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Le WOE ou la voix de l’Amérique

Créé à l’initiative de l’Américaine Lydia Horton en 1971, le groupe Women Overseas for Equality réunit les féministes d’au-delà de l’Atlantique ou de la Manche, auxquelles viendront se joindre des Danoises, des Italiennes, des femmes que rassemble, outre la langue anglaise, une sorte de cosmopolitisme qui unit les cultures. Au départ, le groupe est essentiellement américain et c’est avec cette proverbiale simplicité de contact et d’entraide qu’il va s’insérer dans la Maison des femmes, y apportant efficacité et bonne humeur.

Le WOE tient réunion ouverte tous les mercredis, offrant l’occasion d’entendre des personnes et des points de vue encore peu connus. Il attire l’attention sur des domaines dont l’étude et la prise en charge sont déjà plus avancées dans d’autres pays. C’est ainsi qu’il est à la base d’initiatives importantes : découverte et prise en charge du problème des femmes battues, de celui des victimes du viol. Enfin, le Tribunal international des crimes contre les femmes, qui a lieu en mars 1976 à Bruxelles et dont l’organisation est portée par le WOE. Certaines initiatives ont moins d’écho. Les groupes de prise de conscience, si appréciés en Amérique, n’ont pas pris en Belgique l’aspect « vider son sac » qui a tant de succès là-bas. La première question suggérée : « racontez votre nuit de noces » n’est peut-être pas la meilleure façon de dégeler un public belge, même féminin.

Le WOE fait aussi connaître le « self-help », une méthode d’investigation et d’entraide dans la connaissance du corps. L’idée fait son chemin en Belgique, Médecine-Femmes » notamment va agir dans cet esprit2.

Le WOE organise de réguliers swap shops, échange et vente de vêtements à petit prix. Les femmes belges le pratiquent peu : retard culturel ? refus des militantes de s’occuper de chiffons à la maison des femmes ?

De leur côté, les femmes du WOE s’étonnent plus d’une fois de la politisation des Belges, d’un féminisme plus social que culturel et donc, à leurs yeux, pas totalement libre.

Notes
2.
Voir Notre corps, nous-mêmes, par le Collectif de Boston pour la santé des femmes, 1971. (Albin Michel, 1977, pour l’édition française.)