Le temps qu’il fait à Bruxelles   Le temps de Bruxelles :

Dominique Meeùs
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Clara Zetkin, My Recollections of Lenin, 1956

Clara Zetkin , My Recollections of Lenin, Foreign Languages Publishing House, Moscow , 1956, 94 pages.
Foreword by Nadezhda Konstantinovna Krupskaya .

Elle témoigne de ce que Lénine appliquait strictement la règle de ne pas profiter de sa position.

Lenin’s wife and sister were just having supper, to join which I was at once most cordially invited. It was the modest evening meal of the average Soviet office worker at that time, consisting of tea, black bread, butter and cheese. His sister then set out in quest of something “sweet,” i. e., dessert, “in honour of the guest.” Fortu­nately a small jar containing some jelly was located. It is a well-known fact that the peasants kept “their Ilyich” abundantly supplied with white flour, lard, eggs, fruit, etc., but everybody also knows that almost none of all those good things remained in Lenin’s larder. Everything was sent to the hospitals and children’s homes, as Lenin’s family strictly adhered to the principle of living as frugally as the mass of the working population.

P. 16.

Elle avance l’idée bizarre que l’analphabétisme protège le peuple de l’endoctrinement par la bourgeoisie. Lénine insiste sur la nécessité de l’éducation pour la reconstruction et pour un socialisme démocratique.

Lenin… “… it was necessary to destroy the old state machinery. But are we destroying merely for the sake of destroying ? We are destroying for the purpose of creating something better. Illiteracy goes badly, is absolutely incompatible with the job of restoration. After all the latter, according to Marx, must be the task of the workers and, I add, of the peasants themselves if they want to attain freedom. Our Soviet system facilitates this task. Thanks to it thousands of ordinary working people are today studying in various Soviets and Soviet bodies how to expedite restoration.

P. 21

[Le sens le plus habituel de without en anglais est sans. Parfois, c’est en dehors : « within the Party and without » (p. 33). Pour en.wiktionary.org/wiki/without, cet usage est archaïque ou littéraire. J’avais vu ça la première fois, je pense, chez Hobbes (« without us ») et ça m’avait surpris.]

Elle se fait engueuler par Lénine (p. 34) sur une question de discipline de parti, de respect des règles démocratiques. Le relater est une marque d’honnêteté.

Elle se fait engueuler encore (p. 56-57) sur la question des « travailleuses du sexe ». Il faut bien sûr défendre les prostituées victimes de persécution par la police (« these double victims of bourgeois society »), mais il n’est pas d’accord de les organiser comme travailleuses. Il continue à l’engueuler (p. 58-60) sur l’importance donnée au sexe dans les formations pour ouvrières, alors que les travailleurs sont confrontés à une menace politique grave. On se réfère à Freud pour se donner un vernis scientifique, mais Freud, c’est une mode bourgeoise. C’est une question de priorité : « there is a time for everything ». Lénine discute longuement (p. 61-67) de la liberté sexuelle. Ce peut être une révolte contre la morale bourgeoise, mais aussi une attitude bourgeoise. (On pourrait rapprocher ça de réflexions du même genre à propos de Mai 68.)

Pour Lénine, il faut lier le mouvement des femmes et la lutte prolétarienne (p. 69). Il est contre une organisation séparée des femmes. « No separate organizations for com­munist women ! Communists are equal members of the Party, whether they are men or women, and they have the same rights and duties. » Mais disant cela, il semble envisager (et refuser) une organisation séparée des femmes qui les maintiendrait hors du parti. La place des femmes est dans le parti au même titre que les hommes. Il me semble qu’il ne dit pas par là qu’on ne pourrait avoir des organisations de femmes en plus de leur appartenance normale au parti ; organisation de masse de femmes comme tremplin vers le parti ou organisation de femmes, dans le parti ou en dehors, pour prendre en main spécifiquement la question des femmes.