et la terre (ce dernier terme
                      désignant tous les objets de travail existant naturellement, sans que l’homme
                      y ajoute rien) qui lui sont incorporées constituent des puissances élastiques
                      de celui-ci, qui lui autorisent, à l’intérieur de certaines limites, une marge
                      de jeu indépendante de sa propre grandeur.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 682</bibl>
                </cit>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>Bentham, Jeremie</term></index>❦ Jeremie Bentham
                  <index><term>Jeremie Bentham</term></index>
                  <index><term>Huts, Fernand</term></index>❦ Fernand Huts
                  <index><term>Fernand Huts</term></index>
                  <index><term>Martin Tupper</term></index>❦ Martin Tupper
                  <index><term>Tupper, Martin</term></index>
                  <index><term>Henri Heine</term></index>❦ Henri Heine
                  <index><term>Heine, Henri</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Bentham est chez les philosophes ce que Martin Tupper est <pb xml:id="CapI683" n="683"/>chez les poètes. On ne pouvait fabriquer ces deux types qu’en
                      Angleterre<hi rend="ordinal"> 63</hi>. Son dogmatisme rend incompréhensibles
                      les phénomènes les plus ordinaires du procès de production, comme par exemple
                      ses expansions et ses contractions soudaines, et même l’accumulation.
                    </p>
                    <p rend="alinea pluspetit">
                      63. Jeremie Bentham est un phénomène purement anglais. À aucune époque et en
                      aucun pays, même parmi les philosophes, même chez Christian Wolff, le lieu
                      commun le plus insignifiant ne s’est jamais étalé avec autant de suffisance.
                      […] La critique d’art est « nuisible » parce qu’elle empêche d’honnêtes gens
                      de jouir en paix de Martin Tupper, etc. Voilà le genre de balivernes dont ce
                      brave homme, dont la devise était « <foreign xml:lang="la">nulla dies sine
                      linea</foreign> » a rempli des montagnes de livres. Si j’avais le courage de
                      mon ami H. Heine, je dirais que le sieur Jeremie est un génie ès bêtise
                      bourgeoise.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 682-683.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">Un grand baron du port d’Anvers, Fernand Huts, défend l’idée que
                tout soutien du gouvernement flamand aux artistes est pernicieux. Il vaut mieux que
                le marché (c’est-à-dire les riches « entrepreneurs », comme il aime à se qualifier)
                décide de ce qui est bon et beau. Je ne sais s’il a lu Bentham.</p>
              </div>

            </div>

            <div xml:id="Capital-Ichap23" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 23 — La loi générale de l’accumulation capitaliste
              </head>
              <bibl>Livre I, p. 595 (2016) et suivantes.</bibl>

              <div xml:id="Capital-Ichap23para3">
                <head>
                  3. Production progressive d’une surpopulation relative ou d’une armée de réserve industrielle
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>surpopulation relative</term></index>❦ surpopulation relative
                  <index><term>relatif, surpopulation</term></index>
                  <index>
                    <term>loi de population du mode de production capitaliste</term>
                  </index>❦ loi de population du mode de production capitaliste
                  <index><term>population, loi de — du mode de production capitaliste</term></index>
                  <index>
                    <term>loi de population du monde végétal et animal</term>
                  </index>❦ loi de population du monde végétal et animal
                  <index><term>population, loi de — du monde végétal et animal</term></index>
                  <index><term>végétal, loi de population</term></index>
                  <index><term>plante, loi de population</term></index>
                  <index><term>animal, loi de population</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Avec l’accumulation du capital qu’elle produit elle-même, la population
                      ouvrière produit donc en un volume croissant les moyens de sa propre
                      surnumérisation relative. C’est là une loi de population propre au mode de
                      production capitaliste, de la même façon que
                      chaque mode de production historique particulier a effectivement ses lois
                      de population<surplus resp="#dm" reason="douteux">s</surplus> particulières,
                      dont la validité est historiquement déterminée. Il n’y a de loi de population
                      abstraite que pour les plantes et les animaux, et encore, pour autant que
                      l’homme n’intervienne pas historiquement.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 613-614 (2016)</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Tout est historique <note xml:id="Capital-Ichap23-not1" n="1" place="bottom">
                    Voir ma <ref target="#DMsciencedial">note sur la dimension historique en science
                    chez Engels</ref>.
                  </note>
                  dans le monde issu du big bang. Le vivant l’est plus encore et, dans le vivant, les
                  sociétés humaines encore plus. Dans les équilibres écologiques relatifs susceptibles
                  de se modifier dans le temps, l’homme induit plus d’historicité encore.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap23para4">
                <head>
                  4. Les diverses formes d’existence de la surpopulation relative.
                  <lb/>La loi générale de l’accumulation capitaliste
                </head>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Capital-Ichap23para4-1983p724-725"><label rend="invisible">Capital I, chap. 23 § 4, 1983:274-275</label>
                      <index><term>accroissement de la force productive sociale du travail, moyens de domination et d’exploitation</term></index>
                      Nous avons vu dans la quatrième section, dans l’analyse de la production de la plus-value relative,
                      qu’au sein du système capitaliste, toutes les méthodes d’accroissement de la force productive sociale du travail
                      se mettent en œuvre aux dépens du travailleur individuel ;
                      tous les moyens qui visent à développer la production
                      se renversent en moyens de domination et d’exploitation du producteur,
                      mutilent le travailleur jusqu’à en faire un homme partiel,
                      le dégradent au rang d’accessoire annexe de la machine,
                      détruisent par le tourment que lui crée son travail le contenu même de celui-ci,
                      le privent en les transférant à autrui des potentialités intellectuelles du procès de travail,
                      dans la mesure même où la science est incorporée à ce procès comme une potentialité autonome ;
                      ils défigurent les conditions dans lesquelles il travaille,
                      le soumettent durant le procès de travail au despotisme le plus mesquin et le plus haïssable,
                      transforment tout son temps de vie en temps de travail
                      et jettent sa femme et ses enfants sous les roues du grand Vichnou­ Jagannath Capital.
                      Mais toutes les méthodes de production de plus-value sont en même temps des méthodes d’accumulation,
                      et chaque extension de l’accumulation devient inversement un moyen de développer ces méthodes.
                      <index><term>accumulation capitaliste, aggravation de la situation des travailleurs</term></index>
                      Il s’ensuit que, au fur et à mesure que le capital est accumulé, la situation des travailleurs,
                      quelle que soit la somme qu’on leur paie, qu’elle soit élevée ou non, ne peut pas ne pas s’aggraver.
                      Enfin, la loi qui maintient constamment l’équilibre entre la surpopulation relative,
                      ou l’armée industrielle de réserve, et l’ampleur et l’énergie de l’accumulation,
                      rive beaucoup plus fermement le travailleur au capital
                      que les coins d’Héphaistos ne clouèrent jamais Pro­méthée à son rocher.
                      Elle implique une accumulation de misère proportionnelle à l’accumulation du capital.
                      L’accumula­tion de richesse à un pôle signifie donc en même temps à l’autre pôle
                      une accumulation de misère, de torture à la tâche, d’esclavage, d’ignorance, de brutalité
                      et de dégradation morale pour la classe dont le produit propre est, d’emblée, capital.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>1983:274-275, 2016:627</bibl>
                </cit>
              </div>
            </div>
           <!-- </div> fin de Capital-Isect7
          <div xml:id="Capital-Isect8" type="level2_sect">
            <head>Huitième section — L’accumulation primitive</head>
            Cette subdivision est propre à la version v. 2a de Roy. -->

            <div xml:id="Capital-Ichap24" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 24 — La prétendue « accumulation initiale »</head>
              <bibl>Livre I, p. 803 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">
                En allemand le titre était, depuis 1867 (p. 699) « Die s. g. ursprüngliche Accumulation »,
                passage qui devient en 1872 (p. 742) le chapitre 24 « Die sog. ursprüngliche Akkumulation ».
                Dans la traduction Roy (à laquelle trop de gens restent fidèles),
                le titre se réduit à « L’accumulation primitive », laissant tomber le « soi-disant » de l’allemand<note xml:id="CapIchap24-not1" n="1" place="bottom">
                  Ce n’est pas dans la version Roy (1872, p. 314) un chapitre de la septième section,
                  mais une huitième section qui commence par le chapitre 26.
                  Nous avons aujourd’hui ce chapitre 24 « Die sog. ursprüngliche Akkumulation » dans toutes les éditions
                  et traductions — sauf dans la tradition Roy, ce qui inclut la NTA de Kuczynski.
                  (En anglais, on a bien, depuis le début, 1887, p. 736, le titre conforme à l’allemand,
                  mais la numérotation de chapitres de Roy.)
                </note>.
                C’est dommage, mais ce n’est pas bien grave, parce que dès le premier alinéa Marx annonce clairement la couleur :
                il ne va pas là nous exposer, positivement, sa théorie d’une accumulation primitive,
                mais bien plutôt <emph>dégonfler le mythe</emph> d’une telle accumulation primitive.
                Le capitalisme ne vient pas de ce que des bourgeois auraient d’abord accumulé plein d’argent,
                mais d’abord de ce que la plus grande partie de la population a été réduite à l’état de prolétaire,
                condamnée pour survivre à vendre sa force de travail,
                ce qui permet aux capitalistes d’accumuler ensuite plein de capital.
                Ce n’est pas la cigale et la fourmi.
              </p>

              <div xml:id="Capital-Ichap24para1">
                <head xml:id="secretaccumul">
                  1. Le secret de l’accumulation initiale
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>accumulation initiale, ou accumulation primitive, préhistoire du capital</term>
                  </index>❦ accumulation initiale, ou accumulation primitive, préhistoire du capital
                  <index><term>primitive, accumulation, voir accumulation initiale</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Marx critique ici une conception métaphysique de l’apparition du capitalisme
                  où l’on confond richesse et capital.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Nous avons vu comment l’argent est transformé en capital,
                      comment, avec le capital, on fait de la plus-value, et à partir de
                      la plus-value davantage de capital. Cependant, l’accumulation du
                      capital présuppose la plus-value, la plus-value la production
                      capitaliste, laquelle présuppose à son tour la présence de masses
                      importantes de capital et de force de travail entre les mains
                      de producteurs de marchandises. Tout ce mouvement semble
                      donc tourner dans un cercle vicieux dont nous ne sortons qu’en
                      supposant une accumulation « initiale » antérieure à l’accumulation
                      capitaliste (« <foreign xml:lang="en">previous accumulation</foreign> ») chez
                      Adam Smith), une accumulation qui n’est pas le résultat du mode de production
                      capitaliste, mais son point de départ.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Premier alinéa de la p. 803.</bibl>
                </cit>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>expropriation des producteurs</term>
                  </index>❦ expropriation des producteurs
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Pour avoir des capitalistes, il faut des prolétaires, c’est-à-dire des producteurs
                  victimes d’un processus d’expropriation.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      L’argent et la marchandise ne sont pas d’emblée capital,
                      pas plus que ne le sont les moyens de production et de subsistance.
                      Il faut qu’ils soient transformés en capital.
                      Mais cette transformation elle-même ne peut avoir lieu que dans des circonstances déterminées
                      dont le point de convergence est le suivant :
                      <anchor xml:id="Capital-Ichap24para1-double"/>
                      il faut que deux sortes très différentes de propriétaires de marchandises
                      se présentent face à face et entrent en contact,
                      d’un côté les propriétaires d’argent, de moyens de production et de subsistance,
                      pour qui il s’agit de valoriser par l’achat de la force de travail d’autrui la somme de valeur qu’ils possèdent ;
                      de l’autre côté, des travailleurs libres, vendeurs de leur propre force de travail et donc vendeurs de travail.
                      Travailleurs libres en ce double sens
                      <!-- 1 -->qu’ils n’appartiennent pas plus eux-mêmes immédiatement aux moyens de production et de consommation,
                      comme c’est le cas des esclaves, des serfs, etc.
                      <!-- 2 -->que les moyens de production ne leur appartiennent,
                      comme c’est le cas pour le paysan indépendant, etc.,
                      qu’ils en sont au contraire détachés, libérés et affranchis.
                      C’est avec cette polarisation du marché que sont données les conditions fondamentales de la production capitaliste.
                      Le rapport capitaliste présuppose le divorce entre les travailleurs et la propriété des conditions de réalisation du travail.
                      Une fois que la production capitaliste a acquis une position autonome,
                      non seulement elle maintient cette séparation,
                      mais encore elle la reproduit à une échelle toujours croissante.
                      Le procès qui crée le rapport capitaliste ne <pb xml:id="CapIp805" n="805"/>peut donc être autre chose
                      que le procès de séparation entre le travailleur et la propriété de ses conditions de travail,
                      un procès qui transforme, d’une part, les moyens sociaux de subsistance et de production en capital,
                      de l’autre les producteurs immédiats en ouvriers salariés.
                      La soi-disant accumulation initiale n’est donc pas autre chose
                      que le procès historique de séparation du producteur d’avec les moyens de production.
                      Ce procès apparaît comme « initial », parce qu’il constitue la préhistoire du capital
                      et du mode de production qui lui est adéquat.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 804-805.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Les travailleurs « libres en ce double sens »,
                  c’est <ref target="#CapitalI-1983-p.188-189">un point charnière</ref> du chapitre 4, § 3, Achat et vente de la force de travail.
                </p>
                <!-- <p rend="alinea">
                  Les capitalistes ont mené une lutte contre la féodalité, mais cela n’est pas
                  l’origine du capitalisme dans la mesure où il n’y a de capitalistes que si la
                  féodalité (pas les capitalistes) a créé les conditions qui rendent le capitalisme
                  possible. (De ce point de vue, l’idée d’<ref target="#CapIp855sept8">expropriation
                  des expropriateurs</ref> est un raccourci.)
                </p> --> <!-- Les capitalistes contre la féodalité, c’est mon erreur, à la Pirenne contre Marx. -->
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      De leur côté, les capitalistes industriels, ces nouveaux potentats, ont dû
                      écarter non seulement les maîtres de métiers des
                      corporations, mais aussi les seigneurs féodaux qui étaient en
                      possession des sources de richesse. Sous cet aspect, leur ascension
                      se présente comme le fruit d’une lutte victorieuse contre la
                      puissance féodale et ses privilèges révoltants, ainsi que contre
                      les corporations et les entraves qu’elles avaient mises au libre
                      développement de la production et à la libre exploitation de
                      l’homme par l’homme. Toutefois les chevaliers d’industrie
                      ne réussirent à évincer les chevaliers d’épée qu’en exploitant
                      des événements auxquels ils n’avaient pris aucune part.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Dernier alinéa de la p. 805.</bibl>
                </cit>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>capitalisme, spécifique de l’Angleterre</term>
                  </index>❦ capitalisme, spécifique de l’Angleterre
                  <index><term>Italie, capitalisme avant la fin du 15e</term></index>
                  <index><term>capitalisme en Italie avant la fin du 15e</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Il faut se méfier de la conception d’une développement linéaire que tous les pays
                  suivraient à l’identique. L’expropriation qui permet le capitalisme est d’abord
                  spécifique de l’Angleterre. (Bien que Marx semble considérer qu’il y a eu aussi
                  un capitalisme italien antérieur.)
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La base de tout ce processus, c’est l’expropriation hors de sa terre du
                      producteur rural, du paysan. Son histoire prend des colorations
                      différentes selon les pays et parcourt les différentes phases dans un
                      ordre de succession différent et à des époques historiques
                      différentes. Elle n’a de forme classique qu’en Angleterre, et
                      c’est pour cette raison que nous prendrons ce pays comme
                      exemple [189].
                    </p>
                    <p rend="alinea pluspetit">
                      189. En Italie, où la production capitaliste s’est développée plus tôt
                      qu’ailleurs, la dissolution des rapports de servage s’est produite également
                      plus tôt. Le serf y est émancipé avant de s’être assuré un quelconque droit
                      de prescription sur sa terre. Son émancipation fit donc de lui aussitôt un
                      prolétaire hors la protection des lois, qui trouva tout de suite, par-dessus
                      le marché, de nouveaux maîtres, prêts à entrer en fonction, dans les villes
                      qui dataient le plus souvent de l’époque romaine. Lorsque la révolution du marché
                      mondial [189*], à partir de la fin du 15<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                      anéantit la suprématie commerciale de l’Italie du Nord, il se produisit un
                      mouvement en sens contraire. Les ouvriers des villes furent refoulés en masse
                      dans les campagnes où ils donnèrent une impulsion sans précédent à la petite
                      culture qui était alors plutôt pratiquée sur le mode du jardinage.
                    </p>
                    <p rend="alinea pluspetit">
                      189*. Marx désigne ici les conséquences économiques des grandes découvertes
                      géographiques de la fin du 15<hi rend="ordinal">e</hi> siècle : fin du
                      monopole de Gènes, Venise, etc. Ascension du Portugal, des Pays-Bas, de
                      l’Espagne et de l’Angleterre. (Note de l’éditeur.)
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Dernier alinéa de la p. 806 et note 189.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap24para2">
                <head xml:id="exprorurale">
                  2. Expropriation de la population rurale
                </head>
                <bibl>P. 807-825.</bibl>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>Angleterre, expropriation des producteurs aux 15e et 16e</term>
                  </index>❦ Angleterre, expropriation des producteurs aux 15e et 16e
                  <index>
                    <term>expropriation des producteurs aux 15e et 16e en Angleterre</term>
                  </index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Marx décrit la situation de la petite paysannerie et de la féodalité en
                  Angleterre, puis le tournant de l’expropriation des producteurs à la base du
                  capitalisme « dans le dernier tiers du 15<hi rend="ordinal">e</hi> siècle et
                  dans les premières décennies du 16<hi rend="ordinal">e</hi> ».
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Le prologue au bouleversement qui créa la base du mode de production capitaliste
                      s’est joué dans le dernier tiers du 15<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                      et dans les premières décennies du 16<hi rend="ordinal">e</hi><note xml:id="CapIchap24-not2" n="2" place="bottom">
                        Henri VIII règne de 1509 à 1547. L’<title>Utopie</title> de Thomas More est publiée en 1516.
                      </note>.
                      Une masse de prolétaires hors-la-loi fut projetée sur le marché du travail,
                      hors de toute protection de la loi, par la dissolution des suites féodales<note xml:id="CapIchap24-not3" n="3" place="bottom">
                        On a traduit « suites féodales » les <term xml:lang="de">feudalen Gefolgschaften</term> (MEW 23, p. 746).
                        En <ref target="https://de.wikipedia.org/wiki/Gefolge#Begriff">de.wikipedia.org/wiki/Gefolge#Begriff</ref>,
                        on explique que c’est un néologisme apparu au 18 et 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècles
                        pour traduire le latin <term xml:lang="la">comitatus</term> que Tacite utilisait en parlant de la Germanie.
                        C’est traduit <term xml:lang="en">bands of feudal retainers</term> en anglais (MECW 35, p. 708-709)
                        et le mot <term xml:lang="en">retainer</term> apparaît en
                        <ref target="https://en.wikipedia.org/wiki/Affinity_(medieval)">en.wikipedia.org/wiki/Affinity_(medieval)</ref>.
                        C’étaient des « suites seigneuriales » dans la traduction Roy.
                        Cette suite semble être un entourage plus de prestige qu’utile et dont on s’est alors débarrassé.
                      </note>
                      qui, comme le note justement sir James Steuart, « remplissaient partout inutilement les maisons et les cours ».
                      Bien que le pouvoir royal, lui-même produit du développement bourgeois,
                      ait lui-même, pour parvenir à la souveraineté absolue accéléré par la violence la dissolution de ces suites,
                      il n’en fut nullement la cause unique.
                      C’est au contraire le grand seigneur féodal, dans son opposition obstinée à la royauté et au parlement,
                      qui a fait naître un prolétariat incomparablement plus important,
                      en chassant par la violence la paysannerie de la terre,
                      sur laquelle elle avait en titre le même droit féodal que lui-même, et en usurpant ses terres communales.
                      En Angleterre, l’impulsion immédiate donnée à ce processus le fut notamment
                      par le développement florissant des manufactures lainières des Flandres et la hausse corrélative des prix de la laine.
                      Les grandes guerres féodales avaient englouti l’ancienne noblesse féodale
                      et la nouvelle noblesse était enfant de ce siècle :
                      l’argent était son seul seigneur et maître.
                      Transformation des terres de labour en pacage à moutons, tel fut donc son mot d’ordre.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 808.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  « Expropriation de la population rurale », n’est pas seulement le titre du paragraphe 2,
                  c’est le thème central du chapitre 24 et c’est ce que les lecteurs en retiennent avant tout.
                  (Moi y compris, jusqu’à ce que je dégage l’autre face de cette histoire.)
                  En chassant les paysans, on en a fait des prolétaires, ouvrant ainsi la possibilité du capitalisme.
                  Mais dans le chapitre 24, il y a aussi le changement dans la féodalité qui se tourne vers l’argent.
                  La terre est à tout le monde ou à Dieu. Les paysans la cultivent et le seigneur est le seigneur :
                  « la paysannerie [a sur] la terre […] le même droit féodal que lui-même [le seigneur] ».
                  Ce droit féodal n’est pas propriété. Personne n’est propriétaire de la terre.
                  Le seigneur et les paysans ne peuvent être propriétaires en même temps de la même terre
                  et on ne peut pas sérieusement les qualifier de copropriétaires.
                  Les seigneurs féodaux ne sont pas des propriétaires fonciers.
                  Ce que Marx nous dit ici, c’est que dans la période considérée,
                  ils cessent d’être vraiment féodaux et <emph>deviennent</emph> propriétaires fonciers.
                  Devenus propriétaires fonciers, ils n’exploitent plus les paysans dans un lien féodal.
                  Ils donnent en location les terres, devenues leurs, à des paysans indépendants
                  et, surtout, à des fermiers qui exploitent des ouvriers agricoles salariés, donc des fermiers capitalistes.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      L’offensive menée contre les monastères, etc. rejeta leurs habitants dans le prolétariat.
                      Les biens d’Église eux-mêmes furent pour une grande part distribués en donations à de rapaces favoris du roi
                      ou bien vendus pour un prix dérisoire à des spéculateurs, ou bourgeois des villes,
                      lesquels chassèrent en masse les anciens tenanciers héréditaires et regroupèrent leurs exploitations.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 812.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Les anciens féodaux devenus propriétaires fonciers (et leurs fermiers capitalistes)
                  sont ainsi rejoints par de nouveaux propriétaires fonciers qui eux aussi deviennent capitalistes.
                  Marx insiste encore sur le changement complet qu’est le passage du « statut féodal » à la notion moderne de propriété :
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Sous la restauration des Stuart, les propriétaires fonciers réussirent à imposer une usurpation légale,
                      qui s’accomplit également partout sur le continent, sans la moindre complication juridique.
                      Ils abolirent le statut féodal de la terre,
                      c’est-à-dire qu’ils se déchargèrent sur l’État des prestations obligatoires qui lui incombaient,
                      « indemnisèrent » l’État en imposant la paysannerie et le reste de la population,
                      revendiquèrent un mode de propriété privée — moderne —
                      sur des domaines pour lesquels ils n’avaient que des titres féodaux […].
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La « Glorious Revolution » porta au pouvoir, en même temps que Guillaume III d’Orange,
                      les profiteurs, les faiseurs de plus foncier et capitaliste.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 814.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Dans le Livre III aussi, <ref target="#Capital-IIIchap37ES7sur8p10">au chapitre 37</ref>,
                  Marx indique que c’est le capitalisme qui fait le propriétaire foncier,
                  « débarrassé » de tout trace de féodalité.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap24para3" type="level4_para">
                <head>
                  3.
                  Législations draconiennes frappant les expropriés
                  à partir de la fin du 15<hi rend="ordinal">e</hi> siècle.
                  <lb/>
                  Lois visant à faire baisser le salaire
                </head>
                <p rend="alinea">
                  (À suivre.)
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap24para4" type="level4_para">
                <head>4. Genèse du fermier capitaliste</head>
                <!-- P. 834, PDF 889 -->
                <p rend="alinea">
                  (À suivre.)
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap24para5" type="level4_para">
                <head>
                  5.
                  Répercussion de la révolution agricole sur l’industrie.
                  <lb/>
                  Création du marché intérieur pour le capital industriel
                </head>
                <p rend="alinea">
                  Les paysans chassés des terres sont des prolétaires
                  en tant que dépourvus de moyens de production,
                  mais il sont aussi des prolétaires plus modernes
                  en tant qu’étrangers aux rapports corporatifs,
                  pain béni pour le capitalisme.<!-- P. 837, PDF 892 -->
                </p>
                <p rend="alinea">
                  On connait bien, entre autres par ce chapitre de Marx,
                  les <term xml:lang="en">inclosures</term> ou <term xml:lang="en">enclosures</term>.
                  Mais peu posent la question
                  (qui m’est je crois assez vite venue à l’esprit)
                  de savoir si tout à coup les Anglais se sont mis à manger de la laine.
                  L’expropriation des paysans n’est pas première,
                  elle est la conséquence d’un fort progrès de la productivité agricole.
<!-- TO DO note sur Flandre et Angleterre -->
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Malgré la diminution du nombre de gens qui le cultivaient,
                      le sol produisait toujours autant, sinon plus qu’auparavant,
                      parce que la révolution dans les rapports de propriété foncière
                      s’était accompagnée d’une amélioration des méthodes de culture,
                      d’une plus grande coopération, d’une concentration des moyens de production, etc.
                      et parce que les ouvriers ruraux salariés
                      non seulement étaient astreints à un travail plus intense,
                      mais avaient vu aussi fondre comme peau de chagrin les champs
                      où ils travaillaient et produisaient pour eux-mêmes.
                    </p>
                    <!-- Je ne comprends pas la phrase sur les moyens de subsistance
                         devenant capital variable.
                         C’est la même chose en allemand, 1872:776.
                         Je dirais contre-partie matérielle. -->
                  </quote>
                  <bibl>P. 837.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Si le sol produit « plus qu’auparavant », on peut produire la même chose
                  avec moins de sol, ce qui libère du sol pour les moutons.
                  Par ailleurs, il faut moins de bras pour produire la même chose,
                  ce qui libère des prolétaires pour les activités non agricoles.
                  Cette accumulation initiale ne sort pas d'une décision arbitraire des féodaux
                  ni de la Providence.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      … circonstance bénie qui fait croire au vieil A. Anderson
                      (qu'il ne faut pas confondre avec James Anderson),
                      dans son <title>Histoire du Commerce</title>,
                      que la Providence est directement intervenue.
                      Il faut nous arrêter un instant encore à cet élément de l'accumulation initiale.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Elle est conséquence de <emph>deux</emph> choses (qui en constituaient des prérequis),
                  de <emph>deux</emph> augmentations de productivité :
                  <list>
                    <item>plus grand rendement agricole, du sol,</item>
                    <item>plus grande productivité au sens habituel, du travail.</item>
                  </list>
                </p>
                <!-- Bas de 838, belle citation de Rousseau. -->
                <!-- 838-839, opposition des grandes manufactures réunies et des autres. -->
                <p rend="alinea">
                  Les paysans chassés produisaient une grande partie de leurs moyens d’existence.
                  Ils dépendent maintenant du marché où ils ouvrent un débouché nouveau,
                  d’abord, en nourriture et autres produits agricoles, pour le fermier capitaliste.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap24para6" type="level4_para">
                <head xml:id="gencapindus">6. Genèse du capitaliste industriel</head>
                <p rend="alinea">
                  Historiquement, le premier capitaliste est le fermier qui emploie des salariés.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Marx consacre un long passage à la dette publique, donc au capitalisme financier<note xml:id="Capital-Ichap24-not4" n="4" place="bottom">
                    Il me semble que les premiers capitalistes industriels sont rarement des gens riches
                    (les riches sont plus souvent dans la finance et le grand commerce international),
                    ni assez influents pour avoir joué un rôle dans l’expropriation des paysans.
                    Des gens comme Hargreaves, Arkwright, Crompton ou Cartwright ne sont pas du tout des riches.
                    <list>
                      <item>
                        Hargreaves (<ptr target="https://en.wikipedia.org/wiki/James_Hargreaves"/>)
                        était pauvre. Il a inventé une première machine à filer,
                        la <term xml:lang="en">spinning jenny</term>, mais n’est pas devenu un grand industriel.
                      </item>
                      <item>
                        Arkwright (<ptr target="https://en.wikipedia.org/wiki/Richard_Arkwright"/>)
                        est issu d’un milieu de travailleurs indépendants, pas très aisés
                        puisqu’on a jugé n’avoir pas les moyens de l’envoyer à l’école.
                        (C’est une cousine qui lui a appris à lire et à écrire.)
                        Il a été barbier et fabricant de perruques.
                        Il avait inventé pour les perruques une teinture indélébile,
                        invention qui a dû lui fournir le capital de départ
                        pour pouvoir consacrer un local et du temps à développer son invention d’une machine à filer,
                        puis à fonder une entreprise fonctionnant avec de telles machines (et des travailleurs salariés).
                        Il a bien réussi et est devenu riche ensuite.
                      </item>
                      <item>
                        Crompton (<ptr target="https://en.wikipedia.org/wiki/Samuel_Crompton"/>)
                        a consacré ses économies à la <term xml:lang="en">mule-jenny</term>
                        ou <term xml:lang="en">spinning mule</term>.
                        Il n’a pas pu faire breveter son invention et n’est pas devenu riche.
                      </item>
                      <item>
                        Cartwright (<ptr target="https://en.wikipedia.org/wiki/Edmund_Cartwright"/>)
                        était un religieux, d’une famille plus aisée,
                        mais son métier à tisser mécanique n’était qu’un prototype, pas vraiment utilisable.
                        Il ne s’est pas fait capitaliste.
                        Les machines a tisser industrielles sont des développements de son idée par d’autres.
                      </item>
                    </list>
                  </note>,.
                </p>
                <p><bibl><!-- Livre I (1948), t. 3, p. 192 -->
                P. 842 et suivantes.</bibl></p>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>dette publique</term></index>❦ dette publique
              <index><term>Hollande, république de —</term></index>❦ Hollande, république de —
              <index><term>Gênes</term></index>❦ Gênes
              <index><term>Venise</term></index>❦ Venise
              <index>
                <term>accumulation initiale, ou accumulation primitive</term>
              </index>❦ accumulation initiale, ou accumulation primitive
              <index>
                <term>capital, transformation de l’argent en —</term>
              </index>❦ capital, transformation de l’argent en —
              <index><term>création monétaire</term></index>❦ création monétaire
              <index><term>monnaie</term></index>❦ monnaie
              <index><term>financier</term></index>❦ financier
              <index><term>emprunt d’État</term></index>❦ emprunt d’État
              <index><term>obligation d’État</term></index>❦ obligation d’État
              <index><term>société par actions</term></index>❦ société par actions
              <index><term>spéculation</term></index>❦ spéculation
              <index><term>banque centrale</term></index>❦ banque centrale
              <index><term>Banque d’Angleterre</term></index>❦ Banque d’Angleterre
              <index><term>billet de banque</term></index>❦ billet de banque
              <index><term>escompte</term></index>❦ escompte
              <index><term>lettre de change</term></index>❦ lettre de change
              <index>
                <term>Bolingbroke, Henry Saint-John</term>
              </index>❦ Bolingbroke, Henry Saint-John
              <index><term>crédit international</term></index>❦ crédit international
              <index><term>Hollande, déclin</term></index>❦ Hollande, déclin
              <index><term>exportation de capitaux</term></index>❦ exportation de capitaux
              <index><term>sang, d’enfant</term></index>❦ sang, d’enfant
              <index><term>fiscalité</term></index>❦ fiscalité
              <index><term>service de la dette</term></index>❦ service de la dette
              <index><term>dette, service de la —</term></index>❦ dette, service de la —
              <index><term>Witt, Johan De —</term></index>❦ Witt, Johan De —
              <index><term>De Witt, Johan</term></index>❦ De Witt, Johan
              <index><term>impôt indirect</term></index>❦ impôt indirect
              <index>
                <term>expropriation des petits producteurs</term>
              </index>❦ expropriation des petits producteurs
              <index><term>protectionnisme</term></index>❦ protectionnisme
            </p>
                <cit xml:id="dettepublique">
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 847-849.</note>
                    Le système du crédit public, c’est-à-dire des dettes de l’État, dont
                    nous découvrons les origines dès le Moyen Age à Gênes et à Venise,
                    s’empara de l’Europe tout entière pendant la période des manufactures.
                    Le système colonial, avec son commerce maritime et ses guerres
                    commerciales, lui servit de laboratoire. C’est ainsi qu’il s’implanta
                    d’abord en Hollande. La dette d’État, c’est-à-dire l’aliénation de
                    l’État — qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain —
                    marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la
                    soi-disant richesse nationale qui soit effectivement détenue
                    globalement par les peuples modernes est… leur dette publique. D’où
                    la doctrine moderne, tout à fait conséquente, qui veut que plus un
                    peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public devient le
                    credo du capital. Et au péché contre l’Esprit-Saint, qui ne connaît
                    point de pardon, succède, avec l’apparition de l’endettement de
                    l’État, le manquement à la Foi en la Dette Publique.</p>
                    <p rend="alinea">La Dette Publique devient l’un des leviers les plus
                    énergiques de l’accumulation initiale. Comme par un coup de baguette
                    magique, elle confère à l’argent improductif un talent procréateur qui
                    le transforme en capital, sans qu’il ait besoin de s’exposer au
                    dérangement et aux risques des investissements industriels et même des
                    placements usuraires. En réalité, les créanciers de l’État ne donnent
                    rien, car la somme prêtée est transformée en obligations publiques
                    facilement transférables qui continuent exactement à fonctionner entre
                    leurs mains comme si elles étaient autant d’argent liquide. Mais,
                    indépendamment même de la classe de rentiers oisifs ainsi créée et de
                    la richesse improvisée des financiers qui jouent les intermédiaires
                    entre le gouvernement et la nation — indépendamment aussi de la classe
                    des fermiers généraux, commerçants et fabricants privés auxquels une
                    bonne portion de chaque emprunt d’État rend le service d’un capital
                    tombé du ciel — la dette publique a surtout fait naître les sociétés
                    par actions, le commerce d’effets négociables de toutes sortes,
                    l’agiotage, en un mot : les jeux de la bourse et la bancocratie
                    moderne.</p>
                    <p rend="alinea">Depuis leur naissance, les grandes banques à fronton
                    rehaussé de titres nationaux n’ont été que des sociétés de spéculateurs
                    privés qui se rangeaient aux côtés des gouvernements et se mettaient
                    ainsi en mesure, grâce aux privilèges obtenus, de leur avancer de
                    l’argent. C’est pourquoi la mesure de l’accumulation de la dette
                    d’État n’a pas d’indicateur plus infaillible que la hausse successive
                    des actions de ces banques, dont le plein déploiement date de la
                    fondation de la banque d’Angleterre (1694). La Banque d’Angleterre
                    commença par prêter son argent au gouvernement à 8 % ; en même temps,
                    elle fut autorisée à battre monnaie à partir du même capital en le
                    reprêtant au public sous forme de billets de banque. Avec ces billets,
                    elle pouvait escompter des lettres de change, faire des avances sur
                    des marchandises et acheter des métaux précieux. Peu de temps après,
                    cette monnaie de crédit qu’elle avait elle-même fabriquée devint la
                    monnaie avec laquelle la Banque d’Angleterre faisait des prêts à
                    l’État et payait pour le compte de l’État les intérêts de la dette
                    publique. Mais de donner ainsi d’une main pour recevoir davantage de
                    l’autre ne lui suffisait pas ; elle restait aussi, lors même qu‘elle
                    recevait, créancière perpétuelle de la nation jusqu’à concurrence du
                    dernier liard avancé. Peu à peu, elle devint le dépositaire obligé des
                    trésors métalliques du pays et le centre autour duquel gravitait
                    l’ensemble du crédit commercial. À l’époque même où, en Angleterre, on
                    cessait de brûler les sorcières, on se mit à y pendre les faussaires
                    contrefacteurs de billets. Les écrits de l’époque, ceux de Bolingbroke
                    par exemple, illustrent bien l’effet que fit sur les contemporains
                    l’apparition subite de cette engeance de bancocrates, financiers,
                    rentiers, courtiers, stokjobbers et autres loups boursicoles.</p>
                    <p rend="alinea">En même temps que les dettes d’État naquit un système
                    de crédit international qui masque souvent chez tel ou tel peuple
                    l’une des sources de l’accumulation initiale. C’est ainsi que les
                    turpitudes du brigandage vénitien constituèrent l’un des fondements
                    cachés de la richesse en capital de la Hollande, à laquelle Venise,
                    en plein déclin, prêtait de grosses sommes d’argent. Mêmes rapports
                    entre la Hollande et l’Angleterre. Au début du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, les manufactures de Hollande sont déjà
                    largement dépassées et la Hollande a cessé d’être une nation
                    commerciale et industrielle dominante. Une de ses activités
                    économiques les plus importantes entre 1701 et 1776 consiste ainsi à
                    prêter d’énormes capitaux, en particulier à l’Angleterre, son puissant
                    concurrent. Même chose aujourd’hui entre l’Angleterre et les
                    États-Unis. Maint capital, qui entre en scène aujourd’hui aux
                    États-Unis sans extrait de naissance, est du sang d’enfant capitalisé
                    hier encore en Angleterre.</p>
                    <p rend="alinea">Comme la dette publique s’appuie sur les revenus de
                    l’État, qui doivent couvrir les paiements annuels d’intérêts, etc. le
                    système fiscal moderne est devenu le complément nécessaire du système
                    des emprunts nationaux. Les emprunts mettent le gouvernement en mesure
                    de faire face aux dépenses extraordinaires sans que le contribuable
                    s’en ressente aussitôt, mais ils exigent par la suite des impôts plus
                    élevés. D’autre part, l’augmentation des impôts causée par
                    l’accumulation des dettes contractées les unes après les autres
                    contraint le gouvernement, en cas de nouvelles dépenses
                    extraordinaires, à contracter sans cesse de nouveaux emprunts. La
                    fiscalité moderne, qui a pour pivot les impôts sur les moyens de
                    subsistance de première nécessité (et donc leur enchérissement) porte
                    donc en soi le germe d’une progression automatique. La surimposition
                    n’est pas un accident, mais bien plutôt un principe. En Hollande, où
                    ce système fut d’abord inauguré, le grand patriote de Witt l’a célébré
                    dans ses maximes comme le meilleur système pour faire de l’ouvrier
                    salarié quelqu’un de soumis, frugal, diligent et… accablé par le
                    travail. Toutefois, l’influence destructrice qu’il exerce sur la
                    situation des ouvriers salariés nous intéresse moins ici que
                    l’expropriation violente du paysan, de l’artisan, bref de toutes les
                    composantes de la petite classe moyenne, qu’il induit. Là-dessus,
                    tout le monde est d’accord, même chez les économistes bourgeois. Son
                    efficacité expropriatrice est encore renforcée par le système
                    protectionniste qui en est partie intégrante.</p>
                    <p rend="alinea">La grande part qui revient, dans la capitalisation de
                    la richesse et l’expropriation des masses, à la dette publique et au
                    système fiscal, qui en est le corollaire, a conduit toute une foule
                    d’écrivains comme Cobbett, Doubleday et consorts, à y chercher, à tort,
                    la cause fondamentale de la misère des peuples modernes.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>mode de production capitaliste</term>
                  </index>❦ mode de production capitaliste
                  <index><term>capital</term></index>❦ capital
                  <index>
                    <term>séparation des travailleurs de leurs moyens de travail</term>
                  </index>❦ 
                  <index>
                    <term>travailleur, séparation des — de leurs moyens de travail</term>
                  </index>❦ 
                  <index>
                    <term>moyen de travail, séparation des travailleurs de leurs —</term>
                  </index>❦ 
                  <index><term>prolétaire</term></index>❦ prolétaire
                  <index><term>ouvrier salarié</term></index>❦ ouvrier salarié
                  <index><term>labouring poor</term></index>❦ labouring poor
                  <index><term>working poor</term></index>❦ working poor
                  <index>
                    <term>force de travail, paiement en dessous de sa valeur</term>
                  </index>❦ force de travail, paiement en dessous de sa valeur
                  <index>
                    <term>salaire, paiement en dessous de la valeur de la force de travail</term>
                  </index>❦ salaire, paiement en dessous de la valeur de la force de travail
                  <index><term>Burke</term></index>❦ Burke
                </p>
                <cit xml:id="labouringpoor">
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 853</note><foreign xml:lang="latin">Tantae molis erat</foreign> pour accoucher des « lois
                    naturelles et éternelles » du mode de production capitaliste, pour
                    mener à son terme le processus de dissociation qui séparait les
                    travailleurs des conditions de travail, pour transformer à un pôle
                    les moyens sociaux de production et de subsistance en capital, et, au
                    pôle opposé, la  masse du peuple en ouvriers salariés, en « pauvres
                    travaillants » libres, cette œuvre d’art de l’histoire moderne<hi rend="exposant">248</hi>.</p>
                    <p rend="alinea pluspetit">248. On rencontre l’expression « <foreign xml:lang="en">labouring poor</foreign> » dans les lois anglaises à
                    partir de l’époque où la classe des ouvriers salariés a atteint une
                    importance notable. Les « labouring poors » sont opposés d’une part
                    aux « pauvres oisifs » (<foreign xml:lang="en">idle poors</foreign>),
                    mendiants, etc., et, d’autre part, aux travailleurs qui ne sont pas
                    encore des poulets plumés, mais sont encore propriétaires de leurs
                    moyens de travail. Cette expression « labouring poor » est passée de
                    la loi dans l’économie politique dep‏uis Culpeper, J. Child, etc.
                    jusqu’à A. Smith et Eden. On jugera par là de la <emph>bonne
                    foi</emph> [en français dans le texte] de l’<emph>exécrable hypocrite
                    politique</emph> [en anglais dans le texte] Edmund Burke quand il
                    déclare que l’expression « labouring poor » est une « <emph>exécrable
                    hypocrisie politique</emph> » [en anglais]. Ce sycophante recruté par
                    l’oligarchie anglaise pour jouer les romantiques face à la Révolution
                    française, exactement comme il avait joué les libéraux face à cette
                    même oligarchie anglaise à la solde des colonies Nord-américaines au
                    début des troubles en Amérique, était un bourgeois tout ce qu’il y a
                    d’ordinaire : « Les lois du commerce sont les lois de la nature et,
                    par suite, les lois de Dieu ». (E. Burke, <title>Thoughts and details
                    on scarcity</title> (1795), Londres, 1800,
                    p. 31, 32). Rien d’étonnant que, fidèle à ces lois de Dieu et de la
                    nature, il se soit toujours vendu au plus offrant ! On trouve dans
                    les ouvrages du Rev. Tucker — Tucker était prêtre et tory, mais
                    c’était par ailleurs un homme honorable et un économiste politique de
                    qualité — un excellent portrait de cet Edmund Burke dans sa période
                    libérale. En ces temps d’infâme pusillanimité où tout le monde croit
                    très <emph>dévotement</emph> [en anglais] aux « lois du commerce »,
                    c’est un devoir de stigmatiser sans relâche les gens comme Burke, qui
                    ne se distingue de ses successeurs qu’en ceci que lui au moins avait
                    du talent.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  L’expression <foreign xml:lang="en">working poor</foreign> a pour nous
                  une connotation de paradoxe et de dénonciation :
                  pour qu’un travailleur salarié soit pauvre
                  (dans les pays riches, après la Seconde guerre mondiale, selon les hauts et les bas de crise),
                  il faut qu’il soit non seulement exploité mais, en outre, volé sur son salaire :
                  que sa force de travail soit payée trop en dessous de sa valeur
                  (comme il arrive de plus en plus dans la grande crise actuelle qui a commencé
                  fin des années 60 est devenue plus visible au début des années 70 du siècle dernier).
                  Ce n’est pas le cas du <foreign xml:lang="en">labouring poor</foreign> dont parle Marx.
                  C’est chez Marx, une expression relativement neutre, technique (d’abord juridique)
                  qui distingue le travailleur salarié d’une part, parce que dépourvu de toute propriété
                  (<foreign xml:lang="en">poor</foreign>), du travailleur petit
                  propriétaire et d’autre part, en tant que travailleur (<foreign xml:lang="en">labouring</foreign>), du vagabond ou mendiant.
                </p>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>sang, marque du capital</term></index>❦ sang, marque du capital
                  <index><term>crime, du capital</term></index>❦ crime, du capital
                  <index><term>Dunning</term></index>❦ Dunning
                  <index><term>Quarterly Review</term></index>❦ <title>Quarterly Review</title>
                  <index>
                    <term>nature, la — a horreur du vide</term>
                  </index>❦ nature, la — a horreur du vide.
                  <index>
                    <term>capital, a horreur de l’absence de profit comme la nature a horreur du vide</term>
                  </index>❦ capital, a horreur de l’absence de profit comme la nature a horreur du vide
                  <index><term>potence</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 853-854<!-- 202 (1948)
                --></note>La dernière phrase de ce sous-chapitre est surtout connue pour
                sa note 250.</p>
                <cit>
                  <quote xml:id="l1t3p202">
                    <p rend="alinea">Si l’argent, comme dit Augier, « vient au monde avec
                    des taches de sang naturelles sur une joue <hi rend="exposant">249</hi> », le capital quant à lui vient au monde
                    dégoulinant de sang et de saleté par tous ses pores, de la tête aux
                    pieds <hi rend="exposant">250</hi>.</p>
                    <p rend="alinea pluspetit">249. Marie Augier, <title>Du crédit
                    public</title> (Paris, 1842, p. 265).</p>
                    <p rend="alinea pluspetit">250. « “Le capital”, dit le Quarterly
                    Reviewer, “fuit le tumulte et les conflits. Il est peureux de
                    nature.” Cela est très vrai, mais n’est pourtant pas toute la vérité.
                    Le capital a horreur de l’absence de profit ou des très petits
                    profits comme la nature a horreur du vide. Quand le profit est
                    adéquat, le capital devient audacieux. Garantissez-lui 10 pour cent,
                    et on pourra l’employer partout ; à 20 pour cent, il s’anime,
                    à 50 pour cent, il devient carrément téméraire ; à 100 pour cent, il
                    foulera aux pieds toutes les lois humaines ; à 300 pour cent, il
                    n’est pas de crime qu’il n’osera commettre, même s’il encourt la
                    potence. Si le tumulte et les conflits rapportent du profit, il les
                    encouragera l’un et l’autre. La preuve : la contrebande et la
                    traite des esclaves. » (T. J. Dunning, <title>Trade’s Unions and
                    Strikes : their Philosophy and Intention</title>, Londres, 1860,
                    p. 35, 36.)</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea clear">La très belle phrase de la note 250 est souvent
                citée, mais presque toujours attribuée à Marx alors qu’elle est de
                Dunning. On la trouve correctement attribuée et citée à <ref target="http://fr.wikiquote.org/wiki/Capital">l’article <title>Capital</title>
                dans Wikiquote en français</ref>.</p>
                <p rend="alinea">Une difficulté résulte aussi de ce que non seulement
                Marx cite Dunning, mais qu’à l’intérieur de la citation de Dunning par
                Marx, c’est Dunning (et non Marx) qui cite la <title>Quarterly
                Review</title>. <ref target="#affaireDunning">Je discute ailleurs</ref>
                les guillemets mal placés qui rendent ça incompréhensible dans beaucoup
                d’éditions tant allemandes que françaises et néerlandaises.</p>
              </div>

              <div xml:id="Capital-Ichap24para7" type="level4_para">
                <head xml:id="histaccumul">
                  7.
                  Tendance historique de l’accumulation capitaliste
                </head>
                <bibl>
                  <ref target="#CapIfr1983">1983</ref>:854 et suivantes, <ref target="#CapIfr1983">2006</ref>:854 et suivantes.
                  Livre I (1948), t. 3, p. 203 et suivantes.
                  Voir &lt;791&gt; dans <ptr target="http://ml-werke.de/marxengels/me23_741.htm"/>.
                </bibl>
                <p rend="invisible">
                  <index><term>accumulation initiale, ou accumulation primitive</term></index>
                  <index><term>primitive, accumulation</term></index> <index><term>initiale, accumulation</term></index>
                  <index><term>ursprüngliche Akkumulation</term></index> <index><term>Akkumulation, ursprüngliche</term></index>
                  <index><term>expropriation des producteurs immédiats</term></index>
                  <index><term>Expropriation der unmittelbaren Producenten</term></index>
                  <index><term>expropriation of the immediate producers</term></index>
                </p>
                <!-- Par purisme, je ne veux pas de table, mais je pourrais admettre une nouvelle liste
                     à chaque alinéa. Ici ce n’est pas possible, parce que la v. 3a a un alinéa géant. -->
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 20;">
                  <!-- Le mot Abhängigkeitsverhältnisse ne rentre pas dans une colonne de moins de 25% environ. -->
                  <!-- Ou bien, je dois espacer les lignes, ou bien couper le mot. -->
                  <!-- Or, on ne peut pas en CSS espacer les lignes (style="line-height: 125%;") sans augmenter le corps. -->
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <!-- <floatingText>
                          <body> --><!--  -->
                            <p xml:id="Capital-Ichap24para7-WoraufursprAkkum" rend="alinea">
                              Worauf kommt
                              <!-- <app>
                                <lem wit="#CapIvNTA #CapIde1872 #CapIde1883 #CapIde1890">kommt</lem>
                                <rdg wit="#CapIde1867">kömmt</rdg>
                              </app> -->
                              <!-- Je ne dois pas perdre mon temps, ni troubler le lecteur
                                   avec des variantes purement orthographiques. -->
                              die ursprüngliche Akkumulation
                              <!-- <app>
                                <lem wit="#CapIvNTA #CapIde1872 #CapIde1883 #CapIde1890">Akkumulation</lem>
                                <rdg wit="#CapIde1867">Accumulation</rdg>
                              </app> -->
                              des Kapitals, d.h. seine historische Genesis, hinaus?
                              <hi rend="fondjaune">Soweit sie nicht unmittelbare Verwandlung von Sklaven
                              und Leibeignen in Lohnarbeiter, also bloßer Formwechsel ist,</hi>
                              bedeutet sie nur die Expropriation der unmittelbaren Producenten, d.h. die Auflösung des
                              <!-- Je neutralise l’appareil critique en attendant la résolution du bug. -->
                              auf der eignen Arbeit seines Besitzers beruhenden Eigenthums.
                              <!-- <app xml:id="seinesBesit">
                                <lem wit="#CapIde2017">auf der eignen Arbeit seines Besitzers beruhenden Eigenthums</lem>
                                <rdg wit="#CapIfr1875">la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur</rdg>
                                <rdg wit="#CapIde1867">auf eignen Arbeit beruhenden Privateigenthums</rdg>
                              </app>. -->
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              <!-- Je neutralise l’appareil critique en attendant la résolution du bug. -->
                              Das Privateigenthum, als Gegensatz zum kollektiven,
                              <!-- <app xml:id="Gegenkoll">
                                <lem wit="#CapIde2017 #CapIde1883">Das Privateigenthum, als Gegensatz zum kollektiven</lem>
                                <rdg wit="#CapIfr1875">La propriété privée, en tant qu’antithèse de la propriété sociale</rdg>
                                <rdg wit="#CapIde1867">
                                  … tout cet alinéa repris du français en 1883
                                  (dans un allemand un peu différent),
                                  manque en 1867 et en 1872
                                </rdg>
                              </app>, -->
                              besteht nur dort, wo die
                              Arbeitsmittel und die übrigen äußern Arbeitsbedingungen Privatpersonen gehören.
                              Aber je nach dem diese Arbeiter oder Nichtarbeiter sind, ändert sich das
                              Aussehn des Privateigenthums, und die unendlich verschiednen Formen, die es
                              auf den ersten Blick aufweist, wiederspiegeln nur Zwischenstufen zwischen den
                              beiden Extremen.
                            </p>
                            <p rend="alinea">
                              Das Privateigenthum des Arbeiters an seinen Produktionsmitteln ist die nothwendige Bedingung
                              der kleinen <hi rend="fondjaune">agrikolen oder gewerblichen </hi>Industrie,
                              und diese stellt <hi rend="fondjaune">die Pflanzschule</hi> der gesellschaftlichen Produktion
                              dar, <hi rend="fondjaune">die Schule, worin sich die handwerklichen Fähigkeiten herausbilden,
                              das erfinderische Geschick und </hi>die freie Individualität des Arbeiters selbst.
                              Allerdings existirt diese Produktionsweise auch innerhalb der Sklaverei,
                              Leibeigenschaft und andrer Abhängigkeits­­verhältnisse.
                              Aber sie blüht nur, schnellt nur ihre ganze Energie,
                              erobert nur die adäquate klassische Form, wo der Arbeiter freier Eigenthümer
                              seiner von ihm selbst gehandhabten Arbeitsbedingungen ist, der Bauer des Ackers,
                              den er bestellt, der Handwerker des Instruments, worauf er als Virtuose spielt.
                            </p>
                          <!-- </body>
                        </floatingText> -->
                      </quote>
                      <bibl>NTA, Seite 692, Zeile 25849→25869.</bibl>
                    </cit>
                  </item>

                  <item style="width: 20.3%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Ainsi donc ce qui gît au fond de l’accumulation primitive du
                          capital, au fond de sa genèse historique<hi rend="fondrouge">                                                               
                                                                                         
                                                                                         
                                                                                         
                                                                                         
                                                                                   </hi>,
                          c’est l’expropriation du producteur immédiat,
                          c’est la dissolution de la propriété fondée sur le travail personnel de son possesseur.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          La propriété privée, comme antithèse de la propriété collective,
                          n’existe que là où les instruments et les autres conditions extérieures
                          du travail appartiennent à des particuliers. Mais selon que ceux-ci
                          sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée change
                          de face. Les formes infiniment nuancées qu’elle affecte à première
                          vue ne font que réfléchir les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.<lb/> <lb/>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          La propriété privée du travailleur sur les moyens de son activité
                          productive est le <hi rend="fondjaune">corollaire</hi> de la petite industrie<hi rend="fondjaune">,
                          agricole ou
                          manufacturière,</hi> et celle-ci constitue <hi rend="fondjaune">la pépinière</hi> de la production sociale,
                          <hi rend="fondjaune">l’école où s’élaborent l’habileté manuelle, l’adresse ingénieuse et
                          </hi>la libre individualité du travailleur. Certes, ce mode de production
                          se rencontre au milieu de l’esclavage, du servage et d’autres états
                          de dépendance. Mais il ne prospère, il ne déploie toute son énergie,
                          il ne revêt sa forme intégrale et classique que là où le travailleur est
                          le propriétaire libre des conditions de travail qu’il met lui-même
                          en œuvre, le paysan, du sol qu’il cultive, l’artisan, de l’outillage
                          qu’il manie, comme le virtuose de son instrument.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        1872 en français, p. 341, colonne de gauche.
                        (Dans cette édition, c’est le chapitre 32.
                        É. S. en 8 vol., vol. 3, p. 203.)
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>

                  <item style="width: 20.7%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Quel est donc le fin mot de l’accumulation initiale, c’est-à-dire de la
                          genèse historique du capital ?<hi rend="fondjaune"> Dans la mesure où elle n’est pas transformation
                          immédiate d’esclaves et de serfs en ouvriers salariés, et donc simple
                          changement de forme, l’accumulation initiale du capital</hi> n’est rien d’autre
                          que l’expropriation des producteurs immédiats, la dissolution de la propriété
                          privée fondée sur le travail personnel.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          La propriété privée, en tant qu’antithèse de la propriété sociale, collective,
                          n’existe que là où les moyens de travail et les conditions extérieures
                          du travail appartiennent à des personnes privées. Mais selon que ces personnes privées
                          sont les travailleurs ou les non-travailleurs, la propriété privée revêt elle aussi
                          un caractère différent. Et les nuances infinies qu’elle présente à première
                          vue ne font que refléter les états intermédiaires entre ces deux extrêmes.<lb/><lb/><lb/>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          La propriété privée du travailleur sur ses moyens de production est le fondement
                          de la petite entreprise<hi rend="fondrouge">                           </hi>;
                          et la petite entreprise est une condition nécessaire du développement
                          de la production sociale<hi rend="fondrouge">                           
                                                     </hi>
                          et du développement de la libre individualité du travailleur lui-même.
                          Certes, ce mode de production existe aussi dans l’esclavage,
                          dans le servage et dans d’autres rapports de dépendance.
                          Mais il ne prospère vraiment, ne met toute son énergie en
                          mouvement, ne conquiert sa forme classique adéquate, que là où le travailleur
                          est le propriétaire privé et libre de ses conditions de travail, et qu’il les
                          manœuvre lui-même, que lorsque le paysan est propriétaire privé et libre
                          du champ qu’il cultive, et l’artisan de l’instrument dont il joue en virtuose.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>2016:733-734</bibl>
                    </cit>
                  </item>

                  <item style="width: 18.4%;">
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          What does the primitive accumulation of capital, i. e., its historical genesis, resolve itself
                          into?<hi rend="fondjaune"> In so far as it is not immediate transformation
                          of slaves and serfs into wage labourers, and therefore a mere
                          change of form,</hi>  it only means the expropriation of the immediate
                          producers, i. e., the dissolution of private property based on the labour
                          of its owner. Private property, as the antithesis to social, collective
                          property, exists only where the means of labour and the external
                          conditions of labour belong to private individuals. But according as
                          these private individuals are labourers or not labourers, private property
                          has a different character. The numberless shades, that it at first
                          sight presents, correspond to the intermediate stages lying between
                          these two extremes.
                          The private property of the labourer in his means
                          of production is the foundation of petty industry<hi rend="fondjaune">, whether agricultural,
                          manufacturing, or both</hi>; petty industry, again, is an essential
                          condition for the development of social production<hi rend="fondrouge">                           
                                                     </hi> and of the free
                          individuality of the labourer himself. Of course, this petty mode of
                          production exists also under slavery, serfdom, and other states of dependence.
                          But it flourishes, it lets loose its whole energy, it attains its
                          adequate classical form, only where the labourer is the private owner
                          of his own means of labour set in action by himself: the peasant of the
                          land which he cultivates, the artisan of the tool which he handles as
                          a virtuoso.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Capital (v. 3A), 1887, p. 786-787.
                        (Dans cette édition, c’est le chapitre 32.)
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>

                  <item style="width: 20.3%;"><!--  style="width: 20.4%;" -->
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          What does the primitive accumulation of capital, i.e., its historical genesis, resolve itself into?
                          <hi rend="fondjaune">In so far as <lb/>it is not the direct
                          transformation of slaves and serfs into wage-labourers, and therefore <lb/>a
                          mere change of form,</hi> <lb/>it only means <lb/>the expropriation of the immediate
                          producers, i.e., the dissolution of private property based on
                          the labour of its owner. <lb/>Private property, as the antithesis to
                          social, collective property, exists only where the means of labour
                          and the external conditions of labour belong to private individuals.
                          But according to whether these private individuals are workers or
                          non-workers, private property has a different character. The
                          innumerable different shades of private property which appear at
                          first sight are only reflections of the intermediate situations which
                          lie between the two extremes.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          The private property of the worker in his means of production
                          is the foundation of small-scale industry<hi rend="fondrouge">                           </hi>,
                          and small-scale industry is an necessary condition
                          for the development of social production<hi rend="fondrouge">                           
                                                     </hi>
                          and of the free individuality of the worker himself. Of course, this
                          mode of production exists also under slavery, serfdom, and other
                          situations of dependence. But it flourishes, unleashes the whole of
                          its energy, attains its adequate classical form, only where the
                          worker is the free proprietor of the conditions of his labour, and
                          sets them in motion himself: where the peasant owns the
                          land he cultivates, or the artisan owns the tool with which he is an
                          accomplished performer.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Penguin 1976, p. 927.
                        (Dans cette édition, c’est le chapitre 32.)
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <list>
                  <anchor xml:id="Capital-Ichap24para7diverg"/>
                  <head><hi rend="gras">Divergences entre éditions</hi></head>
                  <item>
                    Il est curieux qu’ici dans la version 2. A on ne trouve pas au début
                    l’opposition au « simple changement de forme »,
                    phrase que l’on trouve dès la v. 1 (page 742).
                    Marx, travaillant sur l’édition en français, a pu juger que ça alourdissait inutilement ?
                  </item>
                  <item>
                    Par contre tout le deuxième alinéa (« La propriété privée, comme antithèse… »)
                    est écrit par Marx en français (on ne le trouve en allemand ni en 1867, ni en 1872)
                    et repris par Engels en allemand dès 1883.
                    (Kuczynski en modifie un peu la traduction d’Engels, sans changement de fond.)
                  </item>
                  <item>
                    Kevin Anderson (dans un article tendancieux, <ref target="../../biblio/Anderson1983.html">Anderson 1983</ref>:75) signale le choix du mot
                    <term>corollaire</term> au troisième alinéa dans la v. 2A. Je suis perplexe.
                    Dans les quatre éditions allemandes, par exemple 1872 (v. 2), p. 791, on a « nothwendige
                    Bedingung » et Kuczynski choisit là (Seite 25861) l’allemand contre le français.
                    Anderson préfère <term>corollaire</term>, « a formulation which de-emphasizes the
                    category of private property and which does not lend itself to economic determinist
                    interpretations, presenting social relations more as a totality ». Il faudrait
                    savoir si c’est une faiblesse de Roy que Marx a négligée où un choix de Marx,
                    un écart volontaire du « déterminisme » de <term xml:lang="de">Bedingung</term>.
                    Même sans déterminisme, si seulement c’est ainsi que ça s’est effectivement passé,
                    le mot corollaire est mal venu. Contre Anderson, je penche pour un contresens de Roy.
                  </item>
                  <item>
                    En français, pour petite industrie, Marx précise « agricole ou manufacturière »,
                    ce que Kuczynski et Engels (v. 3A) reprennent, tandis que Lefebvre et Fowkes s’en
                    tiennent scrupuleusement à la v. 4, comme dans le volume 23 des MEW (p. 789).
                  </item>
                  <item>
                    Plus important dans la même phrase, Marx fait plus de place au travailleur avec
                    « la pépinière de la production sociale, l’école où s’élaborent l’habileté manuelle,
                    l’adresse ingénieuse » (avant « la libre individualité »), ce que Kuczynski,
                    bien sûr, reprend, mais qu’Engels n’avait pas repris.
                  </item>
                </list>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p rend="alinea">
                  Marx montre alors les limitations de ce régime de petits producteurs indépendants.
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25.1%;">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="de">
                        <p rend="alinea">
                          Diese Produktionsweise unterstellt Zersplitterung des Bodens und der
                          übrigen Produktionsmittel. Wie die Konzentration der letztren, so
                          schließt sie auch die Kooperation, Teilung der Arbeit innerhalb derselben
                          Produktionsprozesse, gesellschaftliche Beherrschung und Reglung der Natur,
                          freie Entwicklung der gesellschaftlichen Produktivkräfte aus. Sie ist nur
                          verträglich mit engen naturwüchsigen Schranken der Produktion und der
                          Gesellschaft. Sie verewigen wollen hieße, wie Pecqueur mit Recht sagt,
                          „ die allgemeine Mittelmäßigkeit dekretieren “. Auf einem gewissen
                          Höhegrad bringt sie die materiellen Mittel ihrer eignen Vernichtung zur
                          Welt. Von diesem Augenblick regen sich Kräfte und Leidenschaften im
                          Gesellschaftsschoße, welche sich von ihr gefesselt fühlen. Sie muß
                          vernichtet werden, sie wird vernichtet. Ihre Vernichtung, die Verwandlung
                          der individuellen und zersplitterten Produktionsmittel in gesellschaftlich
                          konzentrierte, daher des zwerghaften Eigentums vieler in das massenhafte
                          Eigentum weniger, daher die Expropriation der großen Volksmasse von Grund
                          und Boden und <pb n="790"/>Lebensmitteln und Arbeitsinstrumenten, diese
                          furchtbare und schwierige Expropriation der Volksmasse bildet die
                          Vorgeschichte des Kapitals. Sie umfaßt eine Reihe gewaltsamer Methoden,
                          wovon wir nur die epochemachenden als Methoden der ursprünglichen
                          Akkumulation des Kapitals Revue passieren ließen. Die Expropriation der
                          unmittelbaren Produzenten wird mit schonungslosestem Vandalismus und
                          unter dem Trieb der infamsten, schmutzigsten, kleinlichst gehässigsten
                          Leidenschaften vollbracht. Das selbsterarbeitete, sozusagen auf
                          Verwachsung des einzelnen, unabhängigen Arbeitsindividuums mit seinen
                          Arbeitsbedingungen beruhende Privateigentum wird verdrängt durch das
                          kapitalistische Privateigentum, welches auf Exploitation fremder, aber
                          formell freier Arbeit beruht.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW 23, p. 789-790</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 24.7%;">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                           Ce mode de production présuppose le morcellement du sol et des autres moyens
                           de production. De même qu’il exclut la concentration des moyens de production,
                           il exclut aussi la coopération, la division du travail à l’intérieur des
                           mêmes procès de production, la domination et la domestication de la nature
                           par la société, le libre développement des forces productives sociales. Il
                           n’est compatible qu’avec les étroites limites naturelles de la production et
                           de la société. Vouloir les perpétuer signifierait, comme le dit justement
                           Pecqueur, « décréter la médiocrité générale ». Parvenu à un certain degré,
                           il engendre lui—même les moyens matériels de sa propre destruction. On voit
                           alors s’agiter dans le sein même de la société des forces et des passions
                           qui se sentaient enchaînées par lui. Il faut qu’il soit détruit, et il est
                           détruit. C’est sa destruction, la transformation des moyens de production
                           individuels et épars en moyens de production socialement concentrés, donc la
                           transformation de la propriété minuscule d’un grand nombre en propriété
                           massive de quelques-uns, donc l’expropriation de la grande masse du peuple,
                           dépossédée de sa terre, de ses moyens de subsistance et de ses instruments
                           de travail, cette terrible et difﬁcile expropriation de la masse du peuple,
                           qui constitue la préhistoire du capital. Elle comporte toute une série de
                           méthodes violentes dont nous n’avons passé en revue que celles qui font date
                           dans l’histoire comme méthodes de l’accumulation initiale du capital.
                           L’expropriation des producteurs immédiats s’accomplit avec le vandalisme le
                           plus impitoyable et sous l’impulsion des passions les plus infâmes, les
                           plus viles, les plus mesquinement haïssables. La propriété privée acquise
                           par le travail, fondée pour ainsi dire sur l’unité intrinsèque du travail,
                           comme individualité singulière et indépendante, et de ses conditions de
                           travail, est supplantée par la propriété privée capitaliste, laquelle est
                           fondée sur l’exploitation du travail d’autrui mais formellement libre.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>1983:854-855</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25.6%;">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="nl">
                        <p rend="alinea">
                          Deze productiewijze veronderstelt versnippering van de grond en van de
                          andere productiemiddelen. Zoals de concentratie van de productiemiddelen,
                          sluit zij ook de coöperatie, de arbeidsverdeling binnen hetzelfde
                          productieproces, de maatschappelijke beheersing en regeling van de natuur
                          en de vrije ontwikkeling van de maatschappelijke productiekrachten uit.
                          Zij is slechts verenigbaar met de nauwe, van nature gegeven grenzen van
                          de productie en van de gemeenschap. Haar te willen vereeuwigen komt,
                          zoals Pecqueur terecht zegt, neer op ‘het voorschrijven van de algemene
                          middelmatigheid’. In een bepaalde fase van de ontwikkeling brengt deze
                          productiewijze zelf de materiële middelen voor haar eigen vernietiging
                          voort. Vanaf dit moment komen krachten en hartstochten in de schoot der
                          gemeenschap in beweging, die zich door haar geketend voelen. Zij moet
                          vernietigd worden en zij wordt vernietigd. Haar vernietiging, de omzetting
                          van individuele en versnipperde productiemiddelen in maatschappelijk
                          geconcentreerde productiemiddelen, dus van het dwergachtige bezit van
                          velen in het reusachtige bezit van weinigen, dus de onteigening van de
                          grote volksmassa van hun grond, van hun bestaansmiddelen en hun
                          arbeidsinstrumenten, deze vreselijke en moeilijke onteigening van
                          de volksmassa vormt de voorgeschiedenis van het kapitaal. Deze
                          onteigening omvat een reeks gewelddadige methoden, waarvan wij slechts de
                          meest belangrijke als methoden der oorspronkelijke accumulatie van het
                          kapitaal de revue lieten passeren. Deze onteigening van de directe
                          producenten wordt met een niets ontziend vandalisme en onder druk van de
                          schandelijkste, smerigste, kleinste en gemeenste hartstochten voltooid.
                          Het door eigen arbeid verworven, om zo te zeggen op vergroeiing van de
                          afzonderlijke, onafhankelijke arbeider met zijn arbeidsvoorwaarden
                          gebaseerd persoonlijk eigendom, wordt verdrongen door het kapitalistische
                          persoonlijke eigendom, dat berust op uitbuiting van vreemde, maar formeel
                          vrije arbeid.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1867/kapitaal/24.htm#top250">Marxists.org, chap 24</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit>
                      <quote xml:lang="en">
                        <p rend="alinea">
                          This mode of
                          production presupposes parcelling of the soil and scattering of the other
                          means of production. As it excludes the concentration of these means of
                          production, so also it excludes cooperation, division of labour within
                          each separate process of production, the control over, and the productive
                          application of the forces of Nature by society, and the free development
                          of the social productive powers. It is compatible only with a system
                          of production, and a society, moving within narrow and more or less
                          primitive bounds. To perpetuate it would be, as Pecqueur rightly says,
                          “to decree universal mediocrity”. At a certain stage of development, it
                          brings forth the material agencies for its own dissolution. From that
                          moment new forces and new passions spring up in the bosom of society ;
                          but the old social organisation fetters them and keeps them down.
                          It must be annihilated; it is annihilated. Its annihilation, the
                          transformation of the individualised and scattered means of production
                          into socially concentrated ones, of the pigmy property of the many into
                          the huge property of the few, the expropriation of the great mass of the
                          people from the soil, from the means of subsistence, and from the means
                          of labour, this fearful and painful expropriation of the mass of the
                          people forms the prelude to the history of capital. It comprises a series
                          of forcible methods, of which we have passed in review only those that
                          have been epoch-making as methods of the primitive accumulation of
                          capital. The expropriation of the immediate producers was accomplished
                          with merciless Vandalism, and under the stimulus of passions the most
                          infamous, the most sordid, the pettiest, the most meanly odious.
                          Self-earned private property, that is based, so to say, on the fusing
                          together of the isolated, independent labouring individual with the
                          conditions of his labour, is supplanted by capitalistic private property,
                          which rests on exploitation of the nominally free labour of others, i.e.,
                          on wage labour.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1867-c1/ch32.htm">Marxists.org, chap. 32</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">
                  C’est un cas où le texte français de 1872 est plus agréable à lire.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans ce passage, Marx est décevant.
                  Il ne fait aucun effort pour expliquer l’origine historique du capitalisme.
                  Choisir le maintien de la situation existante serait le choix de la « médiocrité ».
                  (Je pensais que dans la conception matérialiste de l’histoire, on n’avait pas le choix.)
                  Heureusement pour nous, l’ancien système « engendre lui—même les moyens matériels de sa propre destruction »,
                  ce qui nous dispense de choisir : « des forces et des passions » vont le faire pour nous.
                  (Marx jugerait-il que <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol-contraforcesrapports">des phrases</ref>
                  de la préface de 1859 le dispensent d’analyser l’histoire ?)
                  On apprend que ça a pris la forme d’une expropriation, mais ça n’explique rien.
                  On apprend là « la préhistoire » du capitalisme, mais le capitalisme, d’où sort-il ?
                </p>

                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>expropriation du capitaliste</term></index>❦ expropriation du capitaliste
                    <index>
                      <term>expropriation des expropriateurs</term>
                    </index>❦ expropriation des expropriateurs
                  <index><term>prolétarisation</term></index>❦ prolétarisation
                  <index>
                    <term>socialisation de la production</term>
                  </index>❦ socialisation de la production
                  <index><term>mondialisation</term></index>❦ mondialisation
                  <index>
                    <term>classe ouvrière, organisation de la —</term>
                  </index>❦ classe ouvrière, organisation de la —
                  <index>
                    <term>classe ouvrière, unité de la —</term>
                  </index>❦ classe ouvrière, unité de la —
                  <index><term>révolution socialiste</term></index>❦ révolution socialiste
                  <index>
                    <term>négation de la négation, niveau supérieur</term>
                  </index>❦ négation de la négation, niveau supérieur
                  <index>
                    <term>contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term>
                  </index>❦ contradiction entre forces productives et rapports de production
                  <index><term>rapports sociaux de production, contradiction avec les productives</term></index>
                  <index><term>forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
                  <index><term>développement des forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
                  <index><term>inéluctabilité du socialisme</term></index>❦ inéluctabilité du socialisme
                  <index><term>socialisme, inéluctabilité du —</term></index>❦ socialisme, inéluctabilité du —
                  <index><term>exploitation méthodique de la terre</term></index>❦ exploitation méthodique de la terre
                  <index><term>terre, exploitation méthodique</term></index>
                </p>
                <cit xml:id="l1t3p203">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                    <!-- 204, ½ (1948) -->
                      <pb xml:id="CapIp855sept8" n="855 ⅞"/>Une fois que ce procès de transformation a décomposé de façon
                      suffisamment profonde et globale l’ensemble de la vieille société, quand les
                      travailleurs sont transformés en prolétaires et leurs conditions de travail
                      en capital, quand le mode de production capitaliste est campé sur ses propres
                      assises, la <pb n="856"/>socialisation ultérieure du travail et la
                      transformation ultérieure de la terre et des autres moyens de production en
                      moyens de production exploités de manière sociale, c’est-à-dire collectifs,
                      prennent une forme nouvelle, tout comme, par conséquent, l’expropriation
                      ultérieure des propriétaires privés. Ce qu’il faut exproprier désormais, ce
                      n’est plus le travailleur indépendant travaillant en économie propre pour son
                      compte, mais le capitaliste qui exploite un grand nombre de travailleurs.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Cette expropriation s’accomplit par le jeu des lois immanentes de la
                      production capitaliste elle-même, par la centralisation des capitaux. Un
                      capitaliste en envoie, à lui seul, un grand nombre d’autres <foreign xml:lang="latin">ad patres</foreign>. Parallèlement à cette centralisation ou
                      à cette expropriation d’un grand nombre de capitalistes par quelques-uns, se
                      développent, à une échelle toujours croissante, la forme coopérative du
                      procès de travail, l’application consciente de la science à la technique,
                      l’exploitation méthodique de la terre, la transformation des moyens de
                      travail en moyens de travail qui ne peuvent être employés qu’en commun,
                      l’économie de tous les moyens de production, utilisés comme moyens de
                      production d’un travail social combiné, l’intrication de tous les peuples
                      dans le réseau du marché mondial et, partant, le caractère international du
                      régime capitaliste. À mesure que diminue régulièrement le nombre de magnats
                      du capital qui usurpent et monopolisent tous les avantages de ce procès de
                      mutation continue s’accroît le poids de la misère, de l’oppression, de la
                      servitude, de la dégénérescence, de l’exploitation, mais aussi la colère
                      d’une classe ouvrière en constante augmentation, formée, unifiée, et
                      organisée par le mécanisme même du procès de production capitaliste. Le
                      monopole du capital devient une entrave au mode de production qui a mûri en
                      même temps que lui et sous sa domination. La centralisation des moyens de
                      production et la socialisation du travail atteignent un point où elles
                      deviennent incompatibles avec leur enveloppe capitaliste. On la fait sauter.
                      L’heure de la propriété privée capitaliste a sonné. On exproprie les
                      expropriateurs.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Le mode d’appropriation capitaliste issu du mode de production capitaliste,
                      la propriété privée capitaliste donc, est la négation première de la
                      propriété privée individuelle, fondée sur le travail fait par l’individu.
                      Mais la production capitaliste engendre à son tour, avec l’inéluctabilité
                      d’un processus naturel, sa propre négation. C’est la négation de la négation.
                      Celle-ci <pb n="857"/>ne rétablit pas la propriété privée, mais, en tout état
                      de cause, la propriété individuelle fondée sur les conquêtes mêmes de l’ère
                      capitaliste : sur la coopération et la propriété commune de la terre et des
                      moyens de production produits par le travail proprement dit.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La transformation de la propriété privée morcelée, fondée sur le travail
                      propre des individus en propriété privée capitaliste est naturellement un
                      processus incomparablement plus long, plus rude, plus difficile que la
                      transformation de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un
                      système de production social, en propriété sociale. Dans le premier cas, il
                      s’agissait de l’expropriation de la masse du peuple par un petit nombre
                      d’usurpateurs ; ici, il s’agit de l’expropriation d’un petit nombre
                      d’usurpateurs par la masse du peuple.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  « On exproprie les expropriateurs » donne l’impression d’un juste retour des choses,
                  d’une vengeance des premiers expropriés contre <emph>leurs</emph> expropriateurs.
                  C’est plus complexe.
                  Il y a (i) une expropriation initiale des petits producteurs dans l’évolution du système féodal,
                  avec le progrès de la productivité, avec les fermiers capitalistes.
                  Les capitalistes encouragent la poursuite de ce mouvement.
                  Par la suite, (ii) les plus gros capitalistes exproprient les petits.
                  Les prolétaires, à leur tour, exproprieront un jour,
                  non pas ceux (i) qui les ont expropriés il y a plusieurs siècles,
                  mais (ii) les nouveaux expropriateurs, les gros capitalistes.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’invocation de la négation de la négation n’intervient d’ailleurs pas
                  directement avec cette formule, ce raccourci,
                  mais dans le développement qui suit qui marque bien la distance entre les époques.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les rapports sociaux du capitalisme monopoliste deviennent « une entrave au mode de production ».
                  Cependant ce ne sont pas ce mode de production ou les forces productives qui font sauter cette entrave :
                  « <emph>on</emph> la fait sauter », et, ici, « on », c’est la classe ouvrière.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Lénine <ref target="#Len1AmisDuPeuple-fascI">cite la fin de ceci</ref> dans
                  <title>Ce que sont les Amis du peuple…</title> (<title>Œuvres</title>, tome 1, p. 187).
                </p>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>loi de la dialectique, une — ne prouve rien</term>
                  </index>❦ loi de la dialectique, une — ne prouve rien.
                  <index><term>dialectique, ne prouve rien</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Engels <ref target="#ADexpropriation">répond à Dühring sur ce passage</ref>
                  au début du chapitre 13 de l’<title>Anti-Dühring</title> pour faire remarquer
                  que la loi de la négation de la négation n’intervient qu’a posteriori ;
                  qu’elle ne fonctionne pas ici, chez Marx, comme preuve.
                </p>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>mode de production de la propriété privée du travailleur sur ses moyens de production</term>
                  </index>❦ mode de production de la propriété privée du travailleur sur ses moyens de production
                  <index>
                    <term>propriété privée du travailleur sur ses moyens de production, mode de production</term>
                  </index>
                  <index><term>mode de production de la petite entreprise</term></index>
                  <index><term>petite entreprise, mode de production</term></index>
                  <index>
                    <term>décréter la médiocrité générale (Pecqueur)</term>
                  </index>❦ décréter la médiocrité générale (Pecqueur)
                  <index><term>médiocrité générale (Pecqueur)</term></index>
                  <index><term>Pecqueur, « décréter la médiocrité générale »</term></index>
                  <index>
                    <term>domination de la nature par la société</term>
                  </index>❦ domination et domestication de la nature par la société
                  <index><term>domestication de la nature par la société</term></index>
                </p>
                <!-- ??? <p rend="alinea">
                  Dans la citation ci-dessus, j’ai passé un assez long passage (??? marqué […] ???) pour
                  mieux faire ressortir que l’expropriation des expropriateurs (vers la fin) fait
                  écho à l’expropriation des producteurs (dans le premier alinéa). Je donne
                  ci-dessous le passage marqué […], important pour exclure la tentation d’un retour
                  en arrière.
                </p> -->
                <p rend="alinea">
                  Dans ce passage, Marx souligne qu’on ne peut faire revivre
                  (on n’a d’ailleurs pas le choix)
                  le mode de production de la petite entreprise
                  qui enfermerait l’humanité dans des limites trop étroites
                  (ce serait « décréter la médiocrité générale »).
                  Une de ces limites c’est de ne pas permettre
                  « la domination et la domestication de la nature par la société »,
                  qui sont nécessaires au progrès.
                  Bien sûr Marx ne parle pas d’une domination arbitraire, mais rationnelle
                  — on aurait peut-être dû (comme en néerlandais) traduire par
                  « la domination et la régulation », plus proche de la lettre de Marx.
                  Plus haut, il a parlé de « l’exploitation méthodique de la terre », même déjà sous le capitalisme.
                </p>
              </div>
            </div>
          </div><!-- fin de fichier inclus Capital-Isect7.xml -->
<!-- Chap. 21 Reproduction simple. Chap 22 Transformation de la plus-value en capital.
     Chap. 23 La loi générale de l’accumulation capitaliste. Chap. 24 La soi-disant « accumulation initiale ».
     Chap. 25 La théorie moderne de la colonisation. -->
        </div><!-- fin de fichier inclus Capital-I.xml -->
        <!-- début de fichier inclus annees70.xml --><div xml:id="annees70" type="level1_dizaine">
          <head>
            Divers, années 70
          </head>

          <div xml:id="Marxlettre1870-04-09MeyerVogt">
            <head>
              À Meyer et Vogt<seg rend="invisible">, le 9 avril 1870</seg>
            </head>
            <bibl>
              Karl Marx,
              « an Sigfrid Meyer und August Vogt in New York »,
              London, 9. April 1870,
              <title>MEW</title>, 32:668-669.
            </bibl>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Und das Wichtigste ! Alle industriellen und kommerziellen Zentren Englands besitzen
                      jetzt eine Arbeiterklasse, die in zwei <emph>feindliche</emph> Lager <emph>gespalten</emph>
                      ist, englische proletarians und irische proletarians. Der gewöhnliche englische
                      Arbeiter haßt den irischen Arbeiter als einen Konkurrenten, welcher den Standard
                      of life herabdrückt. Er fühlt sich ihm gegenüber als Glied der <emph>herrschenden
                      Nation</emph> und macht sich eben deswegen zum Werkzeug seiner Aristokraten und
                      Kapitalisten <emph>gegen Irland</emph>, befestigt damit deren Herrschaft <emph>über
                      sich selbst</emph>. Er hegt religiöse, soziale und nationale Vorurteile gegen ihn.
                      Er verhält sich ungefähr zu ihm wie die poor whites  zu den niggers in den ehemaligen
                      Sklavenstaaten der amerikanischen Union. Der Irländer pays him back with interest
                      in his own money. Er sieht zugleich in dem englischen Arbeiter den Mitschuldigen
                      und das stupide Werkzeug der <emph>englischen Herrschaft in Irland</emph>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dieser Antagonismus wird künstlich wachgehalten und gesteigert durch die Presse,
                      die Kanzel, die Witzblätter, kurz, alle den herrschenden Klassen zu Gebot stehenden
                      Mittel. <emph>Dieser Antagonismus</emph> ist das <emph>Geheimnis der Ohnmacht der
                      englischen Arbeiterklasse</emph>, trotz ihrer Organisation. Er ist das Geheimnis
                      der Machterhaltung der Kapitalistenklasse. Letztre ist sich dessen völlig bewußt.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Karl Marx,
                    « an Sigfrid Meyer und August Vogt in New York »,
                    London, 9. April 1870,
                    <title>MEW</title>, 32:668-669
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>division de la classe ouvrière, ouvriers anglais et irlandais</term></index>
                      <index><term>irlandais, ouvrier, et préjugé de l’ouvrier anglais</term></index>
                      <index><term>préjugé, de l’ouvrier anglais envers l’ouvrier irlandais</term></index>
                      Ce qui est primordial, c’est que chaque centre industriel et commercial d’Angleterre
                      possède maintenant une classe ouvrière <emph>divisée</emph> en deux camps
                      <emph>hostiles</emph> : les prolétaires anglais et les prolétaires
                      irlandais. L’ouvrier anglais moyen déteste l’ouvrier irlandais en qui il voit un
                      concurrent qui dégrade son niveau de vie. Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se
                      sent membre de la <emph>nation dominante</emph> et devient ainsi un instrument que
                      les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent <emph>contre l’Irlande</emph>.
                      Ce faisant, il renforce leur domination <emph>sur lui-même</emph>. Il se berce de
                      préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se
                      comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens
                      États esclavagistes des États-Unis. L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie
                      de sa pièce. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument
                      stupide de la <emph>domination anglaise en Irlande</emph>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé
                      et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes
                      dominantes. <emph>Cet antagonisme</emph> est le <emph>secret de l’impuissance de
                      la classe ouvrière anglaise</emph>, malgré son organisation. C’est le secret du
                      maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement
                      consciente.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm">Archive Internet des marxistes</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Wat fundamenteel is, is dat elk industrieel en commercieel centrum in Engeland nu
                      een arbeidersklasse bezit, die in twee <emph>vijandige</emph> kampen
                      <emph>verdeeld</emph> is, Engelse proletariërs en Ierse proletariërs.  De gewone
                      Engelse werknemer verafschuwt de Ierse werknemer in wie hij een concurrent ziet
                      die zijn levensniveau omlaag haalt. […]
                      <seg rend="nonvisible">
                      Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi
                      un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l’Irlande.
                      Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même.
                      </seg>
                      <lb/>Hij koestert religieuze, sociale en nationale vooroordelen tegen hem. […]
                      <seg rend="nonvisible">
                      Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres
                      dans les anciens États esclavagistes des États-Unis.
                      L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce.
                      Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice
                      et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.
                      </seg>
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <seg rend="nonvisible">
                      Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, …,
                      bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes.
                      </seg>
                      <lb/><emph>Dit antagonisme</emph> is het <emph>geheim van de onmacht van de Engelse
                      arbeidersklasse</emph>, niettegenstaande haar organisatie. Het is het geheim van
                      hoe de kapitalistische klasse haar macht weet te behouden, en die is zich daar
                      terdege van bewust.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Cité par Mary Gabriel dans une interview par David Pestieau,
                    « Liefde en kapitaal, gisteren en vandaag », <title>Lava</title> 3, 22-12-2017 <ref target="https://lavamedia.be/liefde-en-kapitaal-gisteren-en-vandaag/">sur le site de Lava</ref>.
                    Cité aussi dans Maxime Vancauwenberge,
                    « Ja, er is een alternatief voor het asielbeleid van Francken », 12-1-2018, <ref target="http://pvda.be/artikels/ja-er-een-alternatief-voor-het-asielbeleid-van-francken">sur le site du PTB</ref>.
                    Je reprends de ces deux traductions qui ne se recouvrent pas entièrement.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      And most important of all! All industrial and commercial centres in England now
                      have a working class <emph>divided</emph> into two <emph>hostile</emph> camps,
                      English proletarians and Irish proletarians. The ordinary English worker hates the
                      Irish worker as a competitor who forces down the standard of life. In relation to
                      the Irish worker, he feels himself to be a member of the <emph>ruling nation</emph>
                      and, therefore, makes himself a tool of his aristocrats and capitalists <emph>against
                      Ireland</emph>, thus strengthening their domination <emph>over himself</emph>. He
                      harbours religious, social and national prejudices against him. His attitude towards
                      him is roughly that of the poor whites to the niggers in the former slave states of
                      the American Union. The Irishman pays him back with interest in his own money. He
                      sees in the English worker both the accomplice and the stupid tool of <emph>English
                      rule in Ireland</emph>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      This antagonism is kept artificially alive and intensified by the press, the pulpit,
                      the comic papers, in short by all the means at the disposal of the ruling class.
                      <emph>This antagonism</emph> is the <emph>secret of the English working class’s
                      impotence</emph>, despite its organisation. It is the secret of the maintenance
                      of power by the capitalist class. And the latter is fully aware of this.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Karl Marx,
                    « to Sigfrid Meyer and August Vogt in New York »,
                    London, 9 April 1870,
                    <title>MECW</title> 43:474-475.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          <p rend="alinea">
            On a ici un tableau général, mais, dès <ref target="#IstInternationalOctNov1869">octobre
            1869</ref>, Marx reconnaît dans une manifestation de 100 000 personnes à Londres pour
            l’Irlande le signe objectif qu’une partie de la classe ouvrière anglaise est capable de
            dépasser son préjugé contre les Irlandais.
          </p>
          </div>

          <div xml:id="Marx-DenHaag-1872" type="level2_document">
            <head>Discours de Marx le 8 septembre 1872 à Amsterdam</head>
            <bibl>
              <title>La Liberté</title>, n<hi rend="ordinal">o</hi> 37, 15 septembre 1872.
            </bibl>
            <bibl>
              [Rede über den Haager Kongreß], MEW 18:159.
            </bibl>
            <bibl>
              On The Hague Congress, MECW 23:254.
              On line : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1872/09/08.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Après le congrès de la Première Internationale à La Haye du 2 au 7 septembre 1872,
              un meeting a eu lieu le 8 septembre à la section d’Amsterdam de l’Internationale.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Wir wissen, daß man die Institutionen, die Sitten und die Traditionen
                      der verschiedenen Länder berücksichtigen muß, und wir leugnen nicht, daß es Länder gibt,
                      wie Amerika, England, und wenn mir eure Institutionen besser bekannt wären,
                      würde ich vielleicht noch Holland hinzufügen,
                      wo die Arbeiter auf friedlichem Wege zu ihrem Ziel gelangen können.
                      Wenn das wahr ist, müssen wir auch anerkennen,
                      daß in den meisten Ländern des Kontinents der Hebel unserer Revolutionen die Gewalt sein muß;
                      die Gewalt ist es, an die man eines Tages appellieren muß,
                      um die Herrschaft der Arbeit zu errichten.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 160.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      We know that the institutions, customs and traditions
                      in the different countries must be taken into account;
                      and we do not deny the existence of countries like America, England,
                      and if I knew your institutions better I might add Holland,
                      where the workers may achieve their aims by peaceful means.
                      That being true We must also admit that in most countries on the Continent
                      it is force which must be the lever of our revolution;
                      it is force which will have to be resorted to for a time
                      in order to establish the rule of the workers.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 255.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1873-05-30Marx" type="level2_document">
            <head>
              À Karl Marx<seg rend="invisible">, le 30 mai 1873</seg>
            </head>

            <bibl rend="publie">
              Engels an Marx, in Manchester, MEW 33, S. 80-81, <ref target="http://marxwirklichstudieren.files.wordpress.com/2012/11/mew_band33.pdf">marxwirklichstudieren.files.wordpress.com/2012/11/mew_band33.pdf</ref>.
            </bibl>
            <bibl>
              Engels to Marx in Manchester, [London,] 30 May 1873, MECW 44, p. 500-504.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <author>Friedrich Engels</author>, lettre à Karl Marx, [Londres,] le <date>30 mai 1873
              </date>. <author>Marx</author>, <author>Engels</author>, <title>Lettres sur les
              sciences de la nature</title>, <publisher>Éditions sociales</publisher>, <pubPlace>
              Paris</pubPlace>, <date>1973</date>, lettre 147, p. 77-79. <author>Marx</author>,
              <author>Engels</author>, <title>Correspondance</title>, tome 12, <publisher>
              Messidor/Éditions sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>1989</date>,
              lettre 133, p. 288-289. Cité dans la préface de la <title>Dialectique de la nature
              </title>, <publisher>Éditions sociales</publisher>, <pubPlace>Paris</pubPlace>, <date>
              1968</date>, p. 10.
            </bibl>
            <index><term>dialectique de la nature</term></index>
            <index><term>mouvement, comme mode d’existence de la matière</term></index>
            <index><term>mécanique</term></index>
            <index><term>chute</term></index>
            <index><term>gravitation</term></index>
            <index><term>trajectoire</term></index>
            <index><term>physique</term></index>
            <index><term>chimie</term></index>
            <index><term>biologie</term></index>
<cit>
              <quote>
                <floatingText>
                  <body>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </body>
                </floatingText>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 35.1%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p>
                          [London] 30. Mai 73
                        </p>
                        <p>
                          Lieber Mohr,
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Heute morgen im Bett ist mir folgendes Dialektische über die
                          Naturwissenschaften in den Kopf gekommen :
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Gegenstand der Naturwissenschaft – der sich bewegende Stoff, die Körper. Die
                          Körper sind nicht von der Bewegung zu trennen, ihre Formen und Arten nur in
                          ihr zu erkennen, von Körpern außer der Bewegung, außer allem Verhältnis zu den
                          andern Körpern, ist nichts zu sagen. Erst in der Bewegung zeigt der Körper,
                          was er ist. Die Naturwissenschaft erkennt daher die Körper, indem sie sie in
                          ihrer Beziehung aufeinander, in der Bewegung betrachtet. Die Erkenntnis der
                          verschiednen Bewegungsformen ist die Erkenntnis der Körper. Die Untersuchung
                          dieser verschiednen Bewegungsformen also Hauptgegenstand der
                          Naturwissenschaft. <note xml:id="Schorlemmer1de" place="bottom">
                            Randbemerkung von Carl Schorlemmer : Sehr gut ; meine eigne Ansicht. C. S.
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          1. Die einfachste Bewegungsform ist die Ortsveränderung (innerhalb der Zeit,
                          um dem alten Hegel einen Gefallen zu tun) — mechanische Bewegung.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          a) Bewegung eines <emph>einzelnen</emph> Körpers existiert nicht ; relativ
                          gesprochen kann jedoch der <emph>Fall</emph> als ein solcher gelten. Die
                          Bewegung nach einem, vielen Körpern gemeinsamen Mittelpunkt. Sobald aber der
                          Einzelkörper in einer <emph>andern</emph> Richtung als nach dem Zentrum sich
                          bewegen soll, fällt er zwar noch immer unter die Gesetze der <emph>Fall</emph>
                          bewegung, aber diese modifizieren sich <note xml:id="Schorlemmer2de" place="bottom">
                            Randbemerkung von Carl Schorlemmer : Ganz richtig !
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          b) in Gesetze der Flugbahn und führen direkt auf die Wechselbewegung mehrerer
                          Körper — planetarische etc. Bewegung, Astronomie, Gleichgewicht —, temporär
                          oder scheinbar in die Bewegung selbst. Das <emph>wirkliche</emph> Resultat
                          dieser Bewegungsart ist aber schließlich immer — der <emph>Kontakt</emph> der
                          sich bewegenden Körper, sie fallen ineinander.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          c) Mechanik des Kontakts — sich berührende Körper. Gewöhnliche Mechanik, Hebel,
                          schiefe Ebene etc. Aber der Kontakt erschöpft hiermit seine <pb n="81"/><emph>
                          Wirkungen</emph> nicht. Er äußert sich unmittelbar in zwei Formen : Reibung
                          und Stoß. Beide haben die Eigenschaft, daß sie bei bestimmtem Intensitätsgrad
                          und unter bestimmten Umständen <emph>neue</emph>, nicht mehr bloß mechanische
                          Wirkungen erzeugen : <emph>Wärme</emph>, <emph>Licht</emph>, <emph>Elektrizität
                          </emph>, <emph>Magnetismus</emph>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          2. <emph>Eigentliche Physik</emph>, Wissenschaft dieser Bewegungsformen, die
                          nach Untersuchung jeder einzelnen feststellt, daß sie unter bestimmten
                          Bedingungen <emph>ineinander übergehn</emph>, und schließlich findet, daß sie
                          alle bei bestimmtem Intensitätsgrad, der nach den verschiednen bewegten
                          Körpern wechselt, Wirkungen hervorbringen, die über die Physik übergreifen,
                          Veränderungen der innern Struktur der Körper — <emph>chemische</emph> Wirkungen.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          3. <emph>Chemie</emph>. Für die Untersuchung der frühern Bewegungsformen war
                          es mehr oder minder gleichgiltig, ob sie an belebten oder unbelebten Körpern
                          gemacht wurden. Die unbelebten zeigten sogar die Phänomene in ihrer größten
                          <emph>Reinheit</emph>. Die Chemie dagegen kann die chemische Natur der
                          wichtigsten Körper nur an Stoffen erkennen, die aus dem Lebensprozeß
                          hervorgegangen sind ; ihre Hauptaufgabe wird mehr und mehr, diese Stoffe
                          künstlich herzustellen. Sie bildet den Übergang zur Wissenschaft des Organismus,
                          aber der dialektische Übergang ist erst dann herzustellen, wenn die Chemie den
                          wirklichen entweder gemacht hat oder auf dem Sprung steht, ihn zu machen. <note xml:id="Schorlemmer3de" place="bottom">
                            Randbemerkung von Carl Schorlemmer: That’s the point ! (Das ist das Wesen !)
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          4. Organismus — hier lasse ich mich vorläufig auf keine Dialektik ein. <note xml:id="Schorlemmer4de" place="bottom">
                            Randbemerkung von Carl Schorlemmer: Ich auch nicht. C . S
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Da Du dort im Zentrum der Naturwissenschaften sitzest, so wirst Du am besten
                          imstande sein zu beurteilen, was daran ist.
                        </p>
                        <p rend="rightalign">
                          Dein<lb/>F. E.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Wenn Ihr glaubt, daß was an der Sache ist, so sprecht nicht davon, damit mir
                          nicht irgendein lausiger Engländer die Sache stiehlt, das Verarbeiten wird
                          immer noch viel Zeit erfordern.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 33:80-81.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 33.1%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p>
                          30 mai 1873.
                        </p>
                        <p>
                          Cher Maure,
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Voici les idées dialectiques qui me sont venues ce matin au lit sur les
                          sciences de la nature :
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Objet de la science de la nature : la matière en mouvement, les corps. Les
                          corps sont inséparables du mouvement ; leurs formes et leurs espèces ne se
                          reconnaissent qu’en lui ; il n’y a rien à dire des corps en dehors du mouvement,
                          en dehors de toute relation avec d’autres corps. Ce n’est que dans le mouvement
                          que le corps montre ce qu’il est. La science de la nature connaît donc les
                          corps en les considérant dans leur rapport réciproque, dans le mouvement. La
                          connaissance des diverses formes du mouvement est la connaissance des corps.
                          L’étude des différentes formes du mouvement est donc l’objet essentiel de la
                          science de la nature <note xml:id="Schorlemmer1" place="bottom">En marge, remarque de Schorlemmer :
                            Très bien, tout à fait mon opinion. C. S.
                          </note>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          1. La forme du mouvement la plus simple est le changement de <emph>lieu</emph>
                          (dans le temps, pour faire plaisir au vieil Hegel) : le mouvement <emph>
                          mécanique</emph>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          a) Le mouvement d’un corps <emph>isolé</emph> n’existe pas ; à parler
                          relativement, la <emph>chute</emph> peut cependant en faire figure. Mouvement
                          vers un centre unique, commun à de nombreux corps. Cependant, dès que le
                          mouvement d’un corps doit s’effectuer dans une direction <emph>autre</emph>
                          que celle du centre, s’il est vrai que ce corps tombe toujours sous les lois
                          de la <emph>chute</emph>, celles-ci se modifient <note xml:id="Schorlemmer2" place="bottom">
                            Remarque de Schorlemmer : Très juste !
                          </note>
                          et…
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          b) deviennent des lois de la trajectoire, qui mènent directement au mouvement
                          réciproque de plusieurs corps — mouvement planétaire, etc., astronomie,
                          équilibre —, deviennent, temporairement ou apparemment, le mouvement lui-même.
                          Mais, en fin de compte, le résultat <emph>réel</emph> de ce genre de mouvement
                          est toujours… le <emph>contact</emph> des corps en mouvement : ils tombent
                          l’un sur l’autre [<emph>ineinander</emph>].
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          c) Mécanique du contact — corps en contact. Mécanique courante, levier, plan
                          incliné, etc. Mais <emph>le contact n’épuise pas par là ses effets</emph>. Il
                          se manifeste directement sous deux formes : frottement et choc. Tous deux ont
                          la propriété de produire, passé un certain degré d’intensité déterminé et dans
                          des conditions déterminées, des effets <emph>nouveaux</emph> qui ne sont plus
                          purement mécaniques : <emph>chaleur</emph>, <emph>lumière</emph>, <emph>
                          électricité</emph>, <emph>magnétisme</emph>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          2. <emph>La physique proprement dite</emph>, science de ces formes du mouvement
                          qui, après l’étude de chacun d’eux, constate que, sous certaines conditions,
                          <emph>ils se convertissent l’un en l’autre</emph> et qui trouve en fin de
                          compte que tous, à un degré d’intensité déterminé, variable selon les corps en
                          mouvement, produisent des effets qui dépassent le domaine de la physique, des
                          modifications de la structure interne des corps : des effets  <emph>chimiques
                          </emph>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          3. <emph>La chimie</emph>. Pour l’étude des formes précédentes du mouvement,
                          il était plus ou moins indifférent qu’ils s’opèrent sur des corps vivants ou
                          inertes. Les corps inertes faisaient même apparaître les phénomènes dans leur
                          <emph>pureté</emph> la plus grande. Par contre, la chimie ne peut connaître la
                          nature chimique des corps les plus importants que sur des substances issues du
                          processus de la vie ; sa tâche principale devient de plus en plus de fabriquer
                          artificiellement ces substances. Elle est le passage à la science de
                          l’organisme, mais le passage dialectique ne pourra être réalisé que lorsque la
                          chimie aura effectué le passage réel ou sera sur le point de le faire <note xml:id="Schorlemmer3" place="bottom">
                            Remarque en marge de Schorlemmer : <foreign xml:lang="en">That’s the point !
                            </foreign>
                          </note>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          4. L’organisme. Sur ce point, je ne me hasarderai pour l’instant à aucune
                          dialectique <note xml:id="Schorlemmer4" place="bottom">Remarque en marge de Schorlemmer : Moi
                            non plus. C.S.
                          </note>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Comme tu te trouves là-bas au centre des sciences de la nature, c’est toi qui
                          seras le mieux à même de juger ce que cela vaut.
                        </p>
                        <p rend="rightalign">
                          Ton F. E.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Si vous croyez que cela vaut quelque chose, n’en parlez pas afin d’éviter que
                          quelque diable d’Anglais ne me vole pas la chose. L’élaboration demandera
                          encore beaucoup de temps.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <!-- <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea"></p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <floatingText>
                      <body>
                        <p>
                          [London,] 30 May 1873
                        </p>
                        <p>
                          Dear Moor,
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          In bed this morning the following dialectical points about the natural sciences
                          came into my head:
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          The object of science: matter in motion, bodies. Bodies cannot
                          be separated from motion, their forms and kinds can only be
                          apprehended in motion; nothing can be said about bodies
                          divorced from motion, divorced from all relation to other bodies.
                          Only in motion does the body reveal what it is. Hence natural
                          science obtains knowledge about bodies by examining them in
                          their relationship to each other, in motion. Cognition of the
                          various forms of motion is cognition of bodies. The investigation
                          of these various forms of motion is therefore the chief object of
                          the natural sciences.<note xml:id="Schorlemmer-en1" place="bottom">
                            Marginal note by Carl Schorlemmer: ‘Very good; my own view. C. S.’
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          1. The simplest form of motion is change of <emph>place</emph>
                          (within time, to do old Hegel a favour)
                          — <emph>mechanical</emph> motion.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          a) There is no such thing as the motion of a <emph>single</emph> body,
                          but relatively speaking one can talk of a <emph>falling</emph> body in such terms.
                          Motion towards a centre common to many bodies.
                          However, as soon as a single body moves in a direction <emph>other</emph> than towards the centre,
                          the laws of <emph>falling</emph> still apply, it is true,
                          but they are modified.<note xml:id="Schorlemmer-en2" place="bottom">
                            Marginal note by Carl Schorlemmer: ‘Quite right.’
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          b) into the laws of trajectories and lead directly to the interaction of several bodies
                          — planetary, etc., motion, astronomy, equilibrium — temporarily or apparently to motion itself.
                          The <emph>real</emph> result of this kind of motion, however,
                          is ultimately always the <emph>contact</emph> of the moving bodies;
                          they fall into one another.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          c) Mechanics of contact — bodies in contact.
                          Ordinary mechanics, levers, inclined planes, etc.
                          But <emph>this does not exhaust the effects of contact</emph>.
                          Contact is manifested directly in two forms: friction and impact.
                          It is a characteristic of both that, at certain degrees of intensity and under certain conditions,
                          they give rise to <emph>new</emph> effects, no longer of a merely mechanical nature:
                          <emph>heat</emph>, <emph>light</emph>, <emph>electricity</emph>, <emph>magnetism</emph>.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          2. <emph>Physics proper</emph>, the science of these forms of motion,
                          establishes the fact, after investigating each form of motion separately,
                          that they <emph>merge into one another</emph> under certain conditions,
                          and ultimately discovers that given a certain degree of intensity, which varies for different moving bodies,
                          they all produce effects that transcend physics;
                          changes in the internal structure of bodies — <emph>chemical</emph> effects.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          3. <emph>Chemistry</emph>. In the case of the preceding forms of motion
                          it was more or less immaterial whether the bodies under investigation were animate or inanimate.
                          In fact inanimate objects revealed the nature of the phenomena involved in their greatest <emph>purity</emph>.
                          Chemistry, on the other hand, can only discover the chemical nature of the most important bodies
                          by using substances deriving from the life process.
                          Its principal task is increasingly that of producing these substances synthetically.
                          It forms the transition to the science of organisms,
                          but the dialectical point of transition can only be constructed
                          when chemistry has effected the real transition or is on the point of doing so.<note xml:id="Schorlemmer-en3" place="bottom">
                            Marginal note by Carl Schorlemmer in English: ‘That’s the point!’
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          4. Organism — for the present
                          I shall not indulge in any dialectical speculations on the subject.<note xml:id="Schorlemmer-en4" place="bottom">
                            Marginal note by Carl Schorlemmer: ‘Nor shall I. C. S.’
                          </note>
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Since you are at the very centre of the natural sciences there,
                          you will be in the best position to judge whether there is anything in it or not.
                        </p>
                        <p rend="rightalign">
                          Your
                          <lb/>F. E.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          If you think I am on to something, don’t tell anyone about it
                          lest some rotten Englishman or other makes off with it.
                          Working it all out will take a long time yet.
                        </p>
                      </body>
                    </floatingText>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 44:500-504.
                    Aussi en
                    <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1873/letters/73_05_30.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              Je suppose que la « chute » veut dire la gravitation.
              Je ne comprends pas comment on peut parler de chute d’un corps isolé.
              Curieux que la chute se fasse vers un « centre » comme pour Aristote. Hegel serait-il aristotélicien ?
              (Mais c’est peut-être la considération que dans les faits il y a souvent quelque centre.)
              Ou bien les remarques sur Kepler voudraient-elles dire qu’Engels ne connaît pas la gravitation de Newton ?
              Il faut ajouter d’autres mouvements à la « chute » pour parler de trajectoire !
              Est-ce qu’aucune loi ne règle la trajectoire d’un corps en chute
              ou est-ce que, tombant vers le centre, sa trajectoire est une droite,
              qui, pour Engels, ne serait pas une courbe et pas non plus une trajectoire ?
              Pourquoi faut-il enfin qu’ils tombent toujours <foreign xml:lang="de">ineinander</foreign> ?
              Il y a aussi des forces de répulsion.
              Il ne dit pas quelle sorte d’ « intensité » fait passer de la physique à la chimie.
              Il y a là une intuition peut-être intéressante, mais naïve dans son expression.
            </p>
            <p rend="alinea">
              À la fin du 3 et au 4, il réserve son jugement parce que la dialectique doit être soumise à la science.
              (Ici ce sont des réflexions brutes, comme elles lui viennent en se réveillant un matin.
              En essayant de les développer dans la <ref target="#dialnat"><title>Dialectique de la nature</title></ref>,
              il va prendre conscience des difficultés et peut-être aussi, dans une certaine mesure, prendre conscience de ce qu’il s’engage dans une impasse.
              Voir ma <ref target="#DMdialectique">tentative de synthèse sur la dialectique</ref>.)
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1873-05-31Engels" type="level2_document">
            <head>
              Marx à Engels<seg rend="invisible">, le 31 mai 1873</seg>
            </head>
            <bibl>
              Marx an Engels in London, [Manchester] 25, Dover Street, 31. Mai 1873,
              MEW 33, S. 82-84.
            </bibl>
            <bibl>
              Marx to Engels in London, [Manchester,] 31 May 1873, 25 Dover Street,
              MECW 44, p. 504-506.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Je ne cite que le premier et le dernier alinéa de la lettre,
              les seuls où Marx répond à la <ref target="#Engelslettre1873-05-30Marx">lettre d’Engels de la veille</ref> sur la dialectique et la science.
              Les autorités que Marx voudrait consulter avant de répondre plus longuement,
              ce sont Moore et Schorlemmer.
              Il mentionne cependant à la fin un avis provisoire de Schorlemmer
              à qui il a montré la lettre d’Engels
              (où Schorlemmer a mis, on l'a vu, ses annotations marginales).
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Dear Fred,
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Soeben Deinen Brief erhalten, der mich sehr erbaut hat.
                      Jedoch will ich kein Urteil wagen, bevor ich Zeit gehabt,
                      über die Sache nachzudenken und zugleich die „Autoritäten“ zu konsultieren.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Schorlemmer, nach Durchlesen Deines Briefs,
                      erklärt sich im wesentlichen ganz mit Dir einverstanden,
                      hält sich aber auch das Nähere vor.
                      My compliments to Mrs. Lizzy.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dein K.M.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Dear Fred,
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Have just received your letter which edified me greatly.
                      However, I shall venture no judgment until I have had time
                      to reflect on the matter and consult the ‘authorities’.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Schorlemmer read you letter and says that
                      he is essentially in agreement with you
                      but reserves his judgment on points of detail.
                      My compliments to Mrs. Lizzy.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Your K. M.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Marxlettre1873-12-07Engels" type="level2_document">
            <head>
              Marx à Engels<seg rend="invisible">, le 7 décembre 1873</seg>
            </head>

            <p rend="invisible">
              <index><term>César  De Paepe, Das Kapital</term></index>
              <index><term>De Paepe, César, Das Kapital</term></index>
            </p>

            <bibl rend="publie">
              49. Marx an Engels in London, [Harrogate] 7. Dez. 73, <title>Werke</title> 33,
              S. 99-100.
            </bibl>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34.3%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      In der <title>Inhaltsanzeige</title> des magnum opus [*] von De Paepe
                      figuriert als Hauptabschnitt des 2.Buchs, données physiologiques :
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            „Analyse de la Force de Travail et Conditions Physiologiques de son existence“.
                                1. Théorie de Karl Marx sur <term>la force de travail</term>, le travail nécessaire et le surtravail.
                                — Haute portée économique et sociale de cette théorie ;
                                2. Analyse physiologique de ce que Marx appelle <term>force de travail</term> ou <term>force ouvrière</term>.
                                — Que cette force est formée de trois principaux éléments : force nerveuse, force musculaire, force sensorielle.
                          </p>
                        </quote>
                      </cit>
                      Du siehst, wie er damit Gelegenheit gewinnt, sich ins medizinische Gebiet zu werfen.
                      Der Abschnitt endet :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            14. Comment les données physiologiques qui précèdent vont nous permettre
                                de déterminer aussi rigoureusement que possible <term>la valeur</term> de la force de travail
                                <emph>base de toute valeur d’échange</emph> et fondement de toute science économique.
                          </p>
                        </quote>
                      </cit>
                      Dies letzte klingt nach Mißverständnis.
                      Dann kommt die Bevölkerungstheorie unter dem Titel:
                      „Données fournies par l’étude des fonctions de reproduction.“
                      Ich sehe aus dem Verzeichnis, daß er von wegen des Zögerns der französischen Übersetzung des „Kapitals“
                      das dort Gelieferte nicht kennt und daher in keiner Weise sich aneignen konnte.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      [*] Im November/Dezember 1873 kündigte „L’Internationale“, Brüssel, das Erscheinen eines Buches von César De Paepe an.
                      Marx zitiert aus der Inhaltsanzeige des 2. Bandes, die am 23. und 30. November 1873 in „L’Internationale“ veröffentlicht wurde.
                      (Das Buch ist nicht erschienen.)
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MEW 33:99-100
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 33.7%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                  <p rend="alinea">
                      Dans la <title>table des matières</title> du <foreign xml:lang="la">magnum opus</foreign> de De Paepe [*]
                      on lit, pour le chapitre principal du 2<hi rend="ordinal">e</hi> tome, données physiologiques :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            « Analyse de la Force de Travail et Conditions Physiologiques de son existence ».
                                1. Théorie de Karl Marx sur la <term>force de travail</term>, le travail nécessaire et le surtravail.
                                — Haute portée économique et sociale de cette théorie ;
                                2. Analyse physiologique de ce que Marx appelle <term>force de travail</term> ou <term>force ouvrière</term>.
                                — Que cette forte est formée de trois principaux éléments : force nerveuse, force musculaire, force sensorielle.
                          </p>
                        </quote>
                      </cit>
                      Tu vois comment il trouve là l’occasion de se lancer dans le domaine médical.
                      Le chapitre se termine ainsi :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                            14. Comment les données physiologiques qui précèdent vont nous permettre
                                de déterminer aussi rigoureusement que possible <term>la valeur</term> de la force de travail
                                <emph>base de toute valeur d’échange</emph> et fondement de toute science économique.
                          </p>
                        </quote>
                      </cit>
                      Ce dernier passage semble indiquer un malentendu.
                      Vient ensuite la théorie de la population sous le titre de :
                      « Données fournies par l’étude des fonctions de reproduction ».
                      Je déduis de la Table des matières qu’en raison des retards de la traduction française du <title>Capital</title>,
                      il ne connait pas ce qui y est exposé et qu’il n’a donc pas pu l’assimiler du tout.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      [*] <title>L’Internationale</title> publia, les 23 et 30 novembre 1873, la table des matières d’un livre à paraitre de De Paepe.
                      Le livre n’a jamais paru.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Marx, Engels, Correspondance, tome XII, p. 335.
                  </bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The <title>table of contents</title> of De Paepe’s planned <foreign xml:lang="la">magnum opus</foreign> [*] features,
                      as the main section of Book 2, <title>données physiologiques</title> :
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          ‘Analysis of Labour Power and Physiological Conditions of Its Existence.’
                          1. Karl Marx’s theory of <term>labour power</term>, necessary labour and surplus labour.
                          —The great economic and social significance of this theory;
                          2. Physiological analysis of what Marx calls <term>labour power</term> or the <term>power of the labourer</term>.
                          —This force comprises three principal elements: the power of the nerves, the power of the muscles, the power of the senses.
                        </p>
                      </quote>
                    </cit>
                      You see how he thus takes the opportunity to enter medical territory.
                      The section ends:
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <cit>
                        <quote>
                          <p rend="alinea">
                          14. How the foregoing physiological data enable us to determine, as precisely as possible,
                          the value of labour power as the basis of all exchange value and the foundation of all economic science.
                          </p>
                        </quote>
                      </cit>
                      The last sounds like a misunderstanding.
                      Then comes the theory of population under the heading:
                      ‘Data furnished by the study of the functions of reproduction.’
                      I see from the table of contents that because of the delays in publishing the French translation of <title>Capital</title>,
                      he is unfamiliar with what has been done there and hence has been unable to appropriate it in any way.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      [*] <title>L’Internationale</title>, n<hi rend="ordinal">os</hi> 254, 255 and 257, 23 and 30 November and 14 December 1873.
                      (De Paepe’s work was not published.)
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 44:546-547.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Où l’on voit que César De Paepe faisait des efforts pour populariser les idées du <title>Capital</title>,
              mais ne l’avait pas toujours bien compris.
              Marx semble penser que De Paepe
              (qui avait <ref target="#Marxlettre1868-04-11Laura">reçu très tôt de Marx un exemplaire</ref>)
              ne maîtrisait pas suffisamment l’allemand.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="AddPrefGuerrePaysans">
            <head>
              Addendum à la préface à <title>La guerre des paysans en Allemagne</title>
              <seg rend="invisible">(Engels 1874)</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Écrit le 1<hi rend="ordinal">er</hi> juillet 1874.
              <title>La guerre des paysans en Allemagne</title> est de 1850.
              Cet ouvrage a été réédité en 1870 avec une préface.
              Il est réédité encore en 1875 avec, à la préface,
              une addition datée Londres, 1<hi rend="ordinal">er</hi> juillet 1874, dont question ici.
              En ligne <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850a.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1850/00/fe1850a.htm</ref>
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <title>Der deutsche Bauernkrieg</title>,
              Dritter Abdruck, Verlag der Genossenschaftsbuchdruckerei, Leipzig, 1875.
              <title>Der deutsche Bauernkrieg</title> et sa préface sont publiés dans le vol. 7 des <title>MEW</title>.
              L’addendum de 1874 commence p. 537.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              La préface est publiée dans Marx et Engels,
              <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>,
              Éditions du Progrès, Moscou, s.d., tome 1, p. 683-698.
              L’addendum de 1874 commence p. 692.
            </bibl>

            <p rend="invisible">
              <index><term>socialisme scientifique, allemand</term></index>
              <index><term>théorie, importance de la — révolutionnaire</term></index>
            </p>

            <p rend="alinea">
              Le passage qui suit sur l’importance de la théorie est
              <ref target="#Len5QueFaire">cité par Lénine dans <title>Que Faire ?</title></ref>.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26.3%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="MEWband7p541" n="541"/>Die deutschen Arbeiter haben vor denen des
                      übrigen Europas zwei wesentliche Vorteile voraus. Erstens, daß sie dem
                      theoretischsten Volk Europas angehören und daß sie sich den theoretischen Sinn
                      bewahrt haben, der den sogenannten „Gebildeten“ Deutschlands so gänzlich
                      abhanden gekommen ist. Ohne Vorausgang der deutschen Philosophie, namentlich
                      Hegels, wäre der deutsche wissenschaftliche Sozialismus — der einzige
                      wissenschaftliche Sozialismus, der je existiert hat—  nie zustande gekommen.
                      Ohne theoretischen Sinn unter den Arbeitern wäre dieser wissenschaftliche
                      Sozialismus nie so sehr in ihr Fleisch und Blut übergegangen, wie dies der
                      Fall ist. Und welch ein unermeßlicher Vorzug dies ist, zeigt sich einerseits
                      an der Gleichgültigkeit gegen alle Theorie, die eine der Hauptursachen ist,
                      weshalb die englische Arbeiterbewegung, trotz aller ausgezeichneten
                      Organisation der einzelnen Gewerke, so langsam vom Flecke kommt, und
                      andererseits an dem Unfug und der Verwirrung, die der Proudhonismus in seiner
                      ursprünglichen Gestalt bei Franzosen und Belgiern, in seiner durch Bakunin
                      weiter karikierten Form bei Spaniern und Italienern angerichtet hat.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Der zweite Vorteil ist der, daß die Deutschen in der Arbeiterbewegung der
                      Zeit nach ziemlich zuletzt gekommen sind. Wie der deutsche theoretische
                      Sozialismus nie vergessen wird, daß er auf den Schultern Saint-Simons,
                      Fouriers und Owens steht, dreier Männer, die bei aller Phantasterei und bei
                      allem Utopismus zu den bedeutendsten Köpfen aller Zeiten gehören und zahllose
                      Dinge genial antizipierten, deren Richtigkeit wir jetzt wissenschaftlich
                      nachweisen — so darf die deutsche praktische Arbeiterbewegung nie vergessen,
                      daß sie auf den Schultern der englischen und französischen Bewegung sich
                      entwickelt hat, ihre teuer erkauften Erfahrungen sich einfach zunutze machen,
                      ihre damals meist unvermeidlichen Fehler jetzt vermeiden konnte. Ohne den
                      Vorgang der englischen Trade-Unions und der französischen politischen
                      Arbeiterkämpfe, ohne den riesenhaften Anstoß, den namentlich die Pariser
                      Kommune gegeben, wo wären wir jetzt ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Man muß den deutschen Arbeitern nachsagen, daß sie die Vorteile ihrer Lage mit
                      seltnem Verständnis ausgebeutet haben. Zum erstenmal, seit eine
                      Arbeiterbewegung besteht, wird der Kampf nach seinen drei Seiten hin — nach
                      der theoretischen, der politischen und der praktisch-ökonomischen (Widerstand
                      gegen die Kapitalisten) — im Einklang und Zusammenhang und planmäßig geführt.
                      In diesem sozusagen konzentrischen Angriffe liegt gerade die Stärke und
                      Unbesiegbarkeit der deutschen Bewegung.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Einerseits durch diese ihre vorteilhafte Stellung, andererseits durch die
                      insularen Eigentümlichkeiten der englischen und die gewaltsame Niederhaltung
                      der französischen Bewegung sind die deutschen Arbeiter für den Augenblick
                      <pb n="542"/>in die Vorhut des proletarischen Kampfes gestellt worden. Wie
                      lange die Ereignisse ihnen diesen Ehrenposten lassen werden, läßt sich nicht
                      vorhersagen. Aber solange sie ihn einnehmen, werden sie ihn hoffentlich so
                      ausfüllen, wie es sich gebührt. Dazu gehören verdoppelte Anstrengungen auf
                      jedem Gebiet des Kampfes und der Agitation. Es wird namentlich die Pflicht
                      der Führer sein, sich über alle theoretischen Fragen mehr und mehr aufzuklären,
                      sich mehr und mehr von dem Einfluß überkommener, der alten Weltanschauung
                      angehöriger Phrasen zu befreien und stets im Auge zu behalten, daß der
                      Sozialismus, seitdem er eine Wissenschaft geworden, auch wie eine Wissenschaft
                      betrieben, d. h. studiert werden will. Es wird darauf ankommen, die so
                      gewonnene, immer mehr geklärte Einsicht unter den Arbeitermassen mit
                      gesteigertem Eifer zu verbreiten, die Organisation der Partei wie der
                      Gewerksgenossenschaften immer fester zusammenzuschließen. […] Wenn die
                      deutschen Arbeiter so vorangehen, so werden sie nicht gerade an der Spitze der
                      Bewegung marschieren — es ist gar nicht im Interesse dieser Be wegung, daß die
                      Arbeiter irgendeiner einzelnen Nation an ihrer Spitze marschieren — , aber
                      doch einen ehrenvollen Platz in der Schlachtlinie einnehmen ; und sie werden
                      gerüstet dastehen, wenn entweder unerwartet schwere Prüfungen oder gewaltige
                      Ereignisse von ihnen erhöhten Mut, erhöhte Entschlossenheit und Tatkraft
                      erheischen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 24.4%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb n="696 ⅓"/>Les ouvriers allemands ont, sur ceux du reste de l’Europe, deux
                      avantages essentiels. Premièrement, ils appartiennent au peuple le plus
                      théoricien de l’Europe ; de plus, ils ont conservé le sens théorique qui a si
                      complètement disparu dans les classes soi-disant « cultivées » de l’Allemagne.
                      S’il n’y avait pas eu précédemment la philosophie allemande, notamment celle
                      de Hegel, le socialisme scientifique allemand — le seul socialisme scientifique
                      qui ait jamais existé — n’eût jamais été fondé. Sans le sens théorique des
                      ouvriers, ils ne se seraient jamais assimilé ce socialisme scientifique au
                      point où ils l’ont fait. Et ce qui prouve quel avantage infini c’est là,
                      c’est, d’une part, l’indifférence à l’égard de toute théorie, une des causes
                      principales du peu de progrès du mouvement ouvrier anglais, malgré l’excellente
                      organisation des divers corps de métier, et, d’autre part, <pb n="697"/>le
                      trouble et la confusion provoqués par le proudhonisme, dans sa forme initiale,
                      chez les Français et les Belges ; dans sa forme caricaturée, dans la suite,
                      par Bakounine, chez les Espagnols et les Italiens.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Le second avantage c’est que les Allemands sont venus assez tard au mouvement
                      ouvrier, presque les derniers. De même que le socialisme allemand théorique
                      n’oubliera jamais qu’il s’est élevé sur les épaules de Saint-Simon, de Fourier
                      et d’Owen, trois hommes qui, malgré toute la fantaisie et l’utopie de leurs
                      doctrines, comptent parmi les plus grands cerveaux de tous les temps et ont
                      anticipé génialement sur d’innombrables idées dont nous démontrons à présent
                      la justesse scientifiquement, de même le mouvement ouvrier pratique allemand
                      ne doit jamais oublier qu’il s’est développé sur les épaules des mouvements
                      anglais et français, qu’il a pu simplement profiter de leurs expériences
                      chèrement acquises et éviter, à présent, leurs erreurs alors pour la plupart
                      inévitables. Sans le passé des trade-unions anglaises et des luttes politiques
                      ouvrières françaises, sans l’impulsion gigantesque donnée particulièrement par
                      la Commune de Paris, où en serions-nous aujourd’hui ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Il faut reconnaître que les ouvriers allemands ont su profiter des avantages
                      de leur situation avec une rare intelligence. Pour la première fois depuis
                      qu’il y a un mouvement ouvrier, la lutte est menée dans ses trois directions :
                      théorique, politique et économique pratique (résistance contre les capitalistes)
                      avec tant de méthode et de cohésion. C’est dans cette attaque concentrique,
                      pour ainsi dire, qu’est la force invincible du mouvement allemand.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      D’une part, en raison de leur position avantageuse, de l’autre, par suite des
                      particularités insulaires du mouvement anglais et de la violente répression du
                      mouvement français, les ouvriers allemands sont pour le moment placés à
                      l’avant-garde de la lutte prolétarienne. On ne saurait prédire combien de
                      temps les événements leur laisseront ce poste d’honneur. Mais tant qu’ils
                      l’occuperont, ils rempliront leur devoir comme il convient, il faut l’espérer.
                      Pour cela ils devront redoubler d’efforts dans tous les domaines de la lutte
                      et de l’agitation. Ce sera en particulier le devoir des chefs de s’éclairer de
                      plus en plus sur toutes les questions théoriques, de se délivrer de plus en
                      plus de l’influence des phrases traditionnelles, appartenant aux conceptions
                      <pb n="698"/>surannées du monde, et de ne jamais oublier que le socialisme,
                      depuis qu’il est devenu une science, veut être traité, c’est-à-dire étudié,
                      comme une science. La tâche consistera, ensuite, à répandre, avec un zèle
                      accru, parmi les masses ouvrières, les conceptions toujours plus claires,
                      ainsi acquises, et à consolider de plus en plus puissamment l’organisation du
                      parti et celle des syndicats. […] Si les ouvriers allemands continuent à agir
                      ainsi, je ne dis pas qu’ils marcheront à la tête du mouvement — il n’est pas
                      dans l’intérêt du mouvement que les ouvriers d’une seule nation quelconque
                      marchent à sa tête — mais il occuperont une place honorable sur la ligne de
                      combat ; et ils seront armés et prêts lorsque de lourdes épreuves imprévues,
                      ou bien de grands événements exigeront d’eux beaucoup plus de courage, de
                      décision et d’action.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.8%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea">
                      De Duitse arbeiders hebben twee belangrijke voordelen boven die van het overige
                      Europa. Ten eerste dat zij tot het meest theoretische Europese volk behoren en
                      dat zij de zin voor theorie behouden hebben, die de zogenaamde ‘ontwikkelde
                      mensen’ in Duitsland zo volkomen kwijt zijn geraakt. Zonder de Duitse filosofie,
                      in het bijzonder die van Hegel, zou het Duitse wetenschappelijke socialisme
                      — het enige wetenschappelijke socialisme dat er ooit is geweest — nooit tot
                      stand zijn gekomen. Indien de arbeiders geen zin voor theorie hadden bezeten,
                      zou dit wetenschappelijke socialisme hun nooit zozeer tot in hart en nieren
                      zijn doorgedrongen als nu het geval is. En welk een onmetelijkvoordeel dat is,
                      blijkt enerzijds uit de onverschilligheid voor alle theorie, die een van de
                      voornaamste redenen is waarom de Engelse arbeidersbeweging, ondanks de
                      uitstekende organisatie van de afzonderlijke vakverenigingen, zo weinig
                      vooruitgang maakt en anderzijds uit de wanorde en de verwarring, die het
                      proudhonisme in zijn oorspronkelijke gedaante bij Fransen en Belgen en in zijn,
                      door Bakoenin verder tot een karikatuur gemaakte vorm bij Spanjaarden en
                      Italianen heeft gesticht.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Het tweede voordeel is dat de Duitsers in de arbeidersbeweging, wat de tijd
                      betreft tamelijk achteraan zijn gekomen. Zoals het Duitse theoretische
                      socialisme nooit zal vergeten wat het aan Saint-Simon, Fourier en Owen te
                      danken heeft, drie mannen die met al hun fantasterij en utopieën tot de
                      knapste koppen van alle tijden behoren en talloze dingen op geniale wijze
                      vooruitzagen, waarvan wij de juistheid nu aantonen — zo mag de Duitse,
                      praktische arbeidersbeweging nooit vergeten dat zij zich ontwikkeld heeft door
                      op de Engelse en Franse beweging te steunen, dat zij eenvoudig gebruik kon
                      maken van hun duur betaalde ervaringen en hun toentertijd meestal
                      onvermijdelijke fouten nu kon vermijden. Als de Engelse trade-unions en de
                      Franse politieke arbeidersstrijd er niet geweest waren, als vooral de Parijse
                      Commune niet een geweldige stoot voorwaarts gegeven had, waar zouden we dan nu
                      zijn ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Men zal moeten toegeven dat de Duitse arbeiders de voordelen van hun toestand
                      met zeldzaam inzicht hebben uitgebuit. Voor de eerste maal sinds er een
                      arbeidersbeweging bestaat, wordt de strijd naar drie kanten — de theoretische,
                      de politieke en de praktisch-economische (verzet tegen de kapitalisten) — in
                      eensgezindheid en samenhang en volgens plan gevoerd. In deze om zo te zeggen
                      concentrische aanvallen liggen juist de kracht en de onoverwinnelijkheid van
                      de Duitse beweging.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Enerzijds door hun hierboven uiteengezette voordelige positie, anderzijds door
                      de eigenaardigheden van de Engelsen als eilandbewoners en het met geweld
                      onderdrukken van de Franse beweging, zijn de Duitse arbeiders op het ogenblik
                      in de voorhoede van de proletarische strijd komen te staan. Hoe lang de
                      gebeurtenissen hen op deze erepost zullen laten, kan men niet voorspellen.
                      Maar zolang zij deze post innemen zullen zij, hopen wij, hun plicht doen zoals
                      het behoort. Daarvoor is een verdubbelde inspanning nodig op ieder gebied van
                      de strijd en de propaganda. Het zal vooral de plicht van de leiders zijn, zich
                      voortdurend beter op de hoogte te stellen van alle theoretische kwesties, zich
                      meer en meer los te maken van de invloed van verouderde, tot de vroegere
                      wereldbeschouwing behorende frases en voortdurend in het oog te houden dat het
                      socialisme, nu het een wetenschap is geworden, ook als wetenschap behandeld,
                      d.w.z. bestudeerd wil worden. Het zal er op aankomen het op deze wijze
                      verworven, steeds helderder wordende inzicht met nog meer ijver onder de
                      arbeidersmassa’s te verbreiden en de organisatie, zowel van de partij als van
                      de vakverenigingen, steeds nauwer te laten samengaan. […] Als de Duitse
                      arbeiders zo vooraangaan, zullen zij weliswaar niet aan de spits van de
                      beweging marcheren — het is helemaal niet in het belang van deze beweging dat
                      de arbeiders van een bepaalde natie aan haar spits marcheren — maar zij zullen
                      toch een eervolle plaats in de voorhoede innemen; zij zullen gewapend klaar
                      staan wanneer óf onverwacht zware beproevingen óf geweldige gebeurtenissen nog
                      meer moed, nog meer vastberadenheid en energie van hen eisen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1850/boerenoorlog/index.htm#b2">Marxistisch Internet Archief</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      The German workers have two important advantages over those of the rest of
                      Europe. First, they belong to the most theoretical people of Europe,
                      and have retained the sense of theory which the so-called “educated” classes
                      of Germany have almost completely lost. Without German philosophy, particularly that of
                      Hegel, German scientific Socialism — the only scientific Socialism that has ever existed —
                      would never have come into being. Without the workers’ sense of theory this scientific
                      Socialism would never have entered their flesh and blood a much as is the case. What an
                      incalculable advantage this is may be seen, on the one hand, from the indifference to theory
                      which is one of the main reasons why the English working-class movement crawls along
                      so slowly in spite of the splendid organisation of the individual trades,
                      and on the other hand, from the mischief and confusion wrought by
                      Proudhonism in its original form among the French and Belgians and in the form
                      further caricatured by Bakunin among the Spaniards and Italians.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      The second advantage is that, chronologically speaking, the
                      Germans were about the last to come into the workers’ movement.
                      Just as German theoretical socialism will never forget that it rests
                      on the shoulders of Saint-Simon, Fourier and Owen — three men
                      who, in spite of all their fantastic notions and all their utopianism,
                      stand among the most eminent thinkers of all time and whose
                      genius anticipated in numerable things the correctness of which is
                      now being scientifically proved by us — so the practical workers’
                      movement in Germany ought never to forget that it developed on
                      the shoulders of the English and French movements, that it was
                      able simply to utilise their dearly paid experience and could now
                      avoid their mistakes, which were then mostly unavoidable. Where
                      would we be now without the precedent of the English <hi rend="petitescapitales">trade unions</hi>
                      and French workers’ political struggles, and especially without the
                      gigantic impulse of the Paris Commune ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      It must be said to the credit of the German workers that they
                      have exploited the advantages of their situation with rare
                      understanding. For the first time since a workers’ movement has
                      existed, the struggle is being waged pursuant to its three
                      sides — the theoretical, the political and the economico-practical
                      (resistance to the capitalists) — in harmony and in its interconnections,
                      and in a systematic way. It is precisely in this, as it were concentric,
                      attack that the strength and invincibility of the German movement lies.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Due to this advantageous situation, on the one hand, and to the
                      insular peculiarities of the English and the forcible suppression of
                      the French movement, on the other, the German workers stand
                      for the moment in the vanguard of the proletarian struggle. How
                      long events will allow them to occupy this place of honour, cannot
                      be foretold. But let us hope that as long as they occupy it they will
                      fill it fittingly. This demands redoubled efforts in every field of
                      struggle and agitation. In particular, it will be the duty of the
                      leaders to gain an ever clearer insight into all theoretical questions,
                      to free themselves more and more from the influence of
                      traditional phrases inherited from the old world outlook, and
                      constantly to keep in mind that socialism, since it has become a
                      science, demands that it be pursued as a science, that is, that it be
                      studied. T h e task will be to spread with increased zeal among the
                      masses of workers the ever more lucid understanding thus acquired
                      and to knit together ever more strongly the organisation both of
                      the party and of the trade unions. […]
                      If the German workers
                      progress in this way, they will not be marching exactly at the head
                      of the movement — it is not at all in the interest of this movement
                      that the workers of any particular country should march at its
                      head — but will occupy an honourable place in the battle line ; they
                      will stand armed for battle when either unexpectedly grave trials
                      or momentous events demand of them added courage, added
                      determination and energy.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    MECW 23:630-632.
                    Aussi <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1850/peasant-war-germany/ch0b.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1875-11-12a17Lavrov" type="level2_document">
            <head>
              Friedrich Engels à Piotr Lavrov<seg rend="invisible">, les 12-17 novembre 1875</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Londres, 12-17 novembre 1875. Marx, Engels, <title>Lettres sur les sciences de la
              nature</title>, Éditions sociales, Paris, 1973, lettre 80, p. 83-87. En anglais : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1875/letters/75_11_12.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1875/letters/75_11_12.htm</ref>.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Londres, le 12-17 novembre 1875 [en français dans le texte].
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Enfin de retour d’un voyage en Allemagne, j’arrive à votre article, que je viens
                  de lire avec beaucoup d’intérêt. Voici mes observations y relatives, rédigées en
                  allemand ce qui me permettra d’être plus concis [en français dans le texte].
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>Darwin, évolution</term></index> <index><term>évolution, Darwin</term></index>
                  <index><term>Justus von Liebig, chimie agricole</term></index>
                  <index><term>Liebig, chimie agricole</term></index>
                  <index><term>chimie agricole, Liebig</term></index>
                  <index><term>agriculture, chimie, Liebig</term></index>
                  1. Dans la doctrine de Darwin j’accepte la théorie de l’évolution, mais je
                  n’admets sa méthode de démonstration (<foreign xml:lang="en">struggle for life
                  </foreign>&gt;, <foreign xml:lang="en">natural selection</foreign>) qu’en tant que
                  première expression, provisoire et imparfaite, d’une réalité nouvellement
                  découverte. Jusqu’à Darwin, les gens précisément qui aujourd’hui ne voient partout
                  que <emph>lutte</emph> pour la vie (Vogt, Büchner, Moleschott, entre autres)
                  étaient ceux qui mettaient en avant la conjugaison des forces dans la nature
                  organique, montrant comment la flore fournit à la faune l’oxygène et la nourriture
                  et comment à l’inverse la faune fournit aux plantes acide carbonique et engrais,
                  ainsi que Liebig notamment l’avait souligné. Ces deux conceptions se justifient
                  d’une certaine façon à l’intérieur de certaines limites, mais elles sont tout
                  autant unilatérales et bornées l’une que l’autre. L’action réciproque des corps
                  naturels — morts ou vivants — inclut aussi bien l’harmonie que l’affrontement, la
                  lutte que la conjonction des efforts. C’est pourquoi lorsque quelqu’un qui se
                  prétend savant se permet de subsumer la totalité et la multiplicité de la richesse
                  du développement historique sous la maigre formule unilatérale de « lutte pour la
                  vie », formule qui même dans le domaine de la nature ne peut être acceptée que
                  <foreign xml:lang="latin">cum grano salis</foreign>, il y a là une façon de faire
                  qui se condamne d’elle-même.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  2. Des trois <foreign xml:lang="ru">uběždennyie Darwinisty</foreign> [darwinistes
                  convaincus] que vous citez, seul Hellwald mérite d’être évoqué. Mais Seidlitz
                  n’est, au mieux, qu’une faible lueur, et Robert Byr qu’un romancier dont on publie
                  en ce moment un roman dans <title>Über Land und Meer</title>sous le titre
                  <title>Drei Mal</title>. C’est là d’ailleurs que toute sa rodomontade [en
                  français dans le texte] est à sa place.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  3. […] C’est pourquoi j’attaquerais plutôt — et j’attaquerai peut-être en son
                  temps — ces darwinistes bourgeois de la façon suivante :
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Toute la doctrine darwiniste de la lutte pour la vie est simplement la
                  transposition de la société dans la nature animée, de la doctrine de Hobbes sur le
                  <foreign xml:lang="latin">bellum omnium contra omnes</foreign> et de la doctrine
                  économico-bourgeoise de la concurrence, jointes à la théorie démographique de
                  Malthus. Une fois exécuté ce tour de passe-passe (dont je conteste la légitimité
                  absolue, comme je l’indique dans le point 1., notamment en ce qui concerne la
                  théorie de Malthus), on re-transpose ces mêmes théories de la nature organique
                  dans l’histoire et l’on prétend alors avoir démontré leur validité en tant que
                  lois éternelles de la société humaine. Le caractère enfantin de ce procédé saute
                  aux yeux, pas besoin de gaspiller les mots sur ce sujet. Toutefois, si je voulais
                  aller plus dans le détail, je le ferais de façon à les présenter en premier lieu
                  comme de mauvais <emph>économistes</emph>, et en second lieu seulement comme de
                  mauvais savants [<foreign xml:lang="de">Naturforscher</foreign>] et de mauvais
                  philosophes.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  4. La différence essentielle entre la société humaine et la société animale est
                  que les animaux au mieux <emph>collectent</emph>, tandis que les hommes <emph>
                  produisent</emph>. Cette différence, unique, mais capitale, interdit à elle seule
                  de transposer les lois des sociétés animales purement et simplement dans celles
                  des hommes. […] La production humaine atteint donc à un certain stade un tel degré
                  que sont produits non seulement des besoins nécessaires, mais aussi des plaisirs
                  superflus, bien qu’au départ seulement pour une minorité. La lutte pour la vie
                  — si nous accordons un instant une certaine valeur à cette catégorie — se
                  transforme donc en une lutte pour les plaisirs, non plus pour de simples moyens
                  d’<emph>existence</emph>, mais pour des moyens de <emph>développement</emph>,
                  moyens de développement <emph>produits socialement</emph>, et à ce niveau on ne
                  peut plus appliquer les catégories du règne animal. Mais si maintenant, comme
                  c’est le cas actuellement, la production dans sa forme capitaliste produit une
                  quantité de moyens d’existence et de développement de loin supérieure à ce que la
                  société capitaliste peut consommer parce qu’elle tient artificiellement la grande
                  masse des producteurs réels à distance de ces moyens d’existence et de
                  développement ; si cette société est contrainte par la loi même de sa propre
                  existence à augmenter continuellement cette production déjà trop forte pour elle,
                  et en conséquence est amenée à détruire périodiquement, tous les dix ans, non
                  seulement une masse de produits, mais aussi de forces productives — quel sens peut
                  encore avoir le bavardage sur la « lutte pour la vie » ? La lutte pour la vie ne
                  peut plus alors consister qu’en ceci : que la classe productrice retire la
                  direction de la production et de la répartition des biens des mains de la classe
                  à qui elle était confiée jusqu’à présent, mais qui en est devenue incapable, et
                  cela, c’est précisément la révolution socialiste.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Soit dit en passant, le simple fait de considérer l’histoire passée comme une
                  série de luttes de classes fait apparaître toute l’inconsistance de la conception
                  de cette même histoire en tant que légère variation de la « lutte pour la vie ».
                  […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  5. […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  6. En revanche je ne peux être d’accord avec vous lorsque vous dites que la
                  <foreign xml:lang="ru">borjba vsěch protiv všech</foreign> [lutte de tous contre
                  tous] a été la première phase de l’évolution humaine. À mon avis, l’instinct
                  social [<foreign xml:lang="de-DE">Gesellschaftstrieb</foreign>] à été l’un des
                  leviers les plus essentiels au développement de l’homme à partir du singe. Les
                  premiers hommes ont dû vivre en hordes, et aussi loin que nous pouvons remonter,
                  nous constatons que c’était bien le cas.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  […]
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il y a, du temps où Engels écrit ceci, une confusion entre le niveau de complexité du
              vivant et le niveau, supérieur de plusieurs échelons, de complexité de la société
              humaine. De nombreux intellectuels de l’époque (et encore aujourd’hui), se réclamant
              du darwinisme, prétendent transposer en sciences humaines l’idée de sélection naturelle.
              (Darwin lui-même a sans doute quelques phrases imprudentes dans ce sens.) Engels
              dénonce très bien et avec raison cette imposture.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Cependant, lui-même a lu Darwin quinze ans avant et apparemment ne l’a lu qu’un peu
              superficiellement, ou ne l’a pas bien compris, et en a un peu oublié. Il a tendance à
              voir Darwin à travers sa vulgarisation par les darwinistes sociaux et à jeter Darwin
              avec l’eau du bain. En particulier, il accuse à tort Darwin de faire la transposition
              inverse : d’appliquer à l’évolution des lois formulées à propos des sociétés. Il
              comprend toujours <foreign xml:lang="en">struggle for life</foreign> comme la lutte
              entre les hommes, laquelle est toujours sociale, et son application abusive au vivant
              en général. Il perd de vue que Marx et lui sont d’accord que la première nécessité des
              organismes vivants est de manger pour vivre. C’est une lutte multiforme dans et contre
              un certain environnement, contre les difficultés de la vie, pour réunir une nourriture
              suffisante, et seulement ultérieurement, chez les hommes, dans le cadre de luttes de
              classes. La <foreign xml:lang="en">struggle for life</foreign> de Darwin est cette
              lutte pour la survie en général (seulement partiellement une lutte contre des individu
              ou des espèces concurrents). Engels n’aime pas cette idée parce qu’il la comprend de
              travers et, parce qu’il ne l’aime pas, il ne peut pas la comprendre.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En 1., il fait très bien (comme de Duve) le départ entre les apports scientifiques qui
              fondent le fait de l’évolution (ce qu’il appelle « théorie de l’évolution ») et la
              théorie explicative de l’évolution par la sélection naturelle (ce qu’il appelle « sa
              méthode de démonstration »). Mais tout de suite il accepte la première et rejette la
              seconde comme théorie provisoire appelée à être remplacée le plus vite possible.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En parlant des matérialistes pré-darwiniens, il confond les relations écologiques
              synchroniques évidentes entre les espèces présentes et l’apport nouveau de Darwin pour
              lequel ces relations écologiques déterminent entre les variétés héréditaires une
              sélection qui gouverne la formation des espèces sur le long terme, point de vue
              diachronique. Du fait de sa confusion, au lieu de voir là deux types de considérations
              recevables sur des questions différentes, il n’y voit que deux types de considérations
              opposées (l’équilibre d’un côté et la lutte de l’autre), également « unilatérales et
              bornées », sur la même question.
              <!-- Sur base de sa propre incapacité d’analyse, il se permet de mépriser un
              Darwin « qui se prétend savant » (Darwin est un géant de la science, Engels
              un nain, même s’il est un géant de la politique). De manière générale, Marx
              et Engels considèrent que le « retournement » dialectique comporte qu’on
              mette le monde avant l’idée, donc que la philosophie s’enrichisse des apports
              de la science. Il ne manquent pas de répéter en général ce que la dialectique
              doit à la science. Il est alors irritant de les voir dans le concret
              constamment mépriser et même injurier les plus grands savants de leur époque.
              Que ce soit irritant n’est au fond pas grave. Ce sont des géants de la
              politique ; ce sont des hommes ordinaires, humains trop humains, du
              19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle. L’irritation vient de ce le premier
              aspect fait perdre de vue le second, qui ne retire rien au premier. -->
              Il n’aime pas Darwin, mais j’espère que par « quelqu’un qui se prétend savant », qui
              n’avance qu’une « maigre formule » « qui se condamne d’elle-même », il ne vise pas
              Darwin mais les trois mousquetaires du matérialisme mécaniste prédarwiniens cités plus
              haut, convertis au darwinisme social.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En 3., il est faux que Darwin ne fasse que transposer (i) le <foreign xml:lang="latin">
              bellum omnium contra omnes</foreign> de Hobbes, (ii) la concurrence bourgeoise et
              (iii) la démographie de Malthus. Darwin a dit explicitement qu’il s’opposait à la
              réduction de la <foreign xml:lang="en">struggle for life</foreign> à une <foreign xml:lang="latin">bellum omnium contra omnes</foreign>. Il ne s’agit pas comme on le
              pense trop souvent de la « loi du plus fort » (i), mais de la difficulté de survivre
              assez pour se reproduire dans une nature où on enfante toujours trop pour des
              ressources limitées. La concurrence (ii) n’est qu’un aspect de cette difficulté. Cette
              idée tient par elle-même et ne dépend pas de sa parenté (évidente) avec les
              considérations démographiques de Malthus (iii). Si des darwinistes sociaux allemands
              font la transposition inverse, il ne s’agit pas d’une re-transposition parce que
              Darwin n’a jamais fait la première.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pour le reste dans ce passage et en 4., il condamne avec raison et de manière
              intéressante la transposition abusive de la sélection au domaine de la société. Après
              avoir attaqué Darwin par une lecture tendancieuse de la <foreign xml:lang="en">struggle
              for life</foreign> comme <foreign xml:lang="latin">bellum omnium contra omnes</foreign>,
              il montre qu’il est parfaitement capable de comprendre, quand il veut bien, <foreign xml:lang="en">struggle for life</foreign> comme lutte pour la survie (il était donc de
              mauvaise foi ? — disons que la polémique l’aveuglait) et il parle avec justesse de la
              différence entre « collecte » chez les animaux et « production chez les hommes », dans
              des contradictions sociales qui motivent la révolution.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1876-05-28Marx" type="level2_document">
            <head>
              Friedrich Engels à Karl Marx<seg rend="invisible">, le 28 mai 1876</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Ramsgate, le 28 mai 1876.
              Marx, Engels, <title>Lettres sur les sciences de la nature
              </title>, Éditions sociales, Paris, 1973, lettre 81, p. 88.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                […] Mes répétitions d’histoire ancienne et mes études scientifiques [<foreign xml:lang="de">naturwissenschaftlich</foreign>] me rendent de grands services pour
                le D[ühring] et me facilitent l’affaire à beaucoup d’égards. En particulier dans le
                domaine des sciences de la nature, je trouve que le terrain m’est devenu beaucoup
                plus familier et que, si j’observe toujours une grande prudence, je peux maintenant
                m’y mouvoir avec une certaine liberté et une certaine sûreté. Pour ce travail-ci
                également je commence à entrevoir la fin de mes peines. La chose commence à prendre
                forme dans ma tête : les ballades que je fais ici au bord de la mer, où j’ai pu
                laisser tous les détails me tourner dans la tête, n’y ont pas peu contribué. Dans ce
                domaine immense il est absolument nécessaire d’interrompre de temps à autre le
                travail intensif et planifié, et de ruminer <hi rend="pluspetit">[en français dans
                le texte]</hi> ce qui a déjà été acquis. — Monsieur Helmholtz tourne et retourne
                autour de la chose-en-soi depuis 1853 et il n’y voit pas encore bien clair. Mais
                cela ne gêne pas le bonhomme, qui continue tranquillement à faire réimprimer encore
                maintenant les conneries qu’il avait fait publier avant Darwin […]
                </p>
              </quote>
            </cit>
              <p rend="alinea">
              Il a une telle confiance dans sa « prudence » qu’il a l’imprudence (et l’impudence) de
              faire des considérations injurieuses (« les conneries ») sur Helmholtz, un des plus
              grands savants du 19<hi rend="ordinal">e</hi>, à la fois comme physicien et comme
              physiologiste. Je ne sais pas ce qui dans ses conférences populaires d’avant 1859
              était tellement dépassé dans les années 70 (Engels ne le dit pas), mais ce serait ne
              rien comprendre à l’histoire, à la science et à l’histoire des sciences que de
              reprocher à un grand savant d’être né trop tôt. Helmholtz a fait des contributions
              tellement importantes qu’il est difficile de penser qu’il n’en restait rien de bon
              moins d’un quart de siècle après, du seul fait de la parution entre-temps de l’<title>
              Origine des espèces</title>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Si on regarde (voir l’index des noms) les nombreux sarcasmes d’Engels sur Helmholtz
              dans la <title>Dialectique de la nature</title> (et un dans l’<title>Anti-Dühring
              </title>), on s’aperçoit qu’il n’y a rien sur l’évolution. Cela n’a donc rien à voir
              avec Darwin ou le darwinisme. Darwin n’est ici qu’un banal repère temporel. Helmholtz
              n’est pas dépassé par rapport à Darwin, il est dépassé (et a donc tort de republier
              dans les années 70) parce qu’Engels considère que c’est un « con » et qu’il l’a
              toujours été, avant 1859 comme après. En fait de « conneries », il s’agit de physique
              à laquelle Engels ne comprend rien parce qu’il la voit à travers les lunettes
              (dépassées avant de commencer) de son Hegel.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Engels a manqué de prudence en autoproclamant sa « prudence ». Mais pour la modestie
              (autoproclamée) il ne craint personne. (Je l’aime bien, mais il m’énerve quand il fait
              ça. Je ne dois cependant pas perdre de vue qu’il s’agit d’une lettre privée.)
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Otech-zapiski" type="level2_document">
            <head>
              À l’éditeur des <title>Отечественные записки</title>
              <seg rend="invisible">(Marx, fin novembre 1877)</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              <author>Karl Marx</author>,
              lettre à l’éditeur des <title>Отечественные записки</title> (otétchestvennyïé zapiski, annales de la patrie).
              Marx, Engels, Lénine,
              <title>Sur les sociétés précapitalistes</title>,
              Centre d’études et de recherches marxistes,
              Éditions sociales, 1970, p. 351-352.
              En français, fin novembre 1877,
              à propos de l’article de N. Mikhaïlovski « K. Marx jugé par monsieur I. Joukovski ».
              (Selon la note 26, p. 556 de Lénine, <title>Œuvres</title>, t. 1, note appelée p. 161
              dans <title>Ce que sont les « Amis du peuple »…</title>.)
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1877/11/russia.htm">www.www.marxists.org/archive/marx/works/1877/11/russia.htm</ref>.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              <index><term>histoire, loi de l’—</term></index>
              <index><term>matérialisme historique</term></index>
              <index><term>Mikhaïlovski</term></index>
              <index><term>histoire, on ne fait pas de l’— avec une théorie philosophique</term></index>
              <index><term>philosophie, on ne fait pas de l’histoire avec une théorie philosophique</term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Mais c’est trop peu pour mon critique.
                  Il lui faut absolument métamorphoser mon esquisse historique
                  de la genèse du capitalisme dans l’Europe occidentale
                  en une théorie historico-philosophique de la marche générale,
                  fatalement imposée à tous les peuples,
                  quelles que soient les circonstances historiques où ils se trouvent placés,
                  pour arriver en dernier lieu à cette formation économique qui assure,
                  avec le plus grand essor des pouvoirs productifs du travail social,
                  le développement le plus intégral de l’homme. Mais je lui demande pardon.
                  (C’est me faire, en même temps, trop d’honneur, et trop de honte.)
                  Prenons un exemple.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  [<foreign xml:lang="fr">Expropriation des plébéiens de l’ancienne Rome.
                  Comme en Angleterre plus tard, on en a fait des prolétaires,
                  mais à Rome, ça a donné l’esclavage (et des prolétaires à l’assistance publique), pas le capitalisme.</foreign>]
                  Donc, des événements d’une analogie frappante, mais se passant dans des milieux historiques différents,
                  amenèrent des résultats tout-à-fait disparates.
                  En étudiant chacune de ces évolutions à part, et en les comparant ensuite,
                  l’on trouvera facilement la clef de ce phénomène,
                  mais on n’y arrivera jamais avec le passe-partout d’une théorie historico-philosophique générale,
                  dont la suprême vertu consiste à être supra-historique.
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              C’est à rapprocher de ce que Marx dit de l’économie (par la bouche d’un critique
              interposé) <ref target="#post2all-loisécon">dans la postface de la deuxième édition
              allemande</ref> du Livre I du <title>Capital</title> : qu’il n’y a pas de lois
              générales abstraites, intemporelles.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="MEcircul1879" type="level2_document">
            <head>
              Lettre circulaire à A. Bebel, W. Liebknecht, W. Bracke et autres
              <seg rend="invisible">(Marx, 1879)</seg>
            </head>

            <bibl>
              Marx/Engels an August Bebel, Wilhelm Liebknecht, Wilhelm Bracke u.a. in Leipzig
              (Zirkularbrief). 17./18. September 1879 (Entwurf),
              MEW 34, s. 394-408.
            </bibl>
            <bibl>
              Karl Marx et Friedrich Engels,
              « Lettre circulaire à A. Bebel, W. Liebknecht, W. Bracke et autres ».
              Londres, 17-18 septembre 1879, <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1879/09/kmfe18711123.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1879/09/kmfe18711123.htm</ref>.
              La troisième partie en est donnée dans les <title>Œuvres choisies</title> en deux volumes,
              Éditions du Progrès, Moscou, 1955, volume 2, p. 525-532.
            </bibl>
            <bibl>
              Marx and Engels to August Bebel, Wilhelm Liebknecht, Wilhelm Bracke and others
              (circular letter) in Leipzig. London, 17-18 september 1879,
              MECW 45, p. 394-408.
            </bibl>

            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même</term></index>❦ L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même
              <index><term>émancipation de la classe ouvrière, sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même</term></index>
              <index><term>classe ouvrière, émancipation, sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même</term></index>
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Wir haben seit fast 40 Jahren den Klassenkampf als nächste
                      treibende Macht der Geschichte, und speziell den Klassenkampf zwischen
                      Bourgeoisie und Proletariat als den großen Hebel der modernen sozialen
                      Umwälzung hervorgehoben; wir können also unmöglich mit Leuten zusammengehen,
                      die diesen Klassenkampf aus der Bewegung streichen wollen. Wir haben bei
                      Gründung der Internationalen ausdrücklich den Schlachtruf formuliert:
                      Die Befreiung der Arbeiterklasse muß das Werk der Arbeiter klasse selbst sein.
                      Wir können also nicht zusammengehen mit Leuten, die es offen aussprechen,
                      daß die Arbeiter zu ungebildet sind, sich selbst zu befreien und erst von
                      oben herab befreit werden müssen durch philanthropische Groß- und Kleinbürger.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 34, s. 407-408.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.4%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Depuis près de quarante ans, nous avons fait ressortir au premier plan la lutte
                      de classes comme la force motrice directe de l’histoire, et en particulier, la
                      lutte de classes entre la bourgeoisie et le prolétariat comme le plus puissant
                      levier de la révolution sociale. Il nous est par conséquent impossible de marcher
                      de concert avec des gens qui tendent à rayer du mouvement cette lutte de classes.
                      En fondant l’Internationale, nous avons lancé en termes clairs son cri de guerre :
                      « L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même ».
                      Nous ne pouvons donc pas marcher avec des gens déclarant à cor et à cri que les
                      ouvriers sont trop peu instruits pour pouvoir s’émanciper eux-mêmes et qu’ils
                      doivent être affranchis par en haut, par les philanthropes bourgeois et petits-bourgeois.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>C’est le dernier alinéa, avant deux phrases finales sur la diffusion de la lettre.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Al bĳna 40 jaar benadrukken we de klassenstrĳd als de eerste drĳfveer in de
                      geschiedenis, en vooral de klassenstrĳd tussen de bourgeoisie en het proletariaat
                      als de grote hefboom van de moderne sociale omwenteling; we kunnen dus onmogelĳk
                      meegaan met mensen die deze klassenstrĳd uit de beweging willen verwĳderen.
                      Toen de Internationale werd opgericht, formuleerden we expliciet de strĳdkreet:
                      De bevrĳding van de arbeidersklasse moet het werk van de arbeidersklasse zelf zĳn.
                      We kunnen dus niet samengaan met mensen die openlĳk zeggen dat de arbeiders te
                      ongeschoold zĳn om zichzelf te bevrĳden en eerst van bovenaf bevrĳd moeten
                      worden door filantropische groote en kleine bourgeoisie.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ik vertaal vanuit het Duits (met dank aan <ref target="https://www.deepl.com/translator">DeepL</ref>).</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      For almost 40 years we have emphasised
                      that the class struggle is the immediate motive force of history
                      and, in particular, that the class struggle between bourgeoisie and
                      proletariat is the great lever of modern social revolution; hence we
                      cannot possibly co-operate with men who seek to eliminate that
                      class struggle from the movement. At the founding of the
                      International we expressly formulated the battle cry:
                      The emancipation of the working class must be achieved by the working class itself.
                      Hence we cannot co-operate with men who say openly that
                      the workers are too uneducated to emancipate themselves, and
                      must first be emancipated from above by philanthropic members
                      of the upper and lower middle classes.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 45, p. 408.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus annees70.xml -->
        <!-- début de fichier inclus guerrecivileFrance.xml --><div xml:id="guerrecivileFrance" type="div1">
        <head>
          La guerre civile en France (1871)
        </head>
        <bibl rend="publie">
          <title>The Civil War in France :
          Address of the General Council of the International Working Men’s Association</title>,
          MECW 22:307-359.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          Rédigé par Marx en avril-mai 1871
          et approuvé en séance du Conseil général de l’Association internationale des travailleurs le 30 mai 1871.
          Publié alors (en anglais) en brochure à Londres et à la même époque en français et en allemand.
          Engels a écrit une introduction pour une nouvelle édition allemande en 1891.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          Karl Marx et Friedrich Engels, <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>, Éditions
          du Progrès, Moscou, s.d., tome 1, p. 501-581. Cette édition mentionne la traduction des
          Éditions sociales en 1952, que l’on trouve en ligne : <ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/guerre_civile_france/guerre_civile_france.html">classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/guerre_civile_france/guerre_civile_france.html
          </ref> et <ref target="https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm">www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530.htm</ref>.
        </bibl>

        <div xml:id="guerrecivileFrance3">
          <head>
            Adresse du Conseil général de l’Association internationale des travailleurs sur la
            guerre civile en France — III
          </head>
          <p rend="invisible">
            Mots-clefs :
            <index><term>Commune de Paris</term></index>❦ Commune de Paris
            <index><term>État de la bourgeoisie</term></index>❦ État de la bourgeoisie
            <index><term>dictature de la bourgeoisie, État</term></index>
            <index><term>appareil d’État</term></index>❦ appareil d’État
            <index><term>machine de l’État</term></index>
            <index><term>État, appareil</term></index>
            <index>
            <term>exécutif, prédominance sur le législatif</term>
            </index>❦ exécutif, prédominance sur le législatif
            <index><term>législatif, prédominance de l’exécutif sur le —</term></index>
            <index><term>Empire, second</term></index>
            <index><term>Second Empire</term></index>❦ Second Empire
            <index>
              <term>armée permanente, son remplacement par le peuple en armes</term>
            </index>❦ armée permanente, son remplacement par le peuple en armes
            <index><term>peuple en armes, en remplacement de l’armée permanente</term></index>
            <index>
              <term>révocabilité de la police et des fonctionnaires</term>
            </index>❦ révocabilité de la police et des fonctionnaires
            <index>
              <term>salaire d’ouvrier, dans toutes les fonctions publiques</term>
            </index>❦ salaire d’ouvrier, dans toutes les fonctions publiques
            <index><term>Commune, et communes médiévales</term></index>❦ Commune, et communes médiévales
            <index><term>commune médiévale, et Commune de Paris</term></index>
            <index>
              <term>violence, à l’origine des grandes nations</term>
            </index>❦ violence, à l’origine des grandes nations
            <index><term>grande nation, engendrée par la violence</term></index>
            <index>
              <term>Commune, et centralisation de l’État</term>
            </index>❦ Commune, et centralisation de l’État
            <index><term>centralisme de l’État, et Commune de Paris</term></index>
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                <pb xml:id="MEOC2vol2p548trois5" n="548⅗"/>À l’aube du 18 mars, Paris fut réveillé par
                ce cri de tonnerre : <emph>Vive la Commune !</emph> Qu’est-ce donc que la Commune,
                ce sphinx qui tracasse si fort l’entendement bourgeois ?
              </p>
              <p rend="alinea">
                « Les prolétaires de la capitale, disait le Comité central dans son manifeste du
                18 mars, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont
                compris que l’heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main
                la direction des affaires publiques […] Le prolétariat […] a compris qu’il était de
                son devoir impérieux et de son droit absolu de prendre en main ses destinées, et
                d’en assurer le triomphe en s’emparant du pouvoir. » Mais la classe ouvrière ne peut
                pas se contenter de prendre telle quelle la machine de l’État et de la faire
                fonctionner pour son propre compte.
              </p>
              <p rend="alinea">
                <pb xml:id="MEOC2vol2p549" n="549"/>Le pouvoir centralisé de l’État, avec ses
                organes, partout présents : armée permanente, police, bureaucratie, clergé et
                magistrature, organes façonnés selon un plan de division systématique et
                hiérarchique du travail, date de l’époque de la monarchie absolue, où il servait
                à la société bourgeoise naissante d’arme puissante dans ses luttes contre le
                féodalisme. Cependant, son développement restait entravé par toutes sortes de
                décombres moyenâgeux, prérogatives des seigneurs et des nobles, privilèges locaux,
                monopoles municipaux et corporatifs, Constitutions provinciales. Le gigantesque coup
                de balai de la Révolution française du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle emporta
                tous ces restes des temps révolus, débarrassant ainsi du même coup le substrat
                social des derniers obstacles s’opposant à la superstructure de l’édifice de l’État
                moderne. Celui-ci fut édifié sous le premier Empire, qui était lui-même le fruit des
                guerres de coalition de la vieille Europe semi-féodale contre la France moderne.
                Sous les régimes qui suivirent, le gouvernement, placé sous contrôle parlementaire,
                c’est-à-dire sous le contrôle direct des classes possédantes, ne devint pas
                seulement la pépinière d’énormes dettes nationales et d’impôts écrasants ; avec ses
                irrésistibles attraits, autorité, profits, places, d’une part il devint la pomme de
                discorde entre les factions rivales et les aventuriers des classes dirigeantes, et
                d’autre part son caractère politique changea conjointement aux changements
                économiques de la société. Au fur et à mesure que le progrès de l’industrie moderne
                développait, élargissait, intensifiait l’antagonisme de classe entre le Capital et
                le Travail, le pouvoir d’État prenait de plus en plus le caractère d’un pouvoir
                national du Capital sur le Travail, d’une force sociale organisée aux fins
                d’asservissement social, d’un appareil de domination d’une classe. Après chaque
                révolution qui marque un progrès de la lutte des classes, le caractère purement
                répressif du pouvoir d’État apparaît façon de plus en plus ouverte. La Révolution
                de 1830 transféra le gouvernement des propriétaires terriens aux capitalistes, des
                adversaires les plus éloignés des ouvriers à leurs adversaires les plus directs.
                Les républicains bourgeois qui, au nom de la révolution de Février, s’emparèrent
                du pouvoir d’État <pb xml:id="MEOC2vol2p550" n="550"/>s’en servirent pour provoquer
                les massacres de Juin,
                afin de convaincre la classe ouvrière que la République « sociale » n’était autre
                chose que la République assurant leur sujétion sociale, et afin de prouver à la
                masse royaliste des bourgeois et des propriétaires terriens qu’ils pouvaient en
                toute sécurité abandonner les soucis et les avantages financiers du gouvernement aux
                « républicains » bourgeois. Toutefois, après leur unique exploit héroïque de Juin,
                il ne restait plus aux républicains bourgeois qu’à passer des premiers rangs à
                l’arrière-garde du « parti de l’ordre », coalition formée par toutes les <emph>
                fractions et factions</emph> rivales de la classe des accapareurs dans leur
                antagonisme maintenant ouvertement déclaré avec les classes productrices. La forme
                adéquate de leur gouvernement en société par actions fut la <term>République
                parlementaire</term>, avec Louis Bonaparte pour président, régime de terrorisme de
                classe avoué et d’outrage délibéré à la « <emph>vile multitude</emph> ». Si la
                République parlementaire, comme disait M. Thiers, était celle qui « les divisait
                [les diverses fractions de la classe dirigeante] le moins », elle accusait par
                contre un abîme entre cette classe et le corps entier de la société qui vivait en
                dehors de leurs rangs clairsemés. Leur union brisait les entraves que, sous les
                gouvernements précédents, leurs propres dissensions avaient encore mises au pouvoir
                d’État. En présence de la menace de soulèvement du prolétariat, la classe possédante
                unie utilisa alors le pouvoir de l’État, sans ménagement et avec ostentation, comme
                l’engin de guerre national du Capital contre le Travail. Dans sa croisade
                permanente contre les masses productrices, elle fut forcée non seulement d’investir
                l’exécutif de pouvoirs de répression sans cesse accrus, mais aussi de dépouiller peu
                à peu leur propre forteresse parlementaire, l’Assemblée nationale, de tous ses
                moyens de défense contre l’exécutif. L’exécutif, en la personne de Louis Bonaparte,
                chassa les représentants de la classe possédante. Le fruit naturel de la République
                du « parti de l’ordre » fut le Second Empire.
              </p>
              <p rend="alinea">
                L’Empire, avec le coup d’État pour acte de naissance, le suffrage universel pour
                visa et le sabre pour sceptre, prétendait s’appuyer sur la paysannerie, cette large
                masse de producteurs qui n’était pas directement engagée dans la lutte du Capital et
                du Travail. Il prétendait sauver la classe ouvrière en en finissant avec le
                parlementarisme, et par là avec la soumission non <pb xml:id="MEOC2vol2p551" n="551"/>déguisée du
                gouvernement aux classes possédantes. Il prétendait sauver les classes possédantes
                en maintenant leur suprématie économique sur la classe ouvrière ; et finalement il
                se targuait de faire l’unité de toutes les classes en faisant revivre pour tous
                l’illusion mensongère de la gloire nationale. En réalité, c’était la seule forme de
                gouvernement possible, à une époque où la bourgeoisie avait déjà perdu — et la
                classe ouvrière n’avait pas encore acquis — la capacité de gouverner la nation. Il
                fut acclamé dans le monde entier comme le sauveur de la société. Sous sa domination,
                la société bourgeoise libérée de tous soucis politiques atteignit un développement
                dont elle n’avait elle-même jamais eu idée. Son industrie et son commerce
                atteignirent des proportions colossales ; la spéculation financière célébra des
                orgies cosmopolites ; la misère des masses faisait un contraste criant avec
                l’étalage éhonté d’un luxe somptueux, factice et crapuleux. Le pouvoir d’État, qui
                semblait planer bien haut au-dessus de la société, était cependant lui-même le plus
                grand scandale de cette société et en même temps le foyer de toutes ses corruptions.
                Sa propre pourriture et celle de la société qu’il avait sauvée furent mises à nu par
                la baïonnette de la Prusse, elle-même avide de transférer le centre de gravité de ce
                régime de Paris à Berlin. Le régime impérial est la forme la plus prostituée et
                dernière à la fois de ce pouvoir d’État que la société bourgeoise naissante a mis au
                jour comme l’outil de sa propre émancipation du féodalisme et que la société
                bourgeoise pleinement développée avait finalement transformé en un moyen d’asservir
                le Travail au Capital.
               </p>
               <p rend="alinea">
                 L’antithèse directe de l’Empire fut la Commune. Le cri de « République sociale »,
                 auquel la révolution de Février avait été proclamée par le prolétariat de Paris,
                 n’exprimait guère qu’une vague aspiration à une république qui ne devait pas
                 seulement abolir la forme monarchique de la domination de classe, mais la
                 domination de classe elle-même. La Commune fut la forme positive de cette
                 République.
               </p>
               <p rend="alinea">
                 Paris, siège central de l’ancien pouvoir gouvernemental, et, en même temps,
                 forteresse sociale de la classe ouvrière française, avait pris les armes contre la
                 tentative faite par Thiers et ses ruraux pour restaurer et perpétuer cet ancien
                 pouvoir gouvernemental que leur avait légué l’Empire. Paris pouvait seulement
                 résister parce que, du fait du siège, il s’était débarrassé <pb xml:id="MEOC2vol2p552" n="552"/>de l’armée et l’avait remplacée par une garde nationale,
                 dont la masse était constituée par des ouvriers. C’est cet état de fait qu’il
                 s’agissait maintenant de transformer en une institution durable. Le premier décret
                 de la Commune fut donc la suppression de l’armée permanente, et son remplacement
                 par le peuple en armes.
               </p>
               <p rend="alinea">
                 La Commune fut composée des conseillers municipaux, élus au suffrage universel dans
                 les divers arrondissements de la ville. Ils étaient responsables et révocables à
                 tout moment. La majorité de ses membres était naturellement des ouvriers ou des
                 représentants reconnus de la classe ouvrière. La Commune devait être non pas un
                 organisme parlementaire, mais un corps agissant, exécutif et législatif à la fois.
                 Au lieu de continuer d’être l’instrument du gouvernement central, la police fut
                 immédiatement dépouillée de ses attributs politiques et transformée en un
                 instrument de la Commune, responsable et à tout instant révocable. Il en fut de
                 même pour les fonctionnaires de toutes les autres branches de l’administration.
                 Depuis les membres de la Commune jusqu’au bas de l’échelle, la fonction publique
                 devait être assurée pour des <emph>salaires d’ouvriers</emph>. Les bénéfices
                 d’usage et les indemnités de représentation des hauts dignitaires de l’État
                 disparurent avec ces hauts dignitaires eux-mêmes. Les services publics cessèrent
                 d’être la propriété privée des créatures du gouvernement central. Non seulement
                 l’administration municipale, mais toute l’initiative jusqu’alors exercée par l’État
                 fut remise aux mains de la Commune.
               </p>
               <p rend="alinea">
                 Une fois abolies l’armée permanente et la police, instruments du pouvoir matériel
                 de l’ancien gouvernement, la Commune se donna pour tâche de briser l’outil
                 spirituel de l’oppression, le pouvoir des prêtres ; elle décréta la dissolution et
                 l’expropriation de toutes les Églises dans la mesure où elles constituaient des
                 corps possédants. Les prêtres furent renvoyés à la calme retraite de la vie privée,
                 pour y vivre des aumônes des fidèles, à l’instar de leurs prédécesseurs, les
                 apôtres. La totalité des établissements d’instruction furent ouverts au peuple
                 gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l’Église et de
                 l’État. Ainsi, non seulement l’instruction était rendue accessible à tous, mais la
                 science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir
                 gouvernemental l’avaient chargée.
              </p>
              <p rend="alinea">
                <pb xml:id="MEOC2vol2p553" n="553"/>Les fonctionnaires de la justice furent
                dépouillés de cette feinte indépendance qui n’avait servi qu’à masquer leur vile
                soumission à tous les gouvernements successifs auxquels, tour à tour, ils avaient
                prêté serment de fidélité, pour le violer ensuite. Comme le reste des fonctionnaires
                publics, magistrats et juges devaient être élus, responsables et révocables.
              </p>
              <p rend="alinea">
                La Commune de Paris devait, bien entendu, servir de modèle à tous les grands centres
                industriels de France. Le régime de la Commune une fois établi à Paris et dans les
                centres secondaires, l’ancien gouvernement centralisé aurait, dans les provinces
                aussi, dû faire place au gouvernement des producteurs par eux-mêmes. Dans une brève
                esquisse d’organisation nationale que la Commune n’eut pas le temps de développer,
                il est dit expressément que la Commune devait être la forme politique même des plus
                petits hameaux de campagne et que dans les régions rurales l’armée permanente devait
                être remplacée par une milice populaire à temps de service extrêmement court. Les
                communes rurales de chaque département devaient administrer leurs affaires communes
                par une assemblée de délégués au chef-lieu du département, et ces assemblées de
                département devaient à leur tour envoyer des députés à la délégation nationale à
                Paris ; les délégués devaient être à tout moment révocables et liés par le <emph>
                mandat impératif</emph> de leurs électeurs. Les fonctions, peu nombreuses, mais
                importantes, qui restaient encore à un gouvernement central, ne devaient pas être
                supprimées, comme on l’a dit faussement, de propos délibéré, mais devaient être
                acquittées par des fonctionnaires communaux, autrement dit strictement responsables.
                L’unité de la nation ne devait pas être brisée, mais au contraire organisée par la
                constitution communale ; elle devait devenir une réalité par la destruction du
                pouvoir d’État qui prétendait être l’incarnation de cette unité, mais voulait être
                indépendant de la nation même, et supérieur à elle, alors qu’il n’en était qu’une
                excroissance parasitaire. Tandis qu’il importait d’amputer les organes purement
                répressifs de l’ancien pouvoir gouvernemental, ses fonctions légitimes devaient être
                arrachées à une autorité qui revendiquait une prééminence au-dessus de la société
                elle-même, et rendues aux serviteurs responsables de la société. Au lieu de décider
                une fois tous les trois ou six ans quel membre de la classe dirigeante devait
                représenter et fouler aux pieds le <pb xml:id="MEOC2vol2p554" n="554"/>peuple au
                Parlement, le suffrage universel devait servir au peuple constitué en communes,
                comme le suffrage individuel sert à tout autre employeur en quête d’ouvriers et de
                personnel de direction pour son affaire. Et c’est un fait bien connu que les
                sociétés, comme les individus, en matière d’affaires véritables, savent généralement
                mettre chacun à sa place et, si elles font une fois une erreur, elles savent
                la redresser promptement. D’autre part, rien ne pouvait être plus étranger à
                l’esprit de la Commune que de remplacer le suffrage universel par une investiture
                hiérarchique.
              </p>
              <p rend="alinea">
                C’est en général le sort des formations historiques entièrement nouvelles d’être
                prises à tort pour la réplique de formes plus anciennes, et même éteintes, de la vie
                sociale, avec lesquelles elles peuvent offrir une certaine ressemblance. Ainsi, dans
                cette nouvelle Commune, qui brise le pouvoir d’État moderne, on a voulu voir un
                rappel à la vie des communes médiévales, qui d’abord précédèrent ce pouvoir d’État,
                et ensuite en devinrent le fondement. — La constitution communale a été prise à tort
                pour une tentative de rompre en une fédération de petits États, conforme au rêve de
                Montesquieu et des Girondins, cette unité des grandes nations, qui, bien
                qu’engendrée à l’origine par la violence, est maintenant devenue un puissant facteur
                de la production sociale. — L’antagonisme de la Commune et du pouvoir d’État a été
                pris à tort pour une forme excessive de la vieille lutte contre l’excès de
                centralisation. Des circonstances historiques particulières peuvent avoir empêché
                dans d’autres pays le développement classique de la forme bourgeoise de
                gouvernement, tel qu’il s’est produit en France, et peuvent avoir permis, comme en
                Angleterre, de compléter les grands organes centraux de l’État par des <foreign xml:lang="en">vestries</foreign> corrompues, des conseillers municipaux affairistes
                et de féroces administrateurs du bureau de bienfaisance dans les villes et dans les
                comtés, par des juges de paix effectivement héréditaires. La constitution communale
                aurait restitué au corps social toutes les forces jusqu’alors absorbées par l’État
                parasite qui se nourrit sur la société et en paralyse le libre mouvement. Par ce
                seul fait, elle eût été le point de départ de la régénération de la France. —La
                bourgeoisie française des villes de province vit dans la Commune <pb xml:id="MEOC2vol2p555" n="555"/>une tentative de restaurer la domination que cette classe
                avait exercée sur la campagne sous Louis-Philippe, et qui, sous Louis-Napoléon,
                avait été supplantée par la prétendue domination de la campagne sur les villes. En
                réalité, la Constitution communale aurait mis les producteurs ruraux sous la
                direction intellectuelle des chefs-lieux de département et leur y eût assuré, chez
                les ouvriers des villes, les dépositaires naturels de leurs intérêts.— L’existence
                même de la Commune impliquait, comme quelque chose d’évident, la liberté municipale ;
                mais elle n’était plus dorénavant un obstacle au pouvoir d’État, désormais aboli.
                Il ne pouvait venir qu’au cerveau d’un Bismarck, qui, s’il n’était pas engagé dans
                ses intrigues de sang et de fer, reviendrait volontiers à son ancien métier, si bien
                adapté à son calibre mental, de collaborateur du <title>Kladderadatsch</title> (le
                <title>Punch</title> berlinois, il ne pouvait venir qu’à un tel cerveau l’idée de
                prêter à la Commune de Paris des aspirations à cette caricature de la vieille
                organisation municipale française de 1791 qu’est le régime municipal prussien, qui
                rabaisse l’administration des villes à n’être que de simples rouages de second ordre
                dans la machine policière de l’État prussien.
              </p>
              <p rend="alinea">
                La Commune a réalisé ce mot d’ordre de toutes les révolutions bourgeoises, le
                gouvernement à bon marché, en abolissant ces deux grandes sources de dépenses :
                l’armée permanente et le fonctionnarisme d’État. Son existence même supposait la
                <emph>non-existence</emph> de la monarchie qui, en Europe du moins, est le fardeau
                normal et l’indispensable masque de la domination de classe. Elle fournissait à la
                République la base d’institutions réellement démocratiques. Mais ni le
                « gouvernement à bon marché », ni la « vraie république » n’étaient son but dernier ;
                ils n’étaient guère que ses corollaires.
              </p>
              <p rend="alinea">
                La multiplicité des interprétations auxquelles la Commune a été soumise, et la
                multiplicité des intérêts qui se sont réclamés d’elle montrent que c’était une
                forme politique tout à fait susceptible d’expansion, tandis que toutes les formes
                préalables de gouvernement avaient été essentiellement répressives. Son véritable
                secret, le voici : c’était essentiellement un <emph>gouvernement de la classe
                ouvrière</emph>, le résultat de la lutte de la classe <pb xml:id="MEOC2vol2p556" n="556"/>des producteurs contre la classe des appropriateurs, la forme politique
                enfin trouvée qui permettait de réaliser l’émancipation économique du Travail.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
          <p rend="invisible">
            Mots-clefs :
            <index><term>criminalité, sous la Commune</term></index>❦ criminalité, sous la Commune
            <index><term>Commune, baisse de la criminalité</term></index>
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                <pb xml:id="MEOC2vol2p563cinq8" n="563⅝"/>Quel changement prodigieux, en vérité, que
                celui opéré par la Commune dans Paris ! Plus la moindre trace du Paris dépravé du
                Second Empire. Paris n’était plus le rendez-vous des propriétaires terriens
                britanniques, des Irlandais absentéistes, des ex-négriers et des rastaquouères
                d’Amérique, des ex-propriétaires de serfs russes et des boyards valaques. Plus de
                cadavres à la morgue, plus d’effractions nocturnes, pour ainsi dire pas de vols ;
                en fait, pour la première fois depuis les jours de février 1848, les rues de Paris
                étaient sûres, et cela sans aucune espèce de police.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus guerrecivileFrance.xml -->
        <!-- début de fichier inclus Gotha.xml --><div xml:id="Gotha" type="level1_document">
        <head>Critique du programme de Gotha (1875)</head>

        <table>
          <head>Rappel historique, chronologique</head>
          <row>
            <cell rend="bord padded">
              1863, Association générale des travailleurs allemands (Lassalle)
            </cell>
            <cell rend="bord padded" rows="2">
              commission de programme d’unification, Gotha,
              14-15 février 1875 (projet de programme opportuniste)
            </cell>
            <cell rend="bord padded" rows="2">
              Marx critique le programme de Gotha (« Gloses marginales… »),
              annexe à une lettre du 5 mai 1875 à Bracke
              (à faire circuler chez quelques autres ;
              sera communiquée aux dirigeants du parti d’Eisenach)
            </cell>
            <cell rend="bord padded" rows="2">
              congrès d’unification, <hi rend="gras">Gotha</hi>, du 22 au 27 mai 1875
              (sur le programme opportuniste, sans tenir compte des critiques de Marx)
            </cell>
            <cell rend="bord padded" rows="2">
              décision de renouveler le programme, conférence de Halle, 1890
            </cell>
            <cell rend="bord padded" rows="2">
              Marx, « Critique du programme de Gotha » (celle de
              publiée par Engels dans le <title>Vorwaerts</title>, du 1<hi rend="ordinal">er</hi> au 3 février 1891
              (pour insuffler une ligne marxiste dans la préparation du congrès d’Erfurt)
            </cell>
            <cell rend="bord padded" rows="2">
              congrès d’<hi rend="gras">Erfurt</hi>, du 14 au 20 octobre 1891
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell rend="bord padded">
              1869, Parti ouvrier social-démocrate d’Allemagne (congrès d’<hi rend="gras">Eisenach</hi>)
            </cell>
          </row>
        </table>

        <bibl rend="publie">
          Marx, Engels, <title>Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt</title>,
          Éditions sociales, Paris, 1966
          (Archive Internet des marxistes, <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500.htm">www.marxists.org/francais/marx/works/1875/05/18750500.htm</ref>).
          Il y a maintenant une édition plus récente dans le cadre de la Geme :
          Marx, <title>Critique du programme de Gotha</title>, Les éditions sociales (LDES), Paris, 2008.
          Je m’aligne sur ce texte qui doit être de meilleure qualité.
        </bibl>
        <bibl>
          <title>Kritik des Gothaer Programms</title>, MEW 19, p. 11-32.<!--
          Die „Kritik des Gothaer Programms"
          (von Marx „Randglossen zum Programm der deutschen Arbeiterpartei" genannt)
          ist einer der wichtigsten Beiträge zur Entwicklung der grundlegenden programmatischen Fragen des wissenschaftlichen Kommunismus.
          Die Schrift ist ein Musterbeispiel unversöhnlichen Kampfes gegen den Opportunismus.
          Genau wie Engels in seinem Brief an Bebel (siehe vorl. Band, S . 3 - 9 ),
          gibt Marx in seinen „Randglossen" eine prinzipielle, kritische Einschätzung des Programmentwurfs
          für die künftige vereinigte sozialdemokratische Arbeiterpartei Deutschlands.
          Marx' Kritik am Programmentwurf wurde 1891 zum erstenmal von Engels veröffentlicht,
          und zwar trotz des Widerstands opportunistischer Mitglieder des Parteivorstandes.
          Die „Randglossen" sowie der Begleitbrief an Wilhelm Bracke erschienen in der Wochenschrift der deutschen Sozialdemokratie,
          „Die Neue Zeit" Nr. 18,9. Jahrgang, 1. Band, Stuttgart 1890-1891,
          mit einem Vorwort von Friedrich Engels (siehe vorl. Band, S. 521/522).
          Wie aus dem Brief von Engels an Kautsky vom 23. Februar 1891 hervorgeht,
          mußte sich Engels jedoch damit einverstanden erklären, einige besonders scharfe polemische Formulierungen abzuschwächen.
          Der vorliegende Abdruck erfolgt nach der ursprünglichen Fassung von Marx.
          Das handschriftliche Original wurde im Herbst 1960 von Marx' Urenkel Marcel Charles Longuet
          dem Institut für Marxismus-Leninismus beim ZK der KPdSU als Geschenk überreicht.
           -->
        </bibl>
        <bibl>
          <title>Critique of the Gotha Programme</title>, MECW 24, p. 75-99.<!--
          Marx's Critique of the Gotha Programme, which analyses the draft programme of the future united Social-Democratic party,
          is a major contribution to the key theoretical issues of scientific communism
          and an example of uncompromising struggle against opportunism.
          It was written in April-early May 1875 and intended for the leadership of the Eisenachers.
          The manuscript Marginal Notes on the Programme of the German Workers' Party
          (Randglossen zum Programm der deutschen Arbeiterpartei)
          is prefaced by Marx's letter to Wilhelm Bracke of May 5, 1875 and forms a single whole with it.
          The work was sent to the leadership of the Eisenach party (specifically, to Wilhelm Bracke) on May 5.
          For the first time, Critique of the Gotha Programme was published by Engels in 1891, together with Marx's letter to Bracke,
          despite opposition on the part of the opportunist German Social-Democratic leaders.
          It appeared in the theoretical organ of the German Social-Democrats, Die Neue Zeit, Vol. 1, No. 18, with Engels' foreword.
          As is known from Engels' letter to Karl Kautsky of February 23, 1891 (see present edition, Vol. 49),
          he had to agree to certain changes and omissions.
          The Critique was published in English for the first time, according to the text in Die Neue Zeit, in The Socialist Series, number one,
          under the title: "The Socialist Programme. By Karl Marx", The Socialist Labour Press, Glasgow [1918].
           --><!-- On ne dit pas quel texte est donné dans ce volume, celui de 1875 ou celui de 1891. -->
        </bibl>
        <bibl>
          <title>Критика Готской программы</title> p. 9<!--
          ПРЕДИСЛОВИЕ vi-vii
          Том открывается двумя работами основоположников научного коммунизма, имеющими огромное принципиальное
          значение для революционной теории и практики всего международного коммунистического движения.
          Это знаменитая «Критика Готской программы» Маркса и письмо Энгельса Бебелю от 18—28 марта 1875 г.
          по поводу Готской программы германской социал-демократической партии.
          Основные идеи этих программных работ, значение которых было глубоко разъяснено
          В. И. Лениным в ряде его трудов, приобретают особое актуальное значение в переживаемый исторический период,
          когда Советский Союз вступил в полосу развернутого строительства коммунизма,
          а другие страны социалистического лагеря успешно строят социалистическое общество.
          Из этих произведений Маркса и Энгельса Коммунистическая партия Советского Союза,
          коммунистические и рабочие партии других стран продолжают черпать богатый идейный материал для своего
          теоретического вооружения и практической деятельности.
          В «Критике Готской программы»
          (написанной в 1875 г. в виде «Замечаний к программе германской рабочей партии»)
          Маркс формулирует целый ряд идей по коренным вопросам теории научного коммунизма:
          о социалистической революции, диктатуре пролетариата, о переходном периоде от капитализма к коммунизму,
          двух фазах коммунистического общества, о производстве и распределении общественного продукта при социализме
          и основных чертах полного коммунизма, о пролетарском интернационализме и партии рабочего класса.

          note 13, p. 551-552
          Работа К. Маркса «Критика Готской программы», представляющая собой важнейший вклад в развитие коренных вопросов
          теории научного коммунизма и образец непримиримой борьбы против оппортунизма, была написана в апреле
          — начале мая 1875 г. и отправлена руководству эйзенахской партии (в адрес В. Бракке) 5 мая 1875 года.
          В работе содержался критический разбор проекта программы будущей объединенной социалдемократической партии,
          подготовленный к объединительному съезду в Готе.
          Впервые «Критика Готской программы» была опубликована в 1891 г. Энгельсом, вопреки сопротивлению
          оппортунистического руководства германской социал-демократии.
          Работа была напечатана в теоретическом органе германской социал-демократии, в журнале «Die Neue Zeit»
          («Новое время»), т. 1, № 18, 1891 г. с предисловием Энгельса.
          Публикуя «Критику Готской программы», Энгельс вместе с ней напечатал и письмо Маркса В. Бракке от 5 мая 1875 г.,
          непосредственно связанное с ней.
          Как известно из письма Энгельса К. Каутскому от 23 февраля 1891 г., Энгельсу пришлось при опубликовании
          «Критики Готской программы» согласиться на смягчение некоторых наиболее резких мест.
          В настоящем издании документ печатается в точном соответствии с рукописью Маркса.
           -->
        </bibl>

        <div xml:id="Gotha-Gloses-I">
          <head>
            Gloses marginales au programme du parti ouvrier allemand — I
          </head>
          <p rend="invisible">
            Mots-clefs :
            <index><term>Eisenach</term></index>❦ Eisenach
            <index><term>Gotha</term></index>❦ Gotha
            <index><term>Erfurt</term></index>❦ Erfurt
            <index><term>richesse, source de la —</term></index>❦ richesse, source de la —
            <index><term>travail</term></index>❦ travail
            <index><term>culture</term></index>❦ culture
            <index><term>nature, source de richesse</term></index>❦ nature, source de richesse
            <index><term>valeur d’usage</term></index>❦ valeur d’usage
            <index><term>force de travail</term></index>❦ force de travail
            <index>
              <term>exploitation de l’homme par l’homme</term>
            </index>❦ exploitation de l’homme par l’homme.
          </p>
          <cit>
            <quote xml:id="naturesourcerich">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    1. Le travail est la source de toute richesse et de toute civilisation, <emph>
                    et comme</emph> il n’y a de travail utile possible que dans la société et par
                    la société, tous les membres de la société peuvent bénéficier par droit égal à
                    l’intégralité de l’apport du travail.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p>
                <emph>Première partie du paragraphe</emph> : « Le travail est la source
                de toute richesse et de toute civilisation. »
              </p>
              <p rend="alinea">
                <note place="margin">(*) <title>Capital</title>, Livre I, chap. 1, par. 2, Éditions
                  sociales, Paris, 1966, vol. 1, p. 58. « Le travail n’est donc pas l’unique source
                  des valeurs d’usage qu’il produit, de la richesse matérielle. Il en est le père,
                  et la terre, la mère, comme dit William Petty. »
                </note>
                Le travail <emph>n’est pas la source</emph> de toute richesse (*). La <emph>nature
                </emph> est tout autant la source des valeurs d’usage (et ce sont bien elles qui
                constituent de fait la richesse réelle ?) que le travail, qui n’est lui-même que
                l’expression d’une force naturelle, la force de travail humaine.
                Cette phrase relève du b.a.-ba, et elle n’est exacte dans la mesure où l’on <emph>
                sous-entend</emph> que le travail s’effectue avec les objets et les moyens
                appropriés. Mais un programme socialiste ne doit pas permettre à ce type de
                rhétorique bourgeoise de passer sous silence les <emph>conditions</emph> qui,
                seules, lui donnent sens. Ce n’est que dans la mesure où l’être humain se comporte
                dès l’abord comme propriétaire de la nature, source première de tous les moyens et
                de tous les objets du travail, ce n’est que s’il se comporte comme si elle lui
                appartenait, que son travail devient la source des valeurs d’usage, et donc
                également de la richesse. Les bourgeois ont d’excellentes raisons d’attribuer au
                travail une <emph>puissance de création surnaturelle</emph> ; car c’est précisément
                du fait que le travail dépend de la nature que l’être humain, qui ne possède
                d’autre propriété que sa force de travail, est nécessairement dans toute société
                et dans toute culture esclave des autres hommes qui se seront faits les possesseurs
                des conditions objectives du travail. Il ne peut travailler qu’avec leur permission,
                et donc vivre qu’avec leur permission.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Mais laissons aller cette proposition, ou plutôt laissons la clopiner. Quelle
                conclusion en devrait-on attendre ? Évidemment celle-ci :
              </p>
              <p rend="alinea">
                « Puisque le travail est la source de toute richesse, nul dans la société
                ne peut s’approprier de richesse qui ne soit un produit du travail.
                Si on ne travaille pas soi-même, on vit du travail d’autrui,
                et on acquiert jusqu’à sa culture au prix du travail d’autrui. »
              </p>
              <p rend="alinea">
              Au lieu de cela, les mots chevilles <emph>et comme</emph>
              introduisent une seconde proposition, de façon à tirer de la
              seconde, et non de la première, la conséquence finale.
              </p>
            </quote>
          </cit>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <cit>
            <quote>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    2. Dans la société actuelle, les moyens de travail sont le monopole de la
                    classe capitaliste ; la dépendance qui en résulte pour la classe ouvrière est
                    la source de la misère et de l’asservissement sous toutes ses formes.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">[…]</p>
              <p rend="alinea">
                Dans la société actuelle, les moyens de travail sont le monopole des propriétaires
                fonciers (le monopole de la propriété foncière est même la base du monopole
                capitaliste) <emph>et</emph> des capitalistes.
              </p>
            </quote>
          </cit>
          <p rend="invisible">Mots-clefs :
            <index><term>valeur ajoutée</term></index>❦ valeur ajoutée
            <index><term>salaire direct, indirect</term></index>❦ salaire direct, indirect
            <index><term>accumulation</term></index>❦ accumulation
            <index><term>sécurité sociale</term></index>❦ sécurité sociale
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    3. L’émancipation du travail exige d’élever les moyens de travail au statut
                    de bien commun de la société, et de régler l’ensemble du travail sur un mode
                    coopératif, avec répartition équitable de l’apport du travail.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">[…]</p>
              <p rend="alinea">Qu’est-ce que c’est que l’ « <emph>apport du travail</emph> » ?
              Ce que produit le travail ou bien sa valeur ? Et dans ce dernier cas, s’agit-il
              de la valeur totale du produit ou seulement de la fraction de valeur que le
              travail a ajouté à la valeur des moyens de production utilisés ?</p>
              <p rend="alinea">[…]</p>
              <p rend="alinea">Qu’est-ce qu’une répartition « équitable » ?</p>
              <p rend="alinea">[…]</p>
              <p rend="alinea">Si nous prenons les termes « apport du travail » au sens de
              « produit du travail », alors l’apport coopératif du travail est
              <emph>la totalité de ce qui est produit en société</emph>.</p>
              <p rend="alinea">Il faudra en défalquer :</p>
              <p rend="alinea">
                <emph>Premièrement</emph> :
                ce qui couvre le remplacement des moyens de production utilisés ;
              </p>
              <p rend="alinea">
                <emph>Deuxièmement</emph> :
                une fraction supplémentaire pour étendre la production ;
              </p>
              <p rend="alinea">
                <emph>Troisièmement</emph> :
                un fonds de réserve ou d’assurance contre les accidents,
                les perturbations dues à des phénomènes naturels, etc.
              </p>
              <p rend="alinea">Ces défalcations sur le « produit intégral du travail »
              sont une nécessité économique, et leur importance doit être estimée en
              fonction des moyens et des forces présentes. On peut les calculer partiellement
              grâce au calcul des probabilités, mais en aucune façon sur la base de la justice.</p>
              <p rend="alinea">Reste l’autre partie du produit total qui est destinée à servir
              de moyen de consommation.</p>
              <p rend="alinea">Mais avant de procéder à la répartition individuelle, il
              faut encore retrancher :</p>
              <p rend="alinea"><emph>Premièrement les frais généraux de gestion qui ne
              relèvent pas directement de la production.</emph></p>
              <p rend="alinea">Cette partie-là se trouve d’emblée considérablement réduite
              par rapport à ce qui se passe dans la société actuelle, et elle
              diminue à mesure que se développe la société nouvelle.</p>
              <p rend="alinea"><emph>Deuxièmement : ce qui est destiné à la satisfaction des
              besoins de la communauté</emph>, comme les écoles, les institutions sanitaires, etc.</p>
              <p rend="alinea">Cette fraction gagne d’emblée en importance
              par rapport à ce qui se passe dans la société actuelle, et cette
              importance s’accroît à mesure que se développe la société nouvelle.</p>
              <p rend="alinea"><emph>Troisièmement : le fonds pour ceux qui ne sont pas
              en mesure de travailler</emph>, etc., en bref ce qui relève aujourd’hui
              de l’assistance officielle aux pauvres.</p>
              <p rend="alinea">C’est qu’après cela qu’on peut en venir à la seule
              « répartition » que le programme, sous l’influence lassallienne, envisage de façon bornée,
              c’est-à-dire à cette fraction des moyens de
              consommation qui est répartie entre les individus producteurs de la
              collectivité.</p>
              <p rend="alinea">L’ « apport intégral du travail » s’est d’orès et déjà
              insidieusement transformé en apport réduit, bien que ce qui est
              enlevé au producteur en sa qualité d’individu lui revienne directement ou
              indirectement en sa qualité de membre de la société.</p>
              <p rend="alinea">[…]</p>
            </quote>
          </cit>
          <p rend="invisible">Mots-clefs :
            <index><term>échange, pas d’— sous le socialisme</term></index>❦ échange, pas d’— sous le socialisme
            <index>
              <term>travail directement social, sous le socialisme</term>
            </index>❦ travail directement social, sous le socialisme
          </p>
          <list rend="horiz">
            <item style="width: 33%">
              <cit xml:lang="de">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Innerhalb der genossenschaftlichen, auf Gemeingut an den Produktionsmitteln
                    gegründeten Gesellschaft tauschen die Produzenten ihre  Produkte nicht  aus ;
                    ebensowenig erscheint hier die auf Produkte verwandte Arbeit <pb n="20"/><emph>als Wert</emph> dieser Produkte, als eine  von ihnen besessene
                    sachliche Eigenschaft, da jetzt, im Gegensatz zur kapitalisti schen Gesellschaft,
                    die individuellen Arbeiten nicht mehr auf einem Umweg, sondern unmittelbar als
                    Bestandteile der Gesamtarbeit existieren. […]
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MEW, Band. 19, S. 19-20.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <item style="width: 33%">
              <cit xml:lang="fr">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Au sein d’une société de forme coopérative fondée sur la possession commune
                    des moyens de production, les producteurs n’échangent pas leurs produits ;
                    de même, le travail fourni pour obtenir les produits n’apparaît pas davantage
                    ici <emph>comme valeur</emph> de ces produits, comme une qualité réelle qu’ils
                    possèdent, puisque maintenant, au contraire de ce qui se passe dans la société
                    capitaliste, les travaux individuels existent de façon immédiate, et non plus
                    détournée, comme composantes de la totalité du travail. […]
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
            <item>
              <cit xml:lang="nl">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    In die maatschappij, die gebouwd is op de beginselen van het collectivisme,
                    op het gemeenschappelijke beheer van de productiemiddelen, ruilen de producenten
                    hun producten niet ; evenmin fungeert de arbeid die geleverd is voor het maken
                    van de producten hier als de waarde van deze producten, als een soort stoffelijke
                    eigenschap ervan, omdat nu, in tegenstelling tot de kapitalistische maatschappij,
                    individuele arbeid niet meer via een omweg, maar direct deel uitmaakt van de
                    gemeenschappelijke arbeid. […]
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  Marxistisch Internet Archief,
                  <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1875/1875gotha.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1875/1875gotha.htm</ref>
                </bibl>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">[…]</p>
              <p rend="alinea">
                Mais un individu l’emporte physiquement ou moralement sur un autre, il
                fournit donc dans le même temps plus de travail ou peut travailler plus de
                temps ; et pour que le travail puisse servir de mesure, il faut déterminer sa durée
                ou son intensité, sinon il cesserait d’être unité. Ce droit <emph>égal</emph> est un droit inégal
                pour un travail inégal. Il ne reconnaît aucune distinction de classe, parce que
                tout homme n’est qu’un travailleur comme un autre ; mais il reconnaît
                tacitement l’inégalité des dons individuels et, par suite, de la capacité de
                rendement comme des privilèges naturels. <emph>C’est donc, dans sa teneur, un droit
                fondé sur l’inégalité, comme tout droit.</emph> Le droit par sa nature ne peut consister
                que dans l’emploi d’une même unité de mesure ; mais les individus inégaux (et
                ce ne seraient pas des individus distincts, s’ils n’étaient pas inégaux) ne sont
                mesurables d’après une unité commune qu’autant qu’on les considère d’un même
                point de vue, qu’on ne les saisit que sous un aspect <emph>déterminé</emph>, par exemple,
                dans le cas présent, qu’on ne les considère <emph>que comme travailleurs</emph> et rien de
                plus, et que l’on fait abstraction de tout le reste.
                <anchor xml:id="Gotha-Gloses-I-famille"/> D’autre part : un ouvrier est marié, l’autre non ;
                l’un a plus d’enfants que l’autre, etc., etc. À égalité de travail
                et par conséquent, à égalité de participation au fonds social de consommation,
                l’un reçoit donc effectivement plus que l’autre, l’un est plus riche que l’autre, etc.
                Pour éviter tous ces inconvénients, le droit devrait être non pas égal, mais
                inégal.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
          <p rend="invisible">Mots-clefs :
            <index><term>socialisme, stade primitif du communisme</term></index>❦ socialisme, stade primitif du communisme
            <index><term>Communisme, issu de l’ancienne société — socialisme</term></index>
          </p>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste
                non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres,
                mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste ;
                une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel,
                porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue.
                Le producteur reçoit donc individuellement — les défalcations une fois faites —
                l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné,
                c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail
                représente la somme des heures de travail individuel ; le temps de travail individuel
                de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail,
                la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail
                (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon,
                il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail.
                Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour,
                sous une autre forme.
              </p>
            </quote>
            <bibl/>
          </cit>
          <p xml:id="GothaIattest" rend="invisible">Mots-clefs :
            <index>
              <term>attestation de travail, sous le socialisme</term>
            </index>❦ attestation de travail
            <index><term>monnaie, sous le socialisme</term></index>❦ monnaie
            <index><term>salaire, sous le socialisme</term></index>❦ salaire
            <index>
              <term>contribution, sous le socialisme</term>
            </index>❦ contribution, sous le socialisme
            <index><term>épanouissement, sous le communisme</term></index>❦ épanouissement
            <index><term>faculté, sous le communisme</term></index>❦ facultés
            <index><term>compétence, sous le communisme</term></index>❦ compétence, sous le communisme
          </p>
          <table rend="citquote separated">
            <row>
              <cell xml:lang="de">
                <p rend="alinea">
                  […] Die individuelle Arbeitszeit des einzelnen Produzenten ist der von ihm
                  gelieferte Teil des gesellschaftlichen Arbeitstags, sein Anteil daran. Er erhält
                  von der Gesellschaft einen Schein, daß er soundso viel Arbeit geliefert (nach
                  Abzug seiner Arbeit für die gemeinschaftlichen Fonds), und zieht mit diesem
                  Schein aus dem gesellschaftlichen Vorrat von Konsumtionsmitteln soviel heraus,
                  als gleich viel Arbeit kostet. Das selbe Quantum Arbeit, das er der Gesellschaft
                 in einer Form gegeben hat, erhält er in der andern zurück.
                </p>
              </cell>
              <cell xml:lang="fr">
                <p rend="alinea">
                  […] Le temps de travail individuel du producteur pris séparément
                  est la partie de la journée sociale de travail qu’il a fournie, la part
                  qu’il y a prise. Il reçoit de la société une attestation disant qu’il a fourni
                  tant et tant de travail (après décompte du travail effectué pour les fonds
                  communautaires) et, avec cette attestation, il retire aux stocks sociaux de moyens de
                  consommation l’équivalent de ce que coûte sa quantité de travail. Le
                  <emph>quantum</emph> de travail qu’il a donné à la société sous une
                  forme, il le reçoit en retour de la société sous une autre forme
                </p>
              </cell>
              <!-- <cell xml:lang="nl"><p rend="alinea"></p></cell> -->
              <!-- <cell xml:lang="en"><p rend="alinea"></p></cell> -->
            </row>
            <row>
              <cell xml:lang="de"><p rend="alinea">[…]</p></cell>
              <cell xml:lang="fr"><p rend="alinea">[…]</p></cell>
              <!-- <cell xml:lang="nl"><p rend="alinea"></p></cell> -->
              <!-- <cell xml:lang="en"><p rend="alinea"></p></cell> -->
            </row>
            <row>
              <cell xml:lang="de">
                <p rend="alinea">
                  In einer höheren Phase der kommunistischen Gesellschaft, nachdem die knechtende
                  Unterordnung der Individuen unter die Teilung der Arbeit, damit auch der
                  Gegensatz geistiger und körperlicher Arbeit verschwunden ist ; nachdem die Arbeit
                  nicht nur Mittel zum Leben, sondern selbst das erste Lebensbedürfnis geworden ;
                  nachdem mit der allseitigen Entwicklung der Individuen auch ihre Produktivkräfte
                  gewachsen und alle Springquellen des genossenschaftlichen Reichtums voller
                  fließen — erst dann kann der enge bürgerliche Rechtshorizont ganz überschritten
                  werden und die Gesellschaft auf ihre Fahne schreiben : Jeder nach seinen
                  Fähigkeiten, jedem nach seinen Bedürfnissen !
                </p>
              </cell>
              <cell xml:lang="fr">
                <p rend="alinea">
                Dans une phase supérieure de la société communiste, quand aura disparu
                l’asservissante subordination des individus à la division du travail, et avec elle
                l’opposition entre travail intellectuel et travail manuel ; quand le travail ne
                sera pas seulement un moyen de vivre, mais sera devenu le premier besoin vital ;
                quand avec le développement des individus à tous égards, leurs forces productives
                se seront également accrues et que toutes les sources de la richesse collective
                jailliront avec abondance, alors seulement l’horizon borné du droit bourgeois
                pourra être entièrement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux : « De
                chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! »
                </p>
              </cell>
              <!-- <cell xml:lang="nl"><p rend="alinea"></p></cell> -->
              <!-- <cell xml:lang="en"><p rend="alinea"></p></cell> -->
            </row>
            <row rend="publie">
              <cell xml:lang="de"><bibl>MEW, Band. 19, S. 20-21</bibl></cell>
              <cell xml:lang="fr"><bibl/></cell>
              <!-- <cell xml:lang="nl"><bibl></bibl></cell> -->
              <!-- <cell xml:lang="en"><bibl></bibl></cell> -->
            </row>
          </table>
          <p rend="alinea">
            L’expression « selon ses capacités » vise certainement des capacités physiques
            variables, y compris le cas des personnes malades ou handicapées. Mais Marx parle dans
            le même alinéa du « développement des individus à tous égards » et il a insisté à
            plusieurs reprises sur l’épanouissement des facultés des travailleurs sous le
            socialisme et le communisme. Il y a sans doute ça aussi dans « selon ses capacités »,
            d’autant plus que le mot allemand me semble pouvoir viser la compétence au moins autant
            que la capacité physique — comme le mot faculté en français.
          </p>
        </div>

