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La présence donne le pouvoir

Motivées et qualifiées, les permanentes deviennent, avec les fondatrices souvent présentes, les responsables de la maison. Ainsi naît le mode d’organisation, proche de celui qui régnait dans les groupes, c’est-à-dire sans hiérarchie des personnes ou des fonctions.

Craignant une sorte de dictature involontaire du groupe Maison, des femmes ont proposé de soumettre certaines décisions à un vote. Impossible, fut-il répondu, car les questions devraient être communiquées à tous les membres des groupes, à toutes les femmes actives, habituelles ou occasionnelles, et ne risquerait-on pas de voir s’amener nombreuses celles qui ont « une idée de derrière la tête », tandis que d’autres tendances seraient peu représentées ?

« La critique venait de femmes qui jugeaient notre travail sans vouloir l’accomplir elles-mêmes, rappelle Fanny. Et je posais la question : les dominées n’ont-elles pas pouvoir sur les dominantes ? Les trotskistes me dérangeaient moins ; elles venaient avec leurs théories mais ne mettaient pas en question la maison comme telle. Du pouvoir, il en faut pour agir. À la Maison des femmes, un groupe responsable s’est constitué et imposé naturellement ; personne n’a voulu y prendre le pouvoir sans s’investir parmi celles qui agissaient28. »

Notes
28.
Interview, février 1992.