Dominique Meeùs
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Notes de lecture de Lénine, tomes 26 à 30

La révolution prolétarienne et le renégat Kautsky

Écrit en octobre-novembre 1918. Paru en brochure en 1918.

Œuvres, tome 28, pp 235‑336.

237 Préface

Kautsky a publié en brochure la Dictature du prolétariat (Vienne, 1918). Lénine a déjà combattu les erreurs théoriques et le révisionnisme de Kautsky dans plusieurs textes, en particulier l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme et l’État et la révolution, avant 1917 et les attaques de Kautsky contre la révolution.

240 Comment Kautsky transforme Marx en vulgaire libéral

Kautsky oppose démocratie et dictature et minimise la position de Marx à ce sujet. Il spécule sur une soi-disant définition[5] de dictature. Il dénature la démocratie de la Commune pour défendre sa démocratie « éternelle » (bourgeoise).

250 Démocratie bourgeoise et démocratie prolétarienne

Il n’y a de démocratie et d’État que de classe. La démocratie bourgeoise est une dictature violente contre le prolétariat. Les Soviets sont l’instrument qui permet aux travailleurs et exploités de gouverner.

253 Peut-il y avoir égalité entre exploité et exploiteur ?

266 Défense aux Soviets de se transformer en organisation d’État

273 L’Assemblée Constituante et la République soviétique

281 La Constitution soviétique

291 Qu’est-ce que l’internationalisme ?

304 Servilité à l’égard de la bourgeoisie sous couleur d’« analyse économique »

A. Révolution bourgeoise, révolution socialiste (p. 304). La « révolution russe est une révolution bourgeoise » (1905) (p. 304) mais le prolétariat ne doit pas se soumettre à la bourgeoisie : il « doit pousser la révolution bourgeoise jusqu’au bout ». En s’alliant avec la paysannerie dans son ensemble, le prolétariat « neutralise la bourgeoisie libérale et détruit entièrement la monarchie, la féodalité, la grande propriété foncière » (la bourgeoisie ferait des compromis[6]) mais le fait de cette alliance fait que la révolution reste démocratique bourgeoise. Ensuite, « le prolétariat s’adjoint[7] tout le semi-prolétariat[8] […], neutralise la paysannerie moyenne et jette à terre la bourgeoisie », c’est la révolution socialiste[9]. Kautsky qui était essentiellement d’accord en 1905 revient en arrière pour 1917 (p. 305). En 1917, il y avait urgence de passer de la révolution bourgeoise à la révolution socialiste (« faillite », p. 310 ¼). La frontière entre les deux révolutions (rappel p. 310 ½) n’est pas nette, c’est « le degré de préparation du prolétariat et le degré de son union avec les paysans pauvres » (p. 310 ¾). Les Soviets reflètent ce glissement d’une révolution à l’autre, d’abord « la paysannerie dans son ensemble » (p. 311 ¼), ensuite différenciation politique de la paysannerie à partir de l’été de 1918 (p. 312 ¼). C’est donc un an après Octobre que la révolution socialiste gagne la campagne (p. 314 ¼).

B. Réforme agraire (p. 315 ½). La propriété de la terre est abolie par décret en janvier 18 (p. 318 ½) et une loi de février règle la jouissance de la terre.

B. 1) Le principe de jouissance égalitaire du sol est encore bourgeois (p. 319, bas). « Or, l’idée et les revendications de la majorité des travailleurs, ce sont les travailleurs eux-mêmes qui doivent les abandonner », on peut seulement les y aider, pas les y contraindre (p. 320, haut).

B. 2) La nationalisation (p. 322, bas). La nationalisation de la terre est un mot d’ordre bourgeois (de la bourgeoisie radicale contre les propriétaires fonciers) (p. 323, bas). Par la jouissance égalitaire et la nationalisation, les bolchéviks « ont aidé la paysannerie à achever réellement la révolution démocratique bourgeoise […] pour faciliter[10] et hâter la transition à la révolution socialiste » (p. 325, haut).