        <div xml:id="Gotha-Gloses-III">
          <head>
            Gloses marginales au programme du parti ouvrier allemand — III
          </head>
          <cit>
            <quote>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Le Parti ouvrier allemand réclame,
                    pour <emph>préparer les voies à la solution de la question sociale</emph>,
                    l’établissement de sociétés de production avec <emph>l’aide de l’État,
                    sous le contrôle démocratique du peuple des travailleurs </emph>.
                    Les sociétés de production doivent être suscitées dans l’industrie et l’agriculture
                    avec une telle ampleur <emph>que l’organisation socialiste de l’ensemble du travail en résulte</emph>.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                […] D’une manière digne on « prépare les voies ».
                On remplace la lutte des classes existante par une formule creuse de journaliste :
                la « <emph>question sociale</emph> », à la « <emph>solution</emph> » de laquelle on « prépare les voies ».
                Au lieu de découler du processus de transformation révolutionnaire de la société,
                « l’organisation socialiste de l’ensemble du travail résulte » de « l’aide de l’État »,
                aide que l’État fournit aux coopératives de production que lui-même
                (et non le travailleur) a « suscitées ».
                Croire qu’on peut construire une société nouvelle au moyen de subventions de l’État
                aussi facilement qu’on construit un nouveau chemin de fer,
                voilà qui est bien digne de la présomption de Lassalle !
              </p>
              <p rend="alinea">
                Par un reste de pudeur, on place « l’aide de l’État »…
                sous le contrôle démocratique du « peuple des travailleurs ».
              </p>
              <p rend="alinea">[…]</p>
              <p rend="alinea">
                Et pour ce qui est des sociétés coopératives actuelles, elles n’ont de valeur
                qu’autant qu’elles sont des créations indépendantes aux mains des travailleurs et
                qu’elles ne sont protégées ni par les gouvernements, ni par les bourgeois.
              </p>
            </quote>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Cela me fait fort penser à certains verts subjectivement marxistes, tenants du <foreign xml:lang="en">small is beautifull</foreign> et de tout ce qui est « communautaire » et
            « de proximité », et qui promeuvent <ref target="../../environ/socbar/villes.html">des
            sociétés de production d’électricité à l’échelle de la ville et sous contrôle démocratique
            de « la communauté »</ref>. On pourrait détecter presque à coup sûr les propositions
            faiblardes, à ce qu’elles se couvrent du manteau du « contrôle démocratique » pour
            dissimuler leur faiblesse sous une couche de politiquement correct. (La ville est un
            niveau de l’appareil d’État. La « communauté » ce sont les bien-pensants qui se
            réunissent pour écouter leur pasteur protestant dans les romans et les feuilletons
            télévisés américains.)
          </p>
        </div>

        <div xml:id="Gotha-Gloses-IV">
          <head>
            Gloses marginales au programme du parti ouvrier allemand — IV
          </head>
          <label xml:id="Gotha-Gloses-IV-A" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright"/>
            A. — « Libre fondement de l’État ».
          </label>
          <index><term>dictature du prolétariat, transition vers une société sans classes</term></index>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                Entre la société capitaliste et la société communiste,
                se place la période de transformation révolutionnaire de celle-là en celle-ci.
                À quoi correspond une période de transition politique où l’État ne saurait être
                autre chose que la <term rend="terme">dictature révolutionnaire du prolétariat</term>.
              </p>
            </quote>
            <!--
              Déjà en 1852, Marx écrit, dans une lettre à Weydemeyer,
              que « la lutte des classes mène nécessairement à la dictature du prolétariat ».
              Voir un important commentaire de cette lettre par Lénine dans « L’État et la Révolution »,
              Œuvres complètes, tome 25, pp. 444 et suiv.
             -->
          </cit>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus Gotha.xml -->
        <!-- début de fichier inclus AntiDuhring.xml --><div xml:id="AntiDuhring" type="level1_livre">
          <head>
            Anti-Dühring
            <seg rend="invisible">(Engels, 1878)</seg>
          </head>

          <bibl>
            Geschrieben September 1876 bis Juni 1878.
            Veröffentlicht im <title>Vorwärts</title> vom 3. Januar 1877 bis 7. Juli 1878.
          </bibl>

          <bibl>
            <title>Herrn Eugen Dühring’s Umwälzung der Wissenschaft :
            Philosphie, Politische Œkonomie, Socialismus</title>,
            Druck und Verlag der Genossenschafts Buchbruderei, Leipzig, 1878.
            Letzten (dritten) von Friedrich Engels durchgesehenen und vermehrten Auflage, Stuttgart, 1894.
          </bibl>

          <bibl>
            Marx &amp; Engels,
            <title>Werke</title>,
            Dietz Verlag, Berlin, 1962. Band 20, S. 1-303,
            <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me20/me20_001.htm">www.mlwerke.de/me/me20/me20_001.htm</ref>.
          </bibl>

          <bibl>
            <title>Anti-Dühring (Monsieur E. Dühring bouleverse la science)</title>,
            Éditions sociales, Paris, 1950, 541 pages, comprenant des textes retirés ensuite <note xml:id="AD1956retire1950" n="1" place="bottom">
              Il s’agit de :
              <list type="bulleted">
                <item>
                  « Sur la dialectique — Ancienne préface à l’Anti-Dühring »,
                  repris en premier chapitre de la <title>Dialectique de la nature</title>,
                  voir <ptr target="#dialnatIIprefAD"/>.
                </item>
                <item>
                  « Notes à propos de l’Anti-Düring », repris dans la partie
                  « Notes et fragments » de la <title>Dialectique de la nature</title>.
                  <list type="bulleted">
                    <item>
                      a) Sur les prototypes de l’ « infini » mathématique dans le monde réel,
                      repris sous « Mathématiques », voir <ptr target="#dialnatIIImath"/>.
                    </item>
                    <item>
                      b) Sur la conception « mécaniste » de la nature,
                      repris sous « Les formes du mouvement de la matière… »,
                      voir <ptr target="#dialnatIIIformesmouv"/>.
                    </item>
                    <item>
                      c) Sur l’incapacité de Nägeli de connaître l’infini,
                      repris sous « Dialectique, b) Logique… »,
                      voir <ptr target="#dialnatIIIDialectique-b"/>,
                      mais je n’ai pas examiné ce passage-là.
                    </item>
                  </list>
                </item>
              </list>
            </note>.
            Le texte français est basé sur celui de l’Institut Marx-Engels-Lénine en 1935.
            (P. 31, dans l’« Avertissement » signé février 1949, É. Bottigelli.)
            On trouve en ligne l’édition de 1950 à <ref target="#Chicoutimi">Chicoutimi</ref> :
            <ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Engels_friedrich/anti_duhring/anti_duhring.html">classiques.uqac.ca/classiques/Engels_friedrich/anti_duhring/anti_duhring.html
            </ref>, <ref target="https://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.enf.ant">dx.doi.org/doi:10.1522/cla.enf.ant</ref>.
          </bibl>

          <bibl>
            Le chapitre 10 de la deuxième partie (Économie politique) est de Karl Marx.
            (Voir note 1, p. 261 dans l’édition de 1950.)
          </bibl>

          <bibl>
            Ensuite Éditions sociales, Paris, 1956 (deuxième édition revue), 511 pages.
            (« Achevé d’imprimer » 1956 à la fin, mais toujours datée 1950 au dos de la page de titre, p. 6 !)
            La pagination est identique jusqu’à la page 442. C’est celle que je donne ici.
            Les textes de la première édition française de 1950 retirés dans celle-ci
            l’ont été parce qu’on les a édités à partir de 1952 dans la <title>Dialectique de la nature</title>.
            L’index des notions peut renvoyer encore à des pages de 1950 qui n’y sont plus ici.
            (L’« Avertissement » d’Émile Bottigelli est toujours celui de 1949,
            mais augmenté d’une « Note pour la deuxième édition » signée de septembre 1956.)
            Un exemplaire daté de 1963 est toujours donné comme deuxième édition.
          </bibl>

          <bibl>
            L’Archive Internet des marxistes donne un texte (<ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611.htm">www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611.htm</ref>),
            en collaboration avec Chicoutimi (mais le lien là à Chicoutimi ne fonctionne plus),
            sans indication d’édition, mais avec l’ « Avertissement » d’Émile Bottigelli daté d’avril 1971
            repris de la troisième édition aux Éditions sociales.
            Il y a des notes nouvelles.
            Le contenu correspond aux 364 premières pages de la deuxième édition
            (à savoir les chapitres, sans la partie « Manuscrits pour… »).
          </bibl>

          <bibl>
            <title>De heer Eugen Dührings omwenteling van de wetenschap (Anti-Dühring)</title>,
            Uitgeverij Progres, Moskou 1978. Marxistisch Internet Archief : <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1877/anti-duhring/index.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1877/anti-duhring/index.htm</ref>.
          </bibl>

          <bibl>
            <title>Herr Eugen Dühring’s revolution in science (Anti-Dühring)</title>,
            translated by Emile Burns, edited by <ref target="#ClemensDutt">C.P. Dutt</ref>,
            Co-operative Publishing Society of Foreign Workers, Moscow,
            also International Publishers, New York, 1935 (Marxist Library, vol. 18),
            available in <term xml:lang="en">streaming</term> at <ref target="https://www.archive.org/stream/antidhringherr00enge">www.archive.org/stream/antidhringherr00enge</ref>
            (other formats also from Open Library).
            Marxists Internet Archive, in HTML from the 1947 Moscow edition : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1877/anti-duhring/index.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1877/anti-duhring/index.htm</ref>
            (text slightly different from the 1935 edition above).
            Another edition : <title>Landmarks of scientific socialism : “anti-Duehring”</title>,
            translated and edited by Austin Lewis, C.H. Kerr &amp; Co, Chicago, 1907,
            in <term xml:lang="en">streaming</term> at <ref target="https://www.archive.org/stream/landmarksofscien00engeuoft#page/n3/mode/2up">www.archive.org/stream/landmarksofscien00engeuoft#page/n3/mode/2up</ref>.
          </bibl>

          <!-- <div xml:id="ADpreface1" type="level2_">
            <head>Préface à la première édition</head>

            <bibl>
              P. 35-37. Signé de Londres, 11 juin 1878. <ref target=
              "https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611b.htm"
              >https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611b.htm</ref>.
            </bibl>

            <p rend="alinea">
              Où il explique la demande de ses amis socialistes allemands de répondre à Dühring.
            </p>
          </div> -->

          <div xml:id="ADpreface2" type="level2_">
            <head>Préface à la deuxième édition</head>

            <bibl>
              P. 38-44. Signé de Londres, 23 septembre 1885. <ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611b.htm">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611b.htm</ref>.
            </bibl>

            <p rend="alinea">
              En 1877 ou 78, il y avait urgence à mener la polémique contre Dühring.
              En 1885, Dühring est oublié, mais l’<title>Anti-Dühring</title> est aussi le premier livre
              synthétisant les conceptions marxistes sur des questions générales
              (comme, entre autres, la dialectique),
              au-delà du <title>Manifeste</title> et du <title>Capital</title>.
              C’est à ce titre, comme manuel de marxisme, qu’il y a une demande pour une réédition (p. 38).
            </p>

            <p xml:id="AD40trois5clefs"><label rend="invisible">Anti-Dühring, préface à la deuxième édition (1885)</label>
              <index><term>Marx, mathématiques</term></index>
              <index><term>mathématiques, Marx</term></index>
              <index><term>science théorique de la nature</term></index>
              <index><term>théorique, science — de la nature</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea" xml:id="ADlimitconn">
              Il est conscient des limites de ses connaissances scientifiques
              et, dans cette préface de 1885 du livre de 1878, il introduit des réserves à ce sujet.
            </p>
            <cit xml:id="AD40deux5e">
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <pb xml:id="AD40deux5" n="40 ⅖"/>Deuxièmement, j’aurais voulu changer
                  la partie qui traite de la science théorique de la nature.
                  Il règne là une grande maladresse d’exposition,
                  et plus d’un point pourrait être exprimé aujourd’hui sous une forme plus claire et plus précise.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <pb xml:id="AD40trois5" n="40 ⅗"/>Marx était un mathématicien accompli,
                  mais nous ne pouvions suivre les sciences de la nature que d’une manière fragmentaire, intermittente, sporadique. […]
                  il n’est que trop naturel que je ne trouve pas toujours l’expression technique exacte
                  et que j’évolue en général avec une certaine lourdeur dans le domaine de la science théorique de la nature.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 40</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Je ne sais pas ce qu’il entend par « théorique » lorsqu’il parle ici,
              et cela revient ailleurs, de « science théorique de la nature ».
              Voir cependant ce qu’il dit dans le <ref target="#Feuerbach-IV">Feuerbach, au chapitre 4</ref>,
              d’états empiriques de la science<note xml:id="ADpreface2-not1" n="1" place="bottom">
                Encore de mon temps à l’école, fin des années 50 du vingtième siècle,
                à côté d’un peu (très peu) de physique et de chimie, on avait « sciences naturelles »,
                encore très cabinet de curiosités — le collège des jésuites avait d’ailleurs un « musée ».
              </note>.
              Mais pourquoi alors le singulier ? Peut-être un singulier générique.
            </p>

            <p xml:id="AD40un2clefs"><label rend="invisible">Anti-Dühring, préface à la deuxième édition (1885)</label>
              <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
              <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, enveloppe mystique de la —</term></index>
              <index><term>philosophie de la nature</term></index>
              <index><term>nature, philosophie de la —</term></index>
              <index><term>science de la nature</term></index>
              <index><term>nature, science de la —</term></index>
              <index><term>loi générale du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>
              <index><term>loi de la dialectique, les — régissent l’histoire</term></index>
              <index><term>loi de la dialectique, légalité des —</term></index>
              <index><term>loi de la dialectique, les — sont induites</term></index>
              <index><term>Hegel sur la nature : ne lui reconnaît pas d’évolution dans le temps</term></index>
              <index><term>évolution : Hegel ne reconnaît pas à la nature d’— dans le temps</term></index>
              <index><term>histoire : Hegel ne reconnaît pas de dimension historique à la nature</term></index>
              <index><term>caractère historique du monde physique, non reconnu par Hegel</term></index>
              <index><term>dimension historique du monde physique, non reconnue par Hegel</term></index>
              <index><term>Hegel sur la nature : régression par rapport à Kant</term></index>
              <index><term>Kant : Hegel, sur la nature, régresse par rapport à —</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">Il fait surtout l’exposé positif du projet.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p xml:id="AD40undemi" rend="alinea">
                  <pb xml:id="AD40un2" n="40 ½"/>Marx et moi, nous fûmes sans doute à peu près seuls
                  à sauver de la philosophie idéaliste allemande la dialectique consciente
                  pour l’intégrer dans la conception matérialiste de la nature et de l’histoire. […]
                </p>
                <p xml:id="AD41uncinquieme" rend="alinea">
                  <pb xml:id="AD41un8" n="41 ⅛"/>Il s’agissait évidemment pour moi,
                  en faisant cette récapitulation des mathématiques et des sciences de la nature,
                  de me convaincre dans le détail
                  — alors que je n’en doutais aucunement dans l’ensemble —
                  que dans la nature s’imposent, à travers la confusion des modifications sans nombre,
                  les mêmes lois dialectiques du mouvement qui, dans l’histoire aussi,
                  régissent l’apparente contingence des événements ;
                  les mêmes lois qui,
                  formant également le fil conducteur dans l’histoire de l’évolution accomplie par la pensée humaine,
                  parviennent peu à peu à la conscience des hommes pensants :
                  <anchor xml:id="AD41deuxcinquiemes"/>lois que
                  Hegel a développées pour la première fois d’une manière étendue, mais sous une forme mystifiée,
                  et que nous nous proposions, entre autres aspirations, de dégager de cette enveloppe mystique
                  et de faire entrer nettement dans la conscience avec toute leur simplicité et leur universalité.
                  Il allait de soi que la vieille philosophie de la nature,
                  malgré tout ce qu’elle contenait de valeur réelle et de germes féconds,
                  ne pouvait nous satisfaire.
                  Comme je l’ai exposé en détail dans cet ouvrage, elle avait,
                  <pb xml:id="AD42" n="42"/>surtout sous sa forme hégélienne,
                  le défaut de ne pas reconnaître à la nature d’évolution dans le temps, de succession, mais seulement une juxtaposition.
                  Cela tenait d’une part au système hégélien lui-même, qui n’accordait qu’à l’ « esprit » un développement historique,
                  mais, d’autre part aussi, à l’état général des sciences de la nature à cette date.
                  Hegel retombait ainsi loin en arrière de Kant,
                  qui avait proclamé déjà, par sa théorie de la nébuleuse, la naissance du système solaire et,
                  par sa découverte du freinage de la rotation de la terre par la marée, la fin de ce système.
                  Enfin, il ne pouvait s’agir pour moi de faire entrer par construction les lois dialectiques dans la nature,
                  mais de les y découvrir et de les en extraire.
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p xml:id="decouvrirLoisDialNat" rend="alinea">
              Il semblerait indiquer
            </p>
            <list type="ordered" rend="iii firstalinea">
              <item>
                que ce sont des « lois dialectiques du mouvement » qui, dans l’histoire, « régissent l’apparente contingence des événements » ;
              </item>
              <item>
                qu’il avait a priori l’intuition et la conviction (« je n’en doutais aucunement dans l’ensemble »)
                qu’elles devaient être vraies aussi pour la nature (« s’imposent ») ;
              </item>
              <item>
                qu’il s’agissait « de les y découvrir et de les en extraire » ou même simplement de les confirmer :
                « de m’en convaincre dans le détail » ;
              </item>
              <item>
                que ces lois forment le fil conducteur de l’évolution de la pensée.
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Le mouvement dans ceci c’est essentiellement le changement :
              pour la nature, les « modifications sans nombre » ;
              pour l’histoire, les « événements ».
              Ce changement, c’est surtout le changement historique, l’évolution, que Kant avait entrevue.
              Bref, la nature, la société et la pensée ne sont pas le lieu de changements en sens divers ;
              ces changements constituent une évolution (et non une « confusion ») ;
              ils obéissent à des lois (ils ne sont pas « contingents ») ;
              ces lois sont celles de la dialectique (ces lois « régissent »).
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il me semble qu’il y a alors une tension, un conflit de compétence entre les lois générales
              (ce sont les mêmes pour la nature, la société et la pensée), plutôt philosophiques, de la dialectique
              et les lois de la nature et de l’histoire,
              telles qu’ils revient aux sciences de la nature et de la société de les dégager
              et qui sont spécifiques à divers niveaux de complexité du réel :
              physique, biologie, neurologie et sciences cognitives, histoire, économie, histoire de la pensée…
              Engels a conscience de conflit de compétence et il y reviendra
              <ref target="#seuilCapitalDuh">au chapitre 12</ref> et <ref target="#ADexpropriation">au chapitre 13</ref>
              (et moi aussi à cette occasion).
              On doit retenir déjà ici qu’ « il ne pouvait s’agir pour moi de faire entrer par construction les lois dialectiques dans la nature ».
              Il exprime ici déjà pleinement l’ambiguïté de sa position :
              à la fois la « légalité » des lois de la dialectique (qui « s’imposent », « régissent »)
              et le respect de la réalité (ne pas les imposer a priori, « par construction » à la nature).
              (On pourrait dire que « s’imposent » <emph>à nous</emph> comme évidents
              des traits récurrents des lois de la nature découvertes par la science,
              ce qui serait une expression prudente, acceptable,
              mais des lois qui « régissent » l’histoire, c’est une expression plus forte.)
              La démarche serait donc de découvrir par le travail scientifique les lois de la nature et les lois de l’histoire
              (sans y « faire entrer par construction les lois dialectiques »)
              et de voir apparaître dans toutes ces lois particulières ces motifs généraux récurrents que sont les lois de la dialectique.
              Mais si les lois dialectiques sont a posteriori, comment peut-on être convaincu par avance de leur validité ?
              En quoi plusieurs motifs généraux qu’on voit apparaître régulièrement,
              mais tantôt l’un, tantôt un autre et pas tous ensemble, peuvent-ils être chacun qualifiés de « loi » ?
              (De ma lecture de la dialectique chez Marx et Engels,
              j’ai fait <ref target="#DMdialectique">une tentative de synthèse</ref>.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Une autre difficulté est de savoir exactement ce que Marx et Engels
              ont trouvé de si important à récupérer de dialectique chez Hegel, si la dialectique c’est surtout l’évolution,
              et si cet aspect manquait chez Hegel, en dehors de l’histoire humaine.
              Il faut alors comprendre qu’on récupère de Hegel la dialectique de l’histoire
              et qu’on l’étend, en se fondant sur la science, à la nature.
            </p>
            <p rend="alinea">
              L’expression « dégager de cette enveloppe mystique »
              est une <ref target="#retournementDialectique">citation littérale de Marx</ref>.
            </p>

            <p xml:id="AD40un2clefs2"><label rend="invisible">Anti-Dühring, préface à la deuxième édition (1885)</label>
              <index><term>force</term></index>
              <index><term>substance</term></index>
              <index><term>Helmholtz</term></index>
              <index><term>Kirchhoff</term></index>
              <index><term>physique</term></index>
              <index><term>mécanique</term></index>
              <index><term>astronomie</term></index>
              <index><term>gravitation</term></index>
              <index><term>Newton</term></index>
              <index><term>Kepler</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">En note, sur Hegel :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p xml:id="AD41troisquart" rend="alinea"><pb xml:id="AD41trois4" n="41 ¾"/>[…]
                  En ce qui concerne spécialement Hegel, il est à bien des égards très en avance sur ses contemporains empiristes,
                  qui croyaient avoir expliqué tous les phénomènes inexpliqués lorsqu’ils avaient supposé à leur base une force
                  — force de pesanteur, force de flottabilité, force électrique de contact, etc. —
                  ou, si c’était impossible, une substance inconnue,
                  substance lumineuse, substance calorique, substance électrique, etc.
                  Les substances imaginaires sont maintenant à peu près éliminées,
                  mais le charlatanisme des forces combattu par Hegel continue allègrement à hanter
                  par exemple le discours de Helmholtz à Innsbruck en 1869
                  (voir Helmholtz : <title>Populäre Vorlesungen</title>, 2<hi rend="ordinal">e</hi> livraison 1871, p. 190).
                  En face de la déification — héritée des Français du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle — de Newton,
                  que l’Angleterre combla d’honneurs et de richesses,
                  Hegel a souligné que Kepler, que l’Allemagne laissa mourir de faim,
                  est le véritable fondateur de la mécanique moderne des corps célestes
                  et que la loi newtonienne de la gravitation est déjà contenue dans les trois lois de Kepler,
                  et même explicitement dans la troisième.
                  Ce que dans sa <title>Philosophie de la nature</title> § 270 et appendices
                  (<title>Hegels  Werke</title>, 1842, 7<hi rend="ordinal">e</hi> volume, p. 98 et 113 à 115),
                  Hegel démontre à l’aide de quelques équations simples,
                  réapparaît comme résultat de la mécanique mathématique la plus moderne chez Gustav Kirchhoff :
                  <title>Leçons de physique mathématique</title>, 2<hi rend="ordinal">e</hi> édition, Leipzig 1877, p. 10,
                  et sous une forme mathématique simple
                  essentiellement identique à celle qui fut exposée pour la première fois par Hegel.
                  Les philosophes de la nature sont à la science de la nature consciemment dialectique
                  ce que les utopistes sont au communisme moderne.
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Tiens, l’instant d’avant, ce pauvre Hegel était limité par l’état de la science de son temps.
              Le voilà une page plus loin devenu plus malin que cet idiot de Kirchhoff en physique mathématique.
            </p>
            <p xml:id="EngelsDonneLecon" rend="alinea">
              Sur l’introduction de forces et de substances ad hoc,
              voir le débat contemporain sur réalisme et antiréalisme.
              Il se peut que Hegel ait critiqué à juste titre l’inflation ontologique
              des forces et des substances dans un certain état de la physique,
              mais je crains qu’Engels ne soit un peu trop optimiste quant à la compétence scientifique de Hegel,
              un peu chauvin en ce qui concerne Kepler opposé à Newton
              et inutilement méprisant pour Helmholtz et Kirchhoff.
              Quant à l’affirmation que « la loi newtonienne de la gravitation est déjà contenue
              dans les trois lois de Kepler, et même explicitement dans la troisième »,
              Engels s’est un peu laissé aller :
              Kepler est sûrement un des grands noms de l’astronomie ; Newton se place sur un terrain différent :
              il fonde une mécanique en général, une dynamique,
              qui rend compte en particulier des lois de Kepler sur le système solaire.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Alors qu’il se veut dialectique en histoire, Engels perd de vue
              qu’il y a également une histoire, dialectique elle aussi, de la pensée et de la science
              et que les concepts de la physique ont été élaborés lentement avec essais et erreurs.
              Il n’y a pas de sens à se gausser des tâtonnements des physiciens antérieurs.
              Il tombe dans le même travers dans de longs passages de la <title>Dialectique de la nature</title> ;
              il joue au donneur de leçons a posteriori sur des sujets qu’en plus il ne connaît pas toujours assez (ou pas du tout).
              Le fait que des savants soient trop mécanistes, qu’ils soient trop peu consciemment ou explicitement dialectiques
              (ils sont parfois en fait beaucoup plus dialectiques qu’Engels lui-même), n’en fait pas des idiots.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il oppose au début du passage Hegel à l’empirisme et à la fin une science consciemment dialectique
              (encore Hegel ? ses propres espoirs d’écrire un jour une dialectique de la nature ?)
              aux philosophes de la nature (la science telle qu’elle se fait ? la science ancienne ?).
              Il pose peut-être ici le problème que la science légifère mais n’explique plus
              (Newton donne les lois de la gravitation mais renonce à dire ce que la gravitation est),
              tandis que la dialectique (qui prétend légiférer aussi) permettrait, elle, de redonner du sens.
              Cela introduit la possibilité de deux niveaux d’explication, le niveau scientifique et le niveau dialectique (?)
              peut-être plus complémentaires que concurrents.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il y a peu de textes explicitement philosophiques de Marx et Engels.
              Cette préface est donc précieuse.
              Mais il est difficile de tirer de manière certaine des thèses philosophiques précises
              d’un texte qui n’est qu’une préface et qui est écrit
              comme une grande envolée littéraire, sur un ton plus rhétorique que logique.
              Il est dommage qu’Engels, après de grandes protestations de modestie ci-dessus, les oublie rien qu’une page plus loin
              pour écrire sur la science des considérations imprudentes.
            </p>

            <p xml:id="dialmainstream"><label rend="invisible">Anti-Dühring, préface à la deuxième édition (1885)</label>
              <index><term>dialectique, devenant <foreign xml:lang="en">mainstream</foreign></term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="AD42trois5" n="42 ⅗"/>
                  Il est possible cependant que le progrès de la science théorique de la nature
                  rende mon travail superflu pour la plus grande partie ou en totalité.
                  Car telle est la révolution imposée à la science théorique de la nature
                  par la simple nécessité de mettre en ordre
                  les découvertes purement empiriques qui s’accumulent en masse,
                  qu’elle oblige même l’empiriste le plus récalcitrant
                  à prendre de plus en plus conscience du caractère dialectique des processus naturels.
                  Les vieilles oppositions rigides, les lignes de démarcation nettes et infranchissables
                  disparaissent de plus en plus.
                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              La dialectique devenant <foreign xml:lang="en">mainstream</foreign>, elle va de soi.
              On n’en parle que pour s’opposer à une vision empirique, dite « métaphysique ».
              À partir du moment où elle est le courant principal de la science,
              il n’est peut-être plus nécessaire de la nommer.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En effet, si la science dit comment le monde est ;
              si la science, ce faisant, donne son contenu matérialiste à la dialectique « retournée » :
              les grands traits de ce que le monde est ;
              alors tout scientifique qui cherche à coller à la réalité du monde (c’est ça la science)
              est nécessairement dialectique, qu’il le veuille ou non.
              Cependant, il peut toujours être fructueux dans l’orientation d’une réflexion
              d’avoir la dialectique présente à l’esprit
              pour ne pas oublier de prendre en compte la complexité.
              Dans le produit de la recherche, le problème ne se pose pas :
              si une théorie n’est pas assez dialectique, elle ne correspond pas au monde
              et sera rejetée dans la phase de confrontation entre la théorie et la réalité <note xml:id="testsciencepasdial" n="2" place="bottom">
                Le seul critère en science est la confrontation au monde réel,
                jamais, comme du temps de Lyssenko ou dans d’autres controverses de cette époque,
                la confrontation à « la dialectique ».
              </note>.
              Si ça va de soi en science, il est par contre important en politique,
              qui n’est pas une science « exacte » et où la complexité est très grande,
              de rester toujours consciemment, volontairement dialectique.
            </p>

            <p xml:id="metaphysborne"><label rend="invisible">Anti-Dühring, préface à la deuxième édition (1885)</label>
              <index><term>dialectique, conception — de la nature</term></index>
              <index><term>nature, conception dialectique de la — </term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="AD43trois4" n="43 ¾"/>[…]
                ce sont précisément les oppositions diamétrales représentées comme inconciliables
                et insolubles, les lignes de démarcation et les différences de classes fixées de force
                qui ont donné à la science théorique de la nature aux temps modernes son caractère
                métaphysique borné. Reconnaître que ces oppositions et ces différences existent certes
                dans la nature, mais seulement avec une validité relative ; que, par contre, cette fixité
                et cette valeur absolues qu’on leur imputait ne sont introduites dans la nature
                que par notre réflexion, tel est l’essentiel de la conception dialectique de la nature.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il est vrai que dans certaines sciences, les concepts ont des frontières floues.
              Mais je pense que de nombreux savants n’ont pas attendu Engels pour en prendre conscience.
              La pensée, la science, évoluent, progressent graduellement.
              En opposant radicalement deux écoles,
              l’une plus analytique, empiriste, taxée de métaphysique, et une autre, dialectique,
              Engels pèche précisément par ce qu’il reproche : il fixe une frontière qui n’existe pas.
              Même schématisme page 44 avec la « méthode de pensée bornée, héritage de l’empirisme anglais ».
            </p>
          </div>

          <div xml:id="ADintro" type="level2_part">
            <head>
              Introduction
            </head>

            <div xml:id="ADchap1" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 1.
                Généralités
              </head>
              <bibl>Anti-Dühring (Éditions sociales), Introduction, p. 49</bibl>

              <p xml:id="ADchap1-clefs1"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Introduction, chapitre 1 — Généralités</label>
                <index><term>dialectique</term></index>
                <index><term>Aristote, dialectique chez —</term></index>
                <index><term>dialectique, chez Aristote</term></index>
                <index><term>Héraclite, dialectique chez —</term></index>
                <index><term>dialectique, chez Héraclite</term></index>
                <index><term>Descartes, dialectique chez —</term></index>
                <index><term>Spinoza, dialectique chez —</term></index>
                <index><term>Diderot, dialectique chez —</term></index>
                <index><term>Rousseau, dialectique chez —</term></index>
                <index><term>méthode métaphysique</term></index>
                <index><term>mode de pensée dit métaphysique</term></index>
                <index><term>métaphysique, mode de pensée dit —</term></index>
                <index><term>analytique, méthode</term></index>
                <index><term>interaction</term></index>
                <index><term>changement</term></index>
                <index><term>mouvement</term></index>
                <index><term>tiers exclu</term></index>
                <index><term>contradiction</term></index>
                <index><term>unité des contraires</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Il y a historiquement, pour Engels, deux visions du monde ou modes ou formes de pensée :
                dialectique ou métaphysique.
                Il caractérise la manière de voir <term>dialectique</term>
                comme la prise en compte du changement et de la coexistence d’aspects opposés,
                d’actions réciproques, par opposition à ce qu’il appelle mode de pensée métaphysique,
                qui approche les choses et les processus comme fixes et isolés.
                Je trouve, comme dans la préface à la deuxième édition, que son exposé
                de l’histoire de la pensée, cette opposition de deux écoles, est schématique.
                Il est excessif de parler ci-dessous de
                « l’étroitesse d’esprit spécifique des derniers siècles, le mode de pensée métaphysique »,
                pour les siècles où la pensée s’est dégagée de la religion et est devenue plus matérialiste.
                Il admet cependant qu’une approche analytique est une étape nécessaire du développement de la science.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p xml:id="AD52uncinquieme" rend="alinea"><pb xml:id="AD52un5" n="52 ⅕"/>Cependant,
                  à côté et à la suite de la philosophie française du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                  la philosophie allemande moderne était née et avait trouvé son achèvement en Hegel.
                  Son plus grand mérite fut de revenir à la dialectique comme à la forme suprême de la pensée.
                  Les philosophes grecs de l’antiquité étaient tous dialecticiens par naissance,
                  par excellence de nature, et l’esprit le plus encyclopédique d’entre eux, Aristote,
                  a déjà étudié les formes les plus essentielles de la pensée dialectique.
                  La philosophie moderne, par contre, bien que la dialectique y eût aussi de brillants représentants
                  (par exemple Descartes et Spinoza), s’était de plus en plus embourbée, surtout sous l’influence anglaise,
                  dans le mode de pensée dit métaphysique, qui domine aussi presque sans exception les Français
                  du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, du moins dans leurs œuvres spécialement philosophiques.
                  En dehors de la philosophie proprement dite, ils étaient néanmoins en mesure de produire
                  des chefs-d’œuvre de dialectique ; nous rappellerons seulement le <title>Neveu de Rameau</title>
                  de Diderot et le <title>Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes</title> de Rousseau.
                  — Indiquons ici, brièvement, l’essentiel des deux méthodes ; nous y reviendrons encore dans le détail.</p>
                  <p xml:id="AD52undemi" rend="alinea"><pb xml:id="AD52un2" n="52 ½"/>Lorsque
                  nous soumettons à l’examen de la pensée la nature ou l’histoire humaine
                  ou notre propre activité mentale, ce qui s’offre d’abord à nous,
                  c’est le tableau d’un enchevêtrement infini de relations et d’actions réciproques,
                  où rien ne reste ce qu’il était, là où il était et comme il était,
                  mais où tout se meut, change, devient et périt. Nous voyons donc d’abord le tableau d’ensemble
                  dans lequel les détails s’effacent encore plus ou moins ; nous prêtons plus d’attention au mouvement,
                  aux passages de l’un à l’autre, aux enchaînements qu’à <emph>ce qui</emph> se meut, passe et s’enchaîne.
                  Cette manière primitive, naïve, mais correcte quant au fond, d’envisager le monde
                  est celle des philosophes grecs de l’antiquité, et le premier à la formuler clairement fut Héraclite :
                  Tout est et n’est pas, car tout est <emph>fluent</emph>, tout est sans cesse en train de se transformer,
                  de devenir et de périr. <anchor xml:id="AD52quatrecinquieme"/>Mais cette manière de voir,
                  si correctement qu’elle saisisse le caractère général du tableau que présente l’ensemble
                  des phénomènes, ne suffit pourtant pas à expliquer les détails dont ce tableau
                  d’ensemble se compose ; et tant que nous ne sommes pas capables de les expliquer,
                  nous n’avons pas non plus une idée nette du tableau d’ensemble. Pour reconnaître
                  ces détails, nous sommes obligés de les détacher de leur enchaînement naturel ou historique
                  et de les étudier <pb n="53"/>individuellement dans leurs qualités, leurs causes
                  et leurs effets particuliers, etc. C’est au premier chef la tâche de la science
                  de la nature et de la recherche historique, branches d’investigation qui,
                  pour d’excellentes raisons, ne prenaient chez les Grecs de la période classique
                  qu’une place subordonnée puisque les Grecs avaient auparavant à rassembler les matériaux.
                  Il faut d’abord avoir réuni, jusqu’à un certain point, des données naturelles
                  et historiques pour pouvoir passer au dépouillement critique, à la comparaison
                  ou à la division en classes, ordres et genres. Les rudiments de la science exacte
                  de la nature ne sont développés que par les Grecs de la période alexandrine,
                  et plus tard, au moyen âge, par les Arabes ; encore une science effective de la nature
                  ne se rencontre-t-elle que dans la deuxième moitié du 15<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, date depuis laquelle elle a progressé à une vitesse
                  sans cesse croissante. La décomposition de la nature en ses parties singulières,
                  la séparation des divers processus et objets naturels en classes déterminées,
                  l’étude de la constitution interne des corps organiques dans la variété de leurs aspects
                  anatomiques, telles étaient les conditions fondamentales des progrès gigantesques
                  que les quatre derniers siècles nous ont apportés dans la connaissance de la nature.
                  Mais cette méthode nous a également légué l’habitude d’appréhender les objets
                  et les processus naturels dans leur isolement, en dehors de la grande connexion d’ensemble,
                  par conséquent non dans leur mouvement, mais dans leur repos ; comme des éléments
                  non essentiellement variables, mais fixes ; non dans leur vie, mais dans leur mort.
                  Et quand, grâce à Bacon et à Locke, cette manière de voir passa de la science
                  de la nature à la philosophie, elle produisit l’étroitesse d’esprit spécifique
                  des derniers siècles, le mode de pensée métaphysique.</p>
                  <p xml:id="AD53deuxtiers" rend="alinea"><pb xml:id="AD53deux3" n="53 ⅔"/>Pour le métaphysicien,
                  les choses et leurs reflets dans la pensée, les concepts, sont des objets d’étude isolés,
                  à considérer l’un après l’autre et l’un sans l’autre, fixes, rigides, donnés une fois pour
                  toutes. Il ne pense que par antithèses sans moyen terme : il dit oui, oui, non, non ;
                  ce qui va au-delà ne vaut rien. Pour lui, ou bien une chose existe, ou bien elle
                  n’existe pas ; une chose ne peut pas non plus être à la fois elle-même et une autre.
                  Le positif et le négatif s’excluent absolument ; la cause et l’effet s’opposent de
                  façon tout aussi rigide. Si ce mode de penser nous paraît au premier abord tout à
                  fait plausible, c’est qu’il est celui de ce qu’on appelle le bon sens. Mais si
                  respectable que soit ce compagnon tant qu’il reste cantonné dans le domaine prosaïque
                  de ses quatre murs, le bon sens connaît des aventures tout à fait étonnantes dès
                  qu’il se risque dans le vaste monde de la recherche, et la manière de voir
                  métaphysique, si justifiée et si nécessaire soit-elle dans de vastes domaines dont
                  l’étendue varie selon la nature de l’objet, se heurte toujours, tôt ou tard, à une
                  barrière au-delà de laquelle elle devient étroite, bornée, abstraite, et se perd en
                  contradictions insolubles : <pb n="54"/>la raison en est que, devant les objets singuliers,
                  elle oublie leur enchaînement ; devant leur être, leur devenir et leur périr; devant leur
                  repos, leur mouvement ; les arbres l’empêchent de voir la forêt. <anchor xml:id="AD54"/>Pour les besoins de tous les jours, nous savons, par exemple, et nous
                  pouvons dire avec certitude, si un animal existe ou non ; mais une étude plus précise
                  nous fait trouver que ce problème est parfois des plus embrouillés, et les juristes
                  le savent très bien, qui se sont évertués en vain à découvrir la limite rationnelle à
                  partir de laquelle tuer un enfant dans le sein de sa mère est un meurtre ; et il est
                  tout aussi impossible de constater le moment de la mort, car la physiologie démontre
                  que la mort n’est pas un événement unique et instantané, mais un processus de très
                  longue durée. Pareillement, tout être organique est, à chaque instant, le même et non
                  le même ; à chaque instant, il assimile des matières étrangères et en élimine
                  d’autres, à chaque instant des cellules de son corps dépérissent et d’autres se
                  forment ; au bout d’un temps plus ou moins long, la substance de ce corps s’est
                  totalement renouvelée, elle a été remplacée par d’autres atomes de matière, de sorte
                  que tout être organisé est constamment le même et cependant un autre. À considérer
                  les choses d’un peu près, nous trouvons encore que les deux pôles d’une
                  contradiction, comme positif et négatif, sont tout aussi inséparables qu’opposés et
                  qu’en dépit de toute leur valeur d’antithèse, ils se pénètrent mutuellement ;
                  pareillement, que cause et effet sont des représentations qui ne valent comme telles
                  qu’appliquées à un cas particulier, mais que, dès que nous considérons ce cas
                  particulier dans sa connexion générale avec l’ensemble du monde, elles se fondent,
                  elles se résolvent dans la vue de l’action réciproque universelle, où causes et
                  effets permutent continuellement, où ce qui était effet maintenant ou ici, devient
                  cause ailleurs ou ensuite, et <emph>vice versa</emph>.</p>
                </quote>
              </cit>

              <p xml:id="ADchap1-clefs2"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Introduction, chapitre 1 — Généralités</label>
                <index><term>dialectique, appréhension des choses dans leur connexion et leur mouvement</term></index>
                <index><term>dialectique, vérifications de la —</term></index>
                <index><term>dialectique, preuves de la —</term></index>
                <index><term>historical character of the physical world</term></index>
                <index><term>historicité du monde physique</term></index>
                <index><term>histoire, le monde physique a une —</term></index>
                <index><term>caractère historique du monde physique</term></index>
                <index><term>nature, son caractère historique</term></index>
                <index><term>darwinisme, dialectique contre métaphysique</term></index>
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.85%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                      Alle diese Vorgänge und Denkmethoden passen nicht in den Rahmen des metaphysischen Denkens hinein.
                      Für die Dialektik dagegen, die die Dinge und ihre begrifflichen Abbilder wesentlich
                      in ihrem Zusammenhang, ihrer Verkettung, ihrer Bewegung, ihrem Entstehn und Vergehn auffaßt,
                      sind Vorgänge wie die obigen, ebensoviel Bestätigungen ihrer eignen Verfahrungsweise.
                      Die Natur ist die Probe auf die Dialektik, und wir müssen es der modernen Naturwissenschaft nachsagen,
                      daß sie für diese Probe ein äußerst reichliches, sich täglich häufendes Material geliefert und damit bewiesen hat,
                      daß es in der Natur, in letzter Instanz, dialektisch und nicht metaphysisch hergeht.
                      <seg rend="nonvisible">
                        que la nature ne se meut pas dans l’éternelle monotonie d’un cycle sans cesse répété, mais parcourt une histoire effective.
                        Avant tout autre, il faut citer ici Darwin, qui a porté le coup le plus puissant à la conception métaphysique de la nature
                        en démontrant que toute la nature organique actuelle, les plantes, les animaux et, par conséquent,
                        l’homme aussi, est le produit d’un processus d’évolution qui s’est poursuivi pendant des millions d’années.
                      </seg>
                      <lb/>Da aber die Naturforscher bis jetzt zu zählen sind, die dialektisch zu denken gelernt haben,
                      so erklärt sich aus diesem Konflikt der entdeckten Resultate mit der hergebrachten Denkweise
                      die grenzenlose Verwirrung, die jetzt in der theoretischen Naturwissenschaft herrscht
                      und die Lehrer wie Schüler, Schriftsteller wie Leser zur Verzweiflung bringt.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW 20, p. 22.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.7%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p xml:id="AD54troisquarts" rend="alinea"><pb xml:id="AD54deux3" n="54, ⅔"/>
                      Tous ces processus, toutes ces méthodes de pensée
                      n’entrent pas dans le cadre de la pensée métaphysique.
                      Pour la dialectique, par contre, qui appréhende les choses
                      et leurs reflets conceptuels essentiellement dans leur connexion,
                      leur enchaînement, leur mouvement, leur naissance et leur fin,
                      les processus mentionnés plus haut sont autant de vérifications du comportement qui lui est propre.
                      La nature est le banc d’essai de la dialectique
                      et nous devons dire à l’honneur de la science moderne de la nature
                      qu’elle a fourni pour ce banc d’essai une riche moisson de faits qui s’accroît tous les jours,
                      en prouvant ainsi que dans la nature les choses se passent,
                      en dernière analyse, dialectiquement et non métaphysiquement,
                      que la nature ne se meut pas dans l’éternelle monotonie d’un cycle sans cesse répété,
                      mais parcourt une histoire effective.
                      Avant tout autre, il faut citer ici Darwin,
                      qui a porté le coup le plus puissant à la conception métaphysique de la nature
                      en démontrant que toute la nature organique actuelle,
                      les plantes, les animaux et, par conséquent, l’homme aussi,
                      est le produit d’un <pb n="55"/>processus d’évolution
                      qui s’est poursuivi pendant des millions d’années.
                      Mais comme jusqu’ici on peut compter les savants
                      qui ont appris à penser dialectiquement,
                      le conflit entre les résultats découverts et le mode de pensée traditionnel
                      explique l’énorme confusion qui règne actuellement dans la théorie des sciences de la nature
                      et qui met au désespoir maîtres et élèves, auteurs et lecteurs.
                      </p>
                    </quote>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 24.85%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Al deze processen en denkmethoden passen niet in het raam van het
                      metafysische denken. Voor de dialectiek echter, die de dingen en hun afbeeldingen
                      in het denken wezenlijk in hun verband, hun aaneenschakeling, hun beweging, hun ontstaan
                      en vergaan opvat, voor haar zijn verschijnselen als hierboven genoemd evenzoveel bevestigingen
                      van haar eigen methode. De natuur is de proef op de dialectiek. En wij moeten erkennen
                      dat de moderne natuurwetenschap voor deze proef een uiterst rijk, dagelijks toenemend,
                      materiaal heeft geleverd en daarmee heeft bewezen dat het in de natuur in laatste instantie
                      dialectisch, en niet metafysisch toegaat.
                      <seg rend="nonvisible">
                        que la nature ne se meut pas dans l’éternelle monotonie d’un cycle sans cesse répété, mais parcourt une histoire effective.
                        Avant tout autre, il faut citer ici Darwin, qui a porté le coup le plus puissant à la conception métaphysique de la nature
                        en démontrant que toute la nature organique actuelle, les plantes, les animaux et, par conséquent,
                        l’homme aussi, est le produit d’un processus d’évolution qui s’est poursuivi pendant des millions d’années.
                      </seg>
                      <lb/>Omdat echter de natuuronderzoekers die dialectisch
                      hebben leren denken tot heden te tellen zijn, is uit dit conflict tussen de ontdekte resultaten
                      en de overgeleverde denkwijze de grenzeloze verwarring te verklaren die nu in de theoretische
                      natuurwetenschap heerst en die zowel leraar als leerling, schrijver als lezer wanhopig maakt.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">None of these processes and modes of thought enters into the framework
                      of metaphysical reasoning. Dialectics, on the other hand, comprehends things and their
                      representations, ideas, in their essential connection, concatenation, motion, origin,
                      and ending. Such processes as those mentioned above are, therefore, so many corroborations
                      of its own method of procedure. Nature is the proof of dialectics, and it must be said
                      for modern science that it has furnished this proof with very rich materials increasing daily,
                      and thus has shown that, in the last resort, nature works dialectically and not metaphysically.
                      <seg rend="nonvisible">
                        que la nature ne se meut pas dans l’éternelle monotonie d’un cycle sans cesse répété, mais parcourt une histoire effective.
                        Avant tout autre, il faut citer ici Darwin, qui a porté le coup le plus puissant à la conception métaphysique de la nature
                        en démontrant que toute la nature organique actuelle, les plantes, les animaux et, par conséquent,
                        l’homme aussi, est le produit d’un processus d’évolution qui s’est poursuivi pendant des millions d’années.
                      </seg>
                      <lb/>But the naturalists who have learned to think dialectically are few and far between, and this
                      conflict of the results of discovery with preconceived modes of thinking explains the endless
                      confusion now reigning in theoretical natural science, the despair of teachers as well as learners,
                      of authors and readers alike.</p>
                    </quote>
                    <bibl>MECW 25, p. 24-25.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Le passage ajouté (sans avertissement !) dans l’édition française n’appartient en fait pas à l’Anti-Dühring,
                mais a été ajouté par Engels dans la brochure Socialisme utopique.
                Le volume 25 des MECW donne après l’Anti-Dühring, p. 630 un inventaire de telles additions
                et le passage dont question ci-dessus est mentionné p. 633.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Il met le doigt sur quelque chose d’important, mais dans une généralité excessive et pompeuse
                et avec une suffisance à l’égard des savants qui parfois « me mettent au désespoir ».
              </p>

              <p xml:id="AD55unhuitieme"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Introduction, chapitre 1 — Généralités</label>
                <index><term>Kant, théorie de la nébuleuse</term></index>
                <index><term>nébuleuse, origine des corps célestes</term></index>
                <index><term>origine des corps célestes, nébuleuse</term></index>
                <index><term>Laplace</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Engels souligne l’importance de l’hypothèse de Kant-Laplace.
                Il y revient au <ref target="#ADchap6">chapitre 6</ref>.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="22 ½"/>Eine exakte Darstellung des Weltganzen, seiner Entwicklung und der
                      der Menschheit, sowie des Spiegelbildes dieser Entwicklung in den Köpfen der Menschen,
                      kann also nur auf dialektischem Wege, mit steter Beachtung der allgemeinen Wechselwirkungen
                      des Werdens und Vergehens, der fort- oder rückschreitenden Änderungen zustande kommen.
                      Und in diesem Sinn trat die neuere deutsche Philosophie auch sofort auf.
                      Kant eröffnete seine Laufbahn damit, daß er das stabile Newtonsche Sonnensystem und seine
                      — nachdem der famose erste Anstoß einmal gegeben — ewige Dauer auflöste in einen geschichtlichen
                      Vorgang: in die Entstehung der Sonne und aller Planeten aus einer rotierenden Nebelmasse.
                      Dabei zog er bereits die Folgerung, daß mit dieser Entstehung ebenfalls der künftige Untergang
                      des Sonnensystems notwendig gegeben sei. [*] Seine Ansicht wurde ein halbes Jahrhundert später
                      durch Laplace mathematisch begründet, und noch ein halbes Jahrhundert später wies das
                      Spektroskop die Existenz solcher glühenden Gasmassen, in verschiednen Stufen der Verdichtung,
                      im Weltraum nach. [**]</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">[*] Die Nebulartheorie Kants, nach der „alle jetzigen Weltkörper aus
                      rotierenden Nebelmassen" (Engels) entstanden sind, ist dargelegt in seiner 1755 in Königsberg
                      und Leipzig anonym erschienenen Schrift „Allgemeine Naturgeschichte und Theorie des Himmels,
                      oder Versuch von der Verfassung und dem mechanischen Ursprünge des ganzen Weltgebäudes,
                      nach Newtonischen Grundsätzen abgehandelt“. Uber Kants Entdeckung, daß die Erdrotation
                      durch die Meeresflutwelle gehemmt wird, siehe das Kapitel „Flutreibung. Kant und Thomson-Tait“
                      (im vorl. Band, S.384-389) und die Anm. 233.</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">[**] Laplace entwickelte seine Hypothese über die Entstehung des Sonnensystems
                      im letzten Kapitel seiner 1795/1796 erschienenen zweibändigen Schrift „Exposition du Systeme du
                      monde“. In der letzten von Laplace besorgten Ausgabe dieser Schrift, die aber erst 1835,
                      nach seinem Tode, erschien, ist seine Hypothese in der Anmerkung VII dargelegt.
                      Die Existenz einer glühenden gasförmigen Substanz im Weltraum, ähnlich den Nebelflecken
                      (glühende Nebelmassen), die die Kant-Laplacesche Nebulartheorie voraussetzte, wurde 1864
                      von dem englischen Astronomen William Huggins mit Hilfe der 1859 von Gustav Kirchhoff und
                      Robert Bunsen entdeckten Spektralanalyse nachgewiesen. Engels benutzte hier Angelo Secchis
                      Werk „Die Sonne...“, Braunschweig 1872, S.787, 789/790 (siehe vorl. Band, S.539).</p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW 20, p. 22.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="AD55un8" n="55 ⅛"/>Une représentation exacte de l’univers, de son évolution et de celle de l’humanité,
                        ainsi que du reflet de cette évolution dans le cerveau des hommes,
                        ne peut donc se faire que par voie dialectique, en tenant constamment compte
                        des actions réciproques universelles du devenir et du finir, des changements progressifs et régressifs.
                        Et c’est dans ce sens que s’est immédiatement affirmée la philosophie allemande moderne.
                        Kant a commencé sa carrière en résolvant le système solaire stable de Newton et sa durée éternelle
                        — une fois donné le fameux choc initial — en un processus historique :
                        la naissance du soleil et de toutes les planètes à partir d’une masse nébuleuse en rotation.
                        Et il en tirait déjà cette conclusion qu’étant donné qu’il était né,
                        le système solaire devait nécessairement mourir un jour.
                        Cette vue, un demi-siècle plus tard, a été confirmée mathématiquement par Laplace
                        et, un siècle après, le spectroscope a démontré l’existence dans l’univers
                        de semblables masses gazeuses incandescentes à différents degrés de condensation <note xml:id="Laplace1795Huggins" n="1" place="bottom">
                          Cette confirmation de Laplace se trouve dans l’<title>Exposition du système du monde</title>, 1795-1796.
                          Quant aux « masses gazeuses incandescentes », il s’agit des travaux de William Huggins en 1864.
                        </note>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Een exacte voorstelling van het heelal, van zijn ontwikkeling en van die
                      der mensheid, evenals van het spiegelbeeld van deze ontwikkeling in de hoofden der mensen,
                      kan dus slechts langs de weg van de dialectiek tot stand komen, onder voortdurende inachtneming
                      van de algemene wisselwerkingen van worden en vergaan, van progressieve en regressieve veranderingen.
                      In deze zin trad de nieuwere Duitse filosofie ook terstond op. Kant opende er zijn loopbaan mede,
                      dat hij het stabiele zonnestelsel van Newton en zijn eeuwige duur — nadat de beroemde eerste stoot
                      eenmaal was gegeven — in een historisch proces oploste en wel in het ontstaan van de zon en
                      van alle planeten uit een wentelende nevelmassa. Daarbij maakte hij reeds de gevolgtrekking
                      dat met dit ontstaan eveneens de toekomstige ondergang van het zonnestelsel noodzakelijk gegeven was.
                      Zijn opvatting werd een halve eeuw later door Laplace wiskundig gefundeerd en nog een halve eeuw
                      later toonde de spectroscoop het bestaan van zulke gloeiende gasmassa’s in verschillende
                      verdichtingsgraden in het heelal aan.</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">Volgens de nevelhypothese van Kant ontwikkelde het zonnestelsel zich
                      uit een elementaire nevelmassa. Deze hypothese zette hij uiteen in zijn werk <title>Allgemeine
                      Naturgeschichte and Theorie des Himmels, oder Versuch von der Verfassung und dem mechanischen
                      Ursprunge des ganzen Weltgebäudes nach Newtonischen Grundsätzen abgehandelt</title> (Algemene
                      natuurlijke historie en hemeltheorie, of een poging om de gesteldheid en de mechanische oorsprong
                      van het heelal volgens de grondstellingen van Newton te behandelen. Koningsbergen en Leipzig 1755).
                      Het boek werd anoniem uitgegeven.</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">De hypothese van Laplace over de vorming van het zonnestelsel werd voor
                      het eerst uiteengezet in het laatste hoofdstuk van zijn <title>Exposition du système du monde</title>
                      (Uiteenzetting over het wereldstelsel). Vol. I-II, Parijs, het jaar IV van de Franse Republiek (1796).</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">Het bestaan van gloeiende gasmassa’s in de wereldruimte, gelijkend op
                      de oorspronkelijke nevelmassa die verondersteld werd in de nevelhypothese van Kant en Laplace,
                      werd in 1864 spectroscopisch bewezen door de Engelse astronoom W. Huggins, die in de astronomie
                      de door G. Kirchhoff en R. Bunsen in 1859 uitgevonden spectraalanalyse uitgebreid toepaste.
                      Engels maakte hier gebruik van het boek van A. Secchi <title>Die Sonne</title>, Braunschweig 1872,
                      blz. 787, 789/790.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">An exact representation of the universe, of its evolution, of the development
                      of mankind, and of the reflection of this evolution in the minds of men, can therefore only be
                      obtained by the methods of dialectics with its constant regard to the innumerable actions and
                      reactions of life and death, of progressive or retrogressive changes. And in this spirit the new
                      German philosophy has worked. Kant began his career by resolving the stable solar system of Newton
                      and its eternal duration, after the famous initial impulse had once been given, into the result
                      of a historic process, the formation of the sun and all the planets out of a rotating nebulous mass.
                      From this he at the same time drew the conclusion that, given this origin of the solar system,
                      its future death followed of necessity. His theory half a century later was established
                      mathematically by Laplace, and half a century after that the spectroscope proved the existence
                      in space of such incandescent masses of gas in various stages of condensation.</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">Laplace’s hypothesis of the origin of the solar system was first expounded
                      in the last chapter of his treatise <title>Exposition du systéme du monde</title>, T. I-II, Paris,
                      4<hi rend="ordinal">th</hi> year of the French Republic {1796}. In the last, sixth edition of
                      this book, prepared during Laplace’s lifetime and published posthumously, in 1835, the hypothesis
                      is expounded in the last, seventh note.</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">The existence of incandescent masses of gas was proved in 1864 by the
                      English astronomer William Huggins, who made widespread use of the method of spectral analysis
                      (evolved in 1859 by Gustav Kirchhoff and Robert Bunsen) in astronomy. Here Engels used A. Secchi’s
                      <title>Die Sonne</title>, Braunschweig, 1872, pp. 787, 789-90.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Ici, la dialectique, ce sont les relations et le changement, le caractère historique ;
                c’est un héritage de Hegel, mais qui remonte déjà à Kant.
              </p>

              <p xml:id="AD55undemi"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Introduction, chapitre 1 — Généralités</label>
                <index><term>dialectique hégélienne</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">

              </p>

              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Ihren Abschluß fand diese neuere deutsche Philosophie im Hegelschen System,
                        worin zum erstenmal — und das ist sein großes Verdienst — die ganze natürliche,
                        geschichtliche und geistige Welt als ein Prozeß,
                        d.h. als in steter Bewegung, Veränderung, Umbildung und Entwicklung begriffen dargestellt
                        und der Versuch gemacht wurde, den inneren Zusammenhang
                        <pb n="23"/>in dieser Bewegung und Entwicklung nachzuweisen.
                        Von diesem Gesichtspunkt aus erschien die Geschichte der Menschheit nicht mehr
                        als ein wüstes Gewirr sinnloser Gewalttätigkeiten,
                        die vor dem Richterstuhl der jetzt gereiften Philosophenvernunft
                        alle gleich verwerflich sind und die man am besten so rasch wie möglich vergißt,
                        sondern als der Entwicklungsprozeß der Menschheit selbst, dessen allmählichen Stufengang
                        durch alle Irrwege zu verfolgen und dessen innere Gesetzmäßigkeit
                        durch alle scheinbaren Zufälligkeiten hindurch nachzuweisen jetzt die Aufgabe des Denkens wurde.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      MEW 20:22-23.
                      En ligne sur
                      <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me20/me20_016.htm#Kap_I">www.mlwerke.de</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="AD55un2" n="55 ½"/>Cette
                      philosophie allemande moderne a trouvé sa conclusion dans le système de Hegel,
                      dans lequel, pour la première fois — et c’est son grand mérite —
                      le monde entier de la nature, de l’histoire et de l’esprit était représenté comme un processus,
                      c’est-à-dire comme étant engagé dans un mouvement, un changement,
                      une transformation et une évolution constants, et où l’on tentait de démontrer l’enchaînement interne
                      de ce mouvement et de cette évolution. De ce point de vue, l’histoire de l’humanité
                      n’apparaissait plus comme un enchevêtrement chaotique de violences absurdes,
                      toutes également condamnables devant le tribunal de la raison philosophique arrivée à maturité
                      et qu’il est préférable d’oublier aussi rapidement que possible, mais comme le processus
                      évolutif de l’humanité lui-même ; et la pensée avait maintenant pour tâche d’en suivre
                      la lente marche progressive à travers tous ses détours et de démontrer en elle,
                      à travers toutes les contingences apparentes, la présence de lois.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Deze nieuwere Duitse filosofie vond haar afsluiting met het systeem van Hegel,
                      waarin voor het eerst — en dat is zijn grote verdienste — heel de natuurlijke,
                      historische en geestelijke wereld als een proces, d.w.z. als in voortdurende beweging,
                      verandering, gedaanteverwisseling en ontwikkeling voorgesteld werd en er naar gestreefd werd
                      het innerlijke verband van deze beweging en ontwikkeling op te sporen.
                      Van dit gezichtspunt uit vertoonde zich de geschiedenis der mensheid niet meer als een wilde chaos
                      van zinloze gewelddadigheden die voor de rechterstoel van de nu gerijpte wijsgerige rede
                      alle even verwerpelijk zijn en die men liefst zo snel mogelijk vergeet,
                      maar als het ontwikkelingsproces van de mensheid zelf ;
                      het werd nu de taak van het denken de trapsgewijze ontwikkeling langs alle dwaalwegen te volgen,
                      zijn innerlijke wetmatigheid, door al het schijnbaar toevallige heen aan het tonen.</p>
                    </quote>
                    <bibl>Uitgeverij Progres, Moskou, 1978, p. 26.<!--
                    Uitgeverij voor literatuur in vreemde talen, Moskou, s.d., p. 32-33. --></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">This new German philosophy culminated in the Hegelian system.
                      In this system — and herein is its great merit — for the first time
                      the whole world, natural, historical, intellectual, is represented as a process,
                      i.e., as in constant motion, change transformation, development;
                      and the attempt is made to trace out the internal connection that makes a continuous whole
                      of all this movement and development. From this point of view the history of mankind
                      no longer appeared as a wild whirl of senseless deeds of violence,
                      all equally condemnable at the judgment-seat of mature philosophic reason
                      and which are best forgotten as quickly as possible,
                      but as the process of evolution of man himself.
                      It was now the task of the intellect to follow the gradual march of this process
                      through all its devious ways, and to trace out the inner law running
                      through all its apparently accidental phenomena.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p xml:id="ADbousculade"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Introduction, chapitre 1 — Généralités</label>
                <index><term>bousculade informe des événements (Hegel)</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">L’ « enchevêtrement chaotique » dont parle Engels,
              c’est chez Hegel (en traduction française) « la bousculade informe des événements »,
              expression que j’aime beaucoup parce que je ne saurais mieux dire
              l’impression que m’ont laissé les cours d’histoire à l’école.</p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 34%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><!-- Der Gesichtspunkt der philosophischen Weltgeschichte
                      ist also nicht einer von vielen allgemeinen Gesichtspunkten, abstrakt herausgehoben,
                      so daß von den andern abgesehen würde. Ihr geistiges Prinzip ist die Totalität aller Gesichtspunkte.
                      Sie betrachtet das konkrete, geistige Prinzip der Völker und seine Geschichte
                      und beschäftigt sich nicht mit einzelnen Situationen, sondern mit einem allgemeinen Gedanken,
                      der sich durch das Ganze hindurchzieht. Dies Allgemeine gehört nicht der zufälligen Erscheinung an;
                      die Menge der Besonderheiten ist hier in eins zu fassen.
                      Die Geschichte hat vor sich den konkretesten Gegenstand,
                      der all verschiedenen Seiten der Existenz in sich zusammenfaßt; ihr Individuum ist der Weltgeist.
                      Indem also die Philosophie sich mit der Geschichte beschäftigt, macht sie sich das zum Gegenstande,
                      was der konkrete Gegenstand in seiner konkreten Gestalt ist, und betrachtet seine notwendige Entwickelung.
                       -->Darum sind für sie [die Philosophie] das Erste nicht die Schicksale, Leidenschaften,
                      die Energie der Völker, neben denen sich dann die Begebenheiten hervordrängen.
                      Sondern der Geist der Begebenheiten, der sie hervortreibt, ist das Erste;
                      er ist der Merkur, der Führer der Völker.<!--
                      Das Allgemeine, das die philosophische Weltgeschichte zum Gegenstande hat,
                      ist demnach nicht als eine Seite, sie sei noch so wichtig, zu fassen,
                      neben der auf der andern Seite andere Bestimmungen vorhanden wären.
                      Sondern dies Allgemeine ist das unendlich Konkrete, das alles in sich faßt,
                      das überall gegenwärtig ist, weil der Geist ewig bei sich ist, für das keine Vergangenheit ist,
                      das immer dasselbe, in seiner Kraft und Gewalt bleibt. --></p>
                      <!-- <p rend="alinea">Die Geschichte muß überhaupt mit dem Verstande betrachtet,
                      Ursache und Wirkung müssen uns begreiflich gemacht werden.
                      Das Wesentliche an der Weltgeschichte wollen wir auf diese Weise betrachten mit Übergehung des Unwesentlichen.
                      Der Verstand hebt das Wichtige und an sich Bedeutende hervor.
                      Das Wesentliche und Unwesentliche bestimmt er sich nach dem Zwecke, den er bei Behandlung der Geschichte verfolgt.
                      Diese Zwecke können von der größten Mannigfaltigkeit sein.
                      Sogleich beim Aufstellen eines Zweckes tun sich mehr Berücksichtigungen kund;
                      es gibt da Haupt- und Nebenzwecke. Wenn wir dann das in der Geschichte Gegebene
                      mit den Zwecken des Geistes vergleichen, so werden wir auf das alles verzichten,
                      was sonst interessant ist, und an das Wesentliche uns halten. So bietet sich der Vernunft ein Inhalt dar,
                      der nicht einfach auf derselben Linie steht mit dem, was sich überhaupt zugetragen hat,
                      – Zwecke, die den Geist, das Gemüt wesentlich interessieren und schon bei der Lektüre
                      uns zur Trauer, Bewunderung oder Freude hinziehen.</p> -->
                    </quote>
                    <bibl>Georg Wilhelm Friedrich Hegel, <title>Die Vernunft in der Geschichte</title> (1837),
                    <ref target="http://www.germanhistorydocs.ghi-dc.org/docpage.cfm?docpage_id=419">www.germanhistorydocs.ghi-dc.org/docpage.cfm?docpage_id=419</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 32%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><!-- Le point de vue de l’histoire philosophique
                      n’est pas tiré abstraitement de la multitude des autres points de vue généraux
                      et ne peut être compris si l’on fait abstraction des autres.
                      Son principe spirituel est la totalité de tous les points de vue.
                      Elle considère le principe spirituel concret des peuples et son histoire ;
                      elle ne s’occupe pas des situations particulières,
                      mais de la pensée universelle qui opère à travers le tout et le constitue.
                      Cet Universel n’appartient pas au monde des apparences contingentes ;
                      la masse des particularités doit être ici saisie comme une unité.
                      L’objet de l’histoire (philosophique) est l’objet le plus concret,
                      celui qui contient en soi la totalité des divers aspects de l’existence :
                      l’individu dont elle parle est l’Esprit du Monde.
                      C’est cet objet concret, dans sa figure concrète,
                      que la philosophie se donne comme objet lorsqu’elle traite de l’histoire. -->
                      Pour la philosophie le fait premier n’est pas le destin, l’énergie,
                      les passions des peuples et, conjointement, la bousculade informe des événements.
                      Le fait premier pour la philosophie est l’Esprit même des événements, l’Esprit qui les a produits,
                      car c’est lui qui est l’Hermès, le conducteur des peuples.
                      <!-- L’Universel que vise l’histoire philosophique ne doit pas être compris comme un aspect très important
                      (de la vie historique) à côté duquel on pourrait trouver d’autres déterminations.
                      Cet Universel est l’infiniment concret qui contient toutes les déterminations.
                      Cet Universel est l’infiniment concret qui contient tout et qui est partout présent
                      parce que l’Esprit est éternellement auprès de soi
                      — infiniment concret pour lequel le passé n’existe pas,
                      mais qui demeure toujours le même dans sa force et sa puissance. --></p>
                      <!-- <p rend="alinea">C’est avec l’intellect en général qu’on doit d’abord considérer l’histoire :
                      causes et effet doivent être compris. Pour comprendre l’essentiel, dans l’histoire universelle,
                      on doit d’abord éliminer l’inessentiel, et c’est l’entendement qui met en évidence
                      ce qui important et significatif. Selon les buts qu’il poursuit dans sa considération de l’histoire,
                      l’entendement distingue l’essentiel et l’inessentiel. Or ces buts peuvent être les plus variés.
                      Dans l’énoncé d’un but, plusieurs considérations entrent en ligne de compte :
                      à côté du but principal il existe des buts secondaires.
                      Mais si nous voulons mettre en parallèle les faits historiques et les buts de l’Esprit,
                      nous devons renoncer à tout — même à ce qui est en soi intéressant — et nous en tenir à l’essentiel.
                      Le contenu qui s’offre alors à la raison ne se laisse pas ramener
                      au même dénominateur que ce qui a été obtenu jusqu’ici.
                      Il s’agit de buts qui intéressent essentiellement l’esprit
                      et le sentiment et leur récit nous a déjà plongé dans la tristesse, l’admiration ou la joie.</p> -->
                    </quote>
                    <bibl>Hegel, <title>La Raison dans l’histoire</title>, 10/18, 1965, p. 52.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 24%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><!-- The perspective adopted by the philosophical history of the world
                      is accordingly not just one among many general perspectives,
                      an isolated abstraction singled out at the expense of the rest.
                      Its spiritual principle is the sum total of all possible perspectives.
                      It concentrates its attention on the concrete spiritual principle in the life of nations,
                      and deals not with individual situations but with a universal thought which runs throughout the whole.
                      This universal element is not to be found in the world of contingent phenomena;
                      it is the unity behind the multitude of particulars. The object of history is the most concrete of all,
                      for it comprehends every aspect of existence; the world spirit is its individuality.
                      What philosophy is therefore concerned with in its treatment of history
                      is the concrete object in its concrete form, and it traces the necessary development of this object. -->
                      Thus the destinies, passions, and energies of nations are not its prime consideration
                      [of philosophy], with the events following on in second place.
                      On the contrary, its chief concern is the spirit of the events themselves, the moving spirit within them,
                      for this is the true Mercury, the leader of nations.<!--
                      We must therefore not imagine that the universal object of the philosophical history of the world
                      is only one aspect of history (no matter how important this aspect might be),
                      with other alternative determinants existing independently of it. On the contrary,
                      the universal object is infinitely concrete, all-comprehending and omnipresent,
                      for the spirit is eternally present to itself; it has no past, and remains for ever the same
                      in all its vigour and strength. --></p>
                      <!-- <p rend="alinea">The understanding must always be brought to bear on history
                      in order that we may comprehend the causes and effects at work in it.
                      In this way, we try to discover what is essential in world history and to disregard what is inessential.
                      The understanding brings out everything that is important and inherently significant.
                      Its criteria of the essential and the inessential will vary according to the end it is pursuing
                      in its examination of history, and the ends it sets itself can also vary enormously.
                      Whenever a particular aim is chosen, further considerations at once present themselves,
                      and we are compelled to distinguish between principal and secondary aims.
                      Accordingly, when we are comparing the facts of history with the ends of the spirit,
                      we will ignore everything which might otherwise be of interest and stick to essentials.
                      Thus the historical content which presents itself to reason is not simply equivalent
                      to the entire events of the past. Some ends are of essential interest to the intellect,
                      and others to the emotions, so that we can be moved to sorrow, admiration, or joy when we read about them.</p> -->
                    </quote>
                    <bibl>Georg Friedrich Wilhelm Hegel, <title>Lectures on the Philosophy of World History,
                    Introduction: Reason in History</title>, translated by H.B. Nisbet.
                    Cambridge Studies in the History and Theory of Politics.
                    Cambridge: Cambridge University Press, 1975, p. 30-31. Quoted by
                    <ref target="http://ghdi.ghi-dc.org/print_document.cfm?document_id=381">ghdi.ghi-dc.org/print_document.cfm?document_id=381</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">Il semble que la « bousculade informe des événements » que j’aime tant doive plus
              au traducteur français qu’à Hegel. (La question est de savoir si <foreign xml:lang="de">hervordrängen</foreign>
              veut dire que les événements découlent de ce qui précède ou qu’ils s’entrechoquent.)</p>
              <p rend="alinea">Les <title>Vorlesungen über die Philosophie der Geschichte</title>
              sont une œuvre posthume publiée en plusieurs versions.
              (J’ai vu parfois aussi le titre <title>Vorlesungen über die Philosophie der Weltgeschichte</title>,
              mais je ne sais pas à quelle version ou édition il correspond.)
              La version la plus ancienne (1837) est due au professeur Eduard Gans,
              et <title>Die Vernunft in der Geschichte</title> en est l’introduction.
              Gans s’est basé surtout sur les notes de cours des dernières années (1831-1832).
              Karl Hegel a contribué à une nouvelle version (1840) qui exploite en priorité
              les manuscrits de Hegel lui-même et les cours de toute la période (1822-1831).
              On y trouve encore moins la « bousculade informe des événements ».
              <!-- Ce que je trouve de plus proche… juste avant le III. The third kind of history, - the Philosophical.  --></p>
              <!-- <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">… purely accidental national peculiarities … a superficial series …</p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list> -->
              <!-- http://gutenberg.spiegel.de/buch/1657/1 -->
              <!-- http://openlibrary.org/books/OL23697760M/The_philosophy_of_history -->
              <p rend="alinea">
                Hegel ne pouvait connaître qu’une partie des connaissances limitées de son temps
                et, surtout, était idéaliste (p. 55-56).
                Il fallait dépasser l’idéalisme allemand à la Hegel et revenir au matérialisme,
                mais « pas au matérialisme purement métaphysique,
                exclusivement mécanique du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle » (p. 56).
                Ces mécanistes ont en commun avec Hegel la vision d’un monde figé,
                tandis que le matérialisme moderne voit que la nature aussi a son histoire,
                évolue dans le temps, pas seulement le vivant, mais aussi les corps célestes<note xml:id="ADchap1-not2" n="2" place="bottom">
                  Sur Engels et cette dimension historique même du monde inanimé, voir
                  <ref target="#DMsciencedial">mon intervention à Manchester</ref> en juillet 2013
                  au 24th International Congress of History of Science, Technology and Medicine (ICHSTM).
                </note>.
                Ce matérialisme moderne…
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    est essentiellement dialectique
                    et n’a que faire d’une philosophie placée au-dessus des autres sciences.
                    Dès lors que chaque science spéciale est invitée à se rendre un compte exact
                    de la place qu’elle occupe dans l’enchaînement général des choses et de la connaissance des choses,
                    toute science particulière de l’enchaînement général devient superflue.
                    De toute l’ancienne philosophie, il ne reste plus alors à l’état indépendant,
                    que la doctrine de la pensée et de ses lois, la logique formelle et la dialectique.
                    Tout le reste se résout dans la science positive de la nature et de l’histoire.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 56-57.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Engels parle en divers endroits de la fin de la philosophie.
                En montrant en quoi la philosophie devient inutile,
                il donne implicitement de la philosophie une définition :
                « placée au dessus des autres sciences », une « science particulière de l’enchaînement général »
                (« des choses et de la connaissance des choses »).
                Ne reste que la doctrine de la pensée et de ses lois, la logique formelle et la dialectique.
                C’est une indication limitative sur la dialectique.
              </p>
            </div>
            <!--
            <div xml:id="ADchap2" type="level3_chap">
              <head>(Intro) Chapitre 2. Ce que M. Dühring promet</head>
              <p><bibl>P. 59</bibl></p>
            </div>
             -->
          </div> <!-- fin part Intro -->

          <div xml:id="ADpart1" type="level2_part">
            <head>Première partie. Philosophie</head>
            <div xml:id="ADchap3" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 3. Subdivision. L’apriorisme</head>
              <bibl>P. 67</bibl>

              <p xml:id="finPhilosophie"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Première partie, chapitre 3 — Subdivision. L’apriorisme</label>
                <index><term>philosophie, fin de la —</term></index> <index><term>fin de la philosophie</term></index>
                <index><term>science positive</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="AD69un3" n="69 ⅓."/>[…] si nous
                  déduisons le schème de l’univers non du cerveau, mais du monde réel,
                  <emph>au moyen</emph> seulement du cerveau, si nous déduisons les
                  principes de l’Être de ce qui est, nous n’avons pas besoin pour cela
                  de philosophie, mais de connaissances positives sur le monde et ce qui
                  s’y produit, et ce qui en résulte n’est pas non plus de la philosophie,
                  mais de la science positive.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Dans l’<title>Anti-Dühring</title>, Engels polémique de
              manière souvent ironique et il n’est pas toujours facile de voir ce qu’il
              défend positivement. Veut-il affirmer que la position matérialiste entraîne
              la fin de la philosophie, où bien est-ce que ça c’est encore attribué à
              Dühring et critiqué ? Ici, il me semble que « non du cerveau » se réfère,
              pour s’opposer à lui, à un Dühring aprioriste et qu’au contraire ce qui
              suit est bien le point de vue d’Engels.</p>
            </div>
            <div xml:id="ADchap4" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 4. Le schème de l’univers</head>
              <bibl>P. 73</bibl>

              <p xml:id="AD4p75unquart"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Première partie, chapitre 4 — Le schème de l’univers</label>
                <index><term>matérialité du monde</term></index>
                <index><term>pratique</term></index>
                <index><term>philosophie de la nature</term></index>
                <index><term>science de la nature</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                 <p rend="alinea"><pb xml:id="AD75un4" n="75 ¼"/>Si nous parlons de
                  l’<emph>Être</emph> et <emph>seulement</emph> de l’Être,
                  l’unité ne peut consister qu’en ceci que tous les objets dont il s’agit…
                  <emph>sont</emph>, existent. Ils sont rassemblés dans l’unité de cet
                  Être et dans aucune autre, et l’énoncé général aux termes duquel ils
                  <emph>sont</emph> tous, non seulement ne peut leur donner d’autres
                  propriétés communes ou non communes, mais encore exclut provisoirement
                  de la spéculation toutes ces propriétés. Car dès que nous nous
                  éloignons, ne fût-ce que d’un millimètre, du fait fondamental simple
                  que tous ces objets ont l’Être pour attribut commun, ce sont les
                  <emph>différences</emph> de ces objets qui commencent à nous apparaître
                  — et quant à savoir si ces différences consistent en ceci que les uns
                  sont blancs, les autres noirs, les uns animés, les autres inanimés, les
                  uns d’ici-bas, les autres de l’au-delà, nous ne pouvons pas en décider
                  en partant du fait que tous ont pareillement l’attribut de la seule
                  existence.</p>
                  <p xml:id="AD4p75undemi" rend="alinea">L’unité du monde ne consiste pas
                  en son Être, […]. L’unité réelle du monde consiste en sa matérialité,
                  et celle-ci se prouve non pas par quelques boniments de
                  prestidigitateur, mais par un long et laborieux développement
                  de la philosophie et de la science de la nature.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">La seule logique ne peut exclure un monde où les choses ne seraient
              pas seulement différentes, mais de nature fondamentalement différente. En fait, ce
              n’est pas le cas ; le monde présente une unité et cette unité c’est sa matérialité.
              Cette matérialité ne se déduit pas logiquement de l’Être, du seul fait d’être, c’est
              notre expérience (de toute l’histoire de l’humanité), nos diverses pratiques dont notre
              pratique de la production et nos pratiques philosophique et scientifique qui nous
              l’apprennent.</p>
            </div>
            <!--
            <div xml:id=""><p rend="tm1"><note place="margin">p. 79</note>Chapitre 5. Philosophie de la nature :
            espace et temps</p></div>
             -->
            <div xml:id="ADchap6" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 6. Philosophie de la nature : cosmogonie, physique, chimie</head>
              <bibl>P. 89 et suivantes.</bibl>

              <p xml:id="AD89deuxtiers"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Première partie, chapitre 6 — Philosophie de la nature : cosmogonie, physique, chimie</label>
                <index><term>matérialisme dialectique</term></index>
                <index><term>historical character of the physical world</term></index>
                <index><term>historicité du monde physique</term></index>
                <index><term>histoire, le monde physique a une —</term></index>
                <index><term>caractère historique du monde physique</term></index>
                <index><term>nature, son caractère historique</term></index>
                <index><term>Kant, théorie de la nébuleuse</term></index>
                <index><term>nébuleuse, origine des corps célestes</term></index>
                <index><term>origine des corps célestes, nébuleuse</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Kant introduit une dimension historique dans la nature avec l’hypothèse des nébuleuses de gaz.
                Engels développe ce point annoncé déjà dans au <ref target="#AD55unhuitieme">chapitre 1 de l’Introduction</ref>.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">die Kantische Theorie von der Entstehung aller jetzigen Weltkörper
                      aus rotierenden Nebelmassen war der größte Fortschritt, den die Astronomie seit Kopernikus
                      gemacht hatte. Zum ersten Male wurde an der Vorstellung gerüttelt, als habe die Natur
                      keine Geschichte in der Zeit. Bis dahin galten die Weltkörper als von Anfang an in stets
                      gleichen Bahnen und Zuständen verharrend; und wenn auch auf den einzelnen Weltkörpern
                      die organischen Einzelwesen abstarben, so galten doch die Gattungen und Arten
                      <pb n="53"/>für unveränderlich. Die Natur war zwar augenscheinlich in steter Bewegung begriffen,
                      aber diese Bewegung erschien als die unaufhörliche Wiederholung derselben Vorgänge.
                      In diese, ganz der metaphysischen Denkweise entsprechende Vorstellung legte Kant die erste Bresche,
                      und zwar in so wissenschaftlicher Weise, daß die meisten von ihm gebrauchten Beweisgründe
                      auch heute noch Geltung haben.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="AD89deux3" n="89 ⅔"/>
                      La théorie kantienne qui place l’origine de tous les corps célestes actuels
                      dans des masses nébuleuses en rotation, a été le plus grand progrès
                      que l’astronomie eût fait depuis Copernic. Pour la première fois s’est trouvée ébranlée
                      l’idée que la nature n’a pas d’histoire dans le temps. Jusque-là, les corps célestes
                      passaient pour être demeurés dès l’origine dans des orbites et des états toujours identiques ;
                      et même si, sur les divers corps célestes, les êtres organiques individuels mouraient,
                      les genres et les espèces passaient cependant pour immuables. Certes, la nature
                      était évidemment animée d’un mouvement incessant, mais ce mouvement apparaissait
                      comme la répétition constante des mêmes processus. C’est Kant qui ouvrit la première
                      brèche dans cette représentation qui répondait tout à fait au mode de penser métaphysique,
                      et il <pb n="90"/>le fit d’une manière si scientifique que la plupart des démonstrations
                      qu’il a utilisées sont encore valables aujourd’hui.</p>
                    </quote>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">De theorie van Kant over het ontstaan van alle tegenwoordige hemellichamen
                      uit draaiende nevelmassa’s was de grootste vooruitgang die de sterrenkunde sedert Copernicus
                      gemaakt had. Voor het eerst begon men te wrikken aan de voorstelling als zou de natuur geen
                      geschiedenis in de tijd hebben. Tot dusver heette het dat de hemellichamen van het begin af
                      steeds aan gelijke banen en toestanden gebonden waren, en al stierven ook op de afzonderlijke
                      hemellichamen de individuele organische wezens, toch golden geslachten en soorten als onveranderlijk.
                      De natuur bevond zich wel ogenschijnlijk in voortdurende beweging, maar deze beweging werd opgevat
                      als de onophoudelijke herhaling van dezelfde processen. In deze, met de metafysische denkwijze
                      volkomen overeenstemmende voorstelling, sloeg Kant de eerste bres en dit wel op zo
                      wetenschappelijke wijze dat de meeste door hem aangevoerde bewijsgronden ook thans nog gelden.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1877/anti-duhring/6.htm">Marxistisch Internet Archief</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">The Kantian theory of the origin of all existing celestial bodies
                      from rotating nebular masses was the greatest advance made by astronomy since Copernicus.
                      For the first time the conception that nature had no history in time began to be shaken.
                      Until then the celestial bodies were believed to have been always, from the very beginning,
                      in the same states and always to have followed the same courses; and even though individual
                      organisms on the various celestial bodies died out, nevertheless genera and species were
                      held to be immutable. It is true that nature was obviously in constant motion,
                      but this motion appeared as an incessant repetition of the same processes.
                      Kant made the first breach in this conception, which corresponded exactly to the metaphysical
                      mode of thought, and he did it in such a scientific way that most of the proofs furnished
                      by him still hold good today.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1877/anti-duhring/ch04.htm">Marxists Internet Archive</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">Curieusement, cette théorie de Kant sur la formation des corps célestes est mise
              en question dans une note de l’édition de 1968 de la dialectique de la nature, page 35. Cela fait suite
              à une conférence de décembre 1948 à Léningrad sur les « questions idéologiques » en astronomie.
              On fait allusion à cette conférence dans <ref target="http://arxiv.org/pdf/1204.1625">Helge Kragh, The Universe, the Cold War, and Dialectical Materialism</ref> et dans <ref target="http://articles.adsabs.harvard.edu/full/1995JHA....26..325B">Bronshten &amp; McCutcheon, V. T. Ter-Oganezov, Ideologist of Soviet Astronomy</ref>.</p>

              <p xml:id="AD6p92"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Première partie, chapitre 6 — Philosophie de la nature : cosmogonie, physique, chimie</label>
                <index><term>mécanique</term></index>
                <index><term>matière, le mouvement est son mode d’existence</term></index>
                <index><term>mouvement, comme mode d’existence de la matière</term></index>
                <index><term>Descartes</term></index>
                <index><term>mouvement, conservation du —</term></index>
                <index><term>mouvement, essence de la nature chez Aristote</term></index>
                <index><term>Aristote, mouvement comme essence de la nature</term></index>
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="55"/>Vor Herrn Dühring sprachen die Materialisten von Materie und Bewegung.
                      Er reduziert die Bewegung auf die mechanische Kraft als ihre angebliche Grundform
                      und macht es sich damit unmöglich, den wirklichen Zusammenhang zwischen Materie und Bewegung zu verstehn,
                      der übrigens auch allen frühern Materialisten unklar war.
                      Und doch ist die Sache einfach genug. <emph>Die Bewegung ist die Daseinsweise der Materie.</emph>
                      Nie und nirgends hat es Materie ohne Bewegung gegeben oder kann es sie geben.
                      Bewegung im Weltraum, mechanische Bewegung kleinerer Massen auf den einzelnen Weltkörpern,
                      Molekularschwingung als Wärme oder als elektrische oder magnetische Strömung, chemische Zersetzung und Verbindung,
                      organisches Leben — in einer oder der andern dieser Bewegungsformen oder in mehreren zugleich
                      befindet sich jedes einzelne Stoffatom der Welt in jedem gegebnen Augenblick.
                      Alle Ruhe, alles Gleichgewicht ist nur relativ, hat nur Sinn in Beziehung
                      auf diese oder jene bestimmte Bewegungsform. Ein Körper kann z.B. auf der Erde im mechanischen Gleichgewicht,
                      mechanisch in Ruhe sich befinden; dies hindert durchaus nicht, daß er an der Bewegung der Erde
                      wie an der des ganzen Sonnensystems teilnimmt, ebensowenig wie es seine kleinsten physikalischen Teilchen verhindert,
                      die durch seine Temperatur bedingten Schwingungen zu vollziehn, oder seine Stoffatome,
                      einen chemischen Prozeß durchzumachen. Materie ohne Bewegung ist ebenso undenkbar wie Bewegung ohne Materie.
                      Die Bewegung ist daher ebenso unerschaffbar und unzerstörbar wie die Materie selbst;
                       was die ältere Philosophie (Descartes) so ausdrückt, daß die Quantität der in der Welt vorhandnen Bewegung
                       stets dieselbe sei. Bewegung kann also nicht erzeugt, sie kann nur übertragen werden.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="AD92un8" n="92 ⅛"/>Avant
                      M. Dühring, les matérialistes parlaient de matière et de mouvement.
                      Il réduit le mouvement à l’énergie mécanique comme à sa prétendue forme fondamentale,
                      et se rend ainsi inintelligible le rapport réel entre la matière et le mouvement,
                      qui était d’ailleurs obscur aussi pour tous les matérialistes antérieurs.
                      Et pourtant la chose est suffisamment simple.
                      <emph>Le mouvement est le mode d’existence de la matière.</emph>
                      Jamais, ni nulle part, il n’y a eu de matière sans mouvement, ni il ne peut y en avoir.
                      Mouvement dans l’espace de l’univers, mouvement mécanique de masses plus petites sur chaque corps céleste,
                      vibration moléculaire sous forme de chaleur ou de courant électrique ou magnétique,
                      décomposition et combinaison chimiques, vie organique : chaque atome singulier de matière
                      dans l’univers participe à chaque instant donné à l’une ou à l’autre de ces formes de mouvement
                      ou à plusieurs à la fois. Tout repos, tout équilibre est seulement relatif,
                      n’a de sens que par rapport à telle ou telle forme de mouvement déterminée.
                      Un corps peut, par exemple, se trouver sur la terre en équilibre mécanique,
                      en repos au point de vue de la mécanique. Cela ne l’empêche absolument pas
                      de participer au mouvement de la terre comme à celui de tout le système solaire,
                      pas plus que cela n’empêche ses plus petites particules physiques
                      d’être soumises aux vibrations conditionnées par sa température,
                      ou ses atomes d’accomplir un processus chimique.
                      La matière sans mouvement est tout aussi inconcevable que le mouvement sans matière.
                      Le mouvement est donc tout aussi impossible à créer et à détruire que la matière elle-même,
                      ce que la philosophie ancienne (Descartes) exprime en disant que la quantité de mouvement
                      existant dans le monde reste constante.
                      Le mouvement ne saurait donc être produit, il ne peut qu’être transmis.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Vóór de heer Dühring spraken de materialisten van materie en beweging.
                      Hij brengt de beweging terug tot de mechanische kracht als haar vermeende grondvorm
                      en daarmee maakt hij het zichzelf onmogelijk het werkelijke verband tussen stof en beweging te begrijpen,
                      dat trouwens ook alle vroegere materialisten niet duidelijk was. En toch is de zaak eenvoudig genoeg.
                      <emph>De beweging is de bestaanswijze van de materie.</emph>
                      Nooit en nergens heeft materie zonder beweging bestaan, of kan zij bestaan.
                      Beweging in de wereldruimte, mechanische beweging van kleine massa’s op afzonderlijke hemellichamen,
                      moleculaire trillingen als warmte of als elektrische of magnetische stroom,
                      chemische ontleding en verbinding, organisch leven — in de ene of andere van deze bewegingsvormen
                      of in verscheidene tegelijk bevindt zich ieder afzonderlijk stofatoom van de wereld op elk gegeven ogenblik.
                      Elke rust, elk evenwicht is slechts betrekkelijk, heeft alleen zin met betrekking
                      tot deze of gene bepaalde bewegingsvorm. Een lichaam kan zich bv. op de aarde in mechanisch evenwicht,
                      mechanisch in rust bevinden; dit belet volstrekt niet dat het aan de beweging van de aarde
                      zogoed als aan die van het hele zonnestelsel deelneemt,
                      en evenmin belet het zijn kleinste natuurkundige deeltjes
                      om de met zijn warmtegraad overeenkomende trillingen te verrichten
                      of zijn stofatomen om een scheikundig proces door te maken.
                      Materie zonder beweging is even ondenkbaar als beweging zonder materie.
                      De beweging is daarom even onverwerkbaar en onvernietigbaar, als de materie zelf.
                      Wat de oudere filosofie (Descartes) zo uitdrukt,
                      dat de hoeveelheid van de in de wereld voorhandene beweging steeds dezelfde is.
                      Beweging kan dus niet verwerkt, zij kan slechts overgebracht worden.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">The materialists before Herr Dühring spoke of matter and motion.
                      He reduces motion to mechanical force as its supposed basic form,
                      and thereby makes it impossible for himself to understand the real connection between matter and motion,
                      which moreover was also unclear to all former materialists.
                      And yet it is simple enough. <emph>Motion is the mode of existence of matter.</emph>
                      Never anywhere has there been matter without motion, nor can there be.
                      Motion in cosmic space, mechanical motion of smaller masses on the various celestial bodies,
                      the vibration of molecules as heat or as electrical or magnetic currents,
                      chemical disintegration and combination, organic life — at each given moment
                      each individual atom of matter in the world is in one or other of these forms of motion,
                      or in several forms at once. All rest, all equilibrium, is only relative,
                      only has meaning in relation to one or other definite form of motion.
                      On the earth, for example, a body may be in mechanical equilibrium, may be mechanically at rest;
                      but this in no way prevents it from participating in the motion of the earth
                      and in that of the whole solar system, just as little as it prevents its most minute physical particles
                      from carrying out the vibrations determined by its temperature,
                      or its atoms from passing through a chemical process.
                      Matter without motion is just as inconceivable as motion without matter.
                      Motion is therefore as uncreatable and indestructible as matter itself;
                      as the older philosophy (Descartes) expressed it,
                      the quantity of motion existing in the world is always the same.
                      Motion therefore cannot be created; it can only be transferred.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                La phrase qu’Engels souligne est citée (par personne interposée) par Lénine à la deuxième page
                du <ref target="#Len14MEchap5">chapitre 5 de <title>Matérialisme et empiriocriticisme</title></ref>.
                Engels développe cette idée dans la <title>Dialectique de la nature</title>
                à l’article sur <ref target="#dialnatIIformFondMouv">Les formes fondamentales du mouvement</ref>.
                Aristote disait déjà que « la nature…
                c’est l’essence des êtres qui ont, en eux-mêmes…, le principe de leur mouvement »
                (<ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=201">d-meeus.be/wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=201</ref>).
              </p>

              <p xml:id="ADrelativite"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Première partie, chapitre 6 — Philosophie de la nature : cosmogonie, physique, chimie</label>
                <index><term>repos, relatif</term></index>
                <index><term>immobilité, relative</term></index>
                <index><term>référentiel, pas de — absolu</term></index>
                <index><term>repère, pas de — absolu</term></index>
                <index><term>espace, pas d’— absolu</term></index>
                <index><term>Maxwell, James Clerk dit —</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">Critiquant Dühring :</p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="55, in fine"/>Ein bewegungsloser Zustand der Materie erweist sich hiernach
                      als eine der hohlsten und abgeschmacktesten Vorstellungen, als eine reine » Fieberphantasie «.
                      Um dahin zu kommen, muß man das relativ mechanische Gleichgewicht,
                      worin sich ein Körper auf dieser Erde befinden kann, sich als absolute Ruhe vorstellen
                      und dann es auf das gesamte Weltall übertragen.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="http://www.mlwerke.de/me/me20/me20_032.htm#Kap_VI"><foreign xml:lang="latin">loc. cit.</foreign>#Kap_VI</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="AD92fine" n="92, in fine"/>Un état immobile de la matière
                      s’avère ainsi être une des idées les plus creuses et les plus saugrenues, une pure « imagination délirante ».
                      Pour en arriver là, il faut se représenter l’équilibre mécanique relatif
                      dans lequel un corps peut se trouver sur la terre comme un repos absolu,
                      et le reporter ensuite sur l’ensemble de l’univers.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611h.htm"><foreign xml:lang="latin">loc. cit.</foreign>/fe18780611h.htm</ref></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Een bewegingloze toestand van de materie is derhalve
                      een van de meest holle en platte voorstellingen, een echte ‘koortsfantasie’.
                      Om daartoe te komen, moet men het relatieve mechanische evenwicht,
                      waarin zich een lichaam hier op aarde bevinden kan, als volstrekte rust voorstellen
                      en dan op het ganse heelal overdragen.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1877/anti-duhring/6.htm"><foreign xml:lang="latin">loc. cit.</foreign>/6.htm</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">A motionless state of matter is therefore one of the most empty and nonsensical of ideas
                      — a “delirious fantasy ” of the purest water. In order to arrive at such an idea
                      it is necessary to conceive the relative mechanical equilibrium, a state in which a body on the earth may be,
                      as absolute rest, and then to extend this equilibrium over the whole universe.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1877/anti-duhring/ch04.htm"><foreign xml:lang="latin">loc. cit.</foreign>/ch04.htm</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">Il me semble ne pas solliciter l’esprit ou la lettre de ce que Engels écrit en le paraphrasant
              en termes modernes comme suit : pour considérer un corps comme immobile dans l’absolu, il faut le considérer
              par rapport à un repère local (par exemple la Terre) dans lequel il serait au repos, et prétendre
              que ce repère particulier est le repère fixe absolu, le repère privilégié d’un espace absolu.
              Engels considère qu’un corps essentiellement immobile — et donc aussi un repère ou un espace absolus —
              est une « imagination délirante » (et il souligne l’expression, les guillemets sont de lui). Autrement dit,
              il affirme ici la relativité générale (de l’espace, il ne soulève pas la question du temps)
              et il l’exprime très simplement.<!--
              Maxwell soulève cette question dans la préface de <title>Matter and Motion</title> <note xml:id=
                "Tonnelat-Maxwell"  place="bottom">Mentionné par Tonnelat 1971, p. 19.</note>,
              mais Maxwell est un des plus grands physiciens de l’histoire de l’humanité et le livre est de 1876.
              Que Engels affirme cela au même moment et le formule avec autant de clarté, sur base de ses conceptions philosophiques
              et de ses lectures d’amateur cultivé en science, est tout à fait remarquable. --></p>
            </div>

            <div xml:id="ADchap7" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 7. Philosophie de la nature : le monde organique</head>
              <bibl>P. 99 et suivantes. En ligne, <ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611i.htm">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1878/06/fe18780611i.htm</ref></bibl>

              <p xml:id="AD100troisquarts"><label rend="invisible">Anti-Dühring, Première partie, chapitre 7 — Philosophie de la nature : le monde organique</label>
                <index><term>darwinisme, scientificité</term></index>
                <index><term>sélection naturelle</term></index>
                <index><term>Malthus, chez Darwin</term></index>
                <index><term>Darwin, influence de Malthus</term></index>
                <index><term>lutte pour l’existence, limites de l’expression</term></index>❦ lutte pour l’existence, limites de l’expression
              </p>
              <p rend="alinea">
                Très bonne discussion de l’articulation logique Darwin, Malthus.
                Même si Darwin s’est inspiré de la théorie de Malthus,
                la théorie de la sélection naturelle ne repose pas logiquement sur celle de Malthus.
                Elle est prouvée indépendamment par son adéquation aux faits.
              </p>
              <p rend="alinea">D’abord un aperçu des reproches de Dühring et autres à Darwin :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="AD100trois4" n="100 ¾"/>Le reproche primordial adressé à Darwin,
                    c’est de transposer la théorie démographique de Malthus de l’économie dans la science de la nature,
                    de rester prisonnier des conceptions de l’éleveur,
                    de faire de la demi-poésie antiscientifique avec la lutte pour l’existence ;
                    tout le darwinisme, une fois retirés les emprunts faits à Lamarck,
                    est une exaltation de la brute dirigée contre l’humanité.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">À cela, Engels répond d’abord par son exposé de ce que Darwin a vraiment dit :</p>
              <cit xml:id="AD100sept8es">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                  <pb xml:id="AD100sept8" n="100 ⅞"/>Darwin avait rapporté de ses voyages scientifiques
                  l’opinion que les espèces de plantes et d’animaux ne sont pas constantes, mais changeantes.
                  Pour continuer à suivre cette idée dans son pays,
                  aucun terrain meilleur ne s’offrait que celui de l’élevage des animaux et des plantes.
                  L’Angleterre en est précisément la terre classique ;
                  les résultats d’autres pays, par exemple de l’Allemagne, sont bien loin de pouvoir
                  donner la mesure de ce qui a été atteint <pb n="101"/>"/&gt;en Angleterre à cet égard.
                  En outre, la plupart des succès datent d’un siècle,
                  de sorte que la constatation des faits comporte peu de difficultés.
                  Darwin a donc trouvé que cet élevage avait provoqué artificiellement,
                  chez des animaux et des plantes de même espèce, des différences plus grandes
                  que celles qui se présentent entre des espèces universellement reconnues comme différentes.
                  Ainsi étaient donc prouvées d’une part, la variabilité des espèces jusqu’à un certain point,
                  d’autre part, la possibilité d’ancêtres communs
                  pour des organismes qui possèdent des caractères spécifiques différents.
                  Darwin rechercha alors si, par hasard, il ne se trouvait pas dans la nature
                  des causes qui — sans l’intention consciente de l’éleveur —
                  provoqueraient à la longue sur des organismes vivants
                  des transformations analogues à celles de l’élevage artificiel.
                  Ces causes, il les trouva dans la disproportion
                  entre le nombre énorme des germes créés par la nature
                  et le petit nombre des organismes parvenant réellement à maturité.
                  Mais comme chaque germe tend à se développer, il en résulte nécessairement une lutte pour l’existence,
                  qui apparaît non seulement comme l’acte direct, physique de se combattre ou de se manger,
                  mais aussi comme la lutte pour l’espace et la lumière, même chez les plantes.
                  Et il est évident que, dans ce combat,
                  les individus qui ont le plus de chance de parvenir à maturité et de se reproduire
                  sont ceux qui possèdent quelque propriété individuelle, aussi insignifiante qu’on voudra,
                  mais avantageuse dans la lutte pour l’existence.
                  Ces propriétés individuelles ont par suite
                  tendance à se transmettre par hérédité et, si elles se présentent chez plusieurs individus
                  de la même espèce, à se renforcer par hérédité accumulée dans la direction qu’elles ont
                  une fois prise, tandis que les individus qui lie possèdent pas ces propriétés succombent
                  plus facilement dans la lutte pour l’existence et disparaissent peu à peu. C’est de cette
                  façon qu’une espèce se transforme par sélection naturelle, par survivance des plus aptes.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Dühring prétend que le darwinisme n’est qu’une construction intellectuelle
                obtenue par généralisation abusive à l’ensemble du vivant de la théorie de Malthus.
                Engels répond (p. 101-102) que le darwinisme est une théorie autonome en bon accord avec les faits,
                que cette théorie ne repose en rien sur l’analogie avec celle de Malthus
                (même si cette analogie a pu, entre autres, inspirer Darwin).
                Engels note aussi de manière très fine (p. 102) que ce qui compte
                n’est pas l’<emph>expression</emph> « lutte pour l’existence »
                (expression que l’on peut considérer plus ou moins heureuse),
                mais la <emph>chose</emph> qui se passe incontestablement dans la nature,
                indépendamment du nom qu’on lui donne.
                Dühring en particulier trouve que lutte suppose une certaine volonté agressive
                qu’on ne trouverait que chez des animaux prédateurs évolués et pas entre les végétaux, par exemple.
                Engels signale au contraire dans le monde végétal aussi une évidente concurrence pour la lumière et le sol.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Il me semble cependant que, sur un point, Engels tombe dans la même erreur que Dühring
                (et qu’un grand nombre d’autres à leur époque et toujours aujourd’hui) :
                ne comprendre « lutte pour l’existence » que comme lutte <emph>entre individus</emph>,
                comme le combat entre animaux, la concurrence pour la lumière pour les plantes.
                Mais lutte pour l’existence veut dire d’abord, lutte (seul ou en groupe)
                <emph>contre les difficultés</emph> de l’existence : boire, manger, se protéger du froid, des prédateurs…
                Je devrais aller voir dans le contexte quel est le sens de l’expression chez Darwin.
              </p>

              <p rend="alinea">
                <index><term>darwinisme, agnostique sur l’origine des variations</term></index>
                <index><term>darwinisme, conciliation avec le lamarckisme</term></index>
                <index><term>darwinisme, ancêtre unique du vivant</term></index>
                Engels considère que Darwin laisse le champ libre quant à l’origine des variations
                et qu’on est donc en droit de chercher à remplir ce vide, en l’occurrence par l’adaptation.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="AD103un5" n="103 ⅕"/>
                  […] Darwin fait abstraction des <emph>causes</emph> qui ont provoqué les modifications
                  […] Pour Darwin, il s’agit au premier chef moins de trouver ces causes […] qu’une
                  forme rationnelle dans lesquelles leurs effets se fixent, prennent une signification
                  durable.</p>
                </quote>
              </cit>

              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>Lyssenko</term></index>
                <index><term>Mitchourine</term></index>
                <index><term>noyau, cellule</term></index>
                <index><term>hérédité mendélienne</term></index>
                <index><term>chromosome</term></index>
                <index><term>mutation au hasard</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Ce qui suit n’est pas d’Engels, mais c’est une note de bas de page (en 1950 !) à
                propos du passage précédent. Je la cite comme curiosité, comme triste témoignage du
                dégât causé dans les cerveaux de beaucoup de communistes de l’époque, surtout en
                France, par l’irrésistible ascension de Lyssenko en URSS.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p xml:id="AD103note" rend="alinea">
                  En réalité, Darwin avait prévu le principe essentiel de l’hérédité mendélienne.
                  L’idée, développée après lui, de la permanence de l’individualité des gènes, était
                  incapable d’expliquer l’évolution, fait reconnu qu’en réalité elle niait : les
                  généticiens introduisirent le mécanisme des mutations, ou changements qualitatifs
                  brusques, qui sont la négation de l’hérédité stricte, puisqu’elles créent des formes
                  nouvelles désormais héréditaires.</p>
                  <p rend="alinea">Toutefois les erreurs principales commises par l’école des généticiens
                  (Mendel, Morgan) ont été :</p>
                  <p rend="alinea">1<hi rend="ordinal">o</hi> de localiser les propriétés héréditaires
                  de l’organisme exclusivement sur de petits organes des noyaux de leurs cellules,
                  les chromosomes ;</p>
                  <p rend="alinea">2<hi rend="ordinal">o</hi> d’attribuer au hasard l’apparition des
                  mutations dans la vie courante.</p>
                  <p rend="alinea">Le savant Mitchourine, et après lui, ses successeurs, dirigés
                  actuellement par T. D. Lyssenko, ont montré au contraire :</p>
                  <p rend="alinea">1<hi rend="ordinal">o</hi> que l’ensemble de l’organisme participe
                  aux phénomènes de l’hérédité ;</p>
                  <p rend="alinea">2<hi rend="ordinal">o</hi> que les conditions de vie peuvent
                  provoquer des transformations héréditaires, qui pourront à leur tour être modifiées
                  par de nouvelles conditions de vie : si l’organisme ne trouve pas les conditions de
                  vie qui lui sont nécessaires, il meurt ou il s‘adapte.</p>
                  <p rend="alinea">Ces conclusions de l’école mitchourinienne, conformes à la fois
                  aux données de l’expérience et au matérialisme dialectique, conduisent naturellement,
                  en créant des espèces végétales et animales nouvelles, à des applications pratiques
                  d’une grande portée économique, sociale et politique. (N. R.).</p>
                </quote>
                <bibl>
                 P. 103, note 1.
                </bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Noter, dans la dernière phrase, la conformité au matérialisme dialectique, ou bien
                c’est parler pour ne rien dire, ou bien c’est insinuer que ce serait un critère de
                vérité scientifique, ce qui est dangereusement faux. Une théorie scientifique est
                juste quand elle est conforme à la réalité, pas à une position ou à une méthode
                philosophiques. Dans les faits, « ces conclusions de l’école mitchourinienne » ne
                sont conformes « aux données de l’expérience » que dans des vérifications
                insuffisantes ou biaisées.
              </p>
              <p rend="alinea">Revenons à Engels, sur la question de la filiation du vivant :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="AD104un8" n="104 ⅛"/>
                  Récemment, grâce à Haeckel surtout, l’idée de sélection naturelle a été élargie
                  et la modification des espèces conçue comme le résultat de l’action réciproque
                  de l’adaptation et de l’hérédité, l’adaptation étant représentée comme le côté
                  modificateur et l’hérédité comme le côté conservateur du processus.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Dühring se gausse de l’idée, qu’il attribue à Darwin, d’un ancêtre unique de tout le
                vivant. Engels (p. 105) défend Darwin en disant qu’il a parlé plutôt de la descendance
                « d’un <emph>petit nombre d’êtres</emph> ». Engels cite ensuite Haeckel qui affirme
                « une souche absolument indépendante pour le règne végétal, une autre pour le règne
                animal », sans compter des lignées isolées de protistes. On admet aujourd’hui une
                filiation unique, l’unicité du vivant.
              </p>
            </div>
            <!--
            <div xml:id="">
            <p rend="tm1"><note place="margin">p. 109</note>Chapitre 8. Philosophie de la nature :
            le monde organique (fin)</p>
            </div> -->
            <!-- <div xml:id="ADchap9" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 9. La morale et le droit : vérités éternelles</head>
              <bibl>P. 117</bibl>
            </div> -->
            <!-- <div xml:id="">
            <p rend="tm1"><note place="margin">p. 129</note>Chapitre 10. La morale et le droit :
            l’égalité</p>
            </div>
             -->
            <div xml:id="ADchap10" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 10. La morale et le droit : l’égalité</head>
              <bibl>P. 129</bibl>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    En outre, le moyen âge féodal développa dans son sein la classe appelée,
                    dans le progrès de son développement,
                    à devenir la représentante de la revendication moderne d’égalité : la bourgeoisie.
                    […]
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Cependant, cette révolution puissante des conditions de vie économique de la société
                    ne fut nullement suivie aussitôt d’une modification correspondante de sa structure politique.
                    Le régime de l’État resta féodal, tandis que la société devenait de plus en plus bourgeoise.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 136-137.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Sur cette transition, voir aussi au <ref target="#ADIIchap2">chapitre 2 de la partie II</ref>.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="ADchap11" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 11. La morale et le droit : liberté et nécessité</head>
              <bibl>&gt;P. 141</bibl>

              <p xml:id="ADchap11-ndx"><label rend="invisible">Anti-Dühring, partie I, Chapitre 11. La morale et le droit : liberté et nécessité</label>
                <index><term>liberté, par la connaissance</term></index>
                <index><term>nécessité, liberté par la connaissance</term></index>
                <index><term>Hegel</term></index>
                <index><term>connaissance, de la nécessité à la liberté</term></index>
                <index><term>domination, de l’homme sur la nature</term></index>
                <index><term>empire, de l’homme sur la nature</term></index>
                <index><term>nature, domination de l’homme sur la —</term></index>
                <index><term>nature, empire de l’homme sur la —</term></index>
                <index><term>homme</term></index>
                <index><term>animal</term></index>
                <index><term>homme, maîtrise du feu</term></index>
                <index><term>machine à vapeur, transformation de l’énergie</term></index>
                <index><term>machine à vapeur, libératrice</term></index>
                <index><term>énergie, transformation, de la chaleur dans la machine à vapeur</term></index>
                <index><term>civilisation, progrès de la —</term></index>
                <index><term>science et philosophie</term></index>
                <index><term>neurobiologie</term></index>
                <index><term>sciences cognitives</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea"/>
              <cit>
                <quote>
                  <p xml:id="AD6p146-147" rend="alinea"><pb xml:id="AD146cinq8" n="146 ⅝"/>Hegel
                  a été le premier à représenter exactement le rapport de la liberté et de la nécessité.
                  Pour lui, la liberté est l’intellection de la nécessité. « La nécessité n’est
                  <emph>aveugle que dans la mesure ou elle n’est pas comprise</emph>. »
                  La liberté n’est pas dans une indépendance rêvée à l’égard des lois de
                  la nature, mais dans la connaissance de ces lois et dans la possibilité
                  donnée par là même de les mettre en œuvre méthodiquement pour des fins
                  déterminées. Cela est vrai aussi bien des lois de la nature extérieure
                  que de celles qui régissent l’existence physique et psychique de
                  l’homme lui-même, — deux classes de lois que nous pouvons séparer tout
                  au plus dans la représentation, mais non dans la réalité. La liberté de
                  la volonté ne signifie donc pas autre chose que la faculté de décider
                  en connaissance de cause. Donc, plus le jugement d’un homme est
                  <emph>libre</emph> sur une question déterminée, plus grande est la
                  <emph>nécessité</emph> qui détermine la teneur de ce jugement ; tandis
                  que l’incertitude reposant sur l’ignorance, qui choisit en apparence
                  arbitrairement entre de nombreuses possibilités de décision diverses et
                  contradictoires, ne manifeste précisément par la que sa non-liberté,
                  sa soumission à l’objet qu’elle devrait justement se soumettre. La
                  <pb n="147"/>liberté consiste par conséquent dans l’empire sur
                  nous-<choice><sic>même</sic><corr>mêmes</corr></choice> <!-- je corrige
                  en ajoutant la marque du pluriel --> et sur la nature
                  extérieure, fondé sur la connaissance des nécessités naturelles ; ainsi, elle est
                  nécessairement un produit du développement historique. Les premiers hommes qui se
                  séparèrent du règne animal, étaient, en tout point essentiel, aussi peu libres que
                  les animaux eux-mêmes ; mais tout progrès de la civilisation était un pas vers la
                  liberté. Au seuil de l’histoire de l’humanité il y a la découverte de la
                  transformation du mouvement mécanique en chaleur : la production du feu par
                  frottement ; au terme de l’évolution qui nous a conduits jusqu’aujourd’hui, il y a la
                  découverte de la transformation de la chaleur en mouvement mécanique : la machine à
                  vapeur. — Et malgré la gigantesque révolution libératrice que la machine à vapeur
                  accomplit dans le monde social (elle n’est pas encore à moitié achevée), il est
                  pourtant indubitable que le feu par frottement la dépasse encore en efficacité
                  libératrice universelle. Car le feu par frottement a donné à l’homme pour la première
                  fois l’empire sur une force de la nature et, en cela, l’a séparé définitivement du
                  règne animal. La machine à vapeur ne réalisera jamais un bond aussi puissant dans
                  l’évolution de l’humanité, malgré tout le prix qu’elle prend à nos yeux comme
                  représentante de toutes ces puissantes forces de production qui en découlent, ces
                  forces qui permettent seules un état social où il n’y aura plus de différences de
                  classes, plus de souci des moyens d’existence individuels, et ou il pourra être
                  question pour la première fois d’une liberté humaine véritable, d’une existence en
                  harmonie avec les lois connues de la nature. Mais à quel point toute l’histoire de
                  l’humanité est encore jeune et combien il serait ridicule d’attribuer quelque valeur
                  absolue à nos conceptions actuelles, cela ressort du simple fait que toute l’histoire
                  passée peut se caractériser comme l’histoire de la période qui va de la découverte
                  pratique de la transformation du mouvement mécanique en chaleur à celle de la
                  transformation de la chaleur en mouvement mécanique.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Considérations passionnantes sur la liberté, la connaissance
              et le progrès de la civilisation. Il y a des questions proprement philosophiques,
              mais, dans l’histoire, une partie des questions qui ont d’abord paru philosophiques
              deviennent avec le progrès de la science des questions puis des connaissances scientifiques.
              Il serait intéressant de reprendre ceci lorsque la neurobiologie et les sciences cognitives
              auront plus à nous dire sur la conscience et le libre-arbitre.</p>
            </div>

            <div xml:id="ADchap12" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 12. Dialectique : quantité et qualité
              </head>
              <bibl>
                P. 151-160. Dans ce chapitre et le suivant, les sous-titres (entre crochets) sont de moi.
              </bibl>
              <p rend="alinea">
                En fait, le chapitre s’étend d’abord sur des exemples de contradictions. Quant à la
                quantité et à la qualité, cela constitue la deuxième moitié du chapitre.
              </p>

              <div xml:id="ADlogique2val">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Contradiction en logique à deux valeurs de vérité ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>logique à deux valeurs de vérité</term></index>
                  <index><term>logique dialectique</term></index>
                  <index><term>contradiction</term></index>
                  <index><term>absurde, démonstration par l’—</term></index>
                  <index><term>démonstration par l’absurde</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="AD151" n="151"/>
                  Dühring parle de la
                  contradiction comme d’une absurdité. <pb n="152"/>Engels croit pouvoir lui
                  répondre du point de vue de la dialectique. Mais si on se place sur le terrain de
                  la logique à deux valeurs de vérité, il y a bien absurdité de la contradiction.
                  C’est en ce sens que les mathématiciens parlent de « démonstration par l’absurde ».
                </p>
              </div>

              <div xml:id="ADdroitcourbe">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Contradiction du droit et du courbe ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>droite</term></index>
                  <index><term>courbe</term></index>
                  <index><term>calcul différentiel</term></index>
                  <index><term>contradiction</term></index>
                  <index><term>sens commun</term></index>
                  <index><term>théorie</term></index>
                  <index><term>science, en tant que distincte du sens commun</term></index>
                  <index><term>langage ordinaire</term></index>
                  <index><term>langage scientifique</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <pb xml:id="AD152" n="152"/>Dühring, pour qui la contradiction c’est l’absurde, se
                  gausse de l’idée qu’on puisse, selon Hegel, trouver du contradictoire objectivement
                  existant dans les choses et les phénomènes. Pour lui répondre, Engels compare le
                  droit et le courbe.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="AD152un8" n="152 ⅛"/>[…] droit ne peut être courbe, et courbe ne
                      peut être droit. Mais le calcul différentiel […] pose cependant, dans certaines
                      conditions, droit et courbe comme équivalents […]
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Il me semble qu’autant la dialectique est importante dans son sens général (tout
                  est mouvement, etc.), autant les soi-disant « lois de la dialectique » sont faibles
                  (pour être indulgent). Je pense que c’est de la pensée analogique, celle que la
                  psychologie attribue aux enfants et aux sauvages. Je pense qu’on devrait pouvoir
                  montrer, dans tous les exemples invoqués, que ce soit par Marx, par Engels ou par
                  d’autres, en tout cas dans la nature, le monde physique, qu’il n’y a contradiction
                  (dite aussi interpénétration des contraires) — ou négation de la négation, ou
                  passage de la qualité à la quantité — qu’entre des formulations approximatives en
                  langage ordinaire, pas entre les choses dont on parle. Autrement dit, dans tous
                  les exemples d’application de « lois de la dialectique », il n’y a rien si ce n’est
                  un défaut d’analyse ou une mauvaise analyse.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans la vie courante et dans le langage ordinaire, droit et courbe s’opposent. (Ce
                  n’est d’ailleurs qu’à ce niveau qu’on peut rencontrer des droites et des courbes
                  « dans le monde réel ».) Pour beaucoup d’objets, comme les règles, il est important
                  en pratique qu’ils soient droits. Si on les retrouve courbes c’est parce qu’on les
                  a malheureusement tordus et ils en deviennent inutilisables. D’autres choses sont
                  préférées courbes et on serait bien malheureux d’en trouver droites. Ainsi, dans
                  le langage ordinaire, ce qui est droit n’est pas courbe ; ce qui est courbe n’est
                  pas droit. Ces deux notions s’opposent. Rien n’est à la fois droit et courbe. Il
                  n’y a donc jamais contradiction.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  En géométrie (et pas seulement pour « le calcul différentiel ») on peut définir
                  une notion de courbe dont la droite est un cas particulier. La droite, mathématique,
                  est alors une courbe, au sens des mathématiciens. (Et ces courbes et droites des
                  mathématiciens sont des idéalisations qui n’existent que dans leur tête et pas
                  « dans le monde réel ».)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Il n’y a ici absolument aucune contradiction ni aucune interpénétration ou unité
                  des contraires, sauf à mélanger indûment les deux langages. Dans cet exemple, il
                  n’y a donc rien à signaler, la dialectique n’a rien à voir ici, il n’y a qu’une
                  analyse insuffisante d’Engels.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="ADZenon">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Contradiction du mouvement ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction</term></index>
                  <index><term>mouvement</term></index>
                  <index><term>recherche Suzanne désepérément</term></index>
                  <index><term>Suzanne, Recherche — désepérément</term></index>
                  <index><term>Susan, Desperately Seeking —</term></index>
                  <index><term>Desperately Seeking Susan</term></index>
                  <index><term>Zénon d’Élée</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Il cherche ensuite d’autres exemples de contradictions objectivement existantes
                  dans les choses et les phénomènes.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <note place="margin">P. 152, ⅗</note>Le mouvement lui-même est une contradiction
                      […] à un seul et même moment, un corps est à la fois dans un lieu et dans un
                      autre lieu, en un seul et même lieu, et non en lui. Et c’est dans la façon que
                      cette contradiction a de se poser continuellement et de se résoudre en même
                      temps, que réside précisément le mouvement.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  (Le plus souvent chez Engels, mouvement veut dire concept philosophique de mouvement,
                  toute forme de changement, <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=477">comme chez Aristote</ref>.
                  Ici, il s’agit bien de mouvement au sens commun de déplacement.)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ça ne veut rien dire, ou, si ça veut dire quelque chose, c’est qu’Engels a du mal
                  à concevoir le mouvement. Il a peut-être un problème du même genre que celui de
                  Zénon d’Élée dans ses paradoxes du mouvement. (Plus probablement, il n’a aucun de
                  problème avec le mouvement — sauf de chercher vainement à voir des contradictions
                  partout, comme <ref target="https://www.youtube.com/watch?v=ngAdpRVhHzY">on recherche Suzanne désespérément</ref>.) Il ne peut pas ne pas se rendre
                  compte qu’avec « à un seul et même moment, un corps est à la fois dans un lieu et
                  dans un autre lieu », il s’interdit de penser la vitesse. (Si tout corps en
                  mouvement est à la fois ici et ailleurs, sa vitesse est toujours à la fois nulle
                  et infinie. Cela revient donc bien à s’interdire de penser la vitesse.) Ainsi
                  l’humanité devrait se priver de la notion de vitesse pour faire place à celle de
                  contradiction dialectique. Je crains que la notion de vitesse ne soit vachement
                  plus féconde, et pratiquement, et théoriquement. Il accuse la pensée métaphysique
                  d’être incapable (comme lui-même ?) de penser le passage du repos au mouvement et
                  considère qu’en cela cette pensée concède l’existence objective d’une contradiction.
                  L’argument est faible parce que la concession (alléguée) d’un ennemi peut
                  difficilement être considérée comme preuve d’existence. C’est un effet purement
                  rhétorique et « de se poser continuellement et de se résoudre en même temps » ne
                  sont que des mots creux, du vent hégélien.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Au-delà de la vitesse, c’est le mouvement lui-même qu’il ne comprend pas, qu’il
                  rejette. Il ne conçoit les choses qu’au repos. Il ne voit le mouvement que comme
                  succession de repos. Un corps en mouvement ne peut être qu’au repos ici, ou bien
                  au repos là, « à la fois dans un lieu et dans un autre lieu ». Dans la vision
                  dialectique d’Engels, le mouvement au sens d’histoire, de transformation est l’état
                  naturel des choses. Par contre, le mouvement proprement dit fait difficulté. Engels
                  ne pouvant le comprendre ou l’admettre, ne peut qu’y trouver une contradiction.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Selon lui, Dühring admet en fait involontairement, par son incapacité de concevoir le mouvement,
                  (bas de la page 152) ce que lui, Engels, pense juste (page 153) :
                  « que dans les choses et les processus eux-mêmes, il y a une contradiction objectivement présente,
                  qui, de surcroit, est une puissance de fait. »
                  Quant à moi, il me semble que faire d’un concept philosophique comme la contradiction
                  « une puissance de fait », c’est le comble de l’idéalisme.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="ADident">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> À propos de la vie, contradiction entre identité et changement ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction</term></index>
                  <index><term>identité</term></index>
                  <index><term>changement</term></index>
                  <index><term>vie</term></index>
                  <index><term>reproduction</term></index>
                  <index><term>Politzer, souliers jaunes</term></index>
                  <index><term>Héraclite, fleuve</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <note place="margin">P. 153</note>[…] la vie consiste au premier chef
                      précisément en ce qu’un être est à chaque instant le même et pourtant un autre.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Pour Engels, le mouvement au sens d’histoire, de transformation est l’état naturel
                  des choses. Mais voici tout à coup, pour les besoins de la contradiction, que cela
                  cesse de l’être. Voici maintenant que l’état naturel des choses est d’être immuables.
                  Si une chose vit, évolue, se transforme, c’est une succession d’« immuables », de
                  même que ci-dessus, le mouvement était une succession de repos. Ainsi, à cet état
                  naturel de transformation, on cherche noise ; il faut le simuler dans la
                  discontinuité d’états successifs en considérant que l’état suivant serait en
                  quelque sorte présent dans le précédent ; les deux états coexistent, ce qui les
                  fait se « contredire ».
                </p>
                <p rend="alinea">
                  J’aurais pensé que la vie consiste avant tout en la capacité de se reproduire,
                  mais passons — Engels, bien sûr, le sait aussi. Ce problème de l’identité dans le
                  changement n’est pas une contradiction existant dans les choses et les phénomènes
                  parce que seul le changement existe objectivement. L’identité, c’est nous qui la
                  pensons (avec généralement de bonnes raisons) dans le changement. Le problème de
                  l’identité dans le changement n’est en rien propre à la vie.
                  Un caillou « est à chaque instant le même et pourtant un autre ». (Il s’use.)
                  Le <ref target="../../biblio/Politzer1970.html">pseudo-Politzer</ref> (apocryphe)
                  en traite à propos de souliers jaunes et cela remonte au fleuve d’Héraclite.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ce qu’il y a, c’est que partout, toujours (pas seulement dans le vivant) tout
                  change. Engels a le mérite de l’avoir souligné et on peut qualifier cette vision
                  de dialectique. Il n’y a cependant aucune « contradiction » entre identité et
                  changement. Fondamentalement, il y a changement. Sur un autre plan, nous pouvons
                  penser l’identité de certaines choses changeantes<note xml:id="ADidentquantique" place="bottom">
                    C’est quelque chose qu’on ne peut pas faire pour les particules élémentaires.
                    Les champs quantiques règlent leur création et leur annihilation. D’une
                    particule, on ne peut jamais dire qu’elle est « la même » un peu plus loin un
                    peu après. Ce peut être « une autre » qui vient d’être créée. La relative
                    identité est fondamentalement macroscopique.
                  </note>.
                  Nous pouvons bien sûr avoir le <emph>sentiment</emph> d’une difficulté à penser
                  l’identité dans le changement. Il n’y a donc pas de contradiction, mais, si on
                  n’analyse pas assez finement, le sentiment d’une contradiction.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="ADconncoll">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Contradiction entre les limites individuelles et la connaissance collective ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction</term></index>
                  <index><term>connaissance, individuelle</term></index>
                  <index><term>connaissance, collective</term></index>
                  <index><term>connaissance, limites</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><pb xml:id="AD153un4" n="153, ¼"/>[…] dans le
                    domaine de la pensée également, […] la contradiction entre l’humaine
                    faculté de connaître intérieurement infinie et son existence réelle
                    dans des hommes qui sont tous limités extérieurement et dont la
                    connaissance est limitée, se résout dans la série des générations […]</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Que l’espèce humaine, contrairement aux autres espèces animales (sauf exceptions
                  limitées), puisse capitaliser la connaissance des générations successives, c’est
                  effectivement très remarquable. Il n’y a contradiction entre mon cerveau fini et
                  ce capital sans cesse enrichi que si je n’ai pas réfléchi au caractère collectif
                  de la connaissance. Engels veut donner un exemple de contradiction. Mais, comme il
                  fait ici une analyse juste du problème posé, il évacue la contradiction. Il donne
                  donc un bon exemple en accord avec ma thèse que toute contradiction dialectique
                  n’est que défaut d’analyse.
                </p>
              </div>
              <div xml:id="ADsecparall">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Contradiction entre sécantes et parallèles ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction</term></index>
                  <index><term>mathématiques supérieures</term></index>
                  <index><term>mathématiques inférieures</term></index>
                  <index><term>sécante</term></index>
                  <index><term>parallèle</term></index>
                  <index><term>sens commun</term></index>
                  <index><term>théorie</term></index>
                  <index><term>science, en tant que distincte du sens commun</term></index>
                  <index><term>mathématiques, caractère abstrait des —</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 153, ½</note>[… les]
                    mathématiques supérieures […] réalisent cette autre contradiction que
                    des lignes qui se coupent sous nos yeux doivent cependant, à cinq ou
                    six centimètres seulement de leur point d’intersection, passer pour
                    parallèles […]</p>
                    <p rend="alinea">[…] avec cette contradiction, et avec d’autres bien
                    plus violentes encore, [les mathématiques supérieures] obtiennent des
                    résultats non seulement justes, mais encore tout à fait inaccessibles
                    aux mathématiques inférieures.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">« À cinq ou six centimètres seulement », mazette ! On
                sent vraiment ici passer le vent du boulet de la contradiction.</p>
                <p rend="alinea">Je ne sais pas à quoi il fait allusion, mais il est
                certain que dans la théorie qu’il a en vue, il n’y a pas contradiction.
                Il n’y a contradiction que dans l’esprit d’Engels qui confond le sens
                commun et une théorie mathématique particulière (dans laquelle, je suppose,
                les centimètres ne viennent rien faire). Dans les théories qui
                atteignent ces résultats « impossibles à atteindre », il n’y a pas de
                contradiction sinon ce ne seraient pas des mathématiques.</p>
                <p rend="alinea">Il n’y a pas non plus la contradiction, qu’il voit ici
                comme souvent, entre « mathématiques supérieures » et « mathématiques
                inférieures ». Il est étonnant vu l’importance de l’abstraction chez
                Marx, qu’Engels est le premier à souligner, qu’il perde de vue à ce point
                le caractère abstrait des mathématiques.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADracine">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Contradiction entre puissance et racine ] (D. M.)
                </head>
                <index><term>contradiction</term></index>
                <index><term>puissance</term></index>
                <index><term>racine</term></index>
                <index><term>sens commun</term></index>
                <index><term>langage ordinaire</term></index>
                <index><term>langage scientifique</term></index>
                <index><term>théorie</term></index>
                <index><term>science, en tant que distincte du sens commun</term></index>
                <index><term>mathématiques, caractère abstrait des —</term></index>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 153, ¾</note>C’est […] une
                    contradiction qu’une racine de a doive être une puissance de a, et
                    pourtant a<hi rend="exposant">½</hi> = √ a.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Quand j’avais dix ans, je me suis disputé avec l’instituteur parce que, pour moi,
                  diviser c’était partager, donc partir de quelque chose (une tarte) pour obtenir
                  du plus petit (des portions de tarte). Je ne pouvais donc admettre que 5 divisé
                  par ½ fasse 10, quelque chose de plus grand. Depuis (sans doute déjà quelques
                  instants plus tard), j’ai compris la différence entre les mathématiques et le
                  langage de la vie de tous les jours (et des goûters d’anniversaire). Pour Engels,
                  de même, <emph>élever</emph> à une puissance va dans le sens du plus grand et
                  <emph>extraire</emph> une racine doit donner du plus petit. De nouveau la
                  contradiction n’est que confusion de niveaux de langage, entre le langage courant
                  et le langage de la mathématique.
                </p>
              </div>
              <div xml:id="ADracine-1">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Caractère contradictoire de la racine carrée de − 1 ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>contradiction</term></index>❦ contradiction
                <index><term>puissance</term></index>❦ puissance
                <index><term>racine carrée de – 1, comme contradiction</term></index>❦ racine carrée de – 1, comme contradiction
                <index><term>nombres réels</term></index>❦ nombres réels
                <index><term>nombres complexes</term></index>❦ nombres complexes
                <index><term>sens commun</term></index>❦ sens commun
                <index><term>langage ordinaire</term></index>❦ langage ordinaire
                <index><term>langage scientifique</term></index>❦ langage scientifique
                <index><term>théorie</term></index>❦ théorie
                <index><term>science, en tant que distincte du sens commun</term></index>❦ science, en tant que distincte du sens commun
                <index><term>mathématiques, caractère abstrait des —</term></index>❦ mathématiques, caractère abstrait des —.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">C’est une contradiction qu’une grandeur négative doive être le
                    carré de quelque chose, car toute grandeur négative multipliée par elle-même donne un
                    carré positif. La racine carrée de – 1 n’est donc pas seulement une contradiction,
                    mais même une contradiction absurde, un non-sens réel. Et pourtant, dans beaucoup de
                    cas, √ – 1 est bien le résultat nécessaire d’opérations mathématiques exactes ; bien
                    plus, où en seraient les mathématiques […] s’il leur était interdit d’opérer avec
                    √ – 1 ?</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Il y a déjà une subtile bizarrerie dans la première phrase :
                  la deuxième occurrence de « négatif » ne vient rien faire.
                  Le négatif n’est pas problématique dans ce qu’on multiplie mais dans le carré obtenu.
                  (Sans doute a-t-il voulu dire que tous les carrés sont positifs
                  et insister, puisqu’on parle ici de négatif, sur le fait que c’est vrai
                  <emph>en particulier</emph> si c’est un nombre négatif que l’on élève au carré.)
                  Quant à √ – 1, ce n’est pas une contradiction dans les nombres réels parce que √ – 1 n’y existe pas
                  et ce n’est pas une contradiction dans les nombres complexes
                  parce qu’ils ont été construits, en un sens, pour ça.
                  Il n’y a de contradiction que si Engels ne sait pas que
                  les réels constituent <emph>un</emph> ensemble conçu par l’esprit humain
                  et les complexes <emph>un autre</emph>
                  (conçu précisément pour étendre le premier en donnant aux nombres négatifs une racine carrée),
                  et qu’il mélange les deux.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="ADvariable">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Dialectique des grandeurs variables ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>variable, en mathématiques</term></index>❦ variable, en mathématiques
                  <index><term>constante, en mathématiques</term></index>❦ constante, en mathématiques
                  <index><term>dialectique</term></index>❦ dialectique
                  <index><term>métaphysique</term></index>❦ métaphysique.
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 153, bas, p. 154, haut</note>Le
                parallèle d’Engels entre grandeurs variables et grandeurs invariables,
                d’une part, dialectique et métaphysique d’autre part, est assez fumeux et
                tiré par les cheveux.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADdiagrforces">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> L’antagonisme de forces chez Dühring ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction</term></index>❦ contradiction
                  <index><term>force, antagonisme des —</term></index>❦ force, antagonisme des —.
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 154, ¼</note>Je crois comprendre
                que Dühring qui assimile la contradiction à l’absurde (voir au début
                du chapitre 12) propose, en remplacement, l’antagonisme des forces.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADcommentDM">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Mon commentaire sur ce demi-chapitre sur la contradiction ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction</term></index>❦ contradiction
                  <index><term>contradiction, universalité de la —</term></index>❦ contradiction, universalité de la —
                  <index><term>contradiction, moteur de changement</term></index>❦ contradiction, moteur de changement
                  <index><term>Aristote</term></index>❦ Aristote
                  <index><term>Aristote, <title>Métaphysique</title></term></index>❦ Aristote, <title>Métaphysique</title>
                  <index><term>idéalisme</term></index>❦ idéalisme
                  <index><term>mysticisme</term></index>❦ mysticisme
                  <index><term>pythagorisme</term></index>❦ pythagorisme
                  <index><term>polaire, opposition —</term></index>❦ polaire, opposition —.
                </p>
                <p rend="alinea">Non seulement, les exemples de contradiction avancés ici par Engels
                sont forcés ou, plus souvent encore, non pertinents, mais, préoccupé seulement de
                l’urgence de montrer l’universalité de la présence de la contradiction dans la nature,
                jamais il n’indique en quoi la contradiction soi-disant « existant dans les choses »
                serait source de changement, ni en quoi l’attention aux contradictions serait une
                méthode de pensée féconde. Il n’y a donc strictement rien à apprendre de cette partie
                du texte.</p>
                <p xml:id="ArisMeta986a22" rend="alinea">Cette obsession de voir partout
                des couples polaires : positif et négatif, droit et courbe, repos et
                mouvement… rappelle la pensée, encore idéaliste et mystique, des
                pythagoriciens dont parle, de manière critique, <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=201">Aristote au livre Α, 5, 986 a 22 de sa <title>Métaphysique</title></ref>.</p>
              </div>

              <div xml:id="seuilCapitalDuh">
                <head>
                  [<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> La quantité se transforme en qualité : argent et capital ] (D. M.)
                </head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>
                  <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité</term></index>
                  <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —</term></index>
                  <index><term>capital, seuil pour pouvoir être un —</term></index>
                  <index><term>loi de la dialectique, confirmation</term></index>
                  <index><term>loi de la dialectique, induction</term></index>
                  <index><term>loi de la dialectique, constatation</term></index>
                  <index><term>loi de la dialectique, légalité des —</term></index>
                  <index><term>loi de la dialectique, une — ne prouve rien</term></index>
                  <index><term>dialectique, ne prouve rien</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Engels souligne qu’il ne suffit pas à Dühring de se moquer de la dialectique
                  (Marx se contenterait de « régler des miracles dialectiques pour ses fidèles »,
                  p. 155, ¼) pour que soit mise en question la valeur des travaux économiques de
                  Marx. En particulier, <ref target="#Capital-Ichap9-seuilcap">Marx observe dans le
                  <title>Capital</title></ref> que pour que de l’argent puisse se fonctionner comme
                  capital, il en faut assez. Une somme trop petite ne peut jamais devenir capital.
                </p>
                <!-- <table rend="citquote">
                  <row>
                    <cell xml:lang="de">
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </cell>
                    <cell xml:lang="fr">
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </cell>
                    <cell xml:lang="nl">
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </cell>
                    <cell xml:lang="en">
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </cell>
                  </row>
                  <row>
                    <cell xml:lang="de">
                      <bibl>
                        MEW, Band. 19, S. 20-21
                      </bibl>
                    </cell>
                    <cell xml:lang="fr">
                      <bibl>

                      </bibl>
                    </cell>
                    <cell xml:lang="nl">
                      <bibl>

                      </bibl>
                    </cell>
                    <cell xml:lang="en">
                      <bibl>

                      </bibl>
                    </cell>
                  </row>
                </table> -->
                <list rend="horiz">
                  <item>
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Auf Seite 313 (2. Auflage des <title>Kapital</title>)
                        zieht Marx aus der vorhergegangnen Untersuchung über konstantes und variables Kapital und Mehrwert
                        den Schluß, daß</p>
                        <cit style="border-left: 3px double #320000; padding-left: 10px;">
                          <quote>
                            <p rend="firstalinea">nicht jede beliebige Geld- oder Werthsumme in Kapital verwandelbar,
                            zu dieser Verwandlung vielmehr ein bestimmtes Minimum von Geld oder Tauschwerth
                            in der Hand des einzelnen Geld- oder Waarenbesitzers vorausgesetzt ist.</p>
                          </quote>
                          <bibl>1872:313.</bibl>
                        </cit>
                      </quote>
                      <bibl>MEW 20:116.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea"><pb n="156 ½"/>
                          Marx tire, de l’étude qui précède sur le capital constant, le capital variable et la plus-value,
                          la conclusion
                        </p>
                        <cit style="border-left: 3px double #320000; padding-left: 10px;">
                          <quote>
                            <p rend="firstalinea">que toute somme d’argent ou de valeur n’est pas à volonté
                            transformable en capital, mais que cette transformation présuppose au contraire
                            un minimum déterminé d’argent ou de valeur d’échange dans les mains du détenteur
                            individuel d’argent ou de marchandises.</p>
                          </quote>
                          <bibl><title>Capital</title>, I, p. 344.</bibl>
                        </cit>
                      </quote>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Op blz. 313 (2<hi rend="ordinal">de</hi> druk van <title>Het Kapitaal</title>)
                          trekt Marx uit het daaraan voorafgaande onderzoek over constant en variabel kapitaal en meerwaarde
                          de gevolgtrekking dat
                        </p>
                        <cit style="border-left: 3px double #320000; padding-left: 10px;">
                          <quote>
                            <p rend="firstalinea">
                              niet iedere willekeurige geld- of waardesom in kapitaal te veranderen is,
                              dat voor deze verandering veeleer een bepaald minimum aan geld of ruilwaarde
                              in handen van de afzonderlijke geld- of warenbezitter voorondersteld is.
                            </p>
                          </quote>
                          <bibl/>
                        </cit>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1877/anti-duhring/12.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Marx, on the basis of his previous examination of constant and variable capital
                        and surplus-value, draws the conclusion that</p>
                        <cit style="border-left: 3px double #320000; padding-left: 10px;">
                          <quote>
                            <p rend="firstalinea">
                              not every sum of money, or of value, is at pleasure transformable into capital.
                              To effect this transformation, in fact, a certain minimum of money or of exchange-value must be presupposed
                              in the hands of the individual possessor of money or commodities.
                            </p>
                          </quote>
                          <bibl/>
                        </cit>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">Pour Dühring, c’est « l’idée nébuleuse et confuse de
                Hegel selon laquelle la quantité se change en qualité (p. 156 ⅜) ».
                Engels rétorque avec raison qu’il y a là chez Marx un raisonnement
                économique et non pas l’application de la loi de Hegel. C’est a
                posteriori que <ref target="#Capital-Ichap9-seuilcap">Marx fait remarquer</ref>
                qu’ « ici, comme dans les sciences naturelles, <emph>se confirme</emph>
                la loi constatée par Hegel dans sa <title>Logique</title>, loi d’après
                laquelle de simples changements dans la quantité, parvenus à un certain
                degré, amènent des différences dans la qualité. » (C’est Engels qui
                souligne.) Ceci est très important : la dialectique intervient a
                posteriori (déjà chez Hegel, la loi est « constatée »), elle n’a servi à
                rien (elle n’a pas servi de preuve, ni même de prémisse, ni même
                d’inspiration) dans la réflexion de Marx (situation semblable au début
                du <ref target="#ADchap13">chapitre 13</ref>) ; l’accusation de Dühring
                est donc gratuite.</p>
                <p rend="alinea">Marx observe seulement que la loi « se confirme » dans
                ce cas. (Littéralement, « se confirme la validité de la loi découverte
                par Hegel », dans le <ref target="#Capital-Ichap9">texte allemand</ref>.
                Engels renvoie à l’édition de 1872,
                mais cette assertion est présente déjà dans les mêmes termes en 1867.)
                Marx semble penser que, comme elle se vérifie aussi dans les sciences de
                la nature (<ref target="#LaurentGerhardt">il parle de la chimie en note
                du <title>Capital</title></ref> et <ref target="#Marxlettre1867-06-22Engels">dans une lettre à Engels</ref>), Hegel
                aurait raison d’en affirmer l’exactitude universelle, la « légalité ».
                Marx ne prétend cependant pas que cet exemple à lui seul prouve la loi de
                Hegel. Engels, qui vient de souligner « confirme », paraphrase Marx comme
                suit :</p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">Marx dit : […] ce fait est une <emph>preuve de
                    l’exactitude</emph> de la loi de Hegel.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">Engels glisse d’une confirmation à « une preuve ». C’est l’éternel
                problème de l’induction. Une confirmation peut être considérée comme un élément
                probant. Ce n’est pas une preuve. Mais peut être Engels a-t-il écrit « <emph>une</emph>
                preuve » avec l’article indéfini en pensant élément probant.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADphaseH2O">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> La quantité se transforme en qualité : glace, eau, vapeur ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>❦ loi du passage de la quantité à la qualité
                  <index><term>passage de la quantité à la qualité, loi</term></index>
                  <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité</term></index>
                  <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —</term></index>
                  <index><term>eau, quantité se transforme en qualité</term></index>❦ eau
                  <index><term>glace, quantité se transforme en qualité</term></index>❦ glace
                  <index><term>vapeur, quantité se transforme en qualité</term></index>❦ vapeur
                  <index><term>changement de phase, quantité se transforme en qualité</term></index>❦ changement de phase
                  <index><term>phase, changement, quantité se transforme en qualité</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">Engels cite alors l’exemple des changements de phase de l’eau, dont
                il a déjà parlé dans un autre chapitre (il faudrait tout relire) et il se réjouit de ce
                que Dühring y reconnaisse un saut qualitatif.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADquantqual100">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> La quantité se transforme en qualité : « des centaines de faits pareils »
                (induction abusive) ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>❦ loi du passage de la quantité à la qualité
                  <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité</term></index>❦ quantité, loi du passage de la — à la qualité
                  <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —</term></index>❦ qualité, loi du passage de la quantité à la —
                  <index><term>loi de la dialectique, induction</term></index>❦ loi de la dialectique, induction
                  <index><term>loi de la dialectique, légalité des —</term></index>❦ loi de la dialectique, légalité des —
                  <index><term>qualité, définition</term></index>❦ qualité, définition
                  <index><term>dialectique, comme méthode</term></index>❦ dialectique, comme méthode
                  <index><term>Aristote</term></index>❦ Aristote
                  <index><term>Mao Zedong</term></index>❦ Mao Zedong
                </p>
                <p rend="alinea">Il se fait fort de pouvoir citer « dans la nature comme dans la
                société humaine des centaines de faits pareils pour prouver cette loi », et renvoie
                entre autres à la quatrième section du <title>Capital</title> (où il faudrait
                aller voir).</p>
                <p rend="alinea">Il ne précise pas plus sa centaine de faits et on peut se demander ce
                que ça prouverait. Je ne vois pas comment des centaines de situations hétéroclites que
                l’on peut décrire comme saut qualitatif prouveraient l’existence d’une loi selon
                laquelle il en serait toujours ainsi, puisqu’il pourrait toujours y avoir des milliers
                de situations où il n’en est rien. Une « loi » qui dirait « <emph>parfois</emph> la
                quantité se change en qualité » ne serait pas une loi, pas plus que l’affirmation
                (vraie) qu’ « il y a des jours où il pleut et d’autres où il ne pleut pas ».</p>
                <p rend="alinea">Pour que la « loi de la transformation de quantité en qualité » soit
                une loi, il faudrait aussi définir ce qu’on veut dire par « qualité » dans cette loi.
                Si, comme on le prétend, cette loi est absolument générale, il faudrait une définition
                « absolument générale » de « qualité » ce qui parait beaucoup demander. Il est
                difficile de comparer utilement la qualité solide, liquide ou gazeuse de l’eau et la
                qualité de capital d’une somme d’argent.</p>
                <p rend="alinea">Je me demande dans quelle mesure ce couple quantité, qualité
                n’est pas un héritage du couple aristotélicien matière, forme.</p>
                <p rend="alinea">Ce qui serait intéressant, c’est de montrer qu’il y a des situations
                où on risque une erreur de jugement en perdant de vue la possibilité d’un « saut
                qualitatif ». Il faudrait faire des recherches dans ce sens dans la littérature marxiste
                (chez Mao Zedong ?) et dans l’histoire.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADLaurentGerhardt">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> La quantité se transforme en qualité : dans la théorie moléculaire ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>❦ loi du passage de la quantité à la qualité
                  <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité</term></index>❦ quantité, loi du passage de la — à la qualité
                  <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —</term></index>❦ qualité, loi du passage de la quantité à la —
                  <index><term>molécule</term></index>❦ molécule
                  <index><term>chimie</term></index>❦ chimie
                  <index><term>Laurent</term></index>❦ Laurent
                  <index><term>Gerhardt</term></index>❦ Gerhardt
                  <index><term>traduction, remarque</term></index>❦ traduction, remarque.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Engels <ref target="#LaurentGerhardt">cite Marx</ref> :
                  « La théorie moléculaire appliquée dans la chimie moderne,
                  et d’abord scientifiquement développée par Laurent et Gerhardt,
                  ne repose sur aucune autre loi. »
                  Malgré ce que Marx en écrit et tout le respect que j’ai pour lui,
                  j’espère pour la chimie que la théorie moléculaire a des bases plus solides que les généralités de Hegel.
                  Aurait-il été entraîné par sa plume ?
                  Lui qui dans sa <ref target="#Otech-zapiski">lettre à l’éditeur des Отечественные записки</ref>
                  affirme qu’on ne peut remplacer la recherche scientifique par des passe-partout philosophiques,
                  peut-il sérieusement penser que la chimie reposerait sur une loi de Hegel ?
                 <!--  En outre la traduction proposée dans cette édition de
                  l’<title>Anti-Dühring</title> n’est pas exactement celle du
                  <title>Capital</title> ; il faudrait retourner à l’allemand. -->
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’exemple est développé par Engels en pure perte
                  parce qu’il s’agit d’une différence qualitative dès le départ,
                  qui ne résulte pas de l’accumulation de changements quantitatifs.
                  Des corps chimiques sont différents parce
                  qu’il sont constitués d’un arrangement (qualitativement) différent d’atomes,
                  même si c’est à partir de quantités différentes des mêmes atomes.
                  Il n’est pas question ici d’évolution ou de changement quantitatif puis qualitatif
                  d’une seule et même chose, il y a comparaison de choses différentes.
                  Je développe cela <ref target="#DMdial-revue-quant-diff">dans mon essai sur la dialectique</ref>.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="ADMameluks">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> La quantité se transforme en qualité : la supériorité des Français sur les Mameluks ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>loi du passage de la quantité à la qualité</term></index>❦ loi du passage de la quantité à la qualité
                  <index><term>quantité, loi du passage de la — à la qualité</term></index>❦ quantité, loi du passage de la — à la qualité
                  <index><term>qualité, loi du passage de la quantité à la —</term></index>❦ qualité, loi du passage de la quantité à la —
                  <index><term>Mameluks</term></index>❦ Mameluks.
                </p>
                <p rend="alinea">L’exemple des Mameluks de Napoléon est aussi dépourvu
                d’intérêt.</p>
              </div>
            </div> <!-- fin ADchap12 -->

            <div xml:id="ADchap13" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 13. Dialectique : négation de la négation</head>
              <bibl>P. 161 et suivantes</bibl>

              <div xml:id="ADexpropriation">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Négation de la négation : l’expropriation des expropriateurs ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>négation de la négation</term></index>❦ négation de la négation
                  <index><term>expropriation des expropriateurs</term></index>❦ expropriation des expropriateurs
                  <index><term>loi de la dialectique, une — ne prouve rien</term></index>❦ loi de la dialectique, une — ne prouve rien
                  <index><term>dialectique, ne prouve rien</term></index>
                  <index><term>loi de la dialectique, constatation</term></index>❦ loi de la dialectique, constatation
                  <index><term>histoire, science de l’—</term></index>❦ histoire, science de l’—
                  <index><term>histoire, on ne fait pas de l’— avec une théorie philosophique</term></index>❦ histoire, on ne fait pas de l’— avec une théorie philosophique.
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 161, ½</note>Dühring accuse Marx
                de fonder l’<ref target="#l1t3p203">expropriation des expropriateurs</ref>
                sur des « fariboles hégéliennes ». « Quel rôle joue chez Marx la négation
                de la négation ? », demande Engels p. 204. Aucune. Chez Marx, l’expropriation
                des expropriateurs est le résultat d’une « étude qui occupe les cinquante
                pages précédentes » du <title>Capital</title>.</p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 165, ⅕</note>Marx démontre
                    simplement par l’histoire, et ici résume brièvement
                    les faits que voici : de même qu’autrefois la petite entreprise par son évolution a
                    nécessairement engendré les conditions de son anéantissement, c’est-à-dire de
                    l’expropriation des petits propriétaires, de même aujourd’hui le mode de production
                    capitaliste a engendré également lui-même les conditions matérielles qui le feront
                    nécessairement périr. Le processus est un processus historique, et s’il est en même
                    temps dialectique, ce n’est pas la faute de Marx […]</p>
                  </quote>
                </cit>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">p. 165, ½</note>Donc, en
                    caractérisant le processus comme négation de la négation, Marx ne pense
                    pas à en démontrer par là la nécessité historique. Au contraire : c’est
                    après avoir démontré par l’histoire comment, en fait, le processus en partie s’est
                    réalisé, en partie doit forcément se réaliser encore, que Marx le désigne, en outre,
                    comme un processus qui s’accomplit selon une loi dialectique déterminée. C’est
                    tout.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">Bref, pour Engels, comme pour <ref target="../../philo/people/DialecOllman.html">Ollman</ref>, la loi de la quantité
                et de la qualité (<ref target="#seuilCapitalDuh">au chapitre 12</ref>) et
                la loi de la négation de la négation ne prouvent rien, ne servent à rien,
                sinon à faire un commentaire a posteriori.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADcalculinfin">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Dialectique dans les grandeurs variables ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>dialectique</term></index>❦ dialectique
                  <index><term>variable, en mathématiques</term></index>❦ variable, en mathématiques
                  <index><term>constante, en mathématiques</term></index>❦ constante, en mathématiques
                  <index><term>mathématiques inférieures</term></index>❦ mathématiques inférieures
                  <index><term>mathématiques supérieures</term></index>❦ mathématiques supérieures
                  <index><term>calcul différentiel</term></index>❦ calcul différentiel
                  <index><term>logique formelle</term></index>❦ logique formelle.
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 166</note>Pour Engels, le calcul infinitésimal est essentiellement
                l’application de la dialectique. Il distingue la mathématique élémentaire, celle des
                grandeurs constantes, basée sur la logique formelle et, par là limitée, selon lui ; de
                la mathématique supérieure, celle des grandeurs variables et du calcul différentiel,
                qui serait dialectique. Selon lui, les preuves de la mathématique supérieure sont
                fausses en mathématique élémentaire parce qu’on ne peut les établir en
                logique formelle, mais seulement « sur le plan de la dialectique ». Cela
                appelle deux observations : (i) Engels ne sait pas de quoi il parle
                quand il parle de mathématiques et de logique, toute sa
                « mathématique supérieure » est bien sûr basée sur la logique formelle tout autant et
                bien plus encore que l’ « élémentaire » ; (ii) immédiatement après avoir admis que la
                dialectique ne prouve rien, il retombe dans l’illusion que la dialectique pourrait
                fonder quelque chose (par exemple le calcul différentiel) au lieu d’être simplement une
                source d’inspiration ou une méthode. Parce qu’il voit quelque chose de dialectique dans
                le calcul différentiel, il croit pouvoir dire que le calcul différentiel <emph>vient de</emph> la
                dialectique.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADgraine">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Négation de la négation : le grain d’orge et la plante ; le tubercule
                et la fleur ; l’œuf et l’insecte ; la géologie ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>négation de la négation</term></index>❦ négation de la négation
                  <index><term>grain, le — et la plante, négation de la négation</term></index>❦ le grain et la plante, négation de la négation
                  <index><term>plante, le grain et la —, négation de la négation</term></index>
                  <index><term>Lamarck</term></index>❦ Lamarck
                  <index><term>Mitchourine</term></index>❦ Mitchourine
                  <index><term>œuf</term></index>❦ œuf
                  <index><term>insecte</term></index>❦ insecte
                  <index><term>géologie</term></index>❦ géologie.
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 166, ⅘,
                et 167</note>Après ces considérations générales sur la dialectique, il revient à
                la négation de la négation avec l’exemple sans intérêt parce que trivial de la graine
                et de la plante. <note place="margin">p. 167, ½</note> Il montre que dans le végétal et
                dans l’animal, « la négation de la négation <emph>se présente réellement</emph> ». Mais
                pour moi, ce qui « se présente réellement » ce sont différents phénomènes naturels
                biologiques spécifiques. On peut <emph>commenter</emph> ces phénomènes en termes de
                « négation de la négation », mais il faut se demander si une telle généralité apporte
                quelque chose, dans ces exemples-ci comme dans les suivants.</p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 167, ⅕</note>Au passage, il
                semble attribuer à « l’art de
                l’horticulteur » des vertus lamarckiennes, plutôt même mitchouriniennes
                avant la lettre.</p>
              </div>
              <div xml:id="ADcarre-a">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Négation de la négation : le carré de − a ; la différentiation et l’intégration ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>négation de la négation</term></index>❦ négation de la négation
                  <index><term>contradiction</term></index>❦ contradiction
                  <index><term>carré, en mathématiques</term></index>❦ carré, en mathématiques
                  <index><term>mathématiques supérieures</term></index>❦ mathématiques supérieures
                  <index><term>calcul différentiel</term></index>❦ calcul différentiel
                  <index><term>infiniment petit</term></index>❦ infiniment petit
                  <index><term>mathématiques inférieures</term></index>❦ mathématiques inférieures
                  <index><term>métaphysique</term></index>❦ métaphysique.
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 167, bas, et 168</note>Les
                illustrations mathématiques suivantes sont de nouveau très
                mauvaises. Il manipule d’abord l’arithmétique pour lui faire dire ce qu’il veut. Il
                consacre tout le reste de la page 168 à des considérations très poétiques mais
                totalement non scientifiques sur le calcul différentiel et intégral.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADprivepublic">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Négation de la négation : propriété privée et propriété publique ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>négation de la négation</term></index>❦ négation de la négation
                  <index><term>contradiction entre forces productives et rapports de production</term></index>❦ contradiction entre forces productives et rapports de production
                  <index><term>propriété privée</term></index>❦ propriété privée
                  <index><term>propriété publique</term></index>❦ propriété publique
                  <index><term>socialisme</term></index>❦ socialisme
                  <index><term>communisme</term></index>❦ communisme
                  <index><term>socialisme, libération des entraves au progrès technique</term></index>❦ socialisme, libération des entraves au progrès technique
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">p. 168, bas, et 169</note>En histoire,
                il reprend à peu près la même discussion qu’avec l’expropriation.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADnegfinphilo">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Négation de la négation : la fin de la philosophie ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">
                  <index><term>négation de la négation</term></index>❦ négation de la négation
                  <index><term>fin de la philosophie</term></index> <index><term>philosophie, fin de la —</term></index>
                  <index><term>science, comme remplacement de la philosophie</term></index>❦ science, comme remplacement de la philosophie
                  <index><term>matérialisme primitif</term></index>❦ matérialisme primitif
                  <index><term>idéalisme</term></index>❦ idéalisme
                  <index><term>monothéisme</term></index>❦ monothéisme
                  <index><term>matérialisme dialectique</term></index>❦ matérialisme dialectique
                  <index><term>évolution</term></index>❦ évolution
                </p>
                <p rend="alinea">Le matérialisme primitif est nié par le monothéisme et
                l’idéalisme. Celui-ci est nié à son tour par le matérialisme dialectique.
                Mais ce n’est pas un simple retour en arrière.</p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 169, ½</note>Le matérialisme antique fut donc nié par
                    l’idéalisme. Mais dans le développement ultérieur de la philosophie,
                    l’idéalisme à son tour devint insoutenable et fut nié par le
                    matérialisme moderne. Celui-ci, négation de la négation, n’est pas
                    la simple réinstallation de l’ancien matérialisme, mais ajoute aux
                    fondements persistants de celui-ci tout le contenu de pensée d’une
                    évolution deux fois millénaire de la philosophie et des sciences de
                    la nature, ainsi que de ces deux millénaires d’histoire eux-mêmes.
                    Après tout ce n’est plus une philosophie, mais une simple vue du
                    monde qui n’a pas à faire ses preuves et à se mettre en œuvre dans
                    une science des sciences à part, mais dans les sciences réelles.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">On trouve ici une concentration de plusieurs erreurs : (i) que le
                matérialisme moderne contient tout le savoir de l’humanité ; (ii) que la philosophie
                pourrait se réduire à une science des sciences ; (iii) que même ça n’est plus
                nécessaire, la philosophie disparaît, ce sont les sciences de la nature elles-mêmes qui
                prennent le relais.</p>
                <p rend="alinea">Les conséquences de ces erreurs peuvent être catastrophiques.
                Qu’est-ce que c’est ce « matérialisme moderne » qui contient tout le savoir de vingt
                siècles ? Si on pense que le « matérialisme moderne » ce sont les écrits de Marx et
                Engels, on en arriverait à penser que quand on a lu Marx et Engels, on connaît tout. De
                toute manière, les sciences ne peuvent remplacer la philosophie et la philosophie n’est
                pas une science. Ce n’est pas parce qu’on est matérialiste qu’on peut réduire la
                philosophie aux sciences. Même si elle est encouragée par le développement des
                sciences, la position matérialiste est une conviction et une prise de parti qui est
                philosophique et pas scientifique, qui se trouve logiquement en dehors de la science
                puisqu’elle est à la base de l’affirmation de la possibilité même de la science. Porter
                un jugement sur la matérialité du monde et sur la possibilité de le connaître, c’est du
                domaine de la philosophie.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADegalRousseau">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Négation de la négation : théorie de l’égalité de Rousseau ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>négation de la négation</term></index>
                  <index><term>Rousseau</term></index>
                  <index><term>égalité</term></index>
                  <index><term>inégalité</term></index>
                  <index><term>individu</term></index>
                  <index><term>civilisation</term></index>
                  <index><term>despotisme</term></index>
                  <index><term>contrat social</term></index>
                  <index><term>dialectique</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea"><note place="margin">p. 169, bas, et
                170-171</note>Rousseau faisait de la dialectique sans le savoir.</p>
              </div>

              <div xml:id="ADnegpartic">
                <head>[<seg rend="invisible">Anti-Dühring,</seg> Négation de la négation, en quoi elle fait abstraction de toute science spéciale ] (D. M.)</head>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>spécificité et généralité de la négation de la négation</term></index>
                  <index><term>généralité et spécificité de la négation de la négation</term></index>
                  <index><term>négation de la négation, spécificité et généralité</term></index>
                  <index><term>loi scientifique et loi « générale »</term></index>
                  <index><term>dialectique, ce qu’elle n’est pas</term></index>
                  <index><term>dialectique, ne prouve rien</term></index>
                  <index><term>dialectique, comme lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>
                  <index><term>négation de la négation, comme loi générale du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>
                  <index><term>négation de la négation, fait abstraction de toute science spéciale</term></index>
                  <index><term>loi générale du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Was ist also die Negation der Negation? Ein äußerst allgemeines
                        und eben deswegen äußerst weitwirkendes und wichtiges Entwicklungsgesetz der Natur,
                        der Geschichte und des Denkens; ein Gesetz, das, wie wir gesehn, in der Tier- und Pflanzenwelt,
                        in der Geologie, in der Mathematik, in der Geschichte, in der Philosophie zur Geltung kommt […].
                        Es versteht sich von selbst, daß ich über den besondern Entwicklungsprozeß, den z.B. das Gerstenkorn
                        von der Keimung bis zum Absterben der fruchttragenden Pflanze durchmacht, gar nichts sage,
                        wenn ich sage, es ist Negation der Negation. Denn da die Integralrechnung ebenfalls Negation
                        der Negation ist, würde ich mit der entgegengesetzten Behauptung nur den Unsinn behaupten,
                        der Lebensprozeß eines Gerstenhalms sei Integralrechnung oder meinetwegen auch Sozialismus.
                        Das ist es aber, was die Metaphysiker der Dialektik fortwährend in die Schuhe schieben.
                        Wenn ich von all diesen Prozessen sage, sie sind Negation der Negation, so fasse ich sie allesamt
                        unter dies eine Bewegungsgesetz zusammen, und lasse ebendeswegen die Besonderheiten jedes
                        einzelnen Spezialprozesses unbeachtet. Die Dialektik ist aber weiter nichts als die <pb n="132"/>Wissenschaft von den allgemeinen Bewegungs- und Entwicklungsgesetzen der Natur,
                        der Menschengesellschaft und des Denkens.</p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit>
                      <quote xml:id="ADp171deuxtiers">
                        <p rend="alinea"><pb xml:id="AD171deux3" n="171 ⅔"/>Qu’est-ce donc
                        que la négation de la négation ? Une loi de développement de la nature, de l’histoire
                        et de la pensée extrêmement générale et, précisément pour cela,
                        revêtue d’une portée et d’une signification extrêmes ; loi qui, nous l’avons vu,
                        est valable pour le règne animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques,
                        l’histoire, la philosophie […] Il va de soi que je ne dis rien du tout
                        du processus de développement <emph>particulier</emph> suivi, par exemple,
                        par le grain d’orge, depuis la génération jusqu’au dépérissement de la plante qui
                        porte fruit, quand je dis qu’il est négation de la négation.
                        En effet, comme le calcul différentiel est également négation de la négation,
                        je ne ferais, en renversant la proposition, qu’affirmer ce non-sens
                        que le processus biologique d’un brin d’orge est du calcul différentiel ou même,
                        ma foi, du socialisme. Voilà pourtant ce que les métaphysiciens mettent continuellement
                        sur le dos de la dialectique. Si je dis de tous ces processus qu’ils <pb xml:id="AD172haut" n="172"/>sont négation de la négation, je les comprends tous ensemble
                        sous cette loi unique du mouvement et, de ce fait, je ne tiens précisément pas compte
                        des particularités de chaque processus spécial pris à part. En fait la dialectique
                        n’est pas autre chose que la science des lois générales du mouvement et du développement
                        de la nature, de la société humaine et de la pensée.</p>
                      </quote>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 25%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Wat is dus de negatie van de negatie? Een uiterst algemene en juist daarom
                        uiterst vérstrekkende, belangrijke ontwikkelingswet van de natuur, van de geschiedenis
                        en van het denken. Een wet die zich zoals wij gezien hebben, in de dieren- en plantenwereld,
                        in de geologie, in de wiskunde, in de geschiedenis, in de filosofie doet gelden […].
                        Het spreekt vanzelf dat ik over het speciale ontwikkelingsproces, dat de gerstekorrel bv.
                        van het ontkiemen tot het afsterven van de vruchtdragende plant doormaakt, in het geheel niets zeg,
                        wanneer ik zeg dat het negatie van de negatie is. Want aangezien de integraalrekening ook negatie
                        van de negatie is, zou ik met de tegenovergestelde bewering slechts de onzin beweren
                        dat het levensproces van de gerstehalm integraalrekening of voor mijn part zelfs socialisme zou zijn.
                        Dit is echter wat de metafysici de dialectiek voortdurend in de schoenen schuiven.
                        Wanneer ik van al deze processen zeg dat zij negatie van de negatie zijn,
                        dan vat ik ze alle onder deze ene bewegingswet samen en laat daarom juist de bijzonderheden
                        van elk afzonderlijk speciaal proces buiten beschouwing. De dialectiek echter is niets anders
                        dan de wetenschap van de algemene bewegings- en ontwikkelingswetten van de natuur,
                        van de menselijke samenleving en van het denken.</p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">And so, what is the negation of the negation? An extremely general
                        — and for this reason extremely far-reaching and important — law of development
                        of nature, history, and thought; a law which, as we have seen, holds good in the animal
                        and plant kingdoms, in geology, in mathematics, in history and in philosophy […].
                        It is obvious that I do not say anything concerning the particular process of development
                        of, for example, a grain of barley from germination to the death of the fruit-bearing plant,
                        if I say it is a negation of the negation. For, as the integral calculus is also a negation
                        of the negation, if I said anything of the sort I should only be making the nonsensical statement
                        that the life-process of a barley plant was integral calculus or for that matter that it was socialism.
                        That, however, is precisely what the metaphysicians are constantly imputing to dialectics.
                        When I say that all these processes are a negation of the negation, I bring them all together
                        under this one law of motion, and for this very reason I leave out of account the specific
                        peculiarities of each individual process. Dialectics, however, is nothing more than the science
                        of the general laws of motion and development of nature, human society and thought.</p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <p rend="alinea">Il me semble que le fait que cette loi est « extrêmement générale »
                ne lui confère aucunement « une portée et une signification extrêmes », parce qu’elle
                est trop générale pour dire quoi que ce soit de significatif. Engels semble entrevoir
                la difficulté en se défendant de dire rien de « particulier », mais il ne voit pas que,
                du fait précisément de sa généralité extrême, sa loi ne dit <emph>rien du tout</emph>. En
                fait il le voit et le défend même contre Dühring en particulier dans l’affaire de
                l’expropriation des expropriateurs.</p>
                <p rend="alinea">Il est faux que cette loi « nous l’avons vu est valable pour le règne
                animal et végétal, pour la géologie, les mathématiques… » parce que tous les exemples
                cités sont idiots (faux ou triviaux) et que quelques exemples disparates (quand bien
                même ils seraient intéressants) ne fondent pas une induction légitime.</p>
                <p xml:id="reconcile" rend="alinea">Cependant on a peut-être ici la clef de l’articulation
                pour Engels entre science (au sens habituel) et dialectique (éventuellement qualifiée
                de science). Ce sont les sciences spéciales (et pas la dialectique) qui prennent en
                compte dans leurs lois « les particularités de chaque processus spécial pris à part ».
                (On pourrait dire que dans la dernière phrase, en disant « la dialectique n’est pas
                autre chose que… », Engels nous avertit aussi de ce que la dialectique n’est pas.)
                Mais parce que le monde est (pour Engels) dialectique (au sens des « lois » — ce qui
                n’est pas le seul sens qu’Engels donne à « dialectique »), on doit nécessairement retrouver
                toujours — dans les processus naturels spéciaux et dans les lois scientifiques
                particulières — des motifs, des traits généraux récurrents qui sont ceux des lois de la
                dialectique. Les lois des sciences spéciales reflètent les lois de la nature qui
                régissent la manière dont le monde fonctionne (au niveau de la nature, de la société et
                de la pensée). Les lois de la dialectique régissent les traits généraux qu’on devrait
                nécessairement retrouver dans les lois scientifiques spéciales.</p>
                <p rend="alinea">Il reste que ces lois n’en sont pas parce que</p>
                <list type="ordered">
                  <label>(i)</label>
                  <item>elles ne sont pas fondées comme loi, puisque qu’elles sont obtenues par une
                  induction sans valeur (pour des lois) ;</item>
                  <label>(ii)</label>
                  <item>elles sont plusieurs et ce qu’on retrouve c’est tantôt l’une, tantôt
                  l’autre ; aucune ne peut donc être une loi ; il n’y aurait alors qu’une seule loi de
                  la dialectique : qu’en toute chose on doit retrouver certains traits dialectiques
                  (certains de ceux repris dans les différentes « lois ») ; mais une affirmation
                  générale aussi vague ne présente pas un grand caractère de légalité.</item>
                </list>
                <p rend="alinea">On se demande enfin à quoi peuvent servir de telles non-lois et
                pourquoi Engels y est tellement attaché. Il me semble que la réponse est à trouver chez
                Levins et Lewontin qui transforment ces soi-disant lois en <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=550">conseils de prudence dans le travail scientifique</ref> : le monde présente souvent
                divers traits dialectiques ; si on n’y prête pas attention, cela peut mener à des erreurs ;
                il peut au contraire être fécond de les rechercher.</p>
                <p rend="alinea">[Lors de ces lectures fragmentaires sur la dialectique, j’ai fait diverses
                critiques justifiées ou non (surtout sur Engels contre lequel je m’énerve parfois).
                À force, en mettant tout ça ensemble, j’y vois plus clair et j’ai tenté <ref target="#DMdialectique">une synthèse</ref>. Les réflexions que m’inspirent telle ou telle citation
                sont ainsi maintenant parfois dépassées.]</p>
              </div>
            </div> <!-- fin ADchap13 -->

            <div xml:id="ADchap14" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 14. Conclusion</head>
              <bibl>P. 175 et suivantes</bibl>
              <p xml:id="AD14superstition" rend="alinea"><label rend="invisible">Anti-Dühring, première partie, chapitre 14. Conclusion        </label>
                <index><term>croyance superstitieuse, catégories en dehors du monde</term></index>
                <index><term>croyance superstitieuse, dialectique</term></index>
                <index><term>dialectique, croyance superstitieuse</term></index>
                <index><term>dialectique, existence mystérieuse</term></index>
                Engels reproche à Dühring, comme à la logique hégélienne,
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    […] la croyance superstitieuse que ces « figures fondamentales » ou catégories logiques
                    ont quelque part une existence mystérieuse,
                    avant le monde et en dehors du monde auquel elles doivent « s’appliquer ».
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 175 ½.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea"><!--
                J’emprunte à cette formulation d’Engels pour résumer en dix lignes toute <ref target=
                "../philo/dialectique.html">ma dispute</ref> (au sens de Rabelais) sur la dialectique. -->
                C’est à rapprocher de Marx quand il parle du <ref target="#physionomie">noyau mystique</ref>.
              </p>
            </div> <!-- fin ADchap14 -->

          </div> <!-- fin part1 -->

          <div xml:id="ADpart2" type="level2_part">
            <head>
              Deuxième partie. Économie politique
            </head>
            <div xml:id="ADIIchap1" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre premier. Objet et méthode
              </head>
              <bibl>P. 179-189</bibl>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="firstalinea">
                    <pb xml:id="AD182quatre5" n="182⅘"/>[…] les forces massives de production
                    engendrées dans le cadre du mode de production capitaliste et que celui-ci ne
                    peut plus maîtriser, n’attendent que la prise de possession par une société
                    organisée en vue d’une coopération planifiée, pour assurer à tous les membres
                    de la société les moyens d’existence et de libre développement de leurs
                    facultés, et cela dans une mesure toujours croissante.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Sur le plan littéraire, c’est une belle image que ces forces qu’on ne peut plus
                maîtriser (comme la vapeur qui soulève le couvercle) et qui attendent leur
                libération. Je crains que ce ne soit pas tout à fait juste. Des forces qu’on ne
                peut plus maîtriser semblent pleines de vitalité. Dans la crise d’aujourd’hui (la
                crise de 1973, qui, en 2015, fait un peu plus de quarante ans), on a plutôt
                l’impression de forces étouffées par le mode de production. Dans sa volonté
                de combattre Dühring, il part dans de belles envolées qui sont parfois trop belles
                pour être justes. Plus loin :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="firstalinea">
                    <pb xml:id="AD188quatre5" n="188⅘"/>[…] dans toute période de fièvre de la
                    production et dans toute banqueroute consécutive à cette période, prouve
                    qu’elle [la bourgeoisie] est devenue incapable de continuer sur les forces
                    productives qui échappent à sa puissance ; […] En d’autres termes : cela vient
                    du fait que les forces productives engendrées par le mode de production
                    capitaliste moderne, ainsi que le système de répartition des biens <pb n="189"/>qu’il a créé, sont entrés en contradiction flagrante avec ce mode de
                    production lui-même, et cela a un degré tel que devient nécessaire un
                    bouleversement du mode de production […]
                    créé
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="ADIIchap2" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre deuxième. Théorie de la violence
              </head>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="AD1956p193"><label rend="invisible">Anti-Dühring, partie II, Chapitre deuxième. Théorie de la violence</label>
                    <index><term>esclavage, présuppose une différenciation sociale</term></index>
                    Un esclave ne fait pas l’affaire de tout le monde.
                    Pour pouvoir en utiliser un, il faut disposer de deux choses :
                    d’abord des outils et des objets nécessaires au travail de l’esclave
                    et, deuxièmement, des moyens de l’entretenir petitement.
                    Donc, avant que l’esclavage soit possible,
                    il faut déjà qu’un certain niveau dans la production ait été atteint
                    et qu’un certain degré d’inégalité soit intervenu dans la répartition.
                    Et pour que le travail servile devienne le mode de production dominant de toute une société,
                    on a besoin d’un accroissement bien plus considérable encore de la production,
                    du commerce et de l’accumulation de richesse.
                    Dans les antiques communautés naturelles à propriété collective du sol,
                    ou bien l’esclavage ne se présente pas, ou bien il ne joue qu’un rôle très subordonné.
                    De même, dans la Rome primitive, cité paysanne ;
                    par contre, lorsque Rome devint « cité universelle » et que la propriété foncière italique
                    passa de plus en plus aux mains d’une classe peu nombreuse de propriétaires extrêmement riches,
                    la population paysanne fut évincée par une population d’esclaves.
                    Si à l’époque des guerres médiques, le nombre des esclaves
                    s’élevait à Corinthe à 460 000 et à Égine à 470 000,
                    et si leur proportion était de dix par tête d’habitant libre <note xml:id="ADIIchap2not1" n="1" place="bottom">
                      Engels tire ça de W. Wachsmuth :
                      <title>Hellenische Altertumskunde aus dem Gesichtspunkte des Staates</title>,
                      2<hi rend="ordinal">e</hi> partie, 1<hi rend="ordinal">e</hi> section, Halle, 1829, p. 44.
                      Quant au nombre d’esclaves à Corinthe et à Égine
                      à l’époque des guerres médiques (début du 5e siècle),
                      Wachsmuth a pour source Athénée : <title>Banquet des sophistes</title>, livre VI.
                    </note>,
                    il fallait pour cela quelque chose de plus que de la « violence »,
                    à savoir une industrie d’art et un artisanat très développés et un commerce étendu.
                    L’esclavage aux États-Unis d’Amérique reposait beaucoup moins sur la violence
                    que sur l’industrie anglaise du coton ;
                    dans les régions où ne poussait pas de coton ou qui ne pratiquaient pas,
                    comme les États limitrophes, l’élevage des esclaves pour les États cotonniers,
                    il s’est éteint de lui-même, sans qu’on eût à utiliser la violence, simplement parce qu’il ne payait pas.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 193.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Pour pouvoir utiliser un esclave, il y a des conditions minimales, un seuil à atteindre :
                assez de moyens de production et assez pour le nourrir au minimum.
                Le parallèle me frappe et je suis persuadé qu’Engels avait ça en tête en l’écrivant :
                chez Marx, dans le Livre I du <title>Capital</title>, <ref target="#Capital-Ichap9-seuilcap">le seuil pour qu’une richesse puisse fonctionner comme capital</ref>,
                c’est-à-dire pour pouvoir utiliser des prolétaires.
                (Passage de Marx qu’Engels discute d’ailleurs dans la première partie
                <ref target="#seuilCapitalDuh">à propos de quantité et qualité</ref>.)
              </p>
              <p rend="alinea">
                Sur la transition de la féodalité au capitalisme :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    La lutte de la bourgeoisie contre la noblesse féodale est la lutte de la ville contre la campagne,
                    de l’industrie contre la propriété foncière, de l’économie monétaire contre l’économie naturelle,
                    et les armes décisives des bourgeois dans cette lutte furent leurs moyens de puissance économique
                    accrus sans arrêt par le développement de l’industrie, d’abord artisanale,
                    puis progressant jusqu’à la manufacture, et par l’extension du commerce.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 196.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                « La ville contre la campagne » fait penser plus à Henri Pirenne qu’à Marx. Mais bien sûr, la phrase continue.
                Reste que la transition est une question difficile, disputée.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <index><term>État, joue une classe, ou un ordre, contre l’autre</term></index>
                    <index><term>monarchie absolue, entre noblesse et bourgeoisie</term></index>
                    Pendant toute cette lutte, la puissance politique était du côté de la noblesse,
                    à l’exception d’une période où le pouvoir royal utilisa la bourgeoisie contre la noblesse
                    pour tenir un ordre en échec par l’autre.
                    Mais dès l’instant où la bourgeoisie, politiquement encore impuissante,
                    commença, grâce à l’accroissement de sa puissance économique, à devenir dangereuse,
                    la royauté s’allia de nouveau à la noblesse et par là provoqua,
                    en Angleterre d’abord, en France ensuite, la révolution de la bourgeoisie.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 196.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Ce passage, sur une question abordée déjà au <ref target="#ADchap10">chapitre 10 de la première partie</ref>,
                est cité par Christopher Hill dans <ref target="../../biblio/DobbSweezy1977-fr.html">la controverse Dobb-Sweezy, Maspero 1977</ref> p. 173-174, pour préciser
                ce qu’Engels en dit <ref target="#Etatclassdominante">dans l’<title>Origine de la famille…</title></ref>.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="ADIIchap4" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre quatrième. Théorie de la violence <distinct>(fin)</distinct>
              </head>
              <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">

                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="ADpart3" type="level2_part">
            <head>
              Troisième partie. Socialisme
            </head>
            <div xml:id="ADIIIchap1" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre premier. Notions historiques
              </head>
              <bibl>P. 295</bibl>

              <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>Fourier, grand dialectique</term></index>❦ Fourier, grand dialectique
              <index><term>barbarie</term></index>❦ barbarie
              <index><term>civilisation, barbarie voilée</term></index>❦ civilisation, barbarie voilée
              <index><term>pauvreté, naît de l’abondance</term></index>❦ pauvreté, naît de l’abondance
            </p>
              <cit>
                <quote xml:id="AD299troiscinquiemes">
                  <p rend="alinea"><note place="margin">P. 299 ⅗</note>Mais là où il
                  [Fourier] apparait le plus grand, c’est dans sa conception de
                  l’histoire de la société. Il divise toute son évolution passée en
                  quatre phases : sauvagerie, barbarie, patriarcat, civilisation,
                  laquelle coïncide avec ce qu’on appelle maintenant la société
                  bourgeoise, et il démontre</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="firstalinea">que l’ordre civilisé donne à chacun des vices
                      auxquels la barbarie se livre avec simplicité, une forme complexe,
                      ambiguë et hypocrite ;</p>
                    </quote>
                  </cit>
                  <p rend="firstalinea">que la civilisation se meut dans un « cercle
                  vicieux », dans des contradictions qu’elle reproduit sans cesse, sans
                  pouvoir les surmonter, de sorte qu’elle atteint toujours le contraire
                  de ce qu’elle veut obtenir ou prétend vouloir obtenir ; de sorte que,
                  par exemple, « la pauvreté naît en civilisation de l’abondance même ».
                  Fourier, comme on le voit, manie la dialectique avec la même maîtrise
                  que son contemporain Hegel.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">(On retrouve ce passage tel quel dans <title>Socialisme
              utopique et socialisme scientifique</title>, quelques pages avant la fin du
              chapitre I.) Ici, pour Engels, la dialectique c’est la reconnaissance d’une
              dimension historique dans laquelle des choses naissent les unes des autres
              et de la complexité, dans laquelle un aspect peut en cacher un autre.
              (Attention en traversant les voies.) Il présente Fourier comme un grand
              dialecticien, à l’égal de Hegel, sans exiger de lui qu’il applique les
              « lois ».</p>

              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>socialisme, plan sous le —</term></index>
                <index><term>plan, sous le socialisme</term></index>❦ plan, sous le socialisme
              </p>
              <p rend="alinea"><note place="margin">P. 324</note>Engels écrivait (je
              reprends ceci du <title>Manuel…</title>, <ref target="../manuel/chap30sect01.html">section 1 du chapitre 30</ref>)
              que lorsque les moyens de production appartiennent à la société, « une
              production sociale suivant un plan déterminé est désormais possible ».</p>
            </div>

            <div xml:id="ADIIIchap2" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre deuxième. Notions théoriques
              </head>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Mit der Besitzergreifung der Produktionsmittel durch die Gesellschaft ist
                        die Warenproduktion beseitigt und damit die Herrschaft des Produkts über
                        die Produzenten. Die Anarchie innerhalb der gesellschaftlichen Produktion
                        wird ersetzt durch planmäßige bewußte Organisation. Der Kampf ums
                        Einzeldasein hört auf. Damit erst scheidet der Mensch, in gewissem Sinn,
                        endgültig aus dem Tierreich, tritt aus tierischen Daseinsbedingungen in
                        wirklich menschliche.
                        <anchor xml:id="ADIIIchap2-HerrenderNatur"/>
                        Der Umkreis der die Menschen umgebenden
                        Lebensbedingungen, der die Menschen bis jetzt beherrschte, tritt jetzt
                        unter die Herrschaft und Kontrolle der Menschen, die nun zum ersten Male
                        bewußte, wirkliche Herren der Natur, weil und indem sie Herren ihrer eignen
                        Vergesellschaftung werden. Die Gesetze ihres eignen gesellschaftlichen Tuns,
                        die ihnen bisher als fremde, sie beherrschende Naturgesetze gegenüberstanden,
                        werden dann von den Menschen mit voller Sachkenntnis angewandt und damit
                        beherrscht. Die eigne Vergesellschaftung der Menschen, die ihnen bisher als
                        von Natur und Geschichte oktroyiert gegenüberstand, wird jetzt ihre eigne
                        freie Tat. Die objektiven, fremden Mächte, die bisher die Geschichte
                        beherrschten, treten unter die Kontrolle der Menschen selbst. Erst von da
                        an werden die Menschen ihre Geschichte mit vollem Bewußtsein selbst machen,
                        erst von da an werden die von ihnen in Bewegung gesetzten gesellschaftlichen
                        Ursachen vorwiegend und in stets steigendem Maße auch die von innen
                        gewollten Wirkungen haben. Es ist der Sprung der Menschheit aus dem Reiche
                        der Notwendigkeit in das Reich der Freiheit.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <title>MEW</title>, vol. 20, p. 264.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.6%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <index><term>seigneur de la nature, homme</term></index> <index><term>maître de la nature, homme</term></index>
                        <pb xml:id="AD322" n="322"/>Avec la prise de possession des moyens de
                        production par la société, la production marchande est éliminée, et par
                        suite, la domination du produit sur le producteur. L’anarchie à l’intérieur
                        de la production sociale est remplacée par l’organisation planifiée
                        consciente. La lutte pour l’existence individuelle cesse. Par là, pour la
                        première fois, l’homme se sépare, dans un certain sens, définitivement du
                        règne animal, passe de conditions animales d’existence à des conditions
                        réellement humaines. Le cercle des conditions de vie entourant l’homme,
                        qui jusqu’ici dominait l’homme, passe maintenant sous la domination et le
                        contrôle des hommes qui, pour la première fois, deviennent des maîtres
                        réels et conscients de la nature, parce que et en tant que maîtres de leur
                        propre vie en société. Les lois de leur propre pratique sociale qui,
                        jusqu’ici, se dressaient devant eux comme des lois naturelles, étrangères
                        et dominatrices, sont dès lors appliquées par les hommes en pleine
                        connaissance de cause, et par là dominées. La vie en société propre aux
                        hommes qui, jusqu’ici, se dressait devant eux comme octroyée par la nature
                        et l’histoire, devient maintenant leur acte propre et libre. Les puissances
                        étrangères, objectives qui, jusqu’ici, dominaient l’histoire, passent sous
                        le contrôle des hommes eux-mêmes. Ce n’est qu’à partir de ce moment que les
                        hommes feront eux-mêmes leur histoire en pleine conscience; ce n’est qu’à
                        partir de ce moment que les causes sociales mises par eux en mouvement
                        auront aussi d’une façon prépondérante, et dans une mesure toujours
                        croissante, les effets voulus par eux. C’est le bond de l’humanité du règne
                        de la nécessité dans le règne de la liberté.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.7%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Met inbezitneming van de productiemiddelen door de maatschappij is de
                        warenproductie afgeschaft, en daarmee de heerschappij van het product over
                        de producenten. De anarchie in de maatschappelijke productie wordt vervangen
                        door planmatige, bewuste organisatie. De strijd om het individuele bestaan
                        houdt op. De mens verlaat daarmee in zekere zin pas voorgoed het dierenrijk
                        en komt uit dierlijke bestaansvoorwaarden in waarlijk menselijke. Het
                        geheel van de levensvoorwaarden die de mens omgeven en die hem tot dusver
                        beheersten, komt nu onder heerschappij en controle van de mensen die thans
                        voor het eerst bewuste, werkelijke meesters over de natuur zijn, omdat en
                        doordat zij meesters over hun eigen maatschappelijk leven worden. De wetten
                        van hun eigen maatschappelijk handelen, die vroeger tegenover hen stonden
                        als vreemde, hen beheersende natuurwetten, worden dan door de mensen met
                        volledige kennis van zaken toegepast en zodoende beheerst. De eigen
                        vermaatschappelijking van de mensen, die tot dusver als door de natuur en
                        de geschiedenis opgelegd tegenover hen stond, wordt nu hun eigen, vrije
                        daad. De objectieve, vreemde machten die tot dusverre de geschiedenis
                        beheersten, komen onder de controle der mensen zelf. Eerst van dan af
                        zullen de mensen hun geschiedenis in volle bewustheid zelf maken, eerst van
                        dan af zullen de door hen in beweging gebrachte maatschappelijke oorzaken
                        overwegend en in steeds toenemende mate ook de door hen gewilde
                        uitwerkingen hebben. Het is de sprong van de mensheid uit het rijk van de
                        noodzakelijkheid naar het rijk van de vrijheid.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1877/anti-duhring/26.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>, op basis van Uitgeverij Progres, Moskou 1978.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        With the seizing of the means of production by society, production of
                        commodities is done away with, and, simultaneously, the mastery of the
                        product over the producer. Anarchy in social production is replaced by
                        systematic, definite organisation. The struggle for individual existence
                        disappears. Then for the first time man, in a certain sense, is finally
                        marked off from the rest of the animal kingdom, and emerges from mere
                        animal conditions of existence into really human ones. The whole sphere of
                        the conditions of life which environ man, and which have hitherto ruled man,
                        now comes under the dominion and control of man, who for the first time
                        becomes the real, conscious lord of nature, because he has now become
                        master of his own social organisation. The laws of his own social action,
                        hitherto standing face to face with man as laws of nature foreign to, and
                        dominating him, will then be used with full understanding, and so mastered
                        by him. Man’s own social organisation, hitherto confronting him as a
                        necessity imposed by nature and history, now becomes the result of his own
                        free action. The extraneous objective forces that have hitherto governed
                        history pass under the control of man himself. Only from that time will man
                        himself, with full consciousness, make his own history—only from that time
                        will the social causes set in movement by him have, in the main and in a
                        constantly growing measure, the results intended by him. It is the
                        humanity’s leap from the kingdom of necessity to the kingdom of freedom.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>MECW</title>, vol. 25, p. 270.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Il répète encore vers la fin de ce chapitre (p. 334) :
                « Les hommes, enfin maîtres de leur propre mode de vie en société,
                deviennent aussi par là même, maîtres de la nature,
                maîtres d’eux-mêmes, libres. »
              </p>
              <p rend="alinea">
                Tout cela se retrouve textuellement
                <ref target="#utosci-III">vers la fin de <title>Socialisme utopique et socialisme scientifique</title></ref>.
              </p>

