Dominique Meeùs
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The Approaching Obsolescence of Housework : A Working-Class Perspective, Chapitre 13 de Davis 1981 (p. 222-244, notes p. 270-271).
Parce que le livre Women, Race & Class est un recueil d’essais, je suis tenté de penser que ce papier aurait été publié comme tel auparavant ou circulé de la main à la main sous forme ronéotée, mais je n’en trouve pas trace. On doit donc s’en tenir à la date de 1981, bien que, la dernière date mentionnée en référence étant 1977, on est en droit de soupçonner que c’est un article de la fin des années 70. Quoi qu’il en soit, je donne en référence la pagination de l’édition originale de 1981.
Cet article sur le travail ménager est en fait constitué de deux parties. On a eu conscience de cela, soit Angela Davis, soit les éditeurs chez Random House, parce que c’est marqué par un discret blanc horizontal entre alinéas au milieu de la page 232. (Du coup, mon hypothétique papier de la fin des années 70 pourrait devenir deux ou plusieurs papiers fusionnés dans ce chapitre 13.) Le titre de l’article correspond surtout à la première partie. La seconde est une critique sévère du mouvement Wage for Housework, qui ne l’a pas volée. (Dans ma recension, je donne à ces deux parties des sous-titres, de moi, pas d’Angela Davis.)
Par rapport à toute l’absurdité de la littérature du mouvement Wage for Housework et de la soi-disant théorie dite Social Reproduction Theory qui le prolonge jusqu’aujourd’hui (les élucubrations de Sylvia Federici constituant la caricature des deux à la fois), je me mors les doigts de ne l’avoir pas découvert1 plus tôt.
222 [D.M.] Obsolescence of HouseworkIl est classique d’associer le travail ménager à la femme. Mais le discuter dans ces termes, c’est, en un sens, renforcer cette association, la présenter comme en quelque sorte essentielle. Angela Davis est une des rares autrices et auteurs qui prend la peine de souligner que c’est inessentiel et, déjà alors, en voie de changement :
Already, more men have begun to assist their partners around the house, some of them even devoting equal time to household chores.
Si elle trouve que c’est le travail de tous, elle ne manque pas de dénoncer là aussi le point de vue de suprématie masculine de ces gentils partenaires, qui « donnent un coup de main » parce qu’ils le veulent bien, parce qu’il va de soi que c’est de nature la tâche des femmes.
Elle est plus encore une des rares autrices ou auteurs qui, au lieu d’épiloguer sur la « valeur » du travail ménager, appelle à son élimination par le développement de services, de préférence non marchands, qui en remplaceraient une grande partie. (Cela rapproche de manière intéressante la féministe communiste Angela Davis de la féministe radicale Shulie Firestone dans The Dialectic of Sex en 1970.)
Cela pose bien sûr un problème de valeur de la force de travail, plus particulièrement sous la forme de salaire indirect (« implies large government subsidies ») et de services non marchands, ce qui ne plait pas particulièrement aux capitalistes. Comme service marchand, ça ne rapporterait rien si les gens ne peuvent pas le payer, ce serait donc une entreprise non profitable. (P. 223.) Elle qualifie cela cependant de « possibilité réelle ». Ce peut donc être l’objectif d’une lutte.
Elle rappelle que l’inégalité des sexes est historique2. Dans l’humanité primitive, on peut penser que la division du travail selon le sexe3 était « complémentaire, plutôt qu’hiérarchique » (p. 224), ce qui donnait aux adultes des deux sexes une importance relativement égale en raison d’une contribution comparable. Elle trouve confirmation de cette hypothèse sur la préhistoire dans des observations qu’elle a faites elle-même chez les Masaï où les femmes réalisent toute sorte de travaux autres que le ménage.
Elle rappelle que le paradigme du mariage bourgeois, où la femme au foyer est la servante de l’homme, est relativement récent. Encore à l’époque coloniale aux États-Unis (« économie agraire pré-industrielle », p. 226), la femme faisait beaucoup plus, ce qui lui donnait un moins mauvais statut. Elle attribue (p. 228) la naissance de la housewife à la maturation du capitalisme. (Ce n’était qu’une réalité partielle, le mirage des « classes moyennes » émergentes, p. 229.) Ce modèle bourgeois sert alors de norme justifiant une certaine conception de la femme comme ménagère et mère et un salaire inférieur pour celles qui s’écartent du modèle.
232 [D.M.] Critique of the Wage for Housework movementAngela Davis est d'avis que l'idée de payer le travail domestique privé est fondé sur une erreur théorique.
Dalla Costa was not the first theorist to propose such an analysis of women’s oppression. Both Mary Inman’s In Woman’s Defense (1940)17 and Margaret Benston’s “The Political Economy of Women’s Liberation” (1969)18 define housework in such a way as to establish women as a special class of workers exploited by capitalism called “housewives.” That women’s procreative, child-rearing and housekeeping roles make it possible for their family members to work—to exchange their labor-power for wages —can hardly be denied. But does it automatically follow that women in general, regardless of their class and race, can be fundamentally defined by their domestic functions? Does it automatically follow that the housewife is actually a secret worker inside the capitalist production process?
If the industrial revolution resulted in the structural separation of the home economy from the public economy, then housework cannot be defined as an integral component of capitalist production. It is, rather, related to production as a precondition. The employer is not concerned in the least about the way labor-power is produced and sustained, he is only concerned about its availability and its ability to generate profit. In other words, the capitalist production process presupposes the existence of a body of exploitable workers.