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Chapitre deux
Le PFU ou Parti féministe unifié

« Un domaine particulier de l’oppression des femmes m’était spécialement sensible, c’est le monde politique. Avec toute l’importance qu’il revêt à travers l’élaboration des lois. Et l’impact qu’il entraîne au point de vue des préjugés. Comment ébranler ce bastion encore solide de l’hégémonie séculaire des hommes1 ? » (Claire Bihin.)

Une expérience au sein de la politique communale convainc Claire Bihin du handicap presque insurmontable des femmes à se faire élire. En 1972, elle envisage avec Nina Ariel (dont elle vient de faire la connaissance, et c’est aussitôt l’accord des idées) de créer un groupe de pression spécialement axé sur la promotion des femmes en politique. « Mais n’avoir pour seul but que d’augmenter le nombre des femmes au Parlement et dans les conseils communaux et provinciaux, n’est-ce pas étroit et même dangereux ? Telle candidate peut ne pas être féministe ; par ailleurs, dans un arrondissement donné, un homme peut défendre plus efficacement les objectifs féministes. »

Claire Bihin rejoint ici l’opinion de groupes féministes, dont le comité À travail égal, salaire égal, qui ont comme mot d’ordre : votez pour une femme féministe dans le parti de votre choix ; à défaut, pour un homme qui défend la cause des femmes. (Le slogan « Votez femmes », apparu plus tard, semblait trop neutre aux femmes qui voulaient un changement politique et qui comptaient sur la gauche parlementaire pour l’obtenir.)

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Notes
1.
« Les origines du Parti féministe unifié », article publié dans Les Cahiers du Grif : Les femmes et la politique, no 6, mars 1975.