            </div>
          </div>

          <div xml:id="ADmanus" type="level2_part">
            <head>Manuscrits pour l’ « Anti-Dühring »</head>
            <div xml:id="ADmanus1" type="level3_chap">
              <head>Travaux préliminaires</head>
              <bibl>P. 367</bibl>
              <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">p. 367</note>Violence</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 368</note>À propos de la « violence »</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 369</note>Dühring. Socialisme. Curiosités</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 370</note>Prusse</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 371</note>Sur ses devanciers en matière
              sociale</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 374</note>Dühringeries. Méthode sur la
              dialectique hégélienne</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 378</note>Dühring. Grandiloquences</p> -->
              <div xml:id="ADmanus1Eco2hommes" type="level4_para">
                <head>Dühring. Économie. Les deux hommes</head>
                <bibl>P. 380</bibl>
                <!-- <p rend="tm3"><note place="margin">P. 381</note>Négation de la négation</p> -->
                <div xml:id="ADmanusnegneg" type="level5_">
                  <head>Négation de la négation</head>
                  <bibl>P. 381, ⅔</bibl>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index><term>négation de la négation</term></index>❦ négation de la négation
                    <index><term>grain, le — et la plante, négation de la négation</term></index>❦ le grain et la plante, négation de la négation
                    <index><term>plante, le grain et la —, négation de la négation</term></index>
                    <index><term>pensée analogique</term></index>❦ pensée analogique
                    <index><term>analogique, pensée</term></index>
                    <index><term>négation de la négation, comme loi de la nature</term></index>❦ négation de la négation, comme loi de la nature
                    <index><term>induction, des lois de la dialectique</term></index>❦ induction, des lois de la dialectique
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><note place="margin">P. 381, ⅔</note><emph>Négation
                      de la négation.</emph> — Quelques exemples pour montrer ce crime
                      effroyable dans toute son horreur : Premièrement. Nous
                      prenons un grain d’orge. Des millions sont mangés ou bus sous
                      forme de bière. Mais si le grain d’orge trouve des conditions
                      normales, dans lesquelles il peut accomplir sa carrière normale,
                      s’il tombe sur un sol favorable, une modification s’opère en lui ;
                      il germe ; le grain en tant que tel disparaît ; il est nié ; la
                      plante née de lui, la négation du grain prend sa place. Mais quelle
                      est la carrière normale de cette plante ? De produire à son tour
                      des grains d’orge, et dès que ceux—ci sont mûrs, la plante meurt,
                      elle <emph>est</emph> niée à son tour. En résultat de cette négation
                      de la négation, nous avons de nouveau le grain d’orge du début, mais
                      en nombre dix, vingt, trente fois plus grand. Les espèces de
                      céréales se modifient avec une extrême lenteur, aussi la qualité des
                      grains reste-t-elle sensiblement semblable pour toute la durée
                      historique. Mais prenons une plante d’ornement plastique, un dahlia
                      par exemple, et traitons la semence selon l’art de l’horticulteur,
                      nous obtiendrons comme résultat de cette « négation de la négation »
                      non seulement plus de semences, mais aussi des semences plus
                      parfaites, qui produisent des fleurs plus belles, et à chaque
                      répétition du processus le perfectionnement s’intensifie. — De même
                      que pour le grain d’orge, ce processus s’accomplit pour de nombreux
                      animaux, surtout des insectes, qui ne s’accouplent qu’une fois et
                      meurent après avoir pondu leurs œufs. Qu’il y ait aussi des plantes
                      et des animaux qui ne meurent pas aussitôt après avoir assuré la
                      procréation, ce fait ne nous importe pas ici et de rechercher
                      pourquoi il en est ainsi nous mènerait trop loin. Il suffit de
                      démontrer que la négation de la négation intervient réellement dans
                      le règne végétal et le règne animal.</p>
                    </quote>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">D’abord on constate dans les chose de la vie un motif
                  récurrent, la négation de la négation. Quand on pense des choses
                  diverses, il peut être intéressant d’y déceler des analogies, un
                  facteur d’unité, en se rattachant à quelque chose dans sa propre
                  culture. (Mais il faut se méfier aussi, comparaison n’est pas raison.
                  Il ne faut pas tomber dans le mode de raisonnement analogique qu’on
                  impute aux enfants et aux primitifs.)
                  Ainsi quelqu’un qui est très fortement baigné de culture hégélienne
                  peut trouver éclairant pour lui de voir apparaître la négation de la
                  négation dans des circonstances diverses et c’est quelque chose qu’il
                  peut partager avec d’autres de la même culture. Pour ceux qui ne
                  baignent pas très profondément dans cette culture, c’est au moins
                  totalement inintéressant, au pire dangereux.</p>
                  <p rend="alinea">Mais même, pour Engels, on le voit ici, c’était très
                  dangereux. À la fin de ce passage, on le voit « réaliser », « réifier »
                  (au sens du réalisme philosophique idéaliste, de l’idéalisme objectif,
                  comme on peut le dire de Platon, comme en discutaient les scolastiques)
                  la négation de la négation, en faire une chose réelle, qui « intervient
                  réellement », dit-il, comme si c’était une force de la nature. En outre,
                  il pense, en une induction illégitime, par ces exemples et par d’autres,
                  l’avoir « démontré ».</p>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index><term>négation de la négation, exemple du carré de − <hi rend="italique">a</hi></term></index>❦ négation de la négation, exemple du carré de − <hi rend="italique">a</hi>
                    <index><term>racine négative, en exemple de négation de la négation</term></index>❦ racine négative, en exemple de négation de la négation
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><note place="margin">À la suite,
                      p. 382, ⅓</note>— Autre exemple : Prenons une grandeur
                      algébrique quelconque <hi rend="italique">a</hi>. Nions-la, nous avons
                      − <hi rend="italique">a</hi>. Nions cette négation en multipliant
                      − <hi rend="italique">a</hi> par − <hi rend="italique">a</hi>, nous
                      avons + <hi rend="italique">a</hi>², — la grandeur positive du début,
                      mais à un degré supérieur, au carré. Là aussi, cela n’a aucune
                      importance que l’on puisse obtenir le même résultat sans ce détour
                      en multipliant + <hi rend="italique">a</hi> par + <hi rend="italique">a</hi>, ce qui donne aussi + <hi rend="italique">a</hi>² ;
                      car la négation est si fermement ancrée dans + <hi rend="italique">a</hi>² que sa racine carrée est non seulement + <hi rend="italique">a</hi>, mais tout aussi nécessairement − <hi rend="italique">a</hi>, ce qui dans les équations du second degré prend un
                      sens pratique sensible [*].</p>
                      <p rend="alinea pluspetit">[*] Ou
                      bien : dans les mathématiques supérieures on différencie,
                      c’est-à-dire on nie la chose avec laquelle on compte, puis on nie
                      cette négation, c’est-à-dire qu’on intègre et l’on obtient alors la
                      solution qu’on ne pouvait pas du tout, ou qu’on pouvait
                      difficilement, obtenir autrement.</p>
                    </quote>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Du point de vue mathématique, comme dans d’autres
                  exemples mathématiques aux chapitres 12 et 13, c’est un blabla idiot.
                  En outre, il veut montrer ici et ailleurs que la négation de la négation
                  est effective, efficace. Mais on voit ici et ailleurs que le seul effet
                  réel de la négation de la négation est de lui faire penser et écrire des
                  bêtises.</p>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index><term>révolution socialiste, comme exemple de négation de la négation</term></index>❦ révolution socialiste, comme exemple de négation de la négation
                    <index><term>négation de la négation, exemple de la révolution socialiste</term></index>
                    <index><term>négation de la négation, niveau supérieur</term></index>❦ négation de la négation, niveau supérieur
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><note place="margin">À la suite, p. 382, au
                      milieu</note>Autre exemple : Tous les peuples indo-européens
                      commencent par la propriété en commun. Chez presque tous, au cours
                      de l’évolution sociale, elle est abolie, niée, évincée par d’autres
                      formes — propriété privée, propriété féodale, etc. Nier cette
                      négation, restaurer la propriété en commun à un niveau supérieur de
                      développement, c’est la tâche… de la révolution sociale.</p>
                    </quote>
                  </cit>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index><term>négation de la négation, exemple du matérialisme et de l’idéalisme</term></index>❦ négation de la négation, exemple du matérialisme et de l’idéalisme
                    <index><term>matérialisme et idéalisme, exemple de négation de la négation</term></index>
                    <index><term>idéalisme, matérialisme et —, exemple de négation de la négation</term></index>
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><note place="margin">À la suite, p. 382, ⅔</note>Ou
                      encore : la philosophie antique était à l’origine un matérialisme
                      naturel. De celui-ci sortit l’idéalisme, le spiritualisme, la
                      négation du matérialisme, d’abord sous la forme de l’opposition de
                      l’âme et du corps, puis dans la doctrine de l’immortalité et dans
                      le monothéisme. Grâce au christianisme, ce spiritualisme s’est
                      universellement répandu. La négation de la négation est… la
                      reproduction de l’ancien au stade supérieur, le matérialisme moderne
                      qui trouve, vis-à-vis du passé, sa conclusion théorique dans le
                      socialisme scientifique.</p>
                    </quote>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Ceci est un exemple non nuisible. Tout historien,
                  toute personne observant l’histoire pourrait faire cette observation.
                  Ce n’est dangereux que dans l’esprit d’Engels quand il pense que c’est
                  la marque et la confirmation d’une loi et dans l’esprit de ceux que
                  cela convainc.</p>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index><term>dialectique, comme lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>❦ dialectique, comme lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><note place="margin">À la suite, p. 382, vers le
                      bas</note>Donc, avant que Dühring chasse la négation de la négation
                      de la dialectique et de la pensée, il sera obligé de la chasser de
                      la nature et de l’histoire et d’inventer des mathématiques où
                      − <hi rend="italique">a</hi> × − <hi rend="italique">a</hi> ne soit pas
                      = + <hi rend="italique">a</hi>² et où l’une des racines carrées de
                      + <hi rend="italique">a</hi>² ne soit pas − <hi rend="italique">a</hi>.</p>
                    </quote>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Ceci est sans doute une des prétentions les plus
                  fortes concernant la dialectique. La négation de la négation n’est pas
                  seulement une manière de voir le monde (on pourrait tolérer qu’elle
                  aide à penser le monde pour ceux à qui ce genre de dialectique dit
                  quelque chose), c’est pour Engels une force, réellement existante, qui
                  fait effectivement que le monde est ce qu’il est, au point que si elle
                  n’existait pas, le monde serait différent et les mathématiques aussi.
                  On ne pourrait penser sans négation de la négation (comme il reproche à
                  Dühring de prétendre pouvoir le faire) qu’un autre monde, où la négation
                  de la négation n’existerait pas. À un monde privé de négation de la
                  négation, il faudrait d’autres mathématiques, où il n’y aurait pas de
                  racine négative.</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><note place="margin">À la suite, p. 382, dernière
                      ligne et p. 383, haut</note>Ces processus naturels et historiques
                      ont naturellement leur réflexion dans le cerveau pensant et s’y
                      reproduisent, comme cela apparaît déjà dans les exemples ci-dessus
                      de − <hi rend="italique">a</hi> × − <hi rend="italique">a</hi>, etc. ;
                      et les problèmes dialectiques les plus élevés ne se résolvent qu’à
                      l’aide de cette méthode.</p>
                    </quote>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Il semble dire que parce que la dialectique est
                  inscrite réellement dans le monde, les problèmes que nous nous posons
                  concernant le monde, ne peuvent être résolus par notre esprit que si
                  celui-ci se conforme à ce monde, en étant lui même dialectique dans sa
                  méthode. Il y a des problèmes plus dialectiques que d’autres.
                  Les plus dialectiques ne peuvent pas être résolus sans cette méthode
                  dialectique. Mais les problèmes du calcul différentiel et intégral, par
                  exemple, ont été résolus par l’ingéniosité mathématique de
                  mathématiciens, mais ni par Hegel, ni par Engels, ni par la
                  dialectique (et on ne dirait rien de significatif sur ces
                  mathématiciens en prétendant qu’ils se seraient montrés dialectiques
                  sans le savoir).</p>
                </div>
                <div xml:id="ADmanusnegnegetcontra" type="level5_">
                  <head>Négation de la négation et contradiction</head>
                  <bibl>P. 385</bibl>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index><term>idéalisme</term></index>❦ idéalisme
                    <index><term>matérialisme</term></index>❦ matérialisme
                    <index><term>matérialité du monde</term></index>❦ matérialité du monde
                    <index><term>géométrie</term></index>❦ géométrie
                    <index><term>axiome</term></index>❦ axiome
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p xml:id="AD387undemi" rend="alinea">Avec la thèse de l’unicité de
                      l’être qui embrasse tout, que le pape et le sheik ul Islam pourraient
                      signer sans compromettre en rien leur infaillibilité et la religion,
                      Dühring ne peut pas plus démontrer la <emph>matérialité</emph>
                      exclusive de tout être qu’il ne peut, en partant de n’importe
                      quel axiome mathématique, construire un triangle ou une sphère ou déduire le théorème
                      de Pythagore. Pour l’une et l’autre chose, il faut des conditions préalables réelles,
                      dont seule l’étude conduit à ces résultats. La certitude qu’en dehors du monde
                      matériel, il n’existe pas encore un monde spirituel à part, est le résultat d’une
                      étude longue et pénible du monde réel, y compris les produits et les procédés du
                      cerveau humain. Les résultats de la géométrie ne sont pas autre chose que les
                      propriétés naturelles des lignes, surfaces et corps différents, ou de leurs
                      combinaisons, qui, pour la plupart, se présentaient déjà dans la nature bien
                      longtemps avant que les hommes ne fussent là (radiolaires, insectes, cristaux,
                      etc.).</p>
                    </quote>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Il a raison d’insister sur la matérialité et de
                  rappeler que le matérialisme se fonde sur le développement des sciences.
                  Il est imprudent quand il ramène la géométrie à la nature. Il néglige
                  la capacité humaine de création théorique et que cette créativité est
                  essentielle dans la science. La science ne peut jamais être réduite à
                  une description de la nature et la mathématique encore moins.</p>
                </div>
                <!-- <p rend="tm3"><note place="margin">p. 381</note>Le socialisme moderne</p>
                <p rend="tm3"><note place="margin">p. 394</note>Dühringeries</p>
                <p rend="tm3"><note place="margin">p. 395</note>Vie</p> -->
              </div>
              <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">p. 398</note>Passages de la <title>Philosophie</title> pour le Socialisme</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 399</note>Passages de la <title>Philosophie</title> à utiliser pour l’Économie</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">p. 400</note>Notes sur le Cours d’économie
              politique et sociale de Dühring</p> -->
            </div>
            <!-- <p rend="tm1"><note place="margin">p. 437</note>Tactique de l’infanterie déduite des
            causes matérielles (1700-1870)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">p. 443</note>Sur la dialectique — Ancienne préface
            à l’Anti-Dühring</p> -->
            <!-- Voir au début du présent fichier inclus (AntiDuhring.xml) l’explication du retrait
             de ce texte <div xml:id="ADmanus4" type="level3_chap">
              <head>Notes à propos de l’Anti-Dühring</head>
              <p>Seulement dans certaines éditions.</p>
              <div xml:id="ADmanus4b" type="level4">
                <head>b) Sur la conception « mécaniste » de la nature</head>
              </div>
            </div> -->
            <!-- <p rend="tm1"><note place="margin">p. 471</note>La décadence de la féodalité et
            l’essor de la bourgeoisie</p> -->
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus AntiDuhring.xml -->
        <div xml:id="annees80" type="level1_dizaine">
          <head>
            Divers, années 80
          </head>
          <p>
            (Né le 5 mai 1818, Marx décède le 14 mars 1883.)
          </p>

          <div xml:id="Marxlettre1881-02-19Danielson" type="level2_document">
            <head>
              Karl Marx à Nikolaï Danielson<seg rend="invisible">, le 19 février 1881</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Karl Marx, lettre à Nikolaï Danielson, le 19 février 1881. MECW 46, p. 60-64.
            </bibl>
            <index><term>manure, artificial and vegetable and animal</term></index>
            <index><term>artificial manure</term></index>
            <index><term>mineral fertilizers</term></index>
            <index><term>fertilizer, mineral</term></index>
            <index><term>nature, empire de l’homme sur la —</term></index>
            <index><term>engrais, apport nécessaire par l’homme</term></index>

            <p rend="alinea">
              En l’absence d’intervention humaine consciente pour apporter
              la quantité nécessaire d’engrais, le rendement de l’agriculture est cyclique. (Dans
              un cycle qui fait penser dans une certaine mesure au cycle de la crise économique.)
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <pb xml:id="MECW46p62" n="62"/>As soon as I shall sail in more quiet waters
                  I shall enter more fully upon your <title>Esquisse</title>.
                  For the present I cannot omit one observation.
                  The soil being exhausted and getting not the elements — by artificial and
                  vegetable and animal manure, etc. — to supply its wants, will with the
                  changing favour of the seasons, of circumstances independent of human
                  influence — still continue to yield harvests of very different amounts,
                  though, summing up a period of years, as f. i. from 1870-80, the stagnant
                  character of the production presents itself in the most striking character.
                  Under such circumstances the favourable climatic conditions pave the way to
                  a <emph>famine year</emph> by quickly consuming and setting free the mineral
                  fertilizers still latent in the soil, while <foreign xml:lang="latin">vice
                  versa</foreign> a <emph>famine year</emph>, and still more a series of bad
                  years following it, allow the soil-inherent minerals to accumulate anew,
                  and to work efficiently with returning favour of the climatic conditions.
                  Such a process goes of course everywhere on but <emph>elsewhere</emph>
                  it is checked by the modifying intervention of the agriculturist himself.
                  It becomes the only <emph>regulating factor</emph> where man has ceased to
                  be a ‘power’ — for want of means.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  So we have <emph>1870</emph> an excellent harvest in your country, but that
                  year is a <emph>climax year</emph>, and as such immediately followed by a very
                  bad one; the year <emph>1871</emph>, the very bad harvest, must be considered
                  as the starting point for a new little cycle, till we come to the new climax
                  year 1874, which is immediately followed by the famine year 1875; then the
                  upwards movement begins again, ending in the still worse famine year
                  1880. The summing up of the years during the whole period proves
                  that the average annual production remained the same and that the
                  mere natural factors have alone produced the changes comparing the
                  single years and the smaller cycles of years.
                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="AFairDaysWages">
            <head>
              Un salaire équitable pour une journée de travail équitable
              <seg rend="invisible">(Engels, mai 1881)</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Friedrich Engels (écrit en anglais les 1<hi rend="ordinal">er</hi> et 2 mai 1881),
              « A Fair Day’s Wages for a Fair Day’s Work », <title>The Labour Standard</title>,
              n<hi rend="ordinal">o</hi> 1, 7 mai 1881 (<ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1881/05/07.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1881/05/07.htm</ref>). Traduit par Engels
              lui-même en allemand en 1884 pour le <title>Zürcher Sozialdemokrat</title>. Repris
              sous Annexe I de Karl Marx, <title>Salaire, prix et profit</title>, Éditions sociales,
              1969, p. 77-80. Cet article ne court pas les rues en français. Comme par ailleurs il
              n’est pas long, j’en donne ici le texte intégral.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Ce fut pendant ces cinquante dernières années la devise
                du mouvement ouvrier anglais. Elle rendit de grands services au moment où,
                la loi honteuse contre le droit de coalition étant abolie, les
                trade-unions prirent leur développement. Elle rendit encore de meilleurs
                services à l’époque du glorieux mouvement chartiste, lorsque les ouvriers
                anglais marchaient à la tête de la classe travailleuse d’Europe. Mais
                l’histoire va de l’avant. Et nombre de choses qui, il y a cinquante ans,
                voire même il y a trente ans, étaient désirables et utiles, ont changé
                maintenant et sont devenues inutilisables. L’ancien et vénérable cri de
                guerre est-il également de celles-ci ?</p>
                <p rend="alinea">Un salaire équitable pour un travail équitable ? Mais
                qu’est-ce qu’un salaire équitable et qu’est-ce qu’un travail équitable ?
                Comment sont-ils conditionnés par les lois suivant lesquelles se
                développe la société ? Pour obtenir une réponse à cette question,
                ce n’est pas à la science de la morale on de l’équité, ni à un sentiment
                quelconque d’ « humanité », de justice ou même de charité que nous devons
                en appeler. Ce qui est moral ou même équitable du point de vue légal est
                encore loin d’être équitable du point de vue social. Ce qui est équitable
                du point de vue social ou ce qui ne l’est pas, seule une science qui s’en
                réfère aux faits matériels de la production, seule la science de
                l’économie politique peut l’établir.</p>
                <p rend="alinea">Qu’est-ce donc, selon l’économie politique, qu’un salaire
                équitable et une journée de travail équitable ? Tout simplement le niveau
                du salaire et la durée de l’intensité du travail d’une journée, tels
                qu’ils sont conditionnés par la concurrence entre l’entrepreneur et
                l’ouvrier sur le marché libre. Et qu’est-ce qui est déterminé de cette
                manière ?</p>
                <p rend="alinea"> Un salaire équitable, dans les circonstances normales
                est la somme dont l’ouvrier a besoin pour se procurer, conformément aux
                conditions de son milieu et de son pays, les moyens qui lui permettent
                de continuer à travailler et de se reproduire. Le salaire réel peut, du
                fait des fluctuations de l’industrie, être tantôt au-dessus, tantôt
                au-dessous de cette moyenne.</p>
                <p rend="alinea">Une journée de travail équitable est la durée et l’effort
                de travail réellement fournis chaque jour par la force de travail tout
                entière de l’ouvrier, sans qu’il devienne incapable de fournir le
                lendemain la même quantité de travail.</p>
                <p rend="alinea">Ce cycle qui se reproduit constamment peut-être décrit
                de la façon suivante : l’ouvrier donne au capitaliste sa pleine force de
                travail, c’est-à-dire autant qu’il peut en fournir pour rester en mesure
                de le faire continuellement. Pour cela il reçoit du capitaliste autant
                de moyens de subsistance — et pas plus — qu’il lui en faut pour pouvoir
                refaire chaque jour la même besogne. Singulière équité !</p>
                <p rend="alinea">Mais regardons la chose de plus près. Puisque selon les
                enseignements de l’économie, le salaire et le travail sont conditionnés
                par la concurrence, l’équité semble exiger que les deux parties soient
                dans des conditions égales et dans la même situation lorsqu’elles
                concluent un contrat de travail. Mais il n’en est pas ainsi. Si le
                capitaliste ne peut pas s’entendre avec l’ouvrier, il peut attendre et
                vivre sur son capital. L’ouvrier ne le peut pas. Il ne peut vivre que de
                son salaire et c’est pourquoi il lui faut accepter du travail dans les
                conditions les plus mauvaises. La faim le talonne avec une violence
                terrible. Et cependant les économistes des classes bourgeoises prétendent
                que c’est là le comble de l’équité.</p>
                <p rend="alinea">Mais cela n’est encore qu’une bagatelle. L’utilisation
                de la force mécanique et des machines dans les nouvelles entreprises
                et l’extension et le perfectionnement des machines dans les anciennes
                entreprises privent continuellement des gens de leur travail, et cela à
                un degré beaucoup plus rapide que celui où l’industrie peut reprendre à
                son service les forces de travail devenues superflues. Ces forces de
                travail en excédent fournissent au capital une armée industrielle de
                réserve. Lorsque la conjoncture du marché est mauvaise, l’ouvrier peut
                crever de faim, mendier, voler ou même aller à la « maison de travail ».
                Si la conjoncture est favorable, il doit travailler pour augmenter la
                production. Et tant que le dernier homme, la dernière femme et le
                dernier enfant de l’armée de réserve n’ont pas trouvé de travail,
                — chose qui déjà à elle seule suppose une époque de surproduction
                déchaînée —, la concurrence comprime les salaires cependant que, dans
                sa lutte contre le travail, la puissance du capital est renforcée par
                l’existence de l’armée de réserve. Dans sa rivalité avec le capital,
                l’ouvrier n’est pas seulement poussé par la faim, il doit encore en
                outre traîner un boulet de canon rivé à son pied. Et c’est cela, selon
                l’économie capitaliste, qui s’appelle équité.</p>
                <p rend="alinea">Recherchons maintenant avec quoi le capital paie ces
                salaires « équitables ». Naturellement, avec du capital. Mais le capital
                ne produit aucune valeur. En dehors de la terre, c’est le travail qui
                est l’unique source de la richesse. Le capital n’est pas autre chose que
                le fruit du travail accumulé. Il s’ensuit que les salaires des ouvriers
                sont payés avec du travail ; l’ouvrier est récompensé avec les fruits
                mêmes de son travail. Selon la conception courante de l’équité, le
                salaire de l’ouvrier devrait se composer de la totalité des fruits de son
                travail. Mais cela ne serait pas équitable selon l’économie politique.
                Au contraire, les fruits du travail de l’ouvrier sont confisqués par le
                capitaliste, et l’ouvrier n’en reçoit que juste les moyens de subsistance
                nécessaires. Et la fin de cette concurrence tout à fait « équitable » est
                que les produits de ceux qui travaillent s’accumulent dans les mains de
                ceux qui ne travaillent pas et y deviennent le moyen le plus puissant de
                charger des chaînes de l’esclavage tous ceux qui ont produit la richesse
                ainsi accumulée : un salaire équitable pour un travail équitable !</p>
                <p rend="alinea">De ce qui précède, il ressort clair comme le jour que
                l’ancienne devise eut en son temps son utilité, mais qu’elle ne peut plus
                rendre aucun service maintenant. Que les ouvriers enterrent donc leur
                ancien cri de guerre et qu’ils le remplacent par un meilleur :
                « Transfert des moyens de production : matières premières fabriques et
                machines, aux mains du peuple travailleur ! »</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="ClassesNecessary" type="level2_document">
            <head>
              Social Classes — Necessary and Superfluous
              <seg rend="invisible">(Marx, août 1881)</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie"><title>The Labour Standard</title>, n<hi rend="ordinal">o</hi> 14, 6 août 1881 (<ptr target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1881/08/06.htm"/>).</bibl>
            <index><term>producteur, une classe de — est indispensable</term></index>
            <index><term>classe de producteurs, en tout temps</term></index>
            <index><term>classe, fin des —</term></index>
            <index><term>social classes, necessary and superfluous</term></index>
            <index><term>superfluous, social classes, necessary and —</term></index>
            <index><term>necessary, social classes, — and superfluous</term></index>

            <cit>
              <quote xml:id="workingclass">
                <p rend="alinea" xml:lang="en">
                  There was undoubtedly a time when a territorial aristocracy was an unavoidable
                  and necessary element of society. That, however, is very, very long ago. Then
                  there was a time when a capitalist middle class, a bourgeoisie as the French call
                  it, arose with equally unavoidable necessity, struggled against the territorial
                  aristocracy, broke its political power, and in its turn became economically and
                  politically predominant. But, since classes arose, there never was a time when
                  society could do without a working class. The name, the social status of that
                  class has changed ; the serf took the place of the slave, to be in his turn
                  relieved by the free working man — free from servitude but also free from any
                  earthly possessions save his own labour force. But it is plain : whatever changes
                  took place in the upper, non-producing ranks of society, society could not live
                  without a class of producers. This class, then, is necessary under all
                  circumstances — though the time must come, when it will no longer be a class,
                  when it will comprise all society.
                </p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1881-08-18Marx" type="level2_document">
            <head>
              Friedrich Engels à Karl Marx<seg rend="invisible">, le 18 août 1881</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">Friedrich Engels, lettre à Karl Marx, Bridlington Quay, le 18 août 1881.
            Marx, Engels, <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>, Éditions
            sociales, Paris, 1973, lettre 95, p. 96-99.</bibl>
            <index><term>mathématiques</term></index>
            <index><term>Marx, mathématiques</term></index>
            <index><term>différentielle</term></index>
            <index><term>science et philosophie</term></index>
            <index><term>Hegel</term></index>
            <index><term>Cauchy</term></index>
            <index><term>Engels, mépris pour les savants</term></index>
            <index><term>Engels, illusions sur Hegel en sciences</term></index>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">[…] Hier, j’ai fini par prendre mon courage à deux mains et
                décidé d’étudier tes manuscrits mathématiques même sans le secours de
                livres ; j’ai été heureux de constater que je n’en avais pas besoin, ce dont
                je te félicite. La chose est tellement lumineuse qu’à la vérité on ne
                s’étonnera jamais assez de l’entêtement des mathématiciens à la mystifier.
                Mais cela provient de la façon de penser entièrement unilatérale de ces
                messieurs. Ils sont absolument incapables de poser résolument et sans détour
                dy/dx = 0/0. Pourtant il est clair que dy/dx ne peut être la pure expression
                d’un processus affectant x et y qu’à partir du moment où a disparu la
                dernière trace des quanta x et y, et où seule demeure l’expression du
                processus de variation dont ils ont été affectés, sans aucune quantité que ce
                soit.</p>
                <p rend="alinea">Tu n’as pas à redouter qu’un mathématicien t’ait précédé sur
                ce terrain. […]</p>
                <p rend="alinea">Le vieil Hegel avait donc deviné tout à fait juste lorsqu’il
                disait que la condition fondamentale de la différentiation était que les deux
                variables, nécessairement, soient à des puissances différentes et que l’une
                soit au moins à la puissance 2 ou 1/2. […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Dans un appendice qu’il consacre aux mathématiques, Jean-Pierre
            Lefebvre, l’éditeur des Marx, Engels, <title>Lettres sur les sciences de la
            nature</title>, explique que Marx a essayé d’arriver à une compréhension
            profonde de la différentiation, mais avec le handicap que l’Angleterre était
            alors en retard sur le continent pour les mathématiques. Il faut rappeler que
            ce n’est qu’avec Cauchy, dans les années 70 qu’on est arrivé à un calcul
            différentiel moderne. Jusque là, il était fondé sur le sable. Marx semble
            donc être à un niveau comparable à celui des professionnels sur ce point
            et il essaie d’apporter ses réponses aux questions que tout le monde se pose.
            Engels qui a une très haute idée des prodiges mathématiques de son ami,
            le place au-dessus des professionnels et éprouve son besoin habituel de
            mépriser ces derniers. S’il s’intéresse à la chose depuis « hier », il
            considère un peu facilement que Marx a résolu tous les problèmes comme celui
            du rapport dy/dx = 0/0. La lettre 104 (21 novembre 1882) d’Engels à Marx
            porte sur les mêmes questions.</p>
            <p rend="alinea">Et puis, de toute manière, n’est-ce pas, le « vieil Hegel »
            savait tout d’avance en matière de sciences et de mathématiques.</p>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1882-11-23Marx" type="level2_document">
            <head>
            Friedrich Engels à Karl Marx, le 23 novembre 1882
            </head>

            <bibl>Friedrich Engels, lettre à Karl Marx, Londres, le 23 novembre 1882.
            Marx, Engels, <title>Lettres sur les sciences de la nature</title>,
            Éditions sociales, Paris, 1973, lettre 106, p. 105-107.</bibl>

            <index><term>électricité</term></index>
            <index><term>Descartes</term></index>
            <index><term>Leibniz</term></index>
            <index><term>vis viva</term></index>
            <index><term>énergie cinétique</term></index>
            <index><term>quantité de mouvement</term></index>
            <index><term>force électromotrice</term></index>
            <index><term>travail, en mécanique</term></index>
            <index><term>Volt</term></index>
            <index><term>Ampère</term></index>
            <index><term>Ohm</term></index>
            <index><term>Watt</term></index>
            <index><term>Siemens</term></index>
            <index><term>puissance électrique</term></index>
            <index><term>résistance électrique</term></index>
            <index><term>intensité électrique</term></index>
            <index><term>loi naturelle universelle du mouvement</term></index>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">[…] L’électricité m’a procuré un petit triomphe. Tu te
                souviens peut-être de mon explication du point litigieux qui opposait
                Descartes et Leibniz à propos de mv et de mv² en tant que mesure de
                mouvement. Elle revenait à ceci que mv est la mesure du mouvement
                mécanique lorsqu’il y a transmission de mouvement mécanique <emph>en tant
                que tel</emph>, et que mv²/2 l’est lorsque la forme du mouvement change,
                après que ce mouvement s’est transformé en chaleur, en électricité, etc.
                Or, aussi longtemps que seuls les physiciens de laboratoire avaient la
                parole, dans le domaine de l’électricité, la mesure reconnue de la force
                électromotrice, considérée comme représentante de l’énergie électrique
                était le Volt (E), produit de la force du courant (Ampère, C) et de la
                résistance (Ohm, R)</p>
                <p rend="centralign">E = C × R</p>
                <p rend="alinea">Et cela est exact aussi longtemps que l’énergie
                électrique ne se mue pas, au cours de sa transmission, en une autre forme
                de mouvement. Or Siemens, dans le discours qu’il a prononcé en tant que
                président de la dernière séance de la British Association, a proposé une
                nouvelle unité de mesure à côté des autres, le Watt (disons W), laquelle
                doit exprimer l’énergie réelle du courant électrique (face donc à
                d’autres formes du mouvement appelées communément énergie), et dont la
                valeur est Volt × Ampère, W = E × C.</p>
                <p rend="centralign">Or W = E × C = C × R × C = C²R</p>
                <p rend="alinea">La résistance représente dans l’électricité la même
                chose que la masse dans le mouvement mécanique. Il apparaît donc que dans
                le mouvement électrique, comme dans le mouvement mécanique, la forme
                phénoménale quantitativement mesurable de ce mouvement — ici la vitesse,
                là la force du courant — agit dans la transmission simple
                <emph>sans</emph> changement de forme, comme un facteur simple à la
                puissance 1 ; et que par contre dans la transmission <emph>avec</emph>
                changement de forme elle agit comme facteur à la puissance 2. C’est donc
                une loi naturelle universelle du mouvement que j’ai été le premier à
                formuler. Mais il faut maintenant en finir rapidement avec la dialectique
                de la nature […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Eh bien, mon vieux, « une loi naturelle universelle du mouvement » et tu as « été
              le premier à la formuler » ? Mazette ! (Ici, c’est moi qui le félicite. Marx le
              félicite dans la lettre suivante, que je ne reprends pas ici.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Engels veut s’en tenir à un concept philosophique, qualitatif et le plus général
              possible de mouvement, à la Hegel. Toutes les fadaises des mathématiciens et des
              physiciens professionnels sur force, énergie, travail, potentiel, courant,
              résistance, énergie cinétique, force vive, quantité de mouvement, en v ou en v²,
              ce ne sont que des manières maladroites et ampoulées de dire le mouvement, ça ne sert
              qu’à obscurcir la question du mouvement. Comme il faut quand même une solution à la
              querelle du v et du v² (à laquelle Engels ajoute la « contradiction » du C et du C²
              qu’il est seul à voir comme telle), il a trouvé : c’est l’un ou l’autre selon que
              c’est avec ou sans changement de forme. Cela montre qu’ « aussi longtemps que seuls
              les physiciens de laboratoire avaient la parole », la science stagne, mais que si on
              applique la pensée analogique des primitifs et des hégéliens, elle progresse à pas de
              géant. (J’ai bien conscience d’être méchant, mais c’est que plus je lis Engels, plus
              j’apprends à l’apprécier et « qui aime bien… ». C’est un peu de sa faute aussi ; il
              peut être très imprudent en écrivant, et ici vraiment il me tendait le bâton pour le
              battre.)
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1884-02-16Kautsky">
            <head>
              Friedrich Engels à Karl Kautsky<seg rend="invisible">, le 16 février 1884</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Friedrich Engels, an Karl Kautsky in Zürich.
              London, 16. Febr. 84
            </bibl>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Über die Urzustände der Gesellschaft existiert ein <emph>entscheidendes</emph> Buch,
                      so entscheidend wie Darwin für die Biologie,
                      es ist natürlich wieder von Marx entdeckt worden:
                      Morgan, „Ancient Society“, 1877. M[arx] sprach davon,
                      aber ich hatte damals andre Sachen im Kopf,
                      und er kam nicht wieder darauf zurück, was ihm gewiß angenehm war,
                      da er selbst das Buch bei den Deutschen einführen wollte,
                      wie ich aus seinen sehr ausführlichen Auszügen sehe.
                      Morgan hat die Marxsche materialistische Geschichtsanschauung
                      in den durch seinen Gegenstand gebotenen Grenzen selbständig neu entdeckt
                      und schließt für die heutige Gesellschaft mit direkt kommunistischen Postulaten ab.
                      Die römische und griechische Gens wird zum ersten Mal
                      aus der der Wilden, namentlich amerikanischen Indianer,
                      vollständig aufgeklärt und damit eine feste Basis für die Urgeschichte gefunden.
                      Hätte ich die Zeit, ich würde den Stoff, mit Marx’ Noten,
                      für’s Feuilleton des „S[ozialdemokrat]“ oder die „Neue Zeit“ bearbeiten,
                      aber daran ist nicht zu denken.
                      All der Schwindel von Tylor, Lubbock und Co. ist definitiv kaputtgemacht,
                      Endogamie, Exogamie und wie all der Blödsinn heißt.
                      Diese Herren unterdrücken das Buch hier, soviel sie können,
                      es ist in Amerika gedruckt, ich hab’s seit 5 Wochen bestellt,
                      kann’s aber nicht bekommen!
                      trotzdem eine Londoner Firma als Mitverleger auf dem Titel steht.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 36, S. 109-110.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      There is a <emph>definitive</emph> book
                      — as definitive as Darwin’s was in the case of biology —
                      on the primitive state of society;
                      once again, of course, Marx was the one to discover it.
                      It is Morgan’s <title>Ancient Society</title>, 1877.
                      Marx mentioned it, but my head was full of other things at the time
                      and he never referred to it again
                      which was, no doubt, agreeable to him,
                      wishing as he did to introduce the book to the Germans himself;
                      I can see this from his very exhaustive extracts.
                      Within the limits set by his subject,
                      Morgan rediscovers for himself Marx’s materialist view of history,
                      and concludes with what are, for modern society, downright communist postulates.
                      The Roman and Greek gens is, for the first time,
                      fully elucidated in the light of that of savages,
                      in particular the American Indians,
                      thus providing a firm basis for the history of primitive times.
                      If I had the time to spare, I would work up the material,
                      together with Marx’s notes,
                      for the feuilleton of the <title>Sozialdemokrat</title>
                      or for the <title>Neue Zeit</title>, but it’s out of the question.
                      All the impostures
                      — endogamy, exogamy and whatever else the balderdash is called —
                      of Tylor, Lubbock and Co. have been demolished once and for all.
                      These gentry are doing all they can to suppress the book in this country;
                      it is printed in America and I ordered it 5 weeks since
                      but cannot get hold of it, although the name of a London firm
                      figures as co-publisher on the title-page!
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 47, page 103.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1884-06-26Kautsky">
            <head>
              Friedrich Engels à Karl Kautsky<seg rend="invisible">, le 26 juin 1884</seg>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Friedrich Engels, an Karl Kautsky in Zürich.
              London, 26. Juni 84
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Engels écrit là pour la première fois <term xml:lang="de">einfache Warenproduktion</term>,
              que l’on ne trouve dans aucun écrit de Marx.
              Engels utilise cette expression dans son supplément au Livre III du <title>Capital</title>.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 32.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      das Römische Recht vollendetes Recht der <term>einfachen Warenproduktion</term>,
                      d.h. also der vorkapitalistischen,
                      die aber auch die Rechtsverhältnisse der kapitalistischen Periode meist einschließt.
                      Also grade, was unsre Städtebürger bei ihrem Aufkommen <emph>brauchten</emph>
                      und im heimischen Gewohnheitsrecht <emph>nicht</emph> fanden.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] Mehr<emph>werth</emph> ist nur Ausnahme
                      bei Produktion durch Sklaven und Hörige;
                      es muß heißen Mehr<emph>produkt</emph>,
                      das meist direkt verzehrt, aber nicht <emph>verwertet</emph> wird.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 36:167.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 35%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      le droit romain est le droit achevé de la <term>production simple de marchandises</term>,
                      c’est-à-dire de la période précapitaliste,
                      qui englobe toutefois aussi la plupart des conditions juridiques de la période capitaliste.
                      C’est-à-dire exactement ce dont nos bourgeois <emph>avaient besoin</emph> à leurs débuts
                      et qu’ils ne trouvaient <emph>pas</emph> dans le droit coutumier local.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] Dans la production par des esclaves et des serviteurs,
                      la plus-<emph>value</emph> n’est qu’une exception ;
                      cela devrait s’appeler sur-<emph>produit</emph>,
                      qui est pour la plus grande part consommé directement, et non <emph>valorisé</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ma traduction (avec l’aide de DeepL).</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Roman Law is the consummation of the law of <term>simple commodity production</term>,
                      i.e. of the precapitalist period,
                      though the latter also embodies much of the legal system of the capitalist period.
                      Exactly, that is, what our burghers <emph>needed</emph> at the time of their rise
                      and, in accordance with local common law, did <emph>not</emph> get.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      […] In the case of production by slaves and serfs,
                      surplus <emph>value</emph> is only the exception.
                      It ought to read surplus <emph>product</emph>,
                      most of which is directly consumed but not <emph>valorised</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 47:155-156. (Je corrige une mauvaise traduction.)</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="UeberdenVerfall" type="div1">
      <!-- début de fichier inclus thisTEIdiv.xml -->
        <head>
          Friedrich Engels, Ueber den Verfall des Feudalismus and das Aufkommen der Bourgeoisie, 1884
        </head>
        <bibl>
          “The Decline of Feudalism and the Rise of the Bourgeoisie”,
          Monthly Review, April 1957, pp. 445-454
          https://marxists.architexturez.net/archive/marx/works/1884/decline/index.htm
        </bibl>
      </div><!-- fin de fichier inclus thisTEIdiv.xml -->

          <div xml:id="EinleitungBorkheim">
            <head>
              Einleitung<seg rend="invisible"> (Engels, 1888)</seg>
              zu Sigismund Borkheims Broschüre „Zur Erinnerung für die deutschen Mordspatrioten. 1806-1807“
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Friedrich Engels, Einleitung [zu Sigismund Borkheims Broschüre
              „Zur Erinnerung für die deutschen Mordspatrioten. 1806-1807“],
              <title>Marx-Engels Werke</title>, Band. 21 (Dietz 1962), 346-351.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Sigismund Borkheims Broschüre „Zur Erinnerung für die deutschen Mordspatrioten.
              1806-1807“ wurde auf Initiative von Engels als XXIV. Veröffentlichung der <title>
              Sozial-demokratischen Bibliothek</title> herausgegeben. Die zweite Hälfte der
              „Einleitung" wurde noch vor dem Erscheinen der Broschüre im <title>Sozialdemokrat
              </title> vom 15. Januar 1888 mit der Überschrift „Was Europa bevorsteht“ abgedruckt.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              Repris dans F. Engels, <title>Der Deutsch-Französische Krieg</title>, Wien, Berlin,
              1931.
            </bibl>
            <index><term>guerre mondiale, Allemagne, Prusse</term></index>
            <index><term>Weltkrieg, Preußen-Deutschland</term></index>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:lang="de">
                  <pb n="350 in fine"/>Und endlich ist kein andrer Krieg für Preußen-Deutschland
                  mehr möglich, als ein Weltkrieg, und zwar ein Weltkrieg von einer bisher nie
                  geahnten Ausdehnung und Heftigkeit. Acht bis zehn Millionen Soldaten werden sich
                  untereinander abwürgen und dabei ganz Europa so kahlfressen, <pb n="351"/>wie
                  noch nie ein Heuschreckenschwarm. Die Verwüstungen des Dreißigjährigen Kriegs
                  zusammengedrängt in drei bis vier Jahre und über den ganzen Kontinent verbreitet;
                  Hungersnot, Seuchen, allgemeine, durch akute Not hervorgerufene Verwilderung der
                  Heere wie der Volksmassen; rettungslose Verwirrung unsres künstlichen Getriebs in
                  Handel, Industrie und Kredit, endend im allgemeinen Bankerott; Zusammenbruch der
                  alten Staaten und ihrer traditionellen Staatsweisheit, derart, daß die Kronen zu
                  Dutzenden über das Straßenpflaster rollen und niemand sich findet, der sie
                  aufhebt; absolute Unmöglichkeit, vorherzusehn, wie das alles enden und wer als
                  Sieger aus dem Kampf hervorgehen wird; nur ein Resultat absolut sicher: die
                  allgemeine Erschöpfung und die Herstellung der Bedingungen des schließlichen
                  Siegs der Arbeiterklasse. — Das ist die Aussicht, wenn das auf die Spitze
                  getriebene System der gegenseitigen Überbietung in Kriegsrüstungen endlich seine
                  unvermeidlichen Früchte trägt. Das ist es, meine Herren Fürsten und Staatsmänner,
                  wohin Sie in Ihrer Weisheit das alte Europa gebracht haben. Und wenn Ihnen nichts
                  andres mehr übrigbleibt, als den letzten großen Kriegstanz zu beginnen —, uns
                  kann es recht sein. Der Krieg mag uns vielleicht momentan in den Hintergrund
                  drängen, mag uns manche schon eroberte Position entreißen. Aber wenn Sie die
                  Mächte entfesselt haben, die Sie dann nicht wieder werden bändigen können, so mag
                  es gehn wie es will: am Schluß der Tragödie sind Sie ruiniert und ist der Sieg
                  des Proletariats entweder schon errungen oder doch unvermeidlich.
                  <lb/>London, 15. Dezember 1887
                  <lb/>Friedrich Engels
                </p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Ce passage sur la guerre mondiale a été cité par Lénine en juin 1918 dans « <ref target="#Len27parolesproph">Paroles prophétiques</ref> » (<title>Œuvres</title>,
              tome 27). Ce texte de Lénine a été plus traduit. Vous y trouverez cet extrait d’Engels
              cité en français et en anglais.
            </p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="utosci" type="level1_livre">
          <head>
            Socialisme utopique et socialisme scientifique (1880)
          </head>

          <bibl rend="publie">
            Première édition française 1880, allemande Zürich 1883 et Berlin 1891, anglaise 1892.
            En français, c’est d’abord trois articles dans <title>La Revue socialiste</title>
            (20 mars, 20 avril et 5 mai 1880), réunis ensuite en brochure, encore en 1880.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Dans Marx-Engels, <title>Œuvres choisies</title> (en deux volumes),
            Éditions du Progrès, Moscou, s. d., d’après l’édition russe de 1955, tome 2, p. 94-164.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Engels, <title>Socialisme utopique et socialisme scientifique</title>
            [Le développement du socialisme de l’utopie à la science],
            Classiques du marxisme, Éditions sociales, Paris, 1969.
            (Précédé de « Friedrich Engels » par Eleanor Marx,
            pour la <title>Sozial-demokratische Monatsschrift</title> en 1890,
            traduit par Laura Lafargue pour <title>Le Devenir social</title> d’août 1985.)
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Édition bilingue allemand-français (anglais-français pour l’introduction),
            Éditions sociales, Paris, 1977
            — c’est de cette dernière que je reprends la pagination.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            <title>Die Entwicklung des Sozialismus von der Utopie zur Wissenschaft</title>
            MEW 19:177-228.<!-- Note 112, p. 564 sur Die Entwicklung
            et note 113 sur la Vorbemerkung de Marx -->
            Introduction anglaise de 1892 en MEW 19:524-544 et, pour des raisons qui m’échappent
            une deuxième fois en MEW 22:287-311.
            L’introduction anglaise, dans MEW 19, c’est le texte
            de l’<ref target="#EngelsNeueZeit1982-1983">article dans <title>Neue Zeit</title></ref>,
            plus traduction des passages omis par la revue (note 295, p. 586),
            mais on refait la même chose en MEW 22 (note 249, p. 608).
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            <title>Socialism: Utopian and Scientific</title>,
            dans <title>The People</title>, New York, 1891.
            Édition qualifiée par Engels de pirate (MECW 24:631, MECW 49:265, MECW 49:607 note 311).
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            <title>Socialism: Utopian and Scientific</title>,
            with a special introduction by the author,
            translated by Edward Aveling (de la quatrième édition allemande de 1891,
            arrivée à Londres en 1892),
            Swan Sonnenschein &amp; Co, Londres,
            Charles Scribner’s Sons, New York, 1892.
            MECW 24:281-325.
            Les éditeurs des <title>MECW</title> ont publié séparément l’importante introduction
            écrite spécialement pour cette édition anglaise :
            MECW 27:278-302.
          </bibl>
          <p rend="alineasep">
            Il s’agit d’extraits par Engels de son <title>Anti-Dühring</title> de 1878.
            L’intention, sans doute concertée entre Marx, Engels et Lafargue,
            serait à la fois de présenter le marxisme en français
            et de donner à Paul Lafargue une certaine autorité dans les milieux socialistes français.
            La brochure est présentée comme traduite par Paul Lafargue, avec un avant-propos signé PL.
            Lafrague connaissait peu l’allemand. On ne sait pas qui a traduit en réalité
            (peut-être Laura), mais la rédaction finale est sans doute de Lafargue.
            L’avant-propos est en fait un texte que Karl Marx a écrit en français pour Paul Lafargue.
            (Lafargue, pour la publication, ajoute une phrase en fin du premier alinéa
            et corrige quelques mots.)
            Des éditions françaises modernes s’écartent de la version Lafargue
            pour donner en français un texte meilleur, plus proche de l’allemand d’Engels,
            dont on dispose à partir des éditions en allemand (à partir de 1892).
            C’est pour l’essentiel du texte extrait de l’<title>Anti-Dühring</title>,
            mais il y a cependant quelques phrases d’Engels nouvelles ou modifiées par rapport à l’<title>Anti-Dühring</title>,
            rédigées par Engels spécialement pour <title>Socialisme utopique et socialisme scientifique</title>.
            L’édition bilingue de 1977 comporte un intéressant « Avertissement » d’Émile Bottigelli.
            Pour l’édition anglaise de 1982, Engels rédige plus qu’une préface, une longue introduction.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Je présente ci-dessous l’essentiel du contenu, au moins sa structure, mais je renonce à le discuter
            (sauf exceptions en particulier, l’introduction de 1892 en anglais),
            puisque c’est plus à sa place dans l’<title>Anti-Dühring</title>, auquel je renvoie donc.
          </p>

          <!-- <div xml:id="utosci-intros" type="level2_sect">
            <head>
              Introductions et préfaces
            </head> -->
          <div xml:id="utosci-Marx-PL">
            <head>Avant-propos de Karl Marx à la première édition en brochure</head>
            <p rend="alinea">
              Marx indique qu’il s’agit d’extraits, traduits en français,
              de l’<title>Anti-Dühring</title> d’Engels.
            </p>
            <p rend="alinea">
              À ce premier alinéa de Marx, Lafargue ajoute une phrase
              indiquant qu’Engels a modifié ou développé certains passages.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Marx rappelle la contribution d’Engels à la théorie du socialisme en 1844
              avec ses <ref target="#EnEsqcritecopol"><title>Aperçus sur une critique de l’économie politique</title></ref>
              dans les <title>Annales franco-allemandes</title>
              et dans <ref target="#SitClassLabAngl"><title>La situation de la classe ouvrière en Angleterre</title></ref> (1845).
              Il rappelle le travail commun pour le <ref target="#manifeste"><title>Manifeste</title></ref>
              et d’autres contributions d’Engels jusqu’à l’<ref target="#AntiDuhring"><title>Anti-Dühring</title></ref>.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="utosci-prefaceDE1882">
            <head>Préface à la première édition allemande</head>
            <p rend="alinea">
              Engels rappelle les conditions d’apparitions de ce texte en français.
              Une traduction en polonais vient de paraître.
              Le parti allemand demande une traduction allemande. (1882.)
          </p>
          </div>

          <div xml:id="utosci-introEN1892">
            <head>Introduction à la première édition anglaise</head>
            <bibl rend="publie">
              Introduction à la première édition anglaise, 1892.
              Édition bilingue de 1977, p.17-77.
            </bibl>

            <label xml:id="utosci-eco" rend="fakehead h1">
              <seg rend="floatright">23</seg>
              Économie [D. M.]
            </label>

            <p rend="alinea">
              « Production marchande » production pour l’échange,
              donc pas comme valeurs d’usage mais comme <emph>marchandises</emph>.
            </p>
            <list rend="horiz"><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item style="width: 51.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Nous désignons par « production marchande » cette phase de l’économie
                      dans laquelle des articles sont produits pas seulement pour l’usage des producteurs,
                      mais en vue de l’échange, c’est-à-dire <emph>comme marchandises</emph>, et non comme valeurs d’usage.
                      Cette phase s’étend depuis les premiers débuts de la production pour l’échange jusqu’à nos jours ;
                      elle n’atteint son plein développement qu’avec la production capitaliste,
                      c’est-à-dire sous les conditions dans lesquelles le capitaliste, le propriétaire des moyens de production,
                      emploie en échange d’un salaire des ouvriers,
                      gens privés de tout moyen de production à l’exception de leur propre force de travail,
                      et empoche l’excédent du prix de vente des produits sur sa dépense.
                      Nous divisons l’histoire de la production industrielle depuis le moyen âge en trois périodes :
                      (1) artisanat, petits maîtres-artisans avec quelques compagnons et apprentis,
                      où chaque ouvrier produit l’article entier ;
                      (2) manufacture, où des ouvriers en plus grand nombre, rassemblés dans un grand établissement,
                      produisent l’article entier selon le principe de la division du travail,
                      chaque ouvrier n’exécutant qu’une opération partielle,
                      de sorte que le produit n’est terminé qu’après avoir passé successivement entre les mains de tous ;
                      (3) industrie moderne, où le produit est produit par de la machinerie actionnée par une source d’énergie,
                      et où le travail de l’ouvrier se borne à surveiller et à corriger
                      les opérations accomplies par l’agent mécanique.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 23. (Je donne une traduction plus littérale.)</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      We call “ production of commodities ” that economic phase where articles are produced
                      not only for the use of the producers, but also for purposes of exchange ;
                      that is, <emph>as commodities</emph>, not as use-values.
                      This phase extends from the first beginnings of production for exchange down to our present time ;
                      it attains its full development under capitalist production only,
                      that is, under conditions where the capitalist, the owner of the means of production,
                      employs, for wages, labourers, people deprived of all means of production except their own labour-power,
                      and pockets the excess of the selling price of the products over his outlay.
                      We divide the history of industrial production since the Middle Ages into three periods:
                      (1) handicraft, small master craftsmen with a few journeymen and apprentices,
                      where each labourer produces the complete article ;
                      (2) manufacture, where greater numbers of workmen, grouped in one large establishment,
                      produce the complete article on the principle of division of labour,
                      each workman performing only one partial operation,
                      so that the product is complete only after having passed successively through the hands of all ;
                      (3) modern industry, where the product is produced by machinery driven by power,
                      and where the work of the labourer is limited to superintending and correcting the performances of the mechanical agent.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Engels 1892:viii-ix.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Depuis des temps immémoriaux, on a échangé et même produit spécialement pour l’échange.
              Cela a eu lieu dans des sociétés très différentes et c’est un peu rapide d’appeler ça « cette phase » au singulier.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Je trouve étonnant de l’auteur de la <title>Situation de la classe laborieuse…</title> qu’il considère
              — mais c’est pas loin de cinquante ans après —
              que dans une usine, les ouvrières et ouvriers n’ont qu’à surveiller les machines.
            </p>


            <label xml:id="utosci-mat" rend="fakehead h1">
              <seg rend="floatright">25</seg>
              Matérialisme [D. M.]
            </label>
            <p rend="alinea">
              Sur le matérialisme (p. 25-31), il cite longuement Marx dans la <title>Sainte Famille</title>
              et <ref target="#stefamille-VI-3d">j’ai repris là</ref> plutôt qu’ici ce passage
              où il parle de la science expérimentale, de la matière et de la pensée.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Locke systématise le sensualisme de Bacon et Hobbes. Ses successeurs abandonnent la
              religion.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le 18<hi rend="ordinal">e</hi> est le siècle des matérialistes français (p. 31).
              Les Anglais retournent à la bigoterie. [D’Angleterre, elle est passé aux États-Unis !]
              Cela s’améliore dans la deuxième moitié du 19<hi rend="ordinal">e</hi>.
            </p>
            <p rend="alinea">
              « En fait, qu’est-ce que l’agnosticisme, sinon un matérialisme “qui n’ose pas dire son nom” ? (p. 33) »
              [Dans <title>Matérialisme et empiriocriticisme</title>,
              Lénine qualifie aussi l’agnosticisme d’idéalisme qui n’ose pas dire son nom.]
              Réalité des seules sensations, agnosticisme envers les objets. « La preuve du pudding, c’est qu’on le mange (p. 35). »
              La pratique est un critère plus fort que l’argumentation. [Caractère de classe de la position matérialiste.]
            </p>
            <p rend="alinea">
              Contre les agnostiques néo-kantiens, Hegel affirme que le progrès des
              sciences permet de connaître la chose en soi. (P. 37.)
            </p>

          <label xml:id="utosci-mathist" rend="fakehead h1">
            <seg rend="floatright">41</seg>
            Matérialisme historique [D. M.]
          </label>
            <p rend="alinea">
              P. <pb n="43"/>Rôle révolutionnaire de la bourgeoisie contre la religion et la
              féodalité. Trois grandes batailles :
            </p>
            <list type="bulleted">
              <item>
                Réforme protestante en Allemagne. Luther échoue mais Calvin est plus radical
                (p. 45). République en Hollande et mouvements républicains en Angleterre et en
                Écosse (p. 47).
              </item>
              <item>
                Révolution anglaise des bourgeois des villes et des paysans propriétaires à la
                campagne. Aboutit à un compromis avec la féodalité (p. 49).
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Le deuxième grand soulèvement de la bourgeoisie trouva dans le calvinisme
                      une doctrine toute prête. Ce soulèvement eut lieu en Angleterre. La
                      bourgeoisie des villes mit le mouvement en train, et la <foreign xml:lang="en">yeomanry</foreign> des campagnes le fit triompher. Il est
                      assez curieux que, dans les trois grandes révolutions de la bourgeoisie,
                      la paysannerie fournisse les armées pour soutenir le combat et qu’elle soit
                      précisément la classe qui, la victoire acquise, doive être le plus sûrement
                      ruinée par ses conséquences économiques. Un siècle après Cromwell, la
                      <foreign xml:lang="en">yeomanry</foreign> avait pratiquement disparu.
                      Cependant sans cette <foreign xml:lang="en">yeomanry</foreign> et sans
                      l’élément plébéien des villes, jamais la bourgeoisie livrée à ses propres
                      forces n’aurait pu continuer la lutte jusqu’au bout et n’aurait pu faire
                      monter Charles I<hi rend="ordinal">er</hi> sur l’échafaud. Pour que la
                      bourgeoisie pût consolider jusqu’à ces conquêtes qui étaient alors à portée
                      de sa main, il fallut que la révolution dépassât de beaucoup le but qui lui
                      était assigné exactement comme en France en 1793 et en Allemagne en 1848.
                      Il semble que ce soit là une des lois de l’évolution de la société
                      bourgeoise.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Quoi qu’il en soit, cet excès d’activité révolutionnaire fut nécessairement
                      suivi en Angleterre par l’inévitable réaction, qui, à son tour, dépassa le
                      point où elle aurait pu s’arrêter. Après une série d’oscillations, le
                      nouveau centre de gravité finit par être atteint et il devint un nouveau
                      point de départ. La grande période de l’histoire anglaise, que la
                      « respectabilité » nomme « la grande rébellion », et les luttes qui
                      suivirent parvinrent à leur achèvement avec cet événement relativement
                      insignifiant de 1689 que les historiens libéraux appellent « la glorieuse
                      révolution ».
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Le nouveau point de départ fut un compromis entre la bourgeoisie montante
                      et les ci-devant propriétaires féodaux. Ces derniers, bien que nommés alors
                      comme aujourd’hui l’aristocratie, étaient depuis longtemps en train de
                      devenir ce que Louis-Philippe ne devint que beaucoup plus tard : « le
                      premier bourgeois du royaume ». Heureusement pour l’Angleterre, les vieux
                      barons féodaux s’étaient entre-tués durant la guerre des Deux-Roses. Leurs
                      successeurs, quoique issus pour la plupart des mêmes vieilles familles,
                      provenaient cependant de branches collatérales si éloignées qu’ils
                      constituèrent un corps tout à fait nouveau    ; leurs habitudes et leurs goûts
                      étaient plus bourgeois que féodaux    ; ils connaissaient parfaitement la
                      valeur de l’argent et ils se mirent immédiatement à augmenter leurs rentes
                      foncières, en expulsant des centaines de petits fermiers qu’ils remplaçaient
                      par des moutons. Henry VIII, en dissipant en donations et prodigalités les
                      terres de l’Église créa une légion de nouveaux propriétaires fonciers
                      bourgeois : les innombrables confiscations de grands domaines puis leur
                      octroi à des demi ou à de parfaits parvenus par le biais de concessions,
                      qui furent renouvelées pendant tout le 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                      aboutirent au même résultat. C’est pourquoi à partir de Henry VII,
                      l’ « aristocratie » anglaise, loin de contrecarrer le développement de la
                      production industrielle, avait au contraire cherché à en bénéficier
                      indirectement    ; et de même il s’était toujours trouvé une fraction de grands
                      propriétaires fonciers disposés, pour des raisons économiques et politiques,
                      à coopérer avec les dirigeants de la bourgeoisie industrielle et financière.
                      Le compromis de 1689 se réalisa donc aisément. Les dépouilles politiques
                      — postes, sinécures, gros traitements, furent abandonnées aux grandes
                      familles de la noblesse terrienne, sans que, pour autant, on négligeât le
                      moins du monde les intérêts économiques de la bourgeoisie commerçante,
                      industrielle et financière. Et ces intérêts économiques étaient déjà à
                      l’époque suffisamment puissants pour déterminer la politique générale de la
                      nation. Il pouvait bien y avoir des querelles sur les questions de détail,
                      mais, dans l’ensemble, l’oligarchie aristocratique ne savait que trop bien
                      que sa prospérité économique était irrévocablement liée à celle de la
                      bourgeoisie industrielle et commerçante.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dès lors la bourgeoisie fut une partie intégrante, modeste certes, mais
                      reconnue comme telle, des classes dirigeantes de l’Angleterre. Avec toutes
                      les autres, elle avait un intérêt commun au maintien de la sujétion de la
                      grande masse ouvrière de la nation. Le marchand ou le manufacturier
                      lui-même occupait la position de maître ou, comme on disait jusqu’à ces
                      derniers temps, de « supérieur naturel » envers ses ouvriers, commis et
                      domestiques. Son intérêt lui commandait de leur soutirer autant de bon
                      travail que possible    ; pour cela il devait les former à la soumission
                      convenable. Il était lui-même religieux, la religion lui avait fourni le
                      drapeau sous lequel il avait combattu le roi et les seigneurs    ; il ne fut
                      pas long à découvrir les avantages que l’on pouvait tirer de cette même
                      religion pour agir sur l’esprit de ses inférieurs naturels et pour les
                      rendre dociles aux ordres des maîtres qu’il avait plu à Dieu de placer
                      au-dessus d’eux. Bref, la bourgeoisie anglaise avait désormais à prendre
                      sa part dans l’oppression des « classes inférieures », de la grande masse
                      productrice de la nation, et un de ses instruments d’oppression fut
                      l’influence de la religion.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                Révolution française (p. 55), après la reprise par les intellectuels
                français du matérialisme anglais (p. 53). Rupture radicale avec le
                féodalisme (p. 55) mais la bourgeoisie anglaise choisit le camp des
                monarchies (p. 57). Cependant l’industrialisation au 19<hi rend="ordinal">e</hi> pousse la bourgeoisie anglaise à redéfinir le partage du
                pouvoir avec l’aristocratie (p. 59).
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Le développement de la classe ouvrière et son organisation accompagnent la
              révolution industrielle (p. 61). La bourgeoisie sent l’importance nouvelle de la
              religion contre ce mouvement (p. 71).
            </p>
          </div>
          <!-- </div> ancien groupe des préfaces -->

          <div xml:id="utosci-I" type="level2_sect">
            <head>
              I
              [Les Lumières et le socialisme utopique]
            </head>
            <p rend="firstalinea">Le socialisme moderne part de la compréhension de la
            lutte de classe et de l’anarchie de la production mais prolonge la philosophie
            les Lumières du 18<hi>e</hi> (p. 82) qui critique radicalement les idées
            traditionnelles et rejette les vieilles formes d’État au nom de la raison
            (p. 83).</p>
            <p rend="alinea">Mais cette raison est l’idéalisation du pouvoir de la
            bourgeoisie qui en s’opposant à l’ancien régime représente aussi l’opposition
            universelle entre exploiteurs et exploités (p. 84). Cependant lorsque le
            maître de corporation devient capitaliste, le compagnon devient prolétaire
            (p. 85) et il y a aussi un courant autonome de lutte (dans la Réforme en
            Allemagne, dans la Révolution anglaise, dans la Révolution française)
            accompagné d’ébauches théoriques : l’<title>Utopie</title> de <ref target="../../philo/people/More.htm">Thomas More</ref> au 16<hi rend="ordinal">e</hi>
            et la <title>Cité du soleil</title> de <ref target="../../philo/people/Campanella.htm">Tommaso Campanella</ref> au 17<hi rend="ordinal">e</hi> (p. 87), un communisme plus élaboré chez Morelly et Mably au
            18<hi rend="ordinal">e</hi>, Saint-Simon, Fourier et Owen au 19<hi rend="ordinal">e</hi>. Comme les philosophes des Lumières, ces utopistes ne parlent
            pas d’un point de vue de classe mais de celui de l’humanité entière — mais
            contrairement à eux, ils critiquent l’ordre bourgeois, la faillite (p. 89) du
            règne bourgeois de la raison. Mais comme eux ils ne se fondent que sur la
            raison (p. 95).</p>
            <p rend="alinea">Dans un capitalisme balbutiant, début 19<hi rend="ordinal">e</hi>, il ne peut y avoir de lutte victorieuse autonome ni
            d’idéologie autonome (p. 93).</p>
            <p rend="alinea">Saint-Simon oppose les oisifs aux « ouvriers » dans lesquels
            il comprend entrepreneurs et banquiers (p. 97) qui devaient exercer un rôle
            dirigeant. Il entrevoit le remplacement de l’État politique par une
            administration des choses (p. 99).</p>
            <p rend="alinea">Fourier critique la faillite des idéaux de la révolution
            bourgeoise (p. 101) — jusque dans l’hypocrisie de sa morale sexuelle.</p>
            <p rend="alinea">Owen, fabricant, gérant de New Lanark, une filature de coton
            en Écosse, réalise une communauté de travail idéale basée sur le respect de la
            dignité de l’ouvrier, l’éducation et la morale (p. 107). Owen réalise que
            l’augmentation de la productivité suppose un accroissement phénoménal du
            surplus ce qui lui fait entrevoir l’exploitation (p. 109). De capitaliste
            philanthrope, il devient communiste (p. 111). Ruiné, il se consacre au
            mouvement ouvrier (p. 113) : 1<hi rend="ordinal">re</hi> loi sur le travail
            des femmes et des enfants, mouvement coopératif.</p>
            <p rend="alinea">« Le socialisme est [pour les utopistes] l’expression de la
            vérité, de la raison et de la justice absolues, et il suffit qu’on le découvre
            pour qu’il conquière le monde par la vertu de sa propre force. »</p>
          </div>

          <div xml:id="utosci-II" type="level2_sect">
            <head>
              II
              [Métaphysique et dialectique]
            </head>
            <p rend="alinea">
              Pour lui, les Grecs, Descartes et Spinoza sont dialectiques
              et le 18<hi rend="ordinal">e</hi> français est métaphysique (p. 117) !
            </p>
            <p rend="alinea">
              D’abord le tableau d’ensemble et les mouvements (p. 119 ¼).
              <ref target="../../philo/people/Heraclite.html">Héraclite</ref> (576 ?
              540 ?-480) : « Παντα ρει (Panta rei). » Il faut ensuite compléter par l’étude
              des détails ce qui suppose de les isoler méthodologiquement. La science
              suppose une accumulation primitive d’observations et ne se développe donc qu’à
              partir de la période alexandrine (de – 323 à 640), puis chez les Arabes, puis
              de plus en plus vite à partir de la moitié du 15<hi rend="ordinal">e</hi>.
              On y perd la vue d’ensemble
              et ce point de vue étroit passera en philosophie avec Bacon (1561-1626) et
              <ref target="../../philo/people/Locke.htm">Locke</ref> (1632-1704) : « le mode
              de pensée métaphysique<note xml:id="utosci-II-not1" n="1" place="bottom">
                En tant que rigide et analytique.
              </note> » (p. 121).
            </p>
            <p rend="alinea">
              (Thèse) Dans ce « mode de pensée métaphysique » (p. 121), les
              choses — et leurs reflets dans la pensée, les <emph>concepts</emph> » — sont
              étudiées comme isolées et immuables. Logique bivalente : oui, non. C’est le
              mode du bon sens. Mais il y a aussi des degrés : limite entre avortement et
              meurtre, entre vie et mort. Identité et changement.
            </p>
            <p rend="alinea">
              (Antithèse)
              Ces aspects trouvent leur place dans la pensée dialectique (p. 125)
              qui seule permet une « représentation exacte de l’univers,
              de son évolution et de celle de l’humanité,
              ainsi que du reflet de cette évolution dans le cerveau des hommes » (p. 127).
              Kant (1724-1804) a introduit une dimension historique dans sa cosmologie.
              Pour Hegel (1770-1831), tout est processus qui a une logique interne.
              Il avait cependant le défaut d’être idéaliste (p. 129).
              <anchor xml:id="utoscitoAD55undemi"/>
              Son système achevé de la nature et de l’histoire
              est en contradiction avec la poursuite l’acquisition de connaissances
              (p. 129-131, voir <ref target="#AD55undemi"><title>Anti-Dühring</title>,  Introduction, chapitre 1 — Généralités</ref>).
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb n="125"/>[…] que dans la nature<note xml:id="utosci-II-not2" n="2" place="bottom">
                  Dans l’Anti-Dühring, juste avant ce passage,
                  « la science moderne de la nature… a fourni… une riche moisson de faits ».
                  C’est science au singulier en allemand aussi.
                  Revoyant ici la traduction française, Bottigelli préfère le pluriel des sciences,
                  mais oublie de modifier l’accord du verbe en nombre, rendant la phrase incompréhensible :
                  « La nature est le banc d’essai de la dialectique
                  et nous devons dire à l’honneur des sciences modernes de la nature
                  qu’elle a fourni pour ce banc d’essai une riche moisson de faits… »
                  Je me suis longuement demandé si c’était la nature ou la dialectique
                  le référent féminin singulier d’ « elle a fourni »,
                  avant de penser à regarder l’allemand et d’y trouver la science au singulier.
                </note>
                les choses se passent, en dernière analyse, dialectiquement et non métaphysiquement,
                que la nature ne se meut pas dans l’éternelle monotonie d’un cycle sans cesse répété,
                mais parcourt une histoire effective.
                Avant tout autre il faut citer ici Darwin, qui a porté le coup le plus puissant
                à la conception métaphysique de la nature en démontrant que toute la nature organique actuelle,
                les plantes, les animaux et, par conséquent, l’homme aussi, est le produit d’un processus
                d’évolution qui s’est poursuivi pendant des millions d’années.</p>
                <p rend="alinea">[…]</p>
                <p rend="alinea"><pb n="127"/>Kant a commencé sa carrière en résolvant
                le système solaire stable de Newton et sa durée éternelle — une fois donné le fameux choc initial —
                en un processus historique : la naissance du soleil et de toutes les planètes à partir d’une masse
                nébuleuse en rotation. Et il en tirait déjà cette conclusion qu’étant donné qu’il était né,
                le système solaire devait nécessairement mourir un jour. Cette vue, un demi siècle plus tard,
                a été confirmée mathématiquement par Laplace et, après encore un demi-siècle, le spectroscope
                a démontré l’existence dans l’univers de semblables masses gazeuses incandescentes à différents
                degrés de condensation.</p>
              </quote>
              <bibl>(Par rapport à l’<ref target="#AD54troisquarts">Anti-Dühring</ref>,
              le premier alinéa que je cite est une addition propre au <title>Socialisme utopique…</title>.)</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              (Synthèse)
              De là, contre l’idéalisme, retour au matérialisme, mais
              pas le matérialisme métaphysique, mécaniste du 18<hi rend="ordinal">e</hi>
              mais un matérialisme dialectique (p. 131). C’est la fin de la philosophie : en
              dehors des sciences positives<note xml:id="utosci-II-not3" n="3" place="bottom">
                Plus loin
                « le revirement dans la conception de la nature ne pouvait s’accomplir
                que dans la mesure où la recherche fournissait la quantité correspondante
                de connaissances positives ».
              </note>, il ne reste que la logique et la dialectique (p. 133).
            </p>
            <p rend="alinea">Le développement de la lutte de classe conduit à un réexamen
            aussi de l’histoire passée et à y retrouver les classes (p. 133, bas) et les
            causes économiques (p. 135) par rapport auxquelles le reste est superstructure.
            L’idéalisme est chassé de l’histoire. Le socialisme cesse d’être une intuition
            pour devenir une science (p. 135, bas) qui comporte aussi l’explication du
            capitalisme. Ces à Marx que l’on doit ces deux grandes avancées : le
            matérialisme historique et le concept de <term>plus-value</term> (p. 137).</p>
          </div>

          <div xml:id="utosci-III" type="level2_sect">
            <head>
              III
              [Matérialisme historique]
            </head>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25.8%   ;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Mit der Besitzergreifung der Produktionsmittel durch die Gesellschaft ist die Warenproduktion beseitigt
                      und damit die Herrschaft des Produkts über die Produzenten.
                      Die Anarchie innerhalb der gesellschaftlichen Produktion wird ersetzt durch planmäßige bewußte Organisation.
                      Der Kampf ums Einzeldasein hört auf.
                      Damit erst scheidet der Mensch, in gewissem Sinn, endgültig aus dem Tierreich,
                      tritt aus tierischen Daseinsbedingungen in wirklich menschliche.
                      <anchor xml:id="utosci-III-HerrenderNatur"/>
                      Der Umkreis der die Menschen umgebenden Lebensbedingungen, der die Menschen bis jetzt beherrschte,
                      tritt jetzt unter die Herrschaft und Kontrolle der Menschen,
                      die zum ersten Male bewußte, wirkliche Herren der Natur,
                      weil und indem sie Herren ihrer eignen Vergesellschaftung werden.
                      Die Gesetze ihres eignen gesellschaftlichen Tuns,
                      die ihnen bisher als fremde, sie beherrschende Naturgesetze gegenüberstanden,
                      werden dann von den Menschen mit voller Sachkenntnis angewandt und damit beherrscht.
                      Die eigne Vergesellschaftung der Menschen,
                      die ihnen bisher als von Natur und Geschichte aufgenötigt gegenüberstand, wird jetzt ihre freie Tat.
                      Die objektiven, fremden Mächte, die bisher die Geschichte beherrschten, treten unter die Kontrolle der Menschen selbst.
                      Erst von da an werden die Menschen ihre Geschichte mit vollem Bewußtsein selbst machen,
                      erst von da an werden die von ihnen in Bewegung gesetzten gesellschaftlichen Ursachen
                      vorwiegend und in stets steigendem Maß auch die von ihnen gewollten Wirkungen haben.
                      Es ist der Sprung der Menschheit aus dem Reich der Notwendigkeit in das Reich der Freiheit.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 19:226.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.6%   ;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>domination, de l’homme sur la nature</term></index>
                      <index><term>empire, de l’homme sur la nature</term></index>
                      <index><term>nature, domination de l’homme sur la —</term></index>
                      <index><term>seigneur de la nature, homme</term></index> <index><term>maître de la nature, homme</term></index>
                      Avec la prise de possession des moyens de production par la société, la production marchande est éliminée
                      et, par suite, la domination du produit sur le producteur.
                      L’anarchie à l’intérieur de la production sociale est remplacée par l’organisation méthodique consciente.
                      La lutte pour l’existence individuelle cesse.
                      Par là, pour la première fois, l’homme se sépare, dans un certain sens, définitivement du règne animal,
                      passe de conditions animales d’existence à des conditions réellement humaines.
                      Le cercle des conditions de vie entourant l’homme, qui jusqu’ici le dominait,
                      passe maintenant sous la domination et le contrôle des hommes,
                      qui, pour la première fois, deviennent consciemment de véritables seigneurs de la nature,
                      parce que et en tant que maîtres de leur propre socialisation.
                      Les lois de leur propre pratique sociale
                      qui, jusqu’ici, se dressaient devant eux comme des lois naturelles, étrangères et dominatrices,
                      sont dès lors appliquées par les hommes en pleine connaissance de cause et par là dominées.
                      La propre socialisation des hommes
                      qui, jusqu’ici, se dressait devant eux comme octroyée par la nature et l’histoire, devient maintenant leur acte libre.
                      Les puissances étrangères, objectives qui, jusqu’ici, dominaient l’histoire, passent sous le contrôle des hommes eux mêmes.
                      Ce n’est qu’à partir de ce moment que les hommes feront eux mêmes leur histoire en pleine conscience    ;
                      ce n’est qu’à partir de ce moment que les causes sociales mises par eux en mouvement
                      auront aussi d’une façon prépondérante et dans une mesure toujours croissante, les effets voulus par eux.
                      C’est le bond de l’humanité, du règne de la nécessité dans le règne de la liberté.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    P. 186-187.
                    (Le passage avec « véritables seigneurs » est modifié par moi pour coller plus à l’allemand.)
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.7%   ;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Met het in bezit nemen van de productiemiddelen door de maatschappij is de warenproductie afgeschaft
                      en daarmee de heerschappij van het product over de producenten.
                      De anarchie in de maatschappelijke productie wordt vervangen door planmatige, bewuste organisatie.
                      De strijd om het individuele bestaan houdt op.
                      De mens verlaat daarmee in zekere zin pas voorgoed het dierenrijk
                      en komt uit dierlijke bestaansvoorwaarden in waarlijk menselijke.
                      Het milieu van de levensvoorwaarden, die de mensen omgeven en hen tot dusver beheersten
                      komt nu onder heerschappij en controle van de mensen
                      die thans voor het eerst bewuste, werkelijke meesters over de natuur worden
                      omdat en doordat zij meesters over hun eigen vermaatschappelijking worden.
                      De wetten van hun eigen maatschappelijke handelen,
                      die vroeger tegenover hen stonden als vreemde, hen beheersende natuurwetten,
                      worden dan door de mensen met volledige kennis van zaken toegepast en zodoende beheerst.
                      De eigen vermaatschappelijking van de mensen,
                      waarmee ze tot dusver geconfronteerd waren als iets dat door de natuur en de geschiedenis aan hen was opgedrongen, wordt nu hun vrije daad.
                      De objectieve, vreemde machten, die tot dusverre de geschiedenis beheersten, komen onder de controle van de mensen zelf.
                      Eerst van dan af zullen de mensen hun geschiedenis in volle bewustheid zelf maken,
                      eerst van dan af zullen de door hen in beweging gebrachte maatschappelijke oorzaken
                      overwegend en in steeds toenemende mate ook de door hen gewilde uitwerkingen hebben.
                      Het is de sprong van de mensheid uit het rijk van de noodzakelijkheid naar het rijk van de vrijheid.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 24:323-324.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      With the seizing of the means of production by society, production of commodities is done away with
                      and, simultaneously, the mastery of the product over the producer.
                      Anarchy in social production is replaced by systematic, definite organisation.
                      The struggle for individual existence disappears.
                      Then for the first time, man, in a certain sense, is finally marked off from the rest of the animal kingdom
                      and emerges from mere animal conditions of existence into really human ones.
                      The whole sphere of the conditions of life which environ man, and which have hitherto ruled man,
                      now comes under the dominion and control of man,
                      who for the first time becomes the real, conscious lord of Nature,
                      because he has now become master of his own social organisation.
                      The laws of his own social action,
                      hitherto standing face to face with man as laws of Nature foreign to, and dominating, him
                      will then be used with full understanding, and so mastered by him.
                      Man’s own social organisation,
                      hitherto confronting him as a necessity imposed by Nature and history, now becomes the result of his own free action.
                      The extraneous objective forces that have hitherto governed history pass under the control of man himself.
                      Only from that time will man himself, more and more consciously, make his own history
                      — only from that time will the social causes set in movement by him
                      have, in the main and in a constantly growing measure, the results intended by him.
                      It is the ascent of man from the kingdom of necessity to the kingdom of freedom.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 24:323-324.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Il répète encore vers la fin de ce chapitre (p. 193) :
              « Les hommes, enfin maîtres de leur propre socialisation,
              deviennent aussi par là même, maîtres de la nature,
              maîtres d’eux-mêmes, libres. »
            </p>
            <p rend="alinea">
              Tout cela est repris textuellement
              du <ref target="#ADIIIchap2">chapitre des Notions théoriques</ref>
              de la troisième partie, Socialisme de l’<title>Anti-Dühring</title>.
            </p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="NotescritEcopolWagner" type="level1_Livre">
        <head>
          Notes critiques (1881) sur le
          <title>Lehrbuch der politischen Ökonomie</title>
          d’Adolph Wagner
        </head>

        <bibl>
          Karl Marx, manuscrit, 1879-1881. Les <title>MEW</title> les donnent (vol. 19, note 230,
          p. 581) comme « in der zweiten Hälfte des Jahres 1879 bis November 1880 in London
          niedergeschrieben ». Dans les <title>MECW</title>, on fait remarquer (vol. 24, note 604, p. 666)
          que Marx mentionne (<foreign xml:lang="la">ibid.</foreign>, p. 550) R. Meyer, <title>Briefe
          und Socialpolitische Aufsaetze von Dr. odbertus-Jagetzow</title>, Berlin, qui est de 1881.
        </bibl>
        <bibl>
          « Randglossen zu Adolph Wagners <title>Lehrbuch der politischen Ökonomie</title>
          (Zweite Auflage), Band I, 1879 » (<title>MEW</title> 19, p 355-383). « Notes on Adolph
          Wagner’s <title>Lehrbuch der politischen Ökonomie</title> (Second Edition), Volume I,
          1879 » (<title>MECW</title> 24, p. 531-559).
          Édition bilingue juxtaposée (allemand, anglais) en ligne : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1881/01/wagner.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1881/01/wagner.htm</ref>.
        </bibl>
        <bibl>
          En français, on en trouve deux extraits<note xml:id="NotescritEcopolWagner-not1" n="1" place="bottom">
            Je les ai trouvés grâce à Althusser qui en parle et en donne la référence dans son fameux
            « Avertissement aux lecteurs du Livre I du <title>Capital</title> ». (<ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/althusser_cap.htm">On
            trouve l’« Avertissement » dans l’Archive des marxistes</ref>.)
          </note>
          (environ la moitié du texte complet<note xml:id="NotescritEcopolWagner-not2" n="2" place="bottom">
            J’avais lu quelque part que les notes sur Wagner étaient traduites dans Marx,
            <title>Économie 2</title>, <ref target="#CapIfr1965rubel">dans l’édition de la
            Pléiade</ref>. Mais Rubel donne exactement les mêmes extraits que les deux éditions
            susmentionnées — dans un français un peu plus fluide peut-être —, donc pas non plus
            le texte complet.
          </note>)
          en annexe du Livre I dans l’édition du <title>Capital</title> en huit volumes aux
          Éditions sociales, tome III, p. 241-253. Il s’agit de l’essentiel de la discussion de la
          valeur<!-- , de « <emph>Valeur</emph> :… » jusque « Il est superflu d’en dire plus long
          à cette occasion sur le galimatias de Wagner. » Cela vient aux pages 357-376 de MEW 19
          et aux pages 533-552 de <title>MECW</title> 24 -->.
          Ces passages se trouvaient déjà p. 263-275 du tome III d’une édition plus ancienne, Bureau
          d’éditions, Paris, 1939. Cette édition est le <ref target="http://pandor.u-bourgogne.fr/ead.html?id=FRMSH021_00004&amp;c=FRMSH021_00004_FRMSH021_00004_GEME34">document 34</ref> du corpus de <ref target="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_%C3%89dition_de_Marx_et_d’Engels">la GEME en
          gestation</ref><note xml:id="NotescritEcopolWagner-not3" n="3" place="bottom">
            On peut le feuilleter en ligne en cliquant l’image de la couverture. Dans la liseuse,
            on ne peut pas sélectionner du texte dans l’image pour le copier, mais un bouton
            <ident>TXT</ident> en haut vers la droite fournit le texte de toute la page affichée.
          </note><note xml:id="NotescritEcopolWagner-not4" n="4" place="bottom">
            En fin de compte, le choix de ces extraits vient de la première édition de 1932 à Moscou :
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  1. Les notes marginales pour le livre d’Adolphe Wagner sont le dernier travail de
                  Marx sur l’économie politique. Elles se trouvent dans un cahier d’extraits des années
                  1881-1882, qui a pour titre : <title>Sur l'économie en général</title> (X). Le choix
                  donné ici a été publié pour la première fois par l’Institut Marx-Engels-Lénine de
                  Moscou dans une annexe à son édition du Capital de 1932. La rédaction a, pour faciliter
                  l’intelligence des textes, intercalé quelques mots entre crochets. <!-- La traduction
                  française du livre auquel se rapportent les gloses de Marx a pour titre : Adolphe Wagner,
                  <title>Économie politique générale, ou théorique</title>. 1<hi rend="ordinal">re</hi> Partie.
                  <title>Principes. Les fondements de l'économie politique. Économie politique et Droit,
                  et en particulier Droit des biens, 2<hi rend="ordinal">e</hi> édition corrigée et
                  considérablement augmentée. Leipzig, et Heidelberg 1879</title>. Il a paru comme
                  1<hi rend="ordinal">er</hi> tome du <title>Traité d'économie politique</title>,
                  publié en plusieurs parties indépendantes, par le D<hi rend="ordinal">r</hi> Adolphe
                  Wagner et le D<hi rend="ordinal">r</hi> Erwin Nasse. Trad. française par Léon Pollack,
                  Paris, 1904. (N. R.) -->
                </p>
              </quote>
              <bibl>Note 1 tant p. 263 de l'édition de 1939 que p. 241 de celle des Éditions sociales.</bibl>
            </cit>
          </note>.
        </bibl>
        <p rend="alinea">
          Wagner publie en 1879 et Marx lui répond en 1879-1881. C’est la deuxième édition
          allemande de 1872 du Livre I que Wagner critique. À l’époque, Marx prépare la troisième
          édition, qui ne sortira que plus tard, après sa mort. Quand Marx répond, c’est donc
          toujours à la deuxième édition (celle que Wagner a lue) qu’il se réfère. (C'est à cette
          édition que correspondent les numéros de page qu'il donne et les éditeurs précisent :
          « Hambourg, 1872 ».)
        </p>
        <p rend="alinea">
          Wagner critique Marx, qu’il n’a pas compris, et prétend faire mieux que lui, tout en le
          pillant. Les notes de lecture où Marx le critique à son tour sont extrêmement intéressantes
          parce qu’elles éclairent ce qu’il (Marx) a vraiment dit et voulu dire dans le
          <title>Capital</title>, dont les notions fondamentales de marchandises, valeur d’usage, valeurs
          d’échange, valeur.
        </p>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <p xml:id="NotescritEcopolWagner-system"><label rend="invisible">Marx, Notes critiques (1881) sur le Lehrbuch… d’Adolph Wagner</label>
          <index><term>système socialiste</term></index>
          <index><term>socialiste, système</term></index>
          <index><term>sozialistisches System</term></index>
          <index><term>System, sozialistisches</term></index>
          <index><term>socialist system</term></index>
          <index><term>system, socialist</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Marx a fait la théorie du capitalisme et a conclu que le socialisme est la seule porte de sortie.
          (Il l’a écrit dans le <title>Manifeste</title>, entre autres.)
          Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, encore maintenant, il n’a pas fait la théorie du socialisme.
          Il donc intéressant de le lui voir écrire ici noir sur blanc.
          (Il a tout au plus donné quelques orientations dans la <title>Critique du programme de Gotha</title>.)
        </p>

        <table rend="citquote" cols="3">
          <row>
            <cell xml:lang="de" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                <emph>Wert</emph>. Nach Herrn Wagner ist die Werttheorie von Marx „<emph>der
                Eckstein seines sozialistischen Systems</emph>“ (p. 45). Da ich niemals ein
                „<emph>sozialistisches System</emph>“ aufgestellt habe, so dies eine Phantasie
                der Wagner, Schäffle <foreign xml:lang="it">e tutti quanti</foreign>.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                <emph>Valeur</emph>. D’après M. Wagner, la théorie de la valeur de Marx est
                « <emph>la pierre angulaire de son système socialiste</emph> » (p. 45). Comme je
                n’ai jamais construit un « <emph>système socialiste</emph> », cela est une
                fantaisie de Wagner, Schæffle, <foreign xml:lang="it">e tutti quanti</foreign>.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                <emph>Value</emph>. According to Mr. Wagner , Marx’s theory of value is the
                “<emph>cornerstone of his socialist system</emph>” (p. 45). As I have never
                established a “<emph>socialist system</emph>”, this is a fantasy of Wagner,
                Schäffle <foreign xml:lang="it">e tutti quanti</foreign>.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <bibl>P. 357</bibl>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <bibl>Bureau d’éditions, p. 263. Éditions sociales, p. 241.</bibl>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <bibl> </bibl>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <bibl>P. 533.</bibl>
            </cell>
          </row>
        </table>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <p xml:id="NotescritEcopolWagner-Tauschwert"><label rend="invisible">Marx, Notes critiques (1881) sur le Lehrbuch… d’Adolph Wagner</label>
          <index><term>valeur, dont les valeurs d’échange sont formes phénoménales</term></index>
          <index><term>Wert</term></index>
          <index><term>value, distinguished from exchange values</term></index>
          <index><term>valeur d’échange, pas du travail</term></index>
          <index><term>valeur d’échange, plurielles</term></index>
          <index><term>Tauschwert, nicht Arbeit</term></index>
          <index><term>exchange-value, not labour</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Parfois, on simplifie l’exposé des concepts de départ de Marx et identifiant valeur
          d’échange, en bref valeur, et temps de travail socialement nécessaire. Mais valeur n’est
          en rien une formulation raccourcie de valeur d’échange. La valeur et la valeur d’échange
          sont deux choses différentes, la seconde étant forme phénoménale de la première. La valeur
          d’échange est un rapport <emph>entre</emph> les marchandises (nécessairement plurielles)
          dans une société marchande. La valeur est le travail social <emph>incorporé dans chaque</emph>
          (type de) marchandise, ce qui explique les valeurs d’échange.
        </p>

        <table rend="citquote" cols="3">
          <row>
            <cell xml:lang="de" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                Ferner: wonach Marx
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                Plus loin :
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                Further : according to which Marx
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    „findet die <emph>gemeinsame gesellschaftliche Substanz</emph> des
                    von ihm allein hier gemeinten <emph>Tauschwerts</emph> in der
                    <emph>Arbeit</emph>, das <emph>Größenmaß des Tauschwerts</emph> in
                    der gesellschaftlich notwendigen Arbeitszeit“ etc.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Marx trouve <emph>la substance sociale commune</emph> de la seule valeur qu’il
                    considère ici, à savoir de la <emph>valeur d’échange</emph>, dans <emph>le
                    travail</emph>, la <emph>mesure de la grandeur de la valeur d’échange</emph>,
                    dans le temps de travail socialement nécessaire, etc.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    “finds the <emph>common social substance of exchange-value</emph>,
                    the only thing he is here concerned with, in labour, the
                    <emph>magnitude of exchange-value</emph> in the socially necessary
                    labour time”, etc.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>[P. 45.]</bibl>
              </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Ich spreche nirgendwo von „<emph>der gemeinsamen gesellschaftlichen
                Substanz des Tauschwerts</emph>“, sage vielmehr, daß die Tauschwerte
                (<emph>Tauschwert</emph> ohne wenigstens deren 2 existiert nicht) etwas
                <emph>ihnen Gemeinsames</emph> darstellen, was „von ihren Gebrauchswerten“
                {i.e. hier ihrer Naturalform} ganz unabhängig, nämlich den „<emph>Wert</emph>“.
                So heißt es :
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Je ne parle nulle part de « <emph>la substance sociale commune de la valeur
                d’échange</emph> », je dis, au contraire, que les valeurs d’échange (<emph>la
                valeur d’échange</emph> n’existe que s’il y en a au moins deux) représentent
                quelque chose qui <emph>leur est commun</emph>, qui « est tout à fait indépendant
                de leurs valeurs d’usage, <foreign xml:lang="latin">i. e.</foreign> ici de leur
                forme naturelle », c’est-à-dire la « <emph>valeur</emph> ». C’est ainsi qu’il est
                dit :
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                Nowhere do I speak of “<emph>the common social substance of exchange-value</emph>” ;
                I rather say that exchange-values (<emph>exchange-value</emph>, without at
                least two of them, does not exist) represent something <emph>common to
                them</emph>, which “is quite independent of their use-values” {i.e. here
                their natural form}, namely “<emph>value</emph>”. This is what I write :
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Das Gemeinsame, was sich im Austauschverhältnis oder Tauschwert der Waren
                    darstellt, ist also <emph>ihr Wert</emph>. Der Fortgang der Untersuchung wird
                    uns zurückführen zum Tauschwert als der notwendigen Ausdrucksweise oder
                    Erscheinungsform des Werts, welcher zunächst <emph>jedoch unabhängig von
                    dieser Form</emph> zu betrachten ist ([<title>Kap. I</title>, 2. Ausg.,
                    Hamburg 1872,] p. 13).
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Ce qu’il y a donc de commun, qui s’expose dans le rapport d’échange ou valeur
                    d’échange des marchandises, c’est <emph>leur valeur</emph>. Toute la suite de
                    notre recherche nous ramènera à la valeur d’échange comme mode d’expression ou
                    comme forme phénoménale nécessaire de la valeur, laquelle doit cependant être
                    d’abord examinée <emph>indépendamment de cette forme</emph>
                    ([<title>Kap. I</title>, Hamburg 1872,] p. 13).
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                  [C’est Marx qui souligne dans les notes sur Wagner. En français, je donne de la
                  première phrase <ref target="#val-ech-pluriel-traduc">ma traduction littérale</ref>
                  plutôt que celle de l’<ref target="#CapIfr1983">édition de 1983</ref> du Livre I,
                  p. 43.]
                </bibl>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                  Therefore, the common substance that manifests itself in the exchange-value
                  of commodities, whenever they are exchanged, is <emph>their value</emph>. The
                  progress of our investigation will lead us back to exchange-value as the only
                  form in which the value of commodities can manifest itself or be expressed. For
                  the present, <pb n="534"/>however, we have to consider the nature of value
                  <emph>independently of this, its form</emph> ([<title>Kap. I</title>, Hamburg
                  1872,] p. 13).
                  </p>
                </quote>
                <bibl>[MECW, vol. 35, p. 55.] [La deuxième phrase (ci-dessus du vol. 24)
                est un peu différente dans le volume 35, où peut-être on n’a pas voulu s’écarter
                d’autres éditions. D. M.]</bibl>
              </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Ich sage also nicht, die „gemeinsame gesellschaftliche Substanz des
                Tauschwerts“ sei die „Arbeit“; und da ich weitläufig in besonderem Abschnitt
                die <emph>Wertform</emph>, d.h. die Entwicklung des Tauschwerts, behandle,
                so wäre es sonderbar, diese „Form“ auf „gemeinsame gesellschaftliche Substanz“,
                die Arbeit, zu reduzieren. Auch vergißt Herr Wagner, daß weder „der Wert“
                noch „der Tauschwert“ bei mir Subjekte sind, sondern <emph>die Ware</emph>.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Je ne dis donc pas que « la substance sociale commune de la valeur d’échange » est
                le « travail » ; et comme je traite tout au long, dans une partie spéciale, « la
                forme de la valeur », c’est-à-dire le développement de la valeur d’échange, il
                serait étrange de réduire cette « forme » à « une substance sociale commune », le
                travail. M. Wagner oublie aussi que ce ne sont ni la « valeur », ni la « valeur
                d’échange » qui figurent chez moi comme sujets, mais <emph>la marchandise</emph>.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                Thus I do not say “the common social substance of exchange-value” is “labour",
                and as I deal with the <emph>form of value</emph>, i.e. the development of
                exchange-value, at some length in a separate section, it would be curious if I
                were to reduce this “form” to a “common social substance”, labour. Mr. Wagner
                also forgets that for me neither “value” nor “exchange-value” are subjects, but
                <emph>the commodity</emph>.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <bibl>
                <title>MEW</title> 19, p. 357-358.
              </bibl>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <bibl>
                Bureau d’éditions, p. 263-264. Éditions sociales, p. 241-242. Mais ici et plus
                bas, quand Marx cite <title>Das Kapital</title>, Hamburg 1872 (deuxième édition du
                Livre I), je reprends la traduction de 1983 en français de la quatrième édition, pour
                la cohérence avec mes autres notes. La deuxième et la quatrième ne diffèrent pas sur
                les passages considérés.
              </bibl>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <bibl>

              </bibl>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <bibl>
                <title>MECW</title> 24, p. 533-534.
              </bibl>
            </cell>
          </row>
        </table>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <p xml:id="NotescritEcopolWagner-recolte"><label rend="invisible">Marx, Notes critiques (1881) sur le Lehrbuch… d’Adolph Wagner</label>
          Mots-clefs :
          <index>
            <term>état social de Schäffle, attribué à Marx</term>
          </index>
          <index><term>Schäffle, état social attribué à Marx</term></index>
          <index><term>Sozialstaat, Schäffle, dem Marx untergeschobnen</term></index>
          <index><term>Schäffle, Sozialstaat, dem Marx untergeschobnen</term></index>
          <index><term>social state, Schäffle, foisted on to Marx</term></index>
          <index><term>Schäffle, social state foisted on to Marx</term></index>
          <index>
            <term>céréale, valeur et prix après une mauvaise récolte</term>
          </index>
          <index><term>grain, valeur et prix après une mauvaise récolte</term></index>
          <index><term>blé, valeur et prix après une mauvaise récolte</term></index>
          <index><term>Korn, Wert und Preis, bei Mißernte</term></index>
          <index><term>grain, value and price after a bad harvest</term></index>
          <index>
            <term>intempérie, planification de la production agricole sous le socialisme</term>
          </index>
          <index><term>Witterungswechsel, Sozialismus, Produktion wird rationell reguliert</term></index>
          <index><term>weather, socialism, production rationally regulated</term></index>
          <index>
            <term>loi de la valeur sous le socialisme</term>
          </index>
          <index><term>socialisme, loi de la valeur</term></index>
          <index><term>valeur, loi de la — sous le socialisme</term></index>
          <index><term>Wertgesetz, Sozialismus</term></index>
          <index><term>Sozialismus, Wertgesetz</term></index>
          <index><term>law of value under socialism</term></index>
          <index><term>value, law of — under socialism</term></index>
          <index><term>socialism, law of value</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Wagner veut montrer l’insuffisance de la théorie de la valeur de Marx par une expérience
          de pensée (comme disent les physiciens) sur la société socialiste « marxiste ». Marx
          proteste une fois de plus que si quelqu’un a élaboré une société socialiste « marxiste »,
          ce n’est pas lui mais Schäffle. Il donne cependant (i) un éclairage intéressant sur les
          notions de valeur et de prix en examinant leur variation (sous le capitalisme) dans
          l’exemple d’une mauvaise récolte ; (ii) sa conviction d’organisation rationnelle de
          l’agriculture socialiste face aux incertitudes météorologiques et une considération sur
          la loi de la valeur sous le socialisme. Wagner :
        </p>

        <table rend="citquote" cols="3">
          <row>
            <cell xml:lang="de" rend="tierslargeur">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Jene Theorie berücksichtigt zu einseitig nur dieses eine wertbestimmende
                    Moment […], die <emph>Kosten</emph>, nicht das andere, die Brauchbarkeit, den
                    <emph>Nutzen</emph>, das <emph>Bedarfs</emph>moment. […] Sie entspricht nicht
                    nur nicht der <emph>Tauschwertbildung</emph> im <emph>heutigen Verkehr</emph>
                    […] sondern auch, wie Schäffle in der <title>Quintessenz</title> und besonders
                    im <title>Socialen Körper</title> vortrefflich und <emph>wohlabschließend</emph>
                    (!) nachweist, nicht den Verhältnissen, wie sie sich <emph>im Marxschen
                    hypothetischen Sozialstaat notwendig gestalten müssen</emph>.</p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr" rend="tierslargeur">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Cette théorie considère trop exclusivement un seul élément dans la détermination
                    de la valeur […], c’est-à-dire le <emph>coût</emph>, et néglige l’autre à savoir
                    l’<emph>usage</emph>, l’<emph>utilité</emph>, le <emph>besoin</emph>. […] Non
                    seulement elle ne répond pas à la <emph>formation de la valeur d’échange, dans
                    la circulation de nos jours</emph>, […] mais ainsi que le démontre fort bien
                    et <emph>péremptoirement</emph> Schäffle, dans la <title>Quintessence</title>,
                    et surtout dans le <title>Socialen Körper</title>, elle ne répond pas même à
                    l’état de choses qui s’établirait forcément dans l’état social imaginé par Marx.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en" rend="tierslargeur">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      That theory is unduly preoccupied with this single value-determining element
                      […], [it considers] the <emph>costs</emph>, not the other, usefulness,
                      <emph>utility</emph>, the <emph>demand</emph> element […]. Not only does it
                      not correspond to the <emph>formation of exchange-value</emph> in
                      <emph>present-day commerce</emph> […], but neither, as Schäffle excellently
                      and <emph>indeed conclusively</emph> (!) demonstrates in the
                      <title>Quintessenz</title> and especially in the <title>Socialer Körper</title>,
                      does it correspond to conditions as they are <emph>bound to take shape in the
                      Marxian hypothetical social state</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                {Also der Sozialstaat, den Herr Schäffle so artig war, für mich zu „gestalten",
                verwandelt sich in „<emph>den Marxschen</emph>" (nicht den in Schäffles Hypothese
                dem Marx untergeschobnen „Sozialstaat").}
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                {Ainsi donc l’état social que M. Schäffle a eu la gentillesse d’établir pour moi,
                se change en « l’état social de Marx » (et non pas dans l’état social faussement
                attribué à Marx dans l’hypothèse de Schäffle).}
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                {That is the social state, which Mr. Schäffle was courteous enough to “shape” for
                me, is transformed into “<emph>the Marxian</emph>” (not the “social state” foisted
                on to Marx in Schäffle’s hypothesis).}
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <emph>Schlagend</emph> läßt sich das namentlich am Beispiel des Getreides u. dgl.
                    nachweisen, dessen <emph>Tauschwert</emph> wegen des Einflusses der wechselnden
                    Ernten bei ziemlich gleichem Bedarf notwendig <emph>auch</emph> in einem System
                    von „<emph>Sozialtaxen</emph>“ <emph>anders</emph> als <emph>bloß nach den
                    Kosten</emph> reguliert werden müßte.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Cela peut être démontré <emph>d’une façon frappante</emph> notamment par
                    l’exemple typique des céréales, etc., dont la <emph>valeur d’échange</emph>,
                    tandis que les récoltes sont très variables — le besoin en étant à peu près
                    constant — devra être réglée autrement que par le simple coût, même dans le
                    système des « taxes sociales ».
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    This may be <emph>strikingly</emph> demonstrated with the example of grain and
                    such like, whose <emph>exchange-value</emph> would — owing to the influence of
                    fluctuating harvests when demand is fairly constant — of necessity have to be
                    regulated <emph>in some other way</emph> than <emph>simply according to costs
                    even</emph> in a system of “<emph>social taxes</emph>”, [p. 45].
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                {So viel Worte, so viel Blödsinn. Erstens habe ich nirgendwo von
                „<emph>Sozialtaxen</emph>“ gesprochen und bei der <emph>Untersuchung über den
                Wert</emph> mit bürgerlichen Verhältnissen zu tun, nicht aber mit Anwendung dieser
                <emph>Wert</emph>theorie auf den nicht einmal durch mich, sondern durch Herrn
                Schäffle für mich konstruierten „Sozialstaat“. Zweitens : wenn bei Mißernte der
                Kornpreis steigt, so steigt erstens ihr <emph>Wert</emph>, weil eine gegebene
                Arbeitsmasse <emph>in weniger Produkt realisiert</emph> ist ; zweitens steigt noch
                viel mehr ihr <emph>Verkaufspreis</emph>. Was hat dies mit meiner Theorie des Werts
                zu schaffen ? Grade um so mehr das Korn über <emph>seinen Wert verkauft</emph>
                wird, grade so viel werden andre Waren, sei es in Naturalform oder in Geldform,
                <emph>unter ihrem Wert</emph> verkauft, und zwar selbst, wenn ihr eigner Geldpreis
                <emph>nicht</emph> fällt. Die <emph>Wertsumme</emph> bleibt dieselbe, selbst wenn
                der Ausdruck dieser ganzen <emph>Wertsumme</emph> in Geld gewachsen wäre, also die
                Summe des „Tauschwerts“ nach Herrn Wagner gestiegen. Dies ist der Fall, wenn wir
                annehmen, der <emph>Preisfall</emph> in der Summe der andern Waren decke nicht den
                <emph>Überwertpreis</emph> (Preisüberschuß) des Korns. Aber in diesem Fall ist der
                Tauschwert des Geldes pro tanto unter seinen Wert gefallen ; die Wertsumme aller
                Waren bleibt nicht nur <emph>dieselbe</emph>, bleibt sogar dieselbe im
                <emph>Geldausdruck</emph>, wenn das Geld mit unter die Waren gerechnet wird.
                Ferner : die Preissteigerung des Korns über dessen mit der Mißernte gegebne
                Steigerung seines Werts hinaus wird jedenfalls im „Sozialstaat“ kleiner sein als
                mit dem heutigen Korn wuchern. Dann aber wird der „Sozialstaat“ von vornherein die
                Produktion so einrichten, daß die jährliche Getreidezufuhr nur ganz minimal vom
                Witterungswechsel abhängt, der Umfang der Produktion — die Zufuhr und die
                Gebrauchsseite darin — wird rationell reguliert. Endlich, was soll die „Sozialtaxe“,
                gesetzt, Schäffles Phantasien darüber Würden realisiert, für oder gegen meine
                Theorie des Wertes beweisen ? Sowenig als die bei Lebensmittelmangel auf Schiff
                oder in Festung oder während der fr[anzösischen] Revolution etc. getroffnen
                Zwangsmaßregeln, die sich nicht um den <emph>Wert</emph> kümmern ; und das
                Schreckliche für den „Sozialstaat“, die <emph>Wertgesetze</emph> des
                „kapitalistischen (bürgerlichen) Staats“ zu verletzen, also auch die Werttheorie !
                Nichts als kindischer Kohl !
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                {Autant d’inepties que de paroles ! Premièrement, je n’ai parlé nulle part de
                « <emph>taxes sociales</emph> », et dans <emph>l’étude sur la valeur</emph>, je
                n’ai affaire qu’à des conditions bourgeoises, et non à l’application de cette
                théorie de la <emph>valeur</emph> à « l’état social », qui n’a même pas été créé
                par moi, mais construit par M. Schäffle pour moi. Deuxièmement : lorsque après une
                mauvaise récolte, le prix des céréales monte, c’est d’abord sa <emph>valeur</emph>
                [la valeur de la récolte] qui monte, parce qu’une masse de travail donnée est
                <emph>réalisée dans moins de produits</emph> ; et ensuite c’est son <emph>prix de
                vente</emph> qui monte bien davantage encore. Qu’est-ce que cela peut bien avoir
                affaire avec ma théorie de la valeur ? Dans la mesure où le blé est <emph>vendu
                au-dessus de sa valeur</emph>, dans la même mesure, d’autres marchandises, que ce
                soit en nature ou sous forme d’argent, sont vendues <emph>au-dessous de leur
                valeur</emph> — et cela, même si leur propre prix-argent ne baisse <emph>pas</emph>.
                La somme de valeur reste la même, même si l’expression de toute cette <emph>somme
                de valeur</emph> s’était accrue en argent, et que, par conséquent, d’après M. Wagner,
                la somme de la « valeur d’échange » s’était accrue. Cela est le cas, si nous
                admettons que la <emph>baisse de prix</emph> dans la somme des autres marchandises
                ne couvrait pas <emph>le prix dépassant la valeur</emph> (l’excédent de prix) du
                blé. Mais dans ce cas, la valeur d’échange de l’argent a <foreign xml:lang="latin">pro tanto</foreign> baissé au-dessous de sa valeur ; la somme de valeur de toutes
                les marchandises reste <emph>identique</emph>, même dans son <emph>expression
                monétaire</emph>, si l’argent est compté parmi les marchandises. Ensuite : La
                hausse du prix du blé au-dessus de la hausse de sa valeur, provoquée par la
                mauvaise récolte, sera en tout cas, dans « l’état social », moindre qu’elle ne
                l’est aujourd’hui, sous le règne des agioteurs sur le blé. Mais alors « l’état
                social » organisera d’emblée la production, de façon à ce que l’approvisionnement
                annuel des céréales dépende seulement dans une proportion tout à fait infime des
                intempéries. Le montant de la production — l’approvisionnement et la consommation
                y seront réglés rationnellement. Enfin, qu’est-ce que la « taxe sociale » peut
                prouver pour ou contre ma théorie de la valeur, en admettant que les fantaisies de
                Schäffle à ce sujet soient réalisées ? Aussi peu que les mesures coercitives
                prises en cas de pénurie de vivres à bord d’un bateau ou dans une forteresse, ou
                pendant la Révolution française, etc., lesquelles ne se soucient pas de la
                <emph>valeur</emph>. Et quelle terrible chose pour l’ « état social » que
                d’enfreindre les <emph>lois sur la valeur</emph> de l’ « État capitaliste », et
                par conséquent aussi la théorie de la valeur ! (Tout cela n’est que fatras
                enfantin !)}
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                {So many words, so much nonsense. First, I have nowhere spoken of “<emph>social
                taxes</emph>”, and in my <emph>investigation of value</emph> I have dealt with
                bourgeois relations, not with the application of this theory of value to a
                “social state” not even constructed by me but by Mr. Schäffle for me. Second, if
                the price of grain rises after a bad harvest, then its <emph>value</emph> rises,
                for one thing, because a given amount of labour is <emph>contained in a smaller
                product</emph> ; for another thing, its <emph>selling price</emph> rises by much
                more still. What has this to do with my theory of value ? The more the grain is
                <emph>sold over its value</emph>, the more other commodities, whether in their
                natural form or in money form, will be sold <emph>under their value</emph> by
                exactly the same amount, even if their own money price does <emph>not</emph> fall.
                The <emph>total value</emph> remains the same, even if the expression of this
                <emph>total value</emph> in its entirety were to increase in money, in other
                words, if the sum total of “exchange-value” according to Mr. Wagner were to rise.
                This is the case if we assume that the <emph>drop in price</emph> of the total of
                the other commodities does not cover the <emph>over-value price</emph> (excess
                price) of the grain. But in this case, the exchange-value of money has fallen
                <foreign xml:lang="latin">pro tanto</foreign> beneath its value ; the total value
                of all commodities does not only remain the <emph>same</emph>, but even remains
                the same <emph>expressed in money</emph>, if money is included among the
                commodities. Further : the rise in price of grain beyond the increase in its value
                determined by the bad harvest will in any case be smaller in the “social state”
                than it is with present-day profiteering in grain. But then the “social state”
                will organise production from the outset in such a way that the annual supply of
                grain is only minimally dependent on changes in the weather. The volume of
                production — including supply and consumption — will be rationally regulated.
                Finally, supposing Schäffle’s fantasies about it come true, what is the “social
                tax” meant to prove for or against my theory of value ? Just as little as the
                coercive measures taken during a food shortage on a ship or in a fortress or
                during the French Revolution, etc., which pay no regard to <emph>value</emph> ;
                and how terrible for the “social state” to infringe the <emph>laws of value</emph>
                of the “capitalist (bourgeois) state”, hence, too, the theory of value ! Nothing
                but infantile rot !}
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <bibl>
                <title>MEW</title> 19, p. 360-361.
              </bibl>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <bibl>
                Bureau d’éditions, p. 265-267. Éditions sociales, p. 244-245.
              </bibl>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <bibl>

              </bibl>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <bibl>
                <title>MECW</title> 24, p. 536-537.
              </bibl>
            </cell>
          </row>
        </table>

        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <p xml:id="NotescritEcopolWagner-usage"><label rend="invisible">Marx, Notes critiques (1881) sur le Lehrbuch… d’Adolph Wagner</label>
          <index><term>valeur d’usage, et valeur</term></index>
          <index><term>Gebrauchswert, und Wert</term></index>
          <index><term>use-value, and value</term></index>
          <index>
            <term>valeur d’échange, forme phénoménale de la valeur</term>
          </index>
          <index><term>Tauschwert, Erscheinungsform des Werts</term></index>
          <index><term>exchange-value, form of expression of value</term></index>
          <index>
            <term>caractère double du travail, concret, abstrait</term>
          </index>
          <index><term>travail, caractère double, concret, abstrait</term></index>
          <index><term>zwiefacher Charakter der Arbeit</term></index>
          <index><term>Arbeit, zwiefacher Charakter</term></index>
          <index><term>dual character of labour</term></index>
          <index><term>labour, dual character</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Marx affine encore l’exposé de la différence entre valeur d’échange et valeur. Il réfute
          l’affirmation qu’il ne s’intéresserait pas à la valeur d’usage.
        </p>

        <table rend="citquote" cols="3">
          <row>
            <cell xml:lang="de" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                Nachdem Wagner das, was gewöhnlich „<emph>Gebrauchswert</emph>“ benamst wird, zum
                „<emph>Wert im allgemeinen</emph>“, zum „<emph>Wertbegriff</emph>“ schlechthin
                ernannt hat, kann es ihm gar nicht fehlen, sich zu erinnern, daß „der also“ (so !
                so !) „abgeleitete“ (!) „Wert" der „<emph>Gebrauchswert</emph>“ ist. Nachdem er
                erst den „Gebrauchswert“ zum „Wertbegriff“ im allgemeinen, zum „Wert schlechthin“
                ernannt hat, entdeckt er hinterher, daß er nur über den „Gebrauchswert“ gefaselt,
                diesen also „abgeleitet“ hat, da für ihn Faseln und Ableiten „im wesentlichen“
                identische Denkoperationen sind. Aber bei dieser Gelegenheit erfahren wir, welche
                subjektive Bewandtnis es mit der bisherigen „objektiven" Begriffsverwirrung der
                pp. Wagner hat. Er enthüllt uns nämlich ein Geheimnis. Rodbertus hatte einen Brief
                an ihn geschrieben, zu lesen in der Tübinger <title>Zeitschrift</title> 1878, wo
                er, Rodbertus, auseinandersetzt, warum „es nur eine Art von Wert“ gibt, den
                Gebrauchswert.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                Après que Wagner a donné, sans plus, le titre de « <emph>valeur en général</emph> »,
                de « <emph>notion de valeur</emph> » à ce qu’on dénomme d’ordinaire « <emph>valeur
                d’usage</emph> », il ne peut manquer de se rappeler que « la valeur ainsi [tiens !
                tiens !] déduite [!] » est <emph>la</emph> « <emph>valeur d’usage</emph> ». Après
                avoir donné à la valeur d’usage le titre de « <emph>notion de valeur</emph> » en
                général, de « valeur en soi », il découvre, après coup, qu’il ne fait que radoter
                sur la « valeur d’usage », qu’il l’a donc « déduite », car aujourd’hui radoter et
                déduire sont « essentiellement » des opérations identiques de la pensée. Mais à
                cette occasion, nous apprenons les dessous subjectifs de la confusion d’idées
                jusqu’ici « objective », chez le nommé Wagner. Il nous révèle notamment un secret.
                Rodbertus lui avait écrit une lettre que l’on peut lire dans le
                <title>Zeitschrift</title> de Tübingen<note xml:id="NotescritEcopolWagner-not5" n="5" place="bottom">
                  Le traducteur (dans les deux éditions citées) a écrit « la <title>Tübinger
                  Zeitschrift</title> » comme si c’était un titre. Mais chez Marx, « Tübinger »
                  est un adjectif ordinaire pour préciser de quel <title>Zeitschrift</title>
                  il s’agit, dont le titre complet est <title>Zeitschrift für die gesammte
                  Staatswissenschaft</title>, publié à Tübingen mais sans « Tübingen » dans
                  le titre.
                </note>
                de 1878, où il [Rodbertus] explique pourquoi « il n’y a qu’une
                espèce de valeur », la valeur d’usage.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                After taking what is usually termed “<emph>use-value</emph>” and dubbing it
                “<emph>value in general</emph>” and then the <emph>concept of value</emph> pure
                and simple, Wagner can surely not fail to recall that the “value” “derived” (!)
                “in this way” (well, well !) is “<emph>use-value</emph>”. After dubbing
                “use-value” the “concept of value” in general, or “value pure and simple”, he
                discovers, on second thought, that he has simply been drivelling on about
                “use-value”, and has thus “derived” it, drivelling and deriving now being for him
                “essentially” identical mental operations. But at this juncture we discover how
                subjective the hitherto “objective” confusion of ideas of the aforesaid Mr. Wagner
                really is. For he reveals a secret to us. Rodbertus had written a letter to him
                which may be read in the Tübingen <title>Zeitschrift</title> of 1878, in which he,
                Rodbertus, expounds why there is “only one kind of value”, use-value.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Ich (Wagner) habe mich dieser Auffassung angeschlossen, deren Bedeutung ich
                    schon in der ersten Auflage einmal hervorhob.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Moi (Wagner), je me suis rallié à cette conception, dont j’avais déjà signalé
                    l’importance dans ma première édition.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    I (Wagner) have come to support this view, the importance of which I have
                    already emphasised in the first edition [p. 48].
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Von [dem,] was Rodbertus sagt, sagt Wagner :
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Sur ce que dit Rodbertus, Wagner écrit :
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                Of what Rodbertus says, Wagner says :
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Das ist vollkommen richtig und nötigt zu einer Änderung der üblichen
                    unlogischen ‚<emph>Einteilung</emph>‘ des ‚<emph>Werts</emph>‘ in
                    <emph>Gebrauchswert und Tauschwert</emph>, wie ich sie in § 35 der ersten
                    Auflage auch noch <emph>vorgenommen</emph> hatte (p. 48, N. 4.),
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Cela est parfaitement juste et nous force à modifier l’illogique
                    « <emph>division</emph> » consacrée de la « <emph>valeur</emph> » en
                    <emph>valeur d’usage et</emph> en <emph>valeur d’échange</emph>, division que
                    j’avais encore adoptée dans le paragraphe 35 de ma première édition.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 48, note 4.</bibl>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    “This is quite correct and necessitates an alteration of the usual illogical
                    ‘<emph>division</emph>’ of ‘<emph>value</emph>’ into use-value and
                    exchange-value, which I had still undertaken in § 35 of the first edition”,
                  </p>
                </quote>
                <bibl>(P. 48, note 4.)</bibl>
              </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="firstalinea">
                und derselbe Wagner rangiert mich (p. 49, Note) unter die Leute, nach denen
                der „Gebrauchswert“ ganz „aus der Wissenschaft“ „entfernt“ werden soll.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Et le même Wagner me range (p. 49, note) parmi les gens qui pensent que la « valeur
                d’usage » doit être tout à fait « écartée de la science ».
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="firstalinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="firstalinea">
                and the same Wagner places me (p. 49, Note) amongst those according to whom
                “use-value” should be entirely “removed” “from the science.”
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Alles das sind „Faseleien“.  De prime abord gehe ich nicht aus von „Begriffen“,
                also auch nicht vom „Wertbegriff“, und habe diesen daher auch in <pb n="369"/>keiner Weise „einzuteilen“. Wovon ich ausgehe, ist die einfachste
                gesellschaftliche Form, worin sich das Arbeitsprodukt in der jetzigen
                Gesellschaft darstellt, und dies ist die „<emph>Ware</emph>“. Sie analysiere
                ich, und zwar zunächst in der <emph>Form, worin sie erscheint</emph>. Hier
                finde ich nun, daß sie einerseits in ihrer Naturalform ein <emph>Gebrauchsding</emph>,
                alias <emph>Gebrauchswert</emph> ist ; andrerseits <emph>Träger von Tauschwert</emph>,
                und unter diesem Gesichtspunkt selbst „Tauschwert“. Weitere Analyse des
                letzteren zeigt mir, daß der Tauschwert nur eine „Erscheinungs<emph>form</emph>“,
                selbständige Darstellungsweise des in der Ware enthaltnen <emph>Werts</emph>
                ist, und dann gehe ich an die Analyse des letzteren. Es heißt daher
                ausdrücklich, p. 36, 2. Ausg. [<title>Kap I</title>, Hamburg, 1872] :
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Tout cela, c’est du « radotage ». De prime abord, je ne pars pas de « notions »,
                donc pas non plus de la « notion de valeur », et je n’ai par conséquent pas à la
                « diviser » en aucune manière. Ce dont je pars, c’est de la forme sociale la plus
                simple, sous laquelle se présente dans la société actuelle, le produit du travail,
                et c’est la « <emph>marchandise</emph> ». C’est elle que j’analyse, et, je le fais
                d’abord sous la <emph>forme sous laquelle elle apparaît</emph>. Or, je trouve ici
                qu’elle est d’une part sous sa forme naturelle un <emph>objet d’usage</emph>,
                <foreign xml:lang="latin">alias</foreign> une <emph>valeur d’usage</emph>, d’autre
                part, <emph>le soutien de valeur d’échange</emph>, et sous ce point de vue,
                « valeur d’échange » elle-même. Une analyse plus poussée de cette dernière me
                montre que la valeur d’échange n’est qu’une «forme phénoménale », une représentation
                caractérisée de la <emph>valeur</emph> contenue dans la marchandise, et ensuite je
                passe à l’analyse de la valeur. C’est pourquoi il est dit expressément p. 36 de la
                seconde édition [Kap. I, Hamburg, 1872] :
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                All this is “drivel”. <foreign xml:lang="fr">De prime abord</foreign>, I do
                not proceed from “concepts,” hence neither from the “concept of value,” and
                am therefore in no way concerned to “divide” it. What I proceed from is the
                simplest social form in which the product of labour presents itself in
                contemporary society, and this is the “<emph>commodity</emph>.” This I analyse,
                initially in the <emph>form in which it appears</emph>. Here I find that on
                the one hand in its natural form it is a <emph>thing for use</emph>, alias a
                <emph>use-value</emph> ; on the other hand, a <emph>bearer of exchange-value</emph>,
                and from this point of view it is itself an “exchange-value.” Further analysis
                of the latter shows me that exchange-value is merely a “<emph>form</emph> of
                expression”, an independent way of presenting the <emph>value</emph> contained
                in the commodity, and then I start on the analysis of the <pb n="545"/>latter.
                I therefore state explicitly, p. 36, 2nd ed. [<title>Kap.</title> I, Hamburg,
                1872] :
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Wenn es im Eingang dieses Kapitels in der gang und gäben Manier
                    hieß : Die Ware ist Gebrauchswert und Tauschwert, so war dies, genau gesprochen,
                    falsch. Die Ware ist Gebrauchswert oder Gebrauchsgegenstand und „Wert“. Sie
                    stellt sich dar als dies Doppelte was sie ist, sobald <emph>ihr Wert</emph>
                    eine eigne, von ihrer Naturalform <emph>verschiedne Erscheinungsform</emph>
                    besitzt, die des Tauschwerts
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Vgl. <title>MEW</title> Band 23, S. 75.</bibl>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                  À la lettre, il est faux de dire, comme nous l’avons fait au début de ce
                  chapitre pour parler de manière courante, que la marchandise est valeur d’usage
                  et valeur d’échange. La marchandise est valeur d’usage, ou objet d’usage, et
                  « valeur ». Elle se présente comme cette entité double qu’elle est dès lors que
                  sa valeur possède une <emph>valeur phénoménale</emph> propre <emph>distincte</emph>
                  de sa forme naturelle, qui est la forme valeur d’échange,
                  </p>
                </quote>
                <bibl><title>Capital</title> I, 1983, p. 69. C’est Marx qui souligne.</bibl>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    When, at the beginning of this chapter, we said, in common parlance, that
                    a commodity is both a use-value and an exchange-value, we were, precisely
                    speaking, wrong. A commodity is a use-value or object of utility, and a
                    “value”. It manifests itself as this twofold thing which it is, as soon
                    as <emph>its value</emph> assumes an independent <emph>form of expression
                    distinct</emph> from its natural form — the form of <emph>exchange-value</emph>,
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="firstalinea">
                etc. Ich teile also
                nicht <emph>den</emph> Wert in Gebrauchswert und Tauschwert als Gegensätze,
                worin sich das Abstrakte, „der Wert“, spaltet, sondern die <emph>konkrete
                gesellschaftliche Gestalt</emph> des Arbeitsprodukts; „<emph>Ware</emph>“ ist
                einerseits Gebrauchswert und andrerseits „Wert“, nicht Tauschwert, da die
                bloße Erscheinungsform nicht ihr eigner <emph>Inhalt</emph> ist.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                etc. Je ne divise donc pas la valeur en valeur d’usage et valeur d’échange, comme
                termes opposés, dans lesquels l’abstrait, la « valeur »se scinderait, mais : je
                dis que <emph>la forme sociale concrète</emph> du produit du travail, la
                « <emph>marchandise</emph> » est, d’une part, valeur d’usage, et, d’autre part,
                « valeur », non valeur d’échange, car cette dernière n’est qu’une <emph>forme</emph>
                phénoménale, et non le propre <emph>contenu</emph> de la marchandise.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                etc. Thus I do not divide <emph>value</emph> into use-value and exchange-value as
                opposites into which the abstraction “value” splits up, but the <emph>concrete
                social form</emph> of the product of labour, the “<emph>commodity</emph>,” is
                on the one hand, use-value and on the other, “value,” not exchange value,
                since the mere <emph>form</emph> of expression is not its own <emph>content</emph>.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Zweitens: Nur ein vir obscurus, der kein Wort des „Kapitals“ verstanden hat,
                kann schließen : Weil Marx in einer Note zur ersten Ausgabe des „Kapitals“
                allen deutschen Professoralkohl über „Gebrauchswert“ im allgemeinen verwirft
                und Leser, die etwas über wirkliche Gebrauchswerte wissen wollen, auf
                „Anleitungen zur Warenkunde“ verweist,—daher spielt der <emph>Gebrauchswert</emph>
                bei ihm keine Rolle. Er spielt natürlich nicht die Rolle seines Gegenteils,
                des „Wertes“, der nichts mit ihm gemein hat, als daß „Wert“ im Namen
                „Gebrauchswert“ vorkommt. Er hätte ebensogut sagen können, daß der „Tauschwert“
                bei mir beiseite gesetzt wird, weil er nur Erscheinungsform des Wertes, aber
                nicht der „Wert“ ist, da für mich der „Wert“ einer Ware weder ihr Gebrauchswert
                ist, noch ihr Tauschwert.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Deuxièmement : seul un <foreign xml:lang="latin">vir obscurus</foreign> qui n’a
                pas compris un traître mot au <title>Capital</title> peut conclure que : parce que
                Marx, dans une note de la première édition du <title>Capital</title> rejette en
                général tout le galimatias professoral allemand sur la « valeur d’usage » et
                réfère les lecteurs qui veulent savoir quelque chose des vraies valeurs d’usage
                aux guides « de la science et de la routine commerciales » [<title>Cap.</title> I,
                1983, p. 40, « connaissance des produits »], la <emph>valeur d’usage</emph> ne
                joue aucun rôle chez lui. Elle ne joue naturellement pas le rôle de son contraire,
                la « valeur », qui n’a rien de commun avec elle, si ce n’est que le mot « valeur »
                se retrouve dans l’expression « valeur d’usage ». Il eût aussi bien pu dire que la
                « valeur d’échange » est écartée par moi, parce qu’elle n’est que forme d’apparition
                de la valeur mais non la « valeur », puisque, chez moi, la « valeur » d’une
                marchandise n’est ni sa valeur d’usage ni sa valeur d’échange.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                Second : only a <foreign xml:lang="latin">vir obscurus</foreign> who has not
                understood a word of <title>Capital</title> can conclude : Because Marx in a
                note in the first edition of <title>Capital</title> rejects all the German
                professorial twaddle about “use-value” in general, and refers readers who want
                to know something about real use-values to “manuals dealing with merchandise”
                — for this reason <emph>use-value</emph> plays no part in his work. Naturally
                it does not play the part of its opposite, of “value,” which has nothing in
                common with it, except that “value” occurs in the term “use-value.” He might
                just as well have said that “exchange-value” is discarded by me because it is
                only the form of expression of value, and not “value” itself, since for me the
                “value” of a commodity is neither its use-value nor its exchange value.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Wenn man die „Ware“ — das einfachste ökonomische Konkretum — zu analysieren
                hat, hat man alle Beziehungen fernzuhalten, die mit dem vorliegenden Objekt
                der Analyse nichts zu schaffen haben. Was aber von der Ware, soweit sie
                Gebrauchswert, zu sagen ist, habe ich daher in wenigen Zeilen gesagt,
                andrerseits aber die <emph>charakteristische Form</emph> hervorgehoben, in
                der hier der Gebrauchswert — das Arbeitsprodukt — erscheint ; nämlich :
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Lorsqu’il s’agit d’analyser la « marchandise » — la donnée concrète économique la
                plus simple — il faut écarter tous les rapports qui n’ont rien à faire avec l’objet
                présent de l’analyse. Ce qu’il y a à dire de la marchandise, en tant qu’elle est
                valeur d’usage, je ne l’ai donc dit qu’en quelques lignes, mais j’ai mis en
                lumière d’autre part, la <emph>forme caractéristique</emph> sous laquelle paraît
                ici la valeur d’usage — le produit du travail. Voici ce que j’ai dit :
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                When one comes to analyse the “commodity” — the simplest concrete element of
                economics — one must exclude all relations which have nothing to do with the
                particular object of the analysis. Therefore I have said in a few lines what
                there is to say about the commodity in so far as it is a use-value, but on
                the other hand I have emphasised the <emph>characteristic form</emph> in which
                use-value — the product of labour — appears here, that is :
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <pb n="370"/>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Ein Ding [In der Handschrift : Produk] kann nützlich und Produkt menschlicher
                    Arbeit sein, ohne Ware zu sein. Wer durch sein Produkt sein eignes Bedürfnis
                    befriedigt, schafft zwar Gebrauchswert, aber nicht Ware. Um Ware zu
                    produzieren, <emph>muß er nicht nur Gebrauchswert produzieren</emph>, sondern
                    <emph>Gebrauchswert für andre, gesellschaftlichen Gebrauchswert</emph>
                     ([<title>Kap. I</title>, 1872,] p. 15).
                   </p>
                </quote>
                <bibl>Vgl. MEW Band 23, S. 55.</bibl>
              </cit>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Une chose peut être utile et être le produit du travail humain, sans être une
                    marchandise. Celui qui satisfait son besoin par le produit de son travail crée
                    certes de la valeur d’usage, mais pas de la marchandise. Pour produire de
                    la marchandise, <emph>il faut non seulement qu’il produise de la valeur
                    d’usage</emph>, mais <emph>que ce soit de la valeur d’usage pour d’autres,
                    de la valeur d’usage sociale</emph> ([<title>Kap. I</title>, 1872,] p. 15).
                  </p>
                </quote>
                <bibl><title>Capital</title> I, 1983, p. 46. C’est Marx qui souligne.</bibl>
              </cit>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    A thing can be useful, and the product of human labour, without being a
                    commodity. Whoever satisfies his own needs with the produce of his labour,
                    creates, indeed, use-values but not commodities. In order to produce commodities,
                    <emph>he must not only produce use-values, but use-values for others, social
                    use-values</emph> ([<title>Kap.</title> I, Hamburg, 1872,] p. 15).
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                {Dies die Wurzel des Rodbertusschen „<emph>gesellschaftlichen Gebrauchswerts</emph>“.}
                Damit besitzt der Gebrauchswert — als Gebrauchswert der „Ware“ — selbst einen
                historisch-spezifischen Charakter. Im primitiven Gemeinwesen, worin z.B. die
                Lebensmittel gemeinschaftlich produziert und verteilt werden unter den
                Gemeindegenossen, befriedigt das gemeinsame Produkt direkt die Lebensbedürfnisse
                jedes Gemeindegenossen, jedes Produzenten, der gesellschaftliche Charakter
                des Produkts, des Gebrauchswerts, liegt hier in <emph>seinem (gemeinsamen)
                gemeinschaftlichen Charakter</emph>.  {Herr Rodbertus dahingegen verwandelt
                den „gesellschaftlichen Gebrauchswert“ der Ware in den „gesellschaftlichen
                Gebrauchswert“ schlechthin, faselt daher.}
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                (C’est là la source de « <emph>la valeur d’usage sociale</emph> » chez Rodbertus.)
                Par là, la valeur d’usage elle-même — en tant que valeur d’usage de la
                «marchandise » — a un caractère historique et spécifique. Dans les communautés
                primitives, où par exemple les moyens de subsistance sont produits en commun et
                répartis entre les membres de la communauté, le produit collectif satisfait
                directement les besoins d’existence de chacun d’eux, de chaque producteur. Le
                caractère social du produit, de la valeur d’usage se trouve ici <emph>dans ce
                qu’il représente de commun à tous</emph>. (M. Rodbertus, par contre, transforme
                la « valeur d’usage sociale » de la <emph>marchandise</emph> en « valeur d’usage
                sociale » en soi, autrement dit, il radote.)
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                {This the root of <pb n="546"/>Rodbertus’ “<emph>social use-value</emph>.”}
                Consequently use-value — as the use-value of a “commodity” — itself possesses a
                specific historical character. In primitive communities in which, e.g., means of
                livelihood are produced communally and distributed amongst the members of the
                community, the common product directly satisfies the vital needs of each community
                member, of each producer ; the social character of the product, of the use-value,
                here lies in <emph>its (common) communal character</emph>. {Mr. Rodbertus on the
                other hand transforms the “social use-value” of the <emph>commodity</emph> into
                “social use-value” pure and simple, and is hence talking nonsense.}
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Es wäre also, wie aus dem obigen hervorgeht, reine Faselei, bei Analyse der
                Ware — weil sie sich einerseits als Gebrauchswert oder Gut, andrerseits als
                „Wert“ darstellt — nun bei dieser Gelegenheit allerlei banale Reflexionen
                über Gebrauchswerte oder Güter „anzuknüpfen“, die nicht in den Bereich der
                Warenwelt fallen, wie „Staatsgüter“, „Gemeindegüter“ etc., wie es Wagner und
                der deutsche Professor in general tut, oder über das Gut „Gesundheit“ etc. Wo
                der Staat selbst kapitalistischer Produzent, wie bei Exploitation von Minen,
                Waldungen etc., ist sein Produkt „Ware“ und besitzt daher den spezifischen
                Charakter jeder andren Ware.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Ce serait donc, comme il ressort de ce qui précède, du pur radotage si, en
                analysant la marchandise — vu qu’elle se présente d’une part comme valeur d’usage
                ou comme bien, et de l’autre, comme « valeur » —, on profitait de l’occasion pour
                « raccrocher » toutes sortes de réflexions banales sur les valeurs d’usage ou biens,
                qui ne tombent pas dans le domaine du monde des valeurs, comme « biens d’État »,
                « biens des communes », etc., ainsi que le font Wagner et <foreign xml:lang="en">in general</foreign> le professeur allemand, ou sur le bien « santé », etc.
                Là où l’État lui-même est producteur capitaliste, comme dans l’exploitation des
                mines, des forêts, etc., son produit est une « marchandise », et possède en
                conséquence le caractère spécifique de toute autre marchandise.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                As may be seen from the above, it would be sheer nonsense, in an analysis of
                the commodity — since it presents itself on the one hand as a use-value or
                goods, on the other hand as value” — to “tie up” at this juncture all sorts
                of banal reflexions about use-values or goods which do not enter into the
                world of commodities, such as “state goods”, “communal goods”, etc. as Wagner
                and the German professor <hi rend="petitescapitales">in general</hi> does, or
                about goods like “health”, etc. Where the state is itself a capitalist producer,
                as in the exploitation of mines, forests, etc., its product is a “commodity”
                and hence possesses the specific character of every other commodity.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Andrerseits hat der vir obscurus übersehn, daß schon in der Analyse der Ware
                bei mir nicht stehngeblieben wird bei der Doppelweise, worin sie sich darstellt,
                sondern gleich weiter dazu fortgegangen wird, daß in diesem Doppelsein der Ware
                sich darstellt zwiefacher <emph>Charakter</emph> der <emph>Arbeit</emph>, deren
                Produkt sie ist: der <emph>nützlichen</emph> Arbeit, i.e. den konkreten Modi
                der Arbeiten, die Gebrauchswerte schaffen, und der abstrakten <emph>Arbeit</emph>,
                der <emph>Arbeit als Verausgabung der Arbeitskraft</emph>, gleichgültig in
                welcher „nützlichen“ Weise sie verausgabt werde (worauf später die Darstellung
                des Produktionsprozesses beruht) ; daß in der Entwicklung der <emph>Wertform
                der Ware</emph>, in letzter Instanz ihrer Geldform, also des <emph>Geldes</emph>,
                der <emph>Wert</emph> einer Ware sich darstellt im Gebrauchswert der andern,
                d.h. in der Naturalform der andern Ware; daß der <emph>Mehrwert</emph> selbst
                abgeleitet wird aus einem „spezifischen“ und ihr exklusive zukommenden
                <emph>Gebrauchswert der Arbeitskraft</emph> etc. etc., <pb n="371"/>daß also
                bei mir der Gebrauchswert eine ganz anders wichtige Rolle spielt als in der
                bisherigen Ökonomie, daß er aber notabene immer nur in Betracht kommt, wo
                solche Betrachtung aus der Analyse gegebner ökonomischer Gestaltungen entspringt,
                nicht aus Hin- und Herräsonieren über die Begriffe oder Worte „Gebrauchswert“
                und „Wert“.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                D’autre part, le <foreign xml:lang="latin">vir obscurus</foreign> n’a pas vu <hi rend="gras">que</hi> déjà dans l’analyse de la marchandise, on n’en reste pas chez
                moi aux deux formes sous lesquelles elle se présente, mais qu’on continue
                immédiatement, en disant : que dans cette dualité de la marchandise se reflète le
                <emph>caractère double du travail</emph>, dont elle est le produit, à savoir : le
                <emph>travail utile</emph> <foreign xml:lang="latin">i. e.</foreign> les modes
                concrets des travaux qui créent des valeurs d’usage, et le <emph>travail
                abstrait</emph>, le <emph>travail comme dépense de la force de travail</emph>, peu
                importe de quelle façon « utile », elle est dépensée (c’est sur quoi repose plus
                tard l’exposé du procès de production) ; <hi rend="gras">ensuite, que</hi> dans le
                développement de la <emph>forme-valeur de la marchandise</emph>, et en dernière
                instance, de sa forme-argent, donc de l’<emph>argent</emph>, la <emph>valeur</emph>
                d’une marchandise s’exprime dans la valeur d’usage de l’autre marchandise,
                c’est-à-dire dans la forme naturelle de l’autre marchandise ; <hi rend="gras">enfin,
                que</hi> la plus-value elle-même se déduit d’une valeur d’usage de la force de
                travail, qui lui est « spécifique » et lui appartient en propre, etc., etc. ; <hi rend="gras">et que</hi>, par conséquent, chez moi la valeur d’usage joue un rôle
                tout autrement important que dans l’ancienne économie, mais qu’elle n’est jamais,
                <foreign xml:lang="latin">nota bene</foreign>, prise en considération que là où
                une telle considération ressort de l’analyse d’une formation économique donnée,
                et non pas d’une ratiocination sur le terme ou les notions « valeur d’usage » et
                « valeur ».
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                On the other hand the <foreign xml:lang="latin">vir obscurus</foreign> has
                overlooked the fact that even in my analysis of the commodity I do not come
                to a halt with its dual way of presenting itself, but immediately proceed to
                show that in this duality of the commodity there presents itself the dual
                <emph>character</emph> of the <emph>labour</emph> whose product it is : of
                <emph>useful</emph> labour, i.e. the concrete modes of the labours which
                create use-values, and of abstract <emph>labour</emph>, of <emph>labour as
                expenditure of labour power</emph>, regardless of the “useful” way in which
                it is expended (on which the presentation of the production process later
                depends) ; that in the development of the <emph>value form of the
                commodity</emph>, in the final instance its money form, and thus of
                <emph>money</emph>, the <emph>value</emph> of a commodity presents itself in
                the <emph>use-value</emph> of the other commodity, i.e. in its natural form ;
                that <emph>surplus-value</emph> itself is derived from a “specific” use-value
                of labour power belonging to it exclusively, etc., etc., that, in other words,
                for me use-value plays an important part quite different from its part in
                economics hitherto, but <foreign xml:lang="latin">note bene</foreign> it
                still only comes under consideration when such a consideration stems from the
                analysis with regard to economic formations, not from arguing hither and thither
                about the concepts or words “use-value” and “value.”
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Deswegen werden bei Analyse der Ware auch nicht bei Gelegenheit ihres
                „Gebrauchswerts“ sofort Definitionen des „Kapitals“ angeknüpft, die ja reiner
                Unsinn sein müssen, solange wir erst bei Analyse der Elemente der Ware stehn.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                C’est pourquoi, dans l’analyse de la marchandise, même pas à l’occasion de [à
                propos de, D. M.] sa « valeur d’usage », on ne trouve rattachées immédiatement des
                définitions du « capital », vu qu’elles seraient un non-sens, tant que nous n’en
                sommes encore qu’à l’analyse des éléments de la marchandise.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                For this reason when analysing the commodity I do not immediately drag in
                definitions of “capital,” not even when <pb n="547"/>dealing with the “use-value”
                of the commodity. Such definitions are bound to be sheer nonsense as long as we
                have advanced no further than the analysis of the elements of the commodity.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <bibl><title>MEW</title>, vol. 19, p. 368-371.</bibl>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <bibl>Bureau d’éditions, p. 268-271. Éditions sociales, p. 246-248.</bibl>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <bibl>

              </bibl>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <bibl>
                MECW 24, p. 544-547<note xml:id="NotescritEcopolWagner-not6" n="6" place="bottom">
                  Dans <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1881/01/wagner.htm">la version de
                  Marxists Internet Archive</ref>, on a la variante <foreign xml:lang="en">form of
                  appearance</foreign>, au lieu de <foreign xml:lang="en">form of expression</foreign>
                  et au début une phrase légèrement différente, dans la même direction. On peut
                  discuter de savoir laquelle d’<foreign xml:lang="en">appearance</foreign> ou
                  <foreign xml:lang="en">expression</foreign> est plus proche de l’allemand. En
                  français, on a adopté « expression ». Le <ref target="../manuel/manuel.html">Manuel
                  d’économie politique</ref> dit « forme de manifestation ». J’ai par ailleurs corrigé
                  <foreign xml:lang="en">[directly] satisfies his needs with the produce of his own
                  labour</foreign> en <foreign xml:lang="en">satisfies his own needs with the produce
                  of his labour</foreign> que je trouvais plus simple et plus conforme à l’original.
                </note>.
              </bibl>
            </cell>
          </row>
        </table>


        <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

        <p xml:id="NotescritEcopolWagner-histoire"><label rend="invisible">Marx, Notes critiques (1881) sur le Lehrbuch… d’Adolph Wagner</label>
          <index>
            <term>travail social, valeur, valeur d’usage, dans l’histoire</term>
          </index>
          <index><term>valeur, valeur d’usage, travail social, dans l’histoire</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          En tant que travail social, la valeur est présente dans toute société. Au contraire les
          valeurs d’échange des marchandises sont propres aux sociétés marchandes. La forme valeur
          d’échange n’est qu’un moment limité de la valeur dans l’histoire. (Chose que Rodbertus ne
          peut comprendre puisqu’il confond valeur et valeur d’échange.) Cela me semble permettre de
          continuer à parler de valeur dans une société socialiste avancée où il n’y aurait plus de
          marchandises échangées, donc plus de valeur d’échange.
        </p>

        <table rend="citquote" cols="3">
          <row>
            <cell xml:lang="de" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                Was aber im düstern Hintergrund der gespreizten Phrasen liegt, ist einfach die
                unsterbliche Entdeckung, daß der Mensch in allen Zuständen essen, trinken etc. muß
                {man kann nicht einmal fortfahren : sich kleiden oder Messer und Gabel oder Betten
                und Wohnungen haben, da dies nicht <emph>unter allen Zuständen</emph> der Fall} ;
                kurz, daß er in allen Zuständen äußere Dinge zur Befriedigung seiner Bedürfnisse
                fertig in der Natur vorfinden und ihrer sich bemächtigen oder sich aus
                Naturvorgefundenem bereiten muß ; in diesem seinen tatsächlichen Verfahren verhält
                er sich also faktisch stets zu gewissen äußeren Dingen als „Gebrauchswerten“,
                d.h. er behandelt sie stets als Gegenstände für seinen Gebrauch; daher ist der
                Gebrauchswert nach Rodbertus ein „logischer“ Begriff; also, da der Mensch auch
                atmen muß, so ist „Atem“ ein „logischer“ Begriff, aber beileibe nicht ein
                „physiologischer“.  Die ganze Flachheit des Rodbertus’ tritt aber in seinem
                Gegensatz von „logischem“ und „historischem“ Begriff hervor ! Er faßt den „Wert“
                (den ökonomischen, im Gegensatz zum Gebrauchswert der Ware) nur in seiner
                Erscheinungsform, dem <emph>Tauschwert</emph>, und da dieser nur auftritt, wo
                wenigstens irgendein Teil der Arbeitsprodukte, die Gebrauchsgegenstände, als
                „<emph>Waren</emph>“ funktionieren, dies aber nicht von Anfang an, sondern erst
                in einer gewissen gesellschaftlichen Entwicklungsperiode, also auf einer
                bestimmten Stufe historischer Entwicklung geschieht, so ist der <emph>Tauschwert</emph>
                ein „historischer“ Begriff. Hätte R[odbertus] nun — ich werde weiter unten sagen,
                warum er es nicht gesehn hat — weiter den Tauschwert der Waren analysiert — denn
                dieser existiert bloß, wo <emph>Ware</emph> im Plural vorkommt, verschiedne
                Warensorten —, so fand er den „Wert“ hinter dieser Erscheinungsform. Hätte er
                weiter den Wert untersucht, so hätte er weiter gefunden, daß hierin das Ding, der
                „Gebrauchswert“, als bloße Vergegenständlichung menschlicher Arbeit, als
                Verausgabung gleicher menschlicher Arbeitskraft, gilt und daher dieser Inhalt als
                <emph>gegenständlicher</emph> Charakter der Sache dargestellt ist, als [Charakter],
                der <emph>ihr selbst</emph> sachlich zukommt, obgleich diese Gegenständlichkeit in
                ihrer Naturalform <emph>nicht</emph> erscheint {was aber eine besondre Wertform
                nötig macht}.  Er würde also gefunden haben, daß der „Wert“ der Ware nur in einer
                historisch entwickelten Form ausdrückt, was in allen andern historischen
                Gesellschaftsformen ebenfalls existiert, wenn auch <emph>in andrer Form, nämlich
                gesellschaftlicher Charakter der Arbeit</emph>, sofern sie als <emph>Verausgabung
                „gesellschaftlicher“ Arbeitskraft</emph> existiert. Ist „der Wert“ der Ware so nur
                eine bestimmte historische Form von etwas, was in allen <pb n="376"/>Gesellschaftsformen existiert, so aber auch der „gesellschaftliche
                Gebrauchswert“, wie er den „Gebrauchswert“ der Ware charakterisiert. Herr
                Rodbertus hat das Maß der Wertgröße von Ricardo; aber ebensowenig wie Ricardo die
                Substanz des Werts selbst erforscht oder begriffen; z.B. der „<emph>gemeinsame</emph>“
                Charakter des [Arbeitsprozesses] im primitiven Gemeinwesen als Gemeinorganismus der
                zusammengehörigen Arbeitskräfte und daher der <emph>ihrer Arbeit</emph>, i.e. der
                Verausgabung dieser Kräfte.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                Mais à l’arrière-fond ténébreux de ces phrases ampoulées, il n’y a en somme que
                l’immortelle découverte que l’homme en toutes circonstances, doit manger, boire,
                etc. (on ne peut pas même poursuivre en disant s’habiller, avoir couteau et
                fourchette, lits et habitations, puisque ce n’est pas le cas <emph>en toutes
                circonstances</emph>), bref, qu’en toutes circonstances, il doit, pour contenter
                ses besoins, trouver des choses extérieures toutes prêtes dans la nature et s’en
                emparer ou les préparer avec ce qu’il a trouvé dans la nature ; dans cette manière
                à lui de procéder, il se comporte donc toujours de fait vis-à-vis de certaines
                choses extérieures, comme vis-à-vis de « valeurs d’usage », c’est-à-dire qu’il les
                traite comme des objets à son usage. C’est pourquoi la valeur d’usage est, d’après
                Rodbertus, une notion « logique » ; donc, comme l’homme doit aussi respirer,
                « respirer » serait une notion « logique », mais jamais de la vie une notion
                « physiologique ». Mais toute la platitude de Rodbertus se manifeste dans
                l’opposition qu’il fait entre notion « logique » et notion « historique » ! Ce n’est
                que sous sa forme phénoménale, la <emph>valeur d’échange</emph> qu’il conçoit la
                « valeur » (la valeur économique opposée à la valeur usuelle de la marchandise) et
                comme la valeur d’échange n’apparaît que là où au moins une partie quelconque des
                produits du travail, des objets d’usage, fonctionne comme « marchandises », fait
                qui toutefois ne se produit pas dès le début, mais seulement à une certaine période
                de l’évolution sociale, donc à une certaine étape de l’évolution historique, la
                <emph>valeur d’échange</emph> est censée être une notion « <emph>historique</emph> ».
                Or si Rodbertus — je dirai plus loin pourquoi il ne l’a pas vu — avait poussé plus
                à fond l’analyse de la valeur d’échange des marchandises, — car cette valeur
                n’existe que là où « marchandises » peut se dire au pluriel, où il y a différentes
                espèces de marchandises —, il eût trouvé sous ces formes phénoménales la « valeur ».
                S’il avait continué son analyse de la valeur, il eût trouvé encore que la chose,
                la « valeur d’usage » ne vaut ici que comme <emph>réalisation</emph> de travail
                humain, comme <emph>dépense d’une égale force de travail humain</emph>, et qu’ainsi
                ce contenu est représenté comme caractère <emph>réel</emph> de la <emph>chose</emph>,
                comme [caractère] qui lui revient objectivement, bien que cette objectivité [du
                travail humain abstrait. (N. R.)] n’apparaisse pas dans sa [de la marchandise] forme
                naturelle (ce qui précisément nécessite une forme-valeur spéciale). Il aurait donc
                trouvé que la « valeur » de la marchandise ne fait qu’exprimer, dans une forme qui
                s’est développée au cours de l’évolution historique, ce qui se trouve déjà dans
                toutes les autres formes sociales que nous montre l’histoire, bien que sous une
                <emph>autre forme, c’est-à-dire sous la forme du travail dans son caractère
                social</emph>, en tant que le travail se présente comme <emph>dépense de force de
                travail sociale</emph>. Si la « valeur » de la marchandise n’est donc qu’une forme
                définie, une forme historique, quelque chose qui existe dans toutes les formes de
                société, il en est de même pour la « valeur d’usage sociale », comme il définit la
                « valeur usuelle » de la marchandise. M. Rodbertus a emprunté à Ricardo la mesure
                de la quantité de la valeur : mais ce qu’il n’a pas plus analysé ou compris
                que Ricardo, c’est la substance même de la valeur : par exemple le caractère
                « <emph>commun</emph> » du procès du travail dans la société primitive, qui
                fonctionne comme organisme d’ensemble des forces de travail solidaires, et par
                conséquent le [caractère « commun »] de leur <emph>travail</emph>, c’est-à-dire de
                la dépense de ces forces.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en" rend="tierslargeur">
              <p rend="alinea">
                But what lurks in the gloomy background to these high-flown phrases is simply
                the immortal discovery that in all circumstances man must eat, drink, etc. {one
                cannot even continue: “clothe himself, or have a knife and fork or bed and
                dwelling,” as this is not the case <emph>in all circumstances</emph>} ; in short,
                that in all circumstances he must find external things already available in
                nature to satisfy his needs and appropriate them or fashion them out of what
                nature provides ; in this actual procedure of his he thus always relates
                practically to certain external things as “use-values,” i.e. he always treats
                them as objects for his use ; hence according to Rodbertus use-value is a
                “logical” concept ; thus, since man must also breathe, “breathing” is a “logical”
                concept, but not a “physiological” one at all. The entire shallowness of Rodbertus,
                however, emerges in his contrast between “logical” and “historical” concepts !
                He grasps “value” (the economic value, in contrast to the use-value of the
                commodity) only in its form of appearance, in <emph>exchange-value</emph>, and
                since this only occurs when at least some part of the products of labour, the
                objects of utility, function as “<emph>commodities</emph>” — this not, however,
                happening from the outset, but only at a certain period of social development,
                in other words, at a definite stage of historical development —, then
                <emph>exchange-value</emph> is a “historical” concept. Now if Rodbertus — and I
                will point out later why he did not see it — had gone on to analyse the
                exchange-value of commodities — for it only exists where <emph>commodity</emph>
                occurs in the plural, different sorts of commodities —, then he would have found
                “value” behind this form of appearance. If he had further gone on to investigate
                value, he would have further found that here the thing, the “use-value,” amounts
                to a mere <emph>concretisation</emph> of human labour, as the <emph>expenditure
                of equal human labour-power</emph>, and therefore this content is presented as
                the concrete <emph>character</emph> of the <emph>thing</emph>, as a character
                appertaining essentially to <emph>the thing itself</emph>, although this
                objectivity does <emph>not</emph> appear in its natural form {which, however,
                necessitates a special <emph>form of value</emph>}.  He would have found, then,
                that the “value” of the commodity merely expresses in a historically developed
                form something which also exists in all other historical forms of society, albeit
                <emph>in a different form, namely the social character of labour</emph>, insofar
                as it exists as <emph>expenditure of “social” labour-power</emph>. If, then,
                “the value” of the commodity is merely a <pb n="552"/>particular historical form
                of something which exists in all forms of society, the same must be true of the
                “social use-value,” as it characterises the “use-value” of the commodity.
                Mr. Rodbertus has the measure of the magnitude of value from Ricardo ; but he
                himself has neither examined nor grasped the substance of value any more than
                Ricardo did ; e.g. the “<emph>communal</emph>” character of the [labour process]
                in the primitive community as the common organism of the labour-powers belonging
                together, and hence that of <emph>their labour</emph>, i.e. the expenditure of
                these powers.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <p rend="alinea">
                Weiteres über den Kohl Wagners bei dieser Gelegenheit überflüssig.
              </p>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">
                Il est superflu d’en dire plus long à cette occasion [à ce sujet : la valeur, D. M.]
                sur le galimatias de Wagner.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <p rend="alinea">
                Further treatment of Wagner’s twaddle on this issue superfluous.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <bibl><title>MEW</title> 19, p. 375-376.</bibl>
            </cell>
            <cell xml:lang="fr">
              <bibl>Bureau d’éditions, p. 274-275. Éditions sociales, p. 251-253.</bibl>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <bibl>

              </bibl>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <bibl>
                <bibl><title>MECW</title> 24, p. 551-552.</bibl>
              </bibl>
            </cell>
          </row>
        </table>

        <p rend="invisible">
          Mots-clefs :
          <index>
            <term>procès de production, comme métabolisme entre homme et nature</term>
          </index>❦ procès de production, comme métabolisme entre homme et nature
          <index><term>nature, procès de production, comme métabolisme entre homme et —</term></index>
          <index><term>métabolisme entre homme et nature, procès de production</term></index>
          <index><term>Produktionsprozeß, als Stoffwechsel zwischen Mensch und Natur</term></index>
          <index><term>Natur, Produktionsprozeß, als Stoffwechsel zwischen Mensch und —</term></index>
          <index><term>Stoffwechsel zwischen Mensch und Natur, Produktionsprozeß</term></index>
          <index><term>process of production, exchange of matter between man and nature</term></index>
          <index><term>nature, process of production, exchange of matter between man and —</term></index>
          <index><term>exchange of matter between man and nature, process of production</term></index>
          <index><term>metabolism, process of production</term></index>
        </p>
        <p rend="alinea">
          Marx rappelle ici en passant que le procès de production est un rapport de l’homme à la
          nature.
        </p>
        <table rend="citquote" cols="2">
          <row>
            <cell xml:lang="de" rend="milargeur">
              <p rend="alinea">
                Aus <emph>p. 82</emph>: wo der „<emph>Wechsel in den (naturalen) Bestandteilen
                der Gütermasse</emph>“ {einer Wirtschaft, alias bei Wagner getauft
                „<emph>Güterwechsel</emph>“ für Schäffles „<emph>sozialen Stoffwechsel</emph>“
                erklärt wird — wenigstens ein Fall dessel ben; ich habe das Wort aber auch
                beim „naturalen“ Produktionsprozeß angewandt als Stoffwechsel zwischen Mensch
                und Natur} von mir <emph>entlehnt</emph> ist, wo der Stoffwechsel zuerst
                auftritt in Analyse von W — G — W und Interruptionen des Formwechsels, später
                auch als Interruptionen des Stoffwechsels bezeichnet werden.
              </p>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="fr">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <p rend="alinea">

              </p>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en" rend="milargeur">
              <p rend="alinea">
                From <emph>p. 82</emph> : where the “<emph>exchange in the (natural) constituents
                of the mass of goods</emph>” {of an economy, alias dubbed “<emph>exchange of
                goods</emph>” by Wagner, is declared to be Schäffle’s “<emph>social exchange of
                matter</emph>” — at least, one case of it ; but I also used the word in the
                “natural” process of production for the exchange of matter between man and
                nature} has been borrowed from me, where exchange of matter first occurs in the
                analysis of C — M — C and interruptions in the exchange of form, later also
                termed interruptions in the exchange of matter.
              </p>
            </cell>
          </row>
          <row>
            <cell xml:lang="de">
              <bibl><title>MEW</title>, band. 19, p. 377.</bibl>
            </cell>
            <!-- <cell xml:lang="fr">
              <bibl>

              </bibl>
            </cell> -->
            <!-- <cell xml:lang="nl">
              <bibl>

              </bibl>
            </cell> -->
            <cell xml:lang="en">
              <bibl><title>MECW</title>, vol. 24, p. 553.</bibl>
            </cell>
          </row>
        </table>
      </div>
        <div xml:id="Marxethno" type="level2_document">
      <!-- début de fichier inclus Marxethno.xml -->
        <head>
          Marx, ethnological notes (1880-1882)
        </head>
        <bibl rend="publie">
          <title>The Ethnological Notebooks of Karl Marx</title>,
          (Studies of Morgan, Phear, Maine, Lubbock)
          transcribed and edited, with an introduction
          by
          Lawrence Krader,
          Van Gorcum, Assen, 1972.
        </bibl>
        <bibl rend="publie">
          Second edition, 1974,
          ISBN : <idno type="ISBN">90-232-0924-9</idno>,
          <hi rend="petitescapitales">x</hi> + 454 pages.
        </bibl>
        <p rend="alineasep">
          Le sous-titre entre parenthèses du travail de Lawrence Krader indique une sélection.
          Dans « Marx’s Late Writings on Non-Western and Precapitalist Societies »
          (<ref target="../../biblio/Anderson2002.html">Anderson 2002</ref>),
          Anderson donne <ref target="https://kevin-anderson.com/wp-content/uploads/docs/anderson-article-marx-late-writings.pdf#page=8">p. 91 le contenu projeté du volume IV/27 de la MEGA</ref>
          sur les travaux de Marx en 1879-1882,
          où l'on voit que beaucoup est encore inédit.
        </p>
      </div><!-- fin de fichier inclus Marxethno.xml -->
        <div xml:id="FamilleProprieteEtat" type="level1_livre">
        <!-- Début de fichier inclus FamilleProprieteEtat.xml -->
          <head>
            L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État (1884)
          </head>

          <bibl>
            Friedrich Engels,
            <title>Der Ursprung der Familie, des Privateigentums und des Staats</title>,
            Zürich, 1884.
            Deuxième et troisième éditions, inchangées, Stuttgart 1886 et 1889.
            Quatrième édition Stuttgart, 1892.
            Quatrième édition Stuttgart, 1892,
            avec une nouvelle préface (Londres, 16 juin 1891).
            MEW 21:25-173.
          </bibl>

          <bibl xml:id="Origine1952">
            <title>L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État</title>.
            En ligne : <ptr target="https://classiques.uqam.ca/classiques/Engels_friedrich/Origine_famille/Origine_famille.html"/>,
            traduction française de 1952.
          </bibl>

          <bibl xml:id="Origine1975">
            <title>L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État</title>.
            En ligne : <ptr target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000.htm"/>,
            à partir des Éditions sociales, 1975
            (nouvelle édition revue et corrigée, 394 pages, traduction de Jeanne Stern).
          </bibl>

          <bibl xml:id="Origine1976">
            <title>L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État</title>,
            <title>À propos des recherches de L. H. Morgan</title>.
            Traduit par les Éditions du Progrès à Moscou, 1976.
            En ligne : <ptr target="https://classiques.uqam.ca/classiques/Engels_friedrich/Origine_famille_moscou/Origine_famille_m.html"/>
          </bibl>

          <bibl xml:id="Origine1983">
            <title>L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État</title>,
            Messidor/Éditions sociales, 1983
            (traduction de Jeanne Stern revue par Claude Mainfroy,
            avec une introduction de Pierre Bonte et Claude Mainfroy).
          </bibl>

          <bibl>
            <title>
              The Origin of the Family, Private Property and the State
              <lb/>
              in the Light of the Researches by Lewis H. Morgan
            </title>.
            <lb/>
            (First English translation 1892.)
            Online <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1884/origin-family/index.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1884/origin-family/index.htm</ref>.
            MECW 26:129.
          </bibl>

          <bibl xml:id="Origin1972">
            <title>
              The Origin of the Family, Private Property and the State
              <lb/>
              in the Light of the Researches by Lewis H. Morgan
            </title>,
            <lb/>
            by Frederick Engels, with an Introduction and Notes by Eleanor Burke Leacock.
            International Publishers Co., Inc. 1972.
            (Traduction de 1942, revue à la lumière du texte allemand des MEW 21.)
            Suivi de « The Part Played by Labor in the Transition From Ape to Man »
            (avec aussi une introduction d’Eleanor Burke Leacock à ce texte).
          </bibl>

          <p rend="alineasep">
            <index><term>Christophe Darmangeat</term></index> <index><term>Darmangeat, Christophe</term></index>
            Cet intéressant travail d’Engels est dépassé sur beaucoup de points.
            Voir différents textes de <ref target="../../biblio/ChristopheDarmangeat.html">Christophe Darmangeat</ref>.
            Mais comme Christophe Darmangeat lui-même le souligne,
            le livre d’Engels reste intéressant sur beaucoup d’autres points.
            Voir aussi <ref target="../../biblio/Picq2020.html">Picq 2020</ref>.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Différentes anthropologues féministes,
            dont <ref target="../../biblio/Leacock1972.html">Eleanor Burke Leacock
            dans son « Introduction » à l’édition de 1972 en anglais</ref>, ont souligné l’importance,
            malgré les faiblesses des données et des arguments de Morgan et d’Engels,
            de la démarche évolutive, historique et matérialiste,
            à l’opposé des conceptions fixistes, qui ont régné longtemps, de la suprématie masculine.
            Sur les anthropologues comme Eleanor Burke Leacock et autres,
            voir aussi l’ « <ref target="#FamilleProprieteEtatintro">Introduction</ref> »
            de Pierre Bonte et Claude Mainfroy à l’édition de 1983 en français
            (page 56, note 71).
          </p>

          <div xml:id="FamilleProprieteEtatintro">
            <head>[Introduction (Pierre Bonte et Claude Mainfroy)]</head>
            <p rend="alinea">
              Marx (page 10) s’est intéressé aux sociétés d’avant le capitalisme
              et à la question de l’État (page 11),
              entre autres (page 12) dans les <ref target="#Grundrisse-MEW42p383h3"><title>Formen…</title></ref> (manuscrits de 1857-1858).
              À ce sujet, voir aussi (page 13 et notes 5 et 6) à Engels
              dans l’<title>Anti-Dühring</title><note xml:id="FamilleProprieteEtatintro-not1" n="1" place="bottom">
                Ils renvoient au chapitre premier de la <ref target="#ADpart2">deuxième partie de l’<title>Anti-Dühring</title></ref>
                et au début du chapitre quatrième.
              </note>
            </p>
            <p rend="alinea">
              Marx (page 16) n’est pas évolutionniste.
              Dans les <title>Formen…</title>, il considère l’histoire des sociétés
              comme diversifiée et multilinéaire.
            </p>
            <p rend="alinea">
              C’est Marx qui découvre le livre de Morgan,
              comme Engels l’explique dans une <ref target="#Engelslettre1884-02-16Kautsky">lettre à Kautsky le 16 février 1884</ref> (page 19, note 19).
            </p>
          </div>

          <div xml:id="FamilleProprieteEtatPref1" type="level2_chap">
            <head>
              Préface de la première édition (1884)
            </head>
            <cit>
              <quote>
                <p xml:id="MarxMorgan" rend="alinea"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, préface de 1884      </label>
                  <index><term>Morgan</term></index>
                  Les chapitres qui suivent constituent, pour ainsi dire, l’exécution d’un testament.
                  Nul autre que Karl Marx lui-même ne s’était réservé d’exposer les conclusions des recherches de Morgan,
                  en liaison avec les résultats de sa propre
                  — et je puis dire, dans une certaine mesure, de notre —
                  étude matérialiste de l’histoire, et d’en éclairer enfin toute l’importance. […]
                </p>
                <p xml:id="familleEtat" rend="alinea"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, préface de 1884      </label>
                  <index><term>production  et reproduction de la vie</term></index>
                  <index><term>reproduction et production de la vie</term></index>
                  <index><term>production des moyens d’existence</term></index>
                  <index><term>matérialisme historique, deux bases : reproduction de la vie et production des moyens d’existence</term></index>
                  <index><term>propriété privée</term></index>
                  <index><term>échange</term></index>
                  <!-- <index><term>travail nécessaire</term></index> -->
                  <index><term>inégalité des richesses</term></index>
                  <index><term>opposition de classes</term></index>
                  <index><term>État</term></index>
                  <index><term>lutte de classes, l’histoire n’est que —</term></index>
                  <index><term>histoire, n’est que lutte de classes</term></index>
                  Selon la conception matérialiste, le facteur déterminant, en dernier ressort, dans l’histoire,
                  c’est la production et la reproduction de la vie immédiate.
                  Mais, à son tour, cette production a une double nature.
                  D’une part, la production de moyens d’existence, d’objets servant à la nourriture,
                  à l’habillement, au logement, et des outils qu’ils nécessitent ;
                  d’autre part, la production des hommes mêmes, la propagation de l’espèce.
                  Les institutions sociales sous lesquelles vivent les hommes d’une certaine époque historique et d’un certain pays
                  sont déterminées par ces deux sortes de production :
                  par le stade de développement où se trouvent d’une part le travail, et d’autre part la famille.
                  Moins le travail est développé, moins est grande la masse de ses produits
                  et, par conséquent, la richesse de la société,
                  plus aussi l’influence prédominante des liens du sang semble dominer l’ordre social.
                  Mais, dans le cadre de cette structure sociale basée sur les liens du sang,
                  la productivité du travail se développe de plus en plus
                  et, avec elle, là propriété privée et l’échange, l’inégalité des richesses,
                  la possibilité d’utiliser la possibilité d’utiliser la force de travail d’autrui
                  et, du même coup, la base des oppositions de classes :
                  autant d’éléments sociaux nouveaux qui s’efforcent, au cours des générations,
                  d’adapter la vieille organisation sociale aux circonstances nouvelles,
                  jusqu’à ce que l’incompatibilité de l’une et des autres amène un complet bouleversement.
                  La vieille société basée sur les liens du sang éclate par suite de la
                  collision des classes sociales nouvellement développées : une société
                  nouvelle prend sa place, organisée dans l’État, dont les subdivisions
                  ne sont plus constituées par des associations basées sur les liens du
                  sang, mais par des groupements territoriaux, une société où le régime
                  de la famille est complètement dominé par le régime de la propriété, où
                  désormais se développent librement les oppositions de classes et les
                  luttes de classes qui forment le contenu de toute l’histoire <emph>écrite</emph>,
                  jusqu’à nos jours.
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:65, 1983:66-67.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea" xml:id="FamProprEtPref1sexebase"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, préface de 1884           </label>
              <index><term>sexe, base pour la superstructure</term></index>
              <index><term>famille et sexe, base pour la superstructure</term></index>
              <index><term>superstructure, basée sur le sexe et la famille</term></index>
              Il faut remarquer que pour Engels, le sexe et la famille constituent aussi une base pour la culture,
              comme la base économique, et d’autant plus importante que la base économique est plus développée.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="FamilleProprieteEtatPref1891" type="level2_chap">
            <head>Préface (1891) de la quatrième édition de 1892</head>
            <p rend="alinea">
              Dans cette préface comme <ref target="#FamilleProprieteEtat1">dans le premier alinéa du livre lui-même</ref>,
              Engels souligne que la science avance et que, « comme il se doit », il faut en tenir compte.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Depuis qu’a paru la première édition, sept années se sont écoulées,
                  au cours desquelles la connaissance des formes primitives de la famille a fait d’importants progrès.
                  […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  J’ai donc revu très soigneusement le texte entier
                  et j’y ai fait une série d’additions grâce auxquelles, je l’espère,
                  compte sera tenu, comme il se doit, de l’état actuel de la science.
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:69-70.</bibl>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:id="MEW21p482Ende"><label rend="invisible">Engels, L’origine de la famille…, préface de 1891</label>
                  <index><term>Engels, sur Morgan et la préhistoire</term></index>
                  <index><term>préhistoire, Engels sur l’apport de Morgan</term></index>
                  <index><term>Morgan, préhistoire, jugement d’Engels</term></index>
                  Les quatorze années qui se sont écoulées depuis la parution de son œuvre capitale [de Morgan]
                  ont puissamment enrichi notre documentation sur l’histoire des sociétés humaines primitives.
                  Aux anthropologues, aux voyageurs et aux préhistoriens de profession
                  se sont joints les spécialistes de droit comparé,
                  apportant soit des faits nouveaux, soit de nouveaux points de vue.
                  Mainte hypothèse de détail établie par Morgan est devenue par là chancelante ou même caduque.
                  Mais nulle part la documentation nouvelle n’a conduit à remplacer par d’autres ses grands points de vue essentiels.
                  Dans ses traits principaux, l’ordre qu’il a établi dans la préhistoire reste encore aujourd’hui valable.
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:83.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il parle d’abord de sociétés humaines primitives, puis de préhistoire.
              Mais du temps d’Engels, ni Morgan ni personne ne pouvait dire quelque chose d’un peu valable
              sur une préhistoire dont on ne savait autant dire rien<note xml:id="FamilleProprieteEtatPref1891-not1" n="1" place="bottom">
                  <seg>
        Du temps de Marx et d’Engels, et pour moi encore à l’école au milieu du 20<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
        la préhistoire, ça voulait dire la civilisation d’êtres humains taillant des silex comme outils.
        (À l’école, c’étaient les hommes des cavernes en raison de leur habitat sous nos latitudes.
        Je revois aussi des images de cités lacustres, sans doute sous des cieux plus cléments.)
        On en connaît aujourd’hui, malgré les difficultés, beaucoup plus qu’au 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle.
          <figure>
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  <!-- rectangle de contrôle des limites -->
  <!-- le contenu est de 4500, je laisse 110 de marge à gauche et 200 à droite -->
  <!-- je vais travailler en x négatif (de milliers d'années) en partant de la droite -->
  <!-- je supprime les identités, parce que ceci peut être utilisé à des endroits en conflit -->
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          <title>Ardipithecus ramidus, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Ardipithecus ramidus</text>
        </a>
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        <text transform="translate(0,64)" style="text-anchor: end;">
          (Données de <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Template:African_hominin_timeline" target="_blank">https://en.wikipedia.org/wiki/Template:African_hominin_timeline</a>
          comme le 23-7-2021 21:30<tspan x="0" dy="72">et de <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo" target="_blank">https://en.wikipedia.org/wiki/Homo</a>, surtout pour Homo.)</tspan>
        </text>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,160)">
      <g transform="translate(-4200,0)">
        <!-- Australopithecus anamensis, from:3.8  till:4.2 -->
        <rect x="0" y="0" width="400" height="90" class="australopitheque"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_anamensis" target="_blank">
          <title>Australopithecus anamensis, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Australopithecus anamensis</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,270)">
      <g transform="translate(-3900,0)">
        <!-- Australopithecus afarensis, from:2.9  till:3.9 -->
        <rect x="0" y="0" width="1000" height="90" class="australopitheque"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_afarensis" target="_blank">
          <title>Australopithecus afarensis, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Australopithecus afarensis</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,380)">
      <g transform="translate(-3670,0)">
        <!-- Australopithecus africanus, from:2  till:3.67 -->
        <rect x="0" y="0" width="1670" height="90" class="australopitheque"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_africanus" target="_blank">
          <title>Australopithecus africanus, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Australopithecus africanus</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,490)">
      <g transform="translate(-3500,0)">
        <!-- from:3.3  till:3.5 Australopithecus deyiremeda -->
        <rect x="0" y="0" width="200" height="90" class="australopitheque"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_deyiremeda" target="_blank">
          <title>Australopithecus deyiremeda, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Australopithecus deyiremeda</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,600)">
      <g transform="translate(-3500,0)">
        <!-- from:3.2  till:3.5 Kenyanthropus platyops -->
        <rect x="0" y="0" width="300" height="90" class="kenyanthrope"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kenyanthropus" target="_blank">
          <title>Kenyanthropus platyops, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Kenyanthropus platyops</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,710)">
      <g transform="translate(-3500,0)">
        <!-- from:3  till:3.5 Australopithecus bahrelghazali -->
        <rect x="0" y="0" width="500" height="90" class="australopitheque"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_bahrelghazali" target="_blank">
          <title>Australopithecus bahrelghazali, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Australopithecus bahrelghazali</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,820)">
      <g transform="translate(-2800,0)">
        <!-- from:2.75  till:2.8 LD 350-1 -->
        <rect x="0" y="0" width="50" height="90" class="homo"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/LD_350-1" target="_blank">
          <title>LD 350-1, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">LD 350-1</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,930)">
      <g transform="translate(-2700,0)">
        <!-- from:2.5  till:2.7 Paranthropus aethiopicus -->
        <rect x="0" y="0" width="200" height="90" class="paranthrope"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranthropus_aethiopicus" target="_blank">
          <title>Paranthropus aethiopicus, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Paranthropus aethiopicus</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1040)">
      <g transform="translate(-2500,0)">
        <!-- from:2.5  till:2.5 Australopithecus garhi -->
        <rect x="0" y="0" width="30" height="90" class="australopitheque"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_garhi" target="_blank">
          <title>Australopithecus garhi, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Australopithecus garhi</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1150)">
      <g transform="translate(-2300,0)">
        <!-- from:1.34  till:2.3 Paranthropus boisei -->
        <rect x="0" y="0" width="960" height="90" class="paranthrope"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranthropus_boisei" target="_blank">
          <title>Paranthropus boisei, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Paranthropus boisei</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1260)">
      <g transform="translate(-2100,0)"><!-- 2100-1800 -->
        <rect x="0" y="0" width="300" height="90" class="homo"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo_rudolfensis" target="_blank">
          <title>Homo rudolfensis, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Homo rudolfensis</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1370)">
      <g transform="translate(-2100,0)"><!-- 2100-1500 -->
        <rect x="0" y="0" width="600" height="90" class="homo"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo_habilis" target="_blank">
          <title>Homo habilis, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Homo habilis</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1480)">
      <g transform="translate(-2000,0)">
        <!-- from:2  till:2 Australopithecus sediba -->
        <rect x="0" y="0" width="30" height="90" class="australopitheque"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Australopithecus_sediba" target="_blank">
          <title>Australopithecus sediba, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Australopithecus sediba</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1590)">
      <g transform="translate(-2000,0)"><!-- 2000-600 -->
        <!-- from:0.6  till:2 Paranthropus robustus -->
        <rect x="0" y="0" width="1400" height="90" class="paranthrope"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranthropus_robustus" target="_blank">
          <title>Paranthropus robustus, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Paranthropus robustus</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1700)">
      <g transform="translate(-1900,0)"><!-- 1900-600 -->
        <rect x="0" y="0" width="1300" height="90" class="homo"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo_gautengensis" target="_blank">
          <title>Homo gautengensis, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Homo gautengensis</text>
        </a>
      </g>
    </g>

    <g transform="translate(0,1810)">
      <g transform="translate(-1900,0)"><!-- 1900-140 -->
        <rect x="0" y="0" width="1760" height="90" class="homo"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo_erectus" target="_blank">
          <title>Homo erectus, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Homo erectus</text>
        </a>
      </g>
    </g>

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      <g transform="translate(-1800,0)">
        <rect x="0" y="0" width="500" height="90" class="homo"/>
        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo_ergaster" target="_blank">
          <title>Homo ergaster, Wikipedia</title>
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        </a>
      </g>
      <g transform="translate(-1200,0)"><!-- 1200-800 -->
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        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo_antecessor" target="_blank">
          <title>Homo antecessor, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(10,64)">Homo antecessor</text>
        </a>
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          <title>Homo rhodesiensis, Wikipedia</title>
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          <title>Denisovan, Wikipedia</title>
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    </g>

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          <title>Homo neanderthalensis, Wikipedia</title>
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        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/Homo_floresiensis" target="_blank">
          <title>Homo floresiensis, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(140,64)" style="text-anchor: end;">Homo floresiensis</text>
        </a>
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        <a xlink:href="https://en.wikipedia.org/wiki/Homo_sapiens" target="_blank">
          <title>Homo sapiens, Wikipedia</title>
          <text transform="translate(300,64)" style="text-anchor: end;">Homo sapiens</text>
        </a>
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        <text transform="translate(-1400,64)" style="text-anchor: middle;">… Pliocène</text>
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    </g>
  </g>

</svg>
          </figure>
        (En ouvrant directement <ref target="https://d-meeus.be/science/lignage.svg">lignage.svg</ref> dans un navigateur web,
        le tableau s’adapte à la largeur de la fenêtre.
        Si on veut remonter plus loin, il y a aussi <ref target="https://d-meeus.be/science/Homolineage.html">Homolineage.html</ref>.)
        (On pense maintenant que certains de ces gens, ne connaissant pas encore ces classifications,
        ont cédé à la tentation de coucher ensemble et se soient même parfois reproduits
        — certainement entre <term xml:lang="la">Homo neanderthalensis</term> et <term xml:lang="la">Homo sapiens</term>.
        On peut donc contester que toutes les espèces ci-dessus soient à proprement parler des espèces distinctes.
        Mais ça n’empêche pas le tableau de donner une certaine vue de la variété de ceux que nous appelons nos ancêtres.)
        Il se peut que les <term xml:lang="la">Kenyanthropus</term> soient les premiers fabricants d’outils de pierre taillée,
        il y a 3,4 millions d’années.
        Les <term xml:lang="la">Homo</term> ont certainement taillé des silex très tôt,
        et par la suite utilisé le feu aussi depuis presque deux millions d'années.
        Des humains (Neandertal) auraient été capables d’allumer du feu à volonté il y a 400 000 ans ou plus,
        donc bien avant l’apparition, il y a 200 ou 300 000 ans, des <term xml:lang="la">Homo sapiens</term>.
        Engels insiste sur l’importance de la main dans l’évolution qui conduit jusqu’à nous.
        Si on considère comme typique de la main « humaine » la taille d’outils en pierre,
        ça fait quand même plus de trois millions d’années et pas mal d’espèces animales différentes,
        chacune avec son bagage phylogénétique, à quoi il faut ajouter une grande variété de cultures.
        Les affirmations générales sur le mode vie de « l’humanité primitive »
        (sur la <term>sauvagerie</term> au sens de Morgan) sont forcément abusives.
        C’était normal du temps d’Engels, ce l’est moins aujourd’hui.
      </seg><!-- Appelé dans Cockshott2019, Davis2008, Kollontai2017-fr, Reed1974… --><!-- Appelé dans DMforcetravreprod, FamilleProprieteEtat… -->
                </note>.
              Morgan projette sur un passé préhistorique les conclusions qu’il tire de sociétés contemporaines ou récentes.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Au moment où Engels écrit ceci, il souligne l’abondance des nouveaux apports en quatorze ans
              et admet que « mainte hypothèse de détail […] est devenue […] chancelante ou même caduque ».
              Il a donc bien conscience que c’est un domaine nouveau, où les recherches sont actives
              et où des choses peuvent changer — comme toujours d’ailleurs en science.
              Il nous alerte par là sur la nécessité de nous maintenir au courant du progrès dans ce domaine,
              de tenir compte des nouveaux développements.
              Quand il juge, à tort ou à raison,
              que les traits principaux des conclusions de Morgan (et donc des siennes)
              n’ont pas de raison d’être remis en question en 1981,
              il ne dit absolument pas qu’ils ne pourraient jamais l’être. Or, ils le sont : aujourd’hui,
              l’existence même d’une communauté primitive égalitaire pour les hommes et les femmes est contestée.
              Voir dans <ref target="../../biblio/Darmangeat2022.html">Darmangeat 2022</ref>
              la synthèse des avancées récentes à ce sujet.
              Cela étant, ce n’est pas être fidèle à Engels de s’en tenir dogmatiquement
              (comme le fait, très malheureusement, <ref target="../../biblio/Davis2020.html">Mary Davis</ref>)
              à la lettre de son texte en ce qui concerne cette question.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="FamilleProprieteEtat1" type="level2_chap">
            <head>I. Les stades préhistoriques de la civilisation</head>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Morgan est le premier qui tente, en connaissance de cause,
                  de mettre un certain ordre dans la préhistoire de l’humanité ;
                  tant qu’une documentation considérablement élargie n’imposera pas des changements,
                  sa manière de grouper les faits restera sans doute en vigueur.
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:85.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Autrement dit, la structuration par Morgan de la préhistoire
              vaut, comme tout en science, jusqu’à preuve du contraire.<!--
              Voir ce que dit Leacock de la fécondité de catégories même provisoires.
               -->
            </p>

            <!-- <div xml:id="FamilleProprieteEtat1para1">
              <head>1. L’état sauvage</head>
            </div> -->
            <label xml:id="FamilleProprieteEtat1para1" rend="fakehead h2">1. L’état sauvage</label>

            <!-- <div xml:id="FamilleProprieteEtat1para2">
              <head>2. La barbarie</head>
            </div> -->
            <label xml:id="FamilleProprieteEtat1para2" rend="fakehead h2">2. La barbarie</label>
            <p rend="alinea">
              Engels termine au moment où, dans sa périodisation, on va passer de la barbarie à la civilisation
              (passage qui sera développé au <ref target="#FamilleProprieteEtat9">chapitre IX</ref>).
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  L’apogée du stade supérieur de la barbarie se présente à nous
                  dans les poèmes homériques, en particulier dans <title>L’Iliade</title>.
                  Des outils de fer perfectionnés, le soufflet, le moulin à bras,
                  le tour du potier, la préparation de l’huile et du vin,
                  le travail perfectionné des métaux en passe de devenir un métier artistique,
                  le chariot et le char de guerre, la construction de navires au moyen de poutres et de planches,
                  les débuts de l’architecture comme art,
                  des villes ceintes de murailles avec des tours et des créneaux,
                  l’épopée homérique et la mythologie tout entière,
                  — tels sont les principaux héritages que les Grecs ont fait passer de la barbarie dans la civilisation.
                  Si nous comparons à cela la description que César et même Tacite font des Germains,
                  qui se trouvaient au début du même stade de culture
                  d’où les Grecs homériques s’apprêtaient à passer à un degré plus élevé,
                  nous voyons quel riche développement de la production embrasse le stade supérieur de la barbarie.
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:92.</bibl>
            </cit>

          </div>


          <div xml:id="FamilleProprieteEtat2" type="level2_chap">
            <head>
              II. La famille
            </head>
            <!-- <p rend="tm2">1. La famille consanguine</p> -->
            <!-- <p rend="tm2">2. La famille punaluenne</p> -->
            <!-- <p rend="tm2">3. La famille appariée</p> -->
            <!-- <p rend="tm2">4. La famille monogamique</p> -->
            <p xml:id="FamilleProprieteEtat2clefs"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille, de la propriété…, II. La famille</label>
              <index><term>système de parenté, autonomie relative par rapport à la famille</term></index>
              <index><term>famille, évolue plus vite que le système de parenté</term></index>
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Die Familie, sagt Morgan, ist das aktive Element;
                          sie ist nie stationär, sondern schreitet vor von einer niedrigeren zu einer höheren Form,
                          im Maß wie die Gesellschaft <!-- <pb n="38"/> -->von niederer zu höherer Stufe sich entwickelt.
                          Die Verwandtschaftssysteme dagegen sind passiv;
                          nur in langen Zwischenräumen registrieren sie die Fortschritte,
                          die die Familie im Lauf der Zeit gemacht hat, und erfahren nur dann radikale Änderung,
                          wenn die Familie sich radikal verändert hat.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Lewis Morgan, <title>Ancient Society</title>, London, 1877, p. 435.</bibl>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">
                      „Und“, setzt Marx hinzu, „ebenso verhält es sich
                      mit politischen, juristischen, religiösen, philosophischen Systemen überhaupt.“
                      Während die Familie fortlebt, verknöchert das Verwandtschaftssystem,
                      und während dies gewohnheitsmäßig fortbesteht, entwächst ihm die Familie.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Marx-Engels, <title>Werke</title>. Dietz Verlag, Berlin. Band 21:37-38.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          La famille, dit Morgan, est l’élément actif ;
                          elle n’est jamais stationnaire, mais passe d’une forme inférieure à une forme plus élevée,
                          à mesure que la société se développe d’un degré inférieur à un degré plus élevé.
                          Par contre, les systèmes de parenté sont passifs ;
                          ce n’est qu’à de longs intervalles qu’ils enregistrent les progrès que la famille a faits au cours du temps,
                          et ils ne subissent de transformation radicale que lorsque la famille s’est radicalement transformée.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Lewis Morgan, <title>Ancient Society</title>, Londres, 1877, p. 435.</bibl>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">
                      Marx ajoute : « Et il en va de même pour les systèmes politiques,
                      juridiques, religieux, philosophiques en général. »
                      Tandis que la famille continue de vivre, le système de parenté s’ossifie,
                      et tandis que celui-ci persiste par la force de l’habitude, la famille le dépasse.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>É.S. 1983:97-98.</bibl><!-- Sur mon disque, un PDF:26-27 -->
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          De familie, zegt Morgan, is het actieve element;
                          zij is nooit stationair, maar schrijdt voorwaarts  van een lagere naar een hogere vorm,
                          naargelang de maatschappij zich van een lagere tot een hogere trap ontwikkelt.
                          De stelsels van verwantschap daarentegen zijn passief;
                          slechts met lange tussenpozen registreren zij de vooruitgang, die de familie in de loop van de tijd heeft gemaakt
                          en ondergaan slechts dan grondige veranderingen, wanneer de familie grondig is veranderd.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Lewis Morgan, <title>Ancient Society</title></bibl>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">
                      ‘En’, voegde Marx er aan toe, ‘hetzelfde is het geval
                      met de politieke, juridische, religieuze, filosofische stelsels in het algemeen.’
                      Terwijl de familie voortleeft, verkalkt het stelsel van verwantschap
                      en terwijl dit uit gewoonte blijft bestaan, ontgroeit de familie er aan.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          The family [says Morgan] represents an active principle.
                          It is never stationary, but advances from a lower to a higher form as society advances from a lower to a higher condition…
                          Systems of consanguinity, on the contrary, are passive;
                          recording the progress made by the family at long intervals apart,
                          and only changing radically when the family has radically changed.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>Lewis Morgan, <title>Ancient Society</title>, Charles H. Kerr, Chicago, p. 444.</bibl>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">
                      “And,” adds Marx, “the same is true of the political, juridical, religious, and philosophical systems in general.”
                      While the family undergoes living changes, the system of consanguinity ossifies;
                      while the system survives by force of custom, the family outgrows it.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Engels 1972:96.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Les formes anciennes de la famille sont une question difficile à laquelle je ne trouve pas de réponse.
              Les chimpanzés forment un groupe dans lequel ils ont des relations sexuelles
              selon des règles sociales complexes.
              Mais je n’appellerais pas ça une famille.
              Quand on écrit sur l’humanité, il semble aller de soi que les adultes forment des couples,
              mais chez certains auteurs, c’est sans doute la projection sur le passé de situations récentes.
              Je n’ai jamais trouvé de bonne référence sur l’apparition de la monogamie.
            </p>

            <p xml:id="FamilleProprieteEtat2-1clefs"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, II.1. La famille consanguine </label>
              <index><term>famille consanguine</term></index>
              <index><term>consanguine, famille</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h2">1. La famille consanguine</label>
            <p rend="alinea">
              Type de famille postulé a priori :
              « tout le développement ultérieur de la famille qui suppose obligatoirement cette forme comme stade préalable nécessaire »
              et qui se confirmerait par une terminologie hawaïenne qui ne se comprend que comme héritage d’une telle organisation antérieure.
            </p>

            <p xml:id="FamilleProprieteEtat2-2clefs"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, II.2. La famille punaluenne </label>
              <index><term>famille punaluenne</term></index>
              <index><term>punaluenne, famille</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h2">2. La famille punaluenne</label>
            <p rend="alinea">
              Des sœurs (ou de femmes très proches) on un commun un groupe de maris, frères entre eux (ou très proches).
            </p>
            <p rend="alinea">
              On trouve des indications sur des systèmes de ce genre <ref target="https://en.wikipedia.org/wiki/Group_marriage#Non-European_cultures">dans la page Group mariage</ref> de Wikipédia.
            </p>

            <p xml:id="FamilleProprieteEtat2-3clefs"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, II.3. La famille appariée </label>
              <index><term>défaite historique du sexe féminin</term></index>
              <index><term>grande défaite historique du sexe féminin</term></index>
              <index><term>sexe féminin, grande défaite historique</term></index>
            </p>
            <label rend="fakehead h2">3. La famille appariée</label>
            <p rend="alinea">
              Le bétail se reproduit plus vite que la famille. Il faut trouver ailleurs des forces de travail.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Car l’esclavage aussi était inventé, dès ce moment-là.
                  […]
                  La famille ne se multipliait pas aussi vite que le bétail.
                  On avait besoin d’un plus grand nombre de gens pour surveiller les troupeaux ;
                  on pouvait utiliser à cette fin le prisonnier de guerre ennemi…
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:127.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Pour des raisons obscures pour moi, la propriété est masculine
              et pour que l’héritage se fasse en ligne masculine aussi,
              le droit paternel remplace le droit maternel.
            </p>
            <cit><!-- Juste après Kovalevsky 1890 -->
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Le renversement du droit maternel fut
                  <emph>la grande défaite historique du sexe féminin</emph>.
                  Même à la maison, ce fut l’homme qui prit en main le gouvernail ;
                  la femme fut dégradée, asservie, elle devint esclave du plaisir de l’homme
                  et simple instrument de reproduction.
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:130.</bibl><!-- P. 45 dans le PDF Moscou  -->
            </cit>
            <!-- Dans tout ceci (comme « Même à la maison… »), il semble qu’on est déjà dans une organisation en couples,
                 dans la famille monogamique.
                 Problème non résolu pour moi.
                 Voir les discussions de compétition entre mâles, canines, testicules… -->

            <label rend="fakehead h2">4. La famille monogamique</label>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 24.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      So tritt die Einzelehe keineswegs ein in die Geschichte als die Versöhnung von Mann und Weib,
                      noch viel weniger als ihre höchste Form. Im Gegenteil.
                      Sie tritt auf als Unterjochung des einen Geschlechts durch das andre,
                      als Proklamation eines bisher in der ganzen Vorgeschichte unbekannten Widerstreits der Geschlechter.
                      In einem alten, 1846 von Marx und mir ausgearbeiteten, ungedruckten Manuskript finde ich:
                      „Die erste Teilung der Arbeit ist die von Mann und Weib zur Kinderzeugung."<!-- MEW 3:31. -->
                      Und heute kann ich hinzusetzen :
                      Der erste Klassengegensatz, der in der Geschichte auftritt,
                      fällt zusammen mit der Entwicklung des Antagonismus von Mann und Weib in der Einzelehe,
                      und die erste Klassenunterdrückung mit der des weiblichen Geschlechts durch das männliche.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 21:68</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 24.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="FamilleProprieteEtat2-4mono"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, II.4. La famille monogamique</label>
                      <index><term>mariage conjugal, assujettissement de la femme</term></index>
                      <index><term>femme, assujettissement par le mariage conjugal</term></index>
                      <index><term>assujettissement de la femme par le mariage conjugal</term></index>
                      Le mariage conjugal n’entre donc point dans l’histoire comme la réconciliation de l’homme et de la femme,
                      et bien moins encore comme la forme suprême du mariage. Au contraire :
                      il apparaît comme l’assujettissement d’un sexe par l’autre,
                      comme la proclamation d’un conflit des deux sexes, inconnu jusque-là dans toute la préhistoire.
                      Dans un vieux manuscrit inédit, composé par Marx et moi-même en 1846,
                      je trouve <ref target="#MEideall1975p64">ces lignes</ref> :
                      « La première division du travail est celle entre l’homme et la femme pour la procréation. »
                      Et je puis ajouter maintenant :
                      La première opposition de classe qui se manifeste dans l’histoire
                      coïncide avec le développement de l’antagonisme entre l’homme et la femme dans le mariage conjugal,
                      et la première oppression de classe, avec l’oppression du sexe féminin par le sexe masculin.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>É.S. 1983:141.</bibl><!-- Chicoutimi PDF:51 -->
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Het monogame huwelijk doet dus volstrekt niet zijn intrede in de geschiedenis als de verzoening van man en vrouw
                      en nog veel minder als haar hoogste vorm. Integendeel.
                      Het treedt op als de onderdrukking van het ene geslacht door het andere,
                      als de verkondiging van een tot nu toe in de hele voorgeschiedenis onbekende tegenstelling van de geslachten.
                      In een oud, in 1846 door Marx en mij uitgewerkt, onuitgegeven manuscript vind ik de volgende woorden:
                      ‘De eerste verdeling van de arbeid is die van man en vrouw voor het voortbrengen van kinderen.’
                      En nu kan ik er aan toevoegen — de eerste klassentegenstelling, die in de geschiedenis optreedt,
                      valt samen met de ontwikkeling van het antagonisme tussen man en vrouw in het enkelvoudige huwelijk
                      en de eerste klassenonderdrukking met die van het vrouwelijke geslacht door het mannelijke.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1884/oorsprong_gezin/2.htm#a4">Marxist Internet-Archief</ref>.
                </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Thus, monogamy does not by any means make its appearance in history as the reconciliation of man and woman,
                      still less as the highest form of such a reconciliation. On the contrary,
                      it appears as the subjection of one sex by the other,
                      as the proclamation of a conflict between the sexes hitherto unknown throughout preceding history.
                      In an old unpublished manuscript, the work of Marx and myself in 1846, I find the following :
                      "The first division of labour is that between man and woman for child breeding." <!-- MECW 5:44. -->
                      And today I can add: The first class antithesis which appears in history
                      coincides with the development of the antagonism between man and woman in monogamian marriage,
                      and the first class oppression with that of the female sex by the male.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 26:173.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Qualifier l’assujettissement des femmes par les hommes d’ « inconnu jusque-là dans toute la préhistoire »
              n’est pas un aveu d’ignorance, pas une précaution scientifique.
              Ici « inconnu » n’est pas la négation de connu, mais une assertion positive d’inexistence.
              Engels décide, sur la base de Morgan et en faveur de la théorie qu’il développe, que cela n’a pas existé
              avant la « défaite historique ».
              (Sur la préhistoire, voir <ref target="#FamilleProprieteEtatPref1891-not1">la note 1 à la préface de 1891</ref>.)
              Il <emph>sollicite</emph> l’<title>Idéologie allemande</title> (littéralement :
              « la division du travail qui n’était primitivement pas autre chose que la division du travail dans l’acte sexuel »)
              où on ne dit absolument pas que cette division du travail était primitivement un asservissement
              (ni qu’elle ne l’était pas), mais où on semble parler de quelque chose de bien plus ancien,
              originel, d’avant la propriété privée.
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>
            <p rend="alinea" xml:id="FamilleProprieteEtat2-femprolet"><label rend="invisible">Engels, L’Origine de la famille…, II.4. La famille monogamique</label>
              <index><term>femme, joue le rôle du prolétariat (dans la famille, l’homme est le bourgeois)</term></index>
              <index><term>prolétariat, femme, (dans la famille, l’homme est le bourgeois)</term></index>
              On cite souvent du passage suivant, la seconde phrase seule.
              Il faut la prendre avec prudence.
              Il me semble que la restriction « au moins dans les classes possédantes » sur la première phrase,
              entraine la même restriction sur la deuxième.
              C’est le propre de la famille bourgeoise et si ça semble se manifester souvent aussi dans la famille prolétarienne,
              ce ne serait pas fondamentalement, mais seulement par imitation.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  De nos jours, l’homme, dans la grande majorité des cas, doit être le soutien de la famille et doit la nourrir,
                  au moins dans les classes possédantes ;
                  et ceci lui donne une autorité souveraine qu’aucun privilège juridique n’a besoin d’appuyer.
                  Dans la famille, l’homme est le bourgeois ; la femme joue le rôle du prolétariat.
                </p>
              </quote>
              <bibl>É.S. 1983:152.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              On peut donc dire aussi que le « modèle de l’homme gagne-pain » n’est pas un modèle de mariage ouvrier nécessaire au capitalisme,
              mais l’influence d’une certaine idéologie bourgeoise, qui n’a rien d’essentielle dans l’exploitation.
            </p>


            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alinea" xml:id="FamilleProprieteEtat2-revol"><label rend="invisible">Engels, L’origine…, II. La famille, 4. monogamique</label>
              <index><term>monogamie</term></index> <index><term>polygamie</term></index>
              <index><term>mariage bourgeois, héritage</term></index>
              <index><term>mariage bourgeois, prostitution</term></index>
              <index><term>sexualité, révolution socialiste</term></index> <index><term>prostitution</term></index>
              <index><term>révolution socialiste, mariage</term></index> <index><term>mariage, révolution socialiste</term></index>
              <index><term>éducation des enfants, collective</term></index>
              <index><term>travail ménager, collectivisation</term></index> <index><term>ménage, travail, collectivisation</term></index>
              Engels se risque à des considérations sur le mariage et la sexualité dans une autre société.
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Nun gehn wir einer gesellschaftlichen Umwälzung entgegen,
                      wo die bisherigen ökonomischen Grundlagen der Monogamie ebenso sicher
                      verschwinden werden wie die ihrer Ergänzung, der Prostitution.
                      Die Monogamie entstand aus der Konzentrierung größerer Reichtümer in einer Hand
                      — und zwar der eines Mannes — und aus dem Bedürfnis,
                      diese Reichtümer den Kindern dieses Mannes und keines andern zu vererben.
                      Dazu war Monogamie der Frau erforderlich, nicht des Mannes,
                      so daß diese Monogamie der Frau der offnen oder verdeckten Polygamie des Mannes durchaus nicht im Wege stand.
                      Die bevorstehende gesellschaftliche Umwälzung wird aber durch Verwandlung
                      wenigstens des unendlich größten Teils der dauernden, vererbbaren Reichtümer
                      — der Produktionsmittel — in gesellschaftliches Eigentum
                      diese ganze Vererbungssorge auf ein Minimum reduzieren.
                      Da nun die Monogamie aus ökonomischen Ursachen entstanden,
                      wird sie verschwinden, wenn diese Ursachen verschwinden?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Man könnte nicht mit Unrecht antworten:
                      Sie wird so wenig verschwinden, daß sie vielmehr erst vollauf verwirklicht werden wird.
                      Denn mit der Verwandlung der Produktionsmittel in gesellschaftliches Eigentum
                      verschwindet auch die Lohnarbeit, das Proletariat, also auch die Notwendigkeit für eine gewisse
                      — statistisch berechenbare — Zahl von Frauen, sich für Geld preiszugeben.
                      Die Prostitution verschwindet, die Monogamie, statt unterzugehn, wird endlich eine Wirklichkeit
                      — auch für die Männer.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Die Lage der Männer wird also jedenfalls sehr verändert.
                      Aber auch die der Frauen, aller Frauen, erfährt bedeutenden Wechsel.
                       Mit dem Übergang der Produktionsmittel in Gemeineigentum hört die Einzelfamilie auf,
                       wirtschaftliche Einheit der Gesellschaft zu sein.
                       Die Privathaushaltung verwandelt sich in eine gesellschaftliche Industrie.
                       Die Pflege und Erziehung der Kinder wird öffentliche Angelegenheit;
                       die Gesellschaft sorgt für alle Kinder gleichmäßig, seien sie eheliche oder uneheliche.
                       Damit fällt die Sorge weg wegen der „Folgen“, die heute das wesentlichste gesellschaftliche
                       — moralische wie ökonomische — Moment bildet,
                       das die rücksichtslose Hingabe eines Mädchens an den geliebten Mann verhindert.
                       Wird das nicht Ursache genug sein zum allmählichen Aufkommen eines ungenierteren Geschlechtsverkehrs
                       und damit auch einer laxeren öffentlichen Meinung von wegen jungfräulicher Ehre und weiblicher Schande?
                       Und endlich, haben wir nicht gesehn, daß in der modernen Welt Monogamie und Prostitution zwar Gegensätze,
                       aber untrennbare Gegensätze, Pole desselben Gesellschaftszustandes sind?
                       Kann die Prostitution verschwinden, ohne die Monogamie mit sich in den Abgrund zu ziehn?
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 21:77.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 24.8%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                       Nous marchons maintenant à une révolution sociale dans laquelle les fondements économiques actuels de la monogamie
                       disparaîtront tout aussi sûrement que ceux de son complément, la prostitution.
                       La monogamie est née de la concentration des richesses importantes dans une même main — la main d’un homme —,
                       et du désir de léguer ces richesses aux enfants de cet homme, et d’aucun autre.
                       Il fallait pour cela la monogamie de la femme, non celle de l’homme,
                       si bien que cette monogamie de la première ne gênait nullement la polygamie avouée ou cachée du second.
                       Mais la révolution sociale imminente, en transformant en propriété sociale
                       à tout le moins la partie de beaucoup la plus considérable des richesses permanentes qui se peuvent léguer:
                       les moyens de production, réduira à leur minimum tous ces soucis de transmission héréditaire.
                       La monogamie, étant née de causes économiques, disparaîtra-t-elle si ces causes disparaissent ?
                     </p>
                     <p rend="alinea">
                       On pourrait répondre, non sans raison :
                       elle disparaîtra si peu que c’est bien plutôt à dater de ce moment qu’elle sera pleinement réalisée.
                       En effet, avec la transformation des moyens de production en propriété sociale,
                       le travail salarié, le prolétariat disparaîtront eux aussi ;
                       donc, du même coup, la nécessité pour un certain nombre de femmes
                       (nombre que la statistique permet de calculer)
                       de se prostituer pour de l’argent.
                       La prostitution disparaît ;
                       la monogamie, au lieu de péricliter, devient enfin une réalité, — même pour les hommes.
                     </p>
                     <p rend="alinea">
                       La condition des hommes sera donc, en tout cas, profondément transformée.
                       Mais celle des femmes, de toutes les femmes, subira, elle aussi, un important changement.
                       Les moyens de production passant à la propriété commune,
                       la famille conjugale cesse d’être l’unité économique de la société.
                       L’économie domestique privée se transforme en une industrie sociale.
                       L’entretien et l’éducation des enfants deviennent une affaire publique;
                       la société prend également soin de tous les enfants, qu’ils soient légitimes ou naturels.
                       Du même coup, disparaît l’inquiétude des « suites », cause sociale essentielle — tant morale qu’économique —
                       qui empêche une jeune fille de se donner sans réserve à celui qu’elle aime.
                       Et n’est-ce pas une raison suffisante pour que s’établisse peu à peu une plus grande liberté dans les relations sexuelles,
                       et que se forme en même temps une opinion publique moins intransigeante quant à l’honneur des vierges et au déshonneur des femmes ?
                       Enfin, n’avons-nous pas vu que dans le monde moderne monogamie et prostitution sont bien des contraires,
                       mais des contraires inséparables, les deux pôles d’un même état social ?
                       La prostitution peut-elle disparaître sans entraîner avec elle la monogamie dans l’abîme ?
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>E.S. 1983:151-152.
                    <!-- <ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000h.htm"
                    >Archive Internet des marxistes</ref>. --><!-- Chicoutimi PDF:58 -->
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 26.4%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Wij gaan thans een maatschappelijke omwenteling tegemoet,
                      waardoor de tot nu toe geldende economische grondslagen van de monogamie
                      even zeker zullen verdwijnen als die van haar aanvulling, de prostitutie.
                      De monogamie ontstond door de concentratie van grote rijkdommen in één hand
                      — en wel in de hand van een man —
                      en uit de behoefte, deze rijkdommen aan de kinderen van deze man en niet aan die van een ander na te laten.
                      Daartoe was de monogamie van de vrouw nodig, niet die van de man,
                      zodat deze monogamie van de vrouw de openlijke of verkapte polygamie van de man volstrekt niet in de weg stond.
                      De komende maatschappelijke omwenteling zal echter
                      door het veranderen van althans het overgrote deel van de duurzame vererfbare rijkdommen, d.w.z. van de productiemiddelen,
                      in maatschappelijke eigendom deze hele zorg voor de nalatenschap tot op een minimum terugbrengen.
                      Zal nu de monogamie, die uit economische oorzaken is ontstaan, ook verdwijnen wanneer deze oorzaken verdwijnen?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Men zou niet ten onrechte kunnen antwoorden:
                      zij zal niet alleen niet verdwijnen, maar integendeel eerst in alle opzichten verwerkelijkt worden.
                      Want met de overgang van de productiemiddelen in maatschappelijke eigendom
                      verdwijnt ook de loonarbeid en het proletariaat, dus de noodzakelijkheid voor een zeker
                      — statistisch te berekenen — aantal vrouwen zich voor geld te geven.
                      De prostitutie verdwijnt en in plaats van te gronde te gaan
                      wordt de monogamie eindelijk werkelijkheid — ook voor de mannen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      De positie van de mannen wordt dus in ieder geval sterk veranderd.
                      Maar ook die van de vrouwen, van alle vrouwen, ondergaat een belangrijke wijziging.
                      Met de overgang van de productiemiddelen in gemeenschappelijke eigendom
                      houdt het individuele gezin op de economische eenheid van de maatschappij te zijn.
                      De particuliere huishouding wordt een maatschappelijk bedrijf.
                      De verzorging en opvoeding van de kinderen wordt een openbare aangelegenheid;
                      de maatschappij zorgt voor alle kinderen op dezelfde wijze, of zij echtelijk of buitenechtelijk zijn.
                      Daarmee vervalt de angst voor de ‘gevolgen’, die op het ogenblik
                      de belangrijkste maatschappelijke — zowel morele als economische — factor vormt,
                      die het meisje belemmert zich zonder terughouding aan de geliefde man te geven.
                      Zal dat niet een voldoende aanleiding zijn om langzamerhand een meer ongegeneerde geslachtelijke omgang te doen ontstaan
                      en daarmee ook een meer toegevende openbare mening ten opzichte van maagdelijke eer en schande van de vrouw?
                      En tenslotte, hebben wij niet gezien, dat in de moderne wereld monogamie en prostitutie weliswaar tegenstellingen,
                      maar onafscheidelijke tegenstellingen, polen van een zelfde maatschappelijke toestand zijn?
                      Kan de prostitutie verdwijnen zonder de monogamie in de afgrond mee te slepen?
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1884/oorsprong_gezin/2.htm#a4">Marxistisch Internet Archief</ref>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                       We are now approaching a social revolution in which the hitherto existing economic foundations of monogamy
                       will disappear just as certainly as those of its complement — prostitution.
                       Monogamy arose out of the concentration of considerable wealth in the hands of one person
                       — in those of a man —
                       and out of the desire to bequeath this wealth to this man’s children and to no one else’s.
                       For this purpose monogamy was essential on the woman’s part, but not on the man’s;
                       so that this monogamy of the woman in no way hindered the overt or covert polygamy of the man.
                       The impending social revolution, however, by transforming at least by far the greater part of durable inheritable wealth
                       — the means of production —
                       into social property, will reduce all this anxiety about inheritance to a minimum.
                       Since, however, monogamy arose from economic causes, will it disappear when these causes disappear?
                     </p>
                     <p rend="alinea">
                       One would not be wrong to reply: far from disappearing, it will only begin to be completely realised.
                       For with the conversion of the means of production into social property, wage labour, the proletariat, also disappears,
                       and therewith, also the necessity for a certain—statistically calculable—number of women to surrender themselves for money.
                       Prostitution disappears; monogamy, instead of meeting its demise, finally becomes a reality—for the men as well.
                     </p>
                     <p rend="alinea">
                       At all events, the position of the men is thus greatly altered.
                       But that of the women, of all women, also undergoes considerable change.
                       With the passage of the means of production into common property,
                       the individual family ceases to be the economic unit of society.
                       Private housekeeping is transformed into a social industry.
                       The care and upbringing of the children becomes a public affair.
                       Society takes care of all children equally, irrespective of whether they are born in wedlock or not.
                       Thus, the anxiety about the “consequences”, which is today the most important social factor
                       — both moral and economi — that hinders a girl from giving herself freely to the man she loves, disappears.
                       Will this not be cause enough for a gradual rise of more unrestrained sexual intercourse,
                       and along with it, a laxer public opinion regarding virginal honour and female shame?
                       And finally, have we not seen that monogamy and prostitution in the modern world,
                       although opposites, are nevertheless inseparable opposites, poles of the same social conditions?
                       Can prostitution disappear without dragging monogamy with it into the abyss?
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 26:182-183</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <!-- <p rend="tm1">III. La gens iroquoise</p> -->
          <!-- <p rend="tm1">IV. La gens grecque</p> -->
          <!-- <p rend="tm1">V. Genèse de l’État athénien</p> -->
          <!-- <p rend="tm1">VI. La Gens et l’État à Rome</p> -->
          <!-- <p rend="tm1">VII. La Gens chez les celtes et les germains</p> -->
          <!-- <p rend="tm1">VIII. La formation de l’État chez les germains</p> -->

