Dominique Meeùs
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A Note on the Division of Labor by Sex, American Anthropologist, New Series, vol. 72, no. 5, Oct., 1970, p. 1073-1078.
Article fondateur sur la question de la division du travail entre les sexes1. Judith Brown récuse les considérations habituelles sur la physiologie — « naively physiological », p. 1074, colonne de gauche, dit-elle de l’explication de Murdoch — (dimorphisme sexuel2, dirais-je) et sur la psychologie — pour Malinowski, les femmes sont de nature « dociles » —, en passant par les a priori culturels de Lévi-Strauss et les a priori de Margaret Mead sur les capacités des femmes et des hommes (p. 1074-1075).
Selon elle, l’essentiel, ce sont les conséquences pratiques du soin des enfants. C’est une hypothèse générale qui pourrait s’appliquer aux sociétés particulières, aux diverses formes d’acquisition des moyens de subsistance.
I would like to suggest that the degree to which women contribute to the subsistence of a particular society can be predicted with considerable accuracy from a knowledge of the major subsistence activity. It is determined by the compatibility of this pursuit with the demands of child care. (Female physiology and psychology are only peripheral to this explanation.) This fact has been noted repeatedly by ethnographers, but it has never been articulated in the theoretical literature dealing with the division of labor by sex.
Elle mentionne la possibilité qu’une partie de la garde des enfants soit assurée par des enfants plus âgés3. Cela rend les mères plus disponibles pour procurer des moyens d’existence, tout en restant à proximité pour contrôler et intervenir au besoin. Elle en conclut :
Although men do gather, carry on hoe cultivation, and trade, no society depends on its women for the herding of large animals, the hunting of large game, deepsea fishing, or plow agriculture. That women can be proficient at these activities [références à des exemples] is evidence that the division of labor by sex is not based entirely on immutable physiological facts of greater male strength and endurance. However, it is easy to see that all these activities are incompatible with simultaneous child watching. They require rapt concentration, cannot be interrupted and resumed, are potentially dangerous, and require that the participant range far from home.
Ces contraintes écarteront les femmes de certaines activités, mais de manière variable et elle cite un certain nombre de peuples observés par différents auteurs (p. 1075-1076). Au total, la contribution des femmes n’en est pas moins importante.
Judith Brown conclut :
It is obvious that certain subsistence activities are extremely compatible with simultaneous child care and that societies depending on such subsistence bases invite considerable economic contribution by women. In the past, theoretical considerations of the division of labor by sex have suggested that women do only certain kinds of work for physiological and psychological reasons. On the basis of the ethnographic evidence I have presented here, I would like to suggest a further explanation: in tribal and peasant societies that do not have schools and child-care centers, only certain economic pursuits can accommodate women’s simultaneous child-care responsibilities. Repetitive, interruptible, non-dangerous tasks that do not require extensive excursions are more appropriate for women when the exigencies of child care are taken into account.
Quant à moi, je souligne encore en terminant qu’il ne s’agit donc en rien d’un universel physiologique (qui serait alors éternel4). (Je ne fais que répéter en français ce qu’elle a dit clairement à plusieurs reprises en anglais.) C’est bien sûr physiologique que ce sont les femmes qui font des enfants et les allaitent, choses que les hommes ne peuvent pas faire. Mais ce que Judith Brown met en avant, ce sont seulement les conséquences pratiques de la maternité dans les diverses manières particulières de se procurer les moyens d’existence. (Dans des sociétés qui n’ont « pas de crèches ou d’écoles ».)