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Amsterdam — Paris — Bruxelles

Avertie de ces journées parisiennes par la presse flamande, Lily Boeykens2 a rapidement organisé un voyage en car. Nina Ariel3 était du groupe. Des féministes francophones, adhérentes du FLF, Marie Mineur, coordinatrices du Petit Livre rouge des Femmes, journalistes sympathisantes, etc. s’y étaient rendues de leur côté. « On logeait par terre chez l’une ou l’autre dans des sacs de couchage, on a discuté des nuits entières. C’était une révolte contre notre situation et chacune avait la même histoire, que ce soit à Paris, à Bruxelles ou à Huldenberg… C’était ça la sororité », rappelle aujourd’hui Lily Boeykens. « Le moment est venu pour la Belgique de susciter une telle rencontre ! », a-t-elle pensé dès le matin du second jour.

Idée partagée par Nina Ariel et les autres femmes francophones venues de Belgique. Et de songer aussitôt à obtenir la participation de Simone de Beauvoir, présente aux Journées, très attentive mais n’intervenant pas dans les débats. Simone de Beauvoir accepte d’emblée. Elle leur donne rendez-vous chez elle, le lendemain, pour mettre au point les modalités du projet. Pendant l’entretien, Simone de Beauvoir précise l’atmosphère qu’elle souhaite retrouver à Bruxelles et qui fut celle de Paris : la plus grande liberté d’expression dans l’optique de gauche telle qu’elle s’exprime à l’époque. Elle-même ne ferait pas d’exposé, elle dirait juste quelques mots pour marquer son adhésion. La date du 11 novembre — jour férié — est choisie en raison des disponibilités de Simone de Beauvoir. Le 11 novembre devient ainsi, d’année en année et jusqu’à aujourd’hui, la journée où s’expriment le vécu et la revendication de toute femme, « plus inconnue que le soldat inconnu » avait-on rappelé à Paris.

Notes
2.
Journaliste elle-même, Lily Boeykens est cofondatrice du Vrouwen Overleg Komitee.
3.
Nina Ariel est une des fondatrices du Parti féministe unifié et participe au Front de Libération des Femmes.