          <div xml:id="FamilleProprieteEtat9" type="level2_chap">
            <head>
              IX. Barbarie et civilisation
            </head>
            <p xml:id="FamilleProprieteEtat9clefs">
              <label rend="invisible">Engels, L’origine de la famille…, IX. Barbarie et civilisation</label>
              <index><term>classe sociale, première grande division de la société en —</term></index>
              <index><term>division sociale du travail, première grande —</term></index>
              <index><term>esclave, prisonniers de guerre</term></index>
              <index><term>exploitation de l’homme par l’homme, esclavage</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz"><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Des tribus pastorales s’isolèrent du reste des Barbares :
                      <emph>première grande division sociale du travail</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>E.S. 1983:267.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Pastoral tribes separated themselves from the remaining mass of the barbarians:
                      <emph>the first great social division of labour</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 26:259.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Par division sociale du travail, on pense, dans une société donnée,
              à une répartition du travail social entre différentes catégories, couches, classes…
              (Il rappelle un peu plus haut la division du travail entre les sexes,
              dite, elle aussi, première.)
              Ici, ne s’agit pas de division du travail dans un groupe, mais de spécialisation de sociétés différentes.
              On ne peut alors parler de division du travail, sauf à jeter des mots en l’air,
              que si deux telles sociétés voisines (une pastorale nouvelle et une autre restée barbare)
              ont entre elles des échanges par lesquels elles se partagent en quelque sorte le travail.
            </p>


            <p rend="alinea">
              La « première grande division sociale du travail », élevage et agriculture, entraîne « nécessairement » l’esclavage
              et c’est « la première grande division de la société en deux classes ».
            </p>

            <list rend="horiz"><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item style="width: 50%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      L’accroissement de la production dans toutes les branches — élevage du bétail,
                      agriculture, artisanat domestique — donna à la force de travail humaine la
                      capacité de produire plus qu’il ne lui fallait pour sa subsistance. Elle accrut
                      en même temps la somme quotidienne de travail qui incombait à chaque membre de
                      la gens, de la communauté domestique ou de la famille conjugale. Il devint
                      souhaitable de recourir à de nouvelles forces de travail. La guerre les
                      fournit : les prisonniers de guerre furent transformés en esclaves. En
                      accroissant la productivité du travail, donc la richesse, et en élargissant le
                      champ de la production, la première grande division sociale du travail, dans
                      les conditions historiques données, entraîna nécessairement l’esclavage. De la
                      première grande division sociale du travail naquit la première grande division
                      de la société en deux classes : maîtres et esclaves, exploiteurs et exploités.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>E.S. 1983:269.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      The increase of production in all branches
                      — livestock breeding, agriculture, domestic handicrafts —
                      enabled human labour power to produce more than was necessary for its maintenance.
                      It simultaneously increased the amount of work that daily fell
                      to every member of the gens or household community or single family.
                      The attraction of more labour power became desirable.
                      This was provided by war; captives were made slaves.
                      Under the given overall historical conditions, the first great social division of labour,
                      by increasing the productivity of labour, that is, wealth, and enlarging the field of production,
                      necessarily carried slavery in its wake.
                      Out of the first great social division of labour arose the first great division of society into two classes:
                      masters and slaves, exploiters and exploited.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 26:261.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Je ne comprends pas comment — ou plus justement, je ne peux pas croire —
              qu’on puisse passer d’un coup d’un niveau de survie sans surplus
              à la richesse généralisée de tout le groupe,
              qui en deviennent du coup tous propriétaires d’esclaves.
              Je ne suis pas grand historien, mais il me semble que dans la Grèce antique,
              il doit y avoir une différenciation (et des luttes de classes) entre gros propriétaires et petits.
              Ulysse (Ὀδυσσεύς), roi d’Ithaque, est un petit roi local.
              C’est un riche propriétaire, avec des concurrents, nobles, un peu moins riches que lui
              (qui veulent prendre sa place en épousant sa femme).
              Il a des domestiques, des ouvriers agricoles, mais il doit avoir aussi des voisins pauvres.
              Les esclaves sont alors surtout des femmes esclaves domestiques, pas encore des hommes dans la production.
              Tous les hommes libres ne sont pas également propriétaires d’esclaves,
              ils ne forment pas une seule classe sociale.
              Ce monde n’est pas fait que de nobles.
              À moi, ça me semble évident et je ne comprends pas bien à quoi Engels pensait.
            </p>
            <p rend="alinea">
              On peut parler de division de la société en classes
              quand une classe arrive à s’approprier le surplus de ce que produit une autre classe
              et je ne sais pas où Engels va chercher que cela apparaît avec l’esclavage.
              C’est comme s’il n’avait jamais entendu parler de l’Égypte.
              Le pharaon et son entourage prélèvent le surplus du travail des paysans
              et cela constitue deux classes sociales, bien avant qu’il soit question d’esclavage.
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alinea">
              Il suppose aussi qu’à ce stade aussi, la propriété commune devient propriété privée des « chefs de famille ».
              Ce serait l’homme (mâle), et pas la femme,
              parce que la capture et l’apprivoisement d’animaux serait le fait des hommes (mâles).
              Déjà avant, « Gagner la subsistance avait toujours été l’affaire de l’homme. »
              Je ne comprends pas. Allait-il à l’usine tandis que sa femme restait à la maison ?
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Avec les troupeaux et les autres richesses nouvelles, la famille subit alors une révolution.
                  Gagner la subsistance avait toujours été l’affaire de l’homme ;
                  c’est lui qui produisait les moyens nécessaires à cet effet et qui en avait la propriété.
                  Les troupeaux constituaient les nouveaux moyens de gain ;
                  ç’avait été l’ouvrage de l’homme que de les apprivoiser d’abord, de les garder ensuite.
                  Aussi le bétail lui appartenait-il, tout comme les marchandises et les esclaves troqués contre du bétail.
                  Tout le bénéfice que procurait maintenant la production revenait à l’homme ;
                  la femme en profitait, elle aussi, mais elle n’avait point de part à la propriété.
                  Le « sauvage » guerrier et chasseur s’était contenté de la seconde place à la maison, après la femme ;
                  le pâtre « aux mœurs plus paisibles », se prévalant de sa richesse,
                  se poussa au premier rang et rejeta la femme au second.
                  Et elle ne pouvait pas se plaindre.
                  La division du travail dans la famille avait réglé le partage de la propriété entre l’homme et la femme ;
                  il était resté le même et, pourtant, il renversait maintenant les rapports domestiques antérieurs
                  uniquement parce qu’en dehors de la famille la division du travail s’était modifiée.
                  La même cause qui avait assuré à la femme sa suprématie antérieure dans la maison :
                  le fait qu’elle s’adonnait exclusivement aux travaux domestiques,
                  cette même cause assurait maintenant dans la maison la suprématie de l’homme :
                  les travaux ménagers de la femme ne comptaient plus, maintenant, à côté du travail productif de l’homme ;
                  celui-ci était tout ; ceux-là n’étaient qu’un appoint négligeable.
                </p>
              </quote>
              <bibl>E.S. 1983:270.</bibl>
            </cit>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alinea" xml:id="Etatclassdominante"><label rend="invisible">Engels, L’origine de la famille…, IX. Barbarie et civilisation</label>
              <index><term>État, de la classe dominante</term></index>
              <index><term>classe, État de la — dominante</term></index>
              <index><term>État, autonomie relative de l’—</term></index>
              <index><term>État, joue une classe, ou un ordre, contre l’autre</term></index>
              <index><term>monarchie absolue, entre noblesse et bourgeoisie</term></index>
              Bien que l’État soit toujours en principe l’État de la classe dominante,
              il peut, dans certaines circonstances, jouer une classe, ou un ordre, contre l’autre.
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="OF9Etatmediateur">
                <p rend="alinea">
                  Comme l’État est né du besoin de refréner des oppositions de classes,
                  mais comme il est né, en même temps, au milieu du conflit de ces classes,
                  il est, dans la règle, l’État de la classe la plus puissante,
                  de celle qui domine au point de vue économique et qui, grâce à lui,
                  devient aussi classe politiquement dominante
                  et acquiert ainsi de nouveaux moyens pour mater et exploiter la classe opprimée.
                  C’est ainsi que l’État antique était avant tout l’État des propriétaires d’esclaves pour mater les esclaves,
                  comme l’État féodal fut l’organe de la noblesse pour mater les paysans serfs et corvéables,
                  et comme l’État représentatif moderne est l’instrument de l’exploitation du travail salarié par le capital.
                  Exceptionnellement, il se présente pourtant des périodes
                  où les classes en lutte sont si près de s’équilibrer que le pouvoir de l’État,
                  comme pseudo-médiateur, garde pour un temps une certaine indépendance vis-à-vis de l’une et de l’autre.
                  Ainsi, la monarchie absolue du 17<hi rend="ordinal">e</hi> et du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                  maintint la balance égale entre la noblesse et la bourgeoisie ;
                  ainsi, le bonapartisme du Premier, et notamment celui du Second Empire français,
                  faisant jouer le prolétariat contre la bourgeoisie, et la bourgeoisie contre le prolétariat.
                  La nouvelle performance en la matière, où dominateurs et dominés font une figure également comique,
                  c’est le nouvel Empire allemand de nation bismarckienne :
                  ici, capitalistes et travailleurs sont mis en balance les uns contre les autres,
                  et sont également grugés pour le plus grand bien des hobereaux prussiens dépravés.
                </p>
              </quote>
              <bibl>E.S. 1983:283-284.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea" xml:id="FamilleProprieteEtat9surplus"><label rend="invisible">Engels, L’origine de la famille…, IX. Barbarie et civilisation</label>
              <index><term>surplus, appropriation féodale, opposée à salariale</term></index>
              <index><term>Dobb, appropriation féodale, opposée à salariale</term></index>
              <index><term>Sweezy, appropriation féodale, opposée à salariale</term></index>
              <index><term>mode de production féodal, et monarchie</term></index>
              <index><term>monarchie, et mode de production féodal</term></index>
              La question de ces États « pseudo-médiateurs » est discutée dans la <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=162">controverse
              entre Dobb et Sweezy</ref> (aussi <ref target="../../biblio/DobbSweezy1977-fr.html">Maspero 1977</ref> p. 173-174 et passim) sur le passage de la féodalité au capitalisme.
              Les participants estiment que cette position ambiguë de la monarchie ne modifie pas le mode de production féodal
              où l’appropriation du surplus se fait de manière autoritaire sur base d’une hiérarchie sociale
              et non dans un rapport marchand de salariat.
              La bourgeoisie des 17<hi rend="ordinal">e</hi> et 18<hi rend="ordinal">e</hi> était encore surtout marchande et bancaire.
              La question est celle d’une indépendance relative de la superstructure par rapport à la base, pas d’un changement de celle-ci.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Mais, relisant ça en 2023, je réalise que, dans la discussion,
              il y a aussi une contestation de la traduction même,
              de ce qu’Engels a réellement écrit, de ce qu’il a vraiment voulu dire.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Ausnahmsweise indes kommen Perioden vor,
                      wo die kämpfenden Klassen einander so nahe das Gleichgewicht halten,
                      daß die Staatsgewalt als scheinbare Vermittlerin momentan
                      eine gewisse Selbständigkeit gegenüber beiden erhält.
                      So die absolute Monarchie des 17. und 18. Jahrhunderts,
                      die Adel und Bürgertum gegeneinander balanciert; …
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 21:167.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Exceptionnellement cependant se présentent des périodes
                      où les classes en lutte font poids égal de manière si proche
                      que le pouvoir d’État, comme médiateur en apparence,
                      acquiert momentanément une certaine indépendance vis-à-vis des deux.
                      C’est le cas de la monarchie absolue des 17<hi rend="ordinal">e</hi> et 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècles,
                      qui met en balance la noblesse et la bourgeoisie l’une contre l’autre ; ...
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ma tentative de traduction assez littérale de l’allemand.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      At certain periods it occurs exceptionally that the struggling classes balance each other so nearly
                      that the public power gains a certain degree of independence by posing as the mediator between them.
                      The absolute monarchy of the seventeenth and eighteenth centuries was in such a position,
                      balancing the nobles and the burghers against one another.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ed. Kerr, Chicago 1902, p. 209.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      By way of exception, however, periods occur in which the warring classes balance each other so closely
                      that the state authority, as ostensible mediator,
                      acquires, for the moment, a certain degree of independence of both.
                      Such was the absolute monarchy of the seventeenth and eighteenth centuries,
                      which held the balance between the nobility and burghers; …
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 26:271.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Je ne trouve pas en français de mot pour faire la différence entre le bourgeois étymologique,
              citoyen d’un bourg, d’une ville, au moyen âge et la bourgeoisie comme classe des capitalistes.
              En allemand, le terme <term xml:lang="de">Bürgertum</term> désigne le statut du citoyen du bourg
              et <term xml:lang="de">Bourgeoisie</term> la classe des capitalistes.
              Il y aurait dans toute l’œuvre de Marx et Engels quelque 250 occurrences du premier
              contre près de 4 600 du second. Engels choisit donc clairement de parler des bourgeois
              au sens ancien, ce que les deux traduction anglaises rendent par les <term xml:lang="en">burghers</term>
              et pas du tout de la bourgeoisie.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Autre difficulté, la monarchie, se faisant passer pour médiatrice,
              semble jouer de l’opposition, jouer les uns <emph>contre</emph> les autres,
              « <foreign xml:lang="de">gegeneinander balanciert</foreign> »,
              « <foreign xml:lang="en">balancing the nobles and the burghers against one another</foreign> »
              et non « <foreign xml:lang="en">held the balance between</foreign> »,
              non « maintint la balance égale » comme on le traduit erronément aux Éditions Sociales.
            </p>
          </div>
          <!-- <p rend="tm1">Appendice</p> -->
        </div>
        <div xml:id="Capital-II" type="level1_Livre">
          <head>
            Le Capital,
            <lb/>Livre deuxième : Le procès de circulation du capital [1885]
          </head>

          <div xml:id="Capital-IIedit" type="level2_">
            <head>Indications sur les éditions du Livre II du <title>Capital</title></head>
              <index>
                <term>
                  Capital, Livre II, éditions en allemand, français, néerlandais, anglais
                </term>
              </index>
              <index>
                <term>
                  édition, du Livre II du Capital de Marx en allemand, français, néerlandais, anglais
                </term>
              </index>
              <index>
                <term>
                  Livre II du Capital de Marx, éditions en allemand, français, néerlandais, anglais
                </term>
              </index>

              <p rend="h1">Indications historiques</p>

              <p rend="h2">En allemand :</p>

              <p rend="alinea">
                Mai 1885,
                première édition allemande du Livre II, par Engels<note xml:id="Capital-IIedit-not1" n="1" place="bottom">
                On a pour le Livre II des manuscrits de Marx entre 1863 et 1871,
                avant son travail à la deuxième édition du Livre I de 1872,
                et encore de 1877 à 1881.
                </note>,
                dont la préface est datée : Londres, au jour anniversaire de la naissance de Marx, 5 mai 1885.
                En ligne : <ref target="https://archive.org/details/bub_gb_yXs7AAAAMAAJ">archive.org/details/bub_gb_yXs7AAAAMAAJ</ref>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Juillet 1893,
                deuxième édition allemande du Livre II, par Engels.
                D’après sa préface (Londres, 15 juillet 1893),
                il n’y a que quelques corrections et des modifications mineures.
              </p>
              <p rend="alinea">
                1903,
                troisième édition allemande du Livre II. En ligne : <ref target="https://archive.org/details/bub_gb_xu0TAAAAIAAJ">archive.org/details/bub_gb_xu0TAAAAIAAJ</ref>.
                <seg>
                On peut lire en ligne (avec de bons yeux et un grand écran) un microfilm du
                <title>Capital</title> complet, les trois livres. C’est :
                <ref target="https://archive.org/details/daskapitalkritik01marx">archive.org/details/daskapitalkritik01marx</ref>.
              </seg><note xml:id="Capital-IIedit-not2" n="2" place="bottom">
                  <seg>
                On a photographié le livre ouvert, donc deux pages.
                (Comme la liseuse d’archive.org présente toujours aussi deux pages de livre ouvert,
                elle présente deux pages du microfilm, donc quatre pages de livre !)
                On peut télécharger le microfilm en Djvu (qui est parfaitement lisible) ou en PDF.
                Dans la pagination de la copie Djvu du microfilm, on trouve une
                page de séparation Volume 1 en page 8. Ce Livre I est un volume de Columbia
                University (p. 10) dont les premières pages sont écornées. La page de titre manque
                et on n’a donc pas la date, mais c’est en version 4 d’après les préfaces. La
                première page visible (p. 11) est celle de la dédicace à Wolff. La table des
                matières du Livre I vient en p. 24. Les Livre II et Livre III sont tous deux de 1922
                chez Meissner. Le Livre I pourrait être de la même réédition. Page de séparation
                Volume 2 en page 423. Page de titre du Livre II en p. 425, table des matières p. 437.
                Page de séparation Volume 3 en page 692. Page de titre du premier volume du Livre III
                en p. 695, table des matières p. 708 (chapitres 1 à 28). Ce qui précède est toujours
                de Columbia. Le deuxième volume du Livre III est de Syracuse University (p. 937).
                Page de titre p. 938, table des matières p. 939 (chapitres 29 à 42). Le texte de Marx
                qui se termine en p. 1152 est complet.
              </seg>
                </note>
              </p>
              <p rend="alinea">
                1933,
                édition dite « populaire », Verlagsgenossenschaft ausländischer Arbeiter in der
                UdSSR, Moscou-Léningrad. C’est la deuxième édition légèrement corrigée sur base des
                manuscrits de Marx et Engels.
              </p>
              <p rend="alinea">
                1951,
                Dietz Verlag, Berlin.
              </p>

              <p rend="h2">En français :</p>

              <p xml:id="CapIIfr1900" rend="alinea">
                <index>
                  <term>Julian Borchardt, traducteur des livres II et III du Capital</term>
                </index>
                <index>
                  <term>Hippolyte Vanderrydt, traducteur des livres II et III du Capital</term>
                </index>
                <index>
                  <term>Borchardt, Julian, traducteur des livres II et III du Capital</term>
                </index>
                <index>
                  <term>Vanderrydt, Hippolyte, traducteur des livres II et III du Capital</term>
                </index>
                1900,
                traduction française du Livre II par Julian Borchardt et Hippolyte Vanderrydt,
                chez V. Giard et É. Brière, Paris<note xml:id="Capital-IIedit-not3" n="3" place="bottom">
                  <!-- Anciennement inclusion d’un fichier noteSolvayLauraMarx.xml
                  contenant une note d’identité notCapIIfr1900Solvay, mais sans numéro,
                  recevant donc son numéro à la suite de toutes les notes que j’oublie de numéroter. -->
                  <anchor xml:id="notCapIIfr1900Solvay"/>
                  <index>
                    <term>Julian Borchardt, collaborateur de l’Institut des sciences sociales de Bruxelles</term>
                  </index>
                  <index>
                    <term>Hippolyte Vanderrydt, collaborateur de l’Institut des sciences sociales de Bruxelles</term>
                  </index>
                  <index>
                    <term>Borchardt, Julian, collaborateur de l’Institut des sciences sociales de Bruxelles</term>
                  </index>
                  <index>
                    <term>Vanderrydt, Hippolyte, collaborateur de l’Institut des sciences sociales de Bruxelles</term>
                  </index>
                  <index>
                    <term>Marx, Laura, contrat sur la traduction des livres II et III du Capital</term>
                  </index>
                  <index>
                    <term>Lafargue (Marx), Laura, contrat sur la traduction des livres II et III du Capital</term>
                  </index>
                  <index>
                    <term>Laura Marx, contrat sur la traduction des livres II et III du Capital</term>
                  </index>
                  Julian Borchardt est un socialiste allemand qui a travaillé à Bruxelles de 1896 à 1900.
                  Hippolyte Vanderrydt est un Belge.
                  L’éditeur les présente comme « Julian Borchardt et Hippolyte Vanderrydt, de l’Institut des sciences sociales de Bruxelles ».
                  À part son nom comme traducteur de cette édition, je n’ai trouvé en ligne<note xml:id="Capital-IIedit-not3a" n="3a" place="bottom">
                    J’écris ceci en 2016. Rencontrant Martin Georges en 2024, il me signale sa publication en 2020 d’<ref target="https://maitron.fr/spip.php?article228629">un article sur Vanderrydt dans le <title>Maitron</title></ref>.
                  </note>
                  que peu de chose sur Vanderrydt, 1857-1929.
                  Ingénieur des mines, il a été ingénieur en chef aux Chemins de fer de l’État
                  et professeur à l’Université libre de Bruxelles (ULB) plus tard dans le 20<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                  (« La situation de l’Université pendant la XCV<hi rend="ordinal">e</hi> année académique » <ref target="http://digistore.bib.ulb.ac.be/2011/DL2503255_1930_000_035.pdf"><title>Revue de l’Université de Bruxelles</title>,
                  35<hi rend="ordinal">e</hi> année, 1929-1930</ref>, p. 9 — p. 12 du PDF.)
                  Début 20<hi rend="ordinal">e</hi>, mais peut-être déjà avant,
                  il a dû donner en parallèle des formations militantes en économie. On trouve de lui dans <ref target="http://pallas.cegesoma.be/pls/opac/opac.search?lan=n&amp;seop=6&amp;sele=102&amp;sepa=1&amp;doty=&amp;sest=histoire%20economique&amp;chna=&amp;senu=15404&amp;rqdb=1&amp;dbnu=1&#34;">un inventaire de SOMA-CEGES</ref> un <title>Cours en huit leçons sur le capital financier</title>
                  de 51 pages, sans date, à la Centrale d’Éducation ouvrière.
                  (Celle-ci commence en 1911, avec l’aide d’Ernest Solvay; voir « <ref target="http://ilhs.be/publications/analyses/lavulgarisationscientifiquesocialiste">La Vulgarisation Scientifique Socialiste</ref> »,
                  ILHS et « <ref target="http://maisondupeuple.be/index.php/la-cooperative/la-charte">La charte des
                  coopérateurs</ref> », La Maison du Peuple.)
                  <lb/>     
                  L’Institut des sciences sociales a été fondé en 1894 par Ernest Solvay
                  pour confier aux socialistes Hector Denis, Guillaume De Greef et Émile Vandervelde
                  le soin de développer ses idées sur la société et leur application.
                  (Françoise Digneffe, « <ref target="https://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/dh/documents/20100316091011865(1).pdf">La
                  sociologie en Belgique de 1880 à 1914 : La naissance des instituts de sociologie</ref> », CRID&amp;P, Louvain-la-Neuve, 1986.)
                  <lb/>     
                  <index><term>Charlotte « Lalla » Speyer, épouse Kufferath, puis Vandervelde</term></index>
                  <index><term>Lalla (Charlotte) Speyer, épouse Kufferath, puis Vandervelde</term></index>
                  <index><term>Speyer, Charlotte « Lalla », épouse Kufferath, puis Vandervelde</term></index>
                  <index><term>Vandervelde, Lalla (Charlotte)</term></index>
                  <index><term>Cercle d’Art et d’Enseignement de la Maison du Peuple de Bruxelles</term></index>
                  On trouve à l’<ref target="http://www.iev.be/getattachment/6f58734d-5bd0-4b63-8d9a-338a88354e76/abc-(18).aspx">inventaire du Fonds du Cercle d’Art et d’Enseignement de la Maison du Peuple de Bruxelles
                  (dans les archives de l’Institut Émile Vandervelde)</ref> un contrat entre
                  madame Paul Lafargue, Laura Marx (la deuxième fille de Karl Marx),
                  l’éditeur Otto Meissner de Hambourg,
                  et les co-directeurs Hector Denis, Guillaume De Greef et Émile Vandervelde de l’Institut des sciences sociales
                  les autorisant à faire traduire par Julian Borchardt les livres II et III du <title>Capital</title>.
                  Le document n’est pas signé — ce serait un document de travail préparatoire ou un brouillon ;
                  il est cependant daté dans sa phrase finale (fait… le 25 mars 1899) ;
                  fixer la date suppose que le texte de l’accord est définitif et qu’il ne reste qu’à signer.
                  Bien que le contrat ne concerne que Borchardt, on a vu qu’il a collaboré pour la traduction avec Hippolyte Vanderrydt.
                  (Le contrat écrit Meisner pour l’éditeur Otto Meissner. Il écrit Degreef pour Guillaume De Greef ou de Greef.)
                  Il est étonnant de trouver ce document dans le fonds d’archives du Cercle d’Art et d’Enseignement.
                  Une des animatrices du Cercle d’art et d’enseignement était
                  l’Anglaise Charlotte « Lalla » Speyer, épouse Kufferath (directeur de la Monnaie) ;
                  elle en divorcera en 1901 pour épouser Vandervelde et on la connaît donc comme Lalla Vandervelde.
                  (Éliane Gubin,
                  <title>Dictionnaire des femmes belges :
                  XIX<hi rend="ordinal">e</hi> et XX<hi rend="ordinal">e</hi> siècles</title>,
                  Éditions Racine, Bruxelles, 2006, p. 510-511.)
                  On ne voit pas ce que le contrat est allé faire là,
                  si ce n’est peut-être à partir de papiers personnels de Vandervelde,
                  mais il est heureux qu’il ait ainsi traversé plus d’un siècle.
                  J’en donne sur ce site <ref target="LauraMarxSolvay.pdf">une reproduction en PDF</ref>.
                  <lb/>     
                  <index><term>Ernest Solvay, traduction des livres II et III du Capital à l’Institut des sciences sociales</term></index>
                  <index><term>Solvay, Ernest, traduction des livres II et III du Capital à l’Institut des sciences sociales</term></index>
                  Les trois co-directeurs de l’Institut des sciences sociales donnaient,
                  comme Ernest Solvay lui-même, à l’économie une place prépondérante dans les sciences sociales.
                  Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient pris l’initiative d’une traduction française, qui n’existait pas encore,
                  de deux livres du <title>Capital</title> qu’ils trouvaient importants.
                  Il serait exagéré de dire que c’est Solvay qui a pris l’initiative de cette traduction du <title>Capital</title> ;
                  ses trois codirecteurs auraient interprété très largement la mission que Solvay leur confiait
                  et ce serait la raison de sa déception et de la fin de l’Institut.
                  Déçu de l’absence de résultats (<ref target="../../biblio/Stengers1997.html">Stengers 1997</ref>,
                  <ref target="../../biblio/Crombois1997.html">Crombois 1997</ref>), il fonde en 1902,
                  dans une orientation plus libérale, l’Institut de sociologie, qui, à sa mort en 1922, passera à l’ULB.<!--
                  La traduction semble cependant bien avoir eu lieu à ses frais
                  si tant est que les deux traducteurs étaient alors travailleurs salariés de l’Institut,
                  qui ont sans doute traduit sur leur temps de travail, rémunérés donc par Solvay. -->
                  <lb/>     
                  Bref, on est en droit de dire que c’est à Solvay, même si ce n’était pas sa volonté expresse,
                  que nous devons la première traduction en français des Livre II et Livre III du <title>Capital</title>
                </note>.
                (Le <ref target="#CapIIIfr1901-02">Livre III suivra en 1902</ref>.)
                (Attention, la traduction Borchardt-Vanderrydt est <emph>d’assez piètre qualité</emph> ;
                bien qu’<ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/capital/capital_livre_2/capital_livre_2.html">on la trouve en ligne</ref> — et c’est malheureusement la seule —, il ne faut <emph>l’utiliser qu’avec prudence</emph>.)
              </p>
              <p xml:id="CapIIfr1930" rend="alinea">
                1930,
                traduction française de l’ensemble du <title>Capital</title> par J. Molitor chez
                Alfred Costes, Paris — ne mentionne pas de quelles éditions allemandes, mais Molitor
                est sans doute parti des dernières éditions.
              </p>
              <p rend="alinea">
                <title>Le Capital</title> (les trois livres),
                Éditions sociales, Paris, en huit volumes, différentes années de la fin des années quarante aux années soixante.
                Le Livre II (en deux tomes) est édité d’après l’édition allemande de 1933 (avec comparaison de quelques autres)
                sous la direction d’E. Bottigelli
                et la traduction est de M<hi rend="exposant">mes</hi> Erna Cogniot et C. Cohen-Solal, et de Gilbert Badia.
                Les références au Livre I vont bien sûr vers le Livre I de cette même édition.
              </p>
              <p xml:id="CapIIfr1965rubel" rend="alinea">
                1965,
                dans la collection de La Pléiade, Gallimard, Paris, due à Maximilien Rubel.
                Le choix des textes et le plan des Livre II et Livre III seraient très personnels.
                Rubel n’aimait pas Engels et prétend « retourner à Marx ». C’est donc une édition à déconseiller.
                Attention qu’elle peut être reprise sous d’autres apparences (comme <ref target="#CapIIfr2008rubel">la Folio de 2008</ref>).
              </p>
              <p xml:id="CapIIfr1983" rend="alinea">
                1983,
                Éditions du Progrès, Moscou, © 1976 Éditions sociales, © 1983 Éditions du Progrès pour la présentation
                et les notes (volume 2 d’un <title>Capital</title> en trois volumes, un par Livre).
              </p>
              <p xml:id="CapIIfr2008rubel" rend="alinea">
                2008,
                « intégrale » (douteuse) du <title>Capital</title> en coffret de deux volumes
                (Livre I ; Livres II et III), Folio Essais 500 et 501, Gallimard, Paris.
                C’est un facsimilé de l’<ref target="#CapIIfr1965rubel">édition de La Pléiade de 1965</ref>,
                donc avec toutes ses « particularités », mieux que rien mais peu recommandable.
              </p>

              <p rend="h2">En néerlandais :</p>

              <p xml:id="CapIInl2011manga" rend="alinea gris">
                2011,
                <title>Het Kapitaal</title>, Deel II, traduit par Nele Noppe, EPO, Anvers (Berchem),
                mais c’est une manga traduite du japonais.
              </p>
              <p rend="alinea">
                2012,
                première traduction en néerlandais par David C. A. Danneels assisté de Leendert
                Erkelens, Marxists Internet Archive, <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1885/kapitaal-2/">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1885/kapitaal-2/</ref>.
              </p>

              <p rend="h2">En anglais :</p>

              <p xml:id="CapIIen1909" rend="alinea">
                1909,
                traduction anglaise (américaine) du Livre II (traduction par Ernest Untermann de la
                2<hi rend="ordinal">e</hi> édition allemande, chez Charles H. Kerr and Co. à Chicago
                — on trouve <ref target="http://www.econlib.org/library/YPDBooks/Marx/mrxCpBCover.html">cette édition en ligne</ref>). Aussi 1910 chez Kerr, Chicago et Sonnenschein,
                Londres, 1910, <ptr target="http://oll.libertyfund.org/title/966"/>.
              </p>

              <p rend="h1">Édition de référence des présentes notes de lecture</p>
              <p rend="alinea"><title>Le Capital</title> (les trois livres),
              Éditions sociales, Paris, en huit volumes, différentes années de la fin des
              années quarante aux années soixante. C’est de cette édition que j’ai pris les
              textes et les numéros de page pour le Livre II.</p>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IIsect1" type="level2_sect">
            <head>
              Première section — Les métamorphoses du capital et leur cycle
            </head>

            <div xml:id="Capital-IIchap1" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 1 (L. II) — Le cycle du capital-argent
              </head>
              <index><term>cycle du capital-argent, formule</term></index>
              <index><term>capital-argent, formule du cycle</term></index>
              <index><term>formule du cycle du capital-argent</term></index>
              <index><term>capital-argent</term></index>
              <index><term>argent, capital-argent</term></index>
              <index><term>productif, capital</term></index>
              <index><term>capital-marchandise</term></index>
              <index><term>marchandise, capital-marchandise</term></index>
              <index><term>procès de production du capital</term></index>
              <index><term>capital, procès de production</term></index>
              <index><term>capital productif, consommé, retiré de la circulation</term></index>
              <index><term>capital industriel, états</term></index>
              <index><term>circulation, cycle du capital-argent</term></index>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Die Formel für den Kreislauf des Geldkapitals ist also :
                      </p>
                      <p rend="firstalinea">
                        G — W . . . P . . . W′ — G′, wo die Punkte andeuten,
                        daß der Zirkulationsprozeß unterbrochen ist,
                        und W′ wie G′ ein durch Mehrwert vermehrtes W und G bezeichnen.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW, Band. 24, S. 31</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La formule applicable au cycle du capital-argent est donc :
                      </p>
                      <p rend="firstalinea">
                        A — M . . . P . . . M′ — A′, les points indiquant
                        que le procès de circulation est interrompu,
                        tandis que M′ et A′ désignent un M et un A augmentés par de laplus-value.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>ÉS 1977, p. 27.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        De formule voor de kringloop van het geldkapitaal is dus :
                      </p>
                      <p rend="firstalinea">
                        G — W . . . P . . . W′ — G′, waarbij de punten aanduiden
                        dat het circulatieproces onderbroken is
                        en W′ en G′ een met meerwaarde vergrote W en G betekenen.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1885/kapitaal-2/01.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Hence the formula for the circuit of money capital is :
                      </p>
                      <p rend="firstalinea">
                        M — C . . . P . . . C′ — M′, the dots
                        indicating that the process of circulation is interrupted,
                        and C′ and M′ designating C and M increased by surplus value.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MECW 36:31.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                On a vu A et M dans le Livre I et cela ressort aussi du contexte du deuxième alinéa
                de ce chapitre. Il nous dit ce qu’indiquent les trois points, mais il oublie de
                nous dire ce qu’est P et, dans le contexte de cette page, on pourrait penser que
                c’est l’initiale du procès de production. (On trouve P là aussi en allemand et en
                anglais et le contexte suggère la même interprétation.) On voit peu après que
                P représente en réalité le <term>capital productif</term> :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                   La valeur avancée par lui sous forme d’argent se trouve donc maintenant sous
                   forme d’objets en nature, où elle peut s’actualiser comme valeur enfantant
                   (sous l’aspect de marchandises) de la plus-value. En d’autres termes, elle se
                   trouve à l’état ou sous la forme de <term>capital productif</term>, doué de la
                   capacité de fonctionner comme créateur de valeur et de plus-value. Appelons P
                   le capital qui se trouve sous cette forme.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 30.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Ainsi la formule est homogène ; toutes les lettres représentent des états du même capital industriel.
                Marx parle ici <emph>du point de vue de la circulation</emph>.
                Dans A — M, on a de l’argent A en circulation face à une offre M
                (d’autres capitalistes ou de prolétaires) de marchandises en circulation.
                L’échange étant fait, M est immobilisé <emph>du point de vue de la circulation</emph>
                parce que retiré de la circulation pour entrer dans le processus de production,
                le temps de se transformer en M′.
                Ce même capital M, pendant le temps qu’il ne circule plus mais se transforme
                (et n’est donc temporairement pas vendable), Marx l’appelle P, <term>capital productif</term>.
                On peut dire encore que le capital productif P, ce sont les marchandises constitutives de M,
                mais retirées de la circulation (temporairement invendables)
                parce qu’en train d’être consommées productivement
                pour renaître sous la forme de tout autres marchandises,
                celles qui constituent M′, nouveau capital-marchandise qui est offert à la vente ;
                on est alors enfin revenu à la circulation.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Ce concept de <term>capital productif</term> s’annonce dans les <title>Grundrisse</title>
                comme <ref target="#Grundrisse-MEW42p519h3-ndx">capital fixé</ref>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                <index><term>Jacques Gouverneur</term></index> <index><term>Gouverneur, Jacques</term></index>
                <index><term>Jean Baby</term></index> <index><term>Baby, Jean</term></index>
                La discussion de ce que représente la lettre P n’est pas indifférente, parce qu’elle
                a un autre sens chez certains vulgarisateurs du <title>Capital</title>. Sans doute
                parce qu’il s’agit d’expliquer seulement la place de la plus-value dans le cycle du
                capital du Livre I, on peut avoir une formule du genre A — M …<term>p</term>…
                M′ — A′ où <term>p</term> (ou P) représente le procès de production et pas un état
                <term>capital productif</term> du cycle du capital industriel.
                C’est le cas en particulier chez <ref target="https://www.capitalisme-et-crise.info/fr/Jacques_Gouverneur/Biographie_et_bibliographie">Jacques Gouverneur</ref> dans <ref target="http://www.i6doc.com/fr/resources/download.cfm?GCOI=28001100186520&amp;thefile=a4fr_complet_1002664.pdf"><title>Comprendre l’économie : La face cachée des phénomènes économiques</title></ref>
                (2005), p. 65 et dans <ref target="http://www.i6doc.com/fr/resources/download.cfm?GCOI=28001100969450&amp;thefile=gouverneura5fr_1002870.pdf"><title>Les fondements de l’économie capitaliste : Introduction
                à l’analyse économique marxiste</title></ref> (3<hi rend="ordinal">e</hi> édition 2005),
                p. 97. C’est tout à fait légitime, mais c’est une autre formule que
                celle qui commence le Livre II. Dans son <title>Manuel de théorie économique
                marxiste</title>, De Boeck, 1987, p. 68, Gouverneur colle de trop près à la
                typographie de la formule de Marx (y compris ensuite la dans la décomposition de M
                en force de travail et moyens de production) pour qu’on puisse douter qu’il
                reproduit la formule du Livre II, mais là aussi il choisit que P désigne le procès
                de production en non le capital productif. Il en est de même chez Jean Baby,
                <title>Principes fondamentaux d’économie politique</title>, 1949. J’accède à des
                extraits publiés sous le titre <title>Lois fondamentales de l’économie
                capitaliste</title>, Éditions v.z.w. October, Louvain, sans doute au début des
                années 70. On y trouve page 98 la formule de Marx et même page 99 l’idée que
                « le phénomène de la circulation est interrompu ». Cependant chez lui aussi, la
                lettre P désigne le processus de production. On ne peut exclure que certains
                lecteurs du Livre II n’aient pas aperçu la définition de la page 30 de la notation P.
                Ils ont pu considérer aussi que P est le procès de production dans la formule qui
                commence le chapitre et que P devient plus loin capital productif dans d’autres
                développements. Ce n’est pas dramatique et ça n’empêche pas de lire et de comprendre
                les développements sur le capital productif.
              </p>
            </div>
          </div>


          <div xml:id="Capital-IIsect2" type="level2_sect">
            <head>Deuxième section — La rotation du capital</head>

            <div xml:id="Capital-IIchap10" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 10 (L. II) — Théories sur le capital fixe et circulant. Les physiocrates et Adam Smith</head>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <index><term>reproduction de la force de travail, dans la reproduction du capital social</term></index>
                    <index><term>force de travail, reproduction, dans la reproduction du capital social</term></index>
                    We have just seen that, apart from money capital,
                    circulating capital is only another name for commodity capital.
                    But to the extent that labour power circulates in the market,
                    it is not capital, no form of commodity capital.
                    It is not capital at all ; the labourer is not a capitalist,
                    although he brings a commodity to market, namely his own skin.
                    Not until labour power has been sold, been incorporated in the process of production,
                    hence not until it has ceased to circulate as a commodity,
                    does it become a constituent of productive capital —
                    variable capital as the source of surplus value,
                    a circulating component part of productive capital
                    with reference to the turnover of the capital value invested in it.
                    Since Smith here confuses the circulating capital with commodity capital,
                    he cannot bring labour power under the head of circulating capital.
                    Hence the variable capital here appears
                    in the form of the commodities the labourer buys with his wages, viz., means of subsistence.
                    In this form the capital value invested in wages is supposed to belong to circulating capital.
                    That which is incorporated in the process of production is labour power, the labourer himself,
                    not the means of subsistence wherewith the labourer maintains himself.
                    True, we have seen (<ref target="#Capital-Ichap21">Buch I, Kap. XXI</ref>) that from the point of view of society
                    the reproduction of the labourer himself by means of his individual consumption
                    is likewise part of the process of reproduction of social capital.
                    But this does not apply to the individual, isolated process of production which we are studying here.
                    The “<hi rend="petitescapitales">acquired and useful abilities</hi>” (p. 187)
                    which Smith mentions under the head of fixed capital
                    are on the contrary component parts of circulating capital,
                    since they are <hi rend="petitescapitales">abilities</hi> of the wage labourer
                    and he has sold his labour together with its <hi rend="petitescapitales">abilities</hi>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>MECW 36:209.</bibl>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIchap16" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 16 (L. II) — La rotation du capital variable</head>

              <div xml:id="Capital-IIchap16para3" type="level4_para">
                <head>3. La rotation du capital variable au point de vue social</head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>immobilisation sans rapport immédiat</term>
                  </index>❦ immobilisation sans rapport immédiat
                  <index>
                    <term>socialisme, capacité de plan d’ensemble</term>
                  </index>❦ socialisme, capacité de plan d’ensemble
                  <index><term>anarchie du capitalisme</term></index>❦ anarchie du capitalisme
                  <index><term>chemins de fer</term></index>❦ chemins de fer
                </p>
                <cit>
                  <quote xml:id="l2t1p292">
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 292-293.</note>Supposons qu’au lieu
                    d’être capitaliste la société soit communiste : tout d’abord, le capital-argent
                    disparaît, et avec lui les déguisements des transactions qui s’imposent grâce
                    à lui. La chose revient simplement à ceci : il faut que la société calcule
                    d’avance la quantité de travail, des moyens de production et de subsistance
                    qu’elle peut, sans aucun dommage, employer à des entreprises, comme par
                    exemple la construction des chemins de fer, qui, pendant un temps assez long,
                    un an ou même davantage, ne fournissent ni moyens de production ou de subsistance,
                    ni effet utile quelconque, mais enlèvent à la production annuelle totale du
                    travail des moyens de production et des subsistances. Au contraire, dans la
                    société capitaliste, où le bon sens social ne se fait valoir qu’après coup,
                    il est possible et inévitable qu’il se produise sans cesse de grandes
                    perturbations.<!--  D’une part, il s’exerce une pression sur le marché financier ;
                    cependant qu’à l’inverse les facilités offertes par le marché financier suscitent
                    en masse les entreprises dont nous parlons, c’est-à-dire précisément les
                    circonstances qui provoqueront plus tard la pression sur le marché financier.
                    Il y a pression parce qu’il faut ici en permanence, pour un temps plus ou moins
                    long, des avances de capital-argent sur une grande échelle. Ajoutez-y que les
                    industriels et les commerçants engagent constamment dans des spéculations sur
                    les chemins de fer, etc., le capital-argent dont ils ont besoin pour la mise en
                    œuvre de leur propre industrie et le remplacent par des emprunts contractés sur
                    le marché financier. — D’autre part, il s’exerce une pression sur le capital
                    productif disponible de la société. Comme l’on retire constamment au marché des
                    éléments de capital productif que l’on remplace par un simple équivalent en
                    argent, la demande solvable augmente sans fournir sans fournir aucun élément
                    d’apport. On assiste en conséquence à la hausse des prix pour les moyens de
                    subsistance aussi bien que pour les matières de production. Ajoutez que la
                    spéculation se développe d’ordinaire pendant ce temps, qu’il se fait un grand
                    transfert de capitaux. […] --></p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IIsect3" type="level2_sect">
            <head>
              Troisième section — la reproduction et la circulation de l’ensemble du capital social
            </head>

            <div xml:id="Capital-IIchap18" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 18 (L. II) — Introduction
              </head>
              <bibl rend="publie">Livre II, t. 2, p. 7 et suivantes.</bibl>

              <div xml:id="Capital-IIchap18para2" type="level4_para">
                <head>
                  2. Le rôle du capital-argent
                </head>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>monnaie, pas de — sous le socialisme</term>
                  </index>❦ monnaie, pas de — sous le socialisme.
                </p>
                <cit>
                  <quote xml:id="l2t2p14">
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="CapIIt2p14un3" n="14"/>Le capital-argent disparaît en production
                      socialisée. La société répartit la force de travail et les moyens de
                      production entre les différentes branches d’industrie. Les producteurs
                      pourront, si l’on veut, recevoir des bons en échange desquels ils prélèveront
                      sur les dépôts sociaux de consommation une quantité correspondant à leur
                      temps de travail. Ces bons ne sont pas de l’argent. Ils ne circulent pas.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIchap20" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 20 (L. II) — La reproduction simple
              </head>
              <bibl rend="publie">Livre II, t. 2, p. 46 et suivantes.</bibl>

              <div xml:id="Capital-IIchap20para2" type="level4_para">
                <head>
                  2. Les deux sections de la production sociale.
                </head>
                <bibl rend="publie">Livre II, t. 2, p. 49 et suivantes.</bibl>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>produit total de la société</term></index>❦ produit total de la société
                  <index><term>section I</term></index>❦ section I
                  <index><term>section II</term></index>❦ section II
                  <index>
                    <term>répartition du capital en proportions déterminées entre secteurs</term>
                  </index>❦ répartition du capital en proportions déterminées entre secteurs
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="CapIIt2p49un3" n="49"/>Le produit total de la société, donc
                      l’ensemble de sa production aussi se décomposent en deux grandes sections :
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      I.  <emph>Moyens de production</emph>, marchandises qui, de par leur forme,
                      doivent ou au moins peuvent entrer dans la consommation productive.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      II. <emph>Moyens de consommation</emph>, marchandises qui, de par leur forme,
                      entrent dans la consommation individuelle de la classe capitaliste et de la
                      classe ouvrière.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-IIchap20para4" type="level4_para">
                <head>
                  4. Les échanges à l’intérieur de la section II.
                     Subsistances nécessaires et objets de luxe.
                </head>
                <bibl rend="publie">Livre II, t. 2, p. 55 et suivantes.</bibl>
                <anchor xml:id="simplisme-crise"/>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>service, travail productif ou improductif</term></index>
                  <index><term>consommation de luxe</term></index>❦ consommation de luxe
                  <index><term>ouvriers improductifs</term></index>❦ ouvriers improductifs
                  <index><term>improductif, travailleur</term></index>
                  <index><term>productif, travailleur</term></index>
                  <index><term>inflation</term></index>❦ inflation
                  <index><term>tautologie</term></index>❦ tautologie
                  <index><term>demande solvable</term></index>❦ demande solvable
                  <index><term>crise de surproduction</term></index>❦ crise de surproduction
                  <index><term>crise, explication simpliste</term></index>❦ crise, explication simpliste
                  <index><term>bon sens simpliste, et la crise</term></index>
                  <index><term>simplisme, concernant la crise</term></index>
                  <index><term>crise, préparée par une hausse des salaires</term></index>
                  <index><term>surproduction, crise de —</term></index>
                  <index><term>période de prospérité et crise</term></index>❦ période de prospérité et crise
                  <index><term>prospérité, période de — et crise</term></index>
                  <index><term>spéculation</term></index>❦ spéculation
                </p>
                <list rend="horiz">
                  <item style="width: 25.3%;">
                    <cit xml:lang="de">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <pb n="409"/>Jede Krise vermindert die Luxuskonsumtion momentan ; sie
                          verlangsamt, verzögert die Rückverwandlung des (IIb)v in Geldkapital,
                          läßt sie nur teilweis zu und wirft damit einen Teil der Luxusarbeiter
                          aufs Pflaster, während sie andrerseits den Verkauf der notwendigen
                          Konsumtionsmittel eben dadurch auch ins Stocken bringt und verringert.
                          Ganz abgesehn von den gleichzeitig abgedankten, unproduktiven Arbeitern,
                          die für ihre Dienste einen Teil der Luxusausgabe der Kapitalisten
                          empfangen (diese Arbeiter selbst sind <foreign xml:lang="latin">pro
                          tanto</foreign> Luxusartikel) und die sich sehr stark beteiligen
                          namentlich auch an der Konsumtion notwendiger Lebensmittel etc. Umgekehrt
                          in der Prosperitätsperiode, und namentlich während der Zeit ihrer
                          Schwindelblüte — wo schon aus andren Gründen der relative, in Waren
                          ausgedrückte Wert des Geldes fällt (ohne wirkliche sonstige Wertrevolution),
                          also der Preis der Waren, unabhängig von ihrem eignen Wert, steigt. Nicht
                          nur steigt die Konsumtion notwendiger Lebensmittel ; die Arbeiterklasse
                          (in die nun ihre ganze Reservearmee aktiv eingetreten) nimmt auch
                          momentanen Anteil an der Konsumtion ihr sonst unzugänglicher Luxusartikel,
                          außerdem auch an der Klasse der notwendigen Konsumtionsartikel, die sonst
                          zum größten Teil „notwendige“ Konsumtionsmittel nur für die
                          Kapitalistenklasse bildet, was seinerseits eine Steigerung der Preise
                          hervorruft.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Es ist eine reine Tautologie zu sagen, daß die Krisen aus Mangel an
                          zahlungsfähiger Konsumtion oder an zahlungsfähigen Konsumenten hervorgehn.
                          Andre Konsumarten, als zahlende, kennt das kapitalistische System nicht,
                          ausgenommen die <foreign xml:lang="latin">sub forma pauperis</foreign>
                          [Konsumart der Armen] oder die des „Spitzbuben“. Daß Waren unverkäuflich
                          sind, heißt nichts, als daß sich keine zahlungsfähigen Käufer für sie
                          fanden, also Konsumenten (sei es nun, daß die Waren in letzter Instanz
                          zum Behuf produktiver oder individueller Konsumtion gekauft werden). Will
                          man aber dieser Tautologie einen Schein tiefrer Begründung dadurch geben,
                          daß man sagt, die Arbeiterklasse erhalte einen zu geringen Teil ihres
                          eignen Produkts, und dem Übelstand werde mithin abgeholfen, sobald sie
                          größern Anteil davon empfängt, ihr Arbeitslohn folglich wächst, so ist
                          nur zu bemerken, daß die Krisen jedesmal gerade vorbereitet werden durch
                          eine Periode, worin der Arbeitslohn allgemein steigt und die Arbeiterklasse
                          realiter größern Anteil an dem für Konsumtion bestimmten Teil des
                          jährlichen Produkts erhält. Jene Periode müßte — von dem Gesichtspunkt
                          dieser Ritter vom gesunden und „einfachen“ (!) Menschenverstand —
                          umgekehrt die Krise entfernen. Es scheint also, daß die kapitalistische
                          Produktion vom guten oder bösen Willen unabhängige <pb n="410"/>Bedingungen
                          einschließt, die jene relative Prosperität der Arbeiterklasse nur momentan
                          zulassen, und zwar immer nur als Sturmvogel einer Krise. [<foreign xml:lang="latin">Ad notam</foreign> für etwaige Anhänger der Rodbertusschen
                          Krisentheorie. F. E.]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="http://www.mlwerke.de/me/me24/me24_391.htm#Kap_20_IV">MLWerke</ref>.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 26%;">
                    <cit xml:lang="fr">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          <pb xml:id="CapIItIIp63" n="63"/>Chaque crise
                          diminue momentanément la consommation de luxe ; elle ralentit, retarde
                          la reconversion de (II <hi rend="italique">b</hi>) en capital-argent,
                          ne la permet que partiellement et jette ainsi une partie des
                          travailleurs des industries de luxe sur le pavé, tandis que, par là
                          même, elle bloque et diminue, par ailleurs, la vente des moyens de
                          consommation nécessaires. Sans parler du tout des ouvriers improductifs,
                          licenciés en même temps — le paiement de leurs services représentait une
                          partie des dépenses de luxe des capitalistes (ces ouvriers eux-mêmes
                          sont dans cette mesure des articles de luxe) — qui prenaient également
                          une part très grande à la consommation des subsistances nécessaires
                          notamment, etc. C’est l’inverse en période de prospérité, et surtout
                          dans les moments où, pendant cette période, s’épanouit la spéculation
                          — où pour d’autres raisons la valeur relative de l’argent, exprimée
                          en marchandises, baisse (sans que se produise par ailleurs de véritable
                          révolution de valeur) et où donc monte le prix des marchandises,
                          indépendamment de leur valeur propre. Ce n’est pas seulement la
                          consommation de subsistances nécessaires qui s’accroît alors : la
                          classe ouvrière (dans laquelle est alors entrée activement son armée
                          de réserve tout entière) prend aussi part momentanément à la
                          consommation des articles de luxe qui, d’ordinaire, lui sont
                          inaccessibles ; et en outre aussi à la catégorie d’articles de
                          consommation nécessaires qui, dans leur majorité, ne constituent
                          d’ordinaire des moyens de consommation « nécessaires » que pour la
                          classe capitaliste, phénomène qui, à son tour, provoque une montée des
                          prix.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          C’est pure tautologie que de dire : les crises
                          proviennent de ce que la consommation solvable ou les consommateurs
                          capables de payer font défaut. Le système capitaliste ne connaît
                          d’autres modes de consommation que payants, à l’exception de ceux de
                          l’indigent ou du « filou ». Dire que des marchandises sont invendables
                          ne signifie rien d’autre que : il ne s’est pas trouvé pour elles
                          d’acheteurs capables de payer, donc de consommateurs (que les
                          marchandises soient achetées en dernière analyse pour la consommation
                          productive ou individuelle). Mais si, pour donner une apparence de
                          justification plus profonde à cette tautologie, on dit que la classe
                          ouvrière reçoit une trop faible part de son propre produit et que cet
                          inconvénient serait pallié dès qu’elle en recevrait une plus grande
                          part, dès que s’accroîtrait en conséquence son salaire, il suffit de
                          remarquer que les crises sont chaque fois préparées justement par une
                          période de hausse générale des salaires, où la classe ouvrière obtient
                          effectivement une plus grande part de la fraction du produit annuel
                          destinée à la consommation. Du point de vue de ces chevaliers, qui
                          rompent des lances en faveur du « simple » (!) bon sens, cette période
                          devrait au contraire éloigner la crise. Il semble donc que la production
                          capitaliste implique des conditions qui n’ont rien à voir avec la bonne
                          ou la mauvaise volonté, qui ne tolèrent cette prospérité relative de
                          <pb n="64"/>la classe ouvrière que passagèrement et toujours seulement
                          comme signe annonciateur d’une crise. [À l’intention d’éventuels adeptes
                          de la théorie des crises de Rodbertus. (F. E.)]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl/>
                    </cit>
                  </item>
                  <item style="width: 26%;">
                    <cit xml:lang="nl">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Elke crisis vermindert tijdelijk de luxeconsumptie;
                          ze vertraagt, stelt de terugverandering van de (IIb)v in geldkapitaal uit,
                          laat haar slechts gedeeltelijk toe en gooit daarmee een deel van de arbeiders
                          van luxeartikelen op straat, terwijl ze anderzijds de verkoop
                          van de noodzakelijke consumptiemiddelen net daardoor ook belemmert en vermindert.
                          En dit geheel afgezien van de gelijktijdig afgedankte, onproductieve arbeiders,
                          die voor hun diensten een deel van de luxe-uitgaven van de kapitalisten ontvangen
                          (die arbeiders zijn <foreign xml:lang="latin">pro tanto</foreign> zelf luxeartikelen),
                          die ook in zeer sterke mate deelnemen aan de consumptie van voornamelijk
                          noodzakelijke levensmiddelen etc. Omgekeerd in de hoogconjunctuur,
                          en voornamelijk tijdens de periode van haar bedrieglijke bloei — waar reeds
                          op andere gronden de relatieve, in waren uitgedrukte waarde van het geld daalt
                          (zonder werkelijke andere waardeomwenteling), dus de prijs van waren stijgt,
                          onafhankelijk van haar eigen waarde. Niet alleen stijgt de consumptie
                          van noodzakelijke levensmiddelen; de arbeidersklasse (waarvan nu
                          het gehele reserveleger in dienst komt) neemt bovenop het aandeel in de klasse
                          van de noodzakelijke consumptieartikelen, ook een tijdelijk aandeel in de consumptie
                          van de voor haar anders ontoegankelijke luxeartikelen, die anders voor het grootste deel
                          enkel “noodzakelijke” consumptiemiddelen voor de kapitalistenklasse vormt.
                          Dit veroorzaakt op zijn beurt een stijging van de prijzen.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Het is een zuivere tautologie te zeggen, dat de crises voortkomen uit een
                          gebrek aan solvabele consumptie of aan solvabele consumenten. Andere
                          consumptiesoorten dan betalende kent het kapitalistisch systeem niet,
                          behalve die in de <foreign xml:lang="latin">sub forma pauperis</foreign>
                          [gratis voor de armen] of die van de “schurken”. Dat waren onverkoopbaar
                          zijn, betekent niets ander dan dat ze geen solvabele koper vonden, dus
                          consumenten (zij het nu, dat de waren in laatste instantie worden gekocht
                          ten behoeve van productieve of individuele consumptie). Wil men die
                          tautologie echter een schijn van diepere motivatie geven, doordat men
                          zegt dat de arbeidersklasse een te klein deel van haar eigen product
                          krijgt, en het ongemak meteen zal worden verholpen, van zodra ze een
                          grotere aandeel daarvan ontvangt en haar arbeidsloon bijgevolg toeneemt,
                          dan valt slechts op te merken, dat de crises telkens net voorbereid
                          worden door een periode, waarin het arbeidsloon algemeen stijgt en de
                          arbeidersklasse in werkelijkheid een groter aandeel in het voor
                          consumptie bestemde deel van het jaarlijks product ontvangt. Die periode
                          zou juist — vanuit het gezichtspunt van deze ridder van het gezond en
                          “eenvoudig” (!) mensenverstand — omgekeerd de crisis moeten doen
                          verdwijnen. Het blijkt dus dat de kapitalistische productie onder
                          voorwaarden plaatsvindt die onafhankelijk zijn van goede of kwade wil,
                          voorwaarden die slechts tijdelijke relatieve voorspoed voor de
                          arbeidersklasse toelaten en wel altijd slechts als stormvogel van een
                          crisis. [<foreign xml:lang="latin">Ad notam</foreign> voor eventuele
                          aanhangers van de Rodbertusiaanse crisistheorie. F. E.]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1885/kapitaal-2/20.htm">Internet Marxistisch-Archief</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item>
                    <cit xml:lang="en">
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Every crisis at once lessens the consumption of luxuries.
                          It retards, delays the reconversion of (IIb)v into money-capital,
                          permitting it only partially and thus throwing a certain number
                          of the labourers employed in the production of luxuries out of work,
                          while on the other hand it thus clogs the sale of consumer necessities and reduces it.
                          And this without mentioning the unproductive labourers who are dismissed at the same time,
                          labourers who receive for their services a portion of the capitalists’ luxury expense fund
                          (these labourers are themselves <foreign xml:lang="latin">pro tanto</foreign> luxuries),
                          and who take part to a very considerable extent in the consumption of the necessities of life, etc.
                          The reverse takes place in periods of prosperity, particularly during the times of bogus prosperity,
                          in which the relative value of money, expressed in commodities, decreases also for other reasons
                          (without any actual revolution in values), so that the prices of commodities rise
                          independently of their own values.
                          It is not alone the consumption of necessities of life which increases.
                          The working-class (now actively reinforced by its entire reserve army)
                          also enjoys momentarily articles of luxury ordinarily beyond its reach,
                          and those articles which at other times constitute for the greater part consumer “necessities”
                          only for the capitalist class.
                          This on its part calls forth a rise in prices.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          It is sheer tautology to say that crises are caused
                          by the scarcity of effective consumption, or of effective consumers.
                          The capitalist system does not know any other modes of consumption than effective ones,
                          except that of <foreign xml:lang="latin">sub forma pauperis</foreign> or of the swindler.
                          That commodities are unsaleable means only that no effective purchasers
                          have been found for them, i.e., consumers
                          (since commodities are bought in the final analysis for productive or individual consumption).
                          But if one were to attempt to give this tautology the semblance of a profounder justification
                          by saying that the working-class receives too small a portion of its own product
                          and the evil would be remedied as soon as it receives a larger share of it
                          and its wages increase in consequence, one could only remark
                          that crises are always prepared by precisely a period in which wages rise generally
                          and the working-class actually gets a larger share of that part of the annual product
                          which is intended for consumption. From the point of view of these advocates
                          of sound and “simple” (!) common sense, such a period should rather remove the crisis.
                          It appears, then, that capitalist production comprises conditions independent of good or bad will,
                          conditions which permit the working-class to enjoy that relative prosperity only momentarily,
                          and at that always only as the harbinger of a coming crisis.
                          [<foreign xml:lang="latin">Ad notam</foreign> for possible followers
                          of the Rodbertian theory of crises. —F.E.]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1885-c2/ch20_01.htm#4">marxists.org</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>

                <p rend="alinea">
                  Dans <ref target="#problemquotesdaling">une phrase attribuée à Marx</ref>, mais
                  qui ne semble pas être de lui (une paraphrase maladroite d’<ref target="#Capital-IIIchap30crise">un passage du <title>Livre III</title></ref> ?) la
                  crise résulterait d’une baisse des salaires. Dans cette logique, que Marx dénonce
                  ici, en cas de hausse des salaires il n’y aurait pas de crise. Mais c’est le
                  contraire qui a lieu. Toujours une crise <emph>est précédée</emph> d’une hausse
                  des salaires. (Ce qui est vrai c’est qu’<emph>après</emph> le déclenchement de la
                  crise, alors que la crise met les salariés en position de faiblesse, les
                  capitalistes tentent de se refaire en attaquant les salaires, et cela ne fait
                  qu’aggraver la crise.)
                </p>
              </div>
            </div>
          </div>
        </div>
        <!-- début de fichier inclus dialnat.xml --><div xml:id="dialnat" type="level1_livre">
          <head>
            Dialectique de la nature (1886)
          </head>
          <bibl>
            1886 (1873-1886, inachevé). La <title>Dialectique de la nature</title>
            (<ref target="#Engelslettre1873-05-30Marx">annoncée en 1873</ref>)
            a été rédigée pour l’essentiel de 1873 à 1882
            et mise de côté à la mort de Marx (1883) pour continuer à éditer le <title>Capital</title>.
            Quelques fragments sont de 1885, plus le fragment retranché du Feuerbach de 1886.
          </bibl>
          <bibl>
            Publiée pour la première fois en allemand et en russe à Moscou et Léningrad en 1925.
          </bibl>
          <bibl>
            Karl Marx, Friedrich Engels, <title>Werke</title>, Dietz Verlag, Berlin, Band 20., 1962.
            » Dialektik der Natur «, S. 305-570, <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me20/me20_305.htm">www.mlwerke.de/me/me20/me20_305.htm</ref>.
          </bibl>
          <bibl>
            Éditions sociales, Paris, 1952. J’ai aussi une édition de 1968 qui doit être sensiblement
            identique (368 p.). En français, c’est de cette édition que je donne les numéros de page.
            Là, p. 321, une table chronologique des fragments.
          </bibl>
          <bibl>
            Dans l’Archive Internet des marxistes, on trouve <ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf">un PDF de cette édition de 1968</ref>, reprise en 290 pages au format US Letter
            en traitement de texte Word de Microsoft par Jean-Marie Tremblay en 2003.
            On trouve d’ailleurs <ref target="https://classiques.uqam.ca/classiques/Engels_friedrich/dialectique/dialectique.html">le même directement sur son site des Classiques…</ref> ainsi que la version en Word.
            (On peut identifier ce travail comme <ptr target="http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.enf.dia"/>.)
            Ce travail de Jean-Marie Tremblay, je l'ai édité en HTML en 2007, sur ce site : <ptr target="dialnatindex.html"/>.
          </bibl>
          <bibl>
            Il ne semble pas que ça ait été jamais traduit et publié en néerlandais, encore que
            certains articles aient pu paraître en brochure. On trouve en tout cas « De rol van de arbeid
            in de overgang van aap naar mens » <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1876/1876aapmens.htm">sur
            marxists.org</ref>, dont je reprends <ref target="#dialnatIIsinge">certaines phrases
            dans mes notes</ref>.
          </bibl>
          <bibl>
            Chez marxists.org, on trouve en anglais une édition non identifiée (avec une préface
            de J. B. S. Haldane en 1939) : <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1883/don/index.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1883/don/index.htm</ref>.
          </bibl>
          <!-- dialnatI Esquisses du plan -->

          <div xml:id="dialnatII" type="level2_part" n="2">
            <head>
              [Chapitres]
            </head>

            <div xml:id="dialnatIIintro" type="level3_chap" n="10">
              <head>
                Introduction
              </head>
              <bibl>
                P. 29 et suivantes, <ptr target="dialnat10.html"/>.
              </bibl>
              <p xml:id="Kepler-Newton" rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term xml:id="Kepler">Kepler</term></index>❦ Kepler
                <index><term xml:id="Newton">Newton</term></index>❦ Newton
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb n="314"/>Endlich in der Astronomie des Sonnensystems hatte Kepler die
                        Gesetze der Planetenbewegung entdeckt und Newton sie unter dem Gesichtspunkt
                        allgemeiner Bewegungsgesetze der Materie gefaßt.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Karl Marx/ Friedrich Engels, <title>Werke</title>, Dietz Verlag, Berlin,
                      Band 20, p. 314.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat32un4" n="32 ¼"/>Enfin, dans l’astronomie du système
                        solaire, Kepler avait découvert les lois du mouvement des planètes et
                        Newton en avait donné la formule du point de vue des lois générales du
                        mouvement de la matière.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Finally in the astronomy of the solar system Kepler discovered the laws of
                        planetary movement and Newton formulated them from the point of view of the
                        general laws of motion of matter.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1883/don/ch01.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Il fait ici meilleure justice à Newton.
              </p>

              <p xml:id="DN32troisquarts"><label rend="invisible">Dialectique de la nature, [Chapitres] Introduction</label>
                <index><term>immuabilité de la nature</term></index>
                <index><term>nature, immuabilité</term></index>
                <index><term>immutability of nature</term></index>
                <index><term>nature, immutability</term></index>
                <index><term>Unveränderlichkeit der Natur</term></index>
                <index><term>Natur, Unveränderlichkeit</term></index>
                <index><term>matérialisme mécaniste</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Ce qui manque encore dans la science, c’est la dimension historique :
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                      Was diese Periode aber besonders charakterisiert, ist die Herausarbeitung
                      einer eigentümlichen Gesamtanschauung, deren Mittelpunkt die Ansicht
                      <emph>von der absoluten Unveränderlichkeit der Natur</emph> bildet. Wie auch
                      immer die Natur selbst zustande gekommen sein mochte: einmal vorhanden, blieb
                      sie, wie sie war, solange sie bestand. Die Planeten und ihre Satelliten,
                      einmal in Bewegung gesetzt von dem geheimnisvollen »ersten Anstoß«, kreisten
                      fort und fort in ihren vorgeschriebnen Ellipsen in alle Ewigkeit oder doch
                      bis zum Ende aller Dinge. Die Sterne ruhten für immer fest und unbeweglich
                      auf ihren Plätzen, einander darin haltend durch die »allgemeine Gravitation«.
                      Die Erde war von jeher oder auch von ihrem Schöpfungstage an (je nachdem)
                      unverändert dieselbe geblieben. Die jetzigen »fünf Weltteile« hatten immer
                      bestanden, immer dieselben Berge, Täler und Flüsse, dasselbe Klima, dieselbe
                      Flora und Fauna gehabt, es sei denn, daß durch Menschenhand Veränderung oder
                      Verpflanzung stattgefunden. Die Arten der Pflanzen und Tiere waren bei ihrer
                      Entstehung ein für allemal festgestellt, Gleiches zeugte fortwährend Gleiches,
                      und es war schon viel, wenn <pb n="315"/>Linné zugab, daß hier und da durch
                      Kreuzung möglicherweise neue Arten entstehn konnten. Im Gegensatz zur
                      Geschichte der Menschheit, die in der Zeit sich entwickelt, wurde der
                      Naturgeschichte nur eine Entfaltung im Raum zugeschrieben. Alle Veränderung,
                      alle Entwicklung in der Natur wurde verneint. Die anfangs so revolutionäre
                      Naturwissenschaft stand plötzlich vor einer durch und durch konservativen
                      Natur, in der alles noch heute so war, wie es von Anfang an gewesen, und in
                      der — bis zum Ende der Welt oder in Ewigkeit — alles so bleiben sollte, wie
                      es von Anfang an gewesen.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Karl Marx/ Friedrich Engels, <title>Werke</title>, Dietz Verlag, Berlin,
                      Band 20. p. 314-315.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat32quatre5" n="32 ⅘"/>Mais ce qui caractérise surtout
                        cette période, c’est qu’elle voit se former une conception d’ensemble qui
                        lui est propre et dont le point central est l’idée de l’<emph>immuabilité
                        absolue de la nature</emph>. Quelle que fût la façon dont la nature même
                        s’était formée, une fois qu’elle existait elle restait semblable à
                        elle-même tant qu’elle durait. Une fois mis en mouvement par le mystérieux
                        « choc initial », les planètes et leurs satellites continuaient à graviter
                        sur les ellipses prescrites pour toute l’éternité, ou en tout cas jusqu’à
                        la fin de <pb n="33"/>toutes choses. Fixes et immobiles, les étoiles
                        reposaient pour toujours à leur place, s’y maintenant réciproquement par
                        la « gravitation universelle ». La terre était restée immuablement là même,
                        soit de toute éternité, soit, dans l’autre hypothèse, depuis le jour de sa
                        création. Les « cinq parties du monde » actuelles avaient toujours existé ;
                        elles avaient toujours eu les mêmes montagnes, les mêmes vallées, les mêmes
                        cours d’eau, le même climat, la même flore et la même faune, à moins que
                        la main de l’homme n’y eût causé des changements ou des déplacements. Les
                        espèces végétales et animales étaient fixées une fois pour toutes à leur
                        naissance, le semblable engendrait constamment le semblable, et c’était
                        déjà beaucoup que Linné admît la possibilité de formation de nouvelles
                        espèces, çà et là, par croisement. À l’opposé de l’histoire de l’humanité
                        qui se déroule dans le temps, on n’accordait à l’histoire de la nature
                        qu’un déploiement dans l’espace. On niait tout changement, tout développement
                        dans la nature. La science de la nature, si révolutionnaire dans ses débuts,
                        se trouvait soudain devant une nature absolument conservatrice, dans laquelle
                        — jusqu’à la fin du monde ou pour l’éternité — tout devait rester tel.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        But what especially characterises this period is the elaboration of a
                        peculiar general outlook, in which the central point is the view of the
                        <emph>absolute immutability of nature</emph>. In whatever way nature itself
                        might have come into being, once present it remained as it was as long as
                        it continued to exist. The planets and their satellites, once set in motion
                        by the mysterious “first impulse”, circled on and on in their predestined
                        ellipses for all eternity, or at any rate until the end of all things. The
                        stars remained for ever fixed and immovable in their places, keeping one
                        another therein by “universal gravitation”. The earth had persisted without
                        alteration from all eternity, or, alternatively, from the first day of its
                        creation. The “five continents” of the present day had always existed, and
                        they had always had the same mountains, valleys, and rivers, the same
                        climate, and the same flora and fauna, except in so far as change or
                        cultivation had taken place at the hand of man. The species of plants and
                        animals had been established once for all when they came into existence;
                        like continually produced like, and it was already a good deal for Linnaus
                        to have conceded that possibly here and there new species could have arisen
                        by crossing. In contrast to the history of mankind, which develops in time,
                        there was ascribed to the history of nature only an unfolding in space.
                        All change, all development in nature, was denied. Natural science, so
                        revolutionary at the outset, suddenly found itself confronted by an
                        out-and-out conservative nature in which even to-day everything was as it
                        had been at the beginning and in which — to the end of the world or for all
                        eternity — everything would remain as it had been since the beginning.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1883/don/ch01.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p xml:id="DN34undemi"><label rend="invisible">Dialectique de la nature, [Chapitres] Introduction</label>
                <index><term>matérialisme dialectique</term></index>
                <index><term>Gewordenes</term></index>
                <index><term>Erde, Gewordenes</term></index>
                <index><term>historical dimension of the physical world</term></index>
                <index><term>historicité du monde physique</term></index>
                <index><term>histoire, le monde physique a une —</term></index>
                <index><term>caractère historique du monde physique</term></index>
                <index><term>nature, son caractère historique</term></index>
                <index><term>Kant, théorie de la nébuleuse</term></index>
                <index><term>nébuleuse, origine des corps célestes</term></index>
                <index><term>origine des corps célestes, nébuleuse</term></index>
                <index><term>Wolf</term></index>
                <index><term>géologie</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">C’est à la fin du 18<hi rend="ordinal">e</hi>
              et surtout au 19<hi rend="ordinal">e</hi> que ça change, d’abord avec l’hypothèse de la
              nébuleuse de Kant et ses conséquences en principe pour l’ensemble de l’univers :</p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="316"/>Die erste Bresche in diese versteinerte Naturanschauung
                      wurde geschossen nicht durch einen Naturforscher, sondern durch einen Philosophen.
                      1755 erschien Kants <title>Allgemeine Naturgeschichte und Theorie des Himmels</title>.
                      Die Frage nach dem ersten Anstoß war beseitigt;
                      die Erde und das ganze Sonnensystem erschienen als etwas im Verlauf der Zeit <emph>Gewordenes</emph>.
                      […] War die Erde etwas Gewordenes, so mußte ihr gegenwärtiger geologischer, geographischer,
                      klimatischer Zustand, mußten ihre Pflanzen und Tiere ebenfalls etwas Gewordenes sein,
                      mußte sie eine Geschichte haben nicht nur im Raum nebeneinander,
                      sondern auch in der Zeit nacheinander.</p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Karl Marx/ Friedrich Engels, <title>Werke</title>, Dietz Verlag, Berlin,
                      Band 20. p. 316.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat34un2" n="34 ½"/>La première brèche
                      fut ouverte dans cette conception pétrifiée de la nature non par un savant,
                      mais par un philosophe. En 1755, paraissait l’<title>Histoire universelle de la nature
                      et la théorie du ciel</title> de Kant. Il n’était plus question de choc initial ;
                      la terre et tout le système solaire apparaissaient comme le <emph>résultat d’un devenir</emph>
                      dans le temps. […] Dès lors que la terre était le résultat d’un devenir,
                      son état géologique, géographique et climatique actuel, ses plantes et animaux étaient aussi,
                      nécessairement, le résultat d’un devenir ; <pb n="35"/>elle avait nécessairement une histoire
                      faite non seulement de juxtaposition dans l’espace,
                      mais de succession dans le temps.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p> - Zich verplaatsen
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">The first breach in this petrified outlook on nature
                      was made not by a natural scientist but by a philosopher.
                      In 1755 appeared Kant’s <title>Allgemeine Naturgesehichte und Theorie des Himmels</title>
                      [General Natural History and Theory of the Heavens].
                      The question of the first impulse was abolished;
                      the earth and the whole solar system appeared as something that had come into being
                      in the course of time. […] If the earth were something that had come into being,
                      then its present geological, geographical, and climatic state,
                      and its plants and animals likewise, must be something that had come into being;
                      it must have had a history not only of co-existence in space but also of succession in time.</p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1883/don/ch01.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="alinea">
                Engels considère l’apparition d’une dimension historique dans les sciences de la
                nature comme un tournant dans l’histoire des sciences. Maintenant que beaucoup de
                gens, du moins pour ceux qui ont eu la chance d’aller (suffisamment) à l’école et
                lisent parfois les journaux, le Big Bang fait partie de la culture au même titre
                que l’héliocentrisme, cette historicité du monde peut paraître banale, allant de
                soi. C’est très important et ça a de grandes conséquences philosophiques. On peut
                dire que c’est ce qui constitue le « dialectique » dans le matérialisme dialectique.
                Je ne me rappelle pas avoir lu ça dans mes lectures d’histoire des sciences (mais
                je ne lis pas toujours sérieusement et je ne mémorise pas tout). Il est possible
                que là-dessus, Engels ait vu plus clair plus vite que les historiens des sciences.
              </p>
              <p xml:id="DN35undemi" rend="alinea">
                Les sciences suivent (avec quelque retard) cette « conception naissante d’une nature
                qui n’<emph>est</emph> pas, mais <emph>devient</emph> et <emph>périt</emph>
                (p. 35) » :
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb n="317"/>Es ist aber erlaubt zu zweifeln, ob der Mehrzahl der
                        Naturforscher der Widerspruch einer sich verändernden Erde, die
                        unveränderliche Organismen tragen soll, so bald zum Bewußtsein gekommen
                        wäre, hätte die aufdämmernde Anschauung, daß die Natur nicht <emph>ist</emph>,
                        sondern <emph>wird</emph> und <emph>vergeht</emph>, nicht von andrer Seite
                        Sukkurs bekommen. Die Geologie entstand und wies nicht nur nacheinander
                        gebildete und übereinander gelagerte Erdschichten auf, sondern auch in
                        diesen Schichten die erhaltenen Schalen und Skelette ausgestorbner Tiere,
                        die Stämme, Blätter und Früchte nicht mehr vorkommender Pflanzen. Man mußte
                        sich entschließen anzuerkennen, daß nicht nur die Erde im ganzen und großen,
                        daß auch ihre jetzige Oberfläche und die darauf lebenden Pflanzen und Tiere
                        eine zeitliche Geschichte hatten.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat35deux5" n="35"/>Mais il n’est pas sûr que la majorité
                        des savants auraient pris aussi rapidement conscience de ce qu’il y a de
                        contradictoire dans le fait qu’une terre qui change doive porter des
                        organismes immuables, si la conception naissante d’une nature qui
                        n’<emph>est</emph> pas, mais <emph>devient et périt</emph>, n’avait reçu
                        du renfort d’un autre côté. La géologie naquit et révéla non seulement des
                        couches terrestres successives et stratifiées, mais aussi, dans ces couches,
                        les carapaces et les squelettes conservés d’animaux disparus, les troncs,
                        les feuilles et les fruits de plantes qui n’existent plus. On dut se décider
                        à reconnaître que non seulement la terre dans son ensemble, mais aussi sa
                        surface actuelle et les plantes et animaux qui y vivent ont une histoire
                        dans le temps.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        It is, however, permissible to doubt whether the majority of natural
                        scientists would so soon have become conscious of the contradiction of a
                        changing earth that bore immutable organisms, had not the dawning conception
                        that nature does not just <emph>exist</emph>, but <emph>comes into being
                        and passes away</emph>, derived support from another quarter. Geology arose
                        and pointed out, not only the terrestrial strata formed one after another
                        and deposited one upon another, but also the shells and skeletons of extinct
                        animals and the trunks, leaves, and fruits of no longer existing plants
                        contained in these strata. It had finally to be acknowledged that not only
                        the earth as a whole but also its present surface and the plants and animals
                        living on it possessed a history in time.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="alinea">
                L’idéologie écologiste du respect de la nature est plus proche d’une conception
                métaphysique, statique d’une nature qui <emph>est</emph>, que de la conception
                dialectique d’Engels « d’une nature qui n’<emph>est</emph> pas, mais <emph>devient
                et périt</emph> ».
              </p>
              <p xml:id="dialnatIIconservenerg" rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>Joule</term></index>❦ Joule
                <index>
                  <term>mouvement, comme mode d’existence de la matière</term>
                </index>❦ mouvement, comme mode d’existence de la matière
                <index><term>matière, le mouvement est son mode d’existence</term></index>
                <index><term>énergie, transformation de l’—</term></index>❦ énergie, transformation de l’—
                <index><term>énergie, conservation</term></index>❦ énergie, conservation
              </p>
              <p rend="alinea">
                En physique, on en arrive à considérer les différentes « forces » comme des
                formes interchangeables d’une même énergie. Engels mentionne Joule p. 36.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="318"/>Die Physik war, wie schon die Astronomie,
                      bei einem Resultat angekommen, das mit Notwendigkeit auf den ewigen Kreislauf
                      der sich bewegenden Materie als Letztes hinwies.</p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat37haut" n="37"/>La physique,
                      comme précédemment l’astronomie, était arrivée à un résultat
                      qui indiquait nécessairement comme conclusion ultime de la science
                      le cycle éternel de la matière en mouvement.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Physics, like astronomy before it,
                      had arrived at a result that necessarily pointed to the eternal cycle
                      of matter in motion as the ultimate reality.</p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p xml:id="dialnatIIchimique" rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>naturel, pas de distinction entre — et chimique</term>
                </index>❦ naturel, pas de distinction entre — et chimique
                <index> <term>chimique, pas de distinction entre naturel et —</term> </index>
                <index><term>organique, synthèse de composés —</term></index>
                <index><term>synthèse de composés organiques</term></index>
                <index>
                  <term>chimie organique, synthèse de composés</term>
                </index>❦ chimie organique, synthèse de composés
              </p>
              <p rend="alinea">Le développement de la chimie aussi brise une conception fausse de
              ce qui est « naturel » : une frontière illusoire s’écroule entre « naturel » et « chimique »
              entre ce qui est organique et ce qui ne l’est pas.</p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Die wunderbar rasche Entwicklung der Chemie
                      seit Lavoisier und besonders seit Dalton griff die alten Vorstellungen von der Natur
                      von einer andern Seite an. Durch Herstellung von bisher nur im lebenden Organismus erzeugten
                      Verbindungen auf anorganischem Wege wies sie nach, daß die Gesetze der Chemie
                      für organische Körper dieselbe Gültigkeit haben wie für unorganische,
                      und füllte sie einen großen Teil der noch nach Kant auf ewig unüberschreitbaren Kluft
                      zwischen unorganischer und organischer Natur aus.</p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat37un8" n="37 ⅛"/>Le développement merveilleusement
                      rapide de la chimie depuis Lavoisier, et surtout depuis Dalton,
                      attaqua encore d’un autre côté les anciennes représentations de la nature.
                      En produisant par voie non organique des combinaisons obtenues jusqu’alors
                      dans le seul organisme vivant, elle démontra que les lois de la chimie étaient aussi
                      valables pour les corps organiques que pour les corps inorganiques et combla en grande partie
                      l’abîme entre la nature inorganique et la nature organique que Kant regardait encore
                      comme à jamais infranchissable.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">The wonderfully rapid development of chemistry, since Lavoisier,
                      and especially since Dalton, attacked the old ideas of nature from another aspect.
                      The preparation by inorganic means of compounds that hitherto had been produced
                      only in the living organism proved that the laws of chemistry have the same validity
                      for organic as for inorganic bodies, and to a large extent bridged the gulf
                      between inorganic and organic nature, a gulf that even Kant regarded as for ever impassable.</p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>cellule, unité du vivant</term></index>❦ cellule, unité du vivant
                <index><term>évolution</term></index>❦ évolution
              </p>
              <p xml:id="DN37untiers" rend="alinea">La biologie en arrive à l’unité (cellule) dans l’évolution.</p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="319"/>Endlich hatten auch auf dem Gebiet der biologischen Forschung
                      […] die Fortschritte der Paläontologie, der Anatomie und Physiologie überhaupt,
                      besonders seit systematischer Anwendung des Mikroskops und Entdeckung der Zelle,
                      so viel Material gesammelt, daß die Anwendung der vergleichenden Methode möglich
                      und zugleich notwendig wurde. Je tiefer und genauer diese Untersuchung geführt wurde,
                      desto mehr zerfloß ihr unter den Händen jenes starre System
                      einer unveränderlich fixierten organischen Natur. Nicht nur,
                      daß immer mehr einzelne Arten von Pflanzen und Tieren rettungslos ineinander verschwammen,
                      es tauchten Tiere auf, wie Amphioxus und Lepidosiren,
                      die aller bisherigen Klassifikation spotteten […]
                      Es war bezeichnend, daß fast gleichzeitig mit Kants Angriff auf die Ewigkeit des Sonnensystems
                      C. F. Wolff 1759 den ersten Angriff auf die Beständigkeit der Arten erließ
                      und die Abstammungslehre proklamiertet. […]
                      <pb n="320"/>Die neue Naturanschauung war in ihren Grundzügen fertig:
                      Alles Starre war aufgelöst, alles Fixierte verflüchtigt,
                      alles für ewig gehaltene Besondere vergänglich geworden, die ganze Natur
                      als in ewigem Fluß und Kreislauf sich bewegend nachgewiesen.</p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat37un3" n="37 ⅓"/>Enfin, dans le domaine
                      de la recherche biologique elle aussi […] les progrès de la paléontologie, de l’anatomie
                      et en général de la physiologie, surtout depuis l’utilisation systématique du microscope
                      et la découverte de la cellule, avaient rassemblé tant de matériaux que l’application
                      de la méthode comparative devint à la fois possible et nécessaire.
                      Plus cette étude était conduite avec profondeur et précision, plus on voyait crouler
                      à son contact le système rigide d’une nature organique immuablement fixée.
                      Non seulement les diverses espèces animales et végétales se fondaient de plus en plus
                      l’une dans l’autre, mais il apparut des animaux nouveaux, comme l’amphioxus et le lépidosirène,
                      qui défiaient toute classification antérieure […]
                      Il est caractéristique que, presque au moment où Kant s’attaquait à l’éternité du système
                      solaire, en 1759, C. F. Wolff ait livré le premier assaut à la fixité des espèces et
                      <pb n="38"/>proclamé la théorie de la descendance. […]
                      La nouvelle conception de la nature était achevée dans ses grandes lignes :
                      voilà dissous tout ce qui était rigide volatilisé tout ce qui était fixé,
                      et périssable tout ce qu’on avait tenu pour éternel ; il était démontré que la nature
                      se meut dans un flux et un cycle perpétuels.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Finally, in the sphere of biological research also […] the progress of
                      paleontology, anatomy, and physiology in general, particularly since the systematic use
                      of the microscope and the discovery of the cell, had accumulated so much material
                      that the application of the comparative method became possible and at the same time indispensable.
                      The more deeply and exactly this research was carried on, the more did the rigid system
                      of an  immutable, fixed organic nature crumble away at its touch.
                      Not only did the separate species of plants and animals become more and more
                      inextricably intermingled, but animals turned up, such as Amphioxus and Lepidosiren,
                      that made a mockery of all previous classification […]
                      It was characteristic that, almost simultaneously with Kant’s attack
                      on the eternity of the solar system, C. F. Wolff in 1759 launched the first attack
                      on the fixity of species and proclaimed the theory of descent. […]
                      The new conception of nature was complete in its main features;
                      all rigidity was dissolved, all fixity dissipated, all particularity that had been regarded
                      as eternal became transient, the whole of nature shown as moving in eternal flux
                      and cyclical course.</p>
                    </quote>
                    <bibl><title>Ibid.</title></bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>nature, changeante</term></index>❦ nature, changeante
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="DN38trois8" n="38 ⅜"/>Nous voici donc revenus à la façon de voir
                  des grands fondateurs de la philosophie grecque, pour qui l’existence de la nature entière,
                  du plus petit au plus grand, du grain de sable aux soleils, du protiste à l’homme,
                  consiste en une naissance et une mort éternelles, en un flux ininterrompu,
                  en un mouvement et un changement sans répit.</p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>indestructibilité du mouvement</term></index>❦ indestructibilité du mouvement
                <index><term>mouvement, indestructibilité</term></index>
                <index><term>deuxième principe de la thermodynamique</term></index>❦ deuxième principe de la thermodynamique
                <index><term>thermodynamique, deuxième principe</term></index>
                <index><term>mort thermique de l’Univers</term></index>❦ mort thermique de l’Univers
                <index><term>Univers, mort thermique</term></index>
                <index><term>philosophie, la — dépend de la science</term></index>❦ philosophie, la — dépend de la science
                <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>❦ retournement de la dialectique hégélienne
                <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
              </p>
              <p xml:id="mort_thermique" rend="alinea">À partir de la phrase « Cependant “tout ce qui naît mérite de périr”
              [Goethe, <title>Faust</title>] » au pas de la page 42 jusqu’à la fin de l’Introduction,
              il discute de la fin du système solaire, ce qui entraîne la nécessaire fin de notre espèce humaine,
              mais il affirme sur la base de l’ « indestructibilité du mouvement » que ce qui meurt quelque part
              doit bien renaître ailleurs. Il sait que la chaleur que dégagent les étoiles se perd dans l’espace
              infini, mais il en refuse (page 45) la conséquence. Pour lui, il faut qu’autant d’autres étoiles
              se recréent pour maintenir l’ « indestructibilité du mouvement » <note xml:id="thermo2loi" place="bottom">Engels semble avoir sous-estimé le fait que des énergies quantitativement égales
                ne sont pas également intéressantes et que toutes les transformations ne sont pas toujours possibles.
                Il n’aime pas l’idée que le monde meure. On ne voit pas bien s’il ne comprend pas la seconde loi
                de la thermodynamique, ou s’il considère à partir de considérations philosophiques
                (l’ « indestructibilité du mouvement ») que ce ne peut être vrai de l’univers dans son ensemble.
                La deuxième loi de la thermodynamique peut être énoncée sommairement comme suit :
                <lb/>(1) l’énergie se disperse spontanément, si elle n’est pas empêchée de le faire ;
                <lb/>(2) la « qualité » de l’énergie se dégrade dans le temps.</note>.
              Sur cette question du destin de l’univers, il considère (page 43) que la science est insuffisante
              et qu’il faut y suppléer par « la logique de la pensée », en l’occurrence le principe philosophique
              de l’ « indestructibilité du mouvement ». Il me semble en cela commettre le péché de rationalisme,
              inverser la relation entre science et philosophie, oublier le « retournement » de la dialectique,
              suite auquel la science s’impose à la philosophie et non le contraire <note xml:id="Bottimortunivers" n="1" place="bottom">Dans une note au bas de la page 45, « la rédaction »,
                ce qui doit vouloir dire Émile Bottigelli, contre les savants réactionnaires
                (« pensant en métaphysiciens et mus par le parti pris créationniste », Georges Lemaitre ?),
                donne raison à Engels en faisant allusion à des évolutions ultérieures de la science
                qui ouvriraient de nouvelles perspectives, confirmant la « prévision géniale » d’Engels.
                Pour Bottigelli, Engels « démontre » sa « prévision géniale »
                sur base de la loi de transformation et de conservation de l’énergie,
                que ces savants « réactionnaires » apparemment comprennent mal
                — c’est qu’ils « pensent en métaphysiciens »,
                tandis qu’Engels, pensant dialectiquement, ne peut qu’avoir raison.
                C’est un exemple de dérive dogmatique telle que celles qui sont intervenues en soutien de Lyssenko.
                Il est bien sûr légitime de dire qu’on ne sait pas dans quelle mesure
                le deuxième principe de la thermodynamique, valable pour un système isolé,
                s’applique à un Univers que nous ne connaissons encore que très imparfaitement.
                Cependant l’hypothèse de mort thermique est raisonnable, tandis que la certitude d’Engels,
                parce que fondée sur un principe philosophique, est clairement construite sur le sable.</note>.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="dialnatIIprefAD" type="level3_chap" n="11">
              <head>Ancienne préface à [l’<title>Anti-]Dühring</title> sur la dialectique</head>
              <bibl><ptr target="dialnat11.html"/></bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>système</term></index>❦ système
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat47un2" n="47 ½"/>[…]
                  cette critique me donnait l’occasion de présenter, dans des domaines divers,
                  un développement positif de ma conception sur des questions litigieuses qui sont
                  aujourd’hui d’un intérêt scientifique ou pratique général. Et si peu qu’il puisse
                  me venir à l’idée d’opposer au système de M. Dühring un autre système, j’espère que,
                  malgré la diversité de la matière traitée, le lien interne qui rattache entre elles
                  les idées présentées par moi n’échappera pas au lecteur.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Bien qu’il proteste qu’il n’a jamais été question pour lui de créer un système,
              je crains qu’il ait cédé à la tentation de faire un système d’une dialectique hégélienne
              soi-disant retournée.</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>science théorique de la nature</term></index>❦ science théorique de la nature
                <index><term>théorique, science — de la nature</term></index>
                <index><term>pensée théorique</term></index>❦ pensée théorique
                <index><term>théorique, pensée</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><note place="margin">(*)
                  <title>Die Freiheit der Wissenschaft im modernen Staate</title>, Berlin, 1877, pp. 13-14.</note>
                  <pb xml:id="Dialnat48infine" n="48 in fine"/>[…] M. Virchow [affirme] (*)
                  que tout savant, en <pb n="49"/>dehors de sa spécialité propre, n’est,
                  lui aussi, qu’un demi-savant ; en style vulgaire, un profane. Puisqu’un spécialiste de ce genre
                  peut et doit se permettre d’empiéter, de temps à autre, sur des domaines voisins et puisque,
                  dans ce cas, les spécialistes intéressés lui pardonnent maladresse d’expression et petites
                  inexactitudes, j’ai pris également la liberté de citer des processus naturels et des lois naturelles
                  à titre d’illustration probante de mes conceptions théoriques générales, et j’espère pouvoir
                  compter sur la même indulgence. Les résultats de la science moderne de la nature ne s’imposent-ils
                  pas à quiconque s’occupe de choses théoriques avec la même force irrésistible que celle qui
                  pousse les savants d’aujourd’hui, bon gré mal gré, à des conclusions théoriques générales ? </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Je me suis toujours demandé (et me demande encore) ce qu’il veut dire
              par conceptions théoriques, choses théoriques, pensée théorique. Ailleurs, il parle
              de « science théorique de la nature » (ce qui déjà pose problème), mais ici il semble
              opposer, pour les articuler, « science moderne de la nature » et « choses théoriques ».
              Marx et lui ont, à certains moments condamné la philosophie. Mais parfois, on a à juger de la science,
              à rapprocher diverses sciences, à réfléchir à une vue d’ensemble de ce qui se dégage des sciences,
              à réfléchir à ce sur quoi la science ne dit encore rien… Bref, on ne peut enterrer la philosophie
              et il me semble qu’Engels, sous ces diverses variantes de « choses » « théoriques »,
              ne voulant pas avouer qu’on a besoin de cette philosophie dont il a proclamé la mort,
              fait de la philosophie en s’en cachant.</p>
              <p xml:id="dialnatempirtheor" rend="alinea">C’est sans doute aussi qu’il a de la science une vision trop empirique
              (qui correspond en partie à l’état de la science de son époque). Voir aussi ce qu’il dit
              <ref target="#Feuerbach-IV">dans le Feuerbach, au chapitre 4</ref>, d’états empiriques de la science.</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat49deux5" n="49 ⅖"/>L’étude empirique de la nature
                  a accumulé une masse si énorme de connaissances positives que la nécessité de les ordonner systématiquement
                  et selon leur enchaînement interne dans chaque domaine de recherche séparé est devenue absolument impérieuse.
                  On n’est pas moins impérieusement tenu de ranger les divers domaines de la connaissance
                  dans leur enchaînement correct l’un par rapport à l’autre. Mais la science de la nature,
                  ce faisant, se transporte dans le domaine de la théorie et ici les méthodes empiriques échouent,
                  la pensée théorique peut seule servir. Mais la pensée théorique n’est une qualité innée
                  que par l’aptitude qu’on y a. Cette aptitude doit être développée, cultivée, et,
                  pour cette culture, il n’y a jusqu’ici pas d’autre moyen que l’étude de la philosophie du passé.</p>
                  <p rend="alinea">La pensée théorique de chaque époque, donc aussi celle de la nôtre,
                  est un produit historique qui prend en des temps différents une forme très différente
                  et par là, un contenu très différent. La science de la pensée est donc, comme toute autre science,
                  une science historique, la science du développement historique de la pensée humaine.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il dit presque que la science est incapable de théorie et qu’il est réservé
              à des commentateurs extérieurs comme lui d’avoir une vision profonde et globale. Aujourd’hui
              on ne considérerait pas la physique théorique comme un commentaire extérieur et philosophique
              sur une physique qui ne serait qu’expérimentale.</p>
              <p rend="alinea">Par ailleurs il estime qu’une histoire de la science est utile à la science.
              Cependant, il me semble donner trop de valeur à des intuitions géniales, comme l’intuition
              de la conservation de l’énergie chez Descartes, des atomes chez Leucippe et Démocrite.</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat50infine" n="50 in fine"/>on peut
                  lire chez Diogène Laërce (X, 1, § 43-44 et 61) qu’Épicure attribue déjà aux atomes
                  la diversité non seulement de la grandeur et de la forme, mais aussi celle du poids,
                  qu’il connaît donc déjà à sa manière le poids atomique et le volume de l’atome.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">En mentionnant cela, il confond spéculation et science et c’est à tort qu’il
              minimise l’originalité du travail de Dalton ou d’autres.</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat51deux3" n="51 ⅔"/>Il est
                  difficile de prendre en main un livre théorique de science de la nature
                  sans avoir l’impression que les savants sentent eux-mêmes à quel point ils sont
                  dominés par cette incohérence et cette confusion, et comment la soi-disant philosophie
                  actuellement en vogue ne leur offre absolument aucune issue. Ici il n’y a désormais
                  pas d’autre issue pas d’autre possibilité de parvenir à la clarté que le retour,
                  sous une forme ou sous une autre, de la pensée métaphysique à la pensée dialectique.</p>
                  <p rend="alinea">Ce retour peut se faire par des voies diverses. Il peut se faire naturellement,
                  par la simple puissance des découvertes des sciences de la nature elles-mêmes,
                  découvertes qui ne veulent plus se laisser mettre de force dans le lit de Procuste
                  de la vieille métaphysique. Mais c’est là un processus long, pénible,
                  dans lequel il faut venir à bout d’une masse énorme de frottements superflus.
                  Il est déjà en train en grande partie, surtout en biologie. Il peut être très abrégé,
                  si les savants adonnés à la théorie veulent s’intéresser d’un peu près
                  à la philosophie dialectique sous ses formes historiques existantes. <pb n="52"/>Parmi
                  ces formes, il en est deux surtout qui peuvent être particulièrement fécondes
                  pour la science moderne de la nature.</p>
                  <p rend="alinea">La première est la philosophie grecque. […]</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">… l’autre étant bien sûr Hegel. Il n’est certainement pas mauvais que
              les scientifiques aient une culture philosophique. Je ne sais pas si la connaissance
              de la philosophie grecque peut accélérer le progrès de la science. Je doute fortement
              que la connaissance des soi-disant « lois » de la dialectique (même « retournées »)
              soit d’aucune utilité pratique. (Que du contraire, si l’on pense à l’approbation
              par la majorité des philosophes soviétiques et par certains scientifiques
              des délires de <ref target="../../wikindx/index.php?action=list_LISTSOMERESOURCES_CORE&amp;method=keywordProcess&amp;id=382">Lissenko</ref>, approbation basée  entre autres sur la « dialectique ».)</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialant53haut" n="53"/>[…] on trouve
                  un vaste <foreign xml:lang="latin">compendium</foreign> de la dialectique,
                  quoique développé en partant de prémisses tout à fait fausses, dans les œuvres de Hegel.</p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">Il faut constater avant tout qu’il ne s’agit nullement ici d’une défense
                  des prémisses de Hegel : à savoir que l’esprit, la pensée, l’idée est l’élément primitif
                  et que le monde réel n’est que la vile copie de l’idée. Cela avait déjà été abandonné
                  par Feuerbach. Nous sommes tous d’accord sur le fait que dans tout le domaine scientifique,
                  dans la nature comme dans l’histoire, il faut partir des faits donnés, donc dans la
                  science de la nature des diverses formes réelles et formes de mouvement de la matière,
                  qu’en conséquence, dans la science théorique de la nature, les enchaînements
                  ne doivent pas être introduits dans les faits par construction, mais découverts en partant d’eux,
                  et que, une fois découverts, ils doivent être attestés par l’expérience,
                  dans la mesure où c’est possible.</p>
                  <p rend="alinea">Il ne peut non plus être question de maintenir le contenu dogmatique
                  du système de Hegel tel qu’il a été prêché par l’hégélianisme berlinois
                  d’ancienne et de nouvelle obédience. Avec les prémisses idéalistes, s’écroule aussi
                  le système construit sur elles, donc surtout la philosophie de la nature de Hegel.
                  Mais il faut rappeler que la polémique des sciences de la nature contre Hegel,
                  dans la mesure ou en général elle l’a bien compris, s’est bornée à ces deux points :
                  les prémisses idéalistes et la construction du système qui, confrontée aux faits, est arbitraire.</p>
                  <p rend="alinea">Une fois retiré tout cela, il reste encore la dialectique hégélienne.
                  C’est le mérite de Marx, face à « la tribu des épigones chagrine, prétentieuse et médiocre,
                  qui tient en ce moment en Allemagne le haut du pavé », d’avoir le premier remis en valeur
                  la méthode dialectique oubliée, sa liaison avec la dialectique hégélienne
                  comme sa différence d’avec elle et d’avoir en même temps appliqué cette méthode,
                   dans le <title>Capital</title>, aux faits d’une science empirique, l’économie politique.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Ce passage est très important. En même temps qu’il y défend l’intérêt
              de la dialectique, il affirme aussi que jamais elle ne pourrait être « opérationnelle ».
              Il revient <anchor xml:id="DN54haut"/>alors au retournement :</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
                <index>
                  <term>retournement de la dialectique hégélienne</term>
                </index>❦ retournement de la dialectique hégélienne
                <index><term>dialectique hégélienne, la remettre sur les pieds</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat54haut" n="54"/>Chez Hegel,
                  il règne dans la dialectique le même renversement de tout enchaînement réel
                  que dans toutes les autres ramifications de son système. Mais, comme dit Marx :</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Bien que, grâce à son quiproquo, Hegel défigure la dialectique par le mysticisme,
                      ce n’en est pas moins lui qui en a, le premier, exposé le mouvement d’ensemble.
                      Chez lui, elle marche sur la tête ; il suffit de la remettre sur les pieds
                      pour lui trouver la physionomie tout à fait raisonnable.</p>
                    </quote>
                    <bibl>Marx, Capital, <ref target="#postface2allemande">Postface de la deuxième
                    édition allemande</ref>. [Voir aussi <ref target="#physionomie">ma discussion
                    de la traduction</ref>.]</bibl>
                  </cit>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Engels continue en comparant la dialectique à des sciences
              dont on a changé du tout au tout le paradigme, mais en conservant des résultats
              valables issus d’anciennes théories fausses ou absurdes (p. 54-55). Comparaison n’est pas
              raison et il ne s’en suit donc pas que la dialectique hégélienne soit « retournable »
              et que les lois d’une dialectique idéaliste soient récupérables dans une vision
              matérialiste.</p>
            </div>

            <!-- <div xml:id="dialnatIIscinatesprits" type="level3_chap" n="12">
              <p rend="tm1"><ref target="dialnat12.html">La science de la nature dans le monde des
              esprits</ref></p>
            </div> -->

            <div xml:id="dialnatIIdialectique" type="level3_chap" n="13">
              <head>La dialectique</head>
              <bibl>P. 69 et suivantes; en ligne sur ce site :
              <ptr target="dialnat13.html"/></bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>dialectique, science des connexions</term></index>❦ dialectique, science des connexions
              <index><term>connexion, dialectique, science des —</term></index>
            </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat69haut" n="69"/>(Développer
                  le caractère général de la dialectique en tant que science des connexions,
                  en opposition à la métaphysique.)</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>loi de la dialectique, elles sont trois</term></index>
                <index><term>loi de la dialectique, les — sont induites</term></index>
                <index>
                  <term>induction, des lois de la dialectique</term>
                </index>❦ induction, des lois de la dialectique
                <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
                <index>
                  <term>retournement de la dialectique hégélienne</term>
                </index>❦ retournement de la dialectique hégélienne
                <index><term>science théorique de la nature</term></index>❦ science théorique de la nature
                <index><term>théorique, science — de la nature</term></index>
                <index><term>pensée théorique</term></index>❦ pensée théorique
                <index><term>théorique, pensée</term></index>
                <index>
                  <term>loi de la dialectique, de véritables lois de développement de la nature</term>
                </index>❦ loi de la dialectique, de véritables lois de développement de la nature
              </p>
              <p xml:id="DNp69debut" rend="alinea">
                Les lois de la dialectique sont induites
                (« abstraites ») « de l’histoire de la nature<note xml:id="dialnatIIdialectique-not1" n="1" place="bottom">
                  En parlant non de simplement de nature mais « d’histoire » de la nature,
                  Engels se démarque de Hegel qui dénie à la nature toute histoire.
                  Voir <ref target="#DMsciencedial">mon intervention à Manchester en 2013 à ce sujet</ref>.
                </note>
                et de celle de la société » (<ref target="dialnat13.html#p69debut">p. 69</ref>).
                Plus loin, vers le milieu de la même page « déduites ».
                Même chez Hegel qui les donne comme « imposées d’en haut », ces lois sont induites de centaines d’exemples.
                Engels semble avoir une confiance béate dans l’induction : pour lui, des exemples peuvent être « péremptoires »
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">C’est donc de l’histoire de la nature
                  et de celle de la société humaine que sont abstraites les lois de la dialectique.
                  Elles ne sont précisément rien d’autre que les lois les plus générales
                  de ces deux phases du développement historique ainsi que de la pensée elle-même.
                  Elles se réduisent pour l’essentiel aux trois lois suivantes :</p>
                  <p rend="alinea">– la loi du passage de la quantité à la qualité et
                  inversement ;</p>
                  <p rend="alinea">– la loi de l’interpénétration des contraires ;</p>
                  <p rend="alinea">– la loi de la négation de la négation.</p>
                  <p rend="alinea">Toutes trois sont développées à sa manière idéaliste
                  par Hegel comme de pures lois de la pensée […] <anchor xml:id="DNp69undemi"/>La faute consiste en ce que ces lois sont imposées d’en
                  haut à la nature et à l’histoire comme des lois de la pensée au lieu
                  d’en être déduites. Il en résulte toute cette construction forcée, à
                  faire souvent dresser les cheveux sur la tête : qu’il le veuille ou non,
                  le monde doit se conformer à un système logique, qui n’est lui-même que
                  le produit d’un certain stade de développement de la pensée humaine.
                  <anchor xml:id="DNp69deuxtiers"/>Si nous inversons la chose, tout prend
                  un aspect très simple, et les lois dialectiques, qui dans la philosophie
                  idéaliste paraissent extrêmement mystérieuses, deviennent aussitôt
                  simples et claires comme le jour.</p>
                  <p xml:id="DNp69bas" rend="alinea">D’ailleurs quiconque connaît tant
                  soit peu son Hegel sait bien que celui-ci, dans des centaines de
                  passages, s’entend à tirer de la nature et de l’histoire les exemples
                  les plus péremptoires à l’appui des lois dialectiques.</p>
                  <p xml:id="DNp70haut" rend="alinea"><ref target="dialnat13.html#p70haut"><pb n="70"/></ref>Nous n’avons pas ici à rédiger un
                  manuel de dialectique, mais seulement à montrer que les lois dialectiques
                  sont de véritables lois de développement de la nature, c’est-à-dire
                  valables aussi pour la science théorique de la nature. […]</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">On retrouve les trois mêmes dans la première partie de l’Anti-Dühring
              les deux premières (mais dans l’ordre inverse) <ref target="#ADchap12">au chapitre 12</ref>
              et la troisième <ref target="#ADchap13">au chapitre 13</ref>.</p>
              <p rend="alinea">Je suppose qu’ « inversons la chose » veut dire induire les lois
              plutôt que de les imposer d’en haut. Il est optimiste de dire que cela « prend un
              aspect très simple ». Le retournement de la dialectique et le statut de ses lois sont
              des problèmes très difficiles. Je crois comprendre que pour Marx, l’étude scientifique
              peut faire apparaître, de manière contingente et concrète, des traits dialectiques dans
              la nature et la société. Pour lui le retournement, serait le remplacement des lois
              dialectiques a priori, « mystiques » de Hegel par la soumission aux résultats de la
              science et par une dialectique qui ne peut être que concrète. Engels rêve de concilier
              le point de vue de Marx avec la légalité de Hegel en croyant pouvoir, de ce qu’il peut y avoir
              de dialectique dans le concret, induire des lois générales de la dialectique, en
              passant par induction du contingent au nécessaire. Il souligne avec raison que la
              dialectique de Hegel vient comme une induction de ce que Hegel connaissait de
              l’histoire et de la nature. Cette induction est évidemment insuffisante et Hegel ne se
              soucie pas de rien prouver, mais, parce qu’il se veut l’auteur du système définitif,
              Hegel en fait des lois absolues, qu’Engels dénonce avec raison comme idéalistes.
              Il ne suffit pas alors de les <emph>proclamer</emph> matérialistes pour les sauver.
              Engels veut le beurre et l’argent du beurre. C’est un passage où Engels est particulièrement
              triomphaliste sur ses « véritables lois de développement de la nature » et il conclut
              l’examen des passages entre qualité et quantité par le même optimisme associé à des
              sarcasmes contre ceux qui n’en admettent pas l’importance.</p>
              <p rend="alinea">On pourrait distinguer des lois au sens faible, empiriques, descriptives
              (comme, disons, la loi des gaz parfaits) et des lois au sens fort, explicatives, causales
              qui disent ou reflètent comment le mode est, pas seulement comment il se manifeste.
              À l’époque d’Engels, beaucoup de lois le sont au sens faible. On pourrait dire qu’Engels,
              à propose des lois de la dialectique, hésite entre lois au sens faible (elles décrivent
              des motifs récurrents) et des lois au sens fort (elles gouvernent le monde). Tantôt il
              affirme triomphalement la force de ses lois, tantôt il met en garde en disant qu’elles
              ne prouvent rien. Il y a une différence qui est qu’en tant que loi faibles, les lois
              de la dialectique sont seulement fausses (les motifs récurrents ne le sont pas tant que ça),
              tandis que comme lois fortes elles ont absurdes (de belles phrases générales et informelles
              ne peuvent être le moteur du monde). Il faut remarquer à la fin du passage que je cite :
              « les lois dialectiques » (dans un pluriel qui ouvre à la spécificité) « sont de véritables
              lois de développement ». Ce sont donc bien des lois au sens fort, mais ils s’agit peut-être
              des diverses lois spécifiques de la nature (présentant les caractères dialectiques des
              lois générales) et pas des lois générales elles-mêmes.</p>
              <p rend="alinea">Je n’ai jamais compris ce qu’il appelle, ici et ailleurs,
              « science théorique ». Est-ce une expression courante à son époque ? Est-ce qu’on
              n’appelait « sciences naturelles » qu’une littérature descriptive (cailloux, plantes,
              insectes…), à laquelle s’opposeraient des considérations plus théoriques
              (Kepler, Newton, physique, chimie…) ? (Encore de mon temps à l’école, fin des années 50,
              à côté d’un peu (très peu) de physique et de chimie, on avait « sciences naturelles »,
              encore très cabinet de curiosités — le collège des jésuites avait d’ailleurs un « musée ».)
              Voir cependant ce qu’il dit <ref target="#Feuerbach-IV">dans le Feuerbach, au chapitre 4</ref>,
              d’états empiriques de la science.
              Mais pourquoi alors le singulier ? En outre, les lois de la dialectique se situent
              à un autre niveau, et ailleurs il reconnaît la primauté des lois scientifiques.
              La « science théorique de la nature » serait donc plutôt ici de la philosophie.</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>Molière, monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir</term>
                </index>❦ Molière, monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir
                <index><term>Jourdain, Molière, monsieur — faisait de la prose sans le savoir</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat74un2" n="74 ½"/>Dans la biologie
                  comme dans l’histoire de la société humaine, la même loi se vérifie à chaque pas,
                  mais nous voulons nous en tenir ici à des exemples empruntés aux sciences exactes,
                  puisque c’est ici que les quantités peuvent être exactement mesurées et suivies.</p>
                  <p rend="alinea">Sans aucun doute ces mêmes messieurs qui ont jusqu’à présent taxé
                  de mysticisme et de transcendentalisme incompréhensible la loi du passage de la
                  quantité à la qualité vont-ils déclarer maintenant qu’il s’agit là de quelque chose
                  de tout à fait évident, de banal et de plat qu’ils ont utilisé depuis longtemps et
                  qu’ainsi on ne leur a rien appris de nouveau. Mais cela restera toujours un haut fait
                  historique d’avoir exprimé pour la première fois une loi générale de l’évolution de
                  la nature, de la société et de la pensée sous sa forme universellement valable. Et,
                  si ces messieurs ont depuis des années laissé se convertir l’une en l’autre quantité
                  et qualité sans savoir ce qu’ils faisaient, il faudra bien qu’ils se consolent de
                  concert avec le monsieur Jourdain de Molière, qui avait lui aussi fait de la prose
                  toute sa vie sans en avoir la moindre idée.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il ne faut pas perdre de vue que c’est le manuscrit de notes
              préparatoires encore très éloignées d’une publication à laquelle il n’arrivera pas. Il
              y écrit dans une certaine mesure pour lui-même et des excès de langage sont excusables.
              Sur le fond, il réaffirme cependant encore, ce qui est un « haut fait historique » de
              Hegel, « pour la première fois », « une loi générale de l’évolution de la nature, de la
              société et de la pensée sous sa forme universellement valable », où
              l’ « universellement valable » ne laisse pas de doute sur le caractère de légalité de
              la « loi générale ».</p>
              <p rend="alinea">La référence au Jourdain de Molière renvoie à :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <sp>
                    <speaker>Monsieur Jourdain :</speaker>
                    <p rend="alinea">Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose
                    sans que j’en susse rien…</p>
                  </sp>
                </quote>
                <bibl>Molière, <title>Le Bourgeois Gentilhomme</title>, acte II, scène 4.</bibl>
              </cit>
            </div> <!-- level3 13 -->

            <div xml:id="dialnatIIformFondMouv" type="level3_chap" n="14">
              <head>Les formes fondamentales du mouvement</head>
              <bibl>P. 75 et suivantes, <ptr target="dialnat14.html"/>.</bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>matière, le mouvement est son mode d’existence</term>
                </index>❦ matière, le mouvement est son mode d’existence
                <index>
                  <term>mouvement, comme mode d’existence de la matière</term>
                </index>❦ mouvement, comme mode d’existence de la matière
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 35%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="354"/>Bewegung in dem allgemeinsten Sinn,
                      in dem sie als Daseinsweise, als inhärentes Attribut der Materie gefaßt wird,
                      begreift alle im Universum vorgehenden Veränderungen und Prozesse in sich,
                      von der bloßen Ortsveränderung bis zum Denken.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 33%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat75" n="75"/>Le mouvement,
                      au sens le plus général, conçu comme mode d’existence de la matière,
                      comme attribut inhérent à elle, embrasse tous les changements et tous les processus
                      qui se produisent dans l’univers, du simple changement de lieu jusqu’à la pensée.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Motion in the most general sense, conceived as the mode of existence,
                      the inherent attribute of matter, comprehends all changes and processes occurring in the universe,
                      from mere change of place right to thinking.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1883/don/ch03.htm">Marxists Internet Archive</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

            </div>
            <!-- <p rend="tm1"><ref target="dialnat15.html">La mesure du mouvement. Le travail</ref></p> -->

            <div xml:id="dialnatIIfrottement" type="level3_chap" n="16">
            <!-- <p rend="tm1"><ref target="dialnat16.html"></ref></p> -->
              <head>
                Le frottement des marées. Kant et Thomson-Tait
                <lb/>La rotation de la terre et l’attraction de la lune
              </head>
              <bibl>
                P. 107 et suivantes,  <ptr target="dialnat16.html"/>.
              </bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>Kant, ralentissement de la rotation de la Terre par les marées</term>
                </index>❦ Kant, ralentissement de la rotation de la Terre par les marées
                <index><term>marée, Kant, ralentissement de la rotation de la Terre par les —</term></index>
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 33%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="386 ½"/>Kant stellte 1754 zuerst die Ansicht auf,
                      daß die Rotation der Erde durch die Flutreibung verzögert…</p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW 20:386.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 35%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat109un2" n="109 ½"/>C’est en 1754 que,
                      pour la première fois, Kant a émis l’idée que la rotation de la terre
                      était ralentie par le frottement des marées…</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Kant, in 1754, was the first to put forward
                      the view that the rotation of the earth is retarded by tidal friction…</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1883/don/ch08.htm">Marxists Internet Archive</ref></bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
            </div>

            <div xml:id="dialnatIIchaleur" type="level3_chap" n="17">
              <head>La chaleur</head>
              <bibl>P. 113 et suivantes, <ptr target="dialnat17.html"/>.</bibl>
              <p rend="alinea">
                En produisant le feu par frottement, l’homme met déjà en pratique la transformation
                de l’énergie mécanique en chaleur (p. 115). La transformation inverse apparaît avec
                la machine à vapeur (p. 115-116). Manque encore la théorie, ce qui commence avec
                Sadi Carnot (p. 116-117).
              </p>
            </div>

            <!-- <p rend="tm1"><ref target="dialnat18.html">L’électricité</ref></p> -->

            <div xml:id="dialnatIIsinge" type="level3_chap" n="19">
              <head>
                Le rôle du travail dans la transformation du singe en homme
              </head>
              <bibl xml:id="TravailSingeHomme">
                P. 171 et suivantes, <ptr target="dialnat19.html"/>.
                Cet article au moins se trouve en néerlandais : <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1876/1876aapmens.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
              </bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>singe, mains préhensiles pour grimper</term></index>❦ singe, mains préhensiles pour grimper
                <index><term>préhensiles, mains — du singe pour grimper</term></index>
                <index><term>singe, démarche verticale</term></index>❦ singe, démarche verticale
                <index><term>singe, passage à l’homme</term></index>❦ singe, passage à l’homme
                <index>
                  <term>démarche verticale, antériorité sur le cerveau</term>
                </index>❦ démarche verticale, antériorité sur le cerveau
                <index><term>station debout, antériorité sur le cerveau</term></index>
                <index>
                  <term>main préhensile, antériorité sur le cerveau</term>
                </index>❦ main préhensile, antériorité sur le cerveau
                <index>
                  <term>travail, antériorité sur le cerveau</term>
                </index>❦ travail, antériorité sur le cerveau
                <index>
                  <term>travail, rôle dans la transformation du singe en homme</term>
                </index>
                <index>
                  <term>cerveau, après la main préhensile, la station debout et le travail</term>
                </index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Engels note que déjà chez les singes, qui marchent plutôt à quatre pattes
                (p. 172 <hi rend="pluspetit">1/5</hi>), il y a une spécialisation des mains
                qui servent à grimper (p. 172 ½).
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb n="444 ½"/>Wohl zunächst durch ihre Lebensweise veranlaßt, die beim
                        Klettern den Händen andre Geschäfte zuweist als den Füßen, fingen diese
                        Affen an, auf ebner Erde sich der Beihülfe der Hände beim Gehen zu entwöhnen
                        und einen mehr und mehr aufrechten Gang anzunehmen. Damit war <emph>der
                        entscheidende Schritt getan für den Übergang vom Affen zum Menschen</emph>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 26%;">
                  <cit xml:id="DN171bas172">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat171infine" n="171 in fine"/>Sous l’influence, au premier
                        chef sans doute, de leur mode de vie <pb n="172"/>qui exige que les mains
                        accomplissent pour grimper d’autres fonctions que les pieds, ces singes
                        commencèrent à perdre l’habitude de s’aider de leurs mains pour marcher
                        sur le sol et adoptèrent de plus en plus une démarche verticale. Ainsi était
                        franchi <emph>le pas décisif pour le passage du singe à l’homme</emph>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Aanvankelijk, door hun levenswijze waardoor de handen andere functies
                        hadden dan de voeten bij het klimmen, begonnen deze apen de gewoonte te
                        verliezen om hun handen te gebruiken bij het lopen en namen ze meer en meer
                        een rechtstaande houding aan. Dat was <emph>een beslissende stap in de
                        overgang van aap naar mens</emph>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        First, owing to their way of living which meant that the hands had
                        different functions than the feet when climbing, these apes began to lose
                        the habit of using their hands to walk and adopted a more and more erect
                        posture. This was <emph>the decisive step in the transition from ape to
                        man</emph>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>


              <p rend="alinea">
                <note place="margin">[*] <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=204">Gould
                  1979:188ss</ref>.
                </note>
                Les mains du singe ont aussi une capacité de préhension. Cela annonce
                « <pb n="172 ⅘"/>la main de l’homme hautement perfectionnée par le travail de
                milliers de siècles ». Ce qui est original ici c’est, comme le souligne Stephen
                Jay Gould [*], l’intuition de l’antériorité la station debout, de la main et du
                travail sur le développement du cerveau. Engels associe à l’idéalisme dominant (la
                primauté de la pensée sur la matière), l’idée que l’hominisation serait d’abord le
                développement du cerveau (p. 178). Il en fait un exemple de biais idéologique en
                science.
              </p>
              <p rend="alinea">
                <note place="margin">[**] <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=191">de Duve
                  1996a:382</ref>.
                </note>
                Christian de Duve [**] insiste aussi sur la relation dialectique entre la main et
                le cerveau dans l’évolution par sélection naturelle : « Du cerveau à la main et, en
                retour, de la main au cerveau, ainsi s’initia un va-et-vient d’impulsions,
                s’amplifiant de lui-même, qui allait changer le monde. »
              </p>
              <p rend="alinea">
                Darwin constate sans l’expliquer la diversité des traits qui se transmettent par
                hérédité. Cela apparaît donc comme l’effet du hasard. Dans cette diversité, une
                sélection naturelle se fait a posteriori selon l’adaptation à l’environnement.
                Engels, qui a montré en faisant la leçon à Dühring qu’il comprend parfaitement
                le mécanisme de la sélection naturelle, peut dans l’abstention de Darwin sur
                l’origine de la diversité, concilier logiquement Lamarck et Darwin, comme on le
                voit ici (page 173 ¼) et à plus d’un endroit : « la souplesse plus grande ainsi
                acquise se transmit par hérédité et augmenta de génération en génération »). En
                plein délire lyssenkiste, la rédaction des Éditions sociales va plus loin en note
                de bas de page en affirmant « de multiples preuves expérimentales de l’hérédité
                des caractères acquis sous l’influence du milieu ».
              </p>
              <p rend="alinea">
                Cependant Engels a entrevu avec justesse l’importance du travail et l’enchaînement
                travail, société, parole, pensée.
              </p>


              <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

              <p xml:id="ecologieTraSiHo" rend="alinea">
                Dans cette étude sur l’évolution qui a conduit à l’homme, il y a des considérations
                importantes sur la nature et l’écologie. On trouve dans la nature des phénomènes
                destructeurs :
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Aber bei allen Tieren findet Nahrungsverschwendung in hohem Grade statt,
                        und daneben Ertötung des Nahrungsnachwuchses im Keime. Der Wolf schont
                        nicht, wie der Jäger, die Rehgeiß, die ihm im nächsten Jahr die Böcklein
                        liefern soll; die Ziegen in Griechenland, die das junge Gestrüpp abweiden,
                        <pb n="449"/>eh’ es heranwächst, haben alle Berge des Landes kahlgefressen.
                        Dieser »Raubbau« der Tiere spielt bei der allmählichen Umwandlung der Arten
                        eine wichtige Rolle, indem er sie zwingt, andrer als der gewohnten Nahrung
                        sich anzubequemen, wodurch ihr Blut andre chemische Zusammensetzung bekommt
                        und die ganze Körperkonstitution allmählich eine andre wird, während die
                        einmal fixierten Arten absterben.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW 20:448-449.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:id="DN176trois8es">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat176trois8" n="176 ⅜"/>Mais tous les animaux pratiquent à
                        un haut degré le gaspillage de la nourriture et en outre ils détruisent en
                        germe les pousses nouvelles. Au contraire du chasseur, le loup n’épargne pas
                        la chevrette qui lui fournira de petits chevreuils l’année suivante : en
                        Grèce, les chèvres qui broutent les jeunes broussailles avant qu’elles aient
                        eu le temps de pousser ont rendu arides toutes les montagnes de ce pays.
                        Cette « économie de proie » des animaux joue un rôle important dans la
                        transformation progressive des espèces, en les obligeant à s’accoutumer à
                        une nourriture autre que la nourriture habituelle, grâce à quoi leur sang
                        acquiert une autre composition chimique, et leur constitution physique tout
                        entière change peu à peu, tandis que les espèces fixées une fois pour toutes
                        dépérissent.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Maar alle dieren verspillen nogal wat voedsel en vernietigen bovendien in
                        de vrucht de volgende generatie van hun voedselvoorraad. In tegenstelling
                        tot de jager spaart de wolf de reegeit die hem het volgende jaar zou
                        voorzien van jonge herten niet ; de geiten in Griekenland, die de jonge
                        bosjes opvreten voor ze op kunnen groeien, hebben alle bergen in het land
                        kaal gevreten. Deze “roofzuchtige economie” van dieren speelt een
                        belangrijke rol bij de geleidelijke ontwikkeling van soorten, doordat het
                        ze dwingt zich aan te passen aan ander dan het gebruikelijke voedsel.
                        Waardoor hun bloed een andere chemische samenstelling krijgt en hun hele
                        lichaamsgestel geleidelijk veranderd, terwijl soorten die zich eens hadden
                        gevestigd uitsterven.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        But all animals waste a great deal of food, and, in addition, destroy in
                        the germ the next generation of the food supply. Unlike the hunter, the
                        wolf does not spare the doe which would provide it with the young the next
                        year ; the goats in Greece, that eat away the young bushes before they grow
                        to maturity, have eaten bare all the mountains of the country. This
                        “predatory economy” of animals plays an important part in the gradual
                        transformation of species by forcing them to adapt themselves to other
                        than the usual food, thanks to which their blood acquires a different
                        chemical composition and the whole physical constitution gradually alters,
                        while species that have remained unadapted die out.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1876/part-played-labour/index.htm">Marxists Internet Archive</ref>
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="alinea">
                Il y a ici, comme ailleurs, quelques accents transformistes et une génétique
                spéculative basée sur la composition chimique du sang.
              </p>

              <p rend="alinea">
                Ce passage s’oppose à la vision béate d’une nature stable et harmonieuse que seul
                l’homme aurait le tort de perturber. Ici au contraire, il oppose le chasseur plus
                raisonnable au loup destructeur. Il revient sur la capacité de l’homme,
                contrairement à l’animal, de faire dans la nature des interventions raisonnées :
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb n="451 ⅓"/>Die Tiere, wie schon angedeutet,
                      verändern durch ihre Tätigkeit die äußere Natur ebensogut, wenn auch nicht
                      in dem Maße wie der Mensch, und diese durch sie vollzogenen Änderungen ihrer Umgebung wirken,
                      wie wir sahen, wieder verändernd auf ihre Urheber zurück.
                      Denn in der Natur geschieht nichts vereinzelt. Jedes wirkt aufs andre und umgekehrt,
                      und es ist meist das Vergessen dieser allseitigen Bewegung und Wechselwirkung,
                      das unsre Naturforscher verhindert, in den einfachsten Dingen klarzusehn.
                      Wir sahen, wie die Ziegen die Wiederbewaldung von Griechenland verhindern;
                      in Sankt Helena haben die von den ersten Anseglern ans Land gesetzten Ziegen
                      und Schweine es fertiggebracht, die alte Vegetation der Insel fast ganz auszurotten,
                      und so den Boden bereitet, auf dem die von späteren Schiffern und Kolonisten
                      zugeführten Pflanzen sich ausbreiten konnten. Aber wenn die Tiere eine dauernde Einwirkung
                      auf ihre Umgebung ausüben, so geschieht dies unabsichtlich und ist, für diese Tiere selbst,
                       etwas Zufälliges. Je mehr die Menschen sich aber vom Tier entfernen, desto mehr
                       nimmt ihre Einwirkung auf die Natur den Charakter vorbedachter, planmäßiger, auf bestimmte,
                       vorher bekannte Ziele gerichteter Handlung an. Das Tier vernichtet die Vegetation
                       eines Landstrichs, ohne zu wissen, was es tut. Der Mensch vernichtet sie,
                       um in den freigewordnen Boden Feldfrüchte zu säen oder Bäume und Reben zu pflanzen,
                       von denen er weiß, daß sie ihm ein Vielfaches der Aussaat einbringen werden.
                       Er versetzt Nutzpflanzen und Haustiere von einem Land ins andre und ändert so die Vegetation
                       und das Tierleben ganzer Weltteile. Noch mehr. Durch künstliche Züchtung werden Pflanzen
                       wie Tiere unter der Hand des Menschen in einer Weise verändert,
                       daß sie nicht wiederzuerkennen sind. Die wilden Pflanzen,
                       von denen unsre Getreidearten abstammen, werden noch <pb n="452"/>vergebens gesucht.
                       Von welchem wilden Tier unsre Hunde, die selbst unter sich so verschieden sind,
                       oder unsre ebenso zahlreichen Pferderassen abstammen, ist noch immer streitig.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.7%;">
                  <cit xml:id="DN178bas">
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat178sept8" n="178 ⅞"/>Comme
                      nous l’avons déjà indiqué, les animaux modifient la nature extérieure
                      par leur activité aussi bien que l’homme, bien que dans une mesure moindre,
                      et, comme nous l’avons vu, les modifications qu’ils ont opérées dans leur milieu
                      réagissent à leur tour en les transformant sur leurs auteurs.
                      Car rien dans la nature n’arrive isolément. Chaque phénomène réagit sur l’autre et
                      inversement, et c’est la plupart du temps parce qu’ils oublient ce <pb n="179"/>mouvement
                      et cette action réciproque universels que nos savants sont empêchés d’y voir clair
                      dans les choses les plus simples. Nous avons vu comment les chèvres mettent obstacle
                      au reboisement de la Grèce ; à Sainte-Hélène, les chèvres et les porcs débarqués
                      par les premiers navigateurs à la voile qui y abordèrent ont réussi à extirper presque
                      entièrement l’ancienne flore de l’île et ont préparé le terrain sur lequel purent
                      se propager les plantes amenées ultérieurement par d’autres navigateurs et des colons.
                      Mais, lorsque les animaux exercent une action durable sur leur milieu, cela se fait
                      sans qu’il le veuillent, et c’est, pour ces animaux eux-mêmes, un hasard. Or, plus
                      les hommes s’éloignent de l’animal, plus leur action sur la nature prend le caractère
                      d’une activité préméditée, méthodique, visant des fins déterminées, connues d’avance.
                      L’animal détruit la végétation d’une contrée sans savoir ce qu’il fait. L’homme la
                      détruit pour semer dans le sol devenu disponible des céréales ou y planter des arbres
                      et des vignes dont il sait qu’à la moisson ils lui rapporteront un grand nombre de fois
                      autant qu’il a semé. Il transfère des plantes utiles et des animaux domestiques d’un
                      pays à l’autre, et il modifie ainsi la flore et la faune de continents entiers. Plus
                      encore. Grâce à la sélection artificielle, la main de l’homme transforme les plantes et
                      les animaux au point qu’on ne peut plus les reconnaître. On cherche encore vainement
                      les plantes sauvages dont descendent nos espèces de céréales. On discute encore pour
                      savoir de quel animal sauvage descendent nos chiens, eux-mêmes si différents entre eux,
                      et nos races tout aussi nombreuses de chevaux.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Dieren, zoals al opgemerkt werd, veranderen het milieu door hun activiteiten
                        op dezelfde wijze als de mens, zelfs indien dit niet een zelfde impact heeft.
                        Die veranderingen hebben op hun beurt een impact en veranderen diegenen die
                        verantwoordelijk zijn voor de veranderingen. In de natuur gebeurt niets
                        geïsoleerd. Alles heeft een impact en staat onder invloed van andere dingen,
                        het is vooral door het negeren van deze bewegingen en interactie dat onze
                        natuurwetenschappers niet in staat zijn om een duidelijk beeld te vormen
                        van erg simpele dingen.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        We zagen hoe bepaalde oude diersoorten de ontwikkeling van bossen in
                        Griekenland verhinderden; op het eiland St. Helena slaagden dieren erin om
                        de oude vegetatie bijna compleet uit te roeien en werd zo de basis gelegd
                        voor het verspreiden van planten die later op het eiland kwamen via
                        zeeschepen en kolonisten. Maar dieren hebben onopzettelijk een blijvend
                        effect op hun milieu, en wat de dieren zelf betreft, gebeurt dat zelfs
                        toevallig. Hoe verder de mensen van de dieren staan, hoe meer hun effect
                        op de natuur een bewuster karakter aanneemt: geplande acties gericht op
                        vooropgestelde doeleinden. De dieren vernietigen de vegetatie van een
                        bepaalde plaats zonder dit te realiseren. De mensen vernietigen het om
                        granen te kunnen zaaien op grond die vrijgemaakt wordt, of om bomen te
                        planten die een veelvoud aan vruchten opbrengen. De mensen brengen nuttige
                        planten en dieren van het ene land naar het andere en veranderen op die
                        manier de fauna en flora van volledige continenten. Bovendien worden door
                        kunstmatige methoden zowel de planten als de dieren zodanig veranderd dat
                        ze onherkenbaar worden. De wilde planten waarvan het graan van vandaag
                        afstamt, zal je tevergeefs zoeken. Er wordt nog altijd gediscussieerd over
                        de wilde dieren van waaruit de verschillende hondensoorten vandaag zijn
                        ontstaan of van waaruit de paarden zijn ontwikkeld.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Animals, as has already been pointed out, change the environment
                      by their activities in the same way, even if not to the same extent, as man does,
                      and these changes, as we have seen, in turn react upon and change those who made them.
                      In nature nothing takes place in isolation. Everything affects and is affected
                      by every other thing, and it is mostly because this manifold motion and interaction
                      is forgotten that our natural scientists are prevented from gaining a clear insight
                      into the simplest things. We have seen how goats have prevented the regeneration of forests
                      in Greece; on the island of St. Helena, goats and pigs brought by the first arrivals
                      have succeeded in exterminating its old vegetation almost completely, and so have
                      prepared the ground for the spreading of plants brought by later sailors and colonists.
                      But animals exert a lasting effect on their environment unintentionally and,
                      as far as the animals themselves are concerned, accidentally.
                      The further removed men are from animals, however, the more their effect on nature
                      assumes the character of premeditated, planned action directed towards definite preconceived ends.
                      The animal destroys the vegetation of a locality without realising what it is doing.
                      Man destroys it in order to sow field crops on the soil thus released,
                      or to plant trees or vines which he knows will yield many times the amount planted.
                      He transfers useful plants and domestic animals from one country to another
                      and thus changes the flora and fauna of whole continents. More than this.
                      Through artificial breeding both plants and animals are so changed by the hand of man
                      that they become unrecognisable. The wild plants from which our grain varieties originated
                      are still being sought in vain. There is still some dispute about the wild animals
                      from which our very different breeds of dogs or our equally numerous breeds of horses
                      are descended.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>


              <list rend="horiz">
                <item style="width: 26%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Kurz, das Tier <emph>benutzt</emph> die äußere Natur bloß und bringt
                        Änderungen in ihr einfach durch seine Anwesenheit zustande ; der Mensch
                        macht sie durch seine Änderungen seinen Zwecken dienstbar, <emph>beherrscht
                        </emph> sie. Und das ist der letzte, wesentliche Unterschied des Menschen
                        von den übrigen Tieren, und es ist wieder die Arbeit, die diesen
                        Unterschied bewirkt. [Am Rande des Manuskripts ist mit Bleistift vermerkt :
                        „Veredlung".]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:id="DN180un4e">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat180un4" n="180 ¼"/>Bref, l’animal <emph>utilise</emph>
                        seulement la nature extérieure et provoque en elle des modifications par sa
                        seule présence ; par les changements qu’il y apporte, l’homme l’amène à
                        servir à ses fins, il la <emph>domine</emph>. Et c’est en cela que consiste
                        la dernière différence essentielle entre l’homme et le reste des animaux,
                        et cette différence, c’est encore une fois au travail que l’homme la doit.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Samengevat zien we dat de dieren hun omgeving slechts <emph>gebruiken</emph>
                        en daarmee veranderingen aanbrengen omwille van hun aanwezigheid. De mensen
                        brengen wijzigingen aan die nuttig zijn voor zichzelf, ze <emph>beheersen
                        </emph> de omgeving. Dat is het essentiële verschil tussen de mens en
                        andere dieren, en eens te meer is het de arbeid die leidt tot dit verschil.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        In short, the animal merely <emph>uses</emph> its environment, and brings
                        about changes in it simply by its presence ; man by his changes makes it
                        serve his ends, <emph>masters</emph> it. This is the final, essential
                        distinction between man and other animals, and once again it is labour
                        that brings about this distinction.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>

              <p rend="alinea">
                Ainsi l’homme se distingue de l’animal en dominant la nature et il pourra la dominer pleinement
                sous le socialisme, comme il le dit au <ref target="#ADIIIchap2">chapitre des Notions théoriques</ref>
                de la troisième partie, Socialisme de l’<title>Anti-Dühring</title>
                (et il le reprend textuellement
                <ref target="#utosci-III">vers la fin de <title>Socialisme utopique et socialisme scientifique</title></ref>).
                Avec le socialisme, les hommes dépassent leur animalité et
                « deviennent consciemment de véritables <ref target="#ADIIIchap2-HerrenderNatur">seigneurs de la nature</ref> ».
              </p>

              <p xml:id="dialnatp180undemi" rend="alinea">
                Cependant Engels rappelle que l’homme peut faire des dégâts, qu’il faut comprendre
                le lien dialectique qui unit l’homme à la nature :
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.3%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Schmeicheln wir uns indes nicht zu sehr mit unsern menschlichen Siegen über
                        die Natur. Für jeden solchen Sieg rächt sie sich an uns. Jeder hat in
                        erster Linie zwar die Folgen, auf die wir gerechnet, aber in zweiter und
                        dritter Linie hat er ganz andre, unvorhergesehene Wirkungen, die nur zu
                        <pb n="453"/>oft jene ersten Folgen wieder aufheben. Die Leute, die in
                        Mesopotamien, Griechenland, Kleinasien und anderswo die Wälder ausrotteten,
                        um urbares Land zu gewinnen, träumten nicht, daß sie damit den Grund zur
                        jetzigen Verödung jener Länder legten, indem sie ihnen mit den Wäldern die
                        Ansammlungszentren und Behälter der Feuchtigkeit entzogen. Die Italiener
                        der Alpen, als sie die am Nordabhang des Gebirgs so sorgsam gehegten
                        Tannenwälder am Südabhang vernutzten, ahnten nicht, daß sie damit der
                        Sennwirtschaft auf ihrem Gebiet die Wurzel abgruben; sie ahnten noch
                        weniger, daß sie dadurch ihren Bergquellen für den größten Teil des Jahrs
                        das Wasser entzogen, damit diese zur Regenzeit um so wütendere Flutströme
                        über die Ebene ergießen könnten. Die Verbreiter der Kartoffel in Europa
                        wußten nicht, daß sie mit den mehligen Knollen zugleich die Skrofelkrankheit
                        verbreiteten. Und so werden wir bei jedem Schritt daran erinnert, daß wir
                        keineswegs die Natur beherrschen, wie ein Eroberer ein fremdes Volk
                        beherrscht, wie jemand, der außer der Natur steht — sondern daß wir mit
                        Fleisch und Blut und Hirn ihr angehören und mitten in ihr stehn, und daß
                        unsre ganze Herrschaft über sie darin besteht, im Vorzug vor allen andern
                        Geschöpfen ihre Gesetze erkennen und richtig anwenden zu können.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Und in der Tat lernen wir mit jedem Tag ihre Gesetze richtiger verstehn
                        und die näheren und entfernteren Nachwirkungen unsrer Eingriffe in den
                        herkömmlichen Gang der Natur erkennen. Namentlich seit den gewaltigen
                        Fortschritten der Naturwissenschaft in diesem Jahrhundert werden wir
                        mehr und mehr in den Stand gesetzt, auch die entfernteren natürlichen
                        Nachwirkungen wenigstens unsrer gewöhnlichsten Produktionshandlungen
                        kennen und damit beherrschen zu lernen. Je mehr dies aber geschieht, desto
                        mehr werden sich die Menschen wieder als Eins mit der Natur nicht nur
                        fühlen, sondern auch wissen, und je unmöglicher wird jene widersinnige
                        und widernatürliche Vorstellung von einem Gegensatz zwischen Geist und
                        Materie, Mensch und Natur, Seele und Leib, wie sie seit dem Verfall des
                        klassischen Altertums in Europa aufgekommen und im Christentum ihre
                        höchste Ausbildung erhalten hat.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.6%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat180trois8" n="180 ⅜"/>Cependant, ne nous flattons pas
                        trop de nos victoires sur la nature. Elle se venge sur nous de chacune
                        d’elles. Chaque victoire a certes en premier lieu les conséquences que
                        nous avons escomptées, mais en second et en troisième lieu, elle a des
                        effets tout différents, imprévus, qui ne détruisent que trop souvent ces
                        premières conséquences. Les gens qui, en Mésopotamie, en Grèce, en Asie
                        mineure et autres lieux essartaient les forêts pour gagner de la terre
                        arable, étaient loin de s’attendre à jeter par là les bases de l’actuelle
                        désolation de ces pays, en détruisant avec les forêts les centres
                        d’accumulation et de conservation de l’humidité. Les Italiens qui, sur le
                        versant sud des Alpes, saccageaient les forêts de sapins, conservées avec
                        tant de soins sur le versant nord, n’avaient pas idée qu’ils sapaient par
                        là l’élevage de haute montagne sur leur territoire ; ils soupçonnaient
                        moins encore que, ce faisant, ils privaient d’eau leurs sources de montagne
                        pendant la plus grande partie de l’année et que celles ci, à la saison des
                        pluies, allaient déverser sur la plaine des torrents d’autant plus furieux.
                        Ceux qui répandirent la pomme de terre en Europe ne savaient pas qu’avec
                        les tubercules farineux ils répandaient aussi la scrofule <note xml:id="scrofule" place="bottom">
                            À l’époque où Engels écrivait ces lignes, c’était une opinion répandue
                            dans les milieux médicaux que la scrofulose (la tuberculose des glandes
                            du cou) était due à la consommation des pommes de terre. Il y a bien
                            une liaison causale, dans ce sens que la scrofulose est une affection
                            des gens mal nourris, y compris ceux dont la nourriture se compose
                            exclusivement de pommes de terre. Mais il n’est pas absolument évident
                            que les pommes de terre en tant que telles jouent un rôle dans la genèse
                            de cette maladie. (N.R.)
                          </note>.
                        Et ainsi les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons
                        nullement sur la nature comme un conquérant <pb n="181"/>règne sur un
                        peuple étranger, comme quelqu’un qui serait en dehors de la nature, mais
                        que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que
                        nous sommes dans son sein, et que toute notre domination sur elle réside
                        dans l’avantage que nous avons sur l’ensemble des autres créatures, de
                        connaître ses lois et de pouvoir nous en servir judicieusement.
                      </p>
                      <p xml:id="dialnatp181unhuitieme" rend="alinea">
                        Et, en fait, nous apprenons chaque jour à comprendre plus correctement ces
                        lois et à connaître les conséquences plus ou moins lointaines de nos
                        interventions dans le cours normal des choses de la nature. Surtout depuis
                        les énormes progrès de la science de la nature au cours de ce siècle, nous
                        sommes de plus en plus à même de connaître aussi les conséquences
                        naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans
                        le domaine de la production, et, par suite, d’apprendre à les maîtriser.
                        Mais plus il en sera ainsi, plus les hommes non seulement sentiront, mais
                        sauront à nouveau qu’ils ne font qu’un avec la nature et plus deviendra
                        impossible cette idée absurde et contre nature d’une opposition entre
                        l’esprit et la matière, l’homme et la nature, l’âme et le corps, idée qui
                        s’est répandue en Europe depuis le déclin de l’antiquité classique et qui
                        a connu avec le christianisme son développement le plus élevé.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.2%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        We moeten echter niet overdrijven als we het hebben over de menselijke
                        overwinningen op de natuur. Voor elke overwinning neemt de natuur wraak.
                        Iedere overwinning, en dat klopt, leidt aanvankelijk tot de resultaten
                        die we verwacht hadden, maar daarna heeft het soms erg verschillende
                        onvoorziene gevolgen die maar al te vaak het eerste resultaat teniet doen.
                        De mensen die in Mesopotamië, Griekenland of Klein-Azië de bomen kapten om
                        vruchtbare landbouwgrond te creëren, konden niet inschatten dat door het
                        verwijderen van de bomen de reservoirs van vocht zouden verdwijnen wat de
                        basis vormde voor de huidige slechte staat van de grond.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Toen de Italianen in de Alpen de bossen op de zuidelijke hellingen
                        gebruikten, en de bossen op de noordelijke hellingen onaangeroerd lieten,
                        hadden er geen besef van dat ze op deze wijze de basis van de
                        zuivelindustrie in de regio aantastten, laat staan dat beseften datze de
                        bergen de mogelijkheid ontnamen om water op te slaan tijdens het
                        regenseizoen of om de enorme regenval te verwerken bij stevige regenval.
                        Diegenen die de aardappel naar Europa brachten, beseften niet dat ze met
                        deze plant ook een vorm van tuberculose meebrachten. Bij iedere stap worden
                        we eraan herinnerd dat de natuur zich niet laat veroveren zoals een vreemd
                        volk dat doet, maar dat wij, als vlees, bloed en hersenen, deel uitmaken
                        van de natuur en midden in de natuur leven waarbij onze heerschappij enkel
                        bestaat uit het feit dat we op andere wezens het voordeel hebben dat we de
                        lessen van de natuur kunnen leren en correct kunnen toepassen.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        In feite verwerven we iedere dag een grotere kennis en beter begrip van de
                        natuurwetten waardoor we een zicht krijgen om de meer directe maar ook de
                        meer afgeleide gevolgen van onze tussenkomst in de normale gang van de
                        natuur. Dat geldt zeker na de enorme vooruitgang van de natuurwetenschappen
                        sinds het begin van deze eeuw, waardoor we meer dan ooit tevoren in een
                        positie zitten waarbij we ons realiseren, en er dus controle over hebben,
                        dat er afgeleide natuurlijke gevolgen zijn van onze dagelijkse activiteiten.
                        Hoe sterker dit ontwikkelt, hoe meer we ons niet enkel zullen één voelen
                        met de natuur, maar ook weten dat we deel uitmaken van de natuur, waardoor
                        het onmogelijk zal zijn om een tegenstelling te zien tussen de geest en de
                        materie, de mens en natuur, de ziel en het lichaam, tegenstellingen die
                        ontstonden na de neergaan van de klassieke oudheid in Europa en hun hoogste
                        ontwikkeling kenden in het christendom.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Let us not, however, flatter ourselves overmuch on account of our human
                        victories over nature. For each such victory nature takes its revenge on
                        us. Each victory, it is true, in the first place brings about the results
                        we expected, but in the second and third places it has quite different,
                        unforeseen effects which only too often cancel the first. The people who,
                        in Mesopotamia, Greece, Asia Minor and elsewhere, destroyed the forests to
                        obtain cultivable land, never dreamed that by removing along with the
                        forests the collecting centres and reservoirs of moisture they were laying
                        the basis for the present forlorn state of those countries. When the
                        Italians of the Alps used up the pine forests on the southern slopes, so
                        carefully cherished on the northern slopes, they had no inkling that by
                        doing so they were cutting at the roots of the dairy industry in their
                        region ; they had still less inkling that they were thereby depriving
                        their mountain springs of water for the greater part of the year, and
                        making it possible for them to pour still more furious torrents on the
                        plains during the rainy seasons. Those who spread the potato in Europe
                        were not aware that with these farinaceous tubers they were at the same
                        time spreading scrofula. Thus at every step we are reminded that we by no
                        means rule over nature like a conqueror over a foreign people, like someone
                        standing outside nature — but that we, with flesh, blood and brain, belong
                        to nature, and exist in its midst, and that all our mastery of it consists
                        in the fact that we have the advantage over all other creatures of being
                        able to learn its laws and apply them correctly.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        And, in fact, with every day that passes we are acquiring a better
                        understanding of these laws and getting to perceive both the more immediate
                        and the more remote consequences of our interference with the traditional
                        course of nature. In particular, after the mighty advances made by the
                        natural sciences in the present century, we are more than ever in a
                        position to realise, and hence to control, also the more remote natural
                        consequences of at least our day-to-day production activities. But the more
                        this progresses the more will men not only feel but also know their oneness
                        with nature, and the more impossible will become the senseless and
                        unnatural idea of a contrast between mind and matter, man and nature, soul
                        and body, such as arose after the decline of classical antiquity in Europe
                        and obtained its highest elaboration in Christianity.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>


              <p rend="alinea">
                La position d’Engels, c’est que l’homme, différent des autres animaux,
                a la capacité de dominer et de maîtriser son environnement naturel.
                C’est dans l’ordre des choses, c’est la nature qui l’a fait ainsi.
                Cette domination n’est pas arbitraire (« comme un conquérant »),
                mais doit s’appuyer sur la connaissance des lois de la nature.
                Engels ne dit donc pas que c’est une erreur ou une illusion de dominer la nature ;
                il met en garde contre les erreurs possibles.
                Ce ne peut être que ce passage que Foster à en vue quand il dit
                « Komrov quoted at lenght from the long passage on the illusion of the conquest of nature in Engel’s <title>Dialectics of Nature</title> »
                (<ref target="../../environ/socbar/biblio.html"/>Foster 2009).
                Foster se trompe ou sollicite le texte.
                (Il n’est pas seul parmi marxistes plus verts que rouges qui citent cet avertissement de manière consciemment malhonnête,
                en omettant le contexte, sans dire que Marx et Engels sont avant tout <emph>pour</emph> la domination de la nature.)
                Apprendre les lois de la nature pour améliorer et renforcer sa domination de la nature,
                c’est bien la conquête de la nature et ce n’est pas une illusion.
                Engels ne dénonce donc en rien « l’illusion » de la conquête de la nature,
                mais il met en garde contre une attitude de « conquérant »
                dans le sens particulier que cela prend si l’on pense aux Croisades
                ou plus encore à la conquête de l’Amérique, au massacre de ses habitants, à leur remplacement par des esclaves d’Afrique.
                Si on lui applique ce genre de méthodes, alors là, oui, la nature « se venge », dit Engels.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Bref, Engels propose la relation dialectique de l’homme à la nature où l’homme la domine tout en lui appartenant.
                Dans la nature, l’homme n’est pas un étranger (le « conquérant »).
                Il est uni à la nature « corps et âme », selon l’expression consacrée.
                Engels en tire une réfutation du dualisme cartésien qui sépare « âme »  et corps.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Après les conséquences naturelles de l’action de l’homme, il passe aux conséquences sociales.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.8%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Hat es aber schon die Arbeit von Jahrtausenden erfordert, bis wir
                        einigermaßen lernten, die entferntem natürlichen Wirkungen unsrer auf die
                        Produktion gerichteten Handlungen zu berechnen, so war dies noch weit
                        schwieriger in bezug auf die entfernteren gesellschaftlichen Wirkungen
                        dieser Handlungen. Wir erwähnten die Kartoffel und in ihrem Gefolge die
                        Ausbreitung der Skrofeln. Aber was sind die Skrofeln gegen die Wirkungen,
                        die die Reduktion der Arbeiter auf Kartoffelnahrung auf die Lebenslage der
                        Volksmassen ganzer Länder hatte, gegen die Hungersnot, die 1847 im
                        <pb n="454"/>Gefolge der Kartoffelkrankheit Irland betraf, eine Million
                        kartoffel- und fast nur kartoffelessender Irländer unter die Erde und zwei
                        Millionen über das Meer warf ? Als die Araber den Alkohol destillieren
                        lernten, ließen sie sich nicht im Traume einfallen, daß sie damit eins der
                        Hauptwerkzeuge geschaffen, womit die Ureinwohner des damals noch gar nicht
                        entdeckten Amerikas aus der Welt geschafft werden sollten. Und als dann
                        Kolumbus dies Amerika entdeckte, wußte er nicht, daß er damit die in Europa
                        längst überwundne Sklaverei zu neuem Leben erweckte und die Grundlage zum
                        Negerhandel legte. Die Männer, die im siebzehnten und achtzehnten
                        Jahrhundert an der Herstellung der Dampfmaschine arbeiteten, ahnten nicht,
                        daß sie das Werkzeug fertigstellten, das mehr als jedes andre die
                        Gesellschaftszustände der ganzen Welt revolutionieren und namentlich in
                        Europa durch Konzentrierung des Reichtums auf Seite der Minderzahl, und der
                        Besitzlosigkeit auf Seite der ungeheuren Mehrzahl, zuerst der Bourgeoisie
                        die soziale und politische Herrschaft verschaffen, dann aber einen
                        Klassenkampf zwischen Bourgeoisie und Proletariat erzeugen sollte, der nur
                        mit dem Sturz der Bourgeoisie und der Abschaffung aller Klassengegensätze
                        endigen kann. — Aber auch auf diesem Gebiet lernen wir allmählich, durch
                        lange, oft harte Erfahrung und durch Zusammenstellung und Untersuchung des
                        geschichtlichen Stoffs, uns über die mittelbaren, entfernteren
                        gesellschaftlichen Wirkungen unsrer produktiven Tätigkeit Klarheit zu
                        verschaffen, und damit wird uns die Möglichkeit gegeben, auch diese
                        Wirkungen zu beherrschen und zu regeln.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.6%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Diaknat181un2" n="181 ½"/>Mais s’il a déjà fallu le travail de
                        millénaires, pour que nous apprenions dans une certaine mesure à calculer
                        les effets naturels lointains de nos actions visant la production, ce fut
                        bien plus difficile encore en ce qui concerne les conséquences sociales
                        lointaines de ces actions. Nous avons fait mention de la pomme de terre et
                        de la propagation de la scrofulose qui l’a suivie. Mais qu’est-ce que la
                        scrofulose à côté des effets qu’a eus sur les conditions de vie des masses
                        populaires de pays entiers la réduction de la nourriture de la population
                        laborieuse aux seules pommes de terre ? Qu’est-elle à côté de la famine qui,
                        à la suite de la maladie de la pomme de terre, s’abattit sur l’Irlande en
                        1847, conduisit à la tombe un million d’Irlandais se nourrissant
                        exclusivement ou presque exclusivement de ces tubercules et en jeta deux
                        millions de l’autre côté de l’Océan ? Lorsque les Arabes apprirent à
                        distiller l’alcool, il ne leur vint pas à l’idée, même en rêve, qu’ils
                        venaient de créer un des principaux instruments avec lesquels on rayerait
                        de la face du monde les populations indigènes de l’Amérique non encore
                        découverte. Et, lorsque ensuite Christophe Colomb découvrit l’Amérique, il
                        ne savait pas que, ce faisant, il rappelait à la vie l’esclavage depuis
                        longtemps disparu en Europe et jetait les bases de la traite des noirs. Les
                        hommes qui, aux 17<hi rend="ordinal">e</hi> et 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècles, travaillaient à réaliser la machine à vapeur,
                        n’avaient pas idée qu’ils créaient l’instrument qui, plus qu’aucun autre,
                        allait bouleverser l’ordre social du monde entier, et en particulier
                        d’Europe, en concentrant la richesse du côté de la minorité et le dénuement
                        du côté de l’immense majorité ; la machine à vapeur allait en premier
                        <pb n="182"/>procurer la domination politique et sociale à la bourgeoisie,
                        mais ensuite elle engendrerait entre la bourgeoisie et le prolétariat une
                        lutte de classes qui ne peut se terminer qu’avec la chute de la bourgeoisie
                        et l’abolition de toutes les oppositions de classes. Mais, même dans ce
                        domaine, nous apprenons peu a peu, au prix d’une longue et souvent dure
                        expérience et grâce à la confrontation et à l’étude des matériaux
                        historiques, à élucider les conséquences sociales indirectes et lointaines
                        de notre activité productive et, de ce fait, la possibilité nous est donnée
                        de dominer et de régler ces conséquences aussi.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.6%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Er waren duizenden jaren nodig vooraleer we in staat waren om de verdere
                        gevolgen van onze acties deels te kunnen inschatten op het vlak van
                        productie, maar het is nog moeilijker om verdere sociale gevolgen van daden
                        te kunnen inschatten. We hebben al gewezen op de import van de aardappel
                        en de verspreiding van tuberculose. Maar wat is de rol van tuberculose
                        vergeleken met de gevolgen van het opleggen van een aardappeldieet aan de
                        arbeiders op de levensstandaard van de massa’s in hele landen, of
                        vergeleken met de hongersnood die de aardappelziekte met zich meebracht in
                        Ierland in 1847 waarbij één miljoen Ieren overleden omdat ze bijna enkel
                        gevoed werden door aardappelen en wat tevens leidde tot de emigratie van
                        2 miljoen andere Ieren. Toen de Arabieren leerden hoe ze sterke drank
                        moesten distilleren, konden ze niet weten dat dit één van de voornaamste
                        wapens zou worden bij de vernietiging van de inheemse volkeren op het dan
                        nog onontdekte Amerikaanse continent. Toen Columbus Amerika ontdekte, kon
                        hij niet weten dat hij hiermee het startschot gaf voor een nieuwe periode
                        van slavernij, wat in Europa al lang verdwenen was, maar in Amerika de
                        zwarten tot handelswaar deed verworden.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        De mensen die in de zeventiende en achttiende eeuw werkten aan de creatie
                        van de stoommachine, wisten niet dat ze daarmee een instrument maakten die
                        meer dan enig ander instrument de sociale verhoudingen in de wereld zou
                        overhoop halen. Zeker in Europa werd door de concentratie van de rijkdom
                        in de handen van een minderheid en de onteigening van de overgrote
                        meerderheid, dit instrument aangewend voor de sociale en politieke
                        dominantie van de burgerij, maar gaf het later ook aanleiding tot de
                        klassenstrijd tussen de burgerij en de arbeidersklasse die enkel kan
                        leiden tot het omverwerpen van de heerschappij van de burgerij en de
                        afschaffing van alle klassentegenstellingen. Maar ook hier leren we, door
                        de lange en dikwijls wrede ervaringen en door het verzamelen en analyseren
                        van de geschiedenis, hoe we een duidelijker beeld kunnen vormen op de meer
                        indirecte sociale gevolgen van onze activiteiten en bijgevolg zien we
                        kansen om deze gevolgen eveneens te controleren en te reguleren.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        It required the labour of thousands of years for us to learn a little of
                        how to calculate the more remote natural effects of our actions in the
                        field of production, but it has been still more difficult in regard to the
                        more remote social effects of these actions. We mentioned the potato and
                        the resulting spread of scrofula. But what is scrofula compared to the
                        effects which the reduction of the workers to a potato diet had on the
                        living conditions of the popular masses in whole countries, or compared to
                        the famine the potato blight brought to Ireland in 1847, which consigned
                        to the grave a million Irishmen, nourished solely or almost exclusively on
                        potatoes, and forced the emigration overseas of two million more? When the
                        Arabs learned to distil spirits, it never entered their heads that by so
                        doing they were creating one of the chief weapons for the annihilation of
                        the aborigines of the then still undiscovered American continent. And when
                        afterwards Columbus discovered this America, he did not know that by doing
                        so he was giving a new lease of life to slavery, which in Europe had long
                        ago been done away with, and laying the basis for the Negro slave trade.
                        The men who in the seventeenth and eighteenth centuries laboured to create
                        the steam-engine had no idea that they were preparing the instrument which
                        more than any other was to revolutionise social relations throughout the
                        world. Especially in Europe, by concentrating wealth in the hands of a
                        minority and dispossessing the huge majority, this instrument was destined
                        at first to give social and political domination to the bourgeoisie, but
                        later, to give rise to a class struggle between bourgeoisie and proletariat
                        which can end only in the overthrow of the bourgeoisie and the abolition
                        of all class antagonisms. But in this sphere too, by long and often cruel
                        experience and by collecting and analysing historical material, we are
                        gradually learning to get a clear view of the indirect, more remote social
                        effects of our production activity, and so are afforded an opportunity to
                        control and regulate these effects as well.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>


              <p rend="alinea">
                Une économie qui tiendrait compte de ces conséquences suppose un changement de
                société.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Um diese Regelung aber durchzuführen, dazu gehört mehr als die bloße
                        Erkenntnis. Dazu gehört eine vollständige Umwälzung unsrer bisherigen
                        Produktionsweise und mit ihr unsrer jetzigen gesamten gesellschaftlichen
                        Ordnung.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat182un4" n="182 ¼"/>Mais, pour mener a bien cette
                        réglementation, il faut plus que la seule connaissance. Il faut un
                        bouleversement complet de tout notre mode de production passé et, avec lui,
                        de tout notre régime social actuel.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Deze regulering vereist echter meer dan enkel kennis. Het vereist een
                        volledige revolutie in de hedendaagse productiewijze en tegelijk een
                        revolutie in de gehele bestaande sociale orde.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        This regulation, however, requires something more than mere knowledge. It
                        requires a complete revolution in our hitherto existing mode of production,
                        and simultaneously a revolution in our whole contemporary social order.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>


              <p rend="alinea">
                Tous les modes de production ont négligé ces conséquences, d’abord
                peut-être par simple ignorance, ensuite, dans les modes de production de classe, parce
                que les classes dominantes n’ont tenu compte que de leurs intérêts immédiats, plus
                encore dans le capitalisme.
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Alle bisherigen Produktionsweisen sind nur auf Erzielung des nächsten,
                        unmittelbarsten Nutzeffekts der Arbeit ausgegangen. Die weiteren erst in
                        späterer Zeit eintretenden, durch allmähliche Wiederholung und Anhäufung
                        wirksam werdenden Folgen blieben gänzlich vernachlässigt. Das
                        ursprüngliche gemeinsame Eigentum am Boden entsprach einerseits einem
                        Entwicklungszustand der Menschen, der ihren Gesichtskreis überhaupt auf
                        das Allernächste beschränkte, und setzte andrerseits einen gewissen Überfluß
                        an verfügbarem Boden voraus, der gegenüber den etwaigen schlimmen Folgen
                        dieser waldursprünglichen Wirtschaft einen gewissen Spielraum ließ. Wurde
                        dieser Überschuß von Land erschöpft, so verfiel auch das Ge meineigentum.
                        Alle höheren Formen der Produktion aber sind zur Trennung der Bevölkerung
                        in verschiedne Klassen und damit zum Gegensatz <pb n="455"/>von herrschenden
                        und unterdrückten Klassen vorangegangen; damit aber wurde das Interesse der
                        herrschenden Klasse das treibende Element der Produktion, soweit diese sich
                        nicht auf den notdürftigsten Lebensunterhalt der Unterdrückten beschränkte.
                        Am vollständigsten ist dies in der jetzt in Westeuropa herrschenden
                        kapitalistischen Produktionsweise durchgeführt. Die einzelnen, Produktion
                        und Austausch beherrschenden Kapitalisten können sich nur um den
                        unmittelbarsten Nutzeffekt ihrer Handlungen kümmern. Ja selbst dieser
                        Nutzeffekt — soweit es sich um den Nutzen des erzeugten oder ausgetauschten
                        Artikels handelt  tritt vollständig in den Hintergrund; der beim Verkauf zu
                        erzielende Profit wird die einzige Triebfeder.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Die Sozialwissenschaft der Bourgeoisie, die klassische politische Ökonomie,
                        beschäftigt sich vorwiegend nur mit den unmittelbar beabsichtigten
                        gesellschaftlichen Wirkungen der auf Produktion und Austausch gerichteten
                        menschlichen Handlungen. Dies entspricht ganz der gesellschaftlichen
                        Organisation, deren theoretischer Ausdruck sie ist. Wo einzelne Kapitalisten
                        um des unmittelbaren Profits willen produzieren und austauschen, können in
                        erster Linie nur die nächsten, unmittelbarsten Resultate in Betracht
                        kommen. Wenn der einzelne Fabrikant oder Kaufmann die fabrizierte oder
                        eingekaufte Ware nur mit dem üblichen Profitchen verkauft, so ist er
                        zufrieden, und es kümmert ihn nicht, was nachher aus der Ware und deren
                        Käufer wird. Ebenso mit den natürlichen Wirkungen derselben Handlungen.
                        Die spanischen Pflanzer in Kuba, die die Wälder an den Abhängen
                        niederbrannten und in der Asche Dünger genug für eine Generation höchst
                        rentabler Kaffeebäume vorfanden — was lag ihnen daran, daß nachher die
                        tropischen Regengüsse die nun schutzlose Dammerde herabschwemm ten und nur
                        nackten Fels hinterließen ? Gegenüber der Natur wie der Gesellschaft kommt
                        bei der heutigen Produktionsweise vorwiegend nur der erste, handgreiflichste
                        Erfolg in Betracht; und dann wundert man sich noch, daß die entfernteren
                        Nachwirkungen der hierauf gerichteten Handlungen ganz andre, meist ganz
                        entgegengesetzte sind […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.2%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="Dialnat182un3" n="182 ⅓"/>Tous les modes de production passés
                        n’ont visé qu’à atteindre
                        l’effet utile le plus proche, le plus immédiat du travail. On laissait entièrement de
                        côté les conséquences lointaines, celles qui n’intervenaient que par la suite, qui
                        n’entraient en jeu que du fait de la répétition et de l’accumulation progressives. La
                        propriété primitive en commun du sol correspondait d’une part à un stade de
                        développement des hommes qui limitait, somme toute, leur horizon à ce qui était le
                        plus proche et supposait, d’autre part, un certain excédent du sol disponible qui
                        laissait une certaine marge pour parer aux conséquences néfastes éventuelles de cette
                        économie absolument primitive. Une fois cet excédent de sol épuisé, la propriété
                        commune tomba en désuétude. Toutes les formes de production supérieures ont abouti à
                        séparer la population en classes différentes et, par suite, à opposer classes
                        dominantes et classes opprimées ; mais en même temps l’intérêt de la classe dominante
                        est devenu l’élément moteur de la production, dans la mesure où celle-ci ne se
                        limitait pas à entretenir de la façon la plus précaire l’existence des opprimés.
                        C’est le mode de production capitaliste régnant actuellement en Europe occidentale
                        qui réalise le plus complètement cette fin. Les capitalistes individuels qui dominent
                        la production et l’échange ne peuvent se soucier que de l’effet utile le plus
                        immédiat de leur action. Et même cet effet utile — dans la mesure où il s’agit de
                        l’usage de l’article produit ou échangé — passe entièrement au second plan ; le
                        profit à réaliser par la vente devient le seul moteur.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        La science sociale de la bourgeoisie, l’économie politique
                        classique, ne s’occupe principalement que des effets sociaux immédiatement recherchés
                        des actions humaines orientées vers la production et l’échange. Cela correspond tout
                        à fait à l’organisation sociale, dont elle est l’expression théorique. Là où des
                        capitalistes individuels produisent et échangent pour le profit immédiat, on ne peut
                        prendre en considération au premier chef que les résultats les plus proches, les plus
                        immédiats. Pourvu que individuellement le fabricant ou le négociant vende la marchandise
                        produite ou achetée <pb n="183"/>avec le petit profit d’usage, il est satisfait et ne
                        se préoccupe pas de ce qu’il advient ensuite de la marchandise et de son acheteur. Il
                        en va de même des effets naturels de ces actions. Les planteurs espagnols à Cuba qui
                        incendièrent les forêts sur les pentes et trouvèrent dans la cendre assez d’engrais
                        pour une génération d’arbres à café extrêmement rentables, que leur importait que,
                        par la suite, les averses tropicales emportent la couche de terre superficielle
                        désormais sans protection, ne laissant derrière elle que les rochers nus ? Vis-à-vis
                        de la nature comme de la société, on ne considère principalement, dans le mode de
                        production actuel, que le résultat le plus proche, le plus tangible ; et ensuite on
                        s’étonne encore que les conséquences lointaines des actions visant à ce résultat
                        immédiat soient tout autres, le plus souvent tout à fait opposées ; […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.2%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Alle totnutoe bestaande productiewijzen waren gericht op het bereiken van
                        het meest onmiddellijke en direct bruikbare resultaat van arbeid. De
                        verdere gevolgen, die slechts later naar voor komen en uitwerking krijgen
                        door herhaling en opstapeling, worden compleet verwaarloosd. Het
                        oorspronkelijke gemene eigendomsrecht van het land kwam overeen met
                        enerzijds de graad van ontwikkeling van de mensen waarbij hun horizon
                        beperkt was tot wat onmiddellijk verkrijgbaar was, en anderzijds een zeker
                        overschot aan grond waardoor er ruimte was om eventuele slechte resultaten
                        te corrigeren in deze vorm van economie. Wanneer deze overtollige grond
                        uitgeput was, naam ook het gemene eigendomsrecht af. Alle hogere vormen
                        van productie leidden tot de verdeling van de bevolking in verschillende
                        klassen en dus tot tegenstellingen tussen de heersende en de onderdrukte
                        klassen. De belangen van de heersende klassen werden de drijvende kracht
                        achter de productie, aangezien de productie niet langer beperkt was tot het
                        voorzien in de meest elementaire basisbehoeften voor de onderdrukte lagen
                        van de bevolking. Dit werd het meest uitgewerkt in de kapitalistische
                        productiewijze die vandaag overheerst in West-Europa. De individuele
                        kapitalisten die de productie en de handel domineren, houden zich enkel
                        bezig met het meest onmiddellijk nuttige effect van hun daden. En zelfs dit
                        nuttig effect — voorzoverre het het nut betreft van de het product dat
                        gemaakt of verhandeld wordt — komt op de achtergrond en de enige stimulans
                        wordt de winst die gemaakt wordt bij het verkopen.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        De klassieke politieke economie, de sociale wetenschap van de burgerij,
                        onderzoekt meestal enkel de sociale gevolgen van menselijke daden op vlak
                        van productie en uitwisseling die effectief gepland waren. Dat komt
                        volledig overeen met de sociale organisatie waar het een theoretische
                        uitdrukking van is. Als individuele kapitalisten betrokken zijn in de
                        productie en handel voor hun onmiddellijke winst, dan moeten enkel de meest
                        onmiddellijke resultaten in aanmerking genomen worden. Zolang dat de
                        individuele fabrikant of koopman een vervaardigd of gekocht goed verkoopt
                        met de gebruikelijke winst, is hij tevreden en zal hij niet nadenken over
                        wat er nadien met het goed of met de kopers ervan gebeurt. Hetzelfde geldt
                        voor de natuurlijke gevolgen van daden. Waarom zouden de Spaanse kolonisten
                        nadenken toen ze de bossen in Cuba plat legden op de hellingen van de
                        bergen en van de as voldoende meststof verwierven voor één generatie sterk
                        winstgevende koffieplantages, waarom zouden ze nadenken over de hevige
                        tropische regen die hierna de onbeschermde bovenlaag van de bodem weg
                        regende waardoor enkel rotsstenen overbleven ? In verhouding tot de natuur,
                        net zoals tot de samenleving, telt in de huidige productiewijze vooral het
                        onmiddellijke meest tastbare resultaat, en meer afgeleide gevolgen die tot
                        een compleet ander resultaat leiden worden met verrassing onthaald.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        All hitherto existing modes of production have aimed merely at achieving
                        the most immediately and directly useful effect of labour. The further
                        consequences, which appear only later and become effective through gradual
                        repetition and accumulation, were totally neglected. The original common
                        ownership of land corresponded, on the one hand, to a level of development
                        of human beings in which their horizon was restricted in general to what
                        lay immediately available, and presupposed, on the other hand, a certain
                        superfluity of land that would allow some latitude for correcting the
                        possible bad results of this primeval type of economy. When this surplus
                        land was exhausted, common ownership also declined. All higher forms of
                        production, however, led to the division of the population into different
                        classes and thereby to the antagonism of ruling and oppressed classes. Thus
                        the interests of the ruling class became the driving factor of production,
                        since production was no longer restricted to providing the barest means of
                        subsistence for the oppressed people. This has been put into effect most
                        completely in the capitalist mode of production prevailing today in Western
                        Europe. The individual capitalists, who dominate production and exchange,
                        are able to concern themselves only with the most immediate useful effect
                        of their actions. Indeed, even this useful effect – inasmuch as it is a
                        question of the usefulness of the article that is produced or exchanged
                        — retreats far into the background, and the sole incentive becomes the
                        profit to be made on selling.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Classical political economy, the social science of the bourgeoisie, in the
                        main examines only social effects of human actions in the fields of
                        production and exchange that are actually intended. This fully corresponds
                        to the social organisation of which it is the theoretical expression. As
                        individual capitalists are engaged in production and exchange for the sake
                        of the immediate profit, only the nearest, most immediate results must
                        first be taken into account. As long as the individual manufacturer or
                        merchant sells a manufactured or purchased commodity with the usual coveted
                        profit, he is satisfied and does not concern himself with what afterwards
                        becomes of the commodity and its purchasers. The same thing applies to the
                        natural effects of the same actions. What cared the Spanish planters in
                        Cuba, who burned down forests on the slopes of the mountains and obtained
                        from the ashes sufficient fertiliser for one generation of very highly
                        profitable coffee trees — what cared they that the heavy tropical rainfall
                        afterwards washed away the unprotected upper stratum of the soil, leaving
                        behind only bare rock ! In relation to nature, as to society, the present
                        mode of production is predominantly concerned only about the immediate, the
                        most tangible result ; and then surprise is expressed that the more remote
                        effects of actions directed to this end turn out to be quite different, are
                        mostly quite the opposite in character […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>

            </div> <!-- fin singe level 3 19-->
          </div> <!-- fin [Chapitres] -->

          <div xml:id="dialnatIII" type="level2_part" n="3">
            <head>
              [Notes et fragments]
            </head>

            <div xml:id="dialnatIIIelemHistSci" type="level3_chap">
              <head>
                [Éléments d’histoire de la science]
              </head>
              <bibl>P. 185 et suivantes, <ptr target="dialnat20.html"/>.</bibl>
              <!-- <p rend="tm2">Conception de la nature chez les anciens.</p> -->
              <!-- <p rend="tm2">Différence de la situation à la fin du monde antique, vers 300, et à la
              fin du moyen âge, 1453.</p> -->
              <!-- <p rend="tm2">Éléments historiques. — Inventions.</p> -->

              <div xml:id="DNelemHist" type="level4_para">
                <head>Éléments historiques</head>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>nature, immuabilité</term></index>❦ nature, immuabilité
                  <index><term>Newton</term></index>❦ Newton
                  <index>
                    <term>nature immuable, brisée par la science</term>
                  </index>❦ nature immuable, brisée par la science
                  <index><term>homme, non purement animal</term></index>❦ homme, non purement animal
                  <index><term>homme, se fait par le travail</term></index>❦ homme, se fait par le travail
                  <index><term>travail, propre de l’homme</term></index>
                  <index>
                    <term>naturel, pas de distinction entre — et chimique</term>
                  </index>❦ naturel, pas de distinction entre — et chimique
                  <index>
                    <term>chimique, pas de distinction entre naturel et —</term>
                  </index>❦ chimique, pas de distinction entre naturel et —
                  <index><term>organique, synthèse de composés —</term></index>❦ organique, synthèse de composés —
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="Dialnat194deux3" n="194 ⅔"/>La
                      première période de la science moderne de la nature se clôt — dans le domaine
                      du monde non organique — avec Newton. C’était la période où elle acquit
                      la maîtrise des matériaux donnés ; elle accomplit de grandes choses dans le domaine
                      de la mathématique, de la mécanique et de l’astronomie, de la statique et de la dynamique,
                      en particulier grâce à Kepler et à Galilée, dont les conclusions ont été tirées par Newton.
                      Mais, dans le domaine organique, on n’avait pas dépassé les premiers rudiments.
                      L’étude des formes de vie qui se succèdent et s’évincent dans l’histoire,
                      de même que celle des conditions changeantes de vie qui leur correspondent
                      — la paléontologie et la géologie — n’existent pas encore. La nature n’était
                      somme toute pas considérée comme quelque chose qui se développe dans l’histoire,
                      qui a son histoire dans le temps ; on ne tenait compte que de l’extension dans l’espace ;
                      les diverses formes n’avaient pas été groupées par les savants selon leur succession,
                      mais seulement selon leur juxtaposition ; l’histoire de la nature était valable
                      pour tous les temps, comme les ellipses que décrivent les planètes. Pour toute étude
                      plus poussée des <pb n="195"/>formes de la vie organique, il manquait les deux bases
                      primordiales, la chimie et la connaissance de la structure organique fondamentale, la cellule.
                      La science de la nature, révolutionnaire à ses débuts, se trouvait en face
                      d’une nature absolument conservatrice dans laquelle tout était, aujourd’hui encore,
                      tel qu’il avait été depuis le commencement du monde, et dans laquelle,
                      jusqu’à la fin du monde, tout resterait tel qu’il avait été dès le début.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Il est caractéristique que cette conception conservatrice de la nature,
                      aussi bien dans le domaine non organique que dans le domaine organique
                      [… (phrase inachevée)].
                    </p>
                    <table rows="3" cols="5">
                      <row>
                        <cell>Mathématique</cell>
                        <cell>Physique</cell>
                        <cell>Paléontologie</cell>
                        <cell>Physiologie végétale</cell>
                        <cell>Thérapeutique</cell>
                      </row>
                      <row>
                        <cell>Astronomie</cell>
                        <cell>Chimie</cell>
                        <cell>Géologie</cell>
                        <cell>Physiologie animale</cell>
                        <cell>Diagnostique</cell>
                      </row>
                      <row>
                        <cell>Mécanique</cell>
                        <cell/>
                        <cell>Minéralogie</cell>
                        <cell>Anatomie</cell>
                        <cell/>
                      </row>
                    </table>
                    <p rend="alinea">
                      Première brèche : Kant et Laplace. Deuxième : géologie et paléontologie
                      (Lyell, développement lent). Troisième : chimie organique, qui produit des corps organiques
                      et dégage la validité des lois chimiques pour les corps vivants. Quatrième : 1842
                      [Théorie] mécanique de la chaleur, Grove. Cinquième : Darwin, Lamarck, cellule, etc.
                      (Lutte, Cuvier et Agassiz). Sixième : <emph>l’élément comparatif</emph> en anatomie,
                      climatologie (isothermes), géographie animale et végétale (voyages d’exploration scientifiques
                      depuis le milieu du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle) géographie physique en général (Humboldt),
                      la mise en liaison des matériaux. Morphologie (embryologie, Baer).
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La vieille téléologie s’en est allée au diable, mais maintenant
                      la certitude est bien établie que, dans son cycle éternel, la matière se meut
                      selon des lois qui, à un stade déterminé — tantôt ici, tantôt là — produisent
                      nécessairement dans des êtres organiques l’esprit pensant.
                    </p>
                    <p xml:id="DN195troisquarts" rend="alinea">
                      L’existence normale des animaux est donnée dans
                      les conditions simultanées à leur existence, dans lesquelles ils vivent et auxquelles ils s’adaptent ;
                      celles de l’existence de l’homme, dès qu’il se différencie de l’animal
                      au sens étroit du terme, sont absolument inédites ; elles doivent d’abord être élaborées
                      par le développement historique qui suit. L’homme est le seul animal qui puisse sortir
                      par le travail de l’état purement animal ; son état normal est celui qui correspond
                      à la conscience et qu’<emph>il doit lui-même créer</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Le Baer qu’il associe au mot embryologie s’est opposé à la <ref target="#dialnatIIIDialectique-b-recap">théorie de la récapitulation</ref>,
                  en tout cas à la récapitulation de formes adultes.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="fragFeuer" type="level4_para">
                <head>Fragment retranché du <title>Feuerbach</title></head>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>découverte scientifique, trois grandes —</term></index>❦ découverte scientifique, trois grandes —
                  <index><term>chaleur, équivalent mécanique</term></index>❦ chaleur, équivalent mécanique
                  <index><term>énergie, transformation de l’—</term></index>❦ énergie, transformation de l’—
                  <index><term>énergie, conservation</term></index>❦ énergie, conservation
                  <index><term>cellule, unité du vivant</term></index>❦ cellule, unité du vivant
                  <index><term>Mayer</term></index>❦ Mayer
                  <index><term>Joule</term></index>❦ Joule
                  <index><term>Colding</term></index>❦ Colding
                  <index><term>Schwann</term></index>❦ Schwann
                  <index><term>Schleiden</term></index>❦ Schleiden
                  <index><term>Darwin</term></index>❦ Darwin
                  <index><term>évolution</term></index>❦ évolution
                  <index><term>chimique, pas de distinction entre naturel et —</term></index>
                  <index>
                    <term>naturel, pas de distinction entre — et chimique</term>
                  </index>❦ naturel, pas de distinction entre — et chimique
                  <index><term>organique, synthèse de composés —</term></index>
                  <index><term>synthèse de composés organiques</term></index>
                  <index>
                    <term>chimie organique, synthèse de composés</term>
                  </index>❦ chimie organique, synthèse de composés
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="Dialnat196un3" n="196 ⅓"/>Mais,
                      vers cette même époque, la science de la nature empirique prit un tel essor
                      et obtint des résultats si éclatants que non seulement cela permit de triompher
                      complètement de l’étroitesse mécaniste du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                      mais, grâce à la démonstration qui fut faite des liens existant dans la nature même
                      entre les différents domaines de recherches (mécanique, physique, chimie, biologie, etc.),
                      la science de la nature se transforma elle-même de science empirique en science théorique,
                      et, avec la synthèse des résultats acquis, en un système de connaissance matérialiste
                      de la nature. La mécanique des gaz, la chimie organique nouvellement créée qui dépouilla
                      l’une après l’autre ce qu’on appelait les combinaisons organiques de leur dernier reste
                      de mystère en les produisant à l’aide de matières inorganiques, l’embryologie scientifique
                      qui datait de 1818, la géologie et la paléontologie, l’anatomie comparée des plantes
                      et des animaux, toutes fournirent une matière nouvelle dans des proportions inouïes jusque-là.
                      Mais trois grandes découvertes furent d’une importance décisive.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <pb n="197"/>La première fut la preuve de la transformation de l’énergie
                      découlant de la découverte de l’équivalent mécanique de la chaleur (par Robert Mayer,
                      Joule et Colding). Il est prouvé maintenant que toutes les innombrables causes
                      agissant dans la nature, qui, jusqu’alors, menaient sous la dénomination de forces
                      une existence mystérieuse, inexpliquée — la force mécanique, la chaleur, le rayonnement
                      (lumière et chaleur rayonnante), l’électricité, le magnétisme, la force chimique
                      de combinaison et de décomposition — sont des formes, des modes d’existence particuliers
                      d’une seule et même énergie, c’est-à-dire du mouvement ; non seulement nous pouvons
                      prouver que leur transformation, leur passage d’une forme à l’autre se produit
                      continuellement dans la nature, mais nous pouvons les réaliser elles-mêmes
                      dans le laboratoire et l’industrie, et cela de telle façon qu’à une quantité donnée
                      d’énergie sous une forme correspond toujours une quantité déterminé donnée d’énergie
                      sous telle ou telle autre forme. Ainsi nous pouvons exprimer l’unité de quantité
                      de chaleur en kilogrammètres, et les unités ou quantités quelconques d’énergie
                      électrique ou chimique à leur tour en unités de quantité de chaleur et inversement ;
                      de même nous pouvons mesurer la quantité d’énergie reçue ou dépensée
                      par un organisme vivant et l’exprimer dans une unité quelconque, par exemple,
                      en unités de quantité de chaleur. L’unité de tout le mouvement dans la nature
                      n’est plus une affirmation philosophique, mais un fait scientifique.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La deuxième découverte — quoique antérieure dans le temps —
                      est celle de la cellule organique par Schwann et Schleiden, de la cellule
                      en tant qu’unité d’où naissent et grandissent par multiplication et différenciation
                      tous les organismes, à l’exception des plus inférieurs. C’est grâce à cette découverte
                      seulement que l’étude des produits organiques vivants de la nature — aussi bien
                      l’anatomie et la physiologie comparées que l’embryologie — a trouvé un terrain solide.
                      On avait dépouillé de leur secret la formation, la croissance et la structure des organismes ;
                      le miracle, jusqu’ici incompréhensible, s’était résolu en un processus s’accomplissant
                      selon une loi essentiellement identique pour tous les organismes pluricellulaires.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Mais il restait encore une lacune essentielle.
                      Si tous les organismes pluricellulaires — plantes, ainsi qu’animaux, y compris l’homme —
                      sont issus chacun d’une seule cellule selon la loi de la division cellulaire,
                      d’où vient alors la diversité infinie de ces organismes ? C’est à cette question
                      qu’a répondu la troisième grande découverte la théorie de l’évolution exposée
                      et fondée pour la première fois par Darwin de façon systématique. Quelles que soient
                      les transformations diverses par lesquelles cette théorie passera encore dans le détail,
                      dans l’ensemble elle résout dès maintenant le problème de manière plus que suffisante.
                      La preuve est établie dans ses grandes lignes de la série évolutive des organismes
                      à partir <pb n="198"/>de quelques organismes simples jusqu’aux organismes de plus en plus variés
                      et de plus en plus compliqués, tels que nous les voyons aujourd’hui sous nos yeux,
                      pour s’élever jusqu’à l’homme ; ce qui permet non seulement l’explication des produits
                      organiques de la nature existant actuellement, mais le fondement de la préhistoire
                      de l’esprit humain, de la recherche des différents stades d’évolution depuis
                      le simple protoplasme sans structure, mais sensible aux excitations, des organismes
                      inférieurs jusqu’au cerveau pensant de l’homme. Or, sans cette préhistoire,
                      l’existence du cerveau pensant de l’homme reste un miracle.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Avec ces trois grandes découvertes, les processus principaux
                      de la nature sont expliqués, ramenés à leur cause naturelle. Une seule chose reste
                      encore à faire ici : expliquer la naissance de la vie à partir de la nature inorganique.
                      Au stade actuel de la science, cela ne signifie pas autre chose que produire
                      des albuminoïdes à l’aide de substances non organiques. La chimie approche
                      de plus en plus de la solution de ce problème. Elle en est encore très loin.
                      Mais, si nous réfléchissons que c’est seulement en 1828 que Wœhler a obtenu
                      le premier corps organique, l’urée, avec des matériaux inorganiques
                      et que l’on prépare maintenant des combinaisons organiques innombrables
                      de façon artificielle, sans aucune substance organique, nous n’allons pas donner
                      à la chimie l’ordre de faire « halte » devant l’albumine. Jusqu’à présent,
                      elle peut produire toute substance organique dont elle connaît exactement la composition.
                      Dès que sera connue la composition des corps albuminoïdes, elle pourra procéder
                      à la production de l’albumine vivante. Mais ce serait exiger un miracle
                      qu’elle dût du jour au lendemain produire ce que la nature elle-même ne réussit
                      à réaliser que dans des circonstances très favorables, sur quelques corps célestes
                      au bout de millions d’années.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p xml:id="DialNat-adjonction" rend="alinea"><label rend="invisible">Dialectique de la nature, Fragment retranché du Feuerbach</label>
                  <index><term>matérialisme, nature sans adjonction étrangère</term></index>
                  <index><term>adjonction étrangère, matérialisme, nature sans —</term></index>
                  Le matérialisme exclut l’ « adjonction étrangère », la prise en compte d’un « autre monde ».
                </p>
                <cit>
                  <quote xml:id="DNp198quatrecinquiemes">
                    <p rend="alinea">
                      Il est vrai que la conception matérialiste de la nature ne signifie rien d’autre
                      qu’une simple intelligence de la nature telle qu’elle se présente, sans adjonction étrangère […]
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="dialnat20.html#p198quatrecinquiemes">P. 198.</ref></bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">Denis Collin (« La dialectique de la nature contre le matérialisme » ?)
                fait remarquer qu’après avoir dit ça, Engels introduit une conception de la dialectique
                (les « lois » hégéliennes) qui peut présenter le caractère d’une « adjonction étrangère ».</p>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <p rend="alinea">
                  Les savants n’aiment pas les « adjonctions étrangères » :
                  mêmes croyants, ils font à Dieu aussi peu de place que possible.
                </p>
                <cit>
                  <floatingText>
                    <body>
                      <quote xml:id="DNp200haut">
                        <p rend="alinea">
                        Dieu n’est nulle part plus maltraité que par les savants qui croient en lui.
                        Les matérialistes expliquent simplement l’état des choses sans recourir à ce genre de phraséologie ;
                        ils ne le font que lorsque des croyants importuns veulent leur imposer Dieu,
                        et alors ils répondent brièvement, soit comme Laplace : « Sire, je n’avais, etc.<note xml:id="DNp200haut-notstar" place="bottom" n="*">
                          « Sire, je n’avais pas besoin de cette hypothèse. »
                          Réponse de Laplace à Napoléon qui lui demandait
                          pourquoi il n’avait pas mentionné Dieu dans sa mécanique céleste. (N.R.)
                        </note> »,
                        soit plus vertement, à la manière des commerçants hollandais qui habituellement
                        mettent à la porte les commis voyageurs allemands essayant de leur imposer leur camelote,
                        avec ces mots : « <foreign xml:lang="nl-NL">ik kan die zaken niet gebruiken</foreign><note xml:id="DNp200haut-notstarstar" place="bottom" n="**">
                          Je ne peux rien faire avec ça. (En néerlandais dans le texte.)
                        </note> »
                        et l’affaire est liquidée. Mais qu’est-ce que Dieu n’a
                        pas dû supporter de la part de ses défenseurs ! Dans l’histoire des sciences modernes
                        de la nature, Dieu est traité par eux comme Frédéric-Guillaume III par ses généraux
                        et ses fonctionnaires dans la campagne d’Iéna. Un corps d’armée dépose les armes
                        après l’autre, une forteresse capitule après l’autre devant l’assaut de la science,
                        jusqu’à ce qu’elle ait finalement conquis tout le domaine infini de la nature et
                        qu’il ne reste plus place en elle pour le créateur. Newton lui laissait encore
                        « l’impulsion première », mais ne souffrait aucune autre intrusion dans son système
                        solaire. Le père Secchi lui rend certes tous les honneurs canoniques, mais ne l’en
                        éconduit pas moins de façon catégorique de son système solaire, et ne lui permet plus
                        guère un acte de création qu’en ce qui concerne la nébuleuse primitive.</p>
                      </quote>
                    </body>
                  </floatingText>
                  <bibl><ref target="dialnat20.html#p200haut">P. 200.</ref></bibl>
                </cit>
              </div> <!-- fin Feuerbach -->
            </div> <!-- hist sci -->

            <div xml:id="dialnatIIIsciNatPhil" type="level3_chap" n="21">
              <head>[Science de la nature et philosophie]</head>
              <bibl>P. 203 et suivantes. <ptr target="dialnat21.html"/></bibl>
              <p rend="alinea">À propos de la dialectique comme reflet :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <bibl><ref target="dialnat21.html#p204">P. 204.</ref> ¼</bibl>.
                    Chez Hegel lui-même, cela est mystique, puisque les catégories apparaissent
                    chez lui comme préexistantes et la dialectique du monde réel comme leur pur reflet.
                    En réalité, c’est l’inverse : la dialectique dans la tête
                    n’est que le reflet des formes du mouvement du monde réel,
                    tant de la nature que de l’histoire.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>mathématiques supérieures</term></index>❦ mathématiques supérieures
                <index><term>mathématiques élémentaires</term></index>❦ mathématiques élémentaires
                <index><term>mathématiques, nécessitent la dialectique</term></index>❦ mathématiques, nécessitent la dialectique
                <index><term>dialectique, indispensable en mathématiques</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
              Le philosophe dialectique « bouleverse la science » (et affiche son incompréhension des mathématiques) :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <bibl><ref target="dialnat21.html#p204">P. 204.</ref> ⅓</bibl>.
                    Jusqu’à la fin du siècle dernier et même jusqu’en 1830,
                    les savants s’en tiraient à peu près à l’aide de la vieille métaphysique,
                    puisque la science effective n’allait pas au-delà de la mécanique (terrestre et cosmique).
                    Cependant les mathématiques supérieures apportaient déjà une certaine confusion
                    en considérant la vérité éternelle des mathématiques élémentaires comme un point de vue dépassé,
                    en affirmant souvent le contraire et en posant des principes qui sont,
                    aux yeux des mathématiques élémentaires, pure absurdité.
                    Ici, les catégories figées qui fondaient les mathématiques étaient arrivées sur un terrain
                    où même des relations aussi simples que celles de la pure quantité abstraite, le mauvais infini,
                    prenaient un aspect parfaitement dialectique et obligeaient les mathématiciens,
                    spontanément et contre leur gré, à devenir dialecticiens.
                    Rien de plus comique que les faux-fuyants, les mauvais subterfuges et les expédients des mathématiciens
                    pour résoudre cette contradiction, réconcilier les mathématiques supérieures et élémentaires,
                    s’expliquer que ce qui se livrait à eux comme un résultat indéniable n’était pas pure stupidité
                    — et, en général, pour expliquer rationnellement
                    le point de départ, la méthode et les résultats des mathématiques de l’infini.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Le bras m’en tombent. !
                Depuis la Grèce antique, les mathématiciens ont fait des prodiges, à la gloire de l’intelligence humaine.
                Ce n’était pas facile et il a parfois fallu tâtonner.
                Ce qui est comique, ce ne sont pas les difficultés et les exploits géniaux des mathématiciens,
                c’est la prétention d’Engels lorsqu’il juge cela « comique ».
                (Il faut se rappeler constamment que ceci n’est pas un texte destiné à la publication.
                Moi aussi je peux écrire dans des notes personnelles des sottises que je corrigerais si j’avais à les publier.
                Le problème, c’est ceux qui considèrent les sottises privées d’Engels comme vérité d’Évangile.)
                Ce qu’il en dit montre seulement que lui-même n’y comprend rien
                et la dialectique ne vient rien y faire d’intéressant pour les mathématiciens, même « contre leur gré ».
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <bibl><ref target="dialnat21.html#p205">P. 205</ref> ¼</bibl>.
                    La dialectique dépouillée du mysticisme devient une nécessité absolue pour la science de la nature,
                    qui a quitté le domaine où suffisaient les catégories fixes,
                    représentant pour ainsi dire les mathématiques élémentaires de la logique,
                    son emploi pour les besoins domestiques.
                    La philosophie exerce une vengeance posthume sur la science de la nature coupable de l’avoir abandonnée.
                    Et cependant les savants auraient pu voir déjà,
                    d’après l’exemple des succès de la philosophie dans la science de la nature,
                    que, dans toute cette philosophie, il y avait quelque chose qui les battait sur leur propre terrain.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Quels succès de la philosophie dans les sciences de la nature ?
                Comment la philosophie peut elle battre les scientifiques « sur leur propre terrain » ?
                C’est n’avoir aucune idée des relations entre science et philosophie.
                C’est d’une prétention tellement naïve qu’elle fait pitié.
                Engels se prend pour un génie par procuration lorsque son ignorance
                lui fait croire que son héros Hegel l’emporte sur les savants.
                (Si moi je me rengorge de fierté lorsque Kim Clijsters gagne un match,
                je suis un chauvin ridicule, mais au moins c’est un fait que Clijsters a gagné.
                Engels est doublement ridicule quand il se rengorge des succès de Hegel
                parce qu’en plus les victoires de son champion sont inexistantes.)
              </p>
              <p rend="alinea">
                Les savants font rarement de la bonne science grâce à la philosophie.
                Steven Weinberg a écrit sur la philosophie « Against Philosophy », chapitre 7 de
                <title><ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=401">Dreams of a Final Theory : Search for the Ultimate Laws of Nature</ref></title>,
                Hutchinson Radius, Londres, 1993, ISBN : 0-09-177395-4.
                Il n’est en fait pas du tout contre la philosophie, mais il montre que la philosophie peut paralyser les savants :
                voir p. 141-142 sa discussion de la découverte de l’électron par Thomson et pas par Kaufmann.
              </p>
              <p rend="invisible">
                <index> <term>philosophie spontanée des savants</term> </index>
                <index><term>savant, philosophie spontanée des —</term></index>
                <index><term>fin de la philosophie</term></index>
                <index><term>philosophie, fin de la —</term></index>
                <index><term>théorie de la pensée</term></index>
                <index><term>pensée, théorie de la —</term></index>
              </p>
              <p xml:id="DNphilospontex" rend="alinea">
                Sur la « philosophie spontanée des savants » :
              </p>
              <p rend="alinea">
                Engels n’est pas inintéressant — bien que toujours excessif et suffisant —
                sur la « philosophie spontanée des savants »,
                pour reprendre (si je peux me permettre cet anachronisme) <ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=495">l’expression d’Althusser</ref>.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><note place="margin">
                    <bibl>P. 211 ⅛</bibl></note>
                    Les savants croient se libérer de la philosophie en l’ignorant ou en la vitupérant.
                    Mais, comme, sans pensée, ils ne progressent pas d’un pas et que,
                    pour penser, ils ont besoin de catégories logiques,
                    comme, d’autre part, ils prennent ces catégories, sans en faire la critique,
                    soit dans la conscience commune des gens soi-disant cultivés,
                    conscience qui est dominée par des restes de philosophies depuis longtemps périmées,
                    soit dans les bribes de philosophie recueillies dans les cours obligatoires de l’université
                    (ce qui représente non seulement des vues fragmentaires, mais aussi un pêle-mêle
                    des opinions de gens appartenant aux écoles les plus diverses et la plupart du temps les plus mauvaises),
                    soit encore dans la lecture désordonnée et sans critique de productions philosophiques de toute espèce,
                    ils n’en sont pas moins sous le joug de la philosophie,
                    et la plupart du temps, hélas, de la plus mauvaise.
                    Ceux qui vitupèrent le plus la philosophie sont précisément esclaves
                    des pires restes vulgarisés des pires doctrines philosophiques.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <cit>
                <quote xml:id="DNpage211deuxtiers">
                  <p rend="alinea">
                    <note place="margin"><bibl>P. 211 ⅔</bibl></note>
                    Les savants ont beau faire, ils sont dominés par la philosophie.
                    La question est seulement de savoir s’ils veulent être dominés par quelque mauvaise philosophie à la mode,
                    ou s’ils veulent se laisser guider par une forme de pensée théorique
                    qui repose sur la connaissance de l’histoire de la pensée et de ses acquisitions.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    <note place="margin">(*) Attribué à Newton.</note>
                    Physique, garde-toi de la métaphysique ! (*) c’est tout à fait juste, mais dans un autre sens.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Les savants gardent à la philosophie un reste de vie factice en tirant parti des déchets de l’ancienne métaphysique.
                    Ce n’est que lorsque la science de la nature et de l’histoire aura assimilé la dialectique
                    que tout le bric-à-brac philosophique — à l’exception de la pure théorie de la pensée —
                    deviendra superflu et se perdra dans la science positive.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Dans le deuxième passage, au delà de la « philosophie spontanée des savants »,
                il aborde la question de la fin de la philosophie, qu’il rejette sans pouvoir s’en défaire.
                La philosophie disparaît dans la mesure où elle « se perdra dans la science positive »,
                mais elle revient, cachée par un passe-partout purement verbal,
                sous le déguisement de « pensée théorique » et, pire, de « pure théorie de la pensée ».
              </p>
              <p rend="alinea">
                Comparer à <ref target="#Fe1finphilo">un passage du Feuerbach</ref>
                où, sans parler de « pure théorie de la pensée »,
                la dialectique offrirait une synthèse générale des résultats des sciences positives.
              </p>
            </div> <!-- level3 -->