B. 3) Passage à la culture collective (p. 325 ½).

C. Industrie (p. 326 ½). En fait, toutes les entreprises industrielles et minières sont propriétés d’État. C’est à tort que Kautsky reproche au pouvoir soviétique d’avoir donné les usines aux ouvriers[11].

330 Annexe I. Thèses sur l’Assemblée Constituante

330 Annexe II. Un nouveau livre de Vandervelde sur l’État

Vandervelde repousse la révolution socialiste à un lointain futur hypothétique : « l’impossibilité de venir à bout du régime capitaliste aussi longtemps que le prolétariat ne sera pas suffisamment préparé à exercer le pouvoir que les circonstances pourraient lui faire tomber dans les mains » (p. 332, haut). Vandervelde (éclectique et sophiste, p. 334, bas) noie le poisson sur la question de l’État (p. 333) et sur le passage (c’est-à-dire la révolution) de la dictature de la bourgeoisie à la dictature du prolétariat (p. 334 1/4), ce qui n’est pas la même chose que le dépérissement de l’État (p. 334 ¾, p. 335 ¾). Confusion entre dictature du prolétariat et « l’État populaire du travail » qui n’a pas de caractère de classe[12] (p. 335 ½). Vandervelde « quand il dit combien de duperie, de violence, de corruption, de mensonge, d’hypocrisie, d’oppression des pauvres, se cachent sous les dehors civilisés, vernis, pommadés de la démocratie bourgeoise contemporaine » essaie démagogiquement de s’attirer le prolétariat pour mieux ensuite lui passer sa salade droitière (remettre la révolution aux calendes grecques).

La grande initiative

1919

Œuvres, t. 29

425On appelle classes, de vastes groupes d’hommes qui se distinguent par la place qu’ils occupent dans un système historiquement défini de production sociale, par leur rapport (la plupart du temps fixé et consacré par les lois) vis-à-vis des moyens de production, par leur rôle dans l’organisation sociale du travail, donc, par les modes d’obtention et l’importance de la part de richesses sociales dont ils disposent. Les classes sont des groupes d’hommes dont l’un peut s’approprier le travail de l’autre, à cause de la place différente qu’il occupe dans une structure déterminée, l’économie sociale.

Les élections à l’Assemblée Constituante
et la dictature du prolétariat

Publié en décembre 1919.

Œuvres, tome 30, pp 259‑283.

259 I.

Chiffres

262 II.

Le prolétariat et les villes

266 III.

L’armée

268 IV.

D’abord prendre le pouvoir d’État en ensuite gagner les masses paysannes

273 V.

La guerre civile

279 VI.

Conclusions générales sur le parlementarisme et la révolution

Projet (ou thèses) de la réponse du Parti communiste de Russie à la lettre du parti social-démocrate indépendant d’Allemagne

Publié en mars 1920.

Œuvres, tome 30, pp 348‑355.

10. Toute révolution (à la différence des réformes) signifie elle-même une crise et une crise très grave, à la fois politique et économique. Ceci indépendamment de la crise ouverte par la guerre. (P. 352.)
Le parti révolutionnaire du prolétariat a pour tâche d’éclairer les ouvriers et les paysans sur la nécessité d’affronter courageusement cette crise et de trouver dans les mesures révolutionnaires la source des forces permettant de la surmonter. Ce n’est qu’en surmontant les plus grandes crises à l’aide de l’enthousiasme révolutionnaire, de l’énergie révolutionnaire, de la volonté révolutionnaire de faire face aux plus durs sacrifices que le prolétariat pourra vaincre les exploiteurs et débarrasser à jamais l’humanité des guerres, de l’oppression capitaliste, de l’esclavage salarié.
Il n’est point d’autre issue, car l’attitude réformiste à l’égard du capitalisme a engendré hier (et engendrera inévitablement demain) le massacre impérialiste de millions d’hommes et toute sorte de crises sans fin. (pp 352‑353.)

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