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Plaidoyer pour une grand-mère

Voyelles, no 6, février 80, page 16

Avec des souvenirs, des photographies, des fragments de lettres et de journaux intimes, Catherine Rollin (1) reconstruit le personnage de sa grand-mère. Triste est la valse des sentiments qui font et défont les familles. Mélange d’égoïsme et de courage à vivre, à se supporter les uns les autres. Juliette, avant de devenir mère et grand-mère — elle le sera si peu — est une femme fantasque, qui voudrait s’affirmer, mais elle n’en aura pas la chance, ni le cran. L’alcool sera la réponse aux rêves avortés, aux désirs incertains.

Le livre séduit par sa netteté. Catherine Rollin écrit au présent l’histoire de Juliette femme attachante et pitoyable, indépendante et tyrannique, souvent odieuse mais longtemps aimée. En contre-point, les réflexions de l’auteur sur ce personnage familial dont chacun se faisait une certaine idée. Et cette idée globale et familiale, ce regard de biais, que l’auteur exprime à l’imparfait pour en rappeler l’aspect légendaire, ajoute à la véracité du récit, tout en l’infirmant quelque peu. Cette ambiguïté fait l’originalité du roman.

M.D.

(1) Catherine Rollin, Une valse triste, Albin Michel, 1979.