            <div xml:id="dialnatIIIDialectique">
              <head>[ Dialectique ]</head>
              <div xml:id="dialnatIIIDialectique-a">
                <head>
                [a) Questions générales de la dialectique
                <lb/>Lois fondamentales de la dialectique]
                </head>
                <bibl>P. 213 et suivantes, <ptr target="dialnat22a.html"/>.</bibl>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>dialectique, de la nature</term></index>❦ dialectique, de la nature
                  <index><term>dialectique des idées, comme reflet du mouvement dialectique du monde réel</term></index>
                  <index><term>pensée dialectique, comme reflet du mouvement dialectique du monde réel</term></index>
                  <index><term>contradiction</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                    La dialectique dite <emph>objective</emph> règne dans toute la nature, et la
                    dialectique dite subjective, la pensée dialectique, ne fait que refléter le règne,
                    dans la nature entière, du mouvement par opposition des contraires qui,
                    par leur conflit constant et leur conversion finale l’un en l’autre
                    ou en des formes supérieures, conditionnent précisément la vie de la nature.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 213.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea"><note place="margin">[*] Il faudrait examiner l’allemand.</note>
                Faut-il interpréter « règne [*] dans toute la nature » au sens fort
                (elle règne, souverainement, comme moteur du monde) ou au sens faible (elle a lieu partout) ?
                La suite est compatible avec le sens faible : dans « le règne [*], dans la nature entière,
                du mouvement par opposition des contraires », le singulier « du mouvement » ne serait pas
                <emph>la</emph> contradiction dialectique, in abstracto, comme moteur du monde,
                mais la pluralité des contradictions concrètes qui sont, à leur niveau,
                le moteur de tous les divers mouvements. Cela correspondrait à l’insistance de Mao Tsé-toung
                sur le caractère spécifique de la contradiction. Au sens faible, la thèse a un sens,
                même si elle est, à mon avis, fausse. (J’en discute, entre autres, en commentant le
                <ref target="#ADchap12">chapitre 12 de l’<title>Anti-Dühring</title></ref>.)</p>
                <!-- <p rend="tm3"><note place="margin">P. 219.</note>Contingence et nécessité.</p>
                <p rend="tm3">Hegel. Logique I.</p> -->
              </div>

              <div xml:id="dialnatIIIDialectique-b">
                <head>
                  [b) Logique dialectique et théorie de la connaissance
                  <lb/>À propos des « limites de la connaissance »]
                </head>
                <bibl>P. 223 et suivantes, <ptr target="dialnat22b.html"/>.</bibl>
                <div xml:id="classJugements">
                  <head>De la classification des jugements</head>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea" xml:id="dialnatIIIDialectique-b-recap">
                        <index><term>théorie de la récapitulation, en embryologie</term></index>
                        <index><term>théorie de la récapitulation, dans la pensée</term></index>
                        <index><term>embryologie, théorie de la récapitulation</term></index>
                        <index><term>récapitulation, en embryologie</term></index>
                        <index><term>récapitulation, dans la pensée</term></index>
                        Le développement de n’importe quel concept ou rapport de concepts (positif et
                        négatif, cause et effet, substance et accident) dans l’histoire de la pensée
                        est à son développement dans la tête du dialecticien pris individuellement,
                        comme le développement d’un organisme dans la paléontologie est à son
                        développement dans l’embryologie (on pourrait dire dans l’histoire et dans
                        l’embryon isolé). Qu’il en soit ainsi, Hegel l’a découvert le premier en ce
                        qui concerne les concepts. Dans le développement historique, la contingence
                        joue son rôle qui, dans la pensée dialectique comme dans le développement de
                        l’embryon, <emph>se résume en nécessité</emph>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>P. 224.</bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">
                    Au tournant des 18<hi rend="ordinal">e</hi> et 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècles
                    On a cru que certains embryons passaient par des stades rappelant des embryons
                    d’espèces « inférieures ». (Inférieures dans une hiérarchisation prédarwinienne
                    du vivant.) Plus tard on a même prétendu y voir le rappel de formes adultes
                    inférieures. C’est ce qu’on a appelé la théorie de la récapitulation, qui n’a
                    été vraiment réfutée qu’au 20<hi rend="ordinal">e</hi> siècle. Il est donc
                    normal qu’Engels considère ça comme scientifique. Tirer de là, quand bien même
                    la théorie de la récapitulation aurait été plus sérieuse, que le développement
                    d’un concept (ou d’un rapport) dans le cerveau d’un penseur rappelle le
                    développement historique de ce concept (ou de ce rapport), c’est une conclusion
                    analogique invalide. Hegel ne peut avoir « découvert » ce qui n’est pas, ce qui
                    n’est pas plus dans la pensée que dans la biologie.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Cela me paraît témoigner d’une confusion entre science, logique et philosophie.
                    Depuis, un certain nombre de courageux ont écrit sur la « logique dialectique »,
                    mais je ne pense pas que personne ait jamais pu expliquer ce que ça peut vouloir
                    dire. Ces auteurs ont sans doute eu de bonne foi l’impression d’y entrevoir quelque
                    chose. Les écrits sur la « logique dialectique » me donnent toujours l’impression
                    de discours incantatoires, exégèse d’écrits antérieurs pris comme argent comptant.
                  </p>

                  <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index><term>induction</term></index>❦ induction
                    <index><term>abstraction</term></index>❦ abstraction
                    <index><term>travail, comme moyen de preuve</term></index>
                    <index><term>pratique, comme moyen de preuve</term></index>
                    <index><term>preuve, par le travail</term></index>
                    <index><term>preuve, par la pratique</term></index>❦ preuve, par la pratique
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat231un2" n="231 ½"/>
                        <emph>Induction et analyse</emph>. Combien est peu fondée la prétention de l’induction
                        d’être la forme unique ou du moins prédominante de la découverte scientifique,
                        la thermodynamique en donne un exemple frappant. La machine à vapeur a donné la preuve
                        la plus péremptoire que l’on peut mettre en jeu de la chaleur et obtenir du mouvement
                        mécanique. 100 000 machines à vapeur ne l’ont pas mieux démontré qu’<emph>une seule</emph> ;
                        elles ont seulement contraint de plus en plus les physiciens à l’expliquer.
                        Sadi Carnot a été le premier à s’en occuper sérieusement ; mais non par induction.
                        Il étudia la machine à vapeur, l’analysa, trouva qu’en elle le processus fondamental
                        n’apparaît pas <emph>à l’état pur</emph>, mais qu’il est masqué par toutes sortes
                        de processus secondaires ; il élimina ces circonstances accessoires, indifférentes
                        pour le processus principal, et construisit une machine à vapeur (ou machine à gaz)
                        idéale, qui, à vrai dire, est tout aussi peu réalisable que, par exemple,
                        une ligne ou une surface géométriques, mais qui, à sa manière, remplit le même office
                        que ces abstractions mathématiques : elle représente le processus considéré à l’état pur,
                        indépendant, non altéré. Et il tomba le nez sur l’équivalent mécanique de la chaleur
                        (voir le sens de sa fonction C), qu’il ne pouvait découvrir ni voir,
                        pour la seule raison qu’il croyait à la <emph>substance</emph> calorique.
                        Voilà aussi la preuve de la nocivité de théories fausses.
                      </p>
                      <p rend="centralign"><pb xml:id="Dialnat232" n="232"/>⁂</p>
                      <p rend="alinea">L’observation empirique à elle toute seule ne pourra jamais
                      prouver de façon suffisante la nécessité. <foreign xml:lang="latin">Post hoc</foreign>,
                      mais non <foreign xml:lang="latin">propter hoc</foreign> (<title>Encyclopédie</title>,
                      I, p. 84). Cela est si vrai que, du lever constant du soleil le matin,
                      il ne s’ensuit pas qu’il se lèvera aussi demain, et, en fait, nous savons maintenant
                      qu’un moment viendra où un matin le soleil ne se lèvera pas. Mais la preuve
                      de la nécessité est dans l’activité humaine, dans l’expérience, dans le travail :
                      si je peux <emph>produire</emph> le <foreign xml:lang="latin">post hoc</foreign>,
                      il devient identique au <foreign xml:lang="latin">propter hoc</foreign>.</p>
                    </quote>
                  </cit>

                  <p rend="invisible">Mots-clefs :
                    <index>
                      <term>activité de l’homme, influence sur la pensée</term>
                    </index>❦ activité de l’homme, influence sur la pensée
                    <index><term>pratique, influence sur la pensée</term></index>
                    <index><term>transformation de la nature par l’homme</term></index>❦ transformation de la nature par l’homme
                    <index><term>nature, transformée par l’homme</term></index>
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Dialnat233un3" n="233 ⅓"/>Jusqu’ici la science de la nature,
                      et de même la philosophie, ont absolument négligé l’influence de l’activité de l’homme sur sa pensée.
                      Elles ne connaissent d’un côté que la nature, de l’autre que la pensée. Or, c’est précisément
                      <emph>la transformation de la nature par l’homme</emph>, et non la nature seule en tant que telle,
                      qui est le fondement le plus essentiel et le plus direct de la pensée humaine,
                      et l’intelligence de l’homme a grandi dans la mesure où il a appris à transformer la nature.
                      C’est pourquoi, en soutenant que c’est exclusivement la nature qui agit sur l’homme,
                      que ce sont exclusivement les conditions naturelles qui partout conditionnent son développement
                      historique, la conception naturaliste de l’histoire — telle qu’elle se manifeste plus ou moins
                      chez Draper et d’autres savants — est unilatérale et elle oublie que l’homme aussi réagit sur la nature,
                      la transforme, se crée des conditions nouvelles d’existence. De la « nature » de l’Allemagne
                      à l’époque où les Germains s’y établirent, il reste diablement peu de chose. La surface du sol,
                      le climat, la végétation, la faune, les hommes eux-mêmes ont infiniment changé, et tout cela
                      du fait de l’activité humaine, tandis que les transformations qui dans ce temps se sont produites
                      dans la nature de l’Allemagne sans que l’homme y mette la main sont insignifiantes.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </div>
                <!-- <p rend="tm3">Sur l’incapacité de Nægeli de connaître l’infini.</p>
                <p rend="tm3">…</p> -->
              </div>
            </div>
            <div xml:id="dialnatIIIformesmouv" type="level3_chap">
              <head>[ Les formes du mouvement de la matière. Classification des sciences ]</head>
              <bibl>P. 247 et suivantes, <ptr target="dialnat23.html"/></bibl>
              <div xml:id="dialnatIIIconceptmecaniste" type="level4">
                <head>Sur la conception mécaniste de la nature</head>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">259-260</note>
                    N.-B. — La matière, comme telle, est pure création de la pensée et pure abstraction.
                    Nous faisons abstraction des différences qualitatives des choses en les embrassant
                    en tant qu’existant corporellement sous le concept de matière. La matière comme telle,
                    à la différence des matières déterminées existantes, n’a donc pas d’existence sensible.
                    Quand la science de la nature entreprend de dépister la matière une en tant que telle,
                    de réduire les différences qualitatives à des différences purement quantitatives
                    dans la combinaison de particules infimes identiques, elle fait la même chose que si,
                    au lieu de cerises, de poires, de pommes, elle voulait voir le fruit en tant que tel,
                    ou, au lieu de chats, de chiens, de moutons, etc., le mammifère en tant que tel,
                    de même le gaz en tant que tel, le métal en tant que tel, la pierre en tant que telle,
                    la combinaison chimique en tant que telle, le mouvement en tant que tel.
                    La théorie de Darwin exige ce mammifère primitif, le Promammale (Haeckel),
                    mais elle est forcée en même temps d’admettre que si, en germe, il contenait en soi
                    tous les mammifères futurs et actuels, il était en réalité inférieur à tous
                    les mammifères actuels et d’une malfaçon primitive, donc plus périssable qu’eux tous.
                    Comme Hegel (<title>Encyclopédie</title>, I, 199) l’a déjà démontré,
                    cette conception, dans laquelle la matière est considérée comme déterminable
                    seulement par voie quantitative, mais identique qualitativement à l’origine,
                    est donc « un point de vue étroit de mathématicien » ; elle n’est « que le point de vue du »
                    matérialisme français du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle. C’est même une régression
                    à Pythagore, qui concevait déjà le nombre, la détermination quantitative,
                    comme l’essence des choses.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">Il n’y a pas de doute (et c’est l’idée que reprend Lénine dans
                <title>Matérialisme et empiriocriticisme</title>) qu’il y a un concept philosophique
                de matière, abstraction qui couvre tout ce qui est, depuis les champs (qui à nos yeux
                d’aujourd’hui semblent le niveau fondamental, l’énergie, la masse, la vie, la société…).
                Mais il y a aussi une conception physique de la matière, atomistique, donc je ne vois
                pas en quoi elle serait méprisable.</p>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="dialnatIIImath" type="level3_chap">
              <head>Mathématiques</head>
              <bibl>P. 263 et suivantes, <ptr target="dialnat24.html"/></bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>mathématique : science des grandeurs</term></index>❦ mathématique : science des grandeurs
                <index>
                  <term>axiome, détermination omise de la définition</term>
                </index>❦ axiome, détermination omise de la définition
                <index><term>axiome, démontrable dialectiquement</term></index>❦ axiome, démontrable dialectiquement
                <index><term>axiome, acquis par hérédité</term></index>❦ axiome, acquis par hérédité
                <index><term>hérédité, axiomes acquis par —</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote xml:id="DNp263haut">
                  <p rend="alinea">Les rares déterminations de la pensée dont les mathématiques aient
                  besoin comme points de départ sont ce qu’on appelle les axiomes mathématiques. Les
                  mathématiques sont la science des grandeurs ; elles partent du concept de grandeur.
                  Elles en donnent une définition boiteuse et y ajoutent ensuite de l’extérieur, sous
                  forme d’axiomes, les autres déterminations élémentaires de la grandeur qui ne sont
                  pas contenues dans la définition, ce qui fait apparaître les axiomes comme non
                  démontrés et, naturellement aussi, non démontrables <emph>mathématiquement</emph>.
                  L’analyse de la grandeur ferait apparaître toutes ces déterminations axiomatiques
                  comme des déterminations nécessaires de la grandeur. Spencer à raison dans ce sens
                  que <emph>l’évidence</emph>, manifeste pour nous, de ces axiomes est <emph>acquise
                  par hérédité</emph>. Ils sont démontrables dialectiquement dans la mesure où
                  ils ne sont pas de pures tautologies.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                La définition complète de « grandeur » (unique objet, selon Engels,
                de la science mathématique) devrait comporter un certain nombre de déterminations.
                Les mathématiciens, beaucoup plus bêtes que lui (ou bien serait-ce qu’ils veulent garder
                des atouts dans leur manche ?), ont la mauvaise idée de n’en donner qu’une partie,
                et en sont donc réduits à amener après coup comme axiomes les déterminations dont leur
                définition manque. Comme les axiomes sont en réalité des déterminations oubliées de la
                définition, ils ne peuvent être mathématiquement démontrés. Cependant, ils pourraient
                l’être « dialectiquement ». Engels ne semble pas très bien comprendre le statut des
                axiomes en mathématiques, ni des définitions d’ailleurs. Par ailleurs, on se demande ce
                que peut être une « démonstration dialectique ».</p>
                <p rend="alinea">Quant à l’évidence des axiomes, je serais tenté de croire qu’elle est
                acquise par la pratique, plutôt que par hérédité, et transmise par la culture.
                S’agissant de Spencer, il ne s’agit pas d’héritage culturel, mais d’hérédité biologique.
                Ce qu’Engels affirme ici en approuvant Spencer, c’est la transmission
                par hérédité biologique de caractères culturels acquis par la pratique !
                Il faudrait voir ce que Spencer aurait dit d’idées héréditaires. C’est peut-être lié
                à la <ref target="#dialnatIIIDialectique-b-recap">récapitulation</ref>.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Cela fait penser un peu à certaines dérives de Freud, entre autres à propos du « meurtre du père ».
              </p>

              <div xml:id="DNprototypeInfini">
                <head>Sur les prototypes de l’infini mathématique dans le monde réel</head>
                <bibl>P. 272 et suivantes.</bibl>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>pensée théorique</term></index>❦ pensée théorique
                  <index>
                    <term>dialectique, comme lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term>
                  </index>
                  <index>
                    <term>loi générale du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term>
                  </index>❦ loi générale du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée
                  <index>
                    <term>identité des lois de la nature et de la société, et de la pensée</term>
                  </index>❦ identité des lois de la nature et de la société, et de la pensée
                </p>
                <cit>
                  <quote xml:id="DNp272undemi">
                    <p rend="alinea"><note place="margin">(*) De
                    l’<title>Anti-Dühring</title>, pagination des Éditions
                    sociales.</note><pb xml:id="DN272un2" n="272 ½"/><hi rend="italique">Á propos des pages 67-69 (*) :
                    Accord de la pensée et de l’être. L’infini en mathématiques.</hi></p>
                    <p rend="alinea">Le fait que notre pensée subjective et le monde objectif sont
                    soumis aux mêmes lois et que, par suite, tous deux, dans leurs résultats, ne peuvent
                    pas en fin de compte se contredire, mais doivent forcément s’accorder, domine
                    absolument notre pensée théorique dans sa totalité. Il est sa condition inconsciente
                    et inconditionnelle. En raison de son caractère essentiellement métaphysique, le
                    matérialisme du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle n’a étudié cette condition que
                    dans son contenu. <note place="margin">(*) Il n’y a rien dans l’entendement qui
                    n’ait été dans les sens.</note>Il s’est borné à démontrer que le contenu de toute
                    pensée et savoir doit procéder de l’expérience sensible et il a rétabli le principe :
                    <emph>nihil est in intellectu, quod non fuerit in sensu</emph> (*). <pb n="273"/>C’est
                    seulement la philosophie moderne idéaliste, mais en même temps dialectique, et surtout Hegel,
                    qui l’a étudié également dans sa forme. Malgré les constructions et les fantaisies
                    arbitraires sans nombre que nous rencontrons ici ; malgré la forme idéaliste, mise
                    sur la tête, que prend le résultat de cette philosophie : l’unité de la pensée et de
                    l’être, il est indéniable qu’elle a démontré, dans une foule de cas et dans les
                    domaines les plus divers, l’analogie des processus de la pensée avec les processus de
                    la nature et de l’histoire et inversement, et la validité de lois identiques pour
                    tous ces processus. D’autre part, la science moderne de la nature a élargi le
                    principe de l’origine empirique de tout contenu de pensée d’une manière qui jette
                    par-dessus bord la vieille étroitesse et la vieille formulation métaphysiques de ce
                    principe. En reconnaissant l’hérédité des qualités acquises, la science élargit le
                    sujet de l’expérience de l’individu au genre ; ce n’est plus nécessairement
                    l’individu singulier qui doit avoir fait l’expérience, son expérience singulière
                    peut, dans une certaine mesure, être remplacée par les résultats des expériences
                    d’une série de ses ancêtres. Si chez nous, par exemple, les axiomes mathématiques
                    paraissent à tout enfant de huit ans être évidents et faire l’économie de la preuve
                    expérimentale, c’est là uniquement le résultat de l’ « hérédité accumulée ». Ils
                    seraient difficiles à faire admettre par démonstration à un Boschiman ou à un Nègre
                    australien.</p>
                    <p xml:id="DNp273undemi" rend="alinea">Dans le présent ouvrage
                    [l’<title>Anti-Dühring</title>], la dialectique a été conçue comme la science des lois
                    les plus universelles de <emph>tout</emph> mouvement. Cela inclut que ses lois doivent
                    être valables aussi bien pour le mouvement dans la nature et dans l’histoire humaine
                    que pour le mouvement de la pensée. Une telle loi peut être reconnue dans deux de ces
                    trois sphères et même dans toutes trois, sans que ce routinier de métaphysicien se
                    rende compte que c’est une seule et même loi qu’il a reconnue.</p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">L’identité des lois du monde et de celles de la connaissance est
                l’obsession, malheureuse, d’Engels. Il méprise les « routiniers » matérialistes
                du 18<hi rend="ordinal">e</hi>. Il ne réalise pas que c’est lui l’esprit borné et
                métaphysique avec sa conception enfantine, symbolique, mécanique et peu dialectique des
                liens entre le monde et la pensée. Oui notre pensée a des liens étroits avec le monde.
                Oui nous sommes capables de connaître le monde. Mais les liens entre la pensée et le
                monde sont infiniment plus subtils que l’identité des lois et le reflet.</p>
                <p rend="alinea">Nous apprenons, ô miracle, que la philosophie idéaliste « a démontré,
                dans une foule de cas et dans les domaines les plus divers, l’analogie des processus de
                la pensée avec les processus de la nature et de l’histoire ». Jamais « une foule de
                cas » ne constitue une démonstration. Ce n’est pas une grande perte pour l’analogie
                parce qu’il me semble qu’une analogie a plus besoin d’être illustrée que démontrée.
                Mais il ne s’agit pas seulement d’ « analogie des processus », par un coup de baguette
                magique cela devient « la validité de lois identiques ». Il semble que pour Engels, des
                cas, des analogies, une démonstration, la validité de lois, c’est tout un.</p>
                <p rend="alinea">La dialectique est définie ici comme « la science des lois les plus
                universelles de <emph>tout</emph> mouvement ».</p>
                <p rend="alinea">Au fond Engels n’est pas un philosophe (on savait déjà qu’il n’était
                pas un scientifique) mais un avocat. Pour lui rien ne doit encore être établi, tout est
                acquis, il ne reste qu’à en persuader le lecteur qui en douterait en le matraquant avec
                des phrases approximatives et des effets de manche. Quand il soutient une bonne cause,
                on le lit avec plaisir et intérêt. Quand il défend des erreurs, il est pénible et sa
                suffisance est odieuse. On est gêné pour lui.</p>
              </div> <!-- prototypes level4 -->
            </div> <!-- math level3 -->
              <!-- <p rend="tm1"><ref target="dialnat25.html">Mécanique et astronomie</ref></p> -->

              <!-- <p rend="tm1"><ref target="dialnat26.html">Physique</ref></p> -->

              <!-- <p rend="tm1"><ref target="dialnat27.html">Chimie</ref></p> -->
            <div xml:id="dialnatIIIbiol" type="level3_chap" n="28">
              <head>Biologie</head>
              <bibl>P. 303 et suivantes, <ptr target="dialnat28.html"/>.</bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>lamarckisme</term></index>❦ lamarckisme
                <index><term>malthusianisme</term></index>❦ malthusianisme
                <index><term>darwinisme</term></index>❦ darwinisme
                <index><term>Malthus</term></index>❦ Malthus
                <index>
                  <term>lutte pour l’existence, seulement aux stades inférieurs</term>
                </index>❦ lutte pour l’existence, seulement aux stades inférieurs
              </p>
              <p rend="alinea">Un reste de lamarckisme et l’a priori contre tout ce qui pourrait
              ressembler de près ou de loin à du malthusianisme ont d’abord gêné Engels, qui pourtant
              a immédiatement apprécié Darwin et le darwinisme et compris leur importance. Il faudrait
              peut-être tenir compte de la chronologie des fragments retrouvés (ou de son humeur
              du moment, ou de l’influence de lectures en cours). Ici, il semble assez réservé,
              pour ne pas dire plus, tandis qu’au <ref target="#ADchap7">chapitre 7 de la première
              partie de l’<title>Anti-Dühring</title></ref>,
              il fait un exposé magistral du darwinisme et défend Darwin contre l’accusation que
              sa théorie reposerait sur celle de Malthus. Tout ce qui suit est donc surprenant.
              Il faut supposer que ce qui suit est antérieur à ce que nous lisons aujourd’hui dans
              l’<title>Anti-Dühring</title>.</p>
              <cit>
                <quote xml:id="DNbiop315-316">
                  <p rend="alinea"><ref target="dialnat28.html#p315-316"><pb xml:id="DN315un2" n="315 ½"/></ref><emph>Lutte
                  pour l’existence</emph>. Avant tout, il est nécessaire de
                  la limiter strictement aux luttes provoquées par <emph>la surpopulation</emph> dans le
                  monde végétal et animal, luttes qui se produisent effectivement à certains stades
                  dans le règne végétal et aux stades inférieurs dans le règne animal.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il semble avoir très peur de tout glissement possible vers un
              darwinisme social, d’où cet arrêt bizarre « aux stades inférieurs ».</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>évolution, adaptation sans sélection</term></index>❦ évolution, adaptation sans sélection
                <index><term>évolution, facteurs géographiques ou climatiques</term></index>❦ 
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Mais il est nécessaire d’en séparer rigoureusement les conditions
                  dans lesquelles les espèces se transforment — des espèces anciennes s’éteignent et de
                  nouvelles espèces, plus développées, les remplacent — sans la présence de cette
                  surpopulation : par exemple, lors de la migration d’animaux et de plantes dans des
                  contrées nouvelles, où des conditions nouvelles de climat, de sol, etc., provoquent
                  le changement. Si là les individus qui s’adaptent survivent et, grâce à une
                  adaptation sans cesse croissante, se développent pour former une espèce nouvelle,
                  tandis que les autres individus, plus stables, périssent et finalement s’éteignent en
                  même temps que les formes intermédiaires imparfaites, cela peut se produire — et en
                  fait cela se produit — sans <emph>aucun malthusianisme</emph> ; et, si jamais celui-ci
                  devait jouer quelque rôle, il ne change rien au <pb n="316"/>processus, il peut tout au plus
                  l’accélérer. — De même lors du changement progressif des conditions géographiques,
                  climatiques, etc., dans un territoire donné (assèchement de l’Asie centrale par
                  exemple). Il est indifférent que la population animale ou végétale soit à l’étroit ou
                  non ; le processus de développement des organismes par les changements géographiques,
                  climatiques ou autres, se fait dans un cas comme dans l’autre.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il n’y a aucune possibilité que « des conditions nouvelles » par
              elles-mêmes, directement « provoquent le changement ». Le changement ayant eu lieu au
              niveau génétique, les conditions nouvelles peuvent le sanctionner négativement ce qui
              est la sélection naturelle qu’il appelle « surpopulation » et qu’il rejette. Une
              « adaptation sans cesse croissante », en dehors de la sélection naturelle, c’est une
              conception magique. Qu’est-ce que « le processus de développement des organismes par
              les changements géographiques » en dehors de la sélection ?</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>Mitchourine</term></index>❦ Mitchourine
                <index><term>Lyssenko</term></index>❦ Lyssenko
                <index><term>Haeckel</term></index>❦ Haeckel
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">— Il en va de même dans la sélection naturelle, où le
                  malthusianisme ne joue pas non plus le moindre rôle (*).</p>
                  <p rend="alinea">C’est aussi pourquoi « l’adaptation et l’hérédité » de Haeckel
                  peuvent assurer tout le processus d’évolution sans qu’on ait besoin de la sélection
                  ni du malthusianisme.</p>
                  <p rend="alinea">(*) Note de la rédaction : La conception mitchourinienne de
                  l’action modelante du milieu, de l’unité de l’organisme et du milieu, ainsi que les
                  méthodes de culture découvertes par T. D. Lyssenko et basées sur l’absence de
                  concurrence à l’intérieur de l’espèce, sont autant de développements et de
                  confirmations de ces réflexions d’Engels.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">La note des éditeurs du livre montre à quelles dérives le flou des
              conceptions d’Engels peut mener, mais il n’en est évidemment pas responsable.</p>
              <p rend="alinea">Ici, il n’aime pas la sélection et il lui oppose Haeckel. Il en dit trop
              peu. Haeckel est connu comme défenseur du darwinisme.</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>évolution, régression</term></index>❦ évolution, régression
                <index><term>régression, dans l’évolution</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">Il semble vouloir que l’évolution aille vers le progrès
              et déplore des « régressions ».</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="DN316un3" n="316 ⅓"/>C’est précisément la faute de Darwin
                  de mélanger dans sa « sélection naturelle ou survivance des plus aptes »
                  deux choses absolument étrangères :</p>
                  <p rend="alinea">1. La sélection par pression de la surpopulation, où il est
                  possible qu’en premier ce soient les plus forts qui survivent, mais qu’ils se
                  révèlent aussi les faibles à bien des égards.</p>
                  <p rend="alinea">2. La sélection grâce à une faculté d’adaptation plus grande à des
                  conditions transformées, où les survivants sont mieux adaptés à ces
                  <emph>conditions</emph> ; mais ici, dans l’ensemble, cette adaptation peut signifier
                  aussi bien un progrès qu’une régression (par exemple, l’adaptation à la vie
                  parasitaire est <emph>toujours</emph> une régression).</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>Hobbes, guerre de tous contre tous</term></index>❦ Hobbes, guerre de tous contre tous
                <index>
                  <term>lutte pour l’existence, transposition sans preuve des théories de Hobbes et de Malthus</term>
                </index>❦ lutte pour l’existence, transposition sans preuve des théories de Hobbes et de Malthus
              </p>
              <cit>
                <quote xml:id="DNbiop317uncinquieme">
                  <p rend="alinea"><ref target="dialnat28.html#p317uncinquieme"><pb xml:id="DN317un5" n="317 ⅕"/></ref>Toute la théorie darwinienne de la lutte pour l’existence
                  est tout simplement le transfert, de la société à la nature vivante,
                  de la théorie de Hobbes sur la guerre de tous contre tous
                  et de la théorie économique bourgeoise de la concurrence
                  ainsi que de la théorie de la population de Malthus. Une fois réalisé ce
                  tour de force (dont la légitimité absolue, en particulier en ce qui concerne la
                  doctrine de Malthus, reste très problématique), il est très facile de transférer à
                  nouveau ces théories de l’histoire de la nature à celle de la société ; et il est par
                  trop naïf de prétendre avoir prouvé par là que ces affirmations sont des lois
                  naturelles et éternelles de la société.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Cette critique peut se justifier contre certains vulgarisateurs, pas
              contre Darwin ni contre « la théorie darwinienne ». Même si Malthus l’a inspiré, Darwin
              a basé sa théorie sur une étude attentive de la nature, pas sur le transfert de points
              de vue de philosophes ou d’économistes.</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>évolution, nécessaire jusqu’à un genre d’êtres pensants</term>
                </index>❦ évolution, nécessaire jusqu’à un genre d’êtres pensants
                <index><term>nécessité de l’évolution jusqu’à un genre d’êtres pensants</term></index>
                <index><term>être pensant, nécessité de l’évolution</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote xml:id="DNbiop318untiers">
                  <p rend="alinea"><ref target="dialnat28.html#p318untiers">p. <pb xml:id="DN318un3" n="318 ⅓"/></ref>… la théorie de l’évolution, selon laquelle,
                  une fois donnée la vie organique, elle doit se développer
                  à travers le développement des générations jusqu’à un genre d’êtres pensants.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il semble affirmer la nécessité de la pensée, mais il en dit trop peu
              pour qu’on puisse voir si c’est chez lui un préjugé téléologique, ce qu’on appelle
              aujourd’hui « principe anthropique » ou une conclusion scientifique.</p>
              </div> <!-- level3 28 -->
          </div> <!-- fin [Notes et fragments] level2-->
        </div><!-- fin de fichier inclus dialnat.xml -->
        <div xml:id="Feuerbach" type="level1_livre">
        <head>
          Feuerbach (1886, 1888)
        </head>
          <bibl>
            Friedrich Engels,
            <title>Ludwig Feuerbach und der Ausgang der klassischen deutschen Philosophie</title>,
            <lb/>
            d’abord en 1886 dans <title>Die Neue Zeit</title>, vol. 4, n<hi rend="ordinal">os</hi> 4 et 5
            puis en volume en 1888.
            <lb/>
            MEW 21:259-307.
            (En ligne : <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me21/me21_259.htm">www.mlwerke.de/me/me21/me21_259.htm</ref>).
          </bibl>
          <bibl>
            Ludwig Feuerbach and the End of Classical German Philosophy,
            <lb/>
            MECW 26, p. 353-398.
          </bibl>
          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea">
                This is one of the fundamental works of Marxism.
                It reveals the relationship between Marxism and its philosophical predecessors
                as represented by Hegel and Feuerbach, the prominent exponents of German classical philosophy,
                and provides a systematic exposition of the fundamentals of dialectical and historical materialism.
                The work was originally published in <title>Die Neue Zeit</title>,
                the theoretical journal of the German Social-Democratic Party;
                in 1888 it appeared as a pamphlet for which Engels wrote a special preface [MECW 26, p. 519-520].
                The supplement to this edition contained Marx’s <title>Theses on Feuerbach</title>, published for the first time.
                In 1889, the St. Petersburg journal <title>Severny Vestnik</title>, Nos 3 and 4,
                carried a Russian translation of Engels’ work entitled
                <title>The Crisis of the Philosophy of Classical Idealism in Germany</title>.
                The author’s name was not mentioned, and the text contained many additions and digressions.
                It was signed G. L. (the initials of the translator — G. Lvovich).
                In 1890 Engels’ work was translated into Polish.
                In 1892 the Emancipation of Labour group in Geneva published
                the full Russian translation of this work by Georgy Plekhanov;
                the same year it was translated into Bulgarian.
                In 1894 the Paris journal <title>Ère nouvelle</title>, Nos 4 and 5 published
                the French translation by Laura Lafargue edited by the author.
                The second (stereotype) German edition appeared in 1895.
                There were no other editions of this work during Engels’ lifetime.
              </p>
              <p rend="alinea">
                The work was published in English for the first time in 1903 by Kerr Publishers, USA,
                under the title <title>The Roots of Socialist Philosophy</title>.
              </p>
            </quote>
            <bibl>MECW 26, note 233, p. 659.</bibl>
          </cit>

          <bibl>
            <title>Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande</title>,
            <lb/>
            p. 7-65 dans Karl Marx, Friedrich Engels, <title>Études philosophiques</title>,
            Éditions sociales, 1947.
          </bibl>

          <bibl>
            <title>Ludwig Feuerbach et la fin de la philosophie classique allemande</title>,
            <ptr target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221.htm"/>,
            malheureusement sans indication d’origine du texte et de sa traduction<note xml:id="Feuerbach-not1" n="1" place="bottom">
              L’Archive Internet des marxistes propose au téléchargement un fichier de traitement de texte au format RTF.
              Les propriétés du document le disent créé par Friedrich Engels en octobre-novembre 2007.
              Cela ne nous éclaire pas sur l’édition qu’on a choisie pour la digitaliser.
            </note>.
          </bibl>
          <p rend="alinea">
            Aux Éditions sociales comme dans l’Archive Internet des marxistes,
            on a fourni entre crochets un titre descriptif des chapitres,
            seulement notés I… IV chez Engels (et respectés sous cette forme par les MEW et les MECW).
            Je les ai adoptés ici pour se repérer plus facilement dans l’œuvre.
          </p>

          <div xml:id="Feuerbach-0" type="level_2chapitre">
            <head>Avant-propos <seg rend="invisible">[du Feuerbach d’Engels (1886, 1888)]</seg></head>
            <index><term>critique rongeuse des souris</term></index> <index><term>souris, critique rongeuse</term></index>
            <p rend="alinea">
              Engels rappelle ce que Marx <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">avait écrit en 1859</ref> : comment
              ils avaient abandonné l’<ref target="#MEIdeall">Idéologie allemande</ref> « à la critique rongeuse des souris ».
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Feuerbach-I" type="level_2chapitre">
            <head>
              I. [ De Hegel à Feuerbach ]
            </head>
            <bibl>
              <ptr target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221_1.htm"/>
            </bibl>
            <p>
              <index><term>Hegel, rationnel, réel</term></index>
              <index><term>rationnel, pour Hegel, tout ce qui est réel est rationnel</term></index>
              <index><term>réel, pour Hegel, tout ce qui est réel est rationnel</term></index>
            </p>
            <p xml:id="reelRationel" rend="alinea">Pour Hegel, « Tout ce qui est réel est rationnel,
            et tout ce qui est rationnel est réel. » (Plus précisément, Hegel a dit :
            « Ce qui est rationnel est réel ; et ce qui est réel est rationnel »
            dans les <title>Principes de la philosophie du droit</title> en 1820.)
            Mais pour lui, ce qui est rationnel et ce qui ne l’est pas change :</p>
            <cit>
              <floatingText><!-- pour les notes locales * et ** -->
                <body>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><!-- 1947, p. 12 -->
                      Or, la réalité n’est aucunement, d’après Hegel,
                      un attribut qui revient de droit en toutes circonstances et en tout temps
                      à un état de choses social ou politique donné. Tout au contraire.
                      La République romaine était réelle, mais l’Empire romain qui la supplanta ne l’était pas moins.
                      La monarchie française de 1789 était devenue si irréelle, c’est-à-dire si dénuée de toute nécessité,
                      si irrationnelle, qu’elle dut être nécessairement abolie par la grande Révolution
                      dont Hegel parle toujours avec le plus grand enthousiasme.
                      Ici la monarchie était par conséquent l’irréel et la Révolution le réel.
                      Et ainsi, au cours du développement, tout ce qui précédemment était réel devient irréel,
                      perd sa nécessité, son droit à l’existence, son caractère rationnel ;
                      à la réalité mourante se substitue une réalité nouvelle et viable,
                      d’une manière pacifique, si l’ancien état de choses est assez raisonnable pour mourir sans résistance,
                      violente s’il se regimbe contre cette nécessité.
                      Et ainsi la thèse de Hegel se tourne, par le jeu de la dialectique hégélienne elle-même, en son contraire :
                      tout ce qui est réel dans le domaine de l’histoire humaine devient, avec le temps, irrationnel,
                      est donc déjà par destination irrationnel, entaché d’avance d’irrationalité ;
                      et tout ce qui est rationnel dans la tête des hommes est destiné à devenir réel,
                      aussi en contradiction que cela puisse être avec la réalité apparemment existante.
                      La thèse de la rationalité de tout le réel se résout, selon toutes les règles de la dialectique hégélienne,
                      en cette autre : Tout ce qui existe mérite de périr<note xml:id="Feuerbach-I-notestar" n="*" place="bottom">
                        D’après le <title>Faust</title> de Goethe (I. Sc. Studierzimmer, v.)
                      </note>.
                    </p>
                    <p rend="alinea"><!-- 1947, p. 13 -->
                      Mais la véritable signification et le caractère révolutionnaire de la philosophie hégélienne
                      (nous devons nous borner ici, à la considérer en tant que conclusion de tout le mouvement depuis Kant),
                      c’est précisément qu’elle mettait fin une fois pour toutes
                      au caractère définitif de tous les résultats de la pensée et de l’activité humaines.
                      La vérité qu’il s’agissait de reconnaître dans la philosophie
                      n’était plus, chez Hegel, une collection de principes dogmatiques tout faits,
                      qu’il ne reste plus, quand on les a découverts, qu’à apprendre par cœur ;
                      la vérité résidait désormais dans le processus même de la connaissance,
                      dans le long développement historique de la science
                      qui s’élève des degrés inférieurs à des degrés de plus en plus élevés du savoir,
                      sans arriver jamais, par la découverte d’une prétendue vérité absolue, au point où elle ne peut plus avancer
                      et où il ne lui reste plus rien d’autre à faire qu’à demeurer les bras croisés
                      et à contempler bouche bée la vérité absolue à laquelle elle serait parvenue.
                      Et cela dans le domaine de la connaissance philosophique
                      comme dans celui de tous les autres savoirs et de l’activité pratique.
                    </p>
                  </quote>
                </body>
              </floatingText>
            </cit>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p>
              <index><term>idéalisme</term></index>
              <index><term>Idée, chez Hegel</term></index>
              <index><term>Hegel, Idée</term></index>
              <index><term>Hegel, son système, en deux mots</term></index>
            </p>
            <p xml:id="idealsysHegel" rend="alinea">
              La science est une activité étendue dans l’histoire et jamais terminée.
              Cependant, de cette philosophie ouverte Hegel fait un système clos qu’il présente comme l’aboutissement.
              L’idéalisme et le système de Hegel en deux mots :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  […] le point final, l’Idée absolue
                  — qui n’est d’ailleurs absolue que parce qu’il ne sait absolument rien nous en dire —
                  « s’aliène » dans la nature, c’est-à-dire se transforme en elle,
                  et se retrouve plus tard elle-même dans l’esprit, c’est-à-dire dans la pensée et dans l’histoire.
                  Mais, à la fin de toute la philosophie, un tel retour au point de départ n’est possible que par un seul moyen :
                  à savoir, en supposant que la fin de l’histoire consiste
                  en ce que l’humanité parvient à la connaissance de cette Idée absolue précisément
                  et en déclarant que cette connaissance de l’Idée absolue est atteinte dans la philosophie de Hegel.
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Tandis que le matérialisme considère la nature comme la seule réalité,
                  celle-ci n’est dans le système de Hegel que l’ « aliénation » de l’Idée absolue,
                  pour ainsi dire une dégradation de l’idée ;
                  en tout état de cause, la pensée et son produit, l’Idée, est ici l’élément primordial,
                  la nature est l’élément dérivé qui n’existe, somme toute, que grâce à la condescendance de l’Idée.
                </p>
              </quote>
            </cit>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p>
              <index><term>philosophie, fin de la —</term></index> <index><term>fin de la philosophie</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">
              Ici encore, <ref target="#finPhilosophie">comme dans l’<title>Anti-Dühring</title></ref>,
              Engels proclame la fin de la philosophie :
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Fe1finphilo">
                <p rend="alinea">
                  Dès que nous avons compris
                  — et personne, en définitive, ne nous a mieux aidés à le comprendre que Hegel lui-même —
                  que, ainsi posée, la tâche de la philosophie ne signifie pas autre chose
                  que demander à un philosophe particulier de réaliser
                  ce que seule peut faire l’humanité entière dans son développement progressif
                  — dès que nous comprenons cela, c’en est fini également de toute la philosophie,
                  au sens donné jusqu’ici à ce mot. On renonce dès lors à toute « vérité absolue »,
                  impossible à obtenir par cette voie et pour chacun isolément, et, à la place,
                  on se met en quête des vérités relatives accessibles par la voie des sciences positives
                  et de la synthèse de leurs résultats à l’aide de la pensée dialectique.
                  C’est avec Hegel que se termine, d’une façon générale, la philosophie ;
                  en effet, d’une part, dans son système, il en résume de la façon la plus grandiose tout le développement,
                  et, d’autre part, il nous montre, quoique inconsciemment,
                  le chemin qui mène, hors de ce labyrinthe des systèmes, à la véritable connaissance positive du monde.
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              <index><term>dialectique, synthèse des sciences</term></index>
              En même temps, au détour d’une phrase, il donne <emph>une clef de ce que pourrait être le statut de la dialectique</emph> :
              « la voie des sciences positives et de la synthèse de leurs résultats à l’aide de la pensée dialectique ».
              C’est la science qui nous dit comment le monde fonctionne, mais ce sont « des vérités relatives »,
              relatives en opposition de la prétention des philosophes à une « vérité absolue »,
              dans cette opposition à l’absolu, relatives peut-être aussi en tant qu’on a « des sciences positives » au pluriel,
              relatives en tant que la science n’est jamais achevée.
              Cependant, on peut alors de ces sciences positives
              faire « la synthèse de leurs résultats à l’aide de la pensée dialectique ».
              Cela peut être la synthèse des résultats d’une science, mais aussi une synthèse plus générale :
              les soi-disant lois de la dialectique se situent en effet à un niveau de généralité qui couvre l’ensemble des sciences.
              Il fait ainsi rentrer par la fenêtre la philosophie qu’il avait mise à la porte.
              Mais peut-être pour lui la dialectique, devenue matérialiste, qu’on aurait remise sur ses pieds,
              ne serait plus de la philosophie, mais une sorte de science générale fédérant « les sciences positives ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              On retrouve la même idée sous une autre formulation dans la <title>Dialectique de la nature</title>,
              <ref target="#dialnatIIIsciNatPhil">Notes et fragments, Science de la nature et philosophie</ref>
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p>
              <index><term>Feuerbach, son matérialisme, dans l’Essence du christianisme</term></index>
              <index><term>matérialisme, de Feuerbach dans son Essence du christianisme</term></index>
            </p>
            <p xml:id="matFeuerbach" rend="alinea">
              Le résumé par Engels du matérialisme de l’<title>Essence du christianisme</title> de Feuerbach :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  La nature existe indépendamment de toute philosophie ;
                  elle est la base sur laquelle nous autres hommes, nous-mêmes produits de la nature, avons grandi ;
                  en dehors de la nature et des hommes, il n’y a rien,
                  et les êtres supérieurs créés par notre imagination religieuse
                  ne sont que le reflet fantastique de notre être propre.
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p xml:id="Russel-blaspHegel">
              <index><term>Hegel, vu par Russell</term></index>
              <index><term>Russell, sur Hegel</term></index>
              <index><term>Hegel, sauver sa philosophie en la dépassant</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il est, par moments, sur Hegel, qu’il admire beaucoup, aussi sarcastique que Russell<note xml:id="Feuerbach-I-not1" n="1" place="bottom">
                Pour Russell on ne voit pas pourquoi, dans le système de Hegel, l’Univers se développe,
                « unless one were to adopt the blasphemous supposition
                that the Universe was gradually learning Hegel’s philosophy ».
                (<title>History of Western philosophy</title>, p. 706.)
                La parenté d’idée est tellement frappante que je ne peux m’empêcher de me demander si Russell,
                qui a certainement beaucoup lu et qui peut difficilement ne pas avoir lu le <title>Feuerbach</title>,
                ne plagie pas Engels.
              </note>
              trois quarts de siècle après.
              Engels (déjà cité un peu plus haut) : « l’Idée absolue
              — qui n’est d’ailleurs absolue que parce qu’il ne sait absolument rien nous en dire »
              et « cette connaissance de l’Idée absolue est atteinte dans la philosophie de Hegel ».
              Mais ici (et ailleurs), Engels insiste sur la valeur de Hegel :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p xml:id="sauverHegel" rend="alinea">Mais on ne vient pas à bout d’une philosophie en
                se contentant de la déclarer fausse. Et une œuvre aussi puissante que la philosophie
                de Hegel, une œuvre qui a exercé une influence aussi considérable sur le
                développement intellectuel de la nation, on ne pouvait pas s’en débarrasser en
                l’ignorant purement et simplement. Il fallait la « dépasser » au sens où elle
                l’entend, c’est-à-dire en détruire la forme au moyen de la critique, mais en sauvant
                le contenu nouveau qu’elle avait acquis. Nous verrons plus loin comment cela se
                fit.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Feuerbach-II" type="level_2chapitre">
            <head>II. [ Idéalisme et matérialisme ]</head>
            <bibl><ptr target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221_2.htm"/></bibl>
            <p>
              <index><term>matérialisme</term></index>
              <index><term>idéalisme</term></index>
              <index><term>idéalisme, chez les primitifs</term></index>
              <index><term>primitif, idéalisme chez les —</term></index>
              <index><term>créationnisme</term></index>
              <index><term>pensée, rapport à l’être</term></index>
              <index><term>esprit, rapport à la nature</term></index>
              <index><term>connaissance</term></index>
              <index><term>reflet</term></index>
              <index><term>Hume</term></index>
              <index><term>Kant</term></index>
              <index><term>Hegel</term></index>
              <index><term>chose en soi</term></index>
              <index><term>production, comme réfutation de l’inconnaissabilité de la chose en soi de Kant</term></index>
              <index><term>pratique de la production, comme réfutation de l’idéalisme</term></index>
              <index><term>pratique scientifique, comme réfutation de l’idéalisme</term></index>
            </p>
            <cit>
              <floatingText>
                <body>
                  <quote xml:id="questionFondamentale">
                    <p rend="alinea" xml:id="Fe2tempsrecules">
                      La grande question fondamentale de toute
                      philosophie, et spécialement de la philosophie moderne, est celle du rapport de la
                      pensée à l’être. Depuis les temps très reculés où les hommes, encore dans l’ignorance
                      complète de leur propre conformation physique et incités par des apparitions en
                      rêve<note xml:id="Feuerbach-II-notestar" n="*" place="bottom">
                        Aujourd’hui encore règne chez les sauvages et les
                        barbares inférieurs cette conception que les formes humaines qui leur apparaissent
                        dans leurs rêves sont des âmes qui ont quitté pour un temps leur corps. C’est
                        pourquoi l’homme réel est tenu pour responsable des actes que son apparition en rêve
                        a commis à l’égard de ceux qui ont eu ces rêves. C’est ce que constata, par exemple,
                        Im Thurn, en 1884, chez les Indiens de la Guyane. (F. E.) Engels fait sans doute
                        allusion au livre de Everard Ferdinand Im Thurn : <title>Among the
                        Indians of Guiana : being sketches, chiefly anthropologic from the interior of Brit.
                        Guiana, etc.</title> paru en 1883 à Londres.
                      </note>,
                      en arrivèrent à l’idée que leurs pensées et leurs sensations n’étaient pas
                      une activité de leur propre corps, mais d’une âme particulière, habitant dans ce
                      corps et le quittant au moment de la mort — depuis ce moment, il leur fallut se
                      forger des idées sur les rapports de cette âme avec le monde extérieur. Si, au moment
                      de la mort, elle se séparait du corps et continuait à vivre, il n’y avait aucune
                      raison de lui attribuer encore une mort particulière ; et c’est ainsi que naquit
                      l’idée de son immortalité qui, à cette étape du développement, n’apparaît pas du tout
                      comme une consolation, mais au contraire, comme une fatalité contre laquelle on ne
                      peut rien, et souvent même, chez les Grecs en particulier, comme un véritable
                      malheur. Ce n’est pas le besoin de consolation religieuse, mais l’embarras où l’on se
                      trouvait et qui provenait de l’ignorance générale : que faire, après la mort du
                      corps, de cette âme dont on avait admis l’existence ? — qui mena à la fiction
                      ennuyeuse de l’immortalité personnelle. C’est d’une façon tout à fait analogue, par
                      la personnification des puissances naturelles, que naquirent les premiers dieux qui,
                      au cours du développement ultérieur de la religion, prirent une forme de plus en plus
                      extra-terrestre jusqu’à ce que, enfin, par un processus d’abstraction, je dirais
                      presque, de distillation qui s’institue naturellement au cours du développement
                      intellectuel, les nombreux dieux au pouvoir plus ou moins restreint et se
                      restreignant mutuellement, donnèrent naissance, dans l’esprit des hommes, à l’idée du
                      seul Dieu exclusif des religions monothéistes.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La question du rapport de la pensée à l’être, de l’esprit à la
                      nature, question suprême de toute philosophie, a par conséquent, tout comme n’importe
                      quelle religion, ses racines dans les conceptions bornées et ignorantes de l’état de
                      sauvagerie. Mais elle ne pouvait être posée dans toute sa rigueur et ne pouvait
                      acquérir tout son sens que lorsque la société européenne se réveilla du long sommeil
                      hivernal du moyen âge chrétien. La question de la position de la pensée par rapport à
                      l’être qui a joué aussi du reste un grand rôle dans la scolastique du moyen âge, la
                      question de savoir quel est l’élément primordial, l’esprit ou la nature — cette
                      question a pris, vis-à-vis de l’Église, la forme aiguë : le monde a-t-il été créé par
                      Dieu ou existe-t-il de toute éternité ?
                    </p>
                    <p rend="alinea" xml:id="Fe2deuxcamps">
                      Selon qu’ils répondaient de telle ou telle façon
                      à cette question, les philosophes se divisaient en deux grands camps. Ceux qui
                      affirmaient le caractère primordial de l’esprit par rapport à la nature, et qui
                      admettaient par conséquent, en dernière instance, une création du monde de quelque
                      espèce que ce fût […], ceux-là formaient le camp de l’idéalisme. Les autres, qui
                      considéraient la nature comme l’élément primordial, appartenaient aux différentes
                      écoles du matérialisme.
                    </p>
                    <p rend="alinea">[…]</p>
                    <p rend="alinea" xml:id="Fe2connaissance">
                      Mais la question du rapport de la pensée à
                      l’être a encore un autre aspect : quelle relation y a-t-il entre nos idées sur le
                      monde qui nous entoure et ce monde lui-même ? Notre pensée est-elle en état de
                      connaître le monde réel ? Pouvons-nous dans nos représentations et nos concepts du
                      monde réel donner un reflet fidèle de la réalité ? Cette question est appelée en
                      langage philosophique la question de l’identité de la pensée et de l’être, et
                      l’immense majorité des philosophes y répondent d’une façon affirmative. […]</p>
                      <p rend="NoteDroiteAlinea">(*) </p>
                      <p rend="alinea">Mais il existe encore toute une série d’autres philosophes qui
                      contestent la possibilité de connaître le monde ou du moins de le connaître à fond.
                      Parmi les modernes, Hume et Kant sont de ceux-là, et ils ont joué un rôle tout à fait
                      considérable dans le développement de la philosophie. Pour réfuter cette façon de
                      voir, l’essentiel a déjà été dit par Hegel<note xml:id="Feuerbach-II-note2stars" n="**" place="bottom">
                        L’ensemble de l’œuvre de Hegel est une critique de la philosophie de Hume et de Kant.
                        Il y a particulièrement insisté dans sa <title>Logique</title>.
                      </note>,
                      dans la mesure où cela était possible du point de vue idéaliste ;
                      ce que Feuerbach y a ajouté du point de vue matérialiste
                      est plus spirituel que profond. La réfutation la plus frappante de cette lubie
                      philosophique, comme d’ailleurs de toutes les autres, est la pratique, notamment
                      l’expérimentation et l’industrie. Si nous pouvons prouver la justesse de notre
                      conception d’un phénomène naturel en le créant nous-mêmes, en le produisant à l’aide
                      de ses conditions, et, qui plus est, en le faisant servir à nos fins, c’en est fini
                      de la « chose en soi » insaisissable de Kant.
                    </p>
                  </quote>
                </body>
              </floatingText>
            </cit>
            <p xml:id="fe2alizarine"><label rend="invisible">Engels, Feuerbach, II [ Idéalisme et matérialisme ]</label>
              <index><term>alizarine, synthèse</term></index>
              <index><term>synthèse de l’alizarine</term></index>
              <index><term>organique, synthèse de composés —</term></index>
              <index><term>synthèse de composés organiques</term></index>
              <index> <term>chimie organique, synthèse de composés</term> </index>
            </p>
            <p rend="alinea">Et Engels mentionne immédiatement à la suite de ce qui précède un exemple
            d’une importance fondamentale :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Les substances chimiques produites dans les organismes végétaux et animaux
                restèrent de telles « choses en soi » jusqu’à ce que la chimie organique se fût mise
                à les préparer l’une après l’autre; par-là, la « chose en soi » devint une chose pour nous,
                comme par exemple, la matière colorante de la garance, l’alizarine, que nous ne faisons
                plus pousser dans les champs sous forme de racines de garance, mais que nous tirons
                bien plus simplement et à meilleur marché du goudron de houille.</p>
              </quote>
            </cit>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p>
              <index><term>philosophie, la — dépend de la science</term></index>
              <index><term>matérialisme, le — dépend de la science</term></index>
              <index><term>science, le matérialisme en dépend</term></index>
              <index><term>science, la philosophie en dépend</term></index>
            </p>
            <p xml:id="Fe2sciencephilo" rend="alinea">La philosophie (ici le matérialisme) dépend de la science :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Avec toute découverte faisant époque dans le domaine des sciences de la nature,
                il [le matérialisme] doit inévitablement modifier sa forme.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Lénine cite ceci dans <ref target="#Len14p261sept8"><title>Matérialisme et empiriocriticisme</title>, p. 261</ref>.</p>
          </div>

          <div xml:id="Feuerbach-III" type="level_2chapitre">
            <head>III. [ La philosophie de la religion et l’éthique de Feuerbach ]</head>
            <bibl>
              <ptr target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221_3.htm"/>
            </bibl>
            <p rend="alinea" xml:id="Feuerbach-III-palais-chaum"><label rend="invisible">Engels, Feuerbach, III. [ La philosophie de la religion et l’éthique de Feuerbach ]</label>
              <index><term>Dans un palais, on pense autrement que dans une chaumière (Feuerbach)</term></index>
              <index><term>palais, chaumière, on pense autrement (Feuerbach)</term></index>
              <index><term>chaumière, palais, on pense autrement (Feuerbach)</term></index>
              Engels critique l’approche purement éthique de Feuerbach, lorsque celui dit, entre autres :
              « Dans un palais, on pense autrement que dans une chaumière. »
              (« In einem Palast denkt man anders als in einer Hütte. »)
              Feuerbach ne veut pas dire par là,
              contrairement à ce que certains voudraient faire dire aujourd’hui à cette phrase,
              que les riches, dans leur monde protégé, sont coupés de la réalité,
              mais au contraire que les pauvres, moins cultivés que les riches, n’ont pas les moyens de penser :
              « Si la faim, la misère font que tu n’as rien de substantiel dans le corps,
              tu n’as pas non plus dans la tête, dans l’esprit et dans le cœur de substance pour la morale »,
              ajoute Feuerbach<note xml:id="Feuerbach-III-not1" n="1" place="bottom">
                Cela me fait penser à John Stuart Mill
                sur la relation entre élévation de la pensée et hauteur de plafond
                dans <ref target="https://d-meeus.be/wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=963">un passage de son autobiographie</ref>.
              </note>.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Feuerbach-IV" type="level_2chapitre">
            <head>IV. [ Le matérialisme dialectique ]</head>
            <bibl><ptr target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1888/02/fe_18880221_4.htm"/></bibl>
            <p rend="alinea">
              Attention, l’expression <term>matérialisme dialectique</term> ici n’est pas d’Engels,
              mais des éditeurs en français.
              Elle apparaîtrait pour la première fois sous la plume de Joseph Dietzgen dans son livre
              <title>Streifzüge eines Sozialisten in das Gebiet der Erkenntnißtheorie</title> de 1887.
            </p>
            <p xml:id="Feuerbach-IV-ndx"><label rend="invisible">Engels, Feuerbach, IV. [ Le matérialisme dialectique ]</label>
              <index><term>Hegel</term></index>
              <index><term>reflet, dialectique des idées, comme reflet du mouvement dialectique du monde réel</term></index>
              <index><term>dialectique des idées, comme reflet du mouvement dialectique du monde réel</term></index>
              <index><term>retournement de la dialectique hégélienne</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, retournement de la —</term></index>
              <index><term>dialectique hégélienne, la remettre sur les pieds</term></index>
              <index><term>dialectique, comme lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>
              <index><term>loi générale du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>
              <index><term>générale, loi du mouvement et du développement de la nature, de la société et de la pensée</term></index>
            </p>
            <p xml:id="philoSuperScience" rend="alinea">
              Il me semble qu’Engels, critiquant Feuerbach, s’oppose à l’idée que la philosophie serait une super-science :
              « Mais la philosophie, la soi-disant science des sciences
              planant au-dessus de toutes les sciences particulières et en faisant la synthèse, […] ».
              Cependant, sa dialectique devient une science : « la science des lois générales du mouvement ».
            </p>
            <p rend="alinea">
              Feuerbach a eu le tort, en rejetant l’idéalisme de Hegel,
              de rejeter en même temps « la richesse encyclopédique du système de Hegel » et sa dialectique.
              Marx, lui, aurait récupéré la dialectique hégélienne.
              Engels commence par un raccourci de la pensée hégélienne quant au rapport de l’Idée à la nature
              pour en arriver à la fameuse problématique du « retournement » de la dialectique :
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 26.0%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">Hegel wurde nicht einfach abseits gelegt;
                    man knüpfte im Gegenteil an an seine oben entwickelte revolutionäre Seite, an die dialektische Methode.
                    Aber diese Methode war in ihrer Hegelschen Form unbrauchbar.
                    Bei Hegel ist die Dialektik die Selbstentwicklung des Begriffs.
                    Der absolute Begriff ist nicht nur von Ewigkeit — unbekannt wo ? — vorhanden,
                    er ist auch die eigentliche lebendige Seele der ganzen bestehenden Welt.
                    Er entwickelt sich zu sich selbst durch alle die Vorstufen,
                    die in der <title>Logik</title> des breiteren abgehandelt und die alle in ihm eingeschlossen sind;
                    dann „entäußert“ er sich, indem er sich in die Natur verwandelt, wo er ohne Bewußtsein seiner selbst,
                    verkleidet als Naturnotwendigkeit eine neue Entwicklung durchmacht
                    und zuletzt im Menschen wieder zum Selbstbewußtsein kommt;
                    dies Selbstbewußtsein arbeitet sich nun in der Geschichte wieder aus dem Rohen heraus,
                    bis endlich der absolute Begriff wieder vollständig zu sich selbst kommt in der Hegelschen Philosophie.
                    Bei Hegel ist also die in der Natur und Geschichte zutage tretende dialektische Entwicklung,
                    d.h. der ursächliche Zusammenhang des, durch alle Zickzackbewegungen und momentanen Rückschritte hindurch,
                    sich durchsetzenden Fortschreitens vom Niedern zum Höhern, nur der Abklatsch der von Ewigkeit her,
                    man weiß nicht wo, aber jedenfalls unabhängig von jedem denkenden Menschenhirn
                    vor sich gehenden Selbstbewegung des Begriffs. Diese ideologische Verkehrung galt es zu beseitigen.
                    Wir faßten die Begriffe unsres Kopfs wieder <pb n="293"/>materialistisch als die Abbilder der wirklichen Dinge,
                    statt die wirklichen Dinge als Abbilder dieser oder jener Stufe des absoluten Begriffs.
                    Damit reduzierte sich die Dialektik auf die Wissenschaft von den allgemeinen Gesetzen der Bewegung,
                    sowohl der äußern Welt wie des menschlichen Denkens — zwei Reihen von Gesetzen,
                    die der Sache nach identisch, dem Ausdruck nach aber insofern verschieden sind,
                    als der menschliche Kopf sie mit Bewußtsein anwenden kann, während sie in der Natur
                    und bis jetzt auch großenteils in der Menschengeschichte sich in unbewußter Weise,
                    in der Form der äußern Notwendigkeit, inmitten einer endlosen Reihe scheinbarer Zufälligkeiten durchsetzen.
                    Damit aber wurde die Begriffsdialektik selbst nur der bewußte Reflex
                    der dialektischen Bewegung der wirklichen Welt, und damit wurde die Hegelsche Dialektik auf den Kopf,
                    oder vielmehr vom Kopf, auf dem sie stand, wieder auf die Füße gestellt.</p>
                  </quote>
                  <bibl><ref target="http://www.mlwerke.de/me/me21/me21_291.htm">mlwerke.de</ref></bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.2%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">On ne se contenta pas de mettre tout simplement Hegel de côté :
                    on partit au contraire de son aspect révolutionnaire développé ci-dessus,
                    de la méthode dialectique. Mais cette méthode était inutilisable sous sa forme hégélienne.
                    Chez Hegel, la dialectique est l’Idée se développant elle-même. L’Idée absolue,
                    non seulement existe de toute éternité — on ne sait où — mais elle est également
                    la véritable âme vivante de tout le monde existant. Elle se développe pour devenir elle-même
                    à travers toutes les phases préliminaires, qui sont longuement traitées dans la <title>Logique</title>,
                    et qui sont toutes incluses en elle. Puis elle « s’aliène » en se transformant en nature,
                    où, sans avoir conscience d’elle-même, déguisée en nécessité naturelle,
                    elle passe par un nouveau développement, et finalement revient à la conscience d’elle-même dans l’homme ;
                    cette conscience d’elle-même s’élabore et s’affine à son tour dans l’histoire
                    jusqu’à ce qu’enfin l’Idée absolue redevienne complètement elle-même
                    dans la philosophie de Hegel. Chez Hegel, le développement dialectique qui se manifeste
                    dans la nature et dans l’histoire, c’est-à-dire l’enchaînement causal du progrès
                    de l’inférieur au supérieur qui s’impose à travers tous les mouvements en zigzag
                    et tous les reculs momentanés, n’est donc que le calque du mouvement autonome de l’Idée
                    se poursuivant de toute éternité, on ne sait où, mais, en tout cas,
                    indépendamment de tout cerveau humain pensant. C’était cette interversion idéologique
                    qu’il s’agissait d’éliminer.
                    <anchor xml:id="Feuer4reflets"/>Nous conçûmes à nouveau, d’un point de vue matérialiste,
                    les idées de notre cerveau comme étant les reflets des objets, au lieu de considérer
                    les objets réels comme les reflets de tel ou tel degré de l’Idée absolue. <anchor xml:id="Feuer4deuxseriesdelois"/>De ce fait, la dialectique se réduisait à la science des
                    lois générales du mouvement, tant du monde extérieur que de la pensée humaine — deux
                    séries de lois identiques au fond, mais différentes dans leur expression en ce sens
                    que le cerveau humain peut les appliquer consciemment, tandis que, dans la nature,
                    et, jusqu’à présent, également dans la majeure partie de l’histoire humaine, elles ne
                    se fraient leur chemin que d’une façon inconsciente, sous la forme de la nécessité
                    extérieure, au milieu d’une série infinie de hasards apparents. Mais, du coup, la
                    dialectique des idées ne devint que le simple reflet conscient du mouvement
                    dialectique du monde réel, et, ce faisant, la dialectique de Hegel fut totalement
                    renversée, ou, plus exactement : elle se tenait sur la tête, on la remit de nouveau
                    sur ses pieds.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25.4%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea">Hegel werd niet eenvoudig opzij gezet. Men knoopte integendeel bij zijn
                    hierboven ontwikkelde [hoofdstuk I] revolutionaire zijde aan, bij de dialectische methode.
                    Maar deze methode was in haar hegeliaanse vorm onbruikbaar. Bij Hegel is de dialectiek
                    de zelfontwikkeling van het begrip. Het absolute begrip is niet alleen sinds de eeuwigheid
                    — onbekend waar? — voorhanden, het is ook de eigenlijk levende ziel van de gehele bestaande wereld.
                    Het ontwikkelt zich tot zichzelf door alle voorstadia heen die in <title>Logik</title> behandeld
                    zijn en die alle erin besloten liggen. Dan ‘veruiterlijkt’ het zichzelf, doordat het zich
                    in de natuur omvormt, waar het zonder bewustzijn van zichzelf, verkleed als natuurnoodzakelijkheid,
                    een nieuwe ontwikkeling doormaakt en ten slotte in de mensen weer tot zelfbewustzijn komt.
                    Dit zelfbewustzijn werkt zich nu in de geschiedenis weer uit de ruwe toestand, tot uiteindelijk
                    het absolute begrip weer volledig tot zichzelf komt in de hegeliaanse filosofie. Bij Hegel
                    is aldus de in de natuur en geschiedenis aan het licht tredende dialectische ontwikkeling,
                    dat wil zeggen oorzakelijke samenhang van de via alle zigzagbewegingen en tijdelijke terugstappen
                    zich doorzettende vooruitgang van het lagere naar het hogere, slechts de kopie van de sinds eeuwig,
                    men weet niet waar maar in elk geval onafhankelijk van ieder denkend mensenbrein, vanzelf
                    gaande zelfbeweging van het begrip. Het ging erom deze ideologische omkering te overwinnen.
                    We vatten de begrippen uit ons hoofd weer materialistisch als de afbeeldingen van de werkelijke
                    dingen, in plaats van de werkelijke dingen als afbeeldingen van deze of gene trap van het absolute
                    begrip. Daarmee reduceerde de dialectiek zich tot de wetenschap van de algemene bewegingswetten,
                    zowel van de buitenwereld als van het menselijk denken. Deze twee reeksen wetten zijn in feite
                    identiek, maar volgens de uitdrukking zijn ze zover verschillend als het menselijk hoofd ze met
                    bewustzijn kan aanwenden, terwijl ze zich in de natuur en tot nu grotendeels ook in de geschiedenis
                    van een van de mens op onbewuste wijze, in de vorm van de uiterlijke noodzakelijkheid
                    te midden eindeloze reeks van schijnbare toevalligheden, doorzetten. [101] Daarmee werd echter
                    de begripsdialectiek zelf slechts de bewuste reflectie van de dialectische beweging van
                    de werkelijke wereld. En daarmee werd de hegeliaanse dialectiek op het hoofd, of veeleer van het
                    hoofd waar zij op stond weer op de voeten geplaatst.</p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Het Wereldvenster, Baarn, 1980, <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1886/1886feuerbach.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>,
                    avec des notes très critiques (non reprises ici) de L. Vanneste sur des usages divergents du mot dialectique.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">Hegel was not simply put aside. On the contrary, a start was made from his
                    revolutionary side, described above, from the dialectical method. But in its Hegelian form,
                    this method was unusable. According to Hegel, dialectics is the self-development of the concept.
                    The absolute concept does not only exist — unknown where — from eternity, it is also the actual
                    living soul of the whole existing world. It develops into itself through all the preliminary stages
                    which are treated at length in the <title>Logic</title> and which are all included in it.
                    Then it “alienates” itself by changing into nature, where, unconscious of itself,
                    disguised as a natural necessity, it goes through a new development
                    and finally returns as man’s consciousness of himself.
                    This self-consciousness then elaborates itself again in history in the crude form until finally
                    the absolute concept again comes to itself completely in the Hegelian philosophy. According to Hegel,
                    therefore, the dialectical development apparent in nature and history — that is, the causal
                    interconnection of the progressive movement from the lower to the higher, which asserts itself
                    through all zigzag movements and temporary retrogression — is only a copy [<foreign xml:lang="de">Abklatsch</foreign>] of the self-movement of the concept going on from eternity, no one knows
                    where, but at all events independently of any thinking human brain. This ideological perversion
                    had to be done away with. We again took a materialistic view of the thoughts in our heads,
                    regarding them as images [<foreign xml:lang="de">Abbilder</foreign>] of real things instead of
                    regarding real things as images of this or that stage of the absolute concept. Thus dialectics
                    reduced itself to the science of the general laws of motion, both of the external world and of
                    human thought — two sets of laws which are identical in substance, but differ in their expression
                    in so far as the human mind can apply them consciously, while in nature and also up to now
                    for the most part in human history, these laws assert themselves unconsciously, in the form of
                    external necessity, in the midst of an endless series of seeming accidents. Thereby the dialectic
                    of concepts itself became merely the conscious reflex of the dialectical motion of the real world
                    and thus the dialectic of Hegel was turned over; or rather, turned off its head, on which it was
                    standing, and placed upon its feet.</p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    Progress Publishers, 1946, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1886/ludwig-feuerbach/ch04.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">Je n’aime pas cette formulation simpliste dont Engels a abusé et que
            la plupart des auteurs marxistes répètent à l’envi, de la connaissance comme
            « reflets » des « objets ». Les perceptions peuvent être considérées en gros comme les
            reflets des objets, en tant qu’action du monde extérieur sur nos organes sensoriels,
            mais les objets de notre pensée ne se réduisent pas aux seuls objets matériels
            susceptibles de frapper nos sens. Il est juste que toute connaissance part de là en
            dernière instance, mais nos idées ne sont pas simplement ces « reflets » de tels
            « objets » sensibles. Notre cerveau construit des représentations des objets sensibles
            et aussi et surtout de relations entre eux, dont les liens de parenté ou de
            ressemblance qui nous permettent de fabriquer des concepts. Et nous faisons encore plus
            que de classer en concepts les objets sensibles selon leur air de famille, nous
            conceptualisons leurs relations elles-mêmes et nous construisons des théories sur le
            monde. Nous nous convainquons de la validité de nos théories sur le monde en les
            confrontant constamment au monde dans nos diverses pratiques. Au total, ça nous donne
            une connaissance du monde qui en est un assez bon reflet, mais on est vachement plus
            loin que de simples « reflets » des « objets ». Engels, et tous ceux qui le suivent
            comme des moutons sur ce point, semblent régresser au niveau des empiristes anglais.
            Bien que largement dépendante du monde réel, la « dialectique des idées » a sa dynamique propre,
            qui n’est en rien « le simple reflet conscient du mouvement dialectique du monde réel ».</p>
            <p rend="alinea">Cette insistance sur le « reflet » vient de la volonté de se démarquer de l’idéalisme.
            C’est une manière maladroite de dire que notre connaissance
            nous vient en dernier ressort du monde et non de notre raison pure.</p>
            <p rend="alinea">
              J’aime encore moins la dialectique comme « lois générales du mouvement ».
              C’est quoi, sinon une conception magique, que ces lois dialectiques
              qui « ne se fraient leur chemin que d’une façon inconsciente,
              sous la forme de la nécessité extérieure,
              au milieu d’une série infinie de hasards apparents » ?
              Est-ce qu’un jour, la nature, ayant lu Engels, prendra conscience d’obéir à ses lois ?
              Quel charabia. En fait, d’un être capable de conscience, on dit inconscient
              quand la conscience est momentanément absente (ou ailleurs), comme dans le sommeil.
              Mais quand Engels le dit des lois de la dialectique dans la nature,
              c’est dans le sens que la nature n’est pas un être doué de conscience.
              La nature subit donc ces lois « sous la forme de la nécessité extérieure ».
              Mais si les lois de la dialectique constituent une nécessité extérieure au monde,
              c’est qu’elles gouverneraient le monde de l’extérieur. D’où ?
              Du royaume transcendant de la dialectique ?
              Et comment le cerveau humain peut-il « appliquer consciemment » une nécessité extérieure ?
              Si « le cerveau humain peut appliquer consciemment » les lois de la dialectique,
              c’est qu’elles ne sont que des prescriptions méthodologiques.
            </p>
            <p rend="alinea">Après retournement matérialiste,
            « la dialectique se réduisait à » constater, grâce aux développements de la science
            du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, que tout est mouvement. Cela est très juste.
            Ce qui est excessif, c’est d’appeler cette constatation « science des lois générales du mouvement ».
            D’une constatation aussi générale, on est en droit de faire une thèse philosophique,
            jamais une science ou une loi.</p>
            <p>
              <index><term>processus</term></index>
              <index><term>chose</term></index>
              <index><term>concept</term></index>
              <index><term>vrai</term></index>
              <index><term>faux</term></index>
              <index><term>identité</term></index>
              <index><term>différence</term></index>
              <index><term>nécessaire</term></index>
              <index><term>contingent</term></index>
              <index><term>métaphysique</term></index>
              <index><term>empirisme</term></index>
              <index><term>cellule, unité du vivant</term></index>
              <index><term>énergie, transformation de l’—</term></index>
              <index><term>énergie, conservation</term></index>
              <index><term>évolution</term></index>
              <index><term>science empirique</term></index>
              <index><term>philosophie de la nature</term></index>
              <index>
                <term>science, comme remplacement de la philosophie</term>
              </index>
            </p>
            <p rend="alinea">Le passage d’une « science des faits » à une « science du classement »
            me semble celle du passage d’un empirisme à un autre empirisme. Il est vrai qu’un empirisme
            de classement est un pas en avant vers la théorie. (Il parle aussi <ref target="#dialnatempirtheor">d’empirisme et de théorie</ref> dans la <title>Dialectique de la nature</title>.)
            Par ailleurs, il souligne avec grande clairvoyance l’apparition de sciences du développement
            qui sont « toutes filles de notre siècle ». Si la matière est mouvement, où mouvement
            veut dire déplacement, mais aussi et surtout changement, alors la science n’est plus
            seulement science des choses, mais science de ce qui se passe.
            Il ne faut plus regarder le monde comme constitué de choses, mais de processus :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">La grande idée fondamentale selon laquelle le monde ne doit pas
                être considéré comme un complexe de <emph>choses</emph> achevées, mais comme un complexe
                de <emph>processus</emph> où les choses, en apparence stables, — tout autant que leurs
                reflets intellectuels dans notre cerveau, les concepts, se développent et meurent en
                passant par un changement ininterrompu au cours duquel, finalement, malgré tous les
                hasards apparents et tous les retours en arrière momentanés, un développement
                progressif finit par se faire jour — cette grande idée fondamentale a, surtout depuis
                Hegel, pénétré si profondément dans la conscience commune qu’elle ne trouve sous
                cette forme générale presque plus de contradicteurs. Mais la reconnaître en paroles
                et l’appliquer, dans la réalité, en détail, à chaque domaine soumis à
                l’investigation, sont deux choses différentes. Or, si l’on part constamment de ce
                point de vue dans la recherche, on cesse une fois pour toutes de demander des
                solutions définitives et des vérités éternelles ; on a toujours conscience du
                caractère nécessairement borné de toute connaissance acquise, de sa dépendance à
                l’égard des conditions dans lesquelles elle a été acquise ; on ne s’en laisse plus
                imposer non plus par l’opposition du vrai et du faux, du bien et du mal, de
                l’identique et du différent, du nécessaire et du contingent, oppositions
                irréductibles pour la vieille métaphysique qui a toujours cours ; on sait que ces
                oppositions n’ont qu’une valeur relative, que ce qui est maintenant reconnu comme
                vrai comporte un côté faux qu’on ne voit pas et qui apparaîtra plus tard, tout comme
                ce qui est actuellement reconnu comme faux a son côté vrai grâce auquel il a pu
                précédemment être considéré comme vrai ; que ce que l’on affirme nécessaire est
                composé de purs hasards et que le prétendu hasard est la forme sous laquelle la
                nécessité se dissimule — et ainsi de suite.</p>
                <p xml:id="anciennemethode" rend="alinea">L’ancienne méthode de recherche et de pensée,
                que Hegel appelle la méthode « métaphysique » qui s’occupait de préférence de l’étude
                des choses considérées en tant qu’objets fixes donnés et dont les survivances
                continuent à hanter les esprits, a été, en son temps, très justifiée historiquement.
                Il fallait d’abord étudier les choses avant de pouvoir étudier les processus. Il
                fallait d’abord savoir ce qu’était telle ou telle chose avant de pouvoir observer les
                modifications qui s’opèrent en elle. Et il en fut ainsi dans la science de la nature.
                L’ancienne métaphysique, qui considérait les choses comme faites une fois pour
                toutes, était issue d’une science de la nature qui étudiait les choses mortes et
                vivantes en tant que choses faites une fois pour toutes. Mais lorsque cette étude fut
                avancée au point que le progrès décisif fût possible, à savoir le passage à l’étude
                systématique des modifications s’opérant dans ces choses au sein de la nature même, à
                ce moment sonna dans le domaine philosophique aussi le glas de la vieille
                métaphysique. Et, en effet, si, jusqu’à la fin du siècle dernier, la science de la
                nature fut surtout une science <emph>rassemblant</emph> des faits, une science de choses
                achevées, elle est essentiellement, dans notre siècle, une science de
                <emph>classement</emph>, une science des processus, de l’origine et du développement de
                ces choses et de l’enchaînement qui fait de ces processus naturels une grande
                totalité. La physiologie qui étudie les phénomènes des organismes végétaux et
                animaux, l’embryologie qui étudie le développement de chaque organisme depuis
                l’embryon jusqu’à la maturité, la géologie qui étudie la formation progressive de la
                surface terrestre, sont toutes filles de notre siècle.</p>
                <p rend="alinea">Mais ce sont surtout trois grandes découvertes qui ont fait
                progresser à pas de géant notre connaissance de l’enchaînement des processus naturels :
                premièrement, la découverte de la cellule en tant qu’unité à partir de laquelle se
                développe, par multiplication et différenciation, tout l’organisme végétal et
                animal ; en conséquence non seulement il a été reconnu que le développement et la
                croissance de tous les organismes supérieurs s’opèrent selon une loi universelle
                unique, mais encore que la capacité de transformation de la cellule indique la voie
                par laquelle les organismes peuvent modifier leur espèce, et, par-là, connaître un
                développement plus qu’individuel. Deuxièmement, la découverte de la transformation de
                l’énergie, qui nous a montré que toutes les prétendues forces qui agissent tout
                d’abord dans la nature inorganique, la force mécanique et son complément, l’énergie
                dite potentielle, la chaleur, le rayonnement, (lumière ou chaleur rayonnante),
                l’électricité, le magnétisme, l’énergie chimique constituent autant de manifestations
                différentes du mouvement universel, qui passent de l’une à l’autre selon certains
                rapports quantitatifs, de sorte que, pour une certaine quantité de l’une qui
                disparaît, réapparaît une certaine quantité d’une autre, et qu’ainsi tout le
                mouvement de la nature se réduit à ce processus ininterrompu de transformations d’une
                forme dans l’autre. Enfin, la démonstration d’ensemble faite pour la première fois
                par Darwin, selon laquelle tous les produits de la nature qui nous environnent
                actuellement, y compris les hommes, sont le produit d’un long processus de
                développement à partir d’un petit nombre de germes unicellulaires à l’origine, et que
                ces derniers sont, à leur tour, issus d’un protoplasme ou d’un corps albuminoïdal
                constitué par voie chimique.</p>
                <p rend="alinea">Grâce à ces trois grandes découvertes et aux autres progrès
                formidables de la science de la nature, nous sommes aujourd’hui en mesure de montrer
                dans leurs grandes lignes non seulement l’enchaînement entre les phénomènes de la
                nature dans les différents domaines pris à part, mais encore la connexion des
                différents domaines entre eux, et de présenter ainsi un tableau d’ensemble de
                l’enchaînement de la nature sous une forme à peu près systématique, au moyen des
                faits fournis par la science empirique de la nature elle-même. C’était autrefois la
                tâche de ce que l’on appelait la philosophie de la nature de fournir ce tableau
                d’ensemble. Elle ne pouvait le faire qu’en remplaçant les rapports réels encore
                inconnus par des rapports imaginaires, fantastiques, en complétant les faits
                manquants par des idées, et en ne comblant que dans l’imagination les lacunes
                existant dans la réalité. En procédant ainsi, elle a eu maintes idées géniales,
                pressenti maintes découvertes ultérieures, mais elle a également, comme il ne pouvait
                en être autrement, donné le jour à pas mal de bêtises. Aujourd’hui, où il suffit
                d’interpréter les résultats de l’étude de la nature dialectiquement, c’est-à-dire
                dans le sens de l’enchaînement qui lui est propre, pour arriver à un « système de la
                nature » satisfaisant pour notre époque, où le caractère dialectique de cet
                enchaînement s’impose, qu’ils le veuillent ou non, même aux cerveaux de savants
                formés à l’école métaphysique, aujourd’hui, la philosophie de la nature est
                définitivement mise à l’écart. Toute tentative pour la ressusciter ne serait pas
                seulement superflue, <emph>elle serait une régression</emph>.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il enterre la philosophie de la nature pour la remplacer par
            un « système de la nature ». Il a raison de voir la science grignoter le
            territoire de la philosophie. Mais il ne voit pas que son système présente les mêmes
            défauts. Que font ses « lois de la dialectique » sinon « remplacer les rapports réels
            encore inconnus par des rapports imaginaires, fantastiques ». Dire que la contradiction
            interne est toujours et partout le moteur du mouvement ne fait que cacher qu’on ne
            connaît pas encore assez le moteur réel spécifique du mouvement dans la plupart des cas
            et c’est se payer de mots. Par contre, c’est une bonne recommandation méthodologique,
            heuristique que de rechercher un moteur réel qui présenterait le motif d’une
            contradiction interne. On peut dire de la dialectique d’Engels aussi : « elle a eu
            maintes idées géniales, pressenti maintes découvertes ultérieures, mais elle a
            également, comme il ne pouvait en être autrement, donné le jour à pas mal de
            bêtises ».</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Mais ce qui est vrai de la nature, reconnue également de ce fait
                comme un processus de développement historique, l’est aussi de l’histoire de la
                société dans toutes ses branches et de l’ensemble de toutes les sciences qui traitent
                des choses humaines (et divines). Ici également, la philosophie de l’histoire, du
                droit, de la religion, etc., consistait à substituer à l’enchaînement réel, et qu’il
                fallait prouver, entre les événements, celui qu’inventait le cerveau du philosophe, à
                concevoir l’histoire, dans son ensemble comme dans ses différentes parties, comme la
                réalisation progressive d’idées, et naturellement toujours des seules idées favorites
                du philosophe lui-même. De la sorte, l’histoire s’efforçait inconsciemment, mais
                nécessairement à atteindre un certain but idéal fixé a priori qui était, par exemple
                chez Hegel, la réalisation de son Idée absolue, et la marche irrévocable vers cette
                Idée absolue constituait l’enchaînement interne des événements historiques. À
                l’enchaînement réel, encore inconnu, on substituait ainsi une nouvelle Providence
                mystérieuse, — inconsciente ou prenant peu à peu conscience d’elle-même. Il
                s’agissait par conséquent ici, tout comme dans le domaine de la nature, d’éliminer
                ces enchaînements fabriqués, artificiels, en dégageant les enchaînements réels ; ce
                qui revient, en fin de compte à découvrir les lois générales du mouvement qui, dans
                l’histoire de la société humaine, s’imposent comme lois dominantes.</p>
                <p rend="alinea">Or l’histoire du développement de la société se révèle, sur un
                point, essentiellement différente de celle de la nature. Dans la nature — dans la
                mesure où nous laissons de côté la réaction exercée sur elle par les hommes — ce sont
                uniquement des facteurs inconscients et aveugles qui agissent les uns sur les autres
                et c’est dans leur jeu changeant que se manifeste la loi générale. De tout ce qui se
                produit — des innombrables hasards apparents, visibles à la surface, comme des
                résultats finaux qui confirment l’existence d’une loi au sein de ces hasards — rien
                ne se produit en tant que but conscient, voulu. Par contre, dans l’histoire de la
                société, ceux qui agissent sont exclusivement des hommes doués de conscience,
                agissant avec réflexion ou avec passion et poursuivant des buts déterminés ; rien ne
                se produit sans dessein conscient, sans fin voulue. Mais cette différence, quelle que
                soit son importance pour l’investigation historique, surtout d’époques et
                d’événements pris isolément, ne peut rien changer au fait que le cours de l’histoire
                est sous l’empire de lois générales internes. Car, ici aussi, malgré les buts
                consciemment poursuivis par tous les individus, c’est le hasard qui, d’une façon
                générale, règne en apparence à la surface. Ce n’est que rarement que se réalise le
                dessein formé ; dans la majorité des cas, les nombreux buts poursuivis
                s’entrecroisent et se contredisent, ou bien ils sont eux-mêmes a priori
                irréalisables, ou bien encore les moyens pour les réaliser sont insuffisants. C’est
                ainsi que les conflits des innombrables volontés et actions individuelles créent,
                dans le domaine historique, une situation tout à fait analogue à celle qui règne dans
                la nature inconsciente. Les buts des actions sont voulus, mais les résultats que
                donnent réellement ces actions ne le sont pas, ou s’ils semblent, au début,
                correspondre malgré tout au but poursuivi, ils ont finalement des conséquences autres
                que celles qui ont été voulues. Ainsi les événements historiques apparaissent en gros
                également dominés par le hasard. Mais partout où le hasard semble jouer à la surface,
                il est toujours sous l’empire de lois internes cachées, et il ne s’agit que de les
                découvrir.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">En parlant de « lois générales du mouvement qui,
            dans l’histoire de la société humaine, s’imposent comme lois dominantes »,
            il oublie que Marx a dit qu’on ne fait pas de l’histoire avec des « lois générales du mouvement »
            et qu’il a lui-même, Engels, <ref target="#seuilCapitalDuh">défendu Marx sur ce point contre Dühring</ref>.</p>
          </div>

          <div xml:id="thesesFeuerbach" type="level_2chapitre">
            <head>Thèses sur Feuerbach</head>
            <bibl>
              Annexe : <author>Marx</author>, « Thèses sur Feuerbach ».
              <lb/>Il y en a deux versions : on dispose de l’original de Marx
              (Bruxelles, probablement <date>avril 1845</date>) dans son carnet de notes 1944-47,
              sous le titre <ref target="#adFeuerbach">« 1) ad Feuerbach »</ref>
              que je donne parmi les <ref target="#annees40">textes divers des années quarante</ref> ;
              Engels a édité les thèses, en les reformulant parfois légèrement, sous le titre ci-dessus,
              en annexe de son <title>Feuerbach</title> de 1888.
            </bibl>
            <bibl>
              <author>Karl Marx</author> et <author>Friedrich Engels</author>,
              <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>, Éditions du Progrès, Moscou,
              s. d. (conforme à l’édition russe de 1955), t. 2, p. 439.
            </bibl>
            <bibl>
              Karl Marx, Thesen über Feuerbach, p. 61-63 in
              <author>Friedrich Engels</author>,
              <title>Ludwig Feuerbach und der Ausgang der klassischen deutschen Philosophie</title>,
              Dietz Verlag, Berlin, 1957. Aussi Marx-Engels, <title>Werke</title>,
              Band 3, p.  533 et suivantes. Dietz Verlag Berlin, 1969,
              <ptr target="https://www.marxists.org/deutsch/archiv/marx-engels/1845/thesen/thesfeue.htm"/>.
            </bibl>

            <p>
              <index><term>philosophie</term></index>
              <index><term>transformation du monde</term></index>
              <index><term>prolétariat, la philosophie comme arme intellectuelle du —</term></index>
              <index><term>classe ouvrière, la philosophie comme arme intellectuelle de la —</term></index>
              <index><term>philosophie, arme intellectuelle du prolétariat</term></index>
            </p>
            <list rend="horiz" xml:id="theseE01">
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">1.</p>
                    <p rend="alinea">Der Hauptmangel alles bisherigen Materialismus
                    — den Feuerbachschen mit eingerechnet — ist, daß der Gegenstand, die Wirklichkeit,
                    Sinnlichkeit, nur unter der Form des <emph>Objekts</emph> oder der <emph>Anschauung</emph> gefaßt wird;
                    nicht aber als <emph>menschliche sinnliche Tätigkeit, Praxis</emph>, nicht subjektiv.
                    Daher geschah es, daß die <emph>tätige</emph> Seite, im Gegensatz zum Materialismus,
                    vom Idealismus entwickelt wurde — aber nur abstrakt, da der Idealismus natürlich
                    die wirkliche, sinnliche Tätigkeit als solche nicht kennt.
                    Feuerbach will sinnliche, von den Gedankenobjekten wirklich unterschiedene Objekte;
                    aber er faßt die menschliche Tätigkeit selbst nicht als <emph>gegenständliche</emph> Tätigkeit.
                    Er betrachtet daher im „Wesen des Christenthums“ nur das theoretische Verhalten
                    als das echt menschliche, während die Praxis
                    nur in ihrer schmutzig-jüdischen Erscheinungsform gefaßt und fixiert wird.
                    Er begreift daher nicht die Bedeutung der „revolutionären“, der „praktisch-kritischen“ Tätigkeit.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">1.</p>
                    <p rend="alinea">Le principal défaut de tout le matérialisme passé
                    — y compris celui de Feuerbach — est que l’objet, la réalité, le monde sensible
                    n’y sont considérés que sous la forme d’<emph>objet</emph> ou d’intuition,
                    mais non pas en tant qu’<emph>activité concrète humaine</emph>, en tant que <emph>pratique</emph>,
                    pas de façon subjective. C’est ce qui explique pourquoi le côté <emph>actif</emph> fut développé
                    par l’idéalisme en opposition au matérialisme, mais seulement abstraitement,
                    car l’idéalisme ne connaît naturellement pas l’activité réelle, concrète, comme telle.
                    Feuerbach veut des objets concrets, réellement distincts des objets de la pensée,
                    mais il ne considère pas l’activité humaine elle-même en tant qu’activité <emph>objective</emph>.
                    C’est pourquoi dans l’<title>Essence du christianisme</title>, il ne considère
                    comme vraiment humaine que l’activité théorique, tandis que la pratique n’est considérée et fixée par lui
                    que dans sa manifestation juive sordide. C’est pourquoi il ne comprend pas
                    l’importance de l’activité « révolutionnaire », de l’activité « pratique-critique ».</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">1.</p>
                    <p rend="alinea">Het voornaamste gebrek van alle materialisme tot nu toe
                    — dat van Feuerbach inbegrepen — is, dat het voorwerp, de werkelijkheid,
                    het met de zinnen waarneembare alleen in de vorm van het <emph>object</emph>
                    of van de <emph>waarneming</emph> wordt opgevat;
                    maar niet als <emph>werkzaamheid van de menselijke zinnen</emph>, als <emph>praktijk</emph>;
                    niet subjectief. Zo gebeurde het, dat de <emph>actieve</emph> kant,
                    in tegenstelling tot het materialisme, door het idealisme werd ontwikkeld
                    — maar slechts abstract, omdat het idealisme natuurlijk de werkelijke, zinnelijke werkzaamheid
                    als zodanig niet kent. Feuerbach wil door de zinnen waargenomen, van de gedachtenobjecten
                    werkelijk verchillende objecten; maar hij vat de menselijke activiteit zelf niet
                    als <emph>objectieve</emph> activiteit op. Hij beschouwt derhalve
                    in <title>Das Wesen des Christentums</title> slechts het theoretische gedrag
                    als het echt menselijke, terwijl de praktijk slechts in haar smerig-joodse verschijningsvorm
                    wordt opgevat en vastgesteld. Hij begrijpt derhalve niet de betekenis van de ‘revolutionaire’,
                    de ‘praktisch-kritische’ activiteit.</p>
                  </quote>
                  <bibl>Pegasus, Amsterdam, 1973, p. 69.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">1.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz" xml:id="theseE02">
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">2.</p>
                    <p rend="alinea">Die Frage, ob dem menschlichen Denken gegenständliche Wahrheit zukomme,
                    ist keine Frage der Theorie, sondern eine <emph>praktische</emph> Frage.
                    In der Praxis muß der Mensch die Wahrheit, d. h. die Wirklichkeit und Macht,
                    die Diesseitigkeit seines Denkens beweisen. Der Streit über die Wirklichkeit
                    oder Nichtwirklichkeit eines Denkens, das sich von der Praxis isoliert,
                    ist eine rein <emph>scholastische</emph> Frage.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">2.</p>
                    <p rend="alinea">La question de savoir si la pensée humaine peut aboutir
                    à une vérité objective n’est pas une question théorique, mais une question pratique.
                    C’est dans la pratique qu’il faut que l’homme prouve la vérité,
                    c’est-à-dire la réalité, et la puissance, l’en-deçà de sa pensée.
                    La discussion sur la réalité ou l’irréalité de la pensée, isolée de la pratique,
                    est purement scolastique.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">2.</p>
                    <p rend="alinea">De vraag of aan het menselijk denken objectieve waarheid toekomt,
                    is geen vraag van de theorie, maar een <emph>praktische</emph> vraag.
                    In de praktijk moet de mens de waarheid, d.w.z. de werkelijkheid en macht,
                    de aardsheid van zijn denken bewijzen.
                    De strijd over de werkelijkheid of onwerkelijkheid van een denken,
                    dat zich van de praktijk isoleert, is een zuiver scholastisch vraagstuk.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">2.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz" xml:id="theseE03">
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">3.</p>
                    <p rend="alinea">Die materialistische Lehre, daß die Menschen Produkte der Umstände
                    und der Erziehung, veränderte Menschen also Produkte anderer Umstände
                    und geänderter Erziehung sind, vergißt, daß die Umstände eben von den Menschen
                    verändert werden und daß der Erzieher selbst erzogen werden muß.
                    Sie kommt daher mit Notwendigkeit dahin, die Gesellschaft in zwei Teile zu sondern,
                    von denen der eine über der Gesellschaft erhaben ist. (Z. B. bei Robert Owen.)</p>
                    <p rend="alinea">Das Zusammenfallen des Änderns der Umstände
                    und der menschlichen Tätigkeit kann nur als <emph>umwälzende Praxis</emph> gefaßt
                    und rationell verstanden werden.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">3.</p>
                    <p rend="alinea">La doctrine matérialiste qui veut que les hommes sont des produits
                    des circonstances et de l’éducation, que, par conséquent, des hommes modifiés soient des produits
                    d’autres circonstances et d’une éducation modifiée, oublie que ce sont précisément les hommes
                    qui modifient les circonstances et que l’éducateur a besoin lui-même d’être éduqué.
                    C’est pourquoi elle tend inévitablement à diviser la société en deux parties
                    dont l’une est au-dessus de la société (par exemple chez Robert Owen).</p>
                    <p rend="alinea">La coïncidence du changement des circonstances et de l’activité humaine
                    ne peut être considérée et comprise rationnellement qu’en tant que pratique révolutionnaire.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">3.</p>
                    <p rend="alinea">De materialistische leer, dat de mensen produkten zijn van de omstandigheden
                    en van de opvoeding, en veranderde mensen dus produkten van andere omstandigheden
                    en van een veranderde opvoeding, vergeet, dat de omstandigheden juist
                    door de mensen worden veranderd en de opvoeder zelf moet worden opgevoed.
                    Ze komt er dus noodgedwongen toe de maatschappij in twee delen te splitsen,
                    waarvan het ene boven de maatschappij verheven is. (B.V. bij Robert Owen.)</p>
                    <p rend="alinea">Het samenvallen van het veranderen van de omstandigheden
                    en van de menselijke activiteit kan enkel als <emph>omwentelende praktijk</emph> opgevat
                    en rationeel begrepen worden.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">3.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz" xml:id="theseE04">
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">4.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach geht aus von dem Faktum der religiösen Selbstentfremdung,
                    der Verdopplung der Welt in eine religiöse, vorgestellte und eine wirkliche Welt.
                    Seine Arbeit besteht darin, die religiöse Welt in ihre weltliche Grundlage aufzulösen.
                    Er übersieht, daß nach Vollbringung dieser Arbeit die Hauptsache noch zu tun bleibt.
                    Die Tatsache nämlich, daß die weltliche Grundlage sich von sich selbst abhebt und sich,
                    ein selbständiges Reich, in den Wolken fixiert, ist eben nur aus der Selbstzerrissenheit
                    und dem Sich-selbst-widersprechen dieser weltlichen Grundlage zu erklären.
                    Diese selbst muß also erstens in ihrem Widerspruch verstanden und sodann
                    durch Beseitigung des Widerspruchs praktisch revolutioniert werden.
                    Also z. B., nachdem die irdische Familie als das Geheimnis der heiligen Familie entdeckt ist,
                    muß nun erstere selbst theoretisch kritisiert und praktisch umgewälzt werden.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">4.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach part du fait que la religion éloigne l’homme de lui-même
                    et dédouble le monde en un monde religieux, objet de représentation, et un monde réel.
                    Son travail consiste à dissoudre le monde religieux en le ramenant à sa base temporelle.
                    Il ne voit pas que ce travail une fois accompli, le principal reste encore à faire.
                    Le fait, notamment, que la base temporelle se détache d’elle-même, et se fixe dans les nuages,
                    en tant que royaume indépendant, ne peut s’expliquer précisément que par la dissociation
                    et la contradiction internes de cette base temporelle. Il faut donc d’abord comprendre celle-ci
                    dans sa contradiction pour la révolutionner ensuite pratiquement en supprimant la contradiction.
                    Donc, une fois qu’on a découvert, par exemple, que la famille terrestre est le secret de la famille céleste,
                    c’est la première désormais dont il faudra faire la critique théorique
                    et qu’il faudra révolutionner dans la pratique.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">4.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">4.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz" xml:id="theseE05">
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">5.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach, mit dem <emph>abstrakten Denken</emph> nicht zufrieden,
                    appelliert an die <emph>sinnliche Anschauung</emph>; aber er faßt die Sinnlichkeit
                    nicht als praktische menschlich-sinnliche Tätigkeit.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">5.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach, non content de la pensée <emph>abstraite</emph>,
                    en appelle à la <emph>perception sensible</emph>, mais il ne considère pas la sensibilité
                    en tant qu’activité pratique des sens de l’homme.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 25%;">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">5.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">5.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list xml:id="theseE06">
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">6.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach löst das religiöse Wesen in das <emph>menschliche</emph> Wesen auf.
                    Aber das menschliche Wesen ist kein dem einzelnen Individuum innewohnendes Abstraktum.
                    In seiner Wirklichkeit ist es das Ensemble der gesellschaftlichen Verhältnisse.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach, der auf die Kritik dieses wirklichen Wesens nicht eingeht,
                    ist daher gezwungen:</p>
                    <p rend="alinea">1. von dem geschichtlichen Verlauf zu abstrahieren
                    und das religiöse Gemüt für sich zu fixieren und ein abstrakt
                    — <emph>isoliert</emph> — menschliches Individuum vorauszusetzen;</p>
                    <p rend="alinea">2. kann bei ihm daher das menschliche Wesen nur als „Gattung“,
                    als innere, stumme, die vielen Individuen bloß <emph>natürlich</emph> verbindende Allgemeinheit
                    gefaßt werden.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">6.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach dissout l’être religieux dans l’être humain.
                    Mais l’être humain n’est pas une abstraction inhérente à l’individu isolé.
                    Dans sa réalité, elle est l’ensemble des rapports sociaux.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach, qui n’entreprend pas la critique de cet être réel,
                    est par conséquent obligé :</p>
                    <p rend="alinea">1. De faire abstraction du cours de l’histoire
                    et de fixer le sentiment religieux en soi, en supposant l’existence
                    d’un individu humain abstrait, <emph>isolé</emph>.</p>
                    <p rend="alinea">2. De considérer, par conséquent, l’être humain uniquement en tant que « genre »,
                    en tant que généralité interne, muette, liant d’une façon purement <emph>naturelle</emph> les nombreux individus.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">6.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">6.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
            <list xml:id="theseE07">
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">7.</p>
                    <p rend="alinea">Feuerbach sieht daher nicht, daß das "religiöse Gemüt" selbst ein gesellschaftliches Produkt ist und daß das abstrakte Individuum, das er analysiert, in Wirklichkeit einer bestimmten Gesellschaftsform angehört.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">7.</p>
                    <p rend="alinea">C’est pourquoi Feuerbach ne voit pas que le « sentiment religieux »
                    est lui-même un <emph>produit social</emph> et que l’individu abstrait qu’il analyse
                    appartient en réalité à une forme sociale déterminée.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">7.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">7.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
            <list xml:id="theseE08">
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">8.</p>
                    <p rend="alinea">Das gesellschaftliche Leben ist wesentlich <emph>praktisch</emph>.
                    Alle Mysterien, welche die Theorie zum Mystizismus verleiten,
                    finden ihre rationelle Lösung in der menschlichen Praxis und im Begreifen dieser Praxis.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">8.</p>
                    <p rend="alinea">La vie sociale est essentiellement <emph>pratique</emph>.
                    Tous les mystères qui détournent la théorie vers le mysticisme
                    trouvent leur solution rationnelle dans la pratique humaine
                    et dans la compréhension de cette pratique.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">8.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">8.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
            <list xml:id="theseE09">
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">9.</p>
                    <p rend="alinea">Das Höchste, wozu der <emph>anschauende</emph> Materialismus es bringt,
                    d. h. der Materialismus, der die Sinnlichkeit nicht als praktische Tätigkeit begreift,
                    ist die Anschauung der einzelnen Individuen in der „bürgerlichen Gesellschaft“.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">9.</p>
                    <p rend="alinea">Le point le plus élevé auquel atteint le matérialisme <emph>intuitif</emph>,
                    c’est-à-dire le matérialisme qui ne considère pas la sensibilité en tant qu’activité pratique,
                    est la façon de voir des individus pris isolément dans la « société bourgeoise ».</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">9.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">9.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
            <list xml:id="theseE10">
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">10.</p>
                    <p rend="alinea">Der Standpunkt des alten Materialismus ist die „<emph>bürgerliche</emph>“ Gesellschaft;
                    der Standpunkt des neuen die <emph>menschliche</emph> Gesellschaft, oder die vergesellschaftete Menschheit.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">10.</p>
                    <p rend="alinea">Le point de vue de l’ancien matérialisme est la société « <emph>bourgeoise</emph> ».
                    Le point de vue du nouveau matérialisme, c’est la « société humaine », ou l’humanité socialisée</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">10.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
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                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">10.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
            <list xml:id="theseE11">
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="de">
                    <p rend="centralign">11.</p>
                    <p rend="alinea">Die Philosophen haben die Welt nur verschieden <emph>interpretiert</emph> ;
                    es kommt aber darauf an, sie zu <emph>verändern</emph>.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="centralign">11.</p>
                    <p rend="alinea">Les philosophes n’ont fait qu’<emph>interpréter</emph> le monde
                    de différentes manières, mais il s’agit de le <emph>transformer</emph>.</p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
                <cit>
                  <quote xml:lang="nl">
                    <p rend="centralign">11.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
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                </cit>
              </item>
              <item rend="enligne quartlargeur">
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                  <quote xml:lang="en">
                    <p rend="centralign">11.</p>
                    <p rend="alinea"/>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <ab rend="clear"/>
            <p>
              <index><term>fin de la philosophie</term></index> <index><term>philosophie, fin de la —</term></index>
              Cela devrait être vu en liaison avec la problématique de la fin de la philosophie chez Marx et Engels.
            </p>
          </div>

        </div>
        <div xml:id="annees90" type="level1_dizaine">
          <head>
            Divers, années 90
          </head>
          <p>
            (Né le 28 novembre 1820, Engels décède le 5 août 1895.)
          </p>

          <div xml:id="Engelslettre1890-06-05Ernst" type="level2_document">
            <head>
              Engels an Paul Ernst <seg rend="invisible">in Berlin, London, 5. Juni 90</seg>
            </head>
            <bibl>
              Engels an Paul Ernst in Berlin (Entwurf), London, 5. Juni 90,
              MEW 37, p. 411-413.
            </bibl>
            <bibl>
              Engels to Paul Ernst in Berlin [Draft], London, 5 June 1890,
              MECW 48, p. 503-505.
            </bibl>
            <p rend="alineasep">
              À propos d’un point soulevé par Paul Ernst,
              Engels dénonce l’attitude de forcer les faits historiques à entrer dans un moule a priori :
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Was Ihren Versuch, die Sache materialistisch zu behandeln, angeht,
                      so muß ich vor allem sagen, daß die materialistische Methode in ihr Gegenteil umschlägt,
                      wenn sie nicht als Leitfaden beim historischen Studium behandelt wird, sondern als fertige Schablone,
                      wonach man sich die historischen Tatsachen zurechtschneidet.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 37:411.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      En ce qui concerne votre tentative de traiter l’affaire de manière matérialiste,
                      je dois dire avant tout qu’on transforme la méthode matérialiste en son contraire
                      quand on ne la traite pas comme fil conducteur dans une étude historique,
                      mais comme un modèle prêt à l’emploi selon lequel on découpe les faits historiques.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Ma traduction de l’allemand.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      As regards your attempt to handle the matter in a materialist way,
                      I should say first of all that the materialist method turns into its opposite if,
                      in an historical study, it is used not as a guide but rather as a ready-made pattern
                      in accordance with which one tailors the historical facts.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 48:503.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1890-08-05Schmidt" type="level2_document">
            <head>Engels an Conrad Schmidt in Berlin, London, 5. August</head>
            <bibl>
              MEW 37, p. 435-438
            </bibl>
            <bibl>Engels à Conrad Schmidt, le 5 août 1890</bibl>
            <bibl>
              Engels to Conrad Schmidt in Berlin. London, 5 August 1890, MECW 49, p. 6-9.
            </bibl>
            <index><term>matérialisme historique, comme expression, comme étiquette</term></index>
            <index><term>historischen Materialismus, einfache Phrase, Etiket</term></index>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 32%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Überhaupt dient das Wort „materialistisch“ in Deutschland vielen jüngeren Schriftstellern
                      als eine einfache Phrase, womit man alles und jedes ohne weiteres Studium etikettiert,
                      d.h. diese Etikette aufklebt und dann die Sache abgetan zu haben glaubt.
                      Unsere Geschichtsauffassung aber ist vor allem eine Anleitung beim Studium,
                      kein Hebel der Konstruktion à la Hegelianertum.
                      Die ganze Geschichte muß neu studiert werden,
                      die Daseinsbedingungen der verschiednen Gesellschaftsformationen
                      müssen im einzelnen untersucht werden, ehe man versucht, die politischen,
                      privatrechtlichen, ästhetischen, philosophischen, religiösen etc. Anschauungsweisen,
                      die ihnen entsprechen, aus ihnen abzuleiten.
                      Darin ist bis jetzt nur wenig geschehn, weil nur wenige sich ernstlich darangesetzt haben.
                      Darin können wir Hülfe in Massen brauchen, das Gebiet ist unendlich groß,
                      und wer ernstlich arbeiten will, kann viel leisten und sich auszeichnen.
                      Statt dessen aber dient die Phrase des historischen Materialismus
                      (man kann eben <emph>alles</emph> zur Phrase machen)
                      nur zu vielen jüngeren Deutschen nur dazu, ihre eignen relativ dürftigen historischen Kenntnisse
                      — die ökonomische Geschichte liegt ja noch in den Windeln! —
                      schleunigst systematisch zurechtzukonstruieren und sich dann sehr gewaltig vorzukommen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 49, p. 436-437.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 35%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      En général, le mot « matérialiste » sert à beaucoup d’écrivains récents en Allemagne
                      de simple expression avec laquelle on étiquette toutes sortes de choses sans les étudier davantage,
                      pensant qu’il suffit de coller cette étiquette pour arranger l’affaire.
                      Or, notre conception de l’histoire est, avant tout, une directive pour l’étude,
                      et non un levier servant à des constructions à la manière de Hegel.
                      Il faut réétudier toute l’histoire, il faut soumettre à une investigation détaillée
                      les conditions d’existence des diverses formations sociales
                      avant d’essayer d’en déduire les modes de conception politiques, juridiques,
                      esthétiques, philosophiques, religieux, etc., qui leur correspondent.
                      Sur ce point, on n’a fait jusqu’à maintenant que peu de chose,
                      parce que peu de gens seulement s’y sont attelés sérieusement.
                      Sur ce point, nous avons besoin d’une aide de masse, le domaine est infiniment vaste,
                      et celui qui veut travailler sérieusement peut faire beaucoup et s’y distinguer.
                      Mais, au lieu de cela, l’expression matérialisme historique
                      (on peut vraiment <emph>tout</emph> tourner en expression)
                      pour nombre de jeunes Allemands ne sert qu’à faire le plus rapidement possible
                      de leurs propres connaissances historiques relativement maigres
                      — l’histoire économique n’est-elle pas encore dans les langes ? —
                      une construction systématique artificielle
                      et de s’imaginer ensuite être des esprits tout à fait puissants.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Marx, Engels, <title>Études philosophiques</title>, Éditions sociales 1947, p. 121.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      In general the word ‘materialist’ is used by many of the younger writers in Germany
                      as a mere cliché with which to label anything and everything
                      without bothering to study it any further;
                      in other words, having once attached the label,
                      they imagine they have sorted things out.
                      Our view of history, however, is first and foremost a guide to study,
                      not a tool for constructing objects after the Hegelian model.
                      The whole of history must be studied anew,
                      and the existential conditions of the various social formations individually investigated
                      before an attempt is made to deduce therefrom the political, legal, aesthetic,
                      philosophical, religious, etc., standpoints that correspond to them.
                      Little has been done along these lines hitherto because
                      very few people have seriously set their minds to it.
                      Here we could do with any amount of help;
                      it is a truly immense field and anyone who is prepared to apply himself to it seriously
                      could achieve much and make a name for himself.
                      Instead, the only use to which the cliché
                      (<emph>anything</emph> can be turned into a cliché)
                      of historical materialism has been put by all too many younger Germans
                      is hastily to run up a jerry-built system out of their own relatively inadequate historical knowledge
                      — for economic history is as yet in its infancy —
                      thus becoming great prodigies in their own eyes.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 49:8.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1890-09-21Bloch" type="level2_document">
            <head>
              Engels an Joseph Bloch <seg rend="invisible">in Königsberg, London, 21. Sept. 1890</seg>
            </head>

            <bibl>
              Engels an Joseph Bloch in Königsberg, London, 21. Sept. 1890. <title>MEW</title> 37,
              p. 462-465, <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me37/me37_462.htm">http://www.mlwerke.de/me/me37/me37_462.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl>
              Engels to Joseph Bloch in Königsberg, London, 21[-22] September 1890. <title>MECW</title>
              49, p. 33-37, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1890/letters/90_09_21.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1890/letters/90_09_21.htm</ref>.
            </bibl>

            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>materialistischer  Geschichtsauffassung</term></index>
                      <index><term>Geschichtsauffassung, materialistischer</term></index>
                      <index><term>Produktion  und Reproduktion des wirklichen Lebens</term></index>
                      <index><term>Reproduktion, und Produktion des wirklichen Lebens</term></index>
                      Ad II qualifiziere ich Ihren ersten Hauptsatz so: Nach materialistischer
                      Geschichtsauffassung ist das <emph>in letzter Instanz</emph> bestimmende Moment
                      in der Geschichte die Produktion und Reproduktion des wirklichen Lebens.
                      <hi rend="fluo">Mehr hat weder Marx noch ich je behauptet.</hi>
                      Wenn nun jemand das dahin verdreht, das
                      ökonomische Moment sei das <emph>einzig</emph> bestimmende, so verwandelt er
                      jenen Satz in eine nichtssagende, abstrakte, absurde Phrase. Die ökonomische
                      Lage ist die Basis, aber die verschiedenen Momente des Überbaus -
                      politische Formen des Klessenkampfs und seine Resultate - Verfassungen,
                      nach gewonnener Schlacht durch die siegende Klasse festgestellt usw. -
                      Rechtsformen, und nun gar die Reflexe aller dieser wirklichen Kämpfe im
                      Gehirn der Beteiligten, politische, juristische, philosophische Theorien,
                      religiöse Anschauungen und deren Weiterentwicklung zu Dogmensystemen, üben
                      auch ihre Einwirkung auf den Verlauf der geschichtlichen Kämpfe aus und
                      bestimmen in vielen Fällen vorwiegend deren <emph>Form</emph>. Es ist eine
                      Wechselwirkung aller dieser Momente, worin schließlich durch alle die
                      unendliche Menge von Zufälligkeiten (d.h. von Dingen und Ereignissen, deren
                      innerer Zusammenhang untereinander so entfernt odar so unnachweisbar
                      ist, daß wir ihn als nicht vorhanden betrachten, vernachlässigen können)
                      als Notwendiges die ökonomische Bewegung sich durchsetzt.
                      <hi rend="fluo">Sonst wäre die Anwendung der Theorie
                      auf eine beliebige Geschichtsperiode ja leichter als die Lösung
                      einer einfachen Gleichung ersten Grades.</hi>
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Wir machen unsere Geschichte selbst, aber erstens unter sehr bestimmten
                      Voraussetzungen und Bedingungen. Darunter sind die ökonomischen die
                      schließlich entscheidenden. Aber auch die politischen usw., ja selbst die in
                      den Köpfen der Menschen spukende Tradition, spielen eine Rolle, wenn
                      auch nicht die entscheidende. […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Zweitens aber macht sich die Geschichte so, daß das Endresultat stets aus den
                      Konflikten vieler Einzelwillen hervorgeht, wovon jeder wieder durch eine Menge
                      besonderer Lebensbedingungen zu dem gemacht wird, was er ist; es sind also
                      unzählige einander durchkreuzende Kräfte, eine unendliche Gruppe von
                      Kräfteparallelogrammen, daraus eine Resultante — das geschichtliche Ergebnis —
                      hervorgeht, die selbst wieder als das Produkt einer, als Ganzes, bewußtlos und
                      willenlos wirkenden Macht angesehen werden kann. Denn was jeder einzelne will,
                      wird von jedem andern verhindert, und was herauskommt, ist etwas, das keiner
                      gewollt hat. So verläuft die bisherige Geschichte nach Art eines Naturprozesses
                      und ist auch wesentlich denselben Bewegungsgesetzen unterworfen. Aber daraus,
                      daß die einzelnen Willen — von denen jeder das will, wozu ihn Körperkonstitution
                      und äußere, in letzter Instanz ökonomische Umstände (entweder seine eignen
                      persönlichen oder allgemein-gesellschaftliche) treiben — nicht das erreichen,
                      was sie wollen, sondern zu einem Gesamtdurchschnitt, einer gemeinsamen
                      Resultante verschmelzen, daraus darf doch nicht geschlossen werden, daß sie = 0
                      zu setzen sind. Im Gegenteil, jeder trägt zur Resultante bei und ist insofern in
                      ihr einbegriffen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <title>MEW</title>, Band. 37, S. 463-464.
                    (C’est moi qui souligne.)
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>conception matérialiste de l’histoire</term></index>
                      <index><term>histoire, conception matérialiste</term></index>
                      <index><term>histoire, loi de l’—</term></index>
                      <index><term>matérialiste, conception de l’histoire</term></index>
                      <index><term>matérialisme historique</term></index>
                      <index><term>production  et reproduction de la vie</term></index>
                      <index><term>reproduction et production de la vie</term></index>
                      <index><term>base et superstructure, interaction dans l’histoire</term></index><!--
                      <index><term>superstructure et base, interaction dans l’histoire</term></index> -->
                      <index><term>superstructure, action en retour</term></index>
                      <index><term>histoire, interaction de la base et de la superstructure</term></index>
                      <index><term>interaction de la base et de la superstructure dans l’histoire</term></index>
                      <index><term>humains, font leur propre histoire</term></index>
                      <index><term>histoire, ce sont les humains qui la font</term></index>
                      <index><term>individu, action sur l’histoire</term></index>
                      […] D’après la conception matérialiste de l’histoire, le facteur déterminant
                      dans l’histoire est, <emph>en dernière instance</emph>, la production et la
                      reproduction de la vie réelle.
                      <hi rend="fluo">Ni Marx, ni moi n’avons jamais affirmé davantage.</hi>
                      Si, ensuite, quelqu’un torture cette proposition
                      pour lui faire dire que le facteur économique est le <emph>seul</emph> déterminant,
                      il la transforme en une phrase vide, abstraite, absurde.
                      <hi rend="fluo">[A]</hi> La situation économique est la base,
                      mais les divers éléments de la superstructure
                      – les formes politiques de la lutte de classes et ses résultats,
                      – les Constitutions établies une fois la bataille gagnée par la classe victorieuse, etc.,
                      – les formes juridiques, et même les reflets de toutes ces luttes réelles dans le cerveau des participants,
                      théories politiques, juridiques, philosophiques, conceptions religieuses
                      et leur développement ultérieur en systèmes dogmatiques,
                      exercent également leur action sur le cours des luttes historiques et,
                      dans beaucoup de cas, en déterminent de façon prépondérante la <emph>forme</emph>.
                      <hi rend="fluo">[B]</hi> Il y a action et réaction de tous ces facteurs
                      au sein desquels le mouvement économique finit par se frayer son chemin
                      comme une nécessité à travers la foule infinie de hasards
                      (c’est-à-dire de choses et d’événements dont la liaison intime entre eux
                      est si lointaine ou si difficile à démontrer
                      que nous pouvons la considérer comme inexistante et la négliger).
                      <hi rend="fluo">[C]</hi> Sinon, l’application de la théorie
                      à n’importe quelle période historique serait, ma foi,
                      plus facile que la résolution d’une simple équation du premier degré.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Nous faisons notre histoire nous-mêmes, mais, tout d’abord, avec des prémisses
                      et dans des conditions très déterminées. Entre toutes, ce sont les conditions
                      économiques qui sont finalement déterminantes. Mais les conditions politiques,
                      etc., voire même la tradition qui hante les cerveaux des hommes, jouent
                      également un rôle, bien que non décisif. […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Mais, deuxièmement, l’histoire se fait de telle façon que le résultat final se
                      dégage toujours des conflits d’un grand nombre de volontés individuelles, dont
                      chacune à son tour est faite telle qu’elle est par une foule de conditions
                      particulières d’existence ; il y a donc là d’innombrables forces qui se
                      contrecarrent mutuellement, un groupe infini de parallélogrammes de forces,
                      d’où ressort une résultante – l’événement historique – qui peut être regardée
                      elle-même, à son tour, comme le produit d’une force agissant comme un tout, de
                      façon inconsciente et aveugle. Car, ce que veut chaque individu est empêché par
                      chaque autre et ce qui s’en dégage est quelque chose que personne n’a voulu.
                      C’est ainsi que l’histoire jusqu’à nos jours se déroule à la façon d’un
                      processus de la nature et est soumise aussi, en substance, aux mêmes lois de
                      mouvement qu’elle. Mais de ce que les diverses volontés – dont chacune veut ce
                      à quoi la poussent sa constitution physique et les circonstances extérieures,
                      économiques en dernière instance (ou ses propres circonstances personnelles ou
                      les circonstances sociales générales) – n’arrivent pas à ce qu’elles veulent,
                      mais se fondent en une moyenne générale, en une résultante commune, on n’a pas
                      le droit de conclure qu’elles sont égales à zéro. Au contraire, chacune
                      contribue à la résultante et, à ce titre, est incluse en elle.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1890/09/18900921.htm">Archive Internet des Marxistes</ref>, sans indication d’édition.
                    (C’est moi qui souligne.)
                  </bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>materialist view of history</term></index>
                      <index><term>history,   materialist view</term></index>
                      <index><term>historical      materialism</term></index>
                      <index><term>production  and reproduction of actual life</term></index>
                      <index><term>reproduction, and production of actual life</term></index>
                      Ad II. I would qualify the first of your main propositions as follows:
                      According to the materialist view of history, the determining factor in history is,
                      <emph>in the final analysis</emph>, the production and reproduction of actual life.
                      <hi rend="fluo">More than that was never maintained either by Marx or myself.</hi>
                      Now if someone distorts this by declaring the economic moment to be the
                     <emph>only</emph> determining factor, he changes that proposition into a
                      meaningless, abstract, ridiculous piece of jargon. The economic situation
                      is the basis, but the various factors of the superstructure — political
                      forms of the class struggle and its consequences, namely constitutions
                      set up by the ruling class after a victorious battle, etc., forms of law and,
                      the reflections of all these real struggles in the minds of the participants,
                      i. e. political, philosophical and legal theories, religious views and
                      the expansion of the same into dogmatic systems — all these factors
                      also have a bearing on the course of the historical struggles of
                      which, in many cases, they largely determine the form. It is in the
                      interaction of all these factors and amidst an unending multitude of
                      fortuities (i. e. of things and events whose intrinsic interconnections
                      are so remote or so incapable of proof that we can regard them as
                      non-existent and ignore them) that the economic trend ultimately
                      asserts itself as something inevitable.
                      <hi rend="fluo">Otherwise the application of the theory
                      to any particular period of history would, after all,
                      be easier than solving a simple equation of the first degree.</hi>
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      We make our history ourselves but, in the first place, under very definite
                      premises and conditions. Of these, the economic are ultimately decisive. But
                      the political, etc., and even the traditions still lingering in people’s minds,
                      play some, if not a decisive, role. […]
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      In the second place, however, history is made in such a way that the ultimate
                      result is invariably produced by the clash of many individual wills of which
                      each in turn has been made what it is by a wide variety of living conditions;
                      there are thus innumerable conflicting forces, an infinite number of
                      parallelograms of forces, productive of one result — the historical event which
                      itself may be seen as the product of a power operating unconsciously and
                      involuntarily as a whole. For what each individual wants is obstructed by every
                      other individual and the outcome is something that no one wanted. Thus, the
                      course of history up till now has been like a natural process and has, indeed,
                      been subject to much the same laws of motion. But the fact that individual wills
                      — each of which wants what it is driven to want by bodily constitution and
                      extrinsic and, in the final analysis, economic (whether personal or general
                      social) circumstances — do not attain what they want but merge into an overall
                      mean, a common resultant — does not justify the conclusion that they are
                      nonentities. On the contrary, each one contributes to the resultant and is, to
                      that extent, part and parcel of it.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <title>MECW</title>, vol. 49, p. 34-36.
                    (C’est moi qui souligne.)
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="alinea">
              Ceci est un des rares passages sur le matérialisme historique où Marx et Engels
              parlent de « la production et la reproduction de la vie réelle »
              et non seulement de la production (de l’économie).
              Par ce que la continuité de la vie suppose de faire des enfants,
              « le rapport entre homme et femme » est considéré
              <ref target="#MEideall-I-1975p61">dans l’<title>Idéologie allemande</title></ref>
              au même titre que la production des moyens d’existence.
              On peut considérer que dans la fameuse <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">préface à la <title>Contribution…</title></ref>,
              « der gesellschaftlichen Produktion ihres Lebens »
              couvre la procréation autant que la production des moyens d’existence.
              (La traduction par <term xml:lang="en">existence</term> en français et en anglais
              est un parti-pris sur le sens de <term xml:lang="de">Leben</term>.)
            </p>
            <p rend="alinea">
              Je souligne la phrase « ni Marx, ni moi n’avons jamais affirmé davantage ».
              Je pense que « davantage » veut dire « plus qu’en dernière instance ».
              Remet-il en cause
              la <ref target="#prefaceCritiqueEcoPol">préface à la <title>Contribution…</title></ref>,
              où Marx dit bien davantage, énonce des lois qui vont bien plus loin
              que ce qu’Engels dit ici essentiel dans une conception matérialiste de l’histoire ?
              Ici, Engels met d’abord en garde contre la réduction du matérialisme historique à un déterminisme économique.
              Il insiste sur l’interaction entre base et superstructure.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Cependant, il fait lui-même un glissement théorique bizarre, que je comprends mal.
              En dehors du facteur déterminant en dernière instance
              de la production et de la reproduction de la vie réelle, il y a [A] une multiplicité de facteurs.
              Cependant, ces facteurs [A] ne déterminent en fin de compte pas plus que la forme.
              Ils sont suffisamment indépendants [B] qu’on puisse les considérer comme hasard et ils finissent donc par se neutraliser.
              Ah ! penserait-on : maintenant qu’on a éliminé la diversité, on peut appliquer la théorie.
              Eh bien ! non [C]. Mais là, je ne comprends pas à quoi s’oppose « Sinon ».
              Surtout, je ne vois pas de quelle théorie on parle.
              On a commencé par la relation entre base et superstructure d’une société
              et on est passé subrepticement au changement d’une société dans l’histoire
              et à une théorie non autrement précisée. de ce changement.
            </p>
            <p rend="alinea">
              L’idée revient ensuite d’une diversité qui se neutralise, qui se résout dans une résultante,
              « une force agissant comme un tout ». En fin de compte :
              « l’histoire […] se déroule à la façon d’un processus de la nature
              et est soumise aussi, en substance, aux mêmes lois de mouvement qu’elle. »
              On est arrivé ainsi à l’extrême opposé du « jamais affirmé davantage » du départ.
              On se demande pourquoi les historiens perdent leur temps à étudier l’histoire.
              Ils feraient mieux d’étudier les lois communes du mouvement de la nature et de l’histoire,
              qui leur permettraient de déduire toute l’histoire avec une certitude absolue,
              puisque la multiplicité des facteurs et les contingences se neutralisent
              et que seules interviennent les « lois de mouvement ».
              Pourquoi alors a-t-il dit plus haut [C] que ce n’est pas si simple ?
            </p>
            <p rend="alinea">
              Cette contradiction <ref target="#DMdialectique">revient tout le temps chez Engels</ref>
              (<title>Anti-Dühring</title>, <title>Dialectique de la nature</title>…).
              D’abord, dans un désir de scientificité, il voudrait qu’il y ait des « lois de mouvement ».
              Puis dans un sursaut de matérialisme, il insiste sur la primauté des faits.
              Je pense donc qu’il faut retenir surtout le [C], qu’on ne fait pas de l’histoire
              en appliquant des recettes simples.
              Cela concorde avec ce que Marx dit
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1890-10-27Schmidt" type="level2_document">
            <head>Engels to Conrad Schmidt<seg rend="invisible">27 October 1890</seg></head>
            <bibl>
              Engels to Conrad Schmidt in Berlin. London, 27 October 1890, MECW 49, p. 57-65.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Importante longue lettre abordant,
              comme <ref target="#Engelslettre1890-08-05Schmidt">celle du 5 août</ref>,
              diverses questions théoriques.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Autonomie relative du commerce, des finances, de la bourse (la circulation) :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Where there is division of labour on a social scale,
                  the various sections become mutually independent.
                  Production is, in the final analysis, the decisive factor.
                  But as soon as trade in products becomes independent of actual production,
                  the former follows a trend of its own
                  which is, by and large, undoubtedly dictated by production but,
                  in specific cases and within the framework of that general dependence,
                  does in turn obey laws of its own, laws inherent in the nature of this new factor;
                  it is a trend having its own phases and reacting in turn on the trend of production.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 49, p. 58.</bibl>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  It is the same with the money market.
                  Once trade in money becomes divorced from trade in commodities, it will
                  — under certain circumstances determined by production
                  and by the trade in commodities and within those limits —
                  develop in its own way subject to the special laws
                  and distinctive phases determined by its own nature.
                  If, in addition and in the course of this further development,
                  the trade in money expands to comprise trade in securities,
                  the said securities being not simply government paper,
                  but also the shares of industrial and commercial concerns,
                  i. e. if the trade in money gains direct control
                  of a section of the production by which it is largely dominated,
                  then the reaction of the trade in money on production will be even stronger and more complex.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 49, p. 58-59.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il aborde alors longuement l’autonomie relative
              de la politique et du gouvernement (p. 59-60)
              puis de la loi et des professionnels de la loi (p. 60-61).
              Il passe ensuite à l’idéologie (religion, philosophie, etc., p. 61-63)
              où il faut compter avec un lourd ballast hérité d’époques révolues.
              En passant, j’apprécie la considération non seulement de l’idéologie,
              mais aussi de la science comme <term xml:lang="en">rubbish</term>,
              qui me fait penser au <term xml:lang="en">bullshit</term> de G. A. Cohen et autres.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Now as regards the more rarefied ideological fields such as religion, philosophy, etc.;
                  these have a prehistorical fund of what today would be termed rubbish
                  which was taken over lock, stock and barrel by the historical period.
                  […]
                  And even if economic necessity may have provided the main incentive
                  for progress in natural science and done so to an increasing extent,
                  it would be pedantic to seek economic causes for all this primitive rubbish.
                  The history of science is the history of the gradual elimination ofthat rubbish
                  and/or its replacement by new, if progressively less ridiculous, rubbish.
                </p>
              </quote>
              <bibl>MECW 49, p. 61, p. 62.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Il discute alors du lien entre les idées et la société de l’époque,
              comme (p. 62), en Angleterre, Hobbes puis Locke.
              Puis les Français et les Allemands.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="EngelsNeueZeit1982-1983">
            <head>
              Über historischen Materialismus
              <seg rend="invisible">(Engels, 1892-1893)</seg>
            </head>
            <bibl>
              <title>Neue Zeit</title>, XI. Jg, Bd. I 1892-1893, n<hi rend="ordinal">o</hi> 1, S. 15-20 und 42-51.
            </bibl>
            <index><term>Über historischen Materialismus</term></index>
            <index><term>matérialisme historique, Über historischen Materialismus</term></index>
            <p rend="alinea">
              J’ai été très surpris de trouver une référence à ce texte, inconnu de moi,
              en note de bas de page de <title>Matérialisme et empiriocriticisme</title> de Lénine,
              <title>Œuvres</title> 14:31, sans explication, si ce n’est traduction en allemand par Engels lui-même.
              Mais traduction de quoi ???.
              La note vient en fin d’un alinéa où Lénine parle du <title>Ludwig Feuerbach</title> d’Engels.
              Cherchant sur le titre,
              je trouve grâce à Ursula Becker (<ref target="../../biblio/Becker1990.html">Becker 1990</ref>)
              qu’il s’agit en fait d’une traduction, légèrement abrégée, de son introduction en anglais
              à l’édition anglaise de 1892 de <ref target="#utosci"><title>Socialism: Utopian and Scientific</title></ref>.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1894-01-25Borgius">
            <head>
              Engels an W. Borgius <seg rend="invisible">in Breslau, London, 25. Januar 1894</seg>
            </head>

            <bibl>
              Engels an W. Borgius in Breslau, London, 25. Januar 1894,
              <title>MEW</title> 39, p. 205-207.
            </bibl>
            <bibl>
              Engels to W. Borgius, London, January 25, 1894, <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894/letters/94_01_25.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1894/letters/94_01_25.htm</ref>.
            </bibl>
            <bibl>
              Le texte de la lettre a été communiqué par H. Starkenburg <note xml:id="StarkenbergChilde" n="1" place="bottom">
                Dans <title>History</title> (1947), V. Gordon Childe l’orthographie Starkenberg. La
                citation m’intéressait, mais j’ai eu un certain mal à retrouver la lettre.
              </note> au journal <title>Der socialistische Akademiker</title>, sans la mention du
              destinataire W. Borgius. Elle a donc longtemps été publiée comme une lettre à
              Starkenburg.
            </bibl>

            <p rend="alinea">
              <index><term>accident et nécessité en histoire</term></index>
              <index><term>base et superstructure, interaction dans l’histoire</term></index>
              <index><term>histoire, nécessité et accident</term></index>
              <index><term>humains, font leur propre histoire</term></index>
              <index><term>histoire, ce sont les humains qui la font</term></index>
              <index><term>individu, action sur l’histoire</term></index>
              <index><term>nécessité et accident en histoire</term></index>
              <index><term>science, postérieure à la technique</term></index>
              <index><term>superstructure, action en retour</term></index>
              <index><term>technique, précède la science</term></index>
              Résumé de la conception marxiste de l’histoire.
              (1) La base, ce sont les techniques de production et les relations sociales,
              dans un certain environnement géographique.
              Il y a un lien en deux sens entre science et technique, mais historiquement la technique est première.
              (2) Cette base économique est déterminante pour l’histoire.
              (a) Les différents aspects, politique, juridique, culturels… de la superstructure
              interagissent entre eux et ont une action en retour sur la base,
              laquelle est cependant déterminante en dernière instance, mais pas mécaniquement.
              Quels que soient les courants politiques et idéologiques qui les influencent,
              les hommes font l’histoire dans certaines conditions économiques
              et c’est ce qui rend l’histoire intelligible.
              (b) Les hommes font l’histoire eux-mêmes, mais pas individuellement,
              ce qui fait que la nécessité leur apparaît comme accident.
              L’action des grands hommes est celle que le moment réclamait
              et on peut ainsi décoder tous les accidents apparents.
            </p>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 52%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      1. Unter den ökonomischen Verhältnissen, die wir als bestimmende Basis der
                      Geschichte der Gesellschaft ansehen, verstehen wir die Art und Weise, worin die
                      Menschen einer bestimmten Gesellschaft ihren Lebensunterhalt produzieren und die
                      Produkte untereinander austauschen (soweit Teilung der Arbeit besteht). Also die
                      <emph>gesamte Technik</emph> der Produktion und des Transports ist da einbegriffen.
                      Diese Technik bestimmt nach unserer Auffassung auch die Art und Weise des
                      Austausches, weiterhin der Verteilung der Produkte und damit, nach der Auflösung
                      der Gentilgesellschaft, auch die Einteilung der Klassen, damit die Herrschafts-
                      und Knechtschaftsverhältnisse, damit Staat, Politik, Recht etc. Ferner sind
                      einbegriffen unter den ökonomischen Verhältnissen die <emph>geographische
                      Gründlage</emph>, worauf diese sich abspielen, und die tatsächlich überlieferten
                      Reste früherer ökonomischer Entwicklungsstufen, die sich forterhalten haben, oft
                      nur durch Tradition oder <foreign xml:lang="la">vis inertiae</foreign>, natürlich
                      auch das diese Gesellschaftsform nach außen hin umgebende Milieu.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Wenn die Technik, wie Sie sagen, ja größtenteils vom Stande der Wissenschaft
                      abhängig ist, so noch weit mehr diese vom <emph>Stand</emph> und <emph>den
                      Bedürfnissen</emph> der Technik. Hat die Gesellschaft ein technisches Bedürfnis,
                      so hilft das der Wissenschaft mehr voran als zehn Universitäten. Die ganze
                      Hydrostatik (Torricelli etc.) wurde hervorgerufen durch das Bedürfnis der Regelung
                      der Gebirgsströme, in Italien im 16. und 17. Jahrhundert. Von der Elektrizität
                      wissen wir erst etwas Rationelles, seit ihre technische Anwendbarkeit entdeckt.
                      In Deutschland hat man sich aber leider daran gewöhnt, die Geschichte der
                      Wissenschaften so zu schreiben, als wären sie vom Himmel gefallen.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      2. Wir sehen die ökonomischen Bedingungen als das in letzter Instanz die
                      geschichtliche Entwicklung Bedingende an. Aber die Rasse ist selbst ein
                      ökonomischer Faktor. Nun sind hier aber zwei Punkte nicht zu übersehen:
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      a) Die politische, rechtliche, philosophische, religiöse, literarische,
                      künstlerische etc. Entwicklung beruht auf der ökonomischen. Aber sie alle
                      reagieren auch aufeinander und auf die ökonomische Basis. Es ist nicht, daß die
                      ökonomische Lage <emph>Ursache</emph>, <emph>allein aktiv</emph> ist und alles
                      andere nur passive Wirkung. Sondern es ist Wechselwirkung auf Grundlage der
                      <emph>in letzter Instanz</emph> stets sich durchsetzenden ökonomischen
                      Notwendigkeit. Der Staat z.B. wirkt ein durch Schutzzölle, Freihandel, gute oder
                      schlechte Fiskalität, und sogar die aus der ökonomischen Elendslage Deutschlands
                      von 1648 bis 1830 entspringende tödliche Ermattung und Impotenz des deutschen
                      Spießbürgers, die sich äußerte zuerst im Pietismus, dann in Sentimentalität und
                      kriechender Fürsten- und Adelsknechtschaft, war nicht ohne ökonomische Wirkung.
                      Sie war eins der größten Hindernisse des Wiederaufschwungs und wurde erst
                      erschüttert dadurch, daß die Revolutions- und Napoleonischen Kriege das chronische
                      Elend akut machten. Es ist also nicht, wie man sich hier und da bequemerweise
                      vorstellen will, eine automatische Wirkung der ökonomischen Lage, sondern die
                      Menschen machen ihre Geschichte selbst, aber in einem gegebenen, sie bedingenden
                      Milieu, auf Grundlage vorgefundener tatsächlicher Verhältnisse, unter denen die
                      ökonomischen, sosehr sie auch von den übrigen politischen und ideologischen
                      beeinflußt werden mögen, doch in letzter Instanz die entscheidenden sind und den
                      durchgehenden, allein zum Verständnis führenden roten Faden bilden.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      b) Die Menschen machen ihre Geschichte selbst, aber bis jetzt nicht mit
                      Gesamtwillen nach einem Gesamtplan, selbst nicht in einer bestimmt abgegrenzten
                      gegebenen Gesellschaft. Ihre Bestrebungen durchkreuzen sich, und in allen solchen
                      Gesellschaften herrscht ebendeswegen die <emph>Notwendigkeit</emph>, deren
                      Ergänzung und Erscheinungsform die <emph>Zufälligkeit</emph> ist. Die Notwendigkeit,
                      die hier durch alle Zufälligkeit sich durchsetzt, ist wieder schließlich die
                      ökonomische. Hier kommen dann die sogenannten großen Männer zur Behandlung. Daß
                      ein solcher und grade dieser zu dieser bestimmten Zeit in diesem gegebenen Lande
                      aufsteht, ist natürlich reiner Zufall. Aber streichen wir ihn weg, so ist Nachfrage
                      da für Ersatz und dieser Ersatz findet sich, <foreign xml:lang="fr">tant bien que
                      mal</foreign>, aber er findet sich auf die Dauer. Daß Napoleon grade dieser Korse,
                      der Militärdiktator war, den die durch eignen Krieg erschöpfte französische Republik
                      nötig machte, das war Zufall; daß aber in Ermangelung eines Napoleon ein andrer
                      die Stelle ausgefüllt hätte, das ist bewiesen dadurch, daß der Mann sich jedesmal
                      gefunden, sobald er nötig war: Cäsar, Augustus, Cromwell etc. Wenn Marx die
                      materialistische Geschichtsauffassung entdeckte, so beweisen Thierry, Mignet,
                      Guizot, die sämtlichen englischen Geschichtsschreiber bis 1850, daß darauf
                      angestrebt wurde, und die Entdeckung derselben Auffassung durch Morgan beweist,
                      daß die Zeit für sie reif war und sie eben entdeckt werden <emph>mußte</emph>.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      So mit allem andern Zufälligen und scheinbar Zufälligen in der Geschichte. Je
                      weiter das Gebiet, das wir grade untersuchen, sich vom Ökonomischen entfernt und
                      sich dem reinen abstrakt Ideologischen nähert, desto mehr werden wir finden, daß
                      es in seiner Entwicklung Zufälligkeiten aufweist, desto mehr im Zickzack verläuft
                      seine Kurve. Zeichnen Sie aber die Durchschnittsachse der Kurve, so werden Sie
                      finden, daß, je länger die betrachtete Periode und je größer das so behandelte
                      Gebiet ist, daß diese Achse der Achse der ökonomischen Entwicklung um so mehr
                      annähernd parallel lauft.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Das größte Hindernis zum richtigen Verständnis ist in Deutschland die
                      unverantwortliche Vernachlässigung in der Literatur der ökonomischen Geschichte.
                      Es ist so schwer, nicht nur sich die auf der Schule eingepaukten
                      Geschichtsvorstellungen abzugewöhnen, sondern noch mehr, das Material
                      zusammenzutrommeln, das dazu nötig ist. Wer z.B. hat nur den alten G. v. Gülich
                      gelesen, der in seiner trocknen Materialsammlung doch soviel Stoff enthält zur
                      Aufklärung unzähliger politischer Tatsachen!
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Übrigens sollte Ihnen doch, glaube ich, das schöne Exempel, das Marx im
                      „18. Brumaire“ gegeben hat, schon über Ihre Fragen ziemliche Auskunft geben,
                      weil es ein praktisches Beispiel ist. Auch glaube ich im „Anti-Dühring“ I,
                      grade Kap. 9-11 Und II, 2-4 sowie III, 1 oder Einleitung und dann im letzten
                      Abschnitt des „Feuerbach“ die meisten Punkte bereits berührt zu haben.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> --><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      (1) What we understand by the economic conditions, which we regard as the
                      determining basis of the history of society, are the methods by which human beings
                      in a given society produce their means of subsistence and exchange the products
                      among themselves (in so far as division of labour exists). Thus the <emph>entire
                      technique</emph> of production and transport is here included. According to our
                      conception this technique also determines the method of exchange and, further,
                      the division of products, and with it, after the dissolution of tribal society,
                      the division into classes also and hence the relations of lordship and servitude
                      and with them the state, politics, law, etc. Under economic conditions are further
                      included the <emph>geographical basis</emph> on which they operate and those
                      remnants of earlier stages of economic development which have actually been
                      transmitted and have survived – often only through tradition or the force of
                      inertia; also of course the external milieu which surrounds this form of society.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      If, as you say, technique largely depends on the state of science, science depends
                      far more still on <emph>the state</emph> and <emph>the requirements</emph> of
                      technique. If society has a technical need, that helps science forward more than
                      ten universities. The whole of hydrostatics (Torricelli, etc.) was called forth by
                      the necessity for regulating the mountain streams of Italy in the sixteenth and
                      seventeenth centuries. We have only known anything reasonable about electricity
                      since its technical applicability was discovered. But unfortunately it has become
                      the custom in Germany to write the history of the sciences as if they had fallen
                      from the skies.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      (2) We regard economic conditions as the factor which ultimately determines
                      historical development. But race is itself an economic factor. Here, however, two
                      points must not be overlooked:
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      (a) Political, juridical, philosophical, religious, literary, artistic, etc.,
                      development is based on economic development. But all these react upon one another
                      and also upon the economic base. It is not that the economic position is the
                      <emph>cause</emph> and <emph>alone active</emph>, while everything else only has a
                      passive effect. There is, rather, interaction on the basis of the economic
                      necessity, which <emph>ultimately</emph> always asserts itself. The state, for
                      instance, exercises an influence by tariffs, free trade, good or bad fiscal
                      system; and even the deadly inanition and impotence of the German petty bourgeois,
                      arising from the miserable economic position of Germany from 1640 to 1830 and
                      expressing itself at first in pietism, then in sentimentality and cringing
                      servility to princes and nobles, was not without economic effect. It was one of
                      the greatest hindrances to recovery and was not shaken until the revolutionary and
                      Napoleonic wars made the chronic misery an acute one. So it is not, as people try
                      here and there conveniently to imagine, that the economic position produces an
                      automatic effect. Men make their history themselves, only in given surroundings
                      which condition it and on the basis of actual relations already existing, among
                      which the economic relations, however much they may be influenced by the other
                      political and ideological ones, are still ultimately the decisive ones, forming
                      the red thread which runs through them and alone leads to understanding.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      (b) Men make their history themselves, but not as yet with a collective will or
                      according to a collective plan or even in a definitely defined, given society.
                      Their efforts clash, and for that very reason all such societies are governed by
                      <emph>necessity</emph>, which is supplemented by and appears under the forms of
                      <emph>accident</emph>. The necessity which here asserts itself amidst all accident
                      is again ultimately economic necessity. This is where the so-called great men come
                      in for treatment. That such and such a man and precisely that man arises at that
                      particular time in that given country is of course pure accident. But cut him out
                      and there will be a demand for a substitute, and this substitute will be found,
                      good or bad, but in the long run he will be found. That Napoleon, just that
                      particular Corsican, should have been the military dictator whom the French
                      Republic, exhausted by its own war, had rendered necessary, was an accident; but
                      that, if a Napoleon had been lacking, another would have filled the place, is
                      proved by the fact that the man has always been found as soon as he became
                      necessary: Caesar, Augustus, Cromwell, etc. While Marx discovered the materialist
                      conception of history, Thierry, Mignet, Guizot, and all the English historians up
                      to 1850 are the proof that it was being striven for, and the discovery of the same
                      conception by Morgan proves that the time was ripe for it and that indeed it
                      <emph>had to</emph> be discovered.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      So with all the other accidents, and apparent accidents, of history. The further
                      the particular sphere which we are investigating is removed from the economic
                      sphere and approaches that of pure abstract ideology, the more shall we find it
                      exhibiting accidents in its development, the more will its curve run in a zig-zag.
                      So also you will find that the axis of this curve will approach more and more
                      nearly parallel to the axis of the curve of economic development the longer the
                      period considered and the wider the field dealt with.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      In Germany the greatest hindrance to correct understanding is the irresponsible
                      neglect by literature of economic history. It is so hard, not only to disaccustom
                      oneself of the ideas of history drilled into one at school, but still more to rake
                      up the necessary material for doing so. Who, for instance, has read old G. von
                      Gülich, whose dry collection of material nevertheless contains so much stuff for
                      the clarification of innumerable political facts!
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      For the rest, the fine example which Marx has given in the <title>Eighteenth
                      Brumaire</title> should already, I think, provide you fairly well with information
                      on your questions, just because it is a practical example. I have also, I believe,
                      already touched on most of the points in <title>Anti-Dühring</title> I,
                      chapters 9-11, and II, 2-4, as well as in III, I, or Introduction, and then in the
                      last section of <title>Feuerbach</title>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

          </div>

          <div xml:id="Engelslettre1895-03-12Schmidt" type="level2_document">
            <head>
              Engels à Conrad Schmidt<seg rend="invisible">, le 12 mars 1895</seg>
            </head>
            <bibl>Friedrich Engels, lettre à Conrad Schmidt, Londres,
            le 12 mars 1895. Marx, Engels, <title>Études philosophiques</title>,
            Éditions sociales, Paris, 1973, p. 256-259. (Marx, Engels, <title>Lettres
            sur les sciences de la nature</title>, Éditions sociales, Paris, 1973,
            lettre 131, p. 127, seulement pour la deuxième partie.)</bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P.  257.</note>Les objections que vous faites
                à la loi de la valeur atteignent tous les concepts, à les considérer du point de vue
                de la réalité. L’identité de la pensée et de l’être, pour reprendre la terminologie
                hégélienne, coïncide partout avec votre exemple du cercle et du polygone. Ou encore,
                le concept d’une chose et la réalité de celle-ci sont parallèles, comme deux
                asymptotes qui se rapprochent sans cesse l’une de l’autre sans jamais se rejoindre.
                Cette différence qui les sépare, c’est précisément celle qui fait que le concept
                n’est pas d’emblée, immédiatement, la réalité et que la réalité n’est pas
                immédiatement son propre concept. Du fait qu’un concept possède le caractère
                essentiel d’un concept, donc qu’il ne coïncide pas d’emblée, prima facie, avec la
                réalité, dont il a fallu d’abord l’abstraire, de ce fait il est toujours plus qu’une
                simple fiction, à moins que vous n’appeliez fictions tous les résultats de la pensée,
                parce que la réalité ne correspond à ces résultats que par un long détour et, même
                alors, ne s’en rapproche jamais que de manière asymptotique.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 258-259, resp. 127.</note>[…] Ou bien
                encore : faut-il dire que les concepts qui dominent dans les sciences de la nature
                sont des fictions parce qu’il s’en faut de beaucoup qu’ils coïncident toujours
                exactement avec la réalité ? À partir du moment où nous acceptons la théorie de
                l’évolution, tous nos concepts de la vie organique ne correspondent plus que de façon
                approximative à la réalité. Sinon il n’y aurait pas de transformation ; le jour où
                concept et réalité coïncideront absolument dans le monde organique c’en sera fini de
                l’évolution. Le concept de poisson implique l’existence dans l’eau et la respiration
                par les branchies ; comment voulez-vous passer du poisson à l’amphibie sans briser ce
                concept ? Et effectivement il a été brisé, et nous connaissons toute une série de
                poissons dont la vessie natatoire s’est développée jusqu’à devenir poumon et qui
                peuvent respirer de l’air. Comment voulez-vous passer du reptile ovipare au mammifère
                qui met au monde des petits vivants sans faire entrer en conflit avec la réalité l’un
                des deux concepts, ou les deux à la fois ? Et effectivement nous avons avec les
                monotrèmes toute une sous-catégorie de mammifères ovipares — j’ai vu à Manchester en
                1843 les œufs de l’ornithorynque et je me suis moqué, avec autant d’étroitesse
                d’esprit que d’arrogance, de cette stupidité : comme si un mammifère pouvait pondre !
                Et voilà qu’aujourd’hui c’est démontré. Ne faites donc pas au concept de valeur ce
                que j’ai fait, moi, à l’ornithorynque, à qui j’ai dû, après coup, présenter mes
                excuses ! […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il avoue avoir été arrogant en 1843…</p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Capital-III" type="level1_Livre">
          <head>
            <title>Le Capital</title>,
            <lb/>Livre troisième : Le procès d’ensemble de la production capitaliste [1894]
          </head>

          <div xml:id="Capital-IIIedit" type="level2_">
            <head>
              Indications sur les éditions du Livre III du <title>Capital</title>
            </head>
            <index><term>Capital, Livre III, éditions en allemand, français, néerlandais, anglais</term></index>
            <index><term>édition, du Livre III du Capital de Marx en allemand, français, néerlandais, anglais</term></index>
            <index><term>Livre III du Capital de Marx, éditions en allemand, français, néerlandais, anglais</term></index>

            <list rend="fakedivs">
              <label xml:id="Capital-IIIedit-de">
              En allemand :
              </label>
              <item>
                <list>
                  <label><hi rend="gras">1894</hi></label>
                  <item>
                    Octobre 1894, première édition allemande du Livre III, par Engels.
                    (Engels décède le 5 août 1895.)
                    En ligne, le volume 1 : <ref target="https://archive.org/details/bub_gb_5iw7AAAAMAAJ">https://archive.org/details/bub_gb_5iw7AAAAMAAJ</ref>.
                  </item>

                  <label><hi rend="gras">1904</hi></label>
                  <item>
                    Deuxième édition allemande.
                    En ligne, le premier volume : <ref target="https://archive.org/details/bub_gb_Vz4oAAAAYAAJ">https://archive.org/details/bub_gb_Vz4oAAAAYAAJ</ref>.
                    <seg>
                On peut lire en ligne (avec de bons yeux et un grand écran) un microfilm du
                <title>Capital</title> complet, les trois livres. C’est :
                <ref target="https://archive.org/details/daskapitalkritik01marx">archive.org/details/daskapitalkritik01marx</ref>.
              </seg><note xml:id="Capital-IIIedit-not1" n="1" place="bottom">
                      <seg>
                On a photographié le livre ouvert, donc deux pages.
                (Comme la liseuse d’archive.org présente toujours aussi deux pages de livre ouvert,
                elle présente deux pages du microfilm, donc quatre pages de livre !)
                On peut télécharger le microfilm en Djvu (qui est parfaitement lisible) ou en PDF.
                Dans la pagination de la copie Djvu du microfilm, on trouve une
                page de séparation Volume 1 en page 8. Ce Livre I est un volume de Columbia
                University (p. 10) dont les premières pages sont écornées. La page de titre manque
                et on n’a donc pas la date, mais c’est en version 4 d’après les préfaces. La
                première page visible (p. 11) est celle de la dédicace à Wolff. La table des
                matières du Livre I vient en p. 24. Les Livre II et Livre III sont tous deux de 1922
                chez Meissner. Le Livre I pourrait être de la même réédition. Page de séparation
                Volume 2 en page 423. Page de titre du Livre II en p. 425, table des matières p. 437.
                Page de séparation Volume 3 en page 692. Page de titre du premier volume du Livre III
                en p. 695, table des matières p. 708 (chapitres 1 à 28). Ce qui précède est toujours
                de Columbia. Le deuxième volume du Livre III est de Syracuse University (p. 937).
                Page de titre p. 938, table des matières p. 939 (chapitres 29 à 42). Le texte de Marx
                qui se termine en p. 1152 est complet.
              </seg>
                    </note>
                  </item>
                </list>
              </item>

              <label xml:id="Capital-IIIedit-fr">En français :</label>
              <item>
                <list>
                  <label><hi rend="gras">1901-1902</hi></label>
                  <item>
                    Traduction française du Livre III (en deux volumes, de 1901 et de 1902)
                    par Julian Borchardt et Hippolyte Vanderrydt chez V. Giard et É. Brière, Paris <note xml:id="notCapIIIfr1900Solvay" n="2" place="bottom">
                      Voir <ref target="#CapIIfr1900">note à propos du Livre II</ref>.
                    </note>.
                    Attention, la traduction Borchardt-Vanderrydt est par moments <emph>d’assez piètre qualité</emph>,
                    parfois à la limite du contre-sens : voir un exemple <ref target="#l3t1p342">ci-dessous</ref>.
                    Bien qu’<ref target="http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/capital/capital_livre_3/capital_livre_3_1/capital_livre_3_1.html">on la trouve en ligne</ref> (peut-être la seule), <emph>il vaut mieux s’abstenir</emph> de l’utiliser
                    — aller à la bibliothèque consulter celle des Éditions sociales ; <ref target="https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_19.htm#ftnref7">Marxists.org</ref> reprend malheureusement de <ref target="https://classiques.uqam.ca/classiques/Marx_karl/marx_karl.html">Chicoutimi</ref>
                    la pauvre traduction Borchardt-Vanderrydt.
                  </item>

                  <label><hi rend="gras">1930</hi></label>
                  <item>
                    Traduction française de l’ensemble du <title>Capital</title> par J. Molitor chez Alfred Costes, Paris.
                    Une phrase du <title>Livre III</title> pour laquelle <ref target="../manuel/index.html">le <title>Manuel d’économie politique</title></ref>
                    renvoie à l’édition Costes de 1930 est plus brève encore celle que donne marxists.org selon la traduction de 1902.
                    Il faudrait donc sans doute prendre avec des pincettes aussi la traduction Molitor.
                    Dans mon édition du <title>Manuel</title>, j’ai repris pour <ref target="../manuel/chap03sect02.html#term03rentenat">cette phrase</ref>
                    la traduction des Éditions sociales, ci-dessous.
                  </item>

                  <label><hi rend="gras">É. S., années 40 à 60</hi></label>
                  <item>
                    <title>Le Capital</title> (les trois livres), Éditions sociales, Paris,
                    en huit volumes, différentes années de la fin des années quarante aux années soixante.
                    Le Livre III (en trois tomes) est traduit par M<hi rend="exposant">me</hi> C. Cohen-Solal et Gilbert Badia. On trouve quelques chapitres en <ref target="http://321ignition.free.fr/imp/fr/lin/pag_008/Marx_001.htm">321ignition.free.fr/imp/fr/lin/pag_008/Marx_001.htm</ref>.
                    Dans mes notes, je me réfère à cette édition ; parfois aussi à celle de 1976.
                  </item>
                  <label xml:id="CapIIIfr1965rubel"><hi rend="gras">1965</hi></label>
                  <item>
                    Dans l’édition de La Pléiade, Gallimard, Paris, due à Maximilien Rubel,
                    le choix des textes et le plan des Livre II et Livre III serait très personnel.
                    (Rubel n’aimait pas Engels et prétend « retourner à Marx ».)
                    C’est donc une édition à déconseiller.
                    Attention qu’elle peut être reprise sous d’autres apparences
                    (comme <ref target="#CapIIIfr2008rubel">la Folio de 2008</ref>).
                  </item>

                  <label><hi rend="gras">1976</hi></label>
                  <item>
                    Éditions sociales.
                    (Volume 3 d’un <title>Capital</title> en trois volumes, un par Livre.)
                  </item>

                  <label><hi rend="gras">1976</hi> (?)</label>
                  <item>
                    Nouvelle Frontière, 188 rue Ontario Est, Montréal H2X 1H5
                    <!-- https://www.openstreetmap.org/#map=17/45.513572/-73.565939
                    Le 188 (entre 164 et 206) est, maintenant du moins, séparé de la rue par un parking -->
                    (éditeur alternatif éphémère),
                    sans doute un fac-similé du précédent, © 1976 Éditions sociales.
                    <!-- https://pascontent.sedrati-dinet.net/public/capital_3_ed_sociales.pdf -->
                  </item>

                  <label><hi rend="gras">1984</hi></label>
                  <item>
                    Éditions du Progrès, Moscou, © 1976 Éditions sociales,
                    © 1984 Éditions du Progrès pour la présentation et les notes.
                  </item>

                  <label xml:id="CapIIIfr2008rubel"><hi rend="gras">2008</hi></label>
                  <item>
                    « Intégrale » (douteuse) du <title>Capital</title> en coffret de deux volumes
                    (Livre I ; Livres II et III), Folio Essais 500 et 501, Gallimard, Paris.
                    C’est un facsimilé de l’<ref target="#CapIIIfr1965rubel">édition de La Pléiade de 1965</ref>,
                    donc avec toutes ses particularités, mieux que rien mais peu recommandable.
                  </item>
                </list>
              </item>

              <label xml:id="Capital-IIIedit-en">En anglais :</label>
              <item>
                <list>
                  <label><hi rend="gras">1909</hi></label>
                  <item xml:id="Capital-IIIedit-en1909">
                    Traduction anglaise (américaine) du Livre III (trad. par Ernest Untermann de la
                    première édition allemande, chez Charles H. Kerr and Co. — on trouve cette édition
                    en ligne en <ptr target="http://www.econlib.org/library/YPDBooks/Marx/mrxCpBCover.html"/> ou en
                    <ptr target="http://oll.libertyfund.org/title/967"/>.
                  </item>
                </list>
              </item>
            </list>

            <p rend="alineasep">
              Après les <title>Grundrisse</title> rédigés entre juillet 1857 et juin 1858,
              Marx travaille à la <title>Contribution à la critique de l’économie politique</title>
              et aux <title>Théories sur la plus-value</title> (1861-1863).
              Il travaille aux Livre II et Livre III du <title>Capital</title> en 1863-1865<note xml:id="not1" n="1" place="bottom">
                Haymarket offre en octobre 2017 le <title>Marx’s Economic Manuscript of 1864-1865</title>,
                <index><term>9781608466900</term></index> <index><term>978-1-60846-690-0</term></index>
                edited by Fred Moseley (ISBN : <idno type="ISBN">978-1-60846-690-0</idno>),
                comme la traduction en anglais du véritable Livre III de Marx.
              </note>,
              avant de terminer de 1865 à 1867 le Livre I publié en 1867
              (dans le courant de septembre, lettre à Laura du 23 septembre, MECW 42:431).
              (Le Livre I que nous lisons aujourd’hui,
              c’est plutôt <ref target="#Capital-Iversions">celui de 1872</ref>.)
              Je ne sais pas dans quelle mesure Marx a continué à travailler
              aux Livre II et Livre III entre la fin de la publication du Livre I
              (au printemps 1873 en allemand et 1875 ou 1876 en français)
              et son décès en 1883.
              Engels publie le Livre III du <title>Capital</title>
              en éditant ce qu’il a trouvé des manuscrits de Marx.
              Il explique en octobre 1894 dans <ref target="#Capital-IIIpref">la préface</ref>
              l’étendue de ses interventions et comment il les a marquées de ses initiales,
              et il y revient en 1895 dans le <ref target="#Capital-IIIsup">« Complément et supplément »</ref>.
            </p>
          </div>
          <!-- Index de 1976 :
          Valeur. Loi de la —
          [Engels] 12-13, 16, 19, 25-39
          Chapitre 10 179, 181, 182,
          Rente foncière 582-583,
          763-764,
          793, 794. -->

          <div xml:id="Capital-IIIpref">
            <head>Préface</head>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Là où les modifications et les additifs que j’ai apportés ne sont pas uniquement de nature rédactionnelle,
                  ou bien lorsque j’ai été obligé d’élaborer la documentation sur les faits apportée par Marx
                  pour en tirer moi-même des conclusions — tout en respectant le plus possible l’esprit de Marx —
                  tout le passage a été placé entre parenthèses et signé de mes initiales.
                  Dans mes notes de bas de page, ces parenthèses manquent quelquefois ;
                  mais partout où j’ai signé de mes initiales, je suis responsable de toute la note.
                </p>
              </quote>
              <bibl>Londres, le 4 octobre 1894, F. Engels. (Livre III, t. 1, p. 9.)</bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IIIsup">
            <head>Complément et supplément au Livre III du <title>Capital</title></head>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Dans cette édition, j’ai tenu avant tout à établir un texte aussi authentique que possible,
                  à présenter, chaque fois que je le pouvais,
                  les derniers résultats des recherches de Marx dans ses propres termes
                  et à n’entrer en scène que quand c’était absolument inévitable ;
                  dans ce cas, il importait que le lecteur n’ait aucun doute sur la personne qui s’adressait à lui.
                </p>
              </quote>
              <bibl>Friedrich Engels, 1895. (Livre III, t. 1, p. 26.)</bibl>
            </cit>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="alinea">
              Engels risque ici une opinion personnelle surprenante sur la valeur dans l’histoire.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34%;">
                <cit xml:lang="de">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Mit einem Wort: das Marxsche Wertgesetz gilt allgemein,
                      soweit überhaupt ökonomische Gesetze gelten,
                      für die ganze Periode der einfachen Warenproduktion,
                      also bis zur Zeit, wo diese durch den Eintritt der kapitalistischen Produktionsform eine Modifikation erfährt.
                      […]
                      Das Marxsche Wertgesetz hat also ökonomisch-allgemeine Gültigkeit für eine Zeitdauer,
                      die vom Anfang des die Produkte in Waren verwandelnden Austausches
                      bis ins fünfzehnte Jahrhundert unsrer Zeitrechnung dauert.
                      Der Warenaustausch aber datiert von einer Zeit, die vor aller geschriebnen Geschichte liegt,
                      die in Ägypten auf mindestens drittehalbtausend, vielleicht fünftausend,
                      in Babylonien auf viertausend, vielleicht sechstausend Jahre vor unsrer Zeitrechnung zurückführt;
                      das Wertgesetz hat also geherrscht während einer Periode von fünf bis sieben Jahrtausenden.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MEW 25:909.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 33%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>période historique de la production simple de marchandises</term></index>
                      <index><term>production simple de marchandises, période historique</term></index>
                      Bref, la loi de la valeur de Marx est généralement valable,
                      pour autant toutefois que des lois économiques peuvent l’être,
                      pour toute la période de la production simple de marchandises,
                      donc jusqu’au moment où cette dernière subit une modification
                      par l’avènement du mode de production capitaliste.
                      […]
                      La loi de la valeur de Marx est donc économiquement valable en général
                      pour une période allant du début de l’échange qui transforme les produits en marchandises
                      jusqu’au XV<hi rend="ordinal">e</hi> siècle de notre ère.
                      Mais l’échange de marchandises remonte à une époque préhistorique
                      qui nous ramène en Égypte au moins à 3 500, peut-être 5 000,
                      à Babylone à 4 000 et peut-être 6 000 années avant notre ère ;
                      la loi de la valeur a donc régné pendant une période de 5 000 à 7 000 ans.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>Éditions sociales 1976, p. 32-33.</bibl>
                </cit>
              </item><!--
              <item style="width: 25%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </quote>
                  <bibl></bibl>
                </cit>
              </item> -->
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      In a word: the Marxian law of value holds generally, as far as economic laws are valid at all,
                      for the whole period of simple commodity production, that is,
                      up to the time when the latter suffers a modification
                      through the appearance of the capitalist form of production.
                      […]
                      Thus the Marxian law of value has general economic validity
                      for a period lasting from the beginning of exchange,
                      which transforms products into commodities, down to the 15th century of the present era.
                      But the exchange of commodities dates from a time before all written history,
                      which in Egypt goes back to at least 2500 B. C., and perhaps 5000 B. C.,
                      and in Babylon to 4000 B. C., perhaps 6000 B. C.; thus the law of value
                      has prevailed during a period of from five to seven thousand years.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>MECW 37:887.</bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <p rend="alinea">
              Les catégories de Marx, dans sa critique de l'économie politique,
              ne valent pleinement que dans le mode de production capitaliste
              et c'est là-dessus, entre autres, que porte sa critique de ses prédécesseurs.
              Cela dit, on ne peut pas ne pas se demander dans quelle mesure
              elles seraient quand même applicables à des époques antérieures.
              C'est une démarche légitime, à mener avec prudence, sur la base des faits.
              Engels a raison de se poser la question de l'application au passé
              de la catégorie de valeur, mais sa réponse est sans doute trop catégorique.
              Marx dit quelque chose dans ce sens au chapitre 10,
              mais en avançant certaines conditions que Engels ne reprend pas ici.
              Je problème se pose aussi, vu l'inachèvement du Livre III par Marx,
              de savoir ce qui, dans ce passage du chapitre 10, et plus de Marx ou d'Engels.
            </p>
            <p rend="alinea">
              La question se pose différemment selon les époques
              et les nombreuses sociétés différentes à une même époque.
              On ne peut pas analyser en bloc, comme une formation sociale unique,
              plusieurs milliers d'années d'histoire plus ou moins marchande dans le vaste monde.
              Les premiers chapitres du Livre I ne font pas la théorie de la société marchande en général,
              mais l'introduction à la théorie de cette formation sociale très particulière
              qu'est le capitalisme, première formation pleinement marchande.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Dans le Livre I du <title>Capital</title>, Marx commence par considérer la marchandise.
              On échange des marchandises de valeurs d’usage différentes, incommensurables.
              On les échange dans des proportions régulières, les valeurs d’échange.
              On pourrait parler de valeur d'échange, même dans un passé très lointain,
              lorsque deux marchandises s'échangent régulièrement, même seulement en troc, sans monnaie.
              Ce n'est que dans une société pleinement marchande et de libre entreprise
              (c'est-à-dire seulement sous le capitalisme)
              que les producteurs sont amenés à n'échanger plus que des quantités égales de travail.
              (C’est du travail abstrait.
              Les échanges égalisent aussi les différences entre des travaux différents
              et les différences de dextérité dans un même type de travail :
              c’est un travail socialement nécessaire.)
              C'est ainsi que, sous le capitalisme, naissent la valeur et la loi de la valeur<!-- , et
              dont les valeurs d'échange ne sont alors plus que les formes phénoménales -->.<!--
              Ces valeurs d’échange supposent que les marchandises aient quand même une chose en commun,
              la valeur, dont la substance est le travail, lequel est mesuré en temps.
              Le prix, c’est la valeur d’échange avec une marchandise étalon, souvent or ou argent.
              Si les valeurs d’échange reflètent les valeurs (temps de travail) des marchandises,
              il en est du même du prix. -->
              Ça c’est en principe. Au Livre III, Marx introduit les prix de production.
              Les compositions organiques différentes des capitaux donnent des taux de profit différents.
              Une tendance à l’égalisation des taux de profit conduit à des prix de production
              qui ne correspondent plus à la valeur.
            </p>
            <p rend="alinea">
              La motivation d’Engels en écrivant la première partie, la plus longue, de ce supplément
              est de défendre cette <term>loi de la valeur</term>.
              L’idée de valeur travail était commune dans l’économie politique avant Marx.
              (Mais pas, que je sache, avant le capitalisme.)
              Des économistes critiquent la théorie de la valeur de Marx
              dans la mesure où lui-même semble l’abandonner avec les prix de production.
              À quoi servirait encore un concept de valeur qui ne correspond plus à rien
              puisque les prix ne correspondent pas à cette valeur.
              Pour sauver la valeur, Engels tente de montrer
              que la loi de la valeur aurait incontestablement fonctionné
              pendant « toute la période de la production simple de marchandises »,
              pendant peut-être huit mille ans, de manière ouverte,
              tandis que sous le capitalisme elle est cachée.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Mais le concept de valeur chez Marx et la loi de la valeur ne valent que pour la marchandise
              dans une société totalement marchande ou presque, c’est-à-dire capitaliste.<!--
              Ce qu’Engels appelle <term>loi de la valeur</term>,
              c’est plutôt la <term>définition</term> de la valeur sur la base du travail,
              la <term>loi</term> selon laquelle la valeur concorde avec la quantité de travail incorporé. -->
              Le <term>travail abstrait</term> est une abstraction réelle,
              abstraction que réalise seulement un échange généralisé de marchandises,
              ce qui n’existe pas avant le capitalisme.
              La généralisation de l’échange a pour conséquence que les échangeurs
              échangent des quantités équivalentes de travail abstrait sans devoir les calculer.
              Il est donc absurde de faire remonter une telle société marchande et la loi de la valeur
              à la préhistoire de l’Égypte ou de la Mésopotamie.
              Le concept de <term xml:lang="de"/>Periode der einfachen Warenproduktion
              (<term>production simple de marchandises</term>) est étranger à Marx.<!--
              Je suis pas sûr qu’on ait aujourd’hui une idée claire de la fixation des prix
              (ou des valeurs d’échange avant la monnaie) dans les sociétés anciennes
              et on en connaissait encore beaucoup moins du temps de Marx et d’Engels. -->
            </p>
            <p rend="alinea">
              La discussion de la marchandise au Livre I du <title>Capital</title>
              est une approche théorique, non historique.
              Marx s’occupe d’abord de la marchandise et de sa valeur, avant
              — et c’est là seulement que le capitalisme entre en scène —
              de passer à l’achat de la force de travail (et de sa valeur) et à la plus-value.
              Mais que la valeur de la marchandise soit abordée théoriquement
              avant de <emph>parler</emph> du capital
              ne veut pas dire qu’elle est abordée <emph>historiquement</emph>
              dans une mythique époque de production simple de marchandises antérieure au capitalisme.
            </p>
            <p rend="alinea">
              La difficulté est que la rédaction du Livre III (1863-1865)
              est antérieure à la rédaction du Livre I pour sa publication en 1867.
              En outre, Marx a encore resserré les boulons pour la deuxième édition du Livre I en 1872.
              Je pense (et je ne suis pas le seul<note xml:id="Capital-IIIsup-not1" n="1" place="bottom">
                Voir, entre autres,
                Christopher J. Arthur, « The Myth of ‘Simple Commodity Production’ », 2005,
                dans les <title>Marx Myths and Legends</title>, en ligne <ref target="https://www.marxists.org/subject/marxmyths/chris-arthur/article2.htm">dans Marxists Internet Archive</ref>.
                Aussi Michael Heinrich,
                « Engels’ Edition of the Third Volume of
                <title>Capital</title> and Marx’s Original Manuscript »,
                <title>Science &amp; Society</title>, Vol. 60. No. 4, Winter 1996-1997, 452-466,
                en ligne <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/editorial/heinrich.htm">dans Marxists Internet Archive</ref>.
              </note>)
              que le Livre I exclut l’interprétation <emph>historique</emph> d’Engels,
              bien que Marx lui-même semble admettre une dimension historique
              au <ref target="#Capital-IIIchap10">chapitre 10 du Livre III</ref>,
              mais seulement pour des échanges répondant à de strictes conditions.
              (Et dans le Livre III, on ne sait pas ce qui est vraiment de Marx
              ou bien d'Engels.)
            </p><!--
            <p rend="alinea">
              Les catégories de Marx, dans sa critique de l'économie politique,
              ne valent pleinement que dans le mode de production capitaliste
              et c'est là-dessus, entre autres, que porte sa critique de ses prédécesseurs.
              Cela dit, on ne peut pas ne pas se demander dans quelle mesure
              elles seraient quand même applicables à des époques antérieures.
              C'est une démarche légitime, à mener avec prudence, sur la base des faits.
              La réponse sera différente selon les époques
              et les nombreuses sociétés différentes à une même époque.
              On ne peut pas analyser en bloc, comme une formation sociale unique,
              plusieurs milliers d'années d'histoire plus ou moins marchande dans le vaste monde.
              Les premiers chapitres du Livre I ne font pas la théorie de la société marchande en général,
              mais l'introduction à la théorie de cette formation sociale très particulière
              qu'est le capitalisme, première formation pleinement marchande.
              Engels attaque donc une question intéressante, mais y répond maladroitement.
              Ce n'est que dans une société pleinement marchande et de libre entreprise
              que les producteurs sont amenés à n'échanger plus que des quantités égales de travail.
              C'est la loi de la valeur, valeur
              dont les valeurs d'échange ne sont alors plus que les formes phénoménales.
              Je suis donc en désaccord avec Engels.
              Dès que des marchandises s'échangent régulièrement,
              elles doivent le faire dans un rapport déterminé : les valeurs d'échange.
              Mais la loi de la valeur, ça, ça ne commence qu'avec le capitalisme.
            </p> -->
          </div>

          <div xml:id="Capital-IIIsect1" type="level2_sect">
            <head>
              Première section — La transformation de la plus-value en profit
              et du taux de plus-value en taux de profit
            </head>

            <div xml:id="Capital-IIIchap1" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre premier — Coût de production et profit
              </head>
              <bibl>
                Livre III, t. 1, p. 47 et suivantes.
              </bibl>

              <cit>
                <quote xml:id="l3t1p47">
                  <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap1ESt1p47"><label rend="invisible">Capital III, chap. 1, É.S. t. 1, p. 47.</label>
                    <index><term>abstraction</term></index>
                    <index><term>concret</term></index>
                    <index><term>conscience des agents de la production</term></index>
                    <pb xml:id="CapIIIt1p47" n="47"/>Dans le Livre I<hi rend="ordinal">er</hi>,
                    nous avons étudié les divers aspects que présente le <emph>procès de production </emph> capitaliste,
                    en soi, en tant que procès de production immédiat, et, dans cette étude,
                    nous avons fait abstraction de tous les effets secondaires résultant de facteurs étrangers à ce procès.
                    […] Dans ce Livre III, […] Il s’agit au contraire de découvrir et de décrire les formes concrètes
                    auxquelles donne naissance <emph>le mouvement du capital comme un tout</emph>.
                    C’est sous ces formes concrètes que s’affrontent les capitaux dans leur mouvement réel […]
                    Les formes du capital que nous allons exposer dans ce livre le rapprochent
                    progressivement de la forme sous laquelle il se manifeste dans la société,
                    à sa surface, pourrait-on dire, dans l’action réciproque des divers capitaux,
                    dans la concurrence et dans la conscience ordinaire des agents de la production eux-mêmes.
                  </p>
                </quote>
              </cit>


              <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap1ESt1p48"><label rend="invisible">Capital III, chap. 1, É.S. t. 1, p. 48.</label>
                    <index><term>coût de production, coût en capital vs coût réel, en travail</term></index>
                    <index><term>plus-value, et coût de production</term></index>
                    Cette portion de valeur de la marchandise
                    [capital constant, <distinct>c</distinct>, et capital variable, <distinct>v</distinct>],
                    qui remplace le prix des moyens de production consommés et de la force de travail employée,
                    ne fait que remplacer ce que la marchandise coûte au capitaliste lui-même :
                    pour lui, elle constitue le coût de production de la marchandise.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    À dire vrai, il y a là deux grandeurs tout à fait différentes :
                    ce que la marchandise coûte au capitaliste et ce que coûte la production de la marchandise elle-même.
                    La fraction de la valeur de la marchandise constituée par la plus-value ne coûte rien au capitaliste,
                    précisément parce qu’elle coûte à l’ouvrier du travail non payé.
                    Mais, sur la base de la production capitaliste, l’ouvrier, une fois entré dans le procès de production,
                    constitue une partie intégrante du capital productif en fonction qui appartient au capitaliste ;
                    ce dernier est donc le véritable producteur de marchandises
                    et il lui apparaît nécessairement que ce qui est pour lui coût de production constitue le coût réel de la marchandise.
                    […]
                  </p>
                  <p rend="alinea">[…]</p>
                  <p rend="alinea">
                    Le coût de la marchandise se mesure, du point de vue capitaliste, à la dépense de <emph>capital</emph>,
                    son coût réel à la dépense de <emph>travail</emph>.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>É. S.: 48. 1976:46.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                On a donc ici la définition du <term>coût de production</term> de la marchandise :
                la fraction de capital constant et de capital variable qu’elle coûte au capitalisme.
                (On trouve des « coûts de production » en passant au Livre I, en parlant de Ricardo, par exemple.)
                Quant à ce qu’il veut dire par « ce que coûte la production de la marchandise elle-même » (ci-dessus),
                il le reformule l’instant d’après : « son coût réel [se mesure] à la dépense de <emph>travail</emph> »
                (et dans la phrase suivante : « sa valeur ou son coût de production réel »).
                C’est donc la valeur.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap6" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 6 — Effets des changements de prix
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 1, p. 123.</bibl>

              <div xml:id="Capital-IIIchap6par2" type="level4_para">
                <head>
                  2. — Accroissement de valeur et dévalorisation, libération et fixation du capital
                </head>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap6ESt1p135"><label rend="invisible">Capital III, chap. 6, É.S. t. 1, p. 135.</label>
                      <index><term>matière première, variation de prix</term></index>
                      <index><term>conditions naturelles, prix</term></index>
                      <index><term>saisons, influence des —</term></index>
                      <index><term>fluctuations de prix</term></index>
                      <pb xml:id="CapIIIt1p135un4" n="135¼"/>Si le prix de la matière première s’accroît,
                      il peut arriver qu’il soit impossible de la remplacer complètement,
                      après avoir prélevé le salaire sur la valeur de la marchandise.
                      En conséquence, de brutales fluctuations de prix provoquent des interruptions,
                      de graves perturbations et même des catastrophes dans le procès de reproduction.
                      Ce sont surtout les produits de l’agriculture proprement dits,
                      les matières premières provenant de la nature organique,
                      qui sont soumis à de telles variations de valeur par suite des changements dans les récoltes, etc.
                      (Ici encore nous faisons tout à fait abstraction du système de crédit.)
                      Par suite de conditions naturelles tout à fait incontrôlables, de saisons favorables ou non, etc.,
                      la même quantité de travail peut, en ce domaine, se traduire par des quantités fort différentes de valeurs d’usage
                      et une mesure déterminée de ces valeurs d’usage aura de ce fait un prix qui variera beaucoup.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap6ESt1p135a"><label rend="invisible">Capital III, chap. 6, É.S. t. 1, p. 135.</label>
                      <index><term>matières premières, demande et offre</term></index>
                      <index> <term>matières premières, hausse de prix</term> </index>
                      <index><term>produits de remplacement</term></index>
                      <pb xml:id="CaoIIIt1p135" n="135¾"/>… il est dans la nature des choses que
                      des matières végétales et animales, dont la croissance et la production sont
                      soumises à des lois organiques déterminées dépendant de certaines périodes
                      naturelles, ne puissent être soudainement multipliées, dans la même mesure
                      que des machines, par exemple, ou tout autre capital fixe, charbon, minerais,
                      etc., dont la multiplication peut se produire en un temps très court dans un
                      pays industrialisé, si l’on suppose réalisées les autres conditions naturelles.
                      Il est donc possible et même inévitable dans une production capitaliste
                      développée que la production et la multiplication de la portion de capital
                      constant consistant en capital fixe, outillage, etc., prenne une avance
                      considérable sur la portion constituée par des matières premières
                      organiques, de sorte que la demande de ces matières premières augmente
                      plus vite que l’offre et que partant leur prix monte. Cette hausse de
                      prix a en pratique pour conséquence : <pb xml:id="CapIIIt1p136" n="136"/>1<hi rend="ordinal">o</hi> l’importation
                      de ces matières premières de contrées plus lointaines,
                      la hausse de prix couvrant des frais de transport plus élevés ;
                      2<hi rend="ordinal">o</hi> le développement de leur production,
                      mais ce fait, de par la nature des choses, risque de ne pouvoir
                      accroître réellement la masse des produits qu’un an plus tard ;
                      et 3<hi rend="ordinal">o</hi> l’utilisation de toutes sortes de produits
                      de remplacement qu’on négligeait jusqu’ici.
                      Il en résulte aussi qu’on use des déchets avec plus d’économie.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>

                <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap6ESt1p138deu3"><label rend="invisible">Capital III, chap. 6, É.S. t. 1, p. 138.</label>
                      <index><term>agriculture capitaliste, incompatible avec agriculture rationnelle</term></index>
                      <index><term>agriculture rationnelle</term></index>
                      <index><term>agriculture collective</term></index>
                      <pb xml:id="CapIIIt1p138deu3" n="138⅔"/>La morale de l’histoire que l’on peut
                      tirer aussi d’une étude de l’agriculture, c’est que le système capitaliste
                      s’oppose à une agriculture rationnelle ou que l’agriculture rationnelle est
                      incompatible avec le système capitaliste (bien qu’il favorise son développement
                      technique) et qu’elle nécessite l’intervention du petit paysan qui travaille
                      lui-même sa terre ou le contrôle des producteurs associés.
                    </p>
                  </quote>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Cette « morale de l’histoire » conclut une discussion économique sur l’instabilité
                  du capitalisme. Il ne s’agit pas ici du rapport de l’homme à son environnement,
                  contrairement au passage du Livre I ou Marx parle de <ref target="#Capital-Ichap13para10">métabolisme</ref>.
                </p>
              </div>
            </div>
          </div> <!-- fin Capital-IIIsect1 -->

          <div xml:id="Capital-IIIsect2" type="level2_sect">
            <head>Deuxième section — La transformation du profit en profit moyen</head>

            <div xml:id="Capital-IIIchap8">
              <head>
                Chapitre 8 —
                Composition différente des capitaux dans des branches de production différentes,
                d’où diversité des taux de profit
              </head>
              <list xml:id="Capital-IIIchap8-typegen" rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        und daher, als nur scheinbare und verschwindende Verschiedenheiten
                        [in der Exploitation der Arbeit in verschiednen Produktionssphären],
                        für die Untersuchung der allgemeinen Verhältnisse nicht in Rechnung kommen.
                        Andre Unterschiede, z.B. in der Höhe des Arbeitslohns, […].
                        […]
                        In solcher allgemeinen Untersuchung wird überhaupt immer vorausgesetzt,
                        daß die wirklichen Verhältnisse ihrem Begriff entsprechen,
                        oder was dasselbe, werden die wirklichen Verhältnisse nur dargestellt,
                        soweit sie ihren eignen allgemeinen Typus ausdrücken.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW 25:151-152.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Cette diversité [dans l’exploitation du travail dans les diverses sphères de production],
                        parce qu’elle n’est qu’apparente ou négligeable,
                        n’entrera donc pas en ligne de compte dans l’étude des conditions générales.
                        D’autres différences, dans le montant du salaire par exemple, […].
                        […]
                        D’ailleurs nous supposerons toujours, dans cet examen général,
                        que les rapports économiques réels correspondent bien à leur concept ou,
                        ce qui revient au même, les rapports réels ne seront exposés ici
                        que dans la mesure où ils traduisent leur propre type général.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>1976, p. 149-150.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">

                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
              </list>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap9">
              <head>
                Chapitre 9 —
                Établissement d’un taux général de profit (taux de profit moyen)
                et transformation des valeurs des marchandises en prix de production
              </head>

              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap9ESt1p163"><label rend="invisible">Capital III, chap. 9, É.S. t. 1, p. 163.</label>
                    Étant donnée la composition organique différente des capitaux investis dans
                    <index><term>uniformisation (péréquation) en taux de profit moyen</term></index>
                    <index><term>profit moyen, uniformisation (péréquation) du taux de profit</term></index>
                    <index><term>taux de profit moyen, uniformisation (péréquation)</term></index>
                    <index><term>péréquation du taux de profit en profit moyen</term></index>
                    les différentes branches de production, étant donné le fait que des quantités très
                    différentes de travail sont mises en mouvement par des capitaux de même
                    grandeur (suivant le pourcentage plus ou moins grand que représente la partie
                    variable dans un capital total de grandeur donnée), ces capitaux s’approprient
                    des quantités très différentes de surtravail ou produisent des masses très
                    différentes de plus-value. En conséquence, les taux de profit établis dans diverses
                    branches de production diffèrent beaucoup, à l’origine. Ces divers taux de profit,
                    sous l’effet de la concurrence, s’uniformisent en un taux général de profit qui
                    est la moyenne de tous ces taux de profit différents. On appelle <term>profit moyen</term>
                    le profit qui, conformément à ce taux général de profit, échoit à un capital de
                    grandeur donnée, quelle que soit sa composition organique. On appelle <term>prix de
                    production</term> d’une marchandise le prix obtenu en ajoutant à son coût de production
                    cette portion du profit moyen annuel sur le capital investi (et non simplement
                    consommé) dans la production de la marchandise qui est allouée au capital en
                    relation avec ses conditions de rotation.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>1976:163.</bibl>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap10">
              <head>
                Chapitre 10 —
                Égalisation du taux général du profit par la concurrence.
                Prix de marché et valeurs de marché.
                Surprofit
              </head>
              <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap10ES1976p179"><label rend="invisible">Capital III, chap. 10, É.S. 1976, p. 179_180.</label>
                <index><term>valeur, historique</term></index>
                <index><term>loi de la valeur, historique</term></index>
                Ici Marx considère que la valeur précède le prix de production
                « du point de vue non seulement théorique, mais aussi historique ».
                Le prix de production est un concept propre au capitalisme,
                mais on peut parler de la valeur à des stades moins avancés.
              </p>
              <p rend="alinea">
                Parce que c'est une question délicate, je donne en première colonne,
                le manuscrit de Marx lui-même.
                (Je mets en évidence par retours à la ligne une énumération en 1, 2, 3.)
                Engels a un peu poli les phrases, mais sans en changer le sens.
                Cependant, là où Marx écrit « <foreign xml:lang="de">Wie für diesen Zustand</foreign> »
                (cette situation),
                Engels écrit « <foreign xml:lang="de">Wie für diesen ursprünglichen Zustand</foreign> »
                (cette situation originelle).
                Marx renvoie à quelque chose qu'il a exprimé avant
                (« <foreign xml:lang="de">unsrer früher ausgesprochnen Ansicht</foreign> »), qu'on retrouve
                dans un passage de la <title>Contribution à la critique de l'économie politique</title>
                <ref target="#Mcritecopol-notAristot1">où il dit communauté primitive</ref>,
                mais dans un sens non technique, qui devient <term>communauté naturelle</term>
                <ref target="#Capital-I-1983p100">dans le <title>Capital</title></ref>.
                Engels (en note) trouve de ça confirmation dans Morgan,
                mais je ne suis pas sûr que Marx et Morgan parlent de la même chose.
                Quand plus loin Marx dit « <term xml:lang="de">fremde Länder
                oder</term> <term xml:lang="en">communities</term> »,
                je comprends des pays ou communautés étrangers, étrangères,
                mais Engels fait de ça des pays étrangers ou des communautés <term>communistes</term>.
                Ce n'est pas ce que Marx a écrit, mais Engels veut souligner peut-être
                le caractère communautaire de communautés sans échanges intérieurs.
                Ce n'est pas parce que de telles sociétés à caractère communautaire
                sont antérieures à des sociétés plus développées
                qu'on peut les ramener au concept de <term>communauté primitive</term>.
                Là où il précise communauté <term>primitive</term> pour communauté,
                il interprète ce que vise Marx dans son opinion émise précédemment
                (unsrer früher ausgesprochnen Ansicht).
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Der Austausch von Waaren zu ihren <term>Werthen</term>
                        – oder annähernd zu ihren Werthen –
                        erfordert also eine viel niedrigere Stufe
                        als der Austausch der Waaren zu <term>Productionspreissen</term>,
                        wozu eine bestimmte Höhe der <emph>capitalistischen</emph> Entwicklung nothwendig ist.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        (In welcher Weise immer die respectiven Preisse der verschiednen Waaren
                        zuerst gegen einander festgesetzt oder geregelt sein mögen,
                        das <term>Werthgesetz</term> unterwirft sich ihre Bewegung.
                        Wo die zu ihrer Production erheischte Arbeitszeit fällt, fallen sie;
                        wo sie steigt, steigen sie im Preisse, all other circumstances als gleichbleibend vorausgesetzt.)
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Es ist also durchaus sachgemäß
                        – abgesehn von der Beherrschung der Preisse durch das Werthgesetz,
                        d. h. der Beherrschung der <term>Preißbewegung</term> durch das <term>Werthgesetz</term> –
                        die Werthe der Waare nicht nur theoretisch,
                        sondern historisch als das Prius der Productionspreisse zu betrachten.
                        Es gilt dieß für Zustände,
                        wo dem <term>Arbeiter</term> die <emph>Productionsmittel gehören</emph>,
                        und dieser Zustand findet sich in der alten und neuen Welt
                        beim working <term xml:lang="en">peasant proprietor</term> und beim <term>Handwerker</term>.
                      </p>
                        <lb/>
                      <p rend="alinea">
                        (Es stimmt ferner mit unsrer früher ausgesprochnen Ansicht,
                        daß die Entwicklung der Producte zu Waaren
                        durch den exchange zwischen verschiednen Gemeinschaften (communities) <emph>entspringt</emph>,
                        nicht zwischen den Gliedern einer und derselben Gemeinde.)
                      </p>
                        <lb/>
                      <p rend="alinea">
                        Wie für diesen Zustand, so paßt es für die Zustände,
                        die auf Sklaverei und Leibeigenschaft gegründet sind,
                        so lange die in jedem Productionszweig engagirten Productionsmittel
                        nur mit Mühe aus der einen Sphäre in die andre übertragen werden konnten,
                        und sich die verschiednen Productionssphären to a certain degree zu einander verhalten,
                        wie fremde Länder oder communities.
                      </p>
                            <lb/> <lb/> <lb/>
                      <p rend="alinea">
                        Damit die Preisse, wozu Waaren sich gegen einander austauschen,
                        ihren Werthen annähernd entsprechen, ist nichts nöthig, als daß
                        <lb/>
                        <lb/>1) der exchange der verschiednen Waaren aufhört ein rein zufälliger zu sein;
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                        <lb/>2) daß, so weit wir den direct exchange of commodities betrachten sie
                        beiderseits in den dem wechselseitigen Bedürfniss
                        entsprechenden Proportionen producirt (annähernd),
                        was die wechselseitige Erfahrung des Absatzes mitbringt,
                        als Resultat aus dem fortgesetzten Austausch selbst heraus wächst,
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                        oder,
                        <lb/>so weit wir vom Verkauf sprechen, daß kein natürliches,
                        künstliches oder zufälliges Monopol irgend
                        eine der contrahirenden Seite befähige über den Werth zu verkaufen,
                        oder zwinge unter ihm loszuschlagen. Unter dem „zufälligen“ Monopol
                        verstehn wir das Monopol, das dem Käufer oder Verkäufer erwächst
                        aus dem zufälligen Stand von Nachfrage und Zufuhr.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <!-- https://telota.bbaw.de/mega/ -->
                      MEGA II/4.2, Ökonomische Manuskript 63-65, Teil 2, Seite 252-253
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea">
                            Der Austausch von Waren zu ihren Werten, oder annähernd zu ihren Werten,
                            erfordert also eine viel niedrigre Stufe als der Austausch zu Produktionspreisen,
                            wozu eine bestimmte Höhe kapitalistischer Entwicklung nötig ist.
                          </p>
                            <lb/><lb/><lb/>
                          <p rend="alinea">
                            In welcher Weise immer die Preise der verschiednen Waren zuerst gegeneinander festgesetzt
                            oder geregelt sein mögen, das Wertgesetz beherrscht ihre Bewegung.
                            Wo die zu ihrer Produktion erheischte Arbeitszeit fällt, fallen die Preise;
                            wo sie steigt, steigen die Preise, bei sonst gleichbleibenden Umständen.
                          </p>
                            <lb/>
                          <p rend="alinea">
                            Abgesehn von der Beherrschung der Preise
                            <lb/> <lb/> <lb/>
                            und der Preisbewegung durch das Wertgesetz,
                            ist es also durchaus sachgemäß, die Werte der Waren nicht nur theoretisch,
                            sondern historisch als das prius der Produktionspreise zu betrachten.
                            Es gilt dies für Zustände, wo dem Arbeiter die Produktionsmittel gehören,
                            und dieser Zustand findet sich, in der alten wie in der modernen Welt,
                            beim selbstarbeitenden grundbesitzenden Bauer und beim Handwerker.
                            Es stimmt dies auch mit unsrer früher<note xml:id="CapIIIMEW25p186not1star" n="1*" place="bottom">
                              MEW 23:102.
                            </note>
                            ausgesprochnen Ansicht<note xml:id="CapIIIMEW25p187not27" n="27" place="bottom">
                              Damals, 1865, noch bloße „Ansicht“ von Marx.
                              Heute, seit der umfangreichen Untersuchung der ursprünglichen Gemeinwesen von Maurer bis auf Morgan,
                              kaum noch irgendwo bestrittene Tatsache. — F. E.
                            </note>,
                            daß die Entwicklung der Produkte zu Waren entspringt durch den Austausch
                            zwischen verschiednen Gemeinwesen, nicht zwischen den Gliedern einer und derselben Gemeinde.
                            Wie für diesen ursprünglichen Zustand, so gilt es für die späteren Zustände,
                            die auf Sklaverei und Leibeigenschaft gegründet sind,
                            und für die Zunftorganisation des Handwerks, solange die in jedem Produktionszweig
                            festgelegten Produktionsmittel nur mit Schwierigkeit aus der einen Sphäre
                            in die andre übertragbar sind, und die verschiednen Produktionssphären
                            sich daher innerhalb gewisser Grenzen zueinander verhalten wie fremde Länder
                            oder kommunistische Gemeinwesen.
                          </p>
                            <lb/>
                          <p rend="alinea">
                            Damit die Preise, wozu Waren sich gegeneinander austauschen,
                            ihren Werten annähernd entsprechen, ist nichts nötig, als daß
                            <lb/>1. der Austausch der verschiednen Waren aufhört,
                            ein rein zufälliger oder nur gelegentlicher zu sein;
                            <lb/>2. daß, soweit wir den direkten Warenaustausch betrachten,
                            diese Waren beiderseits in den annähernd dem wechselseitigen Bedürfnis
                            entsprechenden Verhältnismengen produziert werden, was die wechselseitige
                            Erfahrung des Absatzes mitbringt, und was so als Resultat
                            aus dem fortgesetzten Austausch selbst herauswächst;
                            und
                            <lb/>3. soweit wir vom Verkauf sprechen, daß kein natürliches oder künstliches Monopol
                            eine der kontrahierenden Seiten befähige, über den Wert zu verkaufen,
                            oder sie zwinge, unter ihm loszuschlagen.
                            Unter zufälligem Monopol verstehn wir das Monopol,
                            das dem Käufer oder Verkäufer erwächst aus dem zufälligen Stand von Nachfrage und Angebot.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl>MEW 25:186-187.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.5%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea">
                            L’échange de marchandises à leur valeur, ou à peu près, nécessite un degré
                            de développement moindre que l’échange aux prix de production qui requiert
                            un niveau déterminé du développement capitaliste.
                          </p>
                            <lb/><lb/><lb/>
                          <p rend="alinea">
                            Quelle que soit la manière dont les prix des différentes marchandises
                            sont d’abord fixés
                            ou réglés les uns par rapport aux autres,
                            la loi de la valeur domine leur mouvement.
                            Là où le temps de travail nécessaire pour produire ces marchandises diminue, les prix tombent ;
                            là où il augmente, les prix montent, toutes choses égales d’ailleurs.
                          </p>
                          <p rend="alinea">
                            Même si l’on ne tient pas compte du fait que les prix
                            <lb/> <lb/>
                            et leur mouvement sont dominés par la loi de la valeur,
                            il est donc tout à fait conforme à la réalité de considérer que la valeur des marchandises
                            précède, du point de vue non seulement théorique, mais aussi historique, leur prix de production.
                            Ceci est valable pour les cas où les moyens de production appartiennent à l’ouvrier ;
                            ceci est le cas, dans le monde ancien comme dans le monde moderne,
                            pour le paysan possédant son fonds et cultivant lui-même et pour l’artisan.
                            Ceci concorde également avec notre opinion<note xml:id="CapIII1976p180not2" n="2" place="bottom">
                              En 1865, il ne s’agissait en effet que d’une opinion de Marx.
                              Aujourd’hui, après la vaste étude sur les communautés primitives,
                              de Maurer jusqu’à Morgan, il s’agit d’un fait qui n’est pratiquement plus discuté. (F.E.)
                            </note>
                            émise précédemment<note xml:id="CapIII1976p180not3" n="3" place="bottom">
                              Capital I, chapitre 2, Le procès d’échange,
                              1983:100.
                            </note>,
                            à savoir que la transformation des produits en marchandises résulte de l’échange
                            entre différentes communautés et non pas entre membres d’une seule et même commune.
                            Ce qui vaut pour ces conditions primitives vaut également pour les conditions ultérieures,
                            fondées sur l’esclavage et le servage, de même que pour les corporations artisanales,
                            aussi longtemps que les moyens de production immobilisés dans chaque branche
                            ne peuvent être transférés que difficilement d’une branche à l’autre
                            et que, dans certaines limites, les différentes sphères de production
                            se comportent entre elles comme le feraient des pays étrangers
                            ou des communautés communistes.
                          </p>
                          <p rend="alinea">
                            Afin que les prix auxquels s’échangent des marchandises correspondent à peu près à leur valeur,
                            il est seulement nécessaire que :
                            <lb/>1. l’échange des diverses marchandises cesse d’être purement fortuit ou simplement occasionnel ;
                            <lb/>2. que, dans la mesure où nous considérons l’échange direct de marchandises,
                            celles-ci soient produites de part et d’autre en quantités
                            correspondant approximativement aux besoins réciproques,
                            ce qui résulte de l’expérience de la vente et apparaît comme résultat de l’échange continu ;
                        <lb/>
                        <lb/>
                        <lb/>
                            <lb/>3. que, dans la mesure où nous parlons de la vente,
                            aucun monopole naturel ou artificiel ne rende possible à une des parties contractantes
                            de vendre au-dessus de la valeur ou ne la force à vendre au-dessous de la valeur.
                            Nous entendons par monopole fortuit celui qui naît, pour l’acheteur ou le vendeur,
                            de la conjoncture occasionnelle de l’offre et de la demande.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl><title>Capital</title> III 1976:179-180</bibl>
                  </cit>
                </item><!--
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        The exchange of commodities at their values
                        — or at approximately these values –
                        thus calls for a much lower stage [of development]
                        than exchange at prices of production,
                        for which a definite degree of capitalist development is necessary.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        (Whatever may be the ways in which the prices of different commodities
                        are first established or fixed in relation to one another,
                        their movement is subject to the law of value.
                        Where the labour-time required for their production falls, prices fall;
                        and where it rises, prices rise as long as all other circumstances remain the same.)
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Apart from the way in which the law of value governs prices,
                        i.e., the domination exerted over the movement of prices by the law of value,
                        it is also quite apposite to view the values of commodities
                        not only as theoretically prior to the prices of production,
                        but also as historically prior to them.
                        This applies to those conditions in which the means of production belong to the worker,
                        conditions which are to be found in the ancient and the modern world,
                        among peasant proprietors and handicraftsmen.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Marx’s Economic Manuscript of 1864–1865, p. 288</bibl>

