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L’équipe

Soucieuse d’éviter les clivages politiques et idéologiques qui minent la Belgique de l’époque, Françoise Collin rassemble dans un « conseil » des féministes de la nouvelle vague et de l’ancienne, des journalistes, des écrivains, des femmes ayant des engagements politiques divers. L’équipe de réalisation (le comité) est formée de cinq personnes choisies pour leur disponibilité et leur compétence. Il y a là Éliane Boucquey, professeur de français et collaboratrice de la Revue nouvelle, Marie-Thérèse Cuvelliez avocate et membre d’À travail égal, salaire égal, Hedwige Peemans-Poullet, historienne particulièrement sensible aux aspects sociaux, et Jacqueline Aubenas, rédactrice du guide Bruxelles des Jeunes.

Une vingtaine de collaboratrices régulières, parmi lesquelles on trouve très vite plusieurs Françaises, une Anglaise, une Italienne, gravitent autour de ce noyau. De nombreuses autres femmes rejoignent l’équipe de rédaction au gré des thèmes choisis pour les publications.

« Ce que j’aimais dans ce groupe, raconte F. Collin, c’est qu’il ne s’agissait pas de féministes endiablées, ni de pures politiques. Toutes avaient aussi d’autres plaisirs, d’autres intérêts, d’autres gammes. Il y avait chez chacune une certaine créativité qui faisait la richesse du Grif. C’étaient des personnes, pas seulement des militantes. Elles avaient gardé un terreau, un espace. » « Nous avons toujours publié nos noms, ajoute-t-elle, alors qu’en France le MLF imposait les simples prénoms comme signatures des articles… Il nous semblait que les femmes avaient été tellement occultées qu’elles avaient bien le droit d’exister sous leurs noms. »

« La volonté pluraliste était présente dès le début, rappelle H. Peemans-Poullet. C’est une caractéristique du féminisme. D’emblée, il paraît évident que nous avons les mêmes problèmes, quelles que soient les options philosophiques. Quand on étudie l’aspect politique, on se situe comme un groupe extérieur qui analyse et met sur le même pied le point de vue de tous les partis4. »

Notes
4.
Interview d’Hedwige Peemans-Poullet, novembre 1991.