Dominique Meeùs
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Auteurs : A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z,
Auteur-œuvres : A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, U, V, W, X, Y, Z,
« Le cœur de ce livre est formé de quatre conférences » données en novembre et décembre 1978 au Collège de France. Il doit y avoir eu un certain travail de rédaction après coup, dont il remercie certaines personnes, dans une préface signée de Cambridge, octobre 1979.
Il n’y a pas de table des matières. La première page avec un numéro, 11, est celle de la préface, mais il n’y a que huit pages avant et le cahier se termine par la page 34 et non 32. (Tous les autres cahiers sont ainsi décalés de deux pages par rapport aux multiples de 32.) On est en droit de penser qu’il y eu une erreur à la composition qui a fait perdre une table, disons en page 9.
13 1. - esclavage antique et idéologie modernePour discuter de ce que les modernes ont pensé de l’esclavage antique, il faut savoir de quoi on parle et savoir qu’est-ce qu’eux en savaient. Le livre est donc beaucoup plus que son titre et titre de ce premier chapitre. C’est une mine de références bibliographiques1 et de considérations de Finley lui-même sur ce qu’esclavage antique veut dire.
Chez Finley, et c’est ce qui fait son exceptionnel intérêt, il y a toujours autant de méthodologie que d’histoire. Il dit (page 83) qu’il ne suffit pas de collectionner des renseignements tirés de la lecture des anciens :
… ce qui dégénère facilement en collection de tous les papillons (ou timbres-poste ou boîtes d’allumettes) connus. Situer l’esclavage dans une société antique afin de comprendre cette société est une entreprise bien plus difficile et plus gratifiante. Mais il faut pour cela se poser les bonnes questions, et c’est l’historien qui doit se les poser. Les sources antiques ne le font pas assez souvent et, quand elles le font, elles ne parviennent pas toujours à poser les bonnes questions. Elles se posent leurs questions, non les nôtres. Là gît l’incurable faiblesse de la fameuse « méthode philologique » : elle oublie l’axiome méthodologique élémentaire que Charles Darwin exposait en ces termes en 1861 : « On disait beaucoup voici environ trente ans que les géologues devaient se contenter d’observer et non de théoriser ; et je me souviens bien de la réflexion émise par quelqu’un qu’à ce compte on pourrait aussi bien descendre dans une gravière, y compter les cailloux et en décrire les couleurs. Comme c’est étrange de ne pas s’apercevoir que toute observation doit nécessairement être faite pour ou contre une théorie si elle doit rendre quelque service ».
Souvent, même avec des auteurs beaucoup plus récents, cherchant des réponses à mes questions, j’ai buté sur le fait que l’auteur ne se pose pas les mêmes questions que moi.
Je connaissais depuis longtemps cette importante citation de Darwin. Ça me prend par surprise et m’amuse de la retrouver ici.
87 2. - la naissance d’une société esclavagiste123 3. - esclavage et humanité165 4. - le déclin de l’esclavage antiqueDans une considération sur la fin de l’Empire romain, je suppose que (page 188) « troisième siècle avant J.-C. » est un lapsus (de Finley ou de la traductaire) pour « après ». À moins qu’il ne s’agisse de l’aboutissement d’un processus qui remonte bien avant.
De manière surprenante (pour moi), il mentionne page 190 que l’esclavage conviendrait bien à la viticulture, mais moins à la culture des céréales. (Il donne en référence, note 56, C.A. Yeo, « The Economics of Roman and American Slavery », Finanzarchiv, n.F. XII, 468-471.)