                  </cit>
                </item> -->
                <!-- Les parenthèses sont celles de Marx (translator, p. xi). -->
                <!-- Problème de droits de Brill, pour une citation étendue -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <floatingText>
                        <body>
                          <p rend="alinea">
                            The exchange of commodities at their values, or approximately at
                            their values, thus requires a much lower stage than their exchange at
                            their prices of production, which requires a definite level of capitalist
                            development.
                          </p>
                            <lb/><lb/>
                          <p rend="alinea">
                            Whatever the manner in which the prices of various commodities
                            are first mutually fixed or regulated, their movements are always
                            governed by the law of value. If the labour time required for their
                            production happens to shrink, prices fall; if it increases, prices rise,
                            provided other conditions remain the same.
                          </p>
                          <p rend="alinea">
                            Apart from the domination of prices
                            <lb/> <lb/> <lb/>
                            and price movement by the law of value,
                            it is quite appropriate to regard the values of commodities
                            as not only theoretically but also historically
                            <foreign xml:lang="la">prius</foreign> to the prices of production.
                            This applies to conditions in which the labourer owns his means of production,
                            and this is the condition of the land-owning farmer living off his own labour
                            and the craftsman, in the ancient as well as in the modern world.
                            This agrees also with the view<note xml:id="CapIIIMECW37p176not27" n="27" place="bottom">
                              In 1865, this was merely Marx’s “view”.
                              Today, after the extensive research ranging from Maurer to Morgan
                              into the nature of primitive communities,
                              it is an accepted fact which is hardly anywhere denied. — F.E.
                            </note>
                            we expressed previously<note xml:id="CapIIIMECW37p176notb" n="b" place="bottom">
                              « … the exchange of commodities evolves originally not within primitive communities,
                              but on their margins, on their borders,
                              the few points where they come into contact with other communities. »
                              <title>A Contribution to the Critique of Political Economy</title>,
                              Chapter One, The Commodity, MECW 29:290-291.
                              <title>Capital</title> I, MECW 35:98.
                            </note>,
                            that the evolution of products into commodities
                            arises through exchange between different communities, not between
                            the members of the same community. It holds not only for this primi-
                            tive condition, but also for subsequent conditions, based on slavery
                            and serfdom, and for the guild organisation of handicrafts, so long
                            as the means of production involved in each branch of production
                            can be transferred from one sphere to another only with difficulty
                            and therefore the various spheres of production are related to one
                            another, within certain limits, as foreign countries
                            or communist communities.
                          </p>
                             <lb/> <lb/>
                          <p rend="alinea">
                            For prices at which commodities are exchanged to approximately
                            correspond to their values, nothing more is necessary than
                            <lb/>1) for the exchange of the various commodities to cease
                            being purely accidental or only occasional;
                            <lb/>2) so far as direct exchange of commodities is
                            concerned, for these commodities to be produced on both sides in
                            approximately sufficient quantities to meet mutual requirements,
                            something learned from mutual experience in trading and therefore
                            a natural outgrowth of continued trading;
                            and
                            <lb/>3) so far as selling
                            is concerned, for no natural or artificial monopoly to enable either
                            of the contracting sides to sell commodities above their value or
                            to compel them to undersell. By accidental monopoly we mean a
                            monopoly which a buyer or seller acquires through an accidental
                            state of supply and demand.
                          </p>
                        </body>
                      </floatingText>
                    </quote>
                    <bibl>MECW 37:176-177.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IIIsect3" type="level2_sect">
            <head>
              Troisième section
              —
              La loi de la baisse tendancielle du taux de profit
            </head>
            <bibl>Livre III, t. 1, p. 225.</bibl>

            <div xml:id="Capital-IIIchap13" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 13 —
                Nature de la loi
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 1, p. 225-244.</bibl>

              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap13ESt1p227"><label rend="invisible">Capital III, chap. 13, É.S. t. 1, p. 227.</label>
                    <index><term>baisse tendancielle du taux de profit</term></index>
                    <index><term>loi de la baisse tendancielle du taux de profit</term></index>
                    <pb xml:id="CapIIIt1p227" n="227"/>À mesure que diminue progressivement le
                    capital variable relativement au capital constant, s’élève de plus en plus la
                    composition organique de l’ensemble du capital, et la conséquence immédiate de
                    cette tendance c’est que le taux de plus-value se traduit par un taux de profit
                    général en baisse continuelle, le degré d’exploitation du travail restant sans
                    changement ou même augmentant. (Nous verrons plus loin pourquoi cette baisse ne
                    se manifeste pas sous sa forme absolue, mais sous forme de tendance à une
                    baisse progressive.) Donc la tendance progressive à la baisse du taux de profit
                    général est tout simplement <emph>une façon, propre au mode de production
                    capitaliste, d’exprimer</emph> le progrès de la productivité sociale du travail.
                    Nous ne disons pas qu’il ne saurait y avoir d’autres raisons à une baisse
                    passagère du taux de profit ; mais nous avons prouvé par là que le progrès de
                    la production capitaliste implique nécessairement que le taux général moyen de
                    la plus-value se traduise par une baisse du taux de profit général : c’est une
                    nécessité évidente découlant de l’essence du mode de production capitaliste.
                    La masse du travail vivant employé diminuant sans cesse par rapport à la masse
                    du travail matérialisé qu’elle met en œuvre, par rapport aux moyens de
                    production consommés productivement, il faut bien que la fraction non payée de
                    ce travail vivant qui se concrétise en plus-value voie son rapport au volume
                    de valeur du capital total diminuer sans cesse. Or ce rapport de la masse de
                    plus-value à la valeur du capital total employé constitue le taux de profit ;
                    celui-ci doit donc baisser continuellement.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 227.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                En lisant à la fin « doit donc baisser continuellement », attention
                de ne pas perdre de vue le mot « tendance » dans la parenthèse plus haut dans l’alinéa.
                Marx développe ça dans le chapitre suivant.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap14" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 14 —
                Causes qui contrecarrent la loi
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 1, p. 245. 1976:228</bibl>

              <p rend="alinea">
                Marx a expliqué au chapitre précédent comment plus de capital constant, relativement,
                fait baisser le profit, en principe, toutes choses restant égales par ailleurs.
                Mais dans la vie, rien ne reste égal par ailleurs.
                De nombreux facteurs interviennent qui modifient le taux de profit,
                autres que la seule composition organique du capital.
              </p>

              <div xml:id="Capital-IIIchap14par1" type="level4_para">
                <head>
                  1. — Augmentation du degré d’exploitation du travail.
                </head>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap14ESt1p246"><label rend="invisible">Capital III, chap. 14, É.S. t. 1, p. 246.</label>
                      De même, il y a lieu de mentionner ici
                      l’introduction massive du travail des femmes et des enfants,
                      parce que la famille tout entière est obligée de fournir au capital
                      une quantité de surtravail plus grande que précédemment,
                      même si la somme totale du salaire qu’elle reçoit augmente,
                      ce qui n’est du reste nullement la règle générale.
                      <index><term>valeur de la force de travail, dimension familiale</term></index>
                      <index><term>famille, et valeur de la force de travail</term></index>
                      <index><term>valeur de la force de travail, diminue avec l’emploi des femmes</term></index>
                      <index><term>emploi des femmes, diminue la valeur de la force de travail</term></index>
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>É. S.:1-246. 1976:229.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  La phrase ci-dessus résume l’idée introduite en <ref target="#Capital-Ichap13para3-a">Capital I, chapitre 13, § 3, a)</ref>.
                  Si l’homme seul travaille, son salaire est censé suffire à la vie de toute la famille.
                  (La valeur de la force de travail, c’est la valeur des biens qui en assurent la reproduction,
                  ce qui a nécessairement un caractère familial puisque ça comporte de nouvelles générations.)
                  Lorsque l’épouse et les enfants vont travailler,
                  le salaire de l’homme diminuera du fait de cette concurrence,
                  la femme sera mal payée et les enfants encore moins.
                  Ainsi la valeur globale, familiale, de la force de travail n’augmentera que peu
                  (ou même peut-être pas du tout, signale Marx).
                  Mais pour le paiement de cette valeur, le capitaliste aura la valeur d’usage de quatre personnes au lieu d’une.
                  Il va produire plus avec le même capital variable ou la même chose avec moins de capital variable.
                  Cela augmente le taux de profit.
                </p>
              </div>

            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap15" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 15 —
                Développement des contradictions internes de la loi
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 1, p. 254.</bibl>

              <div xml:id="Capital-IIIchap15par1" type="level4_para">
                <head>1. — Généralités</head>
                <bibl>Livre III, t. 1, p. 254.</bibl>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap15ESt1p254"><label rend="invisible">Capital III, chap. 15, É.S. t. 1, p. 254-255.</label>
                      <index><term>baisse du taux de profit, et productivité</term></index>
                      <index><term>productivité, et baisse du taux de profit</term></index>
                      <index><term>baisse du taux de profit, et capital excédentaire</term></index>
                      <index><term>baisse du taux de profit, et crise</term></index>
                      <index><term>crise, et baisse du taux de profit</term></index>
                      <index><term>contradiction entre mode de production capitaliste et production de la richesse</term></index>
                      <pb xml:id="CapIIIt1p254un2" n="254½"/>Baisse du taux de profit et
                      accélération de l’accumulation ne sont que des expressions différentes d’un
                      même procès, en ce sens que toutes deux expriment le développement de la
                      productivité. De son côté, l’accumulation accélère la baisse du taux de
                      profit dans la mesure où elle implique la concentration du travail sur une
                      grande échelle, d’où une composition plus élevée du capital. D’autre part,
                      la baisse du taux de profit accélère à son tour la concentration du capital
                      et sa centralisation par la dépossession des capitalistes de moindre
                      importance, l’expropriation du dernier carré des producteurs directs, chez
                      qui il restait encore quelque chose à exproprier. Ce qui d’un autre côté
                      accélère à son tour l’accumulation, quant à la masse, bien que le taux de
                      l’accumulation baisse avec le taux du profit.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Par ailleurs, si le taux de mise en valeur du capital total, le taux de
                      profit, est bien l’aiguillon de la production capitaliste (de même que la
                      mise en valeur du capital est son unique fin), sa baisse ralentira la
                      constitution de nouveaux capitaux autonomes et elle semble dès lors menacer
                      le développement du procès de production capitaliste, <pb n="255"/>elle
                      favorise la surproduction, la spéculation, les crises, la constitution de
                      capital excédentaire à côté d’une population en excédent. Les économistes
                      qui, à l’exemple de Ricardo, considèrent le mode de production capitaliste
                      comme un absolu, sentent bien que ce mode de production crée ici sa propre
                      limite, mais ils en attribuent la responsabilité non à la production, mais à
                      la nature (dans la théorie de la rente). Ce qu’il y a d’important toutefois
                      dans l’<foreign xml:lang="en">horror</foreign> qui les saisit devant la
                      baisse du taux de profit, c’est le sentiment que dans le développement des
                      forces productives le mode de production capitaliste trouve une limite qui
                      n’a rien à voir avec la production de la richesse en soi ; et cette
                      limitation bien particulière témoigne du caractère limité et purement
                      historique, transitoire, du système de production capitaliste. Elle témoigne
                      qu’il n’est pas un mode absolu de production de la richesse, qu’au contraire
                      il entre en conflit avec le développement de celle-ci à une certaine étape de
                      l’évolution.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>1957:254-255. 1976:236. <!-- Penguin 359-50. --></bibl>
                </cit>

                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Capital-IIIchap15ESt1p257"><label rend="invisible">Capital III, chap. 15, É.S. t. 1, p. 257.</label>
                    <index><term>production de plus-value, motif déterminant de la production capitaliste</term></index>
                    <index><term>nécessité de la production de plus-value</term></index>
                    Il ne faut jamais oublier que la production de cette plus-value,
                    —— et la reconversion d’une partie de celle-ci en capital, ou
                    accumulation, constitue une partie intégrante de cette production de
                    plus-value —— est la fin immédiate et le motif déterminant de la
                    production capitaliste. On ne doit donc jamais la présenter comme ce
                    qu’elle n’est pas, je veux dire une production ayant pour fin
                    immédiate la jouissance ou la création de moyens de jouissance pour
                    le capitaliste.  Ce serait faire tout à fait abstraction de son
                    caractère spécifique qui se manifeste dans toute sa structure
                    interne.</p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 257.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Capital-IIIchap15par2" type="level4_para">
                <head>
                  2. — Conflit entre l’extension de la production et la mise en valeur
                </head>
                <bibl>Livre III, t. 1, p. 259.</bibl>

                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>limites du mode de production capitaliste</term></index>❦ limites du mode de production capitaliste
                  <index><term>mode de production capitaliste, limites</term></index>
                  <index><term>contradiction entre forces productives et rapports sociaux de production</term></index>❦ contradiction entre forces productives et rapports de production
                  <index><term>rapports sociaux de production, contradiction avec les forces productives</term></index>
                  <index><term>forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
                  <index><term>développement des forces productives, contradiction avec les rapports sociaux de production</term></index>
                  <index><term>mode de production capitaliste, contradictions</term></index>
                  <index><term>surproduction</term></index>❦ surproduction
                  <index><term>tâche historique du mode de production capitaliste</term></index>❦ tâche historique du mode de production capitaliste
                  <index><term>mode de production capitaliste, tâche historique</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 263</note>La production
                    capitaliste tend sans cesse à dépasser ces limites qui lui sont
                    immanentes, mais elle n’y parvient qu’en employant des moyens, qui,
                    de nouveau, et à une échelle plus imposante, dressent devant elle les
                    mêmes barrières.</p>
                    <p rend="alinea">La <emph>véritable</emph> barrière de la production
                    capitaliste, c’est le <emph>capital lui-même</emph> : le capital et
                    sa mise en valeur par lui-même apparaissent comme point de départ et
                    point final, moteur et fin de la production ; la production n’est
                    qu’une production pour le <emph>capital</emph> et non l’inverse : les
                    moyens de production ne sont pas de simples moyens de donner forme,
                    en l’élargissant sans cesse, au processus de la vie au bénéfice de la
                    <emph>société</emph> des producteurs. Les limites qui servent de
                    cadre infranchissable à la conservation et la mise en valeur de la
                    valeur-capital reposent sur l’expropriation et l’appauvrissement de
                    la grande masse des producteurs ; elles entrent donc sans cesse en
                    contradiction avec les méthodes de production que le capital doit
                    employer nécessairement pour sa propre fin, et qui tendent à
                    promouvoir un accroissement illimité de la production, un
                    développement inconditionné des forces productives sociales du
                    travail, à faire de la production une fin en soi. Le moyen
                    — développement inconditionné de la productivité sociale — entre
                    perpétuellement en conflit avec la fin limitée : mise en valeur du
                    capital existant. Si donc le mode de production capitaliste est un
                    moyen historique de développer la force productive matérielle et de
                    créer le marché mondial correspondant, il représente en même temps
                    une contradiction permanente entre cette tâche historique et les
                    rapports de production sociaux qui lui correspondent.</p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>
              <div xml:id="Capital-IIIchap15par3" type="level4_para">
                <head>3. — Excédent de capital accompagné d’une population excédentaire</head>
                <p><bibl>Livre III, t. 1, p. 254</bibl>.</p>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>surproduction</term></index>❦ surproduction
                  <index><term>crise</term></index>❦ crise
                  <index><term>limite du mode de production capitaliste</term></index>❦ limite du mode de production capitaliste
                  <index><term>mode de production capitaliste,limite du —</term></index>❦ 
                  <index><term>baisse du taux de profit</term></index>❦ baisse du taux de profit
                  <index><term>contradiction entre force productive et productivité</term></index>❦ contradiction entre force productive et productivité
                  <index><term>rapport de la production aux besoins sociaux</term></index>❦ rapport de la production aux besoins sociaux
                  <index><term>production, rapport de la — aux besoins sociaux</term></index>
                  <index><term>besoins sociaux, rapport de la production aux —</term></index>
                  <index><term>taux de profit, décide de la production</term></index>❦ taux de profit, décide de la production
                  <index><term>limitation de la production par le taux de profit</term></index>
                  <index><term>stagnation de la production</term></index>❦ stagnation de la production
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 270-271</note>On ne produit
                    pas trop de richesse. Mais on produit périodiquement trop de richesse
                    sous ses formes capitalistes, contradictoires.</p>
                    <p rend="alinea">La limite du mode de production capitaliste apparaît
                    dans le fait que :</p>
                    <p rend="alinea">1. Avec la baisse du taux de profit, le
                    développement de la force productive du travail donne naissance à une
                    loi, qui, à un certain moment, entre en opposition absolue avec le
                    propre développement de cette productivité. De ce fait, le conflit
                    doit être constamment surmonté par des crises.</p>
                    <p rend="alinea">2. C’est l’appropriation de travail non payé et le
                    rapport entre ce travail non payé et le travail matérialisé en
                    général ou, pour parler en langage capitaliste, c’est le profit et
                    le rapport entre ce profit et le capital utilisé, donc un certain
                    niveau du taux de profit qui décident de l’extension ou de la
                    limitation de la production, au lieu que ce soit le rapport de la
                    production aux besoins sociaux, aux besoins d’êtres humains
                    socialement évolués. C’est pourquoi des limites surgissent déjà pour
                    la production à un degré de son extension, qui, sinon, dans la
                    seconde hypothèse, paraîtrait insuffisant et de loin. Elle stagne,
                    non quand la satisfaction des besoins l’impose, mais là où la
                    production et la réalisation de profit commandent cette stagnation.</p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>
              <div xml:id="Capital-IIIchap15par4" type="level4_para">
                <head>4. — Addenda</head>
                <p rend="invisible">Mots-clefs :
                  <index><term>saisons, influence des —</term></index>❦ saisons, influence des —
                  <index><term>productivité du travail, dépend des conditions naturelles</term></index>❦ productivité du travail, dépend des conditions naturelles
                  <index><term>ressource naturelle, épuisement des —</term></index>❦ ressource naturelle, épuisement des —
                  <index><term>matières premières, épuisement des —</term></index>❦ matières premières, épuisement des —
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea"><note place="margin">P. 272.</note>La productivité
                    du travail est aussi liée à des conditions naturelles, dont
                    souvent le rendement diminue dans la même proportion qu’augmente la
                    productivité — dans la mesure où elle dépend de conditions sociales.
                    D’où un mouvement en sens contraire dans ces sphères différentes.
                    Ici progrès, là régression. Que l’on pense par exemple à la seule
                    influence des saisons dont dépend la quantité de la majorité des
                    matières premières, à l’épuisement des bois, des mines de charbon
                    et de fer, etc.</p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>
            </div>
          </div> <!-- fin Capital-IIIsect3 -->

          <div xml:id="Capital-IIIsect4" type="level2_sect">
            <head>Quatrième section — Transformation du capital-marchandise et du capital-argent
            en capital commercial et en capital financier (capital marchand)</head>
            <bibl>Livre III, t. 1, p. 279-345.</bibl>

            <div xml:id="Capital-IIIchap17" type="level3chap">
              <head>Chapitre 17 — Le profit commercial</head>
              <bibl>Livre III, t. 1, p. 292-311.</bibl>

              <p xml:id="Capital-IIIchap17indx"><label rend="invisible">Capital, Livre III, Chapitre 17 — Le profit commercial    </label>
                <index><term>classe ouvrière, commerce, non productif</term></index>
                <index><term>employé de commerce, non productif</term></index>
                <index><term>commerce, travailleurs du — non productifs</term></index>
                <index><term>travail productif, commerce, employés non productifs</term></index>
                <index><term>productif, employés du commerce non —</term></index>
                <index><term>salarié commercial, non productif</term></index>
                <index><term>plus-value, pas dans le commerce</term></index>
                <index><term>profit commercial</term></index>
                <index><term>capital variable, dans le commerce</term></index>
                <index><term>valeur de la force de travail, dans le commerce</term></index>
                <index><term>travail nécessaire, dans le commerce</term></index>
                <index><term>surtravail, dans le commerce</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapLIIIt1p302deux3" n="302⅔"/>On peut se demander maintenant quel
                    est le sort des salariés commerciaux employés par le capitaliste commercial, en
                    l’occurrence le commerçant.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Dans une certaine mesure, un travailleur du commerce ne diffère pas des autres
                    salariés. D’abord, parce que son travail est acheté par le capital variable du
                    commerçant et non par l’argent que celui-ci dépense comme revenu ; il n’est donc
                    pas acheté pour un service privé, mais pour que le capital qui a été avancé pour
                    son achat soit mis en valeur. Ensuite parce que la valeur de la force de travail
                    de l’employé de commerce, donc son salaire, est déterminée comme pour tous les
                    autres salariés, par les frais de production et de reproduction de sa force de
                    travail spécifique et non pas par le produit de son travail.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Cependant, entre lui et les ouvriers directement employés par le capital
                    industriel, il doit exister la même différence qu’entre ce dernier et le capital
                    marchand, partant entre le capitaliste industriel et le commerçant. Comme le
                    commerçant en tant que simple agent <pb xml:id="CapIIIt1p303" n="303"/>de
                    circulation ne produit ni valeur ni plus-value, il est impossible que les
                    travailleurs du commerce qu’il emploie dans les mêmes fonctions lui produisent
                    de façon immédiate de la plus-value. (En effet, la valeur additionnelle que les
                    frais du commerçant ajoutent à ses marchandises se réduit à une adjonction de
                    valeur préexistante, bien qu’ici s’impose la question : comment le commerçant
                    obtient-il et conserve-t-il la valeur de son capital constant ?) Tout comme pour
                    les travailleurs productifs, nous supposons ici que le salaire est déterminé par
                    la valeur de la force de travail. Il s’ensuit que le commerçant ne s’enrichit
                    pas par un prélèvement sur le salaire ; de sorte qu’il ne fait pas intervenir
                    dans le calcul de ses frais une avance pour du travail qu’il n’a que
                    partiellement payé ; en d’autres termes, il ne s’enrichit pas en grugeant ses
                    commis, etc.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Ce qui fait la difficulté pour les salariés du commerce, ce n’est nullement
                    d’expliquer comment ils produisent directement du profit pour leur employeur,
                    bien qu’ils ne produisent pas directement de la plus-value (dont le profit n’est
                    qu’une forme modifiée). En fait, cette question est déjà résolue par l’analyse
                    générale du profit commercial. Tout comme le capital industriel fait du profit
                    en vendant le travail contenu et réalisé dans les marchandises, travail dont il
                    n’a pas payé l’équivalent, le capital marchand réalise du profit parce qu’il ne
                    paie pas intégralement au capital productif le travail non payé contenu dans la
                    marchandise (dans la marchandise, c’est-à-dire dans la mesure où le capital
                    dépensé pour sa production fonctionne comme partie aliquote de la totalité du
                    capital industriel) ; par contre, la fraction de ce travail qu’il n’a pas payée
                    et qui est encore incluse dans les marchandises, il se la fait payer, lui, en
                    les vendant. Le rapport du capital marchand à la plus-value est autre que celui
                    du capital industriel. Celui-ci produit de la plus-value en s’appropriant
                    directement du travail d’autrui non payé ; celui-là s’approprie une fraction de
                    cette plus-value en se la faisant transférer par le capital industriel.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Ce n’est que par sa fonction consistant à réaliser les valeurs que le capital
                    marchand intervient comme capital dans le procès de reproduction, et par là, en
                    tant que capital en fonction, il puise dans la plus-value produite par l’ensemble
                    du capital. La masse de son profit dépend, pour le commerçant individuel, de la
                    masse du capital qu’il lui est possible d’utiliser dans ce procès ; il pourra en
                    employer d’autant plus dans l’achat et la vente que le travail non payé de ses
                    commis sera plus important. Le capitaliste commercial fait accomplir en grande
                    partie par ses employés la fonction même grâce à laquelle son argent est du
                    capital. Bien que le travail non payé de ses commis ne crée pas de plus-value,
                    il lui procure cependant l’appropriation de plus-value, ce qui, pour ce capital,
                    aboutit au même résultat ; ce travail non payé est donc source de profit.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap20" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 20 — Aperçu historique sur le capital marchand</head>
              <bibl>Livre III, t. 1, p. 332-345.</bibl>
              <p xml:id="l3t1p342"><label rend="invisible">Capital, Livre III, Chapitre 20 — Aperçu historique sur le capital marchand</label>
                <index><term>mode de production féodal, transition au capitalisme</term></index>
                <index><term>mode de production capitaliste, transition</term></index>
                <index><term>fabricant (accapareur)</term></index>
                <index><term>accapareur, dit « fabricant »</term></index>
                <index><term>prolétarisation</term></index>
                <index><term>Dobb, discussion Dobb-Sweezy, sur le capital marchand</term></index>
                <index><term>Sweezy, discussion Dobb-Sweezy, sur le capital marchand</term></index>
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 26.5%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Der Übergang aus der feudalen Produktionsweise macht sich
                        doppelt. Der Produzent wird Kaufmann und Kapitalist, im Gegensatz zur
                        agrikolen Naturalwirtschaft und zum zünftig gebundnen Handwerk der
                        mittelalterlichen städtischen Industrie. Dies ist der wirklich
                        revolutionierende Weg. Oder aber, der Kaufmann bemächtigt sich der Produktion
                        unmittelbar. Sosehr der letztre Weg historisch als Übergang wirkt — wie z.B.
                        der englische Clothier (Tuchhändler) des 17. Jahrhunderts, der die Weber, die
                        aber selbständig sind, unter seine Kontrolle bringt, ihnen ihre Wolle
                        verkauft und ihr Tuch abkauft —, sowenig bringt er es an und für sich zur
                        Umwälzung der alten Produktionsweise, die er vielmehr konserviert und als
                        seine Voraussetzung beibehält. So z.B. war großenteils noch bis in die Mitte
                        dieses Jahrhunderts der Fabrikant in der französischen Seidenindustrie, der
                        englischen Strumpfwaren- und Spitzenindustrie bloß nominell Fabrikant, in
                        Wirklichkeit bloßer Kaufmann, der die Weber in ihrer alten zersplitterten
                        Weise fortarbeiten läßt und nur die Herrschaft des Kaufmanns ausübt, für den
                        sie in der Tat arbeiten. Diese Manier steht überall der wirklichen
                        kapitalistischen Produktionsweise im Wege und geht unter mit deren
                        Entwicklung. Ohne die Produktionsweise umzuwälzen, verschlechtert sie nur die
                        Lage der unmittelbaren Produzenten, verwandelt sie in bloße Lohnarbeiter und
                        Proletarier unter schlechtern Bedingungen als die direkt unter das Kapital
                        subsumierten und eignet sich ihre Mehrarbeit auf Basis der alten
                        Produktionsweise an.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      MEW 25:347.
                      En ligne, <ref target="http://ml-werke.de/marxengels/me25_335.htm">ml-werke.de</ref> (chercher 347).
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La transition hors du mode de production féodal se fait doublement.
                        Le producteur devient commerçant et capitaliste,
                        en opposition à l’économie naturelle agricole et à l’artisanat regroupé en corporations de l’industrie citadine du moyen âge.
                        Ça c’est la voie effectivement révolutionnaire.
                        Ou encore le commerçant s’empare de la production directement.
                        Bien que cette dernière voie opère historiquement comme transition
                        — comme par exemple le <emph>clothier</emph> anglais (marchand de drap) du 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle,
                        qui prend sous son contrôle les tisserands, lesquels restent cependant indépendants,
                        leur vend sa laine et leur achète leur drap —,
                        elle n’amène cependant en soi aucune révolution de l’ancien mode de production,
                        qu’elle conserve bien plutôt et retient comme sa prémisse.
                        Il en était ainsi par exemple pour la plus grande part jusqu’au milieu de ce siècle
                        du fabricant dans l’industrie française de la soie,
                        du fabricant anglais seulement nominal de l’industrie des bas et de la dentelle,
                        en réalité seulement marchand,
                        qui laisse le tisserand continuer à travailler dans sa vielle manière éparpillée
                        et revêt seulement la domination du marchand pour lequel il travaille en fait.
                        Cette manière se met partout en travers du chemin du réel mode de production capitaliste
                        et régresse avec le développement de ce dernier.
                        Sans révolutionner le mode de production, elle aggrave seulement la situation des producteurs directs,
                        les transforme en simples salariés et prolétaires
                        dans des conditions plus mauvaises que celles de ceux qui sont soumis directement au capital
                        et s’approprie leur surtravail sur base de l’ancien mode de production.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Ma traduction, plus littérale.</bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item style="width: 26%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La transition à partir du mode de production féodal s’effectue de deux façons.
                        Le producteur devient commerçant et capitaliste,
                        en opposition à l’économie agricole naturelle et à l’artisanat corporatif de l’industrie citadine du moyen âge.
                        Voilà la voie réellement révolutionnaire.
                        Ou encore le commerçant s’empare directement de la production.
                        Bien que cette dernière voie joue, dans l’histoire, un rôle de transition,
                        en fait elle n’arrive pas à révolutionner l’ancien mode de production qu’elle conserve comme sa base.
                        Cela est démontré par le cas du <emph>clothier</emph> (marchand de drap) anglais du 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                        qui soumet les tisserands à son contrôle (encore que ceux-ci soient indépendants)
                        en [leur] vendant leur laine et en leur achetant [le] drap.
                        Encore jusqu’au milieu de ce siècle, le fabricant de soie dans l’industrie française,
                        celui de l’industrie anglaise de bas et de dentelles,
                        n’étaient pour la plupart fabricants que de nom ;
                        en réalité, ils étaient de simples commerçants
                        laissant les tisserands continuer leur travail dans leurs vieilles conditions de morcellement ;
                        ils représentaient le pouvoir du commerçant pour lequel ils travaillaient effectivement.
                        Ce système fait obstacle partout au mode de production capitaliste véritable,
                        et il finit par disparaître avec le développement de ce dernier.
                        Sans bouleverser le mode de production, il aggrave seulement la situation des producteurs directs,
                        les transforme en simples salariés et prolétaires
                        dans des conditions plus défavorables encore que celles des ouvriers directement soumis au capital,
                        et il s’approprie leur surtravail sur la base de l’ancien mode de production.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Éditions sociales,
                      Livre III, t. 1, p. 342,
                      traduction de M<hi rend="exposant">me</hi> C. Cohen-Solal et de Gilbert Badia.
                      Je corrige un contre-sens dans la traduction.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 23.5%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        De overgang uit de feodale productiewijze is dubbel.
                        De producent wordt handelaar en kapitalist,
                        in tegenstelling tot de economie van de natuurlijke agricultuur en de middeleeuwse stedelijke ambachtsnijverheid.
                        Dit is de echte revolutionerende weg.
                        Ofwel, de handelaar neemt onmiddellijk bezit van de productie.
                        Hoezeer het laatst genoemde historisch fungeert als overgang
                        – zoals bv. de Engelse clothier [lakenhandelaar] van de 17e eeuw,
                        die de wevers, die zelfstandig zijn, onder zijn controle brengt,
                        hen de wol verkoopt en dan hun laken opkoopt
                        – net zo min brengt hij het, op zich, tot een omwenteling van de oude productiewijze,
                        die hij veeleer in stand houdt als een vereiste.
                        Zo waren bv. nog grotendeels tot in het midden van deze eeuw
                        de fabrikanten in de Franse zijde-industrie, de Engelse kousenwaren- en kantindustrie
                        enkel in naam fabrikant, maar in werkelijkheid handelaar,
                        die de wevers op de oude gefragmenteerde wijze laat verder werken en alleen zijn handelsmacht uitoefent,
                        voor wie ze inderdaad werken.
                        Deze gewoonte is een obstakel voor de reële kapitalistische productiewijze en gaat teniet met haar ontwikkeling.
                        Zonder de productiewijze te omwentelen, verergert het alleen de toestand van de directe producenten,
                        verandert hen in louter loonarbeiders en proletariërs, onder slechtere voorwaarden dan onder de directe controle van het kapitaal
                        en eigent zich hun meerarbeid toe op basis van de oude productiewijze.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1894/kapitaal-3/20.htm">Marxistisch Internet-Archief</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item><!--
                <item style="width: 24%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        La transition de la production féodale à la production capitaliste s’est faite de deux manières :
                        ou bien c’est le producteur qui est devenu commerçant et capitaliste,
                        rompant avec l’économie agricole naturelle et l’industrie des villes du moyen âge basée sur le travail manuel et la corporation,
                        ce qui a été la voie révolutionnaire ;
                        ou bien c’est le commerçant qui s’est emparé de la production.
                        C’est le plus souvent de cette dernière manière que la transition s’est opérée,
                        et c’est ainsi, par exemple, que le drapier anglais du 17<hi rend="ordinal">e</hi> siècle
                        a assujetti à son contrôle le tisserand, qui restait il est vrai indépendant,
                        mais à qui il vendait la laine et dont il achetait le drap.
                        Ce dernier procédé révolutionne beaucoup moins que le premier l’ancien mode de production
                        et même il le conserve et s’appuie sur lui.
                        C’est ainsi que jusque vers le milieu de notre siècle,
                        les fabricants de soieries en France
                        et les fabricants de bas et de dentelles en Angleterre
                        n’ont été fabricants que de nom ; ils étaient en réalité des commerçants,
                        qui faisaient travailler pour leur compte des tisserands d’après l’ancien système du travail éparpillé.
                        Cette organisation s’est maintenue partout en face de la production capitaliste
                        et elle ne disparaît que par le développement de celle-ci.
                        Elle ne modifie en rien la production en elle-même,
                        mais elle rend plus défavorable la position des producteurs immédiats,
                        qu’elle transforme en salariés et prolétaires de la pire des conditions
                        et qu’elle frustre de la plus-value qu’ils produisent.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target=
                      "https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-III/kmcap3_19.htm#ftnref7">
                      marxists.org</ref> reprend de <ref target=
                      "http://classiques.uqac.ca/classiques/Marx_karl/marx_karl.html">Chicoutimi</ref>
                      la traduction, moins satisfaisante, de Julian Borchardt et Hippolyte Vanderrydt de 1901.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item> En fin de compte, ça n’est pas si mauvais (sauf l’omission de l’ancien mode de production à la fin.
                De toute manière, j’ai autre chose à faire que de peler un oignon à ces braves Julian Borchardt et Hippolyte Vanderrydt. -->
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        The transition from the feudal mode of production is two-fold. The producer
                        becomes merchant and capitalist, in contrast to the natural agricultural
                        economy and the guild-bound handicrafts of the medieval urban industries.
                        This is the really revolutionising path. Or else, the merchant establishes
                        direct sway over production. However much this serves historically as a
                        stepping-stone — witness the English 17th-century clothier, who brings the
                        weavers, independent as they are, under his control by selling their wool to
                        them and buying their cloth — it cannot by itself contribute to the
                        overthrow of the old mode of production, but tends rather to preserve and
                        retain it as its precondition. The manufacturer in the French silk industry
                        and in the English hosiery and lace industries, for example, was thus mostly
                        but nominally a manufacturer until the middle of the 19th century. In point
                        of fact, he was merely a merchant, who let the weavers carry on in their old
                        unorganised way and exerted only a merchant’s control, for that was for whom
                        they really worked. This system presents everywhere an obstacle to the real
                        capitalist mode of production and goes under with its development. Without
                        revolutionising the mode of production, it only worsens the condition of the
                        direct producers, turns them into mere wage-workers and proletarians under
                        conditions worse than those under the immediate control of capital, and
                        appropriates their surplus-labour on the basis of the old mode of production.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch20.htm">Marxists Internet Archive</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <p rend="alinea">
                Dans l’importante discussion Dobb-Sweezy
                <!-- Attention, action=resourceView est obsolète. Chercher dans tous mes fichiers HTML et corriger à la source. -->
                (<ref target="../../wikindx/index.php?action=resource_RESOURCEVIEW_CORE&amp;id=162">Dobb 1977</ref>),
                Sweezy s’autorise de cette citation pour défendre l’importance du capital marchand.
                Les autres font valoir que pour Marx, le capital marchand est conservateur
                tandis que, c’est la première des « deux manières » qui est révolutionnaire.
                Leurs interprétations peuvent dépendre en partie de la qualité des diverses traductions anglaises qu’ils ont utilisées.
              </p>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IIIsect5" type="level2_sect">
            <head>
              Cinquième section — Partage du profit en intérêt et profit d’entreprise
            </head>
            <div xml:id="Capital-IIIchap21" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 21 (L. III) — Le capital porteur d’intérêt
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 2, p. 7-24.</bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>intérêt du capital argent, offre et demande, aucun taux « naturel »</term>
                </index>❦ intérêt du capital argent, offre et demande, aucun taux « naturel »
                <index>
                  <term>capital argent, offre et demande, aucun taux « naturel » de l’intérêt</term>
                </index>
                <index>
                  <term>offre et demande de capital argent, aucun taux « naturel » de l’intérêt</term>
                </index>
              </p>
              <table rend="citquote">
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">
                      Als Ware erscheint das Kapital ferner, soweit die Teilung des Profits in Zins
                      und eigentlichen Profit durch Nachfrage und Angebot, also durch die Konkurrenz,
                      reguliert wird, ganz wie die Marktpreise der Waren. Der Unterschied tritt hier
                      aber ebenso schlagend hervor wie die Analogie. Decken sich Nachfrage und
                      Angebot, so entspricht der Marktpreis der Ware ihrem Produktionspreis, d. h.
                      ihr Preis erscheint dann geregelt durch die innern Gesetze der kapitalistischen
                      Produktion, unabhängig von der Konkurrenz, da die Schwankungen von Nachfrage
                      und Angebot nichts erklären als die Abweichungen der Marktpreise von den
                      Produktionspreisen — Abweichungen, die sich wechselseitig ausgleichen, so
                      daß in gewissen längern Perioden die Durchschnittsmarktpreise gleich den
                      Produktionspreisen sind. Sobald sie sich decken, hören diese Kräfte auf zu
                      wirken, heben einander auf, und das allgemeine Gesetz der Preisbestimmung
                      tritt dann auch als Gesetz des einzelnen Falls hervor ; der Marktpreis
                      entspricht dann schon in seinem unmittelbaren Dasein, und nicht nur als
                      Durchschnitt der Bewegung der Marktpreise, dem Produktionspreis, der durch
                      die immanenten Gesetze der Produktionsweise selbst geregelt ist. Ebenso beim
                      Arbeitslohn. Decken sich Nachfrage und Angebot, so hebt sich ihre Wirkung auf,
                      und der Arbeitslohn ist gleich dem Wert der Arbeitskraft. Anders aber mit dem
                      Zins vom Geldkapital. Die Konkurrenz bestimmt hier nicht die Abweichungen vom
                      Gesetz, sondern es existiert kein Gesetz der Teilung, außer dem von der
                      Konkurrenz diktierten, weil, wie wir noch weiter sehn werden, keine „natürliche“
                      Rate des Zinsfußes existiert. Unter der natürlichen Rate des Zinsfußes versteht
                      man vielmehr die durch die freie Konkurrenz festgesetzte Rate. Es gibt keine
                      „natürlichen“ Grenzen der Rate des Zinsfußes. Wo die Konkurrenz nicht nur die
                      Abweichungen und Schwankungen bestimmt, wo also beim Gleichgewicht ihrer
                      gegeneinander wirkenden Kräfte überhaupt alle Bestimmung aufhört, ist das zu
                      Bestimmende etwas an und für sich Gesetzloses und Willkürliches.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <p rend="alinea">
                      Le capital se présente en outre comme marchandise dans la mesure où le partage
                      du profit en intérêt et profit proprement dit est réglé par l’offre et la
                      demande, c’est-à-dire par la concurrence, tout comme les prix de marché des
                      marchandises. Mais la différence est ici aussi frappante que l’analogie. Si
                      l’offre et la demande s’équilibrent, le prix de marché de la marchandise
                      correspond à son prix de production, cela veut dire que son prix est alors
                      réglé par les lois internes de la production capitaliste, indépendamment de la
                      concurrence, puisque les fluctuations de l’offre et de la demande n’expliquent
                      rien d’autre que les écarts des prix de marché par rapport aux prix de
                      production, écarts qui se compensent réciproquement, de sorte que pour des
                      périodes assez longues les prix de marché moyens égalent les prix de production.
                      Dès qu’elles s’équilibrent, ces forces cessent d’ agir, s’annulent
                      réciproquement, et la loi générale de fixation des prix devient également
                      valable pour le cas isolé. Le prix de marché dans sa forme immédiate et non
                      seulement comme moyenne des fluctuations des prix de marché correspond dès
                      lors au prix de production qui, lui, est régi par les lois immanentes du mode
                      de production lui-même. Ceci vaut également pour le salaire. Si l’offre et la
                      demande s’équilibrent, leur action s’annule et le salaire est égal à la valeur
                      de la force de travail. Il en va autrement avec l’intérêt du capital argent.
                      La concurrence ne détermine pas les écarts par rapport à la loi ; bien plus,
                      il n’existe point de loi sur le partage, hormis celle dictée par la concurrence,
                      parce qu’il n’existe aucun taux « naturel » de l’intérêt, comme nous le verrons
                      plus loin. Sous le terme : taux naturel de l’intérêt, on met plutôt le taux
                      fixé par la libre concurrence. Il n’y a pas de limites « naturelles » du taux
                      d’intérêt. Là où la concurrence ne détermine pas seulement les écarts et
                      fluctuations, où, devant l’équilibre des forces agissant en sens contraire
                      toute détermination cesse, l’objet à déterminer est en soi quelque chose
                      d’arbitraire et sans loi […].
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea">
                      Bovendien verschijnt het kapitaal als een waar, voor zover de verdeling van de
                      winst in rente en echte winst door vraag en aanbod, door concurrentie dus,
                      gereguleerd is, net zoals de marktprijzen van de waren. Het verschil is hier
                      echter net zo treffend als de analogie. Vallen vraag en aanbod samen, dan komt
                      de marktprijs van de waar overeen met de productieprijs, d.w.z. haar prijs is
                      dan geregeld door de interne wetten van de kapitalistische productie,
                      onafhankelijk van de concurrentie, omdat de schommelingen van vraag en aanbod
                      niets anders verklaren dan de afwijkingen van de marktprijzen aan de
                      productieprijzen – afwijkingen die zich onderling compenseren zodat in
                      bepaalde langere perioden de gemiddelde marktprijzen gelijk zijn aan de
                      productieprijzen. Zodra ze samenvallen, stoppen deze krachten met werken,
                      heffen elkaar op, en de algemene wet van prijsbepaling treedt dan op als
                      wet van de individuele zaak, de marktprijs komt dan al overeen met, in het
                      directe bestaan, niet alleen als gemiddelde van de marktprijsbewegingen,
                      de productieprijs, die zelf geregeld is door de immanente wetten van de
                      productiewijze. Hetzelfde bij het arbeidsloon. Vallen vraag en aanbod samen,
                      heffen zij hun effect op en het arbeidsloon is gelijk aan de waarde van de
                      arbeidskracht. Maar het is verschillend met de rente van het geldkapitaal. De
                      concurrentie bepaalt hier niet de afwijkingen van de wet, er bestaat geen
                      verdelingswet, behalve gedicteerd door de concurrentie, omdat, zoals we nog
                      zullen zien, er geen “natuurlijke” rentevoet bestaat. Onder de natuurlijke
                      rentevoet verstaat men eerder de door de vrije concurrentie vastgestelde voet.
                      Er zijn geen “natuurlijke” grenzen aan de rentevoet. Waar de concurrentie niet
                      alleen de afwijkingen en fluctuaties bepaalt, waar dus de conflicterende
                      krachten alle bepalingen opheffen, is de te bepalen zaak, op zichzelf
                      beschouwd, wetteloos en willekeurig.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      Furthermore, capital appears as a commodity, inasmuch as the division of profit
                      into interest and profit proper is regulated by supply and demand, that is, by
                      competition, just as the market prices of commodities. But the difference here
                      is just as apparent as the analogy. If supply and demand coincide, the market
                      price of commodities corresponds to their price of production, i. e., their
                      price then appears to be regulated by the immanent laws of capitalist
                      production, independently of competition, since the fluctuations of supply and
                      demand explain nothing but deviations of market prices from prices of
                      production. These deviations mutually balance one another, so that in the
                      course of certain longer periods the average market prices equal the prices
                      of production. As soon as supply and demand coincide, these forces cease to
                      operate, i. e., compensate one another, and the general law determining prices
                      then also comes to apply to individual cases. The market price then corresponds
                      even in its immediate form, and not only as the average of market price
                      movements, to the price of production, which is regulated by the immanent laws
                      of the mode of production itself. The same applies to wages. If supply and
                      demand coincide, they neutralise each other’s effect, and wages equal the
                      value of labour power. But it is different with the interest on money capital.
                      Competition does not, in this case, determine the deviations from the rule.
                      There is rather no law of division except that enforced by competition,
                      because, as we shall later see, no such thing as a “natural” rate of interest
                      exists. By the natural rate of interest people merely mean the rate fixed by
                      free competition. There are no “natural” limits for the rate of interest.
                      Whenever competition does not merely determine the deviations and fluctuations,
                      whenever, therefore, the neutralisation of opposing forces puts a stop to any
                      and all determination, the thing to be determined becomes something arbitrary
                      and lawless.
                    </p>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <bibl>
                      MEW, Band. 25, S. 368-369.
                    </bibl>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <bibl>
                      P. 23-24
                    </bibl>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="nl">
                    <bibl>
                      Marxistisch Internet Archief,
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1894/kapitaal-3/21.htm">www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1894/kapitaal-3/21.htm</ref>.
                    </bibl>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="en">
                    <bibl>
                      MECW 37, p. 354-355.
                    </bibl>
                  </cell>
                </row>
              </table>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap30" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 30 (L. III) — Capital argent et capital réel — I
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 2, p. 138.</bibl>
              <list>
                <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="de">
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
                <item rend="enligne milargeur">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="CapIIIt2p139un5" n="139"/>Les titres de propriété sur des
                        sociétés, des chemins de fer, des mines, etc., sont, nous l’avons vu
                        également, en fait, sans doute des titres sur du capital réel. Mais ils ne
                        permettent pas de disposer de celui—ci. Il ne peut être retiré. Les titres
                        établissent seulement des droits sur une fraction de la plus-value qu’il va
                        s’approprier. Mais ces titres se transforment eux aussi en duplicata du
                        capital réel, en chiffons de papier, comme si un certificat de chargement
                        pouvait avoir une valeur à côté du chargement, et en même temps que lui.
                        Ils se transforment en représentants nominaux de capitaux qui n’existent
                        pas. Car le capital réel existe à côté d’eux et ne change absolument pas
                        de mains, si ces duplicata passent d’une main dans une autre. Ils se
                        métamorphosent en formes du capital productif d’intérêt, non seulement
                        parce qu’ils assurent certaines recettes, mais aussi parce qu’en les
                        vendant on peut obtenir qu’ils soient remboursés en valeurs-capital. Dans
                        la mesure où l’accumulation de ces titres traduit l’accumulation de chemins
                        de fer, mines, bateaux à vapeur, etc., c’est l’expansion du procès de
                        reproduction réel qu’elle exprime — tout à fait à la façon dont l’extension
                        d’une feuille d’impôts, par exemple, relatifs à des biens mobiliers,
                        témoigne de l’augmentation de ces biens mobiliers. Mais en tant que
                        duplicata, négociables eux-mêmes comme marchandises et circulant donc comme
                        valeurs-capital, leur valeur est fictive : elle peut augmenter ou diminuer
                        tout à fait indépendamment du mouvement de valeur du capital réel, sur
                        lesquels leurs détenteurs ont un droit. Leur valeur, c’est-à-dire leur
                        cotation en bourse, a nécessairement tendance à augmenter avec la baisse du
                        taux de l’intérêt, dans la mesure où celle—ci est une conséquence toute
                        simple de la chute tendancielle du taux de profit, indépendamment des
                        variations propres du capital-argent : voilà pourquoi cette richesse
                        imaginaire, dont la valeur nominale primitive est déterminée pour chacune
                        de ses fractions aliquotes en ce qui concerne son expression de valeur,
                        <pb n="140"/>augmente, ne serait—ce que pour cette raison, au fur et à
                        mesure du développement de la production capitaliste.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Gains et pertes par suite des fluctuations de prix de ces titres, ainsi que
                        leur centralisation entre les mains de rois de chemins de fer, etc., seront
                        — ainsi le veut la nature des choses — de plus en plus le résultat de la
                        spéculation, qui apparaît au lieu et place du travail comme le mode
                        originel d’acquérir du capital et qui remplace aussi la violence directe.
                        Cette espèce de richesse financière imaginaire ne constitue pas seulement
                        une partie fort importante de la fortune des particuliers : c’est aussi,
                        nous l’avons vu, une portion notable du capital du banquier.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne milargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="nl">
                      <p>
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        [Een groot deel van het overtollige kapitaal wordt fictief, met een
                        denkbeeldige waarde.] Als kopieën die zelf kunnen verhandeld worden en dus
                        als waarde-kapitaal kunnen circuleren, hebben ze een fictieve waarde : ze
                        kunnen volledig onafhankelijk van de evolutie van de waarde van de
                        werkelijke [economie], stijgen of dalen […].
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Winst en verlies als gevolg van de prijsschommelingen van deze titels […]
                                                                                   
                        zullen […]                                   steeds meer het
                        resultaat zijn van speculatie […].
                                                                                   
                                                                                   
                                                                                   
                        Dit soort ingebeelde financiële rijkdom vormt niet alleen een belangrijk
                        deel van het fortuin van privé-personen maar het vormt ook een aanzienlijk
                        deel van het bankierskapitaal.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>Fragments trouvé dans le Web. La première phrase, entre crochets, ne
                    semble correspondre à aucune phrase de Marx. Ce serait plutôt un résumé
                    introductif de ce qui suit.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="en">
                      <p rend="alinea"></p>
                    </quote>
                    <bibl></bibl>
                  </cit>
                </item> -->
              </list>
              <ab rend="clear"/>
              <p xml:id="Capital-IIIchap30crise"><label rend="invisible">Capital, Livre III, chapitre 30, Capital argent et capital réel</label>
                <index><term>crédit</term></index>
                <index><term>crédit, resserrement du —</term></index>
                <index><term>plein emploi du capital industriel</term></index>
                <index><term>limites de la consommation</term></index>
                <index><term>consommation, limites</term></index>
                <index><term>crise de surproduction</term></index>
                <index><term>surproduction, crise de —</term></index>
                <index><term>krach</term></index>
                <index><term>surabondance de capital industriel</term></index>
                <index><term>capital, surabondance de — industriel</term></index>
                <index><term>excès de capital</term></index>
                <index><term>capital, excès de —</term></index>
                <index><term>capital inemployé</term></index>
                <index><term>confiance (crédit)</term></index>
                <index><term>demande de crédit</term></index>
                <index><term>crédit, demande</term></index>
                <index><term>pénurie de crédit</term></index>
                <index><term>crédit, pénurie de —</term></index>
                <index><term>taux d’escompte</term></index>
                <index><term>escompte, taux d’—</term></index>
                <index><term>crise, liée à la limitation de la consommation des masses</term></index>
                <index><term>pauvreté et limitation de la consommation des masses, fondement des crises</term></index>
                <index><term>limitation de la consommation des masses, fondement des crises</term></index>
                <index><term>développement sans limite des forces productives</term></index>
                <index><term>forces productives, développement sans limite</term></index>
              </p>

              <table rend="citquote" rows="5" cols="4">
                <row>
                  <cell xml:lang="de" style="width: 26%;">
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="MEW25p499sept8" n="499⅞"/>Das Maximum des Kredits ist hier
                      gleich der vollsten Beschäftigung des industriellen Kapitals, d.h. der
                      äußersten Anspannung seiner Reproduktionskraft ohne Rücksicht auf die
                      Grenzen der Konsumtion. Diese Grenzen der Konsumtion werden erweitert durch
                      die Anspannung des Reproduktionsprozesses selbst; einerseits vermehrt sie
                      den Verzehr von Revenue durch Arbeiter und Kapitalisten, andrerseits ist
                      sie identisch mit Anspannung der produktiven Konsumtion.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr" style="width: 26%;">
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="CapIIIt2p144cinq8" n="144 ⅝"/>Le crédit maximum est ici égal au
                      plein emploi maximum du capital industriel, c’est-à-dire représente la
                      tension extrême de sa capacité de reproduction sans tenir compte des
                      limites de la consommation. Ces dernières sont élargies par la tension du
                      procès de reproduction lui-même ; d’une part, celle-ci augmente la dépense
                      de revenu par les ouvriers et les capitalistes ; d’autre part, elle est
                      identique à la tension de la consommation productive.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="nl" style="width: 24%;">
                    <p rend="alinea">
                      Het maximale krediet is hier gelijk aan de volledige inzet van het industriekapitaal, d.w.z. de uiterste inzet van zijn reproductieve kracht zonder inachtneming van de limieten der consumptie. De consumptieve grenzen worden verlegd door de concentratie van het reproductieproces zelf; enerzijds vermeerdert zij het verbruik van de inkomsten door arbeiders en kapitalisten, anderzijds is zij identiek met de concentratie van de productieve consumptie.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      The maximum of credit is here identical with the fullest employment of
                      industrial capital, that is, the utmost exertion of its reproductive power
                      without regard to the limits of consumption. These limits of consumption
                      are extended by the exertions of the reproduction process itself. On the
                      one hand, this increases the consumption of revenue on the part of labourers
                      and capitalists, on the other hand, it is identical with an exertion of
                      productive consumption.
                    </p>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">
                      <pb n="500"/>Solange der Reproduktionsprozeß flüssig und damit der Rückfluß
                      gesichert bleibt, dauert dieser Kredit und dehnt sich aus, und seine
                      Ausdehnung ist basiert auf die Ausdehnung des Reproduktionsprozesses selbst.
                      Sobald eine Stockung eintritt, infolge verzögerter Rückflüsse, überführter
                      Märkte, gefallner Preise, ist Überfluß von industriellem Kapital vorhanden,
                      aber in einer Form, worin es seine Funktion nicht vollziehn kann. Masse von
                      Warenkapital, aber unverkäuflich. Masse von fixem Kapital, aber durch
                      Stockung der Reproduktion großenteils unbeschäftigt. Der Kredit kontrahiert
                      sich, 1. weil dies Kapital unbeschäftigt ist, d.h. in einer seiner
                      Reproduktionsphasen stockt, weil es seine Metamorphose nicht vollziehn kann;
                      2. weil das Vertrauen in die Flüssigkeit des Reproduktionsprozesses gebrochen
                      ist; 3. weil die Nachfrage nach diesem kommerziellen Kredit abnimmt.
                      Der Spinner, der seine Produktion einschränkt und eine Masse unverkauftes
                      Garn auf Lager hat, braucht keine Baumwolle auf Kredit zu kaufen; der
                      Kaufmann braucht keine Waren auf Kredit zu kaufen, weil er deren schon mehr
                      als genug hat.

                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <p rend="alinea">
                      Tant que le procès de reproduction poursuit son cours, continuant d’assurer
                      par là le reflux de capital, il y a permanence et extension de ce crédit,
                      et celle-ci repose sur l’extension du procès de reproduction lui-même. Dès
                      que survient un arrêt, par suite de retard dans les retours, d’engorgement
                      des marchés, de chutes de prix, il y a surabondance de capital industriel,
                      mais existant sous une forme telle qu’il ne peut accomplir ses fonctions.
                      Une masse de capitaux-marchandises, mais invendables. Une masse de capital
                      fixe, mais inemployé en majeure partie par suite de l’arrêt de la
                      reproduction. Il se produit un resserrement du crédit : 1<hi rend="ordinal">o</hi> parce que ce capital est inemployé, c’est-à-dire reste bloqué dans
                      une de ses phases de reproduction, parce qu’il ne peut accomplir sa
                      métamorphose ; 2<hi rend="ordinal">o</hi> parce que la confiance dans le
                      cours régulier du procès de reproduction est brisée ; 3<hi rend="ordinal">o</hi> parce que diminue la demande de ce crédit commercial. Le filateur
                      qui réduit sa production et possède une <pb n="145"/>masse de filés
                      invendus en stock n’a pas besoin d’acheter du coton à crédit ; le
                      commerçant n’a pas besoin d’acheter des marchandises à crédit, car il en a
                      plus qu’il ne lui en faut.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea">
                      Zolang het reproductieproces voortduurt en zo de terugvloeiing verzekerd is, is er krediet en breidt dit zich uit en zijn uitbreiding is gebaseerd op de uitbreiding van het reproductieproces zelf. Zodra er een stagnatie is, als gevolg van een trage terugvloeiing, verzadigde markten, gedaalde prijzen, is er overvloedig industriekapitaal voorhanden, maar in een vorm waarin het niet functioneel kan zijn. Een massa warenkapitaal, maar onverkoopbaar. Een massa vast kapitaal, maar door de stilstand van de reproductie grotendeels werkloos. Het krediet trekt zich samen, 1. omdat dit kapitaal werkloos is, d.w.z. in één van zijn reproductiefasen hapert omdat het zijn metamorfose niet kan voltooien; 2. omdat het vertrouwen in de continuïteit van het reproductieproces verbroken is; 3. omdat de vraag naar dit handelskrediet vermindert. De spinner, die zijn productie verlaagt en een grote massa onverkocht garen in stock heeft, moet geen katoen op krediet kopen; de handelaar moet geen waren op krediet kopen, want hij heeft er meer dan genoeg van.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      As long as the reproduction process is continuous and, therefore, the return
                      flow assured, this credit exists and expands, and its expansion is based
                      upon the expansion of the reproduction process itself. As soon as a stoppage
                      takes place, as a result of delayed returns, glutted markets, or fallen
                      prices, a superabundance of industrial capital becomes available, but in
                      a form in which it cannot perform its functions. Huge quantities of
                      commodity-capital, but unsaleable. Huge quantities of fixed capital, but
                      largely idle due to stagnant reproduction. Credit is contracted
                      1) because this capital is idle, i.e., blocked in one of its phases of
                      reproduction because it cannot complete its metamorphosis;
                      2) because confidence in the continuity of the reproduction process has
                      been shaken;
                      3) because the demand for this commercial credit diminishes. The spinner,
                      who curtails his production and has a large quantity of unsold yarn in
                      stock, does not need to buy any cotton on credit; the merchant does not
                      need to buy any commodities on credit because he has more than enough of
                      them.
                    </p>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">
                      Tritt also Störung in dieser Expansion oder auch nur in der normalen
                      Anspannung des Reproduktionsprozesses ein, so damit auch Kreditmangel;
                      Waren sind schwerer auf Kredit zu erhalten. Besonders aber ist das
                      Verlangen nach barer Zahlung und die Vorsicht im Kreditverkauf
                      charakteristisch für die Phase des industriellen Zyklus, die auf den Krach
                      folgt. In der Krisis selbst, da jeder zu verkaufen hat und nicht verkaufen
                      kann und doch verkaufen muß, um zu zahlen, ist die Masse, nicht des
                      unbeschäftigten, unterzubringenden Kapitals, sondern die des in seinem
                      Reproduktionsprozeß gehemmten Kapitals gerade dann am größten, wenn auch
                      der Kreditmangel am größten ist (und daher bei Bankierkredit die
                      Diskontorate am höchsten). Das schon ausgelegte Kapital ist dann in der Tat
                      massenweis unbeschäftigt, weil der Reproduktionsprozeß stockt. Fabriken
                      stehn still, Rohstoffe häufen sich auf, fertige Produkte überfüllen als
                      Waren den Markt. Es ist also nichts falscher, als solchen Zustand einem
                      Mangel an produktivem Kapital zuzuschreiben. Es ist gerade dann Überfluß
                      von produktivem Kapital vorhanden, teils in bezug auf den normalen, aber
                      augenblicklich kontrahierten Maßstab der Reproduktion, teils in bezug auf
                      die gelähmte Konsumtion.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <p rend="alinea">
                      Si donc une interruption se produit dans cette
                      expansion, ou même seulement s’il y a rupture de la tension normale du
                      procès de reproduction, il s’ensuit une pénurie de crédit ; il devient
                      plus difficile d’obtenir des marchandises à crédit. Mais la demande de
                      paiement en espèces et la prudence dans la vente à crédit sont
                      particulièrement caractéristiques de la phase du cycle industriel qui
                      succède au krach. Pendant la crise elle-même, chacun ayant quelque
                      chose à vendre, mais ne pouvant le faire et étant pourtant obligé
                      de vendre pour payer, la masse du capital qui est alors précisément
                      la plus considérable, ce n’est pas celle du capital inemployé ou à
                      caser, mais celle du capital gêné dans son procès de reproduction,
                      bien que la pénurie de crédit soit la plus forte (et partant le taux
                      d’escompte du crédit bancaire le plus élevé). Le capital déjà investi
                      est alors, en fait, massivement inemployé, parce que le procès de
                      reproduction est stoppé. Des usines sont arrêtées, les matières
                      premières s’accumulent, les produits finis saturent le marché sous
                      forme de marchandises. Il n’est donc rien de plus faux que d’attribuer
                      pareille situation à un manque de capital productif. Il y a alors
                      précisément excès de capital productif, soit par rapport à l’échelle
                      normale, mais pour l’instant réduite, de la reproduction, soit par
                      rapport à la paralysie de la consommation.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea">
                      Is er dus een verstoring in deze expansie of zelfs in het normale verloop van het reproductieproces, is er ook een kredietschaarste; waren zijn moeilijker op krediet te verkrijgen. Maar kenmerkend in deze fase van de industriële cyclus, onmiddellijk na de crisis, is vooral het verlangen naar contante betalingen en voorzichtigheid met de verkoop op krediet. Tijdens de crisis zelf, daar iedereen wil verkopen en niet kan verkopen en toch verkopen moet om te kunnen betalen, is het niet de hoeveelheid werkloos en te investeren kapitaal, maar het kapitaal gehinderd in zijn reproductieproces het grootste, net wanneer de kredietschaarste het grootst is (en daarom de discontovoet het hoogst voor bankkredieten). Het reeds geïnvesteerde kapitaal is dan in feite bij hopen werkloos, omdat het reproductieproces vastloopt. Fabrieken vallen stil, grondstoffen stapelen zich op, afgewerkte producten overstelpen de markt als waren. Het is dus heel fout een dergelijke toestand te wijten aan een tekort van productiekapitaal. Er is juist dan overvloedig productief kapitaal voorhanden, deels met betrekking tot de normale, maar direct gereduceerde reproductie, deels met betrekking tot de verlamde consumptie.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      Hence, if there is a disturbance in this expansion or even in the normal
                      flow of the reproduction process, credit also becomes scarce; it is more
                      difficult to obtain commodities on credit. However, the demand for cash
                      payment and the caution observed toward sales on credit are particularly
                      characteristic of the phase of the industrial cycle following a crash.
                      During the crisis itself, since everyone has products to sell, cannot sell
                      them, and yet must sell them in order to meet payments, it is not the mass
                      of idle and investment-seeking capital, but rather the mass of capital
                      impeded in its reproduction process, that is greatest just when the
                      shortage of credit is most acute (and therefore the rate of discount
                      highest for banker’s credit). The capital already invested is then, indeed,
                      idle in large quantities because the reproduction process is stagnant.
                      Factories are closed, raw materials accumulate, finished products flood the
                      market as commodities. Nothing is more erroneous, therefore, than to blame
                      a scarcity of productive capital for such a condition. It is precisely at
                      such times that there is a superabundance of productive capital, partly in
                      relation to the normal, but temporarily reduced scale of reproduction, and
                      partly in relation to the paralysed consumption.
                    </p>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">
                      Denken wir uns die ganze Gesellschaft bloß aus industriellen Kapitalisten
                      und Lohnarbeitern zusammengesetzt. Sehn wir ferner ab von den Preiswechseln,
                      die große Portionen des Gesamtkapitals hindern, sich in ihren
                      Durchschnittsverhältnissen zu ersetzen, und die, bei dem allgemeinen
                      Zusammenhang des ganzen Reproduktionsprozesses, wie ihn namentlich der
                      <pb n="501"/>Kredit entwickelt, immer zeitweilige allgemeine Stockungen
                      hervorbringen müssen. Sehn wir ab ebenfalls von den Scheingeschäften und
                      spekulativen Umsätzen, die das Kreditwesen fördert. Dann wäre eine Krise
                      nur erklärlich aus Mißverhältnis der Produktion in verschiednen Zweigen und
                      aus einem Mißverhältnis, worin der Konsum der Kapitalisten selbst zu ihrer
                      Akkumulation stände. Wie aber die Dinge liegen, hängt der Ersatz der in der
                      Produktion angelegten Kapitale großenteils ab von der Konsumtionsfähigkeit
                      der nicht produktiven Klassen ; während die Konsumtionsfähigkeit der
                      Arbeiter teils durch die Gesetze des Arbeitslohns, teils dadurch beschränkt
                      ist, daß sie nur solange angewandt werden, als sie mit Profit für die
                      Kapitalistenklasse angewandt werden können. Der letzte Grund aller
                      wirklichen Krisen bleibt immer die Armut und Konsumtionsbeschränkung der
                      Massen gegenüber dem Trieb der kapitalistischen Produktion, die
                      Produktivkräfte so zu entwickeln, als ob nur die absolute
                      Konsumtionsfähigkeit der Gesellschaft ihre Grenze bilde.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <p rend="alinea">
                      Imaginons que la société tout entière soit composée
                      simplement de capitalistes industriels et d’ouvriers salariés. Laissons
                      de côté, en outre, les fluctuations de prix qui empêchent que de grandes
                      fractions de l’ensemble du capital ne se remplacent dans les conditions
                      moyennes et qui, étant donné l’interdépendance générale de l’ensemble
                      du procès de reproduction telle que la développe notamment le crédit,
                      doivent nécessairement provoquer toujours des arrêts généraux
                      momentanés. Faisons abstraction également des affaires fictives et des
                      transactions spéculatives favorisées par le système de crédit. Alors
                      une crise ne s’expliquerait que par le déséquilibre de la production
                      dans diverses branches et par un déséquilibre entre la consommation des
                      capitalistes eux-mêmes et leur accumulation. Mais dans l’état de choses
                      existant, le remplacement des capitaux investis dans la production
                      dépend pour la plus grande part de la capacité de consommation des
                      classes improductives, tandis que la capacité de consommation des
                      ouvriers est limitée en partie par les lois du salaire, en partie par
                      le fait qu’on ne les emploie qu’aussi longtemps que leur utilisation
                      profite à la classe capitaliste. La raison ultime de toute véritable
                      crise demeure toujours la pauvreté et la limitation de la consommation
                      des masses, en face de la tendance de la production capitaliste à
                      développer les forces productives comme si elles n’avaient pour limite
                      que la capacité de consommation absolue de la société.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea">
                      Stellen we ons een maatschappij voor met enkel industriële kapitalisten en loonarbeiders.
                      We zien ook af van prijsveranderingen, die grote delen van het totale kapitaal verhinderen
                      om zich te vervangen in hun gemiddelde verhouding en die,
                      in de algemene relaties van het gehele reproductieproces, zoals ontwikkeld door het krediet,
                      steeds tijdelijke algemene stagnaties moet voortbrengen.
                      Zien we ook af van schijntransacties en speculatie, begunstigd door het kredietstelsel.
                      Dan is een crisis enkel te verklaren uit een wanverhouding van de productie in de verschillende sectoren
                      en uit de wanverhouding tussen de consumptie der kapitalisten en hun accumulatie.
                      Maar zoals het er voor staat, hangt de vervanging van de in de productie geïnvesteerde kapitalen grotendeels af
                      van de consumptiecapaciteit van de niet-productieve klassen;
                      terwijl de consumptiecapaciteit van de arbeiders beperkt is,
                      deels door de loonwetten en deels doordat ze alleen worden ingezet als ze winstgevend zijn voor de kapitalistische klasse.
                      De ultieme reden van alle reële crisissen blijft de armoede en consumptiebeperking van de massa’s
                      tegenover de tendens van de kapitalistische productie de productiekrachten zodanig te ontwikkelen
                      alsof alleen de absolute consumptiecapaciteit van de maatschappij de grens is.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      Let us suppose that the whole of society is composed only of industrial
                      capitalists and wage-workers. Let us furthermore disregard price
                      fluctuations, which prevent large portions of the total capital from
                      replacing themselves in their average proportions and which, owing to the
                      general interrelations of the entire reproduction process as developed in
                      particular by credit, must always call forth general stoppages of a
                      transient nature. Let us also disregard the sham transactions and
                      speculations, which the credit system favours. Then, a crisis could only
                      be explained as the result of a disproportion of production in various
                      branches of the economy, and as a result of a disproportion between the
                      consumption of the capitalists and their accumulation. But as matters stand,
                      the replacement of the capital invested in production depends largely upon
                      the consuming power of the non-producing classes; while the consuming power
                      of the workers is limited partly by the laws of wages, partly by the fact
                      that they are used only as long as they can be profitably employed by the
                      capitalist class. The ultimate reason for all real crises always remains
                      the poverty and restricted consumption of the masses as opposed to the
                      drive of capitalist production to develop the productive forces as though
                      only the absolute consuming power of society constituted their limit.
                    </p>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <bibl>
                      <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me25/me25_493.htm">www.mlwerke.de/<lb/>me/
                      <lb/>me25/<lb/>me25_493.htm</ref>
                    </bibl>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <bibl>
                      Pages 144-145.
                    </bibl>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="nl">
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1894/kapitaal-3/30.htm">www.marxists.org/
                      <lb/>nederlands/<lb/>marx-engels/
                      <lb/>1894/<lb/>kapitaal-3/<lb/>30.htm</ref>
                    </bibl>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="en">
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch30.htm">www.marxists.org/
                      <lb/>archive/<lb/>marx/<lb/>works/
                      <lb/>1894-c3/<lb/>ch30.htm</ref>
                    </bibl>
                  </cell>
                </row>
              </table>
              <p rend="alinea">
                Il faut considérer avec prudence la fin de ce passage. Le manque de demande
                solvable des masses est le fondement ultime de la crise, avec l’accumulation
                forcenée. La demande solvable est toujours « insuffisante », du fait de
                l’exploitation ; ce n’est donc pas la cause immédiate des crises, sinon il n’y
                aurait jamais d’autre situation que la crise. Marx fait d’ailleurs remarquer <ref target="#Capital-IIchap20para4">au <title>Livre II</title></ref> que toujours
                les crises suivent une période de hausse des salaires.
              </p>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Capital-IIIsect6" type="level2_sect">
            <head>
              Sixième section — Conversion du surprofit en rente foncière
            </head>

            <div xml:id="Capital-IIIchap37" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 37 (L. III) — Considérations préliminaires
              </head>
              <bibl>
                Livre III, t. 3, pp. 8-31.
              </bibl>
              <p xml:id="Capital-IIIchap37ES7sur8p10"><label rend="invisible">Capital, Livre III, chap. 37 — Considérations préliminaires</label>
                <index><term>propriété foncière, débarrassée de rapports de domination et de servitude</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    … d’une part, il [le mode capitaliste de production] débarrasse complètement la propriété foncière
                    de tous les rapports de domination et de servitude
                    et, d’autre part, il a séparé complètement le sol et le fonds, en tant que moyen de travail,
                    de la propriété et du propriétaire foncier…
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Éditions sociales, <title>Capital</title> en huit volumes, vol. 7 (vol. 2 du Livre III), p. 10.</bibl>
              </cit>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>agriculture, contradiction avec les fluctuations de prix</term>
                </index>❦ agriculture, contradiction avec les fluctuations de prix
                <index>
                  <term>agriculture, contradiction avec le profit immédiat</term>
                </index>❦ agriculture, contradiction avec le profit immédiat
                <index>
                  <term>agriculture, conditions d’existence des générations futures</term>
                </index>❦ agriculture, conditions d’existence des générations futures
              </p>
              <list>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="de">
                      <p rend="alinea">
                        Aber die Abhängigkeit der Kultur der besondren Erdprodukte von den
                        Schwankungen der Marktpreise, und der beständige Wechsel dieser Kultur
                        mit diesen Preisschwankungen, der ganze Geist der kapitalistischen
                        Produktion, der auf den unmittelbaren nächsten Geldgewinn gerichtet ist,
                        widerspricht der Agrikultur, die mit den gesamten ständigen Lebensbedingungen
                        der sich verkettenden Menschengenerationen zu wirtschaften hat.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      MEW, Band. 25, p. 631 (suite de la note 27 qui commence à la page 630),
                      <ref target="http://www.mlwerke.de/me/me25/me25_627.htm#M27">www.mlwerke.de/me/me25/me25_627.htm#M27</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Mais le fait, pour la culture des divers produits du sol, de dépendre des
                        fluctuations des prix du marché, qui entraînent un perpétuel changement de
                        ces cultures, l’esprit même de la production capitaliste, axé sur le profit
                        le plus immédiat, sont en contradiction avec l’agriculture, qui doit mener
                        sa production en tenant compte de l’ensemble des conditions d’existence
                        permanentes des générations humaines qui se succèdent.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Capital, L. III, t. 3, p. 10, note.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="nl">
                      <p rend="alinea">
                        Het feit dat de landbouw afhangt van de fluctuaties van de marktprijs,
                        die leiden tot een eeuwigdurende verandering van teelten, en de geest zelf
                        van de kapitalistische productie, gericht op de snelste winst, staan in
                        tegenstelling tot de landbouw, die haar productie moet plannen rekening
                        houdend met het geheel van permanente levensomstandigheden van de volgende
                        menselijke generaties.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Traduction privée.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="en">
                      <p rend="alinea">
                        But the dependence of the cultivation of particular agricultural products
                        upon the fluctuations of market-prices, and the continual changes in
                        this cultivation with these price fluctuations — the whole spirit of
                        capitalist production, which is directed toward the immediate gain of
                        money are in contradiction to agriculture, which has to minister to the
                        entire range of permanent necessities of life required by the chain of
                        successive generations.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch37.htm#27">www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch37.htm#27</ref>
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <ab rend="clear"/>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>rationalisation de l’agriculture par le mode capitaliste de production</term>
                </index>❦ rationalisation de l’agriculture par le mode capitaliste de production
                <index>
                  <term>rationalisation de l’agriculture, condition de sa socialisation</term>
                </index>
                <index>
                  <term>exploitation sociale de l’agriculture, rendue possible par le capitalisme</term>
                </index>
                <index>
                  <term>agriculture, rationalisation par le mode capitaliste de production</term>
                </index>
                <index>
                  <term>mode capitaliste de production, mérite de la rationalisation de l’agriculture</term>
                </index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p10un2" n="10½"/>La rationalisation de l’agriculture, qui
                    seule rend possible son exploitation sociale et le fait d’avoir ramené <foreign xml:lang="latin">ad absurdum</foreign> la propriété foncière : tels sont les
                    deux grands mérites du mode capitaliste de production. Comme tous ses autres
                    progrès historiques, la production capitaliste a accompli celui-ci en réalisant
                    d’abord l’appauvrissement total du producteur direct.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>amélioration du sol, engrais, canaux de drainage, nivellements…</term>
                </index>❦ amélioration du sol, engrais, canaux de drainage, nivellements…
                <index><term>sol, amélioration</term></index>
                <index><term>canal, amélioration du sol</term></index>
                <index><term>engrais, amélioration du sol</term></index>
                <index><term>canal de drainage, amélioration du sol</term></index>
                <index><term>drainage, amélioration du sol</term></index>
                <index><term>nivellement, amélioration du sol</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p11un2" n="11½"/>Du capital peut être fixé dans le sol,
                    lui être incorporé, plus ou moins passagèrement, dans le cas d’améliorations
                    de nature chimique, l’engrais par exemple, ou de façon plus durable, s’il
                    s’agit de canaux de drainage, de systèmes d’irrigation, de nivellements, de
                    bâtiments d’exploitation, etc. J’ai appelé <note place="bottom">
                      <title>Misère de la philosophie</title>. Dans cet ouvrage, je distingue la
                      terre-matière et la terre-capital. « Rien qu’à appliquer à des terres, déjà
                      transformées en moyens de production, de nouvelles mises de capital, on
                      augmente la terre-capital sans rien ajouter a la terre-matière, c’est-à-dire
                      a l’étendue du terrain… La terre-capital n’est pas plus éternelle que tout
                      autre capital… La terre-capital est un capital fixe, mais le capital fixe
                      s’use aussi bien que les capitaux circulants. » [Éditions sociales, 1947,
                      p. 128.]
                    </note>
                    ailleurs le capital ainsi incorporé au sol la terre-capital [en français dans
                    le texte, N. R.]. Il entre dans la catégorie du capital fixe. L’intérêt
                    correspondant au capital incorporé au sol et aux améliorations que le sol en
                    tant qu’instrument de production subit de ce fait peut constituer une partie
                    de la rente que le fermier paie au propriétaire foncier <note place="bottom">
                      Je dis blen : « peut » parce que cet intérêt, dans certaines conditions, est
                      déterminé par la loi de la rente foncière ; il est susceptible, par conséquent,
                      de disparaitre ; par exemple, dans le cas de la concurrence de nouvelles
                      terres d’une grande fertilité naturelle.
                    </note>,
                    mais ne constitue pas la rente foncière proprement dite qui est payée pour
                    l’utilisation du sol lui-même, qu’il soit dans son état naturel ou cultivé.
                    […] Les investissements de capitaux, plutôt temporaires, qu’entrainent les
                    procès de production habituels dans l’agriculture sont tous assumés, sans
                    exception, par le fermier. Ces investissements, comme d’ailleurs, en général,
                    la simple mise en culture, si elle est assurée de façon quelque peu rationnelle
                    et ne se réduit pas <pb xml:id="CapIIIt3p12" n="12"/>à un épuisement brutal du
                    sol, comme chez les anciens propriétaires d’esclaves américains (Messieurs les
                    propriétaires fonciers se garantissent d’ailleurs dans le contrat contre cette
                    éventualité), améliorent le sol <note place="bottom">
                      Voir James Anderson et Carey.
                    </note>,
                    augmentent sa production et transforment la terre de simple matière en
                    terre-capital. Un champ cultivé a plus de valeur qu’un champ inculte à valeur
                    naturelle égale. Même les capitaux fixes plus durables, incorporés A la terre,
                    qui s’usent assez lentement, sont fournis pour l’essentiel, et en certains
                    secteurs souvent totalement, par le fermier.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>agriculture rationnelle, obstacle de la propriété foncière</term>
                </index>❦ agriculture rationnelle, obstacle de la propriété foncière
                <index><term>propriété foncière, obstacle à une agriculture rationnelle</term></index>
                <index><term>rationalisation de l’agriculture, obstacle de la propriété foncière</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p12deux3" n="12⅔"/>Mais en même temps cette pratique
                    [appropriation de la terre-capital par le propriétaire foncier, D.M.] est un
                    des plus grands obstacles à la rationalisation de l’agriculture, étant donné
                    que le fermier évite toutes les améliorations et dépenses dont il ne saurait
                    escompter la récupération totale pendant la durée de son fermage.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
              <p rend="alinea">C’est une contradiction du capitalisme : d’un côté il permet une
              rationalisation de l’agriculture et introduit de nouvelles possibilités techniques ;
              d’un autre côté, il est freiné par la propriété foncière du sol, qui dissuade
              d’investir.</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>surplus</term></index>❦ surplus
                <index><term>surtravail</term></index>❦ surtravail
                <index>
                  <term>productivité du travail agricole</term>
                </index>❦ productivité du travail agricole
                <index><term>production de nourriture</term></index>❦ production de nourriture
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p24un3" n="24⅓"/>La base même du surtravail, fondée
                    dans la nature des choses, la condition naturelle, sans laquelle il n’existerait
                    pas, est que la nature — sous forme de produits du sol, végétaux ou animaux,
                    ou encore sous forme de pêcheries, etc. — assure les moyens de subsistance
                    nécessaires, le temps de travail employé à cet effet n’absorbant pas la
                    journée de travail tout entière. Cette productivité naturelle du travail
                    agricole (qui comprend ici simplement la cueillette, la chasse, la pêche,
                    l’élevage) est la base de tout surtravail ; comme tout travail, il tend en
                    premier lieu, à l’origine, à s’approprier et produire de la nourriture.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>surtravail, condition objective</term>
                </index>❦ surtravail, condition objective
                <index><term>surtravail, limite</term></index>❦ surtravail, limite
                <index><term>travail nécessaire</term></index>❦ travail nécessaire
                <index>
                  <term>production des moyens de subsistance</term>
                </index>❦ production des moyens de subsistance
                <index><term>surproduit agricole</term></index>❦ surproduit agricole
                <index>
                  <term>division du travail entre agriculteurs et industriels</term>
                </index>❦ division du travail entre agriculteurs et industriels
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p26deux3" n="26⅔"/>Ces conditions d’existence de la
                    plus-value sont les suivantes : il faut que les producteurs directs travaillent
                    au delà du temps nécessaire à la reproduction de leur force de travail, à leur
                    propre reproduction. Ils doivent accomplir du surtravail. Voilà la condition
                    subjective. La condition objective est qu’ils puissent également accomplir du
                    surtravail, que les conditions naturelles soient telles qu’une partie de leur
                    temps de travail disponible suffise à leur reproduction et à leur propre
                    conservation en tant que producteurs, et que la production des moyens de
                    subsistance nécessaires n’accapare pas toute leur force de travail. La
                    fécondité de la nature constitue ici une limite, un point de départ, une base.
                    Par ailleurs, le développement de la force productive sociale de leur travail
                    constitue l’autre limite. Poussons plus avant notre analyse : comme la
                    production des moyens de subsistance est la toute première condition de la vie
                    et de toute production en général, le travail dépensé pour cette production
                    (travail agricole au sens économique le plus <pb xml:id="CapIIIt3p27" n="27"/>large) doit être suffisamment rentable pour que la totalité du temps de
                    travail disponible ne soit pas absorbée par la production de moyens de
                    subsistance pour les producteurs directs ; bref, pour qu’un surtravail agricole,
                    donc un surproduit agricole, soit possible. Poursuivons : il faut que la
                    totalité du travail agricole — travail nécessaire et surtravail — d’une partie
                    de la société suffise à produire les moyens de subsistance nécessaires pour la
                    société tout entière, par conséquent pour les travailleurs non agricoles
                    également ; de sorte que la grande division du travail entre agriculteurs et
                    industriels soit possible, de même que la division entre agriculteurs
                    produisant de la nourriture et agriculteurs produisant des matières
                    premières. Bien que le travail des producteurs directs de moyens de
                    subsistance se divise, pour eux-mêmes, en travail nécessaire et
                    surtravail, il représente ainsi, du point de vue de la société, le
                    travail nécessaire à la seule production des moyens de subsistance.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap38" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 38 (L. III) — La rente différentielle. Généralités
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 3, p. 32.</bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>temps de travail socialement nécessaire, conditions ordinaires</term>
                </index>❦ temps de travail socialement nécessaire, conditions ordinaires
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p33" n="33"/>[…] le temps de travail socialement nécessaire ;
                    c’est le temps de travail requis pour produire, dans les conditions sociales
                    moyennes de production, la quantité totale exigée par la société d’une espèce
                    de marchandises se trouvant sur le marché.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Il importe de noter que le temps de travail socialement nécessaire n’est pas le
                temps moyen, mais le temps dans des conditions ordinaires. Dans l’exemple développé
                en ce début de chapitre, la production plus productive ne modifie pas le temps
                socialement nécessaire.
              </p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>force naturelle</term></index>❦ force naturelle
                <index><term>force naturelle, monopole</term></index>❦ force naturelle, monopole
                <index><term>sol</term></index>❦ sol
                <index><term>terre</term></index>❦ terre
                <index><term>rente</term></index>❦ rente
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p36cinq8" n="36⅝"/>L’accroissement de la force productive
                    du travail qu’il met en œuvre [le fabricant qui utilise la chute d’eau] ne
                    provient ni du capital ou du travail eux-mêmes, ni de la simple application
                    d’une force naturelle incorporée au capital, mais qui se distingue du capital
                    ainsi que du travail. Elle provient d’une augmentation de la productivité
                    naturelle du travail, liée à l’emploi d’une force naturelle ; mais il ne
                    s’agit pas d’une force naturelle qui serait à la disposition de tout capital
                    dans la même sphère de production, comme par exemple l’élasticité de la vapeur ;
                    son utilisation ne va donc pas de soi, du moment qu’on investit du capital
                    dans cette sphère. Il s’agit d’une force naturelle monopolisable dont ne
                    peuvent disposer, comme c’est le cas pour la chute d’eau, que ceux qui
                    détiennent certaines portions du sol et ce qui en dépend. Il n’appartient
                    nullement au capital de créer cette condition naturelle d’un accroissement
                    de la productivité du travail, de la façon dont n’importe quel capital peut
                    transformer de l’eau en vapeur. On ne la rencontre dans la nature qu’à certains
                    endroits et, là où elle n’existe pas, elle ne peut pas être produite par une
                    dépense déterminée de capital. Elle n’est point liée à des produits que le
                    travail peut fabriquer, machines, charbon, etc., mais à des caractéristiques
                    naturelles définies de certaines parties du sol. Ceux des fabricants
                    possédant des chutes d’eau excluent ceux qui n’en possèdent pas de
                    l’utilisation de cette force naturelle, parce que le sol, <pb xml:id="CapIIIt3p37" n="37"/>et <emph>a fortiori</emph>
                    le sol doté de force hydraulique, est limité. Bien que la masse des
                    chutes d’eau naturelles dans un pays donné soit limitée, cela n’exclut
                    pas que le volume de la force hydraulique utilisable dans l’industrie
                    soit susceptible d’être augmenté. La chute d’eau peut être canalisée
                    artificiellement pour permettre l’utilisation totale de sa force
                    motrice ; le cas échéant, la roue à aubes peut être améliorée pour
                    utiliser au maximum la force hydraulique ; là où la roue ordinaire ne
                    convient pas au mode d’adduction d’eau, on peut employer des turbines,
                    etc. La possession de cette force naturelle constitue un monopole entre
                    les mains de son propriétaire, la condition d’une force productive
                    élevée du capital investi, qui ne peut pas être produite par le procès
                    de production du capital lui-même. Cette force naturelle, qui est ainsi
                    monopolisable, n’est jamais séparable de la terre. Elle ne fait pas
                    partie des conditions générales de la sphère de production en question
                    et ne compte point parmi celles que tout le monde peut réaliser.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>rente, capitalisation</term></index>❦ rente, capitalisation
                <index><term>terre, n’a pas de valeur</term></index>❦ terre, n’a pas de valeur
                <index>
                  <term>force naturelle, n’a pas de valeur</term>
                </index>❦ force naturelle, n’a pas de valeur
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p39un4" n="39¼"/>La chute d’eau comme la terre,
                    comme toute force de la nature, n’a pas de valeur par elle-même,
                    puisqu’aucun travail n’est matérialisé en elle ; elle n’a donc pas
                    non plus de prix qui <foreign xml:lang="latin">normaliter</foreign>
                    [normalement] n’est rien d’autre que l’expression monétaire de la
                    valeur. Là où il n’y a pas de valeur, il ne peut  <foreign xml:lang="latin">eo ipso</foreign> [par le fait même] y avoir d’expression
                    monétaire. Ce prix n’est que la rente capitalisée.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap40" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 40 (L. III) — Deuxième forme de la rente différentielle (rente différentielle II)
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 3, p. 63.</bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>seuil pour qu’un capital puisse obtenir le taux de profit moyen</term>
                </index>❦ seuil pour qu’un capital puisse obtenir le taux de profit moyen
                <index><term>taux de profit moyen, seuil nécessaire en capital</term></index>
                <index><term>capital, seuil pour obtenir le taux de profit moyen</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p66un4" n="66¼"/>Dans l’industrie manufacturière proprement
                    dite se détermine très vite, pour chaque branche d’industrie en particulier, un
                    volume minimum d’affaires, donc aussi un minimum de capital au-dessous duquel
                    une affaire individuelle ne saurait être menée avec succès. De même, dans chaque
                    branche d’industrie particulière, se constitue un capital moyen normal,
                    supérieur à ce minimum, dont la masse des producteurs doit disposer et dispose
                    en fait. Tout ce qui dépasse ce capital peut réaliser un profit extra ; tout
                    capital inférieur ne permet pas d’obtenir le profit moyen.
                  </p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap44" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 44 (L. III) — Rente différentielle même sur le plus mauvais terrain cultivé
              </head>
              <bibl>Livre III, t. 3, p. 124.</bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>force naturelle, n’a pas de valeur</term>
                </index>❦ force naturelle, n’a pas de valeur
                <index><term>force naturelle, pénurie</term></index>❦ force naturelle, pénurie
                <index>
                  <term>force naturelle, substitution</term>
                </index>❦ force naturelle, substitution
                <index>
                  <term>substitution de travail à une force naturelle</term>
                </index>❦ substitution de travail à une force naturelle
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><note place="margin">P. 130.</note>Des éléments
                  naturels qui interviennent dans la production sans rien coûter, quel
                  que soit le rôle qu’ils y jouent, n’entrent pas dans la production en
                  tant que composants du capital, mais en tant que force naturelle
                  gratuite du capital, c’est-à-dire comme productivité naturelle et
                  gratuite du travail qui, cependant, dans le système capitaliste de
                  production, se présente, comme toute force productive, sous l’aspect de
                  force productive du capital. Si une telle force naturelle, qui, à
                  l’origine, ne coûte rien, entre dans la production, elle n’intervient
                  pas dans la détermination du prix, aussi longtemps que le produit
                  qu’elle contribue à produire suffit aux besoins. Mais si, au cours du
                  développement, une masse de produits supérieure à celle qu’on peut
                  obtenir grâce à cette force naturelle devient nécessaire et que ce
                  supplément doit être produit sans l’aide de cette force naturelle ou
                  avec l’aide de l’homme, de son travail, un nouvel élément additionnel
                  entre alors dans le capital. Il y a donc une dépense relativement plus
                  grande de capital pour obtenir le même produit. Toutes choses égales
                  d’ailleurs, il se produit alors une hausse du prix de production.</p>
                </quote>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap45" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 45 (L. III) — La rente foncière absolue
              </head>
              <bibl>
                Livre III, t. 3, p. 133-155
              </bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>force naturelle, pénurie</term></index>❦ force naturelle, pénurie
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><note place="margin">P. 150.</note>Supposons que des
                  machines économisant le travail, des produits chimiques, etc., occupent
                  une place de plus en plus grande, que le capital constant, du point de
                  vue technique, s’accroisse par conséquent non seulement quant à sa
                  valeur, mais aussi quant à sa masse par rapport à la masse de force de
                  travail employée ; mais dans l’agriculture (comme dans l’industrie
                  extractive) n’intervient pas uniquement la productivité sociale, la
                  productivité naturelle du travail intervient aussi qui dépend des
                  conditions naturelles. Il est possible que l’accroissement de la
                  productivité sociale en agriculture compense à peine ou ne compense
                  même pas la diminution de la force naturelle, — de toute façon cette
                  compensation n’aura qu’un effet temporaire — de sorte qu’en dépit du
                  développement technique le prix du produit ne baisse pas, mais qu’on
                  évite simplement qu’il ne subisse une hausse plus forte.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>amélioration du sol</term></index>❦ amélioration du sol
                <index><term>sol, amélioration</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Dans ce qui suit, l’action de l’homme sur la qualité de la terre :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Deuxièmement : Le développement des sciences naturelles et de l’agronomie
                    entraîne l’amélioration de la fertilité du sol en améliorant les moyens qui
                    permettent une mise en valeur immédiate de ses éléments. C’est ainsi que
                    récemment, en France et dans les comtés de l’est de l’Angleterre, des terres
                    légères considérées jusque là comme mauvaises, sont passées au premier rang
                    (voir Passy). D’autre part, des terres, dont la composition chimique n’était
                    pas mauvaise, mais dont l’exploitation se heurtait à certaines difficultés
                    d’ordre mécanique et physique, deviennent bonnes dés qu’on trouve les moyens
                    de surmonter ces difficultés.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>Au bas de la page 152.</bibl>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap46" type="level3_chap">
              <head>Chapitre 46 (L. III) — Rente sur les terrains à bâtir. Rente sur les
              mines. Prix du terrain</head>
              <p><bibl>Livre III, t. 3, p. 156</bibl>.</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>force naturelle, monopole des —</term>
                </index>❦ force naturelle, monopole des —
                <index><term>rente</term></index>❦ rente
                <index>
                  <term>ressources naturelles, propriété des —</term>
                </index>❦ ressources naturelles, propriété des —
                <index>
                  <term>ressources naturelles, épuisement des —</term>
                </index>❦ ressources naturelles, épuisement des —
                <index>
                  <term>durable, vie, propriété foncière</term>
                </index>❦ durable, vie, propriété foncière
                <index><term>propriété foncière, vie, durabilité</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p156" n="156"/>Partout où des forces naturelles peuvent
                    être monopolisées et assurer un surprofit à l’industriel qui les exploite
                    — qu’il s’agisse de chutes d’eau, de mines riches en minerai, d’eaux
                    poissonneuses ou d’un terrain à bâtir bien situé —, ce surprofit est enlevé
                    sous forme de rente au capital en fonction par celui dont un titre de propriété
                    sur une parcelle du globe a fait le propriétaire de ces richesses naturelles.
                    […] la propriété foncière inclut, en général, le droit pour le propriétaire
                    d’exploiter <pb xml:id="CapIIIt3p157" n="157"/>le globe, les entrailles de la
                    terre, l’air, partant ce qui conditionne la conservation et le développement
                    de la vie.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>globe terrestre, propriété privée</term></index>❦ globe
                <index><term>Erdball, Privateigentum</term></index>
                <index><term>Privateigentum, Erdball</term></index>
                <index><term>aardbol, eigendom</term></index>
                <index><term>propriété privée de parties du globe terrestre</term></index>
                <index><term>durable, amélioration de la terre</term></index>❦ durable
                <index><term>amélioration de la terre, durabilité</term></index>
                <index>
                  <term>générations futures, amélioration de la terre</term>
                </index>❦ générations futures, amélioration de la terre
              </p>
              <list>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="de">
                      <p rend="alinea">
                        Vom Standpunkt einer höhern ökonomischen Gesellschaftsformation wird das
                        Privateigentum einzelner Individuen am Erdball ganz so abgeschmackt
                        erscheinen, wie das Privateigentum eines Menschen an einem andern Menschen.
                        Selbst eine ganze Gesellschaft, eine Nation, ja alle gleichzeitigen
                        Gesellschaften zusammengenommen, sind nicht Eigentümer der Erde. Sie sind
                        nur ihre Besitzer, ihre Nutznießer, und haben sie als <foreign xml:lang="latin">boni patres familias</foreign> den nachfolgenden Generationen
                        verbessert zu hinterlassen.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW, Band. 25, p. 784.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Du point de vue d’une organisation économique supérieure de la société,
                        le droit de propriété de certains individus sur des parties du globe
                        paraîtra tout aussi absurde que le droit de propriété d’un individu sur
                        son prochain (esclavage). Une société entière, une nation et même toutes
                        les sociétés contemporaines réunies ne sont pas propriétaires de la terre.
                        Elles n’en sont que les possesseurs, elles n’en ont que la jouissance et
                        doivent la léguer aux générations futures après l’avoir améliorée en
                        <foreign xml:lang="latin">boni patres familias</foreign>.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      T. 3, p. 159.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="nl">
                      <p rend="alinea">
                        Vanuit het oogpunt van een superieure economische organisatie van de
                        maatschappij, lijkt het eigendomsrecht van enkele individuen over delen
                        van de aardbol even absurd als het eigendomsrecht van een individu over
                        zijn naaste. […]
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Traduction partielle privée.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="en">
                      <p rend="alinea">
                        From the standpoint of a higher economic form of society, private ownership
                        of the globe by single individuals will appear quite as absurd as private
                        ownership of one man by another. Even a whole society, a nation, or even
                        all simultaneously existing societies taken together, are not the owners
                        of the globe. They are only its possessors, its usufructuaries, and, like
                        <foreign xml:lang="latin">boni patres familias</foreign>, they must hand it
                        down to succeeding generations in an improved condition.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch46.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch46.htm</ref>.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <ab rend="clear"/>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap47" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 47 (L. III) — Genèse de la rente foncière capitaliste
              </head>

              <div xml:id="Capital-IIIchap47para5" type="level4para">
                <head>
                  5. Le métayage et la propriété paysanne parcellaire
                </head>
                <bibl>
                  Livre III, t. 3, pp. 182 et suivantes.
                </bibl>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>sol, gaspillage</term></index>❦ sol, gaspillage
                  <index><term>gaspillage des forces du sol</term></index>
                  <index><term>agriculture rationnelle, durable</term></index>❦ durable
                  <index><term>agriculture rationnelle, générations futures</term></index>
                  <index><term>générations futures, agriculture rationnelle</term></index>❦ générations futures, agriculture rationnelle
                </p>
                <list>
                  <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="de">
                        <p rend="alinea">
                          Bei beiden Formen [kleinen Kultur ; großen Agrikultur] tritt an die
                          Stelle selbstbewußter rationeller Behandlung des Bodens als des
                          gemeinschaftlichen ewigen Eigentums, der unveräußerlichen Existenz-
                          und Reproduktionsbedingung der Kette sich ablösender Menschengeschlechter,
                          die Exploitation und Vergeudung der Bodenkräfte (abgesehn von der
                          Abhängigmachung der Exploitation, nicht von der erreichten Höhe der
                          gesellschaftlichen Entwicklung, sondern von den zufälligen, ungleichen
                          Umständen der einzelnen Produzenten).
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>MEW, Band. 25, p. 820.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Dans les deux formes [petite culture ; agriculture à grande échelle],
                          au lieu que la terre soit consciemment et rationnellement traitée comme
                          la propriété perpétuelle de la collectivité, la condition inaliénable
                          d’existence et de reproduction de la série des générations successives,
                          nous avons affaire à une exploitation des forces du sol qui équivaut
                          à leur gaspillage (en dehors même du fait que l’exploitation ne dépend
                          pas du niveau atteint par le développement de la société, mais des
                          conditions fortuites et variables où se trouve chaque producteur
                          particulier).
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>L. III, tome 3, p. 191.</bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="nl">
                        <p rend="alinea">
                          […] bewuste en rationele landbouw die de aarde als een eeuwig
                          gemeenschappelijk eigendom beschouwt, als een onvervreemdbaar instrument
                          van het bestaan en de reproductie van alle generaties van de mensheid
                          die nog zullen volgen […]
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Traduction partielle privée.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                  <item rend="enligne quartlargeur">
                    <cit>
                      <quote xml:lang="en">
                        <p rend="alinea">
                          In both forms [small scale agriculture; large estates], exploitation and
                          squandering of the vitality of the soil (apart from making exploitation
                          dependent upon the accidental and unequal circumstances of individual
                          producers rather than the attained level of social development) takes the
                          place of conscious rational cultivation of the soil as eternal communal
                          property, an inalienable condition for the existence and reproduction of
                          a chain of successive generations of the human race.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch47.htm">www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch47.htm</ref>.
                      </bibl>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
                <ab rend="clear"/>
              </div>
            </div>
          </div> <!-- fin section 6 -->

          <div xml:id="Capital-IIIsect7" type="level2_sect">
            <head>
              Septième section — Les revenus et leur sources
            </head>

            <div xml:id="Capital-IIIchap48" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 48 (L. III) — La formule trinitaire
              </head>
              <bibl>
                Livre III, t. 3, p. 193.
              </bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>Ricardo</term></index>❦ Ricardo
                <index>
                  <term>terre, la —  n’a pas de valeur</term>
                </index>❦ terre, la —  n’a pas de valeur
                <index>
                  <term>fertilité du sol, produits, valeur</term>
                </index>❦ fertilité du sol, produits, valeur
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p194un4" n="194¼"/>Et, à côté de cela,
                    la terre, c’est-à-dire la nature inorganique, <foreign xml:lang="latin">rudis indigestaque mules</foreign> [cette masse de matière
                    brute et chaotique] dans toute son originalité primitive. La valeur
                    c’est du travail. Un excédent de valeur, la plus-value, ne saurait donc
                    être de la terre. La fertilité absolue du sol fait seulement qu’une
                    certaine quantité de travail donne un certain produit, conditionné par
                    la fertilité naturelle du sol. La différence dans la fertilité du sol a
                    pour effet que les mêmes quantités de travail et de capital, donc la
                    même valeur, s’expriment dans des quantités différentes de produits
                    agricoles ; ces produits ont donc des valeurs individuelles différentes.
                    L’alignement de ces valeurs individuelles sur les valeurs de marché a
                    pour effet que « les avantages d’un sol fertile par rapport à un sol
                    moins fertile… passent du cultivateur ou du consommateur au propriétaire
                    foncier. » (Ricardo, <hi rend="ouvrage">Principles</hi>, p. 6.)
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>terre, la —  n’a pas de valeur</term>
                </index>❦ terre, la —  n’a pas de valeur
                <index><term>valeur, la terre n’a pas de —</term></index>
                <index><term>productivité du sol</term></index>❦ productivité du sol
                <index>
                  <term>productivité du travail agricole</term>
                </index>❦ productivité du travail agricole
                <index>
                <term>valeur d’usage, source des —</term>
                </index>❦ valeur d’usage, source des —
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p195trois5" n="195⅗"/>Mais comment la
                    terre créerait-elle de la valeur, c’est-à-dire une quantité de travail
                    socialement déterminé, et, qui plus est, la fraction de valeur
                    particulière de ses propres produits qui constitue la rente ? La terre
                    peut exercer l’action d’un agent de la production dans la fabrication
                    d’une valeur d’usage, d’un produit matériel, disons du blé. Mais elle
                    n’a rien à voir avec la production de la valeur du blé. Dans la mesure
                    où le blé représente de la valeur, il est considéré uniquement comme la
                    matérialisation d’une certaine quantité de travail social, peu importe
                    la matière particulière dans laquelle ce travail s’exprime, peu importe
                    la valeur d’usage particulière de cette matière. Cela n’est pas en
                    contradiction avec le fait que : 1<hi rend="ordinal">o</hi> le bon
                    marché ou la cherté du blé, toutes choses égales d’ailleurs, dépendent
                    de la productivité du sol. La productivité du travail agricole est liée
                    à certaines conditions naturelles et selon leur productivité, la même
                    quantité de travail se traduira par plus ou moins de produits, de
                    valeurs d’usage. La quantité de travail que représente un boisseau
                    dépend du nombre de boisseaux que fournit une même quantité de travail.
                    C’est la productivité de la terre qui décide ici par quelles quantités
                    de produit la valeur se <pb n="196"/>traduira ; mais celle-ci est une donnée
                    indépendante de cette répartition. La valeur se présente dans la valeur
                    d’usage ; et la valeur d’usage est une condition de la création de
                    valeur ; mais il est absurde d’opposer d’un côté une valeur d’usage, la
                    terre, à une valeur et encore, par-dessus le marché, à une fraction de
                    valeur particulière.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>économie politique vulgaire</term></index>❦ économie politique vulgaire
                <index><term>science et essence des choses</term></index>❦ science et essence des choses
                <index><term>apparence et représentation</term></index>❦ apparence et représentation
                <index><term>essence, opposée à apparence</term></index>❦ essence, opposée à apparence
                <index><term>idéologie, sens commun</term></index>❦ idéologie, sens commun
              </p>
              <cit xml:id="CapIIIt3p196">
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="CapIIIt3p196un3" n="196⅓"/>L’économie politique vulgaire se borne,
                    en fait, à transposer sur le plan doctrinal, à systématiser les représentations
                    des agents de la production, prisonniers des rapports de production bourgeois,
                    et à faire l’apologie de ces idées. Il ne faut donc pas s’étonner qu’elle se
                    sente tout à fait à l’aise précisément dans cette apparence aliénée des rapports
                    économiques, phénomène évidemment absurde et parfaitement contradictoire
                    — d’ailleurs toute science serait superflue si l’apparence et l’essence des
                    choses se confondaient — ; il n’y a pas à s’étonner que l’économie politique
                    vulgaire se sente ici particulièrement dans son élément et que ces rapports lui
                    paraissent d’autant plus évidents, que leurs liens internes restent plus
                    dissimulés, tandis que ces rapports sont courants dans la représentation qu’on
                    s’en fait ordinairement.
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">L’idéologie, c’est la mise en forme la systématisation de
              représentations que les gens se font de la société, sur base des apparences. C’est à
              rapprocher de la notion de sens commun. Voir aussi la critique que fait Marx de <ref target="#simplisme-crise">la théorie simpliste de la crise</ref>. Déjà le mythe
              (écrit Malinovski, mais je n’ai malheureusement pas noté où) sert à justifier les
              rapports sociaux.</p>

              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>travail, prix</term></index> <index><term>prix du travail</term></index>❦ prix du travail
                <index><term>Preis der Arbeit</term></index> <index><term>Arbeit, Preis</term></index>
                <index><term>prijs van de arbeid</term></index> <index><term>arbeid, prijs</term></index>
                <index><term>price of labour</term></index> <index><term>labour, price</term></index>
                <index><term>jaune, logarithme</term></index> <index><term>logarithme jaune</term></index>❦ logarithme jaune
                <index><term>gelber Logarithmus</term></index>
                <index><term>geel logaritme</term></index>
                <index><term>yellow logarithm</term></index>
              </p>
              <list rend="horiz">
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="de">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Endlich, <term>Arbeit–Arbeitslohn</term>, Preis der Arbeit,
                        ist, wie in Buch I nachgewiesen,
                        ein Ausdruck, der <term xml:lang="la">prima facie</term> dem Begriff des Werts widerspricht und ebenso dem des Preises,
                        der allgemein selbst nur ein bestimmter Ausdruck des Werts ist;
                        und „Preis der Arbeit“ ist ebenso irrationell wie ein gelber Logarithmus.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW 25:826.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="fr">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Enfin, la formule <term>travail-salaire</term>, prix du travail,
                        est, comme nous l’avons démontré au Livre I<hi rend="ordinal">er</hi>,
                        une expression qui <term xml:lang="la">prima facie</term> est en contradiction
                        avec la notion de valeur et avec celle de prix
                        qui, en général, n’est lui-même qu’une forme déterminée de la valeur.
                        Parler du « prix du travail » est chose aussi irrationnelle qu’un logarithme jaune.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      Ed.Soc. en 8 vol., vol. 8, p. 197.
                      Ed.Soc. 1976, p. 740.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25%;">
                  <cit xml:lang="nl">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Uiteindelijk, <term>Arbeid – arbeidsloon</term>, prijs van de arbeid,
                        zoals in boek 1 [hoofdstuk 17] aangetoond is,
                        is een uitdrukking, die <term xml:lang="la">prima facie</term>
                        in tegenspraak is met het begrip van waarde en ook met die van de prijs,
                        die in het algemeen zelf slechts een bepaalde uitdrukking is van de waarde,
                        en “prijs van de arbeid” is even irrationeel als een geel logaritme.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1894/kapitaal-3/48.htm">Kapitaal III, hstk. 48.</ref>,
                      Nederlandstalig Marxistisch Internet-Archief.
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit xml:lang="en">
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Finally, <term>labour — wages</term>, or price of labour,
                        is an expression, as shown in Book I, which <term xml:lang="la">prima facie</term>
                        contradicts the conception of value as well as of price —
                        the latter generally being but a definite expression of value.
                        And “price of labour” is just as irrational as a yellow logarithm.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MECW 37:805. Penguin, p. 957.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>


              <p rend="alinea">
                Le mode de production capitaliste est historique.
              </p>
              <index><term>structure économique</term></index>
              <index><term>rapports avec la nature</term></index>
              <index><term>rapports sociaux de production</term></index>
              <index><term>réduction de la journée de travail, condition de l’épanouissement</term></index>
              <index><term>journée de travail, réduction, condition de l’épanouissement</term></index>
              <index><term>épanouissement, par la réduction de la journée de travail</term></index>
              <index><term>moyens d’existence</term></index>
              <index><term>nécessité, travail, royaume de la —</term></index>
              <index><term>travail, royaume de la nécessité</term></index>
              <index><term>liberté, après le travail, royaume de la —</term></index>
              <index><term>loisir, royaume de la liberté</term></index>
              <index><term>socialisme, producteurs associés</term></index>
              <index><term>productivité, comme économie de force</term></index>
              <index><term>échange, régler rationnellement les — avec la nature</term></index>
              <index><term>nature, échanges de l’homme avec la —, les régler rationnellement</term></index>
              <index><term>nature, contrôle par les producteurs associés</term></index>
              <index><term>producteurs associés, contrôle de la nature</term></index>
              <index><term>contrôle de la nature par les producteurs associés</term></index>
              <index><term>métabolisme, liberté et rationalité</term></index>
              <index><term>Stoffwechsel, rationell regeln, Freiheit</term></index>
              <index><term>metabolism, rationally regulating the —, freedom</term></index>
              <list rend="horiz">
                <item xml:id="Capital-IIIchap48wirklicheReichtum" style="width: 26.75%;">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="de">
                      <p rend="alinea">
                        <pb xml:id="MEW25p828" n="828"/>Der wirkliche Reichtum der Gesellschaft und
                        die Möglichkeit beständiger Erweiterung ihres Reproduktionsprozesses hängt
                        also nicht ab von der Länge der Mehrarbeit, sondern von ihrer Produktivität
                        und von den mehr oder minder reichhaltigen Produktionsbedingungen, worin
                        sie sich vollzieht. Das Reich der Freiheit beginnt in der Tat erst da, wo
                        das Arbeiten, das durch Not und äußere Zweckmäßigkeit bestimmt ist,
                        aufhört ; es liegt also der Natur der Sache nach jenseits der Sphäre der
                        eigentlichen materiellen Produktion. Wie der Wilde mit der Natur ringen muß,
                        um seine Bedürfnisse zu befriedigen, um sein Leben zu erhalten und zu
                        reproduzieren, so muß es der Zivilisierte, und er muß es in allen
                        Gesellschaftsformen und unter allen möglichen Produktionsweisen. Mit seiner
                        Entwicklung erweitert sich dies Reich der Naturnotwendigkeit, weil die
                        Bedürfnisse ; aber zugleich erweitern sich die Produktivkräfte, die diese
                        befriedigen. Die Freiheit in diesem Gebiet kann nur darin bestehn, daß der
                        vergesellschaftete Mensch, die assoziierten Produzenten, diesen ihren
                        Stoffwechsel mit der Natur rationell regeln, unter ihre gemeinschaftliche
                        Kontrolle bringen, statt von ihm als von einer blinden Macht beherrscht zu
                        werden ; ihn mit dem geringsten Kraftaufwand und unter den, ihrer
                        menschlichen Natur würdigsten und adäquatesten Bedingungen vollziehn. Aber
                        es bleibt dies immer ein Reich der Notwendigkeit. Jenseits desselben
                        beginnt die menschliche Kraftentwicklung, die sich als Selbstzweck gilt,
                        das wahre Reich der Freiheit, das aber nur auf jenem Reich der Notwendigkeit
                        als seiner Basis aufblühn kann. Die Verkürzung des Arbeitstags ist die
                        Grundbedingung.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>MEW, Band 25, p. 828-829.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 25.25%;">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><!--
                        Nous avons vu [le manuscrit renvoie à :
                        début du chapitre <hi rend="petitescapitales">xlviii</hi> (F.E.)]
                        que le procès capitaliste de production est une forme
                        historiquement déterminée du procès social de production.
                        Ce dernier concerne les conditions matérielles d’existence de l’homme
                        et représente en même temps un procès se déroulant dans le cadre
                        de rapports de production spécifiques, historico-économiques.
                        Il produit et reproduit ces rapports de production eux-mêmes,
                        partant les agents de ce procès,
                        les conditions matérielles de leur existence et leurs rapports réciproques,
                        c’est-à-dire la forme économique déterminée de leur société.
                        Car l’ensemble des rapports des agents de la production entre eux et avec la nature,
                        leurs conditions de production constituent précisément
                        la société sous l’aspect de sa structure économique.
                        Comme tous les précédents, le procès capitaliste de production se déroule
                        dans certaines conditions matérielles qui sont en même temps les supports
                        de rapports sociaux déterminés où se trouvent engagés les individus
                        au cours du procès de leur reproduction.
                        Ces conditions matérielles et ces rapports sociaux sont d’une part des conditions préalables,
                        d’autre part des résultats et des créations du procès capitaliste de production ;
                        c’est lui qui les produit et les reproduit.
                        Nous avons vu en outre que le capital
                        (le capitaliste n’est que du capital personnifié ;
                        dans le procès de production il fait seulement office de porteur du capital)
                        extorque, au cours du procès social de production,
                        une certaine quantité de surtravail aux producteurs directs ou aux travailleurs :
                        il reçoit sans équivalent ce surtravail, qui reste essentiellement du travail forcé,
                        pour autant qu’il puisse sembler résulter d’une convention contractuelle librement consentie.
                        Ce surtravail se traduit par une plus-value qui, elle, consiste en un surproduit.
                        Le surtravail pour autant qu’il est un travail excédant le niveau des besoins donnés
                        devra toujours exister.
                        Dans le système capitaliste, comme dans le système esclavagiste, etc.
                        il ne revêt qu’une forme antagoniste et se complète par l’oisiveté totale d’une partie de la société.
                        Le besoin de s’assurer contre les hasards de la production
                        et l’extension progressive du procès de reproduction
                        qu’entrainent inéluctablement le développement des besoins et l’accroissement de la population
                        nécessitent une certaine quantité de surtravail,
                        ce qui, du point de vue capitaliste, s’appelle accumulation.
                        C’est un des aspects civilisateurs du capital que la manière
                        dont il extorque ce surtravail et les conditions dans lesquelles il le fait
                        sont plus favorables au développement des forces productives,
                        des rapports sociaux et à la création des éléments d’une structure nouvelle et supérieure,
                        que ne l’étaient les systèmes antérieurs de l’esclavage, du servage, etc.
                        Cela permet, d’une part, d’atteindre une étape où disparaissent
                        la contrainte et la monopolisation, par une fraction de la société au détriment de l’autre,
                        du progrès social (y compris ses avantages matériels et intellectuels).
                        D’autre part, le surtravail crée les moyens matériels et le germe d’une situation
                        qui, dans une forme plus élevée de la société, permettrait d’établir une corrélation entre ce travail
                        et le temps consacré au travail matériel qui serait plus restreint.
                        Car, suivant que la force productive du travail est plus ou moins développée,
                        le surtravail peut être important pour une courte journée de travail totale
                        ou relativement faible pour une longue journée de travail.
                        Si le temps de travail nécessaire = 3, le surtravail = 3,
                        la journée de travail totale est alors égale à 6 et le taux du surtravail 100 %.
                        Si le travail nécessaire = 9 et le surtravail = 3,
                        la journée de travail totale sera 12 et le taux du surtravail seulement 33 1/3 %.
                        Mais la quantité de valeurs d’usage produites dans un temps donné,
                        donc aussi pour un temps donné de surtravail, dépend également de la productivité du travail. -->
                        <pb xml:id="CapIIIt3p198deux3" n="198⅔"/>La véritable richesse de la société
                        et la possibilité d’un constant élargissement de son processus de reproduction
                        ne dépendent donc pas de la durée du surtravail, mais de sa productivité
                        et des conditions plus ou moins abondantes dans lesquelles il s’accomplit.
                        Le royaume de la liberté commence en fait seulement là où cesse
                        le travail déterminé par le besoin et par l’utilité extérieure ;
                        il se situe donc, par la nature des choses,
                        au-delà de la sphère de production matérielle proprement dite.
                        De même que le sauvage doit lutter avec la nature
                        pour satisfaire ses besoins, se maintenir en vie et se reproduire,
                        le civilisé le doit aussi et le doit dans toutes les formations sociales
                        et dans tous les possibles modes de production.
                        Avec son développement s’élargit ce règne de la nécessité naturelle,
                        parce que les besoins augmentent ; mais en même temps
                        s’élargissent les forces productives pour les satisfaire.
                        La liberté en ce domaine peut seulement consister en ce que
                        l’homme socialisé, les producteurs associés
                        règlent rationnellement leurs échanges avec la nature,
                        <pb n="199"/>la mettent sous leur contrôle collectif
                        au lieu d’être dominés par elle comme par une puissance aveugle ;
                        qu’ils le réalisent en dépensant le minimum de force et dans
                        les conditions les plus dignes, les plus conformes à leur nature humaine.
                        Mais cela reste toujours un règne de la nécessité.
                        Au delà commence le développement de la force humaine qui vaut comme fin en soi,
                        le véritable règne de la liberté, qui ne peut cependant s’épanouir qu’avec
                        le règne de la nécessité comme base. La condition
                        fondamentale en est la réduction de la journée de travail.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>(Je rapproche la traduction de l’original allemand.)</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item style="width: 24.25%;">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="nl">
                      <p rend="alinea">
                        De echte rijkdom van de maatschappij en de mogelijkheid om het reproductieproces voortdurend uit te breiden,
                        hangt niet af van de duur van de meerarbeid,
                        maar van de productiviteit en de min of meer rijke productievoorwaarden waarin het zich realiseert.
                        In feite begint het rijk van de vrijheid eerst daar waar de arbeid, bepaald door noodzaak en externe doelen, ophoudt;
                        het ligt dus volgens de aard der dingen buiten de sfeer van de eigenlijke materiële productie.
                        Zoals de wilde met de natuur moet worstelen om aan zijn behoeften te voldoen, om in leven te blijven en te reproduceren,
                        moet de beschaafde mens dit ook doen in alle maatschappijvormen en onder alle mogelijke productiewijzen.
                        Met zijn ontwikkeling breidt het rijk van de natuurnoodwendigheid zich uit als gevolg van de behoeften;
                        maar tegelijkertijd breiden de productiekrachten die hen bevredigen uit.
                        De vrijheid op dit gebied kan alleen bestaan in het feit dat de gesocialiseerde mens, de geassocieerde producenten,
                        hun metabolisme rationeel regelen met de natuur, onder hun gezamenlijke controle brengen,
                        in plaats van door de natuur als een blinde macht te worden overheerst;
                        en het met de minste krachtinspanning en onder de meest menselijke, waardige en adequate voorwaarden te voltrekken.
                        Maar dit blijft altijd het rijk van de noodzaak.
                        Daarna begint de ontwikkeling van de menselijke kracht, als een doel op zich, het ware rijk van de vrijheid,
                        maar dat alleen kan bloeien op basis van het rijk der noodzaak.
                        Het verkorten van de werkdag is de basisvoorwaarde.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/marx-engels/1894/kapitaal-3/48.htm">Marxists.org</ref></bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item>
                  <cit>
                    <quote xml:lang="en">
                      <p rend="alinea">
                        The actual wealth of society, and the possibility of constantly expanding
                        its reproduction process, therefore, do not depend upon the duration of
                        surplus-labour, but upon its productivity and the more or less copious
                        conditions of production under which it is performed. In fact, the realm of
                        freedom actually begins only where labour which is determined by necessity
                        and mundane considerations ceases ; thus in the very nature of things it
                        lies beyond the sphere of actual material production. Just as the savage
                        must wrestle with Nature to satisfy his wants, to maintain and reproduce
                        life, so must civilised man, and he must do so in all social formations
                        and under all possible modes of production. With his development this realm
                        of physical necessity expands as a result of his wants ; but, at the same
                        time, the forces of production which satisfy these wants also increase.
                        Freedom in this field can only consist in socialised man, the associated
                        producers, rationally regulating their interchange with Nature, bringing it
                        under their common control, instead of being ruled by it as by the blind
                        forces of Nature ; and achieving this with the least expenditure of energy
                        and under conditions most favourable to, and worthy of, their human nature.
                        But it nonetheless still remains a realm of necessity. Beyond it begins
                        that development of human energy which is an end in itself, the true realm
                        of freedom, which, however, can blossom forth only with this realm of
                        necessity as its basis. The shortening of the working-day is its basic
                        prerequisite.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>
                      <ref target="https://www.marxists.org/archive/marx/works/1894-c3/ch48.htm">Marxists.org</ref>
                    </bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <ab rend="clear"/>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>capital</term></index>❦ capital
                <index><term>terre</term></index>❦ terre
                <index><term>rente</term></index>❦ rente
                <index><term>propriétaire foncier</term></index>❦ propriétaire foncier
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><note place="margin">P. 202-203.</note>En ce sens la
                  formule : capital-intérêt (profit), terre-rente, travail-salaire
                  est d’une égale et symétrique incongruité. En effet, le travail salarié
                  n’apparaît pas comme une forme socialement définie du travail, mais tout
                  travail se présente par nature comme travail salarié (c’est ainsi du
                  moins que se présente la chose à tout individu prisonnier des rapports
                  de production capitalistes). Pour cette raison, les formes sociales
                  spécifiques que revêtent les moyens matériels de travail (moyens de
                  production créés et terre) vis-à-vis du travail salarié (qui inversement
                  supposent l’existence préalable de ce dernier) sont identifiés aussi
                  sans autre analyse à ces moyens de travail sous l’aspect matériel où ils
                  existent ou avec la forme qui est la leur dans le procès réel de travail,
                  sans relation avec une quelconque forme sociale, historiquement
                  déterminée, et même sans relation avec <emph>quelque</emph> forme
                  sociale de ce procès <emph>que ce soit</emph>. En conséquence, cette
                  forme des moyens de travail, qui pour le travail est une forme aliénée,
                  devenue autonome en face de lui, le résultat d’une évolution, cette
                  forme où les moyens de production créés se convertissent en capital et
                  la terre en terre monopolisée, en propriété foncière, cette forme, donc,
                  qui appartient à une période historique déterminée, s’identifie à
                  l’existence et à la fonction des moyens de production créés, et de la
                  terre, dans le procès de production en général. Ces moyens de production
                  sont, en soi, de par leur nature, du capital ; capital, c’est simplement
                  « la dénomination économique » de ces moyens de production, de même la
                  terre est, en soi, de par sa nature, la terre monopolisée par un certain
                  nombre de propriétaires fonciers. Dans le capital, en la personne du
                  capitaliste — simple personnification du capital — les produits
                  acquièrent un pouvoir autonome vis-à-vis de leurs producteurs ; de même
                  le propriétaire foncier personnifie la terre qui, elle aussi, s’érige en
                  puissance indépendante pour réclamer sa part du produit à la création
                  duquel elle a concouru. Ce n’est pourtant pas le sol qui reçoit la part
                  du produit qui lui revient pour qu’il renouvelle et accroisse sa
                  productivité, mais à sa place c’est le propriétaire foncier qui pourra
                  en faire commerce ou la dilapider.</p>
                </quote>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Capital-IIIchap49" type="level3_chap">
              <head>
                Chapitre 49 (L. III) — Complément à l’analyse du procès de production
              </head>
              <bibl>
                Livre III, t. 3, p. 210.
              </bibl>
              <p rend="alinea">
                C’est Harribey (<ref target="../../biblio/Harribey2013.html">2013</ref>:229) qui
                attire mon attention sur ce passage sur le rôle de la valeur après le capitalisme.
              </p>
              <table rend="citquote">
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <p rend="alinea">
                      Zweitens bleibt, nach Aufhebung der kapitalistischen Produktionsweise, aber mit
                      Beibehaltung gesellschaftlicher Produktion, die Wertbestimmung vorherrschend in
                      dem Sinn, daß die Regelung der Arbeitszeit und die Verteilung der gesellschaftlichen
                      Arbeit unter die verschiednen Produktionsgruppen, endlich die Buchführung hierüber,
                      wesentlicher denn je wird.
                    </p>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <p rend="alinea">
                      <foreign xml:lang="la">Secundo</foreign>, après la suppression du mode
                      capitaliste de production, mais dans le cas du maintien de la production
                      sociale, la détermination de la valeur restera dominante, parce qu’il sera
                      plus nécessaire que jamais de réglementer la durée de travail, de distribuer
                      le travail social entre les différents groupes productifs, enfin d’en tenir la
                      comptabilité.
                    </p>
                  </cell>
                  <!-- <cell xml:lang="nl">
                    <p rend="alinea">

                    </p>
                  </cell> -->
                  <cell xml:lang="en">
                    <p rend="alinea">
                      Secondly, after the abolition of the capitalist mode of production, but still
                      retaining social production, the determination of value continues to prevail in
                      the sense that the regulation of labour time and the distribution of social labour
                      among the various production groups, ultimately the bookkeeping encompassing all
                      this, become more essential than ever.
                    </p>
                  </cell>
                </row>
                <row>
                  <cell xml:lang="de">
                    <bibl>
                      MEW, Band. 25, S. 859.
                    </bibl>
                  </cell>
                  <cell xml:lang="fr">
                    <bibl>
                      P. 228.
                    </bibl>
                  </cell>
                  <!-- <cell xml:lang="nl">
                    <bibl>

                    </bibl>
                  </cell> -->
                  <cell xml:lang="en">
                    <bibl>
                      MECW 37, p. 838.
                    </bibl>
                  </cell>
                </row>
              </table>
            </div>
          </div> <!-- fin section 7 -->
        </div>
      </div> <!-- fin Marx-Engels -->

      <!--
      Eleanor Marx
       -->
      <div xml:id="Eleanor" type="level0_auteur">
        <head>
          Eleanor Marx
        </head>
        <p rend="alinea">
          Eleanor Marx a joué un rôle important dans la fondation de la Deuxième Internationale et,
          en Angleterre, dans l’organisation syndicale des travailleurs et dans leur organisation politique socialiste.
          Elle a aussi écrit un certain nombre de textes intéressants mais peu connus.
          Pour ne pas les perdre de vue, j’ouvre des pages sur quelques uns d’entre eux
          même si dans un premier temps je n’y mets que le titre sans notes de lecture.
        </p>

        <div xml:id="EleanorKarlM">
          <head>
            Karl Marx (1883)
          </head>
          <bibl rend="publie">
            Eleanor Marx, « Karl Marx I », <title>Progress</title>, mai 1883, p. 288-294.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Eleanor Marx, « Karl Marx II », <title>Progress</title>, juin 1883, p. 362-366.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Marxists Internet Archive, <ref target="https://www.marxists.org/archive/eleanor-marx/1883/06/karl-marx.htm">www.marxists.org/archive/eleanor-marx/1883/06/karl-marx.htm</ref>.
          </bibl>
        </div>

        <div xml:id="EleanorWomanQ">
          <head>
            The Woman Question (1886)
          </head>
          <bibl rend="publie">
            Eleanor Marx and Edward Aveling, « The Woman Question », <title>Westminster Review</title>, 1886.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Marxists Internet Archive, <ref target="https://www.marxists.org/archive/works/womanq.htm">www.marxists.org/archive/eleanor-marx/works/womanq.htm</ref>.
          </bibl>
        </div>

        <div xml:id="EleanorWorkClAm">
          <head>
            The Working-Class Movement in America (1891)
          </head>
          <bibl rend="publie">
            Eleanor Marx and Edward Aveling, <title>The Working-Class Movement in America</title>,
            Swan Sonnenschein &amp; Co, 1891.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Marxists Internet Archive, <ref target="https://www.marxists.org/archive/works/wcia.htm">www.marxists.org/archive/eleanor-marx/works/wcia.htm</ref>.
          </bibl>
        </div>
      </div> <!-- fin Eleanor Marx -->

      <!--
      Lénine
       -->
      <div xml:id="Lenine" type="level0_auteur">
        <head>
          Lénine
        </head>
        <div xml:id="Lentome1" type="level1_tome" n="1">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 1</head>

          <div xml:id="Len1AmisDuPeuple" type="level2_document">
            <head type="main">
              Ce que sont les « amis du peuple »
              <lb/>et comment ils luttent contre les social-démocrates
            </head>
            <head type="sub">
              (Réponse aux articles parus dans la revue <title>Rousskoïé Bogatstvo</title>
              et dirigés contre les marxistes)
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Écrit au cours du printemps et de l’été 1894. Polycopié en 1894.
              <title>Œuvres</title>, tome 1, pp 143‑360.
            </bibl>

            <div xml:id="Len1AmisDuPeuple-fascI" type="level3_chap">
              <head>
                Fascicule I
              </head>
              <bibl rend="publie">P. 145 et suivantes.</bibl>

              <p rend="alinea">
                Contre Mikhaïlovski et les populistes libéraux de la revue <title>Rousskoïé Bogatsovo</title>.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    M. N. Mikhaïlovski porte surtout son attention sur les principes théoriques du marxisme ;
                    aussi insiste-t-il spécialement sur l'analyse de la conception matérialiste de l'histoire.
                    Après avoir exposé dans ses traits généraux le contenu de la vaste littérature marxiste consacrée à cette doctrine,
                    M. Mikhaïlovski ouvre sa critique par la tirade suivante :
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        « Tout d'abord, dit-il, une question vient tout naturellement à l'esprit :
                        dans quel ouvrage Marx a-t-il exposé sa conception matérialiste de l'histoire ?
                        Dans le <title>Capital</title>, il nous a donné un modèle de synthèse
                        où là force logique s'allie à l'érudition, à une étude méticuleuse
                        de toute la littérature économique ainsi que des faits correspondants.
                        Il a exhumé des théoriciens de la science économique
                        depuis longtemps oubliés ou totalement inconnus aujourd'hui,
                        sans laisser de côté les moindres détails de rapports établis par des inspecteurs de fabriques
                        ou de témoignages d'experts devant diverses commissions spécialisées ;
                        en un mot, il a brassé une énorme documentation concrète,
                        soit pour justifier, soit pour illustrer ses théories économiques.
                        S'il a créé une conception « toute nouvelle » du processus historique,
                        s'il a expliqué tout le passé de l'humanité d'un point de vue nouveau
                        et dressé le bilan de toutes les théories philosophico-historiques qui ont existé jusqu'ici,
                        il l'a fait évidemment avec le même soin :
                        il a effectivement passé en revue et soumis à une analyse critique
                        toutes les théories connues du développement historique
                        et approfondi une quantité de faits tirés de l'histoire universelle.
                        La comparaison avec Darwin, si courante dans la littérature marxiste,
                        ne fait que confirmer cette idée. En quoi consiste toute l’œuvre de Darwin ?
                        En quelques idées générales, intimement liées entre elles
                        et couronnant tout un Mont-Blanc de faits concrets.
                        Où donc est l’œuvre correspondante de Marx ? Elle n'existe pas.
                        Et cette lacune n'est pas propre seulement à Marx ;
                        mais encore à toute la littérature marxiste, pourtant très abondante et largement répandue. »
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </quote>
                <bibl>P. 147-148.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Mikhaïlovski réduit Marx au <title>Capital</title> et le <title>Capital</title> à l’économie.
                À cela, Lénine répond (p. 150, ½) que Marx y met en œuvre le matérialisme historique
                en l'appliquant à la formation sociale capitaliste.
              </p>

              <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

              <p rend="alinea" xml:id="pastriadeHegel">
                <index><term>loi de la dialectique, ne prouve rien</term></index>
                <index><term>dialectique, ne prouve rien</term></index>
                <index><term>thèse, antithèse, synthèse</term></index>
                <index><term>triade hégélienne</term></index>
                <index><term>négation de la négation</term></index>
                Le matérialisme dialectique, ce n’est pas la triade dialectique de Hegel :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="Lent1p179trois8" n="179 ⅜"/>« Le développement historique,
                    dans son essence, continue M. Mikhaïlovski, est en général insaisissable ;
                    il n’a pas été saisi non plus par la doctrine du matérialisme économique,
                    encore que celle­-ci repose, visiblement, sur deux piliers :
                    sur la découverte de l’importance déterminante des formes de la production et de l’échange,
                    et sur le caractère absolu du processus dialectique. »
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Ainsi, les matérialistes s’appuient sur le « caractère absolu » du processus dialectique !
                    Autrement dit, ils fondent leurs théories sociologiques sur les triades de Hegel.
                    Nous voyons revenir ici l’accusation rebattue selon laquelle le marxisme accepterait la dialectique hégélienne,
                    accusation qui, semble-t-il, a été suffisamment ressassée par les critiques bourgeois de Marx.
                    Incapables d’apporter quelque objection sur le fond même de la doctrine,
                    ces messieurs se sont accrochés aux formulations de Marx ;
                    ils se sont attaqués à l’origine de la théorie, pensant en miner ainsi le fond.
                    Et M. Mikhaïlovski ne se gêne pas pour user de ces procédés.
                    Un chapitre de l’<title>Anti-Dühring</title> d’Engels lui a servi de prétexte.
                    Répondant à Dühring qui avait attaqué la dialectique de Marx<note xml:id="Len1AmisDuPeuple-fascI-not1" n="1" place="bottom">
                      Lénine vise ici, je suppose la réponse d’Engels à Dühring sur <ref target="#ADexpropriation">la question de l’expropriation des expropriateurs</ref>.
                    </note>,
                    Engels dit
                    que Marx n’a jamais songé à « prouver » quoi que ce soit par les triades hégéliennes ;
                    qu’il n’a fait qu’étudier et analyser le processus réel ;
                    que, pour Marx, le seul critère d’une théorie était sa conformité avec la réalité.
                    Et s’il est arrivé parfois que <pb n="180"/>le développement d’un phénomène social se soit accordé
                    avec le schéma de Hegel : thèse, négation, négation de la négation,
                    il n’y a là rien d’étonnant puisque, d’une façon générale, la chose n’est pas rare dans la nature.
                    Et Engels de citer des exemples empruntés à l’histoire naturelle (développement d’un grain de blé)
                    et au domaine social, dans le genre de ceux-ci : il y a eu d’abord le communisme primitif,
                    puis la propriété privée, et ensuite la socialisation capitaliste du travail ;
                    ou bien : d’abord le matérialisme primitif, puis l’idéalisme, et enfin le matérialisme scientifique, etc.
                    Il est évident pour tous que le centre de gravité dans l’argumentation d’Engels,
                    c’est que les matérialistes doivent exposer avec exactitude et précision le véritable processus historique ;
                    que l’insistance sur la dialectique, le choix des exemples prouvant l’exactitude de la triade,
                    ne sont que des vestiges de l’hégélianisme d’ou est sorti le socialisme scientifique,
                    des vestiges de sa façon de s’exprimer.
                    En effet, une fois qu’on a déclaré catégoriquement que « prouver » une chose à l’aide de triades
                    est absurde et que personne n’y a jamais songé,
                    quelle signification peuvent avoir des exemples de processus « dialectiques » ?
                    N’est-il pas évident que c’est là une allusion à l’origine de la doctrine, et rien de plus ?
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Lénine met au défi de fournir un seul exemple où Marx ou Engels (ou autres matérialistes)
                auraient prétendu fonder quoi que ce soit sur la dialectique plutôt que sur les faits.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Mais pour voir dans les développements d’Engels quelque chose de plus que l’origine de la théorie,
                    il aurait évidemment fallu prouver que les matérialistes avaient résolu
                    au moins un seul <emph>problème</emph> historique, non sur la base des faits correspondants,
                    mais au moyen des triades.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 180.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                <index><term>dialectique, n’est rien d’autre que la science</term></index>
                <index><term>science, première par rapport à la dialectique</term></index>
                La méthode dialectique, ce n’est rien d’autre que la méthode scientifique,
                mais où la science est assez poussée pour tenir compte du changement et des relations
                (en particulier : de ce que la société est « un organisme vivant, en perpétuel développement »).
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="Lent1p181un2" n="181 ½"/>Ce que Marx et Engels appelaient
                    la méthode dialectique — par opposition à la méthode métaphysique —
                    n’est ni plus ni moins que la méthode scientifique en sociologie,
                    qui considère la société comme un organisme vivant, en perpétuel développement
                    (et non comme quelque chose de mécaniquement assemblé
                    et permettant ainsi toutes sortes de combinaisons arbitraires des divers éléments sociaux),
                    un organisme dont l’étude requiert une analyse objective des rapports de production
                    constituant une formation sociale donnée, et une étude des lois de son fonctionnement et de son développement.
                    Nous tâcherons plus loin d’illustrer le rapport entre la méthode dialectique et la méthode métaphysique
                    (qui englobe sans nul doute la méthode subjective en sociologie),
                    à l’aide d’exemples tirés des propres développements de M. Mikhaïlovski.
                    Notons pour le moment que quiconque lira la définition et la description de la méthode dialectique soit chez Engels
                    (dans sa polémique contre Dühring : <title>Socialisme utopique et socialisme scientifique</title>),
                    soit chez Marx (diverses <pb n="182"/>annotations au <title>Capital</title>
                    et la Postface de la deuxième édition<note xml:id="Len1AmisDuPeuple-fascI-not2" n="2" place="bottom">
                      On trouve ici une clef de l’origine de <ref target="#definitionDialectique">ce passage fameux</ref>
                      où Marx, sur sa dialectique, cite de manière approbative un journaliste
                      écrivant qu’il ne s’agit de rien d’autre que de science.
                      Marx donne le nom du journal et Lénine le reprend dans son texte.
                      Les éditeurs des <title>Œuvres</title> ajoutent en note 40 (p. 558 de ce tome 1)
                      le nom du journaliste : I. I. Kaufmann (écrit parfois J. J. Kaufmann en français).
                    </note> ;
                    la <title>Misère de la philosophie</title>)
                    verra qu’il n’y est point question des triades de Hegel, et que tout y revient à considérer
                    l’évolution sociale comme processus d’histoire naturelle du développement des formations économiques sociales.
                  </p>
                </quote>
              </cit>

              <p rend="alinea">
                <index><term>expropriation des expropriateurs, fondée en économie, pas en dialectique</term></index>
                Lénine reprend alors (p. 184 ⅔-190 ⅓) <ref target="#ADexpropriation">l’exemple
                de l’expropriation des expropriateurs</ref> de Marx analysé par Engels dans
                l’<title>Anti-Dühring</title>.</p>
                <p rend="alinea" xml:id="Lent1p201">Mikhaïlovski estime que le succès chez les ouvriers allemands
                des analyses économiques de Marx ne tient pas à leur valeur scientifique, qui ne serait pas établie,
                mais aux promesses qu’on aurait fait miroiter sur le socialisme.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Lent1p201un2" n="201 ½"/>Chacun sait que le socialisme scientifique
                  n’a en fait jamais tracé de perspective d’avenir : il s’est borné à faire l’analyse du régime bourgeois actuel,
                  à étudier les tendances de l’évolution de l’organisation sociale capitaliste, et c’est tout.</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Nous ne disons pas au monde, — écrivait Marx dès 1843,
                      et il a rempli exactement ce programme, — nous ne lui disons pas : « Abandonne tes luttes,
                      ce ne sont que des sottises » ; nous voulons faire retentir à tes oreilles la vraie parole
                      de la lutte. Nous lui montrons seulement pourquoi il lutte véritablement, et la conscience
                      est une chose qu’il <emph>doit</emph> acquérir, même s’il ne le veut pas.</p>
                    </quote>
                    <bibl>Lettre de Marx à Ruge, septembre 1843.</bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Chacun sait, par exemple, que le <title>Capital</title> — cet ouvrage
                  essentiel et fondamental qui fait l’exposé du socialisme scientifique — se limite aux allusions
                  les plus générales quant à l’avenir, et n’examine que les éléments existants aujourd’hui
                  et d’où se dégage le régime futur. Chacun sait que pour ce qui est des perspectives d’avenir,
                  les anciens socialistes en ont donné infiniment plus, eux qui dépeignaient la société future
                  dans tous les détails, désireux qu’ils étaient d’entraîner l’humanité par l’image d’un <pb n="202"/>régime
                  où les hommes n’ont plus besoin de lutter, où leurs rapports sociaux ne sont plus basés sur l’exploitation,
                  mais sur de véritables principes de progrès, conformes à la nature humaine. Pourtant,
                  malgré toute une phalange d’hommes de grand talent qui exposaient ces idées,
                  et qui étaient des socialistes hautement convaincus, leurs théories sont restées en dehors de la vie,
                  et leurs programmes à l’écart des mouvements politiques populaires, tant que la grande industrie mécanique
                  n’a pas entraîné dans le tourbillon de la vie politique les masses du prolétariat ouvrier
                  et que n’a pas été trouvé le véritable mot d’ordre de sa lutte. Ce mot d’ordre a été trouvé par Marx
                  […] ; ce mot d’ordre a été trouvé, non point à l’aide de perspectives quelconques,
                  mais par l’analyse scientifique du régime bourgeois contemporain, par l’explication de la <emph>nécessité</emph>
                  de l’exploitation sous un pareil régime, par l’étude des lois de son évolution.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                La lettre à Ruge est de 1843. Dans le <title>Manifeste</title>, Marx et Engels
                indiquent, comme nécessaire évolution du capitalisme, la perspective du socialisme,
                dont ils se contentent de définir le principe, en s’abstenant de toute description
                détaillée, se démarquant ainsi des socialistes utopiques.
              </p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>traduction, remarque</term></index>❦ traduction, remarque
              </p>
              <p rend="alinea">
                J’ai un problème, ici. Il me semble ou bien que Lénine travaille sur une mauvaise
                traduction de la lettre de Marx à Ruge, ou bien que, s’il l’a lue en allemand,
                il l’a lue trop vite. Je trouve <ref target="#Marxlettre1843-09Ruge">en français
                (et ça correspond dans d’autres langues)</ref> :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Nous ne lui disons pas : « laisse-là tes combats, ce sont des fadaises ; nous
                    allons te crier le vrai mot d’ordre du combat ». Nous lui montrons seulement
                    pourquoi il combat exactement […]
                  </p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Dans cette version correcte, « le vrai mot d’ordre » est toujours dans le négatif
                de ce que « nous ne disons pas » (j’ai ajouté des guillemets qui délimitent ce que
                « nous ne disons pas » et s’adressant toujours au même interlocuteur à la deuxième
                personne du singulier) : c’est ce que nous ne disons pas (en 1843 dans les <title>Deutsch-französische Jahrbücher</title> parce que nous ne sommes pas des donneurs
                de leçons. Le positif ne commence qu’à la phrase suivante. Tandis que Lénine voit
                déjà positivement « le vrai mot d’ordre du combat ». Il reprend cette phrase <ref target="#Lent1p355cinq8">plus loin, à l’Annexe III</ref>, où il est tout à fait
                explicite sur ce qu’il interprète positivement « le vrai mot d’ordre du combat ».
                (Ce qui montre que l’erreur est chez Lénine, dans sa compréhension de la phrase,
                pas simplement un mauvais positionnement des guillemets par les typographes éditant
                Lénine.)
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Len1AmisDuPeuple-fascIII" type="level3_chap">
              <head>Fascicule III</head>
              <bibl rend="publie">P. 221 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">L’ « économie populaire » des « amis du peuple » est une économie
              marchande soumise aux lois du capitalisme (p. 223‑257). Politiquement, leurs
              propositions sont des réformes capitalistes teintées d’un utopique retour à la terre
              (pp 257‑294).</p>
              <p rend="alinea">Enjeu de cette polémique (p. 294, ½) : pas pour les populistes ni
              pour le public « cultivé » mais pour les socialistes. Nécessité d’une rupture avec les
              idées des démocrates (p. 294, fin). Nécessité d’une rupture avec les idées et théories
              petites-bourgeoises (p. 311). Celles-ci « sont <emph>incontestablement</emph>
              réactionnaires <emph>pour autant</emph> qu’elles font figure de théories socialistes »
              (p. 312).</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>droit démocratique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière</term>
                </index>❦ droit démocratique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière
                <index>
                  <term>démocratie, indispensable à la lutte de la classe ouvrière</term>
                </index>
                <index>
                  <term>démocratie, la classe ouvrière doit nouer des alliances dans la lutte pour la —</term>
                </index>❦ démocratie, la classe ouvrière doit nouer des alliances dans la lutte pour la —
              </p>
              <p xml:id="Len1p315" rend="alinea">« Les communistes russes […] doivent se dénommer
              <emph>social-démocrates</emph> et ne jamais oublier, au cours de leur activité, le rôle
              immense de la lutte pour la <emph>démocratie</emph> » (p. 315). Les ouvriers doivent
              comprendre la nécessité (p. 315, ½) de la lutte pour la démocratie et les
              social-démocrates doivent le leur rappeler (p. 316, ⅓;). Nécessité de
              l’alliance avec « le prolétariat russe des campagnes » (p. 316, haut). Un parti
              démocratique avec un programme démocratique est nécessaire pour une alliance
              (p. 317, ¾). Un pas dans ce sens est fait par le parti « Narodnoïé Pravo » (le droit du
              peuple), les <emph>narodopravtsy</emph> après les <emph>narodovoltsy</emph> (p. 359).</p>
              <p rend="alinea">Les ouvriers doivent créer un <emph>parti ouvrier socialiste</emph>
              (p. 319). Les social-démocrates doivent « aider au développement et à l’organisation du
              mouvement ouvrier en Russie <emph>[…]</emph> en une lutte cohérente de <emph>toute la
              classe</emph> » (p. 323, fin) parce qu’il est dans les conditions matérielles de voir
              l’antagonisme <emph>de classe</emph> (p. 324).</p>
            </div>

            <!-- <p rend="tm1"><note place="margin">327</note> Annexe I</p>

            <p rend="alinea">Données économiques</p> -->

            <!-- <p rend="tm1"><note place="margin">334</note> Annexe II</p>

            <p rend="alinea">Sur le rôle historique de la bourgeoisie et du prolétariat</p> -->

            <div xml:id="Len1AmisDuPeuple-annIII" type="level3_chap">
              <head>Annexe III</head>
              <bibl rend="publie">P. 354 et suivantes.</bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>marxisme comme science</term></index>❦ marxisme comme science
              <index><term>socialisme scientifique</term></index>❦ socialisme scientifique
              <index>
                <term>prolétariat, le marxisme comme science au service du —</term>
              </index>❦ prolétariat, le marxisme comme science au service du —
              <index>
                <term>classe ouvrière, le marxisme comme science au service de la —</term>
              </index>❦ classe ouvrière, le marxisme comme science au service de la —
              <index>
                <term>marxisme, comme science au service du prolétariat</term>
              </index>❦ marxisme, comme science au service du prolétariat
            </p>
              <p rend="alinea" xml:id="amisCritique-revol">Caractère critique du marxisme.</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Lent1p355cinq8" n="355 ⅝"/>Or, Marx estime
                  que toute la valeur de sa théorie réside en ce qu’elle est
                  « essentiellement critique et révolutionnaire » (<ref target="#critiquerevol">postface</ref>). Et, de fait, cette dernière qualité est
                  entièrement et absolument inhérente au <emph>marxisme</emph>, cette théorie s’assignant
                  pour tâche de <emph>mettre en lumière</emph> toutes les formes d’antagonisme et
                  d’exploitation dans la société contemporaine, de suivre leur évolution, de démontrer
                  leur caractère transitoire, leur transformation inévitable en une autre forme, <emph>et
                  d’aider par là le prolétariat à en finir aussi vite et aussi facilement que possible
                  avec toute exploitation</emph>. La force d’attraction irrésistible qui attire vers
                  cette <pb n="356"/>théorie les socialistes de tous les pays tient précisément au fait qu’elle
                  associe l’esprit révolutionnaire à un caractère hautement et strictement scientifique
                  (étant le dernier mot des sciences sociales), et elle ne le fait point par hasard, ni
                  seulement parce que le fondateur de cette doctrine réunissait en lui-même les
                  qualités du savant et du révolutionnaire ; elle les associe dans la théorie même,
                  intimement et indissolublement. En effet, l’objet de la théorie, le but de la
                  science, est ici nettement formulé : aider la classe des opprimés dans la lutte
                  économique qu’elle mène effectivement.</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">Nous ne disons pas au monde : abandonne tes luttes, ce ne sont
                      que des sottises ; nous voulons faire retentir à tes oreilles la vraie parole de la
                      lutte.</p>
                    </quote>
                    <bibl>Lettre de Marx à Ruge, septembre 1843.</bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Ainsi, pour Marx, la tâche expresse de la science est de donner la
                  vraie parole de la lutte, c’est-à-dire de savoir présenter avec objectivité cette
                  lutte comme le produit d’un système déterminé de rapports de production ; de savoir
                  comprendre la nécessité de cette lutte, son contenu, la marche et les conditions de
                  son développement. On ne saurait donner la « parole de la lutte » sans étudier dans
                  tous ses détails chacune des formes de cette lutte, sans la suivre pas à pas quand
                  elle passe d’une forme à une autre, afin de savoir, à chaque instant précis,
                  déterminer la situation sans perdre de vue le caractère général de la lutte, son but
                  d’ensemble : la suppression complète et définitive de toute exploitation et de toute
                  oppression.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il a déjà cité la phrase de Marx <ref target="#Lent1p201un2">plus haut au fascicule I</ref>. Je montre là qu’il fait un contresens
              dans sa lecture.</p>
              <p rend="alinea">Nécessité de partis distincts, avec actions communes.</p>
            </div>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome2" type="level1_tome" n="2">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 2</head>

          <div xml:id="Len2ExpCommentProjProgr" type="level2_texte">
            <head>Exposé et commentaire du projet de programme du Parti social-démocrate</head>
            <p rend="publie">Projet fin 1895. Commentaire été 1896.
            Publié en 1924.
            <title>Œuvres</title>, tome 2, p. 89‑117</p>
            <div xml:id="Len2ExpCommentProjProgr-proj" type="level3_sub-texte">
              <head>Projet de programme</head>
              <p rend="publie">Hiver 1895. <title>Œuvres</title>, tome 2, p. 91‑94</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>lutte de classes</term></index>❦ lutte de classes
                <index><term>prise du pouvoir</term></index>❦ prise du pouvoir
                <index><term>pouvoir, prise du —</term></index>
                <index>
                  <term>propriété collective des moyens de production</term>
                </index>❦ propriété collective des moyens de production
                <index><term>moyens de production, propriété collective des —</term></index>
                <index><term>révolution socialiste</term></index>❦ révolution socialiste
                <index><term>inéluctabilité du socialisme</term></index>❦ inéluctabilité du socialisme
                <index><term>socialisme, inéluctabilité</term></index>
                <index><term>nécessité du socialisme</term></index>❦ nécessité du socialisme
                <index><term>socialisme, nécessité</term></index>
                <index>
                  <term>satisfaction croissante des besoins sous le socialisme</term>
                </index>❦ satisfaction croissante des besoins sous le socialisme
                <index><term>socialisme, satisfaction croissante des besoins sous le —</term></index>
                <index><term>besoin, satisfaction croissante des — sous le socialisme</term></index>
                <index><term>progrès, sous le socialisme</term></index>❦ progrès, sous le socialisme
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><note place="margin">P. 92</note>4. Cette lutte de la
                  classe ouvrière contre la classe des capitalistes est une lutte contre
                  toutes les classes qui vivent du travail d’autrui et contre toute
                  exploitation. Elle ne peut se terminer que par le passage du pouvoir
                  politique à la classe ouvrière, par la remise de toute la terre, des
                  instruments de travail, des fabriques, des machines et des mines à la
                  société tout entière qui organisera la production socialiste, grâce à
                  laquelle tout ce que produiront les ouvriers et toutes les améliorations
                  apportées à la production profiteront aux seuls travailleurs.</p>
                </quote>
              </cit>
            </div>
            <div xml:id="Len2ExpCommentProjProgr-comment" type="level3_sub-texte">
              <head>Commentaire du programme</head>
              <p rend="publie">Été 1896. <title>Œuvres</title>, tome 2, p. 95‑117</p>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index>
                  <term>nécessité de l’exploitation</term>
                </index>❦ nécessité de l’exploitation
                <index><term>exploitation, nécessité par la concurrence</term></index>
                <index><term>lutte de classes</term></index>❦ lutte de classes
                <index><term>État capitaliste</term></index>❦ État capitaliste
                <index><term>dictature de la bourgeoisie</term></index>❦ dictature de la bourgeoisie
                <index>
                  <term>mission historique de la classe ouvrière</term>
                </index>❦ mission historique de la classe ouvrière
                <index>
                  <term>tâche historique de la classe ouvrière</term>
                </index>❦ tâche historique de la classe ouvrière
                <index>
                  <term>mission historique du prolétariat</term>
                </index>❦ mission historique du prolétariat
                <index>
                  <term>tâche historique du prolétariat</term>
                </index>❦ tâche historique du prolétariat
                <index><term>classe ouvrière, mission historique</term></index>
                <index><term>classe ouvrière, tâche historique</term></index>
                <index><term>prolétariat, mission historique</term></index>
                <index><term>prolétariat, tâche historique</term></index>
                <index><term>prise du pouvoir</term></index>❦ prise du pouvoir
                <index><term>pouvoir, prise du —</term></index>
                <index>
                  <term>propriété collective des moyens de production</term>
                </index>❦ propriété collective des moyens de production
                <index><term>moyens de production, propriété collective des —</term></index>
                <index><term>révolution socialiste</term></index>❦ révolution socialiste
                <index><term>socialisme, épanouissement</term></index>
                <index>
                  <term>épanouissement, sous le socialisme</term>
                </index>❦ épanouissement
                <index><term>faculté, sous le socialisme</term></index>❦ facultés
                <index><term>compétence, sous le socialisme</term></index>❦ compétence
                <index>
                  <term>satisfaction croissante des besoins, sous le socialisme</term>
                </index>❦ satisfaction croissante des besoins
                <index><term>socialisme, satisfaction croissante des besoins, sous le —</term></index>
                <index><term>besoin, satisfaction croissante des —, sous le socialisme</term></index>
                <index><term>progrès, sous le socialisme</term></index>❦ progrès, sous le socialisme
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><note place="margin">P. 103-105</note>L’ouvrier se rend
                  compte qu’il n’est pas opprimé par tel ou tel capitaliste, mais par
                  l’ensemble de la classe des capitalistes, car toutes les entreprises
                  pratiquent la même méthode d’exploitation dont aucun capitaliste ne
                  saurait s’écarter : s’il lui venait à l’idée, par exemple, de réduire
                  le temps de travail, les marchandises lui reviendraient plus cher qu’à
                  son voisin, qui oblige l’ouvrier à travailler plus longtemps pour le
                  même salaire. L’ouvrier ne peut désormais améliorer son sort qu’en
                  s’attaquant à l’ensemble du régime social conçu en vue de l’exploitation
                  du travail par le capital. Il voit maintenant se dresser contre lui non
                  pas l’injustice particulière de tel ou tel fonctionnaire, mais
                  l’injustice du pouvoir d’État lui-même, qui prend sous sa protection la
                  classe des capitalistes et promulgue en faveur de cette classe des lois
                  auxquelles tous doivent obéir. Par suite, la lutte des ouvriers des
                  fabriques contre les fabricants se transforme inéluctablement en une
                  lutte contre toute la classe des capitalistes, contre tout le régime
                  social fondé sur l’exploitation du travail par le capital. Aussi la
                  lutte des ouvriers prend-elle un caractère social et devient-elle une
                  lutte engagée au nom de tous les travailleurs contre toutes les classes
                  qui vivent du travail d’autrui. Elle inaugure donc une ère nouvelle de
                  l’histoire russe et apparaît comme l’aurore de l’émancipation des
                  ouvriers.</p>
                  <p rend="alinea">Que trouve-t-on à la base de la domination qu’exerce
                  la classe des capitalistes sur la masse des travailleurs ? La possession
                  par les capitalistes, à titre de propriété privée, de l’ensemble des
                  fabriques, usines, mines, machines et instruments de travail ; le fait
                  qu’ils détiennent d’énormes étendues de terre (moins d’un demi-million
                  de propriétaires possèdent plus du tiers des terres dans la Russie
                  d’Europe). Les ouvriers, qui n’ont ni instruments de travail ni matières
                  premières doivent vendre leur force de travail aux capitalistes qui ne
                  leur paient que ce qui est indispensable à leur entretien et empochent
                  le surplus produit par le travail ; ils ne paient de la sorte qu’une
                  partie du temps consacré au travail et s’approprient le reste.
                  L’accroissement de richesse provenant du travail en commun d’une masse
                  d’ouvriers ou des perfectionnements apportés à la production échoit à la
                  classe des capitalistes, et les ouvriers, qui peinent de génération en
                  génération, restent des prolétaires dépourvus de tout. Aussi
                  n’existe-t-il qu’un moyen de mettre fin à l’exploitation du travail par
                  le capital : abolir la propriété privée des instruments de travail,
                  remettre aux mains de la société toutes les fabriques, les usines et les
                  mines, ainsi que tous les grands domaines,etc., et organiser une
                  production collective socialiste, dirigée par les ouvriers eux-mêmes.
                  Ce sont les travailleurs eux-mêmes qui bénéficieront alors des fruits du
                  travail collectif, et ce qui excédera la quantité nécessaire à leur
                  entretien sera employé à satisfaire les autres besoins des ouvriers, à
                  développer intégralement toutes leurs aptitudes et à donner à tous des
                  possibilités égales de jouir des progrès de la science et de l’art.
                  Voilà pourquoi le programme indique que c’est la seule issue possible de
                  la lutte engagée par la classe ouvrière contre les capitalistes. Et,
                  pour cela, il est nécessaire que le pouvoir politique, c’est-à-dire la
                  direction de l’État, passe des mains d’un gouvernement placé sous
                  l’influence des capitalistes et des grands propriétaires fonciers, ou
                  composé directement de représentants désignés par les capitalistes, aux
                  mains de la classe ouvrière.</p>
                  <p rend="alinea">Tel est le but final de la lutte de la classe ouvrière,
                  telle est la condition de son émancipation complète. C’est ce but final
                  que doivent s’efforcer d’atteindre les ouvriers conscients et unis ;
                  mais chez nous, en Russie, ils se heurtent encore à de formidables
                  obstacles qui contrarient la lutte qu’ils mènent pour leur libération.</p>
                </quote>
              </cit>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Len2TachesSocialDemocrates" type="level2_texte">
            <head>Les tâches des social-démocrates russes</head>
            <bibl rend="publie">Écrit fin 1897. Publié en brochure en 1898. <title>Œuvres</title>, tome 2, p. 329‑354</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>prolétariat, doit diriger la révolution démocratique</term>
              </index>❦ prolétariat, doit diriger la révolution démocratique
              <index><term>révolution démocratique, sous la direction du prolétariat</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">Lutte économique, lutte politique. Relation avec les autres classes
            dans la lutte politique.</p>
            <p rend="alinea">P. 342 ¾, p. 343, haut.</p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome3" type="level1_tome" n="3">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 3</head>

          <div xml:id="Len3DeveloppementCapitalismeEnRussie">
            <head>Le développement du capitalisme en Russie</head>
            <p rend="publie">1899. <title>Œuvres</title>, tome 3, p. 7‑645</p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome4" type="level1_tome" n="4">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 4
          </head>

          <div xml:id="Len4Protestation">
            <head>
              Protestation des social-démocrates de Russie
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Rédigé fin août-début septembre 1899. Publié en décembre 1899, tiré à part du
              <title>Rabotchéié Diélo</title>.
              <title>Œuvres</title>, tome 4, p. 171‑186.
            </bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>classe, le prolétariat doit appuyer les — de progrès</term>
              </index>❦ classe, le prolétariat doit appuyer les — de progrès
              <index>
                <term>prolétariat, doit diriger la révolution démocratique</term>
              </index>❦ prolétariat, doit diriger la révolution démocratique
              <index><term>révolution démocratique, sous la direction du prolétariat</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">Contre l’ « économisme ». Nécessité de la lutte politique. Nécessité
            de tenir compte des mouvements de toutes les classes.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Le prolétariat […] doit participer à toute la vie politique et
                sociale, appuyer les classes et les partis de progrès contre les classes et les
                partis réactionnaires, soutenir tout mouvement révolutionnaire contre le régime
                actuel, se faire le défenseur de toute nationalité ou race opprimée, de toute
                religion persécutée, des femmes privées de droits, etc. (P. 182.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">P. 185 ½.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len4TacheImmediate">
            <head>
              Notre tâche immédiate
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Articles pour la <title>Rabotchaïa Gazéta</title> rédigés dans la première moitié de 1899.
              Publiés pour la première fois en 1925.
              <title>Œuvres</title>, tome 4, pp 221‑226.
            </bibl>
            <p rend="alinea">La lutte contre le patron n’est que l’embryon de la lutte de classe
            (p. 221, ¾). Il y a vraiment lutte de classe lorsque l’avant-garde lutte consciemment
            ocntre la <emph>classe</emph> des capitalistes. Cette lutte devient alors une lutte
            politique au sens du <title>Manifeste</title> (p. 222, haut). Il faut donc
            dépasser le caractère étroit, « artisanal » de l’activité locale (p. 222, ⅔). Il faut
            réaliser « la fusion du socialisme et du mouvement ouvrier » (p. 223, ½) selon
            l’expression de Kautsky et de lier le socialisme « <ref xml:id="Len4p223deuxtiers"/>à une
            lutte politique systématique pour la démocratie en tant que moyen de réaliser le
            socialisme » (p. 223, ⅔).</p>
          </div>

          <div xml:id="Len4MouvementRetrograde">
            <head>
              Un mouvement rétrograde dans la social-démocratie russe
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Rédigé fin 1899. Publié en 1924.
              <title>Œuvres</title>, tome 4, pp 262‑293.
            </bibl>
            <p rend="alinea">Contre l’économisme de la <title>Rabotchaïa Mysl</title>,
            lutte politique et non seulement économique.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len4p268undemi">
                <p rend="alinea">N’est-ce point là renier le principe essentiel de la
                social-démocratie mondiale, suivant lequel les social-démocrates doivent tendre à
                organiser la lutte de classe du prolétariat en partis ouvriers politiques
                indépendants, combattant pour la démocratie considérée <emph>comme le moyen</emph>, pour
                le prolétariat, de conquérir le pouvoir politique et d’instaurer la société
                socialiste ? (P. 268, ½.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len4p272undemi">
                <p rend="alinea">La forme de gouvernement où le peuple participe à la législation et
                à l’administration de l’État s’appelle la forme <emph>constitutionnelle</emph> du
                gouvernement (la Constitution est la loi qui organise la participation des
                représentants du peuple à la promulgation des lois et à la direction des affaires
                publiques). (P. 272, ½.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len4p273haut">
                <p rend="alinea">C’est seulement dans un régime de liberté politique que toute la
                classe ouvrière peut soutenir une lutte sévère contre la classe bourgeoise ; et le
                but final de cette lutte est la conquête du pouvoir politique par le prolétariat et
                l’organisation par ce dernier de la société socialiste. Cette conquête du pouvoir
                politique par le prolétariat organisé, qui aura fait un long apprentissage de la
                lutte, marquera réellement le « renversement de la force en effectifs et la mainmise
                sur la force économique » du gouvernement bourgeois. Mais celte prise du pouvoir n’a
                jamais été définie par les social-démocrates russes comme la tâche immédiate des
                ouvriers russes. Les social-démocrates ont toujours dit que c’est seulement dans un
                régime de liberté politique et à travers une vaste lutte de masse que la classe
                ouvrière russe saura créer les organisations qui assureront cette victoire définitive
                du socialisme. (P. 272, haut.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len4guerChin" type="level2_document">
            <head>La guerre de Chine</head>
            <p rend="publie">
              <bibl><title>Œuvres</title>, tome 4, p. 387-392.Au plus tard
              le 8 décembre 1900. Publié dans l’<title>Iskra</title>
              n<hi rend="ordinal">o</hi> 1, décembre 1900.</bibl>
            </p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>ouvrier</term>
              </index>❦ ouvrier
              <index>
                <term>employé</term>
              </index>❦ employé
              <index>
                <term>service public</term>
              </index>❦ service public
              <index>
                <term>capitalisme d’État</term>
              </index>❦ capitalisme d’État.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">391</note>[…] un gouvernement qui rogne
                sans cesse les allocations aux paysans affamés, qui marchande chaque copeck,
                qui ne trouve pas d’argent pour l’instruction publique, qui, comme le premier koulak venu,
                fait suer sang et eau aux ouvriers des usines de l’État, aux petits
                employés des postes, etc. !</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len4PartiOuvrierEtPaysannerie">
            <head>Le parti ouvrier et la paysannerie</head>
            <bibl rend="publie">Rédigé en février 1901. Paru en avril 1901 dans
            l’<title>Iskra</title>. <title>Œuvres</title>, tome 4, p. 437‑445.</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>paysannerie, le parti ouvrier doit reprendre à son programme les revendications de la —</term>
              </index>❦ paysannerie, le parti ouvrier doit reprendre à son programme les revendications de la —
              <index>
                <term>classe, le prolétariat doit appuyer les — de progrès</term>
              </index>❦ classe, le prolétariat doit appuyer les — de progrès
            </p>
            <p rend="alinea">Mensonges du rachat du servage. Situation des classes à la campagne
            (p. 440, ½). Contradiction principale. Rôle du parti social-démocrate par rapport à la
            paysannerie (p. 443, ⅔).</p>
          </div>
        </div>
        <!-- début de fichier inclus Lentome5.xml --><div xml:id="Lentome5" type="level1_tome" n="5">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 5
          </head>

          <div xml:id="Len5ParOuCommencer">
            <head>
              Par où commencer ?
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Rédigé en mai 1901. Paru en mai 1901 dans l’<title>Iskra</title>.
            </bibl>
            <bibl rend="publie">
              <title>Œuvres</title>, tome 5, pp 9‑20. En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1901/05/19010500.htm">www.marxists.org/francais/lenin/works/1901/05/19010500.htm</ref>
            </bibl>

            <index><term>journal, organisateur collectif</term></index> <index><term>organisateur collectif, le journal</term></index>
            <index><term>journal, agitateur collectif</term></index> <index><term>agitateur collectif, le journal</term></index>
            <index><term>journal, propagandiste collectif</term></index> <index><term>propagandiste collectif, le journal</term></index>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="Len5p19" n="19"/>Le journal ne borne pas cependant
                son rôle à la diffusion des idées, à l’éducation politique et au recrutement d’alliés politiques.
                Il n’est pas seulement un propagandiste collectif et un agitateur collectif ;
                il est aussi un organisateur collectif. On peut à cet égard le comparer à l’échafaudage
                dressé autour d’un bâtiment on construction ; il ébauche les contours de l’édifice,
                facilite les communications entre les différents constructeurs,
                à qui il permet de répartir la tâche et d’embrasser l’ensemble des résultats
                obtenus par le travail organisé. Avec l’aide et à propos du journal se constituera d’elle-même
                une organisation permanente, qui ne s’occupera pas seulement d’un travail local
                mais aussi général et régulier, habituant ses membres à suivre de près les événements politiques,
                à apprécier leur rôle et leur influence sur les diverses catégories de la population,
                à trouver pour le parti révolutionnaire la meilleure façon d’agir sur ces événements.
                Les problèmes techniques — la fourniture dûment organisée au journal de matériaux,
                sa bonne diffusion — obligent déjà à avoir un réseau d’agents locaux
                au service d’un seul et même parti, d’agents en relations personnelles les uns avec les autres,
                connaissant la situation générale, s’exerçant à exécuter régulièrement les diverses fonctions
                fragmentaires d’un travail à l’échelle de toute la Russie, s’essayant à la préparation
                de telle ou telle action révolutionnaire. Ce réseau d’agents [*] sera justement la carcasse
                de l’organisation qui nous est nécessaire suffisamment étendue pour embrasser tout le pays ;
                suffisamment large et diverse pour réaliser une division du travail stricte et détaillée ;
                suffisamment ferme pour pouvoir on toutes circonstances, quels que soient les « tournants »
                et les surprises, poursuivre sans défaillance sa besogne propre ; suffisamment souple
                pour savoir, d’une part, éviter la bataille à découvert contre un ennemi
                numériquement <pb n="20"/>supérieur qui a rassemblé toutes ses forces sur un seul point,
                et, d’autre part, profiter du défaut de mobilité de cet ennemi et tomber sur lui
                quand et où il s’y attend le moins. Aujourd’hui nous incombe la tâche relativement facile
                de soutenir les étudiants qui manifestent dans les rues des grandes villes.
                Demain la tâche sera peut-être plus malaisée, comme celle de soutenir
                le mouvement des sans-travail dans telle ou telle région.
                Après-demain, nous devrons être à nos postes pour prendre une part révolutionnaire
                à une révolte paysanne. Aujourd’hui nous devons exploiter la tension politique
                qu’a engendrée le gouvernement par sa campagne contre les zemstvos.
                Demain nous devrons encourager l’indignation de la population contre les abus
                de tel ou tel bachi-bouzouk tsariste et contribuer, par le boycottage, les campagnes d’excitation,
                les manifestations, etc., à lui infliger une leçon qui le fasse battre on retraite publiquement.
                Pour arriver à ce degré de préparation au combat, il faut l’activité permanente d’une armée régulière.
                Et si nous groupons nos forces dans un journal commun, nous verrons se former à l’œuvre
                et sortir du rang non seulement les plus habiles propagandistes,
                mais encore les organisateurs les plus avertis, les chefs politiques les plus capables du Parti,
                qui sauront à point nommé lancer le mot d’ordre de la lutte finale et en assumer la direction.</p>
                <p rend="alinea">[*] Il va de soi que ces agents ne pourraient travailler avec profit
                que s’ils étaient très proches des comités locaux (groupes, cercles) de notre parti.
                En général, tout le plan esquissé par nous demande naturellement pour sa réalisation
                le concours le plus actif des comités, qui ont tenté maintes fois l’unification du parti
                et qui, nous en sommes persuadés, obtiendront cette unification un jour ou l’autre,
                sous une forme ou sous une autre.</p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len5UnAveuPrecieux">
            <head>
              Un aveu précieux
            </head>
            <bibl rend="publie">
              <title>Iskra</title> n<hi rend="ordinal">o</hi> 6,
              juillet 1901. <title>Œuvres</title>, tome 5, p. 78-85
            </bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>gouvernement, comme employeur capitaliste</term>
              </index>❦ gouvernement, comme employeur capitaliste
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="Lernt5p84" n="84"/>Il [le gouvernement] ne voudra
                jamais une amélioration sérieuse du sort des ouvriers, parce qu’il est lui-même
                patron dans des milliers de cas : il trompe et exploite les ouvriers de l’usine
                Ouboukhov et de centaines d’autres usines, et des dizaines de milliers d’employés des
                postes, des chemins de fer, etc., etc.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len5agraireCritiqueMarx">
            <head>
              La question agraire et les « critiques » de Marx
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Entre juin et septembre 1901. Chapitres 1-4 dans la
              <title>Zaria</title> n<hi rend="ordinal">os</hi> 2-3, décembre 1901, chapitres 5-9
              dans <title>Obrazovanié</title> n<hi rend="ordinal">o</hi> 2, février
              1906. <title>Œuvres</title>, tome 5, p. 101-226
            </bibl>

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                IV. Comment supprimer l’opposition entre la ville et la campagne.<lb/>
                Questions particulières soulevées par les « critiques »
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              <bibl rend="publie">
                <title>Œuvres</title>, tome 5, p. 145-160
              </bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
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                  <term>opposition entre la ville et la campagne</term>
                </index>❦ opposition entre la ville et la campagne
                <index><term>ville, opposition entre la — et la campagne</term></index>
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                  <term>fertilité décroissante du sol</term>
                </index>❦ fertilité décroissante du sol
                <index><term>sol, fertilité décroissante</term></index>
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                  <term>grande ville, élément de progrès</term>
                </index>❦ grande ville, élément de progrès
                <index><term>ville, élément de progrès</term></index>
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                  <term>science et art, accessibles à tout le peuple</term>
                </index>❦ science et art, accessibles à tout le peuple
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                  <term>ordure ménagère, des villes pour l’agriculture</term>
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                <index><term>Justus von Liebig, restore to the soil as much as is taken from it</term></index>
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                <index><term>engrais artificiel</term></index>❦ engrais artificiel
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                  <term>bactérie fixant l’azote dans les légumineuses</term>
                </index>❦ bactérie fixant l’azote dans les légumineuses
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                </index>❦ limitation artificielle des naissances
                <index><term>naissance, limitation artificielle</term></index>
                <index><term>birth control</term></index>
              </p>
              <cit>
                <floatingText>
                  <body>
                    <table rend="citquote">
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                            <p rend="alinea">
                              <pb xml:id="Len5p152deux3" n="152⅔"/>C’est ainsi que Vorochilov-Tchernov,
                              en accusant faussement Kautsky d’ignorer les noms savants et les
                              découvertes scientifiques, a bloqué, escamoté un épisode extrêmement
                              intéressant et instructif de la critique à la mode, à savoir : l’attaque
                              de l’économie bourgeoise contre l’idée socialiste de supprimer l’opposition
                              entre la ville et la campagne. Le professeur Louis Brentano, assure, par
                              exemple, que l’exode des paysans vers les villes a pour cause non pas les
                              conditions sociales de l’heure, mais une <emph>nécessité naturelle</emph>,
                              la fertilité décroissante du sol. M. Boulgakov, à la suite de <pb n="153"/>son maitre, a déclaré déjà dans <title>Natchalo</title> (1899, mars,
                              p. 29) que l’idée de supprimer l’opposition entre la ville et les campagnes
                              n’ « était que pure fantaisie » qui « provoquerait le sourire d’un agronome ».
                              Hertz écrit dans son livre : « Certes, l’abolition de la distinction entre
                              la ville et la campagne est l’aspiration fondamentale des anciens utopistes
                              (et même du <title>Manifeste</title>), mais nous ne croyons pas cependant
                              qu’un régime social comportant toutes les conditions nécessaires pour
                              conduire la civilisation humaine vers les plus hauts buts accessibles
                              abolisse réellement ces grands centres d’énergie et de civilisation que sont
                              les grandes villes et, pour flatter un sentiment esthétique blessé, renonce
                              à ces trésors abondants d’art et de science, sans lesquels le progrès est
                              impossible » (p. 76. […]) Comme vous le <pb n="154"/>voyez, Hertz défend
                              le régime bourgeois contre les « fantaisies » socialistes avec des phrases
                              où il y a autant de « lutte pour l’idéalisme » que chez MM. Strouvé
                              et Berdiaïev ! Mais la plaidoirie ne gagne rien à cette phraséologie
                              idéaliste grandiloquente.
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
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                            <p rend="alinea">
                              <pb xml:id="LenCW5p152deux3" n="152⅔"/>Thus, Voroshilov-Chernov, by his
                              slanderous accusation that Kautsky is not acquainted with scientific names
                              and scientific discoveries, blocked from view an extremely interesting and
                              instructive episode in fashionable criticism, namely, the attack of
                              bourgeois economics upon the socialist idea of abolishing the antithesis
                              between town and country. Prof. Lujo Brentano, for instance, asserts that
                              migration from the country to the towns is caused, not by given social
                              conditions, but by <emph>natural necessity</emph>, by the law of diminishing
                              returns. Mr. Bulgakov, following in the <pb n="153"/>footsteps of his
                              teacher, stated in <title>Nachalo</title> (March 1899, p. 29) that the idea
                              of abolishing the antithesis between town and country was “an absolute
                              fantasy”, which would “cause an agronomist to smile”. Hertz writes in his
                              book: “The abolition of the distinction between town and country is, it is
                              true, the principal striving of the old utopians [and even of the
                              <title>Manifesto</title>]. Nevertheless, we do not believe that a social
                              system containing all the conditions necessary for directing human culture
                              to the highest aims achievable would really abolish such great centres of
                              energy and culture as the big cities and, to soothe offended aesthetic
                              sentiments, abandon these abundant depositories of science and art, without
                              which progress is impossible” (p. 76). As can be seen, Hertz defends the
                              bourgeois system from socialist “fantasies” with phrases that convey the
                              “struggle for idealism” no less than do the writings of Messrs. Struve and
                              Berdyaev. But his defence is not in the least strengthened by this bombastic,
                              idealistic phrase-mongering.
                            </p>
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                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              Les social-démocrates savent apprécier le mérite historique des grands
                              centres d’énergie et de civilisation ; ils le prouvent par leur lutte
                              implacable contre tout ce qui immobilise la population en général, les
                              paysans et les ouvriers agricoles en particulier. Voila pourquoi, à la
                              différence des critiques, ils ne se laisseront jamais prendre à l’hameçon
                              d’aucun agrarien qui brûle de procurer au « brave moujik » un « gagne-pain »
                              d’hiver. Mais si nous reconnaissons franchement que dans la société
                              capitaliste les grandes villes sont un élément de progrès, cela ne nous
                              empêche nullement d’inclure dans notre idéal (et dans notre programme
                              d’action, car nous laissons les idéaux irréalisables à MM. Strouvé et
                              Berdiaïev) la suppression de l’opposition entre la ville et la campagne.
                              Il est faux que cela équivaille à renoncer aux trésors de la science et de
                              l’art. Bien au contraire : c’est chose indispensable pour rendre ces trésors
                              <emph>accessibles à tout le peuple</emph> ; pour combler l’abîme qui sépare
                              de la civilisation des millions de ruraux, abîme que Marx a traité à juste
                              titre de « l’abrutissement de la vie des champs<note xml:id="Len5-not71" n="71" place="bottom">
                                <title>Manifeste</title>, Marx &amp; Engels, <title>Œuvres choisies</title>
                                en deux volumes, tome 1, p. 26.
                              </note> ».
                              Et aujourd’hui que l’on peut transmettre à distance l’énergie électrique ;
                              que la technique des transports a atteint un niveau permettant à moins de
                              frais (par rapport à ceux d’aujourd’hui) de transporter des voyageurs à
                              plus de 200 kilomètres à l’heure<note xml:id="Len5p154not-star" n="*p154" place="bottom">
                                Si le projet de construction d’une telle ligne ferroviaire entre Manchester
                                et Liverpool n’a pas été ratifié par le Parlement, c’est uniquement à cause
                                de l’opposition intéressée des magnats des chemins de fer qui craignaient
                                de ruiner les anciennes compagnies. (Note de Lénine.)
                              </note>,
                              il n’existe absolument aucun obstacle technique qui empêche toute la
                              population, répartie de façon plus ou moins égale sur l’ensemble du pays,
                              de profiter des trésors de la science et de l’art accumulés au cours des
                              siècles dans un petit nombre de centres.
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                        <cell xml:lang="en">
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              <pb n="154"/>The Social-Democrats have proved that they know how to
                              appreciate the historic services of the great centres of energy
                              and culture by their relentless struggle against all that
                              encroaches on the freedom of movement of the population
                              generally and of the peasants and agricultural labourers in
                              particular. That is why no agrarian can trap them, as he
                              can the Critics, with the bait of providing the “muzhik”
                              with winter “employment”. The fact that we definitely recognise
                              the progressive character of big cities in capitalist
                              society, however, does not in the least prevent us from
                              including in our ideal (and in our programme of action, for
                              we leave unattainable ideals to Messrs. Struve and Berdyaev)
                              the abolition of the antithesis between town and country.
                              It is not true to say that this is tantamount to abandoning
                              the treasures of science and art. Quite the contrary: this is
                              necessary in order to bring these treasures <emph>within the reach
                              of the entire people</emph>, in order to abolish the alienation from
                              culture of millions of the rural population, which Marx aptly
                              described as “the idiocy of rural life”. And at the present
                              time, when it is possible to transmit electric power over
                              long distances, when the technique of transport has been so
                              greatly improved that it is possible at less cost (than at
                              present) to carry passengers at a speed of more than 200 versts
                              an hour,<note xml:id="Len5enp154ennot-star" n="*p154en" place="bottom">
                                The proposal to construct such a road between Manchester and
                                Liverpool was rejected by Parliament only because of the selfish
                                opposition of the big railway magnates, who feared that the old
                                companies would be ruined. (Lenin.)
                              </note>
                              there are absolutely no technical obstacles to the
                              enjoyment of the treasures of science and art, which for
                              centuries have been concentrated in a few centres, by the whole
                              of the population spread more or less evenly over the entire
                              country.
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                      </row>
                      <row>
                        <cell xml:lang="fr">
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              Et si rien ne s’oppose à la suppression de l’opposition entre la ville et
                              la campagne (il ne faut naturellement pas se représenter cette suppression
                              comme un acte unique, <pb n="155"/>mais comme toute une série de mesures),
                              le « sentiment esthétique » n’est point seul à réclamer cette suppression…
                              Dans les grandes villes, selon l’expression d’Engels, les gens étouffent
                              dans leur propre fumier, et tous ceux qui le peuvent s’enfuient de la ville
                              périodiquement à la recherche d’air pur et d’eau fraiche<note xml:id="Len5-not72" n="72" place="bottom">
                                Engels, « La question du logement », <title>Der Volkstaat</title>, Leipzig
                                1871. Marx &amp; Engels, <title>Œuvres choisies</title> en deux volumes,
                                tome 1, p. 670.
                              </note>.
                              L’industrie, elle aussi, se disperse à travers le pays, car elle aussi a
                              besoin d’eau pure. L’exploitation des chutes d’eau, des canaux et des
                              rivières pour obtenir l’énergie électrique donnera un nouvel élan à cette
                              « dispersion de l’industrie ». Enfin, <foreign xml:lang="en">last but not
                              least</foreign>, l’utilisation rationnelle de matières aussi importantes
                              pour l’agriculture que les ordures ménagères en général et les excréments
                              humains en particulier, réclame aussi la suppression de l’opposition entre
                              la ville et la campagne. Et c’est contre ce point de la théorie de Marx et
                              d’Engels que MM. les critiques se sont avisés de diriger leurs objections
                              agronomiques (quant à faire l’analyse complète de la théorie exposée en
                              grand détail par Engels dans son <title>Anti-Dühring</title><note xml:id="Len5-not73" n="73" place="bottom">
                                Troisième partie « Socialisme », chapitre troisième « La production ».
                                Éditions sociales, p. 325-337.
                              </note>,
                              MM. les critiques ont préféré s’en abstenir ; ils se sont bornés, comme
                              toujours d’ailleurs, a paraphraser des fragments d’idées d’un Brentano).
                              Voici quelle est la marche de leur raisonnement : Liebig a démontré qu’il
                              fallait donner au sol exactement autant qu’on lui prenait. Il estimait donc
                              que jeter à la mer et dans les fleuves les ordures des villes est un
                              gaspillage insensé et barbare de substances qui sont nécessaires à
                              l’agriculture. Kautsky partage la théorie de Liebig. <emph>Mais</emph>
                              l’agronomie moderne a démontré qu’il était parfaitement possible de rétablir
                              les forces productives du sol sans fumier animal, au moyen d’engrais
                              artificiels, en inoculant aux plantes à gousses des bactéries capables de
                              fixer l’azote, etc. <emph>Par conséquent</emph>, Kautsky et tous ces
                              « orthodoxes » sont bel et bien des gens attardés.
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                        <cell xml:lang="en">
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              And if there is nothing to prevent the abolition of the antithesis
                              between town and country (not be imagined, of
                              course, as a single act but as a series of measures), it is not an
                              “aesthetic sentiment” alone that demands it. In the big cities
                              people suffocate with the fumes of their own excrement,
                              to use Engels’ expression, and periodically all who can, flee
                              from the cities in search of fresh air and pure water.
                              Industry is also spreading over the countryside; for it, too,
                              requires pure water. The exploitation of waterfalls, canals,
                              <pb n="155"/>and rivers to obtain electric power will give a fresh impetus
                              to this “spreading out of industry”. Finally —last, but not
                              least— the rational utilisation of city refuse in general,
                              and human excrement in particular, so essential for agriculture,
                              also calls for the abolition of the antithesis between
                              town and country. It is against this point in the theory
                              of Marx and Engels that the Critics decided to direct
                              their agronomical arguments (the Critics preferred to refrain
                              from fully analysing the theory, which is dealt with
                              in great detail in Engels’ <title>Anti-Dühring</title>, and, as usual,
                              limited themselves simply to paraphrasing fragments of
                              the thoughts of a Brentano). Their line of reasoning is as
                              follows: Liebig proved that it is necessary to restore to the
                              soil as much as is taken from it. He was therefore of the opinion
                              that throwing city refuse into the seas and rivers was a
                              stupid and barbarous waste of materials essential for
                              agriculture. Kautsky agrees with Liebig’s theory. <emph>But</emph> modern
                              agronomics has proved that it is quite possible to restore the
                              productive forces of the soil without the use of stable manure,
                              namely, by means of artificial fertilisers, by the inoculation
                              of certain bacteria into leguminous plants which collect
                              nitrates, etc. <emph>Consequently</emph>, Kautsky, and all those “orthodox”
                              people, are simply behind the times.
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                      </row>
                      <row>
                        <cell xml:lang="fr">
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              Par conséquent, répondrons-nous, MM. les critiques commettent ici encore
                              une de leurs innombrables et interminables <emph>surenchères</emph>. Après
                              avoir exposé la théorie de Liebig, Kautsky a aussitôt fait remarquer que
                              l’agronomie moderne a prouvé qu’il était parfaitement possible de « se
                              passer complètement de fumier animal » (p. 50, <title>Agrarfrage</title> ;
                              cf. le passage indiqué ci—dessus), mais il a ajouté que c’était <pb n="156"/>un <emph>palliatif</emph> à coté du gaspillage des excréments humains
                              provoqué par le système actuel de nettoyage des villes. C’est ce point-là
                              que les critiques auraient dû réfuter s’ils étaient capables de discuter
                              sur le fond, et montrer que ce n’est pas un palliatif. Mais ils n’y ont pas
                              même songé. Il va de soi que la possibilité de remplacer les engrais naturels
                              par des engrais artificiels et le remplacement (<emph>partiel</emph>) qui se
                              pratique déjà ne réfutent nullement cette vérité qu’il est irrationnel de
                              jeter sans les utiliser les engrais naturels, en infectant les cours d’eau
                              et l’air dans la banlieue des villes et autour des usines. Autour des
                              grandes villes, il existe déjà des champs d’épandage qui utilisent avec un
                              profit énorme pour l’agriculture les ordures des villes ; seulement c’est
                              une portion infime de ces ordures qui est ainsi utilisée. Les engrais
                              artificiels, dit Kautsky en répondant, à la page 211 de son livre, à
                              l’objection selon laquelle l’agronomie moderne nie le fait que la ville
                              exploite agronomiquement les campagnes, objection que MM. les critiques lui
                              présentent comme une nouveauté, —— les engrais artificiels « permettent de
                              remédier à l’épuisement du sol, mais ces engrais artificiels doivent être
                              employés en quantités croissantes, ce qui constitue pour l’agriculture un
                              de ces nombreux désavantages <emph>qui ne sont nullement une nécessité
                              naturelle, mais ont pour cause les rapports sociaux existants</emph><note xml:id="Len5enp156not-star" n="*p156" place="bottom">
                                Bien entendu, les engrais artificiels, dit Kautsky plus loin, ne
                                disparaîtront pas avec la chute du capitalisme, mais ils enrichiront le
                                sol de substances spéciales, au lieu de remplir <emph>toute</emph> la
                                tâche du rétablissement de la fertilité du sol. (Note de Lénine.)
                              </note> ».
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                        <cell xml:lang="en">
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              Consequently —we reply— here, too, the Critics commit
                              one of their innumerable and endless <emph>distortions</emph>. After
                              explaining Liebig’s theory, Kautsky <emph>immediately</emph> showed
                              that modern agronomics has proved that it is quite possible
                              “to dispense altogether with stable manure” (<title>Agrarfrage</title>,
                              p. 50; see passage quoted above), but added that this was
                              merely a <emph>palliative</emph> compared with the waste of human excrement
                              entailed by the present system of city sewage disposal.
                              Now, if the Critics were at all capable of discussing the
                              essential points of the question, this is the point they should
                              have disproved; they should have shown that it is not a
                              palliative. But they did not even think of doing so. Needless
                              to say, the possibility of substituting artificial for natural
                              manures and the fact that this is already being done (<emph>partly</emph>)
                              do not in the least refute the irrationality of wasting natural
                              fertilisers and thereby polluting the rivers and the air
                              <pb n="156"/>in suburban and factory districts. Even at the present time
                              there are sewage farms in the vicinity of large cities which
                              utilise city refuse with enormous benefit to agriculture; but
                              by this system only an infinitesimal part of the refuse is
                              utilised. To the objection that modern agronomics has refuted
                              the argument that the cities agronomically exploit the
                              countryside, with which the Critics present Kautsky as
                              something new, he replies, on page 211 of his book, that
                              artificial fertilisers “render it possible to avoid the diminution
                              of soil fertility, but the necessity to employ them to an
                              increasing extent merely indicates still another of the
                              numerous burdens agriculture has to bear, which <emph>are by no
                              means a natural necessity, but a product of existing social
                              relations</emph>”.<note xml:id="Len5enp156ennot-star" n="*p156en" place="bottom">
                                “It goes without saying,” continues Kautsky, “that artificial
                                fertilisers will not disappear with the fall of capitalism; but they
                                will enrich the soil with special materials and not fulfil the whole
                                task of restoring its fertility.”
                              </note>
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                      </row>
                      <row>
                        <cell xml:lang="fr">
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                              Les mots que nous avons souligné renferment le « clou » de la question, si
                              soigneusement embrouillée par les critiques. Les auteurs qui, à l’instar de
                              M. Boulgakov, cherchent à faire peur au prolétariat avec la « question du
                              blé », plus terrible et plus grave que la question sociale ; qui
                              s’enthousiasment pour la limitation artificielle des naissances sous
                              prétexte que « la réglementation de l’accroissement de la population »
                              devient « la condition économique essentielle » (sic) du bien-être des
                              paysans (II, 261), que cette réglementation mérite « le respect » et que
                              « l’accroissement de la population paysanne provoque chez les moralistes
                              sentimentaux (!?) « beaucoup d’indignation hypocrite » (hypocrite <pb n="157"/>seulement ? et non point une indignation légitime contre le régime
                              social moderne ?), « comme si l’excès de lubricité (<foreign xml:lang="latin">sic</foreign>) était par elle-même une vertu » (<foreign xml:lang="latin">Ibid.</foreign>), de tels auteurs doivent naturellement et
                              inévitablement s’efforcer de laisser dans l’ombre les obstacles que le
                              capitalisme oppose au progrès agricole, afin de rendre responsable de tout
                              la loi naturelle de « la fertilité décroissante du sol », et de représenter
                              la suppression de l’opposition entre la ville et la campagne comme « une
                              pure fantaisie ». De quelle légèreté sans bornes faut—il que les Tchernov
                              soient doués pour reprendre des raisonnements semblables et pour reprocher
                              en même temps aux critiques du marxisme « leur manque de principes, leur
                              éclectisme et leur opportunisme » (<title>Rousskoïé Bogatstvo</title>,
                              n<hi rend="ordinal">o</hi> 11, p. 246) ?! M. Tchernov reprochant aux autres
                              leur manque de principes, leur opportunisme, peut-il y avoir rien de plus
                              comique que ce spectacle ?
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                        <cell xml:lang="en">
                          <quote>
                            <p rend="alinea">
                               The words we have emphasised contain the “pivot” of the
                              question which the Critics so zealously confuse. Writers like
                              Mr. Bulgakov try to scare the proletariat with the bogy that
                              the “grain question” is more terrible and important than the
                              social question; they are enthusiastic over birth control and
                              argue that “control of the increase of the population” is becoming
                              “the fundamental [<foreign xml:lang="latin">sic</foreign>!] economic
                              condition” for the prosperity of the peasantry (II, 261), that this
                              control is worthy of “respect”, and that “much hypocritical indignation
                              [only hypocritical, not legitimate, indignation against the present
                              social system?] is roused among sentimental [?!] moralists by the
                              increase in births among the peasant population, as if unrestrained
                              lust [<foreign xml:lang="latin">sic</foreign>!] were in itself a virtue”
                              (ibid.). Such writers must naturally and inevitably strive
                              to keep in the background the <emph>capitalist</emph> obstacles to
                              agricultural progress, to throw the entire blame for everything upon
                              the natural “law of diminishing returns”, and to present the
                              idea of abolishing the antithesis between town and country
                              as “pure fantasy”. But what utter irresponsibility the Chernovs
                              betray when they repeat such arguments and at the same
                              time reproach the Critics of Marxism for “lacking principles
                              and for being eclectics and opportunists” (<title>Russkoye
                              Bogatstvo</title>, No. 11, p. 246)?! What spectacle could be more comical
                              <pb n="157"/>than that of Mr. Chernov reproving others for lack of
                              principles and for opportunism.
                            </p>
                          </quote>
                        </cell>
                      </row>
                      <row rend="publie">
                        <cell xml:lang="fr">
                          <bibl>
                            <title>Œuvres</title>, tome 5, p. 152-157.
                          </bibl>
                        </cell>
                        <cell xml:lang="en">
                          <bibl>
                            <title>Collected Works</title>, vol. 5, p. 152-157.
                          </bibl>
                        </cell>
                      </row>
                    </table>
                  </body>
                </floatingText>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Len5agraireCritiqueMarxIX">
              <head>
                IX. La laiterie et les associations agricoles en Allemagne. La population rurale
                allemande classée selon la situation dans l’économie
              </head>
            <bibl rend="publie">
              <title>Œuvres</title>, tome 5, p. 208-226
            </bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>prolétarisation des employés</term></index>❦ prolétarisation des employés
                <index><term>employé, prolétarisation des —</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Lent5p225trois4" n="225"/>Enfin, la statistique des
                  professions nous montre encore un accroissement notable du nombre des employés [*] :
                  de 47 000 à 77 000, soit de 63,8 %.</p>
                  <p rend="alinea pluspetit">[*] À ce sujet, M. Boulgakov fait cette très plate
                  plaisanterie dans <title>Natchalo</title> : « Le nombre des officiers
                  s’accroît, cependant que l’armée diminue. » Opinion simpliste sur l’organisation du
                  travail dans la grande production !</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Parlant, à propos de la paysannerie, de prolétarisation, Lénine
              trouve important de mentionner aussi l’augmentation du nombre des employés et récuse la
              comparaison de Boulgakov avec des « officiers », c’est-à-dire que dans l’industrie
              moderne, ce ne sont plus seulement les contremaîtres ou autres personnes qui exercent
              par délégation le rôle d’encadrement et de répression du patron, mais des prolétaires
              intégrés dans « l’organisation du travail dans la grande production ».</p>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Len5revpolint">
            <head>Revue de politique intérieure</head>
            <p rend="publie">Rédigé en octobre 1901. Publié pour la première fois dans la
            <title>Zaria</title> n<hi rend="ordinal">os</hi> 2-3, décembre 1901.
            <title>Œuvres</title>, tome 5, p. 255‑306.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">P. 286-294</note>III. Le tiers élément</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>prolétarisation des fonctionnaires</term></index>❦ prolétarisation des fonctionnaires
              <index><term>fonctionnaire, prolétarisation des —</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">Il s’agit de personnes travaillant pour l’administration,
            salariées sans être nommées et formant une sorte de « prolétariat intellectuel ».
            C’est la question du personnel des zemstvos dont Lénine parlera dans le <title>Que
            Faire ?</title> Il en parle ici dans le même esprit : « faire comprendre à la fraction la
            plus avancée et cultivée des ouvriers quels alliés elle a parmi les paysans, parmi les
            étudiants et parmi les intellectuels en général (p. 393) […] »</p>
          </div>

          <div xml:id="Len5QueFaire">
            <head>
              Que Faire ?
              <lb/>Les questions brûlantes de notre mouvement
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Rédigé d’automne 1901 à février 1902.
              Publié pour la première fois en brochure en mars 1902.
              <title>Œuvres</title>, tome 5, p. 353‑544.
              En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/francais/lenin/oeuvres/vol_05.htm">www.marxists.org/francais/lenin/oeuvres/vol_05.htm</ref>.
            </bibl>

            <p rend="alinea">
              Le titre principal est emprunté à un roman que Lénine aimait beaucoup : <title>Que
              faire ? Les hommes nouveaux</title> (1863) de Nikolaï Tchernychevski.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Pour le <title>Que Faire ?</title>, dans les divisions ci-dessus reprenant les titres
              de l’ouvrage de Lénine, je reprends ma préparation d’une formation. Ci-dessous, le
              sommaire.
            </p>

            <p rend="tm1">I. Dogmatisme et liberté de critique</p>

            <p rend="tm1">Préface</p>

            <p rend="tm1"><pb n="358"/>I. Dogmatisme et liberté de critique</p>
            <p rend="tm2"><pb n="358"/>a) Que signifie la « liberté decritique »</p>
            <p rend="alinea">
              La science marxiste et les théories bourgeoises sont donc radicalement opposées et
              il n’y a pas de troisième voie (réformiste) entre la dictature de la bourgeoisie et
              son renversement révolutionnaire par le prolétariat. La « liberté de critique »,
              c’est le cheval de Troie de l’idéologie bourgeoise.
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="362"/>b) Les nouveaux défenseurs de la « liberté de critique »</p>
            <p rend="alinea">
              On ne peut juger les gens sur ce qu’ils disent mais on doit voir objectivement leurs
              positions et leur pratique. Même s’ils se disent socialistes, les opportunistes sont
              dans le camp de la bourgeoisie.
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="367"/>c) La critique en Russie</p>
            <p rend="alinea">
              Le marxisme légal.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Lénine développe la théorie des alliances de classe. Ne pas calquer des résolutions
              à des situations différentes sur base d’analogies de surface.
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="374"/>d) Engels et l’importance de la lutte théorique</p>
            <p rend="alinea">
              « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire. » (P. 376, ¼ ; p. 377, ¼.)
            </p>

            <p rend="tm1"><pb n="380"/>II. La spontanéité des masses
              et l’esprit de conscience de la social-démocratie</p>
            <p rend="tm2"><pb n="381"/>a) Début de l’essor spontané</p>
            <p rend="alinea">
              Union de l’agitation et des tâches historiques
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="385"/>b) Le culte du spontané. La « Rabotchaïa
            Mysl »</p>
            <p rend="alinea">
              La classe ouvrière ne développe pas d’idéologie indépendante. L’idéologie socialiste
              vient des intellectuels. La spontanéité, c’est donc laisser le champ libre à
              l’idéologie bourgeoise.
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="395"/>c) Le « Groupe de l’autolibération » et le <title>
              Rabotchéié Diélo</title></p>

            <p rend="tm1"><pb n="405"/>III. Politique trade-unioniste et politique social-démocrate</p>
            <p rend="tm2"><pb n="406"/>a) L’agitation politique et son rétrécissement par les économistes</p>
            <p rend="alinea">
              Pratiquement, l’agitation n’est pas plus facile sur le plan économique. Elle peut
              avoir autant de succès sur tous les problèmes touchant tous les milieux.
              Politiquement, la lutte peut encore moins se limiter à l’économique.
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="417"/>b) Comment Martynov a approfondi Plékhanov</p>

            <p rend="tm2"><pb n="420"/>c) Les révélations politiques et « l’éducation de l’activité
              révolutionnaire »</p>
            <p rend="alinea">
              Le prolétariat peut, si les communistes font l’agitation voulue, s’intéresser à
              toutes les classes et à leurs rapports mutuels et réagir aux injustices contre
              d’autres classes.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le prolétariat peut à la rigueur se passer des intellectuels pour la lutte économique.
              Ce qu’il leur demande, c’est le reste : la politique.
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="427"/>d) Ce qu’il y a de commun entre l’économisme et le terrorisme</p>
            <p rend="alinea">
              La priorité, on l’a vu, c’est d’instruire et d’organiser politiquement le prolétariat.
              Le spontanéisme et le terrorisme, c’est se soustraire à ce devoir.
            </p>

            <p rend="tm2">
              <pb n="430"/>e) La classe ouvrière combat à l’avant-garde pour la démocratie
            </p>
            <p rend="alinea">
              S’intéresser à toutes les luttes de tous les milieux ne répond pas seulement au
              besoin d’éducation de la classe ouvrière. C’est une nécessité pour la révolution.
              Aller dans toutes les classes (p. 434 ½).
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="447"/>f) Encore une fois « calomniateurs »,
              encore une fois « mystificateurs »</p>

            <p rend="tm1"><pb n="451"/>IV. Les méthodes artisanales des économistes
              et l’organisation des révolutionnaires</p>
            <p rend="tm2"><pb n="452"/>a) Qu’est-ce que le travail artisanal ?</p>

            <p rend="tm2"><pb n="455"/>b) Travail artisanal et économisme</p>

            <p rend="tm2"><pb n="463"/>c) L’organisation des ouvriers et l’organisation des révolutionnaires</p>
            <p rend="alinea">
              L’économisme et la répression conduisent l’un et l’autre à confondre l’organisation
              politique des révolutionnaires et l’organisation de masse des ouvriers. Chez les
              économistes, la confusion vient de leur confusion entre politique et économique.
              La répression en Russie tsariste renforce cette erreur parce qu’une organisation
              économique est réprimée à l’égal d’une organisation politique (p. 464).
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="479"/>d) Envergure du travail d’organisation</p>

            <p rend="tm2"><pb n="486"/>e) L’organisation « conspirative » et le « démocratisme »</p>
            <p rend="alinea">
              Limites de la démocratie en situation de répression.
            </p>

            <p rend="tm2"><pb n="494"/>f) Travail à l’échelle locale et nationale</p>

            <p xml:id="Len5p505" rend="tm1"><pb n="505"/>V. « Plan » d’un journal politique pour
            toute la Russie</p>
            <p rend="tm2"><pb n="506"/>a) Qui s’est formalisé de l’article « Par où commencer ? »</p>
            <p rend="tm2">511 b) Un journal peut-il être un
            organisateur collectif ?</p>
            <p rend="tm2">524 c) De quel type d’organisation
            avons-nous besoin ?</p>
            <p rend="tm1">531 Conclusion</p>
            <p rend="tm1">535 Annexe. Tentative d’union de
            l’<title>Iskra</title> et du <title>Rabotchéié Diélo</title></p>
            <p rend="tm1">543 Amendement à « Que Faire ? »</p>


            <div xml:id="Len5QueFaire-Cadre" type="QFdiv1" rend="P1">
              <head>
                [DM] Cadre historique
              </head>
              <div xml:id="Len5QueFaire-Cadre-reviso" type="div2">
                <head>
                  La deuxième internationale et le révisionnisme
                </head>
                <p rend="alinea">
                  Après une période surtout répressive, la bourgeoisie change d’attitude pour une
                  politique de compromis et de concessions. En Allemagne, Bismarck (1815-1898)
                  quitte le pouvoir en 1890. Le parti socialiste, déjà très fort sous les 12 ans
                  de répression des lois de 1878, va de succès en succès. Cela développe des
                  illusions parlementaristes et attire des bourgeois progressistes dans le parti.
                  Développement de l’aristocratie ouvrière dans un contexte d’enrichissement par
                  l’exploitation des colonies.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans la Deuxième internationale, le révisionnisme s’organise, devient un courant
                  dominant avec une pensée élaborée (Dühring, Bernstein), attaquant les fondements
                  du marxisme. Bernstein est le représentant du révisionnisme sur le plan théorique,
                  et Millerand (participation gouvernementale) pratique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le Parti ouvrier belge (POB) qui naît tardivement est d’emblée révisionniste,
                  contre-révolutionnaire.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Après la mort de Marx (1818-1883) et d’Engels (1820-1895), malgré Kautsky, la
                  gauche marxiste (August Bebel, Rosa Luxemburg, Clara Zetkin, Karl Liebknecht)
                  n’est pas en mesure d’opposer une défense des principes adaptée au contexte
                  historique. (L’<title>Anti-Dühring</title> date de 1891.) C’est Lénine qui va
                  prendre en mains le combat. Rosa Luxemburg lui sera reconnaissante de s’en être
                  chargé.
                </p>

