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Personnellement, je préfère les livres « sérieux » de Mallet-Joris à ses romans. Pourtant j’admire la façon dont elle s’y prend et dont elle les réussit, j’ai surtout aimé L’Empire céleste, comme foisonnement de personnages et pour leur logique péremptoire et qui les laisse tellement faibles.
C’est vrai que ça fait un peu penser à Ajar…
Ce que j’aime le plus, c’est la recherche de Mallet-Joris, les raisons pour lesquelles elle poursuit ce labeur entêté, fidèle.
Et puis cette conviction qu’il y a un ordre du monde. Et le plus fort, c’est que de la façon dont elle le perçoit, c’est vrai ! C’est vrai qu’il y a des instants bénis, des moments parfaits mais si fugitifs qu’ils ont moins de corps qu’un cheveu. Cela suffit à Françoise pour recréer un univers. Chaque fois que j’y pense, ça me fait du bien. Je trouve ça un peu simple, mais je comprends, et ça me fait du bien.
Lettre à moi-même, c’est un livre qu’on peut relire plusieurs fois. Et quand je pense que cela a été écrit à 30 ans ! Toutes les questions y sont posées et l’absence de réponse admise. Avec sérénité.
J’aime bien aussi que Françoise sente et vive en femme, et en même temps elle universalise. Si souvent, ce sont les hommes qui universalisent, nous englobant, tandis que nous les femmes, nous particularisons, nous disons « nous » en tant que femmes. J’aime bien qu’une femme dise « nous » en tant que tous ensemble, en tant qu’humains.
Marie D.