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Douce promenade

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On connaît Françoise Humblet par ses chroniques du Ligueur, par ses essais sur l’amour et sur la mort. On l’y rencontre, attentive à la vie telle qu’elle sourd à travers les confidences, les gestes, les moindres signes. Aujourd’hui l’entreprise est tout autre. Un dialogue avec les objets, le jardin, la nature foisonnante et silencieuse. Un dialogue avec un soi qui ne répond pas. Une écriture rigoureuse. Une lenteur volontaire, une attention minutieuse. Et des questions. Toutes les questions. Celle que pose le hérisson qui refuse les caresses et meurt seul. Celle de l’herbe qui, même mauvaise, est pourtant verte. Celle du chat et celle du coquillage. « Moi, dit-elle, j’aimerais appeler celui qui fait un livre un livreur, un livreur de pensées, de sentiments, d’impressions, un livreur du monde qui l’habite, de mots aussi, d’apostrophes et de virgules. » Et, dans sa méditation jardinière, elle voit la clématite : « La clématite, un peu égarée, avait ouvert ses yeux mauves », et, remontant vers la maison, elle se demande si « elle n’était pas aussi d’une espèce remontante ». « Elle avait comme un pouvoir à se dérouler à l’intérieur… », de se garder en quelque sorte, de se fortifier pour les assauts de l’existence.

Illustré d’aquarelles de Françoise Fabry, le livre est lui-même un jardin, une douce promenade dans les matins brabançons, accompagnée des visions de Françoise Humblet.

M.D.

La Pensée Buissonnière, Françoise Humblet, Les Éditeurs d’Art Associés, Bruxelles, 1981.
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