              </div>
              <div xml:id="Len5QueFaire-Cadre-Russie" type="div2">
                <head>
                  Russie
                </head>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="gras">Abolition du servage et populisme</hi>.
                  Abolition du servage en 1861. Les paysans deviennent libre de leurs mouvements
                  mais sont appauvris par le fait que les nobles (se convertissant en propriétaires
                  fonciers et en exploitants capitalistes) s’approprient une grande partie des
                  terres. (Comparer <foreign xml:lang="en">enclosures</foreign> en Angleterre.)
                  Des paysans réduits à la misère sont donc disponibles pour le développement du
                  capitalisme.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les populistes considèrent la paysannerie comme la principale force
                  révolutionnaire, et non le prolétariat (ils croient que la Russie pourra échapper
                  au phénomène, purement occidental selon eux, du capitalisme, ou du moins à son
                  grand développement). Ils conçoivent la révolution comme un retour à une
                  communauté paysanne idyllique, sans voir la différenciation entre paysans riches
                  (koulaks) et paysans pauvres.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="gras">Populisme et terrorisme</hi>.
                  Les paysans ne les suivant pas, ils s’orientent vers le terrorisme. Le 1<hi rend="ordinal">er</hi> mars 1881, des membres de la Narodnaïa Volia (volonté
                  populaire), dits <foreign xml:lang="ru">narodniki</foreign>, tuent Alexandre II
                  dans un attentat à la bombe. Après l’écrasement de la Narodnaïa Volia, les
                  populistes abandonnent l’idée de révolution et cherchent la conciliation avec le
                  pouvoir tsariste. Ils deviennent les porte-parole des intérêts des koulaks.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Lénine combat efficacement les populistes. (<title><ref target="#Len1AmisDuPeuple">
                  Ce que sont les amis de peuple</ref></title>, 1894, <title>Œuvres</title>, tome 1,
                  pp. 143-360.)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="gras">Marxisme légal</hi>.
                  En 1883, fondation du groupe Libération du travail (Plékhanov, Axelrod et autres)
                  à Genève. Ils traduisent plusieurs ouvrages de Marx et Engels et écrivent
                  eux-mêmes divers exposés du marxisme et les introduisent en Russie. Ils critiquent
                  les populistes.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans les années 90, développement du « marxisme légal ». L’autocratie combat les
                  <foreign xml:lang="ru">narodniki</foreign>, les terroristes genre Narodnaïa Volia
                  et se préoccupe moins du développement d’un marxisme académique, souvent le fait
                  de bourgeois libéraux (comme Piotr Strouvé) qui défendent d’ailleurs un marxisme
                  « critique », bernsteinien. Les social-démocrates profitent de ce mouvement pour
                  favoriser leurs idées, mais les marxistes légaux les critiquent et, de plus en
                  plus, les censurent, ce qui mène à la rupture en 1896. Cela a néanmoins favorisé
                  une large diffusion du marxisme <note xml:id="Len5QueFaire-Cadre-Russie-not1" n="1" place="bottom">
                    Comparer avec les années 60 et 70 du 20<hi rend="ordinal">e
                    </hi> siècle. Le marxisme était à la mode. Tous les intellectuels, sauf vraiment
                    de droite, se devaient d’être marxistes et les éditeurs publiaient tant les
                    classiques que les essais de ces intellectuels.
                  </note>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="gras">Développement des luttes</hi>.
                  Le développement rapide du capitalisme, très concentré, conduit à de grandes
                  grèves.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ouvriers, étudiants, paysans, bourgeoisie libérale. L’ampleur et le caractère
                  général du mécontentement permettent de prévoir le commencement de la fin du
                  tsarisme.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="gras">Social-démocratie</hi>.
                  Des cercles ouvriers marxistes se développent partout. En 1895, Lénine regroupe
                  les cercles de Pétersbourg (une vingtaine) dans une Union de lutte pour la
                  libération de la classe ouvrière. En 1898, 1<hi rend="ordinal">er</hi> congrès du
                  P.O.S.D.R. Pas de programme, pas d’organisation. Le Comité central est arrêté.
                  Seulement deux numéros de la <title>Rabotchaïa Gazéta</title>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  En même temps que les révolutionnaires marxistes chevronnés sont arrêtés, afflux
                  de jeunes. (Comparer 1968 et suivantes.) Ils se font souvent arrêter aussi.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="gras">Économisme</hi>.
                  Des « économistes » publient leur <title>Credo</title> en 1899. <title>
                  Protestation des « 17 »</title> rédigée par Lénine. Revues <title>Rabotchaïa
                  Mysl</title> (ouvertement économiste) en Russie et <title>Rabotchéié Diélo
                  </title> (opportunistes, économistes conciliateurs) à l’étranger.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  <hi rend="gras">Lutte de Lénine</hi>.
                  Estime qu’un 2<hi rend="ordinal">e</hi> congrès dans cette situation serait
                  catastrophique. Il faut d’abord mener la lutte pour le préparer. Fonde en 1900
                  l’<title>Iskra</title> (le <ref target="http://www.solidaire.org/"><title>
                  Solidaire</title></ref>&gt; de Lénine — voir aussi la note 5 du tome 5 des <title>
                  Œuvres</title>) pour unifier le Parti autour du journal, et la <title>Zaria
                  </title> (les <title>Études marxistes</title> de Lénine) en 1901. Écrit « Par où
                  commencer ? » dans l’<title>Iskra</title> de mai 1901 et <title>Que faire ?
                  </title> en 1901-1902. Suite à cette lutte conséquente, le 2<hi rend="ordinal">e</hi> congrès de 1903 sera un succès. Sur le rôle de l’<title>Iskra
                  </title> et du <title>Que faire ?</title> pour la construction du parti, lire
                  dans l’<ref target="../histPCbURSS/"><title>Histoire du parti communiste
                  (bolchévik) de l’U.R.S.S.</title></ref>, 1938, le 2. du chapitre II (pp. 34-44
                  dans l’édition fac-similé de Solidaire, distribution EPO).
                </p>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-Preface" type="div1" rend="P4"><head>Préface</head>
              <p rend="alinea">
                Cette brochure a été retardée par les tentatives d’unification de la social-démocratie
                en juin 1901. Cette tentative a échoué parce que l’économisme est plus vivace que nous
                ne le supposions.
              </p>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-I" type="div1">
              <head>
                I
                <lb/>Dogmatisme et « liberté de critique »
              </head>

              <div xml:id="Len5QueFaire-Ia" type="div2">
                <head>
                  a) Que signifie la « liberté de critique » ?
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Lénine se fonde sur le matérialisme historique qui nous apprend à analyser la
                  situation et les idées en termes de classes. Un mode de production change parce
                  qu’une classe révolutionnaire le renverse et le remplace par un autre. La science
                  marxiste et les théories bourgeoises sont donc radicalement opposées et il n’y a
                  pas de troisième voie (réformiste) entre la dictature de la bourgeoisie et son
                  renversement révolutionnaire par le prolétariat. La « liberté de critique »,
                  c’est le cheval de Troie de l’idéologie bourgeoise.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’expression même de « liberté de critique » est suspecte. La liberté de critique
                  existe. Donc cette revendication cache autre chose (p. 358). C’est en fait le mot
                  d’ordre du révisionnisme à la Bernstein : transformer le parti de la révolution
                  en parti réformiste (p. 359, ¼). C’est la revendication du droit à prôner
                  ouvertement le révisionnisme de Bernstein (p. 359, ⅓) contre un marxisme accusé
                  d’être dogmatique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — Bernstein nie la possibilité de donner un fondement scientifique au socialisme
                  par une histoire matérialiste concluant que le socialisme est nécessaire et
                  inévitable.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — Bernstein nie la misère, la prolétarisation et les contradictions capitalistes.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — Bernstein rejette l’idée de dictature du prolétariat.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — Bernstein nie l’opposition entre socialisme et libéralisme.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — Bernstein estime la notion de lutte des classes non pertinente dans une société
                  démocratique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le changement d’orientation politique de la révolution au réformisme s’accompagne
                  d’une attaque contre toutes les idées fondamentales du marxisme (p. 359, ⅔). Le
                  bernsteinisme consiste à faire passer telles quelles dans la littérature
                  socialiste les attaques bourgeoises contre le marxisme (pp. 359-360).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les socialistes français sont passés à l’application pratique du bernsteinisme :
                  participation (p. 360, ½) du socialiste Millerand à un gouvernement qui massacre
                  les ouvriers, justifiée par des « <emph>projets</emph> de réformes infimes »
                  (p. 361, haut).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  C’est l’<emph>opportunisme</emph>. Si l’on dépasse ce que les gens disent à propos
                  d’eux-mêmes, il s’agit d’adopter des positions bourgeoises (p. 361, ¼). C’est une
                  position scientifique bizarre que de revendiquer la coexistence des idées. Si on
                  est convaincu d’avoir une meilleure théorie, on demande plus que sa coexistence
                  (p. 361, ½).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-Ib">
                <head>
                  b) Les nouveaux défenseurs de la « liberté de critique »
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Juger d’un point de vue de classe. On ne peut juger les gens sur ce qu’ils disent
                  mais on doit voir objectivement leurs positions et leur pratique. Même s’ils se
                  disent socialistes, les opportunistes sont dans le camp de la bourgeoisie.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le <title>Rabotchéié Diélo</title> <note xml:id="Len5QueFaire-I-not1" n="1" place="bottom">
                    <title>Rabotchéié Diélo</title> (la cause ouvrière),
                    organe non périodique de l’« Union des social-démocrates russes à l’étranger »,
                    Genève de 1899 à 1902.
                  </note>
                  réclame la « liberté de critique » dans son n° 10 (p. 362, ½). Ça veut dire :
                  (p. 362, ¾)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  1° qu’il défend l’opportunisme sur le plan international et
                </p>
                <p rend="alinea">
                  2° qu’il réclame la liberté de l’opportunisme en Russie.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Contre l’<title>Iskra</title> <note xml:id="Len5QueFaire-I-not2" n="2" place="bottom">
                    L’<title>Iskra</title> (étincelle), est le premier journal illégal pour toute
                    la Russie, fondé par Lénine en 1900 et publié de l’étranger. Il a préparé le
                    programme du Parti et le 2<hi rend="ordinal">e</hi> congrès de 1903. Mais après
                    le congrès, Plékhanov s’est aligné sur les positions menchévistes et Lénine a
                    quitté la rédaction. L’<title>Iskra</title> est alors devenue l’organe des
                    menchéviks.
                  </note>
                  et la <title>Zaria</title><note xml:id="Len5QueFaire-I-not3" n="3" place="bottom">
                    <title>Zaria</title> (aube), revue marxiste scientifique publiée
                    de 1901 à 1902 par la rédaction de l’<title>Iskra</title>.
                  </note>
                  qui entrevoient la rupture entre la gauche et la droite de la social-démocratie
                  internationale (p. 362, bas), le <title>Rabotchéié Diélo</title> prétend que tous
                  les socialistes, même révisionnistes bernsteiniens, du seul fait qu’ils
                  l’affirment eux-mêmes, sont dans le camp du prolétariat (p. 363, ½). C’est ne pas
                  tenir compte de leur pratique (en France, p. 364, ½). C’est oublier que le parti
                  allemand a condamné (même si pas assez sévèrement) Bernstein (p. 365, ¼).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’unité du parti allemand ne s’explique pas par la liberté de critique (p. 363,
                  bas). C’est oublier les luttes idéologiques au sein du parti (p. 364, ¼ ; p. 365,
                  haut).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  En Russie, le <title>Rabotchéié Diélo</title> ne nomme pas les prétendues victimes
                  de l’intolérance de l’<title>Iskra</title> et de la <title>Zaria</title>(p. 366,
                  haut). Serait-ce que les seuls bernsteiniens russes sont ceux du <title>Rabotchéié
                  Diélo</title> même s’ils prétendent ne pas prendre parti mais seulement défendre
                  la « liberté de critique » ?
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-Ic">
                <head>
                  c) La critique en Russie
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Lénine développe la théorie des alliances de classe.
                </p>
                <p rend="alinea evidence">
                  Ne pas calquer des résolutions à des situations différentes sur base d’analogies
                  de surface.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Elle part de l’alliance des marxistes révolutionnaires avec les « marxistes
                  légaux » (p. 368, ¼) pour combattre ensemble les idées réactionnaires. Cela a
                  permis la diffusion rapide en Russie des idées et des publications marxistes <note xml:id="Len5QueFaire-I-not4" n="4" place="bottom">
                    Nous avons connu un phénomène semblable. Bien sûr le marxisme n’était pas
                    illégal et l’on ne peut parler de marxisme « légal » qu’au sens figuré, faisant
                    allusion à l’époque envisagée par Lénine, mais il y a eu dans les années 60
                    et 70 une mode du marxisme qui a favorisé une abondance de publication
                    marxistes, qui étaient souvent le fait de démocrates bourgeois.
                  </note>,
                  mais les « marxistes légaux » étaient surtout des bourgeois démocrates (dont
                  P. Strouvé).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les alliances sont une chose normale quand on sait où on va (p. 368, ½). Celle-ci
                  a permis la victoire sur le populisme et la diffusion du marxisme. On peut faire
                  alliance avec les démocrates bourgeois sur le plan des tâches démocratiques
                  (p. 369, haut). L’alliance suppose que les deux parties gardent leur identité et
                  la possibilité de la manifester (p. 369, ¼), ce que la confusion du bernsteinisme
                  et la liberté de critique rendent impossible.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La rupture était donc inévitable (p. 369, ½). Suite à celle-ci, la « liberté de
                  critique » revenait à la liberté pour les marxistes bourgeois de continuer à
                  publier, et à publier Bernstein, avec la bénédiction de la police (p. 369, ¾) et
                  la difficulté pour les social-démocrates à exprimer leurs vues et à combattre
                  l’économisme. L’économisme et le marxisme bourgeois se trouvaient d’accord <note xml:id="Len5QueFaire-I-not5" n="5" place="bottom">
                    Cela apparaît dans le <title>Credo</title> et dans sa critique par Lénine en 1899 :
                    « Protestation des social-démocrates de Russie », <title>
                    Œuvres</title>, t. 4, pp. 171 &amp; ss.
                  </note> :
                  aux premiers la lutte ouvrière, aux seconds la théorie et la lutte politique
                  (p. 370, ⅓). Les économistes craignent le débat (p. 370, ½), que, dans leur
                  logique (p. 371, ¼), ils trouvent d’ailleurs inutile <note xml:id="Len5QueFaire-I-not6" n="6" place="bottom">
                    Le <ref target="#groupePestieau-Charlier">groupe Pestieau-Charlier</ref> a très vite mis fin au débat avec
                    d’autres organisations !
                  </note>.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans cette situation (p. 371, ¾), la tâche était de combattre l’opportunisme par
                  le travail théorique, la critique de la « critique » et la lutte contre une
                  conception réductrice (économiste) de la pratique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La situation de la Russie et de l’Allemagne ne sont absolument pas comparables
                  (pp. 372, ½-373, ½). Les économistes sont contents du <foreign xml:lang="latin">
                  statu quo</foreign> spontanéiste (p. 373, ½). Les révolutionnaires (p. 374, ¼)
                  luttent pour sortir de l’ornière opportuniste.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-Id">
                <head>
                  d) Engels et l’importance de la théorie
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  « Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire. » (Lénine,
                  p. 376, ¼ ; p. 377, ¼.)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les tenants de la « liberté de critique » accusent le dogmatisme d’étouffer tout
                  progrès de la pensée (p. 374, ¾), mais c’est dans le <title>Rabotchéié Diélo
                  </title> qu’il n’y a aucun travail théorique (p. 375, haut) et dans l’<title>
                  Iskra</title> et la <title>Zaria</title> que la théorie s’enrichit
                  (p. 375, ¼). En fait la « liberté de critique » n’est pas un plaidoyer pour une
                  meilleure théorie mais pour l’absence de théorie (p. 375, ½).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Marx, dans la critique du programme de Gotha (p. 376, haut), rejette toute idée
                  de concession sur les principes et Engels insiste sur l’importance du socialisme
                  scientifique allemand. C’est dans <ref target="#AddPrefGuerrePaysans">la
                  préface de 1874 à <title>La guerre des paysans en Allemagne</title></ref> que
                  Lénine cite longuement : le socialisme scientifique allemand (p. 377, ½) a son
                  origine dans la philosophie allemande (p. 378, haut), dans le sens théorique des
                  ouvriers et (p. 378, ½) dans l’expérience des autres pays. Au contraire (p. 378, ¼),
                  en Angleterre, indifférence pour la théorie ; en Belgique et en France, confusion
                  provoquées par le proudhonisme, ainsi qu’indirectement en Espagne et en Italie.
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="Len5p376un4" n="376 ¼"/>Sans théorie révolutionnaire, pas de
                      mouvement révolutionnaire.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="Len5p377un4" n="377 ¼"/>… <emph>seul  un parti guidé par une
                      théorie d’avant-garde est capable de remplir le rôle de combattant
                      d’avant-garde</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Dès avant de citer Engels, il en souligne la leçon :
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <pb xml:id="Len5p377trois5" n="377 ⅗"/>Engels reconnaît à la grande lutte de
                      la social démocratie <emph>non pas deux</emph> formes (politique et économique)
                      — comme cela se fait chez nous —, <emph>mais trois, en mettant sur le même
                      plan la lutte théorique</emph>.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-II">
              <head>
                II
                <lb/>La spontanéité des masses et l’esprit de conscience de la social-démocratie
              </head>
              <p rend="alinea">
                Le <title>Rabotchéié Diélo</title> (p. 380, ¾) situe explicitement le problème
                comme « appréciation différente de l’importance <emph>relative</emph> de l’élément
                spontané et de l’élément consciemment « méthodique ».
              </p>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIa">
                <head>
                  a) Début de l’essor spontané
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Union de l’agitation et des tâches historiques
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Pendant le 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, diverses grèves et émeutes marquent
                  un début de conscience, plus désespoir et vengeance que lutte (p. 381, ½). Grèves
                  généralisées après 1890 marquant un progrès de la conscience (p. 381, ½), éveil
                  de la conscience (p. 382, haut) de l’antagonisme entre ouvriers et patrons, d’une
                  conscience de classe.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  « L’histoire atteste que, par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut
                  arriver qu’à la conscience trade-unioniste <note xml:id="Len5QueFaire-II-not1" n="1" place="bottom">
                    La distinction trade-unionisme/socialisme ne coïncide pas avec la distinction
                    économique/politique. Le trade-unionisme est aussi politique.
                  </note>,
                  c’est-à-dire à la conviction qu’il faut s’unir en syndicats, mener la lutte
                  contre le patronat, réclamer du gouvernement telle ou telles lois nécessaires
                  aux ouvriers, etc. Quant à la doctrine socialiste, elle est née des théories
                  philosophiques, historiques, économiques élaborées par les représentants
                  instruits des classes possédantes, par les intellectuels. […] De même en Russie,
                  la doctrine théorique de la social-démocratie surgit d’une façon tout à fait
                  indépendante de la croissance spontanée du mouvement ouvrier ; elle y fut le
                  résultat naturel, inéluctable du développement de la pensée <note xml:id="Len5QueFaire-II-not2" n="2" place="bottom">
                    Voir les « Trois sources », <title>Œuvres</title>, tome 19, pp. 13‑18.
                  </note>
                  chez les intellectuels révolutionnaires socialistes <note xml:id="Len5QueFaire-II-not3" n="3" place="bottom">
                    <p rend="alinea">
                      En Belgique, il y a un double mouvement :
                      une tradition socialiste historique issue du mouvement marxiste, dans une organisation opportuniste (le POB),
                      dont les révolutionnaires se détachent en 1921 pour former le PCB ;
                      un mouvement indépendant de jeunes intellectuels vers le socialisme scientifique à la fin des années 60.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Un groupe en français, fondé dans la foulée de Mai 68 à l’Université catholique de Louvain,
                      du temps où elle était encore bilingue dans la ville de Louvain,
                      a décidé en 1971 de quitter l’université et d’aller travailler à l’usine à Charleroi.
                      Ce groupe a utilisé différentes dénominations
                      et est parfois identifié dans la rare littérature à son sujet
                      comme <term xml:id="groupePestieau-Charlier">groupe Pestieau-Charlier</term>,
                      du nom de ses deux leaders de fait.
                      Dans ce groupe, on reconnaissait en principe le rôle des intellectuels révolutionnaires
                      mais on voulait le soumettre au développement du mouvement ouvrier spontané.
                      Voir aussi <ref target="#Len5QueFaire-Pestieau-Charlier-ouvrierisme">une autre note plus loin</ref>.
                    </p>
                  </note>. »
                  (Lénine, p. 382, ¼.) donc (p. 383, haut) à la fois éveil spontané des masses
                  ouvrières et théorie dans la jeunesse révolutionnaire.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Depuis le début, les premiers sociaux-démocrates de Russie combinaient l’agitation
                  économique avec les tâches historiques révolutionnaires (p. 383, haut, jusque
                  p. 385, ½). Ils étaient seulement mal préparés face à la répression (p. 383, ½,
                  p. 384, ¼, ½). C’est plus récemment que des gens oublient cela et théorisent leur
                  culte du spontané (p. 385, ½).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIb">
                <head>
                  b) Le culte du spontané <note xml:id="Len5QueFaire-II-not4" n="4" place="bottom">
                    Mettre en relation avec <title>Le parti de la révolution</title>, chapitre 3,
                    2.2, Lutter contre le spontanéisme, pp. 214-218.
                  </note>.
                  <lb/>La <title>Rabotchaïa Mysl</title>
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  La classe ouvrière ne développe pas d’idéologie indépendante. L’idéologie
                  socialiste vient des intellectuels. La spontanéité, c’est donc laisser le champ
                  libre à l’idéologie bourgeoise.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’éditorial du premier numéro de la <title>Rabotchaïa Mysl</title> <note xml:id="Len5QueFaire-II-not5" n="5" place="bottom">
                    <title>Rabotchaïa Mysl</title> (pensée ouvrière), journal « économiste », de
                    897 à 1902, publié en Russie.
                  </note>
                  (p. 386, ½) est un bon exposé de l’économisme : « … Le mouvement ouvrier doit
                  sa vitalité au fait que l’ouvrier lui-même se charge enfin de son sort, qu’il a
                  arraché des mains de ses dirigeants. » (P. 387, ¼.)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  En réalité, la police avait arraché les social-démocrates des mains des ouvriers
                  (p. 387, ½). La <title>Rabotchaïa Mysl</title> appelle à un retour en arrière :
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — « la base économique du mouvement est obscurcie par la tendance à ne jamais
                  oublier l’idéal politique » ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — la devise du mouvement ouvrier est la « lutte pour la situation économique »
                  ou « les ouvriers pour les ouvriers ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — les caisses de grève « valent mieux pour le mouvement qu’une centaine d’autres
                  organisations » ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — il faut mettre au premier plan non la « crème » des ouvriers mais l’ouvrier
                  « moyen », l’ouvrier du rang ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  — « le politique suit toujours docilement l’économique ».
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ces mots d’ordre ont séduit des jeunes inexpérimentés (p. 388, haut), écrasant
                  la conscience par la spontanéité. Ce trade-unionisme <note xml:id="Len5QueFaire-II-not6" n="6" place="bottom">
                    En allemand, un partisan de la lutte uniquement trade-unioniste est un <foreign xml:lang="de">Nur-Gewerkschaftler</foreign>, adjectif substantivé, littéralement
                    « seulement syndical ». On parle à ce propos de <foreign xml:lang="de">
                    Nur-Gewerkschaftlerei</foreign>.
                  </note>
                  est en fait propagé par la bourgeoisie pour écarter la menace du socialisme
                  (p. 388, ½).
                </p>

                <div xml:id="Len5QueFaire-IIb-spontasponta">
                  <head>
                    Caractère spontané du spontanéisme (p. 389, haut)
                  </head>
                  <p rend="alinea">
                    Le spontanéisme n’est pas le résultat d’une lutte déclarée entre deux
                    conceptions, c’est la conséquence de l’affaiblissement du mouvement en cadres
                    formés, « spontanément ! » du fait des arrestations.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    L’économisme a été avancé par les « jeunes » en opposition aux « vieux » (qui
                    partaient vers l’exil) (p. 385, ½)<note xml:id="Len5QueFaire-II-not7" n="7" place="bottom">
                      <p rend="alinea">
                        Mettre ceci en rapport avec la question du centralisme démocratique. On ne
                        peut pas opposer mécaniquement la majorité et la minorité, les jeunes et
                        les vieux ou la base et le sommet en privilégiant la majorité, les jeunes
                        ou la base. La démocratie, c’est que la base choisisse d’envoyer au sommet
                        les marxistes-léninistes les plus expérimentés. Ici, les jeunes sont
                        spontanéistes par ignorance et les vieux, mieux formés, qui pourraient les
                        aider, sont éliminés par la répression.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        « [Le Parti] n’a pas seulement besoin de démocratie, mais aussi, et surtout,
                        de centralisme. » Mao Tsé-toung, <title>Œuvres choisies</title>, III, p. 40.
                      </p>
                    </note>.
                  </p>
                </div>

                <div xml:id="Len5QueFaire-IIb-spontabourg">
                  <head>Soumission à l’idéologie bourgeoise(p. 389, ½)</head>
                  <p rend="alinea">
                    L’ouvriérisme se base sur les arguments bourgeois « uniquement trade-unionistes ».
                    Tout culte de la spontanéité laisse un vide qui sera rempli par l’idéologie
                    bourgeoise (p. 389, fin). Le mouvement ouvrier ne pourra pas élaborer une
                    idéologie indépendante « en se libérant de ses dirigeants » (p. 390, haut).
                    Kautsky discute cette question comme suit<note xml:id="Len5QueFaire-II-not8" n="8" place="bottom">
                      <title>Die Neue Zeit</title>, 1901-1902, XX, I, n<hi rend="ordinal">o</hi> 3,
                      p. 79, à propos du nouveau programme du parti social-démocrate autrichien.
                    </note>
                    (p. 390, ¼) :
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    On impute à tort à Marx l’« affirmation que le développement économique et la
                    lutte de classes, non seulement créent les conditions de la production
                    socialiste, mais engendrent directement la <emph>conscience</emph> de sa
                    nécessité. » On cite alors le contre-exemple de l’Angleterre où la classe
                    ouvrière est la plus trade-unioniste. Mais la lutte de classes et le socialisme
                    naissent parallèlement du développement économique et de la lutte de classes
                    (p. 390, ¾). Le socialisme naît dans le cerveau d’intellectuels bourgeois
                    (p. 390, fin). Il est alors communiqué aux prolétaires les plus avancés qui le
                    répandent dans la masse selon les possibilités de la lutte de classes (p. 391,
                    haut).
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Dans une société de classe, il n’y a d’idéologie que de classe (p 391, ½).
                    Les ouvriers ont peut-être quelques traits idéologiques propres mais la classe
                    ouvrière ne peut pas développer spontanément une idéologie indépendante. Il n’y
                    a que l’idéologie bourgeoise et l’idéologie socialiste <note xml:id="Len5QueFaire-II-not9" n="9" place="bottom">
                        <p rend="alinea">
                          La classe ouvrière ne sécrète pas spontanément l’idéologie socialiste,
                          le socialisme scientifique mais y participe de deux manières :
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          a) certains ouvriers y participent en tant qu’intellectuels (p. 391,
                          note) ;
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          b) c’est le fait historique du développement de la lutte de classe qui
                          a conduit Marx à donner à la lutte de classe une place centrale dans le
                          matérialisme historique et à enrichir et dépasser ainsi le socialisme
                          utopique (« Les trois sources », <title>Œuvres</title>, tome 19,
                          pp. 17‑18). Aussi Engels, 1<hi rend="ordinal">er</hi> alinéa du chapitre I
                          de <title>Socialisme utopique et socialisme scientifique</title>.
                        </p>
                    </note>.
                    Si on prétend « libérer » la spontanéité du mouvement ouvrier en le
                    « préservant » de l’idéologie socialiste, on laisse le champ libre à l’idéologie
                    bourgeoise <note xml:id="Len5QueFaire-Pestieau-Charlier-ouvrierisme" n="10" place="bottom">
                      <p rend="alinea">
                        Dans le <ref target="#groupePestieau-Charlier">groupe Pestieau-Charlier</ref>,
                        on avait remplacé cette thèse par une thèse « sociobiologique »,
                        tirée, entre autres, d’une lecture unilatérale des enseignements de Mao Tsé-toung sur la ligne de masse,
                        ou plutôt de son exploitation contre-révolutionnaire par la « bande des quatre » :
                        les intellectuels d’origine bourgeoise ou petite-bourgeoise sont nécessairement
                        contaminés par l’idéologie bourgeoise tandis que les ouvriers ont
                        spontanément une idéologie prolétarienne. Les intellectuels ne peuvent
                        essayer de prendre en mains l’organisation du mouvement ouvrier et de lui
                        donner une orientation sous peine de contaminer à son tour ce mouvement par
                        leurs erreurs de débutants et leur idéologie bourgeoise. Ils doivent
                        favoriser les luttes ouvrières et le mouvement ouvrier et se mettre
                        humblement au service du développement d’un mouvement authentiquement
                        ouvrier pur de toute influence bourgeoise. Ils peuvent lui communiquer
                        éventuellement des enseignements du socialisme scientifique mais pas
                        chercher à l’influencer. Ce n’est qu’ensuite, lorsque la participation à
                        ce mouvement aura transformé leur conception du monde, qu’ils pourront
                        éventuellement jouer un rôle plus actif.
                      </p>
                      <p rend="alinea">
                        Les dirigeants du groupe, ouvriéristes et anarcho-syndicalistes, ont
                        réussi à intimider les intellectuels et à les séduire par une théorie
                        « prolétarienne » qui acceptait <title>Que Faire ?</title> en principe
                        mais remettait son application aux calendes grecques.
                      </p>
                    </note>
                    (page 391, fin, p. 392, ⅓) parce qu’elle est la plus élaborée, la plus
                    présente (p. 393, ⅓). Il faut donc « <emph>combattre la spontanéité</emph> »
                    (p. 392, haut), d’autant plus que le mouvement socialiste est encore jeune
                    (p. 393, ½). C’est ce qui a été fait en Allemagne par Lasalle (p. 392, ½) et
                    ce n’est pas fini (p. 392, bas).
                  </p>
                </div>

                <div xml:id="Len5QueFaire-IIb-spontapol">
                  <head>
                    L’économisme est aussi politique (p. 394)
                  </head>
                  <p rend="alinea">
                    La <title>Rabotchaïa Mysl</title> ne nie pas la lutte politique. Seulement elle
                    dit que « le politique suit toujours docilement l’économique » (p. 394, ¼) ou
                    que « la lutte économique est inséparable de la lutte politique » (p. 394, ⅓).
                    Oui mais il ne s’agit pas de politique social-démocrate (p 394, ½). La confusion
                    ntre économique et politique conduit à une politique purement trade-unioniste.
                    Compter sur la politique qui surgit spontanément du mouvement ouvrier lui-même
                    (p. 394, ¾), c’est refuser de développer une politique social-démocrate (p 394,
                    fin).
                  </p>
                </div>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIc">
                <head>
                  c) Le « groupe de l’autolibération » et le <title>Rabotchéié Diélo</title>
                </head>
                <p rend="alinea">
                  Le <title>Rabotchéié Diélo</title> joue à la neutralité dans sa défense des
                  économistes (p. 396, haut) mais il soutient en fait les positions de l’économisme
                  et du spontanéisme (p. 397, haut). Il condamne l’établissement d’un plan (p. 399,
                  fin).
                </p>
                <p rend="centralign">⁂</p>
                <p rend="alinea">
                  Le développement de la lutte spontanée exige précisément une plus haute conscience
                  social-démocrate (p. 404, ⅓). Le problème est que le mouvement peut prendre de
                  vitesse (p. 404, ⅔) la préparation des révolutionnaires sur le plan théorique et
                  organisationnel (p 404, fin).
                </p>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-III" type="div1" rend="P4">
              <head>
                III
                <lb/>Politique trade-unioniste et politique social-démocrate
              </head>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIIa" type="div2">
                <head>
                  a) L’agitation polititque <lb/>et son rétrécissement par les économistes
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Pratiquement, l’agitation n’est pas plus facile sur le plan économique. Elle peut
                  avoir autant de succès sur tous les problèmes touchant tous les milieux.
                  Politiquement, la lutte peut encore moins se limiter à l’économique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les « feuilles volantes » et la « littérature de dénonciation » ont eu un énorme
                  succès dans la classe ouvrière (p. 406, ⅓)et ont été une arme efficace (p 407, ¼).
                  Cette forme d’agitation a absorbé presque entièrement la majorité des
                  social-démocrates russes (p. 407, fin) mais il ne s’agissait que d’une arme pour
                  mieux vendre sa force de travail (p. 408, ¼).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Cette agitation pouvait servir de point de départ à une politique social-démocrate,
                  à condition de faire un travail dans ce sens (p. 408, ⅓). Sinon, elle ne conduit
                  qu’à la lutte « uniquement professionnelle ». Il ne suffit pas de mieux vendre sa
                  force de travail, il s’agit de supprimer l’ordre social où les pauvres doivent se
                  vendre aux riches (p. 408, ½). Donc cette agitation ne peut être l’activité
                  principale des social-démocrates (p 408, ⅔), l’activité principale doit être
                  l’éducation politique p. 408, ¾).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’éducation politique, ce n’est pas seulement dénoncer le système en général d’un
                  point de vue ouvrier (p. 408, fin), c’est dénoncer chaque manifestation concrète de
                  l’oppression dans des domaines divers et contre des classes diverses (p. 409, haut).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le <title>Rabotchéié Diélo</title> <note xml:id="Len5QueFaire-III-not1" n="1" place="bottom">
                    Voir note <ref target="#DMsciencedial-not10">10</ref>.
                  </note>
                  dit le contraire (p. 409, ½) : « La lutte politique de la classe ouvrière n’est
                  que la forme la plus développée, la plus large et la plus effective de la lutte
                  économique. » (<title>Rabotchéié Diélo</title>) « Maintenant il s’agit pour les
                  sociaux-démocrates de savoir comment donner à la lutte économique elle-même, autant
                  que possible, un caractère politique. » (Martynov) « La lutte économique est le
                  moyen le plus largement applicable pour entraîner les masses dans la lutte
                  politique active. » (3<hi rend="ordinal">e</hi> congrès de l’Union <note xml:id="Len5QueFaire-III-not2" n="2" place="bottom">
                    Union des social-démocrates russes à l’étranger. Le 3<hi rend="ordinal">e
                    </hi> congrès de 1901 marque la victoire de l’opportunisme.
                  </note>)
                  (p. 409, ¾).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La lutte économique est-elle « le moyen le plus largement applicable pour entraîner
                  les masses dans la lutte politique » ? C’est faux (p. 410, haut). La dénonciation
                  de toutes les formes d’oppression est aussi « largement applicable » pour entraîner
                  les masses. Si on se limite à la lutte économique, on se prive de toutes sortes
                  d’occasion d’éveiller la conscience des masses. L’oppression policière, par exemple,
                  se passe plus souvent en dehors de l’économique <note xml:id="Len5QueFaire-III-not3" n="3" place="bottom">
                    C’est, bien sûr, l’intervention contre les grévistes mais aussi le sabotage des
                    enquêtes (Brabant wallon, enfants enlevés) et le traitement inhumain (jusqu’à
                    l’assassinat) des habitants d’origine étrangère.
                  </note>
                  (p. 410, ¾).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Que veut dire Martynov (p. 412, ⅔) avec : « Donner à la lutte économique elle-même
                  un caractère politique » ? Les problèmes économiques sont d’abord professionnels,
                  ils sont particuliers à telle ou telle branche et profession (p 412, ¾). « Donner
                  à la lutte économique elle-même un caractère politique », c’est passer au stade
                  interprofessionnel (p 413, haut), améliorer des conditions de travail et de
                  rémunération par des « mesures législatives et administratives » (Martynov). Mais
                  c’est toujours de la politique trade-unioniste (p. 414, ¼, ½) comme la lutte sur
                  le plan législatif des syndicats ouvriers anglais (p. 414, ¼).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Au contraire (p. 414, ⅓), les social-démocrates non seulement exigent des réformes
                  du gouvernement, mais aussi luttent pour renverser l’autocratie. Ils le font non
                  seulement sur le terrain économique mais aussi sur tous les terrains de la vie
                  politique et sociale (p. 414, ½).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Chez Martynov, il ne s’agit que de réformes et même que de réformes économiques
                  (p. 414, ¾). Mais on peut réclamer des réformes dans tous les domaines (p. 415,
                  haut) <note xml:id="Len5QueFaire-III-not4" n="4" place="bottom">
                    Lénine donne des exemples d’époque. Aujourd’hui, on dirait : justice, santé,
                    enseignement, environnement…
                  </note>.
                  Seulement Martynov considère la classe ouvrière incapable de comprendre autre chose
                  que des résultats (économiques) tangibles (p. 415, ½). Contrairement à l’<title>
                  Iskra</title>, (p. 416, haut), c’est donc toujours la soumission à la politique
                  trade-unioniste (p. 417, haut).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIIb">
                <head>
                  b) Comment Martynov a approfondi Plekhanov
                </head>
                <p rend="alinea">
                  Pour Plekhanov (p. 418, ¼), « Le propagandiste inculque beaucoup d’idées à une
                  seule personne ou à un petit nombre de personnes ; l’agitateur, lui, n’inculque
                  qu’une idée ou un petit nombre d’idées ; en revanche, il les inculque à toute
                  une masse de personnes. » Le propagandiste, à propos d’une injustice, explique
                  (le plus souvent par écrit) comment elle est liée au système et comment il faut
                  transformer cette société en société socialiste. Cet ensemble complexe d’idées
                  ne pourra être compris que par une minorité. L’agitateur dénonce une injustice
                  criante pour susciter le mécontentement de la masse.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Martynov voudrait introduire une autre distinction (p. 418, ⅓). Pour lui,
                  la propagande serait l’explication accessible à la minorité ou à la masse.
                  L’agitation serait l’appel à l’action. Mais l’« appel » (p. 419, ¼) est toujours
                  lié à la propagande ou à l’agitation.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Cette querelle terminologique oiseuse cache de nouveau la défense d’une pratique
                  économiste (p. 420, ⅓).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIIc">
                <head>
                  c) Les révélations politiques et « l’éducation de l’activité révolutionnaire »
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Le prolétariat peut, si les communistes font l’agitation voulue, s’intéresser à
                  toutes les classes et à leurs rapports mutuels et réagir aux injustices contre
                  d’autres classes.
                </p>
                <p rend="alinea evidence">
                  Le prolétariat peut à la rigueur se passer des intellectuels pour la lutte économique.
                  Ce qu’il leur demande, c’est le reste : la politique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Martynov prétend arriver à « l’élévation de l’activité de la masse ouvrière »
                  en la <emph>rabaissant</emph> à l’économique (p. 420, bas, p. 422, haut, p. 423, ½).
                  C’est le contraire qu’il faut faire (p. 421, haut, 4/5).
                  Il faut des révélations politiques dans tous les domaines (p. 421, ¼).
                  « La conscience de la classe ouvrière ne peut être une conscience politique véritable
                  si les ouvriers ne sont pas habitués à réagir contre <emph>tous</emph> abus,
                  <emph>toute</emph> manifestation d’arbitraire, d’oppression, de violence,
                  quelles que soient les classes qui en sont victimes […] » (p. 421, ½).
                  Elle doit étudier les rapports entre toutes les classes dans des événements concrets (p. 421, ¾, fin, p. 422, 1/4).
                  Elle pourra alors prendre position contre certaines classes et pour d’autres classes ou groupes opprimés (p. 423, haut).
                  Si elle ne le fait pas encore, ce n’est pas qu’<emph>elle</emph> serait économiste (p. 422, ¾).
                  C’est faute d’agitation sur ce terrain (p. 422, fin, p. 423, ¼, p. 423, ½).
                  Mais l’<title>Iskra</title> a déjà commencé (p. 424, haut)
                  tandis que les économistes s’alignent sur le niveau des ouvriers arriérés (p. 424, ½).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les ouvriers eux-mêmes disent que l’économique,
                  ils sont bien placés pour le connaître et lutter (p. 424, ¾, p. 425, haut, p. 426, ½).
                  Ce qu’ils attendent des sociaux-démocrates, des intellectuels (p. 424, ¾, p. 425, ½, p. 426, haut),
                  c’est qu’ils les aident à apprendre et à comprendre le reste, ce qu’on n’apprend pas à l’usine.
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIId">
                <head>
                  d) Ce qu’il y a de commun entre l’économisme et le terrorisme
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  La priorité c’est d’instruire et d’organiser politiquement le prolétariat. Le
                  spontanéisme et le terrorisme, c’est se soustraire à ce devoir.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’économisme et le terrorisme ont en commun le spontanéisme (p. 427, ¼), d’un
                  côté, la lutte spontanée des ouvriers(p. 427, ½, ¾) ; de l’autre, l’indignation
                  spontanée des intellectuels sans perspectives (p. 427, ½, fin). Cette parenté
                  est indépendante du sentiment des intéressés (p. 428, haut). L’économisme
                  consiste à s’aligner sur l’idéologie bourgeoise et des bourgeois libéraux ont
                  des sympathies pour le terrorisme (p. 428, ¼).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Si on est incapable de mobiliser les masses sur tous les problèmes de la société
                  (et il n’en manque pas), on est tenté d’exciter par la terreur (ce qui est
                  inefficace : pourquoi la terreur exciterait-elle plus les gens que les
                  innombrables injustices ?) (P. 429, ½.) Les masses sont déjà excitées par toutes
                  sortes d’infamies (p. 429, ¾). La priorité urgente, c’est d’unifier politiquement
                  (p. 429, ¾) et organiser (p. 430, haut) ce mouvement. Le terrorisme (p. 429, fin)
                  et l’économisme (p. 430, haut) c’est se dérober à son devoir de révolutionnaire.
                </p>
             </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIIe">
                <head>
                  e) La classe ouvrière combat à l’avant-garde pour la démocratie
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  S’intéresser à toutes les luttes de tous les milieux ne répond pas seulement au
                  besoin d’éducation de la classe ouvrière. C’est une nécessité pour la révolution.
                </p>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>classe ouvrière, doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et classes</term>
                  </index>❦ classe ouvrière, doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et classes
                  <index>
                    <term>classe, la classe ouvrière doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et —</term>
                  </index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La priorité du politique ne se fonde pas seulement sur le besoin d’éducation de la classe ouvrière (p. 430, ¾).
                  Même si l’on prétend « donner à la lutte économique elle-même un caractère politique »,
                  on ne développe pas la conscience politique des ouvriers
                  parce qu’on les confine dans les problèmes économiques de leur classe (p. 431, haut, p. 432, ¼).
                  La conscience politique doit être apportée de l’extérieur<note xml:id="Len5QueFaire-III-not5" n="5" place="bottom">
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          La conscience politique de classe ne peut être apportée à l’ouvrier <emph>que de l’extérieur</emph>,
                          c’est-à-dire de l’extérieur de la lutte économique,
                          de l’extérieur de la sphère des rapports entre ouvriers et patrons.
                        </p>
                      </quote>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">
                      Ici <emph>de l’extérieur</emph> a une dimension matérielle.
                      Ce n’est pas réductible à l’apport extérieur par des intellectuels.
                    </p>
                  </note> (p. 431, ½).
                  Pour développer la conscience politique des ouvriers,
                  il faut leur apprendre à voir tous les rapports entre toutes les classes.
                  Pour leur apporter cette connaissance, les social-démocrates ne doivent pas se contenter d’« aller aux ouvriers »,
                  ils « doivent <emph>aller dans toutes les classes de la population</emph> » (p. 431, fin, p. 433, haut).
                  Sinon le social-démocrate n’est qu’un syndicaliste (p. 432, fin).
                  C’est la différence entre le trade-unioniste Robert Knight et le socialiste Wilhelm Liebknecht (p. 433, ¼).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Comment faire ? N’est-ce pas « un recul du point de vue de classe ? » (P. 434, ½.)
                  On fait beaucoup trop peu. On se consacre à une étude sur la sidérurgie, par
                  exemple (p. 434, ¾), mais rarement à des questions qui nous aideraient à
                  travailler dans d’autres couches de la population. Le manque de préparation,
                  c’est cela aussi (p. 435, haut).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Même si nous ne pouvons peut-être pas prendre la direction de toutes les luttes
                  de tous les groupes pour leurs intérêts immédiats (p. 437, 4/5), nous pouvons et
                  devons prendre la direction de toutes les classes dans la révolution (p. 437,
                  fin). Elles aussi, nous devons leur apprendre à dépasser leurs intérêts immédiats
                  (p. 438, haut). « Nous devons former des chefs politiques sachant diriger »
                  toutes ces luttes (p. 438, ⅓). Bref, une fois de plus les économistes veulent
                  abaisser la politique au niveau trade-unioniste tandis que l’Iskra veut l’élever
                  au niveau politique social-démocrate (p. 438, fin).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Nous avons les forces pour le faire (p. 439, ½) : de jeunes intellectuels nous
                  rejoignent. Le seul problème que nous ne savons pas leur « assigner le travail
                  qui leur convient » (p. 439, ⅔). Il y a toujours une possibilité d’action dans
                  toutes les couches de la population (p. 439, fin). Partout, il y a des mécontents
                  (p. 440) et toujours des gens pour écouter un social-démocrate (p. 440, ½). Un
                  moyen, entre autres, pour cela, les <emph>révélations politiques</emph> (p. 440,
                  ⅔) véhiculées, entre autres, dans un journal (p. 440, bas). C’est la classe
                  ouvrière qui a le plus soif de ces révélations (p. 440, fin), même sans « résultat
                  tangible » mais pour toucher tout le peuple, il faut un journal central (p. 441,
                  haut).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  C’est une condition pour être l’avant-garde des forces révolutionnaires (p. 441,
                  fin).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Mais en quoi cela aura-t-il un caractère de classe prolétarien (p. 442, ⅓) ?
                  Parce que ce sera dirigé par le parti social-démocrate (p. 442, ½) qui se fonde
                  sur le marxisme. Il doit « unir en un tout cohérent l’offensive révolutionnaire
                  au nom de tout le peuple, l’éducation révolutionnaire du prolétariat en même
                  temps que son indépendance politique, la direction de la lutte économique de la
                  classe ouvrière, l’utilisation de ses affrontements spontanés avec ses
                  exploiteurs, affrontements qui dressent et amènent sans cesse dans notre camp de
                  nouvelles couches du prolétariat ! »
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les économistes ne comprennent pas ce lien entre le besoin du prolétariat
                  d’éducation politique et le mouvement démocratique (p. 442, ¾). Ils sont en
                  retard sur les ouvriers et veulent tirer le mouvement en arrière au nom des
                  ouvriers (p. 443, ⅔) !
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Pour cela nous devons recruter « dans les rangs des libéraux et des
                  intellectuels » comme alliés (p. 444, haut). Ce recrutement est lié au caractère
                  de notre propagande chez les ouvriers (p. 444, ¼). C’est à tort que les
                  économistes pensent que l’on va développer la force du mouvement ouvrier par la
                  lutte purement économique pour ensuite seulement passer à la politique
                  social-démocrate (p. 444, ⅓).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’intérêt pour toutes les classes n’est pas un abandon du point de vue de classe.
                  L’Iskra dénonce les attaques du gouvernement contre les <foreign xml:lang="ru">
                  zvemstvos</foreign> <note xml:id="Len5QueFaire-III-not6" n="6" place="bottom">
                    Autonomie administrative locale, aux compétences économiques, fondée en 1864 et
                    dirigée par la noblesse. Les décisions « indésirables » pouvaient être annulées
                    par le gouvernement. Voir la note 2 du tome 1 des <title>Œuvres</title>.
                  </note>
                  (p. 444, ¾). Mais ailleurs l’Iskra a analysé les antagonismes de classes à la
                  campagne (p. 444, note *) et les ouvriers sont assez grands pour comprendre les
                  mots « classes possédantes » (p. 445, 1/5). De même, l’<title>Iskra</title> a eu
                  raison de soutenir le mouvement des étudiants <note xml:id="Len5QueFaire-III-not7" n="7" place="bottom">
                    En février-mars 1901, les étudiants ont déclenché sur des revendications
                    académiques un mouvement qui s’est rapidement politisé et a été durement réprimé.
                    Le mouvement a retenu l’attention de tous les milieux et le soutien du mouvement
                    ouvrier. Voir la note 6 du tome 5 des <title>Œuvres</title>.
                  </note>
                  (p. 445, ½). Dans tous ces mouvements (p. 446, ½), nous avons soutenu les éléments
                  radicaux et critiqué les discours de modération et les illusions réformistes
                  (p. 446, ¾). Est-ce un compromis avec le libéralisme ? Au contraire, en
                  n’intervenant pas, nous aurions laissé le champ libre au libéralisme (p. 447, ⅓).
                </p>
             </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IIIf">
                <head>
                  f) Encore une fois « calomniateurs », encore une fois « mystificateurs »
                </head>
                <p rend="alinea">
                  Nous avons accusé le <title>Rabotchéié Diélo</title> de « préparer indirectement
                  le terrain pour faire du mouvement ouvrier un instrument de la démocratie
                  bourgeoise ». Pour des gens à ce point ouvriéristes, cette accusation est
                  incompréhensible et intolérable, surtout venant de gens qui veulent s’adresser
                  à toutes les classes et qui se compromettent donc avec la bourgeoisie.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Mais le trade-unionisme est une politique bourgeoise.
                </p>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-IV" type="div1" rend="P4">
              <head>
                IV
                <lb/>Les méthodes artisanales des économistes et l’organisation des révolutionnaires
              </head>
              <p rend="alinea">
                Pour la lutte économique, il n’y a pas besoin d’une organisation centralisée à
                l’échelle du pays (p. 451, ½). Ainsi l’économisme restreint non seulement notre
                action politique mais aussi notre organisation politique (p. 451, ¼, ¾). Dans la
                vague de révolte actuelle (p. 451, fin), la priorité, c’est la lutte contre les
                tendances qui maintiennent notre retard (p. 452, haut).
              </p>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IVa">
                <head>
                  a) Qu’est-ce que le travail artisanal ?
                </head>
                <p rend="alinea">
                  De nombreux jeunes sont attirés par le marxisme et surtout par l’action
                  (p. 4525, ⅓) mais ils ont très mal armés organisationnellement pour cela
                  (p. 352, ½). Un cercle social-démocrate de ce genre a immédiatement un grand
                  succès auprès des ouvriers (p. 452, ¾). Il développe des actions plus ouvertes
                  (tracts, manifestations, p. 453, ¼). La police les avait déjà à l’œil du temps
                  de l’université et a attendu ces actions pour les attaquer (p. 453, ½) et le
                  cercle est fini (p. 453, ¼). Le gouvernement s’est adapté et a décimé les cercles
                  (p. 454, haut). Les ouvriers ont perdu tous leurs dirigeants (p. 454, ¼) et ont
                  fini par s’écarter d’intellectuels aussi dangereux (p. 454, ½).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IVb">
                <head>
                  b) Travail artisanal et économisme
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  L’économisme conduit à la sous-estimation de l’importance de l’organisation et
                  freine le mouvement. Contre la dictature, il faut des révolutionnaires
                  professionnels.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Au départ, ce manque de préparation est commun à tous, même aux révolutionnaires
                  (p. 455, bas). Mais ce n’est pas que manque de préparation, c’est lié aussi à
                  l’étroitesse du travail et à sa justification par les économistes (p.456, ¼).
                  Dans ces tentatives de justification, deux conceptions divergentes et également
                  fausses : (i) la classe ouvrière n’est pas encore au niveau des tâches politiques
                  que les social-démocrates veulent lui imposer, elle doit d’abord lutter pour des
                  revendications économiques et politiques immédiates (p. 456, ½) ; (ii) contre ce
                  « graduellisme », (p. 456, ¾) on peut passer à la révolution politique sans
                  organisation : par la grève générale ou le terrorisme. Dans un cas comme dans
                  l’autre (p. 456, fin), c’est ne rien vouloir faire contre le travail artisanal.
                  Nous devons créer une organisation de révolutionnaires (p. 457, haut).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les dirigeants sont en retard sur l’élan spontané des masses (p. 457, ¼) et les
                  économistes freinent le mouvement (p. 457, ½). Tant que les artisans cultivent
                  leurs méthodes artisanales, ils ont raison de dire que les tâches politiques ne
                  sont pas à leur portée (p. 458, ¼). Par contre, elles sont à la portée d’un
                  cercle révolutionnaire (p. 458, ½).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les ouvriers luttent courageusement contre la répression policière (p. 461, ½),
                  mais pour lutter contre la police politique, il faut des révolutionnaires
                  professionnels (p. 461, ⅔). (La masse ouvrière doit comprendre l’importance de
                  susciter de tels professionnels, p. 461, ¾.) Une grève n’est pas secrète
                  (p. 462, ½) mais pour empêcher la police politique de la couper de ses chefs et
                  des actions de solidarité, il faut une action et une organisation secrète
                  (p. 462, ⅔). Une participation de masse rend cette organisation plus nécessaire,
                  non pas moins (p. 462, ¾) et fournira de plus en plus de professionnels (p. 462,
                  fin).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IVc">
                <head>
                  c) L’organisation des ouvriers et l’organisation des révolutionnaires
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Il faut distinguer l’organisation politique révolutionnaire et l’organisation
                  de la masse ouvrière. (Même pour les luttes trade-unionistes, il faut une
                  organisation rigoureuse.) L’organisation révolutionnaire est le point de départ,
                  le préalable, la condition <note xml:id="Len5QueFaire-IV-not1" n="1" place="bottom">
                    Le <ref target="#groupePestieau-Charlier">groupe Pestieau-Charlier</ref> pensait et faisait le contraire.
                  </note>
                  du reste.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Si l’on confond lutte économique et lutte politique, on confond l’organisation
                  des ouvriers et l’organisation des révolutionnaires (p. 463, haut). La lutte
                  politique pour la révolution est beaucoup plus que la lutte économique des
                  ouvriers (p. 463, ⅔). L’organisation doit également être différente (p. 463, ¾).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  L’organisation des ouvriers est (i) à base professionnelle, (ii) la plus large
                  possible, (iii) la plus ouverte possible (dans les conditions de la Russie
                  autocratique) (p. 463, ¾). L’organisation politique doit (i) regrouper des
                  révolutionnaires professionnels (p. 463, fin) et par rapport à cette qualité,
                  « <emph>doit absolument s’effacer toute différence entre ouvriers et
                  intellectuels</emph> <note xml:id="Len5QueFaire-IV-not2" n="2" place="bottom">
                    Le <ref target="#groupePestieau-Charlier">groupe Pestieau-Charlier</ref>
                    faisait du « racisme » anti-intellectuel,
                    de l’auto-flagellation au lieu de la transformation de la conception du monde.
                  </note> »
                  (p. 464, haut, p. 473, fin, p. 475, fin), (ii) être relativement peu nombreuse
                  et (iii) être la plus clandestine possible.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Dans les pays démocratiques (p. 464, ¼), il y a une différence claire entre
                  syndicat et partis. En Russie (p. 464, ½), même l’action ouvrière est interdite.
                  De ce fait, les ouvriers s’opposent à la répression et des social-démocrates ont
                  tendance à confondre cette lutte ouvrière politisée et la lutte social-démocrate.
                  Certains n’auront même jamais le temps de se poser la question de l’organisation
                  révolutionnaire, d’autres (p. 464, fin) seront influencés par l’économisme et la
                  confusion entre trade-unionisme et social-démocratisme (p. 465, ⅓).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Les organisations ouvrières doivent être largement ouvertes à tous les ouvriers
                  qui sont d’accord de lutter, pas restreintes aux seuls social-démocrates
                  (p. 465, ½). Comment concilier le caractère de masse et la clandestinité (p. 465,
                  fin) ? Ou bien (p. 466, haut), on obtient la légalisation des organisations de
                  masse, ou bien on maintient une organisation la plus secrète possible au sommet
                  et la plus ouverte possible à la base.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La légalisation a déjà commencé, surtout par les tenants du maintien de l’ordre
                  établi (p 466, ⅓). Nous devons dénoncer les intentions véritables de ceux-ci
                  (p. 466, ½, fin, p. 467, haut) mais la légalisation profite en fin de compte au
                  mouvement ouvrier (p. 466, fin, p. 467). Cependant, cela ne résout pas le
                  problème (p. 468, haut) et nous devons continuer à aider les ouvriers qui
                  prennent la voie de l’organisation secrète. Ces organisations sont utiles pour la
                  lutte économique mais aussi politique (p. 468, ⅓). Les statuts des économistes
                  (p. 468, ½) font exactement le contraire : ils confondent l’organisation ouvrière
                  de masse et celles des révolutionnaires. La social-démocratie y est réduite à un
                  organe de l’organisation de masse (p. 469, haut). Une telle organisation passe à
                  côté des tâches politiques de la social-démocratie (p. 469, ⅓) et est même
                  insuffisante pour la lutte trade-unioniste (p. 469, ½) parce qu’il y manque
                  l’échelon professionnel. C’est de plus une organisation bureaucratique
                  (p. 469, ¾) exposée à la police (p. 469, bas). Elle peut être avantageusement
                  remplacée par des correspondances à la presse illégale, des enquêtes, de
                  l’agitation (p. 470, ¼) et des collectes (p. 470, ½) avec ou sans timbres.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Bref (p. 470, ¾), il suffit d’un petit noyau clandestin d’ouvriers liés à
                  l’organisation clandestine des révolutionnaires pour s’acquitter sans règlement
                  de toutes les fonctions d’une organisation professionnelle. Le point de départ
                  est donc l’organisation des révolutionnaires (p. 471, ⅓) aussi bien pour les buts
                  social-démocrates que pour les buts trade-unionistes. Commencer par une large
                  organisation de masse ne fera qu’exposer les révolutionnaires (p. 471, ½).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La <title>Svoboda</title> (p. 471, bas), parce que les comités étudiants sont
                  fragiles, oppose la foule à ses chefs, dont il faudrait pouvoir se passer
                  (p. 472, ¼). C’est l’argument de la bourgeoisie (p. 472, fin, p. 473, haut)
                  contre le parti allemand : des dirigeants inamovibles (Bebel, Liebknecht). Mais
                  les Allemands sont assez mûrs pour savoir que le mouvement a besoin de chefs
                  expérimentés (p. 473, ½). Si les comités d’étudiants sont instables, ce qui est
                  juste, il faut les remplacer par un comité de <emph>révolutionnaires
                  professionnels</emph>, ouvriers ou étudiants (p. 473, fin, p. 475, fin). Il n’y
                  a pas trop, mais trop peu d’apport extérieur au mouvement (p. 474, ¼). L’autre
                  erreur de la <title>Svoboda</title> est que la foule non éduquée à la
                  clandestinité est plus exposée qu’un petit noyau (p. 475, ¾).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  « Or j’affirme : » (p. 475, fin, première moitié de 476)
                </p>
                <p rend="alinea">
                  1° pas « de mouvement révolutionnaire solide sans une organisation de dirigeants
                  stable » ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  2° plus grand est le mouvement de masse, plus ce noyau est indispensable, et plus
                  il doit être solide pour combattre la démagogie ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  3° cette organisation doit être composée principalement de révolutionnaires
                  professionnels ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  4°	dans un pays autocratique, plus le recrutement sera restrictif, mieux
                  l’organisation échappera à la police ;
                </p>
                <p rend="alinea">
                  5°	et plus nombreux seront les ouvriers qui pourront participer activement au
                  mouvement.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  La concentration de toutes les fonctions clandestines ne veut pas dire penser à
                  la place des autres (p. 477, haut). La centralisation des fonctions clandestines
                  ne veut pas dire la centralisation de tout (p. 477, ⅓). Les publications
                  illégales permettent au plus grand nombre d’y écrire et de les diffuser
                  (p. 477, ½). Une manifestation bien préparée par des révolutionnaires
                  professionnels permet une plus grande participation (p. 477, ¾). Une organisation
                  de révolutionnaires (p. 477, fin) facilite le fonctionnement de toutes sortes
                  d’organisations de masse (p. 478, haut). Celle-ci doivent être nombreuses « mais
                  il est absurde et nuisible de les confondre avec l’organisation des
                  révolutionnaires » (p. 478, ¼) lesquels doivent <emph>faire leur éducation</emph>
                  (p. 478, ½).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  « <emph>Par nos méthodes artisanales, nous avons compromis le prestige des
                  révolutionnaires en Russie</emph> » (p. 478, ½). Nous avons tous commencé par là,
                  mais il faut nous élever « au niveau des révolutionnaires » (p. 479, ¼).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IVd">
                <head>
                  d) Envergure du travail d’organisation
                </head>
                <p rend="alinea evidence">
                  Il faut des dirigeants (intellectuels comme ouvriers) pour organiser la grande
                  masse d’ouvriers et autres prêts à nous aider dans des tâches fragmentaires.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  « La société fournit un <emph>très grand nombre</emph> d’hommes aptes « au
                  travail » [révolutionnaire], mais nous ne savons pas les utiliser tous »
                  (p. 479, bas). Il y a de plus en plus de mécontents (p. 480, haut) ; ce qui
                  manque ce sont des dirigeants pour les organiser, les utiliser (p. 480, ¼). Nous
                  sommes en retard non seulement sur le mouvement ouvrier mais sur tout le
                  mouvement démocratique (p. 480, ½). Plus nous diviserons les tâches, plus nous
                  pourrons utiliser des gens (p. 480, fin) qui ne pourraient pas faire des
                  révolutionnaires professionnels (p. 481, haut) et qui seront difficiles à
                  repérer pour la police. On ne doit pas nécessairement les entraîner dans les
                  actions illégales, au contraire (p. 481, bas). Mais pour que ces collaborateurs
                  aient confiance dans le mouvement, il doit être dirigé par des professionnels
                  (p. 481, ½). Cela garantit aussi que le mouvement n’est pas dévoyé par les
                  nouveaux adhérents (p. 482, haut).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Nous devons « former des révolutionnaires ouvriers qui, <emph>sous le rapport de
                  leur activité dans le Parti</emph>, soient au même niveau que les révolutionnaires
                  intellectuels » (p. 482, ¾, p. 484, haut), c’est-à-dire élever le niveau des
                  ouvriers et non abaisser celui des révolutionnaires au niveau de la masse (p. 482,
                  fin). C’est en fin de compte du mépris pour les ouvriers (p. 483). Des ouvriers
                  capables doivent devenir permanents à charge du Parti (p. 485, haut). Les
                  révolutionnaires ouvriers « jouiront de la confiance illimitée des masses
                  ouvrières » (p. 485, ½).
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Ainsi, « l’étroitesse du travail d’organisation est en connexion indéniable,
                  intime […] avec le rétrécissement de notre théorie et de nos tâches politiques »
                  (p. 485, ¾).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IVe">
                <head>
                  e) L’organisation « conspirative » et le « démocratisme »
                </head>
                <p rend="alinea">
                  La faute des <foreign xml:lang="ru">narodovoltsy</foreign> n’est pas d’avoir eu
                  une organisation de combat centralisée, mais de s’appuyer sur une théorie qui
                  n’était pas révolutionnaire (p. 486-487). Nous ne sommes pas des comploteurs, mais
                  cela ne dispense pas d’une forte organisation révolutionnaire (p. 487, ½). En se
                  préparant bien, on diminue le risque d’aventure et d’échec (p. 488, ½). Sans une
                  telle organisation, on a d’un côté l’économisme et de l’autre le terrorisme. La
                  démocratie dans le parti (comme dans le parti allemand) serait certes désirable,
                  mais est historiquement impossible en Russie (p. 489-490). Ce qu’il faut, ce sont
                  des dirigeants qui méritent la confiance qu’on leur fait (p. 492, ½). Par ailleurs
                  on a tout autant besoin de professionnalisme que de démocratie (p. 493, ½).
                </p>
              </div>

              <div xml:id="Len5QueFaire-IVf">
                <head>
                  f) Travail à l’échelle locale et nationale
                </head>
                <p rend="alinea">
                  Les groupes locaux n’ont pas les moyens matériels et intellectuels de faire un
                  journal du niveau d’un journal national. Même pour la lutte économique (p. 502,
                  bas), où les groupes locaux ont l’avantage d’être sur le terrain, il faut une
                  lutte professionnelle, par secteur et non par entreprise. En outre, on peut mieux
                  juger à l’échelle nationale de l’équilibre entre lutte politique et lutte
                  économique (p. 504-505).
                </p>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-V" type="div1">
              <head>
                V
                <lb/>
                « Plan » d’un journal politique pour toute la Russie
              </head>

              <index><term>journal, organisateur collectif</term></index> <index><term>organisateur collectif, le journal</term></index>
              <index><term>journal, agitateur collectif</term></index> <index><term>agitateur collectif, le journal</term></index>
              <index><term>journal, propagandiste collectif</term></index> <index><term>propagandiste collectif, le journal</term></index>

              <label xml:id="Len5QueFaire-Va" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">506</seg>a) Qui s’est formalisé de l’article « Par où commencer ? »</label>
              <label xml:id="Len5QueFaire-Vb" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">511</seg>b) Un journal peut-il être un organisateur collectif ?</label>
              <label xml:id="Len5QueFaire-Vc" rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">524</seg>c) De quel type d’organisation avons-nous besoin ?</label>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-Concl" type="div1">
              <head>
                Conclusion
              </head>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-Annex" type="div1">
              <head>
                Annexe. Tentative d’union de l’<title>Iskra</title> et du <title>Rabotchéié Diélo
                </title>
              </head>
            </div>

            <div xml:id="Len5QueFaire-Amend" type="div1">
              <head>
                Amendement à « Que Faire ? »
              </head>
            </div>
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus Lentome5.xml -->
        <div xml:id="Lentome6" type="level1_tome" n="6">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 6</head>

          <div xml:id="Len6ProjetProgrammePOSDR">
            <head>Projet de programme du Parti ouvrier social-démocrate de Russie</head>
            <bibl rend="publie">Janvier-février 1902. <title>Œuvres</title>, tome 6, p. 20‑27.
            (Pour le 2<hi rend="ordinal">e</hi> congrès, juillet 1903, Bruxelles-Londres.)</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>prolétariat, doit diriger la révolution démocratique</term>
              </index>❦ prolétariat, doit diriger la révolution démocratique
              <index><term>révolution démocratique, sous la direction du prolétariat</term></index>
              <index><term>dictature du prolétariat</term></index>❦ dictature du prolétariat
            </p>
            <p rend="alinea">P. 22, 23.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len6vieeconRussie">
            <head>La vie économique de la Russie</head>
            <bibl rend="publie"><title>Iskra</title> n<hi rend="ordinal">o</hi> 17, 15 février 1902.
            <title>Œuvres</title>, tome 6, p. 82‑93.</bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 89</note>On ne saurait non plus passer sous
                silence le fait que le Trésor exploite de plus en plus le travail des fonctionnaires
                des postes et télégraphes : d’abord ils ne s’occupaient que de la poste, puis on leur
                a ajouté le télégraphe, et ils sont maintenant chargés en plus des opérations
                d’encaissement et de paiement de l’épargne (rappelons que sur 4 781 caisses, 3 718
                fonctionnent dans les bureaux de poste). L’accroissement effrayant de la tension du
                travail, l’allongement de la journée de travail, voilà ce que cela signifie pour la
                masse des petits employés des postes et télégraphes. Quant à leur salaire, le Trésor
                lésine comme le plus grippe-sous des koulaks : aux employés des catégories les plus
                basses, aux débutants, on donne littéralement un salaire de famine ; de plus, on a
                établi une échelle hiérarchique interminable avec des paliers espacés de 25 ou 50
                kopecks, cependant que la perspective d’une retraite insignifiante, après avoir
                traîné le boulet pendant 40 ou 50 ans, doit encore plus plier sous le joug ce
                véritable « prolétariat fonctionnaire ».</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len6ProgrammeAgraireSDRusse">
            <head>Le programme agraire de la social-démocratie russe</head>
            <bibl rend="publie">Mars 1902. <title>Œuvres</title>, tome 6, p. 105‑150.</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>droit démocratique, possibilité de réalisation</term>
              </index>❦ droit démocratique, possibilité de réalisation
              <index>
                <term>démocratie, possibilité de réalisation</term>
              </index>❦ démocratie, possibilité de réalisation
            </p>
            <p rend="alinea">Situation des classes à la campagne. Ne pas confondre ouvriers
            agricoles (ce sont des ouvriers) et paysans (c’est à leur propos seulement que l’on
            parle de « question paysanne »). La paysannerie apparaît comme une classe par rapport à
            la féodalité mais elle se différencie dans la société moderne.</p>
            <p rend="alinea">Martynov attaque le programme sur la « possibilité de réalisation ».
            Ce critère (p. 118, ½) n’est applicable qu’aux revendications de réformes immédiates,
            c’est-à-dire à titre d’exception.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len6p118undemi">
                <p rend="alinea">Notre programme n’a le devoir d’être réalisable que dans le sens
                large et philosophique de ce mot, en sorte qu’il ne contredise par aucune de ses
                lettres le sens de l’évolution économique et sociale. Mais dès que nous avons défini
                ce sens, avec exactitude (en général et dans les détails), nous devons – nous le
                devons au nom de nos principes révolutionnaires et de notre devoir révolutionnaire –
                lutter sans cesse et absolument <emph>de toutes nos forces</emph> pour le maximum de nos
                revendications. Tenter d’établir à l’avance, avant l’issue définitive de la lutte, au
                cours même de la lutte, que nous n’obtiendrons peut-être pas <emph>tout</emph> le
                maximum, c’est tomber dans le philistinisme le plus pur. Les considérations de ce
                genre mènent toujours à l’opportunisme, quelles que soient les intentions de leurs
                auteurs. (P. 118, ½.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len6p120bas121">
                <p rend="alinea">Une revendication comme, par exemple, celle de la
                <emph>république</emph>, n’est-elle pas, elle aussi « problématique » dans le sens de
                Martynov ? Il sera plus facile encore au gouvernement de s’en tirer en réglant une
                petite partie de cette traite que d’honorer la traite des revendications paysannes
                exigeant la suppression de toutes les traces du servage. Mais cela nous
                importe-t-il ? Cette part du payement, bien entendu, nous l’empocherons sans
                interrompre pour autant notre lutte acharnée pour obtenir le payement tout entier. Il
                nous faut répandre plus largement l’idée que la bataille décisive entre prolétariat
                et bourgeoisie ne peut se livrer que sous la république ; il nous faut créer et
                renforcer la tradition républicaine parmi tous les révolutionnaires russes et parmi
                des masses aussi larges que possible d’ouvriers russes ; il nous faut par le mot
                d’ordre de « république » exprimer que dans la lutte pour la démocratisation du
                régime politique nous irons jusqu’au bout, sans regarder en arrière, et que la lutte
                décidera elle-même quelle part du payement, quand et comment, nous réussirons à
                conquérir. Il serait absurde de vouloir fixer cette part avant que nous ayons fait
                sentir à l’ennemi toute la force des coups que nous portons et avant que nous ayons
                éprouvé nous-mêmes toute la force des siens. (P. 120, bas, p. 121.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len6QuestionDesRapportsAuCongres">
            <head>La question des rapports des
            comités et des groupes du P.O.S.D.R. au congrès du parti</head>
            <bibl rend="publie">Décembre 1902-janvier 1903. <title>Œuvres</title>, tome 6, p. 294‑305.</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>classe ouvrière, doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et classes</term>
              </index>❦ classe ouvrière, doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et classes
              <index><term>classe, la classe ouvrière doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et —</term></index>
              <index><term>parti ouvrier, doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et classes</term></index>
              <index><term>question nationale</term></index>❦ question nationale
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Len6ManifesteArmenien">
            <head>À propos du Manifeste de l’ « Union des
            social-démocrates arméniens »</head>
            <bibl rend="publie">Février 1903. <title>Œuvres</title>, tome 6, pp 332‑336.</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>libre disposition des nations, pour l’unité</term>
              </index>❦ libre disposition des nations, pour l’unité
            </p>
            <p rend="alinea">Devoir négatif (p. 335, ½).</p>
          </div>

          <div xml:id="Len6QuestionNationaleDansProgramme">
            <head>La question nationale dans notre
            programme</head>
            <bibl rend="publie">Juillet 1903. <title>Œuvres</title>, tome 6, p. 475‑485.</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>libre disposition des nations, pour l’unité</term>
              </index>❦ libre disposition des nations, pour l’unité
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len6p475troisquart">
                <p rend="alinea">La social-démocratie, en tant que parti du prolétariat, se donne
                pour tâche positive et principale de coopérer à la libre détermination non pas des
                peuples et des nations, mais du prolétariat de chaque nationalité. (P. 475, ¾.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len6DeuxiemeCongres">
          <head>
            Le Deuxième Congrès du P.O.S.D.R.
            <lb/>17 (30) juillet-10 (23) août 1903
          </head>
            <bibl rend="publie"><title>Œuvres</title>, tome 6, p. 489‑533.</bibl>
            <div xml:id="Len6DeuxiemeCongres14">
              <head>
                Discours sur la question du programme du parti
                <lb/>22 juillet (4 août) <seg rend="invisible">1903</seg>
              </head>
              <bibl rend="publie"><title>Œuvres</title>, tome 6, p. 513-515.</bibl>
              <index><term>tordre dans l’autre sens une barre tordue</term></index>
              <index><term>barre tordue, tordre dans l’autre sens</term></index>
              <index><term>fer tordu, tordre dans l’autre sens</term></index>
              <index><term>autre sens, tordre une barre tordue</term></index>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                   Je termine.
                   Nous savons tous maintenant que les économistes ont tordu la barre dans un sens.
                   Pour la redresser, il fallait la tordre dans l’autre sens, et c’est ce que j’ai fait.
                   Je suis convaincu que la sociale-démocratie russe redressera toujours avec énergie
                   la barre tordue par toutes les variétés d’opportunisme,
                   et que, par suite, notre barre sera toujours la plus droite et la mieux utilisable.
                  </p>
                </quote>
                <bibl><title>Œuvres</title>, tome 6, p. 515.</bibl>
              </cit>
            </div>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome7" type="level1_tome" n="7">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 7</head>
          <div xml:id="Len7UnPasEnAvant">
            <head>
              <title>
                Un pas en avant, deux pas en arrière
                <lb/>(la crise dans notre parti)
              </title>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Écrit en février-mai 1904.
              Publié en mai 1904 à Genève.
              <title>Œuvres</title>, tome 7, pp 211‑444.
              En ligne : <ref target="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1904/05/vil19040500.htm">www.marxists.org/francais/lenin/works/1904/05/vil19040500.htm</ref>.
            </bibl>
            <p>
              Préface
              <lb/>a. La préparation du congrès.
              <lb/>b. L’importance des groupements au congrès.
              <lb/>c. Début du congrès, l’incident du Comité d’Organisation.
              <lb/>d. Dissolution du groupe <title>Ioujny Rabotchi</title>.
              <lb/>e. L’incident à propos de l'égalité des langues.
              <lb/>f. Le programme agraire.
              <lb/>g. Les statuts du Parti, projet du camarade Martov.
              <lb/>h. Débats sur le centralisme <emph>avant</emph> la scission entre iskristes.
              <lb/>i. Le paragraphe 1 des statuts.
              <lb/>j. Ceux qui ont souffert d'être faussement accusés d'opportunisme.
              <lb/>k. Suite des débats sur les statuts.
              Composition du Conseil.
              <lb/>l. Fin des débats sur les statuts.
              Cooptation dans les organismes centraux.
              Départ des délégués du <title>Rabotchéié Diélo</title>.
              <lb/>m. Les élections.
              La clôture du congrès.
              <lb/>n. Tableau d'ensemble de la lutte au congrès.
              L'aile révolutionnaire et l'aile opportuniste du Parti.
              <lb/>o. Après le congrès.
              Deux procédés de lutte.
              <lb/>p. Les petis désagréments ne doivent pas empêcher un grand plaisir.
              <lb/>q. La nouvelle <title>Iskra</title>.
              L'opportunisme en matière d'organisation.
              <lb/>r. Quelques mots sur la dialectique.
              Deux révolutions.
              <lb/>Annexe. L'incident Goussev-Deutsch.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Len7UnPasEnAvant-aRosaLux">
            <head>
              <title>
                Un pas en avant, deux pas en arrière
                <lb/>Réponse de Lénine à Rosa Luxembourg
              </title>
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Écrit dans la deuxième moitié de semptembre 1904.
              Publié pour la première fois en 1930 seulement.
              <title>Œuvres</title>, tome 7, pp 494‑506.
            </bibl>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome8" type="level1_tome" n="8">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 8
          </head>

          <div xml:id="Len8DemocratieOuvriereDemocratieBourge">
            <head>
              Démocratie ouvrière et démocratie bourgeoise
            </head>
            <bibl rend="publie">
              <title>Vpériod</title> n° 3, janvier 1905.
              <title>Œuvres</title>, tome 8, p. 65‑75.
            </bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>démocratie bourgeoise, limites</term></index>❦ démocratie bourgeoise, limites
              <index><term>limite, de la démocratie bourgeoise</term></index>
            </p>
            <p xml:id="Len8p68deuxtiers" rend="alinea">Les bourgeois parlent de liberté, égalité mais
            restent des démocrates bourgeois ce qui sème la confusion chez les ouvriers.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Les éléments intellectuels courent après l’entente verbale ; l’aile
                prolétarienne exige l’action commune effective. (P. 68, ⅔.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len8SDEtGouvernement">
            <head>La social-démocratie et le gouvernement
            révolutionnaire provisoire</head>
            <p rend="publie"><title>Vpériod</title> n<hi rend="exposant">os</hi> 13 et
            14, avril 1905. <title>Œuvres</title>, tome 8, pp 275‑293.</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>démocratie, la classe ouvrière doit nouer des alliances dans la lutte pour la —</term>
              </index>❦ démocratie, la classe ouvrière doit nouer des alliances dans la lutte pour la —
              <index>
                <term>révolution démocratique, la classe ouvrière doit nouer des alliances dans la —</term>
              </index>❦ révolution démocratique, la classe ouvrière doit nouer des alliances dans la —
              <index><term>programme minimum</term></index>❦ programme minimum
              <index>
                <term>dictature démocratique, n’est pas la dictature du prolétariat</term>
              </index>❦ dictature démocratique, n’est pas la dictature du prolétariat
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">[…] l’existence d’une très nombreuse population paysanne et
                petite-bourgeoise capable de soutenir la révolution démocratique, mais non la
                révolution socialiste, pour l’instant (p. 284, ¼).</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">D’où vient le galimatias de Martynov ? De ce qu’il confond la
                révolution démocratique avec la révolution socialiste, de ce qu’il oublie le rôle de
                la couche intermédiaire entre la « bourgeoisie » et le « prolétariat » (la masse
                petite-bourgeoise des pauvres gens des villes et des campagnes, « semi-prolétaires »,
                semi-patrons), de ce qu’il ne comprend pas le sens véritable de notre programme
                minimum. (P. 286, III.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">De même, d’autres propositions de Parvus sont fausses, et pour la
                même raison : « Le gouvernement révolutionnaire provisoire sera en Russie le
                gouvernement de la démocratie ouvrière », si la social-démocratie se met à la tête du
                mouvement révolutionnaire du prolétariat russe, ce gouvernement sera
                social-démocrate » ; le gouvernement provisoire social-démocrate « sera un
                gouvernement homogène avec une majorité social-démocrate » (p. 291, ⅔).</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">S’il n’y avait pas de place pour un nouveau Gapone, il n’y aurait
                pas de place non plus pour une révolution démocratique vraiment « grande », allant
                jusqu’au bout (p. 293, ⅓).</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Ils [les masses et leurs meneurs] ne peuvent, sans avoir passé par
                une série d’épreuves révolutionnaires, devenir tout de suite social-démocrates, non
                seulement à cause de leur ignorance (la révolution, nous le répétons, instruit les
                gens avec une rapidité fabuleuse), mais aussi parce que leur situation sociale n’est
                pas prolétarienne, parce que la logique objective de l’évolution historique leur
                impose pour le moment l’objectif d’une révolution démocratique et nullement
                socialiste. (P. 292, ¾.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len8DictatureRevolutionnaireDemocratique">
            <head>La dictature
            révolutionnaire démocratique du prolétariat et de la paysannerie</head>
            <p rend="publie"><title>Vpériod</title> n° 14, avril 1905.
            <title>Œuvres</title>, tome 8, pp 294‑304.</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>droit démocratique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière</term>
              </index>❦ droit démocratique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière
              <index>
                <term>démocratie, indispensable à la lutte de la classe ouvrière</term>
              </index>
              <index>
                <term>république, ensemble des réformes démocratiques</term>
              </index>❦ république, ensemble des réformes démocratiques
              <index>
                <term>dictature révolutionnaire démocratique du prolétariat et de la paysannerie</term>
              </index>❦ dictature révolutionnaire démocratique du prolétariat et de la paysannerie
              <index><term>dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie</term></index>
              <index><term>programme minimum</term></index>❦ programme minimum
              <index><term>programme maximum</term></index>❦ programme maximum
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">C’est précisément le cours des choses qui nous imposera
                inévitablement, pendant la révolution démocratique, une telle multitude d’alliés
                venus de la petite bourgeoisie et de la paysannerie dont les intérêts vitaux exigent
                justement la réalisation de notre programme minimum, que toute crainte d’un passage
                trop brusque au programme maximum est absolument ridicule. (P. 298, ⅓.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">[…] sans cette révolution, on ne saurait concevoir aucun
                développement sérieux d’une organisation indépendante de classe du prolétariat en vue
                de la révolution socialiste. (P. 299, ½.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">(Répétons-le encore une fois, pour éviter tout malentendu, nous
                entendons moins par république une forme de gouvernement que tout l’ensemble des
                réformes démocratiques de notre programme minimum.) (P. 300, ⅓.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Mais elle [la social-démocratie] ne « consacre » la république
                bourgeoise que comme la dernière forme de la domination de classe, comme le terrain
                le plus favorable à la lutte du prolétariat contre la bourgeoisie ; elle la consacre
                non à cause de ses prisons et de sa police, de sa propriété et de sa prostitution,
                mais en vue d’une lutte large et libre contre ces aimables institutions.
                (P. 301, ¾.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len8p303troiscinquiemes">
                <p rend="alinea">Mais quelles qu’en soient la forme, les origines, les conditions,
                il est évident en tous cas que le gouvernement révolutionnaire provisoire ne peut
                manquer de s’appuyer sur certaines classes. Il suffit de rappeler cette vérité
                élémentaire pour voir que le gouvernement révolutionnaire provisoire ne peut être
                autre chose qu’une dictature révolutionnaire du prolétariat et de la bourgeoisie.
                (P. 303, 3/5.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len8le3eCongres">
            <head>III<hi rend="ordinal">e</hi> congrès du P.O.S.D.R.</head>
            <p rend="publie">Avril 1905. Publié en brochure en 1905.
            <title>Œuvres</title>, tome 8, pp 361‑426.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">365</note> 1. Discours sur la légitimité du congrès
            le 13 (26) avril</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">367</note> 2. Intervention sur les pleins pouvoirs
            des comités de Kazan et du Kouban le 14 (27) avril</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">370</note> 3. Projet de résolution sur l’attitude
            du P.O.S.D.R. à l’égard de l’insurrection armée</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">371</note> 4. Projet de résolution sur
            l’insurrection armée</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">372</note> 5. Intervention sur l’insurrection armée
            le 15 (28) avril</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">373</note> 6. Intervention sur l’insurrection armée
            le 16 (29) avril</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">375</note> 7. Résolution sur l’intervention
            armée</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">1) […] le prolétariat étant, de par sa situation, la classe
                révolutionnaire la plus avancée et la seule conséquente, par là-même est appelé à
                jouer le rôle de guide dans l’ensemble du mouvement révolutionnaire démocratique de
                Russie ;</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">5) […] seul un tel rôle peut assurer au prolétariat les conditions
                les plus favorables de lutter pour le socialisme, contre les classes possédantes de
                la Russie démocratique bourgeoise ;</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">377</note> 8. Intervention sur l’attitude envers la
            tactique du gouvernement à la veille de la révolution, le 18 avril (1<hi rend="ordinal">er</hi> mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">378</note> 9. Supplément à la résolution sur
            l’attitude envers la politique du gouvernement à la veille et au moment de la
            révolution</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">En ce qui concerne les concessions réelles ou apparentes que fait à
                présent l’autocratie ébranlée à la démocratie en général et à la classe ouvrière en
                particulier, le Parti ouvrier social-démocrate doit <emph>s’en servir</emph>, d’une part
                pour consolider en faveur du peuple chaque amélioration économique de la situation et
                chaque élargissement de la liberté pour intensifier la lutte, et d’autre part, pour
                dévoiler sans cesse au prolétariat les buts réactionnaires du gouvernement, qui
                s’efforce de désunir, de pourrir la classe ouvrière et de détourner son attention de
                ses intérêts vitaux dans une période révolutionnaire.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">379</note> 10. Projet de résolution sur l’action
            politique déclarée du P.O.S.D.R.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">381</note> 11. Projet de résolution sur la
            participation de la social-démocratie au gouvernement révolutionnaire provisoire</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>droit démocratique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière</term>
              </index>❦ droit démocratique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière
              <index>
                <term>liberté politique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière</term>
              </index>❦ liberté politique, les — sont indispensables à la lutte de la classe ouvrière
              <index>
                <term>démocratie, indispensable à la lutte de la classe ouvrière</term>
              </index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p xml:id="Len8p381considerant1" rend="alinea">1) […] pour rendre la lutte du prolétariat
                contre la bourgeoisie réellement large, libre et ouverte, il est nécessaire d’avoir
                des libertés politiques aussi complètes que possible et, par conséquent, un régime
                républicain aussi pleinement réalisé que possible ;</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">383</note> 12. Supplément à la résolution sur la
            participation de la social-démocratie au gouvernement révolutionnaire provisoire</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">384</note> 13. Rapport sur la participation de la
            social-démocratie au gouvernement révolutionnaire provisoire, le 18 avril (1<hi rend="ordinal">er</hi>mai)</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len8p386untiers">
                <p rend="alinea">Nous avons constamment répété que la révolution [démocratique],
                loin de l’affaiblir, fortifiera la bourgeoisie, tout en offrant au prolétariat les
                conditions nécessaires à une lutte efficace pour le socialisme. (P. 386, ⅓.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">399</note> 14. Projet de résolution sur le
            gouvernement révolutionnaire provisoire</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">1) […] les intérêts immédiats du prolétariat de Russie exigent,
                comme ses intérêts dans la lutte pour les fins dernières du socialisme, la liberté
                politique la plus complète et, par conséquent, la substitution de la république
                démocratique au régime autocratique. (P. 399.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><span rend="span">401</span> 15. Intervention à propos des amendements
            à la résolution sur le gouvernement révolutionnaire provisoire, le 19 avril (2 mai)</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>paysan, mouvement</term></index>❦ paysan, mouvement
            </p>
            <p xml:id="Len8p403" rend="tm1"><note place="margin">403</note> 16. Intervention à propos de
            la résolution sur le soutien du mouvement paysan</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">408</note> 17. Projet de résolution sur le soutien
            du mouvement paysan</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">410</note> 18. Intervention sur les rapports des
            ouvriers et des intellectuels dans les organisations social-démocrates, le 20 avril (3
            mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">412</note> 19. Projet de résolution sur les
            rapports des ouvriers et des intellectuels dans les organisations social-démocrates</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">414</note> 20.Remarques au cours des débats sur la
            résolution concernant les rapports des ouvriers et des intellectuels dans les
            organisations social-démocrates, le 22 avril (5 mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">415</note> 21. Intervention sur l’ordre de
            discussion des résolutions touchant les rapports des ouvriers et des intellectuels dans
            les organisations social-démocrates, le 22 avril (5 mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">416</note> 22. Intervention dans les débats sur les
            statuts du parti, le 21 avril (4 mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">418</note> 23. Intervention sur l’article 9 des
            statuts du parti, le 21 avril (4 mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">419</note> 24. Intervention sur l’accord avec les
            socialistes révolutionnaires, le 23 avril (6 mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">424</note> 25. Intervention sur le rapport
            d’activité du Comité central, le 25 avril (8 mai)</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">425</note> 26. Résolution sur la publication des
            procès-verbaux du congrès</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">426</note> 27. Projet de résolution sur les
            événements du Caucase</p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome9" type="level1_tome" n="9">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 9
          </head>

          <div xml:id="Len9DeuxTactiques">
            <head>
              Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Écrit en juin-juillet 1905. Publié en brochure en juillet 1905.
              <title>Œuvres</title>, tome 9, pp 9‑139.
            </bibl>
            <p rend="tm1"><note place="margin">11</note> Préface</p>
            <p rend="alinea">Rôle du prolétariat dans la révolution bourgeoise (p. 13, ⅔).</p>
            <p rend="alinea">Importance de mots d’ordres politiques corrects (p. 13, ⅔).</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">15</note> 1. Une question politique urgente</p>
            <p rend="alinea">Le tsar ne veut pas d’Assemblée constituante tout au plus une
            assemblée consultative. Le prolétariat révolutionnaire veut une Assemblée constituante
            qui liquide le tsarisme et installe un gouvernement révolutionnaire provisoire. La
            bourgeoisie ne veut que des aménagements (p. 15).</p>
            <p rend="alinea">Résolution sur le gouvernement révolutionnaire provisoire
            (3<hi rend="ordinal">e</hi> congrès) (p. 17, ½) :</p>
            <p rend="alinea">1° La lutte pour le socialisme demande la plus grande liberté donc
            république démocratique plutôt que tsarisme.</p>
            <p rend="alinea">2° Insurrection populaire installant un gouvernement révolutionnaire
            provisoire convoquant l’Assemblée constituante.</p>
            <p rend="alinea">3° La bourgeoisie tentera de ravir la victoire.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">19</note> 2. Que nous apporte la résolution du
            3<hi rend="ordinal">e</hi> congrès du P.O.S.D.R. sur le gouvernement révolutionnaire
            provisoire ?</p>
            <p rend="alinea">Seul un gouvernement révolutionnaire provisoire peut garantir une
            vraie Assemblée constituante, pas le gouvernement tsariste (p. 20, ½). Il doit d’emblée
            appliquer notre programme minimum (p. 22, haut) mais pas le socialisme (p. 23, haut).
            Il est admissible de participer à ce gouvernement (p. 24, haut) et c’est opportun
            (p. 24, ½) 1° pour contrer les tentatives contre-révolutionnaires et 2°  our défendre
            les intérêts propres de la classe ouvrière (p. 24, fin).</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">26</note> 3. Qu’est-ce que la « victoire décisive
            de la révolution sur le tsarisme » ?</p>
            <p rend="alinea">Critique de la conférence menchévique : sans insurrection et
            gouvernement révolutionnaire provisoire, la « décision » d’organiser une Assemblée
            constituante n’est qu’une victoire en paroles (p. 27, ½). C’est semer la confusion dans
            le prolétariat (p. 33, haut).</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">33</note> 4. Liquidation de la monarchie et
            république</p>
            <p rend="alinea">La conférence menchévique ne fixe pas d’objectif révolutionnaire au
            prolétariat (p. 34, haut). C’est sur ce point (et sur d’autres) la différence entre des
            révolutionnaires et des marxistes de salon (p. 34, bas, p. 37, haut, p. 38, ⅔).</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">39</note> 5. Comment « faire progresser la
            révolution » ?</p>
            <p rend="alinea">Les mots d’ordre de gouvernement révolutionnaire provisoire et de
            république sont essentiels (p. 40, ¼) et celui d’Assemblée constituante est
            insuffisant. La bourgeoisie monarchiste peut aussi demander une Assemblée constituante
            pour arrêter la révolution.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">42</note> 6. D’où vient pour le prolétariat le
            danger d’avoir les mains liées dans la lutte contre la bourgeoisie inconséquente ?</p>
            <p rend="alinea">La révolution bourgeoise intéresse aussi le paysan et l’ouvrier
            (p. 43, ¾).</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Les gens de la nouvelle <emph>Iskra</emph> comprennent d’une manière
                radicalement fausse le sens et la portée de la catégorie : révolution bourgeoise. On
                voit constamment percer dans leurs réflexions l’idée que la révolution bourgeoise est
                une révolution qui ne peut donner que ce qui est avantageux à la bourgeoisie. Or,
                rien de plus faux que cette idée-là. La révolution bourgeoise est une révolution qui
                ne sort pas du cadre du régime économique et social bourgeois, c’est-à-dire
                capitaliste. La révolution bourgeoise exprime les besoins du capitalisme en
                développement ; bien loin de ruiner les bases du capitalisme, elle les élargit et les
                affermit. Cette révolution traduit par conséquent non seulement les intérêts de la
                classe ouvrière, mais aussi ceux de toute la classe bourgeoise. La domination de la
                bourgeoisie sur la classe ouvrière étant inévitable en régime capitaliste, on peut
                dire à bon droit que la révolution bourgeoise traduit moins les intérêts du
                prolétariat que ceux de la bourgeoisie. Mais l’idée qu’elle ne traduit pas du tout
                les intérêts du prolétariat est franchement absurde. Cette idée absurde se résume
                dans l’ancestrale théorie populiste selon laquelle la révolution bourgeoise étant
                contraire aux intérêts du prolétariat, nous n’avons pas besoin d’une liberté
                politique bourgeoise. Ou bien encore elle se résume dans l’anarchisme, qui condamne
                toute participation du prolétariat à la politique bourgeoise, au parlementarisme
                bourgeois. […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">En un sens, la révolution bourgeoise est plus avantageuse au
            prolétariat qu’à la bourgeoisie parce que celle-ci n’est pas conséquente (p. 45,
            ½).</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">57</note> 7. La tactique de l’élimination des
            conservateurs au sein du gouvernement »</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">61</note> 8. L’idéologie de l’<title>Osvobojdénié</title> et celle de la nouvelle <title>Iskra</title></p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">70</note> 9. Qu’est-ce qu’un parti d’extrême
            opposition pendant la révolution ?</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">74</note> 10. Les « Communes révolutionnaires » et
            la dictature démocratique révolutionnaire du prolétariat et de la paysannerie</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">84</note> 11. Comparaison rapide entre certaines
            résolutions du 3<hi rend="ordinal">e</hi> congrès du P.O.S.D.R. et de la
            « conférence »</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">89</note> 12. La révolution démocratique
            perdra-t-elle de son envergure si la bourgeoisie s’en détourne ?</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">101</note> 13. Conclusion. Oserons-nous
            vaincre ?</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">113</note> Postface. Encore une fois l’idéologie de
            l’<title>Osvobojdénié</title> et encore une fois l’idéologie de la nouvelle
            <title>Iskra</title></p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">113</note> I. Ce que les réalistes libéraux
            bourgeois louent chez les « réalistes » social-démocrates</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">120</note> II. Nouvel « approfondissement » de la
            question par le camarade Martynov</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">129</note> III. La représentation bourgeoisie
            vulgaire de la dictature et la conception de Marx</p>
          </div>

          <div xml:id="Len9ProletariatLutteBourgeoisieSeFaufile">
            <head>
              Le prolétariat lutte, la bourgeoisie se faufile vers le pouvoir
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Publié en août 1905. <title>Œuvres</title>, tome 9, pp 171‑180.
            </bibl>
            <p rend="alinea">Analyse des positions des différents courants de la bourgeoisie
            nationale et internationale face à la révolution.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len9BoycottageDouma">
            <head>Le boycottage de la Douma de Boulyguine et l’insurrection</head>
            <p rend="publie">Publié en août 1905. <title>Œuvres</title>,
            tome 9, pp 181‑189.</p>
            <p rend="alinea">Douma consultative. Le tsar cherche à se concilier les propriétaires
            fonciers et les grands bourgeois. Prendre au mot la fraction révolutionnaire de la
            bourgeoisie contre cette transaction. Pas de <emph>boycott</emph> passif, mener l’agitation
            pour le <emph>boycott</emph> comme une propagande électorale (p. 184, vers le bas).</p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome10" type="level1_tome" n="10">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 10</head>
          <div xml:id="Len10balancinstable">
            <head>La balance est instable</head>
            <p rend="publie">Novaïa Jizn, no 16, 18 novembre 1905.
            <title>Œuvres</title>, tome 10, pp 53‑54.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 53</note>[…] la grande et nouvelle grève
                des postes et télégraphes […]</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Cette grève a duré du 15 novembre au 15 décembre et s’est étendue à
            toute la Russie.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 54</note>L’arme de la grève politique se
                perfectionne ; de nouveaux détachements de travailleurs, sans lesquels la société
                civilisée moderne ne peut exister un seul jour, apprennent aujourd’hui à manier cette
                arme.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len10BoycotterDouma">
            <head>Faut-il boycotter la Douma d’État ?
            <lb/>La plate-forme de la « majorité »</head>
            <p rend="publie">Rédigé et publié en janvier 1906.
            <title>Œuvres</title>, tome 10, pp 95‑98.</p>
            <p rend="alinea">Pas de boycott passif, mener l’agitation pour le
            boycott comme une propagande électorale.</p>
            <p rend="alinea">La Douma est un subterfuge et les conditions de propagande électorale
            sont inégales (répression).</p>
          </div>

          <div xml:id="Len10DoumaEtTactique">
            <head>La Douma d’État et la
            tactique des social-démocrates</head>
            <p rend="publie">Rédigé en janvier 1906. Publié en brochure en février 1906.
            <title>Œuvres</title>, tome 10, pp 99‑110.</p>
            <p rend="alinea">L’argument de la « minorité » est que la liberté de propagande est un
            peu plus large que du temps de la Douma de Boulyguine. Ils sont en accord avec les
            principes généraux.</p>
            <p rend="alinea">Mais la nouvelle Douma est une caricature de représentation et la
            répression reste trop forte. Inutile de donner à la police des listes de candidats. La
            guerre civile n’est pas finie. « La préparation s’impose encore et toujours. »</p>
            <p rend="alinea">Une tactique doit être simple et claire. La proposition de participer
            aux élections mais pas à la Douma est confuse.</p>
            <p rend="alinea">On aura une meilleure évaluation de la force du prolétariat par le
            boycott que par la participation.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len10CongresUnification">
            <head>Rapport sur le Congrès d’unification du P.O.S.D.R.
            <lb/>(Lettre aux ouvriers de Pétersbourg)</head>
            <p rend="publie">Rédigé en mai 1906. Publié en brochure en juin 1906.
            <title>Œuvres</title>, tome 10, pp 329‑401.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">339</note> II. Élection du bureau, ordre du jour du
            Congrès</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">341</note> III. La question agraire</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">363</note> IV. Appréciation de la période
            révolutionnaire et des tâches de classe du prolétariat</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">371</note> V. L’attitude à l’égard de la Douma
            d’État</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">381</note> VI. L’insurrection armée</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">388</note> VII. La fin du Congrès</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">394</note> VIII. Bilan du Congrès</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">401</note> Annexe. Documents pour l’appréciation
            des travaux du Congrès d’unification du P.O.S.D.R.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len10bilanCongres">
            <head>À propos du bilan du Congrès</head>
            <p rend="publie">Rédigé le 6 mai 1906. Publié dans la <title>Volna</title>
            n<hi rend="ordinal">o</hi> 11, 7 mai 1906.
            <title>Œuvres</title>, tome 10, p. 411‑414.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 411-412</note>Ce fut un mouvement de classe
                des immenses masses du prolétariat qui a utilisé des instruments de lutte purement
                prolétariens, telle que la grève, et qui a rassemblé autour de lui des masses encore
                jamais vues dans l’arène politique russe de semi-prolétaires (employés des chemins de
                fer, employés des postes, etc.), de paysans (dans le Sud, au Caucase, dans les
                Territoires Baltes) et de petits-bourgeois des villes (Moscou).</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len10sitpolactu">
            <head>De la situation politique actuelle</head>
            <p rend="publie">Rédigé le 27 mai 1906. Publié dans le <title>Vpériod</title>
            n<hi rend="ordinal">o</hi> 3, 28 mai 1906.
            <title>Œuvres</title>, tome 10, p. 513‑517.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">De nouveau on voit se mettre en branle, avec toute leur force de
                masse, le prolétariat, la paysannerie, les soldats, les employés des chemins de
                fer.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome11" type="level1_tome" n="11">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 11</head>

          <div xml:id="Len11MinistereDouma" type="level2_document">
            <head>Encore à propos du ministère issu de la Douma</head>

            <bibl rend="publie"><title>Œuvres</title>, tome 11, p. 65‑69. Publié le 28 juin 1906.</bibl>

            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>réforme</term></index>❦ réforme
              <index><term>révolution</term></index>❦ révolution.
            </p>
            <p>Réforme ou révolution ? Ou bien rechercher (les opportunistes) le plus
            petit commun dénominateur des forces réformistes : « choisir entre la
            réaction et l’extrême-droite des forces qui s’opposent à cette réaction »
            (p. 67, ¾). Cinq lignes plus bas : « Nous […] ne proposons
            <emph>que</emph> les mots d’ordre visant à des réformes qui servent
            <emph>indiscutablement</emph> les intérêts de la lutte révolutionnaire et
            augmentent
            <emph>indiscutablement</emph> l’indépendance, la conscience et la combativité
            du prolétariat. »</p>
            <p>C’est la pression révolutionnaire qui fait aboutir les réformes : « En
            maintenant
            <emph>intégralement</emph> nos anciens mots d’ordre révolutionnaires, nous
            <emph>renforçons</emph> la lutte effective et par conséquent les chances de
            réformes. » (p. 68, ¾).</p>
          </div>

          <div xml:id="Len11AProposDuBoycottage" type="level2_document">
            <head>À propos du boycottage</head>
            <p rend="publie">
              <bibl><title>Œuvres</title>, tome 11, pp 139‑147. Écrit le 12 (25) août 1906.
              Publié le 21 août 1906.</bibl>
            </p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>élections, participation aux —</term></index>❦ élection,
              participation aux —
              <index><term>opportunisme</term></index>❦ opportunisme
              <index><term>gauchisme</term></index>❦ gauchisme
              <index><term>Douma de Boulyguine</term></index>❦ Douma de Boulyguine
              <index><term>Douma de Witte</term></index>❦ Douma de Witte
            </p>
            <p rend="alinea">Nous avons défendu le boycott dans une situation politique
            déterminée. Il faut maintenant réviser la question. Les opportunistes imitent
            en toutes circonstances les méthodes de la social-démocratie allemande dans
            une période particulière. Nous nous basons sur une évaluation de la situation
            politique concrète.</p>
            <p rend="alinea">On a eu raison de boycotter la Douma de Boulyguine. On a eu
            raison de boycotter la Douma de Witte <note xml:id="AProposDuBoycottagenot01" n="1" place="bottom"><p rend="alinea">Mais dans <title>La maladie infantile du
            communisme</title> (tome 31, p. 58), Lénine reconnaît que c’était une erreur :
            « L’expérience russe nous offre une application réussie et juste (en 1905),
            une autre application erronée (en 1906) du boycottage par les
            bolchéviks. »</p></note>.</p>
            <p rend="alinea">Mais la réunion et la dissolution de la Douma ont apporté des
            enseignements nouveaux, ont créé les conditions de démasquer la politique des
            cadets aux yeux des paysans. Dans le cas d’une nouvelle Douma, il faut participer
            aux élections, tout en continuant à réclamer une assemblée constituante
            révolutionnaire.</p>
          </div>

        </div>
        <div xml:id="Lentome12" type="level1_tome" n="12">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 12</head>

          <div xml:id="Len12prefMarxKugelmann" type="level2_document">
            <head>
              Préface à la traduction russe des lettres de K. Marx à L. Kugelmann.
            </head>

            <bibl rend="publie">
              <title>Œuvres</title>, tome 12, p. 101‑109.
              Le 5 février 19076.
            </bibl>

            <p rend="alinea">
              Lénine attire l’attention (p. 102) sur <ref target="#Marxlettre1868-07-11Kugelmann">la
              lettre du 11 juillet 1868</ref> sur la valeur,
              en ce qu’elle répond aux objections et déformations par les économistes bourgeois,
              mais aussi en ce qu’elle peut faciliter aux lecteurs l’abord du Livre I du <title>Capital</title> (1867).
            </p>
            <p rend="alinea">
              Il y a surtout l’analyse de la dialectique dans la position de Marx sur la Commune.
              C’est l’opposé de l’attitude de Plekanov pour 1905,
              appelant aux armes en novembre, mais reculant quand le prolétariat avance.
            </p>

          </div>
      </div>
<!-- 13 -->
        <!-- début de fichier inclus Lentome14.xml --><div xml:id="Lentome14" type="level1_tome" n="14">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 14
            <!-- <div xml:id="Len14MaterialismeEtEmpiriocriticisme" type="level2_document"> -->
            <lb/>Matérialisme et empiriocriticisme
          </head>
          <bibl rend="publie">
            Écrit de février à octobre 1908 et publié en mai 1909.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            En allemand, je le trouve seulement en PDF en <ref target="http://www.leipziger-kritiken.de/Lenin-Werke-Band-14.pdf">www.leipziger-kritiken.de/Lenin-Werke-Band-14.pdf</ref>.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            <title>Œuvres</title>, tome 14, p. 13‑375. Archives Internet des marxistes : <ref target="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1908/09/">www.marxists.org/francais/lenin/works/1908/09/</ref>.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            <title>Materialisme en empiriokriticsme</title>, Uigeverij Progres, Moskou, s.d.
            In Marxistisch Internet Archief, <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/lenin/1908/mat/">www.marxists.org/nederlands/lenin/1908/mat/</ref>.
          </bibl>
          <bibl rend="publie">
            Internet Marxists Archive : <ref target="https://www.marxists.org/archive/lenin/works/cw/volume14.htm">www.marxists.org/archive/lenin/works/cw/volume14.htm</ref>
          </bibl>
          <!-- <div xml:id="Len14MEpref1" type="level2_">
            <head>Préface à la première édition (p. 15)</head>
          </div>

          <div xml:id="Len14MEpref2" type="level2_">
            <head>Préface à la deuxième édition (p. 18)</head>
          </div> -->

          <div xml:id="Len14MEintro" type="level2_chap" n="0">
            <head>En guise d’introduction. Comment certains « marxistes » réfutaient le matérialisme en 1908
            et certains idéalistes en 1710</head>
            <bibl rend="publie">P. 19 et suivantes.</bibl>
            <p rend="invisible">
            </p>
            <p rend="alinea">
              <index><term>athéisme</term></index>
              <index><term>Berkeley</term></index>
              <index><term>idéalisme subjectif</term></index>
              <index><term>Mach</term></index>
            Toutes les idées « modernes » de Mach et des autres étaient déjà dans Berkeley,
            qui a publié en 1710 son <title>Treatise concerning the Principles of Human Knowledge,</title>
            où il nie le monde extérieur. Pour Berkeley, ce qui est en jeu c’est l’athéisme.
            Lénine cite Berkeley :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">L’athée, lui, a besoin de ce fantôme d’un nom vide de sens
                [matière ou substance matérielle] pour fonder son athéisme (p. 26, bas).</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Pour Berkeley, les idées viennent de Dieu.
            C’est ce qui distingue le réel du fictif. Lénine cite Berkeley
            sur les idées imaginées par l’homme, opposées aux idées sur le monde :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">elles sont pâles, débiles, instables en comparaison de celles que
                nous percevons par nos sens. Ces dernières imprimées en nous suivant
                certaines règles ou lois de la nature, témoignent d’une intelligence
                plus puissante et plus sage que l’intelligence humaine (p. 29, ½).</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">L’idéalisme de Berkeley est encore, en ce sens, objectif.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Expliquant les « idées » par l’action de la divinité sur l’esprit
                humain, Berkeley se rapproche ainsi de l’idéalisme objectif : le monde
                n’est plus ma représentation, mais l’effet d’une cause divine suprême,
                créatrice tant des « lois de la nature » que des lois d’après
                lesquelles on distingue les idées « plus réelles » des idées qui le
                sont moins, etc. (p. 30, haut).</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Engels (p. 30, ¾) classe Hume et Kant comme agnostiques.
            Diderot (p. 33, ¾) critique Berkeley.</p>
          </div> <!-- level3 Intro -->

          <div xml:id="Len14MEchap1" type="level2_chap" n="1">
            <head>Chapitre premier. La théorie de la connaissance
            de l’empiriocriticisme et du matérialisme dialectique</head>
            <bibl rend="publie">P. 38 et suivantes.</bibl>
            <div xml:id="Len14MEchap1para1" type="level3_para" n="1">
              <head>1. Les sensations et les complexes de sensations</head>
              <bibl rend="publie">P. 38 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">Mach : « La chose est […] un symbole mental pour un
              complexe de sensations d’une stabilité relative. Ce ne sont pas les choses
              (les corps), mais bien […] (ce que nous appelons d’habitude des sensations)
              qui sont les véritables éléments du monde <note xml:id="Len14Mach1897" place="bottom">E. Mach, <title>Die Mechanik in ihrer Entwicklung
                Historisch-kritisch dargestellt</title>, 3. Auflage, Leipzig, 1897, p. 473.
                Déjà en 1871 : <title>Die Geschichte und die Wurzel des Satzes
                von des Erhaltung der Arbeit</title>.
                Vortrag gehalten in der K. Böhm. Gesellschaft des Wissenschaften
                am 15. Nov., 1871, Prag , 1872, pp 57‑58.</note>. »
              Il s’oppose au matérialisme
              philosophique pour lequel les sensations sont le reflet des choses. Cependant,
              il admet que les sensations sont liées à des processus dans le cerveau
              (p. 42, ⅝). Avenarius part de la même position<note xml:id="Len14Aven1876" place="bottom"><title>La philosophie,
                conception du monde d’après le principe du moindre effort
                (Prolégomènes à la critique de l’expérience pure)</title>,
                1876.</note>.
              </p>
            </div> <!-- level4 -->
            <div xml:id="Len14MEchap1para2" type="level3_para" n="2">
              <head>2. La « découverte des éléments du monde »</head>
              <bibl rend="publie">P. 51 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">Mach et Avenarius sont contradictoires et éclectiques. Mach
              tombe dans le réalisme naïf quand il ne se surveille pas. (Exemple du gaz
              parfait, p. 64.)</p>
            </div> <!-- level4 -->
            <div xml:id="Len14MEchap1para3" type="level3_para" n="3">
              <head>3. La coordination de principe et le « réalisme naïf »</head>
              <bibl rend="publie">P. 66 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">Mach et Avenarius prétendent trouver une troisième voie
              entre idéalisme et matérialisme, une philosophie originale compatible avec le
              réalisme naïf. Mais leur système se ramène toujours à l’idéalisme
              subjectif.</p>
              <p rend="alinea">En réalité, le « réalisme naïf » est issu de
              l’expérience, de la pratique, et fonde le matérialisme :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p69un3" n="69 ⅓"/>.Le
                  « réalisme naïf » de tout homme sain d’esprit, qui ne sort pas
                  d’une maison d’aliénés ou de l’école des philosophes idéalistes,
                  consiste à admettre l’existence des choses, du milieu, du monde
                  <emph>indépendamment</emph> de notre sensation, de notre conscience, de notre Moi
                  et de l’homme en général. L’<emph>expérience</emph> même (au sens humain du mot,
                  et non au sens machiste du mot), qui a créé en nous la ferme conviction
                  qu’il existe, <emph>indépendamment</emph> de nous, d’autres hommes,
                  et non de simples complexes de mes sensations de haut, de bas, de jaune, de solide, etc.,
                  c’est cette <emph>expérience</emph> qui crée notre conviction que les choses,
                  le monde, le milieu, existent indépendamment de nous. Nos sensations,
                  notre conscience ne sont que l’<emph>image</emph> du monde extérieur,
                  et l’on conçoit que la représentation ne peut exister sans ce qu’e1le représente,
                  tandis que la chose représentée peut exister indépendamment de ce qui la représente.
                  La conviction « naïve » de l’humanité, le matérialisme la met
                  <emph>consciemment</emph> à la base de sa théorie de la connaissance.</p>
                </quote>
              </cit>
            </div> <!-- level4 -->
            <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">75</note> 4. La nature existait-elle avant
            l’homme ?</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">87</note> 5. L’homme pense-t-il avec le
            cerveau ?</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">94</note> 6. Du solipsisme de Mach et
            d’Avenarius</p> -->
          </div> <!-- level3 chap1 -->

          <div xml:id="Len14MEchap2" type="level2_chap" n="2">
            <head>Chapitre II. La théorie de la connaissance de l’empiriocriticisme
            et du matérialisme dialectique</head>
            <bibl rend="publie">P. 99 et suivantes.</bibl>
            <div xml:id="Len14MEchap2para1" type="level3_para" n="1">
              <head>1. La « chose en soi » ou V. Tchernov réfute F. Engels</head>
              <bibl rend="publie">P. 99 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">Tchernov essaie d’opposer Marx à Engels (p. 100, ½).
              Dans sa conception de la « chose en soi », Engels critique Hume et Kant
              (p. 103, ¾). Contre Kant qui nous refuse l’accès aux « choses en
              soi », Engels objecte que l’industrie (p. 102, ⅜) nous permet d’en
              fabriquer ! Entre la chose et nous, Kant intercale le phénomène <note xml:id="Len14Kantphen" place="bottom">DM :Qu’entend-on par là ? Je risque la définition
                suivante : ce que la chose en soi nous donne à voir ou, plus kantien, ce que
                nos sens ou les formes a priori de notre sensibilité nous permettent de voir
                de la chose ; dans un cas comme dans l’autre, ce qui dans la chose est à
                notre portée. Il y aurait donc :
                  <list type="bulleted">
                    <item>la chose en soi ;</item>
                    <item>le phénomène (ce qui de la chose en soi est à notre portée) ;</item>
                    <item>les impressions sensibles (qui portent sur le seul phénomène
                    puisque la chose ne nous est pas entièrement accessible) ;</item>
                    <item>l’intuition de la chose (l’image mentale que nous avons de la chose
                    en fin de compte).</item>
                  </list>
                </note>.
              Pour Engels (p. 104, ¼), la chose en soi existe indépendamment du sujet qui la pense
              et le phénomène n’est pas d’une autre nature que la chose.
              Notre connaissance progresse. Marx (p. 105, ¾) ajoute la dimension de l’action.</p>
            </div> <!-- level4 -->
            <div xml:id="Len14MEchap2para2" type="level3_para" n="2">
              <head>2. Du « transcencus », ou V. Bazarov « accommode » Engels</head>
              <bibl rend="publie">P. 108 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">Mach et Avenarius prétendent dépasser l’opposition
              idéalisme/matérialisme. En fait ils hésitent entre l’idéalisme subjectif
              de Berkeley et l’agnosticisme de Hume en jouant sur les mots mais sans rien
              apporter de nouveau, d’original.</p>
            </div> <!-- level4 -->
            <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">119</note> 3. L. Feuerbach et J. Dietzgen
            sur la chose en soi</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">124</note> 4. Y a-t-il une vérité
            objective ?</p> -->
            <div xml:id="Len14MEchap2para5" type="level3_para" n="5">
              <head>5. De la vérité absolue et relative, ou de l’éclectisme d’Engels découvert par A. Bogdanov</head>
              <bibl rend="publie">P. 134 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">Lénine se réfère à Engels qui aborde au chapitre 9 de la
              première partie de l’Anti-Dühring la question de la vérité absolue. Pour
              Engels, la pensée est deux fois limitée parce qu’elle se réalise chez des
              individus dont les capacités sont limitées et qu’elle est entachée
              d’ignorance et d’erreurs. En ce sens, la vérité est relative. Tous les
              disciples de Mach sont relativistes. Mais ils ne sont pas dialectiques, il font
              de la relativité un absolu tandis que, dans une perspective dialectique, la
              conquête de la vérité n’est pas limitée si on considère son caractère
              collectif et dans la durée. Suivant Engels, Lénine conclut :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p139" n="139"/>[…] il n’y a pas,
                  pour le matérialisme dialectique, de ligne de démarcation infranchissable
                  entre la vérité relative et la vérité absolue.</p>
                </quote>
              </cit>
            </div> <!-- level4 -->
            <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">141</note>6. Le critère de la pratique
            dans la théorie de la connaissance</p> -->
          </div> <!-- level3 chap2 -->

          <div xml:id="Len14MEchap3" type="level2_chap" n="3">
            <head>Chapitre III. La théorie de la connaissance de l’empiriocriticisme
            et du matérialisme dialectique</head>
            <bibl rend="publie">P. 148 et suivantes.</bibl>
            <div xml:id="Len14MEchap3para1" type="level3_para" n="1">
              <head>1. Qu’est-ce que la matière ? Qu’est-ce que l’expérience ?</head>
              <bibl rend="publie">P. 148 et suivantes.</bibl>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p150haut" n="150"/>Tous
                  les philosophes que nous avons cités substituent, les
                  uns délibérément, les autres avec des simagrées, à la tendance
                  philosophique fondamentale du matérialisme (de l’existence à la pensée,
                  de la matière à la sensation) la tendance opposée de l’idéalisme. Leur
                  négation de la matière n’est que la très ancienne solution des
                  problèmes de la théorie de la connaissance par la négation de la source
                  extérieure, objective de nos sensations, de la réalité objective qui
                  correspond à nos sensations. L’admission de la tendance philosophique
                  niée par les idéalistes et les agnostiques trouve, au contraire, son
                  expression dans les définitions : la matière est ce qui, agissant sur nos
                  organes des sens, produit les sensations ; la matière est une réalité
                  objective qui nous est donnée dans les sensations, etc.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">On a donc ici plusieurs déterminations du matérialisme (de
              l’existence à la pensée, de la matière à la sensation) et de la matière
              (ce qui, agissant sur nos organes des sens, produit les sensations ; une
              réalité objective qui nous est donnée dans les sensations).</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p151un3" n="151 ⅓"/>[…] dans
                  quelle énorme absurdité tombent les disciples de Mach,
                  quand ils exigent des matérialistes une définition de la matière
                  qui ne se réduise pas à répéter que la matière, la nature, l’être,
                  le physique est la donnée première, tandis que l’esprit, la conscience,
                  les sensations, le psychique est la donnée seconde.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il estime que pour définir, il faut se baser sur quelque
              chose de plus général. Si rien n’est plus général que la matière,
              l’exigence de définition est absurde. Mais je me demande, si la
              détermination de la matière comme réalité objective suffit à faire la
              différence entre matérialisme et réalisme.</p>
            </div> <!-- level4 -->
            <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">155</note> 2. L’erreur de Plekhanov
            concernant le concept de l’ « expérience »</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">158</note> 3. De la causalité et de la
            nécessité dans la nature</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">174</note> 4. Le « principe de
            l’économie de la pensée » et le problème de l’ « unité du
            monde »</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">180</note> 5. L’espace et le temps</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">194</note> 6. Liberté et nécessité</p> -->
          </div> <!-- level3 chap3 -->

          <div xml:id="Len14MEchap4" type="level2_chap" n="4">
            <head>Chapitre IV. Les philosophes idéalistes,
            frères d’armes et successeurs de l’empiriocriticisme</head>
            <bibl rend="publie">P. 201 et suivantes.</bibl>
            <p rend="tm2">(P. 201) 1. Le kantisme critique de gauche et de droite</p>
            <p rend="tm2">(P. 212) 2. Comment l’ « empiriosymboliste » Iouchkevitch
            s’est moqué de l’ « empiriocriticiste » Tchernov</p>
            <p rend="tm2">(P. 216) 3. Les immanents, frères d’armes de Mach et d’Avenarius</p>
            <p rend="tm2">(P. 225) 4. Dans quel sens évolue l’empiriocriticisme ?</p>
            <p rend="tm2">(P. 234) 5. L’ « empiriomonisme » de A. Bogdanov</p>
            <p rend="tm2">(P. 241) 6. La « théorie des symboles » (ou des hiéroglyphes)
            et la critique de Helmholtz</p>
            <p rend="tm2">(P. 248) 7. De la double critique de Dühring</p>
            <p rend="tm2">(P. 253) 8. Comment J. Dietzgen put-il plaire aux philosophes réactionnaires ?</p>
          </div> <!-- level3 chap4 -->

          <div xml:id="Len14MEchap5" type="level2_chap" n="5">
            <head>Chapitre V. La révolution moderne dans les sciences de la nature
            et l’idéalisme philosophique</head>
            <bibl rend="publie">P. 260 et suivantes.</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>matière, le mouvement est son mode d’existence</term>
              </index>❦ matière, le mouvement est son mode d’existence
              <index>
                <term>mouvement, comme mode d’existence de la matière</term>
              </index>❦ mouvement, comme mode d’existence de la matière
            </p>
            <p rend="alinea">Au début du chapitre, Lénine, lui-même ou par personne interposée,
            se réfère plusieurs fois à Engels :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p261deux5" n="261 ⅖"/>
                […] l’auteur [J. Diner-Dénes] s’exclame : « Comme le mot d’Engels — le mouvement
                est le mode d’existence de la matière — est brillamment confirmé. »</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Le mot d’Engels est au <ref target="#ADchap6">chapitre 6 de l’Anti-Dühring</ref>
            où Engels lui-même le souligne.</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>Engels, révision des principes de sa philosophie naturelle</term>
              </index>❦ Engels, révision des principes de sa philosophie naturelle
              <index><term>révisionnisme, révision justifiée des principes de la philosophie naturelle d’Engels</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">Plus loin, Lénine critique le fait de « sacrifier dans la méthode d’Engels l’esprit à la lettre » :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p261sept8" n="261 ⅞"/>
                Engels dit explicitement : « avec chaque découverte qui fait époque dans le domaine
                des sciences naturelles » (à plus forte raison dans l’histoire de l’humanité),
                « le matérialisme doit modifier sa forme »
                (<title><ref target="#Fe2sciencephilo">Ludwig Feuerbach</ref></title>).
                Ainsi, la révision de la « forme » du matérialisme d’Engels,
                <pb n="262"/>la révision de ses principes de philosophie naturelle,
                n’a rien de « révisionniste » au sens consacré du mot ;
                le marxisme l’exige au contraire.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm2">(P. 262) 1. La crise de la physique contemporaine</p>

            <div xml:id="Len14MEchap5para2" type="level3_para" n="2">
              <head>2. « La matière disparaît »</head>
              <bibl rend="publie">P. 269 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">Pas de panique, la matière comme concept philosophique,
              c’est le monde objectif. De ce point de vue, matière, mouvement ou énergie
              en physique, c’est du pareil au même.</p>
            </div> <!-- level4 -->
            <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">276</note> 3. Le mouvement est-il
            concevable sans matière ?</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">285</note> 4. Les deux tendances de la
            physique contemporaine et le spiritualisme anglais</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">294</note> 5. Les deux tendances de la
            physique contemporaine et l’idéalisme allemand</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">303</note> 6. Les deux tendances de la
            physique contemporaine et le fidéisme français</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">311</note> 7. Un « physicien
            idéaliste » russe</p>-->
            <div xml:id="Len14MEchap5para8" type="level3_para">
              <head>8. Essence et valeur de l’idéalisme « physique »</head>
              <bibl rend="publie">P. 315 et suivantes.</bibl>
              <p rend="alinea">La doctrine de Mach se réclame de la nouvelle physique,
              mais la liaison qu’ils font est « profondément erronée ». En fin de compte
              la physique, à travers ses hésitations et au delà des interprétations erronées
              qu’on en fait, engendre le matérialisme dialectique.</p>
              <list>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="de">
                      <p rend="alinea"><pb n="316"/>Die moderne Physik liegt in Geburtswehen.
                      Sie ist dabei, den dialektischen Materialismus zu gebären.
                      Die Entbindung verläuft schmerzhaft.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p326" n="326"/>La physique contemporaine
                      est en couche. Elle enfante le matérialisme dialectique.
                      Accouchement douloureux.</p>
                    </quote>
                    <bibl/>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="nl">
                      <p rend="alinea"><pb n="357"/>De moderne fysica ligt in barensweeën.
                      Zij staat op het punt het dialektische materialisme te baren.
                      De verlossing is pijnlijk.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/nederlands/lenin/1908/mat/5.htm">www.marxists.org/nederlands/lenin/1908/mat/5.htm</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
                <item rend="enligne quartlargeur">
                  <cit>
                    <quote xml:lang="en">
                      <p rend="alinea">Modern physics is in travail;
                      it is giving birth to dialectical materialism.
                      The process of child-birth is painful.</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1908/mec/five8.htm">www.marxists.org/archive/lenin/works/1908/mec/five8.htm</ref>.</bibl>
                  </cit>
                </item>
              </list>
              <ab rend="clear"/>
            </div> <!-- level4 -->
            <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">315</note> 8. Essence et valeur de
            l’idéalisme physique</p> -->
          </div> <!-- level3 chap5 -->

          <div xml:id="Len14MEchap6" type="level2_chap" n="6">
            <head>Chapitre VI. L’empiriocriticisme et le matérialisme historique</head>
            <bibl rend="publie">P. 327 et suivantes.</bibl>
            <p rend="tm2">(P. 327) 1. L’excursion des empiriocriticistes allemands
            dans le domaine des sciences sociales</p>
            <p rend="tm2">(P. 335) 2. Comment Bogdanov corrige et « développe » Marx</p>
            <p rend="tm2">(P. 344) 3. Les « Principes de la philosophie sociale » de Souvorov</p>
            <p rend="tm2">(P. 349) 4. Les partis en philosophie et es philosophes acéphales</p>
            <div xml:id="Len14MEchap6para5" type="level3_para">
              <head>5. Ernst Haeckel et Ernst Mach</head>
              <bibl rend="publie">P. 361 et suivantes.</bibl>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>phronema, organe de l’esprit</term></index>❦ phronema, organe de l’esprit
                <index><term>cortex, organe de l’esprit</term></index>❦ cortex, organe de l’esprit
                <index><term>esprit, fonction du cortex</term></index>❦ esprit, fonction du cortex
                <index><term>Haeckel</term></index>❦ Haeckel
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Len14p366" n="366"/>Ce qui précède
                  peut être illustré par un exemple tiré de Haeckel.
                  L’auteur confronte dans les <title>Merveilles de la vie</title>,
                  les théories de la connaissance moniste et dualiste.
                  Nous citons les passages les plus importants de cette confrontation :</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <table rows="5" cols="2">
                        <row role="label">
                          <cell>Théorie moniste de la connaissance</cell>
                          <cell>Théorie dualiste de la connaissance</cell>
                        </row>
                        <row role="data">
                          <cell role="data">…</cell>
                          <cell role="data">…</cell>
                        </row>
                        <row role="data">
                          <cell role="data">3. La connaissance est un phénomène physiologique,
                          dont l’organe anatomique est le cerveau.</cell>
                          <cell role="data">3. La connaissance n’est pas un phénomène physiologique,
                          mais un processus tout spirituel.</cell>
                        </row>
                        <row role="data">
                          <cell role="data">4. La seule partie du cerveau humain où la connaissance a lieu
                          est un territoire limité de l’écorce, le phronéma.</cell>
                          <cell role="data">4. La partie du cerveau qui semble fonctionner comme organe de la connaissance,
                          n’est en réalité que l’instrument qui fait apparaître le phénomène intellectuel.</cell>
                        </row>
                        <row role="data">
                          <cell role="data">5. Le phronéma est une dynamo très perfectionnée
                          dont les parties composantes sont constituées
                          par des millions de cellules physiques (phronétales).
                          De même que pour les autres organes du corps,
                          la fonction (spirituelle) de celui‑ci est le résultat final
                          des fonctions des cellules composantes.	</cell>
                          <cell role="data">5. Le phronéma comme <emph>organe</emph> de la raison n’est pas autonome,
                          mais n’est à l’aide de ses parties composantes (cellules phronétales)
                          que l’intermédiaire entre l’esprit immatériel et le monde extérieur.
                          La raison humaine est essentiellement différente de l’intelligence des animaux supérieurs
                          et des instincts des animaux inférieurs.</cell>
                        </row>
                      </table>
                    </quote>
                    <bibl>J’use de la traduction française : <title>Les Merveilles de la vie</title>,
                    Paris, Scheicher, Tabl. I et XVI.</bibl>
                  </cit>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il s’agit de Ernst Haeckel, <title>Lebenswunder :
              Gemeinverständliche Studien über biologische Philosophie</title>, Afred Kröner, Stuttgart, 1904,
              que l’on trouve en ligne (on a scanné deux fois le même !) en <ref target="http://openlibrary.org/search?title=Lebenswunder&amp;has_fulltext=true&amp;author=Haeckel">openlibrary.org/search?title=Lebenswunder&amp;has_fulltext=true&amp;author=Haeckel</ref>.
              Lénine l’avait repéré en en lisant à Genève en 1904 un compte rendu
              dans la <title>Frankfurter Zeitung</title> du 15 décembre.
              (<ref target="#Len38noteHaeckel"><title>Œuvres</title>, tome 38, p. 54</ref>.)
              La traduction française à laquelle il se réfère est de 1907.
              Dans l’original de Haeckel en allemand, le tableau I est à la page 28 et le XVI à la page 386.
              Lénine emprunte au tableau I les points 3 et 4 et au tableau XVI le point 5.
              Le tableau XVI confronte les théories moniste et dualiste de l’esprit selon un plan parallèle
              à celui du tableau I sur les théories de la connaissance (au moins pour les premiers points),
              ce qui permet à Lénine de passer de l’un à l’autre sans incohérence. C’est Lénine
              qui souligne « organe » au point 5 dualiste. Chez Haeckel (<title>op. cit.</title>, p. 378),
              le phronema, région du cortex, est l’organe de l’esprit.</p>
            </div> <!-- level4 -->
          </div> <!-- level3 chap6 -->

          <!-- <p rend="tm1"><note place="margin">371</note> Conclusion</p>
          <p rend="tm1"><note place="margin">373</note> Supplément au § 1 du
          chapitre IV. De quel côté N. Tchernychevski abordait-il la critique du
          kantisme ?</p> -->
        </div><!-- level1_tome --><!-- fin de fichier inclus Lentome14.xml -->
        <div xml:id="Lentome15" type="level1_tome" n="15">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 15</head>
          <div xml:id="Len15AttitudeReligion">
            <head>De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion</head>
            <bibl>
              <title>Prolétari</title>, 13 (26) mai 1909.
              <title>Œuvres</title>, tome 15, p. 432-444.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              En haut de la page 433, Lénine rappelle
              <index><term>opium du peuple</term></index>
              <ref target="#opiumpeuple">la phrase de Marx sur l’opium du peuple</ref>,
              mais il passe en fin d’alinéa aux organes de la réaction
              qui cherchent à « intoxiquer » la classe ouvrière
              (ce qui le sens dans lequel on entend habituellement l’expression « opium du peuple »).
              Par contre, dans le passage que je cite ci-dessous,
              Lénine voit, comme Marx, la source de la religion
              dans les conditions matérielles où le capitalisme met les masses,
              dans la souffrance des masses, et non dans l’endoctrinement.
            </p>

            <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>religion, le marxisme est hostile à la —</term>
              </index>❦ religion, le marxisme est hostile à la —
              <index>
                <term>religion, attitude du parti ouvrier</term>
              </index>❦ religion, attitude du parti ouvrier
              <index>
                <term>athéisme, pas une priorité d’un point de vue de classe</term>
              </index>❦ athéisme, pas une priorité d’un point de vue de classe
              <index><term>conscience, ce n’est pas…</term></index>❦ conscience, ce n’est pas…
            </p>
            <cit>
              <quote>
               <p rend="alinea"><note place="margin">P. 435-437.</note>Le
                marxisme est un matérialisme. À ce titre il est aussi
                implacablement hostile à la religion que le matérialisme des
                encyclopédistes du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle ou le
                matérialisme de Feuerbach. Voilà qui est indéniable. Mais le matérialisme
                dialectique de Marx et d’Engels va plus loin que les encyclopédistes et
                Feuerbach en ce qu’il applique la philosophie matérialiste au domaine de
                l’histoire, au domaine des sciences sociales. Nous devons combattre la
                religion ; c’est l’a b c de <emph>tout</emph> le matérialisme et,
                partant, du marxisme. Mais le marxisme n’est pas un matérialisme qui
                s’en tient à l’a b c. Le marxisme va plus loin. Il dit : il faut
                <emph>savoir</emph> lutter contre la religion ; or, pour cela, il faut expliquer
                d’une façon <emph>matérialiste</emph> la source de la foi et de la religion
                des masses. On ne doit pas confiner la lutte contre la religion dans une
                prédication idéologique abstraite ; on ne doit pas l’y réduire ; il
                faut lier cette lutte à la pratique concrète du mouvement de classe visant
                à faire disparaître les racines sociales de la religion. Pourquoi la
                religion se maintient‑elle dans les couches arriérées du prolétariat des
                villes, dans les vastes couches du semi-prolétariat, ainsi que dans la masse
                des paysans ? Par suite de l’ignorance du peuple, répond le progressiste
                bourgeois, le radical ou le matérialiste bourgeois. Et donc, à bas la
                religion, vive l’athéisme, la diffusion des idées athées est notre
                tâche principale. Les marxistes disent : c’est faux. Ce point de vue
                traduit l’idée superficielle, étroitement bourgeoise d’une action de la
                culture par elle-même. Un tel point de vue n’explique pas assez
                complètement, n’explique pas dans un sens matérialiste, mais dans un sens
                idéaliste, les racines de la religion. Dans les pays capitalistes actuels,
                ces racines sont surtout <emph>sociales</emph>. La situation sociale
                défavorisée des masses travailleuses, leur apparente impuissance totale
                devant les forces aveugles du capitalisme, qui causent, chaque jour et à
                toute heure, mille fois plus de souffrances horribles, de plus sauvages
                tourments aux humbles travailleurs, que les événements exceptionnels tels
                que guerres, tremblements de terre, etc., c’est là qu’il faut rechercher
                aujourd’hui les racines les plus profondes de la religion. « La peur a
                créé les dieux. » La peur devant la force aveugle du capital, aveugle
                parce que ne pouvant être prévue des masses populaires, qui, à chaque
                instant de la vie du prolétaire et du petit patron, menace de lui apporter
                et lui apporte la ruine « subite », « inattendue »,
                « accidentelle », qui cause sa perte, qui en fait un mendiant, un
                déclassé, une prostituée, le réduit à mourir de faim, voilà les
                <emph>racines</emph> de la religion moderne que le matérialiste doit avoir en
                vue, avant tout et par‑dessus tout, s’il ne veut pas demeurer un
                matérialiste primaire. Aucun livre de vulgarisation n’expurgera la
                religion des masses abruties par le bagne capitaliste, assujetties aux forces
                destructrices aveugles du capitalisme, aussi longtemps que ces masses
                n’auront pas appris à lutter de façon cohérente, organisée,
                systématique et consciente contre ces <emph>racines</emph> de la religion,
                contre <emph>le règne du capital</emph> sous toutes ses formes.</p>
                <p rend="alinea">Est‑ce à dire que le livre de vulgarisation contre la
                religion soit nuisible ou inutile ? Non. La conclusion qui s’impose est
                tout autre. C’est que la propagande athée de la social­-démocratie doit
                être <emph>subordonnée</emph> à sa tâche fondamentale, à savoir : au
                développement de la lutte de classe des <emph>masses</emph> exploitées contre
                les exploiteurs.</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>
        </div>
<!-- 16 -->
<!-- 17 -->
<!-- 18 -->
        <div xml:id="Lentome19" type="level1_tome" n="19">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 19</head>
          <div xml:id="Len19TroisSources" type="level2_document">
            <head>Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme</head>
            <p rend="publie"><title>Prosvéchtchénié</title> n<hi rend="ordinal">o</hi> 3, mars 1913.<title>Œuvres</title>,
            tome 19, pp 13‑18.</p>
            <div xml:id="Len19TroisSourcesIntro" type="level3_para">
              <head>{Introduction}</head>
              <p rend="invisible">Mots-clefs :
                <index><term>science sociale, caractère de classe</term></index>❦ science sociale, caractère de classe
              </p>
              <cit>
                <quote xml:id="sciencepartiale">
                  <p rend="firstalinea">[…] dans une société fondée sur la lutte de
                  classe, il ne saurait y avoir de science sociale « impartiale ».
                  <emph>Toute</emph> la science officielle et libérale <emph>défend</emph>, de façon
                  ou d’autre, l’esclavage salarié, tandis que le marxisme lui a déclaré
                  une guerre implacable.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">Il est intéressant de voir que Lénine limite cette
              partialité à la science <emph>sociale</emph> et l’explique par une réalité
              <emph>sociale</emph>, la lutte de classe. Il ne s’agit pas ici d’opposer
              en général (en comprenant les sciences de la nature autre que sociales) une
              « science bougeoise » au marxisme ou à une « science prolétarienne »,
              comme du temps de Lyssenko.</p>
              <p rend="alinea">Cependant le marxisme n’est pas une doctrine sectaire et
              fermée. Elle se situe dans le prolongement des courants progressistes en
              matière de philosophie, d’économie et de socialisme.</p>
            </div>
            <div xml:id="Len19TroisSourcesMatHist" type="level3_para">
              <head>I {Matérialisme et matérialisme historique}</head>
              <p rend="alinea"><emph>Matérialisme</emph> dans le prolongement du 18<hi rend="ordinal">e</hi> siècle français et de Feuerbach, enrichi par la
              dialectique de Hegel. La dialectique est la théorie de l’évolution,
              théorie de la relativité de la connaissance de la matière en développement.
              Nouvelle science de l’histoire : le matérialisme historique. L’idéologie
              et la politique sont des superstructures d’une base économique.</p>
            </div>
            <div xml:id="Len19TroisSourcesEcoPol" type="level3_para">
              <head>II {Économie politique}</head>
              <p rend="alinea">Développement de l’économie politique classique de Smith
              et Ricardo. Valeur travail. Rapports sociaux au lieu de rapports entre choses.
              Plus-value (force de travail, exploitation). Socialisation et anarchie de la
              production, crises.</p>
            </div>
            <div xml:id="Len19TroisSourcesSocSci" type="level3_para">
              <head>III {Socialisme scientifique}</head>
              <p rend="alinea">Dépassement du socialisme utopique par la lutte de classe.
              Apprendre à discerner les intérêts de classe. Rôle historique du
              prolétariat qui peut et doit renverser le capitalisme.</p>
            </div>
          </div>

          <div xml:id="Len19ThesesQuestionNationale">
            <head>Thèses sur la question nationale</head>
            <p rend="publie">Rédigé en juin 1913. Publié en 1925.
            <title>Œuvres</title>, tome 19, p. 255‑263.</p>
            <list type="ordered">
              <item>Libre disposition <emph>politique</emph>.</item>
              <item>Parce que
                <list rend="abc" type="ordered">
                  <item>principes fondamentaux de la démocratie</item>
                  <item>oppression tsariste sur un certain nombre de nations</item>
                  <item>transformation bourgeoisie inachevée</item>
                  <item>la Russie est l’État le plus réactionnaire de ses voisins.</item>
                </list>
              </item>
              <item>Par conséquent les sociaux-démocrates
                <list rend="abc" type="ordered">
                  <item>s’opposent à la violence contre une nation qui veut se
                  séparer</item>
                  <item>pour un vote sur la séparation</item>
                  <item>contre les partis qui défendent l’oppression nationale.</item>
                </list>
              </item>
              <item>La social-démocratie se réserve le droit de juger dans chaque cas
                particulier de l’opportunité de la séparation.</item>
              <item>Contre les privilèges d’une nationalité, contre une langue
                « officielle ».</item>
              <item>Respect des droits des minorités nationales.</item>
              <item>Contre l’autonomie « culturelle ».
                <list rend="abc" type="ordered">
                  <item>pour l’internationalisation de la culture contre la culture
                    « nationale »</item>
                  <item>ne pas prendre en exemple un compromis autrichien</item>
                  <item>l’histoire de l’ « autonomie nationale culturelle » est
                    exclusivement réactionnaire</item>
                  <item>la paix nationale résulte de la démocratie conséquente.</item>
                </list>
              </item>
              <item>Fusion des ouvriers de toutes les nationalités, pas de fédérations
                dans le mouvement ouvrier.</item>
              <item>Ces thèses sont confirmées par l’histoire du P.O.S.D.R.</item>
              <item>Actualité et urgence de la question nationale devant le nationalisme
                ultra-réactionnaire du tsarisme et la montée des nationalismes
              bourgeois.</item>
            </list>
          </div>
        </div>
<!-- 20 -->
        <div xml:id="Lentome21" type="level1_tome" n="21">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 21
          </head>

          <div xml:id="Len21TachesDansLaGuerre">
            <head>
              Les tâches de la social-démocratie révolutionnaire dans la guerre européenne
            </head>
            <bibl>
              Août 1914. <title>Œuvres</title>, tome 21, p. 9‑13.
            </bibl>
            <cit>
              <quote xml:id="Len21p12troisquarts">
                <p rend="alinea">7. Les mots d’ordre de la social-démocratie doivent être
                actuellement :</p>
                <p rend="alinea">premièrement, […] ;</p>
                <p rend="alinea">deuxièmement, propagande en faveur d’une république allemande,
                d’une république polonaise, d’une république russe et d’autres encore, et de la
                transformation de tous les États européens en États-Unis républicains
                d’Europe ; tel doit être l’un des mots d’ordre les plus
                immédiats ;</p>
                <p rend="alinea">troisièmement, […].</p>(P. 12, ¾.)
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len21GuerreEtSocialDemocratie">
            <head>
              La guerre et la social-démocratie russe
            </head>
            <bibl>
              <title>Le Social-démocrate</title>, novembre 1914.
              <title>Œuvres</title>, tome 21, p. 19‑28.
            </bibl>
            <p rend="alinea">« Le mot d’ordre politique immédiat de la social-démocratie
            d’Europe doit être la formation d’États-Unis républicains d’Europe. » Mais
            cela passe par le renversement des monarchies d’Allemagne, d’Autriche et de
            Russie. (P. 27, ½.)</p>
          </div>

          <div xml:id="Len21Marxbio" type="level2_document">
            <head>
              Karl Marx : Brève notice biographique comportant un exposé du marxisme
            </head>
            <bibl>
              Écrit de juillet à novembre 1914. <title>Dictionnaire encyclopédique Granat</title>
              (7<hi rend="ordinal">e</hi> édition), tome 28, 1915. Aussi brochure en 1918.
              <title>Œuvres</title>, tome 21, p. 37‑87.
            </bibl>
            <!-- <p rend="tm1"><note place="margin">39</note>Préface</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">44</note>La doctrine de Marx</p> -->
            <div xml:id="Len21Marxbio-doctrine" type="level3_chap">
              <head>La doctrine de Marx</head>
              <p>P. 44 et suivantes.</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Le <emph>marxisme</emph> est le système des idées et de la
                  doctrine de Marx. Marx a continué et parachevé les trois principaux courants
                  d’idées du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle, qui appartiennent aux trois
                  pays les plus avancés de l’humanité : la philosophie classique allemande,
                  l’économie politique classique anglaise et le socialisme français, lié aux
                  doctrines révolutionnaires françaises en général. La logique et l’unité
                  remarquables des idées de Marx (qualités reconnues même par ses adversaires),
                  dont l’ensemble constitue le matérialisme et le socialisme scientifique
                  contemporains en tant que théorie et programme du mouvement ouvrier de tous les
                  pays civilisés, nous obligent à faire précéder l’exposé du contenu essentiel du
                  marxisme, la doctrine économique de Marx, d’un bref aperçu de sa conception
                  générale du monde.</p>
                </quote>
              </cit>
              <p rend="alinea">On retrouve ici, c’est la première moitié de ce passage,
              « les trois sources ». En affirmant l’importance de la « conception
              générale du monde » de Marx, Lénine dit aussi que le « contenu
              essentiel », c’est l’économie.</p>

              <div xml:id="Len21Marxbio-philo" type="level4_para">
                <head>Le matérialisme philosophique</head>
                <p>P. 44 et suivantes.</p>
                <p rend="alinea">Marx était profondément matérialiste et il a peu pris
                la peine d’écrire là-dessus. Lénine cite la <title>Sainte
                Famille</title> et <ref target="#retournement">le « retournement »
                dialectique</ref>. Pour le reste, il cite surtout Engels comme partageant
                étroitement les idées de Marx. En outre (p.  46), critique de Hume
                (agnosticisme, criticisme, positivisme). Bon exposé (p. 47) de la
                différence entre le matérialisme dialectique et le matérialisme antérieur,
                en trois points :</p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="firstalinea">[…] 1) ce matérialisme était « essentiellement
                    mécaniste » et ne tenait pas compte du développement moderne de la chimie
                    et de la biologie (de nos jours, il conviendrait d’ajouter encore : de la
                    théorie électrique de la matière) ; 2) l’ancien matérialisme n’était
                    ni historique ni dialectique (mais métaphysique dans le sens d’antidialectique)
                    et n’appliquait pas le point de vue de l’évolution d’une façon systématique et
                    généralisée ; 3) il concevait l’ « être humain » comme
                    une abstraction et non comme « l’ensemble de tous les rapports
                    sociaux » (concrètement déterminés par l’histoire), et ne faisait par
                    conséquent qu’ « interpréter » le monde alors qu’il s’agissait de
                    le « transformer », c’est-à-dire qu’il ne saisissait pas la portée de
                    l’ « activité pratique révolutionnaire ».</p>
                  </quote>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="Len21Marxbio-dial" type="level4_para">
                <head>La dialectique</head>
                <p>P. 47 et suivantes.</p>
                <p rend="alinea">Plus encore ici, Lénine ne cite qu’Engels, y compris la
                dialectique de la nature.</p>
              </div>
              <!-- <p rend="tm2"><note place="margin">49</note>La conception matérialiste de
              l’histoire</p>
              <p rend="tm2"><note place="margin">52</note>La lutte des classes</p> -->
            </div>
            <div xml:id="Len21Marxbio-doctrineco" type="level3_chap">
              <head>La doctrine économique de Marx</head>
              <bibl>P. 44 et suivantes.</bibl>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea" xml:id="Lentome21p54"><label rend="invisible">Lénine, « Karl Marx : Brève notice… », tome 21:54</label>
                    <index><term>valeur « tout court »</term></index>
                    La marchandise est, en premier lieu, une chose qui satisfait un besoin quelconque de l’homme ;
                    en second lieu, c’est une chose que l’on échange contre une autre.
                    L’utilité d’une chose en fait une <term>valeur d’usage</term>.
                    La valeur d’échange (ou valeur tout court) est, tout d’abord, le rapport, la proportion, dans l’échange
                    d’un certain nombre de valeurs d’usage d’une espèce contre un certain nombre de valeurs d’usage d’une autre espèce.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 54.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                La parenthèse « (ou valeur tout court) » est imprudente.
                Il y a un usage erroné, fréquent dans certaines vulgarisations,
                qui pourrait trouver ici un encouragement chez Lénine,
                usage selon lequel « valeur » serait juste un raccourci pour l’expression complète « valeur d’échange ».
                Sur ce point, Marx a corrigé dans la deuxième édition du Capital en 1872
                ce qu’il avait écrit d’abord en 1867 et <ref target="#ensformvalsimple">il insiste sur la <emph>distinction</emph> entre valeur et valeurs d’échange</ref>.
                En fait, Lénine définit bien ici la valeur d’échange comme proportion de quantités physiques.
                Plus loin (p 55 et suivantes), il aborde le concept même de valeur — qui sous-tend ces valeurs d’échange.
              </p>
            </div>

            <!-- <p rend="tm1"><note place="margin">54</note>La doctrine économique de Marx</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">54</note>La valeur</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">56</note>La plus—value</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">58</note>L’accumulation du capital</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">59</note>La tendance historique de
            l’accumulation capitaliste</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">61</note>Le taux moyen du profit</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">62</note>La théorie de la rente foncière</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">63</note>L’évolution du capitalisme dans
            l’agriculture</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">66</note>Le socialisme</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">69</note>La tactique de la lutte de classe du
            prolétariat</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">75</note>Bibliographie</p> -->
          </div>

          <div xml:id="Len21ConferenceSectionsEtranger">
            <head>
              La conférence des sections à l’étranger du P.O.S.D.R.
            </head>
            <bibl>
              <title>Le Social-démocrate</title>, mars 1915.
              <title>Œuvres</title>, tome 21, p. 157‑163.
            </bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>rôle révolutionnaire de la bourgeoisie</term></index>❦ rôle révolutionnaire de la bourgeoisie
              <index><term>bourgeoisie, rôle révolutionnaire</term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len21p161fin162haut">
                <p rend="alinea">Mais, par ailleurs, les social-démocrates ne sauraient nier la
                valeur positive des guerres révolutionnaires, c’est-à-dire de guerres non
                impérialistes, telles que celles menées de 1789 à 1871 pour le renversement de
                l’oppression nationale et la création, à partir d’États féodaux morcelés,
                d’États capitalistes nationaux […] (P. 161‑162.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len21EtatsUnisDEurope">
            <head>À propos du mot d’ordre des États-Unis d’Europe</head>
            <p><title>Le Social-démocrate</title>, août 1915.
            <title>Œuvres</title>, tome 21, p. 351‑356.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len21p351bas">
                <p rend="alinea">Les transformations politiques dans un sens véritablement
                démocratique, et à plus forte raison les révolutions politiques, ne peuvent
                jamais, en aucun cas, quelles que soient les conditions, ni estomper, ni
                affaiblir le mot d’ordre de la révolution socialiste. (P. 351, bas.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome22" type="level1_tome" n="22">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 22
          </head>

          <div xml:id="Len22RevolutionEtDroitDesNations">
            <head>
              La révolution socialiste et le droit des nations à disposer d’elles-mêmes (thèses)
            </head>
            <p rend="publie">Rédigé en janvier-février 1916. Publié en avril 1916.
            <title>Œuvres</title>, tome 22, p. 155‑170.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">155</note> 1. L’impérialisme, le socialisme et
            la libération des nations opprimées</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">156</note> 2. La révolution socialiste et la
            lutte pour la démocratie</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">158</note> 3. La signification du droit des
            nations à disposer d’elles-mêmes et son rapport avec la fédération</p>
            <p rend="alinea">Il faut revendiquer la libération des nations opprimées, on ne
            peut pas « ajourner » la question jusqu’à l’avènement du socialisme. La
            fusion des nations passe par leur libération et leur droit à la séparation.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">160</note> 4. Comment le prolétariat
            révolutionnaire doit poser le problème du droit des nations à disposer
            d’elles-mêmes</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">162</note> 5. Le marxisme et le proudhonisme
            dans la question nationale</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">163</note> 6. Trois types de pays par rapport
            au droit des nations à disposer d’elles-mêmes</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">165</note> 7. Le social-chauvinisme et le
            droit des nations à disposer d’elles-mêmes</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">166</note> 8. Les tâches concrètes du
            prolétariat dans le proche avenir</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">167</note> 9. L’attitude de la
            social-démocratie russe et polonaise et de la 2<hi rend="ordinal">e</hi>
            internationale envers le droit des nations à disposer d’elles-mêmes</p>
          </div>

          <div xml:id="Len22PropositionComiteCentral2">
            <head>
              La proposition du comité central du P.O.S.D.R. à la 2<hi rend="ordinal">e</hi> conférence socialiste
            </head>
            <p rend="publie">Février-mars 1916. <title>Œuvres</title>, tome 22,
            p. 183‑194.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len22p189deuxtiers">
                <p rend="alinea">[…] les socialistes, d’une manière générale, sont favorables à
                la suppression des frontières entre les nations et à la formation d’États plus
                importants […] (P. 189, ⅔.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len22ImperialismeStadeSupreme">
            <head><title>L’impérialisme, stade suprême du capitalisme :
            <lb/>Essai de vulgarisation</title></head>
            <p rend="publie">Rédigé de janvier à juin 1916. Publié pour la première
            fois en 1917. <title>Œuvres</title>, tome 22, p. 201‑327.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">203</note> Préface</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">205</note> Préface aux éditions française et
            allemande</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">213</note> I. La concentration de la
            production et les monopoles</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">228</note> II. Les banques et leur nouveau
            rôle</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">245</note> III. Le capital financier et
            l’oligarchie financière</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">260</note> IV. L’exportation des capitaux</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">265</note> V. Le partage du monde entre les
            groupements capitalistes</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">274</note> VI.Le partage du monde entre les
            grandes puissances</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">286</note> VII. L’impérialisme, stade
            particulier de capitalisme</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">297</note> VIII. Le parasitisme et la
            putréfaction du capitalisme</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len22p302unquart">
                <p rend="alinea">« Telles sont les possibilités que nous offre une plus
                large alliance des États d’Occident, une fédération européenne des grandes
                puissances : loin de faire avancer la civilisation universelle, elle
                pourrait signifier un immense danger de parasitisme occidental aboutissant à
                constituer un groupe à part de nations industrielles avancées, dont les classes
                supérieures recevraient un énorme tribut de l’Asie et de l’Afrique et
                entretiendraient, à l’aide de ce tribut, de grandes masses domestiquées
                d’employés et de serviteurs, non plus occupées à produire en grandes quantités
                des produits agricoles et industriels, mais rendant des services privés ou
                accomplissant, sous le contrôle de la nouvelle aristocratie financière, des
                travaux industriels de second ordre. » (Lénine cite Hobson.
                P. 302, ¼.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len22p303haut">
                <p rend="alinea">L’auteur a parfaitement raison : <emph>si</emph> les forces
                de l’impérialisme ne rencontraient pas de résitance, elles aboutiraient
                précisément à ce résultat. (P. 303, haut.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len22p303undemi">
                <p rend="alinea">L’opportuniste allemand Gerhard Hildebrand, qui fut en son
                temps exclu du parti pour avoir défendu l’impérialisme et qui pourrait être
                aujourd’hui le chef du parti dit « social-démocrate » d’Allemagne,
                complète fort bien Hobson en préconisant la formation des « États-Unis
                d’Europe occidentale (sans la Russie) en vue d’actions « communes »…
                contre les Noirs d’Afrique, contre le « grand mouvement islamique »,
                pour l’entretien « d’une armée et d’une flotte puissantes » contre la
                « coalition sino-japonaise », etc. (P. 303, ½.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">307</note> IX. La critique de
            l’impérialisme</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">322</note> X. La place de l’impérialisme dans
            l’histoire</p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome23" type="level1_tome" n="23">
          <head>
            Lénine,
            <title>Œuvres</title>,
            tome 23
          </head>

          <div xml:id="Len23CaricatureDuMarxisme">
            <head>
              Une caricature du marxisme
              <lb/>et à propos de l’ « économisme impérialiste »
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Rédigé d’août à octobre 1916.
              Publié pour la première fois en 1924.
              <title>Œuvres</title>, tome 23, p. 27‑83.
            </bibl>

            <p rend="tm1">
              1.
              L’attitude marxiste au sujet des guerres et de la « défense de la patrie »
            </p>
            <bibl rend="publie">P. 29.</bibl>

            <p rend="tm1">
              2.
              « Notre conception de la nouvelle époque »
            </p>
            <bibl rend="publie">P. 36.</bibl>

            <p rend="alinea">
              De fait, pour les grandes nations de l’Europe de l’Ouest,
              l’époque des luttes nationales, de la formation des États modernes est celle de 1789‑1871.
              Ça ne veut pas dire qu’il ne peut plus y avoir de lutte de libération nationale
              et que seules sont possibles des guerres impérialistes dans la « nouvelle époque » présente.
              Une « époque » n’est pas une détermination absolue.
            </p>
            <p rend="alinea">
              En fait, il y a « trois types différents de pays :
              les pays avancés de l’Europe de l’Ouest (et de l’Amérique), où le mouvement national appartient au <emph>passé</emph>
              […]
              l’Europe de l’Est, où il appartient au <emph>présent</emph>
              [… et]
              les semi-colonies et les colonies où il appartient, dans une large mesure à <emph>l’avenir</emph> ».
              (« <ref target="#RevolutionEtDroitDesNations">La révolution socialiste
              et le droit des nations à disposer d’elles-mêmes</ref> », thèse 6.
              C’est Lénine qui souligne.)
            </p>

            <p rend="tm1">
              3.
              Qu’est-ce que l’analyse économique ?
            </p>
            <bibl rend="publie">P. 41.</bibl>

            <p rend="alinea">
              À propos de « l’impossibilité de réalisation », il ne faut pas mélanger l’économique et le politique.
              En gros, l’impérialisme c’est,
              économiquement, le passage de la libre concurrence au monopole
              et, politiquement, de la démocratie à la réaction (et pas seulement en politique extérieure).
              L’impérialisme peut conquérir économiquement de nouveaux marchés, sans annexions.
            </p>

            <p rend="tm1">
              4.
              L’exemple de la Norvège
            </p>
            <bibl rend="publie">P. 50.</bibl>

            <p rend="alinea">
              Le fait que la séparation soit contraire au développement ne la rend pas économiquement impossible.
              Politiquement, il faut défendre le <emph>droit</emph> des nations à la libre disposition.
            </p>

            <p rend="tm1">
              5.
              Du « monisme » et du « dualisme »
            </p>
            <bibl rend="publie">P. 58.</bibl>

            <p rend="alinea">
              Dans le couple nation oppressive/nation opprimée, la différence objective de situation,
              la ligne de masse et l’unité imposent de tenir deux discours différents.
            </p>
            <p rend="alinea">
              Le développement inégal du capitalisme exclut d’attendre une révolution mondiale simultanée.
              Il y a convergence de la révolution socialiste dans les pays développés
              et de la révolution nationale et démocratique dans les pays moins avancés.
            </p>

            <p rend="tm1">
              6.
              Les autres questions politiques abordées et dénaturées par P. Kievski
            </p>
            <bibl rend="publie">P. 69.</bibl>

            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>parti ouvrier, doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et classes</term>
              </index>❦ parti ouvrier, doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et classes
              <index><term>classe, le parti ouvrier doit s’intéresser aux luttes de tous les groupes et —</term></index>
              <index><term>peuple, le parti ouvrier doit s’intéresser aux luttes du — tout entier</term></index>
              <index><term>programme minimum</term></index>❦ programme minimum
              <index>
                <term>réforme réalisable, démocratique, politique, pas économique</term>
              </index>❦ réforme réalisable, démocratique, politique, pas économique
              <index><term>violence, contre</term></index>❦ violence, contre
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p69deuxtiers">
                <p rend="alinea">
                  <pb xml:id="Len23p69deux3" n="69 ⅔"/>Seuls les « économistes » de triste mémoire
                  pensaient que les « mots d’ordre d’un parti ouvrier » étaient proclamés <emph>exclusivement</emph> à l’intention des ouvriers.
                  Non, ces mots d’ordre sont proclamés pour l’ensemble de la population laborieuse, pour le peuple tout entier.
                  Dans la partie démocratique de notre programme, à l’importance de laquelle P. Kievski n’a « pas du tout » réfléchi,
                  nous nous adressons spécialement au peuple tout entier, et c’est pourquoi nous y parlons du « peuple ».
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Prolétariat des pays moins développés. Pour l’unité et le droit à la libre disposition.
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p75undemi">
                <p rend="alinea">
                  <index><term>violence à l’égard des hommes, pas dans notre idéal</term></index>
                  Bien entendu, il est infiniment plus probable que même dans les petits États
                  le socialisme <emph>ne</emph> se réalisera <emph>pas</emph> sans guerre civile,
                  et c’est pourquoi l’<emph>unique</emph> programme de la social-démocratie internationale
                  doit être la reconnaissance de cette guerre,
                  bien que dans notre idéal il n’y ait pas de place pour la violence à l’égard des hommes.
                  (P. 75, ½.)
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p78unquart">
                <p rend="alinea">La différence entre les mots d’ordre « niant » ou
                stigmatisant les tares <emph>politiques</emph> et ceux relatifs aux tares
                <emph>économiques</emph> a complètement échappé à P. Kievski. Cette différence est
                que certaines tares économiques sont inhérentes au capitalisme en général,
                quelles que soient les superstructures politiques dont il est coiffé,
                qu’anéantir ces tares sans anéantir le capitalisme est économiquement
                <emph>impossible</emph> et qu’on ne petit citer aucun exemple prouvant le contraire.
                Par contre, les tares politiques consistent dans des atteintes au démocratisme,
                qui est parfaitement possible, du point de vue économique, « sur la base du
                régime existant », c’est-à-dire à l’époque du capitalisme, et qui se
                réalise sous ce régime, à titre exceptionnel, partiellement dans un État,
                partiellement dans un autre. (P. 78, ¼.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p xml:id="LenNecessiteDroitsDems" rend="alinea">Comparaison avec le divorce
            (p. 78 ½) et autres droits démocratiques. Différence entre un droit
            démocratique et les conditions de son exercice (p. 79, haut). Utilité de la
            démocratie et nécessité de lutter pour les droits démocratiques avant la
            révolution socialiste.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p79unquart">
                <p rend="alinea">Cette objection atteste l’incompréhension la plus totale du
                rapport entre la démocratie <emph>en général</emph> et le capitalisme. Ce qui est
                habituel en régime capitaliste, non pas en tant que cas isolés, mais en tant que
                phénomène typique, ce sont des conditions qui rendent impossible aux classes
                opprimées la « réalisation » de leurs droits démocratiques. Dans la
                majorité des cas, le droit au divorce demeure irréalisable en régime
                capitaliste, car le sexe opprimé y est économiquement écrasé, car la femme, en
                régime capitaliste, demeure, quel que soit le système de démocratie, une
                « esclave domestique », confinée dans la chambre à coucher, la chambre
                des enfants, la cuisine. Le droit d’élire « ses » juges populaires,
                « ses » fonctionnaires, « ses » instituteurs,
                « ses » jurés, etc., est également dans la majorité des cas
                irréalisable en régime capitaliste, du fait précisément de l’oppression
                économique qui pèse sur les ouvriers et les paysans. Même chose pour la
                république démocratique : notre programme la « proclame », en
                tant qu’« autocratie du peuple » bien que tous les social-démocrates
                sachent parfaitement que la république la plus démocratique, en régime
                capitaliste, ne mène qu’à la corruption des fonctionnaires par la bourgeoisie et
                à une alliance entre la Bourse et le gouvernement.
                (P. 79, ¼.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>démocratie, rend la lutte des classes plus claire</term>
              </index>❦ démocratie, rend la lutte des classes plus claire
              <index><term>divorce</term></index>❦ divorce
              <index>
                <term>femme, « esclavage domestique » et capitalisme</term>
              </index>❦ femme, « esclavage domestique » et capitalisme
              <index>
                <term>droit démocratique, sans la lutte pour les — le socialisme est impossible</term>
              </index>❦ droit démocratique, sans la lutte pour les — le socialisme est impossible
              <index>
                <term>droit démocratique, lutter pour en démasquer les limites sous le capitalisme</term>
              </index>❦ droit démocratique, lutter pour en démasquer les limites sous le capitalisme
              <index>
                <term>droit démocratique, possibilité de réalisation</term>
              </index>❦ droit démocratique, possibilité de réalisation
              <index><term>démocratie, possibilité de réalisation</term></index>
              <index>
                <term>démocratie, sans la lutte pour la — le socialisme est impossible</term>
              </index>
              <index>
                <term>démocratie, sans — le socialisme ne peut pas se maintenir ni conduire au communisme</term>
              </index>❦ démocratie, sans — le socialisme ne peut pas se maintenir ni conduire au communisme
              <index><term>programme maximum</term></index>❦ programme maximum
              <index><term>question nationale</term></index>❦ question nationale
              <index><term>libre disposition des nations</term></index>❦ libre disposition des nations
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p79troisquart">
                <p rend="alinea">Seuls des gens absolument dépourvus de réflexions ou
                absolument ignorants du marxisme en tirent cette conclusion : ainsi donc,
                la république ne sert à rien, la liberté du divorce ne sert à rien, la
                démocratie ne sert à rien, la libre disposition des nations ne sert à
                rien ! Les marxistes, eux, savent que la démocratie <emph>n</emph>’élimine
                <emph>pas</emph> l’oppression de classe, mais rend seulement la lutte des classes
                plus claire, plus ample, plus ouverte, plus accusée ; c’est ce qu’il nous
                faut. <pb xml:id="Len23p79fin80haut" n="80"/>Plus la liberté du
                divorce est complète, et plus il est évident pour la femme que la source de son
                « esclavage domestique » est le capitalisme, et non l’absence de
                droits. Plus le régime est démocratique, et plus il est évident pour les
                ouvriers que l’origine du mal est le capitalisme, et non l’absence de droits.
                Plus l’égalité en droit des nations est complète (et elle <emph>n</emph>’est
                <emph>pas</emph> complète sans la liberté de séparation), et plus il est évident
                pour les ouvriers de la nation opprimée que tout tient au capitalisme, et non à
                l’absence de droits. Et ainsi de suite. (Pp. 79‑80.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p80fin81haut">
                <p rend="alinea"><emph>Toute</emph> la « démocratie » consiste dans la
                proclamation et dans la réalisation de « droits » difficilement
                réalisables et d’une façon très conditionnelle en régime capitaliste ; mais
                sans cette proclamation, sans que la lutte pour les droits soit menée
                immédiatement et sans délai, sans que les masses soient éduquées dans l’espoir
                d’une telle lutte, le socialisme est <emph>impossible</emph>. (pp 80‑81.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p81unquart">
                <p rend="alinea">En fait, son argumentation <emph>[à P. Kievski]</emph> se ramène à
                ceci : la révolution socialiste résoudra tout ! Ou, comme le disent
                parfois les partisans des conceptions de P. Kievski : en régime
                capitaliste, la libre disposition est impossible, en régime socialiste, elle est
                superflue.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p81undemi">
                <p rend="alinea">C’est là une conception absurde du point de vue théorique, et
                chauvine du point de vue de la politique pratique. L’adopter, c’est ne rien
                comprendre à la signification de la démocratie. Le socialisme est impossible
                sans la démocratie dans les deux sens suivants : (1) le prolétariat ne peut
                pas accomplir la révolution socialiste s’il ne s’y prépare pas en luttant pour
                la démocratie ; (2) le socialisme victorieux ne pourra pas maintenir sa
                victoire et conduire l’humanité vers le dépérissement de l’État sans réaliser
                complètement la démocratie. C’est pourquoi, lorsqu’on dit : la libre
                disposition est superflue en régime socialiste, on énonce la même absurdité, on
                tombe dans la même déplorable confusion que si l’on disait : en régime
                socialiste, la démocratie est superflue. (P. 81, ¼.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p81troisquart">
                <p rend="alinea">La révolution économique crée les prémisses indispensables à
                l’abolition de <emph>toutes</emph> les formes d’oppression politique. C’est pourquoi
                précisément il est illogique et erroné d’invoquer la révolution économique alors
                que la question posée est celle de savoir <emph>comment</emph> anéantir l’oppression
                nationale. On ne peut l’anéantir sans révolution économique. C’est
                incontestable. Mais <emph>se contenter</emph> de cette affirmation, c’est tomber
                dans un ridicule et lamentable « économisme » impérialiste.
                (P. 81, ¾.)</p>
              </quote>
            </cit>

            <p rend="tm1">
              7.
              Conclusion. Les procédés d’Alexinski
            </p>
            <bibl rend="publie">P. 82.</bibl>

            <cit>
              <quote xml:id="Len23p82undemi">
                <p rend="alinea">Tout le reste [de P. Kievski] est une espèce de confusion
                inextricable, truffée de phrases dans le genre de : […] « Ce n’est pas
                de chartes et de droits qu’il s’agira, ni de la proclamation de la liberté des
                peuples, mais de l’instauration de rapports véritablement libres, de la
                destruction de l’esclavage séculaire, de l’abolition de l’oppression sociale en
                général et de l’oppression nationale en particulier ».
                (P. 82 ½.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len23ProgrammeMilitaire">
            <head>Le programme militaire de la révolution prolétarienne</head>
            <p rend="publie">Rédigé en septembre 1916. Publié en septembre 1917.
            <title>Œuvres</title>, tome 23, p. 84‑96.</p>
            <p rend="alinea">Guerres justes, guerres injustes.</p>
            <p rend="alinea">Le socialisme dans un seul pays (p. 86, ½).</p>
            <p rend="alinea">« Toute guerre n’est que la continuation de la politique
            par d’autres moyens. » (p. 87, l. –9.)</p>
          </div>

          <div xml:id="Len23ImperialismeEtScission">
            <head>L’impérialisme et la scission du socialisme</head>
            <p rend="publie">Rédigé en octobre 1916. Publié en décembre 1916.
            <title>Œuvres</title>, tome 23, p. 116‑132.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len23p121deuxtiers">
                <p rend="alinea">Le social-libéral Hobson ne voit pas que cette
                « résistance » [à une alliance impérialiste européenne] <emph>ne</emph>
                peut être opposée <emph>que</emph> par le prolétariat révolutionnaire, et
                <emph>seulement</emph> sous la forme d’une révolution sociale.
                (P. 121, ⅓.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Sur la base économique de l’aristocratie ouvrière (p. 126,
            « Deuxièmement. »)</p>
            <p rend="alinea">« […] les institutions politiques du capitalisme moderne —
            la presse, le Parlement, les syndicats, les congrès, etc. — […] »
            (p. 129, l. 1). En disant « institutions » Lénine
            considère-t-il que cela fait partie de l’État ? Comparer « appareils
            idéologiques d’État » chez Althusser et d’autres.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len23TachesZimmerwaldiensGauche">
            <head>Les tâches des zimmerwaldiens de gauche dans le parti
            social-démocrate suisse</head>
            <p rend="publie">Rédigé fin octobre, début novembre 1916. Publié en 1918 en
            brochure en français. <title>Œuvres</title>, tome 23, p. 150‑162.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">151</note> I. Attitude envers la guerre et le
            gouvernement bourgeois en général</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">152</note> II. Cherté de la vie et situation
            économique intolérable des masses</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">155</note> III. Réformes démocratiques
            particulièrement urgentes et utilisation de la lutte politique et du
            parlementarisme</p>
            <p rend="alinea">17. Égalité de droits pour les femmes.</p>
            <p rend="alinea">18. Naturalisation obligatoire et gratuite après trois mois de
            séjour.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">156</note> IV. Objectifs immédiats de la
            propagande, de l’agitation et de l’organisation du parti</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">160</note> V. Tâches internationales des
            social-démocrates suisses</p>
          </div>
        </div>
        <!-- début de fichier inclus Lentome24.xml --><div xml:id="Lentome24" type="level1_tome" n="24">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 24
          </head>
          <p rend="alinea">
            (J’avais mis ici par erreur <title>L’État et la révolution</title>.
            C’est <ref target="#Len25EtatRevolution">dans le tome 25</ref>.)
          </p>

          <div xml:id="Len24tachesProletariatPresenteRevolution">
            <head>
              Les tâches du prolétariat dans la présente révolution
            </head>
            <bibl rend="publie">
              (« Thèses d’avril ») avril 1917. <title>Œuvres</title>, tome 24, p. 9‑16.
            </bibl>
          </div>

          <div xml:id="Len24TextRevProgParti">
            <head>
              Textes pour la révision du programme du parti
            </head>
            <bibl rend="publie">
              <title>Œuvres</title>, tome 24, p. 467-493.
            </bibl>
            <div xml:id="Len24TextRevProgParti3">
              <head>
                3<lb/>
                Considérations sur les remarques de la commission de la conférence de Russie tenue en avril
              </head>
              <bibl rend="publie">
                <title>Œuvres</title>, tome 24, p. 477-478.
              </bibl>
              <p rend="alinea">
                Ce texte peu connu est difficile à trouver en ligne. (Si on le connaît, il suffit
                bien sûr d’ouvrir le tome 24.) La dernière phrase du passage repris ci-dessous est
                citée par Louis Ségal à la fin du <ref target="../Segal/paragraphes/chap11sec01transitoire.html">dernier paragraphe (« Sur le
                caractère transitoire du capitalisme monopoliste ») de la première section du
                chapitre 11</ref> de ses <title>Principes d’économie politique</title>, mais avec
                une référence pratiquement inaccessible aujourd’hui (<title>Œuvres</title> de
                Lénine en 1928.). Leontiev cite exactement la même phrase au chapitre 9 de
                <title>Political Economy</title> repris en <ref target="https://leftspot.wordpress.com/2012/07/27/leontiev-imperialism-the-eve-of-the-socialist-revolution-of-the-proletariat/">leftspot.wordpress.com/2012/07/27/leontiev-imperialism-the-eve-of-the-socialist-revolution-of-the-proletariat/</ref>
                La phrase en anglais m’a permis de trouver <ref target="https://archive.org/details/leninvolumexx027631mbp">le texte du volume 20 de
                1929</ref> des <title>Collected Works</title> de Lénine en anglais et par là
                d’identifier le texte d’où elle est extraite.
              </p>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>impérialisme, capitalisme sur son déclin</term>
                </index>❦ impérialisme, capitalisme sur son déclin
                <index><term>impérialisme, agonie, faillite, révolution</term></index>
                <index>
                  <term>faillite de l’impérialisme : révolution socialiste</term>
                </index>❦ faillite de l’impérialisme : révolution socialiste
                <index><term>révolution socialiste, faillite de l’impérialisme</term></index>
                <index><term>principe, — contradictoires de l’impérialisme : concurrence et monopole</term></index>
                <index><term>contradiction de l’impérialisme : concurrence et monopole</term></index>
                <index>
                  <term>concurrence et monopole, contradiction de l’impérialisme</term>
                </index>❦ concurrence et monopole, contradiction de l’impérialisme
                <index><term>monopole et concurrence, contradiction de l’impérialisme</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    À propos de ces remarques sur la partie générale du programme, je dois faire
                    observer ce qui suit :
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    À mon avis, il n’est pas nécessaire de réviser toute la partie générale du
                    programme. Le plan de cette révision, esquissé par la commission, me parait
                    théoriquement erroné <note xml:id="Len24TextRevProgParti2" place="bottom">
                      En fait Lénine n’attaque pas en lui-même le texte proposé, mais le plan qui
                      prévoit de supprimer du programme l’exposé de la concurrence et du marché.
                      Lénine demande qu’on maintienne l’exposé de la concurrence et du marché et
                      qu’on <emph>ajoute</emph> le texte sur l’impérialisme (que l’on retrouve
                      effectivement dans <ref target="#Len24TextRevProgParti4">le texte
                      résultant</ref>).
                      <!-- <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Le capitalisme mondial en est arrivé aujourd’hui, approximativement
                          depuis le début du 20<hi rend="ordinal">e</hi> siécle, au stade
                          impérialiste. L’impérialisme ou époque du capital financier est ce haut
                          niveau de développement de l’économie capitaliste où les associations
                          monopolistes (syndicats patronaux, cartels, trusts) ont acquis une
                          importance décisive, où le capital bancaire parvenu à un degré extrême
                          de concentration a fusionné avec le capital industriel, où l’exportation
                          du capital dans les pays étrangers a revêtu de très grandes proportions,
                          où l’univers est déjà territorialement divisé entre les pays les plus
                          riches et où le partage économique du monde entre les trusts
                          internationaux a commencé.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Les guerres impérialistes, c’est-à-dire les guerres pour la domination du
                          monde, pour les marchés du capital bancaire, pour l’étranglement des
                          nationalités petites et faibles, sont inévitables dans cette conjoncture.
                          Et telle est précisément la première grande guerre impérialiste, celle de
                          1914-1917.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Le degré exceptionnellement élevé de développement du capitalisme mondial
                          en général ; la substitution du capitalisme monopoliste à la libre
                          concurrence ; la formation <pb xml:id="Len24p472" n="472"/>par les
                          banques, et aussi par les associations de capitalistes, d’un appareil de
                          réglementation sociale de la production et de la répartition ; la hausse
                          des prix et l’oppression croissante de la classe ouvrière par les
                          syndicats patronaux, en fonction du développement des monopoles
                          capitalistes, ainsi que les immenses difficultés de la lutte économique
                          et politique de la classe ouvrière ; les horreurs, les calamités, la
                          ruine, la barbarie engendrées par la guerre impérialiste, c’est ce qui
                          fait que le capitalisme, au degré actuel de son évolution, devient l’ère
                          de la révolution prolétarienne, socialiste.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Cette ère s’est ouverte.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Seule la révolution prolétarienne, socialiste, peut sortir l’humanité de
                          l’impasse créée par l’impérialisme et par les guerres impérialistes.
                          Quels que soient les difficultés de la révolution et ses échecs
                          temporaires éventuels, ou les vagues de la contre-révolution, la victoire
                          finale du prolétariat est inéluctable.
                        </p>
                        <p rend="alinea">
                          Aussi les conditions objectives mettent-elles à l’ordre du jour de
                          l’époque que nous vivons la préparation directe du prolétariat, dans tous
                          les domaines, à la conquête du pouvoir politique pour l’application des
                          mesures économiques et politiques qui constituent le fond même de la
                          révolution socialiste.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        <title>Ibid.</title> 2 Projet de modification des parties théorique,
                        politique et de quelques autres parties du programme, p. 471-472.
                      </bibl>
                    </cit> -->
                    </note>.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Dans sa rédaction actuelle, la partie générale du programme donne la
                    description et l’analyse des particularités essentielles du capitalisme, en
                    tant que régime économique et social. Ces particularités <emph>ne</emph> sont
                    <emph>pas</emph> radicalement modifiées par l’impérialisme, époque du capital
                    financier. L’impérialisme est la continuation de l’évolution du capitalisme,
                    son stade suprême, qui constitue à certains égards la transition vers le
                    socialisme.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Pour cette raison, j’estime qu’en ajoutant l’analyse de l’impérialisme à celle
                    des particularités essentielles du capitalisme en général, on n’a pas procédé
                    mécaniquement. À la vérité, l’impérialisme ne rebâtit pas <emph>et ne peut pas
                    rebâtir</emph> le capitalisme de la base au sommet. L’impérialisme complique et
                    accentue les contradictions du capitalisme, « enchevêtre » les monopoles et la
                    libre concurrence, mais <emph>ne peut pas éliminer</emph> l’échange, le marché,
                    la concurrence, les crises, etc.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    L’impérialisme est le capitalisme sur son déclin, mais ce déclin n’est pas
                    achevé. L’impérialisme agonise, mais il n’est pas mort. Il est essentiellement
                    caractérisé, non par <pb xml:id="Len24p478" n="478"/>de purs monopoles, mais
                    par la coexistence des monopoles avec l’échange, le marché, la concurrence,
                    les crises.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Aussi est-il théoriquement erroné d’éliminer l’analyse de l’échange, de la
                    production marchande, des crises, etc., en général pour y « substituer » celle
                    de l’impérialisme considéré <emph>comme un tout</emph>. Car ce tout, n’existe
                    pas. Il y a une <emph>transition</emph> de la concurrence au monopole ; le
                    programme sera beaucoup plus juste et correspondra mieux à la réalité, si l’on
                    y maintient l’analyse générale de l’échange, de la production marchande,
                    des crises, etc., en y ajoutant une définition des monopoles <emph>en
                    développement</emph>. C’est justement cette conjonction de deux « principes »
                    contradictoires, la concurrence et le monopole, qui caractérise l’impérialisme ;
                    c’est justement [elle] qui prépare la faillite de l’impérialisme, c’est-à-dire
                    la révolution socialiste.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>
                </bibl>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="Len24TextRevProgParti4">
              <head>
                4<lb/>
                À propos du projet de révision du programme<lb/>
                Textes ancien et nouveau
              </head>
              <bibl rend="publie">
                <title>Œuvres</title>, tome 24, p. 479-493.
              </bibl>
              <p rend="alinea">
                Voici le texte nouveau sur lequel portait <ref target="#Len24TextRevProgParti3">la
                discussion qui précède</ref>.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Le capitalisme mondial en est arrivé aujourd’hui, approximativement depuis
                    le début du 20<hi rend="ordinal">e</hi> siécle, au stade impérialiste.
                    L’impérialisme ou époque du capital financier est ce haut niveau de
                    développement de l’économie capitaliste où les associations monopolistes
                    (syndicats patronaux, cartels, trusts) out acquis une importance décisive,
                    où le capital bancaire, parvenu à un degré extrême de concentration, a
                    fusionné avec le capital industriel, où l’exportation du capital dans les pays
                    étrangers a revêtu de très grandes proportions, où l’univers est déjà
                    territorialement divisé entre les pays les plus riches et où le partage
                    économique du monde entre les trusts internationaux a commencé.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Les guerres impérialistes, c’est-à-dire les guerres pour la domination du monde,
                    pour les marchés du capital bancaire, pour l’étranglement des nationalités
                    petites et faibles, sont inévitables dans cette conjoncture. Et telle est
                    précisément la première grande guerre impérialiste, celle de 1914-1917.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Le degré exceptionnellement élevé de développement du capitalisme mondial en
                    général ; la substitution du capitalisme monopoliste à la libre concurrence ;
                    la formation par les banques, et aussi par les associations de capitalistes,
                    d’un appareil de réglementation sociale de la production et de la répartition ;
                    la hausse des prix et l’oppression croissante de la classe ouvrière par les
                    syndicats patronaux, en fonction du développement des monopoles capitalistes,
                    ainsi que les immenses difficultés de la lutte économique et politique de la
                    classe ouvrière ; les horreurs, les calamités, la ruine, la barbarie engendrées
                    par la guerre impérialiste, — c’est ce qui fait que le capitalisme, <pb xml:id="Len24p483" n="483"/>au degré actuel de son évolution, devient l’ère de la
                    révolution prolétarienne, socialiste.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Cette ère s’est ouverte.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Seule la révolution prolétarienne, socialiste, peut sortir l’humanité de
                    l’impasse créée par l’impérialisme et par les guerres impérialistes. Quels que
                    soient les difficultés de la révolution et ses échecs temporaires éventuels, ou
                    les vagues de la contre-révolution, la victoire finale du prolétariat est
                    inéluctable.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Aussi les conditions objectives mettent-elles à l’ordre du jour de l’époque que
                    nous vivons la préparation directe du prolétariat, dans tous les domaines, à la
                    conquête du pouvoir politique pour l’application des mesures économiques et
                    politiques qui constituent le fond même de la révolution socialiste.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 482-483.</bibl>
              </cit>
            </div>
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus Lentome24.xml -->
        <!-- début de fichier inclus Lentome25.xml --><div xml:id="Lentome25" type="level1_tome" n="25">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 25 (juin à septembre 1917)
          </head>

          <div xml:id="Len25cataconjure">
            <head>
              La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer
            </head>
            <p rend="alinea">
              Un monopole capitaliste d’État, s’il s’agit d’un État démocratique révolutionnaire, préfigure le socialisme.
              Ensuite, avec le passage à un État socialiste, ce monopole d’État cesse d’être capitaliste et c’est ça le socialisme.
            </p>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>État démocratique révolutionnaire</term></index>
                      <index><term>démocratique, État — révolutionnaire</term></index>
                      <index><term>révolutionnaire, État démocratique —</term></index>
                      <index><term>capitalisme monopoliste d’État, vers le socialisme</term></index>
                      Eh bien, essayez un peu de substituer à l’État des capitalistes et des hobereaux,
                      à l’État des capitalistes et des grands propriétaires fonciers,
                      l’État <emph>démocratique révolutionnaire</emph>,
                      c’est-à-dire un État qui détruise révolutionnairement tous les privilèges quels qu’ils soient,
                      qui ne craigne pas d’appliquer révolutionnairement le démocratisme le plus complet.
                      Et vous verrez que dans un État véritablement démocratique et révolutionnaire,
                      le capitalisme monopoliste d’État signifie inévitablement, infailliblement,
                      un pas, ou des pas en avant vers le socialisme !
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Car, si une grande entreprise capitaliste devient monopole, c’est qu’elle dessert le peuple entier.
                      Si elle est devenue monopole d’État, c’est que l’État
                      (c’est-à-dire l’organisation armée de la population et, en premier lieu, des ouvriers et des paysans,
                      si l’on est en régime démocratique révolutionnaire) dirige toute l’entreprise. Dans l’intérêt de qui ?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Ou bien dans l’intérêt des grands propriétaires fonciers et des capitalistes ;
                      et nous avons alors un État non pas démocratique révolutionnaire,
                      mais bureaucratique réactionnaire, une république impérialiste.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Ou bien dans l’intérêt de la démocratie révolutionnaire ;
                      et alors c’est ni plus ni moins un pas vers le socialisme.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      <index><term>monopole capitaliste d’État, vers le socialisme</term></index>
                      <index><term>socialisme, monopole capitaliste d’État pour le peuple</term></index>
                      Car le socialisme n’est autre chose que l’étape immédiatement consécutive au monopole capitaliste d’État.
                      Ou encore : le socialisme n’est autre chose que le monopole capitaliste d’État mis au service du peuple entier
                      et qui, pour autant, a cessé d’être un monopole capitaliste.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/09/vil19170910k.htm">www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/09/vil19170910k.htm</ref>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 36.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Nu moet men eens proberen de staat van jonkers en kapitalisten, de staat van landheren en kapitalisten
                      te vervangen door de revolutionair-democratische staat,
                      d.w.z. een staat die op revolutionaire manier alle privileges afschaft,
                      die er niet voor terugschrikt langs revolutionaire weg de democratie volledig te verwezenlijken.
                      Men zal dan zien dat het staatsmonopolistische kapitalisme in een werkelijk revolutionair-democratische staat
                      onontkoombaar en onvermijdelijk een stap in de richting van het socialisme betekent, ja zelfs meer dan een!
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Want wanneer een kapitalistische reuzenonderneming een monopolie wordt, dan betekent dit dat ze het gehele volk bedient.
                      Als dit monopolie staatsmonopolie geworden is, dan betekent dit dat de staat
                      (d.w.z. de gewapende organisatie van de bevolking, in de eerste plaats van de arbeiders en boeren,
                      vooropgesteld dat er een revolutionaire democratie is) de hele onderneming leidt — in wiens belang?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Ofwel in het belang van de landheren en kapitalisten; in dat geval gaat het niet om een revolutionair-democratische,
                      maar om een reactionair-bureaucratische staat, om een imperialistische republiek;
                      ofwel in het belang van de revolutionaire democratie; in dat geval is het inderdaad een stap naar het socialisme.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Want het socialisme is niets anders dan de volgende stap voorwaarts voorbij aan het staatskapitalistische monopolie.
                      Of met andere woorden: het socialisme is niets anders dan het staatskapitalistische monopolie
                      dat ten bate van het gehele volk wordt toegepast en daardoor heeft opgehouden een kapitalistisch monopolie te zijn.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/nederlands/lenin/1917/catastrofe/11.htm">www.marxists.org/nederlands/lenin/1917/catastrofe/11.htm</ref>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Now try to substitute for the Junker-capitalist state, for the landowner-capitalist state,
                      a revolutionary-democratic state, i.e., a state which in a revolutionary way abolishes all privileges
                      and does not fear to introduce the fullest democracy in a revolutionary way.
                      You will find that, given a really revolutionary-democratic state,
                      state-monopoly capitalism inevitably and unavoidably implies a step,
                      and more than one step, towards socialism!
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      For if a huge capitalist undertaking becomes a monopoly, it means that it serves the whole nation.
                      If it has become a state monopoly, it means that the state
                      (i.e., the armed organisation of the population, the workers and peasants above all, provided there is revolutionary democracy)
                      directs the whole undertaking. In whose interest?
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Either in the interest of the landowners and capitalists,
                      in which case we have not a revolutionary-democratic, but a reactionary-bureaucratic state, an imperialist republic.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Or in the interest of revolutionary democracy — and then it is a step towards socialism.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      For socialism is merely the next step forward from state-capitalist monopoly.
                      Or, in other words, socialism is merely state-capitalist monopoly
                      which is made to serve the interests of the whole people and has to that extent ceased to be capitalist monopoly.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>
                    <ref target="https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1917/ichtci/11.htm#v25zz99h-360">www.marxists.org/archive/lenin/works/1917/ichtci/11.htm#v25zz99h-360</ref>
                  </bibl>
                </cit>
              </item>
            </list>
          </div>

          <div xml:id="Len25EtatRevolution">
            <head>
              L’État et la révolution :
              <lb/>La doctrine marxiste de l’État
              et les tâches du prolétariat dans la révolution
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Rédigé en août-septembre 1917 et en décembre 1918.
              <title>Œuvres</title>, tome 25, p. 413‑531.
            </bibl>
            <p rend="tm2"><note place="margin">415</note> Préface à la première édition</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">416</note> Préface à la deuxième édition</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">417</note> Chapitre premier. La société de
            classes et l’État</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">417</note> 1. L’État, produit de
            contradictions de classes inconciliables</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>Marx, récupération</term></index>❦ Marx, récupération
              <index><term>récupération, de Marx</term></index>
              <index><term>récupération, des penseurs révolutionnaires et chefs de classes opprimées</term></index>
              <index><term>penseur révolutionnaire, récupération</term></index>❦ penseur révolutionnaire, récupération
              <index><term>chef de classe opprimée, récupération</term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Il arrive aujourd’hui à la doctrine de Marx
                ce qui est arrivé plus d’une fois dans l’histoire aux doctrines
                des penseurs révolutionnaires et des chefs des classes opprimées
                en lutte pour leur affranchissement. Du vivant des grands révolutionnaires,
                les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions ;
                elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche,
                par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies.
                Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire,
                d’entourer leur <emph>nom</emph> d’une certaine auréole
                afin de « consoler » les classes opprimées et de les mystifier ;
                ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son <emph>contenu</emph>,
                on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire.</p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            <p rend="tm2"><note place="margin">420</note> 2. Détachements spéciaux d’hommes
            armés, prisons, etc.</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">424</note> 3. L’État, instrument
            d’exploitation de la classe opprimée</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">427</note> 4. « Extinction » de
            l’État et révolution violente</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">434</note> Chapitre II. L’État et la
            révolution. L’expérience des années 1848-1851</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">434</note> 1. La veille de la révolution</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">438</note> 2. Le bilan d’une révolution</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">444</note> 3. Comment Marx posait la question
            en 1852</p>
            <p xml:id="Len25EtatRevolutionII-3" rend="invisible">Lénine, L’État et la révolution, II, 3, Œuvres t. 25, p. 445
              <index><term>dictature du prolétariat, le fond même de la doctrine de Marx</term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  L’essentiel, dans la doctrine de Marx, c’est la lutte des classes.
                  C’est ce qu’on dit et c’est ce qu’on écrit très souvent. Mais c’est inexact.
                  […]
                  Celui-là seul est un marxiste qui étend la reconnaissance de la lutte des classes
                  jusqu’à la reconnaissance de la dictature du prolétariat.
                  […]
                  C’est avec cette pierre de touche qu’il faut éprouver
                  la compréhension et la reconnaissance effectives du marxisme.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 445.</bibl>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">447</note> Chapitre III. L’État et la
            révolution. L’expérience de la commune de Paris (1871). Analyse de Marx</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">447</note> 1. En quoi la tentative des
            Communards est-elle héroïque ? 447</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">451</note> 2. Par quoi remplacer la machine
            d’État démolie ?</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">456</note> 3. Suppression du
            parlementarisme</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">462</note> 4. Organisation de l’Unité de la
            Nation</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">465</note> 5. Destruction de l’État
            parasite</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">468</note> Chapitre IV. Suite. Explications
            complémentaires d’Engels</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">468</note> 1. La « Question du
            logement » 468</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">471</note> 2. Polémique avec les
            anarchistes</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">475</note> 3. Lettre à Bebel</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">478</note> 4. Critique du projet de programme
            d’Erfurt</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">485</note> 5. La Préface de 1891 à la Guerre
            civile de Marx</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">491</note> 6. Engels et le dépassement de la
            démocratie</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">494</note> Chapitre V. Les bases économiques
            de l’extinction de l’État</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">494</note> 1. Comment Marx pose la
            question</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">496</note> 2. La transition du capitalisme au
            communisme</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">502</note> 3. Première phase de la société
            communiste</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">505</note> 4. Phase supérieure de la société
            communiste</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">513</note> Chapitre VI. L’avilissement du
            marxisme par les opportunistes</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">513</note> 1. Polémique de Plékhanov avec les
            anarchistes</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">515</note> 2. Polémique de Kautsky avec les
            opportunistes</p>
            <p>note Pannekoek</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">531</note> Postface de la première édition</p>
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus Lentome25.xml -->
        <!-- début de fichier inclus Lentome26.xml --><div xml:id="Lentome26" type="level1_tome" n="26">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 26</head>
          <div xml:id="Len26bolch-pouvoir">
            <head>Les bolchéviks garderont-ils le pouvoir ?</head>
            <bibl rend="publie">
              Écrit à la fin de septembre, terminé le 1<hi rend="ordinal">er</hi> (14) octobre 1917.
              Paru en octobre 1917 dans la revue <title>Prosvéchtchénié</title> n° 1-2.
              Conforme au texte de la revue.
              <title>Œuvres</title>, tome 26, p. 81-134, Paris-Moscou, <ref target="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/bol-pou/vil19171001.htm">www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/10/bol-pou/vil19171001.htm</ref>.
            </bibl>

            <figure rend="floatright margegauche separated">
              <graphic url="cuisine1925Makarychev.jpeg"/>
              <head>
                « Chaque cuisinière
                <lb/>devrait apprendre à gérer l’État. »
                <lb/>Lénine.
              </head>
              <!-- <figDesc>
                <quote>
                « Ne reste pas chez toi assise dans la cuisine
                <lb/>Va aux élections du Soviet.
                <lb/>Auparavant, la travailleuse était dans l’ombre.
                <lb/>Et maintenant, au Soviet, elle décide des affaires. »
                </quote>
                <bibl>Poster de 1925 d’Ilya Pavlovich Makarychev.</bibl>
              </figDesc> -->
            </figure>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Or Marx enseigne, en s’appuyant sur l’expérience de la Commune de Paris, que le
                  prolétariat <emph>ne peut pas</emph> s’emparer tout simplement de la machine d’État
                  toute prête et la mettre en marche pour atteindre ses buts mais que le prolétariat
                  doit <emph>briser</emph> cette machine et la remplacer par une nouvelle. (Je traite
                  cette question avec plus de détails dans une brochure dont la première partie est
                  terminée et qui paraîtra bientôt sous le titre : <ref target="#Len25EtatRevolution"><title>L’État et la révolution : L’enseignement du marxisme
                  sur l’État et les tâches du prolétariat dans la révolution</title></ref>.) Cette
                  nouvelle machine d’État a été créée par la Commune de Paris et en Russie les Soviets
                  de députés ouvriers, soldats et paysans constituent un « appareil d’État » <emph>du
                  même genre</emph>.
                </p>
                <p rend="alinea">[…]</p>
                <p rend="alinea">
                  Le prolétariat <emph>ne</emph> peut <emph>pas</emph> « s’emparer » de l’« appareil
                  d’Etat » et « le faire fonctionner ». Mais il peut <emph>briser</emph> tout ce
                  qu’il y a d’oppresseur, de routinier, d’irrémédiablement bourgeois dans l’ancien
                  appareil d’État et le remplacer par un nouvel appareil, <emph>le sien</emph>. Cet
                  appareil, ce sont les Soviets de députés ouvriers, soldats et paysans. 
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 97</bibl>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  <index><term>gestion de l’État, former les travailleurs, les citoyens pauvres</term></index>
                  <index><term>cuisinière, devrait apprendre à gérer l’État</term></index>
                  <index><term>apprentissage de la gestion de l’État, travailleurs, citoyens pauvres</term></index>
                  Nous savons que le premier manœuvre ou la première cuisinière venus ne sont pas
                  sur-le-champ capables de participer à la gestion de l’État. Sur ce point, nous
                  sommes d’accord et avec les cadets et avec Brechkovskaïa, et avec Tsérétéli.
                  Mais ce qui sous distingue de ces citoyens, c’est que nous exigeons la rupture
                  immédiate avec le préjugé selon lequel seuls seraient en état de gérer l’État,
                  d’accomplir le travail courant, quotidien de direction les fonctionnaires riches
                  ou issus de familles riches. Nous exigeons que l’apprentissage en matière de
                  gestion de l’État soit fait par les ouvriers conscients et les soldats, et que
                  l’on commence sans tarder, c’est-à-dire qu’on commence sans tarder à faire
                  participer à cet apprentissage tous les travailleurs, tous les citoyens pauvres.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 109</bibl>
            </cit>

            <p rend="alinea">
              <index>
                <term>
                  Ilya Pavlovich Makarychev, affiche Chaque cuisinière devrait apprendre à gérer l’État, 1925
                </term>
              </index>
              <index>
                <term>
                  Makarychev, Ilya Pavlovich, affiche Chaque cuisinière devrait apprendre à gérer l’État, 1925
                </term>
              </index>
              <index><term>participation à la vie politique, travailleuses</term></index>
              <index><term>vie politique, participation des travailleuses</term></index>
              <index><term>politique, participation des travailleuses</term></index>
              <index><term>Soviet, participation des travailleuses</term></index>
              On trouve « Chaque cuisinière devrait apprendre à gérer l’État. Lénine » sur une
              affiche de 1925 d’Ilya Pavlovich Makarychev encourageant les travailleuses à participer
              à la vie politique <note xml:id="Len26bolch-pouvoirnot1" n="1" place="bottom">
                Affiche trouvée en <ref target="http://web.archive.org/web/20070807001651/http://museum.edu.ru/catalog.asp?cat_ob_no=13047&amp;ob_no=13426">web.archive.org/web/20070807001651/http://museum.edu.ru/catalog.asp?cat_ob_no=13047&amp;ob_no=13426</ref>
                qui renvoie à <ref target="https://www.davno.ru/posters/каждая-кухарка-должна-научиться-управлять-государством-ленин.html">www.davno.ru/posters/каждая-кухарка-должна-научиться-управлять-государством-ленин.html</ref>.
                (On la trouve aussi sur de nombreux sites commerciaux de posters.) En m'inspirant
                du charabia obtenu en français et en anglais à partir du texte russe sur des sites
                de traduction gratuite en ligne, je traduis librement le texte
                <lb/>Каждая кухарка должна научиться управлять государством. Ленин.
                <lb/>На кухне дома не сиди
                <lb/>На выборы в Совет иди
                <lb/>Раньше работница темная была
                <lb/>А теперь в Совете решает дела
                <lb/>comme :
                <lb/>Chaque cuisinière devrait apprendre à gérer l’État. Lénine.
                <lb/>
                <lb/>Ne reste pas chez toi assise dans la cuisine.
                <lb/>Va aux élections du Soviet.
                <lb/>Auparavant, la travailleuse était dans l’ombre.
                <lb/>Et maintenant, au Soviet, elle décide des affaires.
              </note>
            </p>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Cet appareil, nous seuls pouvons le créer, car nous avons des ouvriers conscients,
                  disciplinés par un long « apprentissage » capitaliste (ce n’est pas pour rien que
                  nous avons été à l’école du capitalisme), qui sont <emph>en mesure</emph> de créer
                  une milice ouvrière, de la développer <emph>progressivement</emph> (mais sans
                  tarder), d’en faire une milice <emph>nationale</emph>. Les ouvriers conscients
                  doivent assumer la direction, mais ils peuvent amener à la direction de l’État les
                  masses vraiment profondes d’ouvriers et d’opprimés.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 110</bibl>
            </cit>
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus Lentome26.xml -->
        <!-- début de fichier inclus Lentome27.xml --><div xml:id="Lentome27" type="level1_tome" n="27">
        <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 27</head>
        <div xml:id="Len27parolesproph">
          <head>Paroles prophétiques</head>
          <bibl rend="publie"><title>Œuvres</title>, tome 27, p. 526-532.</bibl>
          <bibl rend="publie">Aussi dans dans Lénine, <title>Marx-Engels-Marxisme</title>,
          Éditions en langues étrangères, Moscou, 1946. En ligne : <ref target="http://www.communisme-bolchevisme.net/download/Lenine_Textes_choisis_II.pdf">www.communisme-bolchevisme.net/download/Lenine_Textes_choisis_II.pdf</ref>.
          (Mais la traduction des <title>Œuvres</title>, que je reprends ci-dessous, est meilleure.)</bibl>
          <bibl rend="publie">V. I. Lenin, “Prophetic Words”. Delivered: 29 June, 1918.
          <title>Pravda</title>, No. 133, July 2, 1918. <title>Collected Works</title>, 4th English Edition,
          Progress Publishers, Moscow, 1972, Volume 27, pages 494-499. Online: <ref target="https://www.marxists.org/archive/lenin/works/1918/jun/29b.htm">www.marxists.org/archive/lenin/works/1918/jun/29b.htm</ref>.</bibl>
          <p rend="invisible">Mots-clefs :
            <index><term>guerre mondiale, Allemagne, Prusse</term></index>❦ guerre mondiale, Allemagne, Prusse
            <index><term>Weltkrieg, Preußen-Deutschland</term></index>
            <index><term>world war, Prussia-Germany</term></index>
          </p>
          <list>
            <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
              <cit>
                <quote xml:lang="de">
                  <p rend="alinea"></p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> -->
            <item rend="enligne milargeur">
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea"><pb xml:id="Len27p526" n="526"/>On ne croit plus,
                  Dieu merci, aux miracles. Les prophéties miraculeuses sont des contes.
                  Mais les prophéties scientifiques sont un fait acquis.
                  Et de nos jours, alors que partout le honteux découragement,
                  voire même le désespoir, sont choses fréquentes, il est utile de rappeler
                  une prophétie scientifique qui s’est vérifiée.</p>
                  <p rend="alinea">Friedrich Engels eut à écrire, en 1887, sur la future guerre mondiale
                  dans la préface à la brochure de Sigismund Borkheim : « À l’intention des patriotards
                  allemands de 1806-1807 » (Zur Erinnerung für die deutschen Mordspatrioten 1806-1807).
                  (Cette brochure forme le fascicule XXIV de la <title>Bibliothèque social-démocrate</title>
                  publiée à Gœttingue-Zürich en 1888.)</p>
                  <p rend="alinea">Voici comment Friedrich Engels jugeait, il y a plus de trente ans,
                  la future guerre mondiale :</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">… Et enfin, il n’y a plus pour la Prusse-Allemagne
                      d’autre guerre possible qu’une guerre mondiale, et, à la vérité,
                      une guerre mondiale d’une ampleur et d’une violence encore jamais vues.
                      Huit à dix millions de soldats s’entr’égorgeront ; ce faisant,
                      ils dévoreront toute l’Europe comme jamais ne le fit encore
                      une nuée de sauterelles. Les dévastations de la guerre de Trente ans,
                      condensées en trois ou quatre années et répandues sur tout le continent :
                      la famine, les épidémies, la férocité générale, tant des armées
                      que des masses populaires, provoquée par l’âpreté du besoin,
                      la confusion <pb n="527"/>désespérée dans le mécanisme artificiel qui régit
                      notre commerce, notre industrie et notre crédit, finissant dans la banqueroute générale.
                      L’effondrement des vieux États et de leur sagesse politique routinière
                      est tel que les couronnes rouleront par douzaines sur le pavé
                      et qu’il ne se trouvera personne pour les ramasser ;
                      l’impossibilité absolue de prévoir comment tout cela finira
                      et qui sortira vainqueur de la lutte ; un seul résultat est absolument certain :
                      l’épuisement général et la création des conditions nécessaires
                      à la victoire finale de la classe ouvrière.</p>
                      <p rend="alinea">Telle est la perspective si la course aux armements
                      poussée à l’extrême porte enfin ses fruits inévitables.
                      Voilà, Messieurs les princes et les hommes d’État, où votre sagesse
                      a amené la vieille Europe. Et s’il ne vous reste rien d’autre qu’à ouvrir
                      la dernière grande sarabande guerrière, ce n’est pas pour nous déplaire
                      (uns kann es recht sein). La guerre va peut-être nous rejeter momentanément
                      à l’arrière-plan, elle pourra nous enlever maintes positions déjà conquises.
                      Mais, si vous déchaînez des forces que vous ne pourrez plus maîtriser ensuite,
                      quelque tour que prennent les choses, à la fin de la tragédie vous ne serez plus
                      qu’une ruine et la victoire du prolétariat sera déjà acquise, ou,
                      quand même (doch), inévitable.
                      <lb/>Londres, 15 décembre 1887.
                      <lb/>Friedrich Engels.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="#EinleitungBorkheim">Einleitung zu Sigismund Borkheims Broschüre</ref>.</bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">Géniale prophétie ! Et de quelle infinie richesse de pensées
                  dans chaque phrase de cette analyse de classe scientifique, brève, claire et précise !
                  Combien y puiseraient ceux qui s’abandonnent maintenant au scepticisme déshonorant,
                  au découragement, au désespoir, si… si les gens habitués à s’aplatir devant la
                  bourgeoisie ou qui se sont laissés intimider par elle, savaient penser,
                  étaient capables de penser !</p>
                </quote>
                <bibl>Œuvres, tome 27, p. 526-527.</bibl>
              </cit>
            </item>
            <!-- <item rend="enligne quartlargeur">
              <cit>
                <quote xml:lang="nl">
                  <p rend="alinea"></p>
                </quote>
                <bibl></bibl>
              </cit>
            </item> -->
            <item rend="enligne milargeur">
              <cit>
                <quote xml:lang="en">
                  <p rend="alinea">Nobody, thank God, believes in miracles nowadays.
                  Miraculous prophecy is a fairy-tale. But scientific prophecy is a fact.
                  And in these days, when we so very often encounter shameful despondency and even despair around us,
                  it is useful to recall one scientific prophecy which has come true.</p>
                  <p rend="alinea">Frederick Engels had occasion in 1887 to write of the coming world war
                  in a preface to a pamphlet by Sigismund Borkheim,
                  “In Memory of the German Arch-Patriots of 1806-1807”
                  (Zur Erinnerung für die deutschen Mordspatrioten 1806-1807 ).
                  (This pamphlet is No. XXIV of the <title>Social-Democratic Library</title>
                  published in Göttingen-Zürich in 1888.)</p>
                  <p rend="alinea">This is how Frederick Engels spoke over thirty years ago
                  of the future world war:</p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">… No war is any longer possible for Prussia-Germany
                      except a world war and a world war indeed of an extent and violence
                      hitherto undreamt of. Eight to ten millions of soldiers will massacre one another
                      and in doing so devour the whole of Europe until they have stripped it barer
                      than any swarm of locusts has ever done. The devastations of the Thirty Years’ War
                      compressed into three or four years, and spread over the whole Continent;
                      famine, pestilence, general demoralisation both of the armies and of the mass
                      of the people produced by acute distress; hopeless confusion of our artificial machinery
                      in trade, industry and credit, ending in general bankruptcy; collapse of the old states
                      and their traditional state wisdom to such an extent that crowns will roll by dozens
                      on the pavement and there will be no body to pick them up; absolute impossibility
                      of foreseeing how it will all end and who will come out of the struggle as victor;
                      only one result is absolutely certain: general exhaustion and the establishment
                      of the conditions for the ultimate victory of the working class.</p>
                      <p rend="alinea">This is the prospect when the system of mutual outbidding in armaments,
                      taken to the final extreme, at last bears its inevitable fruits.
                      This, my lords, princes and statesmen, is where in your wisdom you have brought old Europe.
                      And when nothing more remains to you but to open the last great war dance
                      —that will suit us all right (uns kann es recht sein). The war may perhaps push us
                      temporarily into the background, may wrench from us many a position already conquered.
                      But when you have unfettered forces which you will then no longer be able again to control,
                      things may go as they will: at the end of the tragedy you will be ruined
                      and the victory of the proletariat will either be already achieved or at any rate (doch) inevitable.
                      <lb/>London, December 15, 1887
                      <lb/>Frederick Engels</p>
                    </quote>
                    <bibl><ref target="#EinleitungBorkheim">Einleitung zu Sigismund Borkheims Broschüre</ref>.</bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">What genius is displayed in this prophecy! And how infinitely rich in ideas
                  is every sentence of this exact, clear, brief and scientific class analysis!
                  How much could be learnt from it by those who are now shamefully succumbing to lack of faith,
                  despondency and despair, if… if people who are accustomed to kowtow to the bourgeoisie,
                  or who allow themselves to be frightened by it, could but think, were but capable of thinking!</p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
            </item>
          </list>
          <ab rend="clear"/>
        </div>
      </div><!-- fin de fichier inclus Lentome27.xml -->
        <div xml:id="Lentome28" type="level1_tome" n="28">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 28</head>

          <div xml:id="Len28RenegatKautsky">
            <head>La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky</head>
            <bibl rend="publie">
              Écrit en octobre-novembre 1918. Paru en brochure en 1918.
              <title>Œuvres</title>, tome 28, p. 235‑336.
            </bibl>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-0" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">237</seg>Préface</label>
            <p rend="alinea">
              Kautsky a publié en brochure la <title>Dictature du prolétariat</title> (Vienne, 1918).
              Lénine a déjà combattu les erreurs théoriques et le révisionnisme de Kautsky dans plusieurs textes,
              en particulier l’<ref target="#Len22ImperialismeStadeSupreme"><title>Impérialisme,
              stade suprême du capitalisme</title></ref> et l’<ref target="#Len24EtatRevolution"><title>État et la révolution</title></ref>,
              avant 1917 et les attaques de Kautsky contre la révolution.
            </p>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-1" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">240</seg>
              Comment Kautsky transforme Marx en vulgaire libéral
            </label>
            <index><term>dictature du prolétariat, transition vers une société sans classes</term></index>
            <index><term>dictature du prolétariat, le fond même de la doctrine de Marx</term></index>
            <p rend="alinea">
              Kautsky oppose démocratie et dictature et minimise la position de Marx à ce sujet.
              Pour Kautsky, c’est « un petit mot… employé une fois en 1875 dans une lettre ».
              Pour Lénine,  c’est « le <emph>fond</emph> même de la doctrine de Marx » (p. 241)
              <!-- this is the very essence of Marx’s doctrine -->
              et de Marx, il cite le passage concerné<note xml:id="Len28RenegatKautskynot01" n="1" place="bottom">
                Marx est très clair dans la critique du programme de Gotha,
                qu’il envoie à Wilhelm Bracke en accompagnement d’une lettre du 5 mai 1875,
                sur la dictature du prolétariat comme transition.
              </note>.
              <!-- Lea Ypi, Democratic dictatorship, Eur J Philos. 2020:1–15.
                   the very essence of Marx’s teaching (p. 1)
               -->
            </p>
            <p rend="alinea">
              Kautsky spécule sur une soi-disant définition<note xml:id="Len28RenegatKautskynot02" n="2" place="bottom">
                Sa « définition » est ad hoc mais, de toute manière, le sens des mots dans le langage courant
                ne commande pas les concepts théoriques ou les notions liées à un contexte déterminé.
              </note>
              du mot dictature (p. 243).
              Il dénature la démocratie de la Commune (p. 248) pour défendre sa démocratie « pure » (bourgeoise).
            </p>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-2" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">250</seg>
              Démocratie bourgeoise et démocratie prolétarienne
            </label>
            <p rend="alinea">Il n’y a de démocratie et d’État que de classe. La démocratie
            bourgeoise est une dictature violente contre le prolétariat. Les Soviets sont
            l’instrument qui permet aux travailleurs et exploités de gouverner.</p>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-3" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">253</seg>
              Peut-il y avoir égalité entre exploité et exploiteur ?
            </label>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-4" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">266</seg>
              Défense aux Soviets de se transformer en organisation d’État
            </label>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-5" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">273</seg>
              L’Assemblée Constituante et la République soviétique
            </label>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-6" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">281</seg>
              La Constitution soviétique
            </label>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-7" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">291</seg>
              Qu’est-ce que l’internationalisme ?
            </label>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-8" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">304</seg>
              Servilité à l’égard de la bourgeoisie sous couleur d’« analyse économique »
            </label>
            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-8A" rend="fakehead h2 gris"><seg rend="floatright"/>
              A. Révolution bourgeoise, révolution socialiste [DM]
            </label>
            <p rend="alinea">
              « La révolution russe est une révolution bourgeoise » (1905) (p. 304),
              mais le prolétariat ne doit pas se soumettre à la bourgeoisie :
              il (p. 305) « doit pousser la révolution bourgeoise jusqu’au bout ».
              En s’alliant avec la paysannerie dans son ensemble, le prolétariat
              « neutralise la bourgeoisie libérale et détruit entièrement la monarchie, la
              féodalité, la grande propriété foncière » (la bourgeoisie ferait des
              compromis<note xml:id="Len28RenegatKautskynot03" n="3" place="bottom">Exemple
              prototypique : Angleterre.</note>), mais le fait de cette alliance fait que la
              révolution reste démocratique bourgeoise. Ensuite, « le prolétariat
              s’adjoint<note xml:id="Len28RenegatKautskynot04" n="4" place="bottom">Plus
              dans le sens d’absorption que d’alliance ?</note> <emph>tout le
              semi-prolétariat</emph><note place="margin">Italiques de Lénine.</note> […],
              neutralise la paysannerie moyenne et <emph>jette à terre</emph> la
              bourgeoisie », c’est la révolution socialiste<note xml:id="Len28RenegatKautskynot05" n="5" place="bottom">« Voir ma brochure de 1905
              <title><ref target="#Len9DeuxTactiques">Deux tactiques…</ref></title> »,
              mentionnée ci-dessus.</note>. Kautsky qui était essentiellement d’accord en
              1905 revient en arrière pour 1917 (p. 305). En 1917, il y avait urgence de
              passer de la révolution bourgeoise à la révolution socialiste (« faillite »,
              p. 310 ¼). La frontière entre les deux révolutions (rappel p. 310 ½) n’est pas
              nette, c’est « le degré de préparation du prolétariat et le degré de son union
              avec les paysans pauvres » (p. 310 ¾). Les Soviets reflètent ce glissement
              d’une révolution à l’autre, d’abord « la paysannerie dans son ensemble »
              (p. 311 ¼), ensuite différenciation politique de la paysannerie à partir de
              l’été de 1918 (p. 312 ¼). C’est donc un an après Octobre que la révolution
              socialiste gagne la campagne (p. 314 ¼).
            </p>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-8B" rend="fakehead h2 gris"><seg rend="floatright">315 ½</seg>
              B. Réforme agraire [DM]
            </label>
            <p rend="alinea">
              La propriété de la terre est abolie par décret en janvier 18 (p. 318 ½)
              et une loi de février règle la jouissance de la terre.
            </p>
            <p rend="alinea">
              B. 1) Le principe de jouissance égalitaire du sol est encore bourgeois (p. 319, bas).
              « Or, l’idée et les revendications de la majorité des travailleurs,
              ce sont les travailleurs <emph>eux-mêmes qui doivent les abandonner</emph> »,
              on peut seulement les y aider, pas les y contraindre (p. 320, haut).
            </p>
            <p rend="alinea">
              B. 2) La nationalisation (p. 322, bas).
              La nationalisation de la terre est un mot d’ordre bourgeois
              (de la bourgeoisie radicale contre les propriétaires fonciers) (p. 323, bas).
              Par la jouissance égalitaire et la nationalisation, les bolchéviks « ont aidé la paysannerie
              à achever réellement la révolution démocratique bourgeoise […] pour faciliter<note xml:id="Len28RenegatKautskynot06" n="6" place="bottom">
                Rapprocher de la discussion sur la nécessité de la lutte pour les droits démocratiques
                au point 6 d’ « <ref target="#Len23CaricatureDuMarxisme">Une caricature</ref> ».
              </note>
              et hâter la transition à la révolution socialiste » (p. 325, haut).
            </p>
            <p rend="alinea">
              B. 3) Passage à la culture collective (p. 325 ½).
            </p>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-8C" rend="fakehead h2 gris"><seg rend="floatright">326 ½</seg>
              C. Industrie [DM]
            </label>
            <p rend="alinea">
            En fait, toutes les entreprises industrielles et minières sont propriétés d’État.
            C’est à tort que Kautsky reproche au pouvoir soviétique
            d’avoir donné les usines aux ouvriers<note xml:id="Len28RenegatKautskynot07" n="7" place="bottom">
              On peut dire, sauf l’anachronisme, que Kautsky accuse Lénine de titisme.
            </note>.
            </p>

            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-8Ai" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">330</seg>
              Annexe I. Thèses sur l’Assemblée Constituante
            </label>
            <label xml:id="Len28RenegatKautsky-8Aii" rend="fakehead h1"><seg rend="floatright">330</seg>
              Annexe II. Un nouveau livre de Vandervelde sur l’État
            </label>
            <p rend="alinea">
              Vandervelde repousse la révolution socialiste à un lointain futur hypothétique :
              « l’impossibilité de venir à bout du régime capitaliste
              aussi longtemps que le prolétariat ne sera pas suffisamment préparé à exercer
              le pouvoir que les circonstances pourraient lui faire tomber dans les mains »
              (p. 332, haut). Vandervelde (éclectique et sophiste, p. 334, bas) noie le
              poisson sur la question de l’État (p. 333) et sur le passage (c’est-à-dire la
              révolution) de la dictature de la bourgeoisie à la dictature du prolétariat
              (p. 334 1/4), ce qui n’est pas la même chose que le dépérissement de l’État
              (p. 334 ¾, p. 335 ¾). Confusion entre dictature du prolétariat et « l’État
              populaire du travail » qui n’a pas de caractère de classe<note xml:id="Len28RenegatKautskynot08" n="8" place="bottom">
                Et qui annonce De Man.
              </note>
              (p. 335 ½). Vandervelde « quand il dit combien de duperie, de violence, de
              sous les corruption, de mensonge, d’hypocrisie, d’oppression des pauvres, se
              cachent dehors civilisés, vernis, pommadés de la démocratie bourgeoise
              contemporaine » essaie démagogiquement de s’attirer le prolétariat pour mieux
              ensuite lui passer sa salade droitière (remettre la révolution aux calendes
              grecques).
            </p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome29" type="level1_tome" n="29">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 29
          </head>

          <div xml:id="Len29SalutOuvrHongr">
            <head>
              Salut aux ouvriers hongrois
            </head>
            <bibl rend="publie">
              « Salut aux ouvriers hongrois », 27 mai, 1919. <title>Pravda</title> n<hi rend="ordinal">o</hi> 115, 29 mai 1919. <title>Œuvres</title>, tome 29, p. 392-395. Aussi
              <title>Œuvres choisies en deux volumes</title>, Moscou, 1948, tome 2. Ce texte n’est
              pas dans <ref target="https://www.marxists.org/francais/lenin/index.htm">le dossier
              Lénine de l’Archive Internet des marxistes</ref>. On le trouve cependant <ref target="http://www.communisme-bolchevisme.net/Lenine_oeuvres_choisies_en_deux_tomes.htm">en
              ligne en PDF</ref> grâce au travail de numérisation de Vincent Gouysse. Je suis
              retourné au texte, plus moderne, des <title>Œuvres</title> et c’est de ces dernières
              que je reprends les numéros de page. En principe, je ne donne habituellement dans ces
              notes de lectures que quelques citations avec mes réflexions, mais ici je donne le
              texte intégral parce qu’il ne semble pas se trouver en HTML sur le Web.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Dans ce texte, Lénine est sous le coup de l’émotion des événements de Hongrie et sans
              doute un peu trop enthousiaste et optimiste. L’affaire de l’abdication de la
              bourgeoisie en faveur du prolétariat est obscure. Il semble que le président de la
              République, Károlyi, ait voulu, en mars, dans une crise gouvernementale, confier le
              gouvernement aux sociaux-démocrates (ce qui n’est pas une abdication de la bourgeoise),
              mais qu’il ait été surpris par la fusion des sociaux-démocrates avec les communistes.
              Cela reste à étudier plus sérieusement.
            </p>
            <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Camarades, les nouvelles que nous recevons des dirigeants des Soviets hongrois
                    nous remplissent d’enthousiasme et de joie. Il y a un peu plus de deux mois que
                    le pouvoir soviétique existe en Hongrie ; or, en matière d’organisation, le
                    prolétariat hongrois semble nous avoir déjà dépassés. Cela se conçoit, le
                    niveau culturel général de la population y étant plus élevé ; ensuite, la
                    proportion des ouvriers industriels y est infiniment plus forte (Budapest compte
                    trois millions d’habitants sur 8 millions pour toute la Hongrie) ; enfin, le
                    passage au régime soviétique, à la dictature du prolétariat y a été
                    incomparablement plus facile et plus pacifique.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Cette dernière circonstance est particulièrement importante. La plupart des chefs
                    socialistes européens, de tendance social-chauvine ou kautskiste, se sont
                    tellement embourbés dans les préjugés foncièrement petits-bourgeois cultivés
                    durant des dizaines d’années de capitalisme relativement « pacifique » et de
                    parlementarisme bourgeois, qu’ils ne peuvent comprendre ce qu’est le pouvoir des
                    Soviets, la dictature du prolétariat. Le prolétariat ne saurait accomplir sa
                    mission libératrice, historique et universelle sans écarter de sa route ces chefs,
                    sans les chasser. Ces gens ont cru, plus ou moins, les mensonges bourgeois sur
                    le pouvoir soviétique de Russie ; ils n’ont pas su distinguer la démocratie
                    nouvelle, prolétarienne, la démocratie pour les travailleurs, la démocratie
                    socialiste <pb xml:id="Len29p393" n="393"/>incarnée par le pouvoir soviétique, et
                    la démocratie bourgeoise devant laquelle ils se prosternent servilement, en la
                    qualifiant de « démocratie pure » ou de « démocratie » en général.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Ces aveugles, imbus de préjugés bourgeois, n’ont pas compris le tournant
                    historique qui s’est opéré avec le passage de la démocratie bourgeoise à la
                    dictature du prolétariat. Ils ont confondu certaines particularités du pouvoir
                    soviétique russe, de l’histoire russe, de son développement, avec le pouvoir des
                    Soviets dans sa signification internationale.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    La révolution prolétarienne hongroise aide même les aveugles à recouvrer la vue.
                    Le passage à la dictature du prolétariat en Hongrie s’est effectué sous une tout
                    autre forme qu’en Russie : démission volontaire du gouvernement bourgeois,
                    rétablissement instantané de l’unité de la classe ouvrière, de l’unité du
                    socialisme <emph>sur la base du programme communiste</emph>. L’essence du pouvoir
                    soviétique apparaît d’autant plus clairement aujourd’hui : aucun autre pouvoir,
                    soutenu par les travailleurs, le prolétariat en tête, n’est à présent possible
                    dans le monde, si ce n’est le pouvoir des Soviets, la dictature du prolétariat.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Cette dictature suppose l’exercice d’une violence implacable, prompte et résolue,
                    pour écraser la résistance des exploiteurs, capitalistes, grands propriétaires
                    fonciers et de leurs suppôts. Qui ne l’a pas compris n’est pas un révolutionnaire ;
                    il faut le relever de son poste de chef ou de conseiller du prolétariat.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Mais ce n’est pas la violence seule, ni principalement la violence, qui fait le
                    fond de la dictature prolétarienne. Son caractère primordial réside dans l’esprit
                    d’organisation et de discipline du prolétariat, détachement d’avant-garde, unique
                    dirigeant des travailleurs. Son but est de fonder le socialisme, de supprimer la
                    division de la société en classes, de faire de tous les membres de la société des
                    travailleurs, de priver de base toute exploitation de l’homme par l’homme. Ce but
                    ne saurait être atteint d’un seul coup ; il faut, pour cela, une phase de
                    transition assez prolongée du capitalisme au socialisme, parce que la
                    réorganisation de la production est chose difficile ; parce qu’il faut du temps
                    pour apporter des changements radicaux dans tous <pb xml:id="Len29p394" n="394"/>les
                    domaines de la vie, et parce que l’immense force d’habitude de la gestion
                    petite-bourgeoise et bourgeoise ne peut être vaincue que dans une lutte âpre et
                    de longue haleine. Aussi Marx parle-t-il de toute une période de dictature du
                    prolétariat, qui marque le passage du capitalisme au socialisme <note place="bottom">
                      <ref target="#Gotha-Gloses-I">Critique des programmes de Gotha et d’Erfurt</ref>.
                    </note>.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Tout au long de cette phase de transition, la révolution se heurtera à la
                    résistance des capitalistes comme à celle de leurs nombreux auxiliaires, parmi
                    les intellectuels bourgeois qui s’opposent consciemment, et aussi à la résistance
                    d’une masse énorme de travailleurs, notamment les paysans, trop écrasés par les
                    coutumes et traditions petites-bourgeoises qui, très souvent, s’opposent
                    inconsciemment. Les hésitations sont inévitables parmi ces couches. Le paysan, en
                    tant que travailleur, se sent attiré vers le socialisme ; il préfère la dictature
                    des ouvriers à celle de la bourgeoisie. Le paysan, en tant que vendeur de blé, se
                    sent attiré par la bourgeoisie, le commerce libre, c’est-à-dire en arrière vers
                    le vieux capitalisme « routinier », « traditionnel ».
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Il faut la dictature du prolétariat, le pouvoir d’une seule classe, sa force
                    d’organisation et de discipline, sa puissance centralisée s’appuyant sur toutes
                    les réalisations culturelles, scientifiques, de techniques du capitalisme, ses
                    affinités prolétariennes avec la mentalité de tout travailleur, son autorité
                    aux yeux des travailleurs de la campagne ou de la petite production, dispersés,
                    moins développés, moins fermes politiquement, pour que le prolétariat puisse
                    <emph>entraîner à sa suite</emph> la paysannerie et, en général, toutes les
                    couches petites-bourgeoises. Ici, les phrases sur la « démocratie » en général,
                    sur l’ « unité » ou sur l’ « unité de la démocratie du travail », sur
                    l’ « égalité » de tous les « hommes du travail », etc., etc., ces phrases pour
                    lesquelles les social-chauvins et les kautskistes embourgeoisés montrent un
                    penchant si marqué, ne servent à rien. Elles ne font que troubler la vue, aveugler
                    la conscience, perpétuer la vieille stupidité, le croupissement, la routine du
                    capitalisme, du parlementarisme, de la démocratie bourgeoise.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    La suppression des classes est le résultat d’une <emph>lutte de classes</emph>
                    longue, difficile, opiniâtre, qui <emph>après</emph> le renversement du pouvoir
                    du Capital, <emph>après</emph> la destruction de l’État <pb xml:id="Len29p295" n="295"/>bourgeois, <emph>après</emph> l’instauration de la dictature du
                    prolétariat, <emph>n e   d i s p a r a î t   p a s</emph> (comme se l’imaginent
                    les vulgaires représentants du vieux socialisme et de la vieille social-démocratie),
                    mais ne fait que changer de forme pour devenir plus acharnée à bien des égards.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    C’est par la lutte de classe contre la résistance de la bourgeoisie, contre le
                    croupissement, la routine, l’indécision, les hésitations de la petite bourgeoisie,
                    que le prolétariat doit défendre son pouvoir, affermir son influence
                    organisatrice, obtenir la « neutralisation » des couches qui, craignant de
                    s’écarter de la bourgeoisie, le suivent d’un pas trop peu assuré ; il doit
                    affermir la discipline nouvelle, fraternelle des travailleurs, leur liaison
                    solide avec le prolétariat, leur regroupement autour du lui, cette nouvelle
                    discipline qui constitue la nouvelle base des relations sociales, à la place de
                    la discipline féodale, la discipline de la faim, du « libre » esclavage salarié
                    du régime capitaliste.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Pour supprimer les classes, il faut une période de dictature exercée par une
                    seule classe, précisément par celle des classes opprimées, non seulement capable
                    de renverser les exploiteurs, d’écraser sans merci leur résistance, mais aussi
                    de rompre complètement avec l’idéologie démocratique bourgeoise, avec la
                    phraséologie petite-bourgeoise sur la liberté et l’égalité en général (en fait,
                    ainsi que Mars l’a démontré depuis longtemps, cette phraséologie signifie
                    « liberté et égalité » <emph>des détenteurs de marchandises</emph>, « liberté et
                    égalité » <emph>du capitaliste et de l’ouvrier</emph>).
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Plus encore. Parmi les classes opprimées, seule est capable de supprimer les
                    classes, en exerçant sa sa dictature, celle qui est instruite, unie, éduquée,
                    aguerrie par des dizaines d’années de mouvement gréviste et de lutte politique
                    contre le capital ; seule la classe qui s’est assimilé toute la civilisation
                    urbaine, industrielle, du capitalisme évolué, la classe qui a la volonté et la
                    capacité de la défendre, de sauvegarder et de développer toutes ses acquisitions,
                    de les mettre à la portée du peuple, de tous les travailleurs ; seule la classe
                    qui saura supporter tous les fardeaux, les épreuves, les revers, les grands
                    sacrifices que l’histoire impose nécessairement à quiconque brise avec le passé
                    et se fraie hardiment le chemin vers un avenir nouveau ; seule la classe dont les
                    meilleurs hommes ont voué haine et mépris à tout ce qui <pb xml:id="Len29p395" n="395"/>est petit-bourgeois et philistin, qualités si florissantes parmi la petite
                    bourgeoisie, les petits employés et les « intellectuels » ; seule la classe
                    « aguerrie à l’école du travail » et qui inspire par son labeur l’estime à tous
                    les travailleurs, à toutes les honnêtes gens.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Camarades ouvriers hongrois, vous avez donné au monde un exemple meilleur que
                    celui de la Russie soviétique, parce que vous avez su rallier d’emblée tous les
                    socialistes sur un programme de véritable dictature prolétarienne. Une tâche très
                    difficile, mais très féconde, qui vous attend à présent est de tenir bon dans
                    la dure guerre contre l’Entente. Soyez fermes. Si des hésitations se manifestent
                    parmi les socialistes qui, hier, se sont joints à vous, à la dictature du
                    prolétariat, ou parmi la petite bourgeoisie, réprimez ces hésitations
                    impitoyablement. À la guerre, lorsqu’un lâche est fusillé ce n’est que justice.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Vous faites la seule guerre légitime, juste, vraiment révolutionnaire, la guerre
                    des opprimés contre les oppresseurs, la guerre des travailleurs contre les
                    exploiteurs, la guerre pour la victoire du socialisme. Tout les éléments honnêtes
                    de la classe ouvrière du monde entier sont à vos côtés. Chaque mois rapproche la
                    révolution prolétarienne mondiale.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Soyez fermes ! Votre victoire est assurée !
                  </p>
                  <p>27 mai 1929</p>
                  <p><hi>Lénine</hi></p>
                </quote>
                <bibl/>
              </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len29GrandeInitiative">
            <head>
              La grande initiative
            </head>
            <p rend="publie">
              1919. <title>Œuvres</title>, t. 29
            </p>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index><term>classe, définition</term></index>❦ classe, définition
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len29p425">
                <p rend="alinea">
                  <pb xml:id="Len29p425un5" n="425 ⅕"/>On appelle classes, de vastes groupes
                  d’hommes qui se distinguent par la place qu’ils occupent dans un système
                  historiquement défini de production sociale, par leur rapport (la plupart
                  du temps fixé et consacré par les lois) vis-à-vis des moyens de production,
                  par leur rôle dans l’organisation sociale du travail, donc, par les modes
                  d’obtention et l’importance de la part de richesses sociales dont ils disposent.
                  Les classes sont des groupes d’hommes dont l’un peut s’approprier le travail
                  de l’autre, à cause de la place différente qu’il occupe dans une structure
                  déterminée, l’économie sociale.
                </p>
              </quote>
            </cit>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome30" type="level1_tome" n="30">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 30</head>

          <div xml:id="Len30ElectionsAssembleeEtDictature">
            <head>
              Les élections à l’Assemblée Constituante
              <lb/>et la dictature du prolétariat
            </head>
            <bibl>
              16-XII-1919.
              Publié en décembre 1919.
              <title>Œuvres</title>, tome 30, p. 259‑283.
            </bibl>
            <label rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">259</seg>I</label>
            <p rend="alinea">
              Chiffres des élections de novembre 1917.
              Le parti bolchevik est majoritaire dans le prolétariat.
              Les partis de la démocratie petite-bourgeoise représentent surtout les paysans.
            </p>

            <label rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">262</seg>II</label>
            <p rend="alinea">
              Le prolétariat et les villes.
            </p>

            <label rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">266</seg>III</label>
            <p rend="alinea">
              L’armée.
            </p>

            <label rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">268</seg>IV</label>
            <p rend="alinea">
              D’abord prendre le pouvoir d’État et ensuite gagner les masses paysannes
              « par la satisfaction révolutionnaire de leurs besoins économiques les plus pressants » (p. 271),
              ce que la bourgeoisie ne peut pas faire.
            </p>

            <label rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">273</seg>V</label>
            <p rend="alinea">
              La guerre civile.
            </p>

            <label rend="fakehead h2"><seg rend="floatright">279</seg>VI</label>
            <p rend="alinea" xml:id="Lentome30p279"><label rend="invisible">Lénine, Les élections à l’Assemblée constituante et la dictature du prolétariat, Œuvres, tome 30, p. 279</label>
              <index><term>parlementarisme et révolution</term></index>
              Conclusions générales sur le parlementarisme et la révolution.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Len30ReponsePartiLettreAllemagne">
            <head>
              Projet (ou thèses) de la réponse du Parti communiste de Russie
              à la lettre du Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne
            </head>
            <bibl>
              Publié en mars 1920.
              <title>Œuvres</title>, tome 30, p. 348‑355.
            </bibl>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea" xml:id="Lentome30p352"><label rend="invisible">Lénine, Projet de la réponse du Parti communiste de Russie à la lettre du Parti social-démocrate indépendant d’Allemagne, Œuvres, tome 30, p. 352</label>
                  <index><term>réformisme ou révolution, massacre par le capitalisme</term></index>
                  10. Toute révolution (à la différence des réformes) signifie elle-même
                  une crise et une crise très grave, à la fois politique et économique.
                  Ceci indépendamment de la crise ouverte par la guerre.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le parti révolutionnaire du prolétariat a pour tâche
                  d’éclairer les ouvriers et les paysans sur la nécessité d’affronter courageusement cette crise
                  et de trouver dans les mesures révolutionnaires la source des forces permettant de la surmonter.
                  Ce n’est qu’en surmontant les plus grandes crises à l’aide de l’enthousiasme révolutionnaire,
                  de l’énergie révolutionnaire, de la volonté révolutionnaire de faire face aux plus durs sacrifices
                  que le prolétariat pourra vaincre les exploiteurs
                  et débarrasser à jamais l’humanité des guerres, de l’oppression capitaliste, de l’esclavage salarié.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Il n’est point d’autre issue,
                  car l’attitude réformiste à l’égard du capitalisme a engendré hier
                  (et engendrera inévitablement demain)
                  le massacre impérialiste de millions d’hommes et toute sorte de crises sans fin.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 352-353.</bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len30DiscoursIIeCongresTravMedical">
            <head>
              Discours au II<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès des travailleurs des services médicaux et sanitaires de Russie
              <lb/>1<hi rend="ordinal">er</hi> mars 1920
            </head>
            <bibl>
              Publié le 6 mars 1920 dans les <title>Izvestia du C.E.C.R.</title>
              <title>Œuvres</title>, tome 30, p. 413-414.
            </bibl>
            <p rend="alinea" xml:id="Lentome30p413"><label rend="invisible">Lénine, Discours au II<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès des travailleurs des services médicaux et sanitaires de Russie, Œuvres, tome 30, p. 413</label>
              <index><term>grippe, pandémie de 1918</term></index> <index><term>pandémie de grippe de 1918</term></index>
              <index><term>travailleurs de la santé</term></index> <index><term>santé, travailleurs</term></index>
              <index><term>science et technique, avec le prolétariat</term></index>
              <index><term>technique et science, avec le prolétariat</term></index>
              Après la Première Guerre mondiale, la Russie doit faire face à la fameuse pandémie de grippe de 1918-1919
              (plus l’agression de 1918-1920 par l’Entente anglo-française).
              Le 1<hi rend="ordinal">er</hi> mars 1920 — un siècle avant la pandémie de covid-19 —,
              Lénine félicite les travailleurs de la santé :
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  La coopération des représentants de la science et des ouvriers est seule capable
                  d’anéantir à jamais le joug de la misère, des maladies, de la crasse.
                  Ce sera chose faite.
                  Aucune puissance des ténèbres ne résistera
                  à la coalition des représentants de la science, du prolétariat et de la technique.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 414.</bibl>
            </cit>
          </div>
        </div>
        <!-- début de fichier inclus Lentome31.xml --><div xml:id="Lentome31" type="level1_tome" n="31">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 31</head>
          <div xml:id="Len31Gauchisme">
            <head>La maladie infantile du communisme
            <lb/>(le « gauchisme »)</head>
            <bibl rend="publie">Rédigé en avril-mai 1920. Publié en volume en juin 1920.
            <title>Œuvres</title>, tome 31, p. 11‑116.</bibl>
            <p rend="tm1"><note place="margin">15</note> I. Dans quel sens peut-on parler
            de la portée internationale de la révolution russe ?</p>
            <p rend="alinea">La révolution russe préfigure <emph>concrètement</emph>
            ce qui devrait se passer dans d’autres pays.</p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>dictature du prolétariat</term></index>❦ dictature du prolétariat
            </p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">17</note> II. Une des conditions
            essentielles du succès des bolchéviks</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p17fin">
                <p rend="alinea">La dictature du prolétariat, c’est la guerre la plus
                héroïque et la plus implacable de la nouvelle classe contre un ennemi
                <emph>plus puissant</emph>, contre la bourgeoisie dont la résistance est
                <emph>décuplée</emph> du fait de son renversement (ne fût-ce que dans un seul
                pays) et dont la puissance ne réside pas seulement dans la force du capital
                international, dans la force et la solidité des liaisons internationales de
                la bourgeoisie, mais encore dans la <emph>force de l’habitude</emph>, dans la
                force de la <emph>petite production</emph>. Car, malheureusement, il reste encore
                au monde une très, très grande quantité de petite production ; or, la
                petite production <emph>engendre</emph> le capitalisme et la bourgeoisie
                constamment, chaque jour, à chaque heure, d’une manière spontanée et
                dans de vastes proportions. Pour toutes ces raisons, la dictature du
                prolétariat est indispensable, et il est impossible de vaincre la
                bourgeoisie sans une guerre prolongée, opiniâtre, acharnée, sans une
                guerre à mort qui exige la maîtrise de soi, la discipline, la fermeté, une
                volonté une et inflexible. (P. 17‑18.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p18deuxcinquièmes">
                <p rend="alinea">…une centralisation absolue et la plus rigoureuse
                discipline du prolétariat… (P. 18.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p18fin">
                <p rend="alinea">Et tout d’abord la question se pose : qu’est-ce qui
                cimente la discipline du parti révolutionnaire du prolétariat ?
                qu’est-ce qui la contrôle ? qu’est-ce qui l’étaye ?</p>
                <list type="ordered">
                  <item>C’est, d’abord, la conscience de l’avant-garde prolétarienne et
                    son dévouement à la révolution, sa fermeté, son esprit de sacrifice,
                    son héroïsme.</item>
                  <item>C’est, ensuite, son aptitude à se lier, à se rapprocher et, si vous
                    voulez, à se fondre jusqu’à un certain point avec la masse la plus
                    large des travailleurs, au premier chef avec la masse prolétarienne,
                    mais aussi la masse des travailleurs <emph>non prolétarienne</emph>.</item>
                  <item>Troisièmement, c’est la justesse de la direction politique
                    réalisée par cette avant-garde, la justesse de sa stratégie et de sa
                    tactique politiques, à condition que les plus grandes masses se
                    convainquent de cette justesse <emph>par leur propre expérience</emph>.</item>
                </list>
                (P. 18‑19.)
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p19undemi">
                <p rend="alinea">…la cause en est … dans plusieurs particularités
                historiques de la Russie.</p>
                <list type="ordered">
                  <item>…le bolchevisme est né en 1903 sur la base … de la théorie
                    marxiste.</item>
                  <item>…le bolchévisme … a vécu une histoire pratique de quinze années
                    (1903-1917), qui, pour la richesse de l’expérience, n’a pas
                    d’égale au monde.</item>
                </list>
                (P. 19‑20.)
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">20</note> III. Principales étapes de
            l’histoire du bolchévisme</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p20deuxtiers">
                <list type="ordered">
                  <item>Années de préparation de la révolution (1903-1905). (P. 20.)</item>
                  <item>Années de révolution (1905-1907). (P. 21.)</item>
                  <item>Années de réaction (1907-1910). (P. 21.)</item>
                  <item>Années d’essor (1910-1914). (P. 22.)</item>
                  <item>Première guerre impérialiste mondiale (1914-1917). (P. 23.)</item>
                  <item>Deuxième révolution russe (de février à octobre 1917).
                  (P. 24.)</item>
                </list>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">25</note> IV. Dans la lutte contre quels
            ennemis au sein du mouvement ouvrier le bolchevisme s’est-il développé,
            fortifié, aguerri ?</p>
            <p rend="alinea">Contre l’opportunisme (p. 25) qui a fini par
            rejoindre le camp de la bourgeoisie en 1914 mais aussi contre « l’esprit
            <emph>révolutionnaire petit-bourgeois</emph> » (p. 26).</p>
            <p rend="alinea">En particulier :</p>
            <list type="bulleted">
              <item>Lutte contre les otzovistes en
                1908 (p. 29, ⅓) sur la question de la participation à la Douma.
                <cit>
                  <quote xml:id="Len31p30untiers">
                    (Le boycottage de la « Douma » par les bolchéviks en 1906 fut une
                    erreur, pourtant sans gravité et facile à réparer.) (P. 30.)
                  </quote>
                </cit>
              </item>
              <item>Lutte contre les communistes de gauche (p. 30 fin) sur la paix de
                Brest-Litovsk et la question des compromis.</item>
            </list>
            <p rend="tm1"><note place="margin">34</note> V. Le communisme de
            « gauche » en Allemagne. Chefs, parti, classe, masse</p>
            <p rend="alinea">Oppose le parti communiste et la classe prolétarienne,
            les chefs et les masses. C’est à la mode d’attaquer les chefs.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p38unquart">
                <p rend="alinea">Nier la nécessité du parti et de la discipline du parti,
                voilà <emph>où en est arrivée</emph> l’opposition. Or, cela équivaut à
                désarmer entièrement le prolétariat <emph>au profit de la bourgeoisie</emph>.
                Cela équivaut, précisément, à faire siens ces défauts de la petite
                bourgeoisie que sont la dispersion, l’instabilité, l’inaptitude à la
                fermeté, à l’union, à l’action conjuguée, défauts qui causeront
                inévitablement la perte de tout mouvement révolutionnaire du prolétariat,
                pour peu qu’on les encourage. (P. 38.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p39">
                <p rend="alinea">Supprimer les classes, ce n’est pas seulement chasser les
                grands propriétaires fonciers et les capitalistes, — ce qui nous a été
                relativement facile, — c’est aussi <emph>supprimer les petits producteurs
                de marchandises</emph> ; or, ceux-ci <emph>o n   n e 
                 p e u t   p a s   l e s   c h a s s e r</emph>, on ne peut
                pas les écraser, <emph>il faut faire bon ménage</emph> avec eux. On peut (et on
                doit) les transformer, les rééduquer, — mais seulement par un travail
                d’organisation très long, très lent et très prudent. Ils entourent de
                tous côtés le prolétariat d’une ambiance petite-bourgeoise, ils l’en
                pénètrent, ils l’en corrompent, ils suscitent constamment au sein du
                prolétariat des récidives de défauts propres à la petite bourgeoisie :
                manque de caractère, dispersion, individualisme, passage de l’enthousiasme
                à l’abattement. Pour y résister, pour permettre au prolétariat
                d’exercer comme il se doit, avec succès et victorieusement, son rôle
                d’organisateur (qui est son rôle principal), le parti politique du
                prolétariat doit faire régner dans son sein une centralisation et une
                discipline rigoureuses. La dictature du prolétariat est une lutte
                opiniâtre, sanglante et non sanglante, violente et pacifique, militaire et
                économique, pédagogique et administrative, contre les forces et les
                traditions de la vieille société. La force de l’habitude chez les
                millions et les dizaines de millions d’hommes est la force la plus
                terrible. Sans un parti de fer, trempé dans la lutte, sans un parti
                jouissant de la confiance de tout ce qu’il y a d’honnête dans la classe
                en question, sans un parti sachant observer l’état d’esprit de la masse
                et influer sur lui, il est impossible de soutenir cette lutte avec succès.
                Il est mille fois plus facile de vaincre la grande bourgeoisie centralisée
                que de « vaincre » les millions et les millions de petits patrons ; or
                ceux-ci, par leur activité quotidienne, coutumière, invisible,
                insaisissable, dissolvante, réalisent les « mêmes » résultats qui sont
                nécessaires à la bourgeoisie, qui « restaurent » la bourgeoisie. Celui
                qui affaiblit tant soit peu la discipline de fer dans le parti du
                prolétariat (surtout pendant sa dictature), aide en réalité la bourgeoisie
                contre le prolétariat. (P. 39.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">41</note> VI. Les révolutionnaires
            doivent-ils militer dans les syndicats réactionnaires ?</p>
            <p rend="alinea">Situation dans la Russie soviétique.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p42haut">
                <p rend="alinea">La dictature est exercée par le prolétariat organisé
                dans les Soviets et dirigé par le Parti communiste bolchévik qui, selon les
                données de son dernier congrès (avril 1920), groupe 611 000 membres.
                (P. 42.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p42bas">
                <p rend="alinea">Dans son travail, le parti s’appuie directement sur les
                <emph>syndicats</emph> qui comptent aujourd’hui, d’après les données du
                dernier congrès (avril 1920), plus de quatre millions de membres et,
                formellement, sont <emph>sans-parti</emph>. En fait, toutes les institutions
                dirigeantes de l’immense majorité des syndicats et, au premier chef,
                naturellement, le Centre ou le Bureau des syndicats de Russie (Conseil
                central des syndicats de Russie) sont composés de communistes et appliquent
                toutes les directives du parti. On obtient en somme un appareil prolétarien
                qui, formellement, n’est pas communiste, qui est souple et relativement
                vaste, très puissant, un appareil au moyen duquel le parti est étroitement
                lié à la <emph>classe</emph> et à la <emph>masse</emph>, et au moyen duquel la
                <emph>dictature de la classe</emph> se réalise sous la direction du parti. Sans
                la plus étroite liaison avec les syndicats, sans leur appui énergique, sans
                leur travail tout d’abnégation non seulement dans la construction
                économique, mais aussi dans l’organisation militaire, il est évident que
                nous n’aurions pas pu gouverner le pays et réaliser la dictature, je ne
                dis pas pendant deux ans et demi, mais même pendant deux mois et demi.
                (P. 42‑43.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p43bas">
                <p rend="alinea">La pratique a créé chez nous, au cours de la révolution, une institution
                que nous essayons par tous les moyens de maintenir, de développer,
                d’élargir : ce sont les <emph>conférences d’ouvriers et de paysans
                sans-parti</emph>, qui nous permettent d’observer l’état d’esprit des
                masses, de nous rapprocher d’elles, de pourvoir à leurs besoins,
                d’appeler les meilleurs de leurs éléments aux postes d’État, etc.
                (P. 43.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p44haut">
                <p rend="alinea">Enfin, il va de soi que tout le travail du parti se fait par les Soviets qui
                groupent les masses laborieuses sans distinction de profession. (P. 44.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea separated">Je pense qu’il n’aurait pas apprécié certains
            aspects utopiques de la Révolution culturelle en Chine :</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p45haut">
                <p rend="alinea">Par l’intermédiaire de ces syndicats d’industrie, on
                supprimera plus tard la division du travail entre les hommes ; on passera à
                l’éducation, à l’instruction et à la formation d’hommes
                <emph>universellement développés, universellement</emph> préparés, et
                <emph>sachant tout faire</emph>. C’est là que va, doit aller et arrivera le
                communisme, mais seulement au bout de longues années. Tenter aujourd’hui
                d’anticiper pratiquement sur ce résultat futur du communisme pleinement
                développé, solidement constitué, à l’apogée de sa maturité, c’est
                vouloir enseigner les hautes mathématiques à un enfant de quatre ans.
                (P. 45.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Renvoie p. 47 à « <ref target="#Len30ElectionsAssembleeEtDictature">Les élections à
            l’Assemblée Constituante et la dictature du prolétariat</ref> ».</p>
            <p rend="alinea separated">Dans le reste du monde, il faut lutter contre
            l’aristocratie ouvrière et les dirigeants qui en sont issus ou qui en sont
            les porte-parole, mais :</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p48uncinquième">
                <p rend="alinea">Ne pas travailler dans les syndicats réactionnaires,
                c’est abandonner les masses ouvrières insuffisamment développées ou
                arriérées à l’influence des leaders réactionnaires, des agents de la
                bourgeoisie, des aristocrates ouvriers ou des « ouvriers embourgeoisés »
                (cf. à ce sujet la lettre d’Engels à Marx sur les ouvriers anglais,
                1858).</p>
                <p rend="alinea">La « théorie » saugrenue de la non-participation des
                communistes dans les syndicats réactionnaires montre, de toute évidence,
                avec quelle légèreté ces communistes « de gauche » envisagent la
                question de l’influence sur les « masses », et quel abus ils font dans
                leurs clameurs du mot « masse ». (P. 48.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p49haut">
                <p rend="alinea">Ces faits attestent de toute évidence ce que des milliers
                d’autres symptômes confirment : la conscience accrue et la tendance
                toujours plus grande à l’organisation qui se manifestent justement dans
                les masses prolétariennes, dans les « couches inférieures »,
                retardataires. Des millions d’ouvriers en Angleterre, en France, en
                Allemagne passent pour la première fois de l’inorganisation totale à la
                forme d’organisation élémentaire, inférieure, la plus simple et la plus
                accessible (pour ceux qui sont encore profondément imbus des préjugés
                démocratiques bourgeois), à savoir : aux syndicats. Et les communistes de
                gauche, révolutionnaires, mais peu raisonnables, sont là à crier : « la
                masse », « la masse » ! et <emph>refusent de militer au sein des 
                 s y n d i c a t s</emph>  ! ! en prétextant leur « esprit
                réactionnaire » ! ! Et ils inventent une « Union ouvrière » toute
                neuve, proprette, innocente des préjugés démocratiques bourgeois, des
                péchés corporatifs et étroitement professionnels, cette Union qui, à ce
                qu’ils prétendent, sera (qui sera !) large, et pour l’adhésion à
                laquelle il faut simplement (simplement !) « reconnaître le système des
                Soviets et la dictature » (voir plus haut la citation) ! ! (P. 49.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p49troisquarts">
                <p rend="alinea">Car toute la tâche des communistes est de savoir
                convaincre les retardataires, de savoir travailler parmi eux et non de se
                séparer d’eux par des mots d’ordre « de gauche » d’une puérile
                invention. (P. 49.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">51</note> VII. Faut-il participer aux
            parlements bourgeois ?</p>
            <p rend="alinea">Ce n’est pas parce que le parlement bourgeois a
            <emph>historiquement</emph> fait son temps qu’il a <emph>politiquement</emph> fait
            son temps. Ce n’est pas parce qu’il a ait son temps pour <emph>nous</emph>
            communistes qu’il a fait son temps pour les <emph>masses</emph>.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p54haut">
                <p rend="alinea">Nous voyons ici une fois de plus que les « gauches » ne
                savent pas raisonner, ne savent pas se conduire en parti de la
                <emph>classe</emph>, en parti des <emph>masses</emph>. Vous êtes tenus de ne pas
                vous abaisser au niveau des masses, au niveau des couches retardataires
                d’une classe. C’est indiscutable. Vous êtes tenus de leur dire
                l’amère vérité. Vous êtes tenus d’appeler préjugés leurs préjugés
                démocratiques bourgeois et parlementaires. Mais en même temps vous êtes
                tenus de surveiller d’un œil <emph>lucide</emph> l’état <emph>réel</emph> de
                conscience et de préparation de la classe tout entière (et pas seulement de
                son avant-garde communiste), de la <emph>masse</emph> travailleuse tout entière
                (et pas seulement de ses éléments avancés). (P. 54.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Tant que même une minorité des masses accorde de
            l’importance au parlement, « <q>la participation aux élections
            parlementaires et aux luttes parlementaires est <emph>obligatoire</emph> pour le
            parti du prolétariat révolutionnaire <emph>précisément</emph> afin d’éduquer
            les couches retardataires de <emph>sa classe</emph>, précisément afin
            d’éveiller et d’éclairer la <emph>masse</emph> villageoise inculte, opprimée
            et ignorante</q> » (p. 54).</p>
            <p rend="alinea separated">Lénine examine alors l’expérience parlementaire des
            bolchéviks dans les différentes périodes. Renvoie p. 55 à « <q>l’<ref target="#ElectionsAssembleeEtDictature">article</ref> mentionné plus haut</q> »,
            c’est-à-dire p. 47.</p>
            <p rend="alinea separated">Formation des cadres :</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p61haut">
                <p rend="alinea">Les « gauches » d’Allemagne se plaignent des mauvais
                « chefs » de leur parti et se laissent aller au désespoir ; ils en
                arrivent à une ridicule « négation » des « chefs ». Mais dans des
                conditions où l’on est souvent obligé de cacher les « chefs » dans
                l’illégalité, la <emph>formation</emph> de bons chefs, sûrs, éprouvés,
                ayant l’autorité morale nécessaire, est une tâche particulièrement
                difficile, dont il est <emph>impossible</emph> de venir à bout sans allier le
                travail légal au travail illégal et <emph>sans faire passer les
                « chefs », entre autres épreuves</emph>, par <emph>celle</emph> de l’arène
                parlementaire. (P. 61.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">62</note> VIII. Jamais de compromis ?</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len31p66deuxtiers">
                <p rend="alinea">On ne peut triompher d’un adversaire plus puissant
                qu’au prix d’une extrême tension des forces et à la condition
                <emph>expresse</emph> d’utiliser de la façon la plus minutieuse, la plus
                attentive, la plus circonspecte, la plus intelligente, la moindre
                « fissure » entre les ennemis, les moindres oppositions d’intérêts
                entre les bourgeoisies des différents pays, entre les différents groupes ou
                catégories de la bourgeoisie à l’intérieur de chaque pays, aussi bien
                que la moindre possibilité de s’assurer un allié numériquement fort,
                fût-il un allié temporaire, chancelant, conditionnel, peu solide et peu
                sûr. Qui n’a pas compris cette vérité n’a compris goutte au marxisme,
                ni <emph>en général</emph> au socialisme scientifique contemporain. Qui n’a
                pas prouvé <emph>pratiquement</emph>, pendant un laps de temps assez long et en
                des situations politiques assez variées, qu’il sait appliquer cette
                vérité dans les faits, n’a pas encore appris à aider la classe
                révolutionnaire dans sa lutte pour affranchir des exploiteurs toute
                l’humanité laborieuse. Et ce qui vient d’être dit est aussi vrai pour
                la période qui  <emph>p r é c è d e</emph>   et qui 
                 <emph>s u i t</emph>   la conquête du pouvoir politique par le
                prolétariat.</p>
                <p rend="alinea">Notre théorie n’est pas un dogme, mais <emph>un guide pour
                l’action</emph>, ont dit Marx et Engels ; et la plus grave erreur, le crime
                le plus grave de marxistes aussi « patentés » que Karl Kautsky, Otto
                Bauer et autres, c’est qu’ils n’ont pas compris, c’est qu’ils
                n’ont pas su appliquer cette vérité aux heures les plus décisives de la
                révolution prolétarienne. « L’action politique, ce n’est pas un
                trottoir de la perspective Nevski » (un trottoir net, large et uni de
                l’artère principale, absolument rectiligne, de Pétersbourg), disait
                déjà N. Tchernychevski, le grand socialiste russe de la période d’avant
                Marx.</p>
                (P. 66‑67.)
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">La citation de Tchernychevski fait penser à celle,
            classique, de Mao Tsé-toung :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une
                œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir
                avec autant d’élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec
                autant de douceur, d’amabilité, de courtoisie, de retenue et de
                générosité d’âme. La révolution, c’est un soulèvement, un acte de
                violence par lequel une classe en renverse une autre. « Rapport sur
                l’enquête menée dans le Hounan à propos du mouvement paysan » (mars
                1927), <title>Œuvres choisies de Mao Tsé-toung</title>, tome I.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="firstalinea">sauf que Mao parle de la violence et Lénine du compromis.</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">73</note> IX. Le communisme de
            « gauche » en Angleterre</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">86</note> X. Quelques conclusions</p>
            <p rend="alinea">On conquiert l’avant-garde par la propagande (la
            persuasion, la formation théorique…) ; on conquiert les masses par
            l’action politique.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">L’avant-garde prolétarienne est conquise
                idéologiquement. C’est le principal. Autrement, faire même un premier pas
                vers la victoire serait impossible. Mais de là à la victoire, il y a encore
                assez loin. On ne peut vaincre avec l’avant-garde seule. Jeter
                l’avant-garde seule dans la bataille décisive, tant que la classe tout
                entière, tant que les grandes masses n’ont pas pris soit une attitude
                d’appui direct à l’avant-garde, soit tout au moins de neutralité
                bienveillante, qui les rende complètement incapables de soutenir son
                adversaire, ce serait une sottise, et même un crime. Or, pour que vraiment
                la classe tout entière, pour que vraiment les grandes masses de travailleurs
                et d’opprimés du Capital en arrivent à une telle position, la propagande
                seule, l’agitation seule ne suffisent pas. Pour cela, il faut que ces
                masses fassent leur propre expérience politique. Telle est la loi
                fondamentale de toutes les grandes révolutions, loi confirmée maintenant
                avec une force et un relief frappants, non seulement par la Russie, mais
                aussi par l’Allemagne. Ce ne sont pas seulement les masses ignorantes,
                souvent illettrées, de Russie, ce sont aussi les masses d’Allemagne,
                hautement cultivées, sans un seul analphabète, qui ont dû éprouver à
                leurs dépens toute la faiblesse, toute la veulerie, toute l’impuissance,
                toute la servilité devant la bourgeoisie, toute la lâcheté du gouvernement
                des paladins de la II<hi rend="ordinal">e</hi> Internationale, le
                caractère inévitable de la dictature des ultra-réactionnaires (Kornilov en
                Russie, Kapp et consorts en Allemagne), seule alternative en face de la
                dictature du prolétariat, pour se tourner résolument vers le communisme.</p>
                <p rend="alinea">L’objectif immédiat de l’avant-garde consciente du
                mouvement ouvrier international, c’est-à-dire des partis, groupes et
                tendances communistes, c’est de savoir <emph>amener</emph> les larges masses
                (encore somnolentes, apathiques, routinières, inertes, engourdies, dans la
                plupart des cas) à cette position nouvelle ou plutôt de savoir conduire
                <emph>non seulement</emph> son parti, mais aussi les masses en train d’arriver,
                de passer à cette nouvelle position. Si le premier objectif historique
                (attirer l’avant-garde consciente du prolétariat aux côtés du pouvoir
                des Soviets et de la dictature de la classe ouvrière) ne pouvait être
                atteint sans une victoire complète, idéologique et politique, sur
                l’opportunisme et le social-chauvinisme, le second objectif qui devient
                d’actualité et qui consiste à savoir amener les <emph>masses</emph> à cette
                position nouvelle, propre à assurer la victoire de l’avant-garde dans la
                révolution, cet objectif actuel ne peut être atteint sans liquidation du
                doctrinarisme de gauche, sans réfutation décisive et élimination complète
                de ses erreurs.</p>
                <p rend="alinea">Tant qu’il s’agissait (et dans la mesure où il
                s’agit encore) de rallier au communisme l’avant-garde du prolétariat, la
                propagande s’est située au premier plan ; même les petits cercles de
                propagande sont utiles et féconds en dépit des défauts qui leur sont
                inhérents. Mais quand il s’agit de l’action pratique des masses, de la
                distribution — s’il m’est permis de m’exprimer ainsi — d’armées
                fortes de millions d’hommes, de la répartition de toutes les forces de
                classe d’une société donnée en vue du <emph>combat final et décisif</emph>,
                on ne fera rien avec les seules méthodes de propagande, avec la seule
                répétition des vérités du communisme « pur ». Il ne faut pas compter
                ici par milliers, comme le fait en somme le propagandiste, membre d’un
                groupe restreint et qui n’a pas encore dirigé les masses ; il faut
                compter ici par millions et par dizaines de millions. Il ne suffit pas de se
                demander si l’on a convaincu l’avant-garde de la classe
                révolutionnaire ; il faut encore savoir si les forces historiquement
                agissantes de <emph>toutes</emph> les classes, absolument de toutes les classes
                sans exception, d’une société donnée, sont disposées de façon que la
                bataille décisive soit parfaitement à point, — de façon : 1<hi rend="ordinal">o</hi> que toutes les forces de classe qui nous sont
                hostiles soient suffisamment en difficulté, se soient suffisamment
                entre-déchirées, soient suffisamment affaiblies par une lutte au-dessus de
                leurs moyens ; 2<hi rend="ordinal">o</hi> que tous les éléments
                intermédiaires, hésitants, chancelants, inconstants — la petite
                bourgeoisie, la démocratie petite-bourgeoise par opposition à la
                bourgeoisie — se soient suffisamment démasqués aux yeux du peuple,
                suffisamment déshonorés par leur faillite pratique ; 3<hi rend="ordinal">o</hi> qu’au sein du prolétariat un puissant mouvement
                d’opinion se fasse jour en faveur de l’action la plus décisive, la plus
                résolument hardie et révolutionnaire contre la bourgeoisie. C’est alors
                que la révolution est mûre ; c’est alors que, si nous avons bien tenu
                compte de toutes les conditions indiquées, sommairement esquissées plus
                haut, et si nous avons bien choisi le moment, notre victoire est assurée.</p>
                (P. 89‑91.)
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">103</note> Annexe</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">105</note> I. La scission des communistes
            allemands</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">107</note> II. Communistes et indépendants
            en Allemagne</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">109</note> III. Turati et C<hi rend="exposant">ie</hi> en Italie</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">111</note> IV. Conclusions fausses de
            prémisses justes</p>
            <p rend="tm2"><note place="margin">115</note> V.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len31LeCommunisme">
            <head>
              Le communisme
            </head>
            <bibl rend="publie">
              12 juin 1920. Publié en 1920.
              <title>Œuvres</title>, tome 31, p. 167-169.
            </bibl>
            <p rend="publie">
              À propos de la <title>Revue de l’internationale communiste pour les pays de l’Europe
              du Sud-Est</title> (en langue allemande), Vienne, cahiers 1-2 (1<hi rend="ordinal">er</hi> février 1920) à 18 (8 mai 1920).
            </p>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index>
                <term>analyse concrète d’une situation concrète</term>
              </index>❦ analyse concrète d’une situation concrète
              <index><term>concret, analyse — d’une situation concrète</term></index>
              <index><term>situation, analyse concrète d’une — concrète</term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="firstalinea">
                  … ce qui est la substance même, l’âme vivante du marxisme : l’analyse concrète
                  d’une situation concrète.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 168.</bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len31Le2eCongresInternationale">
            <head>Le 2<hi rend="ordinal">e</hi> congrès de l’Internationale communiste</head>
            <bibl rend="publie">19 juillet – 7 août 1920. Publié en 1921.
            <title>Œuvres</title>, tome 31, p. 219‑272.</bibl>
            <p rend="tm1"><note place="margin">221</note> 1. Rapport sur la situation
            internationale et les tâches fondamentales de l’Internationale communiste,
            19 juillet</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Camarades, nous abordons maintenant la question de la crise révolutionnaire,
                base de notre action révolutionnaire. Et ici, il faut avant tout noter deux
                erreurs très répandues. D’une part, les économistes bourgeois
                représentent cette crise comme un simple « malaise », selon
                l’élégante expression des Anglais. D’autre part, des révolutionnaires
                s’efforcent parfois de démontrer que cette crise est absolument sans
                issue.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">C’est une erreur. Il n’existe pas de situation absolument sans issue. La
                bourgeoisie se conduit comme un forban sans vergogne qui a perdu la tête ;
                elle commet bêtise sur bêtise, aggravant la situation et hâtant sa propre
                perte. C’est un fait. Mais il n’est pas possible de « prouver »
                qu’il n’y a aucune chance qu’elle endorme une minorité d’exploités
                à l’aide de petites concessions, quelle réprime un mouvement ou une
                insurrection d’une partie des opprimés et des exploités. Tenter d’en
                « prouver » à l’avance l’impossibilité « absolue » serait pur
                pédantisme, verbiage ou jeu d’esprit. Dans cette question et dans des
                questions analogues, seule la pratique peut fournir la « preuve »
                réelle. Le régime bourgeois traverse dans le monde entier une profonde
                crise révolutionnaire. Il faut le « démontrer » maintenant, par
                l’action pratique des partis révolutionnaires, qu’ils possèdent
                suffisamment de conscience, d’organisation, de liens avec les masses
                exploitées, d’esprit de décision et de savoir-faire pour exploiter cette
                crise au profit d’une révolution victorieuse. (P. 233‑234.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1"><note place="margin">242</note> 2. Discours sur le rôle du
            parti communiste, 23 juillet</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">247</note> 3. Rapport de la commission
            nationale et coloniale, 26 juillet</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">254</note> 4. Discours sur les conditions
            d’admission à l’Internationale communiste, 30 juillet</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">261</note> 5. Discours sur le
            parlementarisme, 2 août</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">266</note> 6. Discours sur l’affiliation
            au Labour Party de Grande-Bretagne, 6 août</p>
          </div>
          <div xml:id="Len31Le8eCongresSoviets">
            <head>Le 8<hi rend="ordinal">e</hi> congrès des Soviets de Russie</head>
            <bibl rend="publie">22-29 décembre 1920.
            <title>Œuvres</title>, tome 31, p. 479‑556.</bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index>
                <term>communisme, pouvoir soviétique plus électrification</term>
              </index>❦ communisme, pouvoir soviétique plus électrification
              <index>
                <term>électrification, le communisme c’est le pouvoir soviétique plus l’—</term>
              </index>
            </p>
            <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">Le communisme, c’est le pouvoir soviétique
                  plus l’électrification du pays entier.</p>
                </quote>
                <bibl>P. 537.</bibl>
              </cit>
          </div>
        </div><!-- fin de fichier inclus Lentome31.xml -->
        <div xml:id="Lentome32" type="level1_tome" n="32">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 32</head>
          <div xml:id="Len32Congr2Mineurs">
            <head>2<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès des mineurs de Russie</head>
            <p rend="tm1">1. Rapport sur le rôle et les tâches des syndicats à la
            réunion de la fraction communiste le 23 janvier</p>
            <p>Publié le 25 <span rend="publie"/>janvier 1921 dans le Bulletin du
            2<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès des mineurs de Russie, n<span rend="exposant">o</span> 1. <title>Œuvres</title>, tome 32, p. 48-58.</p>
            <p rend="alinea">Crise dans le parti sur la question du syndicalisme</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Chaque ouvrier saurait-il administrer l’État ? Les gens pratiques
                savent que c’est une fable, que nos millions d’ouvriers organisés dans
                les syndicats traversent la période dont nous avons parlé, à savoir que
                les syndicats sont l’école du communisme et de la gestion. Lorsqu’ils
                l’auront fréquentée pendant des années, ils auront appris, mais les
                progrès sont lents. Nous n’avons même pas liquidé l’analphabétisme.
                Nous savons comment les ouvriers liés à la paysannerie se laissent séduire
                par des mots d’ordre non prolétariens. Combien d’ouvriers ont participé
                à la gestion ? Quelques milliers dans toute la Russie, c’est tout. Si
                nous disons que ce n’est pas le parti, mais les syndicats eux-mêmes qui
                vont présenter les candidatures et diriger, cela aura une allure très
                démocratique et nous donnera peut-être des voix, mais pas pour longtemps.
                Ce serait la fin de la dictature du prolétariat. (P. 56.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="tm1">2. Conclusions à la suite du rapport sur le rôle et les
            tâches des syndicats à la réunion de la fraction communiste le
            24 janvier</p>
            <p rend="publie">Publié le 26 <span rend="publie"/>janvier 1921 dans le
            Bulletin du 2<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès des mineurs de Russie,
            n<span rend="exposant">o</span> 2. <title>Œuvres</title>, tome 32, p. 59-64.</p>
            <p rend="alinea">Ce que les ouvriers doivent apprendre à administrer, ce n’est pas leur
            branche d’industrie, c’est toute l’économie nationale. Lénine se
            réfère au programme du parti :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Il est dit : « doivent parvenir à concentrer effectivement entre leurs
                mains toute la direction de toute l’économie nationale ». Il n’est pas
                dit : des branches de l’industrie, comme dans les thèses de ce même
                Trotsky. (P. 61.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>
          
          <div xml:id="Len32Congr10PCR">
            <head>10<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès du PCR</head>
            <p rend="publie">8-16 mars 1921. Publié en brochure en 1921.</p>
            <p rend="tm1" xml:id="Len32ResolDevSyndAnar">9. Avant-projet de résolution du 10<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès du Parti communiste de Russie sur la
            déviation syndicaliste et anarchiste dans notre parti</p>
            <p rend="publie"><title>Œuvres</title>, tome 32, p. 256-259. En ligne : <ptr target="LenResolDevSyndAnar.html"/>.</p>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome33" type="level1_tome" n="33">
          <head>Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 33</head>
          <div xml:id="Len33Congres2Educ">
            <head>La nouvelle politique économique et les tâches des services d’éducation
            politique</head>
            <p>Rapport présenté au 2<hi rend="ordinal">e</hi> congrès des services
            d’éducation politique de Russie le 17 octobre 1921</p>
            <p rend="publie"><title>Bulletin du congrès</title>, n<hi rend="ordinal">o</hi> 2, 19 octobre 1921.
            <title>Œuvres</title>, tome 33, p. 53‑74.</p>
            <p rend="tm1">Qui vaincra : le capitalisme ou le pouvoir des Soviets ?</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><note place="margin">P. 58-60</note>Voilà à quoi se
                résume toute la guerre actuelle : qui vaincra, qui profitera le premier ?
                Le capitalisme, à qui nous laissons nous-mêmes une porte ouverte, ou même
                plusieurs portes ouvertes (ainsi que beaucoup de portes que nous ne
                connaissons pas nous-mêmes, et qui s’ouvrent à notre insu et contre nous),
                ou bien le pouvoir d’État prolétarien ? Sur quoi celui-ci peut-il
                s’appuyer économiquement ? D’une part, sur une amélioration du sort de la
                population. À ce propos, il faut se souvenir des paysans. Il est
                absolument incontestable, et évident pour chacun, que, malgré un fléau
                aussi effroyable que la famine, la situation de la population, compte non
                tenu de ce fléau, s’est précisément améliorée à la suite du changement de
                notre politique économique.</p>
                <p rend="alinea">D’autre part, si le capitalisme y trouve son compte, la
                production industrielle va augmenter, et avec elle grandira le
                prolétariat. Les capitalistes vont bénéficier de notre politique, et ils
                vont créer un prolétariat industriel qui, chez nous, en raison de la
                guerre, de la ruine et des destructions terribles, est déclassé,
                c’est-à-dire qu’il a été détourné de son chemin de classe et a cessé
                d’exister en tant que prolétariat. On appelle prolétariat la classe
                occupée à produire les biens matériels dans les entreprises de la grande
                industrie capitaliste. Étant donné que la grande industrie capitaliste est
                ruinée et que les fabriques et les usines sont immobilisées, le
                prolétariat a disparu. On l’a parfois fait figurer comme tel, d’une façon
                formelle, mais il n’avait pas de racines économiques.</p>
                <p rend="alinea">Si le capitalisme se rétablit, ce sera aussi, par
                conséquent, le rétablissement de la classe du prolétariat occupé à
                produire les biens matériels utiles à la société, occupé dans les grandes
                fabriques mécanisées, au lieu de se livrer à la spéculation, à la
                fabrication de briquets pour la vente et à d’autres « travaux » pas très
                utiles mais parfaitement inévitables, étant donné la ruine de notre
                industrie.</p>
                <p rend="alinea">Toute la question est de savoir lequel devancera l’autre.
                Ou bien les capitalistes réussiront à s’organiser les premiers, et ils
                chasseront les communistes ; et alors, il n’y aura plus rien à dire. Il
                faut considérer ces choses avec sang-froid: qui l’emportera ?
                C’est-à dire : le pouvoir d’État prolétarien se montrera-t-il capable, en
                s’appuyant sur la paysannerie, de tenir en bride messieurs les
                capitalistes de façon à orienter le capitalisme dans le canal de 1’État et
                à créer un capitalisme subordonné à l’État et placé à son service ? Il
                faut poser cette question avec sang-froid.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Cela rappelle Mao, « La question de savoir qui
            l’emportera… »</p>
          </div>
          <div xml:id="Len33MoinsMaisMieux">
            <head>Mieux vaut moins, mais mieux</head>
            <p rend="publie">Daté 2 mars 1923. Publié dans la
            <title>Pravda</title> en mars 1923.
            <title>Œuvres</title>, tome 33, p. 501‑517.</p>
          </div>
        </div>
<!-- 34 -->
<!-- 35 -->
<!-- 36 -->
<!-- 37 -->
        <div xml:id="Lentome38" type="level1_tome" n="38">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 38
          </head>

          <div xml:id="Len38resumSteFam">
            <head>
              Résumé de <title>La Sainte famille</title> de Marx et Engels
            </head>
            <bibl rend="publie">
              Rédigé au plus tôt le 25 avril (7 mai)
              et au plus tard le 7 (19) septembre 1895.
              Publié pour la première fois en 1930 dans le Recueil Lénine XII.
              <title>Œuvres</title>, tome 38, p. 15-49.
            </bibl>
            <bibl><title>Collected Works</title>, vol. 38, p. 19-51.</bibl>
            <index><term>La Sainte famille de Marx et Engels</term></index>
          </div>
          <div xml:id="Len38noteHaeckel">
            <head>
              Note sur le compte rendu des livres d’Ernst Haeckel
              <title>Les miracles de la vie</title>
              et <title>Les énigmes de l’Univers</title>
            </head>
            <bibl rend="publie">Rédigé fin 1904. <title>Œuvres</title>, tome 38, p. 54.</bibl>

            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>phronema, organe de l’esprit</term></index>❦ phronema, organe de l’esprit
              <index><term>cortex, organe de l’esprit</term></index>❦ cortex, organe de l’esprit
              <index><term>esprit, fonction du cortex</term></index>❦ esprit, fonction du cortex
              <index><term>Haeckel</term></index>❦ Haeckel
            </p>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea"><title>Frankfurter Zeitung</title>, 1904, n<hi rend="ordinal">o</hi> 348
                (15 décembre), 1<hi rend="ordinal">re</hi> édition du matin.</p>
                <p rend="alinea">Chronique sur les nouveaux livres de biologie.</p>
                <p rend="alinea">Ernst Haeckel,
                <title>Lebenswunder : Gemeinverständliche Studien über biologische Philosophie</title>,
                Stuttgart (Albert Kröner).</p>
                <p rend="alinea">(Selon Haekel, « l’esprit est une fonction physiologique de l’écorce du cerveau ».
                Page 378 de son ouvrage. L’auteur du compte rendu est, bien entendu,
                <emph>contre</emph> cet avis.)</p>
                <p rend="alinea">Du même, <title>Welträtsel</title> (parues avant) (où l’on s’attache à prouver
                qu’à proprement parler, <emph>il n’y a pas</emph> d’énigmes de l’univers).</p>
              </quote>
              <bibl/>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Lénine cite sur base du compte rendu, et c’est sans doute une paraphrase.
              Je pense qu’il s’agit dans l’original du membre de phrase p. 378 :
              « Mit dem physiologischen Begriffe des Phronema, als des eigentlichen Geistesorgans »
              (où le <foreign xml:lang="de">Phronema</foreign> est une région du cortex).
              (En ligne : — on a scanné deux fois le même ! — <ref target="http://openlibrary.org/search?title=Lebenswunder&amp;has_fulltext=true&amp;author=Haeckel">openlibrary.org/search?title=Lebenswunder&amp;has_fulltext=true&amp;author=Haeckel</ref>.)
              Lénine y revient en 1909 dans <ref target="#Lentome14"><title>Matérialisme et empiriocritiscisme</title></ref>,
              <title>Œuvres</title>, tome 14, <ref target="#Len14MEchap6para5">p. 363 et ss</ref>.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="Len38resumeScienceLogiqueHegel">
            <head>
              Résumé de la Science de la logique de Hegel
            </head>

            <bibl rend="publie">
              Rédigé en septembre-décembre 1914, <title>Œuvres</title>, tome 38, p. 83-226.
            </bibl>

            <p xml:id="Len38resumeScienceLogiqueHegel-ndx"><label rend="invisible">Lénine, Résumé de la Science de la logique de Hegel          </label>
              <index><term>dialectique, cause interne du changement</term></index>
              <index><term>négation de la négation, niveau supérieur</term></index>
              <index><term>contradiction interne</term></index>
              <index><term>identité des contraires</term></index>
              <index><term>contradiction, identité des contraires</term></index>
              <index><term>dialectique, identité des contraires</term></index>
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len38p94deuxtiers">
                <p rend="alinea">
                  « Car la méthode est la conscience de la forme de l’automouvement intérieur de son contenu »,
                  puis toute la page 41, bonne explication de la dialectique (p. 94, ⅔) […]
                </p>
                <p rend="alinea">
                  « Ce qui se meut vers l’avant dans un domaine donné de phénomènes,
                  c’est le contenu même de ce domaine,
                  la dialectique qu’il (ce contenu) a <emph>en</emph> lui-même »
                  (c’est-à-dire la dialectique de son mouvement propre).
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len38p94infine">
                <p rend="alinea">
                  « Le négatif est tout autant positif » (41)
                  — la négation est un déterminé, possède un contenu déterminé,
                  les contradictions internes amènent le remplacement du contenu ancien
                  par un contenu nouveau, plus élevé (p. 94, in fine).
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Len38p107">
                <p rend="alinea">
                  La <emph>d i a l e c t i q u e</emph> est la théorie de la façon dont
                  les <emph>c o n t r a i r e s</emph> peuvent être
                  et sont habituellement (dont ils deviennent) <emph>i d e n t i q u e s</emph>
                  — des conditions dans lesquelles ils sont identiques en se changeant l’un en l’autre —
                  des raisons pour quoi l’esprit humain ne doit pas prendre des contraires pour morts, figés,
                  mais pour vivants, conditionnés, mobiles, se changeant l’un en l’autre (p. 107).
                </p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Mao cite cette dernière phrase dans la <title>Contradiction</title>,
              à la première page de la section 5, « L’identité et la lutte des aspects de la contradiction »,
              <title>Œuvres choisies</title>, t. 1, p. 376.
              On trouve plus souvent la citation par Mao que le texte de Lénine lui-même.
            </p>

            <p xml:id="Len38resumeScienceLogiqueHegel-ndx2"><label rend="invisible">Lénine, Résumé de la Science de la logique de Hegel          </label>
              <index><term>essence, pour Hegel, l’apparence est l’apparaître de l’—</term></index>
              <index><term>Kant, voie vers le matérialisme, par Hegel</term></index>
              <index><term>Hegel, étape entre Kant et le matérialisme</term></index>
              <index><term>matérialisme, cheminement depuis Kant, par Hegel</term></index>
              <index><term>abstraction</term></index>
              <index><term>abstraction de matière</term></index>
              <index><term>matière, abstraction de —</term></index>
              <index><term>abstraction de la valeur</term></index>
              <index><term>valeur, abstraction de la —</term></index>
              <index><term>abstraction scientifique</term></index>
              <index><term>science, abstraction</term></index>
            </p>
            <p rend="alinea">Commentant Hegel :</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len38p127untiers">
                <p rend="alinea"><note place="margin">p. 127 ⅓</note>L’apparent
                est l’essence dans <emph>une</emph> de ses
                déterminations, dans un de ses aspects, dans un de ses moments.
                L’<emph>essence</emph> paraît être cela. L’apparence est l’apparaître (Scheinen) de
                l’essence elle-même en soi-même.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              Pour Hegel, ici du moins, l’apparence n’est pas tellement
              éloignée de l’essence, c’est l’essence elle-même, mais incomplète.
            </p>
            <p xml:id="Len38pp158-159" rend="alinea">
              Kant introduit un certain idéalisme subjectif.
              Hegel, qui est un idéaliste réaliste, objective l’idéalisme de Kant.
              Ce réalisme, cette objectivation, peuvent être considérés
              (« <emph>À la veille</emph> de la transformation de l’idéalisme objectif en matérialisme »)
              comme un pas vers le matérialisme, mais prudence ! (P. 158-159)
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len38p160-161">
                <p rend="alinea">
                  <emph>Sur le fond</emph>, Hegel a entièrement raison contre Kant.
                  La pensée, en s’élevant du concret à l’abstrait, ne s’éloigne pas
                  — si elle est <emph>correcte</emph> (NB)
                  (et Kant, comme tous les philosophes, parle de la pensée correcte) —
                  <emph>de</emph> la vérité, mais s’approche d’elle.
                  L’abstraction de <emph>matière</emph>, celle de <emph>loi</emph> naturelle,
                  l’abstraction de la <emph>valeur</emph>, etc., en un mot
                  <emph>toutes</emph> les abstractions scientifiques (justes, sérieuses, non creuses)
                  reflètent la nature plus profondément, plus fidèlement, plus <emph>c o m p l è t e m e n t</emph>.
                  De l’intuition vivante à la pensée abstraite, <emph>et d’elle à la pratique</emph> —
                  tel est le chemin dialectique de la connaissance de la <emph>vérité</emph>, de la
                  connaissance de la réalité objective. Kant rabaisse le savoir pour faire place
                  nette à la foi : Hegel place haut le savoir, assurant que la connaissance,
                  c’est la connaissance de Dieu. Le matérialiste place haut la connaissance de la
                  matière, de la nature, renvoyant Dieu et la canaille philosophique qui le défend
                  dans la fosse aux ordures (pp 160-161).
                </p>
              </quote>
            </cit>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Lentome39" type="level1_tome" n="39">
          <head>
            Lénine, <title>Œuvres</title>, tome 39
          </head>
          <div xml:id="Len39CahierAlpha">
            <head>
              Cahier « α »
            </head>
            <p rend="publie">Notes accumulées entre 1912 et 1916.
            <title>Œuvres</title>, tome 39, p. 19‑66.</p>
          </div>

          <div xml:id="Len39CahierIota">
            <head>
              Cahier « ι »
            </head>
            <p rend="publie">Notes accumulées entre 1912 et 1916.
            <title>Œuvres</title>, tome 39, p. 387‑420.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len39p397undemi">
                <p rend="alinea">[article de Pannekoek « La nature de nos
                revendications actuelles », p. 810.</p>
                <p rend="alinea">Tout spécialement au sujet des « possibilités de
                réalisation » des revendications.</p>
                <p rend="alinea">« Pourquoi donc notre programme contient-il les
                revendications suivantes : démocratie politique, milice populaire,
                démocratisation de la justice, etc., qui, prises ensemble, sont irréalisables
                sous le capitalisme, et pourquoi ne contient-il pas le droit au travail ou
                l’interdiction d’introduire des machines qui réduisent la main-d’œuvre
                nécessaire, ce qui est tout aussi irréalisable sous le capitalisme ? »
                Deux sortes d’impossibilités : « économiquement impossible » et
                « politiquement exclu » (811). Les revendications actuelles ne sont
                pas irréalisables « au sens absolu » sous le capitalisme (812).
                (P. 397, ½.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="Len39CahierEgelhaaf">
            <head>
              Cahier « Egelhaaf »
            </head>
            <p rend="publie">Notes accumulées entre 1912 et 1916.
            <title>Œuvres</title>, tome 39, p. 715‑746.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Len39p719bas720haut">
                <p rend="NoteGauche centralign">une perle !!
                <lb/>Les « États-Unis du monde civilisé » (!!!)</p>
                <p rend="RetraitNoteGauche">Expédition contre le soulèvement des boxers en
                Chine (1900-1901) (troupes alliées de <emph>la Russie, du Japon,
                de l’Allemagne, de la France, de l’Angleterre, des États-Unis</emph>) est ainsi
                jugée par le général français <emph>Frey</emph> : cette
                expédition « <emph>a réalisé pour la première fois le rêve
                des hommes politiques idéalistes : les États-Unis du monde
                civilisé</emph> » (469) »… (P. 719‑720.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>
        </div>
      </div> <!-- level0_auteur, Lénine -->

      <div xml:id="Staline" type="level0_auteur">
        <head>
          Staline
        </head>
        <div xml:id="fiveconveco">
          <head>Five Conversations with Soviet Economists</head>
          <bibl>
            1941-1952
            (<ref target="5converseco.html">Full text</ref>).
          </bibl>

          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea" xml:id="fiveconveco-terriblewords"><label rend="invisible">Five Conversations with Soviet Economists</label>
                <index><term>contradiction dialectique, n'est pas le moteur de l'histoire</term></index>
                <index><term>contradiction dialectique, langage du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle</term></index>
                <index><term>contradiction entre forces productives et rapports de production</term></index>
                <index><term>proportions nécessaires en économie</term></index>
                <index><term>marché comme indicateur des disproportions</term></index>
                <index><term>Bourse comme indicateur des disproportions</term></index>
                Regarding the plan for the economy a lot of terrible words have been piled up.
                What all has not been written.
                “Directly social character of labour in the socialist society.
                Overcoming the law of value and elimination of anarchy in production.
                Planned conducting of the economy as a means of bringing
                the production relations of socialism in conformity with the nature of the productive forces.”
                Some kind of a flawless planned economy is painted.
                Whereas one can say simply:
                — under capitalism it is not possible to carry on production on the scale of the whole of the society,
                there you have competition, there you have private property, which separates.
                Whereas in our system the enterprises are united on the basis of socialist property.
                Planned economy is not something we want, it is an inevitability, otherwise everything would collapse.
                We have destroyed such bourgeois barometers as the markets and the stock exchanges,
                with the help of which the bourgeoisie corrects the disproportions.
                We have taken everything up on ourselves.
                Planned economy in our system is as much inevitable as is the consumption of bread.
                And it is so not because we are all “good boys”, not because we are capable of doing everything, and they cannot,
                but because in our system the enterprises are integrated.
                In their system integration is possible only within trusts and cartels, i.e. within narrow limits,
                but they are incapable of organising an All people’s economy.
                (It is in place here to remind ourselves of Lenin’s critique of Kautsky’s theory of super capitalism).
                The capitalist cannot run industry and agriculture and transport according to a plan.
                Under capitalism the town must devour the countryside. Private property there is an obstacle.
                So say simply: there is integration in our system, and in their system there is division.
                Here (page 369) it is written:
                “planned functioning of the economy as a means of
                bringing the production relations of socialism in conformity with the character of the productive forces”.
                It is all rubbish, schoolboys’ chatter.
                (Marx and Engels spoke long ago, and they had to talk about contradictions).
                But why in hell are you treating us to such generalisations?
                Say simply: in their system there is division in the economy, the form of property brings divisions;
                in our system there is integration.
                You are at the helm, and the power is yours. Speak simply.
              </p>
            </quote>
          </cit>
          <p rend="alinea">
            Au passage, il semble considérer la notion de contradiction dialectique
            comme un héritage du 19<hi rend="ordinal">e</hi> siècle dont on se passerait avantageusement.
            Marx et Engels parlaient comme ça parce que c’était la mode de l’époque.
            Nous ne devons pas les imiter. De manière générale, il ne supporte pas
            qu’on se paie de mots.
          </p>
          <p rend="alinea">
            Dans l’économie, il y a des proportions à respecter.
            Dans l’économie bourgeoise, ce sont les mécanismes du marché, et la Bourse qui servent de baromètre des disproportions.
            Sous le socialisme, on n’a pas ces moyens-là, par contre on utilise la planification.
          </p>

          <p rend="centralign plusgrand">
                                  ⁂
        </p>

          <cit>
            <quote>
              <p rend="alinea" xml:id="fiveconveco-useonesbrains"><label rend="invisible">Five Conversations with Soviet Economists</label>
                <index><term>utiliser son propre cerveau</term></index> <index><term>use one’s brains</term></index>
                <index><term>cerveau, utiliser son propre —</term></index> <index><term>brains, use one’s —</term></index>
                <index><term>citation, abuse</term></index>
                If you want to seek answers for everything in Marx you will get nowhere.
                You have in front of you a laboratory such as the USSR which has existed now for more than 20 years
                but you think that Marx ought to be knowing more than you about socialism.
                Do you not understand that in the <title>Critique of the Gotha Programme</title> Marx was not in a position to foresee!
                It is necessary to use one’s head and not string citations together.
                New facts are there, there is a new combination of forces — and if you don’t mind — one has to use one’s brains.
              </p>
            </quote>
          </cit>
        </div>
      </div> <!-- level0_auteur, Staline -->

      <div xml:id="Mao" type="level0_auteur">
        <head>
          Mao Zedong
        </head>
        <div xml:id="Maotome1" type="level1_tome" n="1">
          <head>Mao, <title>Œuvres choisies</title>, tome 1</head>

          <div xml:id="enquHounan" type="level2_document">
            <head>
              Rapport sur l’enquête menée dans le Hounan à propos du mouvement paysan
            </head>
            <bibl>
              1927. <title>Œuvres choisies</title>, tome 1, p. 21 et suivantes.
            </bibl>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>révolution</term></index>❦ révolution
              <index><term>gala, dîner de —</term></index>❦ gala, dîner de —
              <index><term>dîner de gala</term></index>❦ dîner de gala
              <index><term>soulèvement</term></index>❦ soulèvement
              <index>
                <term>classe, une — en renverse une autre</term>
              </index>❦ classe, une — en renverse une autre
            </p>
            <cit>
              <quote xml:id="gala">
                <p rend="alinea">
                  Deuxièmement, la révolution n’est ni un dîner de gala ni une œuvre littéraire,
                  ni un dessin ni une borderie ; elle ne peut s’accomplir avec autant d’élégance,
                  de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d’amabilité, de
                  courtoisie, de retenue et de générosité d’âme. La révolution, c’est un soulèvement,
                  un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre. (Repris dans le
                <title>Petit livre rouge</title>, p. 13.)
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 27.</bibl>
            </cit>
            <p rend="alinea">
              La première phrase est une réponse à ceux qui reprochent à la révolution à la campagne
              ses « excès ». La deuxième définit la révolution. Elle n’est pas <ref target="#MFrevolMao">le tout</ref> du matérialisme historique.
            </p>
          </div>

          <div xml:id="ConditionsDeVieEtMethodes" type="level2_document">
            <head>
              Soucions-nous davantage des conditions de vie des masses
              et portons plus d’attention à nos méthodes de travail
            </head>
            <bibl>
              2<hi rend="ordinal">e</hi> congrès national des délégués des ouvriers et des paysans,
              27 janvier 1934.
              <title>Œuvres choisies</title>, tome 1, p. 163‑168.
            </bibl>
            <p xml:id="Maobezorgdwelzijn"><label rend="invisible">“Wees bezorgd voor het welzijn van de massa’s, besteed aandacht aan de methodes van werken”, Mao 1934</label>
              « Wees bezorgd voor het welzijn van de massa’s,
              besteed aandacht aan de methodes van werken »,
              Mao Tsetoeng,
              <title>Keuze uit zijn geschriften: 1926-1963</title>,
              HPB (Uitgeverij Het Progessieve Boek), Rotterdam, 1977,
              <index><term>9062370217</term></index>
              ISBN : <idno type="ISBN">90-6237-021-7</idno>.
              <!-- L’indexation à l'élément parent qui a une identité fonctionne avec l’élément p mais pas avec bibl. -->
            </p>
            <bibl>
              « Be concerned with the well-being of the masses,
              pay attention to methods of work »,
              <ref target="https://www.marxists.org/reference/archive/mao/selected-works/volume-1/mswv1_10.htm">www.marxists.org/reference/archive/mao/selected-works/volume-1/mswv1_10.htm</ref>.
            </bibl>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea gras">
                  Il y a deux questions auxquelles nos camarades n’ont pas prêté une attention suffisante au cours des débats. Je voudrais m’y arrêter spécialement.
                </p>
                <p rend="alinea gras" xml:id="Mao1934-ConditionsDeVie"><label rend="invisible">Mao Tsé-toung, « Soucions-nous davantage des conditions de vie des masses… », Œuvres choisies 1, p. 163.</label>
                  <index><term>conditions de vie des masses</term></index>
                  La première, c’est celle des conditions de vie des masses.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 163.</bibl>
            </cit>
            <list rend="horiz">
              <item style="width: 34.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Mao1934-huileetsel"><label rend="invisible">Mao Tsé-toung, « Soucions-nous davantage des conditions de vie des masses… », Œuvres choisies 1, p. 163-164.</label>
                      <index><term>huile et sel</term></index>
                      <index><term>sel (et huile, riz, combustible…)</term></index>
                      Si nous voulons vaincre, il nous faut faire beaucoup plus.
                      Nous devons diriger les paysans dans leur lutte pour la terre et leur distribuer la terre,
                      élever leur enthousiasme pour le travail et accroître la production agricole,
                      défendre les intérêts des ouvriers, créer des coopératives, développer le commerce avec les régions extérieures,
                      résoudre les problèmes qui intéressent les masses — habillement, nourriture, logement,
                      fourniture de produits de première nécessité tels que combustible, riz, huile et sel,
                      ainsi que les problèmes de santé, hygiène et mariage.
                      Bref, tous les problèmes de la vie quotidienne des masses réclament notre attention.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>163-164</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 35.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Mao1934-olieenzout"><label rend="invisible">« Wees bezorgd voor het welzijn van de massa’s, besteed aandacht aan de methodes van werken », Mao 1934</label>
                      <index><term>spijsolie en zout</term></index>
                      <index><term>olie en zout</term></index>
                      <index><term>zout (en de olie, rijst, brandstof…)</term></index>
                      Als we willen winnen moeten we heel wat meer doen.
                      We moeten de boeren leiden in hun strijd om het land en het land onder hen verdelen,
                      hun enthousiasme voor het werk vergroten en de landbouwproductie vergroten,
                      de belangen van de arbeiders, veilig stellen, coöperaties oprichten, de handel met gebieden buiten de bases ontwikkelen
                      en de problemen waarmee de massa’s geconfronteerd worden, oplossen.
                      Die problemen hebben betrekking op voedsel, onderdak en kleding, brandstof, rijst, spijsolie en zout,
                      gezondheidszorg en huwelijkszaken.
                      Kortom, alle praktische problemen uit het dagelijkse leven van de massa’s verdienen onze aandacht.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 44.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea" xml:id="Mao1934-oilandsalt"><label rend="invisible">« Be concerned with the well-being of the masses, pay attention to methods of work », Mao 1934</label>
                      <index><term>cooking oil and salt</term></index>
                      <index><term>oil and salt</term></index>
                      <index><term>salt (and oil, rice, fuel…)</term></index>
                      If we want to win, we must do a great deal more.
                      We must lead the peasants’ struggle for land and distribute the land to them,
                      heighten their labour enthusiasm and increase agricultural production,
                      safeguard the interests of the workers, establish co-operatives, develop trade with outside areas,
                      and solve the problems facing the masses — food, shelter and clothing, fuel, rice, cooking oil and salt,
                      sickness and hygiene, and marriage.
                      In shots, all the practical problems in the masses’ everyday life should claim our attention.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <list rend="horiz">
              <item style="width: 35.5%;">
                <cit xml:lang="fr">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      J’attire sérieusement l’attention du Congrès sur la nécessité d’aller au fond des problèmes relatifs à la vie des masses,
                      depuis les questions de la terre et du travail jusqu’à celles de l’approvisionnement en combustible, en riz, en huile et en sel.
                      […]
                      Alors, il vous faut vivre avec les masses, exalter leur ardeur, vous soucier de leur bien-être,
                      travailler sérieusement et sincèrement dans leur intérêt et résoudre leurs problèmes de production et d’existence,
                      ceux du sel, du riz, du logement, des vêtements, des soins aux mères et aux enfants,
                      bref, tous les problèmes de la vie quotidienne.
                      Si nous agissons ainsi, les masses nous soutiendront sûrement ;
                      la révolution deviendra, pour elles, une chose vitale, elle sera leur plus glorieux étendard.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 165-166.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item style="width: 35.5%;">
                <cit xml:lang="nl">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Ik raad dit congres ten zeerste aan grote aandacht te besteden aan het welzijn van de massa’s,
                      van de problemen met betrekking tot land en arbeid tot die met betrekking met brandstof, rijst, spijsolie en zout.
                      […]
                      Zo ja, dan moeten we met de massa’s verbonden zijn, hun enthousiasme en ondernemingsgeest opwekken,
                      ons bekommeren om hun welzijn, serieus en eerlijk in hun belang werken
                      en al hun problemen met betrekking tot de produktie en het dagelijks leven oplossen:
                      de problemen met betrekking tot zout, rijst, onderdak, kleding, bevalling, enz.
                      Als we dat doen, zullen de massa’s ons zeker ondersteunen
                      en de revolutie als hun meer roemrijke vlag, als hun eigen leven beschouwen.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 46.</bibl>
                </cit>
              </item>
              <item>
                <cit xml:lang="en">
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      I earnestly suggest to this congress that we pay close attention to the well-being of the masses,
                      from the problems of land and labour to those of fuel, rice, cooking oil and salt.
                      […]
                      If so, we must be with them, arouse their enthusiasm and initiative, be concerned with their well-being,
                      work earnestly and sincerely in their interests and solve all their problems of production and everyday life
                      — the problems of salt, rice, housing, clothing, childbirth, etc.
                      If we do so, the masses will surely support us and regard the revolution as their most glorious banner, as their very life.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl/>
                </cit>
              </item>
            </list>

            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea gras" xml:id="Mao1934-EtMethodes"><label rend="invisible">Mao Tsé-toung, « Soucions-nous davantage des conditions de vie des masses… », Œuvres choisies 1, p. 166.</label>
                  <index><term>méthodes de travail</term></index>
                  La seconde question, c’est celle des méthodes de travail.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 166.</bibl>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Il ne suffit pas de fixer les tâches, il faut encore résoudre le problème des
                  méthodes qui permettent de les accomplir. Supposons que notre tâche soit de
                  traverser une rivière ; nous n’y arriverons pas si nous n’avons ni pont ni bateau.
                  Tant que la question du pont ou du bateau n’est pas résolue, à quoi bon parler de
                  traverser la rivière ? Tant que la question des méthodes n’est pas résolue,
                  discourir sur les tâches n’est que bavardage inutile.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 167.</bibl>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="delaContradiction" type="level2_document">
            <head>
              De la contradiction
            </head>
            <bibl>
              Conférence à l’École militaire et politique antijaponaise de Yenan, août 1937.
              <title>Œuvres choisies</title>, tome 1, p. 348‑387.
            </bibl>

            <div xml:id="delaContradictionI" type="level3_para">
              <head>
                I. Les deux conceptions du monde
              </head>
              <bibl>P. 348 et suivantes.</bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index><term>métaphysique, mode de pensée</term></index>❦ mode de pensée métaphysique
                <index><term>mode de pensée métaphysique</term></index>
                <index><term>matérialisme mécaniste</term></index>❦ matérialisme mécaniste
                <index><term>mécaniste, matérialisme</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">« Le mode de pensée métaphysique [est] propre à la
              conception idéaliste du monde », mais aussi au « matérialisme
              mécaniste ». Face à cela :</p>

              <note place="margin">Les sous-titres de ce niveau sont de moi.</note>

              <div xml:id="delaContradictionIpropre" type="level4_moi">
                <head>
                  Voir les choses dans leur mouvement propre et dans leurs relations
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>conception matérialiste-dialectique</term>
                  </index>❦ conception matérialiste-dialectique
                  <index><term>matérialiste-dialectique, conception</term></index>
                  <index><term>relation</term></index>❦ relation
                  <index><term>liaison</term></index>
                  <index><term>interaction</term></index>
                  <index>
                    <term>mouvement propre, nécessaire, interne</term>
                  </index>❦ mouvement propre, nécessaire, interne
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="firstalinea">
                      … la conception matérialiste-dialectique veut que l’on parte dans l’étude du
                      développement d’une chose ou d’un phénomène, de son contenu interne, de ses
                      relations avec d’autres choses ou d’autres phénomènes, c’est-à-dire que l’on
                      considère le développement des choses ou des phénomènes comme leur mouvement
                      propre, nécessaire, interne, chaque chose, chaque phénomène étant d’ailleurs,
                      dans son mouvement, en liaison et en interaction avec les autres choses les
                      autres phénomènes qui l’environnent.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 349.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIinterne" type="level4_moi">
                <head>
                  D’abord les contradictions internes
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction interne</term></index>❦ contradiction interne
                  <index><term>interne, contradiction</term></index>
                  <index><term>matérialisme mécaniste</term></index>❦ matérialisme mécaniste
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La cause fondamentale du développement des choses et
                      des phénomènes n’est pas externe, mais interne ; elle se trouve dans les
                      contradictions internes des choses et des phénomènes eux-mêmes. Toute
                      chose, tout phénomène implique ces contradictions d’où procèdent son
                      mouvement et son développement. <pb xml:id="MaoI350" n="350"/>Ces
                      contradictions, inhérentes aux choses et aux phénomènes, sont la cause
                      fondamentale de leur développement, alors que leur liaison mutuelle et leur
                      action réciproque n’en constituent que les causes secondes. Ainsi donc, la
                      dialectique matérialiste a combattu énergiquement la théorie métaphysique
                      de la cause externe, de l’impulsion extérieure, propre au matérialisme
                      mécaniste et à l’évolutionnisme vulgaire. Il est clair que les causes
                      purement externes sont seulement capables de provoquer le mouvement
                      mécanique des choses et des phénomènes, c’est-à-dire les modifications
                      de volume, de quantité, et qu’elles ne peuvent expliquer pourquoi les
                      choses et les phénomènes sont d’une diversité qualitative infinie,
                      pourquoi ils passent d’une qualité à une autre. En fait, même le
                      mouvement mécanique, provoqué par une impulsion extérieure, se réalise
                      par l’intermédiaire des contradictions internes des choses et des
                      phénomènes. Dans le monde végétal et animal, la simple croissance, le
                      développement quantitatif sont aussi provoqués principalement par les
                      contradictions internes. De même, le développement de la société est dû
                      surtout à des causes internes et non externes. On voit des pays qui se
                      trouvent dans des conditions géographiques et climatiques quasi identiques
                      se développer d’une manière très différente et très inégale. Il
                      arrive que dans un seul et même pays de grands changements se produisent
                      dans la société sans que soient modifiés le milieu géographique et le
                      climat. La Russie impérialiste est devenue l’Union soviétique socialiste,
                      et le Japon féodal, fermé au monde extérieur, est devenu le Japon
                      impérialiste, bien que la géographie et le climat de ces pays n’aient
                      subi aucune modification. La Chine, longtemps soumise au régime féodal, a
                      connu de grands changements au cours des cent dernières années ; elle
                      évolue maintenant vers une Chine nouvelle, émancipée et libre ; et
                      pourtant ni la géographie ni le climat de la Chine ne se sont modifiés.
                      Certes, des changements se produisent dans la géographie et le climat de
                      tout le globe terrestre et de chacune de ses parties, mais ils sont
                      insignifiants en comparaison de ceux de la société ; les premiers
                      demandent des dizaines de milliers d’années pour se manifester, tandis que
                      pour les seconds, il suffit de millénaires, de siècles, de décades, voire
                      de quelques années ou quelques mois seulement (en période de révolution).
                      Selon le point de vue de la dialectique matérialiste, les changements dans
                      la nature sont dus principalement au développement de ses contradictions
                      internes. Ceux qui interviennent dans la société proviennent surtout du
                      développement des contradictions à l’intérieur de la société, c’est-à-dire
                      <pb xml:id="MaoI351" n="351"/>des contradictions entre les forces
                      productives et les rapports de production, entre les classes, entre le
                      nouveau et l’ancien. Le développement de ces contradictions fait avancer
                      la société, amène le remplacement de la vieille société par la
                      nouvelle.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 349-351.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIexterne" type="level4_moi">
                <head>
                  Mais aussi des contradictions externes
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>contradiction externe</term></index>❦ contradiction externe
                  <index><term>externe, contradiction</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La dialectique matérialiste exclut-elle les causes externes ? Nullement. Elle
                      considère que les causes externes constituent la condition des
                      changements, que les causes internes en sont la base, et que les
                      causes externes opèrent par l’intermédiaire des causes internes.
                      L’œuf qui a reçu une quantité appropriée de chaleur se transforme en
                      poussin, mais la chaleur ne peut transformer une pierre en poussin, car leurs
                      bases sont différentes. Les différents peuples agissent constamment les uns
                      sur les autres. À l’époque du capitalisme, en particulier à l’époque
                      de l’impérialisme et des révolutions prolétariennes, l’action exercée
                      et l’effet produit par les différents pays les uns sur les autres dans les
                      domaines de la politique, de l’économie et de la culture sont énormes. La
                      Révolution socialiste d’Octobre a ouvert une ère nouvelle non seulement
                      dans l’histoire de la Russie, mais aussi dans celle du monde entier ; elle
                      a influé sur les changements internes dans différents pays, et aussi, avec
                      une intensité particulière, sur les changements internes en Chine. Mais les
                      modifications qui en ont résulté se sont produites par l’intermédiaire
                      des lois internes propres à ces pays, propres à la Chine. De deux armées
                      aux prises, l’une est victorieuse, l’autre est défaite : cela est
                      déterminé par des causes internes. La victoire est due soit à la puissance
                      de l’armée, soit à la justesse de vue de son commandement ; la défaite
                      tient soit à la faiblesse de l’armée, soit aux erreurs commises par son
                      commandement ; c’est par l’intermédiaire des causes internes que les
                      causes externes produisent leur effet. En Chine, si la grande bourgeoisie a
                      vaincu en 1927 le prolétariat, c’est grâce à l’opportunisme qui se
                      manifestait au sein même du prolétariat chinois (à l’intérieur du Parti
                      communiste chinois). Lorsque nous en eûmes fini avec cet opportunisme, la
                      révolution chinoise reprit son essor. Plus tard, elle a de nouveau
                      sérieusement souffert des coups infligés par l’ennemi, cette fois à la
                      suite des tendances aventuristes apparues au sein de notre Parti. Et quand
                      nous eûmes liquidé cet aventurisme, notre cause recommença à progresser.
                      Il s’ensuit que pour conduire la révolution à la victoire, un parti doit
                      s’appuyer sur la justesse de sa ligne politique et la solidité de son
                      organisation.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 351.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIhist" type="level4_moi">
                <head>
                  Histoire de la dialectique
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index><term>histoire de la dialectique</term></index>❦ histoire de la dialectique
                  <index><term>dialectique, histoire</term></index>
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Mao parle alors de l’histoire de la dialectique dans la Chine et l’Europe antiques
                  et de son développement avec Hegel, Marx, Engels, Lénine et Staline. Sa conclusion
                  a une valeur méthodologique :
                </p>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionImethodol" type="level4_moi">
                <head>
                  Importance méthodologique de la dialectique
                </head>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      La conception dialectique du monde nous apprend surtout à observer et à
                      analyser le mouvement contradictoire dans les différentes choses, les
                      différents phénomènes, et à déterminer, sur la base de cette analyse,
                      les méthodes propres à résoudre les contradictions. C’est pourquoi la
                      compréhension concrète de la loi de la contradiction inhérente aux choses
                      et aux phénomènes est pour nous d’une importance extrême.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 352.</bibl>
                </cit>
              </div>
            </div>

            <div xml:id="delaContradictionII" type="level3_para">
              <head>
                II. L’universalité de la contradiction
              </head>
              <bibl>P. 352 et suivantes.</bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>universalité de la contradiction</term>
                </index>❦ universalité de la contradiction
                <index><term>contradiction, universalité</term></index>
                <index><term>caractère absolu de la contradiction</term></index>
                <index><term>contradiction, caractère absolu</term></index>
                <index><term>absolu, caractère de la contradiction</term></index>
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    L’universalité ou le caractère absolu de la contradiction a une double
                    signification : la première est que les contradictions existent dans le
                    processus de développement de toute chose et de tout phénomène ; la seconde,
                    que, dans le processus de développement de chaque chose, de chaque phénomène,
                    le mouvement contradictoire existe du début à la fin.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 353.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">Repris à Engels et à Lénine, les exemples de dialectique
              dans la nature sont peu convaincants. Mao est meilleur quand il donne ses
              propres exemples politiques :</p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Il convient de considérer toute différence dans nos
                    concepts comme le reflet de contradictions objectives. La réflexion des
                    contradictions objectives dans la pensée subjective forme le mouvement
                    contradictoire des concepts, stimule le développement des idées, résout
                    continuellement les problèmes qui se posent à la pensée humaine.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    L’opposition et la lutte entre conceptions différentes
                    apparaissent constamment au sein du Parti ; c’est le reflet, dans le
                    Parti, des contradictions de classes et des contradictions entre le nouveau
                    et l’ancien existant dans la société. S’il n’y avait pas, dans le
                    Parti, de contradictions et de luttes idéologiques pour résoudre les
                    contradictions, la vie du Parti prendrait fin.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 354.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Mao montre à travers Lénine la méthode dialectique en œuvre chez Marx :
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Lénine souligne que Marx, dans <title>Le Capital</title>, a donné un modèle
                    d’analyse du mouvement contradictoire qui traverse tout le processus de
                    développement d’une chose, d’un phénomène, du début à la fin. C’est la méthode
                    à employer lorsqu’on étudie le processus de développement de toute chose, de
                    tout phénomène. Et Lénine lui-même a utilisé judicieusement cette méthode, qui
                    imprègne tous ses écrits.
                  </p>
                  <cit>
                    <quote>
                      <p rend="alinea">
                        Marx, dans <title>Le Capital</title>, analyse
                        d’abord ce qu’il y a de plus simple, de plus habituel, de fondamental,
                        de plus fréquent, de plus ordinaire, ce qui se rencontre des milliards de
                        fois : les <emph>rapports</emph> dans la société bourgeoise (marchande) :
                        l’échange de marchandises. Son analyse fait apparaître dans ce
                        phénomène élémentaire (dans cette « cellule » de la société
                        bourgeoise) <emph>t o u s</emph> les antagonismes (resp. embryons de
                        <emph>tous</emph> les antagonismes) de la société moderne. La suite de
                        l’exposé nous montre le développement (et la croissance, et le
                        mouvement) de ces antagonismes et de cette société dans le Σ de ses
                        diverses parties, depuis son début jusqu’à la fin.
                      </p>
                    </quote>
                    <bibl>« À propos de la dialectique »</bibl>
                  </cit>
                  <p rend="alinea">
                    Et Lénine ajoute: « Tel doit être aussi le mode d’exposition (resp. d’étude)
                    de la dialectique en général. . . »
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Les communistes chinois doivent s’assimiler cette méthode s’ils veulent analyser
                    d’une manière correcte l’histoire et la situation actuelle de la révolution
                    chinoise et en déduire les perspectives.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 356.</bibl>
              </cit>
            </div>

            <div xml:id="delaContradictionIII" type="level3_para">
              <head>
                III. Le caractère spécifique de la contradiction
              </head>
              <bibl>P. 356 et suivantes.</bibl>
              <p rend="invisible">
                Mots-clefs :
                <index>
                  <term>caractère spécifique de la contradiction</term>
                </index>❦ caractère spécifique de la contradiction
                <index><term>spécifique, caractère de la contradiction</term></index>
                <index><term>contradiction, caractère spécifique</term></index>
              </p>
              <p rend="alinea">
                Mao commence par reprendre de manière absolument orthodoxe
                les exposés traditionnels de la dialectique marxiste (y compris des exemples
                qui me semblent peu intéressants ou franchement naïfs comme la contradiction
                entre le plus et le moins en mathématiques), mais tout ce qu’il dit de la
                spécificité de la contradiction est objectivement une critique d’espoirs
                immodérés mis dans « les lois universelles de la dialectique » (dont il
                ne se distancie pas explicitement), c’est-à-dire dans une généralité
                abusive qu’il condamne en fait dans son insistance sur la spécificité et
                dans la critique de « nos dogmatiques » ; de même plus loin lorsqu’il
                insiste sur la nécessité d’une analyse concrète.
              </p>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Les contradictions existent dans le processus de
                    développement de toutes les choses, de tous les phénomènes et elles
                    pénètrent le processus de développement de chaque chose, de chaque
                    phénomène, du commencement à la fin. C’est là l’universalité et le
                    caractère absolu de la contradiction, dont nous avons parlé précédemment.
                    <pb xml:id="MaoI357" n="357"/>Arrêtons-nous maintenant sur ce qu’il y a
                    de spécifique et de relatif dans les contradictions.
                  </p>
                </quote>
                <bibl>P. 356-357</bibl>
              </cit>

              <note place="margin">Les sous-titres de ce niveau sont de moi.</note>

              <div xml:id="delaContradictionIIIspec" type="level4_moi">
                <head>
                  La spécificité des différents aspects de la nature et de la société ;
                  la spécificité des différentes sciences
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>délimitation des différentes sciences</term>
                  </index>❦ délimitation des différentes sciences
                  <index><term>science, délimitation des différentes —</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Il convient d’étudier cette question sur plusieurs plans.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      En premier lieu, les contradictions des différentes formes
                      de mouvement de la matière revêtent toutes un caractère spécifique. La
                      connaissance de la matière par l’homme, c’est la connaissance de ses
                      formes de mouvement, étant donné que, dans le monde, il n’y a rien
                      d’autre que la matière en mouvement, le mouvement de la matière revêtant
                      d’ailleurs toujours des formes déterminées. En nous penchant sur chaque
                      forme de mouvement de la matière, nous devons porter notre attention sur ce
                      qu’elle a de commun avec les autres formes de mouvement. Mais ce qui est
                      encore plus important, ce qui sert de base à notre connaissance des choses,
                      c’est de noter ce que cette forme de mouvement a de proprement spécifique,
                      c’est-à-dire ce qui la différencie qualitativement des autres formes de
                      mouvement. C’est seulement de cette manière qu’on peut distinguer une
                      chose d’une autre. Toute forme de mouvement contient en soi ses propres
                      contradictions spécifiques, lesquelles constituent cette essence spécifique
                      qui différencie une chose des autres. C’est cela qui est la cause interne
                      ou si l’on veut la base de la diversité infinie des choses dans le monde.
                      Il existe dans la nature une multitude de formes du mouvement : le mouvement
                      mécanique, le son, la lumière, la chaleur, l’électricité, la
                      dissociation, la combinaison, etc. Toutes ces formes du mouvement de la
                      matière sont en interdépendance, mais se distinguent les unes des autres
                      dans leur essence. L’essence spécifique de chaque forme de mouvement est
                      déterminée par les contradictions spécifiques qui lui sont inhérentes. Il
                      en est ainsi non seulement de la nature, mais également des phénomènes de
                      la société et de la pensée. Chaque forme sociale, chaque forme de la
                      pensée contient ses contradictions spécifiques et possède son essence
                      spécifique.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      La délimitation des différentes sciences se fonde
                      justement sur les contradictions spécifiques contenues dans les objets
                      respectifs qu’elles étudient. Ainsi, les contradictions propres à la
                      sphère d’un phénomène donné constituent l’objet d’étude d’une
                      branche déterminée de la science. Par exemple, le + et le − en
                      mathématiques ; l’action et la réaction en mécanique ;
                      l’électricité positive et négative en physique ; la combinaison et la
                      dissociation en chimie ; les forces productives et les rapports de
                      production, la lutte entre les classes dans les sciences sociales ;
                      l’attaque et la défense dans la science militaire ; l’idéalisme et le
                      matérialisme, la métaphysique et la dialectique en <pb xml:id="MaoI358" n="358"/>philosophie — tout cela constitue les objets d’étude de
                      différentes branches de la science en raison justement de l’existence de
                      contradictions spécifiques et d’une essence spécifique dans chaque
                      branche. Certes, faute de connaître ce qu’il y a d’universel dans les
                      contradictions, il est impossible de découvrir les causes générales ou les
                      bases générales du mouvement, du développement des choses et des
                      phénomènes. Mais si l’on n’étudie pas ce qu’il y a de spécifique
                      dans les contradictions, il est impossible de déterminer cette essence
                      spécifique qui distingue une chose des autres, impossible de découvrir les
                      causes spécifiques ou les bases spécifiques du mouvement, du développement
                      des choses et des phénomènes, impossible par conséquent de distinguer les
                      choses et les phénomènes, de délimiter les domaines de la recherche
                      scientifique.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 357-358.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIIIgenpart" type="level4_moi">
                <head>
                  La relation entre le général et le particulier
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>connaissance, du particulier au général</term>
                  </index>❦ connaissance, du particulier au général
                  <index><term>particulier, connaissance, du — au général</term></index>
                  <index><term>général, connaissance, du particulier au —</term></index>
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Si l’on considère l’ordre suivi par le mouvement de la
                      connaissance humaine, on voit que celle-ci part toujours de la connaissance
                      du particulier et du spécifique pour s’élargir graduellement jusqu’à
                      atteindre celle du général. Les hommes commencent toujours par connaître
                      d’abord l’essence spécifique d’une multitude de choses différentes
                      avant d’être en mesure de passer à la généralisation et de connaître
                      l’essence commune des choses. Quand ils sont parvenus à cette
                      connaissance, elle leur sert de guide pour étudier plus avant les
                      différentes choses concrètes qui n’ont pas encore été étudiées ou qui
                      l’ont été insuffisamment, de façon à trouver leur essence
                      spécifique ; c’est ainsi seulement qu’ils peuvent compléter, enrichir
                      et développer leur connaissance de l’essence commune des choses et
                      l’empêcher de se dessécher ou de se pétrifier. Ce sont là les deux
                      étapes du processus de la connaissance : la première va du spécifique au
                      général, la seconde du général au spécifique. Le développement de la
                      connaissance humaine représente toujours un mouvement en spirale et (si
                      l’on observe rigoureusement la méthode scientifique) chaque cycle élève
                      la connaissance à un degré supérieur et sans cesse l’approfondit.
                      L’erreur de nos dogmatiques dans cette question consiste en ceci : d’une
                      part, ils ne comprennent pas que c’est seulement après avoir étudié ce
                      qu’il y a de spécifique dans la contradiction et pris connaissance de
                      l’essence spécifique des choses particulières qu’on peut atteindre à
                      la pleine connaissance de l’universalité de la contradiction et de
                      l’essence commune des choses ; et d’autre part, ils ne comprennent pas
                      qu’après avoir pris connaissance de l’essence commune des choses nous
                      devons aller plus avant et étudier les choses concrètes, qui ont été
                      insuffisamment étudiées ou qui apparaissent pour <pb xml:id="MaoI359" n="359"/>la première fois. Nos dogmatiques sont des paresseux ; ils se
                      refusent à tout effort dans l’étude des choses concrètes, considèrent
                      les vérités générales comme quelque chose qui tombe du ciel, en font des
                      formules purement abstraites, inaccessibles à l’entendement humain, nient
                      totalement et renversent l’ordre normal que suivent les hommes pour arriver
                      à la connaissance de la vérité. Ils ne comprennent pas non plus la liaison
                      réciproque entre les deux étapes du processus de la connaissance humaine :
                      du spécifique au général et du général au spécifique ; ils
                      n’entendent rien à la théorie marxiste de la connaissance.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 358-359.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIIIspecspec" type="level4_moi">
                <head>
                  Non seulement la spécificité des grands domaines de la connaissance,
                  mais la spécificité de chaque contradiction (et donc des méthodes pour
                  la résoudre)
                </head>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Il faut étudier non seulement les contradictions
                      spécifiques de chacun des grands systèmes de formes du mouvement de la
                      matière et l’essence déterminée par ces contradictions, mais aussi les
                      contradictions spécifiques et l’essence de chacune de ces formes de
                      mouvement de la matière à chaque étape du long chemin que suit le
                      développement de celles-ci. Toute forme du mouvement, dans chaque processus
                      de développement qui est réel et non imaginaire, est qualitativement
                      différente. Dans notre étude, il convient d’accorder une attention
                      particulière à cela et, de plus, de commencer par là.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Les contradictions qualitativement différentes ne peuvent
                      se résoudre que par des méthodes qualitativement différentes. Ainsi, la
                      contradiction entre le prolétariat et la bourgeoisie se résout par la
                      révolution socialiste ; la contradiction entre les masses populaires et le
                      régime féodal, par la révolution démocratique ; la contradiction entre
                      les colonies et l’impérialisme, par la guerre révolutionnaire
                      nationale ; la contradiction entre la classe ouvrière et la paysannerie,
                      dans la société socialiste, par la collectivisation et la mécanisation de
                      l’agriculture ; les contradictions au sein du Parti communiste se
                      résolvent par la critique et l’autocritique ; les contradictions entre la
                      société et la nature, par le développement des forces productives. Les
                      processus changent, les anciens processus et les anciennes contradictions
                      disparaissent, de nouveaux processus et de nouvelles contradictions naissent,
                      et les méthodes pour résoudre celles—ci sont en conséquence différentes
                      elles aussi. Les contradictions résolues par la Révolution de Février et
                      les contradictions résolues par la Révolution d’Octobre, en Russie, de
                      même que les méthodes employées pour les résoudre, étaient entièrement
                      différentes. Résoudre les contradictions différentes par des méthodes
                      différentes est un principe que les marxistes-léninistes doivent
                      rigoureusement observer. Les dogmatiques n’observent pas ce principe ; ils
                      ne comprennent pas que les conditions dans lesquelles se déroulent <pb xml:id="MaoI360" n="360"/>les différentes révolutions ne sont pas les
                      mêmes, aussi ne comprennent-ils pas que les contradictions différentes
                      doivent être résolues par des méthodes différentes ; ils adoptent
                      invariablement ce qu’ils croient être une formule immuable, et
                      l’appliquent mécaniquement partout, ce qui ne peut que causer des revers
                      à la révolution ou compromettre ce qui aurait pu réussir.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Pour faire apparaître le caractère spécifique des
                      contradictions considérées dans leur ensemble ou dans leur liaison mutuelle
                      au cours du processus de développement d’une chose ou d’un phénomène,
                      c’est-à-dire pour faire apparaître l’essence du processus, il faut
                      faire apparaître le caractère spécifique des deux aspects de chacune des
                      contradictions dans ce processus ; sinon, il sera impossible de faire
                      apparaître l’essence du processus ; cela aussi exige la plus grande
                      attention dans notre étude.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dans le processus de développement d’un phénomène
                      important, il existe toute une série de contradictions. Par exemple, dans le
                      processus de la révolution démocratique bourgeoise en Chine, il existe
                      notamment une contradiction entre les classes opprimées de la société
                      chinoise et l’impérialisme ; une contradiction entre les masses
                      populaires et le régime féodal ; une contradiction entre le prolétariat
                      et la bourgeoisie ; une contradiction entre la paysannerie et la petite
                      bourgeoisie urbaine d’une part, et la bourgeoisie d’autre part ; des
                      contradictions entre les diverses cliques réactionnaires dominantes : la
                      situation est ici extrêmement complexe. Toutes ces contradictions ne peuvent
                      être traitées de la même façon, puisque chacune a son caractère
                      spécifique ; qui plus est, les deux aspects de chaque contradiction ont, à
                      leur tour, des particularités propres à chacun d’eux, et l’on ne peut
                      les envisager de la même manière. Nous qui travaillons pour la cause de la
                      révolution chinoise, nous devons non seulement comprendre le caractère
                      spécifique de chacune de ces contradictions considérées dans leur
                      ensemble, c’est-à-dire dans leur liaison mutuelle, mais encore étudier
                      les deux aspects de chaque contradiction, seul moyen pour arriver à
                      comprendre l’ensemble. Comprendre chaque aspect de la contradiction,
                      c’est comprendre quelle situation particulière il occupe, sous quelles
                      formes concrètes il établit avec son contraire des relations
                      d’interdépendance et des relations de contradiction, quelles sont les
                      méthodes concrètes qu’il utilise dans sa lutte contre l’autre quand les
                      deux aspects se trouvent à la fois en interdépendance et en contradiction,
                      et aussi après la rupture de leur interdépendance. L’étude de ces
                      questions est d’une <pb xml:id="MaoI361" n="361"/>haute importance. C’est
                      ce qu’avait en vue Lénine lorsqu’il
                      disait que la substance même, l’âme vivante du marxisme, c’est
                      l’analyse concrète d’une situation concrète. (Lénine, « Le
                      communisme », <title>Œuvres</title>, tome 31, p. 168.) Nos
                      dogmatiques enfreignent les enseignements de Lénine, ne se donnent jamais la
                      peine d’analyser quoi que ce soit d’une manière concrète ; leurs
                      articles et leurs discours ne font que ressasser d’une manière vaine,
                      creuse, des schémas stéréotypés, et font naître dans notre Parti un
                      style de travail des plus néfastes.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Dans l’étude d’une question, il faut se garder
                      d’être subjectif, d’en faire un examen unilatéral et d’être
                      superficiel. Être subjectif, c’est ne pas savoir envisager une question
                      objectivement, c’est-à-dire d’un point de vue matérialiste. ]’en ai
                      déjà parlé dans « De la pratique ». L’examen unilatéral consiste à
                      ne pas savoir envisager les questions sous tous leurs aspects. C’est ce qui
                      arrive, par exemple, lorsqu’on comprend seulement la Chine et non le Japon,
                      seulement le Parti communiste et non le Kuomintang, seulement le prolétariat
                      et non la bourgeoisie, seulement la paysannerie et non les propriétaires
                      fonciers, seulement les situations favorables et non les situations
                      difficiles, seulement le passé et non l’avenir, seulement le détail et
                      non l’ensemble, seulement les insuffisances et non les succès, seulement
                      le demandeur et non le défendeur, seulement le travail révolutionnaire dans
                      la clandestinité et non le travail révolutionnaire légal, etc., bref,
                      lorsqu’on ne comprend pas les particularités des deux aspects d’une
                      contradiction. C’est ce qu’on appelle envisager les questions d’une
                      manière unilatérale, ou encore voir la partie et non le tout, voir les
                      arbres et non la forêt. Si l’on procède ainsi, il est impossible de
                      trouver la méthode pour résoudre les contradictions, impossible de
                      s’acquitter des tâches de la révolution, impossible de mener à bien le
                      travail qu’on fait, impossible de développer correctement la lutte
                      idéologique dans le Parti. <!-- Quand Souentse, exposant la science
                      militaire, disait : « Connais ton adversaire et connais-toi toi-même,
                      et tu pourras sans risque livrer cent batailles », il parlait des deux
                      parties belligérantes. Wei Tcheng, de la dynastie des Tang,
                      comprenait lui aussi l’erreur d’un examen unilatéral lorsqu’il disait : « Qui
                      écoute les deux côtés aura l’esprit éclairé, qui n’écoute qu’un côté
                      restera dans les ténèbres. » Mais certains de nos camarades voient
                      souvent les problèmes d’une manière unilatérale et, de ce fait, il
                      leur arrive souvent d’avoir des anicroches. Dans <title>Chouei hou tchoan</title>,
                      on parle de Song Kiang qui attaqua à trois reprises
                      Tchoukiatchouang. Il échoua deux fois pour avoir ignoré les conditions locales
                      et appliqué une méthode d’action erronée. Par la suite, il changea de
                      méthode et commença par s’informer de la situation ; dès lors, il
                      connut tous les secrets du labyrinthe, brisa l’alliance des trois villages
                      Likiatchouang, Houkiatchouang et Tchoukiatchouang, et envoya des
                      hommes se cacher dans le camp ennemi pour s’y mettre en embuscade,
                      usant d’un stratagème semblable à celui du cheval de Troie dont
                      parle une légende étrangère ; et sa troisième attaque fut couronnée
                      de succès. <title>Chouei hou tchoan</title> contient de nombreux exemples
                      d’application de la dialectique matérialiste, dont l’un des meilleurs
                      est l’attaque, par trois fois, de Tchoukiatchouang. -->[…] Lénine dit :
                    </p>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">
                          Pour connaître réellement un objet, il faut embrasser
                          et étudier tous ses aspects, toutes ses liaisons et « médiations ».
                          Nous n’y arriverons jamais intégralement, mais la nécessité de
                          considérer tous les aspects nous garde des erreurs et de
                          l’engourdissement.
                        </p>
                      </quote>
                      <bibl>
                        Lénine,
                        « À nouveau les syndicats, la situation actuelle
                        et les erreurs de Trotski et Boukharine »,
                        <title>Œuvres</title>, tome 32, p. 94.
                      </bibl>
                    </cit>
                    <p rend="alinea">
                      Nous devons retenir ses paroles. Être superficiel consiste à ne pas tenir
                      compte des particularités de la contradiction dans son ensemble, ni des
                      particularités de chacun de ses aspects, à nier la nécessité d’aller au
                      fond des choses et d’étudier minutieusement les particularités de la
                      contradiction, à se contenter de regarder de loin et, après une observation
                      approximative de quelques traits superficiels de la contradiction, à essayer
                      immédiatement de la résoudre (de répondre à une question, de trancher un
                      différend, de régler une affaire, de diriger une opération militaire). Une
                      telle manière de procéder entraîne toujours des conséquences fâcheuses.
                      La raison pour laquelle nos camarades qui donnent dans le dogmatisme et
                      l’empirisme commettent des erreurs, c’est qu’ils envisagent les choses
                      d’une manière subjective, unilatérale, superficielle. Envisager les
                      choses d’une manière unilatérale et superficielle, c’est encore du
                      subjectivisme, car dans leur être objectif les choses sont en fait liées
                      les unes aux autres et possèdent des lois internes ; or, il est des gens
                      qui, au lieu de refléter les choses telles qu’elles sont, les considèrent
                      d’une manière unilatérale ou superficielle, sans connaître, leur liaison
                      mutuelle ni leurs lois internes ; une telle méthode est donc subjective.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 359-362.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIIIspecetap" type="level4_moi">
              <head>
                La spécificité de chaque étape d’un processus
              </head>
              <cit>
                <quote>
                  <p rend="alinea">
                    Nous devons avoir en vue non seulement les particularités
                    du mouvement des aspects contradictoires considérés dans leur liaison
                    mutuelle et dans les conditions de chacun d’eux au cours du processus
                    général du développement d’une chose ou d’un phénomène, mais aussi
                    les particularités propres à chaque étape du processus de
                    développement.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    <pb xml:id="MaoI363" n="363"/>Ni la contradiction
                    fondamentale dans le processus de développement d’une chose ou d’un
                    phénomène ni l’essence de ce processus, déterminée par cette
                    contradiction, ne disparaissent avant l’achèvement du processus ;
                    toutefois, les conditions diffèrent habituellement les unes des autres à
                    chaque étape du long processus de développement d’une chose ou d’un
                    phénomène. En voici la raison : Bien que le caractère de la contradiction
                    fondamentale dans le processus de développement d’une chose ou d’un
                    phénomène et l’essence du processus restent inchangés, la contradiction
                    fondamentale s’accentue progressivement à chaque étape de ce long
                    processus. En outre, parmi tant de contradictions, importantes ou minimes,
                    qui sont déterminées par la contradiction fondamentale ou se trouvent sous
                    son influence, certaines s’accentuent, d’autres se résolvent ou
                    s’atténuent temporairement ou partiellement, d’autres ne font encore que
                    naître. Voilà pourquoi il y a différentes étapes dans le processus. On
                    est incapable de résoudre comme il faut les contradictions inhérentes à
                    une chose ou à un phénomène si l’on ne fait pas attention aux étapes du
                    processus de son développement.
                  </p>
                  <p rend="alinea">
                    Lorsque, par exemple, le capitalisme de l’époque de la
                    libre concurrence se transforma en impérialisme, ni le caractère de classe
                    des deux classes en contradiction fondamentale — le prolétariat et la
                    bourgeoisie — ni l’essence capitaliste de la société ne subirent aucun
                    changement ; toutefois, la contradiction entre ces deux classes
                    s’accentua, la contradiction entre le capital monopoliste et le capital non
                    monopoliste surgit, la contradiction entre les puissances coloniales et les
                    colonies devint plus marquée, la contradiction entre les pays capitalistes,
                    contradiction provoquée par le développement inégal de ces pays, se
                    manifesta avec une acuité particulière ; dès lors apparut un stade
                    particulier du capitalisme — le stade de l’impérialisme. Le léninisme
                    est le marxisme de l’époque de l’impérialisme et de la révolution
                    prolétarienne précisément parce que Lénine et Staline ont donné une
                    explication juste de ces contradictions et formulé correctement la théorie
                    et la tactique de la révolution prolétarienne appelées à les
                    résoudre.
                  </p>
                  <!-- <p rend="alinea">Si l’on prend le processus de la révolution démocratique bourgeoise
                  en Chine, qui a commencé par la Révolution de 1911, on y distingue
                  également plusieurs étapes spécifiques. En particulier, la période
                  de la révolution où sa direction a été bourgeoise et la période où
                  sa direction est assumée par le prolétariat représentent deux étapes
                  historiques dont la différence est considérable. En d’autres termes,
                  </p> -->
                </quote>
                <bibl>P. 362-363.</bibl>
              </cit>
              <p rend="alinea">
                Mao continue en donnant à titre d’exemple une analyse
                très fine de la révolution bourgeoise en Chine en montrant comment les
                différentes étapes et les péripéties correspondent à des aspects
                spécifiques des contradictions et à leur évolution : différence entre la
                phase où la bourgeoisie a dirigé la révolution et la phase où c’est le
                prolétariat et là-dedans des tas d’événements correspondant à un
                changement dans le tableau des contradictions.
              </p>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIIIspecaspect" type="level4_moi">
                <head>
                  La spécificité de chacun des aspects de la contradiction
                </head>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Lorsqu’on étudie le caractère spécifique des contradictions à chaque étape
                      du processus de développement d’une chose ou d’un phénomène, il faut non
                      seulement considérer ces contradictions dans leur liaison mutuelle ou dans
                      leur ensemble, mais également envisager les deux aspects de chaque
                      contradiction.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 364.</bibl>
                </cit>
                <p rend="alinea">
                  Ceci est également illustré par des exemples tirés de la révolution chinoise
                </p>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIIIanalcon" type="level4_moi">
                <head>
                  Nécessité d’une analyse concrète
                </head>
                <p rend="invisible">
                  Mots-clefs :
                  <index>
                    <term>analyse concrète d’une situation concrète</term>
                  </index>❦ analyse concrète d’une situation concrète
                </p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Il s’ensuit que lorsque
                      nous étudions le caractère spécifique de n’importe quelle contradiction
                      — la contradiction propre à chaque forme de mouvement de la matière, la
                      contradiction propre à chaque forme de mouvement dans chacun de ses
                      processus de développement, les deux aspects de la contradiction dans chaque
                      processus de développement, la contradiction à chaque étape d’un
                      processus de développement, et les deux aspects de la contradiction à
                      chacune de ces étapes — bref, lorsque nous étudions le caractère
                      spécifique de toutes ces contradictions, nous ne devons pas nous montrer
                      subjectifs et arbitraires, mais en faire une analyse concrète. Sans analyse
                      concrète, impossible de connaître le caractère spécifique de quelque
                      contradiction que ce soit. Nous devons toujours nous rappeler les paroles de
                      Lénine : analyse concrète d’une situation concrète.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Marx et Engels ont été les premiers à nous donner de
                      magnifiques exemples de ce genre d’analyse concrète.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Lorsque Marx et Engels ont appliqué la loi de la
                      contradiction inhérente aux choses et aux phénomènes à l’étude du
                      processus de l’histoire de la société, ils ont découvert la
                      contradiction existant entre les forces productives et les rapports de
                      production, la contradiction <pb xml:id="MaoI367" n="367"/>entre la classe
                      des exploiteurs et celle des exploités, ainsi que la contradiction qui en
                      résulte entre la base économique et sa superstructure (politique,
                      idéologie, etc.) ; et ils ont découvert comment ces contradictions
                      engendrent inévitablement différentes sortes de révolutions sociales dans
                      différentes sortes de sociétés de classes. Lorsque Marx a appliqué cette
                      loi à l’étude de la structure économique de la société capitaliste, il
                      a découvert que la contradiction fondamentale de cette société, c’est la
                      contradiction entre le caractère social de la production et le caractère
                      privé de la propriété. Cette contradiction se manifeste par la
                      contradiction entre le caractère organisé de la production dans les
                      entreprises isolées et le caractère inorganisé de la production à
                      l’échelle de la société tout entière. Et dans les rapports de classes,
                      elle se manifeste dans la contradiction entre la bourgeoisie et le
                      prolétariat.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 366-367.</bibl>
                </cit>
              </div>

              <div xml:id="delaContradictionIIIunivpartspec" type="level4_moi">
                <head>
                  Dialectique de l’universel (ou général) et du particulier,
                  de l’universel et du spécifique
                </head>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">
                      Comme les choses et les phénomènes sont d’une
                      prodigieuse diversité et qu’il n’y a aucune limite à leur
                      développement, ce qui est universel dans tel contexte peut devenir
                      particulier dans un autre. Inversement, ce qui est particulier dans tel
                      contexte peut devenir universel dans un autre. La contradiction dans le
                      régime capitaliste entre le caractère social de la production et la
                      propriété privée des moyens de production est commune à tous les pays où
                      existe et se développe le capitalisme ; pour le capitalisme, cela constitue
                      l’universalité de la contradiction. Mais cette contradiction du
                      capitalisme appartient seulement à une étape historique déterminée du
                      développement de la société de classes en général, et, du point de vue
                      de la contradiction entre les forces productives et les rapports de
                      production dans la société de classes en général, cela constitue le
                      caractère spécifique de la contradiction. Or, en dégageant le caractère
                      spécifique de toutes les contradictions de la société capitaliste, Marx a
                      élucidé d’une manière encore plus approfondie, plus totale, plus
                      complète l’universalité de la contradiction entre les forces productives
                      et les rapports de production dans la société de classes en général.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      L’unité du spécifique et de l’universel, la présence
                      dans chaque chose de ce que la contradiction a d’universel aussi bien que
                      de ce qu’elle a de spécifique, l’universel existant dans le spécifique,
                      nous obligent, quand nous étudions une chose déterminée, à découvrir le
                      spécifique et l’universel ainsi que leur liaison mutuelle, à découvrir
                      le spécifique et l’universel au sein de la chose elle—même ainsi que
                      leur liaison mutuelle, à découvrir la liaison que cette chose entretient
                      avec les nombreuses autres choses, extérieures à elle. En <pb xml:id="MaoI368" n="368"/>dégageant les racines historiques du léninisme,
                      Staline analyse, dans son célèbre ouvrage <title>Des principes
                      du léninisme</title>, la situation internationale qui a donné naissance au
                      léninisme, il analyse les contradictions du capitalisme qui ont atteint un
                      point extrême dans les conditions de l’impérialisme, il montre comment
                      ces contradictions ont fait de la révolution prolétarienne une question
                      d’activité pratique immédiate et ont créé les conditions favorables à
                      un assaut direct contre le capitalisme. De plus, il analyse les raisons pour
                      lesquelles la Russie est devenue le foyer du léninisme, expliquant pourquoi
                      la Russie tsariste fut alors le point crucial de toutes les contradictions de
                      l’impérialisme et pourquoi c’est justement le prolétariat russe qui a
                      pu devenir l’avant-garde du prolétariat révolutionnaire international.
                      Ainsi, Staline a analysé l’universalité de la contradiction propre à
                      l’impérialisme, montrant que le léninisme est le marxisme de l’époque
                      de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne ; mais il a aussi
                      analysé le caractère spécifique de l’impérialisme de la Russie tsariste
                      dans cette contradiction générale, montrant que la Russie est devenue la
                      patrie de la théorie et de la tactique de la révolution prolétarienne et
                      que ce caractère spécifique contenait en lui l’universalité de la
                      contradiction. L’analyse de Staline est pour nous un modèle de la
                      connaissance du caractère spécifique et de l’universalité de la
                      contradiction ainsi que de leur liaison mutuelle.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      En traitant la question de l’emploi de la dialectique
                      dans l’étude des phénomènes objectifs, Marx et Engels, et également
                      Lénine et Staline, ont toujours indiqué qu’il faut se garder de tout
                      subjectivisme et de tout arbitraire, qu’il faut partir des conditions
                      concrètes du mouvement réel objectif pour découvrir dans ces phénomènes
                      les contradictions concrètes, la situation concrète de chaque aspect de la
                      contradiction et le rapport mutuel concret des contradictions. Nos
                      dogmatiques n’ont pas cette attitude dans l’étude, aussi ne se font-ils
                      jamais une idée juste d’une chose. Nous devons tirer la leçon de leur
                      échec et parvenir à acquérir cette attitude, la seule qui soit correcte
                      dans l’étude. La relation entre l’universalité et le caractère
                      spécifique de la contradiction, c’est la relation entre le général et le
                      particulier. Le général réside dans le fait que les contradictions
                      existent dans tous les processus et pénètrent tous les processus, du début
                      à la fin ; mouvement, chose, processus, pensée — tout est contradiction.
                      Nier la contradiction dans les choses et les phénomènes, c’est tout nier.
                      C’est là une vérité universelle, valable pour tous les temps et tous les
                      pays sans exception. C’est pourquoi la contradiction est générale,
                      absolue. <pb xml:id="MaoI369" n="369"/>Toutefois, ce général n’existe
                      que dans le particulier ; sans particulier, point de général. Si tout
                      particulier en est exclu, que reste-t-il du général ? C’est le fait que
                      chaque contradiction a son caractère spécifique propre qui donne naissance
                      au particulier. Tout élément particulier est conditionné, passager et
                      partant relatif.
                    </p>
                    <p rend="alinea">
                      Cette vérité concernant le général et le particulier,
                      l’absolu et le relatif, est la quintessence de la question des
                      contradictions inhérentes aux choses et aux phénomènes ; ne pas
                      comprendre cette vérité, c’est se refuser à la dialectique.
                    </p>
                  </quote>
                  <bibl>P. 367-369.</bibl>
                </cit>
              </div>
            </div>
            <!--<p rend="tm1"><note place="margin">369</note>IV. La contradiction principale
            et l’aspect principal de la contradiction</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">376</note>V. L’identité et la lutte des
            aspects de la contradiction</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">382</note>VI. La place de l’antagonisme
            dans la contradiction</p>
            <p rend="tm1"><note place="margin">385</note>VII. Conclusion</p>-->
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Maotome2" type="level1_tome" n="2">
          <head>
            Mao, <title>Œuvres choisies</title>, tome 2
          </head>

          <div xml:id="ContreLeLiberalisme">
            <head>
               Contre le libéralisme
            </head>
            <bibl rend="publie">
              7 septembre 1937. <title>Œuvres choisies</title>, tome 2, p. 25-27. Cité
              presque intégralement dans le « petit livre rouge » des <title>Citations
              du président Mao Tsé-toung</title>, p. 287-288.
            </bibl>
            <p rend="alinea">
              Je n’ai pas d’information concrète sur les circonstances et sur les problèmes
              auxquels ce texte-ci répond. Mao Tsé-toung a enseigné la philosophie
              à l’École militaire et politique antijaponaise de Yenan. (On écrit aujourd’hui
              Yan’an ou Yanan.) C’est là qu’il a fait ses deux fameuses conférences
              « De la pratique » et « De la contradiction ». Ceci est donc de la même époque
              et des présentations de ces conférences pourraient éclairer aussi la nécessité
              et les objectifs du présent texte. Il y a un article sur Mao et l’École militaire
              et politique antijaponaise dans <title>Pékin Information</title> 1977/11, p. 10-14,
              mais je j’y ai pas accès immédiatement.
            </p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>libéralisme</term></index>❦ libéralisme
              <index><term>discipline</term></index>❦ discipline
              <index><term>lutte idéologique</term></index>❦ lutte idéologique
              <index><term>idéologique, lutte</term></index>
              <index><term>principe</term></index>❦ principe
              <index><term>propagande</term></index>❦ propagande
              <index><term>agitation</term></index>❦ agitation
              <index><term>divergence d’opinions</term></index>❦ divergence d’opinions
              <index><term>opinion, divergence d’—</term></index>
              <index><term>intérêt personnel</term></index>❦ intérêt personnel
              <index><term>franchise</term></index>❦ franchise
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Nous sommes pour la lutte idéologique positive, car elle est l’arme
                  qui assure l’unité à l’intérieur du Parti et des groupements révolutionnaires
                  dans l’intérêt de notre combat. Tout communiste et révolutionnaire
                  doit prendre cette arme en main.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le libéralisme, lui, rejette la lutte idéologique et préconise une entente
                  sans principe ; il en résulte un style de travail décadent et philistin qui,
                  dans le Parti et les groupements révolutionnaires, conduit certaines
                  organisations et certains membres à la dégénérescence politique.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  Le libéralisme se manifeste sous diverses formes.
                </p>
                <p rend="alinea">
                  On sait très bien que quelqu’un est dans son tort, mais comme c’est
                  une vieille connaissance, un compatriote, un camarade d’école, un ami intime,
                  une personne aimée, un ancien collègue ou subordonné, on n’engage pas avec lui
                  une discussion sur les principes et on laisse aller les choses par souci
                  de maintenir la bonne entente et l’amitié. Ou bien, on ne fait qu’effleurer
                  la question au lieu de la trancher, afin de rester en bons termes
                  avec l’intéressé. Il en résulte qu’on fait du tort à la collectivité
                  comme à celui-ci. C’est une première forme de libéralisme.
                </p><p rend="alinea">
                  On se livre, en privé, à des critiques dont on n’assume pas la responsabilité
                  au lieu de s’employer à faire des suggestions à l’organisation. On ne dit rien
                  aux gens en face, on fait des cancans derrière leur dos ; on se tait
                  à la réunion, on parle à tort et à travers après. On se moque du principe
                  de la vie collective, on n’en fait qu’à sa tête. C’est une deuxième forme
                  de libéralisme.
                </p><p rend="alinea">
                  On se désintéresse complètement de tout ce qui ne vous concerne pas ;
                  même si l’on sait très bien ce qui ne va pas, on en parle le moins possible ;
                  en homme sage, on se met à l’abri et on a pour seul souci de n’être pas pris
                  soi-même en défaut. C’en est la troisième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  On n’obéit pas aux ordres, on place ses opinions personnelles au-dessus de tout.
                  On n’attend que des égards de l’organisation et on ne veut pas de sa discipline.
                  C’en est la quatrième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  Au lieu de réfuter, de combattre les opinions erronées dans l’intérêt
                  de l’union, du progrès et du bon accomplissement du travail, on lance
                  des attaques personnelles, on cherche querelle, on exhale son ressentiment,
                  on essaie de se venger. C’en est la cinquième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  On entend des opinions erronées sans élever d’objection, on laisse même
                  passer des propos contre-révolutionnaires sans les signaler : on les prend
                  avec calme, comme si de rien n’était. C’en est la sixième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  On se trouve avec les masses, mais on ne fait pas de propagande,
                  pas d’agitation, on ne prend pas la parole, on ne s’informe pas,
                  on ne questionne pas, on n’a pas à cœur le sort du peuple, on reste
                  dans l’indifférence, oubliant qu’on est un communiste et non un simple
                  particulier. C’en est la septième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  On voit quelqu’un commettre des actes nuisibles aux intérêts des masses,
                  mais on n’en est pas indigné, on ne l’en détourne pas, on ne l’en empêche pas,
                  on n’entreprend pas de l’éclairer sur ce qu’il fait et on le laisse continuer.
                  C’en est la huitième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  On ne travaille pas sérieusement mais pour la forme, sans plan ni orientation,
                  cahin-caha : « Bonze, je sonne les cloches au jour le jour. » C’en est
                  la neuvième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  On croit avoir rendu des services à la révolution et on se donne des airs
                  de vétéran ; on est incapable de faire de grandes choses, mais on dédaigne
                  les tâches mineures ; on se relâche dans le travail et dans l’étude.
                  C’en est la dixième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  On a commis des erreurs, on s’en rend compte, mais on n’a pas envie
                  de les corriger, faisant preuve ainsi de libéralisme envers soi-même.
                  C’en est la onzième forme.
                </p><p rend="alinea">
                  Nous pourrions en citer d’autres encore, mais ces onze formes sont
                  les principales.
                </p><p rend="alinea">
                  Elles sont toutes des manifestations du libéralisme.
                </p><p rend="alinea">
                  Le libéralisme est extrêmement nuisible dans les collectivités révolutionnaires.
                  C’est un corrosif qui ronge l’unité, relâche les liens de solidarité,
                  engendre la passivité dans le travail, crée des divergences d’opinions.
                  Il prive les rangs de la révolution d’une organisation solide
                  et d’une discipline rigoureuse, empêche l’application intégrale
                  de la politique et coupe les organisations du Parti des masses populaires
                  placées sous la direction du Parti. C’est une tendance des plus pernicieuses.
                </p><p rend="alinea">
                  Le libéralisme a pour cause l’égoïsme de la petite bourgeoisie
                  qui met au premier plan les intérêts personnels et relègue au second
                  ceux de la révolution ; d’où ses manifestations sur le plan idéologique,
                  politique ainsi que dans le domaine de l’organisation.
                </p><p rend="alinea">
                  Ceux qui sont imbus de libéralisme considèrent les principes du marxisme
                  comme des dogmes abstraits. Ils approuvent le marxisme, mais ne sont pas
                  disposés à le mettre en pratique ou à le mettre intégralement en pratique ;
                  ils ne sont pas disposés à remplacer leur libéralisme par le marxisme.
                  Ils ont fait provision de l’un comme de l’autre : ils ont le marxisme
                  à la bouche, mais pratiquent le libéralisme ; ils appliquent le premier
                  aux autres, le second à eux-mêmes. Ils ont les deux articles et chacun
                  a son usage. Telle est la façon de penser de certaines gens.
                </p><p rend="alinea">
                  Le libéralisme est une manifestation de l’opportunisme, il est en conflit
                  radical avec le marxisme. Il est négatif et aide en fait l’ennemi,
                  qui se réjouit de le voir se maintenir parmi nous. Le libéralisme étant
                  ce qu’il est, il ne saurait avoir sa place dans les rangs de la révolution.
                </p><p rend="alinea">
                  Nous devons vaincre le libéralisme, qui est négatif, par le marxisme,
                  dont l’esprit est positif. Un communiste doit être franc et ouvert, dévoué
                  et actif ; il placera les intérêts de la révolution au-dessus de sa propre vie
                  et leur subordonnera ses intérêts personnels. Il doit toujours et partout
                  s’en tenir fermement aux principes justes et mener une lutte inlassable
                  contre toute idée ou action erronée, de manière à consolider la vie collective
                  du Parti et à renforcer les liens de celui-ci avec les masses. Enfin,
                  il se souciera davantage du Parti et des masses que de l’individu,
                  il prendra soin des autres plus que de lui-même. C’est seulement ainsi
                  qu’il méritera le nom de communiste.
                </p><p rend="alinea">
                  Que tous les communistes loyaux, honnêtes, actifs et droits s’unissent
                  dans le combat contre les tendances au libéralisme qui se manifestent
                  chez certaines gens, pour les ramener dans le droit chemin !
                  C’est là une de nos tâches sur le front idéologique.
                </p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="RoleDuPartiDansLaGuerreNationale">
            <head>
              Le rôle du Parti communiste chinois dans la guerre nationale
            </head>
            <p rend="publie">6<hi rend="ordinal">e</hi> session plénière du Comité
            central issu du 6<hi rend="ordinal">e</hi> congrès, octobre 1938.
            <title>Œuvres choisies</title>, tome 2,
            p. 211‑227.</p>
            <note place="margin">212</note>
            <p rend="tm1">Patriotisme et internationalisme</p>
            <note place="margin">213</note>
            <p rend="tm1">Les communistes doivent donner l’exemple dans la guerre
            nationale</p>
            <note place="margin">215</note>
            <p rend="tm1">Unir la nation et lutter contre les agents de l’ennemi en son
            sein</p>
            <note place="margin">215</note>
            <p rend="tm1">Élargir les rangs du Parti communiste et empêcher
            l’infiltration des agents de l’ennemi</p>
            <note place="margin">216</note>
            <p rend="tm1">Maintenir à la fois le front uni et l’indépendance du Parti</p>
            <note place="margin">217</note>
            <p rend="tm1">Tenir compte de la situation d’ensemble, penser en fonction de
            la majorité, travailler de concert avec nos alliés</p>
            <note place="margin">218</note>
            <p rend="tm1">Politique des cadres</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Le Parti communiste chinois est un parti qui dirige une
                grande lutte révolutionnaire dans une immense nation de plusieurs centaines
                de millions d’hommes. Il ne saurait remplir sa tâche historique sans avoir
                un nombre considérable de cadres dirigeants capables et politiquement
                intègres. Au cours des dix-sept dernières années, notre Parti a formé
                beaucoup de dirigeants compétents, si bien que nous disposons déjà d’un
                corps de cadres dans les domaines militaire, politique et culturel, ainsi que
                pour le travail du Parti et le travail de masse ; l’honneur en revient au
                Parti aussi bien qu’à la nation. Mais l’armature actuelle ne correspond
                pas encore aux dimensions de notre lutte et nous devons continuer à former
                en grand nombre des cadres compétents. Beaucoup d’éléments actifs ont
                surgi et ne cessent de surgir de la grande lutte du peuple chinois, et notre
                devoir est de les organiser, de les former, de les entourer de notre
                sollicitude et de savoir les employer. Les cadres jouent un rôle
                décisif <note place="bottom" n="1"><p rend="alinea">
                Dans son rapport présenté, en janvier 1934, au 17<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès du Parti communiste (bolchévik) de
                l’U.R.S.S., Staline disait : «  […] la ligne politique juste une fois
                donnée, c’est le travail d’organisation qui décide de tout, y compris
                du sort de la ligne politique elle-même, de sa réalisation ou de son
                échec. » Il y posait, d’autre part, la question « du choix judicieux
                des hommes ». En mai 1935, dans le discours qu’il prononça au Palais du
                Kremlin à l’occasion de la promotion des élèves des écoles supérieures
                de l’Armée rouge, il formula et expliqua le mot d’ordre « Les cadres
                décident de tout ». Dans son rapport présenté en mars 1939 au 18<hi rend="ordinal">e</hi> Congrès du Parti communiste (bolchévik) de
                l’U.R.S.S., il disait : « Après qu’une ligne politique juste a été
                établie, vérifiée dans la pratique, les cadres du Parti deviennent la
                force décisive de la direction dans le Parti et dans l’État. »</p></note> dès que la
                ligne politique est définie. Notre tâche de combat est donc de former selon
                un plan un grand nombre de nouveaux cadres.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Nous devons nous occuper aussi bien des cadres non
                communistes que des cadres membres du Parti. Il existe en effet à
                l’extérieur du Parti nombre de gens capables que celui-ci ne doit pas
                ignorer. Il faut que chaque communiste se débarrasse de toute attitude
                hautaine et distante, sache collaborer avec les cadres non communistes, les
                aide sincèrement, adopte à leur égard une attitude de chaude camaraderie
                et oriente leur activité vers la grande cause de la résistance au Japon et
                de la construction nationale ; tel est son devoir.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Sachons juger les cadres. Ne fondons pas notre
                appréciation seulement sur une courte période ou un fait isolé de la vie
                d’un cadre, mais considérons l’ensemble de son passé et de son travail.
                C’est là la méthode principale pour juger d’un cadre.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Sachons employer les cadres. Le devoir d’un dirigeant se
                ramène essentiellement à trouver des idées et à employer les cadres.
                Élaborer un plan, prendre une décision, lancer un ordre, donner une
                directive, etc., c’est « trouver des idées  ». Pour faire passer les
                idées dans la pratique, il faut unir les cadres et les inciter à
                l’action; cela s’appelle « employer les cadres ». Tout au long de
                l’histoire de notre peuple, il a existé deux lignes opposées dans ce
                domaine : on vous nomme selon votre mérite, ou on vous choisit par
                favoritisme. La première voie est honnête, la seconde, malhonnête. Dans sa
                politique des cadres, le Parti communiste adoptera les critères suivants :
                ferme application de la ligne du Parti, soumission à sa discipline, liaison
                étroite avec les masses, capacité de travailler en toute indépendance,
                ardeur à la tâche et désintéressement — c’est là la politique
                de nomination des cadres selon leur mérite. Elle et à l’opposé de la
                politique des cadres suivie par Tchang Kouo-tao. Choisissant les cadres par
                favoritisme, il s’entourait d’hommes à lui pour former un groupe
                fractionnel, si bien qu’il finit par trahir le Parti et déserta ; c’est
                là une très sérieuse leçon. Instruits par ce fait et par d’autres
                leçons semblables que nous offre l’histoire, le Comité central et les
                dirigeants à tous les échelons ont, dans notre politique des cadres, la
                haute responsabilité de toujours procéder d’une façon impartiale et
                honnête et de rejeter toute partialité malhonnête, de manière à
                renforcer l’unité du Parti.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Sachons prendre soin des cadres. Pour cela, nous avons les
                moyens suivants :</p>
                <list type="bulleted">
                  <item>Premièrement, nous devons les orienter, c’est-à-dire que tout en
                    les laissant travailler librement, afin qu’ils osent prendre leurs
                    responsabilités, nous leur donnerons en temps opportun des directives,
                    de sorte qu’ils pourront, guidés par la ligne politique du Parti,
                    faire valoir leur esprit créateur.</item>
                  <item>Deuxièmement, il s’agit d’élever leur niveau, en leur donnant la
                    possibilité d’apprendre, en les éduquant, de sorte qu’ils
                    enrichiront leurs connaissances théoriques et deviendront plus
                    qualifiés.</item>
                  <item>Troisièmement, il faut vérifier leur travail, les aider à faire le
                    bilan de leur expérience, à multiplier leurs succès et à corriger
                    leurs erreurs. Assigner une tâche sans en vérifier l’exécution et
                    n’y porter attention qu’une fois commises des erreurs sérieuses, ce
                    n’est pas là prendre soin des cadres.</item>
                  <item>Quatrièmement, envers les cadres qui ont fait des erreurs, nous
                    devons, en général, user de persuasion pour les aider à se corriger,
                    et ne recourir à la méthode de la lutte qu’envers ceux qui sont
                    coupables de fautes graves et refusent pourtant de se laisser guider. La
                    patience est ici de rigueur. On aurait tort de taxer à la légère les
                    gens d’ « opportunisme » ou de « partir en guerre » contre eux
                    inconsidérément.</item>
                  <item>Cinquièmement, il faut venir en aide aux cadres qui ont des
                    difficultés. Lorsqu’ils tombent malades ou ont des soucis matériels,
                    familiaux ou autres, nous devons veiller à leur apporter toute l’aide
                    possible.</item>
                </list>
                <p rend="alinea">Voilà la manière de prendre soin des cadres.</p>
              </quote>
            </cit>
            <note place="margin">220</note>
            <p rend="tm1">La discipline du Parti</p>
            <note place="margin">220</note>
            <p rend="tm1">La démocratie dans le Parti</p>
            <note place="margin">221</note>
            <p rend="tm1">Notre Parti s’est consolidé et a grandi dans la lutte sur deux
            fronts</p>
            <note place="margin">223</note>
            <p rend="tm1">Notre lutte actuelle sur deux fronts</p>
            <note place="margin">224</note>
            <p rend="tm1">L’étude</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">D’une façon générale, tous les communistes qui ont les
                aptitudes requises doivent étudier la théorie de Marx, Engels, Lénine et
                Staline, l’histoire de notre nation ainsi que la situation et les tendances
                du mouvement actuel ; c’est par leur intermédiaire que se fera
                l’éducation des camarades dont le niveau culturel est relativement bas. Il
                importe, en particulier, que les cadres portent une attention toute spéciale
                à cette étude, et qu’à plus forte raison les membres du Comité central
                et les cadres supérieurs s’y consacrent avec ardeur. Un parti qui dirige
                un grand mouvement révolutionnaire ne saurait le mener à la victoire sans
                théorie révolutionnaire, sans connaissances de l’histoire, sans une
                compréhension profonde du mouvement dans sa réalité.</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">La théorie de Marx, Engels, Lénine et Staline a une
                valeur universelle. Il ne faut pas la considérer comme un dogme, mais comme
                un guide pour l’action. Il ne faut pas se contenter d’apprendre des
                termes et des formules, mais étudier le marxisme-léninisme en tant que
                science de la révolution. Il s’agit non seulement de comprendre les lois
                générales, qu’ont établies Marx, Engels, Lénine et Staline en se
                fondant sur leur vaste étude de la vie réelle et de l’expérience de la
                révolution, il faut aussi étudier la position et la méthode qu’ils
                adoptèrent pour examiner et résoudre les problèmes. La formation
                marxiste-léniniste a fait aujourd’hui des progrès dans notre Parti, mais
                elle est encore loin de s’étendre à tous et d’être suffisamment
                poussée. Nous avons pour mission de diriger une grande nation de plusieurs
                centaines de millions d’hommes dans une lutte sans précédent. C’est
                pourquoi l’étude généralisée et approfondie de la théorie
                marxiste-léniniste est pour nous une grande tâche qu’il importe
                d’accomplir de toute urgence et qui ne peut l’être qu’au prix de
                sérieux efforts. J’espère qu’après cette session du Comité central
                une émulation pour l’étude apparaîtra dans tout le Parti ; on verra
                alors qui aura véritablement appris quelque chose, qui aura étendu et
                approfondi ses connaissances. Si, parmi les camarades chargés des
                principales responsabilités dans le travail de direction, il s’en trouve
                cent à deux cents à posséder une connaissance systématique et non
                fragmentaire du marxisme-léninisme, une connaissance réelle et non creuse,
                la capacité combative de notre Parti sera considérablement accrue et la
                victoire sur l’impérialisme japonais en sera hâtée.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">[…]</p>
            <note place="margin">226</note>
            <p rend="tm1">L’unité et la victoire</p>
          </div>

          <div xml:id="RevchinetPCchin">
            <head>
              La Révolution chinoise et le Parti communiste chinois
            </head>
            <bibl rend="publie">
              1939,
              <title>Œuvres choisies</title>, tome 2, Éditions en langues étrangères, Pékin, 1967,
              p. 325-356.
            </bibl>
            <p rend="invisible">
              Mots-clefs :
              <index>
                <term>révolution démocratique et révolution socialiste en Chine</term>
              </index>❦ révolution démocratique et révolution socialiste en Chine
              <index><term>démocratique, révolution — et révolution socialiste en Chine</term></index>
              <index><term>révolution socialiste, révolution démocratique et — en Chine</term></index>
              <index><term>socialiste, révolution démocratique et révolution — en Chine</term></index>
              <index>
                <term>dialectique, exemple : révolution démocratique et révolution socialiste en Chine</term>
              </index>
            </p>
            <p rend="alinea">
              Intéressant exemple d’articulation dialectique, comme souvent chez Mao. Il y a deux
              étapes et, même si la seconde est clairement le but final, on pourrait donc dire le
              seul but, l’une ne va pas sans l’autre.
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Chaque communiste doit comprendre que l’ensemble du mouvement révolutionnaire
                  chinois dirigé par le Parti communiste embrasse deux étapes, la révolution
                  démocratique et la révolution socialiste ; ce sont deux processus révolutionnaires
                  de caractère différent, et c’est seulement après avoir achevé le premier que l’on
                  peut passer à l’accomplissement du second. La révolution démocratique est la
                  préparation nécessaire de la révolution socialiste, et la révolution socialiste
                  est l’aboutissement logique de la révolution démocratique. Le but final de tout
                  communiste, et pour lequel il doit lutter de toutes ses forces, c’est
                  l’instauration définitive d’une société socialiste et d’une société communiste.
                </p>
              </quote>
              <bibl>P. 352-353.</bibl>
            </cit>
          </div>
        </div>
        <div xml:id="Maotome3" type="level1_tome" n="3">
          <head>Mao, <title>Œuvres choisies</title>, tome 3</head>
          <div xml:id="MethodesDeDirection" type="level2_document">
            <head>À propos des méthodes de direction</head>
            <p rend="publie">1<hi rend="ordinal">er</hi> juin 1943.
            <title>Œuvres choisies</title>, tome 3, p. 121‑127.</p>
            <list type="ordered">
              <item><p rend="firstalinea">Deux méthodes dans n’importe quel travail :</p>
                <list type="bulleted">
                  <item><p rend="firstalinea">lier le général au particulier ;</p></item>
                  <item><p rend="firstalinea">lier la direction aux masses.</p></item>
                </list>
              </item>
              <item><p rend="firstalinea">Les dirigeants doivent</p>
                <list type="bulleted">
                  <item><p rend="firstalinea">lancer un appel général ;</p></item>
                  <item><p rend="firstalinea">s’occuper personnellement, dans quelques
                    unes des organisations, de l’exécution du travail.</p>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Mais si les dirigeants se bornent à cet appel,
                        s’ils ne s’occupent pas personnellement, de façon concrète et
                        approfondie, dans quelques unes des organisations, de l’exécution
                        du travail pour lequel ils ont lancé l’appel – en sorte que,
                        après avoir obtenu un premier résultat, ils puissent, grâce à
                        l’expérience acquise, orienter le travail dans les autres secteurs
                        qu’ils dirigent –, ils ne seront pas à même de vérifier si
                        l’appel général est juste, ni d’enrichir son contenu ; et cet
                        appel général risque alors de n’aboutir à rien.</p>
                      </quote>
                    </cit>
                    <cit>
                      <quote>
                        <p rend="alinea">Aucun responsable ne peut assumer la direction
                        générale des unités qui lui sont confiées s’il n’acquiert pas
                        l’expérience pratique dans quelques-unes d’entre elles, auprès
                        de certaines personnes et sur des questions déterminées.</p>
                      </quote>
                    </cit>
                  </item>
                </list>
              </item>
              <item><p rend="firstalinea">Il est nécessaire « de former dans chaque
                unité un groupe dirigeant composé d’un petit nombre d’éléments
                actifs réunis autour du principal responsable et d’assurer la liaison
                étroite de ce groupe dirigeant avec les larges masses qui participent au
                mouvement. »</p>
              </item>
              <item><p rend="firstalinea">Se fonder sur le principe : « partir des masses
                pour retourner aux masses. »</p>
                <cit>
                  <quote>
                    <p rend="alinea">Cela signifie qu’il faut recueillir les idées des
                    masses (qui sont dispersées, non systématiques), les concentrer (en
                    idées généralisées et systématisées, après étude), puis aller de
                    nouveau dans les masses pour les diffuser et les expliquer, faire en
                    sorte que les masses les assimilent, y adhèrent fermement et les
                    traduisent en action, et vérifier dans l’action même des masses la
                    justesse de ces idées. Puis, il faut encore une fois concentrer les
                    idées des masses et les leur retransmettre pour qu’elles soient mises
                    résolument en pratique. Et le même processus se poursuivra
                    indéfiniment, ces idées devenant toujours plus justes, plus vivantes et
                    plus riches. Voilà la théorie marxiste de la connaissance.</p>
                  </quote>
                </cit>
              </item>
            </list>
            <p rend="firstalinea">[…]</p>
          </div>

          <div xml:id="GouvernementDeCoalition">
            <head>Du gouvernement de coalition</head>
            <p rend="publie">Rapport politique présenté par le camarade Mao
            Tsé-toung au 7<hi rend="ordinal">e</hi> congrès du Parti communiste chinois,
            24 avril 1945. <title>Œuvres choisies</title>, tome 3, p. 215‑287.</p>
            <note place="margin">215</note>
            <p rend="tm1">I. Les revendications fondamentales du peuple chinois</p>
            <note place="margin">216</note>
            <p rend="tm1">II La situation internationale et la situation intérieure</p>
            <note place="margin">219</note>
            <p rend="tm1">III. Les deux lignes dans la Guerre de Résistance contre le japon</p>
              <note place="margin">219</note>
              <p rend="tm2">La clé des problèmes qui se posent en Chine</p>
              <note place="margin">220</note>
              <p rend="tm2">L’histoire suit une route sinueuse</p>
              <note place="margin">224</note>
              <p rend="tm2">La guerre populaire</p>
              <note place="margin">228</note>
              <p rend="tm2">Les deux fronts de la guerre</p>
              <note place="margin">230</note>
              <p rend="tm2">Les régions libérées de Chine</p>
              <note place="margin">232</note>
              <p rend="tm2">Les régions contrôlées par le Kuomintang</p>
              <note place="margin">234</note>
              <p rend="tm2">Un contraste</p>
              <note place="margin">235</note>
              <p rend="tm2">Qui donc « sape la Résistance et met l’État en danger » ?</p>
              <note place="margin">236</note>
              <p rend="tm2">« Désobéissance aux décrets gouvernementaux et aux ordres militaires »</p>
              <note place="margin">237</note>
              <p rend="tm2">Le danger d’une guerre civile</p>
              <note place="margin">238</note>
              <p rend="tm2">Les pourparlers</p>
              <note place="margin">238</note>
              <p rend="tm2">Deux perspectives</p>
            <note place="margin">240</note>
            <p rend="tm1">IV. La politique du Parti communiste chinois</p>
              <note place="margin">241</note>
              <p rend="tm2">Notre programme général</p>
              <cit>
                <quote xml:id="Mao3p241undemi">
                  <p rend="alinea">Pour mobiliser et unir toutes les forces antijaponaises du
                  peuple chinois, pour écraser définitivement l’agresseur japonais et pour
                  édifier une Chine nouvelle qui soit indépendante, libre, démocratique,
                  unifiée, forte et prospère, notre peuple, le Parti communiste chinois et
                  tous les autres partis et groupements démocratiques antijaponais ont un
                  besoin urgent d’un programme commun sur lequel ils soient d’accord.
                  (P. 241.)</p>
                </quote>
              </cit>
              <cit>
                <quote xml:id="Mao3p245haut">
                  <p rend="alinea">Tout ce que je viens d’exposer constitue le programme
                  général ou fondamental que nous, communistes, nous préconisons pour
                  l’étape actuelle, c’est-à-dire pour toute l’étape de la révolution
                  démocratique bourgeoise. C’est notre programme minimum, par rapport à
                  notre programme pour l’avenir, ou programme maximum, qui est pour
                  l’instauration du socialisme et du communisme. L’exécution de notre
                  programme minimum fera faire un pas en avant à la Chine d’aujourd’hui,
                  c’est-à-direqu’elle permettra à notre pays et à notre société, de
                  caractère colonial, semi-colonial et semi-féodal, de se transformer en un
                  pays et en une société de démocratie nouvelle. (P. 245.)</p>
                </quote>
              </cit>
              <cit>
                <quote xml:id="Mao3p245undemi">
                  <p rend="alinea">Nous autres communistes, nous ne dissimulons jamais nos
                  aspirations politiques. Il est certain, indubitable, que notre programme pour
                  l’avenir, ou programme maximum, a pour but de conduire la Chine au
                  socialisme et au communisme. Le nom même de notre Parti ainsi que notre
                  conception marxiste du monde indiquent clairement cet idéal suprême que
                  nous voulons réaliser dans l’avenir, idéal infiniment beau et radieux.
                  (P. 245.)</p>
                </quote>
              </cit>
              <cit>
                <quote xml:id="Mao3p246haut">
                  <p rend="alinea">Si un communiste ou un sympathisant ne lutte pas pour ces
                  objectifs, mais se contente de disserter du socialisme et du communisme,
                  s’il dédaigne la révolution démocratique bourgeoise et relâche ou
                  ralentit tant soit peu ses efforts, si, pour cette cause, il manque si peu
                  que ce soit de dévouement et de zèle, s’il répugne à verser son sang ou
                  à sacrifier sa vie pour elle, c’est donc qu’il commet, consciemment ou
                  inconsciemment, des actes de trahison plus ou moins graves envers le
                  socialisme et le communisme et qu’il n’est pas un communiste conscient et
                  dévoué. (P. 246.)</p>
                </quote>
              </cit>
              <note place="margin">248</note>
              <p rend="tm2">Notre programme concret</p>
              <note place="margin">274</note>
              <p rend="tm2">Nos tâches dans les régions du Kuomintang</p>
              <note place="margin">276</note>
              <p rend="tm2">Nos tâches dans les régions d’occupation japonaise</p>
              <note place="margin">277</note>
              <p rend="tm2">Nos tâches dans les régions libérées</p>
            <note place="margin">280</note>
            <p rend="tm1">
              V. <pb xml:id="Mao3p280quatre5" n="280"/>Que tout le Parti s’unisse
              et lutte pour l’accomplissement de ses tâches !
            </p>
            <p rend="invisible">Mots-clefs :
              <index><term>autocritique</term></index>❦ autocritique
              <index><term>critique</term></index>❦ critique
              <index>
                <term>nul n’est coupable d’avoir parlé</term>
              </index>❦ nul n’est coupable d’avoir parlé
              <index>
                <term>c’est à celui qui écoute d’en faire son profit</term>
              </index>❦ c’est à celui qui écoute d’en faire son profit
            </p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">
                  Examiner sans cesse notre travail, introduire large<pb xml:id="Mao3p284" n="284"/>ment dans cet examen le style démocratique de travail,
                  ne redouter ni la critique ni l’autocritique, suivre les maximes
                  si instructives du peuple chinois : « Ne tais rien de ce que tu sais,
                  ne garde rien pour toi de ce que tu as à dire », « Nul n’est coupable
                  d’avoir parlé, c’est à celui qui écoute d’en faire son profit » […].
                </p>
              </quote>
              <bibl>
                <title>Œuvres choisies</title>, tome 3, p. 283-284, mais je tiens compte
                de la traduction plus fluide du « petit livre rouge » des <title>Citations du
                président Mao Tsé-toung</title>, p. 287-288.
              </bibl>
            </cit>
          </div>
        </div>
<!-- 4 -->
        <div xml:id="Maotome5" type="level1_tome" n="5">
          <head>Mao, <title>Œuvres choisies</title>, tome 5</head>
          <div xml:id="JusteSolutionContradictions">
            <head>De la juste solution des contradictions au sein du peuple</head>
            <p rend="publie">11<hi rend="ordinal">e</hi> session (élargie) de la
            Conférence suprême d’État, 22 février 1957. Revu pour la publication dans
            le <title>Renmin Ribao</title> du 19 juin 1957.
            <title>Œuvres choisies</title>, tome 5, p. 417‑457.</p>
            <note place="margin">417</note>
            <p rend="tm1">I. Deux types de contradictions de caractère différent</p>
            <p rend="alinea">Mao commence par rappeler que quelle que soit l’unité du
            pays suite à la révolution démocratique bourgeoise (1949) et sous le
            socialisme (1956), il y a encore des contradictions. Il faut alors distinguer
            les contradictions antagoniques et les contradictions non antagoniques.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Notre pays est aujourd’hui plus uni que jamais. […]
                Mais cela ne signifie nullement qu’il n’existe plus aucune contradiction
                dans notre société. Il serait naïf de le croire ; ce serait se détourner
                de la réalité objective. Nous sommes en présence de deux types de
                contradictions sociales : les contradictions entre nous et nos ennemis et
                les contradictions au sein du peuple. Ils sont de caractère tout à fait
                différent.</p>
                <p rend="alinea">Pour avoir une connaissance juste de ces deux types de
                contradictions, il est tout d’abord nécessaire de préciser ce qu’il
                faut entendre par « peuple » et par « ennemis ». La notion de
                « peuple » prend un sens différent selon les pays et selon les périodes
                de leur histoire. Prenons l’exemple de notre pays. Au cours de la Guerre de
                Résistance contre le Japon, toutes les classes et couches sociales et tous
                les groupes sociaux opposés au Japon faisaient partie du peuple, tandis que
                les impérialistes japonais, les traîtres et les éléments projaponais
                étaient les ennemis du peuple. Pendant la Guerre de Libération, les ennemis
                du peuple étaient les impérialistes américains et leurs laquais — la
                bourgeoisie bureaucratique, les propriétaires fonciers et les
                réactionnaires du Kuomintang qui représentaient ces deux classes, alors que
                toutes les classes et couches sociales et tous les groupes sociaux qui
                combattaient ces ennemis faisaient partie du peuple. À l’étape actuelle,
                qui est la période de l’édification socialiste, toutes les classes et
                couches sociales, tous les groupes sociaux qui approuvent et soutiennent
                cette édification, et y participent, forment le peuple, alors que toutes les
                forces sociales et tous les groupes sociaux qui s’opposent à la
                révolution socialiste, qui sont hostiles à l’édification socialiste ou
                s’appliquent à la saboter, sont les ennemis du peuple.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Le deuxième alinéa de la citation qui précède a une
            grande importance du point de vue philosophique. On y voit adopter d’un
            « même » concept une définition différente dans des circonstances
            différentes. Le concept n’est pas préexistant dans un autre monde
            platonicien, ni éternel, c’est un outil de pensée que nous définissons
            nous-mêmes et que nous adaptons à des besoins changeants dans une réalité
            changeante. Adapter à la situation les définitions de « peuple » et
            d’ « ennemis » permet de continuer à faire dans des situations
            changées les mêmes considérations sur le peuple et les ennemis,
            considérations dont la formulation serait sans cela d’une complication
            effroyable. Mais cela suppose bien sûr qu’on soit conscient du glissement de
            sens.</p>
            <p rend="alinea">Dans ce qui suit, on voit que, de même que « peuple » et
             « ennemis » n’ont pas toujours et partout le même sens, une
            contradiction aussi fondamentalement antagonique que celle qui oppose
            bourgeoisie et prolétariat n’est pourtant pas toujours aussi absolue.</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Les contradictions entre nous et nos ennemis sont des
                contradictions antagonistes. Au sein du peuple, les contradictions entre
                travailleurs ne sont pas antagonistes et les contradictions entre classe
                exploitée et classe exploiteuse présentent, outre leur aspect antagoniste,
                un aspect non antagoniste. Les contradictions au sein du peuple ne datent pas
                d’aujourd’hui, mais leur contenu est différent dans chaque période de
                la révolution et dans la période de l’édification socialiste. Dans les
                conditions actuelles de notre pays, les contradictions au sein du peuple
                comprennent les contradictions au sein de la classe ouvrière, les
                contradictions au sein de la paysannerie, les contradictions parmi les
                intellectuels, les contradictions entre la classe ouvrière et la
                paysannerie, les contradictions qui opposent les ouvriers et les paysans aux
                intellectuels, les contradictions qui opposent les ouvriers et les autres
                travailleurs à la bourgeoisie nationale, les contradictions au sein de la
                bourgeoisie nationale elle-même, etc. Notre gouvernement populaire est
                l’authentique représentant des intérêts du peuple, il est au service de
                celui-ci; mais entre lui et les masses il y a également des contradictions.
                Ce sont notamment celles qui existent entre les intérêts de l’État et de
                la collectivité d’une part et ceux de 1’individu de l’autre, entre la
                démocratie et le centralisme, entre les dirigeants et les dirigés, entre
                certains travailleurs de l’État au style de travail bureaucratique et les
                masses populaires. Ce sont là aussi des contradictions au sein du peuple.
                D’une façon générale, les contradictions au sein du peuple reposent sur
                l’identité fondamentale des intérêts du peuple.</p>
                <p rend="alinea">Dans notre pays, les contradictions entre la classe
                ouvrière et la bourgeoisie nationale sont de celles qui se manifestent au
                sein du peuple. La lutte entre ces deux classes relève en général du
                domaine de la lutte de classes au sein du peuple, car, en Chine, la
                bourgeoisie nationale revêt un double caractère. Dans la période de la
                révolution démocratique bourgeoise, elle présentait un caractère
                révolutionnaire, mais en même temps une tendance au compromis. Dans la
                période de la révolution socialiste, elle exploite la classe ouvrière et
                en tire des profits, mais en même temps elle soutient la Constitution et se
                montre disposée à accepter la transformation socialiste. Elle se distingue
                des impérialistes, des propriétaires fonciers et de la bourgeoisie
                bureaucratique. Les contradictions qui l’opposent à la classe ouvrière sont des
                contradictions entre exploiteurs et exploités ; elles sont certes de nature
                antagoniste. Cependant, dans les conditions concrètes de notre pays, ces
                contradictions antagonistes peuvent se transformer en contradictions non
                antagonistes et recevoir une solution pacifique si elles sont traitées de
                façon judicieuse. Si les contradictions entre la classe ouvrière et la
                bourgeoisie nationale ne sont pas réglées correctement, c’est-à-dire si
                nous ne pratiquons pas à l’égard de celle-ci une politique d’union, de
                critique et d’éducation, ou si la bourgeoisie nationale n’accepte pas
                une telle politique, elles peuvent devenir des contradictions entre nous et
                nos ennemis.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">On pourrait adopter une position semblable sur le capitalisme
            en Chine dans la phase actuelle. Bien qu’il y ait toujours un conflit
            d’intérêt fondamental entre capitalistes et ouvriers, cette contradiction
            peut ne pas être antagonique si elle est sous le contrôle de l’État
            socialiste, si elle est correctement traitée et si les capitalistes respectent
            les règles du jeu.</p>
            <p rend="alinea">Ce qui suit est une très bonne explication de la double
            nature de l’État socialiste, démocratie pour le peuple, dictature du peuple
            pour défendre le socialisme contre les ennemis (ce qu’on appelle
            classiquement « dictature du prolétariat ») :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Notre État a pour régime la dictature démocratique
                populaire dirigée par la classe ouvrière et fondée sur l’alliance des
                ouvriers et des paysans. Quelles sont les fonctions de cette dictature ? Sa
                première fonction est d’exercer la répression, à l’intérieur du pays,
                sur les classes et les éléments réactionnaires ainsi que sur les
                exploiteurs qui s’opposent à la révolution socialiste, sur ceux qui
                sapent l’édification socialiste, c’est-à-dire de résoudre les
                contradictions entre nous et nos ennemis à l’intérieur du pays. Par
                exemple, arrêter, juger et condamner certains contre-révolutionnaires et
                retirer, pour une certaine période, aux propriétaires fonciers et aux
                capitalistes bureaucratiques le droit de vote et la liberté de parole —
                tout cela entre dans le champ d’application de notre dictature. Pour
                maintenir l’ordre dans la société et défendre les intérêts des masses
                populaires, il est également nécessaire d’exercer la dictature sur les
                voleurs, les escrocs, les assassins, les incendiaires, les bandes de voyous
                et autres mauvais éléments qui troublent sérieusement l’ordre
                public ; La dictature a une deuxième fonction, celle de défendre notre
                pays contre les activités subversives et les agressions éventuelles des
                ennemis du dehors. Dans ce cas, la dictature a pour tâche de résoudre sur
                le plan extérieur les contradictions entre nous et nos ennemis. Le but de la
                dictature est de protéger le peuple tout entier dans le travail paisible
                qu’il poursuit pour transformer la Chine en un pays socialiste doté
                d’une industrie, d’une agriculture, d’une science et d’une culture
                modernes. Qui exerce la dictature ? C’est, bien entendu, la classe
                ouvrière et le peuple dirigé par elle. La dictature ne s’exerce pas au
                sein du peuple. Le peuple ne saurait exercer la dictature sur lui-même, et
                une partie du peuple ne saurait opprimer l’autre. Ceux qui, parmi le
                peuple, enfreignent la loi doivent être punis selon la loi, mais il y a là
                une différence de principe avec la répression des ennemis du peuple par la
                dictature. Au sein du peuple, c’est le centralisme démocratique qui est
                appliqué. Notre Constitution stipule que les citoyens de la République
                populaire de Chine jouissent de la liberté de parole, de la presse, de
                réunion, d’association, de cortège, de manifestation, de croyance
                religieuse ainsi que d’autres libertés. Elle stipule aussi que les
                organismes de l’État pratiquent le centralisme démocratique, qu’ils
                doivent s’appuyer sur les masses populaires et que leur personnel doit
                servir le peuple. Notre démocratie socialiste est la démocratie la plus
                large, une démocratie qui ne peut exister dans aucun État bourgeois. Notre
                dictature est la dictature démocratique populaire dirigée par la classe
                ouvrière et fondée sur l’alliance des ouvriers et des paysans. Cela
                signifie que la démocratie est pratiquée au sein du peuple et que la classe
                ouvrière, s’unissant avec tous ceux qui jouissent des droits civiques, les
                paysans en premier lieu, exerce la dictature sur les classes et éléments
                réactionnaires, et sur tous ceux qui s’opposent à la transformation et à
                l’édification socialistes. Par droits civiques, on entend, sur le plan
                politique, le droit à la liberté et le droit à la démocratie.</p>
                <p rend="alinea">Mais cette liberté est une liberté qui s’accompagne
                d’une direction, et cette démocratie une démocratie à direction
                centralisée, ce n’est donc pas l’anarchie. L’anarchie ne répond pas
                aux intérêts et aux aspirations du peuple.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il continue avec les illusions sur la démocratie, plus
            précisément le point de vue non dialectique, métaphysique, platonicien qui
            fait de la démocratie un absolu :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Certaines personnes dans notre pays se sont réjouies des
                événements de Hongrie. Elles espéraient que des événements semblables se
                produiraient en Chine, que les gens descendraient par milliers dans la rue et
                se dresseraient contre le gouvernement populaire. De telles espérances sont
                contraires aux intérêts des masses populaires et ne sauraient trouver leur
                appui. En Hongrie, une partie des masses, trompée par les forces
                contre-révolutionnaires du dedans et du dehors, a eu le tort de recourir
                à la violence contre le gouvernement populaire, ce dont pâtirent l’État
                et le peuple. Il faudra beaucoup de temps pour réparer les dommages causés
                à l’économie par quelques semaines d’émeutes. D’autres personnes
                dans notre pays ont pris une attitude hésitante à l’égard des
                événements de Hongrie, parce qu’elles ignorent l’état réel de la
                situation mondiale. Elles s’imaginent que sous notre régime de démocratie
                populaire, il y a trop peu de liberté, moins que dans le régime
                démocratique parlementaire d’Occident. Elles réclament le système des
                deux partis, tel qu’il existe en Occident, avec un parti au pouvoir et
                l’autre dans l’opposition. Mais ce système dit bipartite n’est qu’un
                moyen pour maintenir la dictature de la bourgeoisie, il ne peut en aucun cas
                garantir la liberté des travailleurs. En réalité, la liberté et la
                démocratie n’existent que dans le concret, et jamais dans l’abstrait.
                Dans une société où il y a lutte de classes, quand les classes
                exploiteuses ont la liberté d’exploiter les travailleurs, ceux-ci n’ont
                pas la liberté de se soustraire à l’exploitation ; quand la bourgeoisie
                jouit de la démocratie, il n’y a pas de démocratie pour le prolétariat
                et les autres travailleurs. Certains pays capitalistes admettent
                l’existence légale de partis communistes, mais seulement dans la mesure
                où elle ne lèse pas les intérêts fondamentaux de la bourgeoisie; au-delà
                de cette limite, ils ne la tolèrent plus. Les gens qui revendiquent la
                liberté et la démocratie dans l’abstrait considèrent la démocratie
                comme une fin et non comme un moyen. Parfois, il semble que la démocratie
                soit une fin, mais en réalité elle n’est qu’un moyen. Le marxisme nous
                enseigne que la démocratie fait partie de la superstructure, qu’elle est
                du domaine de la politique. Cela signifie qu’en fin de compte la
                démocratie sert la base économique. Il en est de même de la liberté. La
                démocratie et la liberté sont relatives et non absolues, elles sont
                apparues et se sont développées dans des conditions historiques
                spécifiques. Au sein du peuple, la démocratie est corrélative du
                centralisme, et la liberté, de la discipline. Ce sont deux aspects
                contradictoires d’un tout unique; ils sont en contradiction, mais en même
                temps unis, et nous ne devons pas souligner unilatérale- ment l’un de ces
                aspects et nier l’autre. Au sein du peuple, on ne peut se passer de
                liberté, mais on ne peut non plus se passer de discipline; on ne peut se
                passer de démocratie, mais on ne peut non plus se passer de centralisme.
                Cette unité de la démocratie et du centralisme, de la liberté et de la
                discipline constitue notre centralisme démocratique. Sous un tel régime, le
                peuple jouit d’une démocratie et d’une liberté étendues, mais en même
                temps, il doit se tenir dans les limites de la discipline socialiste. Tout
                cela, les masses populaires le comprennent bien.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">Il aborde ensuite la manière correcte de traiter des
            problèmes idéologiques dans le peuple, comme la religion :</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Nous sommes pour une liberté qui s’accompagne d’une
                direction et pour une démocratie à direction centralisée, mais cela ne
                signifie nullement qu’on puisse recourir à la contrainte pour résoudre
                les questions idéologiques et les questions portant sur la distinction entre
                le vrai et le faux qui surgissent au sein du peuple. Tenter de résoudre ces
                questions au moyen d’ordres administratifs ou de la contrainte est non
                seulement inefficace, mais nuisible. Nous ne pouvons supprimer la religion
                avec des ordres administratifs, ni forcer les gens à ne pas croire. On ne
                peut obliger les gens à renoncer à l’idéalisme ni à adopter le
                marxisme. Toute question d’ordre idéologique, toute controverse au sein du
                peuple ne peut être résolue que par des méthodes démocratiques, par la
                discussion, la critique, la persuasion et l’éducation ; on ne peut la
                résoudre par des méthodes coercitives et répressives. Mais afin de pouvoir
                exercer une activité productrice efficace, étudier avec succès et vivre
                dans des conditions où règne l’ordre, le peuple exige de son
                gouvernement, des dirigeants de la production et des dirigeants des
                institutions de culture et d’éducation qu’ils émettent des ordres
                administratifs appropriés ayant un caractère contraignant. Le bon sens
                indique que sans ces derniers, il serait impossible de maintenir l’ordre
                dans la société. Dans la solution des contradictions au sein du peuple, les
                ordres administratifs et les méthodes de persuasion et d’éducation se
                complètent mutuellement. Même les ordres administratifs émis pour
                maintenir l’ordre dans la société doivent être accompagnés d’un
                travail de persuasion et d’éducation, car le seul recours aux ordres
                administratifs est, dans bien des cas, inefficace.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea">On règle les questions idéologiques par la persuasion, pas
            par la contrainte. (Ça me fait penser à la question du voile aujourd’hui en
            Europe.) D’autres questions supposent la contrainte. On pourrait s’arrêter
            là : on a établi dialectiquement une classification des problèmes en deux
            catégories, ceux qui relèvent de la persuasion et ceux qui relèvent de la
            contrainte. La dialectique ne s’arrête pas là, dit Mao, même la contrainte
            administrative doit s’accompagner de persuasion.</p>
            <note place="margin">430</note>
            <p rend="tm1">II. L’élimination des contre-révolutionnaires</p>
            <note place="margin">433</note>
            <p rend="tm1">III. La coopération agricole</p>
            <note place="margin">436</note>
            <p rend="tm1">IV. Les industriels et les commerçants</p>
            <note place="margin">438</note>
            <p rend="tm1">V. Les intellectuels</p>
            <note place="margin">440</note>
            <p rend="tm1">VI. Les minorités nationales</p>
            <note place="margin">441</note>
            <p rend="tm1">VII. Planification d’ensemble et dispositions appropriées</p>
            <note place="margin">443</note>
            <p rend="tm1">VIII. « Que cent fleurs s’épanouissent, que cent écoles
            rivalisent » et « Coexistence à long terme et contrôle mutuel »</p>
            <note place="margin">450</note>
            <p rend="tm1">IX. Les troubles créés par un petit nombre de gens</p>
            <note place="margin">451</note>
            <p rend="tm1">X. Une chose mauvaise peut-elle se transformer en une bonne ?</p>
            <note place="margin">453</note>
            <p rend="tm1">XI. Le régime de stricte économie</p>
            <note place="margin">455</note>
            <p rend="tm1">XII. La voie de l’industrialisation de la Chine</p>
          </div>

          <div xml:id="PromoteursDeLaRevolution">
            <head>Soyons les promoteurs de la révolution</head>
            <p rend="publie">3<hi rend="ordinal">e</hi> session plénière élargie du
            Comité central issu du 8<hi rend="ordinal">e</hi> congrès, 9 octobre 1957.
            <title>Œuvres choisies</title>, tome 5, p. 525‑540.</p>
            <cit>
              <quote xml:id="Mao5p531">
                <p rend="alinea">Nous devons connaître la technique agricole ; faute de
                quoi, il devient impossible de développer l’agriculture. La politique et
                l’activité professionnelle constituent une unité des contraires. La
                politique en est l’aspect principal, primordial ; il faut absolument
                combattre la tendance à se désintéresser de la politique. Mais si on ne
                s’occupe que d’elle, sans avoir de connaissances techniques et
                professionnelles, ça ne va pas non plus. Qu’ils se consacrent à
                l’industrie, à l’agriculture, au commerce, à la culture ou à
                l’enseignement, nos camarades doivent tous acquérir de telles
                connaissances. je pense qu’il faut également formuler un plan de dix ans
                pour cela. Nos cadres de tous les secteurs, de tous les métiers doivent
                s’appliquer à maîtriser la technique et leur spécialité, devenir des
                compétences, être à la fois rouges et experts. […] Mais il ne suffit pas
                d’être rouge, il faut avoir aussi des aptitudes professionnelles et
                techniques. Maintenant, bien des cadres sont seulement rouges, ils ne sont
                pas experts ; ils n’ont pas de connaissances professionnelles et
                techniques. Les droitiers disent que nous sommes incapables de diriger, que
                « les profanes ne peuvent diriger les initiés ». Nous leur répliquons
                que nous sommes capables de diriger. Nous entendons par là que nous le
                sommes sur le plan politique. Quant à la technique, nous avons encore
                beaucoup à apprendre, mais il nous est certainement possible de
                l’assimiler. (P. 531.)</p>
              </quote>
            </cit>
            <cit>
              <quote xml:id="Mao5p538basp539">
                <p rend="alinea">Un dernier point : nous devons redoubler d’énergie et
                faire de durs efforts dans l’étude. Notez ces trois mots : « faire »,
                « durs » et « efforts » ; il faut absolument redoubler d’énergie
                et faire de durs efforts. Actuellement, nombre de nos camarades n’en font
                pas, et certains emploient l’énergie qui leur reste après le travail
                surtout à jouer aux cartes et au ma-jong, et à danser ; je trouve que cela
                n’est pas bien. Nous devons consacrer le surplus de notre énergie
                principalement à l’étude et en prendre l’habitude. Que faut-il donc
                étudier ? Le marxisme-léninisme, la technologie, les sciences naturelles.
                Il y a, en outre, la littérature, surtout les théories littéraires, que
                les cadres dirigeants doivent connaître un peu. De plus, il importe qu’ils
                aient quelques notions de journalisme et de pédagogie. Bref, il existe un
                large éventail de connaissances, dont nous devons nous faire au moins une
                idée générale. Car c’est nous qui sommes censés assumer la direction
                dans tous ces domaines ! (P. 538‑539.)</p>
              </quote>
            </cit>
          </div>

          <div xml:id="ideesjustes">
            <head>D’où viennent les idées justes ?</head>
            <p rend="publie">Mai 1963 (<ptr target="http://classiques.chez-alice.fr/mao/ideesjustes.html"/>).</p>
            <cit>
              <quote>
                <p rend="alinea">Tombent-elles du ciel ? Non. Sont-elles innées ? Non.
                Elles ne peuvent venir que de la pratique sociale, de trois sortes de
                pratique sociale : la lutte pour la production, la lutte de classes et
                l’expérimentation scientifique. L’existence sociale des hommes
                détermine leur pensée. Et les idées justes qui sont le propre d’une
                classe d’avant-garde deviennent, dès qu’elles pénètrent les masses,
                une force matérielle capable de transformer la société et le monde.
                Engagés dans des luttes diverses au cours de la pratique sociale, les hommes
                acquièrent une riche expérience, qu’ils tirent de leurs succès comme de
                leurs revers. D’innombrables phénomènes du monde extérieur objectif sont
                reflétés dans le cerveau par le canal des cinq organes des sens — la vue,
                l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher ; ainsi se constitue, au
                début, la connaissance sensible. Quand ces données sensibles se sont
                suffisamment accumulées, il se produit un bond par lequel elles se
                transforment en connaissance rationnelle, c’est-à-dire en idées. C’est
                là un processus de la connaissance. C’est le premier degré du processus
                général de la connaissance, le degré du passage de la matière, qui est
                objective, à l’esprit, qui est subjectif, de l’être à la pensée. À
                ce degré, il n’est pas encore prouvé que l’esprit ou la pensée (donc
                les théories, la politique, les plans, les moyens d’action envisagés)
                reflètent correctement les lois du monde objectif ; il n’est pas encore
                possible de déterminer s’ils sont justes ou non. Vient ensuite le second
                degré du processus de la connaissance, le degré du passage de l’esprit à
                la matière, de la pensée à l’être : il s’agit alors d’appliquer
                dans la pratique sociale la connaissance acquise au cours du premier degré,
                pour voir si ces théories, politiques, plans, moyens d’action, etc.
                produisent les résultats attendus. En général, est juste ce qui réussit,
                est faux ce qui échoue ; cela est vrai surtout de la lutte des hommes
                contre la nature. Dans la lutte sociale, les forces qui représentent la
                classe d’avant-garde subissent parfois des revers, non qu’elles aient des
                idées fausses, mais parce que, dans le rapport des forces qui
                s’affrontent, elles sont temporairement moins puissantes que les forces de
                la réaction ; de là viennent leurs échecs provisoires, mais elles
                finissent toujours par triompher. En passant par le creuset de la pratique,
                la connaissance humaine fait donc un autre bond, d’une plus grande
                signification encore que le précèdent. Seul, en effet, ce bond permet
                d’éprouver la valeur du premier, c’est-à-dire de s’assurer si les
                idées, théories, politiques, plans, moyens d’action, etc. élaborés au
                cours du processus de réflexion du monde objectif sont justes ou faux ; il
                n’y a pas d’autres moyen de faire l’épreuve de la vérité. Or, si le
                prolétariat cherche à connaître le monde, c’est pour le transformer ;
                il n’a point d’autre but. Pour que s’achève le mouvement qui conduit
                à une connaissance juste, il faut souvent mainte répétition du processus
                consistant à passer de la matière à l’esprit, puis de l’esprit à la
                matière, c’est-à-dire de la pratique à la connaissance, puis de la
                connaissance à la pratique. Telle est la théorie marxiste de la
                connaissance, la théorie matérialiste-dialectique de la connaissance.</p>
              </quote>
            </cit>
            <p rend="alinea"><ref target="http://www.communisme-bolchevisme.net/antimarxisme_de_la_philosophie_maoiste.htm">Un
            communiste albanais a critiqué vertement</ref> ce qu’il considère comme
            simpliste et réducteur dans la théorie de la connaissance de Mao.</p>
          </div> <!-- level2_document -->
        </div><!-- level1_tome -->
      </div> <!-- level0_auteur, Mao -->
    </body>
    <back>
      <!-- début de fichier inclus whoswho.xml --><div xml:id="whoswho" type="div1">
        <head>Whos’s who</head>
        <p rend="alinea">Quelques notes sur des personnes intervenant (ou parfois pas) dans ces notes de lecture.</p>
        <list>
          <label xml:id="ClemensDutt">
            Clemens Palme Dutt (1893-1975)
            <index><term>C.P. Dutt</term></index> <index><term>Clemens Palme Dutt</term></index> <index><term>Dutt, Clemens Palme (C.P. Dutt)</term></index>
          </label>
          <item>
            Souvent mentionné comme C.P. Dutt. Il a édité un certain nombre de textes marxistes,
            dont la traduction par Emile Burns de l’<ref target="#AntiDuhring"><title>Anti-Dühring</title></ref>.
            J’ai trouvé les dates en <ref target="https://www.open.ac.uk/researchprojects/makingbritain/content/clemens-palme-dutt">https://www.open.ac.uk/researchprojects/makingbritain/content/clemens-palme-dutt</ref>,
            mais il y a une page beaucoup plus détaillée en <ref target="https://grahamstevenson.me.uk/2008/09/19/clemens-palme-dutt/">https://grahamstevenson.me.uk/2008/09/19/clemens-palme-dutt/</ref>.
          </item>

          <label xml:id="ElnaDutt">
            Elna Palme Dutt (?-1982)
            <index><term>Elna Palme Dutt</term></index> <index><term>Dutt, Elna Palme</term></index>
          </label>
          <item>
            Staff member at the International Labour Office (ILO) in Geneva. Elle est la sœur de Clemens et de Rajani.
          </item>

          <label xml:id="RajaniDutt">
            Rajani Palme Dutt (1896-1974)
            <index><term>Rajani Palme Dutt</term></index> <index><term>Dutt, Rajani Palme (R. Dutt)</term></index>
          </label>
          <item>
            Communiste anglais.
            Il a une page Wikipedia : <ref target="https://en.wikipedia.org/wiki/Rajani_Palme_Dutt">en.wikipedia.org/wiki/Rajani_Palme_Dutt</ref>
            et une page beaucoup plus détaillée en <ref target="https://grahamstevenson.me.uk/2008/09/19/rajani-palme-dutt/">https://grahamstevenson.me.uk/2008/09/19/rajani-palme-dutt/</ref>.
            La page <ref target="https://www.open.ac.uk/researchprojects/makingbritain/content/rajani-palme-dutt">https://www.open.ac.uk/researchprojects/makingbritain/content/rajani-palme-dutt</ref>
            présente l’intérêt (entre autres) de proposer des liens entre les gens, leur réseau.
          </item>

          <label xml:id="RayaDunayevskaya">
            Raya Dunayevskaya
            <index><term>Raya Dunayevskaya</term></index> <index><term>Dunayevskaya, Raya</term></index>
            <index><term>Marxist humanism</term></index>
          </label>
          <item>
            Je suis tombé sur elle d’abord en cherchant à situer <ref target="../../biblio/SelmaJames.html">Selma James</ref>.
            Voir la page Wikipedia <ref target="https://en.wikipedia.org/wiki/Raya_Dunayevskaya">en.wikipedia.org/wiki/Raya_Dunayevskaya</ref>.
          </item>
        </list>
      </div><!-- fin de fichier inclus whoswho.xml -->
      <div xml:id="TEIindex">
        <head>
          Index
        </head>
        <p rend="alinea">
          Comme cet index lui-même devient très long, pensez à la commande Rechercher (ou
          <distinct>Ctrl+F</distinct>) sur un mot qui vous vient à l’esprit.
        </p>
        <divGen type="index"/>
      </div>
    </back>
  </text>
</TEI>